ISBN 2-85653-127-X
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MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie,
TOME 129
Michel LEDOYER
LES GAMMARIENS (CRUSTACEA, AMPHIPODA)
DES HERBIERS DE PHANÉROGAMES MARINES
DE NOUVELLE CALÉDONIE (RÉGION DE NOUMÉA)
PARIS
EDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V«)
Source : MNHN, Paris
ÉDITIONS DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
En vente à la Bibliothèque centrale du Muséum,
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris
C.C.P. : Paris 9062-62 Y
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© Éditions du Muséum national d?Histoire naturelle, 1984
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie, Tome 129
LES GAMMARIENS (CRUSTACEA, AMPHIPODA)
DES HERBIERS DE PHANÉROGAMES MARINES
DE NOUVELLE CALÉDONIE (RÉGION DE NOUMÉA)
par
Michel LEDOYER*
SUMMARY
About 60 species of gammaridean Amphipods were collected in the seagrasses ( Iialodule and Cymo-
docea principally) in the area of Nouméa (New Caledonia). 21 species are new and 3 are représentatives of
new généra : Sebadexius neocaledoniensis n. g., n. sp. (Dexaminidae), Maxillipides laticarpus n. g., n. sp. (from
the curious family MaxiUipiidae), Aborolobatea paracheliformis n. g., n. sp. (Oedicerotidae). One is considered
as a subgenus of Examphithoe : E. (Melanesius ) cooki n. sg., n. sp. (Amphithoidae). Other is listed as a subspe-
cies : Paradusa bilobata pilipes n. ssp. (Amphithoidae). Amphithoe maxillissius, Cymadusa grossimana and
Examphithoe gracilipes (Amphithoidae), Lembos aoraformis and Lembos spinimerus (Corophiidae), Paradexa-
mine excavata (Dexaminidae), Tethygeneia cavitelson (Eusiridae), Cheirocratus spinibasus, Maera brevicau-
data, Mallacoota schellenbergi and Parelasmopus mallacootaformis (Gammaridae), Urothoides pseudodernae
(Haustoriidae), Leucothoe squalidens (Leucothoidae), Parambasia acuticaudata (Lysianassidae), Melphisana
madagascarensis (Melphidippidae) and Hyale bidentata (Talitridae) are the other new species.
Ecologically, gammaridean fauna of the leaves of the seagrasses are mainly constituted by few species.
One principally, Paradexamine marlie lives in ail seagrasses. Others like Amphithoe ramondi, Cymadusa filosa
and Lembos aequimanus prefer intertidal biotops and only these four species are relatively frequent in the
seagrasses.
* Station marine d’Endoume et Centre d’Océanographie (CNRS LA 41), 13007 Marseille & Laboratoire de Zoo¬
logie marine, Université Aix-Marseille III.
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GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
3
INTRODUCTION
Ce travail constitue la suite logique de l’étude entreprise sur les Caridea des herbiers de phané¬
rogames marines de la Nouvelle-Calédonie 1 (Ledoyer, sous presse). Je ne reviendrai donc pas sur
les données relatives aux caractéristiques des stations qui ont été alors exposées.
Je signalerai d’une part, que le compartiment faunistique que constituent les Gammariens,
présente, en constance et en abondance, une importance bien moindre que les Caridea au sein du peu¬
plement des feuilles des herbiers.
J’indiquerai d’autre part, que sur la soixantaine d’espèces ou formes reconnues dans ce type
de biotope (voir liste ci-après), 21 espèces apparaissent nouvelles : trois sont représentatives d’un
genre nouveau : Sebadexius neocaledoniensis (Dexaminidae), Maxillipides laticarpus (nouveau repré¬
sentant de la curieuse famille des Maxillipiidae), Aborolobatea paracheliformis (Œdicerotidae).
Une n’est considérée que comme un nouveau sous-genre d’ Examphithoe : E (Melanesius) cooki (Amphi-
thoidae). Une autre n’a que le statut de sous-espèce : Paradusa bilobata pilipes (Amphithoidae).
Pour le reste nous trouvons : Amphithoe maxillissius, Cymadusa grossimana et Examphithoe gracilipes
(Amphithoidae), Lembos aoraformis et Lembos spinimerus (Cokophiidae), Paradexamine excavata
(Dexaminidae), Tethygeneia cavitelson (Eusiridae), Cheirocratus spinibasus, Maera brevicaudata,
MaUacoota schettenbergi et Parelasmopus mallocootaformis (Gammaridae), Urothoides pseudodernae
(Haustoriidae), Leucothoe squalidens (Leucothoidae), Parambasia acuticaudata (Lysianassidae),
Melphisana madagascariensis (Melphidippidae) et Hyale bidentata (Talitridae). Enfin, cinq espèces
restent indéterminées : animaux en mauvais état ou représentés par des femelles. Ces dernières ont
été soigneusement observées afin de permettre leur identification ultérieure si elles s’avèrent présentes
dans d’autres types de biotopes : biotopes algaux, biotopes des sables coralliens, dont quelques prélève¬
ments ont été triés à titre comparatif, et biotopes cavitaires.
1. Travail réalisé dans le cadre du programme « Écosystèmes récifaux et lagonaires de Nouvelle-Calédonie » (con¬
vention, ORSTOM/CNRS — ATP PVD n° 3393 et 4067, lors de la mission 79/1 (mars 1979-mai 1979).
Source : MNHN, Paris
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GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
5
ÉTUDE SYSTÉMATIQUE
A ma connaissance, on ne possédait aucune donnée sur les Amphipodes gammariens marins
de la Nouvelle-Calédonie. L’étude de la faune mobile des herbiers de Phanérogames nous permet de
signaler une soixantaine d’espèces ou de formes qui sont presque toutes figurées. Parmi celles-ci une
seule espèce est originaire d’un autre type de peuplement ; elle a été incluse dans ce travail à titre
comparatif.
AMPELISCIDAE
Ampelisca australis Haswell, 1880.
AMPHILOCHIDAE
Cyproidea serratipalma Schellenberg, 1938.
AMPHITHOIDAE
Amphithoe maxillissius n. sp. Espèce des Sables coralliens.
Amphithoe ramondi Audouin, 1826.
Cymadusa filosa « sensu lato » Savigny, 1816.
forme hirsuta.
» setosa.
» ? vadorum.
» imbroglio.
Cymadusa grossimana n. sp. (2 formes).
Examphithoe gracilipes n. sp.
Examphithoe (Melanesius) cooki n. sg., n. sp.
Paradusa bilobata Ruffo, 1969 pilipes n. ssp.
COLOMASTIGIDAE
Colomastix sp.
COROPHIIDAE
Grandidierella bispinosa Schellenberg, 1938.
Lembos aoraformis n. sp.
Lembos processifer (Pirlot, 1939).
Lembos spinimerus n. sp.
Source : MNHN, Paris
6
MICHEL LEDOYER
Lembos waipio J. L. Barnard, 1970.
Lembos sp.
Lembos indet.
Photis dolichommata Stebbing, 1910.
Xenocheira seurati Chevreux, 1907.
DEXAMINIDAE
Atylus japonicus Nagata, 1961.
Dexaminoculus grobbeni (Spandl, 1923).
Paradexamine excavata n. sp.
Paradexamine frinsdorfi. Sheard, 1938.
Paradexamine marlie J. L. Barnard, 1972.
Paradexamine micronesica Ledoyer, 1979.
Paradexamine windarra J. L. Barnard, 1972.
Sebadexius neocaledoniensis n. g., n. sp.
EUSIRIDAE
Tethygeneia cavitelson n. sp.
Tethygeneia pacifica (Schellenberg, 1938).
GAMMARIDAE
Cheirocratus spinibasus n. sp.
o Dulichiella appendiculaia (Say, 1818).
Elasmopus molakai J. L. Barnard, 1970.
Elasmopus pseudaffinis Schellenberg, 1938.
Eriopisetta seychellensis upolu J. L. Barnard, 1970.
Maera brevicaudata n. sp.
o Maera pacifica Schellenberg, 1938 (forme A),
o Maera serrata Schellenberg, 1938.
Mallacoota schellenbergi n. sp.
Mallacoota subcarinata (Haswell, 1880).
Phénotype de l’herbier.
Phénotype des sables coralliens.
Parelasmopus mallacootaformis n. sp.
HAUSTORIIDAE
Urothoides pseudodernae n. sp.
ISCHYROCERIDAE
o Ericthonius pugnax (Dana, 1852).
LEUCOTHOIDAE
Leucothoe assimilis J. L. Barnard, 1974.
Leucothoe commensalis Haswell, 1880.
Leucothoe squaliden Ledoyer n. sp.
Leucothoides torrida J. L. Barnard, 1974.
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
7
LYSIANASSIDAE
Parambasia acuticaudata n. sp.
MAXILLIPIIDAE
Maxiüipides laticarpus n. g., n. sp.
MELPHIDIPPIDAE
Melphisana madagascarensis Ledoyer n. sp.
OÉDICEROTIDAE
Aborolobatea paracheliformis n. g., n. sp.
o ? Monoculodes sp.
PHLIANTIDAE
Iphiplateia whiteleggei Stebbing, 1899.
PHOXOCEPHALIDAE
Protophoxus australis K. H. Barnard, 1930.
PODOCERIDAE
o Podocerus sp.
SYNOPIIDAE
o Synopia variabilis Spandl, 1923.
TALITRIDAE
Hyale bidentata n. sp.
Orchestia anomala Chevreux, 1901.
Les espèces précédées du signe (o) n’ont pas été figurées.
Source : MNHN, Paris
8
MICHEL LEDOYER
Famille AMPELISCIDAE
Ampelisca australis Haswell, 1880
Figure 1
Haswell, 1880a : 257, pl. 9 (1) — 1885 : 97, pi. 12 (7-16).
Stebbing, 1906 : 104 — 1910 : 634.
Schellenberg, 1938 : 6, fig. 2.
Description : Ç de 5,5 mm, St. 50 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Maître. Je serai bref au sujet
de cette espèce que j’ai figurée en détail.
Extrémité céphalique obbquement tronquée, à deux paires de lentilles. Al inférieure à FA2.
Cette dernière aussi longue que le corps. Flagelle d’Al atteignant à peine l’extrémité distale du pédon¬
cule de l’A2.
Pièces buccales normales.
Coxales 1 et 2 très nettement encochées au niveau inféro-postérieur. Coxale 4 échancrée et
pourvue d’un lobe relativement anguleux.
P5 et P6 assez semblables, mais la première à bord antérieur non épineux au niveau du carpe
et du propode. P7 assez particulière et pouvant prêter à confusion avec A. gibba. En effet, l’article
iscbial est nettement dominant par rapport à l’article méral qui est légèrement lobé sur son bord pos¬
térieur, mais ne recouvre pas totalement le carpe ; propode dilaté et ovalaire.
Épimère 3 très nettement dentiforme. Ceci correspond à ce que semble figurer Haswell, 1880
(pl. 9-1-). Pour sa part Schellenberg figure un angle postérieur moins accusé.
Uropode 1 à rames quasiment inermes. Uropode 3 à rames lancéolées et ciliées sur leur bord
interne. Telson fendu, pourvu d’une petite épine à l’apex des lobes et de soies médio-dorsales. Uro-
somite 1 pourvu d’une petite gibbosité qui se termine abruptement au niveau des urosomites 2 + 3.
Discussion : Je ne note pas de différences, forme de l’épimère 3 mise à part, avec la redescription de
Schellenberg.
Matériel : St. 50 (1$ disséquée in part.) ; 51 (2$ dont une incomplète).
Famille AMPHILOCHIDAE
Cyproidea serratipalma Schellenberg, 1938
Figure 2
Schellenberg, 1938 : 19, fig. 9-10.
Description : $ de 4 mm, St. 25 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’île aux Canards.
Au sujet de cette espèce j’insisterai plus sur ses caractères distinctifs car les spécimens néo-
calédoniens m’ont posé quelques problèmes et j’étais tenté de les référer à C. ornata du fait du pro¬
longement important de l’article ischial du gnathopode 2 (cf. Ledoyer, 1982).
L’interprétation de la saillie molaire demeure délicate, mais observée sous un angle adéquat,
elle est bien visible chez nos spécimens.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
10
MICHEL LEDOYER
Reprenant les préparations des individus malgaches, j’ai observé de façon constante que :
chez C. ornata (deux spécimens vus en détail), le gnathopode 1 a un article basal dilaté en massue,
un bord palmaire orné de quelques sétules espacées et c’est la région médiane du dactyle qui est den-
ticulée. Mis à part le premier caractère, ceci correspond parfaitement aux figures de J. L. Barnard
(1972a) et de Rabindranath (1972a). La Mx2 est ornée de 2 à 3 longues soies par lobe et le lobe externe
du maxillipède est quasiment lisse sur son bord interne ;
chez C. serraticaudata (deux spécimens vus en détail), le processus molaire (bonne orientation)
est bien visible, l’article basal du gnathopode 1 ne présente pas de dilatation, le bord palmaire est
très finement épineux et le dactyle est denticulé dans sa région proximale. La Mx2 est ornée de deux
courtes soies par lobe et le maxillipède a un lobe externe nettement denticulé.
Quant à la saillie de l’article iscbial du gnathopode 2 (cf. Ledoyer, 1982), elle paraît fonction
de la taille des individus. Je n’ai pas pu observer la phanérotaxie des P3 à P7 au niveau du propode :
ces appendices étaient incomplets chez tous les individus recueillis.
Matériel : St. 25 (1$) ; 81 (1). Autres biotopes, sables coralliens de l’île aux Goélands : 56 (2 juv.) ;
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
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Affinités : Voir ci-dessus quant à la distinction entre C. ornata et C. serratipalma. Cette dernières espèce,
par son gnathopode 1 à bord palmaire très finement épineux, est voisine de C. liodactyla décrite
du Japon par Hiramaya (1978). Elle s’en différencie aisément par le prolongement distal du
second article du pédoncule de l’Al.
Enfin, chez C. marmorata décrite de Tasmanie par Moore (1981), le carpe du gnathopode 2
n’atteint pas l’angle palmaire et le dactyle du gnathopode 1 porte, dans sa partie basale, un long éperon
spiniforme.
Famille AMPHITHOIDAE
Amphithoe maxillissius n. sp. *
Figure 3
Description : £ de 5 mm, St. 70 (réc. Ledoyer), sables coralliens des fonds blancs du récif Abore.
Lobes latéraux céphaliques carrément tronqués, saillants. Œil petit, circulaire, noirâtre. Corps
sans mélanophores à la différence d’A. ramondi.
Al et A2 peu soyeuses ; pédoncule d’Al plus court que celui de l’A2, mais flagelle de l’Al nette¬
ment plus long que celui de l’A2. Pas de flagelle accessoire, même vestigial.
Lèvre antérieure normale : arrondie et non incisée. Lèvres postérieures à lobe externe profon¬
dément échancré et à lobule distal pourvu d’une petite saillie ; lobe mandibulaire subégal au lobule
externe du lobe externe. Mandibule à processus molaire triturant ; palpe triarticulé, grêle ; articles
distaux subégaux, l’apical portant à son extrémité une unique longue soie rigide ; 3 à 4 épines molaires.
Mxl normale, à lobe interne portant une sétule. Mx2 à lobes dissymétriques ; lobe interne sans soies
médiolobulaires (comme A. ramondi). Mxp classique, mais à lobe externe portant sur le bord interne
des épines incluses obsolètes (différence avec A. ramondi).
Coxales arrondies, glabres, plus hautes que larges. Coxale 1 légèrement dilatée dans sa partie
antéro-inférieure.
Gnathopode 1 subchéliforme, moins robuste que le second. Bord antérieur de l’article basal
pourvu d’un petit lobe arrondi (aussi chez la $) ; carpe subégal au propode ovalaire, à bord palmaire
oblique, défini par une petite épine ; bord palmaire convexe, mais présentant une petite concavité
peu marquée dans la région de l’angle palmaire (chez la Ç, ce bord palmaire est parfaitement convexe).
Gnathopode 2 à article basal très lobé au niveau antéro-inférieur ; article méral saillant de même que
le carpe qui est aussi long que le propode ; ce dernier, orné de rangées de soies sur le bord dorsal, pré¬
sente un bord palmaire oblique, très échancré, mais à angle palmaire jamais dentiforme (vérifié sur
les divers g) et ne portant pas d’épine remarquable ; dactyle denticulé atteignant l’angle palmaire.
P3 et P4 identiques, comme chez A. ramondi et dépourvues de toute épine. P5 à article basal quasi¬
ment circulaire. P6 non connue. P7 à article basal étroitement ovalaire, non lobé, à bord antérieur
glabre ; propode à apex dilaté, cette partie seule portant des épines dont une est recourbée et striée.
Épimère 3 parfaitement arrondi.
Uropodes 1 et 2 biramés, épineux : rame interne de l’uropode 1 inerme (caractère non constant).
Pédoncule de l’uropode 1 à processus distal émoussé et spatulé (ce caractère apparaît constant chez
le <?)•
Telson triangulaire, orné de deux longues soies latéro-dorsales.
$ : Gnathopode 1 (voir au <J). Gnathopode 2 à carpe plus court, que le propode et à lobe infé¬
rieur relativement anguleux ; propode à bord palmaire oblique et légèrement échancré ; une forte
* Bien que cette espèce n’ait pas été récoltée dans les biotopes d’herbier, j’ai jugé utile de l’intégrer dans cette
étude étant donné sa grande affinité, tout au moins à première vue, avec l’espèce A. ramondi de Nouvelle-Calédonie.
Source : MNHN, Paris
Fig. 3. — Amphithoe maxiüissius n. sp. <? holotype, 5 mm, Ç, 02 (P5-P7), St. 70.
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
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épine au niveau de l’angle palmaire. Pédoncule de l’uropode 1 apparemment dépourvu de lame spa-
tulée. Pièces buccales semblables à celles du <?.
Affinités : Par la structure de son palpe mandibulaire (vérifiée sur divers spécimens (? et $), cette espèce
se rapproche des genres Paradusa et Paragrubia, soit à gnathopodes 1 et 2 de taille similaire,
soit à gnathopode 1 dominant et tous deux pourvus d’un flagelle accessoire (vestigial, mais
net chez Paradusa). Parmi les Amphithoe, à ma connaissance, seule A. kulafi. J. L. Barnard,
1970 possède un palpe mandibulaire de ce type. Quant à A. lessoniae Hurley, 1954, elle possède
un palpe mandibulaire très réduit.
L’allongement relatif du carpe du gnathopode 2 <? paraît aussi caractéristique de l’espèce :
chez A. longimana, seul le carpe du gnathopode 1 présente cette structure.
Proche de A. guaspare J. L. Barnard, 1979 (pièces buccales non vues) par la forme du gnatho¬
pode 2, elle s’en différencie par l’allongement du carpe et la saillie mérale du gnathopode 2, la pré¬
sence d’un processus pédonculaire à l’uropode 1 (?.
Le lobe externe des maxillipèdes étant quasiment glabre (vérifié sur divers spécimens <? et
$), je propose le nom de maxillissius (mâchoire lisse) pour cette espèce.
Matériel : St. 70 (17) ; 71 (3) ; 72 (10) : maxillipède vérifié pour des individus de chacune de ces récoltes.
Amphithoe ramondi Audouin, 1826
Figure 4
J. L. Barnard, 1955 : 28 (avec références) — 1965a : 25, fig. 15-16 — 1965b : 540 ; Sivaprakasam, 1970a : 571,
fig. 11 ; Rabindranath, 1972b : 162, fig. 1-2 ; Ledoyer, 1982 : 125, fig. 42 (avec références).
Amphithoe divisura : Shoemaker, 1933 : 255, fig. 8.
Description : <J de 4,5 mm, St. 40. (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître.
Ayant figuré la majorité des appendices de cette espèce à large répartition circumtropicale
et apparemment assez polymorphe, j’insisterai plus particulièrement sur certains caractères de la
race néocalédonienne : le lobe antéro-distal du gnathopode 2 n’est pas nettement saillant comme chez
la forme typique et sur ce point l’espèce correspond à A. serraticauda Rabindranath, 1972b, que cet
auteur ne compare malheureusement pas à A. ramondi dans sa discussion. De plus, uniquement chez
le (? que j’ai figuré ici (d’autres spécimens (J et $ ont été observés sur ce point), j’ai noté la présence
d’un petit éperon pédonculaire émoussé au niveau de l’uropode 1. Ceci correspond à la figuration que
donne Shoemaker (1933) de ces appendices pour A. divisura.
Ç : elle correspond bien aux formes figurées par J. L. Barnard (1965a, 1970) pour des spécimens
du Pacifique et à A. serraticauda : le gnathopode 2, à bord palmaire convexe, présente un petit sinus
délimitant un petit angle palmaire saillant. Ce caractère n’apparaît pas chez la forme de Madagascar :
cf. Ledoyer (1969a, fig. II, 1972, fig. 10 et 1982, fig. 42), les préparations afférentes à ces travaux ont
été revues à titre comparatif.
En définitive, il semblerait y avoir trois formes d’A. ramondi au sens large, en y incluant A. ser¬
raticauda :
deux sont caractérisées par un gnathopode 2 $ pourvu d’un petit redent palmaire et se différencient
par le gnathopode 2 (J à lobe propodial antéro-dorsal développé ou non (A. serraticauda et forme
néocalédonienne) ;
l’autre a un gnathopode 2 $ parfaitement convexe et un gnathopode 2 <? typique.
Quant à l’espèce A. waialua J. L. Barnard, 1970 qui est très voisine, elle est bien caractérisée
par son gnathopode 1 (J à bord palmaire échancré.
Matériel : St. 8 (1$) ; 32 (3<?, 4?) ; 33 (1) ; 34 (1& 3$ ou im.) ; 38 (3$) ; 39 (5) ; 40 (1£, 2$) ; 43 (2) ;
45 (1<J, 2$) ; 46 (1Ç) ; 86 (le?) ; 88 (2$).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
15
Cymadusa filosa « sensu lato » Savigny, 1816
incluant C. imbroglio Rabindranath, 1972
et C. vadosa Imbach, 1967.
Figures 5 et 6
Le genre Cymadusa compte actuellement 11 espèces (C. grossimana exclue et C. australis, comme
l’a observé Monod, 1971, étant synonyme de C. filosa). Cette dernière espèce apparaît d’ailleurs très
polymorphe (C. filosa -+- C. microphthalma Chevreux, 1901 + C. hirsuta Chevreau, 1900 -F C. setosa
Tattersall, 1922).
C. imbroglio semble devoir être intégrée dans ce complexe et il en est peut-être de même pour
C. vadosa ; voir discussion ci-après.
C. filosa « sensu lato » pose bien des problèmes (cf. Ledoyer 1982) et le matériel néo-calédonien
relatif à cette « espèce » n’apporte aucun éclaircissement. Au contraire il tend à le rendre encore plus
complexe puisque j’y ai rencontré 4 formes différentes se répartissant en deux groupes distincts : ceci
en fonction de la morphologie du gnathopode 2 du <J.
Le groupe I possède un gnathopode 2 (J à bord palmaire oblique, dépourvu de toute trace de
processus prédactylaire ou palmaire et ne présente pas d’angle palmaire net. Ce dernier caractère
n’est d’ailleurs pas absolu puisque l’un des individus (<J de 8 mm de la St. 3) possédait des gnathopodes
2 dissymétriques (cf. fig. 5) : l’un ayant un bord palmaire très oblique dépourvu d’angle, l’autre étant
presque transverse et portant un redent palmaire. Quoiqu’il en soit, dans ce groupe, j’ai observé deux
formes : l’une à gnathopode 2 glabre, l’autre à gnathopode 2 très pileux ((J de 8 mm, lui-même de la
même St. 3, cf. fig. 6). Ces individus (<$) ont un gnathopode 1 à carpe subégal au propode (36/36 et
42/36) et le carpe est deux fois plus long que large (36/20 et 42/20). Le bord palmaire de ce gnathopode 1
est parfaitement convexe.
Le groupe II possède un gnathopode 2 (J à bord palmaire peu oblique, bien échancré et présen¬
tant un processus palmaire toujours net et un angle palmaire saillant (<J de 11 mm, St. 44 et çj de 11 mm,
St. 70, ce dernier issu non pas de l’herbier, mais des sables coralliens des fonds blancs du récif Abore,
et que j’ai étudié ici à titre comparatif). Cette forme correspond sans aucun doute à la forme glabre
de celle de l’herbier qui est très pileuse. De plus, chez ces deux dernières, on observe chez la forme
pileuse 1 2 un gnathopode 1 à bord palmaire convexe alors que celui de la forme glabre est nettement
échancré, mais ce caractère n’apparaît pas chez les autres individus £ de la même récolte, qui sont
par ailleurs totalement identiques à ce « grand » (J. Chez ces deux formes le gnathopode 1 possède un
carpe qui paraît plus long que le propode, mais ceci est dû en fait à la dilatation moins importante
du carpe. Rapport carpe/propode : 37/25 et 42/37. Longueur du carpe/largeur : 37/15 et 42/18, ce
rapport est voisin de 2,5.
Dans ces conditions, il devient malaisé d’attribuer à ces 4 formes un statut spécifique distinct
et je pense devoir les référer, dans l’état actuel de la taxonomie du genre, à des formes de l’espèce poly¬
morphe C. filosa. Notons toutefois (caractère vérifié attentivement) que chez ces diverses formes néo-
calédoniennes, le telson est toujours peu pileux : 2, parfois 3 paires de soies médiodorsales.
Comparativement à Madagascar (Ledoyer, 1982) on peut considérer :
Groupe I. — Forme pileuse = C. filosa forme H (= C. hirsuta).
Forme glabre = ? C. vadosa 2 (Non C. microphthalma de Madagascar, à dactyle du
gnathopode 2 plus long que le bord palmaire et à carpe de ce même
gnathopode beaucoup plus étroit au niveau du lobe inférieur, cf.
Ledoyer, 1982, fig. 46).
1. Cette importante pilosité affecte aussi les premières coxales.
2. Imbach (1967) décrit l’espèce à partir d’un unique spécimen et différencie l'espèce de C. filosa par son gnatho¬
pode 1 à carpe plus court (subégal sur sa fig. 32) que le propode. Or ce même caractère se retrouve plus ou moins chez
la forme setosa Tattersall, 1922 et Ledoyer, 1982. Par contre C. vadosa semble elle aussi posséder un telson peu pileux.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
18 MICHEL LEDOYER
Groupe II. — Forme pileuse = C. filosa forme A (= C. setosa) : bord palmaire du Gn2 identique
à la forme malgache, mais carpe du Gnl long.
Forme glabre = C. imbroglio Rabindranath A
En conclusion, il est certain qu’une révision des espèces de ce complexe apparaît souhaitable,
considérant soit qu’il y a eu des mises en synonymie hâtives et injustifiées, soit qu’il y a un polymor¬
phisme remarquable.
Matériel : Groupe I (forme pileuse + forme glabre) et groupe II (forme pileuse) : St. 3 (50) ; 4 (1 juv.) ;
7 (1$) ; 21 (6$ & juv.) ; 23 (1 juv.) ; 32 (1$, 1 juv.) ; 33 (10) ; 34 (10) ; 38 (1$) ; 39 (10) ; 40 (2) ;
43 (6) ; 44 (7 dont 1 <J(J) ; 45 (26 dont 2 <J(J) ; 79 (2 juv.).
Groupe II (forme glabre = C. imbroglio) : St. 36 (1(J à Gnl échancré, 1 juv.).
Autre biotope, sables coralliens des fonds blancs du récif Abore : St. 69 (3Ç) ; 70 (63) ; 71 (6) ; 72 (64) ;
73 (9$ & juv.).
N.B. $ et juvéniles ont été assimilés à la forme des <$ présents dans la récolte ou dans le biotope
(cas des fonds blancs où un seul type de $ a été rencontré).
Cymadusa grossimana n. sp.
Figures 7 et 8
Description : $ holotype de 7 mm, St. 52 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Maître.
Lobes latéraux céphaliques tronqués, peu saillants. Œil circulaire, peu coloré, jaunâtre.
Al et A2 peu pileuses et peu dissymétriques ; flagelle accessoire présent, vestigial et réduit
à une petite écaille articulée.
Lèvre antérieure arrondie. Lèvres postérieures à lobes externes échancrés. Mandibule à palpe
robuste, triarticulé, de type spatulé, à 5 ou 6 soies barbelées distales ; 8 épines molaires environ. Lobe
interne des Mxl portant 3 fines sétules, celui des Mx2 orné d’une nette rangée de soies médiolobu-
laires. Mxp classique ; lobe externe armé sur son bord interne d’une douzaine d’épines lisses et aiguës.
Coxales 1 à 4 arrondies, plus hautes que larges et pourvues, sur le bord inféro-postérieur, de
3 à 4 longues soies.
Gnathopode 1 subchéliforme, nettement moins robuste que le second ; article basal à peine
dilaté au niveau antéro-distal ; carpe aussi long et aussi dilaté que le propode, lobé et cilié sur son
bord inférieur ; propode ovalaire, à bord palmaire oblique et régulièrement convexe ; angle palmaire
défini uniquement par une longue épine que dépasse le dactyle denticulé. Gnathopode 2 à article basal
et ischial portant un lobe anguleux et très saillant ; carpe réduit, constituant sur le bord inférieur
un petit lobe arrondi ; propode très dilaté, à bord palmaire oblique, profondément échancré ; angle
palmaire défini mais non dentiforme et dépourvu d’épine ; dactyle long. P3 et P4 semblables, clas¬
siques et sans aucune épine. P5 à article basal de type circulaire, non lobé, à bord antérieur orné de
3 courtes et grosses épines ; propode portant 3 longues épines sur le bord postérieur, aucune ne pré¬
sentant une structure particulière. P6 à article basal piriforme. P7 non connue.
Épimère 3 arrondi, mais présentant un petit redent inféro-postérieur orné d’une sétule.
Uropodes 1 et 2 biramés, épineux, à rames peu dissymétriques et pourvus d’un éperon pédon-
culaire aigu qui, au niveau de l’uropode 1, est quasiment égal à la moitié de la rame externe. Uropode 3
classique, mais avec les deux épines en crochet relativement peu robustes.
Telson ovalaire, portant 3 paires de soies médio-dorsales.
$ : St. 82 (supposée de la même espèce du fait de la structure de son gnathopode 1 totalement
1. Rabindranath (1972b) décrit l’espèce d’après un <? unique récolté avec des C. filosa. On peut se demander
(voir ci-dessus) si cet animal ne correspond pas à un « grand * $ de l’espèce.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
20
MICHEL LEDOYER
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
21
identique à celle du <?, et de ses uropodes). Je n’ai pas observé avec netteté le flagelle accessoire. Gna-
thopode 2 subchéliforme et subégal au gnathopode 1 ; article basal sans grande saillie antéro-inférieure ;
carpe réduit comme chez le (J ; propode semblable à celui du gnathopode 1 : bord palmaire oblique,
régulièrement convexe ; angle palmaire non défini, sauf par une épine.
Forme 2 : de 7 mm, St. 25 (réc. Ledoyer).
Malgré sa taille identique, cet animal me semble correspondre à un stade plus mature
de l’espèce précédente. J’indiquerai ici uniquement les quelques caractères qui différencient ces deux
formes : le bord palmaire du gnathopode 1 (J est légèrement sinueux, le propode du gnathopode 2 est
beaucoup plus dilaté à son apex, il est moins creusé au niveau du bord palmaire, le dactyle n’atteint
pas l’angle palmaire. Enfin, les épines en crochet de la rame externe de l’uropode 3 sont nettement
moins robustes.
Discussion : Cette espèce pose quelques problèmes : la présence d’un flagelle accessoire vestigial la
rapproche du genre Paradusa, mais le rattachement ne peut être envisagé du fait de la structure
du palpe mandibulaire et des gnathopodes 1 et 2 nettement inégaux.
Si l’on estime que le flagelle accessoire, étant donné sa taille négligeable, doit être considéré
comme inexistant, l’espèce correspond au genre Amphitkoe. Cependant divers caractères apparaissent
plus significatifs du genre Cymadusa :
— soies médiolobulaires du lobe interne des Mx2 ;
— allongement du carpe du gnathopode 1 qui est dépourvu de lobe antéro-distal au niveau de l’article
basal ;
— forme de l’épimère 3 pourvu d’un petit redent inféro-postérieur ;
— processus pédonculaire de l’uropode 1 bien développé et spiniforme.
Ces critères n’ont pas une valeur absolue : C. variala (Sheard, 1936), qui possède un flagelle
accessoire bien développé (6 articles), a un gnathopode 1 à carpe peu allongé ; par contre chez A. lon-
gimana (et quelques autres espèces d’Amphithoe) ce carpe du gnathopode 1 est du type Cymadusa.
De toute façon, cet animal ne correspond à aucune des espèces d’Amphithoe actuellement connues.
Signalons qu’A. australiensis Bâte, 1862 (237, pl. 41, fîg. 7), décrite d’après une $, ne peut être assi¬
milée à cette espèce puisqu’elle présente une Al nettement plus courte que l’A2.
La structure du lobe interne des Mx2 qui n’est malheureusement pas connue pour toutes les
espèces d’Amphithoe ou de Cymadusa, me semble par contre devoir être prise en considération : la
présence d’une rangée de soies médiolobulaires paraissant, d’après nos connaissances actuelles, propre
au genre Cymadusa.
Matériel : Forme 1 : St. 52 (1$); 80 (1$??); 82 (2Ç).
Forme 2 : St. 25 (!<?, 1$) ; 88 (1<J).
Examphithoe gracilipes n. sp.
Figure 9
Le genre Examphithoe K. H. Barnard, 1916 dont je dois ici élargir quelques caractères (palpe
mandibulaire long et grêle, cf. K. H. Barnard pour l’espèce type du genre E. natalensis, palpe man¬
dibulaire réduit chez E. gracilipes n. sp.), se différencie parfaitement au sein de la famille des Amphi-
thoidae : les lèvres postérieures ne sont pas échancrées (unique dans la famille) et K. H. Barnard
les décrit comme identiques à celles de Biancolina ; les coxales sont à peine plus hautes que larges
(unique dans la famille) ; les gnathopodes 1 sont plus puissants que les gnathopodes 2 ; le lobe interne
des maxillipèdes est armé d’une robuste épine apicale (ces caractères sont parfaitement signalés par
K. H. Barnard). J’y ajouterai (voir remarque ci-dessus au sujet du palpe mandibulaire) que le lobe
Source : MNHN, Paris
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NOUVELLE CALÉDONIE
GAMMARIENS DE
23
interne des Mx2 est dépourvu de soies médiolobulaires ; sur ce point, on ne possède pas de précision
pour l’espèce type.
Description : (J de 9 mm, holotype, St. 23 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’île aux Canards. Animal
incomplet : Al, A2, une P5 et P6, les 2 P7 sont absentes.
Lobes latéraux céphaliques arrondis, peu saillants ; œil circulaire, peu coloré, jaunâtre.
Lèvre antérieure entière ; lèvres postérieures non échancrées, à lobes mandibulaires très pro¬
longés et à apex légèrement anguleux. Mandibule à petit processus molaire triturant ; palpe apparem¬
ment biarticulé, réduit ; processus inciseur et lacinia mobilis très denticulés ; 4 à 5 épines molaires.
Mxl à lobe interne petit et paraissant glabre ; palpe biarticulé portant une douzaine de soies spini-
formes et 3 à 4 soies. Mx2 à lobes symétriques ; pas de soies médiolobulaires. Mxp classique : lobe externe
armé d’une quinzaine d’épines denticulées sur le bord interne ; lobe interne peu soyeux et orné d’une
grosse épine émoussée apicale.
Coxales glabres, à peine plus hautes que larges (coxales 1 et 2). Coxale 1 légèrement anguleuse
au niveau antéro-inférieur.
Gnathopodes subchéliformes et subégaux, le premier étant toutefois un peu plus robuste que
le second. Article basal peu dilaté, mais à lobe antéro-distal arrondi et bien développé ; carpe long et
étroit, subégal (Gnl) au propode longuement ovalaire ou plus long (Gn2) ; bord palmaire très oblique,
convexe ; angle palmaire non défini si ce n’est par une longue épine. P3 et P4 similaires, classiques,
P5 à article basal à peine dilaté, étroitement ovalaire ; article méral, carpe et propode subégaux, seul
le dernier pourvu d’épines avec l’apex légèrement dilaté et armé de 4 épines dont l’une courbe et striée.
Épimère 3 arrondi, orné d’une légère encoche portant une sétule.
Uropodes 1 et 2 biramés, sans trace de processus pédonculaire. Uropode 3 à pédoncule inerme ;
rame externe armée de 2 fortes épines en crochet.
Telson entier, à apex tronqué et pourvu d’une paire de longues soies médio-dorsales.
Affinités : L’espèce néo-calédonienne qui est parfaitement référable au genre Examphithoe (voir ci-
dessus) est parfaitement caractérisée par ses gnathopodes 1 et 2 peu dilatés ( gracilipes ).
Remarque : Chez la $ (supposée de la même espèce), les gnathopodes sont de même type que chez le <?,
moins développés, ils ont un article basal dépourvu de lobe.
Matériel : St. 23 (le?, 1$, 1 juv.) ; 25 (1<? immature ?).
Melanesius n. sg.
Ce sous-genre présente de grandes originalités au sein de la famille des Amphithoidae à laquelle
il doit être rattaché comme l’atteste la structure de ses uropodes 3.
Il se différencie des genres connus par ses lèvres postérieures dont les lobes externes sont dépour¬
vus de toute trace d’échancrure (cf. Examphithoe). L’absence de palpe mandibulaire le rapproche du
genre Sunamphithoe. Les genres Paradusa Ruffo, 1969, Pseudamphithoides Ortiz 1976 et Amphyllodo-
mus Just, 1977 (ce dernier étant synonyme du second, cf. Karaman & J. L. Barnard, 1979), décrits
depuis le travail de J. L. Barnard, 1969, possèdent tous un palpe mandibulaire grêle. Chez les Sunam¬
phithoe, le gnathopode 2 est subégal au gnathopode 1 ou plus robuste, les coxales sont plus hautes que
larges et l’article basal de la P5 est élargi et presque circulaire.
Le gnathopode 1 est nettement plus robuste que le second, ce qui le rapproche aussi du genre
Paragrubia à mandibules pourvues d’un palpe et à coxales hautes.
En définitive, gnathopode 1 dominant sur le gnathopode 2, coxales à peine aussi hautes que
larges, structure du lobe interne du maxillipède indiquent clairement que cette espèce, absence totale
de palpe mandibulaire mise à part, doit être référée au genre Examphithoe. Je la considère uniquement
Source : MNHN, Paris
MICHEL LEDOYER
représentative d’un sous-genre du fait de la structure mandibulaire qui ne représente d’ailleurs qu’une
progression de la réduction du palpe déjà observée chez E. gracilipes n. sp.
Type du sous-genre : Examphithoe ( Melanesius) cooki n. sg., n. sp. (Masculin). Espèce dédiée
à James Cook, découvreur de la Nouvelle-Calédonie.
Localité type : îlot Maître (Nouméa).
Examphithoe ( Melanesius) cooki n. sp.
Figure 10
Description : g holotype de 6 mm, St. 44 (réc. Ledoyer). Animal incomplet (Al, A2 et P6 manquantes).
Bord dorsal lisse. Extrémité céphalique à lobes latéraux arrondis et peu saillants. Œil circu¬
laire.
Lèvre antérieure arrondie. Lèvres postérieures à lobes externes entiers ; lobes mandibulaires
prolongés et arrondis. Mandibule dépourvue de palpe ; au niveau de l’attache du palpe, on note la pré¬
sence d’une petite saillie en forme de gouttière ; processus inciseur très dentelé de même que la lacinia
mobilis ; 3 épines molaires ; processus molaire non triturant et représenté par une petite gibbosité
portant quelques petites soies (2 ou 3). Mxl à palpe biarticulé ; article distal orné sur le bord interne
et distal de 5 grosses soies pectinées et de 4 ou 5 soies simples ; lobe interne réduit et portant un petit
cil. Mx2 à lobes légèrement dissymétriques ; lobe interne sans soie médiolobulaire. Mxp à palpe de 4
articles, le dernier réduit, plutôt arrondi, porte à l’apex une ou deux soies pectinées ; lobe externe
développé, bordé de 14 épines et soies barbelées, atteignant la bâse du 3 e article du palpe ; lobe interne
étroit, orné de 3 soies et d’une large épine émoussée au niveau de son apex. Ces divers caractères ont
été vérifiés sur un second spécimen (<J paratype de la même station).
Coxales plus larges que hautes, arrondies. Lobe antérieur de la coxale 5 peu prolongé.
Gnathopodes subchéliformes, à article basal robuste et pourvu d’un lobe arrondi au niveau
antéro-distal. Gnathopode 1 nettement plus robuste que le second ; bord palmaire oblique, finement
crénelé et armé au niveau de l’angle palmaire d’une robuste épine ; bord-post-palmaire subégal au bord
palmaire ; dactyle finement denticulé, atteignant l’angle palmaire. Gnathopode 2 de même type, mais
à bord palmaire plus convexe ; angle palmaire généralement pourvu d’une épine (vérifié sur les 3 spé¬
cimens de la station 44). P3 et P4 identiques, non épineuses, à article basal ovalaire et dilaté sur le
bord antérieur ; carpe et propode subégaux. P5 et P7 de même type, mais de taille croissante : article
basal étroitement ovalaire, non lobé ; article méral, carpe et propode subégaux, ce dernier seul armé
d’épines et à extrémité distale, à peine dilatée, armée de 2 épines dissymétriques droites et d’une épine
courbe, toutes trois non striées.
Épimère 3 arrondi et orné d’une très petite sétule inféro-postérieure.
Uropodes 1 et 2 épineux, biramés, dépourvus de processus pédonculaire ; rames armées d’une
et deux épines latérales. Uropode 3 à rames spatulées, beaucoup plus courtes que le pédoncule ; rame
externe à bord externe finement denticulé et portant à l’apex deux fortes épines en crochet.
Telson entier, aussi long que large, plutôt arrondi et orné de deux longues soies et de quelques
sétules.
Matériel : St. 44 (3$) ; 45 (1 ?, mauvais état) ; 47 (1(J juv.).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MICHEL LEDOYER
Paradusa bilobata Ruffo, 1969 pilipes n. ssp.
Figure 11
Ruffo, 1969 : 63, fig. 21-23.
Description : (J holotype de 3,8 mm, St. 81 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Mba.
Je ne donnerai qu’une brève description de cet animal que je ne considère ici que comme une
sous-espèce de la forme de mer Rouge décrite par Ruffo. J’insisterai sur ses points de différenciation
avec l’espèce érythréenne.
L’article ischial du gnathopode 2 ne présente pas un grand lobe antérieur. Le bord dorsal du
carpe et du propode de ce même gnathopode est remarquablement pileux (pilipes). L’article basal
des P6 et P7, qui sont semblables, est relativement plus dilaté (notre spécimen, sur son côté droit,
avait d’ailleurs ces deux appendices en cours de régénération). Le telson est orné médio-dorsalement
de 2 paires de longues soies.
Il convient de remarquer que cette sous-espèce n’est pas sans rappeler le cas de C. fdosa qui
présente des formes glabres et des formes pileuses.
Comparativement au genre Cymadusa, la brièveté du flagelle accessoire ne pouvant être prise
réellement en considération (cf. C. grossimana n. sp.), ce genre se différencie essentiellement par la
brièveté du carpe de ses gnathopodes qui sont de taille assez voisine, l’article basal de ces mêmes appen¬
dices pourvu d’un lobe antéro-distal très marqué, le palpe mandibulaire relativement grêle et l’absence
d’une rangée de soies médiolobulaires au lobe interne des Mx2 : on note uniquement au niveau de la
région apicale de ce lobe l’existence de 2 ou 3 longues soies non marginales.
Matériel : Spécimen unique, disséqué in part. (2 préparations).
Famille COLOMASTIGIDAE
Colomastix sp.
Figure 12
Description : $ de 1,9 mm (immature ?), St. 85 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Yé.
Je ne donnerai qu’une courte diagnose de l’espèce, n’étant pas sûr de la maturité du spécimen
qui ne présente pas de caractères suffisamment remarquables permettant une identification certaine.
Les Al et A2 sont quasiment inermes. Le lobe interne du maxillipède est bilobé. Les pattes sont inermes,
les uropodes ont des rames subégales et le telson est entier et ovalaire, mais nettement allongé.
Par ces divers critères, l’espèce paraît actuellement référable à C. simplicicauda Nicholls, 1938
(cf. Ledoyer, 1979a : 22, sous le nom de C. simplicauda) qui n’est connue que par la $.
C. janiceae Heard et Perlmutter (1977) et C. azumai Hirayama et Kikucbi (1980), décrites res¬
pectivement de Floride et du Japon, n’apparaissent pas dans le tableau du genre que donne Ledoyer
(1979a). Toutes deux ont un lobe interne du maxillipède simple.
Matériel : St. 85 (1$, immature ?).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MICHEL LEDOYER
Famille COROPHIIDAE
Grandidierella bispinosa Schellenberg, 1938
Figure 13A
Schellenberg, 1938 : 92, fig. 47.
Ledoyer, 1979b : 152, fig. 7 (I).
Myers, 1981c : 214, fig. 1-2.
Description : £ de 3,5 mm, St. 44 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître. Spécimen incom¬
plet (Al, A2, P5 à P7 absentes), disséqué in part. (2 préparations).
Pas de processus sternal. Lobes latéraux céphaliques arrondis ; bord inférieur de la tête obli¬
quement tronqué. Œil circulaire, noirâtre, logé dans le lobe latéral.
Pièces buccales normales. Palpe mandibulaire triarticulé, spatulé, robuste et trapu. Lobe interne
de la Mxl orné d’une petite sétule, celui de la Mx2 portant des soies médiolobulaires.
Coxales plus larges que hautes, arrondies et presque discontinues.
Gnathopode 1 dominant, carpochéliforme ; carpe dilaté et à bord antéro-inférieur bifide, la
Source : MNHN, Paris
7.0. 13A. — GrapJidUrdla 5i»pim„o Sch.llenberg, 1938 : J de 3,5 mm, St. 14 (I . .pécimen d’Indooé.ie), B : Um 5e.
ap. de 2,5 mm, St. 7 ; C : Lembos indét. $ de 6,5 mm, St. 34.
Source : MNHN, Paris
30
MICHEL LEDOYER
dent externe étant la plus développée ; propode régulièrement ovalaire, peu allongé, à petit bord pal¬
maire convexe. Gnathopode 2 subchéliforme, à carpe subégal mais un peu plus dilaté que le propode
à bord palmaire quasiment transverse ; article basal à bord antérieur lisse.
Épimère 3 parfaitement arrondi.
Uropodes 1 et 2 biramés, épineux, grêles. Seul le pédoncule de l’uropode 1 est pourvu d’un petit
éperon inféro-distal. Uropode 3 uniramé ; rame pourvue de 4 à 5 longues soies apicales et d’un petit
article distal vestigial.
Telson ovalaire.
Remarques et discussion : Ledoyer (1979b) figurant cette espèce d’Indonésie n’indique pas l’existence
d’un petit article distal à la rame de l’uropode 3. Il est, en fait, présent bien que très réduit
(cf. figure).
Une observation attentive du gnathopode 1 d’un spécimen indonésien 1 (<J de 4 mm, mensu¬
ration à nouveau vérifiée) et de celui de Nouvelle-Calédonie indique qu’il n’y a aucune trace de dent
latérale sur le carpe. Quant à l’article basal du gnathopode 2, il est lisse sur son bord antérieur.
Il n’y a aucun doute, les espèces de ces deux régions sont identiques, par contre un problème
demeure : ces individus sont-ils des spécimens de G. bispinosa (cf. Schellenberg, 1938 et Myers, 1981c)
ou correspondent-ils à G. insulae Myers, 1981c ou à G. makena (J. L. Barnard, 1970) ? Cela ne semble
pas le cas de ces deux dernières espèces du fait de la dilatation relativement marquée du carpe du gna¬
thopode 2 par rapport au propode, de l’uropode 2 assez grêle, de la structure oculaire, de la longueur
de la rame de l’uropode 3 par rapport au pédoncule et, pour ces raisons, je persiste à croire, malgré
l’absence de dent latérale au carpe du gnathopode 1 et de crénelures sur le bord antérieur de l’article
basal du gnathopode 2, qu’il s’agit bien de G. bispinosa et ceci pour deux causes :
— la première est que Schellenberg figure un gnathopode 1 d’un petit $ (3 mm) parfaitement iden¬
tique à celui de l’espèce néo-calédonienne ou indonésienne. Myers (1981), par contre, a observé
des spécimens de même taille présentant déjà les caractères des individus totalement adultes
(dent latérale sur le carpe du gnathopode 1, article basal du gnathopode 2 crénelé) ;
— la seconde est d’ordre géographique. G. bispinosa typique a été trouvé dans l’archipel Bismarck
(Schellenberg) et aux îles Fidji (Myers). Il paraît curieux que l’espèce indonésienne et néo-calé¬
donienne soit différente, étant donné sa répartition de part et d’autre de l’archipel Bismarck.
Matériel : St. 44 (1$). Autres biotopes : St. 71 (1 gnathopode 1 de (J), fonds blancs du récif Abore
Genre Lembos
Le genre Lembos pose encore des problèmes au niveau spécifique, du fait de sa grande diver¬
sité, de nombreuses confusions et de caractères souvent non décrits (Al, A2, P5 à P7 souvent absentes ;
processus sternaux et pédoncule des uropodes 1 et 2 souvent passés sous silence).
Si l’on considère le complexe d’espèces L. aequimanus, L. intermedius et L. processifer, appa¬
remment largement réparti dans le Pacifique tropical, on aboutit à une grande difficulté d’identifi¬
cation.
Si on possède çj et $ de L. aequimanus, l’identification est aisée : le gnathopode 1 $ a une struc¬
ture très voisine de celle du <J. De plus, le dactyle de ce même gnathopode dépasse largement l’angle
palmaire qui est bien défini. Toutefois, certaines lacunes subsistent : Schellenberg (1938), pour le
indique une coxale nettement anguleuse, ce qui n’est pas le cas de la forme néo-calédonienne. J. L. Bar-
nard (1965b et 1970) ne traite que de la $ chez laquelle la coxale 1 apparaît arrondie et qui possède
des uropodes 1 et 2 à processus pédonculaire réduit, surtout au niveau de l’uropode 2 ($ de 4,2 mm).
1. Une partie du matériel de cette étude a été déposée au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris et une
autre au Musée de Bogor — Indonésie —. Ceci ne m’a pas permis de revoir tout le matériel alors récolté aux Moluques.
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
31
Ceci n’est pas le cas de la forme néo-calédonienne où la $ (8 mm) a des uropodes 1 et 2 identiques à
ceux du <? (voir figure 14). Signalons que le <? de cette espèce paraît dépourvu de processus sternaux.
Chez L. intermedius, le gnathopode 1 du <? et de la $ présente une structure différente (cf. Schel-
lenberg, 1938 et J. L. Barnard, 1970) ; le dactyle de ce gnathopode atteint l’angle palmaire. Les uro¬
podes 1 et 2 sont armés d’un éperon pédonculaire. Enfin le $ possède des processus sternaux bifides.
Quant à L. processifer (Pirlot, 1938), non J. L. Barnard, 1965b, je discuterai de ses rapports
avec les espèces voisines, ci-après, lorsque je traiterai de l’espèce.
En définitive, pour les espèces de ce genre, dans les diagnoses qui vont suivre, j’insisterai essen¬
tiellement sur les processus sternaux (?, la forme de l’épimère 3 et sur les éperons des pédoncules des
uropodes 1 et 2.
Lembos aequimanus Schellenberg, 1938
Figure 14
Schellenberg, 1938 : 76, fig. 39.
J. L. Barnard, 1965b : 527, fig. 26 — 1970 : 72, fig. 36 (a-e) Ç.
Non J. L. Barnard, 1955 : 34 = L. pualani.
Description : <?<? de 6 mm, St. 38 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître.
Comme je l’ai signalé plus haut, je ne donnerai qu’une courte diagnose de l’espèce, insistant
sur les caractères qui me semblent essentiels.
Pas de processus sternaux. Lobes latéraux céphaliques saillants, presque droits ; bord infé¬
rieur de la tête nettement anguleux. Œil coloré, noirâtre et circulaire.
Coxale 1 peu anguleuse (différence avec Schellenberg). Gnathopode 1 à carpe réduit, non spi-
niforme ; propode dilaté, mais étroitement ovalaire, à bord palmaire échancré, à angle palmaire sail¬
lant, mais non dentiforme ; dactyle dépassant très largement l’angle palmaire ; article basal sans soies
remarquables.
Épimère 3 orné d’une carène latérale et d’un petit redent inféro-postérieur.
Pédoncule des uropodes 1 et 2 armé d’un éperon inféro-distal.
$ : caractérisée par son gnathopode 1 de même type que celui du <?, mais beaucoup moins robuste.
Uropodes 1 et 2 à fort éperon pédonculaire.
Matériel : St. 3 (1 juv.) ; 8 (1 juv.) ; 21 (2$) ; 25 (1 juv.) ; 29 (1 juv.) ; 33 (1&? + 11) ; 34 (2&? + 37) ;
36 (2<J<J, 1<?, 1$, 2) ; 38 (l(?c?, 1<?) ; 39 (2&?, 18) ; 40 (2$ ov.) ; 42 (1$) ; 43 (5Ç et juv.) ; 44 (2$,
3) ; 45 (1Ç, 4 juv.) ; 46 (1<?) ; 88 (2c?).
Affinités : La $ est aisément identifiable par son gnathopode 1 à bord palmaire échancré.
Dans le cas du c? que je considère dépourvu de processus sternaux (Schellenberg, 1938, ne donne
pas de précision à ce sujet, mais J. L. Barnard (1970) différencie L. pualani de cette espèce par son
absence totale de processus sternaux : une ambiguïté subsiste donc), des confusions (en l’absence de
$) peuvent être faites avec L. pualani qui possède une coxale remarquablement aiguë.
Remarque : J’ai figuré ici un grand <? ((Je?), mais j’ai observé des spécimens (? à Gnl semblable (coxale 1
mise à part) à celui figuré par Schellenberg. Ceci n’est pas sans rappeler les modifications du
gnathopode 1 observées chez L. teleporus.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
33
Lembos aoraformis n. sp.
Figure 15
Description : <J holotype de 3,7 mm, St. 88 (réc. Ledoyer). Animal incomplet (Al manquantes). Spéci¬
men incomplètement disséqué (3 préparations).
Pas trace de processus sternal.
Lobes latéraux céphaliques légèrement saillants, quasiment droits. Bord inférieur de la tête
non dentiforme. Œil circulaire, jaunâtre.
Al (d’après le (J de la St. 89) à 2 e article du pédoncule beaucoup plus long que le premier ; 3 e
réduit ; flagelle accessoire de 3 articles. A2 à cône excréteur dentiforme.
Lèvre antérieure entière et arrondie. Lèvres postérieures à lobes mandibulaires prolongés, angu¬
leux. Mandibule normale ; 3 e article du palpe légèrement falciforme, portant une rangée de 6 à 7 spi-
nules bien alignées et quelques longues soies. Mxl à palpe biarticulé, orné de 8 épines distales ; lobe
interne à une soie plumeuse. Mx2 avec le lobe interne garni d’une rangée de soies médiolobulaires.
Mxp classique, mais 3 e article du palpe avec une petite saillie apicale externe.
Coxale 1 plus large que haute, presque losangique et anguleuse au niveau antéro-inférieur.
Coxale 2 arrondie.
Gnathopode 1 subchéliforme, presque glabre et beaucoup plus robuste que le second ; article
basal non dilaté dans sa partie distale, mais portant une saillie dentiforme très développée sur le milieu
de son bord antérieur ; article méral pourvu d’une forte dent inférieure qui n’atteint pas l’extrémité
du carpe ; ce dernier un peu plus long que le propode ovalaire, à bord palmaire oblique, finement cré¬
nelé ; angle palmaire défini par une forte épine ; dactyle robuste, denticulé, dépassant nettement l’épine
de l’angle palmaire. Gnathopode 2 subchéliforme, glabre sur son bord antérieur ; carpe ovalaire subégal
au propode, lui-même ovalaire, à bord palmaire oblique et entier ; une épine au niveau de l’angle pal¬
maire. P3 et P4 identiques, non épineuses et à article basal non dilaté. P5 à P7 de longueur croisssante,
à article basal très étroitement ovalaire et sans trace de lobe inféro-postérieur ; quelques épines au niveau
distal du propode et du carpe pour la P5.
Épimère 3 arrondi, avec un petit redent inféro-postérieur.
Uropodes biramés. Pédoncule des uropodes 1 et 2 avec une saillie pédonculaire. Rames externes,
armées de petites épines médianes, à peine plus courtes que les rames internes. Uropode 3 à rames
plus longues que le pédoncule ; rame externe portant un net petit article distal.
Telson entier, à angles latéraux légèrement saillants (vus de profil) et portant deux longues
soies.
$ embryonnée : je rapporte à l’espèce une $ trouvée conjointement avec le $ (St. 88), mais ceci
avec des doutes : en effet, si elle apparaît identique au sur divers critères (uropodes, épimère, etc...),
elle présente une coxale 1 parfaitement arrondie et presque circulaire. Le gnathopode 1 est à peine
plus robuste que le second. Tous deux possèdent la même ornementation pileuse.
Matériel : St. 88 (1<J, 1$ ?) ; 89 (1(J).
Affinités : Parmi les espèces de Lembos actuellement connues (Myers, 1974 à 1981a : Studies on the
genus Lembos I à X ; Myers, 1981b ; J. L. Barnard, 1979 inclus, etc...) seules, L. hastatus Schel-
lenberg, 1938 et L. parahastatus Myers, 1975a, présentent un gnathopode 1 <? à article métal
nettement dentiforme et à carpe inerme. Chez ces espèces, l’article basal du gnathopode 1 ne
présente pas d’ornementation ; le carpe est plus court que le propode qui possède un sinus pal¬
maire et la coxale 1 est arrondie.
L’espèce néo-calédonienne n’est pas sans rappeler le genre Aora et constitue une espèce inter¬
médiaire entre certains Lembos (voir ci-dessus) et les espèces d’Aora. Pour ma part, je la réfère au
premier genre car :
Source : MNHN, Paris
34
MICHEL LEDOYER
— l’article méral du gnathopode 1 n’est pas prolongé tout le long du bord inférieur du carpe ;
— la forme de la coxale 1 est du type Lembos ;
— le palpe mandibulaire, légèrement falciforme, porte une rangée bien alignée de petites sétules.
Voir la discussion à L. spinimerus.
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
35
Lembos processifer (Pirlot, 1938)
Figure 16
Bemlos processifer : Pirlot, 1938 : 330, fig. 147-149.
Non L. processifer : J. L. Barnard, 1965b = L. waipio (sous-espèce, voir J. L. Barnard, 1970 à L. intermedius).
Description : <J de 3,3 mm, St. 87 (réc. Ledoyer), herbier immergé d’Yé.
Processus sternaux présents (2 à 5) et de type plutôt lamelleux (voir figure).
Lobes latéraux céphaliques arrondis ; bord inférieur de la tête saillant ; œil circulaire, coloré,
à ommatidies périphériques claires.
Coxale 1 arrondie, plus large que haute.
Gnathopode 1 à carpe réduit, non dentiforme ; propode ovalaire, dilaté, peu allongé ; bord pal¬
maire échancré, mais à angle palmaire peu saillant et armé d’une robuste épine ; dactyle atteignant
juste l’angle palmaire.
Épimère 3 parfaitement arrondi sans aucune trace de redent.
Pédoncule des uropodes 1 et 2 armé d’un processus spiniforme inféro-distal de même taille.
Uropode 3 à rames dissymétriques, article distal de la rame externe très réduit et constitué par un
petit manchon englobant la base des 2 soies distales.
$ : bien caractérisée par son gnathopode 1 identique à celui du et aussi robuste. Le gnatho¬
pode 2 par contre apparaît un peu plus soyeux.
Forme 2
(J de 3,5 mm, St. 69 (réc. Ledoyer), sables coralliens du récif Abore.
Bien qu’issue d’un autre type de peuplement, je signale ici cette forme qui est caractérisée par
un gnathopode 2 à carpe et propode très pileux au niveau dorsal.
$ de la même station : parfaitement identique aux $ récoltées dans les herbiers.
Affinités : Si la $ de par la structure de son gnathopode 1 est aisément identifiable (les espèces sui¬
vantes ayant toutes, à l’exception de L. aequimanus, des gnathopodes 1 $ peu différenciés à
petit bord palmaire convexe), le peut poser quelques problèmes : toutes les espèces dont il
va être question (cf. J. L. Barnard, 1970, Pirlot, 1938) possèdent des uropodes 1 et 2 pourvus
d’un éperon pédonculaire qui, dans ce cas, ne constitue donc pas un critère de différenciation.
Par contre, toutes ces espèces ont une plaque épimérale 3 pourvue d’un petit redent inféro-
postérieur. Ceci permet donc de distinguer assez aisément L. processifer des espèces voisines
(<?) =
— L. macromanus a des processus sternaux moins saillants, les rames de l’uropode 3 sont peu dissy¬
métriques.
— L. pualani ne possède pas de processus sternaux et a une coxale 1 très anguleuse.
— L. waipio a un processus sternal du mésosomite 4 parfaitement dentiforme et l’angle palmaire
du gnathopode 1 constitue un éperon.
— L. intermedius possède des processus sternaux bifides. Les rames de l’uropode 3 sont symétriques.
Comme je l’ai déjà indiqué, les $ de ces espèces ont un gnathopode 1 non différencié.
Matériel : St. 34 (1$) ; 42 (1$) ; 51 (1$) ; 52 (1$) ; 87 (1<J, 2?). Autres biotopes, sables coralliens du récif
Abore : St. 69 (!<?, forme 2, 1$) ; 71 (1$) ; 72 (1$).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
37
Lembos spinimerus n. sp.
Figure 17A
Description : (J holotype de 4 mm, St. 36 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître.
Cette espèce est très voisine de L. aoraformis. Je ne donnerai donc ici que les points de diffé¬
renciation et j’indiquerai les structures qui n’ont pas été parfaitement observées.
Al et A2 non connues. Processus sternaux non observés avant la dissection, mais apparem¬
ment absents. Pièces buccales comme chez L. aoraformis, mais lobe mandibulaire des lèvres posté¬
rieures mal vu.
Coxale 1 aussi haute que large, sans prolongement antéro-inférieur.
Gnathopode 1 subchéliforme, nettement plus robuste que le second ; article basal trapu, sans
aucune ornementation ; article méral prolongé en un éperon dentiforme sur la moitié du bord infé¬
rieur du carpe ovalaire et subégal au propode ; ce dernier ovalaire, peu dilaté, présente un bord pal¬
maire oblique à peine sinueux ; angle palmaire arrondi, armé d’une forte épine ; dactyle denticulé,
dépassant l’épine de l’angle palmaire. Gnathopode 2 subchéliforme, à carpe et propode ovalaires,
subégaux et à bord dorsal très pileux.
Épimère 3 comme chez L. aoraformis avec un petit sillon latéral peu net (valable pour les deux
espèces).
Uropodes 1 et 2 en assez mauvais état, mais avec un processus pédonculaire bien apparent,
tout au moins au niveau de l’uropode 1. Uropode 3 identique à celui de L. aoraformis.
Remarque et discussion : L’absence de dent médiane sur le bord antérieur de l’article basal du gnatho¬
pode 1, la pilosité importante du bord dorsal du carpe et du propode du gnathopode 2 diffé¬
rencient aisément l’espèce de L. aoraformis.
L. aoraformis (flagelle accessoire présent) et L. spinimerus (flagelle accessoire non connu) sont
deux espèces qui posent quelques problèmes génériques : l’allongement de la dent mérale et du carpe
du gnathopode 1 par rapport aux espèces L. hastatus et L. parahastatus les rapproche des genres Aora
et Aoroides. En définitive, elles sont intermédiaires entre le genre Lembos et le genre Aora principale¬
ment (flagelle accessoire supposé présent chez les deux espèces) et pourraient justifier la création d’un
genre nouveau, mais ceci me paraît encore prématuré.
Remarquons que sous une autre forme, ce cas n’est pas sans rappeler celui de Lembos caputpho -
tis Ledoyer, 1968 et de L. isochelata Ledoyer, 1972 à gnathopodes 1 et 2 subégaux qui, intermédiaires
entre Aoridae et Isaeidae-Photidae ( Gammaropsis ), ont été ultérieurement considérés comme repré¬
sentatifs d’un genre nouveau par Myers, 1973.
Matériel : St. 36 (1<J + 2).
Lembos waipio J. L. Barnard, 1970
Figure 17B
J. L. Barnard, 1970 : 85, fig. 44, 45.
Non Ledoyer, 1972 L. waipio ? — L. quadrimanus mozambicus.
Description : de 4 mm, St. 33 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître.
Lobes latéraux céphaliques arrondis, bord inférieur de la tête saillant. Œil circulaire, noirâtre,
relativement petit.
Processus sternaux dentiformes, simples et saillants au niveau des mésosomites 2 à 4.
Coxale 1 arrondie. Gnathopode 1 à carpe réduit ; propode à bord palmaire presque transverse,
Source : MNHN, Paris
Fig. 17A. — Lembos spinimerua n. sp. £ holotvpe de 4 n
? de 4,7 mm, St. 33.
n, St. 36 ; B : Lembos waipio J. L. Barnard, 1970 : <J de 4 i
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE 39
mais creusé d’un sinus assez étroit que délimite un angle palmaire dentiforme armé d’une épine ; dac*
tyle dépassant l’angle palmaire.
Épimère 3 pourvu d’une petite dent.
Pédoncule des uropodes 1 et 2 armé d’un fort éperon inféro-postérieur.
? : 4,7 mm, St. 33 : gnathopode 1 non différencié, mais à bord palmaire presque transverse.
(Voir à Lembos $ indéterminée).
Affinités : Voir à L. processifer.
Matériel : St. 32 (1$) ; 33 (1(J, 6$) ; 34 (1$ avec une $ de Lembos indéterminée). Autres biotopes : sables
coralliens du récif Abore : St. 71 (1$).
Lembos sp.
Figure 13B
Description : £ de 2,5 mm, St. 7 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître.
N’ayant trouvé qu’un spécimen de cette espèce et ayant omis d’observer attentivement les
processus sternaux, je ne tenterai pas de déterminer avec plus de précision cette espèce qui, à pre¬
mière vue, semble assez proche de L. pualani, etc... (voir affinités à L. processifer).
Ce Lembos possède une plaque épimérale 3 ornée d’un redent, sa coxale 1 est de type arrondi,
le carpe de son gnathopode 1 est relativement long, mais surtout il est caractérisé par son pédoncule
de l’uropode 2 qui ne porte aucune trace d’éperon inféro-postérieur.
Matériel : Spécimen unique, disséqué (1 préparation).
Lembos indéterminés
Figure 13C
Il s’agit dans ce cas de $ que j’ai rencontrées, apparemment identiques, et qui ne correspondent
pas aux $ des espèces signalées : le gnathopode 1 $ non différencié les rapproche, dans le contexte
actuel de nos connaissances sur la faune du secteur, de L. waipio dont elles se distinguent par le bord
palmaire beaucoup plus oblique.
Matériel : St. 23 (1) ; 34 (1 avec 1$ de L. waipio) ; 51 (3). La présence d’un éperon au pédoncule de
l’uropode 2 indique qu’il ne s’agit pas de la $ du Lembos sp.
Photis dolichommata Stebbing, 1910
Figure 18
Stebbing, 1910 : 609, pl. 55b ; K. H. Barnard, 1916 : 247 — 1937 : 164.
Griffiths, 1974 : 85 — 1975 : 114 ; Ledoyer, sous presse : fig. 408.
Description : $ et $ ovigère de 3,3 mm, St. 51 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Maître.
Bord dorsal lisse ; aucune trace de carène au niveau du métasome ou de l’urosome. Lobes laté¬
raux céphaliques remarquablement allongés et arrondis. Bord inférieur de la tête profondément échan-
cré. Œil petit, circulaire, noirâtre, logé dans la partie distale du lobe latéral.
Source : MNHN, Paris
40
MICHEL LEDOYER
Al et A2 subégales, ornées de longues soies. 3 e article du pédoncule d’Al aussi long que le pre¬
mier ; le second égal à la somme des deux autres articles ; pas trace de flagelle accessoire. Flagelle prin¬
cipal des Al et A2 comptant 7 à 8 segments.
Pièces buccales classiques.
Coxales arrondies et remarquablement pileuses sur leur marge inférieure.
Gnatbopode 1 subchéliforme, à carpe et propode subégaux et ovalaires ; bord palmaire oblique ;
angle palmaire mal défini, si ce n’est par une petite épine. Gnathopode 2 beaucoup plus robuste que
le précédent, à carpe réduit ; propode dilaté, à bord palmaire oblique et sinueux ; angle palmaire défini
par un redent et une grosse épine marginale précédant elle-même une épine latérale. P5 à article basal
dilaté et très soyeux sur son bord antérieur ; carpe non lobé ; dactyle court, robuste et nettement
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE 41
bifide. Article basal de la P6 intermédiaire entre celui de la P5 et celui de la P7 (d’après une $ de la
St. 53) qui est étroitement ovalaire ; apex du propode de la P7 orné de longues soies.
Épimère 3 parfaitement arrondi.
Uropodes 1 et 2 à rames subégales, portant des épines émoussées ; pas de processus pédoncu-
laire. Uropode 3 à rame interne réduite à une petite écaille pourvue d’une très petite épine distale ;
rame externe biarticulée, aussi longue que le pédoncule et à deux soies terminales.
Telson entier, aussi long que large, plutôt triangulaire.
Affinités : Deux espèces de Photis possèdent ce type très allongé de lobes latéraux céphaliques. Pour
Ruffo (1959 : 18), P. lamellifera Schellenberg, 1928, se différencie de P. dolichommata par la
présence d’une double carène au niveau du métasomite 1 et par l’existence d’un carpe légè¬
rement lobé au niveau de la P5. Les longues soies apicales du propode de la P7, par contre,
se retrouvent chez les deux espèces.
Notons que les spécimens néo-calédoniens, s’ils sont voisins de la forme australienne et mal¬
gache, présentent quelques différences au niveau de l’ornementation des uropodes 1 et 2.
Matériel : St. 51 (!<?, 1$) ; 53 (1$).
Xenocheira seurati Chevreux, 1907
Figure 19
Chevreux, 1907 : 416 — 1908 : 310, fig. 26-28.
Description : $ ovigère de 2,8 mm, St. 47 (réc. Ledoyer), herbier immergé, îlot Maître. Spécimen unique,
portant deux embryons, disséqué in part. (1 préparation), incomplet (Al, A2, une P4, une P5,
P6 et P7 absentes).
Espèce bien caractérisée par la structure bien particulière de son gnathopode 2 remarquable¬
ment soyeux et à carpe lobé sur son bord dorsal. Je ne note aucune différence avec la description très
complète qu’en donne Chevreux.
Remarque : Ce genre compte trois espèces : X. fasciata Haswell (1880a), décrite d’Australie et qui est
caractérisée comparativement à X. seurati, décrite des îles Gambier, par son gnathopode 1 à
propode très étroit (cf. Haswell, 1880a et 1885). Notons qu’Haswell (1885) écrit PI. 16 (1-3),
par contre la légende de la pl. 16 (114) peut prêter à confusion dans la façon dont elle
est libellée.
Quant à l’espèce ? X angusticarpa Ledoyer (1979a), décrite de Madagascar, elle ne correspond
qu’imparfaitement au genre du fait de l’absence de dilatation du carpe du gnathopode 2.
Matériel : St. 47 (1$), spécimen unique.
Source : MNHN, Paris
42
MICHEL LEDOYER
Famille DEXAMINIDAE
Atylus japonicus Nagata, 1961
Figure 20
Nagata, 1961 : 216, fig. 1-2.
Ledoyer, 1979b : 156, fig. 7 (II).
Description : $ de 4,6 mm, St. 43 (réc. Ledoyer), herbier intertidal, îlot Maître.
Corps très comprimé, caréné et dentiforme au niveau médio-dorsal du mésosomite 7 à l’uro-
somite 2 -(— 3. Urosomite 1 non coalescent avec l’urosomite 2 —(- 3. Lobes latéraux céphaliques quasi¬
ment plats. Œil petit, circulaire, coloré.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
44
MICHEL LEDOYER
Al et A2 très disjointes à la base. Premier article du pédoncule d’Al à bord inféro-distal légè¬
rement dentiforme.
Lèvres postérieures dépourvues de lobes internes. Mandibule sans palpe. Mxl à lobe interne
orné de 3 soies.
L’espèce étant figurée, j’insisterai sur ses caractères distinctifs.
Affinités : Remarquablement voisine du groupe d’espèces A. (Kamehatylus) nani J. L. Barnard (1970)
et A. (Kamehatylus) processifer Sivaprakasam (1970b), elle s’en distingue essentiellement par
l’absence de fusion entre les urosomites 1 et 2 -j- 3. De plus, chez la première espèce, le carpe
du gnathopode 2 est subégal au propode ; chez la seconde, à carpe du gnathopode 2 plus long
que le propode, le bord dorsal semble moins dentiforme.
Matériel : St. 32 (1$ ovigère) ; 33 (1$) ; 43 (1$ ovigère).
Dexaminoculus grobbeni (Spandl, 1923)
Figure 21
Sphaerophthalmus grobbeni : Spandl, 1923 : 14 — 1924 : 60, fig. 23.
Dexaminoculus grobbeni : Lowry, 1981 : 191, fig. 1-5.
Description : $ ovigère (7 embryons) de 2,7 mm, St. 51 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot
Maître.
Dans le cas de cette espèce qui vient d’être redécrite par Lowry (1981) et que je figure ici à
nouveau, je n’insisterai que sur certains points.
En effet, J. K. Lowry, dans une lettre du mois de juillet 1980, se demandait si S. cavimanus
Ledoyer, 1982 dont je lui avais transmis la description, ne correspondait pas à S. grobbeni. L’examen
du matériel de Nouméa me permet de lever ce doute et d’apporter quelques précisions, avant de passer
à la discussion permettant la distinction entre les deux espèces.
Chez la $, comme chez le <J, de façon générale, le premier article du pédoncule de l’Al est pourvu
d’un petit éperon inféro-distal. Celui-ci apparaît parfois émoussé.
Chez le (J immature (A2 bien développé, mais à flagelle n’atteignant pas la longueur du corps),
le gnathopode 1 est encore indifférencié et il est totalement semblable à celui de la $. Chez le adulte,
il acquiert sa structure très échancrée et, de plus, l’épimère 3 semble un peu plus épineux sur son bord
inférieur.
Affinités : Remarquablement voisine de D. cavimanus (Ledoyer, 1982,) D. grobbeni s’en distingue par :
— l’absence de dent nette sur le bord du lobe latéral, celle-ci est parfois à peine indiquée. Je signale
que j’ai revérifié les divers caractères dont il est question ici, sur de nouveaux spécimens de
Madagascar et sur divers individus néo-calédoniens ;
— l’article méral du gnathopode 2 (<J et $) nettement plus court que le carpe ;
— l’article basal de la P6 moins dilaté ;
— le sinus remarquablement creusé de l’épimère 3. Celui-ci est réellement à peine indiqué chez D.
cavimanus et ceci me semble le caractère le plus frappant ;
— l’absence d’épine latérale sur les lobes du telson.
Matériel : St. 27 (1<?) ; 50 (8<?, 2$) ; 51 (72, <? et ?) ; 52 (9) ; 81 (1<? im.) ; 87 (!<?).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
46
MICHEL LEDOYER
Genre Paradexamine
Comptant à ma connaissance actuellement trente et une espèces *, ce genre est très délicat
au niveau de la détermination spécifique car des caractères sont d’une part fluctuants (cas des dents
dorsales de la région postérieure dont le développement semble fonction et de la maturité et du sexe :
les mâles sont apparemment moins armés au niveau médiodorsal et, d’après mes observations, il sem¬
blerait que, bien souvent, le premier des segments armés chez la $ soit inerme chez le (J) et d’autre
part ils sont liés à l’observation des pièces buccales (mandibule, lèvres postérieures, etc...).
En définitive, ceci pose des problèmes et une clé dichotomique apparaît insuffisante. C’est la
raison pour laquelle j’ai repris ici, sous forme de tableaux synoptiques, certains caractères qui per¬
mettent une première répartition en groupe d’espèces. Ensuite, à ce niveau, il convient de reprendre
les descriptions originales pour trouver les caractères réellement distinctifs de chacune des espèces.
Je n’ai pas tenté dans ce travail une telle discrimination qui aboutirait à un tableau à très nombreuses
entrées ou à des tableaux additifs par groupe d’espèces. Mon but n’est pas de reprendre ce genre que
J. L. Barnard (1972a) a étudié en détail, mais tout simplement de situer les espèces néo-calédoniennes
dans ce complexe d’espèces à répartition essentiellement indo-pacifique.
Les lobes latéraux céphaliques ayant été observés attentivement, j’insisterai sur un point qui
me semble essentiel à l’origine : il faut examiner avec un soin très particulier l’urosomite 1 afin de défi¬
nir avec certitude s’il est uni ou tridenté. Ceci, sous forme manuscrite, paraît une évidence. Au niveau
de l’observation, par contre, et étant donné la taille souvent réduite des espèces, ce caractère reste
parfois bien délicat à définir et une observation sous divers angles à la loupe, confirmée par l’obser¬
vation au microscope, permet de dire avec certitude qu’une espèce possède un urosomide 1 unidenté,
les dents latérales pouvant être peu visibles.
La forme des lobes latéraux céphaliques et de l’urosomite 1 permet déjà une première scission
des espèces en quatre groupes :
— groupe à lobes latéraux anguleux et à urosomite 1 unidenté : 9 espèces, incluant P. orientalis
(Spandl) sensu J. L. Barnard, non J. L. Barnard, 1956b ;
— groupe à lobes latéraux arrondis et à urosomite 1 unidenté : 7 espèces ;
— groupe à lobes latéraux arrondis et à urosomite 1 tridenté : 13 espèces ;
— groupe à lobes latéraux anguleux et à urosomite 1 tridenté : P. orientalis (Spandl) sensu
Ledoyer, seule espèce.
A ce stade, il convient d’observer la forme de l’article basal des P6 et P7. Ceci pour progresser
de la façon la plus accessible possible.
1. J. L. Barnard (1972a) recense 33 espèces dont trois formes de P. flindersi (Stebbing, 1910 — Pirlot, 1938 et
Nagata, 1965a), P. miersii (Haswell, 1885), P. pacifica Nagata, 1960 et ? P. serraticrus (Walker, 1904). Nagata (1965a)
estime que l’espèce P. pacifica qu’il décrit en 1960 correspond en réalité à P. barnardi et non à l’espèce de Thomson.
Ultérieurement, avec doute, Tzvetkova (1976) assimile l’espèce à P. fraudatrix. Quant à P. orientalis J. L. Barnard (1965b)
elle est considérée synonyme de P. micronesica Ledoyer, 1979a. Par contre, P. orientalis Spandl, sensu Ledoyer (1979a),
ne paraît pas identique à P. orientalis Spandl, sensu J. L. Barnard. P. indentata et P. mozambica ont enfin été décrites
ultérieurement (Ledoyer, 1978 & 1979a). Quant à P. laevis Thomson, elle est assimilée au genre Ponlogeneiella par J. L. Bar¬
nard (1972b). En définitive, dans ces trente et une espèces je ne tiens pas compte de P. miersii, ? P. serraticrus et des
formes de P. flindersi sensu Pirlot (aucune description) et sensu Nagata.
Source : MNHN, Paris
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Lobes latéraux céphaliques dentiformes. Urosomite 1 tridenté. Actuellement, une seule espèce.
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
Paradexamine excavata n. sp.
Figure 22A
Description : $ holotype de 2,5 mm, St. 51 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Maître. Animal
incomplet : P6 absentes.
Lobes latéraux céphaliques arrondis. Bord dorsal à métasomite 1 unidenté, métasomites 2 et
3 et urosomite 1 tridentés.
Lèvres postérieures à lobe mandibulaire anguleux. Mandibule à 2 et 3 épines molaires. Lobe
interne des Mxl allongé, sans sétule distale ; palpe uniarticulé portant une soie apicale. Mx2 à lobes
très dissymétriques et peu soyeux ; lobe interne orné de 4 soies. Mxp à lobe interne très réduit ; lobe
externe aussi long que le palpe et à bord interne armé d’une dizaine d’épines.
Coxales étroites, plus hautes que larges, presque glabres et très légèrement festonnées.
Gnathopode 1 à P5 sans caractères très particuliers, si ce n’est que l’épine distale du propode
des P3 et P4 est nettement plus petite que les précédentes. P7 à article basal dilaté, non lobé mais
au contraire profondément échancré au niveau postéro-distal ( excavata) : cette structure ne corres¬
pond pas à une aberration car les deux P7 sont totalement identiques.
Épimère 3 anguleux et dentiforme.
Uropodes en mauvais état.
Telson totalement fendu ; apex des lobes tronqué et finement denticulé (une dizaine de den-
ticulations) et portant latéralement 5 petites soies régulièrement espacées.
Affinités : Cette espèce du groupe III est voisine par sa formule médio-dorsale de P. narluke (1-3-3-3)
ou de P. quarallia (1-3-3-3 ou 2-3-3-3) 1 , elle s’en différencie par les lobes mandibulaires des lèvres
postérieures et surtout par l’article basal de la P7 profondément échancré. Proche par l’article
basal de la P7 de P. indentata, P. goomai et de P. frinsdorfi, elle s’en distingue par ses lobes
mandibulaires anguleux et non arrondis et sa formule dorsale différente surtout comparati¬
vement à P. frinsdorfi. De plus, chez les deux dernières espèces, l’article basal de la P7 est dilaté,
mais uniquement tronqué au niveau inféro-postérieur.
Matériel : Spécimen unique (totalement disséqué, 2 préparations).
? Paradexamine frinsdorfi Sheard, 1938
Figure 23
Sheard, 1938 : 182, fig. 62 (8 A-L, 9).
J. L. Barnard, 1972 : 79, fig. 37-46.
Description : $ de 4,5 mm, portant un embryon, St. 51 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Maître.
Bord dorsal des mésosomites 6 et 7 unidenté, celui du métasomite 1 a l’urosomite 1 tridenté.
Lobes latéraux céphaliques arrondis.
Al sans trace de processus dentiforme et à second article du pédoncule nettement plus long
et plus grêle que le premier. A2 à flagelle réduit, comptant 4 articles.
Lèvres postérieures à lobes mandibulaires arrondis. Mandibules pourvues d’épines molaires.
Lobe interne des Mxl glabre ; palpe uniarticulé, à 3 soies apicales. Mx2 à lobes dissymétriques. Mxp
à lobes internes réduits bien que nettement individualisés.
1. Le dernier chiffre des formules médio-dorsales se réfère à l'urosomite 1.
Source : MNHN, Paris
50
MICHEL LEDOYER
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Source : AANHN, Paris
Source : MNHN, Paris
52
MICHEL LEDOYER
Coxales 1 à 4 plus hautes que larges, festonnées, soyeuses. Coxale 2 apparemment inerme. Coxale 3
anguleuse au niveau inféro-postérieur et portant une épine sur le bord postérieur.
Gnathopodes 1 et 2 peu robustes, subchéliformes, à bord palmaire oblique et à carpe subégal
au propode. P3 et P4 identiques, peu épineuses. P5 très classique pour le genre. P6 à article basal dilaté,
mais présentant au niveau inféro-postérieur une nette excavation. P7 à article basal dilaté, ovalaire,
dépourvu de lobe inféro-postérieur ; bord postérieur très denticulé et armé de soies rigides.
Épimère 3 armé d’une petite dent inféro-postérieure et finement et irrégulièrement crénelé.
Uropodes classiques.
Telson fendu ; apex des lobes légèrement denticulé ; lobes peu épineux : 1 épine distale et 2 épines
latéro-distales.
Discussion : Avec beaucoup de doutes, je réfère cette espèce essentiellement à P. frinsdorfi, du fait
de sa formule médio-dorsale (1-1-3-3-3-3) et de la forme de l’article basal de la P6 qui est toute¬
fois beaucoup plus échancré. Cette forme néo-calédonienne en est cependant différente par son
flagelle de l’A2 peu développé, le lobe interne du maxillipède réduit, la coxale 2 apparemment
non épineuse, etc...
Mise à part la présence d’une dent médio-dorsale au niveau du mésosomite 6, l’espèce pourrait
s’intégrer dans le groupe d’espèces : P. lanacoura, P. ronggi, P. otichi et P. windarra ; elle se diffé¬
rencie de la dernière par son A2 à flagelle réduit, sa coxale 2 inerme et l’article basal de la P6. Elle
est différente de P. ronggi et de P. otichi par ses gnathopodes à bord palmaire non transverse. Elle
pourrait, en définitive, correspondre à une forme moins épineuse, mais à bord dorsal plus denté, de
P. lanacoura.
Matériel : St. 51 (2$ : toutes deux à article basal des P6 nettement échancré).
? Paradexamine marlie J. L. Barnard, 1972
Figure 24
J. L. Barnard, 1972a : 105, fig. 56-58.
Ledoyer, 1979a : 56, fig. 30 (I) ; 1982 : 371, fig. 139.
Description : $ de 5 mm, St. 82 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Mba.
Espèce caractérisée par ses lobes latéraux céphaliques anguleux, son urosomite 1 unidenté,
sa formule médio-dorsale et son absence d’épines molaires 1 .
L’animal étant abondamment figuré, j’insisterai sur quelques problèmes.
Discussion : Tout d’abord, les spécimens néo-calédoniens correspondent à ceux de Madagascar (cf.
Ledoyer, 1982, non 1979) : épines molaires et coxales 2 et 3.
J. L. Barnard (1972a), décrivant l’espèce, la distingue de P. pacifica essentiellement par l’absence
d épines molaires et la présence d’épines aux coxales 2 et 3. Nos spécimens, sur ces points, sont donc
intermédiaires entre les deux espèces : coxales 2 et 3 avec quelques épines sur le bord postérieur (cf.
P. marlie) et présence d’épines molaires (cf. P. pacifica). En définitive ces individus de Nouvelle-Calé¬
donie pourraient correspondre à P. linga qui possède un telson relativement plus épineux, un lobe
interne de la Mxl sans sétule et surtout un lobe interne du maxillipède nettement plus développé.
Matériel : St. 21 (1<?, 3$) ; 23 (3<?, 8?) ; 25 (2c?) ; 33 (2<?, 2?) ; 34 (le?, 8$) ; 36 (le?, 3$) ; 40 (2$) ; 43
(1$) ; 44 (4<?, 16) ; 45 (63) ; 46 (2$) ; 78 (28$) ; 79 (25$ et juv.) ; 80 (3c?, 14) ; 81 (3c?, 10$ et juv.) ;
82 (165, nombreux <?) ; 83 (5c?, 12$ et juv.) ; 85 (2<?, 79) ; 86 (1<?, 147) ; 87 (107) ; 88 (15<?, 29) ;
89 (2(?, 108).
1. Épines des coxales 2 et 3, lobe interne du maxillipède, forme du pédoncule de l'uropode 3 m’incitent à consi¬
dérer que cette espèce néo-calédonienne est référable à l’espèce P. marlie malgré la présence de quelques épines molaires.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
54
MICHEL LEDOYER
Cette espèce est la plus constante et la plus fréquente, particulièrement la nuit, dans les her¬
biers de Nouméa.
Notons que P. marlie qui présente une large répartition dans les divers types d’herbiers (inter-
tidaux ou immergés) de la région de Nouméa, montre un hiatus au niveau des herbiers immergés de
l’îlot Maître où l’on rencontre P. micronesica. P. windarra quant à elle n’a été rencontrée que dans
les herbiers de l’île aux Canards et de l’îlot Maître : peut-être intrusive, elle pourrait être liée aux substrats
meubles.
Paradexamine micronesica Ledoyer, 1979
Figure 22B
Ledoyer, 1979a : 56, fig. 30 (II) ; 1982 : 374, fig. 140.
Dexaminoides orientais, J. L. Barnard, 1965b : 523, fig. 25.
Description : $ ovigère de 2,8 mm, St. 51 (réc. Ledoyer), herbier immergé de I’îlot Maître.
Cette espèce est parfaitement identifiable, sans dissection, par trois caractères :
— bord dorsal tridenté du métasomite 1 au métasomite 3, urosomite 1 unidenté ;
— premier article du pédoncule d’Al dentiforme au niveau inféro-distal ;
— lobes latéraux céphaliques très saillants et aigus.
Ajoutons que le carpe du gnathopode 2 est remarquablement grêle (il est deux fois plus long
que le propode) et que le telson possède des lobes à apex finement denticulé et à région médiane géné¬
ralement saillante.
En ce qui concerne les pièces buccales, on note que la mandibule, très calcifiée, est dépourvue
d’épine molaire ; le palpe des Mxl porte quatre soies distales (je n’ai pas observé sur ce spécimen de
soie latérale) et le lobe interne est orné d’une fine sétule. Les Mx2, peu pileuses, ont un lobe interne
garni d’environ 5 soies distales. Les lobes mandibulaires des lèvres postérieures sont émoussés.
Matériel : St. 50 (2<J, 1$) ; 51 (2?, 6$) ; 52 (2$).
? Paradexamine windarra J. L. Barnard, 1972
Figure 25
J. L. Barnard, 1972a : 138, fig. 78-80.
Description : $ de 6 mm, St. 23 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’île aux Canards.
Cette espèce du groupe III, à formule médio-dorsale 1-3-3-3-3, est proche de P. lanacoura,
P. ronggi, P. otichi et P. windarra. Je la réfère à cette dernière car elle présente sur le côté interne du
bord postérieur de la coxale 2 une épine remarquablement robuste et un flagelle de l’A2 $ non réduit.
La forme néo-calédonienne, par contre, présente quelques différences, comparée à la forme
australienne : gnathopodes moins robustes, pattes et telson moins épineux, article basal des P6 et P7
comparativement plus dilaté.
Matériel : St. 23 (4?, 3$) ; 25 (2?) ; 27 (1$) ; 33 (1$) ; 34 (1$) ; 36 (3<J, 1?) ; 40 (1$) ; 44 (1$) ; 50 (1<? ?) ;
51 (le?, 2$).
En conclusion, ce genre Paradexamine demeure difficile et apparaît très diversifié, peut-être
par différenciation géographique et spéciation dans les nombreuses niches écologiques des milieux
tropicaux.
Son importante représentativité dans les herbiers néo-calédoniens semble indiquer que, bio-
géographiquement, cette région est avant tout référable à la province australienne (cf. J. L. Barnard,
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
56
MICHEL I.F.DOYER
Genre Sebadexius n. g.
Diagnose : Étant donné la taille du spécimen unique, je signalerai en premier lieu les caractères qui
peuvent avoir été mal interprétés. J’indiquerai cependant qu’une observation très attentive
me permet d’affirmer que ces critères sont quasiment certains. Toutefois, conservant un léger
doute, je préfère les signaler en priorité : mandibule sans palpe ; telson fendu.
Pour le reste, il ne subsiste aucune ambiguïté : lèvre antérieure arrondie ; lèvres postérieures
à lobes internes développés et distincts, lobes mandibulaires anguleux et saillants. Mandibule à pro¬
cessus molaire triturant. Mxl à lobe interne inerme ; palpe uniarticulé. Mx2 bilobée. Mxp à palpe
de 4 articles ; lobes internes vestigiaux ; lobes externes développés, largement arrondis et aussi longs
que le palpe. Gnathopode 1 parachéliforme ; gnathopode 2 presque chéliforme. Coxales de type arrondi.
Urosomites 2 et 3 coalescents. Uropodes 1 à 3 biramés.
Ce genre, par ses pièces buccales, est voisin des genres Paradexamine (incluant Dexaminoides )
et Syndexamine. Il s’en différencie par la forme particulière de ses gnathopodes qui ne sont pas sans
rappeler ceux des Sebidae. C’est pour cette raison que je donne à ce genre le nom de Sebadexius.
Type du genre : Sebadexius neocaledoniensis n. sp.
Genre : masculin.
Sebadexius neocaledoniensis n. sp.
Figure 26
Description : $ holotype de 2 mm, St. 23 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’île aux Canards.
Bord dorsal à métasomites 2 et 3 faiblement tridentés. Urosomite 1 au moins unidenté. Méta-
somite 1 mal observé. Tête à rostre bien développé bien que peu remarquable. Lobes latéraux cépha¬
liques arrondis, prolongés, pourvus d’une dent aiguë sur leur bord supero-distal. Œil coloré, noirâtre,
situé dans le lobe latéral.
Al incomplète, sans flagelle accessoire, portant quelques longues soies spiniformes ; cône excré¬
teur de l’A2 arrondi.
Pièces buccales : caractères du genre.
Coxales 1 à 4 de hauteur croissante, arrondies, à bord inférieur finement festonné et orné de
courtes soies spiniformes ; bord postérieur apparemment inerme. Coxale 1 obliquement tronquée au
niveau antérieur. Coxale 4 non échancrée.
Gnathopodes parachéliformes, le second un peu moins robuste que le premier. Article basal
non dilaté ; carpe beaucoup plus court que le propode, ce dernier, presque rectangulaire, présente un
bord palmaire oblique mais antéroversé de sorte qu’il constitue une ébauche de mors s’opposant au
dactyle et à angle distal orné d’une épine. P3 et P4 apparemment identiques, robustes, à dactyle puis¬
sant, à carpe et propode épineux. P5 et P6 à article basal piriforme, de longueur croissante ; bord
postérieur mal observé en ce qui concerne les denticulations éventuelles. P7 à article basal dilaté,
presque rectangulaire ; bord postérieur régulièrement crénelé et armé de soies spiniformes ; article
méral et carpe épineux, ce dernier plus long que le précédent.
Épimère 3 anguleux et pourvu d’une dent inféro-postérieure. Épimère 2 de même type, mais
orné de plus d’une crête latérale.
Uropodes biramés, épineux ; rames subégales et étroitement lancéolées. Uropode 2 plus réduit
que les autres.
Telson (si l’interprétation est correcte, voir au genre) fendu, de forme presque carrée ; apex
des lobes large et échancré ; bords latéraux armés d’une ou deux longues épines.
Matériel : spécimen unique.
Affinités : voir au genre.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MICHEL LEDOYER
Famille EUS1RIDAE
Tethygeneia cavitelson n. sp.
Figure 27
Description : $ holotype de 4 mm, St. 83 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Yé. Spécimen dépourvu
de telson, observation complétée par l’examen d’autres échantillons.
Rostre bien développé, dépassant la moitié du premier article du pédoncule d’Al. Lobes laté¬
raux céphaliques arrondis ; bord inférieur de la tête arrondi. Œil volumineux, peu coloré, jaunâtre.
Les yeux sont presque coalescents au niveau dorsal.
Al égale à l’A2 et atteignant la longueur du corps. Articles proximaux du flagelle principal
d’Al ornés d’aestethacs.
Lèvres postérieures à lobes mandibulaires arrondis, dépourvues de lobes internes. Mandibule
à processus inciseur très dentelé ; lacinia mobilis bifide ou pluridentée ; processus molaire triturant ;
palpe robuste, à 2 e article dilaté et orné de 3 grosses soies distales ; 3 e article légèrement falciforme,
à 4 ou 5 courtes soies spiniformes latéro-apicales et à 4 grosses soies distales. Lobe interne des Mxl
portant 3 soies ciliées. Mx2 à lobes un peu dissymétriques, sans soie médiolobulaire. Mxp à 3 e article
du palpe pourvu d’une petite saillie apico-latérale.
Coxales 1 à 3 plus hautes que larges, arrondies à peine festonnées sur leur bord inférieur.
Gnathopodes peu robustes, grêles, subchéliformes ; propode subégal au carpe qui est dépourvu
de prolongement antéro-inférieur ; bord palmaire oblique et convexe. P3 et P4 semblables ; propode
pourvu d’une épine à l’extrémité distale ; dactyle armé d’une petite épine accessoire. P5 à P7 de lon¬
gueur croissante ; article basal dilaté, ovalaire et pourvu d’un lobe inféro-postérieur, ce dernier par¬
ticulièrement développé au niveau de la P7 ; bord postérieur avec de nettes indentations : ces dernières
sont peu abondantes au niveau des P5 et P6 ; article méral dilaté à l’apex ; propode subégal au carpe +
article méral ; dactyle armé d’une épine accessoire.
Épimère 3 obliquement tronqué, mais présentant une petite saillie dentiforme sur le bord inféro-
postérieur.
Uropodes classiques pour le genre. Uropodes 1 et 2 à rames dissymétriques et étroites, peu
épineuses, rame interne subégale au pédoncule. Uropode 3 à rames lancéolées, épineuses, subégales
et plus longues que le pédoncule.
Telson fendu aux 3/4, inerme ; lobes telsoniques à apex tronqué et légèrement concave.
Discussion ; J. L. Barnard (1972a) donne une liste des espèces qui appartiennent apparemment au
genre. Toutes, sans exception, possèdent un telson à lobes régulièrement arrondis ou légère¬
ment anguleux. La forme finement échancrée de l’apex des lobes telsoniques permet une discri¬
mination assez aisée de l’espèce que je nomme, pour cette raison, T. cavitelson. Ce caractère,
ainsi que l’existence d’une épine accessoire au niveau des dactyles des P3 à P7 ont été vérifiés
sur divers spécimens.
Matériel : St. 23 (1?) ; 80 (1Ç) ; 81 (2<?, 1$) ; 82 (26, & $) ; 83 (3<J).
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
Tethygeneia pacifica (Schellenberg, 1938)
Figure 28
Pontogeneia pacifica : Schellenberg, 1938 : 35, fig. 17 ; J. L. Barnard, 1955 : 5 — 1970a : 110, fig. 62, 63, 64 ;
Ledoyer, 1967 : 127, fig. 6.
Tethygeneia pacifica : J. L. Barnard, 1972a : 198 (liste) ; Ledoyer, 1982 : 415, fig. 157.
Description : <J de 3,5 mm, St. 34 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître.
Au sujet de cette espèce, je ne donnerai que quelques indications qui me semblent essentielles.
Le lobe interne des Mxl est orné de 4 soies : je n’en ai observé que 2 et 3 dans le cas du spé-
Source : MNHN, Paris
60
MICHEL LEDOYER
cimen disséqué, mais ces deux lobes internes présentent très nettement la trace d’insertion de 4 soies.
Le carpe du gnathopode 2 est clairement prolongé sous le bord post-palmaire. Telson fendu sur un
peu plus de sa moitié et à lobes telsoniques parfaitement arrondis.
Discussion : T. barnardi (Rabindranath, 1972c) est remarquablement voisine de l’espèce : gnatho¬
pode 2. Le lobe interne des Mxl, par contre, possède 3 soies ; le dactyle de la P7 apparaît den-
ticulé (non vu sur nos spécimens) et le 3 e article du palpe mandibulaire semble pourvu de moins
de soies apico-latérales.
Remarquons que chez les spécimens néo-calédoniens, la plaque épimérale 3 apparaît très voi¬
sine de celle de T. barnardi.
Matériel : St. 34 (1) ; 36 (2) ; 39 (1).
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
61
Famille GAMMARIDAE
Cheirocratus spinibasus n. sp.
Figure 29
Description : £ holotype de 5 mm, St. 50 (réc. Ledoyer), herbier immergé, îlot Maître. Spécimen tota¬
lement disséqué (2 préparations). A2 incomplètes et uropodes 3 absents.
Bord dorsal parfaitement bsse, sauf au niveau de l’urosomite 1 qui est armé d’une petite dent
médiodorsale. Lobes latéraux céphabques arrondis ; joue non échancrée. Œil circulaire, peu coloré.
Al plus courte que l’A2 (bien que cette dernière soit incomplète) avec un petit flagelle acces¬
soire de 2 articles ; flagelle principal en comptant 10. Premier article du pédoncule subégal au second
et armé de 2 épines inféro-distales. A2 à cône excréteur saillant, à apex arrondi.
Lèvre antérieure arrondie, entière. Lèvres postérieures pourvues de lobes internes ; lobe man-
dibulaire prolongé et arrondi. Mandibule à processus inciseur saillant mais peu dentelé ; lacinia mobi-
lis apparemment tridentée ; 6 épines molaires ; processus molaire triturant ; palpe triarticulé à pre¬
mier et second articles subégaux ; ce dernier orné de 5 soies apico-latérales à base dilatée ; 3 e article
falciforme, plus court que le précédent et armé d’une dizaine de courtes soies, plus 3 soies apicales.
Lobe interne des Mxl bordé d’une vingtaine de soies et portant, de plus, 8 soies médiolobulaires ; palpe
biarticulé. Mx2 à lobe externe orné uniquement de soies apicales ; lobe interne plus large et portant
une remarquable rangée de soies médiolobulaires. Mxp normal pour le genre, lobe externe bordé de
6 à 7 grosses épines spatulées ; lobe interne relativement élargi et armé de 3 épines émoussées distales.
Coxale 1 arrondie, plus large que haute du fait de l’existence d’un large lobe antérieur ; région
inféro-postérieure armée d’une petite épine marginale. Coxale 2 plus haute que large, arrondie, por¬
tant 3 à 4 soies spiniformes au niveau inférieur.
Gnathopodes simples. Gnathopode 1 plus court et plus trapu que le second ; article basal dilaté
et armé sur son bord médio-antérieur d’un large éperon arrondi ( spinibasus ) ; carpe et propode subégaux,
mais le premier plus dilaté que le second ; pas de bord palmaire distinct ; une épine au niveau de l’inser¬
tion dactylaire ; dactyle relativement court, denticulé (4 denticules) et portant quelques soies. Gna¬
thopode 2 à carpe plus court que le propode, ce dernier simple, apparemment inerme ; dactyle orné
uniquement de soies. P3 et P4 identiques, sans grand caractère (voir figure). P5 à P7 de même morpho¬
logie, mais de taille croissante : article basal étroitement ovalaire, non lobé, à bord postérieur lisse ;
bord antérieur armé de quelques longues épines ; article méral, carpe et propode subégaux, grêles,
épineux.
Épimère 3 anguleux et se terminant au niveau inféro-postérieur par une saillie dentiforme.
Uropode 1 biramé ; rames grêles, symétriques, subégales au pédoncule qui est armé d’une forte
épine latéro-apicale ; rames quasiment inermes mais finement denticulées. Uropode 2 à rames plus
élargies. Uropodes 3 perdues (sur les deux spécimens).
Tels on fendu, à lobes déhiscents, à apex aigu orné d’une micro-soie ; une soie médio-latérale
bien développée.
Matériel : St. 50 (2(J, holotype et paratype).
Affinités : A ma connaissance le genre n’était pas signalé de l’océan Pacifique. L’espèce néo-calédo¬
nienne du groupe d’espèces à telson non épineux, à joue non échancrée, à premier article du
palpe mandibulaire bien développé, doit être actuellement considérée comme un représentant
du sous-genre Indiocratus Ledoyer (1982) bien que son uropode 3 ne soit pas connu. Ce sous-
genre comptait 3 espèces : C. inertnis Ledoyer (1969), C. armatus Karaman (1977) et C. uni-
dentatus Ledoyer (1979a), les deux dernières étant d’ailleurs, peut-être, synonymes. C. spini¬
basus, connue uniquement par les <?, est remarquablement proche de C. armatus, connue par
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
63
une $ (forme du gnathopode 2, des pattes 3 à 7, des épimères et du telson). Elle s’en distingue
par le premier article du palpe mandibulaire subégal au second et non plus long et par la forte
pilosité du lobe interne des maxilles 1 et, pour ces raisons, je ne peux considérer ces spécimens
comme les $ de C. armatus. De toutes façons, l’espèce se différencie de toutes les autres espèces
de Cheirocratus, au sens large, par l’article basal du gnathopode 1 armé d’un fort éperon anté¬
rieur.
Dülichiella appendiculata (Say, 1818)
Melita appendiculata : J. L. Barnard, 1970a : 161, fig. 101-102 ; Ledoyer, 1979a : 86, fig. 50 ; 1982 : 570, fig. 216
(avec références).
Remarque : Karaman et J. L. Barnard (1979) rétablissent le genre Dülichiella Stout, 1912 pour les
espèces de Melita à gnathopodes 2 du (J très différents de structure. Ils estiment que sous le
nom de D. appendiculata, par suite de remises en synonymie, il y a probablement diverses espèces.
Comparativement aux spécimens malgaches, je n’ai pas observé de grandes différences.
Matériel : St. 7 (1$) ; 44 (1<J) ; 83 (1$) : biotopes d’herbier — St. 17 (lg) ; 70 (1(J) ; sables coralliens.
Elasmopus molakai J. L. Barnard, 1970
Figure 30A
J. L. Barnard, 1970 : 121, fig. 71-72.
Description : <J de 3,5 mm, St. 81 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Mba.
Par rapport à la description de J. L. Barnard, notre spécimen (unique) présente quelques par¬
ticularités.
J’indiquerai, en premier lieu, les points de diagnose qui me paraissent essentiels et sont en
accord avec la définition de l’espèce :
— les yeux sont parfaitement colorés ;
— l’article basal du gnathopode 2 porte un petit lobe antéro-distal. Le propode de ce même gnatho¬
pode, ovalaire, mais relativement peu dilaté, a un bord palmaire oblique présentant un petit
processus prédactylaire épineux, une petite dent médiane et une dent définissant l’angle pal¬
maire. Le carpe réduit est peu pileux au niveau inférieur ;
— P3 et P4 portent à l’extrémité du propode une épine de type spatulé ;
— le telson possède des lobes arrondis, légèrement encochés, mais à angles latéraux eux-mêmes arron¬
dis. Chacun des lobes porte 2 épines dissymétriques.
En second lieu je citerai les caractères qui ne sont pas conformes à la description originale de
l’espèce :
— l’article basal de la P7 paraît légèrement moins lobé ;
— l’épimère 3 anguleux porte sur le bord postérieur 3 à 4 denticulations parfaitement nettes et appa¬
raît dépourvu de longues soies ;
— la dent palmaire du gnathopode 2 est flanquée d’une épine légèrement latérale.
En réalité, c’est le second caractère qui me semble surtout important. Toutefois, étant donné
qu’il n’est ici question que d’un unique spécimen et qu’un seul caractère est différent — encore ne faut-
il pas oublier que chez l’espèce hawaïenne l’épimère 3 porte une petite dent inféro-postérieure suivie
de 2 à 3 petites indentations — je ne vois pas de critère permettant actuellement de distinguer l’espèce
néo-calédonienne de celle d’Hawaii.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
Discussion : L’espèce peut prêter à confusion avec E. piikoi J. L. Barnard (1970) qui possède un telson
à angles latéraux des lobes aigus. Chez E. minimus que Chevreux (1907) a décrite des îles Gam-
bier, l’épimère 3 anguleux est lisse et le bord palmaire du gnathopode 2 est dépourvu de dent
médiane. De plus, l’article basal de ce gnathopode semblerait dépourvu de lobe antéro-distal.
Matériel : St. 81 (1<J unique, totalement disséqué, 2 préparations).
Elasmopus pseudaffinis Schellenberg, 1938
Figure 30B
Schellenberg, 1938 : 58, fig. 30.
J. L. Barnard, 1965b : 501, fig. 12-13.
Ledoyer, 1982 : 480, fig. 180B & 182 (avec références).
Description : de 8 mm, St. 39 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître.
Espèce caractérisée par l’absence d’épines remarquables au niveau du propode des P3 et P4,
sa plaque épimérale 3 anguleuse et bien prolongée, son telson très profondément fendu, à lobes allon¬
gés et à apex bidenté, l’angle interne étant le plus saillant. De façon générale, il n’y a que deux épines
dissymétriques insérées dans l’échancrure de chacun des lobes. Le gnathopode 2 possède un bord
palmaire, très oblique et assez variable, au niveau duquel on distingue un processus prédactylaire
épineux, une région médiane épineuse et un angle palmaire mal défini, non saillant et présentant une
petite cavité latérale entourée de quelques courtes épines. Le palpe mandibulaire a un 3 e article long
et falciforme bordé d’une abondante rangée de courtes soies spiniformes (25 environ).
Remarquons qu’il subsiste un doute quand à l’affinité de la forme micronésienne (cf. J. L. Bar¬
nard, 1965b) à lobes telsoniques quasiment arrondis. La forme néo-calédonienne, mises à part ses coxales
un peu moins soyeuses, correspond parfaitement à la forme malgache.
Matériel : St. 34 (1<J, juv., 2$, 2 juv.) ; St. 39 (2$, 1$, 2 juv.).
Eriopisella secheüensis Chevreux, upolu J. L. Barnard, 1970
Figure 31
J. L. Barnard, 1970 : 143, fig. 87, 88.
Description : spécimen de 3 mm, supposé (pas d’oostégite), St. 33 (réc. Ledoyer), herbier intertidal
de l’îlot Maître.
Lobes latéraux céphaliques arrondis. Œil bien conformé, circulaire et comptant une dizaine
d’ommatidies.
Al incomplète mais plus longue que l’A2.
Pièces buccales du genre : palpe mandibulaire long et grêle ; lobe interne de Mxl orné de 2 soies
apicales, celui des Mx2 sans soies médiolobulaires.
Coxale 1 nettement anguleuse.
Gnathopodes subchéliformes et subégaux ; bord palmaire convexe, bordé de petites épines ;
une longue épine définissant l’angle palmaire. Gnathopode 1 à carpe non dilaté, aussi long que le pro¬
pode étroitement ovalaire ; carpe du gnathopode 2 très nettement lobé et élargi au niveau antéro-
inférieur. P5 à P7 de taille croissante, à article basal piriforme, non lobé et à bord postérieur bien cré¬
nelé au niveau de la P7 ; dactyle robuste et quasiment simple.
Épimère 2 avec une rangée de soies (non figuré). Épimère 3 anguleux, à bord inféro-postérieur
se terminant par une petite dent.
Source : MNHN, Paris
MICHEL LEDOYER
Uropodes 1 et 2 biramés, à pédoncule très épineux au niveau de l’uropode 1 qui est armé d’une
forte épine latéro-apicale ; rames quasiment inermes, sauf au niveau de l’apex. Uropode 3 perdu.
Telson totalement fendu ; apex des lobes telsoniques anguleux et armé d’une épine en position
légèrement interne.
Affinités : Ledoyer (1979b : 163) donne un tableau récapitulatif de quelques caractères des espèces
du genre. Il ne fait aucun doute (œil, forme de la coxale 1) que l’espèce néo-calédonienne appar¬
tient au groupe E. sechellensis et E. sechellensis upolu. Elle est référable à la seconde par ses
lobes latéraux nettement arrondis, ses dactyles simples, l’ornementation de son telson etc...
Seule la coxale 1 apparaît un peu plus anguleuse que chez la forme hawaienne.
Matériel : Spécimen unique, totalement disséqué (2 préparations).
Source : MNHN, Paris
G AMMARI EN S DE NOUVELLE CALÉDONIE
67
Maera brevicaudala n. sp.
Figure 32
Description : Ç holotype de 4,8 mm portant 4 embryons, St. 48 (réc. Ledoyer), herbier immergé de
l’îlot Maître.
Bord dorsal totalement lisse. Lobes latéraux céphaliques arrondis, peu saillants. Œil présent,
arrondi, jaunâtre.
Uropodes 3 relativement courts ( brevicaudala ) et ne dépassant pas l’apex des uropodes 2.
Al plus longue que l’A2 ; flagelle accessoire de 3 articles, le principal en comptant une ving¬
taine.
Pièces buccales normales pour le genre : lobe interne des Mxl à 3 soies plumeuses, celui des
Mx2 sans soies médiolobulaires.
Coxales non soyeuses, plus hautes que larges, arrondies. Coxale 1 pourvue d’un petit lobe antéro-
distal arrondi et bien délimité et présentant une petite encoche au niveau inféro-postérieur. Encoche
de la coxale 2 présente mais très réduite.
Gnathopode 1 subchéliforme, à bord palmaire très oblique, quasiment simple ; région prédac-
tylaire portant une petite épine et quelques denticulations ; zone correspondant à la région de l’angle
palmaire armée de 3 épines alignées ; carpe subégal au propode. Gnathopode 2 subchéliforme ; article
basal sans trace de lobe ; carpe ovalaire, subégal au propode ; ce dernier à bord palmaire oblique et très
légèrement sinueux porte une épine médio-palmaire, une épine délimitant l’angle palmaire et 2 épines
latérales. Gnathopodes 2 symétriques. P3 et P4 identiques, peu épineuses, à dactyle robuste et de
type biungulé. P5 à P7 de morphologie voisine mais à article basal de plus en plus élargi ; celui-ci est
ovalaire, dilaté, il porte un lobe inféro-postérieur arrondi (P6 et P7), le bord postérieur est régulière¬
ment dentelé (P6 et P7) ; article méral, carpe et propode subégaux, peu dilatés.
Épimères 2 et 3 de même type : angle inféro-postérieur légèrement saillant et anguleux ; bord
postérieur de l’épimère 3 obscurément crénelé.
Uropode 1 à rames subégales ; pédoncule sans processus pédonculaire mais armé d’une longue
épine apico-latérale externe. Uropode 3 à rames deux fois plus longues que le pédoncule, lancéolées,
peu épineuses, à apex incisé et orné d’une ou deux sétules.
Telson totalement fendu ; apex des lobes telsoniques anguleux et incisé ; une unique épine
médio-dorsale par lobe.
Affinités : Ici, je ne passerai pas en revue toutes les espèces de ce genre très abondant. Je signalerai
uniquement celles qui présentent le même type de gnathopode 2.
Chez M. carneleyi (Stephensen, 1927), la coxale 1 est moins lobée, les P3 et P4 sont beaucoup plus
épineuses, l’épimère 3 moins anguleux et le telson possède une ornementation différente.
Chez M. caroliniana Bynum et Fox, 1977, l’uropode 3 est développé et le teslon très épineux.
Chez M. hamigera Haswell, 1880b qui, par la forme de ses gnathopodes est très proche de M. brevicau-
data, la coxale 1 est anguleuse, l’épimère 3 est dentelé sur son bord postérieur, l’uropode 3 est
long et le telson épineux.
Chez M. mastersi (Haswell, 1880a), coxale 1 mise à part, mêmes caractères que pour l’espèce précé¬
dente.
Chez M. bruzeli Stebbing, 1888 et chez M. vagans K. H. Barnard, 1940 (= Elasmopus levis K. H. Bar-
nard, 1916), la coxale 1 est denticulée sur son bord inférieur, surtout chez la première.
Chez M. wiüiamsi Bynum et Fox, 1977, la coxale 1 est anguleuse, l’épimère 3 dentelé, l’uropode 3
long et le telson orné de longues soies spiniformes distales.
Matériel : St. 34 (1<J supposé, pas d’oostégites visibles) ; 48 (1$).
Source : MNHN, Paris
MICHEL LEDOYER
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
Remarque : L’observation d’un second spécimen (pas de P5 à P7) indique que les caractères épimère 3,
uropode 3 et telson sont stables. En définitive, c’est l’ornementation particulière du telson
qui permet de différencier très aisément cette espèce dont le (J, sous toutes réserves, est peut-
être identique à la $.
Maera pacifica forme A. Schellenberg, 1938
Schellenberg, 1938 : 45, fig. 21-22.
Ledoyer, 1982 : 534, fig. 201-202 (avec références).
Espèce caractérisée par son gnathopode 2 à bord palmaire transverse (<J et $), orné de deux
sinus ((J), par son telson à apex tronqué au niveau des lobes, à épimère 3 sans denticulation et par
l’article basal de sa P7 dilaté, ovalaire, à bord postérieur presque lisse.
Matériel : St. 3 (15) ; 8 (1 juv.) ; 44 (1).
Maera serrata Schellenberg, 1938
Schellenberg, 1938 : 41, fig. 18.
Ledoyer, 1982 : 544, fig. 207.
Très voisine de la précédente (structure du gnathopode 2), mais à lobes telsoniques échancrés,
à épimère 3 denticulé et à article basal de la P7 bien crénelé sur le bord postérieur.
Matériel : St. 33 (3) ; 36 (1).
Mallacoota schellenbergi n. sp.
Figure 33
? Maera insignis : Schellenberg, 1938 : 50, fig. 24.
Description : $ holotype de 6 mm, St. 3 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître.
Au sujet de cette espèce, je n’insisterai que sur ses caractères distinctifs, en notant que les pièces
buccales sont identiques à celles de M. subcarinata (voir ci-après). Le palpe mandibulaire triarticulé
est constitué d’articles de longueur croissante, le distal portant 2 longues soies apicales.
Le corps est légèrement pubescent. Le bord dorsal est lisse, à l’exception de l’urosomite 1 qui
porte une double petite carène — inapparente chez les spécimens juvéniles — qui est beaucoup moins
développée que chez les autres formes néo-calédoniennes. Le 3 e article du pédoncule d’Al est à peu
près à moitié aussi long que le second. Les coxales entières et ornées de quelques longues soies, sont
totalement dépourvues d’encoche inféro-postérieure. Le gnathopode 2, très voisin de celui du phéno¬
type des sables coralliens de M. subcarinata ainsi que de celui de Parelasmopus mallacootaformis, a
un article méral arrondi. De plus, le bord palmaire, pileux et non défini, porte une petite saillie arasée ;
le dactyle normal présehte, ou non, une saillie : j’insiste, ce caractère n’est pas constant. L’article
basal des P5 à P7 n’est pas lobé inféro-postérieurement et l’article méral n’est pas remarquablement
dilaté (cas des espèces à urosomite 1 bidenté rencontrées à Nouméa).
L’épimère 3 n’est pas dentiforme mais anguleux au niveau inféro-postérieur.
Uropodes normaux pour le genre et telson déhiscent, à lobe à angle externe saillant et orné
de 3 robustes épines.
$ : identique au <J, sauf au niveau du gnathopode 2 qui a aussi un article méral arrondi (diffé¬
rence avec les autres espèces néo-calédoniennes).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
71
Discussion : L’absence d’encoche au niveau des coxales rapproche l’espèce du groupe M. insignis,
mais cette dernière espèce, à article méral du gnathopode 2 arrondi, possède de façon géné¬
rale un bord palmaire tridenté et le dactyle est long, même chez les juvéniles (gnathopode 2 <J).
Dans le complexe de formes rapportées à l’espèce (peut-être faut-il y ajouter le phénotype B
de M. subcarinata signalé par J. L. Barnard, 1972a), elle semble correspondre à la signalisa¬
tion de Schellenberg (1938) et je propose le nom de Schellenbergi pour cette forme qui constitue,
à mon sens, une autre espèce du groupe M. insignis. Il est difficile de savoir si c’est réellement
cette même espèce qu’a observée Schellenberg (1938) puisqu’il n’y a pas d’indication de la
forme des coxales, mais forme du gnathopode 2 à article méral arrondi, épines du telson sont
en faveur d’une telle interprétation.
Matériel : St. 3 (3<J, 9$ et 14 juv. ?). Chez les juvéniles de cette même récolte, l’urosomite 1 apparaît
lisse. A l’origine (étape du tri), après une observation très superficielle, j’avais référé ces spé¬
cimens au genre Elasmopus ? étant donné l’absence de processus sur l’urosomite 1. Un examen
plus attentif (palpe mandibulaire) indique qu’il s’agit probablement des juvéniles de l’espèce
qui, à ce stade, ne présenteraient donc pas de carène sur l’urosomite 1. Ceci ne paraît pas contra¬
dictoire car, comme je l’ai indiqué ci-dessus, chez les adultes, ce processus est nettement moins
accusé que chez les autres formes néo-calédoniennes : Mallacoota et Parelasmopus.
Mallacoota subcarinata (Haswell, 1880)
Megamoera subcarinata : Haswell, 1880b : 335, pl. 21 (4).
Elasmopus persetosus : Stebbing, 1888 : 1019, pl. 98.
Elasmopus subcarinatus : Chilton, 1915 : 321, fig. 1-6.
Walker, 1904 : 275, pl. 5 (34).
Pirlot, 1936 : 317, fig. 136-145.
Mallacoota subcarinata : J. L. Barnard, 1972b : 114, fig. 59-60 (avec références).
Je ne reprendrai pas ici les nombreuses citations de l’espèce qui, au sens large, correspond à
plusieurs formes (ou espèces ?) différentes. Ceci apparaît parfaitement dans la clé que donne J. L. Bar¬
nard (1972a) des espèces du genre.
Pour ma part en ce qui concerne ce genre et plus particulièrement l’espèce M. subcarinata
(ceci rejoint d’ailleurs le cas du genre Cymadusa avec C. filosa et de certaines espèces du genre Garn¬
ir uiropsis), je pense qu’il y a encore de grandes confusions dues, à l’origine, à des descriptions som¬
maires correspondant à des espèces (ou formes) convergentes ou à des spéciations géographiques ou
même écologiques.
Si on considère que la forme des coxales (encochées ou non), que les rapports des articles du
palpe mandibulaire ont une valeur spécifique et sont significatifs et stables (J. L. Barnard, 1972a,
base sa clé sur ces critères : c’est ce qui m’a conduit (1982), à Madagascar, à considérer comme nou¬
velle l’espèce M. latidactylus \ malgré sa grande ressemblance avec M. subcarinata forme 2 de Chilton
et de J. L. Barnard, 1972b), il est évident qu’une remise à jour s’impose au niveau de ce complexe
spécifique.
Dans le cas des herbiers de Nouvelle-Calédonie et des biotopes meubles, j’ai rencontré trois 1 2
formes différentes de cette espèce « sensu lato ». Aucune ne correspond aux formes actuellement recensées
(cf. Ledoyer, 1982).
1. Coxales 1 à 3 avec une encoche nette, rapport des articles du palpe mandibulaire différent, article méral du gna¬
thopode 2 3 non anguleux : ces caractères ont été revus, le dernier apparaît mal dans la figure 212 et j’en redonne ici
une figuration plus précise.
2. M. schellenbergi est prise ici en considération.
Source : MNHN, Paris
72
MICHEL LEDOYER
Mallacoota subcarinata phénotype de l’herbier
Figure 34
Description : $ de 7 mm, St. 33 (réc. Ledoyer), herbier intertidal, îlot Maître.
Je ne donnerai ici qu’une brève description en insistant sur les caractères essentiels. Afin d’évi¬
ter les répétitions j’indiquerai, en ce qui concerne les pièces buccales de ces trois « formes », que le palpe
mandibulaire porte 2 soies apicales, que le lobe interne des Mxl est orné de 2 soies distales, que les
Mx2, dépourvues de soies médiolobulaires, sont identiques et que le 3 e article du palpe du maxilli-
pède est orné d’une petite saillie distale. Tous ces caractères ont été soigneusement observés.
Chez la forme phénotype de l’herbier intertidal on notera :
— coxales 1 et 2 avec une petite encoche inféro-postérieure ;
— mandibule à palpe triarticulé ; 3 e article un peu plus court que le second qui domine nettement
le premier ;
— gnathopode 2 sans lobe antéro-distal au niveau de l’article basal ; article méral très saillant ;
propode glabre, très dilaté, à angle palmaire défini par un angle plus ou moins accusé ; dactyle
spatulé à apex arrondi ;
— épimère 3 dentiforme, sans indentation et à 4 ou 5 petites épines marginales inférieures ;
— telson à angle latéral saillant ; 4 épines distales par lobe.
$ : comme le (J, palpe mandibulaire inclus (l’orientation de l’appendice étant correcte), sauf
au niveau du gnathopode 2 (voir à M. subcarinata, phénotype des sables coralliens). Les $ de ces deux
formes ne sont discernables, en toute certitude et en l’absence de (J, que par la structure du palpe
mandibulaire.
Discussion : Ce phénotype est essentiellement proche de celui décrit de Nouvelle-Zélande par J. L. Bar-
nard (1972b) et qui correspond probablement à la forme 2 de Chilton (1915, fig. 5). 11 s’en dis¬
tingue par les rapports différents du palpe mandibulaire et par les encoches des coxales. L’article
méral des P5 à P7 semble un peu moins robuste, mais nos spécimens sont de taille plus réduite
(7 mm au lieu de 10,5 mm). J’indiquerai que les P5 à P7, de longueur croissante, sont de même
structure. Toutefois, le bord postérieur de l’article basal des P5 et P6 est très légèrement con¬
cave, alors qu’il est parfaitement convexe au niveau des P7 ; le bord postérieur du propode
des P5 est peu pileux.
M. lalidactylus décrite de Madagascar est aussi remarquablement voisine de cette forme puis¬
qu’elle possède des coxales encochées, mais le second article du palpe mandibulaire est nettement plus
court et que le premier, et que le 3 e , l’article méral du gnathopode 2 n’est pas de type anguleux et
le telson est peu épineux.
Matériel : St. 27 (1<J) ; 29 (1$) ; 33 (1<J) ; 39 (1$, palpe mandibulaire vu).
Mallacoota subcarinata phénotype des sables coralliens
Figure 35
Description : de 5,5 mm, St. 70 (réc. Ledoyer), sables coralliens des fonds blancs du récif Abore,
— 5 m.
Chez cette forme, les pièces buccales étant typiques, on notera :
— coxales 1 et 2 avec une petite encoche inféro-postérieure ;
Source : AANHN, Paris
Source : MNHN, Paris
74
MICHEL LEDOYER
— mandibule à palpe triarticulé ; articles subégaux bien que le 3 e soit légèrement dominant et le second
le plus court ;
— gnathopode 2 $ sans lobe antéro-distal au niveau de l’article basal ; article méral très saillant ;
propode pileux, dilaté, mais assez étroitement ovalaire, sans aucun angle palmaire et orné
uniquement d’un petit processus prédactylaire épineux ; dactyle court et normal ;
— épimère 3 dentiforme, sans indentation et à 4 ou 5 épines marginales sur le bord inférieur ;
— telson à angle latéral saillant ; 3 épines par lobe : 2 grandes et une petite.
$ : comme le <J, mais à gnathopode 2 moins robuste et à article méral pourvu d’un petit éperon
dentiforme bien visible.
Discussion : remarquablement voisin du phénotype de l’herbier, celui-ci, dans le cas du s’en diffé¬
rencie parfaitement par le gnathopode 2 de structure très différente. Chez le premier, de
plus, l’article basal des P5 à P7 est nettement pourvu d’un lobe inféro-postérieur alors qu’il
est inexistant chez la forme des sables coralliens. Voisine de M. schellenbergi, elle s’en distingue
par divers caractères : 3 e article du pédoncule de l’antenne, coxales encochées, épimère 3 den¬
tiforme, forme du palpe mandibulaire, etc... (Voir discussion à cette espèce).
L’espèce apparaît remarquablement proche de Parelasmopus mallacootaformis dont elle se diffé¬
rencie par :
— épimère 3 parfaitement lisse ;
— 2 e article du palpe mandibulaire comparativement moins réduit (ces deux caractères de valeur
générique, sensu J. L. Barnard, 1972a) ;
— encoche des coxales moins profonde ;
— denticulations de l’article basal des P5 à P7 beaucoup moins accentuées ;
— telson et surtout uropodes moins épineux.
Ceci n’est pas sans poser un problème : on a l’impression d’être en face d’une forme de P. malla¬
cootaformis à phanérotaxie et ornementation des pièces moins développées. J’indiquerai toutefois
un autre caractère : chez le phénotype des sables coralliens, l’article basal des P5 à P7 est parfaitement
convexe alors que chez P. mallacootaformis, le bord postérieur de l’article basal des P5 et P6 est nette¬
ment concave. Ces caractères ont été vérifiés sur divers spécimens (<J et $) des deux espèces et ils sont
stables.
Ce phénotype est aussi bien voisin du phénotype B de J. L. Barnard (1972a) = forme I de Chilton
(1915), mais il s’en différencie par l’encoche de ses coxales qui, bien que réduite (coxale 2), est parfai¬
tement indiquée au niveau de la coxale 1 et par le palpe mandibulaire à 2 uniques soies apicales 1 .
Proche aussi du phénotype D J. L. Barnard (1972a) par ses coxales, etc..., s’en distingue par l’épimère 3
nettement dentiforme.
Matériel : St. 69 (1$, 4 juv.) ; 70 (43) ; 72 (5) ; 73 (2$) : fonds blancs du récif Abore.
Remarque : L’espèce Maera tenuicornis, sensu Walker, 1904, appartient probablement au genre Malla-
coota et semble très voisine de M. subcarinata (phénotype à gnathopode 2 $ pileux, sans angle
palmaire défini). Elle s’en différencie par le lobe interne des Mxl à 7 soies, le palpe mandibu¬
laire à 2 e et 3 e articles subégaux, le gnathopode 1 à carpe nettement plus long que le propode
et à article ischial comparativement allongé (cf. Lysianassidae), structure qui, de l’avis de
Walker, requiert la création d’un nouveau genre, mais la méconnaissance de l’uropode 3 s’oppose
(pour cet auteur) à une définition satisfaisante. Chez cette espèce, de plus, les coxales sont
apparemment dépourvues d’encoche.
Quant aux trois formes décrites par Pirlot (1936), elles apparaissent particulières avec leur
3 e article du palpe mandibulaire court.
1. Le phénotype B est remarquablement proche de M. insignis : coxales, forme du gnathopode 2 <?.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
76
MICHEL LEDOYER
Parelasmopus maUacoolaformis n. sp.
Figure 36
Description : J holotype de 7 mm, St. 48 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Maître. Spécimen
complet, disséqué in part. (4 préparations).
Espèce à bord dorsal parfaitement lisse, sauf au niveau de l’urosomite 1 qui porte une double
carène dentiforme et bien développée.
Lobes latéraux céphaliques arrondis, peu saillants ; joue échancrée ; œil circulaire, coloré (noi¬
râtre).
Al et A2 peu pileuses ; flagelle accessoire de 2 ou 3 articles. Premier article du pédoncule d’Al
armé de 3 épines sur le bord inférieur.
Pièces buccales comme chez les Mallacoota (lèvres postérieures, lobe interne des Mxl à 2 soies,
Mx2 sans soies médiolobulaires au lobe interne, 3 e article du palpe du Mxp pourvu d’une saillie distale)
à l’exception du palpe mandibulaire, à 2 soies apicales, mais à second article nettement réduit.
Coxales 1 à 3 quasiment glabres et portant une très nette encoche au niveau inféro-postérieur.
Gnathopodes subchébformes, le premier beaucoup plus petit que le second, très classique ;
article basal pileux dans sa portion proximale et dépourvu de lobe antéro-distal. Gnathopode 2 à article
basal simple ; article méral nettement dentiforme ; propode ovalaire, allongé et pileux sur son bord
inférieur et sa face interne, bord palmaire très oblique, non défini et pourvu d’un processus prédac-
tylaire épineux ; dactyle simple et court. Notons la grande convergence de forme de ce gnathopode 2
avec celui de Mallacoota insignis et surtout celui de M. schellenbergi, d’où le nom spécifique de Malla-
cootaformis. P3 et P4 semblables, sans grand caractère. P5 à P7 de taille croissante et de morphologie
assez similaire : pattes épineuses et non soyeuses ; article basal ovalaire, sans lobe inféro-postérieur
net et à bord postérieur finement crénelé ; article méral non dilaté, parfaitement identique à celui
des $ ; extrémité du propode dépourvue de longues soies.
Épimère 2 pourvu d’une dent inféro-postérieure, d’une crête latérale et à peine crénelée sur le
bord postérieur. Épimère 3 dentiforme ; bord inférieur orné de 3 à 4 petits denticules ; bord postérieur
légèrement denticulé.
Uropodes biramés et épineux. Pédoncule de l’uropode 1 très épineux (9 et 10 épines au niveau
des rangées latérales). Uropode 3 à rames subégales, spatulées, épineuses et à apex tronqué.
Telson déhiscent ; lobe telsonique échancré et à angle externe nettement plus prolongé que
l’angle interne ; échancrure ornée de 4 à 5 épines, dont deux bien développées.
$ : même station et même taille que le <J, elle est identique au (J à l’exception du gnathopode 2
peu robuste ; l’article méral est pourvu d’une dent inféro-antérieure.
Matériel : St. 25 (2Ç) ; 47 (1$) ; 48 (1^, 1?) ; 51 (l'juv.).
Affinités : L’espèce est caractérisée par son bord dorsal uniquement bidenté au niveau de l’urosomite 1
et l’article basal des P5 à P7 normalement crénelé. La conjonction de ces deux caractères n’appa¬
raît chez aucune des autres espèces du genre (cf. J. L. Barnard, 1972a : 241). La présence d’enco¬
che au niveau des coxales 1 à 3 est, de plus, peu fréquente chez les espèces du genre : P. setiger
Chevreux, 1901 et P. zelei Ledoyer, 1982).
Il convient de remarquer que seules, la structure mandibulaire (2 e article du palpe réduit) et
l’indentation du bord inférieur de l’épimère 3 permettent de rapporter l’espèce à ce genre, sans aucun
doute possible. Par contre, il n’est pas certain qu’elle ait été déjà rencontrée et confondue avec Malla¬
coota subcarinata principalement.
Il m’a semblé utile, après cette étude des Mallacoota et des Parelasmopus actuellement recensés
de Nouvelle-Calédonie, de donner un petit tableau de quelques caractères afin de compléter celui que
donne Ledoyer, 1982 des formes de M. subcarinata. J’y inclus l’espèce malgache M. latidactylus.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
78
MICHEL LEDOYER
Plp Md *
Cox.
1 & 2
Gn2 dactyle-propode-méral (cj)
Ép. 3
1>2<3
E
E
Arrondi
Glabre
Arrondi
Dentif.
1<2>3
E
E
Arrondi
Glabre
Anguleux
Dentif.
1^2 <3
E
E
Normal
Pileux
Anguleux
Dentif.
M. schellenbergi
1<2<3
L
L
Normal
Pileux
Arrondi
Quadrang.
P. mattacootaformis
1>2<3
E
E
Normal
Pileux
Anguleux
Dentif.
E = encochée. L = lisse ou entière. Dentif. = dentiforme. Quadrang. = quadrangulaire.
* : ces caractères ont été très soigneusement vérifiés, le palpe étant mis dans une position la moins oblique possible.
Famille HAUSTORIIDAE
Urothoides pseudodernae n. sp.
Figure 37
Description : $ holotype de 2,5 mm, St. 51 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Maître.
Animal déprimé, à rostre plus ou moins recourbé ; angle inférieur de la tête arrondi. Œil inap¬
parent (absent ? ou totalement incolore ?).
Al plus longue que l’A2. Pédoncule d’Al non épineux, à articles cylindriques presque subégaux ;
flagelle accessoire de 3 articles, le principal en comptant 6. A2 avec les deux derniers articles du pédon¬
cule ornés d’épines dorso-distales ; flagelle de deux articles à apex biseauté.
Pièces buccales normales pour le genre. Mandibule sans trace d’épines molaires et à processus
molaire saillant, mais non triturant.
Coxale 1 prolongée au niveau inféro-antérieur en un long lobe arrondi. Coxale 2 arrondie, un
peu plus haute que large. Coxales 3 et 4 identiques, arrondies et à bord postérieur légèrement concave.
Gnathopodes subchéliformes, de même morphologie : article basal long et non dilaté ; carpe
ovalaire, allongé, atteignant deux fois la longueur du propode. Ce dernier, à bord palmaire oblique,
porte deux épines au niveau de l’angle palmaire ; pas de trace de soies spiniformes. P3 et P4 semblables
à carpe et propode de même taille et armés de 6 épines (P3) ou de 5 épines (P4) ; dactyle finement
denticulé, un peu plus court que le propode. P5 épineuse, à article basal dilaté et ovalaire, sans lobe
inféro-postérieur ; article méral, carpe plus étroits que l’article basal et ornés sur leur bord antérieur
de deux rangées d’épines émoussées ; propode, à trois rangées d’épines antérieures, subégal au dac¬
tyle. P6 et P7 peu pileuses, mais armées d’épines aiguës et à dactyle serrulé ; article basal de la P6
régulièrement ovalaire et pourvu d’un petit lobe inféro-postérieur ; article méral et carpe compara¬
tivement dilatés ; article basal de la P7 très dilaté, mais moins large que haut et à bord postérieur
orné de 5 à 6 petites échancrures.
Épimère 3 arrondi.
Uropode 1 à pédoncule orné sur le bord interne d’une forte épine distale, encadrée de deux
saillies anguleuses ; petit processus pédonculaire spiniforme et crénelé ; rames égales ; aussi longues
que le pédoncule, portant une épine latérale et une épine distale incluse. Uropode 2 plus réduit, à rames
légèrement inégales et inermes, excepté au niveau distal. Uropode 3 à rame externe biarticulée nette¬
ment plus longue que la rame interne étroitement lancéolée et qui atteint, à peine, l’extrémité du pre¬
mier article de la rame externe.
Telson fendu, aussi long que large, quasiment triangulaire.
Matériel : St. 51 (1$). Autres biotopes (fonds blancs du récif Abore) : 72 (1$) ; 73 (1$).
Source : AANHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
79
Affinités : La forme dilatée et lobée de l’article basal de la P7 indique que l’espèce doit être rapportée
au genre Urothoides {ci. J. L. Barnard et M. Drummond, 1979 : 38).
L’uropode 1 à rames symétriques, les dactyles denticulés et Pépinière 3 arrondi rapprochent
essentiellement la forme néo-calédonienne d’U. odernae J. L. Barnard et M. Drummond, 1979 dont
elle se différencie par :
— la coxale 1 en forme de L ;
— la P5 à article méral et carpe nettement moins larges que l’article basal ;
— l’article méral de la P6 moins dilaté et plus court que le carpe ;
— l’article basal de la P7 moins dilaté (nettement plus haut que large et non aussi haut que large).
Source : MNHN, Paris
80
MICHEL LEDOYER
La réduction de la rame interne de l’uropode 3 rapproche aussi l’espèce du genre Pseudurothoe
Ledoyer (sous presse) à A2 bien différente et à rame interne de l’uropode 3 très réduite. Cependant,
ce dernier caractère se retrouve chez certaines espèces d’ Urothoides.
Remarque : La forme du rostre qui est figurée ici est à considérer avec une grande prudence puisque
sur les deux autres individus, il apparaît beaucoup plus recourbé et moins saillant.
Famille ISCHYROCERIDAE
Ericthonius pugnax Dana, 1852
Ledoyer, 1969b : 179, fig. 1 (avec références) — (sous presse), fig. 239 (avec références).
Remarques : Je réfère à cette espèce les spécimens néo-calédoniens car, parmi le matériel, j’ai rencontré
trois $ qui tous possédaient un gnathopode 2 bien caractéristique avec son carpe bidenté et
son dactyle spatulé se terminant par une touffe de longues soies. Un seul de ces était en pos¬
session d’une de ses P5 : l’article basal est prolongé par un fort lobe anguleux au niveau inféro-
postérieur.
Matériel : St. 51 (1$) ; 52 (1<J) ; 53 (1<J) ; 81 (1 juv.) ; 87 (1$) ; 89 (1<? + P5 et 1$).
Famille LEUCOTHOIDAE
Leucothoe assimilis J. L. Barnard, 1974
Figure 38
J. L. Barnard, 1974 : 82, fig. 51-52.
Description : $ de 3 mm, St. 25 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’île aux Canards.
Dans le cas de ce genre, je serai très succinct en ce qui concerne la description. J’insisterai plus
particulièrement sur les caractères qui m’ont conduit à une telle identification.
Cette espèce, à l’état adulte (plus de 3,5 mm, cf. J. L. Barnard, 1974 : 85) possède un sinus au
niveau de l’épimère 3 : elle s’intégre dans le groupe VII (cf. Ledoyer, 1978 : 294). Nos spécimens,
de petite taille, correspondent beaucoup plus aux espèces du groupe VI a (L. spinicarpa, etc.) qui est
caractérisé par des lobes latéraux céphaliques arrondis, un dactyle du gnathopode 1 long (1/4 ou plus
de la longueur du propode), un épimère 3 arrondi ou quadrangulaire et un bord palmaire du gnathopode 2
assez peu crénelé.
La structure peu épineuse du propode des P3 et P4, ou plus exactement l’absence des 2 petites
épines jumelées distales du propode des P3 et P4, me font considérer qu’il ne s’agit pas de L. spinicarpa.
J’ai encore repris du matériel méditerranéen de cette dernière espèce, en choisissant ici des individus
de petite taille (3 à 3,5 mm) : ce caractère reste visible (cf. fig. 38). La lame rostrale peu saillante par
rapport à l’épistome est identique à celle de L. spinicarpa et différencie l’espèce de L. commensalis,
L. trailli, L. acutilobata, L. predenticulata. L. hyhelia semble correspondre à l’espèce néo-calédonienne :
forme du palpe de la mandibule, relatif raccourcissement du dactyle du gnathopode 1 (à mon sens,
ce caractère apparaît souvent fluctuant), etc... Par contre, chez cette espèce (cf. J. L. Barnard, 1965b
& 1970, Ledoyer, 1979a et sous-presse), le propode du gnathopode 1 apparaît deux fois plus long que
la partie basale du carpe. Ce n’est pas le cas de nos spécimens (2) qui ont un propode à peine une fois
et demie aussi long que la partie basale du carpe : ce caractère correspond à l’espèce L. assimilis. De
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
81
plus, j’ai noté que l’épimère 3 présentait une ébauche d’incision au niveau postérieur : des deux côtés
chez le spécimen $ qui portait, malgré sa taille, un embryon et d’un seul côté chez le <J, lui aussi mesu¬
rant 3 mm. Pour ces raisons, je pense qu’il s’agit de l’espèce, bien que certains critères ne soient pas
totalement satisfaisants : l’œil est parfaitement arrondi, le 3 e article du palpe mandibulaire est plus
réduit.
Matériel : St. 25 (1$) ; St. 45 (!<?).
Source : MNHN, Paris
82
MICHEL LEDOYER
Leucothoe commensalis Haswell, 1880
Figure 39
Haswell, 1880a : 261, pl. 10 (3).
J. L. Barnard, 1974 : 89, fig. 55-57 & 59 (Mml).
Description : Ç de 7 mm, St. 87 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Yé.
Comme je l’ai indiqué pour L. assimilis, cette espèce appartient au groupe VI (a & b) et est
caractérisée par sa lame rostrale très saillante, ceci toutefois peut prêter à confusion avec L. trailli
qui possède un palpe mandibulaire différent et un bord palmaire du gnathopode 2 presque entièrement
lisse. L. acutilobata et L. predenticulata sont dans le même cas et ont un palpe mandibulaire de même
type, par contre elles ont des propodes peu épineux et elles possèdent un telson à apex dentiforme,
encadré latéralement d’un petit redent ; pour ce travail, j’ai revu sur ce point quelques spécimens de
l’île Maurice appartenant aux deux espèces, qui ont une petite taille.
Comparativement à l’espèce australienne figurée par J. L. Barnard dans le détail, la forme
néo-calédonienne présente toutefois quelques différences : le 3 e article du palpe mandibulaire est com¬
parativement plus court ; toutefois, J. L. Barnard figure des variations à ce niveau (cf. fig. 56 L Mr
et 59 Mml), la coxale 1 semble moins lobée au niveau antérieur, mais sur ce point J. L. Barnard indique
aussi des variations. En définitive, forme de la lame rostrale, armature épineuse des propodes m’incitent,
au sein du groupe VI (cf. Ledoyer, 1978), à penser qu’il s’agit bien de la même espèce.
Matériel : St. 85 (1 juv.) ; 87 (3 dont 2 juv.).
Leucothoe squalidens n. sp.
Figure 40A
Ledoyer, sous presse : fig. 261, (Holotype).
Description : Spécimen de 2,7 mm, St. 48 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Maître.
Espèce parfaitement caractérisée par son gnathopode 1 à mors longs et grêles, ornés de denti-
cules en forme de dents de requin au niveau du propode, et à dactyle court. Notons aussi la réduction
du palpe mandibulaire qui indique, avec la morphologie du gnathopode 1, une parenté de l’espèce
avec les Leucothoides.
Matériel : spécimen unique, (Paratype).
Leucothoides torrida J. L. Barnard, 1974
Figure 40B
Leucothoides pottsi : Schellenberg, 1938 : 26, fig. 13 ; J. L. Barnard, 1965b : 492 — 1970 : 211, fig. 138 ; Ledoyer,
1967 : 127, fig. 5A — 1979b : 111, fig. 68 (II). Non Shoemaker, 1933.
L. torrida : J. L. Barnard, 1974 : 103, fig. 62h, 63h ; Ledoyer, sous presse : fig. 263 (avec références).
Description : Spécimen de 2,5 mm, St. 40 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître.
Je ne donnerai ici qu’une brève diagnose de l’espèce : lobes latéraux légèrement anguleux.
Gnathopode 2 à bord palmaire concave. Mors du carpe du gnathopode 1 atteignant les 2/3 (épines
distales exclues) du propode. Coxale 1 légèrement échancrée sur le bord ventral et à deux soies api¬
cales.
Matériel : St. 33 (1) ; 34 (1) ; 40 (1 + 1 juv.) ; 45 (1).
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
83
Source : MNHN, Paris
MICHEL LEDOYER
Fig. 40A. — Leucothoe squalidens n. sp. : spécimen de 2,7 mm, St. 48.; B : Leucothoides lorrida J. L. Bamard, 1974 :
spécimen de 2,5 mm, St. 40.
Famille LYSIANASSIDAE
Parambasia acuticaudata n. sp.
Figure 41
Description : $ de 3 mm, St. 44 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître.
Bord dorsal parfaitement lisse, sans aucune trace de gibbosité. Mésosomite 1 plus ou moins
coloré au niveau dorsal, mésosomites 5 et 6 pigmentés dorsalement. Lobes latéraux céphaliques sail¬
lants et très largement arrondis ; bord inférieur de la tête obliquement tronqué. Œil ovalaire, noi¬
râtre.
Al et A2 courtes et subégales. Pédoncule d’Al à articles non télescopés, d’épaisseur et de taille
décroissantes ; flagelle accessoire de 2 à 3 articles. Pédoncule de FA2 constitué dans sa partie distale
d’articles subégaux et grêles.
Épistome et lèvre antérieure peu saillants et mal individualisés. Mandibule à processus inci-
Source : MNHN, Paris
GAMMAR1ENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
Parambasia acuticaudata n. sp. Ç bolotype de 3 mm, St. 44. $ St. 72 (Md).
Source : MNHN, Paris
MICHEL LEDOYER
seur non denticulé ; processus molaire réduit (ou absent) ; 3 petites épines molaires, plus une épine
plus développée ; palpe proximal : premier article deux fois plus court que le second et subégal au
3 e , ce dernier qui est le plus réduit, est finement strié et a la forme d’une courte flamme. Mxl à palpe
biarticulé ; lobe interne glabre ; lobe externe armé d’une dizaine de courtes et robustes épines gros¬
sièrement denticulées. Mx2 à lobe interne plutôt triangulaire et bordé de 6 à 7 courtes soies spini-
formes ; lobe interne orné de petites soies apicales. Mxp à palpe de 4 articles : le premier est subégal
au second qui, sur son bord interne, porte une dizaine de soies rigides ; 4 e article simple, développé
et en forme de griffe. Tous ces caractères ont été soigneusement vérifiés sur les deux spécimens actuel¬
lement récoltés et triés (voir matériel). Lobe interne des Mxp bien développé et portant une petite
épine médiane et une longue épine courbe latéro-externe ; lobe externe apparemment inerme, à bord
interne légèrement crénelé et atteignant l’apex du second article du palpe.
Coxales 1 à 4 non masquées, plus hautes que larges, arrondies, glabres. Coxale 4 profondément
échancrée sur le bord postérieur.
Gnathopode 1 de type simple plutôt que subchéliforme : le bord palmaire très oblique est orné
de petites soies et délimité par une petite épine ; carpe un peu plus court que le propode ; article ischial
comparativement développé. Gnathopode 2 classique pour la famille ; propode carrément tronqué
à l’apex où s’insèrent 5 ou 6 grosses soies courbes ; carpe deux fois plus long que ce dernier et subégal
à l’article ischial ; article méral renflé en massue et constituant un lobe arrondi antéro-inférieur. P3
et P4 identiques, sans grand caractère, si ce n’est leur propode inerme à l’exception d’une petite épine
distale. P5 à P7 de même type et de taille croissante ; article basal dilaté et très lobé au niveau inféro-
postérieur ; bord postérieur portant quelques indentations nettes ; bord antérieur quasiment inerme
et très coudé au niveau des P5 et P6 ; article méral court et dilaté en un petit lobe postérieur ; carpe
subégal à l’article méral ; propode et dactyle comme pour les pattes précédentes.
Lobes branchiaux non plissés.
Épimère 3 présentant une très petite dent inféro-postérieure délimitée par un faible sinus.
Uropodes biramés, de longueur décroissante, peu épineux ; rame interne de l’uropode 2 pourvue
d’une forte constriction. Uropode 3 à rames simples, inermes et subégales au pédoncule.
Telson entier, triangulaire ; apex anguleux, orné de 2 soies.
Matériel : St. 44 (1$, totalement disséquée, 3 préparations). Autre biotope : St. 72, sables des fonds
blancs du récif Abore, — 5 m (1$, disséquée in part, Al à gnathopode 1).
Affinités et discussion : L’espèce néo-calédonienne s’intégre bien dans le genre Parambasia : gnatho¬
pode 1 simple, structure de la mandibule (connue d’après Walker et Scott, 1903 comme iden¬
tique à celle d ’Ambasia integricauda Stebbing, 1888, pl. 26 = Nannonyx par Stebbing, 1906),
telson entier, rame interne de l’uropode 2 présentant une constriction (pas indiqué chez l’espèce
type), uropode 3 à rames simples. Deux espèces sont connues avec certitude dans ce genre,
l’espèce néo-calédonienne s’en différencie par son telson à apex nettement anguleux (acuticau-
data) ; de plus, chez P. forbesi Walker et Scott, 1903 ($), le premier article du pédoncule d’Al
est nettement recouvrant sur le second. Chez P. rossi Stephensen, 1927, l’article basal de la
P5 est apparemment beaucoup plus finement indenté.
Famille MAXILLIP1IDAE
Genre Maxillipides n. g.
En 1973, j’ai été amené à créer cette famille pour une espèce malgache que j’ai d’ailleurs retrouvée
ultérieurement dans la région de Tuléar, les premiers spécimens ayant été récoltés à Nossi-Bé.
Dans le lagon de Nouméa, j’ai rencontré une nouvelle espèce qui s’intégre dans la famille : uro-
some à segments non coalescents. Coxale 1 vestigiale. Coxales 2 à 7 plus larges que hautes. Lèvres
postérieures avec les lobes internes développés. Mandibule dépourvue de palpe et à processus molaire
triturant. Mxl à palpe simple (voir restriction pour l’espèce néo-calédonienne). Mxp à palpe de 4 articles,
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE 87
le second remarquablement élargi. Gnathopode 2 quasiment simple. Uropodes biramés (uropode 3
inconnu chez l’espèce néo-calédonienne). Telson entier, plus large que long.
L’espèce de Nouvelle-Calédonie présente, par contre, quelques caractères qui me semblent
de valeur générique : le gnathopode 1 est nettement carpochéliforme, mais surtout la dilatation affec¬
tant le palpe du maxillipède se rencontre non seulement au niveau du second article, mais aussi au
niveau du premier qui lui est subégal. C’est essentiellement ce critère qui me conduit à distinguer
au niveau générique, l’espèce malgache ( Maxiüipius) et l’espèce néo-calédonienne ( Maxillipides).
Genre : masculin.
Type du genre : Maxillipides laticarpus n. sp.
Maxillipides laticarpus n. sp.
Figure 42
Description : $ ovigère de 2,5 mm, holotype, St. 82 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’îlot Mba.
Le spécimen était incomplet : P5 à P7 brisées, de même que les Al et A2, uropodes 3 man¬
quants.
Bord dorsal dentiforme, mais très émoussé, au niveau du mésosomite 7 et des métasomites 1
et 2. Ces segments, de plus, présentent des gibbosités latérales qui se prolongent par une fine carène
au niveau des segments 1 et 2 du métasome. Lobes latéraux céphaliques arrondis, peu saillants ; œil
arrondi, jaunâtre, à nombreuses ommatidies.
Al incomplète, mais avec les deux premiers articles du pédoncule courts.
Bulbe buccal très dégagé. Lèvres postérieures à lobes internes développés. Mandibule sans
palpe, à processus inciseur denticulé ; 1 à 3 épines molaires. Mxl à lobe interne glabre ; palpe appa¬
remment simple, mais observé détaché du reste de l’appendice. Mx2 bilobée et ornée de soies apicales.
Mxp normal, mais avec les deux premiers articles du palpe remarquablement élargis.
Coxale 1 vestigiale. Coxales 2 à 4 plus larges que hautes, à bord inférieur légèrement échancré.
Coxale 2 déjetée de plus vers l’avant.
Gnathopode 1 beaucoup plus petit que le second ; carpe prolongé le long du bord inférieur du
propode ovalaire. Gnathopode 2 à propode étroit, à peine subchéliforme, une fois et demie plus court
que le carpe qui est largement dilaté et bordé inférieurement de soies rigides ( Laticarpus ). Chez Maxil-
lipius, cet article est subégal au propode. P3 et P4 identiques, grêles, à dactyle très développé. P5
à P7 incomplètes. Article basal épais et difficilement observable de façon parfaitement plane : bord
postérieur prolongé par un petit lobe anguleux. Article méral de la P6 très dilaté et aussi robuste que
l’article basal correspondant.
Épimère 2 pourvu d’une petite saillie dentiforme. Épimère 3 à bord postérieur carrément tron-
qué.
Uropodes 1 et 2 biramés ; rame externe plus courte que l’interne, surtout au niveau de l’uropode 2.
Bord des rames finement spinuleux. Uropode 3 non connu.
Telson entier, beaucoup plus large que long et orné de deux petites sétules distales.
Affinités : voir au genre.
Matériel : St. 79 (1$) ; 82 (2$). Spécimen holotype totalement disséqué, 2 préparations. Malgré quelques
imprécisions dans la description, j’ai préféré conserver le spécimen paratype, qui est incomplet,
dans son intégrité.
Source : MNHN, Paris
MICHEL LEDOYER
Fio. 42. — Maxillipides laticarpus n. g., n. sp. $ holotype de 2,5 mm, St. 82. $, St. 79 (P7 in toto).
Source : MNHN, Paris
CAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
Famille MELPHIDIPPIDAE
Melphisana madagascarensis n. sp.
Figure 43
Melphisana ? sp. : Ledoyer, 1979a : 119, fig. 75 (palpe mandibulaire erroné).
M. madagascarensis : Ledoyer, sous presse, fig. 321, (Holotype).
Description : $ de 2,8 mm, St. 36 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître, (Paratype).
Espèce à bord dorsal des métasomites 2 et 3 tridenté et à urosomites 1 et 2 unidentés. Dent
médio-dorsale de l’urosomite 2 bifide. Cette espèce remarquablement voisine de M. japonica Nagata,
1965b par sa formule médio-dorsale, présente parfois un métasomite 1 légèrement tridenté (cf. Ledoyer,
sous presse). Quant au palpe mandibulaire, il possède un 3 e article bien développé qui est subégal
au second lorsqu’il est observé en position parfaitement plane. Ceci distingue l’espèce de M. japonica
qui a un palpe identique à celui de M. bola J. L. Barnard, 1962 (81, fig. 7) 1 : le 3 e article du palpe est
égal au 1 /3 du second. Cette espèce se différencie aussi de M. japonica par sa coxale 1 non anguleuse
1. Pacific Natur., 3 (2).
Source : MNHN, Paris
90
MICHEL LEDOYER
et surtout par le carpe de son gnathopode 2 plus long que le propode, ce rapport est inverse chez l’espèce
du Japon.
Chez un spécimen (St. 39), j’ai pu observer un uropode 3. Le pédoncule est long et atteint presque
l’apex des uropodes 2, il est subégal aux rames symétriques et épineuses.
Matériel : St. 33 (1) ; 36 (6) ; 39 (1).
Famille OEDICEROTIDAE
Aborolobatea n. g.
Diagnose : Œil présent. Al et A2 (?) subégales et inférieures à la longueur du corps. Mandibule à pro¬
cessus inciseur quasiment lisse ; processus molaire réduit. Mxp à second article du palpe très
dilaté ; palpe de 4 articles ; lobes internes vestigiaux. Coxale 4 sans grande échancrure posté¬
rieure. Gnathopodes 1 et 2 de même morphologie, subchéliformes, à propode rectangulaire
légèrement parachéliforme ; carpe sans lobe inféro-distal prolongé sous le propode. P3 et P4
à dactyle réduit (1/2 du propode). Uropode 1 à rames dissymétriques et atteignant l’extré¬
mité du pédoncule de l’uropode 2 qui est aussi long que l’uropode 3. Telson entier, ovalaire,
un peu plus long que large.
Genre : féminin.
Espèce type : Aborolobatea paracheliformis n. sp.
Discussion : Ce genre (processus inciseur à peine denticulé ; gnathopodes subchébformes, à bord pal¬
maire transverse et à carpe dépourvu de lobe plus ou moins prolongé sous le propode) est essen¬
tiellement voisin du genre Carolobatea.
Il s’en différencie par :
— l’élargissement du second article du palpe des maxilbpèdes ;
— le palpe mandibulaire à 3 e article spatulé est deux fois plus court que le second ;
— la coxale 1 sans élargissement distal ;
— la réduction du dactyle des P3 et P4 ;
— la dissymétrie des rames de l’uropode 1 (vérifiée sur divers spécimens) et la longueur relative de
l’uropode 1 par rapport à l’uropode 2.
Notons, à propos du genre Carolobatea, que la mise en synonymie de C. novizealandiae (Dana,
1852) et de C. schneideri (Stebbing, 1888) proposée par Chilton, 1909 n’apparaît pas justifiée si l’on
se base sur la longueur relative des uropodes 1 par rapport aux autres.
L’espèce néo-calédonienne peut aussi prêter à confusion avec le genre Exoediceros, mais elle
s’en différencie par la présence d’un dactyle aux P3 et P4, l’absence de lobe au carpe des gnathopodes
et l’uropode 2 subégal à l’uropode 3-
Le nom de ce nouveau genre a été composé par juxtaposition du lieu géographique du récif
Abore et d’une contraction du nom de genre Carolobatea qui en est le plus voisin.
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
91
Aborolobatea paracheliformis n. sp.
Figure 44
Description : $ holotype de 4,6 mm, St. 70 (réc. Ledoyer), sable corallien des fonds blancs du récif
Abore, — 5 m.
Bord dorsal légèrement gibbeux au niveau du métasome. Rostre recourbé, non caréné et attei¬
gnant presque l’extrémité du premier article du pédoncule d’Al. Œil peu coloré, blanchâtre, à nom¬
breuses ommatidies, situé dans la région rostrale. Les yeux, légèrement rétractés par la conservation
à l’alcool, apparaissent coalescents. Bord inférieur de la tête arrondi.
Al et A2 subégales, moins longues que le corps. Pédoncule d’Al à articles subégaux, mais les
deux derniers sont nettement moins dilatés que le premier ; pas trace de flagelle accessoire ; flagelle
principal comptant une douzaine d’articles. 4 e et 5 e articles du pédoncule d’A2 ornés de nombreuses
soies spiniformes.
Lèvre antérieure arrondie. Lèvres postérieures à lobe mandibulaire arrondi ; lobes internes
apparemment présents. Mandibule à processus presque lisse ; lacinia mobilis présente, mais réduite
sur l’une des mandibules ; 3 épines molaires ; processus molaire réduit, cilié et très faiblement granu¬
leux ; palpe à 3 e article légèrement falciforme, armé de soies spiniformes, deux fois plus court que le
second article garni de deux rangées de soies rigides. Mxl à palpe biarticulé ; article distal portant
deux épines apicales et des soies sur son bord apico-interne ; lobe externe à 8 épines ; lobe interne por¬
tant deux soies. Mx2 bilobée, à lobe interne dépourvu de soies médio-lobulaires. Mxp à lobe interne
inexistant ; lobe externe bordé d’une douzaine d’épines aiguës et n’atteignant pas l’apex du second
article du palpe, ce dernier de forme triangulaire, est remarquablement dilaté dans sa partie distale
et est bordé, sur le bord interne, de grosses soies ; 4 e article du palpe unguiforme.
Coxales 1 à 4 arrondies, plus hautes que larges. Coxales 1 à 3 armées d’une épine sur le bord
postérieur et garnies de quelques soies (4 à 5) au niveau inféro-postérieur. Coxale 4 à peine échancrée
et bordée de sétules.
Gnathopodes 1 et 2 de même morphologie, subchéliformes, à bord palmaire transverse et même
légèrement antéroversé, ce qui donne à ces appendices un aspect quasiment parachéliforme ; angle
palmaire défini par une petite saillie et armé d’une longue épine. Gnathopode 1 un peu plus court que
le second ; propode à bord dorsal et à bord ventral parallèles, quasiment rectangulaire ; propode du
gnathopode 1 plus long que le carpe, celui du gnathopode 2 subégal au carpe qui, dans les deux cas,
ne présente qu’une petite saillie émoussée inféro-distale ; article basal en forme de massue, mais de
forme très allongée. P3 et P4 identiques, trapues, ornées de soies épaisses, à carpe et propode courts
et subégaux et à dactyle réduit (1/2 du propode) ; propode avec le bord antéro-distal recouvrant sur
le dactyle et orné d’une touffe de soies rigides. P5 et P6 à article basal étroitement ovalaire et non
lobé ; article méral subégal à l’article basal ; dactyle bien développé, unguiforme. P7 beaucoup plus
développée que les précédentes ; article basal dilaté, piriforme, à bord postérieur à peine festonné ;
dactyle long, sétifère et subégal au propode.
Épimères 2 et 3 arrondis, le premier orné d’une rangée latérale de soies spiniformes.
Uropode 1 atteignant juste l’extrémité distale du pédoncule de l’uropode 2 et à rame externe
deux fois plus courte que la rame interne qui est totalement inerme. Uropode 2 biramé ; rames peu
dissymétriques et étroitement lancéolées, ces dernières atteignant l’extrémité des uropodes 3 qui sont
très semblables aux uropodes 2.
Telson entier, ovalaire, un peu plus long que large et à apex très légèrement échancré et por¬
tant de petites sétules peu visibles.
Remarque : Un spécimen unique (en mauvais état) a été récolté dans l’herbier ; aussi, pour la descrip¬
tion, je me suis basé sur l’observation d’individus provenant d’autres biotopes dans lesquels
l’espèce apparaît beaucoup plus fréquente.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
GAMMABIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE 93
Matériel : St. 82 (1$), herbier immergé de l’îlot Mba — St. 70 (11) ; 71 (1$) ; 72 (14) ; 73 (7) : sables
coralliens des fonds blancs du récif Abore, — 5 m environ.
Affinités : voir au genre.
? Monoculodes sp.
Matériel : St. 87 (1 spécimen de 4 mm).
Cet animal a été observé avec soin, mais le mauvais état de ses pattes 3 à 7, toutes brisées au
niveau de l’article méral, ne permet pas de connaître avec certitude son genre : Monoculodes et Exoe-
diceros. Je préfère actuellement laisser cette espèce dans le doute, espérant rencontrer d’autres spé¬
cimens dans les récoltes qu’il reste à étudier. Même remarque pour Podocerus sp.
Famille PHLIANTIDAE
Iphiplateia whiteleggei Stebbing, 1899
Figure 45
Stebbing, 1899 : 415, pl. 34 ; 1906 : 203, fig. 52, 53.
J. L. Barnard, 1981 : 1216, fig. 1-3.
Description : g de 2,5 mm, St. 25 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’île aux Canards.
Je n’insisterai pas sur cette espèce dont je donne des figures et qui correspond parfaitement
à la description de Stebbing.
Je signalerai que Tzvetkova (1976) décrit une seconde espèce dans le genre (/. orientalis) à
partir de spécimens du Japon. Cette dernière se différencie de l’espèce australienne par la forme moins
arrondie de l’article basal des P5 et P6 au niveau inférieur et surtout par la dilatation plus importante
du carpe des P5 à P7.
Matériel : St. 23 (1) ; 25 (1).
Famille PHOXOCEPHALIDAE
J. L. Barnard et M. Drummond (1978) créent la sous-famille des Parharpiniinae pour rece¬
voir les genres Parharpinia Stebbing et Protophoxus K. H. Barnard. Cette sous-famille est essentielle¬
ment caractérisée (pièces buccales mises à part) par l’article basal de la P5 qui, dilaté dans sa portion
proximale, se rétrécit dans sa partie distale et, de ce fait, peut prêter à confusion avec les Harpiniinae.
Quant aux deux genres inclus dans cette sous-famille, ils se différencient par de petits carac¬
tères : chez les Protophoxus, les épimères 1 et 2 sont dépourvus de sétation sur le bord postérieur, la
griffe du palpe du maxillipède est plus distincte, etc. (cf. J. L. Barnard et M. Drummond, 1978 : 190).
D’après ces critères, l’espèce néo-calédonienne est référable au genre Protophoxus représenté par une
unique espèce, P. australis K. H. Barnard, 1930.
Source : MNHN, Paris
94
MICHEL LEDOYER
Protophoxus australis K. H. Barnard, 1930
Figure 46
Phoxus batei : Thomson, 1882 : 232, pl. 17 (2) non Haswell.
Pontharpinia australis : Hurley, 1954b : 581, fig. 1-28.
Photophoxus australis : K. H. Barnard, 1930 : 335, fig. 12 ; J. L. Barnard & Drummond, 1976 : 534, fig. 4 (in
part) — 1978 : 190.
Description : $ immature de 3,8 mm, St. 86 (réc. Ledoyer), herbier immergé des îlots Ndué-Yé.
Rostre long, lamelleux, aplati dorso-ventralement, atteignant l’extrémité du premier article
du pédoncule d’Al ; apex arrondi en vue dorsale. Œil coloré, noirâtre, bien développé et légèrement
ovalaire.
Source : AANHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MICHEL LEDOYER
Al plus courte que l’A2, à flagelle accessoire bien développé (7 articles) et quasiment aussi
long que le flagelle principal. A2 sans processus basal saillant ; articles distaux du pédoncule armés
de quelques longues épines.
Lèvres postérieures pourvues de lobes internes ; lobe mandibulaire arrondi ; lobe externe portant
un petit processus hyalin. Mandibule à processus inciseur denticulé ; 5 ou 6 petites épines molaires ;
processus molaire réduit et garni de quelques petites soies ; palpe triarticulé, à second et 3 e articles
subégaux, le dernier à apex obliquement tronqué porte 4 à 5 soies distales. Palpe des Mxl biarticulé.
Mx2 à lobes symétriques garnis de soies apicales. Mxp à palpe très développé ; lobe externe atteignant
à peine la 1/2 du second article du palpe et armé d’environ 6 longues épines.
Coxales 1 à 3 arrondies, plus hautes que larges et portant quelques longues soies au niveau
inféro-postérieur. Coxale 4 presque circulaire, légèrement échancrée postérieurement, apparemment
glabre.
Gnathopodes 1 et 2 subchéliformes, égaux et de même morphologie : carpe non lobé, plus court
que le propode ovalaire, à bord palmaire peu oblique et délimité par un petit angle palmaire saillant
armé d’une épine. P3 et P4 semblables : article méral aussi long que le carpe propode ; ce dernier
armé de quelques épines dont l’une, distale, est aussi longue que le dactyle pourvu d’une microdent
accessoire. P5 à article basal étroitement piriforme, mais nettement plus large dans sa partie proxi¬
male que l’article méral ou le carpe. Article basal de la P6 dilaté, ovalaire et présentant l’ébauche d’un
petit lobe inféro-postérieur. P7 plus courte que la P6, à article basal très élargi, fortement lobé et pourvu
de 4 ou 5 petites denticulations sur le bord postérieur ; base du lobe atteignant presque l’extrémité
de l’article méral. Dactyle des P5 à P7 bien développé et portant une microdent accessoire.
Épimère 2 arrondi, garni sur son bord inférieur de longues soies plumeuses. Épimère 3 de même
type, quasiment glabre à l’exception de quelques sétules postérieures.
Uropodes 1 et 2 à pédoncule peu épineux (voir au et à rames subégales, celles-ci armées dis-
talement d’une grosse épine émoussée. Uropode 3 (voir au <$) à rame interne réduite et inférieure à
l’article proximal de la rame externe biarticulée.
Telson fendu ; apex des lobes arrondi, portant une longue soie et une épine ; bords latéraux
soyeux.
: il présente des différences notables avec la $ : l’œil et le flagelle de l’A2 sont plus développés
(normal dans la famille). L’épimère 3 porte quelques longues soies spiniformes au niveau de l’angle
inféro-postérieur. Les coxales sont plus soyeuses, le 5 e article du pédoncule d’A2 est épineux, l’article
basal de la P7 est plus crénelé. Le pédoncule des uropodes 1 et 2 est remarquablement plus épineux
et correspond à la figuration qu’en donne Hurley (1954b). L’uropode 3 a des rames plumeuses et subé¬
gales.
Matériel : St. 86 (1$). Autres biotopes : sables coralliens des fonds blancs du récif Abore : 70 (1$) ;
72 (1(5, 3$) ; 73 (10$ et juv.).
Affinités : Brolginae et Parharpiniinae constituent deux sous-familles voisines (cf. J. L. Barnard &
M. Drummond, 1978) par leur structure antennulaire (2 e article du pédoncule court) et mandi¬
bulaire. Elles sont aisément discernables par la structure de l’article basal de la P5 qui est élargi
et lobé chez la première, alors que chez la seconde, il se rétrécit distalement. Pour ces auteurs,
le genre Protophoxus se différencie du genre Parharpinia par la griffe du palpe des Mxp qui
est bien développée, par l’article basal de la P7 peu soyeux sur le bord inférieur, etc. Ceci chez
le premier genre qui n’est connu que par une espèce. Comparativement à la description précise
d’Hurley (1954b) qui traite du <J, je n’ai pas noté de différence, si ce n’est au niveau du telson.
J. L. Barnard & M. Drummond, 1976 ont d’ailleurs insisté sur ces variations de la garniture
épineuse des lobes telsoniques.
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
97
Famille PODOCERIDAE
Podocerus sp.
Description : Animal de 2 mm, St. 25 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’île aux Canards. Sexe indé¬
terminé : $ ou immature.
Ce spécimen étant incomplet (Al, A2, P3, P5 à P7 absentes) et n’ayant pas observé de $ adulte,
je me contenterai de signaler le genre en apportant toutefois quelques précisions : le bord dorsal est
de type gibbeux et ne présente aucune dent majeure. L’article méral du gnathopode 2 est anguleux
au niveau inféro-distal ; l’angle palmaire est défini et armé de 2 épines ; le bord palmaire oblique,
légèrement convexe est finement denticulé. Le carpe du gnathopode 1, subégal au propode, ne porte
que des soies spiniformes. Le pédoncule de l’uropode 1 est armé d’un éperon distal. Telson à 2 soies
apicales.
Matériel : spécimen unique.
Affinités : L’espèce appartient au groupe P. karu, P. manawata, P. wanganui J. L. Barnard, 1972b
et P. madagascarensis Ledoyer (sous presse) qui en semble très proche, si elle n’est pas iden¬
tique (voir remarque à ? Monoculodes sp.).
Famille SYNOPIIDAE
Synopia variabilis Spandl, 1923
Spandl, 1924 : 48, fig. 17 a-g ; J. L. Barnard, 1965b : 494, fig. 9. — 1972c : 52 ; Ledoyer, 1979a : 137, fig. 88 (I) —
sous presse : fig. 392.
Je n’insisterai pas sur cette espèce qui est parfaitement caractérisée par son telson entier à
apex trilobé et à bords latéraux plus ou moins dentelés.
Matériel : St. 81 (1<J), herbier immergé de l’îlot Mba. Autres biotopes : St. 71 (1), fonds blancs du récif
Abore ; pêches à la lumière de l’île aux Goélands, 05 h (4^) et de l’îlot Yé, 19 h (11<?), 0 h (49(J),
Mba, 03 h (3<?).
Famille TALITRIDAE
Hyale bidentata n. sp.
Figure 47
Description : <? holotype d’environ 3 mm, St. 21 (réc. Ledoyer), herbier immergé de l’île aux Canards.
Al inférieure à l’A2, elle-même inférieure à la 1/2 de la longueur du corps. Lobes latéraux cépha¬
liques arrondis, à peine marqués. Œil ovalaire, coloré, noirâtre.
Pièces buccales classiques ; palpe du maxillipède sans longue soie terminale.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
G AMM ARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
Coxales arrondies, quasiment glabres. Coxale 1 dilatée dans sa partie distale.
Gnathopode 1 subchéliforme, nettement moins robuste que le second ; carpe à petit lobe infé¬
rieur arrondi et orné de soies spiniformes bien alignées ; propode ovalaire, à petit bord palmaire con¬
vexe, presque transverse et délimité par deux courtes et robustes épines ; dactyle large, bidenté. Gna¬
thopode 2 à carpe réduit ; propode très dilaté, ovalaire, à bord palmaire subégal au bord post-palmaire ;
palme convexe, oblique et épineuse ; angle palmaire à peine indiqué par un petit redent armé de deux
épines ; dactyle normal, atteignant la région de l’angle palmaire. P3 et P4 classiques, peu épineuses,
à dactyle orné d’une soie bien visible ; aucune épine striée remarquable. P5 à P7 de même morphologie,
de taille croissante, à article méral distalement élargi ; dactyle identique à celui des pattes précédentes.
Article basal de la P5 lobé et circulaire ; bord postérieur à peine festonné. Article basal des P6 et P7
plus ovalaire, lobé au niveau inféro-postérieur et présentant quelques nettes denticulations sur le
bord postérieur de la P7.
Épimère 3 armé d’une très petite dent inféro-postérieure.
Uropodes 1 et 2 biramés ; rames marginalement peu épineuses et subégales au pédoncule qui
est armé d’une forte épine apico-latérale au niveau de l’uropode 1. Uropode 3 trapu, uniramé et peu
épineux : pédoncule sans épine, rame avec une longue épine distale flanquée d’une ou deux petites
épines latérales.
Telson totalement fendu, orné de quelques courtes sétules.
$ : gnathopode 1 assez voisin de celui du mais à dactyle simple. Gnathopode 2 à carpe bien
lobé ; propode peu dilaté à bord palmaire presque transverse.
Pour le reste (uropode 3 inclus), identique au (J.
Matériel : St. 21 (28 et $) ; 25 (2$) ; 45 (1$).
Affinités : A ma connaissance, dans le genre Hyale, seules deux espèces possèdent un dactyle du gna¬
thopode 1 (J nettement bifide :
H. diplodactyla Stebbing 1889 qui possède un gnathopode 2 à bord palmaire long et très oblique
(cf. Ledoyer, 1979b, fig. 17 et références) ;
H. didendactyla Hirayama, 1980 qui est extrêmement proche de l’espèce néo-calédonienne
dont elle se différencie par quelques caractères :
— gnathopode 1 à angle palmaire orné d’une épine ;
— propode des P3 à P7 avec de grosses épines striées ;
— dactyle des P3 à P7 sans soie remarquable ;
— uropode 3 relativement grêle et à apex de la rame garni d’un groupe de 6 épines ;
— article basal des P5 à P7 pourvu de nets festons sur le bord postérieur.
Phanérotaxie des propodes et forme de l’uropode 3 différencient sans difficulté les deux espèces.
Orchestia anomala Chevreux, 1901
Figure 48
Chevreux, 1901 : 393, fig. 8-12 ; Schellenberg, 1938 : 65, fig. 33 ; Ledoyer, 1979b : 173 (avec références).
Description : de 10 mm, St. 7 (réc. Ledoyer), herbier intertidal de l’îlot Maître.
En ce qui concerne cette espèce, je serai bref et n’indiquerai que les points qui paraissent diffé¬
rents par rapport aux descriptions antérieures.
Le dactyle du gnathopode 2 n’est pas essentiellement filiforme à son apex, ceci malgré la taille
relativement importante du spécimen. Je n’ai pas observé d’ornementation (fossettes) au niveau des
plaques épimérales 2 et 3 : ce caractère a été signalé par J. L. Barnard, 1960 au sujet de la sous-espèce
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
101
vitilevana. Par contre, un caractère (observé chez les 2 adultes et la $) semble différencier la forme
néo-calédonienne : le bord postérieur des plaques épimérales 2 et 3 est nettement denticulé. Toute¬
fois, actuellement, ce seul caractère m’incite à considérer qu’il ne s’agit que d’une forme d’O. anomala.
Matériel : St. 7 (1<?) ; 23 (1«J, 1?, 4 juv.) ; 25 (2 juv.).
Remarque : Chevreux (1915) signale des eaux douces et des litières humides de Nouvelle-Calédonie
deux espèces : O. sarasini et O. pusilla qui, entre autres, ont le pédoncule des A2 $ peu dilaté.
Quant à O. platensis Krôyer citée d’Océanie par Chevreux (1907) et des îles Sandwich par Steb-
bing (1900), elle possède une P7 $ particulière et un épimère 3 parfaitement arrondi.
Source : MNHN, Paris
r
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
103
ÉTUDE ÉCOLOGIQUE
La première remarque qui s’impose est que, sur la soixantaine d’espèces de gammariens recensées
dans les biotopes d’herbiers, seul un petit nombre (4) ont une présence relativement notable (12 à
22 sur un total de 40 récoltes), bien que peu élevée :
Amphithoe ramondi : 12, 10/2.
Cymadusa filosa (— forme imbroglio) : 15, 12/3.
Lembos aequimanus : 17, 13/4.
Paradexamine marlie : 22, 8/14.
N.B. : le premier chiffre indique la présence totale dans les 40 prélèvements (herbiers intertidaux +
herbiers immergés). Le rapport suivant donne le nombre de présences dans les herbiers inter¬
tidaux par rapport aux herbiers immergés : ce rapport total étant de 16/24 (= 2/3). Je ne don¬
nerai ici aucun tableau, ceci ne se justifiant pas.
Malgré cette présence non négligeable, on doit remarquer qu’il y a une nette scission entre her¬
biers intertidaux et herbiers immergés : les trois premières espèces sont presque exclusivement répar¬
ties dans les milieux intertidaux, ce qui est d’autant plus net si on applique la correction des 2/3 (voir
ci-dessus). La dernière espèce, à grande abondance nocturne (sous-échantillonnage des récoltes noc¬
turnes), apparaît à peu près uniformément répartie.
Ensuite, on rencontre deux espèces ayant une présence de 6/40 :
Dexaminoculus grobbeni : 6, 0/6.
Erichlonius pugnax : 6, 0/6.
Elles n’ont été rencontrées qu’en milieu immergé.
Deux espèces enfin ont une présence de 5/40 :
Lembps processifer : 5, 2/3.
Tethygeneia cavitelson : 5, 0/5.
Les espèces restantes apparaissent négligeables (23 ont une présence de 1) et ne traduisent,
en général et d’après nos connaissances, que des accidents dans le biotope : présence de substrats durs
ou d’éléments grossiers (certains Leucothoidae) ou animaux issus des substrats meubles (cas des pré¬
lèvements 50, 51, 52 faits dans les herbiers immergés de l’îlot Maître, dans des zones très sableuses
à faible couverture d ’Halophila : Ampelisca australis, Urothoides pseudodernae).
En définitive, la faune amphipodologique des herbiers de Nouvelle-Calédonie, en milieu récifal
(les herbiers côtiers sous influence terrigène n’ont pas été prospectés), est essentiellement dominée
par les Dexaminidae 1 . Puis, il apparaît une nette scission entre les biotopes superficiels (Amphithoidae,
Corophiidae — Lembos —) et les biotopes immergés où seuls les Dexaminidae (P. marlie) ont une pré¬
sence relativement constante, bien qu’ils n’apparaissent pas dans les herbiers immergés de l’îlot Maître.
Ceci est intéressant comparativement à la faune des Caridea de ces mêmes récoltes (cf. Ledoyer,
1. Ceci est peut-être une caractéristique de la province australienne. En effet, J. L. Barnard (1972a) a rencontré
de nombreuses espèces et de nombreux individus de Paradexamine dans la faune côtière d’Australie.
Source : MNHN, Paris
104
MICHEL LEDOYER
sous presse) pour laquelle nous avions observé un lot d’espèces communes pour les deux types de bio¬
topes ( Hippolyte caradina et Periclimenes seychellensis), une espèce plus étroitement liée aux herbiers
intertidaux ( Leander tenuicornis) et trois espèces préférant les herbiers immergés ( Latreutes pygmaeus,
Tozeuma armaturn et Chlorotocella gracilis).
COMPARAISON AVEC LES HERBIERS DE MADAGASCAR
(HERBIERS INTERTIDAUX EXCLUSIVEMENT)
L’analogie est assez remarquable puisqu’à Madagascar, dans les herbiers intertidaux (cf. Ledoyer,
1967), nous avions observé et noté une grande pauvreté quantitative et une grande inconstance des
espèces. Sur les 36 espèces recensées, les seules réellement fréquentes dans le biotope étaient Cymadusa
filosa (44/76) et Lembos teleporus (38/76). Cette dernière apparaît comme la vicariante de L. aequi-
manus. Les espèces Hornellia incerta (= Tulearogammarus peresi) — 15/76 —, Grandidierella bonnie-
roides — 15/76 — et Cerapus tubularis — 10/76 —, complètent l’aspect de cette faune. Les deux der¬
nières sont probablement liées aux influences terrigènes.
Remarquons que certaines espèces, communes avec Madagascar, semblent, malgré leur pré¬
sence occasionnelle, avoir le même type de répartition : Elasmopus pseudafjînis et Maera serrata n’appa¬
raissent que dans les herbiers intertidaux. A Madagascar (cf. Ledoyer, 1979a, fig. 91), ces deux espèces
ont une répartition superficielle et sont essentiellement liées aux substrats solides (biotopes cavitaires,
etc.).
Pour terminer, je signalerai qu’à Nouméa, Amphithoe ramondi (quasiment absente des herbiers
malgaches est liée aux substrats durs) a été principalement récoltée dans des prélèvements riches en
Padines (herbiers en bordure de dalles coralliennes arasées).
VARIATIONS NYCHTÉMÉRALES
J’ai déjà signalé la plus grande abondance des Dexaminidae dans les récoltes nocturnes qui,
ne l’oublions pas, ont été sous-échantillonnées.
Sur la totalité des espèces recensées, 17 (avec une présence de un ou deux) n’ont été capturées
que durant la nuit. Beaucoup d’autres, dont Dexaminoculus grobbeni, apparaissent nettement plus
fréquentes durant les heures nocturnes. Ceci traduit bien les fluctuations qualitatives de cette faune
entre le jour et la nuit.
CONCLUSIONS
Dans les herbiers de Nouvelle-Calédonie, la faune des Gammariens apparaît peu constante,
peu diversifiée (nombreuses espèces à présence négligeable) et très fluctuante entre le jour et la nuit.
Nous avions observé ce même type de phénomène à Madagascar où seules 34 espèces étaient
recensées, mais où seuls les herbiers intertidaux avaient été prospectés.
Nous verrons, lorsque nous étudierons la faune mobile totale de ces prélèvements, qu’un pro¬
blème reste posé : les herbiers côtiers sous influence terrigène n’ont pas été étudiés à Nouméa. Or,
nous noterons dans ces récoltes la pauvreté en Pagures qui, à Madagascar, la nuit, étaient très nom¬
breux et qui, à Nouméa, sont remarquablement abondants, le jour, en zone côtière, sous les blocs
(roches ou coraux morts) et sont aussi, la nuit, peut-être très incursifs dans les herbiers littoraux.
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
105
DÉPÔT DU MATÉRIEL
Un échantillonnage des représentants des diverses espèces sera déposé auprès du Muséum natio¬
nal d’Histoire naturelle, Laboratoire des Arthropodes. De plus, deux boîtes de préparations d’ani¬
maux montés à l’euparal et contenant les préparations de tous les spécimens holotypes seront égale¬
ment déposées.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
JNHN-Ü
2670
2671
2672
2673
2674
2675
2676
2677
2678
2679
2680
2681
2682
2683
2684
2685
2686
2687
2688
2689
2690
2691
2692
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2699
2700
2701
2702
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
107
GAMMARIENS DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE
(Collection M. LEDOYER, 1979)
Liste des préparations déposées dans les collections
du Muséum national d’Histoire naturelle
Boîte n° 1
Numéro
préparation
Espèce
Matériel
1-4
Ampelisca australis
Ç, St. 50.
6-8
Cyproidea serralipalma
Ç, St. 25 ; autre spécimen, St. 56.
10-11
Amphithoe maxillissius
Holotype, St. 70.
12-13
Amphithoe maxillissius
<? et Ç, St. 70.
15-16
Amphithoe ramondi
<?, St. 40.
17-18
Amphithoe ramondi
cJ, St. 34.
19-20
Amphithoe ramondi
?, St. 38 et St. 39.
22-24
Cymadusa jilosa (vadosa)
<?, St. 3.
25
Cymadusa jilosa (hirsula)
â, St. 3.
26
Cymadusa filosa (setosa)
<?, St. 44.
27
Cymadusa filosa (imbroglio)
(?, St. 70.
28
Cymadusa filosa
?, St. 3.
30-31
Cymadusa grossimana
holotype, forme 1, St. 52.
32-33
Cymadusa grossimana
$ holotype, forme 2, St. 25.
34
Cymadusa grossimana
Ç, St. 82.
36-37
Examphithoe gracilipes
<J, holotype, St. 23.
38-39
Examphithoe gracilipes
Ç et (J ?, St. 23 et 25.
41-42
Examp. (Melanesius) cooki
holotype, St. 44.
43
Examp. (Melanesius) cooki
<J, paratype, St. 44.
44
Examp. (Melanesius) cooki
<?, St. 47.
46-47
Paradusa bilobala pilipes
holotype, St. 81.
49-50
Colomastix sp.
(J, immature, St. 85.
51-52
Grandidierella bispinosa
<?, St. 44.
54-55
Lembos aequimanus
<?«?, St. 36.
56
Lembos aequimanus
$, St. 42.
58-60
Lembos aoraformis
cJ, holotype, St. 88.
61
Lembos aoraformis
$, St. 88, Gnl et Gn2.
63-64
Lembos processifer
S, St. 87.
65-66
Lembos processifer
$ et $ 1, St. 87, Gnl et Gn2.
67
Lembos processifer
$ forme 2, Gnl et Gn2, St. 69.
69-71
Lembos spinimerus
holotype, St. 36.
72
Lembos spinimerus
$, St. 36.
74-75
Lembos waipio
<j et Ç, St. 33.
77-78
Lembos sp. (<J) et ind. (Ç)
St. 7 et St. 34.
79-80
Lembos indet.
$, St. 51.
81-82
Photis dolichommata
<?, St. 51.
83
Photis dolichommata
?, St. 53, P7.
85
Xenocheira seurati
$, St. 47.
Source : MNHN, Paris
108
MICHEL LEDOYER
Numéro
Numéro
Espèce
Matériel
MNHN-Am
préparation
2708
87-88
Atylus japonicus
$, St. 43.
2709
90-91
Dexaminoculus grobbeni
$, St. 51.
2710
92
Dexaminoculus grobbeni
$ 1, St. 51.
2711
93
Dexaminoculus grobbeni
S, St. 51.
2712
94
Dexaminoculus grobbeni
SS, St. 51.
2713
96-97
Paradexamine excavata
S, holotype, St. 51.
2714
99-100
? Paradexamine frinsdorfi
Ç, St. 51.
Boîte n° 2
2715
1-2
Paradexamine cf. marlie
$, St. 82.
2716
4-5
Paradexamine micronesica
Ç, St. 51.
2717
7-9
Paradexamine cf. windarra
Ç, St. 23.
2718
10-11
Paradexamine cf. windarra
S, St. 51.
2719
3
Sebadexius neocaledoniensis
Ç, holotype, St. 23.
2720
15-16
Tethygeneia cavitelson
S, Holotype, St. 83.
2721
17
Tethygeneia cavitelson
spéc. 2, St. 83.
2722
19-20
T ethygeneia pacifica
s, St. 34.
2723
22-23
Cheirocralus spinibasus
S, holotype, St. 50.
2724
24-25
Elasmopus molakai
S, St. 81.
2725
26-29
Elasmopus pseudafjinis
S, St. 39.
2726
31-32
Eriopisella sechel. upolu
S ?, St. 33.
2727
33-34
Maera brevicaudata
$, holotype, St. 48.
2728
35
Maera brevicaudata
S ?, St. 34.
2729
36-39
Mallacoota schellenbergi
S, holotype, St. 3.
2730
40-41
Mallacoota schellenbergi
$, St. 3.
2731
43-44
Mallacoota subcarinata (S. Cor)
S, St. 70.
2732
45
Mallacoota subcarinata (S. Cor)
Si, St. 70.
2733
46-47
Mallacoota subcarinata (S. Cor)
$, St. 70.
2734
49-52
Mallacoota subcarinata (Her)
S, St. 33.
2735
53
Mallacoota subcarinata (Her)
$, St. 39.
2736
54-57
Parelasmopus mallacootaformis
S, holotype, St. 48.
2737
58
Par elasmopus mallacootaformis
Ç, Gnl et Gn2, St. 48.
2738
60-61
Urothoides pseudodernae
$, holotype, St. 51.
2739
63-64
Leucothoe assimilis
$, St. 25.
2740
65
Leucothoe assimilis
S, St. 45.
2741
66-67
Leucothoe commensalis
?, St. 87.
2742
68-69
Leucothoe squalidens
Paratype, St. 48.
2743
70
Leucothoides torrida
Spéc. St. 40.
2744
72-74
Parambasia acuticaudata
$, holotype, St. 44.
2745
75
Parambasia acuticaudata
?, St. 72.
2746
76-77
Maxillipides laticarpus
$, holotype, St. 82.
2747
78
Maxillipides laticarpus
$, St. 79, P7.
2748
79-80
Melphisana madagascarensis
S paratype, St. 36.
2749
81
Melphisana madagascarensis
?, St. 36.
2750
82-83
Aborolobatea paracheliformis
$, holotype, St. 70.
2751
84
Aborolobatea paracheliformis
S et $, in toto, St. 72.
2752
85-86
Monoculodes sp.
Spéc. St. 87.
2753
87-88
Iphiplateia whiteleggei
S, St. 25.
2754
89-90
Protophoxus australis
$, St. 86.
2755
91
Podocerus sp.
Ç ?, St. 25.
2756
92
Synopia variabilis
S, St. 81.
2757
93-95
Hyale bidentata
S, holotype, Si- et Ç, St. 21.
2758
96-99
Orchestia anomala
S, St. 7.
2759
100
Orchestia anomala
Ç, Gnl et Gn2, St. 23.
Source : MNHN, Paris
GAMMARIENS DE NOUVELLE CALÉDONIE
109
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MICHEL LEDOYER
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