CFBCM
_
MEMOIRES
DU MUSÉUM
NATIONAL
D’HISTOIRE
NATURELLE
ZOOLOGIE
TOME 143
1989
MÉMOIRES DU MUSEUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Directeur de la publication : Philippe Bouchet
R édacteurs (Editors) : P. Bouchet, A. Dubois, C. Erard
C onception graphique : Alain Defilippi
R édaction : 57, rue Cuvier
75005 Paris
Les Mémoires du Muséum national d’Histoire natu¬
relle publient des travaux originaux majeurs (100
pages et plus) dans les domaines suivants : Zoologie
(série A), Botanique (série B), Sciences de la Terre
(série C). Les auteurs sont invités, pour toutes les
questions éditoriales, à prendre contact avec le direc¬
teur de la publication.
Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle
publishes major original contributions (100 pages and
over) in three different sériés : Zoology (série A),
Botany (série B), Earth Sciences (série C). Prospective
authors should contact the Editor. Manuscripts in
French and English will be considered.
Service de Vente/Sales Office
Éditions du Muséum
Lionel Gauthier
38, rue Geoffroy St-Hilaire
75005 Paris
Tél. : (1) 43-31-71-24
Telex MUSNAHN 202641 F
CCP : 9062-62 Y Paris
Parution et prix irréguliers. Les ordres permanents
d’achat et les commandes de volumes séparés sont
reçus par le service de vente. Catalogue sur demande.
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couverture.
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volumes should be directed to the Sales Offices. Free
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memoirs are listed on page 3 of the cover.
The Muséum national d’Histoire naturelle also
publishes a Bulletin.
Bibliothèque Centrale Muséum
3 3001 00132114 9
Source : MNHN, Paris
Résultats des Campagnes Musorstom
Volumes déjà parus :
Volume 1 : Mém. Orstom, 91 : 1-558, 225 fig., 39 pl. (1981). ISBN 2-7099-0578-7.
Volume 2 : Mém. Mus. natn. Hist. nat. Paris, (A), 133 : 1-525, 126 fig., 37 pl. (1986). ISBN : 2-85653-136-9.
Volume 3 : Mém. Mus. natn. Hist. nat. Paris, (A), 137 : 1-254, 82 fig., 9 pl. (1987). ISBN : 2-85653-141-5.
Volume 4 : Mém. Mus. natn. Hist. nat. Paris, (A), 143 : 1-260, 103 fig., 23 pl. (1989). ISBN : 2-85653-150-4.
Volume 5 : Mém. Mus. natn. Hist. nat. Paris, (A), 144 : 1-385, 128 fig., 35 pl. (1989). ISBN : 2-85653-164-4.
résultats des campagnes
Volume 4
Source : MNHN, Paris
ISBN : 2-85653-150-4
ISSN : 0078-9747
© Éditions du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 1989.
Source : MNHN, Paris
L 2-t>OQ
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
I
SÉRIE A
ZOOLOGIE
TOME 143
Résultats des Campagnes MUSORSTOM
Volume 4
Coordonné par
Jacques FOREST
Muséum national d’Hîstoire naturelle
Laboratoire de Zoologie, Arthropodes
61, rue Buffon
Publié avec le concours du Ministère des Affaires Étrangères
et de l’ORSTOM
ÉDITIONS
DU MUSÉUM
PARIS
1989
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Sommaire
Contents
Pages
1. Compte rendu de la Campagne MUSORSTOM 3 aux Philippines (31 mai-7 juin 1985) 9
Jacques Forest
2. Spongiaires (MUSORSTOM 1 & 2) . 25
Claude Lévi et Pierrette Lévi
3. Chitons (Mollusca, Polvplacophora) procured by the MUSORSTOM 3, Philippines expédition
(1985)... 105
Piet Kaas
4. Echinodermes : Crinoïdes Pentacrinidae (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2). 113
Jean-Paul Bourseau et Michel Roux
5. Echinodermes : Echinides irréguliers. 203
Bruno David et Chantal de Ridder
6. Ascidies (MUSORSTOM 1 & 2) . 229
Claude Monniot et Françoise Monniot
7. Résurrection of Notoraja Ishiyama, 1958 and description of a new species of deep-water
skate from the South China Sea, Notoraja subtilispinosa sp. nov. (Pisces, Batoidea, Rajidae) 247
Matthias Stehmann
AVERTISSEMENT
Le présent volume, quatrième de la série des Résultats des Campagnes MUSORSTOM, s’ouvre
sur le compte rendu et la liste des stations de la troisième campagne Musorstom aux Philippines, à
bord du N. O. Coriolis (31 mai -7 juin 1985 ).
Les collections provenant de cette campagne ne sont parvenues au Muséum qu’en décembre
1985 et ce n’est qu’au début de 1986 que les échantillons des différents groupes zoologiques
représentés ont été remis aux spécialistes. Certains de ceux-ci, qui n’avaient pas achevé l’étude des
collections des deux premières campagnes, ont pu y intégrer les nouvelles récoltes, alors que d’autres
avaient déjà déposé leur manuscrit. Dans ces conditions, les travaux présentés ici portent, soit sur
l’ensemble du matériel recueilli à ce jour, soit sur celui des campagnes Musorstom 1 et 2, soit encore
sur celui de Musorstom 2 seulement, lorsque les récoltes de la première campagne ont fait l'objet
d’une publication antérieure. Dans les deux derniers cas, la provenance du matériel étudié est
spécifiée dans le titre de l’article. Ces remarques s’appliquent également au contenu du cinquième
volume, où sont rassemblés les travaux relatifs aux crustacés.
iSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM, VOLUME
RÉSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM. VOLUME
RÉSULTA
1
Compte rendu de la Campagne MUSORSTOM 3
aux Philippines
(31 mai - 7 juin 1985)
Report on the Musorstom 3 Expédition
to the Philippines
(May 31 st - June T 1985)
Jacques Forest
Muséum national d’Histoire naturelle
Laboratoire de Zoologie, Arthropodes
École Pratique des Hautes Études
Laboratoire de Carcinologie et d’Océanôgraphie biologique
61, rue Buffon
75005 Paris
Forest, J., 1989. — Compte rendu de la Campagne Musorstom 3 aux Philippines (31 mai-7 juin 1985).
Report on the Musorstom 3 Expédition to the Philippines (May 31 S '-June 7 lh 1985). In : J. Forest (ed.),
Résultats des Campagnes Musorstom, Volume 4. Mém. Mus. natn. Hist. nat., (A), 143 : 9-23. Paris ISBN : 2-
85653-150-4
10
JACQUES FOREST
Le Crustacé Décapode Neoglyphea inopinata
Forest et de Saint Laurent a été décrit en 1975
d’après un spécimen incomplet recueilli aux
Philippines en 1908 par le navire U. S. Albatross.
Depuis lors, le Muséum national d’Histoire
naturelle et l’Institut Français de Recherche
Scientifique pour le Développement en Coopéra¬
tion (Orstom) ont organisé en commun deux
campagnes en vue de retrouver ce représentant
actuel du groupe mésozoïque des Glyphéides. En
mars 1976, le N. O. Vauban (Musorstom 1) 1 en
a capturé neuf spécimens, alors qu’en novembre
1980 le N. O. Coriolis (Musorstom 2) 2 n’en
obtenait qu’un seul. L’espèce était alors connue
par onze spécimens en tout, tous des mâles
adultes, à l’exception d’un juvénile de chaque
sexe. Les structures génitales femelles étant parti¬
culièrement importantes pour caractériser les
différentes lignées de Crustacés Décapodes, l’étude
des affinités phylétiques éventuelles de Neogly¬
phea et, partant, des Glyphéides, nécessitait
l’examen d'une femelle adulte. C’est pour com¬
bler cette lacune dans la connaissance de l’espèce
qu’une troisième campagne Musorstom a été
envisagée, avec également comme objectif la
poursuite de la prospection de la faune benthique
des Philippines et son extension à un nouveau
secteur géographique.
En août 1984, le projet d’une telle campagne a
été soumis à Pirocean, organisme du Centre
national de la Recherche scientifique responsable
des programmes océanographiques. En même
temps une demande était présentée à l’Institut
Français de Recherche pour l’Exploitation de la
Mer (Ifremer), en vue de l’utilisation du navire
Coriolis pendant 10 jours au cours des mois
d’avril ou mai 1985, cette période de l’année
apparaissant comme la plus favorable à la
capture de Glyphéides (cf. Forest, 1986,
p. 21).
Projet et demande étaient acceptés : le Coriolis
serait mis à notre disposition du 24 mai 1985 à
Manille au 2 juin 1985 à Zamboanga.
Pendant l’hiver 1984-85, le matériel nécessaire
à l’exécution de la campagne était rassemblé,
The Decapod Crustacean Neoglyphea inopi¬
nata Forest and de Saint Laurent was described
in 1975 from an incomplète specimen collected in
the Philippines by the U.S. vessel Albatross
in 1908. Subsequently the Muséum national
d’Histoire naturelle and the Institut Français
Scientifique pour le Développement en Coopéra¬
tion (Orstom) hâve organized two joint cam-
paigns with a view to finding again this present-
day représentative of the Mesozoic group of
glypheids. In March 1976 the research vessel
Vauban (Musorstom 1) captured nine specimens,
while the R.V. Coriolis only caught one in
November 1980. Knowledge of the species was at
that time based on eleven specimens altogether,
ail adult males with the exception of one juvénile
of each sex. As it is particulary important to
know about the female génital structures in
order to characterise the different lineages of
decapod crustaceans, a study on the eventual
phyletic affinities of Neoglyphea , and subse¬
quently of the Glypheids, required the examina¬
tion of an adult female. The third Musorstom
Expédition was therefore planned with the aim
of filling in this gap in our knowledge of the
species, while at the same time pursuing prospec¬
tion of the benthic fauna of the Philippines and
extending research to a new geographical sector.
In August 1984 a plan for this campaign was
submitted to Pirocean, responsible for océano¬
graphie programmes at the Centre national de
la Recherche scientifique. A request was also
made to the Institut français de Recherche pour
l’Exploitation de la Mer (Ifremer) to use the
R.V. Coriolis during the months of April or May
1985, this being considered the most favourable
period for catching Glypheids (Forest, 1986 :
21 ).
Both the project and the request having been
accepted, R.V. Coriolis was placed at our dis¬
posai from May 24 ,h 1985 (in Manda) to June 2 nd
1985 (return to Zamboanga).
During the winter of 1984-1985 ail the mate-
rial required for the campaign was assembled
LJ. Forest. Compte rendu et remarques générales/Report and general comments. In : Résultats des Campagnes
Musorstom 1. Philippines (18-28 mars 1976), Volume I. Mém. ORSTOM. 91. 1981 : 9-50, fig. 1-5, tabl. 1.
2. J. Forest. 1986. — La campagne Musorstom 2 (1980). Compte rendu et liste des stations/The Musorstom 2
Expédition (1980). Report and list of stations. In : Résultats des Campagnes Musorstom 1 et 2. — Philippines (1976, 1980),
Volume 2. Mém. Mus. nain. Hist. nat., (A). 133 : 7-30, fig. 1 et 2.
The translation into English of this report, and of the two preceding ones, is due to M" Mary Delahaye of the Institut
océanographique, Paris, to whom I extend my gratitude for her excellent collaboration.
COMPTE RENDU DE LA CAMPAGNE MUSORSTOM 3
11
expédié à Nouméa et embarqué sur le Coriolis.
Le navire appareillait le 15 mars à destination de
Djakarta, point de départ d’une campagne franco-
indonésienne Pechindon. Les autorisations de
travail dans les eaux indonésiennes n’ayant été
que tardivement accordées, cette campagne allait
être retardée puis considérablement écourtée,
mais le Coriolis atteindrait Manille avec deux
jours de retard, et le début de la campagne
Musorstom était dès lors fixé au 26 mai.
Le Coriolis entrait effectivement dans le port
de Manille le 23 mai vers 23 h et toutes les
dispositions étaient prises pour un appareillage à
la date prévue. L’équipe scientifique embarquait
le samedi 25 mai. Elle comprenait des chercheurs
de I’Orstom (P. Bourret et A. Crosnier), du
Centre national de la Recherche scientifique
(H. Zibrowius), du Muséum national d’Histoire
naturelle (M mc de Saint Laurent, M“ e C. Vadon,
P. Bouchet et moi-même) et une étudiante,
M" c M.-P. Triclot. Allaient également parti¬
ciper à la campagne deux chercheurs philippins
de l’Université des Philippines (N. Rosell) et du
National Muséum de Manille (R. Rivera), ainsi
qu’un biologiste chinois de l’Institut d’Océano-
logie, Academia Sinica, Qingdao (Y.-L. Wang).
Des difficultés imprévues allaient cependant
encore retarder la campagne. A mon arrivée à
Manille, le 20 mai, j’avais été informé que les
autorités des Philippines n’avaient pas encore
accordé la permission d’opérer dans les eaux
territoriales et, malgré les démarches de l’Ambas¬
sade de France, le 25 mai au soir nous attendions
toujours cette permission. Force était donc de
différer l’appareillage. Ce n’est que le jeudi
suivant, après de nouvelles démarches auprès des
autorités civiles et militaires, que nous parve¬
naient les documents officiels autorisant la cam¬
pagne. Celle-ci, avec l’accord de I’Ifremer, s’achè¬
verait non le 4 juin mais le 8 juin, sa durée
initialement prévue étant ainsi réduite d’un jour.
Pour faciliter le ravitaillement du navire et le
retour des personnels scientifiques à Manille, le
Coriolis ferait escale non à Zamboanga, mais à
Cebu.
La campagne MUSORSTOM 3
Le Coriolis, sous le commandement de Mon¬
sieur M. Vajllant, appareillait le vendredi 31 mai,
à 2 heures du matin et faisait route vers le lieu
des précédentes captures de Neoglyphea inopinaia
and then sent to Nouméa to be shipped on board
the Coriolis. The vessel set sail for Jakarta on
March 15 ,h from where the Franco-Indonesian
Pechindon was to set forth. As authorization to
work in Indonesian waters was much delayed, the
campaign started late and had to be considerably
shortened, but the Coriolis reached Manila only
two days late, so that the Musorstom campaign
was fixed to start on May 26‘\
The Coriolis did indeed enter Manila harbour
on May 23 rd at about 11 p.m. and was ready
to set sail on the date fixed. The scientific
team embarked on Saturday May 25 lh . It com-
prised researchers from Orstom (P. Bourret
and A. Crosnier), from Cnrs (H. Zibrowius)
and from the Muséum national d'Histoire natu¬
relle (M me de Saint Laurent, M" c C. Vadon.
P. Bouchet and myself), together with a student,
M llc M.-P. Triclot. Two Filipino scientists
(N. Rosell from the University of the Philippines
and P. Rivera from the National Muséum of
Manila) were also to take part in the campaign,
as well as a Chinese biologist (Y.-L. Wang) from
the Institute of Oceanology, Academia Sinica,
Qingdao.
Unforeseen difficulties were-however to delay
our departure still further. On my arrivai in
Manila on May 20"\ I was informed that the
Filipino authorities had not given permission to
operate in territorial waters and, despite efforts
made by the French Embassy, we were still
awaiting this permission on the evening of May
25 ,h . We were forced therefore to put off sailing.
It was not until the following Thursday that,
after renewed approaches to the civil and mili-
tary authorities, we obtained the official docu¬
ments authorising the expédition. Thus, with the
permission of Ifremer, the campaign ended not
on June 4 ,h but on June 8 th and lasted one day
less than planned. To make it more convenient
to take in provisions and allow the scientific
team to return to Manila, Coriolis put into port
at Cebu instead of Zamboanga.
The MUSORSTOM 3 Expédition
R.V. Coriolis, under the command of M.
Vaillant, set sail at 2 a.m. on Friday May 31 sl
en route for the place where Neoglyphea inopi-
nata had previously been caught (sector G). The
12
JACQUES FOREST
(secteur G). La première partie du programme
de la campagne prévoyait trois jours d’opéra¬
tions dans ces parages, avec des chalutages à
l’intérieur du secteur G pendant la période la
plus favorable, c’est-à-dire lorsque l’éclairement
est maximal, entre 9 h et 17 h, et une prospection
des fonds voisins en dehors de cette période.
Le Coriolis pénètre dans le périmètre des recherches
peu avant 9 h. Un premier trait ne donne que de
médiocres résultats, le chalut étant trop léger. Après le
montage d’une chaîne plus lourde, le second trait, vers
11 h, est beaucoup plus efficace. Parmi les nombreux
échinodermes, mollusques, crustacés décapodes et pois¬
sons, faune habituelle de ces fonds, figure le principal
objet de nos recherches, une femelle adulte, complète,
de Neoglyphea inopinata.
Sur les quatre traits suivants, deux ont des résultats
nuis ou médiocres, par suite de croches et de déchirures
du filet. Cependant au cours du sixième chalutage de
la journée, également marqué par une croche, un mâle
adulte de Neoglyphea est capturé, entre 16 h et 16 h 50.
Après un chalutage par 225 mètres, et, pendant la
nuit, trois dragages entre 500 et 800 mètres au nord et
au nord-ouest de l’île Lubang, le Coriolis reprend la
prospection du secteur G. Au cours de ce samedi
1" juin, sept chalutages se déroulent sans incidents,
avec de bons prélèvements, mais sans nouvelle capture
de Glyphéide. La nuit suivante est consacrée à des
chalutages fructueux entre 111 et 668 mètres, particu¬
lièrement dans le chenal de profondeur croissante qui
sépare Lubang de Luçon, dont les campagnes pré¬
cédentes avaient déjà montré la richesse et la diversité
faunistiques. En outre, un dragage est effectué sur un
haut fond corallien, par 13 mètres de profondeur. Le
second chalutage du dimanche 2 juin, dans le secteur
G, vers midi, fournit une autre femelle adulte de
Neoglyphea. Ce sera le dernier exemplaire de l’espèce
capturé pendant la campagne : après trois derniers
traits et une station hydrologique, le Coriolis quitte le
secteur G. En effet, le but majeur de la campagne était
atteint et la poursuite des recherches dans ces parages,
dans la perspective aléatoire de recueillir d’autres
Neoglyphea , aurait encore abrégé la courte période
dont nous disposions pour l’exploration biologique
d’une autre partie de l’archipel philippin.
Faisant route vers le sud, le navire effectue un
chalutage par 1 000 mètres dans la passe profonde de
Cavité et trois stations entre l'île Apo et la côte ouest
de Mindoro. Dans l'après-midi du mardi 3 juin, il se
trouve à l’entrée du détroit de Tablas. Pendant deux
jours, il prospecte les passes plus ou moins larges, plus
ou moins profondes, entre les îles Semirara et entre ces
îles et les côtes de Mindoro et de Panay. En dehors
d’un trait infructueux par 1 350 mètres, 13 chalutages
et 2 dragages entre 80 et 800 mètres environ fournissent
d'abondantes récoltes, notamment de spongiaires,
d’échinodermes, de coelentérés, de crustacés décapodes,
avec de nombreux poissons.
Le Coriolis entre le mercredi 5 juin au soir dans le
bassin méridional de la mer de Sibuyan dont le centre
first part of the programme was to take place in
this area, with trawling operations in sector G
during the most favourable period between 9
a.m. and 5 p.m., when light is best, to be
followed by prospection in neighbouring zones.
Coriolis arrived in this zone just before 9 a.m. The
first trawling produced poor resuit as the gear was too
light. After equipping with a heavier chain, the second
trawling at about 11 a.m. was much more successful.
Amongst the numerous echinoderms, mollusks, deca-
pods crustaceans and fishes, the usual fauna of these
waters, we found the main object of our search, a
complété adult female Neoglyphea inopinata.
Two out of the four following trawlings yielded
médiocre results or none at ail, owing to the net being
caught up and torn. However, during the sixth
trawling of the day, when the net was also caught up,
a male adult Neoglyphea inopinata was found between
4 and 4.50 p.m. After trawling 225 métrés dcep and
three dredgings during the night at depths between
500 and 800 m, north and north-west of Lubang
Island, Coriolis resumed prospection in sector G. On
Sunday June 1” seven trawlings were carried out
without incident, with good sampling, but no new
glypheid specimen was caught. The following night
was spent in profitable trawling at depths ranging
from 111 to 668 métrés particularly in the channel
separating Lubang and Luzon which gradually gets
deeper and where previous campaigns had revealed a
rich, diverse fauna. A shallow coral reef, 13 m deep,
was also dredged. A second trawling on Sunday June
2" d around midday in sector G produced another adult
female Neoglyphea. This was to be the last specimen
collected during the campaign. After two final trawlings
and one hydrological station, Coriolis left sector G. In
fact the main objective of the campaign had been
reached and to pursue research in this area, in the
uncertain prospect of finding other specimens of
Neoglyphea , would only curtailed the time remaining
for biological exploration of another part of the
Philippine archipelago.
On the way south Coriolis carried out one trawling
at depth of 1 000 m in the deep Cavité Pass and three
further hauls between Apo Island and the west coast
of Mindoro. On Tuesday afternoon of June 3' d the
ship had reached the entrance to the Strait of Tablas.
For two days, passes varying in depth and width were
prospected between the Semirara Islands and between
those islands and the coasts of Mindoro and Panay.
Apart from an unfruitful trawling 1 350 m deep,
13 trawlings and two dredgings between 80 and 800 m
in depth provided abundant samples, notably of
sponges. coelenterates, decapod crustaceans and nu¬
merous fishes.
In the evening of Wednesday June 5'\ Coriolis
entered the Southern part of the Sibuyan Sea, the
centre of which forms a hudge flat-bottomed basin
with relatively steep sides, attaining 1 400 m in depth.
Trawling at that depth produced numerous plant
COMPTE RENDU DE LA CAMPAGNE MUSORSTOM 3
13
forme une vaste cuvette à parois relativement abruptes, à
fond plat, atteignant 1 400 mètres. Un chalutage à
cette profondeur ramène de nombreux débris végétaux
et seulement quelques organismes benthiques : échino-
dermes et bivalves, mais aussi des poissons et des
crustacés bathypélagiques. Les autres traits à moindre
profondeur, rendus malaisés par les fortes pentes de la
cuvette, ne donnent lieu qu’à des récoltes médiocres.
Le jeudi 6 juin, en fin de journée, le Coriolis fait route
vers l'est.
Deux chalutages dans le chenal de Jinlolo, par 40 et
25 mètres environ, permettent de recueillir de nom¬
breux crustacés et échinodermes.
Le vendredi 7 juin au matin la campagne s'achève
avec trois traits de chalut au nord-est de Cebu. Le
Coriolis est à quai dans le port de Cebu le même jour à
17 h.
Remarques techniques sur la campagne
Les caractéristiques du N. O. Coriolis ont été
décrites dans le compte rendu de la campagne
Musorstom 2. Le seul chalut utilisé a été,
comme en 1980, un chalut à perche de 4 mètres
et tous les dragages ont été pratiqués avec la
drague rectangulaire de 1,20 x 0,50 m.
Les 60 stations effectuées se décomposent en
48 chalutages, 11 dragages et une station hydro¬
logique à proximité des fonds à Glyphéides.
Les chalutages et dragages (fig. 1 et, pour le
secteur G, fig. 2) se répartissent de la façon
suivante en fonction des profondeurs :
Chalutages : 26-100 m : 4 traits
100-200 m : 21 traits
200-500 m : 14 traits
500-1 000 m : 6 traits
1 000-1 400 m : 3 traits
Dragages : 13-100 m : 4 traits
100-200 m : 2 traits
200-500 m : 1 trait
500-865 m : 4 traits
A l’exception d’un trait nul, par 1 350 mètres,
l’engin ne semblant pas avoir atteint le fond, le
chalut a fonctionné de façon satisfaisante. Les
croches ont été peu nombreuses, sans aucune
rupture de perche, et, même avec de sérieuses
déchirures du filet, l’échantillonnage n’a jamais
été négligeable.
Il faut cependant constater que, dans l’ensemble
et, comme en 1980, les récoltes du Coriolis ont
toujours été quantitativement moins importantes
que celles du Vauban en 1976. Les engins et la
technique de chalutage étant les mêmes, avec une
débris, but only a few benthic organisms : echino-
derms and bivalves. Some bathypelagic fishes and
crustaceans were also collected. It was more difficult
to trawl at shallower depths owing to the steep walls
of the basin and results were poor. On Thursday June
6 '\ towards evening, Coriolis sailed eastwards.
Thanks to two trawlings in Jintolo Channel at a
depth of about 40 to 25 m numerous crustaceans and
echinoderms were caught.
The campaign ended on the morning of Friday June
7 lh wilh three trawlings north-east of Cebu. Coriolis
put into port at Cebu at 5 p.m. the same day.
Technical aspects of the expédition
The main features of R.V. Coriolis hâve
already been described in the report on Musors¬
tom 2 Expédition. As in 1980 the only trawl used
was a 4-m beam trawl and ail dredging was carried
out with a rectangular dredge 1.20 x 0.50 m.
The 60 stations taken in the course of the
expédition were distributed as follows : 48
trawlings, 11 dredgings and 1 hydrological sta¬
tion.
Trawlings and dredgings (Fig. 1 and, for
sector G, Fig. 2) were divided as follows,
according to depth :
Trawlings : 26-100 m : 4 hauls
100-200 m : 21 hauls
200-500 m : 14 hauls
500-1 000 m : 6 hauls
1 000-1 400 m : 3 hauls
. Dredgings : 13-100 m : 4 hauls
100-200 m : 2 hauls
200-500 m : 1 haul
500-865 m : 4 hauls
Apart from on fruitless haul at a depth of
I 350 m, the gear apparently not having touched
the bottom, the trawl functioned satisfactorily.
The net was not oflen caught up, the beam was
never broken, and even when the net was
severely torn, sampling was never negligible.
It should be noted however that, just as in
1980, the amounts collected by Coriolis were
always smaller than those obtained by the Vauban
in 1976. The trawling gear and technique being
the same and the speed of each operation being
identical, this fact is hard to explain. Perhaps it
should be attributed to the great différence in
14
JACQUES FOREST
Fig. 1. Carte des stalions de la campagne Musorstom 3 (• : chalutages: A : dragages). Pour le secteur G, voir fig. 2.
Map of stations of the Musorstom 3 Expédition (• trawlings ; A : dredgings). For the sector G. see fig. 2.
vitesse de trait identique, ce fait reste inexpliqué.
Peut-être faut-il l’attribuer à la grande différence
de tonnage des navires en question : le chalut à
perche, engin de faibles dimensions et relative¬
ment léger, resterait plus étroitement en contact
avec le fond lorsqu’il est remorqué par un navire
de petite taille.
Résultats
Neoglyphea i no pi n ata. — Une femelle a été
capturée à la station 87, le 31 mai, entre 10 h 24
et 11 h 00. un mâle à la station 91, le même jour,
entre 16 h 00 et 16 h 50, et une seconde femelle à
la station 109, le 2 juin, entre 11 h 27 et 12 h 17.
tonnage between the two ships ; the beam trawl
is small in size and relatively lighl, thus remai-
ning in doser contact with the bottom when
trawled by a smaller ship.
Results
Neoglyphea inopinata. A female was
captured at station 87 on May 31 st between 10.24
and 11 a.m., a male was caught on the same day
at station 91 between 4 and 4.50 p.m. and a
second female at station 109 on June 2" d between
11.27 and 12.17 a.m.
COMPTE RENDU DE LA CAMPAGNE MUSORSTOM 3
15
Fig. 2. Représentation schématique des chalutages dans le secteur G. Le cercle qui entoure le numéro de station marque le
point de départ du trait. Les chiffres non cerclés indiquent les profondeurs.
Schcmatic figuration of the trawlings in the sector G. The circle around the station number indicatcs the starting
point of the haul, figures without circle the depths.
16
JACQUES FOREST
Alors que 18 chalutages ont été effectués dans
le secteur G (fig. 2), trois traits seulement ont été
positifs. On constate que ces traits sont très
voisins de ceux au cours desquels ont été obtenus
les autres spécimens (cf. Forest, 1981, fig. 4 et
1986, fig. 2).
La récolte de deux femelles adultes de Neogly¬
phea inopinata est d’une grande importance non
seulement pour la connaissance de l'espèce, mais
aussi pour celle du grand groupe mésozoïque
des Glyphéides. L’étude morphologique de ces
femelles, par Forest et de Saint Laurent, figure
dans le volume 5 en complément de la descrip¬
tion publiée en 1981, qui ne portait que sur des
mâles adultes et un juvénile de chaque sexe. Elle
est accompagnée de remarques sur l’éthologie, la
reproduction et la croissance, fondées sur les
données recueillies au cours des trois campagnes
Musorstom.
Faune benthique. - La prospection de la
faune benthique des Philippines, particulière¬
ment entre 200 et 1 000 mètres de profondeur, a
été poursuivie, avec en premier lieu, de nouveaux
prélèvements dans des régions déjà explorées
précédemment.
Comme en 1976 et 1980, le Coriolis a d’abord
opéré, nous l’avons dit, dans le secteur G, dans
les parages de l’île Lubang et le passage large et
profond séparant cette île, et les hauts fonds qui
la prolongent vers le nord, de la côte ouest de
Luçon. Les dragages et chalutages pratiqués sur
ces mêmes fonds ont permis de retrouver une
grande partie des espèces déjà capturées et
d’obtenir de nouvelles données sur leur distribu¬
tion. Mais des espèces absentes des prélèvements
antérieurs ont été découvertes. Même dans le
secteur G, ratissé par plus de 50 chalutages
pendant les précédentes campagnes, certains
éléments ont été capturés pour la première fois
en 1985. C’est le cas d’une espèce nouvelle
d'Ebalia (Crustacé Leucosiidae) décrite dans le
volume 5 par H. Chen d’après un spécimen
unique recueilli en même temps que la première
femelle de Neoglyphea.
Comme en 1980, pour tenir compte de la très
brève durée de la campagne, c’est à une région
relativement proche des fonds à Glyphéides que
la prospection a été étendue. Alors qu’en 1980 le
Coriolis avait opéré dans le passage séparant
Luçon de Mindanao et dans le nord de la mer de
Although 18 trawlings were carried out in
sector G (Fig. 2), only three hauls were positive.
As a matter of fact, these hauls were obtained
very close to where the other specimens had been
caught. (Forest 1981 : Fig. 4; 1986 : Fig. 2).
The capture of two adult females of Neoglyphea
inopinata is of great importance for the know¬
ledge of the species, as well as for that of the
Mesozoic glypheids. A morphological account of
the female characters and sexual dimorphism is
given by Forest & de Saint Laurent in vol. 5 as a
complément to the description of adult males
published in 1981. It is complemented by remarks
on the ethology, reproduction and growth, as
they may be infered from the data of the three
Musorstom Expéditions.
BENTHIC FAUNA. - The fauna of the Philip¬
pines, particularly between 200 and 1 000 m in
depth, was prospected first of ail by new samplings
made in the régions previously explored.
As in 1976 and 1980, Coriolis first opérated, as
mentioned, in sector G in the neighbourhood of
Lubang Island and the wide, deep passage
separating this island, together with the shallows
extending northwards, from the west coast of
Luzon.
During the dredgings and trawlings carried
out in this area, a large number of species
already captured were found again, and new
data were obtained concerning their distribution.
Species absent in former samplings were also
discovered. Even in sector G, combed by more
than 50 trawlings during earlier campaigns, some
species were obtained for the first time in 1985.
This was the case of a new species of Ebalia
(Leucosiidae Crustacea) described by Chen in
the next volume from a unique specimen collect-
ed at the same time as the first female Neogly¬
phea.
Just as in 1980, owing to the very short span
of time at our disposai for the campaign,
prospection was extended to an area relatively
close to the Glypheid bottom. Whereas in 1980
Coriolis operated in the passage separating Luzon
from Mindoro and in the north from the
COMPTE RENDU DE LA CAMPAGNE MUSORSTOM 3
17
Sibuyan, il s’est cette fois dirigé vers le sud,
longeant la côte de Mindoro. Comme nous
l’avons indiqué dans la relation de la campagne,
une première série de stations à l’entrée du
détroit de Tablas a fourni un matériel abondant.
Les échantillons ont été recueillis à diverses
profondeurs dans les passages par lesquels la mer
intérieure communique avec la mer de Chine. La
faune benthique est apparue comme manifeste¬
ment plus pauvre dans la partie sud de la mer de
Sibuyan, vaste cuvette profonde enserrée entre
les îles. Les dernières récoltes ont été faites au
nord-est de l’île de Cebu.
Bien que nous n’ayons disposé que de moins
de cinq jours pour prospecter un nouveau secteur
géographique, l’étude des échantillons collectés
en 30 stations, pendant ce court laps de temps,
sera à l’origine de nouveaux progrès dans la
connaissance de la faune marine des Philippines.
Pour les espèces retrouvées, de nouvelles localités
s’ajouteront à celles déjà signalées. En ce qui
concerne la composition des peuplements, il est
difficile pour l’instant de procéder à des compa¬
raisons en fonction de la situation géographique
des prélèvements. En effet l’étude du matériel
n’en est encore qu’à son début. Nous avons
cependant constaté qu'à des niveaux bathymétri-
ques identiques, la faune benthique du détroit de
Tablas diffère notablement de celle observée
entre Lubang et Luçon. Des espèces encore non
rencontrées jusqu'à présent ont été recueillies.
Ainsi, toujours en ce qui concerne les Crabes
Leucosiidae étudiés par H. Chen dans le volume 5,
le matériel provenant de trois campagnes com¬
prend 40 espèces, mais 11 d’entre elles, dont
quatre nouvelles, n'ont été récoltées que pendant
Musorstom 3.
Bilan provisoire
des campagnes MUSORSTOM
Après trois campagnes d’exploration biolo¬
gique aux Philippines, il n'est pas inutile de
dresser un bilan succinct de ce que chacune a
apporté et de présenter quelques commentaires
sur l'état actuel de l’exploitation des collections.
En ce qui concerne les recherches sur les
Glyphéides actuels, la première campagne, dési¬
gnée aujourd'hui sous le nom de Musorstom I, a
été sans doute la plus marquante. Partant de
données que l’on pouvait considérer comme
incertaines, elle a atteint son but essentiel.
Sibuyan Sea, this time she sailed southwards
along the coast of Mindoro. As we indicated in
the report on this campaign the first sériés of
stations at the entrance to Tablas Strait yielded
abundant material. Samples were collected at
different depths in the passages through which
the inland sea communicates with the China Sea.
Benthic fauna appeared to be much poorer in the
Southern part of the Sibuyan Sea, which is a vast,
deep basin enclosed by the islands. The last
collections were made north-east of Cebu Island.
Although we had less than five days during
which to prospect a new geographical sector, the
study of samples collected at 30 stations during
this short lapse of time were to lead to new
advances in our knowledge of the marine fauna
of the Philippines. In relation to the species
found, new localities were discovered to add to
those already recorded. As for the composition
of the population, it is difficult at présent to
draw comparisons with regard to the géographie
situation of the samplings. In fact we are only
just beginning to study this material. We hâve
noticed however that at identical bathymétrie
levels, the benthic fauna of Tablas Strait clearly
differs from that observed between Lubang and
Luzon. Thus, to take the example of Leucosiidae
crabs described by Chen in the fifth volume, the
material from the three campaigns comprises 40
species, 11 of which though, among them four
new ones, were obtained only during Musors¬
tom 3.
Provisional summary
of the MUSORSTOM Expéditions
After three campaigns of biological explora¬
tion in the Philippines, it seems of interest to try
and assess what each of them has contributed,
and make some comments on the présent State of
exploitation of the collections.
Concerning research on present-day glypheids,
the first campaign now called Musorstom I was
no doubt the most remarkable. Starting off with
data which could be considered uncertain, this
campaign fulfilled its primary aim viz. finding
Neoglyphea inopinata. Thanks to the nine indivi-
18
JACQUES FOREST
retrouver Neoglyphea inopinata. Grâce à la prise
de neuf individus, dont sept mâles adultes, la
description de l'espèce a pu être complétée, au
moins en ce qui concerne ce sexe. Sa distribution,
apparemment très restreinte a été précisée, alors
que les conditions de capture fournissaient des
éléments d'information sur son écologie et son
éthologie.
La campagne suivante, en 1980, vraisembla¬
blement parce qu’elle a eu lieu dans une période
défavorable de l'année, a été décevante dans la
mesure où un seul individu, un mâle encore et de
petite taille, a été recueilli.
La dernière campagne a été plus heureuse
puisque des femelles adultes ont été enfin décou¬
vertes.
Nous avons ainsi finalement obtenu tous les
éléments permettant de connaître la morphologie
et l'anatomie interne de Neoglyphea inopinata. Si
l’on n’a encore aucune certitude en ce qui
concerne sa reproduction et son développement,
l'interprétation des structures morphologiques
permet certaines hypothèses à cet égard, en
particulier sur le caractère probablement abrégé
de son développement, avec une phase pélagique
courte ou même absente. De même d’autres
hypothèses peuvent être émises, sur la composi¬
tion de la population de Neoglyphea en fonction
des tailles observées aux différentes époques de
l’année où ont eu lieu les récoltes (Forest & de
Saint Laurent, volume 5).
Quels sont les apports des campagnes à la
connaissance de la faune des Philippines? Une
première remarque concerne la localisation des
prélèvements. En gros, le domaine géographique
exploré est situé au large des côtes occidentales
des Philippines, des abords de la baie de Manille
au détroit de Tablas, et s’étend dans les eaux
intérieures jusqu’au nord et au sud de la mer de
Sibuyan, avec quelques stations au nord-est de
Cebu. Les recherches ont été intensives sur les
fonds à Glyphéides, avec plus de 70 chalutages
entre 180 et 210 mètres de profondeur dans un
rayon de moins de deux milles. En dehors de ce
secteur, les stations ont été effectuées entre
une vingtaine de mètres et 1 600 mètres, mais
la majorité dans la zone bathyale, de 200 à
1 000 mètres. Ce n’est donc qu’une faible partie
de l’immense domaine marin des Philippines qui
a été prospectée. Certes, bon nombre d’espèces
sont très largement distribuées à travers l’archi¬
pel. Cependant, à des profondeurs comparables.
duals collected, among which seven adult males,
the description of the species has been completed
at least as regards the male sex. Details of its
apparently restricted distribution hâve been
obtained, and the conditions of capture provided
element of information concerning its ecology
and ethology.
The following campaign, in 1980, probably
because it took place at an unfavourable period
of the year, was disappointing in so far as only
one single individual, another male, small in size,
was obtained.
The last campaign was more fortunate for two
adult females were found.
Thus finally we hâve ail the factors needed to
détermine the morphology and internai anatomy
of Neoglyphea inopinata.
We are still uncertain as to its reproduction,
but interprétations of morphological structures
led to the hypothesis that the development is
abbreviated, without a pelagic phase, or with a
short one only. Presumptions about the structure
of Neoglyphea populations may also be infered
from the sizes of the specimens and the months of
capture (Forest & de Saint Laurent, volume 5).
What contributions hâve these campaigns made
to our knowledge of the benthic fauna of the
Philippines? First a remark should be made
about the localization of the samplings. The
geographical area explored is situated for the
most part off the west coasts of the Philippines,
from the approaches to Manila Bay to Tablas
Strait, extending into the inner waters to the
northern and Southern parts of the Sibuyan Sea,
with a few stations north-east of Cebu. Intensive
research was carried out on the glypheid bot-
toms, with over 70 trawlings between 180 and
210 m at depth, ranging in a radius of less than
two nautical miles. Beyond this sector, stations
were made between depths of some 20 métrés to
1 600 m, mostly in the bathyal zone between 200
and 1 000 m. Only a small part of the immense
marine domain of the Philippines has therefore
been prospected. A great number of species are
indeed very widely distributed throughout the
archipelago. Yet at comparable depths we noticed
différences in communities between relatively
close localities. Ail the more reason to believe
that other, more or less distant areas, can
harbour a clearly distinct fauna. It is particularly
significant to compare the collections of the
Musorstom Expéditions carried out in a limited
COMPTE RENDU DE LA CAMPAGNE MUSORSTOM 3
19
nous avons noté des différences de peuplement
entre les localités relativement proches. A plus
fortes raisons, d’autres régions, plus ou moins
éloignées peuvent abriter une faune notablement
distincte. Tout à fait significative à cet égard est
la comparaison entre les collections des campagnes
Musorstom dans un espace géographique res¬
treint et celles de 1 ’AIbatross, qui, de 1908 à 1910,
a pratiquement couvert toutes les Philippines.
Dans les régions où le Vauban et le Coriolis ont
par la suite opéré, les prélèvements du navire
américain, moins nombreux, ne comprennent
qu’une petite partie des espèces que nous avons
obtenues. En revanche, dans d'autres régions,
YAlbatross a recueilli beaucoup d’espèces absen¬
tes de nos récoltes.
Limitées sur le plan géographique et dans une
certaine mesure sur le plan bathymétrique, puis¬
qu’il n’y a eu que peu de stations au-delà de
1 000 mètres, les campagnes Musorstom ont
montré la très grande richesse du benthos philip¬
pin. En un peu plus de 200 chalutages ou dra¬
gages réalisés en 30 jours en tout, des collections
zoologiques considérables ont été rassemblées.
On peut juger de leur intérêt par les travaux
déjà publiés dans les Résultats des campagnes
Musorstom. Dans les précédents volumes, parus
en 1981, 1986 et 1987, et dans ceux-ci, les
quatrième et cinquième de la série, de nom¬
breuses formes nouvelles ont été décrites, alors
que, souvent, une partie importante des espèces
précédemment connues étaient signalées pour la
première fois des Philippines.
Cependant, la richesse du matériel est telle que
la fraction étudiée jusqu'à présent ne correspond
qu’à une part minime de sa masse globale. Ainsi,
dans des groupes dont les échantillons sont
particulièrement nombreux et diversifiés comme
les Mollusques Gastropodes et les Crustacés
Décapodes, l’étude ne peut progresser que pas à
pas, famille par famille ou même genre par
genre. Ceci signifie que Gastropodes et Déca¬
podes ne pourront être complètement étudiés
qu’à longue échéance.
Ajoutons que d’autres groupes également
abondamment représentés, et certainement d'un
grand intérêt, comme les Coelentérés, dans leur
ensemble, restent pour l’instant inexploités, ce
qui reflète la pénurie mondiale en taxonomistes.
Le bilan établi dans le premier volume des
Résultats MUSORSTOM faisait état de 600 espèces
geographical field with those of the Albatross
which from 1908 to 1910 covered practically the
whole of the Philippines. In the régions where
the Vauban and Coriolis were later to operate,
the samplings, less numerous, made by the
American vessel, only included a small part of
the species we obtained. On the other hand, in
other régions, the Albatross collected many spe¬
cies lacking in our collections.
Limited from the geographical, and to some
extent from the bathymetrical point of view, as
there were few stations deeper than 1 000 meters,
the Musorstom Expéditions hâve revealed the
great wealth of the Philippine benthos. Consid¬
érable zoological material was collected in a little
over 200 trawlings or dredgings which were
carried out within 30 days in ail. Some idea of
the interest it présents may be gleaned from
papers already published in Results of the
MUSORSTOM Expéditions. In the preceding volu¬
mes, which appeared in 1981, 1986 and 1987,
together with these volumes, the fourth and the
fifth of the sériés, many new taxa hâve been
described, and a large number of species already
known were recorded for the first time in the
Philippines.
However the richness of the material collected
is such that only a small fraction has been
studied so far. In taxonomie groups where
samples are very numerous and diversified, Gas-
tropod Mollusca or Decapod Crustacea for
instance, study can progress but slowly, family
by family, or genus by genus. It means that the
study of the Gastropods or Decapods will only
be completed in a rather distant future.
As for some other groups, also well represen-
tated and of great interest, for instance the whole
Coelenterata, they remain unworked for the time
being which testifies to the shortage of taxono-
mists round the world.
The évaluation in the first volume of Results
MUSORSTOM mentionned the identification of
600 species. Among the new taxa there were
80 species (about 13 %) and 9 généra (Forest,
1981 : 42). With the publication of the fourth
and fifth volumes of the Results the total num¬
ber of species recorded, obtained mainly during
the first and second campaigns, has reached
around 1 100, with 160 new species and almost
20
JACQUES FOREST
identifiées. Le nombre des taxa nouveaux s’éle¬
vait à 80 pour les espèces (soit environ 13 %) et à
9 pour les genres (Forest, 1981, p. 42). Avec
la publication du quatrième et du cinquième
volume de Résultats, le total des espèces recon¬
nues, et provenant surtout de la première et de la
seconde campagne, est passé à 1 100 environ,
avec 160 espèces nouvelles et près de 20 genres
ou sous-genres nouveaux. L’étude, dans l’un ou
l’autre des trois derniers volumes, de groupes
particulièrement mal connus, tels les Pagurides
Pylochelidae (vol. 3) ou les Spongiaires (présent
vol.) explique que le pourcentage de formes
nouvelles soit légèrement plus élevé aujourd’hui
(environ 15 %). Il est probable que ce pourcen¬
tage sera du même ordre pour le matériel qui
reste à exploiter et qui inclut maintenant les
collections des trois campagnes.
Ajoutons que les chiffres mentionnés ici ne
concernent que la faune des Philippines. Dans
certains cas, le matériel abondant provenant des
campagnes a servi de base à des révisions et on
peut trouver dans les Résultats MUSORSTOM des
descriptions de taxa nouveaux provenant de
diverses régions de l’Indo-Ouest-Pacifique, de
Nouvelle-Calédonie et de Madagascar en parti¬
culier, lesquels n’ont pas été pris en compte dans
le bilan présenté plus haut.
20 new généra or subgenera. The study, in one or
the other of the last three volumes, of some
groups of which we had little knowledge, such
as Pylochelidae (vol. 3) or Sponges (présent
volume), explains that the percentage of new
taxa is slightly higher today (around 15 %). This
percentage will probably be the same for the
material still to be exploited and which now
consists of collections from ail three campaigns.
The figures given here only concern fauna in
the Philippines. In certain cases the abundant
material from this area has served as basis for
révisions and in MUSORSTOM Results descrip¬
tions of new taxa to be found, from various
régions of the Indo-West Pacific, New Caledonia
and Madagascar in particular, which hâve not
been taken into account in the above évaluation.
COMPTE RENDU DE LA CAMPAGNE MUSORSTOM 3
21
Campagne Musorstom 3
31 mai-7 juin 1985
Liste des Stations 1
Abréviations :
CP Chalut à perche 4 mètres
DR Drague rectangulaire 1,20 * 0.50 m
A Croche sur le fond
B Filet déchiré
C Filet accroché à la perche
D Pas de contact avec le fond
E Contact possible avec le fond à la remontée.
Musorstom 3 Expédition
31 May-7 June 1985
List of Stations '
Abbreviations :
CP Beam Trawl 4 m
DR Rectangular Dredge 1.20 x 0.50 m
A Caught in the bottom
B Net torn
C Net caught on the beam
D Gear not at bottom
E Possible touch to the bottom while hauling up.
1. Stations numbers of Musorstom 3 are following those of
Musorstom 2.
Mon
Date
1985
Hour
0-24
Position
Lat. N-Long. E
Profondeur
Depih
(m)
E <r
L. cable
Wire oui
(mfn.r
Temp. surf. ("C)
et remarques
Surf. temp. rC)
86
31.05
9.00
14°00,4'- 120-17,8'
187
CP
500
30
—
9.30
i4°oi,r - i20°i8,r
192
—
87
31.05
10.24
14°00,6' - 120° 19,6'
197
CP
580
45
1 Neoglyphea 9
—
11.09
14°00,3' - 120“ 18,4'
191
—
—
88
31.05
12.00
14“00,5'- 120° 17,4'
183
CP
550
40
—
12.40
I4°00,6' - 120° 16.6'
187
—
—
89
31.05
13.27
14°01,0' - 120°17,r
191
CP
550
42
30,9“-A, B
—
14.09
13*59,7' - 120° 18,2'
187
—
—
90
31.05
15.01
14*00,1' - 120° 18,6'
195
CP
600
3
A
15.04
14*00.1'- 120-18,7'
195
91
31.05
16.00
14*00,1'- 120*17,8'
190
CP
500
50
1 Neoglvphea S
—
16.50
14*00.9'- 120*19.2'
203
—
—.
92
31.05
20.25
14*03,0'- 120*11,5'
224
CP
600
33
—
20.58
14*03,3' - 120*12,3'
224
—
—
93
1.06
00.25
13*48,6' - 120*02,4'
540
DR
1 000
25
—
00.50
— —
—
—
—
94
1.06
01.23
13*47,4' - 120*03,4'
842
DR
6
30.3*
—
01.29
13*47,2'- 120*03,6'
—
—
95
1.06
07.30
13*55.8'- 119*59,3'
865
DR
1 200
8
30,3"
—
01.29
— —
—
96
1.06
09.47
14*00,3'-120*17,3'
190
CP
480
38
10.25
14*00.3'- 120*18,4'
194
97
1.06
11.06
14*00,7'-120*18,8'
194
CP
600
34
—
11.40
14*00,0'- 120*17,8'
189
—
98
1.06
12.30
14*00,2'- 120*17,9'
194
CP
550
40
—
13.10
14*00,5'- 120*19,4'
205
—
—
99
1.06
13.50
14*01,0'- 120*19,5'
204
CP
550
35
30,8*
—
14.25
14*00,9'- 120*18,2'
196
—
—
100
1.06
15.13
14*00.0'- 120*17,6'
189
CP
550
40
15.53
14*00.4'- 120*19,0'
199
101
1.06
16.35
14*00,15'- 120*19,25'
196
CP
550
50
—
17.25
14*00,15'-120*18.2'
194
—
—
102
1.06
18.03
14*00,8'- 120*17,8'
192
DR
400
10
30,5”
—
18.13
— —
—
—
—
103
1.06
20.30
14*00,4'-120*18,15'
193
CP
550
40
—
21.10
14*00,3'- 120*19,6'
200
—
—
Source : MNHN, Paris
22
JACQUES FOREST
Station
Date
1985
0-24
Position
Lal. N-Long. E
Profondeur
Depth
(m)
s;
L. cable
Wire nut
Duration
Temp. surf. (“C)
et remarques
Surf. temp. ("C)
and remarks
104
1.06
22.05
13“55,7' - 120°21,6'
13
DR
70
5
22.10
— —
—
—
—
105
1.06
23.25
13°52,6' - 120°29,6'
417
CP
900
35
00.00
13"51.8' - 120°30,2'
398
—
—
106
2.06
01.44
13°47,0' - 120“30,3'
668
CP
1 200
40
30,3“
— 1
02.24
I3“48.I'- 120°30.7'
640
—
—
107
2.06
08.05
14“01,9' - 120°27.9'
115
CP
300
25
30.4“
—
08.30
14“02,0' -120“27,5'
111
—
—
108
2.06
10.11
14 o 01,l'- 120° 17,9'
195
CP
550
42
—
10.53
14°00,2' - 120° 17,15'
188
—
—
11.27
14“00,2' - 120° 17,6'
190
CP
550
50
31,0°
12.17
14“00.4'- 120° 19,0'
198
—
1 Neogtyphea 9
110
2.06
13.09
13°59,5' -120“18,2'
187
CP
550
33
C
—
13.42
14“00,3'- 120” 17,2'
193
—
111
2.06
14.38
I4“00,l'-120“17,5'
193
CP
550
50
—
15.28
14°00.5‘ - 120° 19,4'
205
—
—
112
2.06
16.12
14°00,2' - 120° 19,2'
199
CP
550
60
31,1“
—
17.12
14“00,3'- 120° 17,8'
187
—
—
113
2.06
17.35
13°58,6' - 120°17,8'
184
Hydrologie
—
18.25
13°59,0' -120°18,2'
187
114
2.06
22.11
13°34,2' - 120°29,1'
1 000
CP
2 000
27
22.38
13“33,8' - 120“28,1'
1 040
—
115
3.06
07.35
12°32,3' - 120“44,4'
794
DR
1 200
7
—
07.42
12“32,6' - 120“44.7'
—
—
116
3.06
09.03
12“32,2' - 120°46.4'
812
CP
1 700
32
—
09.35
I2°32,2' - 120°47.1'
804
—
—
117
3.06
11.47
12“31,2' - 120“39,3'
92
DR
180
10
30,2“
11.57
12°31,3' - 120"39,5'
97
—
118
3.06
17.15
11°58,6' - 121°05,5'
466
CP
1 100
30
—
17.55
ir57.4'- 121°05,8'
448
—
—
119
3.06
19.40
11°59,7' - 121°12,7'
337
CP
900
55
29,9“
—
20.35
11 “57,9'- 121° 14,6'
320
—
—
120
3.06
22.00
12"05,6' - 121°15,6'
220
CP
500
40
—
22.40
12°06,7'-121“15,7'
219
—
—
121
3.06
23.20
12°08,3' -121°17,3'
84
CP
250
45
—
00.05
12°08,7' - 121“18,4'
73
—
—
122
4.06
06.42
12°20,0' - 121 °41,6'
673
CP
1 400
40
07.22
12“20,0' - 121°43,3'
675
—
—
123
4.06
09.09
12° 10,6' - 121 °45'
700
CP
1 400
40
—
09.49
12°10' - 121“45.5'
702
—
—
124
4.06
12.30
I2°02,6' - 121°35,3
123
CP
300
30
—
13.00
12“01,9' - 12T34.5'
120
—
125
4.06
14.12
11“57,7’- 121“28,5'
404
CP
800
24
29,5“
—
14.36
ll°57,r- 121°28,5'
388
—
126
4.06
16.25
1 1"49,2' - 121“22,r
266
DR
500
10
—
16.35
— —
—
—
—
127
4.06
17.57
Il “47,7'- 121°28,8'
475
CP
1 000
45
29,9“
—
18.42
H“47,8'- 121°30,5'
464
—
—
128
5.06
06.51
11 °49,7' - 12r41.2'
821
CP
1 600
40
30,3“
—
07.31
U“50,5'- 121°42,2'
815
—
129
5.06
10.47
ir'42,3'- 121°45,9'
1 350
CP
2 100
50
D
11.37
11“42,8' - 12r‘47.1'
1 350
—
COMPTE RENDU DE LA CAMPAGNE MUSORSTOM 3
23
Station
Date
1985
0-24
Position
Lat. N-Long. E
Profondeur
Depth
(m)
L. cable
Wire oui
(m)
Duration
Temp. surf. (°C)
et remarques
Surf. temp. ("C)
and remarks
130
5.06
13.20
11°36,7'
121“43,5'
195
DR
400
6
13.26
11 “36,6'
121-43,5'
178
—
—
131
5.06
14.06
11 “36,6'
121-43,0'
120
CP
300
9
31,2°
—
14.15
11°36,9'
121-42,9'
122
—
—
132
5.06
15.44
11"35,6'
121“45,5'
430
CP
800
6
A
—
15.50
—
—
—
—
133
5.06
18.42
11“57,8'
121-52,25'
390
CP
1 000
33
A. B
—
19.15
11“58,7' -
121-52,75'
334
—
134
5.06
20.44
12°01,1'
121-57,3'
92
CP
300
22
30,1°
—
21.06
12"01.2'
121-56,6'
95
—
135
5.06
22.30
11°58,6'
122-01,8'
551
CP
1 200
15
E
—
22.45
11-58,3'
122-02,3’
486
—
—
136
6.06
06.00
12-09.0'
122-13,8'
1 404
CP
2 150
40
—
06.40
12-09.8'
122-13,3'
—
—
avec lest
137
6.06
09.06
12 n 03,5'
122-05,8'
56
DR
150
10
—
09.16
—
—
—
—
138
6.06
11.05
11°53,8
- 122-15'
252
CP
550
25
—
11.30
11-53,4'
122-15.9'
370
—
—
139
6.06
12.19
11 0 52,9'
122-14,7'
240
CP
600
33
31,5°
—
12.52
11-54,15'
- 122-13,8'
267
—
—
140
6.06
16.15
11“42,6'
122“34,5'
99
DR
250
10
—
16.25
—
—
93
—
141
6.06
17.42
11-44,6'
122-44.1'
44
CP
200
30
18.12
11-44.6'-
122-45.35'
40
—
142
7.06
20.07
11-47'-
123“0I,5'
27
CP
150
37
30,6°
—
20.44
11“47,3
- 123-03'
26
—
—
143
7.06
04.15
11-28,3'
124-11.6'
214
CP
600
35
30,7"
—
05.50
11-29,1'
124-10,8'
205
—
—
144
7.06
07.57
11-12,7'
124-14.5'
379
CP
900
40
30,4“
08.27
11-11,3'
124-14,8'
383
—
—
145
7.06
10.44
11-01,6'
124-04,2'
214
CP
600
30
—
11.14
11-00,9'
124-04.3'
246
Source : MNHN, Paris
ÉSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM. VOLUME 4
RÉSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM. VOLUME 4
RÉSULTA
2
Spongiaires (MUSORSTOM 1 & 2)
Claude LÉVi & Pierrette Lévi
Muséum national d’Histoire naturelle
Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et malacologie
CNRS U A 699
57, rue Cuvier
75005 Paris
RÉSUMÉ
Description de 70 espèces de Spongiaires récoltés au
large de Manille (Mer de Chine méridionale) dans les
fonds à Neoglyphea inopinata et dans la mer intérieure
des Philippines. Description de 16 nouvelles espèces et
discussion sur la variabilité des caractères morpholo¬
giques des espèces locales de Discodermia Bocage et
Theonella Gray.
ABSTRACT
Sponges (MUSORSTOM 1 & 2) Islands are described. Sixteen new Species are erected.
The variability of morphological characters of Disco-
Seventy Sponge species, collected off Manilla on dermia and Theonella species are also discussed.
Neoglyphea grounds and between Luzon and Mindoro
Lévi, C. & Lévi, P., 1989. — Spongiaires (Musorstom 1 & 2). In : J. Forest (ed.), Résultats des
Campagnes Musorstom, Volume 4. Mém. Mus. natn. Hist. nat., (A), 143 : 25-103. Paris ISBN : 2-85653-150-4
26
CLAUDE LÊVI & PIERRETTE LÉVI
INTRODUCTION
Les Spongiaires des mers adjacentes aux Iles
Philippines sont encore peu inventoriés, alors
qu’il existe un ensemble de travaux relatifs aux
Éponges des mers indonésiennes et japonaises.
En fait, nous disposons actuellement des études
de Wilson (1925) sur les collections de VAlba-
tross et de Schulze (1887), Sollas (1888) et
Ridley & Dendy (1886) sur les éponges du
Challenger.
Les collections des deux missions Musorstom 1
et 2, constituées à bord des navires Vauban et
Coriolis proviennent pour l'essentiel de la mer de
Chine méridionale au large de Manille et pour
partie de la mer intérieure des Philippines, entre
les îles de Luçon et de Mindoro. On y trouve
quelques espèces bathyales et un lot d’espèces
récoltées entre 80 et 200 mètres de profondeur.
C’est donc un échantillonnage géographique et
bathymétrique assez restreint, qui résulte de
l’objectif principal de ces deux missions : la
recherche du crustacé Neoglyphea inopinata.
Compte tenu de la rareté des prospections
zoologiques, ces collections apportent d’intéres¬
santes informations, mais posent aux systémati-
ciens de nouvelles questions.
En ce qui concerne la variabilité intragéné-
rique, les nombreux spécimens de Lithistides du
genre Theonella montrent la difficulté qui sub¬
siste dans la prise en compte de la forme de
l’éponge et de la morphologie des divers types de
spiculés dans la définition des espèces. On par¬
vient à peine encore à regrouper certains spéci¬
mens d’une même station ou de deux stations
voisines sous un nom spécifique provisoire. A
l’opposé notons l'existence d’éponges telles que
les Tetractinellides Pachastrella, Characella, Poe-
cillastra ; malgré les différences morphologiques
de détail et certaines anomalies spiculaires nous
considérons que la même espèce a été trouvée
dans les trois grands océans.
Trop peu de spécimens des Lithistides Calli-
pelta ou Macandrewia sont encore connus pour
qu’on puisse apprécier la variabilité des phyllo-
triaenes de ces deux genres.
En ce qui concerne les Hyalonema, il reste à
trouver une grande population contenant toutes
les classes de taille de façon à pouvoir distinguer
ou confondre en un même taxon des groupes de
petits spécimens (H. globus) ou de grandes
éponges (H. topsenti).
Les deux espèces décrites par Wilson (1925)
Jaspis serpentina et Coelosphaera toxifera restent
deux énigmes. Si la première paraît bien être une
Axinellide comme l’a suggéré Burton (manuscrit
au BMNH), la seconde est encore inclassable. Sou¬
haitons que l’étude d’autres collections d’éponges
plus exhaustives récoltées entre 100 et 1 000 m
viennent lever plus tard toutes les ambiguités
taxonomiques actuelles.
Nous proposons dans ce travail la création de
16 nouvelles espèces.
Nous remercions pour leur aide M" 1 ' J. Pare-
tias (dessins) et M. A. Foubert (photographie)
ainsi que les Conservateurs des collections de
Spongiaires des Musées européens et américains,
notamment Miss S. Stone (British Muséum
Natural History), M. R. van Soest (Zoôlogisch
Muséum Amsterdam) et K. Rützler (American
Muséum of Natural History).
LISTE DES ESPÈCES
HEXACTINELL1DA
Pheronematidae
Semperella schuhei (Semper), 1868
Pheronema raphanus Schulze, 1894
Pheronema ijimai Okada, 1932
Hyalonematidae
Hyalonema polycoelum sp. nov.
Hyalonema apertum Schulze, 1886
Hyalonema globus Schulze, 1886
Hyalonema topsenti Ijima, 1926
Hyalonema sp.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
27
Farreidae
Farrea occa Bowerbank, 1862
Euretidae
Eurele schmidti Schulze, 1886
Eure te freelandi Ijima, 1926
Eurete farreopsis Carter, 1877
Tretodictyidae
Sclerothamnus clausi Marshall, 1875
Aphrocallistidae
Aphrocallistes beatrix Gray, 1858
Aulocystidae
Aulocystis zitteli Marshall & Meyer, 1877
Euplectellidae
Euplectella aspergillum Owen, 1841
Caulophacidae
Sympagella anomala Ijima, 1903
Rossellidae
Crateromorpha meyeri Gray, 1872
DEMOSPONG1AE
Plakinidae
Plakortis simplex Schulze, 1880
Plakina trilopha Schulze, 1880
Plakinastrella polysclera sp. nov.
Plakinolopha sarai sp. nov.
SCLERODERMA riDAE
Microscleroderma herdmani (Dendy, 1905)
Scleritoderma nodosum Thiele, 1900
Scleritoderma flabelliforme Sollas, 1888
Aciculites orientalis Dendy, 1905
Leiodermatiidae
Leiodermatium lynceus Schmidt, 1870
Jereicidae
Macandrewia rigida sp. nov.
Callipelta sollasi sp. nov.
Desmanthidae
Desmanthus incrustons Topsent, 1889
Theonellidae
Discodermia emarginata Dendy, 1905
Theonella cupola Burton, 1928
Theonella swinhoei Gray, 1868
Theonella cylindrica Wilson, 1925
Theonella calyx Dôderlein, 1884
Theonella sp.
Geodiidae
Isops ostracomorpha sp. nov.
Geodinella sphaerastrosa Wilson, 1925
Erylus cornutus Wilson, 1925
Erylus philippinensis sp. nov.
Theneidae
Thenea grayi Sollas, 1888
Pachastrellidae
Characella pachastrelloides (Carter, 1876)
Pachastrella monilifera Schmidt, 1868
Brachiaster simplex Wilson, 1925
Poecillastra laminaris Sollas, 1888
Poecillastra incrustons Sollas, 1888
Stellettidae
Aurora trichophora sp. nov.
Tetillidaf.
Chrotella macellata Sollas, 1888
Chondrosiidae
Chondrillastra australiensis (Carter, 1873)
Tethyiidae
Aaptos aaptos Schmidt, 1864
Suberitidae
Rhizaxinella nuda Wilson, 1925
Timeidae
Timea ornata sp. nov.
Hemiasterellidae
Hemiasterella typus Carter, 1879
Jaspis serpentina Wilson, 1925
Axinellidae
Phakellia slelliderma sp. nov.
Bubaris salomonensis Dendy, 1921
Rhabderemiidae
Rhabdosigma forcipula sp. nov.
Agelasidae
Agelas gracilis Whitelegge, 1897
Biemnidae
Tylodesma alba Wilson, 1904
Biemna gellioides sp. nov.
Source : MNHN, Paris
28
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
Myxillidae
Forcepia foresii sp. nov.
Forcepia koltuni sp. nov.
Clathriidae
Clathria aculeata Ridley. 1884
Microciona acanthotoxa sp. nov.
COELOSPHAERIDAE
Coelodischela diatomorpha Vacelet et al.. 1976
Halichondriidae
Raphisia suluensis (Wilson), 1925
Petrosiidae
Petrosia brachysclera sp. nov.
Strongylophora durissima Dendy, 1905
Xestospongia testudinaria (Lamarck, 1815)
Xestospongia testudinaria fistuliphora Wilson, 1925
Incertae sedis
(?) Coelosphaera toxifera Wilson, 1925
Microtylostylifer anomalus Dendy, 1924
LISTE DES STATIONS
MUSORSTOM 1
St. 3. — 19.03.76, 14-or N, 120°16'E, 183-185 m : Eurete farreopsis Carter, Pachastrella monilifera Schmidt,
Poecillastra incrustons Sollas, Microciona acanthotoxa sp. nov.
St. 18. — 21.03.76, 13“56'N, 120° 16' E, 150-159 m : Aulocystis zitteli (Marshall et Meyer), Discodermia
emarginata Dendy Theonella cupola Burton, Erylus philippinensis sp. nov.
St. 26. — 22.03.76, 14°00'N, 120°16'E, 189 m : Aphrocallistes beatrix Gray.
St. 27.^-— 22.03.76, 13°59'N, 120“18'E, 192-188 m : Eurete farreopsis Carter, Aphrocallistes beatrix Gray,
: Scleriloderma flabelliforme Sollas.
: Eurete schmidti Schulze, Aphrocallistes beatrix Gray.
: Eurete schmidti Schulze, Aphrocallistes beatrix Gray,
Geodinella sphaerastrosa, Wilson.
St. 31. — 22.03.76, 14°00'N, 120° 16' E, 187-195 m :
St. 32. — 23.03.76, 14°02'N, 120°17'E, 193-184 m :
St. 35. 23.03.76, 13°59' N, 120°18'E, 186-187 m :
Leiodermatium lynceus Schmidt, Geodinella sphaerastrosa Wilson.
St. 45. — 24.03.76, 13°46'N, 120“23'E, 100-180 m : Aphrocallistes beatrix Gray.
St. 47. 25.03.76, 13°33' N, 122"10' E, 757-685 m : Hyalonema apertum (Schulze), Aphrocallistes beatrix Gray.
St- 51. — 25.03.76, 13"49' N, 120“04' E. 200-170 m : Characella pachastrelloides (Carter).
St- 57. 26.03.76, 13°53' N, 120°13' E, 107-96 m : Plakinastrella polysclera sp. nov.. Scieriroderma flabelli¬
forme Sollas. Macandrewia rigida sp. nov., Callipelta sollasi sp. nov., Discodermia emarginata Dendy,
Theonella cupola Burton, Thenea grayi Sollas, Forcepia koltuni sp. nov.
St. 60. 27.03.76, 14°06' N, 120”18' E, 129-124 m : Pheronema ijimai Okada, Eurete schmidti Schulze, Erylus
philippinensis sp. nov., Hemiasterella typus Carter.
St. 63. 27.03.76, 14°00'N, 120”15'E, 191-195 m : Eurete farreopsis Carter.
St. 73. — 28.03.76, 14°15'N, 120°31'E, 76-70 m : Chrotella macellata Sollas.
MUSORSTOM 2
St. 1. — 20.11.80, 14°00' N, 120°19' E, 198-188 m : Crateromorpha meyeri Gray, Macandrewia rigida sp. nov.,
Brachiasler simplex Wilson, Poecillastra incrustons Sollas, P. laminaris Sollas, Chrotella macellata Sollas,
Forcepia foresti sp. nov., Petrosia brachysclera sp. nov.
St. 4. 20.11.80, 14“01'N, 120°17'E, 182-194 m : Euplectella aspergillum Owen.
St. 8. 21.11.80, 13°55' N, 120°20'E, 85-90 m : Plakortis simplex Schulze, Placinolopha sarai sp. nov.,
Microscleroderma herdmani (Dendy), Desmanthus incrustons (Topsent), Theonella cupola Burton, T.
swinhoei Gray, T. cylindrica Wilson, T. calyx Dôderlein, Poecillastra laminaris Sollas, Time a ornata sp.
nov.. Jaspis serpentina Wilson, Bubaris salomonensis Dendy, Rhabdosigma forcipula sp. nov. Agelas
gracilis Whitelegge, Biemna gellioides sp. nov., Coelodischela diatomorpha Vacelet, Vasseur. Lévi.
Strongylophora durissima Dendy, Xestospongia testudinaria (Lamarck), X. testudinaria fistulophora
Wilson, Coelosphaera toxifera Wilson, Microtylostylifer anomalus Dendy.
St. 14. — 21.11.80, 13°59'N, 120° 19' E, 190 m : Eurete schmidti Schulze.
St. 17. — 22.11.80, 14°00'N, 120“ 17' E, 174-193 m : Scleriloderma flabelliforme Sollas, Poecillastra laminaris
Sollas, Petrosia brachysclera sp. nov.
St. 28. 23.11.80, 13°41'N, 120“50'E. 80-110 m : Scleriloderma nodosum Thiele, Discodermia emarginata
Dendy, Theonella cupola Burton, T. swinhoei Gray, T. cylindrica Wilson, Aurora trichophora sp. nov.,
Chrotella macellata Sollas, Aaptos aaptos Schmidt, Timea ornata sp. nov.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
29
St 29. 23.11.80, 13-42'N, 120°50' E, 119-204 m : Plakina irilopha Schulze, Scleriroderma flabellforme
Sollas, Theonella cylindrica Wilson.
St. 33. 24.11.80, 13°32' N, 124“07' E, 130-137 m : Sclerotliamnus clausi Marshall, Aulocytis zitteli (Marshall
et Meyer), Scleritoderma flabelliforme Sollas, Isops ostracomorpha sp. nov., Hemiasterella typus Carter,
Forcepia foresli sp. nov., Raphisia suluensis (Wilson).
St. 36. — 24.11.80, 13-31'N, 121°23'E, 595-569 m : Hycdonema polycoelum sp. nov., H. topsenti Ijima,
Aphrocallistes beatrix Gray.
St. 38. 25.11.80, 12°53' N, 122"26' E, 1 650-1 660 m : Aphrocallistes beatrix Gray, Sympagella anomala Ijima.
St. 39. — 25.11.80, 13°02'N, 122°37'E, 1 030-1 190 m : Pheronema raphanus Schulze, Hyalonema polycoelum
sp. nov. H. apertum Schulze, H. globus Schulze, H. topsenti Ijima, Hyalonema sp., Farrea occa
Bowerbank.
St. 40. — 25.11.80, 13°07'N, 122°39'E, 440-280 m : Aphrocallistes beatrix Gray.
St. 41. - 25.11.80, 13 ü 15'N, 122°45' E, 176-172 m : Rhizaxinella nuda Wilson.
St. 45. — 26.11.80, 13-26'N, 122° 18' E, 500-447 m : Aphrocallistes beatrix Gray.
St. 46. — 26.11.80, 13°25'N, 122"17'E, 445-520 m : Hyalonema polycoelum sp. nov., Thenea grayi Sollas,
Characella pachastrelloides (Carter).
St. 47. 26.11.80. 13”33'N. 122°10'E, 84-81 m : ChondrUlastra australiensis (Carter).
St. 51. — 27.11.80, 13”59'N, 120" 16' E, 170-187 m : Erylus cornutus Wilson.
St. 53. 27.11.80, 13°59'N. 120°18'E, 216-215 m : Eurete freelandi Ijima, Euplectella aspergillum Owen.
St. 56. — 28.11.80, 13-53' N, 119"56'E, 970 m : Semperella schultzei (Semper).
St. 62. — 29.11.80, 14°00'N. 120°17'E, 186-189 m : Aciculites orientalis Dendy, Discodermia emarginata
Dendy, Theonella swinhoei Gray.
St. 83. — 02.12.80, 13“55'N, 120°30' E, 320-318 m : Tylodesma alba Wilson.
Genre Semperella Gray, 1868
Semperella schultzei (Semper, 1868)
(Fig. 1)
Hyalonema schultzei Semper, 1868, Verhandl. der
Wiirzburg Gesell., 1 : 29.
Matériel. — MNHN : H CL 65 et H CL 66.
Localité. Musorstom 2, Station 56 ; 970 m.
Deux spécimens. Le plus grand mesure 350 mm
de long et 130 à 180 de large. Sa région
supérieure est arrondie. On voit à la surface des
crêtes longitudinales, qui séparent 4 « faces »,
dont la plus convexe mesure 30 à 90 mm de
large. A l’opposé une bande assez plate mesure
180 à 150 mm de large et deux faces latérales très
légèrement concaves mesurent 140 à 70 mm de
large. Ces quatre faces sont traversées par des
crêtes longitudinales partielles secondaires et par
des plis transverses. La grande face et la face
convexe opposées sont surtout exhalantes, les
deux autres sont presque exclusivement inha¬
lantes, mais la face convexe est mixte.
La base de l’éponge comporte une région de
60 mm de long où les faisceaux de basalia sont en
partie couverts et une zone d’ancrage de 60 mm
également à spiculés nus. Au total cette base
mesure 200 m de large et 50 mm d’épaisseur.
Spiculés. Pentactines de la base : actines de
800-1 000 fxm/100-380 fxm.
Pentactines à longues actines atteignant 8 mm/
50-100 jxm.
Pinnules dont le rayon distal mesure 170 à
450 fj.m/30-40 ^m de large. Les plus longues
sont osculaires.
Pinules plus rares, à rayon distal très étroit à
la base : 2 [im, puis s’épaississant jusqu'à
atteindre 30 jxm à l’extrémité; longueur 180-
190 ixm.
Uncinètes atteignant 2,5 mm.
Pentactines et hexactines à fortes épines : actines
de 70-150 (xm/15 fxm.
Amphidisques : 16-22 jxm et 25-35 jxm.
Le deuxième spécimen mesure 470 mm de long
et 90 mm de largeur maxima. Sa base mesure
60/45 mm. L’extrémité du spécimen est assez
pointue. On reconnait sur cette partie distale 5
champs longitudinaux très semblables à ceux du
type ; mais on en distingue surtout 3, dont un,
très large, convexe, surtout exhalant et deux
autres, un peu concaves inhalants. Près de la
base, qui est presque cylindrique la surface est
mixte.
Ijima (1926) a décrit une S. similis, qui se
distingue de S. schultzei par ses microhexactines
et par l'absence ou la très grande rareté des
grands amphidisques, deux caractères que nous
30
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
retrouvons dans les éponges de la collection ;
mais il est encore très difficile d’apprécier la
valeur spécifique de ces caractères et leur cons¬
tance. Ijima suggérait que 5. schultzei occupe les
eaux des Philippines et du Japon, soit la mer de
Chine méridionale, alors que S. similis se trouve¬
rait plutôt dans les bassins indonésiens, ce qui
n’est pas confirmé. Nous pensons qu’il est plus
raisonnable de regrouper toutes ces éponges sous
le nom de Semperella schultzei Semper. Le grand
spécimen H CL 66 est beaucoup plus épais que
tous les autres spécimens connus. Mais il existe
une même diversité de diamètre chez S. cucumis
(Schulze, 1895).
Fig. I. — Semperella schultzei (Semper) : 1, pcntactine, x 62 ; 2,3 pinnules, x 248 ; 4, amphidisque, x 393 ; 5, hexactines, x 248.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
31
Genre Pheronema Leidy, 1868
Pheronema raphanus Schulze, 1894
(PI. I, 1-3)
Pheronema raphanus Schulze, 1894, Abh. kgl. preuss.
Akad. Wiss. Berlin : 8-13.
Matériel. — MNHN : H CL 63.
Localité. — Musorstom 2, St. 39 : 1 030-1 90 m.
Trois spécimens en très bon état mesurent 85,
75 et 35 mm de hauteur. Ces trois éponges ont la
même forme tronconique ; elles sont fixées par
une touffe de basalia composée de faisceaux
spiculaires primaires, dont la longueur atteint
160 mm. La partie tronconique à paroi inhalante
mesure respectivement 40,25 et 12 mm de dia¬
mètre à la base et 100-110, 70-75 et 45-35 mm de
diamètre apical. 11 existe un crible apical en
forme de toile grillagée tendue au-dessus des
canaux exhalants radiaires. Ce crible mesure
75/60, 50/45, 25/18 mm de diamètre. Une zone
oblique sans ouverture, lisse, entoure le crible et
mesure 20 mm environ de large ; elle correspond
à la région du plus grand grand diamètre de
l'éponge. Elle se soulève en 4 protubérances d'où
sortent des faisceaux de prostalia épais, attei¬
gnant 40 mm de long et généralement brisés. Des
faisceaux de marginalia lateralia qui peuvent
atteindre 150 mm de long sortent au niveau équa¬
torial, sous la zone annulaire oblique. D'autres
font saillie en divers points du tronc de cône. Les
faisceaux de basalia sont entremêlés à quelque
distance de la base.
Spiculés. Pentactines du crible : actines de
300-3 500 [im/50-250 [xtn.
Pentactines internes avec actines atteignant 9 mm
de long.
Uncinètes prostalia et marginalia atteignant
150 mm de long.
Uncinètes : 315-700 [im/5-8 [im.
Pinnules du crible, dont le rayon apical atteint
200 jim (pointe de 70 (im), avec rayons de base
de 70-90 [im.
Pinnules courts, en chou fleur : 20 à 70 [im/25-
50 (im.
Amphidisques 1 : 390-480 ixm/140-150 [im ; écart
des ombrelles : 160-170 [im.
Amphidisques 3, rares : 25 [im.
Ces spécimens ressemblent au type de P. rapha¬
nus Schulze par leur forme, par leur crible et par
leur spiculation. Ils s’en distinguent un peu par la
disposition des prostalia et des lateralia regroupés
en faisceaux de spiculés épais. Ils ont, à cet
égard, une certaine analogie avec quelques spéci¬
mens de P. weberi Ijima et de P. hemisphaericum
Higgin. Ils sont en tous points semblables aux
spécimens de P. raphanus , photographiés par
Schulze (1904). La taille un peu plus grande des
macramphidisques dans ces éponges est la seule
différence, à peine significative.
Distribution. — S. W. de la Grande Nicobar
et Chenal sud de Nias (Sumatra), Andaman.
Pheronema ijirnai Okada, 1932
(Fig. 2 et pl. I, 4)
Pheronema ijirnai Okada, 1932, Proc. U.S. nat. Mus.,
81, 12 : 8-13, pl. 11, 1.
Matériel. MNHN : H CL 107.
Localité. Musorstom 1, St. 60 : 129 m.
Éponge subglobulaire mesurant 19/15/12 mm,
de couleur ocre jaune clair, avec un oscule apical
ouvert, mesurant 2 x 1 mm de diamètre. La
surface est surtout lisse, mais avec quelques
spiculés saillants et cassés, qui sont situés dans
une région sous-équatoriale. Il existe une cavité
atriale. Le squelette se compose d’une couverture
de grands pentactines avec cladome tangentiel,
mélangé à des diactines uncinètes radiaires et des
amphidisques grands et petits. Au centre, le
squelette se compose de grands diactines et
d'hexactines lisses avec de petits uncinètes et des
amphidisques. En bordure atriale, on trouve de
nombreux débris, de longs uncinètes et des petits
amphidisques. Les basalia sont isolés.
Spiculés. Pentactines hypodermalia lisses ;
actines de 800-1 200 [xm/80 |xm.
Hexactines principalia : actines de 500-900 [xm/-
30 [im à la base.
Pinnules à rayon distal de 50-60 [xm/10-20 |xm, à
petites épines ; rayons de base : 40-50 (xm.
Source : MNHN, Paris
32
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
Uncinètes jusqu'à 3 mm de long.
Uncinètes anisodiamétriques : 500-900 um et
150-300 um.
Amphidisques 1 : 115 à 160 jxm/40-60 ,um ; écart
des ombrelles : 40-65 um.
Amphidisques 2 : 75-95 fxm/27-40 |zm.
Amphidisques 3 : 25-30 (xm/8 jxm.
Microhexactines à épines petites, actines légère¬
ment courbées : 60 fxm/3 jxm.
Basalia à extrémité bidentée.
Bien que les dimensions de certains spiculés
soient légèrement différentes de celles des spéci¬
mens du Japon, nous regroupons ces éponges sous
le nom de P. ijimai Okada, qui est certainement
l’espèce la plus voisine actuellement connue.
Distribution. — Japon, S. W. Goto I. : 193 m ;
G. de Kagoshima, 187 m.
Fig. 2. — Pheronema ijimai Okada : I, amphidisque, x 393 ; 2, unciné, x 248 ; 3, pinnules, x 393 ; 4, hexactine, x 26 ; 5
basalia, x 248.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
33
Genre Hyalonema Gray, 1835
Hyalonema polycoelum sp. nov.
(Fig. 3 et pl. I, 9)
Matériel. — MNHN : H CL 113 (holotype) et
MNHN : H CL 114-115 (paratypes).
Localité. — Musorstom 2, St. 36 : 595-569 m ; St. 39 :
1 030-1 190 m; St. 46 : 445-520 m.
L’échantillon choisi comme holotype a la
forme d’une Hyalonema et mesure 180 mm de
Fig. 3. Hyalonema polycoelum n. sp. : I, amphidisques, x 248 ; 2, basalia, x 248 ; 3, acanthophores, x 248 ; 4, uncinés,
x 248 ; 5, microhexactines, x 393 ; 6, pinnules, x 393.
34
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
haut et 150 mm de largeur. Le faisceau de
spiculés basalia atteint 500 mm de long et 25 mm
de diamètre. Le principal paratype mesure 210 mm
de haut et 100 à 140 mm de diamètre. Il a un
faisceau basal de 120 mm de long et 10 mm
d'épaisseur. Le troisième spécimen est nettement
plus petit et mesure 60/50-30 mm, avec un
faisceau basal de 120/5 mm. Il est macéré.
Autour de Taxe de l’éponge qui se termine en
cône pointu, on observe quatre grandes cavités
en entonnoir, comme il en existe chez d’autres
espèces du genre. Mais chez cette Hyalonema, ces
cavités se subdivisent et on observe 8 grands
diverticules longitudinaux de 15 à 30 mm d'épais¬
seur. plus ou moins subdivisés chacun en poches
(2 ou 3) qui donnent à l’éponge son aspect
boursouflé caractéristique. Il n’existe pas de
crible apical. La paroi externe se compose d’un
treillis spiculaire banal à mailles de 600-800 [xm.
La paroi interne, en bordure des cavités est plus
lisse, avec revêtement pinnulaire régulier.
Spiculés. - Diactines de 1 à 3 mm.
Diactines tignules de 6 à 9 mm de long et 90-
100 jim d’épaisseur.
Pentactines hypodermalia, à actines de 250-
750 [im.
Ambuncinètes : 300-700 jim.
Pinnules externes, de longueurs variées ; rayon
distal de 80/20 ;xm à 320 txm/20 jim, Le rachis
est presque cylindrique, avec fortes épines ou
crochets près de la base, puis épines plus
obliques et plus nombreuses.
Pinnules internes généralement plus courtes, mais
assez variées : 65-85 fim/30 |xm à 220 jim/
15 (xm. Ces pinnules sont semblables aux
pinnules externes ; elles ont souvent une pointe
assez longue.
Acanthophores avec nombreuses épines distales
sur les actines, qui mesurent 500 jxm/50 jim.
Macramphidisques : 360-410 jxm/130-150 jim,
avec épines centrales obtuses sur la tige.
Mesamphidisques : 35-65 jim/7-18 jim avec nom¬
breuses épines sur la tige.
Micramphidisques : 12-22 fim.
Microhexactines à actines de 55-60 [xm.
Basalia.
Hyalonema polycoelum sp. nov. devrait être
classée parmi les Coscinonema d’IjiMA (1926,
p. 50) bien qu’il n’y ait pas de macrohexactines.
Sa spiculation a quelques points communs avec
celle de la Chalaronema sibogae Ijima, notam¬
ment la forme des spinules et l’épaisseur du
faisceau de basalia.
Hyalonema apertum (Schulze, 1886)
Stylocalyx apertus Schulze, 1886, Abh. kgl. preuss.
Akad. Wiss. Berlin : 59-60.
Matériel. — MNHN : H CL 116.
Localités. — Musorstom 1, St. 47 : 757-685 m.
Musorstom 2, St. 39 : 1 030-1 190 m.
Deux spécimens.
Distribution. — Andamans, Indonésie, E.
Japon ; 300 à 1 900 m.
Hyalonema globus Schulze, 1886
(Fig. 4 et pl. 1, 8)
Hyalonema globus Schulze, 1887, Challenger Rep. 21 :
221-223, pl. 40.
Matériel. — MNHN : H CL 108 et 109.
Localité. Musorstom 2, St. 39 : 1 030-1 090 m.
Trois spécimens ovoïdes légèrement aplatis ou
planconvexes mesurant 50/20/20 mm, 50/30/25 mm
et 50/30/20 mm, sans cavité apicale, ni crible
apical visible. Le maillage superficiel est très net
sur deux des éponges ; les mailles principales ont
2 mm de large et sont subdivisées en petites
mailles de 600-700 ,um. Le quadrillage est formé
par les grands pentactines auxquels s’ajoutent
des petites pentactines et des diactines.
Spiculés. — Diactines de 1 à 3 mm/20-30 [xm.
Diactines tignules de 6 à 8 mm/105-210 (xm.
Uncinètes dont la moitié proximale est peu
épineuse; la partie distale à de nombreuses
épines dirigées vers l’apex.
Acanthophores tétractines ou diactines, à rayons
courbes : 180-260 jim/ 15-30 jim.
Pinnules 1 : à rayon distal de 70-100 jxm/40-
60 jim, de type Pteronema.
Pinnules 2 : à rayon distal de 140/25 ixm : rares.
Macramphidisques : 360-440 jxm/130-150 jim.
Micramphidisques : 20 jim.
Ces éponges ont beaucoup de points communs
avec H. globus Schulze, mais elles sont moins
globulaires. Les spiculations sont comparables,
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
35
notamment les petits uncinètes, les amphidis-
ques, les pinnules et les acanthophores. Cette
spiculation est par ailleurs très proche de celle
d 'H. topsenti Ijima, mais nous n’avons pas
trouvé dans la collection d’intermédiaires entre
les spécimens « topsenti » à crible apical, qui
proviennent pourtant des mêmes stations.
Distribution. Mer de Banda.
Fig. 4. — Hyalonema globus Schulze : 1, amphidisques, x 315; 2, uncinés,
192.
36
CLAUDE LÊVI & PIERRETTE LÉV1
Hyalonema topsenti Ijima, 1926
(Fig. 5, 6 et pl. I, 5, 7)
Hvalonema topsenti Ijima, 1926, Siboga Expeditie, 6 :
61, pl. 3, 1-10.
Matériel. — MNHN : H CL 110, 111, 112.
Localités. — Musorstom 2, St. 36 : 595-569 m ;
St. 1 030-1 080 m.
Trois spécimens partiellement endommagés,
dont les caractères externes correspondent assez
bien à la diagnose écrite par Ijima. Ils mesurent
respectivement 170/140/50 mm, 130/85/50 mm et
80/65/15/25 mm. Ces éponges sont donc assez
plates et subrectangulaires. Deux spécimens ont
une membrane criblée au fond d’une cavité
apicale de 60/35 mm ou 40/40 mm de diamètre.
On voit un maillage de surface à pentactines,
avec mailles d’ 1 mm environ, et grosses tignules.
Spiculés. — Diactines :
Diactines tignules : 6 mm/320 um.
Uncinètes : 900 p.m ou 480-1 400/18 p.m.
Acanthophores : 110-330 p.m.
Pentactines hypodermalia :
Pinnules 1 de type Pteronema : 90-160 fi.m/40 um.
Pinnules 2 à rayon apical plus long : 170-430/
30 jim,
Macramphidisques : 350-490 p.m/100-170 |xm.
Micramphidisques : 15-18 p.m.
Distribution. — Maluku (Moluques).
Fig. 4. — Hyalonema globus Schulze : 3, pinnules, x 248 ; 4, oxyhexactine, x 393 ; 5, amphidisques, x 248 ; 6,
acanthophores, x 248.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
37
Fig. 5. — Ifyalonema lopsenti Ijima : 1, diacline et unciné, x 150 ; 2, amphidisques, x 248 ; 3, pentactine, x 150 ; 4, pinnules.
x 248 ; 5, microhexactine, x 248.
Hyalonema sp.
(Fig. 7)
Matériel. — MNHN : H CL 124.
Localité. — Musorstom 2, St. 39 : 1 030-1 090 m.
Cette éponge est très incomplète ; elle mesure
35/30/10 mm.
Spiculés. — Tignules de 2 p.m/120 ^m.
Pentactines en mailles rectangulaires, avec actines
de 700 (im à 900 pm.
Uncinètes diuncinés avec petites épines récurrentes
bien réparties sur les deux moitiés : 600-700 |xm.
Acanthophores tétractines ou triactines avec
actines de 200-300 {xm.
Basalia à 6-8 dents obtuses.
38 CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
Fig. 6. — Hyalonema lopsenti Ijima : 1, amphidisque, x 248 ; 2, unciné et diactine, x 150; 3, pentactine, x 150; 4,
acanthophores, x 248 ; 5, microhexactine, x 248 ; 6, pinnules, x 248.
Pinnules de type Pteronema à rayon distal de 60-
70 p.m/30 |im.
Pinnules à rayon distal de 120-150 am/20 |xm.
Macramphidisques : 220/80 |am à 380/120 |xm,
avec tubercules médians, sans épines ailleurs
sur la tige.
Mesamphidisques ; 40-60 ^m/12-15 p.m.
Micramphidisques très nombreux : 13-22 p.m.
Microhexactines avec petites épines sur les actines :
55 gm.
cette éponge s'apparente à Hyalonema (Ptero¬
nema) cebuense Higgin, qui provient également
des Philippines et dont le spécimen type a une
tige spiculaire plus épaisse, assez semblable à
celle de Hyalonema (Chalaronema) sibogae.
Il existe de nombreuses affinités entre tous les
spécimens de Hyalonema à pinnules de type
Pteronema , qui constituent un groupe assez
homogène, assez caractéristique des petites pro¬
fondeurs, en eau tempérée.
Par beaucoup de ses caractères de spiculation.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
39
Fig. 7. — Hyalonema sp. : 1, amphidisques, x 393 ; 2, acanthophores, x 150 ; 3, basalia, x 248 ; 4, oxyhexacline, x 393 ; 5,
pinnules. x 393 ; 6, unciné, x 248.
Genre Farrea Bowerbank, 1862
Farrea occa Bowerbank, 1862
(Fig. 8 et pl. 1, 6)
Farrea occa Bowerbank. 1864, Mon. Brit. Spongia, 1 :
204.
Matériel. — MNHN : H CL 81.
Localité'. Musorstom 2, St. 39 : 1 030- 1 190 m.
Un fragment en tube spiralé de 12 mm de
diamètre, à paroi d’1 mm d’épaisseur. Il res¬
semble à l’éponge décrite par Ijima (1926) sous le
nom de F. occa subclavigera, d’après un spéci¬
men des I. Kei.
Distribution. — Japon, Indonésie.
40
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊV1
Genre Eurete Semper, 1868
Eurete schmidti Schulze, 1886
(Fig. 8 et pl. I, 6)
Eurete schmidti Schulze, 1886, Abh. kgl. preuss. Akad.
Wiss. Berlin : 71.
Matériel. MNHN : H CL 96 à 104.
Localités. — Musorstom 1, St. 32 : 193-184 mm;
St. 35 : 187-186 m; St. 60 : 129-124 mm.
Musorstom 2, St. 14 ; 190 m.
Nombreux spécimens complets ou fragmentaires.
Distribution. Philippines (Zamboanga), Indo¬
nésie, Japon (Enoshima).
Eurete freelandi Ijima, 1926
Eurete freelandi Ijima, 1926, Siboga Expeditie, 6 : 176,
pl. 15, 14-24.
Matériel. — MNHN ; H CL 95.
Localité. — Musorstom 2, St. 53 : 216 m.
Unique spécimen, caractéristique.
8
Distribution. Archipel Sulu (N.E. Jollo).
Eurete J'arreopsis Carter, 1877
Eurete farreopsis Carter, 1877, Ann. mag. nat, Hist. 4.
19 : 122.
Matériel. — MNHN : H CL 82 à 85.
Localités. — Musorstom 1, St. 03 : 183-185 m ; 27 :
192-188 m ; St. 63 : 191-195 m.
Nombreux fragments.
Fig. 8. — Farrea occa Bowerbank :
1, oxyhexaster, x 500 ; 2, clavule, x 248.
Distribution. — Philippines, Indonésie, Mer de
Chine.
Genre Sclerothamnus Marshall, 1875
Sclerothamnus clausi Marshall, 1875
Sclerothamnus clausi Marshall, 1875, Zeit. Wiss. Zool.,
25, suppl. ; 171, pl. Il, 13, 10.
Matériel. — MNHN : H CL 80.
Localité. — Musorstom 2, St. 33 : 130-137 m.
Un spécimen de 50 mm de haut et 35/30 de
diamètre apical.
Distribution. Philippines, Indonésie (I Banda).
Genre Aphrocallistes Gray, 1858
Aphrocallistes beatrix Gray, 1858
(Pl. II, 5)
Aphrocallistes beatrix Gray, 1858, Proc. Zool. Soc.
London, 26 ; 114, pl. 11.
Matériel. — MNHN : H CL 73 à 79.
Localités. — Musorstom 1, St. 26 : 189 m ; St. 27 :
192-188 m ; St. 32 : 187-195 m ; St. 35 ; 193 m ; St.
47 : 186 m; St. 45 : 500-447 m.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM
Musorstom 2, St. 36 : 595-569 m ; St. Distribution. — Indonésie (Sulu, Timor, Kei,
38 : 1 650-1 660 m ; St. 40 : 440-280 m ; St. 45 : 500- Bali, Maluku) Malacca, Andamans, Nicobar.
447 m - St Paul??
Nombreux fragments.
Genre Aulocystis Schulze, 1886
Aulocystis zitteli Marshall et Meyer, 1877
Myliusia zitteli Marshall et Meyer, 1877, Mitth. Zool.
Mus. Dresden, 2 : 266, pl. 25, 16-17.
Matériel. — MNHN : H CL 67 à 70.
Localités. — Musorstom 1, St. 18 : 150-159 m.
Musorstom 2, St. 33 : 130-137 m.
Plusieurs spécimens fragmentaires.
Distribution. — Philippines, Kei, S.E. Timor,
Banda, Mer Rouge, Barbados, Guadeloupe,
Nouvelle-Calédonie.
Genre Euplectella Owen, 1841
Euplectella aspergillum Owen, 1841
Euplectella aspergillum Owen, 1841, Proc. Zool. Soc.
London, 9 : 3.
Matériel. MNHN : H CL 86, 87, 88.
Localités. — Musorstom 1, St. 04 : 182-194 m.
Musorstom 2, St. 53 : 215 m ; St. 64 :
195-191 m.
4 spécimens.
Distribution. — Philippines (Cebu, Bohol),
Océan indien (Zanzibar, Dar es Salaam).
Genre Sympagella Schmidt, 1870
Sympagella anomala Ijima, 1903
(Fig. 9)
Sympagella anomala Ijima, 1903, J. Coll. Sc. Imp.
Univ. Tokyo, 18 : 97, pl. 8.
Matériel. — MNHN : H CL 94.
Localité. — Musorstom 2, St. 38 : I 650-1 660 m.
Éponge sacciforme, pédonculée, très molle et
friable, mesurant 60-80 mm de haut, 50 mm de
diamètre et 3 mm d’épaisseur. La surface est
finement veloutée, très égale. En surface externe,
on observe des pentactines lisses, des pinnules
hexactines à rayon distal épais, de nombreux
oxyhexasters et des plumicomes en boules. A la
surface interne, on voit des diactines et des
pinnules hexactines. Il existe une plaque dictyée
basale, le pédoncule est dédoublé. Cette très belle
éponge est incontestablement très proche du type
décrit par Ijima.
Spiculés. — diactines : 6 mm/70-80 ^m et 2-
3 mm/15-25 [Am, à bouts épineux.
Pentacrines lisses; actines de 300 à 800 [xm/15-
25 [Am.
Pinnules hexactines, à rayon proximal de 70 p.m
et rayon distal de 110/10 [Am.
Pinnules hexactines dermiques à rayon proximal
de 55-60 p.m et rayon distal de 80-85 [Am/
20 (Am.
Oxyhexasters : 60-100 p.m de diamètre.
Discohexaster-onychasters, à actines épaisses ;
diamètre : 45 [Am.
Plumicomes : 25-45 [Am.
Distribution. — Japon, Baie de Sagami : 430-
572 m.
42
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
Fig. 9. — Sympagella anomala Ijima : 1, pinnules, * 315; 2, oxyhexaster, x 500; 3, discohexaster, x 500.
Genre Crateromorpha Gray, 1872
Crateromorpha meyeri Gray, 1872
Crateromorpha meyeri Gray, 1872, Ann. mag. nat.
Hist., 4, 10 :135.
Matériel. MNHN : H CL 118.
Localité. — Musorstom 2, St. 01 : 198-188 m.
Un spécimen fragmentaire.
Distribution. — Philippines, Japon.
Genre Plakortis Schulze, 1880
Plakortis simplex Schulze, 1880
(Fig. 10)
Plakortis simplex Schulze, 1880, Zeit. Wiss. Zool.,
34 :430.
Matériel. MNHN : D CL 3205, 3206.
Localité. — Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m, St. 28 :
90-110 m.
Le premier spécimen est en forme de coussin
amorphe, massif et friable, fixé sur une éponge
cornée et sur un conglomérat calcaire. De cou¬
leur gris clair, il mesure 5 à 10 mm d’épaisseur.
La surface est finement réticulée. On observe un
oscule de 5/1 mm de diamètre.
Spiculés. — Diactines irrégulièrement courbés :
150-220 (xm/6-7 ^m.
Diactines moyens constituant la majorité du
squelette : 70-120 jj.m/3-5 p.m.
Diactines courts, peu abondants : 30 (j.m/1-2 pm.
Triactines, pas rares, dont les actines mesurent
20-30 (xm/5 |xm à la base.
Le squelette de cette éponge est comparable
à celui des spécimens de Tulear signalés par
Vacelet et al. (1976).
Le second spécimen mesure 50/25/15 mm ; de
couleur beige brunâtre ; en surface on aperçoit
de nombreux sillons et de très nombreux orifices
inhalants. De très petits oscules sont groupés sur
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2 )
43
une sorte de plateau distal. L’éponge est ferme,
mais friable, dense, et traversée par quelques
canaux d’I mm de diamètre. Les spiculés forment
une couche périphérique assez dense et sont
disposés plus irrégulièrement à l’intérieur.
Spiculés. — Diactines variés, à simple ou double
courbure, parfois centrotylotes : 130-190 jim/
7-9 ,u.m ; la majorité mesure 150 (zm. 11 en
existe quelques uns, plus courts : 100 jj.m/4 um.
Distribution. — « cosmopolite » (à reprendre
ultérieurement).
Fig. 10. — Plakortis simplex Schulze : diactines, x 315.
Genre Plakina Schulze, 1880
Plakina trilopha Schulze, 1880
(Fig. 11)
Plakina trilopha Schulze, 1880, Zeit. Wiss. Zool., 34 :
427.
Matériel. - MNHN : D CL 3412.
Localité. — Musorstom 2, St. 29 : 119-204 m.
Petites éponges revêtantes, dont une est fixée
sur une Gorgone. Elles mesurent 20/10/1,5 mm
et 15/5/1 mm. De couleur ocre, elles ont un
aspect typique de Plakinidae. La surface est lisse,
ponctuée d’orifices inhalants. Les spiculés sont
très abondants ; il existe une couverture de petits
tetractines trilophes ; les triactines sont plus
nombreux vers la périphérie et les diactines au
centre.
Spiculés. — Diactines avec quelques fortes épines
près de la base des actines : 80-100 p.m/5 p.m.
Triactines avec quelques épines basales sur les
actines qui mesurent 25-40 u.m/2-4 fzm.
Microcalthropses trilophes mesurant environ
25 (zm avec une actine de base divisée, mais à
pointes lisses, mesurant 15 [zm et 3 actines
deux fois divisées, mesurant 7-10 [zm.
Cette Plakina, dont les microcalthropses sont
de type trilophe s’apparente à P. corticioides
Vacelet et al. et à P. corticolopha Lévi et Lévi
(1983), dont les spiculés principaux sont des
tétractines de type 4-0 ou 3-1, alors qu’il s’agit ici
Fig. 11. — Plakina trilopha Schulze : 1. triactine, x 500 ;
2, diacline, x 500 ; 3, trilophes, x 500.
d’acanthodiactines et acanthotriaclines. Elle se
distingue à peine du spécimen type décrit par
Schulze, qui a les mêmes tétractines, mais dont
les diactines et triactines sont moins épineux. Le
type a d’autre part des petits tétractines. Ce
spécimen s’apparente aussi à la Plakina décrite
par Pulitzer-Finali (1983) en Méditerranée,
sous le nom de Corticium reductum.
Distribution. — Méditerranée, Brésil, Antarc¬
tique.
Source : MNHN, Paris
44
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
Genre Plakinastrella Schulze, 1880
Plakinastrella polysclera sp. nov.
(Fig. 12)
Matériel. MNHN : D CL 3193 (holotype).
Tétractines : 200-400 (xm/20-30 {im ; un spiculé
pentactine.
Microdiactines : 75-130 fxm/2-5 pm et 25-50 |zm.
Microtriactines : 20-40 p.m/2-5 p.m.
Localité. - Musorstom 1, St. 57 : 107-96 m.
Petite éponge revêtante mesurant 20 mm de
long et 5-6 mm d’épaisseur. De couleur ocre
rosâtre, elle est assez rigide et friable.
Spiculés. — Diactines courbes ou sinueux,
d’épaisseur variable : 800-1 100 p.m/15-40 |j.m.
Triactines : actines de 300-900 fi.m/15-50 p.m.
L’éponge dont le squelette est le plus proche
est Plakinastrella oxeata Topsent, récoltée aux
Açores. Cet unique spécimen a de grands diactines
de 1 500 à 1 800 p.m, qui provoquent une
hispidation de la surface et quelques rares triac¬
tines. D'autres espèces comme P. trunculifer
Topsent ont de grands triactines, de dimensions
moindres, mais n’ont pas de grands diactines.
FiG. 12. — Plakinastrella polysclera n. sp. : I, microdiactines, x 500 ; 2, microtetractines, micropentactine, x 500;
3, diactines, x 80; 4 triactines, x 80.
Genre Placinolopha Topsent, 1897
Placinolopha sarai sp. nov.
(Fig. 13)
Matériel. — MNHN : D CL 3408 (holotype).
Localité. Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m.
Très petit spécimen encroûtant, 1 mm d’épais¬
seur.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
45
Spiculés. — Lophodiactines amphiclades : 770-
880 [im/l 5-20 [im, fusiformes, avec à chaque
extrémité 4 clades récurvées, parfois plus courts
ou dichotomes, parfois sans clades.
Microdiactines : 60-90 [im/2-3 [im et 90-250 [im/
3-8 jim ; quelques uns atteignent 500 [im/8-
10 (im.
Des diactines amphiclades ont été observés
chez Placinolopha bedoti Topsent récoltée à
Ambon et chez Diactinolopha montcharmonti
Sara décrite en Méditerranée. Il est probable que
le genre Diactinolopha n’est qu’une variante de
Placinolopha.
Fig. 13. — Placinolopha
h n. sp. : 1, amphiclade, x 200; 2, 3, diactines.
200.
46
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
Genre Microscleroderma Kirkpatrick, 1902
Microscleroderma herdmatti (Dendy, 1905)
Taprobane herdmatti Dendy, 1905, Ceylon Pearl Oyster
Rep. 3 : 103. pl. 1, 8.
Matériel. — MNHN : D CL 3232, 3369, 3374, 3379.
Localité. — Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m.
Plusieurs spécimens en forme de coupes ou de
lames ondulées et plissées, souvent boursouflées
par les Acasta.
Distribution. Océan indien et Océan Paci¬
fique tropical.
Genre Scleritoderma Schmidt, 1879
Scleritoderma nodosum Thiele, 1900
(Fig. 14 et pl. 11)
Scleritoderma nodosum Thiele. 1900, Abh. Senckenb.
nat. Gesell.. 25 : 54, pl. 3, 8-10.
Matériel. — MNHN : D CL 3233.
Localité. — Musorstom 2, St. 28 : 90-110 m.
Éponge massive constituée de deux gros lobes
digités, dressés, accolés ; ils mesurent 40 mm de
diamètre basal, 20 à 25 mm de diamètre apical et
135 et 80 mm de haut. Chacun d’eux contient un
canal axial assez profond, de 5 à 8 mm de
diamètre.
La morphologie externe est celle d’un épi de
maïs. Des tubercules de 5 mm de diamètre
couvrent toute la surface. Ils correspondent à
l'extrémité de colonnes squelettiques elles mêmes
soudées dans la région la plus profonde. L’éponge
est assez friable en surface. Les tubercules sont
souvent couverts de petites éponges encroûtantes.
La couleur est jaune ocre, parfois violacé.
Spiculés. — Desmes monocrépides dont l’épirhade
mesure environ 100 ,um.
Microrhabdes rugueux : 70-80 pm/7-8 pm.
Sigmaspires : 13-15 (im.
Exotyles (rhabdes à bouquet d’épines terminales,
comme chez les Siphonidium) 550/4 um ; rares.
Fig. 14. — Scleritoderma nodosum Thiele : 1, desme.
192 ; 2, microrhabde.
500 ; 3, sigmaspires.
500.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
47
Distribution. — Ternate (Maluku), Tulear
(Madagascar).
Scleritoderma flabelliforme Sol las, 1888
(Fig. 15 et pl. Il, 3)
Scleritoderma flabelliforme Sollas, 1888, Challenger
Rep. Zool., 25 : 316, pl. 35, 26.
Matériel. — MNHN : D CL 3207, 3208.
Localités. — Musorstom 1, St. 31 : 187-195 m;
St. 57 : 107-96 m.
Musorstom 2, St. 17 : 174-193 m;
St. 29 : 119-204 m; St. 33 : 130-137.
Les deux collections contiennent d’assez nom¬
breux spécimens ou fragments de cette espèce
d’éponge, qui se présente soit sous forme de
plaques courbes, d’aspect auriculaire, soit de
buisson de digitations. Tous les morphes inter¬
médiaires existent. Les dimensions des spécimens
en lame courbée varient de 18/20/4 mm à 40/25/
5 mm. La couleur est gris foncé. Certaines lames
produisent latéralement des digitations courtes
semblables à celles des spécimens arbusculaires.
Chez ceux-ci, les digitations mesurent 5/3 mm de
diamètre et leur hauteur varie de 7 à 15 mm. Ces
éponges atteignent 20 à 60 mm de haut et la plus
grande a 90/55 mm d’envergure. Les lames ont
deux faces distinctes ; la face concave un peu
plissée est sans orifices visibles. La face convexe
est couverte de petites verrues aquifères à orifice
soulevé. Chacune mesure 0,4 mm de diamètre.
Les digitations portent le même type de verrues
superficielles. Il existe une couche périphérique
mince chargée de microrhabdes rugueux.
Spiculés. — Desmes monocrépides :
Microrhabdes rugueux : 60-95 pm/5-7 ,u.m.
Sigmaspires, rares, souvent enroulées ou en
forme de S : 8-10 nm.
Exotyles rares : 160 nm/2 (xm. II en existe
toujours quelques uns dans les préparations.
Fig. 15. — Scleritoderma flabelliforme Sollas :
1, desme, x 192; 2. microrhabde, x 500; 3, sigmaspires,
x 500.
Il ne fait aucun doute que les deux espèces de
Scleritoderma sont différentes. Nous possédons
un grand spécimen du type nodosum récolté en
plongée près de Tidore (près de Ternate, Maluku)
et la collection du Siboga en contient un autre
dont l'aspect en épi de maïs est si caractéristique.
Les spiculations des deux espèces sont très sem¬
blables ; les sigmaspires de S. nodosum sont
cependant plus grandes que celles de S. flabelli¬
forme. Il reste un problème de nomenclature à
résoudre car le spécimen de Ternate décrit par
Thiele (1900) sous le nom de S. nodosum
ressemble plus aux éponges digitées qu’à la
forme massive tuberculée, à moins qu’il ne
s’agisse d’un fragment très petit, superficiel de la
forme massive.
Distribution. — Indonésie : I. Kei.
Genre Aciculites Schmidt, 1879
Aciculites orientalis Dendy, 1905
(Fig. 16)
Aciculites orientalis Dendy, 1905, Ceylon Pearl Oyster
Rep., 3 : 101, pl. 4, 3.
Matériel. MNHN : D CL 3413.
Localité. — Musorstom 2, St. 62 : 186-189 m.
Spécimen en forme de coussin convexe mesu-
Source . MNHN, Paris
48
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
rant 10/10/5 mm, fixé sur un conglomérat à côté
de Discodermia emarginata Dendy et Theonella
cupola Burton.
Spiculés. — Desmes monocrépides allongés, très
enchevêtrés : 180-275 (xm/15-20 fj.m.
Stylorhabdes courbés, avec une extrémité dif¬
forme et épineuse : 130-180 (j.m 5-8 p.m.
Distribution. — Ceylan.
Genre Leiodermatium Schmidt, 1870
Leiodermatium lynceus Schmidt, 1870
Leiodermatium lynceus Schmidt, 1870, Grundzüge
Spongien Fauna atlantischen Gebietes, 22, pl. 3, 2.
Matériel. MNHN : D CL 3397.
Localité. — Musorstom 1, St. 35 : 186-187 m.
Un grand spécimen dont la lame plissée, de
couleur beige rosâtre mesure 2 mm d'épaisseur.
Distribution. Atlantique ; Ambon (Maluku).
Fig. 16. — Aciculites orientalis Dendy : 1, stylorhabdes, x 315; 2, desmes, x 192.
Genre Macandrewia Gray, 1859
Macandrewia rigida sp. nov.
(Fig. 17 et pl. II, 2)
Matériel. — MNHN : D CL 3148 (holotype). DCL
3149 (paratype).
Localités. — Musorstom 1, St. 57 : 107-96 m.
Musorstom 2, St. 01 : 198-188 m.
Le type est une éponge très rigide, pierreuse,
de couleur gris-jaune, composée d’une base
commune à plusieurs rameaux courts de 8 à
10 mm d’épaisseur et de 10 à 20 mm de long. La
hauteur maxima de l’éponge est de 45 mm. On
observe une dépression ou un orifice aquifère
apical central sur chaque digitation. La surface
est lisse. La fine pellicule superficielle contient
des microxes courbes.
Spiculés. — Desmes à fortes zygoses terminales
et avec petits tubercules.
Rhabdes aux extrémités incomplètes et de dia¬
mètre irrégulier : 700-900 p.m/15 p.m.
Phyllotriaenes ; rhabde ; 100-250 p.m/15 jim,
conique ; cladome de 300-400 um avec actines
de 100-200 p.m.
Microxes courbes, un peu enflés au centre : 40-
100 pm/4-7 [*m.
Cette espèce offre une certaine ressemblance
extérieure avec Macandrewia ramosa Topsent,
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
49
récoltée aux Açores (Topsent, 1904), mais les
cladomes des phyllotriaenes ressemblent plus à
ceux de M. robusta Topsent.
Il existe dans la collection deux autres éponges
trouvées dans des stations différentes, mais sem¬
blables entre elles et un peu différentes de M.
rigida sp. nov. L’une est cylindrique, mesure
15 mm de long et 5 mm de diamètre; l’autre
également jaune ocre est fixée sur une tige cornée
qu’elle recouvre avant de s’élargir en massue de
5 mm de diamètre. II existe un plateau distal
percé d’orifices très petits ; une pellicule couvre
toute l'éponge. Un des échantillons est en repro¬
duction, plein d’ovocytes murs. L’espèce est très
certainement ovipare. Il existe aussi de nombreux
symbiontes dans l’ectosome.
Spiculés. — Phyllotriaenes à clades foliacés, avec
nombreuses échancrures marginales et quel¬
ques épines. Le rhabde mesure 70-90 ;xm/
15 uni et le cladome mesure 200/150 fxm à
400/200 |um.
Microxes centrotylotes courbes : 45-60 pm.
Rhabdes strongyloïdes ou styloïdes.
Genre Callipelta Sollas, 1888
Callipelta sol la si sp. nov.
(Fig. 18 et pl. II, 1)
Matériel. MNHN : D CL 3396 (holotype).
Localité. — Musorstom 1, St. 57 : 107-96 m.
Éponge massive formant des digitations arron¬
dies de 8 à 13 mm de diamètre portant au som¬
met des fentes osculaires. Des canaux exhalants
tangentiels convergent vers l'apex de ces lobes
digités. Il existe une pellicule superficielle trans¬
parente fine et détachable qui contient les phyllot-
50
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
riaenes ectosomiques et des amphiasters. Entre les
phyllotriaenes, on aperçoit de nombreuses struc¬
tures filamenteuses spiralées, à spires sérrées,
concentriques. Le spécimen entier mesure environ
30/30 mm.
Spiculés. Desmes monocrépides portant quel¬
ques tubercules avec des extrémités tuberculées
formant de très fortes zygoses.
Phyllotriaenes à circonvolutions marginales varia¬
bles ; rhabde court : 100-110 ,u.m/20 (xm ;
cladome de 300-350 ^m de diamètre.
Amphiasters : 12-15 fxm/8-10 jxm et 17-20 fxm/
15 [xm.
Fig. 18. — Callipelta sollasi n. sp. : 1, desme, x 248; 2, phyllotriaenes, x 248; 3, amphiasters, x 500.
Genre Desmanthus Topsent, 1893
Desmanthus incrustons (Topsent, 1889)
(Fig. 19)
Aciculites incrustons Topsent, 1889, Mém. Soc. Zool.
Fr. 2 : 32, fig. 1.
Matériel. — MNHN : D CL 3415.
Localité. — Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m.
Un spécimen encroûtant, hipide.
Spiculés. — Desmes pseudoannelés, épais : rhabde :
110 jxm/30 jxm; cladome de 300-400 jxm
environ.
Styles ou tylostyles : 350-1 100 fxm (max : 500-
600 ixm). / 30 (xm
Distribution. — Méditerranée, Golfe du Mexi¬
que, Madagascar (Tulear).
SPONGIAIRES (MUSORSTOM ! & 2)
51
Genre Discodermia Bocage, 1869
Les genres Discodermia Bocage, 1869 et Theo-
nella Gray, 1868 ont été décrits à la même
époque pour des Lithislides à même squelette de
desmes tétraclones. Chez l’un, la pellicule ectoso-
mique contient des discotriaenes, chez l'autre ce
sont des phyllotriaenes à clades minces. Depuis
lors, plus d’une trentaine d’espèces ont été
décrites, attribuées soit à Discodermia , soit à
Theonella, bien que la plupart d’entre elles aient
des spiculés ectosomiques de l’une et l’autre
catégorie. Tous les intermédiaires entre disco-
triaene et phyllotriaene ont été trouvés, parfois
dans la même éponge. Comme l'avaient bien vu
divers auteurs, depuis Bowf.rbank (1869) et
Sollas (1888), les spiculés des surfaces inhalantes
et exhalantes sont quelquefois très différents. La
surface inhalante est généralement couverte de
phyllotriaenes dont les clades s’organisent de
façon telle que le fonctionnement de l’appareil
aquifère inhalant soit possible. Sur les faces non
inhalantes, la couverture spiculaire est dense, en
bouclier mono ou pluristratifié, seulement per¬
foré par les oscules. Les spiculés ont toutes les
formes possibles, du discotriaene circulaire au
phyllotriaene à clades épais. Seules les vraies
Discodermia ont un revêtement homogène de
discotriaenes qui s'organisent de façon plus
souple sur les surfaces inhalantes. L’adaptation
de cette remarquable couverture squelettique aux
diverses formes de ces éponges, massives, cylin¬
driques, en coupes, en lames etc... n'a pas été
toujours suffisamment prise en compte par les
descripteurs, de telle sorte qu’on garde un doute
sur la diversité réelle des triaenes ectosomiques,
dont la connaissance est indispensable à la
définition de l’espèce.
La discrimination des espèces de Discodermia
et Theonella est fondée en outre sur les caractères
morphologiques de l'éponge, la forme et l’orne¬
mentation des triaenes, les dimensions et l'orne¬
mentation des microsclères et des desmes, mais
tous ces caractères ont encore une valeur discri¬
minatoire assez discutable. En ce qui concerne la
morphologie, on peut seulement considérer que
la forme massive, convexe, conique d’une éponge à
oscule apical résulte d’un mode de croissance
différent de celui qui aboutit à la morphologie
bifaciale (lame, coupe, entonnoir). Il est plus
difficile d'apprécier la distinction entre deux
éponges à cloaque axial ou à oscules apicaux
avec courts canaux exhalants. Il n’est pas non
plus facile de savoir si un fragment cylindrique
de petit diamètre représente une forme de crois¬
sance spécifique ou s’il s'agit de prolongements
marginaux ou distaux d’une espèce massive ou
foliacée.
En ce qui concerne les microsclères, on peut
grossièrement reconnaître deux groupes d’espèces
avec une ou deux catégories de microrhabdes,
mais cette distinction n’est pas toujours évidente.
Les triaenes de surface, nous l’avons vu, varient
entre deux états extrêmes, mais tous les états
52
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
intermédiaires peuvent coexister et sont alors en
fonction de la position du spiculé sur l’éponge.
On peut encore distinguer des triaenes à clades
lisses ou à clades tuberculés ; mais chez plusieurs
éponges il existe côte à côte des triaenes avec et
sans tubercules. Enfin l’ornementation des des-
mes peut parfois servir à distinguer deux espèces,
notamment l’abondance des tubercules sur la
partie clonale proche du centre du spiculé.
Tenant compte de toutes ces observations, il
nous paraît possible de distinguer dans le lot
important de Theonella et Discodermia des col¬
lections Musorstom les ensembles suivants aux¬
quels nous attribuons les noms de :
Discodermia emarginata Dendy : en coussin,
discotriaenes seulement, avec tubercules.
Theonella cupola Burton : encroûtante à massive,
souvent hémisphérique ou conique, phyllo-
triaenes à tubercules.
Theonella swinhoei Gray : massive, à cloaque
axial, phyllotriaenes lisses et microrhabdes en
accent circonflexe.
Theonella cylindrica Wilson : subcylindrique de
petit ou gros diamètre, avec phyllotriaenes
lisses, desmes peu tuberculés, microrhabdes
très petits.
Theonella calyx Dôderlein : en coupe, avec
phyllotriaenes lisses de grande taille, microxes
et microstrongyles.
Deux de ces ensembles sont hétérogènes, notam¬
ment T. cupola et T. cylindrica et les affinités
véritables de tous les spécimens s’affirmeront peu
à peu.
Discodermia emarginata Dendy, 1905
(Fig. 20 et pl. III, 1)
Discodermia emarginata Dendy, 1905, Ceylon Pearl
Oyster Rep., 3 : 99, pl. 4, 4.
Matériel. — MNHN : D CL 3176, 3177, 3178.
Localités. — Musorstom 1, St. 18 : 150-159 m;
St. 57 : 107-96.
Musorstom 2, St. 28 : 90-110 m ;
St. 62 : 186-189.
Plusieurs éponges subcylindriques, digitées, un
peu ramifiées, de couleur ocre jaune. Leur dia¬
mètre varie de 5 à 10 mm. Leur longueur peut
atteindre 30 à 45 mm. Les extrémités distales
sont obtuses. Il n'existe ni oscule apical, ni canal
axial. On observe en surface des canaux aquifères
Fig. 20. — Discodermia emarginata Dendy : 1, discotriaenes, * 192; 2, desnie, x 192; 3, microrhabdes, x 500.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
53
tangentiels dont certains convergent vers un
oscule. La pellicule ectosomique est chargée de
discotriaenes.
Spiculés. — Desmes à clones lisses mais à fortes
zygoses, avec clones de 100 ij.m.
Discotriaenes à tubercules : 220-250 (im.
Microrhabdes rugueux : 8 à 18 am/2 u.m.
Distribution. — Ceylan, Zanzibar, Philippines.
Genre Theonella Gray, 1868
Theonella cupola Burton, 1928
(Fig. 21-23 ; pl. III, 2-6 ; pl. IV, 3)
Theonella cupola Burton, 1928, Rec. Ind. Mus.. 30 :
110.
Matériel. — MNHN : D CL 3184 à 3192.
Localités. — Musorstom 1, St. 18 : 150-159 m. ;
St. 57 : 107-96.
Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m. ;
St. 28 : 90-110; St. 33 : 130-137 m.
L’examen des spiculés du type de Theonella
cupola Burton, conservé au BMNH (RA XL I,
26-10-1-43) montre que les desmes y sont très
tuberculés et que les phyllotriaenes à tubercules
ont une morphologie variable, depuis l’étal de
discotriaene de 250 ,um de diamètre jusqu’à celui
de phyllotriaene à clades irréguliers, assez longs
et larges, atteignant 800 de diamètre. Les
microxes ou microstrongyles épineux sont de
longueur variable ; les plus petits, 10 [i.m environ,
sont superficiels et les plus longs, oxeotes atteignent
30 [Lin et sont mêlés aux desmes.
Parmi les Theonella des campagnes Musors¬
tom, on peut isoler d'abord un groupe d’éponges
massives, convexes, à oscule béant, apical et à
phyllotriaenes tuberculés, groupe qu’on peut
subdiviser ainsi :
a) Spécimens tels que 3188 et 3191 (fig. 21) :
éponges subsphériques à piriformes de 30 à
40 mm de long et 16 à 25 mm de diamètre. L’un
d’eux est fixé sur un axe de Gorgone. La surface
Fig. 21. Theonella cupola Burton : I phyllotriaenes, x 150; 2, desme, x 150; 3, microxes et microrhabdes, x 393.
54
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
Fig. 22. Theonella cupola Burton : 1 phyllotriaenes, x 150; 2, desme, x 150; 3, microrhabdes, x 393.
est lisse et des canaux superficiels méridiens,
ramifiés sont visibles sur la surface convexe
supérieure. L’oscule mesure 5/3 mm. L’autre
spécimen, piriforme a un oscule de 1/1,5 mm de
diamètre avec rebord annulaire charnu. Les
desmes ont des clones lisses mais de très fortes
zygoses tuberculées et mesurent environ 400 p.m.
Les phyllotriaenes ostiolaires mesurent jusqu’à
600 p.m de diamètre. Leurs rhabdes ont 150 à
250 |^m de long/50 ,um et les clades sont aplatis et
mesurent 40 à 50 |*m de large. 11 en existe
beaucoup qui sont plus petits, depuis 200 um et
leurs clades spatulés et souvent larges, sont
irréguliers, à bord sinueux, sinon laciniés. Les
plus grands portent des tubercules sur le plateau
distal ; ces tubercules sont invisibles du côté
rhabdal du spiculé. Les microsclères épineux sont
bien en deux groupes : microstrongyles de 8-12 {±m/
2-3 jim et des microxes courbés, avec souvent
une nette flexion médiane : 40-50 [xm/3-4 jxm.
b) Un autre groupe de spécimens tels que 3185
et 3190 (fig. 22), de couleur grise, gris rosâtre,
d’apparence semblable aux précédents est com¬
posé d’éponges massives convexes, subglobulaires,
cylindroïdes ou piriformes avec oscule apical
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
55
médian. Ils mesurent aussi entre 25 et 40 mm de
haut et 20 à 45 mm de large. La surface est lisse
et les canaux tangentiels superficiels sont bien
visibles. On ne trouve pas de triaenes de revête¬
ment dans la cavité exhalante. Les desmes sont à
clones lisses et fortes zygoses comme dans le
groupe précédent. Les phyllotriaenes à tubercules
sont à larges clades, mais on trouve tous les
intermédiares depuis le pseudodiscotriaene foliacé.
Enfin, et surtout, il existe une catégorie de
microsclères épineux, très abondants en surface
et dans les membranes, mesurant 10 à 20 fun/2-
4 [*m, généralement courbés.
c) deux autres spécimens sont semblables,
hémisphériques, de 15 à 20 mm de haut et 15 à
30 mm de diamètre à la base, avec 1 oscule
apical et sans cloaque. La couleur est ocre, ocre-
brunâtre. La surface est très égale avec phyllo¬
triaenes tuberculés.
Les desmes ont des clones lisses et de fortes
zygoses. Les phyllotriaenes ont des clades de
80 am de large, peu ramifiés.
56
CLAUDE LÉV1 & PIERRETTE LÊV1
Les microscleres sont pour la plupart oxeotes
et mesurent 35-40 jxm. Ils sont abondants parmi
les phyllotriaenes. D’autres sont plus courts mais
allongés et diffèrent des microstrongyles des
spécimens du groupe a.
d) Enfin le spécimen 3422 (fig. 23) a une
morphologie très différente ; c’est une éponge de
couleur gris-rosé, en forme de vase, dont la base
en partie morte mesure 15/12 mm environ. Haut
de 40 mm, le vase a une ouverture de 25/20 mm
et une profondeur de 15 mm seulement. La face
interne osculaire a un revêtement de pseudodis-
cotriaenes tuberculés. La face externe ostiolaire
contient des phyllotriaenes à long clades minces.
Chaque triaene entoure 5 ostioles ou groupe
d’ostioles percés au milieu d’une quantité de
microsclères. Ceux-ci sont pour la plupart courts
et rectilignes et mesurent 8-15 [xm. D’autres plus
longs : 30 jim sont mêlés parmi eux surtout sur la
face interne du vase. Les phyllotriaenes mesurent
800 [xm de diamètre avec des clades de 40-50 ixm
d’épaisseur et un rhabde mesurant 300-350 [xm
de long. Les desmes à clones tuberculés ont 50 à
70 (xm d’épaisseur, avec de très fortes zygoses
espacées tous les 250-350 (im environ. Leur
longueur varie entre 350 et 400 fxm.
Distribution. — Laccadives, Indonésie.
Theonella swinhoei Gray, 1868
(Fig. 24 et pl. III, 7, 8)
Theonella swinhoei Gray, 1868, Pro. Zool. Soc. London,
37 : 565.
Matériel. — MNHN : D CL 3216 à 3218, 3391,
3392, 3416, 3417.
Localités. — Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m ; St. 28 :
90-110 m; St. 62 : 186-189 m.
La collection contient divers spécimens dont
plusieurs entièrement roulés n’ont plus de char¬
pente périphérique. Les deux plus grands mesurent
110 et 80 mm de haut et 90 et 55 mm de
diamètre. Ils ont une cavité cloacale de 20 et
10 mm de diamètre. On observe, à la surface, des
cavités de 2 à 8 mm de diamètre, occupées par
des Ophiures. La surface est égale, un peu plus
charnue autour de l’oscule. Les phyllotriaenes
des régions inhalantes ont leurs clades sinueux et
étroits, lisses et ceux des zones non ostiolaires
ont des clades plus larges. Microrhabdes courbés
caractéristiques.
Distribution. — Pacifique ouest. Archipel indo¬
nésien, Océan indien, Mer Rouge.
Theonella cylindrica Wilson, 1925
(Fig. 25, 26 et pl. IV, 1, 4)
Theonella cylindrica Wilson, 1925, U. S. nat. Mus. Bull.,
100, 2 : 454, pl. 44, 4 et 50, 1-3.
Matériel. — MNHN : D CL 3194, 3423 à 3428.
Localités. Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m ; St. 09 :
66 m; St. 28 : 90-110 m.
Ces Theonella sont caractérisées par leurs très
petits microsclères, pour la plupart inférieurs à
10 ixm de long. On peut les répartir en deux
groupes en fonction de leur morphologie.
Les uns (fig. 25), comme le type décrit par
Wilson (1925) sont irrégulièrement cylindriques,
avec de courtes ramifications. Ces fragments mesu¬
rent 50 à 85 mm de long et 10 à 15 mm de
diamètre ; ils sont creusés d'une cavité axiale de 2 à
5 mm de diamètre. Les desmes ont des clones lisses
et zygoses sont très faibles.
Les microrhabdes épineux sont courts et recti¬
lignes et mesurent 7-8 [xm/3 ;xm. Les rhabdes sont
fréquents et mesurent 500 à 600 ixm ; les phyllo¬
triaenes à clades étroits mesurent 600 [xm de
diamètre.
L’autre groupe de spécimens (3426 à 3428)
(fig. 26) se compose de cylindres plus épais
mesurant 20 à 45 mm de diamètre, avec cavité
axiale et oscule medioapical de 5 à 15 mm
d’ouverture. L’éponge 3426 est buissonnante. Le
tronc de fixation se subdivise en une douzaine de
gros rameaux de 20 à 60 mm de long. L’éponge
complète a 140/100/140 mm d’envergure.
Les microrhabdes épineux sont semblables aux
précédents : 6-10 jim/2-3 jim. Les rhabdes mesurent
600-750 (xm/7 ixm et les phyllotriaenes ont 500-
600 jxm de diamètre. Les desmes sont lisses avec
tubercules terminaux formant de faibles zygoses.
Il existe quelques espèces de Theonella à phyllo¬
triaenes semblables et à très petits microrhabdes.
Ce sont T. (Dactylocalyx) pratti Bowerbank, 1869,
T. conica (Kieschnick) Thiele, 1900, T. cylindrica
Wilson, 1925 et T. invaginata Wilson, 1925. T.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
57
pratti est une forme en coupe. Le type déposé au
BMNH : 1877, 5, 21, 5 est une coupe de 110 mm
de haut et 140/110 mm de large, avec oscules sur la
face interne. T. conica et T. invaginata sont très
proches, mais Thiele décrit des oscules alignés,
chez T. conica , dont les desmes paraissent peu
ramifiés et faiblement soudés. Une préparation du
type conservé à Frankfurt/M montre des micro-
rhabdes de 8-12 um. T. invaginata a une couverture
de phyllotriaenes dans le cloaque.
Parmi les nombreuses Theonella de la collec¬
tion du Siboga, Burton a identifié deux spéci¬
mens comme T. cylindrica et deux autres comme
T. conica. Le spécimen SE cii, 1947, 2, 15, 178, à
microrhabdes très petits correspond bien au type
et les desmes ont leurs clones lisses ; en revanche
l’éponge SE 1375-5, 1945 2 15 122 a des desmes
beaucoup plus tuberculés.
Les éponges SE 412 XVII (1946 11 25 63 et SE
1370 IV A 1947 15 119) sont très différentes
entre elles ; la première seule a des microrhabdes
courts.
Enfin, les éponges du deuxième groupe en
cylindres épais simples ou ramifiés ont une
morphologie analogue à celle de Theonella japo-
nica (Dôderlein). Mais tous les spécimens de
58
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
SPONGIAIRES (MUSORSTOM
59
cette espèce dont le type est conservé au Musée
Zoologique de Strasbourg, n'ont pas de cavité
axiale et produisent deux catégories de micro-
sclères, microrhabdes oxeotes et microstrongyles
courts et ovoïdes.
Distribution. — Philippines, Indonésie.
Theonella calyx (Dôderlein, 1884)
(Fig. 27 et pl. IV, 5)
Discodermia calyx Dôderlein, 1884, Zeit. Wiss. Zool. 40 :
77, pl. 5, 4, 5.
Matériel. - MNHN : D CL 3183.
Localité. - Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m.
Éponge en forme de coupe pédonculée de
30 mm de haut, 35/40 mm de diamètre au sommet
et dont la cavité a 15 mm de profondeur. La face
interne est osculaire avec des oscules de moins
d’1 mm de diamètre, espacés tous les 5 à 10 mm ;
la face externe est ostiolaire.
Spiculés. — Desmes très tuberculés mesurant 400-
500 izm de long, formant des mailles de 150-
200 |j.m.
Phyllotriaenes lisses, à courts deuteroclades, mesu¬
rant 500-800 ’j.m/50-IOO itm de large. Ceux de la
face ostiolaire sont à clades sinueux, ceux de la
face interne sont à clades larges et même parfois
à l'état de discotriaenes.
Microxes courbes : 40-50 [im.
Microstrongyles ovoïdes : 10-12 jxtn.
La forme et la spiculation de cette éponge
correspondent à celles des échantillons type con¬
servés au Musée de Strasbourg. Toutefois, les
Theonella calyx du Japon sont en coupe à paroi
plus mince et l'examen détaillé des phyllotriaenes
lisses révèle des différences dans la forme des clades
terminaux et dans la régularité de la dichotomie
des clades.
Il faudra revoir ultérieurement la signification de
ces différences.
Distribution. — Japon.
Fig. 27.
Theonella calyx Dôderlein : 1, phyllotriaenes, * 73 ; 2, desme, * 150 ; 3, microrhabde.
465 ; 4, microxe, * 465.
60
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
Genre Isops Sollas, 1880
Isops ostracomorpha sp. nov.
(Fig. 28 et pi. IV, 7 et 8)
r. ^, NHN : D CL 3368 (holotype),
MNHN . D CL 3555 (paratype).
Localité. — Musorstom 2, St. 33 : 130-137 m.
La collection contient 4 spécimens, dont 3 ont
été brisés. Le plus complet, considéré comme
holotype est une éponge sphérique de 40-45 um
de diamètre, fixée sur deux petits cailloux et con¬
tenant une coquille de vermet. La couleur est
gris-jaunâtre. La surface, assez égale, est fine¬
ment bosselée. Elle est percée de plusieurs oscu-
les. situés sur l’hémisphère supérieur, légèrement
surélevés au milieu de mamelons d’1 mm de hau¬
teur et de 0,5 mm de diamètre. Les ouvertures
inhalantes, simples, non criblées, sont réparties
autour de l’équateur et de l’hémisphère inférieur.
Leur diamètre est inférieur à celui des oscules. Le
cortex sterrastral mesure 0,8 mm d’épaisseur. Il
constitue une enveloppe qui se brise aisément et
qui entoure comme une coquille un choanosome
très mou de couleur brun-rougeâtre, chargé de
cellules morulaires.
Le squelette choanosomique se compose de
faisceaux radiaires d’oxes et, vers la périphérie,
d’orthotriaenes dont le cladome s’intégre à la
base du cortex. Il existe également des faisceaux
d’oxes, très fins, abondants, qui forment un
feutrage basal externe autour des substrats. Les
paratypes mesurent respectivement 30/25/20 mm
30/35/30 mm et 35/25.50 mm.
Spiculés. - Oxes principaux : 2,7 à 5,2 mm/30-
55 pm.
Oxes grêles : 3,5 à 5,5 mm/7-12 mm.
Orthotriaenes à rhabde mesurant 2,6-2-8 mm/50-
55 (xm et clades inégaux : 450-1 000/50-55 pm.
Sterrasters elliptiques : 130/110 pm, parfois plus
petits : 110/95 |xm.
Oxyasters choanosomiques mono à pentactines :
les monactines mesurent environ 90 um ; les
actines des diactines : 170-180 fxtn, celles’des
triactines : 50-160 pm, de tétractines : 50-100
!J.m et des pentactines : 40-50 pm. Tous les
oxyasters ont un centrum globulaire, formant
style chez les monactines.
Oxyasters du choanosome : 15-25 pm ; polyacti-
nes.
Spheroxyasters ectosomiques superficiels : 15 pm
de diamètre.
Fig. 28. — Isops ostracomorpha
3, oxyaster, x 315.
I, Oxyasters monactine, diactine, pentactines, x 315 ; 2, spheroxyasters, x 315;
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
61
Cette espèce d 'Isops est caractérisée par la
dimension des sterrasters et par la variété des
grands oxyasters du choanosome. Elle s'appa¬
rente nettement à VIsops ovifractus Burton, dra¬
guée au large du Natal, qui a la même morpho¬
logie et des oxyasters diactines centrotylotes.
mais dont les sterrasters sont beaucoup plus
petits.
Genre Geodinella Lendenfeld, 1903
Geodinella sphaerastrosa Wilson, 1925
(Fig. 29 et pl. V, 2)
Geodinella sphaerastrosa Wilson, 1925, U.S. nat. Mus.
Bull., 100 : 332, pl. 38, 3; pl. 47, 4-7.
Matériel. MNHN : D CL 3209 à 3215, 3219,
3241, 3388.
Localités. — Musorstom 1, St. 27 : 192-188 m;
St. 35 : 186-187 m.
Musorstom 2, St. 01 : 198-188 m.
Éponges massives tubéreuses, cylindriques ou
claviformes, à base de fixation étroite, plus ou
moins pédonculée. Le plus grand spécimen mesure
85/50/35 mm ; il est fixé par un court pédon¬
cule. Les autres, plus claviformes mesurent 23/
27/72 mm, 30/20/40 mm (à base amputée, 12/12/
30 mm...). La couleur est ocre gris clair. Toute
l’éponge est couverte d’un cortex d’1 mm d’épais¬
seur avec perlage de sterrasters superficiels. Ce
cortex est soulevé en petits mamelons à canal
exhalant, d’ 1 mm de haut et d’ 1,5 mm de diamètre.
Le choanosome est assez souple et contient peu de
faisceaux radiaires.
Spiculés. — Oxes principaux courbés : 2,7-
3,7 mm/60-70 gm.
Triaenes réduits à l’état de tylostyles : 2,4-
2,9 mm/40-60 gm.
Sterrasters : 170-180 gm/150-160 gm.
Oxyasters : 25-35 gm de diamètre.
Chiasters, oxyspherasters : 8-9 gm.
Cette espèce semble très commune dans la
zone prospectée.
Distribution. — Philippines.
Fig. 29. Geodinella sphaerastrosa Wilson : 1, 2, Tylostyles,
x 315; 3, sterraster, * 90 ; 4, oxyaster, * 315; 5,
chiaster, * 315.
Genre Erylus Gray, 1867
Erylus cornutus Wilson, 1925
(Fig. 30 et pl. V, 4)
Erylus cornutus Wilson, 1925, U.S. nat. Mus. Bull.,
100 : 306, pl. 37,8; pl. 45, 5, 16; pl. 46, 1.
Matériel. — MNHN : D CL 3144.
Localité. — Musorstom 2, St. 51 : 170-187 m.
Éponge en forme de coupe, de couleur gris
clair. Elle mesure 90/80/60 mm. Sa base d’attache
a 50/30 mm de diamètre. La paroi de la coupe
mesure 10 mm d’épaisseur et la cavité a 45 mm
62
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
de profondeur environ. La face interne est
osculaire ; les oscules sont assez nombreux,
ouverts et mesurent 0,5 à 2 mm de diamètre. La
surface externe est inhalante avec nombreux
orifices, plus petits vers le bord supérieur de la
coupe. Tl existe un cortex de sterrasters d’1 mm
d'épaisseur.
Spiculés. — Oxes strongyloïdes fusiformes, à
courbures subterminales : 1,6-2,2 mm/50 pm.
Orthotriaenes : rhabde : 700-1 300 pm/70 (xm ;
450-550 pm/60 pm.
Sterrasters : 200-210 pm/150-160 |xm; quelques
uns sont boursouflés, monstrueux.
Microstrongyles très rares : 35-40 pm.
Strongylasters à petites épines; diamètres : 15-
20 pm ; irréguliers, anormaux.
Wilson (1925) considérait que le grand frag¬
ment d'éponge, type de l’espèce devait apparte¬
nir à une éponge en coupe à cavité peu profonde.
Le spécimen de Musorstom, en parfait état
confirme la justesse de cette appréciation.
Distribution. - Philippines.
Erylus philippinensis sp. nov.
(Fig. 31 et pl. V, 3)
Matériel. — MNHN : D CL 3198 (holotype),
MNHN D CL 3199 à 3201 (paratype).
Localités. Musorstom 1, St. 18 : 150-159 m;
St. 60 : 129 m.
La collection contient plusieurs fragments de
cette éponge. L’holotype est en forme de colonne
de 10 mm de diamètre et de 40 mm de haut,
subdivisé au sommet en deux courts lobes dont
un, courbé à l’horizontale, forme un plateau où
s'ouvre un oscule apical. Les autres fragments
sont des colonnes plus étroites de 5 à 8 mm de
diamètre et 35 à 40 mm de haut, à extrémité
simple ou bifide, percée d’un oscule apical
d’1 mm de diamètre, entouré par une région
annulaire, de pigmentation claire. La surface est
ponctuée par les orifices inhalants, circulaires, en
pastilles à liseré blanc, creusés dans un mince
cortex d’aspidasters. Le choanosome est pul¬
peux, en mie de pain.
Spiculés. — Oxes courbes : 600-1 300 pm/20-
Fig. 30. Erylus cornutus Wilson : 1, oxe, * 78 ; 2, triaene.
x 78; 3, aspidaster, x 192; 4. strongylaster. x 315;
5, microrhabdes, x 315 .
25 pm, un peu centrotylotes.
Triaenes calthropses : rhabde : 300-550 pm/
40 pm ; clades : 300-500 [xm.
Aspidasters ; 220-240 pm/120-140 pm.
Acanthotylasters de 30-35 pm de diamètre, avec
5 actines de 15 pm environ.
Microxes centrotylotes : 20-80 pm/4-7 pm.
Cette espèce paraît avoir quelques ressemblances
avec E. cylindrigerus Ridley, de l’Océan indien.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
63
Genre Thenea Gray, 1867
Thenea grayi Sollas, 1888
(Fig. 32)
Thenea grayi Sollas, 1888, Sci. Proc. R. Dublin Soc., 5:
83.
Matériel. — MNHN : D CL 3220, 3376.
Localités. — Musorstom 1, St. 57 : 107-96 m.
Musorstom 2, St. 46 : 445-520 m.
Un spécimen très petit à la station 57 ; 3 autres
à la station 46. Ils mesurent 45/30/15 mm,
22/25/12 mm, 15/15/15 mm. Leur forme et
structure sont caractéristiques, avec crible à
grosses mailles et crible à petites mailles en
positions opposées ; franges spiculaires autour
des cribles.
Distribution. — Australie, Japon, Philippines.
Genre Characella Sollas, 1888
Characella pachastrelloides (Carter, 1876)
(Fig. 33)
Stelleta pachastrelloides Carter, 1876, Ann. Mag.
nat. Hist., 4, 18: 403, pl. 15, 40.
Matériel. — MNHN : D CL 3228 à 3231.
Localités. — Musorstom 1, St. 51 : 200-170 m.
Musorstom 2, St. 46 : 445-520 m.
Le plus grand spécimen mesure 120/60/20 mm ;
les autres mesurent 85/50/40 |xm, 50/30/25 mm
etc.. La couleur est ocre brunâtre. L’éponge est
64
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉV1
10 jim, souvent obtus à l’une des extrémités
qui peut paraître tronquée.
Streptasters : 25-30 jxm/20-25 jun.
Après de nombreuses comparaisons de ces
spécimens et de leur spiculation avec celle d’autres
Characella pachastrelloides Carter de l’Atlan¬
tique et de l’Afrique du Sud, nous ne voyons
aucune différence spécifique, en dépit de leur
éloignement géographique.
Distribution. — Atlantique ; large de Durban
(<Characella tuberosa Levi).
friable. La surface est irrégulière et légèrement
rugueuse.
Le squelette choanosomique est désordonné et
se compose d’oxes longs et courts et de calthropses.
Spiculés. — Oxes principaux, courbes : 1 500-
3 000 (xm/25-100 jxm.
Triaenes calthropses, dont le rhabde est un peu
plus long que les clades et mesure 200-600 um/-
20-75 (j.m ; clades : 170-500 p.m/20-70 |j.m ; peu
nombreux.
Microxes raboteux, courbes : 90-210 p.m/3-6 [xm.
Microxes losangiques, raboteux, 30-55 |xm/5-
Genre Pachastrella Schmidt, 1868
Pachastrella motiilifera Schmidt, 1868
(PL V, 5)
Pachastrella monilifera Schmidt, 1868, Explor. Sci.
Algérie : 15, pl. 3, 7.
Matériel. — MNHN : D CL 3372.
Localité. — Musorstom 1, St. 03 : 183-185 m.
Éponge de couleur grise, en forme de vase à
paroi solide, mesurant 150/90-130 mm de dia¬
mètre au sommet et 70 à 110 mm de haut. Sa
cavité atteint 70 mm de profondeur ; la paroi
mesure environ 20 mm d’épaisseur. La face
externe est rugueuse, mais égale, recouverte
d'une fine membrane ostiolaire contenant les
cladomes de calthropses tangentiels. Quelques
faisceaux d’oxes y sont saillants. La face interne
du vase est fortement hispide et la couverture
d’oxes saillants y a une disposition alvéolaire.
Spiculés. — Oxes courbes : 2 000-3 500 fxm/50-
100 [xm.
Calthropses de toutes tailles avec rhabde mesu¬
rant 300 à 1 500 (xm/40-200 utn, clades de 200-
1 100 txm/40-200 fxm. Les plus grands et plus
épais sont des dichocalthropses dont les clades
sont parfois subdivisés 2 ou 3 fois. Les
protoclades varient entre 600 et 900 |im en
général et la longueur totale du clade en ligne
brisée atteint souvent 1 300 à 1 500 ixm.
Calthropses de petite taille à rhabde et clades de
80-150 txm.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM
65
Metasters : 15 [xm.
Microstrongyles ovoïdes : 15 jxm/7 |xm.
La plupart des Pachastrella ont une morpho¬
logie massive et irrégulière. Seul, Pachastrella
caliculata Kirkpatrick est également vasiforme,
bien que Schmidt (1870) parle de fragments
tubéreux ou creusés en gobelet. La spiculation de
tous les spécimens connus de Pachastrella ont la
même spiculation. Seule une étude morphomé¬
trique détaillée permettra de les distinguer.
Fig. 33. — Characella pachastrelloides (Carter) : 1, chelotrope, x 192; 2, oxe, x 78 ; 3. metaster, x 315 ; 4, microxe, x 315.
Genre Brachiaster Wilson, 1925
Brachiaster simplex Wilson U.S. Nat. Mus., Bull. 100,
471, pl. 51, 8, 9.
Brachiaster simplex Wilson, 1925
(Fig. 34 et pl. V, 6)
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
66
Matériel. — MNHN : D CL 3373.
Localité. — Musorstom 2, St. 01 : 198-188 m.
Éponge massive en forme de coupe basse, à
paroi de 25 mm d’épaisseur. Elle mesure 145 mm
de long et 120 mm de large. Sa couleur est gns-
ocre un peu rosâtre. La surface de la face
concave est divisée en deux régions adjacentes :
la région centrale est rugueuse et hispide et la
région périphérique est plus lisse et sans hispida-
tion. Cette région plus jeune et vivante a une
striation radiaire discrète liée à l’organisation du
système aquifère. Au dessus du squelette princi¬
pal de desmes, on voit un squelette périphérique
de calthropses mesotriaenes couvert par une
couche de microstrongyles ovoïdes. Cette strate
de tissu périphérique contient de nombreuses
cellules moruliformes de 30/20 mm de diamètre.
Elle est traversée par de nombreux faisceaux de
styles grêles (ou oxes styloïdes). Ces faisceaux
d’abord invisibles, deviennent saillants au cours
de la croissance. _
La face inférieure convexe est irrégulière et
rugueuse et le squelette principal est générale¬
ment apparent. Une Poecillastra couvre certaines
anfractuosités. Les desmes constituent un sque¬
lette très rigide, mais dans la partie périphérique
les desmes sont noyés dans un tissu cellulaire où
existent en abondance microstrongyles et métas-
ters.
Spiculés. — Calthropses mesotriaenes, dont les
clades et rhabdes mesurent 150 à 350 (xm/15-
60 f- m - ,
Desmes également mesotriaenes dont les clades
mesurent 300 à 500 (xm/80-250 (xm.
Metasters : 12-15 u.m.
Microstrongyles : 12 fxm/4 [xm.
Styloxes d’hispidation à base enflée : environ
x 50.
4 mm de long.
Cette éponge correspond parfaitement à la
description du type par Wilson. Mais le type,
dont nous avons examiné les desmes, était
macéré et incomplet. Nous donnons ici des
indications sur le squelette périphérique et les
microsclères. La parenté des genres Brachiaster
Wilson et Pachastrella Schmidt semble évidente.
Distribution. — N.E. de la Mer des Célèbes,
près de Tawi-Tawi.
Genre Poecillastra Sollas, 1888
Poecillastra incrustons Sollas, 1888
Poecillastra incrustans Sollas, 1888, Challenger Rep.
Zool.,25 . 105.
Matériel. — MNHN : D CL 3372, 3373.
Localités. - Musorstom 1. St. 03 : 183-185 m.
Musorstom 2, St. 01 : 198-188 m.
Cette éponge recouvre partiellement la face
externe porifère de Pachastrella monilijera
Schmidt. L'association de ces deux espèces a ete
décrite par Sollas (1888) d’après les spécimens
dragués près de Tristan da Cunha ; elle a ete
revue par Topsent (1913) dans une collection
australe de nie Gough. Topsent a bien décrit la
spiculation de P. incrustans Sollas, signalant des
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
67
oxes de 770-1 400 [im/8-17 [j.m plutôt tangentiels,
des calthropses à actines de 40 à 400 um/45 jim,
des microxes raboteux centrotylotes très nom¬
breux et des spirasters parfois metasters. On
retrouve cette même spiculation dans les spéci¬
mens des Philippines. Cette même espèce couvre
également la face externe de Brachiaster simplex
Wilson.
Distribution. Tristan da Cunha ; Ile Gough
(Antarctique) 180 m.
Poecillastra laminaris Sollas, 1888
PoeciUastra laminaris Sollas. 1888, Challenger Rep.
Zool., 25 : 84.
Matériel. — MNHN : D CL 3204, 3371.
Localités. — Musorstom 2, St. 01 : 198-185 m ;
St. 08 : 85-90 m ; St. 17 : 174- 193 m.
Fragments lamellaires brunâtre ou noirâtre, à
surface sans orifices, avec spiculés saillants très
irréguliers. Le squelette est dense, essentiellement
composé d'oxes, avec quelques triaenes mélangés.
En surface, de longs oxes grêles et des metasters.
Spiculés. — Oxes courbes fusiformes : 2 700-
4 400 nm/50-100 |xm.
Triaenes calthropses à rhabde de 500-1 000 p.m/
45-90 um et clades de 500-800 p.m/45-90 |im.
Microxes rugueux : 140-160 p.m/3 [j.m.
Metasters : 20-25 um.
Spirasters : 15-20 um.
Les fragments mesurent 60/40/3 mm, 45/20/
3 mm.
Distribution. — Amboine, Nouvelle-Calédonie.
Genre Aurora Sollas, 1888
Aurora irichophora sp. nov.
(Fig. 35 et pl. V, 1)
Matériel. — MNHN : D CL 3378 (holotype).
Localité. Musorstom 2, St. 28 : 90-110 m.
L’éponge holotype est en deux fragments.
C’est une espèce massive de couleur gris rosâtre
clair; les fragments mesurent 30/10/10 mm et
25/15/7 mm. Le paratype entoure un squelette de
Gorgone ou d’Antipathaire sur une longueur de
70 mm. Son épaisseur varie entre 3 et 5 mm. La
surface est égale, lisse. Il existe un cortex à
spherasters semblable au cortex des Geodia. Il
mesure 1 mm d’épaisseur. Des orifices inhalants
nombreux donnent à la surface un aspect ponctué
ou, par endroits, réticulé.
La charpente est radiaire en périphérie où elle
se compose surtout de plagiotriaenes. Le choa-
nospme est souple avec oxes désordonnés, par¬
fois fasciculés. On y observe aussi d’assez nom¬
breux spherasters semblables à ceux du cortex et
des raphides groupés en trichodragmates.
Spiculés. Oxes fusiformes : I 000-1 700 um/20-
55 um ; jusqu’à 2 100 p.m/60 [xm dans le
paratype.
Plagiotriaenes : rhabde : 700-1 200 jxm/50-80 um ;
clades 100-350 jxm/20-50 ,um.
Spherasters à actines coniques : 60-70 [xm de
diamètre ; certains sont plus petits. Oxyasters
polyactines peu nombreux, de 12-13 (xm, pro¬
bablement des stades de croissance des sphe¬
rasters.
Raphides toxiformes, groupés en trichodrag¬
mates : 80-100 jim.
Les Aurora Sollas sont caractérisées par leur
cortex de grands spherasters. Il en existe en
réalité deux groupes : l’un à spheroxyasters,
l’autre à spherasters vrais. Encore celui-ci est-il
probablement hétérogène.
Genre Chrotella Sollas, 1888
Chrotella macellata Sollas, 1888
(Fig. 36)
Matériel. MNHN : D CL 3137, 3138, 3143,
3223, 3224, 3225, 3393.
Chrotella macellata Sollas, 1888, p. 17.
Localités. — Musorstom 1, St. 73 : 90-70 m.
68
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
Musorstom 2, St. 01 : 198-188 m;
St. 28 : 90-110 m.
Les deux collections contiennent plusieurs
spécimens de cette espèce, dont le type provient
du large de Manille. Ils sont semblables à ceux
qui ont été précédemment décrits sous les noms
de Chrotella macellata Sollas et de Tetilla ( Cina-
chyrelia) crustata (Wilson, 1925). Wilson décrit
plusieurs variantes de T. crustata et indique que
cette espèce est très proche de T. (Cinachyra)
isis Lendenfeld et très proche aussi de T. (Chro¬
tella) macellata également récoltée aux Philip¬
pines. Il souligne à tort que Sollas ne mentionne
pas dans sa description la croûte ectosomique
d'oxes et que les oscules et cloaques observés par
Sollas correspondent aux fossettes porifères de
T. crustata , ce qui est certain. Il est très probable
que toutes ces éponges appartiennent à la même
espèce ; elles sont caractérisées par une enve¬
loppe corticale de petits oxes tangentiels ou
obliques, par la présence de cavités criblées
inhalantes (porocalices) et même par l’existence
de sigmaspires choanosomiques et de toxospires
ectosomiques. La valeur du genre Chrotella
Sollas et du sous-genre Cinachyrella Wilson
dépend de l'importance qu’on attache à la
disposition plus ou moins tangentielle des oxes
corticaux et de l’interprétation des structures
corticales. Sollas indique (1888 : 20) que de
nombreux petits oxes sont distribués dans le
cortex en s’entrecroisant en position oblique par
rapport à la surface, mais plus souvent presque
parallèles. Wilson (1925 : 368) indique que la
couche externe du cortex est occupée par une
croûte d’oxes tangentiels. Dans ces conditions il
nous paraît normal d'utiliser le genre Chrotella
Sollas, pour y classer les espèces à squelette
cortical de petits oxes tangentiels ou obliques.
Distribution. — Philippines.
Fig. 35. — Aurora trichophora n. sp. : 1, oxe, x 192; 2,
plagiotriaene, x 192; 3. sphcrasters. x 315; 4. raphide,
x 315.
Genre Chondrillastra Topsent, 1918
Chondrillastra australiensis (Carter, 1873)
(Fig. 37)
Chondrilla australiensis Carter, 1873, Ann. Mag. nat.
Hist., 4, 12 : 23, pl. 1, 10-14.
Matériel. — MNHN : D CL 3202, 3203.
Localité. Musorstom 2, St. 47 : 84-81 m.
Plusieurs petits spécimens de couleur noir
rougeâtre , à surface lisse.
Spiculés. — Spherasters subglobulaires : 40-
45 jj.m, avec actines obtuses.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
69
Oxyasters : 18-25 p.m, actines avec bouquet
d’épines terminales.
Distribution. — Australie ; zone indopacifique.
F|G ' 3 ZlT" Chondrillustra australiensis (Carter) : 1, oxyaster, Fig. 36. — Chrotella macellata 1, oxes, x 225 ; 2, anatriaenes,
x 500 ; 2, spheraster, x 500. x 138 ; 3, protriaene, x 225 ; 4. prodiaenes et promo-
naene, x 138; 5. sigmaspires, x 225.
Genre Aaptos Gray, 1867
Aaptos aaptos (Schmidt, 1864)
Ancorina aaptos Schmidt, 1864, Suppl. Spongien adria-
tischen meeres ; 33, pl. 4, 11.
Matériel. — MNHN : D CL 3375.
Localité. — Musorstom 2, St. 28 : 90-110 m.
Eponge massive, de couleur brun rouge, très
dure, mesurant 30/50/30 mm environ. La surface
agglomère des débris calcaires. On y observe de
très petits oscules inférieurs au mm.
Le squelette est désordonné en profondeur,
plus radiaire en surface, avec une palissade
superficielle de petits spiculés.
Spiculés. — Styles ou tylostyles principaux,
fusiformes : 1 500-1 600 um/50-55 pm ; d’autres
plus courts : 650-850 pm/18-30 p.m et 230-
430p.m/10 jim.
Distribution. (à revoir après révison du
genre) Méditérranée, Atlantique, Océans indien
et Pacifique.
70
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
Genre Rhizaxinella Relier, 1881
Rhizaxinella nuda Wilson, 1925
Rhizaxinella nuda Wilson, 1925, U.S. nat. Mus. Bull.,
100. 2 : 352, pl. 38, 5.
Matériel. — MNHN : D CL 3145, 3147.
Localité. — Musorstom 2, St. 41 : 166-172 m.
Cette espèce semble très commune dans la
région. La collection en renferme une douzaine
de spécimens. Claviformes et pédonculées ces
éponges mesurent 15 à 80 mm de haut et 15 à
25 mm de large.
Spiculés. — Styles à base peu enflée : 1 500-
2 200 am/40-55 am.
Tylostyles : 700-1 500 p.m/8-10 p.m ; d'autres plus
courts : 230/430 [xm/10-12 p.m.
Distribution. — Philippines (Albatross ; Gala-
thea).
Genre Timea Gray, 1867
Timea ornata sp. nov.
(Fig. 38)
Matériel. — MNHN : D CL 3403 (holotype).
Localités. — Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m ; St. 28 :
90-110 m.
Petites éponges encroûtantes fixées sur subs¬
trats calcaires ; leur épaisseur n’excède pas 1 mm.
Spiculés. — Tylostyles rectilignes à base ovoïde :
330-600 (j.m/5-9 um.
Spheroxyasters à petites épines situées à l’extré¬
mité d’actines coniques, diamètre : 40-55 ^m.
Cette espèce a des spiculés assez semblables à
ceux de Timea crassa Topsent et surtout à ceux
de Timea stenosclera Hechtel, dont les dimen¬
sions sont cependant plus réduites (mégasclères :
173-252 jim et asters : 12-26 |im).
FlG. 38. — Timea ornata
spheroxyaster, x 500.
sp. :
Tylostyle, x 315; 2,
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
71
Genre Hemiasterella Carter, 1879
Hemiasterella typus Carter, 1879
(Fig. 39 et pl. VII, 1)
Hemiasterella typus Carter, 1879. Ann. Mag. nat. Hist.
5, 3 : 146, pl. 21, 9.
Matériel. — MNHN : D CL 3221, 3222.
Localités. — Musorstom 1, St. 60 : 129-124 m.
Musorstom 2, St. 33 : 130-137 m.
Un des spécimens cyathomorphe et pédoncule
est de couleur jaune paille. Le pédoncule solide
mesure 5 mm de diamètre et 7 mm de long.
L’éponge s’évase ensuite en une coupe de 30 mm
de diamètre et 10 mm de profondeur. La
charpente est longitudinale et radiaire et l’éponge
paraît composée de languettes ascendantes d’1 mm
de large où styles et oxes sont mélangés. Des
styles espacés régulièrement font une hispidation
haute et lâche. Les asters sont abondants dans
l’éponge.
L'autre spécimen est dressé, lamellaire et de
couleur gris clair ; il est composé de lamelles de 2
à 4 mm d’épaisseur, atteignant 30 mm de haut et
15 à 20 mm de large, divergentes ou perpendicu¬
laires et toujours soudées à la base. La surface de
ces lames est hispide ; même squelette.
Spiculés. — Styles souvent anisoxes : 1 400-
2 500 [xm/40-60 |xm.
Styles saillants : 2 100-3 500 p.m/15-28 jxm.
Oxyasters à actines épineuses : 12 à 40 [xm de
diamètre, abondants.
Distribution. — Golfe d’Aden.
Fig. 39. — Hemiasterella typus Carter : I, style, x 33;
2, oxyaster, x 500.
Source : MNHN, Paris
72
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
Genre Jaspis Gray, 1867
Jaspis serpentina Wilson, 1925
(Fig. 40 et pl. VII, 2)
Jaspis serpentina Wilson, 1925 U.S. nat. Mus. Bull.,
100, 2 : 330, pl. 38, 6.
Matériel. — MNHN : D CL 2877, 2878, 2879,
3226, 3227.
Localité. — Musorstom 2, St. 08 : 80-90 m.
Fig. 40. Jaspis serpentina Wilson : 1, oxe, x 315; 2, strongyles, x 78 ; 3, oxyasters et strongylasters, x 315.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
73
Le plus beau spécimen de la collection est une
éponge en lame, de couleur gris jaune clair,
mesurant 80/50/5-6 mm. La lame est légèrement
courbée avec une face osculaire concave portant
des oscules étoilés espacés tous les 5 mm environ
et couverte d'une pellicule charnue. La face
porifère convexe est finement réticulée, moins
charnue que l’autre face. Le squelette de surface
est un feutrage de petits oxes couverts par une
couche périphérique de strongylasters. L’axe de
la lame, épais, se compose d’une masse dense de
strongyloxes serpentiformes, très nombreux.
Spiculés. — Oxes vermiculaires : I 700-2 200 u.m/
20-40 jim.
Oxes courts : 100-240 jj.m/4-7 jj.m.
Oxyasters : 12-30 pm ; quelques épines sur
certaines actines.
Strongylasters de surface : 6-9 um.
Cette espèce, très rare, caractérisée par sa
masse squelettique de spiculés vermiformes a été
placée par Wilson (1925) dans le genre Jaspis où
nous le maintenons provisoirement. Dans son
manuscrit concernant les Spongiaires récoltés
par le Siboga, Burton propose pour cette même
espèce un genre nouveau qu’il appelle Astropha-
kellia. Cette dénomination intelligente indique la
parenté probable de cette éponge avec les Axinel-
lida.
Distribution. — Philippines.
Genre Phake/ha Bowerbank, 1864
Phakellia stelliderma sp. nov.
(Fig. 41 et pl. VI, 2)
Matériel. — MNHN : D CL 3406 (holotype).
Localité. — Musorstom 2, St. 8 : 85-90 m.
Cette éponge pédonculée et foliacée mesure
200 mm de haut, 40 mm de plus grande largeur
et 2 mm d'épaiseur. Le pédoncule est très solide
el se divise en quelques grandes nervures qui
se ramifient à leur tour en formant une char¬
pente axiale très dense, constituée de strongyles
sinueux. Observée par transparence la lame paraît
presque perforée. De fait, entre les nervures, des
Genre Bubaris
Buburis sulomonensis Dendy, 1921
(Fig. 42)
Bubaris salomonensis Dendy, 1921, Trans. Linn. Soc.
London, Zool., 18 : 63, pl. 13, 3.
Matériel. — MNHN : D CL 3409.
Localité. Musorstom 2, St. 8 : 85-90 m.
Petit coussinet sur conglomérat calcaire.
Spiculés. — Styles saillants presque rectilignes :
2 200-2 800 jj.m/22-35 iim.
canaux transverses sont régulièrement espacés et
sont couverts par une fine pellicule superficielle
qui entoure toute l’éponge. Le squelette se
compose essentiellement de strongyles entourés
d’une sorte d’enveloppe de styles obliques ou
radiaires ; des styles plus longs periaxiaux sont
nettement radiaires et forment des bouquets
saillants sur les deux faces qui créent une
hispidation. Ces bouquets sont espacés environ
tous les 1,5 mm.
Spiculés. — Styles saillants atteignant 2 mm/12-
22 pm.
Styles periaxiaux : 400-700 j^m/18-25 p.m.
Strongyles sinueux : 1 000-1 300 jj.m.
Gray, 1867
Styles à base courbée avec réduction rapide du
diamètre : 260-850 pm/15-40 pm.
Strongyles à courbure centrale ou non 120-
180 p.m/10 jim; certains sont plus courts :
120/15 jxm ; 100/20 pm.
Distribution. — 1. Salomon (Océan indien).
74
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
Fig. 41. — Phakellia stelliderma n. sp. 1, 2, styles, x 315 ; 3, Fig. 42. — Bubaris satomonensis Dendy : 1, 2, 3, styles, x
strongyle, x 200. 500; 4, strongyle, x 500.
Source : MNHN, Paris
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2) 75
Genre Rhabdosigma Hallmann, 1917
Rhabdosigma forcipula sp. nov.
(Fig. 43 et pl. VII, 8)
Matériel. — MNHN : D CL 3242.
Localité. — Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m.
Cette éponge, de couleur brun rougeâtre en
alcool est dressée et ramifiée, arbusculaire. Le
fragment type atteint 80 mm de haut et se com¬
pose de rameaux de 8 à 4 mm de diamètre, les
uns à l’état rudimentaire, les autres plus longs :
15 à 30 mm par endroits accolés entre eux. La
surface est couverte par une fine membrane ecto-
somique bien visible entre les rameaux accolés.
Cette membrane est traversée par les extrémités
saillantes des principaux alignements de la char¬
pente, écartés d’environ 500 à 800 um.
La charpente, très dense et très friable se
compose d’alignements de rhabdostyles de 2-
4 spiculés d’épaisseur, fréquemment subdivisés et
reliés par beaucoup de spiculés obliques. Cette
charpente est intermédiaire entre celle des Myxil-
lidae et celle des Anchinoidae. La membrane
ectosomique est chargée de microsclères, surtout
sigmas. Les microstyles sont également très
nombreux à l'intérieur. Les paratypes D CL 3243
sont probablement des fragments de la même
éponge.
Spiculés. — Rhabdostyles presque lisses avec
quelques épines espacées : 275-375 [i.m/10-
22 jjm, avec une crosse de 20-22 ^m.
Microstyles : 150-180 p.m/1-2 u.m.
Sigmas à double et même triple courbure, en
forme de compas, avec une légère rugosité
près des extrémités : 25-30 ,um/2 |zm.
Sigmas en S, tordus : 10-18 fxm.
Cette éponge dressée, ramifiée, à branches
subcylindriques a une morphologie assez rare
dans la famille des Rhabderemiidae, dont la
majorité des espèces sont finement encroûtantes
ou en plaques revêtantes. Seules : Rhabdosigma
mammillata (Whitelegge) redécrite par Hallmann
(1917), Rhabderemia mut ans Topsent, et Rhabde-
remia coraUoides Dendy sont également massives
et dressées, plus ou moins digitées. La charpente
de Rhabdosigma mammillata est composée de
fibres de spiculés, avec spongine, longitudinales
Fig. 43. — Rhabdosigma forcipula n. sp. : 1. rhabdostylc, x
315; 2, microstyle, x 500; 3, sigmas, x 500.
dans l’axe, devenant radiaires dans la partie
périaxiale où elles sont reliées par de nombreux
spiculés isolés. Chez R. mutans, la structure est
compacte, avec bouquets de rhabdostyles super¬
posés en lignes rameuses. R. forcipula sp. nov. a
une charpente semblable au squelette périaxiale
de Rh. mammillata. II n’y a pas de condensation
axiale, le squelette est assez friable et la spongine
est donc peu abondante. Des colonnettes ascen¬
dantes de rhabdostyles parallèles sont reliées par
de nombreux spiculés transverses. Ce squelette
est très comparable à celui de R. coralloides
Dendy.
En ce qui concerne la spiculation, R. forcipula
est caractérisé par ses deux catégories de sigmas,
la présence de microstyles, l’absence de thraus-
toxes et de toxes.
76
CLAUDE LÉVI
PIERRETTE LÉVI
Le genre Rhabdosigma Hallmann a été créé
pour des Desmacidonidae, dont le squelette est un
réseau de fibres spiculaires à spongine bien
développée; les mégasclères sont des rhabdo-
styles, en partie hérissants, à épines vestigiales.
Les microsclères sont des sigmas. Topsent (1928)
a modifié cette définition considérant les Rhabdo¬
sigma comme des Rhabderemiidae à sigmas de
2 tailles, mais sans microstyles ni thraustoxes ou
toxes.
Il nous semble que ces deux définitions sont
insuffisantes à moins de séparer comme on le fait
dans d'autres familles, pour des raisons de
commodité, les espèces encroûtantes à spiculés
dressés et les formes massives à charpente plus
complexe (Rhabdosigma). Nous pouvons retenir
actuellement cette distinction.
Comme R. forcipula, R. mammillata White-
legge et Rh. intexta (Carter) ont deux types de
sigmas. Mais si nous retenons la définition de
Topsent, R. forcipula ne serait pas une Rhabdo¬
sigma, car elle produit des microstyles. Il existe,
en fait, comme dans d’autres familles d’éponges’
un ensemble d’espèces permutant les microsclè¬
res et chaque assortiment pourrait justifier un
nom de genre différent.
R. forcipula se distingue de R. mammillata par
ses microstyles et la forme des grands sigmas.
R. coralloides a des thraustoxes au lieu de grands
sigmas. R. mutons a des microstyles et des
thraustoxes, mais pas de sigmas.
II est très possible que les grands sigmas de
R. forcipula dont la forme rappelle ceux de
R. intexta Carter, avec leur courbure et renfle¬
ment médian soient les homologues de certains
thraustoxes d’autres espèces, mais ce n’est pas
évident.
Genre Agelas Duchassaing & Michelotti, 1864
Agelas gracilis Whitelegge, 1897
(Fig. 44 et pl. VI, 3)
Agelas gracilis Whitelegge, 1897. Mem. Austral. Mus.
3, 5 : 328, pl. 18, 4.
Matériel. MNHN : D CL 3367.
Localité. — Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m.
Éponge en cordons de 3-4 mm de diamètre,
avec ramifications de même diamètre ; quelques
anastomoses secondaires existent entre cordon
principal et ramifications. Les ramifications sont
espacées par 35-75 mm et leur longueur est
également comprise entre 40 et 75 mm. La
couleur est ocre brunâtre dans l’alcool.
Le squelette fibreux est formé de fibres longi¬
tudinales de 20-30 ixm sans spiculés incorporés
dans une spongine finement striée. Tous les
acanthostyles sont hérissants ou libres et de
tailles mélangées. Il existe en surface une fine
lamelle algale et quelques éponges épizoaires.
Spiculés. — Acanthostyles verticillés se répartis-
sant en deux classes de tailles principales, avec
intermédiaires. Seuls les plus courts sont recti¬
lignes : 90-120 [xm/7-8 fini, à 9-12 verticilles et
Fig. 44. — Agelas gracilis Whitelegge : acanthostyles, x 395.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
77
épines plus aiguës chez les plus courts; 190-
290 ji.m/8-13 jxm, à 17-21 verticilles ; inter¬
médiaires ; 150-190 jxm/8-12 fxm ; à 13-17 verti¬
cilles.
Cette espèce dont la morphologie est très
caractéristique a été trouvée à l'extérieur de
l’atoll de Funafuti (Whitelegge, 1897). Le type
est subcylindrique, non ramifié, mesurant 20 à
75 (i.m/2-3 ixm, à surface conuleuse et les fibres se
répartissent en trois groupes de 70, 45 et 25 jxm
de diamètre. Les spiculés mesurent 100 à 220 fxm/
7-13 |xm. L'examen des spiculés et du squelette
du type conservé à l'Australian Muséum, à
Sydney, montre qu'en dépit de quelques différences
de détail, concernant la surface de l’éponge, les
deux spécimens appartiennent très probablement
à la même espèce.
Distribution. — Funafuti, 72-125 m. Pente
externe.
Genre Tylodesma Thiele, 1903
Tylodesma alba Wilson, 1904
(Fig. 45 et pl. VI, 4, 6)
Tylodesma alba Wilson, 1904, Mem. Mus. comp.
Zool.. 30, 1 : 136, pl. 18, 5-7; pl. 22, 2-3.
Matériel. — MNHN : D CL 3370.
Localité. Musorstom 2, St. 83 : 320-318 m.
Éponge de très grande taille dont l’envergure
atteint 200/100/80 mm. Elle se compose d’une
lame sinueuse de 4 à 7 mm d’épaisseur dont la
face convexe et inférieure est égale, rugueuse,
hispide et dont la face concave supérieure est
lisse, mais percée d’orifices aquifères situés au
centre d’aréoles circulaires pseudopapillaires. Ces
aréoles sont hispides et les spiculés un peu
saillants retiennent quelques particules sédimen-
taires et entourent l'orifice axial. Elles mesurent
2-3 mm de diamètre et sont distantes, de centre à
centre, de 5 mm environ. Entre les aréoles, les
tylostyles de surface sont tangentiels et la surface
est toujours lisse. A la face inférieure, les spi¬
culés saillants forment des bouquets en éventail
régulièrement disposés au sommet de colonnes
radiaires de grands tylostyles. L’éponge est assez
friable ; le squelette dense est composé en pro¬
fondeur de faisceaux de tylostyles désordonnés
ou à orientation tangentielle.
Spiculés. — Tylostyles légèrement courbés, fusi¬
formes, à base sphérique ou ovoïde : 1 200-
1 400 jxm/30-40 jxm ; base : 25/20-25 ,ixm.
Tylostyles de tailles variées depuis 280/7 fxm. 11
existe quelques spiculés intermédiaires : 700/-
800 iim.
Sigmas dont la plupart mesurent 40 jxm (30-
70 jxm).
La description de Tylodesma alba Wilson
s’applique parfaitement à ce spécimen qui est
cependant plus lamellaire et dont les aréoles
porifères semblent mieux dessinées. Cependant
Wilson (1925) mentionne aussi une membrane
dermique rugueuse et de nombreuses membranes
porifères perforées par un ou quelques pores.
Cette espèce est voisine de Biemna grimaldii
Topsent 1892.
Distribution. - I. Galapagos, I. Kerguelen.
Genre Biemna Gray, 1867
Biemna gelliodes sp. nov.
(Fig. 46 et pl. VI, 1 et 5)
Matériel. — MNHN : D CL 3398, 3399.
Localité. Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m.
Éponge massive mesurant 30/9-20/65 mm d’en¬
vergure, de couleur ocre un peu rosâtre. La
surface est irrégulière ; la membrane superficielle
est soulevée par les faisceaux de spiculés termi¬
naux de la charpente. Elle apparaît donc un peu
Source: MNHN, Paris
78
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
Fig. 45. —
tylostyle,
o
Tylodesma alba Wilson : 1. tylostyle, * 198; 2,
x 70 ; 3, sigmas. x 500.
Fig. 46. — Biemna gellioides n. sp. : 1, oxe x 315-2
microxes, x 500 ; 3, sigmas, x 500.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
79
rugueuse et très sillonée. Il existe quelques
canaux efferents verticaux, mais les oscules ter¬
minaux sont peu visibles. La charpente pauvre
en spongine est assez désordonnée. Les oxes y
sont entremêlés, généralement isolés ou groupés
par 2 ou 3. Près de la surface ils sont groupés en
faisceaux de 3 à 5 et plus radiaires.
Spiculés. — Oxes courbes, souvent à double
courbure ou courbure excentrée ; rarement
styles : 500-600 uni 20-25 |xm.
Sigmas très abondants, de deux tailles, notam¬
ment dans la membrane de surface. 27-32 fxm
et 9-10 |im.
Rhaphides nombreux en trichodragmates, dans
des cellules granuleuses : 30-60 |xm.
Genre Forcepia Carter, 1874
Forcepia foresti sp. nov.
(Fig. 47 et pl. Vil, 4 et 6)
Matériel. MNHN : D CL 3384 (holotype),
D CL 3382, 3383, 3394 (paratypes).
Localité. Musorstom 2. St. 01 : 198-188 m;
St. 33 : 130-137 m.
Les deux principaux spécimens de cette espèce
nouvelle de Forcepia sont en apparence assez
différents. Le premier est en forme de tubes à
paroi d’ 1 mm d'épaisseur, de couleur gris olive, à
surface papyracéc. Il mesure 40 mm de long et 8-
12 mm de diamètre. L’autre, plus massif est
caverneux. Il se compose de trabécules d’1 à
1,5 mm d’épaisseur, entourant des cavités de
même diamètre.
Le squelette se compose d’un réseau assez
irrégulier de styles choanosomiques et faisceaux
de tylotes ectosomiques situés dans une mem¬
brane riche en microsclères.
Spiculés. — Styles courbes, lisses : 400-490 um/
12-15 p.m.
Tylotes subrectilignes 230-275 |xm.
Isochèles à tige peu courbée : 80-85 jxm.
Isochèles, presque palmés, très abondants : 11-
15 [xm.
Sigmas, très rares : 80-85 |xm.
Sigmas très abondants : 30-35 |xm.
Labis à angle aigu ou parfois très obtus : 50-
52 [xm/3 [xm.
Les petits isochèles sont semblables à ceux de
Forcepia volsella Topsent du Japon, c'est le seul
point commun aux deux espèces.
\
V.
Fig. 47. — Forcepia foresti n. sp. : I, tylotes, x 315 ; 2, style,
x 315; 3, labis, x 500 ; 4, sigmas. x 500 ; 5, isochèles
arqués, x 500.
80
CLAUDE LÉVI
PIERRETTE LÊVI
Forcepia koltuni sp. nov.
(Fig. 48 et pl. VII, 7)
Matériel. — MNHN : D CL 3395 (holotype).
Localité. — Musorstom 1, St. 57 : 107-96 m.
Éponge fixée sur une coquille de Gastropodes.
De couleur ocre clair, elle est molle et friable et
sa structure est assez caverneuse. Elle mesure
environ 40/30/15 mm. Il existe une fine mem¬
brane superficielle avec tylotes et microsclères.
Le choanosome est soutenu par un réseau myxil-
loïde de styles courbes, groupés par 2-3 ou isolés.
Spiculés. — Styles courbes, lisses : 440-460 um.
Tylotes subrectilignes : 250-260 p.m.
Isochèles de deux tailles : 55-60 jj.m et 24-28 p.m.
Sigmas de deux tailles : 100-110 jim et 50-55 p.m.
Labis de deux tailles : 50-55 p.m/3 jim et 14-
15 jim, ces derniers très abondants.
Cette éponge se distingue de la précédente par
la taille et la fréquence de ses isochèles de deux
catégories et de ses sigmas. Les labis de petite
taille sont d’autre part beaucoup plus fréquents.
Par ailleurs les macrosclères sont semblables, à
l’exception de quelques détails de la forme des
pointes.
F. koltuni et F. foresti appartiennent au même
groupe d’espèces que les F. fabricans (Schmidt),
F. topsenti Thiele et F. imperfecta Topsent, toutes
récoltées en Atlantique. Cabioch (1986) a claire¬
ment mis au point la définition actuelle du genre
Forcepia.
Fig. 48. — Forcepia koltuni n. sp. : 1, tylote, x 315 ; 2, style,
x 315; 3, labis, x 500; 4. sigmas, x 500 ; 5, isochèles
arqués, x 500.
Genre Clathria
Clathria aculeata Ridley, 1884
(Pl. VII, 3)
Clathria aculeata Ridley, 1884, Rep. Voy. « Alert » :
443, pl. 40, 1.
Matériel. MNHN : D CL 3366.
Localité. — Musorstom 2, St. ?
Schmidt, 1862
Cette éponge est composée de cordons ou
rameaux d’environ 60 mm de long et 5/3 mm de
diamètre, formant une éponge pseudoarbuscu-
laire. Ces cordons sont hérissés de conules
pointus de 2 mm de long, espacés environ tous
les 4 mm et à peu près disposés en 4 rangées
longitudinales. Le squelette se compose de fibres
ambrées mesurant 20 à 50 j^m d’épaisseur.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM
81
contenant 2 à 6 rangées de spiculés. Des acan-
thostyles perpendiculaires aux fibres sont assez
dispersés. Vers la zone de croissance des fibres,
les spiculés sont pesque libres ; ils forment des
paquets longitudinaux au sommet des conules,
où les fibres principales sont entremêlées.
Spiculés. — Styles principaux : 160-250 jim/6-
11 jim.
Styles ectosomiques : 140 jim.
Acanthostyles : 65-70 jim.
lsochèles palmés, très rares : 13 jim et 7-8 jim ?.
Toxes très rares : 25-40 jtm.
Distribution. Détroit de Torrès.
Genre Microciona Bowerbank, 1864
Microciona acanthotoxa sp. nov.
(Fig. 49)
Matériel. — MNHN : D CL 3411.
Localité. Musorstom 1, St. 03 : 183-195 m.
Eponge encroûtante revêtant la surface d’une
grande colonie de madrépore ; la couleur est
rouge; l’épaisseur varie entre 1 et 1,5 mm. Le
squelette est typique du genre avec des petits
groupes de mégasclères principaux et hérissants,
en bouquets divergents, formant des ébauches de
colonnettes.
Spiculés. — Acanthostyles principaux avec des
petites épines à la base ; tige assez irrégulière et
sinueuse : 800-1 500 um/18-28 jim.
Acanthostyles secondaires épineux, de tailles
variées ; 110-225 jim/12-15 jim près de la base
qui est un peu enflée.
Styles auxiliaires rectilignes, lisses, à base un peu
enflée : 400-600 jim/4-7 um.
lsochèles palmés assez nombreux ; 15 jim.
Toxes avec extrémités épineuses : 150-400 u.m/4-
7 jim (80 à 140 um de hauteur au niveau du
point de courbure central).
Toxes lisses : 120-170 jtm/1 jim.
Avec ses toxes à épines terminales, cette espèce
appartient au groupe spinarcus.
Genre Coelodischela Vacelet, Vasseur & Lévi, 1976
Coelodischela diatomorpha Vacelet, Vasseur, &
Lévi, 1976
Coelodischela diatomorpha Vacelet, Vasseur, & Lévi,
1976, Mém. Mus. natn. Hist. nat. Zool., 99 : 57.
Matériel. MNHN : D CL 3407.
Localité. — Musorstom 2, St. 8 : 85-90 m.
Spiculés. — Strongyles : 160-210 (xm/17-18 jim.
Tylotes : 210 jim.
Sigmas presque circulaires : 120/95 jim.
Sigmas : 25-80 jim.
Dischèles de deux tailles : 45/42/32 jim et 25/
20 jim.
Les formes des spiculés de ce spécimen sont
semblables à celles des spiculés du type de
Madagascar et de C. massa Lévi & Lévi, de
Nouvelle-Calédonie. Leurs mesures sont inter¬
médiaires. Par exemple, les strongyles du type
mesurent 140-160 jim et ceux de C. massa : 220-
260 jim. La principale différence entre le type et
C. massa est dans la morphologie externe. Il est
très possible qu'il ne s'agisse que de deux états
extrêmes de croissance d'une même espèce.
Distribution. — Tuléar.
Genre Rhaphisia Topsent, 1892
Rhaphisia suluensis (Wilson, 1925)
(Fig. 50)
Spongosorites suluensis Wilson, 1925, U.S. nat. Mus.
Bull., 100, 2 : 331, pl. 38, 8; pi. 48, 3.
Matériel. — MNHN : D CL 3389.
Localité. — Musorstom 2, St. 33 : 130-137 m.
Très petit fragment d’éponge de 3 mm d’épais-
82
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
Fig. 49. Microciona acanihoioxa n. sp. : 1, acanthostyle, 2, Fig. 50. — Raphisia suluensis (Wilson) : 1, oxe, * 192 ; 2,
acanthostyles, x 315 ; 3, style ectosonique, x 315; 4, 5, oxe, x 192; 3, rhaphide, x 192.
toxes, x 315; 6, isochèles palmés, x 315.
Source : MNHN, Paris
SPONGIAIRES (MUSORSTOM
2)
83
seur, entourant un Cirripède Acasta ; la char¬
pente est désordonnée, plutôt radiaire ; en sur¬
face un petit cortex d’1 mm d’épaisseur contient
grands et petits oxes et de nombreux trichodrag-
mates.
Spiculés. — Oxes courbes : 900-1 200 [im/28-
40 [im.
Oxes : 170-420 [im/5-12 ,u.m.
Rhaphides en trichodragmates : 40-50 [tm.
Cet échantillon très fragmentaire a seulement
des rhaphides plus petits que ceux du type
(100 [tm). D’autres éponges très semblables ont
été décrites sous le nom de Raspaigella Schmidt.
Rien ne justifie l’usage de ce nom de genre qui
correspond à une organisation interne différente
de la charpente, genre d’ailleurs très mal défini
par Schmidt. Il est préférable d’utiliser le genre
Raphisia même si la conception de ce genre a
évolué depuis sa création par Topsent, qui le
classait dans les Renierinae.
Distribution. — Philippines, Océan indien, Zan¬
zibar.
Genre Petrosia Vosmaer, 1887
Petrosia hrachysclera sp. nov.
(Fig. 51)
Matériel. — MNHN : D CL 3418 (holotype),
D CL 3419 (paratype).
Localité. — Musorstom 2, St. 01 : 198-188 m :
St. 17 : 174-193 m.
Deux spécimens. Un, massif, à deux bosses,
mesurant 60/50/50 mm et l’autre en forme de
champignon mesure 55/45/30 [tm d’envergure.
La couleur est gris jaune. La surface assez molle
est légèrement hispide et percée par quelques
ouvertures de cavités à Cirripèdes. La charpente
est friable, avec des faisceaux d’oxes assez épais,
auxquels sont mêlés des microstrongyles réni-
formes. En surface, des oxes moins épais, tangen-
tiels sont en couche inorganisée.
Oxes : 420-480 p.m/35-50 [tm.
Oxes de surface : 320-360 [im/12-15 [tm.
Strongyles reniformes : 40-45 [tm/15-25 [tm.
Un des spécimens, de la station 01, contient
des œufs assez nombreux groupés en masses au
milieu d’un tissu très mou, entre les forts piliers
spiculaires et sans doute le long de certains
canaux. Ces œufs sont remarquables par leurs
dimensions. Ils mesurent 1 200 [tm de diamètre,
ce qui représente une taille exceptionnelle pour
des œufs d’éponge. Ils sont naturellement bourrés
de vitellus. En coupe histologique, on peut
observer dans certains œufs une couche périphé¬
rique continue, très finement granulaire qui
couvre le vitellus ; dans d’autres, cette couche est
divisée en nombreux amas dispersés au sein de la
Fig. 51. — Petrosia brachysclera n. sp. : 1 oxe, x 275; 2,
oxe, x 275 ; 3. microstrongyles, x 500.
34 CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
masse vitelline. Il semble que cette structure entoure les œufs. Aucun œuf n’est segmenté et il
corresponde à des amas bactériens, dont on est impossible de dire s’il y a ou non incubation,
retrouve l'équivalent dans le tissu mou qui
Genre Strongylophora Dendy, 1905
Strongylophora durissima Dendy, 1905
(Fig. 52)
Strongylophora durissima Dendy, 1905, Ceylon Pearl
Oyster Rep., 3 : 141, pl. 9, 1.
Matériel. — MNHN : D CL 3420.
Localité. — Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m.
Éponge massive, pierreuse, à contours irrégu¬
liers. Les deux spécimens mesurent 60/50/40 [im
et 55/35/30 [xm d’envergure. L’un d’eux agglo¬
mère des débris calcaires. La surface est rugueuse ;
la couleur est gris jaunâtre. Il existe des canaux
inhalants de 0,5-1 mm de diamètre, assez nom¬
breux et perpendiculaires à la surface. Le carac¬
tère le plus net de cette éponge est la présence
d’un ou deux oscules de 7-8 mm de diamètre au
fond desquels est presque suspendue une lame
spiculaire en forme d’entonnoir fenêtré.
Spiculés. Strongyles courbes : 275-330 <xm/27-
28 [xm.
Strongyles reniformes : 35-40 |xm/10-15 fxm.
Oxes courbes : 60-120 jxm/4-5 ixm.
Comme Strongylophora durissima Dendy de
Ceylan, ces spécimens ont un squelette principal
très dense mais sans véritable structure fenêtrée
rigide à la surface comme il en existe chez
S. corticata Wilson des Philippines. En revanche
ils ont une lame fenêtrée dans la cavité osculaire.
(\
Ü
Fig. 52. — Strongylophora durissima Dendy : I, strongyle,
x 315; 2, oxe, x 500 ; 3, strongyles, x 500.
Distribution. — Ceylan.
Genre Xestospongia De Laubenfels, 1930
Xestospongia testudinaria (Lamarck, 1815) Matériel. MNHN : D CL 3385.
Localité. — Musorstom 2, St. 08 ; 85-90 m.
Alcyonium testudinarium Lamarck, 1815, Mém. Mus.
Hist. nat. 1 : 167.
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
85
Plusieurs fragments de cette espèce à large
distribution indopacifique.
Forme fistulophora Wilson, 1925
Petrosia testudinaria (Lam.) var. fistulophora Wilson,
1925, U.S. nat. Mus. Bull. 100 : 401.
Matériel. — MNHN : D CL 3386.
Localité. — Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m.
Ce spécimen massif, en coupe, mesure 150/
120/50-85 mm. La surface externe très irrégulière
a des crêtes longitudinales et de légères dépres¬
sions : elle se prolonge en fistules de 2 à 3 mm de
diamètre, souvent brisées près de la base.
Spiculés Oxes courbes : 380-440 ixm/28-35 ;xm.
Oxes : 330-370 pm/7-13 pm.
Distribution. — Philippines.
(?) Genre Coelosphaera W. Thomson, 1873
Coelosphaera toxifera Wilson, 1925
(Fig. 53)
Coelosphaera toxifera Wilson, 1925, U.S. nat. Mus.
Bull.. 100. 2 : 435.
Matériel. — MNHN : D CL 3421.
Localité. — Musorstom 2 , St. 08 : 85-90 m.
Éponge allongée, tubéreuse, mesurant 190 mm
de long, 65-80 mm et 40-45 mm de diamètre.
Cette éponge est rigide et sa consistance rappelle
celle des Petrosida. La surface est égale, mais elle
est percée par les orifices des canaux exhalants de
5-10 mm de diamètre, canaux dont la paroi est
revêtue d’une membrane lisse. Ces canaux sont
obliques et certains s’ouvrent en cavités de 20-
25 mm de diamètre ; il s’agit peut-être de bases
de fistules.
Le squelette est composé de l’extérieur vers
l’intérieur :
1) d'une strate de spiculés tangentiels serrés :
strongyles et petits strongyles ;
2) d’une strate grillagée corticale très solide à
gros piliers spiculaires ;
3) une zone choanosomique à forte pigmenta¬
tion brune traversée par des colonnes de
strongyles et de petits strongyles de 200-
500 ixm d’épaisseur en réseau lâche.
Spiculés. Strongyles courbes un peu fusi¬
formes légèrement asymétriques : 310-350 [xm/
20-22 y.m.
Strongyles mêlés aux précédents en toutes régions
de l'éponge : 40-110 [xm/12-20 |xm ; beaucoup
mesurent 50-70 jxm.
Isochèles palmés : 25 |xm, parfois un peu courbés ;
ressemblant à ceux des Esperiopsis, avec une
tige médiane aplatie, à contours irréguliers et à
ailes étroites : 2 ixm.
Toxes, très rares : 60 |xm.
A l’évidence de l’observation cette éponge est
une Petrosida , dont elle a la charpente la plus
typique et donc la rigidité. Mais les membranes
des canaux aquifères sont pleines d’isochèles et
même si les toxes sont rares, ils appartiennent
réellement à l’éponge. Dans le type, les toxes
sont abondants dans les membranes internes et
les isochèles palmés existent dans l'intérieur et
dans les membranes dermiques des fistules. Cette
éponge n’est pas une Coelosphaeridae dont elle
n'a pas du tout la structure caractéristique. Ses
mégasclères et sa charpente sont ceux d’une
Petrosia. Elle a des petits strongyles courbes
comme chez les Petrosia. La spiculation de cette
espèce est toujours un casse tête, mais il est
certain qu’il ne s’agit pas d’une Coelosphaera,
sensu stricto.
Distribution. — Philippines.
Genre Microtylostyüfer Dendy, 1924
Microtylostylifer anomalus Dendy, 1924
(Fig. 54)
Microtylostylifer anomalus Dendy, 1924. Terra Nova
Exp., 6 : 382, pl. 46-49.
Source : MNHN, Paris
86 CLAUDE LÉVI &
Matériel. — MNHN : D CL 3410.
Localité. — Musorstom 2, St. 08 : 85-90 m.
Petite éponge massive, convexe, mesurant 7/5/
2,5 mm, très légère, de couleur blanche, fixée sur
une Sertulaire. Le squelette se compose de styles
PIERRETTE LÉVI
entremêlés, subréticulés. 11 existe de nombreux
microstyles dans l’éponge et des sigmas en
surface.
Spiculés. — Styles fusiformes : 600-700 jj.ni/ 13-
18 jxm ; d’autres à partir de 250 jxm/5 pin.
Fig. 53. — Coelosphera toxifera Wilson (?) : 1, strongyles,
x 465 ; 2, isochèles palmés, x 465.
p IG 54 _ Microtylostylifer anomalus Dendy
x 292; 2, microstyle, x 465.
1, style,
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
87
Microstyles dans les membranes internes : 80-
110 fi.m/2 [im.
Sigmas sur la surface : 170-190 am/8-9 um.
En dépit d’une curieuse coïncidence dans la
présence de sigmas chez le type et chez ce
spécimen, ces microsclères sont très certainement
exogènes, comme le pensait déjà Dendy (1924).
Cette éponge à styles et microstyles, vaguement
microtylostyles est actuellement difficille à classer.
Il n’est pas évident qu'elle appartienne aux
Suberitidae.
Distribution. Nouvelle-Zélande, North Cape.
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PLANCHES
90
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
PLANCHE I
1. — Pheronema raphanus Schulze
2. — Pheronema raphanus Schulze
3. — Pheronema raphanus Schulze
4. — Pheronema ijimai Okatla
5. — Hyalonema lopsenli Ijima
6. — Farrea occa Bowerbank
7. — Hyalonema lopsenli Ijima
8. — Hyalonema globus Schulze
9. — Hyalonema polycoelum sp. nov.
Source : MNHN, Paris
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
91
92
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
PLANCHE II
1. — Callipelta sollasi sp. nov.
2 . — Macandrewia rigida sp. nov.
3. — Sderitoderma flabelliforme Sollas
4. — Sderitoderma nodosum Thiele
5. — Aphrocailistes beatrix Gray
6 . — Leiodermatium lynceus Schmidt
Source : MNHN, Paris
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
Source : MNHN, Paris
94
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
PLANCHE III
1. — Discodermia emarginata Dendy
2. — Theonella cupola Burton
3. — Theonella cupola Burton
4. — Theonella cupola Burton
5. — Theonella cupola Burton
6 . — Theonella cupola Burton
7. — Theonella swinhoei Gray
8 . — Theonella swinhoei Gray
Source : MNHN, Paris
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
95
Source : MNHN, Paris
96
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
PLANCHE IV
1. — Theonella cylindrica Wilson
2. — Theonella sp.
3 . — Theonella cupola Burton
4. — Theonella cylindrica Wilson
5. — Theonella calyx Dôdcrlein
6 . Theonella cylindrica Wilson
7. — Isops ostraeomorpha sp. nov.
8 . - Isops ostraeomorpha sp. nov.
Source : MNHN, Paris
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
97
98
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÉVI
PLANCHE V
1. — Aurora irichophora sp. nov.
2. — Geodinella sphaerastrosa Wilson
3. — Erylus phillipinensis sp. nov.
4. Erylus cornulus Wilson
5. — Brachiaster simplex Wilson
6 . Pachastrella monitifera Schmidt
Source : MNHN, Paris
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
99
Source : MNHN, Paris
100
CLAUDE LÉVI & PIERRETTE LÊVI
PLANCHE VI
1. — Bieinna gellioides sp. nov.
2. — Phakellia steUiderma sp. nov.
3. — Agelas graeilis Whitelegge
4. — Tylodesma alba Wilson (face osculaire)
5. — Biemna gellioides sp. nov. ....
6. — Tylodesma alba Wilson (face ostiolaire)
Source : MNHN, Paris
SPONGIAIRES (MUSORSTOM I & 2)
101
Source : MNHN, Paris
102
CLAUDE LÊVI & PIERRETTE LÉVI
PLANCHE VII
1. — Hemiasierella typus Carter
2. — Jaspis serpenlina Wilson
3. — Clalhria uculeata Ridley
4. — Forcepia foresti sp. nov.
5. — Phloeodiclyon sp.
6. — Forcepia foresti sp. nov.
7. — Forcepia koltuni sp. nov.
8. - Rhabdosigma forcipula sp. nov.
Source : MNHN, Paris
SPONGIAIRES (MUSORSTOM 1 & 2)
103
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
DES CAMPAGNES MUSORSTOM, VOLUME 4
RÉSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM. VOLUME 4
RÉSULTA!
3
Chitons (Mollusca, Polyplacophora)
procured by the MUSORSTOM 3,
Philippines expédition (1985)
Piet Kaas
Rijksmuseum van Natuurlijke Historié
P.O. Box 9517
2300 RA Leiden, Netherlands
ABSTRACT
During the Musorstom 3, Philippines Expédition
(1985), eight species of chitons hâve been collected, of
which 5 had not been found by the Musorstom 1
(1976) or 2 (1980) cruises. Two new species are
présent, viz. Lepidozona ferreirai Kaas & Van Belle,
1987 (described separately in “ Monograph of Living
Chitons”, vol. 3) and Chiton (Tegulaplax) boucheti
sp. nov., the second species known in the subgenus.
RÉSUMÉ
Chitons (Mollusca Polyplacophora) récoltés aux Phi¬
lippines pendant la campagne Musorstom 3 (1985).
Huit espèces de Polyplacophores ont été récoltées
au cours de la campagne Musorstom 3 aux Phi¬
lippines en 1985. Cinq d’entre elles n’avaient pas été
récoltées au cours des campagnes Musorstom 1 (1976)
et 2 (1980); deux espèces nouvelles sont présentes :
Lepidozona ferreirai Kaas & van Belle, 1987 (décrit
dans « Monograph of Living Chitons », vol. 3) et
Chiton (Tegulaplax) boucheti sp. nov., seconde espèce
connue dans ce sous-genre.
Kaas, P., 1989. — Chitons (Mollusca, Polyplacophora, produced by Musorstom 3, Philippines
expédition (1985). In : J. Forest (ed.). Résultats des Campagnes Musorstom, Volume 4. Mém. Mus. natn. Hist.
nat., (A), 143 : 105-111. Paris ISBN : 2-85653-150-4
106
PIET KAAS
INTRODUCTION
During the third Musorstom — Philippines
Expédition, carried out by the R.V. “ Coriolis ”
in the South China Sea and Central Philippines
during the months of May-June 1985 (Forest,
1988), 47 specimens of chitons were procured,
representing 8 species. Apart from 5 species of
Leptochiton, 3 of which had been found during
the Musorstom 1 (1976) and 2 (1980) cruises,
one species of Lepidozona, one species of Chiton
(Tegulaplax) and one species of Notoplax were
collected by Dr P. Bouchet and Ms M. P.
Triclot, who took part in the expédition. I hâve
to thank Dr Bouchet, curator of Mollusca at
the Muséum national d’Histoire naturelle, Paris,
for kindly putting the material at my disposai.
Ail specimens are stored in the col¬
lections of that institution.
SYSTEMATICS
Ordo Neoloricata
Subordo Lepidopleurina
LEPTOCHITONIDAE
Leptochiton Gray, 1847
Leptochiton helknapi Dali, 1878
Leptochiton helknapi Dali, 1878 : 1.
L. helknapi : Kaas & Van Belle, 1987 : 23 (syno-
nymy, chresonymy), fig. 10.
Material
Stn CP 122, 12°20'N, 121°42'E, 673-675 m,
4.vi.l985, 1 spm ; stn CP128, 11°50' N, 121°42' E,
815-821 m, 5.vi.l985, 2 spms.
Leptochiton rissoi (Nierstrasz, 1905)
Lepidopleurus rissoi Nierstrasz, 1905 : 6, pl. 1 fig. 5.
pl. 2 fig. 52, pl. 3 figs 53-55.
Leptochiton rissoi : Kaas & Van Belle 1985 : 110
(chresonymy), fig. 48, map 24.
Material
Stn CP 106, 13°47'N, 120°30'E, 640-668 m,
2.vi. 1985, 1 spm ; stn CP124, 12°02' N, 121°35' E,
120-123 m, 4.vi.l985, 1 spm ; stn CP128, 11°50'N,
121°42' E, 815-821 m, 5.vi.l985, 1 spm; stn
CP 143, 11°29'N, 124°U'E, 205-214 m, 7.vi.l985,
1 spm.
Leptochiton lineatus (Nierstrasz, 1905)
Lepidopleurus lineatus Nierstrasz, 1905 : 8, pl. 1 fig. 4,
pl. 2 figs 48-51.
Leptochiton lineatus : Kaas, 1982 : 87.
Lepidopleurus belknapioides Leloup, 1981 : 317, fig. 1,
pl. 1 figs 1-3.
Leptochiton lineatus : Kaas & Van Belle 1985 : 113
(chresonymy), fig. 49, maps 22, 44.
Material
Stn CP 106, 13°47'N, 120°30'E, 640-668 m,
2.vi.l985, 1 spm; stn CPI 18, 11°58' N, 121°06' E,
448-466 m, 3.vi.l985, 1 spm ; stn CPI 19, 11°59' N,
121°13' E, 320-337 m, 3.vi.l985, 1 spm; stn
CP 120, 12°06'N, 121°15'E, 219-220 m, 3.vi.l985,
1 spm ; stn CP 123, 12°10' N, 121°45' E, 700-702 m,
4.vi.l985, 1 juv. spm; stn CP125, 11°57'N,
121 °28' E, 388-404 m, 4.vi. 1985, 3 spms; stn
CP 127, 11°48'N. 12r30'E, 464-475 m, 4.vi.l985,
3 spms (2 juv.) ; stn CP128, 11°50' N, 121°42' E,
815-821 m, 5.vi. 1985, 4 spms; stn CP135, 11°
Source : MNHN, Paris
CHITONS (MOLLUSCA. POLYPLACOPHORA) MUSORSTOM 3
107
58'N, 122°02'E, 486-551 m, 5.vi. 1985. 1 spm ;
stn CPI38, 11°54' N, 122° 15' E, 252-370 m, 6.
vi.1985, 1 spm.
Leptochiton foresti (Leioup, 1981)
Lepidopleura (sic!) foresti Leioup, 1981 : 321, fig. 2,
pl. 2 figs 7-10.
Leptochiton foresti : Kaas 1982 : 88.
Leptochiton foresti : Kaas & Van Belle 1985 : 122, fig.
54, map 44.
Material
Stn CP88, 14°01'N, 120°17'E, 183-187 m,
31.v. 1985, 4 spms ; stn CP101, 14°00'N, 120°
19' E. 194-196 m, l.vi.1985, 2 spms ; stn CP108,
14°01' N, 120° 18' E, 188-195 m, 2.vi.l985, 4 spms;
stn CPI 12, 14°00'N, 120° 18' E, 187-199 m, 2.
vi.1985, 1 spm, rose coloured ; stn CP120,
12°06' N, 121 °15' E, 219-220 m, 3.vi.l985, 2 spms ;
stn CPI25, 11°57'N, I21°28' E, 388-404 m, 4.
vi.1985, 2 spms ; stn CP139. 11°53' N, 122°14' E,
240-267 m, 6.vi.l985, 4 spms.
Leptochiton cancelloides Kaas, 1982
Leptochiton cancelloides Kaas, 1982 : 89, figs 1-13.
Leptochiton cancelloides : Kaas & Van Belle 1985 :
132, fig. 59, map. 44.
Material
Stn CP100, 14°00' N, 120"18'E, 189-199 m,
1. vi.1985, 1 spm.
Subordo Ischnochitonina
ISCHNOCHITON IDA E
Lepidozona Pilsbry, 1892
Lepidozona fer reirai Kaas & Van Belle, 1987
(Figs 1-5)
Lepidozona ferreirai Kaas & Van Belle, 1987 : 252,
fig. 114, map 35.
Material
Stn DR126, 11°49'N, 121°22' E, 266 m, 4.
vi.1985, 1 spm, now disarticuled (holotype).
CHITONIDAE
Chiton Linnaeus, 1758
(Tegulaplax) Iredale & Hull, 1926
Chiton (Tegulaplax) boucheti sp. nov.
(Figs 6-15)
Material
Stn DR117, 12°31'N, 120°39'E, 92-97 m,
3.vi.1985, 1 spm, (holotype), now disarticuled.
Diagnosis
Animal small, c. 9 x 4.5 mm, elongate oval,
moderately elevated (dorsal élévation 0.48), car-
inated, side slopes little convex, latéral areas
somewhat raised, with two rows of tubercles, one
along the diagonal ridge, the other accompanying
the posterior margin. Central areas longitudinally
grooved, c. 10 grooves on either side of the
smooth jugum. Colour of tegmentum light
purple to roseate, with a few white spots in the
jugal part of the intermediate valves, and striking
white diagonal ridges in valve II, valve VIII with
a posterior white triangle.
Description
Head valve semicircular, with some nine weak
radial dépréssions and rather close set concenlric
undulations, which are hardly elevated, anterior
slope concave towards the apex. Intermediate
valves rectangular, anteriorly forwardly pro-
duced in the middle, posterior margin almost
straight, except for a small beak, the sides rather
abruptly truncated. Latéral areas moderately
raised, separated from the central area by a
nodulose rib, a similar rib accompanying the
posterior margin ; the nodules corresponding
108
PI ET KAAS
1-2, Lepidozona ferreirai Kaas & Van Belle, 1987. (holotype).
I, valve IV. dorsal view. » 20 ; 2. valve VIH, dorsal view, x 20 ; 3, caméra lucida sketch of valve IV, rosirai view,
x 9.6; 4, do, latéral view of valve VIII, x 20 ; 5. dental cap of major latéral radula tooth, x 200.
with the longitudinal, shallow grooves on the
central area, about ten on either side of the
smooth back, becoming obsolète towards the
jugum. Tail valve more than twice as wide as
long, with a slightly posterior, blunt mucro,
posterior slope steep, deeply concave. Antemu-
cronal area sculptured like the central areas,
postmucronal area with a few concentric undula-
tions ; both areas separated by a nodulose rib.
Articulamentum thin, the purple colour of the
tegmentum shining through. Apophyses thin,
forming an almost straight line anteriorly on
both sides of the forwardly produced tegmentum ;
there is practically no sinus, except in valve VIII,
which has trapezoid apophyses, connected by a
narrow suturai plate, weakly notched at the
sides, as in Lepidozona. Insertion teeth rather
short, very finely denticulated, with 9 slits in the
head valve, 1-1 in the inlermediate valves, and
c. 10 in the tail valve, the slit rays rather
indistinct.
Girdle closely beset with small, imbricating,
strongly bent, oval scales, rounded at the top,
ornamented with 12-13 strong ribs, somewhat
converging towards the top, the base emarginate,
140 x 90 p.m on mid-girdle, smaller towards the
outer margin. Ventrally the girdle is clothed with
transverse rows of elongate scales, distally bluntly
pointed, 72 x 16 (un.
Radula with a very small and narrow, spoon-
shaped central tooth, with a small blade, 44 um
long, the blade 20 p.m broad. First latéral tooth
narrow, elongate, distally a little widening, tube-
shaped, on the outer side with a narrow wing.
Major laterals with a broad head, the cutting
edge bluntly rounded, non-cuspidate, the shaft
without a trunklike appendix on the inner side.
Observations
This new species is much alike C. (Tegula-
plax) hululensis (Smith, 1903), from which it
differs, however, in the longitudinally grooved
central areas and in the jugal sinus of the valves,
which is rather deep in hululensis, shallow to
practically nil in boucheti.
Source : MNHN, Paris
CHITONS (MOLLUSCA. POLYPLACOPHORA) MUSORSTOM 3
109
6-15, Chiion (Tegulaplax) boucheli sp. nov. (holotype).
6, valve I, dorsal view, x 19: 7, valve VI. dorsal view, x 19; 8. valve VIII. dorsal view, x 19 ; 9, caméra lucida sketch of
valve VI, rostral view, x 9 ; 10. do. valve VIII. latéral view, x 19:11. dorsal girdle scale near to the outer margin, x 187.5 :
12. scalcs from mid-girdlc. a dorsal, b ventral view, x 187.5 : 13. ventral girdle scale. x 187.5 : 14. central and first latéral
radula leeth. x 375: 15, dental cap of major latéral tooth. x 375.
Subordo Acanthochitonina
ACANTHOCHITONIDAE
Notoplax H. Adams, 1861
(Spongiochiton) Dali, 1882
Notoplax (Spongiochiton) produc ta
(Carpenter in Pilsbry, 1892)
Spongiochiton produc tus Carpenter in Pilsbry, 1892 :
26.
Acanthochites ( Notoplax) carpenteri Pilsbry, 1893 : 35,
pl. 1 figs 14-22.
Acanthochites (Notoplax) involutus Carpenter in Pilsbry,
1893 : 35, pl. 1 figs 27-35.
Craspedochiton liberiensis Thiele, 1909 : 33, pl. 4
figs 29-35.
Notoplax foresti Leloup, 1965 : 155, pis 1, 2, text
figs 1-3.
Notoplax (Spongiochiton) productus : Kaas, 1986 : 20.
Material
Stn DR 117, 12°31'N, 120°39'E, 92-97 m,
3.vi.l985, l spm.
110
PI ET KAAS
CONCLUDING REMARKS
The three Musorstom expéditions hitherto of Polyplacophora, as summarized in the table :
carried out in the Philippines collected 10 species
Musorstom
Expéditions
depth
range (m)
1
(1976)
2
(1980)
3
(1985)
Leptochiton belknapi Dall, 1878
3
670-820
Leptochiton rissoi (Nierstrasz, 1905)
4
120-820
Leptochiton lineatus (Nierstrasz, 1905)
2 L
32 K
17
220-820
Leptochiton foresti (Leloup, 1981)
18 + v L
6 K
19
130-400
Leptochiton juvenis (Leloup, 1981)
2 L
4 K
95-200
Leptochiton philippinus (Leloup, 1981)
3 + v L
9 K
175-1660
Leptochiton cancelloides Kaas, 1982
2 K
1
130-200
Lepidozona ferre irai Kaas & Van Belle,
1987
1
270
Chiton boucheti sp. nov.
I
95
Notoplax produc ta (Carpenter in Pilsbry,
1892
1
95
= Lepidopleurus belknapioides Leloup, 1981
= Lepidopleurus porosus Leloup, 1981
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mollusks from Alaska contained in the collections
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living Chitons. Rotterdam, W. Backhuys. viii +
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living Chitons, 1, Leiden, E. J. Brill. 240 pp.
Kaas, P. & Van Belle, R. A., 1987. — Monograph of
living Chitons, 3, Leiden, E. J. Brill. 302 pp.
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1976). Mollusques Polyplacophores. Mém. ORS¬
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Linnaeus, C., 1758. — Systema Naturae. Regnum
Animale. Ed. Décima.
Source : MNHN, Paris
CHITONS (MOLLUSCA. POLYPLACOPHORA) MUSORSTOM 3
111
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Troschel, Das Gebiss der Schnecken, 2 : 353-401,
pis. 30-32
Thiele, J., 1909. — Révision des Systems der Chito¬
nen, I., Zoologica, 22 : 1-70.
Source : MNHN, Paris
ULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM. VOLUME 4 — RÉSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM, VOLUME 4 RÉSULTA!
4
Echinodermes : Crinoïdes Pentacrinidae
(Musorstom 2 & Corindon 2)
Jean-Paul Bourseau
Université Claude Bernard - Lyon I
Département des Sciences de la Terre
27-43, boulevard du 11 novembre 1918
69622 Villeurbanne Cedex (France)
&
Michel Roux
Université de Reims
Laboratoire de géologie
B. P. 347
51062 Reims Cedex (France)
SOMMAIRE
Pages
INTRODUCTION. H5
LISTE DES STATIONS A PENTACRINES. 115
DESCRIPTION DU MATÉRIEL. 116
Genre Saracrinus A. H. Clark. 117
Saracrinus angulatus . 117
Saracrinus super bus . 125
Genre Metacrinus P. H. Carpenter. 131
Metacrinus interruptus . 131
Metacrinus musorslomae . 13 g
Bourseau, J-P. & Roux, M., 1989. — Echinodermes : Crinoïdes Pentacrinidae (Musorstom 2 &
Corindon 2). In : J. Forest (ed.). Résultats des Campagnes Musorstom, Volume 4. Mëm. Mus. natn. Hist. nat..
(A), 143 : 113-201. Paris ISBN : 2-85653-150-4
114
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
Metacrinus nodosus ... 143
Metacrinus serratus . 144
Metacrinus wyvillii . 149
Metacrinus aff. wyvillii . 156
Genre Diplocrinus L. Dôderlein. 157
Diplocrinus alternicirrus . 157
Diplocrinus sibogae . 158
Genre Hypalocrinus A. H. Clark. 159
Hypalocrinus naresianus . 159
PROBLÈMES TAXONOMIQUES ET BIOGÉOGRAPHIQUES. 172
La définition des espèces chez les Metacrininae. 172
Caractères morphologiques et distribution bathymétrique. 174
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES. 177
RÉSUMÉ
Les campagnes Musorstom 2 à l’Ouest des Philip¬
pines et Corindon 2 dans le détroit de Makassar ont
recueilli une faune de Pentacrines (Crinoïdes pédon-
culés, Pentacrinidae) plus diversifiée et relativement
plus abondante que celle récoltée lors de la campagne
Musorstom 1. Quatre genres sont représentés : Diplo¬
crinus. Hypalocrinus, Metacrinus et Saracrinus. Dix
espèces sont décrites : D. alternicirrus, D. sibogae, H.
naresianus, M. interruptus, M. musorstomae, M. nodo¬
sus, M. serratus, M. wyvillii, S. angulatus et S.
superbus. Elles s'étagent entre 170 mètres et 970
mètres de profondeur. La variabilité des caractères de
la couronne et du pédoncule a pu être précisée dans la
plupart des cas. Ces variations en rapport avec la
zonation bathymétrique sont discutées.
ABSTRACT
Echinodermata : Pentacrinidae crinoids procured by
the Musorstom 2 and Corindon 2 expéditions.
During Musorstom 2 and Corindon 2 expéditions
(West Philippines for the former, Makassar channel
for the latter) many stalked crinoids of the family
Pentacrinidae were sampled. They are more diversifier!
and comparatively more abundant than the fauna
which was collected during the Musorstom 1 expé¬
dition. The samplings corne from depths between 170
and 970 meters. Four généra are represented : Diplo¬
crinus. Hypalocrinus, Metacrinus and Saracrinus.
Detailed descriptions of the ten following species are
given : D. alternicirrus, D. sibogae, H. naresianus,
M. interruptus. M. musorstomae, M. nodosus, M. ser¬
ratus. M. wyvillii, S. angulatus and S. superbus.
For each specimen, data on morphological features,
biometry, arm branching and ossicle articulations are
given. Stalk and arm joints were observed under
scanning électron microscope, especially stem synosto-
sis with regard to their importance for taxonomy.
Sometimes, some peculiar growth patterns appear to
be a conséquence of fast régénération. Such features
are illustrated by the proximal part of the stalk of
a few specimens belonging to S. angulatus and
M. wyvillii.
As numerous individuals of each species were
collected, it was possible to study the variation of
crown and stem characters. The morphological features
and their variability seem to be depth related. The
bathymetrical distribution of Pentacrinidae in the
Western Pacific province is examined and discussed.
Intraspecific polymorphism with regard to external
stem morphology and arm organization is suggested
for a few species of this biogeographical province.
The number of recognized species mighl be reduced
because some of them might be interpreted as a
conséquence of ecophenotypic or geographical varia¬
tions. So, in the subfamily Metacrininae, S. acutus.
S. cingulatus, S. batheri and S. suluensis might be
synonyms of S. angulatus. It is also suggested that
S. nobilis (S. varions and 5. superbus included) shows
intraspecific polymorphism or large morphological
variations through a wide depth range. For the genus
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2
CORINDON 2)
115
Metacrinus, simplification of the species number is
more difficult to effect because each phenotype fre-
quently seems to be clearly distinguished. Nevertheless,
M. interruptus and M. musorstomae are very similar
and the latter might be an ecophenotype of the
former. M. costatus and M. serratus are also two
species with large morphological affinities ; the first
species seems to be a morph living in deeper environ¬
ment. M. rotundus might inelude M. multisegmentatus
and M. cyaneus.
Stem and arm morphological variations linked to
bathymetry are also interpreted in terms of adaptative
strategy (r and K sélection). For pentacrinids, two
unstability limits are suggested from their depth
répartition : the upper boundary (about 100 meters)
could correspond to hydrodynamic vulnerability thresh-
old, the lower (about 1500-2500 meters) to the trophic
vulnerability limit, the food becoming too scarce. In
one genus, species living close to these two unstability
limits hâve a very important morphological variability
(for example : M. rotundus, M. wyvillii). In the
Western Pacific, the most stable depth'range for these
cnnoids could be situated between 300 and 600 meters
with development of K strategy (M. serratus).
Biogeographical répartition of these species is anal-
ysed from such a point of view. Typical r strategy species
(M. rotundus, M. wyvillii, S. nobilis, H. naresianus)
hâve the largest geôgraphical répartition. S. nobilis
seems to be the species with the most eurybathic
pattern with polymorphie characters.
Taxonomy, paleoecology and biostratigraphy of fossil
stalked crinoids must be reconsidered and discussed as
a conséquence of these results.
INTRODUCTION
La campagne Musorstom 1 à l’ouest des
Philippines avait recueilli quatre espèces de Pen-
tacrines appartenant aux genres Metacrinus et
Saracrinus. Leur description avait été l’occasion
d’une revue générale sur une famille de Crinoïdes
pédonculés (les Isocrinidae) et d’une révision de
sa classification (Roux, 1981). Les genres Meta¬
crinus et Saracrinus apparaissaient comme des
taxons d’origine récente ayant tout juste amorcé
leur radiation adaptative. Les espèces s’y ratta¬
chant montrent une variabilité élevée de leur
morphologie externe, que le nombre réduit de
spécimens disponibles ne permet pas d’apprécier
précisément. La variabilité des principaux carac¬
tères n’a pu être analysée quantitativement qu’ex-
ceptionnellement chez les Pentacrines, lorsque
dans une station ou dans une région relativement
délimitée un nombre suffisamment important de
spécimens a pu livrer des indications statistiques
significatives (Gislen, 1922; Roux, 1976 et
1980).
Avec le matériel recueilli par les campagnes
Musorstom 2 et Corindon 2 nous disposons
désormais d'une source d'information exception¬
nelle pour mieux connaître la variabilité de sept
espèces. L’ensemble de la faune que nous allons
décrire comporte dix espèces réparties en quatre
genres et étagées entre 170 et 970 mètres de
profondeur.
Le présent travail est conçu comme directe¬
ment complémentaire à celui issu de l’étude du
matériel recueilli par Musorstom 1 (Roux, 1981).
Nous renvoyons donc le lecteur à la première
partie de cet article pour ce qui concerne la
morphologie générale des Pentacrines, leur systé¬
matique, leur écologie et leur biogéographie.
Un résumé et une discussion des résultats
majeurs présentés ici ont été publiés par Bour-
seau & Roux (1985) et Roux (1987).
LISTE DES STATIONS À PENTACRINES
Musorstom 2
Station 1. — 14°0,3' N-120"19,3' E à 14”0.4' N-
120"17.6'E, 188-198 m, Saracrinus superbus (1 exem¬
plaire).
Station 2. I4“0r N-120°17,l' E à 13"59,9' N-
120" 17.5' E. 184-186 m. Metacrinus interruptus (I exem¬
plaire).
Station 15. I3°55,l' N-120“28,4' E à 13°54,9'N-
116
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
120°29,3' E, 326-330 m, Metacrinus serratus (10 exem¬
plaires).
Station 19. — I4°0,5' N-120°16,5' E à 14°0,7' N-
120" 18,2' E. 189-192 m, Saracrinus superbus (2 exem¬
plaires), Metacrinus musorstomae (2 exemplaires).
Station 31. — 13"40,5' N-120"53,7' E à 13°40'N-
120°55' E, 204-230 m, Saracrinus angulatus (5 exem¬
plaires), Saracrinus superbus (4 exemplaires).
Station 32. — 13°40,5' N-120°53,9' E à 13°40,5'N-
120°54,2’ E, 192-220 m, Saracrinus angulatus (2 exem¬
plaires), Saracrinus superbus (1 exemplaire).
Station 51. — 13"59,3' N-120°16,4' E à 14°0,4'N-
120°17,6'E, 170-187 m, Metacrinus musorstomae (2
exemplaires).
Station 53. 13°59,2' N-120° 18,3' E à 14°01'N-
120° 16,6' E, 215-216 m, Saracrinus superbus (1 exem¬
plaire), Metacrinus musorstomae (6 exemplaires).
Station 56. — 13"53,7'N-l 19°56,3'E à 13"54,4'N-
119°57'E, 970 m, Diplocrinus alternicirrus (1 exem¬
plaire), Hypalocrinus naresianus (50 exemplaires).
Station'78. — 13°49,1' N-120°28' E à 13°49,8'N-
120"28,9’ E, 441-550 m, Metacrinus serratus (2 exem¬
plaires).
Station 81. — 13°36,4' N-121"31.8' E à 13"33.9'N-
120"30,6' E, 856-884 m, Metacrinus nodosus (1 exem¬
plaire).
Corindon 2 (Détroit de Makassar)
Station 214. — 0°31,4' N-117°50,l' E. 595 m, Diplo¬
crinus aff. sibogae (1 exemplaire), Metacrinus aff.
wyvillii (1 exemplaire).
Station 229. - 0°02,2' N-119°49,8' E, 411-445 m,
Diplocrinus aff. sibogae (1 exemplaire).
Station 290. 2°37,6' N-l 18° 10,9' E, 779-798 m,
Metacrinus wyvillii (9 exemplaires).
DESCRIPTION DU MATÉRIEL
Dans une synthèse récente l’un de nous (Roux,
1978) a proposé de regrouper l'ensemble des
Pentacrines actuelles et fossiles en une seule
famille : celle des Pentacrinidae d’Orbigny, 1851.
Cinq sous-familles sont distinguées : Pentacri-
ninae d’Orbigny, 1851 (uniquement fossile), Iso-
crininae Roux, 1981 (incluant le genre actuel
Cenocrinus ), Balanocrininae Roux, 1981 (avec les
genres actuels Neocrinus et Hypalocrinus ), Diplo-
crininae Roux, 1981 (avec les genres actuels
Diplocrinus et Teliocrinus), Metacrininae Roux,
1981 (avec les genres actuels Metacrinus et
Saracrinus).
Nous donnons une clé simplifiée de détermina¬
tion des espèces recueillies par les campagnes
Musorstom et Corindon :
la : I Br 2 axillaire. 8
— 1b : 1 Br 2 non axillaire : Metacrininae . 2
2a : 1 Br 4 ax. (cas le plus fréquent), nombre de 1 Br toujours inférieur à 6 : Saracrinus. 3
— 2b : I Br 7 ax. (cas le plus fréquent), nombre de I Br presque toujours supérieur à
4, rarement inférieur à 5 : Metacrinus . 4
— 3a : nombre d'internodales par nodotaxis compris entre 9 et 14 (13 le plus souvent),
pédoncule dépourvu d’ornementation et de section circulaire, pentagonale ou étoilée :
Saracrinus superbus . p. 00
— 3b : nombre d'internodales par nodotaxis compris entre 6 et 10 (7 et 9 les plus fréquents),
pédoncule généralement à section étoilée à subpentagonale, parfois ornementé,
articulations aux aires pétaloïdes très lancéolées : Saracrinus angulatus .... p. 00
4a : nombre d'internodales par nodotaxis le plus souvent inférieur à 10 . 5
4b : nombre d'internodales par nodotaxis le plus souvent égal ou supérieur à 10 .. 7
5a : nombre d'internodales par nodotaxis compris entre 7 et 11 (8 et 9 les plus fréquents) :
Metacrinus nodosus . p. 00
5b : nombre d’internodales le plus souvent égal à 7. 6
6a : 6 à 8 II Br (le plus souvent 7), section du pédoncule toujours étoilée, synostoses du
pédoncule à canal axial secondaire irrégulier ou comblé : Metacrinus serratus.. p. 00
— 6b : 6 à 11 II Br (le plus souvent 9), section du pédoncule plus arrondie, synostoses
du pédoncule à canal axial secondaire pentalobé et à bordure nette : Metacrinus
wyvillii . p. 00
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2) 117
- 7a : bras relativement graciles, ornementation du pédoncule discrète ou absente, section du
pédoncule généralement pentagonale, présence de grosses mailles dans l'areola des
symplexies : Metacrinus musorstomae . p. 00
7b : bras robustes, columnales ornementées par une caréné ponctuée discontinue, section du
pédoncule légèrement étoilée à subpentagonale, absence de grosses mailles dans l'areola
des symplexies : Metacrinus interruptus . p, 00
8a : moins de 15 bras, nombre d'internodales par nodotaxis généralement supérieur à 8 (11
et 12 les plus fréquents) : Hypalocrinus naresianus . p. 00
8b : plus de 15 bras : Dip/ocrinus . 9
9a : verticilles de cirres complets : Diplocrinus sibogae . p. 00
— 9b : verticilles de cirres le plus souvent incomplets : Diplocrinus alternicirrus ... p. 00
Genre Saracrinus A. H. Clark, 1923
Saracrinus angulatus (Carpenter, 1884)
(PI. I, 1-5; pl. II, 1-6; pl. IV, 1-7; pl. VIII, 10)
Metacrinus angulatus Carpenter, 1884 : 344.
Metacrinus acutus Dôderlein. 1907 : 35.
Metacrinus angulatus : A. H. Clark, 1908 : 671 ;
Roux, 1977 : 45.
Saracrinus angulatus : A. H. Clark, 1923 : 9 ; Roux,
1981 : 484.
Saracrinus acutus : A. H. Clark, 1923 : 9.
Matériel
Musorstom 2 :
Spécimens 1 à 5 : station 31, 13°40,5' N-I20°53,7' E
à 13'’40'N-120°55'E, profondeur 204 m à 230 m.
Spécimens 6 à 7 : station 32, 13°40,5' N-I20 o 53,9' E
à 13°40,5' N-120°54,2' E, profondeur 192 m à 220 m.
Description (Tableau 1)
Spécimen 1 : C’est un spécimen très jeune en
pleine phase de croissance et de régénération.
Trois phases de régénération affectent la cou¬
ronne. La plus ancienne se développe à partir du
cercle de basales, la seconde à partir de I Br 1
(4 cas) ou de la radiale (1 cas), la dernière à
partir de II Br 2 (3 cas), II Br 3 (1 cas), III Br 2
(1 cas), III Br 3 (4 cas). L’organisation visible des
bras est la suivante : I Br 1 + 2, 4 ax. (5 cas) ;
II Br 2 + 3 (4 cas), 3 + 4 (4 cas), sans synostose
(1 cas), 6 ax. (1 cas), 7 ax. (6 cas) ; III Br 2 + 3
(1 cas), 3 + 4 (8 cas).
Le pédoncule a un aspect aberrant, notam¬
ment dans la partie proximale, dû à une poussée
de croissance rapide en cours. Nous en repren¬
drons la description détaillée plus loin. Un fort
décalage existe entre le diamètre du cercle de
basales (5,8 mm) et celui des premières columnales
(3 mm). Le diamètre est de 3,9 mm distalement ;
il atteint 4,4 mm au niveau de l’internode 16. Les
pores intercalaires sont ouverts tout le long. Le
nombre d’internodales par nodotaxis complet est
de 6 (1 cas), 7 (11 cas), 8 (6 cas).
Spécimen 2 : La couronne a 5,6 cm de long.
Les cinq basales sont trapézoïdales et jointives,
avec des apophyses inférieures marquées. Il
n’existe que quatre radiales aussi hautes que
larges, résultant probablement d’une anomalie
de régénération. La hauteur des radiales est égale
à celle des basales. Les troncs brachiaux conservés
montrent l’organisation suivante : I Br 1 +2
(4 cas), 4 ax. (3 cas) ; Il Br 3 + 4 (6 cas), 7 ax.
(1 cas), 8 ax. (1 cas), 9 ax. (4 cas) ; III Br 3 + 4
(8 cas), sans synostose (3 cas), 10 ax. (1 cas), 13 ax.
(3 cas), 14 ax. (4 cas), 15 ax. (3 cas) ; IV Br 3 + 4
(3 cas). Un cas de pinnule en cours de transfor¬
mation brachiale a été observé du niveau d’une
III Br 14. La largeur moyenne des brachiales est
de 3,2 mm (I Br). 2,1 mm (II Br), 1,2 mm (III
Br). Sur 1,6 cm, l’extrémité distale des bras est
dépourvue de pinnule fonctionnelle.
Le pédoncule est conservé sur 7,5 cm. Son plus
grand diamètre est 2,8 mm près de la coupe
dorsale pour passer à 2,5 mm plus distalement.
Les pores intercalaires sont ouverts jusqu’à
l’internode 11, mais ils restent visible après. Le
118
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
neuvième nodotaxis est le plus long (10 mm). Le
nombre d'internodales par nodotaxis mature est
de 7 (1 cas), 8 (2 cas), 9 (3 cas), 10 (3 cas).
Spécimen 3 : C'est encore un jeune spécimen
dont la couronne a 4,3 cm de long. Son organisa¬
tion est la suivante : I Br I -+ 2, 4 ax. (5 cas) ; II
Br 3 + 4 (10 cas), 7 ax. (1 cas), 8 ax. (3 cas), 9
ax. (1 cas), 11 ax. (2 cas) ; III Br. 3 + 4 (12 cas),
11 ax. (1 cas), 13 ax. (2 cas), 15 ax. (5 cas), 16 ax.
(1 cas), 17 ax. (2 cas), 19 ax. ( I cas). Deux cas de
pinnules en cours de transformation en ramifica¬
tion brachiale ont été observés au niveau de 111
Br 15. La largeur des brachiales est de 3 mm (I
Br), 2,1 mm (II Br), 1,4 mm (III Br).
Le pédoncule est conservé sur 5,7 cm. Son
diamètre passe de 3,2 mm proximalement à
2,5 mm plus distalement. Le douzième nodotaxis
est le plus long avec 9,8 mm. Les pores interca¬
laires ont disparu à son niveau. Le nombre
d'internodales par nodotaxis mature (à partir du
neuvième) est de 8 (1 cas), 9 (3 cas) ou 10 (2 cas).
Les faces latérales des columnales présentent une
très légère ornementation transversale.
Spécimen 4 : La couronne a 8,1 cm de long.
Son organisation est la suivante : I Br I + 2, 4
ax. (5 cas) ; II Br 3 + 4(10 cas), 7 ax. (6 cas),
9 ax. (4 cas); III Br. 3 + 4 (20 cas), 11 ax.
(3 cas), 13 ax. (10 cas), 15 ax. (3 cas), 17 ax.
(3 cas) ; IV Br 3 + 4 (24 cas), 4+5(2 cas),
seconde synostose à 26 + 27 et 28 -+ 29 (I cas
chaque), 15 ax. (I cas), 16 ax. (2 cas), 17 ax.
(3 cas), 18 ax. (1 cas), 19 ax. (1 cas) ; V Br 3 -+ 4
( 14 cas). La largeur des brachiales est de 4 mm (I
Br), 3,3 mm (II Br), 2 mm (III Br), 1,6 mm (IV
Br). L'extrémité distale des bras est dépourvue de
pinnule sur 1,6 cm. Les basales sont globuleuses
et jointives, aussi hautes que larges. Les radiales
ont même hauteur mais sont 1,5 fois plus large
que hautes.
Le pédoncule a 22 cm de long. Son diamètre
est de 3,7 mm distalement et de 4,3 mm proxima¬
lement. Les nodotaxis 18 et 27 sont les plus longs
avec 9,5 mm. Les pores intercalaires sont ouverts
jusqu'au douzième internode. Le nombre d’inter-
nodales par nodotaxis mature (à partir du
dixième) est de 7 (17 cas) ou 8 (6 cas).
N" DU Spécimen
1
2
3
Station
31
31
31
PÉDONCULE
Diamètre mm
3-4,4
2,5-2.8
2.5-3.2
Nombre d'intemodes
25
15
14
Nombre d'internodales (1)
6', 7", 8 6
7', 8% 9\ 10'
8'. 9*. 10*
L. nodotaxis mm (2)
11.7
10’
9,8“
Dernier IN. avec pores
-
II
II
L. cirres mm
36-37
25-28
30-32
Nombre d'arlicles cirres
45-47
33-35
35-39
Couronne
Longueur mm
—
56
43
Nombre de bras
-
+ 30
+ 33
I Br ax. (I)
4 5
4’
4 5
II Br ax. (1)
6', T
7', 8', 9*
7', 8 J , 9', 11-
III Br ax. (I) (3)
—
10', 13’, 14 4 , 15
13% 15 5 , 17 ! , 19'
p Nb d’articles
—
11-13
11-12
Longueur mm
7,2-8,3
8-10
Nb d’articles
—
10-12
9-11
Longueur mm
-
6-6.2
5-6
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRIN1DAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
Spécimen 5 : La couronne a 10,5 cm de long.
Son organisation est la suivante : 1 Br 1 + 2, 4
ax. (5 cas) ; II Br 3 + 4 (6 cas), 2 + 3 (4 cas),
7 ax. (7 cas), 8 ax. (1 cas), 9 ax. (2 cas) ; III Br 3
+ 4(18 cas), sans synostose (2 cas), 9 ax. (1 cas),
10 ax. (1 cas), 11 ax. (6 cas), 12 ax. (2 cas), 13 ax.
(7 cas), 15 ax. (3 cas); IV Br 3 + 4 (31 cas),
seconde synostose à 12 + 13 (1 cas), 9 ax. (1 cas),
11 ax. (1 cas), 13 ax. (2 cas), 15 ax. (1 cas), 16 ax.
(1 cas), 17 ax. (3 cas), 18 ax. (3 cas), 19 ax.
(5 cas) ; V Br 3 + 4 (3 cas), 4 + 5(1 cas). La
largeur des brachiales est de 4,9 mm (I Br),
3,2 mm (II Br). 2,5 mm (III Br), 1,7 mm (IV Br).
L'extrémité distale des bras est dépourvue de
pinnule sur 2,2 cm. Les basales sont jointives,
sublosangiques avec des apophyses inférieures
marquées. Les radiales sont deux fois plus larges
que hautes.
Le pédoncule est conservé sur 35 cm de long.
Son diamètre maximum dans la moitié proxi¬
male est de 5,1 mm. Il est de 3,9 mm à l’extrémité
distale. Le nodotaxis 19 est le plus long (10 mm).
Les pores intercalaires s’ouvrent jusqu’à l’inter-
node 17. Le nombre d’internodales par nodo-
119
taxis mature (à partir du huitième) est de 6 (2
cas), 7 (7 cas), 8 (9 cas), 9 (15 cas), 10 (1 cas).
Spécimen 6 : La couronne a 13,5 cm de long.
Elle montre l’organisation suivante : I Br I +2
(5 cas), 4 ax. (4 cas), 4 + 5 ax. ( 1 cas) ; 11 Br 2 +
3 (1 cas), 3 + 4 (9 cas). 5 ax. (2 cas), 6 ax. (4
cas), 7 ax. (4 cas) ; III Br 3 + 4 (20 cas), 9 ax.
(1 cas), 11 ax. (14 cas), 13 ax. (5 cas) ; IV Br 3 +
4 (26 cas), 13 ax. (1 cas). 15 ax. (3 cas), 17 ax.
(3 cas), 20 ax. (1 cas), 23 ax. (3 cas), 25 ax.
(1 cas). La largeur des brachiales est de 5 mm (I
Br), 4,2 mm (II Br). 3,5 mm (III Br), 2,8 mm (IV
Br). Quatre cas de régénération en cours ont été
notés à partir de II Br 3 (1 cas), III Br 3 (1 cas),
IV Br 3 (1 cas), au-delà (1 cas). L'extrémité
distale des bras est dépourvue de pinnules sur 3
cm. Les basales sont losangiques et tout juste
jointives. Les radiales sont aussi hautes que
larges.
Le pédoncule est conservé sur 31 cm. Son
diamètre est de 5,4 mm proximalement et passe à
4.9 mm distalement. Le nodotaxis 20 est le plus
long (11,3 mm). Les internodales ont une taille
4
5
6
7
31
31
32
32
3.7-4,3
3.9-5,1
4.9-5.4
5
32
41
40
17
7". 8 6
6 ; , T. 8’. 9". 10
T-. 8\ 9 ;| . IO'
r. 8 ! , 9*
9,5"-"
10"
11.3“
9.6"
12
17
40-42
42-45
45-48
43-45
41-44
44-45
49-51
47-50
81
105
135
90
± 48
± 59
+ 54
+ 56
4’
4 5
4\ 5‘
4‘
T, 9“
7 7 , 8 1 , 9 1
5 J . 6 4 , T
5% 6’, 7 3 , 9 1
II’, 13 10 , 15 J , I7 3
11 6 . 13 7 , 15 3
9‘, 11", I3 S
11 5 . I3\ 15\ I7 1
12-14
15-18
11-13
10-11
21-24
—
12,5
10-12
12-15
10-12
13-15
6,5-7,5
8,5-10
8-9
6,8-7,2
Tableau I. — Principaux caractères des spécimens de
Saracrinus angulaïus recueillis par la campagne Musors-
tom 2. (I) en indice : nombre de cas; (2) en indice :
nodotaxis le plus long; (3) : cas les plus fréquents.
120
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
irrégulière tout le long avec des pores interca¬
laires toujours présents. Le nombre d’interno-
dales par nodotaxis mature (à partir du onzième)
est de 7 (2 cas), 8 (4 cas), 9 (21 cas), 10 (3 cas).
Spécimen 7 : La couronne a 9 cm de longueur.
Son organisation est la suivante : 1 Br 1 +2
(5 cas), 4 ax. (4 cas) ; II Br 2 + 3 (1 cas), 3 + 4
(6 cas), 4 + 5(1 cas), 5 ax. (2 cas), 6 ax. (3 cas),
7 ax. (2 cas), 9 ax. (1 cas) ; III Br 1 +2 (1 cas),
2 + 3(1 cas), 3 + 4(13 cas), 9 ax. (1 cas), 11 ax.
(3 cas), 13 ax. (6 cas), 14 ax. (1 cas), 15 ax. (3
cas), 17 ax. (1 cas) ; IV Br 3 + 4 (26 cas), 6 + 7
(1 cas), 14 ax. (1 cas), 15 ax. (2 cas), 16 ax. (1
cas), 17 ax. (5 cas), 19 ax. (4 cas), 21 ax. (3 cas),
23 ax. (2 cas), 25 ax. (1 cas), 29 ax. (1 cas). La
seule régénération en cours part de II Br 4. La
largeur des brachiales est de 5,2 mm (I Br), 4 mm
(II Br), 2,7 mm (III Br), 1,8 mm (IV Br).
L’extrémité distale des bras est dépourvue de
pinnule fonctionnelle sur 2,1 cm. Les basales
sont subrectangulaires, jointives, avec des apo¬
physes inférieures discrètes. Elles sont aussi
hautes que les radiales. Ces dernières sont deux
fois plus larges que hautes.
Le pédoncule est conservé sur 10 cm. Son
diamètre est de 5 mm. Le onzième nodotaxis est
le plus long (9,6 mm). Les pores intercalaires
sont visibles sur toute la longueur. Le nombre
d'internodales par nodotaxis mature (à partir du
huitième) est de 7 (4 cas), 8 (2 cas) ou 9 (4 cas).
Caractères des articulations du pédoncule
Les symplexies présentent des sillons interpéta-
loïdes d'importance variable et souvent relative¬
ment discrets. Le périlumen et le crenularium
interne forment un ensemble bien individualisé.
Les zones pétaloïdes de l’areola sont souvent très
lancéolées entourées par un crenularium externe
robuste, parfois large.
Les synostoses montrent des sillons inter¬
radiaux plus ou moins marqués et bordés,
comme le canal axial, par un réseau synostosal à
trame portant des épaississements calcitiques. Le
crenularium externe reste nettement apparent (8
à 10 créneaux par zone pétaloïde). Le canal axial
est comblé par un réseau lâche à trame relative¬
ment épaisse délimitant des mailles allongées
rayonnantes. Le lumen secondaire est étoilé, sa
bordure étant soulignée par la trame du réseau.
Il tend lui-même à être comblé par un réseau plus
dense. La bordure des synostoses montre sur la
surface externe des ossicules de nombreuses
apophyses dont l’aspect est très caractéristique
de l’espèce (pl. IV, 2, 3).
Les articulations d’insertion cirrale, subrectan¬
gulaires et bien symétriques par rapport aux
faces latérales de la nodale, ressemblent beau¬
coup à celles de M. serratus.
Caractères des articulations des bras
Les synarthries des bras ont une crête fulcrale
d’obliquité faible. Le sillon interne, séparant les
aires musculaires est étroit. La bordure externe
des aires ligamentaires des facettes distales est
soulignée par des apophyses calcitiques limitant
une gouttière sur laquelle vient buter la bordure
externe de la facette qui lui est opposée. L’inser¬
tion pinnulaire est discrète et ne provoque
qu’une très légère dissymétrie des aires muscu¬
laires. Les synostoses montrent un stéréome à
mailles plus lâches sur la périphérie et selon un
diamètre axial, et un très léger crenularium
syzygial sur la bordure externe. Leur canal axial
est circulaire.
Croissance rapide du pédoncule
Le spécimen 1 présente sous sa couronne
brachiale en voie de régénération au-dessus des
cercles de basales (diamètre = 5,7 mm) et de
radiales un pédoncule où l’on peut distinguer
trois secteurs (fig. 1) :
— le secteur proximal (longueur = 25 mm)
correspond globalement à la zone des pores
intercalaires (longueur = 12 mm). C’est la zone
de croissance privilégiée où sont produites en
alternance nodales et internodales d’ordre I de la
partie du pédoncule en voie de régénération et à
laquelle succède classiquement un certain nombre
de nodotaxis au nombre d’internodales croissant
(jusqu'à 7 ou 8 en moyenne pour cette espèce).
Ce secteur est prolongé sous la zone des pores
intercalaires par deux nodotaxis « complets » à
7 internodales (longueur = 13 mm). Le diamètre
du pédoncule n’excède pas 3,3 millimètres. Le
caractère gracile de ce secteur s’oppose à la
base de la couronne brachiale épaisse (diamètre
= 5,7 mm) et à la partie distale du pédoncule
(diamètre = 4,5 mm) ;
— le secteur intermédiaire (longueur = 34 mm)
se compose quant à lui de cinq nodotaxis remar-
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
121
Fig. 1. — Modalité de la croissance de Saracrinus angulatus Musorstom 2, st. 31, spécimen n° 1.
organisation probable de l’extrémité apicale du pédoncule avant la lésion de la couronne (A, : zone des pores
intercalaires) ;
— organisation actuelle de l’extrémité du pédoncule :
B, — secteur distal, pédoncule âgé ; .
B ; — secteur intermédiaire correspondant à l’activation de la partie proximale de 1 ancienne zone des pores
intercalaires ; . __
B, secteur proximal correspondant à l’activation de la partie apicale de 1 ancienne zone des pores
pointillés : columnales liées à la phase de croissance rapide induite par la régénération de la couronne.
Source : MNHN, Paris
122
JEAN-PAUL BOURSEAU
MICHEL ROUX
quables. Il débute distalement par un entrenœud
dont l'organisation générale consiste en une
succession d’internodales fortement hétérométri-
ques de trois ordres différents. Cette disposition
lorsqu'elle est très marquée ne s'observe habi¬
tuellement qu’au niveau des secteurs moyen
et proximal des zones des pores intercalaires.
Quatre nodotaxis remarquables par la très forte
hétérométrie existant entre la nodale de base
et les columnales constituant l’internode com¬
plètent ce secteur dans sa partie proximale. Le
diamètre des internodales avoisine 3 mm alors
que celui de la nodale nettement plus fort, varie
de 4,5 à 3,5 mm. La taille de ce dernier décroît
progressivement lorsqu’on se rapproche du sec¬
teur proximal. Dans cette partie intermédiaire du
pédoncule, le diamètre des internodales est en
accord avec celui du secteur proximal (zone des
pores intercalaires) vu précédemment. La taille
des nodales est analogue, quant à elle, au
diamètre de l’extrémité du pédoncule ;
— le secteur distal (longueur = 81 mm)
correspond à un pédoncule âgé comme le mon¬
trent le diamètre des columnales (4,5 mm), la
section pentagonale des columnales, la réduction
de l'hétérométrie existant entre les différents
ordres d'internodales.
La régénération de la couronne brachiale
conduit à penser que les bras étaient gravement
endommagés. La croissance rapide du pédoncule
et de la couronne assurent la survie de l'animal.
L’accroissement du pédoncule s’est fait de
deux façons :
— activation de la partie tout à fait apicale de
l’ancienne zone des pores intercalaires. Le sec¬
teur proximal de l'actuel pédoncule doit en être
le résultat. Le potentiel de croissance étant
affecté principalement à la composante verticale
(production de columnales), le diamètre de la
partie du pédoncule dernièrement produite est de
ce fait plus faible ;
— activation de la partie proximale de l’ancienne
zone des pores intercalaires. L’agencement très
particulier du secteur intermédiaire avec ses
caractères mixtes (internodales de faible diamètre
de type juvénile, nodales de grand diamètre
conforme à celui de l’extrémité du pédoncule) est
révélateur des différentes phases de croissance
intervenues dans sa constitution. Il faut voir au
départ dans ce secteur la partie proximale de
l’ancienne zone des pores intercalaires, celle
placée à l'extrémité du pédoncule avant que ne se
produise la lésion qui induit la phase de régéné¬
ration. Les nodales de grande taille et les interno¬
dales d'ordre I fortement hétérométriques que
l’on peut observer au niveau des nodotaxis de ce
secteur sont, selon toute vraisemblance, celles qui
s’élaboraient juste sous la coupe dorsale avant le
traumatisme dont a été victime le spécimen. Leur
section pentaradiée est tout à fait analogue à
celle des columnales que l’on peut observer à la
partie la plus proximale de la zone de pores
située actuellement sous les pièces basales (zone
où apparaissent alternativement nodales et inter¬
nodales d’ordre I).
La phase de régénération des bras induit une
dilatation de la partie proximale de l'ancienne
zone des pores intercalaires : un phénomène de
croissance brutale (production d'internodales)
affecte les nodotaxis à une seule internodale qui
s’y individualisaient et tend à leur faire acquérir
le plus rapidement possible le maximum d’interno¬
dales (7 à 8 pour l'espèce). Pour les mêmes
raisons invoquées précédemment, le diamètre de
la partie récemment secrétée est plus faible.
L’hétérométrie entre nodales et internodales de
ce secteur intermédiaire résulte de cette apparte¬
nance à deux phases de croissance distinctes.
Rapports et différences
Le tableau 2 indique la variabilité des princi¬
paux caractères quantifiables de la morphologie
externe de l’espèce. Nous avons analysé l'ensemble
des spécimens de la série Musorstom 2 et de la
série type (9 spécimens) de S. acutus Dôderlein,
1907. Il ne fait plus de doute désormais que S.
angulatus et S. acutus ne forment qu'une seule et
même espèce dont l’ornementation des columnales
du pédoncule est très variable dans son aspect et
dans son développement. Cette variabilité élevée
se retrouve au niveau du nombre d'internodales
par nodotaxis mature. Pour ce caractère, l’holo-
type du Challenger n’est pas très représentatif des
cas les plus fréquents (7, 8, 9 internodales) puis¬
que les nodotaxis atteignent 12 internodales. En
revanche, les symplexies et les synostoses présen¬
tent des caractères constants indépendamment
de la morphologie externe des columnales. Ceux-
ci se retrouvent chez S. angulatus (Roux 1981,
pl. 15, fig. 1 à 3) et le problème de la validité de
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
123
Tableau 2. — Variabilité des principaux caractères du pédoncule et de la couronne de Saracrinus angulanis (spécimens
Musorstom 2). Les caractères trop directement liés à la croissance n'ont pas été retenus. Nb. IN. : nombre
d'internodales par nodotaxis mature; L. Nod. : longueur maximale d'un nodotaxis (en mm); N. pores : iniernodc
portant les derniers pores intercalaires.
Fig. 2. — Variation du nombre d’internodales par nodotaxis mature en fonction du diamètre maximal du pédoncule chez
Saracrinus superbus (spécimens Musorstom) et chez Saracrinus angulatus (spécimens Musorstom et Siboga ).
Nb. IN : nombre d’internodales ; D. max. : diamètre maximal.
124
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
Fig. 3. — Organisation de la couronne chez Saracrinus angulatus (spécimens Musorstom 2).
F : fréquence ; Nb : nombre de brachiales par série.
En haut et à droite : moyenne et écart-type pour chaque série de brachiales.
Les polygones de fréquence ont été construits par classe de deux (1 + 2, 3 + 4, 5 + 6...) sauf pour 1 Br (une classe par
nombre entier).
M. acutus doit être posé. Le matériel recueilli par
YAlbatross (collections USNM, Washington),
déterminé par A. H. Clark, mais dont la des¬
cription n'a jamais été publiée, comporte des
spécimens désignés sous le nom de Metacrinus
acutus en provenance des Philippines, des Molu-
ques et du Japon. Leur pédoncule montre aussi
de grandes variations de morphologie externe.
Au niveau du nombre d’internodales par nodo-
taxis mature, la variabilité d’ensemble ne paraît
pas due à une variation ontogénétique (accroisse¬
ment ou diminution de la moyenne au cours du
développement). Comme chez S. superbus , le
nombre d’intemodales chez S. angulatus aurait
une légère tendance à diminuer avec l’âge (fig. 2).
Mais si l’on distingue les deux populations
analysées (Musorstom et Siboga) cette tendance
(vers 7 internodales) n'est nette que pour les
spécimens des lies Kai. Pour ceux des Philippi¬
nes, une double tendance vers les deux modes (7
et 9) s’observe. Un polymorphisme intraspé-
cifique n’est pas à exclure. Il se manifesterait
essentiellement au niveau de la morphologie du
pédoncule.
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACR1NIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
125
L’organisation de la couronne (tab. 2, fig. 3)
brachiale est moins variable, mais nous n’avons
pu prendre en compte que les spécimens de
Musorstom, les autres descriptions n’étant pas
assez précises. La moyenne du nombre d’ossicu-
les par série progresse régulièrement des I Br aux
IV Br assurant une répartition assez large des
divisions brachiales sur la couronne. Il serait
intéressant de vérifier chez S. angulatus si cette
organisation varie d’une population à l’autre
dans différents secteurs géographiques comme
cela apparaît chez M. interruptus.
Si S. angulatus s’avère être une espèce très
variable voire polymorphe et à distribution
bathymétrique et géographique assez vastes, il
conviendrait de réexaminer la validité de deux
autres espèces aux caractères essentiels très
semblables : S. batheri A. H. Clark, 1909 des
archipels au large de la côte occidentale de la
Malaisie, et S. suluensis Dôderlein, 1907 de la
mer de Sulu.
Saracrinus superbus (Carpenter, 1885)
(PI. III, 1 ; pl. IV, 8-13; pl. V, 1,2)
Metacrinus superbus Carpenter, 1885 : 435.
Metacrinus superbus : Dôderlein, 1907 : 48; A. H.
Clark, 1908 : 674 ; A. H. Clark, 1908 b : 530.
Saracrinus superbus : A. H. Clark. 1923 ; 10; Roux.
1981 : 486.
Matériel
Musorstom 2 :
Spécimen 1 : station 1, 14°0,3'N-120°19,3'E à
14°0,4'N-120°17,6'E. profondeur 188 m à 198 m.
Spécimen 2 : station 53. 13“59,2'N-120°18,3'E à
14°01' N-120°16,6' E, profondeur 215 m à 216 m.
Spécimens 3 et 4 : station 19. 14“0,5' N-120°16,5' E à
14°0,7' N-120°18.2' E, profondeur 189 m à 192 m.
Spécimen 5 : station 32, 13°40,5' N-120°53,9' E à
13°40,5'N-120°54,2'E, profondeur 192 m à 220 m.
Spécimens 6 à 9 : station 31, 13°40,5' N-120°53,7' E
à 13°40'N-120°55'E, profondeur 204 m à 230 m.
Description (Tableau 3)
Parmi les spécimens recueillis par Musorstom 2,
deux (spécimens 1 et 2) sont vert foncé et d’aspect
identique aux spécimens de Musorstom 1 ; les
autres ont un pédoncule blanc, une coupe dor¬
sale et des bras pourpres. L’espèce n’était connue
que par des spécimens de grande taille. Ce
nouveau matériel nous permet pour la première
fois de décrire une série ontogénique avec un
gradient de taille très large montrant une varia¬
bilité spectaculaire de la morphologie externe
au cours de la croissance, particulièrement au
niveau du pédoncule.
Spécimen I : La couronne de bras s’est dis¬
loquée après le prélèvement. Néanmoins, l’essen¬
tiel de l’organisation des bras a pu être recons¬
titué : I Br 1 + 2 (5 cas), 3 ax. (1 cas), 4 ax. (4
cas) ; II Br 2 + 3 (1 cas), 3 + 4 (9 cas), 7 ax. (3
cas), 8 ax. (1 cas), 9 ax. (2 cas) ; III Br 3 + 4 (12
cas), 11 ax. (I cas), 12 ax. (1 cas), 13 ax. (6 cas),
15 ax. (1 cas) ; IV Br 3 + 4 (18 cas), 14 ax., 15
ax. (1 cas chaque), 17 ax. (9 cas), 19 ax., 22 ax. (1
cas chaque), 23 ax. (4 cas), 25 ax., 27 ax. (1 cas
chaque) ; V Br 3 + 4 (35 cas), 4 + 5, 6 + 7 (1
cas chaque), seconde synostose à 16 + 17 (1
cas), 18 + 19 (4 cas), 19 + 20 (2 cas), 20 + 21 (4
cas), 21 + 22 (1 cas), 22 + 23 (4 cas), 24 + 25,
26 + 27 (1 cas chaque), 27 + 28 (2 cas),
troisième synostose à 26 + 27, 33 + 34, 34 + 35
(1 cas chaque), 38 + 39 (2 cas), 14 ax. (1 cas), 17
ax. (2 cas), 21 ax. (1 cas), 23 ax. (1 cas) ; VI Br 3
+ 4 (8 cas), 5 + 6(1 cas), seconde synostose à
15 + 16(1 cas), 22 + 23 (2 cas), 24 + 25 (1 cas),
25 ax. (1 cas). Le nombre total des bras est
supérieur à 58. La longueur des brachiales est de
6 à 7 mm (I Br), 5,3 mm (II Br), 4,2 mm (III Br).
6,5 à 6,8 cm sont dépourvus de pinnules fonc¬
tionnelles à l’extrémité distale des bras. Les
basales sont sublosangiques et globuleuses avec
des apophyses inférieures très développées. Elles
sont peu jointives et aussi hautes que les radiales.
Ces dernières sont deux fois plus larges que
hautes.
Le pédoncule est conservé sur 48,5 cm. Son
diamètre proximal est de 8,4 mm et le diamètre
distal est de 8 mm. Le nodotaxis 23 est le plus
126
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
long (22,3 mm). Les pores intercalaires s'obser¬
vent jusqu’au nodotaxis 15. Le nombre d'interno-
dales par nodotaxis mature (à partir du onzième)
est de 10 (1 cas), 11, (7 cas), 12 (10 cas), 13
(5 cas). Les faces latérales des columnales sont
lisses et concaves. La section du pédoncule est
toujours légèrement étoilée, jamais régulièrement
pentagonale.
Spécimen 2 : Son aspect est très semblable à
celui du spécimen 1. La couronne a 15 cm de
long. Elle présente l'organisation suivante : 1 Br
1 + 2, 4 ax. (4 cas) ; II Br 3 + 4 (5 cas), 4 + 5
(1 cas) sans synostose (2 cas), 6 ax., 7 ax. (3 cas
chaque) ; 111 Br 3 + 4 (12 cas), 6 ax., 7 ax. (3 cas
chaque), 9 ax. (1 cas), 11 ax. (4 cas) ; IV Br 3 +
4 (9 cas), 15 ax. (4 cas), 19 ax. (3 cas), 21 ax.
( 1 cas), 23 ax. ( 1 cas) ; V Br 3 + 4 (8 cas), 4 + 5
(1 cas), 5 + 6 (2 cas), 17 ax., 19 ax., 21 ax. (1 cas
chaque) ; VI Br 3 + 4 (3 cas), 7 + 8(1 cas). La
largeur des brachiales est de 5,9 mm (I Br), 4,6 mm
(Il Br), 4,6 mm (II Br), 3,2 mm (III Br), 2,7 mm
(IV Br).
Le pédoncule est conservé sur 21 cm. Son
diamètre varie de 7,2 à 7,4 mm. Le nodotaxis 17
est le plus long (20 mm). Les pores intercalaires
sont ouverts jusqu'à l'internode 14. Le nombre
d’internodales par nodotaxis mature (à partir du
neuvième) est de 11 (4 cas), 12 (7 cas), 13 (3 cas).
Spécimen 3 : La couronne est en grande partie
disloquée. L’organisation des bras observable est
la suivante : 1 Br I + 2, 4 ax. (5 cas) : II Br 3 +
4 (9 cas). 5 ax. (1 cas). 7 ax. (5 cas) ; III Br 3 +
4 (12 cas). 11 ax. (5 cas): IV Br 3 + 4 (9 cas),
17 ax. (2 cas), 19 ax. (2 cas), 21 ax.. 23 ax., 24 ax.
( 1 cas chaque) ; V Br 3 + 4 ( 11 cas). 17 ax. (2 cas),
19 ax. (1 cas), 21 ax. (2 cas) ; VI Br 3 + 4 (4 cas).
La largeur des brachiales est de 6 mm (I Br),
5,1 mm (II Br), 4 mm (III Br), 2,8 mm (IV Br).
L'extrémité distale des bras est dépourvue de
pinnule fonctionnelle sur 5,8 cm. Une seule
régénération s'observe à partir de II Br 3. Une
galle provoquée par un Myzostome affecte une
série de IV Br. Les basales portent de fortes
apophyses inférieures. Elles sont juste jointives
par le sommet d'un angle. Les radiales sont deux
fois plus larges que hautes.
Le pédoncule est conservé sur 46 cm. Son
diamètre est de 8 mm distalemenl et de 8,2 mm
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
127
proximalement. Le nodotaxis 19 est le plus long
(21.4 mm) et porte les derniers pores interca¬
laires. Le nombre d’intemodales par nototaxis
mature (à partir du onzième) est de 11 (I cas). 12
(8 cas) ou 13 (13 cas). La morphologie externe
du pédoncule est identique à celle des spécimens
précédents.
Spécimen 4 : La couronne a 17,5 cm de long.
Son organisation est la suivante : 1 Br 1 +2,
4 ax. (5 cas), II Br 2 + 3 (7 cas), 3 + 4 (2 cas),
sans synostose (1 cas), 5 ax. (I cas), 6 ax. (1 cas),
7 ax. (7 cas), 9 ax. (1 cas) ; III Br 3 + 4 (20 cas),
7 ax. (1 cas), 9 ax. (10 cas), 10 ax. (1 cas), 11 ax.
(6 cas), 13 ax. (2 cas) ; IV Br 3 + 4 (36 cas), 9 ax.
(1 cas), 11 ax. (3 cas), 12 ax. (I cas), 13 ax. (3 cas),
14 ax. (1 cas), 15 ax. (7 cas). 16 ax. (1 cas), 17 ax.
(12 cas), 18 ax. (1 cas), 19 ax. (4 cas), 23 ax.
(1 cas) : V Br 3 + 4 (41 cas), seconde synostose à
8 + 9 (1 cas), 15 + 16 (1 cas), 15 ax. (7 cas),
16 ax. ( I cas), 17 ax. (9 cas), 18 ax. (2 cas), 19 ax.
(1 cas) ; VI Br 3 + 4(14 cas). 5 + 6 (2 cas), 7 +
8 (1 cas), 17 ax. (1 cas), 18 ax. (2 cas). La largeur
des brachiales est de 6 mm (I Br), 4,8 mm (II Br).
3,6 mm (III Br), 2,7 mm (IV Br). Deux phases de
régénération apparaissent : la plus ancienne à
partir de III Br 3 (2 cas) et IV Br 3 (2 cas), la plus
récente à partir de III Br 3 (3 cas), IV Br 3
(1 cas), IV Br 7 (1 cas) et IV Br 9 (1 cas). On
observe trois galles provoquées par des Myzos-
tomes. L'extrémité distale des bras est dépourvue
de pinnule sur 5,1 cm.
Le pédoncule est conservé en trois morceaux
sur 51 cm. Son diamètre est de 6,9 mm. Le
nodotaxis 18 est le plus long (20,2 mm). Les
pores intercalaires s’ouvrent jusqu'au nodotaxis
17. Le nombre d'internodales par nodotaxis
mature (à partir du treizième) est de 12 (9 cas) ou
13 (16 cas).
Spécimen 5 : Une partie de la couronne est
cassée. On peut observer l’organisation suivante :
I Br 1 + 2, 4 ax. (5 cas) ; II Br 1 +2(1 cas), 2
+ 3 (4 cas), 3 + 4 (5 cas), 7 ax. (7 cas) ; III Br 2
+ 3 (1 cas). 3 + 4 (13 cas), 9 ax. (1 cas), 11 ax.
(7 cas). 13 ax. (1 cas) ; IV Br 3 + 4 (12 cas), 4 +
5 (1 cas), seconde synostose à 11 + 12(1 cas), 15
ax., 16 ax., 17 ax.. 18 ax., 19 ax., 21 ax. (1 cas
Tableau 3. Principaux caractè¬
res des spécimens de Saracrinus
superbus. (1) en indice : nombre
de cas ; (2) en indice : nodotaxis
le plus long; (3) ; cas les plus
fréquents.
Source : MNHN, Paris
128
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
chaque). La largeur des brachiales est de 4,5 mm
(I Br), 3,3 mm (11 Br), 2,6 mm (111 Br), 2 mm (IV
Br). Deux phases de régénération apparaissent :
la plus ancienne à partir de 111 Br 3 (3 cas), la
plus récente à partir de III Br 3 (2 cas). La
surface externe des 111 Br est très rugueuse. Les
basales sont rectangulaires, globuleuses et join¬
tives. Elles sont aussi hautes que les radiales. Ces
dernières sont deux fois plus larges que hautes.
Le pédoncule est conservé en deux morceaux
sur 50 cm de long. Son diamètre varie peu de
5.1 mm à 5,2 mm. Les nodotaxis 13 et 14 sont
les plus longs (16,4 mm). Les pores intercalaires
sont présents jusqu’au neuvième internode. Le
nombre d'internodales par nodotaxis mature (à
partir du septième) est de 12 (13 cas) ou 13 (18
cas).
Spécimen 6 : La couronne a 72,5 mm de
longueur. Son organisation est la suivante : I Br
1 + 2 (5 cas), 3 ax. (1 cas), 4 ax. (4 cas) ; II Br 3
+ 4 (9 cas), sans synostose (1 cas), 6 ax. (2 cas),
7 ax. (7 cas), 8 ax. (1 cas) ; III Br 3 + 4 (18 cas),
4 + 5 (1 cas), 11 ax. (1 cas), 13 ax. (7 cas), 15 ax.
(6 cas), 16 ax. (2 cas), 17 ax. (1 cas) ; IV Br 3 + 4
(31 cas), 5 + 6 (1 cas), 8 + 9(1 cas), 14 ax. (1
cas), 15 ax. (4 cas), 17 ax. (3 cas), 19 ax., 21 ax.,
23 ax., 25 ax., 26 ax. (1 cas chaque). La largeur
des brachiales est de 4,3 mm (I Br), 3 mm (II Br),
2.2 mm (III Br), 1,8 mm (IV Br). Trois phases de
régénération s’observent : la plus ancienne à
partir de III Br 3 (1 cas) ou IV Br 3 (8 cas),
l’intermédiaire toujours à partir de IV Br 3
(4 cas), la plus récente à partir de IV Br 3 (3 cas)
et de IV Br 8 (1 cas). Par ailleurs, une pinnule est
en cours de transformation en bras au niveau de
IV Br 14. Les basales trapézoïdales, pourvues de
légères apophyses inférieures, sont soudées entre
elles. Leur hauteur est identique à celle des
radiales. Ces dernières sont 1,5 fois plus larges
que hautes.
Le pédoncule est conservé sur 36 cm. Son
diamètre est nettement plus élevé côté proximal
(4,4 mm) que côté distal (3,8 mm). Le nodotaxis
15 est le plus long avec 16,5 mm. Les pores
intercalaires s’observent jusqu’au onzième inter¬
node. Le nombre d'internodales par nodotaxis
mature (à partir du neuvième) est de 12 (5 cas)
ou 13 (17 cas).
Spécimen 7 : La couronne a 9 cm de longueur.
Son organisation est la suivante : 1 Br 1 + 2, 4
ax. (5 cas) ; Il Br 3 + 4 (10 cas), 7 ax. (7 cas), 6
ax. (1 cas), 5 ax. (2 cas), 5 ax. (2 cas) ; III Br 3 +
4 (16 cas), 4 + 5 (2 cas), 5 + 6 (1 cas), sans
synostose (1 cas), seconde synostose à 10 + 11(1
cas), 8 ax. (1 cas), 9 ax. (2 cas), 10 ax. (1 cas), 11
ax. (10 cas), 13 ax. (4 cas) ; IV Br 3 + 4 (2 cas), 4
+ 5 (2 cas), seconde synostose à 7 + 8(1 cas) ou
11 + 12 (1 cas), troisième synostose à 20 + 21
(1 cas), 11 ax. (1 cas), 15 ax. (3 cas), 16 ax. (2
cas), 17 ax. (2 cas), 19 ax. (4 cas), 21 ax. (1 cas),
23 ax. (1 cas) ; V Br 3 + 4 (11 cas), 1 + 2 (2 cas).
La largeur des brachiales est de 4.7 mm (I Br),
3.3 mm (Il Br), 2,5 mm (III Br), 1,8 mm (IV Br).
Au niveau des III Br, la surface externe est très
rugueuse, caractère très marqué chez Pholotype
de l’espèce. Des régénérations en cours s’obser¬
vent à partir de III Br 3 (2 cas), de IV Br 3
(6 cas), de V Br 1 (2 cas), de V Br 3 (1 cas).
L'extrémité distale des bras est dépourvue de
pinnule fonctionnelle sur 22,5 mm. Les basales
trapézoïdales sont jointives et aussi hautes que
les radiales. Ces dernières sont deux fois plus
larges que hautes.
Le pédoncule est conservé sur 43 cm. Son
diamètre proximal est de 4,9 mm puis il atteint
5.4 mm pour décroître ensuite jusqu’à 4,7 mm
distalement. La section des internodes distaux est
régulièrement circulaire. Le nodotaxis 14 est le
plus long avec 18,2 mm. Les pores intercalaires,
bien que présents tout le long, ne sont bien
ouverts que jusqu’au onzième internode. Le
nombre d'internodales par nodotaxis mature (à
partir du neuvième) est de 13 (18 cas) ou 14
(8 cas).
Spécimen 8 : La couronne a 17 cm de lon¬
gueur. Son organisation est la suivante : I Br
1 + 2 (5 cas), 4 ax. (4 cas), 5 ax. (1 cas) ; II Br 2
+ 3(1 cas), 3 + 4 (9 cas), 6 ax. (1 cas), 7 ax. (5
cas), 8 ax. (2 cas), 9 ax. (2 cas) ; III Br 2 + 3(1
cas), 3 + 4 (16 cas), 4 + 5 (2 cas), 6 + 7(1 cas),
9 ax. (2 cas), 11 ax. (9 cas), 12 ax. (1 cas), 13 ax.
(6 cas), 15 ax. (2 cas) ; IV Br 2 + 3 (1 cas), 3 + 4
(26 cas), 5 + 6, 7 + 8, 9 + 10 (l cas chaque), 7
ax. (1 cas), 12 ax. (2 cas), 13 ax. (3 cas), 15 ax.
(10 cas), 16 ax. (2 cas), 17 ax. (6 cas), 19 ax. (5
cas), 21 ax. (2 cas), 23 ax. (1 cas) ; V Br 3 + 4
(21 cas), 4+5(1 cas), 17 ax. (1 cas), 19 ax. (2
cas), 21 ax. (3 cas), 23 ax. (1 cas). La largeur des
brachiales est de 5,3 mm (I Br), 4,4 mm (II Br),
3,3 mm (111 Br), 2,6 mm (IV Br). L’extrémité des
bras est dépourvue de pinnule fonctionnelle sur
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACR1NIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
5,1 cm. Localement, la surface externe des
brachiales est rugueuse. Seule une régénération
récente en cours a été observée à partir d'une 111
Br 3. Les basales sont losangiques, globuleuses et
jointives. Leur hauteur égale celle des radiales.
Ces dernières sont deux fois plus larges que
hautes.
Le pédoncule est conservé sur 36,5 cm. Son
diamètre est de 6,3 mm distalement et 6,5 mm
proximalement. Le onzième nodotaxis est le plus
long (16,7 mm). Il est le premier à posséder la
totalité de ses internodales. Le nombre d’interno-
dales par nodotaxis mature est de 10 (1 cas), 11
(3 cas) ou 12 (15 cas). Les pores intercalaires
s'observent jusqu’au treizième internode.
Spécimen 9 : La couronne est disloquée.
Néanmoins, les éléments d'organisation suivants
s’observent : I Br 1 + 2 (4 cas), 4 ax. (3 cas) ;
II Br 3 + 4 (5 cas), sans synostose (1 cas), 6 ax.
(3 cas), 7 ax. (1 cas) ; III Br 3 + 4 (8 cas), 9 ax.
(1 cas), 11 ax. (2 cas), 13 ax. (2 cas), 15 ax.
(1 cas) ; IV Br 3 + 4 (8 cas), 21 ax. (1 cas). La
largeur des brachiales est de 4 mm (1 Br), 2,6 mm
(II Br), 1,8 mm (III Br), 1,4 mm (IV Br). La sur¬
face externe des III Br est très rugueuse. Les
basales sont trapézoïdales et jointives. Les radia¬
les sont aussi hautes que les basales. Elles sont
1,5 fois plus larges que hautes.
Le pédoncule n'est conservé que sur 15 cm. Son
129
diamètre est de 3,9 mm distalement et de 4,2 mm
proximalement. Le nodotaxis 15 est le plus long
(17 mm). Les pores intercalaires s’ouvrent jus¬
qu au douzième internode. Le nombre d’interno-
dales par nodotaxis mature (à partir du neu¬
vième) est de 12 (2 cas), 13 (2 cas) ou 14 (4 cas).
Ces nodotaxis ont une section circulaire.
Caractères des articulations du pédoncule
Les caractères principaux des articulations du
pédoncule des spécimens de Musorstom 2 sont
identiques à ceux décrits antérieurement (Roux,
1981). Néanmoins, quelques variations sont à
noter pour les synostoses. Chez les plus jeunes
spécimens les sillons interradiaux sont à peine
soulignés par la différence de microstructure (pl.
IV, 9) et les zones pétaloïdes n’ont pas encore
acquis leur aspect très lancéolé. Le pourtour de
lumen secondaire reste souvent assez irrégulier
tant chez de jeunes spécimens (pl. IV, 10) que
chez des spécimens de grande taille (Roux, 1981 ;
pl. Il, 5). Parfois, son contour est mieux souligné
par le stéréome et devient plus nettement étoilé
ou subpentagonal (pl. IV, 13). Par ailleurs
certaines symplexies de spécimens de grande
taille montrent de grosses mailles au cœur du
réseau de l'areola (pl. V, 1,2) comme cela avait
été signalé chez Metacrinus musorstomae. Il
pourrait s'agir d'une convergence adaptative
Tableau 4. — Variabilité des principaux caractères du pédoncule et de la couronne de Saracrinus superbus (spécimens
Musorstom I et 2 et holotype). Nb. IN. : nombre d'internodales par nodotaxis mature ; L. Nod. : longueur maximale
d'un nodotaxis (en mm); N. pores : internode portant les derniers pores intercalaires.
Nombre
d'observations
minimale
maximale
Mode
Moyenne
Écart-type
Coefficient
de variation
I Br ax.
57
3
5
4
4
0,32
8.1
Il Br ax.
91
4
11
7
6.7
1.09
16,3
III Br ax.
137
7
19
II
11,5
2.03
17.6
IV Br ax.
168
7
33
17
17,1
3,49
20,4
V Br ax.
60
13
27
17
18.1
2,73
15,1
Nb. IN.
263
9
14
13
12.4
0,89
7,2
L. Nod.
13
16,4
22,3
4
19,5
2.14
10,9
N. pores
12
9
19
13
2,71
20,8
130
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
FiG. 4. — Organisation de la couronne chez Saracrinus superbus (spécimens Musorstom 1, 2 et holotype).
Même légende que celle de la fig. 3.
correspondant à Fexistence de puissantes fibres
collagènes nécessitées par une énergie du milieu à
la limite du seuil supérieur de rhèophilie des
Pentacrines.
Rapports f.t différences
Le tableau 4 et la figure 4 fournissent un bilan
de la variabilité des principaux caractères mor¬
phologiques externes de S. superbus. On notera
que la variabilité du nombre de brachiales par
série augmente jusqu'aux IV Br, tandis qu’elle
redevient nettement plus faible pour les V Br
(fig. 4). Nous disposons désormais, avec le
matériel de Musorstom 2, d'un lot de spécimens
présentant un large gradient de taille. Nous
soulignerons l'extrême variabilité de la morpho¬
logie externe du pédoncule au cours de la crois¬
sance passant d'un aspect gracile à section
circulaire aux columnales parfois hétérométriques
(aspect de type S. varions) à celui très robuste à
section subpentagonale et à surface bien lisse
(aspect de type 5. superbus). 11 devient de plus
en plus délicat de distinguer S. superbus de
S. nobilis , d’autant que certaines variétés de
S. nobilis comme la variété sumatranus Dôder-
lein, 1912 se différencient mieux de S. nobilis que
de S. superbus notamment par les caractères du
pédoncule (comparer la fig. 2 et Roux, 1981,
fig. 4). Il semble nécessaire pour les espèces de
Saracrinus du groupe nobilis de se poser le même
problème que pour celles du groupe angulatus :
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACR1N1DAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
131
s'agit-il d’une même espèce très variable voire
polymorphe ? Une révision détaillée permettrait
de répondre à cette question. Cela sortant du
cadre du présent travail, nous avons préféré
conserver (peut-être provisoirement) la validité
de l’espèce 5. superbus. Apparemment, S. varions
semblait se distinguer nettement de S. nobilis et
de S. superbus. Deux remarques incitent à la
prudence : d’une part, les caractères des synostoses
du pédoncule de S. superbus décrites ici devien¬
nent parfois très voisins de ceux de S. varions ;
d’autre part, S. nobilis et S. varions ont la même
distribution bathymétrique (200-900 mètres le
plus fréquemment) et ont souvent été trouvés
dans les mêmes stations.
Genre Metacrinus P. H. Carpenter, 1882
Metacrinus interruptus Carpenter, 1884
Metacrinus interruptus Carpenter, 1884 : 367.
Metacrinus interruptus : A.H. Clark. 1908 b : 528;
Gislen, 1922 : 164; Roux, 1981 ; 491.
Matériel
Musorstom 1 :
Spécimens 1-7 à 1-12 : station 35. de 13°59' N-120°
18,5' E à 14"08' N-120°16,5' E, profondeur 126 à 187 m.
Spécimen 1-13 : station 12, de 14°0,8' N-120°20,5' E
à 14'0.5'N-120° 17,2'E, profondeur entre 187 m et
210 m de profondeur.
MUSORSTOM 2 :
Spécimen 11-1 : station 2. 14°01' N-120°17,l' E à
13"59,9'N-120"17,5'E, 184 à 186 m de profondeur.
Description (Tableau 5)
Nous donnons ici une description détaillée des
spécimens 1-7 à 1-13 de la campagne Musors-
tom 1. Celle-ci n’avait pu être intégrée à un
précédent travail (Roux, 1981). La campagne
Musorstom 2 n’a recueilli qu’un seul spécimen
de M. interruptus. En revanche, celui-ci est
complet et en parfait état.
Spécimen 1-7 : La couleur du pédoncule est
vert pâle et celle de la couronne est blanche. Les
spécimens 1-7 à 1-12 ont la même coloration. Les
basales sont globuleuses et non jointives. Les
radiales sont 1,5 fois plus larges que hautes. La
couronne a 13 cm de long. L’organisation de
celle-ci est la suivante ; 1 Br 1 + 2 (5 cas), 4+5
(4 cas), sans seconde synostose (1 cas), 6 ax.
(1 cas), 7 ax. (3 cas) ; Il Br 3 + 4 (5 cas), 4+5
(2 cas), sans synostose (1 cas), deuxième synostose
à 6 + 7 (1 cas), 7 ax. (2 cas), 8 ax. (1 cas), 9 ax.
(1 cas) ; III Br 3 + 4 (7 cas), 4 + 5(1 cas), 11 ax.
(1 cas), 13 ax. (2 cas), 15 ax. (2 cas) ; IV Br 3 + 4
(7 cas). 5 + 6 (1 cas), 15 ax. (2 cas), 17 ax. (1
cas), 29 ax. (1 cas) ; V Br 3 + 4 (5 cas). La
largeur moyenne des brachiales est de 6,9 mm (I
Br), 5,2 mm (II Br), 4,2 mm (III Br), 3 mm (IV
Br). Six régénérations en cours sont observales :
3 sont très récentes et 3 autres sont plus
avancées. Elles partent de 111 Br 3 (3 cas), de IV
Br 3 (1 cas) et de V Br 3 (2 cas).
Le pédoncule est conservé sur 28 cm. Son
diamètre maximum est de 6,4 mm. Le nodotaxis
17 est le plus long (17,7 mm). Les pores interca¬
laires sont ouverts jusqu'au seizième nodotaxis.
Le nombre d'internodales par nodotaxis mature
(à partir du douzième nodotaxis) est de 9 (5 cas),
10 (8 cas) ou 11 (1 cas).
Spécimen 1-8 : Les basales sont globuleuses et
non jointives. Les radiales sont trois fois plus
larges que hautes. La plupart des bras sont
cassés au niveau des III Br. Dans la partie
conservée, la couronne montre l’organisation
suivante : I Br 1 + 2 (5 cas), 4 + 5 (4 cas), sans
seconde synostose (1 cas), 6 ax. (2 cas), 7 ax.
132
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
(3 cas) ; 11 Br 1 +2(1 cas). 2 + 3 (4 cas), 3 + 4
(3 cas), sans synostose (2 cas), 6 ax. (2 cas), 7 ax.
(3 cas) ; III Br 3 + 4 (8 cas), sans synostose
(1 cas), 8 ax. (1 cas), 13 ax. (1 cas) ; IV Br 3 + 4
(1 cas), 4 + 5 (1 cas). La largeur des brachiales
est de 6,3 mm (I Br). 5,9 mm (II Br), 4,7 mm (III
Br), 3,5 mm (IV Br). Une régénération a été
observée à partir de 11 Br 1.
Le pédoncule est conservé sur 27,5 cm. Son
diamètre maximum est de 6,5 mm. Le nodotaxis
24 est le plus long (16,8 mm). Les pores sont
visibles jusqu'au nodotaxis 17. Le nombre d'inter-
nodales par nodotaxis mature (à partir du
douzième) est de 10 (10 cas) ou 11 (8 cas).
Spécimen 1-9 : La coupe dorsale présente une
anomalie de développement. Deux basales ont
fusionné en une pièce à deux apophyses inférieures,
et une des radiales semble incorporée dans le
cercle de basales. Seulement une série complète
de primibrachiales est conservée (I Br 4 + 5, 6
ax., sans première synostose). En moyenne, la
largeur des brachiales est de 6,5 mm (I Br) et de
5 mm (II Br). Le pédoncule conservé a 33 cm de
long. Son diamètre est maximum (6,2 mm)
distalement; il est nettement plus faible en
direction de la partie proximale (5,9 mm). Les
pores intercalaires sont ouverts jusqu’au nodo¬
taxis 16. Le nodotaxis 18 est plus long (16,5 mm).
Le nombre d'internodales par nodotaxis mature
(à partir du onzième) est de 10 (10 cas) ou 11
(12 cas).
Spécimen 1-10 : Les basales sont légèrement
globuleuses et très peu jointives. Les radiales
sont 1,5 fois plus larges que hautes. Seule une
série de primibrachiales est conservée (I Br 1 +
2. 4 + 5, 7 ax.). La largeur moyenne des
brachiales est de 6 mm (I Br) et de 4,6 mm
(II Br).
Le pédoncule est conservé sur 43 cm. Son
diamètre varie de 6,1 à 6,3 mm. Le nodotaxis 31
est le plus long (18,7 mm). Les pores intercalaires
sont ouverts jusqu'au nodotaxis 15. Le nombre
d’internodales par nodotaxis mature (à partir du
onzième) est de 10 (12 cas) ou de 11 (16 cas).
Spécimen 1-11 ■ Les basales sont nettement
séparées les unes des autres. Les radiales sont au
moins deux fois plus larges que hautes. La
couronne s’est séparée au niveau de 1 Br 1. Le
pédoncule conservé a 24 cm de long. Son
N” du Spécimen
1-7
1-8
Station (1)
MI-35
Ml-35
Diamètre mm
6,4
6,S
Nombre d’internodales (2)
9 S . io", ir
10”. Il*
a
Nombre d’intemodes
26
29
z
L. nodotaxis mm (3)
17,7"
16,8 M
k
Dernier IN. avec pores
16
17
L. cinés mm
50
61
Nombre d’articles cirres
51
55
Longueur mm
.30
-
Nombre de bras
-
-
I Br ax. (2)
6\ T
6 1 , T
i
11 Br ax. (2)
7’, 8'. 9'
6’, T
O
111 Br ax. (2) (4)
11’, 13’, 15’
8', 13'
0
p Nb d’articles
17-19
19-21
Longueur mm
25-26
25-27
Nb d’articles
21
17-19
PBr i mm
12-13
14-15
Source : MNHN, Paris
ECHINODERMES : CR1NOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
133
diamètre est de 6,9 mm distalement et de 6,4 mm
proximalement. Le nodotaxis 18 est le plus long
(17,2 mm). Les pores intercalaires restent ouverts
jusqu'au nodotaxis 16. Le nombre d’internodales
par nodotaxis mature (à partir du douzième) est
de 9 (5 cas), 10 (8 cas), 11 (2 cas).
Spécimen 1-12 : La couronne s’est cassée au
niveau des primibrachiales. Le pédoncule est
conservé en deux morceaux sur 33,5 cm. Son
diamètre est de 6,4 mm distalement et de 6,2 mm
proximalement. Le nodotaxis 17 est le plus long
(16,9 mm). Les pores intercalaires sont visibles
jusqu’au nodotaxis 16. Le nombre d’intemodales
par nodotaxis mature (à partir du treizième) est
de 9 (2 cas), 10 (10 cas), 11 (8 cas).
Spécimens 1-9 à 1-12 ; bras isolés . L’organisa¬
tion des bras observés montre le bilan suivant :
I Br 1 + 2, 4 + 5 (11 cas), 6 ax. (2 cas), 7 ax.
(10 cas), 8 ax. (1 cas) ; II Br 1 +2(1 cas), 2 + 3
(3 cas), 3 + 4 (16 cas), sans synostose (1 cas), 6 ax.
(2 cas), 7 ax. (3 cas), 9 ax. (4 cas), 10 ax. (3 cas),
II ax. (12 cas), 12 ax. (4 cas), 13 ax. (1 cas) ; III
Br 3 + 4 (59 cas), 4 + 5(1 cas), 5 + 6 (2 cas) et
en seconde synostose 7 + 8 (2 cas), 8 + 9(1 cas).
14 + 15(1 cas), 9 ax. (1 cas), 10 ax. (3 cas), 11
ax. (15 cas). 12 ax. (1 cas), 13 ax. (11 cas), 14 ax.
(1 cas), 15 ax. (15 cas), 17 ax. (4 cas), 18 ax.
(1 cas), 19 ax. (1 cas), 21 ax. (1 cas) ; IV Br 3 + 4
(93 cas), 4 + 5 (2 cas) ,5 + 6 (1 cas), 7 + 8
(2 cas), 8 + 9 (2 cas) et en seconde synostose
9 + 10(1 cas), 10 + 11 (1 cas), 13+14(1 cas),
22 + 23 (1 cas), 23 + 24 (1 cas), 11 ax. (1 cas),
15 ax. (7 cas), 16 ax. (2 cas), 17 ax. (10 cas), 18 ax.
(2 cas), 19 ax. (11 cas). 20 ax. (1 cas), 21 ax. (8 cas),
22 ax. (1 cas), 23 ax. (2 cas), 25 ax. (6 cas), 28 ax.
(1 cas), 30 ax. (1 cas) ; V Br 3 + 4 (66 cas). 4 + 5
(I cas). Sept cas de régénération ont été notés.
Spécimen 1-13 : Les basales sont losangiques et
jointives. Les radiales sont 1,5 fois plus larges
que hautes. La couronne est en partie cassée. Son
organisation est la suivante : I Br 1 + 2, 4 + 5
(4 cas), 7 ax. (4 cas) ; II Br 3 + 4 (7 cas), 6 ax. (1
cas), 9 ax. (1 cas), 10 ax. (1 cas), 11 ax. (2 cas) ;
III Br 3 + 4 (9 cas), 9 ax. (1 cas), 11 ax. (2 cas),
13 ax. (4 cas), 15 ax. (2 cas) ; IV Br 3 + 4(15
cas), 4+5(1 cas), 5 + 6 (1 cas), 11 ax. (1 cas),
15 ax. (1 cas), 17 ax. (6 cas), 21 ax. (1 cas) ; V Br
3 + 4 (16 cas), 19 ax. (1 cas). Neuf cas de
régénération ont été observés.
Tableau 5. — Principaux
caractères des spécimens
de Melacrinus interruptus.
(1) MI : MUSORSTOM 1,
Mil : Musorstom 2 ; (2)
en indice : nombre de
cas ; (3) en indice : nodo¬
taxis le plus long; (4) : cas
les plus fréquents.
134
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
Seule la partie proximale du pédoncule est
conservée. Son diamètre varie de 5 mm à
6,3 mm. Il est nettement inférieur au diamètre de
base de la coupe dorsale (7 mm). Le nombre
d’internodales par nodotaxis mature est de 10
(1 cas) ou 11 (6 cas).
Spécimen II-l : C’est le spécimen le mieux
conservé et le plus complet de ceux recueillis au
cours des campagnes Musorstom. Les basales
sont losangiques, globuleuses et non jointives.
Les radiales sont deux fois plus larges que
hautes. La couronne a 18,5 cm de long. Les
troncs brachiaux partant des II Br montrent le
plus souvent une dichotomie endotome très
régulière. Leur organisation est la suivante : I Br
I + 2 (5 cas), 4 + 5 (3 cas), 3 + 4 (1 cas), sans
synostose (1 cas), 6 ax. (2 cas), 7 ax. (2 cas), 9 ax.
(1 cas) : Il Br 3 + 4 (8 cas), sans synostose (2 cas),
en seconde synostose 7 + 8(1 cas), 6 ax. (2 cas),
7 ax. (2 cas), 8 ax. (1 cas), 9 ax. (3 cas), 10 ax.
(1 cas), 11 ax. (1 cas) ; III Br 3 + 4 (15 cas), 5 +
6 (2 cas), 7 + 8 (1 cas), 8 ax. (1 cas), 9 ax. (3 cas),
II ax. (3 cas), 13 ax. (9 cas), 14 ax. (1 cas), 15 ax.
(3 cas) ; IV Br 3 + 4 (35 cas), 4 + 5 (1 cas), 5 +
6 (1 cas), en seconde synostose 6 + 7 (2 cas), 7
+ 8 (5 cas), 8 + 9, 9 + 10, 11 + 12 (1 cas
chaque), 12 + 13 (2 cas), 14 + 15 (3 cas), 16 +
17, 17 + 18, 22 + 23, 23 + 24, 24 + 25, 27 +
28 (1 cas chaque), en troisième synostose 23 +
25, 26 + 27, 28 + 29, 33 + 34, 34 + 35, 35 +
36, 43 + 44 (1 cas chaque), 13 ax. (1 cas), 14 ax.,
Fig. 5. Organisation de la couronne chez Metacrinus interruptus (spécimens Musorstom 1, 2 et holotype).
Même légende que celle de la figure 3.
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
135
Fig. 6. Organisation de la couronne chez Metacrinus interruptus (Japon, d’après les données de Gislen, 1922).
Même légende que celle de la figure 3.
J : spécimens du Japon ; P : spécimens des Philippines.
15 ax., 16 ax., 17 ax., 19 ax., (2 cas chaque),
21 ax. (1 cas), 22 ax. (3 cas), 23 ax. (1 cas) ; V Br
3 + 4 (17 cas), 4 + 5 (4 cas), 5 + 6 (1 cas), en
seconde synostose 5 + 6, 10 + 11, 11 + 12 (1
cas chaque), 15 + 16 (2 cas), 17 + 18 (1 cas), 19
+ 20 (4 cas), 22 + 23 (1 cas), en troisième
synostose 19 + 20, 23 + 24, 29 + 30, 32 + 33,
36 + 37, 37 + 38, 47 + 48 (1 cas chaque). Deux
régénérations au niveau des III Br ont été
observées. La largeur moyenne des brachiales est
de 6,6 mm (I Br), 5,6 mm (II Br), 4,5 mm (III
Br). Les pinnules restent à l’état embryonnaire
dans la partie la plus distale des bras sur 3,8 à
4 cm.
Le pédoncule est conservé sur 46 cm. Son
diamètre est de 6,5 mm distalement et de 7 mm
proximalement. Les nodotaxis 16 et 36 sont les
plus longs (16,5 mm). Les pores sont ouverts
jusqu’au nodotaxis 15. Le nombre d'internodales
par nodotaxis mature (à partir du onzième) est
de 9 (5 cas), 10 (20 cas) ou 11 (3 cas).
Rapports et différences
La population de spécimens recueillis par les
campagnes Musorstom 1 et 2 dans un secteur
qui peut être assimilé à la localité type permet un
apport fondamental à la connaissance de l’es¬
pèce. En effet, des Philippines, seul l’holotype du
Challenger avait été décrit et il s’agit d'une forme
juvénile (Roux, 1981). Le tableau 6 et la fig. 5
136
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
Tableau 6. Variabilité des principaux caractères du pédoncule et de la couronne de Meiacrinus inierrupius (spécimens
Musorstom I et 2, type). Nb. IN. : nombre d’intemodales par nodotaxis mature ; L. Nod. : longueur maximale d'un
nodotaxis (en mm) ; N. pores : intemode portant les derniers pores intercalaires.
Nombre
d’observations
Valeur
minimale
Valeur
maximale
Mode
Moyenne
Écart-type
Coefficient
de variation
1 Br ax.
59
6
9
7
6,9
0,56
8.1
II Br ax.
108
5
13
9/11
9,3
1,79
19,3
III Br ax.
176
8
21
13/15
13,6
2,37
17.5
IV Br ax.
127
11
35
17
19,5
4,28
21,9
Nb. IN.
218
9
12
10/11
10,3
0,71
6.9
L. Nod.
13
13,5
18,7
16,4
1,33
8,1
N. pores
îî
10
17
16
14,8
1,94
13,1
Tableau 7. Variabilité des principaux caractères du pédoncule et de la couronne de Meiacrinus inierrupius (spécimens du
Japon décrits par Gislen, 1922). Nb. IN. : nombre d’intemodales par nodotaxis mature.
Nombre
d’observations
Valeur
minimale
maximale
Mode
Moyenne
Écart-type
Coefficient
de variation
I Br ax.
84
5
9
7
7,01
0,50
7.1
II Br ax.
148
7
14
11
10,50
1,25
11,9
III Br ax.
240
9
26
13
15,14
3,34
22,0
IV Br ax.
43
13
28
17
17,50
3,40
19,6
Nb. IN.
275
7
15
11
11,10
1.28
8,7
Tableau 8. — Variabilité des principaux caractères du pédoncule et de la couronne de Meiacrinus rotundus (spécimens du
Japon décrits par Gislen, 1922 et Roux, 1981). Nb. IN. : nombre d'inlernodales par nodotaxis mature.
Nombre
d’observations
Valeur
minimale
Valeur
maximale
Mode
Moyenne
Écart-type
Coefficient
de variation
1 Br ax.
71
4
13
7
6,9
1,12
16,3
II Br ax.
142
2
21
11
9,5
2,39
25,1
III Br ax.
262
7
25
13/15
14,9
2,96
19,9
IV Br ax.
70
9
32
17
19,4
4,65
23,9
Nb. IN.
238
9
19
11
11,4
1,32
11,6
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
137
fournissent les précisions sur la variabilité des
principaux caractères de la morphologie externe.
Bien que la variabilité du nombre de brachiales
par série soit importante, la tendance moyenne
assure la répartition assez régulière des divisions
brachiales sur l’ensemble de la couronne. Ceci
traduit un bon niveau d'organisation de la
couronne qui, d’ailleurs, s’observe d'emblée par
la fréquence des troncs brachiaux à divisions
endotomes régulières.
Il est particulièrement intéressant de comparer
la population des Philippines avec celle recueillie
au large du Japon qui fut décrite en grand détail
par Gislen (1922). Le tableau 7 et la figure 6
indiquent une nette différence entre les deux
populations bien que les caractères généraux de
l’espèce restent les mêmes. La couronne des
spécimens du Japon paraît avoir un moins bon
niveau d’organisation bien que la variabilité du
nombre de brachiales par série soit plus faible à
l’exception du cas des 111 Br. Ceci, s’ajoutant à la
taille plus faible des spécimens du Japon (voir
Roux, 1981, fig. 5) montre qu’il existe des
variations d’origine géographique décelables par
une analyse de populations assez abondantes.
Notons que les deux populations ici en cause se
trouvent aux deux pôles de l'aire de répartition
des Metacrininae : l'une au centre (Philippines),
l’autre à la périphérie (Japon).
Les affinités entre M. interruptus et M. roturt-
dus ont été discutées par Gislen (1922), Chang
& Liao (1963) et Roux (1981). A l’aide des
descriptions de Gislen (1922) et de l'analyse des
specimens déposés au British Muséum (Roux,
1981, p. 496), nous avons tenté d'apprécier la
variabilité des principaux caractères de la mor-
Fig. 7. — Organisation de la couronne chez Metacrinus roiundus (Japon, spécimens des collections du British Muséum de
Londres décrits par Roux, 1981 et spécimens décrits par Gislen, 1922).
Même légende que celle de la figure 3, sauf pour I Br (classes de deux comme pour les autres séries de brachiales).
138
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
phologie externe des spécimens de M. rotundus
recueillis au sud du Japon (tab. 8, fig. 7). Celle-ci
est nettement plus importante que chez les autres
Metacrininae et le niveau d'organisation de la
couronne paraît rester assez faible. Un tel champ
de variabilité tend à confirmer l'opinion de
Gislen (1922) qui faisait du M. cyaneus de la
bordure sud-orientale de l’Australie décrit par
H. L. Clark (1916) une variété de M. rotundus.
En revanche, elle pose le problème de la validité
de l'espèce M. multisegmentatus recueillie avec
M. rotundus dans la mer de Chine (au SE de
Hainan) et décrite par Chang & Liao (1963). Il
pourrait s'agir d'une même espèce très variable,
voire polymorphe, à large répartition géogra¬
phique. Les populations de la mer de Chine
mériteraient d'être réanalysées dans cette optique.
Néanmoins, M. interruptus s’en distingue aisé¬
ment par l’ensemble de ses caractères bien qu’il
s’agisse de deux espèces très proches.
Metacrinus musorstomae Roux, 1981
(PI. III, 2-3 ; pl. V, 9)
Metacrinus musorstomae Roux, 1981 : 496.
Matériel
MUSORSTOM 2 :
Spécimens 1 et 2 : station 19, 14“0,5' N-120°16,5' E à
14°0.7' N-120"18.2' E. profondeur 189 m à 192 m.
Spécimens 3 et 4 : station 51. 13"59,3' N-120" 16,4' E
à 14°0,4' N-120°17,6' E. profondeur 170 m à 187 m.
Spécimens 5 à 10 : station 53, 13°59,2' N-120°18,3' E
à 14"01 ' N-120'’16,6' E. profondeur 215-216 m.
Description (Tableau 9)
Des six spécimens de la série type, seul un
exemplaire juvénile n’était pas disloqué. La cam¬
pagne Musorstom 2 a pu recueillir plusieurs
spécimens en parfait état de conservation, tous
adultes. Nous préciserons mieux ainsi les carac¬
tères de cette espèce dont la morphologie externe
est très proche de celle de Metacrinus interruptus.
Spécimen 1 Le pédoncule est blanc et les bras
sont zonés de pourpre. Les basales sont bien
jointives et hexagonales. Elles sont plus hautes
que les radiales. Ces dernières ont une largeur
deux fois supérieure à la hauteur. La longueur de
la couronne est de 17 cm. Son organisation est la
suivante : I Br 1 +2(5 cas), 4 + 5 (4 cas). 7 ax.
(5 cas) : II Br 2 + 3 (I cas), 3 + 4 (6 cas), 5 + 6
(2 cas), sans synostose (1 cas), 8 ax. (I cas), 9 ax.
(7 cas), 10 ax. (2 cas) ; III Br 3 + 4 (19 cas). 4 +
5 (1 cas), en seconde synostose 7 + 8, 8 + 9. 9
+ 10 (1 cas chaque), 11 ax. (2 cas), 13 ax. (4 cas).
14 ax. (1 cas). 15 ax. (9 cas), 16 ax. (1 cas), 19 ax.
(1 cas) ; IV Br 3 + 4 (36 cas), seconde synostose
vers 22 + 23. 15 ax. (1 cas), 17 ax. (1 cas), 18 ax.
(1 cas), 19 ax. (3 cas) ; V Br 3 + 4 (8 cas). Le
nombre de bras conservés est de 44 dont 2 cassés
au niveau III Br 3 + 4. La troisième dichotomie
étant systématique, ce spécimen a au moins 46
bras et au plus 48. Trois cas de régénération en
cours ont été observés : 2 cas à partir de III Br 3,
1 cas à partir de IV Br 3. La largeur moyenne des
brachiales est de 6,2 mm (I Br), 5 mm (Il Br). 2,9
(III Br), 2,1 mm (IV Br). Les bras se terminent
distalement par une zone de 4 cm à 4,5 cm
dépourvue de pinnules fonctionnelles.
Le pédoncule est conservé sur 44 cm. Son
diamètre est de 5,5 mm. Le nodotaxis 21 est le
plus long (18,5 mm). Les 24 nodotaxis matures
(à partir du douzième) présentent 11 interno-
dales. Les pores intercalaires s’ouvrent jusqu’au
nodotaxis 18.
Spécimen 2 : La couronne est pourpre sans
zonation. Sa couleur est foncée à la base et
nettement plus pâle (presque rosée) vers l’extré¬
mité distale. La longueur de la couronne est de
17,2 cm. Son organisation est la suivante : I Br 1
+ 2, 4 + 5 (5 cas), 7 ax. (4 cas), 8 ax. (1 cas) ; II
Br 3 + 4 (9 cas), 6+7(1 cas), 7 ax. (2 cas), 8 ax.
(1 cas), 9 ax. (6 cas) ; III Br 3 + 4 (20 cas), 11 ax.
(2 cas), 12 ax. (1 cas), 13 ax. (5 cas), 15 ax.
(5 cas), 17 ax. (2 cas) ; IV Br 3 + 4 (27 cas), 5 +
6 (1 cas). 17 ax. (4 cas), 19 ax. (4 cas), 21 ax.
(3 cas), 23 ax. (1 cas), 25 ax. (1 cas) ; V Br 3 + 4
F-CHINODERMES : CRINOÏDES PENTACR1N1DAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
139
(20 cas), 5 + 6 (2 cas), 6 + 7(1 cas). Un total de
48 bras conservés dont 4 cassés à 111 Br 3 + 4
permet d’estimer que ce spécimen possédait au
moins 52 bras et au plus 58 compte tenu de
4 cassures à IV Br 3 + 4 et d'une fréquence
observée d’environ 50 % de quatrième dichotomie.
Huit régénérations en cours ont été notées : 2 cas
à partir de II Br 3, 4 cas à partir de 111 Br 3 et
2 cas à partir de IV Br 4. La largeur moyenne des
brachiales est de 6 mm (I Br), 4,5 mm (II Br),
3,3 mm (III Br) et 2,4 mm (IV Br). Les pinnules
sont absentes ou embryonnaires sur 3,4 cm à
l'extrémité des bras. Les basales sont globuleuses
et soudées entre elles. Les radiales sont trois fois
plus larges que hautes.
Le pédoncule est conservé sur 41 cm. Son
diamètre proximal (6,2 mm) est supérieur à son
diamètre distal (6 mm). Le nodotaxis 19 est le
plus long (18,8 mm). Les pores intercalaires sont
visibles jusqu’à l’internode 15. Le nombre d’inter-
nodales par nodotaxis mature (à partir du
dixième) est de 9 (4 cas), 10(15 cas), 11 (9 cas).
Spécimen 3 : La couronne, longue de 16,5 mm
est zonée de bandes pourpres. Les basales sont
bien développées, de forme trapézoïdale, join¬
tives. Elles sont nettement plus hautes que les
radiales. Ces dernières sont trois fois plus larges
que hautes. L’organisation des bras est la sui¬
vante : I Br 1 + 2 (5 cas), 4 + 5 (4 cas), sans
seconde synostose (1 cas), 5 ax. (1 cas), 7 ax.
(4 cas) ; II Br 1 +2(1 cas). 3 + 4 (8 cas), sans
synostose (1 cas), 7 ax. (5 cas), 8 ax. (3 cas), 9 ax.
(2 cas) : III Br 3 + 4 (15 cas), 4 + 5(1 cas), 5 +
6 (1 cas), sans synostose (3 cas), avec une
seconde synostose 7 + 8, 9 + 10. 11 + 12(1 cas
chaque), 10 ax. (1 cas), 11 ax. (I cas), 12 ax. (2
cas), 13 ax. (8 cas), 14 ax. (1 cas), 15 ax. (4 cas),
16 ax. (1 cas) ; IV Br 3 + 4 (36 cas), 4 + 5 (2
cas), seconde synostose 25 + 26, 26 + 27, 29 +
30, 31 + 32 (I cas chaque), 13 ax. (1 cas), 15 ax.
(4 cas), 17 ax. (6 cas), 19 ax. (3 cas), 21 ax. (2
cas), 23 ax. (1 cas), 32 ax. (1 cas) ; V Br 3 + 4
(34 cas), seconde synostose 16 + 17, 21 + 22, 22
+ 23. 24 + 25, 27 + 28 (1 cas chaque). Ce
spécimen possède 59 bras. Deux phases de
régénération en cours s’observent. La première
est la plus récente; elle part de II Br 3 (1 cas),
III Br 5 (1 cas), IV Br 3 (2 cas), V Br partie
distale (2 cas). La seconde est nettement plus
ancienne ; elle part de II Br 2 (1 cas), II Br 3
(4 cas), III Br 3 (7 cas). La largeur moyenne des
brachiales est de 6,5 mm (I Br), 5,5 mm (II Br).
3 mm (III Br), 2,3 mm (IV Br).
Le pédoncule est conservé sur 37 cm. Son dia¬
mètre est de 5,7 mm tant distalement que proxi-
malement. Le nodotaxis le plus long (18,4 mm)
est le dix-septième. Les pores intercalaires s'ou¬
vrent jusqu'au nodotaxis 15. Le nombre d’interno-
dales par nodotaxis mature (à partir du dixième)
est de 9 (5 cas), 10 (8 cas), 11 (3 cas). L'ornemen¬
tation des faces latérales des columnales est très
discrète voire absente.
Spécimen 4 : La couronne et le pédoncule sont
blancs. La couronne a 19 cm de long. C'est le
plus gros spécimen de l'espèce actuellement
connu. Les basales bien développées et jointives
sont aussi hautes que les radiales. Ces dernières
sont deux fois plus larges que hautes. L’organisa¬
tion des bras est la suivante : I Br 1 + 2, 4 + 5,
7 ax. (4 cas), 1 + 2, 5 + 6, 7 ax. (1 cas) ; Il Br 2
+ 3 (3 cas). 3 + 4 (7 cas), 8 ax. (I cas). 9 ax. (2
cas), 11 ax. (7 cas); III Br 3 + 4 (20 cas),
seconde synostose 6 + 7, 7 + 8, 8 + 9, 10 + 11,
13 + 14, 15 + 16, 18 + 19(1 cas chaque), 17 +
18, 19 + 20 (2 cas chaque), 11 ax. (1 cas), 13 ax.
(2 cas), 14 ax. (2 cas), 15 ax. (2 cas), 16 ax. (4
cas), 18 ax. (1 cas), 20 ax. (1 cas), 22 ax. (4 cas),
24 ax. (1 cas) ; IV Br 2 + 3 (1 cas), 3 + 4 (32
cas), 4 + 5(1 cas), seconde synostose 6 + 7, 7
+ 8, 9 + 10, 11 + 12, 14 + 15 (1 cas chaque),
15 ax. (1 cas), 17 ax. (1 cas), 18 ax. (1 cas), 19 ax.
(2 cas), 20 ax. (1 cas), 22 ax. (1 cas) ; V Br 3 + 4
(10 cas). La largeur moyenne des brachiales est
de 7,6 mm (1 Br). 4,5 mm (II Br). 2,8 mm (III
Br), 2,5 mm (IV Br). Seul un cas de régénération
à partir de IV Br 3 s'observe. Sur une longueur
de 4,2 cm l'extrémité distale des bras est dépour¬
vue de pinnules fonctionnelles. Le nombre de
bras est supérieur aux 46 observables ; il pourrait
atteindre 50.
Le pédoncule est conservé sur 23 cm. Son
diamètre est de 6,8 mm. Le nodotaxis 20 est le
plus long (14,4 mm). Les pores sont ouverts
jusqu’au nodotaxis 19. Le nombre d’internodales
par nodotaxis mature (à partir du quatorzième)
est de 9 (5 cas), 10 (8 cas) et 11 (1 cas).
Spécimen 5 : Ce spécimen et les suivants ont
leur couronne partiellement ou presque totale¬
ment disloquée. Les basales sont sublosangiques
et jointives. Les radiales sont deux fois plus
larges que hautes. La longueur de la couronne
140
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
est d’environ 15 cm. Les bras conservés montrent
l'organisation suivante : I Br 1 + 2, 4 + 5 (5
cas), avec une troisième synostose à 7 + 8 (1
cas), 7 ax. (4 cas), 9 ax. (1 cas) ; II Br 2 -b 3 (1
cas), 3 + 4 (8 cas), 5 + 6(1 cas), 7 ax. (1 cas), 8
ax. (2 cas), 9 ax. (1 cas), 11 ax. (1 cas) ; III Br 3
+ 4 (10 cas), 9 ax. (1 cas), 11 ax. (3 cas), 13 ax.
(2 cas), 14 ax., 15 ax., 17 ax., 19 ax. (1 cas
chaque) ; IV Br 3 + 4 (20 cas), seconde synos¬
tose 11 + 12, 13 + 14, 14 + 15 (1 cas chaque),
13 ax. (1 cas), 15 ax. (2 cas), 16 ax. (2 cas), 17 ax.
(3 cas), 20 ax., 23 ax., 27 ax., 36 ax. (1 cas
chaque) ; V Br 3 + 4 (22 cas), 4 + 5 (1 cas). La
largeur moyenne des brachiales est de 6,4 mm (I
Br), 5,5 mm (II Br), 3,4 mm (III Br), 2,3 mm (IV
Br). Une zone de plus de 3,3 cm sans pinnule
fonctionnelle marque l'extrémité distale des bras.
Le pédoncule est conservé sur 29 cm. Son
diamètre varie de 6,3 mm à 6,5 mm. Le nodo-
taxis 19 est le plus long (16,9 mm). Les pores
intercalaires s’ouvrent jusqu’au nodotaxis 16. Le
nombre d’intemodales par nodotaxis mature (à
partir du treizième) est de 10 (6 cas), 11(11 cas),
12 (1 cas). L'ornementation des faces latérales
des columnales bien qu’irrégulière est assez proche
de celle de M. interruptus.
Spécimen 6 : Aucun bras n’est complet. L’orga¬
nisation observale de la couronne est la suivante :
I Br 1 + 2, 4 + 5, 7 ax. (3 cas) ; II Br 2 + 3 (2
cas), 3 + 4 (3 cas), 4 + 5 (1 cas), 6 ax. (1 cas), 7
ax. (2 cas) ; III Br 3 + 4 (6 cas), 13 ax. (2 cas) ;
IV Br 3 + 4 (3 cas). La largeur moyenne des
brachiales est de 6,5 mm (I Br), 4,9 mm (II Br),
3,2 mm (III Br), 2,5 mm (IV Br). Dans trois cas,
une régénération récente s’observe à partir de III
Br 3. Les basales sont globuleuses et non
jointives. Les radiales sont 1,5 fois plus larges
que hautes.
Le pédoncule n’est conservé que sur 7,5 cm.
Son diamètre est de 5,9 mm. Le dernier nodo¬
taxis visible (le 14) possède encore les pores
intercalaires et sa longueur est de 12,7 mm. Les
quatre nodotaxis matures présentent soit 9 inter-
nodales (3 cas), soit 11 (1 cas).
Spécimen 7 ; Seule la partie du pédoncule la
plus proximale aux nodotaxis immatures est
conservée. Son diamètre est de 5,7 mm. Les
basales montrent une surface très corrodée. Elles
sont pointues et non jointives. Les radiales sont
deux fois plus larges que hautes. Ce qui est
conservé de la partie proximale de la couronne
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
141
montre l’organisation suivante : I Br 1 + 2, 4 +
5 (3 cas), avec une troisième synostose à 5 + 6(1
cas), 7 ax. (2 cas), 8 ax. (1 cas) ; II Br 3 + 4 (5
cas), 4+5(1 cas), seconde synostose 6 + 7 (2
cas), 9 ax., 10 ax. (1 cas chaque) ; III Br 3 + 4 (2
cas), 11 ax., 13 ax. (1 cas chaque). Une régénéra¬
tion récente à partir d'une 11 Br 3 s’observe.
Spécimen 8 : Les basales sont en forme de
cœur renversé. Elles ne sont pas jointives. Les
radiales sont deux fois plus larges que hautes.
Seules les séries de primibrachiales sont con¬
servées : I Br 1 + 2, 4 + 5 (5 cas), 7 ax. (1 cas).
Le pédoncule est cassé au bout de 21 cm. Son
diamètre (5,4 mm) est le même distalement et
proximalement. Le nodotaxis 14 est le plus long :
16 mm. C’est à son niveau que les pores inter¬
calaires se ferment. Le nombre d’internodales
par nodotaxis mature (à partir du onzième) est
de 9 (3 cas), 10 (7 cas) ou 11 (2 cas).
Spécimen 9 : Seule la base de la couronne est
conservée : I Br I + 2, 4 + 5 (4 cas), 7 ax.
(2 cas). Le pédoncule sur 27 cm de long voit son
diamètre varier de 6,1 mm à 6,3 mm. Les pores
intercalaires sont toujours présents. Le nodotaxis
16 est le plus long : 18,3 mm. Le nombre
d’internodales par nodotaxis mature (à partir du
quatorzième) est de 10 (5 cas), 11 (8 cas) ou 12
(1 cas).
Spécimen 10 : Les basales sont globuleuses,
losangiques et non jointives. Les radiales sont 1,5
fois plus larges que hautes. La couronne est
cassée au niveau des séries de primibrachiales.
Seule la partie la plus proximale du pédoncule
est conservée sur 6,5 cm. Son diamètre est de
6,1 mm. Trois nodotaxis possèdent toutes leurs
internodales : 10 (1 cas), 11 (2 cas).
Lot de bras provenant des spécimens 7 à 10 :
1 Br 1 + 2, 4 + 5 (20 cas), 5 + 6(1 cas), 6 ax. (1
cas), 7 ax. (9 cas), 8 ax. (1 cas) ; II Br 2 + 3 (5
cas), 3 + 4 (14 cas), 4 + 5 et 5 + 6 (1 cas
chaque), seconde synostose 6 + 7 (4 cas). 7 + 8
(2 cas), 7 ax., 8 ax. (1 cas chaque), 9 ax. (9 cas).
10 ax. (3 cas), 11 ax., 12 ax. (1 cas chaque), 13
ax. (4 cas) ; III Br. 2 + 3 (2 cas), 3 + 4 (44 cas),
4 + 5, 5 + 6 (1 cas chaque), seconde synostose 5
+ 6(1 cas), 6 + 7 (4 cas), 10 + 11 et 11 + 12(1
cas chaque), troisième synostose 9 + 10(1 cas),
9 ax. (1 cas), 11 ax. (10 cas), 12 ax. (1 cas), 13 ax.
142
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
(10 cas), 14 ax. (6 cas), 15 ax. (8 cas), 16 ax. (1
cas), 17 ax. (2 cas), 18 ax., 19 ax., 30 ax. (I cas
chaque) : IV Br 2 + 3 (2 cas), 3 + 4 (79 cas), 5
+ 6 (2 cas), 8 + 9 (1 cas), seconde synostose 6
+ 7, 7 + 8, 8 + 9, 9 + 10 (1 cas chaque), 10 +
11 et 11 + 12 (2 cas chaque), 14+ 15(1 cas), 15
+ 16 (2 cas), 19 + 20 (2 cas), 21 + 22, 23 + 24,
24 + 25, 29 + 30 (1 cas chaque) 13 ax. (1 cas),
14 ax. (1 cas), 15 ax. (7 cas), 16 ax. (3 cas), 17 ax.
(6 cas). 18 ax. (4 cas). 19 ax. (5 cas). 20 ax., 21
ax.. 23 ax. (1 cas chaque), 24 ax. (2 cas), 25 ax..
27 ax., 30 ax., 32 ax., 33 ax., 34 ax. (1 cas
chaque) : V Br 3 + 4 (39 cas), 4 + 5 et 5 + 6
(1 cas chaque), seconde synostose 14 + 15, 16 +
17, 17 + 18(1 cas chaque), 16 ax. (2 cas), 24 ax.
(I cas), 28 ax. (1 cas): VI Br 3 + 4 (8 cas).
Rapports et différences
L'ensemble de spécimens des campagnes Mus-
orstom 1 et 2 offre un large gradient de taille.
11 permet de mieux cerner la variabilité des
caractères principaux de la morphologie externe
(tableau 10). Les différences avec M. interruptus
apparaissent plus clairement, bien qu'elles restent
faibles. Pour la couronne, la variabilité du
nombre de brachiales par séries est nettement
plus élevée chez M. musorstomae tandis que
modes et moyennes sont presque identiques.
Cette différence est clairement exprimée par les
polygones de fréquences illustrant le niveau
d'organisation de la couronne (comparer les
fig. 5 et 8) ; elle est particulièrement nette pour
les IV Br. Pour le pédoncule, si le nombre moyen
d'internodales par nodotaxis s'avère identique,
en revanche, il se confirme des valeurs plus
élevées chez M. musorstomae de la longueur de la
zone des pores intercalaires et de celle des plus
grands nodotaxis.
La campagne Musorstom 2 a confirmé l'asso¬
ciation M. musorstomae!S. superbus dans cer¬
taines stations et l’absence de M. interruptus
dans les stations à S. superbus. Comme cela a
été suggéré (Roux, 1981) M. musorstomae et
S. superbus pourraient avoir un seuil supérieur de
rhéophilie plus élevé. La présence de mailles
larges au sein de l'areola des symplexies du
pédoncule chez ces deux espèces traduisant l'exis¬
tence de puissantes fibres collagènes paraxiales
confirme aussi cette interprétation. Les diffé¬
rences morphologiques entre M. interruptus et
M. musorstomae serait-elles alors purement d'ordre
écophénotypique ?
Une comparaison de l'organisation de la cou¬
ronne et de sa variabilité (voir notamment les fig.
5, 6 et 8) montre que M. musorstomae apparaît
comme intermédiaire entre les M. interruptus du
Japon et ceux des Philippines ; il serait même
presque plus proche des spécimens du Japon.
Deux solutions peuvent être envisagées. La pre¬
mière consiste à considérer la population du
Tableau 10. — Variabilité des principaux caractères du pédoncule et de la couronne de Metacrinus musorstomae (spécimens
Musorstom 1 et 2). Nb. IN. : nombre d'internodales par nodotaxis mature; L. Nod. : longueur maximale d'un
nodotaxis (en mm); N. pores : internode portant les derniers pores intercalaires.
Nombre
d'observations
Valeur
minimale
Valeur
maximale
Mode
Moyenne
Écart-type
Cœfficienl
de variation
1 Br ax.
62
5
9
7
7
0.51
7,3
Il Br ax.
95
6
15
9/11
9,6
1.87
19,5
III Br ax.
173
9
30
13/15
14,8
2,96
20
IV Br ax.
104
13
36
17
19,2
4.86
25.3
Nb. IN.
190
8
12
II
10.3
0.83
8.1
L. Nod.
12
14.4
18.8
17,5
1.50
8.6
N. pores
10
14
19
16.3
1.55
9,5
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACR1NIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
143
Japon comme appartenant à l'espèce M. musors-
tomae. La seconde admet que l'ensemble appar¬
tient à une seule espèce polymorphe. Pour
résoudre ce problème, une étude détaillée des
articulations des bras et du pédoncule des spéci¬
mens du Japon serait indispensable.
Fig. 8. — Organisation de la couronne chez Metacrinus musorstomae (spécimens Musorstom 1 et 2).
Même légende que celle de la figure 3.
Metacrinus nodosus Carpenter, 1884
(PI. V, 3-8)
Metacrinus nodosus Carpenter. 1884 : 364.
Metacrinus nodosus : A. H. Clark. 1908 b : 529 : Mac
Knight, 1973 : 204.
Matériel
Musorstom 2 :
1 spécimen, station 81, 13°36.4' N-121°31,8' E à
13°33.9' N-120°30,6' E. profondeur entre 856 et 884 m.
Description
Le seul spécimen recueilli est dépourvu de sa
couronne. Il ne comporte que 21 cm de pédon¬
cule avec la coupe dorsale et le cercle de 1 Br 1.
Les basales sont nettement moins hautes que les
radiales. Elles présentent un aspect légèrement
globuleux et sont tout juste jointives. Les radiales
sont 1,5 fois plus larges que hautes. Le diamètre
144
JEAN-PAUL BOURSEAU
MICHEL ROUX
du pédoncule mesure 5,3 mm sous la coupe
dorsale et 4,6 mm plus distalement. Les pores
intercalaires sont ouverts jusqu'au nodotaxis 18.
Ce dernier est le plus long (16,4 mm). Le nombre
d’internodales par nodotaxis mature (à partir du
onzième) est de 8 (3 cas), 9 (9 cas), 10(1 cas). Les
faces latérales des columnales sont lisses, la seule
ornementation consistant en légers tubercules à
l'emplacement des pores intercalaires. Les cirres
ont une longueur maximum de 58,7 mm pour 52
ou 53 articles.
Caractères des articulations du pédoncule
Les symplexies sont tout a fait classiques du
genre Metacrinus avec un crenularium interne et
un périlumen bien individualisés (pl. V, 5-7). Les
synostoses possèdent des zones pétaloïdes piri-
formes séparée par des sillons interradiaires nets
et s’élargissant vers l’extérieur (pl. V. 4). Les
crénaux ne restent observables que sur la bor¬
dure externe de la facette où ils ont une forme de
trapèze aussi large que haut. La limite externe de
chaque aire pétaloïde de l’areola est soulignée
par 21 à 26 grosses mailles, visibles aussi sur la
symplexie. Le canal axial est comblé par un
réseau à mailles larges, anguleuses, fréquemment
triangulaires. Le lumen secondaire est subpenta¬
gonal à circulaire avec un contour qui reste
toujours irrégulier (Pl. V, 3).
Rapports et différences
Nous avons examiné les caractères des articu¬
lations du pédoncule du syntype le plus âgé de
l’espèce. Ils sont en tous points identiques à ceux
du spécimen de Musorstom 2 et les synostoses se
distinguent clairement de celles des autres espèces
de Metacrinus.
Deux exemplaires du Challenger , conservés au
British Muséum (n° 85-3-30-14), constituent la
série type de l’espèce et sont les seuls connus à ce
jour avec l'exemplaire de Musorstom 2. Le
premier est un spécimen juvénile. La composi¬
tion de sa couronne est : I Br 1 + 2 (4 cas), 4 +
5 (3 cas), 5 ax. (2 cas), 6 ax. et 7 ax. (1 cas) ; Il Br
3 + 4 (8 cas), 9 ax. (4 cas) ; III Br 3 + 4 (1 cas).
Le nombre d'internodales par nodotaxis mature
est : 7 (1 cas), 8 (7 cas), 9 (2 cas) et 11 (1 cas).
Le second est un spécimen plus âgé et plus
complet que nous désignons ici comme lectotype
de l’espèce. L’organisation de sa couronne est :
1 Br I + 2 (5 cas), 4 + 5 (5 cas), 7 ax. (4 cas),
8 ax. (1 cas) ; II Br 2 + 3 (3 cas), 3 + 4 (5 cas),
7 ax. (1 cas), 9 ax. (1 cas), 11 ax. (1 cas), 15 ax.
(1 cas) ; III Br 3 + 4 (8 cas), seconde synostose à
10 + 11(1 cas) et 23 + 24 (1 cas), 9 ax. (1 cas),
12 ax. (1 cas), 15 ax. (2 cas), 17 ax., 22 ax. et
26 ax. (1 cas chaque) ; IV Br 3 + 4 (6 cas), 5 + 6
(2 cas), seconde synostose à 10 + 11 ( 1 cas), 11
+ 12 (1 cas), 16 + 17 (2 cas), 19 ax. (1 cas), 20 ax.
(2 cas), 22 ax. (2 cas). Le nombre d'internodales
par nodotaxis mature est : 8 (5 cas), 9(11 cas), 10
(2 cas).
II s’agit d’une des espèces de Metacrinus
vivant à une tranche de profondeur importante
(856 m à 1 152 m). Bien que le nombre d’exem¬
plaires connus soit très réduit, il semble néan¬
moins que les caractères de sa morphologie
externe soit aussi variable, ou plus, que ceux de
M. wyvillii. De nouvelles récoltes seront indis¬
pensables pour préciser cette variabilité.
Metacrinus serrât us Dôderlein, 1907
(Pl. VII, 5)
Metacrinus serratus Dôderlein, 1907 : 37.
Saracrinus serratus : A. H. Clark, 1923 : 10.
Metacrinus serratus : A. H. Clark, 1908 b : 529;
Roux, 1981 : 500.
Matériel
Musorstom 2 :
Spécimens 1 et 2, station 78, 13°49,1' N-120°28' E à
13 u 49,8'N-120°30,3'E, profondeur 441 m à 550 m.
Spécimens 3 à 13. station 15, 13°55,I' N-120°28,4' E
à 13°54,9' N-120°29,3' E, profondeur 326 m à 330 m.
Description (Tableaux 11, 12)
Ces treize nouveaux spécimens confirment les
caractères généraux de l’espèce sur lesquels nous
ne reviendrons pas. Ils permettent de mieux
appréhender leur champ de variabilité.
ECHINODERMES : CRINOÏDES PF.NTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
145
Spécimen 1 : La coupe dorsale comprend des
basales juste jointives possédant une apophyse
inférieure très pointue et des radiales deux fois
plus hautes que larges.
L’organisation des bras est la suivante : I Br 1
+ 2, 4 + 5, 7 ax. (5 cas) : II Br 3 + 4 (8 cas), 4
+ 5(1 cas), 7 ax. (7 cas), 8 ax. (1 cas) ; III Br 2
+ 3 (1 cas), 3 + 4 (14 cas), 5 + 8(1 cas), 10 +
11(1 cas), 11 ax. (4 cas), 13 ax. (3 cas), 15 ax. (6
cas), 16 ax. (1 cas) ; IV Br 3 + 4 (24 cas), 6 + 7
(1 cas), 11 + 12(1 cas), 12 + 13(1 cas). 14 + 15
(1 cas), 15 ax. (5 cas), 17 ax. (5 cas), 19 ax. (1
cas) ; V Br 2 + 3 ( 1 cas), 3 + 4(18 cas), 12+13
(1 cas), 13 + 14 (1 cas). La hauteur de la
couronne est de 10,5 cm. La largeur moyenne des
brachiales est de 4,4 mm (I Br), 4 mm (II Br),
3,1 mm (III Br), 2,2 mm (IV Br). Les pinnules
restent à l'état embryonnaire sur les 2,5 cm à
3 cm de l’extrémité distale des bras.
Le pédoncule est conservé sur une longueur de
15,5 cm. Le diamètre distal est de 5 mm et le
diamètre proximal de 5,2 mm. Les derniers pores
intercalaires s'observent sur le treizième nodotaxis
qui est aussi le plus long (10,5 mm). Le nombre
total d'internodales est atteint au dixième nodo¬
taxis. Il varie peu : 7 (9 cas), 8 (3 cas), 9 (1 cas).
Spécimen 2 : La couronne est autotomisée au
niveau de l’articulation I Br 1 +2. Seuls deux
troncs brachiaux sont clairement attribuables à
ce spécimen. Leur organisation est : I Br I + 2,
4 + 5, 6 ax. (2 cas) ; Il Br 3 + 4 (4 cas), 6 ax.
(1 cas), 7 ax. (3 cas) ; III Br 2 + 3 (1 cas), 3 + 4
(7 cas), 11 ax. (5 cas), 13 ax. (1 cas) ; IV Br 3 + 4
(8 cas), 4 + 5(1 cas), 5 + 6 (3 cas), 8 + 9(1 cas),
13 + 14(1 cas), 13 ax. (3 cas), 17 ax. (2 cas), 19 ax.
(3 cas), 23 ax. (1 cas), 24 ax. (1 cas) ; V Br 3 + 4
(15 cas), 4 + 5 (3 cas), 5 + 6 (1 cas), 6 + 7
(1 cas), 17 + 18(1 cas), 19 + 20 (1 cas), 25 + 26
(1 cas). La largeur moyenne des brachiales est de
5 mm (I Br), 4,3 mm (II Br), 3,5 mm (III Br),
2,8 mm (IV Br). Les basales ont des apophyses
inférieures pointues et sont largement jointives.
Leur hauteur est nettement supérieure à celle des
radiales. Ces dernières sont deux fois plus larges
que hautes.
La partie moyenne du pédoncule présente le
diamètre maximum (6,3 mm). C'est dans la partie
distale que se trouve le nodotaxis le plus long
(9,4 mm). Les pores intercalaires disparaissent à
partir du douzième nodotaxis. Le nombre d'inter¬
nodales par nodotaxis mature est généralement
de 7 (15 cas) sauf dans deux cas (6) dont un vers
l'extrémité distale du pédoncule. Les faces laté¬
rales des columnales ne présentent qu’une orne¬
mentation très discrète (très légère carène).
Spécimen 3 : La coupe dorsale comporte des
basales bien jointives dont la hauteur est égale à
celle des radiales. Les radiales sont deux fois plus
larges que hautes. La couronne, haute de 13 cm,
est complète. L’organisation des bras est la
suivante : 1 Br I + 2, 4 + 5, 7 ax. (5 cas) : 11 Br
3 + 4(10 cas), 6 ax. (2 cas), 7 ax. (8 cas) ; III Br
3 + 4(18 cas). 4 + 5(1 cas), 5 + 6(1 cas), 8 ax.
(1 cas), 9 ax. (6 cas), 10 ax. (3 cas), 11 ax. (3 cas),
13 ax. (4 cas), 14 ax. (1 cas), 15 ax. (1 cas) ; IV Br
3 + 4 (31 cas), 4 + 5 (1 cas), 14 ax. (1 cas), 15 ax.
(2 cas), 16 ax. (1 cas), 17 ax. (8 cas), 19 ax. (8 cas),
20 ax. ( 1 cas), 21 ax. (6 cas), 23 ax. ( 1 cas). 24 ax.
(1 cas), 25 ax. (2 cas) ; V Br 2 + 3(1 cas), 3 + 4
(47 cas), 5 + 6 (1 cas). La largeur moyenne des
brachiales est de 4.7 mm (I Br), 3.8 mm (Il Br),
2,9 mm (111 Br), 2,5 mm (IV Br). Comme pour
tous les autres spécimens, l’extrémité des bras sur
2,5 cm à 3 cm ne comporte que des pinnules très
embryonnaires. Dans les 5 cas, la série des I Br
montre encore la trace d'une régénération des
bras à partir de 1 Br 4. Deux cas de régénération
plus récente à partir de II Br 3 ont été notés.
Le pédoncule comporte 58 nodotaxis en deux
morceaux (cassure au niveau du nodotaxis 11 ).
Son diamètre proximal est de 6,1 mm ; il s’accroît
jusqu'au nodotaxis 15 (6,3 mm) et redevient plus
faible distalement (6,2 mm). Les pores interca¬
laires sont ouverts jusqu'au nodotaxis 14. Le
nodotaxis 24 est le plus long : 9,5 mm. Le
nombre total d’internodales par nodotaxis est
atteint au dixième nodotaxis. Il est pour plus des
deux tiers des cas de 7 (33 cas) et de 6 dans 15
cas répartis tout au long du pédoncule. La
carène des faces latérales des columnales est
discontinue et granuleuse.
Spécimen 4 : La couronne n’est conservée en
partie que sur deux troncs brachiaux dont l’un
est cassé au niveau des 11 Br 3 et l'autre au
niveau de I Br 4 [I Br 1 + 2, 4 + 5 (2 cas), 7 ax.
(1 cas)]. La largeur moyenne des I Br est de 5,1
mm et celle des II Br de 3,9 mm. Les basales sont
losangiques. non jointives et à apophyse infé¬
rieure très pointue. Les radiales sont 1,5 fois plus
larges que hautes.
Le pédoncule est conservé sur 28 cm et
146
JEAN-PAUL BOURSEAU
MICHEL ROUX
présente des pores intercalaires ouverts tout le
long. Son diamètre est de 6 mm proximalement
et devient légèrement plus réduit (5,9 mm)
ensuite. La longueur du nodotaxis est maximum
pour les dix-septième et dix-huitième (8,6 mm).
Le nombre d'internodales par nodotaxis mature
(à partir du douzième nodotaxis) est de 6 dans
10 cas et de 7 dans 25 cas.
Spécimen 5 : Il est réduit au pédoncule, à la
coupe dorsale et au cercle de I Br 1. Les basales
ne sont pas jointives et présentent de longues
apophyses inférieures pointues. Les radiales sont
1,5 fois plus larges que hautes. Le pédoncule est
conservé sur 32 cm. Son diamètre est maximum
(6.2 mm) aux extrémités distale et proximale. Le
nodotaxis 21 est le plus long (10 mm). Les pores
intercalaires sont ouverts jusqu'au nodotaxis 15.
Le nombre d'internodales par nodotaxis mature
(à partir du douzième) est de 6 (1 cas) ou 7
(31 cas).
Spécimen 6 : La conservation est la même
que pour le spécimen 5. La longueur conservée
du pédoncule est de 25 cm. Le diamètre dis¬
tal (6,3 mm) est inférieur au diamètre proxi¬
mal (6.5 mm). Les pores intercalaires sont visi¬
bles jusqu’au nodotaxis 13. Plusieurs nodotaxis
atteignent une longueur de 8.9 mm. A partir du
dixième nodotaxis, le nombre d’internodales est
de 6 ou de 7 (13 cas chaque).
Spécimen 7 : Même conservation. Les basales
non jointives présentent des apophyses inférieures
pointues. Les radiales sont aussi hautes que
larges. Le pédoncule est conservé sur 26 cm. Son
diamètre est légèrement plus faible distalemenl
(5,8 mm) que proximalement (5,9 mm). Le nodc-
laxis 16 est le plus long : 10,4 mm. Les derniers
pores intercalaires sont visibles au niveau du
treizième nodotaxis. Le nombre d’internodales
par nodotaxis mature (à partir du onzième) est
de 7 dans 15 cas et de 8 dans 9 cas.
Spécimen 8 : Même conservation. Les basales
sont globuleuses et jointives. Les radiales sont
1.5 fois plus larges que hautes. Le pédoncule est
conservé sur 21 cm. Son diamètre maximum est
de 5,8 mm. Le nodotaxis 22 est le plus long
(9,9 mm). Les pores intercalaires sont visibles
jusqu'au nodotaxis 14. Le nombre d’internodales
par nodotaxis mature (à partir du douzième) est
de 7 (7 cas), 8 (14 cas) ou 9 (1 cas); 6 cas à
7 internodales sont localisés dans la moitié
proximale du pédoncule.
Spécimen 9 : Même conservation. Seuls 12 cm
de pédoncule sont conservés. Le diamètre maxi¬
mum est de 6,2 mm. Les pores intercalaires sont
ouverts jusqu'au nodotaxis 13. Le nodotaxis 17
est le plus long : 9,3 mm. Le nombre d'interno¬
dales par nodotaxis mature (à partir du onzième)
est de 6 ou 7 (6 cas chaque).
Spécimen 10 : Même conservation. Les basales
sont globuleuses tout en gardant des apophyses
inférieures jointives. Les radiales sont 1.5 fois
plus larges que hautes. Seuls 10,5 cm du pédon¬
cule sont conservés. Le diamètre maximum est
de 5.9 mm. Le nodotaxis 18 est le plus long
(9.9 mm). Les pores sont visibles jusqu'au nodo¬
taxis 15. Le nombre d'internodales par nodotaxis
mature (à partir du douzième) est toujours de 7
(9 cas).
Spécimen 11 : Il s'agit d'un fragment de
pédoncule de 23 cm de long et de 6,2 mm de
diamètre maximum. Le nombre d'internodales
par nodotaxis est toujours de 7 (26 cas).
ECH1NODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2) 147
Tableau 12. Principaux caractères de la couronne des spécimens de Metacrinus serrants (campagne Musorstom 2).
(1) en indice : nombre de cas; (2) : cas les plus fréquents.
N" DU SPÉCIMEN
1
2
3
13
Station
78
78
15
15
Longueur mm
105
100
130
Nombre de bras
± 46
?
± 70
1 Br ax. (1)
T
6 :
T
6', 8'
II Br ax. (1)
T. 8'
6'. T
6 : , 7*
4'. 5 : . ?'
111 Br ax. (1) (2)
11 4 , 13'. 15" 16'
11 5 . 13'
9‘, 10', II'. I3 4 . 15'
9'. II 4 . I3 4 , 14'
p Nb d'articles
13-15
15-17
15-16
Longueur mm
16-18
17-20
17-19
() Nb d'articles
13-15
12-14
14-15
Longueur mm
1+16
11-13
9-11
Spécimen 12 : Nous avons regroupé là quatre
fragments de pédoncules dont le diamètre est de
5,8 mm à 5,9 mm. Le nombre d'internodales par
nodotaxis est de 7 (18 cas) ou de 8 (2 cas).
Spécimen 13 : Il s’agit d'un lot de bras isolés
pouvant appartenir aux spécimens précédents.
Les informations sur l’organisation des bras
observés sont les suivantes : I Br 6 ax. (I cas),
7 ax. (2 cas), 8 ax. (3 cas) ; Il Br 3 + 4 (7 cas),
sans synostose ( 1 cas), 4 ax. (1 cas), 5 ax. (2 cas),
7 ax. (3 cas) ; III Br 3 + 4 (17 cas), 4 + 5(1 cas),
5 + 6(1 cas), 9 ax. (3 cas). 10 ax. (1 cas), 11 ax.
(4 cas), 12 ax. (1 cas), 13 ax. (4 cas), 14 ax.
(1 cas), sans synostose (3 cas) ; IV Br 3 + 4 (23
cas), 4 + 5(1 cas), 5 + 6 (1 cas), 6 + 7 (1 cas).
16 ax. (2 cas), 17 ax. (3 cas), 18 ax. (1 cas), 19 ax.
(6 cas) 21 ax. (2 cas), 22 ax. (1 cas), 23 ax. (2 cas).
27 ax. (1 cas). Trois cas de régénération sont en
voie d’achèvement à partir de II Br 3, III Br 4 et
IV Br 5.
Rapports et différences
La population des spécimens recueillis par
Musorstom 1 et 2 nous a permis d’apprécier la
variabilité des caractères principaux de la mor¬
phologie externe de l’espèce (tabl. 13, fig. 9).
Cette variabilité est dans l'ensemble faible. M.
serraïus se distingue de toutes les autres espèces
de Metacrinus par son nombre de II Br souvent
Tableau 11. — Principaux caractères du
pédoncule des spécimens de Metacrinus
serratus (campagne Musorstom 2).
(1) en indice : nombre de cas; (2) en
indice : nodotaxis le plus long mesuré.
148
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
Tabieau 13 — Variabilité des principaux caractères du pédoncule et de la couronne de Melacnnus serrants (spccimens
Musorstom 1 et 2. série type). Nb. IN. : nombre d'inlemodales par nodotaxis mature : L. Nod. : longueur maximale
d'un nodotaxis (en mm) ; N. porcs : internode portant les derniers pores intercalaires.
Nombre
d'observations
Valeur
minimale
Valeur
maximale
Mode
Moyenne
Écart-type
Coefficient
de variation
I Br ax.
26
6
8
7
6.9
0.55
7.9
Il Br ax.
40
4
8
7
6.5
0.89
13.7
III Br ax.
70
8
17
11
11.5
2.07
17.9
IV Br ax.
105
13
27
17/19
18.6
3.15
16.9
Nb. IN.
383
6
9
7
6.9
0,47
6.8
L. Nod.
12
8.2
10.5
9.4
0.69
7,3
N. pores
11
8
15
12.4
1.83
14,7
Fig. 9. Organisation de la couronne chez Meiacrinus serratus (spécimens Musorstom 1 et 2 et série type).
Même légende que celle de la figure 3.
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
149
égal, voire inférieur, à celui des I Br. La moyenne
de 7 II Br devient identique à celle des espèces du
genre Saracrinus.
Parmi les Pentacrines que nous avons examinées,
M. serratus paraît celle dont les caractères sont
les plus constants, dont Paire de répartition (Mer
de Sulu, Philippines) et la profondeur des bio¬
topes (326 à 550 mètres) sont bien délimitées et
réduites. Il s’agit à l’évidence d'une espèce
sténotypique. L’espèce qui s’en rapproche le plus
est M. costatus dont les deux spécimens de la
série type ont été recueillis par le Challenger au
sud des Philippines par 925 mètres de fond.
Ceux-ci ont été redécrits récemment (Roux,
1981) ; on retrouve le caractère II Br 7 ax. chez le
paratype, mais c'est II Br 9 ax. qui domine chez
Phototype. Il faudrait découvrir de nouveaux
spécimens de M. costatus pour mieux cerner cette
espèce qui vit à une profondeur nettement plus
grande que M. serratus.
Metacrinus wyvillii Carpenter, 1884
(PI. VII, 3-4, 6-7; pl. VIII, 1, 4-6, 8, 12)
Metacrinus wyvillii Carpenter, 1884 : 358.
Metacrinus moseleyi Carpenter, 1884 : 355.
Metacrinus wyvillii : A. H. Clark, 1909 : 410; Mac
Knight, 1973 : 202.
Metacrinus wyvillei (émendation injustifiée du nom
spécifique) ; Roux, 1977 : 45; Roux, 1981 : 503.
Matériel
Corindon 2, détroit de Makassar :
Spécimens 1 à 9 : station 290, 2°37.6' S-l 18° 10.9' E,
profondeur entre 779 m et 798 m.
Description (Tableau 14)
Metacrinus wyvillii est l’espèce type du genre
Metacrinus. C’est la première fois que l’on
dispose de 9 spécimens de tailles différentes
provenant d’une même station. Ils vont donc
permettre de fournir un complément appréciable
à la description de l’espèce.
Spécimen 1 : La couronne a 11 cm de long.
Son organisation est la suivante : I Br 1 + 2, 4
+ 5 (5 cas), troisième synostose à 6 + 7(1 cas),
7 ax. (4 cas), 8 ax. (1 cas) ; II Br 3 + 4 (10 cas),
seconde synostose à 6 + 7 (1 cas) et 5 + 6 (1
cas), 9 ax. (8 cas), 10 ax. (2 cas) ; III Br 3 + 4 (20
cas), seconde synosnose à 11 + 12, 12 + 13, 13
+ 14 (2 cas chaque), 14 + 15 (3 cas), 15 + 16(1
cas), 11 ax. (1 cas), 13 ax. (4 cas), 15 ax. (I cas),
16 ax. (4 cas). 17 ax. (1 cas), 18 ax. (1 cas), 20 ax.
(2 cas), 22 ax. (1 cas) ; IV Br 3 + 4 (26 cas), 5 +
6 (1 cas), seconde synostose à6 + 7, 7 + 8,9 +
10 (1 cas chaque), 10 + 11 (3 cas). 11 + 12 (3
cas), 13 + 14 (2 cas), 14 + 15, 17 + 18,24 + 25
(1 cas chaque), troisième synostose à 12 + 13, 18
+ 19, 19 + 20, 23 + 24, 26 + 27 (1 cas chaque).
13 ax. (1 cas), 14 ax. (2 cas), 15 ax.. 17 ax.. 25
ax., 27 ax. (I cas chaque) ; V Br 3 + 4 (8 cas), 4
+ 5 (2 cas), 5 + 6 (3 cas), 7 + 8(1 cas), seconde
synostose à 14 + 15 (1 cas), 18 + 19 (3 cas), 19
+ 20 (2 cas), 18 ax., 26 ax., 28 ax. (1 cas
chaque) ; VI Br 4 + 5 (2 cas). La largueur
moyenne des brachiales est de 5 mm (I Br), 4 mm
(II Br), 3,1 mm (III Br), 2,5 mm (IV Br). Une
seule régénération a été notée à partir de IV Br 3.
La zone sans pinnule fonctionnelle à l’extrémité
distale des bras ne dépasse guère 2,3 cm. Les
basales sont trapézoïdales, bien jointives, avec
une petite apophyse inférieure. Leur hauteur est
égale à celle des radiales. Ces dernières sont deux
fois plus larges que hautes.
Le pédoncule est conservé sur 38 cm. Son
diamètre est maximum proximalement (6,1 mm),
puis il diminue progressivement : 5,9 mm au
milieu, 5,7 mm distalement. Les nodotaxis 9 et
52, les plus longs, atteignent 8,8 mm. Les pores
intercalaires sont ouverts jusqu’au dixième nodo¬
taxis. Le nombre d’internodales par nodotaxis
mature (à partir du huitième) est de 5 (I cas),
6 (6 cas), 7 (34 cas), 8 (4 cas).
Spécimen 2 : La longueur de la couronne est
de 9,5 cm. Son organisation est la suivante : I Br
1 + 2 (5 cas). 4 + 5 (4 cas), 5 ax. (1 cas), 7 ax.
(4 cas) ; II Br 3 + 4 (9 cas), 7 ax. (3 cas), 9 ax.
Source : MNHN, Paris
150
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
(5 cas), 11 ax. (1 cas); III Br 3 + 4 (12 cas),
4 + 5 (1 cas), 5 + 6 (3 cas), 6 + 7 (1 cas),
seconde synostose à 8 + 9(1 cas), sans synostose
(1 cas), 10 ax. (1 cas), 11 ax. (4 cas), 13 ax.
(4 cas), 14 ax. (2 cas), 15 ax. (3 cas), 17 ax.
(3 cas), 18 ax. (1 cas) ; IV Br 3 + 4 (25 cas). 2 +
3. 4 + 5 (1 cas chaque), 5 + 6 (3 cas), 6+7
(3 cas), 7 + 8. 10 + 11 (1 cas chaque), seconde
synostose à 7 + 8, 11 + 12, 16 + 17, 17 + 18,
18 + 19, 23 + 24 (1 cas chaque), troisième
synostose à 12 + 13 (1 cas), 17 ax. (1 cas), 19 ax.
(3 cas), 21 ax. (1 cas), 23 ax. (2 cas), 25 ax.
( 1 cas) ; V Br 2 + 3 ( 1 cas), 3 + 4(4 cas), 4
+ 5(1 cas), 5 + 6 (2 cas). La largeur moyenne
des brachiales est de ; 6 mm (I Br), 4,4 mm (II
Br), 3 mm (111 Br), 2,4 mm (IV Br). Sur environ
2,4 cm l'extrémité distale des bras est dépourvue
de pinnule fonctionnelle. Un ensemble de bras
est en cours de régénération à partir de II Br 3,
trois autres à partir de III Br 3 et un tronc
brachial entier à partir de I Br 4. Le nombre de
bras est d'environ 45. Les basales sont jointives,
subrectangulaires avec une petite apophyse infé¬
rieure. Les radiales sont moins hautes que les
basales. Leur largeur est 2,5 fois supérieure à leur
hauteur.
Le pédoncule est conservé en deux morceaux
d’une longueur totale de 38 cm. Son diamètre est
plus élevé distalement (5,8 mm) que sur le reste
(5,6 mm). Le nodotaxis 23 est le plus long avec
8.7 mm. Les pores intercalaires sont ouverts
jusqu'au neuvième internode. Le nombre d'inter-
nodales par nodotaxis mature (à partir du
huitième) est de 5 (1 cas), 6 (21 cas), 7 (23 cas),
8 (2 cas).
Spécimen 3 : La couronne a 8,9 cm de long.
Son organisation est la suivante : I Br 1 +2
(5 cas), 4 + 5 (4 cas), sans seconde synostose
(1 cas), 5 ax. (1 cas), 6 ax. (1 cas), 7 ax. (3 cas) ;
II Br 3 + 4 (9 cas), 7 ax. (2 cas), 9 ax. (5 cas) ; III
Br 3 + 4(16 cas), seconde synostose 6 + 7, 9 +
10 (1 cas chaque), troisième synostose 8 + 9
(1 cas), 11 ax. (2 cas), 13 ax. (3 cas), 14 ax.
(2 cas), 15 ax., 16 ax., 17 ax. (1 cas chaque),
18 ax. (2 cas), 19 ax. (1 cas) ; IV Br 2 + 3 (1 cas),
3 + 4 (22 cas), 4 + 5(1 cas), seconde synostose
à 9 + 10 (2 cas), 12 + 13 (1 cas), 13 + 14
(5 cas), 14 + 15, 15 + 16(1 cas chaque). 16 +
17 (2 cas), 17 + 18 (3 cas), 18 + 19 (1 cas),
troisième synostose 18 + 19 (1 cas), 12 ax.,
18 ax.. 20 ax., 22 ax. (1 cas chaque) ; V Br 3 + 4
(7 cas). 4 + 5 (1 cas). La largeur moyenne des
brachiales est de 6 mm (I Br), 4,4 mm (II Br),
N" DU Spécimen
1
2
3
4
S
1
£
Diamètre mm
5,7-6.1
S.6-5.8
6.6
5-5.5
S.2-5,6
Nombre d'intemodales (1)
5‘. 6”. 7“. 8'
5 1 . 6 ; '. 7-, 8 :
6 J , 7"
6'. 7 :l . 8’. 9'
6>. 7*
Nombre d'internodes
52
56
25
37
40
L. nodotaxis mm (2)
8.8’
8,7-'
9.9"’
IF
9 ,:
Dernier IN. avec pores
10
9
9
8
L. cirres mm
46
40
44
47
38
Nombre d'articles cirres
49-51
43
47-49
52-54
45-47
Couronne
Longueur mm
110
95
89
85
Nombre de bras
E 43
- 45
+ 37
+ 36
I Br ax. (1)
r. s 1
5', 7*
5', 6', T
7'
r
Il Br ax. (1)
9*. I0 !
7‘. 9 S , U 1
T-. 9’
6'. 7\ 9 ;
-
III Br ax. (1) (3)
11 1 . 13‘. 16*. 20-’. 22’
Nb d'articles
13-15
13-15
16-18
14-15
Longueur mm
18
18
19
18
-
P Q Nb d'articles
17-19
16-18
15-17
15-17
Longueur mm
13
11
10
II
-
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
151
3.1 mm (111 Br). 2,6 mm (IV Br). L'extrémité
distale des bras est dépourvue de pinnule fonc¬
tionnelle sur 1,8 cm. Les basales subrectangu¬
laires et jointives sont très développées. Les
radiales sont trois fois moins hautes. Leur lar¬
geur est cinq fois supérieure à leur hauteur.
Le pédoncule est conservé sur 18 cm. Son dia¬
mètre est de 6,6 mm tant distalement que proxi-
malement. Les pores intercalaires sont visibles
tout le long. Le dixième nodotaxis est le plus
long (9.9 mm). Le nombre d'internodales par
nodotaxis mature (à partir du huitième) est de
6 (5 cas) et de 7 (13 cas).
Spécimen 4 : La longueur des bras est de
8.5 cm. La couronne très disloquée permet
d’observer l'organisation suivante : I Br 1 +2
(5 cas), 4 + 5 (4 cas), 7 ax. (3 cas) ; 11 Br 2 + 3
(1 cas), 3 + 4 (5 cas), 6 ax. (1 cas), 7 ax. (2 cas),
9 ax. (2 cas): III Br 3 + 4 (10 cas), seconde
synostose à 14 + 15 (2 cas), 13 ax. (3 cas), 14 ax.
(I cas), 15 ax. (2 cas), 16 ax. (2 cas) ; IV Br 3 + 4
( 12 cas), 4+5(1 cas), seconde synostose à 11 +
12 (1 cas), 12 + 13 (3 cas). 13+14(1 cas), 19 +
20 (1 cas), troisième synostose à 20 + 21 (1 cas),
22 + 23 (2 cas), quatrième synostose à 29 + 30
(1 cas), 16 ax., 27 ax., 29 ax. (1 cas chaque);
V Br 3 + 4 (5 cas), 4+5(1 cas), seconde
synostose à 19 + 20 (1 cas), 25 ax. (1 cas) ; VI Br
4 + 5, 5 + 6 ( 1 cas chaque). La largeur moyenne
des brachiales est de 5,1 mm (1 Br), 3,6 mm
(II Br), 2,8 mm (III Br), 2 mm (IV Br). Les
basales sont rectangulaires avec de légères apo¬
physes inférieures. Leur hauteur est supérieure
ou égale à celle des radiales. Ces dernières sont
deux fois plus larges que hautes.
Le pédoncule est conservé sur 31 cm. Son dia¬
mètre proximal (5,5 mm) est nettement supérieur
à son diamètre distal (5 mm). Le nodotaxis 23 est
le plus long (II mm). Les pores intercalaires sont
ouverts jusqu'au neuvième internode. Le nombre
d'internodales par nodotaxis mature (à partir du
huitième) est de 6 (1 cas), 7 (21 cas), 8 (7 cas),
9 (1 cas). Les faces latérales des columnales
présentent une légère carène, mieux marquée
distalement.
Spécimen 5 : La couronne est disloquée au-
delà des séries de primibrachiales dont quatre
d’entre elles sont complètes avec la même organi¬
sation : I Br 1 + 2, 4 + 5, 7 ax. Deux cas de
synostose à II Br 3 + 4 s’observent. La largeur
Tableau 14. — Principaux caractères des spécimens de
Metacrinus wyvillii (campagne Corindon 2). (1) en indice
: nombre de cas ; (2) en indice : nodotaxis le plus long ;
(3) : cas les plus fréquents.
152
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
des brachiales conservées est : 4,5 mm (I Br) et
3,4 mm (II Br). La coupe dorsale est très
comparable à celle des spécimens décrits pré¬
cédemment.
Le pédoncule a 34 cm de long. Son diamètre
est de 5,2 mm distalement et de 5,6 mm proxima-
lement. Le douzième nodotaxis est le plus long
(9 mm). Les pores intercalaires sont ouverts
jusqu'au huitième internode. Le nombre d’inter-
nodales par nodotaxis mature (à partir du
septième) et de 6 (5 cas) ou de 7 (32 cas).
Spécimen 6 : La couronne est cassée dans
quatre cas au niveau des primibrachiales. Le seul
cas de tronc conservé jusqu'à I Br 4 ax. montre
une anomalie (I Br 2 très déformée) probable¬
ment due à une ancienne régénération. L’organi¬
sation de la partie proximale de la couronne est :
I Br 1 + 2 (5 cas), 4 + 5 (4 cas), sans seconde
synostose (1 cas), 4 ax. (1 cas) ; Il Br 3 + 4
(2 cas). La largeur des primibrachiales est en
moyenne de 4,2 mm. Les basales sont deux fois
plus hautes que les radiales et de forme hexago¬
nale.
Le pédoncule est conservé sur 24 cm. Son
diamètre est de 5,5 mm distalement et de 5,6 mm
proximalement.. Le nodotaxis 15 est le plus long
(9 mm). Le huitième nodotaxis porte les derniers
pores intercalaires. Il est le premier nodotaxis
mature. A partir de ce dernier, le nombre,
d’internodales est de 7 (22 cas) ou de 8 (4 cas).
Spécimen 7 : La couronne n’a que 4 cm de
long. Elle est entièrement en cours de régéné¬
ration à partir du cercle de basales et comporte
34 bras. L'organisation n’est observable que sur
les trois premières séries brachiales : I Br 1 +2,
4 + 5, 7 ax. (5 cas) ; II Br 3 + 4 (10 cas), 9 ax.
(3 cas), 11 ax. (7 cas) ; III Br 3 + 4 (18 cas), 4 +
5 (2 cas), seconde'synostose à 12 + 13 et 13 +
14 (1 cas chaque), 13 ax. (5 cas), 15 ax. (3 cas),
17 ax. (2 cas), 21 ax., 22 ax., 23 ax., 25 ax. (1 cas
chaque).
Le pédoncule a 25 cm de long. Il présente une
morphologie apparemment aberrante résultant
d’une phase de croissance rapide en cours,
parallèlement à la régénération de la couronne.
Nous détaillerons ce phénomène plus loin et
nous nous limiterons ici aux caractères princi¬
paux. Le diamètre distal est très supérieur
(5,4 mm) au diamètre proximal (3,5 mm). A
partir du nodotaxis 11, les pores intercalaires
s’estompent et une forte hétérométrie du dia¬
mètre des columnales se maintient jusqu'au
nodotaxis 14. Le huitième nodotaxis montre, le
premier, un nombre normal d’internodales (6).
Ensuite, ce nombre varie avec une amplitude
exceptionnelle : 3 (7 cas), 4 (1 cas), 5 (10 cas), 6
(10 cas), 7 (3 cas), 8 (1 cas). A l’évidence, même
dans la partie distale du pédoncule, tous les
nodotaxis n’ont pas encore atteint le nombre
d'internodales définitif.
Spécimen 8 : C’est un spécimen très jeune. La
couronne a 28 mm de long. Elle est en cours
de régénération avec deux phases observables.
La plus ancienne s’est développée à partir du
cercle de basales comme pour le spécimen 7. La
croissance du cercle de radiales n'a pas encore
rattrapé celle du cercle de basales. La plus
récente s’observe à plusieurs niveaux : à partir de
I Br 1 (2 cas), de II Br 3 (2 cas), de II Br 7 ax.
ou II Br 9 ax. (1 cas chaque sur le même tronc
brachial). Seul un tronc brachial n’est pas affecté
par une seconde phase de régénération. Il montre
une largeur moyenne des brachiales de 2,3 mm
(I Br), 1,6 mm (II Br) et 1,1 mm (III Br). L’orga¬
nisation de la couronne est observable sur les
trois premières séries de brachiales : I Br 1 +2
(5 cas), 4 + 5 (3 cas), sans seconde synostose
(2 cas, les cas de régénération à partir de I Br 1 ),
5 ax. (2 cas), 6 ax. (1 cas), 7 ax. (2 cas) ; Il Br 2
+ 3(1 cas), 3 + 4 (5 cas), sans synostose (1 cas),
7 ax. (2 cas), 9 ax. (3 cas) ; III Br 3 + 4 (4 cas),
13 ax. (2 cas).
Le pédoncule a 11,5 cm de long. Son diamètre
est nettement plus faible distalement (1,8 mm)
que proximalement (2,3 mm). Les pores interca¬
laires sont présents tout le long. Le nodotaxis 10
est le plus long (7,8 mm). Le nombre total
d’internodales est acquis à partir du sixième
nodotaxis. Il est alors de 7 (10 cas), 8 (6 cas), 9
(1 cas).
Spécimen 9 : Nous avons regroupé là tous les
fragments de pédoncule ou les bras isolés dont
certains pourraient appartenir aux spécimens
décrits précédemment et notamment aux spéci¬
mens 5 et 6. Les éléments d’organisation des bras
observés sont les suivants : II Br 3 + 4 (8 cas),
9 ax. (6 cas) ; III Br 3 + 4 (16 cas), 6 + 7(1 cas),
seconde synostose 11 + 12 (2 cas), 14 + 15 (1
cas), 15 + 16(1 cas), 9 ax. (1 cas), 11 ax. (3 cas),
13 ax. (5 cas), 15 ax. (4 cas), 16 ax. (2 cas), 17
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
153
ax., 18 ax. (1 cas chaque) ; IV Br 3 + 4 (29 cas),
5 + 6 (2 cas), 6 + 7, 9 + 10, 11 + 12, 13 + 14
(1 cas chaque); seconde synostose 14 + 15,
15 + 16(1 cas chaque), 16 + 17 (2 cas), 19 + 20
(1 cas), troisième synostose 22 + 23 et 24 + 25
(1 cas chaque), 17 ax., 19 ax., 21 ax. (1 cas
chaque), 23 ax. (2 cas), 30 ax. (1 cas) ; V Br 3 +
4. 4 + 5, 5 + 6, 7 + 8 (1 cas chaque).
Les quatre fragments de pédoncule ont les
caractères principaux suivants : fragments A,
1 nodotaxis de 7 internodales et de 4,4 mm de
diamètre ; fragment B avec 2 nodotaxis de
7 internodales chacun et de 6,3 mm de diamètre ;
fragment C de 14 nodotaxis avec 6(10 cas) ou 7
(4 cas) internodales et un diamètre de 5,8 mm ;
fragment D dont le diamètre varie de 4,9 mm à
5,6 mm et dont le nombre d'internodales par
nodotaxis est de 6 (1 cas), 7 (22 cas) ou 8 (1 cas).
Caractères des articulations du pédoncule et de la
couronne
Les articulations du pédoncule de M. wyvillii
on été décrites dans un précédent travail (Roux,
1977). Les spécimens de Corindon 2 ne pré¬
sentent pas de caractères particuliers.
Les articulations des bras n’avaient pas encore
été examinées en microscopie électronique à
balayage. Les synarthries (pl. VIII, 4) sont
parfois peu allongées. La différence de surface
entre les aires musculaires et ligamentaires est
faible. Sur les facettes distales une large gouttière
de butée borde faire ligamentaire externe (pl. VIII,
4, 8). Les synostoses sont largement ponctuées
par un réseau syzygial qui souligne parfois des
anneaux de croissance (pl. VIII, 1, 5). Le canal
axial est subrectangulaire à nettement rectangu¬
laire. Le périlumen et le sillon axial sont sou¬
lignés par un réseau synostosal à mailles plus
larges. Les axillaires montrent fréquemment une
dissymétrie assez marquée, notamment par la
disposition des crêtes fulcrales (pl. VIII, 12).
Croissance rapide du pédoncule
Le spécimen 7 présente sous sa couronne bra¬
chiale en voie de régénération au-dessus du cercle
des basales (diamètre = 6,1 mm) un pédoncule
où l'on peut distinguer trois secteurs (fig. 10) :
— le secteur proximal (longueur = 3,0 mm)
correspond à la zone des pores intercalaires
(longueur = 14 mm avec sa succession classique
de nodotaxis au nombre croissant d’internodales)
et à trois entrenœuds pratiquement complets (5 à
6 internodales). Le diamètre du pédoncule de
cette zone n'excède pas 3,5 millimètres sous la
coupe dorsale ; son caractère gracile l'oppose au
diamètre de la base du calice et à celui de la
partie distale du pédoncule ;
— te secteur intermédiaire se compose d’un
seul nodotaxis de 6 millimètres de longueur. Sa
particularité réside dans la très forte hétéromé-
trie des trois ordres d’internodales le constituant.
Le diamètre moyen est de 4,2 millimètres ;
— la partie distale du pédoncule comprend
28 nodotaxis dont le diamètre est nettement
supérieur à ce qui a été vu précédemment. Celui-
ci varie de 4.6 millimètres proximalement à
5,6 millimètres distalement. Comme cela a été
souligné dans la partie systématique, ce secteur
distal du pédoncule montre une forte variabilité
du nombre de columnales au sein des nodotaxis
et ces derniers n’ont pas tous atteints le nombre
d'internodales définitif pour cette espèce (6 à 8).
Comme pour le spécimen de Saracrinus angu-
latus étudié précédemment, la régénération de la
couronne brachiale au-dessus du cercle des basa¬
les a induit une phase de croissance rapide de
l'extrémité proximale du pédoncule. L’allonge¬
ment de ce dernier doit avoir pour finalité la
sortie rapide des bras d’une zone défavorable au
niveau de laquelle ils ont subi de graves lésions.
Les modalités de croissance sont vraisembla¬
blement comparables de celles perçues sur Sara¬
crinus angulatus. Toutefois l'allure de la partie
jeune du pédoncule est différente dans la mesure
où on n’observe pas de secteur intermédiaire
développé, aussi bien typé (nodales et internoda¬
les d’ordre I de grand diamètre et internodales de
petite taille générées par la phase de croissance).
La régénération des bras a activé surtout la
partie apicale de la zone des pores intercalaires ;
il est probable que le secteur proximal de celle-ci
(zone où apparaissent alternativement nodales et
internodales d’ordre I) a également participé à
cette phase de croissance rapide. Toutefois les
columnales appartenant aux deux phases de
développement distinctes ont acquis des diamètres
comparables et l’hétérométrie qui caractérise ce
secteur chez Saracrinus angulatus n’est plus per¬
ceptible sur l’individu de cette espèce. La partie
distale de la zone des pores intercalaires en place
avant la lésion de la couronne subsiste sous la
forme du nodotaxis constituant l’actuel secteur
JEAN-PAUL BOURSEAU
MICHEL ROUX
Fig. 10. — Modalité de la croissance de Metacrinus wyvillii (Corindon 2, st. 290, spécimen n° 7).
A — partie proximale du pédoncule où s’observe la cinquième phase de croissance (V) liée à la régénération en cours
des bras. Z.P.I. = zone des pores intercalaires ;
B variation du nombre d’internodales des nodotaxis du pédoncule. Cinq phases de croissance peuvent être
observées sur le pédoncule (I-V) ;
S.N.P. = succession des nodotaxis du pédoncule.
Nb. IN. = nombre des intemodales du nodotaxis.
C — évolution de l’épaisseur du pédoncule.
D = diamètre exprimé en millimètres.
f——'l'd'Z—|
ECH1NODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
155
intermédiaire. Cette réponse dissemblable tient
sans doute à la configuration différente de la
zone des pores intercalaires de Metacrinus wyvil -
lii : courte, son pôle proximal est toujours
nettement plus développé que son pôle distal.
La partie plus distale du pédoncule révèle
quant à elle que la croissance de cet individu ne
s'est jamais faite de façon régulière.
Elle s’est effectuée par saccades avec des
alternances de phases de développement séparées
par des périodes de ralentissement de la crois¬
sance. Ces dernières pourraient correspondre
aux nodotaxis à trois internodales. Le graphe
retraçant la variation le long du pédoncule du
nombre d’internodales des nodotaxis montre que
cinq épisodes de croissance paraissent avoir
présidé à l’élaboration de la tige de cet individu.
Le dernier est imputable à la régénération de la
couronne brachiale au-dessus du cercle des basa¬
les. L’hétérométrie de diamètre qui paraît caract¬
ériser les segments successifs résultant de chacun
des stades de croissance ne s'observe pas sur les
quatre premiers (partie distale du pédoncule) ; il
est probable qu’elle s’atténue pendant les pério¬
des de ralentissement, la croissance du pédoncule
se faisant plutôt en épaisseur qu’en hauteur.
Les phases de croissance rapide observées sur
ce spécimen pourraient être consécutives soit à
des régénérations de la couronne soit à des
autotomies du pédoncule et à des réancrages sur
le substrat.
Rapports et différences
Les principaux caractères de la morphologie
externe de l’espèce ont une variabilité relative¬
ment élevée sauf pour les II Br (tab. 15). La
répartition des divisions brachiales est assez
irrégulière (fig. 11 ). Cette variabilité élevée chez
M. wyvillii s'oppose à celle, très faible, de
M. serrants. En dehors de cette dernière les
autres espèces proches de M. wyvillii (M. costa¬
tus, M. nodosus. M. zonatus) ne sont connues
que par un nombre de spécimens très réduit. De
nouvelles récoltes seraient nécessaires pour mieux
apprécier ce qui les distingue en dehors des
carctères des articulations du pédoncule.
M. wyvillii a une large répartition vers le Sud.
Il a été signalé au large de la Nouvelle Zélande
(Mac Knight, 1973).
Tableau 15. Variabilité des principaux caractères du pédoncule et de la couronne de Metacrimis wyvillii (spécimens
Corindon 2 et série type). Nb. IN. : nombre d'internodales par nodotaxis mature ; L. Nod. : longueur maximale d'un
nodotaxis (en mm) ; N. pores : intemode portant les derniers pores intercalaires.
Nombre
d'observations
Valeur
minimale
Valeur
maximale
Mode
Moyenne
Écart-type
Coefficient
de variation
1 Br ax.
42
4
8
7
6.7
0.79
11.8
II Br ax.
69
6
II
9
9.3
1.26
13.5
III Br ax.
117
9
26
13
15.6
3.47
22.3
IV Br ax.
29
12
30
20.1
4.80
23.7
Nb. IN.
344
3
9
7
6.8
0.88
13.0
L. Nod.
s
7.8
11
9.1
0.88
9.7
N. potes
6
8
ii
9.2
1,07
11.6
156
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
Même légende que celle de la figure 3.
Metacrinus aff. wyvillii Carpenter, 1884
(PI. VI, 5-7; pl. VII, 1, 2; pl. VIII, 2, 3, 7, 9, 11)
Matériel
Corindon 2, (Détroit de Makassar)
Station 214, 0°31,4' N-117 o 50,l' E, profondeur 595 m,
un seul exemplaire.
Description
La couronne s’est désolidarisée de la coupe
dorsale. Les bras ont environ 8,5 cm de lon¬
gueur. Leur organisation est la suivante : I Br 1
+ 2, 4 + 5, 6 ax. (1 cas observé, 2 cas probables
si les troncs brachiaux concernés se sont séparés
au niveau 1 Br 4 + 5) ; 11 Br 3 + 4 (8 cas), 7 ax.
(4 cas), 8 ax. (1 cas), 9 ax. (2 cas) ; III Br 1 + 2
(1 cas), 3 + 4 (13 cas), 11 ax. (2 cas), 13 ax. (5
cas), 15 ax. (5 cas), 17 ax. (2 cas) ; IV Br 3 + 4
(22 cas), 4 + 5 (1 cas), 5 + 6 (4 cas), 9 + 10(1
cas), seconde synostose à 13 + 14 (2 cas), 14 +
15 (4 cas), 15 + 16, 16 + 17, 17 + 18 (1 cas
chaque), 18 + 19 (3 cas), 19 + 20, 20 + 21, 21
+ 22, 22 + 23, 23 + 24, 28 + 29 (1 cas
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
157
chaque), troisième synostose à 25 + 26, 26 + 27
(1 cas chaque), 27 + 28 (2 cas), 28 + 29, 29 +
30 (1 cas), 31 + 32 (4 cas), 34 + 35 (2 cas), 15
ax., 17 ax., 18 ax. (1 cas chaque) ; V Br 3 + 4
(2 cas), seconde synostose à 12 + 13 et 18+ 19
(1 cas chaque). L’extrémité distale des bras est
dépourvue de pinnule fonctionnelle sur environ
2 cm. Les pinnules des primibrachiales atteignent
9 mm pour 15 à 16 articles. Les autres pinnules
ont une longueur en moyenne de 16 mm pour 16
à 17 articles. Les basales sont d’aspect trapézoï¬
dal, jointives et pourvues de légères apophyses
inférieures. Les radiales et la plupart des pre¬
mières primibrachiales manquent.
Le pédoncule est conservé sur 24,5 cm. Son
diamètre mesure 5,2 mm proximalement et 4,7 mm
distalement. Le nodotaxis 17 est le plus long
(9,2 mm). Les pores intercalaires restent mar¬
qués tout le long ; néanmoins, ils cessent d'être
ouverts vers le douzième internode. Le nombre
d’internodales par nodotaxis mature (à partir du
dixième) est toujours 7 (26 cas). Les nodotaxis
les plus distaux montrent une hétérométrie de
columnales comparables à celle de la partie
proximale du pédoncule. L’ornementation des
faces latérales des columnales consiste en une
carène latérale plus ou moins régulière et con¬
tinue. Les cirres atteignent une longueur maxi¬
male de 36,4 mm pour 45 à 50 articles. Les arti¬
culations du pédoncule présentent les caractères
essentiels de Metacrinus wyvillii (pl. VII, 1, 2;
pl. VIH, 2, 3).
Rapports et différences
La différence principale de ce spécimen avec le
lot de M. wyvillii de la station 290 porte sur la
morphologie externe du pédoncule. En dehors du
nombre d’internodales par nodotaxis, cette mor¬
phologie est très semblable à celle de M. inter-
rupius et n’a jamais été observée à ce jour sur les
spécimens connus de M. wyvillii. D’autres diffé¬
rences, plus mineures, portent sur l’organisation
brachiale : fréquence apparemment élevée de I Br
6 ax., et de II Br 7 ax. par rapport aux fré¬
quences observées sur le lot de M. wyvillii de la
station 290. En revanche, les caractères des
articulations du pédoncule (symplexies et synos¬
toses), tant du point de vue de leur morphologie
générale que du point de vue de leur organisation
microstructurale, ne peuvent être distingués de
ceux de M. wyvillii. Ce spécimen indique que le
champ de variabilité de la morphologie externe
de M. wyvillii est probablement plus large que
celui observé sur le lot de spécimens de la station
290. Si l’on donne une priorité aux caractères des
articulations, et notamment des synostoses, sur
ceux de la morphologie externe du pédoncule (ce
qui est notre conviction profonde), il s’agit d’un
représentant de cette espèce. C’est par prudence,
et pour souligner aussi une variation extrême de
la morphologie externe du pédoncule, que nous
décrivons à part ce spécimen.
Genre Diplocrinus Doderlein, 1912
Diplocrinus alternicirrus (Carpenter, 1884)
(Pl. VI, 3)
Pentacrinus alternicirrus Carpenter, 1884 : 321.
Endoxocrinus alternicirrus : A. H. Clark, 1908 a : 151.
Diplocrinus alternicirrus : A. H. Clark. 1923 : 11;
Roux. 1977 : 45; Roux, 1980 : 119.
Matériel
Musorstom 2 :
Un seul spécimen, station 56, 13°53,7' N-l 19°56.3' E
à 13°54,4' N-l 19°57' E, profondeur 970 m.
Description
La couronne a 7,8 cm de long. Les basales
sont restées petites, triangulaires et globuleuses,
bien séparées les unes des autres. Les radiales
sont bien développées, aussi larges que hautes.
Les dichotomies à Br 2 ax. sont systématiques
pour les deux premières et facultatives pour la
troisième (III Br 1 + 2 ax., 8 cas). La formule
des troncs brachiaux (cf. Roux, 1976) prise au
158
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
niveau des 111 Br 2. 3 est : 2122, 2111, 1112, 1112
et 2112. Un tronc 1112 présente trois régénéra¬
tions en cours à partir de III Br 1 (2 cas) et de IV
Br 1 (1 cas). La largeur des brachiales est de
5.2 mm (I Br), 4,5 mm (II Br). 3 mm (III Br),
2.3 mm (IV Br). La couronne comporte 28 bras.
La longueur des pinnules ne dépasse pas 2 cm.
Le pédoncule est complet (cal visible sur la
facette inférieure de la nodale la plus distale). Il
mesure 41,6 mm de longueur. Son diamètre varie
de 4,2 mm distalement à 4,8 mm proximalement.
Le nodotaxis le plus long est le sixième (8,2 mm).
Les pores intercalaires sont ouverts jusqu’au
sixième nodotaxis. Le nombre d’internodales par
nodotaxis mature (à partir du cinquième) est de
5 (1 cas). 6 (3 cas) ou 7 (1 cas). La longueur
maximale des cirres est de 3,3 cm pour 25
articles. Par nodale, on décompte 3 cirres (1 cas).
4 cirres (2 cas), 5 cirres (5 cas). Un cas de cirre en
cours de régénération a été observé.
Rapports et différences
D. ahernicirrus est bien connu désormais grâce
à la description d'une population de 26 spéci¬
mens provenant des environs de Tahiti qui
fournit le champ de variabilité des principaux
caractères de l’espèce (Roux, 1980). Un pro¬
blème, néanmoins, reste posé : compte tenu
de l'isolement géographique probable entre les
populations de Tahiti et celles des Philippines,
existe-t-il des différences exprimées notamment
par la variabilité des caractères ? Les spécimens
de la série type en provenance des Philippines
par 694 mètres et 925 mètres de profondeur
entrent dans le champ de variabilité des spéci¬
mens en provenance de Tahiti. Ce n’est pas le cas
du spécimen de Musorstom 2 uniquement pour
la hauteur de la couronne : pour un diamètre
proximal du pédoncule de 4,8 mm. la hauteur de
la couronne est plus faible (7,8 cm) pour le
présent spécimen que pour ceux en provenance
de Tahiti (9,5 cm). De plus, ici, le caractère le
plus typique de l'espèce (2 à 4 cirres par nodale,
alternant d’une nodale à la suivante) se trouve
être minoritaire (3 cas sur 8). Ce caractère
pourrait bien ne pas être obligatoire ce qui
rendrait plus délicate la distinction avec l’espèce
D. sibogae.
Diplocrinus aff. sibogae (Doderlein, 1907)
(PI. VI, 1, 2, 4)
Isocrinus sibogae Doderlein. 1907 : 18.
Endoxoerinus sibogae : A. H. Clark. 1908 a : 152.
Isocrinus sibogae : A. H. Clark, 1908 b : 526.
Diplocrinus sibogae : A. H. Clark, 1923 : 11.
Matériel
Corindon 2, (Détroit de Makassar)
Spécimen 1 : station 214 : 0°31,4' N-l 17°50.1' E.
profondeur 595 m.
Spécimen 2 : station 229 : 0 P 02.2' N-l 19°49.8’ E.
profondeur 411 m à 445 m.
Description
Spécimen I : Il s’agit d’un individu robuste et à
l’évidence âgé. Sa couronne mesure 11 cm de
longueur et possède au moins 46 bras. Le seul
tronc brachial entièrement conservé montre une
dichotomie endotome très régulière. Les autres
sont plus ou moins disloqués. Les deux premières
dichotomies sont systématiques. Les suivantes
sont facultatives. Parmi celles observées, nous
avons noté : III Br 1 + 2 ax. (8 fois), IV Br I +
2 ax. (4 fois) et V Br 1 + 2 ax. (1 fois). La
largeur des brachiales est de 6,5 mm (1 Br),
5.2 mm (II Br), 3,5 à 4 mm (III Br), 3 à 3,5 mm
(IV Br) ; au-delà des axillaires les rameaux sont
plus étroits proximalement (2,5 mm) que dans le
milieu (3 mm). La longueur des pinnules ne
dépasse pas 2 cm. Plusieurs bras sont affectés par
des galles provoquées par des Myzostomes. La
plus grosse atteint 11 mm sur 5 mm. L’une d’elle
est installée sur une pinnule (pl. VI, 2). Les
basales sont séparées, très petites et sublosan-
giques. Les radiales, larges et trapézoïdales,
dominent la coupe dorsale.
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
159
Le pédoncule, long de 7,8 cm. est entier (cal
distal observable). Son diamètre maximum est de
6.5 mm. Sa section reste étoilée même distale-
ment. A partir du septième internode, les pores
intercalaires deviennent plus discrets mais sont
toujours présents. La longueur des nodotaxis ne
dépasse pas 1 cm. Le nombre d’internodales par
nodotaxis mature (à partir du quatrième) est de
5 (7 cas) ou 6 (1 cas). Les cirres robustes
atteignent 5,3 cm pour 32 à 33 articles.
Spécimen 2 : C'est un individu plus jeune dont
la partie moyenne et distale du pédoncule manque.
En revanche, la couronne est bien conservée. Elle
a une longueur de 10.5 cm. Seule la première
dichotomie se réalise sur les 5 troncs. La seconde
existe dans 9 cas sur 10 et la troisième dans 8 cas.
On atteint un total de 27 bras. La largeur des
brachiales est de 5 mm à 6,3 mm (I Br), 4 mm à
4.6 mm (Il Br). 3 mm (III Br). Après l'axillaire
les ramaux sont relativement étroits (2.5 mm) et
s'élargissent jusqu'à mi-longueur (3 mm). Les
pinnules ne dépassent pas 2 cm de long. Les
basales sont petites mais néanmoins jointives.
Les radiales sont bien développées avec un léger
tubercule au centre de leur surface externe.
Le pédoncule n'est conservé que proximale-
ment ; son diamètre est de 5,6 mm. Seul un
nodotaxis, le quatrième et dernier a la totalité de
ses internodales (6).
Rapports et différences
D. sibogae n'est connu que par un seul spé¬
cimen : celui de la Siboga décrit par Dôderlein
(1907). Il s’agit d'une forme robuste dont le dia¬
mètre du pédoncule atteint 7 mm. Les plus gros
spécimens de D. cilternicirrus (le diamètre peut
atteindre 7,2 mm dans la population de Tahiti)
ressemblent beaucoup à D. sibogae, mis à part les
verticilles de cirres incomplets. Mais si ce der¬
nier caractère n’est pas obligatoire dans les popu¬
lations de D. alternicirrus des Philippines (voir
plus haut), la validité de l'espèce D. sibogae serait
à mettre en doute. Le critère déterminant devrait
être fourni par les articulations du pédoncule.
Nous avons préféré conserver complet le spéci¬
men I qui seul possède son pédoncule entier avec
le cal distal. D'autres récoltes seront nécessaires
pour résoudre ce problème.
Notons que le type de la Siboga a été récolté
près de Timor (10°39' S-123°40' W) par 520 mètres
de fond, soit dans la même tranche bathymé-
trique que nos spécimens de Corindon. Mais à
la vaste répartition géographique de D. alterni¬
cirrus peut correspondre une tendance eurybathe
marquée, accompagnée d’une variabilité mor¬
phologique importante.
Genre Hypalocrinus A. H. Clark, 1908
Hypalocrinus naresianus (Carpenter, 1884)
(PI. IX, X, XI)
Pentacrinus naresianus Carpenter. 1884 : 324.
Isocrinus naresianus : Dôderlein. 1907 : 20.
Hypalocrinus naresianus : A. H. Clark. 1908 a : 152 ;
A. H. Clark. 1908 b : 524: A. H. Clark. 1909 :
409; A. H. Clark 1923 : 9; Roux. 1977 : 45.
Matériel
Musorstom 2 :
Station 56: 13°53,7' N-l 19°56.3' E à 13"54.4' N-
119“57,0'E; profondeur : 970 mètres; 50 spécimens.
Description
A) Généralités
Compte tenu du caractère exceptionnel du
nombre de spécimens recueillis en un chalutage,
nous fournissons une analyse particulièrement
détaillée de cette population à'Hypalocrinus nare¬
sianus.
Les principaux caractères d'Hypalocrinus nare¬
sianus sont les suivants (fig. 12) :
160
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
Fig. 12. — Plan d'organisation d ’Hypalocrinus naresianus.
C : Couronne, 1 Br 2 : seconde primibrachiale, P. : pédoncule, Z.P.I. : zone des pores intercalaires, N : nodotaxis, S :
passage de la section étoilée proximale à une section circulaire distale.
ECHINODERMES . CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
161
— la base de l'appareil brachial est constitué
par un couple de pièces dont la seconde est
axillaire ; elle est unie à la première par une
synarthrie à crête fulcrale perpendiculaire à l'axe
d'allongement de l’articulation doublée d'une
symmorphie marquée (pl. XI, 1-3). La couronne
comprend généralement 10 bras, rarement plus;
— le pédoncule présente deux secteurs bien
distincts :
• la partie proximale caractérisée par l’exis¬
tence de pores intercalaires comprend 5 à 7
nodotaxis. Dans ce secteur, le pédoncule passe
progressivement d'une section étoilée proximale
à une section subcirculaire ou circulaire distale ;
• la partie distale, où les pores intercalaires
ont disparu, ne produit plus d’ossicules (nodo¬
taxis matures). La section du pédoncule est
définitivement circulaire ou subcirculaire. Les
cirres ont atteint leur taille normale avec un
nombre d’articles variant de 20 à 36 (mode à 27
pour 137 mesures).
La conservation de la population prélevée est
dans l'ensemble excellente : seuls quatre indivi¬
dus ont leur pédoncule brisé soit au ras du calice,
soit à l'extrémité de la zone des pores interca¬
laires. Le reste de la population montre, au-delà
de la zone des pores intercalaires, un nombre de
nodotaxis allant de quatre à dix-neuf. Les troncs
brachiaux ont rarement été brisés au niveau des
primibrachiales. Le nombre total des bras de la
couronne a pu être observé ou estimé avec une
bonne fiabilité sur quarante-sept individus.
Au sein de la population, un certain nombre
de spécimens se distinguent par une morphologie
générale plus gracile et des paramètres biomé¬
triques de plus faible valeur (diamètre du pédon¬
cule, hauteur de la couronne, apophyse inférieure
de la pièce basale bien marquée). 11 s'agit très
probablement de jeunes individus réprésentant le
tiers de la population.
B) La couronne brachiale (Tableau 16)
La seconde primibrachiale (I Br 2) est axillaire
de façon constante (fig. 13 A,) sauf dans un cas
où ce rôle est joué par la première primibrachiale
(1 Br 1) (fig. 13 A,). La diagnose générique
originale (A. H. Clark, 1908 a) et les complé¬
ments de description ultérieurs ne mentionnent
pas d'autre division au-delà de I Br 2 axillaire et
le nombre de bras limité a dix a été considéré
comme caractéristique du genre Hypalocrinus.
L'observation de la population récoltée par la
mission Musorstom 2 révèle qu’un second point
de dichotomie est occasionnel (fig. 13 B,. s ). Cette
division se met en place, lorsqu’elle existe sur le
tronc brachial, au niveau de la deuxième secun-
dibrachiale (Il Br 2) dans environ 90 % des cas
(tab. 17). Cette pièce brachiale (II Br 2) est celle
qui porte la première pinnule. Les vingt-neuf cas
de seconde dichotomie ont été observés sur treize
individus. 27 % de la population présentent donc
une seconde division du tronc brachial.
Compte tenu de la place de la seconde dicho¬
tomie lorsqu’elle se manifeste, tout bras brisé peu
après II Br 2 a été considéré comme non divisé.
Le tableau 18 rend compte de la variabilité du
nombre de bras chez Hypalocrinus et de la
fréquence de chaque type de couronne. La
variabilité du nombre de bras chez cette espèce
n’est donc pas négligeable. Ni Carpenter ni
Dôderlein n’avaient pu l’appréhender en raison
du petit nombre de spécimens dont ils disposaient.
Trois types de tronc brachial peuvent s'observer
Tableau 16. Variabilité de la hauteur de la couronne (bras + calice) chez Hypalocrinus naresfanus (Musorstom 2. station
56). Les valeurs données entre parenthèses correspondent au nombre de secundibrachiales observées sur le bras le plus
long de l'individu mesuré.
Nombre
de mesures
Valeur
minimale
maximale
Mode
Moyenne
Écart-type
Cœfficient
de variation
(%)
Jeunes
6
83 mm
(57)
108 mm
(89)
108 mm
97.8 mm
9.6
9.8
Adultes
12
95 mm
(68)
149 mm
(103)
122 mm
119,2 mm
12.8
10.7
162
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
Tableau 17. Place de la seconde dichotomie chez Hypalocrinus naresianus (Musorstom 2. station 56).
Fréquence d'observation
Brachiale axillaire
Pourcentage
Nombre d'individus
26
Il Br 2 (fig. A.. B.J
89.6 %
13
2
Il Br 1 (fig. B,)
6.9 %
1*
1
II Br 8 (fig. B,)
3,4 %
1*
* : Ces deux individus présentent également sur un autre tronc brachial une II Br 2 axillaire.
Tableau 18. Variabilité du nombre de bras de la couronne chez Hypalocrinus naresianus (Musorstom 2. station 56).
Nombre de bras
Fréquence
Pourcentage
(47 individus = 100%)
10
34 individus *
72.3 %
H
3 individus
6.4 %
12
5 individus
10.6 %
13
2 individus
4,3 %
27.7 %
14
2 individus
4.3 %
15
1 individus
2,1 %
sur une couronne. Deux résultent d’une ramifica¬
tion isotome :
- le plus simple correspond au tronc brachial
à deux bras avec un seul point de dichotomie au
niveau de 1 Br 2 (fig. 13 A,). Il conduit lorsqu'il
se reproduit sur les cinq troncs à la constitution
d’une couronne à dix bras, cas le plus fréquent
chez Hypalocrinus naresianus ;
— le second découle de l’existence d’une
seconde dichotomie sur chacun des segments issus
de I Br 2 axillaire. Il conduit à un tronc à quatre
bras avec 2 11 Br 2 axillaires (fig. 13 A ; -B : ).
Le troisième est le fait d'une ramification
hétérotome. Un seul des segments issus de I Br 2
axillaire subit une seconde division au niveau de
II Br 2 axillaire. Le tronc brachial présente alors
trois bras (fig. 13 B,. 5 ).
Le pourcentage relatif des différents types de
tronc brachial observables sur la population
ainsi que les relations existant entre le nombre
total de bras des individus et le mode de
ramification des troncs sont illustrés par les
tableaux 19 et 20.
Plusieurs exemples de régénération s'observent
sur les bras des individus de la population
récoltée.
Si la cassure a lieu au-delà de la quatrième
secundibrachiale. le bras se reconstitue dans la
majorité des cas sans apparition de dichotomie
nouvelle. Les seuls exceptions correspondent à :
— l’individu figuré en 13 B, pour lequel la
pinnule de la pièce brachiale située sous la
surface de rupture a évolué en bras en même
temps que se régénérait un autre axe ;
— un second spécimen présentant une ten¬
dance analogue. Le phénomène n’a pas évolué
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
163
Tableau 19. — Modalités d'obtention des différents types de couronne brachiale chez Hvpalocrinus naresianus (Musorstom 2.
station 56). Nombre de bras de la couronne et mode de ramification.
Nombre
Type
bras
de couronne
Nombre
d’individus
A - I Br 2 axillaire
• = II Br 2 axillaire dans
91 4% des cas
v
1 --tronc brachial a 2 bras
VJ 1 V y ^ tronc brachial
'y à 4 bras
X-*-tronc brachial a 3 bras
yyy
34
" m
yyy
3
« w
m
3
mm
2
,3 TV
m
2
u VY
m
1
mm
1
.5 VY
m
1
Tableau 20. — Pourcentage relatif des différents types morphologiques de troncs brachiaux chez Hvpalocrinus naresianus
(Musorstom 2, station 56).
- ^ ^-VType morphologique
V
V
y
Nombre 47 » 5=235
211
16
8
Pourcentage
89, 8*°
6,8*°
3,4*°
164
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
Fig. 13. — Mode de division et organisation des bras chez Hypalocrinus naresianus.
A — emplacement de la première dichotomie ; A, — cas général, I Br 2 axillaire ; A, — cas particulier, I Br 1 axillaire.
B emplacement de la seconde dichotomie ; B, — cas particulier, rare, II Br 8 axillaire, tronc brachial à trois bras ;
B, cas fréquent, Il Br 2 axillaire, tronc brachial à quatre bras ; Bj-B 4 — cas fréquents, II Br 2 axillaire, tronc brachial à trois
bras ; B, — cas particulier, rare, II Br 1 axillaire, tronc brachial à trois bras.
En pointillés : pièces basales + pièces radiales ; en hachures verticales : pièce brachiale axillaire assurant la première
dichotomie ; en hachures entrecroisées : pièce brachiale axillaire assurant la seconde dichotomie.
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
165
Tableau 21. — Variabilité de la taille de la
tion 56).
des pores intercalaires chez Hypalocrinus naresianus (Musorstom 2, sta-
Nombre
de mesures
Valeur
minimale
Valeur
maximale
Mode
Moyenne
Écart-type
Coefficient
de variation
{%)
47
13,7 mm
38 mm
27 mm
24,6 mm
6,0
24.5
toutefois avec la même ampleur puisque la
pinnule déjetée vers la partie latérale externe de
l’axe brachial n'a pas pris la vigueur d’un
nouveau bras.
Si la cassure a lieu entre la première et la
deuxième secundibrachiale, la nouvelle pièce
régénérée est la plupart du temps axillaire et le
tronc brachial évolue vers un type à trois bras,
voire quatre si les deux axes issus primitivement
de la seconde primibrachiale axillaire ont subi
une lésion à cet endroit. La totalité des couronnes
ayant plus de dix bras est le résultat de ces
phénomènes de régénération.
C) Le pédoncule
La longueur de la zone des pores intercalaires
est assez variable comme le montre le tableau 21.
Des zones de croissance longues (témoins d’une
phase active de croissance ou d’un stade de
plus grande souplesse du pédoncule) ou courtes
(marques d’un ralentissement, voire d’une cessa¬
tion de croissance ou d’un stade de plus grande
rigidité du pédoncule) se trouvent aussi bien chez
des individus graciles (= jeunes) que chez des
spécimens robustes (= adultes).
L’extrémité proximale du pédoncule est le lieu
de production des columnales. Elle comprend
une succession de nodotaxis marqués par une
forte hétérométrie de la hauteur (épaisseur) des
columnales et un accroissement progressif de leur
nombre au sein des internodes de plus en plus
distaux (Moore, Jeeeords & Miller, 1968;
Macurda & Roux, 1981).
Cette succession (fig. 14) débute par un à trois,
plus rarement quatre, nodotaxis à une seule
internodale. Ce secteur du pédoncule (fig. 14
secteur A) constitue la zone de différenciation
des nodales et des internodales d’ordres I. Seuls
le plus grand diamètre et l'épaisseur plus forte
permettent l’individualisation de la nodale des
autres columnales. En effet, elle ne porte encore
aucun cirre ; ces derniers n’apparaissent qu’au
niveau du nodotaxis le plus distal de ce secteur.
Le second secteur de la zone de croissance du
pédoncule (fig. 14. secteur B) est celui où
s'effectue la différenciation des internodales de
second, troisième, quatrième voire cinquième
ordre. Il débute toujours par un nodotaxis à trois
internodales (une d'ordre I, deux d’ordre II). Ce
nodotaxis et ceux qui le précèdent constituent
une zone au niveau de laquelle le schéma de
production des columnales est régulier et cons¬
tant pour tous les individus observés. Au-delà,
débute une zone comprenant deux ou trois
nodotaxis dont le nombre d’internodales aug¬
mente de l'un à l’autre, dans la presque totalité
des cas observés. Ce nombre varie de sept à qua¬
torze. 11 ne paraît pas y avoir de règle générale
au sein des internodes pour le lieu d’apparition et
le nombre d’internodales d’ordre IV. En effet,
l’acquisition des columnales de cet ordre peut se
faire, selon les individus, en une ou deux phases :
le modèle à une seule étape est celui pour
lequel les internodales d'ordre III et IV apparais¬
sent au sein du même nodotaxis , celui qui fait
immédiatement suite au premier nodotaxis du
secteur B (fig. 14, secteur B, partie latérale
gauche). Le nombre des internodales de cet
internode est supérieur à sept (huit à onze, en
général) ;
— le modèle à deux étapes est celui pour
lequel les nodotaxis portant les premières inter¬
nodales d’ordre IV est différent de celui portant
les premières internodales d’ordre III (fig. 14,
secteur B, partie centrale et latérale droite). Ils se
succèdent donc le long du pédoncule et le
nodotaxis faisant immédiatement suite au nodo¬
taxis à trois internodales demeure avec pour
seules columnales les internodales d'ordre I, II
et III (7 internodales).
Quel que soit le schéma utilisé par les individus,
le nombre d’internodales d’ordre IV présentes
dans le dernier nodotaxis de la zone des pores
166
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
NbC
secteur A : zone de production des nodales et internodales d’ordre I (hachures verticales) ;
secteur B : zone de production des internodales d'ordre II (hachures obliques), d’ordre III et IV.
Nb C : nombre d’intemodales par nodotaxis (chiffres en gros caractères. Les chiffres en petits caractères correspondent à
l’ordre d’apparition des columnales).
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRIN1DAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
167
intercalaires est assez variable : il est compris
entre quatre et sept. Il découle de ce fait que le
nombre total d'internodales du dernier nodotaxis
de la zone de croissance varie, dans la plupart
des cas, entre dix et quatorze. L'ensemble de ces
observations permettra de mieux comprendre le
diagramme de dispersion du nombre d’internodales
des nodotaxis de la partie distale du pédoncule :
le nodotaxis terminal de la zone des pores
intercalaires est le premier à s’y intégrer au
moment d’une nouvelle phase de croissance.
Au delà de la zone de croissance, il n’y a
aucune production de columnales. Le diagramme
circulaire réalisé à partir des observations effec¬
tuées sur les 454 nodotaxis matures montre une
assez forte variabilité (sept à dix-sept) du nombre
d'internodales (fig. 15). Celle-ci est le reflet de la
diversité du nombre d’internodales que l'on peut
observer chez le nodotaxis distal de la zone des
pores intercalaires. Néanmoins, les nodotaxis
avec onze ou douze internodales sont les plus
fréquents (fig. 15).
Compte tenu des observations faites précé¬
demment sur la zone des pores intercalaires, il
apparaît que les nodotaxis acquièrent toujours la
totalité de leurs internodales d'ordre III. 11 est
rare que leur croissance s’arrête à ce stade (nodo¬
taxis à sept internodales = 0,7 % de l'inven¬
taire). Dans la majorité des cas s'élaborent, à
l'extrémité distale de la zone de croissance, des
internodales d’ordre IV. Cet ordre se réalise de
façon plus ou moins complète en fonction
probablement de facteurs externes. Le schéma de
croissance le plus fréquent est celui qui aboutit à
la production de quatre ou cinq internodales
d’ordre IV (nodotaxis à onze ou douze interno¬
dales). Dans les cas extrêmes, il peut y avoir
production d'un petit nombre d'internodales
d'ordre V. On constate alors la présence sur les
pédoncules de nodotaxis à seize ou dix-sept
internodales.
Le partage de la population en trois lots (indi¬
vidus graciles, intermédiaires, robustes) pouvant
correspondre à des classes d’âge successives
(juvéniles, adultes, gérontes) montre une modifi¬
cation des pourcentages respectifs des différentes
catégories de nodotaxis. On observe également
un déplacement du nombre de leurs internodales
vers des valeurs de moins en moins élevées quand
on passe des individus graciles aux formes
robustes (fig. 16, 17). Quel que soit le lot, le
mode reste situé à onze ou douze internodales
mais le nombre de columnales des nodotaxis les
plus représentés après celui du mode est plutôt
Fig. 15. — Variabilité du nombre d'internodales ; Nodotaxis de la partie du pédoncule située sous la zone des pores
intercalaires. Totalité de la population d ’Hypalocrinus naresianus (Musorstom 2, st. 56).
168
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
Fig. 16. Variation du nombre d’intemodales par nodotaxis mature en fonction du diamètre maximal du pédoncule chez
Hypalocrinus naresianus (MUSORSTOM 2, st. 56).
Le carré noir correspond au mode (plus grande fréquence) pour chaque individu.
Tableau 22. — Variation de la taille du nodotaxis en fonction du nombre de columnales chez Hypalocrinus naresianus
(Musorstom 2, station 56). Totalité de la population. Nb. C. : nombre de columnales du nodotaxis mature.
Nb. C.
Valeur
minimale
Valeur
maximale
Moyenne
Écart-type
Coefficient
de variation
Fréquence
d'observation
8
10,7 mm
11,5 mm
10,9 mm
0.48 mm
4.38 %
3
9
9,7 mm
12,2 mm
11.3 mm
0,69 mm
6.11 %
II
10
9,0 mm
13,7 mm
12.2 mm
1.05 mm
8.61 %
44
11
10,7 mm
15,0 mm
13,2 mm
1,11 mm
8,39 %
35
12
11,4 mm
16,1 mm
14,2 mm
0,96 mm
6,78 %
145
13
11,5 mm
17,0 mm
14,8 mm
0,98 mm
6,58 %
101
14
13,5 mm
16,0 mm
15,1 mm
0,63 mm
4,16%
34
15
14,4 mm
18,0 mm
16.2 mm
0.90 mm
5,55 %
20
16
15,7 mm
18,5 mm
16,8 mm
0,80 mm
4.74 %
8
17
17.0 mm
19,2 mm
18,1 mm
0,81 mm
4.45 %
6
18
18,4 mm
-
1
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRIN1DAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2) 169
7+8 + 15+16
°/ _| individus intermediaires
Fig. 17. — Modification des pourcentages des différentes catégories de nodotaxis (nombre d'internodales) en fonction de
l’âge des lots extraits de la population d ’Hypalocrinus naresianus (Musorstom 2, st. 56).
déporté vers les fortes valeurs pour les formes
graciles (jeunes), alors que c’est l’inverse pour les
formes robustes (âgées).
Le tableau 22 rend compte de ce que sont les
bornes, la variabilité de la taille des différents
nodotaxis en fonction du nombre de columnales,
la valeur moyenne de ce paramètre et la disper¬
sion que représente l’écart-type pour chaque type
d’internode (ceci pour l’ensemble de la popula¬
tion de la station 56). L’équation de la droite de
régresssion de la taille du nodotaxis par rapport
au nombre de columnales est y = 0,78 x + 4,71
(r = 0,78).
La forte variabilité du nombre d'internodales
qui peuvent constituer les nodotaxis successifs
d’un même pédoncule est illustrée par la figure 18.
Rares sont les individus pour lesquels les diffé¬
rents nodotaxis constituant la tige ont un nombre
de pièces internodales constant (fig. 18 A, indivi¬
dus n° 13, 26, 36).
Le tableau 23 résume la variabilité des caractères
principaux du pédoncule et de la couronne de
cette espèce pour l'ensemble de la population de
la station 56.
170
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
Fig. 18. — Profil de croissance du pédoncule de divers individus â'Hypalocrinus naresianus (Musorstom 2, st. 56).
En abscisses : — ni : zone des pores intercalaires (a-e : nodotaxis successifs de la zone).
— n2 à nlO : nodotaxis successifs du pédoncule au-delà de la zone des pores intercalaires.
En ordonnées : nombre d’intemodales du nodotaxis.
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
171
Tableau 23. — Variabilité des principaux caractères de la morphologie externe du pédoncule et de la couronne
à'Hypalocrinus naresianus (Musorstom 2, station 56). Totalité de la population. Nb. IN. : nombre d'intemodaies par
nodotaxis mature; L. Nod. : longueur maximale d’un nodotaxis (en mm); N. pores : intemode portant les derniers
pores intercalaires. Dm = diamètre maximum du pédoncule.
Nombre
d’observations
Valeur
minimale
JS.
Mode
Moyenne
Écart-type
Coefficient
de variation
HC
18
83
149
108-122
113,44
16.39
14,45
Nb. bras
47
10
15
10
10.68
1.27
11.94
Nb. IN.
454
7
17
II
11.44
1.63
14.25
L. Nod.
408
9
19,2
15
14.27
1.59
11.14
DM
43
2,4
3,8
3.4
3,27
0.32
9.79
D) Caractères des articulations
La plupart des synarthries brachiales présente
une crête fulcrale franchement oblique provo¬
quant une forte dissymétrie des aires ligamen¬
taires internes de part et d’autre du canal axial
(pl. X. 5). Cette dissymétrie est beaucoup plus
faible au niveau des aires d'insertion musculaire.
L'articulation pinnulaire est masquée par le déve¬
loppement des aires musculaires. Elle s’observe
latéralement (pl. X, fig. 6; pl. XI. fig. 9), et
montre une crête fulcrale très en relief bordée
distalement par une dépression aréolaire très
profonde, l'ensemble permettant une très large
amplitude de mouvements à la base de la pinnule.
La face distale des brachiales axillaires présente
un contour elliptique (pl. X, 4) à subcirculaire
(pl. X. 3). Chez les I Br 2 ax., les aires
ligamentaires internes situées entre les deux
branches du canal axial sont bien développées et
profondément creusées (pl. X. 4). Elles sont
nettement plus réduites chez II Br 2 ax. (pl. X. 3).
Les aires musculaires internes sont relativement
importantes. Elles sont soit jointives (pl. X. 3, 7),
soit séparées par un sillon (pl. X, 4) au niveau de
la suture axiale. L'articulation proximale des
axillaires est une synarthrie particulière dont la
crête fulcrale correspond au plan de symétrie de
la pièce et permet des mouvements latéraux des
bras (pl. XI. 3). Cette crête s'élargit vers l'exté¬
rieur pour individualiser une dépression sur la
face proximale des axillaires (pl. XI, 2) corres¬
pondant à un relief triangulaire sur la face distale
de la pièce adjacente (pl. XI. 1). Ce détail illustre,
en fait, la tendance générale de ce type d'articula¬
tion à une symmorphie très marquée.
Les principaux caractères des articulations du
pédoncule de l'espèce ont déjà fait l’objet d'une
description sommaire (Roux. 1977). Nous four¬
nissons ici une illustration plus complète des
variations de l'aspect des symplexies (pl. IX,
4-6; pl. XI, 10, 11) et des synostoses (pl. IX,
7-11). L'insertion des cirres sur la face latérale
des nodales (pl. XI, 4-5) est toujours relativement
petite et subcirculaire. Rapidement les articles
de cirre s'aplatissent, donnant des articulations
elliptiques à sublosangiques (pl. XI, 6) et per¬
mettant la courbure maximale. Plus distalement,
les articles s'aplatissent perpendiculairement au
cas précédent donnant des articulations ovoïdes
(pl. XI, 7). Les cirres se terminent par une griffe
(pl. XI, 8) qui s'accroche aux moindres aspérités
du substrat.
Rapports et différences
La population d 'Hypalocrinus naresianus ici
décrite diffère principalement des descriptions
antérieures par la présence de spécimens ayant
un nombre de bras supérieur à 10. Compte tenu
du phénomène de réduction du nombre de bras à
10 ou moins avec la profondeur chez les Crinoïdes
pédonculès (Roux, 1980 a), il est envisageable
que la fréquence de secondes divisions brachiales
soit liée à la profondeur relativement faible de la
station Musorstom (970 m) par rapport au
créneau bathymétrique de l'espèce qui descend à
plus de 2 00Ô m.
Aucun individu ne présente le disque d’ancrage
figuré par Carpenter dans son ouvrage de 1884
(pl. XXX a, 4). Ce dernier ne signale ce mode de
172
JEAN-PAUL BOURSEAU
MICHEL ROUX
fixation que pour le plus jeune des individus
récoltés que nous n'avons malheureusement pas
retrouvé dans les collections du British Muséum
à Londres. Il pourrait s’agir d'un mode d'ancrage
facultatif au substratum uniquement réalisé lors
des premiers stades de croissance.
Une autre différence a été notée par rapport au
spécimen dont le pédoncule avait été analysé
antérieurement (Roux, 1977) : nous n’avons pas
retrouvé de symplexie aussi typiquement balano-
crine avec des zones pétaloïdes très triangulaires
bien que certaines articulations tendent à s’en
rapprocher. Leur aspect général est assez proche
de celui des symplexies du pédoncule du genre
Neocrinus. Les affinités entre Hypalocrinus et
Neocrinus sont confirmées aussi par les caractères
des synarthries proximales des brachiales axillaires
(comparer pour N. blakei avec Macurda &
Meyer, 1975, pl. 21. 4). Une comparaison
précise entre les caractères des articulations des
bras et du pédoncule des trois espèces actuelles
de Balanocrininae, H. naresianus. N. blakei et
N. decorus mériterait d'être menée. Dans l’état
actuel des connaissances, H. naresianus paraît
bien être l’espèce actuelle ayant le plus d’affinités
avec les espèces jurassiques et crétacées du genre
Balanocrinus.
PROBLÈMES TAXONOMIQUES ET BIOGÉOGRAPHIQUES
LA DÉFINITION DES ESPÈCES CHEZ LES METACRININAE
Plus le nombre de spécimens connus s’accroît,
plus il devient difficile de caractériser les espèces.
Il est clair que la position que nous avons prise
dans le chapitre précédent (conserver plusieurs
espèces très proches, ou les regrouper au sein
d'une même espèce) n’est par homogène et
dépend essentiellement de l'état des connaissan¬
ces.
Dans le cas de S. angulatus, nous avions deux
lots de spécimens (Siboga d’une part, Musors-
tom d’autre part) dont nous avons estimé qu’ils
appartenaient à la même espèce que nous aurions
pu nommer 5. acutus. Mais les différences et la
variabilité observées sur le pédoncule ne jus¬
tifiaient pas d’en faire une espèce distincte
de l'holotype de S. angulatus, ni même de celui
de S. cingulatus. Les spécimens décrits comme
5. batheri et S. suluensis entrant dans le même
champ de variabilité, nous avons proposé l’idée
d’une seule espèce au pédoncule polymorphe.
Ceci nous a amené à suggérer qu'il en était de
même pour l’ensemble d’espèces du groupe de
S. nobilis. Nous avons décrit tous les spéci¬
mens de Musorstom 1 et 2 sous le nom de
5. superbus. Mais faute d’informations suffisam¬
ment précises sur les spécimens des autres sta¬
tions signalées dans la littérature et leur révision
sortant du cadre du présent travail, nous avons
préféré laisser le problème ouvert. S’il s’avérait
aussi que S. nobilis. S. superbus et S. varions ne
forment qu'une seule espèce, nous passerions
d'une situation où l’on a distingué plus de huit
espèces dans le genre Saracrinus à une simplifica¬
tion considérable avec un regroupement en deux
espèces : S. nobilis et S. angulatus.
Une telle simplification taxonomique est-elle
envisageable dans le genre Metacrinus ? Le pro¬
blème a été posé pour M. inlerruptus (Philip¬
pines), M. interruptus (Japon) et M. musors-
tomae. Dans ce cas, l’information détaillée dont
nous disposons pour ces trois populations nous
amène à mettre en évidence des différences dans
l’organisation de la couronne. La seule analyse
morphologique ne permet pas de savoir s’il s’agit
de variations intraspécifiques (écophénotypique
pour M. musorstomae ou race géographique
pour la population du Japon) ou s’il s’agit
d’espèces réellement distinctes. Contrairement
aux nombreuses espèces attribuées au genre
Saracrinus, ici les trois formes n’ont jamais été
recueillies dans une même station bien que la
tranche bathymétrique soit bien plus étroite.
Dans l’ensemble, les espèces du genre Metacrinus
sont plus nettement distinctes les unes des autres
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
173
que dans le genre Saracrinus. Une hypothèse
maximaliste dans le regroupement aboutit à
conserver six espèces sur dix (voir fig. 19).
Parfois un hiatus bathymétrique sépare deux
espèces (par exemple entre M. serratus et M. cos¬
tatus). Il pourrait s’agir d'une information incom¬
plète ou alors d’un réel isolement géographique.
On retrouve ce problème chez les Diplocrininae
avec D. alternicirrus et D. sibogae. Mais, dans les
deux cas, l'information insuffisante sur l’une des
espèces (M. costatus dans un cas, D. sibogae
dans l'autre) ne permet pas de trancher.
Dans l’attente de compléter nos observations
sur les Pentacrines actuelles, une réflexion sur la
relation entre l’analyse morphologique des espèces
et leur biogéographie est susceptible d’éclairer ce
problème taxonomique sous un angle nouveau.
Fig. 19. Distribution bathymétrique des Pentacrines du Pacifique dans l’hypothèse d’un nombre d’espèces réduit à dix.
M. : Metacrinus zonatus ; M. i. : Metucrinus interruptus (incluant M. m. : M. musorstomae) ; M. r. : Metacrinus rotundus
(incluant M. multisegmentatus et M. cyaneus) ; M. s. : Metacrinus serratus (incluant M. c. : M. costatus ), M. w. : Metacrinus
wyvillii ; M. n. : Metacrinus nodosus; S. a. : Saracrinus angulatus (incluant toutes les formes affines, voir texte); S. n. :
Saracrinus nohilis (incluant S. s. : S. superbus et S. varions ) ; D. a. : Diplocrinus alternicirrus (incluant D. s. : D. sibogae ) ; H. n. :
Hypalocrinus naresianus.
174
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES
ET DISTRIBUTION BATHYMÉTRIQUE
L'étagement bathymétrique des espèces entre
150 et I 000 mètres est parfaitement remarquable
pour le matériel recueilli dans les zones Musors-
tom et Corindon (fig. 20). La majorité de ces
espèces sont connues pour avoir une extension
bathymétrique plus large si l’on cumule les
informations issues de régions très différentes. Il
serait intéressant de connaître les variations de
l’étagement des espèces selon les régions et les
conditions de milieu.
Mais la manière de présenter la zonation
bathymétrique dépend beaucoup de la concep¬
tion large ou étroite de la notion d’espèce que
l’on adopte. Dans la figure 19, nous avons pris
une position maximaliste tendant à regouper le
plus possible les formes affines. Cela permet de
réduire à dix espèces la faune de Pentacrines du
Pacifique occidental. Celles-ci se relaient assez
bien avec la profondeur pour préserver une
diversité minimale de trois espèces différentes par
niveau bathymétrique. Au maximum on atteint
cinq espèces vers 200 mètres et même six espèces
entre 800 et 1 200 mètres. Au delà de cette
profondeur, il ne subsiste qu’une espèce : H.
naresianus.
Pour les espèces dont nous avons pu apprécier
Distribution bathymétrique des espèces de Pentacrines distinguées dans la présente étude et recueillies par les
campagnes Musorstom et Corindon.
profondeur des stations Musorstom et Corindon.
extension bathymétrique d’après les campagnes antérieures. Initiales des espèces citées dans la légende de la fig. 19.
Fig. 20.
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACRINIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
175
BRAS
50 60 70
Variations cumulèi
(Nb Br/serie)
PEDONCULE
I.N ? . ? . 10 12
Fig. 21. — Variabilité morphologique chez Metacrinus en fonction de la profondeur.
Les espèces ont été ordonnées en fonction de la profondeur minimale connue. Pour A, et A„ celte profondeur est
identique ; c'est alors le degré d'énergie du milieu (plus faible pour A 4 ) qui a été utilisé.
A — tranche de 100-250 mètres; A, : M. rotundus-, A, : M. interruptus (Japon); A, : M. musorslomae ; A* :
M. interruptus (Philippines).
B tranche de 300-550 mètres illustrée par M. serratus.
C tranche de 600-1 200 mètres illustrée par M. wyvillii.
IN. : internodales ; Nb Br/série : nombre de brachiales par série.
la variabilité des caractères, soit au cours de la
présente étude (tabl. 24. 25), soit lors d’études
antérieurement publiées (Gislen, 1922; Roux,
1980). nous avons tenté de mettre en évidence
les variations en fonction de la profondeur,
Compte tenu du mode d'organisation de la
couronne très différente selon les genres, nous
examinerons d’abord les espèces du genre Meta-
crinus (fig. 21). De 100 à 600 mètres, le nombre
de bras augmente, le nombre d’internodales par
nodotaxis diminue et la variabilité devient faible.
Le point limite de cette tendance est représenté
par M. serratus. L’espèce la plus profonde.
M. wyvillii montre une nette augmentation de la
variabilité et une baisse spectaculaire du nombre
de bras. Selon le modèle proposé par l'un de
nous (Roux, 1982), M. wyvillii approche le seuil
de vulnérabilité trophique (situé probablement vers
1 200 m), M. rotundus vit près du seuil de vul¬
nérabilité hydrodynamique (situé vers 100 mètres),
tandis que M. serratus, entre 300 et 500 mètres,
indique un optimum de stabilité du milieu du.
point de vue des Pentacrines. Les trois popula¬
tions du groupe interruptus qui vivent à une
profondeur semblable montrent des différences
(notamment dans la variabilité de la couronne)
attribuables probablement à une agitation du
milieu plus ou moins forte.
Une analyse des espèces appartenant aux diffé¬
rents genres (fig. 22) nécessite l'utilisation de
caractères comparables. On remarquera que les
deux espèces de Suracrinus ont probablement une
stratégie adaptative très différente bien qu’associées
dans les mêmes stations. Ceci est spectaculaire
pour le nombre d’internodales par nodotaxis :
le nombre moyen est inversement proportionnel
au pourcentage de variation. Par sa grande
taille et sa robustesse. S. superbus s'écarte sensi¬
blement de la tendance générale. Celle-ci con¬
firme la décroissance avec la profondeur du
nombre d'internodales par nodotaxis sauf pour
l'espèce qui atteint les plus grandes profondeurs
(2 497 m), H. naresianus. Le diamètre maximum
du pédoncule ne diminue significativement que
pour H. naresianus. Au-delà de 600 mètres, il se
confirme une réduction du nombre de bras qui
s s
176
JEAN-PAUL BOURSEAU
MICHEL ROUX
7-ucs pi mcipaux caractères aes especes de Me
f ?■ N >>- IN. : nombre d'internodales pur nodota.ri, mature ; L.
N0d. . longueur maximale d un nodotaxis (en mm) ; N. pores : intemode portant les derniers pores intercalaires.
I Br ax.
11 Br ax.
III Br ax.
IV Br ax.
Nb. IN.
L. Nod.
N. pores
X. angulalus
4.4
16,9
15,4
20,5
12,5
7,8
S. superbus
8.1
16,3
17,6
20,4
7,2
10.9
20.8
M. inierruptus
8.1
19,3
17.5
21,9
6,9
8.1
13.1
M. musorstomae
7,3
19,5
20
25.3
8.1
8,6
9,5
M. serratus
7.9
13,7
18.9
16,9
6.8
7,3
14.7
M. wyvillii
11.8
13,5
22,3
23,7
13
9,7
11.6
COURONNE PEDONCULE
F,o. 22. - Variabontte priacip.ua caractères de la couronne et du pédoncule de. Pent.crines du Pacifique en fonction de
gntmïeoXoÆ
Pour D. alternicirrus, les valeurs sont tirées de Roux (1981).
177
ECHINODERMES : CRINOÏDES PENTACR1NIDAE (MUSORSTOM 2 & CORINDON 2)
Tableau 25. — Comparaison entre les écarts-types des principaux caractères des espèces de Metacrininae recueillies lors des
campagnes Musorstom et Corindon 2. Les caractères retenus ici sont-—.
d’ossicules. Nb. IN. : nombre d'internodales par nodotaxis mature.
s'expriment par un nombre entier
I Br ax.
Il Br ax.
III Br ax.
IV Br ax.
Nb. IN.
5. angulatus
0,17
1.24
2,01
3,67
1,01
S. superbus
0,32
1.09
2,03
3,49
0.89
M. interruptus
0,56
1.79
2.37
4,28
0.71
M. musorstomae
0.51
1.87
2.96
4.86
0.83
M. serratus
0.55
0,89
2,07
3.15
0,47
M. wyvillii
0.79
1.26
3,47
4.80
0.88
peut s’accompagner d'une légère augmentation
de leur longueur. On remarquera que les change¬
ments de tendance des caractères liés à la
profondeur peuvent se marquer à des niveaux
bathymétriques variables selon les caractères. Il
serait intéressant de savoir si ces tendances
affectent la variabilité intraspécifique des espèces
relativement eurybathes. Ceci est probable :
rappelons le spécimen de M. aff. wyvillii à une
profondeur nettement plus faible que la popula¬
tion de M. wyvillii (campagne Corindon) et dont
le pédoncule présente des ressemblances avec
celui de M. serratus. C'est sous cet angle que les
Pentacrines du groupe de S. nobilis mériteraient
d’être réétudiées. Certes, il convient de rester
encore prudent quant à l'interprétation de cette
variabilité des caractères liés à la bathymétrie,
mais nos résultats invitent à approfondir cette
question dont les applications aux Pentacrines
fossiles pour la reconstitution des paléobathymé-
tries peut être fort utile.
REMERCIEMENTS
Ces travaux on été effectués dans le cadre du Greco
« Ecoprophyce » du Cnrs ; ils ont également bénéficié
du soutien de I'Asp « Evolution » du Cnrs. Made¬
moiselle D. Barbe a réalisé la frappe du manuscrit et
les dessins sont le fruit du travail minutieux d'A.
Duivon. Le matériel nous a été confié pour étude par
le Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins
du Muséum national d’Histoire naturelle. Que tous
reçoivent ici l’expression de notre profonde gratitude.
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variabilité morphologique chez les Pentacrinidae
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PLANCHES
180
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
PLANCHE I
Saracrinus angulatus (Carpenter)
Musorstom 2, station 31
1. — Spécimen n° 1 ( x 2,2). Couronne et partie proximale du pédoncule d'un jeune spécimen en pleine phase de
croissance et de régénération (voir la couronne).
La légende de cette figure est identique à celle de la figure 1 dans le texte.
B1 — secteur proximal ; nouvelle zone des pores intercalaires, correspondant à l’activation de la partie apicale de l’ancienne
zone des pores intercalaires.
B2 secteur intermédiaire correspondant à l’activation de la partie proximale de l’ancienne zone des pores intercalaires.
B1 + B2 — secteur proximal correspondant à la partie du pédoncule sécrétée pendant la phase de régénération de la
couronne brachiale.
B3 — secteur distal, pédoncule âgé.
2. — Spécimen n° 1 (x 1). Vue générale de l’individu présenté fig. 1 de la même planche.
L’astérisque repère le même nodotaxis sur les fig. 1 et 2.
La flèche seule indique la zone de fracture du pédoncule.
Spécimen n° 4
(x 1).
Spécimen n° 5
(x 1).
Spécimen n° 2
(X 1).
Partie distale du pédoncule.
Organisation générale de la couronne et partie proximale du pédoncule.
Couronne brachiale et partie proximale du pédoncule d’un jeune individu.
182
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
PLANCHE II
Saracrinus angulatus (Carpenter)
Musorstom 2
1. — Spécimen n° 4, station 31 (x 1). Partie proximale du pédoncule et couronne brachiale.
2. — Spécimen n° 5, station 31 (x 0,7). Même légende que pour la figure 1.
3. — Spécimen n° 5, station 31 (x 20). Secundibrachiale axillaire (synarthrie de la face distale).
4. Spécimen n° 6, station 32 (x H). Infranodale de la partie distale du pédoncule, vue générale de la synostose.
5. — Spécimen n° 5, station 31 ( x 22,5). Secundibrachiale ; synarthrie montrant une faible obliquité de la crête
fulcrale. Les flèches blanches indiquent des secteurs du bord interne de l’aire ligamentaire au niveau desquels les
apophyses calcitiques sont bien visibles.
6 . — Spécimen n° 6, station 32 ( x 11). Internodale de la partie distale du pédoncule, vue générale de la symplexie.
Les photos d'ossicules au microscope électronique à balayage {Cambridge S.600) ont été prises au Centre de Microscopie
électronique appliquée à la Biologie et à la Géologie, Université Claude Bernard Lyon I.
Source : MNHN, Paris
184
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
PLANCHE III
I- — Saracrinus superbus (Carpenter). Spécimen n° 8, Musorstom 2, station 31 (x 0,5).
2. - Metacrinus musorstomae Roux. Spécimen n° 4, Musorstom 2, station 51 ( x 0,7). Partie proximale du pédoncule
et couronne brachiale du plus gros spécimen actuellement connu de l’espèce.
3. — Metacrinus musorstomae Roux. Spécimen n° 3, Musorstom 2, station 51 (x 0,6). Couronne brachiale d'un
individu zonée de bandes pourpres.
Source : MNHN, Paris
186
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
PLANCHE IV
I- 6. — Saracrinus angulatus (Carpenter). Spécimen n° 6, Musorstom 2, station 32.
Partie distale du pédoncule.
1. — Canal axial de la synostose d’une infranodale, (x 175).
2. Bord externe de la synostose d’une infranodale avec ses apophyses calcitiques caractéristiques de l'espèce ( x 45) (cf.
même pl., fig. 6).
3. — Agrandissement d’un secteur de la fig. 2 ; apophyses du bord externe de la synostose ( x 240).
4. Zone pétaloïde de la synostose d’une nodale.
Noter les apophyses calcitiques de la périphérie de la synostose (x 27).
5. — Zones pétaloïde et interpétaloïde de la symplexie d’une intemodale ( x 25).
6. Zone pétaloïde de la synostose d’une infranodale ( x 25) (cf. même pl., fig. 2 et 3).
7. — Saracrinus angulatus (Carpenter). Spécimen n° 5, Musorstom 2, station 31.
Bord externe de la synarthrie d’une secundibrachiale. Vue de détail des apophyses calcitiques (cf. pl. 2, fig. 5) ( x 125).
8-10. — Saracrinus superbus (Carpenter). Spécimen n° 6 (individu jeune), Musorstom 2, station 31.
8 . Partie distale du pédoncule, dernier nodotaxis.
Zone pétaloïde de la synostose d’une infranodale ( x 33).
9. — Partie distale du pédoncule, dernier nodotaxis.
Zone interpétaloïde de la synostose d’une infranodale ( x 56).
10. — Partie distale du pédoncule, dernier nodotaxis.
Canal axial de la synostose d’une nodale (x 175).
II- 13. — Saracrinus superbus (Carpenter). Spécimen n° 4 (individu âgé), Musorstom 2, station 19.
Partie distale du pédoncule.
IL — Zones pétaloïde et interpétaloïde de la synostose d’une nodale ( x 18).
12. Zone interpétaloïde de la synostose d’une nodale (x 26).
13. — Canal axial de la synostose d’une nodale (x 153).
Les photos d'ossicules au microscope électronique à balayage (Cambridge S.600) ont été prises au Centre de Microscopie
électronique appliquée à la Biologie et à la Géologie, Université Claude Bernard — Lyon /.
Source : MNHN, Paris
188
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
PLANCHE V
1-2. — Saracrinus superbus (Carpenter). Spécimen n° 4 (individu âgé), Musorstom 2, station 19.
Partie distale du pédoncule.
1- — Zone pétaloïde d'une symplexie d'internodale avec de grosses mailles au cœur du réseau de l’areola (x 24).
2. — Vue de détail des grosses mailles du stéréome de l’areola d’une symplexie (x 128).
3-8. — Metacrinus nodosus Carpenter. Spécimen n° 1, Musorstom 2, station 81.
Extrémité du pédoncule.
3. — Canal axial de la synostose d’une infranodale (x 156).
4. — Zone pétaloïde de la synostose d’une infranodale (x 23).
5-6. — Zone pétaloïde de la symplexie de deux infranodales (x 26).
7. - Vue générale de la symplexie d'une infranodale (x 12).
8. — Vue générale de la synostose d’une nodale (x 12).
9. — Metacrinus musorstomae Roux. Spécimen n° I, Musorstom 2, station 19.
Couronne et partie proximale du pédoncule (x 0,45).
Les photos d'ossicules au microscope électronique à balayage ( Cambridge S.600) ont été prises au Centre de Microscopie
électronique appliquée à la Biologie et à la Géologie, Université Claude Bernard — Lyon I.
190
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
PLANCHE VI
1. — Diplocrinus aff. sibogae (Dôderlein). Spécimen n° 1, Corindon 2, station 214 (x 0,65).
Observer les bras affectés par des galles provoquées par les Myzostomes.
2. Diplocrinus aff. sibogae (Dôderlein). Spécimen n° 1, Corindon 2, station 214 (x 11).
Bras isolé du spécimen de la fig. 1 montrant une galle de Myzostome intallée sur une pinnule.
3. — Diplocrinus alternicirrus (Carpenter). Spécimen n° 1, Musorstom 2, station 56 (x l).
Individu complet.
4. — Diplocrinus aff. sibogae (Dôderlein). Spécimen n° 2, Corindon 2, station 229 (x 1).
Couronne bien conservée d’un individu dont les parties moyenne et distale du pédoncule manquent.
5. — Metacrinus aff. wyvillii (Carpenler). Spécimen n” 1, Corindon 2, station 214 (x 0,6).
Pédoncule du seul spécimen de cette espèce recueilli à cette station. La couronne s'est désolidarisée de la coupe dorsale.
L’organisation de deux bras isolés est présentée sur les fig. 6 et 7 de la même planche.
6-7. — Metacrinus aff. wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 1, Corindon 2, station 214 (x 1).
Organisation de deux bras du même spécimen.
Source : MNHN, Paris
192
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
PLANCHE VII
1-2. — Metacrinus aff. wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 1, Corindon 2, station 214.
1. — Vue générale de la symplexie d’une internodale (x 12).
2. — Vue générale de la synostose d’une infranodale ( x 12).
3-4. — Metacrinus wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 8 (individu jeune). Corindon 2, station 290.
3. — Couronne brachiale montrant une deuxième phase de régénération au-dessus de la troisième secundibrachiale ( x 2).
4. — Autre face de la couronne brachiale montrant cette seconde phase de régénération au-dessus de la première
primibrachiale (x 1,9).
5. — Metacrinus serratus Dôderlein. Spécimen n° 1, Musorstom, station 78 (x 0,88).
Organisation de la couronne brachiale et partie proximale du pédoncule.
6. — Metacrinus wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 7 (individu jeune), Corindon 2, station 290 (x 1,1).
Individu montrant une phase de régénération de la couronne brachiale au-dessus du cercle des pièces basales
(cf. flèches). Cette phase de régénération s’accompagne d'une phase de croissance rapide de la partie proximale du pédoncule
(cf. figure 10 dans le texte).
A — Partie distale du pédoncule (noter le fort diamètre).
B1 + B2 — Partie du pédoncule à croissance rapide.
B1 — Secteur intermédiaire (noter la forte hètérométrie des intemodales).
B2 — Secteur proximal (noter le faible diamètre).
7. — Metacrinus wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 2, Corindon 2, station 290 (x 1,1).
Organisation de la couronne brachiale et extrémité proximale du pédoncule.
Les photos d'ossicules au microscope électronique à balayage ( Cambridge S.600) ont été prises au Centre de Microscopie
électronique appliquée à ta Biologie et à la Géologie, Université Claude Bernard — Lyon I.
194
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
PLANCHE VIII
1. — Metacrinus wyvillii (Carpenter). Spécimen n" 4, Corindon 2, station 290.
Vue générale de la synostose d’une brachiale (x 16).
2. — Metacrinus aff. wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 1, Corindon 2, station 214.
Zone pétaloïde de la synostose d'une nodale (x 29).
3. Metacrinus aff. wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 1, Corindon 2, station 214.
Canal axial de la synostose d’une nodale ( x 200).
4. Metacrinus wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 4, Corindon 2, station 290.
Brachiale du troisième ordre (III Br), vue générale de la synarthrie (x 16).
5. Metacrinus wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 4, Corindon 2, station 290.
Brachiale ; réseau syzygial d’une synostose ( x 24).
6. — Metacrinus wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 6, Corindon 2, station 290.
Vue de détail de la zone pétaloïde de la symplexie d’une internodale (x 25).
7. — Metacrinus aff. wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 1, Corindon 2, station 214.
Synostose de secundibrachiale (x 14).
8. Metacrinus wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 4, Corindon 2, station 290.
Vue de détail d’une secundibrachiale axillaire ( x 30).
9. — Metacrinus aff. wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 1, Corindon 2, station 214.
Brachiale; réseau syzygial d’une synostose (x 25).
10. — Saracrinus angulatus (Carpenter). Spécimen n° 5, Corindon 2, station 290.
Brachiale ; synostose ( x 32).
11. Metacrinus aff. wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 1, Corindon 2, station 214.
Vue générale de la synarthrie d’une brachiale (x 13).
12. Metacrinus wyvillii (Carpenter). Spécimen n° 4, Corindon 2, station 290.
Vue générale de secundibrachiale axillaire (x 16).
Les photos d’ossicules au microscope électronique à balayage (Cambridge S.600) ont été prises au Centre de Microscopie
électronique appliquée à ta Biologie et à la Géologie, Université Claude Bernard Lyon I.
196
JEAN-PAUL BOURSEAU
MICHEL ROUX
PLANCHE IX
Hypalocrinus naresianus (Carpenter)
MUSORSTOM 2, station 56
1. — Spécimen n° 14 (x 1,5). Détail d’une partie du pédoncule (nodotaxis et nodales avec leurs cirres).
2. — Spécimen n° 37 (x 1,5). Détail d’une partie du pédoncule (nodotaxis et nodales avec leurs cirres).
3. — Spécimen n° 37 (x 1,6). Organisation de la couronne (seconde primibrachiale axillaire) et partie proximale du
pédoncule (zone des pores intercalaires).
4. Spécimen n° 30 (nodotaxis n° 4). Vue générale de la symplexie distale d’une internodale (x 15).
5. — Spécimen n“ 30 (nodotaxis n° 10). Vue générale de la symplexie proximale d’une nodale (x 15).
6. — Spécimen n“ 6 (nodotaxis n“ 10), individu jeune. Vue générale de la symplexie d’une internodale ( x 25).
7. — Spécimen n° 30 (nodotaxis n° 4). Vue partielle de la synostose d’une nodale (x 20).
8. — Spécimen n° 30 (nodotaxis n° 4). Canal axial de la synostose d’une nodale (x 118).
9. — Spécimen n° 30 (nodotaxis n° 4). Canal axial et zone interpétaloïde de la synostose d’une nodale ( x 46).
10. — Spécimen n“ 30 (nodotaxis n° 4). Crenula de la synostose d'une infranodale (x 223).
11. Spécimen n° 30 (nodotaxis n° 10). Canal axial de la synostose d’une infranodale (x 135).
Les photos d'ossicules au microscope électronique à balayage < Cambridge S.600) ont été prises au Centre de Microscopie
électronique appliquée à la Biologie et à la Géologie, Université Claude Bernard — Lyon I.
Source : MNHN, Paris
198
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
PLANCHE X
Hypalocrinus naresianus (Carpenter)
Musorstom 2, station 56
1. — Spécimen n° 37 (x 0,80). Vue de l’individu complet.
2. — Spécimen n° 37 ( x 1 ). Vue de la couronne et de la partie proximale du pédoncule (zones des pores intercalaires).
3. — Spécimen n° 50 ( x 14). Deuxième secundibrachiale (II Br 2 ax.). Vue générale (cf. fig. 7 de la même planche).
4. Spécimen n° 50 (x 15). Deuxième primibrachiale axillaire (I Br 2 ax.). Vue générale.
5. Spécimen n° 50 (x 21). Secundibrachiale. Vue générale de la synarthrie.
6. — Spécimen n° 50 ( x 32). Secundibrachiale. Zone d'insertion d’une pinnule.
7. — Spécimen n" 50 ( x 28). Détail des zones d’insertions musculaires internes. Elles sont jointives dans le cas de cette
deuxième secunbrachiale axillaire (cf. fig. 3 de la même planche).
Les photos d'ossicules au microscope électronique à balayage ( Cambridge S.600) ont été prises au Centre de Microscopie
électronique appliquée à la Biologie et à la Géologie, Université Claude Bernard Lyon I.
Source : MNHN, Paris
200
JEAN-PAUL BOURSEAU & MICHEL ROUX
PLANCHE XI
Hypalocrinus naresianus (Carpenter)
Musorstom 2, station 56
1. — Spécimen n“ 50 ( x 28). Face distale d'une première primibrachiale (I Br I).
2. Spécimen n” 50 ( * 28). Face proximale d’une deuxième secundibrachiale axillaire (Il Br 2 ax.) (cf. fig. 3 de la
même planche).
3. — Spécimen n“ 50 (x 14). Face proximale d'une deuxième secundibrachiale axillaire (II Br 2 ax.) (cf. fig. 2 de la
même planche).
4. Spécimen n° 30 (nodotaxis n° 10). Nodale. vue latérale sur la zone d'insertion des cirres ( x 43).
5. — Spécimen n° 30 (nodotaxis n" 10). Nodale. vue latérale sur la zone d’insertion des cirres (x 100).
Agrandissement de la fig. 4.
b- — Spécimen n” 47 ( x 48). Surface articulaire d'un ossicule (partie proximale d'un cirre).
7. — Spécimen n“ 47 ( x 69). Surface articulaire d’un ossicule (partie distale d'un cirre).
8. Spécimen n° 47 (x 135). Extrémité de l'ossicule constituant la griffe des cirres.
9. — Spécimen n° 50 ( x 109). Secundibrachiale. Zone d’insertion d'une pinnule (cf. planche X. fig. 6).
10. Spécimen n° 30 (nodotaxis n” 4) ( x 49). Vue d’une zone interpétaloïde de la symplexie proximale d'une
internodale.
11. — Spécimen n° 30 (nodotaxis n" 4) (x 25). Symplexie proximale d'une internodale.
Les photos d'ossicules au microscope électronique à balayage I Cambridge S.600) ont été prises au Centre de Microscopie
électronique appliquée à la Biologie et à la Géologie, Université Claude Bernard — Lyon I.
3
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
LTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM, VOLUME 4 RÉSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM. VOLUME 4 RÉSULTAT
5
Echinodermes
Ëchinides irréguliers
Bruno David
Université de Bourgogne
Centre des Sciences de la Terre
(CNRS : UA 157 et Greco « Ecoprophyce »)
6, Bd. Gabriel
21100 Dijon (France)
et
Chantal de Ridder
Université Libre de Bruxelles
Laboratoire de Biologie marine
50, avenue F.-D. Roosevelt
1050 Bruxelles (Belgique)
RÉSUMÉ
36 espèces d’échinides irréguliers furent récoltés lors
des expéditions Musorstom (1 et 2), Corindon (2) et
Estase (2). Une nouvelle espèce ( Plesiozonus tenuis)
est décrite. Les collections renferment aussi plusieurs
espèces rares ou peu connues dont 6 sont récoltées
seulement pour la seconde fois et dont 3 ( Conolampas
diomedeae, Laganum versatile et Plesiozonus diome-
deae) sont signalées pour la première fois en domaine
indonéso-philippin. L’hypothèse d’une synonymie entre
Linopneustes excentricus et Linopneutes spectabilis est
avancée, la première espèce pouvant être envisagée
comme une forme juvénile de la seconde.
ABSTRACT
Echinoderms : Irregular Echinoids.
36 species of irregular echinoids were collected
during the Musorstom 1 and 2 cruises off the
Philippines islands in 1976 and 1980, during Corin¬
don cruise in the Straits of Makassar in 1980 and
during the Estase cruise between Manilla and Sura-
baya in 1984. One species ( Plesiozonus tenuis) is
described as new. Several other species are little
known, among which six are recorded here for the
second time, and three ( Conolampas diomedeae, Laga¬
num versatile and Plesiozonus diomedeae) hâve been
collected for the first time in the Indonesia-Philippine
area. The hypothesis that Linopneustes excentricus
might be a juvénile form of L. spectabilis is suggested.
David, B. & de Ridder, C„ 1989. — Echinodermes : Échinides irréguliers. /« : J. Forest (ed ). Résultats
des Campagnes Musorstom, Volume 4. Mém. Mus. natn. Hist. nat.. (A), 143 : 203-227. Paris ISBN : 2-85653-150-4
Source : MNHN, Paris
204
BRUNO DAVID ET CHANTAL DE R1DDER
INTRODUCTION
L’essentiel des informations concernant la
faune profonde des échinides irréguliers dans les
Philippines nous vient des travaux de de Meijere
(1903, 1904) et de Mortensen (1948 a). De
Meijere étudia le matériel récolté lors de l’expédi¬
tion néerlandaise de la Siboga en Indonésie
orientale et au Sud des Philippines. Le matériel
étudié par Mortensen fut récolté par le navire
américain Albatross qui croisa principalement
dans l’archipel des Philippines, mais aussi dans
les eaux des Célèbes et des Moluques.
Cet article recense les récoltes effectuées au
cours des campagnes Musorstom 1 et 2 (Phi¬
lippines), Corindon 2 (détroit de Makassar) et
Estase 2 (Indonésie, entre Manille et Surabaya).
Les collections comptent 36 espèces d’échinides
irréguliers. Six de ces espèces furent décrites par
de Meijere lors de l’étude du matériel ramené
par la Siboga et 6 autres par Mortensen lors de
l’étude du matériel récolté par l’Albatross. Ces
36 espèces se répartissent entre 5 ordres d’échini¬
des irréguliers : les Holectypoida (1 espèce), les
Cassiduloida (2 espèces), les Holasteroida (1
espèce). Une des espèces de spatangoïdes est
nouvelle pour la Science. La liste des stations et
celle des échinides sont reprises ci-après. On
trouvera de plus amples informations concernant
les stations dans les publications de Forest, 1981
(Musorstom 1), de Forest, 1986 (Musorstom 2)
et de Launay et al., 1980 (Corindon 2).
LISTE DES STATIONS
Musorstom 1
Station 18. — 21.03.76, 13°56,3' N-120°16,2' E, 150-
159 m : Pericosmus macronesius.
Station 26. — 22.03.76, 14°00,9' N-120° 16,8' E,
189 m : Clypeasteroida ind.
Station 27. — 22.03.76, 13°59,8' N-120°18,6' E, 192-
188 m : Clypeaster virescens.
Station 34. — 23.03.76, 14°01.0' N-120°15,8' E, 191-
188 m : Conolampas diomedeae.
Station 35. — 23.03.76, 13°59,0' N-120°18,5' E, 186-
187 m : Plesiozonus diomedeae.
Station 49. — 25.03.76, 13°49,1' N-119°59,8' E, 925-
750 m : Linopneustes excentricus.
Station 54. — 26.03.76, 13°54,2' N-l 19°57,9' E,
I 075-975 m : Linopneustes fragilis.
Station 56. — 26.03.76, 13°53,1' N-120°08,9' E, 134-
129 m : Brissopsis similis.
Station 57. — 26.03.76, 13°53,1' N-120°13,2' E, 107-
96 m : Maretia cordata, Peronella minuta.
Station 58. — 26.03.76, 13°58,0' N-120°13,7' E, 143-
178 m : Laganum fudsiyama.
Station 62. — 27.03.76, 13°59,5'N-120°15,6' E, 179-
194 m : Clypeaster virescens, Eupatagus lymani.
Station 64. — 27.03.76, 14°00,5' N-120°16,3' E, 194-
195 m : Conolampas diomedeae.
Station 73. — 28.03.76, 14°15,0' N-120°31,2' E, 76-
70 m : Laganum décagonale, Maretia cordata.
Corindon 2
Station 201. — 30.10.80, 1°10,2' S-U7°06,l' E, 21 m :
Clypeaster reticulatus, Laganum décagonale, Lovenia
subcarinata, Maretia cordata, Paraster sp.
Station 202. 30.10.80, l o 10,l' S-117°06,4' E, 21 m :
Laganum décagonale.
Station 203. — 30.10.80, 1°08,6' S-l 17°07,5' E, 25 m :
Clypeaster reticulatus, Laganum décagonale, Lovenia
subcarinata, Maretia cordata. Paraster sp.
Station 204. — 30.10.80, 1°08,9’ S-l 17°18,0' E, 49 m :
Laganum décagonale.
Station 205. — 30.10.80, 1°07,8' S-l 17°18,7' E, 49 m :
Clypeasteroida ind.
Station 207. — 31.10.80,0“14,9' S-117°51,7' E, 150 m :
Paraster sp.
Station 209. — 31.10.80, 0°07,3' S-1I7°53,8' E, 490 m :
Linopneustes spectabilis.
Station 210. — 31.10.80, 0°12,6' S-117°53,5' E, 338 m :
Hemiaster expergitus gibbosus.
Station 220. 02.11.80, 0°13,6' N-l 18°12,3' E,
2 350 m : Gymnopatagus magnus.
Station 229. 04.11.80, 0°02,2' N-119°49,8' E, 445-
411 m : Laganum fudsiyama.
Station 240. — 05.11.80, 0°37,6' S-l 19°33,5' E, 675 m :
Linopneustes fragilis.
Station 251. — 06.11.80, 0°53,7' S-119°29,6' E, 65 m :
Echinocyamus crispus.
Station 252. - 06.11.80, 0“53,7' S-l 19"31,0' E, 35 m :
Laganum décagonale.
Station 253. 06.11.80, 0°53,6' S-l 19°30,0' E, 17 m :
Peronella sp.
Station 258. — 07.11.80, 1°56,8' S-l 19°17,3' E, 30 m :
Clvpeaster pateriformis.
Station 260. — 07.11.80, 1°56,9' S-l 19° 17,6' E, 50-
15 m : Echinodiscus bisperforatus truncatus, Linopneus¬
tes fragilis.
Station 281. - 08.11.80, 1°57,5' S-l 19°02,0' E, 1 120-
1 150 m : Gymnopatagus magnus. Linopneustes fragilis.
Station 282. — 08.11.80, 1°59,6' S-l 19°30,0' E, 17 m :
Paraster sp..
Station 286. — 09.11.80, 2”04,4' S-l 18°46,9' E,
1 710-1 730 m : Gymnopatagus magnus , Linopneustes
fragilis.
ECHINODERMES : ECHINIDES IRRÉGULIERS
205
Station 289. 09.11.80, 2°08,5' S-l 18°15,0' E,
2 200 m : Hypselaster kempi.
Station 292. — 10.11.80, 2°37,2' S-l 17°53.0' E, 46 m :
Station P 293. — 10.11.80, 2°37,7' S-117°49,4' E, 45-
62 m : Peronella macroproctes.
Station 295. 11.11.80, 1°26,5' S-l 17*02,1' E, 54-
51 m : Laganum décagonale.
Musorstom 2
Station 2. — 20.11.80, 14°01,0' N-120°17,l' E, 186-
184 m : Conolanipas diomedeae. Pericosmus macrone-
Station 4. — 20.11.80, 14°01,2' N-120° 18,4' E, 190-
183 m : Conolampas diomedeae.
Station 6. — 20.11.80, 13°56,5' N-120°20,7' E, 136-
152 m : Laganum fudsivama, Pericosmus macronesius.
Station 10. - 21.11.80, 14"00,1' N-120° 18,5' E, 188-
195 m : Laganum fudsiyama.
Station 11. 21.11.80, 14"00,4' N-120°19,7' E, 196-
194 m : Brissopsis luzonica.
Station 18. — 22.11.80, 14°00,0' N-120'‘18.6' E. 195-
188 m : Brissopsis luzonica.
Station 19. — 22.11.80, 14°00,5' N-120° 16,5' E, 189-
192 m : Laganum sp.
Station 20. — 22.11.80, 14°00,9' N-120° 18,1' E, 192-
185 m : Plesiozonus diomedeae.
Station 33. — 24.11.80, 13°32,3' N-121°07,5' E. 130-
137 m : Clypeaster virescens, Echinolampas alexandri,
Fibularia cribellum, Laganum fudsiyama.
Station 41. — 25.11.80, 13°15,3'N-122°45,9' E, 166-
172 m : Laganum décagonale.
LISTE DES
Holectypoida
Echinoneidae
Echinoneus cyclosiomus Leske, 1778 : Musors¬
tom 2, st. 57 (1 spm).
Cassiduloida
Echinolampadidae
* Conolampas diomedeae Mortensen, 1948 :
Musorstom 1, st. 34 (2 spms), st. 64 (1 spm);
Musorstom 2, st. 2 (lspm), st. 4 (2 spms), st. 52
1 spm).
* Echinolampas alexandri de Loriol, 1876 :
Musorstom 2, st. 33 (1 spm).
Holasteroida
Urechinidae
Plexechinus aff. speciabilis Mortensen, 1950 :
Estase 2, st. 5 (2 spms).
Station 44. — 26.11.80. 13°23,2' N-122°20,7' E, 820-
760 m : Linopneusies excentricus.
Station 47. — 26.11.80, 13“33.0' N-122°10,l' E, 84-
81 m : Laganum versatile.
Station 50. — 27.11.80, 13°36,7' N-120°33,7' E, 810-
820 m : Linopneustes fragilis.
Station 51. — 27.11.80, 13°59,3'N-120°16,4' E, 170-
187 m : Brissopsis luzonica, Lovenia triforis.
Station 52. 27.11.80, 14“00,7' N-120° 18,7' E, 190-
181 m : Conolampas diomedeae, Plesiozonus tenuis.
Station 53. — 27.11.80, 13°59,2' N-120” 18,3' E, 216-
215 m : Laganum fudsivama.
Station 57. — 28.11.80, 13°51,9' N-I20°03.6' E, 182-
156 m : Echinoneus cyclosiomus, Eupatagus lymani.
Heterobrissus niasicus.
Station 64. — 29.11.80. 14°01.5' N-120°18,9' E, 195-
191 m : Brissopsis similis.
Station 75. — 01.12.80, 13°50,5' N-120°30,3' E. 300-
330 m : Plesiozonus hirsutus.
Station 80. 01.12.80, 13°45,1' N-120“37.7' E. 178-
205 m : Laganum fudsiyama, Lovenia triforis.
Station 81. - - 01.12.80, 13 , '36,4' N-121 °31,8' E, 856-
884 m : Linopneustes fragilis.
Station 83. - 02.12.80, 13°55,2' N-120°30,5' E, 320-
318 m : Plesiozonus hirsutus.
Estase 2
Station 5. 01.12.84, 04°59.37' N-125°41,20' E,
1 190-1 180 m : Plexechinus aff. speciabilis.
Station 6. 05.12.84, 04“38,30' N-l 19°49,43' E,
2 750 m : Laganum laganum.
ESPÈCES
Spatangoida
Brissidae
Brissopsis luzonica (Gray, 1851) : Musorstom 2,
st. 11 (1 spm), st. 18 (1 spm), st. 51 (1 spm).
Brissopsis similis Mortensen, 1848 : Musorstom 1,
st. 56 (1 spm juvénile); Musorstom 2, st. 64 (1 spm
juvénile).
* Eupatagus lymani (Lambert & Thiéry, 1924) :
Musorstom 1, st. 62 (1 spm); Musorstom 2, st. 57
(2 spms).
Gymnopatagus magnus A. Agassiz & Clark, 1907 :
Corindon 2, st. 220 ( 1 spm), st. 281 (2 spms), st. 286
(2 spms brisés).
Hemiasteridae
Hemiaster expergitus gibbosus A. Agassiz, 1879 :
Corindon 2, st. 210 (1 spm).
Loveniidae
Lovenia subcarinata (Gray, 1845) : Corindon 2,
st. 201 (7 spms), st. 203 (3 spms).
206
BRUNO DAVID ET CHANTAL DE RIDDER
Lovenia triforis Koehler, 1914 : Musorstom 2, st.
51 (1 spm), st. 80 (l spm).
Lovenia sp. Corindon 2, st. 292 (1 spm).
Palaeopneustidae
Heterobrissus niasicus (Dôderlein, 1901) : Mus¬
orstom 2, st. 57 (1 spm juvénile).
* Linopneustes excentricus de Meijere, 1902 :
Musorstom 1, st. 49 (1 spm); Musorstom 2, st. 44
(1 spm).
Linopneustes fragilis (de Meijere, 1902) : Musors¬
tom 1, st. 54 (2 spms) ; Musorstom 2, st. 50 (3 spms),
st. 81 (1 spm) ; Corindon 2, st. 240 (2 spms), st. 260
(2 spms), st. 281 (2 spms), st. 286 (frgts).
Linopneustes spectabilis (de Meijere, 1902) :
Corindon 2, st. 209 (2 spms).
* Plesiozonus diomedeae Mortensen, 1948 : Mus¬
orstom 1, st. 35 (1 spm); Musorstom 2, st. 20
(1 spm).
* Plesiozonus hirsutus de Meijere, 1902 : Musors¬
tom 2, st. 75 (1 spm), st. 83 (1 spm).
* Plesiozonus tenais nov. sp. Musorstom 2, st. 52
(1 spm brisé).
Pericosmidae
* Pericosmus macronesius Koehler, 1914 : Mus¬
orstom 1, st. 18 (1 spm) ; Musorstom 2, st. 2 (1 spm
brisé), st. 6 (1 spm).
Schizasteridae
Hypselaster kempi : (Koehler, 1914), Corindon 2,
st. 289 (1 spm)
* Par aster sp 1 : Corindon 2, st. 201 (4 spms
juvéniles), st. 203 (4 spms juvéniles).
* Paraster sp 2 : Corindon 2, st. 207 (2 spms
juvéniles), st. 282 (1 spm juvénile).
Spatangidac
Maretia cordata Mortensen, 1948 : Musorstom 1,
st. 57 (1 spm), st. 73 (2 spms) ; Corindon 2, st. 201
(9 spms), st. 203 (33 spms).
Clypeaster reticulatus (Linné, 1758) : Corindon 2,
st. 201 (29 spms) st. 203 (4 spms).
* Clypeaster virescens Dôderlein, 1885 : Musors¬
tom 1, st. 27 (1 spm), st. 62 (1 spm) ; Musorstom 2, st.
33 (2 spms).
Fibulariidae
Echinocyamus crispus Mazetti, 1893 : Corindon 2,
st. 251 (8 spms).
Fibularia cribellum de Meijere, 1902 : Musorstom 2,
st. 33 (2 spms).
Laganidae
Laganum décagonale (de Blainville, 1827) : Mus¬
orstom 1, st. 73 (84 spms); Musorstom 2, st. 41
(9 spms) ; Corindon 2, st. 201 (19 spms), st. 202
(3 spms), st. 203 (56 spms), st. 204 (6 spms), st. 252
(5 spms), st. 295 (5 spms).
Laganum fudsiyama Dôderlein, 1885 : Musors¬
tom 1, st. 58 (2 spms) ; Musorstom 2, st. 6 (2 spms),
st. 10 (1 spm), st. 33 (10 spms), st. 53 (1 spm), st. 80
(8 spms); Corindon 2, st. 229 (2 spms).
Laganum laganum (Leske, 1778) : Estase 2, st. 6
(1 spm).
Laganum sp. ; Musorstom 2, st. 19 (1 spm).
* Laganum versatile Koehler, 1922 : Musorstom
2, st. 47 (1 spm).
Peronella macroproctes Koehler, 1922 ; Corindon
2, st. 293 (1 spm).
Peronella minuta (de Meijere, 1904) : Musorstom
1, st. 57 (6 spms).
Peronella sp. : Corindon 2, st. 253 (1 spm).
Scutellidae
Echinodiscus bisperforatus truncatus (L. Agassiz,
1841) : Corindon 2, st. 260 (1 spm).
Indéterminés
Musorstom 1, st. 26 (1 spm); Corindon 2, st.
205 (1 spm).
Clypeasteroida
Clypeasteridae
* Clypeaster pateriformis Mortensen, 1948
Corindon 2, st. 258 (2 spms dont 1 brisé).
Les espèces signalées par un astérisque font l’objet de remarques taxonomiques.
ECHINODERMES : ECHINIDES IRRÉGULIERS
207
REMARQUES TAXONOMIQUES
Conolampas diomedeae Mortensen, 1948
(PI. I, 1-2)
Conolampas diomedeae Mortensen, 1948 a : 95 ; Mor¬
tensen, 1948 b : 308, pl. 8, fig. 5-8, pl. 12, fig. 8,
pl. 13, fig. 9.
Cette espèce n'était jusqu’alors connue que
par l’holotype, récolté au SE de l’île de Mindoro
à une profondeur de 265 m. Les 7 spécimens des
campagnes Musorstom forment un groupe homo¬
gène ; ils sont globalement conformes au type de
Mortensen, tout en s’en démarquant par une
légère dissymétrie des deux branches de l’ambu-
lacre antérieur (ambulacre III), (pl. I, 1). Cette
petite différence peut être imputée à une varia¬
tion locale, voire même être considérée comme
fortuite et elle ne saurait servir à établir une
nouvelle espèce. Trois espèces de Conolampas
sont connues dans le domaine indo-malais. Les
exemplaires de C. diomedeae se distinguent de
l'espèce C. murrayana Mortensen, 1948 par leur
appareil apical en bouton et par leurs pétales
plus étroits (les positions plus postérieure du
péristome et moins marginale du périprocte,
invoquées par Mortensen, sont en revanche des
critères de distinction bien ténus). Ils se distin¬
guent nettement de l’espèce C. malayana Mor¬
tensen, 1948 par leurs pétales plus longs.
Biométrie
Les mesures effectuées ont été limitées à
quelques dimensions majeures ; contrairement à
Mortensen (1948 b), nous n’avons pas dénombré
les pores des ambulacres car la marge d’incerti¬
tude des dénombrements était supérieure aux
variations observées, les extrémités de chaque
branche ambulacraire étant trop délicates à
saisir.
Echinolampas alexandri de Loriol, 1876
Echinolampas alexandri de Loriol, 1876 : 4, pl. 1,
fig. 1-3; Clark, 1917 : 114, pl. 144, fig. 14-16, pl. 153,
fig. 3-4 ; Mortensen, 1948 b : 282, pl. 2, fig. 20-24,
pl. 3, fig. 1-3, pl. 14, fig. 1, 4, 7.
L’exemplaire récolté est un test mort, dénudé,
partiellement recouvert par des épizoaires, mais
cependant peu usé. Il présente les caractères
généraux d'E. alexandri qui est une espèce à très
forte variabilité. Au sein du domaine de varia¬
tion de cette espèce, il se caractérise par un
contour ovale et des rangées de pores très
inégales dans les quatre ambulacres pairs. En
revanche, il n’est pas possible de l’attribuer à
l’une ou l’autre des variétés, établies par Mor¬
tensen (1948 b) sur des types morphologiques de
pédicellaires.
Eupatagus lymani (Lambert & Thiéry, 1924)
Gvmnopaiagus pulchellus Agassiz & Clark, 1907 : 254 ;
Clark. 1917 : 229, pl. 159, fig. 2-6.
Brissoides lymani Lambert & Thiéry. 1924 : 452.
Eupatagus lymani. Mortensen, 1951 : 472.
Les spécimens récoltés correspondent parfaite¬
ment à la description et aux illustrations de
Clark (1917). Ils possèdent notamment quatre
paires de podias dans le fasciole subanal et leur
labre s’étend jusqu’aux plaques ambulacraires
adjacentes de rang 3 (I.a.3 et V.b.3.).
C’est la première fois que cette espèce est
récoltée ailleurs qu’aux Iles Hawaï, où elle était
connue à des profondeurs équivalentes à celles
rencontrées aux Philippines.
208
BRUNO DAVID ET CHANTAL DE RIDDER
Linopneustes excentricus de Meijere, 1902
Linopneustes excentricus de Meijere, 1902 : 13; de
Meijere, 1904 : 180, pl. 10, fig. 94-96, pl. 22,
fig. 454-457; Clark, 1917 : 224; Mortensen,
1950 : 220, pl. 24. fig. 5, 16, 22.
Les deux exemplaires de Musorstom se ratta¬
chent sans équivoque à l’espèce L. exentricus,
telle qu'elle a été décrite par de Meijere (1904)
ou Mortensen (1950). Ils se distinguent de L.
spectabilis par leur vertex excentré vers l’avant,
leur périprocte et leur fasciole marginal situés
plus haut sur le test, une densité beaucoup plus
importante de tubercules et de radioles majeurs,
ainsi que par l’alignement des tubercules de part
et d'autre de l’ambulacre antérieur. Mais ils se
distinguent surtout par leur taille, car ce sont de
petits oursins (85 mm de longueur au maximum),
comparés aux très gros L. spectabilis (jusqu’à
200 mm). Or l’exemplaire de la station Mil 44
(LL = 65 mm) provient du même trait de chalut
que des L. spectabilis de taille moyenne (environ
120 mm), qui pour certains caractères (position
du périprocte, trajet postérieur du fasciole margi¬
nal) évoquent L. excentricus. Ces observations
amènent à s’interroger sur la validité de la
distinction des deux espèces, d’autant que leurs
répartitions géographique et bathymétrique se
recouvrent. On pourrait alors voir dans L.
excentricus une forme juvénile de P. specta¬
bilis.
Plesiozonus diomedeae Mortensen, 1948
(Pl. I, 3-7)
Plesiozonus diomedeae Mortensen, 1948 a : 1 18 ; Mor¬
tensen. 1950 : 245, pl. 1, fig. 1-2, pl. 2. fig. 1-2, pl.
20, fig. 12-14, 16-19, 25, 26.
Mortensen (1948 a) a décrit cette espèce sur la
base de 6 exemplaires, récoltés par « l’Albatross »
aux Philippines entre 180 et 345 m de profon¬
deur. Les exemplaires Musorstom proviennent
donc du même contexte. Ils sont de plus parfai¬
tement conformes à la description minutieuse
donnée par Mortensen (1950). Toutefois, ils
permettent d’ajouter quelques précisions impor¬
tantes à cette description.
Le fasciole péripétale, dont Mortensen signa¬
lait qu’il ne pouvait pas être suivi sur la totalité
de son parcours, n’existe en réalité qu’à proxi¬
mité des ambulacres antérieurs pairs (II et IV). Il
en contourne l’extrémité distale (pl. 1, 5) ; anté¬
rieurement. il se perd rapidement ; postérieure¬
ment, il remonte obliquement vers l'apex sur
environ 2 cm, se coude pour dessiner un angle de
120°, puis suit un trajet transversal rectiligne de
2 cm avant de se perdre par dilution des granules
miliaires. Aucune trace de ce fasciole n’a pu être
relevée sur d’autres secteurs du test.
Bien que non signalé par Mortensen (1950), il
existe un fasciole marginal très net, un peu plus
large que le fasciole péripétale, et dont le par¬
cours peut être suivi tout autour du test. Ce
fasciole court à proximité de l'ambitus, il passe
sous le périprocte en position strictement mar¬
ginale (pl. I, 6) et traverse la gouttière anté¬
rieure très bas sur le test. Son parcours est
jalonné par quelques décrochements verticaux
abrupts (pl. 1, 7).
Le plastron est caractérisé par un grand labre
qui s’étend jusqu’aux plaques ambulacraires adja¬
centes de rang 2 (fig. 1).
Biométrie
Dislance labre -> arrière
ECHINODERMES : ECHINIDES IRRÉGULIERS
209
Fig. 1. Plesiozonus diomedeae Morlensen, architecture de la région péristomienne.
Fig. 2. Plesiozonus hirsutus de Meijere, partie distale du pétale antérieur gauche (IV) : architecture des plaques occluses.
Source : MNHN, Paris
210
BRUNO DAVID ET CHANTAL DE RIDDER
Plesiozonus hirsutus de Meijere, 1902
(PI. II, 1-5)
Plesiozonus hirsutus de Meijere, 1902 : 12 ; de Meijere,
1904 : 178, pl. 7, fig. 83-85; pl. 22, fig. 438-453;
Mortensen, 1950 : 244, pl. 20, fig. 7, 10, 15, 20-22,
24.
Jusqu’à présent, cette espèce n'était connue
que par le seul holotype, récolté par la « Siboga »
à 521 m de profondeur dans la Mer de Flores. Ce
type a été décrit en détail par de Meijere ( 1904),
description complétée par Mortensen (1950) en
ce qui concerne les pédicellaires. Les exemplaires
de Musorstom sont strictement conformes au
type et nous ne ferons ici que rappeler les carac¬
tères généraux de l'espèce en nous appuyant sur
des illustrations complémentaires.
P. hirsutus est un oursin de grande taille
(jusqu’à 140 mm de longueur), au test épais. Sa
forme générale est celle d'un cône élevé, au con¬
tour ovale, légèrement resserré postérieurement
(pl. II, 2-3). La face adorale est plane, mais un
léger renflement plastronal donne à ce caractère
un cachet moins spectaculaire que chez P. diome-
deae. Il n’y a pas de gouttière antérieure et
l'ambulacre III, aux pores minuscules, est très
discret. Par contre, les ambulacres pairs sont bien
développés (pl. II, 1). Également à fleur de test,
ils possèdent des zones interporifères dénudées,
parfaitement lisses (hormis quelques granules
miliaires dispersés dans leur secteur distal), et qui
s'élargissent en direction de l’ambitus. Ils sont
ouverts distalement et se terminent avec quelques
plaques occluses, moins nombreuses cependant
que chez P. diomedeae (fig. 2). L’apex, situé au
sommet du test, possède 3 pores génitaux et sa
structure est ethmolytique (pl. 11, 4). Le péri-
procte, en position marginale à inframarginale
est grand et presque circulaire (17 x 18 mm). Le
plastron évoque celui de P. diomedeae, avec un
labre de grande taille, mais qui s'avance cette fois
largement au-dessus du péristome dont l’ouver¬
ture apparaît ainsi réniforme (pl. Il, 5 et fig. 3). Il
n’y a aucune trace de fasciole.
Plesiozonus tenuis nov. sp.
(Pl. III, 1-6)
profondeur 190-181 m.
Matériel type
I exemplaire (holotype), déposé au Muséum
national d’Histoire naturelle de Paris.
II peut paraître surprenant de fonder une
nouvelle espèce sur un seul spécimen, qui est de
surcroit cassé. Mais, il est possible de reconsti¬
tuer virtuellement le puzzle des fragments et
d’avoir ainsi des indications suffisamment précises
sur la morphologie de cet exemplaire. On constate
alors qu'il se rattache au genre Plesiozonus qui
comptait jusqu’à présent deux espèces, morpho¬
logiquement très distinctes et auxquelles le spéci¬
men récolté ne ressemble pas.
Localité type
Musorstom 2 st. 52, 14°00,7'N, 120° 18,7' E,
Diagnose
Espèce de Plesiozonus au test très mince. Les
ambulacres pétaloïdes sont à fleur de test ; les
zones interporifères sont larges, occupées par
quelques tubercules miliaires ; les pores ambula-
craires sont petits, arrondis et tous identiques.
Description du type
Forme générale
L’holotype est de taille moyenne, ses dimen¬
sions approximatives sont : longueur, 70 mm ;
largeur, 65 mm ; hauteur estimée, 40 mm. Le test
est très mince.
ECHINODF.RMES : ECH1NIDF.S IRRÉGULIERS
211
Fig. 3. — Plesiozonus hirsutus de Meijere, architecture de la
région périslomienne.
La forme générale est hémisphérique avec une
face adorale plane et une face apicale régulière¬
ment convexe (pi. III. 1). Le contour à l'ambitus
est un cercle parfait, à peine marqué par une
légère inversion de courbure au passage de
l'ambulacre 111 (pl. III, 2). Le vertex coïncide
avec l’apex et occupe une position antérieure. Le
péristome est nettement excentré vers l’avant et
le périprocte est marginal.
Ambulacres
En face apicale, l'ambulacre impair (111) n’est
pas déprimé. Ses pores sont punctiformes et
minuscules ; ils sont doubles et superposés verti¬
calement dans la région proximale de l'ambu-
lacre et deviennent simples (isopores) distalement
à partir de la 8 ou 9 e paire de plaque, ils sont
alors presque indiscernables à l'œil nu. Les
ambulacres pairs (I, II, IV et V) sont tous
identiques et non déprimés. Dans leur partie
pétaloïde, ils comptent 45 à 47 paires de pores,
possèdent des zones interporifères relativement
larges, simplement colonisées par quelques tuber¬
cules miliaires épars. Les pores ambulacraires
sont arrondis, petits et tous identiques (pl. III, 3).
A leur extrémité distale, les pétales se terminent
par quelques plaques occluses alternantes (fig. 4)
comparables à celles de Plesiozonus hirsutus et
donc moins nombreuses que chez P. diomedeae.
Hors des secteurs pétaloïdes, la tuberculation est
la même que celle des interambulacres (cf. ci-
dessous).
Sur la face orale, les ambulacres postérieurs (I
et V) ne présentent pas d’élargissement adproc-
tal. Ils sont dépourvus de radioles, mais couverts
par de nombreux pédicellaires rostrés. En région
péristomienne, les phyllodes sont assez bien
développés (pl. III, 4); ils sont comparables à
ceux de Plesiozonus hirsutus ou à ceux de
Palaeopneustes cristatus A. Agassiz, 1873 et de
P. tholoformis Chesher, 1968.
Interambulacres
En face apicale, les plaques interambulacraires
sont régulièrement, mais peu densément tuber-
culées. Les tubercules ordinaires sont petits (dia¬
mètre de l’aréole de 0,6 mm) ; ils possèdent un
mamelon perforé et une plate-forme crénelée.
Entre ces tubercules, la couverture des tubercules
miliaires (sans plate-forme ni aréole) est plus
dense.
En face orale, le péristome est un pentagone
allongé transversalement, aux sommets arrondis
(pl. III, 5). Il est légèrement recouvert par
le labre qui s’étend postérieurement jusqu’aux
plaques ambulacraires adjacentes de rang 2. Les
plaques sternales sont allongées (fig. 5-6). Il
existe entre les interambulacres 1 et 4 une dis¬
symétrie architecturale (hétéronomie) qui oppose
les plaques 4.a.2 et 4.b.2 à une seule plaque
impaire (l.ab.2) de l'interambulacre 1 (fig. 6). Ce
type d’hétéronomie se retrouve chez les autres
espèces de Plesiozonus et chez les genres Paleo-
pneustes et Pericosmus (Chesher, 1968). La
tuberculation est analogue à celle de la face
apicale, avec simplement des tubercules ordinaires
un peu plus gros.
Autres caractères
L'apex est affleurant ; il possède 3 pores
génitaux (la plaque madréporique n’en a pas) et
sa structure est ethmolytique (pl. III, 6).
Les radioles sont courts et fins, légèrement
incurvés à leur base. Il existe un fasciole mar¬
ginal net comme chez Plesiozonus diomedeae. Il
est fin et situé très bas sur le test, juste au-dessus
de l’ambitus, sauf à la hauteur du périprocte
qu’il contourne en passant sur la face orale. Il
212
BRUNO DAVID ET CHANTAL DE RIDDER
Fig. 4. — Plesiozonus lenuis nov. sp.. partie distale du pétale postérieur droit (1) : architecture des plaques occluses.
n'y a pas de fasciole péripétale, ce qui exclut que
ce spécimen soit un jeune P. diomedeae.
La couleur du test est pourpre à violet foncé.
Comparaisons
La nouvelle espèce se rapproche beaucoup du
genre Palaeopneustes par sa forme générale et la
structure de ses ambulacres. Malgré ces ressem¬
blances, nous l’avons placée au sein du genre
Plesiozonus car elle possède une légère dépression
frontale (caractère distinctif des deux genres dans
la clef de Mortensen, 1950) et surtout car son
labre ne s’étend pas au-delà des plaques ambula-
craires adjacentes de rang 2 alors qu’il atteint le
rang 3 chez Palaeopneustes. Toutefois, la stabilité
de ce caractère est fondée sur le petit nombre
d'exemplaires connus et il pourrait se révéler
variable à la suite de la découverte de nouveaux
exemplaires. Le genre Plesiozonus devrait alors
être réuni au genre Palaeopneustes.
Pour l’instant, Plesiozonus tenuis se distingue
des deux espèces de Palaeopneustes par la min¬
ceur de son test, la position marginale de son
périprocte, ainsi que par les deux caractères
précités : le sinus frontal et l’extension du labre.
Il se distingue de Plesiozonus hirsutus et de
P. diomedeae : par la minceur de son test ; par sa
plus petite taille ; par ses ambulacres à fleur de
lest sur toute leur longueur, alors qu’ils sont
déprimés chez P. diomedeae et marqués par un
léger sillon chez P. hirsutus ; par ses zones
pétaloïdes antérieures et postérieures de même
taille, alors qu'elles sont différentes chez P. diome¬
deae ; par ses pores des pétales arrondis et petits,
alors que les pores externes sont allongés chez les
deux autres espèces ; par ses zones interporifères
très larges et moins lisses ; par ses tubercules plus
petits ; par son fasciole marginal très bas, alors
ECHINODERMES : ECHJNIDES IRRÉGULIERS
213
Fig. 5. — Plesiozonus tenuis nov. sp., vue interne du test entre le peristome et le periprocte. Le dessin correspond à un puzzle
de 8 morceaux ; les canaux aquifères sont en pointillés, les processus qui encadrent le péristome sont hachurés, les
lignes hachurées correspondent à des fractures.
que celui de P. diomedeae est plus haut et que
P. hirsutus n'en a pas ; par son labre nettement
moins recouvrant que celui de P. hirsutus et plus
recouvrant que celui de P. diomedeae.
Derivatio nominis
Le nom de l'espèce a été choisi par référence à
la minceur de son test.
214
BRUNO DAVID ET CHANTAL DE RIDDER
5
Fig. 6. Plesiozonus tenuis nov. sp., interprétation architecturale de la face orale déduite de la figure 5 (vue interne) ; les
ambulacres sont en pointillés. A noter, l'hètéronomie entre les interambulacres 1 et 4.
Source : MNHN, Paris I
ECHINODERMES : ECH1NIDES IRRÉGULIERS
215
CLEF DES ESPÈCES
DU GENRE PLESIOZONUS
1 — Test épais ; pores ambulacraires externes
des pétales allongés ; zones interporifères
peu larges ; pétales déprimés ou marqués
par un sillon. 2
— Test mince ; pores ambulacraires des péta¬
les petits et arrondis ; zones interporifères
larges ; pétales à fleur de test. . P. tenuis
2 — Sillon frontal peu marqué ; plaques occlu¬
ses des extrémités distales des ambulacres
alternant avec des plaques non occlu¬
ses ; labre proéminent au dessus du péris-
tome. P. hirsutus
Sillon frontal net ; plusieurs plaques occlu¬
ses successives à l’extrémité distale des
ambulacres ; labre non recouvrant.
P. diomedeae
Pericosmus macronesius Koehler, 1914
(PI. III, 7-9)
Pericosmus macronesius Koehler, 1914 : 133, pl. 12,
fig. 1-5; Mortensen, 1951 : 176, pl. 17, fig. 18. 20.
21. pl. 50, fig. 5-7, 12-14, 17.
Jusqu’à présent, cette espèce n’était connue
avec certitude que dans l'Océan Indien : l’holo-
type et le paratype de Koehler ayant été récoltés
aux Iles Andamans et l’exemplaire de Mortensen
à l’Ile Maurice (son signalement au NE de
l'Australie par Clark (1932), étant sujet à
caution). Les oursins de Musorstom sont très
proches de la minutieuse diagnose de Koehler
(1914). Ils s’en écartent toutefois par deux carac¬
tères : les plaques interambulacraires l.l et 4.1
jouxtent le péristome par une face minuscule,
alors qu'elles en étaient complètement exclues
chez les exemplaires de Koehler (fig. 7) ; le
fasciole péripétale suit un trajet en baïonnette
dans l’interambulacre 5 (pl. III. 9).
P. macronesius se distingue des espèces voisines
P. bidens Mortensen, 1950 et P. cordalus Mor¬
tensen, 1950 par les caractères suivants. Il diffère
de P.bidens par son sillon antérieur plus accusé et
par son périprocte non transverse. Il n'a pas été
possible d'observer des pédicellaires globifères
intacts qui auraient permis de distinguer les deux
espèces avec une absolue certitude. Il diffère de
P. cordatus par une plus forte gibbosité, la
subdivision du fasciole péripétale en plusieurs
branches qui traverse la gouttière antérieure et
l’extention de la plaque madréporique au-delà
des plaques oculaires I et V.
Biométrie
Distance labre -■
5mm
Fig. 7. — Pericosmus macronesius Koehler, architecture de la
région péristomienne (les interambulacres I et 4. hachurés,
atteignent le péristome).
216
BRUNO DAVID ET CHANTAL DE RIDDER
Clypeaster paterifomis Mortensen, 1948
(PI. IV, 1-2)
Clvpeaster paterifornis Mortensen, 1948 a : 99 ; Mor¬
tensen, 1948 b : 67, pl. 14, fig. 1-3. pl. 16, fig. 2,
pl. 65 fig. 1, 5, pl. 66, fig. 5-7, 15.
C’est la seconde fois que cette espèce est
signalée ; elle n'était connue que par les deux
exemplaires (un adulte — Pholotype — et un
juvénile) décrits par Mortensen. Deux spéci¬
mens adultes ont été récoltés, un des deux
exemplaires est malheureusement brisé.
La description réalisée par Mortensen peut
être complétée par quelques informations sur la
structure des pétales et sur la répartition des
tubercules à la surface du test. Les pétales sont
tous fermés, assez courts (longueur de l’aire
pétaloïde égale ou un peu plus grande que celle
du test). Les aires porifères de chaque pétale sont
larges. Elles s’amincissent progressivement vers
l’apex de l’oursin et brusquement vers l’extrémité
distale du pétale. Les crêtes entre les paires de
pores sont étroites et portent de 7 à 8 (milieu des
pétales) et de 3 à 4 (extrémité distale des pétales)
tubercules primaires. Ces tubercules sont alignés
sur une rangée et régulièrement espacés. Les
tubercules secondaires, peu nombreux, sont sou¬
vent disposés en cercle ou en arc de cercle autour
des tubercules primaires. Les tubercules primaires
de la face aborale sont de taille uniforme et
densément serrés. Sur la face orale, la taille et la
densité des tubercules primaires varient en fonc¬
tion de leur localisation : grands et espacés au
milieu des interambulacres, ils sont petits et
serrés vers les sillons ambulacraires, le péristome
et l’ambitus.
Biométrie
Clypeaster virescens Dôderlein, 1885
Clypeaster virescens Dôderlein, 1885 : 30 ; Mortensen,
1948 : 96, pl. 33, fig. 1, pl. 38, fig. 1-5. pl. 40 fig. 1,
10, pl. 67, fig. 5-7, 12-14, 20, 21, 23 , pl. 69, fig. 6 ;
Shigei, 1986 : 113, pl. 27, fig. 1, pl. 90, fig. 1. 2.
pl. 91, fig. 1-3.
Les spécimens récoltés ont une aire pétaloïde
particulièrement grande (de longueur quasi égale
aux trois-quarts du diamètre du test). D’après
Mortensen (1948 b), la longueur de l’aire péta¬
loïde ne dépasse pas la moitié du diamètre du
test chez C. virescens. Cependant, lorsque l’on
compare entre eux les différents spécimens illus¬
trés tant par Mortensen (1948 b : pl. 38, fig. 1-5)
que par H. L. Clark (1914 : pl. 140, fig. 1, 2) et
par,SHiGEi (1986 : pl. 27, fig. 1, pl. 90, fig. 1, 2, pl.
91, fig. 1-3), force est de constater que ce
caractère est assez variable et qu’il ne peut être
considéré comme un critère spécifique fiable.
Laganum versatile Koehler, 1922
(Pl. IV, 3)
Laganum versatile Koehler, 1922 : 106. 12, fig. 1-4,
pl. 15, fig. 3 ; Mortensen, 1948 : 326.
C’est la deuxième fois que cette espèce est
signalée. Les trois autres spécimens connus,
originaires de la mer des Andamans et récoltés
par 145 m de fond, ont été minutieusement
décrits par Koehler (1922). Comme le précise
Mortensen (1948 b), cette espèce est très voisine
du Laganum fudsiyama Dôderlein : elle s’en
distingue essentiellement par la présence de
piquants sur le périprocte. Les dimensions du
spécimen récolté sont de 43,2 mm pour la
longueur, de 40 mm pour la largeur, et de
7,2 mm pour la hauteur.
ECHINODERMES : ECHINIDES IRRÉGULIERS
217
REMERCIEMENTS
Nous remercions vivement A. Guille et C. Vadon
pour le prêt des collections déposées au M.N.H.N.,
ainsi que M. JanGOUX pour l'attention avec laquelle il
a relu notre texte, A. Godon et J. Harray qui ont
réalisé les prises de vues et les tirages photographi¬
ques.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Shigei. M„ 1986. The sea urchins of Sagami Bav
Biological Laboratory Impérial Household edit.,
Maruzen co., Tokyo, 173 p.
Source : MNHN, Paris
PLANCHES
220
BRUNO DAVID ET CHANTAL DE RIDDER
PLANCHE I
1 - 2 . Conolampas diomedeae Mortensen. St. Mil 4; vues générales apicale (1) et orale (2) (x 0,8).
3 - 7 . Plesiozonus diomedeae Mortensen. St. MI 35 ; vues générales apicale (3) et orale (4) ( x 0,8) ; le fasciole péripétale sous
le pétale antérieur droit (5) ( x 3), le fasciole marginal sous le périprocte (6) ( x 1,2) et dans l’interambulacre postérieur
droit (7) ( x 3).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
222
BRUNO DAVID ET CHANTAL DE RIDDER
PLANCHE II
1-5. — Plesiozonus hirsutus de Meijere. St. Mil 75 ; vues générales apicale (I), orale (2) et latérale (3) ( x 0,8) ; appareil apical
(4) (x 2) et région péristomienne (5) (x 1,4).
Source : MNHN, Paris
224
BRUNO DAVID ET CHANTAL DE RIDDER
PLANCHE III
1-6. Plesiozonus tennis nov. sp. St. Mil 52 ; fragment apical (1) et fragment oral (2) (xi); ambulacre antérieur gauche de
l'apex vers la région médiane (3) ( x 6) ; région péristomienne, vue externe des phyllodes (4) et vue interne (5) ( x 2,4) ;
appareil apical (6) (x 7,6).
7-9. Pericosmus macronesius Koehler. St. Mil 6 ; vues générales apicale (7) et latérale (8) ( x 0,8) ; le fasciole péripétal dans
l’interambulacre 5 (9) ( x 2,6).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
226
BRUNO DAVID ET CHANTAL DE RIDDER
PLANCHE IV
1-2. — Clypeasier pateriformis Mortensen. St. Cil 258 ; vue générale apicale (I) ( * 1,5) ; aire pétaloïde (photographie centrée
sur un demi radius) (x 5).
3. Laganum versatile Koehler. St. Mil 47 ; vue générale apicale (3) ( x 2,7).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ÎSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM, VOLUME 4 - RÉSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM. VOLUME
RÈSUL'
6
Ascidies
(Musorstom 1 & 2 )
Claude Monniot & Françoise Monniot
Muséum national d’Histoire naturelle,
Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie
55, rue Buffon
75005 Paris
RÉSUMÉ
A l’occasion des campagnes Musorstom 1 et 2 six
espèces d’ascidies ont été récoltées entre 70 et 400
mètres aux Philippines. Une espèce est nouvelle et
trois autres n’étaient pas connues de cette zone.
ABSTRACT
Ascidians (Musorstom 1 & 2) Islands, six species of ascidians were identified. One is
a new species, and three others were unknown in this
Among the samples collected during Musorstom 1 area,
and 2 between 70 and 400 métrés near the Philippines
Monniot, C. & Monniot, F., 1989. — Ascidies (Musorstom, 1 & 2). !n : J. Forest (ed.). Résultats des
Campagnes Musorstom, Volume 4. Mèm. Mus. natn. Hist. nat.. (A), 143 : 229-245. Paris. ISBN : 2-85653-150-4
230 CLAUDE MONNIOT i
Les campagnes Musorstom 1 et 2 ont récolté
quelques ascidies au cours de dragages et de
chalutages dans la région des Philippines à des
profondeurs de 70 à 400 m. Seules 6 espèces de
cette collection ont pu être identifiées ; plusieurs
autres dont une Sorberacea ayant été desséchées
et mal fixées n’ont pu faire l’objet d’une étude.
Tokioka, 1970 faisant le point sur la faune
ascidiologique des Philippines énumère 93 espèces.
Millar, 1975 en ajoute 13 et 3 de nos 6 espèces
n’étaient pas encore signalées. Ce total de 109
espèces est très faible et représente certainement
moins du tiers des espèces effectivement présentes
dans l’archipel.
FRANÇOISE MONNIOT
En profondeur, dans la zone bathymétrique
allant de 100 à 1 000 m, de nombreuses ascidies
ont été décrites dans la région des Philippines
à la suite des campagnes, du Challenger , de
la Sihoga et de Y Albatros. Ceci permet de
s’interroger sur le faible nombre d'individus
et d’espèces récoltés au cours des campagnes
Musorstom en particulier aucune Aplousobranche
n’a été ramassée.
Une seule espèce Pyura polyducta est nou¬
velle ; une autre Microcosmus sp. n’a probable¬
ment jamais été décrite. Les autres signalées pour
la première fois aux Philippines ont été redécrites
ci-dessous ainsi que Molguloides vitrea.
Ordre des PHLEBOBRANCHIA Lahille, 1887
Famille des Cionidae Lahille, 1887
Genre Diazona Savigny, 1816
Diazona chinensis (Tokioka, 1955)
Syndiazona chinensis Tokioka, 1955 : 206, pl. 11, fig.
A-E ; T fig. 1 ; 29°08' N-10"22' E, 93 m ; Est de la
Mer de Chine : Millar, 1975 : 259, fig. 42-43 ;
Philippines - lies Kei, 30 à 100 m.
Musorstom 2, St. 41. 13°15,3'N. 122°45,9'E. 166-
172 m.
Les échantillons ont été trouvés à une profon¬
deur un peu plus élevée que précédemment. Les
spécimens correspondent bien aux descriptions.
Tous les zoïdes de cette population étaient
fonctionnels et matures, les tubes digestifs sont
pleins de sédiment. Au cours de la récolte les
zoïdes se sont brutalement contractés et se sont
coupés en deux ou trois parties. Il y a régulière¬
ment rupture des zoïdes à la base de la branchie.
Souvent une deuxième rupture s’effectue juste au
dessus de l’estomac. Dans ce cas on trouve une
Cionidae spp.
Musorstom 1, St. 35, 13°59,0'N, 120°18'E, 186-
187 m.
L’unique spécimen ne comporte qu’un seul
zoide immature. La tunique est gélatineuse et a
boule contenant du sédiment à mi-chemin entre
le thorax et l’abdomen. L’abdomen présente
toujours un très long prolongement qui ne
semble pas contenir du tout de muscles. La
musculature du thorax est variable d’une colonie
à l’autre. Les fibres se réunissaient plus ou moins
en faisceaux. Les deux aspects figurés par Millar,
1975 se retrouvent ici.
Cette espèce a été placée dans le genre Syndia¬
zona Oka, 1926. La distinction entre Syndiazona
et Diazona Savigny repose uniquement sur les
papilles de la branchie qui dépassent des sinus
chez Syndiazona grandis, le type du genre. Nous
avons conservé cette distinction avec beaucoup
de réticences (Monniot & Monniot, 1972); D.
chinensis ne présentant pas de papilles saillantes
sur la branchie doit être classé dans le genre
Diazona.
l’aspect de celle de D. chinensis mais le zoide a
conservé une coloration bleue dans le formol
alors que les zoides de D. chinensis sont jaunâtres
ASCIDIES (MUSORSTOM 1 & 2)
231
dans ce fixateur. La musculature se présente
selon la même disposition et les deux muscles se
prolongent sur la face droite de l'abdomen et se
terminent par les deux tubercules saillants figurés
par Millar, 1975 (fig. 42, B & C). Il est possible
qu’il s’agisse de Rhopalopsis fusca Sluiter, 1904.
Musorstom 2, St. 28, 13°41'S, 120°50'E, 90-110 m.
Cet exemplaire est plus grand que le précédent,
4 cm, sa tunique est plus dure mais elle a été fixée
à l’alcool. Seul le thorax a été conservé.
Famille des Ascidiidae Herdman, 1980
Genre Ascidia Linné, 1767
Ascidia conifera (Hartmeyer, 1909-11)
(Fig. 1, A, B et PI. I,A)
Phallusia conifera Hartmeyer, 1909-11 : 1404, nom
nouveau pour Ascidia spinosa (non Quoy et Gai-
mard, 1834), Sluiter, 1804 : 34, pi. 2, fig. 5 : pl. 5, fig.
6-10; 8°30'S-119 o 7'E, 73 m.
Musorstom 2, St. 28, 13°41,3'S, 120°50,5'E, 90-
110 m. Un spécimen de 7 x 3 x 2.
Cette très belle espèce à tunique transparente
vit fixée par le quart postérieur de sa face
ventrale. La forme générale du corps est rectan¬
gulaire, les deux siphons, proches l’un de l’autre,
sont situés à l’extrémité antérieure (Pl. I, A). Le
siphon cloacal est un peu en retrait par rapport
au siphon buccal. La tunique est régulièrement
couverte de papilles coniques. Chaque papille
contient une ampoule vasculaire connectée à un
réseau de gros sinus sanguins. Il existe aussi un
réseau dichotomisé de petits sinus qui couvre
toute la surface de la tunique. Les siphons sont
marqués par une plus grande accumulation de
papilles coniques.
La musculature, présente sur tout le corps sauf
au niveau du tube digestif, est constituée de
longues fibres longitudinales venant des siphons
qui s’étendent sur la face droite jusqu’en bas du
corps. En outre, il existe un champ important de
fibres tranverses sous l’endostyle. Ces fibres
s’anastomosent avec les fibres longitudinales.
Les tentacules, 65 dans l’exemplaire unique,
sont implantés sur un anneau musculaire net. On
en compte une douzaine de grands séparés par
deux ou trois ordres de tentacules nettement plus
petits. Le bourrelet péricoronal ne forme pas un
V marqué au niveau du tubercule vibratile.
Celui-ci est peu saillant et son ouverture simple
forme un U ouvert vers l’avant. Le ganglion
nerveux est éloigné du tubercule vibratile. Il est
situé tout près du siphon cloacal. Le raphé est
formé de deux lames jusqu’au niveau du gan¬
glion nerveux. 11 forme ensuite une lame de 1,5 à
2 mm de hauteur dont la marge est marquée par
des papilles courtes. Les plus grandes papilles
correspondent aux sinus longitudinaux, les plus
petites se répartissent irrégulièrement entre les
grandes. Le raphé se prolonge jusqu’en bas de la
branchie après l’entrée de l’œsophage. Sa face
droite est garnie de petites papilles. Sur tout le
trajet après l’entrée de l’œsophage le raphé est
bordé à droite par une lame basse, lobée.
La branchie, fine, régulière et un peu gaufrée,
s’étend en arrière de la masse viscérale. Au
niveau du sommet de la boucle intestinale on
compte environ 70 sinus à gauche et 80 à droite.
11 n’y a ni papilles intermédiaires ni sinus
parastigmatiques sauf en cas de division des
mailles. Les mailles sont un peu allongées trans¬
versalement et contiennent 5 à 8 stigmates.
Le tube digestif forme une double boucle
fermée, à parois transparentes, qui laissent voir
son contenu. L’estomac est nettement rayé, son
aspect est caractéristique. L’intestin présente en
bas du rectum un élargissement. L’anus est
formé de deux lèvres inégales (fig. 1,A, B,).
Les gonades femelles ne se trouvent que dans
la boucle intestinale primaire.
232
CLAUDE MONNIOT & FRANÇOISE MONNIOT
Fig. I. — A et B, Ascidia conifera : A. exemplaire sorti de sa tunique, face gauche ; B. face interne du tube digestif. — C à I.
Seriocurpa rhizoides : C. exemplaire dêbarassè de la couche externe de la tunique : D. le même la partie dorsale de la
tunique enlevée ; E. tunique enlevée totalement face dorsale : F. face ventrale ; G. face ventrale de la tunique
contenant les gonades ; H, exemplaire ouvert par la face ventrale ; l. section du bourrelet lunical.
Nous avons revu le type de Y Ascidia spinosa de
Sluiter, malheureusement il ne subsiste que la
tunique. Celle-ci est tout à fait semblable à celle
de l'exemplaire de Musorstom.
La seule espèce qui se rapproche est Ascidia
papillosa non Linné, 1767, Tokioka, 1967 du
Japon qui présente aussi une tunique papilleuse
mais qui vit couchée sur la face gauche. Les deux
siphons sont plus éloignés l'un de l'autre, la
boucle intestinale s'étend en avant du siphon
cloacal et l'anus atteint seulement celui-ci. La
musculature est différente chez les deux espèces.
ASCIDIES (MUSORSTOM 1 & 2)
233
Ordre des STOLIDOBRANCHIA Lahille, 1887
Famille des Styelidae Sluiter, 1895
Genre Seriocarpa Diehl, 1969
Seriocarpa rhizoides Diehl, 1969
(Fig. 1, C-l, et PI. I, fig. B-C)
Seriocarpa rhizoides Diehl. 1969 : 67, fig. 1-2 ; Banc
Joséphine ; Millar. 1975 : p. 293, fig. 75 —
Amboine.
Musorstom 2, St. 33, 13°32,3' S, 12°07,5'E, 130-
137 m.
Cette espèce vit libre sur le sédiment. Elle se
présente sous la forme de petites boules de
sédiment de 15 à 20 mm de longueur. Les
siphons sont totalement invisibles. Le corps est
entièrement enveloppé d'une couche de sédiment
aggloméré par des rhizoides (pl. I, B.). Ceux-ci
(fig. 1,C) au nombre d'une vingtaine, écartent
cette couche de la tunique proprement dite.
Dépouillé de cette couche (pl. I, C ; fig. I, C) le
corps est beaucoup plus petit, allongé, sub-cylin-
drique avec une petite expansion antérieure
ventrale. La tunique est mince et inclut des
particules sédimentaires et des débris divers. Au
fur et à mesure que l'on enlève la tunique, on se
rend compte que le corps se trouve à cheval sur
un épais bourrelet de tunique (fig. 1, D et G). Ce
bourrelet médioventral contient les gonades (fig.
1, G et I). Le manteau se détache aisément de ce
bourrelet et présente une cavité correspondante
(fig. 1, F).
Les deux siphons apparaissent très éloignés
l’un de l’autre. Le manteau est, sur toute la face
dorsale, très musculeux ; les fibres transverses
sont beaucoup plus nombreuses que les fibres
longitudinales. Les tentacules sont nombreux,
une cinquantaine, d'au moins trois ordres. Ils
sont longs et leurs bases sont jointives. Le
bourrelet péricoronal ne semble formé que d'une
seule crête élevée. Il décrit des anses au niveau de
plis branchiaux et un V profond à celui du
tubercule vibratile. Celui-ci a la forme d’une
simple fente. Le ganglion nerveux est très déve¬
loppé et long. Le canal de la glande neurale qui
part de la partie antérieure du ganglion nerveux
est obligé de se diriger vers l'arrière avant de
déboucher dans le tubercule vibratile. Le raphé
assez élevé a une marge lisse.
La branchie est formée de quatre plis nets sur
lesquels les sinus sont très serrés. On compte
G. R. I 11 4 8 4 13 5 6 0E
Les sinus apparaissent gaufrés. Il y a 4 à 5
stimates entre deux plis et un seul sur les plis. Il
n’y a pas de sinus parastigmatiques.
Le tube digestif est très petit et très postérieur.
Il forme une boucle fermée (fig. 1, H). L'estomac
sphérique porte un fort caecum en crochet et une
quinzaine de plis longitudinaux. L'anus a un
bord lisse.
Les gonades sont de type Eusynstyela c’est-à-
dire des polycarpes formés d’un ovaire et de deux
testicules. Elles sont incluses dans le cordon
tunical axial du corps (fig. 1.1). Ce cordon formé
de tunique inclut également des particules sédi¬
mentaires et des débris divers. Sur la face interne
du manteau on rencontre de nombreux endo¬
carpes. Le siphon cloacal est muni d'un vélum à
la base duquel on trouve un rang de fins
tentacules cloacaux.
Nous avons comparé nos échantillons à ceux
de S. rhizoides récoltés en Atlantique sur le
sommet du banc Joséphine et nous n'avons pas
relevé de ditférences notables dans la structure
des individus. Nos exemplaires correspondent
aussi pour l’anatomie interne au Seriocarpa
234
CLAUDE MONNIOT & FRANÇOISE MONNIOT
rhizoides décrit par Millar (1975) d’Ambon. La
seule différence trouvée par Millar (1975) entre
les exemplaires Atlantiques et ses échantillons
portait sur le nombre des tentacules (20-28 en
Atlantique, 66 à Ambon). Nos échantillons de
l’Atlantique ont au moins 35 tentacules).
Les exemplaires du banc Joséphine sont libres
sur le sédiment et ne présentent pas la double
couche si caractéristique des exemplaires des
Philippines. L’exemplaire de Millar était fixé et
dépourvu de couche externe.
Un doute persistera toujours concernant l’iden¬
tification des populations tant que le critère
essentiel du genre Seriocarpa : la reproduction
asexuée par division transversale du zoide adulte,
ne sera pas démontrée chez les exemplaires du
Pacifique.
Genre Polycarpa Heller, 1877
Polycarpa nigricans Heller, 1878
(Fig. 2)
Polycarpa nigricans Heller, 1978 : 102, pl. 4 fig. 23;
Mauritius ; Hartmeyer, 1905 : 390, pl. 13, fig. 1,12-
14 ; redescription du type ; Vasseur, 1967 : 115, pl.
5, fig. 37-40 ; Mauritius.
Polyandrocarpa nigricans : Tokioka, 1970 : 91, fig. 5 ;
Philippines.
Musorstom 2, St. 33, 13°32,3'N, 121°07,5' E, 130-
137 ; 15 exemplaires.
Les exemplaires qui semblent vivre libres sur le
sédiment mesurent de 1 à 1,3 cm. La tunique,
épaisse mais molle et semi-transparente, est en
partie couverte de sable. Sur la face ventrale il y
a quelques rhizoides. Le manteau est brunâtre
opaque. La musculature forme un feutrage dense,
régulier, seulement un peu plus accentué près des
siphons.
On compte environ 35 tentacules longs, fins,
arqués, disposés en trois ou quatre ordres sur un
bourrelet net. Le bourrelet péricoronal est formé
de deux lames élevées. Dorsalement, la lame
postérieure du bourrelet dessine un V profond
avant de se raccorder au raphé. Le tubercule
vibratile est difficile à voir sans coloration. Il est
petit, non saillant, son ouverture se confond avec
les nombreux tubercules qui envahissent l’aire
périluberculaire (fig. 2, C). Le ganglion nerveux
est situé un peu plus postérieurement et l’on
distingue nettement le canal de la glande neurale.
Le raphé est lisse, assez élevé et contourne
l’entrée de l’œsophage. Après ce niveau il forme
une crête basse qui se raccorde aux deux pre¬
miers plis à gauche.
La branchie est épaisse très contractile et les
sinus transverses sont parcourus par de nom¬
breuses fibres musculaires. On compte :
G. R. 0 9 2 9 1 12 2 8 0 E.
D. R. 0 9 2 9 1 11 I 9 0 E.
Il y a jusqu’à 12 stigmates par maille entre les
plis et jusqu’à 15 entre le raphé et le premier
sinus à droite. Il n’y a de sinus parastigmatique
qu’en cas de division d’une rangée de stigmates.
Les plis sont assez élevés et vont en décroissant
de la partie antérieure à la partie postérieure du
corps.
Le tube digestif (fig. 2, A-B) est plutôt petit et
occupe moins de la moitié de la face gauche du
corps. Il n’atteint pas l’endostyle. L’œsophage
courbé donne accès à un estomac qui s’élargit du
cardia au pylore. Il est marqué d’une dizaine de
côtes qui ne sont pas visibles de l’extérieur. Le
caecum pylorique est en forme de crosse. L’intes¬
tin décrit une boucle courte, le rectum se termine
par un anus béant à bord lobé.
Les gonades (fig. 2, D) sont peu nombreuses,
nous en avons compté au maximum 10 à droite
et 7 à gauche disposées sans ordre et en grande
partie incluses dans le manteau. Elle font quand
même un peu saillie dans la cavité cloacale mais
les canaux génitaux ne sont pas dressés et
s’ouvrent sans papille à la surface du manteau.
ASCIDIES (MUSORSTOM I & 2)
235
Fig. 2. Polycarpa nigricans : A cl B. deux exemplaires ouverts par la face ventrale. C, détail, de la région neurale : D.
gonade.
Presque tous les polycarpes sont liés à la bran-
chie par un vaisseau sanguin fortement muscula-
risé qui part de la partie apicale de la gonade.
Le manteau est épais. Il n'existe qu'un seul
vaste endocarpe individualisé dans la boucle
intestinale. Le vélum cloacal est élevé, solide et sa
marge est marquée par une rangée de fins
tentacules.
Cette espèce est caractérisée par une boucle
intestinale fermée entourant un unique endo¬
carpe, des gonades en partie incluses dans l’épais¬
seur d’un manteau envahi par des pigments
bruns.
Après une description sommaire de Heller
( 1978) cette espèce a été revue par Hartmeyer
(1905), Vasseur (1967) et Tokioka (1970). En
eau profonde l’espèce à tendance à s’aggréger au
point que Tokioka l'a rangée dans le genre
Polyandrocarpa en signalant que les tuniques
pouvaient fusionner. Aucune preuve de bour¬
geonnement n’ayant été apportée part cet auteur
nous ne pouvons accepter ce changement de
genre. Tous nos individus sont isolés les uns des
autres.
Nos exemplaires correspondent mieux aux
descriptions de Hartmeyer et de Vasseur qu’à
celle de Tokioka. Ce dernier auteur signale que
les gonades sont attachées au manteau par le
tiers postérieur. Il est possible que ces différences
soient liées à l’état de maturité des gonades.
236
CLAUDE MONNIOT & FRANÇOISE MONNIOT
Famille des Pyuridae Hartmeyer, 1908
Genre Microcosmus Heller, 1878
Microcosmus sp.
(Fig. 3, et PI. I,D)
Musorstom 2, St. 17. I4°00' N, I20°17,l' E, 74-193 m.
L’unique exemplaire de 4,8 cm de long est
entièrement couvert de sédiment. Les siphons
sont très proéminents, la tunique blanchâtre qui
n’inclut pas le sédiment est épaisse (2 à 3 mm)
mais molle. Le manteau est lui aussi incolore. La
musculature est formée de fortes fibres muscu¬
laires longitudinales.
Les tentacules sont peu nombreux (12) de deux
ordres. Tous sont grands, très ramifiés, mais
irrégulièrement. Le sillon péricoronal forme un
V peu accentué au niveau du tubercule vibratile.
Celui-ci très petit, a une ouverture circulaire
portée par un bouton saillant. Le raphé est lisse
et peu élevé.
La partie postérieure de la branchie a été
détruite. Dans la partie antérieure on compte :
G. R. 3 16 5 13 6 16 6 17 6 15 4 13 4 9 2 E.
Les 7 plis sont élevés, la branchie est fine et bien
perforée. Il y a 6 à 10 stigmates allongés par maille
entre les plis souvent recoupés par un sinus
parastigmatique. Sur les plis il peut y avoir jusqu’à
6 à 8 sinus par maille.
Le tube digestif (fig. 3, A) a été en partie détruit.
La glande hépatique est formée d’une seule masse
mince recouvrant un estomac un peu élargi. A sa
surface on note des bourrelets glandulaires recou¬
verts de rangées de papilles saillantes (fig. 3, B).
Fig 3. Microcosmus sp. A. exemplaire ouvert. B. détail de la glande hépatique
ASCIDIES (MUSORSTOM I & 2)
237
L'intestin a une paroi fine transparente. Le rectum
est collé au manteau et l’anus est irrégulier.
Il y a une seule gonade de chaque côté, la gauche
étant extérieure au tube digestif. Chaque gonade
recouverte d’un vaste endocarpe est formée d’un
seul lobe où parties mâle et femelle sont intime¬
ment mêlées, s’ouvrant par de longues papilles. Il
existe d’autres endocarpes sur les deux faces du
manteau et sur l’intestin.
Nous ne pouvons être sûrs qu’il n’existe pas une
autre gonade dans la boucle intestinale mais cela
est peu probable. Les Microcosmus dont la gonade
gauche est extérieure à la boucle sont rares.
Microcosmus stolonifera sensu Kott, 1952 du
Sud de l’Australie ne possède qu’un seul sinus
entre les plis. Ses siphons sont également proémi¬
nents. Malheureusement les descriptions et les
dessins de Kott ne permettent pas de préciser les
différences entre les deux populations.
M. planus Kott, 1975, du Sud de l’Australie,
possède des gonades sinueuses très différentes.
Genre Pyura Molina, 1782
Pyura polyducta sp. nov.
(Fig. 4 et PI. 1, F-G)
Musorstom 1 , St. 73, 14°15'N, 120°31'E, 76-70 m ;
10 spécimens.
Cette espèce a une allure de Molgulidae. Elle
se présente sous la forme de sphères un peu
aplaties de 1 à 1,3 cm de diamètre couvertes de
rhizoides agglomérant le sédiment. La face dor¬
sale est marquée par deux grands siphons nus.
Aucun spinule n’est visible. La tunique est très
fine et très molle.
Le manteau est lui aussi très fin et les gonades
bien visibles par transparence. La musculature
est formée de longues fibres écartées les unes des
autres. Tous les tissus sont envahis par des
spiculés allongés ressemblant tout à fait aux
spiculés de Pyura momus (pl. I. G).
Les tentacules, une douzaine de deux ordres,
sont grands et très ramifiés et peuvent sortir par
le siphon. Ils sont irréguliers et très mous. Le
bourrelet péricoronal dessine des anses au niveau
des plis branchiaux et une indentation profonde
dorsale. Le tubercule vibratile est petit, difficile
à distinguer. Le raphé est formé d’un grand
nombre de languettes pointues irrégulières.
La branchie porte 7 à 9 plis de chaque côté.
On compte :
G. R. 1 7 1 11 2 13 I 11 I 11 1 9 2 9 2 5
3 3 2 E.
Les plis les plus ventraux disparaissent dans la
partie postérieure de la branchie. Les plis sont
assez élevés et se recouvrent les uns les autres.
Les mailles sont irrégulières, entre les plis on
trouve 4 à 8 stigmates en général, mais on
observe de nombreuses néoformations de stig¬
mates et des divisions anarchiques. Dans la
partie ventrale et postérieure de la branchie
existent de nombreux stigmates à orientation
transverse.
Le tube digestif forme une boucle ouverte.
L’estomac ne montre pas d’élargissement (fig.
4, A). Il est simplement recouvert d’une glande
hépatique peu volumineuse formée d’un seul
lobe. La glande est composée d’évaginations
couvertes de petites papilles (fig. 4. D). L’intestin
a une paroi fine et un diamètre irrégulier. L’anus,
à lobes obtus, s’ouvre à l’extrémité d’un court
rectum non soudé au manteau.
Les gonades, une de chaque côté, ont une
structure particulière (fig. 4, E). Les lobules
mâles qui se disposent autour d’un ovaire en
boudin s’ouvrent indépendamment par de petites
papilles à la surface de l’ovaire. L’oviducte est
long et non soudé au manteau. C’est ce caractère
qui justifie le nom de l’espèce.
Cette espèce ressemble beaucoup à Rhabdo-
cynthia ceylonica Herdman, 1906. Nous avons
rééxaminé le type de cette espèce (fig. 5) conservé
au British Muséum. Les deux espèces ont le
même habitus, le même type de musculature.
Elles se distinguent par beaucoup de détails.
238
CLAUDE MONNIOT
FRANÇOISE MONNIOT
L’espèce cI’Herdman possède des tentacules très
petits, un tubercule vibratile saillant, seulement
7 plis de chaque côté avec une douzaine de sinus
sur les plis et aucun entre. Le tube digestif décrit
une boucle régulière avec un foie formé de deux
parties distinctes et un amus lisse. Enfin les
gonades sont formées d'un ovaire central entouré
de lobes testiculaires qui débouchent dans un
spermiducte commun qui s’ouvre près de la
papille mâle (fig. 5, B). 11 s’agit donc bien de
deux espèces distinctes et leurs ressemblances
semblent plutôt le fait d'une convergence que
d'une parenté réelle.
Fig. 4.
Pyura palyducta sp. nov. : A,
hépatique ; E. gonade.
îplaire ouvert ; B et C, faces droite et gauche du même : D. détail de la glande
ASCIDIES (MUSORSTOM 1 & 2)
239
Fig. 5. — Type de Pyura ceylonica : A. exemplaire ouvert ; B. gonade ; B. gonade.
Famille des Molgulidae Lacaze-Duthiers, 1877
Genre Molguloides Huntsman, 1922
Molguloides vitrea (Sluiter, 1904)
(Fig. 6, et PI. I, F)
Molgula vitrea Sluiter, 1904 : 119, pl. 14, fig. 17-19;
5°26' S-132°32' E ; 397 m ; Van Name, 1918 : 68, fig.
1-5; Philippines 510 et 1 990 m.
non Molguloides vitrea : Korr, 1969 : 159, fig. 222-223
= ?
? Molguloides vitrea : Kott, 1971-73; Antarctique
2 800 à 3 944 m ;
non ? Molguloides ? vit reus : Millar, 1982 : 101, fig.
61 ; Nouvelle Zélande, Chatham rise — 402 m.
Musorstom 2, St. 49, 13°38' N, 121°44' E, 425-416 m ;
2 spécimens.
Kott (1969) met en synonymie la Caesira
bathybia d’Hartmeyer (1912) sans preuves, les
gonades étant simplement décrites comme « rund-
liche Zwitterdrüse », Molguloides tenuis Kott,
1954, espèce pour laquelle elle décrit « the testes
ducts cross the surface of the ovary and open in
many separate openings along the surface of the
ovary (fig. 20-21) » (les deux figures représentent
un spermiducte unique courant à la surface de
l’ovaire), et Molguloides immunda Millar, 1959,
qui possède une gonade femelle globuleuse.
L’origine des figures de Korr (1969) n’a pu
être déterminée car elle ne sont pas la reproduc¬
tion de figures antérieures et l’auteur signale ne
pas disposer de nouveaux exemplaires.
Kott (1971) décrit une gonade dont les canaux
mâles se réuniraient en un spermiducte commun
tout en gardant des orifices indépendants ce qui
correspond à la structure décrite de Molguloides
cyclocarpa Monniot et Monniot, 1982.
Les exemplaires de Millar (1982) semblent
posséder une gonade massive.
Molguloides vitrea sensu stricto n’est connue
240
CLAUDE MONNIOT & FRANÇOISE MONNIOT
que de l’Indonésie et des Philippines.
M. vitrea se présente sous une forme ovoide de
1 à 1,5 cm de longueur, les deux siphons non
saillants sont situés sur la face dorsale. La
tunique est transparente, et couverte de fins
rhizoides (pi. I .. G), ceux-ci sont plus longs sur la
face ventrale et agglomèrent des débris divers.
La musculature est puissante et caractérisée
par un rassemblement des fibres longitudinales
du siphon cloacal en puissantes bandelettes (fig.
6. A). Les tentacules, une douzaine de grands et
moyens, sont longs (4 à 5 mm) et bien ramifiés.
Ils sont implantés sur un anneau saillant. Entre
eux, sur cet anneau, se trouve un très grand
nombre de petites digitations parfois ramifiées.
Le bourrelet péricoronal forme des anses bien
marquées au niveau des plis branchiaux et un U
dorsal. Le tubercule vibratile est saillant, son
ouverture de forme variable allant d’un C à une
simple fente longitudinale. Le raphé est lisse et
élevé.
La branchie est formée de six rangées transver¬
sales de huit infundibula. On compte :
G. R. 0 9 0 12 0 10 0 10 0 10 0 10 0 8 0 7 0 E.
D. R. 0 1 0 12 0 10 0 12 0 12 0 11 0 10 0 8 0 E.
Le premier sinus à droite doit être considéré
comme un pli car il recouvre une rangée d'infun-
dibula dont les stigmates sont irréguliers. Les
infundibula sont très réguliers et pénètrent dans
Fig. 6. Molguloides vitrea : A. exemplaire ouverl ; B el C. faces droite el gauche du même.
ASCIDIES (MUSORSTOM 1 & 2)
241
les plis. Les deux stigmates sont très longs et
peuvent décrire jusqu’à une quinzaine de tours
chacun. S’ils s’interrompent sur les flancs, les
nouvelles extrémités des stigmates restent face à
face sans se développer. Au sommet de l'infundi-
bulum les deux stigmates peuvent se séparer pour
former deux apex monospiralés. Il existe quel¬
ques petites spirales accessoires mais plates entre
les plis. Les flancs des infundibula et l’espace
entre les plis sont garnis de sinus parastigma-
tiques irréguliers.
Le tube digestif (fig. 6, A) est long et irrégulier.
L’estomac est peu marqué et la glande hépatique
n’est formée que de quelques lobes plats. Le
rectum est long et l’anus finement denté.
La gonade (fig. 6. A) a une forme très carac¬
téristique nettement visible à travers la tunique.
L’ovaire forme une demi spirale terminée par un
oviducte court. Les acini testiculaires se disposent
sur la face externe. Les acini émettent des canaux
déférents qui se réunissent en général par paires
pour déboucher par une rangée de papilles.
L’apex de la gonade gauche est nettement situé
dans la boucle intestinale mais au cours de son
développement il peut recouvir le tube digestif.
Il est évident que Moguloides vitrea appartient
à un groupe d’espèces très proches l’une de l’autre
comprenant : M. vitrea qui possède des papilles
mâles entièrement distinctes les unes des autres ;
M. crinibus Monniot, 1978 littoral de Kerguelen ;
M. cyclocarpa Monniot C. et Monniot F., 1982
abyssal antarctique, dont les papilles mâles sont
unies par un spermiducte commun.
Compte tenu d’un nombre d’espèces et d’indi¬
vidus réduit, cette collection ne prétend pas
donner un aperçu de la faune ascidiologique de
la pente des Philippines. Aucune analyse bio¬
géographique n’est possible.
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schlussreiche Ascidiengattung Seriocarpa mit der
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PLANCHE
244
CLAUDE MONNIOT & FRANÇOISE MONNIOT
PLANCHE I
A, Ascidia eonifera ; (échelle = I cm) ;
B ei C, Seriocarpa rhizoides : B, tunique en place : C. couche externe partiellement enlt
D, Miaocosmus sp. ; (échelle = 1 cm) :
E, Molguloides vitrea ; (échelle = 0,5 cm) ;
F et G, Pyura polvducta n. sp. : F, habitus ; G, détail d’un spiculé, (échelles = 0,5 cm
; (échelle = 0.5 cm) :
et 5 ixm).
Source : MNHN, Paris
ASCIDIES (MUSORSTOM I & 2)
245
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ÉSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM. VOLUME 4 RÉSULTATS DES CAMPAGNES MUSORSTOM. VOLUME 4
RÉSUL
7
Résurrection of Notoraja Ishiyama, 1958
and description of a new species of deep-water skate
from the South China Sea
Notoraja subtilispinosa sp. nov.
(Pisces, Batoidea, Rajidae)
Matthias Stehmann
Ichthyologie Institut für Secfischerei
c/o Zool. Muséum Universilat Hamburg
Martin-Lulher-King-PIatz 3
D-2000 Hamburg 13
F. R. of Germany
RÉSUMÉ
Résurrection du genre Notoraja Ishiyama, 1958 et
description d'une nouvelle espèce de raie d’eau profonde
de mer de Chine du Sud, Notoraja subtilispinosa sp. nov.
(Pisces, Batoidea, Rajidae).
Après une étude plus détaillée de son squelette,
l’espèce japonaise Bathyraja tobitukai (Hiyama, 1940)
est transférée au genre Notoraja Ishiyama, 1958. Ce
dernier taxon, originellement établi comme sous-genre
de Bathyraja Ishiyama, 1958 est élevé au rang de
genre. Ün spécimen adolescent unique, recueilli en
1980 dans les eaux profondes, au nord-ouest des
Philippines, pendant la campagne Musorstom 2, est
décrit comme l’holotype de Notoraja subtilispinosa sp.
nov. C’est la seconde espèce de ce genre jusqu’à
présent monotypique.
ABSTRACT
After a more detailed investigation of its skeletal
anatomy, the Japanese Bathyraja tobitukai (Hiyama,
1940) is removed from its genus and is considered as a
species of Notoraja Ishiyama, 1958. The latter taxon is
elevated to generic rank from its original status as a
subgenus of Bathyraja Ishiyama, 1958. A single early
adolescent specimen, obtained in 1980 during the
Musorstom 2 expédition from deep water off the
northwestern Philippines, is described as the holotype
of Notoraja subtilispinosa sp. nov. which is the second
species of this, so far, monotypic genus.
Stehmann, M„ 1989. Résurrection of Notoraja Ishiyama, 1958 and description of a new species of
deep-water skate from the South China Sea, Notoraja subtilispinosa sp. nov. (Pisces, Batoidea, Rajidae). ht : J.
Forest (ed.). Résultats des Campagnes Musorstom, Volume 4. Mèm. Mus. nain. Hist. nat., (A). 143 : 247-260.
Paris ISBN : 2-85653-150-4
248
MATTHIAS STEHMANN
INTRODUCTION
Originally ail species of skate in the Western
North Pacific, i.e. mainly Japanese waters. were
in the traditional way classified under Raja
Linnaeus. Bigelow & Schroeder (1948) were
the first who introduced the use also of characters
of the skeletal anatomy (mainly snout and pelvic
fin skeletons) to better distinguish between the
numerous rajid taxa on a supraspecific level.
Initiated by the latter study, Ishiyama (1952) in
his first révision of Japanese rajids grouped these
species into three généra, namely Raja L.. Brevi-
raja Bigelow & Schroeder, 1948 and Rhinoraja
gen. n. based on even further distinctive charac¬
ters, e.g. vertébral counts. Among other species.
the latter author assigned also Raja tobitukai
Hiyama, 1940 to the ‘ soft-snouted ' skates of
Breviraja , with the remark that this was the
smallest species among its Japanese représentatives
in growing to about 500 mm TL only. Ishiyama
(1958) in his fundamental révision of Japanese
rajids greatly extended the scope of characters he
considered as relevant for taxonomie distinctions
and phylogenetic interprétations, mainly e.g.
through the inclusion of clasper morphology and
skeleton. as well as detailed cranial anatomy.
The splitting of Japanese rajids into the three
généra of the 1952 révision was retained and was
still better supported. Furthermore Raja was
subdivided into the two new subgenera Okamejei
and Tengujei. Breviraja was also subdivided into
the three new subgenera Notoraja, Baihyraja and
Arctoraja. Of these latter, Notoraja was defined
monotypically for B. tobitukai with the remark
that this “ subgenus differs rather widely from
Bathyraja and Arctoraja " mainly in having the
least number of trunk vertebrae. a specialized
clasper, an obviously long tail of more than
50 % TL and one exceeding the width of the
dise, deeply incised pelvic fins with slender
anterior lobe, a blunt process at the tip of the
snout, an entirely prickly upper side, and a very
slender rostral cartilage with long appendices
extending about half its length rearward.
Ishiyama’s (1967) rajid contribution to “ Fauna
Japonica " mainly summarized his revisional
resulls of 1958 without alterations in the supra¬
specific classification and nomenclature.
However shortly afterwards, Ishiyama & Hubbs
(1968) concluded that species in the Central
Western Atlantic grouped into Breviraja by
Bigelow & Schroeder (1948 etc.) were distinct
from Northwestern Pacific species assigned to
this genus by Ishiyama (1952 etc.). This conclu¬
sion was based mainly on characters of the snout
skeleton and claspers. Consequently, these authors
assigned ail former Japanese Breviraja species to
Bathyraja Ishiyama, 1958 in elevating the latter
taxon to generic rank, and they also synonymized
Notoraja and Arctoraja with the latter. Tt should
be mentioned here that subséquent workers, incl.
Ishiyama and the présent author, mistakenly
referred Bathyraja as a genus to Ishiyama &
Hubbs (1968) and not to Ishiyama (1958) as is
naturally the case.
Ishiyama & Ishihara (1977) in their inter-
specific comparison of the descriptions of five
new species of Bathyraja , again characterize B.
tobitukai as distinct from ail Japanese congeners
in that it lacks clear thorns dorsally and has a
very low Vtr count.
Recently, McEachran (1984) rearranged a
number of supraspecific taxa within the Rajidae
in combining these under the newly introduced
tribe Pavorajini. He considered B. tobitukai to
play an important rôle for the nomenclature of
the subgeneric divisions of Pavoraja Whitley,
1939 in the following way : should the New
Zealand species P. asperula and P. spinifera and
B. tobitukai be consubgeneric, then ail three
species would make up the subgenus Notoraja ;
should this not be the case, then B. tobitukai
would form an additional subgenus Notoraja , the
two New Zealand species falling into his, as yet
unnamed subgenus “ A ”. However, although
most of the relevant, incl. anatomical characters
of B. tobitukai were described already by Ishiyama
(1958), except for some neurocranial details and
scapulocoracoid and pelvis, McEachran (1984)
felt the necessity for his further and complementing
examination of B. tobitukai before coming to a
final decision upon the assignment of this species
and its relationships.
In the course of the présent author’s investiga¬
tion of the Musorstom 2 skate specimen. it soon
RESURRECTION OF N OTORAJA
249
became apparent that B. tobitukai is the closest
and so far only known relative of the species
described below. Because of the availability of
only the holotype, an early adolescent male, the
detailed dissection to obtain every skeletal infor¬
mation was not possible, and although the very
poor calcification of the specimen did not pro¬
vide much more through the use of radiographs,
the comparison with B. tobitukai resulted never-
theless in the conclusion that both species are
congeners and do not fit into McEachran’s
(1984) characterization of Pavoraja and its sub-
genera. As a conséquence, Notoraja Ishiyama.
1958 is resurrected and elevated to generic rank
from its original status as a subgenus.
It is by no means the intention of the présent
paper to be in compétition with McEachran
with regards to B. tobitukai, or here to publish
in advance the latter's results. On the contrary,
the présent writer does not know more about
McEachran's findings than were published in
1984 and has informed him personally about the
results presented here, and he will leave to him
the detailed full reinvestigation of B. tobitukai, as
well as the interprétation of the interrelation-
ships of Notoraja within the Rajoidei, resp. the
Pavorajini.
MATERIAL AND METHODS
Bathyraja tobitukai (Hiyama. 1940) : ISH 30/84
— an immature male of 371 mm TL ; 33°13.6' N,
133°46.6' E, 12.V.1972, Tosa Bay Japan, 650-
700 m.
Measurements, meristic counts and terminology
follow Hubbs & Ishiyama (1968), Stehmann
(1970. 1985) and McEachran & Compagno
(1979).
Notoraja suhtilispinosa sp. n.
Holotype
MNHN 1985-134. Early adolescent male of 415 mm
TL. RV Coriolis. Stat. 56. 28.XI.1980: 13°53.7' N.
119°56.3' E, 970 m: obtained by beam trawl during
the Musorstom 2 expédition off Manila in the South
China Sea.
Diagnosis
A small deep-water species with an adult size most
probably not exceeding about 500 mm TL. Assigned
to the genus Notoraja Ishiyama. 1958 due to a
combination of characters of its squamation. snout
skeleton, scapulocoracoid and body proportions.
Both surfaces uniformly dark greyish-brown. Entire
upper surface very densely set with extremely fine
spinules of even size and shape. No thorns dorsally
other than a rudimentary one in front of each orbit.
Lower side of dise smooth. but underside of tail
completely and densely set with fine spinules of the
type of the upper side. Anterior pelvic lobes slender
and pointed, as long as or even somewhat longer than
posterior lobes. Rear margins of nasal curtain smooth,
but a fringed or serrated thin and low fold running
across the posterior surface of each nasal curtain apex.
Scapulocoracoid of subquadrangular shape, its height
85 % of its length, with distinct bridge across anterior
fenestra, large postdorsal fenestra of equal height and
length, and three small postventral foramina.
Etymology
Subtilis (lat.) = very fine, spinosus (lat.) = spi-
nulose ; referring to the extraordinarily fine, velvet-like
spinulation.
DESCRIPTION OF THE HOLOTYPE
Detailed measurements and counts given in
table 1.
Shape
Disc an almost regular inverted heart-shape,
1.1 times as wide as long, the axis of maximum
width at 66 % of dise length clearly posterior of
shoulder girdle. Anterior dise margins very weakly
undulated in being concave at sides of snout tip
over short distance, convex at level of orbits,
concave again at level of nape and convex again
towards the broadly rounded outer corners.
Posterior dise margins much shorter than anterior
ones, evenly convex and broadly rounded into
the pectoral axils. Snout relatively long and
pointed, with angle 94°, its tip marked off as a
250
MATTHIAS STEHMANN
Table 1. — N otoraja subtilispinosa sp. nov. (Columns I-1I) and N. tobitukai (Columns III-IV). Actual measurements in
millimeters and as percentage of total length, of nasobasal cranial length and maximum scapulocoracoid length
respectively of external morphology and skeletal structures. Not clearly obtainable values marked with asterisk.
Holotype
MNHN 1985- 134 ISH 30/84
I II 111 IV
Total length
Disc, width
Disc, length
Snout. preorbital length
Snout, preoral length
Snout, prenasal length
Orbit diameter
Interorbital width
Spiracle length
Interspiracular width
Orbit + spiracle
Dl, height
Dl, base length
D2, height
D2, base length
Distance D1-D2
C, base length
Tail, postdorsal length
Tail, height at V-tips
Tail. width at V-tips
Tail, height at Dl origin
Tail, width at Dl origin
Latéral tail folds, length
Head length, ventrally
Mouth width
Internasal width
Nasal curtain, length
Nasal curtain, width of each lobe
Nasal curtain, distance between lobes
Length gill slits, Ist
Length gill slits, 3rd
Length gill slits, 5th
Interbranchial width, lst'
Intcrbranchial width, 5th'
V. length anterior lobe
V, length posterior lobe
Clasper. postanus length
Snout-middle of anus
Snout-max. dise width
Middle of anus-Dl
Middle of anus - D2
Middle of anus-tip of tail
415.0 100.0
192.0 46.3
182.0 43.9
48.3 11.6
51.3 12.4
37.4 9.0
16.7 4.0
13.8 3.3
9.0 2.2
25.7 6.2
20.7 5.0
6.0 1.5
14.0 3.4
6.0 1.5
12.8 3.1
0 0
17.7 4.3
20.9 5.0
8.0 1.9
12.0 2.9
3.2 0.8
4.1 1.0
217.0 52.3
98.4 23.7
24.0 5.8
28.3 6.8
20.7 5.0
8.0 1.9
18.7 4.5
6.0 1.5
6.3 1.5
3.8 0.9
47.5 11.5
29.4 7.1
59.3 14.3
58.0 14.0
42.0 10.1
162.4 39.1
120.0 28.9
202.0 48.7
215.7 52.0
248.0 59.8
372.0 100.0
193.0 51.2
167.0 44.9
40.0 10.8
43.0 11.6
33.0 8.9
17.3 4.7
10.0 2.7
10.5 2.8
21.7 5.8
21.3 5.7
7.8 2.1
16.0 4.3
9.0 2.4
15.4 4.1
3.4 0.9
22.2 6.0
26.4 7.1
10.0 2.7
13.6 3.7
4.0 1.1
6.0 1.6
186.5 50.1
89.5 24.1
22.0 5.9
22.0 5.9
15.0 4.0
7.0 1.9
16.8 4.5
4.3 1.2
damaged
24.6 6.6
52.3 14.1
52.5 14.1
32.8 8.8
149.0 40.1
105.0 28.2
161.0 43.3
178.5 48.0
220.7 59.3
Angle of snout
Tooth rows upper jaw
Pseudobranchial folds, l./r.
Vtr
Vprd
P-radials, l./r.
94°
35
9/9
not obtainable
not obtainable
not obtainable
117°
43
9/9
26
66
67/67
Cranial length
Nasobasal length
Rostrum length
Max. cranial width
Interorbital width
Width rostral base
Rostral appendix length
Rostral appendix, width of each
Rostral cleft length
Least width basal plate
Internasal width
73.0 190.6
38.3 100.0
33.6 87.7
45.5 118.8
13.2 34.5
6.0* 15.7
19.3* 50.4
1.5* 3.9
12.2* 31.9
11.6 30.3
66.4 189.7
35.0 100.0
31.7 90.6
35.7 102.0
10.0 28.6
6.6* 18.9
19.0* 54.3
2.0* 5.7
13.5* 38.6
9.6 27.4
4.6 13.1
RESURRECTION OF NOTORAJA
251
Holotype
MNHN 1985
I
• 134
II
ISH
III
30/84
IV
Scapulocoracoid length
21.3
100.0
22.9
100.0
Scapulocoracoid max. height
18.0
84.5
16.2
70.7
Height at rear corner
13.6
63.9
11.0
48.0
Premesocondyle length
8.5
39.9
8.6
37.6
Postmesocondyle length
13.0
61.0
14.3
62.5
Postdorsal fenestra, length
6.6
31.0
7.8
34,1
Postdorsal fenestra. height
6.6
31.0
5.0
21.8
Anterior fenestra, length
3.7
17.4
3.0
13.1
Anterior fenestra, combined height
Postventral foramina, number
6.0
3
28.2
5.0
21.8
4
triangular short process ; the preorbital length
3.5 times the interorbital width, which is 0.8
times the orbit diameter. Spiraculum with nine
pseudobranchial folds, its length roughly 50 %
of the orbit diameter ; distance between spiracula
1.9 times the interorbital width. Snout area soft
and vertically flexible, the anteriormost propte-
rygia extending almost to snout tip. (Fig. 1).
Preoral snout length 2.1 times the mouth
width, which is 64 % of the prenasal snout
length and 85 % of the internasal width. Nasal
flaps extending laterally as narrow trapezoids
with 3-4 distinct long fringes at the narrow outer
margin. Oronasal pits lacking. Nasal curtain
with an undulated left margin, where a step-like
incision is obvious, whereas the right one evenly
weakly convex. Apices of nasal curtain evenly
rounded and continuous with short posterior
margins, which are directed forward. Outer and
rear margins of nasal curtain smooth, but a low
and thin fold with serrated and shortly fringed
upper margin originating from junction with the
isthmus and running across the posterior nasal
curtain surface parallel to its smooth rear margin
(Fig. 3). Ventral head length 1.9 times the
preoral, 2.6 limes the prenasal snout length and
4.1 times the mouth width. Distance between
first gill slits 1.6 times that between fifth gill slits
and 2.0 times the mouth width.
Mouth and jaws moderately angled (Fig. 2).
The small teeth arranged in quincunx ; closely set
in médian, more widely spaced in outer thirds of
the jaw, where they also appear to be set in very
oblique parallel rows. 35 tooth rows in upper
and lower jaws. Individual tooth fiat and rhom-
boid, those in médian third tending to an ovoid
shape. Only the teeth in the médian 3/5 of the
jaw show a short, almost horizontally oriented
conical cusp at inner corner.
Pelvic fins distinctly bilobed, but with con¬
tinuous outer margin. Anterior lobe slender and
tapering towards pointed tip. as long as or even
slightly longer than the posterior lobe, which
shows a convex outer margin, narrowly angled
tip and a weakly concave long inner margin. The
claspers, still in an early adolescent stage with
their still undeveloped terminal région already
exceeding tips of pelvic fins, are very slender rods
with a long basal portion and a short, somewhat
widening glans.
The obviously long and slender tail gradually
tapering rearwards, somewhat depressed only at
base, but almost circular in cross-section over
remaining length. Its length to DI already nearly
50 %, to the extreme tip 60 % of the total length
and 1.3 times the dise width. Latéral tail folds
distinct from their origin at pelvic axils to their
end at about half the postdorsal tail length ;
relatively wide along most of the tail, becoming
wider in the dorsal fin section as is usual.
Postdorsal tail section obviously long, 1.6 times
the base length of D2. The small dorsal fins at
the very end of tail, almost equal in size and
shape, their bases confluent above upper surface
of tail ; their height roughly 50 % of their base
length only. Their continuous anterior and upper
margins somewhat convex and rising at a shal-
low angle, the narrow apex truncate and frayed,
the rear margin greatly angled forward. A dis¬
tinct upper caudal fold arising about 1/2 of D2-
base length behind the latter, its even height
roughly 50 % of the D2-height and greater than
depth of tail in this section. A distinct lower
caudal fold présent, its length equal to, but the
height only half of that of the upper fold.
Sensory pores along upper anterior dise mar¬
gins rather large and somewhat bulbous, those
along posterior margins even more obvious in
252
MATTHIAS STEHMANN
Fig. I. Notoraja subtilispinosa sp. nov. ; holotype MNHN 1985-134 in dorsal and ventral view.
Source : MNHN, Paris
RESURRECTION OF NOTORAJA
253
Fig. 3. — Noloraja subtilispinosa sp. nov. : left nostril and nasal curtain of the holotype wilh separatc fringed fold across apex.
Source : MNHN, Paris
254
MATTHIAS STEHMANN
being tubular. Pores at middle of nape in a
single, somewhat irregularly arranged médian
line, which however is roughly crescentic and not
evenly continuons ; pores of the line grouped
rather in three separate fields, each of which
appears somewhat bulbous and elevated from
the surface (Fig. 1).
Squamation
Entire upper surface of dise, including orbits,
very densely set with extremely fine, erect,
needle-like spinules, which are macroscopically
almost indiscernible and velvet-like to the touch
(Fig. 4). Only the extreme tip of snout, i.e. the
process, a very narrow edge along anterior, and
a somewhat wider edge along posterior dise
margins smooth, as well as the entire anterior
pelvic lobes. Furthermore, a broad outer margin
around posterior pelvic lobes, which however
show a large central area of the velvet-like
spinulation, and claspers smooth. Upper surface
and sides of tail over its entire length equally
densely and finely spinulose as the dise but
without any enlarged prickles, as well as most of
the dorsal fins and the upper caudal fold are
spinulose.
Only enlarged éléments of the dorsal squa¬
mation are a pair of tiny blunt thornlets in
front of the orbits, but even these appear as
being reduced rather than developing ones. No
a
Fia. 4. — Notoraja subtilispinosa sp. nov. ; SEM photographs
individual spinule in semilateral view (b).
other indications exist dorsally of any thorns or
thornlets, neilher as scars, nor in some develop-
mental stage.
Underside of dise, pelvics and claspers comple-
tely smooth. Ventral side of the tail entirely set
with spinules as above, except for a small médian
smooth spot at the very base of the tail between
the pelvic axils. Very exceptionally, the spinules
encroach from the sides and underside of the tail
onto the latéral tail folds dorsally and ventrally
in the posterior half of the tail.
COLOUR
Upper side of dise, including orbits and the
rostral triangle, of the alcohol preserved holo-
type, plain dusky greyish-brown with a bluish-
metallic shade. Posterior dise margins blackish-
brown at smooth outer edge. Back of trunk a
somewhat darker shade as also the entire tail.
Sensory canals not marked ofT, only pores and
integument of the crescentic field on nape pale.
Both pelvic lobes and claspers blackish-brown,
the spinulose central area of posterior lobe
somewhat greyish. Dorsal and caudal fins dusky
greyish. Latéral tail folds marked off blackish-
brown over their entire length since the only part
on the tail which is not completely spinulose.
Lower side of dise “ wishy-washy ” dark brown-
ish-grey, snout tip and edges of fins blackish.
Nasal flaps and nasal curtain blackish-brown.
b
of the spinulation on inner left scapula of the holotype (a) and
RESURRECTION OF NOTORAJA
255
the latter with pale narrow edges. Inner surface
of nasal curtain as dark as the outer. Roof of
moulh cavity and edge of the upper jaw vélum
with vague to partly spotled dark pigmentation.
No real light markings ventrally, but some
irregular pale areas at nasal curtain isthmus,
medially on posterior interbranchial space, at
angles of mouth, and jaws pale creamy. Anus
edged blackish. Pelvic fins and claspers as the
dise, but blackish towards their margins or tips,
as well as the tail.
Skeletal anatomy
Although every possibility in x-raying was
tried, the results did not offer much information
as apparently the calcification of the skeleton is
too insufficient, either because this deep-water
specimen has such a low calcification only, or its
poor natural calcification has been reduced
to almost Zéro through long-term storage in
strong formalin. Hence, on this basis, vertébral
and fin ray counts, as well as an illustration of
the pelvis were impossible, and the specimen
could not be dissected in order to obtain the
informations. Where possible without serious
damage to the holotype, the following results
were gathered by dissection and in combination
of the latter with the few informations through
radiographs.
Cranium and snout skeleton (Fig. 6)
Rostral process slender, flexible and almost
uncalcified, continuous without segmentation from
front of cranium, gradually tapering towards its
fusion with the rostral node. Its length about
46 % of the total cranial and about 88 % of the
nasobasal cranial length. Rostral base narrow,
about 16 % in width of the nasobasal length and
about 13 % of the maximum cranial width,
which is about 1.2 times the nasobasal length.
Rostral process lateraliy undulated a short dis¬
tance in front of rostral node ; its appendices
plate-like, somewhat vertically undulated and
not fused to sides of the rostral process. Rostral
node with a distinct process and deep incisions at
its sides ; free rear ends of appendices closely
parallel to rostral shaft and terminating at 54 %
of entire rostral length without curving away
lateraliy. Shape of neither anterior, nor posterior
fontanelle discernible in radiographs, but naso¬
basal fenestrae indicated and their presence
confirmed by dissection. Ovoid-shaped nasal
capsules large, greatly expanded lateraliy, with
strongly convex anterior and almost straight
posterior margins, which are set at an angle of
about 60" to the longitudinal axis of the cranium.
Interorbital width 34 % of the nasobasal length,
of which the internasal width is about 12 % and
256
MATTHIAS STEHMANN
Fig. 6. Noioraja subiilispinosa sp. nov. ; cranium and snout skeleton of lhe holotype semischematically reconstructed in
combinalion of radiographs and dissected snout, about 1.5 limes nat. size.
the least width of the basal plate about 30 %.
Orbital région deeply and evenly concave, with
anterior processes poorly and posterior ones
moderately developed. Otic région massive, its
width about 60 % of the nasobasal length, jugal
arches moderately developed.
Scapulocoracoid (Fig. 7)
A high and relatively short element of subqua-
drangular shape. the maximum height 85 %, the
height at rear corner 64 % of its length. Height
at rear corner 76 % of the maximum height.
Relation pre-msc-length : post-msc-length = 1 :
1.5. The straight anterodorsal margin gently
sloping towards rear corner, which is marked but
not elevated ; posterodorsal margin also straight
but sloping steeply towards metacondyle. Anterior
fenestra divided by a horizontal bridge into a
larger, roundish dorsal and a smaller, oval
ventral fenestra. The combined height of both
anterior fenestrae somewhat less than that of the
very large postdorsal fenestra. This as high as
long and of subtriangular shape. The three small
postventral foramina of rearward increasing size,
the smallest anterior one placed almost under-
neath lhe postventral edge of the mesocondyle.
The element is almost uncalcified.
Pelvis
Radiographs did not give any indication of its
shape. A full dissection of the element could not
be undertaken as the holotype is the only
specimen available. However, in a partial dis¬
section and in comparison with the pelvis of
N. tobitukai (Fig. 9) it was confirmed, that
N. subiilispinosa also has very short anterior
processes, but in contrast to N. tobitukai appears
to hâve a pelvis with evenly concave anterior
contour of the bar.
RESURRECTION OF NOTORAJA
257
Fig. 7. — Noloraja subtilispinosa sp. nov. ; left scapulocoracoid of the holotype in latéral view.
Fig. 8. Noloraja lobilukai ; left scapulocoracoid in latéral view of spécimen ISH 30/84.
p, G 9 _ Noloraja lobilukai ; pelvic girdle in dorsal view, somewhat schematized after radiograph of spécimen ISH 30/84.
Source : MNHN, Paris
258
MATTHIAS STEHMANN
INTERSPECIFIC COMPAR1SONS AND CONCLUSIONS
Including references to Ishiyama (1958) and
McEachran (1984), regarding B. tobitukai and
supraspecific grouping within the Rajidae, the
here resurrected taxon N otoraja Ishiyama, 1958
can be described preliminarily as a genus with
the following combination of characters :
Notoraja Ishiyama, 1958
Type species. Raja tobitukai Hiyama, 1940 by
original désignation.
Disc of inverted heart-shape, snout moderately
elongated and with a small process at its tip.
Orbit diameter distinctly greater lhan interorbital
distance. Slender and pointed anterior pelvic
lobes as long as, or somewhat longer than
posterior lobes. Length of tail about 60 % of the
total length and greatly exceeding the width of
the dise. Latéral folds distinct along almost
entire length of tail from pelvic axils onward.
Postdorsal part of tail longer than base of D2,
with a prominenl upper caudal fold separated
from D2-base and a lower ventral caudal fold.
Oronasal pits absent. Upper side of dise and tail
completely and evenly set with spinules. If
présent at ail, thorns indistinct or rudimentary
only and placed in preorbital position or me-
dially along tail. Underside of dise and pelvics
smooth, but tail almost entirely prickly. Upper
and lower surfaces uniformly dark coloured.
Inner side of nasal curtain and roof of mouth
cavity at least partly darkly pigmented.
Rostral process slender and flexible, con-
tinuous from narrow base to fusion with rostral
node, about as long as the nasobasal length.
Rostral appendices with médial anterior process
and very long free rear ends, which are plate-
like and run closely parallel to the rostral shaft
with their ends not curving away laterally and
terminating at about half the rostral length.
Nasal capsules greatly expanded laterally, ovoid-
shaped and with basal fenestrae. Anteriormost
propterygia of pectoral skeleton extending almost
to snout tip at latéral edges of rostral node.
Scapulocoracoid with anterior bridge dividing
anterior fenestra, a large postdorsal and several
small postventral fenestrae. Pelvis with short and
blunt anterior processes.
The investigation and évaluation of neurocranial
and clasper characters in detail of N. tobitukai
will remain with McEachran’s further studies
as indicated in his 1984 paper. The correspond-
ing characters of N. subtilispinosa could not be
investigated, or were not available in the imma¬
ture male holotype.
The above mentioned characteristics of Noto¬
raja summarized and compared with McEach¬
ran’s (1984) diagnoses and descriptions reveal,
that N. tobitukai and N. subtilispinosa show a
number of close similarities with the Pavorajini
and subgroups. However, the presence of an
anterior bridge in their scapulocoracoids already
séparâtes both species of Notoraja sharply from
those of Malacoraja, Neoraja, Pavoraja and
Gurgesiella within the Pavorajini. This particular
character of Notoraja is shared with Sympterygia
and Psammobatis, however both the latter généra
dilïer significantly from Notoraja in, e.g. their
rostral condition, a number of cranial features
and the development of a dorsal thorn pattern
(McEachran, 1982, 1983). The presence of an
anterior bridge in the scapulocoracoid of Noto¬
raja is shared furthermore by Bathyraja, in which
the element however is greatly expanded hori-
zontally and has multiple postdorsal, as well as
postventral fenestrae or foramina. Bathyraja has
further characters differing significantly from
Notoraja, e.g. rostral and cranial conditions and
distinct thorns at least on the upper side of the
tail (Ishiyama, 1958; Stehmann, 1970, 1985;
Ishiyama & Ishihara, 1977). The remaining rajid
généra are distinguished from Notoraja mainly
by either external shape ( Dactylobatus ), rostral
condition (Raja), conditions of the cranium
(Rliinoraja) and scapulocoracoid ( Breviraja ), or a
combination of these and additional characters
(Bigelow & Schroeder, 1953; Stehmann, 1970;
Hulley, 1972 ; Ishiyama, 1958 ; McEachran &
Compagno, 1982).
The above comparison of Notoraja with
RESURRECTION OF NOTORAJA
259
other supraspecific taxa does not fully consider
McEachran’s (1984) preliminary grouping of
lhe rajoids for wich investigational results of the
relevant spécifie taxa hâve not yet been presented
completely. However, with regard to the scapu-
locoracoid condition, i.e. the presence of an
anterior bridge, which is one of the synapomor-
phies for the séparation of Groups 1 and 11
(considered of family rank) in McEachran's
(1984) proposed classification, Notoraja would
hâve to be grouped as the sixth supraspecific
taxon within group I. Of the other five taxa
within the latter group, Psammobatis. Symptery-
gia and Bathyraja hâve already been discussed
above. Pseudoraja and Arhynchobalis remain.
and there is hardly any risk of confusing these
with Notoraja, as their représentatives either
lack, or hâve at most a single dorsal fin.
As a conséquence, only B. tobitukai remains
for comparison with Notoraja subtilispinosa. It
shares with the latter the characters given above
in the generic description. On the other hand,
N. tobitukai dilTers significantly from the newly
described species in the following characters :
dorsal fins separated by a short but distinct
interspace. Tooth rows in upper jaw ranging
from 38 to 50 with an average of 44 (Ishiyama,
1958). Rear margins of nasal curtain smooth to
fringed, separate fold across apex surface absent.
Spinules on the upper surface distinctly larger,
coarser, more widely spaced and thus much less
per unit surface area (Fig. 5). Canals and pores
of latéral line System on upper dise marked off
whitish from dark ground colour. Nasal capsules
of cranium orientated less forward at a larger
angle to longitudinal axis of cranium. Scapuloco-
racoid moderately expanded horizontally, its
maximum height 71 %, the height at rear corner
48 % of the length of the element only : height at
rear corner 68 % of the maximum height ; large
postdorsal fenestra horizontally oval-shaped, 1.6
times as long as high ; four small postventral
foramina of rearward decreasing size, the ante-
riormost one being the largest.
Detailed measurements of an immature male
N. tobitukai of a size comparable to the N.
subtilispinosa holotype are given in table 1. Good
descriptions and excellent illustrations of N.
tobitukai were published by Hiyama (1940),
Ishiyama (1958, 1967) and Okamura & Kita-
jima (1984).
ACKNOWLEDGEMENTS
I am grateful lo P. Fourmanoir and B. Seret
(ORSTOM at MNHN Paris)for bringing the holotype
specimen to my attention and kindly allowing its
investigation, and to J. Forest (MNHN), who as
editor generously offered the publication of the results
in the présent Musorstom contribution and kindly
prepared the French Résumé.
Spécial gratitude is expressed to my Japanese col-
league H. Ishihara, who continuously provided vaiuable
information and comparative material, and particu-
larly for donating the specimen of N. tobitukai (ISH
30/84) to the ISH collection.
Thanks are also due to D.L. Bürkel, who assisted
in the technical reproduction of the drawings and
kindly improved the English text, to Mrs. E. Ganss,
who look the SEM photographs (both Zool. Muséum
Hamburg Univ.), and to my assistant Mrs. Gudrun
Schulze, for preparing the radiographs and photo¬
graphs of specimens and typing the final version of the
manuscript,
NOTE (while in press)
This manuscript had been submitted in March 1985
already, but printing the volume took much longer
than originally expected. In the meantime, alterations
or updating were not possible. The author is aware of
advances in knowledge and research since, regarding
rajoid systematics. but under given circumstances the
introductory remarks and conclusions can only reflect
the stage of knowledge in 1984/85.
260
MATTHIAS STEHMANN
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tinentalabhang. Arch. FischWiss., 36 (1/2) : 195-211,
figs 1-7.
Source : MNHN, Paris
Date de distribution : 16 juin 1989
Dépôt légal : Juin 1989
IMPRIMERIE F. PAILLART — ABBEVILLE
N° d'impression : 6849
Dépôt légal : 7 trimestre 1989
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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Revisited : Proceedings of the Vllth International Symposium on Dental Morphology. 462 pp. (ISBN
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Source : MNHN, Paris
Z 1 JUIN 1388
Fruit de la collaboration entre le Muséum national d’Histoire naturelle et l’Institut français de
Recherche pour le Développement en coopération (Orstom), les campagnes Musorstom 1, 2 et 3 ont
exploré la faune marine des Philippines en 1976, 1980 et 1985, à bord des navires océanographiques
français « Vauban » et «Coriolis». Près de 220 opérations de chalutages et de dragages, jusqu’à
1 800 mètres de profondeur, ont permis la découverte d’une riche faune bathyale encore méconnue, dont
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Le présent volume, le quatrième de la série des « Résultats des Campagnes Musorstom », contient
7 contributions à l’étude des Spongiaires, des Mollusques, des Echinodermes, des Tuniciers et des
Poissons. Jacques Forest, qui a dirigé les campagnes Musorstom aux Philippines, est professeur au
Muséum national d’Histoire naturelle et à l’École Pratique des Hautes Études.
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