x.Uù
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
/lMÉMOIRES
MUSEUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SERIE
Série j AJ jZool qgie [
TOME XIV
FASCICULE UNIQUE.
lAïj
René JEANNEL.
• LES PSÉLAPHIDES DE L’AFRIQUE DU NORD.
Essai de biogéogrophie berbère,
PARIS
EDITIONS DU MUSÉUM
H6, rue Geoflroy-Saint-Hilaire (V»)
Source : MNHN, Par/s
Source ; MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Source ; MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MEMOIRES
DU
MUSEUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie
TOME XIV.
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
rue Oeoffroy-Sainl-Hilaire (V-)
laAfi
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
TAliLK DKS MATIKUliS
Fascicule unique.
K. Jeawel, Us Psélaphides de l’Afrique du Nord,
graphie berbère.
Essai de Biogéo-
UZi-.]
Source ; MNHN, Paris
«.U-
Source : MNHN, Paris
MEMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. Tome XIV, fascicule unique — Pages 1 à 233
K LESPSÉLAPHIDES DE L'AFRIQUE DU NORD.
Essai de biogéographie berbère,
par le D' René .Ieannel.
SOMMAIRE.
iXTRODUCTION .
La Beruérie .
Le Maroc, ou Herbérie occidentale .
Plaines atlantiques (p. 5). — Le Hif (p. 6). — L’Atlas marocain
(p. 7). — Le Maroc oriental (p. 7).
La Berbérie orientale .
L’Atlas (p. 8). - Les Massifs côtiers (p. 8).
1. Subfam. Faronitae Jeanne].
Trib. Faronini Haffr.
1. Gen. Faronns Aubé (p. 11). — 2. Gen. Faronellus, nov. (p. 13).
Trib. Maybtini Scheerp. .
3. Gen. Mayelia M. et R. (p. 15).
II. Subfam. Eupleclitae Jcannel.
Trib. Euplectini Raffr.
Subtrib. Panaphatiliiui Jeann. (p. 21). - 4. Gen. Paiiaphanlim
Kiesw. (p. 21). '
Subtrib. Euplecliiia Jeann. (p. 22). — 5. Gen. Pxendopleclus
Reitt. (p. 23). — 0. Gen. BibiopiecUis Reitt. (p, 25). — 7. Gen. Eu-
plectiie Leach et subgen. Diplectellus Reitt., nipleclidiis, nov. et
F.npiectiiius. nov. (p. 30). - 8. Gen. PleclopMoeas Reitt. (p. 50).
111. Siibfnm. Batrisitae Jeann.
IV. Snbfam. Bryaxitae Jeann.
Trib. Trichosychini Ganglb.
9. Gen. Amaiironyx Reitt., subgen. Berberonyx, nov. (p. 52). — •
[Amaiironyx (s. str.) Raffrayl, n. sp. (p. 53) et A. eiiphratae
Saulcy (p. 53)1.
Mémoirks dv Mcsécm. - Zooi.iMiiF., l, XIV.
RRNfi JEANNRl-
Trib. Bythinim Haffr. .j«
Subtrib. Machaeritimt Jeann. (p. 58). — lU. (îen. Aiiopsibiflhini,
nov. (p. (50). — 11. Gen. Cer<ilobylhiiii Norm. (p. (54). - 12. (îen.
Acanlltobi/lhuii Norm. (p. C5). — 13. Gcn. Cliiiismiilobylhiis, nov.
(p. 67).
Subtrib. Hythinimi Jeann. (p. (59). 14. (ien. Arcoiuuiim l.eaeh
et subKen. Rgthiiütes Jeann. (p. 70).
Trib. Hryaxini Raffr. 79
15. Gcn. Briiaxis Lcach (p. 81). 1(5. Gen. Rmchiiqlitlu Tliom?,.
et subRcn. Dicrobiella Jeann. (p. 82). — 17. (icii. H'riichi/nliilodes,
nov. et subgcn. Dicrobionoma, nov. (p. 97). 18. Oen. Rrachy-
glulina Jeann. (p. 110). — 19. Gcn. Reirhenbuchia l.eaeh et .siib-
S en. Reichenbachella Jeann. (p. 115). — 20. (îen. Trissemiis
eann. (p. 117).
Trib. Tychin! Jeann. 12(5
21. Gen. Tychii» Leacli (p. 1.11). ~ 22. (îen. Ti/rhtimornhiis Jeann.
(p. 137).
V. Stibfam. Paeisphitae s. str.
Trib. PsELAPHiNi Raffr.
23. Gen. Pselaphus Herbst. et subgcn. Geouselaiihax, nov. (p. l.‘>2).
— 24. Gcn. Pselaphogeniiis Rcitt. (p. 160K
Trib. Ctenistini Raffr. Kitt
2.5. Gen. Clenistes Reich, et subaen. Leploclenistis nov. et Ternexix
Peyer. (p. 107). - 26. Gen. Clenisomorphiis Raffr. (p. 174) et
Bcn. Metactenisles, nov. (p. 174). — 27. Gen. Cteiiisoschemri. nov.
(p. 179). — 28. Gen. Eiioptoxtomiix Schaum. (p. 189). — 29. (ien.
Deiiimifi Rcitt. (p. 187).
Trib. Tyrini Raffr. |<J1
Subtrib. Cenlrophlhulmina Jeann. (p. 191 ). - 30. Gen. Cumaldiix
Fairm. (p. 192). — 31. Gcn. Ceiilropblhnlmosis Raffr, (p. 194).
Subtrib. Tyriiui Jeann. (p. 194). — 32. Gen. Tynis Aube (p.
195). 3.1. Gen. Morelliix Motsch. (p. 197).
VI. Subfam. Glavieeritae Rcdf.
Trib. Ci.AVioKnisi Jeann. 1911
34. Gcn. Claviyer Preysslcr (p, 199).
Trib. FüsTiGEHiNt Jeann. 20J
.15. Gen. Amphironrhtis Peyer, (p. 202).
BioKéoKraphie.
GéNéRALITÉS . 200
Les LAr.cxEs dans ijv fause pséi.Ai>iiiuiKSNK heubSuk . 2(18
Géonémie et esquisses paléogéografhiques . 209
La Rerbérif antépontienne . 209
Montien (p. 209). — Eocène (p. 210). — OliKocène (p. 211). -
Miocène (p, 214).
Source : MNHN, Paris
PSÉI.APHIDES DE I/AHRIOl'K Dtf NORD.
La Herbérie pontienne .
Pontien (p. 215). — Pliocène (p. 217).
La Berbérie quaternaire . -•?
Tableau gêonâmique des Psétaphides berbères . 220
QI'F.LQUES PnOlil.ÈMES PARTICULIERS . 220
1. Relations de la faune berbère avec celle de l’Amérique cen¬
trale . 220
2. L’île bético-rifnine . 221
3. Le peuplement des îles Atluiitides . 22-1
4. Les Psélapbides cndo|;és de la Berbérie . 227
5. Les Psélapbides du Djurjura . 221)
6. Les P.sélaphides de la forêt de Cèdres . 229
7. Les lignées xérothermophiles île la Berbérie . 230
Auteurs cités . 232
INTRODUCTION.
Entreprenant l’étude des Psélapbides de l’Afrique du Nord, je
n’ai pas cru devoir m’enfermer dans les limites strictes de la Berbérie.
Certes, la Berbérie est un territoire très bien délimité et aujourd’hui
isolé. Elle forme un vaste quadrilatère entre les 27° et 29° de lat. N.,
bordé à l’ouest j»ar l’Océan Atlantique, au nord par la Méditerranée,
à l’est par les steppes arides de la Cyrénaïque, au sud enfin, par le
Sahara.
Mais celte Berbérie a eu dans le passé des communications fré¬
quentes avec les péninsules européennes ; elle a reçu sa faune de toutes
les contrées qui l’environnent. Aussi m’a-t’il paru préférable de consi¬
dérer l’Afrique du Nord d'une façon très large, comme toute la partie
du continent africain ayant un peuplement cnlomologlque en grande
majorité paléarclique.
On trouvera donc dans les pages qui suivent l'étude des Pséla-
phides connus de la Berbérie proprement dite, mais aussi de l’Anda¬
lousie et des archipels de Madère et des Canaries, de la bordure saha¬
rienne de la Berbérie : Sous, Draa, Sahara marocain, algérien et tuni¬
sien, du Fezzan, du Tassili n’Ajjer et du Hoggar, de la Tripolitaine,
de la Cyrénaïque, de la Basse-Égypte, et même du Sinaï, en somme
de toute l’Afrique bordanl la Méditerranée.
Source ; MNHN, Paris
RENÉ JEANNEL.
Les matériaux que j'ai eu en mains pour cette élude sont consi¬
dérables. Au Muséum national d'Histoire naturelle. J'ai disposé des
collections de Ch. ArsÉ, de H. Li'oas, de F. Gi'im-kbeai’, d’A. Raffhay,
d'A. Choraut, de L. Bkukl, d'E. Abkillk de Pkrhin, d’E. Reittkh,
où j’ai trouvé la plupart des types anciens. Mais les collections qui
ont été les plus (trécieuscs, les plus riches en documents, sont celles
de P. de Peykrimhoff et de H. Normand.
Pendant plus de cinquante années P. de Peyeuimhoff a systéma¬
tiquement exjjloré l’Algérie et le Maroc, amassant les Psélaphides qui
ont alimenté une partie de ses centuries de Notes sur les Coléoptères
nord-africains. Depuis que son état de santé lui a enlevé tous ses
moyens de travail, il a déposé sa collection au Muséum. Quant au
D’’ H. Norma.nd, explorateur de la faune des Coléoptères de la Tunisie
depuis un demi-siècle, il a bien voulu me conller pour un temps ses
boites de Psélaphides où j’ai pu étudier les matériaux qu’il a mis en
œuvre dans son « Catalogue des Coléoptères de Tunisie » paru dans
le Biillelin île la Société iVHisioire naturelle rie l’Afrique du Nord.
Je dois aussi des remerciements aux entomologistes du Maroc
qui m’ont soumis des Psélaphides : d’abord M. L. Rocher qui m’a
confié les matériaux de Vln.itiliil scienlifiqur Chérifien, constitués
par les récoltes de Ch. Allcai’d et les siennes ; M. Ch. Rungs, des
Services de la Défense des Cultures, m’a remis d’abondantes récoltes
faites par lui dans des pièges lumineux : M. M. Antoine, de Casa¬
blanca, et M. H. Otin, de Meknès ont bien voulu m’envoyer les Pséla-
phides de leurs collccli»)ns. Ainsi ai-je [)u avoir connaissance de maté¬
riaux assez considérables de la faune marocaine ([ui est pourtant
encore la moins complètement connue de toute la Berbérie.
Ma reconnaissance va encore au Commandant M. Hoitel, de Sidi-
Bel-Abbès (jui m’a permis d’examiner les quelques Psélaphides qu'il
a trouvés en Oranic, et aussi à M. G. Frev, de Munich. Cet excellent
confrère, au cours d’un voyage à Paris, m’a apporté les collections
de Psélaphides de son Musée, renfermant outre la collection de
.1. Breit. de très intéressants matériaux provenant de la Basse-Egypte.
J’exprime enfin ma grutiiude à M. E, C. Biutton, du Brilish
Muséum, qui a bien voulu me communiquer les Psélaphides de lu col¬
lection WoLEASTON. L’étude de ces précieux types était indispensable
jiour déterminer la position systématique des Eiipleclns et Pselaphus
de Madère et des Canaries, «jui n’ont jamais été retrouvés, ù ma
connaissance.
Source ; MNHN, Paris
rsflI.APHIDKS DK l/AFniOl'l': Dl’ NORD.
LA BERBÉRIE.
L'ampliludi* i‘l réléviition du sy.stùine montagneux, utleignant
4.200 m. au Maroc, 2.320 ni. en Algérie, ont préservé la Berbérie du
déssèchcment inten.se qui règne à l’esl, sur la Tripolitaiiic. la Cyré¬
naïque et l’Egypte. Le climat de la Berbérie est en grande partie xéro-
therniiquc ; mais au voisinage de la mer et sur les montagnes proches,
des conditions tempérées ont pu se maintenir, favorisant la survivance
des Invertél)rés saproxylophilcs ou même endngés, dans les restes de
forêts où dominent les Chênes mélangés à des Résineux, forêts qui
sont en somme un Qiicrceiiim comparable à ceux de l’Europe.
Le fait que la partie occidentale de la Berbérie subit avec inten¬
sité l’influence du climat atlantique, tandis <[uo l'Algérie et la Tunisie
sont soumises à un climat méditerranéen i)lus sec, a pour conséquence
qu’il faut considérer séparément les conditions écologiques dans deux
régions distinctes ; le Maroc, ou Berbérie occidentale, et la Berbérie
orientale constituée surtout par l’Algérie el la Tunisie.
Dans un mémoire très perlinenl. P. de Pf.yerimhoff (1948) a
présenté une comparaison des peuplements enlomologiques de ces
lieux parties de la Berbérie. Mais n’est-i! pas cho(|uant de le voir ras¬
sembler l’Algérie et la Tunisie sous le vocable de Numidic ? Dans
t’Emiiire Romain, le royaume de Numidie correspondait au Constan-
tinois actuel. Il serait impropre d’étendre ce nom de Numidie à toute
la Mauritanie sélifienne el césarienne, ainsi qu’au royaume de Car¬
thage. Et, du point de vue biogéographique, ne vaut-il pas mieux
laisser à la Numidie son acception primitive, étant donné surtout,
comme on le verra plus loin, que la « chaîne Numidique > a joué un
rôle majeur dans rhisloirc du pou|ilemenl de l’Afrique du Nord ?
Aussi désignerons-nous ici les doux régions de la Berbérie par
les termes de Berbérie occidentale, ou Maroc, et de Berbérie orientale
lAlgérie et Timisiel, P. de Pkykiumhoff a remarqué que les deux
régions, dans leurs parties non sahariennes, ont à peu près la même
superlicie, à savoir 3'20,t)lin km^ pour le Maroc. 33Ü.OOO km* pour la
Berbérie orientale.
Le Maroc, ou Berbérie occidentale.
L'inlluence des vents humides de l’Atlantique se fait sentir sur
toute la vaste plateforme baignée par l’Océan cl aussi sur le flanc
nord-ouest du Moyen el du Grand Allas et le flanc méridional du Rif.
Il en résulte que toutes ces régions, relativement très arrosées (plus
d’un mètre de précipitations annuelles) ont une faune eiitomologique
largement répandue el assez riche.
Plaines Atlantiques. -- Le rivage de l’Atlantique, depuis Larache
jiisqu’ù Mogiidor, borde des vastes plaines en pente douce, avec faibles
Source ; MNHN, Paris
RENfi JRANNEI..
reliefs, jusqu’au pied de l'Atlas. Ce sont en général des régions fertiles,
étendues sur les restes nivelés du vieux horsl marocain, élément
avancé de la Gondwanie. Dans le nord, le Gharb, où s’étend la vallée
de l’oued Sebou, la Chaouia, dans l’arrière-pays de Casablanca, le
Doukkala sur la côte jusqu'au cap Canlin reçoivent plus de 1000 milli¬
mètres de pluies annuelles et ont une riche faune de Psélaphides.
Mais autour de Marrakech, dans la vallée de l’oued Tensift se trouve
une région aride ou même subdésertique.
Le Rii. - La chaîne du Rif, étendue depuis Tanger jusqu’à l’em¬
bouchure de la Moulouya, le long de la côte méditerranéenne, constitue
le reste africain de l'ancien massif bétieo-rifuin, longtemps limité au
sud par un détroit marin sud-rifain, que jalonne la haute vallée du
Sebou et la basse vallée de la Moulouya. Assez escarpé, car il a été
fortement soulevé par les mouvements alpins, le Rif atteint 2.500 m.
d’altitude dans l’ouest, au djebel Tiziren.
Fin. i. (jirtc srliéniRlique de lu lierbérie.
Murof : I. Rif ; 2, Moyen AUii» ; ;j, liruiul Atlu^.
Alhi» Tellirii : 4, .Monts de Tlenu-eii ; ft. Monls de .Suidii ; fi, Kuiirenseiiis :
T. Hodnu et dj. Mnadid : K. Kroumiric.
Alla* Saharien : ü. Monts des Ksours ; 10. Djebel Amour : 11. .Monts des
Ouled Nail : 12. Aurét ; 1.1. Monts de Tebessa : 14, Montiignc do Dlr et niont«
de Teboursouk.
(.’bu/nrx côtière* : 15, Massif des .Mou/nin : Ifi. Rrande Knliylle et DJar-
jurn ; 17. liubor : Ifi. Chaîne Nuinidiquo.
La grisaille indique la zone des nréeiultntions nnniicllos supérieures ii
.‘>(10 milITmétres.
Source : MNHN, Paris
l>Sfil.Al>HIUES DE L'AFlUül’K 1)1.' NOlU).
Très humide, surtout sur son versant méridional, le Rif doit avoir
une faune de Psélaphidcs fort riche, mais cette faune est presque
inconnue, sauf bien entendu dans les environs immédiats de Tanger.
L'Atlaa marocain. - Le Moyen Allas, comme le Grand Alias sont
tous doux très humides sur leurs flancs nord-ouest où s’étendent des
forêts et particulièrement celles des Cèdres autour de 2.000 m. d’al¬
titude.
Par contre les versants opposés, sud-est, ù l’abri de l’influence
atlantique sont sahariens, suhdéserliques.
La faune des forêts de Cèdres de l’Atlas marocain est encore
bien peu explorée et des recherches ont à peine été ébauchées par
Remv sur la faune endogée. Le petit nombre de Psélaphidcs connus
du Moyen Atlas montre bien qu’une riche faune très particulière doit
occuper la région forestière,
De toute la Bcrbérie, l’Atlas marocain est sans aucun doute la
région où des explorations sérieuses aboutiront aux plus intéressantes
découvertes.
Le Maroc oriental. Lorsque venant de Fez, on remonte la vallée
ilu Sebou jus<|u’au col de Touahat (.l.ôS in.l pour descendre dans le
bassin de la Moulouya. on passe hrus(jueinent, d’un versant à l’autre
du col, du climat atlantique au climat méditerranéen. La flore et la
faune subissent un changement très brusque et radical.
Le bassin de la Mouioiiya, et tout le Maroc oriental ont un climat
très sec. Par sa position géographique cl son climat, cette partie du
Maroc se rattache plutôt à la Berbérie orientale.
La Berbérie orientale.
Ici la configiiralion géographique s’oriente de l’ouest vers l’est,
montrant une série de chaînes parallèles entre elles ou plutôt presque
parallèles, car elles tendent ù sc rapprocher et s’unir dans leur partie
tunisienne, s’incurvant en même lemi)s vers le nord-est.
Ces ehaines |)ariilièles, serrées entre la Méditerranée et le Sahara,
snbisseiil des climats très divers et ce sont précisément ces diversités
qui localisenl la faune des Psélaphidcs dans les régions les plus
humides. Il est remarquable en effet qu’une carte pluvinmétrique de
la Berbérie reproduit très exactement l’aire géographique occupée par
des Psélaphidcs. Exception faite des C/cnisf/ni qui sont des xérophiles
répartis <ians les régions subsahariennes. toutes les stations de Psé¬
laphidcs énumérées dans ce travail se trouvent incluses dans l’aire
détourée par l’isohyèle des 500 millimètres de pluies annuelles. Et la
faune est d’autant plus riche que la pluviosité est plus élevée.
Cette répartition des Psélaphides berbères en fonction de la plu¬
viométrie montre bien que l.i faune actuelle ne doit être que le résidu
d’une autre plus ancienne, sans doute très largement répandue pen¬
dant les ])ériodes humides du Quaternaire ancien, mais qui a été
Source : MNHN, Paris
»KNÉ JKANNEI..
refoulée vers le littoral par la désertification progressive du Sahara.
Ce rellux a certaineincnl coïncidé avec celui des forêts.
L'Atlas. L'ossature de la Berbérie orientale est constituée par
deux chaînes, ou plutôt deux rangées de massifs montagneux qui sont
l'Atlas Tellien et l’Atlas Saharien, séparés l’un de l’autre par des
hauts plateaux.
L’Atlas Tellien. plus rapproché de la mer, est le plus humide.
11 est entièrement compris dans la zone des précipitations annuelles
supérieures à .')00 millimètres. De l’ouest vers l’est, il est représenté
par les monts de Tlemcen et ceux de Saïda, le massif de l’Ouarensenis,
les Btlian, le Hodna et cniiii les monts de la Medjcrda et la Kroumirie.
Dans celte succession de massifs, les Psélaphides sont abondants.
L’Allas Saharien, par contre, dont les contreforts méridionaux
forment la lisière du grand désert, est représenté par les monts des
Ksours, le djebel Amour et les monts des Ouled-Naîl dans le sud des
départements d’Oran et d’Alger, ofi ces montagnes sont très arides,
à pluies très rares, et n’ont pas fourni jusqu’ici do Psélaphides. Plus
vers l’est, l’Atlas Saharien s’inlléchit vers le Nord. Le grand massif
de l’Aurès atteignant 2.:J25 m. au dj. Chelia, possède une grande
forêt de C/èdres. Enfin l’Atlas Saharien se termine dans le nord de
la Tunisie |)ar la montagne de Dir et les monts de Teboursotik. séparés
des monts de la Medjcrda et de la Kroumirie par la vallée de la
Medjcrda, mais formant avec eux ce qu’on peut appeler la Dorsale
tunisienne, chaîne très boisée, très humide, en contiguïté avec les hau¬
teurs boisées de la chaîne Numidique.
Les Massifs côtiers. Il existe enfin en Berbérie orientale, entre
les bords de la Méditerranée et l'Atlas Tellien une série de massifs
côtiers plus ou moins élevés qui ont joué un rôle important dans lu
géonémie des Psélaphides. Ils constituent de nos jours la partie la
plus arrosée de la Kcrhérie orionlale, les précipitations atteignant par
places près de 2 mètres cl favorisant le maintien de grandes forêts
de Chénes-liège et de Chènes-Zens.
Ces massifs côtiers qui ont été jilus ou moins émergés au cours
du Ntimmulilique, formaiii ce i|ue les géologues ont appelé le «Bour¬
relet liminaire» de l’Afrique du Nord, sont aujourd’hui représentés
par les monts «le Miliana, le massif «les Mouzaïa, les environs d’Alger
et l’Atlas Mitidjien, la Grande-Kabylie où sc dresse la haute chaîne
calcaire du Djiirjura (2.3(W m. ù la Lella Khadidjal, puis la Petite
Kahylie ou dj. Babor, prolongée par In Chaîne Numidi([ue dans l’arrière-
pays de Philippeville cl de Bône. Géologiquement la continuation vers
l’est de cette chaîne de massifs côtiers, appelés souvent « chaînes
Kabyles», sc trouve en direction de l’ile de La Galite.
Comme on le verra, ce Bourrelet liminaire constitué par les mas¬
sifs côtiers a été submergé pendant la grande transgression de l'Oli¬
gocène inférieur «[ui a déposé les sédiments du flysch. Mais une série
de petits territoires restés émergés el constitués par des promontoires
Source ; MNHN, Paris
PSÉLAPHIDES DE L’AFRIQUE DU NORD.
de la vaste Tyrrhénide oligocène, ont conservé un bon nombre de
lignées de Pséiaphides lyrrhéniens qui ont pu se propager plus tard,
au Mio-Pliocène, sur les Chaînes côtières surélevées par les mouve¬
ments alpins et sans doute couvertes de forêts.
Aussi est-ce seulement dans cette région des Massifs côtiers,
depuis la Grande-Kabylie et la chaîne Numidique jusqu’en Kroumirie
et sur la Dorsale tunisienne qu’on trouve aujourd’hui une faune
endogée abondante, constituée par des Bembidiides (Pseudaniffus),
des Staphylinides {Leplolijphlus et autres), avec de nombreux Pséia¬
phides dont certains sont anophtalines. On trouve ces endogés, tous
de taille exiguë, en lavant la terre criblée dans les racines d’Aspho-
dèles ou l’écaillure en décomposition des bulbes de la Scille maritime.
Mais, de telles recherches, pourtant si fructueuses sur les massifs
côtiers, ne donnent plus rien dans l’Atlas Tellien. Je tiens du com¬
mandant Boitei,, à Sidi-Bel-Abbès, que de nombreuses tentatives de
lavage de terre autour des Asphodèles et des Scilles ne lui ont jamais
permis de recueillir un seul endogé véritable dans les monts de
Tlemcen et de Saïda.
.MAmoihrs ni' Mi’Séi m. — Zoolooir. t. XIV,
Source ; MNHN, Paris
Il)
UENÊ JEANNEL.
I. Subfani. FARONITAE Jeaimel.
Tril>. FARONIN! Raffray.
Cette tribu est constituée par une vieille lignée paléantarctique,
(jui occupe le Chili, l’Afrique Australe et Madagascar, le Sud-Ouest
(le l’Australie et la Nouvelle-Zélande. De plus, la tribu est représentée
dans la région méditerranéenne par les genres Faronns et FnroneUiis
dont les affinités avec les Saefolti Sharp néo-zélandais sont manifeste.s.
Comme d’autres lignées méditerranéennes {La genèse des faunes ter¬
restres, p. 226), celle des Faronus dérive de souches venues de la Nou¬
velle-Zélande, qui ont atteint la région inésogéenne au Jurassique.
Les espèces méditerranéennes, au nombre d’une quinzaine actuel¬
lement rangées dans le genre Faronus Aubé, sont de deux types bien
différents et devront former deux genres.
BiOGÉOfiRAPiui;, — Le genre Faronus Aubé, tel qu’il sera compris
ici, ne renfermera que deux espèces, l’une, Lafertei Aubé, manifeste¬
ment originaire de la chaîne pyrénéo-provençale oligocène et répandue
en Europe, sur le pourtour de la Tyrrhénide, l’autre, Aube» Luc., loca¬
lisée dans la Tunisie septentrionale et l’Algérie. Il semble bien que
ce F. Aubei, qui ne diffère surtout du Lafertei que par une divergence
dans la structure de l'édéage, dérive d’une population de Lafertei
ayant passé en Tunisie au Poslpliocène, par le large pont lyrrhéno-
berbère qui a livré passage h de nombreuses lignées pendant la pé¬
riode géocratique du Saint-Prestien (flg. 214).
Quant au genre Faronellus, qui groupera un certain nombre d’es¬
pèces de plus petite taitle, distribuées sur toute la région méditerra¬
néenne, il est représenté en Berbérie par deux espèces. L’une, simpli-
ciceps Rcitl., apparentée au Vilalei Raffr. de la Sicile, a sans doute la
même histoire cjue le Faronus Aubei. Elle doit être venue en Afrique
au Poslpliocène. Mais le F. Bedeli, espèce nouvelle connue de Daya,
dans les Monts de Saïda. à l’ouest de l'Ouarcnsenis, est sans doute
un élément plus ancien dans la faune de la Berbérie, peut-être anté-
pontien et originaire de la 'Pyrrhénide.
Tabiæai' nr.s genres MftniTKnnANÉKNS.
1. Espèces robustes. Tubercule occipital arrondi et convexe,
encadré par deux profonds sillons atteignant en arrière le
bord postérieur du front. Edéage k sac interne nu, sa pièce
médiane libre et plus ou moins divisée en deux blocs.
. (p. 11). 1. (îcn. faronus Aubé.
— Espèces plus petites. Tubercule occipital plat, subcarré, en¬
cadré par deux sillons superficiels, le plus souvent incomplets.
Edéage à pièce médiane entière enfermant le sac interne....
. (p. 13). 2. Gen. faronellus, nov.
Source ; MNHN, Paris
HSÉI.APHIDES DE I/AFHIOl'E DU NORD.
1. r.en, FARONUS Aubé.
Faroniis Aubé, 1844, Ann. Fr., (2) 11, p. 147 ; type : Lnfertei Aiibé.
- Jeansel, lOôO, Fnc France, 53 fPsélaphides), p. 47 (pars).
Robustes. Tête triangulaire, à tempes anguleuses et très saillan¬
tes, l’angle externe portant à son sommet un organe annulaire (1)
sans doute de nature sensorielle. Front avec un sillon longitudinal
profond se bifurquant en arrière et dont les branches, encadrant un
tubercule occipital arrondi et convexe, restent très profondes et entail¬
lent en arrière le bord postérieur du front. Antennes longues et moni-
liformcs. Pronotuin un peu transverse, le disque avec une large im¬
pression en U. Elytres très déprimés. Abdomen long et large, déprimé,
les quatre premiers tergites à peu près de même longueur.
Edéage constitué par un manubrium basal, qui porte une pièce
médiane et deux styles latéraux, le tout représentant des parties du
tegmen (.Ieannel, 1955, L’Edéage, p. 136). La pièce médiane, bilobée
et soudée au manubrium chez le F. Anbei (fig. 2) est indépendante
du manubrium et divisée en deux pièces indépendantes chez le La-
fertei (Fne France, fig. 18 c) ; dans l’un et l’autre cas, elle est pleine
et le sac interne est nu et hyalin.
Le genre ne renferme que deux espèces : Lnfertei Aubé et Auftei
Lucas. Le Laferiei se trouve dans l’Italie moyenne et la Corse, éten¬
dant son aire géographique sur toute la France. UAubei d’autre part
occupe la Tunisie et l’Algérie.
1- faronus Aubei Lucas, 1854, Ann Fr... (3) II. Bull., p. xxxv ; type :
Médéa (Mus. Paris). - - .Ieannei,, 1950, Fnc France, 53 (Psé-
laph,), p. 50 brncbijpteriis Pic, 1903, L’Ech., p. 145 ;
type : Kabylie.
Fig. 1 et 2. — Long. 1,6 à 1,8 mm. Rarement ailé, le plus souvent
aptère (le type est aptère). Testacé rougeâtre concolore et plus ou
moins foncé. Déprimé, lisse, la pubescence très fine. Aspect général
du F. Lnfertei Aubé, d’Europe (Jeannel, 1950, Fne France 53 (Psé-
laph.), p. 49, fig. 18 fi) ; même forme de la tête, mais avec les yeux
moins saillants et les angles temporaux plus obtus. Pronotum nette¬
ment plus rétréci à la base que chez Lnfertei, les côtés bien plus pro¬
fondément sinués, on arrière.
L’espèce est assez variable. Le lype, de Médéa, et un exemplaire
de Daya ont les bosses latérales du pronotum plus anguleuses que
chez les exemplaires de Kabylie, du département de Constantine et
(Ij C«t organe ne correspond pas à un ocelle comme je l'avais supposé (1950,
l. c., p. 47), car nn trouve chez certaines espèces les ocelles en place dans les
sillons encadrant le tubercule occipital. Sans doute s’agit-il d’organes sensoriels
comparables à ceux que les Mayetia et certains Pyxidicerini (Tgphlolepliis) por¬
tent sur les palpes maxillaires, ou encore à ceux cjul se trouvent sur le scape
antennnire chez les mâles do beaucoup de Bythinini.
Source : MNHN, Paris
12
RENÉ JEANNEL.
de la Tunisie. D’aulre part il existe itarfois des individus inacroptères
à élytres longs et ailes membraneuses très développées. Une femelle
des Mouzaïa est dans ce cas ; de même un mâle du Kef, pris avec un
autre mâle aptère et â élytres courts. L’édéage est identique chez les
individus macroplères ou aptères.
Edéage (fig. 21 bien différent de celui du Laferiei (Jeannel, 1950,
l. c., fig. 18 c). Chez Aiihei les deux pièces médianes libres du Lafertei
sont coalescentcs d’une part avec le manubrium, d’autre part entre
elles. Elles sont aussi bien plus épaisses et la droite se termine par
une apophyse bidentée latéralement.
Km. 2 et 3. Cîen. Ftironu» Auiié. — Km. 2. F. Aiibei Lucas, mâle, type, de Mcdea,
X 3A. — Kiu. 3, KdâflKc, face dorHalc. d'un exemplaire de Bou-Keriik. X 120.
Répandu dans toute l’Algérie et In Tunisie sur le versant médi¬
terranéen du Tell, surtout dans les forêts.
Aloérie, Dép. d’Ornn : Daya, une femelle (L. Bedel). — Dép.
d’Alger : Médéa, une femelle sous une pierre jieu humide, type
(Lucas, 1850) ; forêt Giraud, massif des Mouzaïa, une femelle lua-
croptère (Peyerimhtiff, 1 1928) ; B<iu-Bérak, près de Dellys, en Kaby-
lie, nombreux exemplaires aptères (Cliobnut). — Dép. de Constanlinc :
Saint-Charles, près de Philippeville (Théry) ; Adekar, dans le Soum-
mam, versant oriental de la Grande Kabylie (Normand).
Tunisie. Chaîne dorsale : El Feidja et Fernana, en Kroumirie,
dans la grande forêt (Normand) : Souk-el-Arba (Normand) ; Le Kef,
montagne de I)ir (Normand) ; Tehnursouk (Normand). — Cap Bon :
Fondouk-Djedid (Normand).
Source ; MNHN, Paris
PSÉl.APHIDES DE I/AFRiyi’E 1)1' NORD.
13
2. Gcn. FARONEILVS. nov.
Type : /•'. niciiecnsis Sjtuicy.
Espaces de petite taille, {généralement testacées pâles, toujours
aptères. Tête comme chez Faromis, mais avec les yeux plus petits, les
tempes moins saillantes, les sillons du front plus superficiels, le tuber¬
cule occipital plan et subcarré, encadré par deux sillons très peu pro¬
fonds. Pronotum déprimé, à bosses latérales très arrondies. Elytres
très courts.
Edéage à pièce médiane en forme d’entonnoir aplati, enfermant
le sac interne.
Le genre renferme une série d’espèces très localisées, les unes sur
l’Egéide méridionale, les autres sur le pourtour de la Méditerranée
occidentale. Les espèces suivantes occupent l’Afrique du Nord.
Tauleait des espaces nord-africaines.
1- Plus grand, les angles temporaux plus saillants, le tubercule
occipital encadré par deux sillons atteignant le bord postérieur
du front. Long. 1,5 mm. 1, Bedeli. n. sp.
— Plus petits, les angles temporaux obtus, le tubercule occipital
encadré par deux sillons très superficiels et n’atteignant pas
en arrière le bord postérieur du front . 2.
2. Angles temporaux tout à fait arrondis, sans organe annulaire.
Long. 1,3 mm. 2. slmpliciceps Reitt.
Angles temporaux saillants, avec un organe annulaire petit
mais net au sommet. Long. l,.‘i mm. 3. hîsponus Saulcy.
1. Faronellus Bedeli, ii. sp. ; type : Daya (Mus. Paris).
Fig. 4. — Long. 1,5 mm. Aptère. Testacé rougeâtre pâle. Lisse,
la pubescence courle. Télé aplatie, les yeux relativement grands, les
angles temporaux très saillants, terminés par un organe annulaire.
Sillon du front profond en avant, ses branches postérieures au con¬
traire superficielles quoique atteignant le bord postérieur du front ;
tubercule occipital plan, suhearré. bien différent de celui de Ffironiis.
Pronotum légèrement transverse, ses bosses latérales largement arron¬
dies, avec la plus grande largeur un peu après le milieu ; côtés briève¬
ment et profondément sinués en arrière. Elytres aussi longs que lar¬
ges, sans enfoncement périscutellaire, la strie discale écourtée en
arrière. Abdomen fortement élargi en arrière, le troisième tergite plus
grand que les précédents.
Chez le mâle, le quatrième slernitc jiorle une petite lame quadri¬
latère dressée sur le milieu de son bord postérieur.
Edéage (fig. 4) de môme type que chez les F. nicaeensis Saulcy
des Alpes-Maritimes cl F. insiiltiris Dev., de la Sardaigne (Jeannel,
Fne Fr., 53. fig. 20). Le manubrium, fenètré à sa hase, se prolonge
Source : MNHN, Paris
RBNÉ JKANNEL.
par un large infundibuluiii aplati, dans lequel se trouve le sac interne
qui débouche dans un vaste orifice distal. Styles terminés par une
seule soie.
Bio. 4 el 5. (ien. Fitronellu», nov,, édiages, face dorsale. - Fw. 4. F. Bedell, ii. sp..
de Doyn. X 240. — Fio. 5. F. simplirlerp» licitt.. de Batna, X 185.
Espècc très tranchée, remarquable par les caractères sexuels du
mâle.
Atoi^RiE. Dép. d’Ornn : Daya ou Bossuet, ait. 1.330 m., dans les
forêts des monts de Saîda. Atlas Tellien. 2 mâles fL. Bedel).
2. Faroneilus «inpiiciceps Reittf.r, 1803, Wiener ent. Ztg., XII, p. 173 ;
type ; Batna (coll. M. Pic).
Fig. 5. — Long. 1,3 mm. Aptère. Testucé pâle. Déprimé et étroit.
E.spèce bien caractérisée par la forme de la tête, triangulaire et apla¬
tie, mais avec les angles temporaux très obtus, arrondis au sommet,
sans organe annulaire. Yeux médiocres. Sillon frontal peu profond,
large, ses branches postérieures très superficielles, n’atteignant pas
le bord postérieur du front, le tubercule occipital de ce fait mal déli¬
mité. Antennes courtes, les articles du funiculc un peu transverses.
Pronotum transverse, à bosses latérales très régulièrement arrondies
et sinuosité postérieure des côtés très courte. Elytres moins longs que
larges, étroits à la hase, plans, sans dépression péri.soutellaire, la strie
discale peu profonde. Abdomen à troisième tergile pas plus long que
le deuxième.
Edéagc (fig. 5) de même type que chez le précédent, mais propor¬
tionnellement bien plus grand. Styles plus larges, valviformes, termi¬
nés par une soie courte et très épaisse, dirigée en dedans.
Espèce paraissant voisine du F. Vilalei Raffr. de la Sicile, dont les
angles temporaux ne portent pas d’organe annulaire, mais sont
saillants.
Source ; MNHN, Paris
|■S^:I.AI>H1DK.S DK I/AFRIOI E DI’ NORD.
15
AuiÉHiK. Dép. de Conutantine : cn\irons de Batna (M. Picl ; djebel
Bahor, trois femelles fVauloger, V-1911).
•i. FaroneJius hispernus Saulcv. 1870, Bcri. ent. Zs., Bciheft, p. 87 ,
type : Algésiras (Mus. Paris). — 1874, Spec. I, p. 89. —
Urnimliis Reittkr, 1884, Verh. z. b. Ges. Wicn, XXXIV, p. 81 ;
type : Sud de l’Espagne (Mus. Paris).
Long. 1,3 nmi. Tr6s voisin du F. simpliciceps, dont il ne diffère
guère que par la forme des angles temporaux qui sont chez lui saillants
et terminés par un organe annulaire.
Le grai)idus Reilt. est vraisemblablement le mâle de l’espèce et
son renllement dorso-venlral de l’abdomen est sans doute un carac¬
tère sexuel secondaire. L’édéagc est de même type que chez nicneensis,
mais avec la pièce médiane plus étroite, tuberculeuse.
Espaünk. Andalousie : Algésiras, un mâle et trois femelles (Dieck,
H. Simon).
On peut s’attendre à ce que l’espèce soit retrouvée dans le Rif.
Tril). MAYETINl Scheeri)cltz.
Dans une note récente (1) nous avons montré que ces très petits
Coléoptères généralement considérés comme des Staphylinides sont
en réalité des Psélaphides de la sous-famille des Fnronitae, très voi¬
sins des Dimerini et de certains Pijxidicerini tels que les Typblo-
lepliix. On serait tenté, à première vue, de réunir dans une seule tribu
les Dimerus, Tijphlolcpttis et A/ni/e/m, dont les caractères généraux
sont les mêmes. Les palpes maxillaires des Mnyetia ont même une
slruoture très semblable à celle des Typhlolepius, n’en dilTérant guère
<[ue par l’absence de pénicillés. Mais un caractère isole les MaijeUa
de tous les autres Psélaphides : c’est la présence d’un segment génital
complet, comportant slernite et tergite, alors que cet urite IX n’est
représenté généralement, dans tous les autres groupes de la famille,
que par des replis membraneux parfois à peine sclérifiés.
La tribu ne renferme qu’un seul genre.
3. Gen. MAYETIA Mulsant et Rey.
Maye.lin Mi’i.sant et Rky, 1875, Opusc. enl., XV!. p. 87 ; type : apbaeri-
fera Mulsant et Rey. — Coiffait. 1955. Rev. fr.'d’Ent., XXH.
p. 9.
Espèces de taille minuscule, de forme étroite et linéaire. Testacés
pâles, les élytres très raccourcis. Tête arrondie, le lobe frontal non
saillant, portant un labre articulé, à bord distal multidenté. Côtés du
(l) R. Jrannel et H. Coipfait, Les Mayelia M. et R. sont des Psélaphides. (Reo.
fr. d'Ent.. XXH. p. 25, 1956).
Source : MNHN, Paris
RENÉ JEANNEL.
front déprimés pour former des fossettes pulpaires. l’as trace d’yeux.
Palpes de 5 articles (fîg. 6}, le basal petit, le pédoncule renflé, l’inter¬
médiaire court et comprimé entre le sommet du pédoncule et la mas¬
sette, celle-ci ovalaire, atténuée au sommet où s’insère l’article distal,
hyalin et conique ; un organe sensoriel est situé sur le bord externe de
la massette : de plus l’intermédiaire et la massette portent le plus sou¬
vent (sauf chez quelcjues espèces de la Provence) un organe discoïde,
sessile chez les espèces nord-africaines mais chez d’autres parfois
pédonculé, en forme de champignon, organe sans doute sécrétoire et
tout à fait comparable à ceux que les Arcopagus mâles portent sur le
scape antennaire. Antennes (flg, 1.3) de 11 articles. Comme chez les
Pgxidicerini. les deux derniers sont eoalesccnts, formant la massue.
Chez les Mayetia, le dernier article (fig. 9) porte une couronne de gros¬
ses soies renflées en massue et les articles 5 et 7 (fig. 13) sont toujours
renflés et porteurs de grandes soies perpendiculaires dans les deux
sexes. Pronotum trapézoïdal, sans fovéole basale. Elytres extrêmement
réduits. Abdomen de 6 segments subégaux. Pattes très courtes, les
tibias fortement renflés en massue. Tarses de deux articles (fig. 10).
Chez les mâles, les trochanters postérieurs sont souvent dentés.
Le dernier sternite abdominal est généralement tronqué, avec une pro¬
fonde échancrure médiane (fig. 11) et on voit, par transparence sur
Source ; AI/'JHfJ, Paris
PSÉLAPHIDES DE L’AFRIOI'E DI' NORD.
les exemplaires m<Milés in ioln en préparation microscopique, (jue
l’édéaj^e csl ciiforiiié dans un scf^nienl génital complet, c’est-à-dirc com¬
prenant un lergite et lieux hémisternites. Ce segment génital est rétrac¬
té dans le dernier segment abdominal et ne porte pas de soies, ce fini
le distingue des segments génitaux de Staphylinides.
Edcage de niêinc type que cliez beaiicoujt de Pijxidicerini. c’est-
à-dire entièrement formé par une gaine tegminale close, avec, à la
base, un pavillon portant l’orifice basal. Il présente des aspects très
divers selon les espèces, ses caractères tenant à des divergences pro¬
fondes dans des variants sexuel.s. Chez les espèces nord-africaines,
il est remarquable par sa simplicité relative et son allongement.
Dans une note récente, H. Coiffait (Ii a donné les descriptions
succinctes de 20 espèces, bien caractérisées surtout par la structure
des édéages.
Biogéooraphie. — H. Coiffait (1050, /. c., p. 29) a donné une
carte de la répartition des espèces connues dans la région méditer¬
ranéenne. L’absence à peu près certaine de ces Insectes dans la pénin¬
sule italienne montre «|u’il s’agît d’une lignée inésogéidienne, scindée
par la transgression luiétienne et se présentant aujourd’hui comme
formée de deux grou])cs d’espèces, l’im egeidien, l’autre tyrrhénien.
Les figures données par Coiffait des édéages des deux M. istriensis
Breit (Istrie) et M. Malzenaiieri llernh. (Herzégovine) font prévoir que
le groupe égéidicn se distinguera par une forme particulière, renflée,
de l’édéage cl devra jicut-èlre être sé|)aré génériquement.
Les espèces du groupe tyrrhénien ont des édéages de forme très
variable, grêles ou eourls, et alors munis d’apophyses. Il est rcmar-
([iiahlc que les trois espèces berbères dont le mâle est connu ont dos
édéages très longs et de même type que les M. Jeanneli Coiff. et M.
Jurrigei Coiff., tous deux de la Provence.
Sans nul doute les Mngetia de l’Afrique du Nord sont les survi¬
vants de lignées tyrrhéniennes très anciennes, ayant vécu sur le « bour¬
relet liminaire » éocène et refoulées par la transgression de l’OIigo-
eène inférieur sur l’cxtrème bordure numidique. Après l’Oligocène
supérieur, au Miocène et au Pliocène, les Mnyetia encore oculés ont
peuplé la chaîne Niimidu|ue et la Kroumirie, surélevées par les mou¬
vements alpins et couvertes de forèls dans lesquelles ils ont subi leur
évolution souterraine. Puis le refroidissement du climat du Qualcr-
nairc a déterminé leur pénétration sous terre.
D’après O. Park, cité par Coiffait (195.'i, I. c.. p, 29'. il existerait
aux Etats-Unis des Mnijeliti nu un genre voisin. Avant de faire état de
ectic indication, il fallait on attendre la connrmation, car j’ai dit (19.')’).
Heo. (r. d’Knl., XXII, p. ji que si le professeur O. Pahk avait bien déjà
fait allusion à des Mmielia dans ses ouvrages, il leur assign.ait une for¬
mule larsale, qui n'est pas celle des espèces méditerranéennes. Or
dans une de scs publications qu’il vient très obligeamment de me faire
(1) H. Coiffait. lU-visIun îles Mutieliu MuU. et Rev, ft. iVt'nt.. XXll. iaj [i.
\>. 3-sn.
Source ; MNHN, Paris
RENit JBANNKI-
Ifl
lenir (1), le professeur O. Pahk donne Cpliinehe H) les «iessins d’un
Mnijelid sp. provenant du Cotes Counly, Illinois, sur lequel on recon¬
naît nettement tous les earactires fondinnentaiix des Mni/etin euro¬
péens, on particulier des palpes munis d’orgimes sensoriels annulai¬
res et des tarses biartieulés. Toutefois la dentieulation des mandibu¬
les parait être différente, de sorte (pi’il faut attendre de connaître le
inAle pour assurer qu'il s’agit d’un Mnyetia typique.
Kn tous cas il n'est plus possible d’avoir le moindre doute sur
la présence de Muijeliini dans rAinéri((ue du Nord. Comme bien d’au¬
tres formes souterraines, ces Psélajihides minuscules sont des reliques
d’une faune méditerranéenne qui s’étendait dans l'Amérique du Nord
aux périodes du début du Tertiaire,
Ecolooik. Ces Insectes minuscules, aplères et anophlalmes.
vivent dans la terre nu milieu des radicelles des Asphodèles ou entre
les écailles en décomposition revêtant les gros bulbes de la Scille mari¬
time. Ils trouvent dans cet habilat surrisamment d’Inimidité et y sont
souvent très abondants.
H, CotPFAiT (195.0, C. H. Séances Snc. Rimiéotir., XXXII, p. 4>
rapporte que les espèces de France « vivent A l’intérieur des petits
tubes d’écorce formés par les radicelles mortes >.
On les trouve en Berbérie en compagnie d’autres Psélaphides,
(Biflhinini), de Stapbylinides (f.eplolyphlus) ou même de Carnbiques
(PseiidaniUiis). tous anophlalmes et lf)ealisés.
Tableai' des espèces nord-,\fkicaine.s.
1. Labre Iridenté de rha{(ue côté. Tête plus large (|ne le prono-
lum, SOS sillons frontaux profonds, divergents en arrière. Lonq.
0,95 mm . 1, kabyllana Coiff.
Labre bidenté de chaque e5té . 2.
2. Tète sans sillon longiltidinal sur le vertex. Tempes aplanies en
avant, un peu anguleuses en arrière. Avant-corps très luisant.
Long. 1 mm . 2. lucens Coiff.
-Tête avec un sillon longitudinal sur le vertex. .Aspect moins
luisant ... .1,
O. Sillons frontaux .superficiels, divergents en arrière. Tempes ré¬
gulièrement convexes. Long. 0,95 mm.... 3. gracfliphal/us Coiff,
— Sillons frontaux |>rof<>nds et parallèles .. 4.
4. Tempes aplanies en iivani, un peu anguleuses en arrière. AImIo-
men de forme normale, c’cst-à-riiro à premier segment peu rétré¬
ci A la base qui est plus large que la moitié du boni postérieur
du quatrième segment. Long. 0,9 mm . 4. perpusîUa Norni.
Tempes régulièrement convexes. Abdomen large mais très rétré¬
ci à ta base ; lu base du premier segment A peu près aussi large
(jue la moitié du bord postérienr du quatrième segment, long.
0,95 mm . 5. DemoUys! Coiff.
(1) Discrfminaiioii of Kcnrrn of Pselaiihid lie<’lli-s of the l'nitrd Slulcs. tliult.
iif lhe Chicaÿo Arudrmt/ nf iicitnres, IX, p. 299-321, pi. I à Vl.
Source ; MNHN, Paris
PSÉl.Ai’HIDRS DE I/AFRIOI'E Df NORD.
1- Mayetia kabyliana Coiffait, 1955, Rev. fr. d’Ent., XXII, p. 14 ; type :
Adekar (coH. Normand).
Fif'. 18. Loiif». 0,95 mm. Allongé et très étroit, finement ponc¬
tué. Tête assez volumineuse, plus large que le pronotum, les tempes
subparalléles, non anguleuses en arriére. Labre tridenté de chaque
côté, les dents externe et interne plus fortes que l’intermédiaire. Sillons
frontaux profonds, divergents en arriére et terminés par une profonde
fossette. Pronotum petit, rétréci à la base, les angles postérieurs très
émoussés, le disque avec une grande impression oblongue. Elytres
très courts, à peine plus longs et plus larges que le pronotum, dépri¬
més sur la suture, Abdomen subparalléle.
Mâle : Trochanters inermes. Sixième sternile faiblement échan-
cré en V sur la ligne médiane.
Edéage (fig. 18) long et étroit.
Algérie. Dép. de Consfaniinc : Adékar, village forestier dans le
Soummam, versant oriental de la Grande Kabylic. (Normand, Perrot).
2. Mayefia lucens Coiffait, 1955. Rev. fr, d’Ent.. XXIl, p. 22 ; type :
Bône (coll. Normand).
Long. 1 mm. Testacé très luisant, surtout sur l’avant-corps. Allon¬
gé et très étroit, subparalléle. Tête à tempes aplanies en avant, saillan¬
tes et un peu anguleuses en arriére, le vertex non sillonné. Labre
bidenté de chaque côté, les dents aiguës. Pronotum subcarré, à angles
Kio. V2 à 17. Gcii. Miiyelw .Mulsant et Rey. -• Fiu. 12. .1/. perpusilla Norm, du Kef,
X 65. — Fio. l.S. Antenne droite. — Fia. 14. Palpe niaxillalre droit. — Fio. 15.
Tarse intermédiaire droit. — Fio. 10, Derniers sternites abdominaux du inAlc,
X 185, — Fie. 17, Edéage, X 305,
Source : MNHN, Paris
20
RENÉ JEANNEL.
postérieurs vifs. Klytres plus courts que le proiiotuin. Aliduincii parui-
lèle.
Mâle inconnu.
Algérie. Dép. de ConsUinline : Bône {Normand).
3. Mayetia gTaciliphalIus Coiekait, 1955, Rev. fr. d’Ent., XXII, p. 18 ;
type : Bône (coll. Normand).
Fig. 19. — Long. 0,9 mm. Allongé et étroit ; peu luisant ; fine¬
ment ponctué. Tête arrondie, à tempes régulièrement convexes, nulle¬
ment anguleuses en arrière, les sillons frontaux supcrricicls et diver¬
gents en arrière, le vertex finement sillonné. Labre bidenté de chaque
côté, les dents aigues. Pronotuin subcarré, les angles postérieurs vifs.
Elytres aussi longs que le pronotum, s'élargissant en arrière. Abdomen
un peu élargi en arrière.
Mâle : Trochanters [lostérieurs avec une dent crochue. Sixième
sternite avec une petite échancrure arrondie.
Fiu, IS »•! 19. (icn. Miii/fHii .Mulsalit cl llcv. cdénjjcs, X HS.'). Fin. IS. M. kiihulitiiiii
CoilT.. d'Adcknr. • Fm, 19. M. ynifiliphtilliiu Coiff.. de Bdiic.
Edéage (fig. 19) très long, très grêle mais irrégulier, sa partie
moyenne brusquement élargie, puis portant une dent rétrograde vers
le quart distale du bord gauche.
Ai.CiÉniF. Dép. de Conshintine : Bône (Normanil).
4. Mayetia perpuslUa Normand, 1909, Bull. Fr., p. 328 ; type : Le Kef
(coll. Normand). - Coiffait. 1955, Rev. fr. d'Ent., XXII,
p. 18.
Fig. 12 à 17. — Long. 0,9 mm. Allongé et étroit, déprimé, la ponc¬
tuation à peine perceptible, la pubescence courte et rare. Tête à tem-
Source : MNHN, Paris
PSÉI.APHIDKS DE I/AFRIOl’E DU NORD.
pes élargies el un peu anguleuses en arrière, les sillons frontaux paral¬
lèles et profonds, le vertex finement sillonné. Labre bidenté de chaque
ciMé. les dents aiguës. Pronotum étroit, quadrangulaire, un peu plus
long que large et rétréci en arrière, scs angles postérieurs très arron¬
dis. Elytres parallèles, quadrangulaires. plus courts que le pronotum.
Abdomen subparallèle, le premier tergile peu rétréci à la base.
Mâle : Trochanters postérieurs sans dent crochue, simplement
luberculés à la place de la dent. Sixième sternile divisé par une très
profonde incision médiane dont les angles sont vifs (fig. 16). Au delà
de la troncature distale du sixième slernite, les hémisternites du seg¬
ment génital font saillie par la moitié de leur longueur (septième ster-
nile du D' Normand),
Edéage (fig. 17) très long cl très grêle, rectiligne, et légèrement
fusiforme, sans apophyse sur le bord gauche.
Tunisie. Chaîne dorsale. Montagne de Dir. Le Kef, une série
d’exemplaires pris en criblant les racines des Asphodèles et en lavant
la terre (Normand). - Krniirnirie : Ain-Draham. dans les mêmes
conditions (Normand).
5. Mayetio Demoflysi Coiffait, Rev. fr. d’Ent., XXII, p. 23 ; type ;
Ain-Drahani (coll. Normand).
Long. 0.95 mm. Allongé et étroit, mais avec l’abdomen renflé.
Assez brillant. Tête allongée, à tempes arrondies, régulièrement con¬
vexes, nullement anguleuses en arrière ; sillons frontaux parallèles et
profonds, le vertex finement sillonné. Labre bidenté de chaque côté,
les dents aiguës. Pronotum comme chez perijnsiUa, les angles posté¬
rieurs tout à fait effacés. Elytres quadrangulaires. Abdomen nettement
élargi en arrière, la base du premier segment très rétrécie, guère plus
large que la moitié du bord postérieur du quatrième segment.
Mâle inconnu.
Tunisie. Kroumirie : Ain-Draham. une seule femelle (Remoflys).
II. Suhfani. EUPLECTITAE Jeannel.
Trih. EUPLECTINl Haffray.
Subtrib. PANAPHAXTINA .leannel.
4. r.en, PANAPHANTUS Kiesenwetter.
Panaphanliis Kif.senwetteb. 1858, Bcrl. cnt. Zs., 11, p. 48 ; type ;
aiomus Kiesenwetter. — .Tf.annei.. 1950, Fne France, 53 (Psé-
laph.), p. 77.
Une seule espèce connue,
Source : MNHN, Paris
22
HENfi JKANNBI,.
I- PanapJionfus atomus Kiesenwetter, 1858, 1. c., p. 49 ; type : Nau-
plie. — Jeannei,, 1950, i. c., p. 78,
Long. 0,6 inni. Forme courte et renflée, la têle allongée, à lobe
frontal long et atténué (Jeannel) (1950, l. c., fig. 29).
Edéugc (1950, fig. 29 6) très petit, la capsule basale globuleuse,
la pièce copulatrice grande, se divisant en deux branches entre-croi¬
sées, les styles sétifères.
Maroc. Plaines nilnntiqnes ; Rabat, un exemplaire pris dans le
jardin du Cholln auprès de la source (Ailuaud).
TfNisiE. Env. de Tuni.s (Normande : I-e Kef (Normand). Abondant
sous les détritus nu bord des marai.s.
Espèce largement répandue dans toute l'Europe méditerranéenne,
y compris la Corse. Elle fait partie des espèces dont la migration vers
l'Afrique du Nord date des époques froides du Quaternaire ancien.
Le P. alomiis a dû passer en Berbérie d’un côté par le Maroc, de
l'autre i>ar la Tunisie. (Sainl-Prestien).
Subtrib. EVPLKCTINA Jeannel.
Euplecfina Jkannel, 1950, P'ae b'rance, 53 (Pselaph.) p. 76. - 1952,
Ann. Mus. Congo Belge, sér. in-8°. Zool., 11, p. 104.
Les Etipleclinn de l’Afrique du Nord sont peu nombreux, relevant
seulement de quatre genres.
Tarerai' des oenres noro-africains.
1. Premier tergitc abdominal avec des cnrénules basales. Qua¬
trième tergile aussi grand ou plus grand que le troisième.
Edéage étranglé û la base des pièces distales.
. (p, 30). 7. Gen. Euplectus Leacb.
Premier tergile abdominal sans carénules basales. Quatrième
tergite plus petit que le troisième. Pas d'étranglement de l’édéa-
ge à la base des pièces distales. 2.
2. Deux fo.ssettes basales aux élytres. Tète grande, discoïde, à
tempes très convexes ; pronotum rétréci à la base. Pldéagc à sty¬
les égaux, .sétifères . (p. 50) 8. Gen. Piectopbloeus Reitl.
— Trois fossettes basales aux élytres. Tète médiocre : pronotum
discoïde. Petite taille. . S.
3. Elytres avec une strie discale. Forme plus convexe. Edéage très
petit, à pièces distales très courtes.
. (p. 23). 5. Gen, Pseudopiectus Reilt.
— Elytres sans strie discale. Déprimés en parallèles. Edéage à
pièces distales allongées. (p. 25). 6, Gen, BibiopJectus Reitl.
Source ; MNHN, Paris
l'Sfil.APHIDES DK I/AKHIOI K OU NOKü.
23
Gen. PSEÜDOPLrcrUS Reitter.
Pseiidoplectiis Hi-;itti-:r, 1881, Vcrh. zool.-bot. Ges. Wien, XXXI.
I». 458 et 5.81 ; type : pprplexns J. Duval. -• Jeannel, 1950.
Fnc France, 5.8 (Psélnpli.l, p. 88. - 1952, Ann. Mus. Congo
Belge, série in-8*. Zool., 11, }>. 122. Besuchet. 1955, Milt.
sehweiz. ont. Ges.. XXVIH, p. 202.
Dans mon travail de 1952 j’ai subdivise le genre Psendoplectus
en trois sous-genres. Chez les Psendoplectus s. str., paléarcliques, le
pronotum n’a pas de sillons latéraux longitudinaux sur le disque et
l’édéage, d’une petitesse extrême, est achète. Chez les deux autres sous-
genres, Hiipnplecliis Raffr. et Hijpoplectiniis .Teann., par contre, il
existe des sillons latéraux sur le pronotum et l’édéagc, beaucoup plus
grand, a des styles sétiféres.
•l’avais primitivement rangé le P. clnvniiis Raffr., de l’Abyssinie,
dans le groupe des Pseiidnplecfiis s. str. Un nouvel examen montre
que l’édéage est du type Ilypoplecfus, relativement grand, avec des
styles sétiféres (fig. 22 1 . 11 n’a pas de sillons latéraux au pronotum
et se montre en cela aberrant, tout comme d'ailleurs Vnhdominalis
RafTr. du Mont Kenya.
Le sous-genre Psetidnplcciits s. str. ne doit donc recevoir que
l’espèce perplextis .1. Duv., à laquelle s’ajouteront deux formes nou¬
velles de l'Afrique du Nord.
BiOGÉor.KAPHtE. - La lignée des Psendoplectus (sensu lato) est
assurément originaire de la Gondwanie orientale et a donné en Afri¬
que de nombreuses especes des deux sous-genres Hijpoplectus et fiijpo-
plectinns. à styles de l’édéage sétiféres. Il est bien probable qu’un
rameau de la même souche, franchissant la Méditerranée au Monticn,
a perdu scs soies des styles (comme les Brachyglnta ou les Reichen-
haebio dans des conditions identiques) et est devenu le Psendoplectus
perplextis, répandu dans la région méditerranéenne et la Corse (.Iean-
NKi., 1950, Fne France. 53, p. 90),
La présence du perplextis dans l’Afrique du Nord s’explique donc
par un reflux vers l'Afrique du Nord, mais sans doute plus tardif
que celui des Bnicbiiglnla. car il est bien probable que la venue du
Psendoplectus date du Quaternaire, comme celle du Panaphanlns.
1. Pseudoplectus (s. str.) peiplexus sul)sp. barbarus. nov. ; type : Le
Kef (coil. Normand).
Fig. 211. - - Long. 1 mm. Ailé. Brun rougeâtre foncé ; plus épais
et plus convexe que la forme tyi)ique d’Europe, le lobe frontal un peu
jdus étroit et plus lisse.
Kdéage (fig. 20) extrêmement petit, la capsule basale subsphéri¬
que, hyaline, avec une très grande pièce copulatrice lamclleuse qui
s’élargit dans sa partie extérieure. Celle-ci repose sur une lame sternale
hyaline et tronquée au sommet. De chaque cOté de la capsule se trouve
Source ; MNHN, Paris
KENf; JEAXNEl-
nu style, le droit Ininclleux et hyalin, le franche très grêle, tous deux
achètes.
Cet êdéage, identique chez les exeinphiires de Tanger et ceux de
lu Tunisie, diffère de celui de la forme typique (flg. 21) par la présence
d'une lame sternale. La pièce copulatrice est semblable. De plus, le
style droit, simple chez la forme i>nrharti.i est chitiniséc et bifide chez
le perplexus d’Europe.
Toute l’Afrique du Nord, dans les marécages, sous les détritus.
Maroc. Rif : Tanger (Vaueher) ; marais de Boucharen, à Larache
(l’eycrimhoff). — Moyen Atlas ; Beni-Mellal (Remy, VIH 1950).
Algérie. I)ép. d'Oran : TIemeen (Normand) ; Sidi-Bcl-Abès (Boi-
lel). — Dép. d'Alger : Miliana (Normand) ; Nador de Lodi (Peyerim-
hoff, XI 1905). — Dép. de Conslanline : Bône (Normand) ; marais de
La Galle (Normand).
Ti’NisiK : Chaîne dorsale : Fcrnana et Ain-Drahain, en Kroumi-
rie (Normand) : Le Kef, montagne de Dir (Normand). — Environs de
Tunis (Normand).
2. PseudopJectus (s. str.) aegypUacus. n. sp. ; type ; Maadi (Mus.
Paris).
Long. 0.9 mm. Ailé, forme grêle et peu convexe, comme le P. per-
plexus, mais de coloration pâle, le.stacée rougeâtre, bien moins foncée
que celle du perplexns et du bnrbanis. Tête semblable, mais avec les
yeux un peu ]ilu8 saillants. Antennes grêles, comme chez bnrbnrus.
Pronotuni nettement plus étroit, pas plus large que long. Mêmes carac¬
tères des élytres et de l'alKlomen.
Mâle inconnu.
Peut-être s’agit-il d’une race locale du perplexus, race grêle et
dépigmentée : il faudra connaître l’édéage pour en avoir la certitude.
knvpTF. : Maadi. 5 femelles (Peyerimhoff, VIII 1933).
Source ; MNHN, Paris
l'SÉLAPHIDES DE L’AFRIOI'E DU NORD.
25
fi. Geii. BIBLOPLECTUS Reitter.
Bibloplecins Reitter, 1881, Vcrli. z.-b. Ges. Wicn, XXXI, p. 520 ; type :
amhigini.i Reichenhach. ,Ieannel, 1950, Ftie France, 53
(Psélaph.). p. 90, — Bksichet, 195.5, Mitl. Schweiz. ent. Ges.,
XXXIII, p. 156 (révision du genre).
Genre palcarctiquc ; les espèces nord-américaines ont été placées
dans un sous-genre liibloplectodes Jeann., les espèces africaines tro¬
picales dans un genre à part, Biblinpleciinns Jeann. (1949. Mém. Mux.
XXIX. p. 48).
Les Bibloplecins s. sir. sont des espèces de petite taille, déprimées
et parallèles. Tète médiocre, les yeux petits, les tempes anguleuses. Pro-
notuin subcarré, à angles arrondis, le dis((ue avec une grande fovéole
basale unie aux fossettes latérales par un sillon transverse. Elytres à
trois fossettes basales, sans strie discale, ce dernier caractère permet¬
tant d’identifier le genre à coup sûr. Abdomen à quatre premiers ter-
giles subégaux, les deux jiremiers sans carcnules basales.
Chez les inàlcs le dernier sternite a la forme d'un opercule oblong
et impair (1950, Fne France, 53 (Psélaph.i p. 91, fig. 34) ; chez cer¬
taines femelles de la faune européenne, le pygidiuni est acuminé.
Edéage à pièces distales toujours complexes.
Les espèces, toujours difficiles à séparer par les caractères exté¬
rieurs, diffèrent au contraire beaucoup par la structure des édéages.
Bioc.éographie. Les Bibloplecins nord-africains, énumérés ci-
après, se classent dans trois groupes d’espèces (1).
L’un de ces groupes est représenté par le jiicnndus Norm., très
largement répandu dans toute la Berbcrie, et remarquable par un type
très particulier d’édéage (fig. 26''.
Les deux autres groupes par contre, celui de Vambignus et celui du
limains. sont localisés sur les massifs kabyles, ainsi que sur la Dor¬
sale tunisienne, et la structure de leurs édéages les rattache nettement
à des lignées européennes. Le groupe de l’amîug'iiu.î est remarquable
par ses édéages à longue pièce copulatrice grêle et bifide, le groupe du
limains d'autre part montre des édéages de même type que celui du
B. lîeilteri Guill., par exemple.
Il est vraisemblable que les deux groupes de Vambignus et du lima-
tus aient atteint la Berbérie orientale par le pont égéido-berbère du
Ponlien et se soient maintenus sur les chaînes boisées et humides.
Peut-être le B. jncnndns a-t-il eu la même origine ; mais il sc pour¬
rait aussi qu’il fût plus ancien en Berbérie. Quant au B. Petjerimhoffi
des marais de Larachc, il faudra attendre de connaître son édéage
pour se faire une opinion à son sujet.
(1) Besvchet, dnns sa Révision (1955, (. e., p. 164j a réparti les espèces connues
dans cinq groupes systématiques. Trois seulement existent dans l'Afrique du Nord.
OGIE, t. XIV. 3
Mémoirks nr MrsécM. — Zoom
21)
HENft JEANNEI-
TaBI-EAU des ESPfcCES NORD-AFRICAINES.
1. Espèces plus robustes, de tuillc éf-alanl au moins le millimètre.
Dis({iic du pronotum convexe dans sa partie antérieure. Edéagc
à pièce copiilalricc (lobe interne) bifide, une des branches étant
en forme de hameçon (Groupe de l’onibii/uin) . 3.
— Espèces de taille inférieure au millimètre. Disque du pronotum
très peu convexe, déprimé. Edéage à pièce copulatrice simple. 2.
2. Plus large et de coloration pile. Edéage avec des soies sur le
bord gauche. (Groupe de Vnhtnstis) . 4.
— Plus étroits, plus parallèles, de coloration brun de poix avec les
pattes testacées. Edéage sans soies. (Groupe du limaliiit) . 5.
Groupe de Vnmbiguus.
3. Plus épais chez les mâles qui sont plus noirs, à pronotum un
peu transverse. Edéage (fig. 2,3) à pièce copulatrice plus grande
et lame sternale bifide. Long. 1,2 mm . 1. poludicoio Norin.
— MAles moins épais, semblables aux femelles, le pronotum aussi
long que large. Edéage (Bg. 24) à pièce copulatrice plus grêle,
la lame sternale simple. Long. 1 inm ... .'. 2. diUiciUs Bes.
Groupe de Vobtiisiis.
4. Coloralion pAle. très déprimé. Edéage à lame sternale très déve¬
loppée, entière. Long. 0,9 mm . 3. jucundus Norm.
Groupe du Uinatns (1).
b. Pronotum plus long que large. Lobe frontal rétréci en avant, les
tempes un pou anguleuses. Long. 0,8 mm . . 6. PeyerimhoUi, n. sp.
— Pronotum pas plus long que large. Lobe frontal large, peu
rétréci en avant, les tempes convexes . fi-
fi. Yeux aussi longs que les parties latérales des tempes. Long.
0,6 mm. 4. Ifmolu* Norm.
— Yeux plus grands, plus longs que les parties latérales des
tempes. Long. 0,fi mm . 5. Normandl Bes.
Groupe de romWi/iius.
1. SJMop/ectus paJudicoia Normand, 1939, Bull. Fr., XLIV, p. 50 ;
type : Ain-Draham (coll. Normand). — Besuchet. 19.55. Mitt.
sebweiz. ent. Ges.. XXVIll, p. 178, flg. 32-33.
Fig. 23. — Long. 1.2 mm. Ailé. Brun de poix avec les antennes
et les pattes testacées. Tête volumineuse, transverse, les sillons fron¬
taux profonds et convergents en avant, les yeux aussi longs que les
(1) Bbsuchbt place le \orm(indt dans le groupe de l'oèlusu* et le limolat dans
relui du mfnuli$$imu$.
Source : MNHN, Paris
PSÉLAPHIDES DE L’AFRIOl'K DU NORD.
27
côtés des tempes dans les deux sexes, les tempes arrondies. Pronotum
subcarré, à anf^lcs arrondis, à peine rétréci en arrière. Elytres longs
et peu convexes.
Mâle ; Métaslernum avec une fossette arrondie, les fémurs inter¬
médiaires renflés, les tibias intermédiaires épaissis et munis d’une
épine. Opercule du 6' sternitc large, à bords parallèles, bombé et lisse.
Femelle : Pygidium acuminé.
Edéage (fig. 23) du type des espèces européennes, c’est-h-dire à
capsule basale oblongue, en forme d’urne (Fne Fr., 53, p. 95, fig. 35).
L’orifice apical est borde à droite par une courte tige, en dessous et à
gauche par une hune (jui se bifurque et d’où part une longue épine
rétrograde située sous la capsule. La pièce copulatrice, très longue et
inclinée à gauche, se divise deux fois en rameaux. Enfin il existe une
petite apophyse rccourhée émanant du hord gauche et passant à la
face dorsale.
Cet édéage est du même type que celui d’ombiÿijiis Reich. (Fne
Fr., 53, fig. 35 a). On retrouve chez lui tous les caractères particuliers
aux grandes espèces européennes de ce type.
Algérie. Dép. de Constantine ; marais de La Galle, nombreux
exemplaires (D’’ Normand).
TfNisiE. Kronmirie : Ain-Draham, un mâle (Normand).
Source : MNHN, Paris
HHNI- JKAN.NEL.
2. BiWopIecJus efi//iciJls Besi'chet, 1955, Nfitl. Schweiz. ent. Ges..
XXVIII, p. 177, fig. 29-30 ; type : Yakourcn (coll. Nokmand).
Fig. 24. — Long. 1 mm. Ailé. Brun de poix, avec les élylres un
peu rougeâtres, les pattes testacée.s. Moins grand et surtout moins
épais que le paludicola. Chez ce dernier il existe d’assez fortes diffé¬
rences sexuelles, les mâles étant plus épais et plus colorés que les
femelles. L’unique mâle du difficUis ressemble davantage aux femelles
qu'aux mâles du palndicoln.
Mâle : Fémurs renflés, les tibias intermédiaires épaissis et munis
d’une épine. Opercule du 6' sternite plus court que chez ptiludicola.
Ëdéage (fig. 24) de même type que chez pnludicoln. Capsule basale
plus étroite et plus chitinisée, l'oriflcc apical sans apophyse â droite,
sa lame sternale large, non bifurquée au sommet, sans longue épine
rétrograde sous la capsule. Pièce copulatrice semblable à celle du palu¬
dicola mais plus grêle. Pas d’apophyse recourbée émanant du bord
gauche et passant à la face dorsale ; cette apophyse, qui existe chez
paludicola, représente la grande apophyse recourbée des espèces euro¬
péennes du groupe (Vambiguus.
Algérie. Dép. d'Alger : Yakouren, en Kabylic, un mâle (Normand'
- Dép. de Con.^tanline : Cap Aokas, une femelle (Théry).
Groupe de Vobliistis.
3. Biiilopiectus /ucundus Normand, 1939, Bull. Fr., XLIV, p. 51 ; type :
Ain-Draham (coll. Normand). — Besuchet, 195.5, Mitl.
Schweiz. ent. Ges., XXVIII, p. 195. fig. 67-68.
Fig. 26. — Long. 0,9 mm. Aptère. Brun de poix pâle, les pattes
et les antennes lestacées, ou souvent en entier testacé rougeâtre. Assez
large. Tête arrondie, à lobe frontal long et large, les sillons frontaux
profonds et convergents. Tempes arrondies, les yeux nettement plus
grands chez les mâles que chez les femelles, toujours plus courts que
les côtés des tempes. Pronolum aussi long que large, à angles arron¬
dis. Elytres â peine plus longs que larges.
Mâle : Métasternum simple : fémurs légèrement épaissis et éjiine
tibiale â peine discernable. Opercule du 6* sternite large, en forme
d’ellipse tronquée â la base.
Femelle : pygidium simple, non acuininé.
Edéage (fig. 26) bien différent de celui du paludicola et de toutes
les espèces européennes par la forme de la capsule basale qui est mem¬
braneuse, globuleuse et hautement surélevée. A droite une apophyse
incurvée représente sans doute le style droit ; à gauche se détache
une grande apophyse très fragile, qui s’étale en lame irrégulière ven¬
trale et porte de grandes soies sur son bord gauche. Pièce copulatrice
(lobe interne) épaisse et longue.
Source ; MNHN, Paris
PSfil-APHlDES dp; l/AFniÜl'H Dl’ NORD.
29
Espèce paruissunt largement répandue dans l’Afrique du Nord.
Algérie. Dép. tl'Oran : Sidi-bel-Abbès, dans les roseaux (Boitel) :
Tlcmccn (Normand). - Dép. d’Alger : Yakouren, en Kabylie (Nor¬
mand) ; bords du lac des Mouzaïa. nombreux exemplaires (Peyeri-
mhoiï). — Dép. de Constanline ; Ain Senour (Normand) ; Sélif (Nor¬
mand).
Tcmsik. Chaîne dorsale : Ain-Drabam (Normand) : Le Kef (Nor¬
mand.
Groupe du limafns.
4 Bîbloplectus limatus Normand, 1939, Bull. Fr., XLIV, p, 51 ; type :
La Galle (coll. Normand). • Beslchet, 1955. Mitl, schweiz.
ont. Ges., XXVIII, p. 184. fig. 44-45.
Fig. 25. — Long. 0,6 mm. Ailé. Brun de poix, les antennes et les
pattes teslacées. Etroit et parallèle, déprimé. Tête volumineuse, le
lobe frontal grand, rétréci en avant, profondément déprimé entre les
à ^7. Ueii. niblopleclus Reitl, êdOnges. face dorsali-, X 3B5.
fl. linuilii» Norm., de La Galle. — Kio, 26. fl. jacandiis Nortn.,
Fiü. 27. H. Xnrmandi Bés., de Lu Galle.
bourrelets latéraux qui sont saillants. V'eux aussi longs que les parties
'«térales des tempes. Pronotum légèrement transverse, rétréci à la
base, le disque déprimé. Elyircs longs et parallèles.
Mâle ; Fémurs non renflés. Métasternum profondément sillonné
Biir la ligne médiane. Opercule du 6' sternite ovale.
Source : MNHN, Paris
30
HENÊ JEANNEL.
Edéage (fig. 25) très petit. Capsule basale surélevée, ovale ; la
lame sternale grande, formée par une large dilatation du style gauche
qui s’étale et se termine par une longue pointe saillante du côté droit.
Style droit représenté par une apophyse recourbée. Pièce copulatrico
volumineuse. Pas de soies.
Espèce répandue des deux côtés de la Méditerranée, d’a|)rès Besi -
CHET (1955, l. c., p. 185) qui la cite de la Catalogne, des Pyrénées-
Orientales, de la Provence, de la Vénétie .Julienne, de la Corse et de
la Sicile. L'édéagc d’un exemplaire de la Corse figuré par Besuchet
(/. c., flg. 44) parait assez diiïérent de celui de l'exemplaire de I.a Calle
représenté ici (fig. 25).
Algérie. Dép. de Consliiniine : marais de La Calle, nombreux
exemplaires (Normand) : Sétif, un exemplaire (Normand).
5. BIbiopJectus Normandi BnsfCHET, 1955, Mitt. Schweiz. ent. Ges.,
XXVIII, p. 196, fig. 70-71 : type : La Calle (coll. Normand).
Fig. 27. — Long. 0,6 mm. Ailé. Môme coloration et même aspect
que chez le limntns. Mêmes caractères extérieurs. Différant seulement
par sa tête moins volumineuse, pas |)lus large que le pronotum, ses
yeux plus grands, nettement plus l(ing.s (|ue les lempes, son pronotum
aussi long que large, et surtout par la structure de l'édéage.
Edéage (fig. 27) très petit, à capsule basale surélevée, ovale et
coudée. Lame sternale plus étroite que chez timaliis, non dentée. Pièce
copulatrice coudée à la base.
Algérie. D^p. de Conxtnntinc : marais de La Calle (Normand).
6. BibJopIectus Peyerimbo/fi, n. sp. ; type ; Boucharen (Mus. Paris).
Long. 0,8 mm. Ailé. Etroit et jiarallèle, déprimé, comme le Umalus
Norm. Même coloration brun de poix avec les antennes cl les pattes
testacées. Tête plus allongée, le lobe frontal très rétréci, à sillons fron¬
taux peu profonds ; yeux aussi longs que les parties latérales des
lempes, celles-ci plus anguleuses que chez les espèces précédentes.
Pronotum déprimé, nettement plus long que large, rétréci à la base,
ses angles très arrondis. Elytres el abdomen longs et étroits, parallèles.
Mâle inconnu.
Femelle : pygidium obtus, non acuminé.
Maroc. Marais de Boucharen, près de Larache, une femelle
(Peyerimhoff. V 1910).
7. Gcn, EÜPLECTUS Lcach.
Euplectus Leach, 1817, Zool. Mise., II, p. 80 ; type : nantis Rcicheii-
bach. — Jeannel, 1930, Fne France, 5.3 (Psélaph.), p. 100,
— 1952, Ann. Mus. Congo Belge, sér, in-8", Zool., 11, p. 131.
Source ; tANHN, Paris
PSÉLAPHIDES DR I. AFRIOrB DI' NORD.
31
Subf'cn. Diplrclelliis Hkittkr ; 1909, Ftia Gcrm., Kâfer,
U. p. 207 ; type : Fehchei Reitl. (I).
Siibfien. Diplectiditis. nov. ; type : Thenii Guill.
.Subgen. Euplectinus, nov. ; type : nfer Reitter.
Le fleure Riiplectus des anciens auteurs a été morcelé en plu-
sieur.s genres. Quatre d’entre eux présentent le caractère commun
d’avoir les premier tergites abdominaux déprimés sur leur bord anté¬
rieur entre deux carénutes distantes l'une de l’autre au moins du tiers
de la largeur du dis(|ue du tergite. Ces genres sont les suivants.
Côtés (tu lobe frontal sans incisnre. Côtés dn prnnotnm sans
érhnncrare ni dent an niveau des fossettes latérales.
L I’roin)lum très court, très transverse, à côtés régulièrement
arrondis, sans lobe basal saillant en arriére des angles posté¬
rieurs. Mâle inconnu (Côte d’ivoire) .... Gen. PareupJectus Jeann.
• Pronotum non transverse, avec un lobe basal bien saillant en
arriére des angles postérieurs . 2.
Edénge archaïque, à pièces distales entières (19.52. Ann. Mus.
Congo Belge, série in-8*. Zool.. 11. jt. 1.31, fig. 149) (Annam).
. Gen. Archeuplectus Jeann.
—^Edéage évolué, les pièces distales complexes. (Région paléarcti-
que) . Gen. Euplectus Leach.
B. Côtés dn lobe frontal avec une incisnre en arrière des tuber¬
cules antennaires. Côtés dn pronotum i/énéralement avec une
échancrure et une dent an niveau des fossettes latérales.
Edéage évolué, la pièce eopulatrice toujours simple. (Afrique
inlertrn|)ieale) . Gen. A/roplectus Jeann.
f). Paiu< (19.52, Cliicaoa .icad. Sc., spec. |)ubl, n“ 9. p. 89) donne
'a liste de 10 espèces do l’Améritiue du Nord. Pour certaines d’entre
Casry avait créé un genre Pijcnoplectiis (A. Raffray, Gen. Ins.,
Pselaph., 1908. p. 8.5). Mais ce genre ne parait guère valable et les
•espèces nord-américaines énumérées par O. Park doivent vraisem¬
blablement rester d.ans le genre paléarctique TCnplectns Leach.
. *1' K. Rbittï-h n créé ic seus-neiiic Diplr'-lellns pour Irois ospéces : punrpVe/iK
tCaucasiO. nfer Rcilt. (Rspngnr). l'elsfhei Relit. (Sardaigne), faisant état de
J® présence de deux fossettes basales seulement sur les él.vtres, caractère qui
R existe pas. Rriitfb n’a pas désigné d'espèce Ivpe pour son sous-genre. Et lorsque
Fr le norn de niplecfelliis sous une définition nouselie dans ma Faune de
rance, j'ai désigné nfer comme génotype. Rn cela, j'ni été in.nl Inspiré.
,U trouve en effet que VEuplediis que j'ai eu sous le nom d’afer ip. 115,
l'fî. 42 o) n’est pas Vnfer de Rkittbr, mais est une espèce nouvelle (hipponensts,
"l sp.) qui n'apparficnl pas au sous-genre Dipleclelltis tel que J’en ai modifié la
|,JJIP'o»e. L'afer Jeann. n’a donc rien de commun avec Vnfer Relit. (Sud de
' •■.spagne) qui ne peut pas. lui non plus, se placer dans le sons-genre. Din/ec(ef/us.
"'.'“rpespondant pas è sa diagnose nouvelle. Pour sortir de cet imbroglio, je r
OIS qu'une solntlon. cellr Ho cnnsiHé ' ' ' •- ■
sième^
qu’une solution, eclîc de considérer comme génotype de DIpleetellus la troi-
pspèce citée pur Reittrii, Fehrhei Reitl.
Source ; MNHN, Paris
12
HENF. JEANNEL.
Les deux groupes de genres, uinsi définis sous A et B, résultent
de deux centres d’évolution diiïércnts.
Très vraisemblablement, comme je l’ai montré dans une révision
des Psélaphides de rAfri<[ue australe (19.55, Mem. Mus., Zool.. IX,
p. .51) les Afroplecliis sont originaires de l’ancien massif austral, afri-
eano-malgache, où survivent dans l'Afrique du Sud les genres Gabata
RafTr. et Dissenioplecltts .leann., à Madagascar le genre Nesininplectiis
.Icann., aux lies Crozet le genre Psetideuplectiis End.
Par contre les genres de la division A. se sont individualisés sur
l’Eurasie. au nord de la Mésogée. Peut-être les Eiiplfctiis sont-ils ori¬
ginaires de l’Angarie. L’.Arc/ieup/er/»» nnnnmila Rcilt. représenterait
un rameau de la souche primitive conservée dans les montagnes indo¬
chinoises. et des Euple.ctus véritables, existant à Bornéo et à Penang,
seront prochainement décrits par M. Besvchkt. Enfin le Pareiiplectus
Deïnnmrei .leann.. connu par une femelle unique de la forêt du Banco,
en Côte d’ivoire, n’a certainement aucune parenté directe avec les
Afroplecliis congolais. Il serait nécessaire d’en connaître l’édénge pour
savoir comment il se rattache aux Euplechis nord-africains.
En général les espèces du genre Euplechis Leach, bien définies
par des structures particulières des édéages sont aussi bien caracté¬
risées par leur morphologie externe. II n’en est pas ainsi pour les
espèces de l’Afrique du Nord. La plupart d’entre elles présentent les
caractères habituels des Dipleclelliis. sous-genre tyrrhénicn, mais des
divergences considérables dans la structure du sac interne oblige à
placer dans des sous-genres distincts des espèces qui se ressemblent
beaucoup extérieurement.
Les Euplechis européens forment )>lusieur.s sous-genres chez les-
»(uels la pièce co])ulatrice du sac interne e.st eonstammenl bifide. Chez
ceux de l’Afrique du Nord on tniuve côte à côte des espèces de trois
types, les unes ù pièce copulatrice bifide comme en Europe, d’autres
à pièce copulatrice simple, d’autres enfin sans pièce copulatrice. Ces
différences les font classer dans trois sous-genres, dont l’un est Di-
pleclelltis. Mais les caractères extérieurs de la plupart des espèces
nord-africaines sont absolument les mêmes que chez les Dipleclelliis
d’Europe et des Iles tyrrhéniennes. Elles n’ont pas de fossette occi¬
pitale et le front porte une ponctuation souvent très dense.
Il faut conclure de cela que les sous-genres nord-afric4iins Diplec-
lidius et Eiiplectiniis sont de même souche que Dipleclelltis et résul¬
tent de différenciations pnaliiites à une date relativement récente, pen¬
dant le Tertiaire.
BiogFogkaphik. — Le fait <|ue des Euplechis de même lignée que
ceux de la Berbérie ont gagné les îles Madère et Canaries suffit déjà
à démontrer qu'il s’agit de lignées anté-ponliennes. Il est exclu que
ces espèces des lies Atlantides dérivent de formes introduites par
mode passif. Leur distribution dans les archipels est rigoureusement
la môme que celle des Trecbiis du groupe de tingilaniis (l.n Genèse
(les fuîmes lerresfres. p. 42.5'. tlistrihnlion résultant de l’arrivée des
Source ; MNHN, Paris
r>sfii..\HHinF.s'nE i/AFntofK nr nord.
souches béticu-i'ifaiiies pcndunl l'Eocèiie ou l'OIifiocène, avaiil lu
ranssression hurdlÿ^alicniu' qui n séparé les archipels du continent.
Des trois sous-genrcs iVEuplccItis représentés en Berbérie. deux
sont autochtones : Diplectidius et Eupleclinus.
Dipleclidiiix est une lignée fyrrhénienne. Si le D. bneticus a sans
doiile passé par le Massif bético-rifain, les autres espèces dérivent de
souches qui ont vécu au Nunnnulitique sur le Bourrelet liminaire et
se sont installées au Pliocène sur les massifs alors exondés et suréle¬
vés de la chaîne Nuniidit(ue et de la Dorsale tunisienne. Toutes les
espèces actuelles .sont restées localisées sur ce territoire, à l’exception
J *' Théri/i qui s’est répandu vers l’ouest sur l’Atlas Tellien. De plus,
ce sou.s-^enre Diplerliiiiiin se rattache une espèce. oUgops Peyerh.,
•■cpréscnlanl une |>utile lif'nce lyrrhénienne indépendante qui a sur¬
vécu à haute altitude sur la chaîne calcaire du Djurjura.
• autre }»roupe autochtone de la Berbérie, par contre
dérive de souches individualisées sur le Massif bético-rifain. Unfer,
4^' se trouve encore à la fois en Andalousie et dans le Rif, s’est
•■épandii dans toute la Berbérie jus((u’cn Tunisie. Les curvipes cl
'^oiizaiensix sont des dérivés locaux de la souche de Vnfer. Et le mon-
Madère s’est certaincinenl détaché de la même souche bético-
nfaine au Numnmiifique.
Reste le troisième sous-qenre, Diplvcteüus. Celui-ci est largement
■■epandu dans l’Europe médilcrranéenno el peuple Madère cl les Cana-
'■'cs c)ccidentales : Tenorife, (Jomera, Paliiia. Les souches de ces
^speces atinntidiennes pn)vionneiit de la faune ibérique et ne sont en
ous cas plus représcnlées au Maroc. Quant au Karsteni, dont une
race se trouve localisée aux environs de Philippcsnlle, c’esl-fi-dire
«ans la chaîne Numidique, on peut se demander s’il n’est pas, comme
es piplpctidiiis un survivant de la faune niimmulitique du Bourrelet
•niinaire. ou s’il n’est pas un immisjrani venu de la région tyrrhé-
iienne soit au Pontien, soit au .Sainl-Prcstien. Je pencherais volontiers
en faveur de la dernière hypothèse, c’est-à-dire d'une arrivée en Ber-
Ȏne occidentale au Qualcrnairc.
TAHI-KAr DKS KSI’ftr.KS NOHU-AKRICAINF.S
d’après les caractères des édéages.
_ ‘‘'’l'uintrice bifide. fSubgcn. Dipleclelltis Reitt.). 2.
Pièce eopulatrice sinqde. (Suhgcii. Dipiectidiiix. nov.l. 4.
' ns de j)ièce coimiatrice. (Subgen. Eupleclinus, nov.). 9.
Subgen. Diplcclclltis Reitter.
Des deux liraiiehes do la |)ièce eopulatrice ciliées (fig. 28).
Pièces distalcs de l’cdéage courtes, à base courte, pas de tron¬
cature de la lame sternale. Long. 1,5 mm.
•. 2. Xarsieni, subsp. borborus, nov,
Les deux branches de la jiièee eopulatrice sans cils. Base des
pjèccs distales formant une gaine relativement longue. .'î.
Source : MNHN, Paris
34
RENÉ JEANNEl-,
3. Lann' .slernale uiif'uleuse et tr6s sailhintc. E^ièce copuljilrice
très lonjtue (fig. 29). Lon}?. 1,3 à 1,4 mm. (Cüiiaries).
. 3. Woliasloni, n. sp.
Lame sternale obtuse. Pièce copulalrice très courte flift. 30).
Long. 1.4 k 1,5 mm. (Madère). 5. Lundblodi Jans.
•Subgen. Diplectîditts m>v.
4. Espèce eiitièremenl lisse. Edèage à .style droit sétifère et
style gauche lamelleux et aplani ; lame sternale courte
(fig. 32). Long. 2 mm. 6. oligops Peyer.
Espèces à tète ponctuée. Edèage à style gauclie non lamel¬
leux, ni aplani . 5.
5. Les deux styles sétifères, tes soies fin gauche très longues.
Lame sternale réduite (fig. 37). Long. 1.5 mm.
. 11. boeticus, n. sp.
l’n seul style sétifère . fi.
fi. Style gauche sétifère . 7.
Style droit sétifère . 8.
7. Pas de lame sternale ; capsule basale très renflée (fîg. 36).
Long. 1,4 à 1,5 mm. fl, hipponensis. n. sp.
— Lame distale très développée, comme chez Theryi (fig. 33).
Long. 1,5 mm. R. Pici Norm.
8. Lame distalc très développée, plane, s’élargissant au .sommet
qui est transversalement tron<(ué (fig. 34). Long. 1,4 à 1,5 mm.
. 7. Theryi Guill.
laime distale courte, en cornet à la hase, avec une apophyse
interne rubannée, très longue et bifide au sommet (fig. 38).
I.ong, 1.5 k l,fi mm. 10. fedfensis Norm.
.Subgen. Ktiplt’clinttx, nov.
fl. Pas de rejtli dorsal du style gauche ; style droit surmonté
par une a[)opbyse styloïde incurvée. Sac inlerne avec une lon¬
gue dent multiftde (fig. 41). Long. 1,8 mm. (Canaries).
. 15. monticola Woll.
Style gauche avec un repli ou une lame dorsale ; style droit
simple . 10.
10. Style droit sans lobe tergal ; style gauche avec un large repli
dorsal recouvrant le sac interne . IL
Style droit avec un lobe tergal arrondi ; style gauche non
replié, séparé d’une lame lergalc étroite . 12.
11. Sac interne avec une chaine de grosses dents chitinisées
dans sa partie apicale (fig. 39). Long. 1,5 à 1,6 inm. 12. aier Reitt.
Sac inlerne tapissé de grosses dents hyalines disséminées,
avec une grosse pièce incurvée (fig. 40). Long. 1,5 mm. . .
. 13. OfinL n. sp.
Source ; MNHN, Paris
PSÉl.APHIDES DE L’AFRIQUE DU NORD-
12, Lame tergalc longue, rubannée, tronquée à l’extrémité (fig.
42 et 43). Long. 1,5 à 1,6 mm. }^-
- Lame tcrgale réduite à une courte apophyse pointue (iig. 44).
I-ong. 1,4 mm. 15. mouzaiensis, n. sp,
Tabi.kai,’ 1)E détermination des espèces nord-africaine:s
ne faisant pas état des édéagcs.
1. Tête entièrement lisse, sans fossette occipitale, le lobe fron¬
tal profondément excavé. Pronotum déprimé, très rétréci à
la base. Long. 2 mm. 5. oligops Peyer,
Tête ponctuée, sans fossette occipitale, le lobe frontal peu
excavé .
2. Front largement ponctué, même sur le vertex . 3.
— Front ponctué latéralement, lisse sur le vertex. ‘Il-
3. Pronotum finement ponctué, arrondi latéralement, les bosses
latérales non saillantes. Long. 1,3 mm.
. 2. /farslenf. subsp. barbarus. nov.
— Pronotum lisse, très rétréci à la base, sa plus grande largeur
avant le milieu .
4. Ponctuation du front superficielle sur les côtés, réduite à
quelques points sur le vertex. Très étroit et allongé. Long.
1.5 .. boellcus, n. sp.
— Ponctuation du front dense cl profonde. Forme plus large. . 5.
5. Tête arrondie, non iransverse. le lobe frontal grand, les tu¬
bercules antennaircs saillants, le bord antérieur transverse. . >.
- Tête courte et Iransverse. le lobe frontal très court, les tu¬
bercules antennaircs effacés, le bord antérieur convexe.
6. Lobe frontal moins large au sommet qu’à la base. Pronotum
plus rétréci à la base. Long. 1.3 à 1,4 mm. (Canaries).
. 3. Wollastoni. n. sp.
— Lobe frontal plus large, presque aussi large au sommet qu îi
la base. Pronotum moins rétréci à la base. '•
7- Ponctuation du front moins forte. Tempes plus arrondies.
Long. 1,4 à 1..') mm. bipponensis, n. sp.
Ponctuation du front plus profonde. Tempes plus saillantes, 8,
8. Fossette discale du pronotum bien séparée de la fovéole ba-
sale. Plus grêle. Long. 1,4 à 1,5 mm. 7- Thétyi Guill.
Fossette discale du pronotum reliée à la fovéole basale par
«n fin sillon canaliculé. Plus robuste. Long. 1.5 mm.
. 8. PIcl >.orm,
9- Un peu convexe. Pronotum à bosses latérales moins saillan¬
tes, plus arrondies. Yeux du mâle aussi longs que les parties
latérales des tempes. Long. 1,5 i 1,6 mm. . . 16. fedjensis Norm.
Source : MNHN, Paris
86
KENt JEA.S’SEL,
— Déprimé. Fronutum à bosses Inlérales plus suilluntes, presque
anguleuses. Yeux du mâle plus courLs que les parties laté¬
rales des tempes. Long. 1.4 à 1,5 min. (Madère) .
. 5. Lundblodi Jans.
11). laibe frontal brusquement rétréci, les sillons frontaux nets et
profonds. Fossette discale du pronotum très profonde. Colo¬
ration sombre. Long. 1,5 mm. (Canaries). 1. sanguineus Denny.
Lobe frontal large à la base, les sillons frontaux effacés. Fos¬
sette discale du pronotum petite . II.
11. Pronotum vaguement ponctué. Tubercules antennaires très
saillants. Antennes longues et épaisses, les articles 9 et 10
épais, aussi larges que le 11. Long. 1,8 mm. (Canaries)....
. Ifi. monticola Woll.
Pronotum lisse. Antennes grêles, les articles 9 et 10 peu
épaissis, moins larges que le 11 . 12.
12. Lobe frontal bien saillant, les tubercules antennaires sail¬
lants, les bourrelets latéraux plus hauts . 13.
Lobe frontal peu saillant, les tubercules antennaires effacés,
les bourrelets latéraux bas. 15.
13. Tibias intermédiaires du mâle très arqués, l'éperon distal
fort. Long. 1,5 à 1,6 mm. 14. curvipes Peyer.
Tibias intermédiaires du mâle peu arifués, l’éperon petit. ... 14.
14. Pronotum large, à bosses latérales saillantes et côtés sinués
en arrière. Long, 1,5 â 1,6 mm. 12. afei Reill.
Pronotum allongé, à bosses latérales peu saillantes et cotés
.sans sinuosité postérieure. Long. 1,5 mm. 13. Otinl, n. sp,
15. Tête convexe, les yeux du mâle aussi longs que la partie
latérale de la tempe. Pronotum aussi long que large. Long,
1.4 mm. 1,5. mouzaiensis, n. sp.
Tête large, déprimée. lc.s yeux bien plus petits. Pronotum
plus court. Long. 1.2 mm. (Madère) . 4. intermedlus Woll.
Subgen. DipJecteiius Keiller.
Groupe du .lignnliiK.
Woi.i-ASTON a cité ou décrit un certain nombre li’Euplecltts des
lies Canaries et de Madère tlonl j’ai pu avoir communication, grâce â
l’exlréme obligeance de M, E. C. Hritton, du Brilisli Muséum. Trois
de ces espèces sont citées sous des noms d’espèces européennes. On
verra plus loin que VE. Karsîcni de Wolla.sto.n est une espèce nou¬
velle. L'Euplectus cité de Madère sous le nom de signnitis Reich, n’a
pas été retrouvé dans les collections du Brilish Muséum ; enfin j’ai
pu examiner l’espèce suivante, dont l’unique exemplaire est malheu¬
reusement une femelle.
Source ; MNHN, Paris
PSÉI.APHIDKS !)K I/Al-'IUUI'K 01' NORD.
1- Euplectus ^Dipiectelius) sanguineus Dennv, 1825, Mon. Psel., p. 10 ;
lypo : Anf^lclerrc. Jeannei., 1950. Fne France, 53 (Psé-
l'aph.), p, 113. — Woi.t-ASTON, 1864, Cal. Can. Col., p. 528 :
1865, Col. Allant., p. 449.
Iles Canakies : Tenerife, une femelle (Crotch. 1862).
Ons. — Je ne garde ici celte espèce ([u’avec réserves. La femelle
de Tenerife ressemble lieaucoup aux exemplairs d’Angleterre, ayant
comme ceux-ci le pronoltim particulièrement étroit. On est en droit
de se demander si la provenance de cet Enpleciiis est véritable, s il
o’y a pas eu ({uelqiie erreur d’étiquetage commise. A la vérité il n est
pas absolument exclu (jue VE. snmiiiineiis ait été accidentellement
introduit à Tenerife et y ait pris pied. Mais il faudra attendre de nou¬
velles captures pour en être certain.
Groupe du Eorsleni.
2. Euplectus fDipleclellus) Karsteni. subsp. barbarus. nov. ; type : Saint-
Cbarles (Mus. Paris).
Fig. 28. • Long. 1,3 mm. Ailé. Testacé rougeâtre. Tète grande,
aplatie à tempes arrondies ; lobe frontal largement déprimé ; front
fortement ponctué sur les cOtés, moins densement sur le vertex. An¬
tennes grêles, moins fines que chez le Knrsleni d’Europe. Pronotum
Phis étroit que la tète, ses côtés régulièrement arrondis en avant, sa
hase peu rétrécie ; disque convexe, superficiellement ponctué, la fos¬
sette discale unie à la fovéole basale par un sillon. Elytres à trois fos¬
settes basales. Métasternum bombé, non sillonné.
Edéage (fig. 28i présentant les mêmes caractères que chez la
forme typique, c’est-à-dire à stvle droit court et sétifère, style gauche
«ssez long, avec une grande apophyse interne, fusiforme et hyaline,
à pièce copulatrice bifide, avec les branches ciliées. Mais chez le
K'irxleni d’Europe, la lame sternale est grande et quadrangulaire
<1950, Fne France. 53, p. 123, fig. 46 n). tandis <|uc cette lame sternale
fait défaut chez le Enrateni bnrbnrax d’Afrique.
AujftniK. Oép. </e Conslanlinc : Saint-Charles, près de Philippe-
'dlc, 2 exemplaires (Théry).
Le Knmleni Reichb. est commun dans toute l’Europe moyenne,
vn France, en Grande-Bretagne et en Irlande. Sa présence aux envi-
•■ons de Philippeville est assez surprenante. La dilTérence de structure
entre l’édéage de l’exemplaire algérien et ceux de diverses localités
européennes montre que si l'espèce a été introduite dans 1 Afrique du
N’ord. cette introduction est assez ancienne pour que des variations
de l’édéage aient eu le temps de sc produire. Aussi est-il plus vraisem-
hlable que cette forme du Knrsieni soit l'effet d'une immigration en
ï^erhérie pendant le Saint-Prestien.
Source • MNHN, Paris
38
KKNÉ JKANNEI-.
3. EupJecfus fDip/ec(eIius^ Woilo5toni, n. sp. ; type : barranco da Agua,
Palma (Brit. Mus.). — Knrsteni Wollaston, 1864, Cat. Can.
Col., p. 527 ; 186.5, Col, Atlant., p. 449 (nec Karsteni Rei-
CHKNBACH, 1816).
Fig. 29. — Long. 1,.3 à 1,4 niin. Un peu plus grand que le Karsteni.
Ailé. Teslacé rougeâtre pâle. Tôte grande et aplatie, arrondie, les tem¬
pes arrondies mais moins saillantes que chez Karsteni, leur bord
postérieur tombant obliquement sur le cou, alors que ce bord posté¬
rieur est transverse chez Karsteni. Yeux aussi grands ; lobe frontal
un peu moins large et plus saillant. Front ponctué, môme sur la bosse
occipitale et le vertex, comme chez Karsteni ; pas de fossette occipi¬
tale. Antennes semblables. Pronotum nettement plus rétréci à la base,
Eiii. 2H i 30. (icn. Kuplevliia l.vacit. écli-nves, face dorsale. - Fii>. 28, E. Uilpleclellut)
Kiimleni sulisp. barbnruii, nov» do Salnl-Cliurles. X 240. — Fiu. 29. E.
ilJlpleclillu») Wolliislani, n. üp., du barrunvo dcl Agua. Palma, X 240.
Fin. 30. F. iDipleclllliiH} l.iinilblaiti Jans., do Rabnçal, .Madère, X IS.'i.
très peu convexe, lisse, la fossette discale et la fovéolc basale extrême¬
ment petites et peu profondes. difTéranl en celù de tous les Enpîectus
continentaux connus. Elylres, abdomen et pattes comme chez Karsteni.
.Mâle : mêmes déj>rexsions des sterniles abdominaux <[ue chez
Karsteni (1950, I. c., p. 117, flg. 43 e).
Edéagc (flg. 29) de même type que celui de Karsteni, mais infléchi
du côté ventral, avec la lame ventrale dilTéremmenl découpée et les
deux branches du flagelle beaucoup plus longues.
Espèce appartenant sans aucun doute â' la lignée du Karsteni.
Qn a vu ci-dessus que ce dernier est représenté en Algérie par une
sous-espèce barbarus Jeann., localisée aux environs de Philippeville ;
mais il est fort probable que le Woüastnni ait atteint Ténérife et
Source ; MNHN, Paris
l’Sfil.APHIüES DK I/AKHlorK DI' NORD.
39
Palnia par l’Espaf'ne pI Madère, en même temps que les Trechiis du
groupe de iingiiantis.
ÎI.ES Canaries. Pnlmn : barranco de Agua (Wollaston). — Tene~
r»7p •• forêt <le Lauriers de Las Mercedes (Wollaston').
Sous les écorces des Lauriers morts,
SupJectus fDipiectellusJ intermedius Wollaston, 1857, Cat. Mad.
Col., p. 188 : lype : Lombn dos Pecegueiros (Brit. Mus.).
Long. 1,2 mm. Ailé. Testacé rougeiitre pAle. Voisin du Wollastoni.
Même forme générale déprimée. Tête semblable, arrondie, les tempes
de même courbure en arrière, le lobe frontal aussi peu excavé, comme
chez toutes les espèces du groupe <lc Knrsleni ; mois avec les yeux
plus petits que chez Karsleni et Wnlln.tloni. et avec la ponctuation du
front moins profonde, disparaissant sur le verlex et la bosse occi¬
pitale, Antennes 5 articles 9 et 10 moins épais, à peine plus larges
que longs. Pronolum comme chez Wnllastimi, quoique un peu moins
rétréci à la base, la fossette discale et la fovéole basale aussi peu pro¬
fondes. Elyires, abdomen et pattes comme chez WoUnstoni.
Màlc inconnu.
MAiifîRE ; Lombo dos Peceguciros, dans le nord de l’île, à 1 W.
de S. Vicente, un exemplaire sous l’écorce d’un arbre mort (Wollas-
tf’n) ; Campanari.., Fanal, dans le bas de la vallée de la .lanella, partie
“ceidentale de l’île (Bewicke).
Ilhs Canaries, (inmern : un exemplaire (Crotch).
Wollaston (Col. Allant., p. 450) indique que l’exemplaire de
Cioiucra n’est pas identique à celui (ju’il a recueilli lui-même à Madère.
Mais il ne dit pas en quoi les exemplaires diffèrent.
Si je ne m’abuse, l’exemplaire qui m’a été communiqué doit être
Un de ceux pris ù Madère, correspondant d’ailleurs exactement i*'
diagnose de Wollaston. Sans doute s’agit-il bien d’un vicariant du
Woiîos/oni. Quant ù l’exemplaire pris par les Crotch à Gomera, il
^st très possible ([ue ce soit simplement un Wollnsfoni.
EupJecfus (DipIeclolJus) Lundbladi .Iansün, 1940, Ark. Zool., 32 Aa.
11“ 24, p. 23 ; type : Madère, Ribero del Inferno (Mus.
Stockholm).
Fig. .30, _ Long. 1,4 à 1.5 mm. Ailé. Testacé rougeâtre foncé.
Très déprimé. Tête grande, orbieulaire, un peu transverse, les tempes
‘•■és bombées, les veux plans, plus courts que les tempes, le lobe fron-
•al très court et très large, non excavé, son bord antérieur en courbe
baillante et fortement rebordé : ponctuation du front forte et dense
sur les parties latérales, espacée et superficielle sur le vertex et la
occipitale. Antennes à articles .B à 8 globuleus, les 9 et 10 peu
épais, à peine plus larges que longs, le 11 gros et ovale, court. Pro-
uolum aussi large que la tête, aussi long que large, déprimé, les bosses
Source • MNHN, Paris
40
KENÉ JEANNEL.
Uit^ralcs arrondies et saillantes, la base rétrécie ; disque avec une
|)elife fossette arrondie. Elytres, abdomen et pattes comme chez
Wollastoni et inlermedius.
Edéage (flg. 30) allongé, à capsule basale elliptique et pièces dis¬
tales peu développées, leur étranglement paiiiculièrement long. Comme
chez Wollastoni la tubérosité droite est sétifère, mais la lame ven¬
trale, anguleuse, est beaucoup plus courte. Flagelle bifide, assez court ;
quelques grandes épines dans la vésicule du sac Interne.
Madèhe : Rabaçal et Rlhern del Inferno, quelques exemplaires
(Lundblad, VII, 1935).
Alors que les localités occupées par rf/i/ermerfins ; Lombo de
Peceguciros et Fanai sont relativement busses, celles où vit le Ltinii-
hindi se trouvent prés des sommets de l'Ilc, sur le pourtour du plateau
central : Rabaçal à l’ouest, Ribero del Inferno é l’est.
Subgen. Dip/ectidius, nov.
Je crée ce sous-genre pour un groupe d’cs|)éces, toutes de la Ber-
bérie, qui s’apparentent à celles du soiis-gcnre Dipleclelltis, occupant
l’Europe méditerranéenne et les lies tyrrhéniennes, mais diiïérent par
leur flagelle copulateur. (}ui est simple et non bifide.
Par ce caractère les Diplpctidiiis ressemblent à Vl-Àiplecloides
Pearcei Jeann. (1954, The Ent. Monthltj Mng., LXXXIX, p. 1061 de
l’Herefordshire, dans l’ouest de l’Angleterre. Mais si l’espèce britan-
nic(uc possède le même type de llagelle et d'ailleurs aussi les mêmes
caractères extérieurs (absence d’incisure latérale du lobe frontal,
absence de dent latérale au pronotum) elle diiïère des Diplectidius
berbères |>ar d'autres caractères, tels que le grand développement des
yeux et l’insertion distale du flagelle copulateur au sommet d’une
tubulure.
Etiplecloides et Diplecliditis sont manifestement dérivés tous
deux de la souche des Eiiplectus ; mais le second se rattache plus
directement au groupe des Diplectellu». Il se présente d’ailleurs
comme une lignée issue de la Tyrrhénide.
Tiroupe de Volignps.
6. EupJectus (Dipleclidius) oiiqops Pkverimhopk, 1915, Bull. Fr., p. 220,
fig, 2 ; type : Ail-Ouabane (Mus. Paris).
Fig. 31 et 32. — Long. 2 mm. Aptère. Allongé et parallèle, peu
convexe. Teslacé rougeâtre, la pubescence couchée, assez dense. Tête
pas plus large que le pronotum, subcarrée, le lobe frontal grand, pro¬
fondément excavé entre les bourrelets latéraux qui sont saillants,
séparés des tubercules antennaires par une suture ; yeux plus courts
que les tempes qui sont bombées. Front entièrement lis.se, les fossettes
ocellaires grandes et profondes : pas trace de fossette occipitale. An¬
tennes longues, le pédicellc oblong, les articles du funicule ovales.
Source ; MNHN, Paris
PSÉLAPHIDES DE L’AFRIQUE DU NORD.
41
un peu plus longs que larges et déliés, les 9 et 10 un peu transverses,
le 11 ovalaire. Pronotum cordiforme, peu convexe et lisse, très rétréci
à la base, les bosses latérales saillantes et arrondies, fossette discale
séparée de la fovéole basale. Elylres courts et déprimés, à côtés
arqués ; deux fossettes basales. Abdomen déprimé, les carénules basa¬
les nettes et divergentes.
Mâle : Article 6 des antennes un peu renflé. Mélalrochanters
armés d’une dent recourbée, les tibias intermédiaires et postérieurs
dentés à l’angle apical interne. Hémislernites du dernier segment
abdominal courts et un peu dissemblables.
Edéage (flg, 32) à capsule basale ovoïde et pièces distales relative-
•uent courtes, formant une large gouttière dans laquelle repose la
P>ece copulatrice, simple, peu à peu atténuée. Le bord gauche de la
Soultière est formé par un style gauche large et aplani, arrondi au
sommet et sans soies ; le bord droit est formé par le style droit, effilé
armé de soies.
Algérie. Dép. d'Alger : forêt d’Ait-Ouabane, à 1.700 m d’altitude
dans le Djurjura central, un mâle sous une pierre dans un ravin
enneigé (Peyerimhoff, V. 1915).
Espèce très dilTérenle de toutes les autres connues de l’Afrique
du Nord qui ont toujours la tête ponctuée. Peyerimhoff la rapproche
Dr MusÉI M. — ZOOLOOIK. t. XIV. 4
Source ; MNHN, Paris
42
KKNÉ JKANNBL.
à tort des Euplectus s. str. du type briinneus Grimm. ou Duponti Aubé ;
mais l’absence de fossette occipitale chez Voligops et la structure de
son édéage montrent qu’il s’agit d’une tout autre lignée du sous-genre
Diplectidiiis. Sans doute cef oligopx, relégué sur le Djurjura central
est-il le survivant d'une lignée ancienne de la Tyrrhénidc.
Groupe du Théryi.
7. Eupiectus fDipIectidiusl riéryi Gtm-i.EBF.Aii, 1893, Ann. Fr.. LXII,
Bull., p. ccxci ; type : Saint-Charles (Mus. Paris).
Fig. 34 et 35. — Long. 1,4 à 1,5 mm. Ailé. Testacé rougeütre assez
foncé, la pubescence couchée et dense. Déprimé. Tête grande et arron¬
die, aplatie, le lobe frontal peu excavé, les bourrelets latéraux peu sail¬
lants, fortement ponctués comme les cfttés du front, la région tempo¬
rale et occipitale ; la ponctuation empiète sur le pourtour du vertex.
Yeux plus longs que les parties latérales des tempes qui sont très
bombées, saillantes en dehors et en arrière. Antennes épaisses, à arti¬
cles 9 et 10 transvcrscs. Pronotum aussi large que la tête, lisse, peu
rétréci à la base, les bosses latérales bien saillantes avant le milieu ;
fossette discale petite, isolée de la fovéole basale. Elytres plus longs
que le pronotum. élargis en arrière, un peu convexes ; trois fossettes
basales.
Mùlc : Fémurs un peu renflés. Métasternum sillonné.
Km. H3 A 3S. Uen. Kupleclus U‘acb, édéafies, face dorsale, X 24U. Kio. 33. E.
(Dipleclidiiit) l>ici Nonn., de Salnt-Charlps. — Fio. 34. E. (Diplecliiliuii) Thfry:
GoUl.. type de .'«alnt-Charles. — Fio. 3.S. E. (Diplectldius) Theryi (luilL d'AI|{cr.
Edéagc (fig. 34 et 35) à capsule basale sphérique et pièces distales
bien développées. Chez le type de Guillebeau, provenant de Saint-
Charles, le style droit est épais et court, sétifère, et le style gauche
forme une vaste lame sternale dilatée au sommet qui est Iransversale-
Source : MNHN, Paris
HSÈ1.AKHIDES DE L’AKRIOUE DU NORD.
Rient tronqué ; ]>u-cc cojiuhilricc sortant d’une tubulure inclinée du
côté droit (flg. 34).
Ai.GÉuir.. Dép. d’Oran : forêt de Zarifet. réfiion de Tlemcen, un
exemplaire (Peyeriinhoff, III 1930). — Dép. d’Alger : Zaouia des
Mouzaîa, une femelle (Peyeriinhoff. VI 1916) : Yakouren, en Grande
Kabylie orientale, un exemplaire dans un Champignon (CUtocijbe ogm-
fiopodn) poussant sur un arbre (Peyeriinhoff, IX 1929) ; Bou-Bérak,
près de Delivs, nombreux exemplaires (Chobaut). — Dép. de Conslnn-
line ; Saint-Charles près de Philippcnlle fThéry) ; Medjez-Amar, près
de Claudel (Clouet des Perruches).
Tunisie. Krotimirie : Camp de la Santé, ou Les Chênes, plusieurs
exemplaires (Normand).
Espèce h mœurs souterraines, Le D' Normand signale qu elle se
rencontre surtout dans les feuilles pourries entourant les gros bulbe.s
de la Sciile maritime, au printemps.
8. £uplectu 5 (DipJectidius) Pici Normand, 1904, L’Ab., XXX, p. 210 ;
type : Fernana (coll. Normand).
Fig. 33. — Long. 1.5 mm. Ailé, Très voisin du Tbéryi dont il a
l’aspect général. Il est toutefois plus volumineux, avec la ponctuation
du front plus dense et surtout la fossette discale du pronotum reliée
à la fovéole basale par un sillon longitudinal très net et canaliculé.
Mille ; Fémurs un peu renflés.
Edéage (flg. 33) semblable à celui du Thénji. mais
Espèce manifestement de même souche que le Tbéryi et diffé¬
renciée par une mutation de l’édéagc. Elle cohabite avec Tbéryi aux
environs de Philippeville, mais son aire géographique s’étend en Tuni-
alors que celle du Tbéryi couvre plutôt l’Algérie.
Algérie. Dép. de Conslnnline : Saint-Charles, plusieurs mâles et
l'emelles (Théry).
Tunisie : Bizerte, un mâle (Boitel). — Kroumirie : Fernana ;
Souk-el-Arba (Normand).
9. ^upiectus (Diplectidius) hipponensis, n. sp. ; type ; Bftne (Mus.
Paris). — a(er Jeannel, 1950, Fne France, 53 (Pselaph. p.
115. flg, 42o (nec a[er Reilter).
. Eig. 36, - Long. 1.4 à 1.5 mm. Ailé. Très voisin du piéryi, dont
' ^st difficile à distinguer extérieurement : la ponctuation du front
^st plus superliciellc. les tempes sont plus arrondies, moins saillantes
^’n arrière. Mais les caractères de l’édéage sont particuliers.
Edéage (fig. 36) inversé, comme chez le Pici Norm. Mais la cap¬
sule basale est bien plus volumineuse cl la grande lame sternale du
^'ci et du Tbéryi, fait ici totalement défaut. Et non seulement le style
n’a pas formé de lame sternale, mais aussi il s’est incurvé vers
® face tergale, formant une courte gouttière enveloppant la pièce
'^^‘^PUlalrice.
Source ; MNHN, Paris
44
RKNÉ JEANNRl..
Algérie. Dép. de Constaniine : env. de BAne, un mâle et trois
femelles provenant de la collection de Saulcy.
10. £up]ec(us fDfpJectidius) fedjensis Normand, 1904, L'Ah. XXX, p.
212 ; type : Fil Feidja (coll. Normand).
Fig. 38. — Long. 1,5 à 1,6 mm. Aptère. Aspect du Théryî, tête
aplatie plus large que le pronolum, très fortement ponctuée, même
sur la région occipitale et le vertex ; lobe frontal moins saillant que
chez Thériji, les tubercules aiitennaires elTacés, ce qui arrondit les
angles du lobe frontal ; yeux pas plus longs que les parties latérales
des tempes qui sont bombées, très arrondies. Antennes robustes, l’arti¬
cle 10 tronconique, relativement long et peu transverse. Pronotuin
petit, assez bombé, lisse, les bosses latérales peu saillantes. Fllytrcs
courts et convexes ; trois fossettes basales, les deux internes rappro¬
chées.
Mâle : Quatrième sternite abdominal avec un bouquet de poils
sur le milieu de son bord postérieur.
PiG. 36 b 38. Gen. Kuplfcltm L«ach. édéages, face dorsale. — Fio. 36. E. {Dlplec-
lidiim) hipponensi*, n. sp., de llônc, X 240. — Fig. 37. E. iDipleetiaius)
boelIrUM, n. sp., d’Algéslras, x 240. — Fig. 38. E. (Diplectidiui) fedjenii»
Norm.. de El Feidja, X 185.
Edéage (lig, 38) bien différent de celui du Théryî, non inversé.
Capsule basale ovale cl pièces distalcs très grandes et évasées. Style
droit saillant et sélifère, surmonté du côté tergal par une apophyse
obtuse et achète. Style gauche en cornet, s'étalant à la face sternale
en une vaste lame dont le bord gauche donne naissance à une apo¬
physe qui se recourbe transversalement sous la lame ; de plus la face
interne du style gauche porte une grande apophyse rubannéc à extré¬
mité bilobée.
Espèce bien tranchée et paraissant localisée.
Source ; AINHfJ, Par/5
PSfti.APHIDES DE l/AFRIOrK DI’ NORD.
45
Tunisie. Kroumirie : El Feidja, mâle et femelle sous l’écorce d’un
Chêne Zen (Normand. VII 1900).
n. Euplectus (DîpJectidius) boeticus. n. .sp. ; type : Algésiras (Mus.
Paris).
Fig. 37. — Long. 1.5 mm. Aptère. Testacé rougeâtre. Etroit et
allongé, déprimé. Tête volumineuse, aplatie, pas plus large que le
pronolum, le front à ponctuation superficielle et peu serrée sur les
côtés et la région occipitale, le vertex presque lisse. Lobe frontal sail¬
lant, plus excavé que chez Théryi, les bourrelets latéraux plus hauts,
^eux peu saillants, aussi longs que les parties latérales des tempes ;
celles-ci bombées, convexes. Antennes robustes, les articles moyens
globuleux, le 10 lenticulaire et peu transverse. Pronotum lisse, aussi
long que large, très rétréci à la base, les bosses latérales arrondies
et saillantes en avant ; fossette discale petite, isolée de la fovéole basa¬
le. Elytres allongés, plus longs que le pronotum, avec les épaules très
effacées et le disque aplati ; deux fossettes basales seulement. Abdo-
nien long et étroit, parallèle.
Mâle : Fémurs et tibias paraissant épaissis.
Edéagc (fig. 37) à capsule basale ovale et pièces distales très cour-
Ics, lu lame sternale peu développée. Les deux styles sont renflés ef
sélifères ; celui do gauche porte deux très longues soies. Pièce copu-
latrice très robuste, simple et rectiligne.
Espaone mivridionai-e, Andalousie : Algésiras, un mâle (Hans
Siiiioni (sous le nom d'afer Reitt. dans la collection Raffray).
Subgen Euplectinus, nov.
Ces Eupleclus, caractérisés par l’absence de la pièce copulatrice
sac interne, forment un groupe confiné dans l’Afrique du Nord.
Sans doute originaire du Massif bético-rifain, il a atteint les îles Cana¬
ries,
12. TupJectus (Tuplectinus; aier Reitter, 1881, Verh, z.-b. Ges. Wien,
XXXI, p. 527 : type : Algésiras (Mus. Paris). — sdllariim
Normand, 1904, L’Ab., XXX. p. 211 ; type ; El Feidja (coll.
Normand). — crassus Normand. 1904, 1. c., p. 210 : type ;
Teboursouk (coll. Normand).
Ces synonymies sont établies par comparaison des édéages de
pus les types. Il résulte aussi de cette présentation de Vafer Reitt. que
' infirmas Raffray, de France (Jeannel. 1950, Fne France, 53 (Psé-
’pP*’ ). p, 115, fig. 42b), quoique décrit comme sous-espèce de Vafer,
** ® rien h voir avec celui-ci. h'infirmus est un Diplectelhis, ^ pièce
^opulatrice bifide, Vafer n’a pas de pièce copulatrice et est ici le type
un autre sous-genre.
Source : MNHN, Paris
46
RRNÉ JKANNEL-
Fig. 39. — Long. 1,3 à 1,6 iiuii. Aptère. Tcstacé rougeâtre, lu
pubescence couchée et den.se, Allongé, robuste et assez convexe. Tête
médiocre, pas plus large que le pronotum, les ciMés du front éparse-
ment ponctués, la bosse occipitale et le vertex absolument lisses, bour¬
relets latéraux du lobe frontal hauts et larges, la dépression du lobe
frontal peu prof<»nde, le bord antérieur un peu arqué, rebordé. Yeux
aussi longs que les parties latérales des tempes, celles-ci bombées,
arrondies. Antennes courtes, les articles moyens un peu transverses,
les 9 et 10 très peu transverses, guère plus gros que les précédents.
Pronotum aussi long que large, les c3lés légèrement sinués ; disque
lisse, assez convexe, la fossette discale isolée de la fovéole basale. Ely-
tres plus longs que le pronotum, parallèles et peu convexes, les épau¬
les saillantes ; trois fossettes basales. Abdomen un peu ovalaire, con¬
vexe.
Mâle ; Fémurs renflés ; tibias intermédiaires peu arqués, avec une
dent apicale interne petite.
Edénge (fig. 39) volumineux, la capsule basale très grosse, lu
masse des pièces distales d’un volume â peu près équivalent. Style
droit très chitinisé, sétifère, à bord tergal oblique : style gauche très
large, enveloppant le sac interne et le recouvrant à la face tergalc
par une lame transverse dont le bord interne oblique se juxtapose au
bord tergal du style droit. Sac interne membraneux, avec une série
de grosses dents dans sa partie apicale ; pas de pièce copulatrice (la
formation en .S qui se voit sur l’édéage du type d’Algésiras est une
apophyse tcrgale du style gauche et n'existe pas chez tous les exemplai¬
res africains que j'ai examinés).
Pto. 59 à 41. (ien. F.upltclna Leurh. fdéugen, face dorsale, x IHS. — Pto, 39. E,
ŒupUctInui) afer Keitt., de Tun|{er. — Fia. 40. E. {EupltcUnu*) OUni, n. ip.,
de Fez. - Fin. 41. £. tEupleeUnua) munlirnla Wall., de Ijis Cnnudat, Teiieriic.
Source ; tANHN, Paris
PSÉLAPHIDES RR I.'AFniül'K Of NORD.
Kspùci* bien caractérisée mais largement répandue et générale¬
ment méconnue. D’après le D' Normand, elle se prend surtout entre
les écailles mortes des bulbes de la Scille maritime, parfois sous les
écorces des arbres morts. Toujours très rare.
Espagnk. Andalousie : Algésiras (Hans Simon, types).
Maroc. Rif : Tanger, plusieurs exemplaires (Vaiicher) ; marais
de Boucharcn, près de Laraclic (Peyeriinhoff, V 1910).
Ai-gérie. Dép. d’Oran : Marnia (Hoitel) ; Terni, forêt de Tlemcen
(Normand) : Tlemcen (Normand). — Dép. d'Alger : Miliana (Nor¬
mand) ; Kolea, sur la côte, près d’Alger fPeyerimhoff) ; Yakouren,
dans l’est de la (irande-Kabylic iPuel). - Dép. de Consfantine : Ade-
kar. village forestier du Soumniam, ouest de la Grandc-Kabylie (Nor-
mandj ; Constanline (Normand) ; Philippeville et Bône (Normand) :
marais de La Galle (Normand).
Tunisie. Chaîne dorsale : El Feidja, Fernana et Ain-Draham en
Kroumirie (Normand) ; Le Kef, montagne de Dir (Normand) ; Tebour-
souk. une femelle trouvée au milieu de Fourmis (Normand, type de
rro.îSHs)._Bizerto. une femelle de grande taille dans les racines d une
Asphodèle (Boitel).
13. Euplectus (Eupleclinus) Ofini. n. sp- ; typ^ ■ F'®* (Mus. Pans).
Fig. 40. — Long. 1,5 mm. Aptère. Testacé rougeâtre. Tête médio-
*^re, un peu plus large (jue le pronolum, les côtés du front éparsement
ponctués, la bosse occipitale et le verlex lisse, le lobe frontal grand
et saillant comme chez afer. Yeux aussi longs que la partie latérale
tempes, qui sont bombées et arrondies. Antennes comme chez
Pronolum bien moins large, plus allongé, un peu plus long que
•arge, à bosses latérales très peu saillantes et côtés nullement sinues
«■n arrière. Elytres et abdomen comme chez afer.
Mâle : Fémurs non renflés : tibias intermédi.aires peu arqués,
avec une dent apicale interne petite.
Edéagc (ftg. 40) de même type que chez afer, volumineux, à grosse
•Capsule basale largement fenêtrée. Pièces distales formant une masse
Pl«is allongée cl plus parallèle. Style droit sétifère, à bord tergal obh-
*100 ; stylo gauche recouvrant le sac interne par une lame tergale. Sur
Tigure, le sac interne évaginé recouvre la lame tergale du style gau-
exRosant une multitude de grandes dents hyalines hérissées en
Inus sens ; dans l'intérieur du sac se trouve une pièce chitincuse incur-
vée qui n'émane pas de la capsule basale et ne correspond pas à la
pièces copulatrice des Dipleciidius. Elle rappelle plutôt la dent mul-
l'fido de VE. monlicola, des Canaries. ...
Espèce assurément de même souche que Vafer, mais distincte par
[u forme étroite et allongée de son pronolum et par la structure de
lédéage.
Maroc ; Plaine atlantique : environs de Fez. un mâle trouvé dans
“U tronc de Palmier mort (Otin, VIII 1936).
Source : MNHN, Paris
48
nSNÉ JEANNEL.
14. Tupieclus ŒupJectinus^ curvipes Peyerimhuef, 19U6, Bull. Fr., p.
37 : type : cap Aokas (Mus. Paris). — 1917. Ann. Fr.. LXXXVI,
p. 145.
Fig. 42 et 43. — Long. 1,5 à 1,6 mm. Aptère. Aspect de l'afer, mais
déprimé, la télé aplatie et un peu transversc ; même ponctuation du
front. Antennes semblables. Mêmes caractères généraux, mais diffé¬
rant par les caractères sexuels.
Mâle : Tibias intermédiaires très arqués et surtout très épais, avec
la dent apicale interne très développée.
Fio. 42 à 44. Gcn. F.upjeclitis l.cach, ddéuses. face dorsale, X 165. — Fio. 42. E.
(EapUeHniiii riirvipe* Fcyer, forme œdimtre du cap Aokas. — Fin. 43. E.
(Eupltellnu$) euri>lpe$ Peycr.. de Bou-Rdrak. — Fia. 44, E. (Euplectinui mon*
taitmlt, n. ap., des Muuzala.
Edéagc de la forme typique du cap Aokas (flg. 42) très volumi¬
neux, la capsule basale trè.s grande. Style droit sétifère, avec un lobe
tergal arrondi bien séparé ; style gauche prolongé à la face sternale
par une grande lame anguleuse. Entre les deux styles, â la face ter-
gale, se trouve une lame tcrgalc bien individualisée, longue et paral¬
lèle. brusquement rétrécie puis transversalement dilatée au sommet.
Sac interne membraneux, sans chaîne de dents ; pas de pièce copu-
latrice.
Chez les exemiilaires de Hon-Bérak (flg. 43) la capsule basale est
moins renflée, la lame tergalc, entre les deux styles, est plus étroite,
plus longue, sans brusque rétrécissement antéapical.
Peverimhoff (1917, l. c., p. 145) considère cet Euplectus comme
une forme œdimère de Vafer. Les différences de structure des édéages
font plutôt penser que curvipes est bien une espèce propre.
Algérie. Dép. d’Myer : Bou-Bérak, près de Deilys, plusieurs
Source ; MNHN, Paris
PSÉI.APHIDES DE I/AFRtOrE Df NORD.
exemplaires en compagnie de Fourmis (Chobaut). — Dep. de Cnrixton-
tne : Cap Aokas, un mâle (Théry).
15. Eaplectus (fupleclinus) mouzaiensis, n. sp. ; lype : Mouzaïa (Mus.
Paris).
Pig. 44. -- Long. 1,4 mm. Aiitère. Plus petit que les précédents,
lus convexe. Tête médiocre, ni aplatie, ni transverse, le front plus
rtement ponctué latéralement que chez tifer et curnipex, lisse sur
e vertex et la région occipitale. Antennes semblables. Pronotum petit,
troit, aussi long que large, scs bosses latérales très peu saillantes,
«ïrrondies. sa base peu rétrécie. Disque lisse, eonvexe, la fossette dis¬
cale isolée de la fovéole basale. Klytres un peu i»lus longs que le pro-
>'olum, convexes, à côtés subparallêles ; trois fossettes basales. Abdo-
•Hen court et convexe, subparallêlc.
Mâle : Fémurs non renflés. Tibias intermédiaires peu arqués,
'‘épaisseur normale.
_ Edéage (fig. 44) de même lype que celui du ciirnipes, aussi volu-
jmneux, mais avec la lame sternale du style gauche bien plus déve¬
loppée et la l.anie tergale par contre atrophiée, réduite à une petite
npophyse très pointue. Sac interne inerme ; pas de pièce copulatrice.
Algéiiih. Dép. d'Alffvr : Massif des Mouztiïa, 3 exemplaires pris
•'lu cours d’années dilTércnles, mais toujours en mai (Peyerimhoff).
lll- Suplectus (Euplectinus) monficoia Woi.laston, 1804, Cat. Can. Col.,
p. ,527 : type : Las Canadas, Tenerife iBrit. Mus.) ; 186:i. Col.
Allant., p. 450.
— LonB_. 1.8 mm. Ailé. Testacé rougeâtre, la pubescence
ouchéc. assez fournie. Etroit et parallèle, assez comparable à Vafer
"eilt. Tête bien moins large, non transverse, le lobe frontal saillant.
P a ondéinenl excavé, yeux comme chez nfer. Front ponctué sur les
sefi l^f^rales, lisse sur le vertex et la bosse occipitale ; pas de fos-
Uü ^ “'^‘lipilale. Antennes relativement longues, le funicule plus épais
ç. ^ fhez afer, ses articles globuleux ; article 0 et 10 plus grands que
bie^ Phis déliés, un peu plus larges que longs. Pronotum petit,
“ plus court (jue chez afer, scs côtés crénelés ; disque convexe,
nulD*"'^^^^ ponctué, la fossette discale extrêmement réduite, presque
•>.. et abdomen comme chez afer : deux fossettes basales
■mx élytres.
pj^ Edéage (fig. 41 ) volumineux, à grande ca])sule basale elliptique.
1 ,/ distales fortement chitinisées, courtes. A droite, une apophyse
^oïd* l soies nombreuses est prolongée par une tige sly-
‘‘Rgue et arquée, portant aussi des soies. A gauche, pas de style,
selle -1 ''«entrai une grande lame ventrale Inclinée. Pas de flo-
tie di’*"i mcmhraneux, porte une pièce Irifide dans sa par-
1* “le, pièce comparable à celle de VOlini .leann. (fig. 40).
Source ; MNHN, Paris
.V)
RF-NÈ JEANNEL.
Iles Canahies. Tenerife : deux exemplaires, à haute altitude,
dans un ravin aux Canadas (Wollaston).
La parenté de cet F.uplectus avec Vnfer est évidente. L’o/er occupe
la région bético-rifaine et toute l'Afrique du Nord. La souche du mnn-
licoln est sans doute issue du massif bético-rifain.
On remanjuera en passant <|u’alors tjue IVi^er et tes autres Fiiplec-
linim eontinenlaux sont aptères, le uianticolii est resté ailé, comme
d’ailleurs les autres Eitpleclus des îles Atlantides.
K. (ien. PIECTOPHIOEUS Heitler.
PlectoplUiieiia Reitteh, 1«91, Cat. Col. Eur., éd. I. p. 123 (sans des¬
cription. — Ganolüaiier, 1895, Kaf. Mitlcleur, p. 781 (sub-
gen.) ; type : Erichaoni Auhé. - Jeannei.. 19.'>0. Fne France,
.5.3 (Pselaph.), p. 132.
Genre paléarctique, formé de peu d’espèces plus ou moins répan¬
dues dans l’Europe centrale et orientale et vivant sous les écorces
d’arbres morts ou le terreau de vieilles souches. Mis à part le nitidua
Fairm., que Raffray a cité de la Corse, aucune espèce n’atteint les
Iles tyrrhéniennes et la péninsule Ibérique.
1. P/ectophioeus (enuicornis Reitteh, 1882, ap. Erichson, Naturg. Ins.
Deulschlands, III, p. 11.5: type : Banat (Mus. Paris). —
Jeannel, 19.50, Fne France, .53 (Psélaph.), p. 138.
(^ilé par PKVKHtMHOFF .sous le nom do PlectiipbUieus nilidtis Fairm.
(in Vol. iiibil. Soc. Sc. Nat. Maroc, Zoologie, sép. p. 17. 1948).
Espèce facile à reconnaître à l'absence de sillons frontaux pro¬
fonds sur la tète. La femelle est ailée, avec des yeux plans et réduits
quoique fonctionnels. Les antennes de ce Pleclophloena sont particu¬
lièrement épaisses, avec les articles du funicule un peu transverses et
la massue peu tranchée.
En Europe, l’espèce est connue du Banat, des Provinces Rhéna¬
nes et de la France centrale. Il est assez inattendu de la retrouver
presque identique en Berbéric. La femelle de la forêt de l’Akfadou
ne diffère de celles de la France centrale que par répaississcmenl
encore plus prononcé des artiele.s do la ba.se du funicule anicnnaire.
Algérie. Dép. d'Alger : forêt de l’Akfadou, Agouni Aberkane,
dans la Kabylie orientale, une femelle (P. de Peyerimhoff).
La présence de cette espèce européenne en Grande Kabylie s’expli¬
que par le fait qu’elle a dû venir avec d’autres espèces nordiques chas¬
sées vers le sud par le refroidissement du climat annonçant le Gla¬
ciaire. Elle a dû passer par le pont tyrrhéno-berbère du Saint-Prestien.
c'est-à-«lire tout au début du Quaternaire.
Sans doute la retrouvera-t-on dans les forêts de la Kroumirie ou
de la chaîne Numidique.
Source ; MNHN, Paris
PSÉI.APHIDES DE L’AFRIOrE Dl’ NORD.
111. Suhfam. BATRISITAE Jeanne).
I-u Irihu des Batrisini Rafl'r. n’est pas représentée dans l’Afrique
du Nord. Elle est. il est vrai, assez pauvre en Europe, où il n’exislc
‘|u’un jjetit nonibro d’espèces dans les deux genres Batriaus Aubé et
fi'ttrisodes Reitler, tontes d’ailleurs plus ou moins myrmécophilcs.
Mais lu déficience totale en Rntriaini dans l’Afrique du Nord surprend
quand on pense au nombre immense d’espèces et de genres qui
occupent l’Afrique intertropicale. Pour tous ces Bnlriaini de l’Afrique
chaude, le Sahara a été une barrière infranchissable.
IV. Siibfani. BRYAXITAE Jeanne!.
^ninrilfie .Ieannei., 10.55, Méin. Mtta.. Zool. IX. p. 6.
Quatre tribus de cetic sous-famille sont représentées dans la faune
de l’Afrique du Nord. Trois d’entre elles, Trichonijehini, Btjtbinini et
l^iicbini, sont des groupes holarcticiues sans aucun représentant dans
• Afri<|ne inlertropicale. Quant aux Brynxini, répandus à peu près
dans ie monde entier, ils forment un contingent très important de la
«line berbère, surtout avec les BrnchijqUiln et autres genres voisins
‘pu sont, comme les Bylhinini et Tychini. des éléments caractéristiques
‘ c la faune paléarctique.
_ En fait, la sous-famille des Bryaxitae, qui renferme à elle seule
Pecs de la moitié des espèces de t*sélaphides de l’Afrique du Nord, y
St presque entièrement représentée pur des lignées i>aléarcliqucs. Les
Çn)us Trichontjebini,' B’/thinini et Tycbini sont exclusivement d’ori-
Mne angarienne. La tribu des Brynxini est bien dans son ensemble un
ficoupc gondwanien oriental, mais ses représentants nord-africains
O'ïl pour la plupart issus de lignées qui ont atteint la région méditer¬
ranéenne au Monlien et ont colonisé la Berbérie pendant le Tertiaire,
n.mt d’Europe. Seules quelques lignées de Trissemna sont issues de
i*aV- ^ steppi(jHes venues directement de l’Afrique orientale dans
' ^'fique du Nord.
Trib. TRK'HONYCHINl (langlbauer.
J ^’Coupe réduit à quehiues genres de ta région paléarctique, présen-
a'io lin écartement considérable des hanches postérieures,
intermédiaires sont contiguës. Les élytres sont visible-
051 '"‘^•'oedés, les tarses portent un seul ongle fianqué d’une soie
P^'^onguéale en forme de forte épine.
Source ; MNHN, Paris
52
RENÉ JEANNEL.
Edéage constitué par une grosse capsule à styles en voie d’atro¬
phie.
Seul le genre Amntironyx est repicsenlé «lans l'.Afrique du Nord.
9. Gen. AMAURONYX Heittcr.
Amauronijx Rkiïtkr, 1881, Verh. /.-b. (les. Wieii, XXXI. p. 4.j2 et 51» ;
type : Maerkeli Aubé. - Jkannkl, 1950, Fne France, 53 (Pse-
Inph.). p. 160.
Subgeii. Rerhvnintix, ii()v. ; lype : A. HafTray.
Espèces de taille inoyeiine, allongées et déliées. Tête grande,
arrondie, à lobe frontal peu saillant et yeux très petits. Palpes maxil¬
laires pelits, à massette elliptique, allongée. Antennes robustes, à
scape court et massue de trois articles. Pronotnm rétréci à la base,
la fovéole basale grande, unie aux fossettes latérales par un sillon
transverse, le disque sillonné sur la ligne médiane. Elytres à deux
fossettes basales et strie discale bien développée, le rebord marginal
explnné, bien visible de haut. Abdomen à premier lergite plus long que
le deuxième, muni de carénules basales obliques et écartées à peu près
du tiers de la largeur du disque à sa base. Pattes robustes. Hanches
intermédiaires contiguës les postérieures très séparées, l^n seul ongle
et une soie paronguéalc très développée.
Edéage court, membraneux, la capsule basale en forme d’urne,
l’ouverture distale large, à bord ehitinisé. Une grosse pièce eopula-
trice dans le sac interne. Styles tous deux présents, symétriques et
sétifères chez r.4. Maerkü, en régression mais encore discernables
chez le.s espèces européennes (Fne France, 53, flg. 60, 64, 65), toul à
fait atrophiés chez celles de l'Afrique du Nord don! l’édéage, de plus,
parait bien inversé, car le rudiment de style, encore sétifère, qu’on
y voit, est à droite et parail bien représenter le style gauche des espè¬
ces françaises.
Les espèces vivent dans le terreau au pied des arbres, très sou¬
vent dans des endroits fréquentés par les Fourmis.
Il existe dans le genre des espèces macrophlalmes, des espèces
inicrophtalmes à élytres raccourcis, enfin des espèces anophtalmes. Lu
réduction des styles de l'édéage est en corrétalion avec l’atrophie
des yeux et la marche de cette réduclion permet de définir deux sous-
genres.
Subgen. Amouronys, s. str. — L’édéage pré.sente deux styles, sub-
égaux et sélifères chez l’A. Maerkeli, inégaux, le style droit s’atro¬
phiant et pouvant même disparaître, le gauche au contraire persistant
et toujours sétifère chez d’aulres espèces. Dans ce sous-genre se
placent le Maerkeli, macrophlalme et ailé, largement répandu dans
l’Europe centrale et occidentale, deux espèces voisines de Maerkeli,
Source : MNHN, Paris
VSfil.APHlDES DE l.’AFHIÜt'H DU NORD- W
occupant la Palestine, l’une macrophtalme, /i. Raffrayi, n. sp. (1),
l’autre microphlaliiie A. eupbrniae Saulcy (2). enfin un petit groupe
d’espèces mierophlahnes localisé dans les Pyrénées.
Subgen. Berberonyx. nov. L'édéage, inversé, présente un style
droit conservé et sétifère, le style gauche ayant disparu. Dans ce sous-
genre se placent les espèces nord-africaines, y compris celles du
massif bélico-rifain occu))anl les unes le Hif marocain, les autres le
sud de l’Espagne.
BioGÉoaiiAPHiK. — Il semble que les /tmoiiro/ii/x s. str. soient les
survivants d’une lignée mésogéidienne du début du Tertiaire, le Maer-
keli et les espèces de la Palestine étant les restes d’un rameau égéidien,
le groupe {l’espèces pyrénéennes constituant la descendance d’une
partie de la lignée qui a occupé la chaîne pyrénéo-provençale de l’Oli¬
gocène.
Par contre les Berbernny.r paraissent bien dériver d'une lignée à
édéage inversé, issue de l’Egcidc méridionale cl qui a dû atteindre
l’Afrique du Nord au Pontien, par le pont égéido-berbère. Le fait que
les espèces bélico-rifaincs ont l’édéage inversé comme celles de 1 Algé¬
rie montre que la migration vers l’ouest des Berberonijx sur le nord
de l’Afrique a pu altcindre le sud do l’Espagne avant le creusement du
détroit de Gibraltar.
Les Arnaiironyx européens sont plus ou moins mynnecophiles.
de l’Afrique du Nord, formant le sous-genre Berberonyx, ne
paraissent pas rechercher les Fourmis. Aucun, à ma connaissance n a
^lé rencontré dans des fourmilières. Les espèces sont avant tout des
saiiroxylophiles qui manifestent des tendances marquées vers le
domaine endogé.
Tabi-eai' des espaces nord-africaines.
1- Grande taille (1,8 à 2 mm.) : forme générale étroite et allon-
gée .
- Petite taille (1,5 mm). Forme courte et large (Espèces bético-
rifaines).
,'L Amauronux Raffrauh *£• ■ DP® - ^
• LntiK. 2.1 à mm. Aplère. Différant du Mnerkelt j
-■■unds. SC- ■ -
“bliques 11
tes
Haïfa tcoll. Raffray. Mus. Paris).
- -• g yeux un peu moins
moins convexes, ses ear^ules abdominales
iMiurles et plus rapprochées, distantes de moins du tiers de lu
E ““ '"Site il sa base, l.c* «nlennes cl ie pronolum sont sem-
II. l'Iu-H court cl plus renflé que celui du Haerkell (Enc P *?,?;
• 63), avec un seul style,'le itauche, portant deux soies h la même place que celui
!>l<ierkeU. Pas trace du style droit. Pièce copulatrice épaisse. .
= environs d’Haffa, 4 exemplaires cliquelés ii tort « f.iiphni/iie Saulcy »
""■l- Rappbxv).
»®thléemTM'‘""Ç' rupArafoc Saulcy. 1874. Spec, I. p. 127 (Trichongx) ; type :
InrfAÎ'® Rappray possède un mâle de cette espèce. *Bqneté « Syrie s, resté
b’espèce est microphlalnie et aptère. L’/déage ressemble «1“'
^'"ffray, et par conséquent du ifairkeli. présentant comme ce
Teox 1'*) '•^''«'"PP* ‘I"®
Source ; MNHN, Paris
HKNf; JKAXNEl..
:>4
2. SIrie discale prolongée au delà du milieu de la longueur de
l’élylrc. Pronolum grand, à bosses lalérales saillantes et côtés
sans sinuosité poslérietirc. Long. 1,8 iiini. 1. Abeilleî Guill.
Strie discale ne dépassant pas le milieu de la longueur de
l’élytre . 3.
3. Bosses latérales du pronotuni très saillantes, les côtés nette¬
ment sinués en arriére. Pronolum court. Abdomen large, un
peu ovale. Long. 1,8 mm . 2. Bordei Peyer.
— Bosses latérales du pronolum peu saillantes, les côtés sans
sinuosité postérieure. Abdomen long et étroit, subpnrallélc .... 4.
4. Pronolum plus convexe, plus rétréci à la base, le sillon longitu¬
dinal médian très peu martiué. Long. 1,8 mm .... 3. BedeJi Norm.
- Pronolum moins convexe, moins rétréci à la base, le sillon lon¬
gitudinal net, canalieiilé tout à fait en avant. Plus étroit. Long.
2 mm. . 4. Japidicola Raffr.
5. Pronolum petit, très rétréci à la base qui n'est guère plus large
que la moitié de la largeur du pronolum au niveau des bosses
latérales. Femelles oculées, à élytres très courts. Long. 1,5 mm
(Algésiras) . [brevipeiuifs Saulcy]
- Pronolum plus grand, moins rétréci à la hase qui est nettement
plus large que la moitié de la largeur du pronolum au niveau
des bosses latérales. Femelle anophlalme à élytres longs. Long.
1.5 mm . 5. rlfensls, n. sp.
I. AmauronYx (Betberoayx) AbeiUel Gvii.i.kbeaii, 1893, Ann. Fr., LXII,
p. ccxcii ; type : Kdoiigh (Mus. Paris). — Pf.ykrjmhoff.
1922, Bull. Fr., p. 207.
Fig. 46. — Long. 1,8 mm. Aptère. Tcstacé rougeâtre luisant, la
pubescence longue et couchée. Tôle grande, les tempes très renflées,
les yeux petits mai.s pigmentés, le vertex bombé, le lobe frontal étroit,
les sillons frontaux profonds, réunis en avant en angle aigu. Antennes
épaisses, les articles 3 à 6 à peine |)lus longs que larges, les 7 et 8 glo¬
buleux, les 9 et 10 en toupies, largement lron<|ués à la base, le 10 très
Iraiisversc, [)re.s<[ue deux fois aussi large que long chez le mâle ;
article 11 court, très épais, troncjué à la liase. Pronolum grand, aussi
long ([ue large, le sillon longitudinal très profond. Elytres à peu près
aussi longs que larges. |icu convexes, la strie discale atteignant le
tiers postérieur de l'élytre. Abdomen large, un |)eu ovale, les carénulcs
obliques, écartées du tiers de la largeur tlu dis<[ue à sa base. Pattes
courtes,
Edéage (fig. 46) grand, l’orifice a|)ical de lu capsule vaste, rebordé,
oblique, s'abaissant du côté droit au-dessus d’un style droit très grand,
aplati, à bord interne déchicpieté et bord externe portant une soie.
Pièce copulatrice terminée en longue pointe coudée à gauche.
AuiÉRtB. Dép. de Conslantine : mont F^dough, sous les amas de
feuilles mortes, plusieurs exemplaires (Abeille. Théry, Peyerimhoff) ;
col des Oliviers (Clouel des Perruches).
PSÉl.APHIDES DK I.’AFHIOIE DU XOKÜ.
55
2. Aœouronyx ( Berberonyx ) Bordei Peyerimhoff, 1922. Bull. Fr.,
p. 205, type ; Ain-Djenan (Mus. Paris).
Fig. 48. — Long. 1,8 mm. Aptère. Testacé luisant, la pubescence
longue et couchée. Peu convexe. Tète très grande, arrondie, les tempes
très bombées, les yeux réduits à l’état de vestiges, sans pigment, le
Dbc frontal plus large que chez Abeillei. Antennes semblables sauf
'luc l’article 10 est bien moins transversc. Pronotum moins long que
srge. ses bosses latérales très saillantes et ses côtés sinués en arrière,
e sillon médian profond et canaliculé. Elytres aussi longs que larges,
^ strie discale ne dépassant pas le milieu de la longueur de l’élytre.
Abdomen large, les carénules comme chez Abeillei. Pattes plus
longues.
.,. ^'‘^^oge (fig. 48) court et globuleux, l’orifice apical de la capsule
^ t'que comme chez Abeillei, mais avec une épine sur la saillie gauche.
■ y e droit rabattu à la face ventrale, à peine saillant, avec une seule
Pièce copulatrice épaisse, son extrémité non coudée,
ni f Déf). f/l- Cnn.ilnnline : Ain-Djenan. sur le littoral, mâle
'emelle (R. ,u. R,,,-,le).
Aoiauronirx (Berberonyx) Bedeli Norman», 1904, l’Ab., XXX, p. 21,8 ;
type : Ain-Draham fcnil. Normand). — Peyerimhoff, 1922,
Bull. Fr., p. 208.
— Long. 1,8 mm. Aptère. Tcstacé luisant, la pubescence
les t * couchée. Allongé. Tète grande mais plus longue que large,
cuipes bombées, les yeux rudimentaires, sans pigment, le lobe
Source ; MNHN, Paris
1
•'>6 HKNÉ JKANNKt-
frontal Inr^e. Antennes comme chez Bordei. Pronotum aussi long que
large, à bosse latérales longuement arrondies et ciMés sans sinuosité
postérieure ; sillon longitudinal très effacé. Elytres aussi longs que
larges, la strie discale courte, comiiic chez Bordei. Abdomen étroit, les
carénules très courtes mais espacées du tiers de la largeur du disque
du tergite, comme chez les précédents. Pattes grêles.
Mâle : Métasternum avec deux fortes carènes longitudinales :
dernier sternite avec une petite dent médiane en avant de l’opercule.
Edéage (flg. 47) très petit, la capsule basale allongée, son orifice
apical Iransverse. Style droit caché à la face ventrale, à peine saillant,
mais avec une longue apophyse rétrograde externe : deux soies sur la
partie saillante. Pièce copulatrice longue, à extrémité non coudée.
Espèce bien différento des deux jirécédentes par les caractères
de l'édéage.
AtnéiRiK. l)ép. d'Alfjer : djebel Ben-Zaïer, à Ménervilie, à 50 km
à l'est d’Alger, un mâle i Peyerimhoff) ; massif des Mouzaïa, un mâle
(R. de Borde).
Tunisie. Kroiimirie : Ain-Draham, 2 femelles, dans le terreau de
Chène-Zen habité par tics Fourmis (Normand).
4. Amauronyx ffierberonyx) /apidicoJa Raffray, 1873, Rev. Mag. Zool.,
p. 367 (Trichonyx) ; type : Alger (Mus. Paris). — Peykri-
MHOFF, 1922, Bull. Fr., p. 208.
Fig. 45. — Long. 2 mm. Aptère. Testacé luisant, la pubescence
longue et couchée. Allongé. Tète arrondie, plus courte et plus large
que chez Bedeli, les yeux moins réduits, poncliformes mais pigmentés.
Antennes comme chez Bedeli. Pronotum semblable, le sillon longitu- |
dinal du disque aussi effacé en arrière, mais net et canaliculé dans sa
partie antérieure. Elytres comme chez Bedeli. Abdomen plus étroit, |
plus parallèle, mais avec les mêmes caréiuiles très courtes. Pattes
grêles.
Mâle ; Métasternum simple, sans carènes ; dernier sternite avec I
une petite crête transverse 5 la place du denticule du Bedeli. |
Edéage (fig. 45) plus grand. Orifice apical de la capsule oblique, .
à bord en bourrelet portant deux soies. Style droit rabattu à la face *
ventrale et portant deux .soies. Pièce eojmlatrice courte et épaisse. |
La brièveté des carénules abdominales rapproche les deux Bedeli .
et lapidicoln qui sont aussi caractérisés par la présence de deux soies I
au lieu d’une sur le style de l’édéage. |
Aloékie. Dép. d'Alger : environs d’Alger (Raffray) ; forêt de J
Baïncm (Peyerimhoffi ; forêt d’Akfadou, à Abcrkane, un mâle %ers I
1500 m d’altitude (Peyerimhoff, V, 1940). — Dép. de Constanline ■' ■
Adekar, village forestier du Soummam, dans l’est de la Grande Kaby- .
lie (PeyerimhoffI ; Pbilippevilte. plusieurs exemplaires (Normand). *
Source ; MNHN, Paris
PSÉLAPHIDES DE L’AFRIOL’E DU NORD. 57
i^nauronyx (Berberonyx) rUensis, n. sp. ; type : Mclilla (Mus.
Paris).
Pig. 49. -- Lonj;. 1,5 niui. Aptère. Testacé luisant, la pubescence
onguc et couchée. Court et trapu. Tète grande, transverse, les tempes
très bombées, sans trace des yeux, le lobe frontal assez large. Antennes
courtes, les articles 3 à B globuleux, 7, 8 et 9 un peu transverses, le
0 tronconique, court et transverse, le II ovoïde trois fois aussi long
que le 10. Pronotum aussi long que large, à bosses latérales peu sail¬
lantes. côtés à peine sinués, la base large, plus large que la moitié du
pronotum à sa plus grande largeur ; sillon longitudinal profond,
fc-lylres presque aussi longs que larges, déprimés, la strie discale attei¬
gnant le milieu de l’élytre. Abdomen subparallèle, les carénules très
courtes, espacées du tiers do ta largeur du disque du tergite à sa base.
' atlos assez courtes.
4ij, Uy,, Amauronyx Ucitl., ^dénife, face dorsale, de l’A. ('flerl'eronvx) rifenfis.
sp., de Meliila, X 740.
Edéagc (fig. 49) ovale, l’orifice apical rétréci. Style droit présent,
OIS réduit et sans soies. Pièce copulalrice longue, atténuée en pointe.
Espèce bien dilTérente des deux brevipennîs Saulcy et Kraatzi
' aulcy du Sud de l’Espagne, qui tous deux ont des yeux pigmentés
quoique très petits. Le breoipennis, dont le mâle est inconnu, à la
à fifensis mais diffère nettement par son pronotum très rétréci
T 8 ' élytres très courts. Le Kraaizi est beaucoup plus grand
réî yeux sont relativement grands, son pronotum très
orifi^*^* ù la hase, ses élytres courts. L’édéage est très petit, avec un
slvl “pical extrêmement large, oblique, très saillant à gauche : le
y c droit est achète, la pièce copulatrice très grêle,
jg Maroc. Rif environs de Meliila, un mâle (Manoel de la Esca-
de'^ h femelle étiquetée « Tanger >, mais provenant sans doute
P ‘^''usî^eurs indigènes comme le hiit supposer une inscription en
uctères arabes sur l’étiquette de localité (Vaucher).
"«W.m. XIV, 5
Source ; tANHN, Paris
.58
HKNft JKANNKI.,
Trib. BYTHININl Rairray.
Bythinini Rai-tray. 1890. Rev. d’Ent., IX, j». 83 et 126. — Tychini
(pars) Raitkay, 1904, Ann. Fr., LXXII, p. 490. — Bythinini
Jeannel, 1950, Fne France, .53 (Psélaph.), p. 93 et 166.
J’ai subdivisé la tribu en trois sous-tribu : Machaerilina, Xeno-
bytbina et Bylhinina. Deux de ces sous-tribus sont représentées dans
l’Afrique du Nord. Celle des Mncliaerilinn est une vieille li{;néc tyr-
rhénicnne anté-[)onliciine ; celle des Bylhinina n’a la Uerhérie
qu’au Pontien et toutes ses espèces actuelles y sont encore oculées.
Tableau des sous-trjbus nord-africaines.
1. Palpes maxillaires à pédoncule fortement vcrruqueux ou ser-
rulé. Sac interne de l'édéagc avec deux grosses dents apicales
qui chavirent latéralement lors de l'évagination du sac.
. (p. 581. I. Subtrih. Machaeritincr Jennn.
— Palpes maxillaires à pédoncule lisse ou à peu près lisse. Sac.
interne de l’édéage sans paire apicale de groses dents .
. (p, 69). Sublrib. Bylbinina Jeann.
Sublrib. MACHAERITISA Jeannel.
Toutes les espèces de ce groupe sont cndogées ou cavernicoles. La
plupart sont anophtalmes.
BiogéocxRAPHie. - Les Machaerilina sont un groupe tyrrhénien.
Un grand nombre des espèces occupent les restes de la chaîne pyrénéo-
provcnçale. mais beaucoup ont pu se propager en Europe occidentale
pendant le Tertiaire, avant de se fixer sous terre. C’est ainsi que les
Machaerites et Bythoxenus .se sont localisés dans les cavernes Slovènes
(1), que d’autres genres endogés ou cavernicoles occupent la péninsule
italienne, enfin que le Bylhinnpsis iApobythns) glabratus Ryc, encore
oculé de nos jours, s’est propagé dans toute la France et l’Angleterre.
Dans l’Afrique du Nord, les espèces anophtalmes sont très étroi¬
tement localisées sur des points restreints de l’ancien Bourrelet limi¬
naire. tandis qu’une espèce oculée, Chiasmatobythns algériens Raffr.
s’est répandue au loin sur toute la Berbéric, faisant ainsi pendant au
B. (Apobythus) glabratus Rye de l’Europe occidentale.
Tous les travaux des géologues nord-africains s’accordent pour
établir qu’un Bourrelel liminaire exondé a persisté sur la bordure
méditerranéenne de la Berbéric pendant le Nummulitique. Ce Bour¬
relet a été réduit à une série de petits territoires par la grande trans¬
gression de l’Oligocène inférieur qui a déposé le ilysch numidique.
(1) n. jBANKSt, Les Pséinphides troKlobles de la Slovénie. I.Vo/rs Blnsp., IN.
1954, p. 7).
Source ; MNHN, Paris
l'SfiLAPHIDES DE I/APRIOrE DU NORD.
59
Les Machaeritina ct.'iient déjà fixés au sol, déjà cndogés, pendant
celte transf'rcssion de l’Oligocène inférieur, car leurs espèces actuelles
jalonnent la série de ces territoires qui ne correspondent d'ailleurs
qu à des promontoires méridionaux d’un vaste continent tyrrhénien
Voir plus loin p. 2121. Los espèces actuelles se présentent en effet de
la façon suivante :
Sounimani : Cerntohyfhiix monoceros Norm.
Collo : Anopxibijtbiis longipalpis Norm.
Philippeville : Anopsibi/thus Normandi .Icann. et A. Tberyi Guill. ;
^^nlbobylhiis araneipes Norm.
Bône : Anopsibylhus Peyerimboffi Jeann. et A. Bordei Peyer.
Ainsi, comme on le voit, ces Mncbaeritinn berbères se sont con-
seryés comme des fossiles, de façon aussi rigoureuse que les Bembi-
Rdes endogés du genre Microtypbliis sur les débris de la chaîne
Pyrénëo-provençalo, de la même période géologique.
A côté de ces Mncbaerifina anophtalmes, la Berbérie héberge le
genre Cbiasmalohylbus dont l’espèce, nigericus Raffr., a des mâles
'«acrophtalmes cl des femelles microphtalmcs, et se trouve aujourd’hui
panduo dans toute la Berhérie, depuis la Tunisie jusque dans le Rif.
I s’agit certainement ici encore d’une espèce tyrrhénienne qui s’est
.,*j?|îv6c refoulée sur le Bourrelet liminaire par la transgression de
Oligocène inférieur, mais qui a pu se propager au loin pendant le
^_'o-pliocène, en même temps que les Euplechix du groupe des Diplec-
Tableau des oenres nord-africains.
^^doncule palpairc serrulé, graduellement épaissi de la base
*‘RRmel ffig. 60). (Lignée de Macbaeriles) . 2.
'^^^.üncule palpairc mince et lisse à la hase, brusquement
cpaissi en forme de pipe au sommet qui est fortement verru-
queux. (Lignée de Linderia) . 4.
Lignée de .Woc/ifimfes.
Tête de forme normale, sans yeux, le lobe frontal très saillant
— '* rétréci. (p. 60). 10, Gen. AnopsibWhus, nov.
^ ‘‘le de forme anormale, sans yeux . 3.
Lohi. froniaj court et large, les l ubercules antennaires très
*' *®Rgés, coniques, séparés l’un de l’autre par une large échan-
‘^l’Rre au milieu de laquelle se dresse une corne médiane sur-
Riontée pai- une très longue grosse soie .
_. (p. 64). 11. Gen. Ceratohythus Norm.
-obe frontal normal. Angles temporaux du front prolongés en
ORgucs cornes incurvées en arrière. Forme très svelte ; pattes
fps longues. (p. G5). 12. Gen. Acanfhabyfhus Norm
Source : MNHN, Paris
6(1
HENft JKANNEI..
Lignée de Linderia.
4. Müles macrophlainies, femelles microphtalmcs. Sar interne
avec deux grandes épines basales entrecroisées.
. (p. 67), 13. Gen, Chiasmofobythus. nov.
Lignée de A/ochnerifcs.
10. Gcn. ASOPSIBYTHÜS. nov. |
Type : Machaerites Thériji Guillehcau.
Genre formé d’espèces anophlalmes dans les deux sexes. Tête '
petite, le front bombé, le lobe frontal très saillant, atténué, aplani en
dessus. Palpes très longs, à pédoncule graduellement épaissi depuis
la base et avec un rang de crénclures alignées sur le bord antérieur
(fig. 60). Antennes à scapc allongé, en massue, pédicelle renflé, funi-
cule très grêle. Pronotum plus large que la tête, à bosses latérales
saillantes. Elytres longs ; deux fossettes basales. Abdomen court et ‘
contracté, Pattes robustes, peu longues.
Pas de dilTércnces sexuelles.
Edéage (flg. 55 et 57) présentant les caractères fondamentaux des
Bylhinopsis Raffr. (1950, Fnc France, 53, Psélaph.. p, 170). L’arma- ,
turc du sac interne comporte une paire de dents apicales et des épines
nombreuses dans la partie basale. Styles incurvés et effilés, grêles, '
avec 2 soies sur le bord externe.
Genre différant de Bythinopsis Raffr. et à’IÜccoptobylbua Dev. |
par la présence d’une rangée de dents alignées sur le bord antérieur I
du pédoncule palpaire. Ce caractère se retrouve chez les Prionobythua |
Jeann. des Pyrénées, CoUarlin .leann, de Belgique, et Amaiirnbylhua
.leann., de Corse.
C’est assurément avec Amaurobyfbna que le genre nord-africain
Anopsibglhus a le plus d’affinités ; l’édéage est de même type ; mais I
les Amourobylhiis ont les téguments alutacés et leur massette palpaire ,
a une forme particulière, sans saillie de l’angle basal interne. D’autre ,
part les Amanrobijlhiia présentenl des caractères sexuels qui n’existent ^
pas chez les Anopsibythus.
Tableau des espèces.
1. Scape antennairc environ quatre fois aussi long que large dans
sa partie distale. Massette palpaire à bord externe rectiligne.. 2
— Scape antennairc bien plus de quatre fois aussi long que large
dans sa partie distale. Tempes toujours convexes. 3,
2. Carène latérale du front prolongée jusqu'au bord postérieur de
la tête, les tempes carénées et concaves. Antennes robustes.
Arrière-corps renflé. Long. 1,5 mm. 1. Normondi, n. sp-
— Carène latérale du front non prolongée en arrière, les tempes
arrondies et bombées. Antennes plus grêles. Long. 1,3 mm.
. 2. Théfïrf Giiill-
Source ; MNHN, Paris
PSÉI.APHIDKS DK l/AFHIOt'K Dl' NORD. «1
3. Mü.ssetle palpaire à bord exlcrne rectiligne. Grêle, l’arrière-
^rps peu renHé. Long. 1,4 mm. 3. Peyeiirnholli, n. sp.
Massette palpaire à bord externe en courbe concave. 4.
Arrière-corps très renflé, la gouttière subhumérale des élytres
«nvisible de haut. Pubescence longue et régulière, simple. Som¬
met de la massette palpaire atténué en pointe. Long. 1,4 mm.
• . 4. longipaJpfs Norm.
Arrière-corps peu renflé, la gouttière subbuméralc des élytres
bien visible de haut. Pubescence longue, doublée par de très
longues soies dressées sur les côtés du corps. Sommet de la
massette palpaire moins atténué. Long, 1,5 mm. . . 5. Bordel Peyer.
L Aaopsib/dius Normandi. n. sp. ; type : Philippeville (coll. Normand).
Fig. 50 et 57. — Long. 1,5 mm. Robuste et convexe, l’arrière-corps
l^ès renllé. Testacé rougeâtre sombre ; la pubescence longue et simple,
tête petite à front aplani, les carènes latérales du front prolongées
i“n arrière jusqu’au bord postérieur de la tête, de sorte que les tempes
sont concaves. Palpes grands, le bord externe de la massette rectiligne.
H» ni..®*- Ànopsibglhu», nov. — Fio. 50. A. Xormiindi. ii. sp., femelle,
*^hilippcvillc, x85. — Fjo. 61. A. longipalpit Norm., femelle, de Collo.
ennes robustes, le scape environ quatre fois aussi long que large,
onoluni épais, avec un rétrécissement collaire relativement long,
sg sorte que la plus grande largeur au sommet des bosses latérales
JJ *^°tive à peu près au milieu de la longueur. Disque vaguement
otué, Elytres longs et très bombés, amples. Pattes assez longues.
Source : MNHN, Paris
62
RENÉ JEANNEL.
Mâle : bord iintéricur des fémurs antérieurs distinctement cré¬
nelés dans la moitié basale.
Femelle inconnue.
Edéage (lig. 57) volumineux, les styles très grêles. Dents apicales
du sac interne peu épaisses. Deux soies sur le bord externe des styles.
Espèce bien dilTérente des autres du même genre par la forme
de In tête, A tempes nullement convexes.
ALdÉHiK. Dép. de Conslanline : Philippeville, un mâle (Normand.
X 1929).
2. AnopslbytJius Théryi Guili.ebkai', 1893, Ann. Fr., LXII, Bull., p.
ccxcii (^fachaeriles) ; type : Saint-Charles (Mus. Paris).
Fig. 54. — Long. 1,3 mm. Moins épais que le précédent. Testacé
rougeâtre, la pubescence longue, simple. Tête petite, courte, à tempes
bien convexes, le lobe frontal étroit. Bord externe de la massette pal-
paire rectiligne. Antennes courtes mais plus grêles que celles du Nor¬
mand/, le scape A peu près quatre fois aussi long que large. Pronotum
Pio. 52 k 54. Ccn. Anopsibythiii', iiov. - Fig. 52. A. Pegerimhoffi, n. sp,, nUle,
de B5ne, X 35. — Pm. 53. A. Bnrdei Pi-ycr., femelle, type, de Rône, x 35. —
Fio. 54. A. Theryi Oulll., mile, de Saint-Charles, x 35.
peu épais, A bosses latérales à peine marquées, la surface vaguement
ponctuée. Elytres très bombés mais peu amples, l’arrière-corps ova¬
laire.
Mâle inconnu.
Algérie. Dép. de Constanline : Saint-Charles, près de Philippe-
ville. 3 femelles (Théry).
Source : MNHN, Paris
l'SÉl.APHIDKS DK L AFRIOl'K DI' NORD. *>•"
3- Anopsib/thus PeyezimhoHi, ii. sp. ; lypi' : Bône (Mus. Paris).
Fig. 52. 55 et 56. — Long. 1.4 mm. Voisin du Thénji, même pu¬
bescence. Tête plus allongée, le lobe frontal plus saillant, les palpes
semblables. Antennes plus longues, le scape est cinq à six fois aussi
long que large. Pronotum plus grand, à liesses latérales bien saillantes,
portant la plus grande largeur bien avant le milieu. Elytrcs aussi
bombés, l’arrière-corps ovalaire.
Mâle : Fémurs anterieurs à bord antérieur crénelé (fig. 56). Pas
d’autres différences sexuelles.
Edcagc (fig. 55) oblong. nettement rétréci dans sa partie distale.
Styles plus épais que chez le Sormtindi, plus nettement coudés, avec
mêmes soies sur le bord externe. Dents apicales du sac interne
longues et sécuriformes à leur extrémité distalc ; armature basale
'■édiiiie à une paire de grosses épines.
Algérik. Dép. de Conslantine : Bône, 8 exemplaires en lavant la
iorre autour des racines des Asphodèles. (Normand, X 1929).
AnopsibytJius lonçipolpis Normand, 1930, Bull, br., p. 165 (Dytho
xeniis) ; type : Collo (coll. Normandl.
Fig. 51. — Long, 1,4 mm. Testacé rougeâtre foncé, la pubescence
‘>■08 longue et égale. Très convexe. Tête petite, étroite, les tempes
convexes mais peu développées. Palpes très longs, la massette atténuée
pointe, son bord externe un peu concave. Antennes longues et très
«'■^'os. le scape près de huit fois aussi long que large. Pronotum très
Source ; MNHN, Paris
RENÉ JEANNE!..
grand, à bosses latérales saillantes, portant la plus grande largeur bien
avant le milieu. Elylres très bombés, le rebord subhumérni des élytres
invisible de haut.
Mâle inconnu.
Algérie. Dép. de Consfanline : environs de Collo, une femelle en
lavant la terre au pied d’un Lentisque ('Normand, X 19291.
5. Anopsibythus Botdei Peyehimhoff, 1919, Bull. Fr., p. 72. fig. (Mn-
chaerites) ; type : Bône (Mus. Paris).
Fig. 53. Long. 1,5 mm. Allongé. Testacé rougeâtre, la pubes¬
cence longue, doublée par de très longues soies dressées sur les câtés
du pronotum, sur ceux des élytres et sur les tergites abdominaux.
Tête longue, le lobe frontal large, le front sillonné sur la ligne médiane,
les tempes bombées. Palpes très grands, la m.Tssette fortement incur¬
vée sur son bord externe, sa partie apicale peu atténuée. Antennes très
longues, le scape environ huit fois aussi long que large, les articles
du funicule cylindriques, plus longs que larges et très grêles. Prono¬
tum comme chez les précédents, grand, à bosses latérales saillantes.
Elytres peu bombés, la gouttière marginale bien visible de haut. Pattes
robustes mais longues.
Algérie. Dép. de Conslnntine : environs de Bône, deux femelles
fR. de Borde. H 1918).
11. Gen. CERATOBYTHUS Normand.
Cernlobythiis Normand, 1932, Bull. Fr.. XXXVIT, p. 15 (sous-genre
de Bijthoxenii. 1 ) ; type : monoceros Normand.
Caractères généraux des .\nnp.sih!ilhus, même structure des palpes
maxillaires, le pédoncule fortement scrrulé, mais différant par une
structure tout â fait insolite du lobe frontal. Celui-ci, chez la femelle
et très probablement aussi chez le mâle, est très court ; les tubercules
antennaires ont la forme de lobes allongés et divergents et, entre eux,
se dresse sur la ligne médiane une corne conique, dirigée en avant
et portant une très longue soie rigide (fig. 581.
I. Ceratohylbus monoceios Normand, 1932, I. c., p. 18 (Bythoxeniis) :
type : Adekar (coll. Normand).
Fig. 58. — Long. 1,5 mm. Testacé rougeâtre luisant, la pubescence
très longue, dressée et clairsemée. Epais et convexe. Tête courte, les
tempes très bombées. Palpes maxillaires très longs, le pédoncule ser-
rulé, la massette incurvée sur son bord externe, peu épaisse dans sa
partie basale. Antennes longues, le scape cinq à six fois aussi long
que large, le pédicellc oblong, le premier article du funicule particu¬
lièrement long. Pronotum à bosses latérales saillantes, portant la plus
Source ; MNHN, Paris
PSÉI-APHIDES DE I/AFRIOIK DI’ NORD.
grande largeur avant le milieu. Elytres longs et très bombés. Pattes
longues et grêles.
Mâle inconnu.
Algérie. Dèj). de Cimstantine : village forestier d’Adekar, dans
e Souminam, versant oriental de la Grande Kabylie, une femelle dans
terre argileuse au pied d’un talus fNonuand,'X 1931).
*' Norm. ; C. monoceros Xorm
, femelU- type. d'Adekar,
de Normand a noté que l’insecte se déplace en tâtant le sol
ses antennes coudées, tandis que sa longue soie tactile, tendue en
^nl. ip prévient des obstacles <|u’il peut rencontrer.
12. Gcn. ACANTHOBYTHVS Normand.
Normand. 1930. Bull. Fr., p. 163 (sous-genre de Byfho-
xcniis) ; type : arnneipes Normand.
Cer certainement d’une autre souche «jue les Anopsibythiis et
Mot” sans aucun rapport non plus avec les Bythoxenus
P *1^^- de la Carniole. Forme générale étroite et allongée ; téguments
ctiiés sur l’avant-corps. La caractéristique du genre réside dans
Source : MNHN, Paris
66
RENÉ JEANNEl-
lu funiie de lu lôtc, dont les ungles tciiiporuux sont iiroluiigés pai' une
forte épine incurvée en arrière (fig. 59).
Antennes et pulpes de même type que chez les Anopsibylhiis, le
pédoncule verruqucux et serrulé sur son bord antérieur, lu massette
grande et incurvée sur son bord externe.
Le mâle n’est pas connu.
1. AcantJiobyfAus araneipes .\üu.mam), 1930, 1. c., p. 103 (Bijtlioxenus) ;
ty[»e ; Philippeville (coll. Normand).
Fig. 59 et 00. — Long. 1,5 mm. Testaeé rougeâtre foncé, lu pubes¬
cence courte et rare, couchée. Allongé, l'arrière-corps non renflé. Tête
assez grande, le lobe frontal allongé et atténué, aplani en dessus, les
Kui. 59 et 60. tien. Aoinlbohulhii% Nom». Kir,. .*>9. .1. nriineiiirit Noriii.. finicllc
type, de PhlUppeville, x 40. Km. (10. Palpe maxillaire droit.
carènes lutcrulcs du front prolongées Jusi]u'au bord |>ostéricur de In
tête (jui forme de chaque ctMé un angle temporal très saillant, pro¬
longé en épine recourbée en arrière. Cette conformation des côtés de
la tête rappelle celle de l’Anopsibijlhus Normandi (fig. 50). Palpes très
grands, la massette incurvée et atténuée au sommet (fig. 60). Antennes
Source ; MNHN, Paris
PSÉ1.AI*HIDES DR l.'AFRIOl'K Df NORD. <>7
très grêles, le scape .six à sepl fois aussi long que large, les articles
du funicule très grêles et allongés. Pronotum court et peu large, assez
fortement ponctué, les bosses latérales peu saillantes. Elytres longs
mais convexes, lisses. Abdomen relativement peu contracté. Pattes très
grêles et très longues, les fémurs postérieurs atteignent le niveau de
'"extrémité postérieure de l’abdomen.
Mâle inconnu.
Algérie. Dép. de Constantine : Philippe%'ilie, route de Collo,
3 femelles prises en lavant la terre au pied des Chênes, autour des
'■acines des Asphodèles (Normand, X 1929).
Rans sa description, le Normand signale 2 mâles et 2 femelles
fit indique quelques différences qu’il impute au sexe. En réalité tous
les exemplaires que j’ai vus sont des femelles.
Lignée de Linderia.
Cette lignée est représentée en Europe par deux genres pyrénéens,
Underh Saulcy et Lophobylhus Raffray, tous deux formés d’espèces
anophtalmes h pédoncule palpaire grêle à la base, brusquement épaissi
fio forme de pipe et verruqueux au sommet, enfin dont l’édéage pos¬
sède deux grosses dents distales, et aussi souvent des grandes dents
hasales.
Re genre nord-africain dont la description va suivre, quoique
oyant des mâles oculés et ailés, montre tous les caractères essentiels
‘•fis genres jiyrénéens et cela oblige à le ])lacer dans la même 'isnfifi-
Ainsi le genre nord-africain se présente lui aussi comme un élé¬
ment tyrrhénien très ancien. Mais si les genres de la lignée des Ma-
^bneriles dont il vient d’être question précédemment sont tous restés
strictement localisés dans le massif côtier qui s’étend de Bougie à
Bône (chaîne Numidique), le genre Chifisirxüohyllws est au contraire
fiêpandu dans toute l’Afrique du Nord.
13. Gen. CHIASMATOBYTHUS. nov.
Ty[)c ; Hijthinus nlgericus Raffray.
Genre créé pour une espèce nord-africaine, dont certains males
soHt oculés et ailés, d’autres mâles et les femelles microphtalmes et
aptères.
Le lableau des sous-lribus des Buihinini (1950. Fnc France. 53,
Psêlaph.. p. 167) conduit sans hésitation à la sous-tribu Machaentma :
sac interne de l’édéagc avec une paire de grosses dents apicales :
pédoncule pali>aire verruqueux, El dans la sous-tribu des Machaeri-
*‘* 0 , la forme «en pipe», du pédoncule palpaire fait ranger le nou-
vcau genre Chinsmalobiftbiis dans la lignée de Linderia.
L’édéagc (fig. 63) présente des caractères particuliers. La capsule
“asale. hyaline et transparente, laisse voir deux grandes pièces basales
entrecroisées, et les styles très atténués au sommet, et différant en
fifila de ceux des Linderia. portent trois soies subapicales externes.
Source ; MNHN, Paris
RENÉ JEANNEL.
5 «
i' CiiiasmafobytJius ai 9 ericus Rakfray, 1871, Pet. Nuuv. enl., p. 160
{Bylhinus) ; type : Alger (Mus. Paris). — 1873, Rev. Mag.
2ool., p. 366, pl. 15, flg. 5. — Reitter, 1881, Verh. z.-b. Ges.
Wicn, XXXI, p. 483 (A/nc/iaeri/es). - tiiniseiis Pic, 1900,
Bull. Fr., p. 404 iBylhinus) ; type : Ain-I)vahain (coll. M. Pic). •
Fig. 61 à 63. - Long. 1,1 à 1,2 nnii, Mâles tantôt oculés, testacés
rougeâtres foncés, avec les élytres clairs et les pattes, antennes et
palpes testacés, tantôt niicrophtalmes et semblables aux femelles qui
sont aptères et niicrophtalmes, d'un testacé rougeâtre clair en entier.
Pubescence courte et rare. Tète â lobe frontal saillant, aplani et un
peu rugueux en dessus. Palpes à pédoncule en pipe, grêle et lisse à
la base, renflé et verruqueux au sommet ; massette relativement petite,
elliptique, â bord externe convexe. Antennes grêles, le scape trois ou
quatre fois aussi long que large, le pédicclle petit et subsphérique,
les articles du funicule petits et globuleux, le 10 un peu trnnsversc.
Pronotum transversc, large à lu base, lisse et convexe, les bosses laté¬
rales très arrondies. Elytres très amples, à grosse ponctuation super-
flciclle très espacée. Pattes courtes.
Fui, SI à M. <icn. CbiittmitlnhiilhiiK, nov. ^ Fki. lil. C'/i. iilgiriciiK RufTr., màlc
macropbtilmr, des .Mouzeia. ' .15. — Fir,. fl2. Femelle, rtc la inOmc locniilf.
X .15. Fig. 63. Edéage, face doriule ; x 240.
Mâle macrophtalme (flg. 61) : Coloration foncée. Tête transverse,
les yeux plus longs que les tempes. Elytres plus longs.
Mâle microphlalme et femelle (fig. 62) ; Coloration pâle. Tète
bien plus étroite, non transverse, les yeux très petits, bien plus courts
que les tempes qui sont bombées. Elytres plus courts.
Edéage (flg. 63) à capsule basale vaguement ovoïde, inembra-
neuse et transparente. Sac interne avec deux grosses dents apicales
PSÉI.APHIDES DE l/AFRIOUP: DU NORD.
Çt deux grandes dents basales qui s’entrecroisent. Styles légèrement
inlléchis, peu à peu atténués en pointes. Trois soies su'bapicale.s exter-
10 S, la soie distale plus grande que les deux autres.
L’édéage est semblable chez les mâles microphtaimes et ma-
tTophtalincs. Le type de Raffray est un mâle théléomorphe, mi-
crnphtalme ; le type du timiseiis Pic est un mâle macrophtalme.
Espèce répandue dans toute rAfri(|ue du Nord, se prenant dans
Ifs mousses ou sous les détritus des marécages.
Maroc. Plaines allanliqiies : Marais de Boucharen, prés de La-
raclic, mâle macrophtalme et femelle (PeyerimliofT, V JftlO). — Moyen
■^flns ; Ifranc, ait. 1.000 m.. une femelle (Remy, VUI 1950) ; Dayct-
Ahmia, ait. 1.500 m., une femelle (Otin, VU 1941).
Ai.c.éuîiK. Dép. (l'Alger : environs d’Alger, mâles théléomorphes et
•■fnielles fRaffray) ; forêt de Oum-cl-Hallouf. près de Kolea, mâles
Riacrophtalmes et théléomorphes (Pcverimhorf, IV 1910) ; massif des
'louzaïa. marais de la Piàlrière. Sidi Zraïm. etc. (PeyerimhofT, V 1934)
— Oép. de Conslantine : El Milia (Normand, X 1928^ ; Bâne (Saulcy) ;
'Parais de La Galle (mâle macrophtalmej (Normand, V 1938).
Ti'NisrE. Chaîne dorsale : Ain-Draham (Normand. V 1938) ; Le
Kef (Normand. IV 19401. Eneore cité par le Normano de Fernana
et de Tchoursouk.
ChiasmotobylJius Hemyi. n. sp. ; type ; Reni-Mellal (Mus. Paris).
Long. 1 mm. Femelle aptère. Testacé rougeâtre foncé, la pubes¬
cence rare. Forme générale de Valgericiis femelle, mais plus petit et
de coloration foncée. Yeux pas plus développés que chez les femelles
^'nigériens. Palpes semblables. Antennes plus courtes, le scape trois
I^P's aussi long que large, alors qu’il est au moins quatre fois aussi
l“Pg que large chez rnfgerini*. Pronotum bien plus court et transverse,
les bosses latérales très arrondies. Elylres aussi longs que chez la
femelle d’afqericus, avec la môme grosse ponctuation éparse et super¬
ficielle. Pattes très courtes.
Mâle inconnu. .„ ,
Espèce difîérentc de Valgericiis, Umt par sa petite taille et sa coio-
'‘"tioii foncée que pur la brièveté relative du scape antennaire.
Maroc. Moyen Allas : Beni-Mellal, dans la partie occidentale.
Vers l.nno m. d’altitude, une femelle (Remy).
Siibtrib. BYTHIMNA .leannel.
flythininn .Ieannei., 1950, Fne France. 53 (Psélaph.), p. 204.
Alors que les Bylhinina sont représentés en Europe par une série
df genres, un seul d’entre eux a passé dans l’Afrique du Nord, Arco-
Pfmis Lcach. qui est d’ailleurs de beaucoup le plus répandu sur le con¬
tinent.
Source ; MNHN, Paris
70
«KNfi JRANN'Et.-
BiociÉOGRAPHiE. — Lcs Arcopagiis de la Berhérie relèvent de deux
sous-genres, tous deux largement répandus en Europe. On voit donc
<ièjà par celà que les Btjthinina nord-africains doivent être des immi¬
grants assez récents, s’opposant aux MnchnerHina dont tous les genres
de l’Afrique du Nord sont endémiques, produits «l’une lignée tyrrhé-
nienne datant du Nummulitique.
Dans la Berhérie, les Arcopagux du sous-genre Bijlhinifps sont
assurément venus de l’Egéide méridionale au Pontien, par le pont
égéido-berbère. Ils se sont répandus de l’est vers l’ouest dans toute
la Berbéric orientale et ont même poussé une espèce jusque sur le
massif béfico-rifain (andaltisiacus Jeann.).
Lcs espèces du sous-genre Arcoptigiix s. sir. sont au contraire
issues de lignées ibériques, ayant passé par le massif bélico-rifain.
Les A. nasicornis Sauicy, Iroglocenix Saulcy, peninsiilaris Saulcy de
la péninsule ibéruftie, «juc j’avais rangés dans le sous-genre Biiihinites
(1950, Fne France. 53, p. 235) sont très vraisemblablement des Arco-
pngus s. str. à pédicelle sim|)|p. comme Vibcricus Saulcy dont l'édéagc
sera décrit et figuré plus loin. En tous cas, dans l’état actuel de nos
connaissances, l’espèce du sous-genre Arcopagus qui s’avance le plus
loin vers l’est en Berbérie est Voranenxix Pic, dans les monts de
Tlemcen.
14. Gen. ARCOPAGUS Leach.
Arcopagus Leach, 1817, Zool. Mise., III, p. 83 ; type : clavicornis
Reichenbach. — Jeannki,, 1950, Fne France, 53 (Psélaph.),
p. 205 cl 231. — Bgthinus auct. (pro parte). — Bn/axis Raf-
FRAY. 1904, Ann. Fr.. LXXXIIl. p. 105.
Subgen. Bglhmites -Ikannei., 1950, I. c., p. 23Pi ; type :
lalehrosus Reittcr.
Lcs espèces nord-africaines de ce genre, peu nombreuses, relèvent
de deux sous-genres. L’une, ornnicnsi.s Pic, est un Arcopagus s. str.
typique, avec son pédicelle muni d’une crête longitudinale chez les
mâles, D'autres especes, andahmaetts, n. sp., diversicornis RafTr.,
pallidior Pic se rangent dans le sous-genre Rylbinites, avec leur pédi¬
celle simple chez les mâles et leurs édéages tout â fait de même type
que chez les Bgtbinites «le France (1950, I. c., p. 250, llg. 101). Toute¬
fois le sommet de leurs styles ne présente pas une grande soie sur
l'angle externe et ce caractère isole les espèces nonl-africaines dans
un groupe à part.
Quant à l’A. iberiens Saulcy, il se rapproche des Bijlbiniles par
son pédicelle des mâles ; mais son édéage est tout à fait du type Arco¬
pagus s. str. C'est donc dans ce sous-genre Arcopagus a. str. qu'il
conviendra de le ranger provisoirement ici.
Alors que les Arcopagus nord-africains relèvent d’une lignée
ibéro-mauritanienne (Irogtocerus Sauicy, du Guadarrama, nasicornis
Saulcy de Gerez, peninsularis Saulcy d’Algesiras), les Bt/fbiniles sont
Source ; MNHN, Paris
T'Sfil.APHIDKS DK I/AKDIOrK DU NORD.
71
une lignée venue de l’Egéide du Sud assez tôt pour atteindre le massif
hético-rifain, comme les Berberonijx, dont il a été question ci-dessus.
Tableau des espèxes nord-africaines.
J' Lobe frontal court, trapézoïdal, la tète un peu transverse. Pédi-
celle antennaire des mâles avec une crête longitudinale sail¬
lante sur le bord anlérieur (1). (Subgen. Arcopagiis, s. sir.)- 2.
— Lobe frontal long, rectangulaire, la tête non transverse. Pédi-
celle antennaire toujours simple. (Subgen. Bijthiniles Jeann.). 3.
Subgen. Arcopngiis, s. str.
2. Lobe frontal plus étroit, pas plus large que la moitié du front
entre les yeux. Pédicelle antennaire du mâle avec une crête
longitudinale. Long. 1,4 mm. L oranensis Pic.
■—Lobe frontal très large, plus large que la moitié du front entre
les yeux. Pédicelle antennaire du mâle petit, ovale, sans crête.
Long, 1,5 mm. 2. ibericus Saulcy.
Subgen. Bgihinites .îeannel.
Antennes longues, les articles moyens plus longs que larges.
Pronoluin aussi long que large. Scapc antennaire long (flg. 69).
Porine grêle. Long. 1,8 mm. 3. andaluslacus, n. sp.
Antennes plus courtes, les articles moyens globuleux. Prono-
luin transverse .
Tête plus longue, les tubercules antennaires très saillants, le
•f>bc frontal rétréci â la base. Arrière-corps oblong. relative¬
ment étroit, les élytres très longs. Long. 1,8 mm. . • 6- Mirei. n. sp.
Tête plus courte, les tubercules antennaires moins saillants, le
•ohe frontal sans rétrécissement basal. Arrière-corps plus court. 5.
"*• Plus grêle, rarrière-corps court, les épaules très saillantes.
Article 10 des antennes |)eu transverse. Massette palpaire à
angle basal pou saillant. Edéage de f<*rme normale. Long. M
* 4. diveraicomis Raffr.
^ 1.5 I
Plus robuste, l’arrière-corps épais, les épaules moins saillantes.
Article 10 des antennes plus Iransverse. Masette palpaire à
"ngie basal interne |)lus saillant. Capsule basale de Itdéage
l’Vperlrophiée. Long. 1,.5 â 1,6 mm. 3. palbdior ne.
Subgen. Arcopaqus. s. sir.
L Arcopo^ua (s. str.) oranensis Pic, 1896. Kull. Fr., p. 72 (Bi/Miiniis) ;
type : Ain-TemouchenI (coll. M. Pic).
, Pig. 64 et 65. — Long. 1,4 mm. Aptère. Mâle macrophtalme et
'emelle microphlalme. Rougeâtre brillant foncé. Tète allongée, le lobe
P®'' exccpllon, cette crfte fait rtéfnut che* l'A. ihtricnK Saulcy et d'autres
P ers du sud dp l’KspBRnr.
Source ; MNHN, Paris
1
72
HHNfi JEANNEI..
frontal <^troil, absolument lisse sur ses bourrelets latéraux ; vertex
l>ombé et carénulé sur la ligne médiane. V'eux grands et saillants dans
les deux sexes. Massette palpaire relativement courte et obtuse au
sommet. Antennes courtes, les articles du funirulc globuleux, le 10 à
peine transverse. Pronotum presque aussi long que large, lisse. Elytres
amples et convexes, longs, très éparseinent et superficiellement ponc¬
tués. Pattes courtes.
Mâle : scape antennaire avec une saillie de l’angle distal interne
qui porte un fout petit denticule : pédicellc avec une carène longitu¬
dinale sur le bord interne (fig. 65). Pattes non renflées.
Edéage (fig. 64) à capsule basale ovalaire et haute, avec une expan¬
sion anguleuse sur l’orifice apical. Styles très grands, aplatis, élargis
au milieu, rétrécis et convergents au sommet ; deux soies sur la sur¬
face de l’extrémité apicale. Pas de pièces copulatrices visibles.
Algérii-:. Dêp. li'Oran : forêt de Zarifet, près de TIcmeen (Peye-
rimholT. lit 1900) ; cnv. de TIeincen (Normand) : Terni, Monts de
TIemeen (Normand) ; Ain-Temouchent (Pic).
Espèce localisée dans les Monts de TIemeen et leurs environs.
67
Kl<i. K4 i 67. (ien. Arropiiynt l.cni'h. édéuKi.'H (X 240) i-t iintiniirx droites des
miles. — Fui. 64 cl (iS. A. is. sir.J iirimmum Pic. H Ain>Tcmnuchrnt. Fui. 66
cl 67. .4. (s. str.i ibrrlciis Sauley, d'AlKt^sirns.
2. Aicopagus (.s. str.) ibericus S.vri.cv, 1870, Bcrl. eut. Zs., Beih., p. 88
(Bylhinits) ; type ; Algesiras (Mus. Paris). — Rkiiter, 1881,
Verh. z.-b. Ges. VVien, XXXI, p. 487.
Fig. 66 et 67. — Long. 1,5 mm. Aptère. Mùle inncrophtalmc et ,
femelle microphtalme. Rougeâtre luisant. Tête transverse, surtout
chez le mâle, le lobe frontal particulièrement large, moins long que
large, ponctué sur ses bourrelets latéraux qui sont aplatis : vertex
Source ; MNHN, Paris
i
PSfil.APHIDES DK L’AFRIQIE DU NORD.
73
carénulé, Massette palpaire obtuse au sommet, peu épaissie à la base.
Antennes peu longues, les articles moyens un peu plus longs que
larges, le 10 peu transversc. Pronotum nettement transverse, lisse.
Klyires allongés, très convexes, presque lisses. Pattes courtes.
Mâle : scapc antennaire court et épais, fortement bossu en dedans,
Hvec un organe sensoriel bien développé au sommet de la bosse qui se
trouve vers le milieu ; pédicelle oblong, simple (fig. 67). Pattes nor¬
males.
Edéage (fig. <>(5) de même type que celui d’oronensis, mais plus
allongé. Styles moins élargis, avec les memes deux soies à la face dor¬
sale du sommet. Sac interne avec deux épines aiguës.
Esfaune. Andalotisie : Algésiras, 2 mâles et 2 femelles (Dieck).
Maroc. liif : Tanger, une femelle (Vaucher).
Subgen. dythinites .leannel.
Arcopagus (BythinUes) ondaJusiacus. n. sp. ; type : Huejar (Mus.
Paris).
Eig. 68 et 69. - Long. 1,8 mm. Mâle macrophtalme. Rougeâtre
luisant. Allongé et grêle. Tête allongée, le lobe frontal très saillant,
aussi long que large, un peu ponctué sur les bourrelets latéraux, le
'■erfex non carénulé. Massette palpaire très allongée, plus de deux fois
*mssi longue que large, presque pas anguleuse à la base. Antennes
longues et grêles, les articles 3, 4 et 5 bien plus longs que larges
De XVSÉÜM. ~ ZOOI,OfllE. t. XIV.
Source ; MNHN, Paris
74
KENÉ JKANNEL.
(fig. 69), le 10 Ironconique, non transverse. Pronotum étroit, aussi long
que large, lisse. Elytrcs longs et lisses. Pattes relativement longues et
grêles.
Nfûle : scape antennaire allongé, (lolioliforine, avec un organe I
sensoriel sur la partie distale interne : pédicelle oblong, allongé, I
simple (fig. 69). I
Edéagc (fig. 68) allongé, la capsule hasale subsphérique, peu i
renflée, prolongée par un très long iiianchon distal. Styles parallèles, I
encadrant le manchon distal, amincis puis obtus au sommet qui porte
des petites suies nombreuses et disséminées. Dans le manchon distal,
le sac interne laisse voir un revêtement interne de petites épines et |
deux paires de phanères apicales, lamelleuscs et hyalines ; celles de la I
paire dorsale sont recourbées au dehors et débordent les cfttés de»
styles. I
Femelle inconnue. I
Espagne. Andalousie : Huejar, village aux environs de Grenade, |
un maie (coll. Saulcy, sous le nom ti'nndnlusiacus).
Espèce qui se retrouvera peut-être au Maroc. En tous cas elle
appartient à la même lignée que les espèces dont la description va
suivre, présentant absolument les mêmes caractères sexuels.
4. .Arcopaqus (BytJiinites) diversicornis IUfphay, 187.8, Rev. Mag. Zool.,
p. 366 (Biilhiniis) ; type ; Alger (Mus. Paris). - Pf.yeri-
.MHOKF, 1915, Bull. Fr., p. 149 (pars). — Mnuricii Rkittf.b,
1894, Wiener enl. Ztg,, XHI, p. 149 (Bylhiniis) ; type ; Saint-
Charles (Mus. Paris). — Croissandeaui Pic, 1892, Ann. Fr.,
LXI, Bull., p. rcLXXii (Bijlliinus) ; type : Saint-Charles
(coll. M. Pic). — foveicornis Gi'ILLEBEau, 1897. Biill. Fr.,
p. 223 (Bijihinns) ; type : Saint-Charles (Mus. Paris).
Var. extremiis Pryerimhoff. 1915, Bull. Fr., p. 151
(Bylhiniis) ; type : gorges de In Chiffa fMus. Paris).
Dans sou élude des variations de l’ccil cl des antennes chez le
Bylhinus diuersieornis RafTr., P. de Peyf.rimhoff (1915, I. c., p. 149) a
cru devoir réunir en une seule espèce une série de formes qui. en
réalité, appartiennent à deux espèces distinctes. Certes, ces deux
espèces se ressemblent beaucoup extérieurement, mais elles diiïèrcnt
nettemeni par leurs é<léages. En rail, seule ta forme extremiis décrite
[)ar Pkyfrimhoff se rattache ft l’espèce diuersicnrnis de Raffiuy.
Fig. 70 ù 75. — Long. 1,4 à 1,5 mm. Rougeâtre luisant plus foncé
chez les mâles de la forme typique, plus pâle chez la forme extrenuis.
Forme générale relativement grêle, l'arrière-corps peu ronllé. Tête
étroite, le lobe frontal très rétréci, ponctué sur ses bourrelets latéraux,
le vcrlex carénulé. Massette pnipaire allongée, à angle basal interne
arrondi, peu saillant. Antennes à articles moyens globuleux, le 10 peu
Iransverse. Pronolum légèrement Irunsverse chez la forme typique.
Elylres convexes, avec des points épars assez profonds. Pattes peu
longues.
Source : MNHN, Paris
l’SÉLAHHIDES DE L’AFRIQl'E DU NORD.
75
V'ariation's. - Il existe deux formes de cette espèce, diiïérnnt
f'-'uJcment par les caractères sexuels des mâles mais aussi par
nabilus général des individus des deux sexes. On doit donc plutôt
'‘>ir là des races isolées que des variations pœcilandriques d’une
espèce lioiiiogène.
La forme typique est plus robuste. Les mâles sont plus fortement
colorés et ont des yeux très développés f25 à 30 omniatidiès). Le scape
|*nlennairc (fig. 71 et 73) est renflé et porte un organe sensoriel annu¬
laire assez grand. Pédicelle globuleux, subsphérique.
La forme exlremiis Pcycr. plus grêle, de coloration pâle, a des
yeux très réduits chez le mâle (4 ominatidics), et les antennes (fig. 75)
®Rt un scape sans organe sensoriel, non renflé, atténué même au
sommet.
?. Arcomiga.s Lcach, édéages (X JS5) et antennes droites de mâles.
Ha. 72 et 73. A. (nff(hiniles) <ih>ergicorni» Raffr., forme typique. d’Alger.
■ l’io. 74 et 75. A. (liulhinilfs) (tii’erticornh. forme exiremug Pever, type,
gorges de Iti Chiffa.
. . *'-déage (fig. 70, 72 et 74) de dimensions normales, sans hypertro-
't‘ de la ca]>sule basale. Les caractères sont à peu près les mômes
I ^ ^'hez Vandnliisiacus ; styles moins atténués au sommet, mais avec
Diê '*’^**"^’* petiles soies disséminées sur le renflement terminal. Les
rtistales du sac interne sont extrêmement variables selon les
(fi r 7 ^*^ ■ piiifc dorsale toujours très effilée chez la forme typique
K' 72), est plus développée chez Vextremus (fig. 74), par contre la
^ *re Ventrale, formée par deux longues lamelles chez le rfiocrs/cornts
là et 72), est réduite chez la forme extremus. Mais ce sont
Sen ^ifi’érences qui doivent sans doute tenir surtout à des diver¬
ses dans des |>opu]ations isolées.
Source : A1MHN, Paris
UKNÉ JKANNEL.
Largement répandu en Algérie orientale et en Tunisie.
Algérie. Dép. d’Alger : Alger (type) (Raiïray) ; forêt d’Oum-el-
Hellouf, à Kolea (Peyerinihoff) : Michelet, en (îrande Kabylie (Nor¬
mand, X, 1930) : Yakoureii, forêts à 800 m d’altitude (Fagel, V 1953) ;
crête du Djurjiira (PeyeriinholT. VII, 1907) ; Massif des Mouzaïa. oued
Kaïdous (PeycrimliofT, III lOOO). — Dép. de Cnnslanline : djebel Bahor
(Breil) ; Cap Carbon, un mAle (de Miré. IV’ 1955) ; Collo (coll. RafTray) ;
Saint-Charles, près de Philippevillc (Théry) ; dj. Mansoura (Chala-
nuy) ; dj. Mandid, dans le Hmlna (E. Simon).
Ti'nisie. Chaîne dorsale : Le Kef, pentes de la montagne de Oir,
au pied des .lones et des Asphodèles (Normand).
La forme extremiis Peyer. a été trouvée au Ruisseau des Singes,
dans les Gorges de la ChifTa (R. de Borde).
5. Arcopoçus (Bythiniles) pallidior Pte, 1900, Bull. Fr., p. 403 (Bgthi-
mis) : type : Ain-Draham (eoll. Pic). — Pryerimhoff. i915.
Bull. Fr., p. 150.
Suhsp. Chobnuii Pkykrimhoff, 1915, Bull. Fr., p. 150 :
type : Agoulmine (Mus. Paris).
Pkyerimhoff (1915, Le.. j>, 149) considérait ces deux formes pnl-
lidior et Chobaiiti comme des variétés pcecilondriques du diversicor~
nis. Je ne crois pas que celle manière de voir soit défendable. Les deux
formes pallidior et Cbobaiili, occupant des territoires localisés et
isolés l’un de l’aulre, et d’autre part situés en plein dans l’aire géogra¬
phique du diversicornis, se distinguent de celui-ci par des caractères
de l’édéage qui soulignent qu’il s’agit de deux membres d’une espèce
particulière.
Fig. 76 à 79. — Long. 1,5 à 1,6 mm. Aptère. Rougeâtre foncé chez
la sous-espèce Cbobaiili, i>lus pâle chez la forme typique pallidior :
toutes deux robustes, à arrière-corps plus renflé que chez le dioersicor-
nis. Tête semblable. Antennes robustes, les articles du funiculc un peu
transverses. Elylres amples cl convexes, avec la même ponctuation très
rare que chez diuersicornis.
Variation. - - Le subsp. Cbobaiili est plus foncée et le mâle a des
yeux assez grands, plus réduits cependant que ceux du diuersicornis
(Kl A 12 oinmatidies). Les antennes présentent les mêmes caractères
sexuels, avec le scape dolioliforme et muni d’un organe sensoriel
(fig. 77).
La forme tyjiiquo pallidior, aussi robuste mais moins foncée, n’a
plus que 5 A 6 ommatidies chez les mâles et leur scape antennairc,
moins renflé, est dépourvu d’organe sensoriel (fig. 79).
Edéagc (fig. 76 et 78) d’un tiers plus grand que celui du dioersi-
cor/115, plus épais, avec la capsule basale fortement hypertrophiée,
davantage chez pallidior que chez Cbobaiili. Styles comme chez diner-
sicornis quoique plus coudés A rcxlrémilé. Pièces du sac interne très
développées et fortement incurvées en dehors.
Source ; MNHN, Paris
PSÉI.APHCDES DK l/AFJUOrE DU NORD.
Tl
Les (Jeux sous-cspèccs sont assez isolées l’une de l’autre.
Suhsp. Chobaufi Peyeb. — Algérie. Dép. d’Alyer : forêt de l’Akfa-
dou, tMi Kabylie (Breit) ; Bou-Bérak, près de Dcliys, très nombreux
^emplîiircs (Chobaut) ; Djurjura : Ail-Oiiabanc, Agoulmine Aberkan,
Tizi-bou-Amane (Peyerimhoff). — Dép. de Conslantine : dj. Babor
'PeyerimholT, V 1911).
Subsp. pallidior, s. str. — Tunisie. Chaîne dorsale : Ain-Draham ;
Lamp de la Santé. Coniuiun en Krouniirie au printemps, sous Ifes
'PUilles mortes (Normand).
Arcopogrus IBythinites) Miréi, n. .sjt. : type : Akfadoii (Mus. Paris),
Fig. 8f» et 81. — Long. 1,8 mm (plus grand que tous les autres
/'^opagiiif nord-africains). Ailé. Testacé rougeâtre, la pubescence
^Dse. Allongé, l’arriéro-corps ubiong. Tête allongée, le lobe frontal
grand, prc.squc aussi long que large, à tubercules anlennaires
s Saillants et lisses, les c()tés étranglés à la base. Yeux du mâle
ptits mais saillants (env. 20 ommatidics), nettement plus courts que
leinpes. Antennes robustes, les articles moyens globuleux, le 10
|l ^ i*‘ansversc, le 11 très grand. Massette palpaire à angle basal
^rne peu saillant, comme chez diversicornis. Pronotum proportion-
Source : MNHN, Paris
RENÉ JEANNEL.
1
I
7R
ncllcinent très ÿ^rund, non tninsverse, plus large que la tête. Ëlytres
très longs, à épaules peu saillantes. Pattes longues.
Mâle : Scape long, sans organe sécrétoire (fig. 81).
Femelle normale, ses yeux bien développés.
Ëdéage {fig. 8(1) très grand, mais sans hypertrophie de la capsule
basale comparable à celle du pnUidior, la fenêtre dorsale très vaste
et nettement limitée en avant. Styles comme chez les précédents, bien
coudés à l’extrémité. Pièces ventrales du sac interne lamelleuses et
incurvées en dehors ; pièces dorsales longues et épaisses, fortement
sclérifiées, ne laissant apparaître au dehors <(u’une courte pointe dis¬
talc.
Rio. ko i-l Kl. Gun. Arcoitagu)! Lcach, édéiaue (())(. ))aii unlcnnc droite du inàle
de l’i4. (a. str.) Mirei, n. ap., de l’Akfadotl.
Espèce bien différente ’de.s deux précédentes, d’abord par sa
grande taille, puis par la forme allongée du lobe frontal, enfin par la
structure de i’édéage et de son armature du sac interne.
AuiÉnK. Dép. d’Alger : forêt de l’Akfadou, à Aberkane, dans la
Kaliylie orientale, un mâle .sous une pierre enfoncée (B. de Miré. XII
1054) ; même localité, plusieurs exemplaires (B. de Miré, IV Ifl.'iS). —
Dép. de Constantine : forêt de Elma-cI-Berd, près de Bougie, un mâle
(B. de Miré. IV 1955).
Source ; MNHN, Paris
l’Sftl.APHIDES t>K l/AKRIOfE l)C' NORD.
7ft
Trib. BRYAXIM Haffiay.
Hnmini Hai i-hav^ 1890. Rev. d'Enl.. IX. p. 83. — Jea.nnel, 1950. Fm-
E'riuu-o. .53 (Pséhipli.), p. 279. - Brticbyglutini Raffray,
1904. Aim. Fr., LXXIII. p. 229.
BiotiÉotiKAHHiR. — C’psf le groupe de beaucoup le plus al)ondnm-
nient représenté dans l’Afrique du Nord. Les espèces sont nombreuses,
pbiVnnt dans des genres qui sont les mêmes qu’en Europe. Sauf
quelques lignées de Trissemiix manifestement éthiopiennes, la grande
majorité sont des lignées paléareliques paraissant bien être venues en
Afrique du Nord an Pontien.
Hans ce travail le grand genre ancien Bmchiiglnia Thoms., slricte-
nienl palcarclique, a été divisé en trois genres, Brnchijgliitn, Brachy-
yfiilodea, Bracbi/gliiliiifi, d’ajirès la structure des palpes maxillaires et
bi répartition des caractères sexuels secondaires.
Il est remarquable que les deux genres Brncbggluta s. str. et Rra-
^'^mqbilodes, fous deux à intermédiaire palpaire globuleux mais dilTé*
Tant par l’absence chez le premier, la présence chez le second de sculp-
bires abdominales chez les mâles, s’opposent nettement par leur ori-
gine. I.cs Brachfiglitlfi sont une lignée originaire du massif bético-
rifain ; les Brncbyglniodes sont venus de l’Egéide méridionale. Tous
deux se sont librement répandus dans l'Europe méditerranéenne en
j'y mêlant ; mais iis sont restés plus séparés dans l’Afrique du Nord,
lîi majorité de leurs espèces ne franchissant guère une ligne méri¬
dienne passant par le milieu du département d’Alger.
il faut remarquer toutefois que certaines espèces halophiles et
Xerolherniophiles, comme le Bracbggliila bipponensis Saulcy se sont
propagées à des distances énormes le long des rivages marins dont les
Plîiges sabicuse.s leur oiïrent des biotopes très chauds et ensoleillés. Cela
^xpliquc pourquoi les • Brochy.97fi/«, comme hipponensis Saulcy, les
^'"'fcbiigluiodcs comme SchüppeU Aubé, les Brnchggliitina comme qlo-
^'dicollis M. et R. occupent les plages marines de l’Europe occiden¬
tale et de la Borbérie aussi bien que les régions subdéserliques de la
bordure saharienne. Ces espèces sont idcntic(ues en Europe et en Afrî-
qbe, mais il ne faiidrail jias pour cela les prendre pour des immi¬
grants quaternaires en Afrique. Ce sont au contraire des espèces de
•aune ebaude qui se sont propagées vers le nord pendant une période
du Tertiaire à climat encore chaud, et que le Glaciaire n’a pas fait
disparaître des régions nordiques (I).
Brncbygbilind, petit genre remarquable par la forme des palpes,
dont rintennédiaire est grêle, est formé d’espèces particulièrement
xêrothermophiles. Il est peut-être, comme Bmchygliila, originaire du
"lassif bético-rifain. Les B. sardoa Saulcy et globulicoUis M. et R. se
sont répandus sur la bordure saharienne et ont colonisé aussi toute
\iuJV i'** Mûllon ta iiIuï septcnlrionnlc du li. hippoiien$i$ est le Mont Saint*
hel. dans la Manche cnossonfî).
Source ; MNHN, Paris
RENft JEANNEL-
RO
la herbérie. On viTra que le iflobulicollis, nidifièrent à lu salure dans
l’Afrique du Nord, devient localisé sur les plages marines en Europe,
jusque dans la Manche.
Il faut noter que ces lirnchifghilri et Bracliiiglulina, originaires du
massif bético-rifain. n’unt pas passé dans les îles Atlantides. Cela
s’accorde avec l’opinion que leur histoire est relativement récente.
Parmi les Brynxini enfin, d’autres genres : Brynxis Leach, Rei-
chenhachia Leach, sont représentés dans l’Afrique du Nord par des
espèces européennes qui ont sans doute franchi la Méditerranée par
Gibraltar ou par le pont tyrrhéno-berbère à l’approche des périodes
glaciaires.
Quant aux Trissemiis de rAfri([ue du Nord, qui forment un peu¬
plement assez complexe, leur biogéographie sera examinée plus loin,
ik propos de ce genre.
TaBLEAII des OENKKS NORD-AEniCAINS.
1. Pronoturn avec un sillon transver.se unissant la fovéole basale
aux fossettes latérales. C<*ilés de.s élytres avec une forte dépres-
.sion longitudinale. (p. 81). IT), Gen. Bzyaxis Leach.
— Pronoturn sans sillon transverse iinis.sant la fovéole basale aux
fossettes latérales. CAtés des élytres sans impression longitu¬
dinale . 2.
2. Fovéole basale du pronoturn grande, aussi large ou plus large
que les fossettes latérales. .Styles de l’édéage sétiféres . 3.
Fovéole basale du pronoturn très petite, poncliforme. Styles de
l’édéage sans soies. Intermédiaire des palpes épais et globuleux. 5.
3. Inlennédiaires ries palpes étroit et conique, allongé.
. (p. 110). 18. Gen. Brachyglutino .leaiin.
-Intermédiaire des palpes épais et globuleux, aussi épais que la
massetle. 4.
4. Espèces de forme allongée, à pronoturn plus large que la tête.
Tibias intermédiaires des inAles avec un éperon distal interne.
Pas de caractères sexuels portant sur les tergites abdomi¬
naux (1) ou les pattes postérieures .
. (p. 82). 16. Gen. Brachygluta Thoms.
— Espèces de forme ramassée, de coloration foncée, h pronoturn
étroit et convexe, pas plus large (}uc la tête. Pas d’éperon distal
des tibias intermédiaires chez les mâles. Tergites abdominaux
ou tibias postérieurs des mâles très modifiés.
. (p. 97). 17. Gen. Btaehyglutodea nov.
5. Elytres avec deux fossettes basales, l’espace entre les deux
stries, suturalc et distale, régulièrement convexe à sa base . .
. (p. 115). 19. Gen. iîeicbenbocfifa Leach.
(1) SnDf par exception chez Helferi Schin.-riicb.. dont le premirt- (ert(ile pri-
sente une 4baarhc de caractère sexuel chez le mêle.
Source ; MNHN, Paris
PSÉI-APHIDES DE l/AFRlOfK Df NORD,
— Elytres avec trois fossettes basales, l’espace entre les deux stries,
suturale et distale, déprimé et fovéolé à sa base.
. Ip. 117>. 20. Gen. Trissemus .loaini.
Gen. BRYAXIS Leach.
Bryaxiii Lmach, 1817, Zooi. Mise., IIl, p. 85 ; 182(5, Zool. Juurn. London,
If, p. 150 ; type : longicornis Leach. - Jkannel, 1950, Fne
France, 53 (Psélaph.), p. 280. - liybiixis Sa(’I.cy, 1876, Spec.
II. p. 96 ; type : sangiiinen P'abriciiis.
On trouve dans rAfrique du Nord les mêmes Brgaxis qu’en
Europe, tandis ([ue toute l’Afrique intertropicale, au sud du Sahara
Pt 5 partir de l’Abyssinie est peu))lée par une autre espèce très large¬
ment répartie, le B. circiimflexa RalTr.
'• Bryaxis sanguinea RKiCHr.NHAC.H. 1816, Mon. Pselaph., p. 49 ; type :
Leipzifç. Jeannkl, 1950, Fne France, 53 fPselaph.), p. 282.
longicornis Leach. 1817. Zooi. Mise., 111, p. 85 : type :
Angleterre,
I.ong. 1,8 à 2 mm. Ailé. Brunâtre foncé, luisant, les élytrcs plus
clairs, les membres testacé rougeâtres. Antennes longues. Elytres avec
*ieux grandes fossettes basales.
Mâle : Aniennes bien plus longues c|ue celles des femelles, les
articles de la massue bien plus longs. Trochanters simples. Tibias
antérieurs incurvés dans la moitié distale et avec une dent saillante
vers le milieu à l’exlrémité proximale de l’incurvation. Tibias inter-
'nédiaires avec un éperon distal interne. Métasternum (1950. Fne
- 5.3, fig. 118) sillonné sur la ligne médiane entre deux gros tuber-
Pules. Sternites abdominaux excavés sur la ligne médiane.
Edéage (1950, l c.. fig. 119) allongé, la capsule basale membra-
"Puse, h hirge fenêtre dorsale. Styles grêles à la base, élargis en pa-
letlo triangulaire au sommet, avec leur pointe dirigée en dedans et
"ne soie sur le milieu de la palette. Sac interne avec une dent médiane
P* deux dents latérales de chaque côté.
L’espèce est beaucoup plus rare dans le Nord de l’Afrique qu’en
'■Pance. Elle est surtout sporadique, très localisée.
Maroc : Tanger ; Larache (Vaucher).
Aloékie. Dép. (l’Alger ; Bou-Bérak, près de Dellys, nombreux
Pxemphdrcs (ChobautL — Dép. de Constanline : Saint-Charles, près
•'P l'hilippeville (Théry) : marais de La Galle (Normand).
Tunisie ; Bulla Regia (Normand).
Surtout dans les marais.
Source : MNHN, Paris
nRNfi JRAXNKI-
S2
‘1- Sryaxis iaminata Mo'rs(:Hoi i,shv. 1836, Zool., VI, p. 171, llg. 3 ;
tviK- : Fnuicp. .Ikannei,, 1950, Fm* Frunre, 53 (Pséluiih.),
p. 285,
Long. 2 iniii. Ailé. (lolunilion et nspeel du iirécédenl, mais tou-
ioiirs grand, avec l’arrière-corps rolativcmenl large. Mêmes antennes.
Les dilîérences porlenl sur les caractères sexuels.
Mâle : Mêmes caractères des antennes et des pattes. Métasternum
(1950, /. f.. fig. 118) avec une grande apophyse antérieure en forme de
c(K|uille (pli cache les hanches intermédiaires : en arrière d’elle, le
métaslernum est brièvement creusé entre deux tubercules. Dépres¬
sions médianes des sterniles abdominaux profondes.
Edéage (1950, l. c.. fig. 119) de même forme générale (jue celui
de nanguiTien. mais très forlcment chitinisé dans toutes ses parties.
Capsule basale entièrement sclérifiéc, sauf sur une très petite fenêtre
dorsale. Styles très épais, sans soies. Par contre l’armature copulatrice
du sac interne est très réduite.
Ce B. Inmirmln n’entre pas dans la catégorie des variations p(pci-
lundriques telles (pie celles présentées par certains Bythiniens, comme
VArcoptigits Inlfhroxim Reitt. (1). Il est une forme œdimère, c’est-à-
dire à caractères sexuels secondaires hyper]>]asi<pies, forme assuré¬
ment détachée de la souche snnqiiinea, mais qui tend à s’isoler comme
espèce. Répandu dans le midi de la France, le Inniinala est abondant
en Corse, où il parait supplanter le xongiiinca. Il existe aussi en Afri-
cpic du Nord.
.Ai.oé.iuK. Dep. dp Constunlinr : Marais de La Calle, un mâle typi*
(jue à c(>té de nombreux xaiigiiinea (Normand, III 1935).
16. Gen. BRACHYGLÜTA C. G. Thomson.
lirarhi/gliilu C. G. Thomson, 1859, Skand. Col., i. p. 54 : type : fossu-
lata Reichenbach. .Irannki,, 1950, Fnc France, 53 (Psé-
laph.), p. 286 (pars).
Subgen. Dicrnhiella .Irannri,., 1950, Fne Franco. 53
fPsélaph.), p. 315 (genre) ; type ; dentii’enlris Saulcy,
•le ne conserve ici dans le genre Rrachiiqliila que les espèces peu
convexes, le plus souvent allongées, toujours à pronotum large et peu
bombé, un |)eu plus large (pie la tête. Ces espèces présentent en
commun le caractère important ((ue, chez les mâles, les tibias inter-
médiairc.s portent un éperon distal inlerne (2) et (pie ni les lergites
abdominaux ni les pattes postérieures ne présentent jamais de dimor¬
phisme sexuel accusé (3).
(I) H. Jrak.sbl. L'Edéage iPahl. .Vux. .Vu). HM. ii“ 10, 150 p.). Voir
p. lis.
(3) t'n éperon exixic chez le f'niulala tlcicli, (ype liu genre, contrairement )■
ce que J'avais cru (13S0. I. c., p. 288).
f.S) I-e B. Ilelferi Srhm.-nocb. est seul à présenter déronimlion légère de
son tergite chez le mâle : mais son éperon tibial est très dévcloppé-
Source : MNHN, Paris
PSf-l.APHIDES DR t.'AFRIOl'R Df NORD.
F. i>K SAi Lcy, dans son Species (1876, Bull. Soc. Hist. Nul. .Metz,
•^rV, p. 28) avait divisé déjà le f{enrc en deux sections d’après l’absence
«U la présence de scul])lnre abdominale chez les mâles. Ces deux sec-
tion.s constituent assurément des }^rou|)einents naturels et je leur
donne le ran {4 de f^enres.
Il est reinarquable que ces {«enres, coniine un va le voir, ont des
'■èpartilions •'éo^rapbiques Irès difTcrcnles. Les Brnchfiqhtla s. str. se
montrent sans aucun doute originaires du massif bético-rifain ou de
la Tyrrhénide. Les Brachygliilodes, à caractères sexuels mâles très
développés et tibias intermédiaires sans éperon chez les mâles, sont
i'u contraire des lignées d’origine égéidienne. Cette dualité d’origine
iipparatt avec la netteté la nliis grande dans le peuplement de l’Afrique
du Nord.
Tous les Brncluj(jlula de l’Afrique du Nord sont représentés au
Maroc ; d’autres espèces, n’existant pas dans l’Afrique du Nord et
citées dans ma Faune de France, sont manifestement lyrrhéniennes
d’origine.
Il existe aussi quelques vrais Brachyifluia dans le Proche Orient,
Çüinine les B. .njrincn Saulcy. B. perxicn Saulcy. Il s’agit certainement
d’espèces originaires de la région méditerranéenne occidentale, qui
sont propagées vers l’est,
Tableau des rspiccks noru-apricaines.
!• Pas de caractères sexuels sur le troisième sternile abdominal.
Sac interne de l'édéagc incrine ou tout au plus avec quelques
grandes dents. (Subgcn. Brnchi/ghiia. s. str.l . 2.
' Troisième sternite abdominal des mâles avec une crête soyeuse
transverse. Sac interne avec une chaîne d’épines rétrogrades
très nombreuses. Premier tergilo abdominal rétréci en arrière.
^Siibgcn. Dicrnbiella .îcann.i . 16.
Subgen. Brnchggliilti, s. str.
2- Carénutes du premier lergitc espacées du tiers de la largeur
du disque à sa base. (Groujje du Giiillenuirdi) . 4.
Carénules du premier tergile espacées au moins des deux cin¬
quièmes de la largeur du dis([ue à la base. 8.
Tempes sans tubercule saillant on dessous des yeux. Espèces
•■'liées. (Groupe du Lefehvrei) . H-
Teinpcs avec un tubercule saillant en dessous de l’œil, bien
visible de profil. Klspècc aptère, à élytres très courts et pre¬
mier tergile abdominal plus long que les élytres. (Groupe du
â/adoni) . 15'
Source : MNHN, Paris
RENfi .IKANXEI..
1
Groupe de GuiUemardi (1;.
4. Etroit, ullongé, le pronotum relativement petit, à ccMés sinués
en arrière. Brunâtre, les élytrcs roux. Long. 1,4 à 1,5 mm.
. 1- Guiileœardi Saiiley.
Large, le pronotum grand, plus large (|ue la tète. Brun de
poix, les élylres roux. Fémurs très renHés chez les mâles. 5.
5. Pronotum très bombé, à ciMés non sinués, presque rectilignes
en arrière. Tempes effacées. Long. 1,5 mm. 2. numidica Saulcy.
Pronotum peu bombé, â cètés fortement sinués en arrière.
Tempes convexes, saillantes. Long. 1,5 iiini. 11. raUTayana, n. sp.
Groupe de Lefebvrei.
fi. Pronotum non transverse, seulement un peu plus large que
long, à peu près de même largeur que la lète, les bosses laté¬
rales peu saillantes . 7.
Pronolum nettement transverse, plus large que la tète et
rétréci à la base, les bosses latérales très saillantes. Premier
tergite abdominal toujours élargi en arrière . 12.
7. Premier lergitc alKlominal nettement élargi en arrière son
disque très bombé . 8.
Premier tergite abdominal non élargi en arrière, ses cftlés
subparallèles, le disque peu bombé . 10.
8. Pronotum lisse ou superficiellement ponctue. Forme large et
robuste. Brun de jmix, les élylres rouges. Long. 1,8 à 2,2 mm.
. 4. hipponensis Saulcy.
— Pronotum à ponctuation forte et éparse. 9.
9. Plus petit et plu.s étroit, allongé. Brun de jmix, les élylres
rouges. Long. 1,8 à 2 mm. 5. deserlicola, n. sp.
Plus grand, large et robuste. Coloration foncée, noir de poix
avec les élylres sombres, Long. 2 â 2,2 mm. fi. tetuanica Rcitt.
1(1. Forme courte. Noir de poix, les élytres sombres, éclaircis
seulement sur le disque. Long. 1,3 mm. 11. Fagniezl .leann.
Forme allongée. Brun de poix, les élylres franchement rou¬
geâtres. Plus grands. 11.
11. Coloration plus claire. Elytres moins convexes, i’ronotum
parfaitement lisse, Long, 1,4 à 1,8 mm. 9. Lefebvrei Aubé.
Coloration foncée. Elylres plus convexes. Pronotum fine¬
ment ponctué. Long. 1,6 mm. 1(1. Lederi Saulcy.
12. Tibias postérieurs armés d’un éjteron distal interne dans les
deux sexes. Allongé, les côtés du pronotum prof(»ndément
sinués en arrière. Long. 2 mm. 13. siYÏophoia Norm.
- Tibias postérieurs inermes. 13.
(1) C’esl le * groupe Helferi* dune mn Fnune de Friince. Mali le tielfrri doit
furmer à lui Mul un Kroupe a part, avec son édéage II st.vics sans épaulement et «es
tergltes abdominaux un peu déformés chez les milles.
Source ; MNHN, Paris
PSÉl.APHIDES DK I/.AKI\10l'K DI' NOKD.
«5
13. Fornu* générale plus trapue. Pronolum très bombé, ses côtés
profondément sinués en arrière. Bicolore, les élytres rou¬
geâtres. ô épaules saillantes. Long. 1.8 à 2 in.
. 12. ceJtiberica Sauley.
Foriiu' générale ))lus large et moins convexe. Pronotum peu
bombé et très Iransverse, ses côtés faiblement sinués en
arrière. Elytres foncés, à épaules effacées. 14.
14. Elytres absolument lisses. Long. 1.8 mm. 7. hemiptera Sauley.
— Elytres i'i ponctuation superricielle, assez dense. Long. 1,8 à
2 mm. 8. AlJuaudi. n. sp.
Grouue de Madoni.
lô. En entier leslacé rougeâtre. Pronolum très large, à côtés sans
sinuosité postérieure. Long. 2.2 mm. 14. Madoni Peyer.
Suhgcn. DiembieUa .Tcannel.
Allongé et déprimé : bicolore. Pronolum un peu transverse,
vaguement ponctué, ('arénules longues, espacées des deux
cinquièmes de la largeur du disque. Long. 1,5 à 1,8 mm. ..
. 15. dentiventris Sauley.
Subgcn. Brachygluta, s. str.
Groupe du GiiHlemtirdi.
1- Broch/giuta (s. str.i GuilJemardi SAi'i.r.Y, 1876, Spec. 11, p- 43 :
type : Metz (Mus. Paris!. — .If.anxf.i,. 1950, Fne France, o3
(Psélaph.l, p. 29,3.
Fig. 83. - Long. 1.4 il l.â mm. Ailé. Brun de poix luisant, les
‘Elytres roux foncés, les palpes ii massette sombre, les antennes et les
Pîdlcs rougeâtres. Tète assez grande. Antennes grêles, les articles 3 à
de moitié jilus longs que larges, le 9 étroit, plus long que large, le 10
'•ussi long (jue large. Pronolum à peine Iransverse, les côtés longue-
'Dent et peu jtrnfondémcnt sinués en arrière, le disque lisse. Elytres
convexes, à épaules saillantes. Premier tergite abdominal élargi en
arrière, à côtés rectilignes, le disque assez convexe. Carénules longues,
Parallèles, l’espace entre elles forme le tiers de la largeur du disque i»
‘‘a base.
Môle : Trocbanter.s antérieurs armés d’une dent aiguë. Tibias
intermédiaires avec une épine apicale interne courte et obtuse.
Edéage ffig. 83! à capsule basale arrondie. Styles très grands, la
palette distale Irès longue et spatulée : soies portées sur l’extrémité
afcondie d’une très longue apophyse grêle dressée sur l’épaulement du
*iylc. Sac interne avec deux petites dents.
Espèce très largement répandue dans toute la région méditer-
[anéenne occidentale : France. Italie, Corse et Afrique du Nord Mais
rare et localisé dans l’Afrique du Nord.
Source : MNHN, Paris
KENÉ JEANNEL.
Maroc. Plaines allanliques : environs de Fez (Otin, X 1937).
Maroc oriental : Daya Chikcr, près de Taza, une femelle (Antoine,
X 1939).
Ai.oékik. Dép. d’Alger : Bou-Bérnk, prf's de Dellys, une femelle
(^hobaut). — Dép. de Constantine : Bhilippeville, 3 exemplaires (Théry).
Tt'NisiR. Chaîne dorsale : Le Kef, nombreux exemplaires (Nor¬
mand).
I
i
2. Brachygluta (s. str.) numldiea Sai'lcy. 1876, Spcc. il, p. 34 (Brija- j
xis) ; type : Bône (Mus. Paris). — Jkannei., 19ârt, Fnc France, |
53 (Psélnph.), p. 294. ■
Fig. 82. — Long. 1,5 mm. Ailé. Même coloration (jiie le précédent. |
mais avec les élytrcs plus rouges, la massette palpaire claire. Tête et
antennes semblables. Pronotum plus large, transverse, les bosses laté¬
rales plus saillantes, les cdtés plus fortement sinués en arriére :
disque lisse. Flytres à épaules saillantes. Premier tergite abdominal
aussi peu large <[ue chez (îiiillenuirdi, convexe, peu élargi en arriére.
Ica ccités presque rectilignes. Carénules plus longues, obliques, mais
avec le même écartement du tiers de lu largeur du disque ù sa base.
Mêmes caractères sexuels que chez Oiiilleinardi. De plus les fémurs
des mâles sont fortement renflés.
Ëdéagc (fig. 82) tout à fait de même type, Capsule basale très
chitinisée, différente en cela de celle de Ouillemardi qui est membra¬
neuse. Styles de même structure mais plus épais ; la palette spatulée
plus large, l’apophyse portant les soies plus grosse, les soio*^ plus
grandes.
Source ; MNHN, Paris
l'SÉLAE'HlDES DE L’AFlUyUK DU NORD.
87
A l’inverse du Gitillemardi, qui est répandu sur le continent
«uropécn, le niimidicn n’occupe que les îles tyrrhéniennes et l’Afrique
'Ju Nord. ayant d'ailleurs les mêmes étroites localisations sur les
niassifs anciens que le (iiiilleniardi.
Ai.oÉniK. Dép. d’Ornn : Oran, un exemplaire (coll. Saulcy). —
Oép. d'Alger : Bou-Bérak, près de Dellys, quelques exemplaires (C.lio-
haul).— Dép. de Conslnnline ; Bône (Leprieur, coll. Saulcy).
Tunisie, ('haine drintale : Ain-Drahain : El Feidja ; Fernana :
Kel (Normand).
Oans les endroits boisés, sous les feuilles.
Broch/giuta (s. str.l laUrayana. n. sp. ; type : Tanf’er (Mus. Paris).
Fig. 89. — Long. 1,8 mm. Ailé. Assez large. Rougeâtre, les élytres,
antennes, j>alpes et pattes plus clairs. Tête petite, à tempes con¬
vexes cl longues comme chez hippoiiensis. Antennes courtes mais
Rrêlcs, les articles 3 à (5 une fois et demie aussi longs que larges, le
^ ^ peine plus long <|ue large, le 8 globuleux ; article 9 petit et globu-
l«Ux, le 10 tronconi(|UC et aussi long que large, mais petit. Pronotum
fortement transverse, plus large que la tête, ses côtés profondément
sinucs en arrière, le disque lisse. Elytres amples et convexes. Premier
‘^■FRile abdominal très large, à côtés en courbe convexe. Carénules
'ongues et obliques, l’espace entre elles à peine supérieur au tiers de
'o largeur du disque à sa base.
Mômes caractères sexuels.
Edéage (fig. 89) à capsule basale courte, arrondie. Styles courts,
Irur palette crochue en dehors, répaulement très court. Sac interne
avec quelques dents.
Mahoc. Rif : Tanger, un mâle sous le nom de telnanica (coll.
KafTray).
(îrou|)e du l.efebnrei.
■f' SrochygJuta (s. str.) iiipponensis Saui.c.y. 1876, Spcc. Il,_ p. 31
(liniaxis) ; tvi>e ; Bône (Mus. Paris). — Jeannel, 1950, Fne
France, .')3 (Pséiapli.), p. 304. — 1952, Bull. Ann. Soc. enl.
Belg., 88. XLXII. p. 294. — simplex Watebhouse, 1862,
Trans. eut. Soc. London, p. 13.'» (liniaxis) ; type : Angleterre
(Brit. Mus.) (nec Rnjaxis simplex Motschoulsky. 1851, sans
descr.). - Wnfcr/ioîi.îe/ Ryk, 1881. in Rkitter, Verh. z.
b. fies. W’ien, XXXI, n. 467 (nom. nov.). — depressa Jeannel.
1950. Fne Fr.. 53 (Pselanh.). p. 303 (nec Rryaxis depressa
At'Bé;, 1833, Mon. P.sel., p. 28).
Cette longue synonymie nécessite quelques explications, .lusqu à
Jour, suivant tous nies prédécesseurs, j’ai considéré Vhipponensis
Jaulcy et le Brachyghila généralement cité sous le nom de Wafer/iouseï
"yv comme deux espèces distinctes, En réalité il n’en est rien. H
Source ; MNHN, Paris
88
HHNÉ JEANNEL.
ccrtnincment d’une seule et même espece. Si j’ai figuré (1950,
fig. 124 c) l’extrémité des styles de l’édéage d’un Walerhousei de
Hyères comme atténuée en pointe mousse, c’est par suite d’un défaut
de la préparation. Je constate aujourd’hui que cette partie des styles
est aplatie et obliquement tronquée (fig. 84) comme chez tous les
hippnnenxis que j’ai pu voir. .J’ajoute meme que la pièce spatulée du
.sac interne existe chez les ^Vnterhniisei, lorsque leur édéage est bien
chitinisé.
D’autre part j’ai commis une erreur en voulant identifier le
Waterhoiisei au depressu Aube. Le type de ce dernier, que je viens
d’examiner de nouveau, est un xanlhoplern Reich. Il m’avait échappé
qu’AuBÉ lui-méme (1844, .4nn. Fr., (2) II, p. 107) avait reconnu cette
synonymie.
Quant au corsica Saulcy dont l’édéage est semblable à celui de
r/iipponc/isis (1950, Fne Fr., 53, p. 301), c’est une forme de même
souche, sans doute une sous-espèce diiïérenciée tant dans sa coloration
que par la brièveté des articles 7 et 8 des antennes.
Kki. S4 ■ 8S. (irn. Hrachii^lutii Ttii>ms., édéages, fnce dorsale, x 120. - Fio. 84,
H. (B. Mr.) hipp<inen»ii Saulcy, de liône. — Fiu. 85. H. (s. sir.) degirlkola.
n. sp„ de FiKuig. — Fin. HB. II. (». slr.i leliiiiiiiai Reill., de Telouan.
Fig. 84. - Long. 1,8 à 2,2 mm. Ailé. Allongé. Brun de poix, les
élytres roux, les palpes sombres, les antennes et tes palpes rougeâtres.
Tète petite, les yeux voluinineux, les tempes convexes. Antennes ro¬
bustes, les articles 3 à 5 de moitié plus longs que larges, les fi et 7
plus courts, le 8 petit et globuleux ; articles 0 et 10 tronconiques, le
9 petit, le 10 transversc. Fronotum plus ou moins transverse, les côtés
sinués en arrière, le disque bombé, superficiellement ponctué. Elytres
convexes. Premier tergite abdominal très grand, bombé, élargi en
arrière, â côtés presque rectilignes Carénnies longues et obliques.
Source : MNHN, Paris
PSÉI-APHIDES DE L’AFRIQUE DU NORD. 89
l’espace entre elles forme 1c.s deux cinquièmes de la largeur du disque
à sa base.
MAlc : Fémurs un peu épaissis. Trochanters antérieurs anguleux
•nais noii épineux, b^pine distale interne des tibias intermédiaires
oblique. Tergite simple.
Edéage ffig. 84) à capsule basulc oblongue, couverte de strioles
concentriques. Styles très courts, leur palette obliquement tronquée,
leur épaulement a%'ec 2 ou 3 grandes soies. Sac interne inerme.
Très largement répandu dans l’Afrique du Nord, soit sur les pla¬
ces marines, soit dans les terrains salés en bordure du Sahara.
Maroc. Plaines atlantiqiirs : Rabat, marais salants (Rungs) ;
Agadir tNemcth) ; Oued Mossa, dans le Sous (Antoine, III 1951) ;
Ait-Melloul, au S.E. d’Agadir (PeyerimhofO ; Casablanca (Antoine) :
^ued Belh, petits exemplaires fKocher, IV 1953) ; Marrakech (Esca-
l^ra) ; Aghouatim, des centaines d’exemplaires attirés par les pièges
lumineux (Rungs).
Algéhif.. Dép. d'Oran ; Beni-Saf, un niAle (Boitel). — Dép. de
Cons/fin/rne -• Bône (Leprieur, coll. Saulcy) : Biskra (R. de Borde. Cho-
haul ; gorge d’EI Kantara (Fagel, V 1954).
Tunisie. Régions edUères : Bizerte (Boitel) : Tunis ; Hammam
l■‘'f : Soliman (Nnrmandi ; Gabès (Viberti. — Sud tunisien : Kebill,
terrains salés (Normand). — Ile de Djerba : plage de Hount Souk, sous
l*^s amas de Posidonio, plusieurs exemplaires (PeyerimhnfT. IV 1924).
Connu de la Sardaigne et de la Sicile, d’autre part des rivages
la Méditerranée oceidcnlale : Carthagène ; marais salants de Giens
^aiis le Var (Bonadona). Sur les rivages de l’Atlantique, on l’a trouvé
^^‘puis Agadir au sud jusqu’en Vendée, à Fromentine (HenroO. et
••léinc au Mont Saint-Michel, dans la Manche (BossoNo, Rev. fr. d’Ent.,
^XII- 1955, p. 73).
•'»- Btachrgluta fs. str.) deserficolo. n. sp. ; type : Figuig (Mus. Paris).
Eig. 85, — Long. 1.8 à 2 mm. Ailé. Plus petit et plus étroit que
1 bippofjpfjgig ; même coloration, les palpes rougeâtres comme les an-
lennes et les pattes. Tête petite, à tempes plus courtes et moins con-
'’^xes. Antennes plus longues et plus grêles, les articles 6 et 7 plus
allongés, les 9 et Kl moins courts, le 9 oblong, ovalaire, le 10 tronco-
aussi long que large. Pronolum un peu moins transverse, a
‘^ûlés sinués et disque superficiellement ponctué. Premier tergite abdo-
juinal aussi bombé mais non élargi en arrière, ses côtés presque paral¬
lèles. Mêmes dispositions des carénules.
Mêmes caractères sexuels.
Edéage (fig. 85) plus petit que celui d’hipponensis, la capsule
“88ale anguleuse à la base, son orifice apical largement ouvert. Styles
Irès courts et très écartés de la ligne médiane. Sac interne inerme.
n,. McsSiiM. - Zooi.oniB. ». XIV. ’
Source ; MNHN, Paris
UENÉ JEANNËL.
Maroc : Figuig, auprès des caseades dans la palmeraie (Fr. Pierre,
Rcmy) ; Tiznit, dans le Sous (Remy).
Algérie. Dép. d’Ornn : Ain-Sefra, une femelle (Boiteli.
ft. Brachygluta (s. str.) teluanico/ Reittf.r, 1884, Verh. z. b. Ges. Wien,
XXXIV, p. 68 ; type : Telouan (Mus. Paris).
Fig. 86. — Long. 2 à 2,2 mm. Ailé. Voisin de Yhipponensiê dont
il a la taille et la forme générale, mais de coloration plus foncée, les
antennes, les palpes et les pattes rougeâtres. Tête et antennes comme
chez Vhipponensis, les tempes plus courtes. Pronotum moins trans¬
verse, nettement et éparsement ponctué ; côtés sinués en arrière. Ely-
très convexes. Premier tergite abdominal très bombé, mais peu élargi
en arrière, les côtés convexes. Même disposition des carénules.
Mêmes caractères sexuels.
Edéage (flg. 86) plus allongé que celui de Vhippnnenxis. Styles à
palette distale plus longue et plus grêle ; môme forme de l’épaulement.
Espèce très voisine de Vhipponensis qu’elle parait remplacer dans
le Rif.
Maroc. Rif : Tetouan. un mâle (Reitter).
Fio. KT à K9. Gcn. lirachyglulu TliomüM idéages, face dorsale. — Pio. 87. D. (». str.)
Ltderl Saulcy, d'Oran, X 165. — Fio. 88. B. (s. str.) Lt/eborti Sanicy (= dlchroe
Saulcy), d’Oran. x IM. — Fio. 80. fi. (». str.) raffragana, n. sp.. dr Tanger. |
7. Brocbygiuta (s. str.) hetnfpiera Saulcy, 1876, Spec. Il, p. 46
(Brtjftiis) ; type : Tanger (Mus. Paris). 'I
Fig. 92. — Long. 1,8 mm. Ailé. Brun rougeâtre très sombre, les
élytres légèrement éclaircis, les antennes, palpes et pattes rougeâtres,
Tête petite, à tempes effacées, à peine convexes. Antennes grêles, les
articles 3 â 5 deux fois, 6 et 7 une fois et demie aussi longs que larges.
PSftLAPHIDES DE L’AFRIQUE DU NORD.
91
le 8 globuleux ; article 9 subcylindrique et plus long que large, le 10
lronc«fniqnc, aussi long que large. Pronotum très transverse, les bos¬
ses latérales très saillantes, les côtés très obliques et à peine sinués
en arrière ; disque lisse. Elytres courts. Premier tergite abdominal
peu convexe, élargi en arrière, à côtés rectilignes. Carénules longues
et obliques, l’espace entre elles à peu près des deux cinquièmes de la
largeur du disque à sa base.
Mêmes caractères sexuels que chez les précédents : la dent des
trochanters antérieurs aiguë et recourbée.
Edéage (fig. 92) de même type que chez hipponensis, mais avec
la capsule basale plus rétrécie à sa partie apicale, les styles plus
courts, plus rapproches et plus cachés.
Espèce très localisée.
Maroc. Rif : Tanger (Dieck, Vaucher).
Brcrchygrlulo (s. str.) Alluaudi, n. sp. ; type : Kénitra (Mus. Paris).
Fig. 90. — Long. 1.8 à 2 mm. Ailé. Large et peu déprimé, d’aspect
'’pquant un peu le fossiilata Reich., d’Europe. Même coloration brun
*^**ant foncé, les palpes concolores. Tête petite, de même forme que
pCz les précédents, les tempes longues et convexes. Antennes grêles,
«rliclcs 3 ft .5 deux fois, 6 et 7 une fois et demie aussi longs que
"‘'■«es, le 8 globuleux, le 9 ovale, peu épais, un peu plus long que large,
^ 10 tronconiqiie, aussi long que large. Pronotum court et transverse,
•'‘.saillie dus bosses latérales un peu avant le milieu, les côtés très
*iblement sinués en arrière, le disque lisse. Elytres amples, superll-
•^‘ellemcnt ponctués, à épaules peu saillantes. Premier tergite abdo-
““Dal largo, peu convexe, peu élargi en arrière, ses côtés rectilignes.
Source ; MNHN, Paris
92
HENÉ JEANNE!,.
Carénulcs longues el obliques, l’espace entre elles forme les deux cin¬
quièmes de la largeur du disque à sa base. Pattes très robustes.
Mâle : Tibias intermediaires avec une épine subapicalc interne
peu oblique, épaisse et obtuse au sommet.
Edéage (flg. 90) grand, la capsule basale assez chitinisée, en forme
d’urne à bord apical un peu évasé. Styles très courts, très peu sail¬
lants : la palette terminale large, à sommet arrondi, l’épaulement
placé au côlé dorsal de la palette, portant trois grandes soies. Sac
interne avec une longue pièce arquée.
Espèce assez isolée, sans aucune parenté avec le fossnlnUi malgré
quelques ressemblances.
Maroc. Plainps atlantiques : Oued Fouarat, à Kenitra, Port-Lvau-
tey, trois exemplaire.s (Alluaud). — /?«/ ; Tanger, une série d’exem¬
plaires (Vaucher).
9. Brachr^lula (s. str.) Lelebviei Al'BÉ, 1833, Mon. Psel., p. 28 :
(Bryaxis) ; type : Bondy (Mus. Paris). — Jeannel, 1950, Fnc
France, 53 (Psélaph.), p. 297. — âichron Saulcy, 1876, Spec.
II, p. 36 ; type : Oran (Mus. Paris).
L’identité du dicitron avec le Lefeburei ressort clairement de la
confrontation des types.
Fig. 88. -- Long. 1.7 à 1,8 mm. Ailé. Allongé, testacé rougeâtre
luisant, les élytres d’un muge plus clair, les antennes, les palpes et
les pattes testacées. Tète petite, les tempes planes, les yeux très volu¬
mineux. Antennes grêles, les articles 3 à 6 deux fois, le 7 une fois et
demie aussi longs que larges, le 8 petit, globuleux, les 9 et 10 aussi
longs que larges. Pronotum un peu transverse, ses côtés sinués en
arrière, le disque lisse. b)lytres aussi longs que larges. Premier tergite
abdominal élargi en arrière, ses côtés rectilignes, les carénules basales
courtes et divergentes, l’espace entre elles égal aux deux cinquièmes
de la largeur du disque à la base.
Mâle : Troclianters antérieurs armés d’une longue épine incur¬
vée. Epine distale interne des tibias inlermédiaires oblique, Tergites
simples.
Edéage (lîg. 88) â capsule basale oblongue, son bord distal et
dorsal avec une grosse apophyse dissymétrique. Styles rapprt)chés de
la ligne médiane, leur extrémité en palettes longues et tronquées au
sommet, l'épaulement avec une longue apophyse grêle et droite por-
trant trois grandes soies à son sommet. Sac interne inerme.
Maroc. lUf : Tanger (Vaucher, 1902). — Plaines nUanliqties ■'
Oued Cherrat, près de Rabat, 2 exemplaires (Allunud) ; Volubilis
(Alluaud). — Grand Atlas : Oued Aouerne, (coll. Vaucher. VII 1908I.
AlciÉrie. Dép. d'Oran : Oran (Leder, coll. Saulcy). — Dép-
d’Alqer : Pic des Mouzaïa, en divers endroits (PeyerimholT'i ; Palestro
(Pcycrimhoff) ; Bou-Bérak, près de Dellys (Chobaut) ; Michelet (Nor¬
mand). — Dép. de Ganslantine : env. de Philippeville (Normand).
Source : MNHN, Paris
PSÉl.APHIDKS DE l/AFmOUE DI’ NORD.
Ti'xisrE. Chaîne dorsale : Le Kcf (Normand).
Toujours rare dans l’Afrique du Nord. C’est au contraire l’espèce
la plus commune en France. Répandu dans l’Elurope moyenne et médi¬
terranéenne, il n’est pas connu des îles lyrrhéniennes.
1(1- Brachygiuta (s, str.) Lederi Saulcy, 1876, Spec. Il, p. 37 (Brgaxis) ;
type : Oran (Mus. Paris).
Fif». 87. — Long. 1,6 mm. Ailé, t'orine allongée du précédent,
mais plus foncé, brunâtre luisant, les élylres rougeâtres, les membres
leslacés. Tète semblable. Antennes plus longues, l’article 8 un peu plus
l‘*ng qm.- large, les fl et 10 tronconiques et plus longs que larges.
Même forme du pronolum, mais le disque est ponctué. Elytres plus
longs et plus bombés. Premier tergite abdominal non élargi en arrière,
ses côtés convexes, les carénules plus longues, l'espace entre elles
formé des deux cinquièmes du disque à sa base.
Mâle : Mêmes caractères sexuels que chez Lefeborei.
Edéage (fig. 87) à capsule basale ovale, sans apophyse du bord
distal cl dorsal. Styles de même structure ; la palette terminale aussi
grande, mais plus élargie au milieu. Même insertion des soies sur une
longue apophyse. Sac interne inernic.
Espèce voisine de Lefeborei, localisée dans l’ouest de l’Afrique
du Nord.
Maroc. Rif : Tanger (Vaucher). — Plaines ailanliqiies : Volubi¬
lis (Théry). — Moyen Allas : Tiffnit (PeyerimhoIT).
Ai.r,ÉRiE. Dép. d’Oran : Oran (Lcder) ; Tiaret (Vauloger, I 1897).
Il- BracJiygiuta (s. str.) fagnlezî .Ika.nnel, IflâO, Fne France, 53 (Psé-
laph.!, p. 297 ; type : La Bonde, Vaucluse (Mus. Paris).
Long. 1,3 mm. Ailé. Allongé et étroit. Brun de poix foncé, les
élylres rougeâtres sur le disque, les membres sombres. Tête petite, à
l®mi)es effacées. Antennes assez grêles, les articles 3, 4, 6 et 7 une
fois el demie, le 5 près de deux fois, les 8 et 9 un peu plus longs que
jorges, le 10 grand, Ironconique. Pronotum un peu plus large que la
l^le, transverse, à côtés sinués en arrière, le disque sans ponctuation.
Elytres amples, convexes, à épaules accusées. Premier tergite abdo-
minal court, à peine élargi en arrière, peu bombé ; carénules longues
divcrgenlcs, distantes de près de la moitié du disque du tergite à
base.
Mâle : tibias intermédiaires avec une épine distale interne obli-
9i<e. Trochanters antérieurs avec une longue épine recourbée.
^ . Edéage (1950, Fne Fr., ,’>3. fig. 125) très particulier. Capsule basale
Iri's courte, globuleuse, l’orifice apical asymétrique. Styles courts, mais
f palette terminale très longue, spatuléc. l’épaulement en forme de
'‘'ngue apophyse portant trois grandes soies. Quatre dents très iné-
Xaies dans le sac interne.
Source : MNHN, Paris
94
RENÉ JEANNEL.
Espùcc- connue du Midi de lu Frunce, dans les Pyrénées et en
Provence.
Maroc. Rif : Tanger, un mâle (Vaucher).
12, Biachygluta (s. str.) ceitiberica Saulcy, 1876, Spec. II. p. 41
(.Bnjaxis) : type : Malaga fMus. Paris).
Fig. 93. -- Long. 1,8 à 2 mm. Testacé rougeâtre peu foncé, les
élytres et les membres plus clairs, palpes concolores. Tête petite, à
tempes iungues et convexes. Antennes très grêles, les articles 3 à 5
presque trois fois, les 6 et 7 deux fois aussi longs que larges, le 8
un peu plus long que large ; massue courte et peu épaisse, l’article 9
très peu renflé, plus long que large, le 10 tronconlque, aussi long que
large. Proiiotuni élroit non transverse, les côtés profondément sinués
en arrière ; disque lisse. Elytres amples, à épaules saillantes. Premier
tergite abdominal large et peu convexe, élargi en arrière, ses côtés un
peu arqués. Carénules peu obliques, l'espace entre elles forme la moitié
de la largeur du disque à la base. Pattes grêles.
Mâle ; tibias intermédiaires avec une forte épine apicale interne
oblique ; tibias postérieurs inermes.
Edéage (fig. 93) à capsule basale membraneuse, ovoïde. Styles
courts, leurs palettes terminales larges et arrondies, inclinées en
dehors, l’épaulement avec les soies portées sur une saillie arrondie ;
les soies courtes. Sac interne avec trois épines asymétriques, très incur¬
vées.
Espagne. Andalousie : Malaga, un mâle (La Brûlerie, coll. Saulcy).
Maroc. Rif : Tanger (Vaucher). Plaines atlantiques : environs
de Fez (Olin).
Saulcy. de Tanger. — Fio. 94. B. (a. xlr.) êiÿlophora Nnnn., cTÂIn-Draham.
;
Source ; MNHN, Paris
P.SÉI.APHIDES DE t/APRIOl’E DU NORD. 5^5
13. Biachygluia (s. sir.) sfylophorcf Normand. 1941, Bull. Fr., p. 21*1 ;
type : Ain-Draham (coll. Normand).
Fig. 94. - - Long. 2 mm. Ailé. Peu convexe. Testacé rougeâtre,
les élylres cl les membres plus clairs. Tête comme chez les précédents,
les tempes longues et très convexes ; yeux volumineux. Antennes grê¬
les, comme chez celtibcrica, les articles 3 à 5 trois fois, le 6 deux fois,
le 7 un ])eii plus longs que larges, le 8 aussi long que large, le 9 allongé
et étroit, le 10 tronconique, aussi long que large. Pronolum étroit, à
côtés très profondément siniiés, le disque lisse. Elytres peu convexes,
les épaules saillantes. Premier lergite abdominal très large, peu con¬
vexe, Iré.s élargi en arrière, ses c<>lés arqués. Carénules comme chez
celliherica. l’espace entre elles formant la moitié de la largeur du
disque â sa base. Pattes longues : tibias postérieurs avec une longue
épine apicale interne dans les deux sexes.
Mâle : tibias intermédiaires avec une épine apicale interne sem¬
blable â celle des tibias postérieurs.
Edéage (fig. 94) très voisin de celui du celtiberica. Capsule basale
plus arrondie. Styles semblables, Sac interne avec les mêmes trois
épines incurvées que chez celUbf.ricn.
Esi)(*ce bien reconnaissable à l’armature de ses tibias postérieurs
dans lc.s deux sexes.
Tunisie ; Kroiimirie : Ain-Draham, 2 mâles et 3 femelles (Nor-
nnmdi ; Fernana, une femelle (Normand).
(îroupe du
14. Brachygluta (s. sir.) Madoni Peyeiumhoff, 1917, Ann. Fr.,
LXXXVl, p. 125 : type ; Moiizaïa (Mus. ParisL
Fig. 91. — Long. 2,2 mm. A]»lôre. En entier testacé rougeâtre lui-
sanl. Large et convexe. Tête légèrement transverse, à tempes effacées,
^ peine convexes, prolongées en avant par un tubercule saillant en
dpssous de l’œil et bien visible de profil, les yeux très gros et saillants.
I® lobe fronlal déprimé. Antennes courtes, les articles 3, 4 et fl une fois
demie, le 5 deux fois aussi longs que larges, le 7 un peu plus long
que large, le 8 lrè.s court ; massue peu renflée, les articles 9 et 10
plus longs que larges. Pronolum transverse, plus large que la tête,
bosses tulérales longuement arrondies, les côlés non sinués en
arrière ; disque très convexe, lisse. Elytres très courts bien moins
longs que larges en arrière, les épaules cITacées. Premier terglte abdo-
Uiinal au contraire très grand, aussi long que les élytres et plus large
9U’eux. élargi en arrière, convexe, â côtés rectilignes. Carénules lon-
gues et presque parallèles, l’espace entre elles formant la moitié de la
largeur du disque à sa base.
Mâle : Troch.anicrs antérieurs dentés. Tibias antérieurs et inter-
•nédiaircs avec une épine apicale et distale robuste.
Edéage (flg. 91) volumineux. Capsule basale membraneuse, obion-
«‘'o- Styles grands, écartés et nullement convergents, lamelleux et
Source : MNHN, Paris
RENÉ JEANNEL.
larges, parallèles, à suuiiiiel échancré entre une petite palette triangu¬
laire et un tubercule externe ne portant qu’une seule soie. Cette struc¬
ture des styles est tout à fait insolite dans le genre.
Alcérie. Dép. d’Alger : Médéa (Madon, coll. Normand) ; massif
des Mouzaîa, à haute altitude IPeyerimhoff) ; Hammam-Melouan, près
de Rovigo fPcyerimhoff).
Subgen. Dicrobiella Jeannel.
Dicrobiella (genre) Jeannel, 1950, Fne France, 53 (Psélaph.), p. 315 ;
type : dentiventris Saulcy.
15. Bracbygluta (Dicrobiella) denilrentris Saulcy, 1876, Spec. II, p. 31
iDryaxis) ; type : B6ne (Mus. Paris).
Fig. 95. — Long. 1,5 à 1,8 mm. Ailé. Allongé, subparallèle et peu
convexe. Brun rougeâtre, les élytres rouges, les antennes et les pattes
tcstacées rougeâtres, la massette palpairc sombre. Tête petite les tem¬
pes effacées. Antennes assez grêles, les articles 3 à 5 une fois et demie,
les 6 et 7 un peu plus longs que larges ; massue grêle, l’article 9 oblong
et étroit, le 10 Ironconique aussi long que large. Pronotum transverse,
vaguement ponctué, les bosses latérales saillantes chez les mâles, bien
moins saillantes chez les femelles, les cotés faiblement sinués en
arrière. Premier tergite abdominal à côtés parallèles, le disque bombé.
Carénules longues et obliques, l’espace entre elles formant les deux
cinquièmes de la largeur du disque à la base.
Fio. 05. Oen. Brachgglula Thoms., édéage, face dorsale, du li. (Dlcrobltlla) denti-
oenlrit Saulcy, de Toulon, X 120.
Mâles : Plus grands que les femelles, à pronotum plus transverse.
Trochanters antérieurs dilatés en angle obtus. Tibias intermédiaires
avec une grosse épine distale interne. Segments ventraux largement
Source ; MNHN, Paris
PSÉLAPHIDES t)E I/AFRIQUE DU NORD- 97
‘Réprimes ; troisième slernite avec une crête transverse soyeuse sur le
niiliou du bord postérieur (I) ; dernier slernite concave, à bord distal
soulevé.
Edénge (fig. 95) ovoïde, la capsule basale membraneuse, angu¬
leuse à l’apex. Styles courts, larges et convergents, leur palette apicale
en lame recourbée en dehors, l’épaulement dorsal par rapport à la
palelfe et armé de trois grandes soies. Sac interne avec une chaîne
d'une trentaine de grandes épines longues et fines, obliquement diri¬
gées vers la base, de taille décroissante de la partie apicale à la partie
hasale.
Espèce très isolée par scs caractères sexuels.
Rare dans l’Europe méditerranéenne occidentale et en Corse. Bien
plus abondant dans l’Afrique du Nord.
Espagne. Andalousie : Mahiga, plusieurs exemplaires (Cobos Son-
fhez).
Maroc. Rif : Tanger (Vaiicher) ; Kef-el-Rhar, Oued-Cherif, dans
■e Rif, ail. 800 m (Otin, VIll 1930), — Plaines allanfiqties : Fez, dans
les joncs (Otin) ; Oued Cherrat entre Casablanca et Rabat (Alluaud) ;
^^ued Melck fPanousc) ; Bonilhaut (Antoine).
Algérie. Dép. d'Oran : Marnia, un mâle (Boitel). — Dép. de
^onslanline : Bône (Leprieur, Pcycrimboff) : Saint-Charles, près de
■’hilippcville (Théry).
Tunisie. Région cr3/iérp ; bords de la Medjerda, nombreux exem¬
plaires (croisière de la Violante. XI 1877) ; Bulla Regia ; Soliman
(Normand). — Chaîne dorsale : El Feidja ; Fernana : Souk-el-Arba ;
l'C Kef (Normand).
Bords des eaux douces, dans la terre humide des berges.
17. Gcn. BRACHyGLUrODES. nov.
Type : Briiclnjgliila Leprieuri Saulcy.
Subgen. Dicrohionnma, nov. ; type : Brachi/glula caligala Saulcy.
Genre différant de Bracbygliüa non seulement par la répartition
caractères sexuels des mâles, mais aussi par l’aspect général des
espèces. Forme générale toujours plus ramassée et plus convexe, le
P^onolum toujours étroit, pas plus large que la tête, subglobuleux.
grande saillie des bosses latérales. Arrière-corps par contre tou¬
jours large. Presque toujours la coloration des espèces est foncée, d’un
ou d’un noir de poix uniforme, môme sur les antennes, les palpes
*^1 pâlies. L’intermédiaire des palpes maxillaires est très épais
^1 globuleux, comme chez les Braclnjglula.
Garuetères sexuels des mâles portant le plus souvent sur les ter-
8des abdominaux qui sont plus ou moins profondément sculptés, par-
c»rnctère dont j’svals mis en doute la réalité dans
loui A fait conforme à la description de SAVLCt.
Faune de France,
Source ; A1MHN, Paris
RENÉ JEANNEL.
fois seuli'ineiil sur les tibias postérieurs. Chez presque toutes les espè¬
ces les tibias intermédiaires des mâles ne portent pas d’éperon distal.
Les espèces relèvent de lignées originaires des Egéides. Celles qui
se trouvent en France ont été rassemblées (Fne France, 53, p. 290)
dans le « groupe d'hoematica >. D’autre part toute une série d’espèces
de lu région méditerranéenne orientale font encore partie du nouveau
genre :
Iransuersalis Schauf.
Moi.fchoiilskiji Saulcy
furailtis Motsch.
caiiernosus Saulcy
longispiiKi Reitt.
PiccioUi Saulcy
Pinizzolii Saulcy
Ragusai Saulcy
Galalhea Saulcy
halcanicas Saulcy
Quant aux espèces présentes dans l’Afrique du Nord, elles occu¬
pent la Tunisie et la moitié orientale de l’Algérie. Elles représentent
des lignées égéidiennes, qui ont passé de l’Egéide méridionale par la
Sicile, en Tunisie pendant les périodes géocratiques du Pontien.
Tahlkau oes espèces nord-aekicainks.
1. Tète avec trois fossettes villeuses, deux sur le front (1) et
une troisième sur le lobe frontal. Caractères sexuels du mâle
portant sur les tergites abdominaux. (Subgen. Brachygliilo-
des, s. str.) . 2.
Tête avec deux fossettes villeuses seulement, celle du lobe
frontal manque. Caractères sexuels des mâles portant sur les
tibias postérieurs (Subgen. Dicrobinnoma, nov.) . 14.
Subgen. lirochyglulodes, s. str.
2. Tibias intermédiaires des mâles avec un éperon distal. (Grou¬
pe de ï’aegyptiaciis) . 13.
Tibias intermédiaires des mâles sans éperons distal. 3.
(1) J'ai considéré Jusqu'ici ces fossettes frontales, si constantes chez les Psé-
laphldes. comme des testiges d'ocelles (Fne France, 63 (Pseinph.) p. 4 et lig. 1 u c.'.
Or P. de Pbvehimhoi'I', dans sa dcbcrlption de rAmiihironrhus Alfierii, étrange
Elavigéritc du Delta égyptien (Hiill. Sor. Fouiid. 1" d'Enl., 19.38, p. 3473, fait allu¬
sion Incidemment, en note infrnpnginale, à un travail de Fknkf.r sur « Tbc licad
capsule of Colcoptera > {III. biol. Monografx, Vil) où l’auteur montre que ces
fossctles n'ont aucun rapport avec des oceillcs supposés, étant, sur le squelette
externe de la tôte, «les cicntrlces des insertions musculaires lisant les branches
du tentorium ».
A la vérité ces fossettes répondent bien à l'fnscrtion tcrgalc des cAtrs du
tentorium ebez certains Psélaphidcs, comme les Mayeliii, tes Eupleclus, les Clam
gérllei. Mais rc n’est nas le cas chez les Bylhinini. les Bryaxini, les Clenislinl. b
s'agit nssnrémcnt ici d'organes sensoriels et celà pour plusieurs raisons : d'abord
parce qu'ils n'ont aucun rapport avec le tentorium, dont les côtes s'insèrent bien
en avant ; ensuite parce que ces fossettes varient très souvent selon le sexe, tonl
comme d’nutres organes similaires situés sur les antennes ; enfin parce que le*
deux fossettes frontales d'un Brachygluta ou d'un Enoplotlumtit sont identiques
à une troisième fossette impaire située à la base du lobe frontal, el que colle-cl
n’a évldemmcnl aucun rapport avec le squelette Interne.
Source ; MNHN, Paris
PSÉI.APHIDES DE I/AFRIOUE DU NORD.
3. Tempes prolongées en avant par un tubercule saillant en des¬
sous de l’œil, bien visible de profil. (Groupe du Ragnsai). ... 12.
— Tempes sans tubercule en dessous de l’œil. 4.
4. Bicolore. Carénules du premier tergite séparées de près de la
moitié de la largeur du disque. Edéage à styles sans épaule-
ment externe. (Groupe du Sclmppeli) . 5-
“ En entier brun de poix foncé. Carénules du premier tergite
plus rapprochées, séparées d'un peu plus du tiers de la lar¬
geur du disque. Edéage à styles présentant un fort épaule-
inent sétifére (Groupe du Leprieitri') . fi'
Groupe du Schiippeli.
fi. Etroit, allongé. Côtés du pronotum sinués en arrière. Bord
postérieur du premier tergite éehnneré chez le mâle. Long.
1|S mm. 1. Schüppeli Aubé.
Groupe du Lcprieiiri.
fi. Bord postérieur du premier tergite abdominal du mâle non
échancré, au contraire épaissi en bourrelet transverse (fig.
97). Pronotum presque aussi long que large, éparsement
ponctué. Elytres à épaules effacées. Long. 1,5 mm.
. . 2. tabWionus Raffr.
— Bord postérieur du premier tergite des mâles échancré. Pro¬
notum petit, court et transverse . 7.
7. Elytres h épaules saillantes. Premier tergite des mâles à dis¬
que déprimé en avant de son échancrure postérieure. fi.
Elytres courts, à épaules efTacéos. Premier tergite des mâles
à disque bombé en avant de son échancrure postérieure. ... 9.
fi. Bicolore, les élytres rougeâtres. Echancrure postérieure du
disque du premier tergite du mâle peu profonde ; les cornes
latérales libres (fig. 98). Long. 1,5 à 1,6 mm. 3. imperiectas Norm.
" En entier brunâtre foncé. Échancrure postérieure du disque
du premier tergite plus profonde, le deuxième tergite nette¬
ment bilobé (fig. 99). Long. 1,8 à 2 mm. 4. Leprieuti Saulcy
Pronotum un peu moins court. Deuxième tergite abdominal
du mâle h bord postérieur entier (fig. 100). Long. 2,1 mm.
. 5. pualcus Norm.
Pronotum plus court, très petit. Deuxième tergite des mâles
bicorne .
10. Deuxième tergite du mâle long, presque aussi long que le pre¬
mier. très atténué et terminé par deux cornes simulant des
pinces de Forticule (fig. 102). Long. 1.8 à 2 mm. 8. Helchei Motsch.
~~ Deuxième tergite du mâle court et large, ses cornes obtuses
fflg. 101)... . ”•
Source : MNHN, Paris
100
RENÉ JEANNEL.
11. Plus petil, peu convexe, carénules du premier termite courtes
et parallèles. Long. 1,8 mm. 6. bicaudolus Norm.
— Plus grand, plus convexe. Carénules plus longues et diver¬
gentes. Long. 2 mm . 7. Bolteli Norm.
Groupe du litiffiisai.
12. Brun de poix luisant, peu convexe. Pronotuni court. Elytres
i\ é]):tules effacées. Mâle inconnu. Long. 1,7 mm.
. 9. Demoflysl Norm.
Groupe de Vaegyptidciis.
13. Bicolore, convexe. Proiiotum aussi long que large et très bom¬
bé. Premier tergite abdominal très profondément échancré
(fig. 109). Long. 1,5 mm. 10. aeçKpdacus, n. sp.
Suhgen. Dicrobionoma, nov.
14. Large et trapu, peu convexe. Bicolore. Elytres A épaules sail¬
lantes. Premier tergite semblable dans les deux sexes. Tibias
postérieurs du mâle épaissis et sinués en dedans au tiers dis¬
tal (fig. 111). Long. 1,5 â 1,0 mm. 12. caJigolus Saulcy
Même forme large et trapue, peu convexe. Bicolore mais bien
plus foncé. Elytres amples, à épaules saillantes. Tibias posté¬
rieurs du mâle encore plus épaissis, sans sinuosité au tiers
distal (fig. 113). Long. 1,6 mm. 13. depressi/rons Norm.
Le B. excavaliventris Pic, que je ne connais pas, manque dans ce
labicau. Sans doute s’agit-il d'une espèce voisine de Yaegypliacuif.
Subgcn. BracJiyg/utodes, s. str.
Groupe de Schüppeli.
1. Brachyg'iufodes (s. str.) Schüppeli AuuJv, 1844, Ann. Fr., (2) II, p.
110 (Br;/oxij) ; type : Trieste (Mus. Paris). — Jeannel, 1950,
Fne France, 53 (Psélaph.), p. 305 (Brnchijgliiln).
Fig. 90. — Long. 1,5 mm. Ailé. Brun de poix : les élytres rouges
les palpes testacés, les antennes et |)attes rougeâtres. Tête étroite, con¬
vexe, les tempes effacées. Antennes courtes, les articles 3 à 7 à peine
plus longs que largos, les 9 et 10 aussi longs que larges. Pronotum
petit, non transverse, pas plus large que la tête, ses côtés nettement
sinués en arrière, le disi[ue lisse. Elytres longs et larges, à épaules
arrondies mais saillantes. Premier tergite abdominal atténué en
arrière, peu bombé. Carénules courtes et presque parallèles, l’espace
entre elles formant les deux cinquièmes de la largeur du disque à sa
base.
Mâle ; Pattes épaisses ; tibias intermédiaires inermes. Premier
tergite à bord postérieur légèrement échancré sur la ligne médiane, le
Source ; MNHN, Paris
PSÉI.APHIDES DE L'AFRIOt'E DU NORD.
101
deuxieme uvec une bosse médiane se logeant dans l’échancrure (1950,
Fne Fr.. 53, fig. 128).
Edéage (fig. 96) court, la capsule basale globuleuse, les styles
longs, grêles, coudes et leriuinés par un pavillon hyalin ; trois soies
sur la face externe de la coudure. Sac interne avec de très grandes
pièces triangulaires et pointues faisant saillie au dehors.
•'•G. ilfi. Gen, Drachyglutodfs. nov. ; idéage, face dorsale, du B. (s. sir.) Schûppfh
Aubé, de Béziers, X 120.
Espèce largement répandue sur les côtes méditerranéennes et
îdlantiques de l’Europe, depuis la Loire-Inférieure jusqu’en Syrie,
dans les terrains salés. Elle est connue de la Corse et se trouve en
Tunisie.
Ti'N'tsii-;. Hdgion càliere : La (îouletle ; Soliman (Normand).
Groupe de Leprieuri.
Braehyglutodes (s. str.) kab/iianus Raffray. 1873, Rev. Mag. Zool..
p. 364 {Bniaxis) ; t>q>e : Kabylie (Mus. Paris). — Saülcy.
1876, Spec. II. p. 69.
Fig. 97 cl 103. — Long. 1.8 mm. Ailé. Entièrement d’un noir de
poix, les palpes concolores. Tête petite, déprimée, à tempes effacées.
'Antennes grêles, mais avec les articles 9 et 10 un peu transverses. Pro-
''oliini étroit, pas plus large que la tête, subglobuleux et à peine trans-
la plus grande largeur au milieu, les côtés sans sinuosité en
arrière ; disque très convexe, finement ponctué. Elytres courts. Pre-
'«ier segiuenl abdominal à côtés parallèles. Espace entre les carénules
formant un peu plus du tiers de la largeur du disque à sa base : un
rang Je soies sur la base entre les carénules.
Mâle (fig. 97) : Premier tergite abdominal à disque surélevé et
*^ord postérieur en bourrelet transverse ; deuxième tergite plus étroit
plus court, aussi surélevé. Tibias intermédiaires sans épine apicale.
Source ; MNHN, Paris
i02
HRNfi JEANXEL.
Edcage (fig. 103) usscz grand, la capsule basale membraneuse,
sphérique. Styles courts et larges, rapprochés de la ligne médiane, la
palette courte et l'épaulcment peu accusé ; deux soies courtes. Sac
interne avec deux paires de dents.
Algérie. Dép. d’Alger : Kabylie (Raffray) : Bou-Bérak, prés de
Dellys (Chobaut).
Espèce très localisée.
3. BrachYQliitodes (s. str.) imperfectus Normanu, 1035, Bull. Soc.
Hist. Nat. Afr. N., XXVI, p. 84 : type : Le Kef (coll. Nor¬
mand).
Décrit comme variété du Leprieuri. S’il présente des caractères
sexuels de même type sur les tergites abdominaux, il diffère par contre
dans la structure de l’édéagc nu point qu’il convient de le tenir pour
une espèce. Comme on le verra d'ailleurs, il cohabite avec le Leprieuri
au Kef.
Km. 97 II 192. lien. Hriiehÿÿlutoden, nov.. Icreite» abdominaux des mAlcs. — Fio.
97. I). <8. str.) hiib’/liiinuii Raffr., do Bou-Bérak, — FiQ. OS. D. (». str.) l'mper-
fretus Nonii., du Kef. — Fio, 99. D. (s. str.) Leprieuri Snnlcy, de Bône. —
Fio. 100. B. (s. str.) piinietix Norm., d'Aln-Draham. — Fm. 101, B. (s. str.)
hicnuddltit Nortn.. de Kernana Km. 102. fl. (s. air.) Reichei Moiscb.. de
Bou-Bérak.
Fig. 5)8 et lt)4. — Long. 1,5 à 1,6 mm. Ailé. Brun de poix avec les
élytres rougeâtres clairs, les membres rougeâtres. Peu convexe,
i’arrièrc-corps subparallèle. Tète à front très convexe et tempes effa¬
cées. Antennes grêles, à articles 6 et 7 plus longs que larges, 8 et 9 glo¬
buleux, 10 Ironconique, aussi long que large. Pronotum pas plus large
que la tète, un peu transverse, à côtés sinués en arrière, le disque lisse.
Source ; MNHN, Paris
l'Sfil.AHHlDES DE L’AFRIOrE DU NORD. 103
Elytros amples et InnRs. Premier tergite abdominal à côtés subparal-
léles.
Mâle (fig. 98) : Premier lergite abdominal avec une large dépres¬
sion postérieure entre deux petites cornes pointues, le disque déprimé
sur la ligne médiane en avant de la forte dépression transverse pos¬
térieure. Deuxième tergite saillant, avec réhauche de deux cornes.
Tibias intermédiaires sans épine apicale.
Edéage (fig. 104) relativement bien plus petit que celui du
^‘Cprieitri. Styles à palette distale plus grande, armée d’une grande
soie renflée ; deux soies sur répaiilement.
Tunisie. Chainr dorsalf : montagne de Dir. au Kef, jilusieurs
fDâles et une femelle (Normand).
Brachyolutodes (s. str.) Leprieuri Saum'.y. 187fi, Spec. 11. p. 70
(linfarin) ; type : Bône (Mus. Paris).
Var. etevalits Rafkray, 1904. Ann. Fr.. LXXIII, p. 272 ;
type ; djebel Taya (Mus. Paris).
Fig. 99 et 105. - Long. 1,8 à 2 mm. Ailé. Entièrement d’un brun
poix foncé. Tête médiocre, à front convexe et tempes convexes.
‘Antennes relativement courtes, les articles 7 et 8 globuleux, le 9 et le
^9 transverscs. Pronotum petit, pas plus large que la tête, transverse,
sinuosité postérieure des côtés : disque très finement et éparse-
nient ponctué. Elytres courts, à épaules peu saillantes. Premier tergite
abdominal légèrement élargi en arrière. Carénules comme chez kaby-
^‘nntis et imperfectiix.
Mâle (ftg. 99). Premier tergite plus court que chez imperfectua,
sa dépression postérieure plus profonde, les épines postérieures de
^ 'fnperfectns remplacées par deux voussures triangulaires des angles
postérieurs du tergite. Deuxième tergite avec une profonde dépression
•médiane encadrée par deux gros tubercules.
La variété eleiiatiis Raffr. diffère parce que la partie centrale du
'Risque du premier tergite est fortement surélevée par rapport aux
Parties latérales.
Edéage (flg. 105) proportionnellement plus grand que celui de
'j’^tperfeefns. Styles plus grands, la palette apicale plus grêle et plus
longue, avec une très grande soie renflée en forme de bouteille : deux
^^«'es sur l'épawlemenl. Mêmes deux paires de dents que chez Vimper-
hctiis.
Forme typique. Ai-gébie. Dép. d'Afflcr ;
^ Takouren. ait. Sf
.• forêt des Beni-Ghobril.
, Vaknurén.'iu.'ami i,i (Kngd.'v'19531. — hép. de Comiantim : Boiigio
^Jeannel) ; Bône (Leprieur) ; Constantine (Peyerimhoff) ; Mcdjez-Amar.
de Claudel (Clotiet des Perruches) ; Batna (Peyerimhoff) ; Sou-
"oras (Normand).
. Tunisie. — Cbaine dorxale : Ain-Draham ; Fernana ; Souk-cl-
; Le Kef ; Tehoursouk (Normand). — Cap Bon : Fondouk-Djedid,
^'^bnian (Normand). — Sahel : Katrouan (Normand).
Source ; MNHN, Paris
1
>04 nENÉ JEANNEL.
Var. elevalaa RjiiTr. — Algéhie. Dép. de Constnntine : Djebel
Taya, pn's de Guelma (A. Grouvclle) ; Saint-Charles, près de Phi-
lippoville (Théry) ; forêt d’Af'hrit (Vauloger) ; Tarfair (Chobaut).
Coiniium au pied des plantes et sous les pierres pendant la saison
pluvieuse.
La forme typique est surtout répandue dans la Tunisie et devient
sporadique dans le département de Constantine. La var. elevotus,
forme à caractères sexuels secondaires accentués est par contre loca¬
lisée dans la chaîne de Numidie. c’est-à-dire le nord du Constantinois.
Fkj. 103 à 105. Gen. BrnchyalutoiUx, nov., édéages, face dorsale. — Fig, 103. fi¬
ls. sir.) kabylinnui Raffr., de Bou-Bérak, x 120. — Fio. 104. B. (s. str.) im-
perfeelut Norm., du Kef, X lfi5. — Fio. 105. B. (s. str.) l.eprieuri Saulcv. de
Bône. X UO.
â. BrachyçrJutodes (s. str.) punicus NoRMANn, 1932, Bull. Fr., p. 14 ;
type : Ain-Draham (eoll. Normand).
Fig. 100 et 106. — Long. 2,1 mm. Entièrement d’un brun de poi*
foncé. Tête médiocre, à tempes effacées mais un peu convexes.
Antennes plus longues que celles du Leprieuri, les articles 9 et 10 un
peu ]>lus longs que large. Pronotuin petit, pas plus large que la téte>
à peine Iransversc, à ciMés très faiblement sinucs en arrière, le disque
llnement et éparsement jionctué. Elytres courts et transverses, ^
épaules elfacécs. Premier slernite avec deux carénules courtes,
presque parallèles, écartées d'un jieu plus du tiers de la largeur du
disque à sa base ; bord basal avec un rang de soies entre les carénules.
Mille (fig. lüO) : Premier tergite abdominal différant de celui du
Leprieuri par l'absence de dépression du disque en avant de la fosse
profonde formée par renfoncement du deuxième tergite. D’autre pari
les deux tubercules du deuxième tergite sont plus volumineux el
ponctués.
Edéage (fig. 106) petit, la capsule basale sphérique et membra¬
neuse. Styles assez écartés, lamellcux. à c.Atés parallèles, la palette
Source ; MNHN, Paris
l’SÉl.APHIDES DE D’AFRIODE DU NORD. 105
apicale petite et courte, carrée, dans l’axe du style. Soies courtes. Sac
interne avec deux paires de dents, comme chez Leprieuri.
Tt'NisiK. CItaine dorsale : Ain-Draham, une dizaine d'exemplaires
!Ui bord d’un ruisseau, en novembre (Normand) : Fernana (Demoflys).
6. BrocJiygiutodes (s. str.) bicaudatas Normand, 1904. L’Ab., XXX,
p. 215 : type : Fernana (coll. Normand).
Fig, 101 et 107. — Long. 1,8 mm. Aptère. Entièrement brun de
poix foncé. Tête grande, h front large et convexe, les tempes effacées.
Antennes épaisses, les articles .8 à 5 une fois et demie, 6 et 7 un peu
pbis longs que larges, 8 globuleux. 9 court, petit, un peu transverse,
0 Ironconiqiie. gros, aussi long que large. Pronotum petit, plus étroit
que la tète, légèrement transverse, sans sinuosité postérieure des côtés,
c disque très bombé, finement et très éparsement ponctué. Elytres
oourt.s, à épaules effacées.
Môle (fig. ion : arrière-corps très ovale, rétréci en arrière. Pre¬
mier tergile, un peu comme chez ptiniciis. Deuxième tergite à partie
médiane enfoncée très raccourcie, de sorte que les tubercules latéraux
prennent ras])ect de deux cornes triangulaires.
* 1®!*' Gen. Brachggliilodri, nov., édéagcs, face dorsale, X 140. — Fio.
lOG, li. (s. str.) puniciis Norm., d’Ain-Draham. — Fio. 107. B. fs. str.) bicuu-
dafu* Norm., de Fernana. Fin. 108. fl- (s. str.) Reichei Motsch, de Bou-
Kdéage (Hg, 107) petit, à capsule basale sphérique et membra-
'^^use. .Styles lamelleux, convergents, à côtés parallèles, la palette api-
Jole petite, i’épaulemeni peu saillant, arrondi, avec trois soies courtes.
‘‘Rts du sac inlerne éparses, non disposées par paires.
Tunisie, Chaîne dorsale : Fernana, 3 mâles sous la mousse en
'^Rrs et avril, dans un bois de Chênes-Liège (Normand).
nt- McséltM. — ZOOLOOIB. I. XIV. 0
Source ; MNHN, Paris
RENÉ JKANNEL.
7. Brachyglutodes (s. str.) BoifeJi Normand, 1932, BuU. Fr., p. 153 :
lype : Bizerte (coll. Boitel).
Je n’ai pas vu celte espace qui ne fif^ure pas dans la collection
du D' Normand.
Lon;;. 2 mm. En entier brun de poix foncé. La description
détaillée de cette espèce montre qu’elle est très voisine de bicaudalus
dont elle ne dilTère guère que par sa taille plus grande, son corps plus
fortement bombé et ses élytrcs encore plus courts. Quant aux carac¬
tères sexuels du mâle, la figure donnée par le D' Normand montre
tous tes caractères relevés chez le bicaiidntus fflg. 101). La seule dif¬
férence serait que la partie postérieure du disque du premier tercite
est déprimée comme chez Leprienri, alors qu’aucune dépression
médiane n’existe chez les pimiciis. bicaudaius et Reicbei.
Ti'NIsik : environs de Bizerte, deux exemplaires CBoitel).
8. Brachyglutodes (s. str.) Reichei Motschoulsky, 1859, Ann. Fr., f3)
VII, Bull., p. ccvi (Brijaxis) ; type ; Alger. — Saulcy, 1876,
Spec. II, p. 71 (.Bnjaxis). — fiircata Fairmairk. 1859, Ann.
Fr., (3) Vil, p. 795.
Fig. 102 et 108. — Long. 1,8 à 2 mm. Ailé. En entier d’un brun de
poix foncé, ou brun de poix avec les élytres rougeâtres. Tdte petite,
peu bombée, les tempes effacées et peu convexes. Antennes comme
chez bicaiidatiia, avec l’article 10 aussi long que large chez les mâles,
Iransverse chez les femelles. Pronotum petit, aussi large que la tête,
court et un peu transverse, sans sinuosité postérieure des côtés, le
disque à peu près lisse. Elytres assez amples, à épaules accusées. Pre¬
mier tergite abdominal des mâles avec deux carénules peu obliques,
espacées comme chez les espèces précédentes ; chez les femelles, au
contraire sans carénules, mais avec une dépression médiane du bord
basal chez les mâles.
Mâle (ftg. 102) : Arrière-corps très renllé latéralement et très
atténué en arrière. Premier tergite abdominal court et large, à côtés
très arqués et disque bombé en avant de la dépression médiane dti
deuxième tergite. Olui-ci avec une fourche médiane étroite, â
branches parallèles.
Edéage (fig. 108) â capsule basale sphérique et membraneuse.
Styles lamelleux mais à bords non parallèles, convergents, la palette
apicale subcarrée, l'épaulcment arrondi comme chez le bicaudaUih
avec trois soies courtes. Cinq très grosses dents dans le sac interne,
non disposées par paires.
Algérie. Dép. d’Alger : environs d’Alger (coll. Saulcy) ; Bou-
Bérak, près de Dellys, nombreux exemplaires (Chobaut) : Yakouren.
ait. 880 m, un mâle (Fagel, V 1953) ; Zaouïa des Mouzaïa (Peycrimhoffb
Espèce très localisée.
HSÉLAFHIDES DE L’AFRIQUE DU NORD.
107
Groupo (iu Rftgiisai.
BracAyg/uIodes (s. str.) Demo/lFsi Normand, 1938, Bull. Soc. Hist.
nal. Afr. N.. XXIX. p. 293 ; type : Djebibina (coll. Normand').
Long. 1,7 mm. Aptère. Peu convexe. Brun de poix luisant peu
foncé, les élytres un peu plus clairs, les membres foncés. Tête courte
et large, un peu Iransverse, les yeux relativement petits, les tempes
efTacées. obliques, prolongées en avant par une tubérosité saillante
en dessous de l'tril et bien visible de profil. Antennes courtes, les
articles 7 et 8 pus plus longs que larges, les 9 et 10 un peu transverses.
I*roiiotiim court et Iransverse. aussi large que la tête : bosses latérales
saillantes, la plus grande largeur un ]»eu avant le milieu, les côtés à
peine sinués en arrière ; disque très convexe, très finement ponctué.
Elyires courts, à éjiaules efTacées. Premier tergile abdominal à côtés
parallèles. Caréiiulcs très courtes et obliques, l’espace entre elles for-
nianl les deux cin((uièincs de la largeur du disque à sa base, déprimé,
avec un rang basal de soies.
Mâle inconnu.
Le petit groujic d’espèces siciliennes formé par les deux Ragiisai
^aulcy et (iainfheti Saulcy est caractérisé par la présence d’un tuber-
*^Dle saillant en dessous de l’œil. D’autre part les femelles du Ragiisni
l’esseniljlent étoiinanimcnt au Dcnioflysi, ayant la même forme laige
‘•p la tète, mais différentes par la forme moins large de leur prono-
•uin. Sans doute le mâle de Demnflijsi montrera-t-il des caractères
sexuels des tergites eomparables à ceux des espèces siciliennes.
Tunisie. Djebibina, une femelle (Demoflys).
Groupe de l’negijplinciix.
Bracbygiufodes is. str.) aegyptiacus. n. sp. : type : Maragi (Mus.
Paris).
Pig. 109 et 110. - Long. 1.5 mm. Ailé. Brun rougeâtre luisant,
avec les élytres rouges, les antennes, les palpes et les pattes testacés
'■oogeâtres. Etroit et convexe. Tête transverse, les yeux très volumi-
JJPux. plus longs que les tempes qui sont efTacées. Antennes épaisses,
I article 5 de moitié plus long que large, le 9 globuleux, le 10 tronco-
aique et transverse. Pronotuin petit, moins large que la tête, aussi
ong (jue large, sans .sinuosité postérieure des côtés, la plus grande
®*‘geur avant le milieu ; disque très bombé, lisse. Elytres subcarrés,
‘■onvexes, à épaules très .saillantes.
Mâle (fig. 109) : Premier tergile abdominal avec une profonde
'■^pression du bord antérieur entre les carénules ; le disque soulevé,
convexe, très largement échancré en arrière entre deux bosses sail-
'•■jates qui limitent entre elles une profonde dépression du bord posté-
du premier tergile. Deuxième tergile largement déprimé, avec
«eux tubercules triangulaires latéraux, eomparables à ceux des
‘‘spèees du type l, eprîpiirt.
Source : MNHN, Paris
RENIî JKAN'NEL.
Tibias intermédiaires du màlc avec une épine apicale interne bien
développée. Tibias postérieurs (fi}}. 109) fortement incurvés et épais¬
sis dans leur partie distale.
Edéage (fig. 110) petit, la capsule basale membraneuse. Styles
assez rapprochés, en forme de lames à côtés parallèles, terminés par
une palette quadrangulaire, avec l’épaulement situé au-dessus de la
palette et armé de trois grandes soies. Sac interne avec une paire de
dents grêles.
Egypte : Maragi, un mâle (J. Omer-Cooper, VIII 1935).
Fip. 109 et 110. üen. Brachyglulodes, nov. — Pio. 109. Tergites iili<lominaux d
f atte postérieure droite du B. (s. str.) aegyplimus, n. sp., mille, de Maragi. —
10. 110, Edéagc, face dorsale, x 140.
II. Brachyg/ufodes (s. str.i excaraliventris Pic, 1939, Bull. Soc. Fouad
1er d’Entom., XXIII, p. 143 ; type : Heluan (coll. Alfiéri).
Long. 2 mm. Les termes de la description de Pic pourraient se
rapporter à l’espèce décrite précédemment sous le nom d'aegypliacits-
Toutefois deux caractères assignés à !’excoo<tfii)cniris ne concernent
pas mon aegypfiacus. D’abord la taille, puis le pronotum finement et
éparsement ponctué.
La c»)nfrontalion des types serait nécessaire pour enulirmer b'
validité de mon aegijpliaciis.
Egvptk : Heluan iKabinovitch, XI 1934).
Subgen. Dicrobionoma. nov.
12. firochyglufodes fOicrohionoma) caligalus Savlcy, 1876, Spec. H-
p. 49 {Bryaxia) ; type ; Bône (Mus. Paris^.
t’ig. 111 et 112. — Long. 1,5 à 1,6 mm. Ailé..|prtin rougeâtre, les
élytres rouges, les membres rougeâtres, antennes foncées. Tête un peü
transverse, à tempes courtes et effacées ; lobe , frontal aplani, lisse.
Source : MNHN, Paris
PSÊLAPHIDES DE l.’AFRIOrE Df NORD.
t09
non excavé entre les tubercules anlennaires, sans la fossette villeuse
arrondie qui existe sur le lobe frontal de tous les autres Brachyglu-
todes. Antennes courtes, les articles 3, 4 et 6 à peine plus longs que
larges. 7 et 8 globuleux, 9 et 10 un peu Iransverses. Pronotum petit,
comme chez les Brachygltitodes s. str., non transverse, sans sinuosité
postérieure des cétés, le disque presque lisse. Eiytres longs et amples,
convexes, à épaules saillantes. Premier tergile abdominal simple dans
les deux sexes, court, non élargi en arrière, peu convexe. Carénules
très courtes, l’espace entre elles formant près de la moitié de la lar¬
geur du disque à sa base.
Mâle (fig. lit) : Tibias postérieurs épaissis, avec une profonde
eoiidure de la face interne vers le milieu de sa longueur : toute la
partie épaissie couverte de poils très courts.
Edéagc (flg. 112) à capsule basale sphérique et membraneuse,
rétrécie en col apical très étroit. Styles en lames à côtés parallèles,
'■approché.s de la ligne médiane, la'palette quadrangulaire, l’épaule-
”'ent avec trois soies. Sac interne avec quatre épines incurvées.
Ai.oEhik. Dèp. de Constanline : Bône (Leprieur) ; Saint-Charles,
près (II- Phili|)peville (Théry) : Medjez-Amar, près de Claudel (Cloüet
des Perruches).
l’oujours très rare.
Brachyglutodes • (Dicrobionoina) depressifrons Normand, 19{)4,
L’Ab., XXÎ p. 215 : type : Fondouk-Djedid (coll. Normand).
Le D' Normand a donné ce nom de depressifrons à quelques
^'’'rni[)liiires tiinii^ns du caligolns < avant le front déprimé entre les
‘•ntennes. disposKiofi qui rappelle la fossette înterantennaire des
Source : MNHN, Paris
10
RENÉ JEANNEL.
autres espèces tlu genre ». A la vérité, ce que le Normanu considé¬
rait comme des caliqatus tunisiens doit être tenu pour une tout autre
espèce que le caligaltis véritable qui est localisé aux environs de Bône
et de Philippeville. Il faut donc conserver le nom de depressifronx
Norm. non pas pour une petite variété du caligaiiis Saulcy, mais pour
désigner une espèce bien tranchée qui remplace le calignfus en Tunisie.
Fig. 113 et 114. — Long. 1,6 mm. Ailé. Plus foncé que le cnligatiis,
brun ou noir de poix, avec les élytres rougeâtres, les membres
.sombres. Même forme de la tête et des antennes, la tête transverse, h
lobe frontal uni ou légèrement fossulé entre les tubercules anten-
nnires, mais sans fossette villeuse arrondie. Antennes courtes et
robustes. Pronolum un peu transversc, plus large que chez cnligafnx.
mais court et aussi large que la tête, le disque lisse. Elytres et abdo¬
men semblables.
Mâle (fig. 113). Tibias posiérieurs beaucoup plus épaissis que
ceux du caligalux et surtout épaissis progressivement, sans coudure
ni incisure de la face interne.
Edéage (fig. 114) à capsule basale s|ibérique et membraneuse, non
rétrécie en col â l’exlrémité iqticale. Styles plus écartés, leur palette
dentée en dehors et munie d’une soie renflée ; épaulement situé à la
face dorsale de la palette. Sac interne avec les mêmes grandes épines.
Tunisie. Chaîne dorsale ; Bulla Regia : El Feidja ; Fernana : Le
Kef : Tebounsouk (Normand). — Cap flon ; Fondouk-Djcdid : Soli¬
man. — Sahel : Kairouan (Normand).
Commun en terrain argileux, au pied des plantes ou sous les
|)ierrcs. pendant la saison pluvieuse.
18. Gen, BRACHYGLÜTINA .leannel.
lirnchggliiiina .Ikannei., 19.')I), Fne France, ù3 (Psélaph.), p. 289 (sous-
genrel ; type : globuUcolUs Mulsant et Rey.
Groupement constitué par un petit nombre d’espèces [nésentant
les caractères généraux des Brachyglulodes, mais dont les palpes
maxillaires ont leur intermédiaire simple, conique, allongé et étroit,
alors que ce même article, dans les autres genres de Brgaxini, est tou¬
jours très gros et globuleux.
Comme chez les Brachyglulodes les tibias intermédiaires des
mâles sont incrmes et tes lergilcs abdominaux portent des caractères
sexuels, mais ceux-ci toujours bien moins développés que chez les
Brachyglulodes.
Le genre ne renferme que trois espèces, toutes présentes dans
l’Afrique du Nord, et qui forment vraisemblablement deux lignées
lyrrhéniennes.
PSÉI.APHIDES DE l/AFniOl'E Df NOHI).
Ht
Tableau des espèces.
I. Forme générale trapue, la tête volumineuse et transverse
Edéagc à styles sans épaulement externe portant les soies.
(Groupe de snrrioa) .
•Forme générale déliée et élancée, la tête petite. Edéage à styles
liimelleux, avec les soies portées sur un épaulement du bord
externe (Groupe de globulicoUis) . 3-
Groupe du sardoti.
-■ Fins allongé. Pronotnm à peine transverse ; élytres à côtés peu
arqués. Long. 1,3 à 1,5 mni. 1. saidoa Saulcy.
Plus court. Pronotum très court et nettement transverse ;
élytres amples, à côtés très arqués. Long. 1,4 mm.
. 2. CoquereJî. n. sp.
Groupe du glohiilicoUin.
3. Etroit et convexe. Tibias postérieurs fortement sinués, surtout
chez le mâle. Long. 1.8 mm. 3. globulicoUis M. et R.
Groupe du snrdoti.
Brochyglütina sardoa Saulcv, 187(), Spec. II. p. 58 (Brynxis) ; type :
Sardaigne (Mus. Paris). — Jeannel, 1950, Fne France, 53
(Psélaph.), p. 313 (Brachygluta). — mauritanien Saulcy,
1876, Spec. II, J». 59 (Brynxis) : type ; Algérie. — punica
Saulcy (in Utt.).
Fig. 11.5. — Long. 1,3 à 1,5 mm. Ailé. Convexe. En entier roux
luisani, les membres testacés. Tête volumineuse, plus large que le pro-
*’'>lum, les yeux très grands, les tempes convexes. Antennes grêles et
longues, les articles 3 à 5 presque deux fois, 6 et 7 un peu plus longs
‘lue larges, le 9 globuleux, le 10 aussi long que large. Pronotum petit.
Un peu Iransverse, la sinuosité postérieure des côtés faible, le disque
li-sse Elytres allongés et convexes, à épaules arrondies niais saillantes.
Premier tergite court, non élargi en arrière, les carénules séparées des
‘leux cinquièmes de la largeur du disque.
Mile : Pattes grêles, les tibias intermédiaires inermes. les pos-
•érieurs un peu arqués. Bord postérieur du premier tergite épaissi et
largement siniié au milieu, scs parties latérales formant deux bosses
Saillantes en dedans de la terminaison do la gouttière marginale,
deuxième tergite impressionné sur la ligne médiane.
Edéage (fig. 115) ressemblant beaucoup par convergence à celui du
^'•ochygliiiodes Scluippeli (flg. 96), même forme des styles, meme
nriiialure du sac interne.
Espèce décrite de la Sardaigne mais aussi présente en Corse.
Algérie. Dép. d’Oran : Ain-Sefra. un mâle (Chobaut). — ÿ
^•f>nstnnline : Philippeville (coll. Saulcy) : Biskra (Chobaut). — lerri
Source ; MNHN, Paris
112
RENÉ JEANNEL.
toires du Sud : Touggourt, sous uii tronc de Palmier en terrain salé
(PeyerimholT).
Tunisie. Zone côlière : Bizerlc ; La Gouletle ; Soliman ; Sousse
(Normand). — Sud tunisien : Tozeur (Dtimonl, VI 1921).
Toujours très rare, à tendances manifestement halophiles.
2. Sroch/çrlutina Coquereii, n. sp. ; type : Oran (Mus. Paris).
Fig. 116. — Long. 1,4 mm. Ailé. Voisin de sardoa, mêmes carac¬
tères généraux ; même coloration. Tête aussi grande, les yeux moins
grands et moins saillants. Antennes plus courtes, les articles 3 à 5 un
peu plus longs que larges, 6 et 7 pas plus longs que larges, 9 et 10 un
peu transverses. Pronolum semblable, aussi court, lisse. Elytres moins
longs, plus carrés, les épaules plus saillantes. Premier tergite abdomi¬
nal rétréci en arrière, peu convexe, les carénules comme chez sardoa.
Mâle : Pattes grêles ; tibias intermédiaires inermes. Tergites
abdominaux avec la même conformation que chez sardoa mais moins
accentuée : le bord postérieur du premier tergite moins profondément
échancré, scs bosses latérales bien moins saillantes.
Edéagc (fig. 116) A capsule basale membraneuse, semblable à celle
du .larda ; styles par contre très différents, lainelleiix et plats, recti¬
lignes et parallèles, mais sans épauleinent portant les deux soies. Sac
interne avec trois épines incurvées.
Algérie. Dép. d’Oran : environs d’Oraii, un mâle (Coquerel. in
coll. Saulcy).
Source ; MNHN, Paris
PSÉl.APHIDES DE I/AFRlOfE DI' NORD.
113
Groupe du globtilicoUis.
3. Brachygluiina globulieollis Mc'lsant et Rey, 1861, üp. enl., XII.
p. 71 (Bnjaxis) ; type : Hyéres fMus. Lyon). — Saulcy, 1876,
Spcc. II, p. 63. — Jeannei,, 1950. Fne France, 53 (Psélapli.),
|). ,^13. — Aiibei Tournier, 1867, Ann. Fr., (4) VII, p. 563
iBryniis) : type : Sicile. — Sauixy, 1876, Spec. II, p. 62. —
cartliagcnica Saulcy, 1876, Spec. II, p. 60 {Bryaxis) : type :
Carthagène (Mus. Paris). — Jkannel, 1950, l.c., p. 315.
Var. Pici Rafi-ray, 1904, Ann. Fr„ LXXIII, p. 271 ;
type : Gafsa (Mus. Paris).
Var, Rpingi, nov. ; type : Figuig (Mus. Paris).
Il n’est pas douteux qu’il n’existe aucun caractère pour séparer
les trois espèces glohiiUcoüis M. et R., Auhei Tourn. et carthagenica
Saulcy que les auteurs se sont cITorcés en vain de distinguer. On
pourra môme remarquer que les trois descriptions qui se suivent dans
le Speciex de F. de Saulcy ne .sont que la répétition presque mot à mot
de la première. Enfin les édéages des trois .sont absolument identiques,
comme j’ai pu m’en rendre compte par l’examen d’exemplaires lie
localités diverses.
Fig. 117 i\ 120. -- Long. 1.8 mm. Ailé. Allongé et délié. Roux
l’rillunt, les élvlres plus clairs, les membres testacés. Tête petite, non
transverse, les yeux volumineux, les tempes convexes quoique effacées.
117 b lao. (len. Hrarhyyliilina .Itrniin. - Fw. 117. Tergiles abdominaux et ptiUo
postérieure droile du mAle de fl. globnlicolth M. cl 6-’nnf.ia
„ Fio. 118. Tergites ubdomimiux du mâle de la var. flirt 1'“^^'^-
P'"- 119. Tergiles abdominaux du male de la var. «ov. dç F.gu.R.
■’ie- 120. Edéage, Tacc dorsale, de la forme typulue, de Bflne, X M>u.
'Antennes robustes, les articles 3 à 5 une fois et demie à deux fois
«ussi longs que latgcs. les 6 et 7 plus courts ; articles 9 à peine plus
«l'Os que le 8, tous deux subcylindriques et très courts ; article lU
Source ; MNHN, Paris
!U
RENfi JEANNF-1..
lronconit|ui', siussi lon^ que liirgo. Pniiiutuin Muhglobuleux, pus plus
large <[ue le pronutuii), les bosses latt^rales à j)eine saillantes, les côtés
nettement sinués en arrière ; disque lisse. Elytres ainples et convexes,
à é])aules arrondies mais saillantes. Premier tergite rétréci en arrière ;
carénnies longues. subparallMcs, distantes des deux cinquièmes de
la largeur du disque. Pattes longues et grêles, les tibias postérieurs
épaissis et incurvés au sommet, avec une longue épine subapicale dans
les deux sexes.
Môle : Tibias postérieurs bissinués (Pig. 117), l'épine distale assez
longue : tibias intermédiaires inermes. Premier tergitc aMominal
avec une échancrure du milieu de son bord |>ostérieur. dans laquelle
apparaissent deux tubercules du deuxième lergite, et d’autre part avec
une fossette di- chaque côté sur la moitié distale de la gouttière mar¬
ginale.
Chez la forme typique, largement réi)andue (flg. 117), l’échancrure
postérieure du jireniier tergite est profonde, le disque du tergitc est
régulièrement et |)eu convexe.
Chez la variété liriui/i, nov., de Figuig, (fig. 119), le disque du
tergite est surélevé, bordé latéralement par de profondes gouttières.
C’est là une forme à caractères sexuels plus piamoncés, comparable à
la var. eifimlun RalTr, du Rrachiiqliilnücs Leprietiri Saulcy.
Enfin chez la variété Pici RafTr., de Gafsa (lîg. 118), les caractères
sexuels des mâles sont très atténués. A la place de l'échancrure pro¬
fonde du bord postérieur du tergitc, il n’existe qu’une vague dépres¬
sion Iransverse de ce bord.
Edéage <fig. 120) de slruelure particulière et très constante, f.cs
différences que j'avais cru relever entre les édéages du cnrfbngenicfi
de Malaga et du (jlobvlicollix M. et R. de Hyères (1950, I. c.. p. 8H,
lîg. 131) n’ont aucune constance et mes deux ligures ne répondent
d’ailleurs jias à la réalité en cc <|iii concerne rarmatiire du sac interne-
En réalité les caraclères de l’édéage, aussi bien chez les trois
iihihtilicnllis. Aiihei et carlhngenica réunis ici en une seule espèce, ([ue
chez les deux variétés lienn/i et Pici, sont les suivants.
Capsule basale membraneuse et hyaline, atténuée en pointe dans
sa partie distale. Styles très larges, plats, à large épaulcment latéral.
|>ortanf trois grandes soies. La palette des styles, longue, parallèle,
est crcu.séc d’une large gouttière dans laquelle repose une grande soie
renflée, fusiforme, insérée à la base de la palclle. Sac interne avec
trois épines, une très longue médiane et une paire plus courte. La
jtaroi ventrale du sac interne présente une vaste plaque chitîneuse
dont la partie droite est toujours dentée.
Espèce largemenl répandue sur les terrains salés du littoral àt
la Méditerranée et de l’Atlantique. Elle est coniuie de France, d’Es-
]iagne. d’Italie, de Corse et de Sardaigne, enlin de toute l'Afrique du
Nord, où ses tendances halophiles paraissent moins fixées qu’eo
Europe.
MAnor., Plaines allanlitiucs : Larache (Peyerimhoiïl ; Oued
Mellah, à Rabat (Antoine) ; Casablanca (Antoine' : Marrakech (Ko-
Source : MNHN, Paris
PSftl-APHIDKS T)E 1,'AFRlOrE DU NORD. 115
cher). — Saluira nuirocaiit : Bciî>uenl (Remy) ; Figui}^ (var. Hemgi.
L./'ov.l (Reiny).
n. ALGÉRrE. Dâfj. d'Orun : Marnia (Boitel) ; Oran (coll. Sauicy» ;
Les Trciiihics (Rotrou'. -- Dèp. de Consinnfine : Bône (Leprieur, Peye-
rimholT) ; Philippcvilie (Théry) ; Constanline (A. Grouvelle) ; Biskra
(Sictli, R. de Borde). Sahara algérien : Beni-Abbes, dans les détritus
d’innoiulation de l’oued Saoiirn. et dans les puits de la palmeraie
fFr. Pierre. Il et IV 1947-48).
Tunisie. Chaîne dnmale : Le Kef, bords de l’oued Remel (Nor¬
mand), - Sud tunisien : Gafsa (var. Pici Raffr. (Pic, Normand),
19. GüH. REICHENBACHIA Leach.
f^eirhenbachia I^eagh, 1825, Zool. Journ., II, p. 151 ; type : jiincaram
Leach. — .Teannei., 1950, Fne France, 53 (Psélaph.), p. 319.
Ce genre, qui est assez pauvrement représenté en Europe, a reçu
contraire un nombre immense d’espèces du monde entier, accu-
"Hilées par Rafkuav dans se.s catalogues. Il y aura lieu, assurément,
d’elTectuer des coupes génériques nouvelles dans ce ramassis hétéro-
K^nc. Pour l’instanl, m’étant particuliérement occupé de la faune de
l’Ancien-Mondc, j’ai déjà séparé deux grands genres, Reichenbachia
et Trissemns et distingué chez les Reichenbachia intertropicaux deux
sous-genres : Reichenbachia s. sir. à styles de l’édéage sans soies,
^^ichenbaehella ,lcann. i) styles de l'édéage sétifères.
On ne trouve dans l’Afrique du Nord que deux des trois espèces
de Reichenbachia s. str. qui peuplent l’Europe méditerranéenne occi¬
dentale.
TaRI.KAI- des espèces NORD-AEBir.AINE.S.
1- Antennes plus longues, l’article 5 une fois et demie aussi long
<Iiie large. Carénulcs du premier tergite très courtes. Long. 1.6
à 1.7 mm. 1. juncorum Leach.
Antennes très courtes, les articles moyens du funiculc à peine
plus longs que larges. Carénules du premier tergite plus lon¬
gues, plu.s neltcs. Long. 1.5 à 1,6 imn .. 2. nigrirentrîs Schaiim,
fieichenbochia (s. str.) juncorum Leach, 1817, Zool. Mise., II, p. 86 ,
type : Norfolk, .Ikannel, 1950, Fne Fr., 53 (Psélaph.).
p, 321. — Cloueli Gni-i-EBEAC. 1897. L’Ech., XIll. p. 22 ;
type : Mcdjcz-Amar (Mus. Paris).
Ca synonymie du Cloueli Guill. avec le jnncuritm Leach a été
‘établie uar Peveuimhofe (1931, L'Ah., XXXI, p. 185).
Ailé. Testacé rougeâtre. Antennes grêles et longues, les articles à
* 6 nettement une fois et demie aussi longs que larges, le 8 petit, les 9
10 Ironconiques, le 9 étroit et aussi long que large, le 10 un peu
Ifansverse ; article 11 oblong, plus de deux fois aussi long que le K).
Source ; MNHN, Paris
116
RENÉ JEANNEL.
Proiioluiu toujours Iransvcrsc, dcnsenu’nl poiielué. Elytri-s loiif^s et
bombés, à épaules saillantes. Carénules du i)remier terf'ite très courtes,
écartées du tiers de la larj^eur du disque à sa base.
Mile. Trochanters antérieurs et inlenuédiaire.s avec une épine
dressée sur le milieu du bord postérieur. Tibias inteniiédiaircs avec
un éperon distal interne court et épais.
Edéagc (Itt.âd. Fne Fr., 53, fif'. 135) à capsule basale ineinbraneusc
et hyaline. Styles courts, très sciérifiés, à extrémité atténuée et dentée
en dedans. Sac interne incrme.
Espèce aussi commune dans l’Afrique du Nord qu’en Europe.
Maiux;. Rif : Tanger fVaucher). Phines (ülantiques : env. de
Fez (Olin. IH 19.37),
Ai.GÉRtK. Dép. d’Oran : Oran (coll. Saulcy) ; Tiaret (Vauloger). —•
I)ép. d'Alger ; Alger (coll. Saulcy) ; Soum cl Hallouf, 5 Kolea (Peye-
riniholT) : Lodi, près de Médéa (PeverimhofTl : Zaouïa des Mouzaîa
(Peyeriinhoff) ; Bou-Bérak, près de Dellys (Chobaul) ; Tigzirt-sur-Mer
(PcyeriinhofT). — Dép. de Con.ilanline : El Madhor. à Mcdjez-Amar,
près de Claudel (Clouet des Perruches).
Tunisie. Chninr dorsale : Ain-Drahnin : Le Kef : Tehoursouk
(Normand).
Dans les endroits humides et marécageux.
2. Aeichenbachia (s. sir.) niçrÎEentris Schatm. 18.59, Berl. ont. Zs„ IIL
p. 49 ; type : Dalmatie. .Ikannei., 1950. Fne France, 53
fPsélaph.l, p. 322.
Long, 1,5 à 1.6 mm. Ailé. Aspect du juncoriim, mais plus petit,
avec les antennes très courtes ; même ponctuation prothoracique. La
coloration foncée de rabdomeii est inconstante et se retrouve d'ailleurs
parfois chez le jnncoriini. Antennes courtes, les articles 3 à 7 d’un
(|uart plus longs ({ue larges, la massue très peu épaisse, les articles 9
et 10 Ironconiques, aussi longs que larges. Pronotum un jieu moins
transverse <[ue chez juncortim. Carènes abdominales avec le même
écartement mais plus longues et plus nettes. Tibias postérieur avec un
éperon distal dans les deux sexes.
Mêle avec les mêmes caractères <|ue chez jiincornm.
Edéage (1950, Fne Fr., 53, fig. 135) à styles assez longs, conver¬
gents, étroits et rectilignes, nuis dilatés en patelle eourle et tronquée
au sommet. Sac interne sans armature.
Assez répandu dans l’Europe méditerranéenne, y compris la
péninsule Ibérique, la Corse, la Sardaigne et la Sicile. (I semble avoir
pénétré en Tunisie par la Sicile.
Algérie. Dép. d’Alger : Massif des Mouzaîa, aux endroits maréca¬
geux (Peyeriinhoff). — Dép. de Constanline : Bftne (Théry).
Ti^nisie. Chaîne dorsfde : Ain-Draham, un mâle avec des jnn-
coriiw (Normand' ; Fernana, une série d’exemplaires (Normand).
PSfil.APlIIDES DE L’AEIdOrE DE NOKi).
117
2». r.cn, TRISSEMUS .leaiinel.
T'ri.isrnuis .Îkansei., 1949, Mém. Mus., XXIX, p. 95 ; lypc : nnlcnnntus
Aube. — 1951), Fne Fniiioe, 53 CPsélaph.'), p. 324.
(îenre lar^emcnl répaïuhi clans toute l’.Afrique inlerlropicalc et
la région paléarctiquc. Les espèces sont bien reconnaissables à
la présence de trois fossettes à la base des élytres. Au cours de mes
Iravaux sur la faune du Congo Belge, j’ai eu à décrire plusieurs sous-
genres : mais les espèces de l'Afrique du Nord sont toutes des TriS'
’femiis s. str.
L’Afrique du Nord est bien plus riche que l’Europe occidentale
en Trissemiis. Alors que les Reichenhnehin nord-africains sont peu
Nombreux, puisqu’ils ne couiprennent que deux espèces aussi connues
de l’Eiirope. les Tris.iemiis, au nombre de huit e.spèces sont presque
lous des espèces particulières et relèvent de lignée d’origine diverse.
BiOGitof.RAPHii:. - Les Trissemiis paraissent être bien plus anciens
dans la faune de l’Afrique du Nord que les lieichenbachia.
Une lignée est représentée par Vbeterneerns Aubé, du groupe de
IVm/enno/u.?. Celui-ci est une es|)èce répandue en France cl en Corse :
^'helerncenis occupe la Dorsale tunisienne et les chaines kabyles. Le
fait que les deux espèces, certainement de même souche, diffèrent
iissez notablement fait jienser qu’elles doivent être séparées depuis
ftssez longtemps, que la venue de Vheteroceni/i en Afrique doit être
intérieure à celle des espèces quaternaires. Ce serait donc alors au
Poutien que se placerait l’arrivée sur l’Atlas tunisien de la souche
lyrrhénienne qui a donné les deux espèces.
La géonémie des autres espèces nord-africaines du genre Trissf-
i»iis est ]ilus difficile à interpréter.
D’abord il existe certainement deux groupes qui sont formés
d espèces directement venues de l’Afrique gondwanienne.
Le groupe de niloticus, représenté en Basse-Egypte, est formé
d’espèces réparties dans l’Afrique intortropicale {1949, Mém. 'Y"®-'
^XlX, p. 100), Le groupe de iruncntlcornis est encore un élément de la
l'»iine africaine interfropicale ; il est surtout répandu dans l’Afrique
^^rientate (1949, I. c.. |i. 199). On le trouve reiirésenté dans le Tassih
''’AJJer et l’extrêine Sud tunisien par le jontiger Peyer.. et au Maroc
par le Y. marocctinii.'^ Raffr.
Cette accession «l’une lignée gondwanienne au Maroc rend très
'■'■iiiseniblal)le (jue la lignée de leliianiciis, avec ses deux espèces
^^tuanicus nov. dans le Rif et luimUliciis nov, è Boue, soit un groupe
d origine gondwanienne. spécialisé sur la Meseta marocaine, et qu i
.soit encore de même pour le Qiiedenfeldti Rcitt., c.spèce spéciale
a» Maroc. L’arrivée de ces souches gondwaniennes sur la Meseta maro-
'^«ine pourrait se placer à l’Oligocène supérieur, au Chattien qui fut
dne période géocratiiiue pendant laquelle bien des lignées africaines
*^9t p.nssé en Europe.
Source ; MNHN, Paris
1t8
HKXÉ JEANNEL.
Quimt au T. OUvieri RalTr. {opuntinc Schm.-Gceb.l espèce de même
-siiuche que le Qnedenfeldli, il semble bien qu’après avoir peuplé
t’Kuro|)e mêdilerranèennc, il soit revenu en Beibêrie orientale au
Pontien, en même temps que les neichenbachia.
Tabi.rai' des espaces nord-africaines.
1. Carénules tlu premier terf^ite très rapprochées l’une de l’autre,
à peine distante du cinquième de la largeur du disque à sa base. 2.
- Carénules <lu )»reinier lergile distantes l’une de l’autre du tiers
de la largeur du di.sque à sa base. 4.
2. Tempes obliques et planes. Antennes très grêles. (Groupe du
nilotirus) . 5.
- Tempes convexes, saillantes . 3.
3. Lobe frontal couri, rétréci en avant, les tubercules antennaires
peu saillants. Antennes (i massue courte et épaisse. (Groupe du
tetuoniciis) . 6.
- Lobe frontal grand, à cbtés parallèles et tubercules antennaires
très saillants. Antennes longues et fines. Insectes noirs h élytres
rouges. (Groupe de Kfliiueri) . 7-
4. Veux petits, plus courts <[ue les tempes qui sont saillantes.
Caractère.s sexuels portant sur le funicule antennaire. (Groupe
de Vanlennafux) . 8.
- Yeux très grands, bien plus longs que les tempes qui sont
effacées. Caractères sexuels portant sur la massue antennaire.
(Groupe du lriincnticorni.t) . 9.
Groupe du niinlictis.
â. Pronotum étroit, aussi long que large, lisse ; élytres finement
et superficiellement ponctués. Long. 1,5 mm. 1. niiofJcus Motsch.
Groupe du leliinnicita.
15. Pronotum transverse, peu rétréci & la base qui est nettement
plus large que le bord antérieur. Forme épaisse. Antennes à
articles 9 et 10 aussi longs que larges. Long. 1,6 à 1,7 mm. . ..
. 2. (etuanlcus, n. sp.
Pronotum transverse mais rétréci à la base qui n’est pas plus
large que le bord antérieur. Forme plus déliée quoique très
convexe. Antennes à massue plus épaisse (femelIcL l’article 9
globuleux, le 10 transverse. Long. 1,5 mm. . . 3. numidicus, n. sp.
Groupe de VOliiiieri.
7. Pronotum transverse. Antennes à article 9 bien plus long que
large. Front du màlc non impressionné. Long. 1,8 à 2 mm.
. 4. Olivier! Raffr.
— Pronotum aussi long que large. Antennes à article 9 pas plus
long que large. Front du mâle avec une impression transverse
en avant des yeux. Long. 1,8 â 2 mm. 5. Quedenieidfi Reitt.
Source ; MNHN, Paris I
PSÉLAPHIDES DE L’AFRIOl’K DU NORD. 119
Groupe di‘ ron/rn/in^ijs.
Brun rouf»eàlrc luisant, la massue des antennes sombre. An¬
tennes du nu\le à artîeles 5. fi et 7 renflas, très gros, le 8 petit.
I.ong, 1,7 à 2 mm. fi. heterocerus Aubé.
Groupe du Inmcfilicornix.
fi. Pronotum petit mais transverse. Antennes du mâle à articles
fi et 10 très transverses, très petits : antennes de la femelle à
article fi petit, subglobuleux, le 10 un peu Iransverse. Long.
1,0 mm. 7. inaroccanus Raffr.
— Pronotum à peu près aussi long que large. Antennes du mâle
à article fi et 10 moins jilals. Ironconiques quoique très trans¬
verses ; antennes de la femelle à article fl moins petit, un peu
transverse. Long, l.fi mm. 8. fontiger Peyer.
Groupe du nilnticiis.
Dans ce groupe, j’ai réuni une série d’espèces de l’Afrique inter-
tvopicale qui présentent en commun un certain nombre de caractères
‘1049. .1/ém. Mtix., XXIX, p. 100). Ce sont des espèces ailées, de petite
l^'Iie, à carénules abdominales très rapprochées. Les espèces du sous-
genre Trissemidiiix, qui peuplent les forêts de montagne de ta Dorsale
congolaise ont la même disposition des carénules abdominales, mais
sont des formes aptères, ayant un type d’édéage très particulier.
1- Trisaemus (s. str.) nÜo/tcus Motschoulsky, 1851, Bull. Moscou,
XXIV, p. 192 (Driin.ris) ; type : Kgypte (coll. Saulcy in Mus.
Paris). .Ikannrl, 1049, Mém. Mus., XXIX. p. 100. —
fietjfiptiticiis Motscbonl.sky, 18.51. l. c.. p. 198 ; type : Egypte
(coll. Ralïray Mus. in Paris),
Pig. 121. Long. 1..') mm. Ailé, Tcslacé rougeâtre luisant. Allon¬
gé et délié, la pubescence très courte. Tête grande, à lobe frontal court
peu saillant, les yeux très grands, bien plus longs que les tempes
fini sont obliques èl effacées. Antennes longues cl très grêles, les
articles 3. 4 et fi une fois et demie, le 5 deux fois aussi longs que
‘“'■gfs ; article fi grêle, un peu plus long que large, le 10 tronconique,
‘•nssi long que large. Pronotum aussi long que large, très bombé et
scs cédés sinués en arrière. Elytres bombés, à épaules saillantes.
J'arénules obli(iues, iis.sez longues, très rapprochées l’une de l’autre â
•'ase. Pattes longues el grêles, les tibias postérieurs arqués.
Mâle : Trochanters antérieurs armés au milieu d’une épine très
"np- Tibia.s intermédiaires avec un fort éperon apical interne.
Edéage (fig. 121) allongé. Styles lamellcux, larges, terminés par
Jne palette très large el saillante en dehors. Sac interne tapissé de fines
Opines obliques, très nombreuses.
Source ; MNHN, Paris
120
RENÉ JEANNEL.
Eoyj’TK : Le Caire, aux Pyramides, 2 femelles (W. Wiftiner, VII
19:i3) ; Kirdassah, un mâle (W. Witlmer, IX 1933).
Une femelle rapportée à cette espèce a été prise à la lumière à
Xanoropus, sur la rive septentrionale du lac Rodolphe (Mis.s. de l’Oino,
1 1933).
Groupe du leltianiciis.
(îroupe particulier à l’Afrique du Nord où je range deux espèces.
2. Trissemus (s. str.) tetuonicus, n. sp. : type : Telouan (Mus, Paris).
Fig. 122. — Long. 1,6 à 1,7 mm. Ailé. Testacé rougeâtre foncé et
luisant, la pubescence extrêmement courte. Epais et convexe. Tête
arrondie et déprimée, le lobe frontal court et rétréci en avant, sans
saillie des tubercules antennaires, les yeux jtlus longs que les tempes
qui sont .saillantes, convexes. Antennes courtes, les articles 3 à 6 une
fois et demie aussi longs que larges, le 7 très court, le 8 et le 9 trans-
verses, le 9 plus large que le 8, tronconique comme le 10, ce dernier
aussi long que large, le 11 oblong, Ironqué â la base. Pronolum forte¬
ment fransver.se, à base bien plus large que le bord antérieur, le disque
très bombé et lisse. Elylres épais et convexes. Carénules abdominale*
courtes, très rapprochées â la base. Pattes courtes, les tibias posté¬
rieurs arqués.
Mâle : Tibias intermédiaires avec un fort éperon distal interne-
Edéüge (fig. 122) à capsule basale arrondie, ample, hyaline. Style*
étroits, très écartés l’un de l’autre, parallèles et arrondis à l’extrémité»
sans dilatation. Sac interne avec une chaîne de 4 ou 5 grandes dent*-
Source ; MNHN, Paris
PSÉI.APHIDES DE L’AFRIOl'E DU NORD.
121
Maroc. liif : Tetouan, au pied du Rif, un mâle et 2 femelles
(Vaucher, XII 1893). — Plaines atlantiques : Merja Bokka. lagune de
la région de Kcnitra, un exemplaire pris A la lumière (Rungs, V 1953).
— Sofij ,• Agadir, un mâle (Antoine).
3- Trissenius (s. sir.) numidicus, n. sp. ; type : Bône (Mus. Paris).
Long. 1,.5 mm. Ailé. Testacé rougeâtre luisant. Convexe et peu
épais. Tête médiocre, à lobe frontal peu saillant, rétréci, déprimé au
milieu, les tubercule.s aniennaires peu saillants ; yeux plus longs que
les tempes qui sont un peu convexes. Antennes courtes et épaisses, les
articles 3 à 7 p.is plus longs que larges, le 8 globuleux, le 9 guère plus
large que le 8, un peu Iransverse, le 10 fortement transverse, le 11
plus épais que le 10, asymétrique ; massue plus renflée que chez
If’tuaniciis. Pronolum un peu plus large que long, sa plus grande lar¬
geur au milieu, sa base étroite, pas plus large que le bord antérieur,
les côtés sans sinuosité postérieure ; disque bombé et lisse. Elytres
peu amples, mais convexes, sans ponctuation, les épaules peu saillan¬
tes. Carénules abdominales très courtes, très rapprochées l’une de
l’autre à la base, Pattes courtes et épaisses.
Mâle inconnu.
Curieuse espèce, remarquable par la brièveté de ses antennes, la
forme de son pronotuin et le rapprochement des carénules abdomi¬
nales. L’unique exemplaire connu était mêlé à des femelles du T. hete-
'‘ocerns dans la collection Abeille et Perrin.
Algérie. Dép. de Constantine : Mont Edough, près de Bône. une
femelle fBonnaire. in eoll. Abeille).
Groupe de VOUuieri.
trissenius (s. str.) Olivier! Raffray, 1871, Pet. Nouv. ent., p. 171 .
tvpe : Algérie (Mus. Paris). — npiintiae Aubé, 1844, Ann.
Fr., (2) II. p. 115 (Brgnxis) (nec Bryaxis opuntiae Schmirt-
Gokrel, 1836, Psel. Faun. prag., p. 31, pl. I. fig. l?)-
Machulka (1930, Casopis, XXVI, p. 120) a fait observer que l'in¬
secte décrit par Schmidt-Goebel dans sa « Dissertatio > (1. c.) sous
le nom de Bryaxis opuntiae est en réalité, un Tychus d’espèce non
'denlifiable. La figure 17 de sa planche ne laisse aucun doute A cet
^Rard. ()n est donc dans l'obligation de faire disparaître de la nonien-
clalure le nom d’* opuntiae », d’ailleurs assez ridicule, car il s appli¬
querait bien mieux A un Coecide qu’à un Psélaphide.
Fig. 123. Long. 1,8 A 2 mm. Ailé. Brun de poix ou noir luisant,
les élytres rouges, les membres testacé rougeâtre, la pubescence
Irès courte. Epais et trapu, les pattes très longues. Tête grande, le
frontal grand, largement déprimé, à côtés parallèles et tubercu¬
les antennaires très saillants ; yeux aussi longs que les tempes qui
^ÉsjoiriF.s nu Murül'h. — Zoolooib. t. XIV. ®
Source : MNHN, Paris
122
HENfi JEANNEl..
sont saillantes, bombées. Antennes longues et robustes, l'article 3 plus
long que le pédicelle, trois fois aussi long que large, les articles 5 et <>
deux fois, les 7 et 8 un peu plus longs que larges ; article 9 allongé,
subcylindrique, le 10 tronconique, un peu plus long que large, le 11
deux fois aussi long que le 10. Pronolum plus ou moins transverse,
les bosses latérales saillantes, la base large, les côtés faiblement sinués :
disque très convexe et lisse. Elytrcs très bombés. Premier tergite abdo¬
minal fortement rétréci en arrière, court et peu convexe, ses côtés
rectilignes. Carénulcs longues et obliques, écartées du cin([uième de la
largeur du disque à sa base. Pattes robustes mais très longues, les
tibias postérieurs peu arqués.
Môles : Trochanters simples. Tibias intermédiaires avec un épe¬
ron distal interne.
Rritl., de Korifla. — Fin, 125. T. (s. str.) heterocera Saulcy, de Bnu-Bérak.
Edéage (fig. 123) ovoïde ; styles droits, effilés en pointe. Sac io*
terne inerme.
Plspècc répandue sur le littoral de la Méditerranée, en France,
en Italie, en Grèce, en Corse et en Sardaigne, et aussi en Espagne d
dans l’Afrique du Nord.
Maroc. lîif : Tanger (Vaucher). — Plaines atlantiques : env. de
Larache (Peyerimhoff) ; env. de Fez (Olin) ; Karia (Otin) ; Bouilhaut
(Antoine) ; Oued Mcfifik, à Fedala (Antoine) ; Aghoualim, près de
Marrakech, 2 exemplaires pris dans des pièges lumineux (1) (Rungs)-
— Maroc oriental : Daya Chiker, près de Taza (Otin).
(1) Les mêmes pièges ont attiré des centaines de Brachughit" hipponnenli*
Saulcj’.
Source : MNHN, Paris
PSfti.APHIDES DE L'AFRIQUE DU NORD.
123
Algérie. Dâp. d’Orun : Sidi-Bel-Abbès (Boitel) ; Les Heumis,
iJans le Dahra (Bedel). — Dêp. d'Alger : Zaouia des Mouzaîa (Peyerim-
hoff) ; Bou-Bérak, près de Dcllys, nombreux exemplaires (Chobaut) ;
Azoïik'd, Il Akfadoii (Peyerimhoff). — Dàp. de Confttanline : Saint-
Charles, près de Philippeville fThèry) ; Mont Edough, près de Bènc
(Aheillet ; gorge d’El Kantara (Fagel, V 1954) ; Biskra, nombreux
exemplaires h la lumière (Chobaut),
Tunisie. Clinine dorsale : Ain-Draham : Bulla Regia ; Fernana ;
El Fcijda ; Le Kef ; Teboursotik (Normand). — Cap Bon ; Soliman :
Eondouk'Djedid ; (Normand).
Commun dan.s les endroits humides, surtout sous les détritus au
hord des oueds ou des marais.
Trlssemus (s. slr.) Quedenieldii Reittrr. 1881, Verh. z. b. Ges. Wien,
XXX, p. 477 (Reichenhachia) ; type : Tanger (Mus. Paris).
Fig. 124. — Long. 1.8 ù 2 mm. Ailé. Noir luisant, les élytres rou¬
geâtres ou brunâtres foncés, les membres testacés rougeâtres, Forme
générale de VOlirieri, les pattes au.ssi longues ; pubescence moins
courte. Tète de même forme, le lobe frontal aussi grand, à côtés paral¬
lèles et tubercules anteunaire.s saillants, les yeux et les tempes sem¬
blables. Antennes longues et robustes, les articles du funicule comme
chez Oliuieri, l’article 3 en particulier bien plus long que le pédicelle,
Wais les articles de la massue sont différents ; le 9 et le 10, tous deux
ffonconiques, sont un pou plus longs que larges, le 11 n’est que de
•Moitié plus long que le 11!. Pronotum bien moins large que chez
Oliuieri, à peu près aussi long que large, ses côtés sinués, son disque
bombé et lisse. Elytres et abdomen semblables.
Mâle : Tète avec un sillon transverse à la base du lobe frontal,
CD avant des yeux. Trochanters .simples. Tibias intermédiaires avec
'•n fort éperon distal interne.
Edéage (flg. 124) très particulier, grand, la capsule basale large,
D orifice apical largement ouvert. Styles courts, larges et lamelleux,
»itués à la face ventrale, leur extrémité en large palette dentée en
dehors. Toute la partie distale de la capsule est remplie par un large
bloc chitineux d’où sc détachent trois apophyses inégales qui font
^^illie au dehors. Sac interne presque inerme.
Maroc. Rif : Tanger (Quedenfeldl. Vaucher). — Plaines allanli-
V»cs .- env. de Fez (Otin) ; Korifla, plusieurs exemplaires (Rocher).
Groupe de l’anleiinatus.
. Ce groupe est formé par deux espèces dont les mâles ont des an¬
tennes à articles du funicule très renflés. Le T. antennatus Auhé est
'■èpandu dans l’Europe méridionale, y compris la Corse, mais "existe
dans l’Afrique du Nord, quoi qu’on en ait dit. La collection
‘D’Abeille de Perrin conlenait un mâle étiqueté « Algérie » ; mais je
Source : MNHN, Paris
124
RENÉ JEANNEL.
n'ai vu aucun autre exemplaire de cette origine et celui d’AbeiUe de
Perrin paraît bien avoir été étiqueté par erreur.
6. Trisseinus Cs. str.) Jieterocerus Arné, 1844, Ann. Fr., (2) II. p. 119
(Brgaxis) ; type : La Galle (Mus. Paris). — Saulcy, 1876,
Spec. II. p. 95.
Fig. 125. — Long. 1,7 à 2 mm. Ailé. Brunâtre luisant, les élytres
rouges, les pattes testacées rougeâtres, les antennes à massue rem¬
brunie. Allongé, robuste, les pattes courtes ; pubescence courte et rare.
Tête petite, le lobe frontal peu saillant, rétréci, excavé entre les tuber¬
cules antennaires qui sont peu élevées ; yeux pas plus longs que les
tempes qui sont saillantes et très convexes. Antennes dissemblables
dans les deux sexes. Pronotum globuleux, sans sinuosité postérieure
des côtés. Arrière-corps oblong, les élytres peu renflés. Carénules abdo¬
minales obliques, séparées d'un peu plus du tiers de la largeur du
disque â sa base.
Mâle : Antennes plus longues, avec les articles 5, 6 et 7 très gros
et un peu dissymétriques, le 8 petit, le 9 et le 10 tronconiques, le 9
étant seulement un peu plus grand que le 8. Trochanters simples.
Tibias intermédiaires avec un éperon distal interne.
Femelle : Antennes plus courtes, les articles 3 à 6 de moitié plus
longs que larges, les 9 et 10 comme chez le mâle, mais notablement
plus petits.
Edéage (fig. 125) de même type que celui d’onfcnnofu.s (Fne Fran¬
ce, 53, p. 327, fig. 136 h), c’est-à-dire avec la même coalescence des
styles. La capsule basale est plus large à la base, in palette des styles
fusionnés plus longue ; les dents du sac interne sont plus nombreu-
Localisé dans la partie orientale de l’Algérie et la Tunisie,
Aloérie. Dép. d’Alger : Alger (coll. Saulcy) ; Bou-Bérak, près de
Dellys, nombreux exemplaires (Chobaut) ; forêt de l’AUfadou, à
1.200 m. d’ail. (Fagcl. V 1953) ; Massif des Mouzaïa, en divers points
(Peyerimhoff). — Dèp. de Constanline : Bône (Leprieur, in coll-
Saulcy) : Mont Edough, près de Bône (Abeille') ; marais de La Callc
(Lucas).
Ti^ni.sie. Chaîne dorsale : Ain-Drahain : El Feidja ; Le Kcf :
Teboursouk (Normand).
Assez commun dans les bois de Chênes, sous les mousses, I®*
feuilles mortes ou autres détritus, principalement au bord des ruis*
seaux (Normand).
Groupe du Iriincalicornis.
Groupe surtout représenté dans l’Afrique orientale (1949, Mém-
Mus., XXIX, p. 109), formé d’espèces à massue antennaire présentant
des caractères sexuels chez les mâles.
Source : MNHN, Paris
PSÉ1.APHIDES DE I/AFIIIOIK Dl’ NORD.
125
7. Tr/ssemus (s. strj maroccanus Rafi'Ray, 19ü 4, Ann. Fr., LXXIII, p.
289 (Reichenbacbin) ; type : Maroc (Mus. Paris).
Fig. 126. — Long, 1,6 mm. Ailé. Teslacé rougeâtre luisant, la
pubescence courte et rare. Epais, les pattes courtes, Tête médiocre,
déprimée, le lobe frontal peu saillant, rétréci en avant, aplani avec
une fossette médiane, les tubercules antennaires réduits. Yeux très
grands, bien plus longs que les tempes qui sont très courtes et effa¬
cées, Antennes courtes, les articles 3 à 6 et surtout le 7 à peine plus
longs que larges. Proiiotum court, transverse, sans sinuosité posté¬
rieure des côtés, la base large ; disque bombé et lisse. Elytres amples
et convexes. Premier tergite abdominal à côtés parallèles. Carénules
peu dislanles, écartées du tiers rie la largeur du disque et masquées
par ries rugosités. Pattes courtes.
Mâle : Antennes à massue épaisse et dissymétrique (Raffr.ay,
I- c. fig. 61 ), les articles 9 et 10 très courts et très larges, discoïdes,
mais à bords tranchants, le 11 ovoïde, très gros, avec une forte encoche
de la base de sa face interne. Trochanters intermédiaires dentés tibias
intermédiaires avec un grand éperon distal interne cylindrique.
' • 18. itr.) mtiroccami» H
liger Peycr., d’In Taliart.
Edéage (fig. 126) à capsule basale meml)raneuse, ovoïde. Styles
courts, à palettes abaissées du côté ventral, larges et dentées latérale-
'«cnt. Sac interne avec deux très grandes dents faisant saillie à I exte-
■■'cur sous le bord apical et dorsal, très anguleux, de la capsule.
Maroc. Mâle et femelle, sans indication précise de provenance
'Coll. Raffray).
Source ; MNHN, Paris
1
•26 RENÉ JEANNEL.
8 . Trissemus (s. sir.) lontigei PEyicaiMHOKi-, 192‘J, BuJl. Fr., p. 90 {Rei-
chenbacbia) ; type : Tin Tabart (Mus. Paris).
Fig. 127. — Long. 1,5 mm. Ailé ou aptère. Testacé rougeâtre, lu
pubescence courte, assez dense. Peu convexe ; court. Tête médiocre, |
le lobe frontal aplani, peu saillant, rétréci comme chez marocconus,
les yeux aussi grands, bien plus longs que les tempes qui sont cITa-
cées. Antennes courtes, les articles .3 à 5 un peu plus longs que larges, •
le 6 à peine, le 7 et le 8 globuleux. Pronotum à peu près aussi long que
large sans sinuosité postérieure des côtés, le disque bombé et lisse.
Elytres amples et peu convexes. Premier tergite abdominal rétréci en
arrière ; carénules bien plus nettes que chez morocco/iiia, écartées du
tiers de la largeur du disque. Pattes courtes.
Mâle : Antennes à articles 9 et 10 larges et Iransvcrscs, deux
fois aussi larges que longs, en forme de disques à bord épais, l’article
H avec une forte encoche de sa partie basale interne. Trochanters
intermédiaires dentés, les tibias intermédiaires avec un éperon distal
interne plus court que chez maroccantis.
Edéage (fig. 127) à capsule basale membraneuse, ovoïde. Styles
plus allongés que ceux du mnrnccnniia, la palette terminale plus grêle.
Sac interne avec deux grandes dents.
Espèce assurément très voisine du maroccanti.t Raffr.
TERRiTOinES nu Sun. Tassili occidental : marécage suspendu de
Tin Tahnrt, ait. 850 m. env., une série d’exemplaires sous les touf¬
fes de Tijpba elephanlina (PeyerimbofT, avril).
Tunisie. Siid-liinisien : Tozeur. une femelle (Dumont, VI, 1921).
Trib. TYCH/Nl Jeannei.
Tychini, sensu novo, Jean.vel, 1949. Mém. Mus., XXIX, p. 42. — 1950,
Fnc France, .53 (Psélaph.), p. 331.
La position systémati<[ue de cette tribu est difficile h préciser. ^
Raffray l’avait réunie aux Rijlhinini, formant ainsi un groupement «
Irès hétérogène, Dans mon travail sur les Psélapbides de lu Faune J
de France, j’ai séparé les Tychini des Rythinini et les ai plutôt rap- I
prochés des Bryaxini. |
Aujourd'hui, dans la systéuiatit(uc nouvelle des Psélapbides que *
j’ai instituée (195,5, Mém. .V<i.i., Zool., IX, p. 5) d’après la structure J
symétrique ou non des édéages, la place des Tychini devient problé- I
matique. |
A ne considérer que les Tychtm et Tychomorplms, c’est-à-dire les
deux genres paléarctiqucs, dont les édéages sont asymétriques et sans
styles, la tribu no semble pas pouvoir se placer dans la sous-famill«
nouvelle des Bryaxilae. On serait même tenté de l’incorporer aux
Bairisilae. Mois lous les caractères extérieurs sont en contradiction
avec un tel rapprochement. Et surtout, la trihu des Tychini (sensu
I
Source ; MNHN, Paris
PSÉI.APHIDIîS DK I.’AFR10rE DP NORI).
127
Rovoj n-iirerme un autre genre, Ciflindrarcltis Schauf., de l’Amérique
du Nord, dont les édéages symétriques et pourATis de styles sétifères,
s’accordent parruitenient avec les caractères fondamentaux de la sous-
famille des Bryoxifac.
C’est donc bien dans la sous-famille des Bnjaxitfie que les Tijchi-
ni devront prendre place. Lorsque les classifications sont basées sur
les caractères d’organes en évolution comme les édéages, il faut
s’atlcndre à ce (jue ces caractères manquent de constance. Dans la
sous-fniuille des Eiipleclitap, ofi les édéages sont asymétriques, une
exception est présentée par les Plectopbloens dont l’édéage, archaïque,
l’st resté symétrique, avec deux styles égaux cl sétifères. Dans ta
sous-famille des BrtjaxHae, les Tt/chini constituent une exception
inverse. Alors que dans la sous-famille les édéages sont symétriques
et munis de styles égaux, deux genres paléarctiques des Tijchim ont
un édéage plus évolué, ayant perdu la symétrie bilatérale que les
^]}Undrnrctus conservent encore.
Comme les Btjihinini, les Ttjebini sont une grande lignée holarcti-
que, vraisemblablement issue de l’asile de l’Angara et répandue dans
l’hémisphère septentrional pendant le Tertiaire. Mais on y rattache-
un genre Abjehodea Reilf., dont les cjualre espèces connues occupent
Bornéo,
A la vérité les AU/ebodea ressemblent aux Tijchus, ayant un peu
leur aspect général et des palpes maxillaires à intermédiaire aussi
ffrand que la massette. Mais certains caractères les séparent : L’ony-
chium des Ali/cboden ijorle un ongle flanqué d’une grande soie paron-
RUéalc, alors que celte soie fait défaut chez les Tt/cbini et d ailleurs
tous les Bryaxilne. L’intermédiaire de leurs palpes présente une lon¬
gue apophyse perpendiculaire basale interne tjui n’existe pas chez les
^Urbini. Enfin l’édéage des Aitjebodea (fig. 1281 long et étroit, simple,
sans apo])]iyscs (variants sexuclsl, a les styles insérés à la base, sur le
febord de l’orifice basal, comme chez tous les Psélaphides macroscé-
•Wes. Les AUfcboden ont <ies Irochanlcrs intermédiaire.s courts (bra-
'’byscélides). mais leur édéage est tout à fait de même type que chez
Ips Psebipbini ou Tiirini, c’est-à-dire chez les macroscélides.
Cette slruclure de l’édéage. s’ajoutant à la présence d’une soie
paronguéale montrent que les Alycboden ne sont pas de véritables
f'Urbini. Oiicllc doit être leur position systématique ? Il est
tle le dire tant que la faune des Psélaphides de la région indo-malaise
sera pas mieux connue.
CARACTfenE.s (ÎÉNÉRAI’X UES Tijcbîni. — Tête ^1®^^ ^mn«!ie*de
’^nillanl. Antennes à scape court, sans dent distale (IL la ,
‘••nis articles. Palpes maxillaires toujours très grands, à
l'^ng. à peu près aussi grand que la massette et plus
*nr son bord interne. Pronolum sans sillon ni fossette s fi
ffl Chez les lialrisHae le smninel <lu scape est toujours denté.
Source : MNHN, Paris
RENÉ JEANNBL.
mais avec trois petites fossettes basales. Elytres à deux fossettes basa¬
les, la strie discale présente. Tergites abdominaux largement rebor¬
dés. le premier pas plus long que le deuxième. Hanches intermédiaires
contiguës, les postérieures séparées. Premier slernite court et soudé
au deuxième, les cinquième et sixième fusionnés, de sorte qu’il n’appa¬
raît que quatre sternites abdominaux. Trochanters intermédiaires
courts (brachyscélides). Tarses à articles 2 et 3 subégaux, le 2 grêle ;
un ongle sans soie paronguéale.
PiG. 128. (jcn. Atychoilera Beitl., édéa^e de VA. lallcoritii Raffr., de Bornéo, x 240
Fig. 129. Gen. Tÿchus Leacli, édéage du T. tenellut Lee,, de Californie, X 240
Edéage symétrique chez les formes primitives {Cylindrarctmi) qui
ont deux styles égaux. Chez les formes évoluées (Tgchtis, Tychomor-
phiix) l’édéagc perd sa symétrie bilatérale et ses styles s’atrophient
et disparaissent. Une tubulure dlslale renferme la terminaison du
sac interne.
Tableau des oenres (2).
1. Massette palpuire étroite, presque fusiforme, sa convexité inter¬
ne peu accusée. Edéage symétrique, muni de styles. (Amérique
du Nord) . Gen. Cylindrorcfus Schauf.
- Massette palpairc nettement sécuriforme, sa convexité interne
bien saillante. Edéage asymétrique . 2.
f2t Je ne puis pas faire élat de Valda Casey (type : fronfa//s Cas» de Cali¬
fornie) que Rappray place dans les Tychlni. Je ne connais pas l’espèce et la
description de Casby ne permet pas do se faire une opinion.
PSÉI..\P1IIDES DE I.-AFRIOI'E Dl’ NORD.
2. Lobe fronlal toujours simple dans les deux sexes, étroit, les
deux tubercules nntennaircs séparés par un sillon médian étroit.
Premier tergite abdominal à bord basal déprimé entre deux
carénulcs sur le tiers médian de sa largeur. Caractères sexuels
portant sur le renflement d'articles du funicule anlcnnaire.
Kdéage avec des épines représentant les styles.
. fj). 131). 21. (îen. Tychus Leacli.
Lobe fronlal relativement large, les tubercules nntennaircs
séjiarés par une surface déprimée plus ou moins large. Pre¬
mier lergite abdominal sans dépression localisée au tiers mé¬
dian du bord basal. Caractères sexuels portant sur la tête.
Edéages à styles réduits à un ])etit rudiment ou absents.
. (p. 137). 22. Gen. Tychomotphus .leanii.
Le genre Cylindrarcliis Schaiifuss (1887, Tijds. Enf., XXX, P. 91 :
lyi>e ; nmericaniis Schauf.) est localisé dans l’Est de l’Amérique du
Nord. Raffray (1904. Ann. Fr., LXXIII, ]>. 417) y admet cinq espèces.
Mais il faut leur ajouter une série d’autres espèces décrites comme
à savoir : niinor Lee., nerticnlis Cas., spictilifer Cas., sternalis
Itaffr., que j’ai pu examiner, et sans doute aussi pocahontas Cas., et
'^icrophtlvilmiiit Brcnd., que je ne connais pas en nature.
Toutes ces espèces ont le même aspect général que les Cylin-
^rftrctus, la même coloration testacéc ou brunâtre, la même forme
fuseau de la massette palpaire. et l’édéagc de celles dont j’ai eu
'les mâles est du même type cjiie chez les anciens Cylindrarcliis.
Chez toutes les espèces ainsi rassemblées dans le genre Cylin-
li'nrcliis, l’édéügc est symétrique et pourvu de styles. Celui du C. nme-
'■icfinus Schauf., espèce type du genre (llg. 13(1'. à une grosse capsule
I^Rsalc dont l’orifice apical s’ouvre au-dessus d’une apophyse sternale
Inlobée ; les styles sont très largement étalés. Celui du C. xpeciilifer
'•as. (llg. 132) à la même position de l'orifice apical et des styles longs
et grêles, mais sétifères comine ceux de l’amertcfi/ins. Enfin lédcage
‘lu ('. iniiwr Lee. (fig. 1311. très volumineux, présente une capsule
*>asale partiellement sclérifiée qui se prolonge par une longue tubu¬
lure au bout de laquelle l’orifice apical s’ouvre au milieu d une collc-
'■cltc d’apophvses laciiiiées qui évoque celles de certains Tycnomnr-
Pliiis dont il sera question plus loin. Quant aux styles de ce C. nnnor.
'Is sont réduits et sans soies, quoique toujours symétriques.
Comme on le voit, ces trois édéages, quoique très différents les
uns des autres, montrent des caractères communs qui justifient^ la
■■^nnion aux Ctilindrarclns d’une série d’espèces considérées jusqu ici
lomnie des Tycluix. Celles-ci sont des espèces de l’Est américain .
'^rlles de rOuesf. celles occupant la Californie et les cotes du 1 aci-
llque, ne sont sans doute pas dans le même cas, car les deux que j ai
examiner appartiennent bien, comme on le verra, au genre ije lu».
BioriÉooRAPHiF.. — Comment interpréter cette distribution des
"leinbres de la tribu des Tycbini, ainsi définie ?
Source ; MNHN, Paris
130
RENÉ JEANNEL.
Si ics souches anciennes de la tribu sont originaires de l’asile de
l'Angara, comme je le pense, il semble que les Cylindrarefus aient pu
venir directement d’Asie dans l’Amérique du Nord et aient été con*
Unes dans l'Est américain après le Glaciaire, comme bien d’aulres
lignées (1).
Quant aux Ttjehini sans styles, leur histoire doit avoir été diffé¬
rente.
Par analogie avec d’autres très nombreux groupes holarctiques
ayant la même répartition, on peut croire que, venus d’Asie, ils ont
déferlé sur la région méditerranéenne au Montien. Puis, sous le climat
chaud du début du Tertiaire, ils ont passé dans l'Amérique du Nord
par le Nordatlantis.
Km, 130 à 132, G«n. Colindrarrlu$ Srhauf., édéajtrs, fai'c dorxiilo. - Km. 130. <■■
americanm Scliauf.. de rillinois, X 180. — Fio. 131. C. minor l.ec., de r.Amé-
rlqur du Nord, x 120. — Km. 132. C. npiciillfer Cas., de l'Ainiriciuc du Nurd.
X 160.
Plus tard, à la fin du Tertiaire, les Cylindrarefus adaptés au cli¬
mats froids, se sont maintenus dans l’Est de l'Amérique du Nord-
Mais les Ttjchiis, groupe de faune chaude, venus de la MéditerraiiéCi
ont été chas.sés vers le sud et ont pu survivre en Californie. Ils se pré¬
sentent de nos jours comme toutes ces lignées dites «transatlan¬
tiques > ([ui peuplent h la fois la région méditcri anéenne et la région
antillaise et californienne. J’ai montré dans la < Genèse des Faunes
terrestres » (p. 368) qu’il n’est pas nécessaire d’imaginer le pont
« trans-atlantique » éocene de R. F. Scharff pour expliquer ce type de
(1) R. Jbansbl. La genèse des faunes terrestres. 1042, p. 435,
PSÉLAPHIDES DK l/AFRIQl'E Dl' NORD. Î31
répurtilion. Cojiime pour les Limnastis, les Perileptus et une multi¬
tude d’autres groupes de faune diaude, une distribution continue par
le Nordatlantis sous les climats chauds de l’Eocène et de l’Oligocène,
a été scindée par la disparition du peuplement nordique lorsque le
elimal de l’hémisphère septentrional s’est refroidi jusqu’à la période
glaciaire.
Dans la région méditerranéenne, les Tijcbus semblent bien être la
de.scendance d’une lignée ancienne, ayant occupé l’Egéidc septentrio¬
nale et la Tyrrhénicie, tandis que les Ti/chomorphiis .se présentent
comme venus de l’Egéide méridionale au Ponticn (Fnc France, i)3, p. 40.
fig. 15), Parmi ceux-ci, certains ont évolué sur les massifs boisés de la
Berbérie orientale (Chaînes kabyles, Dorsale tunisienne), d'autres se
sont différenciés sur le massif bélico-rifain.
21. Gen. TYCHUS Leach.
T'ychits Lkach, 1817, Zool. Mise., III, p. 84 : type : niger Reichenbach.
— Jkannel, 1950, Fne France, 5.8 (Psélaph.), p. 232.
Espèces ailées. Le genre est caractérisé surtout par la forme du
lobe frontal et un type particulier d’édéage.
Lobe frontal très rétréci en arrière des tubercules antennaires qui
sont lisses et séparés par un étroit sillon longitudinal. Front très con¬
vexe et lisse, sans différences sexuelles. Antennes longues et robustes,
les trois artielc.s de la massue épais mais relativement courts. Palpes
•ttaxillaircs très grands, l’intermédiaire allongé, sécuriforme, la mas¬
sette courte et sécuriforme, son bord interne convexe et saillant. Pro-
*'Dtiim court, un peu trnnsverse, le disque convexe et lisse, avec trois
petites fossettes l)asales. Elyircs à deux fossettes basales. Les deux
premiers tergites suliégaux et largement rebordés. Pattes grêles. Tro¬
chanters intermédiaires dentés, plus longuement chez les mâles. Pas
'le soie paronguéale.
Caractères sexuels des mâles portant sur les antennes dont un
plusieurs articles du funicule sont renflés chez certaines espèces.
Edéage des espèces paléarctiques constitué par une capsule
l’asale membraneuse et toujours volumineuse, qui porte du côté- droit
Une tubulure grêle, le plus souvent terminée par un pavillon et renfer-
Uiant la terminaison du sac interne. Celle tubulure ferait penser à la
Pl^'cc mobile des Arlhrnmelns (Jeasnel, 1955. L’Edéage, p. 80). Mais
cetlc-ci esl constituée par la coalescence des styles, alors que la tiibu-
lure des Tychtiii esl indépendante des styles, qui sont repiésentés par
^cs épines incurvées ou une lame distale (algcricns).
Chez le Tiichns ienclhts Lee. de Californie, (fig. 129). 1 édéage
- - - .- les caractères suivants :
tiifL
ere de celui des espèce.s paléarctiques pu
. n^rhonV7n“cnp™iV))nsüie ’csrforlc'mcnt scWrifiée ; ensuite la
lubiilure est rejetée du côté droit, très en dehors des vestiges des deux
*‘yles, dont le gauche esl lamellciix et simple, le droit de forme com-
P''q«iéi‘. situé entre le style gauche et la tubulure. Malgré les appa-
Source : MNHN, Paris
132
RENÉ JEANNEL.
rences, cet é(ié:ige du tenellus aniériciiiii est de iiicnie type {|ue celui
«les cspùces méditerranéennes (1).
TAHI.EAt' t)KS KSrftCES NÜHD-AKHICAIXKS.
1. Espèce îiilée, noire avec les élytres roux, les yeux aussi déve¬
loppés chex la femelle que chez le mâle. Antennes du mâle avec
les cinq premiers articles é)iaissis, décroissant peu à peu de
{{rosseiir, sans transition entre le 5 et le fi. Lon^- 1,3 à 1,4 mm.
. 1, strioia (iiiill.
Espèces aptères, plus ou moins testacées rougeâtres, les yeux
grand.s chez les mâles, réduits chez les femelles. Antennes sans
différences sexuelles . 2.
2. Antennes grêles, les articles du funicule globuleux. Pronotum
peu Iransverse. Long. 1,2 mm . 2. VoucherL n. sp.
Antennes épaisses, les articles du funicule transverses. Prono-
tuni plus transverse . 3.
3. Côtés du pronotum et des élytre.s, avec de grandes soies dres¬
sées rie coloration pâle. Télé plus courte. Yeux plus grands
chez les mâles. Long. 1.3 à 1.4 mm. 3. alçericus (luill-
-Côtés du pronotum et des élytres sans grandes soies dressées.
Tôle plus allongée, les yeux des mâles plus réduits. Long.
1.4 mm . 4. depexus Peyer.
1- Tychus strioia GriM.KBEAr, 1888, Rev. d’Eiil., VU, p. 374 ; type :
Le Pluntay (Mus. Paris). — Jeanne!., 1950, Fne France, 53
(Psélaph.), p. 337. -- ihrriciin aucl. (nee MoTscHOt'LSKY).
Subsp. africanim, nov. ; type : Alger (Mus. Paris).
Subsp, pnlniliim PKYr:iu.MHOFF, 1912, Ann. Fr., LXXXI.
p. 515 (niger suhsp, paludnm) ; type : Larachc (Mus. Paris).
.Subsp. Pc\n‘rin)ho{fi. nov. ; lype : Akfadou (Mus. Parisi-
Subsp. paliidinagiis Normand, 1940. Rev. Fr. d'Ent., VU.
p. 175 : tyjte : Ain-I)raham (coll. Normand). — Var. /neffl"
nariiis Nohmand, 1940, l.c., p. 177 ; type : Ain-Draham (coll.
Normand.
Fig. 133 à 131». — Long. 1,3 à 1,4 mni. Toujours ailé. Espèce bien
caractérisée par sa coloration d’un noir luisant, avec les élytres géné¬
ralement d’un rougeâtre foncé, ses yeux bien développés dans les deux
sexes et surtout par l’épaissis.sement des trois premiers articles du
funicule des antennes chez les mâles, épaississement qui diminue peu
â peu. sans créer une transition brusque entre le cinquième article de
(1) Soi! dit en pasBnnt, la (irépurnUoD des (désKes des Tychui cl Tychon"’^'
phui est toujours compliquée par la difflruUé qu'on éprouve & les délaelier du
sternitc abdominal auquel Ils sont attachés par des ligaments très résistants.
Malné cela il est nécessaire de multiplier autant que possible tes nréparntloo*
car les conformations des apophyses, qui sont des variants sexuels. dllTèrcnl snU-
veni selon les individus.
Source : MNHN, Paris
PSÉI.APHIDES DE L’AFIUQUE DU NORD,
133
1 antenne et Je sixième. Côtés du pronotum et des éivtres avec de
Itrandes soies dressées de couJeur claire.
Edéa^e (fig. 133 à 136) ô capsule basale ovoïde et tubulure distale
longue et terminée par une petit pavillon ; le style droit, variable de
orme, s’insère en dessous de la tubulure et contourne sa face externe
pour croiser sa face dorsale.
133 cj 134. Gcn. Ti/chiix Lciich., édiaijcs, face dorsale, X 186. — Fio. 13S.
J. ainolii snbs|). paladiini Pever., de Lnracho. Fin. 134. T. slriohi sabsp.
l'fUfrImhoffi. nov., de l’Akfadôii.
La forme typique, répandue en Italie, dans le centre et le midi
^ la France, ainsi qu’en Espagne, dont l’édéage est figuré (Fne
rance, 53 (Psélaph.), p. 138, fig. 141) est remplacée dans le Nord de
Afrique par quatre races très peu différentes dans leur aspect exté-
rieiir. mais avec des caractères sexuels particuliers. Les mâles peuvent
“utefois se reconnaître facilement aux caractères suivants :
Articles 4 et 5 des antennes aussi renflés l’un que l’autre .... 2.
' Articles 4 et 5 des antennes de grosseur différente. 3.
Tète et pronotum moins larges. subsp. africanus, nov.
Tète et pronotum plus larges. Taille plus grande .
. subsp. paltidivagus Norm.
Article 4 plus gros que le 5. Plus grande taille : forme plus
allongée . subsp. Pegerimlwffi, nov.
Article 4 moins gros que le 5. Plus court et plus trapu ....
. subsp. palitdttm Peyer.
Source : MNHN, Paris
134
RENÉ JEANNEL.
Subsp. africanus, nov. — Peu dilTérent extérieurement de la
forme typique d’Europe. L'édéage (flg. 136) diffère par la plus grande
longueur du style droit qui n’est pas coudé mais émet un rameau
transverse dorsal au tiers proximal de sa longueur.
Subsp. palndivagus Norm. — Plus robuste, plus épais que Vnfri-
cnntix, mais avec la même structure des antennes chez les mâles.
L'édéage fflg. 135) est bien différent, d’abord par la grande longueur
de In tubulure distale qui est siiiuée, puis par l'arcuature des deux
style.s et l’épaisseur du droit. La var. melanariiis Norm. est une forme
5 élytres noirs.
Subsp. Peyerimboff, nov. Forme grande et svelte, allongée, à
pronutum à peine transverse. Le renflement plus grand de l’article 4
des antennes est caractéristique chez les mâles. Edéagc (fig. 134) à
tubulure distalc extrêmement longue, bien plus longue que la capsule
basale, le style droit grêle et régulièrement arqué, le gauche simple et
cffllé.
Subsp. imliuhim Peyerimhoff. — C’est par erreur que Peykbi*
MHOKF et RAThUAY étaient d’accord pour attribuer cette sous-espèce
au T. niger Puyk. Le T. niger a un édéage dont la tubulure distale se
termine en pointe (Fnc France, p. 336, lig. 140) et qui est très différent
de celui du slriola. La forme paludum, ne différant guère du slrioln et
de sa sous-espèce africanus que par son pronotum plus étroit et 1®
renflement do l’article 5 des antennes chez les mâles, n un édéage
Source ; MNHN, Paris
l'Sftl.APHIDES DE L'AI-’lUOrE DU VOno.
135
fie iDônic type (fig. 133) : niais la tubulure distale est courte et les
deux styles, courts et épais, sont tous deux bifides.
Toute l’Africfuc du Nord, niais sporadique.
Subsp. nfrictiniis. nov. .Ai.fiÉniE. Dép. d'Alger : Alger : 2 exem¬
plaires (RalTray).
Tunisie : Le Kef. une Femelle FNorniand in Muséum Frey).
Subsp. pnliidimgiis Norm. — Ai-OÉrie. Dép. de Conxfantine :
Marais de la Galle, nombreux exemplaires (Normand).
Tunisie. Ain-Draham (Normand).
Dans les deux localités, la variété melannriiis Nom. se trouve
fivec la forme tj-pique.
Subsp. Peijerimhoffi, nov. — AixArie. Dép. d’Alger : Agoulmine
Aboukane. dans l’.Akfadou. un mâle (Peyerimhoff).
Subsp. piiludiim Peyer. — Maroc ; marais de Boucharen, à
Laroche, nombreux exemplaires (Peyerimhoff et R. de Borde, V-19in) ;
T.inger (Vaucher) ; Dayet-Ahoua, ait. l.-'iGO m, dans le Moyen-Atlas,
une femelle rapportée avec doute à cette sous-espéce (Otin, VTI-1941).
2- Tyclius Vaucheri, n. sp. : type : Tanger (Mus. Paris).
Fig. 137. — Long. 1,2 mm. Aptère. Tcstacé rougeâtre foncé et
luisant. Pubescence longue, doublée par quelques grandes soies dres¬
sées dorées. Télé comme chez striola. Antennes à funicule grêle dans
les deux sexes, les articles du funicule globuleux, nullement trans-
''erses ; massue peu développée, l’article 9 gros mais subglobuleux, à
PPÎne plus large que long, le 10 aussi long que le 9, un peu transverse.
Pronotum peu transverse. Elytres et abdomen comme chez strioln.
Pas de différences sexuelles sauf que les yeux, aussi longs que les
Guipes et peu saillants chez les mâles, sont un peu plus réduits chez
femelle.
Edéage (fig. 137) bien différent de celui de strioln. La tubulure
'•'stale est longue et grêle cl le style droit fait défaut. Quant au style
Kî'Uche, très épais, il est replié vers la droite cl croise la face dorsale de
tubulure ; il se termine par une apophyse en forme de double
hameçon.
Maroc. Rif : Tanger, un mâle et une femelle (Vaucher).
Aubé.
^*cé rougeâtre plus (
par dp grandes soies
Ig. i,a a 1,‘t mm. rtjncic. - ,
ou moins foncé, la pubescence longue et doublée
dressées sur les câtés du corps et tout 1 abdomen.
Source : MNHN, Paris
136
UENÉ JEANNEL.
Tôle plus large que chez striola, lolie frontal plus large et moins rétréci
h hi base, mais sans dilTérenccs sexuelles. Antennes épaisses, les
articles du fiinicule Iransverses, la massue plu renflée que chez striola,
avec l’article ü plus gros et nellcmenl transverse. Pronotum trans-
Trochanters intermédiaires à épine très courte chez les mâles.
Pas d’autres difTérenccs sexuelles, sauf que les yeux sont un peu plus
petits chez les femelles. Les mâles sont généralement plus foncés, sou¬
vent avec les élytres clairs ; les femelles toujours tcstacées rougeâtres
en entier.
Fw. 188 cl 139. Oen. Tgehug I^ach, édéage». face dorsale, X 185. — Fio. 138.
T. algertrug Guill.. de l’Edough. — Fto. 139. T. drpexug Peyer.. du lac des
Mciuznîa.
Ëdéage (hg. 138) très particulier. Très volumineux, avec la cap*
suie basale membraneuse et sphérique. Tubulure distale de forme
très irrégulière, se divisant en deux lobes entourant l’orifice apical, le
lobe ventral long, portant une apophyse en T. Pas de style droit,
comme chez le Vaucheri. Aussi comme chez celui-ci, le style gauche
esl très élargi, mais il n’est pas replié vers la droite et son extrémité
dislaïc porte trois cornes.
La forme de ce style gauche est variable. Chez un exemplaire de
Teboursouk <liinisiiis Picl, son extrémité dislale est rétrécie, ma'*
toujours armée de trois cornes.
Largement distribué dans l’Afrique du Nord, depuis Alger, jus*
(|u'en Tunisie.
Algérie. Dép. d’Alger : Alger (Raffray, Lesne) ; Nador (Peyeri*
inhofT) : Tcniet-el-Had (Bcdcl) ; Bou-Bérak, près de Dellys, très noiH'
breux exemplaires (Chobaut) ; Yakouren, en Grande Kabylie fPu®^*
Normand). — Dép. de Consfantinr : Bône (Leprieur) ; Mont Edouffh
(Abeille, Bedeh : Saint-Charles, près de Philippeville ('Théry).
Source : MNHN, Paris .
l'SÉI.AHHIDES DE L’AFRIOI E DU NOHD.
137
Ti’MsrE. Chaine dorsnle : Ain-Draham (Pic, Normand) ; Fcr-
fiana ; Le Kcf ; Toboursnuk (Normand).
Commun an j)ied des plantc.s ou sous les pierres, aux endroits
•uimides.
Tychus depexus Phykhimhoek, 1905, Bull. Fr., p. 229 ; type : Mou-
zaïa (Mus. Paris).
Fig. 139. — Lonf». 1,4 mm. ApU^re. Testacé rougeâtre plus ou
moins foncé, lu iiubcscence assez longue, mais sans grandes soies
dressées sur les cotés du corps cl les tergiles abdominaux. Aspect de
^'nigériens, mais plus étroit et moins robuste. Télé plus étroite, les
yeux bien plus petits (jue chez la femelle d’algericits. Antennes sem¬
blables. Pronotum à peine transverse. Elvtres plus courts et moins
fenflés,
Epine des trochanters intermédiaires du mâle bien plus acérée
chez Valgericiis. Pas de diiïérences sexuelles sur les antennes.
Ëdéagc (fig. 139) de même type que celui d'algericus. La tubulure
distale est différemnicnt constituée et le style gauche, encore plus
lurgj- à la base, se rétrécit au sommet et ne porte que deux cornes.
Espèce à tendances endogées, certainement dérivée de l’algerictts.
Algérie. Dép. d’Alger : Pic des Mouznïa, plusieurs exemplaires
•■ecucillis en divers points situés entre 1.200 et 1.500 m. d’altitude,
dans l’argile avoisinant de vieilles souches (Peyerimhoff, III et V
190.5) ; Ruisseau des Singes, gorges de la Chiffa, 2 exemplaires (Peyeri-
odiolT, 111 1909).
22. Gen. TYCHOMORPHüS Jeannel.
^ycbomorphiis Jeannel, 1950, Fne France, 53 (Psélaph.), p. 342 :
type : tiiberciilatiis Aubé.
Genre difTérenl de Tychiis Leach par la forme du lobe frontal,
la structure de l’édéage et par une autre répartition des caractères
sexuels. Toutes les espèces ont la pubescence claire et clairsemée,
doublée par de grandes soies dressées sur les côtés du corps et les
‘ergitc abdominaux. Lobe frontal large entre les tubercules anten-
'«aires ; au lieu d’un étroit sillon dorsal, il existe une surface convexe
plus ou moins large entre les tubercules anlennaires, surface souvent
altérée par les caractères sexuels des mâles portant sur la partie
'■•cure du front Yeux variables. Antennes sans différences sexuelles,
» massue longue et épaisse, les articles 9 et 10 toujours gros et non
*fansverses. Pronotum et élylres comme chez Tychiis.
Trochanters intermédiaires généralement simples (sauf chez i-
'Pina RalTrav). les trochanters antérieurs et postérieurs variables.
, Edéage bien différent de celui des Tychus, d’abord par la petitesse
la capsule basale, puis par le développement de la tubulure distale
■•n corrélation avec l’atrophie et la disparition des styles.
Dv Muséum. - Zoolooib. t. XIV.
Source ; MNHN, Paris
m
HENÉ JEANNE1..
Les espèces de ce {'cnre sont nombreuses dans le Nord de
l’Afrique et dérivent sans aucun doute de lignées de l’Egéide méri¬
dionale, passées en Afrique au Pontien {Fne France, 53, p. 41, fig. 15).
Toute une série d’espèces, en apjiarence très voisines, ont été consi¬
dérées par P. de Pkyeiumhoff (1904) et par A. Raffray comme des
races avec variations pfrcilandriques dans une seule espèce, hnjaxioidcs
riiiill. A la vérité ces prétendues races diffèrent par des structures très
parliculières de leurs édéages et doivent être considérées comme de
bonnes espèces.
Tableau des espèces nord-africaines
faisant état surtout des caractères des mâles.
1. Tôle petite, le front étroit et modérément convexe. (Espèces
harbaresques) . 2.
— Tête grande, le front très liaulcment bombé ou très trans-
verse. Petite taille, forme ramassée, courte (Espèces bético-
rifaines) . 12.
Espèces harbaresques.
2. Tous les trochanters simples. Front du mâle avec une corne
médiane, saillante en avant, dont le sommet porte deux ran¬
gées de soies horizontales, simulant des ailes de papillon.
Long. 1,5 à 1,B mm. 1. /ocquelinl Boield.
Trochanters intermédiaires simples, les antérieurs et les pos¬
térieurs dentés. Pas de corne médiane sur le front des mâles. 3.
3. Article .3 des antennes petit, semblable à l’article 4. 4.
— Article 3 des antennes aussi épais et aussi long que le pédi-
celle, bien différent de l’article 4 . IL
4. Lobe frontal étroit, moins large que le front entre les deux
yeux, dans les deux sexes.
— Lobe frontal large, aussi large que le front entre les deux
yeux, dans les deux sexes . ®-
5. Lobe frontal des mâles avec une profonde dépression trans¬
verse qui excave la moitié postérieure des tubercules anten-
naires . B-
- Lobe frontal des mâles sans profonde dépression transverse,
les tubercules antennaires convexes. B-
(). Forme générale oblonguo. allongée, les yeux très réduits. Tes-
tacé rougeâtre luisant. Tubulure de l’édéage peu étranglée
(fig. 152). Long, 1,5 mm . 5. PoupIlJferl Ralfi"'
Forme générale courte et robusle, les yeux bien développés.
Coloration foncée, noire avec des élytres rougeâtres ou noirs. ^
7. Vertex légèrement échancré en avant, au-dessus de l’impres¬
sion transverse du lobe frontal. Tubulure de l'édéage forte¬
ment étranglée, le pavillon sessile (fig, 143). Long. 1,3 à
1.4 mm. .3. Théryi, n. sp. (forma tipica)-
Source : MNHN, Paris
HSI5:I.AHHIDKS de I/AKRIOI’E DL’ nord.
— Vertex profondément échancré en avant. Edéage inversé, à
tubulure étranglée of pavillon pedonculé (fig. 146). Long.
1.4 mm. 4. aurasiacus n. sp.
6. Antennes plus courtes, les articles moyens pas plus longs que
larges. Coloration plus ou moins foncée. Tubulure de l’édéage
prolongée par une pointe lancéolée (fig. 150). Long. 1.2 à
1.4 mm. 9. br^axioides Guill.
Anlennes plus longues, les articles moyens un peu plus longs
que larges. Très noir, à élytres rougeâtres. Tubulure de
l’édéage prolongée en longue épine simple (fig. 153). Long.
1.4 mm . 10. AWuaudî, n. sp.
9. Dépression du lobe frontal des mâles évidant entièrement les
tubercules antennaires qui sont excavés, à bords tranchants
(auriciilés). Tubulure de l’édéage épaisse, son pavillon en
forme de large entonnoir {fig. 147). Long. 1,5 à 1,6 mm ....
. 6. Pici Croiss.
• Dépression du lobe frontal des mâles n’intéressant que la
partie postérieure des tubercules antennaires qui restent con¬
vexes en avant . 19.
10. Bord antérieur du vertex anguleusement saillant en avant,
au-dessus de la dépression du lobe frontal. Tubulure de
l’édéage régulière, sans étranglement, le pavillon petit et
pédonculé (fig. 141). Long. 1,4 mm. 2. Kosiorowiezi Croiss.
Bord antérieur du vertex échancré au-dessus de la dépression
du lobe fronlal. Tubulure de l'édéage étranglée, le pavillon
sossile (fig. 144). Long. 1,4 mm. . 3. Tbéiyi. subsp. Notmandi. nov.
11. Forme générale courlc, coloration foncée, les yeux bien déve¬
loppés. Vertex du mâle très profondément échancré en avant.
pres<|ue bilobé. Tubulure de l’édéage épaisse et peu à peu
élargie en entonnoir depuis la base (fig. 149). Long. 1,4 mm.
. 7. dentiirons Reitl.
■ Forme générale oblonguc allongée. Testacé rougeâtre les
yeux très réduits. Mâle inconnu. Long. 1,5 mm. 8. Remyi. n. sp.
Espèces bético-rifaines.
12. Troelumlers intermédiaires prolongés par une grosse dent
bifide. Etroit et allongé, coloration foncée. Mâle inconnu.
Tète de la femelle grande, à front très hautement convexe :
grands yeux. Long. 1,3 mm . H' Wspino
■ Trochanters intermédiaires non bifides . 1“-
l'I. Trochanters intermédiaires simples, les postérieurs prolon¬
gés par une longue épine recourbée. Mâles foncés, à front
très Iransverse. Pavillon de la tubulure édéagienne incurvé
ver le c6té droit (fig. 154). Long. 1,1 mm. 12. miles Saulcy.
Trochanters intermédiaires et postérieurs avec une longue
épine recourbée. Tubulure de l’édéage à pavillon largement
foliacé, tourné du câté ventral (fig. 155 et 156) .
Source : MNHN, Paris
1-10
HENÉ JEANNE!,.
14. Front des mâles peu transversc mais hautement bombé. Colo¬
ration foncée. Tubulure de l’édéage brusquement rétrécie au
sommet (fig. 156). Long. 1 mm . 13. ormatus Saulcy.
— Front des mâles très transversc et moins convexe presque
deux fois aussi large avec les yeux que long. Testacé rou¬
geâtre. Tubulure de l’édéage s’amenuisant dès la base
tflg. 155). Long. 1 mm. 14. grandiceps Reitt.
Espèces barbaresqucs.
1. Tychus Jacquelini liotELUiEV, 1859, Ann. Fr., (3) Vil, p. 463 ; type :
Montpellier. — Jeannel, 15150, Fnc France, 53 (Psélaph.),
p. 345. — cornaltis CnonssANnEAU, 1893, Mise. ont. I, p. 153,
type : Batna (coll. M. Pic).
Fig. 140. — Long. 1,5 â 1,6 mm. Ailé. Noir luisant, les éiytres
rougeâtres, les antennes, les palpes et les pattes testacés. Tète petite.
Antennes courtes, les articles du funicule globuleux, le 9 relativement
peu développé pour un Tijchomorphus, globuleux, le 10 légèrement
transverse. Pronotum court et transverse, rétréci â la base. Eiytres
amples et longs. Tous les trochanters incrmes.
Front du mâle avec une corne médiane dirigée en avant, compri¬
mée en crête, avec deux rangs de soies horizontales simulant des
ailes de papillon.
Edéage (fig. 140) à tubulure grêle et longue, incurvée du côté
droit, terminée par un pavillon flanqué de deux épines, la dorsale
repliée en travers, la ventrale longue, dirigée dans Taxe. Cette épine
ventrale est plus grêle chez un exemplaire de Saint-Charles examiné
que chez les Jncqueîini de France. Cette différence ne paraît pas toute¬
fois justifiée le maintien du corniiliis Croiss. (type : Batna) eomin*
sous-espèce nord-africaine.
Toute l'Algérie et la Tunisie.
Algérie. Dép. d'Oran : Tlemcen (Normand) ; Daya (Bedcl). -
Dèp. d'Alger : Cherchei (Peycrimhoff) ; Staouéli (Chatanay) : Milians
(Abeille) ; Pic des Motizaïa, le Lac, (Peycrimhoff, H 1905) ; Bou-Bérab-
près de Dcllys (Chobaut). — Dép. de Con.itnnline : Saint-Charles, près
de Philippcvilte (Théry) ; Oued Hamimin (Chatanay, H 1910).
Tunisie. Chaîne dorsale : Bulla Rcgia ; Fernana ; Le Kcf ; Soiik*
et-Arba ; Teboursouk (Normand). — Cap Hon .• Fondouk-Djedid.
(Normand).
Dans les endroits humides, sous les détritus végétaux ou dans
l’humus.
2. Ti^ciioinorpJius Koziorowiczi Croissanoeai'. 1894. Mi.sc. ent.. *•
p. 152 ; type : Bâne (coll. M. Pic).
Fig. 141 et 142. — Long. 1,4 â 1,5 mm, Aptère ou brachyptère,
Testacé rougeâtre : robuste, de forme épaisse. Tête relativement
grande, à lobe frontal très large à peu près aussi large ((ue le from
Source ; MNHN, Paris
PSfiLAPHIDKS DE L'AFRIOIE Df NORD.
141
entre les deux yeux. Antennes j'nmdes, le.s articles moyens du funi-
cuie subeylindriques, un peu plus longs que larges, la massue épaisse,
l’article 9 aussi long que large, le 10 un peu transverse. Pronotum
nettement transverse. Elytres amples. Trochanters antérieurs et pos¬
térieurs dentés, les inlermédiaires inermes.
Front du mâle avec une profonde dépression transverse sur la
t>ase du lobe frontal, la dépression excavant lu partie postérieure des
tubercules antcnnaircs, mais pas leur partie antérieure et laissant
ainsi sur la ligne médiane un petit tubercule mousse. Pas de soie sur
ce tubercule ni sur les bords de la dépression frontale.
Edéage tfig. 141) à tubulure distale comme chez le JacqueUni,
'■éguliérc et arquée en dehors, terminée par un pavillon. Mais il
n'exislc pas d’apo])hyse dorsale Iransverse croisant le pavillon.
Très localisé.
Ai-oÉnrE. Dép. de Constantine : Bône (coll. Croissandeau coll.
t'aulcy) ; Saint-Charles, près de Philippevillc (Théry) ; djebel Babor
tPeyeiimholT).
•I- Tychomorphus Thervi- n. sp. (Guillebeap, in litt.) , type . Saint
Charles (Mus. Paris). „ ^ ,,
Forme Normandi, nov. ; type : U Kef (coll. Normand),
Fig, 143 à 145. - Long. 1,3 à 1,4. Ailé ou brachyptère. Coloration
'"‘'•inble : la forme typique est toujours foncée, noire avec les élytres
Source : MNHN, Paris
I-I2
RENÉ JEANNEL.
ruugeàtres, ou même entièremenl noire ; iiiuis certaines colonies et
particulièrement la forme \ormandi, sont en entier testacées rou¬
geâtres. Tête de grosseur variable. Antennes généralement plus
courtes que chez Koziorotviczi.
Front des mâles avec la même dépression transverse de la base
du lobe frontal que chez Koziorotviczi, les tubercules latéraux sem¬
blables ; mais le bord antérieur du vertex est échancré sur la ligne
médiane entre deux houppes de soies.
Kiu. 144 il 14ft. Uen. TgehomorphuK Jcuiin., idéales, face dorsale, X 240. H'io-
144, T. Thfrgi subsp. Normandl, nov., du Kef. — Fio. 145. T. Tbéryi subsp.
Xormondl, nov,, du Camp de la Santé. — Fio. 146. T. aiira$liiciiii. n. sp.. oc
la forêt de Sgaff.
Edéage (fig. 143 à 145) bien différent de celui de Koziorotviczi par
la forme de la tubulure, toujours étranglée par une forte échancrure
de son bord gauebe dan.s sa partie moyenne. De plus, le pavillon est
bien plus large et sessile.
Variation'. — La forme typique a le lobe frontal étroit, bien
moins large que le front entre les yeux. Par contre, la forme Nor-
mandi, i|iii ne parait se rencontrer qu’en Tunisie, à un lobe frontal
très large, comme celui du Koziorowiezi. C’est une forme robuste,
toujours testacée, qui ressemble beaucoup au Koziorotviczi mais en
diffère nettement par son édéage (fig. 144 cl 14,5).
Largement répandu dans le département de Constanline et h'
Tunisie.
Algérie. Dép. de Conslanline (forme typique seulement) : Bône
(Saulcy) : Saint-Charles, près de Philippevilie (Théry) ; djebel Babor
(Normand) ; ruisseau liii Chien, à Mansoiira (Chalanay).
Source ; MNHN, Paris
PSÉLAI’HIDES DE I/.AFHIOrK DI’ NORD.
143
Tunisie. Cliaine dorsale (formii typique et forme Normandi, nov.) :
Ain-Draham ; Les Chênes ou Camp de la Santé ; Le Kef ; Fernana ;
Souk-el-Arba (Normand). Un exemplaire femelle au vol dans cette
dernière localité (Normand).
TircJiomorpiius aurosiacus. n. sp. : type : Sgag (Mus. Paris).
Fig. 146. — Long. 1,4 mm. Ailé ou brachyptère. Voisin de Thénji,
plus grêle et coloré comme le Thènji typique. Tête plus allongée, à lobe
frontal étroit, moins large que le front entre les yeux. Antennes plus
longues «jiie chez Thért/i, l’article 3 semblable au 4, les articles 3 à 7
subcylindriques, un peu plus longs que larges ; massue épaisse, les
articles 9 et 10 tronconiques et un peu Iransverses. Pronotum et
élyires comme chez Thénji, forme typique.
Front du niAle avec les mêmes caractères (|Ue chez Thénji, mais
l’échancrure antérieure du vertex est plus accusée, presque autant
que chez le denlifrons.
Edéage (fig. 146) de même type que chez Thénji, mais inversé et
^ans rudiments de styles. La tubulure est étranglée par une profonde
échancrure. Mais le pavillon est |)édonculé, incliné en dehors et ouvert
dorsalcment ; l’épine terminale de la tubulure est beaucoup plus
longue que chez le Thénji.
Femelles teslacées rougeâtres, à yeux bien plus petits que ceux
du mâle.
Espèce localisée, de même souche que Thcriji et Koziorowiezi.
Ai.kiIirik. Dép. de Conslantinr : forci de Cèdres de Sgag. dans
l’Aurès, un mâle et trois femelles (PeyerimhoflT, VIII 1918).
rFcbomorphus PoupiJlieri Rakkhav, 1904, Ann. Fr., LXXIIl, |). 388
(Tijchus) ; tv|)c : Deiy-lbrahim fMus. Paris). — microphthaï-
miis Reittkm, 1903, Wiener cnt. Ztg., XXII, p. 231, (Tychus) ;
type : Bou-Bérak (Mus. Paris) ; (nec micrnphthalmus Bren-
DEL, 1893 {Tiichiis\.
Fig, 152. - Long. 1.5 mm. Aptère. Testacé rougeâtre luisant,
allongé ohlong. Tête pelite. guère plus longue que large, les yeux très
petits, bien plus courts que les tempes dans les deux sexes, le lobe
f'ontal plus étroit que le front entre les yeux. Antennes longues, le
’^cape deux fois aussi long que large, le podiccllc une fois et demie,
articles 3 à 7 subcylindriqucs et un peu plus longs que laiges ,
"’assue peu épaisse, les articles déliés. le.s 9 et 10 en toupies, aussi
'“ngs »|ue larges. Pronotum non transverse, sa plus grande largeur au
'«•lieu. Elyires allongés, peu renflés.
Front du mâle avec une profonde dépression du lobe frontal
'aissant les lubercules untennaircs convexes en avant, comme cbez
f^oziorowiezi el Thénji ; le bord antérieur du vertex est particulière-
'iient tranchant et saillant en avant en courbe régulure.
Source : A/tNHN, Paris
144
RRXÈ JEANNEL.
Edcji^i’ (fig. 152; paraissanl inversé coinnie chez aurasiacus, les
rudimcnls des styles Irês réduits. Tubulure grêle, un peu étranglée
au milieu et terminée par une grande épine incurvée au sommet ; le
pavillon est brièvement pédonculé, incliné du côté ventral.
Femelles peu difTérenles des mâles, sauf par la simplicité de leur
lobe frontal.
Espèce assez largement répandue, sporadique.
Algérie. Dép. d’Alger : Delj’-lbrahim, sur les hauteurs près
d’Alger (RalTray) ; Massif des Muuzaïa (PeyerimhofT) ; Azazga (Nor¬
mand) ; Bou-Bérak, près de Dellys (Chobaut).
Toujours rare.
Fui. 147 à 141). (ien. Tyrhuniorithus Jcuiui., cdéasvii, face dorsale, X ^4U. — Fio.
147. T. PIci Croiss., de Saint-Charles. — Fio. 148. T, Plei, forme Clniicll, no'..
de Mcdjez-Amar. — Fio. 149. T. drnf//ron* Hcill., type, du Mnrof.
I>. fFChomorpiius Picl ('roissandkai:, 1894, Mise, enl., I, p. l.')2 ; type :
Constantine (coll. M. Pic). — Peyerimhoff, 1904, L’Ab.,
XXX, p. 172. - iiiiricul<ilii.i Saulcy (in lût.).
Forme CUnieli. nov. ; fy}»c : Mcdjez-Amar CMus. Paris).
Fig. 147 et 148. - Long. 1,5 à 1,6 mm. Ailé ou brachyptère.
Epais et robuste, noir de poix luisant avec les élylres, les antennes,
les palpes et les pattes rougeâtres. Tête assez grande, courte, à lol>c
frontal très large, presque aussi large que le front entre les deux yeux-
Antennes robustes, les articles du fiiniculc courts, la massue grande,
les articles 9 et 10 A peine transverses. Pronoluin subglohulcux, non
transverse, Elylres très amples. Même armature des trochanters que
chez les précédents.
PSÉLAPHIDES DE L'.VFBIOt'K DI- NORD.
145
Front des mâles très excavé en avant. Deux grandes fossettes à
hords à pic et tranchants occupent toute la surface des tubercules
anlennaires : le milieu du lobe frontal, également déprimé, est vague¬
ment bosselé. En arrière de l’excavation, le bord antérieur du vertex
surplombe, garni de quelques soies.
Edéage (fig. 147) très différent de celui des espèces précédentes.
La tubulure est très épaisse, non incurvée en dehor.s et porte à son
sommet un vaste pavillon en entonnoir, flanqué d’une épine grêle et
cotirte. Rudiinenls des styles conservés. La forme Cloucti diffère
seulement du Pici parce que son édéage est inversé (fig. 148).
Femelles aussi robustes que les mâles, à yeux peu réduits, mais
toujours testacées rougeâtres. Avec leur lobe frontal très large, elles
sont très difficiles à distinguer de celle du Koziorowiezi.
Espèce occupant la Petite Kahylie, comme Koziorowiezi et Tbéri/i.
mais répandue aussi en Tunisie.
Ai.oitRii;. Dé/J. (i'Algrr : forêt des Béni (ihobrit, à Yakouren, Gran¬
de Kabvlie orientale, aÙ. T.'jf) m. (Fagel. V 1933). — Dép. de Constan-
fine : Bône (coll. Saulcy) ; Saint-Charles, près de PhilippeNulle (Théry) :
t'onslanline fPic).
Tunisie. Chaîne dorsale : Ain-Draham ; Fernana ; Le Kef (Nor¬
mand). — Cap Ban ; Fondouk-DJcdid (Normand).
Tychomorphus den/ifrons Reitteu, 1881, V’erh. z. b. Ges. Wien.
XXXI, p. 515 : type : Casablanca (1) (Mus. Paris).
Fig. 149. — Long. 1,4 mm. Brachyiilère. Robuste. Brunâtre luisant
<'vce. les élytres clairs, ou entièrement testacé rougeâtre. Tête petite,
s lobe frontal étroil, le front très bombé. .Antennes robustes, l’article 3
presque aussi gros et long <{ue le pédicelle, les articles moyens du fiini-
cule globuleux. La massue grande, le 9 et le 10 non transverses. Prono-
•u'D un peu transverse. Mêmes caractères irochantériens que chez les
précédents.
Front des mâles avec deux bosses qui surplombent une profonde
'lèpression du lobe frontal, an milieu de laquelle se dresse une petite
‘^orne verticalement dressée. Le milieu du lobe frontal est profondé-
uient excavé entre les tubercules antennaires. tous deux déprimés et
Concaves.
Edéage (fig. 149) â rudiments des styles très petits et tubulure
“Pieale très épaisse, à peine infléchie dans sa partie moyenne et
'‘evusent peu à peu en trompette ; l’angle gauche de l’orifice distal
'Tiné d'une grande apophyse en Hamme.
Femelles de coloration pâle, à veux presque aussi grands que ceux
mâles.
Variation. Les exemjilaires marocains sont plus fortement
‘=<'l«rés que ceux des environs de Tlemcen. Chez ceux-ci 1 apophyse
Raffray
dcscriptiun indique
étiqueté « Mnroceo
< TnnKcr ». .Mais le type conservé dans
; Casablanca. Reitter».
lu
colt
Source ; MNHN, Paris
146
RENft .lE.ANNFX.
distale de rédéage fait saillie en dehors avant de se couder pour se
placer dans Taxe de la tubulure.
Maroc. Plaines allnntitiurs : Casablanca, inAle et femelle fcoll.
Reitter).
Aloébik. [)ép. d'Ornn : env. de Tleinccn. plusieurs exemplaires
iNormand) ; Terni fNormandt.
8. Tychomorphus Remyi, n. sp. ; lype ; Ijoukak (Mus. ParisV
Long, l.â mm. Aptère. Testacé rougeâtre luisant. Aspect du
Poitpillipri. comme lui oblong allongé. Tète jjclile, un peu plus longue
que large, le front très bombé, comme chez dentifrons ; yeux aussi
petits (jue chez PmipHlieri, bien plus courts que les tempes, le lobe
frontal plus étroit que le front entre les yeux. Antennes peu longues,
le scape une foie et demie aussi long que large, le pédicelle oblong,
l'article 8 aiussi épais et long que le pédicelle, bien plus grand que le 4 ;
articles 4 à 7 à peine un peu plus longs que larges ; massue courte et
peu renllée, l’article fl globuleux, le 10 transverse. Pronotuin non trans-
vcrsc. Elytres assez amples, à épaules accusées,
Mille inconnu.
La longueur relative de l’article fl des antennes montre que cette
espèce doit-élre une forme montagnarde de la souche du dentifrons.
Le mâle aura sans doute «les caractères sexuels de même type que
chez ce dernier.
Maroc. Grand Atlas occidental : Ijoukak. une femelle (RcniV.
VIII Ifl-IOI,
fl. T/chomerphus bryaxioides (ji'iLi.KBEAti, IHflfl, Ann. Fr. LXIl.
p. ccxciii ; type : Margueritte (1) (Mus. Paris). — Peyeri-
■MHOFK. 1904, l’Ab., XXX, p. 170, — Haffrai/i Peyerimmoi-Fj
1»04, l’Ab., XXX. p. 170 : type ; Alger (Mus'. Paris).
Snbsp. Gbohauli. nov. ; type ; Hou-Bérak (Mus. Paris).
Fig. lôO et lâl. Long. 1,2 à 1,4 mm. Ailé ou brachyptère. La
forme ty[)iquc est généralement testacée rougeûtre, la subsp. Cho-
haiiti, pius robuste, est le plus souvent noire è élytres rougefttres d
antennes, palpes et pattes piles. Télé toujours petite et courte, le lobe
frontal étroit cl court. Antennes i articles moyens du funiculc sub-
cylindri(|ues à peine plus longs «juc larges, le premier (article 3) sem¬
blable au 4 et bien plus petit «[ue le pcdicelle : massue grande, le*
(1) La descripliuii <lu bri/axioUles piuHe ; t Kabilie. DOciiuvcrl pur mon «a**
K. Ahkiu.k tm Pebios ». Por contre, les mâle et femelle, sc n-nuvanl du”*
la collection (Icimjsbeac sont étiquetés < Murgucritte, types. Abeille ».
P. i>i! pBvKimiHopp (19041, croyant exacts les termes «le la «lescriplion pu^
(iciLi.KHKAr. O Considéré comme forme Ivpique ce «(ui est iiiipelé ici Gh'ilniia'
insidéré les exemplaires de Mariiueritte qu'il n vus dans la collection Ouille
-. -■--- • - I variété Raf
beau comme des représentants de sa variété Raffriigi. ,
A la vérité Ocit.i,EBR*c est responsable de celle confusion, car I' pst évidf”*
iiu'll a cru que Marguerille. villaie des Braz, dans le Massif de Miliiiiia él*'‘
sllué en Knhylic.
Source ; AINHfJ, Paris
PSÉI.APHfDES DE l/AFRK>l'E Dl' NORD.
W7
arlicles 9 cl I() en U>u|>ics, à peu près aussi longs que larges. Frono-
lum peu Iransvcrse. Trochanters intermédiaires inermes.
Lobe frontal du mâle peu déprimé à sa base chez la forme typique
les doux tubercules antennaires convexes, séparés l’un de l’autre par
un tubercule médian. Chez la subsp. Chobnuti la dépression du lobe
frontal est |)Ius profonde et les tubercules antennaires sont séparés
par une crête Iransvcrse finement ciliée : vertex avec une houppe de
soies.
Edéagc (fig. 150 et 151) sans rudiments de styles. La tubulure,
grele, porte une apophyse latérale à droite et se termine en pointe
Inncéolée. Cette pointe est plus large chez la subsp. Chobauii (fig. 151)
que chez la forme typique.
Femelles jieu différentes des mâles, leurs yeux un peu plus petits.
.Assez répandu dans l’Algérie mais ne paraissant pas se trouver
‘‘n petite Kabylie, ni dans le département de Constantine.
Subsp. brijaxioides. — Ai-ci-iBiE. Dép. d’Oran : Tiaret, plusieurs
^exemplaires (coll. Normandj. - ])vp. d’Alger : Dely Ibrahim, près
d’Alger (Peyerimhotf) ; El Hiar (Peyerimlioiï) ; Margueritte, commune
des Braz, monts de Miliana tAbeille) ; Zaouia des Mouzaïa et Le Lac,
dans les Mouzaïa, nombreux exemplaires (PeyerimhofT).
Subsp. Chobauii, nov. — Al-fiÉRiE. Dép. d’Alger ; Bou-Bérak, près
*Dellys. très nombreux exemjilaires (Chobaut).
Source : MNHN, Paris
14S
RENÉ JF.ANNEl.-
in. Tychomoiphu.? Aliuaudi, n. sp. : lypt- : Hoiiilhiuit (Mus. P:irisi.
Fig. 153. -- Long. 1.4 iniii. Aile. Noir liiisiint, les élytres rou¬
geâtres, les oiilcnncs, palpes et |>attcs lestacés. Pubescence doublée
par de grandes soies dressées très dévelop])ées. (irêle. Tête petite, à
lobe frontal particulièrement étroit, rappelant celui des Tychiis, les
tubercules antennaires séparés par une dépression étroite. Antennes
longues et grêles, l’article 3 petit, semblable an 4, les articles 3 à 7
subeylindriques et un peu plus longs que larges, la massue bien moins
grande que chez les espèces algériennes, les articles 9 et 10 tronco-
niques, aussi longs ((ue larges. Pronotum étroit, non transverse. Elytres
peu renflés.
Lobe frontal des mâles peu différent de celui des femelles, un peu
plus profondément déprimé à la base, les tubercules antennaires bien
convexes. Quelques soies sur la jiartie antérieure du vertex.
Edéage (fig. 153) sans trace des styles, comme chez le bryaxioides.
Tubulure grande, terminée par un pavillon ])édoncuié, recourbé du
côté gauche, et par une grande épine un peu lancéolée, pointue, dirigée
dans Taxe de la tubulure.
Femelles peu différentes des mâles, aussi colorées.
Maroc. Plaines oflanliques : Marais de Houeharen, près de La-
rache, un mâle (V'aiicher) ; Si A Bernoussi, environs de Fez (Otin) ;
Houilhaiit. entre Rabat et Casablanca, plusieurs exemplaires CAIItiaud,
Antoine). .1/oyrn Allas : Davet-Ahoua, ait. 1.3(10 m., une femelle
(Otin).
Espèces bétieo-rifaines.
II. T/chofflorpiius bispina Rai'krav, 1904, Ann. Fr., LXXIIl. p. 267 :
type : Tanger (Mus. Paris).
Long. 1,3 mm. Sans doute ailé. Noir de poix luisanl, les antennes,
les pattes et les palpe.s d'un nmgeâtre assez foncé. Très étroit et allon¬
gé. Tête grande, le front très bombé, le lobe frontal large, aussi large
«jue le front entre les yeux ; ceux-ci grands et saillants, plus longs
((ue les tempes. Antennes très longues, le .scape très court, le pédiccllc
oblong allongé, tes articles 3 h 3 nettement plus longs ((ue larges, les
6 â 8 globuleux ; massue grande, les articles 0 et 10 tronconiques,
aussi longs ((ue larges, le 11 plus grand que le 10. ovoïde. Pronotuni
à peine plus large <|ue long, à bosses latérales saillantes avant le milieu.
Elytres très longs mais étroits, pres<(ue deux fois aussi longs que 1 p
pronotum. Abdomen très court. Trochanters intermédiaires à dent
apicale robuste et bifide.
Mâle inconnu.
Es|>èce en apparence très isolée.
Maroc. Rif : Tanger (ex eoll. Chevrolat).
PSÉI.APHIDES DK L'AKIUQl'K DU NOHD.
149
'2. rycJiomorpiiiis miles Sai'LCV. 1870, Berl. enl. Zo., XIV, Beiheft,
p. 88 [Ttjcbus) : type Malaga (Mus. Paris). -- Reitter, 1881,
Vcrh. Z. b. Ges. Wicn, XXXI, p. 514.
Fig. 154. —- Long. 1,1 mm. Sans doule aptoro. Brun de poix luisant,
les antennes, palpes et pattes testaccs. Court et ramassé. Tète grande
à front très bombé et lisse, les yeux plus courts que les tempes, le
lobe frontal court, plus étroit que le front entre les yeux. Antennes
médiocres, le scape une fois et demie aussi long que large, le pédi-
celle oblong, les articles 3 à 7 globuleux, la massue courte, avec les
articles 0 et Kl tronconiques cl un peu transverses. Pronotum à peu
près aussi long que large, les élylrcs courts. Trochanters intermé¬
diaires simples, les postérieurs ))iolongés par une longue épine recour¬
bée en avant.
Mâles ; Tète transver.se, aussi large que le pronotum, le bord
antérieur du verlex .saillant au-dessus du lobe frontal et hérissé de
soies, les deux tiibereules anlennaires excavés en arrière.
ISS i&s
’• 154 à 1.56. fien. Tfirhomorphns .Tennn.. édéages, face dorsale. X 240. Fin.
154. T. miles Saulev. type, de Malasa. — Fie,. 1.55. T. grnndireps Rcill„ de
Tanger. — Fio. 156.’T". mmutus Saulcy. de Malaga.
Femelles de coloration plus pâle, la tète non transverse niais avec
l'ronl très hautement bombé, le lobe frontal étroit et simple.
Edéage (fig. 154) très petit. Capsule basale vésiculeuse, assez
KKinde. les rudiments des styles très petits. Tubulure grele, '"^urvée
'iehors. terminée par un pavillon dont l’ouverture fait face du côte
droit.
Espagne. Andalousie
'«■oll. PeyerimholT).
• Malaga (Dieck, coll. Saulcy)
. * ryi-ilJlllluu;.
Maroc. Rif : Tanger, 5 femelles (Vaucher).
Chiker, ]irès de Taza. une femelle (Olin, iV
). — Maroc.
19391.
Algésiras
oriental :
Source : MNHN, Paris
150
KKNf: .IKANNEL.
Tyciiomorpilus armaJus Saulc-y (1) 1870 ; Berl. enl. Zo., XIV, Beih.,
j). 88 {Tychtts) ; type : Malaga. — Reitteh, 1881, Verh. ?.. b.
Cics. Wicn., XXXI. p. 514.
Fig. 156. Long. 1 mm. Aptère. Mùle brun de poix luisant avec
les pattes tcsiacées ; femelle lestacée rougeâtre pâle. Plus court et
ramassé cjue le milex. Antenne.s semblables â eelle.s du miles sauf que
les articles 9 et 10 de la massue sont moins courts, aussi longs que
larges. Pronolum légèrement Iransversc. Elylres amples et courts, à
épaules accusées chez les mâles, effacées chez les femelles. Trochanters
intermédiaires et postérieurs prolongés en longues pointes recourbées.
Tète du mâle peu Iransverse, quoique aussi large que le pronolum.
le front très hautement bombé, le lobe frontal étroit, déprimé â la base
en dessous du bombement du vertex.
Femelles â yeux très réduits, la télé moins large, non Iransverse
mais avec le front très bombé.
Edéage (flg. 156) Irès petit. Capsule basale vésiculeuse, un peu
transverse, les rudimenis des styles très longs. Tubulure oblique, large
et parallèle, brusquement rétrécie au sommet qui porte un très vaste
))avillon foliacé tourné du côté sternal.
Espagne. Amlnlotisie : Malaga fDîeck) ; Algésiras fcoll. RaffrayL
Maroc. Hif : Tanger (coll. Saulcy).
14. T/cfiomorphus grandiceps Rkitter, 1881, Verh. z. b. Ges. Wien.
XXXI. p. 515 : type : Maroc fMus. Paris).
Fig. 155 et 157. — Long. 1 mm. Aptère. Testacé rougeâtre assez
foncé, les antennes, pattes et palpes plus clairs. Court el ramassé. Tête
volumineuse (flg. 157), le lobe frontal petit. Antennes comme chez
firmatiis. Pronolum ])eu trnnsversc. Elytres courts, à épaules effacées
dans les deux sexes. Trochanlers intermédiaires et postérieurs pro¬
longés en pointe recourhéc, comme chez armnfus.
Télé du mâle (fig. 157) très Iransverse, plus large que le prono*
Uim, le fronl, avec les yeux, jiresque deux fois aussi large que long,
assez convexe ; les yeux grands et saillants ; lobe frontal excavé à la
base. Chez certains mâles du Siul do l'Espagne, les proportions de la
tôle deviennenl liyperléliques.
Femelles lra]iiics. à grosse lèle arrondie el yeux extrèmeineni
petits.
il) P. i>K l’KYKiiiMHoi'K (ISÜ4. J.Ah., XX.\, 1). I7i>) ruppoi-lc celle espèce
1'. FiiKliineiin Aîné. 1S44. .4nn. Fr., (3) II, p. 124), Jècril sur 2 cxcmplnircs. l’ar
d'Kspngne (c<»ll. Laferlé'. l'aulrc de Sicile (coll. Auhé). L'exemplaire d'Espoga*
est perdu, mais celui étiqueté « Sicile » existe dans la collection Aubé et a été vU
K ir pRYRniHHopp. Cet cxe.nplalre est une femelle et ne provient très vruiscrablB*
ement pas de la Sicile. La petitesse de ses veux semble le rapprocher dnvanlag^
des femelles du grtindicept que de celles de fatmalui.
El) présence de ces incertitudes, il me parait prudent de ne pas tenir conipir
de ce ranlnnfiiH Aubé. en le considérant comme un s nomrn niiaiim >.
Source ; MNHN, Paris
l’SÉl.Al'HIDKS DK L’AKHIÜl’K DU NORD,
151
Edéat'c 155) de même type que celui de l’ar/jia/«a, différanl
•'ûuioment par la forme de la tubulure qui se rétrécit proaressivemenl
'>q>«is sa base.
Espagnk. Anilaloiisie : Cordoba, un mâle (coll. Saulcy).
Maroc, Hif .• Tanger, nombreux exemplaires CVaucher).
0
1S7
t'ai. 157. fien. Tnfhomorphuii .Icann. j T. yrnndieeps Heitt_ mâle, de Tanger.
V. Siibfam. PSELAPHfTAE s. str.
f^xelnphiine Jeannel, 1955. Mém. Mus., Zool., IX, p. 5.
I>ans la nouvelle répartition que j’ai faite des Psélaphides en six
sous-familles, celle des Psélaphitne (sensu novo) correspond aux
anciens c Macroseélides > de Raekray. Elle comprend un assez grand
'joinbre de tribus dont trois seulement sont représentées dans l'Afrique
Nord.
Alors que tous les Psélaphides nord-africains des autres sous-
•iinilles relèvent jn-escjuc exclusivement de lignées paléorctiques, des
fibiis de la sous-famille des Pselapbilae, et particulièrement les Ctenis-
mi cl les Tijrini forment l’essentiel d’un élément gondwanien oriental.
Pdrvemi directemeni de l’Afrique chaude dans l’Afrique du Nord.
TiiJ). PSELAPHINI Haffray.
Tabj.kau des genres nord-africains.
' Rpnilenient terminai de la massette palpaire hérissé d’épine,
Sans fissure longitudinale ; la massette pédonculée .
fp. 102). 25. fien. Pselaphas Hei
Herhst.
Source : MNHN, Paris
152
HBNf: JKANNEl..
Kentlemcnl Icriiiiniil do lu inusscHe lisse, avec un sillon canali-
riilé de la face externe, déterminant une fissure de l’extrémité
dislale, Elytres avec deux fossettes basales nettement séparées
par une carémile saillante, (p. IfiO). 24. Gen. PseiapJiogenius Reitt.
Comme on le voit, aucun des {genres africains Pxelfiphaulux Reitt..
Pseluphidiiix .Icann., Pselaphoxifs RafTr. n’ont atteint l’Afrique du
Nord.
Les deux genres existant en Berbérie sont paléarctiques et on
verra que Pselapinis, avec son sous-genre parliculier Geopselaphits.
y est un élément anté-ponlien, bien plus ancien (juc Pxelnphoqpniiis,
dont l’arrivée dans l’Afrique du Nord date du Pontien.
23. Gen. PSELAPHUS Herb.st.
Pxdaphitx Hkrbst. 1702, Nat. Ins., Kafer, 1\’, p. 106 ; type : Heisei
Herbst. — Jkannkl, 1950, Fne France, .53 (Psélaph.), p. 382
1951, Rev. fr. d’Enl.. XVtlI, p. 8 et 10,
Subgcn. Geapseliiphiix, nev. ; type : Sencieri Coquerel.
Tous les Pselaphiix s. str., de même que les espèces des régions
tropicales formant le sous-genre Pselaphintts Jeannki- (1951, l. c. ; p. 10
sont ailées et ont des élytres longs, convexes à la base, sans fossettes
basales ni carénules. Les espèces nord-africaines rangées ici sous le
nom de GeopseUipbux. ont la massette palpaire grande et épineuse,
sans fissure longitudinale comme les Pxelaphiis et Pselaphintts, mais
elles sont aptères, avec des élytres très raccourcis dont toute la partie
basale est profondément déprimée entre deux carènes subhumérales
saillantes, sans présenter toutefois des fossettes basales séparées par
des carénules comparables à celles des Pseïiiphogenitts. En fait, la base
des élytres à la même structure que chez les Pselaphoslomiis Reitt..
de l’Europe méditerranéenne ; mais les palpes maxillaires, bien dif¬
férents. montrent qu’il s’agit d’une tout autre lignée.
BiofiÉOGRAPHiK. - Tous Ics Pseloplttis de la Berbérie appa*"'
tiennent au sous-genre Geapselaphits. Ce sont des espèces loujotirs
rares, ajilères cl endogées, microphtalmes. Elle constituent un groupe
très homogène, dont les souches ont pris naissance sur le massif bético-
rifain et ont peuplé le Maroc cl la Berbérie orientale jusqu’au méri¬
dien d’Alger.
Un Pselnphus s. str. a passé de la péninsule Ibérique dans l’H®
de Madère ; mintjops Woll. D’antre part, un Geopselaphus a atleinf
Gomera, dans les Canaries : palpiper Woll. Ce fait démontre que 1^
groupe des Geopselaphus était déjà différencié sur le massif bético-
rifain pendant le Nuinnuililique, lorsque les terres marocaines s’éten¬
daient vers l’ouest jusqu’aux Canaries.
Source : MNHN, Paris
l’SÈLAPHIDRS DE I.’AFRIOUE DU NORD. r53
Tabi-eau des espèces nord-africaines.
1. Base des élylrcs convexe, sans excavation ni carènes. (Subgen.
Pselaphits, s. str.) . 2.
Base des élylrcs excavée entre deux carènes subhumérales
fSiibgon. Genpselnphiis, nov.) . 3.
Subgen. Pselnpbus, s. str.
2. Es|)èce aptère et microphtalme, grêle et très allongée, à mem¬
bres longs. Long. 1,8 mm. (Madère). 1 œinfops Woll.
Subgen. Geopselaphus, nov.
3. Renflement distal de la massette palpaire elliptique, relative¬
ment court, pas plus long que son funicule. Antennes courtes.
les articles moyens, à peine plus longs que larges. 4.
— Renllemenl distal de la massette palpaire allongé, au moins
aussi long que son funicule. Antennes à articles moyens nette¬
ment plus longs que larges . 5-
4. Côtés des élylrcs et de la plaque tergale (premier tergite abdo¬
minal) très peu arqués. Long. 1,6 mm. 2. Sencieri Coq.
— Côtes des élytres et de la plaque tergale très arqués, la gout¬
tière latérale de la plaque tergale élargie en arrière. Long. 1,5
à 1,6 mm. 3. SauJeyi. n. sp.
3. Tubérosité postoculaire du front en V ouvert en avant, enca¬
drant une profonde excavation du vertex. Côtés des élytres et
de la plaque tergale peu arqués. Long. 1,8 mm. (Espagne) ....
. 5. boeficus, n. sp. (1).
— Tubérosité postoculnire du front arrondie ou trapèzoïde ; pas
de profonde excavation du vertex . 6-
Renflement distal de la massette palpaire elliptique. Allongé,
R's côtés des élvlres cl de la plaque tergale peu arqués. Long.
1.6 mm.‘. 4. Inuus Peyer.
— Renllemenl distal de la masette subcylindrique, en forme de
boudin deux ou trois fois plus long que le funicule. 7.
Excavation basale de l’élytre renfermant une profonde fossette.
Court et trapu, l’arrière-corps large, les côtés des élytres et de
la plaque tergale très arqués, les élytres bombés. Renflement
distal de la massette rectiligne. Long. 1,5 mm. 6. afJantîcus, n. sp.
Excavation basale de l’élytre renfermant deux fossettes. Etroit,
les côtés des élytres et de la plaque tergale très peu arqués.
Renflement distal de la massette incurvé. Espèce presque
anophlalme. Long. 1,4 mm. (Iles Canaries) ... 7. palpiger woli.
P. (Il Le P. algeilranui Saulcy. mie je ne connais pas.
Sa brève diagnose suffit à montrer que sa massette palpa.re est an
‘ype fissuré.
nt' MuséCM. — Zoolooib. I. XIV-
Source : MNHN, Paris
151
KKNfi .1KANXEL.
Subgen. PseiapJius. s. str.
1. Pselapbus (s. sir.) minj'ops Woi.i.aston, 1871, Trans. ent. Soc.
London, p. 288 : type : S. Antonio (la Serra (Bril. Mus.).
Fig. 158. — Long. 1,8 mm. Aptère. Testacé luisant, la pubescence
longue et dressée, alignée sur trois rangées longitudinales sur les
élyires. Très grêle, allongé. Tète longue et étroite, plus de deux fois
aussi longue ({ue large, le lobe frontal un peu plus court ({ue la partie
post-oculaire, canaiiculé et lisse entre deux rebords tranchants. Veux
très petits, de 4 omniatidies. Tubérosité postoculaire arrondie, basse
en avant, sans trace d’ocelles. Tubérosité gulaire peu saillante, recou¬
verte par une longue niasse villeuse. Palpes très longs, l’extrémité du
pédoncule ramené en arrière dépasse amplement la base de la tête.
168
Kici. 158. - Oen, /'nr/n/i/itKi Herbsl : P*. (*. slr.t minyops Woll., «U- MndêrC'
Massette très allongée ; son renflement, très épineux, s'atténue longue¬
ment vers le fiinicule ((ni est rectiligne cl lisse. Antennes longues
robustes, le scape quatre fols aussi long que large, tous les articleSr
du 2 au 10 nettement plus longs que larges, le 11 elliptique et renflé-
Pronolum dolioliforme, un peu plus court et un peu plus large que 1**
tête, pas de fossettes latérales. Elytres plus longs que larges, très étroits
à la base, côtés régulièrement arqués et disque convexe jusqu'à 1^
base ; bord apical transverse, avec une forte frange tomenteuse blaO'
châtre. Plaque tergale trapézoïde, élargie en arrière, à bords presque
rectilignes, la gouttière latérale régulière. Pattes très longues.
Source ; MNHN, Paris
PSÉI.APHIÜES DE L’AFRIOl’E DU NORD.
155
Mâle inconnu.
Rcmjirqiiahic esptVc, qui ressemble un peu au P. caspiiis Reift.,
mais est bien plus grêle, avec des yeux très atrophiés et une massette
palpaire de forme très parliculière résultant de l’amincissement pro¬
gressif du renflement distal sur un pédoncule très réduit.
Mad^hk : S. Antonio da Serra, une femelle dans la forêt de Lau¬
riers. â haute altitude (Wollaston).
Suhgen. Geopselphus. nov.
-■ Pselaphus (Geopselaphus) Sencieti Coquerel, 1858, Ann. Fr., (3) VI,
p. 79-1 : type ; Mers-el-Kcbir. — Raffray, 1896, Bull. Fr.,
p. 219. -- Simnni Ri-itter, 1881, Verh. z. h. Ges. Wien, XXXI.
p. 508 ; type : Algésiras (Mus. Paris).
Il n’est pas douteux que le Simoni Reitt. soit la même espèce que
le .S'cncfcri. Si j’ai cru devoir tenir les deux espèces pour valables,
fr. d'Enf.. XVIII, p. 101, c’est qu’il existe aussi, à Algésiras des
Paelnpbus qui ont été déterminés Simoni ou Sencieri par F. de Saulcy
<ît qui appartiennent à une tout autre espèce.
Fig. 159. Long. 1.6 mm. Aptère. Testacé rougeâtre clair, la
pubescence très rare, avec quelques poils alignés sur le disque des
élytres. Très grêle. Tête peu allongée, le lobe frontal assez court, pro¬
fondément excavé entre deux crêtes tranchantes, le vertex creu,sé entre
les branches d’un haut bourrelet postérieur en U, avec un ocelle à la
partie antérieure de chn<[ue branche. Yeux petits et saillants, les tem-
pc.s planes. Région giilaire très saillante en avant, tomenteuse en
arrière. Palpes à renflement distal de la massette aussi long que le
funicule. Antennes courtes, le scape à peine deux fois aussi long que
•arge, tous les articles du 2 au 10 à peine plus longs que larges, le 11
ovale, grand cl renflé. Pronotum dolioliforme. allongé, sans fossettes
latérales. Elylres plus larges au sommet que longs, la surface basale
excavée entre les carènes humérales, courtes et mousses, le bord apical
avec une forte frange membraneuse, les côtés des élytres faiblement
arqués, le disque déprimé. Plaque tergalc presque aussi longue que
l^rge. non élargie en arrière, ses côtés faiblement arqués, sa gout-
l'êre latérale régulière, non élargie en arrière ; base de la plaque ter-
8>'te avec une forte dépression médiane. Pattes longues et grêles.
Pas de caractères sexuels sur le métasternum.
Kdéage (lig. 159) très petit. Capsule basale atténuée en longue
pointe infléchie, c’est-à-dire de forme tout à fait insolite chez un
^‘elnphiis. Pas de pièces copulatrices. Styles membraneux, larges et
Pnrallèles. leur extrémité arrondie, avec quatre petites soies.
Espagne. Andalousie : Algésiras, une femelle (H. Simon, type
Simoni).
Maroc. Rif , Tanger, une femelle (Vaucher).
Source : MNHN, Paris
156
RENÉ JKANNEL.
Algérie. Dép. d’Oran : Mers-el-Kébir, près d’Oran (Scncier) ;
Terni, près de Tlemcen, 3 exemplaires (Normand). — Dép. d’Alger :
massif de l’Ouaren-scnis, une femelle (Vaulofier).
Fui. 159 â 161. Gcn. l'selaphu» Herbst, édéages, face dorsale. - Fio. 1.59. l'f-
(Geoptelaphiii} .Sencierf Coquercl. de Terni, X 185. — Fifl. 160. Pt. iGeoptelO'
phut) inuus Peycr^ de (îarn-el-Kef. X 165. -- Kio. 161. Ps. (Geoptelitphttli
^ulcyi. n. sp., 'd'Algésiras. x 185.
3. Pseiaphus (GeopseJaphus) Saulcjri, n. sp. ; type : Algésiras (Mus.
Paris.
Fig. 161. — Long, l.ô A 1,6 mm. Aptère. Testacé rougeAlre pâle.
La pubescence très rare, formant une rangée discale de quelques poils
sur les élytres. Aspect du Sencieri, avec l’arrière-corps plu.s large. Tête
et palpes semblables. Antennes un peu moins courtes, les articles 9
et 10 plus allongés. Pronotum allongé, mais moins régulièrement
dolioliforme, ses faces latérales déprimées en arrière ; pas de fossettes
latérales. Elytres aussi courts que chez Sencieri mais plus bombés,
les cfttés plus arqués, la dépression basale moins profonde et les carè¬
nes humérales plus courtes. Bord apical avec une forte frange mem¬
braneuse. Plaque tcrgale plus large que longue, ses côtés très arron¬
dis, la gouttière latérale élargie en arrière, la dépression basale d»
disque profonde. Pattes grêles.
Pas de différences sexuelles.
Edéage (fig. 161) encore bien plus petit que celui du Sencieri-
Capsule basale prolongée par une lame distale large au sommet. P^^
de pièces copulatrices. Styles membraneux, atténués au sommet, avec
deux petites soies apicales.
Espèce confondue par F. de Saulcv avec le Simoni Reitt, et pa^
conséquent avec le 5cncieri. Je ne la connais que de l’Espagne, mai*
elle se retrouvera bien probablement à Tanger.
Source ; MNHN, Paris
PSfil.APHIDES DR I/AFRIÜl’R DI' NORD.
157
Ksi'aüne. Andalousie : Algésiras, mâle et femelle (coll. Sainte-
Claire Deville et coll. Saulcy). Je rapporte avec quelque doute à la
inêinc cspi'cc une femelle de Jaen (coll. Saulcy).
Pselaphus (Geopselaphus) inuus Pkvrrimhofi'. 1907, Bull. fr.. p.
249 : type : Garn el Kef (Mus. Paris).
Fig. IfiO. Long. 1,6 à 1,7 miu. Ajttère. Teslacé rougeâtre lui-
*<unt, la pubc.scence rare, comme chez Sencieri. Même forme générale,
l’arriêre-corps peu large. Tête semblable. Renflement distal de la ma.s-
selle palpaire plus allongé, elliptique plutôt qu’ovale. Antennes plus
longues, le scape près de trois fois, les articles 5 el 6 près de deux
fois aussi longs (|ue larges, les articles de la massue allongés, le 11
bien moins renflé. Pronotum allongé, dolioliforme, avec des fossettes
latérales. Elylres comme chez Sencieri mais plus convexes, la dépres¬
sion basale courte, les carènes humérales très réduits. Plaque tergale
Rioin.s longue que large, peu élargie en arrière, ses côtés peu arqués
<*1 sa gouttière latérale non élargie, comme chez Sencieri : dépression
basale du disque encore plus grande et plus profonde. Pattes grêles.
Mâle : inélasternum un peu saillant sur la ligne médiane.
Edéage (fig. 160) très diiïérent de celui des Sencieri et Saulcyi
pur sa grande taille el la présence de pièces copulatrices. Capsule
basale en forme d’urne, sans lame distale proéminente, l’ouverture
opicalc traiisverse, à bords membraneux, réguliers. Sac interne avec
line |)aire de grosses dents recourbées et de plus avec une dent média¬
ne, triangulaire, située dan.s l’orifice ajjical. Styles très larges, mem¬
braneux, plaques à la face ventrale de la capsule, avec deux très peti-
Ifs soies sur leur bord distal.
Espèce en apparence très voisine du Sencieri. mais représentant
l'iie toute autre lignée.
ALGitniE. Dép. d'Alger : Garn el Kef, massif des Mouzaïa, mâle
el femelle (Peycrimhoff, XI 1905 et XI 1967) ; Si Abd-cl-Kader, près
Blida, une femelle (Peyerimhoff, XI 19141 ; Ruisseau des Singes,
gorges de la ChifTa, deux femelles (Peycrimhoff, III 1909).
Pselaphus (Geopselaphus) boeticus, n. sp. ; type : Sud de l’Espagne
(Mus. Paris).
Fig. 162. — Long. 1,8 mm. Aptère. Testacé rougeâtre luisant, la
pubescence rare comme chez les précédents. Voisin de I inuus, mais
plus grand el plus robuste. Tête semblable. Renflement distal de la
massette pahiaire de même forme allongée, aussi elliptique, mais plus
81 'and, formant les trois cinquièmes de la longueur de la masse c.
Antennes semblables, aussi longues. Pronotum plus renflé et plus
’^oiirt. plus homhé, avec des fossettes latérales. Elytres de même forme,
avec la dépression basale du disque plus étendue, les carénés
biiiiiérales plus longues. Plaiiue tergale ample, arrondie, plus large
Source : MNHN, Paris
RKN'É JEANNEL.
quü longue, les côtés arqués, la gouttière latérale élargie en arrière,
lu dépression basale peu profonde. Pattes grêles.
Edéago (fig. 162) très grand, très régulièrement ovalaire, l’orifice
apical un peu rétréci, très régulier : pas de pièces cupulatrices. Styles
membraneux, courts, avec deux ou trois soies apicales.
Fio. Idï. Oen. Puflanhus Herbsl ; édéoec. face dorsale, du Px. iGropgflaphus^
hotfirus, n. sp.. <lc l'Andalousie, X 140,
Cette espèce, que je décris ici sur un exemplaire du Sud de l’Espa¬
gne, ne peut pas être confondue avec Valgesirnnus Saulcy, que je ne
connais jias, mais dont le renflement distal de la massette est fissuré,
ce qui indique qu’il ne s’agit pas d’un P.iel(]phn.i. Le boelictis pourra
sans doute se retrouver dans le nord du Maroc.
Espagne méridionai-k. sans nuire précison, un mâle fcoll. Sauley).
6. Pse/apAus fGeopseiopAus) atlantfcus, n. sp. ; type : îbel Tazeka
(Mus. Paris).
Long, 1 mm. Aptère. Tcstacé rougeâtre très luisant, la pubescence
très rare. Robuste, l’arrière-corps élargi peu après les épaules des é!y-
Ires. Tête peu longue, le lobe frontal iirofniidémcnt sillonné entre deux
crêtes tranchantes ; toute la partie posloculaire du front soulevée en
une masse vaguement trapézoïdale, s’élargissant en avant et tombant
A pic sur In base du lobe frontal. Pas d’excavation du verlex. Massette
palpaire à renflement distal très allongé, subcylindrique, formant â
lui seul les deux tiers de la longueur de la massette. Antennes longue*
et robustes, le scapc deux fols, le pédicelle et l’article 3 une fois et
quart, les 4 à 7 à peine plus longs que larges ; article 9 un peu plu*
long que le 8 et non renCé, le 10 ovoïde, aussi long que large ; le
court et très renflé. Pronotum court, subglohuleux, un peu plus long
<|ue large, sans fossettes latérales. Elytres très courts, fortement bom-
PSÉI.APHIDK,S DK l.'AFRlyl'p; Dl’ NORD.
liés <111 milieu de leur lungueur, les côtés très arqués, presque parallè¬
les avant l’angle apical externe, la frange membraneuse apicale très
‘léveloppée. Excavation basale des élytres courte et très profonde ;
jiresquc nas de carènes humérales. Plaque tergale large, à côtés très
arrondis et gouttière latérale s’élargissant en arrière ; dépression basale
du disque peu profonde. Pattes grêles, peu longues.
Môle inconnu.
(lurieusc espèce, remar(|uahle par sa massette palpaire et par la
forme de l’arrière-corps.
Maroc. Motjen Atlas : Ibel Tazeka, ait. 1.800 m., dans la forêt
«le C.èdres, une seule femelle {Olin, 1 19391.
7. Pseiaphus {Geopseiaphus) paipiger VVoli-aston, 1865, Col. Atlant.,
Apjiendix. p. 97 ; type : (ioniera (Brit. Mus.).
Fig. 163 et 164. — Long. 1,4 mm. Aptère. Testacé rougeâtre lui-
-sant la pubescence longue cl rare, les élytres avec trois rangs de poils
alignés. Etroit, mais peu délié. Tête médiocre, peu allongée, le lobe
amas villeux. Faipes maxiiianes -- r- o
>»»issette i\ funicule épais, très court, cl long renflement distal subcj-
Source : MNHN, Paris
160
RENÉ .lEANNEL.
Imdrique, épineux, incurvé et peu à peu atténué sur le funicuie. Anten¬
nes courtes et épaisses, le scnpe à peine deux fois aussi long que large,
les articles 3 à 7 à peine plus longs que larges, les 8, 9 et 10 plus longs
que larges chez le mâle (fig. 163), transverses chez la femelle, le 11,
court et épais. Pronotum court, de peu plus long que large, à peu près
aussi long que la télé, plus large au milieu qu’î'i la base, fossettes laté¬
rales présentes. Elyircs environ aussi larges que longs, peu convexes,
les cAtes très peu arqués ; excavation basale avec deux fossettes arron¬
dies sur chaque éiytre, en dedans de la carène subhiiméralc ; frange
tonienteuse du bord apical bien développée. Plaque tergale non élar¬
gie en arrière, ses bords arqués, la gouttière marginale régulière, le
disque convexe. Pattes peu longues et très épaisses.
Edéagc (fig. 164) petit, oblong, la capsule basale prolongée par
une lame distale et ventrale assez longue, k bord arrondi. Styles grêles,
spatiilés au sommet, armés de deux soies. Armature du sac interne
peu développée.
Espèce remarquable |)ar ratro|>hie presque complète des yeux
sans allongement corrélatif des parties du corps. La présence de deux
fossettes k la base excavée des élytres rappelle les Pselaphogenius :
mais tous les caractères généraux sont ceux des Pselaphiis.
Iles Canaries. Gnmera, mâle et femelle, recueillis par MM. Crotch
(coil. Wollaston, Brit. Mus.).
24. Gen. PSELAPHOGENIÜS Rcitter.
Pxt'lnpboiji-nius Reuter. 1910, Wiener eut. Zlg., XXIX. p. 155 (sous-
genre) ; type : qiiadricnstntiis Reitl. — .Ieannel. 1950, Fne
France. 53 (Psclaphides), p. 385. 1951, Rev. fr. d’Ent..
.Win, p. 7 (genre).
Ce genre est formé d'espèces aptères dont le renflement terminal
de la massette palpaire est lisse ou ponctué, non épineux, avec un
sillon canaliculé de la face exlernc (|ui détermine une fissure de
l’extrémité distale. Les élytres présentent une dépression basale ofi se
trouvent deux fossettes séparées jiar une caréniile saillante. Ce der¬
nier caractère distingue les Psclaplutgenius des Pselnphoxtomiis dont
la dépression basale de l'èlytre ne comporte ni fossettes ni carénule
(liscale. Les Pselnphnslomiis sont d’autre part des Insectes fortement
alulacés et leur répartition géogra|)hiqiic dans le Sud de l’Europe est
très particulière (Fne France, 53, p. 38. fig. 13).
BionÉooRAPHiK. --- Les Pselnphofirnitis forment une grande lignée
égéidienne, probablement originaire de l’Egéide méridionale. Les espè¬
ces. assez nombreuses (Fne France, 53, p. 39) sont réparties depuis
le Caucase jusque dans la péninsule italienne, sans franchir les Alpes
occidentales, l’ne espèce, P. Scntli .leann. (1951, Ann. neit. Uixt-.
(12) IV, p. 245) a atteint le massif abvssin et subsiste à 3.250 m dans
la forêt de Bambous du mont Gughé. D’autre ](art, les lignées de Psela-
phogenins ont passé dans l’Afrique du Nord par le Sud de la Tyrrhé-
Source : MNHN, Paris
PSiÎLAPHIDES DE L’AFRIQUE DU NORD.
I6l
nide, grâce au pont égéido-berbère du Pontien, et y peuplent la Tuni¬
sie et l’Algérie à l’est du méridien d’Alger.
Ces espèces de l’Afrique du Nord, ainsi que le P. Scotli de
l’Aby.ssinie, dilTèrcnt de celles de l’Europe par leur massette palpaire
à renflement terminal plus grand, formant au moins les deux cinquiè¬
mes et non le tiers de la longueur de la massette.
Tableau des espèces nord-africaines.
1- Plaque tergalc sans dépression médiane à la base. Renflement
terminal de la massette palpaire lisse et court, formant au plus
les deux cinquièmes de la longueur de la massette. Espèce à pat¬
tes épaisses. (Groupe de Valqeriniis) . 3.
■— Plaque tergalc avec une forte dépression médiane à la base (1>. 2.
2. Renncmeiit terminal de la massellc lisse et court, formant les
deux cimiuièmes de la lonmicur de la massette. Espèce grêle à
pattes grêles (Groupe du Cheibaiüi) . ü-
•—Renflement terminal de la massette ponctué et long, formant la
moitié de la longueur de la massette. Espèce grêle, à pattes lon¬
gues (Groupe du Haffrayi) . ü-
Groupe de Yalgerinus.
3. Renflement distal de la massette plus court, ne formant que le
Mors de la longueur de la iiiusscllc. Tête plus large. Plaque ter-
gale plus large. Long. 1,7 mm. I- Jeanî Norm.
*—Renflement distal de la massette moins court, formant les deux
cinquièmes de la longueur de la massette. Tête plus étroite.
Plaque tergalc moins élargie .
Antennes plus courtes, Carénules de la base des élytres plus
courtes, n'atlcignanl jias le milieu de la longueur de l’élytrc.
Long. 1.(5 mm. 2. olgerinus Raffr.
Antennes moins courtes, (’-arénules de la base des élytres lon¬
gues. allcignanl le milieu de la longueur du disque. Long. 1.6
i„,j, . 3. (unfseus Norm.
Groupe du Chohaiiti.
Grêle, étroit et allongé. Elytres à |)L‘U près aussi longs que larges,
les carénules basales courtes. Long. 1,5 à 1,6 mm. 4. Chobauti Noi m.
Groupe du Haffraiji.
Grand, robuste. Pronolum subglobuleux. Plaijue tergale gran-
jle, presque aussi longue que large, la
JL Ue carnclèrc est particulier à deus
«»Pèces d’Europe et d’Abyssinie oui une plnque lergale sans dépression antéricu
*• comine chez alÿfrinut.
Source : MNHN, Paris
RENÉ JEANNEL.
(iroupe de
1. Psd/aphogenius leani Xokm.vni), 19:^8, Bull. Soc. Hisl. nul. Afr. N.,
XXIX, p, 335 (Pselnphiis) ; type* : Nobeur (coll. Normand).
Fi}'. 185 cl 188. L(»n}'. 1,7 luiii. Aplère. Tcslacé rougeâtre lui¬
sant, la pubescence longue et rare. Arrière-corps relativement large.
Tête médiocre, assez large au niveau des yeux, le lobe frontal court,
rugueux en avant, sillonné en arrière, le vertex excavé, la partie post-
oculaire du front surélevée, triangulaire ; yeux petits. Massette pal-
paire à renflement terminal lisse, aussi court que chez les espèces
européennes. Antennes courtes et épaisses, le seape à peine deux fois,
Ek). ISô. f‘iirlrii>h<iyriiliis lU'ilt., /'x, Jeiiiii Niinii.. iniUi-, de Nvlic-ur.
les articles 2 à 1 k peine plus longs que larges, le 8 globuleux, les 9
et 10 pas plus longs que larges, le 11 renflé et acuminé. Pronotum
un peu plu.s long que large, ses faces pleurales aplanies, la fossette
latérale présente. Elytres courts et bombés, les côtés bien arrondis,
l’excavation basale peu profonde, k carènuics courtes. PlaJiiie tergalc
élargie en arrière, ses côtés anjués, sa gouttière latérale s’élargissant
en arrière. Pas de dépression basale. Pattes courtes cl épaisses.
Edéage (fig. 188) volumineux, la capsule basale éi)aisse, incurvée,
le boni ventral de l’orifice apical anguleux, Sae interne avec trois
dents |)lateH. Styles membraneux armés do trois grandes soies api*
cales.
Cette espèce est celle c|in se rapproebe le plus des formes euro*
péennes par la forme de la massette palpairc. Mais elle a la tète bien
plus courte que les espèces sardes ou calabraises.
TrsisiK. Chaîne dorsale ; N’ebciir, un inftle pris en criblant 8ti
terreau de Lentisque. (Normand, V 1937).
Source : MNHN, Paris
PSÉI.APHIDBS nK l/AFRIOl’K Df NORD.
PseiapJioçenius a/gerinus Rafkrav, 1896, Bull. Fr., p. 218, (Psela-
phus) ; type : Edough (Mu.s. Paris). — Normandi Reittem,
1910, Wiener ent. 7A^., XXIX, p. 156 ; type : Saint-Charles
(Mus. Budapest).
Il ne me parait pas douteux que te P. \'ormandi de Reitter soit
l’espèce décrite par Raefray sous le nom d’nlÿcrinus et que d’ailleurs
Reitter ne semble pas connaître, car il n’y fait aucune allusion dans
-Son tableau des Pselnphogenius.
Fig. 166. - Long. 1,6 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubes¬
cence longue et rare. Plus grêle que le Jeani, la tête bien moins élar¬
gie au milieu, mais présentant la même configuration : renflement ter¬
mina! de la massetle palpaire plus long, formant les deux cinquièmes
de la longueur de la massette. .Antennes à peu près comme chez Jeani,
'■«rticle « globuleux, les 9 et H) aussi longs que larges. Pronolum un
P‘‘ii plus long que large, ses faces pleurales aplanies. les fossettes late-
'■Rles jirésentes. Elvlres moins courts i|ue ebez Jeani, leurs côtés peu
‘"•qués. le disque peu convexe, les fossettes basales très profondes,
•nids les earénules courtes. Plaque lergale sans dépression basale, peu
élargie en arrière, â côtés régulièrement arqués et gouttière latérale
^‘•ruc et régulière. Pnlles rj)urtcs et épaisses.
Source ; MNHN, Paris
164
RENÉ JEANNEL.
A 1 .ÜÉHI 1 :. Dèp. d’AUjer : Massif des Mouzaïa (l’eyeiimiii)ff» ; Huis-
seau des Singes, gorges de la Chiffa (Feycrimlioff) ; Vakouren, dans
l’Esl de la (irande Kabylie (Ch(»baut). -- Dép. de Cnnstdntine : cap.
Carbon, un exemplaire (H. de Miré, IV 1955) ; torèt de Kefsiden, près de
Bougie, un exemplaire à massette anormalement rugueuse (H. de Miré.
IV 1955) ; Ain-DJemaa, près de Djidjelli (R. de Borde) ; Philippevillc.
nombreux exemplaires (Normand) ; Ain-Senour (Normand) ; mont
Edough, prés de Bône (Bedel, type ; R. de Borde).
(i. Rselapboçenius luniseus Nokmanü, 1901, Bull. Fr., p. 147 (Psetn-
phiis) type : Ain-Draham (coll. Normand).
Fig. 1G7. — Long. 1,1) mm. Aptère. Testacé rougeâtre. Très voisin
«le Volijeriniis ; même forme générale. Tête et palpes semblables. An¬
tennes moins courtes, les articles 8, 9 et 11) un peu plus longs que
larges. Pronolum comme chez algeriniis. Elytres aussi longs, à côtés
peu arqués ; le disi]ue moins convexe, les fossettes basales moins pro¬
fondes et les carénules plus longues, atteignant le milieu de la lon¬
gueur de i’élylre. Plaque tergule semblable à celle de Valgerinus.
Pattes courtes et épaisses.
Edéage (flg. 167) plus court et plus épais que celui de Valgerinus.
Orifice apical à bords ventral non anguleux et bord dorsal lobé. Sac
interne avec les mêmes trois dents plates que chez Jeani et nlgerintis.
Styles membraneux et larges, avec trois grandes soies apicales.
Tvnisie. Chaîne dorsale : Ain-Draham ; Nebeur ; Le Kef ; Souk-
el-Arba (Normand).
Dans les mousses ou sous les feuilles mortes pourrissantes.
Croupe du Chobauti.
4. Pseiapboçenius Chobauti Nokma.vd, 1903, Bull. Fr. p. 191 U*si‘la-
phiis) : type : Bou-Bérak (coll. Normand).
Fig. 169. — Long. 1,3 à 1,6 mm. -- Aptère. Testacé rougeâtre
foncé luisant, lu pubescence très longue et rare. Allongé et grêle. Tète
losangique, étroite, le lobe frontal profondément canaliculé, le vertex
excavé, la tubérosité postoculaire du front en forme de V. c’est-ù-dire
anguleuse en arrière et enfermant un prolongement anguleux de
l’excavation du vertex. Veux très petits, les tempes plane.s. Renfle¬
ment terminal de la massette palpaire formant les deux cinquièmes
de sa longueur. Antennes à peu près comme chez algerinns, le scapf
un peu plus long. Pronolum allongé et étroit, dolioliforme, sans fosset¬
tes latérales. Elytres presque aussi longs que larges, étroits, à côté*
faiblement arqués, le disque convexe, les carénules basales très cour¬
tes. Plaque tcrgale largement arrondie, sa gouttière latérale large, le
disque bombé avec une dépression médiane dans la partie basale.
Pattes courtes, mais grêles.
Edéage (flg. 169) très petit. Capsule courte, l'orifice apical ouvert
au dessus d’une lame distale rétrécie, dont le sommet est largement
Source ; MNHN, Paris
HSÉI.APHIDES DE L’AFRIQUE DU NORD.
165
«rrondi, neltemenl rebordé. Deux baguettes grêles dans le sac interne.
Styles mciiibraneux, larges, leur extrémité avec une grande soie et trois
plus petites.
Espèce très isolée dans le genre, tant par la présence d’une dépres¬
sion basale de la ])laqiie tergale que par la structure de l’édéage.
Algéhik. Dèp. d'Alger : Bou-Bérak, près de Dellys, côte de la
Kabylie, nombreux exemplaires (Cliobaut).
Groupe du Rnffrmji.
Psel^phogenias Ralfrayi Pevkkimhofk, 1908, Bull. Fr., p. 122, (Pse-
Inphna) ; type : crête du Djurjura (Mus. Paris).
Fig. 170. — Long. 2 mm. Aptère. Teslacé rougeâtre luisant, la
pubescence longue cl rare. Grand et allongé. Tête comme chez Cho-
ôniib', avec la même forme anguleuse de la tubérosité postoculaire
fJu front : yeux bien développés. Renllcmenl distal de la massette pal-
paire elliptique, allongé, formant la moitié de la longueur de la jnas-
setto : un long sillon canaliculé s'étend sur la face externe, mais la
surface du renflement, densenient ponctuée, ressemble aux renfle-
'Dents épineux des masselles des Pselaphiis. Antennes longues et
robustes, le scape trois fois aussi long que large, tous les articles du
2 au 8 un peu plus longs, les 9 et 10 guère davantage, le 11 très renflé
et asymétrique. Pronolum court, globuleux, un peu plus long que
•arge. Elylres à côtés rectilignes en avant, arqués dans la partie poste-
rieure, le disque peu convexe, la frange apicale membraneuse bien
‘téveloppée : fossettes basales peu profondes. les carénules longues.
Source : MNHN, Paris
RENÉ JEANNEL.
16r>
nllcignnnt presque le milieu de l’élylrc. Plaque tergale peu élargie,
ses côtés régulièrement arqués, la partie basale du disque avec une
large dépression médiane. Pattes longues et grêles.
Edéagc (fig. 170) très grand, très allongé, la capsule basale pro¬
longée par une longue lame distale jieu à peu rétrécie et recourbée
ù son extrémité pointue. Deux grosses baguettes dans le sac interne.
Styles avec quatre soies.
Espèce très remarquable, par sa taille, la forme de la massette
palpairc et la structure de l'édéage qui rappelle tout à fait celle des
Centrophlhnlmus et genres voisins, de la tribu des Tynni. Ses carac¬
tères la font placer dans un groupe à part, mais qui dérive peut-être
du Chohnuii.
Localisé à haute altitude sur le Djurjura.
AuiÉRiK. Dép. d’Alyrr : crête du Haizer, ait, 1.800 m., deux femel¬
les sous des ébotilis encore recouverts de neige, au pied d’une barre
liasi<|ue (Peycrimhoff. Vil 1007) ; entrée du lesserefl Tabort Boufri-
chen. ô l’extrémité orientale du Haizer. ait. 2.090 m.. un mâle dans
la terre (Peyerimhoff, 1916).
Trib. CTENISTIM Raffray.
Celte tribu est formée par un certain nombre de genres dont tou¬
tes les espèces sont xérophiles, beaucoup étant même adaptées aux
climats subdésertiques de la bordure du Sahara.
Dans l’Afrique du Nord, plusieurs genres sont représentés ; les
uns, comme Cleniales, Desimiii, Ennptoxtonms, sont des groupes gond-
waniens orientaux, à espèces réparties dans toute l’Afrique intertro-
picale cl australe, ainsi ([u’à Madagascar. Ms forment dans l’Afrique
(lu Nord, l’élément gondwanien principal.
Quant au genre Clenisomorphiis, il est strictement localisé sur le
pourtour du .Sabara. Mais, sans doute, cst-il dérivé de la souche des
('.teniates.
Il est enfin un genre qui se montrera peut-être représenté dans
la faune de l’Afrique du Nord ; c’est le genre Epicaria Reitt. L’E. rrn-
iralia Raffr. est ré[)andu dans les régions steppiques de toute l’Afriqu®
chaude : il est connu de i’Abvssinic. de la région du Tchad, de Daliaf
et Vn.i.iERs l’a trouvé en Mauritanie. Il est possible qu’il remonte
jusque dans le Sous et même le Sud du Maroc.
Il est impossible de fixer avec certitude répo(|ue à laquelle les*
Cleniatini, et avec eux les Tijrini dont i! sera question plus loin, tous
du lignées xérothcrmophilcs, sont arrivés dans l’Afrique du Nord, con¬
tournant la barrière saharienne. Le fait que cet événement n’a pu se
(>rcKluirc (jue lorsque la Berbérie était encore proche de l’équalcur
incite à croire (|uc ces Psélaphides ont fait partie de la faune anté-
pontienne et datent sans doute du Chaftien.
Source ; MNHN, Paris
PSfil-APHIDES OK I/AKIUOriî DU NOHD. 167
Tari.eai' dks genres nord-africains.
1- Dernier article des palpes maxillaires transversal. Pas d’épine
sous-oculaire . 2.
Dernier article des palpes maxillaires allongé, non transversal.
Tête avec une forte épine en dessous de l’œil. 6.
Rlytres avec un tubercule villeux à l’angle suturai ; les deux
premiers tergites de même longueur. Massue antennaire de trois
articles coniques. Grande taille. [Gen. Epicaris Reitt.").
Elytres sans tubercule villeux à l’angle suturai ; le premier ter-
V gite plus court que le deuxième. 3.
3. Petite taille (moins de 2 mm.l. Antennes courtes, à massue de
quatre articles chez les mâles, de trois chez les femelles. . . .
. (p. 180). 28. Gen. Enoptostoznus Schaum.
Grande taille (plus de 2 mm.l. Antennes longues, les articles
do la massue suheylindrique, allongés . 4.
4. Antennes des mâles à massue de deux articles, l’avant-dernier
avec une encoche â la base. Lobe frontal étranglé.
. (p, 171). 20. Gen. Ctenisomorphus Raffray.
Antennes des mâles â massue de quatre articles . 5.
3. [,obe frontal étranglé à la base. Article 10 des antennes sans
encoche â la base. ^P- lO’»- 25. Gen. Ctenistes Reich,
Lobe frontal non étranglé à la base Article 10 des antennes
avec une encoche â la base comme chez les Ctenisomorphim.
. {p, 179). 27, Gen. Cfenisoschemo. nov.
6. Epine sous-oculaire bien développée. Antennes des mâles à mas¬
sue de quatre articles allongés, comme chez les Ctenisies. . . .
(p. !87). 29. Gen. Desiniia Rntt.
25, Gen. CTENISTES Reichenbach.
f'Ienhies Reichenbach, 1810, Mon. Psel.. p. 75 ; type : paipalis Rei-
chcnbach. - Jeannf.e, 1949, Mém. Mus., XXIX, p. 185. —
1950, Faune France. 53 (Psélaph.). p. 405.
Subgen. Leploclenisie.s. nov. type : Wülmen. n, sp.
Subgon. Teenefis Pkykuimhoff. 1925. Ruil. Soc. Roy. enl.
d’Egypte? p. 59 : type ; Vaiilogpri Pic,
Le sous-genre Teenesis a été créé par Peyerimhoff pour le 6.
^’niilogeri Pic. qui se distingue des autres espèces du genre par 1 absen-
«le pénicillé sur le pédoncule palpairc. En ‘1,?
l’Abvssinie et de l’Afrique orientale (1949, l. c., p. 186), ja\ais
‘«té f|ue ce i)énicille est très variable, parfois absent, sur jna-
'■‘dus, à côté d’autres qui en sont pourvus et j avais rejeté la coup
^«’c/iesi.î. .le dois constater que ce fut à tort.
En réalité le sous-genre Teenesis mérite d être
'’oir deux espèces sahariennes. Vniilogeri Pic et Lepineyi Peyer.. q
Source : MNHN, Paris
HENfi JEANNEL.
sont toujours dépourvues de pénicillé sur le pédoncule et présentent
aussi d’autres caractères justifiant leur isolement. Leur grande taille,
leur forme allongée sont caractéristiques et aussi la structure des an¬
tennes des feinellcs. Alors que chez les feinelles de Ctenislcs s. str.
l’article 8 est très petit, globuleux, chez celles des Teenesis cet article 8
est éj)ais et allongé, de sorte que par ce caractère l’antenne des femel¬
les se montre de même type que celle des mâles, c’est-à-dire, ayant
une massue de quatre articles.
Biogéooraphie. — Le genre Ctcnistrs est réparti dans toute la
région gondwanienne orientale, avec des espèces indo-malaises, d’au¬
tres en Arabie et dans toute l’Afrique. Une espèce de souche africaine,
C. paîptiUs Reich., a passé en Europe au Monlien. Quelques espèces
se sont installées dans l’Afrique du Nord, sans doute dès le retrait des
mers ayant couvert une grande partie du Sahara pendant le Montien.
Ces espèces se sont fixées principalement sur la bordure saharienne
de la Berbérie.
C’est ainsi »}u’on trouve aujourd’hui le C. Staudinperi Saulcy abon¬
dant dans les semi-déserts du Sous, du bassin du Tensift, dans les plai¬
nes atlantiques du Maroc, et d’autre part dans l’extrême Sud tunisien.
Le C. Kiesenwetleri Saulcy par contre, s’est localisé dans toute la Bcr-
hérie orientale telliennc et a passé en Sicile.
Enfin des lignées de Ctenistes, particulièrement xérolhermophiles.
ont produit des sous-genres striclement sahariens. Ce sont les Tecne-
sin Vaiilo^eri Pic et Lepineiji Peycr., le premier atteignant vers l’est
la Cyrénaïque et la Basse-Flgyplc, le second connu du Draa et d’autre
part du Fezzan. C’est aussi le curieux Leptoctenixtes Wiltmeri, n. sp-
du Sinaï, dont la forme extrêmement grêle imite, chez cette espèce
à très gros yeux, l’a.spect très délié des Apbaenopx cavernicoles les
plus modifiés (flg. 175).
Tableau des espéioe.s nord-aericaines.
1. Grande taille. Palpes maxillaires sans pénicillé sur le pédon¬
cule. (Suhgen. Teenesis Peyer.) .
- Pelite taille. Pédoncule palpaire pénicillé comme l'intermédiaire
et la massette . 2.
2. Forme générale courte, la partie ;)ostoculairc de la tête bien
plus courte t|ue le reste du front. (Suhgen. Cleniitles. s. sir.)
Très grêle, très allongé, la partie posloeulaire de la tête aussi
longue que le reste du front. (Suhgen. Leplocleniitteii, nov.) ..
Subgen. Ctenisles, s. str.
,1. Antennes très grêles, l’article 8 du mâle six fois aussi long que
large, le 7 de la femelle deux fois. Etytres amples, larges aux
épaules. Long. 1,8 à 2 mm . 1. Staudinqeri Saulcy-
— Antennes épaisses, l’article 8 du mâle trois ou quatre fois aussi
long que large, le 7 de la femelle une fois et demie. Elylres plus
courts, plus étroits aux épaules .
Source ; MNHN, Paris
l'Sf.LAPHlDES DK I.’AFRIorE DU NORD. 169
4. Front large et ronvexe. formant une surface arrondie entre les
yeux. Plus robuste, l'abdomen large. Long 1.8 à 2 mm.
. 2. fTiesenweiieri Saulcy.
— Front plus étroit, subparallèle entre les yeux. Plus grêle,
l’arrière-corps plus étroit. Long. 1,8 mm .. 3. andaJusicus Saulcy.
Subgen. Lcptocteni'stes, nov.
0 . Extrêmement grêle, le pronotum deux fois aussi long que large.
Long. 2,1 mm. 4. Wiffmeri, n. sp.
Subgen. Tecnesis Peyerimhoff.
B- Tête courte, sa partie postoculaire plus courte que la longueur
de l’œil. Intermédiaire et massette palpaire grands, mais avec
des pénicillés de dimensions normales. Antennes à articles
3 à 7 transverses chez le mâle. Long. 2,5 à 2,6 mm. 5. Vauioqeri Pic.
— Tête plus allongée, sa partie posloculaire aussi longue que l’œil.
Intermédiaire et massette palpaire à pénicillés très longs, la
massette avec son pénicillé aussi longue que la tête. Antennes
plus longues, les articles 3 à 7 du mâle non transverses. Long.
2,8 m . 6. Lepineyi Peycr.
Subgen. Ctenistes, s. str.
Cfenistes (s. str.) Stoudinqeri ScHAi'Fi'ss, 1861, Sitz. Ges. Isis, Dres-
den, p. 47 ; type : Andalousie. — Saulcy, 1874, Spec. I. p. 38.
-• REiïTEn, 1881, Verh. ?.. b. Gcs. Wien, XXXI, p. 458.
Fig. 171. — Long. 1,8 à 2 mm. Ailé. Forme courte et large. Tête
<=«urtc, les yeux très volumineux, hémisphériques, le front étroit en
“Vaut, élargi en arrière, à côtés rectilignes, la partie postoculaire très
courte, cachée sous de gros paquets de squamules. Palpes à pédon¬
cule pénicillé, comme l’intermédiaire et la massette, les pénicillés
incurvés. Anlenne.s très grêles. Pronotum court, moins long que large,
lout le bord basal frangé de .squamules formant des paquets sur les
“ngles postérieurs et la fovéole basale, celui de la fovéole remontant
*ur tout le tiers postérieur du disque. Elyircs amples, aplatis sur le
•iisqiie, les épaules arrondies, le bord apical avec une large frange
■Uembraneuse. Abdomen court cl large. Pattes grêles.
•Antennes du mêle : scapc et pédicelle très courts, article 3 à 7
courts et transverses, article 8 cylindrique, six fois aussi long que
'«•■ge. deux fois plus long que les 3 à 7 ensemble ; article 9 ÿal aux
«eux tiers du 8. articles 10 et H aux quatre cinquièmes du 8.
, Antennes de la femelle ; scape et pédicelle très ^
f 7 cylindriques, deux fois aussi longs que larges, le 8 petit et gtobu-
les 9 et 10 épais, un peu plus longs que larges, le II plus grand
le 10.
^*aoinM Df Mi’Rilt-M. — Znoi.ofiiK, t. XIV.
Source : MNHN, Paris
170
RENfi JEANNE!.,
Edéage {fig. 171) Irùs petit, ovoïde, le bec de la lame distale
incurvé. Styles très courts.
Espèce ayant l’aspccl du palpnlis Reich, de l’Europe, mais de
taille plus petite, avec le Iront moins largement arrondi entre les yeux,
les élylres plus courts. Les antennes du mâle sont semblables, sauf que
l’article 0 égal à la moitié du 8 chez palpalis, est plus long, égal aux
deux tiers chez Slattdingeri.
Espagne méiudionaee ; Andalousie (coll. Suuicy) : Carthagène
(H. Simon) ; Malaga fH. Simon).
Maroc. Moyen Allas ; Asni, 3 exemplaires à la lumière (Peycri-
mhoff, VI 1029) ; oued Zobrit, à Brekine, une femelle (Rocher, V 1952).
-Plaines atlantiques : Fez, trois femelles prises à la lumière (Olin) ;
Aghoualim, environs de Marrakech, des centaines d’exemplaires des
deux sexes attirés par les pièges lumineux. (Rungs, Vil 1952). - Sous :
Ain Chaïb (B. de Miré).
Tunisie, ftégion des Cholts : Kebilli. une femelle (Normand).
2. Clenistes (s. str.) ÜTiesenn'ederi Saulcy, 1874, Spec. I, p. 60 ; type :
Alger (Mus. Paris). — Reitter, 1881, Verh. z. b. Ges. Wien,
XXXI, p. 458. — breoicornis Saulcy, 1874, Spec. I. p. 61 :
type : Oran (coll. Rciche).
Le type du brevicornis Saulcy est perdu. C’était un mâle dont
l’article 10 des antennes aurait été plus court que chez Kiesenivetleri.
.l’üi VH des Ctenistes d’Oran qui sont tous des Kiesenwetteri et il
semble bien que le brevicornis. qui n’a jamais été retrouvé, n’était
qu’un exemplaire aberrant de l’espèce Kiesenivetleri.
Fig. 174. - Long. 1,8 à 2 mm. Ailé. Plus étroit et allongé que le
Stamlingeri. Tête â lobe frontal plus long, les yeux moins gros, le
Kio. 171 à 174. ücn. Clenisles Reich., édéages, face dorsale. — Fio. 171. C. (». str.)
Slaudingeri Schauf., de Marrakech, x 185. — Fio. 172. C. (Teenesis) Vaulo-
geri Pic, de Tripolitaine, X 185. — Fio. 178. C. (Fecnesi*) Lepinegi Peyer..
du Fezzan, x 140. — Fio. 174. C. (». sir.) Kitsenipeiteri Saulev. de tiou-
B4rak. x 186.
Source • MNHN, Paris
PSÉI.APHIDES DE L'AFDIOl’E DU NORD.
171
front largement arrondi en arrière. Palpes semblables. Antennes plus
courtes et surtout plus épaisses. Pronotum de même forme, les
paquets de squainules de la fovéole basale et des angles postérieurs
plus nettement séparés les uns des autres. Eiytres courts, moins longs
que larges, convexes, la frange membraneuse apicale bien développée.
Pattes moins grêles.
Antennes du mâle : scapc et pédicelle très courts, article 3 à 7
très courts et transverses ; article 8 environ trois à quatre fois aussi
long que large. l’article 9 égal à la moitié du 8, le tO au deux tiers, le
H nettement plus long que le 10.
Antennes de la femelle ; scape et pédicelle très courts, articles 3
presque aussi long que le pédicelle, 4 très court, globuleux, 5 à 7 crois¬
sant j»eu â peu de longueur, le 7 une fois et demie aussi long que
larges.
Edéage (fig. 174) de même forme, mais un peu plus grand que
celui du Standingeri.
.•\i.nÉ»iE. Dàp. d’Oran : Tlemcen fBedel) ; Terni, au sud de Tlem-
een fNoruiand) : Oran (coll. Saulcy) : .Sidi-Bel-Abbès (Boitel). Dép.
d'Alger : Alger (E. Simon) ; Miliana (Abeille) ; Margueritte (Abeille) :
Cîi|> Chercliell (N’ormandi ; Zaouia des Mouxaïa (PeycrimhofT) ; Bou-
Bérak, près de Deilys, en Kabylie (Cliobaut). — Dép. de Constnniine :
Saint-Charles, près de Philippevillc (Théry) ; Bône (Leprieur, in coll.
S.aulcy) : Ain Amara (Jeanncl) : Constantine (Chatanay) ; Biskra,
un exemplaire (coll. Ste-CI. Deville).
Tunisie, ('bnine dorsale : Ain-Drahani. Fernana : Le Kcf (Nor¬
mand). — Cap lion : Fondouk-Djedid CNormand). — Zone cfiliére :
Bixertc (Boitel).
Connu encore de la Sicile (coll. Abeille de Perrin). On 1 a cité a
tort de la Corse.
Commun partout en Algérie et Tunisie, en particulier sous les
pierres des terrains cultivés, en automne (Normand).
Oenistes (s. str.) andaiusicus Saulcy, 1870, Bcrl. ent. Zs.. Beiheft,
p. 86 ; type : Sierra de Cordoba (Mus. Paris). — 1874, Spec.
I, p. 66.
Espèce voisine de Kiesenwetleri. Les antennes présentent les
mêmes caractères, mais avec les articles de la massue plus courts ; la
forme générale est plus étroite, le front est bien moins large entre les
.veux, avec ses côtés presque parallèles.
L’espèce, à ma connaissance, n’a été rencontrée qu en Andalousie,
mais il est bien probable qu’on la retrouvera dans le Rif.
Subgen. Leptoctenisfes, nov.
■l. Ctenisles tteploctenistes) Willmeri. n. sp. ; type ; Wadi Zuolail
(Mus. Paris).
Fig. 175. — Long. 2.1 mm. Ailé. Remarquable par sa petite taille
et sa forme allongée, extrêmement grêle. Tête avec la partie préocu-
Source : MNHN, Paris
172
HENÉ JEANNEL.
laire de dimensions à peu près normales, mais avec la partie postocu-
lairc allongée, aussi longue que tout le reste du front. Palpes grands,
à pénicillés très longs. Antennes du mâle très fines, les articles 3 à 7
petits, mais non transverses, le 8 de huit à dix fois aussi long que
large, le 9 trois fois ; articles 10 et 11 un peu plus épais que les pré*
cédents, tous deux de cinq à six fois aussi longs que larges. Pronotum
tubuleux, deux fois aussi long que large. Elylres étroits ; nettement
plus longs que larges. Pattes exlrcmement longues et fines, proportion¬
nellement aussi longues que celles d’un Aphaenops des plus évolués.
Femelle inconnue.
Très curieuse espèce qui a été trouvée sur le mont Sinaî où elle
cohabite avec le Ctenisomarphus einniliciis RafTr.
Péninsule du Sinai : Wadi Luotail, un mâle (Wittmer, III 1936).
Kki. 175. üen. Ctenistes Reich. ; C. (Leptocleninte») Wiltmeri, n. sp.. «lu Sinaï. X 3"
Subgcn. Teenesis PeyerimhoiT.
5. Ctenistes fTeenesis) Vaulogeri Pic, 1904, l’Ech., XX, p. 89 ; type :
Sheïtia (coll. Pic). — Pevebimhoff, 1925, Bull. Soc. Roy. ent.
Egypte, p. 58, fig.
Fig. 172. — Long. 2,5 à 2,6 mm. Ailé. Très allongé, mais avec les
antenne.s relativement courtes. Tête courte, le lobe frontal petit, le*
Source ; MNHN, Paris
l'SftL.APHIRICS DK I/AFRIOl'K DI’ XORt).
173
yeux énormes, hi partie pustocuinire bien plus courte que les yeux,
atténuée, les tempes obliques, le front trapézoïde, allongé entre les
yeux, avec les côtés rectilignes. Paipes grands mais la massette avec
son pénicillé est bien jdus courte que la tête. Antennes épaisses. Prono-
tuiii allongé, plus long que large. Elytres amples, plus longs que
larges. la jKirtie basale déprimée, le disque convexe. Pattes longues et
grêle.
Antennes du mâle : scape et pédicelle très courts, articles 3 à 7
petits et transverses ; article 8 trois fois aussi long que large au som-
UK^t, le 9 égal aux quatre cinquièmes du 8, les 10 et II aussi longs que
Antennes de la femelle : seape et i>édiccllc très courts, articles 3
ô 7 fous pins longs que larges ef croissant peu à peu de longueur, le
7 d’un quart plus long que large ; article 8 plus épais et plus long que
le 7. les 9, 10 et 11 allongés el croissant de longueur, tous plus longs
que leur précédent de près d’un quart.
Edéage (fig. 172) relativemenl grand, mais de même structure
que chez les Clenistes s. str.
Espèce largement répandue dans le Nord du Sahara et sur la bor¬
dure méridionale du Tell.
Maroc. oniENTAr. : Oudjda (Sicard) ; Saf.safat. vallée de la Mou-
loiiya, dans une fourmilière fP. Rofrou).
Ai.{:h)rik. Dcp. d’Ornn : Mokta Deli, dans le Sud (Vibert). — Dép.
d'Alger : Chedlala, dans le Sud fVaulogcrI ; Laghoual (Dumont).
Tunisie méridionale ; Sheitla, une femelle (Vauloger) : Maknassy,
mille et femelle (Dumontj.
Tehritoires du Sun. Tassili n'Ajjer : Oued Tanar, mâles et fe¬
melles (Ilernard, V 1949).
CynÉNAïouE (coli. Dodera).
Eovute : Wadi Digla, à la lumière (Alfieri).
0. Cfenis/es (reenesis) Lepineyi Peyerimhoke, 1943, Bull. Soc. Hist.
nul. Afr. N.. XXXIV, p. 7 ; type : Mader Bcrgat (Mus. Paris).
1948, Miss. SC. Fezzan, V, p. 17.
Fig. 173. — Long. 2,8 mm. Ailé. Plus grand et plus allongé que le
précédent, les membres plus longs. Tête à lobe frontal très petit. Ie.s
yeux énormes, la jiarlie postoculaire allongée, presque cylindrique,
aussi longue que les yeux. Palpes maxillaires très grands, les péni¬
cillés de i'intenuédiaire et de la massette épais el très longs, la mas¬
sette aussi longue que toute la tête. Antennes longues. Pronolum
allongé. Elytres plus longs que larges, le bord préhuméral oblique, le
disque déprimé. Abdomen allongé. Pattes grêles el très longues.
Antennes du môle : Scajie et pédicelle très courts, articles 3 à 7
nelteiiicnt plus longs que larges ; article 8 cinq fois aussi long que
large, à peine plus long que les 3 à 7 ensemble, article 9 égal aux deux
tiers du 8, les 10 el 11 aussi longs que le 8. le 11 un peu arqué.
Source ; MMHhl, Paris
rené jeannel.
Antennes de la femelle avec les quatre derniers articles plus
allongés que ceux du Vaulogeri, l’article 8 aussi long que le 9 et non
plus court.
Edéage (fig. 173) encore plus grand que celui du Vaulogeri. de
même forme.
Espèce saharienne à large distribution.
Sahara E-Spaonoi.. Segiiiat El Hainra : El b'arsia, un exemplaire,
(Morales. V 1942).
Sahara marocain : Mader Bergat. un mâle (Rungs, IV 1041).
Fezzan : El Abiod, deux mâles et une femelle .sous une pierre
abritant une colonie de Camponoliis lomprexsiis F. subsj). Foli'gi
Santschi (Bernard, IV’ 1944).
Celte dernière capture semblerait indiquer que les espèces du
sous-genre Teenatix ont |)eul-êlre des mœurs myrmécophiles.
2fi. Gen. CTENISOMORPHUS Baffray.
Ctenisoinorphiis Rakkray, 1890, Rev. d’Ent., IX. p. 140 ; type : major
Raiïray. Jeannei.. 1949, Mém. Mus.. XXIX, p. l89.
Genre, voisin de Ctenisle.s, mais dilTéranl par la structure des
antennes, la dimension des palpes et la forme des segments abdomi¬
naux.
Antennes longues, à article <lu fiiiiicule <3 à 8, toujours plus longs
que larges, de dimension.s normales dans les deux sexes. Chez les
mâles, la massue est formée de deux articles seulement, le 10 ayant
toujours une encoche basale qui le rend asymétrique. Chez les
femelles, la massue est formée de Irois articles. Palpes maxillaires
volumineux, les pénicillés droits, le pédoncule pénicillé comme les
autres articles. Abdomen avec le premier tergite pourvu d’une frange
membraneuse blanchâtre sur son bord postérieur. Cette frange fait
défaut chez les Clenistes.
Edéage semblable à celui des Cteni.itpit.
Rafi-'ray a placé dans ce genre une es|)èce de Sumatra, allerniins
Rakkray (1892, Ann. Fr.. LXI, p. 408) qui doit en réalité constituer
un genre nouveau (I).
D’autre part, le C. gnrniminticus Peyerimhoff est ici placé daii.s
un genre séparé : Clenixitxchema. nov.
(1) Gen. MeieetenUies nov. type : attrrnanx RatTray. — Petite laiile. Aspetl
){énéral dfs Clrnisomorphux. tndine forme de lu Wte. Palpes très petits quoi(iui-
même structure, le pédoncule, rintcrinèdiaire et la massette pénicillés. Antennes
extrêmement longues ; clicz la fenielic, lu massue est formée de cinq urlicics, le
(t toutefois plus court que le 7 et le 9. Pronotum bien digèrent de celui des Cfe-
n/sfes et Clenisomorpbut, en ce qu’il porte un sillon longitudinal médian. Premier
tergite abdominal avec une frange membraneuse du bord postérieur comme chez
Ctenisnmorphus.
Mfilc inconnu.
Genre bien caractérisé par la structure des antennes et la présence d’un sillon
longitudinal sur le pronotum.
Source ; MNHN, Paris
PSitLAHHIDKS DK 1/AKHIQfK DC XOHD-
J75
Ainsi limité, le ^'eiire Ctenisomorphua se présente comme une
vaste lignée d’espèces occupant le pourtour du Sahara et ayant sou¬
vent d’immenses aires de répartition, comme par exemple celle du
C. major se trouvant dans le Samahr, en Abyssinie, dans le Sud algé¬
rien et dans le sud de la Mauritanie.
Dans les pages suivantes, c’est donc une révision du genre Cieni-
nomorphus que je vais présenter, y faisant figurer les espèces souda-
nai.ses au inéiiie titre que cellc.s rencontrées dans l’Afrique du Nord.
Il est en effet fort probable que les premières se retrouveront dans le
Sahara marocain ou algèro-tunisien, lorsque ces territoires seront plus
explorés.
Tableaii des espèces.
1. Front formant entre les yeux une saillie qui s’élargit peu à peu
en arrière et s’efface .sur la partie pnstociilaire. 2.
- Front formant entre les yeux une saillie plus haute, à bords rec¬
tilignes, saillie qui s’élargil peu à peu en arrière et se prolonge
sur la partie posloeulaire jusqu’au bord postérieur de la tête . . 4.
2. Antennes très grêles, l’article 3 subcylindrique, presque deux
fois aussi long que large. Long. 2,5 mm. 1. e/onfficus Raffr.
— Antennes épaisses, l’article 3 court, à peine plus long que large. 3.
3. Palpes très grands, les pénicillés de la massette et de l’intermé¬
diaire très longs cl robustes, avec un bru-sque amincissement
des arlicle.s à leur base. Encoche basale de l’article 10 des an¬
tennes (lu mâle occupant le ({uart de la longueur de l’article.
I-oiig. 2,fi mm . 2. turJeanensis Jeann.
- Paijics moins grands, les pénicillés plus grêles. Encoche basale
de l’arliele JO des antennes du mâle occupant le fiers de la lon¬
gueur de l’article. Long. 2,4 à 2,5 mm . 3. major Raffr.
4. Antennes épaisses, l'.articlc 3 court, à peine jilus long que large.
Encoche basale de l’article 10 dos antennes du mâle n’occupant
que le quart de la longueur de l’article. Long. 2,6 mm.
. 4. Chopardi, n. sp.
— Aniennes très grêles, l’article 3 subcylindrique, presque deux
fois aussi long que large. Encoche basale de l’article 10 des
antennes du mâle occupant le tiers de la longueur de l’article.
Long, 2,5 min . 5. Hinioai Esp.
Le C. Rodemeneri Reittkb (1913, Eni. Milt.. 11, p. 105), de l’Asie
mineure, manque dans ce tableau.
I. Cfenisomorphus cJanificus Rafkhay, 1903, Bull, fr., p. 185, type :
Qalaat el Aqaba (Mus. Paris). - Pkvkrimhoff, 1925, Bull.
Soc. enf. Egypte, p. 59, fig. — Rouual, 1928, Eos. IV, p. 96.
Long. 2,5 mm. Ailé. Tête allongée, le lobe frontal assez saillant,
les yeux très grands, la partie postoculaire de la tête atténuée, un peu
Source : MNHN, Paris
RENfi .tEANNEL.
J 76
moins longue que les yeux, le front très élargi en arrière, sa saillie
courte, s’effaçant dès le niveau du tiers postérieur des yeux. Palpes
grands, les pénicillés grêles, le renflement de la massette (sans le péni¬
cillé), aussi long que l’œil. Antennes très grêles, les articles du funi-
cule allongés, le 3 presque deux fois aussi long que large. Pronotum
court, élytres très peu convexes mais non aplanis. Pattes très grêles.
Antennes du mâle : articles 3 â 9 cylindriques, le 7 plus long
que ie 8 ; article 10 aussi long que les 7, 8 et 9 ensemble, son encoche
basale occupant le tiers de la longueur de l’article.
Antennes de la femelle : articles 3 à 8 allongés, le 9 de moitié
plus long que le 8, le 10 et le 11 presque deux fois aussi longs que
le 9.
Edéagc non examiné.
Eoyptk : Wadi Digla, une femelle prise â la lumière (Alfiéri,
Vnr 1924).— Assouan (Alfiéri, III 1921).
Décril sur une femelle de Qalal cl Aqaba, sur la rive nord du
golfe d’Aqaba fPeyerimhoffi. Un mâle déerit par Roubal provenait
de Ben-Shemen. en Palestine (Tenenbaum. VI 1920, in coll. Roubal).
2. CtenisomorpAus turironensis Jeaknkl, 1949, Mém. Mua. XXfX, p-
190 : type : Lokitang (Mus. Paris).
Long. 2,0 mm. Ailé. Tête courte, le lobe frontal court, les yeux
très grands, la )>artie postoculaire éjtaisse, pas plus longue que la moi¬
tié des yeux : front très élargi en arrière, sa saillie interoculaire s'efface
sur la partie postoculaire. Palpes très grands, les pénicillés très robus¬
tes, épais, plus longs que le renflement des articles. Antennes épaisses,
l’arlicle 3 court, à peine plus long que large. Pronotum court. Elytres
faiblement convexes. Pattes très grêles.
Antennes du mâle (1949, /. c.. fig. 88 d) ; article 9 un peu plus
court que le 8. le 10 quatre fois aussi long que le 9, son encoche basale
faible, n’occupant que le quart de la longueur de l’article.
Antennes de lu femelle : massue assez épaisse, l’article 9 de moi¬
tié jtlus long ([lie le 8, article 10 de moitié plus long que le 9. article H
aussi long que le 10.
Edéage (1949, l. c.. fig. 88 e) assez grand, la lame distale rétrécie
et légèrement asymétrique.
Sahara Ai-CiÉrien ; Oiigarla, un mâle pri.s à la lumière (Fr. Pierre,
V 19.50).
Territoires i>u Svd ; Tassili n’Ajjer ; mâle et femelle, à l’alti¬
tude de 1.260 m (F. Bernard, IV 1949).
Décrit de Lokitang, dans les monts Lubur, ait. 750 m., au nord-
<iuest du lac Rodolphe, Turkana-nord (Miss, de i’Oino, 1-1933).
L’énorme distance séparant ces deux localités indi(;ue que ce
afni-tumorphii.s doit être répandu dans le Sahara oriental et le Sou¬
dan égyptien.
Source ; MNHN, Paris
PSfil.APHIDES DE I. AFIUOrE Di: NORD.
177
3. Ctenisojnorphus major Raffray, 1877 ; Rev. Mag. Zool., p. 280 ;
(Ctenistes) ; type : Ailet. (Mus. Parts). — Jeannel, 1949, Mém.
Mus., XXIX, p. 190. fig. 88.
Subsp. Chobdiili, nov. ; type : Chegga (Mus. Paris).
Sulisp. Villiersi. nov. ; type : Bafrechie (Mus. Paris).
Fig. 176 et 177. — Long. 2,4 à 2,5 mm. Tête courte, les yeux très
volumineux, le lobe frontal petit, la partie postoculaire courte, pas plus
longue que la moitié des yeux : saillie du front haute entre les yeux,
s’effaçant totalement en arrière sur la partie postoculaire de la tête.
Pal]>cs grands, les pénicillés grêles, très effilés. Antennes épaisses, les
articles 8 à 0 à peine plus longs que larges. Pronotum court. Elytres
très peu convexes. Pattes grêles et longues.
Antennes du mâle : arlicle 10 à encoche basale très développée,
occupant au moins le tiers de la longueur de l’article.
Fig. 176 et 177. Oeii. (.7fn/.voninrp/iu« RafTr.
nov.. mâle, de CheMn, X 34. — Fig.
X J 70.
— Fig. 176. C. major suhsp. Chohailli,
177. Edéage, face dorsale, du même.
Edéage (fig. 177) court, à lame distale symétrique.
^’AnIATlo^'. — La subsp. CbobaiiH ; nov. (fig. 176) diffère du major
typique par la forme de l’article 10 des antennes du mâle. Cet article
quatre fois aussi long que large et cambré chez le major, est plus
court et plus épais, trois fois aussi long que large et non cambré chez
la race Chobauti.
La subsp. Villiersi, nov. est de plus petite taille et les antennes
du mâle sont plus courtes et jilu.s épaisses, avec les articles du funi-
Source ; MNHN, Paris
178
flKNfi .lEANNEl..
cuiu ù peine |)lus lon(>s que lar^'cs, l’article 10 trois fois aussi lon^ que
large et non cambré, comme chez la race Cbobanti.
L’espèce a une Irès vaste répartition autour du Sahara.
Suhsp. ('liohfiiili, nov. - Algérie. Snhani constantinois : un mâle
près de Chegga, entre Hiskra et Touggourt tChobaut. V 1898).
Tt’NisiE méridionale : Tozeur. région des Chotts, un mâle fDenio-
flys, VI 19531.
Le iwijnr. forme lypi({ue, a été pris à .Ailet, plaine du Sainarh,
aux environs de Massaouah (Raffray).
Quant à la subsp. Villiersi, nov., elle occupe le sud-ouest du
Sahara :
Mauritanie : Bafrechic, une centaine de mâles pris à la lumière
(Viltiers, IV et X 1953). — Soudan : Tombouctou, un mâle fF. de
Zeltner, VU 1911).
4. Cfenisomorphus Chopardi. ii. sp. ; type ; monts Tarraouaji ("Mus.
Paris).
Long. 2,6 mm. Ailé. Tète peu longue, le lobe frontal court, les yeux
énormes, la partie postnculaire relativement longue, atténuée, presque
aussi longue que l’œil. Front surélevé entre les yeux, formant une
haute saillie à côtés à peu près parallèles et ligne médiane fortement
sillonnée : cette saillie se prolonge en arrière sur la partie postoculaire
de la tête jusqu'au bord postérieur. Palpes très grands, les pénicillés
robustes. Antennes longues mais épaisses, les articles 3 à 6 à peine
plus longs que largos. Pronolum à peu près aussi long que large. Rly-
1res à surface basale déprimée. Pattes très longues.
Antennes du mâle ; articles 7 et 8 plus longs que le 6, le 9 très
court ; article 10 quatre fois aussi long que large, l’encoche basale peu
dévclop|)ée, formant le quart de la longueur de l’article.
fildéage assez grand, peu renflé, la lame distale rétrécie et symé¬
trique.
Akriqi’e occidentale française : Massif de l’Aîr : monts Tarra-
ouaji, ait. 900 m., un mâle (Choiiard ; IX 1947) ; Iralabdahène, un mâle
au bord de l’eau (B. de Miré. X 1952) ; Agadès, deux mâles à la lumière
(B. de Miré. VI 1953).
5, Cfenisomorphus Hinloni E.si>a.nül (Ioll. 1947, Eos. XXIII, p. 342 :
type : Tuisgui Remtz (Mus. Barcelone).
Long. 2,5 mm. Ailé. Plus grêle que le Chopardi ; tête semblable,
avec la iiiénic forme de la saillie du front. Palpes aussi grands, à péni¬
cillés robustes. Antennes aussi longues mais bien plus grêles. Prono-
tiim plus allongé et surtout plus rétréci en avant. Elytres plus étroits,
paraissant plus longs, à partie basale moins déprimée. Pattes très lon¬
gues.
Source ; MNHN,,
PSÉl.APHIDES DE I.’AFntOrE DE NORD.
179
Antennes du mâle : articles 3 à 9 tous nettement plus longs que
larges ; article 10 et 11 coninic chez €hupardi, le 10 avec une encoche
basale occupant le tiers de la longueur de l’article.
Edéage senihlable à celui du Cbopardi.
Rio UK Oho. Région du Draa : Tuisgui Heinlz, plusieurs exc*in-
plaires des deux sexes, k la lumière (Mateu, V 1944).
L’espèce se retrouvera sans aucun doute au nord du Draa, dans
le .Sous, c'est-à-dire au Maroc.
27. Gen. CTENISOSCHEMA. nov.
Type : Ctenisomorphiis garoiiianticus Peyerimhoff.
Genre voisin de Ctenisomorphus, mais différant principalement
par la structure des antennes des mâles.
Grande taille, forme très allongée, les membres très longs. Tête
à lobe frontal plus épais que chez les Ctenisomorphiis, sans étrangle¬
ment, ses côtés presque parallèles. Yeux relativement peu grands, la
partie postoculaire de la tête atténuée, aussi longue que l’œil. Saillie
du front, entre les yeux, peu élevée, s’élargissant en arrière et s’effa¬
çant sur la partie postoculaire. Palpes relativement peu grands, le
pédoncule pénicillé. Antennes très longues, la massue des mâles for¬
mée de quatre articles, comme chez les Cfenistes. mais avec une enco-
Source ; MNHN, Paris
180
RENÉ JEANNEI,.
chu à lu hast* de l'article lU, c<mime chez Cleitisomorphim. E^roiioluiii
court. Elytres et nbdumen comme chez Ctcnisomorphiis, le premier ter-
gile abdominal avec «ne frange membraneuse sur son bord postérieur.
Edéage assez différent de celui des Clenisten et Ctenisomorphiix
par sa forme étroite et allongée.
Une seule espèce connue.
I. Ctenisoschema garatnanticum Pkvhki.hhofi', 1929, Bull. Fr., p. 91 ;
type : Tamouda (Mus. Paris).
Fig. 178 et 179. - Long. 3 mm. Ailé. Très allongé. Tôte courte,
de peu plus longue que large, le front large et convexe entre les yeux,
le cou épais, avec deux i)a<|uets .squameux. Palpes à |>énicillcs de la
massette et de l’intermédiaire très robustes, celui du pédoncule plus
court. Pronotum court, aussi long que large, peu rétréci en avant.
Elytres plus longs que larges, le disfjue a])luni. Abdomen étroit, les
deux premiers tergites suhégaux. Pattes très longues et très grêles.
Antennes du mâle : articles 3 ù 6 â peine plus longs que larges,
le 7 un peu plus long que le <5 ; article 8 cinq fois plus long que large,
presque trois fois plus long que le 7 ; article 9 cvlindrique, presque
égal à la moitié du 8 et aussi épais ; article 10 et 11 arqués en dehors,
le 10 d’un quart plus long que le 9, le 11 d’un tiers plus long que le 10,
celui-ci avec une encoche basale profonde occupant la moitié de la
longueur de l’article qui .se trouve ainsi fortement bossu.
Femelle inconnue.
Edéage (fig. 179) petit, de même type que chez les genres précé¬
dents mais plus étroit et allongé.
TKiiHiTOtHES nr Sri). Massif du Hogear : Tamouda, Haut r«h >r-
ghar, ail. 1.270 ni. un mâle pris à la lumière (Peycriinhoff, IV 1928).
- Tassili n’Ajjer : oued Issandilène, ait. 1.130 m.. un mâle pris â la
lumière (F, Bernard, V 1949).
28. Gen. ENOPTOSTOMUS Schaum,
Ennpiosiomux Sohai’m. 1804, in Woli-aston, Cat. Ganar. Col., p. 528 :
Ivne : Wollasloni Schaum. — .fKANNKi., 1949, Mém. Mus..
XXIX, p. 193.
Espèces de petites taille. Tête courte, à lobe frontal petit et yeux
.souvent très saillants, les tempes courtes et frangées de poils villeux,
sans épine sous-oculaire ; cOtés de l’épislome bien saillants en dehors.
Palpes de même type que chez les Clenisles, rintermédiaire et iR
massette transverscs, le pédoncule sans pénicillé. Pronotum court,
les angles postérieurs et la fovéole basale avec des amas villeux, la
fovéole basale allongée, oceu|>ant presque toute la moitié postérieure
de la ligne médiane. Elytres à bord apical avec une frange membra¬
neuse. Deuxième tergite abdominal plus long que le premier.
Edéage sans styles, le sac interne avec une pièce copulatrice large,
le plus souvent armée d’épines sur son bord gauche.
Source : MNHN, Paris
l'SÉl.APHIDES DK L AFRIÜl K DI' XOlU).
181
BioGÉCKiUAPHiK. - - Le genre esl répandu dans la région gondwa-
nienne orientale : Sumatra, Birmanie, Arabie, Afrique orientale et
Madagascar, Il a gagné l’Egéide méridionale, sans doute au Montien,
et il est bien probable que ce sont en partie ces lignées égeidiennes
(jiii se sont répandues dans l’Afrique du Nord, au Pontien. Le fait est,
que certaines espèces, comme globiilicornis, se trouvent à la fois dans
I Asie Mineure et en Afrique, ayant de plus colonisé tout le pourtour
du Sahara, autant sur sa bordure uiéridionale fAïr) <(uc sur sa bordure
septentrionale.
Cette notion rie l'origine égedienne de Vh'. globuUcornis et de son
arrivée en Berbérie par l’est au Pontien, est imposée par la distribu¬
tion géographique de l’espèce qui sera exposée en détail plus loin.
Mais alors, la présence de l’espèce dans les îles Canaries (Gran Cana-
ria, Gomera, Ténérife), ou elle a été décrite sous le nom de Wollastoni
Schaum, ne peut pas s’interpréter autrement que par un apport récent
|>ar mode passif. Au Pontien en effet, les archipels atlantiques avaient
déjà été isolés par la transgression marine du Burdigalien.
On sait que les Psélaphides des îles Atlanlides sont très peu nom¬
breux. On connaît d’une part des Eiipleciiis et des Pselrtphiis, qui sont
des éléments anciens, datant du Nuiumulilique, dans la faune des
archipels, d’autre part VEnoptostnmiis qu’on a pris longtemps pour
une espèce endémiciue. mais qui n’est pas autre chose que VE. glo-
hulicornis Moslch., ailé et très largement réparti dans tous les bio¬
topes xérolhermiques rie la Berbérie. Il a certainement atteint les
Canaries par mode jiassif à une époque récente, sans doute comme
les Trechus du groupe de giindrislrùiliis (.Ikannel, 1952, C. R. Ac.
Sciences. 23.'), p. 1135).
TAlILKAf UES KSPèCE.S NOIlI)-.\FnICAINES.
1. Elytres courts, A épaules effacées. Yeux petits, le front très large
sans bourrelets latéraux surplombant le bord supérieur de l’œil. 2.
- Elytres amples, A épaules accusées. Veux très grands, le front
avec des bourrelets latéraux saillants et surplombant le bord
su|)érieur de l’œil . 4.
2. Noirâtre, épais. -Antennes à massue très renflée. Long. 1,4 mm.
. 1. Aubei Ros.
Testacés, |)lus grêles. Antennes A mas.sue moins renflée. 3.
3. Pronolum Iransversc. Bosse occipitale saillante. Funiculc anten-
naire épais les articles 4 et 5 aussi longs que larges. Long.
1_4 ,„,n . 2. Desbiocheisi Raiïr.
Pronolum non transverse. Pas de bosse occipitale. Funicule
antennaire grêle, les articles 4 et b plus longs que larges. Long.
]_4 . 3. Doderof Reitt.
4. Lobe frontal non étranglé. Front sans excavation entre les yeux,
les fossettes ocellaires séparées par une crête médiane. An¬
tennes du mâle à articles 8 guère plus long que large. Long. 1,6
A 1 8 mm . Q^obulicotnis Motsch.
Source : MNHN, Paris
182
RENÉ JRANNEI,.
Lobe frontal étranglé. Front avec une large dépression médiane
dans laquelle les fossettes oeellaircs ne sont pas séparées par
une crête médiane. Antennes du mûle à article 8 plus long que
. large . S.
5. Antennes moins longues, l’article 3 allongé mais plus court que
le pcdiccllc dans les deux sexes. Long 1,7 à 1,8 mm.
. 5. Ciiobauii Guill.
— Antennes plus longues, l’article 3 plus allongé, aussi long que le
pédicelle chez le mAIe. Long. 1,8 mm. 6. BernardL n. sp.
1. Enoptostomus Aubei Rosenhai’eh, 1956, Thiere Andal., p. 68 ; (C/e-
nistes) ; type : Algésiras. — Saulcy, 1874, Spc. I, p. 67. —
Godarti SAri-CY, 1864, Ann. Fr., (4) IV, p. 258 ; type : Anda¬
lousie (Mus. Paris). — hnrbipnlpis Fairmaire, 1858, Ann. Fr.,
(2) p. 792 : type : Tanger.
Fig. 180. — Long. 1,4 mm. Ailé. Brun noirâtre luisant, la pubes¬
cence courte. Tôte courte et Iransverse, convexe, le lobe frontal petit,
rugueux, sa fossette basale profonde ; yeux petits et saillants, le front
très large entre les yeux, très convexe, sans bourrelets latéraux. An¬
tennes épaisses, à massues très renflée. Pronotum aussi large que la
tête, bombé, un peu transverse. Elytres courts, pas plus longs que
larges, les épaules effacées. Pattes courtes.
Fto. 180 k 162. Gen. Enoplostomut Schaum, édéages, face dorsale, X 24(1. -
Fio. 160. £. Aubei Rosenh., de l’oued Fouaral. — Fin. 181. E. Deshrorherxi
RalTr., de Bouksoul. — Fia. 182. £. Doderoi Rcitt„ de lliskra.
Antenne.s du mâle : articles 3 à 7 gros, globuleux, la massue très
épaisse, les articles 8 et III un peu plus longs que larges, le 9 aussi long
que large ; article 11 ovoïde, très gros, deux fois aussi long que le 10.
Antennes de la femelle : articles 3 à 8 gros, globuleux, le 9 un peu
plus gros que le 8, le 10 tronconique, épais, moins long que large, le
11 ovoïde, très gros, deux fois aussi long que le 10.
Source ; MNHN, Paris
PSÉLAPHIDES DE I/.AFnrorE DI’ NORD.
183
Edéage (fig. 180) ovalairo, un peu allongé, k* sac interne avec une
ires petite dent triangulaire apicale.
Espèce bético-rifaine qui s’esl répandue d’une part dans le sud
de l’Espagne, d’autre part dans tout le Maroc. Sal'LCY J’indique comme
occui)anl de plus !’« Algérie cliaude » ; mais je n’ai eu aucun exem¬
plaire algérien.
Espagne. Andaloiixip : Algésiras (H. Simon).
Mahoc. Jiif : Tanger, nombreux exemplaires (Vaucher, Olcese) ; -
Mechkralla, ait. 1.200 m. (Inst. sc. chérifien). — Plaines atlantiques :
Earache (Vaucher) ; env. de Fez (Otin) ; Ouezzane, Zoumi (Kocher
II 1948) ; Oued Fouaral, env. de Rabat (Koclier) ; Marchand (Kocher) ;
Rouilhaut (Antoine) ; Fedhala (Antoine). — Grand Atlas : Taindiuft,
ait. 1.400 m. (Kocher, IV 1949).
2. fnop/ostomus DesbrocAersi Raffrav. 1871, Pet. Nouv. entom.
p. 100 : type : Rouksoul (Mus. Paris). — Leprienri Saulcy.
1876, Pet. Xouv. entom., p. â39 : type : Bône.
Fig. 181. — Long. 1,4 mm. Ailé. Teslacé rougeâtre brillant, la
pubescence courte et espacée. )’oisin de VAiibei, mais plus grêle. Tête
semblable, la région occipitale toujours un peu bossue ; antennes à
funicule épais, mais la massue moins renflée. Pronotum un peu trans¬
verse. convexe, au.ssi large que la tête. Elytres et abdomen comme chez
Aubei. Pattes courtes.
Antennes du mâle : articles 3 à 7 gros, globuleux, le 8 et le 9 plus
épais, aussi longs que larges, le 10 tronconique et un peu plus long
que largo, le 11 ovale, plu.s épais que le 10 et deux fois aussi long que
lui.
.\ntennes de la femelle : articles 3 à 7 un peu plus longs que
larges, le 8 court et transver.se, le 9 un jjeu plus gros et transverse, le
10 plus gros que le 9, aussi long que large, le 11 plus épais et deux
fois aussi long que le 10.
Edéage (fig. 181) peu différent de celui de VAubei, la capsule plus
épaisse, le sac interne avec une pièce chilineuse large et pourvue de
dents sur son bord gauche.
Espèce localisée sur le Tell et dans la région cOtière de l’Algérie
orientale cl de la Tunisie.
Algérie. Dép. d'Alger : Bou-Hérak, près de Dellys, en Kabylie
(EhobautT ; forêt des Boni Ghobrit, à Vakouren, ait. 800 m., en Grande
Kabylie (Fagcl, V 1933) ; massif des Mouzaïa (PeyerimhofT). — Dép. de
Constanline : Saint-Charles, près de Philippeville (Théry) ; Medjez-
Amar, près de Claudel (Clouet des Perruches) ; Bône (Leprieur) ; env.
de Constanline (Chalanay) : Soukaras (Normand) : Bouksoul (types de
Raffray).
Tunisie : Tunis : Fernana ; Le Kef (Normand).
Source : MNHN, Paris
184
HKNP: .IKANNRi..
•I- rnopfosfoxnus Doderoi Hrittiîr, 1884. Vcrh. z. b. fies. Wien, XXXIV.
p. 64 : type : CaKliari fMiis. Paris).
Fig, 182. Long. 1,4 mm. Ailé, Très voisin du Desbrocbersi,
dont il difîère par la gracilité de ses antennes et par son édéage. Tête
semblable sauf (jue la région occipitale n’est pas bossue. Antennes à
funicule plus grêle. Pronolum plus étroit, non transversc. Elytres et
abdomen .semblables. Pattes courtes.
Antennes du mâle : articles 3 à 7 un peu plus longs que larges,
ovalaires, les articles 8 et ft ])lus épais, aussi longs que larges, le 10
tronconique. un peu plus long que large, le 11 ovale, de moitié ])lus
long que le 10.
Antennes de la femelle : articles .3 à 7 comme chez le mâle, le 8
très petit et globuleux ; articles 9 et 10 devenant plus gros, le 9 un peu
transverse, le 10 aussi long que large : article 11 renflé, ovale, deux
fois aussi long (|ue le 10.
Edéage (fig. 182) bien plus petit que celui du Desbrochersi, la
pièce du sac interne réduite, sans dents latérales.
Espèce décrite du sud de la Sardaigne et qui occupe la Tunisie et
l’Algérie orientale, mais refoulée vers le sud sur les confins du Sahara.
AlciÉrie. nép. de Cnnsinnline : Biskra (Chobaut).
Tcnisik : Fondouk'Djedid (Normand) : Kaïrouan, nombreux
exemplaires (Normand).
4. fnoptostomus gjobulicornis Motschoi'i.sky, 1851, Bull. Nat. Moscou,
XXIV, p. 481 (Clenisles) : tvj>c ; Egypte fcoll. Raffrav. in
Mus. Paris. — Rkittk», 188L Verh. z. b. fies. Wien, XXXI.
p. 459. • - Widlfixloni Sch.m'm, 1864, in Woi.i.a.ston, Cal.
Canar, Coi., )>. 529 ; type : Tcnerife (Brit. Mus.). — ponticas
B.vi di. 1869. Berl. eut. Zs, Xill, p. 406 ; type : Chypre (colK
Saulcy, in Mus. Paris) ; nec ponlicus Baudî, 1869, l.c. ;
colyjie : .4sie Mineure.
Fig. 183, — Long. 1,4 à 1,6 mm. Ailé. Testacé luisant, la pubes¬
cence courte, assez dense. Allongé. Tête petite, les yeux très grands
occupant plu.s du tiers des côtés de la tMe ; lobe frontal petit, non
étranglé à la base ; front élargi en arrière, avec les côtés formant un
bourrelet qui sur])lombe le bord supérieur de l’œil, le front non dépri¬
mé, les deux fossettes séparées par une petite carène médiane.
Antennes peu longues, les articles du funicule |)lu.s longs que larges.
Pronolum un peu transverse, aussi large ([ue la tête, un peu déprimé
sur le dis(|ue. Elytres aussi longs <iiu' larges. Pattes plus grêles que
chez les précédents.
Antennes du mâle ; articles 8 et 9 gros, aussi longs que larges,
le 10 tronconique, un peu plus gros que le 9, un peu plus long que
large ; article II renflé, ovale, de moitié plus long que le 10.
Antennes de la femelle : articles 7 nettement plus long que le 0
et ((ue le 8. l’article 9 petit, guère plus gros que le 8, l’article 10 tron-
Source : MNHN, Paris
PSÉLAPHIDES UE L’AFRIQUE DU NORD.
185
conique, gros, aussi long que large, le 11 très renflé, ovale, deux fois
aussi long que le 10.
Edéage (fig. 183) étroit et allongé, le bord terminal de la lame dis¬
tale paraissant échancré, vu de haut. Sac interne avec une large
plaque chitincusc courte, multidentéc sur son bord gauche.
Espèce très largement répandue dans toute l’Afrique du Nord,
depuis les îles ('.anuries et le Maroc jusque dans la Basse-Egypte. Le
Wollnsloni des îles Canaries ne diffère en rien du glohnUcornis et a
identiquement le même édéage. Dans la région méditerranéenne orien¬
tale, on le dit réparti, sous le nom de ponlicns Baudi, dans la Syrie,
l’Asie Mineure, le Caucase et l’Iran. En réalité le ponticiis Baudi (type •.
mâle. île do Chypre, coll. Saulcyl est bien un glohnUcornis, comme
F«o. 183 à 186. Cen. Enoptostomus Schauin, édéages, face dorsale. — Fiti. 183.
E. globulicornis Mofsch„ de la Grande Canarie, x 240. — Fie. 184. E. Chobanli
Gufll, de Ohardoia, x 210. — Fio. 185. E. Bernardi. nov.. du Tnssili n’Ajjer,
X 210.
•l’autres exemplaires des deux scxe.s de même provenance que J'ai
sous les yeux. Mais la femelle citée par Baudi comme provenant de
l’Asie Mineure, et fous les individus que j’ai vus de SjTÎe et du Liban,
appartiennent assurément à une autre sous-espèce, différant par
l’épaisseur des articles du funiciile des antennes qui sont gros et glo¬
buleux. En Europe, Hoi.dhaus. I!)28, Mem. Soc. enl. liai., II, p. 125),
cite encore le globiilicornLs de Dalmafie, d’Italie et de l'île d’Elbe.
D’autre part. le globulicornis, identique aux exemplaires du Nord
de l’Afrique et des îles Canaries, se retrouve au Sud du Sahara, dans
l’Aïr, où B. de Miré a pris quatre femelles, à la lumière, à Agadès (IX
1953).
Dans l’Afrique du Nord, l’espèce occupe des stations sporadiques
dans les régions chaudes du Maroc et sur les confins du Sahara, en
Algérie et "Tunisie.
MâMoiREK ne Me.sétiM. — Zoolooib. t. XI\’. 13
Source ; MNHN, Paris
RENÉ JKANNEL.
Iles Canaries : Gran Canaria (Alluaud). — Tenerife : Barranco
do Passe Alto, à haute allitude (Wollaston). — Gomera (Crotch).
Maroc. Plaines atlantiques : Aghouatiin, région de Marrakech,
nombreux exemplaires attirés dans un piège lumineux (Rungsl. --
Grand Atlas : Tahanaout, ait. 1.200 m,, en bordure de l’Atlas
(Antoine) ; djebel Sarro, Iknioun, ait. 2.000 m.. {ilusicurs exemplaires
(Rocher, V 1049).
Algérie. Dép. d’Alger : Boghari (coll. Saulcy). — Dép. de Cons-
tontine ; Biskra, nombreux exemplaires pris au vol, le soir (Bedel) ou
à la lumière (Abeille, Chobaut).
Tunisie. Région des Chotts : Kebilli, une femelle (Normand).
Egypte : Wadi Digla, une femelle (Alfieri).
â. Enoptostomus Chobauti (Iuillebeai’. 1897, Bull. Fr. p. 223 ; type :
Ghardaïa (Mus. Paris).
Fig. 184. — Long. 1,7 à 1,8 mm. Ailé. Testacé luisant, la pubes¬
cence courte et rare. Allongé, grêle. Tête non transverse, les yeux énor¬
mes, occupant plus du tiers des cOtés de la tête, le lobe frontal étroit,
étranglé à la base, le front relativement étroit, à hauts bourrelets laté¬
raux, profondément excavé entre les yeux, avec les fossettes ocellaires
contiguës au fond de l’excavation, non séparées par une crête médiane.
Antennes grêles, les articles moyens plus longs que larges, l’article 3
allongé mais un peu plus court que le pédicelle. Pronotum étroit, plus
long que large, aussi long que la tête. Elytres aplanis, ù épaules sail¬
lantes. Pattes longues et grêles.
Antennes du mâle : article 8 subcylindrique, presque deux fois
aussi long que large, les 9 et 10 aussi longs que larges, le 10 plus
gros que le 9, article 11 ovale, allongé, plus épais que le 10 et plus
de deux fois aussi long que lui.
Antennes de la femelle : article 7 allongé, deux fois plus long
que le 8 qui est globuleux ; articles 9 et 10 globuleux, croissant de
grosseur, le 11 épais, deux fois aussi long que le 10.
Edéage (fig. 184) grand, la capsule basale renflée. Sac interne
avec une pièce allongée, à pointe di.stale grêle et nombreuses épines
échelonnées sur le bord gauche.
Espèce très localisée et rare.
Algérie. Territoire du Mzab : Cihardaïa, cinq exemplaires (Cho¬
baut).
H. Enoptostooius Bernaidi, n. sp. ; type : Tassili n’AJjer (Mus. Paris).
Fig. 185. — Long. 1.8 mm. Ailé. Testacé rougeâtre luisant, la
pubescence clairsemée chez le mâle, plus dense chez la femelle. Tête
comme chez Chobauli, le lobe frontal très étranglé, le front excavé
entre les yeux qui sont énormes. Antennes grêles. Pronotum plu®
long que large, comme chez Chobauti. Elytres à épaules accusées, mai*
peu saillantes, le disque faiblement convexe. Pattes très grêles.
Source : MNHN, Paris
HSÉl.APHIDES DE L-AEHIOIT DD NOUD. 1«7
Antennes du mâle : articles 3, deux fois aussi long que large,
aussi long que le pédicelle ; article 8 siibcylindrique, deux fois auLî
long que large, les 9 et 10 un peu [dus longs que larges ; article II,
deux fois aussi long que le 10.
Antennes de la femelle : article 3 court, plus long que large, mais
hien plus ciiurt que le pédicelle ; article 7 seulement un peu plus long
que le 8 qui est globuleux ; article 9 aussi globuleux mais plus gros,
article 10 un peu plus long que large, le 11 très renflé, deux fois aussi
long que le 10.
Edéagc (fig. 185) de mêmes proportions que celui du Chobauti.
L’orifice distal de la capsule est plus réduit ; la pièce du sac interne a
•son extrémité distale plus large et les épines de son bord gauche
moins nombreuses.
Tehhitoires nr Srn : Tassili n’Ajjer : vallon de Tahi’zahi, ait.
1.450 m.. une femelle (Fr, Bernard, IV 19491 ; Tassili n’Ajjer, un
mâle (Licut. ^fanissier1.
29. Gen. DESIMIA Reitter.
Denimia Reitter, 1882, Verh. naturf. Ver. Brünn., XX, P. 202 ; type .
GhiUftnii Aiibé. — .Ieannel, 1949, Mém. Mus., XXIX, p. 198.
Espèces de |)etite taille, de forme ramassée. Tête courte et trans-
ver.sc, le lobe frontal peu saillant, large, les yeux placés sur des sur¬
faces latérales déclives du front, les tempes courtes, bordées par une
crête ciliée et prolongées j>ar une épine sous-oculaire aiguë. Palpes
petits, le pédoncule grêle et pénicillé, rintermédiaire et la massette
aussi pénicillés mais allongés, nullement Iransverses comme le sont
ceux des CJenixtpx et Enoptostnmvs.
Antennes longues, la massue de quatre articles chez les mâles, de
trois chez les femelles. Pronotum court, transverse et bombé, les côtés
de la base et la fovéole basale villeux. Elylres assez longs, avec une
frange apicale blanchâtre. Deuxième tergile abdominal plus long que
le premier.
Edéagc de même type que chez les Enoptoslomns, le sac interne
avec une pièce copulatrice.
liiouSoouAPHiE. - - Ce genre qui est surtout répandu dans
l’Afriijuc orientale et australe, ainsi qu’à Madagascar, est aussi repré¬
senté dans l’Afrique du Nord par trois espèces. On peut remarquer
que parallèlement aux Trissemus et autres espèces venues de la Gond-
wanie dans l’Afrique du Nord, les Desimia, lignée gondwanienne, ont
peuplé la Basse-Egypte et la Berbérie Saharienne, mais aussi le Massif
bético-rifain (D. Ghüiani Aubéi, ce qui date leur arrivée à l’Oligocène
supérieur (Chattien).
Source ; tANHN, Paris
KKNÉ JlîANXEI..
IKK
Tableau des espèces sord-aericaines.
1, Plus ëpnis, plus massif. 1 p |)ronotum très bombé, Iransvcrse,
non rétréci à la base. Long. 1,8 à 2 mm. 1. Gh/iianii Aubé.
— Plus grêle, plus allongé, le pronotum normalement convexe.. 2.
2. Arrière-corps plus large, pronotum légèrement Iransverse.
Article 9 tics antennes deux fois aussi long que large. Long. 1,6
à 1,7 mm . 2. parvipcrlpis Raffr.
- .Arrière-corps plus étroit, |)ronotum non transverse. Articles 9
des antennes moins de deux fois aussi long que large dans les
deux sexes. Long. 1.6 mm. 3. Witlmezi, n. sp.
I. Desimia GJiilianii Aubé, 1844, Ann. Fr.. f2) II, p. 99 (Clenistes) :
type : Cadix (coil. Reiche). — Sai lcy, 1874, Spcc. I, p. 53
(Tirtesiphiinis). — intcgricolUs Fairmaire et Coquerel.
1858, Ann, Fr. (.3) VI, p. 79.3 (Cfenisies) ; type : l’anger.
Subsp. (/rfïcHicnrnis. nov. : type : Larache fMus. Paris).
Ni le type du Ghilianii, ni celui de Vinte.gricolUs ne se trouvent
dans les colleclions Aubé et Fairmaire. 11 semble bien toutefois,
d’après les descriptions faites toutes deux d’après des femelles, que les
deux soient synonymes, comme d'ailleurs Saulcv, en 1874. l’avait déjà
affirmé, après confrontation des types.
Fig. 186. — Long. 1,8 à 2 mm. Ailé. Testacé rougeâtre foncé, la
pubescence courte et couchée, l'ête courte, te lobe frontal court et
large, non étranglé à la base, le front surélevé, formant une saillie
trapézoïde, large en arrière, avec trois fossettes : une à la base du lobe
frontal, deux entre les yeux ; ceux-ci assez gros, placés en bas d’une
surface obliipic des côtés de la tête ; tempes courtes, formant une
crête frangée en arrière des yeux, avec une forte épine sous-oculaire à
l’extrémité de la crête. Palpes très petits. Antennes longues, diffé¬
rentes dans les deux sexes. Pronotum court et large, aussi large ou
plus large que la tète, très bombé, avec un paquet squameux petit et
arrondi sur la fovéole basale et deux autres bien plus développés sur
les angles postérieurs cl les face.s pleurales. Elylres épais, un peu
convexes, moins longs que larges, les deux fossettes basales nettes,
les épaules arrondies, la frange meinbraneiise apicale bien développée.
Abdomen A j»remier tergile bien plus court que le deuxième, sans
frange membraneuse sur le bord postérieur. Bases du premier tergite
et des deux premiers slerniles recouvertes par des bandes villeuses.
Pattes robustes, peu longues.
Edéage (fig. 180) allongé, elliptique, A lame distale peu rétrécie et
crochue au sommet. Sac interne avec une grande pièce arquée à base
tournée du côté droit et pointe couchée du côté gauche. Styles très
réduits, achètes.
Variation. — Il existe au Maroc deux sou.s-espèces différant pR*’
l’allongement des antennes.
Source : MNHN, Paris
PSÉI.APHinKS DK I-’AFRIOI K DU NOnD,
l-orine li/piqne. - Aulenaes épaissc.s. Chez le mâle les articles 5,
6. 7 sont un peu transverscs, l’article 8 ovale, â peine d'un quart plus
long que large, les articles 9 et 10 épais et de même longueur, le 11 de
moitié plus long que le 10. Chez la femelle, les articles 5, 6, 7 et 8 sont
épais, aussi longs que larges, les 9 et 10 d’un quart plus longs que
larges, le 11 plus long que le 10 de moitié.
Subsp. gracilicornis, nov. — Antennes bien plus grêles. Chez le
mâle, les articles 8 et 9 sont deux fois aussi longs que larges, le 8 cylîn-
dri(|ue, le 9 plus épais et un peu plus long que le 8 ; article 10 plus
épais et un peu plus long que le 9, article 11 de moitié plus long que le
10. Chez la femelle, les arlicles de la massue ont les mêmes propor¬
tions que chez la forme typique mais sont plus allongés, les 9 et 10 de
moitié |)Iu.s longs que larges.
Suhsp. (ihilianii s. str. — Espaum;. Andalousie : Cadix CGhiliani) ;
.Algésiras (H. Simon, eoll. Saulcy).
Maroc. Tanger, nombreux exemplaires (Vaucher) ; Larache
iPeyeriniholT) : Casahlunca (Antoine) ; Oued Sebou, détritus (Tinon-
•lalion (Kocher) ; Bouilhaul (Kocher).
Ai.oé.HiK. Dép. d'Ornn : Oran (Coquercl). — Dép. d’Alger : env.
fl'Algcr (coll. Saulcy) ; forêt de rAkfadnu (Peyerimhoff) : Margueritte,
monts de Miliaiia (Abeille).
Subsp. gracilicornis, nov. — Maroc. Plaines atlantiques : Larache
(V’aueber) ; oued F'ouaral, à Kénitra, Port-Lyautey (Alhiaiid).
2. Desimia parvipalpis R.\ffkav. 187.8, Hev. Mag. Zool.. )). 303, (Cie-
nistes) ; type ; Bouksnul (Mus. Paris). — 1883, Rev. d’Ent.,
p. 233.
Subsp. (errnginen Nohmand, 1004, i’Ab., XXX. p. 219 :
lype : Kairotian (coll. Normand).
Fig. 187. — Long. 1,6 â 1,8 mm. Ailé. Teslaeé rougeâtre, la pubes¬
cence longue et rare, couchée. Tête petite, courte et Iransverse, comme
chez Ghilinnii. Palpes j)lus petits que ceux du Ghilianii, mais sem¬
blables. Antennes plus grêles. Pronolum court, un peu plus large que
long, légèrement réiréci à la base, normalonjent convexe, bien moins
liombé que chez Ghilianii : paquets villeux de la base semblables.
Elyircs et abdomen .sembl.nhics quoique les tergites soient moins con¬
vexes. Pattes robustes, peu longues.
Edéügc (fig. 187) à lame distaie plus rétrécie que chez Ghilianii :
même pièce copulatrice.
Vahiation-s. •— Comme chez Ghilianii. il existe deux sous-espèces
diiïérant par l’allongement des antennes.
Forme ft/piqiie. -■ Antennes longues, Chez le mâle, les articles 4
à 7 sont globuleux, non Iransverses, l’article 8 est cylindrique, allongé,
trois fois aussi long que large, les 9 et 10 plus épais mais presque de
même longueur, le 11 d’un tiers plus long que le 10. Chez la femelle,
les arlicles 3 à 8 sont un peu plus longs que larges, les 9 à 11 renflés.
Source : MNHN, Paris
RENÉ .lEANNEL,
Iflfl
les 9 et 10 d’un quart plus longs que larges, le 11 deux fois aussi long
que le 10.
Subsp. ferruginea Norni. - Antennes moins longues. Chez k*
inàle, les articles 4 à 7 sont globuleux, mais plus épais, l'article 8 n’est
que de moitié plus long que large, les 9 et 10 de même, mais un peu
plus longs et jtlus épais, le 11 d’un tiers plus long que le 10. Chez la
femelle, les antennes sont semblables à celles de la forme typique.
Espèce jiaraissant très localisée dans des stations subdéserliques.
Subsp. pervipalpis , s. str. -- Algéhie. Dép . de Constantine :
Biskra, nombreux exemplaires (Bedcl, Chobaut). - Le type est éti¬
queté « Bouksoul >. J'ignore où se trouve cette localité.
Subsp. ferruginea Norm. — Tunisie : Kairouan, dans les détritus
de l’oued Mergucllil (Normand) ; Souk-el-Arba, un exemplaire au vol
(Normand).
Egypte. Wadi Digta, mâle et femelle pris dans des pièges lumi¬
neux (Alfieri. VIII 1924).
J. Desimio Wiltmeri, n. sp. ; lype : Sakkara (Mus. Frey).
Fig, 188. — Long. 1.0 mm. Ailé. Teslacé luisant, la pubescence
très courte. Tête petite, courte et transverse comme chez les précé¬
dents. Palpes moins petits que ceux du paroipnlpix mais absolument
de même structure. Antennes netlement plus courtes, mais très grêles.
Pronolum court, de peu plus large que long, rétréci à la base, aussi
peu bombé que chez ptiniipalpis , les amas villeux de la base très
réduits. Elytres longs, un peu plus longs que larges, peu amples cl
régulièrement convexes, les épaules saillantes. Abdomen plus étroit
que chez parvipalpis . Pattes grêles.
Source : MNHN, Paris
PSÉI..\PHIDES DK L-AFRIDl-E Üf NORD-
J91
Aiiieniu's du mâle : articles 4 à 7 globuleux, moins contractés
que chez parvipalpis ; article 8 court, à peine d’un quart plus long que
large (trois fois plus long que large chez parvipalpis) ; article 9 de
moitié, 10 d’un quart plus longs que larges, le 11 deux fois aussi long
que le 10.
Antennes de la femelle : articles 3 à 8 grêles et nettement plus
longs que larges, le 9 ovale, d’un quart plus long que large, le 10 aussi
long que large, le 11 moins de deux fois aussi long que le 10.
Edéage (fig. 188) plus large dans sa partie distale que celui du
parvipalpis. Même pièce copulatrice.
Bas.sk-Eoypte : Le Caire, aux Pj’ramides, un inàle et une femelle
(Wiltmer. IX 1933) ; Sakkara, un mâle et une femelle fWiltmer, VIII
193,3).
Trib. TYRINI RafTr.
Cette tribu, extrêmement nombreuse en genres divers dans les con¬
trées chaudes et d'ailleurs bien représentée dans l’Afrique intertropi¬
cale, ne comprend qu’un seul genre. Ti/rus Aubé, dans l’Europe occi¬
dentale. Le genre Tifriis est représenté au Maroc et y constitue un élé¬
ment paléarcti(|uc. Mais tous les autres Tifrini, Centrnphthalmina ou
Marelliis, sont des éléments gondwaniens, xérothermophiles, installés
en Berbérie dès le Nummuliliqne.
TaHLEAL' des SOrS-TRIHl’S NOHD-AKUICAINES.
1. Palpes maxillaires à intermédiaire très développé, larges et
pube.scent, la massette réduite, conique ou fusiforme, insérée
sur l'angle distal interne de l’inlermédiairc. Antennes à massue
de quatre articles.... (p. 191) .Sublrib. Centrophibalmiaa Jeann.
— Palpes maxillaires à intermédiaire de forme variable, mais
grêle, allongé, la massette grande, insérée dans l’axe de l’inter¬
médiaire. Antennes à massue de trois articles.
. fp. 194). Sublrib. Tyriaa, s. str.
Subtrib. CENTROPHTH.M.MINA Jeannel.
Tableau des genres nord-africains.
. Intermédiaire du palpe maxillaire relativement étroit, pubes-
cent iiuoique lisse, avec une forte saillie de l’angle distal ei-
. (p. 192). 30. Gen. Camaidus Fairm.
- Intermédiaire du palpe maxillaire très large, hérissé de soies,
bombé et granuleux sur sa face dorsale qui porte un sillon lon¬
gitudinal, la massette insérée sur le sillon.
. (p. 194). 31. Cenlrophthalniosfs Raffray.
Source ; MNHN, Paris
RENÉ JEANNEl-
m
30. Geii. CAMAIDÜS Fairmairc.
Camnldiis Fairmairk, 1863, Ann. Fr., (4) III, P. 637 ; type ; villoauUis
Fainnaire. — Jeannki., 1049, Mém. Mus., XXIX, p. 214.
Genre largement répandu dans l'Afrique intertropicale et aus¬
trale, ainsi ([u’à Madagascar et dans la région Orientale. Deux espèces
ont atteint l’Afrique du Nord.
Tableau des espèce.s .nord-africaines.
1. Tête transverse, le lobe frontal très étroit, les tempes avec une
partie latérale en arrière des yeux. Antennes plus grêles, les
articles 8 et 9 allongés. Long. 1,0 à 1,7 mm . . 1. riliosulus Fairni.
- Tête moins large, le lobe frontal plus épais, les yeux très
grands, occujiant tout le côté du front, les tempes sans partie
latérale en arrière des yeux. Antennes plus courtes, les articles
8 et 9 courts. Long, 2 mm. 2. Pfet Jeann.
t. Camoidus viiiosulus Fairmairk. 1863, Ann, Fr.. (4) lit, p. 638 :
type : Conslanline (Mus. Paris). — Saui.cy, 1874, Spec. T.
p. 71, (Centrophthalmus).
Fig. 189. -- Long. 1,6 à 1,7 mm. Ailé. Testacé rougeâtre luisant,
la pubescence longue et assez den.se, hérissée. Tête transverse, le lobe
frontal petit et étroit, les yeux grands et saillants, les tempes avec une
jiartie latérale en arrière des yeux, l’épine sous-oculaire très petite.
Palpes à intermédiaire large et pubescent. Antennes grêles, le scapc
deux fois aussi long que large, le pédicelle oblong, les articles 3 â 7
nettement plus longs que larges. Pronotum globuleux, presque aussi
long que large.
Elytres un peu plus longs que larges. Abdomen allongé. Pattes
robustes et longues, les tibias antérieurs renflés, bossus et incurvés
dans leur partie médiane.
Mâle. Article 8 des antennes deux fois aussi long que large, le 9
un peu moins grand et un peu plus épais, le 10 plus court que le 9 mais
plus épais, le 11 encore plus gros, renflé dans sa partie distale.
Femelle. Intermédiaire des palpes plus large. Article 8 et 9 des
antennes à peine jilus longs (|ue larges, le 10 aussi long que large, le
11 de même forme que chez le mâle.
Edéage ffig. 189) allongé, Irès atténué en pointe cl crochu. Sac
interne avec deux pièces copulatrices. Styles grêles et courts, avec une
soie terminale.
Répandu dans toute l’Afrique du Nord.
Maroc. Plaines atlantiques : environs de Fez, une femelle (Otin) :
Bou Scoura (Koch) ; Casablanca (Olin) ; Khouribga (Abtoine).
Algérie. Dép. de Conslanline : Constantine, type : (Ogier de
Baulny) ; Biskra, nombreux exemplaires (Abeille, Bedel, Chobautt.
Source ; MNHN, Paris
PSÉLAPHIDES DR I/AFRIOl’E DI’ NORD.
193
i UMsiK ; Tunis (Uorini ; Hull;i Kegia ; Fornana ; Fandüuk-l)ic‘-
did ; Kairouan (Normand).
Ba.sse-Eovpti-: : Sakkaia, un mâle (W'illiner, III 1933).
.An I)ord des uucds cl des marais (Normand).
Kici, 189 et 190. üen. Camoldas Fairm., édéagcs, face dorsale. — Fiu. 189, villo-
suhit Fairm.. de Hiski-n. x l«r). - Fiu. 190. C. Pici Jeaim.. de liardassali.
-- Camaldus Pici .Ieannel, 1952, Rev. fr. d’Ent., XIX, p. 251, nom. nov.
pro (friindix Pic, 1930, Hiill. soc. ont. Egypte, nouvelle sér.,
p. BI, (Centi’opbllinlmiis) ; type : Marg. (coll. Pic) ; nec
grandis Rkittich, 1882, D. ent. Zs.. XXVI, p. 181 (Centroph-
Ihnîmus) ; type : Gold Coast.
Fig. 190. — Long. 2 mm. Ailé. Testacé luisant, la pubescence
longue et assez dense, hérissée. Plus large que le précédent. Tête
moins transverse, le lobe frontal moins étroit, les yeux bien plus
grands, oecupani tout le côté du front sans laisser de place en arrière
pour une partie latérale des tempes ; épine .sous-oculaire très petite.
Palpes comme chez nilhistiliis. Antennes |)lus courtes, le scape une fois
et demie aussi long que large, le pédicelle oblong, les articles 3 à 7
|)as |)lu.s longs que larges. Pronotuin globuleux, légèrement transverse.
Arrière-corjis plus large (|ue chez dHIosuIus. Pattes peu longues, les
tibias antérieurs incurvés, mais sans renflement bossu au milieu de
leur longueur.
Mâle. Articles 8 et 9 un peu plus longs que larges, le 10 tronco-
nique, aussi long que large, le II bien plus gros que le 10 et presque
deux fois aussi long.
Femelle. Articles 8 et 9 aussi longs que larges, le 10 transverse,
l’article II ovoïde, bien i)lus grand et plus épais que le 10.
Source ; MNHN, Paris
RENÉ JEANNE!,.
m
fc:iléat{e (Hg. 19Ü) bien plus grand que celui du villosiilas, sa par¬
tie distale plus brusquement amincie, le hcc crochu. Sac interne avec
deux pièces copulatrices jumelées. Styles courts et grêles, terminés par
une soie.
Basse-Eoyptk : Sakkaru, deux femelles (Wittmer, IV 1933) :
Kiirdassnh IWittmer, IX 1934) ; Le Caire, aux Pyramides (Koch, VU
1933).
C’est sans aucun doute, le Ccnlrophlhnlmiis sp. cité du Caire par
pKVKniMHOi'K n925, Bull. Snc. eni. Egypte, p. <50).
31. (îen. CENTROPHTHALMOSIS RalTray.
Orlniphlhalmosis Rakfrav, 1904, Ann. Fr., LXXIM, p. 303 ; type :
exilix Raffray. • .Ie.vnnei., 1949. Mém. Mus., XXIX, p. 218.
(tenre slriclement africain, avec une espèce à Madagascar.
1. CentropiitiicrJfflosis aegyptiocus, n. sj). ; type : Le Caire fMus. Paris).
Long. 1,5 mm. Ailé. Testacé rougeâtre luisant, la pubescence
longue mais peu fournie. Tête non transversc, un peu plus étroite que
le pronotum, le lohe frontal très saillant, les yeux bien plus longs que
les tempes, le front convexe. Antennes de la femelle courtes, le scape
presque deux fois aussi long (juc large, le pédicelle oblong mais court,
les articles 4 à 7 globuleux, un peu Iransverses, les 8 et 9 gros, globu¬
leux, le 10 un peu transversc, le 11 gros, obtus, deux fois aussi long
que le 10. Pronotum globuleux, aussi long que large, à pubescence
réduite. Elytres ]ieu amples, aussi longs que larges. Palpes robustes.
Mâle inconnu.
Cette espèce ressemble au zanzihariciix Jeann. (1949, l. c., p. 220),
mais difTérc nettement ]>ar sa pubescence réduite et ses antennes plus
courtes. Chez le znnzibariciix, le scape est deux fois aussi long que
larges.
Bassk-Eoyptk ; Le Caire, aux Pyramides, une femelle (Wittmer,
IX 19,33).
Sublrib. TYRISA, s. sIr.
TAHl.KAt' DES OKNRKS NUKU-APHICAINS.
1. Forme robuste, l’arrière-corps épais, les antennes courtes.
Palpes maxillaires déliés, â massette courte et article distal
très développé. Noirs. (p. 19,3). 32. Gen. Tyrus Aubé.
- Forme grêle, l’arrière-corps étroit, les antennes très longues les
yeux très volumineux. Palpes très grêles, â massette très
allongée, l’article distal absent, (p. 197). 33. Gen. Marellus Motsch.
Source : MNHN, Paris
PSfil.APHIDES DE L.\FniOl'E DI' NORD.
195
32. Gen. TYRUS Aubé.
Tyrux Auhé, 1833, Rsel. Mon., p. 15 ; type : mucronatus Panzer. --
Jeannel, 1950, Fne France, 53, (PsélapK.), p. 409. - Ann.
Mus. Congo Beige, ser. in-fi”, Zool., 2, p. 256.
1- Tyrus sanguineus Li.v.vÉ, 1701, Fna Suce., Ed. U, p. 853 (Slaplu/li-
nus), type ; Suc'de. - Jkannkl, 1950, Fne France. 53 (Psé-
laph)., p. 410. - miicronufiis Paxzer, 1805, Fna Germ,, n" 11 ;
type ; Allemagne,
La figure que j’ai donnée de l’édéage de cette espèce, dans la
faune de France (flg. 169 </) est incorrecte et doit être remplacée par
celle ci-joiiile tfig. 191). La capsule basale .se prolonge du cflté distal
()ar deux lames, rime dorsale étroite, l’autre ventrale plus épaisse et
terminée en pointe légèrement infléchie. Dans le vaste orifice apical
de I.T c-apsule, qui s’ouvre entre les deux lames le sac interne apparaît
sous la forme d’une tubulure chitinisée, flanquée par un flagelle sur sa
face gauche (fig. 191 ) et d’autre pari année de dents rétrogrades super¬
posées à l’extrémité distale de sa face droite (fig. 192).
Chez le T. santjuineiis L. d’Europe, la lame dorsale de la capsule
est ausi longue que la lame ventrale, et celle-ci, est relativement étroite,
de .sorte que les échancrures latérales séparant les deux lames sont
vastes et profondes. De plus, les dents rétrogrades de l’extrémité de
la tubulure du sac interne sont très développées (fig. 192).
L’espèce est largement répartie dans la région paléarctique, aussi
bien dans rEurojie septentrionale et la Sibérie que dans l’Europe
moyenne et méditerranéenne. Elle est connue de l'Espagne et de la
Grèce et se trouve aussi peut-être dans l’Afrique du Nord.
Ai-oérie. nép. (VAUier : Blida, un màie ininiature (Rcy. in coll.
Guillcbeaii (coll. Abeille).
Ce mâle de Blida est identique à d’autres également immatures,
c’est-à-dire entièrement teslacés, que j’ai pu voir des Carpathes rou¬
maines. Son édéage présente absolument les mêmes caractères que
celui d'un exemplaire de la Styrie figuré ici (fig. 191 et 192).
Comme le Tijrus san(fitineiis n’a jamais été retrouvé en Algérie,
en particulier par P. me Pevkhimhoek dont les investigations ont pour¬
tant été très minutieuses, il faut .se demander si ect exemplaire de la
collcclion Guillebeau provient bien de Blida. Le fait est que Gi'ii.le-
BEAP l’avait étiqueté * T. Hpiji n. .sj). > et n’en a jamais parlé dans ses
ouvrages. Avait-il eu un doute sur la provenance de cet exemplaire ?
Si la jirésenee du T. Hunquineus en Algérie était confirmée par de
nouvelles ca|)tnrc.s, il faudrait l’expliquer par une immigration récente,
au Quaternaire, contemporaine de celle des nombreuses autres espèces
((ui ont gagné l’Afrique du Nord, fuyant vers le Sud au début du refroi¬
dissement du climat européen qui a abouti au Glaciaire. Mais l’espèce
marocaine dont la description va suivre est certainement un endémique
plus ancien. Comme on le verra, elle est particulière à la forêt de Cèdres
et rein paraît indiquer qu’elle ail fait partie de la faune pontienne.
Source : MNHN, Paris
196
RENÉ JEANNE!-.
2. Tyius maroccanus. n. sp. ; lypu : Azrou (Inst, sc, cliérifieii).
Fig. 193 et 194. — Long. 2,4 min. Ailé. Noir de poix, les éiytres,
les ontcnnes el les pattes rougeâtres, les palpes tcslacés. Tôle et prono-
luni de inèine forme que chez simgiiineim, mais denseincnl et forte¬
ment chagrinés, cuiniue couverts d’une ponctuation très serrée, alors
que les mômes parties sont lisses et luisantes chez le sanguinens.
Antennes jilus robustes, les articles plus épais, la massue plus renflée.
Chez le mâle, l’article 8, plus court que le 7, est légèrement plus large
que long, les 9 et Kl d’un tiers plus longs que larges, alors ([ue chez
les mâles de sungiiinciis, le 8 est aussi long que large, les 9 cl 10 à peine
plus longs que larges. Eiytres ponctués, comme chez sanguinens, mais
avec la strie discale plus marquée. Abdomen semblable, la carène
médiane du jiremier lergile atteint le bord polérieur.
Mômes caractères sexuels secondaires des pattes que chez san-
giiineiis : fémur antérieurs avec une dent ventrale au tiers proximal,
trochanters antérieurs dentés, trochanters intermédiaires prolongés
par une longue épine recourbée.
Fiü. 191 A 194. Oca. Tyrus Aube, édéage» de profil et piirtics distilles des edéases
face dorsale. X 120. — Kn;. 191 cl 192. T. snnguinfiis I... de Sivrie. •-
Kic. 19.1 el 194. T. marnccaniis, n. .sp.. d'Azrou.
Edéage (flg. 193 et 194) bien dilférent de celui de sanguineits-
L’aspect général est le même, mais la lame ventrale de la capsule est
plus grande, surtout plus large, la lame dorsale est bien plus courte
<jue la ventrale el les échancrures latérales bien moins profondes.
Tubulure du sac interne grôle, le flagelle gauche sinueux (flg. 193), la
face droite de la tubulure sans dents rétrogrades (fig. 194).
Espèce de môme souche que le sanguinens. confinée dans les
cèdraies du Moyen-Atlas.
Source ; MNHN, Paris
PSÉI.APHIDES DE L’AFHIül’E DU NORD,
197
Maroc;. .l/o//c*n Atlas : Azrou, cèdraie à 1.900 m. d’all., un mâle
(Alluiiud) ; Agueiiiiane Sidi Ali, cèdraie d’Ibel Tadadat. ait 2 200 m
(Antoine, VU 1944).
3.S. Gen. MARELLUS Motschoulsky.
Mnrpllus MoT.st;HOi'i.sKY, 1851, Bull. Moscou, XXIV, IV, p. 481 ; type :
apoiipliaciis Motschoulsky. - .Ieannrl, 1949, Mèm. Mus
XXIX, p. 223.
Les espèces de ce l'enre, remarquables par l’allongement extrême
de leurs membres, occupent exclusivement l’Afrique orientale, depuis
l’Abyssinie jusqu’à la Rhodèsie. Deux espèces très différentes l’une
de l’autre par la slriiclurc des palju-s, ont atteint l’Afrique du Nord.
Tabi-eat de.s espèces nohu-afkicaines.
I. Massette jtaipaire relativement courte. Long, 1,5 à 2 mm.
. 1. biskrensis Reitt.
Massette palpaire cylindrique, longue et grêle. Long. 2 mm.
. 2. aegypüaeus Motsch.
I. Marellus bisJerensis Reittkr, 1884, Verh. z. h. Ges. Wien, XXXIV,
p. 82 : Iv|)e : Biskra (Mus. Paris). — 1885, D. ent. Zs.,
XXIX, p.‘33.1, |)l. II. fig. 16. • .IKANNEL, 1949, Mém. Mus..
XXIX, p. 224.
Siibsp. Xormandi. nov. ; type ; Kairouan (Mus. Paris).
Fig. 195. — Long. 1,5 à 2 mm. Aile, 'l'eslacé pâle et luisant, la
pubescence courte et fournie. Tête très grande, arrondie, plus large
(jue le pronoluni, le lobe frontal très petit, les tempes bombées, le front
convexe et finement jmnclué. Palpes très longs, la massette fusiforme,
un [)cu plus longue que l’intermédiaire (1949, /. c-, fig. 103 f). Antennes
aussi longues que le corps, peu différentes dans les deux sexes ; scape
deux fois aussi long que large, pédicelle presque deux fois, articles 3
à 5 trois fois, 6 et 7 deux fois aussi longs que larges, le 8 court ; articles
de la massue, 9 5 II, environ deux fois et demie à trois fois aussi longs
que larges. Pronotiim un peu lransvcr.se, indistinctement ponctué, sa
plus grande largeur avant le milieu. Elytres courts et très étroits, leurs
côtés presque rectilignes, le disque sans ponctuation distincte. Abdo¬
men court, devenant plus large que les élytres. Pattes extrêmement
longues.
Edéage (fig. 195) rappelant celui du palpator Raffr., de l’Abyssinie
(1949, l. c.. fig. 103). Capsule basale globuleuse, son bord distal et dorsal
avec un rang de grande soies. Bec apical comprimé latéralement à
pointe retrous.sée et surmontée d’une denticule. Styles avec deux soies
contiguës.
Source : MNHN, Paris
198
KENf; JEANXBL,
Variation. — La subsp. Xormnndi, nov. est plus grande que la
forme typique (1,8 à 2 imn. au lieu de I,ô à 1,6 mm.). Ses yeux sont
nettement plus petits, bien plus courts que les tempes ; enfin la massue
(les antennes est plus renflée.
Les deux 8ou8-<?spèces .sont étroitement localisées.
Subsp. biskrensis, s. str. — Algérir. I)ép. de Constantine : Bis-
kra, (Bedel, Chobaut, R. de Borde).
Subsp. S'ormondi, nov. — Tunisie, Kairouan. bords de l’oued
Merguellil, dans les détritus fNonnand).
Kki. 195 et 196, Gen. Marellus Muisch., édéages, face dorsale de trois-quarts.
Fio. 195. M. biskrensis Reltl., de Biskra, X 220. - Km. 196. M. iiegyptinciis
Motsch- de Kaulc-Egypte, X 150.
2. Morefius aegyptiacus Motschoi'i.skv, 1851, Bull. Moscou, XXIX,
IV, p. 481 ; type : Egypte (Mus. Paris). — Saulcy, 1874,
Spee. I, p. 75.
Fig. 190. Long. 2 niin. Ailé. Teslaeé rougeâtre luisant, la pubes¬
cence oonrle et fournie, 'l'ête transverse, courte, aussi large que le
pronotuni, le IoIjc frontal très petit, les yeux très grands, bien plus
longs que les tempes qui sont effacées, Iransverses et non bombées
comme celles du biskrensis. Front indistincleincnt ponctué. Palpes
Irés longs, lu massette grêle, cylindrique mais effilée à sa base (1949,
I. c., flg. 108 h), plus longue (}ue rintermédiairc. Antennes moins
longues que le corps, plus courtes que celles du biskrensis, mais avec
les mêmes proportions des articles. Pronolum aussi long que large,
densement et superficiellement ponctué, sa plus grande largeur avant
le milieu, les pleures déprimées. Ëlytres plus amples et plus convexes
que ceux du biskrensis, les C()tés un peu arqués, le disque superficiel¬
lement ponctué. Abdomen allongé, pas plus large que les élytres Pattes
très longues.
PSÉI.APH1DES UE L'AFIUQL’E 1)L’ NORU.
Edéage (fig. 196) beaucoup plus volumineux que celui du biskren-
sis. La capsule basale porte le même rang distal et dorsal de soies, et
le bec apical, aussi comprimé latéralement, est plus développé et res¬
semble davantage à celui du palpntor. Styles avec deux soies écartées
l’une de l’autre.
Haute-Eoypte, un mâle (Motschoulsky).
VI. Siibfani. CLAVIGERITAE Redtenbacher.
Trib. CLAVIGERINl .leannel.
U. Gen. CLAVIGER Preyssler.
Clnniger Phkv.s.slkk, 1790, Verz. Bohm. Ins., p. 58 ; type : tesiaceus
Preyssler. .ÏKANNEt,, 1950. Faune France, 53 (Psélaph.),
p. fiO,
Trois espèces sont connues de l’Afrique du Nord, toutes trois
faisant partie du sous-genre Clnviger s. sir. (Jeannel, 1950, l. c. p. 62).
Les CAaviger d’Europe sont tous inféodés aux Fourmis du genre
Lasiit.% ; il en est de même en Berbérie. Mais alors qu’on voit parfois
en Europe le Claïuger lesfaceiis pénétrer acces.soirement dans les nids
de Myrmica laevinodis Nyl., c’est dans ceux de l’Aphaenogaster tes-
taceo’piloxiis Luc. qu’on trouve exceptionnellement le C. harbarus en
Algérie.
BiooÉOfiKAPHiE. Peyerimhokf (1914, Bull. Fr., p. 485) avait
remarqué que les Cloviger nord-africains occupent les massifs Telliens,
les plus méridionaux et non les massifs côtiers. En réalité, cette obser¬
vation n’est pas justifiée, puisque le TT. barbants a été rencontré en
Grande Kabylie. La vérité est que ces myrmécophiles paraissent être
localisés dans les forêts de Cèdres ou .sur les massifs ayant encore été
boisés de Cèdres à une époque récente.
D’autre part, comme je l’ai déjà montré à propos de la Faune
de France (1950, t. c., p. fil), le sous-genre Claviger parait bien cons¬
tituer une lignée qui a jadis peuplé la Mésogeide montiennc, tandis
que le sous-genre Claitifer est une lignée différente, celle-ci origin-aire
de l’Egeide méridionale. Les trois Claviger berbères sont des Claviger
s. sir. On peut donc inférer que leur souche ait atteint la Berbérie
par le sud de la Tyrrhénidc, pendant l’Oligocène. L’absence de Clavifer
dans l’Afrique du Nord montre que la migration ponlienne venue de
l’Egeide méridionale n’a comporté aucun Clavigéritc, ceux-ci étant
sans doute déjà immobilisés par leur myrmécophilie dès les époque»
anté-pontiennes.
Source : MNHN, Paris
20U
KKNÉ JEANNEL.
Tabi-eac' des espèces nord-africaines.
1. Anlcnm's plus épaisses, le dernier article plus court que les
deux jirécédenls réunis (fi«. 199). Cuvette abdominale plus
profonde, encadrée par deux tubercules bien saillants de la
plaque lergale. Lonf». 2.1 à 2,2 mm. 1. barbaïus Bedel.
Antennes moins épaisses, le dernier article aussi long que les
«leux précédents réunis. Cuvette abdominale moins profonde. 2.
2. Article ô (le quatrième visible) des antennes aussi long que large.
Cuvette basale large, les deux stries du fond espacées du tiers
de la largeur du disque de la plaque tergale. Long. 2,3 mm.
. 2. Guiiloti Peyer.
Article â des antennes plus large <(ue long. Cuvette basale très
étroite (fig. 197), ses deux stries espacées de bien moins du
tiers de la largeur du disque de la plaque tergale. Long. 2 mm.
. 3. Antoinel. n. sp.
1. Cloviger (s. str.) barbarus Bkdki., 1884, Ann. Fr., (6) IV, Bull.,
p. cxxiv ; type : djebel Maadid (Mus. Paris).
Fig. 199 et 202. -- Long. 2.1 à 2,2 mm. Aptère. Testacé rougeâtre
brillant, la pubescence fine et serrée sur l’avant-corps et la plaque
tergale, plus espacée sur les élytres. Tète en massue, â peine deux
fois aussi longue que large, â peine amincie â la base. Antennes épai.sses
(fig. 199), l’article 1 caebé dans la cavité cotyloïde, le 2 petit, aussi
long que large ; article ,3 aussi long que large, le 4 transverse, le 5
transverse mais un peu plus long que le 4, le 6 plus court que les deux
précédents ensemble. Pronolum globuleux mais com]»rimé latérale¬
ment. la fovéole basale petite et profonde. Elytres déprimés en arrière
vers la suture. Plaque tergale longue, avec une cuvette basale étroite
et profonde entre deux saillies du disque du tergile ; le fond de la
cuvette est ovalaire, légèrement bombé au milieu. Métasternum caréné
chez le mâle.
Mâle : fémur intermédiaire avec une forte dent oblique au milieu
du bord inférieur ; tibia intermédiaire denté au tiers distal de son
bord inférieur.
Edéage : fig. 202.
Algérie. Dép. d’Alger : Massifs des Mouzaïa, en forêt de Cèdres :
plusieurs exemplaires avec Lasiii.i niger L. (Peyerimhoff, IV 1934) ;
Yakouren. en Kabylie, un exemplaire avec Aphaenngnster textnceo-
pilosiis Luc. (coll. Chobaut). — Dép. de Conslantine : djebel Maadid.
plusieurs exemplaires en forêt de Cèdres, sous une pierre « avec
d’assez grosses Fourmis > (E. Simon, Dr. Martin).
Comme on le voit, ce Claviger fréquente accessoirement les nids
des Aphaenogaster, dans lesquels on n’est pas habitué à voir pénétrer
les espèces de ce genre.
Source ; MNHN, Paris
PSÉLAPHIDES UE E’AFRIOl-’E DU NORD.
201
2. Claviger (s. sir.) Guilloti Pkvichimhoff, 1914, Bull. Fr., p. 485 ;
type : forêt de Sgag (Mu.s. Paris).
Fig. 200 et 203. — Long. 2,3 inm. Aptère. Plus grand et plus
élancé (fue le hnrbarns. Tête atténuée en arrière. Antennes moins
épaisses (fig. 200), l’article 3 moins élargi au sommet, le 4 peu trans¬
verse, le f) aussi long que large, le 6 aussi long que les deux précédents
réunis. Prunotum et élytres comme chez barbarus. Plaque tergale à
cuvette basale large et peu profonde, les stries bordant le fond de la
cuvette écartées de près du tiers de la largeur du disque de la plaque
tergale. Méfasternum caréné. Pattes plus longues.
l•'lo. 197 i 203. üen. Claoiger Preysl. — Fia. 197. C. Anloinei, n. sp., Uc lu forél
de Ksiljii, X 22. — Km. 198. Antenne droite du C. Antoinei. s. sp, — Fm, 199,
Idini du C. bnrbarus Red. — Fm. 20». Idem du C. Giillloli Peyer. — Fm, 201,
Kdéaue du C. Anloinei, n. sp. — Fm. 202. Kdeage du C. barbarus Bed. — Fio.
203. Ed(«ai{e du C. (hiilMi Peyer.
.Mâle ; fémurs intermédiaires avec la dent ventrale oblique, grande
et spiniforme, située tout (très du bout proximal ; tibias intermédiaires
avt'c une dent jtcu a|)rès le milieu du bord inférieur.
Edéage : fig. 203.
Aegérik. Dêp. de Constaniine : Massif de l’Aurès. forêt de Cèdres
de Sgag, deux mâles et deux femelles, dans un nid de Lasius niger L.
(rniillot et Pcycrimhoff).
MéüoinK» or MrsÉcM. — ZooixxiiB. t. XIV.
14
Source ; MNHN, Paris
2U2
HENÉ JEANXEL.
3. Clayiger (s. str.) ^nfoinei. n. sp. ; type : forêt de Ksibu (Mus. Paris).
Fig. 197, 198 et 201. — Long. 2 mm. Aptère. Testacé rougeâtre
brillant, la pubescence comme chez barbanis. Grêle et plus petit que
les deux précédents. Tête atténuée en arrière. Antennes peu épaisses
(fig. 198) l’article 3 allongé, le 4 et surtout le 5 transverses, le 6 grand,
aussi long que les deux précédents réunis. Pronolum et élylres comme
chez les deux espèces précédenles. Plaque tergale à cuvette peu pro¬
fonde et très étroite, scs deux stries parallèles et guère distantes de
plus du cinquième de la largeur du disque de la plaque tergale tfig.
197). Pattes grêles.
Mâle : fémur intermédiaires avec une dent à peine saillante au
tiers proximal de son bord ventral ; tibia intermédiaire denté peu
après le milieu du bord inférieur.
Edéage : fig. 201.
Maroc. Moyen Atlas : forêt de Cèdres de Ksiba, ail. l.ORO m..
mâle et femelle fAntoine).
Trib. FUSTIGERINI .leanncl.
Fiisfigeriiii Jeannel, 1949, Mém. Mus., XXIX, p. 29. — 1953, Mém.
Inst. se. Madag., sér. E, p. 293.
35. Gen. AMPHIRONCHÜS Peyerimhoff.
Amphironchtts PEYERiMnopp, 1939, Bull, Soc. Fouad 1" d’KnI., XXII.
p. 347 : type : Alfierii PeyerimhofT.
(îenre très remarquable par le développement exceptionnel des
caractères sexuels des mâles. Les caractères généraux sont ceux des
Fastigerini. Front avec un rebord occipital le séparant du cou ; des
yeux fonctionnels ; antennes de trois articles, le flagelle uni-articulé.
Plaque tergale sans trichomes cloisonnant la cuvette basale. L’avant-
corps est lisse, sans ponctuation rugueuse et ce dernier caractère
rapproche Amphironchiis du genre Nearticerodes .leann. (type : laevis
RafTr.) de Madagu.scur.
Les caractères particuliers au genre .4mp/H>onc/jn* .sont les
suivants ;
Forme épaisse, le pronotuin élargi â la base, les élytres amples,
sans trichomes. Abdomen brusquement étranglé immédiatement après
la saillie dorsale des pleures qui porte un grand trichome ; ce pince¬
ment latéral de la plaque tergale a déterminé relîaccmcnt de son
rebord marginal qui s’est soulevé en une série de trois tubercules très
saillants sous le trichome pleural (fig. 204). Pattes grêles.
Caractères sexuels du mâle. — Le lobe frontal est longuement
.saillant, en forme de mitre, déterminant par dessous une saillie cor¬
respondante de l’épistome qui a pris lu forme d’une très mince étrave.
Source ; MNHN, Paris
PSÉLAPHIDES DE L’AFRIOL'E DU NORD.
Antennes à fhij'oile conservant nettement la trace d’une fusion bout
à bout de deux arliclc.s, le basal incurvé, à face interne aplanie puis
dentée, le distal tronconique. Pas de dents sur les fémurs ni sur les
tibias intermédiaires.
Chez la femelle, le lobe frontal a gardé des proportions normales
et répislome est mousse. Les antennes de la femelle ont la structure
de celle des Fustiger et genres voisins, c’est-à-dire que le flagelle, uni-
articulé. est grêle à la base et s’élargit peu à peu en tromblon jusqu’au
sommet, sans laisser apparaître de suture entre deux articles élémen¬
taires.
Pm, 204 à 20fi. (ien, Amphironchus Pevor. — Fio. 204. A. Aljierii Peyer.. mâle, du
Cnirc. X 42. — Fm. 205. T«e de lu femelle. — Fio. 206. Edéage. de profil.
X lO.-).
Edéage (fig. 206) à pièce distalc et capsule basale totalement
fusionnées.
O curieux genre occupe la Basse-Egypte, et P. de Peyerimhoff,
en donnant la description, a fait observer, très judicieusement, qu’il
présente des affinités certaines avec Pseudofnstiger Reitt. (type :
striciieornis Reitt.), spécial à l’île Saint-Thomas, dans les Petites
Antilles. Chez le Pseudofnstiger stricticornis Reitt., dont le type, un
mâle, est au Muséum, il n’y a pas de caractères sexuels extraordinaires,
mais on retrouve bien chez lui (fig. 207) les caractères généraux de
{'Amphironchus : pas de ponctuation rugueuse de l’avant-corps ;
antennes à flagelle uniarticulé. mais avec un étranglement marquant
la suture de deux articles primitifs ; pronotum sillonné : élytres sans
Source : MNHN, Paris
2U4
RENÉ JKANNEL.
Irichomes ; plaque tergale étranglée en arrière des pleurites et trans-
fonnalion de la gouUière latérale en bourrelet après rélrangleinent.
EnTin absence de dents sur les rémurs et tibias intennédiaircs du mâle.
Toutes ces ressemblances ne sont certainement pas l'elTet d’une
simple coïncidence. Il est certain que l’itnip/jironc/ius de la Basse-
Egypte appartient à une lignée conservée d’autre part à l’Ile Saint-
Thomas, aux Antilles. Et il semble bien aussi, que cette lignée de
Ftisiigerini soit encore représentée à Madagascar par le Searlicerodes
laenis RafTr., auquel il a été fait allusion ei-dessus. Et on arrive ainsi
à cette constatation (jue cette lignée de Fustigerini, qu’on peut appeler
« lignée d’Amphironchiis », se présente à l’étal de reliques dans les
fourmilières, absolument comme la lignée de Slijliilim dans la faune
souterraine. On sait en effet ((ue cette lignée à’AniUmo est formée par
un genre Anillopsis .leann., au Caj), et un genre Stijlulus Sohauf., dont
la forme typique occupe l’ile Saint-Thomas et le sous-genre Pxeiidanil-
lux Hedel la chaîne Numidique et la Tunisie centrale, dans l’Afrique
du Nord.
Fici. 207. üeii. P»eudo/usliyer Relu. ; P. */nV<tc<>rn/« Reitt., Ivpe. de l'ile Suint-
Thomas. X 42.
I. AmpbironcAus Alfietii PEyEHiMHOFF, 1939, Bull. Soc. Fouad 1*'
d'Ent., XXIl (1938), p. 347 ; type : Le Caire (Mus. Paris).
Fig. 204 à ‘iOft. - Long. 1,4 mm. Ailé. Testacé rougeâtre luisant,
la pubescence très courte et rare. Tète à partie postoculaire parallèle,
déprimée en dessus, avec deux fossettes au-devant de la crête occipitale.
Pronotum transverse, large à la base, avec une large dépression longi¬
tudinale sur le disque. Elytrcs sans fossettes basales, la strie suturalc
Source : MNHN, Paris
PSÉI.APHfDES DE l/AFRIOrE 1)1’ NORD.
à peine indiquée, le bord apical peu déclive. Abdomen très rétréci,
comme atrophié, la cuvette basale très profonde.
Mâle. Lobe frontal très proéminent, formant comme une mitre en
avant de la tête, de sorte que la partie préoculaire est plus de deux
fois aussi longue que la partie postoculaire. Antennes de forme très
particulière (fig. 204). Angles postérieurs du pronotum arrondis.
Femelle. Lobe frontal court, la partie préoculaire de la tête est
seulement un peu plus longue que la partie postoculaire (fig. 20.5),
Antennes simples. Angles postérieurs du pronotum saillants en dehors.
Forme générale de la femelle plus large.
Ëdéage (fig. 200) allongé, la capsule basale elliptique, la partie
distale non articulée, grêle et recourbée en crochet, relativement courte
et manifestement formée par le prolongement distal d’une bande chi-
lincuse ventrale qui part du collier de l’orifice basal. Celui-ci situé
très près du cul-de-sac basal de la capsule. Cette structure de l’édéage,
d’ailleurs assez aberrante, confirme que la pièce distale des Clavigé-
rites est bien homologue des styles des Pselaphitae.
Basse-Eoypte : barrage du Nil, au sud du Caire, en septembre
(coll. Alfiéri et Peyerimhoff).
Source : MNHN, Paris
RENÉ JEANNEL.
2{Ki
BIOGÉOGRAPHIE.
GÉNÉRALITÉS.
P. i)E Pkykhimiioff (1947, 1948) a public plusieurs éludes sur la
biogéofiraphic de l’Afrique du Nord. Ces études, il les a conduites par
la méthode statistique, à Ia(|uelle il a été toujours attaché. Mais je
reste convaincu que nos connaisunces en systématique, même dans les
groupes aussi exjiiorés que les Coléoptères, sont encore trop insuffi¬
santes pour perincltre la construction de listes homogènes d’espèces.
Déjà, en 1923, à l’occasion de mes recherches sur les Choleva, je me
suis élevé contre cette méthode que je tiens encore aujourd’hui pour
très dangereuse.
Les espèces (|ue l’on met en cause dans des listes ou tout autres
combinaisons géographiques ne sont pas révisées : le groupe auquel
elles ap]iarliennent n’a pas été l’objet de révision complète avec élude
des caractères sexuels. Est-on bien sûr dans ce cas de tabler sur de
véritables unités spécifiques ?
Sans révision des groupes, on ne sait rien de la phylogénie des
espèces dont on étudie la distribuiton géographique actuelle. On est
par suite incapable de déceler leur origine, car des espèces peuvent
avoir des aires actuelles semblables après avoir suivi dans le passé
des routes différentes, de même que les espèces ayant subi des évolu¬
tions difrérentes peuvent .se ressembler |>ar convergence.
Aussi, suis-je d’avis ([ue les statistiques faites par P. de Peyeri-
MHOFF (1947, p. 15fi) sur les espèces de la Berhèrie, réparties en caté¬
gories telles que t ilifTus, holarctiques, eurasiatiques > ne peuvent
apporter que des ap|»roximalions. L’homogénéité spécifique, l’aire
actuelle, le centre d’évolution et la géonémie d’une quantité de formes
mises en causes sont encore trop conjecturaux. La vraie méthode de
la biogéographie, à mon sens, celle qui est seule capable de fournir
îles données précises, consiste à s’adresser à des groupes systématiques
bien définis, à les réviser à fond )K)ur dégager les lignées naturelles,
puis à tirer de la répartition actuelle de ces lignées naturelles l’histoire
de celles-ci au cours des périodes géologiques.
Certes, utilisant ainsi le matériel « insecte », le biogéographe
devra renoncer à posséder des documents paléontologiqucs. Mais à
force d’accumuler des révisions de groupes divers, il fait apparaître
ries faits concordants, dont la répétition impose la réalité.
C’est ainsi que j’ai pu établir (1940, p. 5) une notion trè.s générale,
([ue l’ensemble de mes monographies imjiosait, à savoir : « Dnna tous
< les groupes dont l'histoire remonte tissez loin dans le passé qéolo-
« qiqae, il existe deux catégories de lignées. Les unes occupent les
« restes du Continent de Gondwana et représentent la surniuance de
€ lignées qui ont évolué pendant le Secondaire. Les autres occupent
« la réqion holnrclique et leur épannuis.semenl évolutif ne date que
< du Tertiaire ».
Source : MNHN, Paris
l'Sfti.APHtDKS t)K l/AFniorR tJi: NOKI).
207
Aiüsi lo monde vivant actuel sc répartit dans deux catégories de
lignées ; liqnécs j/ondtvaniennps anciennes et lignées laiirasiennes
lerliaires. .l’cstiine que nul ne peut se reconnaître le droit de repousser
cette notion générale sans avoir au préalable réfuté les conclusions de
tous les sysléinaliciens nionographes qui concordent pour la mettre en
évidence.
Dans l’étude qui va être faite de la géonémie des Psélaphides
berbères, cette notion apparaîtra d’emblée dans la distinction qui sera
faite entre lignées laurasiennes (on paléarctiqucs) et lignées gondwa-
niennes (ou éthiopiennesi.
A l’occasion du colloque c Sur les oiigines du peuplement de l’Afri-
(fiie du Nord >. qui s’est tenu A la Société de Biogéographie du 13 mars
au 23 mai 1931, M. R. Fi'RO\ (1951, p, 46) a insisté sur un fait qui
doit <iominer toute l’histoire des êtres vivants de la Berbérie. C'est'que
la Berbérie et le Sahara sont deux domaines entièrement différents
l’un de l’aufre, le Sahara étant un très ancien domaine continental,
la Berbérie étant un ancien domaine marin qui n’a émergé définiti¬
vement qu’à la fin des mouvements alpins, soit il y a 5 à 6 millions
d’années.
Au Crétacé, une transgression s’était amorcée sur le Sahara,
jtrcnanl toute sa valeur au Maestrichtien-Danien. Une nier peu pro¬
fonde a relié la Méditerranée d’alors au Golfe de Guinée, entre deux
vastes massifs insulaires, l’un formé ])ar le Sahara occidental, l’autre
par le Hoggar et scs annexes. Au Monfien (fig. 208) ce régime marin
existe encore, mais il cesse rapidement à l’Eocènc. Et pendant tout le
Tertiaire ancien, le Sahara sera constitué par un vaste plateau conti¬
nental dont la bordure septentrionale le long des mers niinimuiitiques
s'est étendue sur 1.200 km. entre le Sud-Marocain et la Tunisie.
El ce Sahara de fout le Tertiaire a constitué une barrière déser¬
tique qui s’est opposée à la pénétration en Berbérie de toutes les lignées
gondwanicnnes anciennes d’invertébrés. A. Va.ndel (1955, p. 63) est
arrivé à cette conviction en ce qui concerne les Isopodes terrestres
cavernicoles. Mes observations confirment qu’aucune lignée plus ou
moin.s hygrophiles de Pseiaphides de la faune gondwanicnne n’a pu
franchir le Sahara, que seules ont pu passer par la Mauritanie quelques
lignées gondwanicnnes xérofherinophiles.
Si le Sahara a été ainsi continental, la Berbérie par contre est
restée soumise à un régime marin pendant le Nummulitique et le Mio¬
cène. de sorte qu'il faut distinguer une Berbérie anlé-pontienne. à
domaine terrestre très réduit et surtout très variable, cl une Berbérie
pontieniie et post-ponficnne, définitivement continentale à peu près
dans la configuration actuelle, dès le Pontien.
Dans une note postérieure au Collo<{uo de la Société de Biogéo¬
graphie, j’avais soutenu (1952, p. 91), en accord avec certains géolo¬
gues et surtout en m’appuyant sur la répartition des Bathysciitae et
des Anillini, que la Berbérie anlé-pontienne n’avait eu aucune com
munication avec la Tvrrhénide. La présente étude de la géonémie des
Source : MNHN, Paris
208
RENÉ JEANNEL.
l’sélaphidcs burbi-rcs in'obliÿ'e à reconnaître mon erreur et à me rallier
à l’opinion des géologues comme J. Flandrin (1948) et G. Castany
(1953) étahlissunt l’origine lyrrhénienne des i Hourrelcts liminaires >
de la Berbérie. (Voir plus loin, p. 21U>,
En réalité la Tyrrhénide de rOligoeène s’est avancée vers le sud
jusqu’à la bordure de la Berbérie et a fait passer ainsi sur elle les
souches de lignées lyrrhéniennes anlé-|)onliennes. Je ne peux plus
dire, comme je l’ai fait dans les conelusions générales de ma note pré¬
citée (1952, p. 93) que «la Berbérie anté-pontienne a eu une faune
entièrement constituée |)ar des lignées gondwaniennos ». La vérité est
que cette faune anié-ponlienne de la Berbérie a consisté en lignées
lyrrhéniennes (laurasicnnes) auxquelles se sont mêlées d’autres
lignées, celles-ci xérothcrmophiles, d’origine gondwanicnne.
LES LACUNES DANS LA FAUNE PSÉLAPHIDIENNE BERBÈRE.
La faune p.sélaphidienne de la Berbérie est pauvre, par comparai¬
son avec celle du midi de la France. Alors que dans la France médi¬
terranéenne, on compte environ 220 espèces de Psélaphides, il n’en
existe guère plus de 145 dans toute la Berbérie qui est bien plus vaste.
Cette pauvreté des Psélaphides berbères tient en |)artie au moins
grand nombre d’espèces dans certains grands genres communs aux
deux régions, mais elle est surtout la conséquence de lacunes considé¬
rables dans la constitution «le la faune nord-africaine.
Les Kupleciini, si nombreux et divers en Europe, comme d'ailleurs
dans l’Afrique intertropicalc, sont réduits à cinq genres seulement en
Berbérie. Le genre Dibhponi.s y fait défaul. de même que les tribus
des Trimiini, Imirini ([ui peuplent les restes de la Tyrrhénide.
L'immen.se famille des fînlrisiliie n’a aucun représentant dans
l’Afrique du Nord. Des centaines de genres de lîalrisini peH|>lenl
l'Afrique chaude. Il est vrai que le groupe est moins représenté en
Europe (nnlrisiin, Dfilrisoties), mais aucun des genres européens n'a
passé en Berbérie |)as plus d'ailleurs que les Amaiiropsini qui sont un
élément égéidien important.
Ces carences résultent assurément de causes multiples.
L’une tient à ce que la barrière désertique constituée par le Sahara
pendant tout le Tertiaire a empêché l'irruption en Berbérie de toutes
les lignées gondwanicnnes ])lns ou moins hygrophiles.
Une autre cause de carence est que durant toute la période anté-
pontienne, la Berbérie occupée en grande partie par les mers n’a pu
conserver qu'un petit nombre do souches tyrrhénicnnes qui ont été.
comme on le verra, fortement décimées à l’Oligocène. Le principal
peuplement en Psélaphides date du Ponlien, c'est-à-dire d’une époque
relativement récente.
Au Quaternaire, la faune berbère a pu s’enrichir d'espèces nor-
di<|ues, chassées vers le Sud par l’approche des périodes glaciaires.
Mais on verra plus loin que les Psélaphides entrent pour bien peu
do choses dans ce courant d’immigration en Berbérie, soit qu’ils
Source : MNHN, Paris
PSÉL.Af’HIDES DE I/AFRIOf'K Dl’ NORD.
n'aient pu se déplacer qu’avec peine, soit plutôt que les coiiiinunica-
lions continentales du Quaternaire aient été coupées de façon trop
précoce.
On verra eiilin <|ue la faune psél!ii)hidienne, sans doute assez
largement répandue en Berbérie pendant le Pléistocène, a dû être con¬
sidérablement décimée et refoulée vers les massifs côtiers par l’influ¬
ence de la désertification progressive récente, post-glaciaire, du Sahara.
Le fait est qu’à rexceplion des groupes xérothcrmoi)hiles, comme les
Ctenistini ou les Tj/nni, les Psélaphides font aujourd’hui à peu près
defaut sur l’Atlas saharien et les hauts plateaux du Tell, les espèces
actuelles étant concentrées sur les massifs humides de l’Atlas Tellien
et les massifs côtiers.
GÉONÉMIE ET ESQUISSES PALÉOGÉOGHAPHIQUES.
A l’occasion de mes recherches sur les Beinbidiites endoges (1937,
p. 381), j’ai public une série d’esquisses paléogéographiques de la
région méditerranéenne occidentale, esquisses qui ont été reproduites
dans mon livre, La genèse des faunes terrestres (1942, p. 408-417).
Pour rétablissement de ces cartes, j’avais eu surtout en vue les vicis¬
situdes de la partie nord de la Tyrrhénide et je n’avais pas porté le
même soin à la lépartition des terres et des mers sur l’Afrique du
Nord, faute de documents. Les faits nouveaux apportés par les géolo¬
gues, par .1, Flandrin (1948) et G. Castany (1953), ainsi que mes
recherches sur les Psélaphides vont me permettre de compléter utile¬
ment mes premières es([uisse.s.
La Berbérie anté-pontienne.
Montien. — Au Monticn (fig. 208), la nier méditerranéenne s’est
retirée vers le sud et couvre une partie du Sahara, laissant toutefois la
Mesclü marocaine en continuité avec le vaste massif exondé constitué
l>ar la Mauritanie et le Sahara occidental. Alors, sur la région médi¬
terranéenne s’étend un long continent, la Mésogéide, formée par
l’Egéide septentrionale, la Tyrrhénide et la .Meseta ibérique, continent
portant de hautes chaincs de montagnes couvertes de forêts, sous un
climat équatorial. De nombreuses ügnées laurasiennes y évoluent, mais
aussi, avec elles, des lignées gondvvaniennes orientales qui ont fran¬
chi la Méditerranée montienne, sans doute par la Syrie et l’Egéide
méridionale. On sait cpie ces lignées méditerranéennes issues de sou¬
ches gondwaniennes orientales, peupleront l’Europe et passeront en
Amérique du Nord par les ferres nord-atlantiques. Beaucoup d’entre
elles ont laissé des traces dans l’ambre de la Halti(|ue (1942, p. 2fi()i.
Dans la faniille des Psélaphides, les tribus des Bijibinini et des
Tijchini sont de grandes lignées laurasiennes ; mais les Euplectini, les
Bnjaxini, les Pselaphini de l’Europe et de la Berbérie relèvent de
lignées méditerranéennes issues de souches gondwaniennes orientales
au Montien.
Source : MNHN, Paris
210
RENÉ JEANS’EI..
D’après R, FraoN (1941, p. 479), qui a spéciaknient éludié la
répartition du Daiiicn-Monticn marin dans la région méditerranéenne,
la Tyrrhénidc montienne, unie au massif hético-rifain, s’est étendue
jusque sur le Rif et la Rerbérie orientale (fig. ‘208), limitée vers le
sud par un étroit sillon marin snd-rifain et sud-lellien.
On voit donc que pendant cette période géocratique du Montien,
dont la ilurée, d’ai)rès les estimations de F. Lemoink, a dû atteindre 10
millions d'années, c’est-à-dire à peu près autant ([ue tout l’Eocène,
les lignées primitives de la Mésogéide ont pu prendre pied en Bcrbérie,
lundis que, d’autre part, les lignées gondwaniennes pouvaient attein¬
dre la Mesela Marocaine par la Mauritanie.
Kir, '>08. Esquisse de l'a région inOiiitcrranèunne occidentiilv pendant le Mttn-
lli’n. période Kéoeratiqur.
On jieut remarquer d’autre part que les mers du Montien éten¬
dues sur la Tunisie y entourent une île connue sous le nom de t dôme
de Kasserinc », existant depuis l’Aptien.
Cette île persistera pendant le Xuinnuilitiipie avant d'élre absor¬
bée dans l’aire continentale Saharienne, Il est jmssible qu’elle ait joué
un rôle en conservant des lignées terrestres gondwaniennes : mais on
manque d’indications précises à ce sujet.
Eocène. — Dans l’Afrique du Nord, la transgression lulétiennc
(tig. 209) isole de In Tyrrhénidc « un Bourrelet luminaire > de la Ber-
béric orientale sur lequel se conservent les souches des Psélaphides
montiens. Ce sont en particulier celle des Mayelùi (p. 17), des Biblo-
f)lecliis (p. 2.^) des Eiiplectas du sniis-gcnrc Dipli'cliiliiis (p. 113'.
Source ; MNHN, Paris
PSÊl.APHIDES DE L'AFniOl’K DU NORD.
21)
(les Bi/t/iiniiü du groupe des Machaerilinn (p. 58). des Tyclius ip. I3I),
des Claviger (p. Pendant (|ue s'individualisent ces lignées « îyr-
rhéniennes » de la faune anlé-ponliennc, d’autres s’élaborent sur le
massif hético-rifain, isolé entre les deux Sillons nord-bétique et sud-
rifüin. Il y a là les souches ries Eupîectiis du sous-genre Eupleclinus
fp. 8.1), peul-ètre celles des lirochygliifa (sensu stricto) (p. 82), cer-
lainoment celles ries Pselnphtis du soiis-gcnre Geopselnphus (p. 152).
Km. :20U. Esquisse de lu riijjiaii inédHcminécime oceidcntulc pendant (e Lutéticn
(Rocène moyeD).
domine on le voil, ces ligntV-s anté-poiitiennes qui s’individuali¬
sent sur le Bourrelet liminaire de la Berbérie orientale et d’autre part
sur le massif bético-rifain, sont des lignées laurasiennes.
Oligocène. - La transgression stampicnne de l’Oligocène infé¬
rieur recouvre la plus grande partie de la Berbérie, De toutes les trans¬
gressions massives en Afrique du Nord, c’est celle qui a eu le plus
d’ampleur. On a considéré généralement que le Bourrelet liminaire
de la Berbérie orientale avait alors été réduit à un archipel de petites
îles au milieu de cette mer stampicnne qui a déposé dans toute la ber¬
bérie des masses énormes de matériaux détritiques de grès constituant
ce que les géologues nord-africains ont appelé le Flysch.
.f, Flandhin (1948, p. 331) remarque que les grès numidiques,
particulièrement grossiers ne proviennent certainement pas du conti-
Source : MNHN, Paris
212
RENÉ JEANNEL.
ncnl nfriciiii) d<'nl ils sonl sc-])uré.s par d'auti-L-.s givs, à éluiiu-iils plus
fins. On ne peul |)as duvantu^e les attribuer à l’érosion des lies kaby¬
les. dont l'altitude est jurande, nuiis la superficie lro|) faible pour avoir
pu fournir la masse considérable de quart/ entrant dans leur consti¬
tution. « Il semble donc nécessaire d’admettre pour expliquer leur
orifiine, l'existence d'un vaste continent tyrrhénien (jui se sérail situé,
duriint rOii^ocène, au N, du rivaj^e méditerranéen actuel >.
Eiii. 2ia. ËNquissc de la mviliterruiiécnne occidentale pendant te Stnmpicn
IOIit;ncènc inférieur).
Cette observation de Fl.vndrin établit donc que les prétendues
îles kabyles ont été en réalité des promontoires méritiionaux de la
vaste Tyrriiénide oligocène (fig. 210), dont la partie septentrionale
était occupée par la chaîne pyrcnéo-provençalc, sur laquelle ont évo¬
lué les souches lucicolcs de nombreux endogés actuels {Microhjpblus,
Anilhis, Mnyelia, etc.). En même temps, sur les promontoires méridio¬
naux de cette Tyrrhénide, les Mnchtierilina nord-africains achevaient
leur évolution souterraine, de sorte que nous les voyons aujourd’hui
élroilemeiü confinés sur ces « promoloires » liminaires, avec leurs
espèces localisées sur chacun d’eux (voir p. r>9).
On doit remarquer encore que la transgression slampienne a
entièrement submergé la Sicile, ce <[ui explique qu’on ne trouve dans
cctie ile aucun endogé de lignée tyrrhénienne. D’aulre part l’isolement
du massif bélico-ril'ain entre ses deux sillons nord-bétique et sud-
rifain, commencé pendant l'Eocène, dure encore à l’Oligocène infé¬
rieur.
Source : MNHN, Paris
PSÉ1..APHIDES DE I/AFIUQI'E DE NORD.
213
A r01i}»oci’nc inferieur transgressif, fait suite une période géocra-
li([Uo le ('.haïtien (fig, 211) qui termine le Nuinniulitiquc. Pendant cette
période, dont la paléogéographic est assez mal connue des géologues,
eomiiie d’ailleurs celle de toute les périodes géocratiques, la mer gagne
sur le centre de la Tyrrhénide. mais elle se retire en Berbérie orien¬
tale, où les promontoires liminaires de la Tyrrhénide stampienne
s’élendent à toute l'étendue des chaînes Kahylcs, de la (îrandc Kahvlie à
la Kroumirie. Alors les souches tyrréniennes, encore capable de dis¬
persion. des Mai/plifi (p. 17), des Diplectidius ip. 33), des Arcopaqus
(p. 70) s'installenl ilans les forêts de montagne de ces massifs côtiers
où la |)lu|)art de leurs espèces resteront étroitement localisées. Par
contre, la lignée des Chwiger ip. 200), colonisant les nids de Lnsitis.
se répand bien au delù et subsiste actuellement dans les restes des
Forêts de Cèdres.
Et c’est aussi dans la Berbérie occidentale que des événements
importants surviennent ))endani le Chaltien. Le Sillon sud-rifain
s’asséche et supi)rime toute barrière entre le massif bético-rifain et
la Meseta marocaine. .Alors les lignées bético-rifaines d’origine tyr-
rhénienne, Iclles (jue celles <les kiiplectus du groupe Euplectiniis
ip. 33) ou des Psolapluix du groupe Geopselaphiis fp. 152) peuvent
se répandre en Berbérie et aussi dans la Macaronésie jusqu’à Madère
et aux Canaries. Alors aussi des lignées gondwaniennes ayant atteint
la Meseta marocaine, gagnant vers le nord le long de la Mauritanie,
vont atteindre le massif bético-rifain et de là, passer en Europe, après
Source ; MNHN, Paris
214
HENf; JEANNEL.
rassèchcnienl du Sillon nord-béliquo qui n’esl déjà plus qu’une bar¬
rière fragile au Chattien. De nombreux Reptiles gondwaniens ont
passé ))ar là au Chaltien (Jkannei.. 1937, /. r., p. 38fi), sans doute aussi
lies Scorpions (Jkan.nel. 1952, /. c., p. 92).
C’est aussi à celle époque géocraliquc du Chattien (ju'il semble
que des lignées xérothermophiles de Psélaphidcs aient atteint les con-
lins sahariens de la Berbéric. On a vu que ces lignées relèvent des
linjnxini du genre Trixseintis (groupe du Inmaiiicornis, |). 117) et
qu’elles forment la totalité des Ctenislini et des Tt/rini berbères, à
l’excejition toutefois du genre Tynis (p. IfiC).
Les Clenistini, avec les genres Ctenistes, Ctcnisomorphus, Cteni-
xoschema. Knoplostomus. Dvsimia forment la partie la plus impor¬
tante de ce contingent xérothermophile venu directement de l’Afrique
gondwanienne.
Il faut remarquer ((u’à partir de cette période du Chattien, il sera
toujours difficile de <listinguer les lignées véritablement originaires
du massif bético-rifain du Nummulitique de celles qui ont occupé au
Chattien ce massif, venant les unes du sud, les autres du nord. Pour
celles-ci, j’ai donc toujours préféré employer le terme de lignées < ibé-
ro-maiiritaiiiennes », ne réservant le nom de « bético-rifaines » qu’aux
seules lignées ou espèces aeluellemenl localisées strictement sur l’An¬
dalousie et le Rif.
Miocène. Les transgressions marines du Burdigalien (fig. 212)
et du Vindobonien achèvent la submersion de la Tyrrhénide. Elles
recouvrent aussi la plus gramie partie de la Berl>érie, s’arrêtant vers
Source ; MNHN, Paris
l’SlïI.APHlDES DK L'AKUlyL'K Dl’ XOHD.
215
le sud auprès du (îruud Atlas et de l'Atlas Saharien, déjà soulevés par
tes mouvements pyrénéens. On ignore encore si le Grand Allas maro¬
cain ii’a pas conservé dans ses forets des restes de lignées antérieures
au Miocène : en tous cas la désertification de l’Atlas Saharien n’a rien
laissé survivre.
PendanI le Miocène, les transgressions marines inondent les
«félroils nord-héti(]ue et sud-rifain, de sorte que le massif bético-rifain
est de nouveau isolé. Il est même définitivement isolé des archipels
atlnntidiens. L’endémisme prononcé dans la faune enlomologique des
îles Madère et Canaries montre bien c[ue la séparation des archipels
remonte à une épcKjuc bien antérieure au Quaternaire. Elle a très
vraisemblablement été efîecluée par la transgre.ssion burdigalienne.
'roiilefois, le.s îles orientales de l’archipel canarien, Lanzarote et Fuer-
tevcnlura, sont sans doute restées, longtemps après, encore reliées
à l’Afrique.
La Berbérie pontienne.
Pontien. Slraligraphiquement. le Ponlien forme la terminaison
du Miocène. C’est une longue période géocratique au cours de laquelle
on assiste à de nombreux événements qui modifient profondément la
configuration géographique dans le monde et déterminent un véri¬
table bouleversement des faunes et des flores (Ln Genèse des faunes
terrestres, p. 412).
Inutile de dire que les renseignements stratigraphiques fournis
par la géologie sur eetle période du Pontien sont très pauvres et sou¬
vent contradictoires. On peut s’en rendre compte en consultant l’ou¬
vrage récent de E. Griuki.L! (1950, p. 58), sur les distributions transa-
driatiques de certains Coléoptère-s.
Les périodes géocraliques, comme le Monticn, le Chaltien, le Pon¬
lien ont eu des durées qu'nm-un élément straligraphique ne permet
d’apprécier, mais qui doivent avoir été très longues, se chiffrant par
des millions d’années. Car il est bien c^^dent qu’il faut laisser du
temps aux changements dans la répartition des terres et des mers
pour s’opérer, aux migrations de faune et de flore pour s’étendre, aux
iignée.s pour accomplir leurs évolutions.
.Aussi peut-on prévoir cju'au cours de ces longues périodes géocra¬
liques des épisodes de régime marin aient eu le temps de se produire
localemenl sur des régions qui furent dans leur ensemble eonlincn-
lales. En ce qui concerne le Pontien, aucune considération d'ordre
géologique ne peut contredire le fait que la faune de l’Egéide méri¬
dionale a franchi l’Adriatique et le sud de la péninsule ilaiienne pen-
dani le Ponlien, pour envahir en masse la Tyrrhénide et la Berbérie
• fig. 218'. Je ne crois donc pas qu’il faille attribuer une grande impor¬
tance aux critiques d’E. Giui)ki.i.i sur mes esquisses du Ponlien. Elles
portent surtout sur des points secondaires et concernent d’ailleurs
avant tout le problème de l’Adriatique, seul objet du travail minutieux
de l’auteur italien.
Source ; MNHN, Paris
HKNf; JKANNBI..
2m
Oiuis l’Afrique du Nord, le grund événement biogéograpique du
Pontien est qu’ajirés avoir été soumise jusque là à un régime marin,
la Herliérie devient définitivement continentale, acquérant la configu¬
ration générale (pfelle conservera Jusqu'à nos jours. Les Pséiapliides
anlé-i)onliens. tout au moins ceux qui n’étaient pas encore fixés au
sol en devenant endogés, vont se répandre sur les nouvelles régions
émergées, et d’aulre pari des lignées nouvelles affluent, tant par la
région liélico-rifaine que par l’est de la Bcrbérie. A l’ouest, les deux sil¬
lons nord-bétique et sud-rifain s’asséchent au moins leini)orairement,
et laissent libre cours aux migrations. A l’est, après l’assèchement du
Sillon Transégeon qui date du Torlonien, les lignées de l’Elgéide méri¬
dionale, libérées, se répandent vers l’ouest sur les terres émergées
(|ui leur font atteindre la Tyrrhénide (fig. *213). Et ces lignées venues
de l’Egéiile méridionale peuvent passer en Berbérie par de vastes ter¬
res englobant la .Sicile, Malte et la Tunisie, terres qui forment ce que
j’appelle ici le «pont égéido-berbere ».
Ki(i. 'ils. Ksquissc ili- lu r^Klüii nièdiU-ri’anéennï ucciiU-ntulu piMuliinl U- i’ciiilirn
supfrifur. périixli' nédiTiilique (fin du Mincèncl.
Par le massif bético-rifain, libéré momentanéinent par le retrait
des mers sur le détroit nord-bétique, viennent des lignées nouvelles,
originaires de la Tyrrhénide : ees lignées « iliéro-mauritaniennes »
s’ajoiilenl aux bético-rifaines anlé-ponliennes. Ce sont des Foronelhi^
ip. Kl), et surtout les Hrachijfiliiln (p. 79).
A l’autre extrémité de la Berbérie, l’afflux des lignées égeidiennes
transforme totalement la faune des Psélaphides. Beaucoup de ces
lignées installées sur la Berbérie orientale, subsistent aujourd’hui sur-
Source : MNHN, Paris
l’Sfil.Al'HlDHS DK DI'
217
tout -sur k-s massifs boisés les plus liumides des Knbylies et de l’Atlas
Tellien, Mais d’autres ont envahi toute l’Afrique du Nord, atteignant
même le Sud de l’Espagne avant la formation du détroit de Gibraltar.
Ces lignées égeidieiiiies de la faune pontienne sont nombreuses et ont
souvoiil proliféré. Elles ont été définies dans les pages précédentes,
et il suffira ici de les rappeler par la liste suivante.
Fnvonini : Lignées du Fnronus Aubei Lue cl du Ftiroiielliis xini/ilici-
ceps Reitl. (p. IIL.
Trichoni/chini : Lignée des Ii(rhfrtinii.v. dans le genre Amaiironii.v
fp. 53).
litjlhinini : Lignée «les liiilhiniles. dans le gran«l genre Arcopnqtix
fp. 7nL
Uripixini : Genre liriichijiiliilodrs, es|)èees typiques et sous-genre Dicro-
hionnmii fj). 518). Aucune espèce ne <lé|>asse vers l’ouesl le
département d’Alger.
Tijclitni : Genre Ttirltnnuirphiis (p. 137). Noml)reuses esnèees en Her-
bérie orientale ; un groupe d’espèce est spécialisé dans la
région bélico-rifaino.
Pselnpbini : Genre F!ieltipbo<ivniiis fp. I(>0). Aucune esi)ère n’a dépassé
les limites de la Berbérie orientale.
Ou eomple que .57 p. 1(1(1 des espèces actuelles de Psélaphides
berbères relèvent de ces lignées arrivées pendant le Pontien.
Pliocène. La tran.sgrcssion marine du Pliocène, qui atteint son
ap«)uée au iMaisaiicieii (Jkannki,, 1942. p. 415) recouvre définitivement
la TyiTbcnide. niais n’entame pas la Berbérie. dont l’Atlas Tellien et
les ehaines cc'dières subissent avec intensité les effets des mouvements
alpins. Les souches lucicoles des .Ifoi/ckVj et autres endogés actuels,
après s’ètre répandues pendani le Miocène sur ces massifs côtiers :
Kabylie, Babor, chaîne Nnmidifjue, Dorsale tunisienne, en avaient peu¬
plé les forêts de montagne et firoduit des espèces, dont l’évolution
souterraine s'était amorcée dans riiuimis, sous un climat encore chaud.
Au l’iiocène, le refroidissement du climat a poussé ces espèces à péné¬
trer sous terre dans le domaine endogé.
I.e Plaisancicn serait aussi, |iour beaucoup de géologues, l’époque
où la cassure de l’ancien massif bélico-rifain a déterminé la forma¬
tion du détroit de Gibraltar. Mes e.squisses fl942, ]>. 413 cl 414) avaient
placé cet événement au Ponlien. Mais on verra )dus loin fp. 223) (|ue
ce problème de l’âge du détroit de Gibridlar, encore non résolu par
les géologues pcul l’être avec vraisemblance par les biogéographes.
Pour eux la cassure a été très récente ; elle date du Quaternaire.
La Berbérie quaternaire.
P. «le PKYKHtMHOKK Comparant la faune des Gotéoptères nuir«)cains
ù celle de la Berbérie orientale, insiste fl948, p. 282) sur le grand nom-
MltMOlHKS ne McséCM. /to<>l.«)«llK. I. XIV. l.S
Source ; MNHI-J, Paris
218
RKNf; JEANNEL.
bre d'espèces nurdiques < que l’huiuidité froide a amenées (dans
l’Afrique du Nord) dès le prélude de l'époque gtaçiaire». Ces espèces
sont généralement celles qu’on trouve identi([ues en Berbérie et en
Europe et PF.yEHiMHOKF donne une liste imposante de Coléoptères de
cette catégorie qui, do])uis la rémission, c’est-à-dire la période xéro-
thermique post-glaciaire, se sont réfugiés sur les montagnes. Il n'y a
guère qu’un seul Psélaphide connu qui soit dans ce cas, le Pheto-
phloeus tenuiconns Reitl., dans la forêt de l’AUfadou, espèces que
Peverimhoi'f cite d'ailleurs sous le nom de ititUItts.
On a vu précédemment <|n'un bon nombre de Psélaphides sont
des espèces communes à rEuro])e et à la Berbérie. Ce sont les suivan¬
tes :
Esp/iCEs d’Ei'rope identiques en Berbérie.
Pfinaphanlus ntamiis Kiesw,
Psenâopleciiis perplexiis J, Duv.
Pleclophloeus leniiicornis Reilt.
Evpleclus Kar.fleni Reichb.
Bri/nris srinpiiinfu Reichb.
Itrachijgbün (htiUpmnrdi Saulcy.
Brachi/gliüa hipponensis Saulcy.
Brnchijglüln I.efebvrei Aubé
Braclit/ghila Fagniezi .leann.
Brarhi/gliitn denlivenlrix Saulcy.
' Briivbgghitodfs ScbiippeU Aubé
üracbi/gliilimi srirdan Saulcy
Brncbgghitina globtilicnlUs \I, et R,
Keiebenbuebia jimconim Leaeh.
Beicbenhficbin nô/rinen/mScfiaum.
Trisnemun Ofinieri Raffr.
Tgehus striola Guill.
Tgcbomnrpbnx Jticgiiidini Hoielcl.
Tgriis sangiiineiis E.
Celte liste nécessite ({uelqucs observations.
On ne peut pas dire que toutes ces espèces son! des espèces c nor-
dique.s ». Assurément il n’en est rien pour la plupart des Brgniîni.
c'est-à-dire les BrncbggUiln. BnicbggliüiHies. Bracbijglatino. Bpichenbn-
ebia et Triincmiis qui tous sont des genres médilcrriinécns.
On a vu que les genres Hrm'bggliilei cl Bracbiigbifinn sont origi¬
naires de ribéro-Mauritanio. C’est de là que leurs espèces se sont pro-
|)agée.s en Berbérie, do l’ouest vers l'est ; et les espèces ligiirant dans
la liste ci-dessus sont celles (}iii ont étendu leur dispersion vers le
nord, le long des plages marines, leur fournissant les conditions xéro-
thermiques nécessaires.
Par contre, les Bracbggbittides sont originaires de l’Egéido méri¬
dionale. les Bricbrribncbin el Trissemiix relèvent de lignées sans doute
tyrrhénieniies, et si (;uel(|ues espèces citées ici n’ont pas subi de chan¬
gements morphologiques eu (lassanl en Berbérie, cela no suffit pas
pour les considérer comme immigrants récents. Elles peuvent toul
aussi bien être venues au Ponlien. On |)eut en dire autant du Tgebufi
xtriolii Guill. (lignée lyrrhénieiinei et fin Tgcbomorpbus JucqiieUni
Boielii. (lignée égéidiennei. D'ailleurs, si le Tgcbomorpbus est resté
le même en Afrique, le Tgehus y a produit des sous-espèces localisées.
En somme, tous ces Brgnxitae une fois retirés de la liste ci-dessus,
il ne reste plus grand chose comme espèces susceptibles d’avoir passé
en Afrique au Quaternaire, T.a présence du Tgnis sangtiineiis L. à
Source : MNHN, Paris
PSÉLAPHIDES DE L’AFRIOL'E DU NORD.
219
Jilida reste problémaliquo (p. 195) cl on ne trouve guère comme espè¬
ces plus ou moins nordiques présentes en Berbérie que le Brgaxis san~
guinea et quehfues Euplectini qui viennent s’ajouter au Plectophloeiis.
D’aileurs il ne faut pas oublier que cette migration d’espèces nor¬
diques vers le sud, déterminée par l’approche du Glaciaire, a été arrê¬
tée de faij'on très précoce. Un vaste pont tyrrhéno-berbère (fig. 214)
a existé au Saint-Prestien, mais toute communication terrestre a été
coupée entre la Sicile et la Tunisie dès le début du Pléistocène, n’exis¬
tant certainement plus pendant les plus grandes extensions glaciaires.
Aucun fait précis ne me permet jusqu’ici d’admettre l’existence du
pont siculo-tunision qu’auraient emprunté des Eléphants nains au
C.helléen,
Kici. 214. Esquisse de U région méditerranéenne occidentale pendant le Saint-
Prestien tPosIpliocène).
Ajoutons enfin que si aucune des quatre espèces d'Eiiplectini
citées sur la liste iirécédenlc ne s’est réfugiée dans les montagnes,
toutes paraissent cependant avoir été fortement décimées par la déser¬
tification postglaciairc. Et il est bien probable que cette désertifica¬
tion saharienne de l’époijuc actuelle a modifié profondément la faune
des Psélaphides berbères, d’une part en concentrant les espèces hygro-
philcs sur l’Atlas Tcllieii et les chaînes côtières recevant au moins
.5911 millimètres de pluies annuelles, d’autre part en favorisant l’exten¬
sion des xérothermophiles comme les Ctenisiini et les Tgrini.
Pour récapituler ce qui précède, le tableau suivant va donner,
dans chaque tribu, le nombre des espèces actuelles par catégories de
même origine.
Mé.MomRK DU Muséum. -- Zoot.oois, t. XIV, 16
Source : MNHN, Paris
220
HBNÉ JEANNEl..
Tableau géonémique des Ps^.laphides de la Berbérie.
LigD.'
is aotépoDlieniies
Ligurtis potitieiiiBC.'<
qiiatero.
bético-
rilHinos
tyrrhé-
Dienocs
élhio-
pieuoes
niauril.
ég«(i.
1
1
2
4
11
4
9
'()
IK
22
1
4
14
19
•'*
1
2
3
3.3
26
19
.'>4
, 1
%
20 %
16 %
11 %
46 %
2 % 1
Faronini .. - •
Mayeliini....
Eii/tleclini...
Trychonychin
Byllünini....
Bryaxini ■...
Tychini .
Pselaphini...
Ctenistini....
Tyrini .
Claviyerini ..
Ce qui représente, dans la faune actuelle des Psélaphides de la
Berbérie qui sont au nombre de 146 espèces actuellement connues :
84 % d’espèces de lif^nées paléarctiques contre 16 % d’espèces
de lignées éthiopiennes.
Les lignées paléarctiques comprenant :
25 % de lignées anté-ponliennes contre 57 % de lignées pontien-
ncs et 2 % de lignées quaternaires.
QUELQUES PROBLÈMES PARTICULIERS.
1. Relations de la faune berbère avec celle de l'Amérique centrale.
S’appuyant principalement sur des faits paléontologiques tirés de
la répartition de certains Mollusques continent.iux. M. P. .Jodot (1951,
p. 131) a constaté que des relations directes, soit j)ar des terres con¬
tinues soit par des chaînes d’îles, ont dû persister entre l’Afrique du
Nord et l’Amérique du Sud pendant le Numinulitique.
11 est surprenant qu’à l'occasion de cette communication faite
à lu Société de Biogéographie, le 21 juin 1951, ni l’auteur ni aucun
de ses auditeurs n’ait rappelé l’hypothèse pourtant bien connue de
R. F. Sharef (1911), celle d’un «pont trans-atlantique > qui aurait
uni l’Europe méditerranéenne pendant l’Eocène à l’Amérique Centrale.
Le célèbre biogéographe irlandais R. F. Sharff, évoquant les travaux
antérieurs du botaniste A. Engi.er et du malacologiste W. Kobelt, a
accumulé un nombre considérable d’arguments saisissants en faveur
de cette hypothèse d’une « Archatlantis » éocène. J’ai moi-même tiré
de mes recherches propres sur les Carabiques une série de faits nou-
Source : MNHN, Paris
HSÉI.APHIDES DE l/AFRlOt’E DU NORD.
221
veaux (1935, p. 415) et donné un exposé complet de la question dans
l.n (iencsc des faunes terrestres (1942, p. 368).
Les Psélaphides de l’Afrique du Nord apportent à leur tour d’au¬
tres faits en faveur de ecs relations biogéographiques entre l’Amérique
et la région méditerranéenne. On a vu que l’étrange Clavigérite Amphi-
ronchiis Alfierii Peyer.. localisé près du Caire, relève d’une lignée
sud-africaine et s’apparente assez étroitement avec le Pseudofiistiger
striclicotlis Reilt., de l’île Saint-Thomas, dans les Antilles. Voici donc
une lignée de Clavigérite qui présente exactement la même distribution
actuelle, même sur l’île Saint-Thomas, que les AnilUni du genre Slijhi-
lus fJeannel, 1937, p. 325), Et on sait t|ue les Maijetia (p. 17) appor¬
tent des faits similaires, puisqu’il se confirme que le Professeur O.
Park a bien en sa possession de vrais Mnyetin de l’Amérique du Nord.
Mais j’ai montré aussi, dans La Genèse des faunes terrestres
11942, ]). 370) que tous ces faits mettant en lumière la parenté directe
de formes américaines avec d’autres méditerranéennes ne devaient pas
impliquer nécessairement qu’il ail existé pendant le Nummulitique des
communications continentales * trans-atlantiques >.
Pendant rEocène, la région méditerranéenne s’est trouvée sous
réquateur. le Groenland sous le 30° lat. N. environ, c’est-à-dire sous
un climat chaud comparable à celui de la Méditerranée actuelle. Il
suffit d’examiner un globe terrestre pour se rendre compte que la
voie nord-atlantique, jalonnée par les îles Britanniques, le Groenland
et l’Est de l’Amérique du Nord était, pendant l'Eocène, la route la plus
courte, sous un climat chaud, entre la Méditerranée et les Antilles,
lorsque le pôle Nord était encore au sud des îles Aléoutiennes. Point
n’csl besoin d’imaginer îles terres africano-brésilienues ou transatlan¬
tiques au niveau des Antilles, pendant le Nummulitique, lorsque les
terres nord-atlantiques, alors non disjointes, se trouvaient sous un
climat presque subtropical. Il est facile d’imaginer que la répartition
disjointe actuelle des survivants des lignées ayant emprunté cette
voie, ne lient qu’à la destruclion par le refroidissement progressif
de tous leurs anciens intermédiaires.
2. L'île bético-riiaine.
♦ L'ile bético-rifainc intercalée entre les deux Meseta ibérique
et Mc.scla marocaine et encadrée par deux détroits marins, au nord
le «Sillon nord-bétique >, au sud le «Sillon sud-rifain>, a persisté
comme aire continentale pendant tout le Tertiaire Jusqu’à sa fission
qualernaire par le détroit de Gibraltar. Entièrement isolée, île véri¬
table, à certaines périodes, cette aire bético-rifaine s’est trouvée reliée
tantôt à la Meseta ibérique, tantôt à la Meseta marocaine, tantôt même
au deux à la fois, selon les oscillations marines déterminant l’assèche-
ment ou la submersion des deux Sillons. Il est résulté de ces alterna¬
tives que le massif bético-rifain a pu jouer un double rôle. D’une part,
du fait de son isolement plusieurs fois renouvelé, il a produit des
ségrégations géographiques qui se sont traduites par la formation
Source ; MNHN, Paris
222
HEN'É JEANNE!..
d’endémiques hélico-rifains. D’autre part, du fait de l’inconstance des
Sillons marins, il a été une voie de migration par laquelle des échanges
de faune et de flore se sont répétés pendant les périodes géocratiques.
Ces deux caractères, en u|)parence contradictoires, du massif
bético-rifain posent des problèmes assez complexes.
Les vicissitudes du massif bético-rifain au cours du Tertiaire
peuvent se résumer comme suit (1).
Montien (10 millions d’années) : lu régression des mers du Sillon
nord-bétique (fig. 208) permet aux lignées primitives de la Mésogéidc
de s’installer sur le massif bético-rifain et la bordure nord de la
Berbérie orientale.
Eocéne et Oligocène (10 + tO millions d’années) (fig. 209 et 210) :
l’état insulaire du massif bético-rifain détermine la ségrégation des
lignées bélico-rifaines issues de souches mésogéidiennes. Ce sont celles
des Fuplectiis du sous-genre Eitplectiniis, celles des Pselaphiis du
sous-genre Geopxelaphiift : peul-clre aussi celles des Brachijgluta.
Chattien (5 millions d’années). Le Sillon sud-rifain disparaît le
premier (fig. 2111, puis le Sillon nord-bétique s’asséche à son tour.
Les lignées bélico-rifaines de TEocène peuvent se propager déjà vers
la Berbérie orientale et aussi vers l’ouest sur les terres atlandiennes
(fig. 211). D’autre part, c'est sans doute à cette période que les lignées
xérothermophiies venues de la Gondwanie africaine affluent par la
Mauritanie et le Meseta marocaine.
Miocène (10 millions d’années). Les transgressions burdigalienne
(fig. 212) et vindobonicnne rétablissent l’insularité du massif bético-
rifain. de sorte ((u’il s’y déroule une nouvelle période de ségrégation
et de formation d'endémiques. Dés le Burdigalien, la mer isole du con¬
tinent les Canaries et Madère. Cet isolement est définitif pour Madère
et les lies du groupe occidental des Canaries mais non pour le groupe
oriental, Lanzarote et Fuerleventura qui garderont une liaison tardive
avec la côte africaine entre Agadir et le Cap Juby (fig. 215).
Pontien (10 millions d’années). La durée de cette période n’est pas
ehilTrée par les géologues ; il est toutefois nécessaire de lui reconnaître
une grande longueur. Pour la troisième fois l’insularité bético-rifaine
cesse, colle fois-ci par le retrait de la mer du Sillon nord-bétique. Celle
condition géographique nouvelle (fig. 213) permet aux endémiques
bético-rifains de se répandre dans le sud de la péninsule Ibérique mais
les maintient vers le sud sur le Rif. Des lignées nouvelles arrivent
aussi, venant de la Tyrriiénide et sont arrêtées sur le massif bético-
rifain où elles donnent de nouvelles espèces localisées, s’ajoutant aux
anciennes. Ce sont celles des Earonelliis et i»eul-étrc des firtichiighiln
qui pourraient être venues aussi bien à cette période qu’au Chattien.
(1) Le nom des [jériodes géocratique est imprimé ci-aprés en caractères grus.
La dorée des périodes géologiques est donnée en millions crannées d'après récnclle
de P. Lemoine reprodufte par R. Fubon (1941, p. 76L D’après cette échelle le début
du Tertiaire remonterait è 50 millions d'années.
Source ; MNHN, Paris
PSÈI.APHIDES DF l,•AFRIOl■E Df NORD.
223
Plioci’ne (4 millions d'années). Pour beaucoup d’auteurs, c’est
au Pliocène que se produit la cassure du massif bélico-rifain qui a
déterminé la formation du détroit de Gibraltar. Mais il est bien diffi¬
cile de savoir à quel moment précis cet événement a pu survenir. Je
l’avais placé au Ponticn (1942, p. 413) ce qui n’est plus soutenable.
R. Fi ron (1041) l’avait situé au début du Pliocène, c’est-à-dire il y a
5 millions d’aniiée.s. Je crois aujourd’hui qu’il faut le retarder encore
juqu’après la fin du Pliocène.
\ la vérité, les géolof{ues n’ont {•Rère les moyens d’évaluer l’àge
du détroit de Gibraltar. Il s’agit en effet d’une région extrêmement
instable où des mouvements verticaux peuvent avoir eu des ampli¬
tudes considérables dans les deux sens et où le niveau des mers a subi
des oscillations de centaines de mètres au Quaternaire.
G’esl encore ici la biogéiigraphic qui est susceptible d’apporter
des indications sur l’âge du détroit de Gibraltar. Or. il existe une mul¬
titude d’espèces terrestres dans tous les gr«)tipes zoologiques, qui sont
restés identiques dos deux cùlés du détroit. La liste de ces espèces
serait longue. En ce qui concerne les Psélaphides. il faut citer les sui¬
vantes :
Eupipctiis afer Reitt. ;
Arcopaf/us iberietts Saulcy ;
Brachi/gluln celfihericn Saulcy ;
Brnchjigliitn deniioentrix Saulcy ;
Tgchomnrphns milex Saulcy ;
Tgcbomorphux anuatiis Saulcy ;
Tijchoniorphiis grandiceps Reitt. ;
Pselaphus Sencieri CoquercI ;
Ctenisles Sldudingeri Schauf.
Ennptostomiix Aiihei Rosenb. ;
Desimia GhUianü Aubé.
Gomme ou le voit, celle liste, qui s’allongera certainement avec le
développement de nos connaissances, renferme des espèces apparte¬
nant aux lignées primitives de la Mésogéidc, venues dès le Monlicn
lEuplectux, Arcopfigiix, Pselnpbus), d’autres originaires de la Tyrrhé-
nide mais venues au Chaltien ou au Ponticn (Bracbgghita), d’autres
encore issues de lignées égéidicnnes ayant traversé toute la Berbéric
d’est en ouest et atteint le massif bélico-rifain au Ponticn (Ttjehomor-
pbiix), enfin d’autres issues de lignées xérothermophiles, venues du
sud au Cbattien (Clenisles, Enoptoxlomus. Deximia).
Ainsi celte faune bético-rifnine apparaît-clle comme complexe,
formée de lignées d’origine diverse, qui ont été enfermées et ont pro¬
duit des endémiques. Le fait que beaucoup d’espèces n’ont pas varié
de part et d'autre du détroit de Gibraltar implique que cette fission a
di) être très récente. 11 n’y a pas plus de différences entre les popula¬
tions de mémos espèces d’Algésiras et de Tanger qu’entre celles des
deux cAlés du Pas-de-Calais. Cela parait bien indiquer que la rupture
du massif bélico-rifain ne doit dater que du Quaternaire.
La dispersion des espèces bélico-rifaines vers la Bcrbérie orientale
avait pu commencer au Cbattien, puis se continuer pendant le Pontien
et le Miocène ; la plupart d'entre elles n’ont guère dépassé vers l’est
le méridien d’Alger. Quant à la coupure opérée par le détroit de
Source ; MNHN, Paris
224
nP.Nfi JFANNEL.
Gibraltar, i’abseiict* de divergence chez les espèces de part et d’autre
de la coupure donne à |)enser que celle-ci ait eu lieu au plus tôt au
Postpliocène (Sainl-Preslien, flg, 214), il y a un million d’années.
P. de Peyerimhoit (1948, p. 283) cite de nombreuses espèces nor¬
diques chas.sées vers le Maroc par l'approche de la période glaciaire.
Celle migration vers le Maroc seiuhle avoir été aussi importante que
celle par l'est de la Berbérie pendant le Sainl-Prcstien. Il semble que
la voie de passage ait été fermée h peu près (i la même époque à l’ouest
et l'est de la Berbérie, c’e.st-(i-dirc dès la fin du Saint-Prestien.
3. Le peuplement des îles Atlcmtides.
Les Pséliii)hides sont très peu nombreux dans les Iles Atlantides :
moins d’une dizaine d’espèces connues dans trois genres : mais leurs
relations |)hylogénéti(fues apportent des faits nouveaux cjui éclairent
le problème du peuplement des archipels.
On a généralement tendance A placer l’isolement des archipels
Atlantiques par rapport au continent A une époque relativement
récente. Personne ne songe sérieusement à confondre cc phénomène
d’ordre géologique avec, le mythe de la disparition de l’Allanlidc pla¬
tonicienne ; mais R. FraoN (1941, p. 449) suivi par P. de Peyerimhoff
(194fi, p. 177) s’associent à l’opinion ordinairement reçue que la rup¬
ture se serait produite au cours du Pliocène, c’est-à-dire en corrélation
avec la formation du détroit de Gibraltar.
Une date si rapprochée (1 ou 2 millions d’années seulement avant
l’époque actuelle) ne permet pas de rendre compte de l’endémisme
considérable constaté dans la faune des Canaries et de Madère, endé¬
misme d’espèces, parfois même de genres. Aussi suis-je d’avis, avec
d’autres svstémaficiens et particulièrement le malacologiste P. .Todot
(1952, p. 94) que l’isolemeiil des archipels doit remonter à la trans¬
gression hurdigalicnue, au Miocène. Avec la restriction cependant
que les îles orientales, Lanzarote et Fuertcventiira, sont longtemps
restées ])Uis ou moins directement rattachées à l’Afrique entre Agadir
et le cap Juby.
D’autre part, si l’accord est loin d’être unanime sur l’époque à
laquelle l’ensemble des archipels a dû se séparer du continent, on ne
sait pas grand chose au sujet du iiiorcellement des archipels qui a dû
l)icn probablement être progressif. La carte halhymélri(|ue de la
région (fig. 215) montre ((ue l’arehipel de Madère et celui des Cana¬
ries sont séparés par une fos.se de plus de 4.000 m de profondeur, qui
est le prolongement de la cassure de Gibraltar. Mais si le Massif atlan-
tidien est séparé du continent depuis le Burdigalien, (c’est-à-dire
depuis environ 20 millions d’années), une longue période a dû s’écou¬
ler avant la formalion de la ea.ssure de Gibraltar qui ne date que d’un
million d’années), longue période pendant laquelle les blocs des deux
archipels. Madère cl Canaries, n’ont pas été disjoints.
Quant à la formation des archipels, c’est-à-dire la chronologie des
fractionnements en îles, il semble que la biogéographic puisse appor-
Source : MNHN, Paris
l’Sfil.Al’HIDES DE l.’AFRIOl’E DI’ NOBD.
22S
ter d’utiles indications à leur sujet. Et cc sera encore ici la méthode de
révision taxinomique minutieuse de groupes homogènes, mettant en
relief les lignées d’espèces de môme origine, qui obtiendra les meil¬
leurs documents.
Dans La Genèse des faunes terrestres (1942, p. 426) j’ai montré,
m'appuyant sur la répartition des Trechus dans les archipels, que le
groupe d’îles canariennes formé par Tencrife, (iomera et Palma avait
dû tout d’abord faire partie du socle de Madère, tandis que la Gran
Canaria et Hierro avaient encore une liaison d’une part entre elles,
d’autre part avec Lanzarole et Fuertevenlura. Cette supposition,
découlant de la distribution de la lignée bélic<vrifaine du Trechus tin-
;iilaniis. trouve encore un appui dans la distribution de beaucoup
Fig. 215. Carte bathymétriciuc des lies AtlaDtides Cd’après Lr Danois).
d’autres (’A)léoptères, tels ijue les Orlhomus, Entrichopus, Dromius
lihopalomesites (1942, l.c., p. 426). Or, les Psélaphidcs révisés dans les
jtages précédentes : Euplectus (p. 32), Pselaphiis (p. 152), ont des
répartitions qui s’accordent avec celle des Trechus du groupe tingila-
niis. Comme ceux-ci, les sous-genres Euplecfiniis et Geopselaphus sont
des lignées bélico-rifaines qui ont colonisé Madère, Tenerife, Gomera
et Palma, mais non la Gran Canaria.
Le troisième genre de Psélaphide ayant atteint les lies Atlantides
est Enoptostomus. Ce genre a été décrit par Schaum pour une espèce
E. WoÙastnni Schaum, répandue dans la Gran Canaria, Tenerife et
Source ; MNHN, Paris
226
RENÉ JEANNEL.
Gomcra, espt'ce ailée qui n’est pas autre chose que le globulicornis
Motsch. dont l’aire de répartition s’étend à toute la Berbérie, surtout
dans le Sud, et inâiiic à la Basse-Egypte. 11 s’agit là d’une espèce xéro-
Iherniophile que nous avons vue i)lus haut (p. 181) être venue du Sud
en Berbérie au Chattien.
Il ne semble pas que l’Enoplo.sloinus ait atteint les Canaries par
lu même voie bélico-rifaine que les Euplecltis et Pselaphus. D’abord
il n’existe pas à Madère et d’autre part on le trouve à la Gran Canaria.
Très vraisemblablement VEiioptosfomus globiiUcornis a passé directe¬
ment de la Mauritanie à la Gran Canaria par les îles du groupe orien¬
tal, où on le trouvera sans doute. Et c’est secondairement que cette
espèce ailée a |)U atteindre Tenerife c.l Gomera, sans doute par trans¬
port passif.
•./fgrjmà O
Fig. 216. L'archipel des Canaries.
Dans une note à l'Académie des Sciences (1952), j’ai signalé
l’apparition récente d’une sous-espèce nouvelle du Treebus obtasus
dans la faune de Madère et conclu de cette observation que les Tre¬
ebus du groupe du (luatlrislriatu.'i qui existent sur toutes les îles Cana¬
ries pourraient être aussi le résultat du transport passif du T. ohlnsus
Er. ailé, répandu sur le continent. La diffusion de VEnoplostomus de
la Gran Canaria à Tenerife et Gomera n’a donc rien d’invraisemblable.
Il semble donc qu'il faille envisager l’évolution des archipels
Atlantidiens de la façon suivante.
Tout d’abord, avant la transgression marine du Burdigalicn qui a
séparé du continent le massif allantidien émergé, il semble qu’un
détroit ou une barrière quelconque ait divisé le massif canarien.
Source : MNHN, Paris
PSÉI.APHIDES DE I.’AFlUyl E Dl' NORD.
227
Le massif madérieti, raltaché au massif bético*rifain, se serait
prolongé sans inlerriiption par les Salvages et le groupe constitué par
les îles Palma, Gomcra et Tenerife, tandis qu’un massif canarien rat¬
taché à la Mauritanie par Lanzarote et Fucrteventura, aurait porté la
Gran Canaria et Hierro (fig. 215).
A la vérité, il n’existe aucune trace hathymétrique d'un tel détroit
qui aurait isolé Tenerife de la Gran Canaria et Hierro. Mais cette hypo¬
thèse s'appuie sur la hiogéographic. Toutes les lignées hético-rifaine.s
connues dans les îles Atlanlides s’avancent par Madère jusque sur
Palma. Goniera et Tenerife. Comme les Trechiis de la lignée de /infli*
tnmis, les Psélaphides des sous-genres Diplectclhis et Efiplectinii.t
(Eiiplecliix) et ceux du sous-genre Gropselnphtis (Pselaphiis), tous
d’origine bélico-rifaiiie, ont passé à Madère et, au delà, 5 Palma.
Gomera et Tenerife.
Plus lard, la transgression burdigalieiine a dû séparer du massif
bético-rifain le bloc madérien prolongé jusqu’à Tenerife, et d’autre
part isoler un bloc Gran Caiiaria-Hierro des îles orientales restant rat¬
tachées à la Mauritanie.
Cet état de choses a dû persister pendant des millions d’années,
jusqu’à la fin du Pliocène où s’est produite la cassure de Gibraltar
et son prolongement atl;mti(|ue par la fosse de plus de 4.000 m qui
sépare aujourd’hui le socle de l’archipel de Madère de celui des Sal-
vages et des Canaries. Pendant ce laps de temps, des échanges ont dû
se faire par mode passif entre Tenerife et Gran Canaria. l.e cas de
VEnnptostomiis habitant les deux îles s'explique sans doute ainsi. Mais
la distribution actuelle des restes des vieilles lignées tvrrhéniennes,
aptères et fixés au sol, garde le souvenir de rapport géographiques
anciens dont on n’a pas d’autres traces.
Il existe dans le sud-ouest marocain un vaste secteur remarquable
par une série de plantes canariennes ou même madériennes, ou vlca-
riantes de part et d’autre, et auxquels les botanistes HRArN-Bi-ANQUET
et Mairk ont donné le nom d’« enclave macarnnésienne » (P. de
Peyerimhoei', 1040, p. 179). lé'Ennploslomux gtobulicornis Motsch.
fail partie de la faune de cette « enclave macaronésienne > quoique
son aire géographique s’étende bien en dehors, en Berhérie.
Mais on voit par là qu’en réalité !’< enclave macaronésienne >.
n’est pas à vrai dire une enclave, en ce sens que scs composants con¬
tinentaux ne sont pas issus de souches macaronésiennes. Elle tient
sans doute plutôt à la ])ersistnnce de conditions écologiques qui ont
permis la survivance d’une flore xérolhermophile africaine antérieure
à la séparation des îles Canaries.
4. Les Pséloobides endogés de la Berbérie.
Les Psélaphides à yeux comiilètement atrophiés sont peu nom¬
breux dans la Berhérie et très localisés dans le domaine endogé des
chaînes Kabyles fEst de la Grande Kabylie. Petite Kabylie, Chaîne
NTimidique' et de la Dorsale tunisienne (^Kroumirie, monts de Dvr et
Source : MNHN, Paris
228
RENÉ JEANNE!,.
(le TeboursoiikO son! des Mtiyetùi (•! de.s Bylhinini du groupe des
.V/Jc/in«ri7inf/.
On trouve ces Insectes souterrains dans les forêts, en lavant la
terre nu pied des arbres et surtout dans les racines des Asphodèles ou
entre les écailles en décomposition des bulbes de la Scille mari-
fime.
Tous ces Psélaphides anophtalmes relèvent de lignées tyrrhé-
niennes très anciennes. Toutes les caries |ialéogéographiques cons¬
truites par les géologues montrent la permanence pendant la fin du
Crétacé et le Nuniinuliti(|ue d’un < Bourrelet liminaire » de terres
exondées, réservé sur la bordure de l’Algérie pendant toutes les trans¬
gressions marines. Ou a vu plus haut tp. 21’il (|iie la transgression
stampienne (fig. 21()i a morcelé ce bourrelet en une suite de petits
territoires (|ui étaient en réalité des promotoires du vaste continent tyr-
rhénicn de l’Oligocène.
Les Miichneritin/i lyrrhéniens ont occupés ces |iroiuontoires et ils
étaient déjà fixés au sol jtar leur évolution souterraine pendant cette
période du Stani|)ien, car ajirès l’émersion des C.liaîncs Kabyles, ils
n’ont pas jm étendre sur elles leur répartition géographicpie. .l’ai mon¬
tré |ilus haut <p. .')9) comment les sept espèces ctninues de Mnchnr-
ritinn se trouvent actuellement isolées sur les ([ualre anciens promon¬
toires du Sounimnm, de Collo. de Philippeville el de Beinc, les deux pre¬
miers ayant chacun une espèce, celui de Philippevilie, de bt‘aucoup
plus étendu, en conservant trois, celui de Bêne deux.
Comme ou le voit, cet état d’évolution des Machaerilina sur les
promontoires méridionaux de la Tyrrhénide oligocène est parallèle à
celui (les MicrolinibUm sur la chaîne pyrénéo-proveiKale à la même
é]i(M|ue. La rcparlilion actuelle des Micr(>tijpl}lit.s (1042. p. .H84) jalonne
les restes de la chaîne pyrénéo-provençalc comme celle des Anopxihtj-
tbiis (^^^ch<^pritinll) jalonne les restes des promontoires méridionaux.
Sans aucun doute, les Mniji-liu ont aussi occupé les promontoires
de la Tyrrhénide ]>cndant la transgression stampienne, en même temps
d'ailleurs <|ue les souches de bien d’autres Psélaphides originaires de
la Tyrrhénide, et même de Staphylimides devenus endogés comme les
LcplolijpMtis. Mais à l’Oligocène, Mmjetin et f.eplofypblus étaient
encore lucicoles, oculés et ailés, capable de se propager. Pendant le
Miocène, ils ont envahi les forêts des chaînes Kahylcs ci de la Krou-
miric, soulevées par les mouvements alpins, puis après In fin du Mio¬
cène les montagnes plus méridi(»nales de la Dorsale tunisienne, c’est-à-
dire la montagne de Dyr et celle de Tehoiirsouk, lorsfiue celles-ci
furenl définitivement exondées.
Alors, au Pliocène, dispersés dans les forèls de ces massifs monta¬
gneux, où leur évolution souterraine s'est d'abord déclenchée dans
l’humus, les .\fayelia ont pénétré sous terre, devenant endogés sous
l’impulsion du climat glaciaire. Le fait que ce phénomène ne date que
du Pliocène explique (jue les mêmes espèces se trouvent à la fois à
Ain-Draham. dans la Kroumirie exondée dès le Miocène, et au Kef,
Source ; MNHN, Paris
PSfil.APHtDKS DE I/AFRIOI K DI’ NORD. 22!)
dans la nujiiUi^iu- (U' Dir. exondée seulement au Pliocène ^Castany,
1902. pl. X-XII).
En tous cas l’aire nionlaf{neuse acluellenienl occupée par les
MuHelia eiido}{és s’enleiid à toutes les chaînes Kabyles et à toute la
Dorsale tunisienne, c’est-à-dire à la zone côtière, très humide dans
lai(i]elle la hauteur des précipitations dépasse un mètre.
5. Les Psélaphides du Djurjura.
Lu haute chaîne calcaire du DJurdjura est la seule partie de toute
la Berhérie où il existe une véritable faune cavernicole avec des
Coléoptères particuliers {S’ehria, Dnvnliits, Trechopsis, Apternphne-
itopaK 11 n’y a pas de Psélaphides spécialisés dans cette faune caver¬
nicole. Mais deux espèces sont localisées sur les parties élevées de la
chaîne calcaire et y vivent à l’entrée des tesserefts où la glace hiver¬
nale se conserve pendant jiresque loute l’année.
L'Eiiplectiix olitjnpx Peyer. n’est pas, comme P. de Peyerimhoff
a pu le croire (1948, p. 28(l>. une «relique paléogénique > de lignée
européenne. C’est une espèce du sous-genre Diplectidiiis, spécial à la
Berhérie, espèce bien distincte de la souche Thértji et isolée de façon
précoce sur la chaîne calcaire. On le trouve sous les pierres à haute
altitude (1.7011 m) sur le Djurjura central (p. 40),
Un autre Pséliqdiidc est encore jilus près de la faune cavernicole,
c’est le PaeUiphoijeniiis liaffraiji Peyer. 11 appartient à une lignée
venue en Berhérie au Ponlien et s’est individualisé sur le Djurjura,
s’isolant toul-à-fail de ses congénères. Aptère et microphtalnu* comme
ceux-ci, le P. Raffrmji se tient à l’entrée des tesserefts, sous les pierres
au voisinage de la neige, entre 1.800 et 2.000 m. Il fait partie de celle
faune des lesscrefls, découverte par P. de Pf.vf.rimhofi-', faune qui est
formée d’espèces qui sont |)re8que des troglobies,
6. Les Psélaphides de la forêt de Cèdres.
Des forêts de Cèdres ont certainement couvert jadis les parties
élevées, entre 1.000 et 2.000 m. de l’Allas Tcllien et de l’Atlas Saha¬
rien en Algérie ; elles persistent de nos jours par places dans l’Aurès
et rOuaron.scnis, eoinme d'ailleurs sur le Moyen Atlas et le Grand
Atlas marocains. Mais la période xérothermiqiie postglaciaire, qui se
prolonge de nos jours, a décimé les cédraies. La grande forêt de
l'Aurès périeÜle, les arbres meurenl en grand nombre alors que depuis
longlomps uucime graine ne germe. La forêt des Bahor. celle du Djur¬
jura n'existeni plus et celle de l’Ouarenscnis est aussi menacée que la
eédraie île Sgag, dans l’Aurès.
Les In.secics des forcis de Cèdres de la Berhérie ont été l’objet
de persévérantes recherches de la part de P. de Pf.yerimhoff, mais il
n’est pas douteux que beaucoup reste encore à découvrir dans les
.\tlaB marocains, encore fort peu explorés. On y trouvera sans doute
de remarquables Psélaphides.
Source ; MNHN, Paris
23ü
RENÉ JEANNEI-
Dans i'élat acluel de nos connaissances, deux genres de Hséla-
phides se montrent appartenir à la faune des forêts de Cèdres.
Daii-s les pages qui précèdent (p. 196). le Tijriis des forêts de
(ÀVircs du Moyen Atlas a été décrit comme espèce nouvelle : Tijrux
miiroccantm. On a cru longtemps ((u’il s’agissait du Tijnis snnguineux
L-, très largement répandu dans l’Eurojie moyenne et septentrionale.
Comme on l'a vu. le Tijrus de l’Atlas marocain est bien diirérent de
l’espèce euro|)éenne et ne peut pas être considéré comme un immi¬
grant (jualernaire venu du Nord de l’Europe et conliné en altitude. Sa
présence eu Herbérie est plus ancienne. Il s’agit d’un reste de la faune
des forêts de Cèdres, probablement de souche pontienne.
L'autre genre de Psélaphides. paraissant propre aux forêts de
Cèdres, est le genre Claviger (j). 199). C’est probablement par la Tyr-
rhénide que les Clamyer sont venus en Berbérie, car ils sont des CAnvi-
ger s. .sir., c’est-îi-dire des espèces de la lignée mésogéidicnne. Si les
Claniger berbères étaient arrivés au Ponlien par le pont égéido-berbère,
ils seraient des Cluvifer (.Ii;a\nel, 1940, p. f)2).
Quoi qu’il en soit, la Berbérie compte trois es|)èces <lc Clnniger.
inféodés aux Fourmis du genre Lnsiiis, comme leurs congénères euro¬
péens. Ces trois espèces occupent la forêt de Cèdres du Moyen-Atlas
(C. Ànloinei Jeann.l, la forêt de Cèdres de Sgag, dans l’Aurès (C. Giiil-
loii Peyer,). enfin les forêts de Cèdres des Mouzaïa cl du djebel Maa-
did, ainsi que la Kabylio orientale, à Yakoiiren fC. hurbnriix Hed.).
Dans cette dernière station, à Yakouren, le Clnniger est sans doute un
témoin d'une extension passée de la forêt de Cèdres du Djurjura qui
n’existe plus aujourd’hui.
On rcmanjucra ([ue les l.iisiiis ont une large dislribulion dans
l’Afrique du Nord, en dehors des forêts de Cèdres. Mais il semble que
ces Fourmis n’aient hébergés des Clnviger tpic dans les forêts de
Cèdres.
7. Les lignées xérotbermophiles de la Berbérie.
.l’ai plusieurs fois insisté ci-dessus sur le fait que la barrière
désertique réalisée par le Sahara pendant tout le Tertiaire avait empê¬
ché l’afflux de lignées hygrophiles de l’Afrique chaufie en Berhéric-
On a vu aussi que si la période humide du Plio-Pléislocène a sans
doute permis à la faune des Psélai)liides berbères, formée de lignées
hygrophiles laurasicnnes, de s’étendre vers l’Atlas Saliarion, lu période
xérolhertni({iic qui a suivi les périodes glaciaires a ccrtainemenl
refoulé vers les massifs côtiers celte faune de Psélaphides.
L’influence du Sahara s’esl exercée tout autrement sur les lignées
xérothermojihiles issues de l’Afrique gondwanienne, lignées assez
nombreuses dans la rainillo des Psélaphides, puisqu’elles constilucnt
16 p, 100 de la faune berbère, dans le genre Trissemus (IlnjaTini), les
genres Ctenisles, Clenisomorphns, Ennptostomu$ et Desimtn (Ctenis-
fini', enfin le genre Camaldus (Tgrini).
Source : MNHN, Paris
PSÊI-APHIDES DE L’AFIlIOt’E DU NOHD.
231
Il y a tout lieu de croire que ces lignées xérothermophiles sont
venues dans l'Afrique du Nord à la fin de l’Oligocène, au Chalticn
(p. 213, fig. 2111- L’ancienneté de certaines de ces lignées (Ctenisles.
Enoplosiomtis. Camaldiis) est démontrée par le fait <|u’elles sont repré¬
sentées ù Madagascar. Les unes ont dû atteindre l’Afrique du Nord
par la vallée du Nil (Trisseiniis niloticus, CnmnMiis inlloxiilit.t). D’autres
ont dû suivre, dés le Monlicn, la voie de l'ouest et atteindre la Meseta
luaroeaine par la Mauritanie. On sait (]u’au Challien (Oligocène supé¬
rieur), des lignées gondwaniennes de toutes sortes ont passé par le
Mar<K.* dans l’hémisphère septentrional. ï-es Psélaphides xérothermo¬
philes arrivés sur la Meseta marocaine ont pu se répandre au Chatlien,
et des es|)èces se sont dilTéronciées sur le massif bélico-rifain, ultérieu¬
rement devenu insulaire: Ctcnixles, Slaiidinfjpri (p. 109) Enoplosto-
mvx Aiihei (p. 182). Desimin (ihilianii (p. 188). Plus tard, ces xéro-
Ihermophiles bético-rifains sc sont propagés plus ou moins loin vers
l’est sur le Rcrhérie ponticnne.
La ])ériode humide et fraîche du Plio-Pléistocène, qui aboutit
aux extensions glaciaires a eu nalurellement une répercussion sur
l’Afrique du Nord. Mais il ne faut i)as sc figurer que le Sahara soit
devenu alors une région vraiment tempérée. S’il y a eu de l’eau dans
les vallées, la majeui • partie du Sahara de l’époque glaciaire a subi
un régime de slep|)es sans doute conqtaruble à celui de l’Afrique
orientale actuelle. Les Psélaphides xérothermophiles du genre Trisse-
mun. les Clenislini et les Tijrini qui pullulent actuellement dans
l'Afrique orientale ont dû se répandre sur tout le Sahara du Pléisto-
cène, et c’est la désertification nouvelle, celle résultant de la période
xérothermique actuelle qui a décimé sur le Sahara une faune de Psé¬
laphides auparavant prospère.
Car la xérothermophilie des Psélaphides, tels que les Clenistini.
est relative. IjCS confins du Sahara, comme le Sahel, le Sud marocain
ou le Sud algérien leur conviennent, mais non le vrai désert. Ainsi
s'est constitué la répartition actuelle des Psélaphides xérothermophiles
horhèros, issus de souches gondwaniennes orientales. Des reliques
suhsislent en plein Sahara, comme le rcmarquahlc Cienisoschemn gnra-
mdiiticiiin (p. I79i sur le Hoggar et le Tassili n'Ajjer. Le genre Cteni-
somorplui.i. véritable cndémi(|ue saharien, ne persiste guère que sur
la |)ériphérie du désert, et ses espèces ont des aires de di.spersion
immenses, mais très discontinues, comme celle, par exemple, du
C. inajiir HalTr. ip. 177i connu du .Samarh en Abyssinie, du Sahara
liinisicn et cjmstantinois. du sud de la Maurihmie, c’est-û-dire entou¬
rant par le nord, l'immense aire érémienne de l’Afrique. Le Cirnixo-
inorphiia liirkiinrnsix .leann. a lui aussi une aire géographique très
disjointe : nord du lac Hodolphc et Tassili n'Ajjer (p. 176). Kl dans le
genre Clenisles. les espèces du groupe Teenexix se sont dilTércnciées
sur toute la bordure septentrionale du Sahara, depuis le Sud marocain
jtisqu’à la Basse-Egypte.
RKNÉ JKANNEL.
232
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Achevé d’imprimer le 28 février lü.'ili.
Le Di>«c(«ar-Gérant ; René Jeasnrl
.M. Dbcmime, imprimeur, Lons-le-Saunier. — 1523-55-600.
Février 1956 « DépAI légal Irr trimestre 1956 — n" 4524 ».
5ource ; MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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Annales du Muséum national d'Hîalolre naturelle. Un volume in-4* par an.
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Reuaa française d’Bntomologie (Directeur : D' R. Jeannel, laboratoire d’Eutomo-
logic). Parait depuis 1934, in-S*.
Hotulae sgslematieae (Directeur : M. H. Humbert, laboratoire de PhanérogamI')
Parait depuis 1909, ln-8% sans périodicité flxe.
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Journal d'Agriculture (ropfeafe ti de Botanique appliquée, anciennement Henae
de ûolanique appliquée et d'Agriculture Coltniale iSecpélnlrcs : MM. .I.-F. Leroy
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Revue de Mgcologle, ancleDuemenl Annales de Crgptogamie exotique (Directeur :
M. R. Helm). Parait depuis 1928 ; In-8*.
Uammalta (Directeur : M. E. Oonrdelle. laboratoire de Mammalogie). Parait de¬
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Dinard (Directeur : M. R. Helm, laboratoire maritime de Dinurd). Parait depui*
1928 : in-8*.
Source ; MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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