RÉSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM
MÉMOIRES
DU MUSÉUM
NATIONAL
D’HISTOIRE
NATURELLE
Jacques FOREST
Les Pylochelidae ou « Pagures symétriques
(Crustacea Coenobitoidea)
ZOOLOGIE
TOME 137
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Directeur de la publication (Editor) : Philippe Bouchet
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Rédaction : 57, rue Cuvier
75005 Paris
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Volume 1 : Mém. ORSTOM, 91 : 1-558, 225 fig., 39 pl. (1981). ISBN : 2-7099-0578-7.
Volume 2 : Mém. Mus. natn. Hist. nat. Paris, (A) 133 : 1-525, 126 fig., 37 pl. (1986)
ISBN : 2-85653-136-9.
Source : MNHN, Paris
résultats des campagnes
BS
Volume 3.
[SaSaj
\9AKSJ
Source : MNHN, Paris
Légende d'illustration : Un spécimen vivant de Pylocheles ( Xylocheles) macrops sp. nov. dans sa demeure partiellement ouverte
(Campagne MUSORSTOM I, station 31. Photo J. Forest).
Source : MNHN, Paris
Les Pylochelidae ou « Pagures symétriques »
( Crustacea Coenobitoidea)
Source : MNHN, Paris
ISBN : 2-85653-141-5
ISSN : 0078-9747
©Editions du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 1987.
Source : MNHN, Paris
^ f ° c ,
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
SÉRIE A
ZOOLOGIE
TOME 137
Jacques Forest
Laboratoire de Zoologie (Arthropodes)
Muséum national d’Histoire naturelle
61, rue Buffon
75005 Paris
Les Pylochelidae ou « Pagures symétriques »
(Crustacea Coenobitoidea)
ÉDITIONS
DU MUSÉUM
PARIS
■ 987
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Pages
Résumé. 9
Abstract. 10
Introduction. 11
Remerciements. 15
Matériel et méthodes. 17
Collections. 17
Descriptions taxonomiques et terminologie. 17
Mensurations. 20
Illustration. 21
Historique. 22
Étude systématique. 25
Famille Pylochelidae Bâte, 1888. 25
Clef des sous-familles et genres de Pylochelidae. 33
Sous-famille Pylochelinae Bâte, 1888. 35
Genre Pylocheles A. Milne Edwards, 1880. 41
Sous-genre Pylocheles A. Milne Edwards, 1880. 48
Pylocheles (Pylocheles) agassizii A. Milne Edwards, 1880. 48
Pylocheles (Pylocheles) mortensenii Boas, 1926. 51
Sous-genre Xylocheles nov. 57
Pylocheles (Xylocheles) miersi Alcock et Anderson, 1898. 57
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov. 61
Sous-genre Balhycheles nov. 66
Pylocheles (Balhycheles) chacei sp. nov. 66
Pylocheles (Balhycheles) incisus sp. nov. 70
Pylocheles (Balhycheles) profundus sp. nov. 74
Pylocheles (Balhycheles) inleger sp. nov. 77
Pylocheles (Balhycheles) crosnieri sp. nov. 80
Pylocheles (Balhycheles) macgilchristi (Alcock, 1905). 84
Genre Cheiroplalea Bâte, 1888. 87
Cheiroplalea laticauda Boas, 1926 . 92
Cheiroplalea sculala Ortmann, 1892. 96
Cheiroplalea stenurus sp. nov. 99
Cheiroplalea cenobila Bâte, 1888. 101
Cheiroplalea miloi Miyaké, 1978. 105
Cheiroplalea pumicicola sp. nov. 108
Source : MNHN, Paris
Sous-famille Pomatochelinae Stebbirig, 1914. 113
Genre Pomatocheles Miers, 1876. 113
Pomatocheles jeffreysii Miers, 1876. 119
Pomatocheles gaillardi sp. nov. 124
Pomatocheles stridulans sp. nov. 127
Sous-famille Parapylochelinae nov. 135
Genre Parapylocheles Alcock, 1901. 135
Parapylocheles scorpio (Alcock, 1894). 140
Sous-famille Cancellochelinae nov. 145
Genre Cancellocheles nov. 145
Cancellocheles sculptipes (Miyaké, 1978). 149
Sous-famille Trizochelinae nov. 155
Genre Trizocheles nov. 155
Trizocheles longicaulis (Boas, 1926). 165
Trizocheles loquax sp. nov. 169
Trizocheles caledonicus sp. nov. 171
Trizocheles albatrossi sp. nov. 174
Trizocheles boasi sp. nov. 176
Trizocheles gracilis sp. nov. 179
Trizocheles moosai sp. nov. 181
Trizocheles laurentae sp. nov. 184
Trizocheles brachyops Forest et de Saint Laurent sp. nov. 186
Trizocheles sakaii sp. nov. 189
Trizocheles brevicaulis (Boas, 1926). 192
Trizocheles balssi (Stebbing, 1914). 196
Trizocheles pulcher sp. nov. 199
Trizocheles spinosus spinosus (Henderson, 1888). 202
Trizocheles spinosus bathamae Forest et de Saint Laurent ssp. nov. 205
Trizocheles perplexus sp. nov. 208
Trizocheles manningi sp. nov. 210
Trizocheles mu tus sp. nov. 212
Sous-famille Mixtopagurinae Bouvier, 1895. 215
Genre Mixtopagurus A. Milne Edwards, 1880. 215
Mixtopagurus paradoxus A. Milne Edwards, 1880. 220
Écologie et éthologie. 227
Distribution. 231
Répartition géographique. 231
Distribution verticale. 237
Remarques générales sur la distribution. 239
Bibliographie. 241
Appendice I : Liste des stations. 245
Appendice II : Synopsis of subfamilies, généra and subgenera. 248
Index. 251
Source : MNHM, Paris
RÉSUMÉ
FOREST J., 1987.09.30. LES PYLOCHELIDAE OU
« PAGURES SYMÉTRIQUES » (CRUSTACEA COE-
NOBITOIDEA). Mém. Mus. natn. Hist. nat., Paris,
(Série A) 137 : 1-274. Paris. ISBN 2-85653-141.5.
La présente révision de la famille des Pylochelidae est
fondée sur un matériel important qui comprend, d’une
part, des collections non déterminées anciennes (par
exemple celles de YAlbatross) ou récentes (campagnes
MUSORSTOM, CORINDON et autres), et, d’autre
part, de nombreux spécimens déposés dans différents
musées, y compris la grande majorité des types exis¬
tants.
Le nombre des espèces reconnues comme valides,
parmi celles précédemment décrites, s’élève à 16. Il faut
y ajouter 23 espèces et une sous-espèce nouvelles. Les
cinq genres connus, Pomatocheles, Pylocheles, Cheiro-
platea, Mixtopagurus et Parapylocheles sont redéfinis,
certaines espèces de Cheiroplatea transférées au genre
Pylocheles, et ce dernier divisé en trois sous-genres
(Pylocheles, Xylocheles subgen. nov. et Bathycheles
subgen. nov.). Deux genres nouveaux sont également
établis : Cancellocheles gen. nov. et Trizocheles gen.
nov.
La famille, fortement hétérogène, a été divisée en six
sous-familles, chacune correspondant à un seul genre, à
l’exception de celle qui réunit Pylocheles et Cheiropla¬
tea. Les Pylochelidae appartiennent à la super-famille
des Coenobitoidea, et ont leur place à côté des Diogeni-
dae. Ils présentent par rapport à ceux-ci des caractères
plésiomorphes, tels que la segmentation complète de
l’abdomen, la possession de pléopodes pairs et la struc¬
ture des pièces buccales. Néanmoins, contrairement à
une opinion souvent exprimée, il n’y aurait pas de rap¬
ports de filiation entre les deux familles. Les Diogenidae
et les différentes lignées de Pylochelidae sont sans doute
issus d’une même forme ancestrale, mais les uns et les
autres ont évolué séparément, suivant des voies adapta¬
tives différentes.
A l’inverse des autres Pagurides, la plupart des Pylo¬
chelidae n’habitent pas des coquilles de Gastéropodes.
Seul Mixtopagurus qui diffère des autres genres par la
notable asymétrie de l’abdomen et des pléopodes,
s’abriterait dans des Xenophora. Les autres genres
vivent habituellement dans des fragments de bois ou de
roche, ou dans des coquilles de Dentale, ou encore en
association avec des Éponges vivantes. Chaque genre ou
sous-genre a un type d’habitation largement préféren¬
tiel, sinon exclusif, et présente des structures adaptatives
correspondantes : chélipèdes modifiés en opercule chez
les formes pétricoles (Pylocheles, s. g. Pylocheles, Chei¬
roplatea et Cancellocheles) ou tubicoles (Pomatocheles),
« râpes » constituant un outil de creusement sur le
carpe de ces mêmes appendices chez une partie des
formes xylicoles (Pylocheles, s. g. Xylocheles et s. g.
Bathycheles). La différenciation d’un appareil stridula-
toire chez la grande majorité des Trizocheles est sans
doute aussi en relation avec leur association habituelle
avec des Éponges.
Les Pylochelidae sont représentés dans deux grandes
aires géographiques : l’Indo-Ouest-Pacifique, du sud-
ouest de l’océan Indien au Japon, aux îles Kermadec et
à la Nouvelle-Zélande (36 espèces ou sous-espèces,
6 genres) et l’Atlantique occidental tropical et subtropi¬
cal (4 espèces, 3 genres). Une seule sous-famille, celle
des Pylochelinae (Pylocheles et Cheiroplatea), est com¬
mune aux deux régions, avec une paire d’espèces très
proches : Pylocheles (P.) agassizii des Antilles, et P.
(P.) mortensenii connu des îles Kei au Japon et en
Nouvelle-Zélande.
Dans l’Indo-Ouest-Pacifique, le centre de diversifica¬
tion et de dispersion est l’Indonésie avec 14 espèces et
5 genres. Le groupe est encore bien représenté au Japon
mais avec un endémisme notable : 6 espèces sur 7 et
l’un des 5 genres ne sont pas signalés ailleurs. On
trouve encore aux confins de l’Indo-Ouest-Pacifique,
4 espèces à l’ouest et 5 espèces à l’est : il s’agit surtout
de formes étroitement localisées appartenant aux deux
genres à distribution large et sporadique, les Cheiropla¬
tea et les Trizocheles.
La distribution verticale des Pylochelidae s’étend de
30 mètres environ à 1 570 mètres mais c’est entre 200 et
500 mètres qu’ils sont les plus nombreux et les plus
diversifiés, avec 28 espèces signalées dans cet intervalle,
contre 9 entre 500 et 750 mètres et 5 seulement au-delà.
Le genre Pomatocheles est le plus littoral et le genre
Pylocheles celui dont l’extension bathymétrique est la
plus large. Cependant, pour ce dernier, seules les
espèces rangées dans le sous-genre Bathycheles vivent
habituellement par plus de 400 mètres de profondeur.
Source : MNHN, Paris
ABSTRACT
FOREST J., 1987.09.30. LES PYLOCHELIDAE OU
« PAGURES SYMÉTRIQUES » (CRUSTACEA COE-
NOBITOIDEA). Mém. Mus. nain. Hist. nat., Paris,
(Série A) 137 : 1-274. Paris. ISBN 2-85653-141.5.
The family Pylochelidae or « symetrical pagurids »
(Cruslacea Coenobitoidea).
Pylochelid Pagurids differ mostly from ail other
members of the section by a well developped abdomen,
in which ali segments are articulated and provided with
a pair of appendages, similar in this way to many other
Reptant Decapods. They are commonly called “ sym-
metrical ” Pagurids, but this is not correct, since in one
genus the abdomen, telson and pleopods are noticeably
asymmetrical.
Our knowledge of the group was restricted to 16 spe-
cies, recorded from a few rather deep water stations in
Indo-West-Pacific and Western Atlantic, most of them
known only from their type localities. The abundance
of new material, originating mainly from Albalross
dredgings and from recent French explorations in the
l.W.P. has led to the présent systematic révision.
As a resuit, 24 new species or subspecies are added to
the 16 previously established valid species ; the five
known généra, Pomatocheles, Pylocheles, Mixtopagurus,
Cheiroplatea, and Parapylocheles, hâve been redefined,
some species of Cheiroplatea transfered to Pylocheles
and the latter divided into three subgenera (Pylocheles,
Xylocheles subgen. nov. and Bathycheles subgen. nov.).
Besides, two généra, Cancellocheles gen. nov. and Tri-
zocheles gen. nov. are created. The Pylochelidae could
be considered up to now as a restricted family of infre¬
quent species : apart from 3 forms reported in several
occasions from Japanese waters, the whole number of
specimens recorded in literature did not exceed 60, cap-
tured in about 30 stations. The présent révision inclu-
des more than 400 specimens, collected in ca. 200 sta¬
tions ! The importance of Pylochelid fauna in tropical
and subtropical waters must therefore not be neglected,
and, most probably, new taxa and new localities will be
added in the future.
This research however has not been restricted to the
description of new forms. Investigations on relation-
ships between the various généra hâve shown that the
whole group is made up of several distinct phyletic
Unes, whose respective affinities do not appear clearly,
and the family had to be divided, at least provisionnaly,
into 6 subfamilies.
Regarding the systematic position of the Pylochelidae
within the section Paguridea, they are classified in the
superfamily Coenobitoidea, and a comparative study of
their main characters suggests that they are close to the
family Diogenidae. They cannol however be regarded
as primitive représentatives of that family : both Dioge¬
nidae and Pylochelidae probably hâve a common ances-
tor, but evolved separately along various phyletic Unes.
In the taxonomie part of this work is also described
and illustrated for the first time the glaucothoe stage of
a Pylochelid, Pomatocheles stridulans sp. nov.
The richness of the new material at the origin of the
systematic révision of the family has also provided a
quantity of information on the ecology or the habitat
of many forms, and on the interprétation of various
adaptive morphological structures.
According to their dwelling, généra and subgenera
can be classified, as a whole, as xylicolous, petricolous,
tusk-dwellers, spongicolous, with a few spécifie or indi-
vidual exceptions. In connection with the habitat,
adaptive features hâve been described : opercular struc¬
tures, boring “rasp”, stridulating apparatus...
The Pylochelidae are known from two disjunct areas,
the Indo West-Pacific (36 species or subspecies in 6
généra and 5 subfamilies) and the North Western Atlan¬
tic (4 species in 3 généra and 2 subfamilies). In Indo-
West Pacific, their distribution is extremely wide, from
South Africa to the Kermadec Islands, and from Japan
(ca. 38° N) to Southern New Zealand (ca. 46° S).
Indonesia, with 14 species and 5 généra appears as the
center of dispersion and diversification. Japanese
endemism is noteworthy : one généra and 6 out of the
7 species hâve not been reported elsewhere. In North
Western Atlantic Pylochelidae, poorly represented,
extend from Bardados to the North Western part of the
Gulf of Mexico and from ca. 10° N to 35° N. Two
généra only, belonging to the sole non monotypic sub-
family (Pylochelinae) provide a biogeographical link,
probably from Tethyan origin, between the two
areas. The probable relation between the availability
of dwelling material and the geographical distribution is
also discussed.
The vertical distribution extends from 30 to 1,570
meters, but the group is mostly represented between 200
and 500 m, where 28 species hâve been found. 3 spe¬
cies only are presumably usually living above 200 m,
9 hâve been recorded from 500 to 750 m and no more
than 5 beyond.
An english synopsis of subfamilies, généra and sub¬
genera of Pylochelidae is given in an appendix (p. 250).
Source : MNHN, Paris
INTRODUCTION
Pour un carcinologiste dont les recherches ont
en partie porté sur les Crustacés Pagurides, les
Pylochelidae offrent un intérêt exceptionnel, et
ceci, tout d’abord, parce qu’ils ont été considérés
comme des formes primitives dont seraient issus
les représentants typiques de ce grand groupe
d’Anomala. La majorité des Pagurides, adaptés à
la vie dans des coquilles de Gastéropodes, ont un
abdomen membraneux asymétrique, dont la divi¬
sion en somites n’est plus indiquée que par des
plaques tergales plus ou moins vestigiales et, le
plus souvent, par la persistance des pléopodes du
seul côté gauche. Les Pylochelidae, dans la con¬
ception habituelle de la famille, ont au contraire
un habitus que l’on a qualifié de macrourien, avec
un abdomen symétrique formé de segments indivi¬
dualisés, dotés chacun d’une paire d’appendices,
et protégés dorsalement par des tergites entiers,
calcifiés et articulés entre eux. Comme les autres
Pagurides, les Pylochelidae s’abritent dans un
objet creux qui assure la protection de leur abdo¬
men. Cependant, à de rares exceptions près, ils
n’occupent pas des coquilles spiralées de Gastéro¬
podes, mais des cavités cylindriques, les uns à
l’intérieur de morceaux de bois immergés, d’autres
dans des fragments de roche ou des éponges,
d’autres encore dans des tubes de Dentales. Un tel
mode de vie se traduit, pour tous, par des modifi¬
cations plus ou moins marquées du dernier seg¬
ment abdominal et du telson, qui obturent la
demeure du côté postérieur, et pour beaucoup par
la conformation des chélipèdes dont les trois der¬
niers articles jouent le rôle d’un opercule au voisi¬
nage de l’ouverture.
Habitant surtout la zone bathyale, le plus sou¬
vent à des profondeurs comprises entre 250 et
800 mètres, apparemment localisés dans certaines
mers tropicales ou subtropicales, les Pylocheli¬
dae étaient considérés comme rares, comme en
témoigne le peu de place qu’ils occupent dans la
littérature carcinologique. Si, au seuil de la pré¬
sente révision, on pouvait en recenser 19 espèces,
réparties en cinq genres, 15 d’entre elles n’avaient
jamais été retrouvées et signalées après qu’elles
eurent été établies (c/. Historique, p. 22).
Au premier abord, quand on se réfère aux
publications antérieures, les rapports taxono¬
miques à l’intérieur de la famille semblent assez
clairs. Cependant après confrontation des textes
relatifs aux taxa reconnus, on constate que cette
limpidité n’est qu’apparente et couvre au contraire
de sérieuses confusions.
Les recherches sur le groupe ont certainement
souffert d’un manque de comparaison directe
entre les genres et les espèces successivement éta¬
blis. Ainsi les définitions et les descriptions propo¬
sées, si elles étaient souvent assez détaillées, ne fai¬
saient pas état de caractères que seule l’étude
comparative d’un matériel représentatif aurait mis
en évidence. Au niveau spécifique le recours
exclusif aux descriptions originales et aux illustra¬
tions souvent imprécises, voire inexactes, qui les
accompagnaient, explique que les auteurs qui ont
identifié des Pylochelidae ont commis deux sortes
d’erreurs, tenant pour nouvelles des espèces déjà
nommées, ou au contraire, identifiant à une même
espèce des formes distinctes. Des confusions du
même ordre sont relevées au niveau générique :
des genres ont été à tort considérés comme
synonymes, alors que des espèces étaient rangées,
à tort également, dans des genres reconnus, ce
rattachement étant fondé sur des caractères super¬
ficiels et non significatifs.
Les difficultés que nous avons rencontrées lors¬
que nous avons voulu identifier pour la première
fois des Pylochelidae ont montré la nécessité
d’une révision. Pour entreprendre un tel travail il
fallait évidemment disposer de représentants des
différents genres afin de déceler leurs particulari¬
tés morphologiques et d’en apprécier la significa¬
tion. Ceci était loin d’être le cas, puisqu’un seul
spécimen du groupe figurait dans les collections
du Muséum.
Le projet d’un travail d’ensemble sur la famille
Source : MNHN, Paris
12
JACQUES FOREST
des Pylochelidae a pris naissance en 1963, après le
premier examen de la grande collection de Pagu-
rides indo-ouest-pacifiques — plus de 20000 spéci¬
mens — qui nous avait été confiée par le National
Muséum of Natural History, Washington, D.C.
Cette collection comprenait un certain nombre de
Pylochelidae recueillis pendant les expéditions de
YAlbatross au Japon et surtout aux Philippines.
La plupart ne pouvait être identifiés à des espèces
déjà décrites, tout au moins d’après les données
disponibles dans la littérature carcinologique.
Au cours des années suivantes, visitant des
musées zoologiques étrangers et, entre autres,
ceux d’Amsterdam et de Copenhague, nous
découvrions d’autres échantillons non déterminés,
provenant en particulier des campagnes du Siboga
et de la Galathea, et des expéditions de Th. Mor-
tensen dans l’Indo-Ouest-Pacifique. Ce matériel
nous était également confié. Nous constations
que, comme pour les échantillons de YAlbatross,
il s’agissait le plus souvent de formes non dé¬
crites. Nous disposions ainsi d’une collection de
Pylochelidae appartenant à presque tous les genres
connus et constituant un ensemble plus riche et
plus varié qu’il n’en existait dans aucun musée.
Son étude allait cependant rester à l’état d’inten¬
tion pendant de longues années.
La première campagne MUSORSTOM aux Phi¬
lippines, en 1976, fournissait un appoint inattendu
et important. Des dizaines de spécimens étaient
capturés, en particulier sur les fonds même où vit
le Glyphéide actuel, Neoglyphea inopinata. Ici
encore, plusieurs espèces étaient représentées. Les
campagnes MUSORSTOM II, dans la même
région, et CORINDON II, dans le détroit de
Macassar, en 1980, étaient l’occasion de nouvelles
récoltes. La masse de matériel disponible était dès
lors considérable et les conditions d’une révision
se trouvaient réalisées.
Les descriptions antérieures étaient, nous
l’avons dit, insuffisantes pour la plupart. Pour
déterminer quelles étaient, parmi les espèces que
nous distinguions, celles précédemment nommées,
et pour redéfinir les genres, un examen des types
était nécessaire. Nous avons pu emprunter la plu¬
part de ceux à propos desquels se posaient des
problèmes d’identité spécifique ou d’appartenance
générique.
Notre révision, à l’origine prévue pour la région
indo-ouest-pacifique, a été étendue à la seule autre
région du monde dans laquelle vivent, en petit
nombre, des Pylochelidae, l’Atlantique occidental.
En effet, nous avons obtenu en prêt presque tous
les exemplaires, identifiés ou non, conservés dans
les musées nord-américains, y compris les types
des espèces représentées.
Après la publication du dernier travail incluant
de nouvelles descriptions (Miyaké, 1978) et au
seuil de la présente révision, la famille des Pylo¬
chelidae comprenait donc 19 espèces. La compa¬
raison de la liste de ces espèces (à la fin de l’his¬
torique, p. 23) avec celle des formes reconnues ici
(p. 7) montre les profonds changements que nous
avons été amené à introduire dans la classification
du groupe, indépendamment de la création de
nombreux taxa nouveaux. La validité des cinq
genres existants a été confirmée. Il s’agit, dans
l’ordre chronologique de leur établissement, de
Pomatocheles Miers, 1879, Pylocheles A. Milne
Edwards, 1880, Mixtopagurus A. Milne Edwards,
1880, Cheiroplatea Bâte, 1888, et Parapylocheles
Alcock, 1901. Certains ont cependant vu leur défi¬
nition amendée et leur contenu spécifique modifié.
Pomatocheles et Mixtopagurus considérés à tort
comme synonymes par beaucoup d’auteurs, sont
l’un et l’autre valides, mais le second couvrait
deux entités génériques tout à fait distinctes. Mix¬
topagurus n’inclut plus que l’espèce type, M.
paradoxus, exclusivement ouest-atlantique, alors
que les quelques espèces indo-ouest-pacifiques
décrites sous ce nom prennent place dans le nou¬
veau genre Trizocheles, remarquable par l’exis¬
tence chez la majorité de ses représentants d’un
appareil stridulatoire.
Une partie des espèces incluses dans le genre
Cheiroplatea sont transférées au genre Pylocheles,
mais ce dernier est divisé en trois sous-genres dont
les caractéristiques morphologiques correspondent
également à des particularités écologiques : Pylo¬
cheles (Pylocheles), P. (Xylocheles) et P. (Bathy-
cheles).
Un second genre nouveau, Cancellocheles gen.
nov., est défini pour l’espèce établie sous le nom
de Pomatocheles sculptipes Miyaké.
Trois espèces sont placées ici en synonymie, à
savoir :
Pylocheles parti tus Benedict, 1901 = P. agassizii
A. Milne Edwards, 1880.
Mixtopagurus rigidus Yokoya, 1933 = Pylo¬
cheles mortensenii Boas, 1926.
Mixtopagurus gilli Benedict, 1901 = M. para¬
doxus A. Milne Edwards, 1880.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
13
De ce fait, le nombre des espèces précédemment
décrites, et valides, se trouve ramené à 16, soit 13
pour PIndo-Ouest-Pacifique et trois pour l’Atlan¬
tique occidental.
La faune des Pylochelidae indo-ouest-pacifiques
s’enrichit de 23 espèces nouvelles dont six pour les
Pylocheles (une dans le sous-genre Xylocheles et
cinq dans le sous-genre Bathycheles), deux pour
les Pomatocheles, deux pour les Cheiroplatea et
treize pour les Trizocheles, avec également dans ce
dernier genre une nouvelle sous-espèce.
Une seule espèce s’ajoute à celles de l’Atlan¬
tique occidental : elle appartient au sous-genre
Pylocheles (Bathycheles).
Les 39 espèces, rangées dans sept genres, qui
forment aujourd’hui la faune mondiale des Pylo¬
chelidae, sont très inégalement réparties sur le
plan géographique. Dans l’Indo-Ouest-Pacifique,
35 espèces sont maintenant connues, et l’étroite
localisation de la plupart d’entre elles laisse sup¬
poser que de nombreuses formes nouvelles seront
encore découvertes. Tous les genres, à l’exception
de Mixtopagurus, y sont représentés. En revanche,
quatre espèces seulement ont été jusqu’ici trou¬
vées dans l’Atlantique occidental, avec une bien
moindre diversité générique, puisque, en plus du
genre monotypique Mixtopagurus, n’y sont pré¬
sents que les genres alliés Cheiroplatea et Pyloche¬
les. Ceux-ci, réunis dans la sous-famille des Pylo-
chelinae, constituent ainsi le seul trait d’union
biogéographique entre les Pylochelidae des deux
grandes régions.
Nous avions l’ambition, dans le cadre de ce tra¬
vail fondé sur un matériel considérable, compre¬
nant en particulier les types de la plupart des
espèces de Pylochelidae, de préciser les coupures
génériques et d’éclaircir les rapports phylétiques,
d’une part à l’intérieur du groupe, d’autre part
avec les autres Pagurides. Nous pensons avoir
obtenu des résultats tangibles en ce qui concerne
la distinction et la caractérisation des genres.
Beaucoup de désordre régnait à cet égard dans les
classifications précédentes, conséquence, nous
l’avons dit de l’absence, dans le passé, d’études
morphologiques comparatives détaillées.
Par contre, sur le plan de la phylogénie, nos
conclusions sont plutôt d’ordre négatif.
Comme nous l’exposons plus loin, dans les
remarques sur la famille des Pylochelidae, à pro¬
pos des relations intra- et interfamiliales, on se
trouve ici en présence d’un groupement de genres,
dont chacun est cohérent et bien défini, mais qui.
pour la plupart, se distinguent les uns des autres
par des combinaisons de fortes particularités.
Alors que, chez les autres Pagures, les divers
genres inclus dans une même famille — Diogeni-
dae, Paguridae, Lithodidae, etc. — sont liés par
un certain nombre de caractéristiques définies et
communes, un trait unique est partagé par
l’ensemble des Pylochelidae : les segments abdo¬
minaux sont distincts, articulés et dotés chacun
d’une paire d’appendices. Pour traduire l’hétéro¬
généité de la famille, nous l’avons divisée en six
sous-familles, toutes monotypiques à l’exception
d’une seule qui réunit Pylocheles et Cheiroplatea.
Si on ne peut guère déceler de liens phylétiques
à l’intérieur de la famille, la position des Pyloche¬
lidae par rapport aux autres Pagurides reste égale¬
ment très incertaine. Comparés à la famille de
Coenobitoidea dont ils sont le plus proche, les
Diogenidae, ils offrent des caractères plésio-
morphes, par exemple la segmentation abdominale
et la structure des pièces buccales, mais rien ne
permet de penser qu’il existe un rapport de filia¬
tion entre les deux groupes. Les diverses lignées
auxquelles appartiennent les Diogenidae et les
Pylochelidae sont sans doute issues d’une forme
ancestrale commune, mais elles ont évolué séparé¬
ment et les liens phylétiques entre elles sont
obscurs. La seule hypothèse que nous formulerons
sur un possible rapprochement concerne d’une
part les Mixtopagurinae, seuls Pylochelidae à
abdomen notablement asymétrique, et d’autre part
les Diogenidae ou au moins certains d’entre eux,
ceci en raison de certaines similitudes morpholo¬
giques.
Le travail de révision que nous présentons ici
comporte tout d’abord quelques précisions sur
l’origine et l’importance du matériel sur lequel elle
a été fondée, puis, pour faciliter la consultation et
l’utilisation de l’étude taxonomique proprement
dite, des remarques générales sur la morphologie
des Pylochelidae et sur les principaux caractères
décrits et figurés, sur la terminologie employée et
sur les méthodes de mensuration.
La première espèce de Pylochelidae a été établie
voici un peu plus d’un siècle, mais les récoltes ont
été rares par la suite, et peu d’auteurs en ont
signalé. Aussi le progrès des connaissances sur le
groupe, jusqu’au seuil de notre révision, n’a-t-il
fait l’objet que d’une courte relation historique.
Source : MNHN, Paris
14
JACQUES FOREST
L’étude systématique comprend pour la famille,
et pour chaque sous-famille, genre ou sous-genre :
une synonymie, s’il y a lieu, une définition et des
remarques sur ses caractéristiques et ses affinités,
ainsi que sur son écologie et sa distribution. Le
traitement de chaque espèce inclut, dans l’ordre :
la liste des références et des synonymes et celle du
matériel examiné, des informations sur le type et
la localité-type, une diagnose, une description, des
données sur les tailles extrêmes, par sexe, lorsque
le nombre de spécimens observés le justifie, et
l’habitat. Sous la rubrique remarques sont ras¬
semblées les observations et discussions sur les
particularités morphologiques, la variabilité, les
affinités et éventuellement l’écologie. C’est enfin
la distribution générale qui est mentionnée.
1. Le Dr. Janei Haig, Allan Hancock
l’équivalence des termes utilisés dans les deux
Des clefs d’identification, en français et en
anglais , sont fournies pour les différents niveaux
taxonomiques, et les taxa sont rangés dans l’ordre
où ils sortent de ces clefs.
L’écologie — plus particulièrement les divers
types d’habitat — et les distributions géogra¬
phique et bathymétrique sont traitées dans les der¬
niers chapitres.
Comme dans les travaux sur d’autres groupes
zoologiques publiés dans la série des Résultats des
Campagnes MUSORSTOM, on trouvera ici, en
annexe, une liste des stations de récolte de Pylo-
chelidae, avec, pour chacune, les données sur la
date, la position et les profondeurs, et les noms
des espèces recueillies.
Foundation, Los Angeles, a bien voulu corriger le texte anglais afin d’assurer
langues. Je la remercie vivement de son précieux concours.
Source : MNHN, Paris
REMERCIEMENTS
Les campagnes récentes dans le sud-est asiatique ont permis de recueillir des Pylochelidae nom¬
breux, mais appartenant à peu d’espèces. Pour les identifier et, surtout, pour donner à notre étude le
caractère d’une révision, il fallait examiner le plus grand nombre possible des spécimens précédemment
signalés et en particulier les types. 11 était également souhaitable d’y ajouter les échantillons provenant
d’expéditions antérieures et manifestement restés indéterminés. Beaucoup de musées ou d’instituts étran¬
gers, ceux que nous mentionnons à la page 17, ont bien voulu répondre à notre appel et nous commu¬
niquer en prêt, parfois le seul Pylochelidae existant, souvent des collections plus ou moins importantes.
C’est à mes collègues responsables de la conservation des Crustacés dans ces musées et instituts
qu’iront mes premiers remerciements, et d’abord à Fenner A. Chace, de la Smithsonian Institution, qui
m’a confié les très importantes collections de Pagurides indo-ouest-pacifiques indéterminés du National
Muséum of Natural History et, entre autres, celles de 1 ’Albatross ( cf . p. 12). L’examen des Pylocheli¬
dae recueillis par ce navire aux Philippines et au Japon a attiré mon attention sur la diversité de cette
famille et en même temps sur la médiocre connaissance que nous en avions : en effet 12 espèces étaient
représentées, dont quatre seulement identifiables à des espèces connues. R. B. Manning, également de
la Smithsonian Institution, m’a par la suite apporté une aide efficace par le prêt d’autres échantillons.
Pour le matériel non déterminé qui m’a été soumis et/ou pour les échantillons que j’ai pu
emprunter, j’exprime encore ma reconnaissance à : E. W. Dawson, New Zealand Océanographie Insti¬
tue ; R. W. Ingle, British Muséum (Natural History), Patsy McLaughlin, Florida International Uni-
versity, Miami ; S. Miyaké et T. A. Uchida, Zoological Laboratory, Kyushu University ; J. Stock,
Zoôlogisch Muséum, Amsterdam ; M. Türkay, Senckenberg Muséum, Francfort-sur-le-Main ; Torben
Wolff, Zoologisk Muséum, Copenhague ; H. P. Yu, National Taiwan College of Marine Science and
Technology.
Je n’ai malheureusement pu obtenir que me soient communiqués les types et seuls spécimens
connus, conservés à Calcutta, d’une espèce décrite par Alcock. Cependant K. Narapu Reddy, du
Zoological Survey of India a accepté de les examiner et m’a fourni des informations sur ces exemplai¬
res, ainsi que des photographies d’après lesquelles ont été exécutés les dessins qui illustrent la descrip¬
tion de l’espèce.
Une partie des échantillons sur lesquels est fondée cette révision proviennent d’expéditions que
j’ai dirigées ou auxquelles j’ai participé. J’assure de ma gratitude tous ceux qui ont contribué à leur
réalisation et à leur succès, les équipages des navires et les chercheurs embarqués.
Je remercie également les responsables d’autres campagnes, qui m’ont remis les Pylochelidae
recueillis, et spécialement : Mohammad Kasim Moosa, du Lembaga Oseanologi Nasional, Djakarta,
pour le matériel de CORINDON IV, au large de Ceram, et A. Crosnier et B. Richer de Forges, de
l’Institut français de Recherche scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM) pour
celui de MUSORSTOM IV, au large de la Nouvelle-Calédonie. C. Levi, du Muséum national d’His-
toire naturelle, m’a confié les échantillons de la campagne BIOCAL, et, par ailleurs, a bien voulu iden¬
tifier les Éponges qui abritaient des Pylochelidae.
J’ai trouvé au Laboratoire de Carcinologie du Muséum une assistance constante et efficace. Ma
collègue M. de Saint Laurent a revu et critiqué le manuscrit, après m’avoir fait bénéficier de sa con¬
naissance des Pagurides tout au long de l’élaboration du travail. Si celui-ci a quelque mérite il le doit
en partie à la qualité des dessins au trait qui l’illustrent, tous dus au talent de Monsieur M. Gaillard.
Source : MNHN, Paris
16
JACQUES FOREST
Les photographies au microscope à balayage ont été réalisées au Laboratoire d'Évolution des Êtres
organisés, avec l’aide de Madame Guillaumin. Quant aux tableaux et aux cartes de distribution ils ont
été exécutés par M. J. Rebière. Madame J. Semblât a droit à tous les éloges pour le soin avec lequel
elle a effectué les recherches documentaires et préparé la bibliographie. Elle a dactylographié les textes
et effectué les nombreuses retouches que j’ai été amené à y apporter en cours de rédaction.
Enfin la collaboration de Mademoiselle D. Dondon a été très précieuse, aussi bien pour le tri, la
préparation et l’étiquetage des spécimens que pour l’établissement des listes de matériel et la mise en
forme définitive du manuscrit.
Source : MNHN, Paris
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Collections. — Le matériel qui a permis l’éla¬
boration de cette révision des Pylochelidae com¬
prend d’abord un grand nombre de spécimens
conservés dans différents musées. Nous avons
ainsi pu examiner non seulement la grande majo¬
rité des types des espèces précédemment décrites,
mais également les échantillons encore indétermi¬
nés recueillis par chalutage ou dragage, en parti¬
culier ceux des grandes expéditions évoquées dans
l’introduction. Les musées et autres organismes de
recherche qui ont bien voulu nous confier des
Pylochelidae identifiés ou non, sont les suivants :
British Muséum (Natural History), Londres.
Lembaga Oseanologi Nasional, Djakarta.
Musée Zoologique de l’Université et de la ville de
Strasbourg.
Muséum of Comparative Zoology, Harvard.
Muséum national d’Histoire naturelle, Paris.
National Muséum, Wellington.
National Muséum of Natural History, Smithsonian
Institution, Washington.
National Taiwan College of Marine Science and Tech¬
nology, Keelung.
Natur-Museum Senckenberg, Francfort-sur-le-Main.
New Zealand Océanographie Institute, Wellington.
University of Miami, Marine Laboratory, Miami.
Zoological Laboratory Kyushu University, Faculty of
Agriculture, Fukuoka.
Zoologische Muséum, Amsterdam.
Zoologische Staatsammlung, Munich.
Zoologisk Muséum, Copenhague.
Les campagnes récentes aux Philippines (MUSOR-
STOM I et II, 1976 et 1980) et dans le détroit de
Macassar (CORINDON II, 1980) ont montré que
contrairement à ce que l’on pouvait présumer
d’après les captures antérieures, souvent limitées à
des spécimens isolés ou en très petit nombre, cer¬
taines espèces étaient très communes en des locali¬
tés déterminées. Le chalut à perche, principal
engin utilisé et le plus efficace pour l’échantillon¬
nage de la macrofaune benthique, a fourni de
nombreux exemplaires de quelques espèces, ce qui
a permis de relever leurs variations morpholo¬
giques et spécialement celles liées au sexe et à la
taille. Quelques formes de très petite taille, par
exemple la glaucothoé de l’une des espèces dé¬
crites, ont été obtenues avec la drague épiben-
thique pendant l’expédition BENTHEDI, dans le
sud-ouest de l’océan Indien 1 .
L’ensemble de la collection étudiée comprend
plus de 400 spécimens recueillis en près de 200 sta¬
tions. Ces chiffres prennent toute leur significa¬
tion quand on les rapproche de ceux relatifs au
matériel cité dans les travaux sur les Pylochelidae.
En dehors des échantillons assez nombreux prove¬
nant du Japon et appartenant à trois espèces 2 , le
nombre total des spécimens signalés dans le passé
ne dépasse pas 60, celui des stations étant d’une
trentaine.
Descriptions taxonomiques et terminologie. —
Les définitions et descriptions des différents taxa
de Pylochelidae font appel à de nombreux carac¬
tères de morphologie externe. La forme, les pro¬
portions et les lignes et sillons de la carapace
céphalothoracique et de l’abdomen sont sans
doute les éléments qui permettent d’emblée une
identification générique, mais l’étude des appen¬
dices, qu’il s’agisse de ceux de la région cépha-
1. Plusieurs campagnes de prospection biologique ont eu lieu dans l’Indo-Ouest-Pacifique en 1985 : MUSORSTOM III,
aux Philippines, BIOCAI. et MUSORSTOM IV, au large de la Nouvelle-Calédonie. Les Pylochelidae recueillis au cours de ces
campagnes, et dont une partie seulement ont pour l'instant été examinés, ne sont pas inclus dans le matériel sur lequel est fondée
la présente révision. La seule exception concerne le genre Trizocheles, dont deux des espèces nouvelles sont décrites d'après des
spécimens récoltés en Nouvelle-Calédonie.
2. Les noms valides de ces espèces sont Pomatocheles jeffreysii Miers, Pylocheles mortensenii Boas et Trizocheles sakaii
sp. nov.
Source : MNHN, Paris
18
JACQUES FOREST
lique, du thorax ou de l’abdomen, est indispen¬
sable, d’une part pour différencier les espèces
d’un même genre et déceler leurs affinités, d’autre
part pour déterminer la position respective des
différents genres.
La famille rassemble des types morphologiques
notablement différents, si bien qu’on ne peut les
décrire en utilisant une terminologie unique et
standard. Pour cette raison, nous avons figuré ci-
contre de façon semi-schématique la carapace et
les appendices sensoriels de deux formes qui appa¬
raissent dans une certaine mesure comme des
extrêmes : un Pylocheles (fig. 1 a) et un Trizo-
cheles (fig. 1 b). La référence à l’un ou à l’autre
des deux dessins permettra d’interpréter la termi¬
nologie employée, laquelle est en partie celle
actuellement et communément en usage dans les
travaux taxonomiques sur les Pagurides, certains
termes ayant cependant été créés afin de répondre
aux particularités morphologiques des formes con¬
sidérées.
La carapace céphalothoracique est divisée laté¬
ralement par la linea anomurica qui sépare les
branchiostèges de la région dorsale. Celle-ci est
elle-même divisée en une région antérieure dési¬
gnée sous le nom d’écusson, et une région posté¬
rieure. D’une façon générale, chez les Pagurides,
ces deux régions sont séparées par un sillon trans¬
verse, la linea transversalis selon la terminologie
de Boas, qui passe immédiatement en arrière du
sillon cervical. Cependant les deux genres Pylo¬
cheles et Cheiroplatea (sous-famille des Pylocheli-
nae) sont précisément caractérisés par une large
discontinuité entre les deux branches latérales de
cette linea transversalis. La limite postérieure de
l’écusson est donc ici incomplètement matérialisée
et nous considérerons qu’elle est marquée par la
partie médiane du sillon cervical.
Le bord frontal est très variable. 11 peut être
découpé en trois lobes séparés par des sinus : un
lobe rostral aigu ou arrondi, plus ou moins proé¬
minent, et deux lobes latéraux, en général angu¬
leux, que nous qualifierons de saillies post-anten-
naires. Il peut aussi présenter une portion médiane
concave séparant deux saillies qui sont désignées
ici sous le nom de saillies post-oculaires, séparées
des saillies post-antennaires par un sinus concave.
La division de l’abdomen en segments distincts
et articulés, à région tergale bien calcifiée, est
commune à tous les genres. Les différences por¬
tent sur la forme des tergites et en particulier du
premier et du dernier, et sur le degré de dévelop¬
pement et d’individualisation des régions pleu¬
rales. La forme et la structure du telson sont par¬
ticulièrement importantes pour les distinctions
génériques et subfamiliales.
Les pédoncules oculaires offrent de fortes dif¬
férenciations immédiatement et facilement obser¬
vables. Ils sont typiquement biarticulés comme
chez la plupart des autres Décapodes. L’article
proximal est marqué dorsalement par un sclé-
rite dont les dimensions et la forme diffèrent sui¬
vant les genres, et à un moindre degré suivant les
espèces. Ce sclérite peut être assez grand ou plus
ou moins réduit, mais dépourvu de prolongement
antérieur saillant : il est alors désigné sous le nom
de pièce (oculaire) basilaire. Il peut aussi avoir la
même forme que chez la grande majorité des
autres Pagurides, c’est-à-dire présenter un prolon¬
gement en lamelle triangulaire ou spiniforme qui
s’avance au-dessus de la région articulaire, et,
dans ce cas, c’est le terme d 'écaille oculaire qui a
été utilisé dans les descriptions. L’article distal ou
pédoncule oculaire proprement dit a un allonge¬
ment et des proportions caractéristiques au niveau
spécifique. De même, suivant les espèces, la cor¬
née est diversement développée : elle est souvent
grande, renflée, fortement pigmentée, mais montre
aussi tous les degrés de réduction, jusqu’à l’ab¬
sence complète de différenciation.
Les pédoncules antennulaires et antennaires four¬
nissent des éléments diagnostiques par leurs lon¬
gueurs, soit relatives, soit comparées à celle des
pédoncules oculaires, et par les proportions de
leurs articles. Caractéristiques également sont la
forme, la longueur et l’armature du second article
de l’antenne et surtout de l’écaille antennaire.
Les pièces buccales sont fortement diversifiées
au niveau générique. C’est aussi en partie sur
leurs particularités qu’ont été fondées les divisions
subfamiliales que nous avons jugé nécessaire
d’établir. En revanche leur structure est homogène
à l’intérieur d’un même genre et les différences
d’une espèce à l’autre, quand elles existent, sont
en général minimes. Nous n’en avons donc fait
état que dans les définitions génériques et subfa-
miiiales.
Les chélipèdes, le plus souvent égaux et symé¬
triques, présentent ou non des modifications adap¬
tatives qui portent surtout sur les trois articles dis¬
taux. Les doigts peuvent s’ouvrir dans un même
plan, perpendiculaire au plan sagittal ; c’est le cas
lorsque ces appendices sont operculiformes ou
suboperculiformes. Ils peuvent aussi s’ouvrir dans
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
19
Fig. I. — Vue dorsale schématique de la carapace et des appendices céphaliques chez un Trizocheles (a) et chez un Pylocheles (b).
des plans plus ou moins obliques. Nous avons
conventionnellement considéré que la face exposée
de la main et du carpe était dorsale, bien que son
orientation soit souvent fortement latérale. De
même les bords de cette face sont toujours quali¬
fiés de mésial, pour celui par lequel les deux
appendices entrent en contact, et de latéral pour
le bord opposé.
Les deuxièmes péréiopodes, ambulatoires, res¬
semblent à ceux de la majorité des autres Pagu-
rides, avec, dans certains genres, des différencia¬
tions correspondant à une coaptation avec les ché-
lipèdes pour former un opercule, ou à la présence
d’un appareil stridulatoire. En tout état de cause
ces appendices ont toujours été décrits et figurés,
car la forme, les proportions et l’armature de
Source : MNHN, Paris
20
JACQUES FOREST
leurs articles sont souvent caractéristiques d’une
espèce.
Par contre, pour les troisièmes péréiopodes,
seules ont été notées les différences, surtout dans
la spinulation, avec les précédents.
Les quatrièmes et cinquièmes péréiopodes diffè¬
rent notablement d’un genre à l’autre par la con¬
formation des articles distaux. Ils ont, semble-t-il,
toujours une fonction préhensile, mais la partie
du bord distal du propode vers laquelle se rabat le
dactyle peut être étroite ou plus ou moins élargie,
et s’avancer plus ou moins en une saillie, ou doigt
fixe. Les appendices ont été qualifiés de chéli-
formes, lorsque ce doigt fixe, indépendamment
des soies modifiées qui le prolongent, dépasse le
milieu du dactyle, de subchéliformes dans le cas
contraire, d’ailleurs le plus fréquent. La forme et
la disposition des soies spiniformes ou squami-
formes sur le propode sont également de bons
caractères de distinction entre les genres. Les pho¬
tographies au microscope électronique ont montré
que, lorsque les soies sont squamiformes, leur
bord distal est régulièrement arrondi ou plus ou
moins déchiqueté, ceci dans une même espèce et
même chez un même individu. On peut présumer
que ce bord est entier chez l’animal qui vient de
muer et qu’il s’altère à l’usage.
Les quatre dernières paires d’appendices thora¬
ciques sont plus ou moins comprimées latérale¬
ment, et les descriptions font état d’une face
mésiale et d’une face latérale, d’un bord dorsal et
d’un bord ventral.
Les branchies sont toujours au nombre de
14 paires, mais on observe d’une sous-famille à
l’autre des différences significatives dans leur
forme et leurs dimensions relatives, suivant le seg¬
ment considéré. De même, la présence et le degré
de développement, ou l’absence des épipodites sur
les trois paires de maxillipèdes constituent de
bonnes caractéristiques subfamiliales.
Comme pour les pièces buccales, il existe le plus
souvent de notables particularités génériques dans
la forme des gonopodes et l’organisation des
autres pléopodes, notamment dans le développe¬
ment respectif et le nombre des articles de l’endo-
podite et de l’exopodite. On observe également
quelques variations spécifiques, et, pour certains
genres, nous avons figuré les appendices de plu¬
sieurs espèces. Pour définir l’angle sous lequel
ceux-ci ont été dessinés nous avons considéré
qu’ils étaient redressés à la perpendiculaire par
rapport à la surface ventrale. Il faut pourtant
noter que, le plus souvent, les dessins ont été exé¬
cutés d’après des préparations et que, entre lame
et lamelle, les appendices peuvent se présenter
sous un angle qui ne correspond pas exactement à
leur position en place sur l’animal.
La pilosité a été décrite surtout lorsqu’elle
représentait une caractéristique spécifique notable.
La coloration n’a été indiquée que pour les
Pylochelidae observés vivants ou lorsque des
informations existent à cet égard dans la littéra¬
ture. Après un séjour relativement court dans le
liquide conservateur la plupart des spécimens
prennent une teinte uniformément blanc jaunâtre
à grisâtre.
Mensurations. — Chaque fois qu’il est fait
référence à la taille des spécimens, il s’agit de la
longueur de la carapace mesurée suivant l’axe
médian, depuis la pointe du rostre, ou, lorsqu’il
n’y a pas de rostre, depuis le milieu du front
jusqu’au milieu de l’échancrure postérieure. En
effet la longueur totale est toujours imprécise,
l’abdomen pouvant être plus ou moins étiré au
niveau des articulations intersegmentaires. Lorsque
les proportions de l’écusson sont indiquées, sa
longueur est comptée à partir du rostre ou du
milieu du bord frontal jusqu’à la linea transversa¬
le, ou lorsque celle-ci est discontinue, jusqu’au
sillon cervical. Quant à la largeur, elle est mesurée
au niveau où elle est maximale.
Les dimensions prises en compte dans la mensu¬
ration des pédoncules oculaires sont exclusivement
celles de l’article distal (cf. supra, p. 18), la lon¬
gueur étant mesurée depuis la base du bord latéral
jusqu’à l’apex de la cornée, et le diamètre étant,
suivant le cas, celui du renflement proximal, celui
du milieu du pédoncule, ou celui du renflement
cornéen.
Pour les chélipèdes l’allongement de la main est
caractérisé par le rapport de la largeur maximale
de sa face dorsale à sa longueur totale.
Lorsqu’il est fait état des proportions des
articles des deuxièmes et troisièmes péréiopodes,
la longueur est mesurée en ligne droite du côté
dorsal, entre les articulations, ou, pour le dactyle,
entre l’extrémité de l’ongle et l’articulation proxi¬
male, alors que la largeur est celle, maximale, de
la face latérale.
Pour les quatrièmes et cinquièmes péréiopodes,
dont la conformation est très différente de
celle des appendices précédents, les proportions
— essentiellement celles du mérus et du pro-
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
21
pode — sont calculées d’après la longueur totale
des articles et la plus grande largeur de leur face
latérale.
Illustration. — Les principaux caractères mor¬
phologiques relevés dans les descriptions des
espèces ont fait l’objet de dessins au trait.
D’une façon générale ont été figurés :
— la carapace céphalothoracique, avec les appen¬
dices céphaliques, en vue dorsale ;
— les trois articles distaux d’un chélipède, le plus
souvent le gauche, en vue dorsale ou latéro-
dorsale ;
— la seconde patte thoracique gauche, en vue
latérale ou, chez les Trizocheles, mésiale ;
— le 6 e tergite abdominal, le telson et l’un des
uropodes au moins, en vue dorsale, sauf chez
les Trizocheles , dont la région postérieure de
l’abdomen n’a été représentée que chez quelques
espèces.
Les dessins ont été groupés par espèce, sauf
encore dans le genre Trizocheles, le plus nom¬
breux, où les chélipèdes d’une part, et les
deuxièmes pattes thoraciques de l’autre, ont été
rassemblés sur les mêmes clichés, afin de faciliter
les comparaisons.
Les caractères qui n’ont pas été retenus comme
distinctifs au niveau spécifique, mais qui inter¬
viennent dans les définitions génériques ont été
illustrés pour une espèce de chaque genre au
moins. C’est le cas de la région épistomienne, de
l’abdomen, des pièces buccales, des deux dernières
paires de pattes thoraciques et des pléopodes (sur
les conditions d’exécution des figures de ces der¬
niers appendices, voir ci-dessus, p. 20).
Sur la plupart des dessins la pilosité n’a pas été
représentée ou ne l’a été que partiellement, afin
de ne pas cacher l’ornementation sous-jacente.
L’illustration a été complétée par une série de
photographies montrant soit l’habitus des diffé¬
rents genres, éventuellement avec ou dans l’habi¬
tation, soit des particularités comme celles offertes
par la région postérieure de l’abdomen. L’utilisa¬
tion du microscope électronique à balayage a per¬
mis de faire voir les détails de formations tégu-
mentaires : plages de tubercules formant des râpes
sur les chélipèdes de formes xylicoles, tubercules
stridulatoires sur les chélipèdes et les secondes
pattes thoraciques chez les Trizocheles, forme et
disposition des soies modifiées sur les quatrièmes
pattes thoraciques dans tous les genres, ornemen¬
tation de la face operculaire de la main chez un
Cheiroplatea.
Source : MNHN, Paris
HISTORIQUE
En 1879, dans l’étude d’une collection de Crus¬
tacés provenant des mers de Corée et du Japon,
E. J. Miers, décrit des spécimens vivant dans des
coquilles de Dentalium sous le nom de Pomato-
cheles jeffreysii nouvelle espèce et nouveau genre,
qu’il range parmi les Paguridea. Il écrit : « This
remarkable form is of great interest as estab-
lishing a transition from the Paguridea to the
Macrura ». Il note que, en ce qui concerne le
céphalothorax et ses appendices, cette forme pré¬
sente beaucoup d’affinités avec les Cancellus,
mais présume que les Pomatocheles sont surtout
alliés aux genres Prophylax Latreille et Glauco-
thoe H. Milne Edwards qui, en fait, sont des
post-larves de Pagurides.
L’année suivante, en 1880, A. Milne Edwards
publie une étude préliminaire des Décapodes
recueillis de 1877 à 1879 par le Blake dans le golfe
du Mexique. Il place parmi les Paguriens deux
nouvelles espèces, types de genres nouveaux, Pylo-
cheles agassizii et Mixtopagurus paradoxus. Il
considère le premier comme une forme de passage
entre Paguriens et Thalassiens, apparentée à
Pomatocheles , et le second comme intermédiaire
« entre les Pagurus [ = Dardanus] proprement dits
et les Pylocheles ».
Les « Macroures » du Challenger sont traités en
1888 par Spence Bâte qui distingue, dans une
division des Trichobranchiata, un groupement des
Aberrantia avec, d’une part les Galatheidae,
d’autre part les Thalassinidae, les Callianassidae,
les Axiidae, les Thaumastochelidae et la nouvelle
famille des Pylochelidae. Celle-ci inclut le nou¬
veau genre Cheiroplatea, avec l’espèce nouvelle
C. cenobita, de la mer de Banda, ainsi que les
ge es Pylocheles et Pomatocheles , et « ail those
paguriform Anomura that are Trichobranchiate »
(Bâte, 1888, p. 11).
En 1888 également, J. R. Henderson étudie les
Anomura de la même expédition du Challenger. Il
n’a pas connaissance de la classification de Spence
Bâte et décrit un Pylocheles spinosus du sud-est
de l’Australie, situant, lui, le genre dans la famille
des Parapaguridae Smith, 1882, c’est à dire avec
les Pagurides à trichobranchies. En l’absence de
données sur la structure des branchies, il place
provisoirement les Pylocheles parmi les Pagurides
à phyllobranchies (Laminibranchiata).
A. Ortmann (1892) suit la classification
d’HENDERSON, mentionne Pylocheles agassizii
d’après un spécimen du Blake, identifie à P. spi¬
nosus un spécimen du Japon, et place avec eux le
genre Cheiroplatea dans la famille des Parapagu¬
ridae ', avec une nouvelle espèce C. scuta ta, éta¬
blie pour un spécimen du Blake.
A. Milne Edwards et E.-L. Bouvier (1893)
décrivent de façon plus complète les « Crustacés
de la famille des Paguriens » provenant de l’expé¬
dition du Blake. Les genres Pylocheles, Mixtopa¬
gurus et Cheiroplatea sont considérés comme
appartenant à un même groupe, caractérisé par
des branchies quadrisériées, ainsi que les Pomato¬
cheles, s’il s’avère que ce dernier genre a bien le
même type de branchies. La ressemblance et la
possible synonymie de Cheiroplatea avec Pyloche¬
les est notée, et le Pylocheles spinosus d’Hender¬
son est rattaché à Mixtopagurus.
Pylocheles scorpio est décrit de la mer d’Anda-
man en 1894, par Alcock, qui, en 1901, le prend
comme type du genre Parapylocheles. Pylocheles
miersi Alcock et Anderson, 1889, provient de la
même région.
Un Pylocheles parti tus et un Mixtopagurus gilli
sont décrits en 1901 par Benedict, l’un de la mer
des Antilles, l’autre de Caroline du Nord.
Alcock, dans le catalogue des Pagurides de
l’Indian Muséum (1905), donne une description
détaillée de Parapylocheles scorpio, de Pylocheles
1. Cette famille n'a plus été reconnue par les auteurs suivants. Elle a été rétablie en 1972 par M. de Saint-Laurent, avec
une nouvelle définition ne faisant plus appel aux caractères des branchies et un contenu restreint au genre Parapagurus et à
quelques genres monospécifiques apparentés.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
23
miersi, et d’une nouvelle espèce, Cheiroplatea
macgilchristi. Suivant la classification de Sp.
Bâte, il range dans la famille des Pylochelidae,
les genres Cheiroplatea, Pomatocheles, Mixtopa-
gurus, Pylocheles, et Parapylocheles, envisageant
la possibilité que les quatre premiers soient des
synonymes.
Le travail d’AixocK marque la fin d’une
période de 25 ans pendant laquelle, après la des¬
cription de la première espèce de Pylochelidae, des
données nouvelles sur le groupe ont été régulière¬
ment acquises. Onze espèces ont été décrites dont
six dans l’Indo-Ouest-Pacifique et cinq dans
l’Atlantique occidental, alors que les cinq genres
reconnus au seuil de la présente révision ont été
établis. Ces progrès relativement rapides dans la
connaissance d’animaux marins dont les représen¬
tants vivent surtout à des profondeurs supérieures
à 200 mètres reflètent l’intérêt porté à la faune
bathyale après les grandes campagnes des der¬
nières décennies du xix e siècle : Challenger, Blake,
Investigator, entre autres.
En revanche, au cours des 80 années suivantes,
il ne sera plus que rarement fait état des Pyloche¬
lidae dans la littérature carcinologique. Parmi les
rares espèces déjà nommées qui seront retrouvées
et signalées, on en compte deux, assez communes
dans la mer du Japon, en eau relativement peu
profonde — entre 100 et 200 mètres.
L’une est Pomatocheles jeffreysii Miers, dont
de nouvelles récoltes, parfois sous le nom généri¬
que de Mixlopagurus, sont mentionnées par
Terao (1913), Kikuchi (1932), Yokoya (1933),
Miyaké (1960, 1962, 1975 et 1978), Kim et Choe
(1976). La seconde, identifiée à tort au Pyloche¬
les spinosus de Henderson, est signalée sous les
noms génériques de Mixlopagurus ou de Pomato¬
cheles par Terao (1913), Balss (1913), Yokoya
(1933), Miyaké (1947, 1963, 1978).
Quant à Parapylocheles scorpio il figure dans
les récoltes de la Valdivia (Balss, 1912).
Toutes les autres mentions d’espèces établies
avant 1905 se réfèrent aux publications antérieures
et non à des échantillons nouveaux. Ainsi Boas,
en 1926, commente les descriptions des onze espè¬
ces signalées par Alcock. Mixlopagurus para-
doxus et Pylocheles agassizii sont cités par
Rabaud (1941), Pomatocheles jeffreysii par Pérez
(1934), Makarov (1938), Balss (1940), Pylocheles
miersi par Pérez (1934) et McGinitie et McGini-
tie (1949).
La famille des Pylochelidae s’enrichit d’un petit
nombre d’espèces nouvelles. Pomatocheles balssi
est décrit d’Afrique du Sud en 1914 par Stebbing
qui place le genre Mixlopagurus dans la synony¬
mie de Pomatocheles et substitue, sans fondement
valable, le nom de Pomatochelidae à celui de
Pylochelidae.
Pylocheles mortensenii, Cheiroplatea laticauda,
Mixlopagurus brevicaulis et M. longicaulis sont
décrits en 1926 par J. E. V. Boas dans une étude,
« Zur Kenntnis Symmetrischer Paguriden », por¬
tant principalement sur les récoltes de Th. Mor-
tensen dans la mer de Banda. 11 compare, et de
façon détaillée, les caractères morphologiques des
nouvelles espèces, donne de bonnes illustrations
et, le premier depuis Alcock, discute les relations
entre plusieurs genres de Pylochelidae. Ses conclu¬
sions ont malheureusement une portée limitée car
les comparaisons avec les autres formes connues
sont établies en se référant uniquement aux des¬
criptions originales, souvent insuffisantes.
Pylocheles rigidus est décrit du Japon par
Yokoya en 1933.
Enfin S. Miyaké, en 1978, dans « The Crusta-
cean Anomura of Sagami Bay », range dans la
super-famille des Coenobitoidea les familles des
Coenobitidae et des Pomatochelidae ( = Pylocheli¬
dae), celle-ci avec les genres, représentés au
Japon, Pomatocheles (avec la synonymie proposée
par Stebbing, 1914 : = Mixlopagurus ), Pylocheles
et Cheiroplatea. Deux espèces nouvelles sont
décrites : Pomatocheles sculptipes, et Cheiroplatea
mitoi.
Au terme de cet exposé historique, la famille
des Pylochelidae apparaît comme constituée par
19 espèces appartenant à 5 genres, à savoir :
Pour l’Indo-Ouest-Pacifique :
Pomatocheles jeffreysii Miers
P. sculptipes Miyaké
Pylocheles miersi Alcock et Anderson
P. mortensenii Boas
* P. rigidus Yokoya
Cheiroplatea cenobita Spence Baie
C. macgilchristi Alcock
C. laticauda Boas
C. mitoi Miyaké
Parapylocheles scorpio (Alcock)
Mixlopagurus spinosus (Henderson) (parfois nommé
Pomatocheles spinosus)
M. balssi Stebbing
M. longicaulis Boas
M. brevicaulis Boas
Source : MNHN, Paris
24
JACQUES FOREST
Pour l’Atlantique occidental :
Pylocheles agassizii A. Milne Edwards
* P. partilus Benedict
Cheiroplatea scutata Ortmann
Mixtopagurus paradoxus A. Milne Edwards
* M. gilli Benedict
Nous avons déjà signalé dans l’Introduction
(p. 12) que cette liste doit être corrigée en tenant
compte d’une redistribution générique, avec l’éta¬
blissement de deux nouveaux genres, de synony¬
mies spécifiques (les espèces marquées d’un asté¬
risque sont synonymes d’autres espèces), et
d’identifications erronées (le nom de Mixtopagu¬
rus spinosus couvre deux espèces distinctes). Ces
corrections ramènent le nombre des espèces réelle¬
ment représentées dans la liste ci-dessus à treize
pour l’Indo-Ouest-Pacifique et à trois pour
l’Atlantique occidental.
Source : MNHN, Paris
ETUDE SYSTÉMATIQUE
Famille des Pylochelidae Bâte, 1888
« Paguriens » A. Milne Edwards, 1880, p. 37 (pro parte).
Pylochelidae Bâte, 1888, p. 10.
Parapaguridae, Henderson, 1888, p. 85 (pro parte) ; Ortmann, 1892, p. 274.
« Paguriens » ou « Pagurides », A. Milne Edwards et Bouvier (1893, p. 17).
Pylochelidae, Ortmann, 1898, p. 1144 ; Alcock, 1901, p. 209 ; 1905, p. 13 ; Calman, 1909, p. 259,
277, 304, 313 ; 1911, p. 94, 136 ; Balss, 1912, p. 90 ; 1913, p. 34 ; Terao, 1913, p. 390.
Pomatochelidae, Stebbing, 1914, p. 2 ; Balss 1924, p. 753.
« Pomatocheliden », Balss, 1924, p. 780.
« Pylochelimen », Boas, 1926, p. 3.
Pomatochelidae, Balss, 1927, p. 1012.
Pylochelidae, Yokoya, 1933, p. 70; Balss, 1940, p. 41, 78, 96, 97, 134, 135, 160 ; 1941, p. 174, 179,
276 ; 1944, p. 529, 598, 629, 653 ; Walton, 1950, p. 188 (pro parte).
Pomatochelidae, Barnard, 1950, p. 413.
Pylochelidae, Forest, 1954, p. 167 ; Balss, 1956, p. 1386 ; 1957, p. 1507, 1584, 1589 ; 1961, p. 1807 ;
Dechancé, 1963, p. 494 ; Pilgrim, 1965, p. 549.
Pomatochelidae, Miyaké, 1978, p. 3 ; McLaughlin, 1983a, p. 431 ; 1983b, p. 615.
Pylochelidae, Schembri et McLay, 1983, p. 28 ; McLaughlin, 1983a, p. 431 ; 1983b, p. 609.
Pomatochelidae, Baba, Hayashi et Toriyama, 1986, p. 184.
Genre-type. — Pylocheles A. Milne Edwards, 1880.
Nombre de genres. — Sept, dont un exclusivement ouest-atlantique, quatre exclusivement indo-
ouest-pacifique^, et deux présents dans les deux régions.
Définition
Carapace céphalothoracique paguriforme divisée par une linea transversale complète ou non en
une région antérieure (écusson) fortement calcifiée et une région postérieure à calcification plus ou
moins étendue. Bord frontal avec ou sans rostre.
Abdomen macrouriforme, symétrique ou non, à segments individualisés, dorsalement calcifiés,
articulés. Telson bien développé, uni- ou biarticulé. Pédoncules oculaires normaux ou réduits, cornées
grandes, ou réduites, ou absentes. Pédoncules antennulaires et antennaires toujours bien développés ;
flagelles et écailles antennaires présents.
Endopodite des maxillules avec ou sans processus latéral. Premiers maxillipèdes avec un épipo-
dite bien développé et le plus souvent un flagelle sur l’exopodite. Seconds maxillipèdes avec ou sans
épipodite. Troisièmes maxillipèdes rapprochés à la base, à extrémité chéliforme ou non, rarement avec
un rudiment d’épipodite ; l’ischion doté d’une crista dentata longue et forte, avec ou sans dents acces¬
soires.
Chélipèdes presque toujours symétriques, à carpe et main modifiés ou non pour former un oper¬
cule. Deuxièmes et troisièmes péréiopodes pédiformes. Quatrièmes et cinquièmes péréiopodes plus ou
Source : MNHN, Paris
JACQUES FOREST
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
27
moins subchéliformes, avec sur le propode, une râpe qui peut être réduite à une ligne unique de soies
modifiées.
Sur chaque segment abdominal une paire de pléopodes, le plus souvent égaux et symétriques.
Premiers et seconds pléopodes du mâle modifiés en gonopodes.
Quatorze paires de branchies filamenteuses (une paire de pleurobranchies sur chacun des quatre
derniers segments thoraciques, deux paires d’arthrobranchies des troisièmes maxillipèdes aux quatrièmes
péréiopodes.
Segments thoraciques
l II
(Pmx 1) (Pmx 2)
III
(Pmx 3)
IV
(PI
(P2)
VI
(P3)
VII
(P4)
VIH
(P5)
Ep
Ep
Ep
Ab
Ab
Pb
Ab
Pb
Ab
Pb
Ab
Pb
Ab Pb
Pylocheles
s.g. Pylocheles
1
0
R
2
2
0
2
1
2
1
2
1
0 1
s.g. Xylocheles
1
0
0
2
2
0
2
1
2
1
2
1
0 1
s.g. Bathycheles
1
0
0
2
2
0
2
1
2
1
2
1
0 1
Cheiroplatea
I
0
OouC
2
2
0
2
1
2
1
2
1
0 1
Pomatocheles
1
0
R
2(P)
2
0
2
1
2
1
2
1
0 1
Parapylocheles
1
1
0
2(P)
2
0
2
1
2
1
2
1
0 1
Cancellocheles
1
1
C
2
2
0
2
1
2
1
2
1
0 1
Trizocheles
1
1
0
2
2
0
2
1
2
1
2
1
0 1
Mixtopagurus
1
1
1
2
2
0
2
1
2
1
2
1
0 1
Formule branchiale des genres et sous-genres de Pylochelidae
Ep : épipodite (R = rudiment, C = cicatrice) ;
Ab : arthrobranchie (P = petite, à filaments réduits) ;
Pb : pleurobranchie.
Remarques
Alors que les premiers genres aujourd’hui inclus parmi les Pylochelidae avaient été placés avec
les Pagurides et plus précisément, par A. Milne Edwards (1880), dans la famille des « Paguriens »
(= Paguridae), Bâte, en 1888, a établi pour eux une famille séparée qu’il a rangée, non avec les Ano-
mura, mais, se fondant sur la structure des branchies et sur la segmentation dorsale de l’abdomen,
parmi les Macrura, à côté des Thalassinides. Cependant, Henderson (1888) et les auteurs suivants ont
considéré que les Pylocheles et les genres apparentés appartenaient à l’ensemble des Pagurides, soit en
les intégrant à la famille des Paguridae (A. Milne Edwards et Bouvier, 1893), soit en les incluant, à
l’exemple d’HENDERSON, dans la famille des Parapaguridae Smith (Ortmann, 1892), soit, après
Alcock (1901 et 1905), en les réunissant dans une famille distincte, celle proposée à l’origine par Bâte
(cf. Historique, p. 22) et désignée plus tard par certains sous la dénomination injustifiée de Pomatoche-
lidae.
Les dernières définitions ou diagnoses de la famille (Balss, 1957, p. 1584 ; Miyaké, 1978, p. 3)
n’ajoutent guère à celles formulées par les premiers auteurs et ne reposent que sur la connaissance assez
superficielle de quelques espèces.
Si on se reporte à la définition que nous proposons, où les expressions « avec ou sans » et « le
plus souvent » abondent, on constate que les formes incluses parmi les Pylochelidae ne présentent
qu’un petit nombre de caractères communs. Certains traits considérés jusqu’à présent comme typiques
ne sont pas partagés par l’ensemble de la famille. Ainsi, dans le genre Mixtopagurus, l’abdomen et les
pléopodes non sexuels ne sont pas symétriques. En fait, ce qui oppose les Pylochelidae aux autres Coe-
nobitoidea c’est essentiellement la segmentation clairement apparente de l’abdomen.
Source : MNHN, Paris
28
JACQUES FOREST
La plupart des genres se distinguent par un ensemble de particularités morphologiques portant
sur la forme et l’ornementation de la carapace, sur les modifications adaptatives du dernier tergite
abdominal, du telson, et des appendices thoraciques, sur l’organisation de l’épistome 1 et des sternites
thoraciques, sur la structure des appendices sensoriels, des pièces buccales, des gonopodes et des autres
pléopodes. Les Pylochelidae apparaissent ainsi, non comme un groupe naturel, mais comme un groupe¬
ment hétérogène de lignées isolées.
Seuls les Pylocheles et les Cheiroplatea sont étroitement apparentés, et ceci au point que leur
synonymie aurait pu être envisagée. Cependant, le rattachement à Pylocheles, sous la forme d’un sous-
genre, d’une partie des espèces décrites à l’origine comme des Cheiroplatea a permis de redéfinir les
deux genres et de les séparer en fonction d’une série de caractères propres à chacun.
Entre les autres genres, dont trois — Parapylocheles, Cancellocheles et Mixtopagurus — sont
monospécifiques, alors que les deux derniers, Pomatocheles et Trizocheles, comptent respectivement
trois et dix-sept espèces, tout rapprochement est superficiel, car il ne peut reposer que sur un petit
nombre de caractères dont la valeur phylétique est très incertaine. Ainsi Parapylocheles et Cancello¬
cheles ont l’un et l’autre un telson entier et rigide mais de forme bien différente, et, par ailleurs,
n’offrent guère de traits communs. De même Mixtopagurus et Trizocheles se ressemblent quelque peu
par l’aspect de la région antérieure du corps, étant en particulier les seuls genres dotés d’écailles oculai¬
res triangulaires et saillantes, mais ces similitudes ne s’étendent ni à l’ornementation de la carapace, ni
à la conformation de l’abdomen et des pléopodes non sexuels, asymétriques chez l’un, symétriques chez
l’autre, ni à la structure des pièces buccales, ni aux différenciations des gonopodes.
L’hétérogénéité de la famille des Pylochelidae, les nombreuses et importantes particularités qui
caractérisent et isolent la plupart des genres, l’impossibilité de déceler des traits communs auxquels
s’attacherait une signification phylétique, nous ont conduit à réunir Pylocheles et Cheiroplatea dans une
même sous-famille, et à placer chacun des autres genres dans une sous-famille distincte, ceci reflétant
leur isolement relatif 2 .
b
a
Fig. 3. — Structure de l’épistome et des régions voisines chez les différents genres de Pylochelidae : a, Pylocheles (Pylocheles)
mortensenii Boas ; b, Cheiroplatea pumicicota sp. nov.
1. Des différences considérables existent dans la conformation et la disposition des pièces squelettiques de la région cépha¬
lique antérieure ventrale (épistome et bases des appendices sensoriels). Cette région n’a pas été étudiée en détail, mais des illustra¬
tions significatives sont données pour une espèce de chaque genre (fig. 3 et 4).
2. Le niveau taxonomique attribué ici aux groupes de Pylochelidae est provisoire. En effet les différences qui les séparent
sont telles qu’ils pourraient être considérés comme des familles distinctes, celles-ci étant rangées parmi les Coenobitoidea, à côté
des Coenobitidae et des Diogenidae (Les Lomidae ont été récemment et à juste titre érigés en super-famille par McLaughlin,
1983a). Cependant l’unité des Diogenidae est elle-même discutable et c’est en fonction des divisions qui seront sans doute intro¬
duites dans ce groupe qu'il conviendra de revoir la classification des Coenobitoidea et la hiérarchisation des taxa inclus.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
29
Fig. 4. — Structure de l’épistome et des régions voisines chez les différents genres de Pylochelidae : a, Pomatocheles jeffreysii
Miers ; b, Parapylocheles scorpio (Alcock) ; c, Cancellocheles sculplipes (Miyaké) ; d, Trizocheles spinosus bathamae
Forest et de Saint Laurent ssp. nov. ; e, Mixtopagurus paradoxus A. Milne Edwards.
Source : MNHN, Paris
30
JACQUES FOREST
Fig. 5. — Vues latérale et dorsale des quatre ou cinq premiers segments de l'abdomen ; a, b, Pylocheles (Pylocheles) mortensenii
Boas ; c, d, Pomalocheles jeffreysii Miers ; e, Cheiroplatea purnicicola sp. nov. ; f, g, Cancellocheles sculplipes (Miyaké).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
31
Source : MNHN, Paris
32
JACQUES FOREST
Quelle position occupent les Pylochelidae parmi les Anomala ? Précisons ici que, en dépit de
récentes propositions visant à réunir les superfamilles des Coenobitoidea et des Paguroidea en une seule
(McLaughlin, 1983b, p. 616), nous pensons que les différences de structure opposant Paguridae, Para-
paguridae et Lithodidae d’une part, Diogenidae et Coenobitidae d’autre part, justifient le maintien des
deux groupes. L’étude de la disposition bien distincte des endophragmes céphalothoraciques dans les
deux superfamilles (de Saint Laurent, non publié) permettra d’ajouter des éléments supplémentaires à
leurs diagnoses respectives.
Les Pylochelidae semblent avoir naturellement leur place parmi les Coenobitoidea, et sans doute
à côté des Diogenidae, mais en ce qui concerne les relations réelles entre les deux familles, les conclu¬
sions auxquelles nous avons abouti sont plutôt d’ordre négatif.
En effet, il n’existe aucune relation étroite entre l’un des genres de Pylochelidae et l’un ou
l’autre des groupes qui constituent la famille, elle aussi hétérogène, des Diogenidae. Les Pylochelidae
présentent certes, dans leur ensemble, des caractères qu’on peut considérer comme plésiomorphes. En
dehors de la symétrie de l’abdomen et des pléopodes qui sont pairs, les pièces buccales sont chez la plu¬
part d’un type primitif par rapport à celles des Diogenidae, avec la présence d’un épipodite plus ou
moins développé sur les premiers maxillipèdes chez tous et sur les deuxièmes maxillipèdes chez la majo¬
rité des genres, alors que plusieurs d’entre eux portent aussi un lobe ou un vestige épipodial sur les
troisièmes maxillipèdes. Cependant rien n’indique qu’ils puissent inclure une souche ancestrale d’où
seraient dérivés les Diogenidae. Ce n’est guère que chez Mixtopagurus que l’on peu déceler un petit
nombre de traits morphologiques qui se retrouvent chez les Diogenidae (c/. p. 220). Ce genre est parti¬
culièrement isolé, puisque c’est le seul Pylochelidae dont l’abdomen et les pléopodes, gonopodes excep¬
tés, soient notablement asymétriques, ceci correspondant au fait, lui aussi unique dans la famille, qu’il
occupe habituellement des coquilles de Gastéropodes (Xenophora). Il n’est pas exclu que les Mixtopa-
gurinae appartiennent à une lignée qui a donné naissance aux Diogenidae ou à certains d’entre eux. Il
est également possible que cette sous-famille, comme les autres sous-familles reconnues ici, soit sans
relation directe avec les Diogenidae. On se trouverait ainsi en présence de lignées bien distinctes, dont
la souche anomalienne commune est ancienne, mais qui ont évolué séparément, suivant des voies adap¬
tatives différentes, les Pylochelidae conservant au cours de l’évolution certains caractères primitifs.
Source : MNHN, Paris
Clef d’identification des sous-familles
ET GENRES DE PYLOCHELIDAE
Écusson céphalothoracique incomplètement séparé
du reste de la carapace, la linea transversales
étant interrompue sur la région médiane. Telson
formé de deux pièces articulées. Propode des
quatrièmes péréiopodes avec des soies squamifor-
mes disposées en une ligne, rarement dédoublée,
le long du bord ventral.
. Sous-famille Pylochelinae. 2
Écusson céphalothoracique séparé de la région 5
postérieure de la carapace par une ligne continue.
Telson formé d’une pièce unique. Propode des
quatrièmes péréiopodes avec des soies spiniformes
ou squamiformes nombreuses, en général imbri¬
quées et formant une « râpe » plus ou moins
large sur la face latérale. 3
Écusson céphalothoracique à peu près aussi long
que large. Bord frontal avec une échancrure
médiane, rarement doté d’un denticule médian.
Pédoncules oculaires bien développés ou réduits ;
les cornées grandes, renflées, fortement pigmen¬
tées, ou petites, plus ou moins dépigmentées,
mais toujours hémisphériques. Chélipèdes opercu-
li formes ou non. Pylocheles
Écusson céphalothoracique nettement plus large
que long. Bord frontal à lobe rostral arrondi ou
avec une courte dent rostrale. Pédoncules oculai- 6 .
res toujours réduits, à extrémité amincie, conique
ou ogivale, les cornées régressées ou indistinctes.
Chélipèdes toujours operculiformes.
. Cheiroplatea
Pièces oculaires basilaires diversement dévelop¬
pées mais toujours sans prolongement antérieur
squamiforme ou spiniforme. 4
Pièces oculaires basilaires présentant une saillie
antérieure triangulaire ou spiniforme (écailles ocu¬
laires) . 6
Pièces oculaires basilaires bien développées, qua-
drangulaires ou plus ou moins arrondies. Cornées
grandes, renflées, pigmentées. Telson avec deux
fortes incisions obliques sur les régions latérales
et une forte incision médiane au bord postérieur.
Chélipèdes operculiformes. Pas d’épipodite sur
les deuxièmes maxillipèdes.
Sous-famille Pomatochelinae : Pomatocheles
— Pièces oculaires basilaires très réduites, étroites.
Cornées petites, plus ou moins dépigmentées. Un
épipodite sur les deuxièmes maxillipèdes. 5
— Carapace plus de deux fois plus longue que large.
Écusson aussi long que large. Dent rostrale
courte. Telson rectangulaire, nettement plus long
que large, avec une paire de courts sillons obli¬
ques sur les régions latérales, le bord postérieur
très faiblement incisé. Pédoncules oculaires en
cône allongé, épineux. Chélipèdes non operculi¬
formes .
Sous-famille Parapylochelinae : Parapylocheles
— Carapace globuleuse. Écusson plus large que
long. Rostre triangulaire aigu, très proéminent,
avec une épine ventrale subdistale. Telson entier,
moins long que large. Pédoncules oculaires courts,
amincis dans la moitié distale. Deuxièmes péréio¬
podes modifiés pour former un opercule avec les
chélipèdes.
Sous-famille Cancellochelinae : Cancellocheles
. — Segments abdominaux, pléopodes et uropodes
symétriques. Telson subrectangulaire, plus long
que large, avec une ligne de flexion transverse,
délimitant deux lobes postérieurs arrondis. Pas
d’épipodite sur les troisièmes maxillipèdes.
. Sous-famille Trizochelinae : Trizocheles
— Segments abdominaux et pléopodes non sexuels
asymétriques. Uropodes symétriques ou non. Tel¬
son très variable : les deux lobes postérieurs,
séparés de la région antérieure par une paire
d’échancrures latérales plus ou moins profondes,
sont plus grands chez la femelle et le gauche est
en général plus développé quel que soit le sexe.
Un épipodite sur les troisièmes maxillipèdes.
Sous-famille Mixtopagurinae : Mixtopagurus
Source : MNHN, Paris
KeY TO SUBFAMILIES AND GENERA OF PYLOCHEL1DAE
— Shield incompletely separated from the posterior
part of the carapace, the linea transversalis being
interrupted medially. Telson composed of two
articulated plates. Propodus of 4th pereiopods
with a line (rarely doubled) of spiniform or squa-
miform setae along the ventral margin.
. Subfamily Pylochelinae. 2
— Shield completely separated from the posterior
part of the carapace by a continuons line. Tel¬
son composed of a single plate. Propodus of
the 4th pereiopods with numerous spiniform or
squamiform setae, these usually imbricated and
forming a more or less broad rasp on the latéral
face. 3
— Shield approximately as long as broad. Frontal
margin with a médian concavity and rarely, a
médian denticle. Ocular peduncles well developed
or reduced. Corneas large, pigmented, or small,
more or less unpigmented, but always hemispheri-
cal. Chelipeds operculiform or not. Pylocheles
— Shield distinctly broader than long. Frontal
margin with a rounded rostral lobe or with a
short rostral tooth. Ocular peduncles always re¬
duced, extremity conical or ogival. Corneas re¬
duced or indistinct. Chelipeds always operculi¬
form . Cheiroplatea
— Basal ocular pièces variously developed, but al¬
ways without squamiform or spiniform anterior
projection. 4
— Basal ocular pièces with triangular or spiniform
anterior projection (ocular acides). 6
— Basal ocular pièces well developed, quadrangular
or more or less rounded. Corneas large, inflated,
well pigmented. Telson with a pair of oblique
latéral incisions and a strong médian incision on
the posterior margin. Chelipeds operculiform.
2 nd maxillipeds without epipod.
.... Subfamily Pomatochelinae : Pomatocheles
— Basal ocular pièces reduced, narrow. Corneas
small, more or less unpigmented. 2 nd maxillipeds
with epipod. 5
— Carapace over twice as long as broad. Shield as
long as broad. Rostral tooth short. Telson rect-
angular, longer than broad, with a pair of short
oblique grooves on the latéral régions ; its poste¬
rior border with a slight médian notch. Ocular
peduncles in the form of an elongated cône, spi-
nous. Chelipeds not operculiform.
Subfamily Parapylochelinae : Parapylocheles
— Carapace globulose. Shield broader than long.
Rostrum triangular, acute, very prominent, with
an accessory ventral subdistal tooth. Telson
entire, broader than long. Ocular peduncles
short, distal half slender. Chelipeds and 2nd
pereiopods together forming an operculum.
... Subfamily Cancellochelinae : Cancellocheles
— Abdominal segments, pleopods and uropods
symetrical. Telson subrectangular, longer than
broad, with a traverse flexion line deümiting two
rounded posterior lobes. No epipod on the third
maxillipeds.
. Subfamily Trizochelinae : Trizocheles
— Abdominal segments and pleopods (except gono-
pods) asymetrical. Telson very variable ; the two
posterior lobes, separated from the anterior part
by a pair of more or less deep latéral constric-
tions, are larger in the female ; in both sexes, the
left is usually longer. An epipod on the third
maxillipeds.
.... Subfamily Mixtopagurinae : Mixlopagurus
Source : MNHN, Paris
Sous-famille des Pylochelinae Bâte, 1888
Définition
Écusson incomplètement séparé de la région postérieure de la carapace, la linea transversale
étant discontinue. Rostre absent ou représenté par un denticule aigu ou un lobe convexe. Pédoncules
oculaires bien développés ou plus ou moins réduits ; les cornées normales et pigmentées, ou réduites et
plus ou moins dépigmentées, ou absentes. Maxillules sans processus latéral sur l’endopodite. Premiers
maxillipèdes avec le flagelle exopodial uni- ou, rarement, biarticulé et orienté suivant l’axe du tronc ;
l’épipodite long. Deuxièmes maxillipèdes sans épipodite. Troisièmes maxillipèdes à extrémité chéliforme
ou fortement subchéliforme, avec ou sans rudiment ou vestige d’épipodite. Carpe des chélipèdes tou¬
jours modifié, soit pour former un opercule avec la main, soit par la différenciation d’une plage de
tubercules formant une râpe. Quatrièmes péréiopodes subchéliformes, à propode doté le long du bord
ventral d’une ligne, rarement dédoublée, de soies cornées squamiformes. Telson divisé en deux pièces
par une articulation transverse.
Genre-type. — Pylocheles A. Milne Edwards, 1880.
Nombre de genres. — Deux, présents l’un et l’autre dans l’Indo-Ouest-Pacifique et l’Ouest-Atlantique.
Remarques sur la sous-famille des pylochelinae
Le genre Pylocheles a été établi en 1880 par A. Milne Edwards pour une espèce de la région
antillaise recueillie par le Blake, P. agassizii. L’espèce-type du genre Cheiroplatea, C. cenobita, a été
décrite en 1888 par Bâte, d’après un spécimen unique capturé par le Challenger dans la mer de Banda.
La parenté de Pylocheles et de Cheiroplatea a été relevée par les premiers auteurs, et A. Milne
Edwards et Bouvier (1893, p. 18), puis Alcock (1901, p. 110 ; 1905, p. 14) ont même envisagé leur
synonymie. Cependant, par la suite, les deux genres ont continué à être considérés comme distincts, et
plusieurs espèces ont été rapportées à l’un ou à l’autre, essentiellement en fonction du développement
des yeux : normaux, assez longs, avec des cornées grandes et pigmentées pour le premier, courts et avec
des cornées réduites ou absentes pour le second. C’est ainsi qu’ont été successivement décrites les espè¬
ces reconnues aujourd’hui comme valides, Pylocheles miersi Alcock et Anderson et P. mortensenii
Boas, et Cheiroplatea scutata Ortmann, C. macgilchristi Alcock, C. laticauda Boas et C. mitoi Miyaké.
Toutes ces espèces présentaient des caractères communs qui les opposaient aux autres Pagures
symétriques :
— écusson céphalothoracique non séparé de la région postérieure de la carapace par un sillon continu.
En effet si le sillon cervical existe, formant un V très ouvert à branches rectilignes ou sinueuses
et à sommet arrondi, la linea transversale n’est représentée que par deux sillons arqués vers la
ligne médiane, mais qui ne se rejoignent pas en arrière du sillon cervical ;
— particularité des troisièmes maxillipèdes : une avancée disto-ventrale du propode, à la base de laquelle
s’articule le dactyle, constitue avec ce dernier une structure préhensile ;
Source : MNHN, Paris
Fie. 7. — Quatrième et cinquième péréiopodes gauches, vue latérale : a, Pylocheles (Pylocheles) mortensenii Boas; b, Tri-
zocheles moosai sp. nov. ; c, Pomaloiheles jeffreysii Miers ; d, Cancellocheles sculptipes (Miyaké) ; e, Parapylocheles
scorpio (Alcock) ; f, Mixiopagurus paradoxus A. Milnc Edwards.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
37
— présence sur le bord ventral du propode des quatrièmes pattes thoraciques d’une seule ligne de soies
squamiformes, alors que chez les autres Pylochelidae — et chez beaucoup de Pagurides — les
soies modifiées sont disposées en plusieurs séries longitudinales et forment non une ligne mais
une bande dont les éléments sont plus ou moins imbriqués.
La conception d’une séparation des deux genres Pylocheles et Cheiroplatea d’après le développe¬
ment relatif des yeux était-elle bien fondée ? Pour répondre à cette question il convenait de procéder à
une étude comparative attentive du matériel abondant dont nous disposions. Ce matériel comprenait
des représentants de presque toutes les espèces connues et, en plus, des spécimens appartenant à des
espèces non décrites. Nous allions dans un premier temps rattacher les unes au genre Pylocheles, les
autres au genre Cheiroplatea, d’après le critère adopté par les auteurs précédents.
Les deux groupes ainsi établis sont cependant hétérogènes si l’on prend d’autres caractères en
considération, et, en premier lieu, la structure des chélipèdes. Ces appendices sont ici, comme chez
beaucoup de Pylochelidae, fortement modifiés en fonction du mode de vie. Chez Pylocheles agassizii,
espèce-type du genre, qui s’abrite dans un fragment de roche friable, la région antérieure du carpe et la
main des deux appendices sont coaptées pour former un opercule circulaire. Lorsque l’animal est retiré
dans sa loge cylindrique, cet opercule l’obture de façon parfaite, soit au bord même de l’orifice, soit à
l’intérieur, à un niveau variable, mais toujours presque perpendiculairement à l’axe de la cavité. Une
autre espèce, P. mortensenii, qui vit également dans des fragments de roche (ponce) montre les mêmes
adaptations (fig. 2 a).
Par contre, il en est tout autrement chez P. miersi et P. macrops sp. nov., qui habitent des tiges
végétales creuses ou des cavités dans des morceaux de bois d’épave. Il n’y a pas chez eux de réelle
coaptation des deux appendices ; chaque main est allongée, ses bords presques symétriques, et sa face
dorsale forme un angle très obtus avec celle du carpe. Lorsque l’animal est dans son logement, les
mains restent très obliques et si elles l’obturent c’est de façon imparfaite (fig. 2 b). En outre, le carpe
porte distalement et dorsalement un ensemble de tubercules différenciés, une « râpe », qui est manifes¬
tement un instrument de creusement.
Ces deux types de structure des chélipèdes se retrouvent chez les espèces primitivement rangées
parmi les Cheiroplatea. L’espèce-type, C. cenobita, ressemble beaucoup à P. agassizii et P. mortensenii
par les modifications du carpe et de la main, et il en est de même chez C. scutata Ortmann, C. lati-
cauda, C. mitoi, ainsi que chez deux espèces nouvelles décrites ici, toutes ces formes étant pétricoles ou
spongicoles. En revanche C. macgilchristi et quatre espèces nouvelles, toutes xylicoles, ont des chéli¬
pèdes dont la forme est proche de celle observée chez Pylocheles miersi et macrops, avec le même
appareil de creusement différencié.
Si on prend en compte, d’une part, le développement des yeux et, d’autre part, la structure des
chélipèdes, l’ensemble Pylocheles-Cheiroplatea se trouve divisé en quatre groupes ; ceci dénote que cet
ensemble, d’origine commune, s’est différencié en suivant deux lignes adaptatives liées l’une et l’autre à
l’habitat. La réduction des yeux correspond vraisemblablement à l’adaptation à la vie en eau plus pro¬
fonde : en effet les formes à yeux normaux sont surtout connues jusqu’à 400 mètres de profondeur au
plus, et celles à yeux réduits au-delà de ce niveau et jusqu’à 1 500 m. Les modifications ues chélipèdes,
elles, sont en relation avec la nature de l’objet qui sert d’abri à l’animal. Le type operculiforme est
propre aux espèces qui habitent une cavité creusée dans un fragment de roche arrondi ou qui sont asso¬
ciées à une éponge massive. Les chélipèdes plus allongés, non étroitement coaptés pour former un oper¬
cule, et pourvus d’un appareil de creusement appartiennent essentiellement aux formes xylicoles, ou,
plus rarement, et sans doute accidentellement, tubicoles.
L’absence de formes intermédiaires entre les quatre groupes évoqués plus haut nous a conduit à
accepter cette division quadripartite mais en n’accordant pas la même valeur taxonomique à chacun. 11
est apparu que la division principale ne devait pas reposer uniquement sur le critère yeux normaux —
yeux réduits, mais tenir compte du degré de régression des cornées, de la forme des pédoncules ocu¬
laires, et aussi d’autres caractères.
Cette division principale coupe en deux le genre Cheiroplatea, tel qu’on le concevait. Les espèces
xylicoles, celles à chélipèdes non operculiformes, ont des cornées bien développées et hémisphériques ;
Source : MNHN, Paris
38
JACQUES FOREST
les pédoncules oculaires sont courts, certes, mais subcylindriques ou peu amincis distalement, et, sauf
chez l’unique espèce ouest-atlantique, n’atteignent pas le milieu du pénultième article des pédoncules
antennaires. Les espèces pétricoles, dont les chélipèdes sont parfaitement operculiformes, ont des cor¬
nées plus ou moins régressées, en forme de cône ou d’ogive, quand elle ne sont pas absentes. Les
pédoncules oculaires s’amincissent en général à partir de la base, ont un bord mésial concave, et leur
extrémité dépasse la base du dernier article des pédoncules antennaires.
A ces différences relatives aux chélipèdes et aux yeux, il faut ajouter celles qui portent sur les
proportions de la carapace, sur le bord frontal et sur le développement des lobes pleuraux de l’abdo¬
men. Les espèces xylicoles ont une carapace nettement plus longue que large, et un écusson dont la lar¬
geur est inférieure à la longueur, ses bords latéraux étant peu convexes. Leur front est peu sinueux,
avec une concavité médiane séparant deux saillies anguleuses ou arrondies plus ou moins rapprochées.
Sur les segments 2 à 5 de l’abdomen les pleurons sont étroits, peu saillants ; ainsi, ceux du segment 2
sont plus de deux fois plus longs que larges.
Les espèces pétricoles ont une carapace presque aussi large que longue, un écusson moins long
que large, à bords latéraux fortement convexes ; elles possèdent, à une exception près (voir infra), un
lobe rostral arrondi séparé des saillies post-antennaires par des sinus concaves. Les pleurons abdomi¬
naux sont fortement développés, saillants, enveloppants : celui du segment 2 a une largeur maximale à
peine inférieure à sa longueur.
Enfin on relève une différence dans la conformation des troisièmes maxillipèdes. Chez toutes les
espèces xylicoles précédemment rangées parmi les Cheiroplatea, le prolongement antérieur du propode
est plus ou moins allongé, mais digitiforme et de même longueur ou un peu plus court que le dactyle,
formant avec ce dernier une pince parfaite. Chez les espèces pétricoles, le prolongement antérieur du
propode est large, mais très court, le dactyle nettement plus long, se rabattant sur l’avancée du propode
suivant une disposition subchéliforme, évoquant celle de l’extrémité des P5, plutôt que réellement chéli-
forme.
Les différences importantes et concomitantes relevées ci-dessus entre les deux groupes, l’un
pétricole-spongicole, l’autre xylicole, permettent de considérer qu’il s’agit de genres distincts. Le genre
Cheiroplatea se trouve ainsi restreint aux seules espèces du premier groupe, lequel inclut l’espèce-type,
C. cenobita Bâte. Il faut cependant noter que l’une d’entre elles, C. laticauda, se distingue par le bord
frontal, qui ne présente pas un lobe médian arrondi, mais une avancée armée de trois dents alignées et
équidistantes, et par la conformation des troisièmes maxillipèdes qui sont plus parfaitement chéliformes
que ceux des autres Cheiroplatea.
Les espèces xylicoles exclues du genre Cheiroplatea ne diffèrent des Pylocheles qui ont le même
mode de vie que par la réduction des pédoncules oculaires et l’allongement corrélatif des pédoncules
antennulaires et antennaires. Les uns et les autres partagent tous les caractères qui les opposent aux
Cheiroplatea sensu stricto : forme et proportion de la carapace, forme du bord frontal, des segments
abdominaux, du telson, structure et ornementation des chélipèdes, structure des pièces buccales et des
pléopodes. Des différences spécifiques notables existent mais les similitudes sont telles qu’il semble très
discutable de placer dans des genres différents deux espèces telles que Pylocheles miersi et Cheiroplatea
macgilchristi, par exemple, en se fondant sur la présence d’yeux normaux chez l’une, réduits chez
l’autre. Par ailleurs, les Pylocheles xylicoles et pétricoles ne diffèrent entre eux que par la forme de
leurs chélipèdes, et là encore, il semble difficile de les séparer dans deux genres distincts en se référant
à un caractère unique, d’ordre adaptatif. Nous avons finalement décidé de placer dans un genre Pylo-
cl. >les élargi les espèces décrites sous ce nom, qu’elles soient dotées de chélipèdes operculiformes ou
non, ainsi que les « Cheiroplatea » xylicoles. Néanmoins, en l’absence de tout intermédiaire entre les
trois groupes, nous leur avons attribué la valeur de sous-genres. L’ensemble de celles qui, d’après les
critères génériques antérieurs, étaient rangées parmi les Pylocheles et les Cheiroplatea se trouvent reclas¬
sées de la façon suivante, en fonction des caractères énoncés dans les clefs et dans les diagnoses généri¬
ques et subgénériques :
— Pylocheles (Pylocheles) agassizii A. Milne Edwards, P. (P.) mortensenii Boas.
— Pylocheles (Xylocheles) miersi Alcock, P. (X.) macrops sp. nov.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
39
— Pylocheles (Bathycheles) macgilchristi (Alcock et Anderson), P. (B.) incisus sp. nov., P. (B.) integer
sp. nov., P. (B.) profundus sp. nov., P. (B.) crosnieri sp. nov., P. (B.) chacei sp. nov.
— Cheiroplatea cenobita Bâte, C. sculata Ortmann, C. laticauda Boas, C. mitoi Miyaké, C. pumici-
cola sp. nov., C. stenurus sp. nov.
Après avoir exposé les raisons qui nous ont conduit à redéfinir les genres Pylocheles et Cheiro¬
platea et à subdiviser le premier en trois sous-genres, il n’est pas inutile de revenir sur les rapports exis¬
tant entre les différents taxa, et plus particulièrement sur les caractères autres que ceux retenus pour les
définir.
Certains de ces caractères offrent des convergences liées au mode de vie. Ainsi, sur l’abdomen,
les pleurons sont nettement plus larges chez les formes pétricoles et spongicoles, et à cet égard, le sous-
genre Pylocheles (Pylocheles) est assez proche des Cheiroplatea, alors que dans les deux autres sous-
genres de Pylocheles (Xylocheles et Bathycheles), qui sont xylicoles, les pleurons sont beaucoup plus
étroits.
Par contre, avec un mode de vie similaire, les Cheiroplatea et les Pylocheles (Pylocheles ) diffè¬
rent par la structure du telson : la pièce postérieure est, chez les premiers, plus courte que la pièce anté¬
rieure et entière, avec au plus un sillon médian, superficiel, et une faible encoche du bord postérieur,
alors que, chez les seconds, elle est plus longue que la pièce antérieure et divisée en deux lobes indivi¬
dualisés, séparés par une ligne décalcifiée et mobiles l’un par rapport à l’autre. Dans les sous-genres
Xylocheles et Bathycheles, la forme et les proportions des deux pièces du telson rappellent celles du
sous-genre Pylocheles, avec une division moins complète de la pièce postérieure.
Il existe une corrélation étroite entre le développement des appendices céphaliques sensoriels,
plus précisément entre celui des pédoncules antennulaires et antennaires d’une part, et celui des pédon¬
cules oculaires d’autre part. Lorsque ces derniers sont longs, avec des cornées grandes et pigmentées
(Pylocheles, sous-genres Pylocheles et Xylocheles), les pédoncules antennulaires sont plus courts que la
carapace et les pédoncules antennaires plus courts que l’écusson. Chez les formes à yeux réduits ( Pylo¬
cheles, sous-genre Bathycheles, et Cheiroplatea), les pédoncules antennulaires sont de même longueur
ou plus longs que la carapace, mais les pédoncules antennaires, avec une longueur proche de celle de
l’écusson, sont plus robustes et plus grands chez les Bathycheles que chez les Cheiroplatea, où ils sont
plus courts, souvent beaucoup plus courts, que l’écusson, sauf chez C. laticauda qui, nous l’avons dit
(supra, p. 38) est quelque peu à part dans le genre.
Si on considère l’ensemble des deux genres Pylocheles et Cheiroplatea, les pièces buccales ont des
structures analogues, avec des particularités spécifiques notables dans la forme et les proportions de
leurs parties, et dans leur ornementation. On observe en outre entre les taxa génériques et subgénéri¬
ques reconnus ici quelques différences dont certaines semblent liées au mode de vie. Ces différences
affectent spécialement les troisièmes maxillipèdes : crista dentata d’une part, conformation de la région
distale de l’endopodite d’autre part. Chez les pétricoles — Cheiroplatea et Pylocheles (Pylocheles) — la
crista dentata, formée de dents fortes, s’avance en une saillie distale qui dépasse l’articulation avec le
mérus. Chez les xylicoles — Pylocheles (Xylocheles) et P. (Bathycheles), il n’y a pas d’avancée distale
et les dents sont plus petites et plus nombreuses. Quant à l’extrémité de l’endopodite, nous avons noté
plus haut qu’elle forme une pince parfaite chez tous les Pylocheles, avec des doigts particulièrement
allongés dans le sous-genre Xylocheles (fig. 13 g) alors qu’elle est plutôt subchéliforme, avec une saillie
distale très courte sur le propode, chez les Cheiroplatea typiques (fig. 23 h, i).
En ce qui concerne ces appendices encore, on note que chez les deux espèces de Pylocheles
(Pylocheles) la coxa porte une papille membraneuse, conique, dotée d’une soie apicale. Cette papille
correspond manifestement à un épipodite et nous n’en avons pas trouvé trace dans les deux autres sous-
genres. Par contre, chez plusieurs espèces de Cheiroplatea au moins, existe, avec une localisation homo¬
logue, une petite plage membraneuse au milieu d’un faible épaississement cuticulaire, que nous interpré¬
tons comme une « cicatrice » épipodiale.
Les pléopodes des deux genres de Pylochelinae présentent, comme les pièces buccales, une unité
de structure qui couvre des particularités spécifiques, mais également, avec des différences correspon¬
dant aux coupures génériques et sub-génériques. Le premier pléopode est de type uniforme dans chaque
Source : MNHN, Paris
40
JACQUES FOREST
sexe. Chez le mâle il comprend toujours un article proximal étroit, subcylindrique et un article distal
foliacé, ovale, légèrement enroulé. Chez la femelle il est grêle, avec une partie distale flagelliforme
séparée ou non de la partie proximale par une constriction.
Le second pléopode mâle est formé de deux articles ; le premier est cylindrique ; le second, un
peu plus long, est foliacé, concave du côté mésial, avec la partie distale séparée en un petit lobe semi-
articulé. Un court exopodite est toujours présent. Les deux espèces du sous-genre Pylocheles (Pylo-
cheles ) se distinguent par la présence d’un petit lobule digitiforme latéral et subdistal, et également par
la fusion partielle de I’exopodite avec le premier article.
Chez la femelle, le second pléopode et les trois suivants ont un exopodite toujours long et plus
ou moins incurvé, alors que l’endopodite est diversement constitué et développé. 11 est deux fois plus
court que l’exopodite chez Pylocheles (Pylocheles) et Pylocheles (Xylocheles), mais avec, dans le pre¬
mier sous-genre, une division transverse, qui n’est plus indiquée que par une touffe de soie dans le
second. Chez Pylocheles (Bathycheles) l’endopodite est encore bien développé mais plus court, sans ves¬
tige de division. Enfin chez les Cheiroplalea l’endopodite est très réduit, sauf chez C. laticauda qui, à
cet égard, ne diffère pas de Bathycheles.
Les troisièmes, quatrièmes et cinquièmes pléopodes du mâle sont, en règle générale, formés de
deux articles grêles. L’exopodite manque sauf chez Pylocheles (Bathycheles), où il peut-être représenté
par un rudiment de forme et de taille variables (fig. 9m-p).
Nous avons signalé plus haut que les coupures génériques et subgénériques adoptées ici corres¬
pondaient à des différences dans le mode de vie. Les deux espèces du sous-genre Pylocheles (Pylo¬
cheles) et les Cheiroplalea sont logés dans des fragments de roche ou dans des éponges calcaires, alors
que les représentants des deux sous-genres Pylocheles (Xylocheles) et P. (Bathycheles) sont xylicoles.
Ces différents groupes ont également des distributions bathymétriques préférentielles. Pylocheles (Pylo¬
cheles) et P. (Xylocheles) sont présents entre 100 et 400 m. C’est au-delà de cette profondeur et surtout
jusqu’à 1 000 mètres que vit le sous-genre Bathycheles, avec une espèce qui a été capturée jusqu’à 1 570 m.
Quant aux Cheiroplalea on les rencontre entre 300 et 600 mètres.
Les deux genres ont une distribution principalement indo-ouest-pacifique. Les Pylocheles typi¬
ques sont représentés par une seule espèce signalée ici du Japon à la Nouvelle-Zélande, en passant par
la région indonésienne. Les deux espèces du sous-genre Xylocheles sont localisées dans la région qui
s’étend de la mer d’Andaman à l’ouest de la nouvelle Guinée et aux Philippines, alors que le sous-genre
Bathycheles compte une espèce malgache, une espèce dans le golfe du Bengale et trois espèces entre la
mer de Banda et les Philippines. Les Cheiroplalea sont maintenant connus par des espèces qui semblent
étroitement localisées, l’une au nord de Madagascar, deux autres dans la mer de Banda, une quatrième
au Japon et la cinquième aux Kermadec.
Les deux genres sont également présents dans l’Atlantique occidental tropical, avec deux espèces
de Pylocheles, l’une appartenant au sous-genre Pylocheles, l’autre au sous-genre Bathycheles, et une
espèce de Cheiroplalea.
Source : MNHN, Paris
Genre Pyloeheles A. Milne Edwards, 1880
Pylocheles A. Milne Edwards, 1880, p. 38 ; Sp. Bâte, 1888, p. 11, 12 ; Agassiz, 1888, p. 40; Ortmann, 1892,
p. 274 ; A. Milne Edwards et Bouvier, 1893, p. 17 ; Stebbing, 1893, p. 169 ; Bouvier, 1896, p. 37, 39,
40 ; Ortmann, 1898, p. 1144 ; Alcock, 1899, p. 111 ; Alcock et Anderson, 1899, p. 14 ; Benedict, 1901,
p. 771 ; Alcock, 1901, p. 210 ; 1905, p. 14. 153 ; Calman, 1909, p. 313 ; Balss, 1913, p. 34 ; Stebbing,
1914, p. 2 ; Boas, 1926, p. 34, 40 ; Balss, 1927, p. 1012 ; Pêrez, 1934, p. 26 ; Makarov, 1938, p. 120 ;
Balss, 1940, p. 144 ; 1944, p. 521 ; Forest, 1954, p. 167 ; Balss, 1957, p. 1584 ; 1961, p. 1807 ; Dechancé,
1963, p. 494 ; Miyaké, 1978, p. 10.
Mixtopagurus, Yokoya, 1933, p.70 (pro parte).
Espèce-type. — Pylocheles agassizii A. Milne Edwards, 1880, par monotypie.
Nombre d’espèces. — Dix, dont huit indo-ouest-pacifiques et deux ouest-atlantiques.
Etymologie. — nûXoç, porte ; xqkr\, pince.
Définition
Carapace nettement plus longue que large. Écusson céphlothoracique s’inscrivant approximative¬
ment dans un carré. Sa limite postérieure incomplètement matérialisée, les deux branches arquées de la
linea transversalis ne se rejoignant pas à travers la carapace. Sillon cervical fortement marqué, en
forme de V largement ouvert, à branches rectilignes ou incurvées.
Front sinueux, avec une paire de saillies post-oculaires anguleuses ou arrondies, séparées par un
sinus concave, droit ou faiblement convexe, avec parfois un denticule médian. Saillies post-antennaires
également anguleuses ou arrondies, denticulées ou non.
Bords latéraux de l’écusson sans incision ni denticule dans la région médiane.
Région postérieure de la carapace plus courte que l’écusson ; les sillons cardio-branchiaux peu
ou très peu marqués, visibles sous la forme de deux dépressions arquées sur la partie moyenne de cette
région.
Pédoncules oculaires bien développées, à cornées dilatées, fortement pigmentées, ou réduites, les
cornées étant alors petites, peu ou non pigmentées, mais hémisphériques.
Pédoncules antennulaires dépassant largement les yeux, avec le premier article à face dorsale
excavée, coaptée avec l’article suivant qui peut s’y replier.
Pédoncules antennaires plus courts (sous-genres Pylocheles et Xylocheles) ou plus longs (sous-
genre Bathycheles) que les pédoncules oculaires. Le deuxième article à face dorsale transversalement
creusée et coaptée avec l’angle antéro-latéral de l’écusson, les pédoncules pouvant ainsi se redresser à la
verticale.
Mandibules 1 avec la face gnathale dotée d’un large plateau broyeur quelque peu ovale, séparé
par un profond sillon d’une crête distale très développée, à bord mince et entier. Le palpe triarticulé ;
le second article avec, du côté dorsal, une large dilatation triangulaire dont le sommet est arrondi et
dont les bords sont armés de denticules.
Maxillules à palpe allongé, à sommet arrondi, avec 4-5 soies distales et une soie médiane unique
sur le bord mésial. Pas de processus ni de renflement latéral subdistal.
I. Les pièces buccales ont été figurées chez une espèce de chacun des trois sous-genres : Pylocheles (P.) mortensenii (fig. 8),
P. ( Xylocheles) macrops (fig. 13) et P. ( Bathycheles) incisus (fig. 16).
Source : MNHN, Paris
Fie. 8. — Pylocheles (Pylocheles) mortensenii Boas, pièces buccales : a, mandibule ; b. palpe, vue latérale ; c. maxillule ;
d, maxille ; e. premier maxillipède ; f, deuxième maxillipède ; g, troisième maxillipède ; h, id., extrémité de l'endopodite,
vue dorsale ; i, id., lobule épipodial.
a-e : x 28 ; f-h : x 18 ; i : x 75.
Source : MNHN, Paris
Fio. 9. — Les pléopodes 1 à 3 chez les Pylocheles mâles : a-d, Pylocheles (Pylocheles) mortensenii Boas ; e, P. (P.) agassizii
A. Milne Edwards ; f-h, P. (Xylocheles) macrops sp. nov. ; i, j, P. (Balhycheles) profundus sp. nov ; k-p, P. (B.) cros-
nieri sp. nov.
a, f, k, i : PU, face antérieure ; b, g, j : P12, face antérieure ; 1, id., face postérieure ; c, extrémité du PI2, face posté¬
rieure ; e, P12, article distal, face anterieure ; d, h, m, o : P13 ; n, p, id., endopodite grossi.
a, b, e-g, 1 : x 7 ; c : x 10 ; i-k x 9 ; d, h, m, o : x 11 ; n : x 45 ; p : x 65.
Source : MNHN, Paris
44
JACQUES FOREST
Premiers maxillipèdes à endopodite plus court que l’endite distal et que le tronc de l’exopodite ;
celui-ci est fortement arqué du côté mésial et son flagelle, uniarticulé, suit la même courbure : il n’est
pas orienté perpendiculairement à l’axe du tronc. L’épipodite forme un grand lobe triangulaire qui
s’avance le long de l’exopodite.
Seconds maxillipèdes avec le tronc de l’exopodite nettement plus long que l’endopodite. Le pro-
pode présente du côté mésio-dorsal une avancée distale, qui s’oppose au dactyle en une pince impar¬
faite.
Troisièmes maxillipèdes à ischion long, trigonal ; son arête mésiale pourvue d’une crista dentata
presque rectiligne formée de dents cornées régulières. L’extrémité chéliforme, le propode présentant une
avancée digitiforme, plus large, mais de même longueur ou plus courte que le dactyle.
Chélipèdes égaux et symétriques. Sur la région antéro-dorsale du carpe une avancée cristiforme
située en arrière du bord distal, ou bien porte dorsalement un double champ de tubercules à sommet
plat (« râpe ») (sous-genres Xylocheles et Bathycheles), ou bien délimite une facette qui prolonge la
face dorsale de la main et concourt à la formation d’un opercule circulaire parfait (sous-genre Pylo-
cheles).
Deuxièmes et troisièmes périopodes pédiformes, sans différentiations particulières.
Quatrièmes péréiopodes à extrémité faiblement subchéliforme : le bord ventral du propode pré¬
sente une forte dent cornée distale qui s’oppose au dactyle ; en arrière de cette dent des soies squami-
formes disposées en une ligne rarement dédoublée.
Premier tergite abdominal en forme de trapèze, bombé, lisse. Tergites 2 à 5 présentant des
expansions pleurales séparées de la région médiane rectangulaire par une forte dépression longitudinale.
Les pleurons arrondis, entiers.
Sixième tergite plus long et plus étroit que le précédent, se rétrécissant vers la région postérieure,
et présentant de chaque côté une incision qui s’étend obliquement sur la face dorsale.
Telson divisé en deux pièces par une articulation transversale située vers son milieu. Les deux
lobes postérieurs arrondis, séparés par une encoche médiane et par une ligne décalcifiée ou par un fin
sillon plus ou moins marqué.
Appendices abdominaux. — Chez le mâle (fig. 9), les deux premières paires modifiées en appen¬
dices copulateurs. Premiers pléopodes (PI 1) formés d’un article basilaire grêle et d’un article distal
foliacé plus court, à bords quelque peu enroulés. Deuxièmes pléopodes (PI 2) beaucoup plus forts et
plus longs comprenant un article basilaire et un second article foliacé dont la forme varie suivant les
espèces ; la partie distale est mobile grâce à une semi-articulation transverse. Un court exopodite pré¬
sent, parfois partiellement fusionné avec le propodite. Les trois appendices suivants souvent uniramés,
l’endopodite manquant ou très réduit.
Chez la femelle (fig. 10), les premiers pléopodes (PI 1) grêles, insérés côte à côte, la partie distale
flagelliforme séparée ou non de la partie proximale plus longue par une une articulation. Les quatre
appendices suivants biramés : sur un article basilaire allongé s’insèrent distalement un endopodite uni-
ou plus rarement biarticulé et, orienté latéralement, un exopodite beaucoup plus long, arqué, plus ou
moins nettement segmenté en avant d’une partie proximale entière.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES P Y LOC HEL1DAE
45
F,o. 10. - Les pléopodes 1 « 2 ehee les PylocMe, femelles : a. b. DMÉ. MMII »
Mes) macrops sp. nov. ; e, f, P. (Bathycheles) profundus sp. nov. . g, h, P. (B.) crosmen sp.
Source : MNHN, Paris
Clef d’identification des sous-genres
ET ESPÈCES DU GENRE PYLOCHELES
— Chélipèdes coaptés pour former un opercule cir¬
culaire ou sub-circulaire, la facette antéro-dorsale
du carpe prolongeant la face dorsale de la main.
Pas de plages de tubercules modifiés (râpes) sur 5
le carpe. Pédoncules oculaires grands, normaux,
à cornées pigmentées. Sous-genre Pylocheles. 2
— Chélipèdes non coaptés pour former un oper¬
cule, la facette antéro-dorsale du carpe surplom¬
bant plus ou moins l’articulation avec la main.
Des tubercules différenciés en râpes sur le carpe.
. 3
— Saillies post-oculaires triangulaires, assez fortes,
dépassant le niveau des saillies post-antennaires.
Pédoncules oculaires atteignant le milieu du ^
deuxième article des pédoncules antennulaires.
Carpe des deuxièmes pattes thoraciques avec une
très faible serrulation dorsale. — Mer des Antilles.
. agassizii
— Saillies post-oculaires petites, atteignant au plus le
niveau des saillies post-antennaires. Pédoncules
oculaires atteignant presque la base du dernier 7
article des pédoncules antennulaires. Carpe des
deuxièmes pattes thoraciques avec une ligne dor¬
sale de dents épineuses aiguës. — Japon, Philip¬
pines, mer de Banda, Australie orientale, Nou¬
velle-Zélande. mortensenii
— Pédoncules oculaires normalement développés, 8 -
leur longueur égale aux 3/4 au moins de celle de
l’écusson. Cornées renflées, fortement pigmentées
. Sous-genre Xylocheles. 4
— Pédoncules oculaires réduits, leur longueur infé¬
rieure à la moitié de celle de l’écusson. Cornées
petites, généralement peu pigmentées. 9.
. Sous-genre Bathycheles. 5
— Pédoncules oculaires d’une longueur égale aux
3/4 de celle de l’écusson. Diamètre des cornées
compris de 2,2 à 2,3 fois dans cette longueur. —
De la mer d’Andaman aux Philippines... miersi
— Pédoncules oculaires d’une longueur égale aux
4/5' environ de celle de l’écusson. Diamètre des
cornées compris près de 4 fois dans cette lon¬
gueur. — De Java aux Philippines. Taiwan.
. macrops
— Pédoncules oculaires dépassant la base du dernier
article des pédoncules antennaires. Bord posté¬
rieur du 6 ' tergite abdominal avec une profonde
encoche médiane rectangulaire. Une paire de
fenêtres membraneuses ovales sur la pièce anté¬
rieure du telson. — Haïti. chacei
— Pédoncules oculaires atteignant au plus le milieu
de l’avant-dernier article des pédoncules antennai¬
res. Pas de fenêtres membraneuses sur la pièce
antérieure du telson. 6
— Bord postérieur du 6 ' tergite abdominal avec une
encoche large et peu profonde séparant deux
lobes latéraux légèrement convexes. — Détroit de
Macassar, mer de Banda, Philippines... incisus
— Bord postérieur du 6 ' tergite abdominal sans
large encoche médiane. 7
— Bord postérieur du 6 e tergite abdominal divisé en
deux lobes convexes par une faible incision
médiane obtuse. — Philippines. profundus
— Bord postérieur du 6 ' tergite abdominal sans
encoche ni incision médiane. 8
— Bord postérieur du 6 e tergite abdominal divisé en
trois pans à angles très arrondis, le médian légè¬
rement convexe, les latéraux droits. — Détroit de
Macassar, Moluques. integer
— Bord postérieur du 6 ' tergite abdominal divisé en
trois lobes par une paire d’incisions. 9
— Les incisions du bord postérieur du 6 ' tergite
abdominal profondes, les trois lobes rectilignes, le
médian formant une lame légèrement saillante. —
Madagascar. crosnieri
— Les trois lobes postérieurs du 6 ' tergite abdominal
séparé par une paire de faibles incisions, mais
dessinant une courbe régulière continue. — Golfe
du Bengale. macgilchristi
Source : MNHN, Paris
KEY TO SUBGENERA AND SPECIES
OF GENUS PYLOCHELES
Chelipeds together forming a circular or subcircu-
lar operculum ; anterodorsal facet of carpus
extending dorsal face of hand. No modified
tubercles (rasp) on the carpus. Ocular peduncles
large, normal ; corneas pigmented.
. Subgenus Pylocheles. 2
Chelipeds not forming an operculum, anterodor¬
sal facet of carpus more or less overhanging the
articulation of hand. Modified tubercles (rasp)
on the carpus. 3
Postocular projections triangular, rather promi¬
nent, overreaching the postantennal projections.
Ocular peduncles reaching the middle of second
article of antennular peduncles. Carpus of
second thoracic legs with a very slight dorsal ser-
ration. — Caribbean Sea. agassizii
Postocular projections small, reaching at most
the postantennal projections. Ocular peduncles
nearly reaching the base of last article of anten¬
nular peduncles. Carpus of second thoracic legs
with acute dorsal teeth. — Japan, Philippines,
Banda Sea, Eastern Australia, New Zealand.
. morlensenii
Ocular peduncles normally developed, at least 3/4
length of the shield. Corneas inflated, strongly
pigmented. Subgenus Xylocheles. 4
Ocular peduncles reduced, at most half as long
as the shield. Corneas small, usually weakly pig¬
mented. Subgenus Balhycheles. 5
Length of ocular peduncles equal to 3/4 lhat of
the shield ; diameter of corneas included 2,2 to
2,3 times in this length. — Andaman Sea, Phi¬
lippines . miersi
Length of ocular peduncles equal about to 4/5
that of the shield ; diameter of corneas included
nearly 4 times in this length. — Java to Philip¬
pines, Taiwan. macrops
5. — Ocular peduncles overreaching the base of the
last article of antennal peduncles. Posterior
margin of the 6th abdominal tergite with a deep
médian rectangular notch. A pair of meinbra-
nous, ovate Windows on the anterior plate of tel-
son. — Haïti. chacei
— Ocular peduncles reaching at most the middle of
penultimate article of antennal peduncles. No
membranous Windows on the anterior plate of
telson. 6
6. — Posterior margin of 6th abdominal tergite with a
shallow médian notch separating two slightiy con-
vex lobes. — Makassar Strait, Banda Sea, Phi¬
lippines . incisus
— Posterior margin of 6th abdominal tergite without
a broad médian notch. 7
7. — Posterior margin of 6th abdominal tergite divided
into two convex lobes by a slight, obtuse médian
cleft. — Philippines. profundus
— Posterior margin of 6th abdominal tergite wili.mt
a médian notch or cleft. 8
8. — Posterior margin of 6th abdominal tergite having
3 sides with rounded angles ; the médian slightiy
convex, the laterals straight. — Makassar Strait,
Moluccas. integer
— Posterior margin of 6th abdominal tergite divided
into three lobes by a pair of clefts. 9
9. — Deep clefts on the posterior margin of 6th ab-
mina! tergite ; the 3 lobes straight, the médian
forming a sligthly protruding lamella. — Mada¬
gascar . crosnieri
— Posterior margin of the 6th abdominal tergite
regularly convex, with only a pair of slight clefts.
— Bay of Bengal. macgilchristi
Source : MNHN, Paris
Sous-genre Pylocheles A. Milne Edwards, 1880
Diagnose. — Bord frontal avec les saillies post-oculaires séparées par un sinus faiblement con¬
cave ou par une avancée très obtuse avec ou sans denticule apical. Pédoncules oculaires forts, dépas¬
sant les pédoncules antennaires ; les cornées renflées, pigmentées ; les pièces basilaires bien développées,
arrondies. Chélipèdes égaux, symétriques ; la facette antéro-dorsale du carpe large, prolongeant la face
dorsale de la main et formant avec celle-ci un opercule subcirculaire.
Lobes postérieurs du telson arrondis, complètement séparés par une ligne longitudinale décalci¬
fiée.
Un lobule épipodial surmonté d’une soie sur les troisièmes maxillipèdes.
Espèce-type. — Pylocheles agassizii A. Milne Edwards, 1880, par monotypie.
Nombre d’espèces. — Deux, l’une ouest-atlantique, l’autre indo-ouest-pacifique.
Pylocheles (Pylocheles) agassizii A. Milne Edwards, 1880
(fig. 9 e, lla-d)
Pylocheles Agassizii A. Milne Edwards, 1880, p. 38
(Barbade) ; Agassiz, 1888, p. 40 ; Henderson, 1888,
p. 101.
Pylocheles agassizii, Bâte, 1888, p. 18.
Pylocheles agassizi, Ortmann, 1892, p. 274, pl. 12,
fig. 3.
Pylocheles Agassizii, A. Milne Edwards et Bouvier,
1893, p. 20, pl. 1 (Barbade, Santa Cruz, Ste Lucie) ;
Stebbing, 1893, p. 169 ; Alcock et Anderson, 1899,
p. 14 ; Alcock, 1899, p. 112.
Pylocheles agassizii, Young, 1900, p. 388 ; Benedict,
1901, p. 776.
Pylocheles parlilus Benedict, 1901, p. 775, fig. 5, 6 (La
Havane, Cozumel).
Pylocheles agassizii, Alcock, 1905, p. 153.
Pylocheles Agassizii, Boas, 1926, p. 40.
Pylocheles partitus. Boas, 1926, p. 41.
Pylocheles Agassizi, Rabaud, 1941, fig. 23.
Matériel
Blake, station 291, Barbade, 366 m : 1 cr
11,5 mm (holotype, MCZ 4010).
Blake, station 216, Ste Lucie, 282 m : 1 Ç 9 mm
(MNHN Pg 3500).
Albalross, station 2356, Cozumel, 20°18'50" N,
87°03' W, 250 m : 10-9 mm (holotype de P. par¬
titus Benedict, USNM 9892).
14.03.1967, E. Yucatan, 21°14' N, 86°26' W,
311-485 m : 1 9 7 mm (ident. P. partitus, A. J.
Provenzano, UMML 32 : 5147).
9.07.1969, sans localité, 384-963 m : 19
10,5 mm, en mauvais état (ident. P. partitus,
P. McLaughlin, UMML 32 : 5149).
Type. — Muséum of Comparative Zoology,
Harvard : mâle holotype (voir ci-dessus).
Localité-type. — Au large de la Barbade,
366 m.
Diagnose. — Saillies post-oculaires fortes, triangu¬
laires, aiguës, dépassant l’alignement des saillies post-
antennaires. Cornées renflées, leur diamètre compris
trois fois environ dans la longueur des pédoncules,
celle-ci égale aux quatre cinquièmes environ de celle de
l’écusson. Deuxième article des pédoncules antennulaires
dépassant les yeux de la moitié de sa longueur. Région
distale des chélipèdes formant un opercule subcirculaire.
Bord dorsal du carpe des deuxièmes pattes thoraci¬
ques sans dents épineuses, avec tout au plus une denti-
culation microscopique.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES P Y LOCHELIDAE
49
Source : MNHN, Paris
50
JACQUES FOREST
Description
Écusson céphalothoracique moins long que
large (rapport 4/5 e environ), et nettement plus
long que la région postérieure de la carapace.
Bord frontal avec une paire de saillies post¬
oculaires aiguës, séparées par une concavité, par¬
fois avec un faible renflement médian. Un sinus
concave sépare chaque dent post-oculaire de la
dent post-antennaire, également aiguë mais moins
saillante. Région gastrique limitée en avant par un
sillon interrompu au milieu et latéralement par
deux dépressions accentuées par des ponctuations.
Sillons cardio-branchiaux marqués par des fos¬
settes plus ou moins apparentes.
Pédoncules oculaires un peu plus courts que
l’écusson. Cornées renflées et pigmentées. Leur
diamètre, égal à une fois et demie environ celui
des pédoncules en leur milieu, est compris environ
trois fois dans leur longueur.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux de
la moitié de la longueur de leur second article ;
celui-ci de même longueur que le précédent et
d’un quart plus long que le suivant.
Pédoncules antennaires dépassant plus ou moins
la base des cornées. Écaille antennaire atteignant
ou presque le milieu du cinquième article ; en
arrière de sa pointe distale, du côté latéro-dorsal,
deux fortes dents suivies de denticules, et du côté
mésio-ventral, une ligne régulière de denticules
aigus. Flagelle antennaire environ deux fois plus
long que l’écusson.
Chélipèdes égaux, symétriques, formant un
opercule subcirculaire.'
Facette distale du carpe limitée postérieurement
par une crête élevée, armée de fortes dents coni¬
ques. Propode à bord latéral fortement convexe, à
bord mésial rectiligne, aligné sur celui de la
facette distale du carpe. Largeur maximale de la
région palmaire comprise environ 2 fois (9) ou 2,2
fois (cr) dans la longueur du bord operculaire
mésial. Face dorsale légèrement déprimée en
arrière du doigt fixe, recouverte de tubercules
coniques, très arrondis ou perliformes, relative¬
ment peu denses. Bords latéral et mésial armés de
dents coniques aiguës. Pilosité constituée par des
poils longs, fins, parfois très denses et cachant le
tégument sous-jacent.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques fortes,
sensiblement aussi longues que les chélipèdes.
Les deuxièmes pattes avec le dactyle nettement
plus court que le mérus, et plus long que le pro¬
pode ; celui-ci moins de trois fois plus long que
large. Les troisièmes pattes diffèrent des précé¬
dentes par le mérus plus court. Ces deux paires
d’appendices inermes à l’exception de la ligne de
soies spiniformes sous le dactyle, et de quelques
denticules sur le bord ventral de l’ischion des
deuxièmes pattes, dont, par ailleurs le bord dorsal
du carpe porte des rugosités ou de très courts den¬
ticules correspondant aux insertions pilifères.
Quatrièmes pattes assez courtes. Mérus près de
deux fois plus long que large. Largeur du propode
égale aux 3/5 c environ de sa longueur. Cinquièmes
pattes avec le mérus et le propode respectivement
deux fois et deux fois et demie plus longs que
larges. Une large râpe sur la face latérale du pro¬
pode.
Sixième segment abdominal d’un tiers plus large
que long. Son bord postérieur découpé en trois
lobes subégaux inermes par une paire d’incisions
peu profondes ; le lobe médian légèrement con¬
cave, les deux autres droits.
Telson aussi long que large. La partie posté¬
rieure divisée en deux lobes à contour circulaire,
séparés par une profonde encoche qui se prolonge
en une ligne médiane membraneuse.
Taille
Les seuls spécimens connus et signalés sont trois
mâles de 4,5, 9 et 11,5 mm, et quatre femelles de
7, 7,5, 9 et 10,5 mm.
Habitat
Le type était logé dans une cavité évasée avec
deux ouvertures circulaires, l’une antérieure, large,
l’autre postérieure, plus étroite, à l’intérieur d’un
« fragment pierreux » (conglomérat de sable gros¬
sier).
Un second spécimen du Blake était à l’intérieur
d’une éponge siliceuse. D’après Benedict, le type
de P. partitus se trouvait dans une éponge.
Remarques
Dans ses « Études préliminaires sur les Crusta¬
cés » recueillis par le Blake , A. Milne Edwards
(1880, p. 38) a décrit Pylocheles agassizii comme
nouveau genre et nouvelle espèce d’après un spéci¬
men unique provenant de la Barbade, qui, de ce
fait doit être considéré comme l’holotype, et qui
est conservé au Muséum of Comparative Zoology,
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
51
Harvard. Dans leur mémoire plus complet sur les
Paguriens du Blake, A. Milne Edwards et Bouvier
(1893, p. 20, pl. 1) ont mentionné deux autres
spécimens, un mâle de Santa Cruz, qui n’a pu
être retrouvé, et une femelle, de l’île Ste Lucie,
conservée au Muséum, à Paris.
Pylocheles partitus a été décrit par Benedict
(1901, p. 775, fig. 5, 6) d’après un mâle de 9 mm
(holotype) et une femelle de 7,5 mm, capturés par
l ’Albatross respectivement au large de l’île Cozu-
mel et de La Havane.
Benedict a distingué P. partitus de P. agassizii
en se fondant sur la description et les illustrations
de A. Milne Edwards et Bouvier et non sur une
comparaison directe des spécimens. Les diffé¬
rences, minimes d’ailleurs, qu’il relève correspon¬
dent à des inexactitudes dans les dessins de
P■ agassizii. 11 suffit pour s’en assurer de compa¬
rer ces dessins à ceux du même spécimen type,
que nous donnons ici (fig. 11 a-d). Les principales
inexactitudes concernent la forme du front, la
forme et les denticulations de l’écaille antennaire,
la crête antéro-dorsale du carpe des chélipèdes, ei
les proportions du telson. La comparaison entre
les types des deux espèces ne laisse guère de doute
sur leur synonymie.
P. agassizii, rangé ici dans le sous-genre typique
Pylocheles (Pylocheles), est pour l’instant le seul
représentant de ce sous-genre connu en dehors de
la région indo-ouest-pacifique. Il est apparenté à
P. (P.) mortensenii, commun au large des côtes
sud et sud-ouest du Japon, et signalé aux Philip¬
pines, aux îles Kei et près de la Nouvelle-Zélande.
Les deux espèces, sont très proches l’une de
l’autre. Les différences relativement minimes qui
les séparent sont relevées dans la discussion rela¬
tive à P. (P.) mortensenii (cf. p. 55). L’espèce
ouest-atlantique se distingue notamment par le
bord frontal, dont les saillies post-oculaires, plus
fortes, dépassent les saillies post-antennaires, alors
qu’elles sont situées légèrement en retrait chez
mortensenii. Chez ce dernier les pédoncules anten-
nulaires sont nettement plus courts, les dents mar¬
ginales sur la main des chélipèdes et sur la crête
antéro-dorsale du carpe sont plus nombreuses et
plus courtes, et le bord dorsal du carpe des
deuxièmes pattes thoraciques est armé de dents
aiguës assez fortes, qui ne sont représentées chez
P. (P.) agassizii que par une faible serrulation. La
conformation de l’article distal du deuxième pléo-
pode, identique chez le type (fig. 9 e) et chez le
second spécimen mâle examiné, est différente de
celle de P. mortensenii (fig. 9 b) et représente un
caractère distinctif supplémentaire.
Distribution
Région caraïbe, de la Barbade au Yucatan. De
250 à 366 mètres.
Pylocheles (Pylocheles) mortensenii Boas, 1926
(fig. 2 a, 3 a, 5 a, b, 7 a, 8a-i, 9a-d, 10a, b, 12 a-d, 41a; pl. IIC)
Pylocheles Mortensenii Boas, 1926, p. 40, fig. 1, 5, 6,
10 A, 11 B, 13, 14, 18, 25 A.
Mixtopagurus rigidus Yokoya, 1933, p. 71, fig. 31 ;
Miyaké, 1947, p. 741, fig. 2144.
Pylocheles rigidus, Miyaké, 1949, p. 740, fig. 2125 ;
1960, p. 94, pi. 47, fig. 6 ; 1965, p. 640, fig. 1064 ;
1978, p. 11, fig. 4.
Pylocheles mortenseni, Pilgrim, 1965, p. 556.
Pylocheles rigidus, Miyaké, 1978, p. 11, fig- 4; 1982,
p. 95, pl. 32, fig. 3 ; Baba, Hayashi et Toriyama,
1986, p. 185, 195, fig. 132.
Matériel
Japon, baie de Tosa, nov. 1965, K. Sakai, 1 cr
14 mm, 2 9 ovig. 9 et 11 mm (Pg 3438).
Japon, baie de Tosa, 3-14 nov. 1963, 250-
300 m, K. Sakai, 12 cr 4,5 à 15,5 mm, 9Ç 5 à
11,5 mm (Pg 3437).
CORINDON IV
Station COP V/l, Ceram, baie de Piru,
15.04.1981, 03°29,0' S, 128°32,8' E, 244-215 m :
1 cr 8,0 mm (Pg 3439).
Albatross
Station 4903, 10.08.1906, Japon, 253 m : 2 9
ovig. 5 et 7 mm.
Station 5117, 21.01.1908, Sombrero ld.,
13°52'22" N, 120°46'22" E, 215 m : 1 9 11 mm.
Source : MNHN, Paris
52
JACQUES FOREST
Senckenberg Muséum (coll. K. Sakai)
Baie de Tosa, 16.01-14.02.1963 : 3 cr 8, 10 et
12.5 mm, 4 9 5,5 à 11mm, 2 9 ovig. 5 et
10.5 mm.
Baie de Tosa, 1961-1963 : 4 cr 10 à 11,5 mm,
6 9 5,5 à 10,5 mm, 8 spécimens non extraits. La
plupart dans des fragments de pierre ponce.
Zoologisk Muséum, Copenhague (Th. Morten-
sen coll.) :
Th. Mortensen Pacific Expédition, 1914-1915,
Sagami Sea, 26.06.1914, 182 m : 1 9 ovig. 8 mm.
Au large de Bonomisaki, 13.05.1914, 247 m :
1 cr 12 mm environ (débris).
Danish Expédition to the Kei Islands, station
46, 2.05.1922, 5°47'20" N, 132°13' E, 300 m :
1 cr 9 mm (paralectotype) ; station 62, 15.05.1922,
5°29'25" S, 132°50' E, 290 m : 19 ovig. 13,5 mm
(lectotype).
Zoologische Staalssammlung, Munich
Baie de Sagami, Misaki, S. Bock : 1 9 6,0 mm.
Queensland Fisheries Research Institute, R. V.
Nimbus, station 55, 5.08.1968, Queensland,
26°27' S, 153°50' E, 270-272 m, A. J. Bruce :
1 9 7,0 mm.
New Zealand Océanographie Institute, station K
583, 2.10.1972, 41°10,4' S, 173°10' E : 1er
7 mm, 1 9 6,5 mm.
Types. — Zoologisk Muséum, Copenhague :
1 9 ovig. 13,5 mm (lectotype, par présente dési¬
gnation), 2 cr et 2 9 (paralectotypes).
Localité-type. — Iles Kei.
Diagnose. — Saillies post-oculaires aiguës n’attei¬
gnant pas l’alignement des saillies post-antennaires. Cor¬
nées renflées, leur diamètre compris trois fois environ
dans la longueur des pédoncules ; celle-ci égale aux 5/6'
environ de celle de l’écusson. Pédoncules antennulaires
dépassant les yeux de la longueur de leur dernier article.
Région distale des chélipèdes formant un opercule sub¬
circulaire parfait, la face dorsale de la main perpendicu¬
laire ou presque à la moitié proximale du bord dorsal
du carpe. Deuxièmes pattes thoraciques avec 5-6 dents
épineuses au bord dorsal du carpe.
Description
Écusson céphalothoracique moins long que
large (rapport 5/6' environ), et nettement plus
long que la région postérieure de la carapace.
Sillons cardio-branchiaux plus ou moins mar¬
qués.
Bord frontal avec une paire de saillies post¬
oculaires, chacune armée d’une dent aiguë inclinée
vers l’axe médian. La partie médiane forme en
général un angle très obtus, avec un petit denti-
cule rostral peu proéminent. Un sinus assez pro¬
fond sépare chaque dent post-oculaire d’une dent
post-antennaire plus saillante. La dent rostrale
peut être réduite ou même manquer, le milieu du
front étant alors légèrement convexe, droit ou
même concave.
Région gastrique limitée en avant par un sillon
arqué continu et, latéralement, par deux dépres¬
sions convergentes.
Carapace lisse ou faiblement ponctuée, légère¬
ment granuleuse sur les régions antéro-latérales.
Longueur des pédoncules oculaires égale aux
5/6' de celle de l’écusson. Cornées renflées et pig¬
mentées ; leur diamètre maximal, presque double
de celui des pédoncules en leur milieu, est compris
environ 3 fois dans leur longueur.
Pédoncules antennulaires ne dépassant les yeux
que de la longueur de leur dernier article ; celui-ci
nettement plus court que le précédent. Pédoncules
antennaires atteignant la base des cornées, souvent
plus courts. Saillie antéro-latérale du deuxième
article forte avec deux dents en arrière de la dent
terminale. Écaille antennaire triangulaire, avec
deux fortes dents latéro-dorsales en arrière de sa
pointe et une ligne de denticules aigus sur son
bord mésio-ventral, qui est à peu près rectiligne.
Flagelle antennaire une fois et demie plus long
que l’écusson.
Pièces buccales : fig. 8.
Chélipèdes égaux, symétriques : la face dorsale
des deux mains et la face antéro-dorsale déclive
des carpes forment un opercule parfait. Lorsque
les appendices sont en extension, le bord dorsal
du mérus est sensiblement perpend culaire à la
surface operculaire.
Facette distale du carpe limitée postérieurement
par une crête élevée de fortes dents coniques.
Cette facette s’avance du côté mésial en un lobe
triangulaire fortement redressé. En arrière de la
crête, sur la région dorso-latérale, des stries pili-
fères transverses dont certaines finement tubercu-
lées, et du côté mésial, sur la moitié proximale,
une ligne de dents irrégulières.
Propode à bord latéral fortement convexe, à
bord mésial presque rectiligne, aligné sur celui de
la facette distale du carpe. Largeur maximale de
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
53
pode gauche, vue latérale. ^ ^ X 6 5 ’
baie de Tosa : a, carapace et
dorsale ; c, chélipède gauche,
appendices céphaliques, vue dor-
vue dorsale ; d, deuxième péréio-
Source : MNHN, Paris
54
JACQUES EOREST
la région palmaire comprise environ 2 fois (9) ou
2,3 fois (cr) dans la longueur du bord operculaire
mésial. Autrement dit l’opercule est sensiblement
ciculaire chez les femelles, un peu plus long que
large chez les mâles.
Face dorsale de la main légèrement déprimée en
arrière des doigts, se relevant notablement en
arrière d’une dépression transverse proximale pour
former avec la facette distale du carpe une cuvette
peu profonde.
Toute la surface operculaire recouverte de dents
ou tubercules coniques plus ou moins aigus, for¬
mant une ligne continue sur les bords. Pilosité
constituée par des poils assez denses de longueur
variée, mais ne cachant pas le tégument sous-
jacent.
Du côté ventral une large bande de tubercules
émoussés s’étendant tout au long du bord latéral ;
les mêmes tubercules du côté mésial, sur la face
plane du dactyle, et, moins denses, le long du
bord palmaire.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques sen¬
siblement de même longueur que les chélipèdes.
Mérus et dactyle subégaux, propode d’un tiers
plus court, sa hauteur maximale comprise environ
3 fois dans sa longueur. Sur le bord dorsal des
deuxièmes pattes quelques denticules peu saillants
sur le mérus, une ligne de dents aiguës sur le
carpe et des denticules plus petits assez irrégulière¬
ment disposés sur les deux tiers proximaux du
propode. Sur le dactyle une ligne ventrale de fines
épines cornées. Troisièmes pattes à bord dorsal à
peu près lisse, avec au plus des petites indenta¬
tions pilifères sur le mérus et sur le propode, et
une minuscule épine subdistale sur le carpe.
Quatrièmes pattes assez courtes. Largeur maxi¬
male du mérus comprise 1,7 fois environ dans sa
longueur. Propode de 1,5 à 1,7 fois plus long que
large. Sur le bord ventral de ce dernier article une
ligne de 7 à 10 soies cornées squamiformes. Cin¬
quièmes pattes également courtes. Mérus et pro¬
pode respectivement deux fois et une fois et demie
plus longs que larges. Sur la face latérale du pro-
p 'e une large râpe s’étendant jusqu’à la région
p.oximale du bord dorsal.
Sixième segment abdominal relativement court,
sa longueur égale aux deux tiers environ de sa lar¬
geur. Son bord postérieur découpé par des inci¬
sions peu profondes en trois lobes rectilignes, les
deux latéraux formant avec le médian des angles
très obtus. Ces lobes frangés de soies, mais iner-
mes.
Telson généralement un peu moins long que
large. La partie postérieure divisée en deux lobes
à contour circulaire, complètement séparés par
une profonde encoche médiane et par une ligne
membraneuse.
Coloration (sur le vivant). — Corps uniformé¬
ment d’un rose intense (Miyaké, 1978).
Taille
Les 55 spécimens examinés comprennent 24 cr
de 4,5 à 15,5 mm et 31 9 de 5 à 13,5 mm, dont 8
ovigères de 5 à 13,5 mm. Les tailles maximales
précédemment signalées pour les mâles sont infé¬
rieures à celles observées ici.
Habitat
L’habitat d’un seul des cinq spécimens de la
série-type a été indiqué : il était logé dans un
fragment mort d’éponge Hexactinellide. Miyaké a
noté que l’espèce vivait dans des fragments de
roche calcaire, d’éponges calcaires ou de coraux
morts. Une vingtaine des spécimens du Japon que
nous avons examinés se trouvaient chacun dans
un fragment de pierre ponce, plus ou moins
arrondi en galet et pesant de 20 à 80 grammes. La
loge était parfaitement cylindrique, elle était obtu¬
rée par les chélipèdes, soit tout à fait en surface,
soit à une profondeur variable. L’individu capturé
au large du Queensland était, lui, dans un mor¬
ceau de lave couvert de serpules.
Les seules indications dont on dispose sur la
nature du fond concernent les spécimens mention¬
nés par Boas, qui ont été recueillis sur des fonds
de vase argileuse ou de sable.
Remarques
Pylocheles mortensenii a été décrit d’après cinq
spécimens provenant des îles Kei par Boas (1926,
p. 40) qui en a donné de nombreux dessins de
détail, la plupart à titre d’illustration du genre,
sous le seul nom de Pylocheles, mais se rappor¬
tant manifestement à mortensenii. Si l’espèce de
Boas n’a pas été signalée par la suite, on peut
placer dans sa synonymie Mixtopagurus rigidus
Yokoya, 1933, des eaux japonaises, rapporté par
Miyaké (1949, p. 740) au genre Pylocheles. A en
juger par la description et le dessin de Yokoya
(1933, p. 71, fig. 31), comme par la diagnose et la
figure publiées par Miyaké (1978, p. 11, fig. 4)
les deux formes apparaissent comme très proches.
Une comparaison entre de nombreux spécimens
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
55
japonais et deux des syntypes de P. mortensenii a
montré qu’il s’agissait d’une seule et même
espèce.
P. mortensenii, espèce pétricole, présente avec
les deux autres espèces indo-ouest-pacifiques, xyli-
codes celles-ci, P. (Xylocheles) miersi Alcock et
Anderson, et P. (X.) macrops, des différences
nombreuses et importantes, dont certaines concer¬
nent des caractères adaptatifs et sont liées à la dif¬
férence de l’habitat. Ainsi chez P. mortensenii les
sillons de l’écusson sont beaucoup plus marqués,
le bord frontal est plus profondément découpé, les
chélipèdes sont parfaitement operculiformes, sans
râpe de tubercules en arrière de la crête antéro-
dorsale du carpe, et les deux lobes postérieurs du
telson sont séparés par une ligne médiane décalci¬
fiée, homologue du sillon superficiel observé chez
les Pylocheles xylicoles.
P. mortensenii se distingue encore par la forme
de l’article distal du second pléopode mâle. En
plus du petit lobe terminal plus ou moins nette¬
ment séparé du reste de l’article, présent chez les
autres Pylocheles (et chez Cheiroplatea), on
observe ici en arrière de ce lobe, une expansion
mésiale convexe, et du côté latéral, un petit lobe
digitiforme orienté vers l’avant.
En revanche, P. mortensenii est beaucoup plus
proche de l’espèce ouest-atlantique, P. agassizii
A. Milne Edwards. Une première comparaison
entre les deux espèces a été faite par Boas (1926,
P- 41), d’après la description et surtout les dessins
de P. agassizii publiés par A. Milne Edwards et
Bouvier (1893, p. 20, pl. 1). Cette comparaison
est peu probante en raison des imperfections des
dessins en question et parce que les différences
relevées portent sur des caractères quelque peu
variables. La comparaison établie par Boas entre
P. mortensenii et P. parti tus Benedict (1901, p.
775, fig. 5, 6) placé dans la synonymie de P.
agassizii ( cf . p. 51) est également peu significa¬
tive : certaines inexactitudes dans les dessins de
Benedict, en particulier dans la forme et les pro¬
portions du sixième tergite abdominal et du tel¬
son, faussent les comparaisons et les différences
relevées ne correspondent pas à la réalité. En fait,
l’examen du matériel que nous avons eu sous les
yeux, et, entre autres spécimens, des types de P.
mortensenii, P. agassizii et P. partitus, ne confir¬
ment, et partiellement, que certains traits distinc¬
tifs notés par Boas. Ainsi le nombre des fortes
dents sur le bord mésial du propode des chélipè¬
des n’est pas toujours de 12, mais varie entre 10
et 15 chez P. mortensenii, alors que chez P. agas¬
sizii, il y a 8 à 10 de ces dents, celles-ci étant plus
longues et plus aiguës. De même les fortes dents
sur la crête antéro-dorsale du carpe sont un peu
plus nombreuses chez P. mortensenii : sur le lobe
triangulaire situé du côté mésial, en vue posté¬
rieure, quatre ou cinq dents sont visibles chez
mortensenii, contre trois ou quatre, plus longues
et plus aiguës chez agassizii-
La comparaison directe de spécimens des deux
espèces fait apparaître d’autres différences. La
partie médiane du bord frontal peut, chez 1 une et
l’autre, présenter ou non un petit denticule ros¬
irai, mais les deux pointes post-oculaires sont un
peu moins fortes et n’atteignent pas l’alignement
des saillies post-antennaires chez P. mortensenii.
Chez cette dernière espèce les pédoncules antennu-
laires et antennaires sont nettement plus courts, et
le carpe des deuxièmes pattes thoraciques porte
dorsalement des dents aiguës qui sont très atté¬
nuées ou manquent chez P. agassizii. Enfin la
forme de l’article distal du second pléopode male
apparaît comme notablement différente chez P.
mortensenii (fig. 9 b) et chez P. agassizii (fig. 9 e),
encore que, dans les deux cas, soit présent du côté
latéral, un petit lobe subdistal absent chez les
autres sous-genres.
En dehors des légères variations habituelles qui
affectent les proportions des pédoncules oculaires,
antennulaires et antennaires, la plus notable est
celle du bord frontal. Le plus souvent sa partie
médiane forme un angle obtus surmonté d un
petit denticule. Celle-ci est généralement en retrait
par rapport aux denticules post-oculaires, mais
peut atteindre ou même dépasser légèrement leur
niveau. Le denticule rostral est parfois très peu
marqué, ou manque complètement, le milieu du
bord frontal pouvant être convexe, ou même très
faiblement concave. Dans tous les cas les pointes
post-antennaires dépassent plus ou moins large¬
ment les denticules post-oculaires.
Il existe également des variations dans le nom¬
bre et le développement des fortes dents épineuses
qui bordent la main et la crête antéro-dorsale du
carpe des chélipèdes. Ainsi sur le bord mésial du
propode, s’il y a le plus souvent une douzaine de
dents, leur nombre peut varier entre 10 et 15.
11 faut noter qu’il existe un dimorphisme sexuel
dans les proportions de la face operculaire des
chélipèdes. Chez le mâle, la largeur maximale du
propode est comprise nettement plus de deux fois
Source : MNHN, Paris
56
JACQUES FOREST
dans la largeur du bord mésial operculaire
(fig. 12 c), alors que le rapport est voisin de deux
chez la femelle (Boas, 1926, fig. 10 A). Ceci expli¬
que la différence d’aspect relevée par Boas entre
les chélipèdes de P. morlensenii et ceux de P. par-
titus figurés par Benedict (1901, fig. 6), qui sont
ceux d’un mâle.
Les femelles ovigères portent jusqu’à une cen¬
taine d’œufs dont la taille s’accroît au cours du
développement. Les plus avancés mesuraient envi¬
ron 1,6 mm de longueur, avec une largeur moin¬
dre.
P. morlensenii est maintenant connu de la mer
de Banda et du Japon. II a été capturé aux Philip¬
pines par YAlbatross, avec plusieurs P. (Xyloche-
les) macrops sp. nov., et au large du Queensland
par le R. V. Nimbus, avec un Trizocheles spinosus
spinosus (Henderson). Il semble également présent
en Nouvelle-Zélande : deux exemplaires ont été
recueillis dans la baie de Tasman, au nord de l’île
du Sud. Ce sont cependant les seuls représentants
de l’espèce, et du genre Pylocheles, parmi les très
nombreux échantillons de Pagurides de Nouvelle-
Zélande que nous avons identifiés.
Distribution
Iles Kei et Ceram, et côtes sud et sud-ouest du
Japon jusqu’à la baie de Sagami, Philippines,
Australie (Queensland), Nouvelle-Zélande, entre
100 et 400 mètres de profondeur.
Source : MNHN, Paris
Sous-genre Xylocheles subgen. nov.
Diagnose - Bord frontal avec les saillies post-oculaires faibles, anguleuses ou arrondies, sépa¬
rées par un sinus médian peu profond. Pédoncules oculaires forts, dépassant les pédoncules antenna-
res ; les cornées renflées, pigmentées ; les pièces basilaires bien développées, arrondies. Chebpedes
égaux, symétriques ; main ovale, lancéolée I facette antéro-dorsale du carpe étroite, formant un angle
aigu avec la face dorsale de la main ; en arrière de la crête qui limite cette facette, un double champ de
tubercules crochus, émoussés (râpes). Lobes postérieurs du telson sépares par un sillon dorsal plus ou
moins marqué.
Espèce-type. - Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov., par présente désignation.
Nombre d’espèces. — Deux, indo-ouest-pacifiques.
Étymologie. — ÇuXov, bois ; P' nce -
Pylocheles (Xylocheles) miersi Alcock et Anderson, 1898
(fig. 14a-d)
Pylocheles Agassizii, Alcock, 1898, p. 141.
Pylocheles Miersi Alcock et Anderson, 1899a, p. 14 ;
1899b, pl. 43, fig. 4, 4a, 4b ; Alcock, 1899, p. 111.
Pylocheles miersi, Alcock, 1901, p. 212 ; 1905, p. 16,
pl. 1, fig. 2, 2 a, 2 b.
Pylocheles Miersii, Calman, 1909, p. 261, fig. 151.
Pylocheles miersii, Calman, 1911, p. 94, fig. 37 ;
Balss, 1924, p. 753, 760, fig. 1.
Pylocheles Miersii, Boas, 1926, p. 41.
Pylocheles Miersi, Lameere, 1933, p. 499, fig. 460 ;
Pérez, 1934, p. 25, fig. 14.
Pylodieles [sic] miersi, McGinitie et McGinitie, 1949,
p. 295.
Matériel
MUSORSTOM II
Station 15, 13°55,1' N, 120°28,4' E, 330-326 m :
1 o- 9 mm (MNHN Pg 2720).
Station 83, 13°55,2' N, 120°30,5' E, 320-318 m :
2 c r 10 et 11,5 mm (MNHN Pg 2721).
Albatross
Station 5198, W. Bohol, 9.04.1908, 9°40'50" N,
123°39'45" E, 400 m : 1 9 ovig. 12 mm.
Station 5116, 20.01.1908, 13°41' N, 120°47'05'' E,
365 m : 1 9 ovig. 11 mm.
Zoologisk Muséum, Copenhague (Collection Th.
Mortensen)
South Africa Exped. 1929-30, station 11, 7.04.1929,
Java, 8°30' S, 114°38' E, env. 450 m : 1 9 ovig.
10 mm; station 15, 10.04.1929, Java, 7°29'S,
1 14°49' E, env. 240 m : 1 cr 9 mm.
Types. — Zoological Survey of India (N° 2202-
5/10) 2 cr, 2 9, 2 spéc. en mauvais état (N° 2207-
8/10) (syntypes).
British Muséum (Natural History) : 1 cr syntype
8,5 mm (B.M. 1899.1.20.17), choisi ici comme lec-
totype.
Localité-type. — Mer d’Andaman, 336 m.
Diagnose. — Bord frontal sans saillies anguleuses,
très peu sinueux. Longueur des pédoncules oculaires
égale aux trois quarts de celle de l’écusson. Cornées
grosses, leur diamètre compris 2,2 à 2,3 fois dans la
longueur des pédoncules.
Bord postérieur du sixième tergite abdominal avec
deux lobes latéraux tronqués, séparés par une large
échancrure.
Description
Écusson céphalothoracique un peu moins long
que large, un peu plus long que la région posté¬
rieure de la carapace. Sillons cardio-branchiaux
Source : MNHN, Paris
58
JACQUES FOREST
Fig. 13. — Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov., pièces buccales : a, mandibule ; b, palpe, vue latérale ; c, maxillule ;
d, maxille ; e, premier maxillipèdc ; f, deuxième maxillipède et l’extrémité de son endopodite, avec l'expansion du pro-
pode vue dans sa largeur maximale ; g, troisième maxillipède.
a-c : x 8 ; f-g : x 5.
Source : MNHN, Paris
Révision des pylochelidae
59
” di - ’SSS&æx% ays®
d, deuxième péréiopode, vue latérale. . . . 9
y ii,5 mm : a, carapace et appen-
c, chélipède gauche, vue dorsale ;
Source : MNHN, Paris
60
JACQUES FOREST
très atténués. Toute la région médiane du bord
frontal légèrement proéminente : entre les saillies
post-oculaires très faiblement anguleuses ou arron¬
dies, le front est droit ou présente une légère con¬
vexité médiane.
Surface de la carapace lisse ou avec de petites
ponctuations, excepté les régions antéro-latérales
fortement granulo-tuberculées. Sillon cervical for¬
mant un angle obtus à côtés droits ou peu arqués.
Longueur des pédoncules oculaires égale aux
3/4 environ de celle de l’écusson ; cornées forte¬
ment renflées et pigmentées, leur diamètre, double
de celui des pédoncules en leur milieu et compris
2,2 à 2,3 fois environ dans leur longueur. Pédon¬
cules antennulaires modérément allongés, dépas¬
sant les yeux du tiers à la moitié de leur second
article, lequel est de 1,5 à 2 fois plus long que le
troisième. Pédoncules antennaires atteignant au
plus le milieu des cornées, souvent plus courts.
Deuxième article avec une saillie latérale à bord
denticulé, avec une épine assez forte sur la face
dorsale, en arrière du bord distal. Écaille anten-
naire triangulaire, assez longue, dépassant plus ou
moins la base du cinquième article, à bord latéro-
dorsal denticulé, légèrement convexe, à bord mésio-
ventral très légèrement concave, d’aspect lisse à
l’œil nu, une fine serrulation visible à fort grossis¬
sement.
Chélipèdes égaux et symétriques. Crête antéro-
dorsale du carpe divisée en deux lobes par une
encoche prolongée postérieurement par un sillon.
Le lobe latéral, triangulaire, obtus à légèrement
aigu, est bordé de petites dents tuberculiformes.
Le lobe mésial, tronqué, est également bordé de
tubercules, mais plus petits et plus irréguliers. Des
tubercules en arrière de la crête, de part et d’autre
du sillon qui sépare les deux lobes. Le reste de la
face dorso-latérale avec de courtes stries pilifères
transverses. Lorsque le chélipède est en extension,
la facette distale excavée du carpe est dans un
plan presque perpendiculaire à la face dorsale du
propode. Autrement dit, en vue dorsale, le lobe
latéral de cette facette s’avance au-dessus de la
main et cache sa base.
Propode à région palmaire subrectangulaire, sa
largeur comprise deux fois au plus dans la lon¬
gueur de l’article. Bord latéral convexe, avec des
petits denticules peu aigus, plus forts au niveau
du doigt fixe. Bord mésial rectiligne avec des den¬
ticules courts, arrondis. Doigt fixe à moitié distale
triangulaire, sa longueur comprise 2,2 fois environ
dans celle de la main.
Face dorsale plane, recouverte de poils très fins,
en petits faisceaux de 3-4 au plus, ou isolés, peu
denses, ne cachant pas le tégument sous-jacent.
Sur les bords une frange de soies assez longues et
serrées.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques dépas¬
sant légèrement les chélipèdes. Mérus et dactyle de
même longueur, propode un peu plus court, sa
hauteur maximale comprise environ 4 fois dans sa
longueur. Bord dorsal du carpe des deuxièmes
pattes armé d’une ligne de courts denticules, par¬
fois réduits et peu visibles. Par ailleurs, les articles
de ces deux paires d’appendices sont inermes, à
l’exception d’une spinule distale, inconstante, sur
le carpe et, sous le dactyle, d’une ligne de très
fines épines cornées, couchées vers l’avant, peu
visibles, et plus courtes et plus discrètes encore sur
la troisième paire.
Quatrièmes pattes avec le mérus et le propode
de deux fois à deux fois et demie plus longs que
larges. Sur le bord ventral une dizaine d’épines
cornées disposées sur une seule ligne, la distale, la
plus longue, s’opposant au dactyle.
Cinquièmes pattes avec le mérus environ deux
fois, le propode de deux fois à deux fois et demie
plus longs que larges. Sur la face latérale du pro¬
pode, une large râpe. Vers le milieu de l’article,
cette râpe est divisée par une lacune longitudinale
en deux branches, l’une s’étendant le long du
bord dorsal jusqu’à la base ; l’autre interrompue
au tiers proximal.
Sixième segment abdominal à bord postérieur
divisé en trois sections. Les deux lobes latéraux
symétriques, obliquement tronqués, sont bordés
d’une ligne de tubercules ou dents en peigne sur la
moitié mésiale seulement, le reste du bord étant
lisse, droit ou légèrement concave. La section
médiane, en retrait, présente une concavité lisse et
limitée de part et d’autre par une légère saillie
portant un denticule.
Longueur du telson égale ou légèrement supé¬
rieure à sa largeur. Pièce postérieure d’un quart
plus large que la pièce antérieure et divisée en
deux lobes arrondis par une faible encoche, par¬
fois à peine sensible, et par un sillon médian peu
marqué.
Taille
Les huits spécimens examinés comprennent
5 mâles dont la carapace mesure de 8,5 à 11,5 mm,
et 3 femelles ovigères de 10, 11 et 12 mm.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
61
Habitat
Comme les syntypes, la plupart des spécimens
examinés étaient logés dans des fragments végé¬
taux : bambous ou pièces de bois creusées mesu¬
rant au plus une dizaine de centimètres de long.
Remarques
Pylocheles miersi a été décrit par Alcock et
Anderson en 1899 d’après des spécimens recueillis
par Y Investigator dans la mer d’Andaman, par
336 mètres de profondeur. Aucune capture nou¬
velle n’a été signalée par la suite.
L’identification à cette espèce de spécimens des
Philippines repose d’abord sur une comparaison
avec la description originale et avec les illustra¬
tions qui l’accompagnaient.
Compte tenu de quelques imprécisions ou
inexactitudes dans les détails, le dessin d’ensemble
(Alcock et Anderson, 1899b, pl. 43, fig- 4)
s’applique à nos exemplaires. Les proportions des
appendices sont voisines, mais, surtout, la large
échancrure médiane au bord postérieur du sixième
tergite abdominal (fig. 14 b) est bien visible sur la
figure originale.
Le Dr. K. Narapu Reddy, du Zoological Sur-
vey of India, à qui nous avions soumis une copie
de nos dessins a bien voulu nous faire savoir que
les caractères figurés correspondaient à ceux des
syntypes conservés à Calcutta. L’identification a
été confirmée par l’examen du syntype déposé au
British Muséum.
Nous avons, à propos de P. mortensenii, noté
les différences qui opposaient cette espèce pétri-
cole, rangée ici dans le sous-genre Pylocheles, aux
deux autres Pylocheles indo-ouest-pacifiques, P.
miersi et P. macrops sp. nov., pour lesquelles
nous avons établi le sous-genre Xylocheles.
Celles-ci, xylicoles l’une et l’autre, présentent
des caractères communs, notamment dans la struc¬
ture des chélipèdes, qui obturent obliquement la
loge dans laquelle vit l’animal, alors que chez
P. mortensenii les mains et la partie antéro-dor-
sale des carpes forment un véritable couvercle
presque circulaire, perpendiculaire à la cavité
cylindrique qui abrite le reste du corps. Les deux
espèces xylicoles possèdent en arrière de la crête
antéro-dorsale du carpe un appareil constitué par
une plage de tubercules dont la fonction est réelle¬
ment celle d’une râpe destinée au creusement et à
l’aménagement de la loge. Nous verrons, à la
suite de la description de P. (X.) macrops sp.
nov., que P. (X.) miersi s’en distingue très nette¬
ment par une série de caractères : forme du bord
frontal, proportions des pédoncules oculaires et
du propode des chélipèdes, et surtout forme du
bord postérieur du sixième tergite abdominal.
Distribution
Mer d’Andaman, Java, Philippines (Lubang,
Bohol). De 240 à 460 mètres.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
(fig. 2b, 9 f-h, lOc-d, 13a-g, 15a-d ; pl. IA, III A, IV D, E; VIC, D)
Matériel
MUSORSTOM I
Station 12, 210-187 m : 1 cr 23 mm (Pg 2700).
Station 24, 189-209 m : 1 9 22 mm (Pg 2775).
Station 27, 192-188 m : 1 c? 16,5 mm, 1 9 ovig.
19.5 mm (Pg 2701).
Station 31, 187-195 m : 1 o- 15 mm (Pg 2702).
Station 32, 193-184 m : 1 cr 24 mm, 1 9 ovig.
13.5 mm (Pg 2703).
Station 34, 191-188 m : 29 10, 14,5 mm, 19
ovig. 17,5 mm (Pg 2704),
Station 36, 210-187 m : 1 o- en mauvais état,
1 9 15 mm (Pg 2705).
Station 40, 287-265 m : 1 o- 6,5 mm, 19
5,8 mm (Pg 2774).
Station 51, 200-170 m : 3 cr 5,5, li et 18,5 mm,
2 9 ovig. 15,5 et 14,5 mm (Pg 2706).
Station 55, 200-194 m : 1 spéc. en mauvais état
(Pg 2707).
Station 62, 179-194 m : 1 9 ovig. 15 mm
(Pg 2708).
Station 64, 194-195 m : 1 cr 13 mm, 1 9 ovig.
18 mm (Pg 2776).
Station 65, 202-194 m : 3 cr 15 mm (holotype
Pg 2709), 22 et 22,5 mm, 1 9 20 mm (paratypes,
Pg 2710).
Station 69, 187-199 m : 1 o- 18 mm (Pg 2719).
Station 71, 174-204 m : 1 cr 11 mm (Pg 2711).
Source : MNHN, Paris
62
JACQUES FOREST
MUSORSTOM II
Station 11, 196-194 m : 1 c t 19 mm (Pg 2712).
Station 18, 195-188 m : lcr 19 mm, 19 ovig.
18 mm, 1 9 3,5 mm (Pg 2713).
Station 59, 190-186 m : 1 cr 10,5 mm 1 9 ovig.
18 mm (Pg 2714).
Station 64, 195-191 m : 1 9 20 mm (Pg 2715).
Station 67, 193-199 m : 19 15,5 mm (Pg 2718).
Station 80, 178-205 m : 1 9 6 mm, 1 9 ovig.
15,5 mm (Pg 2716).
Station 83, 320-318 m : 1 9 9 mm (Pg 2717).
CORINDON II (Macassar, 1980)
Station 267, 186-134 m : 2 cr 12,5 et 22 mm,
19 5 mm, 3 9 ovig. 15,5, 16,5 et 18 mm
(Pg 2729).
Station 273, 220-180 m : 2 cr 6 et 8,5 mm
(Pg 2730).
CORINDON IV
Station COP V/l, 244-215 m : 19 15,5 mm
(Pg 2738).
Albatross
Station 5117, 21.01.1908, île Sombrero, 13°5Z22'N,
120°46'22" E, 215 m : 1 cr 5 mm, 1 9 16 mm, 2 9
ovig. 15 et 17,5 mm.
Station 5118, 21.01.1908, île Sombrero, 13°48'45"N,
120°41'51" E, 215-290 m : 1 cr 5,5 mm.
Station 5369, 24.02.1909, île Marinduque, 13°48'N,
121°43' E, 193 m : 1 9 14 mm.
Station 5374, 2.03.1909, île Marinduque, 15°46'45"N,
121°35'08" E, 347 m : 1 9 9,5 mm.
Station 5412, 23.03.1909, entre Cebu et Bohol,
10°09'15" N, 123°52' E, 295 m : 1 cr 9 mm.
Station 5517, 9.08.1909, N. Mindanao, 8°45'30"N,
123°33'45" E, 308 m : 1 cr 7 mm.
Station 5519, 9.08.1909, N. Mindanao, 8°47' N,
123°31'15" E, 331 m : 1 9 10,5 mm.
Station 5520, 10.08.1909, N. Mindanao, 8 0 41'15" N,
123°18'30" E, 185 m : 1 9 ovig. 14 mm (paratype,
NMNH 228432).
Zoologisk Muséum, Copenhague (Th. Morten-
sen coll.)
Java-South Africa Exped., 1929-30, station 2,
3.04.1929, Java, 7°33' S, 114°36' E, 200 m : 1 9
9,5 mm.
National Taiwan College of Marine Science and
Technology :
Taiwan, côte est, au large de Su-Ao, 250 m env.,
sable et vase, Tin-Yam Chan coll., 16.03.1985 :
1 cr 14,5 mm ; 20.04.1985 : 1 9 ovig. 13,5 mm.
Types. — Un spécimen mâle de 15 mm (MUS¬
ORSTOM I, station 65) est l’holotype. Il est
déposé au Muséum national d’Histoire naturelle,
sous le numéro Pg 2709, ainsi que deux autres
mâles et une femelle désignés comme paratypes.
Une femelle recueillie par Y Albatross, à la sta¬
tion 5520 est également un paratype (National
Muséum of Natural History).
Localité-type. — Philippines, nord de l’île
Lubang.
Diagnose. — Bord frontal avec deux courtes saillies
post-oculaires arrondies au sommet. Longueur des
pédoncules oculaires égale aux quatre cinquièmes de
celle de l’écusson. Cornées modérément renflées, leur
diamètre compris près de 4 fois dans la longueur des
pédoncules. Bord postérieur du sixième tergite abdomi¬
nal divisé en trois lobes subégaux par une paire d’inci¬
sions ; le lobe médian saillant, légèrement convexe, fine¬
ment denticulé.
Description
Écusson céphalothoracique sensiblement aussi
large que long. Région postérieure de la carapace
plus courte que l’écusson ; sillons cardio-bran¬
chiaux peu marqués mais nets sur la moitié anté¬
rieure. Bord frontal avec deux courtes saillies
post-oculaires anguleuses, à sommet arrondi. La
portion médiane est légèrement concave et lisse.
Toute la surface de la carapace lisse ou faible¬
ment ponctuée ; cependant, de part et d’autre de
l’écusson, régions antéro-latérales parfois faible¬
ment granuleuses. Les deux branches du sillon
cervical assez fortement arquées.
Pédoncules oculaires d’une longueur égale aux
4/5 e environ de celle de l’écusson ; assez minces
dans la moitié proximale, ils s’élargissent ensuite
en massue jusqu’au niveau des cornées. Celles-ci,
grandes, fortement pigmentées, ont un diamètre
compris quatre fois au plus dans la longueur des
pédoncules. Une bande longitudinale décalcifiée
s’étend de chaque côté, de la région articulaire à
la cornée.
Pédoncules antennulaires assez longs, dépassant
les yeux de la moitié environ de leur second article,
lequel est nettement plus long que le troisième.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
63
f». »■-t
nov., MUSORSTOM I, st
tergile abdominal, telson
c : x 4 ; f : x 3,5 ; d
, a holotype 15 mm : a, carapace
uropodes ; c, chélipède gauche,
c 6.
et appendices
vue dorsale ;
Source : MNHN, Paris
64
JACQUES FOREST
Pédoncules antennulaires assez longs, dépassant
les yeux de la moitié environ de leur second article,
lequel est nettement plus long que le troisième.
Pédoncules antennaires atteignant ou dépassant
légèrement la région distale des cornées. Deuxième
article avec une saillie antéro-latérale armée de
petits denticules. Écaille antennaire longue, trian¬
gulaire, dépassant nettement la base du cinquième
article, et présentant un bord latéro-dorsal légère¬
ment sinueux et denticulé, un bord mésio-ventral
légèrement concave, avec une très fine serrulation
visible à fort grossissement seulement.
Pièces buccales : fig. 13.
Chélipèdes égaux et symétriques. Crête antéro-
dorsale du carpe divisée en deux lobes par une
encoche qui se prolonge postérieurement par une
dépression s’étendant sur le côté mésial jusqu’à la
base de l’article. Le lobe latéral obtus ou arrondi,
relativement peu saillant, bordé de tubercules cro¬
chus plus ou moins émoussés. Des dents similaires
garnissent le bord de l’autre lobe. Sur les deux
lobes, de part et d’autre de la dépression qui les
sépare, une plage de tubercules, puis postérieure¬
ment de courtes stries transverses peu marquées.
Propode à région palmaire rectangulaire, sa lar¬
geur maximale comprise un peu plus de deux fois
dans sa longueur totale. Bord latéral faiblement
convexe jusqu’au tiers distal du doigt fixe, mar¬
qué par une ligne de dents courtes, peu aiguës,
implantées verticalement. Bord palmaire mésial en
général légèrement concave, avec une ligne de
dents coniques courtes, qui se prolonge sur le
dactyle. Doigt fixe large, la courbure de son bord
latéral ne s’accentuant fortement que dans la
région distale ; sa longueur est comprise 2,2 à
2,5 fois dans la longueur de la main.
Face dorsale plane ; toute sa surface, région
proximale exceptée, recouverte de longs poils en
faisceaux, plus ou moins alignés, peu denses, ne
cachant pas le tégument sous-jacent. Sur les bords
une frange de soies longues et serrées. Sous la
région palmaire, du côté mésio-ventral, une plage
de tubercules ou saillies formant une surface gros¬
sièrement striée.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques sen¬
siblement de même longueur que les chélipèdes.
Mérus et dactyle de même longueur, propode un
peu plus court, sa largeur maximale comprise un
peu plus de 4 fois dans sa longueur. Les articles
lisses, inermes, à l’exception d’une spinule distale
souvent très réduite sur le bord dorsal du carpe,
et d'une ligne ventrale de très fines spinules sur le
dactyle. Pilosité faible, constituée par des soies
peu nombreuses, principalement implantées sur le
bord dorsal.
Quatrièmes pattes assez allongées. Largeur du
mérus égale aux 2/5' de sa longueur. Largeur du
propode égale à la moitié de sa longueur, laquelle
est égale aux 3/5' de celle du mérus. Une double
ligne irrégulière d’épines cornées s’étend le long
du bord ventral du propode jusqu’au cinquième
proximal.
Cinquièmes pattes avec le mérus deux fois et le
propode un peu plus de deux fois, plus longs que
larges. Sur le propode la râpe forme une large
bande du côté dorsal et sur toute la longueur de
l’article, avec une lacune longue et étroite sur la
moitié proximale.
Sixième tergite abdominal caractérisé par la
forme de son bord postérieur divisé en un lobe
médian rectiligne ou faiblement convexe et en une
paire de lobes latéraux. Le lobe médian forme une
lame légèrement saillante, armée sur toute sa lon¬
gueur de petites dents en peigne. 11 est séparé par
de profondes encoches des lobes latéraux, obli¬
ques, légèrement en retrait et denticulés sur la
moitié mésiale seulement.
Telson à peu près aussi long que large. Les
deux lobes postérieurs séparés par une encoche
médiane, parfois très faible, et par un sillon
médian, parfois très marqué, sur la face dorsale.
Coloration (sur le vivant). — Rouge vermillon
intense, plus ou moins délavé vers les bords laté¬
raux de l’écusson.
Taille
Les 65 spécimens examinés comprennent 32 mâles,
de 5,5 à 24 mm et 33 femelles de 3,5 à 22 mm,
dont 17 ovigères de 13,5 à 19,5 rr.n.
Habitat
Fragments de tiges creuses et de branches alté¬
rées par une longue immersion. Toujours recueillis
sur des fonds relativement durs avec une couver¬
ture de vase fluide et une faune fixée abondante :
Spongiaires, Gorgones, Alcyonaires, Crinoïdes,
etc.
Remarques
L’espèce de Pylochelidae la mieux représentée,
et de loin, non seulement dans les récoltes des
Source : MNHN, Paris
65
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
campagnes MUSORSTOM mais aussi dans celles
de YAlbatross, est décrite ici comme nouvelle.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov. est assez
proche de P. (X.) miersi, autre xylicole, mais s’en
distingue aisément par des caractères très nets,
observables chez les plus petits spécimens. Chez
P- macrops les deux saillies post-oculaires sont
petites, triangulaires, arrondies au sommet et
séparées par une concavité peu profonde mais
bien marquée. Chez P. miersi il y a deux faibles
renflements post-oculaires entre lesquels le bord
frontal n’est pas concave mais droit ou même
légèrement convexe. Les pédoncules oculaires, par
leur longueur et leurs proportions, opposent sans
ambiguité les deux espèces. Ils sont beaucoup plus
allongés et sont dotés de cornées moins renflées
chez P. macrops, avec un rapport du diamètre
maximal des cornées à la longueur des pédoncules
voisin de quatre, alors qu’il est à peine supérieur
à deux chez P. miersi. De même, les pédoncules
antennulaires et antennaires sont plus grêles et
plus longs chez P. macrops.
Les chélipèdes des deux espèces ont un aspect
assez voisin. Chez les spécimens figurés, la région
digitale est relativement plus courte chez P.
macrops (fig. 15 c) que chez P. miersi (fig- 14 c)
mais ces proportions sont assez variables, de même
que le développement des denticulations margi¬
nales sur la main. Par contre, la crête antéro-
dorsale du carpe diffère quelque peu. En vue dor¬
sale, le lobe triangulaire qu’elle forme du côté
latéral est plus obtus, et le lobe mésial tronqué
moins saillant chez P. macrops. La pilosité sur la
main est constituée par des soies fines et implan¬
tées isolément ou par deux ou trois chez miersi,
par des soies plus épaisses formant des faisceaux
plus larges chez macrops. Cette différence de pilo¬
sité explique sans doute l’aspect différent de la
face operculaire. Chez miersi, et non chez
macrops, cette face est toujours cachée par un
revêtement noirâtre de particules de vase, l’obser¬
vation de l’ornementation nécessitant un brossage
énergique.
Le caractère distinctif le plus significatif est
fourni par le sixième tergite abdominal. Chez
P. miersi le bord postérieur est creusé d’une large
encoche médiane flanquée de deux lobes saillants,
alors que, au contraire, chez P. macrops, la partie
médiane forme un lobe à bord convexe qui dépasse
largement les deux lobes latéraux.
Notons encore qu’une particularité des qua¬
trièmes pattes thoraciques sépare P. macrops de
tous les autres Pylocheles, quel que soit le sous-
genre auquel ils se rattachent : le bord ventral du
propode porte des soies spiniformes disposées non
en une seule ligne, mais en deux lignes rappro¬
chées, plus ou moins intriquées.
Pylocheles (Xylocheles) macrops est, nous
l’avons dit, l’espèce de Polychelidae la plus abon¬
dante dans les récoltes étudiées ici. C’est aussi
celle qui, Parapylocheles scorpio excepté, atteint
la plus grande taille, 24 mm pour les mâles,
22 mm pour les femelles. L’espèce à laquelle nous
l’avons particulièrement comparée, P. miersi, est
beaucoup plus petite : le plus grand des 15 spéci¬
mens connus ne mesure que 12,5 mm.
La majorité des récoltes ont été effectuées aux
Philippines, et il est probable qu’elle est partout
présente dans cette région dans des limites de pro¬
fondeurs relativement restreintes, surtout entre 180
et 250 mètres, avec un maximum de 347 mètres.
P. macrops est particulièrement commun là où vit
Neoglyphea inopinata, puisque sur les 22 stations
MUSORSTOM où il a été capturé, 16 sont situées
dans le secteur à Glyphéides.
Dans les autres régions de récolte, c’est-à-dire
Amboine, détroit de Macassar et Java, les profon¬
deurs étaient aussi voisines de 200 mètres.
Les individus étaient toujours logés dans des
fragments végétaux divers : morceaux de tiges
creuses ou pièces de bois minées par des orga¬
nismes perforants, certains, abritant en général
des grands spécimens, volumineux et pesants. Le
logement était parfaitement cylindrique, ses parois
lisses, et avait manifestement été aménagé par son
hôte.
Distribution
Taiwan, Philippines, Amboine, détroit de
Macassar, Java. De 170 à 347 mètres.
Source : MNHN, Paris
Sous-genre Bathycheles subgen. nov.
Diagnose. — Bord frontal avec les deux saillies post-oculaires tuberculiformes ou anguleuses,
séparées par une concavité médiane. Pédoncules oculaires réduits, ne dépassant pas en général le milieu
du pénultième article des pédoncules antennaires ; les cornées petites, généralement peu pigmentées mais
bien délimitées et hémisphériques ; les pièces basilaires très réduites, décalcifiées ou fusionnées avec la
pièce interoculaire médiane, souvent indiscernables entre la base des pédoncules et les sinus frontaux.
Chélipèdes comme dans le sous-genre Xylocheles , mais avec les mains plus allongées, à bords latéraux
en partie rectilignes. Lobes postérieurs du telson séparés par un sillon dorsal souvent indistinct.
Espèce-type. — Pylocheles (Bathycheles) incisus sp. nov., par présente désignation.
Nombre d’espèces. — Six, dont cinq indo-ouest-pacifiques et une ouest-atlantique.
Étymologie. — paGùç, profond ; xn^i» P* nce -
Pylocheles (Bathycheles) chacei sp. nov.
(fig. 17 a-d)
Matériel
R. V. Silver Bay, station 5142, 12.10.1963, N.
Haïti, îles Turks et Caicos, au sud de Seal Cays,
19°52' N, 71°58'30" W, 640 m : 1 9 13 mm env.
en mauvais état et incomplète (holotype, NMNH
152529).
Type. — National Muséum of Natural History,
Washington : femelle holotype (voir ci-dessus).
Localité-type. — Au large de la côte nord de
Haïti.
Diagnose. — Bord frontal avec deux saillies post¬
oculaires obtuses, dépassant légèrement les saillies post-
antennaires arrondies ; les trois sinus frontaux égaux.
Pédoncules oculaires légèrement amincis dans la région
médiane ; leur longueur comprise 2,5 fois dans celle de
l’écusson ; diamètre des cornées compris 2,5 fois dans
la longueur des pédoncules. Deuxièmes et troisièmes
pattes thoraciques à bord dorsal inerme. Bord posté¬
rieur du sixième tergite abdominal convexe, creusé
d’une encoche médiane rectangulaire, un peu moins
profonde que large. Pièce antérieure du telson avec,
près des angles postérieurs, une paire de fenêtres ovales
à surface membraneuse.
Description
Écusson céphalothoracique un peu plus long
que large, d’un tiers plus long que la région posté¬
rieure de la carapace.
Bord frontal avec les deux saillies post-oculaires
obtuses, légèrement émoussées au sommet, sépa¬
rées par une concavité médiane de la même lar¬
geur et de la même profondeur que les deux sinus
latéraux. Saillies post-antennaires très arrondies,
atteignant à peu près le même niveau que les sail¬
lies post-oculaires. Bords latéraux présentant une
concavité au niveau des dépressions obliques qui
divisent les régions latérales de l’écusson. Les
deux branches du sillon cervical formant entre
elles un angle droit et s’incurvant à leur extrémité.
Sillons cardio-branchiaux représentés par deux
lignes décalcifiées légèrement sinueuses.
Pédoncules oculaires deux fois et demie plus
courts que l’écusson, légèrement amincis dans la
région médiane. Cornées bien développées, à cor-
néules distinctes, pigmentées ; leur diamètre, égal
au diamètre proximal, est compris deux fois et
demie environ dans la longueur des pédoncules.
Sur la région membraneuse articulaire de ceux-ci
une très petite pièce calcifiée.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
67
„„„ nif-res buccales : a, mandibule ; b, deuxième article du palpe,
>. 16. - Pylocheles (Bathycheles) '"f“^"midUipède ; f, deuxième maxillipède ; g, troisième max.ll.pede.
raie ; c, maxillule ; d, maxme , e, p ; x ,4.
Source : MNHN, Paris
68
JACQUES FOREST
Fig 17 — Pylocheles (Balhycheles) chacei sp. nov., R. V. Silver Bay si. 5142, Haiti, 9 holotype 13
appendices céphaliques, vue dorsale ; b, bord postérieur du sixième tcrgite abdominal, telson et i
carpe du chélipède gauche, vue dorsale ; d, deuxième péréiopode droit, vue latérale.
a : x 5,5 ; b. d : x 6 ; c : x 4.
, carapace et
fragment du
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
69
Pédoncules antennulaires assez grêles, leur lon¬
gueur égale à celle de la carapace. Les deux pre¬
miers articles subégaux, le troisième égal aux deux
tiers des précédents. Le premier dépasse les yeux
d’un peu moins de la moitié de sa longueur.
Pédoncules antennaires dissymétriques, le gauche
atteignant, le droit dépassant notablement la base
des seconds articles antennulaires. Écaille anten-
naire dépassant largement la base du cinquième
article ; son bord latéro-dorsal convexe et armé de
dents aiguës régulières, alors que le bord mésio-
ventral, concave, est inerme. Flagelle antennaire
deux fois et demie plus long que l’écusson.
Chélipède droit manquant, ainsi que toute la
région distale du gauche. Une partie de la face
dorsale du carpe subsiste (fig. 17 e) ; la crête anté¬
rieure armée de petites dents tuberculiformes pré¬
sente la division habituelle en deux lobes séparés
par une fissure étroite, qui se prolonge en un sillon
parallèle au bord mésial ; le lobe latéral en angle
obtus modérément saillant, le mésial tronqué. En
arrière de la crête une plage de petits tubercules.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques man¬
quant du côté droit. Celles de gauche avec le
dactyle de même longueur que le mérus, le pro-
pode plus court, sa largeur maximale comprise
quatre fois environ dans sa longueur. Tous les
articles lisses et inermes. Pilosité faible, constituée
par des soies fines principalement localisées sur les
régions dorsale et ventrale.
Des deux paires suivantes subsiste seule la cin¬
quième patte droite ; le rapport longueur/largeur
est voisin de 1,6 pour le mérus, de deux pour le
propode.
Sixième segment abdominal avec, au bord pos¬
térieur, une encoche médiane rectangulaire large
et profonde, qui sépare deux lobes convexes et
inermes.
Telson aussi long que large. La pièce antérieure
un peu plus courte que la postérieure est en forme
de trapèze. Près des angles postérieurs, de part et
d’autre, le tégument calcifié présente une fenêtre
ovale où fait légèrement saillie une surface mem¬
braneuse. La pièce postérieure, plus large, est
séparée en deux lobes très arrondis par une très
faible concavité médiane.
Habitat
Inconnu.
Remarques
Le spécimen type de Pylocheles (Bathycheles)
chacei sp. nov. est en très mauvais état. La cara¬
pace est fragmentée, le chélipède droit, les articles
distaux du gauche, les deuxième, troisième et qua¬
trième pattes thoraciques gauches manquent, ainsi
que la partie distale des quatrième et cinquième
pattes droites. Cependant les appendices cépha¬
liques sont présents, l’abdomen est presque intact,
et la carapace a pu être reconstituée (fig. 17 a). Il
s’agit manifestement d’une espèce nouvelle, qui
appartient au groupe des Pylocheles xylicoles, à
pédoncules oculaires réduits (s.g. Bathycheles ),
lequel n’est donc pas cantonné dans la région
indo-ouest-pacifique, mais présent également dans
l’Atlantique tropical américain, comme le sous-
genre typique, avec P. agassizii et le genre Cheiro-
platea, avec C. scutata.
Certains caractères pris isolément permettent de
rapprocher Pylocheles (Bathycheles) chacei de
l’une ou l’autre des espèces indo-ouest-pacifiques.
Ainsi le bord frontal, avec ses quatre saillies équi¬
distantes, se retrouve chez P. (B.) crosnieri sp.
nov., encore que, chez ce dernier, les saillies posi-
oculaires n’atteignent pas le niveau des post-anten-
naires, au lieu de les dépasser. Par contre, chez P.
(B.) chacei, les pédoncules antennaires sont relati¬
vement plus courts par rapport aux pédoncules
oculaires : les yeux dépassent largement la base du
dernier article, alors qu’ils atteignent au plus le
tiers distal de l’article précédent chez les autres
espèces. La comparaison ne peut porter sur la
forme de la main des chélipèdes, qui manque chez
l’unique spécimen de P. (B.) chacei. Cependant le
carpe subsiste en partie, avec notamment sa crête
antéro-dorsa'e (fig. 17 c) : le lobe latéral de cette
crête, plus ou moins aigu chez les espèces indo-
ouest-pacifiques, est ici très nettement obtus et
moins saillant. Le bord postérieur du sixième ler-
gite thoracique fournit, nous l’avons dit, un
caractère diagnostique permettant de séparer tous
les Pylocheles du sous-genre Bathycheles. Ceci est
valable également pour l’espèce ouest-atlantique,
avec une encoche médiane subrectangulaire pro¬
fonde et relativement étroite qui sépare deux lobes
régulièrement convexes et lisses (fig. 17 b). Une
seule autre espèce, P. (B.) incisus sp. nov. pré¬
sente une encoche médiane, mais celle-ci est plus
large, moins profonde, et occupée par une lame
plus ou moins denticulée. Le telson de P. (B.)
chacei ne présente pas de caractères particuliers, si
Source : MNHN, Paris
70
JACQUES FOREST
ce n’est la présence, près des angles postéro¬
latéraux de la pièce antérieure calcifiée, d’une
paire de fenêtres ovales occupées par une surface
membraneuse. Ces structures énigmatiques n’ont
été observées chez aucun autre Pylochelidae.
Distribution
lies Turks et Caicos, nord de Haïti, par
640 mètres.
Pylocheles (Bathycheles) incisus sp. nov.
(fig. 16a-g, 18a-g ; pl. 1VA-C, VIA,B)
Matériel
MUSORSTOM I
Station 44, 610-592 m : 1 cr 14 mm, 1 9 7,5 mm,
1 9 ovig. 12 mm + 1 cr envir. 13 mm, en mauvais
état (Pg 2844).
Station 47, 757-685 m : 10 cr 8 à 16 mm, 3 9
7,5 à 11,5 mm, 7 9 ovig. 9,5 à 10,5 mm (tous
paratypes, Pg 2727).
Station 49, 925-750 m : 2 9 9,5 et 11 mm
(Pg 2728).
MUSORSTOM II
Station 25, 550-520 m : 19 ovig. 9 mm (Pg 2723).
Station 50, 810-820 m : 1 o- 11,5 mm (holotype,
Pg 2722), 6 o- 8,5 à 15 mm, 19 9mm (Pg 2724).
Station 56, 970 m : 1 cr 10,5 mm (Pg 2726).
Station 81, 856-884 m : 4 cr 9 à 11,5 mm, 4 9
7,5 à 9,5 mm (Pg 2725).
CORINDON II (Détroit de Macassar)
Station 276, 450-395 m : 1 cr 12 mm.
Station 280, 800-715 m : 1 cr 7,5 mm.
Albatross
Station 5114, 20.01.1908, île Sombrero, 13 0 36'H"N,
120°45'26" E, 625 m : 1 9 ovig. 11 mm (paratype,
. MNH 228433).
Station 5656, 19.12.1909, Sulawesi, 3°17'40" S,
120°36'45" E, 880 m : 1 cr 9 mm.
Siboga
Station 178, 2.10.1899, Ceram, 2°40'S, 128°37,5'E,
835 m : 1 cr 9,5 mm.
Station 300, 30.01.1900, Timor, 10°48,6'S,
123°23,1 ' E, 918 m : 1 cr 12 mm.
Type. — Muséum national d’Histoire naturelle,
Paris : cr holotype (Pg 2722), 20 paratypes
(Pg 2727). — National Muséum of Natural His-
tory, Washington : 1 paratype.
Localité-type. — Philippines, MUSORSTOM II,
station 50, 810-820 m.
Diagnose. — Bord frontal avec deux saillies post¬
oculaires tuberculiformes, légèrement en retrait par rap¬
port aux deux saillies post-antennaires. Sinus médian
plus étroit que les sinus post-oculaires. Pédoncules ocu¬
laires s’amincissant de la base jusqu’à la cornée, qui est
petite, non renflée. Chélipèdes à main subrectangulaire,
près de trois fois plus longue que large ; sur la face
dorsale un renflement longitudinal médian accentué par
une bande de soies serrées, beaucoup plus hautes que
celles qui recouvrent les dépressions latérales. Sixième
tergite abdominal à bord postérieur creusé d’une large
encoche médiane.
Description
Écusson céphalothoracique un peu moins long
que large, plus long d’un cinquième environ, que
la région postérieure.
Sillons cardio-branchiaux apparents sous la
forme de deux lignes arquées décalcifiées.
Bord frontal avec les deux saillies post-oculaires
en tubercules coniques à sommet arrondi, séparées
par une échancrure droite ou concave. Les deux
saillies post-antennaires très nettement plus sail¬
lantes, chacune marquée par un petit denticule et
séparée des tubercules post-oculaires par un sinus
plus large que l’échancrure médiane.
Sur l’écusson, de petites dépressions arrondies
surtout sur les régions latérales. De part et d’autre
de l’écusson, régions antéro-latérales avec de
petits tubercules épineux.
Pédoncules oculaires courts ; leur longueur
comprise 2,5 fois au moins dans celle de l’écus-
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
71
„„ mi KORSTOM II st- 50, et holotype, 11,5 mm : a, carapace et appen-
F,o. 18. - HUM* (Bcihychelan "bdèm ;abdominal, I*» « uropodes; c. chélipède gauche, eue dorsale ;
diccs céphaliques, eue dorsale -J- “Jf “ longitudinal de la main ; f, un porl court, sur une région dépri-
„ 3,5 ; e-, ; X 65.
Source : MNHN, Paris
72
JACQUES FOREST
son. Ils s’amincissent jusqu’aux cornées qui ont
un diamètre d’un tiers inférieur à celui de la base
des pédoncules et compris à peu près quatre fois
dans la longueur de ceux-ci.
Pédoncules antennulaires longs, près de deux
fois plus longs que l’écusson. Le dernier article
égal aux 2/3 du précédent, celui-ci environ 8 fois
plus long que large. Le premier article dépasse les
yeux de plus de la moitié de sa longueur.
Pédoncules antennaires forts. Quatrième article
dépassant les yeux de presque toute sa longueur.
Cinquième article environ 4 fois plus long que
large, dépassant le milieu du deuxième article des
pédoncules antennulaires. Écaille antennaire attei¬
gnant la base du cinquième article, à bord latéro-
dorsal arqué, régulièrement denticulé, à bord
mésio-ventral armé de denticules moins nombreux,
souvent localisés sur la moitié proximale. Flagelle
antennaire approximativement trois fois plus long
que l’écusson.
Pièces buccales : fig. 16.
Chélipèdes égaux et symétriques, suboperculi-
formes.
Crête antéro-dorsale du carpe divisée en deux
lobes par une incision triangulaire, prolongée pos¬
térieurement par une dépression qui rejoint le
milieu du bord mésial. Lobe latéral en triangle
aigu dépassant de beaucoup le lobe interne qui est
très arrondi et peu saillant. Les deux lobes recou¬
verts de petits tubercules et bordés d’une ligne de
tubercules un peu plus forts. Le reste de la face
dorsale presque lisse.
Main allongée, subrectangulaire. Bord latéral
tuberculé, rectiligne jusqu’au tiers proximal du
doigt fixe, puis notablement convexe. Bord pal¬
maire mésial également tuberculé et rectiligne.
Largeur de la main comprise près de trois fois
dans sa longueur. Région digitale égale aux deux
tiers environ de la région palmaire.
Face dorsale ponctuée de dépressions pilifères
nombreuses, présentant un renflement longitudinal
médian et une dépression en cuvette sur la moitié
proximale du doigt fixe. Pilosité très forte consti¬
tuée par des poils, dont la partie distale porte un
manchon de très fines barbules qui retiennent la
vase. Ces poils, qui ont ainsi un aspect de massue,
sont nettement plus longs sur le renflement
médian, dont ils accentuent le relief, et sur les
bords. On observe ainsi une bande médiane de
poils larges et serrés, séparée des franges latérale
et mésiale par des cuvettes allongées, revêtues
d’une courte pilosité parfois moins dense et lais¬
sant voir le tégument sous-jacent (cf. fig. 18 c, e, f).
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques de
longueur quelque peu variable, atteignant ou
dépassant les chélipèdes. Dactyle plus court que le
mérus et un peu plus long que le propode. Celui-
ci d’une largeur maximale comprise environ quatre
fois dans sa longueur. Tous les articles inermes.
Pilosité faible, constituée par des soies très fines
principalement localisées sur les régions dorsales
et ventrales des deux articles distaux.
Quatrièmes pattes thoraciques à mérus environ
2,5 fois plus long que large, à propode un peu
moins de deux fois plus long que large. Une ligne
d’une dizaine d’épines cornées de taille décrois¬
sante à partir de l’extrémité distale, sur le bord
ventral du propode.
Cinquièmes pattes à mérus deux fois plus long
que large, à propode d’une largeur comprise envi¬
ron 1,7 fois dans sa longueur ; la face ventrale de
cet article avec une râpe qui la recouvre à l’excep¬
tion d’une bande inerme le long du bord ventral
et d’une lacune triangulaire dans la région proxi¬
male.
Sixième segment abdominal un peu moins long
que large. Bord postérieur présentant deux lobes
latéraux de part et d’autre d’une petite lame
médiane fortement en retrait. Les lobes latéraux
ont un bord droit ou légèrement convexe, découpé
en dents cornées, courtes, tronquées, en palissade.
La lame médiane est elle-même divisée en deux
lobules par une encoche triangulaire dont le fond
est concave et dont les bords sont armés de petites
dents cornées coniques, en général au nombre de
cinq de chaque côté, mais dont certaines peuvent
être émoussées ou même absentes. La région pos¬
térieure du telson est à peu près de même lon¬
gueur que la région antérieure. Les lobes posté¬
rieurs sont séparés par une concavité médiane très
faible, alors que la division longitudinale est peu
marquée, à peine visible.
Coloration (sur le vivant). — Téguments blanc
grisâtre, teinté de rougeâtre sur l’écusson et les
pattes thoraciques.
Taille
Les 49 spécimens examinés comprennent 29 mâles,
de 7,5 à 15 mm et 20 femelles de 7,5 à 12 mm,
dont 10 ovigères, de 9 à 12 mm.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
73
Habitat
Fragments de tiges végétales creuses, ou bois
d’épave perforé. Tubes de dentales [Fissidentalium
magnificum (E. A. Smith)]. Généralement sur
fond de vase.
Remarques
Pylocheles (Bathycheles) incisus sp. nov. appar¬
tient au groupe d’espèces rangées ici dans le sous-
genre Bathycheles, qui s’abritent dans des pièces
de bois creuses ou parfois dans des tubes de den¬
tales, et qui sont caractérisées d’abord par la con¬
formation des chélipèdes ; ceux-ci obturent très
obliquement le logement cylindrique et, en posi¬
tion normale, la face dorsale de la main n’est pas
perpendiculaire à l’axe longitudinal du mérus et
de l’ischion mais forme un angle très obtus avec
cet axe.
L’habitus des six espèces de ce sous-genre, qui,
outre incisus, inclut chacei, macgilchristi, profun-
dus, crosnieri et integer, est assez voisin. Un
caractère très apparent et très net distingue inci¬
sus, c’est la forme du bord postérieur du sixième
tergite de l’abdomen. Ce bord est fortement creusé
dans sa partie médiane. 11 s’agit d’une large enco¬
che dont le fond est occupé par un petit lobe,
concave en son milieu, mais qui est notablement
en retrait par rapport aux lobes postéro-latéraux.
Cette conformation du sixième tergite abdominal
est très semblable à celle que l’on observe chez
Pylocheles (Xylocheles) miersi et qui sépare ce
dernier de P. (X.) macrops.
Pylocheles (B.) incisus est aussi caractérisé par
la forme des pédoncules oculaires, qui s’amincis¬
sent régulièrement jusqu’à la cornée, celle-ci étant
petite, peu renflée, d’un diamètre bien inférieur à
celui de la base des pédoncules. Ce caractère se
retrouve chez macgilchristi, alors que chez profun-
dus, crosnieri et integer, les pédoncules sont légè¬
rement amincis au milieu, et la cornée, légèrement
renflée, a un diamètre presque égal au diamètre
proximal.
Enfin, chez P. (B.) incisus, la face dorsale du
propode des chélipèdes offre une pilosité particu¬
lière ; en dehors des soies marginales, minces et
longues, le tégument est couvert de soies épaissies
par un manchon de très fines barbules. Sur les
régions latérales, ces soies sont courtes et entou¬
rées de barbules jusqu’à la base (fig. 18 0. alors
que sur une bande longitudinale médiane elles
sont beaucoup plus longues et dotées de barbules
sur la moitié distale seulement (fig. 18 e, pl. IV B),
ce qui leur confère un aspect en massue. Ces soies
spéciales n’ont pas été observées chez les autres
espèces, à l’exception de P. (B.) macgilchristi, où
les soies en massue s’insèrent sur une crête
arquée ; leur disposition permet de reconnaître
immédiatement P. (B.) incisus.
La comparaison de P. (B.) incisus avec chacune
des cinq autres espèces du même groupe montre
certaines ressemblances qui portent sur la forme
du bord frontal, sur les longueurs relatives des
pédoncules oculaires, antennulaires et antennaires,
ou sur les proportions et l’ornementation des ché¬
lipèdes. Il s’agit cependant de caractères soumis à
une variabilité individuelle parfois notable, et les
similitudes et différences peuvent être moins nettes
qu’elles n’apparaissent lorsque l’on confronte les
illustrations présentées ici.
Les échantillons les plus nombreux de P. (B.)
incisus ont été recueillis dans le chenal de profon¬
deur croissante du nord au sud qui sépare 1 île de
Lubang de Luçon. Dans ce chenal sont charriés
de nombreux débris végétaux terrestres, et c est
dans de tels débris qu’étaient logés les spécimens
capturés. Il faut noter cependant qu’à la station
où l’espèce était la plus abondante, sur 20 spéci¬
mens, 10 se trouvaient dans des tubes de dentale
[Fissidentalium magnificum (E. A. Smith)].
Des femelles ovigères ont été recueillies au cours
des deux campagnes MUSORSTOM, c’est-à-dire
fin mars et fin novembre, et également par
1 ’Albatross en janvier.
Distribution
Philippines, détroit de Macassar, mer de Banda.
La récolte la moins profonde provient d’un chalu¬
tage dans le détroit de Macassar, par 450-
395 mètres. La plupart des captures ont été faites
entre 600 et 970 mètres.
Source : MNHN, Paris
74
JACQUES FOREST
Pylocheles (Bathycheles) profundus sp. nov.
(fig. 9i-j, lOe-f, 19a-d)
Matériel
Albatross
Station 5492, 1.08.1909, N. Mindanao, 9°12'45" N,
125°20' E, 1 344 m : 2 cr 10 mm (holotype,
NMNH 228434) et 12,5 mm.
Station 5511, 7.08.1909, N. Mindanao, 8°15'20" N,
123°57' E, 750 : 2 9 ovig. 8 mm (paratypes).
Station 5513, 7.08.1909, N. Mindanao, 8°16'45" N,
124°02'48" E, 924 m : débris d’un spécimen.
Galathea
Station 443, 16.08.1951, N. Mindanao, 8°48' N,
124° 09' E, 1 570 m : le 11 mm, 1 9 5,5 mm
(Z.M.K.).
Types. — National Muséum of Natural His-
tory, Washington : mâle holotype et une femelle
paratype.
Muséum national d’Histoire naturelle, Paris :
une femelle paratype (Pg 3489).
Localité-type. — Philippines, nord de Minda¬
nao. 1 344 mètres.
Diagnose. — Bord frontal avec deux saillies post¬
oculaires tuberculiformes dorsalement protubérantes et
rapprochées : le sinus qui les sépare plus étroit que les
sinus post-oculaires. Saillies post-antennaires dépassant
notablement les saillies post-oculaires. Pédoncules ocu¬
laires rétrécis en arrière de la cornée ; celle-ci d’un dia¬
mètre légèrement inférieur à celui de la partie proximale
des pédoncules. Pédoncules antennulaires grêles, plus de
deux fois plus longs que l’écusson. Chélipèdes à main
subrectangulaire, près de trois fois plus longue que
large, à face dorsale légèrement bombée avec des soies
longues et fines, peu nombreuses sauf sur les régions
marginales. Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques
longues et grêles : la largeur du propode comprise six
fois environ dans sa longueur. Bord postérieur du
sixième tergite abdominal avec une faible incision
médiane le divisant en deux lobes.
Description
Écusson céphalique un peu moins long que
large, légèrement plus long que la région posté¬
rieure de la carapace.
Sillons cardio-branchiaux apparents sous la
forme de deux lignes décalcifiées peu marquées.
Bord frontal avec les deux saillies post-oculaires
en tubercules dorsalement proéminents. Les deux
saillies post-antennaires dépassant nettement l’ali¬
gnement des saillies post-oculaires, dont elles sont
séparées par un sinus plus profond et deux fois
plus large que la concavité médiane.
Écusson lisse avec quelques ponctuations et des
spinules microscopiques sur les régions latérales.
De part et d’autre, sur les régions antéro-latérales
de la carapace, de petits tubercules épineux. Les
deux branches du sillon cervical sinueuses.
Pédoncules oculaires courts ; leur longueur
comprise 2,5 fois environ dans celle de l’écusson.
Les cornées dépigmentées, légèrement renflées, ont
un diamètre inférieur à celui de la région proxi¬
male des pédoncules et compris trois fois environ
dans leur longueur.
Pédoncules antennulaires très allongés, nette¬
ment plus de deux fois plus longs que l’écusson.
Les deux premiers articles subégaux, le troisième
d’un tiers plus court. Le premier article dépasse
les yeux des deux tiers de sa longueur.
Pédoncules antennaires longs et forts. Qua¬
trième article dépassant les yeux de presque toute
sa longueur. Cinquième article plus de cinq fois
plus long que large, atteignant le tiers distal du
deuxième article des antennules. Écaille antennaire
à bord latéro-dorsal légèrement sinueux, régulière¬
ment denticulé, à bord mésio-ventral concave avec
des denticules moins nombreux et plus irréguliers.
Flagelle antennaire approximativement trois fois
plus long que l’écusson.
Chélipèdes égaux et symétriques, suboperculi-
formes.
Crête antéro-dorsale du carpe s’avançant forte¬
ment au-dessus du propode, divisée en deux lobes
par une incision peu profonde, prolongée dorsale¬
ment par une dépression. Lobe externe en triangle
aigu dépassant de beaucoup le lobe interne très
arrondi. Les deux lobes recouverts de tubercules
crochus émoussés. Le reste de la face dorsale
presque lisse. Main allongée, subrectangulaire.
Bord latéral presque rectiligne jusqu’au milieu du
doigt fixe et marqué par une ligne de denticules
très petits dans la moitié proximale.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
75
j. . Alhatross st. 5492, cr holotype 10 mm : a, carapace
... - Py'ocheles (Bathycheles) pro^ndus ^ omjnal ’ telson et uropodes; c, chélipède gauche,
céphaliques vue ; _d_orjale ,^0,^ ^
céphaliques, vue aorba.t , -, ■■
d, deuxième péréiopode gauche.
et appendices
vue dorsale ;
Source : MNHN, Paris
76
JACQUES FOREST
Bord palmaire mésial également denticulé et
rectiligne. Largeur de la main comprise près de
trois fois dans sa longueur. Région digitale égale
aux trois quarts environ de la région palmaire.
Face dorsale lisse, légèrement bombée, avec une
dépression en arrière du doigt fixe. Pilosité consti¬
tuée par des soies longues, très fines, peu nom¬
breuses sauf sur les bords où elles sont disposées
en frange.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques dépas¬
sant plus ou moins les chélipèdes et très grêles.
Dactyle et mérus subégaux, propode nettement
plus court, au moins six fois plus long que large.
Tous les articles inermes. Pilosité faible, formée
de soies longues et très fines, localisées surtout sur
les régions dorsales et ventrales des deux derniers
articles.
Quatrièmes pattes thoraciques à mérus et pro¬
pode respectivement deux fois et demie et deux
fois plus longs que larges. Une ligne de 9-10 épines
cornées de taille décroissante à partir de l’extré¬
mité distale sur le bord ventral du propode.
Cinquièmes pattes à mérus deux fois plus long
que large, à propode d’une largeur comprise
1,5 fois environ dans sa longueur ; face latérale
de cet article avec une râpe la couvrant tout
entière à l’exception d’une bande inerme le long
du bord ventral et d’une lacune triangulaire dans
la région proximale.
Sixième segment abdominal moins long que
large. Son bord postérieur divisé en deux lobes
par une concavité et une très petite incision
médiane. Ces deux lobes sont entièrement con¬
vexes, ou faiblement sinueux avec une concavité
affectant la moitié latérale. De part et d’autre de
l’incision médiane les lobes portent de très fines
denticulations plus ou moins coalescentes, qui for¬
ment une très fine marge cornée continue. Ces
denticulations s’estompent ou disparaissent sur les
moitiés latérales.
Telson un peu moins long que large. Ses deux
lobes postérieurs séparés par une faible concavité
médiane, alors que la division longitudinale
médiane est très peu marquée ou obsolète.
Taille
Les trois spécimens mâles mesurent 10, 11 et
12,5 mm, la femelle non ovigère 5,5 mm et les
deux femelles ovigères 8 mm l’une et l’autre.
Habitat
Seul le spécimen mâle recueilli par la Galathea
se trouvait encore dans son logement, un frag¬
ment de bois. Les récoltes ont été faites sur des
fonds de vase.
Remarques
Pylocheles (Bathycheles) profundus sp. nov.,
connu pour l’instant par six spécimens mesurables,
est d’abord caractérisé par la forme du bord pos¬
térieur du sixième tergite abdominal, qui n’est pas
entamé par une large encoche médiane comme
chez incisus, mais simplement marqué en son
milieu par une faible indentation obtuse ou par
une concavité atténuée. Ceci l’oppose aussi à mac-
gilchristi et crosnieri chez lesquels une paire
d’incisions divise le bord postérieur en trois lobes,
et à integer, chez lequel ce bord est entier.
La grande longueur et la gracilité des pédon¬
cules antennulaires et des pattes ambulatoires sont
également des traits propres à profundus , de
même que la saillie de la crête antéro-dorsale du
carpe des chélipèdes qui s’avance au-dessus de la
face dorsale de la main en un triangle plus aigu
que chez les autres espèces.
Pylocheles (Bathycheles) profundus n’est pour
l’instant connu que d’un étroit secteur au large de
la côte nord-ouest de Mindanao. Les stations de
récolte les plus éloignées ne sont distantes que de
moins de 100 milles. C’est, pour l’instant, l’espèce
de Pylochélide qui vit à la profondeur la plus
grande ; aucun autre représentant de ce groupe
n’a encore été capturé avec certitude au-delà de
1 000 mètres.
Distribution
Philippines, au nord de Mindanao. De 750 à
1 570 mètres.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
77
Pylocheles (Bathycheles) integer sp. nov.
(fig. 20 a-e)
Matériel
CORINDON II (détroit de Macassar)
Station 217, 1.11.1980, 0°38,2' N, 117°59,6' E,
470-447 m : 1 o 10 mm (holotype, Pg 3431).
Station 276, 8.11.1980, 1°54,6'S, 119°13,8'E,
450-395 m : 1 9 9 mm (paratype, Pg 3432).
CORINDON IV (Ceram, baie de Piru)
Station COP 1/1, 14.04.1981, 03°19,3' S, 128°06,2' E,
562-525 m : 1 cr 14,0 mm (paratype, Pg 2737).
Station COP 1/2, 14.04.1981, 03°12,0' S, 128°06,1' E,
507-333 m : 2 a 10,5 et 18,5 mm, 19 ovig.
11.5 mm (Pg 2735).
Station COP II/l, 14.04.1981, 03°18,0' S,
128° 16,0' E, 483-315 m : 1 cr 17 mm (paratype,
Pg 2734).
Station COP III/l, 14.04.1981, 03°26,8' S,
128° 19,7' E, 550-546 m : 1 cr 15,5 mm (Pg 2736).
Station COP III/2, 15.04.1981, 03°22,8' S,
128°20,6' E, 500-375 m : 1 cr 9,0 mm, 1 9 7,5 mm
(Pg 3430).
Albatross
Station 5589, 29.11.1909, E. Bornéo, 4° 12'10" N,
118°38'08" E, 475 m : fragments d’un spécimen.
Station 5592, 29.09.1909, E. Bornéo, 4°12'44" N,
118°27'44" E, 558 m : 19 ovig. 12 mm (paratype,
NMNH 228435).
Station 5622, 29.11.1909, Moluques, 0°19'20" N,
127°28'30" E, 503 m : 1er 9 mm (paratype,
NMNH 228436).
Station 5624, 29.11.1909, Moluques, 0°12'15" N,
127°29'30" E, 527 m : 19 11,5 mm, 19 ovig.
12.5 mm.
Types. — Muséum national d’Histoire natu¬
relle, Paris : mâle holotype (Pg 3431), deux mâles
et une femelle paratypes.
National Muséum of Natural History, Washing¬
ton : un mâle et une femelle paratypes.
Localité-type. - Mer des Célèbes, à l'est de
Bornéo.
Diagnose. — Bord frontal avec les deux saillies
médianes en forme de tubercules rapprochés, séparés
par une faible concavité. Les saillies post-antennaires
denticulées, dépassant largement le milieu du bord fron¬
tal. Pédoncule oculaire rétréci en arrière des cornées ;
celles-ci un peu moins larges que la base des pédon¬
cules. Chélipèdes à main subrectangulaire, environ deux
fois et demie plus longue que large ; face dorsale très
faiblement bombée avec une dépression sur la partie
proximale du doigt fixe ; des soies assez longues, peu
denses, tendant à une disposition en lignes longitudi¬
nales. ' Bord postérieur du sixième tergite abdominal
entier, droit ou légèrement convexe dans sa partie
médiane, obliquement tronqué sur les côtés.
Description
Écusson céphalothoracique un peu moins long
que large, plus long que la région postérieure de
la carapace.
Bord frontal avec les deux saillies post-oculaires
en tubercules arrondis, rapprochés, séparés l’un
de l’autre par une faible concavité, et séparés des
saillies post-antennaires bi- ou tridenticulées par
un sinus large et peu profond. Sur l’écusson, des
dépressions arrondies ou irrégulières peu pro¬
fondes. Sur les régions antéro-latérales de la cara¬
pace, de part et d’autre de l’écusson, des petits
tubercules épineux.
Sillons cardio-branchiaux marqués par deux
lignes décalcifiées, déprimées.
Pédoncules oculaires courts : leur longueur
comprise près de trois fois dans celle de 1 écusson.
Les cornées très légèrement dilatées ont un dia¬
mètre à peine inférieur à celui de la base des
pédoncules et compris un peu plus de trois fois
dans la longueur de ceux-ci.
Pédoncules antennulaires près de deux fois plus
longs que l’écusson. Les deux premiers articles
subégaux, le troisième égal aux 2/3 du précédent.
Le premier article dépasse les yeux des deux tiers
de sa longueur.
Pédoncules antennaires forts. Quatrième article
dépassant les yeux de toute sa longueur. Cin¬
quième article environ quatre fois plus long que
large, atteignant le milieu du deuxième article des
pédoncules antennulaires. Écaille antennaire attei-
Source : MNHN, Paris
78
JACQUES FOREST
Fig. 20 a-d. — Pylocheles (Bathycheles) integer sp. nov., CORINDON II. si. 217, déiroil de Macassar, a holotype 10 mm :
a, carapace et appendices céphaliques, vue dorsale ; b, sixième tergite abdominal, telson et uropodes ; c, chélipèdc gauche,
vue dorsale ; d, deuxième péréiopode gauche, vue latérale.
Fig. 20 e. — /</., Albalross, st. 5589, cr 13 mm env„ chélipède gauche.
a-d : x 5 ; e : x 4.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
79
gnant ou dépassant de peu la base du cinquième
article, à bord latéro-dorsal portant une ligne légè¬
rement sinueuse de denticules réguliers, à bord
mésio-ventral peu concave, avec des denticules
plus petits, moins nombreux et plus irrégulière¬
ment disposés. Flagelle antennaire de 2,5 à 3 fois
plus long que l’écusson.
Chélipèdes égaux et symétriques, suboperculi-
formes. Crête antéro-dorsale du carpe divisée en
deux lobes par une encoche triangulaire peu pro¬
fonde prolongée postérieurement par une dépres¬
sion. Lobe latéral modérément développé, en
triangle aigu, son bord orienté du côté mésial
légèrement convexe. Lobe mésial très arrondi peu
saillant. La crête est bordée de tubercules peu
aigus ou émoussés et les deux lobes sont recou¬
verts des mêmes tubercules. Le reste de la face
dorsale presque lisse.
Main allongée, subrectangulaire. Bord latéral
très faiblement convexe ou rectiligne jusqu’à la
base du doigt fixe ; sur ce bord des tubercules
petits sur la moitié distale, puis plus larges et plus
saillants. Bord palmaire mésial rectiligne ou très
faiblement convexe, tuberculé sur toute sa lon¬
gueur. Largeur de la main comprise 2,5 fois envi¬
ron dans sa longueur. Région digitale égale aux
4/5' environ de la région palmaire.
Face dorsale faiblement bombée, avec une
légère dépression dans la région proximale du
doigt fixe. La surface est lisse, ponctuée par les
insertions des soies. Celles-ci sont longues, fines,
très peu denses, disposées principalement en trois
lignes longitudinales. Elles sont plus longues et
forment une frange sur les bords.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques attei¬
gnant ou dépassant les chélipèdes. Dactyle de
même longueur que le mérus. Propode nettement
plus court, sa largeur maximale comprise environ
quatre fois dans sa longueur. Tous les articles
lisses et inermes. Pilosité faible constituée par des
soies très fines, principalement localisées sur les
régions dorsales et ventrales. Quelques fines soies
spiniformes sous le dactyle dans la moitié distale.
Quatrièmes pattes thoraciques à mérus et pro¬
pode respectivement 2,3 fois et un peu moins de
deux fois plus longs que larges. Sur le propode
une ligne ventrale de 10-12 épines cornées de taille
décroissante.
Cinquièmes pattes thoraciques à mérus et pro¬
pode environ deux fois plus longs que larges la
face latérale de ce dernier article porte une râpe
qui ne laisse à découvert qu’une bande inerme le
long du bord ventral et une lacune triangulaire
dans la région proximale.
Sixième tergite abdominal notablement plus
large que long. Bord postérieur entier, non
découpé en trois lobes par des incisions. Entre les
deux fissures latéro-postérieures habituelles, ce
bord forme une ligne continue avec deux segments
latéraux rectilignes reliés par une partie médiane
droite ou très légèrement convexe. Ce bord paraît
continu et lisse, mais un fort grossissement montre
une denticulation très fine et très courte, plus ou
moins coalescente.
La partie postérieure du telson est un peu plus
longue que la partie antérieure. Le bord postérieur
présente une concavité large et assez profonde. La
division longitudinale en deux lobes est marquée
par une dépression plus ou moins nette.
Coloration (sur le vivant). — Rouge-orangé
assez foncé sur l’écusson et l’abdomen, plus clair
sur les pattes thoraciques.
Taille
Les 14 spécimens recueillis comprennent 8 mâles
de 7,5 mm à 18,5 mm et 6 femelles, dont 3 non
ovigères de 7,5 à 11,5 mm et 3 ovigéres de 11,5 à
12,5 mm.
Habitat
Un seul des exemplaires de Pylocheles (Bathy-
cheles) inieger examiné était dans son logement :
un fragment de bois creusé d’une cavité cylin¬
drique. Le fond était de sable fin et de vase grise
ou verte.
Remarques
Pylocheles (Bathycheles) integer sp. nov. ne
peut être confondu avec l’une ou l’autre des cinq
autres espèces du sous-genre. Des caractères très
nets l’isolent, avec des ressemblances portant sur
des points particuliers. Les proportions des pédon¬
cules antennulaires et antennaires le rapprochent
de P. (B.) incisus, alors que la main des chéli¬
pèdes, relativement courte, est un caractère com¬
mun avec P. (B.) macgilchristi et P. (B.) crosnieri.
Cependant c’est avec profundus que les affinités
semblent les plus grandes, et d’abord par le con¬
tour postérieur du sixième tergite abdominal. En
effet, chez inieger, et chez profundus, il n’y a pas
Source : MNHN, Paris
80
JACQUES FOREST
de large encoche médiane, comme chez incisus, ni
d’incisions paires divisant le bord en trois lobes,
comme chez macgilchristi et crosnieri. Une diffé¬
rence significative existe cependant : on observe
chez profundus une légère concavité médiane
séparant deux lobes à contour légèrement sinueux,
alors que le bord du tergite est faiblement convexe
en son milieu, puis droit chez integer.
Une autre ressemblance rapproche les deux
espèces : les deux saillies post-oculaires du bord
frontal sont en forme de tubercules plus rappro¬
chés l’un de l’autre que des saillies post-anten-
naires, encore que, chez la seconde, le milieu du
bord frontal soit plus en retrait par rapport à ces
saillies.
Des différences très nettes existent par ailleurs :
P. (B.) integer a des pédoncules antennulaires et
antennaires, et des pattes ambulatoires beaucoup
moins grêles, et des chélipèdes à main relative¬
ment plus courte que P. (B.) profundus. On sait
que, dans un même genre, les espèces profondes
ont souvent des appendices plus allongés que les
formes littorales, et il est possible que P. (B.) pro¬
fundus représente une adaptation de P. (B.) inte¬
ger à la vie en eau profonde.
P. (B.) integer apparaît comme assez étroite¬
ment localisé sur le plan de sa distribution géogra¬
phique, qui s’étend de la partie nord du détroit de
Macassar aux Moluques. 11 est également can¬
tonné pour l’instant en profondeur entre, peut-
être, 355 mètres, mais certainement 450 et
558 mètres. Il faut rappeler que l’espèce la plus
proche, P. (B.) profundus, n’est connue que d’un
secteur restreint au nord de Mindanao, et entre
750 et 1 570 mètres.
A la station 276 de CORINDON II, l’espèce a
été recueillie en même temps que P. (B.) incisus.
Distribution
Côte est de Bornéo et Moluques. De 483-
315 mètres à 558 mètres.
Pylocheles (Bathycheles) crosnieri sp. nov.
(fig. 9k-p, 10 g, h, 21 a-e)
Matériel
Madagascar (Campagnes N. O. Vauban, 1971-
1975, A. Crosnier coll.) :
Station CH 46, 7.11.1972, 15°19,rS, 46°11,8'E,
400 m : 1 cr 12,5 mm (holotype, Pg 2741), 1 9
12,5 mm (Pg 2847).
Station CH 49,8.11.1972, 15°18,3'S, 46°10,3'E,
500-550 m : 1 cr 8 mm, 1 9 8,5 mm (Pg 2739).
Station CH 91, 26.11.1972, 2r25,5'S, 43°14' E,
425-550 m : 1 o- 10,5 mm (Pg 2746).
Station CH 96, 27.11.1972, 22°21,3' S, 43°03,7' E,
480-500 m : 1 o- 11,5 mm, 1 9 14,5 mm (Pg 2740,
paratypes).
Station CH 98, 28.11.1972, 22°17,3' S, 43°02,7' E,
600-605 m : 1 cr 14 mm, 1 9 ovig. 14,5 mm
(Pg 2742).
Station CH 109, 30.11.1972, 22°16,9' S, 42°56' E,
1 200 m : 1 a 13,5 mm (Pg 2745).
Station CH 112, 1.12.1972, 22°18' S, 43°02' E,
640-660 m : 29 ovig. 9 et 12 mm (Pg 2743).
Station CH N. O. FAO 26, 25.10.1973, 21°56' S,
43°07' E, 500 m : 1 cr 15 mm (Pg 2744, para-
type).
Madagascar (campagne du chalutier Mascarei¬
gnes III, 17.12.1985-26.01.1986, R. Cleva coll.) :
Station 24, 13.01.1986, 22°30,5' S, 43°07' E,
430-460 m : 1 cr 16,5 mm (Pg 4195).
Station 55, 20.01.1986, 22° 17,5' S, 43°04,7' E,
450-500 m : 1 9 ovig. 15 mm (Pg 4196).
Types. — Muséum national d’Histoire natu¬
relle, Paris : holotype cr 12,5 mm (Pg 2741) ;
paratype cr 11,5 mm et 9 14,5 mm (Pg 2740) :
cr 15 mm (Pg 2744).
Localité-type. — Côtes ouest de Madagascar :
N. O. Vauban, CH 46, 15°19,1' S, 46° 11,8'E,
400 m.
Diagnose. — Bord frontal avec quatre saillies équi¬
distantes, les deux post-oculaires aiguès, et nettement en
retrait par rapport aux post-antennaires qui sont armées
d’un ou plusieurs denticules. Sinus médian à fond recti¬
ligne ou très faiblement concave. Pédoncules oculaires
légèrement rétrécis en arrière des cornées ; celles-ci peu
renflées, leur diamètre presque égal à celui de la base
des pédoncules.
Chélipèdes à main subrectangulaire, de 2,2 à 2,3 fois
Source : MNHN, Paris
N O Vauban, st. CH 46, Madagascar, cr holotype 12,5 mm : a,
i. 21 a-d. - Pylocheles (Bathychefes) crosm, S P- . b " s i xième tergite abdominal, telson et uropodes ; c, chéhpede gauche,
carapace et appendices céphaliques vue u ...
. a _ i» ■ h rff.uxieme peréiopod
ia,é ; ale - fronlale .
W N- O. Vauban, st. CH 98. cr .4 mm : région frontale ,
appendices céphaliques, vue dorsale.
Source : MNHN, Paris
82
JACQUES FOREST
plus longue que large ; la face dorsale presque plane,
avec des soies fines, assez longues, plus ou moins denses.
Bord postérieur du sixième tergite abdominal divisé par
une paire de fortes indentations en trois lobes recti¬
lignes, subégaux, faiblement denticulés.
Description
Écusson céphalothoracique légèrement moins
long que large, nettement plus long que la région
postérieure de la carapace. Sillons cardio-bran¬
chiaux visibles sous la forme de deux lignes
arquées, décalcifiées.
Bord frontal avec quatre saillies équidistantes.
La région médiane droite ou légèrement concave
entre les deux saillies post-oculaires, qui sont
petites et surmontées d’un ou deux denticules. Les
deux saillies post-antennaires nettement plus proé¬
minentes, armées d’un ou plusieurs denticules.
De part et d’autre de l’écusson, qui est lisse,
faiblement ponctué, les régions antéro-latérales de
la carapace sont granuleuses. Sillon cervical et
linea transversale profonds.
Pédoncules oculaires courts, leur longueur com¬
prise environ 2,5 fois dans celle de l’écusson. Ils
sont subcylindriques, légèrement amincis dans la
région médiane. Les cornées, hémisphériques, peu
pigmentées, ont un diamètre à peine inférieur à
celui de la région proximale des pédoncules et égal
au tiers de leur longueur. Une bande latérale
décalcifiée.
Pédoncules antennulaires très allongés, un peu
moins de deux fois plus longs que l’écusson. Le
dernier article égal aux 3/5' du précédent, celui-ci
à peu près 10 fois plus long que large. Le premier
article dépasse les yeux de la moitié de sa lon¬
gueur.
Pédoncules antennaires forts. Quatrième article
dépassant plus ou moins les yeux. Cinquième arti¬
cle sensiblement trois fois plus long que large.
Écaille antennaire atteignant le quart ou le cin¬
quième proximal de ce cinquième article, à bord
latéro-dorsal légèrement sinueux, denticulé sur
toute sa longueur, à bord mésio-ventral denticulé
sur sa moitié proximale. Flagelle antennaire égal à
une fois et demie la longueur de la carapace envi¬
ron.
Chélipèdes égaux et symétriques, suboperculi-
formes.
Carpe à crête antéro-dorsale divisée en deux
lobes par une incision peu profonde, prolongée
postérieurement par une dépression qui rejoint le
milieu du bord mésial. Lobe latéral triangulaire,
peu aigu, dépassant notablement le lobe mésial,
qui est très arrondi. En arrière des râpes de tuber¬
cules situées sur la partie saillante des deux lobes,
la face dorsale présente des dépressions et des
stries pilifères transverses. Main allongée, subrec¬
tangulaire. Bord latéral très faiblement convexe
jusqu’au milieu du doigt fixe, garni de tubercules
coniques très atténués sur le tiers proximal. Bord
palmaire mésial droit, avec une ligne de tubercules
qui se prolonge sur le dactyle. La largeur de la
main est comprise 2,3 à 2,5 fois environ dans sa
longueur. Région distale légèrement plus courte
que la région palmaire. La face dorsale plane ou
très faiblement concave en arrière du doigt fixe,
lisse, ponctuée seulement par les insertions des
soies, celles-ci assez longues, plus ou moins den¬
ses, et disposées en lignes longitudinales. Bords
frangés de soies plus longues. Région ventrale
lisse.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques assez
grêles, dépassant quelque peu les chélipèdes.
Dactyle et mérus subégaux, propode un peu plus
court, sa largeur maximale égale au quart environ
de sa longueur. Tous les articles sont lisses à
l’exception de très faibles indentations pilifères sur
le bord dorsal du carpe et du propode. Pilosité
faible : des soies assez longues localisées surtout
sur le bord dorsal du carpe, et sur les bords dor¬
sal et ventral des deux derniers articles. Pas d’épi¬
nes cornées sur le dactyle.
Quatrièmes pattes à mérus assez court, sa lar¬
geur comprise 2,3 fois environ dans sa longueur.
Largeur du propode égale aux 2/3 de sa longueur.
Une ligne d’une dizaine d’épines cornées de taille
décroissante sur le bord ventral.
Cinquièmes pattes à mérus deux fois plus long
que large, à propode 1,7 fois plus long que large ;
la face latérale de cet article avec rue râpe qui
occupe presque toute la largeur de l’article et
s’étend jusqu’à la région proximale où elle pré¬
sente une lacune triangulaire longue et étroite.
Sixième segment abdominal plus large que long.
Son bord postérieur divisé en trois lobes recti¬
lignes par des incisions anguleuses ou arrondies.
Le lobe médian, saillant, est bordé de denticules
courts, cornés, émoussés. Sur les deux autres
lobes les mêmes denticules qui s’atténuent ou dis¬
paraissent latéralement.
Région postérieure du telson généralement un
peu plus courte que l’antérieure. Les deux lobes
postérieurs séparés par une faible concavité
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
83
médiane, la division longitudinale étant très peu
marquée.
Taille
Les 15 spécimens identifiés comprennent 8 mâles
de 8 à 16,5 mm, 3 femelles non ovigères de 8,5 à
14,5 mm et 4 femelles ovigères de 9 à 15 mm.
Habitat
Quelques uns des Pylocheles (Bathycheles) cros-
nieri recueilllis par le Vauban étaient dans des
fragments de bois, très dégradés, à l’intérieur de
cavités parfaitement cylindriques.
Remarques
Les Pylocheles (Bathycheles) recueillis par
A. Crosnier à bord du N. O. Vauban, au large
de la côte ouest de Madagascar appartenaient tous
à une même espèce que nous avons tout d’abord
rapportée à P. (B.) macgilchristi (Alcock), du
golfe du Bengale, dont nous n’avons pu examiner
les types. Cependant les éléments dont nous avons
disposé par la suite (cf. p. 86) nous ont conduit à
la conclusion qu’il s’agissait de deux espèces dis¬
tinctes. Le caractère commun qui les rapproche
est la division du bord postérieur du sixième ter-
gite abdominal en trois lobes subégaux par une
paire d’incisions, alors que chez les autres Bathy¬
cheles xylicoles, ce bord est soit entier, sans inci¬
sions ( integer ), soit divisé en deux lobes séparés
par une faible incision médiane (profundus ) ou
par une large encoche, médiane également ( inci-
sus). La comparaison entre les spécimens mal¬
gaches et la photographie du lectotype de mac¬
gilchristi montre que la conformation du sixième
tergite abdominal n’est pas la même chez les deux
espèces. Chez crosnieri, les trois lobes sont tron¬
qués, séparés par des incisions profondes, le
médian formant une lame rectiligne denticulée,
légèrement saillante, tandis que chez macgilchristi,
le bord postérieur forme une courbe régulière,
entamée par deux faibles incisions, le lobe médian
étant convexe et tout au plus faiblement denticulé.
Les deux espèces diffèrent encore par d’autres
caractères. Le bord frontal de P. (B.) crosnieri
présente quatre saillies anguleuses équidistantes,
les deux médianes (post-oculaires) étant séparées
par un sinus à fond droit ou légèrement concave ;
chez macgilchristi la région médiane s’avance en
une languette rostrale tronquée, dont les angles
sont légèrement saillants. Les cornées de crosnieri
sont légèrement dilatées et leur diamètre est pres¬
que égal à celui de la base des pédoncules ocu¬
laires. Au contraire, chez macgilchristi les pédon¬
cules s’amincissent progressivement de la base aux
cornées, lesquelles ne sont pas dilatées.
Chez la première espèce, les chélipèdes ont une
main à face dorsale plane ou très faiblement bom¬
bée, uniformément revêtue de soies simples, alors
que l’on observe chez la seconde deux fortes
dépressions séparées par une carène arquée, accen¬
tuée par un revêtement de poils en massue beau¬
coup plus longs et denses que sur les régions
déprimées. Enfin la pièce postérieure du telson est
de même longueur ou plus courte que la pièce
antérieure chez crosnieri, nettement plus longue
chez macgilchristi.
Des variations notables affectent certains des
spécimens de P. (B.) crosnieri observés. Ainsi le
bord latéral de la main des chélipèdes peut être
plus convexe que chez le type. La région digitale a
une longueur comprise de 2,2 à 2,3 fois dans la
longueur totale de la main, mais les valeurs extrê¬
mes de ce rapport sont 2,1 et 2,7. Les saillies
post-oculaires peuvent être moins développées
qu’il n’apparaît sur la figure 21 a. Enfin la forme
et les dimensions des cornées sont sujettes à des
variations : toujours légèrement renflées, elles
sont parfois plus longues que larges et nettement
ovoïdes. Chez un spécimen de la station 98, elles
sont particulièrement grandes et occupent les 2/5'
de la longueur des pédoncules (fig. 21 e).
Distribution
Côte ouest de Madagascar. De 400 à 650 mètres
environ. L’espèce aurait été capturée à une pro¬
fondeur beaucoup plus grande, à la station CH 109
du Vauban, par 1 200 mètres. Cependant cette
station succédait immédiatement à un chalutage
par 735-760 mètres, et il n’est pas exclu que le
fragment de branche abritant le spécimen en ques¬
tion ait été récolté à cette profondeur et soit resté
dans le filet jusqu’au tri du chalutage suivant.
Source : MNHN, Paris
84
JACQUES FOREST
Pylocheles (Bathycheles) macgilchristi (Alcock, 1905)
(fig. 22 a-c)
Cheiroplataea sp., MacGilchrist, 1905, p. 243.
Chiroplatea Macgilchristi Alcock, 1905, p. 18, pl. 1,
fig. 3, 3 a.
Chiroplatea macgilchristi, Balss, 1924, p. 760.
Cheiroplatea Macgilchristi, Boas, 1926, p. 45.
Types. — Zoological Survey of India (N° 4759-
60/10) : 19 12 mm, et 1 cr « much smaller »
(syntypes). La femelle a été choisie comme lec-
totype.
Localité-type. — Golfe du Bengale, au large
de la côte d’Arakan, 766 m.
Diagnose. — Bord frontal avec une avancée rostrale
tronquée, plus ou moins en retrait par rapport aux saillies
post-antennaires obtuses. Pédoncules oculaires s’amin¬
cissant légèrement et régulièrement à partir de la base ;
les cornées non renflées, leur diamètre égal au quart de
la longueur des pédoncules. Chélipèdes à main lancéo¬
lée, environ 2,2 fois plus longue que large ; la face dor¬
sale creusée de deux dépressions de part et d’autre
d’une crête arquée, accentuée par un revêtement de
soies en massue, beaucoup plus longues que celles qui
sont éparses sur les régions déprimées. Bord postérieur
du sixième tergite abdominal convexe, divisé en trois
lobes par une paire de faibles incisions. Pièce posté¬
rieure du telson nettement plus longue que la pièce
antérieure.
Description
Écusson céphalothoracique presque aussi long
que large, nettement plus long que la région pos¬
térieure de la carapace. Sillons cardio-branchiaux
visibles sous la forme de deux lignes arquées,
décalcifiées.
Bord frontal avec une avancée rostrale en forme
de languette tronquée dont les angles latéraux sont
légèrement saillants, cette avancée atteignant pres¬
que le niveau des saillies post-antennaires obtuses.
De part et d’autre de l’écusson, les régions antéro¬
latérales de la carapace sont granuleuses.
Pédoncules oculaires courts, leur longueur com¬
prise 2,5 fois environ dans celle de l’écusson. Ils
s’amincissent régulièrement jusqu’aux cornées ;
celles-ci, ovoïdes, non renflées, sont d’un tiers
plus étroites que la région proximale des pédon¬
cules, et occupent le quart de la longueur de ceux-
ci.
Pédoncules antennaires forts, n’atteignant pas
tout à fait le milieu du deuxième article des
pédoncules antennulaires. Quatrième article dépas¬
sant les yeux. Cinquième article quatre fois plus
long que large. Écaille antennaire denticulée,
dépassant le quart proximal de ce cinquième arti¬
cle. Flagelle antennaire une fois et demie plus
long que la carapace.
Chélipèdes égaux et symétriques.
Carpe à crête antéro-dorsale divisée en deux
lobes par une incision peu profonde. Lobe latéral
légèrement obtus dépassant le lobe mésial, qui est
très arrondi. La partie saillante des deux lobes est
recouverte de tubercules crochus émoussés. Il sem¬
ble, d’après la photographie du type, que les deux
zones tuberculées soient séparées du reste de la
face dorsale par une profonde dépression oblique.
Main allongée, à bord latéral convexe sur toute
sa longueur et faiblement tuberculé. Bord pal¬
maire mésial droit ou très faiblement convexe.
Largeur maximale de la main comprise environ
2,2 fois dans sa longueur. Région digitale nette¬
ment plus courte que la région palmaire. Face
dorsale avec deux fortes dépressions en cuvettes,
séparées par un renflement longitudinal qui
s’infléchit en avant vers la base du dactyle. La
cuvette mésiale s’étend sur presque toute la région
palmaire alors que la cuvette latérale présente une
profondeur maximale à la base du doigt fixe, qui
s’atténue vers l’arrière. Les bords de la main avec
une frange épaisse de soies assez longues. Les
régions déprimées avec des soies éparses, très
courtes, à sommet renflé ; sur la crête séparant les
deux dépressions des soies plus longues et plus
denses, en massues.
D’après les photographies du type, les deuxièmes
et troisièmes pattes thoraciques sont voisines de
celles de P. (Bathycheles) crosnieri sp. nov. Elles
paraissent également à peu près inermes.
Sixième tergite abdominal d’un quart plus large
que long. Son bord postérieur régulièrement con¬
vexe, avec une paire de petites incisions le divisant
en trois lobes subégaux ; les denticulations, si elles
existent, sont discrètes et non visibles sur la pho¬
tographie.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
85
, , au laree de la côte d’Arakan, 9 lectotype 12 mm ;
F,o. 22. - Pylochelcs IMhycheM S ’b.tori postMem do sixième tergi.e thoraeiqoe «. telsop ; c, «ft.
,, ea rapatt « ygg ‘SS^fe.té, d'après de. photographies).
Source : MNHN, Paris
86
JACQUES FOREST
Pièce antérieure du telson nettement plus courte
que la postérieure ; celle-ci, d’un tiers plus large
que longue, divisée en deux lobes très arrondis
par une concavité médiane ; la division longitudi¬
nale dorsale à peine décelable.
Coloration (en alcool). — Rosé-jaune, la
région gastrique iridescente (d’après Alcock,
1905).
Taille
La femelle lectotype mesure 12 mm ; le mâle
paralectotype « much smaller » (Alcock, 1905,
p. 18).
Habitat
Les types, seuls spécimens connus, étaient logés
dans des fragments de bambou.
Remarques
Pylocheles (Bathycheles) macgilchristi a été
décrit par Alcock en 1905 sous le nom générique
de Chiroplatea, d’après deux spécimens capturés
par VInvestigator dans le golfe du Bengale par
766 mètres de profondeur. L’espèce n’a plus été
retrouvée par la suite, mais mentionnée par Boas
(1926, p. 45) d’après Alcock. Les caractères
décrits et figurés par ce dernier auteur la distin¬
guaient nettement des diverses espèces de Pylo¬
cheles (Bathycheles) présentes dans notre matériel.
La plus proche était celle à laquelle appartenaient
les spécimens recueillis dans la région de Mada¬
gascar et désignée ici sous le nom de P. (B.) cros-
nieri sp. nov. Un caractère diagnostique important
était commun : la division du bord postérieur du
sixième tergite abdominal en trois lobes. Les
exemplaires malgaches présentaient bien des diffé¬
rences notables par rapport à l’illustration origi¬
nale mais nous pouvions, dans une certaine mesure
le mettre sur le compte de variations individuelles
ou des inexactitudes parfois constatées dans les
dessins d’ALCOCK. Quant aux localités de récoltes,
elles étaient éloignées certes, mais situées dans les
deux cas dans l’océan Indien, alors que les autres
espèces reconnues provenaient des archipels indo¬
nésiens et philippins. Nous avons ainsi dans un
premier temps identifié les Pylocheles (Bathy¬
cheles) de Madagascar à macgilchristi, ceci devant
être confirmé par un examen des types conservés
au Zoological Survey of India, Calcutta, que nous
n’avons malheureusement pu obtenir en prêt.
Le Dr. K. Narapu Reddy a bien voulu les exa¬
miner, les comparer aux dessins et à un spécimen
de la forme malgache, et nous en communiquer
des photographies. Ces observations ont confirmé
les différences déjà relevées : il s’agit de deux
espèces distinctes, dont les rapports sont discutés
à la suite de la description de P. (B.) crosnieri sp.
nov. (p. 83).
Indiquons simplement ici que les principaux
traits qui séparent les deux espèces concernent la
forme du bord frontal et des pédoncules oculaires,
les reliefs et la pilosité des chélipèdes, et les pro¬
portions des deux parties du telson. Si chez l’une
et chez l’autre le bord postérieur du sixième ter¬
gite abdominal est bien divisé en trois lobes, des
différences spécifiques très nettes affectent son
contour.
Les autres Pylocheles (Bathycheles) de l’Indo-
Ouest-Pacifique, incisus, integer et profundus, tous
trois décrits ici comme nouveaux, ne peuvent être
confondus avec macgilchristi, lequel cependant
peut se rapprocher de l’un ou de l’autre par cer¬
tains caractères pris isolément. Ces ressemblances
sont évoquées à propos de chacune de ces espèces.
La diagnose et la description proposées ci-
dessus ont été établies d’après la description origi¬
nale, d’après les comparaisons de K. Narapu
Reddy et d’après les photographies du syntype
femelle qui nous ont été communiquées. La pho¬
tographie du syntype mâle montre que les chéli¬
pèdes de cet exemplaire diffèrent notablement de
ceux de la femelle : la main est de forme subrec¬
tangulaire, avec un bord latéral en grande partie
rectiligne et non régulièrement convexe, et les
deux dépressions sur la face dorsale sont atté¬
nuées. Par ailleurs, l’avancée rostrale, à bord
antérieur très faiblement concave dans les deux
cas, semble moins prbéminente chez le mâle. En
tout état de cause, le syntype femelle, qui, d’après
ses dimensions et l'aspect des chélipèdes, est celui
figuré par Alcock (pl. 1, fig. 3, 3 a) a été choisi
comme lectotype.
Distribution
Nord-est du golfe du Bengale, par 766 mètres
de profondeur.
Source : MNHN, Paris
Genre Cheiroplalea Bâte, 1888
Cheiroplatea Bâte, 1888, p. 11.
Chiroplalea, Ortmann, 1892, p. 274.
Cheiroplalea, A. Milnb Edwards K Bouvier, 1893, p. 18 ; Stebbino, 1893, p. 170 ; Ortmann, 1898, p. 1144.
Chiroplalea, Alcock, 1905, p. 17.
Cheiroplaiaea, MacGilchrist, 1905, p. 243 ; Stebbing, 1914, p. 2 ; Boas, 1926, p. 42.
Chiroplalea, Baiss, 1940, p. 144 ; 1956, p. 1387 ; 1957, p. 1584, 1745.
Espèce-type. — Cheiroplatea cenobita Baie, 1888, par monotypie.
Nombre d'espèces. — Six, dont cinq indo-ouest-pacifiques et une ouest-atlantique.
Étymologie. — ytip, main ; îcXaxûç, plat.
Définition
Largeur de la carapace égale ou légèrement inférieure à sa longueur. Écusson toujours nettement
Plus large que long, à bords latéraux fortement convexes ; sa limite postérieure incomp ètement maté¬
rialisée, sillon cervical et linea Iransversalis présentant la même disposition que cher Pylochetes. Front
en général avec un lobe rosirai arrondi, denticulé ou non, atteignant ou non 1 alignement des saillies
post-antennaires ; celles-ci arrondies, armées d'un ou de plusieurs dent,ouïes. Région postérieure de la
carapace à peu près deux fois plus courte que l'écusson. Sillons cardio-branchiaux non décelables.
Pédoncules oculaires très courts, à région distale amincie, en forme de cône aigu ou plus ou
moins arrondi ; les cornées distinctes ou non ; les pièces basilaires très réduites, peu ou non visibles, les
pédoncules s’encastrant dans les sinus post-oculaires. ... . . . .. „ .
Pédoncules antennaires atteignant au plus le quart proximal du second article des pédoncules
antennulaires. , . , n ,
Pièces buccales (fig 23 : C. pumicicola) avec sensiblement la meme structure que chez Pylo-
c/iete.Cependam l extrémité des troisièmes maxillipèdes es, pluto. subchéliforme que chél, forme, la
saillie antérieure du propode étant large et très courte. Sur cet appendice un vestige d eptpodite (« cica-
trice ») chez plusieurs espèces au moins. , .
Chélipèdes égaux, symétriques, présentant les mêmes adaptai,ons operculiformes que dans le
sous-genre typique du genre Pylochetes. .
Tergites abdominaux à pleurons larges, arrondis, également comme dans ce sous-genre, mais les
lobes postérieurs du telson séparés, non par une ligne médiane décalcifiée mais, au plus, par une faible
encoche du bord postérieur. ......
Pléopodes (fig 24 : C. pumicicola) comme chez Pylochetes, avec parfois un rudiment d endopo-
dite sur les appendices non sexuels du mâle.
Remarques
Voir p. 35 et suivantes.
Source : MNHN, Paris
b
Fig. 23. — Cheiroplaiea pumicicola sp. nov„ pièces buccales : a, mandibule ; b, deuxième article du palpe, vue latérale ;
c, maxillule ; d, maxille ; e, premier maxillipède ; f, deuxième maxillipède ; g, id., extrémité de l’endopodne, vue mésiale ;
h, troisième maxillipède ; i, id., extrémité de l’endopodite, vue mésiale.
a-b : x 23 ; c-g : x 27 ; h-i : x 18.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION
DES PYLOCHEUDAE
Source : MNHN, Paris
Clef d’identification des espèces
DU GENRE CHEIROPLATEA
— Bord frontal avec trois denticules alignés sur la
région médiane. Pièce postérieure du telson plus
large que la pièce antérieure. — Moluques. 4 .
. laticauda
— Bord frontal avec un lobe rostral arrondi, plus ou
moins proéminent, denticulé ou non. Pièce posté¬
rieure du telson plus étroite que la pièce anté¬
rieure . 2
— Pédoncules oculaires très larges à la base, leur
diamètre à ce niveau compris deux fois environ
dans leur longueur ; la région cornéenne très 5
arrondie. 3
— Pédoncules oculaires à diamètre proximal compris
deux fois et demie au moins dans leur longueur ;
la région cornéenne en pointe sub-aiguë. 4
— Pédoncules oculaires atteignant à peine la base du
dernier article des pédoncules antennaires. Face
operculaire de la main couverte de nombreuses
épines longues et aiguës. — Golfe du Mexique...
. scutata
— Pédoncules oculaires dépassant largement la base
du dernier article des pédoncules antennaires.
Face operculaire de la main avec des denticules
aigus, peu serrés, irréguliers, plus forts sur la ligne
médiane. — Comores. stenurus
— Pédoncules oculaires dépassant de peu la base du
dernier article des pédoncules antennaires. Face
operculaire des chélipèdes recouverte de tubercules
microscopiques. — Mer de Banda. cenobita
— Pédoncules oculaires atteignant le milieu du der¬
nier article des pédoncules antennaires. Face
operculaire des chélipèdes avec des tubercules
aigus bien visibles. 5
— Diamètre proximal des pédoncules oculaires com¬
pris deux fois et demie environ dans leur lon¬
gueur. Lobe rostral saillant, atteignant le niveau
des saillies post-antennaires. Face operculaire des
chélipèdes recouverte de courts tubercules aigus,
avec une ligne médiane de dents épineuses nette¬
ment plus longues sur la main. — Japon... miloi
— Diamètre proximal des pédoncules oculaires com¬
pris près de trois fois dans leur longueur. Lobe
rostral bas, nettement plus court que les sail¬
lies post-antennaires. Face operculaire des chéli¬
pèdes recouverte de denticules aigus, denses. —
Kermadec. pumicicola
Source : MNHN, Paris
Identification key to species
OF GENUS CHEIROPLATEA
— Frontal margin with 3 aligned denticles medially. 4.
Posterior plate of telson broader than the ante-
rior one. — Molucas. lalicauda
— Frontal margin with a rounded rostral lobe, more
or less prominent, denticulated or not. Posterior
plate of telson narrower than the anterior one. 2
— Ocular peduncles with the base very broad, their
diameter at this level being included about twice 5.
in their length ; corneal région very rounded... 3
— Ocular peduncles with the proximal diameter
included at least two and half times in the length ;
corneal région subacutely pointed. 4
— Ocular peduncles hardly reaching base of last
article of antennal peduncle. Opercular surface
of palm covered with numerous long, acute spines.
— Gulf of Mexico. scutata
~ Ocular peduncles overreaching base of last article
of antennal peduncles. Opercular surface of
palm with rather sparse irregular acute denticles,
stronger on médian line. — Comoro Is.
. stenurus
— Ocular peduncles slightly overreaching base of
last article of antennal peduncles. Opercular
surface of chelipeds covered with microscopie
tubercles. — Banda Sea. cenobita
— Ocular peduncles reaching middle of last article
of antennal peduncles. Opercular surface of
chelipeds with conspicuous acute tubercles.... 5
— Proximal diameter of ocular peduncles included
about two and half times in their length. Ros¬
tral lobe prominent, reaching the level of post-
antennal projections. Opercular surface of che¬
lipeds covered with short acute tubercles ; a
médian row of longer teeth on the palm. —
Japan. mi toi
— Proximal diameter of ocular peduncles usually
included nearly three times in their length. Ros¬
tral lobe low, distinctly shorter than postantennal
projections. Opercular surface of chelipeds covered
closely with acute denticles. — Kermadec Is.
. pumicicola
Source : MNHN, Paris
Chciroplatca laticauda Boas, 1926
(fig. 24 f-i, 25 a-d, 26; pl. II D, III B)
Cheiroplatea laticauda Boas, 1926, p. 44, fig. 2 [10 B,
11C, 24, 25 B[ ; Balss, 1944, p. 657 ; Pilgrim, 1965,
p. 556.
Matériel
Albatross
Station 5623, 29.11.1909, Moluques, entre les
îles Halmakera et Makyan, 0°16'30" N, 127°30'00" E,
497 m : 1 cr 12,5 mm (NMNH).
Siboga
Station 262, 18.12.1899, Moluques, îles Kei,
5°53,8' S, 132°48,8' E, 560 m : 19 7,5 mm.
Type. — 9 holotype 17 mm (Zoologisk Muséum,
Copenhague).
Localité-type. — Iles Kei (The Danish Expédi¬
tion to the Kei Islands 1922, station 56, 10.05.1922,
5°30'20" S, 132°51' E, 345 m, Th. Mortensen
coll.).
Diagnose. — Région médiane du bord frontal tri-
dentée (un denticule sur chacune des saillies post-ocu¬
laires et un petit denticule rostral plus ou moins proémi¬
nent. Pédoncules oculaires subcylindriques, à extrémité
distale en ogive, environ trois fois plus longs que larges.
Main et facette distale du carpe des chélipèdes formant
un opercule subcirculaire ; la face dorsale uniformément
recouverte de petits tubercules peu aigus. Pièce posté¬
rieure du telson deux fois plus large que longue, plus
large et plus longue que la pièce antérieure.
Description
Écusson céphalothoracique nettement plus long
que large, le rapport des deux dimensions étant
voisin de 5/6'. Région postérieure nettement plus
courte que l’écusson.
Bord frontal avec les deux saillies post-oculaires
en forme de lobes arrondis, présentant latérale¬
ment une pointe aiguë, dorsalement bombés et
séparés par une dépression axiale qui s’estompe
vers le tiers antérieur de l’écusson. Légèrement
enfoncée entre les deux lobes, et en retrait, une
petite saillie rostrale denticulée. Saillies post-
antennaires avec deux denticules à droite et quatre
à gauche : elles sont sur la même ligne que les
saillies post-oculaires et séparées de celles-ci par
un sinus concave peu profond.
Région gastrique limitée latéralement par deux
dépressions pilifères parallèles entre lesquelles la
surface est lisse et notablement convexe. Sillon
cervical très largement ouvert, ses deux branches
fortement arquées. De part et d’autre de l’écus¬
son, région antéro-latérale de la carapace avec des
tubercules courts et aigus. Sillons cardio-bran¬
chiaux non apparents.
Pédoncules oculaires deux fois plus courts que
l’écusson, présentant une faible concavité du côté
mésial, dans la moitié proximale, et s’amincissant
en ogive à l’extrémité ; leur diamètre à la base est
compris environ trois fois dans leur longueur. Pas
de cornées discernables. Des ponctuations sur la
face dorsale.
Pédoncules antennulaires presque deux fois plus
longs que l’écusson. Le premier article dépasse les
yeux de la moitié de sa longueur ; excavé du côté
dorsal, il porte une forte épine latérale en arrière
de son milieu. Article distal égal aux deux tiers du
précédent, celui-ci environ sept fois plus long que
large.
Pédoncules antennaires forts. Quatrième article
n’atteignant pas l’extrémité des pédoncules ocu¬
laires. Cinquième article environ quatre fois plus
long que large, son extrémité distale dépassant
quelque peu la base du second article des anten-
nules. Second article présentant en avant de
l’excavation dorsale habituelle un prolongement
antéro-latéral armé de fortes dents. Écaille anten-
naire grande, arquée, atteignant le milieu du der¬
nier article du pédoncule et fortement armée :
trois fortes dents latérales, en arrière de la pointe
distale, trois plus petites en une ligne dorsale, et
des denticules plus aigus sur le bord mésio-
ventral. Flagelle antennaire un peu plus de deux
fois plus long que l’écusson.
Chélipèdes égaux, symétriques et formant un
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
Source : MNHN, Paris
94
JACQUES FOREST
opercule parfait, subcirculaire. Facette operculaire
du carpe limitée par une crête de dents, fortes et
très arrondies du côté postérieur, plus petites et
plus aiguës du côté mésial. Cette crête divisée par
une incision en deux lobes dont le mésial, triangu¬
laire, a une surface peu concave et des bords rela¬
tivement peu relevés. En arrière, sur la région
dorso-latérale de nombreuses insertions pilifères,
les poils étant disposés principalement en courtes
rangées transverses ; du côté mésial, sur la moitié
proximale, des tubercules aigus.
Propode à bord latéral fortement convexe, à
bord palmaire mésial rectiligne, prolongeant la
crête mésiale du carpe. Largeur maximale de la
région palmaire comprise deux fois environ dans
la longueur totale de la surface operculaire. Face
dorsale de la main presque plane, très légèrement
relevée vers les bords, avec une dépression peu
marquée en arrière du doigt fixe. Toute la surface
recouverte de très petits tubercules à la base des¬
quels s’insèrent des poils assez courts, isolés ou en
faisceaux. Les tubercules marginaux un peu plus
développés, mais peu aigus, et en partie cachés
par une frange de soies plus longues que sur le
reste de la main. Du côté ventral, de petits tuber¬
cules à base pilifère le long du bord mésial, et des
ponctuations pilifères s’étendant plus largement
près du bord latéral. Le renflement ventral est
tuberculé.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques sen¬
siblement de même longueur que les chélipèdes.
Dactyle un peu plus court que le mérus et d’un
tiers plus long que le propode ; celui-ci a une face
latérale qui se rétrécit régulièrement à partir de la
région proximale et dont la largeur maximale est
comprise deux fois et demie seulement dans sa
longueur. Sur le bord dorsal des deuxièmes pattes,
le mérus porte une épine distale, le carpe des
dents aiguës et le propode une ligne de denticules
qui s’atténue et disparait dans la région distale.
Sous la région distale du dactyle des épines cor¬
nées courtes. Les troisièmes pattes sont dorsale-
ment inermes, à l’exception du carpe, armé de
denticules microscopiques.
Quatrièmes pattes thoraciques courtes et grêles.
Le rapport de la largeur maximale à la longueur
est de 4/7 e pour le mérus, de 3/4 pour le pro¬
pode. Sur ce dernier article, une ligne de huit
fortes écailles cornées, de taille décroissante, près
du bord ventral et, au-dessus, cinq larges brosses
de soies sur une ligne parallèle. Le dactyle porte
un ongle corné épais et large.
Cinquièmes pattes thoraciques à mérus deux
fois plus long que large, à propode d’un tiers plus
long que large. Sur la face latérale une large râpe
à limite postérieure quelque peu irrégulière.
Sixième segment abdominal court, sa longueur
égale aux trois cinquièmes environ de sa largeur
maximale. Son bord postérieur découpé en trois
lobes rectilignes, frangés de soies, par de courtes
incisions triangulaires, les deux lobes latéraux for¬
mant des angles très obtus avec le médian.
Telson nettement plus large que long ; la pièce
postérieure, d’un tiers plus longue que l’anté¬
rieure, a une largeur sensiblement égale au double
de sa longueur. Sa division en deux lobes est indi¬
quée par une très faible concavité du bord posté¬
rieur et par une dépression médiane (l’une et
l’autre un peu plus marquées chez le type que
chez le spécimen de 12,5 mm).
Taille
Le type est une femelle dont la carapace mesure
17 mm. Les deux autres spécimens connus sont un
mâle de 12,5 mm et une femelle de 7,5 mm.
Habitat
D’après Boas, le type de C. laticauda était logé
dans une éponge massive appartenant vraisembla¬
blement au genre Psammopemma , et pesant
185 grammes ; la cavité cylindrique mesurait 2 cm
de diamètre et 5 cm de profondeur.
Des deux autres exemplaires identifiés, seul
celui de VAlbatross était dans son logement, une
cavité cylindrique de 2 cm de diamètre et 3 cm de
profondeur, dans un fragment de roche d’une
centaine de grammes.
Remarques
Dans son travail « Zur Kenntnis symmetrische
Paguriden » Boas a principalement traité des
genres Pylocheles, Cheiroplatea et Mixlopagurus
(= Trizocheles gen. nov.) présents dans le maté¬
riel provenant de l’expédition de Th. Mortensen
aux îles Kei, en 1922.
Le genre Cheiroplatea était représenté par un
unique spécimen femelle qu’il a pris comme type
de C. laticauda. La description de l’espèce est
quelque peu fragmentaire, puisqu’il a passé suc¬
cessivement en revue les caractères morphologi¬
ques considérés comme significatifs, chacun d’eux
Source : MNHN, Paris
95
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
faisant l’objet d’une comparaison, illustrée de des¬
sins, entre les trois genres. Cette description dis¬
continue et partielle de C. laticauda a été dans
une certaine mesure complétée par une comparai¬
son avec les autres espèces du genre, établie
d’après les descriptions et illustrations originales.
Nous avons identifié à C. laticauda deux spéci¬
mens provenant de la même région que le type,
les Moluques. Le premier, capturé par VAlbatros,
est un mâle de 12,5 mm. Il présente les principales
caractéristiques figurées par Boas et une compa
raison avec le type a confirmé notre identification.
Les deux spécimens sont voisins par la forme et
les proportions de l’écusson céphalothoracique,
des pédoncules oculaires, antennulaires et anten-
naires, des chélipèdes, des deux paires de pattes
thoraciques suivantes et du telson.
On observe chez le type (fig- 26) des anomalies
peut-être liées à des traumatismes : asymétrie du
bord frontal et absence de denticulation sur es
deux tiers proximaux du deuxième article u
pédoncule antennaire droit.
Le second spécimen identifié à C. laticauda a
été recueilli par le Siboga aux îles Kei, comme le
type. C’est une femelle de petite taille, 7,5 mm,
que nous avions d’abord considérée comme spéci¬
fiquement distincte. Le bord frontal porte dans sa
partie médiane trois dents aiguës, la dent rostra e
dépassant les deux autres, celles-ci plus rappro¬
chées l’une de l’autre que des saillies pos -
antennaires, et nettement proéminentes par rap¬
port à ces dernières. Chez les deux spécimens plus
grands, les denticules de la région médiane sont
plus petits, plus espacés, alignés ou presque e
dépassant de peu les saillies post-antennaires, ou
légèrement en retrait. L’exemplaire du Siboga se
distingue également par la pièce postérieure u te
son, dont la largeur est nettement inférieure au
double de sa longueur et dont le bord postérieur
est régulièrement convexe, sans trace de concavité
médiane. En dehors d’une anomalie de la région
proximale de l’antenne gauche, avec ecai e
antennaire courte et fusionnée avec le deuxieme
article, ce petit spécimen présente des caractères
assez voisins de ceux des spécimens plus grands.
Tenant compte du fait qu’il provient d une loca¬
lité proche de la localité-type, et que les ditte-
rences relevées portent sur des caractères qui, c ez
d’autres Cheiroplatea varient quelque peu avec a
taille, son appartenance à la même espece apparaît
comme très probable. ,
C. laticauda occupe une position séparée par
rapport aux autres espèces du genre, C. cenobtta
Sp Bâte, C. mitoi Miyaké, C. stenurus sp. no»,
et C pumicicota sp. nov. Elle s’en distingue par
le contour du bord frontal, l’ornementation de la
face operculaire des chélipèdes, les deuxièmes et
troisièmes pattes thoraciques plus robustes, et sur¬
tout par la forme des pédoncules oculaires et du
telson. Ses pédoncules oculaires sont subcyhndn-
ques avec au plus une légère concavité dans la
moitié proximale, du côté mésial, et leur extrémité
Fio. 26. — Cheiroplatea laticauda Boas, Danish Expédition
to lhe Kei Islands 1922, st. 56, 9 holotype 17 mm : cara¬
pace et appendices céphaliques, vue dorsale, x 4,5.
Source : MNHN, Paris
96
JACQUES FOREST
est en ogive peu aiguë. Chez les autres Cheiropla¬
tea, les pédoncules oculaires, de longueur variable
suivant les espèces, s’amincissent à partir de la
base et se terminent en cône plus ou moins aigu,
sauf chez C. stenurus, où il sont particulièrement
courts. La pièce postérieure du telson, deux fois
plus large que longue chez les adultes, et plus
large que la pièce antérieure, est aussi un carac¬
tère propre à C. laticauda.
Boas (1926, p. 45) comparant sa nouvelle
espèce à C. cenobita, avait déjà noté la conforma¬
tion très différente du telson, tout en observant
très justement que les dessins de Sp. Bâte sem¬
blaient fortement inexacts.
Distribution
lies Moluques, de l’est de l’île Halmakera, aux
îles Kei, de 345 à 560 mètres de profondeur.
Cheiroplatea scutata Ortmann, 1892
(fig. 27 a-f)
Chiroplaiea scutata Ortmann, 1892, p. 275, pl. 12, fig. 4.
Chiroplatea scutata, Alcock, 1905, p. 153.
Cheiroplatea scutata, Boas, 1926, p. 45.
Matériel
Golfe du Mexique, L. Agassiz, 1878 : 1 cr
3,6 mm (holotype).
Type. — Musée Zoologique, Strasbourg : cr
holotype (voir ci-dessus).
Localité-type. — Golfe du Mexique, sans pré¬
cision de localité, ni de profondeur.
Diagnose. — Lobe rostral arrondi, armé de cinq den-
ticules, l’un apical, et atteignant presque le niveau des
saillies post-antennaires. Pédoncules oculaires larges à la
base puis s’amincissant fortement ; leur longueur com¬
prise un peu plus de deux fois dans celle de l’écusson.
Main et facette distale du carpe des chélipèdes formant
un opercule subcirculaire ; la face dorsale recouverte de
dents épineuses longues et aiguës, avec une ligne longi¬
tudinale médiane prédominante. Pièce postérieure du
telson deux fois plus large que longue, moins large et
d’un quart plus courte que la pièce antérieure.
. INSCRIPTION
Écusson céphalothoracique moins long que large,
le rapport des deux dimensions étant voisin de
3/4. Région postérieure plus de deux fois plus
courte que l’écusson.
Lobe rostral très arrondi, armé de cinq denti-
cules, dont l’un apical. Apex de ce lobe légère¬
ment en retrait par rapport aux saillies post-anten-
naires dont chacune est armée de deux dents épi¬
neuses.
Région gastrique limitée latéralement par deux
dépressions marquées par des ponctuations et, en
avant, par une faible dépression transverse post-
rostrale. Cette dépression se prolonge en pointe
vers l’arrière, divisant ainsi la région gastrique
antérieure en deux lobules saillants. Sillon cervical
profond, atteignant les bords latéraux.
De part et d’autre de l’écusson, sur les régions
antéro-latérales de la carapace, des tubercules épi¬
neux.
Pédoncules oculaires un peu plus de deux fois
plus courts que l’écusson, élargis dans la moitié
proximale. Cornées non pigmentées, bien délimi¬
tées, leur diamètre compris deux fois environ dans
le diamètre maximal des pédoncules. Pas de pièce
basilaire visible entre la base des pédoncules et les
sinus frontaux.
Pédoncules antennulaires beaucoup plus longs
que l’écusson (rapport de longueur : 7/4). Premier
article dépassant les cornées de la moitié de sa
longueur, fortement excavé du côté dorsal et avec
une épine latérale vers son milieu. Article distal
d’un tiers plus court que le précédent ; celui-ci six
fois plus long que large.
Pédoncules antennaires assez grêles, le cin¬
quième article environ six fois plus long que large,
atteignant le sixième proximal du second article
antennulaire et dépassant les cornées de toute sa
longueur. Deuxième article allongé, son extrémité
bidentée. Écaille antennaire longue, mais n’attei¬
gnant pas le milieu du dernier article du pédon¬
cule ; ses bords armés d'épines aiguës. Flagelle
antennaire deux fois plus long que l’écusson.
Source : MNHN, Paris
_ hninivoe 3 6 mm : a, carapace et appendices céphaliques ;
b, bord postérieur uu
d, carpe et main du meme appendice,
droit, vue latérale.
Source : MNHN, Paris
JACQUES FOREST
Chélipèdes égaux, symétriques, formant un
opercule subcirculaire. Facette distale operculaire
du carpe limitée par une crête de fortes dents
coniques, droites. Un intervalle plus large et plus
profond entre deux dents marque la division en
deux lobes. Vers le milieu du lobe latéral, une
dent prédominante.
Propode à bord latéral convexe, à bord mésial
droit, sur la même ligne que la crête mésiale du
carpe et que le bord mésial du dactyle. Face dor¬
sale plane, recouverte de dents épineuses longues
et aiguës, de taille assez irrégulière ; les dents sont
nettement plus fortes sur les bords de l’article et
suivant une ligne longitudinale médiane. Facette
operculaire du carpe également fortement épi¬
neuse.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques un
peu plus longues que les chélipèdes, grêles.
Dactyle un peu plus court que le mérus et un peu
plus long que le propode ; celui-ci environ quatre
fois plus long que large. Sur les deuxièmes pattes,
deux ou trois courts denticules aigus sur le bord
ventral de l’ischion, deux sur le bord dorsal du
mérus et une dizaine, dorsaux également, sur le
carpe et sur le propode. Sur les troisièmes pattes,
l’ischion est inerme, le bord dorsal du mérus
porte un ou deux denticules, alors que le carpe et
le propode ont une denticulation très réduite.
Quatrièmes pattes thoraciques à mérus et pro¬
pode respectivement 2,2 et 1,5 fois plus longs que
larges.
Sur les cinquièmes pattes thoraciques, le rap¬
port longueur/largeur est voisin de 2 pour le
mérus, de 1,8 pour le propode.
Sixième segment abdominal en mauvais état ;
son bord postérieur divisé en trois lobes concaves
dont les bords portent quelques tubercules micros¬
copiques.
Telson aussi long que large ; la pièce antérieure
un peu plus large et d’un quart plus longue que la
postérieure ; celle-ci deux fois plus large que
longue, à bord postérieur très légèrement concave.
Habitat
Dans une éponge : « Bohrender Krebs, wohnt
in Porilella decidua » (Ortmann, 1892, sans
doute d’après Agassiz).
Remarques
Dans son étude sur les Décapodes du Musée
Zoologique de Strasbourg, A. Ortmann (1892)
mentionne deux Pylochelidae de même provenance :
« golf von Mexico — A. Agassiz (ded.) 1878 U.S.
(Sp.) ».
Il s’agit vraisemblablement de spécimens recueil¬
lis par le Blake et qui, évidemment, ne sont pas
inclus dans l’étude des Paguriens rédigée par
A. Milne Edwards et Bouvier. Ortmann a iden¬
tifié le premier à Pylocheles agassizii, et décrit le
second sous le nom de Chiroplatea scutata ( loc.
cit., p. 275, fig. 4) le comparant au seul Cheiro-
platea alors connu, C. cenobita Bâte. Les deux
espèces sont bien distinctes, certes, mais les diffé¬
rences relevées par Ortmann n’ont guère de signi¬
fication car il n’a disposé, pour sa comparaison,
que des dessins imparfaits de Bâte.
La description originale de C. scutata et les
illustrations qui l’accompagnaient montraient que
l’espèce appartenait au genre Cheiroplatea sensu
restricto, mais ne permettaient pas de la comparer
utilement aux autres espèces du même genre.
Après examen du type (fig. 27) il ne semble pas
que l’espèce puisse être plus spécialement rappro¬
chée d’un Cheiroplatea indo-ouest-pacifique. On
observe un lobe rostral arrondi et flanqué de sinus
assez profonds chez C. cenobita Bâte, C. mitoi
sp. nov. et C. stenurus sp. nov., mais C. scutata
se distingue par de nombreux caractères : rétrécis¬
sement des pédoncules oculaires dans la moitié
distale, grande longueur des écailles antennaires,
qui ne se retrouve que chez C. stenurus, taille et
densité des dents épineuses sur la face operculaire
des chélipèdes, gracilité des deuxièmes et troi¬
sièmes pattes thoraciques, qui n’est dépassée que
par celle de C. pumicicola, et surtout forme et
proportions du telson, qui évoque quelque peu
celui de cette dernière espèce, mais avec une plus
grande largeur de la pièce postérieure.
Distribution
Golfe du Mexique (sans précision de localité, ni
de profondeur).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
99
Cheiroplatea stenurus sp. nov.
(fig. 28 a-f)
Matériel
N. O. Suroit, Campagne BENTHEDI, station
DR 38 (?), 26.03.1977, île Mayotte, est du récif
Bandelé, 12°54,8' S, 45°15,6' W, 500-200 m : 1 cr
2,7 mm (holotype).
Type. — Muséum national d’Histoire naturelle,
Paris : cr holotype (Pg 3490).
Localité-type. — Comores, est de l’île Mayotte,
500-200 m.
Diagnose. — Front à lobe rostral arrondi, surmonté
d’un granule. Pédoncules oculaires courts, coniques,
leur diamètre à la base compris moins de deux fois dans
leur longueur. Chélipèdes formant un opercule ellipti¬
que, un peu plus long que large. Sur le carpe, vers
l’extrémité latérale de la crête antéro-dorsale, une dent
proéminente, longue et aiguë, arquée vers l’arrière. Sur
la face dorsale de la main, des denticules aigus peu
denses, dont certains, sur le renflement médian, sont
longs et spiniformes. Telson à pièce antérieure rectangu¬
laire, plus longue et plus large que la pièce postérieure
qui présente une faible concavité médiane.
Description
Écusson céphalothoracique moins long que
l ar ge, le rapport des dimensions étant voisin de
4/5'. Région postérieure à peu près deux fois plus
courte que l’écusson.
Bord frontal présentant un large lobe rostral
très arrondi, surmonté d’un granule. Ce lobe
n’atteint pas tout à fait l’alignement des saillies
Post-antennaires qui sont armées chacune d’un
lr ès petit denticule.
Région gastrique limitée latéralement par deux
sillons pilifères arqués et présentant en avant deux
lobes saillants séparés par une dépression triangu¬
laire médiane. Sillon cervical profond, largement
ouvert.
Sillons cardio-branchiaux non apparents.
De part et d’autre de l’écusson, régions antéro¬
latérales de la carapace avec des dents épineuses,
certaines longues et aiguës.
Pédoncules oculaires en cônes courts et larges ;
leur bord mésial légèrement concave ; leur lon¬
gueur égale à la moitié de celle de l’écusson. Leur
diamètre à la base compris moins de deux fois
dans leur longueur. Région cornéenne nettement
délimitée.
Pédoncules antennulaires longs et forts ; leur
longueur égale à 1,7 fois celle de l’écusson. Le
premier article dépasse les pédoncules oculaires de
près de la moitié de sa longueur. Il porte une
forte épine latérale en son milieu et une longue
épine ventrale distale. Article distal deux fois plus
court que le précédent, celui-ci près de six fois
plus long que large.
Pédoncules antennaires avec le cinquième article
environ six fois plus long que large, atteignant le
cinquième proximal du troisième article des pédon¬
cules antennulaires et dépassant les pédoncules
oculaires des deux tiers de sa longueur. Premier
article à bord latéral inerme. Saillie latérale du
deuxième article formant une dent forte et aiguë,
avec une seconde dent latérale plus courte. Écaille
antennaire longue, triangulaire, atteignant le
milieu du dernier article pédonculaire avec, en
arrière de la pointe distale, trois ou quatre fortes
dents sur le bord dorso-latéral, des dents plus
fines sur le bord mésio-ventral, et une dent
médiane sur la face dorsale. Flagelle antennaire
deux fois plus long que l’écusson.
Chélipèdes égaux, symétriques, formant un
opercule légèrement elliptique. Bord mésio-ventral
de l’ischion et du mérus lisse, inerme, à l’excep¬
tion d’une épine médiane sur ce dernier article,
dont le bord dorsal porte par ailleurs une dent
distale suivie de denticules aigus de taille décrois¬
sante.
Facette distale du carpe bordée par une crête de
fortes dents dressées, divisée en deux par une inci¬
sion triangulaire un peu plus profonde que celle
qui sépare les autres dents. Du côté latéral, légère¬
ment en avant de la crête, une dent aiguë beau¬
coup plus longue, légèrement arquée vers cette
crête. Propode à bord latéral convexe, à bord
mésial droit, en ligne avec la crête mésiale du
carpe et avec le bord mésial du dactyle. Largeur
maximale de la région palmaire comprise plus de
deux fois dans la longueur totale de la surface
Source : MNHN, Paris
Fio. 28. — Cheiroplatea stenurus sp. nov., N. O. Suroit, campagne BENTHEDI, st. DR 38, cr holotype 2,7 mm : a, carapace
et appendices céphaliques, vue dorsale ; b, sixième tergite abdominal, telson et uropodes ; c, bord postérieur du même ter-
gite et telson, en vue légèrement postérieure ; d, face operculaire du chélipéde gauche ; c, carpe et main du même appen¬
dice, vue latérale ; f, deuxième péréiopode gauche, vue latérale.
a : x 22 ; b-d : x 19 ; c : x 14 ; f : x 26.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
101
operculaire. Celle-ci, lorsque les deux chélipèdes
sont en contact, a un rapport largeur/
longueur égal à 5/6 e . Face dorsale de la main
notablement concave de part et d’autre d’un ren¬
flement médian ; bords latéraux armés de dents
aiguës. Surface de la face operculaire du carpe et
du propode recouverte de denticules aigus et peu
denses, dont certains, surtout sur le renflement
médian, sont beaucoup plus larges et plus forts.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques lon¬
gues et fortes. Deuxièmes pattes avec le dactyle et
le mérus subégaux, le propode d’un quart plus
court, et un peu moins de quatre fois plus long
que large. Des denticules microscopiques sur le
bord ventral de l’ischion. Bord dorsal du carpe
avec sept-huit spinules à pointe cornée aiguë, cer¬
taines très petites ; sur le bord dorsal du propode,
également des spinules de taille irrégulière. De très
fines soies spiniformes cornées sous le dactyle en
arrière de l’ongle.
Les troisièmes pattes sont inermes, à l’exception
d’une spinulation microscopique sur le bord dor¬
sal du carpe.
Quatrièmes pattes thoraciques à mérus un peu
plus et à propode un peu moins de deux fois plus
longs que larges. Le long du bord ventral du pro¬
pode une ligne de dix soies cornées légèrement
squamiformes.
Cinquièmes pattes avec le mérus un peu plus de
deux fois plus long que large, alors que la largeur
du propode est égale aux deux tiers de sa lon¬
gueur. La râpe, sur la face latérale de ce dernier
article, est limitée à la moitié distale.
Sixième segment abdominal d’une longueur
égale aux 3/4 de sa largeur. Bord postérieur divisé
en trois lobes par des encoches peu profondes.
Les trois lobes forment des angles très obtus. Le
médian, légèrement concave en vue postéro-dor-
sale, bordé de courts denticules, les latéraux pres¬
que lisses, avec des ponctuations pilifères.
Telson un peu plus long que large. Pièce anté¬
rieure à bords latéraux subparallèles, légèrement
creusés, à bord postérieur concave. Pièce posté¬
rieure nettement plus courte et plus étroite que
l’antérieure, et d’une longueur égale aux deux
tiers de sa largeur. Ses deux lobes très arrondis,
séparés par une très faible concavité médiane.
Taille
L’holotype, seul spécimen connu, est un mâle
de 2,7 mm, à orifices génitaux ouverts et pléo-
podes sexuels complètement développés.
Habitat
Le spécimen décrit était logé dans une cavité
creusée dans un fragment très érodé de Bryozoaire
Hippoporinidae (ident. J. L. d’HoNDT).
Remarques
Recueilli au cours de la campagne BENTHEDI,
à la suite d’un dragage commencé à 500 mètres et
interrompu par une croche à 200 mètres de pro¬
fondeur, ce petit spécimen adulte appartient à une
espèce distincte de Cheiroplatea, qui diffère des
autres représentants du groupe par une série de
caractères dont les plus remarquables sont la briè¬
veté des pédoncules oculaires, les chélipèdes à
main relativement allongée et formant ainsi un
opercule elliptique, la présence, sur la face dorsale
de cette main, d’épines plus longues et moins
nombreuses, la forme du telson avec la pièce anté¬
rieure non trapézoïdale, mais rectangulaire, plus
longue par rapport à la pièce postérieure que chez
les autres espèces.
Distribution
Connu seulement de la localité-type, au large de
la côte est de l’île Mayotte, à une profondeur
comprise entre 500 et 200 mètres.
Cheiroplatea cenobita Bâte, 1888
(fig-
Cheiroplatea cenobita Bâte, 1888, p. 12, pl. 1, fig. 1 ;
Ortmann, 1892, p. 275 ; A. Milne Edwards et
Bouvier, 1893, p. 18.
29 a-d)
Pylocheles (Cheiroplatea) cenobita, A. Milne Edwards
et Bouvier, 1893, p. 19, 22.
Chiroplatea cenobita, Alcock, 1905, p. 14, 18, 153.
Cheiroplatea cenobita. Boas, 1926, p. 45.
Source : MNHN, Paris
102
JACQUES FOREST
Matériel
Challenger, Station 194, 29.09.1874, mer de
Banda, 4°34' S, 129°57'30" E, 333 m, vase volca¬
nique : 1 9 ovigère 6,5 mm (holotype).
Type. — British Muséum (Natural History) : 9
holotype. Voir ci-dessus (BM 1888 : 22).
Localité-type. — Mer de Banda.
Diagnose. — Bord frontal avec lobe rostral arrondi,
à denticule apical, en retrait par rapport aux saillies
post-antennaires. Pédoncules oculaires s’amincissant
régulièrement à partir de la base pour se terminer en
pointe émoussée, leur diamètre proximal compris deux
fois et demie dans leur longueur ; celle-ci comprise deux
fois et demie dans celle de l’écusson. Chélipèdes for¬
mant un opercule subcirculaire dont la surface est
recouverte de tubercules microscopiques peu denses, un
peu plus forts sur une ligne longitudinale médiane.
Pièce postérieure du telson de même longueur que la
pièce antérieure, mais plus étroite ; ses bords latéraux
arrondis, formant une faible concavité à leur jonction.
Description
Écusson céphalothoracique nettement moins long
que large, le rapport des deux dimensions étant
voisin de 3/4. Région postérieure plus de deux
fois plus courte que l’écusson. Lobe rostral
arrondi, avec un denticule apical et n’atteignant
pas le niveau des saillies post-antennaires qui sont
larges, fortement convexes, armées à l’apex de
deux ou trois denticules.
Région gastrique limitée latéralement par deux
sillons convergeant vers l’arrière, et en avant par
une dépression post-rostrale ; celle-ci se prolonge
en pointe vers l’arrière sur l’axe médian et déli¬
mite ainsi deux lobes protogastriques proéminents.
Sur les régions latérales une dépression transverse
qui n’atteint pas la région gastrique. Sillon cervi¬
cal très ouvert, ses deux branches presque rectili¬
gnes. De part et d’autre de l’écusson, sur les
régions antéro-latérales, des denticules épineux.
Pédoncules oculaires deux fois et demie plus
courts que l’écusson, légèrement arqués du côté
mésial ; leur diamètre dans la région proximale est
compris deux fois et demie environ dans leur lon¬
gueur et ils s’amincissent régulièrement pour se
terminer en pointe. Pas de cornée apparente.
Pédoncules antennulaires d’un quart plus longs
que l’écusson. Le premier article dépasse les
pédoncules oculaires d’un peu moins de la moitié
de sa longueur ; fortement excavé du côté dorsal,
il porte une épine latérale aiguë vers son milieu.
Article distal près de trois fois plus court que le
précédent ; celui-ci environ six fois plus long que
large.
Pédoncules antennaires grêles, dépassant large¬
ment la base du second article antennulaire et, de
presque toute sa longueur, l’apex des pédoncules
oculaires. Deuxième article long, avec quatre
fortes dents latérales ; écaille antennaire atteignant
le tiers proximal du dernier article pédonculaire,
armée de dents courtes et aiguës sur le bord
latéro-dorsal et de denticules du côté mésio-ven-
tral. Flagelle antennaire une fois et demie plus
long que l’écusson.
Chélipèdes égaux, symétriques et formant un
opercule subcirculaire. Facette distale operculaire
du carpe limitée par une crête de dents fortes,
recourbées vers l’avant, à pointe émoussée ; les
dents sont plus courtes sur le côté mésial. La divi¬
sion de la crête postérieure en deux lobes indiquée
seulement par un intervalle un peu plus large
entre deux dents.
Propode à bord latéral convexe, à bord mésial
droit, sur la même ligne que la crête mésiale du
carpe et que le bord mésial du dactyle. Largeur
maximale de la main comprise un peu plus de
deux fois dans la longueur totale de la surface
operculaire. Face dorsale légèrement déprimée du
côté latéral, sur toute sa longueur, et avec une
large dépression du côté mésial. Toute la surface,
ainsi que la facette operculaire du carpe recou¬
verte de tubercules microscopiques peu denses ;
quelques denticules aigus un peu plus forts sur le
renflement médian. Bords latéral et mésial mar¬
qués par des dents courtes, peu aiguës. Pilosité
faible : des soies courtes assez denses sur les
régions marginales seulement.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques assez
fortes. Dactyle nettement plus court que le mérus
et un peu plus long que le propode ; celui-ci
quatre fois plus long que large. Tous les articles
inermes, à l’exception du bord dorsal du carpe
des deuxièmes pattes qui porte environ sept petites
spinules aiguës.
Quatrièmes pattes thoraciques manquantes.
Cinquièmes pattes thoraciques à mérus et pro¬
pode respectivement deux fois et demie et deux
fois plus longs que larges.
Sixième segment abdominal d’une longueur
égale aux deux tiers environ de sa largeur. Son
Source : MNHN, Paris
Fig. 29. — Cheiroplalea cenobila Bâte, Challenger, st. 194, Ç ovigère holotype 6,5 mm : a, carapace et appendices cépha¬
liques, vue dorsale ; b, sixième tergite abdominal, telson et uropode gauche ; c, face operculaire du chélipède gauche ;
d, deuxième péréiopode droit, vue latérale.
a, x 11 ; b-c : x 9,5 ; d : x 11,5.
Source : MNHN, Paris
104
JACQUES FOREST
bord postérieur divisé par une paire de petites
incisions en trois lobes inermes. En vue dorsale, le
lobe médian apparaît comme légèrement concave,
les deux autres étant légèrement convexes ; en vue
postérieure, les bords des trois lobes sont nette¬
ment concaves.
Telson plus long que large. La pièce antérieure
en trapèze ; ses angles postérieurs très arrondis et
sa largeur égale à un peu moins du double de sa
longueur. Pièce postérieure de même longueur,
mais un peu plus étroite ; ses bords sont très
arrondis et sa concavité médiane faible mais bien
marquée.
Habitat
Inconnu, mais très probablement un fragment
de roche ou une éponge, comme les autres Chei-
roplatea.
Remarques
L’espèce dont il est question ici, recueillie par le
Challenger, a été étudiée, non avec les Crustacés
Anomura, mais avec les Macrura de cette expédi¬
tion. En effet, Spence Bâte, décrivant Cheiropla-
tea cenobita comme espèce et genre nouveaux, a
placé ce dernier, avec les genres Pomatocheles
Miers et Pylocheles A. Milne Edwards, dans la
famille nouvelle des Pylochelidae. Se fondant sur
la structure filamenteuse des branchies il a rangé
cette famille parmi les Macrura, à côté des Tha-
lassinides (groupe des Aberrantia — Division II).
La description de Bâte est apparemment très
détaillée, mais comporte, sinon des inexactitudes,
du moins beaucoup d’imprécisions. Par ailleurs
ses dessins, comme Boas l’avait déjà noté, sont
très peu satisfaisants. Dans ces conditions il était
difficile de situer C. cenobita par rapport aux
autres Cheiroplatea figurant dans notre matériel,
sans examiner le type. Celui-ci, conservé au Bri-
tish Muséum, nous a été communiqué et c’est
d’après lui qu’à été rédigée la description qui
figure plus haut et qu’ont été exécutés les dessins
(fig. 29).
Ce spécimen est une femelle dont les téguments
sont complètement décalcifiés et transparents,
d’où l’expression de « ghost-like shell » employée
par Alcock (1905, p. 14) à propos de ce spéci¬
men, qu’il a examiné. Son aspect est plutôt celui
d’une exuvie que d’un individu complet, mais
l’organisation interne est en partie visible et des
œufs sont fixés aux pléopodes (d’après Bâte, une
vingtaine, dont il ne reste que la moitié).
En raison de la forte décalcification des appen¬
dices les denticulations marginales sont assez diffi¬
ciles à distinguer et semblent même parfois alté¬
rées. Il est possible que le spécimen ait été en
meilleure condition lorsque Bâte l’a examiné et
ceci expliquerait que sur son dessin de l’antenne
(1888, fig. le) les dents apparaissent comme plus
aiguës que sur notre figure 29a. Dans l’ensemble
cependant, on ne peut guère faire confiance à
l’illustration originale : la représentation des chéli-
pèdes (loc. cit., fig. 1 k) est tout à fait défec¬
tueuse, aussi bien en ce qui concerne la forme que
l’ornementation : la main paraît avoir des bords
droits et inermes et une face dorsale lisse, ce qui
est très éloigné de la réalité (cf. fig. 29 c). Même
inexactitude dans la figuration du telson (loc. cit.,
fig. 1 z), la pièce antérieure est beaucoup trop
allongée, et la pièce postérieure trop étroite (cf.
fig. 29 b).
Parmi les autres espèces reconnues ici, la plus
proche de C. cenobita semble être C. mitoi
Miyaké. Les différences qui les séparent et qui
seront évoquées à propos de cette dernière espèce,
semblent suffisantes pour que celle-ci soit consi¬
dérée comme distincte.
Distribution
Mer de Banda, à proximité de l’île Banda,
333 mètres.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
105
Cheiroplatea mitoi Miyaké, 1978
(fig. 30a-e)
Cheiroplatea mitoi Miyaké, 1978, p. 13, fig. 5a-f.
Matériel
Japon, côte est de Kyushu, 26 km au large de
Tsuno, 300 m, chalut, 20.12.1953 : 1 9 6,7 mm
(holotype, ZLKU, n° 4070).
Type. — Zoological Laboratory, Kyushu Uni-
versity : Ç holotype (voir ci-dessus).
Localité-type. — Voir ci-dessus.
Diagnose. — Bord frontal à lobe rostral large,
arrondi, dépassant légèrement le niveau des saillies post-
antennaires. Pédoncules oculaires s’amincissant forte¬
ment dans la région proximale puis plus faiblement
pour se terminer en pointe émoussée ; leur diamètre à la
base compris deux fois et demie dans leur longueur ;
celle-ci plus de deux fois inférieure à celle de l’écusson.
Chélipèdes formant un opercule subcirculaire dont la
surface est recouverte de petits tubercules aigus assez
denses, avec sur le renflement longitudinal médian de la
main une ligne de dents inégales beaucoup plus fortes.
Pièce postérieure du telson aussi longue et presque aussi
large que la pièce antérieure ; une large encoche
médiane la divise en deux lobes très arrondis.
Description
Écusson céphalothoracique moins long que large
(rapport des dimensions voisin de 4/5'). Longueur
de la région postérieure largement supérieure à la
moitié de celle de l’écusson.
Bord frontal avec la région rostrale formant un
large lobe arrondi dépassant l’alignement des sail¬
lies antennaires qui sont armées d’un ou de deux
denticules.
Région gastrique régulièrement bombée, entre
deux dépressions latérales pilifères, avec en avant
l’amorce de deux lobes saillants séparés par une
dépression médiane.
Sillon cervical largement ouvert, s’étendant
jusqu’aux bords de l’écusson. De part et d’autre
de celui-ci, régions antéro-latérales de la carapace
avec une plage de tubercules épineux.
Sillons cardio-branchiaux non apparents.
Pédoncules oculaires plus de deux fois plus
courts que l’écusson ; leur diamètre à la base
compris deux fois et demie dans leur longueur,
s’amincissant fortement dans la région proximale,
puis plus faiblement pour se terminer en une
pointe émoussée. Région cornéenne translucide,
délimitée.
Pédoncules antennaires d’un quart plus longs
que l’écusson. Le premier article dépassant les
pédoncules oculaires de près du quart de sa lon¬
gueur et armé d’une épine latérale aiguë en avant
de son milieu. Article distal un peu moins de deux
fois plus court que le précédent. Pédoncules
antennaires atteignant juste la base du dernier
article antennulaire. Écaille antennaire longue,
dépassant le milieu du cinquième article du pédon¬
cule, armée de dents aiguës sur son bord latéro-
dorsal, de denticules plus courts sur son bord
mésio-ventral.
Chélipèdes égaux, symétriques, formant un
opercule parfait. Facette distale operculaire du
carpe limitée par une crête de fortes dents cro¬
chues, aiguës, de taille irrégulière. La division en
deux lobes est indiquée par une incision un peu
plus profonde entre deux dents.
Propode à bord latéral convexe, à bord pal¬
maire mésial droit, sur la même ligne que la crête
mésiale du carpe et que le bord mésial du dactyle.
Largeur maximale de la main comprise environ
deux fois dans la longueur totale de la face oper¬
culaire. Face dorsale déprimée de part et d’autre
d’un renflement longitudinal médian. Toute la
surface de la main et de la facette operculaire du
carpe recouverte de tubercules aigus, courts, assez
irréguliers ; le renflement médian est marqué par
une ligne de fortes dents inégales. Pilosité faible,
constituée par des poils courts, ceux insérés entre
les dents marginales étant plus longs et plus
denses.
Les deuxièmes pattes thoraciques manquantes.
Troisièmes pattes thoraciques assez fortes, le
propode près de quatre fois plus long que large.
Une denticulation microscopique sur le bord dor¬
sal du carpe.
Quatrièmes pattes avec le mérus un peu plus de
deux fois, le propode deux fois, plus longs que
Source : MNHN, Paris
Fie. 30. - Cheiroplalea mitoi Miyaké. Japon, 9 holotype 6.7 mm : a. carapace cl appendices céphaliques, vue dorsale ;
b, sixième tergite abdominal, telson et uropodes ; c. face operculaire du chélipèdc gauche ; d. carpe et main du même
appendice, vue latérale ; e, troisième péréiopodc droit, vue latérale.
a, e : x 10 ; b-d : x 8.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
107
larges. Le bord ventral du propode porte une
dizaine de soies cornées légèrement squamiformes.
Cinquièmes pattes avec le mérus deux fois et
demie, le propode moins de deux fois plus longs
que larges. Sur la face latérale du propode, la
râpe est limitée postérieurement par une ligne irré¬
gulière s’étendant de la base du dactyle au tiers
proximal du bord dorsal.
Sixième segment abdominal d’un tiers plus large
que long. Son bord postérieur divisé en trois lobes
par une paire d’incisions prolongées sur la face
dorsale par de profonds sillons convergents. Le
lobe médian, droit en vue dorsale, légèrement
concave en vue postéro-dorsale, avec des denti-
cules plus ou moins aigus. Les lobes latéraux
droits, et formant des angles très obtus avec le
médian.
Pièce antérieure du telson en trapèze, à bords
latéraux concaves en avant des angles postéro¬
latéraux très arrondis ; sa longueur égale aux 3/5 c
de sa largeur. La pièce postérieure aussi longue et
presque aussi large que l’antérieure, séparée en
deux lobes arrondis par une large encoche
médiane.
Habitat
Le type était logé dans une cavité cylindrique de
20 mm de long et de 8 mm de diamètre creusée
dans un fragment de pierre ponce, de 30 x 30 x
15 mm.
Remarques
Comme dans le cas de Cheiroplatea cenobita
Bâte, la description originale de C. mitoi Miyaké
et les dessins qui l’accompagnaient étaient insuffi¬
sants pour caractériser l’espèce et la comparer aux
autres représentants du genre. L’holotype et unique
exemplaire connu nous ayant été communiqué
nous avons pu le décrire et en donner une nou¬
velle figuration. L’espèce la plus proche de
C. mitoi est sans doute C. cenobita. Les ressem¬
blances portent en particulier sur la forme du
bord frontal et des pédoncules oculaires. On
observe chez les deux espèces un lobe rosirai
arrondi, qui, cependant, est plus large et plus sail¬
lant chez C. mitoi. Les pédoncules oculaires ont
dans les deux cas une région distale en forme de
cône à pointe émoussée, mais chez C. mitoi ils
sont relativement plus longs, avec une convexité
moins accentuée des bords latéraux. Chez C. mitoi
les pédoncules antennaires sont relativement plus
courts et l’écaille antennaire, longue et fortement
dentée, dépasse le milieu du dernier article pédon-
culaire, alors que, chez C. cenobita, plus courte et
plus faiblement denticulée, elle n’atteint que le
tiers proximal de cet article.
Les chélipèdes ont une forme et des proportions
voisines chez les deux espèces, mais leur ornemen¬
tation est différente. La face dorsale de la main et
la facette distale du carpe sont, chez C. mitoi,
couvertes de tubercules courts mais aigus, plus
développés sur le renflement médian où ils for¬
ment une ligne plus ou moins régulière d’épines
longues et acérées; la main est aussi bordée de
dents aiguës. Les régions homologues sont beau¬
coup plus faiblement armées chez C. cenobita
avec, sur la face dorsale, des tubercules moins
denses, microscopiques pour la plupart, dont cer¬
tains, sur la région médiane, sont un peu plus
développés, mais beaucoup moins nombreux et
plus courts que chez C. mitoi. De même les dents
qui bordent la main sont plus courtes et moins
aiguës chez C. cenobita. Enfin, la pièce distale du
telson est beaucoup plus large chez l’espèce japo¬
naise.
11 n’y a pas lieu de comparer C. mitoi aux
autres espèces, qui en diffèrent sur de nombreux
points. Nous signalerons simplement, à propos de
C. pumicicola sp. nov. (p. 111) quelques simili¬
tudes notamment dans les proportions et l’orne¬
mentation des pédoncules antennulaires et anten¬
naires.
La carapace du spécimen type présente une
forte déformation du lobe branchial gauche, due à
la présence d’un Epicaride.
Distribution
Japon, à l’est de Kyushu, par 300 mètres de
profondeur.
Source : MNHN, Paris
108
JACQUES FOREST
Cheiroplatea pumicicola sp. nov.
(fig. 3b, 5e, 23a-i, 24a-e, 31 a-f ; pl. VIE, F, IX)
Matériel
New Zealand Océanographie Instilule :
Station K 804, Kermadec, 29° 14,8' S, 177°49,6'W,
590-490 m, ponce : 6 cr de 3,6 à 5,9 mm, 10 9 de
5,2 à 6,5 mm (tous paratypes, sauf 1 9 5,5 mm,
holotype).
National Muséum, Wellington :
R. V. Acheron, Station B.S. 442, 28.10.1975,
îles Raoul, 3,1 milles au large de l’île Nugent,
512-550 m : 1 spéc. non extrait.
R. V. Acheron, Station B.S. 581, 13.09.1976,
Kermadec, NW île Napier, 29°13,96' S, 177°52,84' W,
567-530 m : 2 cr 4,8 et 5,1 mm, 1 9 non ovigère
5,4 mm, 5 9 ovigères de 5,2 à 5,8 mm, 5 spéci¬
mens non extraits.
Types. — Muséum national d’Histoire naturelle :
femelle holotype (Pg 3519), 4 mâles et 7 femelles
paratypes (Pg 3521).
New Zealand Océanographie Institute : 2 mâles
et 2 femelles paratypes.
Localité-type. — Iles Kermadec, 590-490 mètres.
Diagnose. — Bord frontal avec un lobe rosirai con¬
vexe, plus court que les saillies post-antennaires. Pédon¬
cules oculaires s’amincissant à partir de la région proxi¬
male pour se terminer en cône subaigu, et fortement
arqué du côté mésial. Leur diamètre à la base compris
de deux à trois fois dans leur longueur ; celle-ci de deux
à trois fois plus courte que celle de l’écusson. Chéli-
pèdes formant un opercule subcirculaire dont la surface
est recouverte de dents épineuses, fortes, acérées, un
peu moins développées sur les régions latérales. Pièce
postérieure du telson plus courte et moins large que la
pièce antérieure ; le rapport de sa longueur à sa largeur
variant de deux tiers à un demi ; son bord postérieur
avec une légère concavité médiane qui peut manquer.
Description
Écusson céphalothoracique beaucoup moins long
que large, le rapport des deux dimensions étant
voisin de 3/4. Région postérieure de la carapace
plus de deux fois plus courte que l’écusson.
Bord frontal avec un lobe rostral arrondi,
inerme ou doté d’une dent médiane minuscule,
plus ou moins proéminent, mais toujours en
retrait par rapport aux deux saillies antennaires
armées chacune d’un à trois denticules au som¬
met.
Région gastrique limitée latéralement par deux
faibles dépressions pilifères et en avant par une
dépression post-rostrale. Cette dépression forme
une pointe vers l’arrière, sur l’axe médian, amor¬
çant ainsi la division en deux lobes de cette région
qui, par ailleurs, est régulièrement bombée.
Sillon cervical très ouvert, ses deux branches
arquées. De part et d’autre de l’écusson, sur les
régions antéro-latérales de la carapace, de nom¬
breux denticules épineux.
Pédoncules oculaires deux à trois fois plus
courts que l’écusson, fortement arqués du côté
mésial. Leur diamètre dans la région proximale est
compris de deux à trois fois dans leur longueur ;
ils s’amincissent ensuite pour se terminer en
pointe. Région cornéenne légèrement translucide,
nettement délimitée.
Pédoncules antennulaires d’un cinquième plus
longs que l’écusson. Le premier article dépasse les
pédoncules oculaires du tiers de sa longueur. For¬
tement excavé du côté dorsal, il porte une épine
latérale vers son milieu ; il est également armé
d’une épine ventrale distale. Article distal deux
fois plus court que le précédent ; celui-ci environ
six fois plus long que large.
Pédoncules antennaires assez grêles, avec le cin¬
quième article environ six fois plus long que large,
atteignant la base du second article antennulaire,
et dépassant les pédoncules oculaires de la moitié
de sa longueur au moins. Deuxième article avec
un prolongement antéro-latéral long et assez étroit
à bord latéral armé de dents aiguës. Écaille anten-
naire longue, atteignant le milieu du dernier arti¬
cle pédonculaire, armée de fortes dents aiguës sur
le bord latéro-dorsal et de dents épineuses plus
grêles sur le bord mésio-ventral. Flagelle anten-
naire deux fois plus long que l’écusson.
Chélipèdes égaux, symétriques, et formant un
opercule subcirculaire parfait. Facette distale oper-
culaire du carpe limitée par une crête de fortes
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
110
JACQUES FOREST
dents aiguës, crochues, recourbées vers l’avant.
Du côté mésial les dents sont plus petites et plus
aiguës. La division de la crête en deux lobes n’est
indiquée que par un intervalle un peu plus pro¬
fond entre deux dents et par un faible sillon, par¬
fois obsolète, du côté postérieur.
Propode à bord latéral convexe, à bord mésial
droit, sur la même ligne que la crête mésiale du
carpe et que le bord mésial du dactyle. Largeur
maximale de la main comprise environ deux fois
dans la longueur totale de la surface operculaire.
Face dorsale plane, légèrement relevée vers les
bords. Toute la surface, ainsi que la facette oper¬
culaire du carpe, recouverte de dents épineuses
aiguës, légèrement plus courtes vers les bords ; les
dents marginales fortes, celles du bord latéral
aiguës, dressées. Pilosité faible, la frange margi¬
nale formée de soies peu denses et assez courtes :
elles ne sont guère plus de deux fois plus longues
que les dents spiniformes parmi lesquelles elles
sont insérées. (L’ornementation de la face opercu¬
laire des chélipèdes, telle qu’on l’observe au
microscope électronique à balayage, est décrite
p. 111).
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques sen¬
siblement de même longueur que les chélipèdes,
grêles. Dactyle nettement plus court que le mérus
et un peu plus long que le propode. Celui-ci est
environ cinq fois plus long que large. Sur les
deuxièmes pattes, le bord ventral de l’ischion et
du mérus est armé de denticules épineux irréguliè¬
rement disposés et parfois très réduits. Du côté
dorsal, le mérus porte une spinule distale, le carpe
une ligne de denticules épineux diversement déve¬
loppés et le propode un nombre variable de denti¬
cules plus petits. 11 y a sous le dactyle, en arrière
de l’ongle, quelques épines cornées.
Les troisièmes pattes sont inermes, à l’exception
du mérus armé d’une minuscule épine distale et
du carpe qui porte dorsalement des spinules micros¬
copiques.
La largeur maximale du mérus des quatrièmes
pattes thoraciques est égale à près de la moitié de
sa longueur ; de même la largeur maximale du
propode est comprise deux fois dans sa longueur.
Le bord ventral du propode porte une ligne d’une
dizaine d’écailles cornées, les proximales plus
petites.
Les cinquièmes pattes thoraciques ont un mérus
de deux fois et demie à trois fois, un propode un
peu moins de deux fois, plus longs que larges. Sur
la face latérale du propode la râpe est limitée pos¬
térieurement par une ligne s’étendant de la base
du dactyle au tiers proximal du bord dorsal.
Sixième segment abdominal d’une longueur
égale aux 3/5 e de sa largeur. Son bord postérieur
divisé par une paire de petites incisions, prolon¬
gées dorsalement par de faibles sillons, en trois
lobes dont les bords forment des angles très
obtus. Le lobe médian droit, légèrement concave
en vue postéro-dorsale, armé de très courts denti¬
cules ; les lobes latéraux droits et inermes.
Telson assez variable dans ses proportions, mais
au moins aussi long que large. La pièce antérieure
en forme de trapèze, avec des angles postérieurs
arrondis, sa largeur maximale presque égale au
double de sa longueur. La pièce postérieure nette¬
ment plus courte et moins large : le rapport de sa
longueur à sa largeur varie de 2/3 à 1/2. Ses
bords sont très arrondis et il présente une légère
concavité médiane qui peut être très faible ou
même manquer.
Taille
Les 24 spécimens extraits de leur logement com¬
prennent 8 mâles de 3,6 à 5,9 mm et 16 femelles
de 4,8 à 6,5 mm dont 5 ovigères de 5,2 à 5,8 mm.
Habitat
Les spécimens de Cheiroplatea pumicicola sp.
nov. étaient tous dans des fragments de pierre
ponce plus ou moins arrondis en galets. Ils étaient
logés dans une cavité parfaitement cylindrique de
5 à 8 mm de diamètre, suivant la taille de l’hôte,
les chélipèdes formant un opercule hermétique,
soit à l’entrée du tube, soit à l’intérieur, à un
niveau variable.
Remarques
Une trentaine de spécimens d’une petite espèce
de Cheiroplatea ont été recueillis au large des îles
Kermadec. Cette nouvelle espèce est décrite ici
sous le nom spécifique de pumicicola qui évoque
leur habitat habituel, un fragment de pierre
ponce.
Certains spécimens présentent des variations
notables par rapport au type (fig. 31a) : le lobe
rostral peut être légèrement plus proéminent et
porter un granule apical, tout en restant toujours
en retrait des saillies post-antennaires ; celles-ci
sont armées de denticules plus ou moins aigus
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
111
dont le nombre varie de un à trois, mais qui man¬
quent parfois. Les pédoncules oculaires peuvent
aussi être plus courts, leur longueur totale étant
alors comprise deux fois seulement, et non trois
fois, dans celle de l’écusson, avec un diamètre
proximal alors égal ou presque à la moitié de leur
longueur (cf. fig. 31e). Une autre variation
importante affecte le telson. La pièce postérieure
a le plus souvent des proportions proches de celles
du type (fig. 31 b) mais peut aussi être un peu
plus étroite, ou plus large et en même temps plus
longue, comme chez un autre spécimen (fig. 31 0
qui, avec une pièce postérieure presque aussi lon¬
gue et large que la pièce antérieure, représente un
cas extrême. Quant à la concavité postérieure
médiane, elle est en général faible, mais parfois,
comme le montre encore la fig. 31 f, accentuée,
ou inversement tout à fait absente.
Il faut évidemment tenir compte de cette varia¬
bilité dans la comparaison avec l’espèce très proche
C. cenobita Bâte. Les différences sont très mar¬
quées lorsque l’on rapproche les dessins des types
des deux espèces (fig. 31a et 29 a), mais s’atté¬
nuent lorsque l’on considère un C. pumicicola à
lobe rostral légèrement plus saillant et à pédon¬
cules oculaires plus courts. Il existe cependant des
caractères distinctifs significatifs : C. pumicicola
diffère de C. cenobita par les pédoncules anten-
naires plus courts et l’écaille antennaire plus
longue, par la face operculaire des chélipèdes cou¬
verte de denticules petits mais aigus et très appa¬
rents, et non de tubercules microscopiques peu
visibles, par la présence d’une denticulation sur le
bord ventral du mérus, et sur le bord dorsal du
carpe et du propode des deuxièmes pattes thoraci¬
ques, alors que seul le carpe est denticulé, et plus
faiblement, chez C. cenobita. Enfin, en dépit de
ses variations, la partie postérieure du telson de
C. pumicicola n’a jamais la forme plutôt semi-
circulaire observée chez C. cenobita. Il serait évi¬
demment souhaitable, pour compléter les compa¬
raisons, que d’autres spécimens de cette dernière
espèce soient découverts et étudiés.
La parenté qui lie C. cenobita et C. mitoi s étend
à C. pumicicola, chez lequel on relève certaines
similarités avec l’espèce japonaise. Les pédoncules
oculaires de C. mitoi (fig. 30 a) ressemblent à ceux
particulièrement courts de certains spécimens de
C. pumicicola (fig. 31e). Le lobe rostral est plus
large, plus saillant chez C. mitoi, mais, par contre,
les proportions des pédoncules antennulaires et
antennaires ne distinguent guère les deux espèces.
L’ornementation des chélipèdes est fort différente :
l’homogénéité relative des denticules aigus de la
face dorsale de la main qui caractérise C. pumici¬
cola contraste avec la forte prédominance de taille
de ceux situés sur la ligne longitudinale médiane
chez C. mitoi. Quant à la forme de la pièce posté¬
rieure du telson, si, chez la grande majorité des
spécimens de C. pumicicola (fig. 31 b), elle est
notablement plus étroite et moins excavée au
milieu que chez mitoi, il n’en est pas de même
chez la forme extrême figurée ici (fig. 31 f).
Distribution
Iles Kermadec, de 512 à 567 mètres.
Les formations cuticulaires des chélipèdes obser¬
vées AU MICROSCOPE ÉLECTRONIQUE A BALAYAGE
(M.E.B.).
Les diverses espèces de Cheiroplatea présentent une
ornementation caractéristique de la face dorsale (oper¬
culaire) des chélipèdes. Cette face n’est jamais lisse,
mais porte des formations cuticulaires décrites comme
des tubercules, des denticules ou des dents, suivant leur
aspect au microscope optique. Ces formations ont des
dimensions, une acuité, une densité et une homogénéité
propres à chaque espèce, comme le montrent les dessins
au trait qui illustrent les descriptions. Leur examen au
microscope électronique à balayage aurait permis des
comparaisons plus détaillées et plus précises. Malheureu¬
sement, sur six espèces connues, quatre ne le sont que
par le type, et une par trois spécimens. Seul, C. pumici¬
cola était représenté par un assez grand nombre d’indi¬
vidus, et c’est l’un de ceux-ci qui fait l’objet de la série
de photographies au microscope électronique à balayage
rassemblées sur la planche IX, à titre d’exemple.
A faible grossissement (x 10 environ) sur la photo¬
graphie (pl. IX, fig. A) aussi bien que sur le dessin
(fig. 31 c), la face dorsale du chélipède apparaît comme
assez uniformément recouverte de denticules dressés de
taille voisine. En fait, aux grossissements supérieurs
(pl. IX, fig. B-E) on constate que ces denticules sont
inégaux, plus courts et moins denses sur certaines zones,
en particulier suivant une bande parallèle au bord laté¬
ral (fig. C). Chacun d’eux a la forme d’un tubercule
conique aigu, plus ou moins émoussé au sommet. La
régularité du cône apparaît sur les photographies en vue
paradorsale, sa forme et son acuité sur celles prises sui¬
vant une orientation plus ou moins latérale. Les détails
de structure sont bien visibles sur les photographies à
fort grossissement qui sont celles d’un même tubercule
sous deux angles différents (pl. IX, fig. F, G). La sur-
Source : MNHN, Paris
112
JACQUES FOREST
face du cône est hérissée de petites plaquettes triangu¬
laires que nous désignerons sous le nom de trigones.
Ceux-ci sont régulièrement implantés sur un bourrelet
qui, partant du sommet, semble décrire une spirale
jusqu’au voisinage de la base. Les trigones sont égale¬
ment présents sur les fortes dents en crochet qui bor¬
dent la facette operculaire du carpe ; ils sont cependant
fortement érodés sur la face postérieure de ces dents
(fig. B). Les espaces intertuberculaires sont parsemés de
nombreux granules arrondis ou plus ou moins allongés
qui, suivant leur plus grande dimension, mesurent au
plus 7 /un, et dont la surface serait creusée de pores
(pl. IX, fig. H).
Enfin des soies assez longues sont présentes, surtout
insérées par une ou deux à la base des tubercules.
On peut présumer que les structures cuticulaires dé¬
crites ici ont un rôle fonctionnel. Les trigones sur les
tubercules dorsaux et sur les dents marginales du carpe
évoquent les aspérités d’une râpe. S’agissant d’une
espèce qui vit dans des cavités parfaitement cylindriques
creusées dans des fragments de roche, il est probable
que les chélipèdes sont les outils avec lesquels l'animal
aménage son logement et l’agrandit au cours de sa
croissance. Les dents et tubercules armés de trigones
auraient ainsi une fonction analogue à celle des râpes de
tubercules différenciés observées sur le carpe des mêmes
appendices chez les Pylocheles xylicoles (sous-genres
Xylocheles et Bathycheles).
Ce qui est vrai pour C. pumicicola l’est sans doute
aussi pour les autres espèces du genre, dont l’habitat est
similaire. On peut penser cependant que l’observation
au microscope électronique à balayage de la face oper¬
culaire des chélipèdes fera apparaître des différences
spécifiques dans les structures cuticulaires, différences
qui s’ajouteront à celles, plus superficielles, relevées par
l’examen optique.
Ces commentaires sur les photographies au micros¬
cope électronique à balayage, exécutées d’après un uni¬
que spécimen de C. pumicicola, étaient particulièrement
destinés à attirer l’attention sur les différenciations et
particularités insoupçonnées que fait apparaître ce mode
d’observation. Il serait souhaitable que les autres Chei-
roplatea et aussi les Pylocheles pétricoles, dont les chéli¬
pèdes présentent la même conformation, soient étudiés
suivant la même technique. D’une façon générale l’étude
détaillée des structures cuticulaires des crustacés est cer¬
tainement du plus grand intérêt, aussi bien sur le plan
de la taxonomie que sur ceux de l’adaptation morpholo¬
gique en fonction de l’écologie et de l’éthologie.
Source : MNHN, Paris
Sous-famille des Pomatochelinae Stebbing, 1914
Définition
Écusson subrectangulaire séparé de la région postérieure de la carapace par une linea transversa¬
le continue. Lobe rostral convexe ou faiblement concave. Pédoncules oculaires forts, à cornées dilatées,
pigmentées. Pièces oculaires basilaires grandes. Pédoncules antennaires grêles, plus courts que les
pédoncules oculaires, à flagelles également courts. Maxillules avec un long processus latéral sur l’endo-
podite. Premiers maxillipèdes avec un flagelle exopodial multiarticulé dans sa moitié distale, à orienta¬
tion perpendiculaire (mésiale) à l’axe du tronc ; l’épipodite court. Deuxièmes maxillipèdes sans épipo-
dite. Troisièmes maxillipèdes à extrémité non chéliforme, avec, sur la coxa, une papille épipodiale ; les
arthrobranchies de ces appendices réduites, à filaments assez courts et peu nombreux. Chélipèdes oper-
culiformes. Quatrièmes péréiopodes subchéliformes, avec une bande de soies squamiformes imbriquées
s’étendant le long du bord ventral du propode et n’occupant que le quart de la largeur de l’article. Tel-
son plus long que large, avec une paire de profondes incisions latérales et une forte incision médiane
divisant la région postérieure en deux lobes.
Genre-type. — Pomatocheles Miers, 1879.
Sous-famille monotypique.
Genre Pomatocheles Miers, 1879
Pomatocheles Miers, 1879, p. 49 ; Bâte, 1888, p. 10, 12 ; Henderson 1888, p. 101 ; Alcock, 1899, p. 111 ; 1905.
p. 14.
Mixtopagurus, Balss, 1913, p. 34 (pro parte).
Pomatocheles , Stebbing, 1914, p. 3 (pro parte) ; Boas, 1926, p. 46 ; Balps, 1927, p. 1012.
Mixtopagurus, Yokoya, 1933, p. 70 (pro parte).
Pomatocheles, Balss, 1957, p. 1584 (pro parte) ; Miyaké, 1978, p. 4 (pro parte) ; Baba, Hayashi et Toriyama,
1986, p. 29.
Espèce-type. — Pomatocheles jeffreysii Miers, 1879, par monotypie.
Nombre d’espèces. — Trois (indo-ouest-pacifiques).
Étymologie. — 7iô>noc, opercule ; P‘ nce -
Définition
Écusson subquadrilatère, à peu près aussi large que long ; ses bords latéraux faiblement con¬
vexes. La largeur est maximale vers le milieu de l’écusson, alors qu’elle est sensiblement égale juste en
arrière du bord frontal et en avant du bord postérieur. Région rostrale, soit large, arrondie, parfois
avec quelques denticules, atteignant sensiblement l’alignement des saillies post-antennaires acuminées,
soit tronquée, légèrement concave, très en retrait par rapport aux saillies post-antennaires. Sillon cervi¬
cal marqué par deux dépressions obliques aboutissant séparément au bord postérieur de l’écusson.
Région postérieure membraneuse avec, sur la moitié antérieure, deux lignes longitudinales cardio-
Source : MNHN, Paris
114
JACQUES FOREST
branchiales parallèles bordées d’une bande calcifiée irrégulière. Ces lignes sont peu marquées ou non
décelables chez les formes de petite taille.
Pédoncules oculaires forts, subcylindriques ou tronconiques, à cornée dilatée avec une encoche
arrondie, large et profonde du côté mésial. Une bande décalcifiée de part et d’autre de chaque pédon¬
cule, sur toute sa longueur. Une pièce basilaire plus ou moins arrondie, sans prolongement antérieur
lamelliforme ou spiniforme.
Pédoncules antennulaires plus ou moins allongés, dépassant les yeux de la moitié au moins du
deuxième article.
Pédoncules antennaires plus courts que les pédoncules oculaires. Flagelles courts.
Mandibules 1 à palpe triarticulé avec sur le second article, du côté dorsal, une saillie en forme de
triangle étroit et assez long, avec des épines courtes et crochues au sommet.
Maxillules à palpe allongé, à sommet arrondi surmonté de six soies, et avec un processus latéral
arqué long et grêle.
Maxilles avec le lobe postérieur du scaphognathite long, triangulaire.
Premiers maxillipèdes avec le flagelle de l’exopodite orienté mésialement, perpendiculaire à l’axe
du tronc. Épipodite court, en triangle à sommet arrondi.
Deuxièmes maxillipèdes à exopodite long et grêle présentant une dilatation entre le milieu et le
tiers distal, parfois avec une épine. Propode avec une expansion distale mésio-dorsale s’avançant sous le
dactyle, l’extrémité étant ainsi subchéliforme.
Troisièmes maxillipèdes avec, sur l’exopodite, une saillie prononcée entre le milieu et le tiers dis¬
tal, armée d’une à trois épines courtes. Dactyle inséré distalement sur le propode qui ne présente pas de
saillie digitiforme.
Chélipèdes égaux et symétriques. Une crête dentée plus ou moins proéminente délimite, en
arrière du bord distal du carpe, une facette qui prolonge la face dorsale de la main. Lorsque les deux
appendices sont en contact ils forment ainsi un opercule qui peut obturer obliquement l’orifice du tube.
Appareil stridulant présent ou non sur la face mésiale du propode.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques longues et assez grêles. Quand l’animal est rétracté
dans son tube, les dactyles ne sont pas allongés vers l’avant mais rabattus du côté ventral. L’adaptation
au logement cylindrique est d’autant plus parfaite que le carpe des chélipèdes et le mérus des deuxièmes
pattes présentent latéralement une dépression où viennent respectivement s’encastrer les carpes des P2 et
P3. Les appendices sont ainsi étroitement rassemblés ventralement et forment une surface cylindrique
littéralement moulée sur ie tube.
Tergites abdominaux moins calcifiés que l’écusson.
Premier tergite étroit, en forme de trapèze.
Tergites 2 à 5 à surface semicylindrique. Tergite 2 à angles antéro-latéraux fortement tronqués.
Les deux suivants de même longueur que le précédent mais subrectangulaires avec des bords pleuraux
peu saillants, peu convexes ou droits. Les tergites 2-4 présentent au bord postérieur, de chaque côté,
une fissure délimitant une région pleurale. Leur surface est lisse avec des ponctuations et des dépres¬
sions plus marquées sur les régions latérales. Le tergite 5, d’un quart plus court que les précédents, a
des lobes postéro-latéraux saillants, arrondis, également délimités du bord postérieur du tergite par une
fissure.
Sixième segment arrondi, à surface bombée, lenticulaire, creusée de ponctuations et dépressions.
De chaque côté, une fissure postéro-latérale qui se prolonge sur la face dorsale par une large dépres¬
sion. Bord postérieur divisé en trois lobes.
Telson plus long que large, formé d’une pièce unique subrectangulaire avec de chaque côté un
épaississement latéral coupé vers le milieu de sa longueur par une fissure oblique. Les deux lobes posté¬
rieurs arrondis, séparés par une échancrure médiane, légèrement mobiles par rapport à la partie anté¬
rieure.
Appendices abdominaux. — Chez le mâle, premiers pléopodes biarticulés, le premier article
s’amincissant légèrement à partir de la base, le distal foliacé, plus large, convexe du côté mésial.
1. I.es pièces buccales figurées sont celles de P. jeffreysii (fig. 32).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
115
„ , , . Mi - r - nièces buccales : a, mandibule ; b, deuxième article du palpe, vue latérale ; c, maxil-
Fio. 32. - Pomatocheles ./<?//«£*' ^üii^de f, deuxième maxillipède ; g, id„ extrémité de l’endopodite, le propode vu dans
sa largeu? 1 maxîmalè f h. troisième maxillipède^; id.. mérus, vue^mésiale.
Source : MNHN, Paris
116
JACQUES FOREST
Deuxièmes pléopodes formés d’un article basilaire allongé et d’un second article lamelliforme à
peu près de même longueur, mais un peu plus étroit, présentant une articulation plus ou moins nette au
niveau du tiers distal. L’exopodite est court et large, arrondi. Les trois appendices suivants biarticulés,
sans endopodite ou avec un endopodite réduit.
Chez la femelle, premiers pléopodes très petits, foliacés, les quatre paires suivantes avec un fort
article basilaire, un long exopodite segmenté, et un endopodite plus de deux fois plus court que le pro¬
topodite.
Remarques
Le genre Pomatocheles n’était jusqu’à présent représenté que par l’espèce-type Pomatocheles jef-
freysii Miers, 1879, strictement localisée dans les eaux japonaises, où elle est commune surtout entre 80
et 150 mètres. Deux autres espèces sont décrites ici ; l’une, P. gaillardi sp. nov., de la mer de Banda,
l’autre, P. stridulans sp. nov., d’une région éloignée, l’île Mayotte au sud-ouest de l’océan Indien. Le
genre a été placé par Miers parmi les Paguridae, rangé par Bâte (1888) dans la famille des Pylocheli-
dae, avec Pylocheles et Cheiroplatea. Sa synonymie avec Mixtopagurus a été envisagée par Alcock
(1905), adoptée par Balss (1913), puis le plus souvent acceptée par la suite, le nom employé étant tan¬
tôt Mixtopagurus, tantôt Pomatocheles (c/. synonymie de P. jeffreysii, p. 119).
Cette synonymie est tout à fait inexacte, d’une part parce que tous les « Mixtopagurus » à
l’exception de l’espèce-type, appartiennent à un genre bien distinct (Trizocheles gen. nov.), d’autre part
parce que les Pomatocheles n’ont guère de traits communs avec ces deux genres, ni d’ailleurs avec les
autres. Cet isolement nous a conduit à les placer dans une sous-famille distincte qui se différencie par
les points suivants :
1) carapace subrectangulaire beaucoup plus longue que large, et écusson s’inscrivant également
dans un rectangle dont la longueur est égale ou supérieure à la largeur ;
2) telson nettement plus long que large, entier, mais avec des régions latérales épaissies, entail¬
lées de part et d’autre par une incision oblique profonde, le bord postérieur étant bilobé ;
3) pédoncules oculaires robustes, avec des cornées dilatées, pigmentées ;
4) pièces buccales présentant la combinaison suivante :
— maxillule avec un long diverticule arqué sur l’endopodite,
— premier maxillipède à exopodite pourvu d’un flagelle uniarticulé perpendiculaire à l’axe du tronc,
épipodite bien développé, mais court, triangulaire,
— deuxième maxillipède sans épipodite,
— troisième maxillipède à endopodite non chéliforme ;
5) chélipèdes : les mains, à bord mésial rectiligne, sont coaptées pour former un opercule ; les
bords préhensiles des doigts sont rectilignes, jointifs ; carpe avec une crête délimitant une facette
antéro-dorsale et une forte concavité mésiale formant, quand les appendices sont en contact, une arche
qui abrite les appendices sensoriels ;
6) deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques présentant une disposition particulière quand l’ani¬
mal est retiré dans son logement ; les dactyles sont rabattus vers l’arrière et ceux d’une même paire
s’entrecroisent ;
7) pléopodes mâles : P12 à endopodite allongé, avec un petit lobe distal articulé. P13 à P15 avec
exopodite uniarticulé, l’endopodite absent ou rudimentaire ; pléopodes femelles : P12 à P15 à endopo¬
dite uniarticulé beaucoup plus court que l’exopodite.
Les trois espèces connues de Pomatocheles présentent toutes les caractéristiques du genre, avec
des différences spécifiques importantes dans la forme du rostre, les proportions des pédoncules ocu¬
laires, antennulaires et antennaires, les proportions et l’ornementation des trois premières paires de
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL/DAE
117
pattes thoraciques. Une seule d’entre elles, P. stridulans sp. nov., est dotée d’un appareil stridulatoire
sur la face mésiale du propode des chélipèdes.
Seul l’habitat de P. jeffreysii est connu : les individus sont toujours logés dans des tubes de
Dentale. La conformation des appendices thoraciques des deux autres espèces, qui sont de très petite
taille, laisse supposer qu’elles vivent aussi dans une cavité subcylindrique.
Source : MNHN, Paris
Clef des espèces de Pomatocheles
— Un lobe rostral arrondi, atteignant approximati- 1.
vement l’alignement des saillies post-antennaires.
Pas d’appareil stridulatoire sur la face mésiale du
propode des chélipèdes. 2
— Avancée rostrale basse, à bord légèrement concave
très en retrait par rapport aux saillies post-anten¬
naires. Des granules alignés formant un appareil
stridulatoire sur la face mésiale du propode des
chélipèdes. — Ile Mayotte. slridulans
— Pédoncules oculaires cylindriques, élargis seule- 2.
ment au niveau des cornées. Saillie antéro-mésiale
du carpe des chélipèdes modérée : la largeur
maximale à ce niveau égale à 1,5 fois environ
celle mesurée juste en arrière de la partie élargie
de l’article. — Japon. jeffreysii
— Pédoncules oculaires s’élargissant à partir de la
base. Saillie antéro-mésiale du carpe des chéli¬
pèdes très forte : la largeur maximale à ce niveau
est égale au double environ de celle mesurée juste
en arrière de la partie élargie de l’article. — Mer
de Banda. gaillardi
Key to species of genus Pomatocheles
— A rounded rostral lobe reaching approximately
the level of post-antennal projections. No stri-
dulating apparatus on mesial face of propodus of
chelipeds. 2
— Rostral projection low, its slightly concave margin
well behind the level of postantennal projections.
Aligned granules forming stridulating apparatus on
mesial face of propodus of chelipeds. — Mayotte
Island. slridulans
— Ocular peduncles cylindrical broadened only at
level of corneas. Anteromesial expansion of car-
pus of chelipeds moderate in size : maximal
width at this level equalling about 1,5 times that
just behind the enlarged part of the article. —
Japa°. jeffreysii
— Ocular peduncles gradually broadening from the
base. Anteromesial expansion of carpus of che¬
lipeds very pronounced : maximal width at this
level about twice that just behind the enlarged
part of the article. — Banda Sea. gaillardi
Source : MNHN, Paris
Pomatocheles jeffreysii Miers, 1879
(fig. 4 a, 5c,d, 7c, 32a-i, 33a-h, 34a-d, 35a-d ; pl. IB, IIIC, VIIA, B)
Pomatocheles jeffreysii Miers, 1879, p. 49, pl. 3, fig. 2,
2a-d. — Japon, mer de Kumano.
Pomatocheles jeffreysi, Alcock, 1905, p. 14, 153.
Pomatocheles jeffreysii , Terao, 1913, p. 390. — Baie
de Sagami ; Stebbing, 1914, p. 3.
Mixtopagurus jeffreysii , Balss, 1913, p. 35, fig. 25,
pl. 1, fig. 10, pl. 2, fig. 1. — Baie de Sagami.
Pomatocheles Jeffreysii, Boas, 1926, p. 46.
Pomatocheles jeffreysii, Kikuchi, 1932, p. 8. — Baie de
Sagami.
Mixtopagurus jeffreysii, Yokoya, 1933, p. 71. — Japon,
diverses localités ; Pêrez, 1934, p. 25, fig. 15 ; Maka-
rov, 1938, p. 120, fig. 42.
Pylocheles (Pomatocheles) jeffreysi, Balss, 1940, p. 96,
fig. 87.
Pomatocheles jeffreysii, Miyaké, 1960, p. 47, pi. 47,
fig. 7 ; 1962, p. 125. — Baie de Toyama ; 1975,
p. 270, pl. 112, fig. I. - Baie de Sagami ; 1978,
p. 4, fig. I. — Japon, diverses localités ; Kim et Choe,
1976, p. 45, fig. 2 A-C. — Ile Cheju ; Miyaké, 1982,
p. 95, pl. 32, fig. 1.
Matériel
Japon, baie de Tosa, 3-14.11.1963, 250-300 m,
K. Sakai leg. : 4 cr 7,0 à 10,5 mm, 2 9 7,5 et
10,5 mm (Pg 3491).
Japon, baie de Tosa, K. Sakai coll. : 1 c
10,0 mm (Senckenberg Muséum).
Japon, baie de Sagami, 26.06.1914, 182 m, Th.
Mortensen : 1 cr 9,5 mm (Zoologisk Muséum,
Copenhague).
Albatross
Station 3707, 8.05.1900, Japon, baie de Sagami,
115-137 m : 1 9 3,2 mm.
Station 3708, 8.05.1900, Japon, baie de Sagami,
110-128 m : 1 cr 4,5 mm, 1 9 ovig. 4,8 mm.
Station 3713, 11.05.1900, Japon, baie de Sagami,
82-88 m : 1 9 5,0 mm.
Station 3714, 11.05.1900, Japon, baie de Sagami,
88-110 m : 1 o- 5,0 mm.
Station 3715, 11.05.1900, Japon, baie de Sagami,
125-119 m : 1 9 4,8 mm, 1 9 ovig. 6,0 mm.
Station 3717, 11.05.1900, Japon, baie de Sagami,
115-183 m : 1 9 ovig. 5,2 mm.
Station 3767, 5.06.1900, Japon, Honshu, côte
est, 38° N environ, 26-33 m : 1 cr 3,9 mm.
Station 5071, 15.10.1906, Japon, golfe de Suruga,
35°03'10" N, 138°49'50" E, 104 m : 5 cr 4,5 à
10,0 mm, 2 9 3,2 et 3,6 mm, 1 9 ovig. 4,6 mm.
Station 5092, 26.10.1906, Japon, 35°04'50" N,
139°38'18" E, 128 m : 1 cr 10,2 mm.
Station 5094, 26.10.1906, Japon, 35°04'42'' N,
139°38'20" E, 160 m : 5 c? 11,0 à 12,5 mm, 4 9 9
à 10,5 mm (la plupart en mauvais état).
Types. — British Muséum (Natural History),
Londres : 4 syntypes (BM 1878 : 29). Le mâle de
4.2 mm décrit par Miers est choisi comme lec-
totype. Deux autres mâles mesurent l’un et l’autre
5.3 mm. Un quatrième spécimen n’a pas été extrait
de sa coquille de Dentale.
Localité-type. — Japon, à l’est de Kyushu. Le
lectotype et le spécimen non extrait ont été
recueillis par 32°43' N, 129°28' E, 106 m, les
deux autres par 34° 13' N, 136°37' E, 88 m.
Diagnose. — Région postérieure de la carapace un
peu plus courte que l’écusson. Bord frontal avec un
lobe rostral assez large, peu convexe en avant, plus ou
moins proéminent que les saillies post-antennaires, dont
chacune est armée d’une dent aiguë. Pédoncules ocu¬
laires cylindriques, d’une longueur supérieure à la moi¬
tié de celle de l’écusson. Cornées modérément renflées,
d’un diamètre compris 3 fois environ dans la longueur
des pédoncules. Pédoncules antennaires courts, leur
extrémité distale nettement en arrière de la base des cor¬
nées. Chélipèdes operculiformes ; face dorsale de la
main deux fois plus longue que large, déprimée, inerme,
sauf sur les bords qui sont armés de dents courtes.
Bord dorsal du carpe des 2 e pattes thoraciques armé de
6 à 8 dents aiguës.
Description
Écusson céphalothoracique aussi long que large.
Région postérieure égale aux cinq sixièmes de
l’écusson (mesurée du sillon cervical au bord pos¬
térieur des lobes branchiaux, cette région est égale
à l’écusson).
Source : MNHN, Paris
120
JACQUES FOR EST
Fie. 34. - Pomatocheles jeffreysii Miers, baie de Tosa, Japon. K. Sakai, cr 10.5 mm : a. carapace ei appendices céphaliques
vue dorsale ; b, sixième lergite abdominal, telson et uropodes ; c. région distale du chélipède gauche ; d. deuxième péréio-
pode gauche, vue latérale. ^
a : x 9 ; b-c : x 7.5 ; d : x 6.5.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
121
Bords latéraux de l’écusson convexes, diver¬
geant légèrement antéro-postérieurement. Bord
frontal présentant un lobe rostral assez large, à
sommet faiblement convexe, plus ou moins sail¬
lant et portant souvent quelques denticules irrégu¬
lièrement disposés. Saillies post-antennaires armées
chacune d’un denticule aigu qui dépasse ou non
l’apex du lobe rostral. Bord latéral du sinus post¬
oculaire formant un bourrelet.
En arrière de la région rostrale une profonde
dépression transverse élargie dans la région
médiane et se divisant latéralement en deux courtes
branches. Sur l’écusson, de part et d’autre d’une
aire centrale peu ponctuée, presque lisse, des
dépressions irrégulières qui donnent un aspect cor¬
rodé à la surface. Les deux branches du sillon cer¬
vical nettes, assez courtes, rectilignes. Bord posté¬
rieur de l’écusson présentant une large encoche
rectangulaire dont les bords latéraux se prolongent
jusqu’au milieu de la région postérieure par les
deux sillons cardio-branchiaux parallèles. Tégu¬
ments de la région cardiaque non calcifiés, trans¬
parents.
Pédoncules oculaires subcylindriques, légère¬
ment aplatis du côté mésial, leur longueur égale
aux cinq huitièmes environ de celle de l’écusson.
Cornées enveloppantes, dilatées, avec une large
encoche mésiale profonde et arrondie. Leur dia¬
mètre compris environ quatre fois dans la lon¬
gueur des pédoncules. Sur chaque pédoncule deux
bandes décalcifiées, l’une latéro-dorsale, l’autre
mésio-ventrale, joignent les régions articulaire et
cornéenne.
A la base des pédoncules une petite pièce basi¬
laire arrondie sans avancée squamiforme.
Pédoncules antennulaires sensiblement de même
longueur que l’écusson, dépassant les yeux d’un
peu moins de la moitié du deuxième article, celui-
ci moins de deux fois plus long que le troisième ;
le premier article fortement arqué, avec une notable
concavité du côté dorsal.
Pédoncules antennaires courts, n’atteignant pas
le tiers distal des pédoncules oculaires. Deuxième
article avec une saillie latérale large, forte et
recouverte d’épines courtes, aiguës et denses. Vers
le milieu de la face dorsale de cet article une
courte dent isolée. Écaille antennaire atteignant ou
presque le tiers distal du cinquième article ; elle
est large, épaisse, quelque peu déprimée ; son
bord mésio-venlral est armé sur toute sa longueur
de dents longues et aiguës, alors que, sur le bord
latéro-dorsal, seule la partie antérieure tronquée
porte des dents plus courtes et irrégulières. Le fla¬
gelle, très court, a une longueur qui ne dépasse
guère les trois quarts de celle de l’écusson.
Chélipèdes égaux, symétriques. Les articles dis¬
taux des appendices coaptés pour former un oper¬
cule subcirculaire.
Mérus à bord dorsal armé d’une dent distale
suivie de denticules espacés de taille décroissante ;
dans leur prolongement, de très petits denticules
sur l’ischion. Les deux articles sont par ailleurs
inermes sauf le bord antérieur du mérus, denticulé
du côté latéro-ventral.
Carpe présentant une facette distale entre la
base du propode et une crête transverse armée de
dents courtes et robustes ; cette facette, qui con¬
court à former un opercule avec la main, est pres¬
que perpendiculaire à la face dorsale de celle-ci
quand l’appendice est en extension. En dehors de
dents assez courtes et irrégulières implantées sur la
moitié latérale de la face dorsale, celle-ci est
armée du côté mésial d’une ligne de dents fortes
et aiguës. Lorsque les deux mains sont en contact,
les carpes, dont la face mésiale est fortement
excavée, forment une arche qui abrite les pédon¬
cules oculaires, antennulaires et antennaires. La
main a un bord latéral convexe, un bord mésial
rectiligne, celui du propode et celui du dactyle
étant parfaitement alignés. Ces bords sont mar¬
qués par une ligne de dents irrégulières, assez
courtes, plus ou moins dressées. La face dorsale,
à peu près deux fois plus longue que large, est
légèrement convexe dans la région palmaire, plane
au niveau des doigts. Toute cette face, ainsi que
la facette antérieure du carpe, est inerme, ponc¬
tuée par les insertions sétifères. Les soies sont fas-
ciculées, fines, souples, longues, plus ou moins
alignées sur la main, et cachent en grande partie
le tégument et les denticulations marginales.
Deuxièmes pattes thoraciques dépassant les ché¬
lipèdes de la moitié du dactyle environ. Dactyle
d’un quart plus long que le mérus, et d’un tiers
plus long que le propode. Le mérus présente une
déformation constante au niveau du tiers distal :
sa face latérale est fortement excavée, ce qui cor¬
respond à la pression de la partie proximale du
carpe de la patte suivante lorsque l’animal est
retiré dans son tube. La hauteur maximale du
propode est comprise un peu plus de trois fois
dans sa longueur. Bord dorsal du mérus portant
une épine distale et six denticules en arrière de la
région excavée, celui du carpe six à huit dents
assez longues et aiguës, et celui du propode quel-
Source : MNHN, Paris
122
JACQUES FOREST
ques très courts denticules qui peuvent manquer.
Troisièmes pattes se distinguant des précédentes
par le mérus nettement plus court, denticulé sur
toute la longueur du bord dorsal, par des dents
moins nombreuses et plus courtes sur le carpe.
Quatrièmes pattes à mérus subrectangulaire,
deux fois plus long que large. Propode très
arrondi, sa largeur maximale égale ou presque à
sa plus grande longueur. Dactyle dépassant large¬
ment la saillie antéro-ventrale du propode. Le
long du bord ventral du propode, une râpe for¬
mée de soies squamiformes allongées, disposées en
deux (chez les plus petits individus) à cinq lignes
irrégulières.
Cinquièmes pattes à mérus se rétrécissant pro¬
gressivement vers la région distale, sa longueur
égale au double environ de sa largeur maximale.
Propode elliptique avec une forte saillie antéro-
dorsale formant un doigt fixe un peu plus court
que le dactyle. Sa face latérale recouverte, sauf
dans la région proximale, par une râpe de soies
squamiformes rectangulaires, plus courtes que sur
les quatrièmes pattes. Sur la face latérale du
dactyle, les mêmes soies, un peu plus triangu¬
laires, disposées en deux lignes.
Sixième tergite abdominal subcirculaire, sa sur¬
face fortement convexe. Deux profondes incisions
latéro-postérieures se prolongent par des dépres¬
sions de la face dorsale, laquelle est également
creusée d’une faible gouttière longitudinale médiane
sur sa moitié postérieure. Bord postérieur avec
quelques tubercules de part et d’autre d’une petite
concavité médiane.
Telson allongé, d’un tiers plus long que large. Il
est formé d’une pièce unique, mais les régions
latérales épaisses présentent vers leur milieu une
division oblique simulant une amorce d’articula¬
tion. Les deux tiers antérieurs, entre les épaississe¬
ments, sont occupés par une surface légèrement
bombée avec une fissure longitudinale médiane.
Cette surface est limitée postérieurement par deux
lignes formant un angle obtus et correspondant à
une calcification moindre de la cuticule. Grâce à
ces deux lignes de flexion et aux pseudo-articula¬
tions latérales, les deux lobes postérieurs très
arrondis et séparés par une échancrure médiane
présentent une certaine mobilité : grâce à des
muscles insérés ventralement ils peuvent se rabattre
obliquement vers le plan sagittal.
Uropodes forts, les deux rames pourvues d’une
râpe s’étendant le long du bord antéro-latéral et
formée de petites spinules cornées très régulières.
L’exopodite est long, dépassant le bord postérieur
du telson.
Taille
Les 35 spécimens examinés comprennent 20 mâles
de 4,1 à 12,5 mm, 15 femelles de 3,2 à 10,5 mm,
dont 4 ovigères, la plus petite mesurant 4,6 mm.
Les tailles extrêmes signalées dans la littérature
sont incluses dans les limites indiquées pour notre
matériel.
Habitat
Le matériel dont nous avons disposé et les réfé¬
rences antérieures montrent que Pomatocheles jef-
freysii vit exclusivement dans des coquilles de
Dentales appartenant à diverses espèces.
Remarques
Pomatocheles jeffreysii décrit par Miers des
eaux japonaises en 1879 est la première espèce de
Pylochelidae connue. C’est aussi celle qui a été le
plus souvent signalée et figurée, toujours d’après
des spécimens provenant du Japon. Espèce com¬
mune dans cette région, à des profondeurs diverses,
jusqu’à 300 mètres environ, on peut présumer
qu’elle a été correctement identifiée et que toutes
les références mentionnées plus haut la concer¬
nent.
Les spécimens assez nombreux que nous avons
examinés sont variables à des degrés divers suivant
les caractères considérés. Le lobe rostral, toujours
assez large, a un bord antérieur plus ou moins
convexe, avec parfois un ou plusieurs granules ou
denticules ; il peut être notablement plus court
que les saillies post-antennaires ou les dépasser
sans jamais être aussi proéminent, cependant,
qu’il n’apparaît sur le dessin de Balss (1918,
pl. 2, fig. 1). Les pédoncules oculaires peuvent
être un peu plus courts que chez le spécimen
figuré.
La face dorsale du sixième tergite abdominal est
en général assez lisse, en dehors de la faible gout¬
tière médiane et d’une paire de dépressions qui
prolongent les incisions postéro-latérales. Chez
quelques spécimens elle est plus ou moins sculp¬
tée, avec en particulier de forts renflements irrégu¬
liers de part et d’autre de la gouttière médiane.
C’est le cas d’un spécimen femelle de 5,0 mm
(fig. 35 e) chez lequel on observe aussi des protu¬
bérances inhabituelles sur le cinquième tergite.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL/DAE
123
Fig. 35 e. — /</., Albalross, si. 3713, Ç 5,0 mm : abdomen, vue dorsale.
a-d : x 6,5 ; e : x 12.
Cependant, c’est surtout dans l’allongement et
dans la forme des segments de l’abdomen que
l’on observe les variations les plus importantes.
Afin de donner une idée de leur amplitude, nous
avons figuré la partie antérieure de l’abdomen de
plusieurs spécimens. Les figures 5 c, d (p. 30) et
35 a,b se rapportent à deux femelles de taille voi¬
sine, respectivement 10,0 et 10,5 mm. Il s’agit là
des formes les plus habituelles, mais qui présen¬
tent déjà entre elles des différences de proportions
notables. Le deuxième tergite est plus large que
long, avec un rapport des dimensions voisin de
quatre cinquièmes chez l’une, de trois quarts chez
l’autre. Ses bords latéraux divergent notablement
puis, en arrière de leur milieu tendent à se rappro¬
cher. Ceci correspond en vue latérale, à l’élargis¬
sement de la région pleurale en un lobe arrondi.
Les deux tergites suivants, rectangulaires et subé¬
gaux, montrent les mêmes différences de propor¬
tions, le rapport de la longueur à la largeur étant
chez les deux spécimens respectivement supérieur
et inférieur à deux tiers.
Les tergites peuvent aussi être plus larges ou
beaucoup plus étroits. Un cas d’élargissement
extrême est celui de la femelle de 5,0 mm déjà
mentionnée (fig. 35 e) dont le deuxième tergite, à
bords latéraux divergents sur toute leur longueur,
est près de deux fois moins long que large, alors
que les tergites suivants ont une largeur nettement
supérieure au double de leur longueur. A l’inverse,
plusieurs spécimens, tous femelles, ont un abdo¬
men étroit. Chez une femelle de 7,5 mm (fig. 35 d)
provenant comme celle de 10,5 mm (fig. 35 b) de
la baie de Tosa, le deuxième tergite est plus long
que large (rapport 6/5) ; en vue dorsale, ses bords
latéraux divergent dans leur quart antérieur puis
sont rectilignes et parallèles. Les deux tergites sui¬
vants sont rectangulaires, avec également une lon¬
gueur légèrement supérieure à la largeur.
En vue latérale, la région pleurale du deuxième
tergite ne s’élargit que faiblement de l’avant vers
l’arrière (fig. 35 c) et ne présente que l’amorce du
lobe arrondi visible sur la figure 35 a.
L’aspect d’ensemble de l’abdomen est en rela-
Source : MNHN, Paris
124
JACQUES FOREST
tion avec le degré d’élargissement des tergites.
L’élargissement maximal correspond à un abdo¬
men notablement déprimé dorso-ventralement et
trapu, alors que, lorsque les tergites sont étroits,
cette région apparaît comme cylindrique et grêle.
La différence dans les longueurs relatives de la
carapace et de l’abdomen est considérable, comme
le montrent les figures 35 a, b et 35 c, d exécutées
à la même échelle. Mesuré sur le dessin, l’abdo¬
men de la forme large est un peu plus court que
celui de la forme étroite, alors que les longueurs
de la carapace sont respectivement de 10,5 et
7,0 mm. L’abdomen est ainsi de 60 % plus
allongé chez le second spécimen que chez le pre¬
mier.
Les spécimens à abdomen étroit montrent une
certaine variabilité dans les proportions des tergites,
mais il n’existe pas de véritables intermédiaires à
cet égard entre eux et ceux dont les tergites sont
plus larges. Par ailleurs ils sont identiques à ceux-
ci, auxquels ils sont d’ailleurs mêlés, dans les
mêmes échantillons. Il s’agit peut-être d’individus
dont la croissance s’est effectuée dans une même
coquille, et dont les segments abdominaux sont
ainsi littéralement moulés sur la loge cylindrique
qu’ils occupent. Il faut noter aussi que tous sont
des femelles, mais il n’est pas exclu que l’examen
d’un matériel plus nombreux révèle que des mâles
ont également la même conformation.
Distribu hon
Pomatocheles jeffreysii est actuellement connu
du Japon, de la région de Kyushu jusqu’à la baie
de Toyama sur la côte ouest et jusqu’à 38° N
environ sur la côte est, et de Corée (île Cheju).
Entre 30 et 300 m, mais surtout entre 80 et 150
mètres.
Pomatocheles gaillardi sp. nov.
(fig. 36 a-e)
Matériel 1
Siboga, station 260, 16.12.1899, îles Kei, 5°36,5' S,
132°55,2' E, 90 m, sable, coraux, coquilles : 1 cr
2,15 mm (holotype).
Type ’. — Zoologisches Muséum, Amsterdam :
mâle holotype (voir ci-dessus).
Localité-type. — Mer de Banda, îles Kei, 90 m.
Diagnose. — Région postérieure de la carapace deux
fois plus courte que l’écusson. Bord frontal à lobe ros-
tral large, arrondi, armé de trois denticules, dépassant
les saillies post-antennaires. Pédoncules oculaires forts,
s’élargissant régulièrement à partir de la base, d’une
longueur égale aux trois quarts de celle de l’écusson.
Cornées renflées, leur diamètre compris 2,3 fois dans la
longueur des pédoncules. Pédoncules antennaires n’attei¬
gnant pas tout à fait la base des cornées. Chélipèdes
formant un opercule circulaire. Carpe avec une très
forte saillie antéro-mésiale. Main et facette operculaire
du carpe bordées de dents assez courtes et régulières ;
face dorsale de la main un peu moins de deux fois plus
longue que large, légèrement déprimée, très finement
granuleuse. Bord dorsal de la 2 e patte thoracique avec
trois très courtes spinules.
1. Voir addendum, p. 127.
Description
Écusson céphalothoracique aussi long que large.
Région postérieure de la carapace deux fois plus
courte que l’écusson.
Bord frontal avec une large saillie rostrale
arrondie, armée de trois denticules dont l’un plus
long à l’apex. Saillies post-antennaires se termi¬
nant en une dent aiguë qui n’atteint pas le niveau
du denticule rostral. Bords latéraux de l’écusson
légèrement convexes. Les deux branches du sillon
cervical bien marquées. En arrière de l’écusson, la
carapace est décalcifiée et transparente et les sil¬
lons cardio-branchiaux ne sont pas décelables.
Pédoncules oculaires d’une longueur égale aux
trois quarts de celle de l’écusson. S’aiticulant sur
une pièce basilaire arrondie, ils s’élargissent pro¬
gressivement jusqu’aux cornées qui sont grandes,
renflées, d’un diamètre compris 2,3 fois environ
dans la longueur des pédoncules et presque égal
au double du diamètre proximal. De part et
d’autre de chaque pédoncule une bande décalcifiée
relie les régions articulaire et cornéenne.
Pédoncules antennulaires plus longs que l’écus¬
son d’un cinquième et dépassant les yeux des deux
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
125
Fie. 36. — Pomaiocheles gaillardi sp. nov., Sibogo, si. 260, a holotype 2,15 mm : a, écusson céphalothoracique ei appendices
céphaliques ; b, sixième lergite abdominal, telson et uropodes ; c, région distale du chélipède gauche ; d, chélipède gauche
vue latérale ; e, deuxième péréiopode droit, vue mésiale.
a-d : x 33 ; e : x 36.
Source : MNHN, Paris
126
JACQUES FOREST
tiers du second article. Celui-ci deux fois et demie
plus long que le troisième.
Pédoncules antennaires n’atteignant pas les cor¬
nées. Deuxième article avec la saillie antéro¬
latérale courte et large, avec trois fortes dents.
Écaille antennaire avec quatre dents aiguës dans la
région distale. Flagelle antennaire un peu plus
court que l’écusson.
Chélipède droit manquant. Le gauche de type
operculiforme. Mérus avec une dent distale et en
arrière, cinq dents régulièrement espacées sur le
bord dorsal ; plusieurs dents aiguës également sur
la région disto-ventrale.
Carpe présentant une très forte saillie antéro-
mésiale, avec la facette operculaire bordée de
dents courtes, aiguës, régulières. La face mésiale
est profondément excavée et séparée de la région
dorsale, par une concavité armée de fortes dents
dont la plus proximale est très large, et arrondie
au sommet. L’article apparaît ainsi comme forte¬
ment rétréci vers le milieu de sa longueur et deux
fois moins large à ce niveau que dans la région
distale.
Propode à bord latéral convexe, à bord mésial
droit, sur la même ligne que celui du dactyle. Ces
bords régulièrement denticulés. Largeur maximale
de la main égale à la moitié de sa longueur totale.
La face dorsale légèrement déprimée, très fine¬
ment granuleuse avec une pubescence formée de
poils microscopiques.
Une seule deuxième patte thoracique présente,
du côté droit. Dactyle de même longueur que le
mérus. Propode nettement plus court, sa largeur
maximale comprise quatre fois environ dans sa
longueur. Sur le bord dorsal du mérus et du
carpe, de très fines spinules, une distale et deux
en arrière du milieu sur le mérus, une distale et
deux dans la partie proximale sur le carpe.
Quatrièmes pattes thoraciques à propode arron¬
di, avec une ligne unique de sept soies squamifor-
mes au bord ventral '.
Sixième tergite abdominal arrondi, un peu plus
long que large.
Telson présentant la même structure que chez
Pomatocheles jeffreysii. Sa largeur maximale égale
aux cinq septièmes de sa longueur.
Habitat
Coquilles de Dentales.
Remarques
Le spécimen décrit, auquel manque le chélipède
droit, la deuxième patte thoracique gauche et les
deux pattes de la troisième paire, est un mâle dont
les pléopodes sexuels sont très développés. C’est le
plus petit des Pylochelides adultes que nous avons
eu l’occasion d’examiner. Ses caractères sont
indiscutablement ceux d’un Pomatocheles, mais il
est tout à fait distinct de P. jeffreysii Miers, seule
espèce du genre connue jusqu’à présent. P. gail-
iardi a une région postérieure de la carapace plus
courte par rapport à l’écusson ; son bord frontal
est quelque peu différent de celui du P. jeffreysii
figuré ici (fig. 34 a) : le lobe rostral est plus large,
plus saillant et armé de trois denticules, mais nous
avons vu que l’espèce de Miers montre quelques
variations dans la forme et la proéminence de ce
lobe, certains exemplaires portant aussi des gra¬
nules ou denticules. Les pédoncules oculaires de
P. gaillardi s’élargissent à partir de la base et la
région cornéenne a un diamètre compris deux fois
et demie dans leur longueur, alors qu’ils sont
subcylindriques, avec un diamètre de trois fois
inférieur à leur longueur chez jeffreysii. D’autres
différences affectent les proportions et l’ornemen¬
tation des pédoncules et de l’écaille antennaire.
Les chélipèdes de la nouvelle espèce ont une facette
antérieure du carpe beaucoup plus saillante du
côté mésial et une main relativement plus large.
Quant au bord postérieur du sixième tergite de
l’abdomen (fig. 36 b), il n’a pas d’échancrure
médiane et ne porte pas de denticulations comme
chez P. jeffreysii (fig. 34 b).
P. gaillardi ne présente pas d’affinités particu¬
lières avec l’autre espèce décrite ici, P. stridulans.
Distribution
Mer de Banda, au large des îles Kei, 90 mètres.
1. Celle disposition est inhabituelle en dehors de la sous-famille des Pylochelinac. Cependant, chez Pomatocheles jeffrey¬
sii, seule espèce du genre connue par un assez grand nombre de spécimens, la râpe des 4' péréiopodes compte en général quatre
ou cinq lignes de soies squamiformes, mais trois ou même deux seulement chez les plus petits. La présence chez P. gaillardi,
comme chez P. stridulans, d’une ligne unique est peut-être liée à la très petite taille des spécimens. En tout cas les soies en ques¬
tion sont de la même forme et se recouvrent de la même façon chez les trois espèces.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
127
Addendum. — Trois spécimens identifiables à
Pomatocheles gaillardi sp. nov. m’ont été tout
récemment remis. Provenant de l’expédition de
Th. Mortensen aux îles Kei, 1922 (St. 53, 9.05.
1922, 5°36' S, 132°55' E, 85 m, sable, coraux),
ils comprennent un mâle de 1,7 mm, une femelle
de 1,6 mm et une autre femelle de 2,2 mm por¬
tant une douzaine d’œufs de 500 à 650 /im de dia¬
mètre. La description de l’holotype s’applique
bien à ce nouveau matériel, en particulier en ce
qui concerne la forme du bord frontal, des pédon¬
cules oculaires et des chélipèdes. Ils sont désignés
ici comme les paratypes de l’espèce, le mâle étant
déposé au Muséum national d’Histoire naturelle
(Pg 4266), les deux femelles au Zoologisk
Muséum, Copenhague.
Le fait que les deux plus petits exemplaires
soient adultes confirme qu’il s’agit de la plus
petite espèce de Pylochelidae connue. A noter que
la localité et la profondeur de récolte sont très
voisines de celles du type. Enfin les trois spéci¬
mens supplémentaires étaient logés dans des tubes
de Dentales, ce qui permet de préciser un habitat
qui n’était que présumé.
Pomatocheles stridulans sp. nov.
(fig. 37 a-d, 38 a-b)
Matériel
N.O. Suroît, Campagne BENTHEDI.
Station DR 08, 19.03.1977, W. îles Glorieuses,
11 °29,2' S, 47°18,2' E, 250 m, drague à roche,
sable corallien grossier, avec Gorgones, Ophiures,
Brachiopodes : 1 juv. 1,3 mm environ (L. écusson :
0,82 mm), 1 glaucothoé 1,2 mm environ. Ces
deux exemplaires privés des trois premières paires
de péréiopodes.
Station F 49, 28.03.1977, île Mayotte, W. passe
Bouéni, 12°54,6' S, 44°56,3' E, 300-450 m, fau-
bertage sur fond d’Éponges et d’Antipathaires :
1 9 ovigère 3.7 mm, holotype (Pg 2899). Spécimen
mutilé, voir description.
Type. — Muséum national d’Histoire naturelle,
Paris : 9 ovigère holotype (voir ci-dessus).
Localité-type. — SW océan Indien, île Mayotte,
300-450 m.
Diagnose. — Région postérieure de la carapace d’un
tiers plus courte que l’écusson. Bord frontal avec une
faible avancée médiane, large, concave en avant, très en
retrait par rapport aux saillies post-antennaires acumi-
nées. Pédoncules oculaires cylindriques dans la moitié
proximale, puis notablement renflés ; leur longueur
égale aux trois quarts de celle de l’écusson. Diamètre
des cornées compris un peu plus de 2,5 fois dans la lon¬
gueur des pédoncules. Chélipèdes formant un opercule
semi-circulaire. Carpe avec une saillie antéro-mésiale
modérée ; crête limitant la facette distale de cet article
armée de dents assez fortes et aiguës sur la moitié
mésiale, très atténuées sur la moitié latérale. Main un
peu plus de deux fois plus longue que large, bordée de
denticules plus forts du côté latéral. Sa face dorsale
légèrement bombée sur la région palmaire, déprimée sur
le doigt fixe. Sur sa face mésiale un système de granules
alignés formant un appareil stridulatoire. Bord dorsal
du carpe des 2 e pattes thoraciques avec sept spinules
courtes et fines.
Description
Écusson céphalothoracique aussi long que large.
Longueur de la région postérieure de la carapace
égale aux deux tiers de celle de l’écusson. Bords
latéraux de l’écusson légèrement convexes, subpa¬
rallèles.
Bord frontal avec deux saillies post-antennaires
anguleuses, chacune armée d’un petit denticule
orienté quelque peu latéralement. Région médiane
formant un lobe court et large à bord antérieur
faiblement concave et très en retrait par rapport
aux saillies post-antennaires.
En arrière du lobe frontal médian une large
dépression transverse. Les deux branches du sillon
cervical rectilignes, largement séparées au point où
elles atteignent le bord postérieur de l’écusson.
Celui-ci a une surface lisse, brillante, légèrement
iridescente, faiblement ponctuée.
Région postérieure de la carapace à téguments
Source : MNHN, Paris
128
JACQUES FOREST
Fig. 37. — Pomatocheles stridutans sp. ne
a, carapace ei appendices céphaliques,
monirani l'appareil stridulatoirc ; d.
>v., N.O. Suroit, campagne BENTHEDI, st. F49, 9 ovigère holotype 3 7
vue dorsale ; b, région distale du chélipède gauche, vue dorsale • c id vue
troisième péréiopode droit.
i, b, d : x 20 ; c : x 16.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
129
minces, transparents. Sillons cardio-branchiaux
droits, parallèles, à peine discernables.
Pédoncules oculaires cylindriques dans la moitié
proximale ; leur longueur égale aux trois quarts de
celle de l’écusson. Cornées enveloppantes, dila¬
tées, avec une large encoche mésiale arrondie.
Leur diamètre compris un peu plus de deux fois et
demie dans leur longueur. Sur chaque pédoncule
deux larges bandes longitudinales décalcifiées,
l’une latéro-dorsale, l’autre mésio-ventrale. A la
base des pédoncules une pièce basilaire bien déve¬
loppée.
Pédoncules antennulaires d’un tiers plus longs
que l’écusson, dépassant les yeux des quatre cin¬
quièmes de leur deuxième article, celui-ci près de
trois fois plus long que le troisième.
Pédoncules antennaires atteignant le milieu des
cornées. Le deuxième article large, avec la saillie
antéro-latérale faiblement denticulée. Écaille
antennaire dépassant notablement la base du cin¬
quième article, avec des denticulations aiguës dans
la région distale seulement. Flagelle antennaire
d’un quart plus long que l’écusson.
Chélipèdes égaux, symétriques, formant un
opercule subcirculaire. Mérus à bord dorsal armé
d’une épine distale suivie de denticules. Carpe pré¬
sentant une facette distale étroite limitée par une
crête armée de dents, fortes sur la moitié mésiale,
très réduites du côté latéral. Face dorsale séparée
de la face mésiale, excavée, par une crête armée
d’une ligne de dents aiguës dans sa partie distale
suivie d’une épine médiane isolée, puis d’une
autre dans la région proximale. Au niveau de
l’épine médiane une série de dents épineuses divise
transversalement la face dorsale.
Propode à bord latéral régulièrement convexe,
denticulé, à bord mésial rectiligne, marqué par des
denticules plus petits et alignés sur le bord égale¬
ment rectiligne du dactyle. Face dorsale d’une lar¬
geur comprise un peu plus de deux fois dans la
longueur, très légèrement renflée au milieu, légère¬
ment déprimée sur le doigt fixe ; sa surface fine¬
ment granuleuse. Pilosité faible, un peu plus forte
sur les régions marginales.
Sur le chélipède gauche, la face mésiale dépri¬
mée de la région palmaire porte des granules dis¬
posés en deux lignes longitudinales, légèrement
divergentes et en deux lignes transverses parallèles
plus courtes, situées en arrière du dactyle.
Les mêmes granules existent sur la face homo¬
logue de l’autre appendice, mais avec un arrange¬
ment différent : sous une ligne parallèle au bord
palmaire, et correspondant à la ligne supérieure
observée sur le chélipède gauche, trois rangées
obliques et parallèles, comptant, à partir de la
région proximale, huit, quatre et deux granules.
Deuxième patte thoracique gauche manquante,
ainsi que le propode et le dactyle de l’appendice
droit ; sur celui-ci le mérus porte cinq spinules
microscopiques et le carpe sept spinules un peu
plus développées.
Troisièmes pattes thoraciques grêles. Mérus et
dactyle de même longueur, propode d’un tiers
plus court et d’une largeur maximale comprise
quatre fois dans sa longueur. Bord dorsal du
mérus et du carpe avec une faible serrulation.
Quatrièmes pattes thoraciques avec le mérus
d’une largeur égale aux deux cinquièmes de sa
longueur. Propode arrondi, portant sur son bord
ventral une ligne unique de dix soies squamiformes
(voir note p. 126).
Cinquièmes pattes thoraciques à mérus deux
fois plus long que large. Râpe recouvrant en
grande partie la face latérale du propode.
Abdomen manquant à partir du troisième seg¬
ment.
Habitat
Inconnu. Le spécimen a été recueilli dans un
faubert parmi de nombreuses Éponges et Antipa-
thaires.
Remarques
Bien que le spécimen holotype décrit ci-dessus
soit amputé de l’extrémité de son abdomen et que
l’on soit ainsi privé d’un élément diagnostique
important au niveau du genre, le telson, il prend
certainement place parmi les Pomatocheles. La
forme générale de la carapace et des deux pre¬
miers tergites abdominaux, l’aspect des pédoncules
oculaires, les différenciations des chélipèdes ne
laissent aucun doute à cet égard. II présente néan¬
moins des traits tout à fait distinctifs par rapport
à P. jeffreysii et à P. gaillardi sp. nov.
A la place du lobe rostral arrondi et saillant
propre aux deux autres espèces on a ici (fig. 37 a)
une avancée courte et large, à bord légèrement
concave, enfoncée entre les deux saillies post-
antennaires beaucoup plus proéminentes. Les pédon¬
cules oculaires cylindriques dans la moitié proxi¬
male, puis s’élargissant jusqu’aux cornées, sont
dans une certaine mesure intermédiaires entre ceux
Source : MNHN, Paris
130
JACQUES FOREST
de P. jeffreysii, où l’élargissement est limité à la
région cornéenne, et ceux de P. gaillardi, élargis à
partir de la base. Les pédoncules antennaires sont
nettement plus longs que chez les autres Pomato¬
cheles. Les chélipèdes assez proches par leurs pro¬
portions, mais non par la spinulation du carpe, de
ceux de P. jeffreysii offrent une particularité
remarquable. La face mésiale de la région pal¬
maire porte un appareil dont la nature stridula-
toire est évidente (fig. 37 c) et qui justifie le nom
spécifique choisi. On observe sur l’appendice gau¬
che deux lignes longitudinales de granules, légère¬
ment divergentes, et, juste en arrière du dactyle,
deux lignes transverses plus courtes. Sur la région
homologue de l’autre chélipède, les mêmes granu¬
les existent, avec une disposition différente : une
ligne supérieure parallèle au bord mésial de la
face dorsale, et, au-dessous trois lignes parallèles
obliques. Les deux éléments de l’appareil stridula-
toire fonctionnent par friction de l’un sur l’autre,
comme c’est le cas chez les Diogenidae du genre
Trizopagurus (Forest, 1952, p. 3).
11 s’agit d’une espèce de petite taille. L’unique
spécimen adulte obtenu est une femelle dont la
carapace ne mesure que 3,7 mm et qui, sous la
partie de l’abdomen qui subsiste, c’est-à-dire sous
les trois premiers segments, abrite trois œufs rela¬
tivement volumineux puisqu’ils mesurent 820 x
700 /im.
Deux autres spécimens provenant d’une région
voisine ont été identifiés, l’un comme un juvénile,
l’autre comme la glaucothoé de Pomatocheles stri-
dulans. Ils sont décrits ci-après.
Il faut noter l’isolement géographique apparent
de cette espèce, seul Pomatocheles trouvé jusqu’ici
dans l’océan Indien, alors que les deux autres
représentants du genre sont connus l’un de la mer
de Banda, l’autre du Japon.
Distribution
SW de l’océan Indien, île Mayotte, 250-
300, (450 ?) mètres.
Le premier stade juvénile et la glaucothoé
de Pomatocheles stridulans
Deux Pagurides de très petite taille, recueillis,
comme le type de P. stridulans sp. nov., au cours
de la campagne BENTHEDI, semblent identifiables
à cette espèce. Ces deux exemplaires ont été
extraits par le Centre Océanologique de Tri, à
Brest, de sédiments provenant d’un dragage au
large des îles Glorieuses, par 250 mètres. L’un et
l’autre sont privés des trois premières paires
d’appendices thoraciques, mais, pour le reste, sont
relativement en bon état. Le premier (fig. 38 a),
dont la carapace mesure environ 1,3 mm et l’écus¬
son 0,82 mm, est un juvénile qui manifestement
appartient au genre Pomatocheles , et, selon toute
vraisemblance, à la seule espèce du genre connue
pour l’instant de l’océan Indien, P. stridulans.
L’écusson, qui s’inscrit dans un carré, est légère¬
ment plus court que chez le type. Le bord frontal
présente une avancée médiane légèrement moins
en retrait par rapport aux saillies post-antennaires,
et les angles de cette avancée sont non pas arron¬
dis comme chez l’adulte, mais marqués par un
denticule, alors que la concavité médiane, égale¬
ment très faible, porte en son centre un denticule.
Les pédoncules oculaires sont relativement plus
longs et plus gros que chez l’adulte, et la région
cornéenne relativement moins renflée. Les anten-
nules sont courtes, le flagelle dorsal ne comptant
que quatre articles au lieu d’une vingtaine chez
l’adulte. De même, les pédoncules antennaires
n’atteignent pas la base des cornées ; l’écaille
antennaire, forte, porte des dents marginales plus
longues et moins nombreuses et le flagelle com¬
prend neuf articles relativement longs, contre 25
environ chez l’adulte. II s’agit apparemment d’un
stade très précoce sans doute celui qui succède à
la glaucothoé. En effet le second spécimen, qui,
d’après les caractères énoncés ci-après, paraît cor¬
respondre à ce dernier stade, a une carapace de
1,2 mm, donc un peu plus courte. Il s’agit de la
seule glaucothoé de Pylochelidae qui soit connue.
Pour cette raison, nous ne l’avons pas disséquée,
et les caractères relevés sont donc essentiellement
ceux qui étaient observables in situ.
La glaucothoé (fig. 38 b) diffère du juvénile par
l’écusson, beaucoup plus long que la région posté¬
rieure de la carapace dont il est peu distinctement
séparé. Le front ne présente pas de concavité
médiane, mais un lobe rostral arrondi avec un
minuscule denticule apical. Les pédoncules ocu¬
laires sont aussi très gros, mais avec un diamètre
cornéen légèrement inférieur à celui des pédon¬
cules. Les pièces oculaires basilaires ont la même
forme et les mêmes proportions que chez l’adulte.
Les antennules (fig. 38 c), plus courtes encore que
chez le juvénile, ont un flagelle dorsal de trois arti¬
cles et un flagelle ventral de deux articles. Les
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
131
Fig. 38 a-b. — Pomalocheles slridulans sp. nov., campagne BENTHEDI, si. DR 08 : a, juv. 1,3 mm, carapace el appendices
céphaliques ; b, glaucothoé 1,2 mm, bord frontal et appendices céphaliques ; id., c, antennule ; d, telson et uropode droit.
Fig. 38 e. — Paguristes abbreviatus Dechancé ; telson et uropode droit de la glaucothoé (d’après Dechancé, 1963, fig. 12)
a. b : x 55 ; c : x 188 ; d, e : x 60.
Source : MNHN, Paris
132
JACQUES FOREST
antennes sont dotées d’une écaille très forte et
d’un flagelle de huit articles. Le telson (fig. 38 d)
est une lame allongée, à bords latéraux rectilignes,
entiers, divergents, qui s’arrondissent postérieure¬
ment pour former deux lobes séparés par une
forte encoche médiane. Ces lobes portent de lon¬
gues soies plumeuses, dix à droite, onze à gauche,
dont la plupart sont notablement renflées dans la
région proximale. Il y a quatre paires de pléo-
podes de taille légèrement décroissante, chacun
comprenant un propodite et un exopodite assez
longs et un endopodite réduit, pourvu d’un reti-
nacle distal. Les uropodes (fig. 38 d) sont forts ;
leur contour rappelle celui observé chez l’adulte,
notamment par la forme en crosse de la rame
externe ; leur ornementation se réduit à de longues
soies plumeuses marginales entre lesquelles s’insè¬
rent, sur le bord latéral, des écailles cornées. Les
larges plages de soies squamiformes (râpes) sont
absentes, mais sont visibles par transparence sur
les uropodes du stade suivant, en cours de diffé¬
renciation.
Malgré l’absence des trois premières paires de
péréiopodes, l’identification de cette forme à une
glaucothoé paraît indiscutable, si on se réfère aux
caractéristiques de ce stade chez les Pagurides :
saillie rostrale arrondie, forme et dimensions des
pédoncules oculaires, nombre réduit d’articles sur
les flagelles antennulaires et antennaires, structure
des pléopodes, faible différenciation du telson et
présence de longues soies sur son bord postérieur,
non différenciation des « râpes » sur les uro¬
podes.
Cette glaucothoé présente des caractères qui la
distinguent nettement des post-larves décrites chez
les autres Coenobitoidea et chez les Paguridae. Le
seul trait commun avec ces dernières est le déve¬
loppement des pièces oculaires basilaires : en effet
les glaucothoés des Paguridae (mais non celles des
Lithodidae) sont déjà dotées de processus homo¬
logues, les écailles oculaires, qui manquent chez
les Diogenidae, sauf dans le genre Diogenes '.
Par ailleurs, et en accord avec les remarques
présentées sur les affinités des Pylochelidae (cf.
p. 32), c’est surtout avec les Diogenidae que cer¬
tains rapprochements sont possibles. L’un des
caractères qui opposeraient les glaucothoés de
Paguridae à celles de Diogenidae est la prédomi¬
nance chez les premières, et dès ce stade, du chéli-
pède droit sur le gauche, qui contraste avec la
symétrie des deux appendices chez les secondes.
La distinction ne vaut cependant que lorsque les
adultes ont des chélipèdes inégaux, et, sur ce
point, rien ne sépare évidemment la glaucothoé
d’un Pylochelidae, de celle d’un Diogenidae ou
d’un Paguridae homochèle.
Plus significative est la différence dans le nombre
de soies sur le bord postérieur du telson de la
glaucothoé. Ce nombre est toujours de huit chez
les Paguridae, alors qu’il est en général supérieur,
et variable suivant les espèces, chez les Diogeni¬
dae. A cet égard la glaucothoé de Pomalocheles
stridulans, avec ses 21 soies sur le telson, se situe
entre celles des Dardanus et des Peirochirus qui
en possèdent de II à 19 et celles des Aniculus, qui
en ont de 14 à 24 (Forest, 1984, p. 84).
Sans procéder à une comparaison détaillée entre
la glaucothoé succinctement décrite ici et les
stades homologues connus chez les Diogenidae,
nous relèverons quelques différences et similitudes
en nous référant aux données de divers auteurs
(c/. Provenzano, 1967 et 1968, références) rela¬
tives aux caractéristiques des glaucothoés de divers
genres.
Le nombre d’articles des flagelles dorsal et ven¬
tral de l’antennule est respectivement ici de trois
et de deux. Ces chiffres sont plus élevés chez la
plupart des Diogenidae qui ont un flagelle dorsal
de quatre à plus de dix articles (chez Dardanus) et
un flagelle ventral de trois ou quatre articles, mais
dans le genre Paguristes la formule peut
être la même que chez Pomalocheles stridulans.
On observe chez ce dernier une particularité nota¬
ble : le dernier article du flagelle dorsal porte qua¬
tre longues soies, l’une terminale, mince et droite,
les trois autres larges, multisegmentées, d’aspect
rubanné, insérées légèrement en arrière de la pre¬
mière et ventralement. Ces soies épaisses représen¬
tent sans doute les aesthetascs, lesquels, chez les
Diogenidae comme chez les Paguridae, semblent
avoir une autre localisation : ils s’insèrent ventra¬
lement sur un nombre variable d’articles, mais
jamais sur le proximal, ni sur la moitié distale du
dernier article. Il n’est cependant pas exclu que la
saillie antérieure rétrécie, séparée du reste de
l’article distal par une légère constriction qui, chez
la glaucothoé de Pomalocheles stridulans, porte la
longue soie terminale (fig. 38 c) corresponde à un
1. Voir noie
134.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
133
article distinct ; les aesthetascs appartiendraient
ainsi à l’article précédent et l’homologie avec les
Diogenidae se trouverait rétablie.
Ajoutons encore que, chez les Coenobitidae,
l’insertion des aesthetascs sur les antennules semble
aussi distale ou disto-ventrale. Le flagelle ventral
comprend un seul article, alors que le flagelle dor¬
sal est également uni-articulé (chez Coenobita
clypeatus, Provenzano, 1962o, fig. 4 g) ou bi-
articulé (chez C. rugosus, d’après Yamaguchi,
1938, fig. 12a), les aesthetascs étant implantés
distalement et disto-ventralement.
En ce qui concerne le flagelle antennaire, il est
formé de huit articles, alors qu’il en compte jus¬
qu’à 27 chez Dardanus, mais seulement de quatre
à six chez Paguristes.
La forme et l’ornementation du telson sont des
éléments importants pour l’identification des glau-
cothoés de Pagurides, et particulièrement chez les
Diogenidae, au niveau des distinctions génériques
et spécifiques. Dans certains cas, le telson est un
peu moins long que large, avec des bords latéraux
fortement convergents et un bord postérieur très
arrondi (Ctibanarius, Dechancé et Forest, 1958,
fig. 16) ou tronqué ( Aniculus , Forest, 1984,
fig. 77, 87). Son contour peut s’inscrire dans un
carré, les angles postérieurs étant arrondis ( Trizo-
pagurus, Provenzano, 1967, fig. 8 g). La lon¬
gueur peut être notablement supérieure à la lar¬
geur, les bords latéraux droits ou peu convexes,
parallèles ou faiblement convergents, et le bord
postérieur plus ou moins arrondi ( Paguristes , Rice
et Provenzano, 1965, fig. 2c-f) ou tronqué (Cal-
cinus, Provenzano, 19626, fig. 12 g). Chez Dar¬
danus (Dechancé et Forest, 1958, fig. 30 ; Pro¬
venzano, 1963, fig. a-c) et Petrochirus (Proven¬
zano, 1968, fig. 9, 11k) le telson est beaucoup
plus allongé ; ses bords latéraux sont droits ou
peu convexes, régulièrement convergents, et le
bord postérieur tronqué ou légèrement arrondi *.
Chez la glaucothoé de Pomatocheles stridulans
le telson a un contour décrit plus haut, bien diffé¬
rent de celui observé chez les divers Diogenidae, à
une exception près (cf. infra). Il est beaucoup plus
long que large, comme chez Dardanus et Petrochi¬
rus, et ses bords latéraux sont rectilignes égale¬
ment, mais divergent régulièrement et la région
postérieure n’est pas tronquée mais découpée en
deux lobes arrondis et, non pas plus étroite que la
région antérieure, mais nettement plus large.
A notre connaissance, la seule glaucothoé de
Diogenidae dont le contour du telson rappelle
celui de Pomatocheles stridulans est celle de Pagu¬
ristes abbreviatus (Dechancé, 1963, fig. 12). Certes
ce telson, dont nous reproduisons ici partiellement
le dessin (fig. 38 e), est beaucoup plus court, mais
ses bords latéraux sont presque rectilignes et légè¬
rement divergents, les deux lobes postérieurs
arrondis sont séparés par une échancrure médiane
à fond concave, et pourvus de longues soies plu¬
meuses.
Parmi les Diogenidae le genre Paguristes est
sans doute celui dont la vie larvaire est la plus
brève, ne dépassant guère huit jours, au moins
chez certaines espèces, et comprenant seulement
deux ou trois stades zoé. P. abbreviatus est la
seule espèce connue comme ayant un développe¬
ment abrégé, l’éclosion se produisant au stade
glaucothoé. M. Dechancé ( loc. cit., p. 492) a
noté les particularités de cette post-larve qui dans
l’ensemble est ontogénétiquement plus avancée
que chez les autres espèces, notamment par la pré¬
sence d’écailles oculaires et par la forme et l’orne¬
mentation des uropodes qui rappellent celles des
adultes.
En résumé, des comparaisons et remarques pré¬
cédentes, il résulte que la glaucothoé de Pomato¬
cheles stridulans présente un ensemble de carac¬
tères qui la séoarent de celles des Diogenidae,
mais qui la situent cependant plus près de cette
famille que des Paguroidea. On relève des analo¬
gies indéniables avec la seule espèce du genre
Paguristes à développement abrégé, P. abbreviatus :
structure des antennules, forme et ornementation
du telson, développement des uropodes. Ces ana¬
logies confirment qu’il existe des affinités entre
certains Pylochelidae — ici les Pomatocheles — et
des Diogenidae. Elles sont cependant limitées à un
trop petit nombre de caractères, pour que l’on en
déduise une parenté particulière entre le genre en
question et les Paguristes. Il conviendrait, pour
aller plus avant dans ce domaine, de procéder à
I. Le telson de la glaucothoé de Diogenes pugilator (sans doute représentative du genre) se distingue par sa brièveté et son
bord postérieur concave sur toute sa longueur. Cette glaucothoé apparaît comme tout à fait aberrante par rapport à celles des
autres Diogenidae, représentant un état de développement beaucoup plus proche de la forme adulte (c/. Dechancé et Forest,
1958, p. 291), avec, en particulier, des écailles oculaires développées et un chélipède gauche beaucoup plus long et plus fort que
le droit.
Source : MNHN, Paris
134
JACQUES FOREST
une étude comparative détaillée de glaucothoés
complètes et en particulier de leurs pièces buc¬
cales.
Ce qui apparaît cependant comme probable,
c’est que les analogies relevées sont liées au mode
de développement. Les Pylochelidae, et plus préci¬
sément les Pomatocheles, ont un développement
abrégé, et c’est sans doute parce que Paguristes
abbreviatus est dans le même cas que sa glauco-
thoé se distingue de celles des Paguristes à déve¬
loppement dilaté par certains caractères, lesquels
au contraire la rapprochent de celle d’un Pomato¬
cheles.
Source : MNHN, Paris
Sous-famille des Parapylochelinae nov.
Définition
Carapace plus de deux fois plus longue que large. Écusson plus court que la région postérieure
et séparée de celle-ci par une linea transversale continue. Une dent rostrale courte. Pédoncules oculaires
bien développés, contigus à la base ; pièces basilaires coalescentes sur la ligne médiane ; les cornées dis¬
tinctes, peu pigmentées. Maxillules sans processus latéral sur l’endopodite. Premiers maxillipèdes avec le
flagelle exopodial entier, orienté suivant l’axe du tronc ; épipodite avec un lobe antérieur et un lobe
postérieur, l’un et l’autre triangulaires. Deuxièmes maxillipèdes avec un court épipodite. Troisièmes
maxillipèdes non chéliformes, à dactyle long, à exopodite court ; les arthrobranchies annexées à cette
paire d’appendices petites, en long triangle, à filaments très courts localisés sur la moitié distale. Qua¬
trièmes péréiopodes à peine subchéliformes, le dactyle court et large étant implanté au milieu du bord
distal du propode ; la râpe formée d’épines coniques espacées, non imbriquées. Telson linguiforme,
entier.
Genre-type. — Parapylocheles Alcock, 1901.
Sous-famille monotypique.
Genre Parapylocheles Alcock, 1901
Pylocheles, Alcock, 1894, p. 224 (pro parte).
Parapylocheles Alcock, 1901, p. 213 ; 1905, p. 19 ; Balss, 1912, p. 90 ; Boas, 1926, p. 47 ; Balss, 1927, p. 1012 ;
1940, p. 96 ; 1956, p. 1386 ; 1957, p. 1585, 1744.
nec Parapylocheles, Walton, 1950, p. 188 (= Dardanus, stade glaucothoé).
Espèce-type. — Pylocheles scorpio Alcock, 1894, par monotypie.
Nombre d’espèces. — Une (indo-ouest-pacifique).
Étymologie. — 7capà, près de, (Pylocheles).
Définition
Écusson céphalothoracique rectangulaire, plus long que large. Rostre petit, acuminé. Sillon cervi¬
cal profond, rejoignant les bords latéraux. Région postérieure plus longue que l’écusson, en grande par¬
tie calcifiée. Région cardiaque large, limitée latéralement par deux sillons subparallèles.
Pédoncules oculaires bien développés, larges et contigus à la base, s’amincissant jusqu’aux cor¬
nées qui sont petites, faiblement pigmentées. Pièces basilaires représentées par d’étroits arceaux calcifiés
encerclant en partie la base des pédoncules et coaslescents sur la ligne médiane.
Mandibules (fig. 39 a, b) avec le processus molaire formant un plaleau broyeur circulaire ; un
processus incisif beaucoup plus large, doté au bord ventral d’une lame cornée rectiligne translucide.
Source : MNHN, Paris
136
JACQUES FOREST
Fig. 39. — Parapylocheles scorpio (Alcock), pièces buccales : . .. ...
viie’mésiale = d ’ maX ' lle 1 e ' premier maxillipèdc : f - deuxième maxillipèdeg.’ troisième'maxïnipède ;hT irf!. basis-îschîon!
, mandibule ; b, deuxième article du palpe, vue latérale ;
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL/DAE
137
Palpe triarticulé avec le deuxième article fortement élargi, la région dilatée pourvue de soies abon¬
dantes.
Maxillules (fig 39 c) à palpe légèrement élargi dans la région distale qui porte 7 à 9 soies ; pas
d’appendice latéral, mais une soie subdistale ; un groupe de soies sur la moitié proximale du bord
mésial.
Maxilles (fig. 39 d) avec le lobe postérieur du scaphognathite long, élargi et très arrondi à l’extré¬
mité.
Premiers maxillipèdes (fig. 39 e) avec le flagelle de l’exopodite constitué par un article allongé,
entier, bordé de soies, orienté suivant l’axe du tronc. Épipodite avec un lobe antérieur triangulaire et
un lobe postérieur à peine plus court, triangulaire également, mais plus large.
Deuxièmes maxillipèdes (fig. 39 0 avec l’exopodite plus court que l’endopodite ; le propode avec
une dilatation disto-mésiale. Un petit épipodite présent.
Troisièmes maxillipèdes (fig. 39 g, h) à crista dentala légèrement sinueuse formée de dents cor¬
nées régulières. Sur la région médiane de la face mésiale, qui est subrectangulaire et concave le long de
la crista dentala, deux, plus rarement une, fortes dents cornées. Extrémité de l’endopodite pédiforme.
Propode long. Dactyle un peu plus court, plus étroit, s’amincissant vers l’extrémité, légèrement arqué.
Chélipèdes allongés, dissymétriques, le droit légèrement plus long et plus large que le gauche (au
moins chez le mâle). Coxae jointives, formant un triangle encadré par les bases des deuxièmes pattes
thoraciques. Une ligne continue de fortes dents sur le bord mésio-ventral du basis-ischion et du mérus.
Les articles distaux sans différenciations particulières.
Deuxièmes et troisièmes péréiopodes longs, sans différenciations particulières, le dactyle relative¬
ment court.
Quatrièmes péréiopodes articulés sur les côtés d’une forte pièce sternale triangulaire, et à peine
subchéliformes. Face latérale du propode armée d’épines cornées coniques, courtes, espacées, non
imbriquées, formant une large râpe subtriangulaire. Dactyle court, sa longueur égale à sa largeur à la
base.
Cinquièmes périéiopodes à propode ovale, en grande partie recouvert des mêmes épines que la
paire précédente. Au dactyle, long, s’oppose une courte saillie du propode. Entre les coxae un tubercule
sternal proéminent.
Premier tergite abdominal fortement calcifié ; sa partie postérieure, lenticulaire, deux fois plus
large que longue, fortement bombée, se prolonge en avant par une baguette rectangulaire beaucoup
plus étroite, deux fois plus longue que large, creusée d’une gouttière médiane, qui s’engage sous le bord
postérieur de la carapace.
Tergite 2 à bord antérieur deux fois plus court que le bord postérieur ; ses bords latéraux, con¬
vexes, prolongeant exactement ceux du premier tergite.
Marge pleurale des tergites 2 à 5 renflée en un bourrelet limité par un fin sillon. Un second sil¬
lon séparant les régions pleurale et tergale, bien marqué sur les deux premiers somites, s’atténue et dis¬
paraît sur les suivants.
Tergite 6 subrectangulaire, plus long que large, avec un sillon médian et deux fortes incisions
latérales dans la région postérieure. Dans la moitié antérieure, de chaque côté, une gouttière profonde
délimite un lobule lenticulaire.
Telson entier, plus long que large, à bord latéraux parallèles et bord postérieur arrondi, avec une
faible incision médiane.
Appendices abdominaux. — Chez le mâle (fig. 40a-d), premier pléopode biarticulé, très petit,
quatre fois plus court que le suivant. L’article distal étroit, trois fois plus court que le proximal, qui,
large à la base, s’amincit régulièrement.
Deuxièmes pléopodes formés de deux grands articles subégaux , le second légèrement élargi puis
aminci dans la région distale, sans trace d’articulation transverse. Un court exopodite.
Les trois appendices suivants se composent d’un fort protopodite, d’un endopodite bien déve¬
loppé avec deux articles subégaux, et d’un exopodite réduit.
Chez la femelle (fig. 40e-f), le premier pléopode est uniarticulé, le second et les suivants sont de
même type que les trois derniers du mâle, mais relativement plus grands.
Source : MNHN, Paris
138
JACQUES FOREST
Remarques
Bien qu’ALCocK (1901, p. 213) en établissant le genre Parapylocheles pour l’espèce qu’il avait
décrite en 1894 sous le nom de Pylocheles scorpio, ait écrit qu’il ressemblait étroitement (closely) à
Pylocheles et Mixtopagurus , on ne peut tenir cette assertion pour exacte : la ressemblance n’existe ni
dans l’aspect général, ni dans les détails morphologiques.
Il ne semble pas utile de comparer séparément Parapylocheles à l’un ou à l’autre des genres
inclus dans la famille des Pylochelidae. Tout un ensemble de particularités distinguent le genre, et nous
résumerons simplement ici les plus notables.
La carapace est remarquable par son allongement et par la longueur de la région post-cervicale,
bien supérieure à celle de l’écusson. Remarquable également est la disposition des sternites thoraciques.
Il n’était pas possible dans le cadre de ce travail d’étudier de façon détaillée les structures squelettiques,
mais Parapylocheles présente à cet égard quelques caractéristiques frappantes. Les coxae des quatrièmes
pattes s’articulent ici (fig. 41 b) sur les côtés d’une pièce sternale massive en forme de triangle, ou plus
exactement de pointe de flèche, la surface de cette pièce étant à peu près dans le même plan que celle
des coxae. Chez tous les autres genres (cf. Pylocheles, fig. 41 a) la pièce homologue est simple ou divi¬
sée, mais toujours moins forte, et surtout beaucoup moins apparente, car les coxae sont fortement sail¬
lantes par rapport à sa surface. De même entre les coxae des cinquièmes pattes, la partie antérieure du
sternite porte un fort tubercule médian, propre aux Parapylocheles.
En ce qui concerne l’abdomen, les tergites 2 à 5 se présentent à peu près comme chez les autres
Pylochelidae, avec une largeur qui dépasse cependant celle de la carapace. Il en est tout autrement pour
le premier tergite. Alors que, ailleurs, cette pièce est en forme de trapèze, avec un bord antérieur plus
court que le bord postérieur, mais une longueur toujours inférieure à la moitié de la largeur maximale,
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
139
on observe ici (fig. 6 b) un long prolongement antérieur en forme de languette étroite, qui s’engage sous
la carapace. La conformation du sixième tergite est également inhabituelle : il est subrectangulaire, net¬
tement plus long que large, et de part et d’autre de sa moitié antérieure, une gouttière profonde déli¬
mite un lobule qui représente peut-être un vestige pleural. Le telson est aussi subrectangulaire, plus long
que large, entier, rigide. L’orifice anal est situé juste sous la faible incision postérieure médiane, situa¬
tion qui ne se retrouve guère que chez Mixtopagurus.
Fie. 41. — Vue semi-schémaliquc des pièces sternales et des coxae dans la région postérieure du thorax : a, Pylocheles mor-
tensenii Boas, a 15,5 mm, x 7 ; Parapylocheles scorpio (Alcock), cr 26,5 mm. x 5.
Les pédoncules oculaires sont relativement longs et forts mais s’amincissent régulièrement
jusqu’à la cornée qui est petite, peu pigmentée, mais bien différenciée. Ils sont armés de forts tuber¬
cules épineux principalement du côté mésial, mais surtout, caractère unique dans le groupe, ils sont
contigus à la base, avec de très étroites pièces basilaires coalescentes sur la ligne médiane.
De même la conformation des antennules et de l’épistome est tout à fait particulière : les articles
basilaires des pédoncules antennulaires sont courts, larges, massifs et viennent en contact, au-dessus de
l’épistome, par leur bord mésial qui est rectiligne. Quant à la région épistomienne, elle est remarquable
par la forte avancée triangulaire du cadre buccal et par les deux longues pointes latérales qui longent
les orifices urinaires et les dépassent de beaucoup (fig. 4 b).
Les pièces buccales présentent de nombreuses différences avec celles des autres genres et notam¬
ment :
— le lobe postérieur du scaphognathite plus long que le lobe antérieur, élargi à l’extrémité seulement ;
— le premier maxillipède avec le flagelle de l’exopodite très développé, d’une longueur supérieure à la
moitié de celle du tronc, et avec un épipodite présentant un grand lobe triangulaire postérieur ;
— le deuxième maxillipède à endopodite très robuste, plus long que l’exopodite ;
— le troisième maxillipède avec le mérus ovalaire, plus long et plus large que l’ischion ; le propode et
le dactyle très allongés ; l’exopodite relativement court, atteignant au plus la région distale du
mérus. Les arthrobranchies de cet appendice longues mais avec des filaments très courts.
Les chélipèdes sont très allongés, le basis-ischion et le mérus présentent une arête mésio-ventrale
rectiligne et fortement denticulée, la main est longue et subcylindrique et les doigts s’ouvrent dans des
plans légèrement obliques, mais suivant un angle ouvert du côté dorsal, et non ventral.
Source : MNHN, Paris
140
JACQUES FOREST
11 faut enfin noter que les pléopodes 3 à 5 du mâle, et 2 à 5 de la femelle présentent une particu¬
larité unique dans le groupe : c’est ici l’endopodite qui est bien développé et l’exopodite qui est réduit.
Le genre Parapylocheles est manifestement tout à fait isolé parmi les Pylochelidae. Dans
l’impossibilité de déceler des affinités avec un autre genre, nous l’avons séparé dans une sous-famille
distincte.
Signalons encore que le spécimen décrit du golfe de Californie par Walton (1950, p. 188, fig. 1)
sous le nom de Parapylocheles glasselli, est en fait un Dardanus au stade glaucothoé (vraisemblable¬
ment D. sinistripes Stimpson).
Parapylocheles scorpio (Alccck, 1894)
(fig. 4 b, 6a, b, 7 e, 39a-h, 40a-f, 41b, 42a-f ; pi. 1 C, III E, VII C, D)
Pylocheles scorpio Alcock, 1894, p. 244 ; Alcock et
Anderson, 1895, pl. 9, fig. 7, 7 a, b. — Mer d’An-
daman.
Parapylocheles scorpio , Alcock, 1901, p. 214 ; 1905,
p. 20, pl. 1, fig. 1 a, b.
Parapylocheles scorpio, Balss, 1912, p. 89-91, 114, 116,
118, pl. 10, fig. I, 2, pl. 11, fig. 7-8.
Parapylocheles scorpio, Balss, 1924, p. 760 ; 1927,
p. 963.
Parapylocheles scorpio, Boas, 1926, p. 47 ; de Saint
Laurent, 1972, p. 100; McLaughlin, 1983a, p. 433.
Matériel
MUSORSTOM II
Station 40, 25.11.1980, 13°07,7' N, 122 0 39,1'E,
440-280 m : 1 ff 20,0 mm (Pg 2733).
Albatross
Station 5122, 2.02.1908, E. Mindoro, 13°21'30"N,
120°30'33"E, 402 m : 1. cr 24,5 mm.
Station 5508, 5.08.1909, N. Mindanao, 8°17'24"N,
124° 11 '42" E, 495 m : 2 cr 26,5 et 28 mm.
Station 5511, 7.08.1909, N. Mindanao, 8°15'20"N,
123°57'E, 750 m : 1 9 16,0 mm.
Station 5513, 7.08.1909, N. Mindanao, 8°16'45"N,
124°02'48''E, 925 m : 1 9 15 mm.
Station 5528, 11.08.1909, SW Bohol, 9°24'45"N,
123°39'15" E, 800 m : 1 9 H mm.
Station 5538, 19.08.1909, SE Negros, 9°08T5"N,
123°23'20" E, 468 m : 1 o* 22,5 mm.
Type. — Zoological Survey of India : 1 femelle
28 mm (LT), holotype (seul spécimen mentionné
dans la description originale).
Localité-type. — Mer d’Andaman, 740 mètres.
Diagnose. — Carapace plus de deux fois plus longue
que large. Écusson plus court que la région postérieure.
Rostre petit, aigu, en ligne avec les deux saillies post-
antennaires. Pédoncules oculaires s'amincissant réguliè¬
rement à partir de la base, fortement épineux, du côté
mésial surtout ; cornées petites, hémisphériques. Sixième
tergite abdominal plus long que large. Telson subrectan¬
gulaire, entier, également plus long que large. Chéli-
pèdes non operculiformes, allongés, le droit légèrement
plus fort que le gauche, la main subcylindrique, environ
3,5 fois plus longue que large.
Description
Écusson céphalothoracique rectangulaire, légère¬
ment plus long que large. Rostre triangulaire, acu-
miné, à sommet aligné ou presque sur les saillies
post-antennaires, qui sont armées d’une dent sui¬
vie latéralement d’un ou de plusieurs denticules.
Sillon cervical bien marqué. Une dépression tran-
verse en arrière du front et un sillon, tranverse
également, de chaque côté, partant du milieu du
bord latéral.
Région postérieure plus longue que l’écusson,
avec, dans le prolongement de ce dernier, une
large surface calcifiée, limitée latéralement par
deux lignes subparallèles et, postérieurement, sui¬
vant un angle obtus rentrant. Deux lignes décalci¬
fiées parallèles délimitent une large région cardia¬
que. Le reste de la carapace est membraneux.
Pédoncules oculaires larges à la base, contigus
et s’amincissant régulièrement jusqu’à la cornée
qui est petite, hémisphérique et peu pigmentée.
Leur longueur comprise 1,7 fois environ dans celle
de l’écusson. Ils sont armés d’une ligne de fortes
dents épineuses sur une partie du bord mésial et
de dents éparses plus courtes sur le milieu de la
face dorsale et sur la partie proximale de la face
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
141
42 - Parapylocheles scorpio (Alcock), MUSORSTOM II, si. 40. cr 20 mm : a, carapace cl appendices céphaliques, vue
dorsale • b sixième tergile abdominal, telson el uropodes ; c, région postérieure du sixième tergile abdominal, vue posté¬
rieur,. ; d,’chélipède gauche, vue dorsale ; e, ici., ischion el mérus, vue mésiale ; f, deuxième péréiopode gauche, vue laté¬
rale.
a : x 4,5 ; b : x 3,5 ; c : x 5 ; d-f : x 2,8.
Source : MNHN, Paris
142
JACQUES FOR EST
ventrale. Pas d’écailles oculaires, mais à la base
de chaque pédoncule, un arceau étroit, en partie
fusionné avec son homologue.
Pièces buccales : fig. 39.
Chélipèdes allongés, légèrement dissymétriques
(chez les mâles au moins) : le droit est légèrement
plus long et plus large que le gauche. Coxae join¬
tives, formant ventralement un ensemble triangu¬
laire encastré entre les bases des deuxièmes pattes.
Mérus relativement court, sa longueur égale aux
trois quarts environ de celle de la main. Celle-ci
subcylindrique, de 3 à 3,5 fois plus longue que
large, s’amincissant plus ou moins dans la région
digitale, qui est un peu plus courte que la paume.
Sur la région proximale ventrale des coxae, une
protubérance arrondie armée de forts tubercules
coniques. Une ligne de dents de taille croissante
sur le bord mésio-ventral de l’ischion et du mérus.
Une dent dorsale distale sur le mérus et sur le
carpe. Sur la face dorsale de la main, une ligne de
dents assez fortes, mais courtes, près du bord
mésial, et une ligne de denticules plus petits du
côté latéral.
Deuxièmes et troisièmes péréiopodes sensible¬
ment de même longueur, dépassant les chélipèdes.
Proportions des articles voisines pour les deux
paires d’appendices : mérus et propode subégaux,
dactyle d’un tiers plus court. Une ligne ventrale
de très petits denticules, parfois peu visibles, sur
le mérus des deuxièmes péréiopodes seulement.
Premier tergite abdominal : voir p. 137.
Tergites 2 à 4 à face dorsale transversalement
convexe, chitineux, avec de petites plages calci¬
fiées sur la ligne médiane et sur le bord postérieur
du tergite 4.
Tergite 2 d’un tiers plus large que long, ses
bords latéraux qui prolongent ceux du tergite pré¬
cédent, formant une courbe régulière entre le bord
antérieur court, et le bord postérieur deux fois
plus long. Bords latéraux marqués par un bourre¬
let. Un sillon très net, presque parallèle à ce bour¬
relet, délimite la région pleurale. Le reste de la
face dorsale est unie, avec des ponctuations et une
couverture de poils courts, assez denses.
Tergites 3 et 4 rectangulaires, plus courts que le
précédent, avec des bords latéraux faiblement con¬
vexes, marqués également par un bourrelet. Une
carène arrondie bordant le sillon pleural converge
avec ce bourrelet pour former une saillie arrondie
à l’angle postérieur.
Tergite 5 plus court que le précédent, avec un
bord postérieur concave, la carène pleurale obso¬
lète. Une large zone calcifiée, en forme de crois¬
sant, s’étend le long de ce bord et occupe une
partie de la face dorsale du tergite. Toute la sur¬
face des tergites 3 à 5 non recouverte par le ter¬
gite précédent, quand l’abdomen est en extension,
présente les mêmes poils courts que le tergite 2.
Tergite 6 subrectangulaire, plus long que large,
fortement calcifié. La face dorsale convexe, avec
un profond sillon médian qui n’atteint pas le bord
postérieur. Dans la moitié antérieure deux gout¬
tières latérales délimitent, de part et d’autre, une
protubérance lenticulaire. Sur la région posté¬
rieure, et de chaque côté, une encoche profonde
se prolonge sur la face dorsale par une forte
dépression. Toute la surface couverte de poils en
faisceaux plus longs que sur les tergites précé¬
dents.
Le bord postérieur, en vue dorsale, semble
régulièrement convexe et entier (fig. 42 b). En fait
il est rabattu et n’est bien visible qu’en vue posté¬
rieure : deux sillons parallèles le divisent en trois
lobes concaves (fig. 42 c).
Telson entier, à bord latéraux légèrement con¬
caves, subparallèles, à bord postérieur arrondi,
avec une petite encoche médiane, parfois à peine
indiquée. Sa largeur égale aux trois quarts de sa
longueur. Un large renflement médian dans la
moitié antérieure se prolonge en carène sur la
moitié postérieure. Régions latérales également
épaissies. Une ligne de suture oblique entamant
légèrement les bords latéraux vers le tiers posté¬
rieur. Entre les renflements et épaississements,
téguments recouverts de poils assez courts. Lobes
postérieurs frangés de longues soies.
Pléopodes : fig. 40.
Uropodes forts. La râpe sur la rame interne est
formée d’épines coniques. Sur la rame externe, les
épines de la région proximale et celles situées près
du bord latéral sont également coniques, mais
toutes les autres sont en forme de lamelles rectan¬
gulaires dotées d’une extrémité cornée conique,
arrondie, ou tronquée. Ces lamelles sont disposées
en rangées parallèles régulières et distinctes.
Coloration (sur le vivant). — Téguments rouge
clair sur un fond rosé. Cornées blanchâtres.
Taille
Les huit exemplaires examinés comprennent
5 mâles de 12 à 26,5 mm et 3 femelles de 11 à
16 mm. La femelle holotype mesure 9 mm et le
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
143
plus grand des spécimens de Balss est un mâle de
30 mm.
Habitat
Les spécimens signalés par Alcock et par Balss
étaient logés dans des fragments de bambou. Ceux
de VAlbatross étaient sans leur demeure, à
l’exception d’un seul, occupant une cavité cylin¬
drique dans un fragment de bois d’épave. Quant à
l’unique exemplaire recueilli par le Coriolis, il se
trouvait dans une cavité centrale creusée dans un
épi de maïs (pl. I C).
Remarques
L’espèce a été décrite par Alcock en 1894 sous
le nom de Pylocheles scorpio, d’après un spéci¬
men femelle recueilli dans la mer d’Andaman par
VInvestigator. Le même auteur l’a placé en 1901
dans le nouveau genre Parapylocheles en mention¬
nant un second spécimen, un mâle. Les seules
captures ultérieures sont celles de la Valdivia,
entre Sumatra et l’île de Nias : 1 mâle et 3 femelles
(Balss, 1912). P. scorpio n’a été ensuite que cité
d’après les récoltes précédentes, par Balss encore
(1924), puis par Boas (1926).
Les spécimens signalés ici ont principalement
été recueillis par VAlbatross, en six stations, toutes
situées aux Philippines, d’où provient également le
seul exemplaire obtenu au cours de la campagne
MUSORSTOM IL
Les caractéristiques morphologiques et la posi¬
tion taxonomique de cette seule espèce de Parapy¬
locheles ont été examinées et discutées dans les
pages consacrées au genre (supra, p. 135).
Disposant de huit spécimens de tailles diverses
et des deux sexes, alors que six seulement étaient
connus, nous présenterons quelques remarques sur
la description d’ALCocK et sur les observations de
Balss.
La description originale porte sur une femelle
de 9 mm et c’est cet exemplaire qui est figuré par
Alcock et Anderson (pl. 9, fig. 7, 7 a, b). Dans
l’ensemble les caractères observés sur nos exem¬
plaires correspondent à ceux décrits par Alcock
en 1894, 1901 et 1905 et aux figures du type.
Cependant Balss (1912, p. 91) a déjà relevé que le
flagelle supérieur de l’antennule n’est pas de
même longueur que le pédoncule, comme Alcock
l'a écrit, mais beaucoup plus court : ce flagelle est
en fait presque égal au dernier article pédoncu-
laire. En ce qui concerne les proportions de la
main, Balss a aussi noté que, d’après Alcock, les
doigts ont une longueur légèrement supérieure à la
moitié de celle de la région palmaire, alors que
chez un exemplaire de la Valdivia, ils sont beau¬
coup plus courts. Mais, curieusement, les dimen¬
sions qu’il indique pour cet exemplaire (14 mm
pour la longueur totale de la main, 5 mm pour le
dactyle, soit 9 mm pour la région palmaire) cor¬
respondent aux proportions indiquées pour le
type, et au dessin original.
En réalité, l’exemplaire dont Balss ne donne
pas les dimensions, mais qui doit être à peu près
deux fois plus grand que le type, ne diffère prati¬
quement pas de ce dernier par la forme de la
pince. L’un et l’autre, pourtant, ont les doigts
particulièrement courts, et plus courts que chez les
huits spécimens que nous avons examinés.
Il convient d’abord de signaler que chez les cinq
mâles, dont le plus petit mesure 20 mm, le chéli-
pède droit est toujours un peu plus long et plus
fort que le gauche. Les doigts ne sont que légère¬
ment plus courts que la région palmaire, ceux de
l’appendice droit tendant à l’être davantage. Sur
la photographie du grand spécimen mâle, publiée
par Balss (1912, pl. X, fig. 2), on peut observer
la même égalité entre régions digitale et palmaire.
Chez les trois femelles beaucoup plus petites dont
une seule a ses deux chélipèdes, qui sont égaux et
symétriques, ces appendices sont plus grêles que
chez les mâles, mais les doigts ne sont aussi que
légèrement plus courts que la paume.
Il n’est guère possible de déceler un dimor¬
phisme sexuel, les trois femelles observées étant
beaucoup plus petites que les mâles. Quant aux
variations en fonction de la taille, elles sont mini¬
mes. Les proportions des pédoncules oculaires,
antennulaires et antennaires en particulier sont
voisines chez tous les exemplaires. Le plus petit
cependant, une femelle de 11 mm, a des cornées
relativement plus grosses.
Distribution
Mer d’Andaman, ouest de Sumatra, Philippines.
Dans cette dernière région, où VAlbatross a effec¬
tué des dragages dans de nombreuses localités, elle
a surtout été capturée dans la mer de Mindanao.
Les autres stations de récolte sont situées à l’est
de Mindoro et dans la mer de Sibuyan. La station
la moins profonde est celle du Coriolis, entre 440
et 280 mètres, mais l’espèce n’a été capturée avec
certitude qu’entre 402 et 925 m.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Sous-famille des Cancellochelinae nov.
Définition
Écusson plus large que long, séparé de la région postérieure de la carapace, plus courte, par une
linea transversale continue. Rostre triangulaire, long et large à la base, très proéminent, avec une dent
ventrale subdistale. Pédoncules oculaires courts ; les cornées distinctes, hémisphériques. Maxillules avec
un court processus latéral sur l’endopodite. Premiers maxillipèdes sans flagelle exopodial ; l’épipodite
très long, atteignant presque l’apex de l’exopodite. Deuxièmes maxillipèdes avec un court épipodite ;
l’exopodite avec une forte saillie épineuse du côté mésial. Troisièmes maxillipèdes à extrémité non chéli-
forme. Chélipèdes égaux. Les articles distaux des deuxièmes péréiopodes modifiés pour former un oper¬
cule avec les chélipèdes. Quatrièmes péréiopodes chéliformes ; propode subcirculaire, avec une râpe
occupant plus de la moitié de sa surface et formée de soies modifiées en lamelles, petites, nombreuses,
à contour irrégulier, et irrégulièrement imbriquées. Telson entier, subquadrilatère, plus large que long.
Genre Cancellocheles gen. nov.
Pomatocheles, Miyaké, 1978, p. 9 (pro parte).
Espèce-type : Pomatocheles sculptipes Miyaké, 1978, par monotypie.
Nombre d’espèces : une (indo-ouest-pacifique).
Étymologie. — Cancellus, genre de Diogenidae ; xhM. pince.
Définition
Carapace dilatée latéralement, aussi large que longue. Écusson également étiré transversalement,
notablement plus large que long. Rostre très développé, triangulaire, terminé par une épine cornée.
Sous le rostre et en arrière de la pointe une forte dent cornée, obliquement dirigée vers le bas. Saillies
post-antennaires obtuses, armées d’un petit denticule. Face dorsale fortement sculptée en avant du sil¬
lon cervical qui est profond et dessine une courbe régulière. Une dépression transverse parallèle au bord
frontal. Région gastrique délimitée latéralement par deux dépressions convergentes qui n’atteignent pas
le sillon cervical. De part et d’autre de cette région, face dorsale divisée transversalement par un sillon
partant d’une profonde encoche du bord latéral.
Région postérieure deux fois plus courte que l’écusson (suivant l’axe médian), calcifiée, sauf sur
les côtés et près du bord postérieur. Sillons cardio-branchiaux bien marqués. Sur les aires latérales, au
niveau de l’écusson, un système de sclérites arrondis ou allongés.
Pédoncules oculaires courts, amincis dans la moitié distale, les cornées petites, hémisphériques,
bien délimitées, apparemment non pigmentées. Pièces basilaires distinctes, mais moins larges que le
pédoncule et courtes, sans prolongement lamelliforme.
Source : MNHN, Paris
F ,„. 4, - c— X. SS&
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELID.4E
147
Pédoncules antennaires avec le deuxième article très élargi, présentant une forte saillie latéro-
distale épineuse et une forte saillie, épineuse également, du côté mésial.
Mandibules (fig. 43 a, b) avec la face gnathale largement ouverte. Le processus molaire ovalaire,
bombé, mais la région centrale quelque peu déprimée. Le processus incisif bordé d’une large lame cor¬
née. Palpe avec le deuxième article présentant une large dilatation à sommet arrondi, avec des soies
assez longues, mais inerme.
Maxillules (fig. 43 c) à palpe arrondi au sommet, avec dix soies distales assez longues ; un petit
processus latéral recourbé, court.
Maxilles (fig. 43 d) : scaphognathite à lobe antérieur grand et large, très arrondi au sommet, à
lobe postérieur également large, à bord postéro-mésial fortement convexe. Les bords libres avec la
frange de soies habituelle, et vers l’apex du lobe postérieur, cinq soies, dont la longueur dépasse les
deux tiers de celle du scaphognathite.
Premiers maxillipèdes (fig. 43 e) avec l’exopodite à extrémité arrondie, sans flagelle. Épipodite
très long, en triangle à bord latéral rectiligne, son extrémité effilée atteignant presque celle de l’exopo¬
dite.
Deuxièmes maxillipèdes (fig. 43 0 à endopodite plus court que l’exopodite, lequel présente, entre
son milieu et le tiers distal, une forte dilatation lamelliforme, armée de huit épines cornées longues et
aiguës. Un petit lobe épipodial.
Troisièmes maxillipèdes (fig. 43 g, h) : crista dentata formant une crête haute, convexe dans sa
moitié proximale, armée de dents cornées aplaties, les proximales étant assez grandes et aiguës, les sui¬
vantes s’arrondissant et se réduisant progressivement. Sur la face mésio-ventrale de l’ischion deux fortes
dents cornées au bord distal, et, en arrière, deux autres, jumelées et un peu plus courtes. Mérus avec
une épine cornée et quelques denticules du côté mésial. Propode subcylindrique, sans prolongement
antérieur. Dactyle deux fois plus court, arrondi à l’extrémité. Exopodite atteignant presque le bord dis¬
tal du carpe, avec une forte épine du côté mésial, en arrière du tiers distal.
Chélipèdes égaux et symétriques. Carpe à région dorsale antérieure modifiée pour former avec la
main l’élément d’un opercule. Le second élément est constitué par les trois articles distaux des
deuxièmes péréiopodes : carpe, propode et dactyle présentent une face dorsale déprimée, qui est en con¬
tinuité avec la face dorsale de la main et forment un opercule plat, subcirculaire, quand les appendices
sont en contact.
Quatrièmes péréiopodes chéliformes, à main presque circulaire, en grande partie recouverte d’une
râpe formée de lamelles à contour irrégulier.
Cinquièmes péréiopodes subchéliformes, avec une large râpe analogue à celle de la paire précé¬
dente.
Abdomen relativement court, symétrique, à tergites fortement calcifiés.
Premier tergite à partie antérieure déprimée, séparée de la partie postérieure bombée par une
forte dépression tranverse.
Tergites 2 à 5 de longueur décroissante, fortement sculptés. Sur chacun une dépression transverse
très marquée. Une seconde dépression parallèle, en arrière de la première, plus étroite et moins pro¬
fonde sur le deuxième tergite ; elle s’atténue sur les tergites suivants pour disparaître sur le cinquième.
Pleurons larges, séparés de la région tergale par un sillon étroit, interrompu au milieu sur le deuxième
tergite. La région postérieure de chaque pleuron forme une forte saillie, de longueur croissante, celle du
cinquième encadrant le sixième tergite dont elle atteint le milieu.
Sixième tergite arrondi, bombé, avec un faible sillon longitudinal médian et une forte incision
latéro-postérieure de part et d’autre.
Telson entier, subquadrilatère, un peu plus large que long.
Appendices abdominaux. — Chez le mâle (fig. 44a-d), premier pléopode biarticulé. Le premier
article fort, assez long ; le second beaucoup plus court, ovalaire, à face mésiale concave.
Deuxième pléopode également formé de deux articles principaux, allongés. L’article distal foliacé
s’élargit du côté mésio-ventral en un lobe ovale sur lequel s’insère, en arrière de l’apex, une pièce
étroite, digitiforme. Postérieurement, vers le milieu du lobe mésial, une forte protubérance arrondie
bordée de longues soies. Un petit exopodite est présent.
Source : MNHN, Paris
148
JACQUES FOR EST
Les trois pléopodes suivants biramés, l’exopodite plus long et plus large que l’endopodite qui est
biarticulé. Le dernier pléopode est nettement plus petit que les précédents.
Chez la femelle (fig. 44 e, 0. premiers pléopodes très rapprochés, petits, indistinctement divisés
en deux articles dont le distal est plus ou moins flagelliforme.
Les quatre appendices suivants biramés, à exopodite arqué, deux fois plus long que l’endopodite,
lequel ne présente pas de division distincte en deux articles. La dernière paire nettement plus courte.
Uropodes symétriques, la rame interne courte, à extrémité très arrondie.
Remarques
S. Miyaké a réuni en 1978 sous le nom générique de Pomatocheles , trois espèces fort différentes
dont une seule, P. jeffreysii, appartient bien à ce genre dont elle est le type. La seconde, « P. spinosus
(Henderson) » est en fait une espèce nouvelle, qui prend place dans le genre Trizocheles établi pour les
espèces indo-ouest-pacifiques précédemment, et à tort, rattachées à Mixtopagurus. La troisième, décrite
comme nouvelle par Miyaké sous le nom de Pomatocheles sculptipes représente une forme si aberrante
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES P YLOCHELIDAE
149
parmi les Pylochelidae qu’elle doit être rangée dans un nouveau genre, lui-même séparé dans une sous-
famille distincte.
Les principaux caractères distinctifs de cette forme sont les suivants :
Carapace globuleuse et transversalement dilatée, sa longueur totale égale à sa largeur. Écusson
nettement plus large que long. Rostre triangulaire atteignant presque le milieu des pédoncules oculaires,
avec sous sa pointe une seconde dent cornée insérée ventralement.
Tergites abdominaux 2 à 5 fortement sculptés, divisés par des dépressions tranverses. Pleurons
larges, présentant une forte saillie postérieure, délimitée par une fine ligne membraneuse complète sur
les tergites 3 à 5, incomplète sur le deuxième. Telson entier, rigide, subquadrilatère, plus large que
long.
Pédoncules oculaires courts, amincis dans la moitié distale. Les cornées petites, hémisphériques,
peu pigmentées.
Pièces buccales offrant de nombreuses particularités, et entre autres :
— mandibule avec une large lame chitineuse bordant le processus incisif du côté mésial ;
— endopodite de la maxillule pourvu d’un court diverticule latéral ;
— lobe postérieur du scaphognathite avec un groupe de très longues soies ;
— premier maxillipède avec un épipodite triangulaire très long, atteignant presque le sommet de l’exo-
podite, qui est arrondi, dépourvu de flagelle ;
— exopodite des deuxièmes maxillipèdes présentant une large dilatation mésiale au niveau du carpe de
l’endopodite, cette dilatation armée d’épines longues et aiguës.
Les modifications adaptatives des appendices thoraciques sont d’un type unique chez les Pylo¬
chelidae. Lorsqu’il existe des structures operculiformes ou suboperculiformes, c’est-à-dire chez Pylocheles
( Pylocheles ), Cheiroplatea et Pomatocheles, seuls les chélipèdes sont modifiés. Ici, les articles distaux
de la paire thoracique suivante concourrent également à la formation de l’opercule : le carpe et le pro-
pode ont une face dorsale déprimée, élargie, et le dactyle est mobile dans le même plan. Lorsque les chéli¬
pèdes et les deuxièmes pattes sont en contact elles forment un ensemble presque circulaire, que vient
compléter latéralement le bord dorsal cristiforme des pattes de la troisième paire. On retrouve des
adaptations similaires, portant sur les articles homologues des mêmes appendices, chez les Diogenidae
du genre Cancellus, chez lesquels cependant les coaptations apparaissent comme plus perfectionnées et
plus étroites. Ce sont ces analogies qui sont à l’origine du nom générique choisi.
Il faut encore signaler la conformation du second pléopode mâle (fig. 44 c), avec le long lobe
digitiforme qui s’insère latéralement et subdistalement, et la forte protubérance ornée de longues soies,
sur la face postérieure de l’article distal. 11 ne semble pas qu’il existe de structures homologues chez
d’autres Pylochelidae. Les autres pléopodes ne présentent pas de particularités notables. Ainsi les pléo-
podes 2 (fig. 44 f) à 5 de la femelle sont biramés avec en endopodite plus court que l’exopodite.
Cancellocheles sculptipes (Miyaké, 1978)
(fig. 4 c, 5 f, g, 7d, 43a-h, 44a-f, 45 a-e ; pl. I D, 111 F, VII E, F)
Pomatocheles sculptipes Miyaké, 1978, p. 9, fig. 3.
Matériel
Japon : Baie de Tosa, au large de Tosa, 200-
250 m, 21.01.1963, K. Sakai coll. : 1 cr 18,0 mm,
holotype (ZLKU n° 9201).
Baie de Tosa, au large de Mimase, 4.02.1963,
K. Sakai coll. : 1 9 16,0 mm (ex-ZLKU n° 9502
= Pg 3436).
Au large de Heki, Wakayama-ken, 360 m, 10.
05.1942, H. Utinomi coll. : débris d’une 9
13,5 mm (ZLKU n° 3490).
Type. — Zoological Laboratory, Kyushu Univer-
sity : 1 cr holotype (voir ci-dessus).
Localité-type. — Baie de Tosa, 200-250 m.
Source : MNHN, Paris
150
JACQUES FOREST
Diagnose. — Écusson plus large que long. Rostre
triangulaire, très long, atteignant le milieu des pédon¬
cules oculaires, avec en arrière de sa pointe cornée une
forte épine ventrale. Longueur des pédoncules oculaires
comprise plus de 2,5 fois dans celle de l’écusson, leur
diamètre proximal double de celui des cornées. Chéli-
pèdes égaux et symétriques. Les deuxièmes pattes thora¬
ciques avec les articles distaux modifiés et coaptés avec
les chélipèdes pour former un opercule. Telson plus
large que long, entier.
Description
Carapace à face dorsale fortement convexe
tranversalement, subcylindrique, plus large que
longue. Projetée sur un plan horizontal, sa largeur
est égale à sa plus grande longueur, mesurée de la
pointe du rostre au bord postérieur des lobes
branchiaux.
Sillon cervical large et profond, délimitant un
écusson dont la longueur est égale aux 5/6 c de la
largeur. La région postérieure mesurée sur l’axe
médian est deux fois plus courte que l’écusson.
Rostre triangulaire, très proéminent, légèrement
incurvé vers le bas, puis se terminant en une épine
cornée redressée, cachant totalement la seconde
épine cornée insérée sous la région distale. Des
sinus régulièrement concaves mais peu profonds
séparent le rostre des saillies post-antennaires
obtuses, armées d’un petit denticule aigu. Angles
antéro-latéraux très arrondis. Écusson à bords
latéraux convexes, avec une encoche en arrière de
leur milieu. Sa surface est marquée par une série
de dépressions. L’une s’étend tranversalement en
arrière de la région frontale qui apparaît ainsi ren¬
flée en un bourrelet. Deux autres sont disposées
en V en avant du sillon cervical et rejoignent la
dépression post-frontale. Enfin, du milieu des
branches du V partent deux dépressions légère¬
ment obliques qui aboutissent aux encoches latéra¬
les. La région postérieure présente une grande
plage calcifiée transverse, aux limites irrégulières,
en arrière et de part et d’autre de laquelle le tégu¬
ment est membraneux. Sur les flancs de la cara¬
pace, de chaque côté de l’écusson, un système de
sclérites. Région cardiaque en trapèze inversé, ses
bords latéraux marqués par des sillons irrégulière¬
ment décalcifiés.
Pédoncules oculaires d’une longueur comprise
environ 2,6 fois dans celle de l'écusson. Leur moi¬
tié proximale fortement renflée, avec un diamètre
maximal double ou presque de celui du faible ren¬
flement distal. Cornée petite, peu pigmentée,
n’occupant pas tout à fait la totalité de ce renfle¬
ment. Pièce basilaire tranversalement allongée.
Pédoncules antennulaires de même longueur que
l’écusson. Le troisième article égal au précédent,
celui-ci dépassant les yeux d’un peu plus de la
moitié de sa longueur. Premier article avec des
dents épineuses latérales.
Pédoncules antennaires dépassant les yeux des
trois quarts au moins de leur dernier article. Pre¬
mier article avec une dent latérale aiguë.
Deuxième article très robuste, avec une large sail¬
lie antéro-latérale et une forte saillie mésiale, sépa¬
rées par une dépresssion longitudinale dorsale. Les
deux saillies bordées de dents épineuses courtes
mais fortes. Écailles antennaires atteignant la base
du dernier article, à face dorsale déprimée, armée
de fortes dents à pointe cornée sur toute la lon¬
gueur du bord mésial et dans la partie distale du
bord latéral.
Les chélipèdes sont égaux et symétriques.
L’ischion porte de fortes dents cornées du côté
mésio-ventral et une plage de dents épineuses plus
petites sur la face ventrale. La face ventrale du
mérus est bordée de chaque côté par une ligne de
courts tubercules aigus.
Un sillon longitudinal sur la face latéro-dorsale
du carpe délimite une zone triangulaire épineuse
qui s’étend du côté mésial. Cette partie du carpe
forme un opercule avec la main et avec les articles
distaux des deuxièmes pattes thoraciques. Les
dents à pointe cornée qui la recouvrent sont de
taille croissante, les trois plus fortes marquant le
bord mésial.
La main présente une largeur maximale, com¬
prise 2,2 fois environ dans sa longueur, au niveau
de son quart proximal ; elle se rétrécit ensuite
régulièrement. La région distale est un peu plus
courte que la région palmaire. La face dorsale est
plutôt déprimée mais déclive du côté latéral. Les
dents épineuses qui la recouvrent sont de taille
variable suivant la région d’implantation ; elles
sont assez courtes sur une grande partie de la
région palmaire, plus fortes et avec une pointe
cornée sur le doigt fixe, sur le dactyle et vers le
bord mésial. Sur ce bord, on observe une dent
distale très large, relativement courte, suivie de
quatre ou cinq dents de taille croissante, la proxi¬
male étant la plus développée. Les doigts se ter¬
minent par de forts ongles cornés dont les extré¬
mités se croisent légèrement. Lorsque les ongles
sont en contact, un hiatus irrégulier subsiste entre
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
151
45 - Cancellocheles sculplipes (Miyaké), baie de Tosa, 9. 16 mm : a, carapace et appendices céphaliques, vue dorsale ;
b, extrémité du rostre, vue latéro-dorsale ; c, 6' tergite abdominal, lelson et uropodes ; d, région distale du chel.pede gau¬
che, vue dorsale ; c, 2' péréiopode, vue dorsale.
Source : MNHN, Paris
152
JACQUES FOREST
les doigts dont le bord préhensile est armé de
quelques fortes dents molariformes.
Les deuxièmes pattes thoraciques sont fortes,
plus longues que les chélipèdes qu’elles dépassent
de la longueur du dactyle. Le carpe et le propode
sont modifiés pour former un opercule avec les
articles distaux des chélipèdes. Le mérus, le carpe,
le propode et le dactyle ont les rapports suivants :
10 — 7 — 6,5 — 8. La face latérale du mérus est
subrectangulaire, trois fois et demie plus longue
que large, avec, en arrière du quart distal, une
forte dépression dans laquelle s’encastrent le
mérus et la région proximale du carpe de la patte
suivante.
Des dents cornées, courtes, sur le bord ventral
de l’ischion et du mérus. Celui-ci avec trois dents
cornées aiguës sur le bord distal du côté mésio-
dorsal. Le carpe a une face dorsale déprimée, en
triangle allongé, couverte de tubercules dont la
plupart ont une pointe cornée aiguë ; neuf dents
plus fortes marquent le bord mésial. Les faces
latérale et mésiale, plutôt planes ne sont pas nette¬
ment séparées de la face ventrale convexe. Sur la
face latérale une longue dépression pilifère s’étend
obliquement de l’angle dorso-distal à l’articulation
avec le mérus.
Le propode présente une face dorsale nettement
délimitée, de contour plutôt rectangulaire, armée
de petits tubercules coniques et sur les bords, de
dents plus fortes à sommet corné aigu, au nombre
d’une douzaine de chaque côté. La face mésiale
est déprimée, mais du côté ventral et latéral on
observe une surface régulièrement convexe.
Le dactyle a une section circulaire dont le dia¬
mètre décroît régulièrement jusqu’à l’ongle qui est
aigu et recourbé. 11 est fortement arqué mais
s’articule avec le propode de façon particulière : il
se rabat non pas vers la région ventrale du pro¬
pode, mais dans un plan parallèle à la face dor¬
sale operculaire des deux articles précédents.
Autrement dit, la face, qui, chez les Pagurides,
est qualifiée de mésiale, se trouve ici en position
dorsale, alors que sa concavité est orientée, non
ventralement, mais mésialement. Ainsi, quand les
ongles des deux appendices viennent en contact
l’un avec l’autre, les dactyles embrassent complè¬
tement les chélipèdes vers l’avant.
Le dactyle présente des petits tubercules sur la
région qui prolonge la face dorsale du propode. Il
est par ailleurs inerme, à l’exception du bord
mésial qui est armé d’une ligne de fines spinules
cornées.
La face operculaire du carpe et du propode pré¬
sente une forte pilosité : les soies de taille variable
mais la plupart longues, ou très longues, sont
insérées isolément ou en faisceaux entre les dents
et tubercules, qu’elles ne cachent pas cependant,
sauf du côté latéral où elles sont plus denses. La
dépression oblique sur la face latérale du carpe est
marquée par une ligne de soies courtes disposées
en courtes rangées ou en petits faisceaux ; proxi-
malement cette ligne s’élargit en un triangle.
Les troisièmes pattes thoraciques se distinguent
des précédentes par les proportions des articles, la
spinulation, et l’absence de différenciation dorsale
du carpe et du propode. Le mérus est d’un cin¬
quième plus court, le carpe et surtout le propode
sont également plus courts, alors que le dactyle
est à peu près de même longueur. Le mérus a une
largeur qui n’est comprise que deux fois et demie
environ dans sa longueur. Il n’y a pas de tubercu¬
les épineux sous l’ischion, ni sur le mérus ; celui-
ci porte aussi des dents cornées distales, mais plus
petites. Le carpe est faiblement tuberculé dans la
région distale du bord dorsal, le propode est
inerme, et le dactyle également, en dehors de la
ligne de très fines soies spiniformes sur son bord
concave. Les articles distaux présentent une forte
torsion du côté mésial et, lorsque les ongles des
pattes de la troisième paire sont en contact, les
dactyles sont aussi presque perpendiculaires au
plan sagittal de l’animal. La pilosité, homologue
de celle de la paire précédente, est moins étendue,
le carpe et le propode ne présentant pas d’élargis¬
sement particulier de la face dorsale.
Les quatrièmes pattes thoraciques sont trapues.
Le mérus subrectangulaire a une largeur égale aux
deux tiers de sa longueur. La main est subcircu¬
laire, avec une large avancée arrondie du propode,
formant une pince avec un dactyle triangulaire,
court. Toute l’avancée du propode est recouverte
d’une râpe fortement en relief : très épaisse du
côté ventral, elle est en effet formée par des soies
modifiées en lamelles assez allongées, irrégulières,
plus longues vers les bords (pi. VII E, F).
Les cinquièmes pattes sont également trapues.
Le propode a un bord distal large sur lequel se
rabat un dactyle court, large et plat. Une râpe
occupe une partie du propode, les soies modifiées
qui la constituent sont un peu moins longues que
sur les quatrièmes pattes ; dans le prolongement
de cette râpe, sur le dactyle, on observe les mêmes
soies, un peu moins denses.
Premier tergite abdominal en forme de large
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
153
trapèze divisé tranversalement en deux parties. La
partie antérieure basse, déprimée, s’engage sous le
bord de la carapace, la partie postérieure renflée,
saillante, est régulièrement convexe vers l’avant.
Les tergites 2 à 5 sont tranversalement rectangu¬
laires, de largeur légèrement croissante, alors que
leur longueur décroît. Le deuxième présente deux
dépressions transverses, l’une antérieure large et
assez profonde, l’autre postérieure plus étroite et
peu profonde. La dépression postérieure est atté¬
nuée sur le troisième tergite, limitée à la région
médiane sur le quatrième, et à peine discernable
sur le cinquième. Latéralement un fin sillon sépare
les tergites des pleurons.
Les pleurons des tergites 2 à 4 ont un bord laté¬
ral convexe, prolongé en une forte saillie posté¬
rieure arrondie qui s’articule avec le pleuron sui¬
vant. Le pleuron du cinquième segment s’avance
en un triangle à sommet arrondi le long du
sixième tergite, dont il dépasse largement le
milieu. La surface des pleurons est renflée en
bourrelet le long du bord libre, alors que du côté
du tergite elle est déprimée. Ce relief s’atténue de
l’avant vers l’arrière et est à peine sensible sur le
cinquième pleuron. La calcification des tergites est
forte dans l’ensemble, mais irrégulière : les
dépressions transverses en particulier ont un
aspect membraneux.
Sixième tergite arrondi, un peu plus large que
long, notablement bombé, avec un faible sillon
longitudinal médian, un peu plus profond vers les
extrémités. Une profonde encoche latérale obli¬
que, au niveau du quart postérieur, se prolonge
sur la région dorsale. Bord postérieur entier pré¬
sentant trois pans, l’un médian très peu convexe,
les deux autres avec une concavité à peine sensi¬
ble.
Telson entier, un peu plus large que long (L/l
= 5/6'). Ses bords latéraux convexes, légèrement
divergents, la largeur maximale au niveau du tiers
postérieur. Bord postérieur formant aussi trois
pans à angles très faiblement marqués. La face
dorsale présente une faible voussure tranverse,
très unie à l’exception d’une faible carène médiane
lisse quelque peu lenticulaire, limitée latéralement
par des dépressions peu marquées, et s’étendant
du tiers antérieur au cinquième postérieur.
Sixième segment avec une pilosité assez forte
constituée par des soies longues peu serrées sauf
au bord postérieur dont elle cache en partie la
limite.
Telson couvert de poils plus courts, formant un
tomentum peu dense ; les bords libres sont aussi
cachés par des soies plus longues.
Pléopodes : fig. 44.
Uropodes à rame externe forte, à bord antérieur
presque à angle droit sur le bord latéral, mais se
rattachant à ce dernier par une courbe régulière.
Rame interne courte, presque aussi large que lon¬
gue, sa partie distale subcirculaire. Les râpes for¬
mées de soies en lamelles étroites, très serrées.
Coloration (en alcool). — Corps uniformément
rose clair, les soies brun-jaune clair (d’après
Miyaké, 1978). La coloration du corps est passée
en alcool au blanc grisâtre, celle des soies au
jaune clair.
Habitat
Inconnu. La disposition operculiforme des appen¬
dices thoraciques antérieurs laisse supposer que C.
sculptipes vit dans une cavité creusée dans un
fragment minéral, végétal ou animal.
Remarques
Le fait que le nouveau genre Cancellocheles ne
soit pour l’instant connu que par son espèce-type,
C. sculptipes, ne permet guère une distinction
entre caractères génériques et caractères spécifi¬
ques. Les principaux traits qui sont propres à
l’espèce et l’isolent parmi les autres Pylochelidae
ont été commentés dans la discussion relative au
genre, (cf. supra, p. 148).
Distribution
Connue seulement d’une région étroitement
délimitée : Japon, baie de Tosa et voisinage. De
200-250 à 360 mètres.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Sous-famille des Trizochelinae nov.
Définition
Écusson quadrilatère, plus long que la région postérieure de la carapace, et limité postérieure¬
ment par une linea transversale continue. Rostre triangulaire, acuminé, dépassant plus ou moins les
saillies post-antennaires aiguës. Pédoncules oculaires subcylindriques ; les cornées renflées hémisphéri¬
ques, pigmentées. Des écailles oculaires triangulaires ou spiniformes. Maxillules sans processus latéral
sur l’endopodite. Premiers maxillipèdes avec le flagelle exopodial uniarticulé ou pluriarticulé distale-
ment, orienté suivant l’axe du tronc ; épipodite triangulaire assez court. Deuxièmes maxillipèdes avec
un court épipodite. Troisièmes maxillipèdes non chéliformes. Pléopodes 2 à 5 de la femelle à exopodites
insérés latéralement près de la base du protopodite. Chélipèdes non operculiformes, typiquement symé¬
triques. Quatrièmes péréiopodes subchéliformes ; les soies de la râpe allongées, amygdaliformes, imbri¬
quées. Telson formé d’une pièce unique peu calcifiée, plus longue que large, à bords latéraux parallèles
ou faiblement divergents ; sa région postérieure divisée par une profonde échancrure médiane en deux
lobes légèrement mobiles mais sans articulation transverse.
Genre-type. — Trizocheles gen. nov.
Sous-famille mototypique.
Genre Trizocheles gen. nov.
Pylocheles, Henderson, 1888, p. 100 (pro parte).
Mixtopagurus , A. Milne Edwards et Bouvier, 1893, p. 23 (pro parte) ; Balss, 1913, p. 34.
Pomatocheles, Stebbing, 1914, p. 3 (pro parte).
Mixtopagurus , Boas, 1926, p. 34 (pro parte) ; Balss, 1941, p. 174 ; Forest, 1954, p. 167.
Pomatocheles , Barnard, 1950, p. 413 (pro parte) ; Balss, 1957, p. 1584 (pro parte).
Mixtopagurus , Balss, 1957, p. 1585, (pro parte).
Pomatocheles , Miyaké, 1978, p. 4 (pro parte).
Espèce-type. — Pylocheles spinosus Henderson, 1888.
Nombre d’espèces. — 17 et 1 sous-espèce (indo-ouest-pacifiques).
Étymologie. — xpi'Çeiv, grincer ; jpM» pince.
Définition
Écusson céphalothoracique s’inscrivant approximativement dans un carré, ou légèrement plus
large que long. Sa limite postérieure marquée par la linea transversale. Sillon cervical avec la portion
médiane confondue avec la ligne précédente ; ses deux branches plus ou moins arquées remontant laté¬
ralement tout en restrant proches du bord postérieur.
Source : MNHN, Paris
156
JACQUES FOREST
idAiiiipcuc ; g, y maxillipci
i, b : x 23 ; c-h : x 16.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
157
En arrière du front, une dépression tranverse profonde dessinant un w renversé et délimitant
ainsi une paire de protubérances protogastriques. Bords latéraux avec, plus ou moins en arrière de leur
milieu, une indentation se prolongeant sur la face dorsale par un sillon oblique plus ou moins arqué.
Rostre large, triangulaire, à sommet acuminé dépassant l’alignement des saillies post-antennaires,
qui sont armées d’un denticule aigu. Parfois une légère carène rostrale.
Région postérieure en moyenne deux fois plus courte que l’écusson, sa surface en général calci¬
fiée suivant un large rectangle, alors que les bordures latérales et postérieure sont membraneuses.
Région cardiaque limitée latéralement par deux lignes plus ou moins nettes et complètes, dessinant un
trapèze inversé.
Pédoncules oculaires bien développés, subcylindriques. Cornées plus ou moins renflées, pigmen¬
tées. Écaille oculaire à moitié distale triangulaire, aiguë.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux de la longueur du dernier article au plus.
Pédoncules antennaires assez grêles, courts, ne dépassant pas le plus souvent le bord antérieur
des cornées.
Mandibules (fig. 46 a, b) avec la face gnathale dotée d’un large plateau broyeur ovale séparé par
un profond sillon d’une lame incisive à bord mince et entier. Palpe triarticulé, avec le second article
présentant du côté dorsal une forte expansion très arrondie, dont le bord porte des courtes soies. Cet
article est ainsi presque aussi large que long.
Maxillules (fig. 46 c) à palpe allongé à sommet arrondi, avec 5-7 soies assez longues. D’autres
Fio. 47 a-c. — Sixième tergite abdominal, telson et uropodes (pilosité représentée du côté droit seulement, sauf sur la figure b) ;
a, Trizocheles moosai sp. nov., o• holotype 12,5 mm ; b, T. brachyops sp. nov., Nouvelle-Zélande, NZOI, st. 719, a
10,0 mm ; c, T. balssi (Stebbing), île Mayotte, BENTHEDI, st. DR 41, cr 6,5 mm ; d, T. spinosus spinosus (Henderson),
Challenger, st. 163a, 9 ovigère paralectotype 7,0 mm ; e, T. spinosus bathamae Forest et de Saint Laurent ssp. nov.,
Nouvelle-Zélande, NZOI, st. 910, Ç 7,5 mm.
Fig. 47 f. — T. perplexus sp. nov., Ç holotype 8-9 mm : contour reconstitué du sixième tergite abdominal et du telson.
Source : MNHN, Paris
158
JACQUES FOREST
soies alignées sur la moitié proximale du bord mésial. Pas d’appendice latéral mais, à son emplacement,
une petite protubérance.
Scaphognathite (fig. 46 d) bordé des soies plumeuses habituelles ; sur le lobe postérieur une à
trois soies très longues.
Premiers maxillipèdes (fig. 46 e) à tronc exopodial modérément arqué du côté mésial ; le flagelle,
uniarticulé ou plus ou moins distinctement pluriarticulé dans la région distale, est orienté suivant l’axe
du tronc ; l’épipodite forme une avancée triangulaire le long de l’exopodite.
Deuxièmes maxillipèdes (fig. 46 0 à endopodite plus court que le tronc de l’exopodite. Propode
élargi mais sans avancée distale à la base du dactyle.
Troisièmes maxillipèdes (fig. 46 g, h) à crista dentata modérément allongée, légèrement sinueuse.
Sur la face mésiale de l’ischion une ou deux fortes dents cornées. Propode de forme allongée, sans pro¬
longement distal : le dactyle s’insère en bout, à l’extrémité de l’article précédent.
Les deux chélipèdes en général subégaux et symétriques, mais chez une espèce, l’un ou l’autre
des deux appendices nettement plus fort. Les articles distaux sans modifications adaptatives liées à
l’habitat. L’axe d’articulation carpe-propode forme un angle voisin de 45° avec le plan sagittal de l’ani¬
mal. Main allongée, avec les doigts terminés par des ongles cornés. Sa région dorsale et celle du carpe
avec des dents épineuses et une pilosité en général assez forte.
Chez la plupart des espèces, l’avancée antéro-latérale triangulaire du carpe porte un champ de
tubercules aplatis, pars slridens d’un appareil stridulatoire dont le plectrum est constitué par des tuber-
Fiu. 48. — Trizocheles, pléopodes : a-c, T. moosai sp. nov., CORINDON II, si. 229, détroit de Macassar, a 8 mm ;
d, e, T. sakaii sp. nov., baie de Tosa, 9 7 mm,
a, d : PII ; b, e : PI2 ; c : PI3.
a-c : x 13 ; d, c : x 15.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
159
cules ou plaquettes cornés situés sur la face mésiale du carpe et du propode des deuxièmes péréio-
podes ; ceux-ci par ailleurs, comme la paire suivante, ne présentent pas de particularités.
Quatrièmes péréiopodes subchéliformes, la saillie du propode pouvant atteindre le milieu du
dactyle. Râpe formée de soies modifiées allongées, amygdaliformes, imbriquées.
Abdomen symétrique, présentant au plus une faible torsion dextre ; les tergites bien calcifiés. Le
premier en forme de trapèze déprimé près du bord antérieur. Deuxième tergite, à bord antérieur d’un
tiers plus court que le postérieur, à bords latéraux convexes, divergents. Les trois suivants subrectangu¬
laires, de longueur décroissante. Les lobes pleuraux étroits, indistinctement séparés du reste du tergite
mais s’avançant postérieurement en une saillie arrondie. Sixième tergite arrondi, fortement bombé, avec
un sillon médian et deux fortes encoches latéro-postérieures.
Toute la face dorsale de l’abdomen recouverte de soies peu denses, la plupart longues, particuliè¬
rement sur le sixième segment.
Telson (fig. 47 a-f) formé d’une pièce unique à côtés presque rectilignes ou faiblement sinueux,
parallèles ou légèrement divergents vers l’arrière. Latéralement une paire de petites encoches ou un
décrochement marquent le départ des deux lobes postérieurs arrondis, séparés par une profonde échan¬
crure médiane. Ces lobes, amincis, ne sont pas séparés de la partie antérieure par une véritable articula¬
tion, mais peuvent s’abaisser suivant une ligne de flexion qui joint les deux encoches latérales.
Appendices abdominaux. — Chez le mâle (fig. 48 a-c), premier pléopode biarticulé ; l’article
distal foliacé, large, concave du côté mésial. Deuxième pléopode biarticulé. Le second article, plus long
que le premier, comprend une lame rectangulaire, divisée vers le cinquième distal par une articulation
transverse, sous laquelle se rabat, du côté mésial, un large lobe arrondi. Un court exopodite présent.
Les trois appendices suivants biramés : l’exopodite long et étroit, l’endopodite beaucoup plus court.
Chez la femelle (fig. 48 d, e), premier pléopode grêle, à région distale flagelliforme. Les quatre
appendices suivants biramés ; l’exopodite long, arqué, indivis, s’insère latéralement dans la partie proxi¬
male du protopodite, alors que, distalement, s’articule un endopodite formé de deux segments.
Uropodes symétriques ou l’un des deux légèrement plus grand.
Remarques
En 1893, A. Milne Edwards et Bouvier, dans une étude détaillée de Mixtopagurus paradoxus,
décrit par le premier de ces auteurs en 1880, ont estimé que Pylocheles spinosus Henderson, 188o, en
était « extrêmement voisin ». Depuis lors, c’est toujours au genre Mixtopagurus (ou à Pomatocheles
considéré comme synonyme) qu’ont été rapportées l’espèce de Henderson, puis d’autres espèces appa¬
rentées. Ces identifications génériques reposaient sur l’opinion d’A. Milne Edwards et de Bouvier et
se référaient à leur description de Mixtopagurus paradoxus.
La comparaison de spécimens de cette forme ouest-atlantique, matériel original compris, à des
« Mixtopagurus » indo-ouest-pacifiques, a montré que ceux-ci présentaient avec elle quelques traits
communs — écusson plus ou moins rectangulaire, front tridenté, présence d’écailles oculaires saillantes,
troisièmes maxillipèdes non chéliformes, chélipèdes non operculiformes et épineux — mais que ces res¬
semblances couvraient de fortes différences morphologiques, qui isolaient complètement l’espèce-type.
Pour toutes les espèces indûment rapportées au genre Mixtopagurus, nous avons été conduit à
établir le nouveau genre Trizocheles, genre très diversifié puisque, avec les formes nouvelles décrites ici,
il compte maintenant dix sept espèces, dont l’une divisée en deux sous-espèces.
Si on se reporte aux définitions des genres Trizocheles (p. 155) et Mixtopagurus (p. 216), on cons¬
tate que les caractères distinctifs sont nombreux et importants. Ainsi, chez Trizocheles, l’écusson s’ins¬
crit dans un carré, les bords latéraux étant subparallèles, le sillon cervical présente deux branches très
obliques qui aboutissent à la linea transversale et les sillons cardio-branchiaux, peu marqués, s’atté¬
nuent ou disparaissent avant d’atteindre le bord, sur la région postérieure de la carapace. Chez Mixto¬
pagurus, les bords latéraux de l’écusson convergent dans leur moitié postérieure, le sillon cervical déli¬
mite une grande surface cordiforme, les sillons cardio-branchiaux s’étendent jusqu’au bord postérieur
Source : MNHN, Paris
160
JACQUES FOREST
de la carapace. En outre, vers les angles antérieurs de la région cardiaque, des lignes décalcifiées déli¬
mitent deux aires triangulaires symétriques. 11 existe un sillon cardiaque tranverse.
L’abdomen de Trizocheles est parfaitement symétrique, alors qu’il présente chez Mixtopagurus
une courbure notable, avec des tergites à bord latéral droit plus court que le gauche.
Le telson est également caractéristique. Celui de Trizocheles , toujours symétrique, a des bords
latéraux presque rectilignes, parallèles ou légèrement divergents, et ses deux lobes postérieurs sont sépa¬
rés de la partie antérieure par une ligne de flexion. Il n’y a pas trace de division tranverse chez Mixto¬
pagurus, en dehors de la paire d’encoches latérales, et les deux lobes postérieurs, symétriques ou non,
présentent une variabilité considérable, liée en partie à la taille et au sexe, dans leurs dimensions.
Les pièces buccales diffèrent et, en particulier :
— l’endopodite de la maxillule est pourvu chez Mixtopagurus d’un long diverticule latéral arqué, qui
manque chez Trizocheles ;
— le premier maxillipède a un épipodite très long, atteignant l’extrémité de l’endopodite, chez Mixto¬
pagurus, alors qu’il est beaucoup plus court chez Trizocheles ;
— le troisième maxillipède porte un épipodite chez Mixtopagurus seulement.
Les chélipèdes sont, nous l’avons dit, d’aspect assez voisin dans les deux genres, mais la disposi¬
tion des axes d’articulation des articles distaux est telle que les doigts s’ouvrent dans un même plan
chez Mixtopagurus, dans des plans perpendiculaires chez Trizocheles. En outre l’appareil stridulatoire,
dont un élément est situé sur le carpe des chélipèdes et l’autre sur le carpe et le propode des deuxièmes
pattes thoraciques, qui existe chez la grande majorité des Trizocheles, est absent chez Mixtopagurus.
Tout à fait distinctive encore est la structure des appendices abdominaux. Les gonopodes sont
très différents dans les deux genres, et les pléopodes non sexuels des mâles, aussi bien que les appendi¬
ces ovigères des femelles sont égaux dans chaque paire chez Trizocheles, fortement dissymétriques, le
gauche étant plus grand que le droit, chez Mixtopagurus. Par ailleurs Trizocheles se distingue, non seu¬
lement de Mixtopagurus, mais de tous les autres Pylochelidae, par l’insertion de l’exopodite des pléopo¬
des ovigères qui est, non pas distale, mais plus ou moins proximale.
Le genre Trizocheles gen. nov. représente manifestement un ensemble homogène, certainement
assez éloigné du genre Mixtopagurus, restreint à sa seule espèce-type. Nous avons envisagé de les rap¬
procher dans une même unité taxonomique, en raison des quelques traits communs ou relativement voi¬
sins qui les opposent aux autres Pylochelidae et qui sont mentionnés plus haut. Ce sont en particulier
les deux seuls genres qui possèdent de véritables écailles oculaires, semblables à celles des Diogenidae et
des Paguridae et non pas de simples sclérites sans prolongement triangulaire ou épineux. Cependant ces
quelques traits communs peuvent être considérés comme superficiels à côté des particularités significa¬
tives sur le plan phylétique, qui sont propres à Mixtopagurus : sillons de la carapace, asymétrie de
l’abdomen, instabilité morphologique du telson, structure des pièces buccales et des gonopodes, plan
d’ouverture des doigts des chélipèdes. Comme nous le verrons dans la discussion relative au genre Mix¬
topagurus, la position taxonomique de ce dernier est même discutable, puisque certains de ses carac¬
tères le rapprochent des Diogenidae.
Ajoutons que les aires de distribution des Trizocheles et des Mixtopagurus sont totalement sépa¬
rées. Celle des premiers est indo-ouest-pacifique, du sud-ouest de l’océan Indien au Japon, à la
Nouvelle-Calédonie et à la Nouvelle-Zélande, alors que les seconds sont localisés dans l’Atlantique
nord-occidental.
Nous avons insisté plus spécialement sur les rapports entre ces deux genres en raison de la confu¬
sion prolongée dont ils ont été l’objet. Les Trizocheles, également isolés parmi les autres Pylochelidae,
ne présentent d’affinités réelles avec aucun de ceux-ci. Toute tentative de rapprochement ne pourrait
porter que sur des caractères particuliers et n’aurait ainsi aucune signification phylétique.
Comme les autres Pylochelidae, les Trizocheles vivent probablement toujours dans un objet
creux, mais nous n’avons que des informations fragmentaires sur la nature de cet objet. L’espèce la
plus souvent signalée, T. sakaii sp. nov. (sous le nom spécifique spinosus Henderson) est en général
logée dans un tube de Dentale ou plus rarement dans des coquilles de Gastéropodes ou dans des tubes
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
161
de Serpules (Miyaké, 1978, p. 7). La plupart des autres références antérieures à des espèces que nous
rapportons au genre Trizocheles ne font pas état de leur logement. De même la majorité des nombreux
spécimens que nous avons examinés étaient nus, qu’ils aient quitté leur abri au moment de leur capture
ou qu’ils en aient été extraits par les collecteurs. Nous disposons cependant de plusieurs indications pré¬
cises. En dehors du type de T. balssi Stebbing qui était à l’intérieur du Coralliaire Trochocyatis, plu¬
sieurs espèces ont été trouvées exclusivement dans des Éponges, le plus souvent dans des Hexactinellides
Dictyonines ou dans des Démosponges Lithistides (cf. p. 229).
Il est possible que ce type d’habitat soit le plus fréquent chez Trizocheles et que dans certains
cas cette association soit permanente, puisque le type de T. boasi était emprisonné dans une éponge
dont les orifices étroits ne permettaient qu’une émergence partielle des appendices thoraciques.
Le genre Trizocheles a une distribution très large mais discontinue. Une espèce vit dans le sud-
est de l’océan Indien, les autres, dont la plupart paraissent pour l’instant étroitement localisées, se
répartissent suivant un grand arc de cercle qui s’étend du Japon au sud-est de l’Australie, à la Nouvelle-
Calédonie et à la Nouvelle-Zélande, en passant par la région indonésienne.
Remarques sur la diversité spécifique et la taxonomie du genre Trizocheles
Le fait que nous reconnaissions dans le nouveau genre Trizocheles 17 espèces et une sous-espèce
distinctes dont quatre seulement (y compris T. sakaii identifié à tort T. spinosus) déjà décrites, le fait
aussi que huit des quatorze taxa établis ici le sont d’après un spécimen unique, justifie quelques com¬
mentaires.
Certes, dans un premier temps, après avoir séparé les diverses formes, nous nous sommes inter¬
rogé sur la signification qu’il fallait leur accorder. Nous nous sommes demandé si les différences rele¬
vées n’étaient pas souvent d’ordre individuel plutôt que spécifique, autrement dit si nous n’étions pas
en présence d’un petit nombre d’espèces très variables.
Pour répondre à cette interrogation il convenait d’abord d’évaluer la nature et l’étendue des
variations chez les espèces indiscutables représentées par des individus des deux sexes et de tailles diverses.
C’était le cas pour T. sakaii, T. balssi, T. brachyops, T. spinosus spinosus et surtout T. spinosus
bathamae. Nous avons constaté que des différences intraspécifiques existaient, mais relativement
minimes, chez les spécimens de taille voisine, et que les mâles et femelles présentaient sensiblement les
mêmes caractères en dehors de ceux liés au sexe. Ainsi, pouvaient être considérés comme modérément
variables et significatifs : les proportions de l’écusson, la forme du bord frontal, des pédoncules ocu¬
laires et des cornées, les dimensions relatives des pédoncules oculaires, antennulaires et antennaires, la
forme et les denticulations des écailles antennaires, la forme et les proportions de la main des chéli-
pèdes et le nombre et la disposition des dents implantées sur cette région, les proportions des articles
des deux paires de pattes ambulatoires et les formules d’implantation des dents sur le carpe et le pro-
pode de ces appendices, et enfin la disposition de l’appareil stridulatoire. Les petits individus différaient
des plus grands, comme c’est le cas général chez les Pagurides, par les pédoncules oculaires notable¬
ment moins allongés, par la plus grande acuité du rostre, par les appendices thoraciques plus grêles,
enfin par l’appareil stridulatoire plus réduit.
En se fondant sur les caractères relativement stables relevés ci-dessus et sur leurs combinaisons, il
apparaissait que les dix-huit formes primitivement reconnues correspondaient chacune à une entité spé¬
cifique ou subspécifique distincte et que, s’il était possible de rapprocher deux ou plusieurs d’entre
elles, un tel rapprochement ne portait que sur certains traits morphologiques, et non sur leur ensemble.
11 faut préciser que nous n’avons pas inclus parmi les caractères significatifs énoncés plus haut
ceux qui concernent la forme et les proportions du sixième tergite abdominal et du telson. Ce tergite a
un aspect assez voisin chez tous les Trizocheles, aussi bien par son contour, que par son relief et ses
proportions. Quant au telson (cf. p. 159), il peut chez les individus de même taille et de même sexe dif¬
férer quelque peu par son allongement, avoir des bords latéraux parallèles ou légèrement divergents, des
Source : MNHN, Paris
162
JACQUES FOREST
encoches latérales plus ou moins marquées, des lobes postérieurs séparés par une incision plus ou moins
profonde. Des différences spécifiques existent certainement dans son contour, mais il conviendrait, pour
les dégager, de tenir compte des variations. Or celles-ci n’ont été observées que chez un petit nombre
d’espèces, la plupart des autres n’étant connues que par un spécimen unique. Dans ces conditions, nous
n’avons mentionné le telson dans les descriptions que lorsqu’il offrait une particularité marquante, par
exemple chez T. longicaulis (Boas), où il est relativement court, ou chez T. perplexus sp. nov. où il est
tout à fait atypique. De même, alors que pour les autres Pylochelidae, la région postérieure de l’abdo¬
men, considérée comme caractéristique, a toujours été figurée, celle des Trizocheles n’a été représentée
que chez quelques espèces, et à titre d’exemple (fig. 47 a-f).
Ajoutons, à l’appui des distinctions spécifiques proposées ici, que, dans la plupart des cas, cha¬
que espèce présente une localisation particulière, aussi bien géographique que bathymétrique, la seule
exception concernant les récoltes de Th. Mortensen aux îles Kei, où, en des stations identiques ou pro¬
ches, et à des profondeurs voisines, cohabitent trois Trizocheles indiscutablement différents, T. longi¬
caulis (Boas), T. brevicaulis (Boas) et T. boasi sp. nov.
La grande extension géographique du genre Trizocheles — du sud-est de l’océan Indien au Paci¬
fique occidental, du Japon à la Nouvelle-Zélande —, ses larges limites de distribution bathymétrique —
de 100 à 750 m au moins —, l’étroite localisation de la majorité d’entre eux, laissent supposer que de
nombreuses espèces nouvelles seront encore découvertes lorsque les prospections s’étendront à des
régions encore peu explorées.
Clé d’identification des espèces
du genre Trizocheles
1. — Un appareil stridulatoire situé sur la face latérale
du carpe des chélipèdes et sur la face mésiale
du carpe et du propode des 2' pattes thoraci¬
ques. 2
— Pas d’appareil stridulatoire. 15
2. — Pédoncules oculaires longs et grêles ; leur dia¬
mètre minimal compris environ 9 fois dans leur
longueur, celle-ci égale aux 4/5' de celle de
l’écusson. — Mer de Banda. longicaulis
— Pédoncules oculaires plus ou moins allongés,
mais leur diamètre minimal compris au plus 6
fois dans leur longueur, celle-ci inférieure en
général aux 4/5' de celle de l’écusson. 3
3. — Bord dorsal du propode des 2' pattes thoraciques
inerme. 4
— Bord dorsal du propode des 2' pattes thoraciques
avec une dent épineuse distale. 10
— Bord dorsal du propode des 2' pattes thoraciques
armé de quatre dents épineuses au moins... 12
4. — Face dorsale de la main des chélipèdes armée de
5-7 dents fortes et aiguës sur son bord mésial ; le
reste de cette face presque inerme : au plus une
petite dent proximale et des tubercules aigus au
niveau du doigt fixe. 5
— Face dorsale de la main des chélipèdes avec, en
plus des dents mésiales, des dents épineuses plus
ou moins nombreuses principalement disposées
en lignes longitudinales. 6
5. — Dent rostrale forte. Longueur des pédoncules
oculaires nettement supérieure à la moitié de celle
de l’écusson. Pédoncules antennaires atteignant le
milieu des cornées. Appareil stridulatoire très
développé, avec de nombreux tubercules sur la
face mésiale du carpe et du propode des 2' pattes
thoraciques. — Japon. loquax
— Dent rostrale apicale très petite. Longueur des
pédoncules oculaires nettement inférieure à la
moitié de celle de l’écusson. Sur la face mésiale
des 2' pattes thoraciques, tubercules stridulatoires
peu nombreux, sur le carpe seulement, et dispo¬
sés en une seule ligne. — Nouvelle-Calédonie_
. caledonicus
6. — Pédoncules antennaires n’atteignant pas la base
des cornées ; celles-ci d’un diamètre compris 4
fois environ dans la longueur des pédoncules
oculaires. Largeur maximale du propode des
2' pattes thoraciques comprise 3 fois environ
dans sa longueur. Une dent submédiane aiguë sur
les bords latéraux de l’écusson. — Japon.
. albalrossi
— Pédoncules antennaires dépassant plus ou moins
la base des cornées ; celles-ci d’un diamètre com¬
pris moins de 3 fois dans la longueur des pédon¬
cules oculaires. 7
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
163
7. — Longueur des pédoncules oculaires nettement
supérieure à la moitié de celle de l’écusson. Pas
de dent submédiane sur les bords latéraux de
l’écussson. 8
— Longueur des pédoncules oculaires égale au plus
à la moitié environ de celle de l’écusson. 9
8. — Longueur des pédoncules oculaires égale aux trois
cinquièmes de celle de l’écusson. Écailles oculai¬
res courtes, leur pointe atteignant juste la base
des pédoncules. Largeur maximale du propode
des 2' pattes thoraciques comprise 5,5 fois dans
sa longueur. — Mer de Banda. boasi
— Longueur des pédoncules oculaires égale aux
deux tiers de celle de l’écusson. Écailles oculaires
assez longues, leur extrémité dépassant largement
la base des pédoncules. Largeur maximale du
propode des 2 e pattes thoraciques comprise 4
fois dans sa longueur. — Mer de Sulu. gracilis
9. — Diamètre des cornées supérieur à celui du renfle¬
ment proximal des pédoncules oculaires. Écaille
antennaire forte, avec les 2 dents distales et la
dent latérale bien développées, subégales. Largeur
maximale du propode des 2 e pattes thoraciques
comprise 3 fois dans sa longueur. Deux dents
submédianes aiguës sur chacun des bords latéraux
de l’écusson. — Détroit de Macassar.. moosai
— Diamètre des cornées sensiblement égal à celui du
renflement proximal des pédoncules oculaires.
Écaille antennaire grêle, les 2 dents distales peti¬
tes, la dent latérale minuscule. Largeur du pro¬
pode des 2' pattes thoraciques comprise 4 fois
dans sa longueur. Un denticule submédian
microscopique sur les bords latéraux de l’écus¬
son. — Philippines. laurenlae
10. — Longueur des pédoncules oculaires nettement
inférieure à la moitié de celle de l’écusson. Face
dorsale de la main des chélipèdes lisse et inerme,
à l’exception de très fortes dents mésiales aiguës,
de quelques tubercules épineux sur le doigt fixe
et, juste en arrière, d’une courte dent proximale.
— Nouvelle-Zélande. brachyops
— Longueur des pédoncules oculaires nettement
supérieure à la moitié de celle de l’écusson. Face
dorsale de la main des chélipèdes avec plusieurs
séries longitudinales de dents aiguës plus ou
moins développées. 11
IL — Diamètre des cornées compris 3 fois environ dans
la longueur des pédoncules. Propode des 2 e pat¬
tes thoraciques environ 3 fois plus long que
large. — Japon. sakaii
— Diamètre des cornées compris 4 fois environ dans
la longueur des pédoncules. Propode des 2 e pat¬
tes thoraciques environ 4 fois plus long que
large. — Mer de Banda. brevicaulis
12. — Longueur des pédoncules oculaires égale aux 5/6 e
environ de celle de l’écusson. Propode des 3'
pattes thoraciques inerme. SW océan Indien.
. balssi
— Longueur des pédoncules oculaires égale aux 2/3
environ de celle de l’écusson. 13
13. — Propode des 2 e pattes thoraciques avec des dents
irrégulièrement disposées, non alignées. Propode
des 3' pattes sans fortes dents dorsales. — Nou¬
velle-Calédonie. pulcher
— Propode des 2 e pattes thoraciques armé de dents
disposées sur une même ligne. Propode des
3' pattes avec 4-5 dents dorsales. 14
14. — Diamètre des cornées compris un peu plus de 3
fois dans la longueur des pédoncules. Dents sur
le bord mésio-dorsal de la main des chélipèdes,
fortes, relativement robustes : le diamètre à la
base de la dent majeure, proximale, est compris
moins de 2 fois dans sa longueur. — Mer de
Tasmanie, Australie orientale, spinosus spinosus
— Diamètre des cornées compris un peu moins de 3
fois dans la longueur des pédoncules. Dents sur
le bord dorsal des chélipèdes longues et grêles :
le diamètre à la base de la dent majeure, proxi¬
male, est compris plus de 3 fois dans sa longueur.
— Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie.
. spinosus baihamae
15. — Telson atypique, nettement moins long que large,
à région postérieure bien calcifiée, découpée en
deux lobes convexes séparés par une incision
médiane obtuse, peu profonde. Carpe des 2' pat¬
tes thoraciques avec 2 ou 3 courts denticules au
bord dorsal. — Nouvelle-Zélande.... perplexus
— Telson normal, toujours notablement plus long
que large à région postérieure peu calcifiée,
découpée en deux lobes saillants très arrondis
séparés par une incision médiane plus ou moins
profonde, mais toujours aiguë. Carpe des 2' pat¬
tes thoraciques à bord dorsal armé de trois dents
épineuses au moins. 16
16. — Diamètre des cornées compris 3 fois environ dans
la longueur des pédoncules. Face dorsale de la
main des chélipèdes sans fortes dents en dehors
de celles qui arment le bord mésial. Propode des
2 e pattes thoraciques plus de 4 fois plus long que
large, à bord dorsal inerme. — Philippines.
. manningi
— Diamètre des cornées compris 2,5 fois environ
dans la longueur des pédoncules. Face dorsale de
la main des chélipèdes avec des séries longitudi¬
nales de dents épineuses. Propode des 2 e pattes
thoraciques moins de 3 fois plus long que large ;
son bord dorsal armé de 6 dents longues et acé¬
rées. — Mer de Bali. mutus
Source : MNHN, Paris
164
JACQUES FORF.ST
Key to species of genus trizocheles
1. — A stridulating apparatus on latéral face of carpus
of chelipeds and on mesial face of carpus and
propodus of 2nd pereiopods. 2
— No stridulating apparatus. 15
2. — Ocular peduncles long and slender ; minimal dia-
meter included about 9 times in their length, the
latter being equal to 5/6th of shield. — Banda
Sea. Ion g ica ti lis
— Ocular peduncles more or less elongated, but
with minimal diameter included no more than 6
times in the length ; the latter usually less than
4/5th of shield. 3
3. — Dorsal margin of propodus of 2nd pereiopods
unarmed. 4
— Dorsal margin of propodus of 2nd pereiopods
with a distal spiniform tooth. 10
— Dorsal margin of propodus of 2nd pereiopods
with at least four spiniform teeth. 12
4. — Dorsomesial margin of palm of chelipeds with
5-7 large, acute teeth ; rest of dorsal surface
unarmed, except for at most a small proximal
denticle and some acute tubercles at level of
fixed finger. 5
— Dorsomesial margin of palm of chelipeds with
large, acute teeth. Besides these teeth, dorsal
surface of palm with more or less numerous spi-
nous teeth, mainly ranged in longitudinal rows. 6
5. — Apical rostral tooth large. Length of ocular
peduncles distinctly exceeding half that of shield.
Antennal peduncles reaching middle of corneas.
Stridulating apparatus very well developed, with
numerous tubercles on mesial face of both carpus
and propodus of second pereiopods. — Japan.
. loquax
— Apical rostral tooth very small. Length of ocu¬
lar peduncles distinctly less than half that of
shield. Mesial face of second pereiopods with
few stridulating tubercles, restricted to a single
row on the carpus. — New Caledonia.
. caledonicus
6. — Antennal peduncles not reaching base of cor¬
neas ; the latter with a diameter included about 4
times in length of ocular peduncles. Maximal
width of propodus of second pereiopods included
about 3 times in its length. An acute submedian
tooth on latéral margins of shield. — Japan..
. albairossi
— Antennal peduncles more or less overreaching
base of corneas ; the latter with a diameter in¬
cluded less than 3 times in length of ocular pe¬
duncles. 7
7. — Length of ocular peduncles clearly exceeding half
that of shield. No submedian tooth on latéral
margins of shield. 8
— Length of ocular peduncles equalling about half
that of shield. 9
8. — Length of ocular peduncles equalling 3/5th that
of shield. Ocular acides short, their tip just rea¬
ching base of peduncles. Maximal width of pro¬
podus of 2nd pereiopods included 5,5 times in its
length. — Banda Sea. boasi
— Length of ocular peduncles equalling about 2/3rd
that of shield. Ocular acides rather long, over¬
reaching base of peduncles. Maximal width of
propodus of 2nd pereiopods included 4 times in
its length. — Sulu Sea. gracilis
9. — Corneal diameter exceeding that of proximal dila¬
tation of ocular peduncles. Antennal acide
large, with two distal teeth and one latéral tooth,
ail well developed and subequal. Maximal width
of propodus of second pereiopods included 3
times in length. Two submedian acute teeth on
each latéral margin of shield. — Makassar Strait.
. moosai
— Corneal diameter nearly equalling that of proxi¬
mal dilatation of ocular peduncles. Antennal
scale slender ; the two distal teeth small and the
latéral one minute. Width of propodus of 2nd
pereiopods included 4 times in length. A sub¬
median microscopie denticle on latéral margin of
shield. — Philippines. laurentae
10. — Length of ocular peduncles distinctly less than
half that of shield. Dorsal face of palm smooth,
unarmed, except for very long, acute mesial
teeth, a few spiniform tubercles on fixed finger
and just behind it, a short proximal tooth. —
New Zealand. brachyops
— Length of ocular peduncles clearly exceeding half
that of shield. Dorsal face of palm with several
longitudinal rows of more or less well developed
acute teeth. il
11. — Corneal diameter included about 3 times in length
of peduncles. Propodus of 2nd pereiopods
about 3 times longer than broad — Japan.
. sakaii
— Corneal diameter included about 4 times in length
of peduncles. Propodus of 2nd pereiopods
about 4 times longer than broad. — Banda Sea..
. brevicaulis
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES P YLOCH ELI DA E
165
Length of ocular peduncles approximately 5/6th
that of shield. Propodus of 3rd pereiopods
unarmed. — S.W. Indian Océan. balssi
Length of ocular peduncles approximately 2/3rd
that of shield. 13
Propodus of 2nd pereiopods with irregularly
placed dorsal teeth. Propodus of 3rd pereiopods
without large dorsal teeth. — New Caledonia —
. pulcher
Propodus of 2nd pereiopods with dorsal teeth
ranged in a line. Propodus of 3rd pereiopods
with 4-5 dorsal teeth. 14
Corneal diameter included a little more than 3
times in length of peduncles. Teeth on dorso-
mesial margin of palm large, fairly strong ; basal
diameter of the major, proximal tooth included
less than twice in its length. — Tasman Sea and
Eastern Australia. spinosus spinosus
Corneal diameter included a little less than 3
times in length of peduncles. Teeth on dorso-
mesial margin of palm long and slender ; basal
diameter of major, proximal tooth included more
than 3 times in its length. — New Zealand, New
Caledonia. spinosus bathamae
15. — Telson atypical, distinctly shorter than broad,
with posterior part well calcified and divided into
two convex lobes by a médian shallow blunt
notch. Carpus of 2nd pereiopods with 2 or 3
short denticles on dorsal margin. — New Zea¬
land. perplexus
— Telson normal, always notably longer than broad,
with posterior part poorly calcified and separated
into two very rounded protruding lobes by a
more or less deep, always acute notch. Carpus
of 2nd pereiopods with at least three spiniform
teeth on dorsal margin. 16
16. — Corneal diameter included about 3 times in
length of peduncles. Dorsal face of palm with
large teeth on the mesial margin only. Propo¬
dus of 2nd pereiopods over 4 times longer than
broad, with dorsal margin unarmed. — Philip¬
pines. manningi
— Corneal diameter included about 2,5 times in
length of peduncles. Dorsal face of palm with
longitudinal rows of spiniform teeth. Propodus
of 2nd pereiopods less than 3 times longer than
broad ; dorsal margin with 6 long, sharp teeth.
— Bali Sea. mutus
Trizocheles longicaulis (Boas, 1926)
(fig. 49, 50 b, 51 d)
Mixlopagurus longicaulis Boas, 1926, p. 37, fig. 7, 9,
11 A, 12 A, B, 15 A, 17, 19, 20, 22, 23 A ; Pilgrim,
1965, p. 556.
Matériel
The Danish Expédition to the Kei Islands 1922.
Station 46, 2.05.1922, 5°47'20" S, 132°13' E,
250 m, vase argileuse, Th. Mortensen coll. : 2 9
15 mm (lectotype) et 12 mm (paralectotype).
Types. — Zoologisk Muséum, Copenhague :
deux femelles syntypes. La plus petite a été dissé¬
quée et une grande partie des appendices man¬
quent ; l’autre, complète, est désignée ici comme
lectotype.
Localité-type. — Mer de Banda : îles Kei,
250 m.
Diagnose. — Rostre large, triangulaire, aigu, dépas¬
sant de beaucoup les saillies post-antennaires. Pédon¬
cules oculaires grêles, amincis dans la région médiane ;
le diamètre des cornées compris six fois dans la lon¬
gueur des pédoncules, celle-ci égale aux 4/5 c de celle de
l’écusson. Écailles oculaires se terminant en pointe
aiguë, arquée du côté latéral. Face dors\ie de la main
des chélipèdes avec cinq fortes dents épineuses au bord
mésial et couverte de nombreux tubercules aigus plus
petits formant des lignes longitudinales plus ou moins
régulières. Propode des 2' pattes thoraciques à bord
dorsal élargi, armé de dents cornées aiguës disposées sur
deux lignes.
Description
Écusson céphalothoracique légèrement plus long
que large. Région postérieure deux fois et demie
plus courte que l’écusson.
Rostre en triangle aigu, à sommet arrondi,
dépassant de beaucoup les saillies post-antennaires ;
Source : MNHN, Paris
166
JACQUES FOR EST
Fig. 49. — Trizocheles longicaulis (Boas), The Danisli Expé¬
dition 10 the Kei Islands 1922, si. 46, Ç leciotypc 15 mm :
carapace et appendices céphaliques, x 5.
chacune de celles-ci formant une dent à sommet
émoussé, à inclinaison latérale. Bords latéraux
convexes avec une forte encoche médiane, suivie
d’une dent aiguë.
Pédoncules oculaires grêles, leur longueur égale
ai. 4/5 c de celle de l’écusson. Diamètre médian
égal aux 2/3 de celui des cornées et compris neuf
fois environ dans leur longueur. Écailles oculaires
à région distale spiniforme, à orientation légère¬
ment latérale.
Pédoncules antennulaires atteignant la base des
cornées, le dernier article un peu plus long que le
précédent.
Pédoncules antennaires se terminant entre le
milieu et le tiers distal des pédoncules oculaires.
Deuxième article avec une saillie antéro-latérale
forte ; en arrière de la pointe distale, deux dents
jumelées et une dent latérale médiane ; une dent
au milieu de la face dorsale. Écaille antennaire
longue et étroite n’atteignant pas tout à fait
l’extrémité du pédoncule, armée latéralement de
4-5 fortes dents en arrière de la pointe distale, et
d’une dent aiguë du côté mésial. Flagelles brisés à
l’extrémité, au moins une fois et demie plus longs
que l’écusson.
Chélipèdes égaux et symétriques. Main deux
fois plus longue que large, amincie dans la région
digitale, subtriangulaire. Doigts de même longueur
que la région palmaire. Des dents courtes sur le
bords mésio-ventral de l’ischion (1 distale) et du
mérus (1 distale et 1 proximale). Une dent distale
cornée aiguë sur le bord dorsal du mérus. Sur le
carpe, des dents cornées aiguës, dont trois, plus
fortes, sur le bord mésial. Main également forte¬
ment épineuse, avec cinq dents mésiales de taille
décroissant vers l’avant, la face dorsale étant
entièrement recouverte de dents plus courtes et
plus ou moins alignées.
Sur l’avancée latéro-ventrale du carpe, appareil
stridulatoire {pars s(ridens) formé de tubercules
aplatis, transversalement étirés, disposés suivant
un quadrillage très régulier.
Deuxièmes pattes thoraciques avec le dactyle et
le propode subégaux, plus courts que le mérus.
Une ligne de fortes dents aiguës sur le carpe. Pro¬
pode à face dorsale élargie, avec de profondes
stries pilifères transverses, armée chacune de deux
dents épineuses ; ces dents sont ainsi disposées en
deux lignes longitudinales plus ou moins réguliè¬
res. Des denticules épineux sur le bord dorsal du
dactyle, qui porte également huit soies spiniformes
ventrales. Sur la face mésiale du carpe des tuber¬
cules stridulatoires étirés transversalement et dis¬
posés en une ligne qui s’étend jusqu’à la région
proximale, parallèlement au bord dorsal. Sur le
propode un seul tubercule analogue, en avant du
bord proximal.
Troisièmes pattes différant des précédentes par
le mérus plus court, avec des dents et denticules
homologues, mais plus courts, sur le carpe, le
propode et le dactyle.
Telson à bords latéraux subparallèles, avec une
faible encoche séparant les lobes postérieurs de la
partie antérieure ; sa largeur maximale, au-dessus
de cette encoche est à peine inférieure à sa lon¬
gueur, c’est-à-dire qu’il s’inscrit dans un carré.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
167
Fig. 50. — Deuxième péréiopode gauche,
(Boas), Ç lectotype 15 mm.
mésiale : a, Trizocheles pulcher sp.
a : x 13 ; b : x 5.
9 hololype 6,0 mm ; b, T. longicaulis
Habitat
Aucune indication n’a été donnée sur le loge¬
ment des deux spécimens connus. Ils ont été
recueillis sur un fond de vase argileuse.
Remarques
Trizocheles longicaulis (Boas) n’est connu que
par les deux femelles syntypes conservées au Zoo-
logisk Muséum de Copenhague, qui nous ont été
communiquées. Comme nous l’avons signalé à la
rubrique « Types », l’exemplaire de 12 mm avait
été disséqué et il n’en reste que des fragments. Ce
spécimen est celui d’après lequel ont été exécutés
les divers dessins publiés par Boas. C’est la
seconde femelle en bon état, qui est décrite et
figurée ici. Ce spécimen ne présente que des diffé¬
rences minimes avec celui figuré par Boas. Il faut
tout au plus noter que son rostre est un peu plus
long et plus aigu. Chez l’un et l’autre le rostre
s’avance d’ailleurs en un triangle plus long et plus
étroit que chez les autres Trizocheles, dont ils se
distinguent en outre par les yeux beaucoup plus
longs et plus grêles, et par le telson plus court.
La disposition des dents épineuses sur le pro-
pode des deuxièmes et troisièmes pattes thoraci¬
ques est également particulière : ces dents sont
implantées deux par deux sur des stries pilifères
transverses et forment ainsi deux lignes et non une
seule comme chez les autres espèces, T. pulcher
sp. nov. excepté.
Distribution
Connu de la localité-type seulement, au large
des îles Kei, par 250 mètres.
Source : MNHN, Paris
168
JACQUES FOREST
Fig. 51. — Extrémité du chélipèdc droit (a) ou gauche (b-h), vue latérale,
a, b, Trizocheles boasi sp. nov., a holotype 9,5 mm ; c, tel., Q ovigère 5,2 mm ; d, T. longicaulis (Boas), 9 lectotypc, 15 mm ;
e, T. loquax sp. nov., cr holotype 6,5 mm ; f, T. albairossi sp. nov., cr holotype 8,5 mm ; g, T. gracilis sp. nov., cr
holotype 7 mm ; h, T. moosai sp. nov., cr holotype 12,5 mm.
a-b, f : x 6 ; c : x 12 ; d : x 4 ; e-g : x 8 ; h : x 5.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
169
Trizocheles loquax sp. nov.
(fig. 51 e, 52, 54 a)
Matériel
Japon, Misaki, 10.06.1914, 460 m, Th. Mor-
tensen : 1 cr 6,5 mm (holotype).
Type. — Zoologisk Muséum, Copenhague : 1
mâle holotype (voir ci-dessus).
Localité-type. — Japon, Misaki, 460 mètres.
Diagnose. — Rostre à bords latéraux légèrement con¬
vexes, acuminé, dépassant de peu les fortes saillies post-
antennaires triangulaires et aiguës. Pédoncules oculaires
amincis dans la région médiane ; diamètre des cornées
compris deux fois et demie dans la longueur des pédon¬
cules, laquelle est égale aux 3/5' de celle de l’écusson.
Cinq ou sept dents épineuses quelque peu inégales au
bord mésial de la main des chélipèdes ; le reste de la
face dorsale presque inerme, recouvert de longues soies
fines. Deuxièmes pattes thoraciques avec quatre dents
aiguës, assez grêles, sur le carpe, et à propode dorsale-
ment inerme. Sur la face mésiale de ces appendices,
appareil stridulatoire formé par de nombreux tubercules
transversalement étirés qui couvrent en grande partie le
carpe et s’étendent au delà du milieu du propode.
Description
Écusson céphalothoracique à peine plus long
que large, presque deux fois plus long que la
région postérieure de la carapace.
Rostre à bords latéraux convexes, à dent apicale
triangulaire courte et large dépassant quelque peu
les saillies latérales, qui sont fortes et aiguës, avec
une faible inclinaison latérale. Bords latéraux peu
convexes, avec une concavité médiane peu mar¬
quée, sans denticule à ce niveau.
Pédoncules oculaires relativement courts, larges,
légèrement amincis dans la région médiane. Dia¬
mètre des cornées compris deux fois et demie
environ dans la longueur des pédoncules, celle-ci
égale aux 3/5' de celle de l’écusson. Écailles ocu¬
laires larges, à sommet triangulaire.
Pédoncules antennulaires dépassant les cornées
de la longueur de leur dernier article, qui est égal
au précédent.
Pédoncules antennaires atteignant ou presque le
Fie. 52. — Trizocheles loquax sp. nov., Japon, Misaki, cr
holotype 6,5 mm : carapace ei appendices céphaliques.
Source : MNHN, Paris
170
JACQUES FOREST
milieu des cornées. Deuxième article avec une sail¬
lie antéro-latérale relativement courte et large, à
sommet tridenté, avec un denticule latéral mé¬
dian ; une dent aiguë au milieu de la face dorsale
de cet article. Écaille antennaire forte, atteignant
le tiers proximal du dernier article à droite, et le
milieu de cet article à gauche ; le bord latéral
armé de deux ou trois dents en arrière de la
pointe distale ; une dent aiguë dans la région
proximale, du côté mésial. Flagelles manquants.
Chélipèdes subégaux. Main un peu plus de deux
fois plus longue que large. Doigts d’un tiers plus
courts que la région palmaire. Bord mésio-ventral
de l’ischion et du mérus avec des dents courtes et
fortes. Des dents aiguës sur le carpe, dont trois
plus fortes du côté mésial. Bord mésial de la main
gauche avec sept dents modérément développées et
irrégulières, les deux proximales étant plus fortes.
Sur l’appendice droit, cinq dents mésiales seule¬
ment, de taille légèrement décroissante vers
l’avant.
Face dorsale en grande partie inerme, avec un
denticule aigu dans la région proximale et, sur le
doigts fixe, des dents courtes se prolongeant sur la
région palmaire.
Sur l’avancée latéro-ventrale du carpe, appareil
stridulatoire formé de nombreux tubercules cornés
arrondis, aplatis.
Deuxièmes pattes thoraciques avec le dactyle et
le propode subégaux, d’un quart plus courts que
le mérus. Largeur maximale du propode comprise
environ quatre fois dans sa longueur. Bord dorsal
du carpe armé de quatre dents cornées aiguës.
Propode et dactyle inermes du côté dorsal. Appa¬
reil stridulatoire formé de nombreux tubercules
plus ou moins étirés tranversalement, qui couvrent
en partie la face mésiale du carpe et, sur le pro¬
pode s’étendent au delà du milieu de l’article.
Troisièmes pattes thoraciques inermes, à
l’exception du mérus et du carpe, dotés d’une
épine cornée distale, et du dactyle qui porte les
soies spiniformes ventrales habituelles.
Pilosité constituée par des soies longues et très
fines, nombreuses sur la région dorsale des chéli¬
pèdes et des deux paires thoraciques suivantes.
Habitat
Dans une Éponge Hexactinellide (Eurete sp.).
Remarques
L’holotype et spécimen unique de Trizocheles
loquax sp. nov. a été recueilli par Th. Mortensen
au large de Misaki par une profondeur de 460
mètres. Il possède, comme la majorité des Trizo¬
cheles , un appareil stridulatoire sur la saillie
antéro-latérale du carpe des PI d’une part, sur la
face mésiale du carpe et du propode des deuxiè¬
mes pattes thoraciques d’autre part. Le nom spé¬
cifique choisi évoque la grande extension des
tubercules stridulatoires sur le carpe de ces appen¬
dices. T. loquax appartient par ailleurs au groupe
d’espèces à bord dorsal du propode des deuxièmes
pattes inerme, mais se distingue par l’absence de
fortes dents aiguës sur la face dorsale de la main
des chélipèdes. En dehors des dents mésiales, cette
face, recouverte de longues soies fines, est presque
inerme, avec seulement un denticule en avant de
l’articulation avec le carpe, et, sur le doigt fixe,
une plage de tubercules aigus qui se prolonge sur
la région palmaire sous la forme de petits granu¬
les. Le caractère presque inerme de la surface de
la région palmaire ne se retrouve que chez T.
brachyops et T. caledonicus, dont les pédoncules
oculaires sont très courts et chez T. manningi et
T. perplexus, tous deux dépourvus d’appareil stri¬
dulatoire.
Distribution
Japon, au large de Kyushu, par 460 mètres.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
171
Trizocheles caledonicus sp. nov.
(fig. 53, 54 b, 61 c)
Matériel
N.O. Jean Charcot, campagne BIOCAL, Nou¬
velle-Calédonie :
Station DW 33, 29.08.1985, 23°09,7' S, 167° 10,3' E,
675 mètres, drague : 1 9 ovigère 6,5 mm (holo-
type).
Station DW 51, 31.08.1985, 23°05,3' S, 167°44,9' E,
700-680 mètres, drague : 2 c 6,2 et 7,5 mm, 1 9
ovigère 8,0 mm (paratypes), 1 9 4,2 mm.
N.O. Vauban, campagne MUSORSTOM IV,
Nouvelle-Calédonie :
Station CP 158, 15.09.1985, 18°49,3' S, 163°15,0' E,
625 mètres, chalut : 1 cr 7,5 mm, 2 9 7,5 et
8,0 mm.
Types. — Muséum national d’Histoire naturelle :
femelle ovigère holotype (Pg 3499), deux mâles et
une femelle paratypes (Pg 3498).
Localité-type. — Sud de la Nouvelle-Calédo¬
nie, 675 mètres.
Diagnose. — Rostre triangulaire avec un denticule
apical dépassant les saillies post-antennaires. Pédoncules
oculaires amincis dans la région médiane, plus de deux
fois plus courts que l’écusson ; diamètre des cornées
compris moins de trois fois dans la longueur des pédon¬
cules. Main des chélipèdes forte, armée le plus souvent
de cinq dents longues et aiguës au bord mésial ; face
dorsale inerme sauf sur le doigt fixe qui porte quelques
denticules. Deuxièmes pattes thoraciques avec cinq dents
grêles et aiguës sur le bord dorsal du carpe, propode
quatre fois plus long que large, à bord dorsal inerme.
Une ligne de tubercules stridulatoires sur la face mésiale
du carpe.
Description
Écusson céphalothoracique aussi long que large.
Région postérieure de la carapace plus de deux
fois plus courte que l’écusson.
Rostre triangulaire, obtus, avec un petit denti¬
cule apical dépassant les saillies post-antennaires
qui sont uni- ou bidentées. Bords latéraux de
l’écusson convexes, avec une incision submédiane
marquée ou non par un petit denticule.
Fig. 53. — Trizocheles caledonicus sp. nov., BIOCAL,
st. DW 33, 9 ovigère holoiype 6,5 mm : carapace et
appendices céphaliques.
Pédoncules oculaires courts, amincis dans la
région médiane. Cornées grandes, peu échancrées
postérieurement ; leur diamètre compris un peu
moins de trois fois dans la longueur des pédon¬
cules, ceux-ci plus de deux fois plus courts que
l’écusson.
Source : MNHN, Paris
172
JACQUES FOREST
Fig. 54. Deuxième péréiopode gauche, vue mésiale : a, Trizocheles loquax sp. nov., cr holotype 6,5 mm ; b, T. caledonicus sp.
nov., 9 ovigère holotype 6,5 mm ; c, T. albatrossi sp. nov. cr holotype 8,5 mm ; d, T. boasi sp. nov., a holotype
9,5 mm ; e, id., 9 ovigère 5,2 mm.
a-b : x 11 ; c : x 8 ; d : x 6,5 ; e : x 15.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
173
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux de
toute la longueur de leur dernier article, celui-ci
égal au précédent.
Pédoncules antennaires dépassant les cornées.
Saillie antéro-latérale du deuxième article forte, à
sommet bidenté ; la dent latérale très petite ou
absente ; une dent dorsale sur cet article. Écaille
antennaire longue et grêle, dépassant plus ou
moins le milieu du dernier article, avec deux dents
latérales en arrière de la pointe distale. Pas de
dent du côté mésial. Flagelle environ deux fois et
demie plus long que l’écusson.
Chélipèdes subégaux. Main assez massive, un
peu plus de deux fois plus longue que large.
Région palmaire d’un tiers plus longue que les
doigts. Carpe avec trois dents mésiales, la distale
nettement plus forte ; sur la face dorsale trois
dents diversement développées, parfois très peti¬
tes. Cinq ou six (rarement sept ou huit) fortes
dents mésiales sur la main, en général de taille fai¬
blement et régulièrement décroissante vers l’avant.
Face dorsale avec une ligne de courtes dents à
pointe cornée sur le doigt fixe, le reste de cette
face inerme. Dactyle avec une (rarement deux ou
trois) dent cornée dans la région proximale, sa
surface étant par ailleurs marquée de dépressions
pilifères.
Un champ de tubercules stridulatoires peu sail¬
lants sur l’avancée latéro-ventrale du carpe.
Deuxièmes pattes thoraciques relativement grê¬
les. Propode et dactyle sensiblement de même lon¬
gueur et plus courts que le mérus. Propode de
quatre à cinq fois plus long que large. Carpe armé
de cinq dents longues et aiguës, la proximale plus
petite. Propode à bord dorsal inerme. Sur la face
mésiale du carpe une ligne de cinq ou six tuber¬
cules stridulatoires, arrondis ou plus ou moins
allongés transversalement, toujours peu saillants.
Quelques tubercules stridulatoires, petits et peu
visibles, parfois présents sur le propode.
Troisièmes pattes thoraciques avec une dent épi¬
neuse distale sur le carpe, le propode inerme.
Coloration (sur le vivant). — Teinte de fond
blanc crémeux. Moitié antérieure de l’écusson
rouge orangé clair. Tergites abdominaux rouge
orangé. Pédoncules oculaires décolorés en arrière
des cornées, le reste rouge orangé clair, de même
que les antennules. Les trois premières paires
d’appendices thoraciques rouge orangé du côté
dorsal, passant au blanchâtre du côté ventral.
Taille
Les huit spécimens connus comprennent trois
mâles de 6,2 et 7,5 mm, trois femelles non ovigè-
res de 4,4 à 8,0 mm et deux ovigères de 6,5 et
8,0 mm.
Habitat
Dans des éponges Hexactinellides Dictyonines.
Remarques
Plusieurs Trizocheles recueillis entre 620 et 690
mètres de profondeur, au large de la Nouvelle-
Calédonie, pendant la campagne BIOCAL, sem¬
blaient très proches de T. brachyops Forest et de
Saint Laurent sp. nov. de Nouvelle-Zélande. La
comparaison de spécimens des deux régions, de
taille voisine, a cependant fait apparaître des dif¬
férences portant sur des caractères peu nombreux,
mais dont nous avons pu apprécier la valeur taxo¬
nomique au cours de nos recherches sur le genre.
Ces différences étant nettes, constantes et conco¬
mitantes, nous avons considéré qu’il s’agissait de
deux espèces distinctes, et désigné celle de
Nouvelle-Calédonie sous le nom de T. caledonicus
sp. nov.
Si on confronte la description qui figure ci-des¬
sus à celle de T. brachyops (p. 186), on constate
que les deux espèces présentent beaucoup de simi¬
litudes. Ainsi la région antérieure du corps et les
appendices céphaliques (fig. 53 et 62) ne permet¬
tent guère de les distinguer.
Compte tenu des variations individuelles, la
main des chélipèdes a également une forme et des
proportions à peu près identiques, mais est plus
fortement armée chez T. brachyops, lequel est
toujours doté d’une dent épineuse médiane sur le
propode, juste en avant du bord distal du carpe,
dent toujours absente chez T. caledonicus. De
même, chez le premier, la région dorsale du
dactyle porte des dents aiguës jusqu’au voisinage
de l’ongle, alors que, chez la seconde, une seule
dent cornée est présente en avant de l’articulation,
parfois précédée d’un ou deux autres denticules
localisés dans la région proximale.
C’est cependant sur les proportions et la spinu-
lation des deuxièmes et troisièmes pattes thoraci¬
ques que repose avant tout la distinction spécifi¬
que.
Tous les articles de ces appendices sont nota¬
blement plus allongés chez l’espèce de Nouvelle-
Source : MNHN, Paris
174
JACQUES FOREST
Calédonie (fig. 54 b), avec, en particulier, un pro-
pode de quatre à cinq fois plus long que large,
alors que le rapport des deux dimensions n’est
que de trois chez T. brachyops (fig. 63 a). Chez
ce dernier, le même article porte une très forte
dent distale, souvent suivie d’une seconde plus
petite, alors que son bord dorsal est totalement
inerme chez T. caledonicus. Les troisièmes pattes
présentent les mêmes différences d’allongement,
celles de T. caledonicus étant beaucoup plus grê¬
les, avec le bord dorsal du carpe inerme en arrière
d’une dent distale plus petite que chez brachyops.
En ce qui concerne l’appareil stridulatoire, il
présente à peu près le même développement chez
les deux espèces. Sur le carpe des chélipèdes, les
tubercules sont peu saillants et peu denses, et sur
les deuxièmes pattes thoraciques, ils sont petits,
peu nombreux, disposés en une seule ligne sur le
carpe, et, sur le propode, sont peu discernables ou
absents.
Distribution
Nouvelle-Calédonie, de 625 à 680-700 mètres.
Trizocheles albatrossi sp. nov.
(fig. 51 f, 54 c, 55)
Matériel
Albatross, station 5095 , 26.10.1906, Japon,
35°05'34" N, 139°38'36" E, 106 m : 1 cr 8,5 mm
(exuvie) (holotype).
Type. — National Muséum of Natural History,
Washington, (holotype n° 228437).
Localité-type. — Japon.
Diagnose. — Rostre à bords latéraux convexes, armé
d’une dent apicale prolongeant une carène médiane et
dépassant les saillies post-antennaires fortes et aiguës.
Pédoncules oculaires relativement minces, d’un tiers
plus courts que l’écusson ; diamètre des cornées compris
4,5 fois environ dans la longueur des pédoncules. Bord
mésial de la main avec cinq fortes dents aiguës et deux
dents intercalaires plus courtes ou réduites à un tuber¬
cule. Sur la face dorsale de la région palmaire trois
lignes de dents parallèles au bord mésial. Sur le bord
dorsal du carpe des deuxièmes pattes thoraciques quatre
ou cinq dents assez longues et aiguës ; le propode
inerme. Sur la face mésiale un appareil stridulatoire :
sur le carpe, on compte dix tubercules plus ou moins
étirés transversalement, trois d’entre eux, dans la partie
distale, plus longs ; sur la moitié proximale du propode,
une dizaine de tubercules plus petits.
Description
Écusson céphalothoracique légèrement plus long
que large. Longueur de la région postérieure de la
carapace égale aux 4/9 c de celle de l’écusson.
Rostre à bords latéraux convexes, avec une fai¬
ble carène dorsale et, à l’apex, une petite dent
aiguë qui dépasse les saillies post-antennaires ;
celles-ci fortes, aiguës, leur pointe légèrement
arquée du côté latéral. Bords latéraux convexes,
avec une échancrure médiane marquée par un
denticule aigu.
Pédoncules oculaires subcylindriques, légère¬
ment dilatés aux extrémités. Diamètre des cornées
compris 4,5 fois environ dans la longueur des
pédoncules ; celle-ci égale aux deux tiers de celle
de l’écusson. Écailles oculaires à région distale
triangulaire.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux du
tiers environ de la longueur de leur dernier article,
celui-ci un peu plus long que le précédent.
Pédoncules antennaires se terminant nettement
en arrière des cornées, aux deux tiers environ des
pédoncules oculaires. Deuxième article avec une
saillie antéro-latérale robuste, bidentée, avec un
denticule latéral ; une dent longue et aiguë du
côté mésial. Écaille antennaire forte, atteignant le
milieu du dernier article, armée de deux dents
latérales en arrière de sa pointe distale et d’une
dent mésiale aiguë dans sa région proximale. Fla¬
gelles manquants.
Chélipèdes égaux et symétriques. Main deux
fois plus longue que large ; la région digitale, sub¬
triangulaire, d’un quart plus courte que la région
palmaire. Une ligne de fortes dents coniques sur
le bord mésio-ventral de l’ischion ; dans leur pro¬
longement, sur le mérus, des dents plus courtes et
irrégulières. Sur le bord dorsal du mérus une dent
distale longue et aiguë, suivie d’une seconde plus
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
175
Fio. 55. — Trizocheles albatrossi sp. nov., Albalross
si. 5095, Japon, c t holoiype 8,5 mm (cxuvie) : carapace ei
appendices céphaliques.
petite et d’une série de denticules peu saillants.
Face dorsale du carpe portant du côté mésial trois
fortes dents recourbées vers l’avant, et proximale-
ment et latéralement quelques dents beaucoup
plus courtes. Bord mésial de la main gauche armé
de sept dents, dont cinq longues, fortes, recour¬
bées vers l’avant, et deux intercalées (les troisiè¬
mes et cinquièmes à partir de la base), plus cour¬
tes et droites. Sur l’appendice droit, dents interca¬
laires manquant ou représentées par un tubercule.
Sur le reste de la face dorso-latérale quelques
dents plus petites disposées en trois lignes, la plus
latérale se prolongeant sur le doigt fixe par une
série de tubercules coniques irréguliers.
Sur l’avancée latéro-ventrale du carpe, appareil
stridulatoire (pars stridens) formé de tubercules
aplatis, disposés en rangées transverses plus ou
moins régulières.
Deuxièmes pattes thoraciques avec le dactyle
nettement plus court que le mérus et un peu plus
long que le propode ; celui-ci trois fois plus long
que large. Sur le bord dorsal du carpe, quatre
(appendice gauche) ou cinq (appendice droit)
dents assez longues et aiguës ; le propode inerme
mais avec des stries pilifères transverses. Sur le
bord ventral, quelques très petits denticules sur
l’ischion et le mérus, deux spinules distales sous le
propode et six ou sept soies cornées sous le
dactyle. Face mésiale du carpe avec, suivant l’axe
médian, un appareil stridulatoire (plectrum) formé
d’une série d’une dizaine de tubercules arasés,
plus ou moins étirés transversalement, qui s’étend
vers l’avant à partir du quart proximal ; les trois
éléments les plus importants, sous la forme
d’étroites plaquettes parallèles, sont situés dans la
région distale. L’appareil stridulatoire se prolonge
sur le propode, avec une dizaine de tubercules
localisés sur la moitié proximale.
Troisièmes pattes thoraciques avec des propor¬
tions voisines de celles des précédentes, à l’e :ep
tion du mérus, plus court. Un denticule dorsal sur
le mérus et sur le carpe, et sept soies spini formes
sous le dactyle.
Habitat
Inconnu.
Remarques
Trizocheles albatrossi sp. nov. 1 est décrit
d’après l’exuvie en bon état et presque complète
d’un spécimen mâle de 8,5 mm. L’espèce se rap¬
proche quelque peu de T. brevicaulis (Boas) et de
T. balssi (Stebbing) par l’allongement des pédon¬
cules oculaires, mais ses cornées sont de forme
1. Dédiée au navire de l'U.S. Fisch Commission qui a recueilli le spécimen décrit, ainsi que bon nombre d’autres Pyloche-
lidae.
Source : MNHN, Paris
176
JACQUES FOREST
différente, plus longues que larges, à contour très
régulièrement elliptique. De nombreux caractères
le séparent d’ailleurs de ces deux espèces, en parti¬
culier la forme du rostre fortement convexe sous
sa pointe apicale, et la disposition des dents sur
les deux premières paires d’appendices thoraci¬
ques.
T. albatrossi a été recueilli à une profondeur
plus faible, 106 mètres, que les deux autres espè¬
ces connues du Japon, T. sakaii sp. nov. (250-
300 m) et T. loquax sp. nov. (460 m), lesquelles
par ailleurs ne présentent pas d’affinités particu¬
lières avec elle.
Distribution
Japon, 106 mètres.
Trizocheles boasi sp. nov.
(fig. 51 a-c, 54 d, e, 56 a, b)
Mixtopagurus brevicaulis Boas, 1926, p. 37 (pro parte :
spécimens b et c, fig. 4).
Matériel
The Danish Expédition to the Kei Islands 1922.
Station 59, 12.05.1922, 5°28' S, 132°36' E,
385 m, coraux : 1 a 9,5 mm (holotype) et 1 9
ovigère 5,2 mm, dans une éponge Hexactinellide.
Type. — Zoologisk Muséum, Copenhague :
mâle holotype (voir ci-dessus).
Localité-type. — lies Kei, 385 mètres.
Diagnose. — Rostre triangulaire, à bords latéraux
faiblement concaves, avec une petite dent apicale dépas¬
sant largement les saillies post-antennaires. Pédoncules
oculaires forts, épais, d’une longueur égale aux 3/5 c de
celle de l’écusson. Cornées renflées ; leur diamètre com¬
pris 2,5 fois dans la longueur des pédoncules. Écailles
oculaires courtes, triangulaires, atteignant juste la base
de l’article distal des pédoncules. Main des chélipèdes
avec six dents aiguës assez robustes au bord mésial, et
deux lignes principales de dents épineuses sur la face
dorsale. Deuxièmes pattes thoraciques avec le dactyle
d’un cinquième plus court que le propode ; carpe à
bord dorsal armé de quatre dents grêles et aiguës ; sur
la face mésiale une ligne d’une dizaine de tubercules
stridulatoires ; ceux-ci sont absents sur le propode.
Description (holotype)
Écusson céphalothoracique un peu moins long
que large. Région postérieure de la carapace plus
deux fois plus courte que l’écusson. Rostre
triangulaire, à bords latéraux concaves, avec une
petite dent apicale aiguë, dépassant les saillies
post-antennaires qui sont assez fortes et arquées
du côté latéral. Bords latéraux de l’écusson avec
une encoche submédiane très peu marquée.
Pédoncules oculaires forts. Cornées grandes,
renflées ; leur diamètre compris 2,5 fois dans la
longueur des pédoncules, laquelle est égale aux
trois cinquièmes de celle de l’écusson.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux des
quatre cinquièmes de leur dernier article, qui est
de même longueur que le précédent.
Pédoncules antennaires atteignant le milieu des
cornées. Premier article avec un denticule antéro¬
latéral. Deuxième article à saillie antéro-latérale
bidentée ; un denticule court à l’angle antéro-
mésial. Écaille antennaire dépassant quelque peu
la base du dernier article ; en arrière de la pointe
distale l’écaille droite porte une dent et l’écaille
gauche deux dents latérales ; une dent aiguë au
tiers proximal du bord mésial. Les derniers arti¬
cles des flagelles manquants, la partie restante
aussi longue que la carapace.
Chélipède droit nettement plus long et plus
large que le gauche ; la main forte, un peu plus
de deux fois plus longue que large, les doigts d’un
quart plus courts que la région palmaire. Extré¬
mité du chélipède gauche atteignant le milieu des
doigts de l’autre appendice ; largeur de la main
comprise 2,5 fois dans sa longueur, les doigts un
peu plus courts que la région palmaire.
Main droite (fig. 51 a) à bord mésial armé de
six dents aiguës assez robustes. Face dorsale avec
des dents épineuses principalement disposées en
deux lignes, l’une de six, parallèle au bord mésial,
l’autre de sept, convergeant avec la précédente
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
177
Fig. 56. — Trizocheles boasi sp. nov., carapace ei appendices céphaliques : The Danish Expédition 10 the Kei Isiands 1922,
st. 59 : a, cr holotype 9,5 mm ; b, Ç ovigère 5,2 mm.
dans sa partie distale. Des dents cornées assez for¬
tes sur la moitié proximale du dactyle. Ornemen¬
tation de la main gauche (fig. 51 b) caractérisée
par l’irrégularité des dents mésiales, et le plus
petit nombre de dents sur la face dorsale, avec
trois dents seulement, alignées près du bord
mésial.
Sur les deux appendices une plage de tubercules
stridulatoires sur l’avancée latéro-ventrale du
carpe.
Source : MNHN, Paris
178
JACQUES FOREST
Deuxième patte thoracique gauche à dactyle
d’un cinquième plus court que le propode, lequel
a une largeur maximale comprise cinq fois et
demie dans sa longueur. Bord dorsal du carpe
armé de quatre dents grêles, aiguës, la dernière
plus petite. Sur la face mésiale de cet article une
ligne d’une dizaine de tubercules stridulatoires, les
plus antérieurs étirés en courtes crêtes transverses
parallèles, les postérieurs arrondis, très petits.
Face mésiale du propode déprimée, sans tuber¬
cules stridulatoires décelables.
La deuxième patte droite diffère de la gauche
par son propode nettement plus court, et la très
faible armature du carpe, réduite à des spinules
courtes et peu visibles, ces caractères correspon¬
dant sans doute à une anomalie.
Troisièmes pattes thoraciques inermes, à
l’exception d’une spinule distale sur le bord dorsal
du carpe.
Habitat
Dans une Éponge Hexactinellide Dictyonine
(Eurete sp.).
Remarques
Comme nous le notons dans les remarques rela¬
tives à Trizocheles brevicaulis (infra, p. 194),
l’auteur de l’espèce, Boas (1926, p. 38), a men¬
tionné sous ce nom spécifique trois spécimens pro¬
venant des îles Kei, à savoir : a) un mâle de
12 mm, de la station 44, par 268 m, b) un mâle
de 9 mm, de la station 59, par 385 m, et c) une
femelle plus petite, de la même station 59. Nous
avons constaté que les sÿntypes b et c n’appartien¬
nent manifestement pas à la même espèce que le
spécimen a. C’est ce dernier que nous avons
choisi comme lectotype de brevicaulis, puisque
c’est celui que Boas a comparé à l’autre espèce
décrite dans le même travail et désignée ici sous le
nom de Trizocheles longicaulis, ce spécimen étant
aussi celui dont il a figuré le chélipède gauche
(loc. cil., fig. 23 b).
Le spécimen b, un mâle qui, en fait, mesure
9,5 mm est le type de T. boasi sp. nov., dédié au
grand carcinologiste danois, à qui l’on doit l’une
des plus importantes contributions à la connais¬
sance des Pylochelidae.
Les différences avec le lectotype de brevicaulis
(fig. 63 b, 65 a, 66 b) sont nombreuses et impor¬
tantes. La nouvelle espèce a ainsi des yeux beau¬
coup plus trapus, avec des cornées beaucoup plus
volumineuses, d’un diamètre compris 2,5 fois
dans la longueur des pédoncules contre 3,5 fois
chez brevicaulis. Ses pédoncules antennaires attei¬
gnent le milieu des cornées, alors qu’ils se termi¬
nent légèrement en deçà chez la seconde espèce.
Cette dernière a en outre des chélipèdes à main
armée de dents plus courtes, un propode des
deuxièmes pattes thoraciques beaucoup moins
allongé, doté d’une dent distale et, sur sa face
mésiale, de nombreux tubercules stridulatoires,
caractères qui manquent chez T. boasi.
Le troisième syntype de brevicaulis a été figuré
par Boas dans l’Éponge Hexactinellide qui l’abri¬
tait (loc. cil., fig. 4) et qui ne laissait voir que
l’extrémité des appendices thoraciques, les pédon¬
cules oculaires et, partiellement, l’écusson et
l’abdomen. Ce spécimen nous a été communiqué
tel qu’il avait été représenté, c’est-à-dire en place,
et il a été nécessaire de briser l’Éponge pour l’en
extraire. C’est une femelle ovigère de petite taille,
5,2 mm, que nous avons identifiée à T. boasi sp.
nov. Les pédondules oculaires sont de même
forme, les écailles oculaires également petites et
les pédoncules antennaires atteignent aussi le
milieu des cornées (fig. 56 b). Le chélipède droit
est légèrement plus grand que le gauche (fig. 51 c),
l’asymétrie étant beaucoup moins forte que chez
le type ', mais la forme et la disposition des dents
sur les mains sont assez voisines dans les deux
cas. Les deuxièmes pattes thoraciques (fig. 54 e)
sont caractérisées par la présence de trois dents
grêles suivies de deux denticules sur le bord dorsal
du carpe et d’une seule ligne de tubercules stridu¬
latoires sur la face mésiale de cet article. Le pro¬
pode est dépourvu de dent distale et les quatre
tubercules présents sur sa face mésiale ne semblent
pas, d’après leur forme et leur position le long du
bord dorsal, appartenir à l’appareil stridulatoire.
Ils correspondraient plutôt à des insertions de
faisceaux de soies.
Chez le type, ces appendices (fig. 54 d) ont une
ornementation voisine, avec en particulier un
appareil stridulatroire localisé sur le carpe, mais le
propode est beaucoup plus allongé, le rapport de
sa longueur à sa largeur maximale étant de 5,5 au
1. On ne peut conclure de l’asymétrie des chélipèdes de ces deux seuls spécimens qu'il s'agit là d'un caractère spécifique.
Chez un Trizocheles dont nous avons examiné d'assez nombreux exemplaires, comme T. spinosus bathamue, l'homochélic semble
la règle, mais chez certains spécimens on observe une inégalité plus ou moins marquée entre les deux appendices.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
179
lieu de 4 chez l’autre spécimen. La différence
dans l’allongement du propode, de même que
celle qui affecte les proportions de l’écusson, rela¬
tivement moins long chez le type, peut être mise
sur le compte de la différence de taille entre les
deux exemplaires. Si cependant nous avons pu
nous interroger sur l’identité de la petite femelle,
c’est parce que son bord frontal présente un lobe
rostral arrondi, surmonté d’un très petit denticule
légèrement en retrait par rapport aux saillies post-
antennaires (fig. 56 b) et non un rostre triangu¬
laire, proéminent, comme chez le type (fig. 56 a).
Bien que, chez les Trizocheles, l’allongement du
rostre ne semble pas lié à la taille, nous avons
finalement rattaché le spécimen c à T. boasi, nous
fondant sur les caractères communs mentionnés
plus haut, en particulier sur les proportions des
appendices céphaliques sensoriels et sur l’orne¬
mentation des chélipèdes et des deuxièmes pattes
thoraciques. Le fait que ce spécimen provienne de
la même station que le type vient à l’appui de
cette identification, la forme particulière du bord
frontal pouvant représenter une anomalie consécu¬
tive à une régénération.
L’espèce la plus proche de T. boasi sp. nov. est
incontestablement T. gracilis sp. nov. La ressem¬
blance porte sur la forme du bord frontal et sur
les proportions des pédoncules oculaires, antennu-
laires et antennaires. D’après ces caractères nous
avons pu envisager qu’il s’agissait d’une seule et
même espèce, mais la comparaison entre les types
fait apparaître un ensemble de différences : T.
boasi a une dent rostrale plus petite et plus fine,
des écailles oculaires et antennaires plus courtes,
des dents épineuses nettement plus robustes sur la
main des chélipèdes, des deuxièmes pattes thoraci¬
ques à propode plus allongé, sans trace de tuber¬
cules stridulatoires sur sa face mésiale, à dactyle
nettement plus court que le propode, et non de
même longueur. Le type et seul spécimen connu
de T. gracilis provient de la mer du Sulu, région
relativement peu éloignée de la localité-type de T.
boasi, mais il a été récolté à une profondeur plus
grande, 580 mètres au lieu de 385 mètres : ce que
nous savons de la relative sténobathie des Trizo¬
cheles ( cf. p. 239) renforce la supposition que les
différences morphologiques relevées entre les deux
espèces, si elles sont relativement minimes, sont
cependant d’ordre spécifique.
Distribution
lies Kei, 385 mètres.
Trizocheles gracilis sp. nov.
(fig, 51 g, 57, 59 b)
Matériel
Albatross, station 5172, 5.03.1908, Philippines,
N. île Jolo, 6°03'15" N, 120°35'30" E, 580 m :
1 cr 7,0 mm (holotype).
Type. — National Muséum of Natural History,
Washington : cr holotype (n° 228438).
Localité-type. — Mer de Sulu, île Jolo.
Diagnose. — Rostre à bords latéraux presque rectili¬
gnes, armé d’une forte dent apicale dépassant largement
les saillies post-antennaires aiguës. Pédoncules oculaires
forts, épais, d’un tiers plus courts que l’écusson. Cor¬
nées notablement renflées ; leur diamètre compris 2,5
fois environ dans la longueur des pédoncules. Main des
chélipèdes avec six dents longues et aiguës au bord
mésial, et trois lignes de dents plus petites sur la face
dorsale. Deuxièmes pattes thoraciques à dactyle égal au
propode ; trois dents grêles et aiguës au bord dorsal du
carpe, le propode étant inerme ; sur la face mésiale,
appareil stridulatoire comprenant une seule ligne de
tubercules étirés transversalement sur le carpe, et quel¬
ques tubercules plus petits sur la moitié proximale du
propode.
Description
Écusson céphalothoracique aussi long que large.
Région postérieure de la carapace près de deux
fois et demie plus courte que l’écusson.
Rostre à bords latéraux presque rectilignes, avec
une forte dent apicale triangulaire dépassant les
saillies post-antennaires qui sont fortes, aiguës, et
arquées du côté latéral. Bords latéraux de l’écus¬
son avec une faible encoche submédiane.
Source : MNHN, Paris
180
JACQUES FOREST
Fig. 57. — Trizocheles gracilis sp. nov., Albatross, si. 5172,
Philippines, cr holotype 7,0 mm : carapace ei appendices
céphaliques.
Pédoncules oculaires forts, épais. Cornées gran¬
des, renflées ; leur diamètre compris 2,5 fois dans
la longueur des pédoncules, laquelle est égale aux
deux tiers environ de celle de l’écusson. Écailles
oculaires fortes, à région distale triangulaire.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux des
deux tiers de la longueur de leur dernier article,
lequel est à peu près égal au précédent.
Pédoncules antennaires dépassant la base des
cornées. Deuxième article à saillie antéro-latérale
courte, armée de deux ou trois dents ; une petite
dent aiguë près du bord antérieur. Écaille anten-
naire forte atteignant à gauche le tiers proximal
du dernier article et, à droite le milieu de cet arti¬
cle, qui est notablement plus court de ce côté.
L’écaille est armée de deux dents latérales en
arrière de sa pointe distale et porte une dent
mésiale aiguë. Flagelles manquants.
Chélipède gauche un peu plus long et plus fort
que le droit, avec une ornementation similaire.
Main allongée, sa largeur maximale comprise 2,4
fois dans sa longueur ; région digitale d’un
sixième plus courte que la région palmaire. Sur le
carpe six dents aiguës, dont deux plus fortes sur le
bord mésial. Sur le bord palmaire six dents mésia-
les, la proximale la plus longue, les autres de taille
décroissante. Sur la face dorsale des dents épineu¬
ses longues et fines disposées en deux lignes paral¬
lèles principales. Sur le doigt fixe une ligne de
dents plus larges et plus courtes, se prolongeant
sur la région palmaire. Sur l’avancée latéro-
ventrale du carpe une plage de tubercules stridula-
toires arrondis et aplatis, disposés en lignes trans¬
verses.
Deuxièmes pattes thoraciques grêles. Dactyle et
propode subégaux, d’un cinquième plus courts
que le mérus. Largeur maximale du propode com¬
prise quatre fois dans sa longueur. Sur le bord
dorsal du carpe, trois dents grêles, aiguës, assez
courtes, suivies d’un denticule ; propode inerme.
Sur la face mésiale appareil stridulatoire formé
d’une seule ligne de sept tubercules étirés, paral¬
lèles, sur le carpe, et de six tubercules, certains
minuscules, sur la région proximale du propode.
Troisième pattes thoraciques à bord dorsal com¬
plètement inerme.
Habitat
Inconnu.
Remarques
Trizocheles gracilis est décrit d’après un unique
spécimen provenant de la mer de Sulu, et d’une
profondeur de 580 mètres. L’espèce se distingue
de la plupart des autres Trizocheles par la combi¬
naison d’un ensemble de caractères : pédoncules
oculaires courts, larges, à cornées renflées, main
des chélipèdes allongée avec deux séries de longues
dents épineuses sur la face dorsale, deuxièmes et
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
181
troisièmes pattes thoraciques grêles, avec le carpe
faiblement armé, le propode inerme. Ces caractè¬
res l’apparentent cependant à T. boasi sp. nov.,
de la mer de Banda, auquel nous l’avons comparé
plus haut (c/. p. 179). Nous rappellerons simple¬
ment ici que le type de T. gracilis diffère de celui
de boasi par l’écusson moins large par rapport à
sa longueur, par les pédoncules oculaires relative¬
ment plus longs, par les écailles oculaires et anten-
naires plus longues, par les dents plus grêles sur la
main des chélipèdes, par le dactyle des deuxièmes
pattes thoraciques de même longueur et non plus
court que le propode, et par la présence de tuber¬
cules stridulatoires sur ce dernier article.
La comparaison entre T. gracilis et le second
spécimen identifié à T. boasi est peu concluante.
Ce spécimen est sans doute assez proche de graci¬
lis par les proportions de l’écusson et les lon¬
gueurs relatives du propode et du dactyle des
deuxièmes pattes thoraciques, mais nous avons
déjà noté (p. 179) que les variations qu’il présente
à cet égard par rapport au type de l’espèce sont
sans doute liées à sa taille beaucoup plus petite.
T. gracilis et T. boasi sont des formes très voi¬
sines. Les différences relevées entre les types, si
elles sont relativement minimes, portent sur une
série de caractères, et nous ont paru suffisantes
pour que nous considérions qu’il s’agit d’espèces
distinctes. Il serait évidemment souhaitable que
d’autres exemplaires soient capturés afin de juger
si cette opinion est bien fondée ou non. Dans le
cas où la validité des deux espèces serait confir¬
mée, il est possible que l’on constate également,
comme nous l’avons présumé, qu’elles vivent à
des niveaux préférentiels différents.
Distribution
Connu de la localité-type : mer de Sulu, au
large de l’île Jolo, 580 mètres.
Trizocheles moosai sp. nov.
(fig. 7 b, 47 a, 48 a-c, 51 h, 58, 59 d)
Matériel
CORINDON II (Macassar).
Station 229, 4.11.1980, 0°02,2' N, 119°49,8' E,
445-411 m : 2 cr 8,0 mm (post-exuvial) et 12,5 mm
(holotype).
Type. — Muséum national d’Histoire naturelle,
Paris : mâle holotype (Pg 3520).
Localité-type. — Détroit de Macassar.
Diagnose. — Rostre triangulaire, avec une petite dent
à l’apex, dépassant les saillies posi-antennaires. Pédon¬
cules oculaires près de deux fois plus courts que l’écus¬
son, amincis dans la région médiane ; diamètre des cor¬
nées compris deux fois et demie dans la longueur des
pédoncules. Bord mésial de la main avec sept-huit dents
aiguës modérément développées, irrégulières ; face dor¬
sale avec des dents aiguës nombreuses, disposées princi¬
palement en trois lignes longitudinales. Bord dorsal du
carpe des deuxièmes pattes thoraciques avec quatre à
sept dents grêles, assez longues ; le propode inerme. Sur
la face mésiale appareil stridulant formé d’une quin¬
zaine de tubercules, arrondis ou étirés transversalement,
sur le carpe, et de tubercules plus petits sur la moitié
proximale du propode.
Description
Écusson céphalothoracique à peine moins long
que large. Longueur de la région postérieure de la
carapace égale aux 4/7 c de celle de l’écusson.
Rostre large, en triangle obtus, à sommet acu-
miné dépassant les saillies post-antennaires ; celles-
ci aiguës, avec un denticule secondaire, dorsal,
plus ou moins marqué. Bords latéraux convexes,
avec une encoche médiane suivie de deux denticu-
les aigus.
Pédoncules oculaires presque deux fois plus
courts que l’écusson, amincis dans la région mé¬
diane : le diamètre du renflement proximal est
légèrement inférieur à celui des cornées, lequel est
compris deux fois et demie dans la longueur des
pédoncules. Écailles oculaires longues, à région
distale étroite, spiniforme.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux de
la longueur de leur dernier article qui est égal au
précédent.
Pédoncules antennaires atteignant le bord anté¬
rieur des cornées. Deuxième article avec la saillie
antéro-Iatérale relativement courte et étroite, à
sommet bidenté ; une dent latérale, une très petite
dent mésiale, et une courte et forte dent en arrière
Source : MNHN, Paris
182
JACQUES FOREST
Fiu. 58. - Trizocheles muosai sp. nov., CORINDON II,
si. 229, déiroil de Macassar, c y holotypc 12,5 mm : cara¬
pace et appendices céphaliques.
du bord distal. Écaille antennaire atteignant le
milieu du dernier article du pédoncule et le niveau
des cornées, armée de deux dents sub¬
égales au sommet, d’une dent latérale et d’une
dent mésiale. Flagelles près de deux fois plus
longs que l’écusson.
Chélipède gauche légèrement plus long et plus
fort que le droit mais avec la même ornementa¬
tion. Main un peu plus de deux fois plus longue
que large. Longueur des doigts égale aux deux
tiers de celle de la région palmaire. Bord mésio-
ventral de l’ischion et du mérus armé de forts
denticules, de taille irrégulière sur le second de ces
articles. Bord dorsal du mérus avec une série de
denticules de taille décroissante. Région dorsale
du carpe avec trois dents assez fortes, aiguës,
légèrement recourbées vers l’avant, du côté
mésial, et d’autres dents plus courtes et irrégu¬
lières. Sur la main, une ligne mésio-dorsale de
sept-huit dents, dont la proximale assez forte, les
suivantes plus petites, irrégulières. Sur la face dor¬
sale des dents aiguës disposées principalement en
trois lignes ; celles de la ligne la plus latérale, peti¬
tes et fines sur la région palmaire, se renforcent
sur le doigt fixe. Le dactyle porte également des
dents aiguës, dont les deux proximales sont nota¬
blement plus fortes.
Sur l’avancée latéro-ventrale du carpe, appareil
stridulatoire formé de tubercules à sommet corné,
peu aigus, irrégulièrement disposés et relativement
denses.
Deuxièmes pattes thoraciques fortes, assez tra¬
pues, à dactyle d’un tiers plus court que le mérus,
mais de même longueur que le propode. Celui-ci
un peu plus de trois fois plus long que large.
Bord ventral de l’ischion et du mérus presque
lisse. Bord dorsal du carpe de l’appendice gauche
avec quatre dents grêles et assez longues, suivies
d’une cinquième plus petite et d’un denticule ; sur
l’appendice droit les dents sont au nombre de sept
(sur l’autre spécimen, six dents à gauche et cinq à
droite). Bord dorsal du propode inerme. Dix soies
spiniformes sous le dactyle.
Sur la face mésiale du carpe une quinzaine de
tubercules stridulatoires arasés, les proximaux
arrondis, les autres étirés transversalement. Sur le
propode, des tubercules plus petits, peu denses,
sur la moitié proximale.
Troisièmes pattes thoraciques avec le mérus plus
court que celui des pattes précédentes. Spinulation
réduite à un très court denticule distal sur le
mérus, et à une dent cornée distale un peu plus
développée sur le carpe.
Habitat
Inconnu.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
183
Source : MNHN, Paris
184
JACQUES FOR EST
Remarques
Trizocheles moosai, espèce nouvelle dédiée au
carcinologiste indonésien, M. Kasim Moosa, est
décrit d’après deux individus mâles, dont l’un
venant de muer, recueillis par le N. O. Coriolis
dans le détroit de Macassar. Le bord dorsal du
propode des deuxièmes pattes thoraciques est
inerme comme chez T. loquax sp. nov. et T. alba-
Irossi sp. nov. T. moosai ressemble à T. loquax,
en particulier par la forme des pédoncules ocu¬
laires, qui, cependant, sont relativement plus
courts. 11 s’en distingue par la présence de deux
denticules en arrière de l’échancrure latérale de
l’écusson, par les écailles oculaires qui se termi¬
nent en une longue épine, par les écailles anten-
naires plus longues et plus grêles, par la face dor¬
sale de la main des chélipèdes armée de dents
nombreuses, alors qu’à l’exception de son bord
mésial, elle est presque inerme chez T. loquax.
L’ornementation des chélipèdes de T. moosai se
rapproche de celle de T. albairossi, avec des diffé¬
rences dans la taille des dents mésiales, plus fai¬
bles, et dans la disposition des dents de la face
dorsale, plus nombreuses et moins nettement ali¬
gnées en trois séries longitudinales chez T. moo¬
sai. Un caractère plus frappant sépare T. alba-
Irossi, aussi bien de T. moosai que de T. loquax,
c’est l’allongement et la relative gracilité des
pédoncules oculaires.
Distribution
Détroit de Macassar, 411-445 mètres.
Trizocheles laurentae sp. nov.
(fig. 59 a, 60, 61 a)
Matériel
MUSORSTOM I
Station 44, 610-592 m : 1 Ç 9,5 mm (holotype).
Type. — Muséum national d’Histoire naturelle,
Paris : femelle holotype (Pg 3488).
Localité-type. — Philippines.
Diagnose. — Rostre en triangle très obtus, avec une
forte dent apicale dépassant quelque peu les saillies
post-antennaires. Longueur des pédoncules oculaires
comprise un peu plus de deux fois dans celle de l’écus¬
son. Diamètre des cornées compris un peu moins de
trois fois dans la longueur des pédoncules. Main à bord
mésial armé de six dents dont les trois proximales sub¬
égales, plus fortes que les distales. Bord dorsal du carpe
des deuxièmes pattes thoraciques avec quatre dents
grêles, celui du propode inerme. Appareil stridulatoire
très développé, avec de nombreux tubercules sur le
carpe des chélipèdes et sur celui des deuxièmes pattes
thoraciques.
Description
Écusson céphalothoracique aussi long que large.
Région postérieure de la carapace un peu moins
de deux fois plus courte que l’écusson.
Rostre triangulaire, très obtus, avec une forte
dent apicale aiguë qui dépasse l’alignement des
saillies post-antennaires ; celles-ci aiguës, leur
pointe droite ou légèrement inclinée du côté
mésial. Bords latéraux avec une concavité médiane
marquée postérieurement par un très petit denti-
cule.
Pédoncules oculaires subcylindriques, courts.
Les cornées grandes, peu renflées, leur diamètre
compris un peu moins de trois fois dans la lon¬
gueur des pédoncules, ceux-ci plus de deux fois
plus courts que l’écusson. Écailles oculaires trian¬
gulaires, leur région distale effilée, presque spini-
forme.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux de
la longueur de leur dernier article qui est un peu
plus court que le précédent.
Pédoncules antennaires atteignant le tiers distal
des cornées. Saillie antéro-latérale du deuxième
article bidentée, sans dent latérale ; une dent
courte sur la face dorsale de cet article. Écaille
antennaire atteignant ou presque le milieu du der¬
nier article ; son extrémité armée de deux dents
aiguës, petites ; un très petit denticule latéral et
une dent aiguë sur la région proximale.
Chélipèdes dissymétriques : le gauche, plus long
et plus fort que le droit, présente les caractères
suivants : largeur de la main comprise un peu plus
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
185
dices céphaliques.
de deux fois dans sa longueur ; région palmaire
d’un quart plus longue que les doigts. Sur le
carpe, trois fortes dents mésiales de taille forte¬
ment décroissante à partir de la distale, et cinq
dents plus petites sur la face dorsale. Sur le bord
mésial de la main six dents, dont trois plus lon¬
gues, subégales, sur la moitié proximale. Face
dorsale avec un petit nombre de dents aiguës,
courtes, dont six alignées parallèlement au bord
mésial. Appareil stridulatoire formé de nombreux
tubercules arrondis, aplatis, couvrant en partie
l’avancée latéro-ventrale du carpe.
Chélipède droit différant du gauche par la main
d’un quart plus courte et relativement plus étroite,
avec des doigts plus longs. L’ornementation voi¬
sine, avec cependant cinq fortes dents et deux
dents intercalaires beaucoup plus petites sur le
bord mésial.
Deuxièmes pattes thoraciques avec le mérus
d’un cinquième plus long que le dactyle, qui est
lui-même un peu plus long que le propode ; celui-
ci d’une largeur comprise quatre fois dans sa lon¬
gueur. Quatre dents dorsales grêles, la dernière
plus petite, sur le carpe ; propode dorsalement
inerme.
Face mésiale du carpe en partie recouverte par
une vingtaine de tubercules stridulatoires plus ou
moins étirés transversalement ; une plage des
mêmes tubercules sur la moitié proximale du pro¬
pode.
Troisièmes pattes thoraciques avec une très
petite épine cornée distale sur le carpe.
Habitat
Inconnu.
Remarques
Le seul représentant du genre Trizocheles cap¬
turé au cours des campagnes MUSORSTOM, l’a
été pendant la première de ces campagnes, à la
station 44, entre Luçon et l’île de Lubang. C’est
avec T. brachyops sp. nov. de Nouvelle-Zélande
et T. caledonicus de Nouvelle-Calédonie, le seul
Trizocheles dont les pédoncules oculaires ont une
longueur nettement inférieure à la moitié de celle
de l’écusson. Par ailleurs T. lauretuae ne ressem¬
ble guère à ces deux espèces, ses chélipèdes ont
une main beaucoup plus allongée, à dents mésiales
plus nombreuses et plus courtes, et ses pattes tho¬
raciques sont plus grêles que chez T. brachyops.
En outre il présente des caractères particuliers qui
l’isolent dans le genre. La partie médiane du bord
frontal forme un angle très obtus avec une dent
rostrale forte, presque égale aux saillies post-
antennaires, les écailles antennaires sont étroites,
faiblement armées, l’appareil stridulatoire est sans
doute celui qui montre le plus grand dévelopement
pour le nombre et l’extension des tubercules sur
l’avancée latéro-ventrale du carpe des chélipèdes
et sur la face mésiale du carpe des deuxièmes pat¬
tes thoraciques.
Je suis heureux de dédier cette espèce à ma col-
Source : MNHN, Paris
186
JACQUES FOREST
lègue Michèle de Saint Laurent, qui m’a secondé très précieux aux divers stades de la préparation et
de la façon la plus efficace au cours des campa- de la rédaction du travail,
gnes MUSORSTOM et dont les conseils m’ont été
Fig. 61. - Extrémilé du chélipéde gauche (a, b) ou droit (c, d). a, Trizocheles lanrenlae sp. nov., 9 holotype 9,5 mm ;
b, T. sakaii sp. nov., 9 holotype 8,5 mm ; c, T. caledonicus sp. nov., ç ovigèrc hololypc 6,5 mm ; d, T. brachyops
Forest et de Saint Laurent sp. nov., cr paratype 10,0 mm.
a-b : x 7.5 ; c : x 11 ; d : x 6.
Trizocheles brachyops Forest et de Saint Laurent sp. nov.
(fig. 47 b, 61 d, 62, 63 a)
Matériel
New Zealand Océanographie Institute :
Station E 719, 23.03.1967, 38°46' S, 178°48' E,
913-750 m : 4 cr 9,0 à 10,0 mm, 3 Ç non ovig.
8,5 à 9,0 mm, 2 9 ovig. 8,5 et 9,0 mm.
Types. — New Zealand Océanographie Institute :
femelle ovigère holotype 8,5 mm.
Muséum national d’Histoire naturelle : 1 mâle
et deux femelles paratypes (Pg 3522).
Localité-type. — Nouvelle-Zélande, 38°46' S,
178°48' E, 913-750 m.
Diagnose. — Rostre triangulaire, avec un denticule
apical dépassant largement les saillies post-antennaires
aiguës. Pédoncules oculaires amincis dans la région
médiane, plus de deux fois plus courts que l’écusson ;
diamètre des cornées compris de 2,5 à 3 fois dans la
longueur des pédoncules. Main des chélipèdes forte,
armée de 5 ou 6 dents longues el fortes au bord
mésial ; la face dorsale avec une dent épineuse proxi¬
male et, sur le doigt fixe, une ligne de dents épineuses
qui se prolonge par des denticules sur la région pal¬
maire. Deuxièmes pattes thoraciques fortes, avec, sur le
bord dorsal du carpe 4, raremenl 5, dents aiguës assez
grêles, et une forte dent distale sur le propode, celui-ci
trois fois plus long que large. Sur la face mésiale, appa¬
reil stridulatoire réduit à quelques tubercules transversa¬
lement étirés et parallèles, localisés sur le carpe.
Description
Écusson céphalothoracique aussi long que large.
Région postérieure de la carapace deux fois plus
courte que l’écusson,
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
Rostre proéminent, triangulaire, légèrement
obtus, avec une dent apicale fine et aiguë qui
dépasse largement les saillies post-antennaires ;
celles-ci anguleuses, avec en arrière de la pointe
une dent ou un tubercule accessoire .
Bords latéraux de l’écusson convexes, avec une
dent submédiane aiguë parfois obsolète.
Pédoncules oculaires courts, amincis dans la
région médiane. Cornées grandes, peu échancrées
postérieurement ; leur diamètre compris de deux
fois et demie à trois fois dans la longueur des
pédoncules, celle-ci inférieure à la moitié de celle
187
de l’écusson. Écailles oculaires à région distale
triangulaire, étroite, aiguë.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux de
toute la longueur de leur dernier article, celui-ci
un peu plus court que le précédent.
Pédoncules antennaires dépassant quelque peu
les yeux. Saillie antéro-latérale du deuxième article
forte, à sommet bidenté, avec une petite dent laté¬
rale aiguë ; une forte dent dorsale sur cet article.
Écaille antennaire longue et forte, atteignant ou
dépassant le milieu du dernier article, avec deux à
quatre dents latérales en arrière de la pointe dis¬
tale, et de minucules denticules plus ou moins dis¬
tincts sur la région proximale. Flagelle près de
deux fois et demie plus long que l’écusson.
Chélipèdes subégaux. Main assez massive, un
peu plus de deux fois plus longue que large.
Région palmaire d’un tiers plus longue que les
doigts.
Trois fortes dents mésiales sur le carpe, la dis¬
tale la plus longue. Face dorsale avec un petit
nombre de dents épineuses beaucoup plus courtes.
Cinq fortes dents sur le bord mésial de la main,
de taille légèrement décroissante à partir de la
région proximale. Face dorsale inerme, à l’excep¬
tion d’une petite dent aiguë en avant du bord
proximal et de quelques denticules qui prolongent
la ligne de dents implantées sur le doigt fixe.
Dactyle avec des dents ou tubercules cornés, irré¬
gulièrement disposés, s’étendant du côté mésial.
Un champ de tubercules stridulatoires sur l’avan¬
cée latéro-ventrale du carpe.
Deuxièmes pattes thoraciques fortes. Dactyle
plus court que le mérus et plus long que le pro-
pode ; celui-ci trois fois plus long que large. Qua¬
tre ou cinq dents aiguës, assez grêles, sur le bord
dorsal du carpe. Propode avec une forte dent dis¬
tale en général suivie d’un denticule.
Une ligne de tubercules stridulatoires sur la face
mésiale du carpe ; quelques tubercules peu appa¬
rents, parfois absents, sur le propode.
Troisièmes pattes thoraciques avec, sur le bord
dorsal du carpe, une petite dent distale, et rare¬
ment, un ou deux denticules, l’un médian, l’autre
postérieur.
Coloration (en alcool). — Uniformément blan¬
châtre.
Taille
Les neuf spécimens connus mesurent de 8,5 à
10,0 mm (voir « Matériel »).
Source : MNHN, Paris
188
JACQUES FOREST
Fio. 63. — Deuxième péréiopode gauche, vue mésiale. a, Trizocheles brachyops Forest et de Saint Laurent sp. nov., a paratype
10,0 mm ; b, T. brevicaulis (Boas), cr lectotype 12 mm ; c, id., a 6,2 mm ; d, T. sakaii sp. nov., ç holotype 8,5 mm.
a : x 5 ; b : x 4,5 ; c : x 13 ; d : X 10,5.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
189
Habitat
Inconnu.
Remarques
La collection de Pagurides de Nouvelle-Zélande
dont l’étude, en collaboration avec M. de Saint
Laurent, est en cours de publication, incluait
trois espèces de Trizocheles, T. spinosus bathamae
ssp. nov., la plus commune (c/. p. 205), T. per-
plexus sp. nov. représenté par un spécimen unique
et mutilé (c/. p. 208) et T. brachyops décrit ci-
dessus, et qui se distingue des deux autres par de
nombreux caractères.
T. brachyops , remarquable par la brièveté de
ses pédoncules oculaires, dont la longueur est
légèrement inférieure à la moitié de celle de l’écus¬
son, partage ce caractère avec T. laurenlae, des
Philippines, et T. caledonicus, de Nouvelle-
Calédonie. Le premier diffère de brachyops sur de
nombreux points : cornées plus petites, écailles
antennaires très grêles et faiblement armées, main
des chélipèdes de forme allongée, deuxièmes et
troisièmes pattes thoraciques beaucoup plus grêles
et à propode inerme, appareil stridulatoire nette¬
ment plus développé. Par contre T. brachyops est
étroitement apparenté à T. caledonicus sp. nov.,
qui vit dans une région géographique relativement
proche. Ces deux espèces ont été comparées plus
haut (p. 173). Rappelons simplement que T. cale¬
donicus se distingue par la main des chélipèdes
plus faiblement armée et surtout par les pattes
thoraciques beaucoup plus allongées et à propode
dépourvu de la forte dent distale toujours présente
chez T. brachyops.
Il faut noter que ce sont les deux espèces de
Trizocheles recueillies aux profondeurs les plus
grandes, 630-660 mètres pour T. caledonicus, et
plus de 750 mètres pour T. brachyops.
Distribution
Nouvelle-Zélande, au large de la côte sud-ouest
de l’île du Nord, entre 750 et 913 mètres.
Trizocheles sakaii sp. nov.
(fig. 46 a-h, 48 d, e, 61 b, 63 d, 64 ; pl. V A, B, F, G, VIII A, B)
Pylocheles spinosus, Ortmann, 1892, p. 274. — Baie
de Sagami ; Terao, 1913, p. 391. [Nec Pylocheles
spinosus Henderson].
Mixlopagurus spinosus, Balss, 1913, p. 34 ; Yokoya,
1933, p. 70. — Baie de Sagami et de Sugura ;
Miyaké, 1947, fig. 2145. — Baie de Tokyo, de
Sagami et de Suruga.
Pomatocheles spinosus, Miyaké, 1963, p 640, fig. 1065.
— Baie de Tosa ; Miyaké, 1978, p. 7, fig. 2 — Baie
de Sagami ; 1982, p. 95, pl. 32, fig. 2
Matériel
Japon, Baie de Tosa, 250-300 m, 3-14 nov.
1963, K. Sakai : 3 9 ovigères 8,5 mm (holotype),
8,0 et 7,0 mm (paratypes).
Japon, Okezoto, baie de Tosa, 300-400 m, 28-
29.02.1960, K. Sakai : 2 cr 6,0 et 8,0 mm, 2 9
ovig. 7,0 mm (ZLKU n° 7743).
Albalross, station 3752, 19.05.1900, Japon,
Honshu, au large de Suno Saki, entre 100 et
180 m : 1 9 7,0 mm.
Japon, mer de Sagami, 26.06.1914, 183 m, Th.
Mortensen : 1 9 4,5 mm (mutilée).
Types. — Muséum national d’Histoire natu¬
relle, Paris : 1 femelle ovigère holotype (Pg 3486),
2 femelles ovigères paratypes (Pg 3487).
Localité-type. — Japon, Baie de Tosa, 250-
300 m.
Diagnose. — Rostre triangulaire, obtus, avec un den-
ticule apical dépassant les saillies post-antennaires
aigues. Pédoncules oculaires d’une longueur égale aux
3/5' de celle de l’écusson ; cornées renflées, leur diamè¬
tre compris trois fois dans la longueur des pédoncules.
Bord mésial de la main des chélipèdes avec 5-6 dents
fortes et aiguës ; face dorsale avec trois lignes longitudi¬
nales de dents plus courtes, mais robustes, et l’amorce
d’une quatrième, qui se prolonge sur le doigt fixe.
Deuxièmes pattes thoraciques avec quatre dents aiguës
au bord dorsal du carpe, et une dent distale sur le pro¬
pode. Appareil stridulatoire sur la face mésiale de ces
deux articles avec environ quinze tubercules, la plupart
étirés transversalement sur le premier, et des tubercules
aussi nombreux mais plus petits sur les deux tiers proxi¬
maux du second.
Source : MNHN, Paris
190
JACQUES FOREST
Fig. 64. — Trizocheles sakaii sp. nov., Japon, baie de Tosa,
9 ovigcre holotype 8,5 mm : carapace ei appendices cépha¬
liques.
Description
Écusson céphalothoracique un peu moins long
que large. Région postérieure de la carapace deux
fois plus courte que l’écusson.
Rostre triangulaire obtus, avec un court denti-
cule apical dépassant les saillies post-antennaires
qui sont fortes, aiguës, arquées du côté latéral.
Bords latéraux convexes, avec une faible échan¬
crure médiane, sans denticule à ce niveau.
Cornées renflées ; leur diamètre compris trois
fois dans la longueur des pédoncules oculaires,
laquelle est égale aux trois cinquième environ de
celle de l’écusson. Écailles oculaires à région dis¬
tale triangulaire, à sommet peu aigu.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux de
la moitié environ de leur dernier article, celui-ci
égal au précédent ou un peu plus court.
Pédoncules antennaires dépassant la base des
cornées. Premier article avec une dent antéro¬
latérale peu aiguë. Deuxième article avec la saillie
antéro-latérale courte, robuste, bidentée ; une dent
dorsale aiguë sur cet article. Écaille antennaire
forte, atteignant ou presque le milieu du dernier
article, avec deux dents latérales en arrière de la
pointe distale, et une dent mésiale.
Chélipèdes égaux et symétriques. Main un peu
plus de deux fois plus longue que large. Région
digitale d’un quart plus courte que la région pal¬
maire. Une ligne de dents courtes, irrégulières, sur
le bord mésio-ventral de l’ischion et du mérus,
doublée sur ce dernier article par une ligne de
tubercules irréguliers plus petits. Bord dorsal du
mérus avec de très petits denticules. Carpe avec
des dents sur la face dorsale, dont trois plus for¬
tes du côté mésial. Sur la main, cinq ou six dents
fortes, assez longues, aiguës, recourbées vers
l’avant, sur le bord mésio-dorsal. Sur le reste de
la face dorsale, d’autres dents disposées en trois
lignes, dont la plus latérale, discontinue, se pro¬
longe sur le doigt fixe.
Sur l’avancée latéro-ventrale du carpe, appareil
stridulatoire (pars s(ridens) formé de tubercules
aplatis, plus ou moins étirés transversalement, dis¬
posés en rangées plus ou moins régulières.
Deuxièmes pattes thoraciques fortes, relative¬
ment trapues. Dactyle plus court que le mérus et
plus long que le propode, celui-ci trois fois plus
long que large. Des denticules sur le bord ventral
de l’ischion et, plus espacés, sur celui du mérus.
Carpe avec quatre, rarement cinq, dents longues
et aiguës sur le bord dorsal. Une forte dent distale
sur le propode. Sur le bord ventral du dactyle sept
ou huit soies spiniformes cornées.
Sur la face mésiale du carpe et du propode,
appareil stridulatoire ( plectrum) constitué par des
tubercules à sommet arasé, plus ou moins étirés
transversalement ; ils sont au nombre de 15 envi¬
ron sur le carpe et à peu près en même nombre,
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL/DAE
191
mais plus petits et plus espacés sur les deux tiers
proximaux du propode.
Troisièmes pattes thoraciques différant des
deuxièmes par l’ischion plus long et le mérus plus
court, et par la spinulation : une très petite épine
distale sur le bord dorsal du mérus, et une dent
épineuse distale plus forte sur le carpe. Sous le
dactyle huit soies spiniformes cornées.
Sur les trois articles distaux des trois premières
paires de pattes thoraciques, de nombreuses soies
longues et raides.
Coloration (sur le vivant). — Corps uniformé¬
ment rouge intense (d’après Miyaké, 1978).
Taille
Sur 22 spécimens dont la taille est connue
(incluant notre matériel et celui signalé par S.
Miyaké, 1978), on compte 6 mâles de 4,9 à
8.4 mm, 10 femelles non ovigères de 3,5 à
8.5 mm, et 6 femelles ovigères de 7 à 10 mm, ces
dernières capturées en février, juin et novembre.
Habitat
Les spécimens mentionnés par Miyaké étaient
logés pour la plupart dans des Dentales ( Anlalis et
Fissidentalium ), d’autres dans des coquilles de
Gastéropodes (Phos et Cryptonatica ), d’autres
encore dans des tubes de Serpules. Tous ceux que
nous avons examinés étaient privés de leur loge¬
ment.
Remarques
Ortmann (1892, p. 274) a été le premier à
signaler du Japon le Pylocheles spinosus décrit du
sud-est de l’Australie par Henderson. Après lui
plusieurs auteurs, en particulier Balss, ont identi¬
fié à la même espèce d’autres spécimens provenant
de la même région, d’abord sous le nom généri¬
que de Mixtopagurus, puis, plus récemment, sous
celui de Pomatocheles (cf. Miyaké, 1978, p. 7).
Le matériel dont nous avons disposé comprenait
un certain nombre de Trizocheles japonais qui
manifestement étaient spécifiquement identiques à
ceux d’ORTMANN, Balss et Miyaké. Une compa¬
raison avec les types de T. spinosus a montré qu’il
s’agissait d’une espèce tout à fait distincte, que
nous décrivons ici sous le nom de T. sakaii sp.
nov., en mémoire de l’excellent carcinologiste
Tune Sakai.
L’espèce nouvelle a, comme T. spinosus, un
écusson céphalothoracique un peu moins long que
large, mais son bord frontal est différent : les
bords du rostre sont droits et non nettement con¬
vexes, et les sinus post-oculaires plus fortement
concaves. Les bords latéraux de l’écusson sont
dépourvus de la forte dents submédiane observée
chez spinosus. Ce dernier a aussi des pédoncules
oculaires plus allongés, des chélipèdes à main rela¬
tivement plus large, armée de dents mésiales plus
longues et plus fortes, et enfin, caractère qui per¬
met une distinction immédiate, des deuxièmes pat¬
tes thoraciques beaucoup plus fortement armées,
avec cinq ou six dents sur le carpe, au lieu de
quatre, et six ou sept sur le propode, alors que cet
article ne porte qu’une dent distale chez T. sakaii.
L’espèce dont T. sakaii semble la plus proche
par l’aspect général est T. moosai sp. nov., du
détroit de Macassar. Les ressemblances portent
sur les proportions de l’écusson, sur la forme du
bord frontal et sur celle des pédoncules oculaires.
Cependant les différences sont nombreuses :
absence de dent submédiane sur les bords latéraux
de l’écusson chez sakaii, alors qu’il en existe deux
chez moosai, pédoncules oculaires plus longs et
écailles oculaires plus courtes et moins effilées
chez le premier, qui, en outre, porte des dents
moins nombreuses et plus fortes sur la main des
chélipèdes, et a des pattes ambulatoires beaucoup
plus trapues.
Trizocheles sakaii semble localisé au Japon, sur
la côte sud-est de Honshu. Assez commune entre
250 et 300 mètres de profondeur, c’est avec
Pomatocheles jeffreysii, autre espèce exclusive¬
ment japonaise, le Pylochelidae le plus souvent
signalé dans le passé.
Distribution
Japon, côte sud-est de Honshu.
Source : MNHN, Paris
192
JACQUES FOREST
Tri/ocheles brevicaulis (Boas, 1926)
(fig. 63 b, c, 65 a, b, 66 b, c)
Mixtopagurus brevicaulis Boas, 1926, p. 37, fig. 12 C-E,
15 B, 23 B (nec fig. 4 = Trizocheles boasi sp. nov.) ;
Balss, 1941, fig. 242.
Matériel
Danish Expédition to the Kei Islands 1922 :
Station 44, 30.04.1922, 5°39' S, 132° 13' E,
268 m, vase : 1 cr 12 mm (lectotype).
Station 59, 12.05.1922, 5°28' S, 131°36' E,
385 m, coraux : 1 cr 6,2-mm.
Types. — Zoologisk Muséum, Copenhague : 2
mâles et 1 femelle syntypes, le mâle de 12 mm
choisi comme lectotype. Le second mâle est aussi
le type de T. boasi sp. nov.
Localité-type. — Iles Kei, 268 mètres.
Diagnose. — Rostre triangulaire obtus relativement
peu proéminent, mais avec une dent apicale longue et
Fine dépassant largement les saillies post-antennaires
également fines et aiguës. Pédoncules oculaires allongés,
subcylindriques, d’un tiers plus courts que l’écusson ;
les cornées légèrement renflées, leur diamètre compris
3,5 fois environ dans la longueur des pédoncules. Main
des chélipèdes allongée, avec 6-7 dents assez courtes et
irrégulières au bord mésial et des dents plus petites prin¬
cipalement disposées en trois lignes parallèles sur la face
dorsale. Bord dorsal des deuxièmes pattes thoraciques
avec quatre dents assez longues, mais grêles, sur le
carpe, et une forte dent distale sur le propode ; sur la
face mésiale, appareil stridulatoire formé d’une série
longitudinale de tubercules allongés, parallèles, sur le
carpe, et de tubercules plus petits et plus nombreux
s’étendant au-delà du milieu du propode.
Description
Écusson céphalothoracique à peine plus long
ç e large. Région postérieure de la carapace prés
de deux fois plus courte que l’écusson.
Rostre en triangle obtus se terminant en une
longue pointe apicale aiguë dépassant largement
les saillies post-antennaires. Celles-ci également
longues et aiguës, et divergentes. Bords latéraux
convexes, avec une courte dent aiguë au niveau du
tiers postérieur.
Pédoncules oculaires cylindriques, d’une lon¬
gueur égale aux deux tiers de celle de l’écusson.
Cornées renflées, leur diamètre compris 3,5 fois
dans la longueur des pédoncules.
Écailles oculaires à région distale triangulaire,
longue et aiguë.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux de
la moitié de leur dernier article, qui est un peu
plus long que le précédent.
Pédoncules antennaires n’atteignant pas tout à
fait la base des cornées. Premier article plus ou
moins bidenté du côté latéral. Deuxième article à
prolongement antéro-latéral assez long, bidenté,
avec un denticule latéral ; une forte dent épineuse
dorsale. Écaille antennaire forte, avec deux dents
latérales aiguës en arrière de la pointe distale, et
une dent du côté mésial. Flagelle deux fois et
demie plus long que l’écusson.
Chélipèdes égaux et symétriques. Main allongée,
sa largeur maximale comprise 2,5 fois dans sa
longueur. Région digitale égale, ou presque, à la
région palmaire. Des dents courtes et fortes sur le
bord mésio-ventral de l’ischion ; dans leur prolon¬
gement, sur le mérus, les mêmes dents localisées
vers les extrémités proximale et distale. Région
dorsale du carpe avec quelques dents dont trois
plus fortes sur le bord mésial. Sur le bord mésial
de la main six (à gauche) ou sept (à droite) dents
à pointe cornée, assez courtes et irrégulières. Sur
la face dorsale, des dents plus petites disposées en
trois lignes en comptant respectivement quatre,
cinq et trois. Sur l’avancée latéro-ventrale du carpe
appareil stridulatoire (pars stridens) formé de
tubercules plus ou moins étirés transversalement,
et apparaissant comme une plage striée à faible
grossissement.
Deuxièmes pattes thoraciques avec le dactyle et
le propode de même longueur, d’un quart plus
courts que le mérus. Largeur du propode com¬
prise près de quatre fois dans sa longueur. Ischion
avec des denticulations microscopiques sur le bord
ventral. Mérus pratiquement inerme. Carpe à
bord dorsal armé de quatre dents épineuses min¬
ces, mais assez longues. Région dorsale du pro¬
pode avec une forte dent cornée distale et de for¬
tes stries sétifères transverses, également présentes
sur le dactyle, lequel porte une ligne ventrale de
sept ou huit soies cornées de taille décroissante.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
193
Fig. 65. — Trizocheles brevicaulis (Boas), carapace et appendices céphaliques : a, The Danish Expédition to the Kei Islands
1922, st. 44, a lectotype 12 mm ; b, st. 59, cr 6,2 mm.
Sur la face mésiale du carpe et du propode,
appareil stridulatoire ; sur le carpe c’est une ligne
unique de six tubercules étirés transversalement,
parallèles et de taille décroissante dans l’ensemble,
avec quelques petits granules accessoires arrondis ;
sur les deux tiers proximaux du propode les tuber¬
cules sont plus petits, en courtes plaquettes trans¬
verses ou arrondies, et au nombre d’une quin¬
zaine.
Troisièmes pattes différant des précédentes par
le mérus nettement plus court et par la présence
de deux petites dents cornées seulement, l’une sur
Source : MNHN, Paris
194
JACQUES FOREST
le mérus, l’autre sur le carpe, toutes deux distales.
Six ou sept soies cornées ventrales sous le dactyle.
Pilosité assez forte sur les trois articles distaux
des trois premières paires de pattes thoraciques ;
les soies raides sont plus longues sur les pattes
ambulatoires que sur les chélipèdes.
Habitat
Le lectotype était libre. Le second spécimen
identifié à T. brevicaulis, mais avec un certain
doute, se trouvait dans une Éponge Hexactinellide
(Eurete sp.).
Remarques
Cette espèce a été décrite par Boas (1926,
p. 37) sous le nom de Mixtopagurus brevicaulis
d’après trois spécimens recueillis par la Danish
Expédition to the Kei Islands : un mâle provenant
de la station 44, par 268 mètres de profondeur et
un mâle et une femelle de la station 59, par 385
mètres de profondeur. En fait la description et
tous les dessins, à une exception près, se rappor¬
tent au premier mâle, celui de 12 mm, choisi ici
comme lectotype. Le second mâle, celui de 9,5 mm
(spécimen b de Boas) est le type de T. boasi sp.
nov. (p. 178).
Le troisième exemplaire (spécimen c), celui que
l’auteur a figuré en place, dans une Éponge
(Boas, 1926, fig. 4), nous a été communiqué
encore emprisonné dans son logement que nous
avons dû briser pour l’en extraire. En dépit de sa
région rostrale différente, nous l’avons également
identifié à T. boasi. La comparaison de T. brevi¬
caulis avec la nouvelle espèce prend place dans les
remarques relatives à celle-ci (p. 178).
Parmi les spécimens indéterminés du musée de
Copenhague, se trouvait un autre Trizocheles, un
mâle de 6,2 mm, récolté par Th. Mortensen,
comme le spécimen c mentionné par Boas, à la
même station 59. Ce spécimen (fig. 63 c, 65 b,
66 c) ne peut être identifié à T. boasi sp. nov.,
mais il diffère aussi du lectotype de T. brevicaulis
sur de nombreux points, en particulier par les
pédoncules oculaires relativement beaucoup moins
allongés, avec des cornées relativement plus gran¬
des et plus renflées, d’un diamètre compris moins
de trois fois dans la longueur des pédoncules, au
lieu de trois fois et demie. La main, d’une forme
peu différente, porte au bord mésial le même
nombre de dents, mais celles-ci sont irrégulières et
certaines beaucoup plus fortes (c/. fig. 66 b et c).
Les deuxièmes pattes thoraciques, sont plus allon¬
gées chez ce spécimen (fig. 63 c) que chez le lec¬
totype (fig. 63 b) tout en présentant une denticula-
tion et un appareil stridulatoire assez semblables.
Une partie des différences relevées peuvent être
liées à l’écart des tailles (6,2 mm au lieu de
12 mm). En effet, la comparaison entre petits et
grands spécimens d’autres espèces montre que les
pédoncules oculaires sont très nettement moins
allongés (cf. T. balssi, fig. 67 a et b) et les pattes
thoraciques plus grêles chez les premiers. Les simi¬
litudes dans la forme du bord frontal, dans les
proportions relatives des pédoncules oculaires,
antennulaires et antennaires, dans la forme de la
main, et dans l’ornementation des deuxièmes pat¬
tes thoraciques nous ont cependant conduit à rat¬
tacher avec quelque doute le spécimen de 6,2 mm
à T. brevicaulis.
T. brevicaulis se distingue de toutes les autres
espèces du genre par la brièveté des dents implan¬
tées sur le bord mésial de la main des chélipèdes.
On peut pourtant relever une ressemblance dans la
forme du bord frontal avec T. balssi (fig. 67 a) :
le rostre, en triangle obtus, est aussi surmonté
d’une longue pointe aiguë. De même il existe des
similitudes dans la forme et les proportions des
pédoncules oculaires, et dans les dimensions relati¬
ves de ces pédoncules et des pédoncules antennu¬
laires et antennaires. Par ailleurs les différences
sont nombreuses : écusson plus allongé et pédon¬
cules oculaires relativement plus courts chez T.
brevicaulis, qui, en outre, a non seulement un
bord mésial de la main des chélipèdes moins for¬
tement armé, mais aussi un propode des deuxiè¬
mes pattes thoraciques doté d’une seule dent dis¬
tale, et non denté sur toute sa longueur comme
chez T. balssi.
Distribution
lies Kei, 268-385 mètres.
Source : MNHN, Paris
a
Fig. 66. — Extrémité du chélipèdc gauche (a-e) ou droit (f-i), vue latérale : a, Trizocheles balssi (Slebbing), BENTHEDI st.
F 98. a 7 mm ; b, T. brevicauüs (Boas), a lectotype 12 mm ; c, id., cr 6,2 mm ; d, T. manningi sp. nov., 9 holotype
7,0 mm ; c, T. munis sp. nov., 9 holotype 8,5 mm ; f, T. perplexus sp. nov., 9 holotype 8 à 9 mm ; g, T. spinosus spi-
nosus (Hcnderson), a lectotype 6,5 mm ; h, T. pulcher sp. nov., 9 holotype 6,0 mm ; i, T. spinosus balhamae Forest et
de Saint Laurent, ssp. nov., 9 10,5 mm.
a : x 10,5 ; b, : x 5 ; c, h : x 12 ; d : x 9 ; e, g : x 7 ; f : x 10 ; i : x 7,5.
Source : MNHN, Paris
196
JACQUES FOREST
Trizocheles balssi (Stebbing, 1914)
(fig. 47 c, 66 a, 67 a, b, 69 a, b)
Pomatocheles balssi Stebbing, 1914, p. 3, pl. 1 [65]. —
Au large d’East London ; Barnard, 1950, p. 414.
Matériel
N.O. Suroit, campagne BENTHEDI.
Station DR 41, 27.03.1977, île Mayotte, 13°05' S,
45°07,7' E, 500-300 m, dragage sur sable corallien
: 1 <y 6,5 mm (Pg 3758).
Station F 98, 7.04.1977, îles Glorieuses, 11°35,5' S,
47°16,5'E, 280-460 m, faubertage sur fond de
Bryozoaires, Stylasteridae, etc. : 1 O’ 7,0 mm, 1 9
6,5 mm (Pg 3759).
Station DS 120, 12.04.1977, îles Glorieuses, H°30' N,
47°24,7' E, 335-390 m, sable corallien : 1 cr
3,8 mm (Pg 3760).
Type. — South African Muséum, 1 mâle holo-
type 6 mm (A 1571).
Localité-type. — Afrique du Sud, au large
d’East London, 146-240 m, dans le Coralliaire
Trochocyathus.
Diagnose. — Rostre en large triangle avec une dent
apicale aiguë dépassant les saillies post-antennaires éga¬
lement aiguës. Pédoncules oculaires subcylindriques,
légèrement dilatés dans la région distale, d’une longueur
égale aux 5/6' environ de celle de l’écusson ; diamètre
des cornées compris 3,5 fois dans la longueur des
pédoncules. Chélipèdes égaux ou notablement inégaux.
Main avec cinq dents mésiales robustes, et de courts
denticules intercalaires ; de nombreuses dents aiguës sur
la face dorsale, disposées en lignes longitudinales plus
ou moins régulières. Bord dorsal des deuxièmes pattes
thoraciques armé de dents aiguës assez grêles, cinq sur
le carpe, six sur le propode ; sur la face mésiale appa¬
reil stridulatoire formé d’une ligne de 6-7 tubercules sur
le carpe, les deux distaux fortement étirés, et de tuber¬
cules plus petits sur le propode.
Description
Écusson céphalothoracique notablement plus
large que long. Région postérieure de la carapace
deux fois plus courte que l’écusson.
Rostre triangulaire obtus, caréné, avec une
pointe apicale aiguë, dépassant les saillies post-
antennaires également aiguës et inclinées du côté
latéral. Bords latéraux convexes avec une forte
encoche submédiane marquée par une forte dent.
Pédoncules oculaires allongés, subcylindriques,
d’un sixième plus courts que l’écusson. Cornées
modérément renflées, d’un diamètre compris 3,5
fois environ dans la longueur des pédoncules.
Écailles oculaires à région distale triangulaire.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux de
la moitié de leur dernier article, qui est égal au
précédent.
Pédoncules antennaires se terminant en arrière
des cornées. Premier article avec une dent antéro¬
latérale. Deuxième article présentant une saillie
antéro-latérale assez courte, robuste, à sommet
bidenté, une dent latérale plus ou moins dévelop¬
pée et une dent dorsale. Écaille antennaire large,
atteignant ou dépassant le tiers proximal du der¬
nier article, avec deux dents latérales aiguës en
arrière de la pointe distale, et une dent mésiale.
Chélipèdes égaux ou non, et dans ce dernier cas
le droit ou le gauche prédominant (voir remar¬
ques). Main un peu plus de deux fois plus longue
que large ; région digitale d’un quart plus courte
que la région palmaire. Des dents épineuses et
fortes sur le bord mésio-ventral de l’ischion (5-6)
et du mérus (6-7). Bord dorsal du mérus avec une
dent distale suivie de cinq-six dents de taille
décroissante. Sur le carpe, deux fortes dents et
une plus courte du côté mésiai. D’autres dents
aiguës et quelques tubercules sur la face dorsale.
Sur le bord mésiai de la main quatre ou cinq
dents recourbées vers l’avant et quelques denticu¬
les ou tubercules intercalaires. Face dorsale avec
des dents aiguës disposées plus ou moins régulière¬
ment en lignes parallèles au bord mésiai.
Appareil stridulatoire : sur l’avancée latéro-
ventrale du carpe des petits tubercules aplatis qui,
sur la partie distale, sont disposés en ligne dessi¬
nant un quadrillage régulier.
Deuxièmes pattes thoraciques avec le dactyle et
le propode subégaux, plus courts que le mérus.
Largeur maximale du propode comprise quatre
fois dans sa longueur. Bord dorsal du carpe et du
propode armé de dents assez grêles et aiguës, au
nombre de cinq sur le premier de ces articles, de
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
197
Source : MNHN, Paris
198
JACQUES FOREST
six sur le second. Sur le carpe une ligne de six ou
sept tubercules stridulatoires aplatis, les deux dis¬
taux très allongés, et, sur le propode, une ligne de
six tubercules plus petits.
Troisièmes pattes thoraciques inermes, à l’excep¬
tion d’un denticule dorsal distal sur le mérus et
sur le carpe, et de sept à neuf soies cornées sous
le dactyle.
Taille
Les cinq spécimens connus comprennent quatre
mâles et une femelle. Trois des mâles ont des tail¬
les voisines, 6-7 mm, alors que le quatrième est
beaucoup plus petit, 3,8 mm. La femelle mesure
6,5 mm.
Habitat
Le type était logé dans un fragment d’un Coral-
liaire Trochocyalhus de 33 mm de long et d’un
diamètre de 6-10 mm (Stebbing, 1914 ; Bar-
nard, 1950). Les autres exemplaires étaient nus et
ont été recueillis dans des sables et débris coral¬
liens.
Remarques
Stebbing (1914, p. 3), acceptant la synonymie
de Mixlopagurus et de Pomalocheles proposée par
Balss (1913), a décrit sous le nom de Pomalo¬
cheles balssi un spécimen mâle recueilli au large
de East London ; c’est en fait un Mixlopagurus
au sens de Boas, c’est-à-dire un représentant du
nouveau genre Trizocheles.
Nous n’avons pas examiné le type de l’espèce,
conservé au South African Muséum, mais la des-
ciption de Stebbing s’applique dans l’ensemble
aux Trizocheles collectés au cours de la campagne
BENTHEDI au large des îles Mayotte et Glorieu¬
ses. La forme générale de la carapace et les pro¬
portions des pédoncules oculaires, antennulaires et
a. ennaires, telles qu’elles apparaissent sur les
illustrations de Stebbing, correspondent assez bien
à nos exemplaires. Il faut noter cependant que la
deuxième patte thoracique a un bord dorsal
inerme sur le dessin original (Stebbing, 1914,
pi. 1, prp 2) alors que carpe et propode sont
armés de fortes dents chez les spécimens que nous
figurons (fig. 69 a et b). Il est possible que le des¬
sin de Stebbing soit celui de l’appendice suivant,
qui, effectivement, est inerme chez les exemplaires
que nous avons observés. Ajoutons encore que le
dessin original du telson (loc. cil., pl. 1, fig. T)
est certainement très peu fidèle : ses bords laté¬
raux sont trop convexes et convergents, les lobes
postérieurs apparaissent ainsi comme plus étroits
et moins arrondis qu’ils ne le sont chez l’exem¬
plaire figuré (fig. 47 c).
Stebbing a considéré comme caractère spécifi¬
que l’asymétrie des chélipèdes, l’appendice gauche
étant très nettement plus grand que le droit. Or,
curieusement, dans notre matériel, sur les trois
spécimens dotés de leurs deux chélipèdes, ces
appendices sont égaux et symétriques chez une
femelle de 6,5 mm et chez un petit mâle, de
3,8 mm, alors qu’un mâle de 7 mm, avec un
appendice droit beaucoup plus long et fort que le
gauche, offre une asymétrie inverse de celle du
type. La réduction d’un chélipède peut être liée
soit à une régénération, soit à une instabilité spé¬
cifique dans les dimensions relatives des deux
appendices. Le petit nombre de spécimens en
cause ne permet pas de conclure à cet égard.
T. balssi appartient au groupe des Trizocheles
dotés d’un appareil stridulatoire et dont le carpe
et le propode des deuxièmes pattes thoraciques
présentent une ligne dorsale de dents épineuses
aiguës. A ce groupe appartiennent également T.
spinosus spinosus (Henderson) et T. spinosus
bathamae Forest et de Saint Laurent ssp. nov.,
qui se distinguent de T. balssi par de nombreux
caractères : rostre à bords latéraux convexes et
non presque rectilignes, et à dent apicale moins
longue et moins aiguë, chélipèdes à main plus
massive, troisièmes pattes thoraciques avec quatre
dents aiguës au moins sur le bord dorsal du carpe,
etc.
Nous avons figuré ici le mâle de 3,8 mm (fig.
67 b) qui, en dépit de sa petite taille, a des pléo-
podes sexuels aussi développés que ceux des adul¬
tes. La comparaison avec le spécimen de 7,0 mm
(fig. 67 a) montre la similitude du bord frontal et
des longueurs relatives des pédoncules oculaires,
antennulaires et antennaires. Cependant il existe
une forte différence dans les proportions des
pédoncules oculaires : les rapports de la longueur
des pédoncules au diamètre des cornées d’une
part, à la longueur de l’écusson d’autre part, sont
respectivement de 2,5 et 2/3 chez le petit spéci¬
men, de 3,5 et 5/6 chez le grand. En ce qui con¬
cerne la deuxième patte thoracique, on constate
qu’elle est un peu plus grêle et que les dents dor-
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
199
sales sont moins nombreuses et moins développées
chez le spécimen de 3,8 mm, mais que son appa¬
reil stridulatoire ne diffère guère que par l’absence
des deux granules les plus antérieurs sur le pro-
pode.
Distribution
Sud-ouest de l’océan Indien : au large d’East
London, Mayotte, Glorieuses. Les récoltes ont été
faites sur de fortes pentes : les limites extrêmes
possibles sont 146 m et 500 m, alors que les limi¬
tes certaines sont 249 m et 335 m
Trizocheles pulcher sp. nov.
(fig. 50 a, 66 h, 68)
Matériel
Campagne MUSORSTOM IV, Nouvelle-Calédonie.
Station DW 210, 28.09.1985, 22°43,7' S, 167°09,3' E,
340-345 m, drague : 1 9 6,0 mm (holotype).
Station CP 213, 28.09.1985, 22°51,3'S, 167°12,0'E,
405-430 m, chalut : 1 9 ovigère 5,5 mm (para-
type).
Station DW 229, 30.09.1985, 22°51,5' S, 167°13,5' E,
445-460 m, drague : 1 9 4,3 mm.
Station DW 230, 30.09.1985, 22°52,5' S, 167°11,8' E,
390-420 m : 1 cr 3,0 mm, 1 9 2,2 mm.
Station DW 234, 02.10.1985, 22° 15,4' S, 167°08,3' E,
350-365 m, drague : 1 9 ovigère 5,5 mm (para-
type).
Types. — Muséum national d’Histoire natu¬
relle, Paris : une femelle holotype (Pg 3493), deux
femelles paratypes (Pg 3494 et 3495).
Localité-type. — Nouvelle-Calédonie (voir ci-
dessus).
Diagnose. — Écusson céphalothoracique nettement
moins long que large (rapport 5/6), presque trois fois
plus long que la région postérieure de la carapace. Ros¬
tre triangulaire obtus, à petite dent apicale atteignant
l’alignement des saillies post-antennaires. Pédoncules
antennulaires de même longueur que les pédoncules
oculaires, ceux-ci d’un tiers plus courts que l’écusson.
Diamètre des cornées compris de 2,5 à 3 fois dans la
longueur des pédoncules. En général cinq dents mésiales
robustes de taille décroissante sur la main des chélipè-
des. Deuxièmes pattes thoraciques avec quatre ou cinq
dents dorsales sur le carpe et sept à neuf dents non ali¬
gnées sur le propode. Appareil stridulatoire très déve¬
loppé.
Fio. 68. — Trizocheles pulcher sp. nov., MUSORSTOM IV,
st. DW 210, 9 holotype 6,0 mm : carapace et appendices
céphaliques.
Source : MNHN, Paris
200
JACQUES FOREST
Description
Écusson céphalothoracique nettement moins
long que large (rapport 5/6). Région postérieure
de la carapace deux et demie à trois fois plus
courte que l’écusson.
Rostre triangulaire, obtus, à bords droits ou
légèrement convexes, avec une petite dent apicale
atteignant l’alignement des saillies post-antennaires
qui sont larges, peu aiguës. Bords latéraux de
l’écusson notablement convexes avec une faible
incision et un très faible denticule submédians.
Pédoncules oculaires s’élargissant faiblement à
partir de la base et d’un tiers plus courts que la
carapace. Diamètre des cornées compris de deux
et demie à trois fois dans la longueur des pédon¬
cules. Écailles oculaires à région distale triangu¬
laire.
Pédoncules antennulaires dépassant à peine le
bord antérieur des cornées ; leur dernier article
plus court que le précédent.
Pédoncules antennaires n’atteignant pas le bord
postérieur des cornées. Saillie antéro-latérale du
deuxième article armée de deux dents distales for¬
tes, l’une parfois très émoussée ; sur cet article
une dent dorsale longue et forte. Écaille anten-
naire atteignant le milieu du dernier article, large,
armée de deux dents latérales en arrière de la
pointe distale, et d’une dent mésiale. Flagelle envi¬
ron une fois et demie plus long que l’écusson.
Chélipèdes subégaux. Main subtriangulaire, un
peu plus de deux fois plus longue que large.
Région digitale plus courte que la région palmaire.
Une dent distale forte, suivie d’une seconde plus
petite, sur le bord dorsal du mérus. Bord mésial
du carpe avec quatre dents, la distale beaucoup
plus forte. Des dents aiguës et des tubercules sur
la face dorsale de cet article. Sur la main, cinq
dents mésiales robustes, de taille décroissante à
partir de la proximale, avec parfois un denticule
intercalaire. Face dorsale avec des dents coniques
assez fortes, aiguës, disposées en séries plus ou
moins régulières, parallèlement au bord mésial.
Des dents également sur la moitié proximale des
doigts, assez longues et aiguës sur le dactyle, plus
courtes et plus larges sur le doigt fixe, lequel pré¬
sente, en arrière de l’ongle, une large saillie à sur¬
face trituberculée.
Saillie latéro-ventrale du carpe recouverte de
tubercules stridulatoires relativement grands et
denses, aplatis, à contour plus ou moins ovale.
Deuxièmes pattes thoraciques fortes. Dactyle
nettement plus court que le mérus et un peu plus
long que le propode, dont la largeur est comprise
trois fois environ dans la longueur. Bord dorsal
du carpe avec quatre ou cinq dents aiguës assez
longues. Sur le propode, sept à neuf dents similai¬
res implantées de façon irrégulière, non sur une
même ligne. Des denticules aigus sur la moitié
proximale du bord dorsal du dactyle, et sous cet
article six ou sept soies cornées spiniformes.
Face mésiale du carpe avec une ligne de six
tubercules stridulatoires, le premier au niveau du
quart proximal de l’article, petit, arrondi, les deux
suivants étirés transversalement, les trois distaux
formant d’étroites crêtes parallèles. On observe les
mêmes crêtes parallèles alignées sur les deux tiers
proximaux du propode.
Troisièmes pattes thoraciques à bord dorsal
inerme à l’exception d’une courte spinule distale,
parfois absente, sur le carpe et sur le propode ;
sur ce dernier article de fortes stries pilifères
transverses.
Sur les appendices thoraciques, des soies fines,
longues, nombreuses, mais ne cachant que partiel¬
lement l’ornementation sous-jacente. Sur le pro¬
pode des deuxièmes et troisièmes pattes, ces soies
sont surtout implantées en éventail dans des stries
transverses.
Coloration. — Après un séjour de deux semai¬
nes dans l’alcool la coloration était encore très
vive. Carapace blanc grisâtre avec des reflets iri¬
sés. Une tache rouge sur la partie antérieure des
régions gastrique et cardiaque ; tergites abdomi¬
naux brunâtres (brun foncé chez un spécimen),
avec deux taches rouges symétriques près du bord
antérieur. Pédoncules oculaires orangé clair.
Appendices thoraciques également à fond orangé
avec des marques d’un rouge vermillon plus ou
moins vif. Ainsi la région palmaire des chélipèdes
est rouge avec un anneau blanc en arrière des
doigts ; ceux-ci sont d’un blanc maculé de rouge.
Les dents sur la face dorsale de la main sont
d’une teinte claire qui les rend très apparentes. Le
propode des deuxièmes et troisièmes pattes est
d’un rouge vermillon très intense en arrière d’un
anneau blanc, distal. Dactyles orangés, décolorés
aux extrémités.
Habitat
Dans des Démosponges Lithistides (Corallisles
sp.).
Source : MNHN, Paris
Fig 69 — Deuxième péréiopode droit (a) ou gauche (b-e), vue mésiale : a, Trizocheles balssi (Stebbing), o- 3,8 mm ; b, id„
7 0 mm ; c, T. spinosus spinosus (Henderson), cr lectotype 6,5 mm ; d, T. spinosus balhamae Forest et de Saint Laurent
ssp. nov. 9 holotype 8,5 mm ; e, T. mutus sp. nov., 9 holotype 8,5 mm.
a : x 16 ; b : x 8 ; c : x 13 ; d-e : x 10.
Source : MNHN, Paris
202
JACQUES FOREST
Remarques
La campagne MUSORSTOM IV à bord du N.
O. Vauban, en septembre 1985, au large de la
Nouvelle-Calédonie, a enrichi le genre Trizocheles
d’une nouvelle espèce qui offre quelques affinités
avec T. spinosus (Henderson) représenté dans la
même région par la sous-espèce bathamae Forest
et de Saint Laurent ssp. nov., tout en s’en distin¬
guant par une série de caractères.
Comme d’autre espèces de Trizocheles, T. spi¬
nosus et T. pulcher ont un écusson moins long
que large, mais chez l’un et chez l’autre l’élargis¬
sement est particulièrement marqué, le rapport des
dimensions étant légèrement inférieur à 5/6 chez
les petits exemplaires pour atteindre 9/10 chez les
plus grands. On constate par ailleurs que la région
postérieure de la carapace est bien plus courte
chez T. pulcher (fig. 68), sa longueur étant com¬
prise près de trois fois dans celle de l’écusson,
contre un peu plus de deux fois chez T. spinosus
(fig. 70, 71 b).
La forme et l’ornementation de la main des
chélipèdes rapprochent T. pulcher de T. spinosus
et plus particulièrement de la forme typique, de
même que la présence de fortes dents sur le bord
dorsal du carpe et du propode des deuxièmes pat¬
tes thoraciques, mais l’arrangement de ces dents
est notablement différent : elles sont disposées sur
une seule ligne chez spinosus (fig. 69 c, d), irrégu¬
lièrement implantées du côté dorsal chez pulcher
(fig. 50 a), qui de plus, a un propode des troi¬
sièmes pattes inerme alors qu’il est fortement
armé chez les deux sous-espèces de spinosus.
En outre, T. pulcher a un rostre plus nettement
triangulaire, séparé des saillies post-antennaires
par des sinus profonds. Ses pédoncules antennu-
laires sont très courts, ne dépassant pas les pédon¬
cules oculaires. Son appareil stridulatoire est
remarquablement développé, aussi bien sur les
chélipèdes que sur les deuxièmes pattes thoraci¬
ques. Enfin sa coloration très vive et particulière
permet sa reconnaissance immédiate.
Il ne semble pas utile de comparer T. pulcher à
la troisième espèce présente en Nouvelle-Calédo¬
nie, T. caledonicus sp. nov., qui en est fort éloi¬
gnée. Quant aux Trizocheles d’autres régions, on
ne peut guère relever entre certains d’entre eux et
T. pulcher que des ressemblances limitées à des
caractères particuliers. Ainsi, T. balssi, qui vit à
l’autre extrémité de l’aire de distribution du genre,
dans le sud-ouest de l’océan Indien, possède aussi
un écusson large, avec un bord frontal qui n’est
pas très différent de celui de T. pulcher. Les deux
espèces sont voisines dans la clef dichotomique
(cf. p. 163) parce que l’une et l’autre ont des
deuxièmes pattes thoraciques à bord dorsal pluri-
denté, alors que sur la paire suivante ce bord est
inerme. Cependant T. balssi a des pédoncules ocu¬
laires beaucoup plus allongés, des pédoncules
antennulaires et antennaires plus longs, des chéli¬
pèdes de forme différente et des pattes ambulatoi¬
res plus grêles.
Distribution
Nouvelle-Calédonie, entre 340 et 460 mètres.
Alors que de nombreux chalutages et dragages ont
été effectués dans cette région au cours des cam¬
pagnes BIOCAL et MUSORSTOM IV, T. pulcher
n’a été recueilli que dans un secteur très localisé
s’étendant sur moins de 40 milles en latitude et
sur 5 milles en longitude.
Trizocheles spinosus spinosus (Henderson, 1888)
(fig. 47 d, 66 g, 69 c, 70)
Pylocheles spinosus Henderson, 1888, p. 101, pl. 11,
fig. 1. — Australie, Twofold Bay ; Ortmann, 1892,
p. 274 ; Stebbing, 1893, p. 1, pl. 7.
Mixtopagurus (Pylocheles) spinosus, A. Mine Edwards
et Bouvier, 1893, p. 23, 26.
Mixtopagurus spinosus, Ortmann, 1893, pl. 118, fig. 8;
Alcock, 1905, p. 153.
Pomatocheles spinosus, Stebbing, 1914, p. 2.
Mixtopagurus spinosus, Boas, 1926, p. 39.
Tous les spécimens du Japon signalés sous le nom de
Pylocheles, Mixtopagurus ou Pomatocheles spinosus
sont identifiables à Trizocheles sakaii sp. nov. (cf.
p. 189).
Matériel
Challenger, station 163A 4.04.1874, S. E. Aus¬
tralie, Twofold Bay, 36°59' S, 150°20' E, 274 m :
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
203
Fig. 70. — Trizocheles spinosus spinosus (Hcnderson), Chal¬
lenger, si. 163A, cr lectotype 6,5 mm : carapace et appen¬
dices céphaliques.
2 c r 6,0 et 6,5 mm, 1 Ç non ovigère 6,5 mm, 1 9
ovigère 7,0 mm (syntypes, BM 1888 : 33).
R. V. Nimbus , station 55, 5.08.1968, Queens¬
land, 26°27' S, 153°50' E, 270-272 m, A. J. Bruce :
1 9 ovig. 7,0 mm (Pg 3685).
Types — Les spécimens ci-dessus, plus deux
mâles et deux femelles ovigères de la même sta¬
tion, sont les syntypes. Un mâle de 6,5 mm a été
choisi comme lectotype. Tous les paralectotypes
sont conservés au British Muséum, à l’exception
d’une femelle de 6,5 mm déposée au Muséum
national d’Histoire naturelle (Pg 3686).
Localité-type. — S. E. Australie, Twofold
Bay.
Diagnose. — Rostre à bords latéraux notablement
convexes, avec, à l’apex, une petite dent qui dépasse les
saillies post-antennaires aiguës. Pédoncules oculaires
légèrement amincis dans la région médiane, d’un tiers
plus courts que l’écusson ; diamètre des cornées compris
de 3,2 à 3,5 fois dans la longueur des pédoncules. Main
des chélipèdes massive, avec six dents mésiales robustes
modérément aiguës, de taille décroissante à partir de la
proximale, celle-ci d’une largeur à la base supérieure à
la moitié de sa longueur ; sur la face dorsale, de nom¬
breuses dents de taille et d’acuité décroissantes vers le
bord ventral. Bord dorsal des 2 e pattes thoraciques avec
des dents aiguës longues et fortes, cinq ou six sur le
carpe, et cinq à sept sur le propode ; face mésiale avec
une série longitudinale de tubercules stridulatoires sur le
carpe et d’autres tubercules plus petits et plus nombreux
sur la moitié proximale du propode. 3 e pattes thoraci¬
ques avec, sur le bord dorsal, une dent épineuse distale
suivie d’un ou, rarement, deux denticules sur le carpe,
et cinq fortes dents épineuses sur le propode.
Description
Écusson céphalothoracique moins long que
large, le rapport des dimensions variant suivant la
taille de 5/6 à 9/10. Longueur de la région posté¬
rieure de la carapace égale aux 3/7 e environ de
celle de l’écusson.
Rostre à bords latéraux convexes, avec une
petite dent apicale dépassant les saillies post-
antennaires qui se terminent elles-mêmes en une
dent à orientation légèrement latérale. Bords laté¬
raux de l’écusson avec une forte dent submédiane.
Pédoncules oculaires subcylindriques, légère¬
ment amincis dans la région médiane, leur lon¬
gueur égale aux deux tiers environ de celle de
l’écusson. Diamètre des cornées compris 3,2 à 3,5
fois dans la longueur des pédoncules. Écailles ocu¬
laires à région distale triangulaire, aiguë.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux du
tiers de la longueur de leur dernier article, lequel
est plus court que le précédent.
Pédoncules antennaires atteignant ou presque
la base des cornées. Saillie antéro-latérale du
deuxième article bidentée, avec une dent latérale
aiguë ; une forte dent et parfois un denticule
Source : MNHN, Paris
204
JACQUES FOREST
accessoire sur la région dorsale de l’article. Écaille
antennaire forte, atteignant le tiers proximal du
dernier article, armée de deux dents latérales
aiguës en arrière de sa pointe distale et d’une ou
deux dents mésiales. Flagelles de même longueur
que la carapace.
Chélipèdes sub-égaux. Main robuste, triangu¬
laire, relativement courte, sa largeur maximale
comprise un peu moins de deux fois dans sa lon¬
gueur. Doigts plus courts que la région palmaire.
Carpe armé de quatre dents mésiales, la distale
très forte, la proximale réduite. Quelques dents et
tubercules sur la face dorsale. Bord mésial de la
main avec six dents robustes, la proximale très
forte, sa largeur à la base comprise moins de deux
fois dans sa longueur, les suivantes de taille
décroissante. Sur la face dorsale de nombreuses
dents, dont quatre ou cinq, plus grandes et épi¬
neuses, alignées parallèlement au bord mésial ; les
autres sont relativement courtes, larges et peu
aiguës.
Appareil stridulatoire : une partie de la saillie
latéro-ventrale du carpe est recouverte d’une plage
de tubercules arrondis et aplatis, disposés plus ou
moins régulièrement en rangées transverses.
Deuxièmes pattes thoraciques avec le dactyle
nettement plus long que le propode et un peu plus
court que le mérus. Largeur maximale comprise
trois fois dans sa longueur. Bord dorsal du carpe
et du propode armé de dents fortes et aiguës, en
général cinq ou six, de taille irrégulière, sur le pre¬
mier de ces articles et cinq à sept sur le second.
Appareil stridulatoire formé d’une série longitudi¬
nale de tubercules, la plupart étirés tranversale-
ment, sur le carpe, et de tubercules plus petits et
plus dispersés sur la moitié proximale du propode.
Troisièmes pattes thoraciques, avec, sur le bord
dorsal du carpe, une dent distale et un denticule
et, sur celui du propode, cinq dents assez fortes.
Pilosité modérée. Sur les appendices thoraciques
les soies assez longues et fines sont relativement
peu denses et, sur les chélipèdes, ne cachent pas
les dents sous-jacentes
Habitat
Le seul spécimen dont le logement est connu est
celui recueilli par le R. V. Nimbus : il se trouvait
dans une Démosponge Haplosclerida du genre
Sigmatoxella.
Remarques
Henderson établit en 1888 une espèce dont le
Challenger a recueilli plusieurs spécimens à Two-
fold Bay, au sud-est de l’Australie, par 274 mètres.
Il la considère comme proche de Pylocheles agas-
sizii A. Milne Edwards, 1880, des Antilles et la
nomme Pylocheles spinosus. A. Milne Edwards
et Bouvier (1893) la rapprochent de Mixtopagu-
rus paradoxus A. Milne Edwards, 1880 et c’est
sous ce nom générique, ou sous celui de Pomato-
cheles considéré comme synonyme, qu’elle sera
désormais mentionnée.
Nous avons examiné les syntypes, conservés au
British Muséum (voir la rubrique Matériel) et
choisi un lectotype, sur lequel est fondée notre
redescription.
Comme nous le verrons plus loin, nous ratta¬
chons à l’espèce de Henderson, mais avec le rang
de sous-espèce, des spécimens de Nouvelle-Zélande
et de Nouvelle-Calédonie. Par contre, un individu
recueilli au large du Queensland à la même pro¬
fondeur que les exemplaires du Challenger, appar¬
tient manifestement à la forme typique.
Trizocheles spinosus fait partie du groupe des
espèces dont le propode des deuxièmes pattes tho¬
raciques est armé sur toute sa longueur de fortes
dents aiguës. Par ce caractère il se place à côté de
T. balssi Stebbing, de T. pulcher sp. nov. et de T.
mutus sp. nov.
La forme du bord frontal, avec son lobe rostral
arrondi, surmonté d’une petite dent apicale par¬
fois obsolète, et les troisièmes pattes qui portent,
comme les deuxièmes, des dents dorsales, le dis¬
tinguent de ces trois espèces. Celles-ci ont un ros¬
tre triangulaire et des troisièmes pattes armées au
plus d’un denticule distal sur le carpe et le pro¬
pode. T. balssi a par ailleurs des pédoncules ocu¬
laires plus longs, des chélipèdes à main plus allon¬
gée, des pattes thoraciques plus grêles, armées de
dents plus faibles. T. pulcher est remarquable par
la brièveté de la région postérieure de la carapace
et le grand développement de l’appareil stridula¬
toire ; ses antennules sont relativement courtes et
l’implantation des dents sur le propode des
deuxièmes pattes est irrégulière. T. mutus a, lui,
des pédoncules oculaires plus courts, des chéli¬
pèdes avec une main plus allongée encore que
celle de T. balssi ; en outre, il est dépourvu
d’appareil stridulatoire.
De nombreux Trizocheles provenant de Nou¬
velle-Zélande et de Nouvelle-Calédonie sont très
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
205
proches de T. spinosus, mais présentent cependant
avec les exemplaires australiens des différences
constantes. Nous les plaçons dans une sous-espèce
distincte, T. spinosus bathamae Forest et de Saint
Laurent ssp. nov., ci-après décrite et comparée à
la forme typique.
Les spécimens du Japon identifiés dans le passé
à T. spinosus appartiennent à une espèce distincte,
T. sakaii sp. nov. (cf. p. 189).
Distribution
Au large des côtes est et sud-est d’Australie.
270-274 mètres.
Trizocheles spinosus bathamae Forest et de Saint Laurent ssp. nov.
(fig. 4 b, 6 c, d, 47 e, 66 i, 69 d, 71 a, b ; pl. Il A, III D, V C-E)
Mixtopagurus n. sp. 1, Batham, 1970, p. 45, fig. 1,
pl. 1.
Mixtopagurus n. sp., Schembri et McLay, 1983, p. 28,
fig. 3.
Matériel
Nouvelle-Zélande.
Porto Bello Station, Mu 70-45, Papanui Canyon,
au large de la péninsule d’Otago, 490-
540 mètres : 7 cr 5,5 à 8,0 mm, 2 9 non ovigères
6,0 et 7,5 mm, 5 9 ovig. 7,0 à 9,0 mm.
Une 9 ovigère de 8,5 mm a été choisie comme
holotype, 3 cr de 7,5 (2) et 8,5 mm et 2 9 ovigè¬
res de 7,5 et 9 mm comme paratypes.
Nous avons identifié à cette sous-espèce de
nombreux spécimens de Nouvelle-Zélande prove¬
nant de quatorze stations situées au large des îles
du Nord et du Sud, et dans le secteur des Chat-
ham, à partir de 127 mètres de profondeur, mais
surtout entre 250 et 550 mètres. Ce matériel
appartient aux collections du New Zealand Océa¬
nographie Institute, du National Muséum, Wel¬
lington et de la Porto Bello Marine Biological Sta¬
tion, Otago.
La seule station mentionnée ci-dessus est celle
où ont été recueillis les spécimens choisis comme
holotype et paratypes. Les données relatives aux
autres stations figureront dans le travail d’ensem¬
ble sur les Pagurides de Nouvelle-Zélande en
cours de publication.
Nouvelle-Calédonie.
N. O. Jean Charcot, campagne BIOCAL, Nou¬
velle-Calédonie:
Station CP 67, 03.09.1985, 24°55,4' S, 168°21,5' E,
500-510 mètres, chalut ; 1 cr 4,5 mm, 1 9 ovi¬
gère, 5,5 mm (Pg 3514).
Station DW 66, 03.09.1985, 24°55,4' S, 168°21,7' E,
515-505 mètres, drague : 2 9 ovigères 3,5 mm et
4,0 mm (Pg 3513).
N. O. Vauban , campagne MUSORSTOM IV,
Nouvelle-Calédonie :
Station DW 197, 20.09.1985, 18°51,3' S, 163°21,0' E,
550 mètres, drague : 1 cr 7,0 mm (Pg 3515).
Types — National Muséum, Wellington :
femelle ovigère holotype, une femelle et un mâle
paratypes.
Muséum national d’Histoire naturelle : deux
mâles et une femelle ovigère paratypes (Pg 3492).
Localité-type. — Nouvelle-Zélande, île du
Sud, au large d’Otago, 490-540 mètres.
Diagnose. — Caractères distinctifs par rapport à la
forme typique. Diamètre des cornées compris de 2,0 à
2,9 fois dans la longueur des pédoncules. Main des ché-
lipèdes avec cinq, plus rarement six, sept ou huit dents
mésiales longues, grêles, arquées, de taille décroissante à
partir de la proximale, celle-ci d’une largeur à la base
comprise de 2,5 à plus de trois fois dans sa longueur.
Deuxièmes pattes thoraciques avec en général cinq ou
six dents sur le carpe et sur le propode, ces dents très
longues et très grêles et, le plus souvent environ trois
fois plus longues que larges.
Description
La description de Trizocheles spinosus spinosus
s’applique dans l’ensemble à la sous-espèce batha¬
mae, sauf pour les caractères suivants :
Lobe rostral convexe avec un très petit denticule
apical, parfois obsolète, souvent en retrait par
rapport aux saillies post-antennaires.
Diamètre des cornées compris de 2,0 (chez les
plus petits spécimens) à 2,9 fois dans la longueur
des pédoncules, dont l’allongement s’accroît avec
la taille.
Source : MNHN, Paris
206
JACQUES FOREST
Fio. 71. — Trizocheles spinosus bathamae Forest ei de Saini Laurent ssp. nov. : écusson (a) ou carapace (b) et appendices
céphaliques : a, Nouvelle-Zélande, 9 holotypc 8,5 mm ; b, Nouvelle-Calédonie, BIOCAL, st. CP 67, 9 ovigère 5,5 mm.
Chélipède à main deux fois plus longue que
large. Carpe avec trois dents mésiales et un nom¬
bre variable de dents, toutes très aiguës, sur la
face dorsale. Bord mésial de la main armé de cinq
(le plus souvent) à huit dents arquées, à pointe
cornée acérée ; la dent proximale, la plus grande,
d’un diamètre à la base compris de 2,5 à plus de
trois fois dans sa longueur. Face dorsale avec des
dents en nombre variable, mais toujours aiguës,
disposées en lignes parallèles.
Deuxièmes pattes thoraciques avec cinq ou six
(rarement quatre ou sept) dents sur le carpe, et
cinq à neuf (le plus souvent cinq ou six) dents sur
le propode. Toutes ces dents le plus souvent grêles
et acérées, les plus grandes étant trois fois plus
longues que larges.
Troisièmes pattes thoraciques avec des dents
épineuses moins fortes que sur la paire précé¬
dente, le plus souvent trois ou quatre sur le carpe,
et quatre ou cinq sur le propode.
Pilosité forte sur les appendices thoraciques.
Sur les chélipèdes, les soies longues et denses
cachent en grande partie les dents sous-jacentes.
Coloration (sur le vivant, spécimens de Nou¬
velle-Calédonie). — Teinte de fond blanc jaunâtre
à orangé. Écusson teinté de rouge orangé dans la
partie antérieure. Face dorsale de l’abdomen
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
207
jaune orangé avec une paire de larges taches
rouge orangé sur chaque tergite. Pédoncules ocu¬
laires, antennules et base des antennes jaune
orangé. Appendices thoraciques orangés du côté
dorsal passant au blanchâtres du côté ventral.
E. J. Batham (1970, p. 46) donne une descrip¬
tion plus détaillée de la coloration de spécimens
de Nouvelle-Zélande.
Taille
Nouvelle-Zélande : les 44 spécimens examinés
comprennent 16 mâles de 5,5 à 13,5 mm et
28 femelles de 4,2 à 13,5 mm ; 16 femelles, de 7 à
12,5 mm, sont ovigères.
Nouvelle-Calédonie : 2 mâles de 4,5 et 7 mm, et
3 femelles ovigères de 3,5 à 5,5 mm.
Habitat
Une partie des spécimens examinés par E. J. Ba¬
tham étaient logés dans des coquilles de Gastéro¬
podes relativement grandes et fortement érodées.
Les spécimens de Nouvelle-Calédonie se trouvaient
dans des Démosponges Lithistides (Corallistes
sp.).
Remarques
L’étude d’un premier lot d’un Trizocheles de
Nouvelle-Zélande avait montré qu’il s’agissait
d’une forme apparentée à T. spinosus Henderson,
mais avec des particularités qui nous laissaient
supposer qu’elle représentait une espèce distincte.
L’examen d’un matériel supplémentaire de même
provenance, puis, récemment, de spécimens de
Nouvelle-Calédonie, a fait apparaître des varia¬
tions notables de certains des caractères considé¬
rés. Les différences avec les T. spinosus topotypi¬
ques se sont ainsi avérées moins tranchées que
nous ne les avions précédemment évaluées, mais
suffisantes cependant pour établir une sous-
espèce. Nous la dédions à la mémoire de E. J.
Batham qui nous a communiqué des spécimens de
cette forme et qui a publié une note sur son com¬
portement (1970, p. 45), la désignant, suivant nos
indications de l’époque, sous le nom de Mixtopa-
gurus sp. nov. 1.
La sous-espèce bathamae diffère de la forme
typique par les proportions des pédoncules oculai¬
res, dont les cornées sont plus renflées. Alors que
chez les spécimens australiens, qui mesurent de 6
à 7 mm, le diamètre cornéen est compris de 3,2 à
3,5 fois dans la longueur des pédoncules, le rap¬
port est toujours inférieur à 3 chez les spinosus
bathamae de même taille ou plus grands, et peut
descendre à 2 chez les plus petits ( cf . p. 208).
Le nombre des dents épineuses sur les chélipè-
des et les deux paires thoraciques suivantes est
assez variable et ne permet guère de distinguer les
deux sous-espèces, mais leur taille et leur forme
semblent caractéristiques. Chez spinosus spinosus
la main des chélipèdes est armée de dents mésiales
robustes, dont la largeur à la base est supérieure à
la moitié de la longueur (fig. 66 g).
Chez spinosus bathamae ces dents sont en géné¬
ral beaucoup plus longues et plus grêles, la dis¬
tale, prédominante, étant plus de trois fois plus
longue que large (fig. 66 i). Les dents implantées
sur le bord dorsal du carpe et du propode des
deux paires de pattes ambulatoires sont aussi
beaucoup plus longues et plus grêles tout en étant
souvent, surtout dans les petits exemplaires, plus
courtes que chez le spécimen figuré (fig. 69 d).
La forme du bord frontal est assez voisine chez
les deux sous-espèces. On observe cependant chez
spinosus bathamae une tendance à la réduction du
denticule apical qui est souvent minuscule ou
même absent, le lobe rostral étant alors parfaite¬
ment arrondi et lisse.
11 existe également une différence de pilosité
particulièrement apparente sur la face dorsale des
chélipèdes. Chez spinosus spinosus les dents et
tubercules présents sur cette face sont entièrement
visibles, entre les soies assez longues mais peu
denses. Chez spinosus bathamae au contraire des
soies plus longues et plus nombreuses cachent en
partie au moins l’ornementation sous-jacente.
Au cours des campagnes BIOCAL et MUSORS-
TOM IV au large de la Nouvelle-Calédonie ont
été recueillis cinq Trizocheles que nous avons
identifiés à T. spinosus bathamae.
Nous n’avons pas décelé de différences entre ces
spécimens et ceux provenant de Nouvelle-Zélande,
qu’il s’agisse de la forme du bord frontal, des
dimensions relatives des appendices céphaliques
sensoriels, ou des proportions et de la spinulation
des appendices thoraciques. Pilosité et coloration
sont également similaires. Il est cependant proba¬
ble que les populations néo-calédoniennes sont
caractérisées par une taille plus petite. La taille
maximale observée est de 13 mm en Nouvelle-
Zélande, de 7 mm en Nouvelle-Calédonie. Une
Source : MNHN, Paris
208
JACQUES FOREST
telle constatation n’est guère concluante puisque
nous n’avons examiné que cinq spécimens de cette
dernière région. Par contre, la comparaison de la
taille minimale des femelles ovigères semble signi¬
ficative : la plus petite des 16 femelles ovigères de
Nouvelle-Zélande mesure 7 mm, alors que les trois
femelles de Nouvelle-Calédonie, toutes trois ovi¬
gères, mesurent 3,5, 4,5 et 5,5 mm. Il faut noter
que les deux premières de ces femelles sont les
plus petits spécimens de spinosus bathamae exami¬
nés et que ce sont ceux qui ont les yeux les plus
gros, avec un diamètre des cornées sensiblement
égal à la moitié de la longueur des pédoncules.
L’examen de nouveaux échantillons de T. spi¬
nosus bathamae provenant de Nouvelle-Calédonie
confirmera peut-être la précocité et la plus petite
taille des populations de cette région par rapport
à celle de Nouvelle-Zélande.
Il n’est pas exclu que l’on mette également en
évidence des différences morphologiques et que
l’on soit amené à distinguer une sous-espèce néo-
calédonienne. Trizocheles spinosus se trouverait
ainsi fragmenté en trois sous-espèces habitant des
aires géographiques distinctes.
Une dernière remarque concerne l’habitat des
échantillons de diverses provenances. Tous les spé¬
cimens capturés au large de la Nouvelle-Calédonie
étaient logés dans des Démosponges (Corallistes
sp.). La totalité des nombreux exemplaires de
Nouvelle-Zélande que nous avons examinés étaient
isolés, mais E. J. Batham (1970, p. 46) a signalé
que les individus dont elle a étudié le comporte¬
ment se trouvaient dans des coquilles de Gastéro¬
podes et, dans un cas, dans un tube de Serpule.
On ne peut évidemment en conclure que l’habitat
de l’espèce est différent dans les deux régions. En
effet nous avons constaté au moment de la cap¬
ture, que les Trizocheles sortaient le plus souvent
rapidement des Éponges qui les abritaient : une
partie au moins des spécimens recueillis sans leur
logement, vivaient donc peut-être dans des Épon¬
ges. Ceci est d'autant plus vraisemblable que,
d’après l’auteur précité, les coquilles habitées
étaient érodées et grandes par rapport à la taille
de l’hôte, celui-ci se déplaçant beaucoup plus
librement à l’intérieur que ne font les autres
Pagures. Il est possible que ce type d’habitation,
mal adapté à la conformation du Crustacé, ne soit
qu’occasionnel.
T. spinosus bathamae est, à notre connaissance,
le seul Pylochelidae dont le comportement ait fait
l’objet d’observations. E. J. Batham a noté que,
hors de sa coquille, l’animal se tient sur le fond,
l’abdomen replié, et qu’il peut aussi nager à recu¬
lons, se propulsant par de vigoureux « coups de
queue» ( loc. cil., pl. 1, fig. 1 et 2).
P. J. Schembri (1982) a plus particulèrement
étudié le comportement alimentaire. T. spinosus
bathamae, observé en laboratoire est détritivore.
A l’aide des ongles de ses chélipèdes, il racle les
particules organiques à la surface du sédiment, ou
sur les graviers, galets, coquilles ou autres sup¬
ports solides. Ces matériaux sont accumulés dans
la concavité ventrale des pinces, transférés aux
3 e maxillipèdes puis aux autres pièces buccales. Il
peut sectionner, broyer et ingérer des organismes
fixés, Hydraires et Bryozoaires par exemple, et
accepte aussi la chair de Mollusques. Il se nourrit
de particules en suspension, qu’elles soient piégées
par les longues soies des appendices et de la cara¬
pace ou portées par le courant d’eau entretenu
par les exopodites des 2 e et 3 e maxillipèdes, puis
filtrées par les pièces buccales.
Distribution
Nouvelle-Zélande et Nouvelle-Calédonie, de 127
à 550 mètres.
Trizocheles perplexus sp. nov.
(fig. 47 f,
Matériel
New Zealand Océanographie Institute.
Station K 583, 2.10.1972, 41°10,4' S, 173°10,0' E,
prof. ? : 1 9 8 à 9 mm, incomplète, écusson et
appendices céphaliques manquants.
59 e, 66 0
Type. — New Zealand Océanographie Institute :
femelle holotype (mutilée).
Localité-type. — Nouvelle-Zélande.
Diagnose (provisoire). — Chélipède avec, du côté
mésial, trois dents sur le carpe, six dents sur le propode
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
209
et quelques denticules sur le dactyle. Ces articles avec le
reste de la face dorsale inerme, à l’exception d’une dent
aiguë en arrière du bord distal du carpe. Doigts à
ongles très développés, occupant plus du tiers de la lon¬
gueur du bord préhensile. Deuxièmes pattes thoraciques
à bord dorsal inerme, à l’exception de deux ou trois
denticules sur le carpe. Appareil stridulatoire absent.
Telson moins long que large, à bord postérieur calcifié,
découpé en deux lobes par une échancrure obtuse.
Description
Chélipède droit à main renflée, à peu près deux
fois plus longue que large, les doigts étant sensi¬
blement de même longueur que la paume. Sur le
bord mésial du carpe, une forte dent distale à
pointe cornée, suivie de deux dents plus petites.
La face dorsale avec une dent unique, juste en
arrière du bord distal, mais vers le milieu de cette
face une forte protubérance en avant de laquelle
s’insère une ligne de soies. Bord mésial de la
région palmaire armé de six dents à pointe cornée
peu aiguës, dont la taille ne décroît que faible¬
ment vers la région distale. Cette ligne se prolonge
sur le dactyle par des denticules de plus en plus
petits. Le reste de la face dorsale de la main tout
à fait inerme, mais marqué par les fossettes
d’insertion de soies fasciculées. Ongles très déve¬
loppés, s’étendant presque jusqu’au milieu des
bords préhensiles. L’avancée latéro-ventrale du
carpe tout à fait lisse, sans trace de tubercules
stridulatoires. Chélipède gauche manquant.
Deuxièmes pattes thoraciques longues et grêles ;
dactyle et propode égaux, un peu plus courts que
le mérus. Largeur du propode comprise quatre
fois dans sa longueur. Bord dorsal des articles
inerme, à l’exception du carpe, qui, à gauche,
porte trois très courts denticules espacés alors que,
à droite, le denticule médian est obsolète et les
deux autres légèrement plus aigus. Pas de tuber¬
cules stridulatoires sur la face mésiale. Troisièmes
pattes également très grêles, à bord dorsal inerme,
à l’exception d’un denticule distal microscopique
sur le carpe.
Telson atypique, plus large que long, la région
postérieure bien calcifiée, divisée par une échan¬
crure obtuse peu profonde en deux lobes, le gau¬
che légèrement plus large.
Habitat
Inconnu.
Remarques
La collection de Pylochelidae de Nouvelle-
Zélande qui nous a été soumise inclut un spéci¬
men en mauvais état : la région céphalothoraci¬
que, avec les pédoncules oculaires, antennulaires
et antennaires, a été arrachée et manque ; de la
carapace subsistent seulement des fragments des
régions latérales et postérieure. Cependant le ché¬
lipède droit et les deux paires de pattes thoraci¬
ques suivantes sont encore en place. L’abdomen
est également conservé, mais le telson est dété¬
rioré, son contour étant malgré tout en partie dis¬
cernable.
Malgré l’état très incomplet de ce spécimen et
en particulier l’absence de l’écusson et des appen¬
dices céphaliques, la structure des appendices con¬
servés — maxillipèdes, pattes thoraciques et pléo-
podes —, comme celle de l’abdomen, permet de
l’identifier à un Trizocheles.
Le chélipède (fig. 66 0 et les pattes ambula¬
toires présentent des caractéristiques qui séparent
très nettement ce spécimen non seulement des
deux Trizocheles de Nouvelle-Zélande, T. bra-
chyops et T. spinosus bathamae, mais aussi des
autres Trizocheles. L’absence totale de dents sur
la main, doigt fixe compris, en dehors de celles du
bord mésial, la présence d’une dent unique sur la
face dorsale du carpe, et le très grand développe¬
ment des ongles sont des caractères qui ne se
retrouvent chez aucun autre représentant du
genre.
De même aucune autre espèce ne possède des
deuxièmes pattes thoraciques (fig. 59 e) aussi fai¬
blement armées. Chez T. gracilis et T. manningi
spp. nov., tous deux de la région des Philippines,
ces appendices sont grêles comme chez notre spé¬
cimen mutilé, le propode est inerme et la seconde
espèce est, en outre, dépourvue de tubercules stri¬
dulatoires. Cependant il y a chez l’une et chez
l’autre trois dents épineuses aiguës sur le carpe, et
leurs chélipèdes, de forme différente, portent des
dents plus nombreuses, plus longues et plus
aiguës.
Un dernier caractère isole enfin complètement le
spécimen en question dans le genre, c’est la forme
atypique du telson. Cette pièce (fig. 47 f) est ici
plus large que longue et sa région postérieure,
bien calcifiée, est découpée en deux lobes très
arrondis séparés par une encoche obtuse peu pro¬
fonde. Chez les autres Trizocheles, le telson est
une lame membraneuse allongée à bords subparal-
Source : MNHN, Paris
210
JACQUES FOREST
lèles ; la région postérieure est séparée de la partie
antérieure par une paire d’encoches latérales, plus
ou moins marquées, et divisée en deux lobes par
une incision médiane profonde et aiguë ; le rap¬
port des dimensions varie suivant les espèces, mais
la longueur est toujours très nettement supérieure
à la largeur.
Les particularités décrites ci-dessus permettent
de conclure qu’il s’agit d’une espèce bien distincte
de Trizocheles. Malgré notre répugnance à pren¬
dre comme type un spécimen très incomplet, la
certitude qu’il s’agit d’une espèce nouvelle nous
conduit à la décrire comme telle sous le nom de
Trizocheles perplexus sp. nov., qui reflète notre
ignorance d’une partie de ses caractéristiques mor¬
phologiques.
Distribution
Nouvelle-Zélande, profondeur inconnue.
Trizocheles manningi sp. nov.
(fig. 59 c, 66 d, 72)
Matériel
Albatross, station 5543, 20.08.1909, N. Min¬
danao, 8°47'15" N, 123°35'00" E, 296 m : 1 9
7,0 mm (holotype).
Type. — National Muséum of Natural History,
Washington : 1 femelle holotype (n° 228439).
Localité-type. — Mer de Bohol (voir ci-
dessus).
Diagnose. — Rostre triangulaire avec une dent ros-
trale aigue dépassant les saillies post-antennaires égale¬
ment aiguës. Pédoncules oculaires subcylindriques, assez
larges, d’un tiers plus courts que l’écusson ; cornées fai¬
blement renflées, d’un diamètre compris trois fois envi¬
ron dans la longueur des pédoncules. Main des chélipè-
des avec quatre dents longues, assez grêles, aiguës, au
bord mésial ; face dorsale presque inerme. Bord dorsal
des deuxièmes pattes thoraciques avec trois dents aiguës,
grêles, sur le carpe, le propode inerme. Pas de tubercu¬
les stridulatoires sur la face mésiale.
Description
Écusson céphalothoracique légèrement moins
long que large. Région postérieure de la carapace
deux fois plus courte que l’écusson.
Rostre triangulaire, saillant, légèrement obtus,
avec une dent apicale aiguë dépassant largement
les saillies post-antennaires fortes, également
aiguës et à inclinaison latérale. Bords latéraux de
l’écusson convexes, avec une dent submédiane
aiguë.
Pédoncules oculaires subcylindriques. Cornées
grandes, légèrement renflées ; leur diamètre com¬
pris trois fois dans la longueur des pédoncules,
celle-ci égale aux deux tiers de celle de l’écusson.
Écailles oculaire grandes à région distale triangu¬
laire aiguë.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux de
la moitié environ de leur dernier article, lequel est
égal au précédent.
Pédoncules antennaires atteignant juste la base
des cornées. Saillie antéro-latérale du deuxième
article se terminant en deux dents aiguës, arquées,
convergentes, avec un denticule latéral sur
l’appendice gauche seulement ; une dent dorsale
aiguë sur cet article. Écaille antennaire atteignant
ou presque le milieu du dernier article, son extré¬
mité bidentée, avec une dent latérale forte du côté
gauche seulement, et une dent mésiale vers le tiers
proximal.
Chélipèdes subégaux. Main relativement étroite
et allongée, la largeur comprise deux fois et demie
dans la longueur ; région palmaire subcylindrique,
d’un cinquième plus longue que les doigts.
Sur le bord mésial du carpe deux dents longues
et acérées et une troisième plus courte ; en avant
de cette dernière, sur la face dorsale, trois dents
grêles alignées.
Main avec quatre dents mésiales longues et
étroites de taille légèrement décroissante vers
l’avant. Face dorsale presque inerme, avec un
denticule en avant du bord proximal et quelques
tubercules sur le doigt fixe et juste en arrière.
Pas de tubercules stridulatoires sur l’avancée
latéro-ventrale du carpe.
Deuxième pattes thoraciques à propode un peu
plus long que le dactyle et un peu plus court que
le mérus. Largeur du propode comprise plus de
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
211
Ç holotype 7,0 mm : carapace et appendices céphaliques.
quatre fois dans sa longueur. Bord dorsal du
dactyle rectiligne jusqu’au voisinage de l’ongle.
Trois dents dorsales épineuses sur le carpe ; bord
dorsal du propode avec des rugosités pilifères,
mais inerme. Pas de tubercules stridulatoires sur
la face mésiale de ces articles.
Bord dorsal des troisièmes pattes thoraciques
inerme, à l’exception d’une petite épine distale sur
le mérus et sur le carpe.
Habitat
Inconnu.
Remarques
La femelle holotype et seul spécimen connu de
Trizocheles manningi sp. nov. a été recueillie par
VAlbatross dans la mer de Bohol, par 296 mètres
de profondeur. L’espèce est dédiée à R. B. Man¬
ning, en témoignage d’estime pour son œuvre car¬
cinologique, et de gratitude pour l’aide qu’il nous
a apportée en diverses circonstances.
T. manningi présente, comme T. perplexus,
espèce remarquable par son telson atypique, deux
particularités : l’absence presque complète de
dents sur la face dorsale de la main des chélipèdes
(fig. 66 d), en dehors de celles, très fortes et au
nombre de quatre, implantées au bord mésial, et
l’absence de tubercules stridulatoires. La première
particularité, on l’observe aussi chez T. loquax sp.
nov., chez T. brachyops sp. nov. et chez T. cale-
donicus sp. nov. Cependant T. loquax a des dents
mésiales plus petites et plus nombreuses sur la
main des chélipèdes et, par ailleurs, s’oppose à T.
manningi par le grand développement de l’appa¬
reil stridulatoire. Quant à T. brachyops et T. cale-
donicus, ils diffèrent de T. manningi par la forme
de la main et la brièveté des pédoncules oculaires.
La seconde particularité, l’absence d’appareil stri¬
dulatoire, T. manningi la partage avec T. mutus
sp. nov., de Java, lequel par contre porte des
dents alignées sur la face dorsale de la main, et
aussi des dents longues et grêles sur le propode
des deuxièmes pattes thoraciques, inerme chez T.
manningi.
Ajoutons que, si T. loquax et T. mutus ont un
bord frontal qui n’est pas très différent de celui
de T. manningi, ils ont l’un et l’autre des pédon¬
cules oculaires nettement plus courts.
Distribution
Philippines, mer de Bohol, 296 mètres.
Source : MNHN, Paris
212
JACQUES FOREST
Trizocheles mutus sp. nov.
(fig. 66 e, 69 e, 73)
Matériel
Zoologisk Muséum, Copenhague (Collection
Th. Mortensen), South Africa Expédition 1929-30,
station 15, 10.04.1929, Java, 7°29'S, 114°49'E,
240 m : 1 ? 8,5 mm (holotype).
Type. — Zoologisk Muséum, Copenhague ; 1
femelle holotype.
Localité-type. — Java (voir ci-dessus)
Diagnose. — Rostre largement triangulaire, avec une
petite dent apicale dépassant de peu les saillies post-
antennaires aiguës. Pédoncules oculaires légèrement
amincis dans la région médiane ; leur longueur égale à
moins des deux tiers de celle de l’écusson ; diamètre des
cornées compris environ 2,5 fois dans la longueur des
pédoncules. Main des chélipèdes avec cinq dents aiguës
au bord mésial, les trois proximales plus longues et plus
fortes ; sur la face dorsale trois lignes de dents aiguës.
Bord dorsal des deuxièmes pattes thoraciques armé de
dents longues et grêles, quatre sur le carpe, avec en plus
deux spinules intercalaires, six sur le propode. Pas de
tubercules stridulatoires sur la face mésiale.
Description
Écusson céphalothoracique nettement moins
long que large (rapport 7/8). Région postérieure
de la carapace deux fois plus courte que l’écus¬
son.
Rostre triangulaire, large, obtus, avec une petite
dent apicale dépassant les saillies post-antennaires,
qui sont étroites et légèrement inclinées du côté
latéral. Bords latéraux de l’écusson convexes, avec
une petite dent submédiane.
Pédoncules oculaires courts, larges, renflés dans
la région proximale et au niveau des cornées ;
celles-ci d’un diamètre compris deux fois et demie
environ dans la longueur des pédoncules, laquelle
est sensiblement égale aux quatre septièmes de
celle de l’écusson. Écailles oculaires à région dis¬
tale triangulaire aiguë dépassant de peu la base
des pédoncules.
Pédoncules antennulaires dépassant les yeux de
la moitié environ de leur dernier article, qui est
égal au précédent.
Fig. 73. — Trizocheles muius sp. nov., South Africa Expédi¬
tion 1929-30, st. 15 (Java), 9 holotype 8,5 mm : carapace et
appendices céphaliques.
Source : MNHN, Paris
213
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
Pédoncules antennaires atteignant presque le
milieu des cornées. Saillie antéro-latérale du
deuxième article se terminant en deux dents cour¬
tes, avec une dent latérale également peu aiguë ;
une petite dent sur la face dorsale de cet article.
Écaille antennaire atteignant le tiers proximal du
dernier article, avec deux dents latérales en arrière
de la pointe distale et une dent mésiale sur
l’appendice droit, mais une seule dent latérale et
deux mésiales sur le gauche. Flagelle un peu plus
de deux fois plus long que l’écusson.
Chélipèdes égaux et symétriques. Main un peu
plus de deux fois plus longue que large. Région
distale relativement étroite, de même longueur que
la région palmaire. Carpe avec trois dents cornées
aiguës modérément développées sur le bord
mésial, et, sur la face dorsale, quatre dents dont
trois sur la même ligne que la dent mésiale proxi¬
male.
Bord mésial de la main avec deux dents courtes
sur la partie distale, puis trois fortes dents sub¬
égales, avec, derrière la première, un denticule
intercalaire. Face dorsale avec des dents aiguës
disposées en trois lignes parallèles, la plus ventrale
plus irrégulière et se prolongeant sur le doigt fixe.
Pas de tubercules stridulatoires sur l’avancée
latéro-ventrale du carpe.
Deuxièmes pattes thoraciques à dactyle et mérus
subégaux, d’un quart plus longs que le propode,
celui-ci trois fois plus long que large. Bord dorsal
fortement armé sur le carpe de trois dents longues
et grêles, d’une quatrième plus courte, et de deux
denticules intercalaires aigus ; sur le propode six
dents grêles, la deuxième et la quatrième plus
courtes.
Faces mésiales du carpe et du propode lisses et
brillantes, sans tubercules stridulatoires, celle du
carpe faiblement déprimée.
Troisièmes pattes thoraciques différant des pré¬
cédentes par le propode plus court, et par la pré¬
sence d’une seule épine, dorsale et distale, sur le
mérus, le carpe et le propode, lequel porte dorsa-
lement de fortes crêtes sétifères qui peuvent être
armées d’une très courte spinule.
Sur la face dorsale des articles distaux des trois
premières paires de pattes thoraciques, pilosité
forte, formée de poils longs, fins, souples et
denses, qui cachent en partie les épines.
Habitat
Inconnu.
Remarques
Parmi le matériel non identifié collecté par
Th. Mortensen au cours de la « South Africa
Expédition 1929-1930 » figurait un Trizocheles
provenant de la station 15, au large de Java. Ce
spécimen, une femelle de 8,5 mm, est décrit ici
sous le nom de T. mutus sp. nov., qui évoque
l’une des caractéristiques de l’espèce, l’absence de
tubercules stridulatoires.
T. mutus appartient au groupe de Trizocheles
dont le propode des deuxièmes pattes thoraciques
est armé de fortes dents épineuses sur toute sa
longueur. En dehors de ce caractère il ne présente
guère de traits communs avec les autres espèces
du groupe, T. balssi et T. spinosus.
La forme du bord frontal, les proportions des
appendices céphaliques antérieurs, le rapprochent
de l’espèce japonaise T. sakaii sp. nov. (fig. 64),
qui, cependant, a des pédoncules oculaires légère¬
ment plus allongés. La forme et l’ornementation
des appendices thoraciques distinguent les deux
espèces sans ambiguïté : chez T. mutus la main
des chélipèdes est subtriangulaire, se rétrécissant à
partir de la région proximale, les doigts sont plus
longs, les dents mésiales et dorsales plus aiguës.
Les fortes dents dorsales sur le propode des
deuxièmes pattes thoraciques manquent chez T.
sakaii, qui, par contre, possède un appareil stridu-
latoire bien développé.
Distribution
Java, 240 mètres.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Sous-famille des Mixtopagurinae Bouvier, 1895 1
DÉFINITION
Écusson céphalothoracique subquadrilatère, séparé de la région postérieure par une linea trans¬
versale complète. Rostre court, acuminé.
Pédoncules oculaires longs, cylindriques ; cornées grandes, hémisphériques, pigmentées. Écailles
oculaires présentes, triangulaires. Endopodite de la maxillule avec un long processus latéral arqué. Pre¬
miers maxillipèdes à flagelle exopodial long et fort, multiarticulé dans sa moitié distale, orienté suivant
l’axe du tronc ; épipodite triangulaire, grand, atteignant l’apex de l’endopodite. Deuxièmes maxillipèdes
avec un épipodite bien développé. Troisièmes maxillipèdes non chéliformes, et également pourvus d’un
épipodite assez long. Chélipèdes subégaux, sans modifications particulières. Quatrièmes péréiopodes
subchéliformes, à dactyle fort, plus long que le bord dorsal du propode. Soies squamiformes de la râpe
longues, arquées imbriquées. Abdomen et pléopodes non sexuels notablement asymétriques.
Genre Mixtopagurus A. Milne Edwards, 1880
Mixtopagurus A. Milne Edwards, 1880, p. 39 ; A. Milne Edwards et Bouvier, 1893, p. 23 (pro parte) ; Bou¬
vier, 1895, p. 158, 202, 204-208 ; 1896b, p. 37, 39, 40 ; Alcock, 1899, p. 111 ; Benedict, 1901, p. 771 ;
Alcock, 1901, p. 213 ; 1905, p. 14, 19, 153 ; Balss, 1913, p. 34 (pro parte ) ; Stebbing, 1914, p. 2.
Pomatocheles, Stebbing, 1914, p. 3 (pro parte).
Mixtopagurus, Boas, 1926, p. 34 (pro parte) -, Makarov, 1938, p. 119 (pro parte) ; Balss, 1957, p. 1585 (pro
parte).
Pomatocheles, Miyaké, 1978, p. 4 (pro parte) ; Pilgrim, 1965, p. 547 (pro parte) ; McLaughlin, 1983, p. 433.
Espèce-type. — Mixtopagurus paradoxus A. Milne Edwards, 1880.
Nombre d’espèces. — Une (ouest-atlantique).
Étymologie. — Nom choisi pour un genre qui, selon son auteur, présentait des caractères mixtes,
propres les uns aux Pylocheles, les autres aux Pagures typiques.
1. E.-L. Bouvier (1895, p. 208) a inclus dans une « tribu des Mixtopaguriens » le genre Mixtopagurus et les Pagures à
3' maxillipèdes rapprochés. L’année suivante (1896, p. 3), il a utilisé le même terme vernaculaire, mais avec le rang de « sec¬
tion ». Dans une étude des Brachyoures et Anomoures provenant des campagnes du Prince de Monaco (A. Milne Edwards el
Bouvier, 1899, p. 52), il est fait mention d’une « Tribu des Mixtopagurinae E. L. Bouvier ». C’est la première fois qu’un nom
latinisé est attribué à un taxon supra-générique fondé sur Mixtopagurus. Nous retenons cependant la date de 1895 pour la sous-
famille, conformément aux dispositions du Code International de Nomenclature Zoologique [Art. 11 f (iii)).
Un nom de tribu légèrement modifié (Mixtopaguriac) apparaît dans les Résultats des Campagnes du Travailleur et du
Talisman (A. Milne Edwards et Bouvier, 1900, p. 165) alors que Bouvier (1922, p. 14) fait état d’une sous-famille des Mixto¬
pagurinae. Plus lard, dans la Faune de France des Décapodes Marcheurs, le même auteur (1940, p. 114) replace Mixtopagurus
parmi les Pylochelidae, les Paguridae étant divisés en Pagurinae (ex-Mixtopagurinae) et Eupagurinae. Le contenu de la sous-
famille des Mixtopagurinae est restreint ici à son genre-type.
Source : MNHN, Paris
216
JACQUES FOREST
Définition
Écusson à peu près aussi long que large. Bords latéraux faiblement convexes et convergeant vers
l’arrière, avec un petit denticule vers le milieu.
Rostre arrondi avec un denticule apical, dépassant légèrement les saillies latérales. Une dépres¬
sion transverse en arrière du front. Sillon cervical profond, bien marqué.
Région postérieure plus courte que l’écusson, en partie calcifiée. Sillons cardio-branchiaux com¬
plets. En avant de la région cardiaque deux lignes décalcifiées partant des sillons cardio-branchiaux
délimitent des aires triangulaires.
Pédoncules oculaires longs, subcylindriques. Cornées légèrement renflées, pigmentées. Écailles
oculaires à extrémité spiniforme.
Mandibules (fig. 74 a, b) avec un processus incisif formant un lobe dont le bord est en conti¬
nuité, du côté ventral, avec celui du processus molaire. Celui-ci a la forme d’un plateau circulaire pré¬
sentant une bordure légèrement saillante. Palpe triarticulé, avec, sur le second article, du côté dorsal,
une large dilatation arrondie non denticulée, mais avec des soies courtes à l’apex.
Maxillules (fig. 74 c) avec palpe à extrémité arrondie ornée de huit soies. Sous cette extrémité,
un processus latéral long et grêle, dont la partie proximale, arquée du côté ventral, est séparée par un
coude de la partie distale à orientation postéro-dorsale.
Maxilles (fig. 74 d) à scaphognathite comprenant un lobe antérieur à sommet arrondi et un lobe
postérieur tronqué. Les bords libres portent une frange régulière de soies plumeuses et l’extrémité du
lobe postérieur trois soies fines dont la longueur dépasse la moitié de celle du scaphognathite.
Premiers maxillipèdes (fig. 74 e, f) : flagelle de l’exopodite orienté suivant l’axe du tronc, la par¬
tie proximale entière, le reste multiarticulé ; épipodite très développé, s’avançant en long triangle le
long de l’exopodite, avec une saillie postérieure faiblement aiguë.
Deuxièmes maxillipèdes (fig. 74 g) : endopodite légèrement plus court que l’exopodite ; un épipo¬
dite sous la forme d’un petit processus vermiforme portant des soies longues et fines surtout localisées
à l’extrémité et sur une protubérance proximale.
Troisièmes maxillipèdes (fig. 74 h) : crista dentata formée de dents cornées lamelliformes à som¬
met arrondi ; sous la crista dentata , du côté mésio-ventral, quatre fortes dents cornées disposées en arc-
de-cercle. Un épipodite également vermiforme, beaucoup plus long que sur Mxp2 et abondamment
garni de soies (non figurées).
Chélipèdes forts, subégaux, avec la région dorsale du carpe et de la main armée d’épines cor¬
nées, sans modifications adaptatives particulières.
Deuxièmes et troisièmes péréiopodes robustes, nettement plus longs du côté droit.
Quatrièmes péréiopodes subchéliformes : le dactyle long et fort s’oppose à une courte saillie du
propode ; cette saillie recouverte d’une râpe de soies cornées, qui s’étend le long du bord ventral
jusqu’au tiers proximal de l’article.
Cinquièmes péréiopodes à propode large, sur le bord antérieur tronqué duquel se rabat un
dactyle grêle ; la face latérale du propode, région proximale exceptée, recouverte d’une râpe de soies
cornées.
Abdomen notablement asymétrique présentant une torsion correspondant à une spirale très
ouverte. Les tergites bien calcifiés. Le premier avec une partie antérieure déprimée, s’engageant sous le
bord postérieur de la carapace, et une partie postérieure plus large, bombée, coaptée en avant avec
l’échancrure de la carapace.
Tergites 2 à 5 de longueur et de largeur décroissantes, chacun avec, de part et d’autre, un lobe
pleural séparé par un sillon plus ou moins net de la partie proprement tergale. Ce lobe s’avance posté¬
rieurement en une saillie arrondie.
Sixième tergite fortement calcifié, arrondi, avec le bord postérieur armé de dents cornées aiguës.
Un sillon longitudinal médian, plus profond sur la moitié postérieure. Une paire d’encoches latérales
prolongées en sillons obliques sur la face dorsale.
Telson entaillé latéralement en angle obtus et avec une incision au bord postérieur. Les deux
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
217
F,r 74 - Mixtopagurus paradoxus A. Milne Edwards, pièces buccales : a, mandibule ; b, id., 2' article du palpe ; c, maxil-
F Iule : d! nSe ; e, premier maxlllipède ; i, id„ endopodite, «ne dorsale ; g, deuxieme m.xillrpède ; h, trorsreme maxilli-
pède.
>, b, d, g :
, e, f : x 12,5 ; h :
Source : MNHN, Paris
218
JACQUES FOR EST
lobes ainsi délimités sont plus courts chez les mâles que chez les femelles. Mais leur développement
relatif est très variable dans les deux sexes : ils peuvent être à peu près symétriques ou le gauche beau¬
coup plus long et large que le droit, surtout chez les femelles.
Appendices abdominaux. — Chez le mâle (fig. 75 a-d), premier pléopode bien développé et dif¬
férencié, formé d’un article basilaire étroit, et d’un article distal plus long, foliacé, s’avançant du côté
antéro-mésial en un lobe triangulaire fortement concave, le bord postérieur de l’article étant épaissi.
Deuxième pléopode deux fois plus long que le premier. Sur le premier article, qui s’élargit quel¬
que peu à partir de la base, s’articule un second article de même longueur dont l’extrémité est forte¬
ment différenciée : en avant d’un étranglement situé du côté mésial, au niveau du quart distal, se
développe un lobe arrondi offrant une forte concavité du côié latéral. Un exopodite court, mais bien
développé, est présent.
Pléopodes 3 à 5 biramés : l’endopodite biarticulé est d’un tiers plus court au moins que l’exopo-
dite. Les appendices sont plus grands à gauche, la différence portant principalement sur l’exopodite qui
dans une même paire peut être deux fois plus long à gauche qu’à droite.
Chez la femelle (fig. 75 e-g), premier pléopode petit, le tiers distal multiarticulé et flagelliforme.
Pléopodes 2 à 5 biramés : l’endopodite biarticulé, l’exopodite plus long, plus ou moins arqué, avec des
divisions transverses plus ou moins nettes et en nombre variable. Comme chez le mâle, chaque paire est
dissymétrique : l’appendice gauche est notablement plus grand que le droit.
Les deux uropodes de dimensions relatives très variables dans les deux sexes ; le gauche peut être
sensiblement égal au droit, ou jusqu’à deux fois plus grand.
Remarques
Nous avons vu plus haut (p. 159) que le nouveau genre Trizocheles rassemble la totalité des
espèces indo-ouest-pacifiques décrites à l’origine sous le nom de Mixtopagurus. Après la mise en
synonymie de M. gilli Benedict avec M. paradoxus A. Milne Edwards, le genre Mixtopagurus apparaît
comme monotypique. Comme dans le cas des Parapylocheles et des Cancelloches, il est difficile de
séparer caractères spécifiques et caractères génériques et nous considérons ici encore que les particulari¬
tés de l’espèce ont également une signification au niveau du genre.
Seul parmi les Pylochelidae Mixtopagurus est très nettement dissymétrique. L’abdomen présente
une courbure senestre accentuée et les pléopodes non sexuels du mâle, comme les appendices ovigères
de la femelle, sont plus développés à gauche qu’à droite. Telson et uropodes manifestent une instabilité
morphologique remarquable (cf. p. 223). Les deux lobes postérieurs du telson sont d’abord courts et
presque symétriques, puis en général le gauche s’allonge plus ou moins chez le mâle. Chez la femelle, le
gauche s’allonge également, mais s’élargit aussi notablement, avec un contour assez variable, le droit
restant arrondi et plus court, mais pouvant aussi être plus long et plus large que le gauche. Quant aux
uropodes, ils sont soit égaux et symétriques, soit inégaux, le gauche pouvant être deux fois plus grand
que le droit.
Les pièces buccales ayant une structure relativement homogène dans un genre donné, on peut
considérer que celles de M. paradoxus fournissent un bon élément de comparaison au niveau générique.
La mandibule est dotée d’une forte lame cornée au bord mésial du processus incisif, comme chez
Parapylocheles et Cancellocheles. L’endopodite de la maxille porte un long diverticule latéral spiralé,
plus long encore que chez Potamocheles. L’épipodite des premiers maxillipèdes est très développé et
bien calcifié ; triangulaire, il rappelle celui de Cancellocheles, mais il est moins long, avec une extrémité
moins aiguë et un angle postéro-latéral droit et non obtus. II faut encore signaler que le troisième
maxillipède est doté en plus des deux arthrobranchies habituelles, d'un épipodite en forme de languette
assez longue, dont nous n’avons observé l’homologue dans aucun autre genre.
Les pléopodes sexuels du mâle représentent un autre élément d’originalité de Mixtopagurus.
Ceux de la première paire sont robustes, avec l’article distal formant une lame triangulaire enroulée,
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
219
Fig. 75. — Mixtopagurus paradoxus A. Milne Edwards, pléopodes : a-d, R. V. Oregon, st. 1989, a 15
9 16 mm.
a ' PII ct ; b, P12 CT, vue postérieure ; c, id., région distale, vue antérieure ; d, P13 c
des P12 9 droit (dénudé) et gauche, montrant la dissymétrie de ces appendices.
Toutes les figures : x 11.
, sans localité.
Pli 9 ; f-g : vue postérieure
Source : MNHN, Paris
220
JACQUES FOREST
rigide en raison de l’épaississement du bord mésio-ventral. En ce qui concerne les deuxièmes pléopodes,
qui, chez les Pylochelidae, offrent de fortes particularités génériques, ceux de Mixtopagurus n’échap¬
pent pas à la règle. L’exopodite est relativement grand, puisque sa longueur atteint presque le quart de
celle de l’article proximal. Quant à l’extrémité distale, elle est fortement différenciée, creusée en gout¬
tière, sans que les homologies avec d’autres genres puissent être décelées. Il semble en tout cas que, sur
le plan fonctionnel, ces deux premières paires d’appendices forment l’appareil de transfert des sperma-
tophores le plus perfectionné.
C’est la structure de l’abdomen, formé de segments articulés, pourvus chacun d’une paire
d’appendices, qui permet d’opposer les Pylochelidae aux Pagures vrais, chez lesquels les plaques ter-
gales sont plus ou moins réduites, jamais articulées entre elles, alors que les pléopodes, à l’exception
des paires modifiées en appareil copulateur, manquent d’un côté, en général à droite. Jusqu’à présent,
la symétrie de l’abdomen et de ses appendices était également considérée comme caractéristique du
groupe. Or ceci s’avère maintenant inexact pour les Mixtopagurus. On peut ainsi s’interroger sur leur
position taxonomique et en particulier sur leurs rapports avec les autres Pagures.
Il faut constater que la région antérieure présente des ressemblances avec celle de certains Dioge-
nidae, qu’il s’agisse de la carapace, des appendices sensoriels et des pattes thoraciques. Par la forme et
les reliefs de l’écusson, par l’aspect et les proportions des pédoncules oculaires, antennulaires et anten-
naires, et par les proportions et l’ornementation des pattes thoraciques, Mixtopagurus est plutôt plus
proche d’une espèce telle que Trizopagurus strigimanus (White) par exemple, que d’un Trizocheles,
genre avec lequel il présente cependant quelques ressemblances superficielles. Par la forme du telson
Mixtopagurus évoque aussi davantage un Diogenidae que tout autre Pylochelidae. Par exemple, chez
certains mâles (fig. 75 b), le telson rappelle par son contour et son asymétrie celui du même Trizopagu¬
rus strigimanus.
Il existe encore une curieuse similitude entre Mixtopagurus et des post-larves de Diogenidae.
Chez M. paradoxus comme chez les glaucothoés récemment décrites du genre Aniculus et chez celles de
Petrochirus (Forest, 1984, p. 83, fig. 76, 86) les lignes cardio-branchiales sont bifurquées et délimitent
ainsi deux triangles latéraux dans la partie antérieure de la région cardiaque.
On ne peut guère tirer argument des pièces buccales pour rapprocher Mixtopagurus des Diogeni¬
dae. La présence d’un diverticule latéral bien développé sur l’endopodite des maxillules se retrouve chez
Trizopagurus mais, chez Aniculus, Petrochirus et Dardanus ce diverticule est absent. L’épipodite des
premiers maxillipèdes, très développé chez les Mixtopagurus, est absent ou représenté par un court lobe
chez les Diogenidae, qui par ailleurs ne possèdent pas d’épipodite sur les troisièmes maxillipèdes.
Dans ces conditions, il n’y a pas de raison déterminante qui justifierait le transfert des Mixtopa¬
gurus à côté des Diogenidae, et il semble plus logique de les maintenir parmi les Pylochelidae, tout en
considérant qu’il s’agit d’une lignée isolée. Les quelques similitudes observées avec des Diogenidae, et
nous retiendrons surtout l’aspect général du céphalothorax et de ses appendices, la structure du telson,
et la bifurcation antérieure des sillons cardio-branchiaux, révèlent sans doute une communauté d’origi-
gine, et il est possible que les Mixtopagurus appartiennent à une lignée dont seraient aussi issus les
Diogenidae.
Mixtopagurus paradoxus A. Milne Edwards, 1880
(fig. 4 e, 6 e, f, 7 f, 74 a-h, 75 a-g, 76 a-e, 77 a-j ; pl. II B, III G, H, VIII C, D)
Mixtopagurus paradoxus A. Milne Edwards, 1880,
p. 39 ; Agassiz, 1888, p. 41 ; A. Milne Edwards
et Bouvier, 1893, p. 24, pl. 2, fig. 1-19 ; Bouvier,
1896b, p. 40, fig. 4 ; Benedict, 1901, p. 778.
Mixtopagurus gilli Benedict, 1901, p. 777, fig. 7 ;
Alcock, 1905, p. 153.
Mixtopagurus paradoxus, Alcock, 1905, p. 153 ; Boas,
1926, p. 38.
Pomatocheles paradoxus, Stebbing, 1914, p. 2.
Mixtopagurus Gilli Boas, 1926, p. 39 ; Bouvier, 1940,
p. 117.
Mixtopagurus paradoxus, Rabaud, 1941, p. 268, fig. 24 ;
Pilgrim, 1965, p. 554 ; McLaughlin, 1983a, p. 435.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
221
Matériel
Muséum of Comparative Zoology, Harvard :
Blake, station 291, La Barbade, 365 m : 1 cr
9,0 mm (holotype, MCZ 4076).
Blake , station 167, Guadeloupe, 320 m : 1 9
8,0 mm (MCZ 6327).
National Muséum of Natural History, Washington :
Albatross, station 2601, 18.10.1885, 34°39'15"N,
75°33'30"W, 196 m : 1 9 ovig. 13 mm (type M.
gilli Benedict, ident. M. paradoxus par M. L.
Wass, USNM 24805).
Fish Hawk, station 7282, 19.02.1902, 24°21'15"N,
81 °52'15" W, 199 m : 1 o- 16,0 mm, 1 9 ovig.
17,0 mm (ident. M. L. Wass, USNM 102718).
Oregon , station 260, 14.02.1951, 29°42'N,
88°25,5' W, 38 m 1 : 1 cr 20,5 mm (USNM 92321) ;
station 1501, 6.05.1956, au large du Texas,
27°48'N, 94°40'W, 370 m : 1 9 ovig. 27 mm
(USNM 103395) ; station 1989, 4.11.1957, Guyane
britannique, 9°45'N, 59°45'W, prof. ? : 1 cr
15,0 mm, 1 9 16,0 mm, 1 9 ovig. 17,5 mm
(USNM 103396). Tous ces spécimens identifiés par
M. L. Wass.
University of Miami, Marine Laboratory :
7.07.1969, au large de Ste Lucie, 14°06,3'N,
60°51'W, 371-403 m : 1 o- 20,5 mm (ident.
P. McLaughlin, UMML 32 : 5143).
7.07.1969, 14°07,8'N, 60°50,7' W, 265-567 m :
1 9 16,0 mm (ident. A. J. Provenzano, UMML
32 : 4670).
6.10.1969, sans localité ni profondeur : 1 9
16,0 mm.
Type. — Muséum of Comparative Zoology,
Harvard : mâle holotype (voir ci-dessus).
Localité-type. — La Barbade
Diagnose. — Rostre arrondi, avec un denticule apical
dépassant les saillies post-antennaires. Pédoncules ocu¬
laires subcylindriques légèrement amincis dans la région
médiane ; diamètre des cornées compris 4 à 5,5 fois
dans la longueur des pédoncules, qui sont un peu plus
courts que l’écusson. Écailles oculaires à région distale
spiniforme. Chélipèdes subégaux ; face dorsale de la
main subtriangulaire, armée de dents coniques à pointe
cornée, plus fortes sur le bord mésial. Sixième tergite
abdominal à contour ovalaire, légèrement asymétrique,
armé de fortes dents au bord postérieur. Développement
des lobes postérieurs du telson très variable et différent
suivant le sexe : chez le mâle, le droit court et arrondi,
le gauche symétrique ou plus allongé. Chez la femelle,
lobe droit toujours plus long que chez le mâle, le gau¬
che très élargi et allongé.
Description
Écusson céphalothoracique aussi long que large.
Bords latéraux convexes armés d’un ou deux den-
ticules aigus vers leur milieu.
Rostre arrondi avec, à l’apex, un denticule
dépassant les saillies latérales, qui sont plus ou
moins aiguës. Région gastrique limitée en avant
par une forte dépresssion transverse et latérale¬
ment par deux lignes de ponctuations sétifères,
convergeant vers l’arrière. Quelques denticules en
arrières des dépresssions qui longent les bords
latéro-frontaux.
Sillon cervical quelque peu cordiforme.
Région postérieure plus courte que l’écusson, en
partie calcifiée. Sillons cardio-branchiaux com¬
plets. Des lignes décalcifiées délimitent deux aires
latérales triangulaires dans la partie antérieure de
la région cardiaque, qui postérieurement est mar¬
quée chez le type 2 par un sillon transverse.
Pédoncules oculaires plus courts que l’écusson
(rapport 5/6 à 3/4), amincis dans la région
médiane. Cornées pigmentées, leur diamètre com¬
pris de quatre à cinq fois et demie dans la lon¬
gueur des pédoncules. Écailles oculaires à extré¬
mité spiniforme.
Pédoncules antennulaires approximativement de
même longueur ou un peu plus longs que les
pédoncules oculaires.
Pédoncules antennaires n’atteignant pas les cor¬
nées. Premier article avec une épine latérale dis¬
tale plus ou moins aiguë. Saillie antéro-latérale du
deuxième article longue, bidentée à l’extrémité,
avec un petit denticule latéral médian et un autre
denticule sur la face dorsale. Écaille antennaire
forte, dépassant le milieu du cinquième article ; en
arrière de la pointe distale elle est armée de deux
dents latérales et, sur le bord mésio-ventral, de
cinq à sept dents longues et aiguës. Flagelle anten¬
naire deux fois plus long que l’écusson.
1. Profondeur douteuse. A propos d’un Nephropsis aculeaia Smith provenant de la même station, L. B. Holthuis (1963,
p. 783) a déjà noté que cette donnée était « possibly incorrect ».
2. En fait, ce sillon bien visible (fig. 76 a) n’a pu être décelé avec certitude chez les autres spécimens.
Source : MNHN, Paris
222
JACQUES FOREST
Fio. 76. — Mixtopugurus puradoxus A. Milne Edwards : a, b : Blake, si. 291, c r hololypc 9,0 mm ; c-d, R. V. Fish Hawk,
si. 7282, 9 ovigère 17,0 mm ; e, au large de Ste Lucie, a 20,5 mm.
a : carapace et appendices céphaliques ; b, c, chélipéde gauche ; d, deuxième patte thoracique gauche, vue latérale ;
e, région frontale et appendices céphaliques.
a : x 12 ; b-d : x 5 ; e : x 4.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
223
Pièces buccales : voir p. 216 et fig. 74.
Chélipèdes égaux, symétriques, robustes.
Mérus court avec, du côté ventral, quelques
dents courtes irrégulières sur le bord mésial, et des
tubercules épineux plus petits, parfois très peu
développés, sur le bord latéral. Sur cet article, du
côté dorsal, deux ou trois dents cornées aiguës sur
le bord distal, et en arrière d’une dépression
parallèle à ce bord. Carpe massif, sa face dorso-
latérale régulièrement convexe, armée de dents
crochues à pointe cornée, dont trois beaucoup
plus fortes sur le bord mésial. Face dorsale de la
main convexe, subtriangulaire, sa largeur maxi¬
male légèrement supérieure à la moitié de sa lon¬
gueur. Elle porte des dents courtes, inclinées vers
l’avant, et disposées en lignes longitudinales plus
ou moins régulières ; bord mésial marqué par cinq
ou six dents plus fortes.
Deuxièmes et troisièmes pattes thoraciques
robustes, celles de droite plus longues et dépassant
quelque peu les chélipèdes. Les deuxièmes pattes
ont le mérus et le dactyle subégaux, plus longs
que le propode d’un tiers. Les articles larges : le
rapport de la longueur à la largeur est voisin de 3
pour le mérus, de 2,5 pour le propode. Quelques
très petits denticules sur le bord ventral du mérus,
de fortes dents aiguës au bord dorsal du carpe, et
d’autres plus petites et irrégulièrement disposées
sur la région dorsale du propode et sur le tiers
proximal du dactyle, sous lequel s’insère une ligne
ventrale de fines soies spinuleuses. Pattes de la
troisième paire à mérus plus court, sa largeur
étant comprise environ deux fois et demie dans sa
longueur. Seul le carpe a un bord dorsal armé de
dents qui sont plus petites que sur la paire précé¬
dente.
Les trois premières paires d’appendices thoraci¬
ques portent du côté dorsal de longues soies
implantées en faisceaux ou en rangées transverses
distinctes.
Quatrièmes pattes à peine subchéliformes : le
dactyle long et large s’oppose à une courte avan¬
cée du propode. La « râpe », épaisse, formée par
des soies en palettes allongées, s’étend latérale¬
ment le long du bord ventral de cet article et pro¬
longe quelque peu la saillie opposée au dactyle.
Cinquièmes pattes à propode large, à bord anté¬
rieur tronqué sur lequel se rabat un dactyle grêle.
Une « râpe » couvre toute la surface latérale du
propode, région proximale exceptée.
Sixième segment abdominal à contour ovalaire,
légèrement plus allongé chez les mâles que chez
les femelles. Une faible asymétrie marquée par
l’inflexion du sillon longitudinal médian vers la
droite. Bords latéraux avec une profonde encoche
oblique vers leur milieu. Bord postérieur subcircu¬
laire, armé de fortes dents à pointe cornée.
Telson avec une paire d’encoches latérales et
une encoche médiane délimitant deux lobes posté¬
rieurs séparés par un sillon médian sur la face
dorsale. Développement des lobes différent chez
les mâles et chez les femelles mais également très
variable dans chaque sexe. Chez le mâle, le lobe
droit toujours arrondi et court, le gauche parfois
court également, presque symétrique (fig. 77 c),
ou s’allongeant en triangle à bords arrondis
(fig. 77 b) ; la largeur maximale au niveau des
lobes postérieurs n’est jamais supérieure à celle de
la partie antérieure du telson. Chez la femelle,
(fig. 77 e-j) lobe droit toujours plus grand que
chez le mâle, lobe gauche beaucoup plus long et
plus large, de forme assez variable. Chez certains
spécimens le lobe droit est plus développé que le
gauche (fig. 77 e). La largeur maximale au niveau
des lobes postérieurs est toujours de beaucoup
supérieure à celle de la partie antérieure du telson.
Pléopodes. — Voir définition du genre (p. 218
et fig. 75).
Les uropodes ont une asymétrie très variable
dans les deux sexes. Ils peuvent être pratiquement
égaux (fig. 77 e) mais le gauche tend à être plus
grand que le droit jusqu’à atteindre une longueur
double (fig. 77 b).
Taille
Les 13 spécimens examinés comprennent 5 mâles,
de 9 à 21 mm et 8 femelles, de 8 à 27 mm. Qua¬
tre de ces femelles, mesurant 13, 17, 17,5 et 27 mm,
sont ovigères.
Habitat
La seule indication que l’on possède sur l’habi¬
tat de M. paradoxus concerne le type, logé dans
une coquille de Xenophora. Tous les spécimens
examinés présentant la même torsion de l’abdo¬
men que le type, il est probable que l’espèce est
habituellement logée dans ce type de coquille.
Remarques
Mixtopagurus paradoxus a été décrit en 1880
par A. Milne Edwards d’après un spécimen mâle
recueilli comme le lectotype de Pylocheles agassizii
Source : MNHN, Paris
224
JACQUES FOREST
Fig. 77. — Mixtopagurus paradoxus A. Milne Edwards (a-d : cr ; e-j : Ç>).
a, Blake, si. 291, cr holotype 9,0 mm : sixième tergite abdominal, uropode droit et telson ; b, R. Oregon, st. 1989, cr 15 mm :
sixième tergite abdominal, uropodes et telson ; c, R. V. Fish Hawk, st. 7282, cr 16 mm : telson ; d, Oregon, st. 260,
cr 20,5 mm : telson ; e, même station que c, 9 ovig. 17 mm : sixième tergite abdominal, uropodes et telson ; f-i, tel¬
son : f, Albalross, st. 2601, Ç ovig. 13 mm (type de M. gilli Bencdict) ; g, Blake, st. 167, Ç 8 mm ; h, même station que
b, 9 17,5 mm ; i, même station, 9 16,0 mm ; j, Oregon, st. 1501, 9 ovig. 27 mm.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
225
à la station 291 du Blake, au large de la Barbade.
Une femelle adulte, également recueillie par le
Blake, au large de la Guadeloupe, est mentionnée
par A. Milne Edwards et Bouvier, en 1893.
Apparemment aucune nouvelle capture n’a été
signalée par la suite sous ce nom, mais Benedict
(1901, p. 777) a décrit un Mixtopagurus gilli
d’une localité baucoup plus septentrionale, au
large de la Caroline du Nord. Comme il l’avait
fait à propos de Pylocheles partitus, comparé à P.
agassizii d’après les dessins d’A. Milne Edwards
et de Bouvier, Benedict a distingué Mixtopagurus
gilli de M. paradoxus en se référant aux illustra¬
tions de ces deux auteurs, et les différences qu’il a
relevées correspondent en partie à des inexactitu¬
des de la figuration. Ainsi les pédoncules antennu-
laires n’atteindraient pas les cornées chez M. para¬
doxus, tandis qu’elles les dépassent chez M. gilli.
Notre dessin du type de M. paradoxus (fig. 76 a)
montre que ces pédoncules sont nettement plus
longs qu’ils n’apparaissent sur le dessin original
(A. Milne Edwards et Bouvier, loc. cit., pl. 2,
fig. 2). S’il ne dépassent pas les yeux, comme chez
le type de M. gilli, la différence n’est cependant
pas considérable et rentre dans les variations nor¬
males observées chez les Pagurides. Benedict
écrit que « The chelipeds are quite different in
proportion ». Cette assertion semble exagérée, car
sur le dessin original (loc. cit., pl. 2, fig. 19), la
main de M. paradoxus a bien une région palmaire
relativement plus longue par rapport aux doigts
que celle de M. gilli, mais on ne peut considérer
que les proportions sont tout à fait différentes.
En réalité il s’agit là encore d’une représentation
inexacte : une nouvelle figuration de la main gau¬
che du type de paradoxus (fig. 76 b) montre que
régions palmaire et digitale sont subégales et que
par conséquent il n’y a pas de différences avec
gilli.
En ce qui concerne la forme du bord frontal,
autre caractère distinctif proposé par Benedict, le
rostre a des bords latéraux légèrement convexes
(fig. 76 a), ce qui n’apparaît pas sur le dessin ori¬
ginal (loc. cit., pl. 2, fig. 2). Cependant la petite
dent apicale dépasse bien les saillies post-
antennaires, alors que chez le type de M. gilli, elle
est légèrement en retrait par rapport aux saillies
latérales. Cette différence n’est pas significative :
il existe, chez tous les Pagurides, une variabilité
parfois assez forte dans la proéminence du rostre,
et parmi les M. paradoxus examinés, certains ont
un front identique à celui du type de M. gilli.
Reste un dernier point : « The telson in Mixto¬
pagurus paradoxus is symmetrical, in M. gilli very
unsymmetrical ». Nous verrons plus loin que ces
dissemblances dans la forme du telson sont liées
au dimorphisme sexuel : le type de M. paradoxus
est un mâle, celui de M. gilli une femelle.
Il résulte des considérations ci-dessus que les
différences relevées par Benedict entre ces deux
espèces sont liées soit à l’inexactitude des dessins
originaux de M. paradoxus, soit au dimorphisme
sexuel, soit à la variabilité individuelle. Leur
synonymie ne semble guère douteuse, elle avait
déjà été adoptée par M. L. Wass, qui, en 1958,
l’a indiquée sur le spécimen-type de M. gilli con¬
servé au National Muséum of Natural History.
Les treize spécimens identifiés à M. paradoxus
présentent des variations dont certaines ont été
évoquées à propos de la mise en synonymie de M.
gilli. La petite pointe rostrale, parfois très émous¬
sée, est à peu près sur la même ligne que les sail¬
lies post-antennaires ou les dépasse nettement. Les
pédoncules antennulaires sont à peu près de même
longueur ou plus longs que les pédoncules oculai¬
res, et les pédoncules antennaires peuvent attein¬
dre ou non la base des cornées.
L’allongement des pédoncules oculaires et les
dimensions des cornées sont dans une certaine
mesure liés à la taille des spécimens. Chez la
majorité de ceux que nous avons examinés, mesu¬
rant de 13 à 17 mm, les pédoncules ont un diamè¬
tre médian et un diamètre cornéen compris respec¬
tivement 6 et 3 fois dans leur longueur. Chez les
plus petits spécimens, comme le type, de 9 mm,
les rapports correspondants sont de 5 et 4.
L’un des deux plus grands mâles, qui mesurent
l’un et l’autre 20,5 mm, et la femelle de 27 mm
ont des pédoncules oculaires de proportions voisi¬
nes : leur diamètre médian est compris 7 fois et
leur diamètre cornéen 5,5 fois dans leur longueur.
Il semble donc que la gracilité des pédoncules
croît avec la taille des individus, en même temps
que le rapport de leur longueur à celle de l’écus¬
son décroît passant de 5/6 chez les plus petits à
3/4 chez les plus grands. Cependant, un spécimen
se situe en dehors des limites de variation relevées
ici : c’est le second spécimen mâle de 20,5 mm
(fig. 76 e), dont les pédoncules oculaires sont très
grêles, avec un rapport longueur/diamètre médian
égal à 8,5 et des cornées dont la largeur atteint à
peine le sixième de la longueur pédonculaire. Ce
spécimen présente une autre particularité : ses
antennes sont très fortes, le quatrième article gros
Source : MNHN, Paris
226
JACQUES FOREST
et renflé, le cinquième large, et le flagelle d’un
diamètre près de deux fois supérieur à celui
observé chez l’autre mâle de même taille. Les
autres caractères étant ceux d’un Mixtopagurus
paradoxus et la provenance proche de celle du
type, nous pensons qu’il s’agit, non de différences
spécifiques, mais plutôt d’anomalies concomi¬
tantes.
Il faut aussi signaler comme quelque peu varia¬
bles la taille et le nombre des dents sur le carpe et
sur la main des chélipèdes, sur le bord dorsal du
carpe et du propode des deuxièmes pattes thoraci¬
ques, et, plus encore, sur le carpe des troisièmes
pattes. Quant aux soies implantées sur les appen¬
dices thoraciques, elles sont plus ou moins denses.
Ces variations sont celles que l’on observe en
général chez les Pagurides, mais celles qui affec¬
tent le telson et les uropodes sont particulières à
l’espèce, et d’une grande amplitude. Nous avons
signalé dans la description (p. 223) que les lobes
postérieurs du telson étaient diversement confor¬
més et développés. Chez les plus petits spécimens,
ceux provenant du Blake, ces lobes sont courts,
arrondis et pratiquement symétriques, aussi bien
chez le mâle holotype de 9,0 mm (fig. 77 a) que
chez la femelle de 8,0 mm (fig. 77 g). Chez les
mâles plus grands, le lobe droit reste court
et arrondi, mais le gauche s’allonge légèrement
(fig. 77 c, d) ou beaucoup plus fortement (fig. 77 b)
sans que les différences soient liées à la taille,
puisque, chez le mâle de 15 mm le lobe gauche est
nettement plus allongé que chez ceux de 16 et
21 mm. Chez les femelles, le lobe droit est plus
long que chez les mâles, mais en général arrondi,
le gauche formant une lame longue et large à con¬
tour variable (fig. 77 f, h-j). Cependant dans un
cas au moins, le lobe droit est plus long et plus
large encore que le gauche (fig. 77 e). On peut
présumer que le grand développement du telson
est lié à la protection de la ponte chez la femelle.
Notons que la brièveté du lobe droit a conduit
Boas (1926, p. 29, note) à l’opinion que ce lobe
manquait chez le type de M. gilli figuré par Bene-
dict (1901, fig. 7) et qu’il s’agissait d’un spéci¬
men endommagé (« beschàdigtes Exemplar »).
De même les dimensions relatives des deux uro¬
podes ne sont pas non plus fixées : les deux
appendices peuvent être presque égaux et symétri¬
ques (fig. 77 e), ou le gauche jusqu’à deux fois
plus grand que le droit (fig. 77 b), ceci étant indé¬
pendant du sexe et de la taille.
L’asymétrie de l’abdomen a été mentionnée
comme caractéristique du genre Mixtopagurus (cf.
supra, p. 216). Elle est très nette chez tous les
spécimens de M. paradoxus examinés et corres¬
pond à l’enroulement des coquilles de Xenophora,
qui constituent sans doute l’habitat normal de
l’espèce. L’abdomen en vue dorsale présente une
courbure senestre, le bord droit des tergites étant
plus court que le gauche (fig. 6 0- Chez le type
cette courbure est beaucoup plus accentuée qu’elle
n’apparaît sur le dessin original (A. Milne Ed¬
wards et Bouvier, pl. 2, fig. 1) ; elle est aussi
très marquée chez le type de M. gilli, alors que
l’abdomen est figuré comme rectiligne par Bene-
dict (1901, fig. 7).
L’asymétrie de l’abdomen s’accompagne de
celle des pléopodes 3 à 5 chez le mâle, et des
pléopodes 2 à 5 chez la femelle. Dans chaque
paire les différents articles de l’appendice gauche
sont notablement plus longs et plus larges que
ceux du droit (fig. 75 f, g).
Distribution
Mer des Antilles et au large des côtes américai¬
nes, de la Guyane (10° N environ) à la Caroline
du Nord (35° N environ). La plupart des récoltes
entre 196 et 371 mètres.
Source : MNHN, Paris
ÉCOLOGIE ET ÉTHOLOGIE
Nous ne possédons que peu d’informations sur
l’écologie et l’éthologie des Pylochelidae. Ceux-ci,
à l’exception de Trizocheles spinosus bathamae
(cf. p. 208), n’ont jamais été observés vivants, ni
dans leur milieu, ni en laboratoire, et les données
dont nous disposons en ce qui concerne leur mode
de vie se rapportent essentiellement à l’objet qui
les abrite.
En effet, bien que, par définition, leur abdo¬
men soit formé de segment articulés, à tergites
relativement bien calcifiés, et soit ainsi beaucoup
moins vulnérable que celui des autres Pagurides,
les Pylochelidae ne mènent jamais une vie libre.
Ils habitent à l’intérieur de matériaux inertes —
fragments végétaux ou minéraux, ou coquilles —
ou de Spongiaires. La loge qu’ils occupent abrite
le corps tout entier et, le plus souvent, peut être
obturée par les premiers appendices thoraciques,
coaptés chez certains de façon à former un oper¬
cule.
Nos connaissances dans ce domaine sont mal¬
heureusement incomplètes. Lorsque, dans le passé
des représentants du groupe ont été signalés,
c’était souvent sans précisions sur leur habitation.
De même, beaucoup des nombreux spécimens qui
nous ont été communiqués étaient nus, non
accompagnés de la mention du logement dont ils
avaient été extraits. Nous possédons néanmoins
assez d’informations fournies par les auteurs ou
résultant d’observations personnelles au moment
de la capture pour donner une idée de l’habitat
exclusif ou préférentiel, sinon de toutes les espè¬
ces, au moins de huit des neuf genres ou sous-
genres inclus.
Les différents types de matériaux qui abritent
des Pylochelidae sont relevés ci-après. On notera
que, à quelques exceptions près, les espèces d’un
même genre ou sous-genre ont une habitation de
même nature.
1. — Habitations de nature végétale. — Ce
sont essentiellement des débris ligneux provenant
des rivages marins ou charriés à la mer par les
cours d’eau : fragments de branches ou d’épaves
altérés par une longue immersion, creusés de gale¬
ries par des xylophages, ou morceaux de tiges
creuses, bambous notamment. C’est l’habitat de
toutes les espèces de Pylocheles rangées dans les
sous-genres Xylocheles et Bathycheles. Les dimen¬
sions du logement sont en général en relation avec
la taille des individus, les plus petits pouvant être
installés dans des tiges dont le diamètre n’excède
pas un centimètre, alors que ceux de moyenne et
grande tailles se trouvent souvent dans des tron¬
çons de branche de trois à six centimètres de dia¬
mètre et souvent de plus de vingt centimètres de
long. La pièce de bois peut aussi être beaucoup
plus volumineuse, de forme irrégulière et peser
plusieurs kilogrammes. Dans tous les cas, l’animal
se trouve dans une loge aux parois parfaitement
cylindriques, d’un diamètre en relation avec sa
taille et qui dépasse parfois deux centimètres. La
longueur de la loge est variable, mais toujours
suffisante pour que l’hôte s’y retire complètement.
On peut supposer que la très grande régularité des
parois est due au travail de l’habitant qui l’a amé¬
nagée à l’aide des râpes de tubercules différenciés
présents sur le carpe des chélipèdes, et caractéristi¬
ques des deux sous-genres en question. Ajoutons
que la loge peut être largement ouverte aux deux
extrémités quand il s’agit d’un fragment de bam¬
bou, mais qu’elle présente généralement un fond
arrondi, communiquant pourtant souvent avec
l’extérieur à ce niveau par une ou plusieurs gale¬
ries plus ou moins étroites creusées par des orga¬
nismes perforants. Ainsi sur le dessin d’un Pylo¬
cheles (Xylocheles) macrops dans son logement
(fig. 2 b), une petite galerie postérieure est visible,
prolongeant la chambre d’habitation. On peut
supposer que c’est dans cette galerie creusée par
un organisme xylophage et qui s’étendait jusqu’à
l’autre extrémité que le Pylocheles s’est installé, et
qu’il l’a élargie et aménagée sur une partie de sa
longueur au cours de sa croissance.
Le fait que les plus petits individus d’espèces de
grande taille, telle celle précitée, soient logés dans
des tiges de faible diamètre, laisse supposer qu’ils
abandonnent leur première demeure lorsque celle-
Source : MNHN, Paris
228
JACQUES FOREST
ci devient trop exiguë et qu’ils s’installent alors
dans des pièces de bois de plus grandes dimensions.
Les espèces des deux sous-genres présentent des
modifications adaptatives telles qu’on peut consi¬
dérer qu’elles sont normalement xylicoles. Cepen¬
dant, ce genre de vie n’est pas exclusif, puisque
nous avons observé que les vingt spécimens de P.
(Bathycheles) incisus recueillis en une même sta¬
tion étaient pour moitié logés dans des fragments
de bois, et pour moitié dans des tubes d’une
grande espèce de Dentale, Fissidentalium magnifi-
cum (E. A. Smith).
Le genre Parapylocheles, avec son unique
epèce, P. scorpio, semble essentiellement xylicole,
occupant surtout des fragments de bambou, mais
il faut signaler que nous en avons recueilli un
exemplaire logé dans une cavité axiale, à l’inté¬
rieur d’un épi de maïs (pl. I C).
2. — Habitations de nature minérale. — 11
s’agit surtout de morceaux de roche tendre,
comme les conglomérats de sable, les calcaires et
les ponces volcaniques. C’est sans doute l’habitat
le plus fréquent des deux espèces de Pylocheles du
sous-genre nominatif, P. (P.) agassizii et P. (P.)
mortensenii. De nombreux spécimens de cette der¬
nière espèce provenant du Japon ont été trou¬
vés dans des fragments de ponce, à contours éro¬
dés, pesant jusqu’à 80 grammes (pl. II C). Ici
encore, l’animal se trouve dans une loge plus ou
moins profonde, à parois cylindriques. Les articles
distaux des chélipèdes forment un opercule per¬
pendiculaire à l’axe de la cavité, alors que chez les
Pylocheles xylicoles les mains des appendices res¬
tent très obliques par rapport à cet axe.
Dans quelques cas, des individus des deux espè¬
ces ont été signalés comme associés à une Éponge,
mais il est possible que celle-ci se soit fixée et
développée sur le fragment de roche initialement
occupé par le Pylocheles. Le développement
secondaire d’un épibionte évoque des observations
similaires faites chez d’autres Pagurides, et par
exemple chez un Diogenidae ouest-africain Pseu-
dopagurus granulimanus (Miers) dont les adultes
sont toujours logés dans une colonie massive de
Bryozoaires ou dans une Éponge, organismes au
centre desquels on retrouve toujours la petite
coquille de Gastéropode, demeure initiale du
jeune Pagure (Forest, 1952, p. 810).
Il semble que les représentants du genre Cheiro-
platea aient un habitat identique. L’espèce C.
pumicicola sp.nov., des îles Kermadec, a été ainsi
nommée parce qu’elle se trouve habituéllement
dans des petits galets de ponce. Comme chez
Pylocheles (P.) mortensenii, la loge est cylindrique,
et son fond est arrondi. Les chélipèdes l’ob¬
struent à un niveau variable, parfois au niveau de
l’orifice et dans ce cas la surface operculaire est
en parfaite continuité avec celle du galet de
ponce. Le type et seul spécimen connu de C.
mitoi Miyaké, du Japon, se trouvait dans un frag¬
ment de la même roche. C. stenurus sp. nov.,
également représenté par un spécimen unique,
provenant des Comores, était, lui, à l’intérieur
d’une petite colonie morte et très érodée de Bryo¬
zoaires. Quant à C. laticauda Boas, d’Indonésie,
le grand spécimen que nous avons examiné habi¬
tait un morceau de calcaire très friable, alors que
le type a été signalé comme occupant une Éponge
(Boas, 1926, p. 6, fig. 3), vraisemblablement épi¬
bionte sur le fragment de roche constituant le
domicile originel.
L’espèce du golfe du Mexique, C. scutata Ort-
mann, habitait d’après le collecteur, A. Agassiz,
dans Poritella decidua, dont l’état, mort ou
vivant, n’a pas été précisé. Il s’agit en tout cas
d’une Éponge Lithistide, à consistance de pierre.
Le genre Cancellocheles doit probablement être
rangé lui aussi parmi les pétricoles. Nous n’avons
aucune indication sur le type de demeure occupé
par les quatre individus connus de son unique
représentant, C. sculptipes (Miyaké), mais on
observe chez eux une remarquable convergence
avec les Cancellus (Diogenidae) : les pattes de la
deuxième paire thoracique participent avec les
chélipèdes à la réalisation d’un opercule. Les Can¬
cellus vivent dans une loge cylindrique à l’inté¬
rieur de pierres ou de coraux morts, dans des
algues calcaires ou dans des éponges siliceuses. Il
est probable que les adaptations similaires corres¬
pondent à un même mode de vie et la meilleure
hypothèse est sans doute que les Ca icellocheles
ont un logement minéral.
3. — Habitation constituée par un test
d’invertébré. — Les coquilles habitées par des
Pylochelidae sont celles de Scaphopodes et de
Gastéropodes. Des tubes de Polychètes sont aussi
occasionnellement utilisés. La tendance générale
des Pylochelidae à occuper une loge tubulaire plus
ou moins rectiligne explique que certaines espèces
vivent habituellement dans des coquilles de Den¬
tales, faiblement coniques, très allongées et légère¬
ment arquées.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
229
D’après les données assez nombreuses figurant
dans la littérature carcinologique et d’après nos
observations, des coquilles de Dentales (Dentalium,
Fissidentalium, Antalis, etc.) seraient l’habitat
exclusif de Pomatocheles jeffreysii (cf. pl. 1 B).
Chez cette espèce les pattes ambulatoires présen¬
tent des adaptations remarquables, le corps
s’emboîtant littéralement dans la très étroite loge
tubulaire et l’orifice étant parfaitement obturé par
les chélipèdes operculiformes. On ignore la nature
de l’objet qui abrite les deux autres espèces de
Pomatocheles décrites ici, mais des structures
adaptatives similaires laissent supposer que leur
habitat est le même que celui de P. jeffreysii.
C’est dans des coquilles de Dentales que l’on
rencontre le plus souvent une espèce de Trizoche-
les du Japon, T. sakaii sp. nov., qui cependant a
également été signalée dans des tubes de Serpules
et dans des coquilles de Gastéropodes.
Ce dernier type de logement a été noté chez une
autre espèce de Trizocheles, T. spinosus batha-
mae, qui, par ailleurs, peut aussi être associée à
des Éponges.
La seule indication que l’on possède sur la
demeure de Mixtopagurus paradoxus, représentant
unique d’un genre endémique de l’Atlantique occi¬
dental, se rapporte au type de l’espèce, logé dans
une coquille de Xenophora. Mixtopagurus se dis¬
tingue des autres Pylochelidae par l’asymétrie de
l’abdomen, dont la torsion relativement faible est
adaptée à la coquille basse, à spires larges, des
Xenophora. Comme la dizaine d’exemplaires con¬
nus de M. paradoxus présentent le même enroule¬
ment de l’abdomen que le type, on peut envisager
l’hypothèse qu’ils habitent aussi des coquilles de
Xenophoridae. Ce serait ainsi le seul genre de
Pylochelidae normalement logé dans une coquille
de Gastéropode.
4. — Habitat dans des Spongiaires. — Nous
avons déjà cité le cas de Spongiaires abritant des
individus d’espèces plus habituellement pétricoles,
comme Pylocheles (P.) agassizii, P. (P.) mortense-
nii et Cheiroplalea laticauda. D’autres Pylocheli¬
dae, en revanche, sont normalement spongicoles.
La plupart des espèces du genre Trizocheles dont
l’habitat est connu semblent associées à des Épon¬
ges appartenant à deux groupes distincts par leurs
caractéristiques morphologiques. Trizocheles boasi
T. loquax, T. caledonicus et T. brevicaulis ont été
trouvés dans des Hexactinellida Dictyonines, du
type Eurete. Dans ces Éponges plus ou moins
tubulaires, à parois minces, le Trizocheles est par¬
tiellement visible à travers les larges canaux exha¬
lants. T. pulcher et tous les T. spinosus bathamae
de Nouvelle-Calédonie étaient dans des cavités
cylindriques, à l’intérieur de Démosponges Lithis-
tides, formes massives. Quant à l’hôte du seul T.
spinosus spinosus observé avec son logement, il
s’agissait d’une Sigmatoxella (Démosponges
Haplosclerida). Dans tous ces cas l’association
semble étroite et sans doute permanente, avec
vraisemblablement un caractère mutualiste, le
Pylochelidae bénéficiant de la protection de son
hôte, et celui-ci de restes alimentaires.
Les Trizocheles ne sont pas toujours inféodés
à des Spongiaires. Des T. spinosus bathamae de
Nouvelle-Zélande occupaient, nous l’avons dit,
des coquilles de Gastéropodes, et nous avons éga¬
lement signalé plus haut que T. sakaii, du Japon,
était connu comme s’abritant surtout dans des
tubes de Dentales et plus rarement dans des loges
de Serpules ou des coquilles de Gastéropodes. De
T. balssi, du sud-est de l’océan Indien, on sait
que le type était dans un Hexacoralliaire solitaire
du genre Trochocyatus. Bien que Barnard (1950,
p. 414) qui le signale ne le précise pas, on peut
présumer que le logement était constitué par la
cavité centrale d’un squelette calcaire.
Nous avons présenté ci-dessus l’essentiel des
données disponibles sur l’habitat des Trizocheles,
les informations manquant totalement à cet égard
pour la moitié des espèces du genre. Dans ces
conditions on ne peut guère tirer de conclusions
définitives, mais l’association avec des Éponges
Hexactinellides ou des Démosponges est bien la
plus fréquente, et semble ici largement prédomi¬
nante.
Ainsi, en résumé, si on tient compte de leur
mode de vie et plus précisément de l’habitation
qu’ils occupent, les Pylochelidae se répartissent
entre les groupes principaux suivant .
Les xylicoles, qui comprennent les Pylocheles
rangés dans les sous-genres Xylocheles et Bathy-
cheles, ainsi que les Parapylocheles. Aucun autre
Pylochelidae n’a jusqu’à présent été signalé dans
un fragment ligneux.
Les pétricoles, avec les Pylocheles appartenant
au sous-genre nominatif, et l’ensemble des Cheiro-
platea, ainsi que, probablement, les Cancellocheles.
Les conchylicoles divisés en deux groupes sui¬
vant le type de coquille utilisé. Le genre Pomato-
Source : MNHN, Paris
230
JACQUES FOREST
cheles vit probablement exclusivement dans des
Dentales. Quant aux Gastéropodes, ils représen¬
tent peut-être l’habitat largement préférentiel du
genre Mixtopagurus.
Les spongicoles, qui comprendraient essentielle¬
ment la majorité des Trizocheles.
Les groupements éco-éthologiques proposés ici
correspondent dans l’ensemble à des divisions
taxonomiques. 11 ne peut en être autrement puis¬
que genres et sous-genres sont en partie fondés
sur des caractères adaptatifs communs liés à un
même mode de vie. Ce sont, par exemple, les dif¬
férenciations de râpes de tubercules sur les chéli-
pèdes, qui permettent l’aménagement de la loge
d’habitation et qui sont propres aux Pylocheles
xylicoles, et la coaptation des appendices thoraci¬
ques assurant un emboîtement parfait dans une
coquille de Dentale, qui est caractéristique du
genre Pomatocheles.
La correspondance taxonomie-habitat souffre
cependant des exceptions d’ordre individuel ou
spécifique qui pourraient résulter de l’absence ou
de la pénurie du matériau préférentiel sur les lieux
où se développent les individus ; ceci expliquerait
la présence occasionnelle d’une espèce xylicole
comme Pylocheles (Bathycheles) incisus dans des
tubes de Dentales. De même, en supposant que
l’association Trizocheles-Spongiaires soit la règle,
l’absence d’Éponges appropriées sur certains
fonds aurait amené des Trizocheles à s’abriter
dans des coquilles de Dentales et de Gastéropodes
ou dans des tubes de Serpules.
L’association occasionnelle de Pylocheles (Pylo¬
cheles) agassizii et de P. (P.) mortensenii, qui sont
normalement pétricoles, avec des Spongiaires
peut, elle, être considérée comme secondaire, le
jeune Pylocheles s’étant sans doute installé initia¬
lement dans un fragment de roche, sur lequel
l’Éponge s’est ultérieurement développée.
Les quelques considérations supplémentaires que
l’on peut présenter sur le mode de vie des Pylo-
chelidae sont déduites de la nature de l’objet
q ‘ils habitent. Si la grande majorité des autres
Pagurides se déplacent librement sur le fond, sans
abandonner la coquille qui les abrite et à l’inté¬
rieur de laquelle ils peuvent à tout moment se reti¬
rer, il en est autrement pour la plupart des Pylo-
chelidae. Quand leur habitation est constituée par
un fragment de bois ou de roche, ou par une
Éponge massive, ses dimensions et son poids sont
le plus souvent considérables par rapport à la
taille de l’hôte. Celui-ci ne peut certainement pas
la transporter et doit la quitter, soit pour s’ali¬
menter, soit au moment de la reproduction. On
peut cependant présumer que les déplacements
sont limités dans l’espace et que l’animal rejoint
toujours sa demeure d’origine. Le comportement
des Pylochelidae à cet égard ne diffère sans doute
pas de celui des Diogenidae, peu nombreux, qui
vivent dans des fragments de roche, des algues
calcaires ou des Éponges, tels les Cancellus (cf.
p. 228). Chez les Pylochelidae, comme chez ces
Diogenidae, la sédentarité se traduit, en ce qui
concerne la reproduction, par un développement
abrégé. L’éclosion à un stade avancé accroît les
chances de survie des individus, en particulier sur
des fonds où ils trouvent des matériaux d’habita¬
tion appropriés.
En fait, ces crustacés ne peuvent s’implanter
que dans les régions où leurs exigences écologi¬
ques, définies et strictes, sont satisfaites. Ceci con¬
duit à envisager comme probable une relation
habitat-distribution géographique. Il apparaît que,
en règle générale, genres et espèces sont distribués
en fonction de la répartition des fonds qui leur
sont favorables. Les formes xylicoles prospèrent là
où les fragments ligneux de provenance côtière
sont abondants, ce qui est le cas pour l’Indonésie
et les Philippines. Ainsi, les nombreux chalutages
effectués dans cette dernière région ont souvent
fourni de grandes quantités de débris de branches,
de pieux, de planches, etc., dont bon nombre
étaient habités par Pylocheles (Xylocheles)
macrops sp. nov.
Les espèces pétricoles sont surtout présentes
dans les régions volcaniques, plus particulièrement
dans les zones de projection de roches éruptives
peu denses. On constate, en tout cas, que le sous-
genre Pylocheles et le genre Cheiroplatea ne sont
signalés que dans de telles régions : Japon, Philip¬
pines, Indonésie, Kermadec et Nouvelle-Zélande,
ainsi qu’aux Comores et aux Antilles. Ces Pylo¬
chelidae pétricoles peuvent également, nous
l’avons vu, habiter d’autres matériaux, mais
parmi les spécimens examinés, les plus nombreux,
et de loin, vivaient dans des ponces.
Les formes spongicoles, enfin, se rencontrent
sur les fonds où vivent les espèces de Spongiaires
auxquelles elles sont normalement associées,
encore que, comme nous l’avons déjà noté (cf.
p. 229), et sans doute en l’absence d’hôtes appro¬
priés, des Trizocheles se soient adaptés à un autre
type d’habitation.
Source : MNHN, Paris
DISTRIBUTION
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE
(Tableau : fig. 78 ; cartes : fig. 79-81)
Les Pylochelidae ne sont pour l’instant connus
que de deux grandes aires géographiques disjoin¬
tes, l’Indo-Ouest-Pacifique d’une part, l’Atlanti¬
que nord-occidental d’autre part. Leur représenta¬
tion dans ces deux régions est fort inégale, avec
35 espèces et une sous-espèce appartenant à 6 gen¬
res et à 5 sous-familles dans la première, 4 espèces
rangées dans 3 genres et 2 sous-familles dans la
seconde.
Ce sont, avant tout, des habitants des eaux tro¬
picales, mais, vivant à des profondeurs qui le plus
souvent excèdent 300 mètres, ils ne sont pas limi¬
tés par des barrières thermiques rigoureuses et on
les rencontre dans des régions considérées comme
subtropicales ou même tempérées.
Leur extension dans l’Indo-Ouest-Pacifique est
considérable, allant de l’Afrique du Sud à l’ouest,
aux îles Kermadec à l’est, et en latitude, du Japon
(38° N environ) au sud de la Nouvelle-Zélande
(46° S environ). Cependant à l’intérieur de cet
immense domaine géographique, genres et espèces
sont très inégalement distribués. L’Indonésie
apparaît comme le grand centre de diversification
et de dispersion, avec 14 espèces réparties en
5 genres. Des Philippines, 9 espèces et 3 genres
sont maintenant connus. Les affinités entre ces
deux régions contiguës sont marquées par la pré¬
sence de 5 espèces communes. Le Japon vient au
troisième rang pour le nombre des espèces recen¬
sées, mais précède les Philippines par la diversité
générique : les 7 espèces appartiennent à 5 genres,
dont l’un est endémique. Cet endémisme est
remarquable au niveau spécifique, puisque 6 espè¬
ces sont localisées dans les eaux japonaises. Si le
nord-ouest de l’océan Indien ne semble abriter
que 2 genres, avec 3 espèces, dont 2 vivent égale¬
ment dans les grands archipels asiatiques, on
retrouve dans le sud-ouest de cet océan diversité
et endémisme spécifiques, avec 4 espèces propres à
cette région et appartenant à des genres distincts,
mais tous présents dans les eaux indonésiennes.
De même, dans le secteur délimité par la côte
orientale d’Australie à l’ouest et les îles Kermadec
à l’est, et, en latitude, par les parallèles de 20° S
et de 46° S, nous avons dénombré 7 espèces dont
une seule s’étend hors de ce secteur, jusqu’à
l’Indonésie et au Japon. Comme celles du sud-
ouest de l’océan Indien, elles appartiennent toutes
à des genres — ici au nombre de 3 — à très large
extension. Dans cette partie du Pacifique, les
Pylochelidae sont distribués de la façon suivante :
2 espèces à l’est et au sud-est de l’Australie, 3 en
Nouvelle-Calédonie, 4 en Nouvelle-Zélande, et 1
aux Kermadec. Les affinités entre les trois premiè¬
res régions se traduisent par la présence d’espèces
d’un même genre, dont certaines communes ou
apparentées, alors que l’espèce endémique des
Kermadec est le seul représentant de son genre à
l’est de l’Indonésie.
La représentation des Pylochelidae dans l’Atlan¬
tique occidental est, nous l’avons dit, très réduite.
Sur les 4 espèces connues, l’une appartient au
genre Mixlopajurus, endémique et phylétiquement
très isolé. Les 3 autres espèces assurent la liaison
avec la faune de l’Indo-Ouest-Pacifique : elles
appartiennent en effet à des genres ou sous-genres
mieux représentés dans cette dernière aire géogra¬
phique. Deux de ces espèces n’offrent guère
d’affinités avec des formes indo-ouest-pacifiques,
mais la troisième est, par contre, extrêmement
proche d’une espèce connue du Japon à l’Indoné¬
sie, à l’Autralie orientale et à la Nouvelle-Zélande.
Les remarques ci-dessus étaient destinées à don¬
ner une vue comparative de la représentation des
Pylochelidae dans les différentes régions océani¬
ques qu’ils occupent. Si on considère maintenant,
non plus ces relations biogéographiques globales,
mais l’extension des sous-familles et des genres
reconnus, et, à l’intérieur de chaque genre,
l’extension des espèces, on constate que les situa¬
tions sont très diverses.
Notre analyse portera d’abord sur l’Indo-Ouest-
Source : MNHN, Paris
232
JACQUES FOREST
Fig. 78. — Distribution géographique des genres, sous-genres et espèces de Pylochelidae. Le chiffre figurant après l’indication de
présence du genre ou sous-genre représente le nombre d’espèces incluses dans la région considérée.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE 233
Fio. 79. — Distribution des Pylochelidae dans l'Indo-Ouest-Pacifique : genres Pylocheles, Cheiroplatea et Parapylocheles.
Pacifique, domaine privilégié où se sont manifes¬
tement différenciés la majorité des Pylochelidae
et, en premier lieu, sur les groupes dont la locali¬
sation est la plus étroite. Nous noterons au pas¬
sage l’extension de certains d’entre eux à l’Atlanti¬
que occidental, pour finalement examiner le cas
du seul élément original, endémique de cette der¬
nière région.
Dans l’Indo-Ouest-Pacifique, le genre Cancello-
cheles (fig. 80), unique représentant de la sous-
famille des Cancellochelinae, n’est connu que par
quelques spécimens de C. sculptipes recueillis au
Japon dans les parages de la Baie de Tosa
(Honshu).
Le genre Parapylocheles (fig. 79), seul compo¬
sant de la sous-famille des Parapylochelinae,
n’inclut lui aussi qu’une espèce, P. scorpio, mais
plus largement distribuée, de la mer d’Andaman à
la côte sud de Java et aux Philippines.
On pouvait jusqu’à présent penser que le genre
Pomatocheles (fig. 80), type de la sous-famille des
Pomatochelinae, était étroitement localisé, avec
l’espèce P. jeffreysii , assez commune au large des
côtes est et ouest du Japon, jusqu’à 38° nord
environ. La description dans le présent travail de
deux nouvelles espèces montre que son extension
est au contraire considérable, encore que disconti¬
nue : en effet, P. gaillardi vit dans la mer de
Source : MNHN, Paris
234
JACQUES FOREST
Banda, et P. stridulans près des îles Comores et
Glorieuses, dans le sud-ouest de l’océan Indien.
Le genre Trizocheles (fig. 80), quatrième genre
exclusivement indo-ouest-pacifique, et sur lequel
est fondée la sous-famille des Trizochelinae, est
celui dont la distribution est la plus étendue. 11 est
présent, avec une seule espèce (balssi), dans le
sud-ouest de l’océan Indien : eaux continentales
sud-africaines et nord de Madagascar. Si les Tri¬
zocheles semblent absents du reste de cet océan,
on les retrouve dans l’archipel indonésien, aux
Philippines, au Japon et, sporadiquement, jus¬
qu’en Nouvelle-Zélande. C’est de loin le genre le
plus riche en espèces, 17 en tout, dont l’une divi¬
sée en deux sous-espèces ; la plupart d’entre elles
sont étroitement localisées et beaucoup, connues
de la localité-type seulement. L’Indonésie semble
être le centré de diversification et de dispersion du
genre, avec 5 espèces ( longicaulis, boasi, moosai,
brevicaulis et mutus), alors que 3 espèces sont
connues des Philippines ( gracilis, laurentae et
manningï) et 3 du Japon ( loquax, albatrossi et
sakaii). Dans le sud-ouest du Pacifique, des Trizo¬
cheles sont présents à l’est et au sud-est de l’Aus¬
tralie ( spinosus spinosus ), en Nouvelle-Calédonie
(spinosus bathamae, caledonicus, pulcher) et en
Nouvelle-Zélande (spinosus bathamae, brachyops
et perplexus). Il existe entre ces diverses régions
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
235
des affinités de peuplement. Ainsi l’espèce spino-
sus se divise en deux sous-espèces, dont l’une vit
au large des côtes australiennes et l’autre à la fois
en Nouvelle-Zélande et en Nouvelle-Calédonie,
alors que le T. brachyops néo-zélandais est appa¬
renté à T. caledonicus néo-calédonien.
Nous considérerons enfin la distribution des
deux genres Pylocheles et Cheiroplatea (fig. 79 et
81), réunis dans la sous-famille des Pylochelinae,
qui ont l’un et l’autre des limites de distribution
assez voisines de celles des Trizocheles dans
l’Indo-Ouest-Pacifique, mais qui existent aussi
dans l’Atlantique occidental. Le genre Pylocheles
compte en tout 10 espèces, réparties dans les 3
sous-genres Pylocheles (2 espèces), Xylocheles (2
espèces) et Bathycheles (6 espèces).
Pylocheles (Pylocheles) mortensenii est, semble-
t-il, assez commun à l’est du Japon, de Kyushu à
la baie de Sagami, et signalé sporadiquement aux
Philippines, dans la mer de Banda à l’est de
l’Australie et en Nouvelle-Zélande. Il faut rappe¬
ler ici que le Pylocheles (Pylocheles) agassizii des
Antilles en est extrêmement proche.
Les deux espèces du sous-genre Xylocheles
(macrops et miersi) ont des aires de distribution
qui se chevauchent largement : la partie centrale
de l’archipel indonésien et les Philippines ; l’une
d’entre elles, P. (X.) miersi est aussi présente dans
la mer d’Andaman.
Sur les six espèces du sous-genre Bathycheles,
trois (incisus, integer, profundus) sont localisées
dans le même secteur Indonésie-Philippines, alors
que macgilchristi n’est pour l’instant connue que
d’une localité dans le golfe du Bengale, et cros-
nieri de l’ouest de Madagascar. La sixième espèce,
P. (B.) chacei, appartient à la faune ouest-atlan¬
tique, avec des caractères qui l’isolent des espèces
indo-ouest-pacifiques.
Le genre Cheiroplatea comprend 6 espèces dont
4 connues par le type seulement et chacune des
deux autres par des exemplaires provenant de sta¬
tions relativement proches. Toutes paraissent donc
étroitement localisées et la distribution du genre
fortement discontinue. Deux espèces (laticauda et
cenobita) ont été recueillies dans la mer de Banda,
et une (mitoi) au large du Japon (est de Kyushu).
Les deux autres espèces indo-ouest-pacifiques pro¬
viennent, l’une des Comores (stenurus), l’autre
des Kermadec (pumicicola). Quant à la dernière
espèce (scutata), elle a été décrite du golfe du
Mexique.
Le genre Mixtopagurus (fig. 81) habite exclusi¬
vement l’Atlantique occidental. Sans affinités avec
des genres indo-ouest-pacifiques, nous L’avons pris
comme type d’une sous-famille distincte, sans
doute la plus isolée parmi les Pylochelidae. Il
n’inclut qu’une seule espèce, M. paradoxus, dont
la distribution est fort large. En effet, s’il a été le
plus souvent capturé dans la région des Antilles, il
l’a été aussi au large de la Guyane, par 10° N
environ, et près des côtes de Caroline du Nord,
par plus de 34° N, ainsi que dans le nord-ouest
du golfe du Mexique.
Cette analyse de la distribution des Pylochelidae
dans le monde permet de présenter quelques
remarques générales. Il faut d’abord rappeler que
les Pagurides que nous rangeons dans cette famille
constituent, en fait, un ensemble hétérogène et
que, en raison des fortes particularités que présen¬
tent la plupart des 7 genres inclus, nous avons été
conduit à les répartir en 6 sous-familles. Il n’est
cependant pas exclu que ces sous-familles, au
moins celles qui appartiennent à l’ensemble fau¬
nistique indo-ouest-pacifique, aient une origine
commune ancienne. Le fait que les Parapylocheli-
nae, les Pomatochelinae, les Trizochelinae et les
Pylochelinae (ceux-ci avec les genres et sous-
genres inclus) soient tous présents avec une forte
diversité spécifique dans la région indonésienne,
renforce l’hypothèse selon laquelle l’évolution et
la différenciation du groupe originel se seraient
produites dans cette région. Il n’est pas non plus
exclu que la cinquième sous-famille indo-ouest-
pacifique, celle des Cancellochelinae, aujourd’hui
très étroitement localisée au Japon, ait la même
origine géographique que les quatre autres.
L’extension à partir du grand centre indonésien a
pu être plus ou moins large, en fonction des capa¬
cités de dispersion et d’adaptation propres à cha¬
que lignée, et aussi en fonction des conditions
écologiques rencontrées dans les milieux à coloni¬
ser. Les formes pétricoles ou spongicoles des
Pylochelidae n’ont sans doute pu s’implanter que
là où la nature du fond ou de la faune benthique
était susceptible de leur fournir des logements
appropriés. Ainsi Pylocheles mortensenii existe-t-il
au large du Japon et Cheiroplatea pumicicola au
large des Kermadec, parce que leur habitat préfé¬
rentiel, sinon exclusif, est constitué par des pon¬
ces, fragments de roches volcaniques abondants
dans ces régions. De même les formes xylicoles
comme les Pylocheles des sous-genres Xylocheles
et Bathycheles et les Parapylocheles ne peuvent-
Source : MNHN, Paris
236
JACQUES FOREST
elles habiter que sur des fonds où abondent les
fragments végétaux immergés.
On peut s’interroger sur la discontinuité de la
distribution de certains genres de Pylochelidae.
Ainsi un Trizocheles et un Pomatocheles sont-ils
connus de l’ouest de l’océan Indien, mais les deux
genres ne se retrouvent à l’est que dans les eaux
indonésiennes. 11 y a tout lieu de penser cependant
que leur absence en d’autres points de cet océan
n’est qu’apparente et que de nouvelles explora¬
tions feront connaître bien d’autres espèces.
En ce qui concerne les relations entre les Pylo¬
chelidae indo-ouest-pacifiques et ouest-atlantiques,
elles sont indiscutables, mais limitées à la sous-
famille des Pylochelinae. Nous avons vu que, sur
4 espèces ouest-atlantiques, 3 appartiennent à
cette sous-famille : un Cheiroplatea et deux Pylo-
cheles, l’un rangé dans le sous-genre Pylocheles,
l’autre dans le sous-genre Bathycheles. Deux de
ces espèces, Cheiroplatea scutata et Pylocheles
(Bathycheles) chacei, correspondent parfaitement
aux diagnoses génériques ou subgénériques, mais
diffèrent davantage des espèces indo-ouest-paci-
fiques que celles-ci ne diffèrent entre elles. Par
contre Pylocheles (Pylocheles) agassizii est extrê¬
mement proche de P. (P.) mortensenii, au point
qu’un examen attentif est nécessaire pour les dis¬
tinguer.
La présence dans l’Atlantique occidental d’espè¬
ces appartenant à une sous-famille dont le
domaine biogéographique principal semble être
indo-ouest-pacifique, peut sans doute être inter¬
prétée comme celle d’une relique d’une faune
thétysienne.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
237
Quant aux autres sous-familles, celle des Mixto-
pagurinae, endémique de l’ouest de l’Atlantique
d’une part, et celles exclusivement indo-ouest-
pacifiques d’autre part, il est vraisemblable que
leur différenciation est survenue à une époque tar¬
dive, lorsque les échanges entre les deux grandes
régions océaniques n’ont plus été possibles.
DISTRIBUTION VERTICALE
(fig. 82)
Les limites bathymétriques entre lesquelles ont
été rencontrés des Pylochelidae sont pour l’instant
d’une trentaine de mètres et de 1 570 mètres.
Cependant la représentation du groupe dans cet
intervalle est très variable. Elle croît d’abord avec
la profondeur, tout en restant peu importante
jusqu’à 200 mètres. Sur huit espèces signalées
dans cette zone, cinq n’y sont qu’occasionnelle-
ment présentes, leur distribution s’étendant à des
niveaux inférieurs. C’est entre 200 et 500 mètres
que la faune des Pylochelidae est la plus nom¬
breuse et la plus diversifiée, avec 28 espèces.
Entre 500 et 750 mètres on n’en compte plus que
neuf, au-delà cinq, dont une seule dépasse 1 000
mètres, avec une capture à 1 570 mètres.
La distribution des genres et sous-genres en
fonction de la profondeur est inégale. Les niveaux
bathymétriques certains entre lesquels ils sont
signalés sont pour l’instant les suivants :
Pylocheles sensu lato : 95
Pylocheles (Pylocheles) 95
Pylocheles (Xylocheles) : 170
Pylocheles (Bathycheles) : 400
Cheiroplatea : 300
Pomatocheles : 33
Parapylocheles : 402
Cancellocheles : 250
Trizocheles : 106
Mixlopagurus : 196
570 mètres
384 mètres
450 mètres
570 mètres
565 mètres
300 mètres
925 mètres
360 mètres
750 mètres
365 mètres
Seul le genre Pomatocheles semble confiné dans
des eaux relativement peu profondes. L’espèce
japonaise, souvent signalée, P. jeffreysii, a sur¬
tout été recueillie entre 90 et 200 mètres, son
domaine bathymétrique privilégié se situant entre
100 et 150 mètres. P. gaillardi n’est connu que
par son type, capturé par 90 mètres. La troisième
espèce P. stridulans, est certainement présente
entre 250 et 300 mètres mais l’un des deux échan¬
tillons a été obtenu sur de fortes pentes entre 300
et 450 mètres à un niveau qu’on ne peut préciser.
Les deux genres monotypiques, Cancellocheles
et Mixlopagurus, endémiques, l’un du Japon,
l’autre de l’Atlantique nord-américain, vivent l’un
et l’autre à des profondeurs moyennes, entre des
limites relativement étroites, 250-360 mètres pour
le premier, 196-365 mètres pour le second.
Le genre Cheiroplatea présente lui aussi une
certaine sténobathie, avec, par rapport aux genres
précédents, un décalage vers les eaux plus profon¬
des. Sur six espèces, quatre (laticauda, cenobita,
mitoi et pumicicola) ont été signalées entre 300 et
565 mètres. Une cinquième, stenurus, se tient sans
doute à des niveaux voisins, mais non précisés,
puisque l’un des spécimens provient d’un dragage
entre 200 et 500 mètres. Quant à la sixième, scu-
tata, on ignore à quelle profondeur elle a été
récoltée.
Le sous-genre pétricole Pylocheles a comme
limites extrêmes 95 et 384 mètres. Le nombre rela¬
tivement faible de stations de récolte des deux
espèces incluses ne permet guère de déterminer si
les profondeurs moyennes qu’habite chacune
d’elles sont distinctes. Cependant Pylocheles (P.)
agassizii, ouest-atlantique, semble surtout présent
entre 250 et 400 mètres et P. (P.) mortensenii, son
homologue indo-ouest-pacifique, entre 200 et
300 mètres.
Le sous-genre xylicole Xylocheles est distribué à
des niveaux voisins, entre 170 et 450 mètres. Là
encore les deux espèces, dont les aires géographi¬
ques sont en partie communes, ont des distribu¬
tions bathymétriques qui se chevauchent large¬
ment. Pourtant miersi est connu surtout entre 300
et 400 mètres, alors que macrops est particulière¬
ment abondant entre 180 et 220 mètres.
Le sous-genre Bathycheles est apparenté au pré¬
cédent, en particulier par des adaptations morpho¬
logiques similaires qui intéressent les chélipèdes et
qui correspondent à un habitat identique à l’inté¬
rieur de fragments végétaux immergés. Il s’en dis¬
tingue par des modifications adaptatives liées,
elles, à la vie à des profondeurs plus grandes, et
qui se traduisent spécialement par la réduction des
yeux. Ce sous-genre est connu entre 400 et 1 570
Source : MNHN, Paris
238
JACQUES FOREST
Fio. 82. — Distribution verticale des genres, sous-genres et espèces de Pylochelidae. En trait plein, distribution certaine ; en
pointillé, distribution possible.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHELIDAE
239
mètres. Les six espèces vivent à des niveaux varia¬
bles avec des distributions bathymétriques plus ou
moins étendues, et qui pour certaines se chevau¬
chent largement (fig. 82). Toutes sont présentes
dans la zone 500-1 000 mètres, mais trois d’entre
elles, incisus, integer et crosnieri, ont été trouvées
aussi à des profondeurs moindres, la plus faible
étant 400 mètres pour la dernière nommée. Une
seule espèce, profundus, s’étend au-delà de la
ligne des 1 000 mètres, avec des captures à 1 344
et 1 570 mètres. Il existe un chevauchement étroit,
mais net, des sous-genres Xylocheles et Bathy-
cheles, puisqu’ils peuvent être également présents
entre les niveaux de 400 et 450 mètres. Les trois
espèces de Bathycheles signalées par moins de 500
mètres n’offrent néanmoins aucun trait morpholo¬
gique qui les rapprocheraient des Xylocheles. On
peut par conséquent présumer que le sous-genre
Bathycheles s’est différencié dans des eaux relati¬
vement profondes, vers 600-800 mètres, mais que
certaines espèces ont remonté sur des fonds encore
fréquentés par des Xylocheles.
On peut rencontrer des Trizocheles à partir
d’une centaine de mètres jusqu’à 750 mètres au
moins. Ici encore c’est dans la zone 200-500 mètres
que le genre est le mieux représenté. Sur les
17 espèces ou sous-espèces dont la profondeur de
récolte est connue, 12 sont principalement locali¬
sées dans cette zone. Une seule espèce a été
recueillie vers 100 mètres, alors que 3 autres ne
sont signalées que dans l’intervalle restreint 580-
680 mètres, et que la plus profonde a été capturée
entre 750 et 913 mètres.
Les espèces connues de plus d’une station sont
peu nombreuses, elles ont été capturées entre les
limites suivantes :
T. sakaii
T. brevicaulis
T. balssi
T. pulcher
T. spinosus spinosus
T. spinosus bathamae
T. caledonicus
180- 300 mètres
240 - 385 mètres
240 - 335 mètres
340 - 445 mètres
270 - 274 mètres
127 - 550 mètres
630 - 680 mètres
Sauf pour T. spinosus bathamae, l’intervalle
bathymétrique de présence est relativement étroit,
120 mètres au plus, et on peut considérer que ces
espèces sont plus sténobathes que la plupart des
autres Pylochelidae. Il faut cependant tenir
compte du fait que 10 espèces de Trizocheles
n’ont encore été récoltées qu’une fois. Il est possi¬
ble qu’elles existent à des profondeurs très diffé¬
rentes de celles d’où proviennent les types. Cepen¬
dant leur rareté apparente peut au contraire résul¬
ter d’une stricte localisation à un niveau déter¬
miné, ce qui expliquerait leur absence de stations
effectuées dans les mêmes régions mais à des pro¬
fondeurs différentes.
REMARQUES GÉNÉRALES SUR LA DISTRIBUTION
Lorsque l’on confronte les observations présen¬
tées dans les pages précédentes et relatives les unes
à l’extension géographique des genres et espèces
de Pylochelidae, les autres à leur répartition en
fonction de la profondeur, on ne relève guère de
relations entre ces deux aspects de la distribution
(cf. tableaux, fig. 78, 79). Autrement dit, parmi les
formes les plus littorales, certaines peuvent être
plus ou moins étroitement endémiques, d’autres
largement répandues. Ainsi, Pomatocheles jeffrey-
sii et Pylocheles (P.) mortensenii présents l’un et
l’autre dans les eaux relativement peu profondes,
en général par moins de 200 mètres, différent con¬
sidérablement par l’étendue de leur distribution :
le premier est localisé au large de la côte sud-
ouest du Japon, alors que le second est signalé de
l’Indonésie au Japon et en Nouvelle-Zélande, avec
une espèce-sœur, P. (P.) agassizii, dans le golfe du
Mexique. Si on considère au contraire les deux
espèces signalées des profondeurs les plus grandes,
Pylocheles (Bathycheles) profundus et Parapylo-
cheles scorpio, on constate que l’une semble can¬
tonnée dans la mer de Mindanao, tandis que
l’autre est connue du nord-ouest de l’océan Indien
aux Philippines.
La combinaison des données distributionnelles
disponibles permet de répartir l’ensemble des
Pylochelidae entre les groupes suivants, en fonc¬
tions de leurs caractéristiques biogéographiques et
bathymétriques :
Groupe indo-ouest-pacifique
— Cancellochelinae, genre Cancellocheles :
endémique du Japon, cantonné entre 250 et
360 mètres de profondeur, 1 seule espèce.
Source : MNHN, Paris
240
JACQUES FOREST
— Parapylochelinae, genre Parapylocheles :
endémique de l’ensemble philippino-indonésien,
entre 400 et 925 mètres, 1 espèce.
— Pomatochelinae, genre Pomatocheles : distri¬
bution large, mais discontinue (Japon, Indonésie,
SW océan Indien) surtout entre 90 et 300 mètres,
3 espèces.
— Trizochelinae, genre Trizocheles : distribu¬
tion large, divisée en trois ensembles non contigus
(Indonésie-Philippines-Japon, SW océan Indien ,
SW Pacifique), 100 à 750 mètres, 17 espèces, 1
sous-espèce.
Groupe ouest-atlantique
— Mixtopagurinae, genre Mixtopagurus : endé¬
mique de l’Atlantique américain tropical et sub¬
tropical, 200-400 mètres : 1 espèce.
Groupe mixte : Indo-Ouest-Pacifique et Atlan¬
tique occidental.
— Pylochelinae.
1. Genre Pylocheles : Indo-Ouest-Pacifique et
Atlantique occidental, 95-1 570 mètres, 10 espèces.
Sous-genre Pylocheles : Indonésie, Philippines,
Japon, SW Pacifique, 95-384 mètres, 2 espèces.
Sous-genre Xylocheles : NW océan Indien-Indo-
nésie-Philippines, 170-450 mètres, 2 espèces.
Sous-genre Bathycheles : SW et NE océan
Indien-Indonésie-Philippines, Atlantique occiden¬
tal, 400-1 570 mètres, 6 espèces.
2. Genre Cheiroplatea : Indo-Ouest-Pacifique
(SW océan Indien, Indonésie, Japon, Kermadec)
et Atlantique occidental, 300-565 mètres, 6 espèces.
Alors qu’au seuil de cette révision, le nombre
d’espèces valides de Pylochelidae s’élevait à 16,
dont 9 n’étaient connues que de leur localité-type,
nous en recensons ici au total 39, provenant
d’environ 200 stations de récolte. De ce fait la dis¬
tribution du groupe, telle qu’elle apparaissait dans
le passé, se trouve aujourd’hui profondément
modifiée, avec des espèces beaucoup plus nom¬
breuses, une répartition géographique plus large,
moins discontinue et un domaine bathymétrique
plus étendu.
La présence de Pylochelidae avait été reconnue
au Japon, en Indonésie, au nord-ouest et au sud-
est de l’océan Indien, au sud-est de l’Australie, en
Nouvelle-Zélande et dans l’Atlantique tropical
américain. De nouvelles espèces sont ajoutées à la
faune de la plupart de ces régions, en particulier à
celle d’Indonésie où 14 espèces sont dénombrées
contre six précédemment connues. De récentes
ex éditions aux Philippines ont montré que les
Pylochelidae, qui n’avaient jamais été signalés de
ce secteur, y étaient nombreux, avec neuf espèces.
De même des campagnes récentes au large de la
Nouvelle-Calédonie, au cours desquelles trois
espèces ont été recueillies ont encore élargi l’aire
de dispersion du groupe.
Il n’en demeure pas moins que les Pylochelidae
sont des Crustacés relativement rares, dont beau¬
coup n’ont encore été trouvés qu’en une seule sta¬
tion.
De nouvelles prospections montreront sans
doute que certaines espèces ont une distribution
plus large que celle que nous connaissons actuelle¬
ment. Il est cependant fort possible que l’endé¬
misme d’une partie d’entre elles se trouve con¬
firmé. Ceci s’expliquerait tout naturellement par
leur mode de développement. On peut supposer
en effet, d’après les dimensions des œufs, que le
développement des Pylochelidae est toujours
abrégé. Or l’absence ou la brièveté de la phase
larvaire pélagique limite fortement les capacités de
dispersion d’une espèce. A cet égard, les Pyloche¬
lidae se rapprocheraient des Diogenidae du genre
Paguristes qui ont un développement abrégé, par¬
fois direct, et dont beaucoup ont aussi une distri¬
bution relativement restreinte. L’endémisme spéci¬
fique observé chez les Pylochelidae permet de pré¬
voir que, au fur et à mesure que se développera
l’exploration des fonds océaniques, de nombreuses
formes nouvelles seront encore découvertes, en
particulier dans les genres comptant des espèces de
petite ou très petite taille, souvent associées à des
Éponges ou vivant à l’intérieur de fragments
minéraux, par exemple les Trizocheles , les Poma¬
tocheles et les Cheiroplatea.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
244
JACQUES FOREST
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Source : MNHN, Paris
APPENDICE I
Liste des stations de récolte de Pylochelidae
La présente liste de stations concerne les principales expéditions effectuées dans l’Indo-Ouest-
Pacifique, au cours desquelles ont été recueillis un certain nombre des Pylochelidae étudiés ici. Ces
expéditions, rangées dans l’ordre chronologique et par régions explorées, sont celles du navire U.S.
Albatross (1900 à 1909) au Japon, aux Philippines et en Indonésie, et celles désignées sous les noms de
campagnes MUSORSTOM I (1976) et II (1980) aux Philippines, CORINDON II (1980) et IV (1981) en
Indonésie.
Les données fournies sont : le numéro de station, la date, la localité et/ou la position, la nature
du fond quand elle peut être précisée, ainsi que les noms des espèces.
Ne figurent pas ici les expéditions qui n’ont donné lieu qu’à la récolte d’un petit nombre
d’échantillons, par exemple celles de la Galathea, du Siboga et de Th. Mortensen dans l’Indo-Ouest-
Pacifique, ou celles de divers navires U.S. dans l’Atlantique nord-ouest. Les données afférentes à ces
expéditions sont mentionnées sous la rubrique « Matériel » dans l’étude systématique.
Albatross (Japon)
Station 3707,
Miers.
Station 3708,
Miers.
Station 3713,
jeffreysii Miers.
Station 3714,
jeffreysii Miers.
Station 3715,
jeffreysii Miers.
Station 3717,
jeffreysii Miers.
Station 3752,
Trizocheles sakaii sp.
Station 3767,
Miers.
8.05.1900, baie de Sagami, 115-137 m, sable volcanique et gravier : Pomatocheles jeffreysii
8.05.1900, baie de Sagami, 110-128 m, vase verte, sable volcanique : Pomatocheles jeffreysii
11.05.1900, baie de Sagami, 82-88 m, sable volcanique, coquilles, roche : Pomatocheles
11.05.1900, baie de Sagami, 88-110 m, sable volcanique, coquilles, roche : Pomatocheles
11.05.1900, baie de Sagami, 125-119 m, sable volcanique, coquilles, roche : Pomatocheles
11.05.1900, baie de Sagami, 115-183 m, sable volcanique, coquilles, roche : Pomatocheles
19.05.1900, Honshu, au large de Suno Saki, entre 100 et 180 m, sable gris, gravier :
. nov.
5.06.1900, Honshu, côte est, 38° N environ, 26-33 m, sable gris : Pomatocheles jeffreysii
Station 4903, 10.08.1906, 253 m, sable gris, coquilles brisées ; Pylocheles (Pylocheles) mortensenii Boas.
Station 5071, 15.10.1906, golfe de Suruga, 35°03'10" N, 138°49'50" E, 104 m, sable gris, coquilles brisées :
Pomatocheles jeffreysii Miers.
Station 5092, 26.10.1906, 35°04'50" N, 139°38'18" E, 128 m, sable grossier noir : Pomatocheles jeffreysii
Miers.
Station 5094, 26.10.1906, 35°04'42" N, 139°38'20" E, 160 m, sable noir, coquilles : Pomatocheles jeffreysii
Miers.
Station 5095, 26.10.1906, 35°05'34" N, 139°38'36" E, 106 m, sable fin noir, coquilles : Trizocheles albatrossi
sp. nov.
Albatross (Philippines)
Station 5114, 20.01.1908, île Sombrero, 13°36'11" N, 120°45'26" E, 625 m, sable fin : Pylocheles (Bathy-
cheles) incisus sp. nov.
Source : MNHN, Paris
246
JACQUES FOREST
Station 5116, 20.01.1908, 13°41 ' N, 120°47'05" E, 400 m, sable fin : Pylocheles (Xylocheles) miersi Alcock et
Anderson.
Station 5117, 21.01.1908, île Sombrero, 13°52'22" N, 120°46'22" E.215 m, sable fin : Pylocheles
(Xylocheles) macrops sp. nov., Pylocheles (Pylocheles) mortensenii Boas.
Station 5118, 21.01.1908, île Sombrero, 13°48'45" N, 120°41'51" E, 215-290 m, vase vert foncé : Pylocheles
(Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 5122, 2.02.1908, E. Mindoro, 13°21'30" N, 120°30'33" E, 402 m, vase verte : Parapylocheles scorpio
(Alcock).
Station 5172, 5.03.1908, N. île Jolo, 6°03'15" N, 120°5'30" E, 580 m, sable fin, coquilles : Trizocheles
gracilis sp. nov.
Station 5198, 9.04.1908, W. Bohol, 9°40'50" N, 123°39'45" E, vase verte : Pylocheles (Xylocheles) miersi
Alcock et Anderson.
Station 5369, 24.02.1909, île Marinduque, 13°48' N, 121°43' E, 193 m, sable noir : Pylocheles (Xylocheles)
macrops sp. nov.
Station 5374, 2.03.1909, île Marinduque, 15°46'45" N, 121°35'08" E, 347 m, vase grise : Pylocheles
(Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 5412, 23.03.1909, entre Cebu et Bohol, 10°09'15" N, 123°52' E, 295 m, vase verte : Pylocheles
(Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 5492, 1.08.1909, N. Mindanao, 9° 12'45" N, 125°20' E, 1 344 m, vase grise : Pylocheles (Balhycheles)
profundus sp. nov.
Station 5508, 5.08.1909, N. Mindanao, 8°17'24" N, 124° 11'42* E, 495 m, vase verte, sable fin : Parapylocheles
scorpio (Alcock).
Station 5511, 7.08.1909, N. Mindanao, 8°15'20" N, 123°57'E, 750 m, vase grise, sable : Pylocheles
(Balhycheles) profundus sp. nov., Parapylocheles scorpio (Alcock).
Station 5513, 7.08.1909, N. Mindanao, 8°16'45" N, 124°02'48* E, 924 m, vase grise, sable fin : Pylocheles
(Balhycheles) profundus sp. nov., Parapylocheles scorpio (Alcock).
Station 5517, 9.08.1909, N. Mindanao, 8°45'30" N, 123°33'45" E, 308 m, globigérines, sable : Pylocheles
(Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 5519, 9.08.1909, N. Mindanao, 8°47' N, 123°31'15" E, 331 m, globigérines, sable : Pylocheles
(Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 5520, 10.08.1909, N. Mindanao, 8°41'15" N, 123°18'30" E, 185 m, globigérines, sable : Pylocheles
(Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 5528, 11.08.1909, SW Bohol, 9°24'45" N, 123°39'15" E, 800 m, vase à globigérines : Parapylocheles
scorpio (Alcock).
Station 5538, 19.08.1909, SE Negros, 9°08'15" N, 123°23'20" E, 468 m, vase verte, sable : Parapylocheles
scorpio (Alcock).
Station 5543, 20.08.1909, N. Mindanao, 8°47'15" N, 123°35'00" E, 296 m, sable : Trizocheles manningi sp. nov.
Albalross (Indonésie)
Station 5589, 29.09.1909, E. Bornéo, 4°12'10" N, 118°38'08" E, 475 m, sable fin gris, vase grise : Pylocheles
(Balhycheles) inleger sp. nov.
Station 5592, 29.09.1909, E. Bornéo, 4°12'44" N, 118°27'44" E, 558 m, vase verte : Pylocheles (Balhycheles)
inleger sp. nov.
Station 5622, 29.11.1909, Moluques, 0°19'20" N, 120°28'30" E, 503 m, vase grise : Pylocheles (Balhycheles)
inleger sp. nov.
Station 5623, 29.11.1909, Moluques, entre les îles Halmakera et Makyan, 0°16'30" N, 127°30'00" E, 497 m,
sab'e fin, vase : Cheiroplatea lalicauda Boas.
Station 5624, 29.11.1909, Moluques, 0°12'15* N, 127°29'30* E, 527 m, sable fin, vase : Pylocheles
(Balhycheles) inleger sp. nov.
Station 5656, 19.12.1909, Sulawesi, 3°17'40" N, 120°36'45" E, 880 m, vase grise : Pylocheles (Balhycheles)
incisus sp. nov.
MUSORSTOM I (Philippines)
Station 12, 20.03.1976, 14°00,8' N, 120°20,5' E, 210-187 m : Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 24, 22.03.1976, 14°00,0'N, 120°18,0'E, 189-209 m : Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEL1DAE
247
Station 27, 20.03.1976, 13°59,8' N,
Station 31, 22.03.1976, 14°00,0' N,
Station 32, 23.03.1976, 14°02,2' N,
Station 34, 23.03.1976, 14°01,0' N,
Station 36, 23.03.1976, 14°01,2' N,
Station 40, 24.03.1976, 13°57,4' N,
Station 44, 24.03.1976, 13°46,9' N,
(Balhycheles) incisus sp. nov.
Station 47, 25.03.1976, 13°40,7' N,
Station 49, 25.03.1976, 13°49,1' N,
Station 51, 25.03.1976, 13°49,4' N,
Station 55, 26.03.1976, 13°55,0' N,
Station 62, 27.03.1976, 13°59,5' N,
Station 64, 27.03.1976, 14°00,5' N,
Station 65, 27.03.1976, 14°00,0' N,
Station 69, 27.03.1976, 13°58,8' N,
Station 71, 28.03.1976, 14°09,3' N,
120° 18,6' E, 192-188 m :
120° 16,0' E, 187-195 m :
120° 17,7' E, 193-184 m :
120°15,8' E, 191-188 m :
120°20,2' E, 210-187 m :
120°27,8' E, 287-265 m :
120°29,5'E, 610-592 m
120°30,0' E, 757-685 m :
119°59,8' E, 925-750 m :
120°04,2' E, 200-170 m :
120° 12,5' E, 200-194 m :
120°15,6' E, 179-194 m :
120° 16,3' E, 194-195 m :
120° 19,2' E, 202-194 m :
120° 17,3' E, 187-199 m :
120°26,2' E, 174-204 m :
Pylocheles (Xyloche les) macrops sp. nov.
Py loche les (Xyloche les) macrops sp. nov.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
: Trizocheles laurentae sp. nov., Pylocheles
Pylocheles (Balhycheles) incisus sp. nov.
Pylocheles (Balhycheles) incisus sp. nov.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
CORINDON II (Détroit de Macassar)
Station 217, 30.11.1980, 0°38,2'N, 117°59,6'E, 470-447 m : Pylocheles (Balhycheles) integer sp. nov.
Station 229, 4.11.1980, 0°02,2' N, 119°49,8' E, 445-411 m : Trizocheles moosai sp. nov.
Station 267, 7.11.1980, 1°56,6'S, 119°16,7'E, 186-134 m : Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 273, 7.11.1980, 1°56,0'S, 119°16,0'E, 220-180 m : Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 276, 8.11.1980, 1°54,6'S, 119°13,8'E, 450-395 m : Pylocheles (Balhycheles) incisus sp. nov.,
Pylocheles (Balhycheles) integer sp. nov.
Station 280, 8.11.1980, 1°59,0'S, 119°09,9'E, 800-715 m : Pylocheles (Balhycheles) incisus sp. nov.
MUSORSTOM II (Philippines)
Station 11, 21.11.1980, 14°00, 4'N, 120° 19,7'E, 196-194 m : Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 15, 21.11.1980, 13°55,1'N, 120°28,4'E, 330-326 m : Pylocheles (Xylocheles) miersi Alcock et
Anderson.
Station 18, 22.11.1980, 14°00,0' N, 120° 18,6'E, 195-188 m : Pylocaeles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 25, 23.11.1980, 13°39,0' N, 120°42,6'E, 550-520 m : Pylocheles (Balhycheles) incisus sp. nov.
Station 40, 25.11.1980, 13°07,7' N, 120°39,1'E, 440-280 m : Parapylocheles scorpio (Alcock).
Station 50, 27.11.1980, 13°36,7' N, 120°33,7' E, 810-820 m : Pylocheles (Balhycheles) incisus sp. nov.
Station 56, 28.11.1980, 13°53,7'N, 119°56,3'E, 970 m : Pylocheles (Balhycheles) incisus sp. nov.
Station 59, 28.11.1980, 14°00,5'N, 120°16,5’E, 190-186 m : Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 64, 29.11.1980, 14°01,5'N, 120°18,9'E, 195-191 m : Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 67, 29.11.1980, 14°00,1'N, 120°18,5'E, 193-199 m : Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 80, 1.12.1980, 13°45,1'N, 120°37,7'E, 178-205 m : Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Station 81, 1.12.1980, 13°36,4' N, 121 °31,8' E, 856-884 m : Pylocheles (Balhycheles) incisus sp. nov.
Station 83, 2.12.1980, 13°55,2' N, 120°30,5' E, 320-318 m : Pylocheles (Xylocheles) miersi Alcock et
Anderson, Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
CORINDON IV (Ceram, Baie de Piru)
Station COP 1/1, 14.04.1981, 03°19,3' S, 128°06,2' E, 562-525 m : Pylocheles (Balhycheles) integer sp. nov.
Station COP 1/2, 14.04.1981, 03°12,0' S, 128°06,1' E, 507-333 m : Pylocheles (Balhycheles) integer sp. nov.
Station COP 11/1, 14.04.1981, O3°18,0' S, 128°16,0' E, 483-315 m : Pylocheles (Balhycheles) integer sp. nov.
Station COP III/l, 14.04.1981, 03°26,8' S, 128°19,7' E, 550-546 m : Pylocheles (Balhycheles) integer sp. nov.
Station COP I1I/2, 15.04.1981, 03°22,8' S, 128°20,6' E, 500-375 m : Pylocheles (Balhycheles) integer sp. nov.
Station COP V/l, 15.04.1981, 03°29,0'S, 128°32,8'E, 244-215 m : Pylocheles (Pylocheles) moriensenii
Boas, Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov.
Source : MNHN, Paris
APPENDICE II
Synopsis of subfamilies, généra, and subgenera of Pylochelidae
The Pylochelidae are a very heterogenous group of hermit-crabs, primarily characterized by a
distinctive dorsal segmentation of the abdomen and the presence of paired appendages on the abdomi¬
nal somites. Ail members hâve a well developed epipod on the first maxillipeds. Most of their com-
mon features can also be observed in many other hermit-crabs, for instance : the symmetry or slight
asymmetry of the chelipeds, the spiniform or squamiform setae, often forming rasps, on the propodus
of the 4th and 5th pereopods and on the uropods, and the modification of the first two pairs of pleo-
pods as gonopods in the males.
The main diagnostic characters of subfamilies, généra and subgenera are given herein, together
with the number of species and brief ecological as well as biogeographical data.
Subfamily Pylochelinae. — This subfamily differs from the others in the following features :
1. Linea transversale medially interrupted, consequently shield incompletely separated from the posterior part of
the carapace.
2. Telson divided into two plates by a transverse articulation.
3. 3rd maxillipeds either chelate or subchelate.
4. Ventral margin of the propodus of 4th pereopods with a single, sometimes doubled, line of squamiform setae.
A few characters of the Pylochelinae are common to one or several of the other subfamilies. These are :
endopod of maxillulae devoid of latéral process ; exopodial flagellum of pmxl usually unsegmented and forwardly
directed : pmx2 without an epipod.
Genus Pylocheles A. Milne Edwards, 1880. — Shield nearly as long as broad. Frontal margin with a
médian concavity. 10 species. 96-1 570 m, Indo-West Pacific and Western Atlantic.
Subgenus Pylocheles. — Ocular peduncles long, with inflated, pigmented corneas. Chelipeds together
forming an operculum. 2 petricolous species. 95-384 m, Indo-West Pacific and Western Atlantic.
Subgenus Xylocheles nov. — Ocular peduncles and corneas as in subg. Pylocheles. Chelipeds not operculi-
form, carpus with a dorsal boring rasp. 2 xylicolous species. 170-450 m, Indo-West Pacific.
Subgenus Bathycheles nov. — Ocular peduncles reduced, with small, usually weakly pigmented, always
hemispherical corneas. Chelipeds as in Xylocheles. 6 xylicolous species. 400-1 570 m, Indo-West Pacific and
Western Atlantic.
Genus Cheiroplalea Bâte, 1888. — Shield broader than long. Frontal margin with rounded rosirai lobe or,
in one species, tridentate. Ocular peduncles reduced, tapering, with strongly reduced or indistinct corneas.
6 petricolous species. 300-565 m, Indo-West Pacific and Western Atlantic.
The following characters are shared by the members of the other five subfamilies and differentiate them
from the Pylochelinae. These are :
1. Linea transversale continuous, separating the shield from the posterior part of the carapace.
2. Telson without a transverse articulation.
3. 3rd maxillipeds not cheliform nor subcheliform.
4. Propodus of 4th pereopods with a more or less broad rasp of squamiform or spiniform setae.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
249
These five subfamilies are mototypical, and the essential generic characters can be considered as significant
at the subfamily level. The original subfamilial features not found in any other subfamilies (Pylochelinae
included) are indicated in italics.
• Subfamily Pomatochelinae, genus Pomatocheles Miers, 1876. — Shield subrectangular. Ocular peduncles
large, with inflated, pigmented corneas. Basal ocular pièces well developed, quadrangular, more or less rounded.
Maxillulae with an arched latéral process on the endopod. Exopodial flagellum of Ist maxillipeds mesially
directed. Arthrobranchiae of pmx3 reduced, with short filaments. Chelipeds operculiform. Telson longer than
broad, thickenings of latéral margins eut by a deep oblique slot just in front of the rounded posterior lobes.
3 species. 33-300 m, Indo-West Pacific.
Subfamily Parapylochelinae, genus Parapylocheles Alcock, 1901. — Carapace more than twice as long as
broad ; posterior part much longer than the almost square shield. Ocular peduncles long, tapering, with small
weakly pigmented corneas. Basal ocular pièces reduced, medially coalescent. Antennulae contiguous from the
base. Endopod of maxillulae without a latéral process. Exopodial flagellum of lst maxillipeds entire, forwardly
directed. 2nd maxillipeds bearing a short epipod, and with the exopodial trunk much shorter than the endopod.
3rd maxillipeds with a very short exopod and elongate triangular arthrobranchiae, on which the very short fila¬
ments are restricted to the distal part. Chelipeds not operculiform. Rasp on 4th pereopods in theform of spaced
conical spines, not imbricated. Protruding sternal structures between the coxae of 4th and 5th pereopods.
lst abdominal tergite with a narrow anterior prolongation. Telson elongate, linguiform, almost entire. 1 xylico-
lous species. 402-925 m, Indo-West Pacific.
Subfamily Cancellochelinae, genus Cancellocheles nov. — Carapace globular. Shield distinctly broader than
long. Rostrum acute, triangular, very prominent, reaching the middle of the short ocular peduncles, narrowed in
their distal half. Corneas small, hemispherical. Basal ocular pièces reduced. A short latéral process on the
endopod of maxillulae. lst maxillipeds bearing a very long epipod, almost reaching the end of the exopod, which
is devoid of a flagellum. A short epipod on 2nd maxillipeds. Chelipeds symmetrical, coadapted with the
2nd pereopods to constitute an operculum. Telson entire, broader than long. 1 petricolous (?) species. 280-
360 m. Endémie from Japan.
Subfamily Trizochelinae, genus Trizocheles nov. — Shield squarish, always longer than the posterior part of
the carapace. Rostrum triangular, acuminate, usually overreaching the post-antennal projections. Ocular pedun¬
cles subcylindrical, more or less elongated, with inflated, well pigmented corneas. Ocular acides présent. Endo¬
pod of maxillulae without a latéral process. Exopodial flagellum of lst maxillipeds uni- or distally multiarticulate,
forwardly directed. A short epipod on 2nd maxillipeds. Chelipeds usually equal, symmetrical, with spinous car-
pus and manus. In most species, a stridulating apparatus on PI (carpus) and on P2 (carpus and propodus). Exo-
pods of female pleopods 2-5 inserted at the proximal part of the protopod, and not distally. Telson longer than
broad, with straight, paralled or slightly divergent latéral margins ; posterior rounded lobes separated from the
anterior région by a transverse flexion line. 17 species, most of them spongicolous, some reported in gastropod,
tusk or serpulid shells. 106-750 m, Indo-West Pacific.
Subfamily Mixtopagurinae, genus Mixtopagurus A. Milne Edwards, 1880. — Shield squarish, longer than
the posterior part of the carapace. Rostrum short, acuminate. Cardio-branchial furrows complété. A pair of
antero-lateral triangles, delineated by an uncalcified line on the cardiac région. Ocular peduncles long, subcylindri¬
cal, with hemispherical, pigmented corneas. Ocular acides présent, acute. Endopod of maxillulae with a long
curved process. lst maxillipeds with a large epipod, almost as long as the endopod, and a multisegmented exopo¬
dial flagellum. 3rd maxilliped also with a large epipod. Chelipeds equal, symmetrical, with spinous carpus and
manus. Abdomen asymmetrical, the right latéral margin shorter . Posterior margin of 6th tergite convex, acutely
serrated. Pleopods 3-5 in the males and 2-5 in the females markedly larger on the left side. Telson shape very
variable, most often asymmetrical, left lobe larger than the right, and broader in females. Uropods variable,
symmetrical or the left noticeably larger. One species, dwelling most probably in Xenophora shells. 196-365 m,
North Western Atlantic.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
INDEX
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italiques.
abbreviatus, Paguristes, 131, 133, 134
Aberrantia, 22, 104
aculeata, Nephropsis, 221
agassizi, Pylocheles, 48
Agassizi. Pylocheles, 48
agassizii, Pylocheles, 12, 22-24, 35, 37. 41, 48, 50, 51, 55.
69, 98, 204, 223, 225, 236
Pylocheles (Pylocheles), 9. 38, 43, 46, 47. 48-51, 49,
228-230, 232, 235-239
Agassizii, Pylocheles, 48, 57
albatrossi, Trizocheles, 162, 164, 168, 172, 174-176, 175,
184, 232, 234, 238, 245
Aniculus, 132, 133, 220
Anomala, 11, 32
Anomura, 22, 27, 104
Antalis, 191, 229
Axiidae, 22
balssi, Mixtopagurus, 23, 198
Pomatocheles, 23, 196, 198
Trizocheles. 157, 161, 163, 165, 175, 194, 195, 196-199,
197. 201, 202, 204, 213, 229, 232, 234, 238, 239
Bathycheles, subgcn., 9, 10, 13, 27. 39-41, 44, 46, 47, 66,
69, 73, 83, 112, 227, 229, 232, 235, 237-240, 248
boasi, Trizocheles, 161-164, 168, 172, 176-179, 177, 181,
192, 194, 229, 232, 234, 238
brachyops, Trizocheles, 157, 161, 163, 164, 170, 173, 174,
185, 186-189, 186, 187, 188, 209, 211, 232, 234, 235,
238
brevicaulis, Mixtopagurus, 23, 176, 192, 194
Trizocheles, 162-164, 175, 178, 188, 192-194, 193, 195,
229, 232, 234, 238, 239
Calcinus, 133
caledonicus, Trizocheles. 162, 164, 170,171-174, 171, 172,
185, 186, 189, 202, 211, 229, 232, 234, 235, 238, 239
Callianassidae, 22
Cancellocheles, 9, 10, 12, 27, 28, 33, 34, 145, 153, 218,
228, 229, 232, 233, 234, 237, 238, 239, 249
sculptipes, 29. 30. 36. 146. 148. 149-153. 151, 228, 232,
233, 234, 238
Cancellochelinae, 33, 34, 145, 233, 235, 239, 249
Cancellus, 22, 145, 149. 228, 230
cenobita, Cheiroplatea, 22, 23, 35, 37-39, 87, 90, 91, 95,
96. 98. 101-104, 103, 107, 111, 232, 233, 235, 237, 238
Chiroplatea, 101
Pylocheles (Cheiroplatea), 101
chacei, Pylocheles, 236
Pylocheles (Bathycheles), 39, 46, 47. 66-70, 68, 73, 232,
235, 236, 238
Cheiroplataea, 87
Cheiroplatea. 9. 10, 12, 13, 18, 21-23, 27, 28, 33-35, 37-40,
55, 69, 87. 90, 91, 94-96, 98, 101, 104, 110-112, 116,
149. 228-230, 232, 233, 235-238, 240, 248
cenobita, 22, 23, 35, 37-39, 87, 90, 91, 95, 96, 98, 101-
104, 103, 107, 111, 232, 233, 235, 237, 238
laticauda, 23, 35, 37-40, 89, 90, 91, 92-96, 93. 95, 228,
229, 232, 233, 235, 237, 238, 246
macgilchristi, 23, 35, 37, 38
Macgilchristi, 84
mitoi, 23, 35, 37, 39, 90, 91, 95, 98. 104. 105-107, 106,
111, 228. 232, 233, 235, 237, 238
pumicicola, 28, 30, 39, 87, 88, 89, 90, 91, 95, 98, 107,
108-112, 109, 228, 232, 233, 235, 237, 238
scutata, 22, 24, 35, 37, 39, 69, 90, 91, 96-98, 97, 228,
232, 235, 236, 237, 238
stenurus, 39, 90, 91, 95, 96, 98, 99-101, 100, 228, 232,
233, 235, 237, 238
Chiroplatea, 86, 87
cenobita, 101
macgilchristi, 84
Macgilchristi, 84
scutata, 96, 98
Clibanarius, 133
clypeatus, Coenobita, 133
Coenobita clypeatus, 133
rugosus, 133
Coenobitidae, 23, 28, 32, 133
Coenobitoidea, 9, 10, 13, 23, 27, 28, 32, 132
Corallistes, 200, 207, 208
crosnieri, Pylocheles, 233
Pylocheles (Bathycheles), 39, 43. 45-41, 69. 73, 76. 79,
80-83 81, 84, 86, 232, 235, 238. 239
Cryptonatica, 191
Source : MNHN, Paris
252
JACQUES FOREST
Dardanus, 22, 132, 133, 140, 220
sinistripes, 140
decidua, Poritella, 98, 228
Dentalium, 22, 229
Diogenes, 132
pugilator, 133
Diogenidae, 9, 10, 13, 28, 32, 130, 133, 134, 145, 149, 160,
220, 228, 230, 240
Eupagurinae, 215
Eurete, 170, 178, 194, 229
Fissidentalium, 191, 229
magnificum, 73, 228
gaillardi, Pomatocheles, 116, 118, 124-127, 125 , 129. 130,
232, 233, 234, 237, 238
Galatheidae, 22
gilli, Mixtopagurus, 12, 22, 24, 218, 220, 221, 224, 225,
226
Gilli, Mixtopagurus, 220
glasselli, Parapylocheles, 140
Glaucothoe, 22
gracilis, Trizocheles, 163, 164, 168. 179-181, 180. 183,
209, 232, 234, 238, 246
granulimanus, Pseudopagurus, 228
Haplosclerida, 204, 229
Hexactinellida, 229
Hippoporinidae, 101
incisus, Pylocheles, 233
Pylocheles (Bathycheles), 39, 41, 46, 47, 66, 67, 69. 70-
73, 71, 76, 79, 80, 83, 86, 228, 230, 232, 235, 238, 239,
245-247
inopinata, Neoglyphea, 12, 65
integer, Pylocheles, 233
Pylocheles (Bathycheles), 39, 46, 47, 73, 76. 77-80, 78,
83, 86, 232, 235, 238, 239, 246, 247
jeffreysi, Pomatocheles, 119
Pylocheles (Pomatocheles), 119
jeffreysii, Mixtopagurus, 23, 119
Pomatocheles, 17, 22, 23, 29. 30. 36, 113, 114, 115, 116,
117, 118, 119-124, 120, 123, 126, 129, 130, 148, 191,
229, 232, 233, 234, 237-239, 245
Jeffreysii, Pomatocheles, 119
Laminibranchiata, 22
laticauda, Cheiroplatea, 23, 35, 37-40, 89, 90, 91. 92-96,
93. 95, 228, 229, 232, 233, 235, 237, 238, 246
laurentae, Trizocheles, 163, 164, 183, 184-186, 185. 186,
189, 232, 234, 238, 247
Lithodidae, 13, 32, 132
Lomidae, 28
longicaulis, Mixtopagurus, 23, 165
Trizocheles, 162, 164, 165-167, 166-168, 178, 232, 234,
238
loquax, Trizocheles, 162, 164. 168, 169-170, 169,172, 176,
184, 211, 229, 232, 234. 238
macgilchristi, Cheiroplatea, 23, 35, 37, 38
Chiroplatea. 84
Pylocheles, 233
Pylocheles (Bathycheles), 39, 46, 47, 73, 76, 79, 80, 83,
84-86, 85, 232, 235, 238
Macgilchristi, Cheiroplatea, 84
Chiroplatea, 84
macrops, Pylocheles, 37, 61, 65, 233
Pylocheles (Xylocheles), 26. 38, 41, 43. 45, 46, 47, 55-
57, 58. 61-65, 63, 73, 227, 230, 232, 235, 237, 238,
246, 247
Macrura, 22, 27, 104
magnificum, Fissidentalium, 73, 228
manningi, Trizocheles, 163, 165, 170, 183, 195, 209, 210-
211, 211, 232, 234, 238, 246
miersi, Pylocheles, 22, 23, 35, 37, 38, 57, 61, 65, 233
Pylocheles (Xylocheles), 38, 46, 47, 55, 57-61, 59, 65,
73, 232, 235, 237, 238, 246, 247
Pylodieles, 57
Miersi, Pylocheles, 57
miersii, Pylocheles, 57
Miersii, Pylocheles, 57
mitoi, Cheiroplate, 23, 35, 37, 39, 90, 91, 95, 98, 104, 105-
107, 106, 111, 228, 232, 233, 235, 237, 238
Mixtopaguriae, 215
Mixtopagurinae, 13, 32-34, 215, 237, 240, 249
Mixtopagurus, 9, 10, 12, 13, 22, 23, 27, 28, 32-34, 41, 94,
113, 116, 138, 139, 148, 155, 159, 160, 191, 198, 205,
207, 215, 218, 220, 226, 229-232, 235, 237, 238, 240,
249
balssi, 23, 198
brevicaulis, 23, 176, 192, 194
gilli, 12, 22, 24, 218, 220, 221, 224, 225, 226
Gilli, 220
jeffreysii, 23, 119
longicaulis, 23, 165
paradoxus, 12, 22-24, 29. 31, 36, 159, 204, 215, 217,
218, 219, 220-226, 222. 224, 229, 232, 235, 236, 238
rigidus, 12, 51, 54
spinosus, 22-24, 189, 191, 202
Mixtopagurus (Pylocheles) spinosus, 202
moosai, Trizocheles, 36. 157, 158, 163, 164 168, 181-184.
182, 183, 191, 232, 234, 238, 247
mortenseni, Pylocheles, 51
mortensenii, Pylocheles, 12, 17, 23, 35, 37, 51, 54-56, 61,
139. 233, 235
Pylocheles (Pylocheles), 9, 26. 28. 30. 36, 38, 41, 42. 43,
45, 46. 47. 51-56. 53, 228-230, 232, 235-239, 245-247
Mortensenii, Pylocheles, 51
mutus, Trizocheles, 163, 165, 195. 201, 204, 211, 212-213,
212, 232, 234, 238
Neoglyphea inopinata, 12, 65
Nephropsis aculeata, 221
Paguridae, 13, 27, 32, 116, 132, 160, 215
Paguridea, 10, 22
Pagurinae, 215
Paguristes, 132-134, 240
abbreviatus, 131, 133, 134
Paguroidea, 32, 133
Pagurus, 22
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PYLOCHEUDAE
253
paradoxus, Mixtopagurus, 12, 22-24, 29, 31, 36, 159, 204,
215, 217, 218, 219, 220-226, 222, 224, 229, 232, 235,
236, 238
Pomatocheles, 220
Parapaguridae, 22, 25, 27, 32
Parapagurus, 22
Parapylocheles, 9, 10, 12, 22, 23, 27, 28, 33, 34, 135, 138,
140, 143, 218, 228, 229, 232, 233, 235, 237, 238, 240,
249
scorpio, 22, 23, 29, 31, 36, 65, 136, 138, 139, 140-143,
141, 228, 232, 233, 238, 239, 246, 247
glasselli, 140
Parapylochelinae, 33, 34, 135, 233, 235, 240, 249
partitus, Pylocheles, 12, 22, 24, 48, 50, 51, 55, 56, 225
perplexus, Trizocheles, 157, 162, 163, 165, 170, 183, 189,
195, 208-210, 232, 234, 238
Petrochirus, 132, 133, 220
Phos, 191
Pomatocheles, 9, 10, 12, 13, 22, 23, 27, 28, 33, 34, 104,
113. 116, 118, 126, 129, 130, 133, 134, 145, 148, 149,
155, 159, 198, 215, 218, 229, 230, 232, 233, 234, 236-
238, 240, 249
balssi, 23, 196, 198
gaillardi, 116, 118, 124-127, 125, 129, 130, 232, 233,
234, 237, 238
jeffreysi, 119
jeffreysii, 17, 22, 23, 29, 30, 36, 113, 114, 115, 116, 117,
118, 119-124. 120, 123, 126, 129, 130, 148, 191, 229,
232, 233, 234, 237-239, 245
Jeffreysii, 119
paradoxus, 204, 220
sculptipes, 12, 23, 145, 148, 149
spinosus, 23, 148, 189, 191, 202, 204
stridulans, 10, 116-118, 126, 127-134, 128, 130, 131,
232, 234, 237, 238
Pomatochelidae, 23, 25, 27
Pomatochelinae, 33, 34, 113, 233, 235, 240, 249
Poritella decidua, 98, 228
profundus, Pylocheles, 233
Pylocheles (Bathycheles), 39, 43, 45, 46, 47, 73, 74-76,
75, 79, 80, 83, 86, 232, 235, 238, 239, 246
Prophylax, 22
Psammopemma, 94
Pseudopagurus granulimanus, 228
pugilator, Diogenes, 133
pulcher, Trizocheles, 163, 165, 167, 195, 199-202, 199,
204, 229, 232, 234, 238, 239
pumicicola, Cheiroplatea, 28. 30, 39, 87, 88. 89, 90, 91.
95, 98, 107, 108-112, 109, 228, 232, 233, 235, 237, 238
Pylocheles, 9, 10, 12, 13, 18, 19, 22, 23, 25, 27, 28, 33-35,
37-40, 41, 43, 45, 46, 47, 54-56, 65, 69, 87, 94, 104,
112, 116, 135, 138, 155, 215, 227-230, 232, 233, 235-
238, 240, 248
agassizi, 48
Agassizi, 48
agassizii, 12, 22-24, 35, 37, 41, 48. 50, 51, 55, 69, 98,
204, 223, 225, 236
Agassizii, 48, 57
chacei, 236
crosnieri, 233
incisus, 233
integer, 233
macgilchristi, 233
macrops, 37, 61, 65, 233
miersi, 22, 23, 35, 37, 38, 57, 61, 65, 233
Miersi, 57
miersii, 57
Miersii, 57
mortenseni, 51
mortensenii, 12, 17, 23, 35, 37, 51, 54-56, 61, 139, 233,
235
Mortensenii, 51
partitus, 12, 22, 24, 48, 50, 51, 55, 56, 225
profundus, 233
rigidus, 23, 51
scorpio, 22, 135, 138, 140, 143
spinosus, 22, 23, 155, 159, 189, 191, 202, 204
Pylocheles, subgen., 9, 10, 27, 39-41, 44,46, 47. 48. 61,87,
229, 230, 232, 235-238, 240, 248
Pylocheles (Bathycheles), 9, 12, 13, 27, 39, 40. 83, 86, 237
chacei, 39, 46, 47, 66-70, 68, 73, 232, 235, 236, 238
crosnieri, 39, 43, 45, 46, 47, 69, 73, 76, 79, 80-83, 81, 84.
86, 232, 235, 238, 239
incisus, 39, 41, 46, 47, 66, 67, 69, 70-73, 71, 76, 79, 80,
83, 86. 228, 230, 232, 235, 238, 239, 245-247
integer, 39, 46, 47, 73, 76, 77-80, 78, 80, 83, 86, 232,
235, 238, 239, 246, 247
macgilchristi, 39, 46, 47, 73, 76, 79, 80, 83, 84-86, 85,
232, 235, 238
profundus, 39, 43, 45, 46, 47, 73, 74-76, 75, 79, 80, 83,
86, 232, 235, 238, 239, 246
Pylocheles (Chei.oplatea) cenobita, 101
Pylocheles (Pomatocheles) jeffreysi, 119
Pylocheles (Pylocheles), 9, 10, 12, 27, 39, 40, 51, 149, 237
agassizii, 9, 38, 43, 46, 47, 48-51 .49, 228-230, 232, 235-
238, 239
mortensenii, 9, 26, 28, 30. 36, 38, 41, 42, 43, 45, 46, 47,
51-56, 53, 61, 228-230, 232, 235-239, 245-247
Pylocheles (Xylocheles), 9, 10, 12, 13, 27, 39, 40, 112, 237
macrops, 26, 38, 41, 43, 45, 46, 47, 55-57, 58. 61-65, 63.
73, 227, 230, 232, 235, 237, 238, 246, 247
miersi, 38, 46, 47, 55, 57-61. 59, 65, 73, 232, 235, 237,
238, 246, 247
Pylochelidae, 9-15, 17, 20, 22, 23, 25, 27-29, 32-34, 37, 64,
65, 70, 98, 104, 116, 122, 127, 130, 132-134, 138, 140.
149, 153, 160, 162, 175, 178, 191, 209, 215, 218, 220.
227-240, 245, 248
Pylochelinae, 9, 10, 13, 18, 33, 34, 35, 39, 126, 235, 236,
240, 248, 249
Pylodieles miersi, 57
rigidus, Mixtopagurus, 12, 51, 54
Pylocheles, 23, 51
rugosus, Coenobita, 133
Source : MNHN, Paris
254
JACQUES FOREST
sakaii, Trizocheles, 17, 156, 158, 160, 161, 163, 164, 176,
186. 188. 189-191, 190. 202, 205, 213, 229. 232, 234.
238, 239, 245
scorpio, Parapylocheles, 22, 23, 29. 31. 36, 65, 136, 138.
139. 140-143, 141. 228, 232, 233. 238, 239, 246, 247
Pylocheles, 22, 135, 138, 140, 143
sculptipes, Pomatocheles, 12, 23, 145, 148, 149
Cancellocheles, 29. 30. 36. 146, 148. 149-153, 151, 228,
232, 233, 234. 238
scutata, Cheiroplatea, 22, 24, 35, 37, 39, 69, 90, 91.96-98,
97, 228, 232, 235, 236. 237, 238
Chiroplatea, 96, 98
Sigmatoxella, 204, 229
sinistripes, Dardanus, 140
spinosus, Mixtopagurus, 22-24, 189, 191, 202
Mixtopagurus (Pylocheles). 202
Pomatocheles, 23, 148, 189, 191, 202
Pylocheles, 22, 23, 155, 159, 189, 191, 202, 204
Trizocheles, 148, 160. 161. 191, 202, 204, 205, 207, 208,
213, 235
spinosus bathamae, Trizocheles, 29, 31, 157, 161, 163,
165, 178, 189, 195, 198, 201, 202, 205-208, 206. 209,
227, 229, 232, 234, 238, 239
spinosus spinosus, Trizocheles, 56, 157, 161, 163, 165,
195, 198, 201, 202-205, 203, 207, 229, 232, 234, 238.
239
stenurus, Cheiroplatea, 39, 90, 91, 95, 96, 98, 99-101, 100,
228, 232, 233, 235, 237, 238
stridulans, Pomatocheles, 10, 116-118, 126, 127-134, 128,
130. 131, 232, 234, 237, 238
strigimanus, Trizopagurus, 220
Thalassinidae, 22
Thaumastochelidae, 22
Trichobranchiata, 22
Trizocheles, 9, 10, 12, 13, 17, 18, 19, 21, 27, 28, 33. 34, 94,
116, 148. 155, 158, 159-162, 164, 167, 170, 173, 178-
180, 185. 189, 191, 194, 198, 202, 204, 207-210, 213,
218, 220, 229. 230, 232, 234, 235-240, 249
albatrossi, 162, 164, 168, 172. 174-176, 175. 184. 232,
234, 238, 245
balssi, 157, 161, 163, 165, 175, 194, 195. 196-199, 197.
201, 202, 204, 213, 229, 232, 234. 238, 239
boasi. 161-164, 168, 172, 176-179, 177, 181, 192, 194.
229, 232, 234, 238
brachyops, 157, 161. 163, 164. 170, 173, 174, 185. 186-
189, 186. 187, 188. 209, 211, 232. 234, 235, 238
brevicaulis, 162-164. 175. 178, 188. 192-194. 193, 195,
229, 232, 234, 238, 239
caledonicus, 162, 164, 170, 171-174. 171. 172, 185, 186,
189, 202, 211, 229, 232, 234, 235, 238, 239
gracilis, 163, 164. 168. 179-181, 180, 183. 209, 232, 234,
238, 246
laurentae, 163. 164. 183. 184-186. 185. 186, 189. 232,
234, 238, 247
longicaulis, 162, 164, 165-168, 166-168, 178, 232, 234,
238
loquax, 162, 164. 168. 169-170, 169. 172, 176, 184, 211,
229, 232, 234, 238
manningi, 163, 165, 170, 183. 195, 209. 210-211. 211,
232, 234, 238, 246
moosai, 36, 157. 158, 163, 164, 168, 181-184, 182. 183,
191, 232, 234, 238, 247
mutus. 163, 165, 195. 201, 204, 211, 212-213, 212, 232,
234, 238
perplexus, 157, 162, 163. 165. 170, 183, 189, 195. 208-
210, 232, 234. 238
pulcher, 163. 165, 167. 195. 199-202, 199, 204, 229, 232,
234, 238, 239
sakaii. 17, 156, 158, 160, 161, 163, 164, 176, 186. 188,
189-191, 190, 202, 205, 213, 229, 232, 234, 238, 239,
245
spinosus, 148, 160, 161, 191, 202, 204, 205, 207, 208,
213, 235
spinosus bathamae, 29, 31, 157, 161, 163, 165, 178, 189,
195, 198, 201, 202, 205-208. 206, 209, 227, 229, 232,
234, 238. 239
spinosus spinosus, 56, 157, 161, 163, 165, 195, 198, 201.
202-205, 203, 207, 229, 232, 234, 238, 239
Trizochelinae, 33, 34. 155. 234, 235, 240, 249
Trizopagurus. 130, 133, 220
strigimanus, 220
Trochocyathus, 161, 196, 198, 229
Xenophora, 9, 32, 223, 226, 229, 249
Xenophoridae, 229
Xylocheles, subgen., 9, 10, 13, 27, 39-41, 44, 46, 47, 57,
61. 66, 112, 221, 229, 232, 235, 237-240, 248
Source : MNHN, Paris
PLANCHES
PLANCHE I
A. Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov., MUSORSTOM, st. 24, ç 22 mm. Le fragment de bois a été coupé
sur toute sa longueur et la moitié supérieure enlevée.
B. Pomalocheles jeffreysii Miers, Albalross, st. 5094, cr 12,5 mm. Vues dorsale et ventrale, et coquille de Dentale
habitée par l’animal.
C. Parapylocheles scorpio (Alcock), MUSORSTOM II, st. 40, cr 20,0 mm au moment de sa capture, dans un épi
de maïs
D. Cancellocheles sculplipes (Miyaké), baie de Tosa, au large de Mimase, cr 16 mm.
Source : MNHN, Paris
PLANCHE 1
T écroui
\msSMi
XpARSS/
w
Source : MNHN, Paris
PLANCHE II
A. Trizocheles spinosus bathamae Forest et de Saint Laurent ssp. nov., Nouvelle-Zélande, 9 12,5 mm.
B. Mixlopagurus paradoxus A. Milne Edwards, Fish Hawk, st. 7282, 9 ovig. 17,0 mm.
C. Pylocheles (Pylocheles) mortensenii Boas, baie de Tosa, cr 12 mm, en place, dans un fragment de pierre ponce.
D. Cheiroplalea laticauda Boas, Albalross, st. 5623, cr 12,5 mm, dans un logement similaire.
Source : MNHN, Paris
PLANCHE II
Source : MNHN, Paris
PLANCHE III
Sixième tergite abdominal, telson et uropodes, vue dorsale
A. Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov., MUSORSTOM I, st. 24, 9 22 mm.
B. Cheiroplalea laticauda, Boas, Albalross, st. 5623, cr 12,5 mm.
C. Pomalocheles jeffreysii Miers, baie de Tosa, 9 10,5 mm.
D. Trizocheles spinosus bathamae Forest et de Saint Laurent ssp. nov., Nouvelle-Zélande, or 13 mm.
E. Parapylocheles scorpio (Alcock), Albalross, st. 5122, cr 24,5 mm.
F. Cancellocheles sculplipes (Miyaké), baie de Tosa, au large de Mimase, ce 16 mm.
G. Mixtopagurus paradoxus A. Milne Edwards, au large de Ste Lucie (Antilles), c r 20,5 mm.
H. Id., sans localité, 9 16 mm.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
PLANCHE IV
A, B, C. Pylocheles (Bathycheles) incisus sp. nov., MUSORSTOM II, st. 81, cr 10,5 mm.
D, E. Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov., CORINDON II, si. 267, cr 12,5 mm.
A, D : vues dorsales partielles du chélipède, montrant les râpes de tubercules sur le carpe ; B : poils en massues ;
C, E : tubercules de la râpe.
(A, D : x 11 ; B : x 250 ; C : x 110 ; E : x 75).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
PLANCHE V
L’appareil stridulatoire chez les Trizocheles
A, B, F, G. Trizocheles sakaii sp. nov., baie de Tosa, Ç ovig. 8 mm.
C-E. Trizocheles spinosus bathamae Forest et de Saint Laurent ssp. nov., Nouvelle-Zélande, c r 9 mm.
A, C : carpe du chélipède, vue latérale ; B, D, E : portion grossie de la plage stridulatoire du carpe ; F, vue
mésiale partielle du second péréiopode ; G, carpe plus fortement grossi.
(A, : x 20 ; B : x 80 ; C : x 32 ; D : x 130 ; E : x 320 ; F : x 12 ; G : x 22).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
PLANCHE VI
Différenciations du quatrième péréiopode
A, B. Pylocheles (Bathycheles) incisus sp. nov., MUSORSTOM II, st. 81, cr 10,5 mm.
C, D. Pylocheles (Xylocheles) macrops sp. nov., CORINDON II, st. 267, cr 12,5 mm.
E, F. Cheiroplatea pumicicola, sp. nov., Kermadec, c y 5,2 mm.
A, C, E : extrémité de l’appendice, vue latérale ; B, D, F : soies squamiformes grossies.
(A : x 25 ; B : x 130 ; C : x 18 ; D : x 90 ; E : x 40 ; F : x 110).
Source : MNHN, Paris
PLANCHE VI
Source : MNHN, Paris
PLANCHE VII
Différenciations du quatrième péréiopode
A, B. Pomalocheles jeffreysii Miers, baie de Tosa, cr 10,5 mm.
C, D. Parapylocheles scorpio (Alcock), Albalross , st. 5508, cr 28 mm.
E, F. Cancellocheles sculptipes (Miyaké), baie de Tosa au large de Mimase, cr 16 mm.
A, C, E : articles distaux de l’appendice gauche, vue latérale ; B, D, F : soies modifiées, grossies.
(A : x 40 ; B, F : x 120 ; C : x 14 ; D : x 70 ; E : x 12).
Source : MNHN, Paris
PLANCHE Vil
Source : MNHN, Paris
PLANCHE VIII
Différenciations du quatrième péréiopode
A, B. Trizocheles sakaii sp. nov., baie de Tosa, 9 ovig. 7,0 mm.
C, D. Mixtopagurus paradoxus A. Milne Edwards, Oregon, st. 1989, 9 ovig. 17,5 mm.
A, C : articles distaux de l’appendice gauche, vue latérale ; B, D : soies modifiées, grossies.
(A : x 26 ; B : X 145 ; C : X 14 ; D : X 170).
PLANCHE VIII
Source : MNHN, Paris
PLANCHE IX
Cheiroplalea pumicicola sp. nov., Kermadec, cr 5,2 mm
A. Face operculaire du chélipède gauche.
B-E. Vues partielles de cette face, à divers grossissements.
F, G. Un même tubercule sous des angles différents.
H. Granules intertuberculaires.
A, B, E, F, H : vue dorsale ; C, D, G : vue latéro-dorsale.
(A : x 10,5 ; B : x 95 ; C : x 36 ; D : x 110 ; E : x 130 ; F : x 340 ; G : x 450 : H x 3700).
Source : MNHN, Paris
PLANCHE IX
Source : MNHN, Paris
Date de distribution : 30 septembre 1987.
Dépôt légal : Septembre 1987.
IMPRIMERIE F. PAILLART. ABBEVILLE
N° d'impression : 6716.
Source : MNHN, Paris
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(ISBN 2-85653-122-9) 290 FF.
Tome 49 : Auteurs multiples, 1983 — Entretiens du Muséum : Colloque sur le Turonien, Paris 26-27 octobre
1981. 241 pp. (ISBN 2-85653-119-9) 200 FF.
Tome 48 : Agnès Lauriat-Rage, 1982 — Les Astartidae (Bivalvia) du Redonien (Pliocène atlantique de
France). Systématique, Biostratigraphie, Biogéographie. 118 pp. (ISBN 2-85653-121-0) 160 FF.
Prix hors taxe, valides jusqu’à fin 1987. Frais de port en sus. Vente en France : TVA 4%.
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Source : MNHN, Paris
i 4t DEC. 195?
Jacques Forhst est professeur au Muséum national d’Histoire naturelle et à l’École Pratique des
Hautes Études. Spécialiste des Crustacés Décapodes, il a publié, sur les faunes tropicales, de nombreux
travaux qui font autorité.
Il a toujours associé recherche sur le terrain et travail en laboratoire, et organisé plusieurs grandes
campagnes de prospection océanographique : campagnes de la « Calypso » dans l’Atlantique africain et
américain (1956, 1959, 1961-62), campagne du « Jean Charcot » aux Açores (1971). Après la description
de Neoglyphaea inopinata Forest & de Saint-Laurent, 1975, il a dirigé aux Philippines les 3 campagnes
MUSORSTOM (1976, 1980, 1985) qui ont non seulement permis la redécouverte de ce fossile vivant, mais
enrichi considérablement nos connaissances sur la faune marine de cette région.
ÉDITIONS
DU MUSÉUM
38,
RUE GEOFFROY
SAINT-HILAIRE
75005 - PARIS
1987
isbn . 2-85653-141-5
ISSN . 0078-9747
PRIX : 312 FF TTC (France)
300 FF (Étranger)
Source : MNHN, Paris