ISBN S-85658-J07-S
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME 118
Simon TILLIER
GASTÉROPODES TERRESTRES ET FLUVIATILES
DE GUYANE FRANÇAISE
v
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-HUaire (V«)
1980
Source : MNHN, Paris
ÉDITIONS DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
En vente à la Bibliothèque centrale du Muséum,
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris
C.C.P. : Paria 9062-62 Y
Annuaire du Muséum national d’HUtoire naturelU (depuis 1939).
Archives du Muséum national d’Histoire naturelle (depuis 1802, In*4'>, sans périodicité).
Bulletin du Afu^^um national d’Histoire naturelle (depuis 1895. Depuis 1979, divisé en 3 sections : A
(Zoologie, Biologie et Écologie animales), B (Botanique, Biologie et Écologie végétales, Phyto¬
chimie), C (Sciences de la Terre, Paléontologie, Géologie, Minéralogie). 4 livraisons par an.
Les grands Naturalistes français (depuis 1952. Sans périodicité).
Mémoires du Muséum national d'Histoire naturelle (depuis 1935. Depuis 1950, nouvelle série en 3 (puis 4)
parties : A (Zoologie) ; B (Botanique) ; C (Sciences de la Terre) ; D (Sciences physico-chimiques).
Notes et Mémoires sur le Moyen-Orient (depuis 1933. In-4'^, sans périodicité).
Publications du Muséum national d'Histoire naturelle (depuis 1933. Sans périodicité).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série Â, Zoologie, Tome 118
GASTÉROPODES TERRESTRES ET FLUVIATILES
DE GUYANE FRANÇAISE
par
Simon TILLIER*
SOMMAIRE
INTRODUCTION. 7
Historique. 7
Matériel étudié. 8
Les milieux guyanais . 8
REVUE SYSTÉMATIQUE. 11
Introduction : Bivalves et faune des estuaires. 11
I. — Prosobranches . 11
Hydrobiidae . H
PoUimopyrgus errusli vivent (Baker, 1930). 11
Potamopÿrgue parvulus (Guilding, 1828) . H
Melaniidae. 1^
Doryssa hohenackeri (Philippi, 1851) . 18
Doryssa déviant Brot, 1874 . 18
Dorysta atra (Bruguière, 1792) . 1^
Ampullariidae.
— Asolene d’Orbigny, 1837. 1^
Atolene sinamarina (Bruguière, 1792). 17
Asolene granulosa (Sowerby, 1894). 20
Asolene crassa (Swainson, 1823). 21
— AmpuUaria Laœarck, 1799 . 23
AmpuUaria sordida Swainson, 1823 . 24
AmpuUaria glauca (Linné, 1758). 24
AmpuUaria glauca orinoccensis (Ziegler, 1848) . 26
AmpuUaria urceus (Mueller, 1774). 27
AmpuUaria dolioides Reeve, 1856. 29
* Laboratoire de Biologie des Invertébrés maiini et MsJacologie, Muséum national d'Histoire naturelle, 55, rue
de UuSon, 75005 Paris.
Source : MNHN, Paris
4
SIUON TILLIER
Helicinidae . 31
Tableau de détermination. 32
Alcadia kuthni (Pfeiffer, 1872). 32
Alcadia sericea (Drouët, 1859] . 34
Alcadia pellucida (Sowerby, 1842). 35
LucLdiUa lirjta (Pfeiffer, 1847). 35
Poteriidae . 35
Tableau de détermination. 36
Neocyclotua pari (Aliéna, 1974). 37
Neocifclolu» cayennense (Shuttleworth, 1852). 37
Néocyclotus arataîensU nov. sp. 38
II. - PuLMOHES. 38
= Basouuatopbores . 38
Physidae . 38
Physa marmorata Guilding, 1828 . 38
Planorbidae. 39
Tableau de détermination. 39
Biompkalaria glabrala (Say, 1818) . 39
Biontphalaria gtraminea (Dunker, 1848). 40
Biompkalaria sckrammi (Crosse, 1864) . 40
Drepanotrema anatinum (d’Orbigny, 1835). 40
Drepanotrema lucidum (Pfeiffer, 1839) . 40
= SrSTELlOMMATOPHOBES . 41
Vaginulidae. 41
Tableau de détermination. 41
Diplosolenodes bUlenbrrgi (Semper, 1885) . 42
Diplosolenodea guianeruis (Coifmann, 1935]. 42
5apasmufa linguaeformû (Semper, 1885) . 44
Angustipes carceralU nov. sp. 48
= Stylommatophores . 50
Pupillacea (détermination). 50
Pupillidae . 52
Botkriopupa breviconus Pilsbry, 1917 . 52
Sterkia eyriesii (Drouët, 1859) . 52
Valloniidae . 54
Ptychopatula dioscoricola insigne (Pilsbry, 1920) . 54
Strophocheilidae. 57
Slrophocheilus oblongus (Mueller, 1774) . 57
Subulinidae. 58
Tableau de détermination. 59
Subulina octona (Bruguière, 1792). 58
Beckianum beckianum (Pfeiffer, 1846) . 60
LamellaxU keurni (Vernhout, 1914) . 60
Lamellaxis gracilis (Hutton, 1834) . 60
Lamellaais micra (d’Orbigny, 1835) . 61
LamellaxU clavulinus (Potiez et Michaud, 1835). 61
ObelUcus claous flavus Pilsbry, 1906 . 61
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
Obelùcus cf. simpsoni Piisbry, 1906 . 62
Leptinaria lamellata (Potiez et Michaud, 1835). 62
Optaa pumilum (Pfeiffer, 1840} . 62
Streptaxidae. 63
Tableau de détermination. 63
Hutlonella bicolor (Hutton, 1834) . 63
StrepUirtemon deplanchei (Drouët, 1859). 63
Bulimulidae. 66
Tableau de détermination. 68
Sultana sultana (Dillwyn, 1817). 67
Corona regina (Férussac, 1823) . 71
Corono perversa (Swainson, 1823) . 72
Orthalicus pulchellus (Spix, 1827). 72
Orthalicus benaoni (Reeve, 1849) . 73
Plekocheilus auriasciuri Guppy, 1866 . 73
Simpulopaia corrugata (Guppy, 1866) . 74
Drymaeua aurinamsnaia Vernhout, 1914. 74
Drymaeiia maeai (Breure, 1976). 75
Drymaeua rufolineatua (Drouët, 1859). 77
Drymaeua limpidus (Drouët, 1859) . 78
Bulimulua tenuiaaimua eyrieaii (Drouët, 1859) . 61
Succineidae . 82
Succinea propinqua Drouët, 1859 . 62
— Omalonyx d’Orbigny . 83
Omalonyx felina (Guppy, 1872). 86
Omalonyx geayi nov. sp. 87
Helicarionidae (Euconulinae). 89
Tableau de détermination. 89
Guppya gundlachi (Pfeiffer, 1840). 90
Habrocontia caaaiquienais (Newcomb, 1853) . 90
Systrophiidae . 92
Classiiication. 92
Détermination. 94
Syslropkia lutea nov. sp. 95
Syalrophia cayennenaia (Pfeiffer, 1842) . 101
Happiella surinamen~i3 (Pfeiffer, 1872) . 101
Tamayoa decolorata (Drouët, 1859) . 106
Oleacinidae. 110
Euglandina alriala (Mueller, 1774). 110
Camaenidae. 113
Tableau de détermination. 114
— Solaropsis Beck, 1837. 114
Solaropaia urxdata (Lightfoot, 1786). 114
— Psadara Miller, 1874 . 131
Paadara nubeculata (Deshayes, 1830). 131
Paadara marmatenaia (Pfeiffer, 1854) . 136
Source : MNHN, Paris
6
SIMON TILLIER
— Labyrinthus Beck, 1837 . 141
Labyrintkua UprUurii (Petit, 1840). 142
Labyrinthu» bifurcatu* (Deshayes, 1838) . 150
Labyrinthus cf. furciiiatus (Hupé, 1853). 151
PleurodonU orbicutata (PéruBsac, 1822). 153
RÉPARTITION DES MOLLUSQUES GUYANAIS. 155
Introduction . 155
La paléoclimatologie et le refuge guyanaû. 155
Espèces amazoniennes. 156
Espèces introduites. 157
Espèces guyanaises. 157
Région côtière . 157
Région médiane et tubcôlUre . 160
Zones méridionales . 160
Moüuaquet et sous’régiona guyanaises . 160
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES. 163
INDEX DES ABRÉVIATIONS UTILISÉES. 165
INDEX DES MOLLUSQUES DE GUYAJIE. 167
PLANCHES. 177
Source : MNHN, Paris
GUYANE
7
INTRODUCTION
Historique
C’est à un certain Verrou, qui les a données à BuSon vers 1750, que nous devons les coquilles
les plus anciennement récoltées en Guyane française (MNHN) ; mais il semble que ce sont les récoltes
de Richard et de Leblond, botanistes du roi envoyés à Cayenne dans les vingt dernières années du
siècle, qui ont les premières été décrites par des publications valides. Richard ne put publier lui*
même les résultats de ses travaux sur les Mollusques, tandis que les matériaux envoyés par Leblond
furent décrits par Bruguière en 1792. Il est très probable que leur matériel a été déposé au Muséum
national d’Histoire naturelle avant 1800, et il est certain qu'il a été étudié par Lamarck pour le « Sys¬
tème B et r ï Histoire naturelle des Animaux sans vertèbres ».
Entre 1800 et 1850, c’est à des collecteurs occasionnels {Marmin, Keraudren) que nous devons
de nouvelles additions à la faune de Guyane française ; Deshayes a ainsi pu décrire quelques espèces
dans l'Encyclopédie méthodique (1830) ou dans le Magasin de Zoologie. Leprieur, qui avait accumulé
d’importantes collections de Guyane, en particulier de la vallée de l’Oyapock, eut la malchance d'en
voir la plus grande partie détruite dans un naufrage en 1833, et son nom ne subsiste en Malacologie
que grâce à l’espèce qu’il avait envoyée à Petit qui la lui dédia {Labyrinthus leprieurii).
De 1852 à 1856, « M. Charles Éyriès, lieutenant au 1*^ régiment d’infanterie de marine, a résidé,
pour les besoins de son service, près de cinq années à Cayenne, et il a mis à profit les loisirs de la vie
militaire, dans la colonie, en s’occupant activement de rechercher différents objets d'histoire naturelle ».
A son retour en France, il confia à Henri Drouët ses collections de mollusques et ses notes, et celui-ci
put publier en 1859 un « Essai sur les Mollusques terrestres et fluviatiles de la Guyane française » qui
reste à ce jour le seul travail d’ensemble sur la malacofaune guyanaise ; Drouët y mentionne ou décrit
\me soixantaine d’espèce de Gastéropodes. Les notes d’Eyriès sur les localités et les biotopes, partiel¬
lement transcrites par Drouët, étaient remarquablement précises et exactes.
Il a fallu attendre ces dernières années pour qu’un article concernant les Mollusques de Guyane
française paraisse à nouveau ; ce n’est pas faute de récoltes, car F. Geay, voyageur naturaliste du
Muséum, en avait effectuées de tout à fait remarquables entre 1898 et 1902 dans l’Amapa et en Guyane.
La plus grande partie de ces matériaux est restée non étudiée dans les collections du Muséum, et ce
n’est qu’en 1976 que A. S. H. Breure a décrit une partie des Buiimulidae. Par ailleurs E. Bouge, après
avoir été gouverneur dans les territoires français du Pacifique, dont il avait publié avec Dautzenberg
une partie de la faune marine, fut gouverneur de la Guyane française en 1931*1932 et y récolta de très
nombreuses coquilles, qui sont le plus souvent accompagnées de données de récolte précises.
Enfin le Muséum national d’Histoire naturelle a entrepris depuis quelques années la réalisation
d’un programme d’études de la Guyane française ; c’est dans le cadre de ce programme que j'ai pu
moi-meme rffectiier deux missions de récolte des Mollusques terrestres et fluviatiles, aux mois d'avril-
mai 1977 et 1978.
Des régions voisines de la Guyane française, le Surinam est sans conteste la plus étudiée grâce
aux récolteurs hollandais qui ont permis, par l’envoi de leurs récoltes au Riijksmuseum van natuur-
lijke Historié de Leiden, les inventaires de la faune publiés par Vernhout (1914), qui cite toutes les
données antérieures, et Altena (1960, 1974, 1975). En Guiana, les premières données précises sont dues
au voyage de Schomburgk, dont Trosche! décrivit les Mollusques (1848) et à plusieurs descriptions de
Source : MNHN, Paris
8
SIMON TILLIBR
Pfeiffer ; ces données ont été complétées par les récoltes de l’Université de Michigan, dont la descrip¬
tion a été incluse par Baker (1925-1930) dans sa série sur les Mollusques du Venezuela, et plus récem¬
ment par une note de Solem (1963) sur les Eudolichotis et par les travaux de Pain fondés sur ses récoltes
de Prosobranches d’eau douce (1950, 1956, 1957, I960}. Pour l’Amapa, nous ne disposons que de don¬
nées éparses, la contribution la plus importante étant celle de Haltenorth et Jaeckel (1940) ; la faune
décrite par F. Baker (1914) de la vallée de l’Amazone est moins proche de la faune guyanaise. Enfin
on ne peut terminer ce court inventaire sans citer la série publiée par H. B. Baker de 1922 à 1930 sur
les Mollusques rapportés du Venezuela par l’expédition de l’Université du Michigan : cette étude
constitue un ouvTage de référence indispensable pour la systématique des Mollusques terrestres et
fluviatiles de la moitié nord de l’Amérique du sud.
En concluant cet historique, il faut insister sur le fait que les données sur la malacofaune des
régions amazonienne et guyanaise sont fondées sur des matériaux récoltés soit dans la région côtière,
soit au bord des fleuves et sont de plus en plus rares à mesure qu’on s’enfonce dans l’intérieur du pays :
il existe un trou énorme dans nos connaissances des faunes au nord de l’Amazone et dans l’intérieur
de la région guyanaise et vénézuélienne, de telle façon que chaque nouvelle récolte peut modifier
considérablement l’image de la faune.
Matériel étudié
Environ la moitié du matériel étudié a été récoltée en 1977 et 1978 au cours des missions du
programme Guyane du Muséum, dont le bon déroulement n’a été possible que grâce à l’aide et la coopé¬
ration du Centre ORSTOM et de l’Institut Pasteur de Cayenne. Ce matériel provient essentiellement
d’une zone d’une soixantaine de kilomètres de large, le long de la côte, et de la vallée de l’Oyapock.
Les collections de Bouge et de Geay sont ensuite les plus importantes ; tous deux ont récolté essen¬
tiellement dans la région côtière, avec quelques incursions le long des fleuves. Il s’ajoute à ces collec¬
tions importantes un matériel d’origines diverses, conservé au Muséum, contenant la plus grande partie du
matériel historique récolté avant 1850 ; le matériel récolté par Aubert de la Rüe en 1948-1949, bien que
peu abondant, se distingue par l’intérêt des localités du haut-Maroni et du haut-Oyapock représentées.
Grâce à l’aide de E. Binder (Genève), E. Gittenberger (Leiden) et P. Mordan (Londres), j’ai
pu revoir un certain nombre de types d’espèces guyanaises respectivement conservés au Muséum
d’Histoire naturelle de Genève (MHNG), au Riijksmuseum van natuurlijke Historié de Leiden (I-MNH)
et au British Muséum, Natural History (BMNH) ; j’ai également pu emprunter à Leiden la partie qui
m’a été nécessaire du matériel du Surinam.
Dans l’étude systématique des Mollusques guyanais, le matériel dont le lieu de dépôt n’est pas
précisé est conservé au Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et de Malacologie du Muséum
(MNHN). Bien que la plus grande partie du matériel historique guyanais y soit conservée (partie
« Muséum > des collections Lamarck et d’Orbigny, coll. Castelnau, Deshayes, etc...), je n'ai pas retrouvé
la collection d’Eyriès étudiée par Drouet, laquelle était sans aucun doute la plus importante des anciennes
collections de Guyane. Comme la collection Drouêt était déjà considérée comme perdue en 1906, il
y a peu d’espoir de la retrouver un jour.
Les milieux guyanais
La Guyane française occupe une superficie d’environ 90 000 km* entre 2 et 6® de latitude nord,
entre l’Amapa (ancien Contesté brésilien) et le Surinam (ancienne Guyane hollandaise). Elle est consti¬
tuée géologiquement par le précambrien du bouclier guyanais, recouvert le long de la côte et sur une
faible largeur par des sédiments marins récents (séries de Démérara et de Coswine). La région côtière
ainsi constituée est la seule région de Guyane dépourvue de. forêt ; on y trouve soit une mangrove
(0.6 % de la surface totale), soit des savanes ou des marais (1.7 % de la surface totale). La partie de
la région côtière à l’ouest de Cayenne, relativement peu arrosée, est le prolongement de la partie corres¬
pondante du Surinam et de la Guiana, tandis que la partie à l’est de Cayenne, plus humide, peut être
considérée comme l’extrémité des régions marécageuses de l’embouchure de l’Amazone ; la région de
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GinTAKE
Cayenne, au substrat granitique, est une mosaïque de différents milieux dont certains appartiennent
biogéographiquement à l'intérieur de la Guyane (Lescure, 1973). La quasi-totalité de la population
guyanaise, 50 000 personnes environ, vit dans la région cdtièrc et les deux tiers dans la région de Cayenne :
l'impact des activités humaines sur les milieux naturels est extrêmement faible et limité pratiquement
à cette zone qui contient presque tous les milieux secondaires et presque toutes les espèces introduites
de Guyane.
L’intérieur de la Guyane est presque entièrement couvert par la forêt équatoriale, interrompue:
seulement par des « savanes-roches » (inselbcrgs), des cambrouses (bambous) ou des pinotières (forêts
marécageuses) de faible étendue et dispersées. La forêt occupe plus de 97 % de la surface du départe¬
ment, et est assez uniforme en dépit de la variation de la pluviosité de 2 000 à 4 000 inm/an suivant
les régions. Le relief a généralement le faciès en demi-oranges caractérisé par des collines convexes
séparées par des vallées à fond plat. Les reliefs importants (de l'ordre de 500 m d'altitude) sont déter¬
minants par leur influence sur la pluviosité i ce sont les montagnes de Ka>v, le massif Décou-Décou
(carte IGN 1/500 000) dans la région de Paul Isnard et la chaîne Inini-Camopi, de Grand-Santi et
Maripasoula jusqu’à l’ouest du Camopi, qui isole la pénéplaine méridionale.
La pluviosité est maximale dans les montagnes de Kaw, directement exposées aux alizés, et
décroît vers le sud-ouest tout en restant relativement forte suivant deux axes, l'un passant par Paul
Isnard et l’autre par Dorlin (de Granville, 1979, flg, 3). L’ensemble de ces données est détaillé partiel¬
lement par de Granville (1979), et le sera complètement dans l'Atlas de la Guyane (1979).
II résulte de ces données qu’on ne trouve dans la région côtière pratiquement que des espèces
de Mollusques de milieu ouvert et des espèces introduites, alors que les espèces forestières ne se trouvent
généralement que dans l’intérieur de la Guyane. On peut diviser celles-ci en deux groupes ; le premier
est constitué par les espèces qui ont besoin d’une humidité constamment assez forte et qui par consé¬
quent ne peuvent résister à la dessication relative de la saison sèche ailleurs que dans le fond des vallées,
moins bien drainé que les pentes. Le second est constitué principalement par les espèces arboricoles,
plus aptes à résister à la sécheresse, qu’on rencontre aussi bien sur les pentes qu’au fond des vallées.
Les savanes-roches semblent complètement dépourvues de Mollusques, et seules les petites espèces
vivant dans le bois pourri {Subulinidae, Systropkiidae) sont présentes dans les pinotières (dont les
parties inondées peuvent abriter Ampuüaria urceiu).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
11
REVUE SYSTÉMATIQUE
Les collections du Muséum renferment trop peu de lots de Bivalves fluviatiles de Guyane pour qu’il
soit utile de les traiter ici en détail. Deux grosses espèces, Diplodon voUzi Vernhout et Ccutalia suleata
Krauss, sont représentées par quelques lots venant du bassin du Maroni. < Unîo » granosus Bruguière
n'est représenté que par l'holotype (MNHN), étiqueté de Cayenne mais que Drouet a signalé de la
Crique Saint-Ëtienne (?), affluent de l’Oyapock. On peut s'attendre à rencontrer par ailleurs plusieurs
petites espèces en Guyane (voir Vernhout, 1914 : 38).
La malacofaune des estuaires n’a pas non plus été étudiée. Elle comprend au moins une Craa-
sostrea, une Mytilopsia, un EUobiidae et Nerilina zébra Bruguière que les Guyanais consomment sous
le nom de Mantouni et dont deux syntypes probables, venant de Cayenne, sont conservés au MNHN.
1. — PROSOBRANCHES
HYDROBIIDAE
Des deux espèces d’Hydrobiidae reconnue dans le matériel de Guyane, l’une est connue depuis
les petites Antilles et l’autre depuis le Venezuela. Il est vraisemblable que pour des espèces aussi petites,
ce n’est pas la biologie des espèces qui est le facteur principal de la répartition, car leur petite taille
leur permet de trouver un microenvironnement favorable dans une vaste aire géographique. La répar¬
tition observée reflète plus probablement celle des moyens de transport passifs dont l’influence est
prédominante : oiseaux migrateurs, insectes aquatiques ou même courants aériens.
Potamopyrgus (Aroapyrgua) emetti vivani H. B. Baker, 1930 (fig. 1 et 2)
Potamopyrgus {Aroa) ernesti vivens H. B. Baker, 1930, Occ. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan, 210 :
33, pl. 28, fig. 1, 4 et 6. — Venezuela ; Boqueron, Tucacas et Estacion Tachira.
Matériel : propriété Pacaud (dégrad des Cannes, Cayenne), Bouge coll. 8.78.1244 ; crique Ceide
(Saint-Élie), Bouge coll., 15.9.1931.
Les animaux de Guyane diffèrent légèrement de ceux décrits par Baker :
— la coquille est un peu moins ventrue, légèrement plus allongée ;
— les denticules basaux de la dent centrale de la radula sont très inégaux : le cuspide externe de
chaque paire est beaucoup plus petit que le cuspide interne ;
— les latérales n'ont que quatre cuspides externes et leur processus basal est plus réduit.
Potamopyrgus (Pyrgophorus) parvulus (Guilding, 1828) (fig. 3 et 4)
Potamopyrgus {Pyrgophorus) parvulus (Guilding) H. B. Baker, 1924, Occ. Pap. Mus. Zool. Univ. Michi¬
gan, 152 ; 70, pl. 11, fig. 45-47 ; 1930, ibid., 210 : 31, pl. 27, fig. 3. — Antilles néerlandaises,
Venezuela, Trinidad.
Source : MNHN, Paris
Fie. 3. et 4. — PoUtmopyrgu» parvulut, Guyane françaieo (coll. Bouge). Même Échelle.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
13
Matériel : Saut Hermina (Maroni), coll. H. Fischer ex Marie ; Guyane française, Bouge coll.
8.78.1245.
Quelques coquilles de la coll. Bouge sont épineuses ; les autres sont lisses.
MELANIIDAE
Les trois espèces de Melaniidae reconnues en Guyane vivent toujours au voisinage des accidents
de terrain provoquant des rapides ou des cascades (= sauts) des cours d'eau. Doryssa kohenackeri ne
se trouve que dans les petits cours d’eau de forêt, D. atra dans les rivières et les fleuves et D. devions,
semble>t-il, uniquement dans les fleuves. Doryssa atra et D. devians cohabitent dans le Maroni et dans
les fleuves du Surinam, et on ne comprend pas comment elles ne se concurrencent pas.
Les Doryssa et les Ampullaires cohabitent aussi très souvent : D. kohenackeri avec Asolene
crassa ; D. atra et D. devians cohabitent sur les rochers des sauts avec Asolene sinamarina et, sur les
fonds sableux des sauts du bassin du Maroni, avec Asolene granulosa. Il est probable que les niches
des Doryssa et des Asolene ne coïncident que partiellement, mais il n’est pas possible de mettre en évi¬
dence les différences écologiques entre les espèces des deux genres sans une étude plus approfondie.
DoryHa hohenaekeri (Philippi, 1851) (pi. 1, flg. 2)
Melania kohenackeri Philippi, 1851, Zeitschr. Malak. 8 : 82. — Surinam.
Doryssa kohenackeri (Philippi), Pain, Basteria 20 (4-5) : 100, fig. 8 a*c. — Surinam (Synonymie).
Melania decolUua Lamarck, Drouët, 1859, Moll. Guyane : 85. — Comté
Matériel : Saut Hermina (Maroni), F. Geay coll. 1902 ; 4® kilomètre de la route de Saint Élie,
Bouge coll. 1931-1932 ; île de Cayenne (diverses localités, coll. Geay, 1901-1902, Bouge, 1931-1932,
Tillier, 1977-1978) ; Kaw (crique de la retenue d’eau), Tillier coll. 28.4.1977 ; « l’Oyapock ■, Breteau
coll. 1957 ; crique Mane (bassin de l’Orapu), Grenand coll. 1978 ; « Guyane française » (4 lots) ; mon¬
tagne Bruyère (bas-Oyapock), d’Aubenton coll. LH. 1976 ; Saul Pararé (Arataï), Baudot coll. 11/1978.
Cette espèce est très répandue en Guyane : en plus des localités citées ci-dessus, il semble qu’elle
soit commune dans la région de Saûl. Elle n’existe pas le long du cours supérieur de l’Oyapock, mais
les Wayampi la connaissent de la région des sources de l’Oyapock (nom wayampi = mali).
Tous les spécimens récoltés en Guyane française appartiennent aux formes typique et guya-
nensis Vernhout, 1914. Les deux formes sont souvent présentes dans la même population et il n’y a
pas lieu de les distinguer, que ce soit au niveau de l’espèce où à celui de la sous-espèce. Il ne semble
pas que la forme kappleri Vernhout, 1914, soit présente en Guyane française.
Doryssa kohenackeri vit dans les ruisseaux, en terrain accidenté, généralement au voisinage
d’une cascade ou d’un rapide. Pendant la journée, la plupart des animaux sont fixés aux pierres, les
adultes juste au-dessus du niveau de l’eau et les jeunes en dessous. Il arrive qu’ils se déplacent sur le
fond, là où l’eau est plus calme, où j’en ai observés qui mangeaient des feuilles pourrissantes. Comme
l’a observé Pain, c’est une espèce exclusivement guyanaise, et en ce sens son absence de la vallée du
haut-Oyapock est tout à fait significative.
Dorysaa déviant Brot, 1874 (pl. 1, fig. 3 et 4)
Doryssa devians Brot, 1874, Syst. Conch. Cab. (n.f.) 1 (24) : 352, pl. 35 fig. 10, lOa-c. — Fleuve Suriname,
Maroni ; Pain, 1956, Basteria 20 (4-5) : 92, fig. 1 a-f. — Surinam.
Matériel : Région de la Forestière (Maroni), Bouge coll. 8.1932 ; Sauts Hermina et Lamoke
(Maroni), Bouge coll. 11.1932 (6 lots comptant plus de cent coquilles) ; Maroni (cinq lots coll. Geay,
Bouge) ; « Guyane française » (cinq lots).
Source : MNHN, Paris
14
SIMON TILLIER
Il semble que cette espèce, assez commune au Surinam [Pain, 1956) et dans le bassin du Rio
Jary jusqu’à l’Amazone (Haltenorth et Jaeckcl, 1940), ne se trouve en Guyane française que dans le
Maroni, où elle vit au voisinage des rapides. Les importantes récoltes de Bouge des Sauts Lamoke
et Hermina contiennent les trois formes rex Pilsbry, marankaoensis Haltenorth et Jaeckcl et devions s.s.
qui sont donc synonymes. L’espèce montre un net dimorphisme, bien visible sur les figures de Pain :
on peut distinguer une forme à sommet aigu (Pain, 1950, fig. 1 a, d, e, f) et une forme à sommet obtus
(ibid., fig. 1 b, c). Les deux formes semblent strictement synipatriques. Certaines des coquilles figurées
par Haltenorth et Jaeckel comme Doryssa alra (1940, fig. 11 g, h, i) semblent être dos jeunes D. devions.
L’absence de cette espèce de la plus grande partie de la Guyane française, et aussi probable¬
ment d’au moins une partie de l’Amapa, montre que très probablement elle n’a pas été préservée,
pendant les glaciations, dans le refuge de l’Oyapock : à partir d’un des deux autres refuges du nord-
est du bassin de l’Amazone, elle a progressé on Giiiana et au Surinam, mais pas encore en Guyane
française où il semble qu’il n’existe pas d’obstacle écologique à sa progression.
Doryssa atra (Bruguière, 1792) (pi. 1, fig. 1)
Bulimus Oter Bruguière, 1792, Act. Soc. Hist. nat. Paris, 1 : 126. — Guyane française.
Melania atra « Richard », Drouët, 1859, Moll. guy. : 84. — Comté.
Doryssa atra (Bruguière), Pain, 1956, Basteria 20 (4-5) : 96, fig. 3 a-c. — Surinam (synonymie).
Melania truncata Lamarck, 1819, Anx. ss. vert. 6 (2) : 164 ; Mermod, 1952, Rev. suisse Zool. 59 (2) :
66, fig. 127.
Matériel : Haut-Maroni, coll. Soyer ; Tampoc, Aubert de la Rüe coll. 1950 ; Empounou-Taliki
(bras mort du Maroni, sud de Maripasoula), Lescure coll. 8.12.1972 ; Saut Lamoke (.Maroni), Bouge
coll. 8.78.1220; Bas Maroni (2 lots); Saut Taparoubo (Courcibo), Bouge coll. 8.78.1224; Courcibo ;
Saut Tigre (fl. Sinnamary, 3 lots). Bouge coll. ; Sinnamary, Bouge coll. 8.78.1219 ; rivière du Montaho
(Cayenne), d’Aubenton coll. 22.10.1976; Saut Galibi (Oyapock), Geay coll. 1901 ; Saut Cafésoca (Oya-
pock) Bouge coll. 16.9.1932 ; Akoumanaye (Oyapock), Aubert de la Rüe coll. 1950 ; Trois-Sauls, Til-
lier coll. 5.1978 ; « Oyapock », coll. Soyer (2 lots) ; « Guyane » (7 lots coll. Férussao, Deshayes et Geay).
Louis-Claude Richard (1754-1821), à qui Lamarck a attribué B. aler, était un botaniste qui
a séjourné en Guyane de 1781 à 1786 pour y faire développer la culture des arbres à épices, et qui par
la suite a été professeur de botanique à l’École de .Médecine de Paris. Il avait rassemblé une collection
de coquilles qu’il avait rangée suivant son système, mais n’avait pu publier ses travaux à cause des
conditions politiques en France à son retour de Cayenne. C’est probablement lui qui a nommé l’espèce
B. ater. Lorsqu’on 1792 Leblond, médecin chargé du Jardin botanique de Cayenne, a envoyé des
collections de Guyane à la Société d’Histoire naturelle de Paris, Richard a publié le catalogue des
plantes tandis que Bruguière s’est chargé des Mollusques : celui-ci a alors utilisé le nom de Richard,
avec qui il travaillait, de préférence à celui que Leblond avait attribué à l’espèce et qui était Melania
lemiplicata (d’après Férussac, in coll.). Les syntypes de Bidimits ater se trouvaient donc en partie
dans la collection de Richard, et en partie dans la collection de la Société. Il semble que la collection
de Richard a été donnée au Muséum, mais il est impossible d’y retrouver les types de Richard s’ils
s’y trouvent encore. La Société d’Histoire naturelle de Paris a été dissoute en 1799, et ses collections
déposées, au moins en partie, au Muséum où se trouve encore le type de Unio granosus Brug. envoyé
par Leblond. Lamarck étant professeur au Muséum, il semble que les syntypes de Melania alra ont
été transférés dans sa collection personnelle et renommés par lui Melania truncata. Dans ce cas, les
syntypes de Melania truncata Lamarck sont aussi ceux de Bulimus ater Bruguière : le fait est confirmé,
bien que non prouvé, par la citation de Leblond comme collecteur de M. truncata associée à la mise
en synonymie par Lamarck de B. aler et de M. semiplicata avec son espèce.
Les coquilles venant de Guyane orientale (est du Sinnamary) sont plus petites que celles de
Guyane occidentale, et moins foncées : il est possible que ceci soit l’indice d’une ancienne différen¬
ciation dans le refuge de l’Oyapock, mais l’hypothèse devra être vérifiée par des récoltes plus abon¬
dantes.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
15
Doryssa alra vit dans les rivières et les fleuves de Guyane (jamais dans les ruisseaux ou les très
petites rivières), généralement au voisinage des rapides, sous une profondeur d’eau d’environ un mètre
(moins en saison sèche). Les animaux sont au repos enfouis dans le sable grossier ou les graviers, ou
fixés sur les rochers. L’espèce est connue avec certitude de Guyane française, du Surinam (Pain, loc.
cit.) et du nord-est du Brésil (Haltenorth et Jaeckel, 1940, Arch. Moll. 72 (4) ; 106, fig. lia à f).
Le nom Wayampi de Doryssa aira est Kuwê.
AMPULLARIIDAE
Dans cette famille où les caractères conchyliologiqiies sont à la fois peu divers et très variables,
la plupart des espèces ont été décrites d’après une seule coquille de localité le plus souvent incertaine. Il
résulte de cette conjonction que la détermination des Ampullaires est délicate, et d’autant plus que nos
connaissances sur l’anatomie et la biologie des espèces amazoniennes n'ont pratiquement pas progressé
depuis plus de cent ans. En ce qui concerne les espèces néotropicales, les seuls travaux apportant des
données utiles pour la taxonomie sont ceux d’Hylton Scott (1957), qui donne les références des travaux
anatomiques antérieurs, pour les espèces d’Argentine et de Lopes (1955, 1956) qui a décrit le complexe
pénien de quelques espèces du sud du Brésil. D’après leurs études et les dissections effectuées pour le
présent travail, il semble que les caractères de la cavité palléalc et plus particulièrement la morphologie
dos organes génitaux externes mâles, sont les seuls utiles taxonoiniquement. Les caractères de la raditla
ne sont pas utilisés ici ; les préparations qui ont été faites ont montré, au moins pour les espèces guya-
naises, une plus grande variation entre petits et gros individus d’une même espèce qu’entre individus
d’espèces, voire de genres différents.
Seule l’anatomie des mâles est décrite ici : les femelles n’en diffèrent morphologiquement que
par l’absence complète ou partielle du complexe pénien, et par le développement plus ou moins accen¬
tué de la glande de l'albumine qui fait saillie au fond de la cavité palléale. La forme de celle-ci et la
largeur de la branchie semblent constantes à l’intérieur de chaque espèce ; par contre la forme et la
disposition du pneumostome et la taille de l’osphradium sont variables. Chez les Ampullairés le complexe
pénien est formé par la différenciation du bord palléal, à gauche du rectum, en plusieurs éléments
(fig. 5, 6) :
— Le pénis sensu stricto est constitué par un flagelle implanté entre le rectum et l’extrémité
de la branchie ; son diamètre et sa forme sont constants pour chaque espèce tandis que sa longueur
peut varier dans des proportions assez considérables. Il est enfermé dans un sac auquel est accolée
une formation charnue qui sera appelée ici glande du pénis ; les proportions relatives du sac et de la
glande du pénis sont à peu près constantes dans chaque espèce. Le sac du pénis s’ouvre par une fente
à sa base, à côté du rectum et à proximité immédiate de l’orifice génital mâle. Cette fente est protégée
par un court tentacule. Au repos, le pénis est pelotonné dans son sac, et son extrémité est engagée
dans une gouttière sur la face interne de sa gaine, dans laquelle il peut coulisser lors de l’accouplement.
— La gaine du pénis est formée par une excroissance charnue du bord palléal, rabattue au
repos sur la base de la branchie et recouvrant partiellement le sac du pénis. 5a forme, son organisation
et ses dimensions sont à peu près constantes dans chaque espèce : ainsi elle occupe une proportion beau¬
coup plus importante de la cavité palléale chez les petits mâles d’une espèce que chez les gros. Elle
porte sur sa face interne une gouttière, généralement hifurquée, qui prolonge le sac du pénis et dans
laquelle celui-ci peut coulisser lors de l'accouplement tout en se déroulant depuis l’intérieur de son
sac. La gaine porte le plus souvent trois formations glandulaires :
_ Une glande externe à sa base, considérée par Sachwatkin (1920) comme l’homologue de la
glande hypobranchiale, s’ouvrant par un pore, et qui se trouve soit en position médiane, soit du côté
de l’osphradium suivant les espèces.
— Le plus généralement deux glandes internes, mais parfois trois ou une seule, situées à droite
Source : MNHN, Paris
16
SIUON TILLIER
de la gouttière (à gauche si l’on examine le plafond de la cavité palléale par sa face interne), l’une
basale et l’autre apicale. Elles sont généralement difficiles à discerner. La surface que chacune occupe
est constante, mais leur contour est assez variable bien que généralement nettement délimité.
Lors de l’accouplement, la gaine du pénis est dépliée hors de la cavité palléale et introduite
dans celle de la partenaire. Le pénis est alors déroulé en coulissant dans la gouttière et probablement
introduit dans le pore génital de la femelle qui est souvent évasé. Le pénis sort de la gouttière non
par l’extrémité apicale de la gaine, mais par la branche latérale que celle-ci présente généralement
aux deux tiers de sa longueur.
Ampullaires décrites de Guyane
Plusieurs espèces d'ÀmpulIaires, non discutées dans les descriptions qui suivent, ont été décrites
de Guyane française :
— Ampullaria prunella Hupé, 1857 (Voyage Castelnau : 67, pl. 12, fig. 4) : 7 syntypes se trouvent
au Muséum. Ces syntypes sont étiquetés « Cayenne » et ont un opercule calcaire. On pourrait croire
que c’est par erreur que Hupé les a décrits comme provenant de la mission de Castelnau, mais les
collections du Muséum contiennent plusieurs autres lots de la même localité récoltés au xix® siècle ;
or il ne peut s’agir d’une localité de convention puisque Hupé n’a pas mentionné de localité dans sa
description. Il est donc vraisemblable qu’il s’agit d’une espèce africaine ou asiatique, introduite au
siècle dernier et probablement disparue de Guyane.
— AmpuUaria bruguieri Deshayes, 1830 (Encycl. méth. Vers 2 : 32 ; « nous pensons qu’elle
peut venir de Cayenne ») : un des trois syntypes (MNHN) a un opercule calcaire très épais et il ne
s'agit donc pas d’une espèce sud-américaine.
— AmpuUaria oviformis Deshayes, 1830 [Ibid. : 34 ; « Cayenne ») : les deux syntypes conservés
au MNHN appartiennent probablement à deux espèces différentes. Tous deux ont des dimensions
inférieures è celles données par Deshayes. Bien que ces coquilles viennent probablement d’Amérique
du Sud, aucune ne vient de Guyane.
— AmpuUaria oUvieri Deshayes, 1830 [Ibid. : 31 ; « Cayenne ») : à moins que les types de cette
espèce ne soient retrouvés dans la collection de l’École des Mines, elle doit être considérée comme un
nomen dubium.
Répartition des AmpuUaires guyaruxises
Il existe une incontestable spécialisation écologique des Ampullaires en Guyane : les AsoUne,
dépourvues de siphon, sont des espèces d’eau courante alors que les AmpuUaria, pourvues d’un siphon
respiratoire extensible, sont plutôt des espèces d’eaux stagnantes ; le bord des fleuves constitue une
zone intermédiaire ou l’on trouve suivant la région géographique soit Asolene granulosa, soit la forme
guyanensis d’Ampullaria urceus. Cette relative spécialisation est facile à expliquer si l’on admet que
le siphon, qui sert à la respiration aérienne, donne un avantage important aux espèces qui en sont
pourvues dans les eaux stagnantes relativement peu oxygénées.
AmpuUaria glauca et Ampullaria dolioides sont deux espèces très résistantes, caractéristiques
des marcs, des fossés et des canaux d’une partie de la région côtière : ce sont des espèces de milieux
ouverts, que je n’ai jamais récoltées en foret. On ne trouve Ampullaria dolioides que dans les régions
côtières des trois Guyanes, tandis que Ampullaria glauca vit aussi au moins aux petites Antilles. Ces
deux espèces spécialisées sont progressivement remplacées vers l’est par Ampullaria urceus, espèce
typique des mares de forêt qui colonise aussi les milieux ouverts en l’absence de concurrence : mares
et fossés côtiers, mais aussi bords des fleuves (forme guyanensis). Dans ce dernier biotope, on trouve
vers l’ouest à partir du Maroni et du Tampoc une nouvelle espèce spécialisée, Asolene granulosa. Celle-ci
est très probablement l’espèce-sœur de Asolene sinamarina qui vit dans les rapides des grands fleuves.
Elle est probablement apparue dans le refuge du sud de la Guiana, car elle n'est connue que de la
Guiana au Maroni, en l’absence d’une espèce d’eau peu courante spécialisée.
Asolene crassa vit dans les rapides des petits cours d’eau de la forêt, alors qu'on ne trouve Aso‘
lene sinamarina que dans les rapides des grands fleuves, de la Guiana à l’Amazone. A. crassa est une
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
17
fspèce du nord du bassin de l’Amazone, mais on en trouve une forme particulière, plus grosse, dans
la zone définie par de Granville (1979 : fig. 10) comme étant un refuge forestier très probable.
Enfin on trouve dans l’intérieur de la Guyane une sous*espèce A’Ampidlaria glauca, A. glauca
orinoccensis, qui en dilTère principalement par son adaptation à la vie dans les parties calmes du cours
des rivières et des fleuves.
La présence de Ampullaria sordida aux environs de Tonate est très probablement accidentelle.
L’absence d’Ampidlaria papyracea, espèce des savanes marécageuses de Guiana et du Brésil, peut
être liée à la réduction de celles-ci en Guyane française.
Genre ASOLENE d'Orbigny, 1837
Le genre est caractérisé par l’absence d’un siphon extensible, caractère qu’Hylton Scott (1957)
considère non sans vraisemblance comme plésiomorphe. Les œufs sont pondus dans l’eau. Les rapports
entre les différents sous-genres : Pomella, Limnopomus, Surinamia, peut-être Felipponea sont beaucoup
trop mai définis pour qu’ils soient utilisés ici ; la connaissance de l'anatomie de leurs espèces-types
apparaît indispensable préalablement à leur usage.
Asolene sinamarina (Bruguière, 1792) (pl. 1, fig. 8 et 9 ; texte-fig. 5 et 6)
Bulimus sinamarinus Bruguière, 1792, Journ. Hist. nat. 1 : 342, pl. 18, fig. 2, 3. — Fleuve Sinnamary.
Ampullaria sinamarina (Bruguière), Hupé, 1857, Voy. Castelnau : 70, pl. 13, fig. 4. — « Cayenne »;
Drouet, 1859, Moll. Guyane : 83. — Oyapock, Ouassa (= Ouanary ?) ; Vernhout, 1914, Moll.
Surinam : 28 ; Alderson, 1925, Studies : 58, pl. II, fig. 13.
AmpuUarius sinamarirm (Bruguière), Haltenorth et Jaeckel, 1940, Arch. Moll. 72 (4) : 99, fig. 2 et 3.
— Arumanduba (Bas-Amazone).
Pomacea sinamarina (Bruguière), Pain, 1950, Proc. Malac. Soc. 28 : 73. — Guiana.
Ampullaria schrammi Crosse, 1876, J. Conchyl. 24 : 102. — Oyapock ; Fischer, 1950, J. Conchyl. 90 :
150, pl. 5, fig. 81.
Asolene [Surinamia) fairchildi Clench, 1933, Nautilus 47 (2) : 71, pl. 7, fig. 1-2.
Pomacea (Surinamia) sirtamarina (Bruguière), Geijskes et Pain, 1957, Stud. Faun. Suriname, 3 : 46,
pl. 9. — Surinam.
Matériel (MNHN) : Guyane (probablement Guiana), Schomburgk coll. 1847 ; Tampoc, Aubert
de la Rüe coll. 1950 ; Maripasoula (Maroni), Barbotin coll. 1977 ; Abattis Cottica (Maroni) ; Saut
Lamoke (Maroni), Bouge coll. ; Saut Sabbat (Mana), Bouge coll. 8.78.1209 ; Kourou, Soc. Zool. Guy.,
1970 ; Oyapock, Breteau coll., 1957 ; Saut Cafésoca (Oyapock), Bouge coll. 8.78.1240 ; Saut Maripa,
Tillier coll., mai 1978 ; Dégrad Galoupa (Oyapock), Aubert de la Rüe coll., 1949 ; Trois Sauts, Tillier
colL, mai 1978 ; « Cayenne », Potteau coll., 1822 : « Guyane » (coll. Soyer, Bouge, Geay, etc.) ; lecto-
type de Ampullaria schrammi Crosse.
Cette espèce est bien caractérisée conchyliologiquement par l’épaisseur de la coquille, la sculp¬
ture décussée d’importance très variable, sa couleur qui va du vert olive avec des stries brunes radiales
obliques au brun foncé uniforme, et son ouverture pyriforme. Cependant les coquilles des jeunes ont
une forme tout à fait différente, avec le bord palatal supérieur de l’ouverture beaucoup plus convexe
que chez les adultes, et la méconnaissance du changement du contour de l’ouverture au cours de la
croissance est à l’origine de la description de A. schrammi dont le type est une jeune A. sinamarina
tout à fait typique (pl. 1, fig. 8).
Cavité paüéale (fig. 5).
Elle est assez allongée, sur un rapport 1/L d’environ 0.65 (la largeur et la longueur sont mesurées
sur le plafond de la cavité palléale étalé ; la largeur est mesurée au niveau de l’ouverture et la longueur
Source : MNHN, Paris
SIMON TILLIER
iS
est mesurée entre le bord palléal et le point de la branchic qui en est le plus éloigné). Ses proportions
sont semblables chez les jeunes et chez les adultes, et ne sont pas modifiées par le changement de forme
de la coquille au cours de la croissance. Le contour du poumon suit de près celui de la cavité palléale.
Complexe pénien (fig. 6).
La glande du pénis est nettement moins volumineuse que le sac. Le pénis a un diamètre de
2 mm environ et sa longueur varie de 35 à 45 mm. Il n’est pas effilé, mais garde le même diamètre
sur pratiquement toute sa longueur.
Une fois redressée, la gaine du pénis mesure environ 12 mm de largeur à sa base pour une hau¬
teur de 17 mm. La glande externe occupe la partie basale de la gaine à côté de l’osphradium ; la glande
interne basale est allongée parallèlement à la moitié inférieure de la gouttière tandis que la glande
interne apicale, réduite, est située tout contre la gouttière entre deux excroissances de la gaine.
Écologie et répartition.
Le fait qu’Asolene stmtTnartna ait rarement été récoltée vivante vient de son biotope particu¬
lier : on la trouve exclusivement dans les rapides des fleuves de la région guyanaise (jusqu’à l’Ama¬
zone} et de l’Amapa là où le courant est le plus violent. Les animaux sont fixés sur les rochers, face
au courant, cachés par les Podostémacées lorsqu’ils se tiennent sur la face supérieure des pierres ; il
semble donc qu’une eau très oxygénée leur soit nécessaire. D’après les Wayampi, les œufs sont fixés
sur la face inférieure des rochers pendant la saison sèche (juin-octobre).
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
19
Fio. 6. — Complexe pénien de AioUne ginamarina, gaine du péni» redressée vue par sa face iuteme ;
animal de la fig. S. Échelle 5 mm.
Discussion.
Au moins deux espèces sont proches d’A. sinamarina par leurs caractères conchyliologiques :
— AmpuUaria mermodi Sowerby, 1905 (3 syntypes, MHNG, localité inconnue) a une surface
brillante. Seules les stries d’accroissement sont visibles sur le dernier tour mais on peut distinguer,
en particulier sur les premiers tours, des granules disposés en rangées spirales qui rappellent la sculp¬
ture d’A. sinamarina. D’autre part, le plus grand des trois syntypes (figuré in Proc. Malac. Soc. XIII :
152) est très nettement plus gros qu’aucune A. sinamarina étudiée (D = 58 mm). II est possible qu’il
s’agisse d’une forme particulière d'A. sinamarina, mais il est impossible d'en décider sans nouvelles
données ;
— AmpuUaria petiti Crosse (un topotype, MNHN, coll. Jousseaume) ne présente que des stries
d’accroissement et pas de granules, même sur les premiers tours préservés. Elle peut avoir une taille
comparable à celle de A. sinamarina (une coquille du MNHN a 47 mm de diamètre) et l’ouverture
Source : MNHN, Paris
20
SIMON TILLIER
change également de forme au cours de la croissance : il est probablement impossible de distinguer
conchyliologiqucmcnt une jeune A. petiti d’une A. crassa. Cependant, sa spire est nettement plus
élevée que celle de A. sinamarina.
Le nom Wayampi de A. sinamarina est uluwa itulewa.
Asolene granulosa (Sowerby, 1894) (pl. 1, fig. 10, 11, 12; texte-fig. 7)
AmpuUaria granulosa Sowerby, 1894, Proc. Malac. Soc. London 1 : 49, pl. 4, fig. 24. — Guyane fran*
çaise.
Pomacea {Limnopoinus) granulosa (Sowerby), Gcijskes et Pain, 1957, Stud. Faun. Suriname 3 : 45,
pl. 10. — Guiana, Surinam (synonymie).
AmpuUaria sowerbyi Vernhout, 1914, Notes Leyden Mus. 36 : 29, pl. 1, fig. 13.
Matériel : L’holotype, BMNH, « Cayenne » ex Eudel ; Brokopondo (Surinam), Hummelinck
eoll. 2.1964, LMNH 7500; idem, Boeseman coll. 13.5.1964, LMNH ; Ralcigh Falls (Saramacca dt,
Surinam), Geijskes coll. 8/1957, LMNH ; plage d’AIbina (Marowijne dt, Surinam), Âltcna coll. 1.3.1963,
LMNH 7502 : Surinam, Altena coll. 1963, LMNH 7492 ; Tampoc (bassin du Maroni), Aubert de la Rüe
coll. 1948-49; Empounou Tabiki (bras mort du Maroni), Lescure coll. 5.12.1972; Maripasoula, Bar-
botin coll. 1977 ; La Forestière (Maroni), Bouge coll. 8.78.1205 ; Maroni, Bouge coll. 8.78.1232 ; Guyane
française (3 lots).
La forme de la coquille de cette espèce est extrêmement variable ; on trouve tous les inter¬
médiaires entre la forme typique, à coquille épaisse, spire basse et suture très canaliculée, et une autre
forme à coquille plus fine, spire haute et suture moins profondément canaliculée. L’ombilic des coquilles
épaisses est généralement fermé, tandis qu’il est légèrement ouvert chez les coquilles plus légères. La
couleur de la coquille varie d’un brun verdâtre avec des bandes spirales plus foncées plus ou moins
visibles à un brun très foncé uniforme. La sculpture est typiquement décussée, formée par des stries
bpirales en nombre variable incisant des stries ou des côtes fines axiales, mais il arrive que seules de
fines stries de croissance soient présentes. Les jeunes ont le bord palatal de l’ouverture beaucoup plus
convexe qu’aucune autre espèce, et leur coquille, dont l’ombilic est toujours clos, est nettement pyri-
forme : il est probable que les jeunes identifiés par Geijskes et Pain appartiennent, compte tenu de
leur lieu de récolte, à Asolene sinamarina.
Cavité palléale.
Elle est tout à fait semblable à celle d’A. sinamarina. Le seul caractère anatomique permettant
de distinguer actuellement les deux espèces est la largeur de la branchie, en particulier près du bord
palléal : elle est proportionnellement deux fois moins large chez A. granulosa que chez A. sinamarina
(cf. fig. 6 et 7). Un Nématode était enkysté dans le poumon d’un des animaux disséqués (Empounou
Tabiki).
Complexe pénien (fig. 7).
Un seul mâle adulte a pu être disséqué (LMNH 7492 ; D = 47 mm). Le complexe pénien ne
présente que de très légères différences avec celui do A. sinamarina : pénis de 1,5 X 27 mm, gaine
du pénis un peu plus courte et plus large, taille des glandes internes de la gaine. Le matériel examiné
n’est pas suffisant pour déterminer si ces différences sont significatives. Une telle similitude des com¬
plexes péniens Implique de très grandes affinités entre les deux espèces.
Ecologie, répartition et discussion.
A. granulosa vit depuis la Guiana, à l’ouest (localité non précisée) jusqu'au bassin du Maroni,
à l’est. Il est impossible actuellement de déterminer la limite sud de son aire de répartition. La forme
typique vit dans les rapides des fleuves, mais seulement là où l’eau est la plus calme, tandis que les
formes comme celles de la fig. H (pl. 1) vivent au bord des fleuves dans les parties plus calmes de leur
cours. Il est difficile de comprendre comment l’isolement reproductif est maintenu entre la forme
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
21
Fie. 7. — Complexe pénicn de Asolene granulosa, Surinam, LMNH 7492 ; O — 47 mm. Échelle 5 mm.
typique et A. sinamarina, puisqu'elles ont des appareils reproducteurs semblables et des biotopes
contigus, mais la variabilité très étroite de A. sinamarina montre que les deux espèces sont distinctes.
La forme non typique occupe le meme biotope que la forme guyanensis do Ampullaria urceus qui
est complètement absente de son aire de répartition : elle peut être interprétée comme une espèce
issue de Asolene sinamarina dans une région d’où Ampullaria tircens était absente, et qui est proba¬
blement le refuge du sud de la Guiana, compte tenu de la répartition actuelle des deux espèces.
Asolene crassa (Swainson, 1823) (pi. 1, fig. 5, 6, 7 ; texte-fig. 8)
Ampullaria crassa, Swainson, 1823, Zool. III. (Ist ser.) 3 : pl. 136; \ embout, 1914, Moll. Surinam :
29.
Ampullaria sloanii Férussac, 1827, Extrait de Bull. Univ. Soi. Industrie : 15. — Cayenne {nomen
nudum : introduit comme synonyme) ; Drouet, 1859, Moll. Guyane : 84.
Ampullaria crassa far. monticola, Vernhout, 1914, Notes Leyden Mus. 36 : 47, pl. 1, fig. 15.
Pomacea (Limnopomus) crassa (Swainson), Pain, 1960, J. Coiich. 24 : 429 (synonymie, A. peùli exclue) ;
Pain, 1950, Proc. Malac. Soc. 28 : 72, pl. 7, fig. 7, pl. 8, ûg. 13. — Guiana ; Geijskes et Pain,
1957, Stud. Faun. Suriname 3 : 45, pl. 9.
Matériel : Crique Albina (St-Élie), Bouge coll. 8.78.1194 ; Crique Pactole (St-ÉIie), Bouge coll.
8.78.1188 ; St-Élie, Bouge coll. ; Sinnamary, crique se jetant dans le Courcibo ; Ile de Cayenne, 9 lots
de plusieurs localités, coll. Bouge 1931, Tillier 1977, 1978 ; Kaw, crique de la retenue d’eau, Tillier
coll. 26.4.1977; Fourgastier, Paulmier coll., 1978; Montagne de Ouanary, Bouge coll. 8.78.1191:
Haut-Oyapock, Breteau coll. 1957; environs de Trois Sauts, D’Aubenton coll. 1976; Montagne Sl-
Marcel, h 10 km de la Crique Upusin, Tillier col!., mai 1978 ; Guyane française (11 lots d’origines diver¬
ses) ; Saul Pararé (Arataï), Baudot coll., nov. 1978.
Source : MNHN, Paris
22
SIMON TILLIER
La couleur des coquilles varie du jaune verdâtre, avec des bandes brunes spirales, au brun
foncé uniforme. Chez les jeunes, la partie supérieure du bord palatal de l’ouverture est nettement
plus convexe que chez les adultes ; la coquille est imperforée à tous les stades. Trois lots (crique afiluent
du Courcibo ; Macouria ; Saut Pararé} se distinguent très nettement par la taille exceptionnelle des
adultes (jusqu'à 50 mm de diamètre) et par une spire plus élevée. L’anatomie des animaux ne justifie
pas une séparation. Le nom Wayampi de Asolene crassa est uluwai.
Cavité palléale.
Elle a la même disposition et les mêmes proportions que chez Asolene sinamarina ; cependant
le repli médian est plus développé et la partie distale de la branchie est proportionnellement moins large
(cf. fig. 6 et 8).
Complexe pénien (fig. 8).
La longueur du pénis varie de 15 à 25 mm ; son diamètre est de 1 inm et, tout comme chez
Asolene sinamarina, reste constant sur presque toute sa longueur. La glande pénienne est au plus
aussi grosse que le sac pénien (en général plus petite). La gaine du pénis est nettement plus longue
que large (8 mm à la base X 12 mm) et a une extrémité tronquée très caractéristique. La glande externe
a la même disposition que chez A. sinamarina. La glande interne basale peut avoir la disposition de
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
2a
la fig. ë, mais elle peut aussi être plus allongée (4 X 1.5 mm) et être plus ou moins oblique par rapport
à la gouttière de la gaine ; la glande interne apicale forme une sorte de petit champignon à gauche
de l’extrémité du sillon. La gaine du pénis occupe presque toute la cavité palléaie chez les plus petits
mâles récoltés (diamètre de la coquille = 29 mm ; pénis figuré), alors que chez les plus gros (diamètre
de la coquille = 37 mm) clic n’en occupe qu’une partie restreinte. Un des trois lots mentionnés plus
haut contient un mâle (Saut Pararé ; diamètre 47 mm). La gaine du pénis est nettement plus grande
que celle de tous les autres mâles disséqués : 22 X 12 mm. Cependant sa morphologie est strictement
la même et de plus le pénis a une taille comparable à celle des autres : 27 X 1 mm. Il n'existe donc
pas d’argument anatomique ou géographique permettant d’alUrmer que celte forme particulière est
isolée rcproductivemcnl des autres A, crassa et elle ne doit pas en être distinguée, même au niveau
subspécifique. On peut tout au plus remarquer quelle semble n’ètre présente que dans la zone médiane
de la Guyane française.
Ecologie.
Asolene crassa vit dans les ruisseaux ou les petites rivières, sous une profondeur d’eau ne dépas¬
sant pas 50 cm, en terrain accidenté : les animaux vivent de préférence en dessous des cascades ou
des rapides, là où l’eau est très oxygénée et où le courant est relativement peu violent. Ils se tiennent
soit sur les pierres, juste sous la surface de l’eau, soit à demi enterrés dans le sable. L’accouplement
a lieu près du bord, là où l’eau est plus calme (individus accouplés récoltés en avril).
Genre AMPULLARIA Lamarck, 1799
La question de l’usage du nom générique Ampullaria n'est pas définitivement résolue, et une
décision de la Commission de Nomenclature apparaît nécessaire. En effet, Lamarck (Mém. Soc. Hist
nat. Paris, 1799 : 76) a introduit Ampullaria pour « Hélix ampuUacea » L., tout en se référant au ® Cor¬
don bleu n qui désigne Nerita urceus Mueller ; il a de plus bien précisé en 1801 (Syst. An. ss. Vert. :
93) que Ampullaria s'applique aux espèces à opercule corné et a alors appliqué le nom générique à
.1. rugosa Lk. = A. urceus Mutiler : dans l’esprit sinon dans la lettre, Ampullaria doit être donc bien
applique aux espèces américaines et son espèce-type doit être Ampullaria urceus. De plus, comme
l’a écrit Aldcrson (1926), il serait extrêmement regrettable qu’un nom aussi répandu (\\x Ampullaria
disparaisse de la nomenclature, et il est donc utilisé ici ainsi que l’a préconisé Hylton Scott (1957),
et ceci bien que les auteurs anglo-saxons récents le considèrent comme un synonyme de Pila et lui
préfèrent Pomacea Perry, 1810.
Au niveau suligénériquc, Effusa Jousseaume 1889 (type Effusa luteosloma Jouss. — Hélix
glauca L.) distingue les espèces à spire déprimée et ombilic large des espèces du sous-genre Ampulla¬
ria s.s. (=s Pomacea Perry ?). Or l’étude de l’anatomie des espèces permet de distinguer deux groupes
qui ne coïncident pas avec les sous-genres coiichyliologiques. L’un regroupe A. urceus, A. glauca,
A. g. orinoccensis (étudiés ici), et est caractérisé par une cavité palléaie longue et par l’organisation de
son pénis ; l’aulre regroupe A. doUoides et A. caruUiculata (étudiée par Lopes, 1956) et est caractérisé
par une cavité palléaie courte et une organisation différente du complexe pénien. Les études antérieures
sur l’anatomie de» Ampullaria (Hylton Scott, 1957 ; Lopes, 1955, 1956) sont insuffisantes pour déter-
miîifr si ces groupes sont aussi bien délimités qu’ils le semblent d après ces quelques espèces. Comme
par ailleurs l’anatomie de Pomacea maculala est inconnue {Pomacea pourrait être maintenu comme
sous-genre A'Ampullaria), il n’apparaît pas utile de nommer ces deux groupes infragénériques.
Les espèces du genre Ampullaria étudiées ici ont en commun :
— un siphon extensible ;
— un pénis effilé, dont le diamètre diminue régulièrement de sa base à son sommet.
Source : MNHN, Paris
24
SIMON TILLIER
Ampull&ria «ordida Swainson, 1823 (pl. 2, iig. 1)
Pomacea sordida (Swainson), Lopes, 1955, Rev. Bras. Biol. 15 (2) : 208, fig. 17-23 (anatomie).
Matériel : crique Paracou (à son croisement avec la route), Tillier coll., mai 1978 ; « Macouria »
(probablement récolté vers 1930) ; « Guyane française », Aubert de la Rüe coll. 1948-49.
Il semble bien qu’il n’existe en Guyane qu’une population, très probablement anciennement
introduite, de cette espèce du sud-est du Brésil. Elle se maintient dans des conditions très particulières
pour la Guyane française, car l’eau est exceptionnellement saie là où elle a été récoltée.
AmpuUaria glauca glauca (Linné, 1758) (pl. 2, fig. 2 ; texte-Pig. 9-10)
Matériel : Paramaribo, Tillier coll. 29.4.1978 ; Orleancreek (Commenwijne dt.), Tillier coll.
29.4.1978 ; Albina (Commenwijne dt.), Tillier coll. 30.4.1978 ; Aouara, Tillier coll. 20.4.1977 ; St-Jean
du Maroni, Benoist coll. 1914 ; Bac de Mana, Tillier coll. 18.4.1977 ; Sinnamary, Tillier coll. 18.4.1977.
L’exemple de A. orinoccensis montre qu’il est impossible de déterminer le statut des formes
considérées par Baker (1930), Pain (1950) et Geijskcs et Pain (1957) comme de simples variétés de
A. glauca sans données supplémentaires, bien qu'il soit presque certain que la plupart de leurs mises
en synonymie sont justifiées. Aucune coquille récoltée en Guyane ne dépasse 50 mm de diamètre,
mais l’espèce peut atteindre (en Guadeloupe) 70 mm. Les animaux sont matures avec une coquille
d’un diamètre un peu supérieur à 30 mm.
Cavité palléale (fig. 9).
Elle est aussi allongée que celle des Asolene, mais sa partie postérieure est plus large, avec une
branchic plus longue. Le bord antérieur du poumon est oblique par rapport au bord palléal, de telle
façon que le poumon est moins développé que celui d’Asolene dans sa partie antcrieusc, alors que sa
partie postérieure est plus large.
Complexe pénien (fig. 10).
Seulement deux mâles, venant d’Albina, ont été examinés. La glande du pénis est nottement
moins volumineuse que le sac qui est au repos en grande partie recouvert par la gaine du pénis. Les
deux pénis examinés ont une longueur de 20 mm et un diamètre à la base de 0.9 mm ; leur diamètre
diminue régulièrement de la base au sommet. La gaine du pénis mesure 6 mm à la base X 10 tnm
environ (son extrémité est repliée sur la figure 8). Sa glande basale externe est latérale, du côté de
l’osphradium. Les deux glandes internes de la gaine sont peu développées : l’une est à peu près à nii-
bauteur de la gaine et l’autre aux quatre cinquièmes, accolée au sillon de la gaine.
Reproduction.
Des œufs ont été récoltés en avril-mai. Ils sont déposés en grappe allongée sur n’importe quel
support, à une cinquantaine de centimètres au-dessus de la surface de l’eau. Ils sont de couleur orangée,
mais le cas de A. urceus donne à penser que la couleur des œufs n’est pas spécifique. Leur diamètre
est de 2.2 à 2.5 mm : les œufs de A. glauca sont nettement plus petits que ceux des autres espèces
étudiées ici.
Écologie et répartition en Guyane.
Dans la région guyanaise, AmpuUaria glauca vit exclusivement dans la plaine côtière (zone
des savanes), et on ne la trouve jamais dans la forêt primaire. Elle est beaucoup moins répandue en
Guyane qu’au Surinam et en Guiana, et il semble que Sinnamary soit à l’extrémité orientale de son
aire de répartition. Elle vit toujours sous une faible profondeur d’eau, dans tous les cas inférieure à
un mètre, comme l’ont noté Geijskes et Pain (1957). On la trouve le plus souvent avec A. dolioides
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES
GUYANE
25
p,g_ 9_ _ AmpuUaria glauea, vue de dessus, plafond de la cavité paliéale rabattu sur la droite;
Albina ; D = 34. mm. Échelle 10 mm.
Source : MNHN, Paris
SMON TILLIER
(qui toutefois ne dépasse pas la Mana vers l’Est), et la pollution des eaux (à Paramaribo) ne semble
pas gêner son développement.
Ampullaria glauca orinoceensia (Ziegler, 1848) (pl. 2, fig. 3)
Ampullaria orinoccensis Ziegler in Troschel, 1848, in Schomburgk, Reisen in British-Guiana III. —
Mollusca ; 548. — Pomeroon (Guiana).
Pomacea [Effusa) glauca orinoccensis (Troschel : sic), Geijskes et Pain, 1957, Stud. faun. Surinam, 3 :
44. — sud du Surinam.
Matériel : Sipaliwini R. (Nickerîe dt., Surinam), Ligerie coll. 9.1961, LMNH ; Avanero Falls
(Nickerie dt.), West Sur. Exp. 9.4.1971, LMNH ; environs de Brokopondo (Surinam), 8 lots, LMNH ;
Litani R. (Marowijne dt.), Gonini Exp. 15.11.1903 ; Trois Sauts (dans l’Oyapock), Grenand coll. 1977.
Il n’existe aucune autre dilTérence conchyliologique que la taille entre A. glauca glauca et
A. g. orinoccensis : les adultes de la sous-espèce nominale ont de 30 à 50 mm de diamètre et ne sont
que tout à fait exceptionnellement plus grands (cf. le graphique de Pointier, 1974, Bull. Mus. nat. Hist.
nat., Zool. 159 : 909), tandis que le diamètre normal des adultes de A. g. orinoccensis va de 50 à plus
de 80 mm. Le complexe palléal et le complexe pénien du seul mâle disséqué (LMNH, D = 68 mm) sont
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
27
tout à fait semblables à ceux de A. gl. glauca : la différence de taille des organes génitaux (pénis de
0.9 X 32 mm, gaine de 9 x 16 mm) est beaucoup moindre que la différence de taille des animaux dis*
séqiiés, et n'est sûrement pas significative.
Il existe pourtant des différences qui justifient la distinction de deux sous-espèces :
— géographique : bien qu'il soit difficile de savoir si A. g. orinoccensis est présente dans toute
la partie centrale de la Guyane française, il est clair que seule la sous-espèce nominale est présente
dans la région côtière et ne dépasse sûrement pas Cayenne vers l’est ;
— écologique : la sous-espèce nominale ne vit que dans les très petits cours d'eau ou les marais
côtiers ; A. g. orinoccensis vit dans les cours d'eau de moyenne ou grande importance dans la forêt
de l’intérieur, dont la profondeur est d’au moins un mètre ;
— biologique ; A. g. glauca pond principalement pendant la saison des pluies, tandis que, d’après
les Wayampi, A. glauca orinoccensis ne pond que pendant la saison sèche.
AmpuUaria urceus (Mueller, 1774) (pl. 2, ffg. 4, 5, 7 ; texte-fig. 11)
Nerita urceus Mueller, 1774, Hist. Verm. 2 : 174.
Arnpuüaria urceus (Mueller), Alderson, 1925, Stud. Amp. : 10, pl. 3, fig. 1-3 (synonymie).
Pomacea urceus (Mueller), Pain, 1960, J. Conch. 24 (12) : 426.
Arnpuüaria guyanensis Lamarck, 1819, Hist. Nat. An. ss. Vert., 6 : 176.
Pomacea (Pomacea) urceus guyanensis (Lk), Pain, 1960, J. Conch. 24 (12) : 426 (synonymie).
AmpuUaria welwitsckiana Drouët, 1859, Moll. Guyane : 82, pl. 3, fig. 33-34. — Cayenne.
Matériel : lectotype à’Arnpuüaria guyanensis (désigné ici), MHNG ; 2 paralectotypes d'Ampul-
laria guyanensis, MNHN coll. Lamarck ; 1 paralectotype d’AmpuUaria guyanensis probable, « Cayenne *,
MNHN coll. Buffon, 1750 ; Guiana, Schomburgk coll. 1847 ; entre l’Approuague et l’Oyapock, Castel-
neau coll. 1847 ; Maripasoula, Barbotin coll. 1977 ; La Forestière (Maroni), Bouge coll. 8.78.1105 ;
Bac de Mana, Tillicr coll. 18.4.1977 ; Pariacabo, Bouge coll. 8-78.1197 ; entre Iracoubo et Sinnamary,
Tillier coll. 27.4.1978; région de Gourdouville (fl. Kourou), Bouge coll. 1931-32 (6 lots) ; Kourou, coll.
Soc. Zool. Guyane 1970 ; Savane Matiti (km 33), Bouge coll. 8.78.1231 ; Tonate (criques Macouria et
Paracou), Tillier coll. 24.4.1978 et 21.5.1977, Bouge coll. 8.78.1203 ; Ile de Cayenne (11 lots de diverses
localités), coll. Bouge et Férussac ; Kaw, Tillier coll. 3.4.1977 ; Guisanbourg, Tillier coll. 3.5.1977 ;
Oyapock, Bretcau coll. 1957 ; environs du Saut Cafésoca (Oyapock ; 3 lots), Bouge coll. 9.1932 ;
Trois Sauts (nombreux lots de localités diverses), Tillier coll. 5.1978 ; Ouarouareu (Brésil), Aubert de
la Rüe coll. 14.1.1949.
La coquille de cette espèce très variable peut atteindre 115 mm de diamètre à Trinidad (Pain)
et au Venezuela (MNHN), mais ne dépasse pas 90 mm en Guyane. On trouve parmi les deux cents
individus récoltés en Guyane française toutes les combinaisons possibles entre les différents caractères
autrefois considérés comme caractéristiques d'espèces : coquille ovoïde (urceus), pyriforme (guyanen¬
sis) ou oblongue (oblonga = oviformis ?), surface brune et striée, finement ponctuée ou lisse à bandes
brunes sur fond jaune, ombilic bien ouvert ou presque clos, péristome blanc, orangé ou bleu clair. Les
différentes formes de coquille et les différentes couleurs du péristome peuvent se rencontrer dans la
même population, tandis que la couleur et la texture de la surface externe de la coquille dépendent
du biotope (cf. infra).
Cavité paUéale et complexe pénien (fig. 11).
La ca%-ité palléale est très légèrement plus allongée et plus large que celle de AmpuUaria glauca ;
la glande et le sac du pénis sont semblables à ceux de cette espèce. Le pénis, effilé, a un diamètre à la
base de 1 mm et une longueur d’une trentaine de mm. La gaine du pénis a une morphologie caracté¬
ristique très accusée, qu'on pourrait croire due à une déformation post mortem si elle n’était constante.
8a largeur à la base est d'une quinzaine de mm, sa hauteur totale de 25 à 30 mm. La glande externe
Source : MNHN, Paris
SIMON TILLIER
de la gaine forme une bosse à la base du côté de l’osphradium. La glande basale interne (5 min de long
environ) est allongé parallèlement à la partie basale du sillon. Celui-ci bifurque au tiers de son parcours :
sa branche gauche, très courte, s’arrête à la base d’une excroissance discoïde (glande interne ?), sa
branche droite se poursuit jusqu’au sommet de la gaine en longeant par sa droite, un peu au-dessus
de la bifurcation, une seconde excroissance allongée (6x2 mm ; glande interne apicale ?). Au-dessus
de cette seconde excroissance, la gaine garde un diamètre constant, de l’ordre de 2-3 mm.
Reproduction.
La ponte a lieu pendant la saison des pluies. Les œufs, dont la couleur peut être orange ou vert
clair (les deux couleurs sont associées dans la même localité), sont déposés en grappe généralement
ovoïde à une cinquantaine de centimètres au-dessus du niveau de l’eau sur un support dur, le plus
souvent un tronc. Les œufs ont environ quatre mm de diamètre.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
29
Écologie, discussion.
A. urceus est une espèce d’eau peu courante et peu profonde (moins de 50 cm). On la trouve :
— dans la forêt, près de la berge des ruisseaux lents ou bien lorsque ceux-ci s’étendent en maré¬
cage. Les coquilles récoltées en sous-bois, dans ce type de milieu, ont toutes un périostracum fibreux
brun ;
— le long de la berge des fleuves, là où la pente est douce : c'est le milieu de la forme guyansnsis
typique ;
— dans les petites rivières qui traversent les marais côtiers et dans les fossés là où A. glauca
et A. dolioîdes sont absentes : les coquilles ont en général des bandes plus ou moins visibles et sont
d'une taille assez faible.
L’absence de A. urceus du Surinam peut aisément s’expliquer en ce qui concerne les milieux
ouverts (formes guyanensis auct.) : dans ce type de milieu, l’espèce est progressivement remplacée
vers l’ouest par A. glauca ou A. dolioîdes, dans la région côtière, et Asolene granulosa, sur les bords des
rivières et fleuves de forêt. 11 est par contre très difficile de déterminer si la forme de forêt (urceus
typique) est vraiment absente du Surinam, car les coquilles brun foncé sont très difTiciles à distinguer
sous l’eau, parmi les feuilles mortes dans la pénombre de la forêt et il est possible qu’elles aient échappé
aux collecteurs qui ne les recherchaient pas spécifiquement. De la même façon, j’ignore si l’absence
de coquilles récoltées dans les régions centrale et sud-occidentale de la Guyane française est signifi¬
cative. Un argument en faveur d’une réelle disjonction de l’aire de répartition au niveau du Surinam
est la différence d’aspect des coquilles : celles qui ont été récoltées au nord-ouest du Surinam sont
souvent plus grosses, plus brillantes, plus foncées et plus grossièrement striées ou martelées que celles
de Guyane française ; par contre, l’anatomie de l’animal récolté par Schomburgk en Guiana en 1835
(MNHN) ne diffère pas significativement de celle qui est décrite ici. Enfin, même s’il existe une dis¬
jonction au niveau du Surinam, il est certain qu’il existe une continuité des populations de la Guyane
à la Guiana par le bassin de Rio Jary, celui du Rio Negro et la trouée de Roraïma.
Ampullaria dolioîdes Reeve, 1856 (pl. 2, fig. 6 ; texte-fig. 12-13)
Ampullaria dolioides Reeve, 1856, Conch. Icon., X, Ampullaria n» 75.
Pomacea dolioides (Reeve), Pain, 1950, Proc. Malac. Soc. 28 : 68, pl. 7, fig. 4 (synonymie, discussion).
— Plaine côtière de Guyane anglaise.
Ampullaria lineata Spix, Vernhout, 1914, Moll. Surinam : 27. — Plaine côtière du Surinam.
Matériel : 2 syntypes dont le figuré, coll. Cuming, BMNH ; Paramaribo (Surinam), fossés des
faubourgs, Tillier coll., avril 1978; Orleancreek (Commewijne dt., Surinam), avril 1978; Aouara (Guyane
Fr.), avril 1977 (marais derrière le village).
Cette espèce est conchyliologiquement extrêmement proche de Ampullaria lineata (Spix, 1827),
avec laquelle elle pourrait être confondue si elle n’en était nettement séparée géographiquement et
anatomiquement. La plus grosse coquille récoltée a une hauteur de 62 mm et un diamètre de 52 mm,
mais les adultes ont couramment des dimensions de moitié inférieures.
Cavité palléale (fig. 12).
Elle est au plus aussi longue que large, ce qui la distingue nettement de celle de toutes les autres
espèces guyanaîses. Cette brièveté a pour consécpience très visible l’angle accentué (presque droit) que
décrit le conduit génital externe.
Complexe pénien (fig. 13).
La glande du pénis est toujours nettement plus volumineuse que le sac. Le pénis effilé a 0.7 mm
de diamètre à la base et une longueur de 35 à 40 ram. La gaine du pénis se distingue par sa largeur
Source : MNHN, Paris
30
SIMON TII-LIER
Ftc. 12. AmpuUaria dolioîdes, vue de dessus, plafond de la cavité palléale rabattu sur la droite ;
Paramaribo ; D = 36 mm. Échelle 10 mm.
à peu près égale à sa hauteur, par la position centrale de sa glande externe et par sa glande interne,
qui semble unique, très développée ; celle-ci a le plus souvent une forme de champignon comme sur
la figure 13, mais il arrive qu’elle soit plus ou moins allongée le long du sillon de la gaine (cf. A. cana-
liculaia, Lopes, 1956, Rev. Brasil. biol. 16 (4) : fig. 37 à 40).
Reproduction.
La ponte a lieu principalement pendant la saison des pluies. On trouve les œufs avec ceux de
A. glauca, dont ils se distinguent par leur couleur vert clair (dans les cas observés) et leur diamètre
nettement supérieur, de l’ordre de 4 mm. La forme des grappes d’œufs est variable ; chaque grappe
compte une centaine d’œufs.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
31
Écologie, répartition, discussion.
AmpuÜaria dolioides vit dans les mêmes milieux que A. glauca : on trouve très fréquemment
des populations des deux espèces mélangées. Cependant son aire de répartition est beaucoup plus
réduite, puisqu'on ne la trouve que depuis Georgetown, à l’ouest, jusqu’à Aouara, à l’est, dans la région
côtière marécageuse des Guyanes. La similitude entre A. dolioides et A. canaliculala, telle qu’elle a été
décrite par Lopes {loc. cit.), est extraordinaire et semble écologique aussi bien qu’anatomique, puisque
les deux espèces ont le même prédateur {Rosthramus sociabilis soeiabüis).
HELICINIDAE
Les Helicinidae de Guyane appartiennent aux genres Aleadia et Lucidella. La principale diffé¬
rence entre les deux genres, outre celles des caractères radulaires mises en évidence par H. B. Baker
(1922), est la sculpture bien apparente de Lucidella.
On trouve les Helicines soit dans la litière, soit, par temps humide, sur les feuilles des arbustes.
L'ornementation du periostracum aussi bien que la microsculpture de la coquille sont très varia¬
bles ; par contre la taille et la forme de la coquille, ainsi que les caractères de l’opercule, sont relati¬
vement constants en permettent de distinguer des groupes spécifiques homogènes.
Source : MNHN, Paris
32
SmON TILLIER
Tableau de détermination
(caractères de l’opercule de L. lirata d'après Wagner, 1911)
D
H/D
Tours
Grand axe de
l'ouverture
Angle columellaire
intérieur
Contour de
l'opercule
Bord
columellaire
de l'opercule
Alcadia
4.3
0.75
4.5
oblique
peu à moyennement
oblong
épais
kuehni
6.3
0.9
saillant
peu oblique
Alcadia
5-6
0.9
4.75
oblique
très saillant
semi-
mince
sericea
0.93
circulaire
Bub-
perpendiculaire
Alcadia
7.3
0.85
5.
oblique
très saillant
semi-
mince
pellucida
8.5
0,95
5.25
circulaire
sub-
perpendiculaire
Lueidella
4.
0,6
4.5
transverse
peu saillant
semi-
épais
circulaire
très oblique
Alcadia kuehni (Pfeiffer, 1872) (texle-fig. 14 à 17, 21)
Helicina kükni, Pfeiffer, 1872, Malak. Blatt. 19 : 76, pl. 2, fig. 11-12. — Mt Dergendel (Surinam).
Alcadia (Eualcadia) sericea kühni (Pfr), Wagner, 1911, Syst. Conch. Cab. (n.f.), 1 (18/2) : 63, pl. 10,
fig. 5-7.
Alcadia kuehni (Pfr), Aliéna, 1974, Zool. Meded. 48 (8) : 70. — Surinam.
Alcadia (Eualcadia) sericea (Drouët), Wagner, 1911, Syst. Conch. Cab. 1 (18/2) : 62, pl. 10, fig. 1-4.
Matériel : Pariacabo, Bouge coll. 8.78,1106 et 1110 ; Pointe Combi (Sinnamary), Tillier coll.
21.5.1977 ; lie Royale, Tillier coll. 24.5.1977 ; Rorota (Cayenne), Bouge coll. 8.78.1116 ; La Chaumière
(Cayenne), Bouge coll. 8.78.1133 et Petter coll. 10.12.1978 ; llet le Père, Geay coll. 1900 ; Ilel la Mère,
Geay coll. 1902 et Tillier coll. 25.5.1977 ; Kaw, colline derrière le village, Tillier coll. 29.4.1977 et Mtgne
Favart, Tillier coll. 25.5.1977 ; Ouanary, Geay coll. 1900 ; Saint-Georges, Geay coll. 1900 ; Trois Sauts,
Aubert de la Rüc coll. 18.1.1949 ; Mt St Marcel, ait. 500 m, Tillier coll. 13.5.1978 ; « Cayenne » (5 lots
coll. De Morgan, Letellier, Marie) ; « Guyane » (5 lots coll. Bouge, Geay et Jousseaume).
L'espèce, telle qu’elle est comprise ici, varie considérablement dans les limites indiquées dans
le tableau de détermination ; en particulier tous les intermédiaires existent entre la forme déprimée
(fig. 14) et la forme conique (fig. 16). Dans bien des cas, seul l’opercule permet de s’assurer qu’on n’a
pas affaire à A. sericea (fig. 23). Le periostracum, qui disparaît très facilement, peut être lisse et associé
à une microsculpture de la coquille formée par les stries de croissance croisées par des faisceaux destries
divergentes. Il peut aussi former des cordons spiraux étroits auxquels correspondent des stries spirales
qui incisent les stries de croissance. Enfin il peut être poilu, les poils étant disposés soit en rangées
spirales plus ou moins nettes, soit anarchiquement. Il n’apparaît pas possible de former des groupes
homogènes en utilisant plus d’un caractère conchyliologique.
Le matériel étudié ici provient exclusivement de la région côtière et de la vallée de l’Oyapock.
Il n’est pas possible de déterminer si cette répartition est due à des lacunes dans les récoltes, mais c’est
probablement le cas.
Compte tenu de la variabilité définie ici, l’analyse des rapports à'Alcadia kuehni avec Helicina
laterculus, H. guajarana et H. schereri (toutes trois décrites par F. Baker en 1914 de la région du bas
Amazone) nécessite une révision.
Source : MNHN, Paris
I
i'
1
— Échelle 2.5 mm. Fio. 14 à 16, AUadia kuehni, Pariacabo. Fie. 17, AlcaJia kuehni
Montagne Favart (Kaw), Fio. 18, AUadia tericea, piste de Saint-Élie.
34
SIMON TILLIER
Alcadia serioea (Drouët, 1859) (texte-iig. 18, 24}
Helicina aericea Drouët, 1859, Moll. Guyane : 75, pl. 2, fig. 18-20. — Montabo (Cayenne) (synonymie
exclue).
Matériel : Route de St-ÉIic (à environ 15 km de la côte), Tillier colL 25.4.1978; 8aut Marina
(Oyapock), Aubert de la Rüe coll. 12.1948.
La forme de la coquille semble beaucoup plus constante chez A. Kuehni : elle est régulièrement
conique, avec la columelle bien détachée du bord pariétal de l’ouverture et à l’angle légèrement sail¬
lant. Dans les cas douteux, on peut la distinguer par son opercule qui est semi-circulaire et non oblong
(fig. 24) ; sa plaque calcaire est mince (quoique moins que chez Helicina), et le nucléus est plus bas
que chez A. kuehni ; son bord columellaire est brutalement tronqué. 11 est probable que l'ornemen¬
tation de la coquille a la même variabilité chez les deux espèces.
La localité originale ne doit pas faire illusion, et il est vraisemblable que A. sericea appartient
biogéographiquement à l’intérieur de la Guyane ; on sait que la région de Cayenne constitue une avancée
de la zone interne guyanaise, et qu’elle est formée par une mosaïque des différents milieux guyaiiais
(Lescure). Les deux localités attestées se trouvent dans le secteur médian et subcôtier de Granville
(secteur lia, fig. 124), et l’absence de cette espèce de la région du Haut-Oyapock et de la région côtière
rend vraisemblable son appartenance exclusive à cette zone caractérisée par une pluviosité moyenne
Altena (1974) a cru pouvoir distinguer A. sericea à’A. kuehni d’après leur taille. Une telle dis¬
tinction est de toute évidence impossible puisque les dimensions des deux descriptions originales sont
du même ordre de grandeur. Par contre le type d’A. kuehni est déprimé (H/D = 0.71) tandis que celui
d’.(4. aericea a une spire élevée (H/D = 0.92). Par ailleurs on voit bien sur les figures originales l’angle
columellaire obtus d’A. kuehni et celui, très saillant, d’>l. sericea. Il semble que c’est Wagner (1911)
qui a le premier confondu les deux espèces sur la foi du matériel insuffisant qu'il avait sous les yeux
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
35
Alcadia pellucida (Sowerby, 1842) (texte-6g. 19, 22}
Helicina pellucida Sowerby, 1842, Thés. Conch. 1 : 9, pl. 3, fig. 138. — Guyane française ; Drouet,
1859, Moll. Guyane : 74.
Matériel ; Trois Sauts (Oyapock), Aubert de la Rüe coll. 1949; Haut-Oyapock, Aubert de la
Rûe coll. 1949; « Oyapock », Breteau coll., 1957.
Cette espèce ne diffère d’A. sericea que par sa taille plus grande et son nombre de tours plus
élevé. L’opercule est également semblable aux dimensions près à celui d’A. sericea, si ce n’est que le
bord columellaire de l’unique opercule observé (fig. 22} est doublé par un bourrelet continu de section
semi-circulaire beaucoup plus important.
II semble que A. pellucida ne se trouve en Guyane que dans la vallée du Haut-Oyapock.
Lucidella lirata (Pfeiffer, 1847} (texte-fig. 20-21}
Helicina lirata Pfeiffer, 1847, Zeitsch. f. Maïak. : 150.
Lucidella lirata (Pfr), Wagner, 1911, Sysl. Conch. Cab. 1 (18/2} : 341, pl. 68, fig. 5-7. — Du Mexique
méridional au Venezuela ; Altena, 1974, Zool. Mcded. 48 (8) : 71. — Surinam.
Matériel : Aouara, Tillier coll. 20.4.1977 ; Saut Sabbat (Abattis), Tillier coll. 13.5.1977.
Comme l’a noté Altena, on trouve tous les intermédiaires entre la forme typique et la forme
lamellosa Guppy, caractérisée par des extensions lamelleuses du periostracum par-dessus les cordons
spiraux. Un doute subsiste quant à l’attribution des coquilles de Guyane à L. lirata, car le seul opercule
examiné, en très mauvais état, m’a semblé plus mince et plus large que celui figuré par Wagner (figure
reprise, ici, n® 21). 11 est possible qu’elles appartiennent en fait à une Helicina du groupe d’H. lirifera
Ancey. Le choix fait ici repose sur l’hypothèse d’une continuité biogéographique depuis Trinidad
jusqu'à la région côtière occidentale de Guyane française.
F:c. 20. — Lucidella lirata, Saut Sabbat. Échelle 1 mm.
POTERIIDAE
Tous les Poteriidae récoltés en Guyane française appartiennent au genre Neocyclotus et au sous-
genre Incidostoma dont les adultes sont caractérisés par un sinus apertural qui entaille le bord de
l’ouverture le long de la suture. Les Poteriidae semblent absents de la région côtière guyanaise, et
jamais très abondants.
Malgré le très petit nombre de localités, qui résulte de leur relative rareté, on peut tenter d’en
donner une interprétation biogéographique :
Source : MNHN, Paris
36
SIMON TILLIER
Fie. 21 à 24. — Opercules des Helicinidae guyanais. Fig. 21, Lucidella lirata (d’après Wagner, 191^. Fie. 22, Aleadia
pellucida. Trois Sauts. Fig. 23, Alcadia kuehni, Pariacabo. Ftc. 24, AUadia aericea, Saint-Èlie. Echelle 5.25 mm
pour la fig. 21, 2,5 mm pour les fig. 22, 23, 24.
Tableau de détermination des Poteriidae
Neoq/lolua
(Incidoalomaj
Diamètre
adultes
H/D
Sculpture
Coloration
apertural
Tours
22-24
0.565
0.642
stries axiales
1 bande brune
+
1 bande claire
fond élargi
à
bord surélevé
4
aralaîensis
13.5
0.615
stries axiales
1 bande brune
+
1 bande claire
rétrécissement
progressif
fond bord
saillant
4
cayeinenae
15-19
0.65
0.78
martelée
proche de
l’uniformité
largeur
constante
4-4.25
bord non
saillant
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES
GUYANE
37
— les trois espèces sont absentes de la région côtière (la et Ib, fig. 124) ;
i! n y a pas non plus de représentant de la Famille dans la vallée du Haut-Oyapock ;
Neocyclotus pari, espèce décrite des Nassau Mts., caractérise la zone interne de De Gran¬
ville (III et IV, fig. 124), y compris la région de Saül et à l’exception du Haut-Oyapock ;
Neocyclotus cayennense ne se trouve que dans le secteur médian et subcôtier à pluviosité
moyenne (lia, fig. 124} tandis que N. aratcûensia n'est connu que de sa localité-type (Saut Pararé) :
il est tentant de le considérer comme une espèce de la partie pluvieuse du secteur II (Ilb 2, fig. 124),
qui est aussi le centre du refuge guyanais où cette espèce se serait différenciée pendant les phases de
régression de la forêt.
Neocyclotus (Incidostoma) pari (Altena, 1974) (pl. 2, fig. 8)
Neocyclotus {Incidostoma) pari, Altena, 1974, Zool. Med. 48 (8) : 72, pl. 1, fig. 1-3, pl. 3, fig. 1. — Nas¬
sau Mts (Surinam).
Matériel : Tampoc (Haut-Maroni), Aubert de la Rûe coll. 1950 ; Saül, Barbotiii coll. 1977.
Le diamètre des adultes est de 22 à 24 mm pour environ quatre tours, avec un rapport H/D
allant de 0.565 à 0.642 (moyenne sur six coquilles = 0.612). La sculpture est formée uniquement par
par les stries de croissance. La fente aperlurale, dont les jeunes sont dépourvus, a une forme bien
caractéristique ; sa partie proximale est élargie et son bord est saillant, formant ainsi l'atnorco d'un
tube.
Neocyclotus (Incidostona) cayennense (Shuttleworth, 1852) (pl. 2, fig. 9)
Cyclostoma {Cyclophorus) cayennense Shutterlworth, 1852, Berner Mitth. : 299 (d’après Bartsch et Mor-
rison). — Cayenne.
Jncerticyclus cayennensis (Shuttleworth), Bartsch et Morrison, 1942, U. S. Natn. Mus. Bull. 181 : 276-
Neocyclotus {Incidostoma) morrisoni Altena, 1974, Zool. Med. 48 (8) : 72, pl. 2, fig. 1-3, pl. 3, fig. 2. —
Nassau Mts (Surinam).
? Neocyclotus {Neocyclotus) rugatus (Guppy), Aliéna, 1974, Zool. Med. 48 (8) : 71, pl. 2, fig. 4-6, pl. 3,
fig. 3. — Nassau Mts (Surinam).
Matériel : « L’Oyapock », Breteau coll. 1957 ; ■ Cayenne », coll. Jousseaume ; Guyane française.
Bouge coll.
Les adultes ont un peu plus de quatre tours de spire (jusqu’à 4,25 tours). Leur diamètre est
de 15.5 à 19 mm, avec un rapport H/D de 0.65 à 0.777 (moyenne sur huit coquilles = 0.732). La coquille
est granuleuse, sauf dans l’ombilic ; dans les cas favorables on voit que cette granulation est formée
par le croisement de deux familles de stries radiales obliques. Le bord de la fente aperturale est dans
le prolongement de la suture, quelquefois légèrement plongeant vers l’ouverture et la fente a une
largeur constante. On peut quelquefois discerner des bandes spirales claires, mais elles ne sont jamais
très nettes.
La description de Shuttleworth s’applique parfaitement à certaines coquilles de cette espèce
et, compte tenu de la localité originale (Cayenne), je n’ai pratiquement aucun doute sm* son identité.
Le seul point contestable, mis en évidence par Bartsch et Morrison, est l’opercule corné mentionné
par Shuttleworth. Bien qu’il soit calcifié, l’opercule de certaines coquilles de la collection Jousseaume
est jaune translucide et il n’apparaît pas choquant qu’il ait été décrit comme corné en 1852.
La coquille figurée par Altena (1974) comme Neocyclotus rugatus (Guppy) est manifestement
immature ; comme elle vient de la même localité que son N. morrisoni — N. cayennense, on peut se
demander s’il ne s’agit pas d’un jeune de cette espèce, dont la fente aperturale n’est pas encore former :
mais il est vrai que les deux opercules qu’il figure ont un nombre de spires différent.
Source : A1NHN, Paris
38
SIMON TlLLtBR
Neocyclotus (Incidostoma) arataïensÎB nov. sp. (pl. 2, fig. 10)
Matériel ; l’holotype, près du Saut Pararé (Arataï), Baudot coll., novembre 1978.
L’hoiotypc a été récolté mort, sans opercule. Ses mesures sont les suivantes ; D = 13,5 mm ■
d = 11,5 mm ; H = 8,3 mm ; H/D = 0,615 ; ouverture 6,3 X 6 mm. La coquille, très déprimée et à
l’ombilic très large, a environ quatre tours et la suture est légèrement canaliculée. La coquille embryon¬
naire a environ 1,1 tour. La sculpture est constituée par des stries d'accroissement de plus en plus
accentuées vers l’ouverture (huit-neuf par millimètre sur le dernier tour), qui se prolongent jusqu'au
fond de l'ombilic. La coloration comporte une bande périphérique marron foncé surmontée par une
bande plus claire. Il y a une zone plus claire autour de l’ombilic, et plusieurs bandes spirales claires
difficilement visibles, au-dessus des bandes médianes.
Le sinus apertural est peu accentué : sa largeur diminue très progressivement. Son bord proxi¬
mal est légèrement saillant.
Discuesion
Neocyclotus araUdensis est très nettement plus petit qu'aucune autre espèce d'Incidoatoma.
Il est très proche de N. pari, dont il ne diffère que par sa taille et la forme de son sinus apertural. Il
est significatif que N. araiaîensis ait été découvert entre l’Approuague et la Comté : cette région de
la Guyane est caractérisée par un endémisme élevé, à la fois pour les Batraciens (Lescure, 1975) et
pour les Mollusques {LabyrirUhus bifurcalus, forme particulière de Asolene craaaa).
II. — PULMONES
Basommatophores
En Guyane la présence des Basommatophores, Phyaa marmorata peut-être exceptée, est de
toute évidence liée à la pollution de l’eau par les activités humaines : tous ont été récoltés à proximité
d’habitations dans des déversoirs d’eaux usées. Les populations ne se maintiennent apparemment
que dans la mesure où la pollution des eaux est entretenue, car je n’en ai pas retrouvé dans des loca¬
lités attestées il y a une dizaine d’années. Dans les conditions actuelles de densité des populations
humaines, il est probable que les espèces ne subsistent à l’échelle de la région côtière de Guyane fran¬
çaise que grâce à de constantes réintroductions par les importations de légumes du Surinam.
Jusqu’à présent, malgré les nombreux examens effectués à l’Institut Pasteur de Cayenne, aucun
cas de bilharziose contractée en Guyane n’a pu être mis en évidence (Floch et Fauran, 1957).
Les Pianorbes de Guyane ont été identifiés par J. P. Pointier (École Pratique des Hautes Études),
que je tiens à remercier ici.
PHYSIDAE
Physa marmorata Guüding, 1828 (p. 3, fig. 1)
Physa marmorala Guilding, Harry et Hubendick, 1964, Meddn. Gôteborg Mus. zool Avd. 136 : 13,
fig. 72, 110 (coquille), 9, 11, 13, 16, 24 (anatomie). — Porto Rico.
Aplexa {Stenopkysa) rivalis (Maton et Rackett), Baker, 1930, Occ. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan,
210 : 36, pl. 29, fig. 1-7.
Matériel : Cayenne (puits du jardin de la transportation, Bouge coll. 28.3.1932 et fossés du
cimetière, Tillier coll. 23.4.1977) ; crique 17 km au sud-est du pont du Kourou, Tillier coll. 23.4.78.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
Comme l’a fait remarquer Baker (1931), la solution du problème de la dénomination de cette
espèce dépend du genre dans lequel on la plaee : si l’on considère qu’elle appartient au genre Aplexa,
elle doit être nommée Aplexa rivalis (Sowerby, 1822), antérieur à Physa marmorala et non homonyme
de Physa fontinalis rivalis. La solution adoptée ici est celle de Hairy et Hubendick, qui considèrent
que l’espèce doit être placée dans le genre Physa à cause des lobes de son manteau digités et étalés
sur la coquille.
La morphologie et l’anatomie des animaux de Guyane correspondent parfaitement à la des¬
cription et aux figures de Baker (1930). II semble que ceux qui ont été étudiés par Harry et Huben¬
dick, de Porto-Rico, ont une spermathèque au cordon plus long et un rein plus étroit.
Une des P. marmorala disséquées (Route nationale, 17 km au sud-est du pont du Kourou)
est parasitée par des métacercaires de xiphidiocercaire à'Epithelioq/stidea (Trematoda : classification
de La Rüe, identification Albaret et Dufour). Les métacercaires se trouvent principalement dans les
vaisseaux sanguins du toit du poumon, où Us sont très abondants.
PLANORBIDAE
Tableau de détermination^
D
H/D
ouverture
Pénis :
L. fourreau/
Flagelles
du pénis
Crète rénale
Biomphalaria
30
0.3
droite
0.7-1.4
absents
présente
glabrata
0.35
B. slraminea
7
0.31
déviée
0.9-2.3
absenta
absente
(11)
0.34
B. tchrammi
4
0.29
droite
4 -P
absents
absente
P)
0.33
Drepanolrema
4
0.35
droite
0.5-0.9
deux
absente
aruUinum
0.43
D. lucidum
6
0.25
droite
0.6-1
deux
absente
(7)
0.3
BiomphaUria glabrata (Say, 1818) (pl. 3, fig. 2)
Australorbis glabratus (Say), Paraense et Deslandes, 1955, Mem. Inst. Oswaldo Cruz 53 (1) : 87-103,
pl. 1-4.
Taphius glabratus (Say), Paraense et Deslandes, 1959, Am. J. Trop. Med. 8 (4) : 455-472 ; Harry et
Hubendick, 1964, Meddn. Goteborgs Mus. zool. Avd. 136 : 42, fig. 31, 93-98, 134-138.
1. Établi par compilation des références données plus loin ; les diamètres maxima entre parenthèses correspondent
i des données bibliographiquei.
Source : MNHN, Paris
40 SIUON T11.L1ER
BiomphaUtria glabrata (Say), Pointier, 1974, Bull. Mus. natn. Hist. nat., 3« sér., 235 : 910, fig. 3-6
15 F, pl. 1, fig. 9-11.
PlanorbU xerampelinus Drouet, 1859, Moll. Guyane : 76, pl. 2, fig. 27-29. — Surinam.
Matériel : région de Kourou, Bouge coll. 1932 ; Matoury (île de Cayenne), Tillier coll. mai 1978.
Biomphalaria straminea (Dunker, 1848) (pl. 3, fig. 3)
Australorbis slramineus (Dunker), Paraense, 1963, Rev. Brésil. Biol. 23 (1) : 1-7.
Australarbis centimetralis (Lutz, 1918), Paraense et Deslandes, 1955, Rev. Brasil. Biol. 15 (3) : 293-
307 ; ibid., 15 (4) ; 341-348.
Matériel : Cayenne, Tillier coll. 23.4.1977 ; Guyane française (5 lots coll. Bouge).
Biomphalaria sehrammi (Crosse, 1864) (pl. 3, fig. 4)
Australorbis sehrammi (Crosse), Paraense, Fauran et Courmes, 1964, Bull. Soc. Patli. Exot., 57 (6) ■
1236-1254.
Biomphalaria sehrammi (Crosse), Pointier, 1974, Bull. Mus. natn. Hist. nat., 3® s., 235 : 913, fig 7
15 G, pl. 2, fig. 12-14. ' ’
Australorbis janeirensis (dessin, 1884), Paraense et Deslandes, 1956, Rev. Brasil. Biol., 16 (l) : 81-
102.
Matériel : Rémire, 30.10.1959, Paraense det. A. janeirensis.
Drepanotrema anatinum (d’Orbigny, 1835) (pl. 3, fig. 5)
Planorbis analinus d’Orbigny, 1835, Mag. Zool. Classe 5 : 28. — Parana.
Drepanotrema anatinum (d’Orb.), Paraense et Deslandes, 1956, Rev, Brasil. Biol,, 16 (4) : 491-499 •
Pointier, 1974, Bull. Mus. natn. Hist. nat., 3® s., 235 : 918; Harry et Iliibendick, 1964, Meddii
Gôteborgs Mus. zool. Avd., 136 ; 20, fig. 87-89, 118-120.
Matériel : un syntype, Parana, d’Orbigny coll. et leg. 1835, MNHN ^ ; Kaw (débarcadère)
Tillier coll. 29.4.1977.
Drepanotrema lucidum (Pfeiller, 1839) (pl. 3, fig. 6)
Drepanotrema lucidum (Pfr), Pointier, 1974, Bull. Mus. natn. Hist. nat., 3* s., 235 : 917, fig. 11, 15 J,
pl. 2, fig. 21-23 ; Harry et Hubendick, 1964, Meddn. Gôteborgs Mus. zool. Avd., 136 : 22, fig. 84-
86, 121-123.
Drepanotrema melleum (Lutz, 1918), Paraense et Deslandes, 1956, Rev. Brasil. Biol. 16 (4) : 527-534.
Drepanotrema paropsides (d’Orbigny, 1835), Paraense et Deslandes, 1958, Nautilus, 72 (2) : 37-41.
Drepanotrema surinamense (Dunker, 1884), Paraense et Deslandes, 1960, Rev. Brasil. Biol., 20 (3) :
257-263.
Matériel : Aouara (marais derrière le village), Tillier coll. 20.4.1977 ; Kaw, Tillier coll. 29.4.1977.
1. Contrairement à l'opinion couramment répandue, une partie du matériel du t Voyage dans l'Amérique méri¬
dionale ■ te trouve au MNHN ; d'Orbigny a donné en tout 303 lots récoltés par lui en Amérique du Sud au Muséum,
en 1831 et 1834. La preuve en est fournie par le livre des entrées du Laboratoire de Malacologie, d'une part, et par les
étiquettes de la main de d'Orbigny qui subsistent, d'autre part. D'après ces étiquettes, il semble que e'est d'après ce
matériel que d'Orbigny a écrit son article de 1835 dans le Magasin de Zoologie.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
41
Systellommatophores
VAGINULIDAE
En Guyane on ne trouve des Vaginulidae que dans la région côtière, toujours dans des milieux
secondaires ou à proximité et jamais en forêt. Elles apprécient particulièrement les terrains vagues
envahis par les Convolvulacées (liserons), le long desquelles elles grimpent par temps pluvieux. On
peut aussi les récolter sous les pierres, lorsqu’il y en a, ou sous les accumulations de végétaux pourris¬
sants. On trouve souvent plusieurs espèces ensemble. La terminologie générique employée ici est celle
proposée par Thomé (1975), qui présente l’avantage d’être facilement utilisable. Il n’est pas possible
de déterminer avec certitude si une ou plusieurs Vaginules sont des espèces primaires giiyanaises ;
Anguslipes carceralia nov. sp. est l’espèce le plus probablement non introduite, car c’est la plus unifor¬
mément répandue. Ni Vaginula beccarii Coifmann, 1935, ni Vaginulus pidlus ni V. cnidicaulis Baker
1926, toutes trois décrites de Guiana, n’ont été retrouvées en Guyane. Toutes trois ont été décrites
d’après un seul exemplaire et on peut se demander si elles ne sont pas synonymes soit entre elles, soit
d’espèces décrites ici.
Dans les tableaux de mesure les abréviations suivantes seront utilisées :
Ln = longueur du notum (face dorsale).
In = largeur maxima du notum.
Ihn = largeur de l’hyponotum, au niveau du pore génital femelle.
Is = largeur de la sole pédieuse au même niveau.
pgt = distance du pore génital femelle au bord du sillon bordant la sole pédieuse.
pgt = distance du pore génital femelle au bord du notum.
Tableau de détermination
pg2/Ln
pgl/Ihn
glande
pédieuse
Hyponotum
d
?
DiplosoUnodes
0.46
0.25
env.
points gris
fi g. 25
fig. 27
bUlenbergi
0.53
0.42
10 mm
épars
D. guianensis
0.44
0.21
env.
idem
fig. 29
fig. 32
0.48
0.28
5 mm
Saraainula
0.51
0.39
> 10 mm
uniforme 7
fîg. 33
fig. 35
linguaeformis
0.58
0.44
Anguatipes
0.53
0.38
6-8 mm
uniforme
fig. 37
fig. 39
earceralis
0.65
0.5
Toute détermination doit être confirmée par la dissection : c’est pourquoi les références des
figures correspondantes sont données ici. Le complexe pénien, constitué par le pénis s.s. dans sa gaine
et par sa glande à papille conique et aux nombreux tabules, se trouve à droite du bulbe buccal. Les
organes génitaux femelle terminaux se trouvent à droite du corps, à l’aplomb du pore génital. Le rectum
s’enfonce dans le tégument tout à côté avant de rejoindre l’anus qui se trouve à l’extrémité postérieure.
Source ■■ MNHN, Paris
42
SIMON TILLIER
Diplosolenodes bielenbergi (Semper, 1885) (texte-fig. 25, 26, 27, 28)
Vaginula bielenbergi Semper, 1885, Reisen im Archipel der Philippinen, 2 (3/7) : 298, pl. 24, fig. 9,
pl. 26, fig. 6. — Puerto Caballo ; Thomé, 1972, Arq. Zool. Sâo Paulo, 21 (5) : 241 (redescription
du type), fig. 10-12, 60, 85*87.
Vaginulus (Latipee) bielenbergii (Semper), Baker, 1925, Proc. Acad. nat. Sci. Philadelphia, 77 : pl. 5,
fig. 21-22. — Venezuela.
Diplosolenodes bielenbergi (Semper), Thomé, 1975, iheringia (Zool.), 48 : 13-14.
Matériel (tous disséqués) : Paramaribo (Surinam), Tillier coll. 29.4.1978 ; St-Laurent du Maroni
Tiilier coll. 11.5.1977 ; Ile Royale, 23 et 24.5.1977 ; Macouria, F. Geay coll. 1902 ; Cité Robart (Cayenne),
Degailier coll. 8.5.1977 ; Matoury, Tillier coll. 7.5.1977 ; Kaw, 26.4 et 1.5.1977.
Mesures
L
1
Ln/ln
Ihn
pgl
Pg2
pg2/LD
Pgl/lhn
Paramaribo
51
16
3.19
6
2.5
2.5
25
0.49
0.42
St Laurent
53
17
3.12
6.5
5
2.5
25
0.47
0.38
Ile Royale
35
12.5
2.8
5
2.8
1.3
16
0.46
0.26
Ile Royale
32
11.3
2.8
4
3
1
15.5
0.48
0.25
Macouria
34
12
2.8
4.5
3
1.5
18
0.53
0.33
Matoury
34
9
3.8
4.8
2.8
1.2
18
0.53
0.25
Cité Robart
49
12.5
3.9
5.7
3.2
1.6
25
0.51
0.28
Le notum est beige, sans trace d’orangé, avec des points ou des taches gris et quelquefois de
petites marbrures plus claires. Les taches grises sont parfois plus denses de part et d’autre de la ligne
médio-dorsale, et encadrent alors une bande médiane plus claire. L’hyponotum porte toujours au
moins quelques points gris épars sur fond clair : ces points, qui sont difficilement visibles à l’œil nu
permettent de distinguer les deux Diplosolenodes de Guyane des deux autres espèces.
La longueur totale de la glande du pénis (fig. 25) varie de 16 mm, chez les jeunes à peine matures
à 25 mm chez les adultes. Ses digitations sont quelquefois bifurquées à proximité immédiate de leur
base ; souvent quelques-unes d’entre elles sont très courtes. La longueur du pénis étendu est de l’ordre
de 10 mm. La morphologie de son extrémité (fig. 26 et 26 a) est constante chez les gros individus
plus variable chez les jeunes où elle est souvent semblable à celle de D. guianensis. La spermathèque
et l’oviducte sont contigus au rectum (f^. 27). Le canalis junctor s’ouvre à proximité de l’extrémité
de la spermathèque en L, mais pas apicalement ; le canal déférent s’enfonce dans le tégument à une
certaine distance de la base du cordon de la spermathèque et non le long de celui-ci.
La glande pédieuse est toujours longue, comme sur la fig. 28.
Diplosolenodes guianensis (Coifmann, 1935) (texte-fig. 29, 30, 31, 32)
Vaginula guianensis Coifmann, 1935, Boll. Zool., 6 : 330, fig. 3-4. — Mackenzie (Guiana).
Diplosolenodes guianensis (Coifmann), Thomé, 1975, Iheringia (Zool.), 48 : 14.
Matériel : Macouria, F. Geay coll. 1902 ; Matoury, Tillier coll. 25.4.1978.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
43
Source : MNHN, Paris
44
SIMON TILLIEB
Fie. 27. — Geiiitalia lemelles distaux de DiploioUnodes bieUnbergi (même animal) ; échelle 4 mm.
Fie. 28 — Glande pédieuse de DiplosoleTxodea bietenbergi (même animal, même échelle que la fig. 27).
Mesures
Ln
In
Ln/ln
Ihn
U
pgl
PS:2
pg2/Ln
pgl/Ilm
Matoury
39
13.5
2.9
5
3
1.4
17
0.44
0.28
Macouria
46
16.5
2.8
6.8
3.5
1.4
22
0.48
0.21
Le seul individu observé vivant était beige avec des marbrures claires et des laclics grises plus
denses dans la région médio*dorsaic et formant ainsi une zone sombre ; tout comme D. bielenl/ergi,
il avait des points gris sur l’hyponotuni.
Anatomiquement, D. guianensis est très proche de cette dernière espèce ; bien que les tabules
de la glande du pénis soient en général plus gros et que l’extrémité du pénis ait typiquement une mor¬
phologie différente (fig. 29 et 30), seule la glande pédieuse très courte (fig. 31) et le canal déférent
s’enfonçant dans le tégument tout contre le cordon de la spermathèque (fig. 32) permettent do dis¬
tinguer les deux espèces dans les cas douteux.
D. guianensis se distingue de D. occidentale sensu Baker par la position du porc génital, ici
situé en avant du milieu de l’hyponolum.
Sarasinula linguaeformîs (Semper, 1885) (texte-fig. 33, 34, 35, 36)
Vaginula linguaeformis Semper, 1885, Reisen im Archipel der Philippinen, 2 (3/7) : 307, pl. 25, fig. 4,
pl. 27, fig. 3. — Guayaquil ; Coifmann, 1935, Boll. Zool., 6 : 328, fig. 2. — Guiana (parlim ?).
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
45
? Vaginuluê {Anguslipes) linguaeformis (Semper), Baker, 1926, Proc. Acad. nat. Sci. Philadelphia,
78 : 32, pi. 4, fig. 5 nec fig. 6. — Georgetown (Guiana).
Sariuinula linguaeformis (Scmper), Hoffmann, 1925, Jena Zeitschr., 61 : 193, 250, pl. 5 ; Thomé, 1975,
Iheringia (Zool.), 48 : 26.
Matériel : Cayenne, Floch coll. et leg. 1966 ; St-Georges de l’Oyapock, Tillier coll. 3.4.78.
Source : MNHN, Paris
46
SIMON TU.LIER
Mesures
St-Georges
St-Georges
Cayenne
(très contracté)
Ln In Ln/ln Ihn Is pgl pg2 pg2/Ln pgl/lhn
37
15.5
2.39
6.5
5
34
11.4
2.98
5
4.2
26
10
2.6
4. 6
3.5
2.8 19 0.51 0.44
2 18 0.53 0.4
1.8 15 0.58 0.39
Le notum des deux animaux dont les couleurs sont préservées est beige orangé, uniformément
marbré de gris. L’hyponotum est beige plus clair et présente quelques taches grises, larges et diffuses
qui sont peut-être des artefacts et ne peuvent en aucun cas être confondues avec le piquetage de l’hypo-
notum des deux Diplosolenodes.
La glande du pénis (&g. 33) est beaucoup plus importante que celui-ci. Ses tabules sont tous
semblables, non bifurqués. L’insertion du rétracteur pénien est simple, alors qu’elle est double chez
les deux Diplosolenodes (fig. 26). Le pénis est constitué par un pédoncule surmonté d’un gland très
convexe plus court que le pédoncule et s’ouvrant perpendiculairement à celui-ci. Le pore du pénis
est protégé par une petite papille bifide (lig. 34). La spermalhèque est globuleuse et relativement
petite (fig. 35), surtout lorsqu’on la compare à celle de l’espèce suivante. Elle possède un pédoncule
court et large au sommet duquel s’insère le canalis junctor. Le rectum est accolé au vagin et au cordon
de la spermathèque.
La glande pédieuse (fig. 36) est longue de plus de dix millimètres.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
47
Fio. 35. '— Genitalia femelles distaux de 5arasinulu linguaeformii (même animal). Échelle 4 mm.
Fio. 36. — Glande pédieuse de S. linguaetormU (même animal, même échelle que la Rg. 35).
Discussion
Il existe un certain nombre d’ambiguités à propos des animaux appelés lingueaformis par les
auteurs cités plus haut :
— le type de Semper est très nettement plus grand qu’aucun individu jamais cité de Guyane
(90 mm de long) ;
— la figure de la spermathèque de Baker (1926, pl. 4, fig. 6) ne correspond à aucune descrip¬
tion postérieure puisqu’il a figuré le débouché du canalis Junctor à une certaine distance du sommet
du cordon de la spermathèque ; Baker précisant par ailleurs que ses spécimens sont très contractés,
il est possible qu’il s’agisse d’un défaut d’observation ;
— la figure 2d de Coifmann (1935), ainsi que ses mesures 2« et 3« (p. 328), pourraient tout aussi
bien se rapporter à l’espèce suivante ;
— les figures de Baker et de Coifmann montrent une glande du pénis nettement moins impor¬
tante, en particulier par la longueur des tubules, que sur la figure de Semper et que chez les animaux
décrits ici.
Source : MNHN, Paris
48
SIMON TILLIER
Malheureusement le type de Semper n’a jamais été redécrit : il semble inutile de procéder à
quelque changement nomenclatural que ce soit tant que ceci n’aura pas été fait.
Angustipes carceralis nov. sp. (texte-fig. 37, 38, 39, 40)
Malériel-lype : l’holotype et cinq paratypes, lie Royale {entre la maison du Directeur et le
quartier des bagnards), Tillier coll. 23 et 24.5.1977.
Autre matériel : St-Jean du Maroni, Tillier coll. 12.5.1977 ; St-Laurent du Maroni, 11.5.1977 •
Aouara, 20.4.1977 ; Saut Sabbat, 13.5.1977 ; lie de Cayenne (cinq lots, coll. Floch, 1966 et Tillier 1977) •
Kaw, 1.5.1977.
Mesures
Ln
In
Ln/ln
llm
l9
pgl
Pg2
pg2/Ln
pgl/lhn
Holotype
45
16.5
2.73
6
4.5
2.3
27
0.6
0.38
Paratype
44
14
3.14
7.5
6
3
24
0.55
0.5
Paratype
49
14
3.5
6
5
3
28
0.57
0.5
Paratype
34
11
3.1
5
4
2.5
19
0.56
0.5
Paratype
38
12
3.2
5
4
2.3
20
0.53
0.46
Paratype
42
13.7
3.07
6
3.6
2.5
25
0.59
0.42
45
11.5
3.91
4.8
4
2.5
26.5
0.59
0.52
St Jean
40
11
3.64
5
3
2.8
24.5
0.61
0.56
St Jean
38
11
3.45
4.5
4
2
24.5
0.64
0.44
St Laurent
32
15
2.13
6
4
2
20
0.625
0.33
St Laurent
36
9
4
3.7
3.3
1.5
22
0.61
0.40
Saut Sabbat
47
12.4
3.8
5.3
4
2
29
0.62
0.38
44
11.5
3.83
5.2
4.5
2
26.8
0.59
0.38
Saut Sabbat
46
14.4
3.19
6.3
4
2.8
25
0.54
0.44
Saut Sabbat
41
13.5
3.04
5
4
2
23
0.56
0.4
Cité Robart
(Cayenne)
37
11
3.36
6
3.6
2.4
24
0.65
0.4
Matoury
35
12.5
2.8
5.5
4
2.2
22
0.63
0.4
Matoury
34.5
10.8
3.19
4.7
3
2
20
0.58
0.43
Matoury
32.3
10
3.23
4
3.2
1.8
19
0.59
0.45
Kaw
33.5
10
3.35
5.3
3.6
1.8
20
0.60
0.34
On peut remarquer que les mesures de Sarasinula linguaeformis montrent à peu près les mêmes
variations que celles A'Angustipes carceralis. Il est indispensable de disséquer les animaux pour dis¬
tinguer les deux espèces, et cela d’autant plus qu'ils sont de couleurs semblables : notum beige, sou¬
vent teinté d’orangé, marbré ou moucheté de gris, avec souvent une zone plus sombre médiane. L’hypo-
notum de tous les A. carceralis observés est beige très clair uniforme, sans la moindre tache.
i.e tubules de la glande du pénis sont simples (fig. 37), tous semblables. Leur moitié inférieure
est enfermée dans une gaine sur laquelle s’insère une branche du rélracteur pénien. La papille conique
de la glande est presque aussi longue que les tubules. Le pénis a une longueur de l’ordre de la moitié
de celle de la papille, mais il parait plus court lorsque, comme sur la figure 37, il est partiellement
prolracté dans la partie commune de la gaine. Il est formé par un gland en fer de lance, au centre
convexe et aux bords aplatis, inséré perpendiculairement sur un pédoncule toujours plus court que
lui-même (fig. 38). Il peut arriver, lorsque le pénis est complètement rétracté (observé une fois), que le
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
49
38
Fio. 37. — Anguttipea careeralit nov. tp., paratype. — Complexe pénien. Échelle 4 mm.
Fie. 38. — Pénit du même paratype. Échelle 2 mm.
gland se trouve dans le prolongement du pédoncule, mais leurs limites respectives restent nettement
visibles. Le pore du pénis, qui s’ouvre au-dessus du sommet, n’est pas protégé par une papille. Le
rétracleur pénien est simple. La spermathèque, chez les adultes, est beaucoup plus grosse que chez
les autres espèces guyanaises (fig. 39). Elle n’a pratiquement pas de pédoncule difîérencié. Le canal
déférent s’enfonce dans le tégument le long de sa base, et le canoiis junctor est ai court et enfoncé qu il
faut écarter le tégument pour l’observer.
L.a glande pédieuse (flg. 40) a toujours moins de dix millimètres de long.
Diacus$ion
L'organisation dos tubules de la glande pénienne, la forme du pénis et surtout l’implantation
du canalis junctor placent l’espèce dans le genre Angustipes au sens restreint, tel que l’a défini Thome
{Ikeringia 48, 1975 : 9). Angustipes carceralis est distinct des espèces placées par Thomé dans ce groupe
(bien que la redescription des types non revus puisse réserver des surprises) :
— Angustipes ameghini (Gambetta), A. difficiüs (Colosi), A. morii (Colosi) ont une glande
pénienne petite, aux tubules peu nombreux ;
— Angustipes ? paraguensis (Simroth) a des proportions complètement différentes, avec l'hypo-
notum quatre fois plus large que la sole pédieuse ;
Source : MNHN, Paris
50
SIMON TILLIBR
— Anguatipes ? robuslus (Colosi) est beaucoup plus grand, puisqu’immature pour une longueur
de 55 mm (Gambetta, 1923) ; de plus la base de sa spermathèque possède un renflement où débouche
le canalia junctor (Colosi) ;
— enfin Anguatipes ? tarsiai (Coifmann) a une glande pénienne et un pénis beaucoup plus petits
que ceux de A. carceralia ; de plus le gland du pénis n’est pas différencié en une région centrale très
convexe et une bordure plus plate.
Anguatipes carceralis nov. sp. semble être l’espèce la plus également répartie dans la région
côtière guyanaise : si un des Vaginulidae décrits ici appartient à la faune primaire guyanaise, c’est
probablement cette espèce.
Stylomhatophores
PUPILLACEA
(texte-fig. 41-46)
La très petite taille des Pupillacés fait qu’on en trouve rarement sans les chercher avec atten¬
tion. Il est probable qu’ils sont beaucoup plus répandus en Guyane que ne le laisse croire le matériel
examiné ; ils sont en tout cas présents dans la région de Trois Sauts et au Mt St-Marcel (matériel perdu
pendant le transport).
La répartition des Pupillacés n’est très probablement pas significative de la biogéographic des
autres Pulmonés, ceci pour les raisons évoquées à propos des Hydrobiidae (p. il).
Bothriopupa conoidea, bien que pas encore trouvée en Guyane, est incluse dans la clé de déter¬
mination car elle a été signalée du Surinam (AJtena, 1975).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
52
SIMON TILLIER
Tableau de détermination
D
H/D
Toun
Sculpture
Dents aperturales
Bothriopupa
1.0
1.5
4.5
ponctuation
1 pariétale, 1 columellaire
conoidea
1.2
1.3
stries radiales
peu visibles
1 basale
Botkriopupa
1.6
1.2
4.5
ponctuation
1 pariétale, 1 columellaire
breuiconus
1.7
1.3
stries radiales
peu visibles
1 basale, 1 palatale
Sterkia
1.0
1.6
4.5
stries radiales
2 pariétales, 1 columellaire
eyriesii
1.3
1.86
5
1 basale, 1 palatale
Ptyckopatula
1.5
0.93
moins
cordons spiraux
pas de dent
dioseoruola
2.0
1
de
fins -f- côtes radiales
bord palatal du
4
sur le dernier tour
péristome non réfléchi
' Chez eette eepèce, teul le bord columellaire du péristome est réDéchi : il est difficile d'évaluer la niaturité an
fonction de la coquille.
PVPILLIDAE
Bothriopupa braviconus Pilsbry, 1917 (texte-Bg. 43-44)
Bothriopupa bre^'iconus. Pilsbry, 1917, Man. Conch., 26 : 230, pl. 29, Cg. 2, 3. — Guatemala.
Matériel : Gourdouvilie, Bouge coIl. 8.78.1256 (dans des touffes de citronnelle) ; Ouanary,
F. Geay coll. 1900 ; St-Georges, F. Geay coll. 1900.
D'après Pilsbry, cette espèce diffère de B. conoidea par sa spire plus basse et la présence d’une
dent palatale. Les coquilles récoltées (vivantes) par Bouge et Geay présentent ce dernier caractère
mais la hauteur de leur spire est variable (fig. 43-44).
Sterkia eyriesii (Drouet, 1859) (texte-fig. 41-42, 47-48)
Pupa eyriesii Drouet, 1859, Moll. Guyane : 71, pl. 2, fig. 16-17. — Ilet la Mère (Cayenne).
Sterkia eyriesii (Drouët), Pilsbry, 1920, Man. Conch., 26 : 51, pl. 6, fig. 1, 2, 4, 5. — De la Guyane an
Guatemala.
Bifidaria rkoadsi, Pilsbry, 1899, Proc. Acad. nat. Sci. Phil., 404 : fig. 1, 2. — Floride.
Sterkia rhoadsi, Pilsbry, 1920, Man. Conch., 26 : 52, pl. 6, fig. 3, 6, 7 ; Altena, 1975, Basteria, 39 (3-6) :
32. — Paramaribo.
Sterkia eyriesii rkoadsi, Pilsbry, 1948, Land Mollusca of North America, 2 (2) ; 1016, fig. 542.
Matériel : Régina (Approuague), Tillier coll. 25.4.1977 ; Cayenne, ex Marie, 1885.
Comme Pilsbry l’a lui-même pressenti, la forme courte et la forme longue de la coquille coexistent
dans la même population, et il n’apparaît pas possible de distinguer S. eyriesii de S. rkoadsi. Nesopupa
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
53
maasseni Altena ne diffère de S. eyreisii que par sa forme plus conique (ies variations de l’ouverture
et de l’armature sont les mêmes).
Les animaux ont deux tentacules seulement. Le corps est blanc translucide ; la région cépha¬
lique et les tentacules sont gris. Les animaux récoltés vivants se trouvaient dans la mousse qui recou¬
vrait les troncs de manguiers.
Radula
Elle a une centaine de rangées de 12-1-12 dents. Les plaques basales de la centrale et des laté¬
rales sont carrées. Les dents sont semblables à celles de Nesopupa moreUti telles que les a figurées
Steenberg (1925, fig. 34), mais ici c’est la cinquième latérale qui forme la transition aux dents mar¬
ginales (et non la septième).
Complexe palléal (fig. 47)
Le rein et son uretère occupe environ les six-septièmes de la longueur du puumon. Le péricarde
a environ le tiers de la longueur du rein et l'uretère primaire, qui se recourbe sur lui-incme en un ure¬
tère secondaire, environ la moitié. L’anus s’ouvre sur le côté du pneumostome.
Source : MNHN, Paris
54
SIMON TILLIER
Appareil génital (Bg. 48)
La mauvaise conservation des animaux n’a permis que l’observation de sa partie distale. Le
tentacule oculaire droit passe entre le vagin et le pénis. Le pénis porte un appendice, renflé à son extré¬
mité, un peu plus long que lui-même ; l’ensemble pénis plus appendice est à peu près aussi long que
le spermoviducte. L’épiphallus, aussi long que le pénis, est inséré latéralement sur celui-ci et peut
être divisé en trois sections : une base renflée, en forme d’ampoule, un fin canal assez court et une
extrémité, à la base renflée, rabattue le long du pénis, qui se prolonge par le canal déférent. Pour
autant qu’il soit possible de le distinguer, le vagin est aussi long que le spermoviducte et la sperma-
thèque est insérée en son milieu. Le rétracteur pénien est bifurqué tout près de son insertion sur le
pénis : une branche est insérée à la base de l’appendice pénien, l’autre sur le coude de l’épiphallus.
Compte tenu de ta similitude de l’anatomie et de la radula de Nesopupa moreleti (cf. Steenberg,
1925) et de Sterkia eyriesii, on peut se demander si Surkia ne devrait pas être considérée comme un
sous-genre de Nesopupa.
VALLONIIDAE
Ptychopatula dioscorieola insigne (Pilsbry, 1920) (texte-fig. 45-46, 49-52)
Pupùoma {Ptychopatula) dioscorieola insigne, Pilsbry, 1920, Man. Conch., 26 : 39, pl. 4, fig. 6, 7 8.
— Texas (loc. type), Mexique, Yucatan, Guyana ; Altena, 1975, Basteria, 39 : 36. — Surinam.
Matériel : Guisanbourg (battage de feuilles), Tillier coll. 2.5.1977 ; bord de la Courouaïe, 2 km
en amont du confluent, Tillier coll. 3.5.1977 ; Ouanary, Geay coll. 1900 ; St-Georges, Geay coll. 1900.
Les animaux vivants sont entièrement blancs, translucides. Bs ont seulement deux tentacules.
L’orifice génital est à proximité du pneumostome, toujours plus proche de celui-ci que des tentacules.
Le pénis de la plupart des animaux fixés est dévaginé (fig. 49).
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
55
Fio. 50. — Complexe palléal du Ptychopalulii dios:oiicola insigne, GuisanLourg. Kclielle 0.5 mm.
Source : MNHN, Paris
Fig. 51. — Appareil génital de PlÿchopatuLi dioseoricola irttigne, GuUanbourg. Échelle 0.5 mm.
Fi«. 53. — Région du carrefour génital et prostate de P. dioaeorieola insigne (animal de la fig. 51). Échelle 0.25 mm.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
57
liadula
Elle compte environ 90 rangées de 19-1-19 dents : les dents ont une morphologie comparable
à celles des Pupisoma décrites (Binney ; Suter, 1900; H. B. Baker, 1927; Godwin-Auslen, 1910).
Complexe palléal (fig. 50)
Le rein et l’uretère occupent les trois quarts de la longueur de la cavité palléale, soit nelte-
ment moins que chez les Pupisoma décrites par H. B. Baker (1927). Le rein seul semble nettement
plus court que chez ces espèces, mais le mauvais état de conservation des animaux rend la distinction
entre rein et uretère primaire diflicile. L’anus s’ouvre non pas sur le côté du pneumoslome, mais dans
une gouttière au plafond de celui-ci (comme sur la ûgure 46 de Steenberg, 1925).
Appareil génital (fig. 51-52)
Ni la glande hermaphrodite, ni la spermathèque n’ont pu être observées (mauvaise fixation
ou absence de spermathèque ?). Le canal hermaphrodite débouche sans talon dans le spermoviducte.
La prostate est très réduite, et le canal déférent est séparé de l'oviducte sur toute sa longueur en des¬
sous de celle-ci. L’espèce est ovovivipare : l’oviducte, assez court, contient cinq à six embryons très
inégalement développés. Le vagin est très court. Le pénis est très réduit, sans épiphallus ni flagelle
distincts. Son muscle rétracteur est simple et s'insère à son extrémité apicale. Chez les animaux dont
le pénis n’est pas dévaginé, celui-ci forme en son milieu un angle très accentué dont le sommet légère¬
ment saillant est peut-être un appendice vestigial.
Discussion
Le statut de P. insigne, espèce distincte de P. dioscoricola ou sous-espèce, voire même simple
forme, de celle-ci, ne peut pas être déterminé avec certitude : d’une part l’anatomie de P. dioscoricola
n’a pas été décrite ; d’autre part Pilsbry signale, d’après Binney, 15-1-15 dents par rangée chez celle-ci
tandis que Suter (1900) signale 9-1-9 dents chez Thysanophora caeca Guppy considérée par Pilsbry
comme synonyme de P. dioscoricola. Il est toutefois possible que les animaux décrits et figurés par
Suter appartiennent en fait h P. latens Hylton Scott, 1960 (8-1-8 dents par rangée). Si cette hypo¬
thèse est exacte, P. dioscoricola aurait 31 dents par rangée, P. latens 17 à 19 et P. insigne serait une
espèce distincte avec 39 dents par rangée.
P. dioscoricola insigne diffère suflisammcnt, par son rein plus court et par son pénis réduit,
des Pupisoma décrites par Baker (1927) pour être placée dans un genre différent. Ce genre doit être
Ptychopalula Pilsbry si l’anatomie de P. dioscoricola, espèce-type du genre, ne diffère pas significati¬
vement de celle qui est décrite ici ; si ce n’était pas le cas, la solution adoptée ici deviendrait caduque.
L’ignorance où nous nous trouvons de l’anatomie de Pupisoma lignicola, espèce-type du genre Pupi¬
soma, rend les attributions génériques encore plus hasardeuses.
STROPHOCHEILIDAE
StrophooheiluB oblongus (Mueller, 1774) (pl. 3, fig. 7)
Bulimus oblongus Müller, Drouët, 1859, Moll. Guyane, 58. — Région côtière guyanaise.
Strophocheilus oblongus (Müller), Baker, 1926, Occ. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan, 167 : 22, pl. 15.
— Venezuela.
Strophocheilus (Megalobulimus) oblongus (Mueller), Bequaert, 1948, Bull. Mus. Comp. Zool., 100 (1) :
58, pl. 1, fig. 5, pl. 2, fig. 3, 5, pl. 18, fig. 4, pl. 23, fig. 5, pl. 28, fig. 1, pl. 32, fig. 8 (synonymie
exhaustive) ; AJtena, 1975, Basteria, 39 (3-6) : 40. — Surinam.
Source : MNHN, Paris
58
SIMON TILLIER
Matériel : Port of Spain (Trinidad), Degallier coll. 25.5.1977 ; village Coswine, Tillier colj
16.5.1977 ; Aouara, 30.4.1977 ; Ilet la Mère, F. Geay coll. 1902 ; Cayenne (10 lots, coll. Geay, 1902
Bouge, 1931-32 et Institut Pasteur). *
Comme l’a déjà noté Drouet, Sirophocheilus oblongus se trouve surtout dans la région côtière •
il est complètement absent de l’intérieur de la Guyane. C’est une espèce des milieux secondaires, viva,nt
sur le sol, et qui semble apprécier particulièrement les fossés et les décharges d’ordures. D’après Droufit
la ponte a lieu au début de la saison des pluies (novembre). Les animaux sont enterrés pendant la saison
sèche (juin-octobre).
L'anatomie des animaux de Guyane est identique à celle de Strophocheilus oblongus loreruxianuo
(Doering), telle que l’a décrite en détail Hylton Scott (1939, Rev. Mus. La Plata (n.s.), Zool., 1 : 217-
278). Bequaert (1948) précise que cette sous-espèce est la mieux différenciée de celles qu’il reconnaît •
comme il mentionne par ailleurs la présence de la forme typique dans toute l’aire de répartition, on peut
mettre en doute la validité des sous-espèces de Strophocheilus oblongus.
L’espèce est connue à l’est des Andes, depuis la Colombie jusqu'au Rio de la Plata environ
Elle a probablement été introduite aux Antilles.
SUBULINIDAE
Les Subulinidae représentent un cas particulier parmi les Mollusques de Guyane puisque, entre
dix espèces ici recensées, seulement deux ont été récoltées dans des milieux primaires : Leplinaria
lamellata et Lamellaxis heurni. Ces deux espèces sont d’ailleurs celles qui vivent dans le bois pourri
abondant en forêt, tandis que les autres semblent préférer les feuilles pourrissantes dont il n’y a pas
d’accumulation importante en forêt. Ces huit espèces ont probablement été introduites en Guyane
comme d’ailleurs six d’entre elles 1 ont été dans de nombreuses régions tropicales.
Opeas pumilum a été classé ici dans les Subulinidae malgré son classement par Baker (1945) dans
les Ferussaciidae ; ceci non pas à cause de nouveaux arguments, mais pour simplifier la présentation •
les Ferussaciidae forment un groupe homogène conchyliologiquement, et inclure dedans Opeas, con-
chyliologiquement identique à Lamellaxis, oblige à rentrer dans des considérations anatomiques com¬
plexes que je n’ai pas voulu aborder pour les Subulinidae. De plus, la classification générique des
Subulininae américains n’est absolument pas satisfaisante puisque Baker, dans son dernier article
sur la question (1945) et après avoir utilisé de nombreuses subdivisions, a finalement défini trois genres •
deux genres restreints, Synopeas = Beckianum et Leplinaria, plus un genre fourre-tout, Lamellaxis
On peut enfin noter que les relations entre Neosubulina, Obeliscus (Slenogyra), Subulina et Lamellaxis
{Leptopeas) sont loin d’être claires : l’espèce appelée ici Obeliscus {Slenogyra) cf. simpsoni pourrait
tout aussi bien, en l’absence de données anatomiques, être considérée comme une Neosubulina sans
lamelle pariétale ou comme un Leptopeas à la coquille particulièrement allongée.
Subulina octona (Bruguière, 1792) (pl. 3, fig. 11)
Bulimus octonus Bruguière, 1792, Encycl. Méth,, 1 : 32. — Antilles françaises.
Achalina octona Chemn., Drouët, 1859, Moll. Guyane : 70. — Cayenne.
Subulina octona (Bruguière), Pilsbry, 1906, Man. Conch., 18 : 72, 222, pl. 12, fig. 8, 9; pl, 39, fig, 28
à 37, 39, 40. — Toute la zone intertropicale ; Baker, 1927, Occ. Pap. Mus. Zool. Univ. Michi¬
gan, 182 : 2, pl. 20, fig. 99 (anatomie) ; Pilsbry, 1946, L.M.N.A., 2 (1) : 173, fig. 83 ; Marcus
et Marcus, 1968, Beitr. neotrop. Fauna, 5 : 187, fig. 1-3 (anatomie) ; Aliéna, 1975, Basteria
39 : 36. — Surinam. ’
Matériel : Paramaribo, Tillier coll. 28 et 29.4.78 ; St Laurent du Maroni, 11.5.1977 ; Saut Sab¬
bat, 13.5.1977 ; Pariacabo, Bouge coll. 1932 ; Gourdouville (fl. Kourou), Bouge coll. 4.1932 ; Vapinabo
(fl. Kourou), Bouge coll. 21.4.1932 ; Sinnamary, Tillier coll. 18.4.1977 ; Ile Royale, 23 et 24.5.1977 •
Source : MNHN, Paris
Tableau de détermination
H
D
Nbre de Forme des
Sculpture
Suture coquille
embryonnaire
Suture post-
embryonnaire
Ombilic
Bord columellaire
de l'ouverture
Su butina
octona
21
4.3
5.
9.5
10
convexe
stries de
croissance
presque droites
crénelée
presque
0
rentrant, k base
nettement tronquée
0. (Slenogyra)
ctai’M (lavue
22.5
5.
11.5
aplatie
stries de
croissance
droites
crénelée
presque
0
peu rentrant, à base
légèrement tronquée
0. {Stenogyra)
cf. eimpioni
12
2.25
8
peu
convexe
stries de
croissance
très peu
convexes
très
légèrement
crénelée ou
continue
légèrement
crénelée
0
rentrant, à base
légèrement tronquée
Leptinaria
lamellata
13
15
8
8.5
6
convexe
stries de
croissance
peu convexes
continue
irrégulière
très
petit
portant un pli tronqué ;
rarement réfléchi
une lamelle pariétale
Opeae
pumilum
6
2
6.5
peu convexe
ié);èreznent
aplatie
stries de
croissance
très convexes
crénelée
continue
très
petit
réfléchi, base non
tronquée
LameüaxU
clavulinue
9
3
peu convexe
légèrement
stries de
croissance
convexes -H
parfois quelques
côtes radiales
sous la suture
continue
généralement
continue,
parfois
crénelée par
endroits
+
réfléchi, base non
tronquée
Lametlaxi»
micra
(type)
6
2.4
peu convexe
côtes radiales
obliques rectili¬
gnes, plus fortes
sous la suture
crénelée
crénelée par
les côtes
+
réfléchi, base non
tronquée
Lamellaxi*
gracUit
10
3.2
7.5
peu convexe
fortes stries de
croissance
convexes
légèrement
crénelée
crénelée
+
réfléchi, base non
tronquée
Lamellaxi*
heurni
12
7.25
peu convexe
stries de
croissance peu
convexes
continue
irrégulière
+
réfléchi, base non
tronquée
Beckianum
becMianum
8.7
3.2
9
convexe
stries de
croissance
rectilignes peu
obliques 4- côtes
fréquentes
légèrement
crénelée
irrégulière
+
réfléchi, base non
tronquée
Source : /HNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
SIMON TILLIER
Montsinéry, F. Geay coll. 1902 ; Ilet le Père, F. Geay coll. 1902 ; Ilet la Mère, F. Geay coll. 1902 ;
Ile de Cayenne (12 lots de localités et d’origines diverses) ; Regina, Tillier coll. 25.4.1977 ; Guisan-
bourg, 3.5.1977 ; Kaw, 29.4.1977 ; Ouanary, F. Geay coll. 1901 ; St-Georges de l’Oyapock, F. Geay
coll. 1901 : entre Camopi et Trois Sauts (au bord du fleuve), Tillier coll. 6.4.1978 ; Guyane française
(9 lots d’origines diverses).
Subulina octona, espèce introduite dans toute la zone intertropicale au point qu’il est impos*
sible de déterminer avec certitude et précision d’où elle est originaire, est l’espèce la plus répandue
dans les milieux secondaires guyanais sufTisamment anciens pour qu’elle y ait été apportée. On ne la
trouve que tout à fait exceptionnellement dans les milieux primaires, et là uniquement dans des lieux
de passage (par exemple les campements régulièrement fréquentés le long de TOyapock). Elle est
complètement absente de Trois Sauts, où pourtant les biotopes favorables ne manquent pas.
Subulina octona vit en population généralement denses dans les accumulations de détritus
végétaux.
Beckianura beckianum (Pfeiffer, 1846) (pl. 3, 6g. 18)
Bulimua beckianum, Pfeiffer, 1846, Symbolae ad Ilist. Heliceorum, 3 : 82.
Opeaa beckianum (Pfr.), Pilsbry, 1906, Man. Conch., 18 : 189, pl. 42-46, 54, 55 ; Baker, 1923, Occ. Pap.
Mus. Zool. Univ. Michigan, 135 : 8, pl. 1, 6g. 6 (radula).
Synopeas beckianum (Pfr.), Baker, 1945, Nautilus, 58 (3) : 91 (Anatomie).
Beckianum beckianum (Pfr.), Baker, 1961, Nautilus, 75 (2) : 84 ; Marcus et Marcus, 1968, Beitr. neotrop.
Fauna, 5 : 204, fig. 20-26 ; Aliéna, 1975, Basteria, 39 : 39. — Surinam.
Matériel : Pointe Combi (Sinnamary), Tillier coll. 21.5.1977 ; Goiirdouville (6. Kourou), Bouge
coll. 5.1932 ; lie Royale, Tillier coll. 23 et 24.5.1977 ; Ilet la Mère, F. Geay coll. 1902 et Tillier coll.
25.5.1977 ; Ilet le Père, F. Geay coll. 1902 ; Kaw, Tillier coll. avril-mai 1977 ; Ouanary, F. Geay coll.
1901 ; Guyane française (4 lots).
Tout comme Subulina oclona, Beckianum beckianum n’a été récolté que dans des milieux
secondaires et a probablement été introduit en Guyane. L’espèce est ainsi répandue depuis le Mexique,
au nord, au moins jusqu’à la latitude de Rio.
Lsmellaxis heurni (Vernhout, 1914) (pl. 3, 6g. 16)
Opeas heurni Vernhout, 1914, Notes Leyden Mus., 36 ; 19, 6g. 9. — Environs de Paramaribo (Suri¬
nam).
Lamellaxia heurni (Vernhout), Altena, 1975, Basteria, 39 : 37, 6g. 5. — Surinam.
Matériel : Saut Sabbat, Tillier coll. 13.5.1977 ; piste de St-Éiie (environ 20 km de la côte),
25.4.1978 ; Gourdouville (crique Singe Rouge, Kourou), Bouge coll. 1932 (3 lots) ; Kaw, Tillier coll.
27.4.1977 ; Regina, 25.4.1977 ; Cayenne, coll. De Morgan ; Guyane française, F. Geay coll. 1902 ; Trois
Sauts, Tillier coll. 21.5.1978; bas Calçoene (Amapa, Brésil), F. Geay coll. 1898.
A première vue, cette espèce a le même aspect que la précédente. Elle s’en distingue par sa
taille généralement plus grande aux tours moins nombreux et surtout par son ouverture plus allongée
et ses tours moins convexes.
Lamellaxia heurni a souvent été récoltée dans les milieux primaires, dans l'humus ou sur des
troncs, sous la mousse, et ceci jusqu’à Trois Sauts inclus : il est possible qu’il s’agisse d’une espèce
primaire de la Guyane et de l’Amapa.
Lamellaxis graciUs (Hutton, 1834) (pl. 3, &g. 14)
Bulimua gracilia Hutton, 1834, J. Asiat. Soc. Bengal, 3 : 93.
Opeas graeüe (Hutton), Pilsbry, 1906, Man. Conch., 18 : 125, 172, 174, 183, 188, 198, pl. 18, fig. 3, 4,
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DB GUYANE
61
5, 6, pl. 28, fig. 70. — Asie et Amérique tropicales ; Baker, 1927, Occas. Pap. Mus. Zool. Univ.
Michigan, 182 : 7 (radula).
Lameüaxis [AÜopea$) gracilia (Hutton), Baker, 1945, NautUus, 58 (3) : 88. (anatomie) ; Altena, 1975,
Basteria, 39 : 37. — Surinam.
Matériel : Pointe Combi (Sinnamary), Tillier ooll. 21.5.1977 ; Sinnamary, 18.4.1977 ; Matoury
(Cayenne), 7.5.1977 ; Cayenne, coll. De Morgan.
Lamellaxia micra (d'Orbigny, 1835) (pl. 3, 6g. 17)
Hélix micra d’Orbigny, 1835, Mag. Zool., 5 (61) : 9. — Santa Cruz de la Sierra (Bolivie).
Bulimus micra (d’Orb.), d’Orbigny, 1837, Voyage dans l’Amérique méridionale : 262, pl. 41, Hg. 18*
19.
Opeas micra (d’Orb.), Pilsbry, 1906, Man. Conch., 18 : 188, 193, pl. 27, fig. 49, 56-57 ; Baker, 1927,
Occas. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan, 182 : 10 (radula).
LamcUaxis (Leptopeas ?) micra (d’Orb.), Baker, 1945, NautUus, 58 (3) : 90 (anatomie).
Lamellaxis micrua (d’Orb.), Altena, 1975, Basteria, 39 : 39. — Surinam.
Matériel : un syntype (holotype probable), ex d’Orbigny, 1835, MNHN.
Bien que cette espèce ait été signalée au Surinam, eUe semble absente du très abondant maté¬
riel guyanais étudié ici, après comparaison avec l’holotype probable. 11 apparaît vraisemblable que
soit Beckianum beckianum, soit Lamellaxis clavulinus ont été souvent confondus avec L. micra, mais
il n’est pas possible de préciser dans quelle mesure.
Lamellaxis elavuliaus (Potiez et Michaud, 1835) (pl. 3, fig. 15)
Bulimus clavulinus Potiez et Michaud, 1835, Galerie des Moll, du Mus. de Douai, 1 : 136, pl. 14, fig. 9-
10. — La Réunion.
Opeas clavulinum (P. et M.), Pilsbry, 1906, Man. Conch., 18 : 135, pl. 23, fig. 17, 21, 22.
Lamellaxis (Tomopeas ?) clavulinus (P. et M.), Baker, 1945, NautUus, 53 (3) : 89 (anatomie, radula) ;
Marcus et Marcus, 1968, Beilr. neotrop. Fauna, 5 : 192, fig. 4-10 (anatomie, radula) ; Altena,
1975, Basteria, 39 : 37. — Surinam.
Matériel : St-Laurent du Maroni, Tillier coll. 11.5.77 ; Pariacabo, Bouge coll. avril 1932 ; Sinna-
niary, Tillier coll. 18.4.1977 ; Pointe Combi (Sinnamary), 21.5.1977 ; Gourdouville (fleuve Kourou),
Bouge colt, avril 1932 ; Ilet le Père, F. Geay coll. 1902 ; Cayenne (5 lots d’origines diverses) ; Regina,
Tillier coll. 25.4.1977.
Les coquilles de Guyane ressemblent plus aux figures de Pilsbry qu’à la figure 4 de Marcus
et Marcus (1968), où les tours de spire semblent plus nombreux.
Obeliscus (Stenogyra) clavut flavua Pilsbry, 1906 (pl, 3, fig. 10)
Obeliscus {Stenogyra) clavus flaous, Pilsbry, 1906, Man. Conch., 18 : 266, pl. 32, fig. 18-22. — Haïti,
Cuba oriental.
Matériel ; Gourdouville (fleuve Kourou), Bouge coll. 5.1932 ; Ilet le Père, F. Geay coll. 1902 ;
Cayenne, coll. De Morgan.
Il est tout à fait surprenant de rencontrer en Guyane une espèce aussi caractéristique des Grandes
Antilles ; mais d’une part, les localités sont sûrement exactes, au moins pour les animaux récoltés
par Geay et Bouge (ils étaient mélangés avec les mollusques courants de leurs localités respectives) ;
d’autre part, les coquilles correspondent de façon satisfaisante à la description de Pilsbry. L’espèce
est de toute évidence rare en Guyane.
Source : MNHN, Paris
62
SIMON TILLIER
Obslûclu (Stenogyra) ef. umpaoni Pilsbry, 1906 (pl. 3, 6g. 13)
Obeliscus (Stenogyra) simpsoni Pilsbry, 1906, Man. Conch., 18 : 267, pl. 32, 6g. 18. — Haïti,
Les coquilles de cette espèce ont l’aspect de petites Subulina octona, aux tours toutefois moins
convexes et à la columelle moins nettement tronquée, en particulier chez les adultes. Le bord colu*
mellaire de l’ouverture non réOéchi et la columelle légèrement tronquée la distinguent nettement des
Slenogyra du continent sud-américain, et en particulier à’Obeliscus octogyrus (Pfr.) dont elle est par
ailleurs assez proche.
Une radula montée (Gourdouville) a montré 21 latéromarginales par demt-rangée. Les cinq
premières latérales sont tricuspides à peu près symétriques, avec une plaque basale très légèrement
plus longue que large. A partir de la sixième latérale, qui est plus petite que la première, l’endocône
est plus long que l’ectocône et les plaques basales deviennent de plus en plus courtes. Presque toutes
les marginales sont tricuspides, avec des cuspides élargis et rarement un ectocône supplémentaire ou
manquant.
L’identi6cation de cette espèce est tout à fait incertaine ; il ne s’agit en tout cas pas de Lamel-
Iaxis (Leptopeas) striosus dont les marginales sont multicuspides.
Leptinaria lamellata (Potiez et Michaud, 1835) (pl. 3, fig. 12)
Achatina lamellata Potiez et Michaud, 1835, Galerie des Moll. ... du Musée de Douai, 1 : 128, pl. Il,
6e. 7-8 ; Drouët, 1859, Moll. Guyane, 70. — llet la Mère.
Leptinaria lamellata (Potiez et Michaud), Pilsbry, 1906, Man. Conch., 18 : 288, pl. 42, Qg. 39-40, pl. 43,
6g. 50 ; Baker, 1927, Occas. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan, 182 : 22, pl, 20, 6g. 100-102, pl. 21,
6g. 8 (anatomie et radula) ; Baker, 1945, Nautilus 58 (3) : 91.
Matériel : St-Laurent du Maroni, Tillier coll. 11.5.1977 ; Sinnamary, 18.4,1977 ; Saut Sabbat,
13.5.1977 ; Gourdouville, Bouge coll. 1921-1932 ; Ile Royale, Tillier coll. 23 et 24.5.1977 ; Pointe Macou-
ria Bouge'coll. 19.5.1932 ; Montsinéry, F. Geay coll. 1902 ; llet le Père (3 lots) ; llet la Mère (5 lots) ;
Cayenne (2 lots) ; Regina, Tillier coll. 25.4.1977 ; Guisanbourg, mai 1977 (4 lots) ; Trois Sauts 8.5.1978 ;
Mt St-Marcel, ait. 300 m, 13.5.1978 ; Guyane française (3 lots).
Les diverses formes de cette espèce sont représentées. Il semble qu’on trouve la formule globu¬
leuse en forêt, dans tous les troncs pourris de la forêt primaire, tandis que la forme allongée n’a été
récoltée que dans la région côtière. Les coquilles récoltées en forêt sont généralement petites. Quelques
coquilles ont le bord columellaire du péristome réOéchi [L. perforata Pfr. ?), d’autres n’ont pas de lamelle
pariétale. La plus grande coquille a 15 mm de long (forme exceptionnellement allongée : D = 8.3 mm).
Le fait que Leptinaria lamellata ait été récoltée jusqu’au sommet du Mont Saint-Marcel suggère
fortement qu’il s’agit d’une espèce primaire de la forêt guyanaise introduite secondairement aux Antilles,
et non l’inverse ainsi que c’est généralement le cas.
Opeas pumilum (Pfeiffer, 1840] (pl. 3, 6g. 19)
Bulimus pumilus Pfeiffer, 1840, Arch. f. Naturg., 252 ; Malak. Blâtter, 5 : 184.
Optas goodalli (Miller), Pilsbry, 1906, Man. Conch., 18 : 200, pl. 28, 6g. 72-74. — Antilles Amé¬
rique centrale, Colombie et Para (Brésil).
Opeas pumilum (Pfr.), Baker, 1927, Occas. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan, 182 :8, pl. 21, 6g. 3 (radula) ;
1945, Nautilus, 58 (3) ; 86 (anatomie) ; Altena, 1975, Basteria, 39 : 36. — Surinam.
Matériel : Cayenne, coll. De Morgan ; Guyane française, F. Geay coll. 1901-1902.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES
GUYANE
63
STREPTAXIDAE
Les deux espèces de Streplaxidae présentes en Guyane n’existent que dans les milieux secon¬
daires de la région côtière, et ont probablement été introduites.
Tableau de délerminalion
D
H/D •
Tours
columellaire
Dents
aperturales
SlrêptarUmon
4.8
0.765
5.00
fortement
2 pariétales : 1 en L
deplanchei
6.3
0.865
5.75
dévié
+ 1 très enfoncée
-)- 1 basale transverse
Huttonella
1.65
2.83
6.75
droit
1 pariétale -|- 1 palatale
bicolor
2.0
3.42
7.75
4- 1 basale 1 columellaire
* Hauteur mesurée ave
l'axe des
premiera t
ours parallèle à l'axe de
mesure.
Huttonella bicolor (Hutton, 1834) (pl. 3, fîg. 8; texte-Bg. 53)
Pupa bicolor Hutton, 1834, Journ. As. Soc. Bengal, 3 : 86. — Mirzapur (Inde).
Ennea {Huaonella) bicolor (Hutton), Tryon, 1885, Man. Conch., 1 : 104, pl. 19, fig. 14, 17, 18 et pl. 20,
fig. 24 ; Kobelt, 1905, Syst. Conch. Cab., 1 (12/Bi) : 128, pl. 19, fig. 1-3.
Gulella (Indoennea) bicolor (Hutton), Rensch, 1932, Zool. Jahrb. (Syst.), 63 ; 4, fig. 1 (radula).
GuleUa [Hultonella] bicolor (Hutton), Van Benthem Julting, 1950, Treubia, 20 (3) : 504, fig. 106-107 1
Venmans, 1963, Stud. Faun. Curaçao, 14 : 44, fig. 7-11.
HuUoneüa bicolor (Hutton), Van Benthem Jutting, 1961, Bull. Raffles Mus., 26 : 8 ; Berry, 1965, Proc-
Malac. Lond., 36 : 225, fig. 4-5 (appareil génital) ; Aliéna, 1975, Basteria, 39 : 44. — Surinam-
Matériel ; Pointe Combi (Sinnamary), Tillier coll. 21.5.1978 ; * Guyane française », coll. Jous-
seaume, F. Geay 1900-1902, Bouge 1931-1932.
Cette espèce d’origine géographique incertaine est largement répandue dans la zone intertro¬
picale et a été introduite en Guyane avant 1900. Bien qu’elle soit très variable aussi bien par la forme
de la coquille que par le degré de développement des dents aperturales (voir Venmans, 1963), elle est
très facile à identifier. On la trouve généralement dans la litière des milieux secondaires. Elle est
carnivore et sc nourrit au moins de Subulinidae (références citées par V. B. Jutting, 1950).
Strepiartemon deplanchei (Drouet, 1859) (pl. 3, fig. 9 ; texte-fig. 54-56)
Streptaxis deplanchei Drouët, 1859, Moll. Guyane, 56, pl. 1, fig. 6-9. — Ilet la Mère ; F. Baker, 1913
(1914), Proc. Acad. Nat. Sci. Philadelphia, 628. — Ceara et Para (Brésil)
Slreplaxis (Odonlartemon) deplanchei (Drouët), Tryon, 1895, Man. Conch., 1 : 79, pl. 16, fig. 80-82.
1. La localité i sear the Para market • est ajoutée à la main sur le tiré è part du MNHN.
Source : MNHN, Paris
64
SIMON TILLIER
i-'io. 53. — Complexe paltéai de HuttontUa bicolor, Guyane française (coU. F. Geay). Échelle 2 mm.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
65
StreptaxU (Streplartemon) deplanchei (Drouet), Kobelt, 1906, Syst. Conch. Cab., 1 {12/B2) : 37, pl. 46,
ûg. 26, 27 ; Venmans, 1963, Stud. Faun. Curaçao, 14 : 68, fig. 20-21, pl. 2, fig. 13-15. — St-
Martin, Cayenne (radula de la var. martiniana).
Matériel : lie Royale, Tillier coll. 24 et 25.4.1977 ; Cayenne (11 lots, diverses localités) ; Guyane
française (7 lots coll. Jousscaume, Geay 1903, Denis et Staadt).
Fie. 55. — Complexe palléal de Slreptariemon deplanchei. Ile Royale. Échelle 2 mm.
Les animaux ont un corps jaune citron et des tentacules oculaires orangés. Radula (fig. 54) :
17-1-17 X 65 (une radulc préparée). La forme des dents aussi bien que celle des rangées est semblable
à celle de Slreptariemon glaher (Baker, 1925) et Slreptariemon deplanchei martiniana. Le complexe palléal
(fig. 55) occupe le dernier tour de spire ; il est semblable h celui de Streplartemon glaber tel que l’a figuré
Piisbry (1907, Man. Conch., 19, pl. 52, fig. 5), mais le rein est proportionnellement plus court.
Source : MNHN, Paris
SIMON TILLIEB
Appareil génital (fig. 56]
La glande hermaphrodite est logée à l’intérieur de la spire, au-dessus de l’estomac ; il ne in'a
pas été possible de la dégager. Peu avant son débouché dans le spermoviducte, le canal hermaphrodite
porte un diverticule aveugle, dont la présence semble constante, pelotonné sur lui-même in situ. Sous
ce diverticule, le canal est replié sur lui-même le long de la glande de l’albumine, puis il devient plus
large juste avant le spermoviducte. La prostate et l’oviducte sont fusionnés. L’oviducte libre est un
peu plus court que le vagin. La spermathèque a une base épaissie et est aussi longue que le spermo¬
viducte. Le pénis est court (la moitié du spermoviducte). Sa base est enveloppée par une gaine très
courte au sommet de laquelle arrive le canal déférent qui est ensuite accolé au pénis presque jusqu’à
son sommet. Le muscle rétracteur du pénis est apical, très long et filiforme.
Mode de vie et répartition
S. deplanchei a été récolté dans la litière et sous des pierres, toujours dans des milieux très
modifiés par l’homme, en populations denses. Il a été signalé de Ceara, de Para et de St-Martin (Antilles).
Il est très vraisemblablement absent de la plus grande partie de la région guyanaise. Cette distribu¬
tion disjointe jointe à sa présence exclusivement dans des milieux très secondarisés suggère que l'espèce
a peut-être été introduite en Guyane (depuis la région de Ceara ?).
BÜUMULIDAE
Avec douze espèces reconnues ici, c’est la famille la mieux représentée en Guyane. Une seule,
Bulimulus lenuissimiu eyriesii, vit dans les milieux ouverts, quelquefois primaires mais le plus sou¬
vent secondaires de la région côtière. Il est probable que l’espèce lenuissimus, prise dans son ensemble,
caractérise les milieux ouverts de toute la région côtière néotropicale orientale. SimpulopsU corrugata,
Bulimulidé à coquille partiellement réduite connu depuis Trinidad, n’est connu que d’une localité
Source : MNHN, Paris
GASTÉBOPODES DE GUYANE
67
en Guyane française, mais il est intéressant de noter que cette unique localité se trouve dans la partie
la plus pluvieuse du secteur médian et subcôtier (Ilbl, fig. 124).
Les quatre espèces de Drymaeus n’ont été trouvées que dans des fonds de vallée, et jamais sur
les versants ou les sommets : elles semblent avoir besoin d’une certaine humidité constamment au
cours de l’année, et ne pas pouvoir supporter le dessèchement relatif des versants et des sommets
pendant la saison sèche. Il est intéressant de rapprocher cette exigence d’humidité de l'organisation
de leur complexe paltéal, dont l’uretère partiellement ouvert n’autorise qu’une rétention d’eau impar¬
faite. Si leur densité ne semble pas changer significativement d’est en ouest, elles sont par contre clai¬
rement réparties en fonction de la pluviosité (fig. 124) et de la végétation suivant les divisions de
de Granville :
— Drymaeus limpidus est une espèce du secteur côtier (au moins du Surinam à l’Amazone) ;
— Drymaeus surinamerisis et D. rufoUneatus sont deux espèces du secteur subcôtier et médian
(II, ftg. 124) ; les données sont insuïïisantcs pour déterminer les dilTérences écologiques entre les deux
espèces ;
— Drymaeus meesi est l’espèce de l’intérieur (III et IV, fig. 124).
Les Orlkalicinae sont plus strictement arboricoles que les Drymaeus ; ils ont un uretère entière¬
ment clos et, bien qu’ils soient plus abondants au fond des vallées, on les trouve aussi sur les pentes
bien drainées. Leurs résistance aux variations climatiques permet è la plupart des espèces une vaste
répartition dans le bassin de l’Amazone ; la seule exception est Cororta perversa, décrite de Guiana
où elle est plus abondante qu’en Guyane, et qui est probablement soit l’espèce-sœur, soit même peut-
être une sous-espèce de Corotia incisa, différenciée dans le refuge du sud de la Guiana (du point de
vue nomenclatural, dans la seconde hypothèse, c’est incisa qui serait sous-espèce de perversa décrite
trente ans avant).
Enfin Plekocheilus aurissciuri, décrit de Trinidad, occupe en Guyane française une position
tout à fait marginale dans la forêt de terres basses sur sable blanc de la région de Saint-Laurent-Mana.
Tableau de détermination (cf. pages suivantes)
Chez les trois espèces dont le péristome est fortement réfléchi, seuls les adultes au péristome
développé ont été mesurés, tandis que des individus subadultes ont été aussi mesurés chez les autres
espèces.
Sultana sultana (Diltwyn, 1817) (pl. 4, fig. 12 ; texte-fig. 57-59)
Hélix sultana Dillwyn, 1817, Descriptive Catalogue, 2 : 920.
Orthalicus sultana (Dillwyn), Pilsbry, 1899, Man. Conch., 12 : 188, pl. 47, fig. 6, 7, 8 (synonymie) ;
Strebel, 1909, Mitt. Naturhist. Mus. Hamburg, 26 : 142, pl. 21, fig. 344, pl. 30, fig. 435, 436,
438, pl. 28, fig. 414-417.
Sultana sultana (Dillwyn), Altena, 1975, Basteria, 39 : 43. — Surinam.
Bulimus gallina-sultana (Chemnitz), Drouet, 1859, Moll. Guyane : 66. — Guyane française.
Orthalicus gaÜina sultana (Chemn.), Binney, 1874, Ann. Lyc. Nat. Hist. New York, 11: 38, pl. 4, fig. A-F
(anatomie) ; 1884, Ann. Acad. Sci. New York, 3 : 128, pl. 12, fig. C, pl. 15, fig. N (radula et
mâchoire) ; Strebel et Pfeffer, 1882, Beitrag zur Kenntnis der Fauna mexicanischer-Land und
Süsswasser Conchylien, 5 : 2, pl. 11, fig. 10 (appareil génital).
Matériel : crique Coswine, Tillier coll. 16.5.1977 ; Pariacabo, Bouge coU. 1932 ; piste de St-Élie
(environ 20 km de la côte), Lescure coU. 1978 ; Gourdouville (fleuve Kourou), Bouge coll. 1932 (5 lots) ;
Montagne des Pères, Bouge coll. mai 1932 ; savane Matiti, Bouge coll. 1931-32 ; environs de Cayenne
(2 lots ex Bouge, 1932 et un ex d’Avrainville, 1840) ; Cafésoca (Oyapock), Bouge coll. 9.1932 ; Haut
Oyapock, Breteau coll. 1957 ; Trois Sauts, Lescure coll. 4.1976, Aubert de la Rüe coll. 1.1949 et cinq
Source : MNHN, Paris
Tableau de détermination
K/D
moyiui
Vtiwii
UDtn»
Cciit
Caultui
Sculiniiii
CHini
csqtilli
Sctiipniii
•nni-dnitf
Suhana
tuUana
54
1.396
1.27
1.57
0.083
34
beige +
bande brune
subsuturale
ponctuation
bandes brunes
radiales -{-
bandes de chevrons
spirales
cordons spiraux
fins stries
de croissance
Orlhalicm
putchellue
31.6
1.58
1
brune, puis
claire
0
bandes brunes
radiales + bandes
de chevrons
spirales
stries spirales
très fines
Orlhalicut
bensoni
30
1.825
1.73
2.7
0.09
20
brune,
puis claire
0
cordons spiraux
fins -|- stries de
croissance
Corona
regina
(lectotype)
37.2
2.12
1
claire
matériel
insufüaant
1 ou 2 bandes
de chevrons,
continues sur le
dernier tour
stries de
croissance
Corona
perversa
29.8
2.2
2
2.31
5
claire
ponctuation
grossière
1 bande spirale
continue coupée
par 1 ou 2
radiales sur le
dernier tour
stries de
croissance
PUkocheüue
aurissciuri
19
2.14
2 — 11
2.5
claire
stries
radiales
malléés
bandes radiales
brunes rougeâtres
cordons
radiaux
malléés
Drymaeus
surirutTneneis
10.8
2.205
2 — 5
2.35
partie
subsuturale
très foncée
ponctuation
formant un
quadrillage
bandes radiales
rougeâtres
stries spirales
fines et espacées
Drymaeui
meeei
17.2
1.75
1,57 — 6
1.94
<
Drymaeus
rufolineatue
12.7
1.90
1.65 — 15
2.16
partie apicale
du premier tour
3 à 5 bandes
spirales souvent
interrompues
*
Drymaexu
limpidus
1.45
1.36 — 5
1.56
claire
translucide
côtes radiales
obliques fines
Simpulopsia
corrugata
10.5
0.98
0.95 — 2
1.02
claire
cordons
spiraux
côtes radiales
obliques larges
Bulimulua
tenuissimue
eyriesii
12.9
2.05
1.91 0.483 50
2.38
claire
ponctuation
translucide
À
blanchâtre
stries spirales
peu nettes et
stries de croissance
s
Source ■ 4VJHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
70
SIMON TILLIER
lots Tillier coll., mai 1978 ; Oyapock, lat. 2®N, Aubert de la Rüe coll. 10.1.1949 ; « Guyane française »
(cinq lots) ; Bas Caiçoene et Contesté brésilien (= Amapa), Geay coll. 1899 ; Rio Yubineto, 10 km
au dessus du confluent avec le Putumayo (Pérou), Gasc coll. 1978.
L’espèce, telle qu’elle est comprise ici, est très variable : pour un nombre de tours identique
(6.5), le rapport H/D des coquilles varie de 0.66 à 0.75. L’ornementation de la coquille est formée
par cinq bandes spirales de chevrons jointes par des bandes radiales unies, mais très souvent les che¬
vrons d’une ou plusieurs bandes spirales fusionnent avec les bandes radiales ; de plus la largeur des
deux catégories de bandes (radiales et spirales) est variable. Lorsqu’il est bien formé, le péristome
des adultes est souvent brun à l’intérieur.
Complexe palliai
Le poumon d’un adulte (crique Coswine) a un peu moins de cinq centimètres de long. Le rein
sigmurèthre est un triangle droit de 11 mm de base pour 13 mm de hauteur. Le cœur est aussi long
que le rein. De très nombreuses veines anastomosées joignent le bord rectal du rein et la veine pulmo¬
naire avec le bord rectal du poumon, alors que la vascularisation est pratiquement inexistante à gauche
de la veine pulmonaire. Celle-ci se ramifie en deux branches principales, qui elles-mêmes se subdivisent,
à seulement 10 mm au-dessus du pneumostome. L’uretère est fermé jusqu’au pneumostome et s’ouvre
dans une gouttière en V ; la branche la plus courte rejoint l’anus qui s’ouvre juste à droite du pneu¬
mostome, tandis que la branche la plus longue traverse la largeur du pneumostome, puis s’élargit
jusqu’à 4 mm le long du bord palléal interne. Une petite gouttière permet l’évacuation par le bord
gauche du pneumostome.
Appareil génital (fig. 57-59)
Trois animaux ont été disséqués (un de la crique Coswine, deux de Trois Sauts). La glande
hermaphrodite (non figurée car trop mal fixée) est une grappe compacte d’acini. Le canal hermaphro¬
dite, contourné, est replié sur lui-même le long de la glande de l’albumine ; au sommet du coude, on
trouve soit un talon très court (fig. 57), soit un simple renflement. La partie apicale du spermoviducte
est enfouie dans la glande de l’albumine. On peut distinguer deux parties dans celui-ci : la partie proxi¬
male est sacculée transversalement, tandis que la partie distalc est plus lisse, plus contournée et à
paroi plus épaisse. Les proportions relatives des deux parties varient. L’oviducte libre est court (un
peu moins de dix mm). La spermathèque est aussi longue que le spermoviducte (elle semble plus courte
sur la fig. 57 à cause de la position de l’ensemble) et est insérée très bas, face au pénis. Sa partie infé¬
rieure est intérieurement plissée longitudinalement. Il existe d’importantes différences de proportions
entre tes complexes péniens des trois animaux disséqués ; chez l’unie pénis s.l. est aussi long que lasperma-
ihèque (fig. 57) ; son épiphallus et son flagelle contiennent un spermatophore ; chez les deux autres
(fig. 58 et 59), l’ensemble est beaucoup plus court. Il faut cependant noter que les différences entre
les pénis s. str. sont beaucoup moins grandes que celles entre les épiphallus et flagelles. Enfin l’animal
dont le pénis est le plus développé (fig. 57) est celui dont l’appareil génital fémelle semble le moins
mature, alors que l’animal dont le pénis est le plus petit (fig. 59) possède un spermoviducte et une
glande de l’albumine énormes ; les différences constatées sont plus probablement le résultat d’une
maturation successive des sexes que celui de la spéciation. Intérieurement le pénis s.s. porte des plis
villeux transversaux, qui passent à des plis longitudinaux dans sa partie apicale où l’épiphallus s’ouvre
par une papille étroite. L’épiphallus porte des plis longitudinaux légèrement divergents. Le flagelle
porte quelques plis du côté du débouché du canal déférent ; du côté opposé se trouve un pli plus large
interrompu. Chez l’animal contenant un spermatophore, ce pH est formé par une succession de chevrons
entre lesquels se trouvaient les excroissances de la hampe du spermatophore.
Le spermatophore corné a 0.7 X 43 mm. La masse de sperme n’en occupe que le tiers médian ;
le tiers supérieur forme une hampe qui s’amincit progressivement et porte des excroissances irrégu¬
lières correspondant à un des plis du flagelle.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES
GUYANE
71
Fie. 57-59. — Appareil génital de Sullena tuUana. Fie. 57, Crique Coiwine.
Fie. 57 et 58, complexée péniene, Troie Saute, échelle t cm.
Écologie
Suüana suUana a toujours été récoltée en train de ramper sur des troncs, par temps pluvieux ;
elle vit probablement dans le feuillage la plupart du temps, du moins pendant la saison des pluies.
D'après d’Orbigny, elle s’enterre au pied des arbres à la saison sèche. Lorsqu’on l'attrape, le bord
palléal sécrète une sorte de glu transparente, non soluble dans l’eau, dont il est extrêmement difficile
de se débarrasser.
J’ai vu une fois (crique Coswine) cette glu utilisée comme moyen de défense contre des four¬
mis-manioc.
Coroua rsgina (Férussac, 1823) (pl. 4, fig. 13)
Hélix (Cochlitoma) regina Férussac, 1821, Tabl. syst. Limaçons : 49 (livraison 10 ou 11 suivant le for¬
mat) ; Férussac, 1823, Hist. nat. Moll., 19* livraison, pl. 119, &g. 1-6.
Source : MNHN, Paris
72
StUON TILLIER
Bulimiu regina (Fér.), Drouët, 1859, Moll. Guyane : 67. — Roura, Approuagiie.
Liguui {Corona) regina (Fér.), Pilsbry, 1899, Man. Conch., 12 : 177, pl. 33, fig. 1-5.
Corona regina (Fér.), Strebel, 1909, Mitt. Naturhist. Mus. Hamburg, 26 : 121, pl. 25, 381-384, 388
pl. 26, ûg. 389,390.
MaUriel : lectotype correspondant aux figures 3-4-5, pl. 119 de Férussac (mais probablement
non figuré) ; Approuaguc, coll. Denis ex Géret ; u Cayenne », coll. Jousseaume.
La première introduction du nom spécifique regina par Férussac (1821) est un nomen nudum
puisque faisant référence à la planche 119 qui, d’après Kennard (1942, Proc. mal. Soc., 25 : 106), n’a
été publiée qu’en 1823 qui est donc la première date de validité. Comme l’a fait remarquer Pilsbry,
le nom de Férussac doit être restreint aux figures 3 à 5, pl. 119 puisque les autres syntypes appar¬
tiennent à d'autres espèces. Les syntypes figurés étant perdus, le syntype figuré ici pl. 4 ,fig. 13 est
désigné comme lectotype.
Les deux coquilles de Guyane ici attribuées à C. regina sont immatures, car leur dernier tour
est très légèrement anguleux : elles ont environ 7.5 tours, alors que le lectotype a environ 8.25 tours.
Aucune Corona regina n’ayant été récoltée en Guyane depuis près d’un siècle, les localités don¬
nées ici sont douteuses ; cependant il semble bien que Drouët a correctement identifié l’espèce et il
est possible qu'elle ait été plus abondante qu’elle ne l’est actuellement.
Corona perversa (Swainson, 1823) (pl. 4, fig. 10)
Achaiina perveraa, Swainson, 1823, Zool. 111. (Ist ser.), 1 : 20, pl. 36.
Liguua {Corona) perversua (Swainson), Pilsbry, 1899, Man. Conch., 12 : 178, pl. 36, fig. 20-23. — Deme-
rara.
Corona perversa (Swainson), Strebel, 1909, Mitt. naturhist. .Mus. Hamburg, 26 : 132, pl. 27, fig. 400
401, 403, 408, pl. 25, fig. 385 ; Altena, 1975, Basteria, 39 : 43. — Surinam.
MaUriel : Demerara, coll. Denis ex Pilsbry ; Rivière Wayombo (Surinam), 50®05'W, 5®24N
Lescure coll. 13.7.1973 ; Saint-Élie, Bouge coll. 8.78.1150 ; Haut-Oyapock, Breteau coll. 1957 ; « Guyane »,
coll. Letellier.
Les premiers tours montrent des bandes radiales irrégulières qui peuvent être coupées par une
ou même deux bandes de chevrons. Le long du dernier tour, la bande de chevrons qui longe la suture
inférieure des premiers tours devient continue et est recoupée par une ou deux bandes foncées radiales
(arrêts de croissance). Ce changement de la coloration du dernier tour est le seul caractère constant
qui permette de distinguer Corona perversa de Corona incisa : bien que cette dernière espèce (syntypes
MNHN) ait typiquement un pli columellaire beaucoup moins marqué que chez Corona perversa, une
coquille de la collection du MNHN (Rio Yubineto, Pérou) pourrait prêter à confusion.
Corona perversa semble rare en Guyane, à moins que cette apparente rareté ne soit le résultat
d'un mode de vie strictement arboricole. Elle n’a jamais été signalée de façon certaine en dehors des
Guyanes, et semble plus abondante en Guiana et au Surinam qu’en Guyane française.
Orthalicu* pulchellus (Spix, 1827) (pl. 4, fig. 9)
Achaiina pulchella, Spix, 1827, Testacea brasiliana, pl. 9, fig. 2. — Para (Brésil).
Oxystyla pulchella (Spix), Pilsbry, 1899, Man. Conch., 12 ; 135, pl. 28, fig. 27-37.
Zébra ptdchellus (Spix), Strebel, 1909, Mitt. naturhist. Mus. Hamburg., 57, pl. 10, fig. 148-160.
Orthalicus pulchellus (Spix), Beck, 1837, Index Moll., 59.
? Bulimus unJatus Bruguière, Drouët, 1859, Moll. Guyane : 67. — Guyane française.
Matériel : Haut-Oyapock, Aubert de la Rûe coll. 1948-49 ; Bahia, MNHN ; Chiquitos, col!.
d’Orbigny (— B. undatus in Voy. Am. mér.).
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
73
Bien qu’une seule coquille de cette espèce ait été récoltée en Guyane, la localité est sûrement
exacte. II est probable que l’unique individu mentionné par Drouët comme Bulimus undatut appar¬
tient à cette espèce, car Drouet mentionne le « système de coloration * identique à celui de ce qu’il
a appelé Bulimiu zébra que nous savons être Orthalicus bensoni (Drouët, pl. 4, fig. 48-49). Or O. pul-
eheUus diffère de O. undatue non seulement par sa coquille un peu plus ventrue et plus fine, mais aussi
par les bandes spirales de chevrons qui font défaut chez ce dernier.
Orthalicus bensoni (Reeve, 1849} (pl. 4, fig. 11)
Bidimus bensoni Reeve, 1849, Concb. le., 5 : pl. 78, fig. 571. — * Rives de l’Amazone ».
Oxystyla bensoni (Reeve), Pilsbry, 1899, Man. Conch., 12 ; 147, pl. 31, fig. 62-65.
Zébra bensoni (Reeve), Strebel, 1909, Mitt. naturhist. Mus. Hamburg, 26 : 93, pl. 20, fig. 310-311,
317-318, 321.
Orthalicus bensoni Shuttleworth, Not. Mal. : 60, pl. 4, fig, 3-5 ; Altena, 1975, Basteria, 39 : 43. — Suri¬
nam.
Hélix {Cochlitoma) regina var minor Férussac, 1821, Tabl. syst. Limaçons : 49: 1823, Hist. nat. Moll.,
19® livraison, pl. 119, fig. 1-2. — Cayenne.
Matériel : 6 paralectotypes de H. regina Fér. dont le figuré, pl. 119, fig. 1-2 ; La Forestière (Maroni),
Bouge coll. 8.78.1179 ; Pariacabo, Bouge coll. 1.6.1932 ; Kourou, Geay coll. 1902 ; Fourgastier, Paul-
mier coll. 1977 ; Cayenne (deux localités), F. Gcay coll. 1902 ; Saül, Barbotin coll. 1977 ; Saut Pararé
(Arataï), Baudot coll. 11.1978 ; bord de la Courouate, Tillier coll. 2.5.1977 ; Trois Sauts, mai 1978 ;
Mt St-Marcel, 5 km de la Crique Oupousin, 11.5.1978; ■ Guyane française » (trois lots).
Un lot de la collection Cuming (BMHN) a été étiqueté par Breure « syntypes ». Or d’une part,
aucune des coquilles n’est figurée par Reeve ; d’autre part, aucun argument ne permet d’affirmer
que ces coquilles proviennent de la collection Benson, où se trouvait le type figuré *. Les coquilles récol¬
tées en Guyane sont toutes plus petites que le figuré de Reeve, et leur péristome est plus tranchant.
Orthalicus bensoni est très proche de Orthalicus phlogerus (d’Orbigny, 1835), dont quatre syn¬
types se trouvent au MNHN : trois syntypes de la collection d'Orbigny (mission de Concepeion, prov.
Chiquitos), plus le figuré de Férussac de Hélix regina var. B, qui appartient en fait à O. bensoni. O. pklo~
gerus diffère de cette espèce par sa coquille embryonaire brun foncé, ses tours plus convexes et surtout
par l’absence presque complète de stries spirales sur la coquille. Orthalicus beruoni est, après 5u/ta/«a
sultana, l’espèce arboricole la plus fréquente de la forêt primaire guyanaise. On la récolte dans les
mêmes conditions.
PlekocheiluB (Eudolichotis) aurissciuri Guppy, 1866 (pl. 4, fig. 6)
Plekocheilus aurissciuri Guppy, 1866, Ann. Mag. nat. Hist., 16 : 51. — Trinidad 5 {Eudolichotis), Breure,
1978, Zool. Verhand., 164 : 23, fig. 19 (anatomie et radula). — Surinam.
Auris (Eudolichotis) aurissciuri (Guppy), Pilsbry, 1896, Man. Conch., 10 : 112, pl. 41, fig. 42-44.
Bulimulus aurissciuri (Guppy), Pace, 1894, Proc, malac. Soc., 1 (4) : 151-152,'fig. (anatomie et radula).
Eudolichotus (sic) aurissciuri (Guppy), Solem, 1963, J. Conch., 25 (5) ; 193. — Guîana ; Altena, 1975,
Basteria, 39 ; 41. — Surinam.
Matériel : 9 syntypes probables, BMHN, Trinidad, coll. Guppy; Apatou (bas-Maroni), Bouge
coll. 8.78.1130 ; Saut Hermina (Maroni), F. Geay coll. 1902 ; crique 1900 (bas-Maroni), Tillier coll.
16.5.1977 ; Route Mana-St-Laurent, 11.5.1977 ; « Maroni » (2 lots).
Un spécimen, presque mature, a été disséqué et sa radula préparée : elle a pour formule 38-1-38
X 110 (Pace, 1894 : 54-1-54 X 140). L’appareil génital correspond bien aux fig^ures de Pace et de Breure,
1. Note ajoutée sou» presse ; les syntypes d'Orthalicus èsnsoni, dont le fi^ré de Reeve. te trouvent au
Muséum of Zoology, University of Cambridge.
Source : MNHN, Paris
74
SIMON TILLIER
et le complexe palléal répond à la description de Baker (1926, Occ. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan,
167 : 32) pour Eudolichotû distorta.
PUkoeheiluM auriaaeiuri n'a été trouvé, en Guyane française, que dans la forêt de terres basses
sur sable du nord-ouest du pays : il ne dépasse probablement pas Apatou, vers le sud, et sûrement
pas la Mana, vers l’est. Cette région correspond à l’extrémité sud-est de son aire de répartition qui
s'étend vers le nord-ouest jusqu’à la région de Sucre (Venezuela) et à Trinidad.
Simpulopais corrugata Guppy, 1866 (pl. 4, fig. 5)
SimpulopsU corrugatus Guppy, 1866, Ann. Mag. nat. Hist., 17 : 53. — Trinidad.
Simpulopsit corrugata Guppy, 1878, J. Conchyl., 26 : 323, pl. 10, ûg. 3 ; Piisbry, 1899, Man. Conch.
12 : 217, pi. 64, fig. 93-95 ; Van Mol, 1971, Ann. Soc. R. zool. Belgique, 101 (3) : 218, ûg. 18
(anatomie) ; Aliéna, 1975, Basteria, 39 : 44. — Surinam.
Matériel : lectotype, Trinidad, coll. J. Conchyl. (MNHN) ex Guppy ; Placer Avenir (sur l’Arouany
Mana).
Le spécimen figuré dans le Journal de Conchyliologie est ici mentionné comme lectotype car •
— il a été envoyé par Guppy à Crosse comme » le type » ; — la mention par Fischer (J. Conchyl., 1950
90 ; 151) de ce spécimen comme « l’holotype » doit être considérée comme une désignation de lectotype’
Le fait que la seule coquille récoltée en Guyane vienne de la région où les récoltes ont été les
plus rares est significatif : Simpulopeù corrugata ne dépasse sûrement pas le bassin de la Mana vers
l’psl (ni, probablement, Maripasoula vers le sud). On peut aussi remarquer que la seule localité guyanaiae
se trouve dans la zone Ilb de de Granville (1978; fig. 52 A), correspondant à la chaîne septentrionale
à très forte pluviosité. Bien qu’on ne puisse être certain qu’il existe une corrélation, il est intéressant
de noter que le Bulimulidé guyanais dont la coquille est la plus réduite se trouve dans une zone très
humide.
Drymaeus surinamenaU Vernhout, 1914 (pl. 4, fig. 2)
Drymaeut surinamenais Vernhout, 1914, Notes Leyden Mus., 36 : 13, pl. 1, fig. 3. —• Groningen (Suri¬
nam).
Matériel : Apatou (Maroni), Bouge coll. 1931-32 ; Haut-Oyapock, Aubert de la Rüe coll. 1948-
49 (entre la Mtgne Guère et le Dégrad Galoupa) ; Guyane française, Bouge coll. 8.78.2340.
Celte espèce n’étant connue que par une coquille en très mauvais état, il est utile de redécrire
la coquille. Les dimensions des coquilles connues sont les suivantes :
H
D
Toun
h ouverture
holotype
(Vernhout)
24.5
10.5
6
13
Apatou
21
10
5.5
10.8
Apatou
(péi’istome cassé)
21.2
9
5.75
10
Guyane
22
10.8
5.75
10.5
Haut-Oyapock
(péristome cassé)
20
10?
5.75
10
Source : MNHN, Paris
GASTEROPODES DE GUYANE
75
Les coquilles sont très étroitement ombiliquées. Le péristome est légèrement et régulièrement
réfléchi, avec le bord columellaire complètement rebroussé et s'enfonçant en oblique de l’axe colu*
mellaire.
La coquille embryonnaire a environ un tour et demi. La partie supérieure de ses tours est très
foncée, presque noire tandis que la partie inférieure est claire. La surface de la coquille est brillante,
avec des stries de croissance bien visibles. Les deux premiers tours post-néplonîques sont incisés par
des stries spirales rapprochées délimitant de fins cordons, souvent perturbés par les stries de croissance.
Ces stries spirales sont beaucoup moins rapprochées sur les tours suivants : l’intervalle entre deux
stries est de l’ordre de 0.1 à 0.3 mm sur l’avant-dernier tour.
Les trois coquilles bien préservées portent des bandes radiales brunes irrégulières atteignant
les sutures. Une coquille (pl. 4, fig. 2) a une bande pointillée sur les premiers tours et la coquille venant
du Haut-Oyapock, bien qu’abîmée, montre des bandes radiales sur l’avant-dernier tour et deux bandes
spirales sombres esquissées sur le dernier tour : tout indique que le système de coloration est asseï
variable.
L’holotypc est dans un état trop mauvais pour qu’on puisse être certain de l'identification
des coquilles de Guyane ; cependant il est tout à jfait invraisemblable que deux espèces aussi rares
et aussi semblables entre elles vivent l’une près de Paramaribo et l'autre sur le Maroni.
Drymaeus aurinamenaia est une espèce très rare, mais de toute évidence non limitée à une région
particidière des Guyanes puisque présente à la fois sur le bas Maroni et sur le Haut-Oyapock. On peut
se demander s’il ne s’agit pas d’une sous-espèce, voire même d’une simple forme non séparée géogra¬
phiquement, de Drymaeua protractua (Pfeiffer) décrit de Moyobamba (Pérou oriental) ; mais les données
font complètement défaut entre ces localités extrêmes.
Drymaeua meeai (Breure, 1976) (pl. 4, fig. 1 ; texto-fig. 60-61)
Ùrymaaua glaucostomua nuesi Breure, 1976, Zool. Meded., 50 : 113, pl. 1. — Nassau Mts (Surinam).
Matériel : Saul, Barbotin coll. 1977 ; Trois Sauts (trois lots), Tillier coU. 5.1978 ; Ml St-Marcel,
à environ 7 km de la crique Oupousin, 15.5.78.
Le demi-tour supérieur de la coquille embryonnaire de cette espèce, qui a la sculpture carac¬
téristique de Drymaeua, est presque noir chez tous les animaux observés. Après un tour et demi, la
surface est couverte de stries spirales très fines et très serrées, dont l’intervalle s’accroît progressive¬
ment pour atteindre 0.1 à 0.2 mm sur l’avant-dernier tour. Les raies de croissance sont assez saillantes
sur la surface du dernier tour. Les derniers tours sont colorés par des bandes radiales onduleuses, dont
les ondulations se joignent parfois pour former une esquisse de bande brune spirale. Bien qu’aucune
des coquilles récoltées en Guyane ne montre une telle bande aussi nettement que l’holotype (Breure,
1976, pl. 1), cette bande existe sur le plafond du poumon, à gauche du pneumostome, chez tous les
individus observés. Le bord interne de l’ouverture est souvent légèrement teinté de mauve, quoique
d une couleur beaucoup moins soutenue que chez D. glaucostomus dont Breure avait fait une sous-espèce.
Complexe paliéal (fig. 60)
Il occupe un peu plus d’un tour de spire (la base du poumon est au niveau de l’ouverture). Le
rein occupe environ le quart de la longueur du poumon ; le péricarde est aussi long que le rein. L'uretère
secondaire n’est fermé que sur les cinq sixièmes de sa longueur. Le pneumostome et l’ouverture
de l’uretère vers l’extérieur ont la même disposition que chez l’espèce suivante. Par rapport aux
complexes palléaux de Drymaeua déjà figurés (Pilsbry, 1902, Man Conch., 14, pl. 54, fig. 40) ou décrits
(Baker, 1926), celui-ci est remarquable par la longueur du poumon relativement à celle du rein.
Appareil génital (fig. 61)
La spermathèque est plus longue que le spermoviducte, et son extrémité est enfouie dans la
glande digestive. Le flagelle est moitié moins long que l'épiphallus, qui a lui-même à peu près la même
Source : MtJHN, Paris
76
SIMON TILLIER
GASTÉROPODES DE GUYANE
77
loDgueur que le pénis dont le fourreau est relativement long. Intérieurement, le pénis porte trois piliers
lisses séparés par trois plis plus fins ; les piliers sont plus épais au-dessus du fourreau qu’à son niveau.
Aux deux tiers environ de la hauteur du pénis, juste sous l'épiphallus qui en est séparé par une simple
conslriction, les plis deviennent villeux et la paroi plus épaisse. L’épiphallus porte quatre plis à sa base ;
ces plis deviennent de plus en plus nombreux jusqu’au flagelle où ils sont villeux.
Mode de vie
Tous les animaux récoltés près de Trois Sauts l’ont été dans les bas-fonds, à proximité des
cours d’eau. La plupart se trouvaient sur les feuilles d’arbustes, mais l’un d’entre eux a été récolté
à quinze mètres de haut, dans un arbre.
Discxtssion
Drymaeus meesi appartient à mes yeux, et sans aucun doute, à une espèce différente de D. glau-
coslomus dans lequel Breure l'a originellement placée : D. glaucostomue est plus grand, proportionnelle¬
ment plus large et possède un système de coloration différent (excepté en ce qui concerne la couleur
de l’ouverture, que Breure a crue toujours blanche chez D. meesi, ce qui n'est pas le cas). De plus chez
D. glaucostomus la coquille embryonnaire est claire, à sculpture plus fine que chez D. meesi, et les
stries spirales sont beaucoup plus grossières et plus nombreuses sur l’avant-dernier tour.
Par contre, D. meesi est probablement assez proche de D. surinamensis dont la coquille a exac¬
tement la même sculpture et la même coloration.
Drymaeus meesi appartient à mon avis au groupe de Drymaeus slrigatus (Sowerby), espèce du
nord-est du Pérou connue pour sa grande variabilité. Les coquilles d’un lot ainsi déterminé (MNHN,
coll. Cloué, 1850) sont indiquées comme venant de Huallaga (localité-type) et identiques à celles de
Guyane ; mais il est possible qu’il s’agisse d’une localité de convention et c’est pourquoi, n’ayant pas
revu le type de D. strigatus, je considère ici D. meesi comme une espèce distincte.
Drymaeus meesi est une espèce de la zone interne de Guyane française (III et IV, fig. 124) et
du Surinam : on le trouve aussi bien sur le haut-Oyapock qu’à Saül, et il est absent au nord d’une
ligne Camopi-Sophie-Maripasoula.
Drymaeus rufolineatus (Drouet, 1859) (pl. 4, fig. 4 ; pl. 5, fig. 10, 11)
Bulimus rufolineatus Drouet, 1859, Moll. Guyane : 61, pl. 1, fig. 10-11. — Ilet la Mère.
Drymaeus rufolineatus (Drouét), Pilsbry, 1898, Man. Conch., 11 : 308, pl. 12, fig. 12-13; Breure, 1976,
Zool. Meded., 50 : 112.
? Bulimus demerarensis Pfeiffer, 1861, Proc. zool. Soc. : 24. — Guiana.
Drymaeus interruptofascialus Vernhout, 1914, Notes Leyden Mus., 36 : 11, fig. 5, 6. — Paramaribo,
Tapanahoni (Surinam) ; Breure, 1976, Zool. Meded., 50 : 112.
Drymaeus chevallieri Breure, 1976, Zool. Meded., 50 : 113, fig. 5-9. — Saut Hermina (Maroni) (anato¬
mie, appareil génital).
Matériel ; holotype et paraty-pes de D. chevallieri, MNHN ; crique Toussaint (Sinnamary), Bouge
coll. 2.12.1931 ; Ilet le Père (trois lots), F. Geay coll. 1902 ; Ilet la Mère, F, Geay coll. 1902 ; Cayenne,
coll. Jousseaume ; Regina, Tillier coll. 4.1977 ; Oyapock, Aubert de la Rüe coll. 1949 ; « Guyane fran¬
çaise s, coll. Denis.
Il m’est impossible de séparer les Drymaeus de ce groupe en plusieurs espèces, car les coquilles
montrent des variations absolument continues : le rapport H/D varie de 1.652 à 2.22 ; le nombre
de tours, ramené à une hauteur de 20 mm, varie de 5 à 5.5 ; le rapport de la hauteur de l’ouverture
à la hauteur totale varie de 0.463 à 0.536. Les individus subadultes ont un péristome droit, tranchant,
souvent cassé, alors que les adultes pleinement développés ont leur péristome légèrement réfléchi.
La coloration est formée par cinq bandes brunâtres sur fond blanc ; les bandes sont souvent plus ou
moins interrompues et soit la bande subsuturalc, soit la bande basale, soit les deux peuvent manquer.
Source ■■ MNHN, Paris
78
SIMON TILLIER
Le premier tour de la coquille embryonnaire est teinté de brun rougeâtre dans sa partie supérieure
lorsque les coquilles sont fraîches. La sculpture est du même type que chez les deux espèces précédentes.
La série-type de Drymaeiu chevaiiUri correspond parfaitement à la variabilité de l’ensemble
du matériel ; il se trouve simplement que la couleur des coquilles a été en grande partie effacée par un
long séjour dans les collections. Il en va de même pour les types de D. inlerrupiofaacicUus : tant que
l'anatomie et la biologie des animaux correspondant aux coquilles ici incluses n'auront pas été étudiées
d'après un inalériel suflisant, il m’apparait complètement illusoire de vouloir définir plusieurs espèces.
Ürymatiu vernhouti Breure (» D. quadrifasciatus Vernhout) et D. semimaculatus Pilsbry n’ont pas
été ici mis en sj’nonymie avec D. rufolinealuj, ceci bien que la synonymie ait été suggérée dès 1926
par Baker (Occ. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan, 167 : 48). En effet, d’une part l’anatomie d’une série
continue l>. vernhouti semble différente de celle de D. chevàUieri = D. rufolineatus {Breure, 1976 • mais
encore faudrait-il disséquer des séries d'individus pleinement adultes pour en être certain) ; d'autre
part et surtout, le rapport hauteur de l’ouverture/hauteur totale des types de ces deux espèces est
en dehors des limites de variabilité définies sur le matériel de Guyane française : 0.575 pour D. vern-
kouti, 0.426 pour Z). eemimacuUuue. En l’absence d’une série continue, il me semble préférable de consi¬
dérer qu’il s’agit de deux espèces distinctes ; dans cette hypothèse, le t^qie de Drymtxeus demerareneis
serait synonyme de D. rufolinealut, tandis que les coquilles attribuées par Baker {loc. cit.) à cette espèce
seraient de vrais D. temimaeulalus.
Ürymaeu* rufolineatu* est le Drymaeua typique du secteur médian et subcôtier à pluviosité
moyenne (II, fig. 124), bien que sa présence dans les parties boisées de la région côtière ne soit pas
impossible (mais, là encore, il ne faut pas tenir compte de la localité ■ Cayenne * qui est une avancée de
la zone médiane jusqu’à la côte). Il existe dans ce secteur de la Guiana à l’Oyapock, sans qu’on puisse
préciser plus les limites NW et SE de son aire de répartition.
DrymMui limpidua (Drouet, 1859) (pL 4, fig. 3 ; texte-fig. 62 a et b, 63)
Bulimus limpidut Drouit, 1859, Moll. Guyane ; 64, pl. 2, flg. 23-24. — Ilet la Mère.
Simpulopsû ? limpidue (DrouSt), Pilsbry, 1899, Man. Conch., 12 : 223, pl. 63, fig. 69-70.
Drymaeue tuceinea Pilsbry, 1902, Man. Conch., 14 : 160, pl. 26, 6g. 38. — Amazone.
Drymaeus (Sunoitylue) «uccineua (Pilsbry), Parodiz, 1962, Proc. U.S. natn. Mus., 113 : 428. — Redes-
cription des syntypes. — Ile de Marajo (Brésil) j ? Altena, 1975, Basteria, 39 : 42 ; Breure, 1976
Zool. Meded., 50 (7) : 107. — Surinam.
Matériel ; crique 1900 (Bas-Maroni), 16.5.1977 ; Gourdouville, Bouge colI. 8.78.1256 ; Crique
Toussaint (Sinnamary), Bouge coll. 8.78.1931 ; t Guyane française >, col). De Morgan.
Les animaux vivants (crique 1900), sont blancs, translucides, avec les tentacules oculaires gris
foncé. Leurs coquilles correspondent point par point à la description des syntypes de D. suceineus
par Parodiz (1962).
Mâchoire et radula (fig. 62 a)
La mâchoire semi-circulaire est formée par 51 plaques très allongées. Formule radulaire (crique
1900) : I40-1-140 X 128. Les rangées sont en V très ouverts. La centrale n’est pas symétrique, mais
complètement déjetée vers la droite de telle façon qu’elle est disposée comme la dent la plus interne
de chaque demi-rangée droite. Elle dérive probablement d’une centrale tricuspide symétrique, mais
l’ectocône gauche a pratiquement disparu. Les latéromarginales dérivent probablement aussi de dents
tricuspides, mais l'ectocône est ici subdivisé en deux ou trois cuspides ; les cuspides sont disposés non
pas perpendiculairement à l’axe longitudinal de la radula, mais très obliquement.
Appareil génital (6g. 63)
U résulte de la brièveté de la spire que la partie femelle de l’appareil génital est épaisse et entor¬
tillée sur elle-même, comme chez les Amphibuliminae. La spermathèque est longue. Le Oagelle et l’épi*
Source ; MNHN, Paris
62 a
Pto. 62a. — Drynattu limpidut, (^ri<]U« 1900, radula.
Drymatut Umpidiu. (^riqiir 1900, compUxr palléal : ^cWlla
SIMON TILLIER
»)
63
Fio. 63. — Drymaeut limpidut, Criqu« 1900, partie diitale de l'appareil ^nital. ËcheKe 4
phallus sont dr longueurs à peu près égales, et moitié moins longs que le pénis s.s. Lo fourreau péniun
est très court, n'enveloppant que moins du cinquième basal du pénis. Le sommet du pénis est de plus
enfermé dans une seconde gaine, fixée d’une part à la jonction pénis-épiphallus et d'autre part au
tiers supérieur du pénis ; cette gaine est reliée à la paroi du pénis par du conjonctif lâche. A l’intérieur
de cette gaine, le cinquième proximal du pénis est légèrement renflé et porte intérieurement d’impor*
tanls plis lisses transversaux. Les quatre cinquièmes distaux du pénis portent intérieurement trois
à quatre piliers ramifiés, en zigzag, plus réguliers et plus fins distalement. L’épiphalliis est séparé
du pénis par une papille saillante et porte intérieurement quatre piliers principaux séparés par des
plis plus fins.
Complexe paUéal (fig. 62 b)
Le complexe palléal occupe seulement le dernier demi-tour de spire. Le rein triangulaire est
aussi large que long et son angle proximal droit est accolé au rectum. Le péricarde est aussi long que
le rein, qui occupe un peu plus du tiers de la longueur du pou mon. L’uretère secondaire s’ouvre à l’aplomb
du pneuniostpme, et non proximalemcnt à celui-ci, dans une gouttière en V : la branche la plus courte
va vers l'anus alors que la branche la plus longue traverse le pneumostomc et débouche d’une part
entre la vena circularU et le bord palléal, et d'autre part à l’extérieur par le côté gauche du pneumostome.
HépartUion
Dans les deux seules localités précises, Drymaeus limpidus a été récolté h proximité d'un cours
d'eau, une fois sur des llelîconia et l’autre fois sur de tout petits buissons. II semble bien que l'espèce
ne se trouve que dans la zone côtière (I, fîg. 124) et en bordure de la zone subcôtière, au moins depuis
le Surinam jusqu’à l’Amazone.
DUeueeion
La mise en synonymie de D. suceineue est fondée sur la parfaite correspondance de la totalité
des coquilles récoltées en Guyane avec la description de Parodiz (1962). Pilsbry différencie son espèce
Source ■■ AIWHAJ, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
81
de celle de Drouët par la striation de la première ; or Drouët parle d'une coquille • irrégulièrement
striée » et montre nettement les stries de croissance sur son dessin. D’autre part, il apparaft invrai¬
semblable que la coquille citée par Vernhout, puis Altena (venant de Groningen) appartienne è une
autre espèce, comme l’a suggéré Breure (1976).
La brièveté de son complexe palléal, la forme de son spermoviducte, la forme de ses dents et
la présence de deux gaines du pénis pourraient justifier le classement de Drymaeiu limpidut dans un
genre, ou au moins un sous-genre nouveau. Deux arguments s’y opposent actuellement :
— l’espèce ne représente qu’une étape avancée de l’évolution dans le sous-genre Me-tembrinui
tel que Breure (1979) le définit : l’épaississement du spermoviducte et les modifications du complexe
palléal sont directement liés au début de réduction de la coquille, avec lequel les modifications de la
radula sont très probablement aussi corrélées (bien que la relation de cause à effet ne soit pas évidente
à expliciter, il est clair que de nombreuses lignées tendant à la limacisation montrent des modifica¬
tions de la radula, et en particulier une grande augmentation du nombre de dents par rangée) ;
— le genre Drymaeus en général, et le sous-genre Me«emhrinu8 en particulier, contiennent un
nombre d’espèces énorme : il n’est pas utile de les couper en subdivisions, ou en plusieurs genres, tant
que les tendances et les radiations adaptatives à l’intérieur du groupe n’auront pas été analysées et
comprises.
Bulimulus tenuissimus ayrieBii (Drouët, 1869] (pl. 4, fig. 8)
Buiimus eyriesii Drouët, 1859, Moll. Guyane : 63, pl. 1, ûg. 12-13. — Ilet la Mère.
Bulimulus exüis eyriesii (Drouët), Pilsbry, 1898, Man. Conch., 11 : 39 (partim), pl. 12, fig. 52-53 (nec
54-60).
Bulimulus (Bulimulus) eyriesii (Drouët), Breure, 1974, Stud. Faun. Curaçao, 45 : 46, pl. 4, fig. 1-3 ;
1976, Zool. Meded., 50 : 108, fig. 1. — Cayenne (appareil génital).
Bulimulus cf. tenuissimus (d’Orbigny, 1835), Breure, 1976, Zool. Meded., 50 : 109, fig. 2, 3. — Para¬
maribo (appareil génital).
Matériel : Paramaribo, Tillier coll. 29.4.1978 ; Saut Hermina (Maroni), F. Geay coll. 1902 ;
St-Jean du Maroni, Tillier coll. 12.5.1977 ; St-Laurent du Maroni, 11.5.1977 ; Saul Sabbat, 13.5.1977 ;
Pointe Combi (Sinnamary), 21.5.1977 ; Saül, Barbotin coll. 1977 ; lie Royale, Tillier coll. 5.1977 (3 lots) ;
Macouria, F. Geay coll. 3.1902 et Paulmier coll. 1977 ; llet le Père, F. Geay coll. 1902 ; tle de Cayenne
(24 lots dont la moitié récoltés en avril-mai 1977) ; Régina, Tillier coll. 4.1977 ; Guyane française
(19 lots d’origines diverses).
C’est Tune des espèces de Pulmonés les plus communes de Guyane : on trouve Bulimulus Unuit-
simus eyriesii dans les milieux ouverts de la région côtière, soit sur les plantes basses, soit dans les
détritus végétaux pourrissants mais encore verts. L’espèce est facile à reconnaître par la forme de
sa coquille, qui est étroitement ombiliquée chez les adultes, et par sa couleur ocre clair, translucide.
Les variations morphologiques ou anatomiques du matériel étudié me semblent continues ;
comme par ailleurs tous les animaux ont été récoltés dans le même type de biotope, le plus souvent
dans des milieux secondaires, il me semble impossible de distinguer plusieurs unités taxonomiques
dans les Bulimulus de Guyane : les Bulimulus cf. tenuissimus de Paramaribo (Breure, 1976) sont des
eyriesn tout à fait typiques. Il résulte de cette constatation la remise en question de la distinction
des espèces tenuissimus et eyriesii, puisque les travaux de Araujo et al. (1960), de Rezende et Lan-
zieri (1964), de Breure (1976) et les dissections effectuées pour le présent travail mettent en évidence
1 absence de différences significatives, du moins en ce qui concerne la morphologie externe des appa¬
reils génitaux et la radula. Les coquilles étant par ailleurs très semblables, aucun argument ne
peut etre avancé pour distinguer deux espèces dans l’état actuel de nos connaissances. Quatre
eyntypes de Bulimulus tenuissimus (pl. 4, fig. 7) (MNHN) ont été examinés : le plus grand a une hauteur
de 23.5 mm, ce qui pourrait correspondre à B. eyriesii, mais le rapport H/D moyen des quatre syntypes
est de 1.817, ce qui est nettement moins que chez les animaux de Guyane et reste le seul argument
Source : MNHN, Paris
82
SIMON TILLIER
pour séparer la sous-espèce nominale de la sous-espèce eyriesii. On peut cependant remarquer qu’il
n’est pas absurde de supposer qu’il existe une certaine continuité des populations à travers les milieux
secondaires de la côte orientale d’Amérique du Sud, de Rio à Paramaribo au moins : si cette hypo¬
thèse devait se révéler exacte, Bulimulus eyriesii disparaîtrait de la nomenclature.
SUCCINEIDAE
Succine» propinqua Drouet, 1859 (pl. 5, fig. 5 ; texte-fig, 64-65)
5uccin«a propinqua Drouët, 1859, Moll. Guyane : 49, pl. l, 6g. 1-2. — Ilet la Mère.
Matériel : Ile Royale, Tillier coll. 24.5.1977 ; Montsinéry, F. Geay coll. 1902 ; Ilet la Mère,
F. Geay coll. ; Cayenne (4 lots), coll. Bouge et Tillier ; Guyane française, F. Geay coll. 1902.
Les coquilles des adultes ont toujours environ trois tours, mais leur taille comme leur forme
varient énormément ; de 8.8 X 5.5 mm à 11 X 7 mm à l’intérieur de la même population ; le degré
d’allongement de la spire est également très variable, ce qui se traduit par une convexité apparente
Source ■■ MtJHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
83
beaucoup plus forle des tours des coquilles les plus allongées. L'association de formes extrêmes au
sein de la même population, leur anatomie semblable ne laissent aucun doute sur leur eoospécificité.
Radula et mâchoire
La mâchoire élasmognathc est peu arquée et possède un seul processus saillant, central. Une
radula montée (Ilet le Père) a montré vingt dents latérales par demi-rangées. La centrale est tricuspide,
avec les ectocônes réduits et le mésocône arrivant environ aux deux tiers de la longueur de la plaque
basale, qui est elle-même d’un quart plus longue que large. La longueur relative des plaques basales
diminue jusqu’à la douzième latérale qui possède, ainsi que les marginales, une plaque basale à peu
près aussi longue que large. Les latérales sont bicuspides jusqu’à la douzième, avec l'endocônc aussi
long que leur plaque basale, puis tri-ou muJticuspides. Toutes les latéromarginales ont un endocône
nettement plus long que les autres cuspides.
Appareil génital (fig. 64-65)
Les parties hermaphrodite et femelle de l’appareil génital ne présentent aucun caractère parti¬
culier, si ce n’est un renflement du vagin à l’extérieur du premier coude qu’il décrit au-dessus de l'inser¬
tion de la spermathèque.
Le pénis est enfermé dans une gaine, dont les fibres circulaires sont prédominantes dans sa
partie inférieure. La gaine, le canal déférent et le muscle rétracteur sont tous les trois insérés tout à
fait apicalement sur le pénis, dont l’épiphallus n’est différencié qu’intérieurcment par trois plis en U
longitudinaux (fig. 65). Le pénis sensu stricto porte intérieurement dos plis transversaux villeux for¬
mant deux familles de chevrons opposées. Le quart basal du pénis ne porte qu’une double série longi¬
tudinale de petits plis arrondis.
Discussion
11 est probable que les Succinea du Surinam (districts de Nickerie, Brokopondo et Paramaribo,
LMNH) appartiennent à Succinea propinqua, bien qu’elles soient en général plus petites que celles
de Guyane ; il m’est malheureusement impossible de le démontrer faute de matériel en alcool.
11 n’est pas invraisemblable que 5. propinqua ait des synonymes, antérieurs ou postérieurs,
mais il me semble que la discussion des synonymies possibles, sans données anatomiques, serait une
perte de temps. Dans ces conditions, il est impossible de préciser les limites de l’aire de répartition
de cette espèce, mais on peut remarquer qu’elle a toujours été récoltée sur des pierres humides, et que
son biotope préféré semble être le mur des fossés d'écoulement maçonnés : l’équivalent d’un tel bio¬
tope est rare, sinon inexistant dans les milieux primaires guyanais, et on ne peut écarter l’hypothèse
suivant laquelle Succinea propinqua serait une espèce introduite en Guyane.
Genre OMALONYX d’Orbigny
De très nombreux animaux, provenant de diverses régions d’Amérique du Sud, ont été dissé¬
qués et leurs radulas préparées pour tenter de déterminer quels sont les caractères à valeur spécifique
dans ce genre très homogène. Une discussion détaillée sera exposée dans une autre publication, mais
les résultats concernant les espèces des Antilles et du nord-est de l’Amérique du Sud doivent être
précisés avant les descriptions qui suivent :
— les caractères de la radula n’ont pas de valeur spécifique ;
— la disposition du tube digestif et des muscles rétracteurs varie beaucoup plus en fonction
des individus et de leur degré de contraction qu’en fonction de l’espèce ;
Source : MNHN, Paris
84
SIMON TII.I.IKH
S
e
Appareil génital de Omalonyx jelina, Trinidad ; fixé dans l'alcool. Échelle 2.3
Kic. 67. — Pénis étendu de Omatoriyx jtlina, Trinidad ; fixé dans l'alcool mais bien élcndu. l'chellc 2.5 mm.
hiG. 68. — Morphologie interne du pénis d'Omalonyx jeûna, Trinid.id ; fixé dans l'alcool. Kchclle 2.5 mm.
Source : MNHN, Paris
SIMON TILLIKR
— les caractères conchyliologiques sont pratiquement inulilisahles ;
_ la longueur du pénis est un bon caractère, mais il est indispensable de connaître le fixateur
utilisé : une fixation directe à l’alcool entraîne une rétraction de près de la moitié de la longueur du
pénis ;
_ la morphologie fine des plis du pénis est un caractère constant ;
— l’absence de cristaux sur ces plis n’est pas significative ;
_ l’insertion du canal hermaphrodite sur la glande et sa morphologie sont des caractères
constants.
Les deux Omalonyx guyanais ont été récoltés sur des Pistia, mais 0. felina a été récolté ailleurs
sur de jeunes plants de riz.
Omalonyx felina (Guppy, 1872) (pl. 5, fig. 7 ; texte-fig. 66-68)
Amphihulima (Omalonyx) felina Guppy, 1872, Proc. sci. Assoc. Trinidad : 18. — Trinidad.
liomalonyx felinu.i Guppy, 1878, J. Conchyl., 26 : 325, pl. 10, fig. 2.
?? Omalonyx felina Guppy, Baker, 1925, Occas. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan, 156 ; 4. — Bejuma
(Venezuela) ; ibid., 167 : 2, pl. 16, fig. 79 à 83 {anatomie, radula).
Matériel : lectolype, coll. J. Conchyl., MNHN ; Barataria cress beds (Trinidad BWl), 1949,
BMNH 1950.6.18.407 à 411 et LMNH, Quick leg. (7 lots en tout); rizière abandonnée, « off Biche-
Ortoine Road », Seebaran coll. 26.1.1978, MNHN ; Dcnierara (sur des plants de riz), 1929, BMNH
1930.5.14.6 à 11 ; Zanderij (Surinam), Maassen coll. 15.6.1967, LMNH (2 lots) ; Paramaribo, Maassen
coll. 6.1968, LMNH ; Beiwaarde (Commewijne dt., Surinam), Hummelinck coll. 2.9.1969; Brokobaka,
Mees coll. 2.4,1966, LMNH ; le long de la route, 17 km au SE du pont du Kourou, Tillier coll. 4.1978,
MNHN.
La plus grande coquille observée a 9 X 14 mm, mais les animaux dont la coquille a 9 X 6 mm
sont déjà complètement matures (leclotype désigné par Fischer, 1950 = 9 x 5 mm).
Contrairement à ce qu’a cru Patterson (1971), la spermathèque n’est rattachée chez aucun
Omalonyx au rétracteur pénien : elle a confondu avec un muscle l’aorte céphalique, qui a son origine
près de celle du muscle et qui suit le cordon de la spermathèque, auquel elle est attachée par du conjonc¬
tif, avant de se diviser à la base de celle-ci en une branche céphalique antérieure et en une branche
génitale postérieure.
La longueur du pénis est de 20 à 30 mm si l’animal a été tué en extension et fixé au formol,
de 10 à 15 mm si l’animal a été fixé dans l’alcool. La longueur de l’épiphallus est environ le cinquième
de celle du pénis (fig. 68). La gaine du pénis est insérée apicalcinent le long du rétracteur, juste au-
dessus de son insertion et de celle du canal déférent. L’épiphallus est intérieurement tapissé de petits
plis arrondis, très serrés, qu’on trouve aussi dans la partie sonimitale du pénis. Les trois cinquièmes
médians du pénis portent des plis hexagonaux, allongés transversalement tandis que le cinquième
inférieur, enfermé dans la partie épaissie de la gaine, porte des plis plus gros et moins réguliers. Les
plis des parties médiane et sommitale du pénis portent souvent chacun un cristal, mais ce caractère
n’est pas du tout constant. La partie proximale du canal déférent est plus épaisse et un peu boursou¬
flée, mais non entourée par la prostate. Le cordon de la spermathèque porte quelques plis fins longitu¬
dinaux. Le canal hermaphrodite est épaissi dans sa partie distale qui est plus ou moins entortillée,
et plus mince dans sa partie proximale qui s’insère sur la glande hermaphrodite par plusieurs rami¬
fications. La glande hermaphrodite est compacte.
II est pratiquement impossible de déterminer si les animaux décrits par Baker (1925, 1926)
et Patterson (1971) appartiennent réellement à l’espèce décrite ici sans réexaminer leur matériel :
Patterson a souligné les points bizarres de la description de Baker, et ellc-inêiue n’a pas figuré l’inté¬
rieur du pénis des animaux quelle a étudiés ; ceux-ci semblent différer de ceux qui sont décrits ici
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
87
par la prostate entourant l’extrémité proximale du canal déférent et par la plus grande longueur de
la partie boursouflée de celui-ci.
Omalonyz gesyi nov. sp. (pl. 5, fig. 6 ; texte-fig. 69-71)
Matériel : l’hololype et 12 paratypes (dont six juvéniles ; 7 en alcool et 6 originellement fixés
au formol), Kaw, Tillier coll. 29.4.1977 (sur les Pistia, au débarcadère).
Les animaux sont tout à fait semblables, par l’ensemble de leurs caractères, à ceux de Oma-
lonyx felina ; les différences concernent uniquement l’appareil génital (fig. 69-71) et sont les suivantes :
Fie. 69. — Appareil génital de Omalonyx geayi oov, sp., paratype ; fixé dans le fotmol.
extension. Échelle 2,5 nim.
Source : MtJHN, Paris
Fie. 70. — Pénis étendu de O. geayi nov. sp., fixé dans l'alcool, en pleine extension, l-lchelle 2.5 mm.
Fie. 71. — Morphologie interne du pénis de O. geayi, paratype ; fixé dans le formol, en extension, lîichellc 2.5
Source ■■ MNHN, Paris
liASTËROPODES DE GUYANE
89
— le canal hermaphrodite est au moins deux fois plus long et garde un diamètre important
sur toute sa longueur (fîg. 69) ;
— l’insertion du canal hermaphrodite sur la glande hermaphrodite est une sorte d’entonnoir
plus ou moins boursouflé et plissé ;
— les plis de la partie supérieure du pénis sont des plis fins, villeux à direction grossièrement
longitudinale alors qu’on trouve chez O. felina de petits plis hémisphériques serrés (fig. 71).
La radula d’un paratype a pour formule 129 X 37-1-37. La centrale et les treize premières
latérales sont tricuspides, mais l’endocône des latérales est à peine esquissé et l’on peut s’attendre
à ce qu’il soit absent dans d’autres populations. Les marginales ont le plus souvent quatre cuspides
et sont pectiniformes.
Les différences entre O. geayi et O. felina peuvent apparaître extrêmement ténues pour la dis¬
tinction de deux espèces, mais pas plus que celles qui existent entre d’autres espèces de Succineidae.
Comme par ailleurs O. felina montre une grande homogénéité pour ces caractères depuis Trinidad
jusqu'à Cayenne, il me semble normal de distinguer O. geayi au rang spécifique.
Il n’est par ailleurs pas du tout certain que la localité-type se trouve dans l’aire de répartition
primaire de l’espèce, car la région de Kaw est la région de Guyane où les plantations ont été le plus
développées jusqu’au milieu du xix® siècle ; il est cependant tentant d’adopter cette hypothèse, qui
permet de considérer Omalonyx felina et O. geayi comme deux espèces écologiquement semblables
des marais côtiers, l’une à l’ouest de Cayenne (au moin.s jusqu’à Trinidad) et l’autre à l’est (jusqu’à
l’Amazone ?).
HELICARIONIDAE {S-F EuconuUnae)
Pour toutes les localités où nous disposons de données précises, les deux espèces guyanaises
d'EuconuUnae ont été récoltées sur des feuilles d’arbustes ou d’arbres, souvent avec d’autres espèces
de Pupillacea ou d’Helicinidae.
Tableau de déterminalion
D
Tours
H/D
Convexité
des tours
Sculpture
Dents
latérales
Dents
matinales
Guppya
gundlachi
3.2
5
0.63
0.7
Faible
Cordons
spiraux bien
visibles
sur la face
supérieure
Tricuspides
symétriques
Tricuspides
Habroconus
(Pse^guppya)
cassiyuiensis
4.4
5.25
0.75
Forte
Cordons
spiraux peu
visibles
sur la face
Tricuspides
dissymétriques
Bicuspides
supérieure
* Chez les deux espèces, la surface supérieure est dècussée par le croisement de cordons spiraux très Uns et des
stries de croissance tandis que les cordons spiraux dominent nettement sur la surface inférieure.
Source ; MNHH Paris
90
SIMON TILLtER
La collection Bouge contient deux coquilles, dont une immature, venant de GourdouviUe
d’une espèce morphologiquement proche des deux Euconulinae : la coquille est presque blanche avec
des stries de croissance bien visibles superposées à des raies spirale presque cfTaccns ; ses dimensions
sont les suivantes : D = 2 mm ; H = 1,3 mm ; d ombilic = 0,3 mm ; un peu plus de 4 tours. Il s’agit
probablement d’un Vitreinae (Zonitidae) proche de n Zonitoides » pnrana F. Baker, 1914 et de « Pseudo~
kyalina » lobaterita H. B. Baker, 1925, mais je ne dispose pas d’éléments sufTisants pour le déterminer
correctement, même au niveau générique.
Ouppya gundlaohi (Pfeiffer, 1840) (texte-fig. 72)
Hdix gundlachi Pfeiffer, 1840, Arch. Nat., 1 : 250 ; 1846, Syst. Conch. Cab. n.f., 1 (1) • 239 pi 30 fie 25
28. — Cuba. ’ • > B-
Guppya gundlachi (Pfr.), Baker, 1922, Occ. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan, 106 : 45, pi. 17, fig. 1 «t 3
(radula et mâchoire). — Mexique ; 1925, ibid., 156 : 7 (synonymie). — Venezuela ; 1929, Proc
Acad. Nat. Sci. Philadelphia, 80 (1928) : 8, pl. 1, fig. 5 (an.ilomie) ; Pilsbry, 1946, L.M.N.A
2 (1) : 24, fig. 120. — Floride, Texas. ’
Matériel : GourdouviUe (fleuve Kouron), Bouge coll. avril 1932 ; Guisaiihourg (Approuaguel
Tillicr coll. 3.5.1977 ; Ouanary (Oyapock), F. Geay coll. 1900 ; St-Georges de l’Oyapock F Geav
coll. 1900. ’ ■ ^
Les animaux en alcool correspondent parfaitement aux descriptions de Baker, aussi bien par
leurs caractères anatomiques que par leurs caractères radulaircs. Il est parfois diffieile de distinguer
les spécimens à spire relativement élevée des Pseudoguppya : ils s’en distinguent par leur tours moins
convexes ; en particulier, vus de profil, les tours embryonnaires sont dans le prolongement des côtés
de la coquille alors qu’ils sont nettement saillants chez Pseudoguppya cassiquiensis ; d’autre part
l’espèce étant ovovivipare, on voit les œufs par transparence. Dans les cas vraiment douteux, seules
une préparation de radula ou une dissection permettent de trancher.
L’espèce est connue depuis la Floride et le Texas jusqu’en Guyane et aux Antilles.
Mabroconus (Pseudoguppya) cassiquiensis (Newcomb, 1853} (texte-fig. 73)
llelix cassiquiensis Newcomb in Pfeiffer, 1853, Monog. Helic. viv., 3 : 49. — Guiana.
Euconulus (Pseudoguppya) cassiquiensis (Pfr.), Baker, 1925, Occ. Pap. .Mus. Zool. Univ. Mich. 156 •
10, pl. 6, fig. 25, pi. 7, fig. 31 (radula et mâchoire).
Source ■■ MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
91
Habroconus (Pseudoguppya) cassiquiensis (Pfr.), Baker, 1929, Proc. Acad. nal. Sci. Philadelphia, 80
(1928) : 11, pl. 2, fig. 1 et 2 (anatomie). — Trinidad.
? Guppya mayi F. Baker, 1914 (1913), Proc. Acad. nat. Sci. Philadelphia : 632, pl. 21, fig. 6, 7.
— 300 km au-dessus de Porto Velho (Brésil).
Matériel : Gourdouville (fl. Kourou), Bouge coll. avril 1932 ; Ferme Vidal (Cayenne) Petter
coll. 10.12.1978; Trois Sauts (Oyapock), Aubert de ta Rüe coll. 1949; Haut-Oyapock, Aubert de
la Rüe coll, 1949.
L’espèce est en général facilement reconnaissable de la précédente par sa taille plus grande
et sa forme plus conique. D’après la description de F. Baker (1914), rien ne permet de distinguer « Gup-
Fic. 73. — Habrocontu caesiquiensis, Ferme Vidal [Cayenne), Échelle 1 mm.
pya s mayi de Habroconus cassiquiensis et, bien que l’éloignement des localités semble curieux, il appa¬
raît raisonnable de considérer les deux espèces comme synonymes.
H. cassiquiensis est connu avec certitude depuis Trinidad jusqu’à Guyane, d’une part, et de
l’ouest du Brésil (Rio Madeira) d'autre part. La présence de l’espèce à Trois Sauts rend vraisemblable
une aire de répartition couvrant tout le bassin amazonien en plus de la région guyanaîse.
Source ■■ MNHN, Paris
92
SIMON TII.LIKH
SYSTROPHUDAK
Depuis II. B. Baker (1928) jusqu'à Zilch (1960), praliqucnu-iit aucun cliaii(>;ciiii'nt n’est inter¬
venu dans la classification de cette famille. Depuis 1960, llylton Scott (1970) a iiumlré que Payenia
Mabille et Rochebrunc appartient aux Endoduniidae. s.l, tandis que Weyrauch (1967) a mis en syno
nymie Punclidiscops Baker et Microkappia Thielc en se fondant uniqiiciuciit sur des caractères con-
chyliologiques. Dans son état actuel, la classification de la famille est fondée sur les caractères de la
radula mis en évidence par Baker (1925) et Thiele (1926). 1,’étude des Systrophiidae guyanais montre
la nécessité d’une discussion de cette classification ; cependant Cuesliera Crosse et Mirtidixcops Baker
pour lesquels je ne dispose d’aucun élément nouveau, ne seront pas discutés ici : leur classement néces¬
site des données anatomiques qui font défaut.
Contrairement à ce qu’ont cru Baker et Thiele, les Systrophiidae ont une mâchoire, mais non
cornée, de telle sorte que s’il est facile de l’extraire par dissection des animaux frais, elle est inévita
blement dissoute par la potasse. Cette mâchoire (fig. 87 a) forme un arc de cercle simple, sans procès
sus médian, et est 6xée sur un cartilage trapézoïde fin et souple.
Il n’est pas po.ssible d’utiliser le nombre de dents par rangées de favon .stricte pour la distinction
des genres, comme l’a fait Baker (1925) pour Happia ; le nombre de dents par rangée est trop variable
même à l’intérieur de chaque espèce. Par contre, la forme et la disposition des dents permetlont de
distinguer deux groupes parmi les Syslrophiidae. Dans le premier, qui comprend Systrophia s s
Systrophiella Baker, EnCodina Ancey et Happia Bourguignat, la première latérale est très nettement
plus petite que la seconde, ce qui n’est pas le cas dans le second groupe qui comprend Hrepanoslomella
Bourguignat, Happiella Baker, Prokappia Thiela, Tamayoa et Tamayops Baker. Dans le premier groupe
Systrophia et Ertlodina ont une dent centrale plus petite cl nettement plus allongée que la première
latérale, tandis que la centrale de Happia et de Systrophiella est proportionnelleinent plus large et
presque aussi longue que la première latérale.
Happia pilsbry Gude, dont la centrale est à la fois très courte, relativement large et rectan u
laire et dont les cuspides prennent naissance au milieu des plaques basales et non à leur extrémité comme
chez les espèces-types du groupe (Thiele, 1926, fig. 3), devait justifier un nouveau taxon supraspéci-
fique si les données anatomiques confirment le schéma proposé ici. Dans le second groupe, la centrale
est toujours plus importante que dans le premier; elle est circulaire chez Drepanoslomella ailoncr'
chez Happiella, Prohappia, Tamayoa et Tamayops. Chez Happiella et Prohappia, clic est latéralement
biconcave, ce qui n’est pas le cas chez Tamayoa et Tamayops dont, de plus, les latérales ont un Iran
chant denticulé. Drepanoslomella se distingue dans ce groupe par le faible nombre de latérales 120^
et la morphologie particulière des dents, semblables à celles de Miradi-srops (Baker, 1925) qui ne pos^
sède que 10 latérales. 11 est po.ssiblc que ces deux genres forment un groupe homogène, mais les ar
ments anatomiques manquent totalement. En combinant ces caractères radiilaires avec les trop rare
données morphologiques et anatomiques, je suis amené à proposer la classification suivante, dont ü
faut souligner qu’il s’agit seulement d’une tentative ; « la méthode naturelle devra être employée sans
cesse pour combattre les exagérations des systèmes » (P. Fischer). Le nombre de dents latérales
demi-rangée de la radula de l’espèce-type de chaque taxon est indiqué entre parenthèse *
Famille des Systrophiidae : animaux aulacopodes, à mâchoire simple non cornée (peut-étr
absente quelquefois) ; dents latérales de la radula monocuspides, dont la plaque basale longue possèd
un processus terminal centrifuge. La cavité pulmonaire occupe 1/2 à 3/4 tour de spire.
-h Tribu Syslrophiini : animaux à extrémité caudale tronquée obliquement, dont le sill
suprapédieux remonte parallèlement à la troncature (fig. 74). Radula ; la centrale est plus petite
la première latérale, elle-même nettement plus petite que la seconde (fig. 78). Le rein est au mi^ing
deux fois plus long que large et sa longueur est au plus la moitié de celle de la cavité palléalc l e roc
tum recouvre partiellement l’angle proximal interne du rein qu’il enserre élroilemenf. Le pénis est
Source : MtiHN, Pons
GASTÉROPODES DE GUYANE
constitué par un luhe enveloppé dans une gaine à fibres longitudinales prédominantes ou est dépourvu
de gaine. Le rétracteur oculaire droit passe entre le pénis et le vagin dans lequel les œufs sont incubés
s’il y a ovoviviparité. La prostate est mince et aussi longue que le spermoviducte.
-(-+ Genre Systropkia : dent centrale très petite, au moins quatre fois plus longue que large :
rein deux fois plus long que large ; pénis constitué par un tube sans appendice enfermé dans une gaine
flottante à fibres longitudinales.
+ + + Ss-genre Systropkia S.s. : cf. Zilch, 1960 (25 latérales).
+ + + Ss-genre Enlodina : ci. Zilch, 1960 (15 latérales).
+ + + Ss-genre Wayampia nov. subg. : coquille petite et translucide, à péristome
tranchant et tours relativement peu nombreux (25 latérales). Espèce-type ;
Systropkia (Wayampia) lutea nov. sp.
+ + Genre Happia : dent centrale subégalc à la première latérale ou, si elle est plus petite,
au plus deux fois plus longue que large. Pénis sans gaine flottante. Largeur du rein
inférieure à la moitié de sa longueur, elle-même inférieure à la moitié de la longueur
de la cavité pulmonaire.
+ + + Ss-genre Happia : coquille discoïde, dont le centre est plus bas que l’ouverture
(22 latérales).
-b-b-b Ss-genre Systropkiella : coquille à sommet plus haut que le sommet de l’ouver¬
ture (25 latérales).
+ -b-b Ss-genre pro Happia Pilsbryi : caractères radulaires cités plus haut.
-b Tribu Tamayoini nov. : animaux dont le sillon suprapédieux reste parallèle au sillon péri-
pédieux jusqu’à l’extrémité caudale (fig. 81-86). Radula : dent centrale plus développée que chez les
Systropkiini ; la première latérale n’est pas nettement plus petite que la seconde. Le rein est au plus
deux fois plus long que large et sa longueur est inférieure à la moitié de celle de la cavité pulmonaire.
Le rectum est au plus accolé à l’angle proximal interne du rein et non encastré dans celui-ci comme
chez les Systropkiini ; il décrit une large boucle autour du sommet du rein. Le tube pénicn est enfermé
dans une gaine flottante épaisse à fibres circulaires prédominantes et peut développer des annexes
(glandes apicales, appendice (s)). Parfois un organe amatorial. Prostate compacte, débouchant dans
le spermiducte près du départ de celui-ci. Incubation des œufs dans l’oviducte libre, si elle existe.
Rétracteur oculaire droit indépendant.
+ -b Genre Tainayoa : dent centrale rectangulaire; latérales denticulées ; présence d'un
organe amatorial à la base du pénis ; gaine insérée au milieu du pénis.
+ + -b Ss-genre Tamayoa : centrale tricuspide (? : cf. Baker, 1925); présence d’une
carène dans l’ombilic (39 latérales).
+ -b-b Ss-genre Tamayops : centrale denticulée ; pas de carène dans l’ombilic (44
latérales chez Tamayops decolorata).
+ + Genre Drepanoslomella : centrale circulaire ; présence d’un sinus apertural (19 latérales).
-b-b Genre Happiella : dent centrale latéralement biconcave; gaine insérée au sommet du
pénis.
+ -b-b Ss-genre Happiella : extrémité caudale pourvue d’un appendice saillant (75 laté¬
rales).
-b-b-b Ss-genre Prokappia : extrémité caudale sans appendice (50-60 latérales).
Leur pied aulacopodr, leur rein allongé et le développement d’une structure pénienne complexe
et d’un organe amatorial justifient le classement des Systrophiidae parmi les Limacacea (Aulacopoda)
comme l’a fait Franc (1968) et non parmi les Holopodopes comme l’a proposé Solem (1978). Parmi
les Limacacea du groupe B de Solem, les Systrophiidae me semblent assez proches des Gasirodontinae
(Zonitidae) : leur appareil génital a la même allure générale et on y trouve la même tendance au déve¬
loppement de tractus joignant soit le pénis et la spermathèque, soit l’organe amatorial et le pénis,
soit ces deux derniers et l’oviducte. Il existe cependant une dichotomie fondamentale entre Gastro-
Source ■■ MNHN, Paris
94
SIMON TILLIER
GASTÉROPODES DE GUYANE
95
donlinae et Systrophiidae, traduite par le fait que les premiers ont une radula peu spécialisée et un
appareil génital toujours très apomorphe (présence d’un dard), tandis que les seconds ont tous un
appareil génital plus plésiomorphc avec une radula toujours plus spécialisée {latérales toutes monocus*
pides).
On retrouve à l’intérieur des Systrophiidae une dichotomie du même type : les Systrophiini
ont une radula plus spécialisée que les Tamayoini par réduction de la centrale et de la première latérale,
tandis que les Tamayoini ont conservé une centrale bien développée tout en spécialisant leur appareil
génital par l’acquisition d’annexes du pénis.
Détermination des Systrophiidae de Guyane
S’il est facile de distinguer les coquilles des deux Systrophia de celles des deux autres espèces,
par leur ombilic très large, l’identification spécifique de celles-ci est beaucoup plus délicate ; H. B. Baker
(1925) hésitait à séparer Happiella surinamensis de Tamayoa decolorala. L’examen de la morphologie
des animaux permet de distinguer facilement ces deux dernières espèces, mais une dissection est pra¬
tiquement indispensable pour distinguer Systrophia lutea de Systrophia cayennensis si l’on ne dispose
pas de matériel de comparaison.
On trouve les Systrophiidae de Guyane dans les accumulations de végétaux en décomposition.
Les très jeunes sont dispersés dans la litière, tandis que les adultes se trouvent dans des accumulations
plus épaisses : troncs pourris, tas de feuilles mortes, humus accumulé aux creux des rochers. On trouve
très souvent plusieurs espèces ensemble sur une surface très réduite et apparemment homogène.
Il n’est pas possible de répartir les Systrophiidae guyanais en plusieurs zone biogéographiques,
et d’autant moins que leur détermination difficile rend incertaines les données bibliographiques. On
peut tout au plus remarquer que les quatre espèces reconnues ici n’ont jamais été mentionnées en dehors
des trois Guyanes.
Genre SYSTROPHIA
Sous-genre Wayampia subg. nov.
Les deux espèces ici attribuées à Wayampia ont des radules semblables entre elles et semblables
à celle de Sytrophia systropha telle que l’a figurée Thiele (1926, fig. 6, p. 310). Faute d'arguments d’ordre
anatomique, elles doivent donc être classées dans le même genre, mais leur coquille petite et très fine,
aux tours peu nombreux et à l’ombilic relativement étroit, justifie un sous-genre différent de Syslro-
pkia s.s. et d'Entodina. Dans la classification donnée ci-dessus, j’ai supposé que les caractères ana¬
tomiques vérifiés chez ces deux espèces sont ceux de l’ensemble du genre Systrophia. Espèce-type :
Systrophia (Wayampia) lutea. Le sous-genre est dédié aux Indiens Wayampi qui habitent en Guyane
française le long du Haut Oyapock.
Systrophia (Wayampia) lutea nov. sp. (pl. 5, fig. 4 ; texte-fig. 74-77)
Matériel-type : l’holotype et un paratype, Tillier coll. 27 et 29.4.1977.
Localité type : Kaw (Guyane française). — Retenue d’eau (colline derrière le village).
Autre matériel : Mtgne de Matoury (Cayenne), Bouge coll. 7.1.1932 ; Saut Maripa, Tillier coll.
4.4.1978 ; Camopi, F. Geay coll. 1901 ; entre Camopi et Trois Sauts, Tillier coll. 7.5.1978 ; « Cayenne n,
coll. Denis.
L’holotype a 6.1 mm de diamètre pour 4.75 tours environ et 3.3 mm de haut ; l’ombilic a 1.5 mm
de diamètre ; chez le paratype (coquille détruite pour la dissection), ces dimensions étaient : D =
Source ■■ MNHN, Paris
96
SIMON TILLIEK
74
Fig. 74. — Sytirophia [Wayampia] lutea nov. sp., paratype, extrémité caudale. Échelle 1 mm.
Fie. 75. — Complexe palléal de Synlrophia lutta nov. gp., paratype. Échelle 2.5 mm.
Source ■■ Paris
CiASTRROPODES de GUYANE
97
6.8 inm ; 5 tours ; Il = 3.9 iniii ; d ombilic = 1.5 mm. Les dimensions de la plus grande coquille obser¬
vée sont données dans le tableau ci-dessus. La coquille est verdâtre, avec des stries de croissance assez
grossières bien visibles.
L’animal est jaune orangé, plus soutenu dans la région céphalique {liiteus = jaune orangé).
Hadnla et mâchoire
La inâclioin-, en arc de cercle, n’est pas cornée (cl. Pig. 87 a). La radula du paratype a pour
formule 22-l-î-t-22 X 46. Les dents sont semblables à celles de Systropkia systropka et ressemblent
trop à celle de Syxtropkia (Wayampin) cayennensis (fig. 78) pour qu’il ait paru nécessaire de les figurer
Coniptexe palléal (fig. 75)
Il occupe le dernier dcmi-loiir de spire. Le rein est à la fois moins allongé que chez Systrophiella
eudiscim (Baker, 1925, pl. 10, fig. 53) et proporlionnellcmenl plus long puisqu'il occupe un peu plus
de la moitié de la longueur du poumon. Le rectum enserre élroilemeni son extrémité proximale. L'anus
s’ouvre dans une gouttière au plafond du pneumostome, mais l’uretère s’ouvre du côté du pneumos-
tome opposé à l'anus et se prolonge par une gouttière qui entaille le bord du manteau. Le pneumostome
est protégé par un lobe du bord du manteau relativement peu développé : ce lobe ainsi que l’ouverture
de l’uretère à l’opposé de l’anus semblent caraetéristiques des Systrophiidae.
Source ■■ MNHM, Paris
SIMON TILLIER
Appareil génital fig. 76 et 77}
La glande hermaphrodite, assez longue, est logée au-dessus de l’estomac et bien visible de
l’extérieur. Le canal hermaphrodite est très long et en partie entortillé sur lui-même en une masse
compacte entre la glande hermaphrodite et l’estomac. Il n’y a pas de talon. La prostate forme un long
ruban le long de l’oviducte. Un œuf à la fois est incubé dans la partie distale du spermoviducte. La
partie proximale du canal déférent est épaissie et décrit quelques circonvolutions le long de l’oviducte
avant de s’en séparer. L’oviducte libre, le vagin et l’atrium sont de longueurs à peu près égales. L’atrium
et la moitié inférieure du vagin portent quelques plis peu épais ; au sommet de ceux-ci, la paroi est
épaissie et forme une saillie à peu près circulaire (glande vaginale ? fig. 77). La spermathèque est plus
longue que le spermoviducte et son extrémité est enfouie dans la glande digestive, Le pénis est un tube
Source ■■ MNHN, Paris
GASTlïnOPODES DE OEYANK
99
à paroi simple enfermé dans une gaine pour les cinq sixièmes de sa longueur. Du sommet de la gaine,
qui est formée principalement par des fibres longitudinales, part un tractus conjonctif qui enserre
au passage le canal déférent et va s’insérer sur l’atrium, .\u-dessus du sommet de la gaine, le pénis
est légèrement renflé cl son muscle rétracteur est apical.
30 28 19 16 14 13 10 6 3 2
Fig. 78. — Radula de Systrophia cayennensis. i'chcllc 0.05 mm.
FiGi'iVO. Partie distale de l'appareil génital de Sytirophia-rayennennU, Guyane (coll. Geay|. Kchelle 2.5 mm.
Source : MNHN, Paris
10 ()
SIMON TILI.IKK
Di.icuxgion
Systropkia (Wayampia) lutea est facile à distinguer de Happia (Systrophiella) starkei (Baker
1925) par sa radula à dent centrale beaucoup plus réduite ; celle-ci a par ailleurs une ouverture plus
large au bord palatal moins convexe, mais la distinction des coquilles des deux espèces est sûrement
délicate. Les différentes espèces citées par Baker comme Systrophiella. ainsi que « Srolodonla » (?) inler-
rupla Suter (in Piisbry, 1900) ont toutes une croissance différente de celle de 5. lutea.
Bien que leurs coquilles soient semblables, S. lutea et Systrophiella eudiscus ont des anatomies
trop différentes pour qu'on puisse les ranger dans le même genre : Systrophiella a un rein beaucoup plus
allongé qui occupe moins de la moitié de la longueur du poumon ; de plus son pénis a une paroi épaisse
intérieurement piissée et est dépourvu de gaine ; enfin un grand nombre d'œufs est incubé en même temps
Comme la radula de Wayampia lutea est beaucoup plus proche de celle de Systropkia systropka que de
celles des Systrophiella figurées par Baker, je considère que Wayampia doit au moins provisoirement
être considéré comme un sous-genre de Systropkia, tandis que Systrophiella osi un .sous'genre de Happia
qui possède la même radula.
Fie. 80. — Morphologie interne du pénis de Systropkia eaytnnensis (animal de la fig. 79j. Kchelle t mm
Source ■■ MNHN, Paris
(iASTËROPODH!; DE (illYANE
101
Systrophia (Wayampia) cayennensis (PfeifTer, 1842) (pl. 5, fig. 3 ; lexte-fig. 78-80)
Hélix eayennensis PfeifTer, 1842, Symbolai- ad hiKtoriaiii Heliceoruin viventiuni, 2 : 24.
Zoniles cayennensis (Pfr), Drouet, 1859, Moll. Guyane : 50. - - Cayenne.
Scolodonta (Happia) cayennensis (PfeifTer), Kobcll, 1906, Sysl. Conch. Cal>. n.f., 12 B 2 : 67, pl. 51,
fig. 9-10 ; Baker, 1925, Occ. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan, 156 : 28. — Dunoon.
Matériel ; Kaw (retenue d'eau), Tillicr coil. 29.4.1977 : Ouanary, Geay coll. 1901 ; Mt St-Marccl,
ait. 400 Jti, Tillier coll. 14.5.1978 ; Guyane française, Geay coll. 1901.
(.onchyliologiquement cette espèce se distingue de Systrophia lulea par sa coquille plus grande
et plus li.sse à nombre de tours égal, dont la suture est nelteinent moins imprimée. Les animaux vivants
ont les tentacules oculaires bruns et non orangés.
Les animaux ont une mâchoire non cornée et la seule radula préparée (fig. 78) a pour formule
29-1-1-1-29 X 60. Les dents ont la morphologie caractéristique du genre Systrophia.
Je n'ai pas voulu détruire les coquilles et n'ai pu observer en détail que l’anatomie de la partie
distale du corps (fig. 79-80) ; pour autant qu’il soit possible de l’observer par transparence, l’anatomie
du tortillon est semblable à celle de Systrophia lulea, et en particulier la glande hermaphrodite et le
complexe palléal ont la même forme et la même disposition. La seule différence certaine est la consti¬
tution du pénis : chez Systrophia cayennensis, la gaine est insérée tout à fait apicalement et sa partie
supérieure (environ la moitié de la longueur) est nettement plus épaisse que sa partie inférieure. Le
pénis sensu stricto est divisé en trois parties : le tiers apical a une paroi simple, épaisse et intérieurement
tapissée de nombreux plis hémisphériques ; la partie médiane est constituée par un tube dont la paroi
est plissée intérieurement en une gouttière, enfermé dans une gaine mince soudée à ses deux extré¬
mités ; la partie basale est un tube simple portant intérieurement quatre plis longitudinaux. Le pénis
s’ouvre directement dans l’atrium qui est également plissé longitudinalement. Le rétracteur pénien
est apical. Le spermoviducte d’aucun des quatre animaux en alcool examinés ne contient d’œuf.
Happiella (Happiella) surinamensU (PfeifTer, 1872) (pl. 5, fig. 2 ; texte-fig. 81-85)
Hélix (Hyalinia) surinamensis PfeifTer, 1872, Malak. Blatt., 19 : 75, pl. 2, fig. 14-16 — Paramaribo.
SeolodorOa surinamensis (Pfr.), Kobelt, 1906, Syst. Conch. Cab. n.f., 12 B 2 : 69, pl. 51, fig. 24-25.
Source MNHN, Paris
SIMON TILLIEI
GASTÉROPODES DR GUYANE
103
Happia {Happieüa) surinamensis (Pfr.), Baker, 1925, Occ. Pap. Mus. Zool. Univ. Michigan, 156 t 21-
22. — Dunoon ; ? Altena, 1975, Basteria, 39 : 44. — Surinam.
Matériel : Saut Sabbat, TiJlier coll. 13.5.1977 ; Rorota {Cayenne ; 3 lots coll. Bouge) ; Kaw
(retenue d’eau), Tillier coll. 27 et 29.4.1977 ; Camopi, F. Geay coll. 1901 ; Guyane française, coll. Jous-
seaume.
Les animaux vivants sont faciles à identifier par leur couleur orangée, plus soutenue dans la
région céphalique, et surtout par leur corne caudale caractéristique des HappieUa (fig. 81). Par contre
il est difficile de distinguer la coquille de celle de Tamayoa decolorata dont elle ne se distingue que par
son ombilic un peu plus étroit et sa croissance plus rapide.
RadtUa et mâchoire (fig. 82)
La mâchoire est semblable à celle des autres Systrophiidae guyanais. Les dents (fig, 82) ont
la morphologie caractéristique du genre HappieUa, avec une centrale relativement grande et latéra¬
lement biconcave. La seule radula préparée a pour formule 44-1-1-1-44 X 77, soit moins de dents par
Source A4NHN, Paris
104
SIMON TILLIER
rangée que chez le spécimen étudié par Baker (1925), qui avait 66 latérales. Cette dilTérence peut être
due soit à l’éloignement des populations, soit simplement du fait que les deux individus étudiés étaient
de tailles différentes (Dunoon : D = 8.6 inni ; Camopi : D = 7 mm).
Complexe palUal (Rg. 83)
Le rein est nettement moins allongé que celui de Wayampia ; de plus il n’est pus accolé au rec¬
tum comme dans ce dernier; enffn la veine pulmonaire principale est oblique par rapport au rectum
et non parallèle à celui-ci. Par ailleurs la disposition du pnrumostome est tout à fait semblable.
Appareil génital (fig. 84 et 85)
La glande hermaphrodite n’est pas visible depuis l’extérieur du l’animal entier : les acini rayon¬
nent en étoile dans la masse de la glande digestive à partir d’uii centre situé au-dessus de l’estomac
dans la concavité de la spire. Le canal hermaphrodite décrit plusieurs lacets au-dessus de l’estomac
CH
Source ■■ MNHN, Paris
<;astéropodes de güyank
1115
niatü pas serrés au point de former une masse compacte comme chez les autres SyslropInitLie guyanais.
11 n’y a pas de talon. Le spcrmiductc est fusionné avec l’oviducte, mais la prostate forme une niasse
distincte acineuse et s’ouvre dans le spcrmiductc juste avant le départ du canal déférent ; sa morpho¬
logie fait penser plus à la prostate d'un Succinéidé qu'à celle de toute autre Sigmurèthre. L'oviducte libre,
le vagin et l’atrium ont des longueurs à peu près égales. Leur paroi est lisse et ils s’élargissent progres¬
sivement de façon à former un cône dans lequel le pénis s’ouvre latéralement par une papille très sail¬
lante. La spermalhèque est un peu plus longue que le spermoviducte, et son extrémité est recourbée
en crosse. Il me semble que le pénis est dépourvu de muscle rétracteur : son extrémité apicale est rat¬
tachée à l’oviducte libre par un tractus assez épais. Il semble simple vu de l’extérieur, mais sa dissec¬
tion montre une structure très complexe (fig. 85) : le pénis sensu stricto n’est rattaché à la paroi de
l’atrium dans lequel il fait saillie que par la gaine qui l’enveloppe totalement. Il porto en son milieu
un appendice aveugle, dont ta longueur est à peu près égale au quart de la sienne. Sa moitié supérieure
est elle-même divisée en deux : une partie inférieure à paroi mince au sommet de laquelle débouche
un caecum enfoui dans la paroi de la partie supérieure qui est épaisse, creusée d’alvéoles et proba¬
blement glandulaire. Au sommet s’ouvre le canal déférent.
Fig. 85. — Sectioa longitudinale du complexe pènien de Happielta iurinameruis. Échelle 1 mm.
Aucun des deux appareils génitaux examinés ne contient d’œufs ; par contre plusieurs coquilles
dont les animaux sont désséchés en contiennent un. 11 est probable que, comme chez Tamayoa déco-
lorcUa qui possède un appareil génital semblable, un œuf à la fois est incubé dans l’oviducte libre.
Source ■■ MNHN, Paris
SIMON TILLIEK
lOH
Tamayoa (Tamayopa) deeolorata (Drouët, 1859) (pl. 5, fig. 1 ; texte-fig. 86-91)
Zonites decoloratus Drouët, 1859, Moll. Guyane : 50, pl. 1, fig. 3-5. — Cayenne.
Scolodonta (Happia) deeolorata (Drouët), Kobelt, 1906, Syst. Conch. Cab. n.l., 12 B 2 • 68 pl 51 fi® \ f
15. ’
Hoppio (Hoppiella') deeolorata (Drouët), Baker, 1925, Occ. Pap. Mus. Zooi. Univ. Michigan, 156 : 21-
22. — Guiana.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODKS DE ÜUVANK
107
Malériel : Saut Sabbat (milieux primaire et secondaire), Tillier coH. 13.5.1977 ; « Demerara » ;
Pariacabo, Bouge coll. 8.78.1112 ; Gourdouville (fleuve Kourou), Bouge coll. avril 1932 ; Ile de Cayenne
(4 lots d’origines diverses) ; Ilel la Mère (F. Geay coll. 1902 ctjTillier coll. 25.5.1977) ; Ilet le Père (F. Geay
coU. 1902 et Tillier coll. 26.5.1977) ; Guisanbourg, Tillier coll. 3.5.1977 ; Régina, Tillier coll. 25.4.1977';
Camopi, F. Geay coll. 1901 ; Trois Sauts, Tillier coll. Mai 1978 (4 lois de provenances diverses) ; Rio
Carsevène (Brésil), F. Geay coll. 1898.
Les animaux vivants sont reconnaissables à leur couleur jaune clair uniforme, à la forme de
leur extrémité caudale (iig. 86) et aussi au fait que le lobe nuchal du bord palléal est beaucoup plus
développé que chez aucune autre espèce (fig. 88). Les différences conchyliologiques avec Happiella
sunnamensis ont été exposées plus haut.
Badula et mâchoire (fig. 87 et 87 a)
La mâchoire (fig. 87 a) est constituée par un arc simple, dur mais non corné. Les deux radulas
préparées ont pour formules l’une (Ilet le Père) 32*l-32 X 58 et l’autre (Saut Sabbat) 44*1-44 X 74.
Les coquilles et les animaux disséqués correspondants ne laissent aucun doute quant à leur conspéci-
ficité : ceci confirme qu’on ne doit pas accorder une trop grande importance au nombre de dents par
rangée, et qu'une variation de l’ordre de 1/3 est tout à fait courante. Les dents ont la morphologie
et les tranchants denticulés caractéristiques de Tamayoa ; la centrale, bien développée, est également
denticulée et environ deux fois plus courte que la première latérale (fig. 87).
Fie. 88. — Complexe palléal de Tamayoa decotorala. Saut Sabbat. Ivchelle 2.5 mm.
Source ■■ MNHN, Paris
SIMON TH.I.IKI
l()8
Complexe palUal (fig. 88)
Le rein est encore plus court et plus large que celui de liappiella ; le cœur est proportionnelle¬
ment un peu plus petit, l.e rectum longe le rein mais ne le chevaucKe pas. Le pneutiiostome a la même
disposition que chez Wayampia et Happieüa, mais ici la partie de l’uretère qui longe le plafond du
pneumostome est ouverte en une gouttière. Le bord palléal est rcitiarqualile par le développement
d’un lobe nuchal qui s’étend au-dessus et en avant du pneumostome. Dans l’enseiiible, la disposition
du complexe palléal est beaucoup plus proche de celle de Happiella que de celle de Wayampia et de
Syntrophiella.
Appareil génital (fîg. 89, 90 et 91)
La glande hermaphrodite, ainsi que son canal, a la même forme et la mêine disposition que
chez Wayampia et est nettement visible de l’extérieur (non figurée). Le spermoviducte est remarquable
par sa brièveté, puisqu’il est environ trois fois plus court que l’oviductc libre. La prostate a la même
disposition et la même structure que chez Happiella. Le canal déférent est très épais, plus épais même
que le spermiducte. Il s’amincit progressivement jusqu’au point où il rejoint le pénis. L’oviducte libre
est long et mince, sauf là où il renferme un œuf (rarement deux). La sperniathèque est très courte et
Source : MtJHN, Paris
OA
F.c. 90 — MürplioIogK inleri.o .1,. la partit- .lialalr .!e rapparril n-énilal ,lr T.,ma, /on ,lfcûl„rala iai.imal de« lie pre¬
cedentes). l’.chelli- 1 mm. ^ ’
I-'lC. 91. — Sectifin longitudinale du pénis de rtinw»j/oa decalorata. l-ichelle 1
Source : MNHN, Paris
110
SIMON TIU.IKU
large (la moitié de la longueur de l’oviducte libre). Il n’y a pas de vagin bien dillérencié ; l'atrium est
assez long et porte latéralement un organe amatorial conique sur le côté duquel s’ouvre le pénis. La
partie inférieure de l’atrium est à peu près lisse (fig. 90). Au-dessus s’ouvre largement l’organe amato¬
rial d’un côté, et de l’autre s’ouvre l’oviducte par une étroite papille. Entre les deux, on trouve en
s'éloignant de l’orifice génital : une zone de plis fins longitudinaux au niveau de la papille de l’oviducte ;
un gros pli lisse transver.se ; une couronne de huit plis épais et courts à la base du cordon de la sper-
inathèquc ; enfui dans celui-ci, quatre gros plis alternant avec des plis plus fins. L’intérieur de la bourse
de la spermathèque est pratiquement lisse. L’intérieur de l’organe amatorial est plissé transversale¬
ment ; ces plis sont interrompus par un très gros pli en U dont les branches sont, inégales : le pénis
s’ouvre par une papille minuscule au-dessus de la hranchc la plus courte. Le pénis est divisé en deux
parties subégales. I,a partie inférieure est un tube enfermé dans une gaine aux fibres circulaires et
portant latéralement un appendice inséré près de sa base (fig. 91). La partie supérieure porte égale¬
ment près de sa base un appendice à peu près aussi long qu’elle-même, quelquefois un peu plus court.
Au-dessus de l’insertion de ce caecum, sa paroi est épaissie et creusée d’alvéoles. En son milieu, au
niveau de l’insertion de la gaine, le pénis reçoit le canal déférent qui le longe ensuite jusqu’à son sommet
oVi il débouche ; au même niveau il reçoit un tractus issu du sommet de l’organe amatorial, auquel
est joint le nerf pénien ; enfin un dernier tractus joint le sommet de la gaine à la hase de la sperma-
ihèque. Pas plus que chez Happiella, je n’ai pu distinguer de muscle rétracteur pénien et ce, malgré
le grand nombre d’animaux disséqués.
OLEACINIDAE
Euglandina striata (Mueller, 1774) (pl. 5, fig. 8; texte-lig. 92-93)
Ackatina striata (Muller), Drouët, 1859, Moll. Guyane t 69. — Cayenne.
Oleacina (Glandina) striata (Muller), Tryon, 1885, Man. Conch., 1 : 32, pl. 5, fig. 64.
Glandina striata (Müller), Von Marions, 1890-1901, Biologia centrali-arnoricéna ; 79 (synonymie).
Euglandina striata (Müller), Piisbry, 1908, Man. Conch., 19 : 176. i
Euglandina slriatula Vernhoul, 1914, Notes Leyden Mus., 36 : 5, fig. 1. - - l^awa (Surinam) ; Aliéna,
1975, Basteria, 39 : 40.
Euglarulina surinamensis Vernhout, 1914, Notes Leyden Mus., 36 : 6, fig. 2. — Groningen (Surinam) ;
Aliéna, 1975, Basteria, 39 : 40. — Surinam.
Hélix (CocAitcopa) rnüUeri Férussac, 1822, Prodrome : 50. -• Cayenne (nonien nudum) ; d’Orbigny,
1835, Mag. Zool., 5 (61) : 9. — Yuracares (Bolivie).
Bulimus mülleri (Férussac), d’Orbigny, 1837, Voyage Amérique méridionale : 256, 711.
Matériel .’ 4 « Cochlicopa Mülleri », Cayenne, coll. Férussac ; Saut Sabbat, Tillier coll. 13.5.1977 ;
Saül, Barbotin coll. 1977 ; Gourdouville, Bouge coll. 1932 ; Kaw, Tillier coll. 27.4 et 1.5.1977 ; Trois
Sauts, mai 1978 ; Cayenne (5 lots de localités et d’origines diverses) ; Guyane française, coll. Aubert
de la Rûc, F. Geay et Jousseaume (6 lots) ; sans localité, coll. Deshayes ; Yuracares (Bolivie), coll.
d’Orbigny, MNHN.
Les dimensions des coquilles sont assez variables. Les plus grandes dimensions observées en
Guyane sont 52 mm de long et 22 mm de diamètre pour 6.75 tours mais, parmi les cinquante coquilles
mesurées, la variation de croissance pour une hauteur donnée peut atteindre presque un demi-tour
de spire. Sur un graphique hauteur/nombre de tours, les points sont uniformément distribués et il
semble impossible de définir plusieurs unités homogènes en fonction de la croissance des coquilles. La
forme des coquilles, traduite par la valeur du rapport H/D, change au cours de ta croissance : cette
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
lli
valeur varie de 1.9 à 2.08 pour les coquilles de 20 à 30 mm (10 coquilles mesurées) ; de 2.02 à 2.43 pour
les coquilles de 20 à 50 mm de long ; enfui de 2.25 à 2.27 pour les 5 coquilles qui ont entre 50 et 52 nim
de long. La plus grande coquille observée, qui est celle du a Voyage dans l’Amérique méridionale »
(Yuracares), a 54.5 X 21.2 mm pour 7.2 tours.
La couleur est blanc jaunâtre avec quelques bandes radiales brunes et fines. La surface est
rayée radialemcnt par des stries de croissance dans lesquelles on peut observer des cordons spiraux
très fins ; ces cordons sont plus ou moins développés et peuvent même parfois être continus par endroits.
La plupart des animaux en alcool étudiés ont moins de 40 mm de long et sont immatures ; le
seul qui soit mature, qui est celui précisément décrit dans les paragraphes suivants, a 49 mm de long.
Les animaux vivants ont le corps beige clair, plus foncé dans la région céphalique qui porte deux sil¬
lons longitudinaux depuis le bord palléal jusqu’entre les tentacules oculaires.
Fin. 92. — Complexe polléal d7:ugl<in<iina striata. Trois -Sauts (coquille 50 x 20 mm). Ficlielle 10 mm.
Source ■■ MNHN, Paris
112
SIMON TILLIRR
La radulaa67 dents par rangées, semblable à celles d’Euglandina rosea (Piisbry, 1946 LM NA 2/1 •
fig. 91).
(Complexe palléal (fig. 92)
Le rein à l’extrémité duquel est accolé le péricarde, est très allongé puisqu'il oecupe la moitié
de la longueur du poumon. L’uretère primaire est, non pas accolé au rein, mais séparé, de celui-ci
GH CH
Source ■■ MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
113
L’uretère secondaire forme un cordon saillant sur le côté du rectum, puis diverge de celui-ci en travers
du pneumostome au niveau de l’anus. Il s’ouvre à peu près à la moitié de la largeur du pneumostome
dans une gouttière qui va déboucher sur le côté gauche de celui-ci. Au-dessus de l’anus, le bord palléal
est fendu par un pore dont j’ignore le rôle.
Appareil génital (fig. 93)
La glande hermaphrodite est formée de nombreux acini allongés et séparés. La partie distale
du canal hermaphrodite est pelotonnée dans une gaine en une masse oblongue. Il n’y a pas de talon.
Le spcrmoviducte a seulement environ la moitié de la longueur de l’oviducte libre ; la partie distale
de la prostate est très épaissie. Le vagin a le tiers de la longueur de l’oviducte environ. La sperma-
thèque est très longue, et son extrémité renflée est enfouie dans la boucle antérieure de l’intestin, au
niveau du péricarde. Le pénis, un peu plus court que l’oviducte, est un simple tube sur lequel le canal
déférent et le muscle rétracteur s’insèrent ensemble apicalement. Intérieurement, l’oviducte et le
pénis ont la même ornementation ; treize à quatorze piliers lisses, sauf dans leur partie apicale où ils
sont moins réguliers.
Mode de oie
Euglandina striata est une des rares espèces que l’on trouve dans tous les types de milieux
guyanais, aussi bien primaires que secondaires ; j’ignore quelles sont ses proies. La grande longueur
de l’oviducte libre, comparée à celle du spermoviducte, suggère que l’espèce peut être ovovivipare.
Discussion
Les types des deux espèces surinamiennes décrites par Vernhout correspondent à l’intérieur
des limites de la variabilité de l’ensemble des coquilles de Guyane, et actuellement aucun argument
ne peut être avancé pour les considérer comme des espèces distinctes ; il en va de même pour le maté¬
riel de Fénissac et de d’Orbigny (d’ailleurs attribué à E. striata par d’Orbigny lui-même dans les errata
du « Voyage dans l’Amérique méridionale »). L’impression souvent ressentie, en particulier par Pilsbry,
que Euglandina striata peut renfermer plusieurs espèces, s’explique par la variation de forme de la
coquille au cours de la croissance, superposée à la variabilité normale pour chaque classe de taille. Le
fait que l’espèce colonise tous les milieux guyanais peut être mis en corrélation avec sa très vaste
répartition, depuis Rio jusqu’au nord de la Colombie ; l’ovoviviparité probable, qui rend l’espèce
moins dépendante des conditions de milieu pour sa reproduction, peut aussi être évoquée.
CAMAENIDAE
Un certain nombre d'espèces de cette famille a été introduit des Antilles en Guyane ancienne¬
ment : Drouêt (1859) cite six espèces de Pleurodonte de Cayenne, dont seule P. orbiculata subsiste
actuellement.
' Source : MNHN, Paris
114
SIMON TILLIER
Tableau de détermination
D
H/D
Tours
Périphérie du
dernier tour
Couleur
Dents
aperturales
Pleurodonte
31
0.545
5.25
arrondie
bandes
bord basal
orbiculata
35
0.582
5.5
spirales
brunes
souvent épaissi
Solaropsis
36
0.5
5 +
arrondie
bandes
0
undata
55
0.611
5.75
pincement
rougeâtres
fréquent
interrompues
Psadara
15
0.59
4.5
très
bandes
0
nubeculala
19
0.642
légèrement
rougeâtres
anguleuse
interrompues
Psadara
13.5
0.60
4.25
arrondie
bandes
0
marmatensis
rougeâtres
interrompues
Labyrinthus
Uprieurii
19.5
22.5
0.475
0.555
- 5
anguleuse
brune
1 pariétale atteignant
le bord
+ 1 basale simple
+ 1 basale bifurquée
Labyrinthus
blfurcaius *
29.5
34.5
0.432
0.545
5.5
5.75
anguleuse
1 pariétale n’atteignant
pas le bord
1 basale simple
+ 1 basale bi6de
* Données numériques d'après Solem (1966).
Genre SOLAROPSIS Beck, 1837
Solaropsis undata (Lightfoot, 1786) (pl. 6, 6g. 4 ; texte-6g. 94-102)
Hélix undata Lightfoot, 1786, Portl. Mus. Cat ; 177, n® 3824.
Solaropsis undata (Solander : «c), Piisbry, 1957, Nautilus, 71 (2) :48; AJtena, 1975, Basteria 39 • 45
— Surinam (région côtière).
Solaropsis undata brotvni Piisbry, 1957, Nautilus, 71 (2) : 50. — Pérou.
Non Solaropsis [Psadara) undata Haas, 1966, Fieldiana Zool., 44 (25) : 235, fig, 50-53.
Limax serpens Martyn, 1786, Univ. Conch., pl. 120 (no/nen nudum).
Hélix [Solaropsis) serpens (Martyn), Piisbry, 1889, Man. Conch., 5 : 178, pl. 58, fig. 50-51 pl 59 en
52. — Guyane, Brésil. ’
Solaropsis serpens (Martyn), Leloup et Bouge, 1951, Bull. Inst. Roy. Sci. nat. Belgique, 27 (48) . j.g
Hélix pellis serpentis etc... ; Chemnitz, 1786, Syst. Conch. Cab., IX (2) : 79, pl. 125, 6g. 1095-1096
(nomen nudum).
Source ■■ MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
115
Hélix pellis serpcnlis Chemnitz, 1795, Syst. C.onch. Cab., XI : 268, pl. 208, fig. 2046-2047 ; Drouet,
1859, Moll. Guyane : 51, pl. 4, fig. 45, var. type, p et y. — Guyane frauçaise.
Hélix (Solaropsis) peÜisserpenlis (Chemnitz, 1795), Pilsbry, 1889, Man. Conch., 5 : 178, pl. 50, fig. 74-
76, 82, 83.
Solaropsis pellis serpeniis (Chemn.), Beck, 1837, Index : 27, var. a, normalis. — Brésil et var. b, cica-
Iricala. — Guyane ; Vernhout, 1914, Moll. Surinam : 7. — Surinam.
Solaropsis cicatricata (Beck), Altena, 1975, Bastcria, 39 : 44. - - Surinatn.
Planorbis pellis anguinea Roeding, 1798, Mus. Boit. ; 72, n® 930.
Hélix constricfor Hupé, 1853, Rev. Mag. Zool. : 298. — Guyane.
Hélix peÜisboae Hupé, 1853, Rev. Mag. Zool. : 299, pl. 9 = Hélix boa Hupé, 1857, Voy. Castelnau :
6, pl. 1, fig. 3. — Sarayacu (Pérou).
Hélix (Scdaropsis) pellisboae (Hxipé), Pilsbry, 1889, Man. Conch., 5 ; 180, pl. 57, fig. 23-25.
Hélix oipera Pfeiffer, 1859, P.Z.S., 27 : 24, pl. 44, fig. 6. — Brésil.
Hélix (Solaropsis) vipera (Pfeiffer), Pilsbry, Man. Conch., 5 : 181, pl. 50, fig. 77-78.
Hélix monolacca Pfeiffer, 1857, Malak. Blatt., 4 : 155. — Surinam ; Pfeiffer, Nov. Conch., 2 : 147, pl. 38,
fig. 1, 2, 10, 11.
Hélix (Solaropsis) monolacca (Pfr.), Pilsbry, 1889, Man. Conch., 5 : 182, pl. 51, fig. 90-91-
Solaropsis anomala Pilsbry, 1957, Nautilus, 71 (2) : 49, pl. 3, fig. 1. — Guyane.
? Solaropsis gibboni fairckildi Bequaert et Clench, 1938, Nautiiu.s, 51 (4) ; 115, pl. 9, fig. 6 et 8.
Matériel : — en alcool : Trois-Sauts, Tillier coll., mai 1978 (10 lots récoltés dans un rayon de
5 km autour de Sidoc) ; entre la crique Upusin et le bas du Mt St Marcel, Tillier coll., mai 1978 ; Mt St-
Marcel, ait. 500 m, Tillier coll., mai 1978 ; crique Vache (Bas-Maroni), Tillier coll., mai 1977 ; route
Aouara-Mana, Fretey coll., mai 1977 ; Brésil, Castelnau et Deville, 1839 ; Haut-Caiçoene (Brésil),
Geay coll., 1898.
— à sec : Yanioué (Haut Camopi), Aubert de la Rüe coll., 1949 ; La Forestière (Maroni), coll.
Bouge 8.78.1145; St Jean du Maroni, Benoist coll., 1914; Pariacabo, Bouge coll. 8.78.1146; Gour-
douville. Bouge coll. 8.78.1141 ; Sinnamary, Bouge coll. 8.78.1131 ; île de Cayenne, Bouge coll. et
Krainer coll. (8 lots avec localités précises) ; « Cayenne » (8 lots) ; Kourou, Soc. Zool. Guy. coll., 1970 ;
Montagnes de Ouanary, Bouge coll. 8.78.1139; Dégrad Galoupa (Haut-Oyapock), Aubert de la Rüe
coll., 1949 ; Haut-Oyapock, Aubert de la Rüe coll., 1949 ; Oyapock, Soyer coll. ; bas du Mt Sl-Marcel,
Tillier coll., mai 1978 ; Saut Pararé (Arataï), Gasc coll., novembre 1977 ; « Guyane » (11 lots) ; « Brésil »
(3 lots) ; Darien (Colombie), Geay coll., 1899 ; sans localité (4 lots) ; lectotype (figuré de Hupé, désigné
ici) de Hélix pellisboae, Sarayacu (Pérou) ; Saut Pararé (Arataï), Baudot coll. nov. 1978.
Les animaux vivants sont gris foncé, virant jusqu’au rose sur les bords du pied, et ont deux
sillons dorsaux bien marqués.
Coquille
Le fait le plus important concernant la coquille de S. undata est que le pincement censé carac¬
tériser S. cicatricata n’est pas obligatoire et n’a aucune signification taxonomique comme Leloup et
Bouge (1951) l’avaient déjà remarqué : les individus d’une population récoltée en mai 1977 au bord
de la Crique Vache (Bas-Maroni) possédaient soit l’un, soit l’autre type de coquille et étaient tous ana¬
tomiquement semblables. On peut tout au plus remarquer qu’on ne trouve des animaux à coquille
non pincée (« serpens » ou « undata » auct.) que dans les populations de la région côtière, et ceci dans
des proportions variables. Dans l’intérieur de la Guyane tous les individus ont une coquille pincée
à environ 5 tours de spire {« cicatricata » ou « pellisserpentLs » sensu Pilsbry). Les individus dont la
coquille présente un seul enfoncement (a monolacca » ou a anomala ») sont assez rares (quelques %) ;
il ne semble pas raisonnable de les considérer comme appartenant à une espèce distincte dans la mesure
où existent tous les intermédiaires entre une simple esquisse d’enfoncement périphérique simple et
le profond pincement caractéristique de la forme a cicatricata ».
Source : MNHN, Paris
Solaropfiê undata, crique Vaobe. ÉcheJJe 0.023 mm.
Source : MNMJ, Paris
118
SIMON TII.I.IER
P
Source ■ MNHN, Paris
CiASTÉROPODES DB QUVANB
119
Lh diamètre des coquilles bordées, adultes, varie de 36 à 53 mm chez les individus observés
provenant de Guyane Plusieurs adultes récoltés ont un péristome tranchant, et il semble que lors
des phases de croissance (annuelles ?) des animaux adultes, le péristome légèrement réfléchi est détruit
puis reconstruit plus loin.
La hauteur est variable et les derniers tours sont plus obliques que les premiers par rapport
à 1 axe oolumcllaire (ce qui donne une grande importance à la façon dont les mesures sont faites). La
valeur moyenne du rapport h/d, mesuré sur 102 adultes, est de 0,564 avec un écart-type de 0,315 et
pour valeurs extrêmes 0,5 et 0,611.
La coquille porte des stries d'accroissement plus ou moins marquées. Sa surface supérieure est
généralement granuleuse à partir du deuxième tour, sauf dans la bande située immédiatement sous
la sutun^. La présence ou l’absence de granules peut dépendre des conditions extérieures : un jeune
individu élevé au laboratoire développe depuis sa captivité une coquille qui porte uniquement des
stries radiales accentuées ; une coquille de la collection Bouge présente le même phénomène. Bien que
je n en aie pas vus, on peut supposer qu’il existe des individus totalement dépourvus de granules (cas
de S. gibboni fairchildi ?).
La coloration du fond va d’un blanc presque pur à un jaune verdâtre. L’ornementation, blanche
et brun-rouge, est toujours dessinée sur le même schéma : une bande de chevrons sous la suture, des
bandes radiales obliques jusqu’à la pseudocarène qui est recouverte par une seconde bande spirale
de chevrons, puis quatre à sept bandes de chevrons ou de points sur la face inférieure. Ce schéma est
frcqucnimunl plus ou moins dégradé, et les bandes radiales peuvent fusionner avec les chevrons jus¬
qu’à ne plus former que des branches rougeâtre obliques irrégulières : ce cas extrême est celui du type
de S. monolacca.
Radula et mâchoire
La mâchoire (fîg. 94 et 94 a) est fortement striée verticalement, formée par une quinzaine de
fortes côtes (moins chez les jeunes).
Les formules des 4 radulas préparées sont les suivantes (fig. 95) :
Crique Vache 65-1-65 X 166 ;
Route Àouara-Mana 70-1-70 X 162 ;
Mont St-Marcel 54-1-54 X 176 ;
Trois Sauts 61-1-61 X 171.
Les dents sont le plus généralement monocuspides ; cependant les marginales ont souvent un
cctocône très réduit. Les tranchants de toutes les dents sont finement dentelés et le mésocône est
toujours plus long que les plaques basales.
Complexe palléal (fig. 96)
La cavité pulmonaire, très longue, mesure environ 8 cm une fois déroulée. Le rein, long d’envi¬
ron 35 mm, est situé approximativement à 2 cm sous le sommet et le cœur est accolé au rein à peu
près au milieu de celui-ci. Le rein est sigmurèthre ; l’uretère primaire est clos mais l’uretère secondaire
est une gouttière qui longe le rectum et se divise en deux branches au voisinage du pneumostome.
La branche droite débouche à côté de l'anus, l’autre se prolonge par un sillon parallèle au bord palatal
du manteau. Cette disposition du pneumostome est commune à la plupart des Camaenidae américains
(Wurtz, 1955 ; Solem, 1966) ; cependant la disposition de l’ensemble du complexe palléal est ici diffé¬
rente, en particulier par la position du rein et du cœur et par l’uretère secondaire ouvert.
t, Le diamètre maximum a été mesuré juste derrière le péristome, et la hauteur a été mesurée avec la pseudo-
carène du dernier demi-tour perpendiculaire à l'axe de mesure.
Source ■■ MNHN, Paris
120
SIMON TILLIBR
Appareil génital (fig. 97-101)
Ses caractères sont assez variables, mais comme les diverses variations se produisent indépen¬
damment les unes des autres, il me semble impossible d’établir des coupures infraspéciftques fondées
sur son anatomie fine.
La glande hermaphrodite, en grappe, est logée près du sommet de la spire, dans la glande diges¬
tive mais du côté externe de la spire ; elle diffère à la fois par sa forme et par sa disposition de celle
des Camaenidae décrits par Wurtz. Le canal hermaphrodite, plus ou moins contourné, est enveloppé
dans une gaine très fine. Il s’ouvre soit dans le prolongement direct du spermoviducte, soit perpendi¬
culairement à l’extrémité de celui-ci ; dans ce dernier cas on peut avoir l’impression fausse de l’exis¬
tence d’un talon (fig. 97). La partie femelle du spermoviducte est plissée longitudinalement. La partie
mâle est constituée par une gouttière isolée de la partie femelle par un repli de la paroi rabattu sur
elle. Cette gouttière est directement prolongée par le canal déférent. Juste sous le départ de celui-ci
le repli de la paroi devient beaucoup plus épais et plus saillant, incisé sur sa face interne par do pro¬
fonds sillons obliques. Il est ensuite réduit à une fine gouttière, servant probablement au transport
du sperme du partenaire, qui se termine à la base de la spermathèque. La longueur totale du spermo¬
viducte varie dans les proportions de 1 à 1,4 suivant la taille des spécimens.
La spermathèque est simple, à peu près aussi longue que le spermoviducte, intérieurement
plissée longitudinalement dans sa moitié inférieure (jusqu’au sommet, exceptionnellement, Hans l’appa¬
reil génital représenté fig. 97). Chez certains individus récoltés à Trois Sauts, sa base est épaissie et
forme une sorte de petit talon (fig. 97} que j’interprète comme la trace d’un ancien appendice (cf
S. feistkameli et S. brasiliana). La longueur du vagin, qui est également plissé longitudinalement
varie du simple au double. ’
Le complexe pénien est très réduit, mais la comparaison avec les autres Solaropsis et l’examen
de sa morphologie interne montre que sa simplicité apparente est secondaire. On peut en effet y dis¬
tinguer un pénis sensu stricto, un épiphallus et un flagelle (fig. 99). Le pénis s.s. montre six à huit larges
piliers, quelquefois dilllcilement discernables ; le muscle rétracteur s’insère à son sommet, L’épiphallus
porte quelques faibles plis obliques ; le canal déférent débouche à son sommet par une double papille
qui se prolonge dans le flagelle par un profond sillon. Chez tous les individus venant de la région du
Bas-Maroni, le canal déférent décrit un coude très serré et redescend directement le long du pénis
auquel il est attaché par un voile conjonctif (fig. 98). Chez la plupart des individus du Haut-Oyapock
le canal déférent fait le tour du pénis avant de redescendre vers l’atrium (fig. 97). Enfin, chez quelques
individus du Haut-Oyapock, le canal déférent passe au-dessus de l’extrémité du pénis, soit dans la
position intermédiaire entre les deux extrêmes : il n’y a donc pas lieu d’accorder une valeur taxono¬
mique au trajet du canal déférent.
Reproduction et croissance
Trois spermatophores ont été observés : deux dans la spermathèque d’un animal récolté en mai
1977 près de Mana (fig. 102), un chez un animal récolté à Trois Sauts (Sidoc) en mai 1978. Ce dernier
était pelotonné sur lui-même, mais semblait beaucoup plus long et plus fin que celui qui est figuré
La collection Bouge contient des œufs et des jeunes à l’éclosion, tous récoltés début juillet 1932
Enfin tous les individus récoltés par moi-même en mai 1977 et 1978 peuvent être répartis en trois classes •
des jeunes immatures (environ 4 tours de spire), de jeunes adultes (un peu plus de cinq tours de spire)
et enfin de gros adultes (jusqu’à presque six tours). Les jeunes immatures, compte tenu de la vitesse
de croissance observée au laboratoire, ont probablement besoin d'un an encore pour atteindre la plug
petite taille adulte. Bien que ces données soient peu nombreuses, on peut en déduire que l’accouple¬
ment a lieu pendant la seconde partie de la saison des pluies (mai-juin) et la ponte à la fin de celle-ci
(fin juin). Les jeunes éclosent en début de saison sèche (juillet) et atteignent la maturité sexuelle au
cours de la seconde saison des pluies après leur naissance, à la fin de laquelle ils sont prêts à s’accou-
Source MNHN, Pans
Fio. 98. — Appareil ^nital de Solaropsù undala, Aouara. Échelle 10 mm.
Source : MNHN, Paris
122
SIMON TILLIKR
Fig. 99. — Morphologie interne du pénis de Soioropsi* undala (animal de la fig. 98). Échelle 2,5 nim,
Source ■■ MNHN, Paris
100
Source ■■ MNHN, Paris
Fio. 101. — Morphologif
agrandUaement de
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
125
Pio. 102. — Spermatophore de Solaropsis undala (animal des fig. précédentes). Échelle 2.5 mm.
pler. Les très gros individus disséqués (récoltés en mai) ont un appareil génital très grêle, avec la glande
hermaphrodite réduite ou absente : soit ils ont un cycle différent (mais dans ce cas j’aurais trouvé
d’autres classes de taille) ; soit ils sont atteints de sénescence. Bien entendu, ce cycle ne s’applique
qu’à la Guyane et on peut s’attendre à ce qu’il soit différent dans les régions où le rythme des saisons
n’est pas le même.
Les œufs, pondus début juillet, ont pour diamètres maximum et minimum environ 10 et 7 mm.
Ils possèdent une coque fine et dure, d’aspect calcaire. Ils sont enterrés sous la litière, dans l’humus,
à environ 10 cm de profondeur.
A l’éclosion, les coquilles des jeunes ont un rapport h/d légèrement supérieur à 1, avec la sur¬
face supérieure presque plane. Rapidement, en même temps que la coloration et la granulation, une
pseudocarène apparatt à l’angle supérieur de l’ouverture ; au cours du cinquième tour, elle descend
jusque vers le milieu du bord palatal de l’ouverture où elle s’estompe plus ou moins suivant les indi¬
vidus. Il en résulte une convexité de la surface supériciye de la coquille beaucoup plus forte chez l’adulte
que chez le jeune.
Comme noté plus haut, le pincement de la coquille se produit toujours à environ cinq tours
de spire. Il correspond à la période de formation de l’appareil génital : les plus jeunes adultes récoltés
ont formé leur péristome juste après le pincement ; un individu de Trois-Sauts, dont le pincement
était en formation, a un appareil complet mais immature. La formation de ce pincement me semble
purement mécanique, résultant de la croissance différentielle de la coquille et du bord palléal. En effet,
chez ce spécimen qui a été fixé dans sa position de repos, la tête rétractée et la partie postérieure du
pied déployée, le bord du manteau est remarquablement développé par rapport au périmètre de l’ou¬
verture de la coquille. Il en résulte que dans cette position, le bord palléal doit se plisser pour permettre
sa rétraction partielle : le premier pli se forme là où le bord palléal est le plus mince, c’est-à-dire à
Source ■■ MNHN, Paris
126
SIMON TiU,lb:H
l'aplomb du pneumostome qui se trouve dans l’axe de la pscudoiarèno lorsque la tête se rétracte
Ce pli est parfois suflisant (formes « rnonolacca » et « anomala «) ; mais dans la plupart des cas, un deuxième
pli est nécessaire. Celui-ci ne peut pas se former au-dessus et à droite du pneumostome, où le bord
palléal très épaissi est raccordé au muscle columellaire. 11 ne peut pas se former non plus près de la
columelle sur le bord basal de l’ouverture, où la partie pariétale et la partie basale du bord palléal
se réunissent et s’épaississent lors de la rétraction.
On ne trouve des individus à coquille non pincée que daiis les régions entières des Guyaiies
et pas dans l’intérieur. Cette absence de pincement peut être la trace d’une ancienne dilTérenciation
subspécifique survenue pendant les phases de régression de la forêt liées aux glaciations ; mais la répar¬
tition des individus sans pincement ne coïncide pas avec celle des refuge.s forestiers telle qu’on l’imagine
à l’heure actuelle. On peut aussi remarquer que cette répartition coïncide avec celle des substrats
géologiques relativement riches en calcium (en Guyane, séries de Coswinc et de Déniérara) : le pince¬
ment de la coquille, considéré comme le résultat d’une croissance de la coquille trop lente par rapport
à celle du corps au moment de la maturaton sexuelle, est peut-être la trace d’un déficit relatif en
calcaire.
Écologie
Comme l’a déjà noté Drouet en 1859, l’cspècc est strictement inféodée aux cour.s d’eau. Aucun
5. undata n’a été récolté vivant par moi à plus de dix mètres d’un ruisseau (= crique) ou d'une rivière
Dans la journée, on trouve les animaux fixés sur les troncs d’arbres en position de repos, la tête rétrac*
tée, et fixés par la partie postérieure du pied. Je n’en ai récoltés qu’une seule fois sur le sol, sous des
palmes pourrissantes, et jamais sur les feuilles ou les branches. Le plus souvent, ils se tiennent sur les
troncs qui surplombent directement l’eau, à une hauteur do 1,50 à 2 m (observations faites en mai)
Discussion de l'espèce
Les éléments permettant la mise en synonymie des espèces décrites de Guyane ou du nord-est
du Brésil ont été discutés dans la description. Il résulte de son inféodation aux cours d'eau que, malgré
son rein sigmurèthre peu évolué, l’espèce est relativement indépendante des variations climatiques à
l’intérieur de l’ensemble gnyano-amazonien. D’autre part, on sait (juc cet ensemble possède prati¬
quement un seul réseau hydrographique, où les lignes de partage des eaux sont quasiment des vues
de l’esprit ; il n’existe donc pas, dans les conditions actuelles, de barrières s’opposant à la dissémina
tion de 5. undaUi. Par contre, de telles barrières ont existe pendant les périodes glaciaires, lorsque la
forêt a été réduite à un certain nombre de refuges séparés par des zones de savanes. Pendant ces périodes
un certain nombre de sous-espèces ont pu se différencier, mais elles se sont à mon avis réunies lorsque
la forêt s’est à nouveau étendue : ceci explique la grande variabilité, en partie géographique, de l’espèce
en Guyane et c’est ce raisonnement qui justifie la mise en synonymie de S. undnla browni, S. pelUsboae
S. vipera ^ et 5. gibboni fairckiledi (qui n’a de toute évidence aucun rapport avec 5. gibltoni). A mon
sens, S. undata est formé actuellement par un vaste continuum de populations s’étendant dans tout
le bassin amazonien et guyaiiais, jusqu’au nord de la Colombie, et à l’intérieur duquel existe une cer
taine variabilité géographique qui est la trace d’une ancienne différenciation siibspécifique.
Discussion du genre
Le genre Solaropsis, créé par Beck en 1837 pour quatre espèces, a pour espèce-type (désignée
par Pilsbry) S. pelUsscrpenlis (Chemn.) = S. undata (Lightfoot). En 1878, Miller a créé pour les petites
espèces à coquille fine le genre Psadara qui, bien que rejeté par Pilsbry, doit être maintenu (cf. infra)
Depuis que Wurtz (1955) a exclu Solaropsis de sa révision des Camaenidae américains, la position dû
1. L'holotype de S. vipera (BMNH) e*t un adulte, qui ne diffère de la forme cicatricala lypiquo que nar r ti
relativement petite (D = 37 mm). “*
Source : Paris
GASTÉROPODES DE GUVANI-;
127
103
C 2 10
Fie. 103. — Radula de SolaropsU br<uiliana, Rio (ex Gaudichaud, 1838). Échelle 0.05 mm.
genre reste incertaine (Solem, 1966, 1968). Les données anatomiques antérieures à ce travail sont
pratiquement réduites aux travaux de Von lhering (1900, 1902, 1912) qui a décrit et figuré la radula,
la mâchoire et l’appareil génital de S. feislhameli (Hupé) et S. brasiliana (Deshayes). J’ai moi-même
pu étudier un spécimen en mauvais état de S. brasiliana (MNHN : réc. Gaudichaud, 1838 — Rio —
exemplaire d'auteur ?). Son appareil génital et sa radula sont représentés Rg. 104-106 et 103. Son rein,
bien qu’en mauvais état, est du type de celui de 5. undata. Sa mâchoire est semblable a celle de 5. undata.
Elle est formée chez les trois espèces par une quinzaine de côtes verticales (elle n’est jamais lisse comme
l’avait écrit Semper, 1885).
Compte tenu de la variabilité observée chez S. undata, la formule radulaire est semblable chez
les trois espèces : Von lhering donne 66-1-66 pour S. brasiliana et 56-1-56 pour S. feUlhameli. La dent
centrale et la plupart des latéromarginalcs sont monocuspides ; sauf chez S. feislhameli, les marginales
ont un petit ectocône. Le tranchant des dents est denticulé, et celles-ci sont de plus en plus allongées
dans l’ordre ; undata-brasiliana’feisthameli.
Les appareils génitaux de S. brasiliana et de S, feisthameli, ainsi que les remarques faites plus
haut h propos de celui de 5. undata, montrent que celui-ci possède un appareil génital simplifié : la
spermathèque bifurquée et l’existence d’un appendice pénien, d’un épiphallus et d'un Qagelle (éven¬
tuellement d’un rétracteur pénien bifurqué) doivent être considérées comme des caractéristiques du
genre Solaropsis et, en ce sens, le choix de l’espèce-type est malheureux.
Le rein sigmurèthre associé à la complexité du pénis et, dans une certaine mesure, aux carac¬
tères de la radula, placent Solaropsis soit parmi les Helicacea, soit dans les Camaenidae.
A l’intérieur de ces derniers, seul le cordon bifurqué de la spermathèque sépare Solaropsis des
Camaenidae : Thersiles meridionalis (Brazier) possède un uretère secondaire ouvert (Pilsbry, 1905,
Proc. Malac. Soc., 13 : 289, pl. 13, lig. 5) et on trouve un appendice pénien chez plusieurs Camaenidae
américains (caractère plésiomorphe ? — Wurtz, 1955 ; Solem, 1966). Deux autres caractères mis en évi¬
dence par Bishop rapprochent Solaropsis des Camaenidae :
— l’estomac possède deux plis asymétriques, le plus court dans sa cavité et le plus long dans
sa convexité (cf. Bishop, 1978, J. Moll. Stud., 44 : 201, fig. 1 E) ;
— le ganglion viscéral me semble fusionné avec le ganglion pariétal gauche (cf. Bishop, 1978,
J. Malac. Soc. Aust., 4 : 10) ; Bargmann (1930) décrit et figure un ganglion viscéral indépendant des
deux pariétaux, disposition qu’elle signale également chez Camaena.
De plus il est tout à fait frappant de constater la similitude morphologique de Solaropsis, Psadara
et Labyrinlhus lorsque les animaux sont vivants ; cette similitude va jusqu’à l’identité de la disposi¬
tion du pneumostome, décrite plus haut, et qui n’existe en Amérique tropicale que chez les Camaenidae.
Source MNHN, Paris
128
SIMON TILI.TBR
Bishop (sous presse) a proposé une phylogénie des Camaenidae américains dont j’approuve
entièrement la construction, bien que le degré d’évolution global de chaque taxon tel qu’il l’a estimé
ne me satisfasse pas complètement. Dans cette phylogénie, Solaropais et Psadara devraient former
un rameau isolé de tous les autres dont leurs caractères plésiomorphes (appendice de la spermathèque
et rein de Solaropsis en particulier) les séparent. De ce rameau, Solaropais constitue un taxon nette¬
ment plus plésiomorphe que Psadara qui a acquis un complexe paliéal de Camaenidae évolué typique
(fig. 109), un système de gaine pénienne complexe (fig. 114) et une spermathèque courte (fig. 113)
Source ■■ MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
130
SIMON TILLIER
S
P
Fig. 106. _ Morphologie interne de la partie distale de l’appareil génital de Solaropaia bratUiana
(animal des ilg. précédentes).
Source ■■ MNHM, Paris
GASTÉROPODES DF GDYANR
131
Genre PSADABA Miller, 1878
Le genre Psadara a été introduit comme sous-genre d'llelix par Miller pour distinguer les espèces
du groupe Solaropsis à coquille petite et fragile, souvent déprimée. Rejeté par Pilsbry (1889), il a été
restauré avec rang générique par Von lhering (1900) pour sa Psadara derbyi dont il a figuré la radula
et la mâchoire. Les auteurs plus récents (Haas, Weyrauch) le considèrent comme un sous-genre de
Soiaropsis.
lîn fait son complexe palléal, à uretère complètenient clos, dilTère complètement par son orga¬
nisation de celui de Solaropsis et suffit à lui seul à établir la validité du genre. Les deux espèces étudiées
ici ont un complexe pénien semblable, à épiphallus et flagelle assez courts : les trois radulas connues
ont au moins leurs marginales tricuspides et ont environ soixante dents par rangée. La spermathèque
des deux espèces est courte (caractère apomorphe) mais possède un appendice (caractère plésiomorphe).
Si des études ultérieures montrent la nécessité de fractionner le genre, trois autres noms ont
été introduits : Ophiospila Ancey, 1887, créé pour le groupe de Hélix rojartum, Psadarieüa Weyrauch,
1956 (espèce-type = Solaropsis {Psadariella) palizae Weyrauch) et Eupsadara Pilsbry, 1926 (espèce-
type = Psadara (Eupsadara) cearana).
Il semble que l’existence du genre Psadara doit être interprétée comme le résultat d’une spécia¬
lisation, à partir d’un mode de vie semi-arboricole comme celui de Solaropsis, à un mode de vie complè¬
tement arboricole autorisé par une petite taille permettant l'utilisation des sols suspendus (voir la
discussion de Lahyrinlkus, p. Kil).
Psadara nubeculata (Deshayes, 1830) (pi. 6, fig. G; texte-fîg, 107-110)
llelix nubevitlala Deshayes, 1830, Kncycl. méthodique Vers, II : 220, n® 36; Deshayes in Férussac,
1840, IHst., I : 66, pl. 69, fig. 1 à 4 (33® livraison).
Hélix nubecula (sic), Desliayes, 1831, Mag. Zool. Ci. 5 : pl. 28.
Hélix (Solaropsis) nitbeculala (Deshayes), Pilsbry, 1889, Man. Coneb., 5 : 191, pl. 54, fig. .30-32,
llelix kükni Pfeifïer, 1872, Malak. Blâtter, 19 : 74. pl. 2, fig. 8-10. — Paramaribo.
Hélix (Solaropsis) AüAni (Pfr.), Pilsbry, 1889, Man. Conch., 5 : 189, pl. 59. fig. 55-57.
Solaropsis kühni (Pfr.), Vernbout, 1914, Notes Leiden Mus., 36 : 8 : Altena, 1975, Basteria, 3!) ; 45.
• - Surinam (diverses localités).
Hélix (Solaropsis) rosarium Pilsbry (nec Pfr.), 1889, Man. Conch., 5 ; 188, pl. 61, fig. 8-10 (pars).
Solaropsis rosariurïi (Pfr.), Baker. 1926, Occas. Pap. Mus. Zool. Univ. Midi., 167 : 22-. — Diinoon
(Guiaiia).
Matériel : holotype, MNHN ex Deshayes (sans localité) ; Goiirdouville, Bouge coll., avril 1932;
Trois Sauts, abattis entre Sidoc et Pina, Tillier coll., mai 1978; Mont St-Mared, ait. 500 m., Tillier
coll., mai 1978 (en alcool) ; Surinam, LMNH (9 lots de diverses localités étudies par Altena, 1975).
L’hololype a un diamètre de 18,4 mm pour une hauteur de 11,2 nmi et 4,5 tours. I.es tours
des adultes sont très légèrement carénés ( à partir du troisième environ). Un lot du musée de l.eiden
(reg. 2264, .Jodeusavanne, coll. Maassen) contient plusieurs coquilles de jeunes que j’attribue à P. nuhe-
culala, car la plupart d’entre elles ont une pseudocarène et la taille de la coquille embryonnaire est
compatible avec celle qu’on observe chez cette espèce. Ces coquilles immatures sont couvertes de poils
minuscules, moins denses sur la face inférieure, et absents du voisinage de l’ombilic et de la coquille
embryonnaire. Si cette attribution est correcte, il faut admettre que ces poils sont usés chez les adultes
et soit disparaissent complètement (cas des coquilles de Guyane française et d’une partie de celles du
Surinam), soit ne subsistent que sous forme de granules plus ou moins accentués. Ce changement
d’ornementation peut être lié à un changement de mode de vie (cf. Psadara marmaUruis). La plupart
des coquilles du Surinam sont totalement ou en partie couvertes de granules dont la répartition et
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
i;w
l'importance sont trop variables pour qu’elles puissent servir à différencier Paadara küehni de Psadara
nubeculata en l’absence complète d'autres caractères distinctifs ; c’est pourquoi les deux noms sont
ici considérés comme synonymes.
La coloration est du même type que celle de Solaropsia : une bande de chevrons limitée par une
ligne pointillée juste sous la suture ; une seconde ligne pointillée, souvent dédoublée le long du dernier
tour des adultes, juste au-dessus de la pseudocarène ; enfin une troisième ligne interrompue sous celle-ci.
Il existe souvent, entre les lignes spirales pointillées, des flammules radiales plus ou moins accentuées.
Hadula et mâchoire (fig. 107-108)
La mâchoire du seul individu en alcool (fig. 108) est formée par quatorze fortes côtes verticales ;
elle est semblable à celle de SoUiropsis et à peu près identique à celle de Psadara derbyi figurée par
Von Ihering (1900). La radula a pour formule 29-1-29 X 129. La centrale est moiiocuspide, avec le
iriésocône plus court que la plaque basale, ce qui n’est pas le cas des autres dents. Les premières laté¬
rales sont monocuspides, les suivantes ont un petit ectocône et les marginales sont tricuspides.
Fie. 108. — Mâchoire de Psadara nubeculata (animal de la fig. 107). Kchelle 0.5 mm.
Complexe palléal (fig. 109)
Si la cavité pulmonaire est proportionnellement beaucoup plus courte que chez Solaropsis,
le rien est proportionnellement plus long puisqu’il occupe plus des trois quarts de la longueur de celle-ci.
Le cœur est accolé au sommet du rein qui est sigmurèthre avec un uretère complètement clos. Le
pneumostome présente la disposition caractéristique des Camaenidae américains, avec l’uretère divisé
en deux branches formant deux côtés d’un triangle au plafond du pneumostome ; à la longueur du
rein près, le complexe palléal présente la même disposition que Labyrinthus.
Appareil génital
Bien que le seul spécimen en alcool soit immature (coquille de 3.75 tours), son appareil génital
montre déjà deux caractères importants pour comparaison (Hg. 110) :
— le pénis porte un épiphallus et un flagelle, et est tout à fait semblable, aux proportions près
à celui de Psadara marmatensis (cf. infra) ;
— la spermathèque est courte, et porte à sa base un appendice filiforme.
Écologie et répartition
Le seul individu récolté vivant montait le long d’un tronc d’arbre, près du sommet du Mont
Saint-Marcel, mais l’espèce vit aussi au fond des vallées puisque d’après les Wayampi, elle envahit
les abattis après qu’ils ont été brûlés (avec Labyrinthus leprieurii) : de toute évidence Psadara nube-
Source MWHN, Paris
134
SIMON TIM.IKK
Source ■■ MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
135
Fio. 110. — Appareil ginital (immature) de Piadara nuhecuJala {animal des fig. prioédentei). Échelle 2.5 mm.
Source : MNHN, Paris
136
SIMON TILLIER
culata est donc indépendante des cours d’eau. Cette indépendance peut être liée à son rein beaucoup
plus évolué que celui de Solaropsis. D’après les très rares données, l’espèce semble répandue au nioiiis
dans les Guyanes sans qu’on puisse préciser les limites de son aire de répartition.
Discussion
Psadara kuehni (Pfr., 1872} est sans aucun doute synonyme de P. nuliecidala, Bien que le(s)
tj'pe(8) soient très probablement détruits, la description, la localité-type et le fait que toutes les Psatiara
examinées venant du Surinam appartiennent à P. nubeculata sont à mon avis concluants.
Trois syntypes de P. rosarium (Pfr,, 1849, Proc. zool. Soc., 17 ; 131) sont conservés au British
Muséum (Naturel History). Le plus grand a un diamètre de 23 mm pour un peu plus de 4.5 tours, ils
diffèrent de P. nubeculata par leur ombilic plus ouvert, leur tours à un accroissement plus rapide nette¬
ment plus bas et leur péristome plus évasé ; la suture est canaJiciiléc. Il résulte de ces caractères une
{orme de l’ouverture, légèrement exagérée sur la figure de Reeve (Conch. le., 7 : fig. 569), beaucoup
plus allongée transversalement. Les trois syntypes sont couverts de granules assez petits, serrés et
réguliers, peu visibles sur les premiers tours et absents au voisinage de l’umbilic; sur la face supé¬
rieure du dernier tour, ils ont tendance à se grouper en stries plus obliques <[ue l’ouverture, 11 est extrê¬
mement probable que le matériel mentionné par Pilsbry (Man. Conch., 5 : 188} du Surinam appartient
en fait à Psadara nubeculata.
Les deux syntypes (BMNH) de Psadara venezuelensis (Preston) (Ann. Mag. Nat. llist. (8) : 508
fig. 12) se distinguent de P. nubeculata par leurs tours arrondis, sans pseudocarène, leur ombilic plus
étroit et les poils qui recouvrent la coquille toute entière, y compris l’intérieur de l’ombilic. La taille
et l’accroissement des tours sont semblables, sinon identiques chez les deux espèces, mais l’ouverture
de P. venezuelensis est plus arrondie. Une coquille du British Muséum (1908, 12.14.4) venant de Bogota
appartient à cette espèce, et c’est probablement aussi le cas des spécimens de Colombie mentionnés
par Pilsbry comme Psadara rosarium (loc. cit.).
Les deux syntypes (BMNH) de Psadara catenifera (Pfr., 1852) (P.Z.S., 20 : 152) appartiennent
à deux espèces différentes. Pour éviter toute ambiguïté, le plus grand des deux, figuré par Reeve
(Conch. le., 7 : fig. 570) est ici désigné comme lectotype. Il est nettement plus grand que P. nubeculata
(24.7 mm pour 5 tours) ; son ouverture, moins large proportionnellement, a un contour plus arrondi.
Psadara marmatensis (Pfeiffer, 1854) (pl. 6, fig. 6-7-8; texte-fig. 111-115)
Hélix marmatensis Pfeiffer, 1854, P.Z.S., 22 : 57. — Marmato (Colombie) ; Reeve, 1854, Conch le 7 •
n» 1308.
Hélix {Solaropsis) marmatensis (Pfr.), Pilsbry, 1889, Man. Conch., 5 : 191, pl. 58, fig, 43-45.
Source ■ MNHN, Paris
138
SIMON TILLIISK
Hélix (Ophiospila) catenulata Ancey, 1890, Bull. Soc. Mal. Fr., 7 : 151. — Cayenne.
SolaropsU catenulala (Ancey), Pilsbry, 1892, Man. Conch., 8 : 261.
Matériel : 3 syntypes, BMNH j Trois Sauts, Lescure coll., 1.4.76 (en alcool) ; confluent Camopi*
Oyapook, Aubert de la Rüe coll,. 1949 ; Kaw, Tillier coll., 5.77 ; 2 syntypes de Hélix catenulala
« Cayenne », IRSNB ex Dautzenberg ex Ancey.
Cette espèce est facile à reconnaître par sa petite taille (la plus grosse coquille observée a un
diamètre de 13.5 mm pour 4.25 tours) et par le contour de la coquille bien arrondi, sans esquisse de
pseudocarène. Jusqu’à un peu moins de 4 tours, la surface de la coquille est entièrement couverte de
poils minuscules, sauf au voisinage de l’ombilic qui est largement ouvert. Chez les deux seules coquilles
observées dépassant quatre tours de spire (syntypes Helixcatenulata), les poils sont réduits à des granules
et absents du dernier quart de tour de spire. La suture est plus ou moins canaliculée suivant les
individus, et il en résulte des variations mineures de la forme de l’ouverture.
Source : MtJHN, Paris
GASTÉROl’ODKS DE ÜUYANIÎ
i:^9
Tous les spécimens étudiés ont la même coloration, plus ou moins atténuée après la mort de
l’animal : trois bandes interrompues rougeâtres, l’uiie assez large longeant la suture et les deux autres
plus Unes de part et d'autre du milieu du bord palatal des tours.
fiadula et mâchoire (fig. 112)
La radula du seul individu en alcool a pour formule 31-1*31 X 120 +. Pas plus que la mâchoire,
elle ne diffère significativement de celle de P. nubeculata.
Complexe palléal
11 présente exactement la même disposition que celui de P. nubeculata.
Appareil génital (fig. 113-115)
La glande hermaphrodite est semblable par son aspect et par sa forme à celle de Solaropsis,
mais elle est disposée sur la face interne de la spire tout comme chez la plupart des Camaenidae améri-
Fie. 114. — Morphologie interne du pénis de Psadara marnutteneis (animal des fig. précédentes), fchelle 1 mm.
Source ■■ MNHN, Paris
140
SIMON TILLIER
Fig. 115. — Morphologie interne de la partie distale de l’appareil génital femelle ianiinal des fig précédentes)
Échelle 1 mm.
cains. Le canal hermaphrodite est plus ou moins contourné, enveloppé dans une gaine très fine et est
raccordé directement, sans talon, au sperinoviducte. Celui-ci, excepté le fort repli qui isole sa partie
mâle, est intérieurement lisse. L’oviductc libre, très court, est réduit intérieurement à une bande
étroite de plis longitudinaux. La spermathèque est très courte, intérieurement plissée, et porte à sa
base un petit appendice filiforme probablement homologue de celui du cordon de la spermathèque
des SolaropsLt. Le vagin est intérieurement plissé longitudinalement.
Le pénis porte un flagelle orné intérieurement de plis fins interrompus. Le canal déférent s'ouvre
à la base de ce dernier par une papille saillante arrondie {verge). L’épiphallus porte des plis irréguliers
Le pénis sensu stricto est intérieurement divisé en deux parties dont la supérieure porte de forts piliers
et s’ouvre dans la partie inférieure, environ quatre fois plus courte et striée longitudinalement de pHs
fins, par une large papille. Cette partie inférieure, dont la paroi est moins épaisse, est enveloppée dans
une gaine soudée au pénis à ses deux extrémités. On peut remarquer que divers Camaenidae améri¬
cains possèdent un complexe pénien organisé de la même manière (Wurtz, 1955).
Source MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
141
Écologie el répartition
Dans les deux seules localités où nous disposons de données précises, P. marmatensis a été
trouvée enfouie dans l'humus, parmi les racines : à Trois Sauts, dans un sol suspendu dans les racines
d’une Broméliacée {avec un Péripate !) ; à Kaw, dans une sorte de terrain vague, dans les racines de
Convolvulacées. Ceci peut expliquer que la forme typique de l’espèce ne soit connue que de Colombie
(localité-type) et de Guyane (trois localités), et cette forme est probablement largement répandue
mais dilTicile à trouver en raison de son biotope. La surface hirsute de la coquille des juvéniles peut
apparaître comme une adaptation à la vie dans l’humus dont les particules ne peuvent ainsi adhérer
à la coquille. Il semble que, tout comme chez P. nubeculala, ces poils disparaissent chez les adultes
(« Hélix catenulala »), ce qui peut indiquer un changement du mode de vie à maturité ; il ne reste alors
que des granules à la surface des premiers tours de la coquille.
Discussion
La mise en synonymie de Hélix catenulala avec P. marmatensis est fondée sur l’identité de forme
et de coloration des premiers tours, les granules de la surface de la coquille du premier étant les restes
des poils qui ornent la coquille du second.
11 n’est pas possible d’écarter définitivement l'hypothèse suivant laquelle P. marmatensis est
synonyme de P. nubeculala : en particulier, les deux appareils génitaux examinés, compte tenu du fait
que l’un est immature, son tout à fait semblables ; d'autre part, la détermination de certaines coquilles
du Surinam, ici attribuées à P. nubeculala, est délicate. La distinction maintenue ici est fondée prin¬
cipalement sur la taille plus grande, la pseudocarène et l’accroissement plus rapide des tours de P. nube-
culata. D’autre part, l’individu de cette dernière espèce disséqué était immature avec une coquille de
13 mm de diamètre et 3.75 tours de spire, teuidis que la P. marmatensis était adulte avec une coquille
de 10.5 mm de diamètre et 4.25 tours de spire ; il n'en reste pas moins que le matériel étudié ici est
insuffisant pour former une opinion définitive.
Psadara venezuelensis (Preston) a une forme et une ornementation semblables ; cependant sa
taille et la vitesse d’accroissement de ses tours la rapprochent plutôt de P. nubeculala, et les poils cou¬
vrent toute la coquille des adultes, y compris l’intérieur de l’ombilic.
Genre LABYHINTHUS Beck, 1837
On a souvent discuté de la valeur de la distinction générique entre Labyrintkus et homeria
(Solem, 1966) : tous les deux sont des genres du continent sud-américain, mais homeria a au plus
une dent dans l'ouverture et vit plutôt en altitude tandis que Labyrintkus développe une armature
aperturale complexe et vit plutôt à basse altitude. Dans l’état actuel de nos connaissances, il me semble
que le problème doit être examiné dans le contexte de l’adaptation des Camaenidae néotropicaux
aux différentes niches s.l. Je pense que les Camaenidae américains sont primitivement semi-arbori¬
coles : on les trouve généralement sur les troncs, et ils descendent sur le sol de temps à autre (pour se
nourrir ?) ; c’est le mode de vie de Solaropsis, qui est le plus plésiomorphe des Camaenidae américains,
et on le retrouve dans divers genres antillais. Deux adaptations s’offrent à des animaux vivant ainsi :
— l’une à la vie complètement arboricole ; c’est la voie suivie par Psadara, probablement
grâce à l’utilisation des sols suspendus au moins comme abri et probablement pour la ponte ;
— l'autre à la vie au niveau du sol ; mais pour qu’un tel changement soit possible, il faut que
le sol offre des abris où l’humidité est suffisante, et la pression des prédateurs faible ; c’est le cas dans
les Antilles.
Mais dans la région amazonienne s.l., les seuls abris au niveau du sol sont les troncs tombés
car on ne trouve à terre qu’une très mince litière sur du sable ; or les troncs pourris sont précisément
Source : A1WHH Paris
142
SIMON TILl.II-l
l'endroit où la pression des insectes (fourmis, termites mais aussi prédateurs) est la plus forte, et le
passage direct de la vie seini>arboricole à la vie dans le bois pourri semble un saut évolutif trop impor¬
tant pour être possible sans étapes intermédiaires. Par contre, en altitude, les roches et le relief four¬
nissent beaucoup plus d’nliris, et la pression des insectes est moins forte : j’imagine (jue c’est ainsi
Isomeria est apparue, à partir d’un Camaenidae proche de Solaropsis, mais moins apnmorphe que
Psadara. L’adaptation à la vie au niveau du sol étant alors acquise, il a été relativement plus simple
d'acquérir des mécanismes protecteurs contre les Insectes ou les petits prédateurs, et en particulier
une armature apertiirale. Dans cette hypothèse, l’armature aperturale est chez les Camaenidae. améri¬
cains un caractère aponiorphe ; l’absence de dents chez Solaropsis cl Psadara va dans ce sens.
Il est évidemment possible que cette évolution vers la forêt de basse altitude se soit produite
plusieurs fois, et il faudrait analyser de façon plus complète qu'il n’est actueilcinciil possible les rela¬
tions des divers groupes d’/*onierif7 et de Lahyrinthus mis en évidence par Rolern (1966). En attendant
chacun des deux groiipe.s représentant une étape différente d’une évolution adaptative, il semble pré¬
férable de les considérer comme deux genres monophyiéliques distincts.
Labyrinthua leprieurii (Petit, 1840) (pl. 6, fig. 3; texte-fig. 110-122)
Hélix leprieurii Petit, 1840, Rev. zool., 3 : 74. — Intérieur de la Guyane (française) ; Petit, 1841, Mag
Zool., pl. 32 ; Drouet, 1859, Moll. Guyane : 53. — Bords de l’Oyapoek.
Hélix auriculina Petit, 1840, Rev. zool., 3 : 74 ; 1841, Mag. zool., pl. 33 ; Drouët, 1859, Moll. Guyane •
53 (mêmes localités).
I^byrirUhus leprieurii (Petit) (pars ?), Solem, 1966, Fieldiana Zool., .50 : 79, fig. 16 b-d, fig. 17 a-d
— Guyane, Pérou amazonien.
Malériel : Trois Sauts (Sidoc), le long de la crique, Tillier coll., mai 1978 (2 lots en alcool) •
Trois Sauts (entre Sidoc et Pina), abattis de Raymond, Tillier coll., 9.5.1978 (à sec) ; même localité
forêt secondaire au bord de l’Oyapock (en alcool) ; Guyane, MNllN (4 lots à sec) ; Pied du Mont Rt-
.Marcel, à deux km du bord de la crique Upusin, Tillier coll., 15.5.78 (à sec) ; « Pérou n, paralectotype
de Lahyrinthus bifurcatus, MÎS'IIN ex ENSM ex Deshayes ; jonction Camopi-Oyapock, Aubert de
la Rüe coll. 1949, ait. 60 m, MNHN (à sec) ; sans loc., MNHN ; « Guyane », MIING (3 lots).
Les 107 spécimens provenant sûrement de Guyane française (dont, 14 viennent de la région
de Trois Sauts) ont une variabilité inférieure à celle décrite par Soiem : le diamètre des adulte.H varie
de 19.5 mm à 22.5 mm (moyenne de 2.12 mm), et le rapport II/D de 0.475 à 0.555 (moyenne 0.52 ;
écart type 0.022). Aucune des coquilles de la région des Trois Sauts n’a les bords de l’ouverture pro¬
fondément enfoncés dans l’ombilic, alors que toutes ont le Itord palatal enfoncé à l’aplomb de sa dent
bifide ; la coquille venant de Camopi a au contraire le bord palatal arrondi et l’ouverture enfoncée
dans l’ombilic : il paraît donc sage d’abandonner définitivement le nom auririilirui, même pour dési¬
gner une simple forme. Il n’est d’ailleurs pas évident, d’après les descriptions et les de.ssins de Petit
que le type de L. leprieurii ait eu l’ouverture plongeant plus profondément dans l’ombilic que chez
le type de L. auriculina.
I.e periostracum des animaux vivants ou frais récoltés à Trois Sauts est ponctué régulièrement
de tout petits granules. Il est très rapidement détruit chez les animaux morts et la coquille ne présente
plus alors que les stries d’accroissement. Chez le paralectotype de L. bifurcattis venant du Pérou les
granules affectent la surface de la coquille elle-même, tout petits sur les premiers tours, ils deviennent
plus gros à tnesiire qu’on approche de l’ouverture ; c’est aussi le cas des Ivahi/rinthus leprieurii du
Musée de Genève, de localité incertaine (étiquetés « Guyane ») e.t des 3 coquilles sans localité du
MNHN.
Source ■■ AIWHAJ, Paris
UprUurii, Trois Sauts. Échelle 0.025
144
SIMON TILLIER
Hudula et mâchoire (fig. 116-117)
La mâchoire est simple (fig. 116) et porte à la fois des stries verticales et des stries transversales
concentriques moins marquées. Formules des trois radulas préparées : 37-1-37 X 140 + ; 39-1-39
X 140 + ; 40-1-40 X 147. Comparées aux figures de H. B. Baker (1926, pl. XIV), les dents médianes
et les latérales sont comme celles de Labyrinthus pUcalus, tandis que les marginales, à partir de la
trentième environ, sont du type de celles de L. tamsianus.
Complexe patléal (fig. 118)
Le rein et le plafond du poumon ne se distinguent en rien de ceux déjà décrits dans le groupe
Labyrinthus-Isomeria (Solem, 1966 : 23, fig. 2-3). Par contre, le côté interne du hord palléal porte une
glande pulmonaire qui s’ouvre par un pore à gauche du pneumostome, dans le sillon du bord palléal
Source ■■ MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
145
Source ■■ MNHN, Paris
146
SIMON TILLIER
Source ■■ MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
147
Fig. 119, 120, 121. — Appareil génital de Labyrinthus lepriturii, Trois Sauts
(fîg. 118 et 119 : même animal). Échelle 5 mm.
Source : MNHN, Paris
RSp
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1
GASTÉROPODES DE GUYANE
149
qui prolonge l’uretère (fig. 118). Par transparence, cette glande apparaît formée d'amas granuleux
blanchâtres ; elle est aplatie parallèlement au plafond du poumon et son contour est variable : elle
peut être allongée comme sur la figure 118 ou au contraire avoir un contour plus ramassé. Elle longe
une branche du muscle columellaire. Une glande semblable a été décrite chez Zonites algirus : Tur-
chini et Broussy (1935) étaient arrivés à la conclusion que cette glande est impliquée dans la lubri¬
fication du pneumosloine et dans la réparation du test, mais j’ignore dans quelle mesure elle est homo¬
logue de celle de L. leprieurii.
Appareil génital (fig. 119-122)
Les appareils génitaux des trois individus disséqués sont représentés fig. 119-121. ils présentent
la même organisation que ceux des Labyrinthus dont l’anatomie est connue (Solem, 1966 : 21 et suiv.,
fig. 5 à 8). On peut faire les remarques suivantes :
— l’épiphallus et le flagelle sont proportionnellement beaucoup plus longs chez L. leprieurii
que chez les autres espèces ;
— les dimensions des différents éléments varient au moins dans les proportions de 1 à 1.5 sui¬
vant les individus, qui ont tous trois été récoltés dans un rayon de moins de cinq kilomètres.
Mis à part le gros repli qui protège la gouttière mâle, le sperinoviducle est intérieurement lisse,
sauf dans sa partie inférieure où quelques vagues plis longitudinaux prolongent ceux de l'oviducte
libre (fig. 122). L’extrémité de la spermathèque, qui est repliée le long du spermoviducle, est lisse
intérieurement tandis que la plus grande partie de son cordon est plissée longitudinalement, sauf tout
près de sa base où les plis sont transversaux. Dans le tiers supérieur du vagin, des plis longitudinaux
interrompus portent de petits denticules dont la pointe est dirigée vers le spermoviducte ; la partie
médiane, qui est renflée, montre de gros plis losangiques dont chacun porte un gros dcnticiile dont
la pointe est dirigée vers l’orifice génital ; enfin la partie basale du vagin est irrégulièrement plissée.
Le pénis montre également des plis longitudinaux, qui deviennent irréguliers et portent de
petits denticules dirigés vers l’orifice génital dans leur partie supérieure. Ces plis deviennent plus fins
et plus irréguliers, puis disparaissent dans la partie inférieure de l’épiphallus. Deux plis délimitant
une gouttière partent de l’orifice du canal déférent, remontent jusqu’au sommet du flagelle, puis
redescendent sur toute la longueur de celui-ci et de l’épiphallus jusqu’au pénis. I,'appareil génital de
la fig. 121, venant d’un animal récolté en même temps que celui de la fig. 119, est dépourvu de denti-
culcs ; celui de la fig. 120 appartient à un animal tué au laboratoire après un mois de captivité : sa
partie hermophrodite et femelle apparaît régressée, et surtout les plis internes sont mal définis et les
denticules sont absents : il semble donc que la formation des denticules est liée aux périodes de repro¬
duction.
Ecologie et répartition
L. leprieurii a toujours été récolté dans des terres basses, au fond des vallées, et jamais à flanc
de collines nu sur des hauteurs. Tous les animaux récoltés vivants en mai se trouvaient sur du brus
mort, qu’il soit relativement frais ou complètement pourri : même les coquilles vides se trouvaient
sous du bois tombé ou à proximité immédiate. L’espèce reste active en saison sèche car, d’après les
Wayampi, elle envahit les abattis après que les arbres aient été abattus et brûlés (avec Psadara nube-
culata). Le fait est confirmé par la multitude de coquilles en voie de décomposition qui jonchaient
en mai 1978 les abattis de l’année précédente à Trois Sauts.
Le fait que L. leprieurii soit la seule espèce guyanaise qu’on trouve couramment parmi les
fourmis et les termites qui habitent le bois mort, fournit un argument à la théorie de Pilsbry et de
Von Martens selon laquelle les dents aperturales constituent une protection contre les insectes.
Il semble que Labyrinthus leprieurii n’existe en Guyane que dans la vallée du Haut-Oyapock,
et est absent de la région de Saûl aussi bien que de l’intérieur du Surinam et de la Giiiana. Son absence
Source ■■ MNHN, Paris
150
SIMON TILLIER
de toute la vallée de l'Amazone, Amazonie péruvienne exceptée, est à peu près certaine. Comme par
ailleurs il est présent au Pérou (localités attestées par Solem, 1966), on ne peut que faire plusieurs hypo*
thèses dont aucune n'est totalement satisfaisante :
— Labyrinthus Uprieurii est apparu ou a été préservé dans un refuge au nord de l’Amazone
ou à l’est des Andes, et s’étend actuellement depuis le Pérou amazonien jusqu'au Haut-Oyapock par
le sud-est de la Colombie, le sud du Venezuela et le versant sud des Tumuc-Humac ; le tout sans occuper
la partie centrale de la vallée de l’Amazone, où l’on trouve Labyrinthus raymondii, ni le sud des Guyanes
(arrêté vers le nord par les savanes dont la savane de Sipaliwini est le reste ?) ;
— les coquilles des deux localités appartiendraient soit à deux sous-espèces, soit à deux espèces
jumelles dont l'ancêtre commun aurait occupé tout le nord du bassin amazonien avant les régressions
de la forêt.
Le fait que la vallée du Haut-Oyapock n’est à proximité immédiate d’aucun refuge (voir la
carte de de Granville, 1979, fig. 5) rend plus vraisemblable la première hypothèse.
Discussion
Il est particulièrement intéressant d'avoir retrouvé cette espèce dans la localité de sa descrip¬
tion originale, qui a été mise en doute par Solem (1966 : 80). En fait il est certain que l'espèce a bien
été décrite du Haut-Oyapock :
— Leprieur (François René Mathias, 1799-1870), de qui Petit tenait ses types, était un phar¬
macien de marine qui a fait toute sa carrière à Cayenne. 11 est connu pour avoir été un des premiers
à remonter l’Oyapock jusqu'à sa source, en 1832. Pendant cette expédition, il avait rassemblé d’impor¬
tantes collections dont la plus grande partie a été perdue dans un naufrage en 1833.
— Drouet mentionne l'espèce (= auriculina + Uprieurii) des bords de l’Oyapock ; or, les
remarques de Drouët, faites d’après les notes d’Eyriès, se sont toujours révélées exactes et c'est là
que j’ai moi-même récolté L. Uprieurii,
11 est donc absolument certain que les animaux décrits ici correspondent bien au matériel de
Petit. D’après les données dont nous disposons, L. Uprieurii semble atteindre en Guyane la limite nord-
ouest de son aire de répartition nu plus le long du Camopi, au-delà duquel il est remplacé par L. bifur-
calus. Compte tenu de l’absence complète de données faunistiques au sud-est et à l’ouest de Trois Sauts
et de la difficulté de détermination des coquilles dans le groupe de L. raymondii, il est actuellement
impossible de déterminer si les animaux du Pérou appartiennent ou non à la même unité taxonomique
Labyrinthus bifurcatus (Deshayes, 1838) (pl. 6, fig. 2)
Heiu: bifurcala Deshayes, 1838, Mag. Zool. cl. 5, pl. 111, fig. 2, 2 a ; Drouët, 1859, Moll. Guyane :
52. — Guyane (d’après Deshayes) :
Labyrinthus bifurcatus (Deshayes, 1^8), Solem, 1966, Fieldiana (Zoology), 50 : 87, fig, 21 f, 22 e. _
Quito, Colombie.
Matériel : lectotype (désigné ici) figuré, « de Cayenne, par Keraudren », MNHN ; Saut Pararé
(Arataï), Gasc coll. 1977 et Baudot et Sastre coll. 1978 ; « Mts Oyapock », Breteau coU. ; Mtgne de
Kaw (sous la roche écrite), Tillier coll. 5.1977.
Les dimensions données par Solem (1966 : 87) comme étant celles du type sont fausses, et cor¬
respondent à une autre figure du même article de Deshayes : en fait, les coquilles examinées par Solem
ont les dimensions normales de l’espèce. Le lectotype a un diamètre de 31 mm et une hauteur de 18.5 mm.
Trois paralectotypes venant du Pérou, qui sont probablement les coquilles décrites par Deshayes
sous le nom de Helùc labyrinthus dans l’Encyclopédie méthodique (Deshayes, loc. ci(.), se trouvent
Source : AUJHH Paris
GASTÉROPODES DE GtnTAKB
151
également au MNHN : l'un appartient à L. leprieurii et les deux autres représentent soit une forme
naine de L. bifurcalus, soit une espèce non décrite. Un exemplaire d'auteur, venant de Quito, se trouve
également au MNHN.
11 est intéressant d’avoir retrouvé le type, dont la localité se trouve sur l’étiquette, et des coquilles
parfaitement identiques entre l’Approuague et la Comté : ceci confirme la localité de Deshayes, non
indiquée par lui mais communiquée à Drouët. D’autre part, la région où l’espèce semble la plus abon¬
dante, entre l’Approuague et la Comté, est à la fois la région la plus pluvieuse de Guyane et la zone
centrale du refuge guyanais (II b, fig. 124) d’après de Granville. La coquille étiquetée < Mts Oyapock »
est de localité imprécise et douteuse : il s’agit peut-être de la montagne des Trois Pitons. Cette coquille
a une spire plus basse que toutes les autres, mais pas au point de pouvoir apparaître à elle seule comme
l’intermédiaire entre Labyrinthua bifurcaius et L. raymondii, qui habite la vallée de l’Amazone jusqu’à
Para.
11 est certain que les Labyrirühus bifurcalus de Guyane n’appartiennent pas au même ensemble
de populations que les coquilles citées par Solem (1966 : 87) d’Écuador si tant est que la localité de
celles-ci est exacte, car leur absence de la zone interne guyanaise est quasi certaine. L’hypothèse sui¬
vant laquelle l’espèce s'est différenciée dans le refuge guyanais est, compte tenu de sa répartition,
trop tentante pour qu’on y résiste.
Labyrinthus cf. furciilatus (Hupé, 1853) (texte-fig. 123; cf. pl. 6, fig. 1)
Labyrirühus furciilatus Solem, 1966 : 86, fig. 21 e, 22 d (nec Ilupé ?).
Bien que cette espèce n'existe pas en Guyane, il apparaît intéressant de la mentionner ici pour
deux raisons :
— son anatomie est complètement inconnue ; or j’en ai obtenu un spécimen en alcool (Village
Bellavista, Pérou, sur le Rio Yubineto, 10 km au-dessus du confluent avec le Putumayo ; J.-P. Gasc
cnil, et leg.) ;
— les coquilles décrites et figurées par Solem (loc. cil.) ne correspondent pas à l'holotype (MNHN)
do Hupé, dont les figures sont souvent approximatives. Ici le dessin de Hupé a beaucoup exagéré
l’écartement des cuspîdes de la dent palatale bifide ; or, ce caractère est le seul qui permette de séparer
L. f'trciUaliis sensu Solem des autres espèces de taille semblable du groupe de L. raymondii.
Ln toute rigueur, si l'on accepte les définitions spécifiques de Solem, les coquilles décrites par
lui comme L. furciilatus et l’animal disséqué ici devraient donc être décrits comme espèce nouvelle.
Mais, comme Solem lui-même l'a souligné, les limites des espèces du groupe de L. raymondii sont
pour le moins difficiles à établir, et mon impression est que L. raymondii (Philippi, 1867}, L. baeri
fDautzenberg, 1902; synlypes dont le figuré au MNHN) et la forme décrite ici appartiennent à la
même espèce, qui doit être nommée L. furciilatus (Hupé, 1853). En l’absence de données sur la répar¬
tition, l'anatomie et la biologie des animaux, il me semble absurde de trancher et les remarques qui
précèdent et la description qui suit ne constituent que l’une des étapes qui permettront d’arriver
à la solution correcte du point de vue nonienclaturai.
( tiinpUxe palUal
Il est semblable à celui des espèces de Labyrinthus déjà connues. Il porte sur son côté interne
une niasse jaunâtre allongée qui me semble être une glande pulmonaire semblable à celle de L. leprieurii,
dont elle a à peu près la disposition et les proportions. La fixation est trop mauvaise pour permettre
de distinguer si elle s’ouvro à l'extérieur de la même façon que chez cette dernière espèce.
Source : MNHN, Paris
152
SIMON TILLIER
Appareil génital {fig. 123)
L'atrium génital est pratiquement inexistant, ce qui peut être le résultat de la contraction
de l’animal. Le complexe pénien est remarquable par la très grande longueur de l’épiphallus (huit fois
plus long que le pénis !) ; le vagin est également très long. Intérieurement, la disposition des plis est
semblable, aux proportions près, à celle qui existe chez L. leprieurii, sauf à l’intérieur de la sperma-
thèque : la base de celle-ci est dépourvue de plis transversaux, et les plis longitudinaux vont jusqu'au
sommet. L’appareil génital étudié est dépourvu de denticules, ce qui n’est probablement pas signifi¬
catif. Le trajet du canal hermaphrodite dans sa gaine est tout particulièrement contourné.
Source ■■ MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
153
PUurodonte orbiculata (Férussac, 1822] (pl. 6, fig. 5)
Hélix (Helicogena) orbiculata Férussac, 1821, Prod. : 32 ; n® 86 {nomen nudum : référence à une planche
non encore parue). — Cayenne et forêts de Guyane, La Trinité ; Férussac, 1822, Hist. : pl. 47,
fig. 3-4 (14® livraison : première date valide) ; Deshayes in Férussac, Hist., 1 : 177 ; Drouël,
1859, Moll. Guyane : 55.
Hélix (Denlellaria) orbiculata Férussac, Pilsbry, 1889, Man. Conch., 5 : 86, pl. 28, fig. 1-4. — Marti¬
nique, Ste-Lucie, Guyane.
Pleurodonte {PleurodorUe} orbiculata (Férussac), Wurtz, 1955, Proc. Ac. Nat. Sci. Philadelphia, 107 ;
121 et suivantes, pl. 1, fig. 3, pl. 8, fig. 43, 44, pl. 9, fig. 53, 54 et 59.
Matériel : 3 syntypes, dont le figuré pl. 47, fig. 3 (les autres syntypes sont perdus), MNHN ex.
Férussac, 1837. — Trinidad ; Trinidad, MNHN ex. Roussel, 1852 (1 lot) ; Martinique, MNHN, (3 lots) ;
n Cayenne », MNHN (4 lots) ; Baduel (Guyane), MNHN (1 lot en alcool et 1 à sec), Kramer coll. (après
1960) et leg. ; Cayenne, dans les feuilles de bananiers, Bouge coll. 1931, MNHN.
Cette espèce, tout comme d’autres Camaenidae des Antilles cités par Drouet (1859) a proba¬
blement été introduite en Guyane au xvni® ou au début du xix® siècle. Contrairement aux autres
espèces, elle subsiste encore dans la banlieue de Cayenne (Baduel), mais je ne l’ai récoltée nulle part
ailleurs. P. orbiculata n’est pas citée par Guppy (1872) de Trinidad, qui est la localité des seuls syn¬
types localisés : il semble qu’elle en ait disparu au cours de la seconde moitié du xix® siècle.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
155
RÉPARTITION DES MOLLUSQUES GUYANAIS
La biogéographie de la Guyane a fait l’objet de récents travaux aussi bien de la part des chercheurs
de l’ORSTOM que de ceux du Muséum ; Lescure (1973) a analysé la répartition des Amphibiens ;
Descamps, Gasc, Lescure et Sastre (1978) ont tenté de délimiter les zones biogéographiques de l’en¬
semble de la région guyanaise ; enfin, après l'élude de la flore et la végétation guyanaises (1978), de
Granville a récemment synthétisé les résultats biogéographiques obtenus (1979). L’ensemble des don¬
nées non malacologiques exposées ici vient de ces travaux, et plus particulièrement du plus récent
article de de Granville, qui fournit la presque totalité des cartes, aussi bien physiques que biogéo¬
graphiques, nécessaires à la compréhension de la répartition des Mollusques guyanais dans l’état actuel
des connaissances. La totalité de ces caries (géologie, pédologie, relief, climat, etc...) doit être publiée
dans l’Atlas de la Guyane (1979).
Préalablement à l’analyse de la répartition des espèces guyanaises de Mollusques en Guyane
et ailleurs, il est indispensable d’insister sur l’insufllsance des données faunistiques dans l’ensemble
du bassin amazonien. D'immenses régions restent insulTisamment ou pas explorées, de telle façon
que toute nouvelle récolte pourra remettre en cause l’analyse qui suit. Même en ce qui concerne la
Guyane française, la grande quantité de matériel étudié ici ne doit pas masquer que le nombre de
récoltes venant de toute la partie centrale de la Guyane est ridiculement faible : la région côtière est
bien connue, les vallées du Maroni et de l’Oyapock moins bien et le reste de la Guyane pratiquement
pas puisque représenté dans les collections étudiées par moins de dix localités. La relative homogénéité
des forêts guyanaise et amazonienne ne peut compenser que très partiellement ces lacunes, et bien
des doutes subsisteront probablement encore longtemps.
Compte tenu de ces incertitudes, il n’est pas question d’établir des divisions biogéographiques,
mais il est possible de tenter d'appliquer la répartition connue des Mollusques guyanais aux deux
modèles existants, celui de Lescure (1973) et celui de de Granville (1979 ; carte reproduite ici fig. 124).
Il faut souligner qu’il n’y a pas de contradiction fondamentale entre ces deux modèles, compte tenu
du fait que le second est plus récent que le premier, et qu’ils s’appliquent l’un aux Amphibiens, l’autre
aux végétaux. En fait, l'expérience montre rapidement que la répartition des Mollusques coïncide
beaucoup mieux avec les zones définies par de Granville qu’avec celles de Lescure. Bien que les Arophi-
biens, les Mollusques et les Végétaux aient en commun leur dépendance étroite de l’hygrométrie, les
conditions pédo-géologiques et la végétation sont beaucoup plus importantes pour les Mollusques
que pour les Amphibiens chez qui le calcium n’a pas le même rôle, et ce résultat n’est pas vraiment
surprenant.
La répartition des très petits Mollusques (Hydrobiidae, Pupiüacea, Guppya gundlacki) n’est pas
analysée ici car elle ne dépend pas des mêmes facteurs que celle des espèces plus grosses (cf. p. 11).
La paléoclimatologie et le refuge guyanais
Grâce à de nombreuses études multidisciplinaires, la paléoclimatologie du quaternaire est connue
avec une remarquable précision (références in de Granville, 1979). La dernière des six grandes glacia¬
tions, celle de Würm (70 000 à 10 000 B.P.) peut être décomposée en quatre périodes froides et sèches,
séparées par des périodes plus chaudes et plus humides. La dernière période froide, au climat plus
Source ■■ M.NHN, Paris
156
SIMON TILLIER
sec que le climat actuel, s’est déroulée de 22 000 à 13 000 B.P. et est, tout à fait logiquement, celle
dont les conséquences biogéographiques sont directement perceptibles. Pendant cette période, la forêt
a subi un important recul au profit des savanes et s’est trouvée restreinte à une série de refuges isolés
qui ont été des centres de spéciation pour la faune et la flore. Des cartes de la répartition de ces
refuges ont été proposées par Vanzolini (1970, 1973), HafTer (1969) et Prance (1973) (toutes in de Gran¬
ville, 1979) et tous ces auteurs s’accordent sur l’existence d’un refuge en Guyane française.
Durant l’holocènc, au moins deux phases de sécheresse, moins longues et moins sèches que la
précédente, sont intervenues entre 11 000 et 9 500 B.P. et entre 3 500 et 2 800 B.P. Les savanes incluses
sont très probablement les témoins des périodes sèches dans la période humide actuelle, et il semble
qu’une zone de savanes a persisté plus longtemps au sud des Guyanes, agissant comme une barrière
vis-à-vis des espèces forestières alors que la continuité du couvert forestier était pratiquement recons¬
tituée par ailleurs (Descamps, Gasc, Lescure et Sastre, 1978).
Par l’étude de l’endémisme des Batraciens, Lescure (1973) a le premier localisé le refuge de
Guyane française entre la Comté et l’Approuague, depuis les .Montagnes de Kaw jusqu’au sud de Saül.
Par une étude très complète de la flore guyanaise et des facteurs qui guident sa répartition (relief,
pluviosité, pédo-géologie), de Granville (1978, 1979) a considérablement afliné le schéma de Lescure
en distinguant en Guyane française les zones dont la nature de refuge forestier est extrêmement, très,
moyennement, peu ou très peu probable (1979, fig. 10). La zone où la probabilité est la plus forte,
comparée à celle qu’a délimitée Lescure, s’étend vers le sud-ouest jusque sur le bas Tanipoc, au sud
sud-est de Maripasoula.
Trois formes de Mollusques ont une aire d’endémisme bien délimitée en Guyane française ; ce
sont Labyrinthus bifurcatuê (Montagnes de Kaw, Arataï), A'eocyclotus arcUaîensiê (Arataï), et la forme
géante à'Asolene crassa (Arataï, crique entre le Sinnainary et le Courcibo). Les deux premières espèces
se trouvent dans la partie nord du refuge tel que l’ont défini Lescure et de Granville ; la forme géante
d'Asolene croisa se trouve dans la zone-refuge « très probable » de de Granville : il apparaît presque
certain que l’origine (ou la préservation) de ces trois formes doit être située dans le refuge de Guyane
française, entre 22 000 et 13 000 B.P. Une forme particulière de Doryssa atra, plus petite et moins
foncée que la forme typique, se trouve depuis le Sinnamary jusqu’à l’Oyapock au moins. Il est pos¬
sible que cette forme se soit également différenciée dans le refuge de Guyane française, car on retrouve
la forme typique au nord-est du Brésil (Holtenorth et Jaeckel, 1940).
Ces Mollusques à fort endémisme ont la limite sud de leur aire de répartition au nord de Saül,
où Neocyclolus arataïensLi est remplacé par .V. pari, espèce du sud du Surinam, et d'où Labyrintliiis
bifurcatus est absent : ceci n’infirme pas les contours du refuge délimités par De Granville, mais montre
simplement que ces deux espèces ont besoin d’une forte humidité.
Eupèces amazoniennes
Sont considérées ici comme especes amazoniennes les espèces dont la répartition n’est pas res¬
treinte à la région guyanaise, soit au plus de Trinidad à l’embouchure de l’Amazone. Les plus répandues
occupent la totalité des bassins de l’Orénoque et de l’Amazone, tandis que quelques-unes semblent
n’être présentes que dans la partie orientale du bassin de l’Amazone. L’insullisance des données sur
l’ensemble de cette région entraîne l’inutilité d’une tentative d'analyse plus détaillée do la réoartition
de ces espèces.
Certaines de ces espèces, bien qu'ayant une large répartition dans le bassin amazonien, per¬
mettent la mise en évidence de régions biogéographiques en Guyane ; il subsiste un doute sur la signi¬
fication de trois autres, qui peuvent être soit introduites, soit avoir ou ne pas avoir de synonymes
décrits de régions amazoniennes. Sont des espèces amazoniennes :
— Asolene crassa — OrChalicus pulchelltts
— AmpuUaria iirceus — Orlhalicus bensoni
— Alcadia kuehni ? (est-amazonienne) — Hahroconus catsiquiensia ?
— Lepcinaria lameüata — Euglandina striala
Source : MtJHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
157
— Slreptartemon deplanchei ? (est-amazoïiieniie) — Solaropxis undata
— SultOTUi sultana — Psadara marmaiensis
— Corona regina (est-amazonienne)
On peut remarquer qu’en général ces espèces sont plus communes au nord de l’Amazone qu'au
sud : ceci peut être expliqué, au moins en partie, par la transgression flandrienne qui a formé un golfe
profond dans la vallée de l’Amazone, isolant le nord du sud. Quatre de ces treize espèces sont des espèces
arboricoles, dont on peut penser que leur mode de vie exige une relative indépendance des conditions
climatiques. Une des deux Ampullaires, Ampullaria urceus, est peu exigeante écologiquement. Sola-
ropsis undaia constitue parmi les grosses espèces aériennes une exception remarquable, car on pour¬
rait penser que son rein peu évolué ne lui permet de subsister que dans les régions à forte pluviosité :
il s’est affranchi de cette contrainte climatique en s’adaptant à un milieu constant dans toutes les
forêts amazoniennes, à savoir le milieu humide situé au-dessus ou à proximité immédiate des cours
d’eau. Euglandina striata est l’espèce dont l’aire de répartition est la plus vaste ; sa qualité de préda¬
teur lui permet probablement de trouver sa nourriture dans différents milieux et on peut noter, bien
qu’il soit difficile de comprendre en quoi ceci constitue un avantage, que son complexe palléal a une
structure tout à fait différente de celle qui existe chez les autres Sigmurèthres guyanais (position du
cœur, uretère complètement séparé du rein).
Espèces introduites
Il est ici délicat d’estimer quelles sont les espèces introduites : d’une part, comme les milieux
secondaires qui les favorisent sont pratiquement regroupés dans la région côtière, les espèces consi¬
dérées comme introduites peuvent être des espèces primaires de cette zone dont la secondarisation
des milieux a favorisé les concentrations ; d’autre part, la probabilité pour qu’une espèce soit intro¬
duite est d'autant plus forte qu’elle est largement répandue dans des régions biogéographiques diffé¬
rentes, mais les données faunistiques manquent souvent (en particulier pour les Vaginules).
Espèces probablement introduites :
— Ampullaria sordida
— Basommatophores ? (six espèces)
— Systeüommatophores ? (quatre espèces)
— Subulirui octona
— Obeliscus (Stenogyra) clafus flavus
— Obeliscus cf. simpsoni ?
— Lamellaxis clavulinus
— Lamellaxis gracilis
— Beckianum beckianum
— Strophocheilus oblongus ?
— Slreptartemon deplanchei ?
— Hutlonella bicolor
— Pleurodonle orbiculata
— Lamellaxis niicra ?
Espèces guyanaises
La notion de région guyanaise, bien qu’incontestable, est difficile à préciser en ce qui concerne
les Mollusques à cause de l’insuffisance des données au sud des Tumuc Humac, d’une part, et dans la
Guiana et le sud-est du Venezuela, d’autre part. Les zones internes de la région guyanaise me semblent
s’étendre depuis l’embouchure de l’Amazone jusqu’à l’ouest de la Guiana ; les espèces terrestres ne parais¬
sent pas dépasser la ligne de partage des eaux (ancienne zone de savanes) vers le sud, tandis qu’on
peut probablement rencontrer les espèces d’eau douce guyanaise sur le versant sud des Tumuc-Humac.
!.a faunistique de l’intérieur de l’Amapa et du massif et de la trouée de Roraïraa reste un mystère.
— Région côtière (I, fig. 124)
Elle est constituée par des terres basses sur alluvions marines. Si sa définition est bien claire
lorsqu’on l’oppose aux zones internes, elle est beaucoup plus floue en ce qui concerne ses limites nord-
Source ■■ MWHN, Paris
158
SIMON TILLIER
Fig. 124. — Flore et végétation de Guyane, prineipalei régions
(Copiée de de Granville, 1978, 1979)
Mangrove
Savanes marécageuses
Savanes sèches
Foj-êt sur sable blanc
Forêt marécageuse
Forêt sur latérite
Forêt sur sols terralitiquea bien drainés
Forêt humide (500 ni)
Zone de pentes rocheuses et d’afTIcurements.
1. — Rigiop eitcire, terres basses
la. — Zone à tendance sèche, ouest de Cayenne (1 600 à 2 500 mm de pluie) ; affinités surinamiennes i
Ih. — Zone humide, est de Cayenne (2 500 à 3 500 mm de pluie) ; affinités amazoniennes.
lî. — .Secteur médian et subrfllier, c/iatne septenlrionaU et massi/ eenlral
lia. — Zone à pluviosité moyenne (2 000 à 3 500 mm/an) ;
liai. — Forât subcôtière ; affinités surinamiennes;
IIa2. — Forêt de la zone médiane occidentale ; affinités surinamiennes ;
IIa3. — Forêt de la zone médiane orientale ; affinités amazoniennes :
IIa4. — Forêt de zone submontagneuse.
Ilb. ~ Zone des très fortes pluviosités (3 500 à 8 flOO mm/an) ;
Ilbl. — Faune surinamienne (ou guyanaisc centrale) ;
IIb2. ~ Faune guyanaise orientale.
III. — Secteur de ia chaîne Jnini-Camopi (pluviosité 2 000 à 3 000 mm/an)
Flore très riche d’affinités diverses, mais souvent surinamiennes ou montagneuses.
IV. — Secteur miridional, pinéplaine du sud fpluviosilé de l’ordre de 2 000 mtn/an)
IVa. — Zone des flats et grandes plaines alluviales ; flore généralement pauvre ;
IVb. — Zone des collines et inselbergs sur socle cristallin — forêt à affinités amazoniennes (mais flore des iosel-
bei^B à affinités côtières ou montagneuses).
Source ■■ A1NHH Paris
160
SIMON TILLIER
ouest et sud-est : on trouve en Guyane française le remplacement d’une faune côtière commune jusqu'à
Trinidad, et dont au moins une espèce (Ampullaria glauca) atteint les Antilles et le Venezuela, par la
faune côtière qui existe au moins jusqu’à l’embouchure de l’Amazone. Le point critique de ce rempla¬
cement est Cayenne, qui est une avancée des zones internes et donc une coupure de la région côtière,
et qui sépare la partie humide de la région côtière (1 b, fig. 124) de sa partie sèche (I a, fig. 124).
I-es vingt-deux espèces énumérées ci-dessus comme peut-être introduites ne se trouvent en géné¬
ral que dans la région côtière (sauf peut-être une partie des Subulinidae qu’on peut s’attendre à ren¬
contrer dans les milieux secondaires de l’intérieur). S’y ajoutent, dans l’ensemble de cette région,
Drymaeus limpidus (de l’Amazone au Surinam ?), Succinea propinqua {présente au moins au Surinam)
et Bulimulus eyriesii. Un certain nombre d’espèces surinamiennes sont présentes dans la zone I a,
relativement sèche, et disparaissent progressivement d’ouest en est ; ce sont, dans l’ordre de leur dis¬
parition :
— Plckockeilus nurissciuri (Mana)
— Ampullaria dulioîdes (Aouara)
— Ampullaria glauca (Sinnamary)
— Lucideüa lirata (Sinnamary ?)
— Omalonyx felina (Tonate)
Dans la zone 1 b, plus humide, Ampullaria urceus colonise seule les milieux ouverts et Oma¬
lonyx geayi remplace O. felina.
— Hégion médiane et subcôtière (II, fig. 124)
Cette région correspond à la chaîne septentrionale et au massif central de la Guyane française,
à pluviosité moyenne (II a) ou forte (II b). La zone II bl (à l’ouest de la Mana) est peut-être caracté¬
risée par la présence de Simpulopsis corrugaia, tandis que la zone II b2 est caractérisée par Neocyclotus
aralalensis et Labyrinlhus bifurcalus (deux espèces du refuge guyanais oriental). Les données sont
insuffisantes pour mettre en évidence une relation entre la répartition des Mollusques et les sous-sec¬
teurs II al, IIa2, II a3 et II a4 définis par de Granville : l’ensemble du secteur II a semble caractérisé
par Drymaeus rufoUnealus, Drymaeus surinamensis et Neoq/ciatus cayennense. Il est possible que Corona
peri'ersa, qui est plus rare en Guyane française qu’en Guiana, atteigne là l’extrémité sud-est de son
aire de répartition qui pourrait correspondre à l’extrémité nord de celle de Corona regina, mais les
données sont bien trop ténues pour qu’on puisse en conclure.
— Zone méridionale (III et IV, fig. 124)
Cette zone comprend à la fois la chaîne Inini-Camopi (III, pluviosité moyenne) et la pénéplaine
méridionale (IV, pluviosité faible). On trouve, dans l’ensemble de cette zone, Drymaeus meesi et Ampul¬
laria glauca orinoccensis (qui est très probablement présente au moins dans une partie de la zone II).
La vallée du Haut-Oyapock se distingue dans cette zone par la présence de Labyrinthus leprieurii et
par l’absence de Neocyclotus pari (Saül, Nassau Mts), de Doryssa hohenackeri (toute la Guyane) et de
Asolene granulosa (depuis la Guiana jusqu’aux bassins du Maroni et du Tampoc) : ces particularités
du Haut-Oyapock traduisent très probablement des affinités amazoniennes déjà constatées dans la
flore (de Granville), tandis que le reste de la zone méridionale semble d’affinités sud-surinamiennes.
— Mollusques et sous-régions guyanaises
Descamps et al. (1978) ont pu distinguer dans la région guyanaise, au nord de la ligne de par¬
tage des eaux, trois sous-régions d’axe grossièrement NNE-SSW. Il n’est pas possible d’analyser la
faune malacologique de la sous-région occidentale (à l’ouest du Coppenname), mais il est possible de
définir assez précisément la limite entre les sous-régions centrale et orientale en ce qui concerne les
Mollusques :
Source A1AJHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
161
— dans la zone I, cette limite est la région de Cayenne ;
— dans la zone II, c'est h peu près le long du cours de la Mana que disparaissent Simpulopsis
corrugata, la forme typique de Doryssa aira, Asolene granulosa et Doryssa devians ;
— dans la zone III, c’est entre Saül et le Camopi que disparaissent les mêmes espèces d’eau
douce {= bassin du Haut-Maroni), plus Neocyclotus pari.
Si l’on admet que la région du Haut-Oyapock et la vallée du Camopi ont des affinités amazo¬
niennes, la zone orientale guyanaise a sa limite occidentale à peu près le long d’une ligne Camopi-Mana,
et il n’y a pas actuellement de raison de considérer qu’elle est différenciée dans la zone III. Elle est
caractérisée en Guyane française par l’absence des espèces surinamiennes et par l’apparition d’espèces
guyanaiscs orientales : Labyrinthus bifurcalus, Neocyclotus aralaîensis (II b2), formes particulières
d’Asolene crassa et de Doryssa atra, Alcadia pellucida (?) réapparition d'Ampullaria urceus probable¬
ment absente de la zone centrale, Omalonyx geayi (I b), Syslrophia lulea (?).
Enfin quelques espèces doivent actuellement être considérées comme des espèces guyanaises s.L,
sans qu’on puisse, même par hypothèse, les rattacher à l’une des zones ou secteurs définis ici : Asolene
sinamarina, Alcadia sericea, Tamayoa decolorata, Syslrophia cayennensis, Happiella surinamensis et
LaineUaxis keurni ; toutefois, et Asolene sinamarina mise à part, il subsiste un doute quant à la res¬
triction de ces espèces à la région guyanaise car elles sont petites et difficiles à déterminer.
En conclusion, on peut remarquer que, des soixante-quatorze espèces de Guyane française
énumérées ici, trente-deux, soit 43 %, ne sont connues que de la région guyanaise. Si l’on exclut les
vingt-deux espèces de la région côtière peut-être introduites, on peut compter 61 % d’espèces guya-
naises : même si l’on admet que les révisions systématiques et les récoltes dans la région amazonienne
réduiront ce nombre, ce qui est presque certain, il n’en reste pas moins que la malacofaune guyanaise
montre une originalité que ni le contexte géographique, ni sa relative pauvreté ne laissaient supposer
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Source MNHN, Paris
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Source : A^NHN, Paris
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distribué U 17 octobre 1980.
Source Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
165
INDEX DES ABRÉVIATIONS UTILISÉES
A
Anus
LN
Lobe nuchal
ACH
Appendice du canal hermaphrodite
MHNG
Muséum d’Histoire Naturelle de Genève
AP
Appendice pénien
MNHN
Muséum National d’Histoire Naturelle
AS
Appendice de la spermathèque
0
Oviducte
AT
Atrium
OA
Organe amatorial
BMNH
British Muséum Natural History
OCD
Orifice du canal déférent
Br
Branchie
OG
Orifice génital
C
Cœur
OL
Oviducte fibre
CD
Canal défèrent
Os
Osphradium
CE
Caecum de l’epiphallus
OV
Orifice vaginal
CH
Canal hermaphrodite
P
Pénis
CJ
Caiialis junctor
Pn
Pneumostome
D
Denticule
Po G
Pore génital
E
Epiphalius
PP
Papille pénienne
Es
Estomac
PR
Rétracteur pénien
F
Flagelle
Pr
Prostate
FP
Fourreau pénien
PU
Pore urinaire
GA
Glande de l’albumine
R
Rectum
GD
Glande digestive
RP
Repli palléal
GE
Glande externe 1 de la gaine du pénis
R Sp
Repli du spermiductc
GI I
Glande interne ) (Ampullaires)
S
Spermathèque
G1 P
Glande du pénis
Si
Siphon
GO
Gouttière de la gaine du pénis {Ampul*
so
Spermoviducte
laires)
SP
Sac du pénis
GP
Gaine du pénis
T
Tentacule
GPa
Glande palléale
Ta
Talon
G Pe
Glande pédieuse
U
Uretère
GV
Glande vaginale
V
Vagin
K
Rein
Ve
Verge
LMNH Rijksmuseum van Natuurlijke Historié,
Leiden
Source ■■ MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE CUYAKB
167
INDEX DES MOLLUSQUES DE GUYANE
— A —
Achatina lamellata, G2.
Ai'batina octonu, 58.
Achatina perversa, 72.
Achatina pulchella, 72.
Achatina striata, 110.
Alcadia, 31.
Alcadia kuehni, 32, 156.
Alcadia (Eualcadia) sericea, 32.
Alcadia (Eualcadia) sericea kfihni, 32.
Alcadia pellucida, 32, 36, 161.
Alcadia sericea, 32, 34, 161.
algirus (Zonites), 149.
ameghini (Angustipes), 49.
Amphibulima (Omalonyx) felina, 86.
Amphibuliminae, 78.
Ampullacea (Hélix), 23.
Ampullaria, 16, 23.
Ampullaria bruguieri, 16.
.kfnpullaria canaliculata, 23, 30.
Ampullaria crassa, 21.
Ampullaria crassa var. monticola, 21.
Ampullaria dolioides, 16, 23, 24, 39, 160.
Ampullaria glauca, 16, 23, 29.
Ampullaria glauca glauca, 24, 160.
.kmpullaria glauca orinoccensis, 17, 26, 160.
Ampullaria granulosa, 20.
Ampullaria guyanensis, 27.
Ampullaria lineata, 29.
Ampullaria mermodi, 19.
Ampullaria oblonga, 27.
Ampullaria oliWeri, 16.
Ampullaria orinoccensis, 26.
Ampullaria ovitormis, 16, 27.
Ampullaria papyracea, 17.
.kmpullaria petiti, 19.
Ampullaria prunella, 16.
Ampullaria rugosa, 23.
Ampullaria schrammi, 17.
Ampullaria sinamarina, 17.
Ampullaria stoanii, 21.
Ampullaria sordida, 17, 24,157.
Ampullaria sowerbyi, 20.
Ampullaria urceus, 16, 23, 27, 156,161.
Ampullaria urceus guyanensis, 16.
Ampullaria welwitschiana, 27.
Ampullariidae, 15.
Ampullarius sinamarina, 17.
anatinum (Drepanotrema), 39, 40.
anatinus (Planorbis), 40.
Angustipes ameghini, 49.
Angustipes carceralis, 41,48.
Angustipes difficilis, 49.
Angustipes morii, 49.
Angustipes paraguensis, 49.
Angustipes robustus, 50.
Angustipes tarsiai, 50.
anomala (Solaropsis), 115.
Aplexa rivalis, 39.
Aplexa (Stenophysa) rivalis, 38.
aratalensis (Neocyclotus), 36, 38, 156, 160, 161.
Asolene, 16,17.
Asolene crassa, 16, 19, 21, 156, 161.
Asolene fairchildi, 17.
Asolene granulosa, 16,16, 29, 160,161.
Asolene sinamarina, 16,17, 20, 161.
ater (Bulimus), 14.
atra (Doryssa), 14, 156, 160, 161.
atra (Melania), 14.
auriculina (Hélix), 142.
auriculina (Labyrintbus), 142.
Auris aurissciuri, 73.
Buris-sciuri (Bulimulus), 73.
aurissciuri (Auris), 73.
aurissciuri (Eudolichotis), 73.
aurissciuri (Plekocheilus), 67, 69,78, 160.
Australorbis centimetralis, 40.
Australorbis glabratus, 39.
Australorbis janeirensis, 40.
Australorbis schrammi, 40.
Australorbis stramineus, 40.
Source ■■ MNHN, Paris
168 SIMON
— B —
baeri (Labyrinthus), 151.
Basommatophores, 38, 157.
beccarii (Vaginula), 41.
Beckianum, 58.
Beckianum beckianum, 59, 60, 157.
beckianum (BuUmus}, 60.
beckianum (Opeas), 60.
beckianum (Synopeas), 60.
bensoni (Bulimus), 73.
bensoni (Orthalicus), 68, 73,156.
bensoni (Oxystyla), 73.
bensoni (Zébra), 73.
bicolor (Ennca), 63.
bicolor (Gulella), 63.
bicolor (Huttonella), 63, 157.
bicolor (Pupa), 63.
bielenbergi (Diplosolenodes), 41, 42.
bielenbergi (Vaginula), 42.
bielenbergi (Vaginulus, Latipes), 42.
Bifidaria rhoadsi, 52.
bifurcata (Hélix), 150.
bifurcatus (Labyrinthus), 114, 142,150, 156, 160, 161.
Biomphalaria glabrata, 39.
Biomphalaria schrammi, 39, 40.
Biomphalaria straminea, 39, 40.
boa (Hélix), 115.
Bothriopupa breviconus, 52.
Bothriopupa conoida, 52.
brasiliana (Solaropsis), 127.
breviconus (Bothriopupa), 52.
browni (Solaropsis undata), 114, 126.
bruguieri (Ampullaria), 16.
Bulimulidae, 66.
Bulimulus auris-sciuri, 73.
Bulimulus exilis eyriesii, 81.
Bulimulus eyriesii, 81.
Bulimulus tenuissimus, 81.
Bulimulus tenuissimus eyriesii, 66, 69, 81, 160.
Bulimus ater, 14.
Bulimus beckianum, 60.
Bulimus bensoni, 73.
Bulimus clavulinus, 61.
Bulimus demerarensis, 77.
Bulimus eyriesii, 81.
Bulimus gallina-sultana, 67.
Bulimus graciHs, 60.
Bulimus limpidus, 78.
Bulimus micra, 61.
Bulimus mûlleri, 110.
Bulimus oblongus, 57.
Bulimus octonus, 58.
Bulimus pumiluB, 62.
TILLIER
Bulimus rcgina, 72.
Bulimus rufolincatus, 77.
Bulimus sinamuriniis. 17.
Bulimus undatus, 72.
Bulimus zébra, 73.
— C —
caeca (Thysanophora), 57.
Camaenidae, 113, 127, 141.
canaliculata (Ampullaria), 23, 30.
carccralis (Angustipes), 41, 48.
cassiquiensis (Eucoiiulus, Pseudoguppya), 90.
caasiqiiiensis (Ilabroconus, Pseudoguppya), 89, 90
156.
cassiquiensis (Hélix), 90.
Castalia sulcata, 11.
catenifera (Psadara), 130,
calenulala (Hélix), 138.
catenulata (Soloropris), 138.
cayennense (Cyclostoma, Cyclophorus), 37.
cayeniiense (Neoeyclotus, Incidosloma), 36, 37, 160.
cayenncnsis (Hélix), 101.
cayennensis (Incerficyclus), 37.
caycnnutisis (Scolodonta), 101.
cayennensis (Systrophia), 95,101, 161.
cayennensis (Zonites), 101.
cearana (Psadara), 131.
centimetralis (Australorbis), 40.
chevallieri (Drymaeus), 77.
cicatricata (Solaropsis), 115.
cicatricata (Solaropsis pellis serpentis), 115.
clavuHnum (Opeas), 61.
clavulinus (Bulimus), 61.
clavulinus (Lamellaxis), 59, 61, 157.
clavus flavus (Obeliscus), 59, 61, 157.
cnidicaulis (Vaginulus), 41.
conoidea (Bothriopupa), 52.
constrictor (Hclix), 115.
Corona incisa, 67, 72.
Corona perversa, 67, 68, 72, 160.
Corona regiiia, 68, 71, 157, 160.
corrugata (Simpulopsis), 66, 69, 74,160, 161.
crassa (Ampullaria), 21.
crassa (Asolene), 16, 21, 156,161.
crassa (Pomacea, Limnopomus), 21.
Crassostrea, 11.
Cyclostoma (Cyclophorus) cayennense, 37.
— D —
decollata (Melania), 13.
decolorala (Happia), 106.
decolorata (Scolodonta), 106.
Source MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
decolorata (Tamayoa), 93, 95,106, 161.
decoloratus (Zonites), 106.
dcmerarenais, BuHmus, 77.
dcmerarensig (Drymaeus), 78.
deplanchei martiniana (Streptartemon], 65.
deplanchei (Streptartemon), 63, 157.
deplanchei (Streptaxis), 63.
derby: (Psadara), 131.
deviens (Doryssa), 13, 161.
dinicilis (Angustipea), 49.
dioscoricola insigne (Ptychupatula), 54.
dioscoricola insigne (Pupisoma), 54.
Diplodon voltzi, 11
Diplosolenodcs bielenbergi, 41, 42.
Diplosolenodes guianensis, 41, 42.
Diplosolenodes occidentale, 44.
distorta (Eudolichotis), 74.
dnlioidea (Ampullaria), 16, 23, 24, 29, 160.
doliüides (Pomacca), 29.
Doryssa atra, 14, 156, 160, 161.
Doryssa devians, 13, 161.
Doryssa hohenackeri, 13, 160.
Drepanostomeüa, 92, 93.
Drepunotrema aiiatinum, 39, 40.
Drepanotrema lucidum, 39, 40.
Drepanotrema tnelleum, 40.
Drepanotrema paropsides, 40.
Drepanotrema surinamense, 40.
Drymaeus, 67.
Drymaeus chevallieri, 77.
Dry:naeus demerarensis, 78.
Drymaeus glaucostomiis, 75.
Drymaeus glaucoslomus meesi, 75.
Drymaeus interruptofasciatus, 77.
Drymaeus limpidus, 67, 69, 78, 160.
Drymaeus meesi, 67, 69, 75,160.
Drymaeus protractus, 75.
Drymaeus quadrifasciatus, 78.
Drymaeus rufolineatus, 67, 69, 77, 160.
Drymaeus semimaculatus, 78.
Drymaeus strigatus, 77.
Drymaeus succinca, 78.
Drymaeus succincus, 78.
Drymaeus surinamensis, 67, 69, 74,160.
Drymaeus vernhouti, 78.
— E —
Effusa, 23.
Effusa luteostoma, 23.
Ellobiidae, 11.
Endodontacea, 92.
Ennea bicolor, 63.
Entodina, 92, 93.
ernesti vivens (Potamopyrgus), 11.
Euconulus (Pseudoguppya) cassiquiensis, 90.
eudiscus (Systrophiella), 97, 100.
Eudolichotis aurissciuri, 73.
Eudolichotis distorta, 74.
Euglandina rosea, 112.
Euglandina striata, 110, 156.
Euglandina striatula, 110.
Euglandina surinamensis, 110.
Eupsadara, 131.
exilis cyriesïï (Bulimiilus), 81.
eyriesii (Bulimulus), 81.
eyriesii (Bulimulus temiissimus), 66, 69, 81, 160.
eyriesii (Pupa), 52.
eyriesii (Sterkia), 62.
eyriesii rhoadsi (Sterkia), 52.
— F —
fairchildi (Asolene, Surinamia), 17.
fairchildi (Solaropsis gibboni), 115, 126.
feisthameii (Solaropsis), 127.
felina (Amphibulima), 86.
felina (Omalonyx), 86, 160.
felinus (Homalonyx), 86.
Felipponea, 17.
Ferussaciidae, 58.
flavus (Obelisous clavus), 59, 61, 157.
fiireillatus /Labyrinthiis], 151.
— G —
galliiia-sultana (Bulimus), 67.
gallina-sultann (Orthalicus), 67.
geayi (Omalonyx), 87, 160, 161.
gibboni (Solaropsis), 126.
gibboni fairchildi (Solaropsis), 115, 126.
glaber (Streptartemon), 65.
glabrata (Biomphalaria), 39.
glabratus (Àustralorbls), 39.
glabratus (Taphius), 39.
Glandina striata, 110.
glauca (Ampullaria), 16, 23, 29.
glauca (Ampullaria glauca), 24, 160.
glauca (Hélix), 23.
glauca orinoccensis (Ampullaria), 23, 26, 160.
glauca orinoccensis (Pomacea, Effusa), 26.
glaucostomus (Drymaeus), 75.
glaucoslomus meesi (Drymaeus), 75.
goodalli (Opeas), 62.
gracile (Opeas), 60.
Source : MNHN, Paris
170
SIMOK TILLIEEl
gracilis (Bulimus), 60.
gracilU (Lamellaxia), 59, 60, 157.
granosus (Unie), 11.
granulosa (Ampullaria), 20.
granulosa (Asolene), 16,19, 29,160,161.
granulosa (Pomacea, Limnopomus), 19.
guajarana (Helicina), 32.
Guestieria, 92.
guianensis (Diplusolenodes), 41, 42.
guianensis (Vaginula), 42.
Gulella bicolor, 63.
gundlachi (Guppya), 89, 90, 155.
gundlachi (Hélix), 90.
Guppya gundlachi, 89, 90, 155.
Guppya mayi, 91.
guyanensis (Ampullaria), 27.
guyanensis (Ampullaria urceus), 16, 27.
guyanensis (Doryssa hohenackeri), 13.
guyanensis (Pumacea urceus), 27.
Habroconus (Pseudoguppya) cassiquiensis, 89,90,156.
Happia, 92, 93.
Happia decolorata, 106.
Happia piisbryi, 92, 93.
Happia starkui, 100.
Happia surinaniensis, 101.
Happiella, 92, 93.
Happiella surinamensis, 95, 101, 161.
Helicarionidae, 89.
Helicina guajarana, 32.
Helicina kühni, 32.
Helicina laterculus, 32.
Helicina lirata, 35.
Helicina lirifera, 35.
Helicina peilucida, 35.
Helicina schereri, 32.
Helicina sericea, 34.
Helicinidae, 31.
Hélix ampullacea, 23.
Hélix auriculina, 142.
Hélix bifurcatn, 150.
Hélix boa, 115.
Hélix cassiquiensis, 90.
Hélix catenulata, 138.
Hélix cayennensis, 101.
Hélix constrictor, 115.
Hélix glauca, 23.
Hélix gundlachi, 90.
Hélix kühni, 131.
Hélix labyrinthus, 15r
Hélix leprieurii, 142.
Hélix marmatensis, 136.
Hélix micra, 61.
Hélix monolacca, 115.
Hélix mülleri, 110.
Hélix nubecula, 131.
Hélix uubeculata, 131.
Hélix orbiculata, 153.
Hélix pctiisboae, 115.
Hélix pcllisscrpentis, 115.
Hélix pellis serpent», 114.
Hélix regina, 71.
Hélix regina var. minor, 73.
Hélix rosarium, 131.
Hélix serpens, 114.
Hélix sultana, 67.
Hélix surinamensis, 101.
Hélix undata, 114,
Hélix vipera, 115.
heurni (Lamellaxia), 58, 59, 60, 161.
heurni (Opeas), 60.
hohenackeri (Doryssa), 13, 160.
hohenackeri (Melania), 13.
Homalonyx felinus, 86.
Huttonella bicolor, 63, 157.
Hydrobiidae, 11, 155.
Incerticyclus cayennensis, 37.
incisa (Corona), 67, 72.
insigne (Ptychopatula dioscoricola), 54.
insigne (Pupiaoma dioscoricola), 54.
interrupta (« Scolodonta »), 100.
interruptofasciatus (Drymaeus), 77.
Isomeria, 141.
janeirensis (Australorbis), 40.
kappleri (Doryssa hohenackeri), 13.
kuehni (Alcadia), 32, 156.
kühni (Alcadia sericea), 32.
kühni (Helicina), 32.
kühni (Hélix), 131.
kühni (Psadara), 133, 136.
Source ■■ MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
171
kühni (Solaropais), 131.
kuwê, 15.
— L —
I.abyrinthus, 141.
Labyrinthus auriculina, 142.
1.. abyrinthuB baeri, 151.
1.. abyHnthus bifurcatus, 114, 142, 160, 156, 160, 161.
Labyrinthus furcillatus, 161.
labyrinthus (Hélix), 150.
I^abyrinthus leprieurü, 7, 114, 133,142, 160.
Labyrinthus plicatua, 144.
Labyrinthus raymondii, 150, 151.
l.abyrinthuB tamsianus, 144.
lamellata (Achatina), 62.
lamellata (Leptinaria), 58, 59, 62, 156.
Lamellaxis, 58.
I.amellaxi8 clavulinus, 59, 61, 157.
l.amellaxis gracilis, 59, 60, 157.
l.anieIlaxiB heurni, 58, 59, 60, 161.
l>amellBxU micra, 59, 61, 157.
Lamellaxis micrus, 61.
Lamellaxis atriosus, 62.
latens (Pupisoma), 57.
laterculus (Helicina), 32.
leprieurü (Hélix), 142, 160.
leprieurü (Labyrinthus), 7, 114, 133, 142.
i.«ptinaria, 58.
Leptinaria lamellata, 58, 59, 62, 156.
leptinaria perfnrata, 62.
Leptopeas, 58.
lignicola (Pupisoma), 57.
Liguus perversus, 72.
Liguus regina, 72.
Limacacea (Aulacopoda), 93.
Limax serpens, 114.
Limnopomus, 17.
limpidus (BuHmus), 78.
limpidus (Drymaeus), 67, 69, 78, 160.
limpidus (Simpnlopsis ?), 78.
lineata (Ampullaria), 29.
linguaeformis (Sarasinula), 41, 44.
linguaeformis (Veginula), 44.
linguaeformis (Vaginulus, Angiistipes), 45.
Hrata (Helicina), 35.
_ L —
lirata (Lucidella), 32, 36, 160.
lirifera (Helicina), 35.
lobaterita (Pseudohyalina), 90.
lorentzianus (Strophocheilua obloDgus), 57.
Lucidella, 31.
Lucidella lirata, 32, 35, 160.
lucidum (Drepanotrema), 39, 40.
lutea (Syatrophia, Wayarnpia), 93, 96, 161.
luteostoma (Effusa), 23.
— M —
maasseni (Nesopupa), 52.
maculata (Pomacea), 23.
mali, 13.
maraohoensis (Doryssa deviens), 14.
marmatenais (Hélix), 136.
marmatensis (Psadara), 114,136, 157.
marmorata (Physa), 38.
martiniana (Streptartemon deplanchei), 65.
mayi (Guppya), 91.
meesi (Drymaeus), 67, 69, 75, 160.
meesi (Drymaeus glaucostomus), 75.
Melania atra, 14.
Melania dccollata, 13.
Melania hohenackeri, 13.
Melania semiplicata, 14.
Melania truncata, 14.
Melaniidae,13.
melteum (Drepanotrema), 40.
meridionalis (Thersites), 127.
mermodi (Ampullaria), 19.
micra (Bulimus), 61.
micra (Hélix), 61.
micra (Lamellaxis), 59, 61, 157.
micra (Opeas), 61.
Microhappia, 92.
micrus (Lamellaxis), 61.
minor (Hélix regina var.), 73.
Miradiscops, 92.
monolacca (Hélix), 115.
monolacca (Solaropsis). 115,
monticola (Ampullaria crassa var.), 21.
moreleti (Nesopupa), 53.
morii (Angustipes), 49.
morrisoni (Neocyclotus, Incidostoma), 37.
mülleri (Bulimus), 110.
mülleri (Hélix), 110.
Mytilopsis, 11.
— N —
Neocyclotus (Incidostoma) aratalensis, 36, 88, 156,
160, 161.
Neocyclotus (Incidostoma) cayenncnse, 36, 37, 160.
Neocyclotus (Incidostoma) morrisoni, 37.
Source ■■ MNHN, Paris
172
SIMON TILL.IBR
Neocyclotus (Incidostoma) pari, 36, 37, 160, 161.
NeocyclotuB (Neocyclotus) rugatiis, 37.
Neosubulinu, 58.
Nerita urceus, 23, 27.
Neritina zébra, 11.
Neeopupa maasseni, 52.
Nesopupa moreleti, 53.
normalia (Solaropsis pellis serpentis), 115.
nubeculata (Hélix), 131.
nubcculata (Psadara), 114, 131, 149.
— O —
Obcliacus, 58.
Obeliacus clavus flavus, 59, 61, 157.
übeliscus octogyrus, 62.
Obeliacus cf. simpsoiii, 58, 59, 62, 157.
oblonga (Ampullaria], 27.
oblonguB (Buliinus), 57.
obiongns (Stropliocheilus), 57, 157.
oblongus lorentzianus (Strophocheilus), 58.
occidentale (Dipiosolenodca), 44.
octogyrus (Obeliacusl, 62.
octona (Achatina), 58.
octona (Subulinu), 58, 59, 157.
ortonus (Buliinus), 58.
Oleacina striata, 110.
Oleacinidae, 110.
olivieri (Ampullaria), 16.
Omalonyx, 83.
Omalonyx felina, 86, 160.
Omalonyx geayi, 87, 160, 161.
Opeas beckianum, 60.
Opeas clavulinum, 61.
Opeas guodalli, 62.
Opeas gracile, 60.
Opeas heurni, 60.
Opeas micra, 61.
Opeas pumiluin, 58, 59, 62.
Ophiospila, 131.
orbiculota (Hélix), 153.
orbiculata (Pleurodonte), 113, 114, 153, 157.
orinoccensis (Ampullaria), 26.
orinoccensis (Ampullaria glauca), 17, 23, 26, IGO.
orinoccensis (Poniacea (Effusa) glauca), 26,
Orthalicinae, 67.
Orthalicus bensoni, 68, 73, 156.
Orthalicus gallina sultana, 67.
Orthalicus phlogerus, 73.
Orthalicus pulchellus, 68, 72, 156.
Orthalicus sultana, 67.
Orthalicus undalus, 73.
oviformis (Ampullaria), 16, 27.
Oxystyla bensoni, 73.
Oxystyla pulchella, 72.
— P —
palizau (Solaropsis), 131.
papyracea (Ampullaria), 17.
paragucnsis (Angustipes), 49.
parana (Zonitoides), 90.
pari (Neocyclotus, Incidostoma), 36, 37, 160, 161.
paropsides (Drcpanotrema), 40.
parvulus (Potamopyrgus), 11.
Payenia, 92.
pellis aiiguinea fPlanorbis), 115.
pellisboae (Solaropsis), 115, 126.
pellis-serpentis (Hélix), 114, 115.
pellis-serpentis cicatricata (Solaropsis), 115.
pcllis-scrpcntis normalis (Solaropsis), 115.
pellucida (Alcadia), 32, 35, 161.
pellucida (Hclicina), 35.
perforata (Leptinaria), 62.
perversa (Achatina), 72.
perversa (Corona), 67, 68, 72, 160.
perversus (Liguus), 72.
petiti (Ampullaria), 19.
Physa fontinalis rivalis, 39.
Physa marmorata, 38.
Physidae, 38.
phlogerus (Orthalicus), 73.
Pila, 23.
pilsbryi (Happia), 92, 93.
Planurbidae, 39.
Planorliis anatinus, 40.
Planorbis pellis anguinea, 115.
Planorbis xcrampelinus, 40.
Plekocheilus aurissciuri, 67, 69, 73. 160.
Pleurodonte, 113.
Pleurodonte orbiculata, 113, 114, 153, 157.
plicatus (Labyrinthus), 144.
Pomacea, 23.
Pomacea dolioides, 29.
Pomac:_ (EfTusa) glauca orinoccensis, 26.
Pomacea (Liinnnpomus) crassa, 21.
Pomacea (Limnopomus) granulosa, 19.
Pomacea maculata, 23.
Pomacea sinamarina, 17.
Pomacea snrdida, 24.
Pomacea urceus, 27.
Pomacea urceus guyanensis, 27.
Puniella, 17.
Potamopyrgus ernesti vivens, 11.
Potamopyrgus parvulus, 11.
Poteriidae, 85.
Prohappia, 92, 93.
Source MMHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
prupinqua (Succinea), 82, 160.
protractus (Drymaeus), 75.
prunella (Ampullaria), 16.
Psadara, 128,131,141.
Püadara catenifera, 136.
l’itadara cearana, 131.
Psadara derbyi, 131.
i’sadara kühni, 133, 136.
I*sadara marmatensis, 114,136, 157.
l’sadara nubeculata, 114,131,149.
Psadara rosarium, 136.
Psadara venezuelensis, 136, 141.
Psadariella, 131.
Pseudoguppya, 90.
Pseudohyalina lobaterita, 90.
l’lychopatula dioscoricola insigne, 54.
pulchella (Achatina), 72.
piilchella (Oxystyla), 72.
pulchelius (Orthalicus), 68, 72, 156.
pulchellus (Zébra), 72.
pullus (Vaginulus), 41.
pumilum (Opeas), 58, 59, 62.
pumilus (Bulimus), 62.
PuDctidiscops, 92.
l’upa bicolor, 63.
Pupa eyriesii, 52.
Pupillacea, 50, 155.
Pupillidae, 52.
Pupiaoma dioscoricola insigne, 54.
l’upisoma latens, 57.
Pupisoma lignicola, 57.
- Q.R -
quadrifasciatus (Drymaeus), 78.
raymondii (Labyrinthus), 150, 151.
regina (Bulimus), 72.
regina (Corona), 68, 71, 157, 160.
regina (Hélix), 71.
regina (Liguus), 72.
regina var. minor (Hélix), 73.
rex (Doryssa deviens), 14.
rhoadsi (Bifidaria), 52.
rhoadsi (Sterkia eyriesii), 52.
rivalis (Aplcxa), 39.
rivalis (Aplexa, Steiiophysa), 38.
rivalis (Physa fontinalis), 39,
robustus (Angustipes), 50.
rosarium (Hélix), 131.
rosarium (Psadara), 136.
rosarium (Solaropsis), 131.
rosea (Euglandina), 112.
rufolineatus (Bulimus), 77.
rufolineatus (Drymaeus), 67, 69, 77, 160.
rugatus (Neocyclotus), 37.
rugosa (Ampullaria), 23.
— S —
Sarasinula linguaeformis, 41, 44.
schercri (Helicina), 32.
schrammi (Ampullaria), 17.
Bchrammi (Australorbis), 40.
schrammi (Biomphalaria), 39, 40.
Scolodonta cayennensis, 101.
Scolodonta decolorata, 106.
< Scolodonta n interrupta, 100.
Scolodonta surinamcnsis, 101.
semimaculatus (Drymaeus), 78.
semiplicata (Melania), 14.
sericea (Alcadia), 32, 34, 161.
sericca (Alcadia, Eualcadia), 32,
sericea (Helicina), 34.
sericea kühni (Alcadia), 32.
serpens (Hélix), 114.
serpens (Limax), 114.
serpens (Solaropsis), 114.
simpsoni (Obeliscus), 59, 62, 157.
Simpulopsis corrugata, 66, 69, 74, 160, 161.
Simpulopais corrugatus, 74.
Simpulopsis ? limpidus, 78.
sinamarina (Ampullaria), 17.
sinamarina (Ampullarius), 17.
sinamarina (Asolene), 16, 17, 20, 161.
sinamarina (Pomacea), 17.
sinamarinus (Bulimus], 17.
sloanii (Ampullaria], 21.
Solaropsis, 114, 126, 141.
Solaropsis anomala, 115.
— brasiliana, 127.
— catenulata, 138.
— cicatricata, 115.
— feisthameli, 127.
— gibboni, 126.
— gibboni fairchildi, 115, 126.
— kühni, 131.
— monolacca, 115.
— palizae, 131.
— pelHsboae, 126,
— pellisserpentis, 115,
— pellis-serpentis cicatricata, 115.
— pellis-serpentis normalis, 115.
— rosarium, 131.
— serpens, 114.
— undata, 114, 157.
— undata browni, 114,126.
174
SIMON TILLtEB
Solaropsû vipera, 126.
sordida (Ampullaria), 17, 24, 157.
sordida (Pomacea), 24.
towerbyi (Ampullaria], 20.
starkei (Happia), 100.
Stenogyra, 58.
Sterkia eyriesii, 52.
Sterkia eyriesii rhoadsi, 52.
straminea (Biomphalaria), 39, 40.
stramineus (Australorbis), 40.
StreptartemoD deplanchei, 63, 157.
Streptartemon deplanchei martîniana, 65.
Streptartemon glaber, 65.
Streplaxidae, 63.
Streplaxis deplanchei, 63.
striata (Achatina), 110.
striata (Euglandina], 110, 156.
striata (dandina), 110.
striata (Oleacina), 110.
striatula (Euglandina), 110.
strigatus (Drymaeus), 77.
striosus (Lamellaxis), 62.
Strophocheilidae, 57.
Strophocheilua oblongus, 57, 157,
Strophocheilus oblongus lorentzianus, 58.
Stylommatophores, 50.
Subulina, 58.
Subulina octona, 58, 59, 157.
Subulinidae, 58, 63.
Subulininae, 58.
Succinea propinqua, 82, 160.
Succineidae, 82.
succineus (Drymaeus), 78.
sulcata (Castalia), 11.
sultana (Hélix), 67.
sultana (Orthalicus), 67.
Sultana sultana, 67, 68, 157.
surinamense (Drcpanotrema), 40.
BurinamcDsis (Drymaeus), 67, 69, 74, 160.
surinamensis (Euglandina), 110.
surinamensis (Happia), 101.
surinamensis (Happiella), 95,101, 161.
suriuamensis (Hélix), 101.
surinamensis (Scolodonta), 101.
Surinamia, 17.
Synopeas, 58.
Synopeas beckianum, 60.
Systellomatophores, 41, 157.
Systrophia, 92, 93, 95.
Systrophia cayennensis, 95,101, 161.
Systrophia systropha, 95.
Systrophia (Wayampia) iutca, 93, 95, 161.
Syatrophiella, 92, 93.
Systrophiella eudiscus, 97, 100.
Systrophiidae, 92.
Systrophiini, 92.
— T —
Tamayoa, 92, 93.
Tamayoa decolorata, 93, 95,106, 161.
Tamayoini, 93.
Tamayops, 92, 93.
tamsianus (Labyrinthus), 144.
Taphius glabratus, 39.
tarsiai (Angustipes), 50.
tenuissimus (Bulimus), 81.
tenuissimus eyriesii (Bulimulus], 66, 69, 81, 160.
Thersites meridionalis, 127.
Thysanophora caeca, 57.
truncata (Melania), 14.
— U —
Dluwa i, 22.
undata (Hélix), 114.
undata browni (Solaropsis), 114, 126.
undata (Solaropsis), 114,157.
undatus (Bulimus), 72.
undatus (Orthalicus), 73.
Unio granosus, 11.
urceus (Ampullaria), 16, 23, 27, 156, 161.
urceus (Nerita), 23, 27.
urceus (Pomacea), 27.
urceus guyanensis (Pomacea), 27.
_ V —
Vagimila beccarii, 41.
Vaginula bielenbergi, 42.
Vaginula guianensis, 42.
Vaginula linguaeformis, 44.
Vaginulidae, 41.
Vaginutus (Angustipes) linguaeformis, 45.
Vaginulus cnidicaulis, 41.
Vaginulus (Latipes) bielenbergii, 42.
Vaginulus pullus, 41.
Yailoniidae, 54.
venezuclcnsis (Psadara), 136, 141.
vernhouti (Drymaeus), 78.
vipera (Hélix), 115.
vipera (Solaropsis), 126.
Vitreinae (Zonitidae), 90.
vivens (Potamopyrgus ernesti), 11.
voltzi (Diplodon), 11.
Source : MNHN, Paris
GASTÉROPODES DE GUYANE
175
Wayampia, 93, 95.
WayatDpia lutea, 93.
welwitsehiana (Amputlaria), 27.
xerampelious (FlanorbU), 40.
Zébra bensoni, 73.
zébra (BuUtnus), 73.
zébra (Neritina), 11.
Zébra pulchellus, 72.
Zonites algirus, 149.
Zonite» cayennensis, 101.
Zonites decoioratus, 106.
Zonitoides parana, 90.
Source ■■ A1NHN, Paris
.w ^Liin'WOH.
..U
.'<• .iivwi»! utd'rii
„Kunii)un ut'its
.11 «mi-t*
i-T .rots •it'Jv'} frlii'».'.'
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■"t .«ij.nn«n»Én «fttitttA
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.S./.*
.i96
.V*I ,P^.ié •■ 'iitSy fC H
,0t r. vjrti'jfiMr»
Source : MNHN, Paris
PLANCHES
178
Sl.MiJN TII.I.II-:»
PLANCHi; 1
Melaniidat, AmpuUariidae
Fie. 1. — Donjsta aira, Saul Taparoubo sur le Courcilm (X 1) ;
Fie. 2. — Doryssa hofienatkeri, Matoury (X 1) ;
Fie. 3- — Doryssa devians, Sauts Hcrmina et Lamoke (x 1) ;
Fie. 4. — Doryssa devions, Maroni ( X 1) ;
Fig. 5. — Asoiene rrassa, La Chaumière (Cayenne) {X 1) !
Fie. 6. — Forme géante d'Asoleno crassa (femelle), Saut Pararé (Aralaî) (x 1) ;
Fie. 7. — Asoiene crassa, coquille à bandes apparentes. Dcgrad des Cannes (Cayenne
Fie. 8. — Asoiene sinamarina, juvénile, Dcgrad Galoupa (Oyapock) (x 1) ;
Fig. 9. — Asoiene sinamarirui, adulte, Saut Cafcsoca (Oyapock) (x 1) ;
Fio. 10. — .-Isoiene granulosa, forme non décussce, Guyane française; D = 63 mm (:
Fie. 11. — Asoiene granufoso, forme régulière, Kmpounou Tabiki (Maroni) ; 1) = 53
Fie. 12. — -IsoJene granulosa, forme typique, .Maroni ; D = 64 mm ( X 0.75).
); (X 1);
X 0.82) ;
tmn (X 0.751 :
Source : MNHN, Paris
Source ■■ AINHN, Paris
SIMON TIU.Ii;»
l«tl
PI.ANCIIIC 2
.\i»l‘iillariidae (suite). Poleriidae
1. Anipiil'ariii nonlitla, .Marruiria |X ti ;
2. —• .{iiipullnria filaiica, Sl-.Jeaii du Maroni ( h ;
3. - AiiipiiUiiria glaiirn orinofr< 7 isi», Trois Sauts (Oynpockl ; I) = 80 mm ( O.Tül ;
'i. — Anipiillnria iirrnis ; paraleclnlype pr.)l>id)le de Ainpulluria piii/anemU I.amarck, Para (Hrésil), a
rpielle île la main «le l.amaiTl: ; I) = H8 niin ( 0.78) :
3. nr'ft(S, cmpiille pyrif«irme, «•iivirons ilu Saut fiafésnca (Oyapocki ( 1) ;
(). — Aiiipullaria dalioïilfn, .\niiara : 1) = '18 mm ( O.KI) ;
7. urcfiis. forme gui/anrnsi.i typi«]ue, (îoiirdoiivillr (Kourou); I) = 81 mm 1 ■ 0 73|-
X. - .\enri/rlolu-^ pari. Tampoc ; ro<)«illc décolorée 1 11 ;
II. .\eoripliilui- ruj/eiinenxe. > (iayeiiiie " | 1| ; individu à spire liasse;
10. .Xri/ri/rliilua oriilaïeii»iii iiov, sp., Ilololype (, 2l. Saul l’araré (.\ralail.
Source ■■ AINHN, Paris
l'I.VNCIIK II
Source ■■ MNHN, Paris
182
SIMON’ TII.MKR
PLANCIII-; 3
liasommalopliorcs. Siroplioclifilidae, Slreplaxiitiie, Siibiilinidf
Il = 12 iiiiii ( 3.31 ;
Il I X 2-%l ;
I Ü.951 ;
6..i| ;
Pht/sit riitirriiortita, (laycniK* ; Il = 12 iiiiii f
Jtiornphataria glabratn, r«*pian do Koiiroii 1
• Hiomphalaria .ilraniinea, Cayonno : I) = 9.2
— Hiomphaluriu schrammi. Hoiiiiro ; 1) = 3.6 ii
Drepnnütrcnta ntiatiiuiin, Kaw : I) — 2.7 iiii
Drepaiioirenin tudilitm. .Viuiarn ; I) = 1.9 n
• Sirophoehtihis oblonpia. Kcirola (Cayoniiol ; Il - 99.5 mm [x Ü.72) ;
— .lovino lliillonellii bicotor, Poiiito (^imilii (Siniianiiiryi ; Il = 6 mm {X 5] ;
Slreplarlemon ileplniirliei, r.ayonnc: I) 6.3 mm (x 'i.3) ;
- <>beli$ais i.S/eHojjj/rni clavus llavus. Cayonnc ; il = 22.6 mm (x 1.7( ;
Stibiilittii ortonu, Cayoïino ; Il = 20 inm j ' 1.731 ;
— Leplinaria laiiiellnta. Muni Saint .Marool ; Il = 13 mm 1X2);
- Obelisciis iSlenogyrai rj. simpsoni, Pariacalio ; H = 8 mm (x 4| ;
— Lanietlajcis gracilis, Cavonno ; Il = 11 min (X 3) ;
— I.amelta^ii! ritiviili/iiis, Pariacalio ; Il = 8.7 iniii ( 3.5) ;
— I.aiiieila.ria hfiiriii, Oii|no Siiipo Hoiioc (Koiiron) ; fl = 12.2 mm (x 2.46) ;
— I.aniella.rix inirra, Ilololypo prolialilo. Saiila (!puz «le la Sierra (Roliviol ; Il :
— Herkianum beckinnum, (/ourdouvillo Ifl. Koiiroii) ; Il = 6.6 mm (x 4.9l ;
— Opeaa piimihiin, Cayonnc ; Il = 4.9 mm 1 , 6.3|.
n; MNIIN Ix 5.31;
Source : MNHN, Paris
IM.ANCMK III
Source ■■ MNHM, Paris
184
SÎMON TIM.ÎER
IM.ANCIII': '■
liiiliniuliiliii'
Fie. 1. — Dnjmiieiis iiifeni, Ciiyaiie friiiivaisp Iprubalilvinnil lliiiil-()yii|mfkj : II = 20,2 ( 2| ;
Fig. 2. — Drymatim nurinamtnsis, liiiyaiip fraïu'aiso ( 2) ;
Fig. 3- — Drymanm limputun, (Iriijiio ToussainI (Siniinmai'y) ( 2| ;
Fig. 4. - />ri/ni<ipii* riijolinealits ; panilypc «ic Dri/mtifii-i liievnllii'ri. Saul llcriiiina '.Mariuiii ; i
fig. 10 Pt lli ;
Fig, 5. — Siinpiitopsi» rorrugala. I.eclutypr, Tiiiiiilad (.MNIINi ( 2| ;
Fie. ü. — Plekiirlieilus (A'iirfo/iWiofis) iiiirinsciiiri. .\palmi I.Marriiiij ( 2| ;
Fie. 7. — Hiilitiiiiltiii lenui/isimiix. syiilypp, Hahia iMNllNi ( 2) ;
Fig. H. -- Hiilimuliis Irtiiiisaimiis eyrienii, (iHyrniiP (X 2i :
Fig. 9. - - OrIhalicuH piilcMliis, ilaut-Oyapock | ; 11 ;
Fig. 10. — fiirona prrrersa, Dpinerara (• li :
Fie. 11. - Orllmliru>i bensoni. (puyaiir française ( li ;
Fig. 12. — Sulinna siillnnn. Giiyaiii- française I 11 ;
Fig. 13. — f'oroiia regiita. I.ecliilype iMNIlNi | 1).
Photos .V. Foi'bebt
Source : MhiHN, Paris
l'LANCII!'; IV
Source ■■ MNHN, Paris
SIMON ÏILLIliK
1««
PLANCIIK 5
Syntropliiidar, Sitccitteidiie, Olfaciniiliie, linlimiiliitne (suite)
l- - ~ Ttimiijion (lerolorala, Pariacalxi ; I) = G iiiin ( X 3.7] ;
Fui. -. — llappieUa suriuoHifnsi*, R<iri)tu (Cayenne] (X 3.7l ;
Fui. 3. Si/Mro/ihia IW'ityampia cayeniiensia, (iuyaiic fraiivaise ( • 3.7) (animal li'.'ile-ritr. '
Fui. 4. — Sysiroiibiii iWayampial liilea nnv. sp., Holotype, Knw ( • 3.7) ;
Fin. 5. — Sacriiifa propintpta, Cayenne : H = 12.3 mm ( • 3| ;
Fin. G. — OiMiloiiys ycayi nov. sp., paralype, Kaw ; L = 13 imn ( X 31 :
Fin. 7. — Omalüiiyj: jeliiia, I.eclotype, Trinidi»! (.MNlINi ( , 3j. Il s'agit probablemeiil <l‘uii juvéi
Fig. g. - Kuglawlina striata, Rülixie, exemplaire du « Vovape dans l'.\mérii|ue méridimiale ei
M.MIN ( li;
Fin. y. — Kiifilatidinn striata, Cayenne : llelir miilleri Fériissac iiioiiirti iiikIuiii) (X 11 ;
Fin. 10. — Dryinaeiis rufolineatus, « Cayomio • (X 2) ;
Fin. 11. — hrymiieus rn/o/inen/ni. Crique Toussaint (fl. Sinnamary) ( < 21.
73-80) ;
t d'Orbigiiy IgG,'),
Photos .\. F<
Source : MNHN, Paris
l’I.ANCll!-; V
Source ■■ MNHN, Paris
1S8
SIMON TII.I.IKl
Pl.A.NCIll-: 6
(’iiniaeiiitlde
Kig. I. - l^ihi/riitlhiis liirdlIaUix, lloir.lypo, HuntiCiivelica (Pornu), MNIIN ( X 1) ;
l'io- 2. — l.nbyrinihux bijiirraliis, I.c-clolypo, « do Cayc-iinp, par KrratHlrcii » (x 11 ;
Fie. 3. - l.ahi/rinlliiis lepricurii, (luyaiit- fraiii,'aisp ; vue ilr profil ( X 1) ; vue de la (acc iiitérieure ( • 2| ;
Fic- 'i. — Soliirtii'sin iitidala. Ilorala ((layeniiei [ li :
Fie. 5. — l’Ieiimilonle orbirulala, flayc-iiiii' r li ;
Fig. Cl. -- Psiiilarii iiiihefiilnla. Ilcdiilype i Ij ;
Fie. 7. - l*satlüni rnttrmttienxiff. t.aïuopi l l.âf ;
F'iG. R. Pudilara ; syiilyfie de HtU.c ciileniilalti, " (layenno • (x 2.5| ;
Fig. 9. — Psailnrii mariiinleiisix : face inférieure du deuxième syiitype de lleti.c mleniilnla, • Cayenne o ( 2.5j.
Photos A. F'oubkkt
Source ■■ MNHN, Paris
iM.ANClIK VI
e;3LC>'‘^ /
j
Source : MNHN, Paris
0 564 OOS* T 10
Source : MNHN, Paris
Source ■■ MNHN, Paris
Source ■■ MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
6 i<u\ l'SQ
l’UBLICATIONS DES LABORATOIRES DU MUSÉUM
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Revue Rryologique et Lichénologique. Laboratoire de Cryptogamie.
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Revus de Mycologie. Laboratoire de Cryptogamie.
Source : MNHN, Paris