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MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XV
FASCICULE 2
Pierre REBILLARD
CONTRIBUTION A LA CONNAISSANCE
DES RIODINIDAE SUD-AMERICAINS
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue GeotTroy-Saint-Hilaire (V°)
1958
Source : AI/JH/ J, Paris ■.
Source : MNHN, Paris
K iCo ”
Source : MNHN, Paris
AIMÉE FOURNIER DE HORRACK
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. Tome XV, Fascicule 2. Pages 135 à 216
CONTRIBUTION A LA CONNAISSANCE DES RIODINIDAE
SUD-AMERICAINS
(Insectes Lépidoptères)
le Dr Pierre REBILT.ARD
Associé du Muséum
PREFACE
La Contribution a l’étude des Riodinidés que nous présentons ci-dessous a
été rédigée avant et pendant la dernière guerre. Elle est due à trois auteurs
qui ont successivement apporté leur savoir et leurs dons d’observation afin
de perfectionner la connaissance d’une famille dont les représentants sont dif¬
ficiles à étudier. Ce sont Percy J. Lathy, Ferdinand Le Cerf et M. le Dr
Pierre Rebillard. Les éléments étudiés proviennent en grande partie de la
collection formée par M uie Aimée Fournier de Horrack.
Les documents (peut-être disparates) qui forment cette contribution sont
le reflet des préoccupations scientifiques des trois savants dont je viens de
citer les noms. Tek qu’ik se présentaient ces documents m’ont paru offrir
suffisamment d’intérêt pour ne pas les laisser dormir dans un tiroir où ik se
seraient lentement détruits. Plusieurs des pages qui suivent représentent
1’ « état-civil » d’espèces intéressantes, soit au point de vue zoologique, soit
au point de vue iconographique. M. le Dr P. Rebillard a réussi à compléter
et à ordonner ces notes de manière à former un ensemble homogène. C’était
un travail difficile et c’est tout à son honneur de l’avoir mené à bien.
Les planches qui éclairent cet ouvrage reproduisent fidèlement les magni¬
fiques aquarelles dues à M"“ Odette du Puigaudeau. Le talent qui s’y montre
est comparable à celui des premiers peintres naturalistes qui ont illustré le
Jardin du Roi. On devait sauver par tous les moyens ces belles images, con¬
tribution à la connaissance des merveilles lépidoptériques fournies par des
contrées, malgré tout peu connues, de l’Amérique méridionale.
Les phototypies qui accompagnent les planches coloriées représentent des
détails de morphologie dus au crayon de F. Le Cerf. Ces dessins anatomi¬
ques sont reproduits tek que Le Cerf les a laissés. Il ne pouvait être question
de compléter ou d’interpréter un tel travail. La pensée de l'auteur aurait été
immédiatement trahie. Je me suis donc résolu à publier intégralement tous
les dessins qui accompagnaient le manuscrit dit des Erycinides, appelés main¬
tenant Riodinidés. l,es spécialistes pourront facilement les interpréter — et
les utiliser. Ils auront, dans le travail que nous leur présentons, un point de
départ pour ajouter — s’ik les jugent utiles — les compléments nécessaires.
Mémoires do Moséom. — Zoologie t. XV. 10
Source : MNHN, Paris
]36
P. REBILLARD
On remarquera que les espèces décrites ci-dessous — ou faisant l’objet d’an¬
notations — sont numérotées. Pour faciliter la reproduction des aquarelles les
insectes ont été groupés sur les planches dans un ordre chromatique qui ne
suit pas la systématique zoologique. Les dénominations, placées en regard des
images, portent le numéro qui renvoie au texte correspondant de l’ouvrage.
Par suite des circonstances tragiques de la période 1939-45 (encore présen¬
tes à toutes les mémoires), génératrices de catastrophes et de désordres infi¬
nis, les « types » se rapportant aux numéros 11, 12, 17, 35, 37, 38, 41, 65 et
66 n’ont pas été retrouvés au moment de l'impression de ce mémoire. Cepen¬
dant les descriptions ou les figures colorées qui se rapportent à ces « types »
sont suffisamment précises pour permettre d’identifier les espèces lorsqu’on
les trouvera dans leur pays d’origine.
Tel qu’il se présente, ce fascicule des Mémoires du Muséum assurera la
pérennité de minutieuses observations et en même temps fera connaître une
petite partie des merveilles d’une célèbre collection.
Nous voulons également que ce travail soit un hommage rendu à Madame
Aimée Fournier de Horrack, dont la patience et la ténacité ont permis la
formation du magnifique instrument de recherches qui illustre maintenant son
nom.
Il m’est aussi agréable de remercier tous ceux qui ont contribué à augmen¬
ter considérablement les collections du Muséum national d’Histoire naturelle
et de leur exprimer la reconnaissancè des entomologistes. D’abord les proprié¬
taires de la collection : M. Bernard Chavanon, M. Henri Marot et M. le Dr
Pierre Rebillard n’ont pas hésité à faire don de cet ensemble dont la valeur
est appréciée comme il convient. Le parfait désintéressement et la générosité
de nos mécènes fait le plus grand honneur à leur modestie. Ils permettent d’ins¬
crire leurs noms parmi ceux des bienfaiteurs insignes du Muséum et de la
science lépidoptérologique.
Je n’oublie pas non plus tout ce que nous devons à la généreuse action
d’un illustre Associé du Muséum : M. le Dr Georges Duhamel, de l’Académie
française et de M" 8 Elvire Choureau, Présidente de la Chambre syndicale
des Libraires de France. L’amitié constante et agissante qu’ils manifestent en
toute occasion à notre grand Etablissement national suggère notre vive gra¬
titude.
Je terminerai cette Préface par le souhait déjà formulé par Pline le Jeune,
dans une circonstance identique :
Quod superest, Deos precor ut animo isti tempus quam longissimum tribuant.
Eugène Séguy
Professeur au Muséum
Directeur du Laboratoire d'Entomologie
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
137
INTRODUCTION
Il y a longtemps déjà que Percy J. Lathy fit exécuter par M lle O. du Pui-
gaudeau les aquarelles des quatres planches de Riodinidae qui illustrent ce
mémoire. A l’époque, une partie des descriptions des espèces avait été publiée
ou devait l’être dans la suite, par P. Lathy lui-même. Quelques spécimens
étaient des « Types » décrits par d’autres auteurs, notamment par Stichel
et par Roeber. Beaucoup d’exemplaires provenaient de la célèbre collection
Larsen, actuellement intégrée dans celle de Madame G. Fournier de Horrack,
et l’ensemble devait former une étude que P. Lathy n’a pas terminée.
Quand P. Lathy quitta ses fonctions, il ne laissa aucune note relative
à ces Lépidoptères qu’il fallut rechercher un à un dans les cadres où ils avaient
été reclassés après l’exécution des aquarelles, mais sans qu’ils aient été pour¬
vus d’une étiquette d’identification spéciale. Cependant, comme il s’agissait
dans la majorité des cas d’individus uniques ou présentant des caractères par¬
ticuliers, il fut possible de les retrouver tous et d’en justifier la figuration.
Ultérieurement F. Le Cerf entreprit l’étude des individus qui avaient servi
de modèles. Il voulait préciser les descriptions par l’étude et la figuration des
« genitalia », dont les dissections étaient déjà très avancées quand il dut
s’aliter en novembre 1944.
Son dessein était en effet de dépasser le cadre étroit des descriptions des
seules formes figurées sur les planches et d’entreprendre la révision de
petits groupes peu ou mal connus à propos desquels les données des ouvrages
classiques appellent une mise au point. Ce sont ces études que nous publions
aujourd’hui, et dont l’intérêt n’offre probablement pas l’avantage des grandes
monographies embrassant et condensant d’une manière homogène les con¬
naissances relatives à l’ensemble d’une famille ou d’une sous-famille, mais
cependant préparant d’une part par d’utiles confirmations ou par l’apport de
faits nouveaux, d’autre part par la correction d’imperfections ou d’erreurs,
les matériaux à un travail futur. Certaines formes ont été nommées soit par
P. Lathy, soit par F. Le Cerf soit par moi-même. D’autres formes n’ont été
que rapprochées, sans désignation nouvelle, d’espèces ou sous-espèces morpho¬
logiquement voisines, sans qu’il soit possible sur un spécimen souvent unique
d’établir sa validité spécifique ou sa place exacte dans la nomenclature.
Dans le doute il vaut mieux, à notre avis, laisser une forme nouvelle non
nommée que risquer de créer (par un nom spécifiquement non valable) une
confusion dans la nomenclature que, par la suite, et cette erreur reconnue,
les lois de priorité ne permettent plus de rectifier.
Cette prudence est on ne peut plus justifiée dans l’étude d’une famille de
Lépidoptères telle que celle des Riodinidae, quand on sait les difficultés ren¬
contrées par les spécialistes les plus avertis.
Cependant, si dans certains cas des lacunes ou des descriptions trop som¬
maires pourront prêter à critiques, ces faiblesses nous paraissent devoir être
compensées par la qualité des figures.
Source : MNHN, Paris
138
P. KEB1LLAKD
La partie iconographique qui accompagne ce travail n’a pas été en effet
sans soulever quelques difficultés techniques dans l’exécution des planches
qui nécessita une mise au point particulièrement soignée.
Telle nous donnons cette étude à laquelle nous avons personnellement appor¬
té un souci d’exactitude en la transcrivant et la complétant en mémoire de ses
auteurs et en témoignage de la respectueuse et profonde affection que nous
eûmes pour Madame Aimée Fournier de Horrack.
Dr Pierre Rebiu.ard
Associé du Muséum national d'Histoire naturelle
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
139
NOTICE HISTORIQUE SUR LA COLLECTION ENTOMOLOGIQUE
AIMEE FOURNIER DE HORRACK
C'est en 1916, au quelque peu avant, que fut commencée la Collection de
papillons exotiques de M'" 0 Gaston Fournier de Horrack. Durant vingt-cinq
années, à la mesure de ses goûts, de ses possibilités, elle parvint à construire
ce monument scientifique d’une incomparable richesse. Elle sut s’adjoindre des
collaborateurs d’élite, maintenir des relations constantes avec des chasseurs
spécialisés, des naturalistes, qui tendirent un vaste réseau. Celui-ci — comme
le filet de gaze retient l’insecte prisonnier - fit converger vers M 0 " - Fournier
les captures les plus rares du globe.
Pour mieux comprendre et apprécier à sa juste valeur cette collection, il
convient de suivre depuis son origine les étapes de sa formation et de connaî¬
tre la personnalité de celle qui la conduisit au terme où elle est présentée
actuellement.
Cette personnalité portait en elle le goût inné de l’Histoire naturelle. Amie
compréhensive des bêtes, délicatement attentive aux fleurs, passionnément cu¬
rieuse des manifestations de la vie dans tous ses domaines, c’est vers le monde
des insectes qu’elle se sentait plus particulièrement attirée.
On la comparerait volontiers à Marie-Sybille Mérian, naturaliste allemande
du début du XVIII e siècle, fille du graveur de Francfort qui, au cours d’un
séjour en Hollande et àl la vue des collections privées des notables d’Amster¬
dam, n’eut d’autre désir que de partir en Guyane d’où elle rapporta des col¬
lections qui firent la matière d’un livre, merveilleusement gravé et enluminé
par elle.
Comme elle, M"° de Horrack, devenue plus tard par son mariage M mc Gas¬
ton Fournier, fut intéressée par l’Entomologie en visitant une collection de
papillons exotiques à Bayreuth, où son amour de la musique wagnérienne
l’attirait chaque année. La vue d’un monde insoupçonné de formes et de
couleurs l’éblouit et força son admiration. Elle décida aussitôt d’acquérir cette
collection et sans doute, au début, n’eut-elle d’autre intention que de réunir
quelques cadres contenant les espèces les plus décoratives.
Elle acheta chez les Naturalistes ce qui séduit toujours le collectionneur
débutant : les Morplios bleus, les grands Ornithoptères indo-malais, les Piéri¬
des bariolées. Les cadres-tiroirs, assemblés en deux meubles, voisinaient dans
son appartement avec des aquariums merveilleusement peuplés et des vitrines
de minéraux aux tons chatoyants.
Mais bientôt les acquisitions de papillons sans cesse plus importantes néces¬
sitèrent l’aménagement d’un vaste local, qui fut meublé d’armoires pouvant
contenir un millier de cadres vitrés. C’est là que se trouvait la Collection,
classée Monument historique en 1947 par le Ministère de la Jeunesse, des
Arts et des Lettres.
Dès ce jour M"° de Horrack ne pouvait plus être considérée comme un
simple amateur. L’ampleur de ses vues appela très vite d’autres nécessités, car
il fallait non seulement protéger, mais recevoir, préparer, classer les acquisi-
Source : MNHN, Paris
140
P. REBILLARD
tions. Cinq spécimens ne suffisaient pas pour réaliser à eux seuls les varia¬
tions possibles d’une espèce ; il en fallait 15, 30...
Des offres commençaient à venir d’Angleterre, d’Allemagne. C’est alors que
M m0 Gaston Fournier choisit comme préparateur et conservateur de sa Col¬
lection Percy J. Lathy. Le rôle de cet entomologiste anglais, ancien « curator »
de la Collection Adams, Correspondant du British Muséum, membre de plu¬
sieurs Sociétés savantes, fut considérable. Il avait à son actif de nombreuses
publications dans des périodiques anglais et son nom faisait autorité dans la
connaissance de certains groupes de Lépidoptères exotiques.
C’est donc à Percy Lathy que fut confié le soin de développer et d’entrenir
la collection. Mais tel était le travail et l’ampleur de ses vues qu’il lui fallut
bientôt s’adjoindre un préparateur occupé exclusivement à étaler les spéci¬
mens qui arrivaient de toutes parts, cependant que lui-même ralliait les chas¬
seurs, achetait, classait, échangeait, correspondait avec les Musées étrangers
et les grands collectionneurs. Le flegme légendaire de Lathy n’était ébranlé
que devant une capture inédite : encore fallait-il que le sujet fût de choix.
Il n’hésitait pas à payer fort cher un lot entier de chasse provenant d’une
région jusqu’alors non prospectée, et il n’avait pas d’égal pour repérer d’un
coup d’œil rapide la pièce inédite, dans un cadre de cinquante Lycènes. Mal¬
gré l’installation et les ressources mises à sa disposition, Lathy comprit qu’il
ne pouvait enrichir la collection en dispersant son activité dans toutes les
familles.
M m ° Gaston Fournier s’attachait surtout aux genres qui comprenaient les
espèces les plus rares, les coloris les plus éclatants, les dessins les plus déli¬
cats. Il fallait s’orienter vers la réunion et l’étude approfondie de familles
bien limitées. Ainsi pourrait être constitué un ensemble scientifique de valeur.
Deux moyens d’action s’offraient à Lathy : d’une part ses relations en
Angleterre avec des collectionneurs recevant des envois d’Afrique du Sud,
de chasseurs réputés comme Barnes et Hopkins, lui permettaient de s’inté¬
resser aux Nymphalides de ce continent tels que les Charaxes ; d’autre part
il pouvait parallèlement poursuivre l’étude des Nymphalides du Nouveau
Monde appartenant au genre Agrias — jusqu’alors fort peu connu et dont
les exemplaires ne parvenaient qu’en échantillons isolés du Bas Amazone,
capturés par quelques chasseurs tels que Fassl, Strympl, Hugo Boy — et
profiter de ces mêmes territoires de chasse pour développer les collections
de Morphos, Erycinides et Lycénides déjà existantes.
Il fut décidé de limiter la collection à cinq groupes : Charaxes, Agrias,
Morpko, Erycinides, Catagramma ; mais, pour l’enrichir, des sacrifices s’im¬
posèrent ; c’est ainsi que partirent en Angleterre, comme monnaie d’échange,
les rares Ornilhoptères de la Nouvelle-Guinée, les splendides séries de Délias
qui prirent place au Hill Muséum, les Hépiales géantes du Queensland aus¬
tralien qui furent acquises par Rosenberg, de Londres.
En revanche Watkins, qui chassait les Morpho au Rio Inambari, au Pérou
méridional, sachant que M" 1 " Fournier achetait à prix élevé certaines espèces
rares, partagea ses envois entre elle et Joicey, propriétaire du Hill Muséum.
La seule femelle connue du très rare Morpho Zephiritis fut convoyée en
avion, de Londres, par G. Talbot, curateur du « Hill Muséum », au grand
Source : MNHM, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
141
émoi de Lathy qui estimait l’avion trop peu sûr pour le transport de cette
pièce unique.
Ce fut entre 1920 et 1935 que la collection acquit l’importance qu’elle
conserve actuellement.
Fassl, le grand chasseur <¥Agrias, mort en 1923, à Mauès, de dysenterie
contractée dans la jungle brésilienne, fut remplacé par Otto Michael, qui
envoyait ses chasses à une firme étrangère. Celle-ci réservait les pièces les plus
rares à M""“ Fournier. Lathy se rendait à Dresde, comme à Londres, pour les
commandes importantes, et à Paris il avait toujours priorité pour ses achats
chez certains naturalistes. C’est ainsi que, des premiers spécimens connus de
Charaxes Fournierae, le plus beau appartient à la collection de M m0 Fournier ;
le second, en moins bon état, est au British Muséum.
Ces quinze années furent les plus fécondes pour la collection. Elles virent
l’achèvement du grand ouvrage de Seitz sur les papillons exotiques — com¬
mencé en 1906 —, la parution des travaux superbement illustrés de Ch.
Oberthür, de Lord Rothschild, de R. Biedermann-Mantel, sur leurs
propres collections, de la revue « Lepidoptera », dirigée par F. Le Cerf,
du Laboratoire d’Entomologie du Muséum, des publications de Lathy, en par¬
ticulier ses « Thèses entomologiques » illustrées et coloriées à la main par
M"' Odette du Puigaudeau.
Indépendamment des chasseurs déjà cités, Miss Wallsch, à Java, Lamber-
TON à Madagascar, Dodd en Australie, apportaient leur contribution à la
connaissance des Lycènes et des Charaxes indo-malais. Au cours de cette même
période trouvèrent place, dans ce qui constitue aujourd’hui la collection Four¬
nier, des parties importantes de collections célèbres telles que : Carvailho
Montero de Lisbonne, Grose Smith de Londres, Larsen de Suède, Dicksee,
Fruhstorfer et Charles Oberthür de Rennes... En même temps se consti¬
tuait une bibliothèque composée des grandes publications françaises et étran¬
gères, et d’ouvrages spécialisés.
Quand M 1 '"® Fournier dut se séparer de Lathy, en 1935, la collection était
pratiquement achevée, si tant est qu’une collection puisse l’être jamais ; cepen¬
dant, comme nous le disions plus haut, elle se trouvait déjà, à peu de chose
près, dans son état actuel.
Iæs apports qui vinrent encore l’enrichir dans les quatre années qui précé¬
dèrent la guerre furent, pour la faune américaine, les chasses de Klug sur le
Rio Huallaga et en Colombie méridionale, celles de Wucherpfennig sur le
Bas et le Moyen Amazone.
M mo Fournier, après le départ de Lathy, avait conservé son préparateur-
adjoint, V. Paskevsky. Celui-ci entretint la collection jusqu’au début de l’occu¬
pation allemande. Il fut remplacé par F. Le Cerf, sous-directeur honoraire
du Labortoire d’Entomologie du Muséum. Le Cerf entreprit en 1943 une révi¬
sion systématique des Erycinides entraînant la manipulation de milliers
d’exemplaires que lui seul, grâce à ses connaissances approfondies, pouvait
mener à bien.
Ce travail, déjà commencé par Lathy une dizaine d’années auparavant,
devait être complété par une publication dont la partie iconographique com¬
prenait quatre planches magnifiquement exécutées par M lle DU Puigaudeau.
Source : MNHN, Paris
142
P. REBILLARD
Les dissections et le montage des « genitalia », faits au laboratoire dépen¬
dant de la collection, étaient en cours d’exécution quand Le Cerf fut emporté
par une penumonie, en janvier 1945.
Cette brusque disparition laissa M™° Fournier désemparée. Il s’agissait
de continuer le travail de reclassement soudain abandonné dans un désordre
heureusement plus apparent que réel. Les loisirs forcés de la guerre nous
avaient amené, en qualité d’ami de Le Cerf, à le suivre d’assez près dans ses
travaux. Nous proposâmes à M n ' e Fournier d’achever l’œuvre entreprise, et
en une année les séries d ’Erycinides, de Catagramma et d ’Agrias retrouvèrent
leurs places respectives.
Nous apprîmes ainsi à mieux connaître, puis à aimer celle que ses intimes
appelaient « Twinka ».
Malgré la fatigue provoquée par les longues stations debout devant les tables
chargées de casiers, les traits crispés et les mains serrées sur les poignées de
ses cannes, elle tenait à suivre elle-même notre travail. Parfois cependant,
après un long classement qui ne concernait que des espèces monochromes,
je sentais son espiit s’évader. Je disposais alors devant elle les cadres préférés,
ceux qui contenaient les espèces les plus brillantes, afin de rappeler son atten¬
tion.
Certains papillons, ceux même qui étaient parés des plus belles livrées, la
laissaient parfois indifférente ; son visage, qui s’éclairait à la vue d’une espèce
rare, se fermait tout aussi bien, avec un sourire de convenance polie, devant
ce qui ne l’intéressait pas. Lorsqu’elle disait simplement : « c’est ravissant »,
ce ravissement ne trompait pas ses proches. Ceux-ci, par contre, savaient
qu’une phrase qui semblait de peu d’importance marquait la ferme volonté et
le désir le plus tenace du collectionneur.
Le monde étincelant, multicolore, des minéraux avait aussi sa prédilection,
et elle fut séduite par la pureté des cristaux et des gemmes, les veines capri¬
cieuses des agates, la coulée dense des malachites et la féerie surnaturelle des
pierres luminescentes.
Hormis sa culture musicale, qui était grande, et l’égyptologie dont elle tenait
de son père des connaissances et un goût marqués, l’esprit de M" ,e Fournier
était principalement ouvert à tout ce qui se rapportait à l’Histoire naturelle.
Heureuse de connaître et plus encore de faire connaître, elle jouissait de
l’étonnement de certains visiteurs à la vue d’un comportement naturel insoup¬
çonné, qu’il s’agît d’un poisson, d’un insecte, d’une diatomée...
Cette curiosité scientifique était à la base de ses lectures : elle s’étendait
aux phénomènes de mimétisme, d’hérédité, d’adaptation au milieu dont elle
aimait la figuration.
Botaniste, elle se plaisait à nommer, au cours de ses promenades en Ile-
de-France ou en Bretagne, les fleurs, les herbes odorantes, les arbres ; elle
passait de longues heures dans les allées et les serres de son parc de Louve-
ciennes, parmi les cactées, les roses... Elle avait un attachement particulier
pour son jardin japonais.
Dans les dernières années de sa vie, M ,U9 Fournier s’intéressa à la pré¬
histoire ; elle parlait avec passion des découvertes les plus récentes concernant
la filiation de l’espèce humaine.
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
143
Mais depuis longtemps déjà sa vie physique tenait chaque jour aux efforts
extraordinaires provoqués par une marche de plus en plus difficile et par la
lutte contre la douleur qu’elle supportait sans se plaindre.
Quand vint l’heure où les ombres de la mort figèrent ses traits, ce fut d’une
pression de la main qu'elle exprima son dernier désir à l’amie fidèle penchée
vers elle et lui confia le soin de préserver l’œuvre de sa vie.
Cette ultime pensée a guidé et animé M" c Elvire Choureau, à qui nous
devons la présentation dans son état actuel de cette collection. Elle nous per¬
met ainsi d’apprécier l’effort accompli par M'"° Gaston Fournier, à présent
que toutes les grandes collections cntomologiques ont été dispersées en ventes
publiques, ou intégrées dans des Musées nationaux.
Notre souhait eût été de voir demeurer en son intégrité, dans le rez-de-
chaussée du Boulevard Malesherbes, cette collection exceptionnelle, afin de lui
conserver sa personnalité. Devant certaines séries, les plus belles qui soient
au monde et choisies parmi les quarante mille spécimens enfermés dans les
armoires, les visiteurs n’auraient pu dissocier de leur contemplation celle qui
sut former un ensemble aussi précieux et qui, malgré sa modestie, en était
si fière.
Nous avons dû nous séparer du monument scientifique qui nous avait été
confié, mais nous avons la satisfaction de le voir recueilli par le Muséum
d’Histoire naturelle, seul établissement scientifique de France qualifié poul¬
ie conserver intégralement tel que M""' Fournier l’a formé, pour l’entretenir,
le faire apprécier... l’honorer. Ad perpétuant rei memoriam.
Docteur Pierre Rebillard
Source : MNHN, Paris
144
P. REBILLARD
DESCRIPTION DES ESPECES
Genre EUSELASIA Huebner
1. Euselasia euoras Hewitson (PI. I, fig. 1)
Cet exemplaire n’a pu être déterminé de façon exacte, il se pourrait que
nous soyions en présence soit du mâle d’£«s. hygenius Stoll, soit de celui
à’E. anica H. Sch., dont les femelles seules ont été décrites.
Dans le doute nous ne pouvons que placer ce spécimen parmi les formes
décrites d ’E. arbas Cr., dont euoras Hew. se rapproche le plus par la colora¬
tion de la face supérieure et la ligne médiane noduleuse en son milieu du
dessous des ailes postérieures.
Au sujet d ’E. arbas, Seitz concluait en écrivant : « Certaines formes appar¬
tenant à cette espèce doivent avoir des droits spécifiques, mais il convient
d’être très prudent dans l’attribution de ces droits chez les Riodinidés ».
1 cf Pérou (sans indication de localité) (colL G. Fournier).
2. Euselasia Psammathe hypocala ssp. n., Le Cerf (PI. I, fig. 2)
Voisine de la f. parmata Stichel, que cet auteur rattache à la ssp. venezo-
lana Seitz, mais dont elle se différencie comme suit :
Fond des ailes brun rougeâtre plus foncé ; tache moins grande des ailes
antérieures fauve orangé plus soutenu et plus homogène, sa partie cellulaire
en trait étroit, égal, diffus antérieurement, son expansion discale en parallélo¬
gramme court, limité par les nervures 2 et 4, et moins large que l’espace de
fond qui la sépare de la marge.
Dessous des deux paires blanc sale, traversé par une ligne discale commune
brun rougeâtre, droite de la côte à la nervure 2, au delà de laquelle elle s’in¬
curve en dehors et s’arrête avant d’atteindre la nervure 1, aux antérieures ;
aux postérieures elle est un peu sineuse à son origine, puis s’amincit et forme
un angle sur lb, d’où elle se dirige vers la. Aux antérieures, le champ compris
entre la ligne discale et la marge est gris brunâtre, à' l’exception d’une bande
de fond blanc qui suit le côté externe de la ligne en question, s’étend sur tout
l’angle anal et remonte en crochet entre lb-2 ; une tache subterminale noi¬
râtre, vaguement anguleuse, se trouve entre lb-2, elle est surmontée d’un
obscurcissement qui se prolonge, en s’atténuant, de 2 à 6, et qui précède une
rangée de six traits submarginaux noirâtres entre les nervures lb-7. Aux pos¬
térieures le champ terminal est délimité, du côté interne, par une rangée de
petites macules internervurales brun noirâtre naissant à la côte, très près de la
ligne discale, puis s’en écartant brusquement à la nervure 6, et de là descen¬
dant parallèlement au bord externe jusqu’à la nervure la, après s’être for¬
tement atténuées à partir de la nervure 3. L’espace compris entre cette rangée
maculaire et la marge est lavé de gris jaunâtre jusque vers la nervure 3 ;
une ombre brunâtre, coupée par les nervures, précède la marge et porte, dans
Source : MNHN, Paris
RI0DIN1DAE SUD-AMÉRICAINS
145
chaque intervalle, une petite tache noire en chevron éclairée de blanc extérieu¬
rement, celle de l’intervalle 3-4 étant beaucoup plus grosse que les autres ;
enfin, une fine ligne marginale blanche borde l’aile, de l’angle anal jusqu’au-
dessus de la nervure 4. Franges des deux paires brun rougeâtre.
Tête à capuchon noir avec la pointe brun rougeâtre (fig. 1) ; palpes, poils
péricéphaliques et front blanc pur, ce dernier avec une tache médiane triangu¬
laire étroite noire. Corps brunâtre en-dessus, blanc en-dessous ; tibias anté¬
rieurs blanc roussâtre ; pattes médianes et postérieures à fémurs blancs, tein¬
tés de roussâtre en-dessus ; tibias et tarses roussâtres (F. Le Cerf).
Envergure : 29 mm. ; longueur de l’aile antérieure : 16,5 mm. Holotype :
] cf, U. Putumayo, SE-Colombia (IV, 1932).
Fig. 1. — Tête vue de face de YEuselasia Psammathe. — 2. de l'A/esa neagra
(dessins de F. Le Cerf).
Euselasia Psammathe Seitz a une histoire assez embrouillée et est fort mal
connue. Cette espèce a été décrite, en une ligne, et non figurée par Seitz (Ma-
crolép. du Globe, V, p. 628, 1919) d’après un mâle unique du Muséum de
Paris, provenant de la Guyane française, origine qu’il omet d’ailleurs d’indi¬
quer. C’est une forme avec le dessus des ailes brun roussâtre et quatre taches
fauves, une à chaque aile, et la face inférieure blanc sale. Seitz faisait de
Psammathe une ssp. de Crotopus Cr., à laquelle il rapportait toute une série
de formes de provenances diverses, l’une d’elles, entre autres, portant une
légère éclaircie roussâtre diffuse aux antérieures, qu’il baptisait venezolana.
Source : MNHN, Paris
146
P. REBILLARD
En 1928, Stichel (Tierreich, 51, p. 264) rétablit pour Crotopus Cr. le nom
de Midas F., gui a la priorité, et sépare de celle-ci Psammathe Seitz comme
espèce distincte. Dans cette dernière il distingue deux sous-espèces : P sam-
mathe-Psammathe Seitz et Psammathe-venezolana Seitz, puis il divise à
son tour cette dernière en deux formes : princi\)alis, qui correspond à la
forme décrite et figurée par Seitz {l.c., pi. 121), provenant du Venezuela, et
parmata f.n., qu'il décrit et nomme d’après une illustration de Hewitson
lExot. Butt., I, Eryc., Eurygona, IV, fig. 37, 1854). Cette figure représente
la face supérieure d’un spécimen de la collection Bâtes, dont la patrie n’est
pas indiquée, et que Hewitson considère comme une variété d’£. Crotopus
Cr., en spécifiant toutefois que la face inférieure est presque blanche (almost
white).
Stichel n’a vu en nature aucun de ces trois « types ». On peut en trouver
des preuves dans les faits suivants :
1" Il attribue, comme patrie, à la sous-espèce typique Psammathe la Guyane
hollandaise, alors que le « type » de la collection du Muséum de Paris, éti¬
queté par Seitz, provient de la Guyane française, indication que Seitz avait
omise, comme nous l’avons vu. 11 se peut que ce renseignement se rapporte
à VE. Crotopus var. signalé par Hopffer, mentionné dans le « Tierreich »
et identifié à Psammathe.
2" Sa description de venezolana Seitz, faite d’après la figure donnée par
cet auteur, ne dit rien de la face inférieure parce que, écrit-il : « la descrip¬
tion manque », ce qui est une erreur. La description de Seitz est sommaire,
cependant il mentionne que ■> le fond est brun rouge », caractère qui ne se rap¬
porte pas au dessus (figuré), mais est mis là en opposition avec celui de la
forme immmédiatement précédente dans son ouvrage, c’est-à-dire Psammathe
dont « le fond du dessous est gris blanc ».
3° Pour parmata, Stichel spécifie bien que sa description est faite d’après
la figure Hewitson {l.c.), mais là encore il omet de parler du dessous, ce
qui montre bien qu’il n’en a vu aucun exemplaire et n’a même pas lu le texte
de Hewitson.
4° Il donne à parmata les lieux d’origine suivants : « Venezuela, ? Amazo-
nas ». Puisque Stichel n’a pas « vu » en nature sa propre parmata on se
demande d’où il a pu tirer l’indication précise — sans point de doute —
« Venezuela ». D’autre part, puisque son « type » est la figure de Hewitson,
représentant un exemplaire de Bâtes, il n’y a pour ainsi dire aucun doute que
ce Papillon provenait de l’Amazone, bien que Hewitson ne l’ait pas spécifié.
En tout cas il doit encore exister au British Muséum et être muni, comme
tous les exemplaires de la collection Hewitson, de son étiquette d’origine.
Stichel a eu parfaitement raison de démembrer VE. Crotopus de Seitz
dont cet auteur avait fait un ensemble de formes disparates. A priori les
premières à écarter étaient celles dont le fond du dessous des ailes est blanc,
c’est-à-dire Psammathe et parmata, tandis qu’il est toujours foncé, variant du
gris sombre au brun, chez toutes les autres. Venezolana Seitz fait partie de
celles-ci, et la méconnaissance du renseignement, très bref mais suffisant,
donné par l’auteur, a induit Stichel en erreur, venezolana n’est pas une for¬
me de Psammathe et c’est parmata qui doit être élevée au rang de sous-
espèce.
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
147
Après la description A'hypocala la systématique A’Euselasia Psammathe
Seitz s’établit comme suit :
E. Psammathe-Psammathe Seitz, 1919, Guyane française. Type: 1 cf (Muséum
de Paris).
ssp. parmata Stichel, 1928, Amazone. Type : 1 cf (British Muséum),
ssp. hypocala nova, 1939, S-E. Colombie. Type : 1 cf (coll. G. Fournier).
3. Euselasia violacea Lathy (PI. 1, fig. 3)
Décrit, mais non figuré dans les Annals and Magazine of Natural History
(9), vol. XIV, p. 283, (1924), d’après un holotype mâle appartenant au
Muséum de Paris. Le spécimen figuré ici, en tous points semblable, provient
également de Colombie (Bogota).
1 cf (coll. Fournier).
4. Euselasia leucorrhoa aethiops f. nova, Rebillard (PI. I, fig. 13)
Diffère de la forme typique par la coloration plus foncée de la face supé¬
rieure et l'accentuation plus marquée de la ligne noire médiane, en-dessous
aux deux paires.
1 cf Colombie (coll. Fournier).
5. Euselasia Euryone apheliotes f. ind. nov., Rebillard (PI. I, fig. 14)
11 s’agit ici d’une forme présentant un reflet bleu dans la partie dorsale de
l’aile antérieure et la partie distale de l’aile postérieure. Le dessous est celui
de Euryone Hew. qui typiquement est brun foncé en-dessous.
2 cf, Colombie (Coll. Fournier).
6. Euselasia Foumierae Lathy (PI. I, fig. 15)
L’exemplaire figuré est celui qui fut décrit en même temps que Eus. viola¬
cea, loc. c., Cf. ante n° 3.
Holotype : 1 cf (coll. Fournier).
7. Euselasia Dione n.sp., Lathy (PI. IL fig. 1)
cf. Voisin par sa taille, sa coloration noir et rouge en-dessus et les dessins
du dessous des E. Zena Hew. et E. coccinea Bâtes. Le rouge remplit le tiers
de la cellule des ailes antérieures ainsi que la moitié de l’intervalle 5-6 et
toute la région comprise entre 6 et le milieu du bord dorsal, à l’exception
d’une mince bordure noire. L’ensemble forme une grande macule presque
régulièrement ovalaire.
Les ailes postérieures ont le bord externe et le champ costal gris brun légè¬
rement festonnés ; elles portent une macule subterminale rouge, à peu près
quadangulaire, longue d'environ 5 millimètres et large de 4, dans l’intervalle
2-3 qu’elle déborde d’environ 1 mm de chaque côté.
Source : MNHN, Paris
148
P. REBILLARD
La face inférieure des ailes a la même coloration et les mêmes dessins que
chez E.cocdnea Bâtes, mais avec les différences de détail suivantes : les
bandes blanches des ailes antérieures sont presque parallèles, aux postérieures
la première bande blanche descend en ligne droite de l’extrémité de 8 sur lb,
le dessin jaune orangé qui orne l’angle anal, de l’extrémité de la nervure
anale la jusqu’à la nervure 3, est plus marqué.
Tête noire à palpes blancs, thorax et abdomen noirs en dessus, gris clair
en dessous ainsi que les pattes (P. Lathy).
Envergure : 27 mm, longueur de l’aile antérieure : 17 mm.
Holotype : 1 cf, Rio Putumayo, Colombie.
Paratypes : 11 cf, Rio Putumayo, Colombie.
1 d 1 , Umbria, Colombie.
5 cf, Iquitos, Amazone.
1 cf, Mishuyacu, N.E. Pérou.
(Coll. Fournier de Horrack).
8. Euselasia Gelisae n. sp., Le Cerf (PI. II, fig. 14).
cf. Voisin par sa taille, sa coloration noire et rouge en dessus et les dessins
du dessous des E. mira Stichel, coccinea Bâtes et Zena Hevv. Ailes anté¬
rieures avec une grande aire rouge remplissant la cellule, la base de l’inter¬
valle 34, où elle est un peu entaillée en haut, et toute la région comprise entre
la base de l’aile, la nervure 3 et le bord dorsal, à l’exception d’une mince
bordure noire. Nervures cubitales et lb finement écaillées de noir.
Ailes postérieures à bord externe festonné, ornées près de la marge d’une
petite tache rouge, longue de 3 mm et large de 1,5 mm, entre la nervure 3
et le milieu de l’intervalle 3-lb ; champ costal gris brunâtre.
Dessous des ailes gris sombre un peu verdâtre, traversé au-delà du milieu
par deux lignes blanches extramédianes communes aux deux ailes. Aux anté¬
rieures ces deux lignes sont presque parallèles, l’externe, un peu convexe à
sa partie antérieure et concave vers le milieu, rejoint l’interne sur la nervure
lb. Ces deux lignes ne commencent pas tout-à-fait à la côte, la première part
de la nervure 10, la seconde de la nervure 8. Entre celle-ci et la marge, un
mince trait jaune orangé part de la nervure lb et remonte jusqu’à la nervure
3. Entre les deux lignes blanches et sur une faible largeur en dehors, le fond
est plus foncé, noirâtre, et on voit encore un trait blanc d’environ 4 mm de
long sur la base de la côte. Aux postérieures la première bande est un peu
moins large que son homologue des antérieures, elle descend en droite ligne
de l’extrémité de 8 sur lb qu’elle atteint aux 4/5' de sa longueur, puis re¬
monte en formant un angle aigu vers le bord abdominal ; la seconde est très
irrrégulière, elle commence sur l’extrémité de 7, descend en formant d’abord
trois festons jusqu’à la nervure 4, puis dans l’intervalle 34 se dilate en une
saillie arrivant presque au bord externe, reprend ensuite sa place entre 2-3,
s’écarte à nouveau en une saillie, plus courte que la précédente entre 2-lb,
s’amincit ensuite et remonte vers le bord abdominal parallèlement à la pre¬
mière après avoir formé un petit angle aigu au-dessus de l’angle anal. Une
ligne blanche borde la marge, de la nervure la à la nervure 3, au-delà de la-
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
149
quelle elle s’efface. Des écailles jaunes orangé forment deux petites taches
diffuses un peu avant l’extrémité des nervures lb et 2. Le fond est, comme
aux antérieures, obscurci autour et entre les lignes blanches, et passe au
noirâtre entre la seconde ligne et la marge.
Tête, avec le front, les palpes et les poils péricéphaliques jaune d’or ;
thorax et abdomen noirs en dessus, gris clair en dessous, ainsi que les pattes
(F. Le Cerf).
Envergure : 28,5 mm ; longueur de l’aile antérieure : 16,5 mm.
Holotype : 1 cf, Rio Curva, Amazone (coll. Fournier).
9. Euselasia pellos lineata n.ssp., Rebillard (PI. III, fig. 1)
Il s’agit ici d’une sous-espèce nouvelle, intermédiaire entre pellos Stichel
et Charitis Bâtes.
Face supérieure des ailes brun foncé avec un reflet légèrement violacé à
la partie baso-discale des postérieures. En dessous le dessin est voisin de celui
de pellos.
3 cf, Rio Mauès (Amazone), capturés par Fassl en 1920 (coll. Fournier).
10. Euselasia Albuma Stichel (PI. III, fig. 2)
L’exemplaire figuré ici est le type décrit par Stichel dans le Zts. Wiss.
Insect. Biologie, V, 23, p. 45, 1928. Il appartenait à la collection Larsen,
actuellement dans celle de M""’ G. Fournier de Horrack.
Holotype : 1 cf, Colombie, 14-XI-1925.
1 cf, Colombie (Muzo).
11. Euselasia Orion sp. nov., Le Cerf (PI. III, fig. 14)
Face supérieure d’un noir légèrement violacé en lumière incidente, plus
clair, presque grisâtre, sur la côte et le bord abdominal. En-dessous le fond
est gris jaunâtre à reflet soyeux.
Face inférieure. L’aire discale des antérieures est traversée par deux ban¬
des brun noir. La plus étroite et la plus foncée part de la costale près de la
nervure 11, s’incurve sur les intervalles 9-4, et descend jusqu’à lb. La bande
externe, plus large et plus floue, part de la nervure 8, parallèlement à la pré¬
cédente, et se rétrécit progressivement pour aboutir à la nervure lb.
Postérieures avec une bande de même coloration sinueuse, descendant de
la côte, en s’épaississant aux intervalles 7-5, incurvée en demi-cercle sur les
intervalles 2-lb, et le, pour se terminer au bord abdominal. Une seconde
bande descendant également de la côte traverse la région discale en s’incur¬
vant en dedans sur les intervalles 7-4. Sur les intervalles 4-3 une grande tache
noire oblongue, cernée de blanc brillant, pupillée de bleu. Suivent, en allant
vers le bord abdominal, 4 petites taches triangulaires noires cernées de blanc.
Frange du bord externe gris foncé. Tête, thorax, abdomen noirs en-dessus,
d’un gris jaunâtre en-dessous (F. Le Cerf).
Envergure : 26 mm., longueur de l’aile antérieure : 17 mm.
Holotype : 1 cf, Rio Miçay, Colombie, avril 1928 (ex coll. Fournier :
le type n’a pas été retrouvé).
Source : MNHN, Paris
PLANCHE I
Les chiffres entre parenthèses correspondent aux numéros des espèces dans
le texte.
1. Euselasia euoras Hewitson, cf. Pérou (1).
2. Euselasia Psammathe hypocala Le Cerf, Hololype. S. E. Colombie
(2).
3. Euselasia violacea Lathy, rf Holotype. Colombie (3).
4. Pachytone lateritia radiata Rebillard, 9 Holotype. Amazone : Uypi-
ranga (40).
\ 5. Echenais pulcherrima felicis Lathy, 9 Holotype. Colombie (61).
6. Calydna lusca Huebner, 9. Pérou (51).
7. Nymphidium Clearista Butler, 9. Panama (63).
8. Orimba tapaja Batesi Le Cerf, 9. Holotype. Brésil : Sanlarem (72).
9. Orimba tapaja Batesi Le Cerf, 9 Paralype. Brésil : Santarem (72).
10. Orimba tapaja atavus Le Cerf, 9 Hololype. Amazone (72).
11. Orimba tapaja tapaja Saunders, 9 Neallotype. Amazone : Rio Purrus
(72).
12. Orimba tapaja heterolypa Le Cerf, 9 Holotype. Amazone : Téffé (72).
13. Euselasia leucorrhoa uethiops Rebillard, tf. Colombie (4).
14. Euselasia Euryone aphelioles Rebillard, . Colombie (5).
15. Euselasia Fournierae Lathy, çf Holotype. Amazone : Manaos (6).
16. Comphotis delicia Lathy, 9 Holotype. Amazone : Rio Umary (38).
17. Symmachia tricolor pulchra Rebillard, (f. Pérou : Dquitos (42).
18. Calliona siaka-Lalona separala Lathy, Holotype. Colombie (62).
19. Pheles Heliconides rufotincta Bâtes, Brésil : Mundurucus ; Ilaitu-
ba, Tapajoz (26).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
151
12. Euselasia amblypodia Lathy (PI. III, fig. 15)
C’est le mâle holotype décrit par Lathy dans The Entornologist, V, 59, p.
146, 1926. Cette espèce fut décrite à nouveau par Stichel, sous le même nom
dans Dns Tierreicli, 51, p. 263, 1928.
Holotype : 1 d , San Ramon, Pérou central, 6 à 8.000 pieds, oct. 1921
(ex coll. Fournier : le type n’a pas été retrouvé).
13. Euselasia Zena Hewitson, Exot. Butt., II, fig. 74-76, 1859 (Eurygona
Bsd.)
Hewitson a décrit et figuré les deux sexes de cette espèce d’après des indi¬
vidus de sa collection et de la collection de Saunders, avec l’indication d’ori¬
gine : « Amazonas ». Le catalogue de sa collection, publié en 1879 par W. F.
Kirby, nous apprend qu’il n’y avait dans celle-ci que « deux » spécimens d’£.
Zena originaires de : « Ecuador, Amazonas », c’est-à-dire de deux loca¬
lités distinctes, ce qui semble indiquer que ces « types », et par conséquent
ceux de la collection Saunders, auraient été reçus de sources différentes. Rien
ne permet de savoir à quel sexe se réfère l’une ou l'autre localité.
En 1868, H. \V. Bâtes décrivit de Tonantins et de Sao-Paulo un Eurygona
coccinella en lui attribuant pour allotyj>e la femelle représentée par Hewitson,
(Exotic Butt. Il, fig. 75).
En 1886, O. Staudinger (Exot. Tagf., p. 188) se borne à signaler E. Zena
Hew. du Ha ut-Amazone.
Dans son grand ouvrage : « Les Macrolépidoptères du globe » (V, pl. 121 a,
1916), A. Seitz donne une description sommaire et la figure des deux sexes,
en-dessus, d’£. Zena Hew., en même temps qu’il en précise, pour la première
fois, l’habitat : « Vallée de l’Amazone, près d’Iquitos ». Il rapporte à E. Ery-
thraea Bâtes ÏE. coccinella Bâtes et ajoute à l’Equateur, localité originale
d'Erythraea, la Colombie, disant au surplus que cette espèce est très variable
pour le développement du rouge. Jusque là, et en se bornant à signaler au
passage les catalogues de Kirby et de Lewis Mencel, parus dans l’intervalle
et qui n’ont rien ajouté à ce que l’on savait alors, la connaissance d'E. Zena
est restée des plus sommaires. Ses progrès sont entièrement dus à H. Stichel
qui a traité à plusieurs reprises de l’espèce en question.
Cette espèce, qui semble aujourd’hui bien connue, pose d’intéressants pro¬
blèmes d’évolution et mérite d’être étudiée en détail. Stichel la place dans
sa « section » des Oligocladii » et en fait la dernière espèce de sa cohorte
des « geloniijormes » qui, en dehors de YE. Zena , comprend : E. Charitis
Bâtes, c’est-à-dire une espèce à dessin bleu en-dessus et trois espèces à dessin
rouge. Or, la cohorte précédant immédiatement celle-ci, celle des « euritiijor-
mes », est constituée par quatre espèces à dessin bleu : E. Euriteus Cr., E.
gration Seitz, E. uzita Hew., E. corduena Hewitson.
Or, les espèces de ces deux cohortes ont la face inférieure des ailes ornée
de dessins composés des mêmes éléments, et si homogènes qu'on en suit,
sans hiatus, la modification d’une espèce à l’autre, preuve évidente de leur
proche parenté phylétique.
i Muséum. — Zoologie t. XV.
Source : MNHN, Paris
152
P. REBILI.ARD
Cet exemple d’un phyllum divisé en deux « cohortes », montre une des
faiblesses qu’on relève çà et là dans le système de classification adopté par
Stichel. A l’intérieur des grandes coupes que sont les « sections » le mor¬
cellement y est excessif et les cohortes présentées sur un pied d’égale valeur
font perdre de vue la réalité de phyllums bien distincts dont l’enchaînement
ne se suit plus.
Le groupe à établir parmi ces Euselasia devrait remonter plus haut si l’on
veut vraiment reconstituer une série phylétique. On doit réunir, dans une
seule cohorte, les espèces dont l’ornementation de la face inférieure est cons¬
tituée par deux ou trois lignes transversales claires parallèles, communes aux
deux paires ; la dernière présente, aux ailes postérieures, un décrochement
en arc dans l’intervalle 3-4, un parcours en W dans sa partie terminale ; elle
est suivie extérieurement d’un dessin submarginal orangé en forme de trian¬
gle ou de bande dentée. A la face supérieure les mâles diffèrent beaucoup
entre eux, comme on l’a vu plus haut, montrant que la segrégation qui les a
écartés du type primitif commun s’est exercée, pour cette face des ailes, dans
des directions divergentes. Tous ont le dessus d’un noir profond, mat, avec
un seul dessin simple : bande ou tache bleue ou rouge. Chez toutes les espè¬
ces le dimorphisme sexuel est très accentué, les femelles ne ressemblent jamais
aux mâles en-dessus, elles sont semblables à ceux-ci pour l’essentiel, et parfois
le détail du dessin de la face inférieure, avec un fond de même couleur ou
de coloration généralement différente, mais à l’inverse des mâles elles se
ressemblent à tel point entre elles, dans certains cas, qu’il est difficile de les
apparier à leur propre mâle. On y parvient, (sans certitude d’ailleurs) par
l’utilisation de détails minimes.
En 1919 ( Dsch. ent. Zeits., p. 1641, Stichel écrit : « Les exemplaires typi¬
ques de cette espèce ne possèdent qu’une bande noire étroite qui se détache
sur le rouge éclatant de l’aile antérieure, et une petite tache sur l’aile posté¬
rieure qui est noire. La collection Staudinger, au Musée zoologique de Ber¬
lin, conserve deux exemplaires de Fonteboa chez lesquels le rouge de l’aile
antérieure est notablement réduit par du noir, en partant de l’apex, et un
peu entaillé par les nervures. Chez un autre exemplaire de Pachitea (Pérou),
la tache rouge de l’aile inférieure est d’une taille double de la normale, et
chez un autre, de Manicoré, elle est aussi plus large et plus allongée vers
l’avant. Ce genre de variation atteint son extrême dans un exemplaire, éga¬
lement de Pachitea, chez lequel le rouge, à l’aile antérieure, est en régression
depuis l’apex et également depuis la base. Cela forme un triangle à peu près
équilatéral dont la pointe se trouve presque à l’extrémité de la cellule. Le
rouge de l’aile inférieure est étendu à une large zone allongée atteignant en
avant la nervure radiale postérieure. Le champ anal du dessous est plus inten¬
sément et plus largement rouge. Je nomme cette magnifique variété : Zena
f. bellis ».
« Du fait de cette variation considérable du rouge aux deux ailes, qui est
indépendante des localités, la supposition suivante est fondée que coccinella
Bâtes n’est également qu’une forme femelle de Zena, d’autant plus que dans
le matériel que j’ai eu à ma disposition je n’ai trouvé aucun mâle qui cor¬
responde à cette espèce supposée. Quelques femelles correspondant bien à
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
153
la figure de Hewitson (Eurygona [8,75] = coccinella Bâtes) varient égale¬
ment pour la taille des taches rouges.
« La collection Staudinger contient en outre un vieil exemplaire très abî¬
mé d’ Herrich-Schaeffer que je considère aussi comme une forme femelle
de Zena. Je la nomme : Zena f. frivola. Ailes antérieures toutes brunes, champ
anal de l'aile postérieure jaune d’ocre (peut-être tourné au jaune mais pri¬
mitivement rouge). Dessous comme Zena d* (= coccinella Bâtes), mais à
l’aile postérieure la seconde bande brune, en partant de la base, est décolorée
en jaune et forme entre la médiane moyenne et la médiane antérieure une
saillie obtuse et en forme de dent contre le bord distal ; les taches brunes
submarginales sont placées plus près du bord et sont plus largement sépa¬
rées par du blanc de la bande transversale jaune ».
C’est la première fois que E. Zena se trouve étudiée sur de nombreux
exemplaires et qu’on y relève une variabilité jusqu’alors inconnue, « consi¬
dérable » et indépendante des localités. Mais Stichel n’indiquant des loca¬
lités précises (Fonteboa, Manicore et Pachitea) que pour les cinq mâles qu’il
considère comme différents de la forme typique, on ignore si d’autres lieux
de capture de celle-ci figuraient parmi son matériel. On notera que Stichel
englobe dans sa f. bellis l’individu de Manicore et les deux de Pachitea dont
un, celui qui est décrit le dernier et en détail, est évidemment le « type ».
Mentionnons ici que dans le même travail Stichel écrit que E. erythraea
Bâtes est une bonne espèce, certainement distincte de Zena — outre la colo¬
ration — « par des différences dans l’appareil génital ». Mais il ne précise
pas ces différences.
Etudiant des Riodinidae récoltés par Hugo C. Boy (Zts. 1ns. Biologie, 19,
p. 249, 1924) Stichel traite à nouveau d’E. Zena d’après des échantillons
provenant tous de Manicore et capturés d’août à octobre, en même temps
qu’E. eulaea Hew. Il rappelle que, comme il l’a dit en 1919 (l.c.) les mâles
sont très variables pour le développement du rouge sur chaque aile. Dans la
quantité d’exemplaires qu’il connaît la tache rouge des ailes antérieures est
plus ou moins réduite en partant de l'apex et la grandeur de la tache des ailes
postérieures atteint son maximum dans la f. bellis. Cette dernière tache peut
manquer complètement, et il nomme cette nouvelle variété f. mira. Les femel¬
les de l’espèce ont, en-dessous, le champ proximal jaune d’ocre, la grandeur
des taches rouges du dessus est variable. Une des femelles qu’il a sous les
yeux a les taches plus petites que sur la figure qui représente l’original —
de Hewitson — que Bâtes tenait pour une espèce différente ( coccinella). Et
il ajoute : « ...aussi coccinella d 1 ne peut rester que seulement comme une
forme secondaire d'E. Zena avec les taches des ailes antérieures réduites ».
Les travaux précédents n’étaient que des préliminaires à la Monographie des
« Nemeobiinae », parue en 1928 (Das Tierreich, Lief., 51), œuvre magistrale
et la plus récente dans laquelle est traitée E. Zena. Confirmant ses travaux
antérieurs Stichel distingue dans celle-ci quatre formes individuelles du
mâle : principalis (c’est-à-dire Zena typique), coccinella Bâtes, bellis Stichel,
mira Stichel, et deux de la femelle : principalis ( = coccinella Bâtes), fri¬
vola Stichel, toutes sous l’indication commune d’origine : « Amazonas ».
L’espèce est dite très variable pour le développement du rouge, avec toutes
les transitions entre les extrêmes.
Source : MNHN, Paris
154
>. REBILLARD
J’ai en mains, outre ceux que j’ai examinés ailleurs, une longue série
d’exemplaires des deux sexes, dont une partie a la même origine que ceux
étudiés en 1924 par Stichel : Manicore V1II-X, ex Hugo C. Boy. D’autres
proviennent de A. H. Fassl et des chasseurs qui, à sa suite, ont exploré l’Ama¬
zone : Strympl, Klug, Kruger, etc., quelques-uns sont d’origine diverse.
D’abord il semble aisé de retrouver dans cet ensemble toutes les formes
distinguées par Stichel d'après le développement du rouge, mais un examen
attentif révèle qu'à ces différences en apparence si frappantes s’en ajoutent
de moins visibles et plus constantes ne concordant pas souvent avec elles.
On a d’ailleurs pu remarquer qu’à l’exception de la f. bellis, Stichel n’a
fait état d’aucun détail de la face inférieure des ailes, ni même de la coupe
de celles-ci pour les formes qu’il a distinguées par des noms. En ce qui con¬
cerne la femelle, et en dehors de la f. jrivola, il n’a relevé aucune particu¬
larité autre que la variabilité dans la grandeur des taches rouges en-
dessus, et n’a pas donné d’autre renseignement sur la face inférieure que la
coloration jaune d’ocre de l’aire proximale, déjà mentionnée par Hewitson
et Seitz. Après avoir fait de coccinella Bâtes un synonyme de Zena femelle
typique, qui est la forme de ce sexe avec les dessins rouges du dessus les plus
développés, il lui rapporte comme mâle une forme où l’aire rouge des ailes
antérieures est la plus réduite (un tiers de la surface de l’aile). Enfin, à aucun
moment il n’a fixé les limites de répartition de cet Euselasia.
L’analyse détaillée des caractères étudiés sur notre matériel ou tirés des
publications des auteurs précédents conduit à distinguer, dans l’ensemble
« F.. Zena », les formes suivantes, dont nous étudierons successivement sépa¬
rément, pour plus de commodité, les mâles d’abord, puis ensuite les femelles.
a) Zena Zena f. typ., Hewitson, Exot. Butt., II, fig. 74, 76 (1859).
D’après les figures originales ce « type » a les ailes antérieures triangu¬
laires, un peu tronquées, arrondies à l’apex, avec le bord externe rectiligne
de la nervure 5 à l’angle dorsal, les postérieures ovalaires, à bord externe
régulièrement convexe et portant trois festons légers, mais nets à l’extrémité
des nervures 2, 3 et 4.
Aux ailes antérieures le rouge ne laisse qu’une bordure périphérique noire
large d’environ 1,5 mm au milieu de la côte, de 5 mm à l’apex, et de 1,5 à 2
mm au bord externe. A la base de l’aile le rouge est rétréci par un élargisse¬
ment du noir de la côte, qui rejoint un triangle de même couleur finissant en
pointe le long du bord dorsal. La base même de l’aile paraît noire et l’angle
que forme le rouge entre la base des nervures principales ombré, ou sablé
de noir. L’ensemble du rouge affecte donc la forme d’un grand triangle sui¬
vant antérieurement la radiale, postérieurement le bord dorsal, et réguliè¬
rement arrondi extérieurement avec, toutefois, une très mince et courte
entaille qui paraît produite par un écaillement noir sur la nervure. Les ailes
postérieures portent une tache arrondie, longue de 4 mm et large de 3,5 mm,
placée à 4 mm du bord externe.
Le dessous des ailes est gris foncé (Hewitson dit « grey brown ») de la
base au milieu, noir ensuite jusqu’au bord terminal. Sur ce fond se détachent:
à la base un court trait costal longitudinal blanc : sur le noir du disque
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRIC/
155
deux lignes blanc pur, égales, larges d’environ 1 mm, presque parallèles,
coupées antérieurement de noir par les nervures, commençant un peu au-
dessous de la côte et se rejoignant en courbe régulière près de l’angle anal.
L’espace entre ces deux lignes — 1,5 mm — est à peu près égal à celui qui
sépare la seconde du bord externe ; l’espace terminal, un peu éclairci anté¬
rieurement, est divisé dans sa moitié inférieure par une ligne orange. Les
postérieures portent deux lignes blanches ; la première, qui correspond à la
proximale des antérieures, est un [jeu plus mince que celle-ci, coupée de noir
par les nervures, rectiligne de la côte à la nervure 2 où elle s’amincit, puis
se recourbe vers l’intérieur en un crochet simple et court ; la seconde, de
même largeur, écartée d’environ 2 mm à sa partie antérieure de la précédente,
vers laquelle elle converge en arrière, se divise en un tronçon rectiligne divisé
en trois par les nervures, d’un arc placé en dehors de l’alignement et dont
le sommet arrive très près du bord de l’aile. Il est à cheval sur la nervure
5 et à moitié en-dessous de la troisième tache du tronçon antérieur ; enfin
le dernier tronçon, de largeur inégale, sinué, d’abord incurvé en dedans entre
34, coupé par la nervure 2 au-dessous de laquelle il dessine un étroit S
parallèle au crochet terminal de la première ligne. Entre cette seconde ligne
et la marge on voit deux triangles oranges, à cheval sur les nervures 2 et 3,
reliés étroitement par leurs bases, et enfin, parallèlement au bord, une mince
ligne marginale jaune d’ocre entre l’angle anal et la nervure 3. Les franges
des deux paires sont entièrement noires.
La caractéristique principale de cette face des ailes est le vif contraste entre
la coloration très sombre du fond et les dessins blancs d’une part, et de
l’autre le développement modéré des triangles submarginaux oranges. On
notera que la fig. 76 de Hewitson présente des anomalies qui ne sont, bien
certainement, que des erreurs de pinceau des coloristes. Ce sont, aux ailes
postérieures, l’achèvement en crochet court de la première ligne blanche qui,
en réalité, doit remonter droit entre lb-la, l’arc décalé de la seconde ligne
et la coloration jaune d’ocre de la ligne marginale, qu’il y a tout lieu de
croire blanche.
Envergure : 37 mm environ, longueur de l’aile antérieure : 18 mm.
Type : 1 d 1 « Amazon » (coll. Hewitson).
Je n’ai jamais vu d’exemplaire concordant avec ce « type », surtout pour
le développement du rouge à la face supérieure. La forme qui s’en rappro¬
cherait le plus serait celle figurée par A. Seitz (l.c.,) quoique le rouge y soit
moins largement développé aux deux paires, et qui proviendrait de la région
d’Iquitos, au Pérou. Il est à remarquer que cette localité, située sur la rive
nord de l’Amazone, est la plus orientale de celles, placées sur le grand fleuve,
d’où nous sont venus des représentants d ’E. Zena. C’est aussi la plus rap¬
prochée du Rio Napo (Equateur) d’où le Muséum de Paris possède une
femelle semblable à la figure originale de ce sexe, dont il sera question plus
loin.
Armure génitale. — Un peu comprimée transversalement. Tégumen deux
fois et demie plus large que long, avec les côtés dilatés en lobe arrondi dans
leur moitié proximale. Uncus un peu plus large que long, profondément
entaillé en angle au bord distal et divisé ainsi en deux lobes triangulaires
Source : MNHN, Paris
156
I». REBILLARD
arrondis portant, dessus et dessous, une pilosité assez fine et longue ; subunci
en crochet à branche libre graduellement amincie, terminée en pointe mousse,
branche articulaire plus courte, plus épaisse, arrondie à la base, la courbure
réunissant ces deux branches un peu anguleuse extérieurement. Connectifs
latéraux fortement chitinisés, en lame presque égale, très écartés à leur inser¬
tion sur le tégumen, en arrière et un peu en dedans des expansions latérales
de celui-ci ; vers le bas ils se rapprochent et se soudent au saccus, qui a la
forme d'un simple bouclier semi-ovalaire, sans prolongement proximal. Valves
obliques, à côté subparallèles, bord supérieur court, bord inférieur deux fois
un quart plus long que le précédent, légèrement renflé vers le milieu, bord
Fig. 3-6. — Valves de l’appareil génital de : 3. Euselasia Zena bellis. — 4.
Zena Zena. — 5. E. Zena coccinella. — 6. Zena coccinea. (dessins de
F. Le Cerf).
terminal étroit, tronqué arrondi, avec l’angle inférieur prolongé en pointe
mousse, l’ensemble figurant une tête d’oiseau. Bord proximal articulaire très
long, courbe, renforcé à sa partie inférieure interne par un cordon chitineux
maintenant les valves très rapprochées et par lequel elles sont soudées à leur
angle inférieur ; pilosité peu abondante, formée de longs poils sur le tiers
terminal externe et le long du bord interne et d’autres, plus courts, à la face
interne sous le bord supérieur. Fultura supérieure représentée par un épais¬
sissement chitineux lancéolé, surmonté d’une petite saillie en bouton. Fultura
inférieure réduite à un simple renforcement lamelleux de la membrane. Pénis
volumineux et long, cylindrique, un peu comprimé transversalement vers l’ex¬
trémité, portant un léger renflement médian, un autre, asymétrique, à gauche,
près de la base ; fortement chitinisé distalement il devient graduellement mem¬
braneux du côté proximal et cette région se plisse irrégulièrement, et plus
fortement à gauche qu’à droite, ce qui lui donne un aspect oblique ; coecum
entièrement membraneux, largement ouvert, surmonté d’une légère saillie en-
dessus, près de la base. Méat très particulier, constitué par une longue fente
rectiligne coupant en-dessus et presque jusqu’au milieu la partie chitinisée
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS 157
et dans un enroulement de celle-ci en dedans ; vesica volumineuse, fortement
plissée et portant une longue plaque chitineuse creusée de sillons obliques
et garnie de spinules (fig. 3 à 7) (F. Le Cerf).
b ) Zena ictina. f.n., Rebillard
Ailes ayant la même forme que chez le « type ». Antérieures, en-dessus,
avec le rouge plus développé ; il comble entièrement la cellule et remplit
l’intervalle 5-6, sauf à sa partie supérieure, jusqu’à 3 mm du bord externe,
puis descend en courbe régulière, légèrement festonnée, sur les nervures,
jusqu’à l’angle dorsal où il s’arrête net ; entre les nervures 3 et lb la bor¬
dure noire est très mince, n’atteignant qu’environ 0,75 mm ; sa largeur ma-
xima, à l'apex, ne dépasse pas 4 mm ; une faible expansion du noir de la
côte entaille légèrement le rouge dans la base de l’intervalle 5-6. Pas de
dessin basal noir, cette couleur n’apparaissant qu’au dessous de la racine de
lb, sur 1 à 1,5 mm de long, de sorte que le rouge arrive en pointe fine jusque
dans l’angle formé à leur base par la radiale et la cubitale. Les ailes pos¬
térieures portent une petite tache rouge en rectangle irrégulier, longue de 1,5
mm et large de 2,5 mm, placée obliquement de la nervure 3 au delà de la
nervure 2, point où elle est rapprochée de moins d’un millimètre de la marge ;
elle n’est pas coupée de noir par la nervure 2.
Dessous très voisin, dans l’ensemble, de celui du « type » avec les diffé¬
rences suivantes : fond moins foncé et moitié distale moins noire ; lignes
blanches des antérieures semblables, la première un peu moins large que la
seconde à sa partie antérieure ; ligne submarginale orange plus fine et moins
longue. Aux postérieures la première ligne blanche se termine par un trait
récurrent rectiligne, s’arrêtant sur la nervure lb ; le premier segment de la
seconde ligne blanche semblable à celui du « type », c’est-à-dire compris
entre les nervures 7-4, est divisé en trois par le noir écaillant les nervures
5-6, l’arc — exactement compris entre les nervures 4-3 — finement relié par
ses extrémités aux deux autres secteurs ; troisième secteur constitué par une
partie élargie et un peu incurvée entre 3-2, un arc court, dilaté vers son som¬
met, entre 2-lb, et un trait récurrent semblable et parallèle à celui de la
première ligne. Triangles subterminaux oranges comme chez le « type »,
c'est-à-dire de même dimension modérée, reliés à la base par une ligne
mince qui ne se prolonge ni en avant ni en arrière ; ligne submarginale
blanche, nette depuis la jusqu’à 2, atténuée et obsolète au delà, où elle est
simplement prolongée par un éclaircissement grisâtre du fond. Franges des
deux paires entièrement noires (P. Rebillard).
Envergure : 30 mm ; longueur de l’aile antérieure : 17 mm.
Holotype : 1 cf, U (pper) Amazone, ex coll. Leeman.
En dehors du « type » d’E. Zena de la coll. Hewitson, que je ne connais
pas en nature, cette forme est la seule dont je n’ai vu qu’un seul individu.
Il est regrettable qu’il ne soit pas pourvu d’une localité précise car il est peu
probable qu'il provienne de la même région que le véritable Zena, dont il
se distingue si nettement par la forme et l’extension du rouge.
Source : MNHN, Paris
158
P. REBILLARD
c) Zena libanochra f. nov.. Rebillard
Semblable à la précédente pour la forme des ailes, mais les festons des
ailes postérieures si réduits qu’ils sont à peine indiqués. Caractérisée par
l’extension, aux ailes antérieures, du noir qui atteint 2,25 mm à la côte,
5, 5-6 mm à l’apex, 2,25 mm au bord externe, et couvre la base sur 3 mm
de large, d’où il descend obliquement jusqu’au milieu du bord dorsal ; il
comble la partie antérieure de la cellule, suit la nervure 5 jusqu'au milieu et
descend en courbe régulière jusqu’à l’angle dorsal où il s’élargit un peu en
se recourbant. En outre il s’allonge en ligne continue sur la cubitale et la
nervure 4, entaille extérieurement le rouge par des pointes allongées sur les
nervures lb, 3 et 4. Aux ailes postérieures, la tache rouge, placée à plus de
1 mm de la bordure, est divisée par la nervure 2 écaillée de noir. La tache
principale, entre 2-3, est à peu près carrée, un peu excavée du côté distal et
convexe proximalement, elle mesure 2-2,25 mm de long sur 1-75-2 mm de
large ; la tache accessoire n’est qu’un court trait de 2 mm de long sur 0,5 mm
de large.
Dessous presque aussi sombre que chez Zena « type », les lignes blanches
moitié moins larges, celles des antérieures atténuées antérieurement et ne se
réunissant pas sur la nervure lb mais au-dessous de celle-ci ; trait orangé
subterminal des antérieures absent ou faiblement indiqué par quelques écail¬
les au milieu de l’intervalle lb-2 ; traits récurrents, triangles orangés et lignes
blanches des postérieures comme chez la f. précédente. Franges des deux
paires toutes noires (P. Rebillard).
Envergure : 33-34 mm ; longueur de l’aile antérieure : 18-19 mm.
Holotype : 1 d 1 , Téffé, Amazone ; Paratype : 1 cf, Haut Amazone, ex
O. Staudinger et A. Bang-Haas, 1907 (coll. E. Boullet < Muséum de
Paris).
Les deux exemplaires ci-dessus sont si semblables entre eux qu’il est pro¬
bable que celui qui a été vendu à E. Boullet provient, comme le spécimen
de la collection Fournier, de Téffé, localité d’où Staudinger a pendant long¬
temps reçu des envois considérables et réguliers. On j>eut admettre égale¬
ment que les deux mâles de Fonteboa, de la coll. Staudinger, signalés par
Stichel en 1919, chez lesquels le rouge est réduit et entaillé par les nervu¬
res, se rapiwrte à la même forme, Fonteboa se trouvant dans la même région
que Téffé, aussi sur la rive sud de l’Amazone et à peu de distance de cette
ville.
d) Zena meconites f. nov., Rebillard
Même forme d’ailes que les précédentes, toutefois les postérieures ont les
festons mieux marqués. Aux antérieures le rouge remplit complètement la
cellule, ou empiète légèrement sur son bord antérieur ; au-delà il est fortement
réduit par l’extension du noir de l’apex qui le coupe brusquement, en formant
un cran ou une marche — au niveau des discocellulaires, puis il rejoint la
nervure 5 à une distance qui varie du tiers à la moitié de sa longueur ;
il continue obliquement, presque en ligne droite jusqu’au milieu ou aux 4/5'
de la nervure 3, et ne laisse de celle-ci au bord dorsal qu’une mince bordure
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
159
large environ de 1 mm ; il y a un peu de noir sous la base de la nervure
lb, et un léger obscurcissement entre les bases de la cubitale et de la radiale ;
largeur maxima du noir, de l’apex aux discocellulaires : 9-9,5 mm. Tache
rouge des ailes postérieures petite, étroite, rectangulaire, longue de 1-1,25 mm
et large de 2,5 mm, en partie à cheval sur la nervure 2 comme chez les formes
précédentes.
En dessous même tonalité générale que dans la f. décrite, lignes blanches
des deux paires un peu plus minces, trait submarginal orange des antérieures
présent, mais un peu variable en longueur ; triangles subterminaux oranges
des postérieures réunis par une ligne ordinairement un peu plus forte et qui
tend à se prolonger en avant et en arrière (P. Rebillard).
Envergure : 29-34 mm ; longueur de l’aile antérieure : 16-19 mm.
Holotype : 1 G*, Manicore, Rio Madeira, Brésil, f. sec. Paratypes : 3 cf,
même localité.
Un mâle du Rio Curua (original de la fig. 14 pl. II), diffère de ceux de
Manicore par les ailes antérieures à bord externe un peu incurvé, les posté¬
rieures à bord externe moins convexe et à festons plus fortement marqués.
En dessous les lignes blanches des ailes antérieures sont plus larges, la
seconde distinctement incurvée ; aux postérieures les triangles subterminaux
oranges séparés et presque effacés.
Envergure : 28,5 mm ; longueur de l’aile antérieure : 16,5 mm.
Il n’est pas douteux que c’est cette forme que Stichel a rapportée, d’après
les spécimens de Manicore recueillis par Hugo Boy, à Zena typique. C’est
une erreur. Pas plus que les précédentes elle ne se réfère à la forme originale
de Hewitson, comme il est facile de s’en assurer. Elle est constante, j’en ai
vu beaucoup d’individus, tous de Manicore, sur lesquels on ne relevait aucune
différence appréciable.
L’exemplaire du Rio Curua appartient sans conteste à cette race, mais
comme il est unique on ne peut savoir s’il représente autre chose qu’une forme
individuelle. Sa provenance exacte est actuellement impossible à fixer, car il
y a sur la rive nord de l’Amazone un Rio Curua. entre Santarem et Obidos,
un autre Rio Curua sur la rive sud de l’Amazone, près le Rio Jurua, qui est
aussi dénommé Curua sur une partie de son cours. C’est cet exemplaire qui a
reçu le nom de Gelisae (pl. Il, fig. 14) (vide supra, n° 8).
e) Zena mira Stichel
Ailes antérieures de même forme que chez les précédentes, postérieures à
bord externe un peu plus arrondi et festons peu accentués. En dessus les anté¬
rieures ont la base étroitement noire, cette couleur descendant obliquement au
bord dorsal sur une longueur d’environ 2 mm ; antérieurement le noir couvre
le tiers supérieur de la cellule jusqu’à l’angle, d’où il se dirige obliquement
sur la nervure 4. qu’il coupe au 1/6' environ de sa longueur, et de là descend
en arc un peu irrégulier jusqu’à l’angle dorsal en laissant une bordure noire
terminale, large de 1-1,3 mm, du milieu de l’intervalle 3-2 à l’angle. Posté¬
rieures uniformément noires, sans trace de rouge.
Dessous des antérieures nettement plus foncé sur le champ distal ainsi que
Source : MNHN, Paris
160
P. REBILLARD
les postérieures, où cette partie de l’aile est presque noire. Lignes blanches des
antérieures plus larges que chez toutes les formes précédentes, inégales, la
première deux fois plus large que la seconde : elles ne s’unissent pas infé¬
rieurement, mais restent séparées jusqu’au bord dorsal ou tout près, la pre¬
mière se fondant dans une éclaircie blanchâtre qui se diffuse jusqu’au dessus
de lb ; trait subterminal orangé net, allant de l’angle à la nervure 3. Posté¬
rieures avec les lignes moins larges qu’aux antérieures, le trait récurrent qui
les termine très oblique, celui de la première ligne prolongé au-delà de la
nervure la ; triangles subterminaux oranges d’un ton moins vif que chez les
autres formes, apparaissant comme des saillies d’une bande de même couleur,
assez large, formant aussi une pointe sur la nervure 3 et remontant au-delà
de la nervure la jusqu’au milieu du bord abdominal qui est bordé de blan¬
châtre sur toute sa longueur. Franges des deux paires entièrement noires.
Envergure : 27 mm ; longueur de l’aile antérieure : 15-16 mm.
1 cf, Manicoré, Rio Madeira, Brésil, VIII-X ; 1 cf, Pirahyba, Rio Madei-
ra, Brésil, X.
Aucun doute que ces exemplaires correspondent exactement à la f. mira
Stichel, puisque l’un d’eux provient des récoltes du même chasseur, de la
même localité et de la même date que le « type » de Stichel.
Pirahyba est situé sur le Rio Madeira, à environ 230 kilomètres au sud-est
de Manicoré, à plus de 400 kilomètres de la frontière du Pérou. L’individu de
cette localité est semblable à celui de Manicoré.
/) Zena coccinella Bâtes
Ailes nettement plus arrondies que chez toutes les autres formes ; anté¬
rieures à bord externe légèrement convexe de l'apex à la nervure 2 et oblique
au dessous de celle-ci ; postérieures à angle anal également plus arrondi et
festons peu accentués. Aux antérieures le noir occupe une large surface à la
base de l’aile, atteignant 4-4,5 mm sur la radiale où il forme une pointe attei¬
gnant la base de la nervure 2, et se raccordant au bord dorsal par une large
courbe arrivant plus ou moins près du milieu de ce bord ; antérieurement
il couvre obliquement plus de la moitié de la cellule, puis se rétrécit au-delà
jusqu’à la neryure 6 ; à l’apex sa plus grande largeur ne dépasse pas 4 à
5 mm ; de la nervure 6 il redescend en courbe régulière jusqu’à l’angle anal,
où il s’élargit un peu et au delà duquel il se prolonge sur le bord dorsal en
pointe graduellement atténuée, de sorte qu'il n’est nulle part parallèle au bord
externe, où sa plus faible largeur, dans l’intervalle 3-2, est d’au moins 1 mm.
Le résultat de ce développement particulier du noir c’est de donner à la plage
rouge un aspect oblique, et plus ovalaire que triangulaire, avec un arron¬
dissement caractéristique devant l’apex et un autre au bord dorsal, sous la
nervure lb. Postérieures avec une tache rouge carrée, un peu arrondie à sa
partie antérieure, longue de 1,5-3 mm et large de 2,75 mm, placée à 0,5 mm
de la bordure de l’aile. Dessous gris, seulement un peu plus foncé sur la région
distale aux ailes antérieures, plus contrasté aux postérieures. Lignes blanches
des deux paires assez fortes, égales, celles des antérieures presque parallèles,
à peine convergentes en arrière où elles se perdent dans un lavis blanchâtre
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
161
sans s’unir nettement ; trait orangé antéterminal plus ou moins mince, attei¬
gnant la nervure 3. Aux postérieures les lignes blanches sont aussi larges
que celles des antérieures. Le trait récurrent qui les termine remonte plus
obliquement sur lb et est parfois surmonté d’un court trait orange entre lb-
la ; triangles submargiuaux oranges grands, unis par une large bande basale
atteignant en avant la nervure 3 et prolongée postérieurement en ligne mince
jusqu’à la nervure la ; une ligne supplémentaire de même couleur, continue
ou interrompue, existe aussi entre les nervures 4-5 ; bord abdominal nette¬
ment bordé de blanchâtre ou de blanc pur presque jusqu’à la base, cette cou¬
leur atteignant, en avant, au moins la nervure 3. Franges des deux paires
entièrement noires.
Envergure : 25 mm ; longueur de l’aile antérieure : 15 mm.
Appareil génital (fig. 5).
Types : British Muséum.
Fig. 7. — Euselasia Zena coccinea Baies. Appareil génital : pénis. —
Manicoré : Iquilos N° 13 g. (dessin de F. Le Cerf)
g) Zena coccinea Bâtes
Caractérisée par l’extension considérable du noir aux ailes antérieures où
le rouge ne forme plus qu’une tache arrondie.
Ce mâle correspond bien à la description originale de Bâtes, non seule¬
ment pour le dessin, mais aussi pour la faible taille et la provenance. Comme
le pensait Stichel ce n’est qu’une forme individuelle de coccinella et non de
Zena. La collection Fournier contient des exemplaires de transition, reliant
graduellement la f. coccinella à la f. coccinea, plus commune, plus constante
et qui est certainement le type normal.
11 est très remarquable que coccinella soit la seule des formes du complexe
Zena dont l’habitat s’étende sur une aire considérable : du Rio Madeira
moyen — loin au sud de l’Amazone — jusqu’au Rio Putumayo supérieur,
sur les contreforts de la Cordillère orientale en Colombie, sans donner, sur
cette vaste étendue, de races distinctes. C’est cependant la plus instable, car
on peut y relever une variation légère dans le développement de la tache
rouge des ailes postérieures qui peut être un peu réduite en longueur (Sao
Paulo d’Olivença) ou un peu agrandie, avec tendance à dépasser la nervure
3 (Putumayo supérieur) ; pour l’écartement des lignes blanches du dessous
des antérieures, dont la deuxième peut être un peu plus rapprochée du bord
Source : MNHN, Paris
162
P. REBILLARD
externe en même temps que disparaît le trait subterminal jaune orangé et
que s’atténuent les triangles submarginaux orangés des postérieures (Putu-
mayo supérieur) ; par la présence, indépendante ou simultanée, d’une ligne
supplémentaire orangée entre 4-5 ou d’un trait de même couleur — qui ne
se rencontre chez aucune autre forme — au-dessus du trait récurrent termi¬
nal de la première ligne (Manicore, Iquitos) ; enfin et surtout par les diffé¬
rences considérables de développement du rouge à la face supérieure des ailes
antérieures.
Appareil génital (fig. 6 et 7).
h) Zena conspicua f. nov., Lathy
Ailes antérieures de même forme que chez Zena Stichel, les postérieures
à bord externe moins convexe que chez toutes les formes précédentes, pres¬
que rectiligne entre 6-3 et avec tous les festons distincts. Aux ailes anté¬
rieures le rouge comble entièrement la cellule ; de l’angle antérieur de celle-ci
il décrit une courbe régulière, un peu festonnée, coupant la nervure 4 à 2 mm
environ de sa base, et aboutit à l’angle dorsal en laissant une bordure noire
rectiligne entre les nervures 2-lb. La largeur du noir, entre l’apex et la limite
du rouge sur la nervure 4 est de 7-7,5 mm ; à la base de l’aile le noir forme
une courte tache estompée, oblique, de la cubitale au bord dorsal où elle
mesure environ 4 mm. Postérieures noires avec une bande rouge irrégulière¬
ment ovalaire, longue de 6,5 à 7,5 mm et large d’environ 4 mm, descendant
du milieu de l’intervalle jusqu’auprès de la nervure lb, ne laissant au bord
externe, entre lb-3, qu’une très fine ligne marginale noire.
Face inférieure plus claire et lignes blanches des deux paires plus larges
que chez toutes les autres formes. Aux antérieures la première ligne est de
près d’un quart plus large que la seconde, qui est elle-même un peu atténuée
antérieurement ; ces deux lignes sont distinctement convergentes vers l’arrière
et ne se réunissent pas à leur partie inférieure, mais se prolongent confusé¬
ment au-dessous de lb et disparaissent dans l’éclaircissement blanchâtre du
champ dorsal. Trait orangé fin, net, de lb à 3. Postérieures à lignes blanches
fortement rapprochées en arrière, sur lb ; l’arc blanc, entre 4-3, anguleux,
allongé en fer de lance dont la pointe vient se tronquer juste sur la marge
de l’aile ; saillies de la même ligne, entre 2-lb et lb-la, fortement pronon¬
cées et formant par leur contour externe un W très anguleux ; trait terminal
récurrent de chacune des lignes prolongé par dessus la nervure la, au delà
de laquelle ils se confondent en une ligne blanche unique, plus ou moins
nette, remontant loin vers la base de l’aile ; triangles oranges grands, portés
par une large bande de même couleur relevée en pointe sur la nervure 3 —
jusqu’à toucher l’arc blanc — et prolongée postérieurement sur plus d’un
tiers du bord abdominal ; antérieurement, l’orangé forme une autre ligne
marginale, relevée en pointe à chaque extrémité, de la nervure 4 au delà de
la nervure 5 ; ligne marginale blanche nette de la base de l’aile jusqu’au delà
de la nervure 3. Franges des deux paires entièrement noires (P. Lathy).
Envergure : 28,5-30 mm ; longueur de l’aile antérieure : 15,5-18 mm.
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
163
Holotype : 1 cf, Manicore, Rio Madeira, Amazone (Brésil) ; paratypes :
6 cf, même provenance et 1 cf, Santarem, Amazone (Brésil).
Cette forme est constante, j’en ai vu de nombreux exemplaires, tous con¬
formes à la description ci-dessus. C’est elle que, dans son Mémoire de 1924
(Le.), Stichel rapporte à son Euselasia Zena bel lis. dont il a été question
plus haut.
Genre HELICOPIS Fabricius
14. Helicopis Coria sulphurea f. indiv., Lathy (PI. II, fig. 8)
Caractérisée par la teinte jaune soufre de toutes les parties normalement
blanches, en-dessus et en-dessous des ailes. Ce jaunissement est seulement
atténué dans la région antéro-externe de l’aire discale des ailes antérieures.
Envergure : 32 mm ; longueur de l'aile antérieure : 21 mm.
Holotype : 1 cf, Amazone : Para (T. T. Dyer) (coll. Fournier de Hor-
rack).
Ce spécimen fait partie d’une petite série de douze mâles et de cinq femel¬
les. Il nous a paru nécessaire de lui donner un nom, car c’est la première fois
que nous constatons un cas de variation de cette nature dans le genre Heli¬
copis. Il nous est passé des centaines d’individus de ces insectes sous les yeux
et jamais nous n’avons trouvé parmi eux d’exemple de jaunissement des
régions claires.
15. Helicopis Acis Fabricius (PI. III, fig. 8 cf, 9 9 )
Les exemplaires figurés de cette espèce n’ont pas été nommés par P. Lathy.
Nous pensions qu’ils pouvaient être rapportés à medialis Sch. et Cock, mais
un examen comparatif nous les ferait plutôt ranger parmi Lesoudierae Le
Moult f. Poleti, décrit dans la Révision du genre Helicopis, l re note ( Novi -
tâtes entomolog., fasc. 12, p. 91).
Genre EURYBIA Huebner
16. Eurybia latifasciata Hewitson (PI. III, fig. 10)
Cette femelle provenant de Banos (Equateur) diffère de la forme typique
par l’absence de la bande médiane blanche aux ailes postérieures qui n’est
qu’à peine indiquée par un éclaircissement de la coloration du fond.
A cette femelle correspond exactement un mâle de la même localité. Il
s'agit vraisemblablement de la sous-espèce silaceana Stichel décrite égale¬
ment de l’Equateur.
1 cf, 1 9 (coll. Fournier).
Source : MNHN, Paris
164
P. REBILLARD
Genre MESOSEMIA Huebner
17. Mesosemia phelina Calliops ssp. nova. Le Cerf (PI. III, fig. 5)
Se distingue de la forme typique décrite et figurée par Felder (Reise
« Novara », Zool. II, Abt. 2, p. 298, pl. 38, fig. 9 et 10, 1865) par les carac¬
tères suivants :
Aux quatre ailes toutes les parties claires notablement agrandies et pres¬
que transparentes. Antérieures avec trois taches apicales blanches, la troisiè¬
me entre 8-9 ; la bande discale blanchâtre, oblique, plus large, nettement
convexe du côté externe et presque rectiligne du côté interne, ne formant pas
de cran sur la nervure 4 ; le champ compris entre la nervure 3 et l’ombre
noirâtre — très amincie — qui longe lb est transparent jusqu’à la base de
l'aile, il n’est traversé que par les deux traits noirâtres divergents descen¬
dant, en-dessous du trait transcellulaire, entre la cubitale et lb ; le troisième
trait qui, chez le « type », descend de la base de 2 sur lb manque complète¬
ment ; la bande terminale noirâtre est plus étroite, marquée d’éclaircies
blanchâtres entre les nervures, et diffuse du côté interne, au-dessous de la
nervure 2 elle est interrompue par l’extension du champ hyalin qui se pro¬
longe jusqu’à l’angle dorsal. Ailes postérieures à cellule seulement échancrée
de brun noirâtre à sa partie antérieure ; trait discocellulaire noirâtre aminci,
n’atteignant pas l’angle inférieur de la cellule ; bande terminale noirâtre plus
étroite, un j>eu diffuse du côté interne qui est légèrement teinté de roussâ-
tre.
En-dessous les dessins sont les mêmes. Aux antérieures, la ligne subter¬
minale fauve du type est remplacée par une ligne blanchâtre coupée de fauve
sur les nervures. Aux postérieures la ligne subterminale fauve (trop faible¬
ment indiquée sur la pl. III, fig. 5) est à peine bordée de noir au côté interne.
Envergure : 22 mm ; longueur de l’aile antérieure : 16 mm.
Holotype : 1 }, Guyane française (ex coll. Fournier, le type n’a pas été
retrouvé).
Bien que cet exemplaire soit défraîchi, ses caractères restent nets comme
on peut s’en rendre compte sur la fig. 5, pl. III.
Ce que dit Seitz (V, p. 640) à propos de T. phelina : « ...la bordure des
ailes postérieures ni anguleuse, ni saillante en son milieu... » n’est pas exact,
ces ailes sont festonnées et un peu saillantes à l’extrémité de la nervure 4,
tout comme chez M. marsenna Hew. En outre, la forme, très chargée de noir
et portant, en-dessus, une ligne subterminale rouge fauve commune aux deux
paires, représentée (l.c., pl. 125 a) comme phelina typique, ne correspond pas
à la description et à la figure originales (l.c. supra ) d’après lesquelles est
faite la description comparative de calliops. Celle-ci est, d’ailleurs, encore plus
différente des deux autres sous-espèces : analoga et minima, nommées par
Seitz (l.c.) d’après des exemplaires provenant, comme phelina « type », de
Colombie.
L’espèce n’avait pas été signalée jusqu’ici de Guyane. Elle existe aussi dans
l’Equateur, sous une forme particulière que je nomme :
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
165
18. Mesosemia phelina simulans ssp. nova, Le Cerf
Ressemble beaucoup à la ssp. calliops, dont elle a la taille et le dévelop¬
pement des parties claires. Elle s’en distingue par la présence en-dessus des
ailes d’une ligne subterminale rouge fauve commune aux deux paires, où
elle divise la bande terminale noirâtre. Aux ailes antérieures elle s’arrête à la
première des trois taches blanches subapicales (entre 6 et 7). En-dessous,
cette bande est un peu tachée de blanc entre les nervures, et un peu plus
large, ainsi que les autres dessins de même couleur.
Envergure : 22 mm ; longueur de l’aile antérieure : 16 mm.
Holotype : 1 c f, Rio Napo, Equateur (R. P. Pozzi (1878), coll. Muséum
de Paris).
Par la disposition générale des couleurs, principalement par sa ligne sub¬
terminale rouge fauve, arrêtée aux taches subapicales blanches des ailes anté¬
rieures, cette nouvelle sous-espèce rappelle beaucoup Ithomiola floralis Fel-
DER, elle-même mimétique d’un Néotropide. Pas plus que la Guyane l’Equa¬
teur n’était compris dans l’habitat de M. phelina Felder. De ce pays on ne
signalait que M. marsenna Hew., espèce voisine qui paraît constamment dis¬
tincte de la précédente, que nous avons vue aussi de la Colombie orientale et
occidentale, des chasses de A. H. Fassl, ex coll. E. Boullet (Muséum de
Paris) (F. Le Cerf).
19. Mesosemia Mayi Lathy, n.sp. (PI. II, fig. 2)
cf. — Face supérieure des ailes bleu noir, changeant en vert sous la lu¬
mière incidente.
Antérieures avec une grosse tache discocellulaire ronde, noire, au centre
de laquelle se trouvent trois minuscules points blancs et qui est encadrée
par deux bandes noires : la première commence près de la radiale, traverse
la cellule en son milieu et aboutit au bord dorsal ; la seconde part de la
côte, traverse le disque en s’excurvant, puis descend au bord dorsal. Le bord
externe est précédé d’une bande vert luisant. Postérieures n’ayant qu’une
petite ombre plus foncée en arrière des discocellulaires, et une bande sub¬
marginale d'un vert luisant, comme aux antérieures.
A la face inférieure le fond est beige grisâtre à dessins brun noirâtre se
rapprochant un peu de M. jriburgensis Sens. Les antérieures ont la même
tache discocellulaire qu’en dessus, mais cerclée de gris jaunâtre et de bru¬
nâtre ; elle est précédée d’une bande brunâtre partant de la radiale, qui
descend en s’incurvant vers le milieu de la cellule, fait un angle sur la cubi¬
tale et se prolonge jusque sur la nervure lb. Le disque est traversé, derrière
la cellule, par une bande brunâtre sinueuse commençant à la côte et finissant
sur la nervure lb. Entre ces deux bandes, au-dessous de la tache discocellu¬
laire noire, une tache triangulaire brune est inscrite dans l’angle formé par
la cubitale et la nervure 2 ; trois autres taches brunes sont placées dans
l’intervalle lb-2. Le disque est traversé par une bande brune, en arc plat,
commençant à la côte et qui va finir, en se rétrécissant, sur la nervure lb.
Enfin, une ligne subterminale de festons brunâtres, ouverts en dehors, descend
de la nervure 9 à la nervure lb.
Source : MNHN, Paris
PLANCHE 11
Les chiffres entre parenthèses correspondent mit numéros des espèces dans
le texte.
1. Euselasia Dione Lathy, Holotype. Colombie : Rio Putumayo (7).
2. Mesosemia Mayi Lathy, Holotype. Brésil : Rio-de-Janeiro (19).
3. Themone inornala Lathy, $ Hololvpe. Brésil : Barreiras, Rio Tapajoz
(24).
4. Rarbicornis Mona perfectissima Stichei., Q Holotype. Paraguay (27).
5. Zelotaea Lyu Lathy, Ç Holotype. Amazone (35).
6. Antlieros gentilis Rebiixari», Holotype. Pérou : Pichis (46).
7. Dysmathia Grosngi Le Cerf, Hololvpe. Brésil : Barreiras, Rio Tapa¬
joz (66).
8. Helicopis Coria sulphurea Lathy, Hololype. Amazone : Para (14).
9. Alésa neagra Roeber, ç? Hololype. Amazone (21).
10. Alésa Prema sappliirina Biedermann, $. Amazone : tJvpiranga (20).
11. Ancyluris Lais Boisduval, cf. Amazone : Manaos (30).
12. Cyrenia Martia Thémis Le Cerf, Hololype. Colombie : Muzo (32).
13. Necyria 11 hyteliana Druce, Ç Allolvpe. Pérou (34).
14. Euselasia Gelisae Le Cerf, Hololype. Amazone : Rio Curua (8).
15. Alésa Fournierae Lathy, Hololype. Amazone : Uypiranga (23).
16. Themone inornala Lathy. Allolvpe. Brésil : Conceicflo, Rio Tapajoz
(24).
17. Rarbicornis Mona monela Stichei., çf. Santa-Calharina (27).
18. Antlieros bipunctus Zikan, Brésil : Minas-Geraes (45).
19. Ematurgina albovata candida Le Cf.rf, Ç Hololype. Colombie méri¬
dionale : Umbria (55).
20. Dysmathia Juno Le Cerf, O Holotvpe. Colombie : Rio Putumayo
(65).
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
Postérieures à région basale éclaircie, sans tache discocellulaire et portant
— de la base au bord externe — les dessins transversaux suivants : une ligne
brune, traversant la cellule de la radiale à la nervure la ; une courte ligne
brune partant de la cubitale ; une bande claire, semée d’écailles brunes et
large d’environ 3 mm, naissant à la côte, traversant la cellule et aboutissant
au bord abdominal ; une ligne de même couleur, parallèle et rapprochée de
la précédente qu’elle suit dans tout son parcours ; une bande discale plus
foncée, bien marquée, allant en se rétrécissant de la côte au bord abdominal ;
une rangée de festons ouverts en dehors descendant, en s’amincissant, de la
côte à l’angle anal ; une rangée subterminale de 7 ocelles internervuraux
entre 7 et lb. Ces ocelles sont de forme irrégulière, inégaux, noirs, finement
cerclés de gris clair ; le plus gros est celui de l’intervalle 3-4, les deux ocelles
entre lb-2 sont géminés et ont un contour commun. Franges des deux paires
brun foncé.
Tête et corps noirs en-dessus, gris clair en-dessous ainsi que les pattes
(P. Lathy).
Holotype : 1 cf, Rio de Janeiro, Brésil (E. May, coll. Fournier).
Genre ALESA Doubleday
20. Alésa Prema sapphirina f. nov., Biedermann (PI. II, fig. 10)
M. R. Biedermann a décrit et figuré (en noir) sous ce nom dans le Bul¬
letin de la Soc. ent. de France, 1936, p. 256, un Riodinidae de l’Amazone.
La collection Fournier renferme une femelle provenant de Uypiranga (Brésil)
dont l’aquarelle est reproduite ici.
On remarquera que cet exemplaire présente, avec celui de R. Biedermann,
les différences suivantes : ailes antérieures plus régulièrement arrondies, es¬
pace terminal un peu plus obscur sur lequel la ligne antéterminale d’arcs
jaunes internervuraux paraît plus mince, ligne discale brune des ailes pos¬
térieures un peu moins large, nettement anguleuse entre 4-5 et plus rappro¬
chée des ocelles sur tout son parcours ; en-dessous cette même ligne n'est
pas anguleuse entre 4-5.
Pour être précis nous signalons ces petites différences qui nous paraissent
d’ordre individuel. Comme à R. Biedermann, le mâle de cet Alésa nous est
inconnu. Une note manuscrite de F. Le Cerf dit que ce sapphirina se rap¬
porte probablement à l’espèce suivante.
21. Alésa neagra Roeber (PL II, fig. 9 et pl. V)
L’exemplaire figuré est l’holotype mâle décrit par Roeber. actuellement
dans la collection A. Fournier (Voyez aussi fig. 2, tête vue de face).
22. Alésa Telephae Boisduval (Pl. IV, fig. 14)
Il s’agit ici de la femelle allotype d 'Alésa Telephae décrite par Latiiy
(Ann. Mag. of Nat. Hist., (10) IX, 1932, p. 484) dont le mâle a été figuré
Mémoires du Muséum. — Zoologie t. XV. 12
Source : MNHN, Paris
i68
P. REBILLARD
et non décrit par Boisduval (Sp. Général des Lépidopt., Atlas, pl. 20, fig. 2,
1858) et qui avait été considéré comme femelle type.
Nous donnons la description de l’armure génitale mâle de cette espèce
d’après les dissections de F. Le Cerf (pl. V).
Appareil génital. — L’organe est comprimé dans le sens dorso-ventral et
très oblique dans sa position naturelle. Tegumen peu convexe en-dessus, plus
large que long, en forme de bande anguleuse, concave du côté basal et à côtés
arrondis ; uncus environ deux fois et demie plus large que long, en forme
de trapèze excavé distalement et à côté arrondis. A la base il est soudé aux
angles du tegumen, dont il est en partie séparé par des aires membraneuses
allongées, irrégulières ; subunci volumineux, très fortement chitinisés, assez
aplatis, à courbure semi-ovalaire, articulés par une aire membraneuse allon-
Fig. 8. — Alésa Telephae Boisduval, appareil génilal, pénis
(dessin de F. I.e C.erf).
gée à la base de l’uncus sous lequel ils sont couchés ; connectifs latéraux
en lanière inégale, assez étroite, remontant très haut sur le tegumen où ils
se soudent sur la partie excavée en demi-cercle du bord proximal. Inférieu¬
rement ils s’élargissent et se raccordent par une large courbe au saccus, qui
est court, large, tronqué, irrégulièrement comprimé dans le sens dorso-ventral
et légèrement relevé ; valves de structure complexe, très fortement conca¬
ves ; bord basal oblique, bord supérieur court, formant une saillie chitinisée
creusée en dedans ; bord inférieur bisinué, élargi en serpette portant une
saillie en dent obtuse. Entre les bandes chitinisées continues constituées par
ces bords, s’encadre une vaste aire membraneuse convexe, saillante, munie
avant l’extrémité d’une longue et forte soie implantée dans un anneau chi-
tineux et doublée, en dedans, d’une autre plus faible et plus courte. A cette
partie membraneuse fait suite, un peu en dedans, une longue lame chitineuse
à base triangulaire large, un |»eu incurvée, s’allongeant en un fouet graduel¬
lement épaissi, courbé en dedans au sommet. Avant le milieu de sa longueur,
sa tranche externe porte une touffe de poils serrés. A leur partie supérieure
interne les valves sont réunies transversalement par une fultura supérieure
en bande continue, à bord libre convexe et portant de chaque côté du milieu
quatre petits poils. La fultura inférieure a la forme d’une très large et longue
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
169
lame, creusée en gouttière et courbée longitudinalement, complètement sou¬
dée au pénis sur toute sa largeur, du côté distal, prolongée du côté proximal
par une chitinisation plus étroite et plus mince, graduellement rétrécie, abou¬
tissant au-dessus de la base du saccus ; entre celui-ci et la pièce précédente
s’intercale un filet chitineux transversal dont les extrémités remontent paral¬
lèlement à l’angle inférieur des valves avant de devenir obsolètes.
Pénis volumineux, cylindrique, courbé sagittalement, terminé par un méat
longuement tronqué obliquement, finissant en pointe aiguë et dont le bord
droit est renforcé d’un cordon chitineux. Du côté proximal la chitinisation
s’arrête net, se raccordant sans transition à un coecum entièrement membra¬
neux, également cylindrique, dans lequel s’engage, par un large orifice obli¬
que, le canal déférent qui, dans les deux tiers terminaux de la partie chiti-
nisée, se dilate en une vesica à membrane plus épaisse, couverte de plis
sinueux très serrés, mais complètement inerme. Aux trois cinquièmes, envi¬
ron, de la longueur de la même partie du pénis, sur la face ventrale qu’elle
épouse en demi-cercle, se trouve l’insertion de la fultura inférieure dont la
chitine se soude sans solution de continuité avec celle du pénis (fig. 8) (F. Le
Cerf).
23. Alésa Foumierae n.sp., Lathy (PI. II, fig. 15)
d*. Les ailes sont en-dessus d’un noir brun, éclairci obliquement en brun
grisâtre dans la moitié distale des antérieures, et elles sont ornées sur l’es¬
pace terminal d’un reflet bleu chatoyant très vif en lumière incidente.
Aux ailes antérieures l’aire éclaircie commence un peu avant le milieu
de la côte et sa limite interne se dirige vers l’angle anal. Elle est coupée de
noir par les nervures et c’est sur elle que se développe le reflet bleu qui ne
forme pas une bande continue mais une série de traits et de taches dont la
disposition est la suivante : un trait minuscule entre 7-8, trois traits inégaux
sur le pli des intervalles 74, une grande aire triangulaire entre 4 et le bord
dorsal divisée en taches par les nervures, chacune amincie du côté interne.
Les ailes postérieures ont le champ costal et le champ abdominal brun
grisâtre. Le reflet bleu forme six taches triangulaires lancéolées inégales,
basées sur la marge ; quatre sont grandes et nettement délimitées, ce sont
celles comprises entre 74, la plus longue étant celle de l’intervalle 54 qui
atteint presque le milieu du disque ; les deux dernières, entre 3-lb, sont
beaucoup plus petites et à contour diffus.
En-dessous le fond des deux paires est brun grisâtre. Les antérieures sont
éclaircies dans la base de la cellule ; de la nervure 9 à lb elles sont travei
sées, au milieu du disque, par une bande claire à bords diffus, à peu près
parallèle au bord externe, large d’environ un millimètre et demi, ombrée de
brunâtre du côté interne ; entre les nervures 74 cette bande est coupée par
trois traits bruns linéaires placés sur les plis internervuraux correspondants,
et par deux traits moins nets entre 4-2. De part et d’autre de cette bande se
trouvent des taches brunâtres allongées : une proximale, une distale, celle-ci
allongée jusqu’à la marge ; les taches distales et proximales de l’intervalle
lb-2 sont les plus fortes, elles sont doubles et divisées par le pli de le. Toutes
Source : MNHN, Paris
170
P. REBILLARD
ces taches, sauf celles de l’intervalle lb-2, sont reliées deux à deux par les
traits internervuraux signalés plus haut. Dans la base de l’intervalle lb-2,
sous la cellule, se trouvent deux points bruns, près de la base de la nervure
2.
Les ailes postérieures sont un peu variées de grisâtre dans la moitié infé¬
rieure de la cellule et au dessous de celle-ci, et de jaunâtre dans sa partie
supérieure et vers la côte. Il y a cinq points bruns inégaux dans la cellule, un
au dessous près de la nervure 2, et trois plus ou moins allongés en traits dans
l’intervalle 6-7 ; un trait de même couleur couvre les disco-cellulaires ; le
disque est traversé par une bande blanchâtre courbe, large de 1,5 mm à 2 mm,
entre les nervures lb-6 ; cette bande est nette, coupée par les nervures, un peu
dentée sur ses bords et largement ombrée de brun de chaque côté. L’espace
terminal porte 7 ocelles inégaux, ovalaires, entourés de jaunâtre pâle ; ceux
entre lb-2 et entre 4-6 sont noirs à centre bleu, géminés, et ont un contour
commun, celui entre 6-7 est noir, sans centre bleu, les deux isolés entre 2-4
uniformément bruns et triangulaires. Franges des deux paires brun grisâtre.
Tête à front, palpes et poils péricéphaliques jaunes d’or ; thorax et abdo¬
men noirs en dessus, gris jaunâtre en dessous ; pattes gris jaunâtre (P.
Lathy).
Envergure : 32 mm ; longueur de l’aile antérieure : 17 mm.
Holotvpe : 1 rf, Uypiranga, Amazone, XI-1929. (coll. Fournier de Hor-
rack).
Cette jolie espèce est intermédiaire entre Alésa amesis Cr. et A. lipara
Bâtes.
Genre THEMONE Westwood
24. Themone inornata n. sp., Lathy (PL II, fig. 3 $. 16 cf).
Ç. En dessus le fond des ailes est noir brunâtre. Les antérieures portent
une tache discale oblique, jaune citron, irrégulièrement ovalaire, qui descend
en s’élargissant de la radiale sur la nervure 2 en s’appuyant sur les disco-
cellulaires. Les postérieures ont une tache jaune basilaire sur le champ anal,
entre le bord et lb, et leur région basale est plus obscure jusqu’au delà de la
cellule, le champ costal est jaune, cette couleur pénétrant en bande très étroite
dans la base de la cellule. En dessous le fond est un j>eu plus clair, la tache
discale des antérieures, un peu plus pâle et élargie du côté externe, se pro¬
longe au-dessus de la nervure 2 jusqu’au pli de le. Une seconde tache jaune,
en trapèze oblique, commence dans la cellule, au milieu de sa longueur, au-
dessous du pli médian et s’étend en s’élargissant jusqu’au bord dorsal. La
marge porte 5 taches blanches minuscules dans les intervalles 1-2, 2-3, 3-4,
5-6 et 6-7, cette dernière, placée à l’apex, est plus grande. Les ailes posté¬
rieures ont deux bandes transversales jaunes, l’une près de la base et l’autre
sur le disque. La première traverse entièrement l’aile du bord costal au bord
abdominal ; élargie à sa partie antérieure elle mesure environ 5 mm dans le
champ costal et pénètre légèrement dans l’angle des nervures 6-7, entre la
radiale et le pli de le sa largeur est d’environ 5 mm, puis son bord distal
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
171
s’incurve avant de rejoindre en pointe fine le bord abdominal. La marge porte
six taches blanches minuscules dans les intervalles lc-7, la première et la der¬
nière étant un peu plus allongées. Franges des deux paires noir brunâtre,
coupées de blanc aux taches marginales.
Antennes, tête, palpes, corps et pattes noir brunâtre, à l’exception des côtés
de l’abdomen qui sont jaunes.
<f. Le mâle diffère de la femelle par les caractères suivants : En dessus la
tache discale jaune des antérieures est plus étroite, plus régulièrement ovalaire,
arrondie aux deux extrémités ; la tache jaune basilaire du champ abdominal
des postérieures plus petite et le jaune du champ costal ne descend pas dans la
cellule.
En dessous la bande proximale jaune des antérieures n’entre pas dans la
cellule et commence sur la cubitale. Aux postérieures la bande proximale est
plus étroite, presque rectiligne, large de 3 mm, excepté entre la côte et 8 où
elle atteint 2 mm ; elle n’entre pas dans l'angle de 6-7. La bande discale est
aussi plus étroite, en ovale incurvé, large de 3 mm. et s’arrête sur le pli de
le. Il y a 6 taches marginales minuscules et presque égales à chaque aile —
dont une entre 4-5 aux antérieures — et celle de l’apex des antérieures est
linéaire (P. Lathy).
Envergure : cf, 29 mm ; longueur de l'aile antérieure : 17 mm.
$, 28 mm ; longueur de l’aile antérieure : 16,5 mm.
3 d*, (1 d 1 Allotype), Conceicâo, Rio Tapajoz, Amazone ; 1 $ (Holotype),
Barreiras, Rio Tapajoz, Amazone.
Bien que possédant les deux sexes de cette espèce nouvelle nous avons pris
la femelle pour « Holotype » parce que c'est elle que P. Lathy avait reçue
d’abord et pour laquelle il avait établi le nom d'inornata, nom sous lequel
elle figure dans la collection Fournier de Horrack. Cette espèce n’est voi¬
sine d’aucune de ses congénères, elle se distingue de toutes par son aspect
sombre et l’absence complète de couleur fauve ou rougeâtre (P. Rebillard).
Genre PHELES Boisduval
25. Pheles Heliconides Herrich-Schaeffer (PI. IV, fig. 15)
Pendant longtemps cette espèce est restée mal connue. En 1888 Staudin-
ger n’avait vu que le « type » d’HERRlCH-ScHAEFFER, une femelle de l’Ama¬
zone, qu’il représente à nouveau dans ses « Exotische Schmetterlinge », pl. 90.
Stichel n’en possédait qu’une femelle de Camaria, Guyane britannique,
lorsqu’il reçut un mâle capturé à Mujo, à une cinquantaine de kilomètres au
sud de Santarem, par Hugo Boy. D’après la description qu’il en donne dans
le Zts. /. Wiss. Insekt. Biologie (XVIII, p. 277, 19231, ce mâle diffère de la
femelle par les dessins noirs plus étroits, la présence d’une bande rouge bru¬
nâtre au bord antérieur des ailes postérieures, cette couleur étant, en-dessous,
coupée de noir par la nervure 7. L’abdomen porte une raie rougeâtre de cha¬
que côté et l’extrémité du corps est de la même couleur, mais enfumée, ou
assombrie.
Source : MNHN, Paris
172
P. REBILLARD
Aucune figure n'accompagne cette description, qui s'accorde bien avec deux
individus que nous avons sous les yeux : l’un, de Muzo, Colombie qui est
l’original de la fig. 15 de notre pl. IV, l’autre de Manaos, et ne différant en
rien du précédent.
26. Pheles Heliconides rufotincta Bâtes (Pl. 1, fig. 19)
Cette jolie forme, bien distincte du « type », provient de Itaïtuba, Tapajoz
(colL Fournier).
Genre BARBICORNIS Godart
27. Barbicornis Mona Moneta Stichel et perfectissima Stichel (Pl. II, fig.
4 et 17)
Comme ses congénères Barbicornis Mona montre des variations plus ou
moins notables dans le développement des dessins jaunes qui ornent le fond
noir de ses ailes. C’est ainsi qu’on voit apparaître aux ailes postérieures une
tache jaune fauve chez la forme Moneta Stichel, dont nous figurons (Pl. II,
fig. 17) un mâle de Santa-Catharina, Brésil, ne différant du type décrit et
figuré par Stichel que par l’absence aux ailes antérieures d’une petite tache
fauve entre lb-2 et un léger raccourcissement de la tache des ailes posté¬
rieures. Mais Moneta ne constitue qu’un intermédiaire dans la tendance à
l’extension des dessins jaunes, et dans cette voie le maximum actuellement
connu est certainement la forme perfectissima également décrite, mais non
figurée, par Stichel, et chez laquelle le jaune s’étend aux quatre ailes en
une large bordure continue se prolongeant du côté interne en traits sur les
nervures, ne laissant aux antérieures qu’une étroite ligne marginale noire, un
peu élargie vers l’apex. A notre connaissance il n’en existe pas d’autre exem¬
plaire que l’unique femelle de la collection C. S. Larsen qui a servi de
« type » à Stichel pour sa description et fait maintenant partie de la collec¬
tion Fournier de Horrack.
C’est cette femelle « holotype » (Paraguay II-1925'I que représente la fig. 4,
pl. II.
28. Barbicornis Mona marginata Seitz (Pl. III, fig. 17)
Cette sous-espèce diffère de la forme typique par la présence d’une tache
jaune à l’extrémité de la cellule des ailes antérieures.
Un mâle « sine certiore indicatione loci ». Amazone ? (coll. Fournier).
29. Barbicornis Mona albata Stichel (Pl. III, fig. 4)
La femelle figurée ici, provenant du Paraguay (12.XI.25), doit être rap¬
portée à la forme albata Stichel.
(Ex coll. Larsen, nunc coll. Fournier).
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
173
Genre ANCYLURIS Huebner
30. Ancyluris Lais Boisduval (PL II, fig. 11)
cf. — Dans un mémoire intitulé : « Considérations sur les Lépidoptères
rapportés du Guatemala par M. de I’Orza, 1870 », p. 19, Boisduval écrit :
« Nous possédons une espèce : Erycina Lais, de la Nouvelle-Grenade, qui se
rapproche un peu à’inca. Ses quatre ailes sont d’un noir profond avec les
ailes supérieures traversées de même par une bande orangée de la côte à
l’angle interne, mais les inférieures n’ont aucune trace de bleu à la base de
la queue. En-dessous elle offre quatre taches blanches, dont une vers le milieu
du bord interne des ailes supérieures et l’autre à l’angle anal des inférieu¬
res ».
La collection Fournier renferme un mâle qui correspond à la description
ci-dessus. Mais il vient de l’Amazone moyen et non de Colombie, et d’autre
part il porte, en-dessous des ailes postérieures, une petite tache rouge punc¬
tiforme au milieu de l’intervalle la-lb. Il est probable que l’apparition ou la
persistance de cette trace de rouge, totalement absente semble-t’il chez le
« type » d’/f. Lais, est purement individuelle, cependant on ne peut s’en
assurer car les matériaux de comparaison manquent. A. Lais en effet paraît
peu fréquent il ne se trouve que rarement dans les envois et, à notre con¬
naissance, il n’en existe pas de séries dans les collections. Comme il n’a
jamais été figuré nous faisons reproduire ici le mâle de la collection Four¬
nier qui vient de Manaos, Amazone, XI-1930.
Stichel (Zeits. fur Inseklenbiol., XXIII, p. 36, 1928) signale que la coll.
Larsen contient 1 cf A'Ancyluris de Téffé (leg. Boy, V, 24).
31. Ancyluris Gelisae n.sp., Lathy (PI. III, fig. 7 cf, fig- 20 $)
cf. — Ailes noir mat traversées par une très large bande médiane rouge
ponceau.
Aux antérieures la bande rouge commence à la sous-costale et descend, en
s’élargissant un peu, au bord dorsal ; elle est un peu courbée à son origine,
où elle mesure 2,5 mm de largeur, et 3,5 mm à sa partie antérieure qui est
éloignée de 3,5 mm de la marge.
La bande rouge des ailes postérieures commence par un mince trait vertical,
isolé, entre 8-7; au-dessous de 7 elle descend verticalement jusqu’aux deux tiers
de la longueur de l’aile, puis fait un angle dont la branche interne remonte
dans la direction du bord abdominal en faisant un Z court, suivi d’un point
rouge isolé dans l’intervalle lb-la. La branche principale, rétrécie du côté
interne entre 7-6 où elle ne mesure que 1 mm, est de largeur presque égale
(3 mm) jusqu'à l’endroit où elle se coude ; en ce point elle se réunit à une
très grande tache subterminale rouge, irrégulière, étendue du milieu de l’in¬
tervalle lb-2 jusqu’à la nervure 5. La fusion de ces deux dessins serait com¬
plète s’il ne restait, entre les nervures 3-4, quelques écailles noires mar¬
quant la limite de chacun d’eux.
Dessous des ailes bleu d’outremer à reflets plus clairs et en partie vert
doré. Aux antérieures le bleu n’est pas nettement divisé en deux aires sépa-
Source : MNHN, Paris
174
P. REBILLARD
rées, mais de courts fuseaux sombres sont placés sur les nervures, entre la
côte et la nervure 2 ; champ dorsal noir au-dessous de 2, sauf près de la base
et à l’angle dorsal ; il porte un trait blanchâtre diffus sur le pli de le suivi
d’une forte tache rouge au-dessus de lb. Postérieures avec les mêmes fuseaux
sombres qu’aux antérieures, mais se joignant et formant une bande médiane
diffuse arrêtée sur la nervure 2. Champ internervural la-lb noir mat, avec
une petite tache rouge ovalaire vers le milieu de sa longueur et un point
antéterminal blanchâtre. Franges des deux paires fortement tachées de blanc
dans le creux de tous les festons, jusqu’à l’apex des antérieures.
Corps noir ; abdomen avec une forte ligne pleurale jaune orangé, continue;
pattes antérieures bleu brillant (les autres pattes manquent).
$. — Ailes à fond noir brun. Antérieures avec une bande subapicale
blanchâtre, courbe, large de 1,5 à 2 mm, commençant à la nervure 7 et finis¬
sant en pointe sur la nervure 3, et une très large bande médiane jaune
orangé lavée inférieurement de rougeâtre. Cette bande est rectiligne ou fai¬
blement incurvée au bord interne et fortement convexe du côté externe, elle
commence à la côte avec une largeur de 4 mm, ou sous la côte comme dans
l’exemplaire figuré. Rétrécie à sa partie supérieure elle s’élargit en arrivant
à la nervure 4 et descend, avec une largeur de 5 à 7 mm, jusqu’au bord
dorsal.
Aux ailes postérieures le fond noir brun est réduit à un étroit triangle
basal, une bande terminale externe, une inférieure et une tache subanale. Le
reste de l’aile est occupé par une très large bande médiane jaune orangé,
plus ou moins fortement teintée de rougeâtre et par une bande transversale
subcaudale de même couleur. La bande médiane, légèrement incurvée, est de
largeur à peu près égale — 5 à 6 mm — de la côte à la nervure lb où elle
se recourbe à angle droit jusqu’au bord abdominal le long duquel son bord
interne remonte jusqu’à la base de l’aile. La bande subcaudale, faiblement
sinuée, large de 2,5 à 3 mm, traverse la queue du bord abdominal à la ner¬
vure 4 ; elle forme, entre les nervures lb-2, une large saillie qui remonte
vers la bande médiane à laquelle elle se réunit plus ou moins largement. Sur
la bande terminale externe du fond noir brun se trouvent deux petites taches
blanchâtres dans les intervalles 7-5 ; l’extrémité de la queue est blanche.
En-dessous les dessins sont les mêmes qu’en-dessus mais un peu plus clairs;
en outre la bande subapicale des antérieures est plus large, plus nette, blan¬
che, et les petites taches subterminales blanches des postérieures sont égale¬
ment plus grandes, plus nettes, et au nombre de trois, la dernière, entre 5-4,
se prolongeant inférieurement en pointe. Franges des deux paires tachées de
blanc entre les nervures, ces taches étant petites et punctiformes aux anté¬
rieures.
Corps et appendices noir brun, l’abdomen avec une très large bande pleu¬
rale continue jaune orange (P. Lathy).
Envergure cf : 32,5 mm ; longueur de l’aile antérieure : 22,5 mm.
Envergure 9 : 28,5-30 mm ; longueur de l’aile antérieure : 19,5-20,5 mm.
Holotype :1c?; allotype : 1 9 - Téffé, Amazone, IX (A. H. Fassl) ;
2 9, Manicoré, Rio Madeira, Amazone Icoll. Fournier).
Le couple de Téffé provient de la collection C. S. Larsen et ce sont les
Source : MNHN, Paris
RI0DIN1DAE SUD-AMÉRICAINS
175
originaux des fig. 7 et 20 de la pl. III. Le d porte deux étiquettes de déter¬
mination : « Ancyluris Aulestes Cr., d nov. subspec. » puis : « Ancyluris
Glaphyra Sndrs.. d ». La femelle n’a qu’une étiquette : « Ancyluris Aules¬
tes Cr., 9 nov - subspec. ». Ces deux exemplaires ayant été récoltés par
Fassl il est probable que c’est lui qui a indiqué qu’il s’agissait d’une nou¬
velle sous-espèce d'A. Aulestes. La dénomination : Glaphyra pour le mâle
doit être postérieure. Ni l’une ni l’autre de ces déterminations ne convient à
l’espèce que nous avons nommée A. Gelisue.
Glaphyra Saunders a été décrite et figurée d’après une femelle de Para
différant de nos trois individus par la largeur moindre de la bande médiane
jaune orange, notamment aux inférieures où sa branche récurrente est rétré¬
cie et ne remonte pas le long du champ abdominal, de sorte que l’aile pré¬
sente une plage basale noir brun plutôt grande, rectangulaire. La bande trans¬
versale subcaudale, moins large également, est complètement séparée de la
précédente sur toute sa longueur. Les ailes antérieures ont une étroite bande
subterminale du même jaune ocre que la bande médiane, courant sans inter¬
ruption de la côte au bord dorsal. Il n’est pas signalé de points internervuraux
blancs dans la frange des ailes antérieures. On fait actuellement de Glaphyra
une « forme » femelle de la ssp. typique Aulestes Cr., dont l’habitat couvri¬
rait les Guyanes, l’Amazone, le nord-ouest du Brésil et le Para. Nos trois
individus en sont nettement distincts et l’examen du mâle montre qu’il s’agit
de tout autre chose que d’une race d"Aulestes. Chez le mâle de celle-ci, en
effet, on observe qu’à la face inférieure des ailes antérieures le bleu n’atteint
pas la marge, dont il est séparé par une bande terminale noire, et que la
tache rouge du champ abdominal des postérieures est en forme de bande¬
lette transversale courbe atteignant la nervure 4.
Par l’extension du bleu jusqu’à la marge, sauf à l’apex, aux ailes anté¬
rieures, la tache rouge du champ abdominal des postérieures petite et arron¬
die, Gelisae se rapprocherait quelque peu de Meliboeus F. et, pour le second
de ces caractères, de tedea Cr., mais des différences bien plus importantes
l’isolent complètement des trois espèces ci-dessus. Ce sont, d’abord, la forme
très étirée de ses ailes, dans le sens baso-apical pour les antérieures et baso-
caudal pour les postérieures, allongement qui est plus accusé que chez A.
inca Saud. ; ensuite, leur contour nettement festonné aux antérieures chez le
mâle — moins chez la femelle — et enfin les franges tachées de blanc dans
le creux des festons jusqu’à l’apex des antérieures dans les deux sexes. Cette
dernière particularité est remarquable, elle ne se rencontre dans aucun autre
Ancyluris et permet d’apparier avec sûreté les deux sexes dans un genre où
c’est souvent difficile (P. Lathy).
Genre CYRENIA Westwood
32. Cyrenia Martia Thémis n.f., Le Cerf (Pl. II, fig. 12)
La forme typique de cette es|>èce est celle qui a été décrite et figurée par
Westwood (in : Gen. of Diurn. Lepid., p. 434, pl. 72, fig. 2 (1852) ), d’après
un mâle de l’Amazone conservé dans la collection Bâtes. C’est une forme
Source : MNHN, Paris
176
P. REBILLARD
de taille moyenne, avec les découpures des ailes peu accentuées et la tache
discale blanche des antérieures régulièrement ovale et plutôt large. On n’a
jusqu’ici décrit qu’une seule espèce pyrippe G. et S., de Panama, mais dans
tout le reste de l’habitat spécifique, c'est-à-dire de la Colombie à la Bolivie,
on ne rencontrerait que Martia-Marlia avec une forme individuelle sans tache
blanche aux ailes postérieures : androgyna Stichel.
Pourtant, tout en conservant le même habitus, l’espèce est un peu variable
et nous avons remarqué des différences assez nettes entre des individus de
diverses provenances, sans pouvoir toutefois préciser actuellement s’il s’agit
de formes individuelles ou de races géographiques.
Nous avons fait figurer un mâle d’une grande forme de Colombie, à laquelle
nous donnons le nom de Thémis, et dont M mo Fournier a reçu autrefois qua¬
tre exemplaires identiques ; cette forme diffère de Martia typique de l’Ama¬
zone par une plus grande taille, une coloration plus vive, la découpure un
[jeu plus prononcée des ailes, la tache blanche des ailes antérieures plus
longue, plus étroite, rectiligne du côté interne, les deux taches rouges des
ailes postérieures plus grandes. En-dessous les différences sont de même
ordre.
Holotype : I d, Muzo ; paratypes : 1 cf Muzo, 1 d“ Bogota, 1 cf Colom¬
bie.
Appareil génital : PI. VI et VII.
Genre NIRODIA Westwood
33. Nirodia Belphegor Westwood (PI. III, fig. 13 et pl. VIII et IX)
C’est dans le « Généra of Diurnal Lepidoptera » (II, p. 430, pl. LXX, fig.
I 11852) ), que Westwood a décrit et représenté cette « Erycine », d’après
une femelle de la coll. Saunders, avec l’indication d’origine : « River Ama¬
zon ». Lorsqu'on 1871 Kirby publia son « Catalog of Diurnal Lepidoptera »,
les affinités génériques de Belphegor restaient incertaines et c’est avec doute
qu’il la place dans le genre Cyrenia établi par Westwood lui-même pour
Martia, espèce nouvelle également décrite et figurée dans l’ouvrage précité
(p. 434, pl. LXXII, fig. 2).
O. Staudinger, qui ne l’avait pas vue, se borne à la citer dans ses « Exo-
tische Tagfalter », (1, p. 247, 18881, sous le nom erroné de « Belphegos » et
en la plaçant, à l’exemple de Kirby, dans le genre Cyrenia Westw. Toute¬
fois, et jugeant évidemment d’après la figure originale, il observe qu’elle est
plus grande que Martia et que ses ailes postérieures ont une autre forme rap¬
pelant celles des Ancyluris.
Dans le matériel considérable qu’eut à sa disposition, H. Stichel le spé¬
cialiste des Erycinides. ne se trouvait aucun exemplaire de Belphegor , si bien
que, dans son travail magistral du » Généra Insectorum » (1911), il en est
réduit à la placer, comme « incertae seilis », à la suite de Cyrenia Martia
et de ses formes. Stichel a continué, jusqu’à sa mort, à compléter et à cor¬
riger ses connaissances sur une famille qu’il affectionnait particulièrement.
II n’a rien écrit sur Belphegor. on |»eut en déduire à coup sûr qu’il n’a jamais
vu l’espèce de Westwood.
Source : MNHN, Paris
RIODIMDAE SUD-AMÉRICAINS
177
A. Seitz, qui a traité des Erycinides dans son grand ouvrage : « Die Gross-
schmetterlinge der Erde », (vol. V, 1917), ne fut pas mieux partagé que ses
prédécesseurs et n’a pas connu, en nature, l’espèce en question. Il se borne,
(Le., p. 669), à cette simple constatation, et elle ne figure pas dans les Cor¬
rections et Additions qui terminent le cinquième volume paru en 1916.
Ainsi donc jusqu’à cette date, et même jusqu’à la mort de Stichel, on
pouvait penser que 1’ « Erycina » Belphegor n’était connue que par l’unique
femelle de la coll. Saunders, « type » de la description et de la figure de
Westwood. Le mâle demeurait inconnu et on n’attribuait pas d’autre pro¬
venance à l'espèce que l’Amazone, où cependant des chasseurs de premier
ordre, tels que Bâtes, Hahnel, MiCHAëL, et plus récemment Fassl et Boy,
ne l’ont jamais capturée.
En réalité il y a fort longtemps que Belphegor a été retrouvée mais dans
une toute autre région, et on peut tenir pour assuré maintenant qu’elle n’ha¬
bite pas l’Amazonie et que cette indication d’origine du type de Westwood
est erronée, comme cela résulte des précisions que je suis en mesure d’ap¬
porter. Dès 1885 E. Boullet avait acquis de E. Gounelle une femelle cap¬
turée dans l’Etat de Minas-Geraës, et en 1886 un mâle recueilli à Diaman-
tina par B. Sipolis. De son côté le P. J. de Joannis possédait un autre mâle
pris à Panama, dans la vallée du Rio Panema. Ces localités très précises mon¬
trent que Belphegor est une espèce du Brésil central et méridional, vaste
région faunistique bien différente de la vallée de l’Amazone. Ainsi, il y a
longtemps que le mâle de Belphegor aurait pu être décrit.
Plus récemment (cette note a été rédigée en 1943), deux mâles et une fe¬
melle sont entrés dans la collection Fournier, mais sans autre indication de
provenance que « Brésil ». Ils sont tout à fait semblables aux exemplaires
du Muséum de Paris, et cette petite série de six individus des deux sexes me
permet aujourd’hui de faire mieux connaître cette rare espèce.
En premier lieu il est nécessaire de retirer Belphegor du genre Cyrenia
où elle n'est pas à sa place. Ce genre a été établi par Westwood pour la
seule C. Marlia Westw. et il lui attribue expressément, comme caractère gé¬
nérique : « eyes densely clothed with hairs » ce qui n’est nullement le cas
pour Belphegor qu’il classait dans le genre « Erycina » auquel il attribuait :
« eyes naked ». Westwood était un observateur trop précis pour négliger
un caractère aussi net et s’il a placé dans deux genres ses deux espèces,
c'est évidemment qu’il avait constaté que leurs caractères génériques ne
s’accordaient pas. II est curieux que ce détail important n’ait pas retenu
l’attention des auteurs. Que le genre Erycina, tel qu’il l’a composé, ne soit
qu’une réunion hétéroclite c’est un fait, mais à l’époque et dans l’état des
connaissances sur la valeur des différences de structure en apparence mini¬
mes, il était difficile de procéder autrement. Westwood, d’ailleurs, a bien
senti que cet ensemble n’était pas homogène puisqu’il l’a divisé en sections
et en sous-genres qu’on a depuis érigés en genres. Pour Belphegor il a créé
le sous-genre Nirodia (p. 430, l.c.) avec, comme caractères distinctifs des
autres « Erycina » : Wings very broad. Tails very short ». Si brève qu’elle
soit, cette diagnose suffit à valider la coupe établie par l'auteur britannique,
et si celle-ci n’a pas été érigée jusqu'ici en genre propre c’est parce que
Source : MNHN, Paris
178
P. REBILLARD
Staudinger, Stichel et Seitz n’ont pu étudier cette espèce, lacune que l’ana¬
lyse détaillée ci-dessous va désormais combler.
Diagnose. — Tête de largeur moyenne, à front couvert d’une courte pilo¬
sité dressée ; antennes longues, graduellement renflées en massue ; yeux nus ;
palpes atteignant le milieu du front, non poilus, à second article long, troi¬
sième assez long, grêle, cylindrique, oblique. Corps robuste. Ailes triangu¬
laires, festonnées entre les nervures, les postérieures un peu saillantes à la
nervure 6, incurvées au-dessous de celle-ci, avec une dent — ou queue rudi¬
mentaire — à la nervure 4.
Fig. 9. — Nirodia Belphegor Westwood. l.a nervation diffère de celle des
Ancyluris par la forme de l’éperon précostal des ailes postérieures et par
les nervures 2. 3. 4. aboutissant à la marge, non incluses dans la queue
(dessin de F. Le Cerf).
Nervation. — Ailes antérieures : nervure 5 plus près de 6 que de 4,6, très
brièvement tigée avec 7 qui part de l’angle supérieur de la cellule, 7-8-9
tigées. Ailes postérieures : 3 naissant avant l’angle inférieur de la cellule
et séparée de 4 ; 5 du milieu des discocellulaires qui sont presque égales, 6
de l'angle supérieur de la cellule, 7 un peu au-delà (fig. 9).
Espèce type du genre : Erycina Belphegor Westwood.
d*. Diffère de la femelle par les ailes moins larges, notamment les anté¬
rieures dont le bord externe est moins convexe, et par la coloration bleu foncé
satiné, reflétant en bleu paon, qui couvre la majeure partie de leur surface.
Aux antérieures cette couleur couvre tout l’espace compris entre la base, la
radiale et le bord dorsal ; sa limite externe est convexe et elle englobe, en les
dépassant un peu, les trois petites taches discales blanches comprises entre les
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
179
nervures 4-7. Seuls restent noirs la côte et un champ terminal, rétréci d’avant
en arrière, large de 7 mm à l'apex et de 2,5 mm à l'angle dorsal.
Aux postérieures le bleu occupe un champ triangulaire allongé partant de
la base, limité en haut par la radiale et la nervure 6, en bas par le pli de le ;
sa limite externe est légèrement concave. Tout le champ costal jusqu’à la ner¬
vure 6 et l’espace terminal, sur une largeur qui varie de 3 mm à la nervure 6,
1,5 mm à 3, et 3,5 mm au pli de le, sont noirs de même que le champ abdo¬
minal. Comme chez la femelle il y a un gros point subterminal jaune d’ocre
dans l’espace internervural 6-7 et un point triangulaire rouge carmin trans¬
versal sur la nervure lb, au-dessus de l’angle anal. Un second point du même
rouge, un plus petit, se trouve à 3 mm au-dessus du précédent. Il manque
chez la femelle. Dessous semblable à celui de la femelle, mais les points sub¬
terminaux des intervalles lc-3 sont un peu plus gros, jaunâtres, surmontés
chez certains individus de deux autres points estompés, rudimentaires entre
3-5.
On peut encore noter que les palpes ont une grande tache jaune d’ocre sur
la face externe où elle arrive presque à l’extrémité du second article, alors que
la femelle ne porte qu’une petite tache ne dépassant pas la base du second
article.
Envergure : 34-35 mm ; longueur de l’aile antérieure : 21-23 mm.
2 d (1 d 1 Allotype), 1 9 Brésil, (coll. Fournier de Horrack) ; 1 d*, Dia-
mantina, 1886, ex B. Sipolis (coll. E. Boullet) et 1 cf, Panema, vallée du
Rio Parana (coll. L. et J. de Joannis, Muséum de Paris).
Armure génitale (PI. VIII et IX). — Tégumen très large, à bord proximal
en angle très ouvert, à côtés convexes, échancré au milieu en carré arrondi
avec, en dessous, un repli très élargi aux angles proximaux qui sont saillants
et forment une explanation triangulaire ; aire membraneuse en ovale allongé
assez étroit. Uncus en trapèze large et court, soudé au tegumen sur plus
du tiers de son bord proximal, ses bords latéraux presque droits, à saillie arti¬
culaire forte ; bord distal échancré en angle presque droit. Il est recouvert
sur la majeure partie de sa surface d’une pilosité qui, en dessus, est mêlée de
longs poils espacés. Anus en gouttière prismatique membraneuse avec l’angle
libre portant une bande chitineuse étroite. Subunci en V arrondi, à branches
plates, inégales ; proximale plus courte, très large, soudée par le milieu de
son bord proximal, sa base libre, arrondie ; courbure ovalaire, très large ;
branche distale plus longue d’un tiers que la précédente, mince, droite, re¬
levée dans son quart terminal et finissant en pointe mousse. Connectifs laté¬
raux en lanière bisinuée, étroite, amincie à la partie supérieure, portant une
expansion en triangle arrondie vers le milieu de leur longueur et se soudant
en rectangle à leur partie inférieure sans former de saccus. Valves épaisses,
renflées, en forme de cuiller tronquée et profondément échancrée. Chacune se
trouve ainsi divisée en deux parties : une supérieure, étroite, en bande irré¬
gulière, avec un renflement tuberculeux à la base, le bord supérieur sinueux
et toute la partie distale (processus supérieur) en lame plate, irrégulièrement
coudée, terminée en angle arrondi portant une douzaine de soies raides. La
partie inférieure, beaucoup plus grande, triangulaire, à bords proximal et in¬
férieur anguleux, terminée par un processus pointu, vu de côté, épaissi en lame
Source : MNHN, Paris
P. REBILLARD
du côté interne et portant avant l’extrémité huit à dix soies raides. A la face
interne les valves sont réunies et immobilisées par une vaste fultura supé¬
rieure en plaque subquadrangulaire, largement excavée en cercle au milieu du
bord proximal, à bord distal profondément incurvé en croissant de chaque
côté du milieu, ces incurvations renforcées d’un large rebord chitineux, le
sommet en triangle entaillé et divisé par une mince ligne, plus faiblement
chitinisée, qui coupe, en dessus, la fultura sur toute sa longeur. En dessous
les valves sont également réunies et immobilisées par une grande pièce mé¬
diane, impaire, ayant à peu près la forme d’un croissant triangulaire, à
sommet arrondi, à cornes larges et recourbées, avec une saillie arrondie au
milieu du bord proximal. Les côtés de cette pièce sont un peu diffus, ils sont
séparés du bord interne des valves par une étroite bande amincie (? membra¬
neuse! mais se soudent assez largement aux valves du côté proximal et, en
un point seulement, du côté distal. Cette pièce impaire constitue apparemment
une modification du bord inférieur des valves qui se serait étalé et soudé
sur la ligne médiane, et nullement un prolongement de la fultura inférieure
comme chez d’autres Riodinidae, puisqu’elle porte, à ses angles proximaux,
le condyle articulaire des valves. Fultura inférieure entourant, en manchon
étroitement appliqué, la base du pénis, puis se rétrécissant graduellement en
lame étroite, recourbée seulement à son extrémité qui s’insère sur la membrane
périphallique, un peu avant l’extrémité du pénis. Pénis cylindroconique, peu
courbé, très aminci dans sa partie terminale qui, s’achève en une courte pointe
précédée, en-dessus, d’un méat en fente longue. A sa partie proximale brusque¬
ment tronquée se raccorde un « coecum pénis » en sac membraneux, irrégu¬
lièrement ovalaire, très vaste, comprimé transversalement. Vesica entièrement
membraneuse, inerme.
Par sa nervulation le genre Nirodia Westw. est voisin des Ancyluris et plus
encore des Rhetus du ty|>e Periander. Comme dans ces deux genres ses ailes
antérieures ont la nervure 6 très brièvement tigée avec 7 + 8 + 9 et la nervure
5 plus près de 6 que de 4. Chez Cyrenia elle est à égale distance des deux
autres, les discocellulaires étant à peu près de même longueur tandis que l’an¬
térieure est au moins de moitié plus courte que la postérieure dans les trois
premiers genres. La nervure 11 (RI), notablement écartée de l’angle supérieur
de la cellule, est un caractère qui se retrouve chez les Ancyluris et les Cy renia,
mais pas chez les Rlietus où cette nervure part de l’angle en question ou tout
près. Les ailes postérieures ont la même grande cellule que chez Rhetus, avec
des discocellulaires égales, disposées en ligne droite oblique, situant la ner¬
vure 5 à égale distance de 4 et de 6, comme aussi chez les Cyrenia mais pas
chez les Ancyluris où cette nervure est plus près de 4. Une autre différence
avec ce genre est montrée par la nervure 7, qui naît avant l’angle supérieur de
la cellule, ainsi que chez Rhetus et Cyrenia, et non de l’angle même. Ainsi que
chez Rhetus et Ancyluris la nervure 3 naît avant l’angle inférieur de la cel¬
lule et pas de cet angle comme chez Cyrenia. D’autre part Nirodia diffère des
trois genres auxquels elle est comparée par les festons plus accusés de ses ailes,
les franges plus longues et alternées de blanc et de noir sur toute leur longueur,
la dent, ou queue rudimentaire, de ses ailes postérieures où ne pénètre que la
seule nervure 3 et non les nervures 2 et 3 comme chez les Ancyluris et chez le
Rhetus Periander. Cyrenia est complètement acaude.
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
181
La tête et ses appendices sont très voisins de ceux du Rhetus Periander, avec
les mêmes yeux nus, les palpes non poilus, longs, à troisième article grêle et
long. Chez les Cyrenia les yeux sont pubescents, les palpes plus courts et poi¬
lus. Le corps a le même habitus et les pattes des deux sexes sont analogues à
celles de Rhetus Periander. Une différence minime, mais importante, existe
aux pattes antérieures du mâle qui possèdent un second article rudimentaire
faisant complètement défaut aux Rhetus (pl. IX). L’armure génitale, bien dif¬
férente de celle du Cyrenia Martia, est exactement du même type que celle de
Rhetus Periander qui s’en distingue seulement par un plus grand développe¬
ment du processus supérieur de la valve, en forme de lame large armée des
mêmes épines que chez Belphegor, mais plus fortes et plus nombreuses, et par
la présence sur la vesica d’un revêtement de fines spinules faisant défaut chez
Belphegor.
En résumé, les affinités du genre Nirodia sont multiples et le rattachent tou¬
tes au même phyllum que les Cyrenia, les Ancyluris et les Rhetus. Toutefois,
les similitudes que nous avons relevées (en dehors de la nervulation et des
palpes), les pattes et surtout l’armure génitale montrent que c’est avec celui-ci
qu’il a certainement la parenté la plus étroite. On peut même penser qu’il en
représente un degré moins évolué si l’on tient compte de son faible dimorphis¬
me sexuel, limité à la présence de plages bleues et à une forme des ailes un
peu moins arrondies chez le mâle, et à l’existence d’un second article, rudi¬
mentaire, aux pattes antérieures de ce sexe.
Genre NECYRIA Westwood
34. Necyria Whyteliana Druce (Pl. II, fig. 13)
Dans les « Macrolépidoptères du globe », Seitz a fait de Whyleliana une
race de A'. Bellona Westw., mais bien qu elle soit publiée depuis longtemps
il n’en était venu jusqu’ici que des mâles et la femelle demeurait inconnue.
Nous pouvons combler cette lacune, un très bel exemplaire se trouvant dans
la collection Fournier.
Ç. — En-dessus le fond des ailes est noirâtre pourpré, avec çà et là une
trace de reflet lilacé. Les antérieures sont traversées par une bande rouge feu
oblique, commençant au delà de la cellule sur la nervure 11 et aboutissant
près du bord externe dans l’intervalle 2-3. Large à sa partie antérieure de 5
mm environ, dans l’intervalle 5-6, cette bande se rétrécit brusquement au-
dessous de la nervure 4 et se réduit à un trait au-dessous de 3 ; sa couleur
s’éclaircit légèrement d’avant en arrière, son bord externe est convexe entre
les nervures, son bord interne concave et de ce côté le rouge se prolonge en
pointes le long des nervures. Ailes postérieures uniformes, sans dessin.
En-dessous la bande des ailes postérieures est plus claire, lavée d’orangé,
élargie du côté interne jusqu’à toucher l’angle supérieur de la cellule ; elle
compte une petite tache supplémentaire entre l’extrémité de 12 et la côte, et
se prolonge inférieurement en pointe sur la nervure 2. Le fond est gris noi¬
râtre glacé de vert bronzé sur la côte, l’espace terminal et la partie du disque
avoisinant la bande rouge d’un ton un peu plus foncé dans la cellule, et passe
Source : MNHN, Paris
PI ANCHE 111
Les chiffres entre parenthèses correspondent aux numéros des espèces dans
le texte.
1. Euselasia pellos lineata Rebillard, tf. Amazone : Rio Maues (9).
2. Euselasia Alburna Stichel, çf Hololype. Colombie (10).
3. A '.ynias lilacina I.athy, Holotype. Pérou central (37).
4. Barbicornis Mona albatu Stichel, $. Paraguay (29).
ycb. Mesosemia phelina Calliops I.e Cerf, 9 Holotype. Guyane (17).
6. Xenandra pulcherrirna H. S., çf. Brésil : Rio Tapajoz (54).
7. Ancyluris Gelisae I.athy, çf Hololype. Amazone : Téffé (31).
8. Helicopis Acis Poleti Lf. Moult, Amazone : Uypiranga (15).
9. Helicopis Acis Poleti Le Moult, 9. Amazone : Uypiranga (15).
10. Eurybia latifasciata silaceana Stichel, 9 • Equateur (16).
11. Charis Chelonis virido Lathy, cf Holotype. Bolivie : Rio Songo (50).
12. Stalachtis funereus albulus Lathy, 9 Holotvpe. Brésil : Sao Paulo
(67).
13. Nirodia Belpliegor Westwood, . Brésil (33).
14. Euselasia Orion Le Cerf, çf Holotype. Colombie (11).
15. Euselasia aniblypodia Lathy, çf Holotype. Pérou central (12)
16. Argyrogrammana Caesarion Lathy, c? Hololype. Brésil (44).
17. Barbicornis Mona marginata Seitz. rf. Amazone (28).
18. Thisbe fcneslrella I.athy, çf Hololype. Equateur (64).
19. Esthemopsis poliolactis Stichel, 9 Allotype. Pérou : Tarapoto (36).
20. Ancyluris Gelisae I.athy, 9 Allotype. Amazone : Téffé (31).
Source : MNHN, Paris
0U PUIOAUOEAU DEL. A PINX
RIODINIDAE
: MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
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au violacé pourpré plus ou moins éclairci, entre la nervure 2 et le bord dorsal.
Les nervures sont noires, excepté dans la moitié proximale de la bande trans¬
versale où elles sont rouge vif. Les postérieures sont uniformément gris ardoisé
glacé de vert bronzé avec les nervures noires. Franges des deux paires conco-
lores. Tête, corps et pattes noirs, abdomen avec une ligne pleurale rouge
(P. Rebillard).
Envergure : 38 mm ; longueur de l’aile antérieure : 26 mm.
Allotype : 1 9. Rio Unini, Brésil (coll. Fournier).
Genre ZELOTAEA Bâtes
35. Zelotaea Lya n.sp., Lathy (PI. II, fig. 5)
9- — Fond des ailes gris jaunâtre en-dessus. Antérieures arrondies, à bord
externe convexe et fortement proéminent entre 4-2. Elles sont jaunâtres à la
base et portent une grande tache irrégulièrement ovalaire, oblique, commen¬
çant au-dessus de la nervure 7, vers l’apex, descendant jusqu’à la nervure 4
et finement coupée de noir par les nervures. Une tache blanche est placée obli¬
quement dans l'intervalle 3-4, près du bord externe ; dans l’intervalle 2-3
une seconde tache blanche, plus petite, se prolonge en ligne blanchâtre jus¬
qu’à la cubitale. Le fond entre ces taches et le bord externe est plus sombre
et un trait, également plus foncé, couvre les discocellulaires.
Ailes postérieures avec les discocellulaires marquées par un mince trait noir,
le bord abdominal blanc grisâtre et trois traits estompés de même couleur
dans toute la longueur des intervalles 2-5.
En-dessous le fond est blanchâtre aux deux paires. Antérieures à base jau¬
nâtre, côte gris foncé excepté dans le tiers basal qui est blanc, la limite entre
ces deux couleurs étant marquée par un arc gris ouvert du côté interne ;
tache discale avec les mêmes caractères de forme et de couleur qu’en dessus ;
espaces internervuraux lc-3 et cellule blancs ; trait discocellulaire gris plus
foncé ; espace internervural 3-2 traversé par un arc grisâtre ouvert. Aux pos¬
térieures toutes les nervures sont nettes et bien accentuées. Tête et corps gris
en-dessus, blanchâtres en-dessous, ainsi que les pattes (P. Lathy).
Envergure : 32 mm ; longueur de l’aile antérieure : 20 mm.
Holotype : 1 9 ? Amazone. (Le type n’a pas été retrouvé dans la collection
Fournier).
Espèce bien caractérisée et différente par sa taille et ses dessins des deux
autres espèces du genre.
Genre ESTHEMOPSIS Felder
36. Esthemopsis poliotactis Stichel (PI. III, fig. 19)
Stichel a décrit cette espèce, sans la figurer, dans le « Généra Insecto-
rum » (1911), d’après un unique mâle d’Iquitos de la collection Staudinger.
Seitz (l.c., V, p. 673, 191) en donne à son tour une description sommaire
et une figure médiocre, un peu plus grande que nature (pl. 142, k). D’après
Mémoires du Muséum. — Zoologie t. XV. 13
Source : MNHN, Paris
184
P. REBILLARD
la description originale, les taches cunéiformes du dessus des ailes sont grises
aux deux paires et obsolètes aux antérieures. En-dessous elles sont plus dis¬
tinctes qu’en dessus, et blanc bleuâtre aux postérieures.
A en juger par les trois exemplaires de la collection Fournier cette espè¬
ce est quelque peu instable. Un mâle de Jumbato, Haut Putumayo (Colombie
méridionale, 14-IX-1932), a le fond des ailes noir bleu pourpré avec les stries
cunéiformes assez courtes, à peine plus claires que le fond aux ailes anté¬
rieures et gris bleuâtre sombre aux postérieures. En-dessous ces dessins sont
un peu plus clairs et à peine marqués de blanchâtre près de la marge aux
ailes postérieures. L’aile antérieure n’a que 15 mm de long, au lieu de 19
chez le « type ».
Une femelle d’iquitos (Pérou), 29-111-1932, a aussi le fond noir bleu pour¬
pré, mais les stries cunéiformes des deux paires d’ailes sont gris clair, passant
au blanc dans toute la partie apicale des antérieures. En-dessous elles sont
toutes blanc bleuâtre. Longueur de l’aile antérieure : 18 mm.
Une seconde femelle de Tarapoto (Pérou), moins fraîche que les exem¬
plaires précédents, est d’un noir brunâtre légèrement pourpré, avec les stries
cunéiformes grises aux deux paires, s’éclaircissant en blanchâtre vers l'apex
des antérieures. A la face inférieure elles sont plus claires qu’en dessus, et
plus blanchâtres aux antérieures. Longueur de l’aile : 18 mm.
C’est ce dernier individu, reçu avant les autres, qui a servi de modèle à
la figure 19 de notre planche III. La femelle de cet Esthemopsis était demeu¬
rée jusqu’ici inconnue et ce que je viens d’en dire montre qu’elle est sans
doute assez variable, de même que le mâle. L’exemplaire figuré étant im¬
parfait je choisis, pour « Allotype » A'Esthemopsis poliotactis Stichel, la
femelle d’iquitos citée plus haut, qui est intacte et provient de la même loca¬
lité que le mâle « Holotype » de Stichel.
Genre XYNIAS Hewitson
37. Xynias lilacina Lathy (PI. III, fig. 3)
L’exemplaire figuré est le mâle décrit par Latiiy dans les Annals and Mag.
Nat. Hist. ((10) vol. XI, p. 65, 1932).
Holotype cf, Pérou, San Remon, 6 à 8.000 pieds, aout-oct. 1921 (ex coll.
Fournier : le type n’a pas été retrouvé).
Genre COMPHOTIS Stichel
38. Comphotis delicia n.sp., Lathy (PI. I, fig. 16)
9. — Dessus des ailes à fond vert très foncé luisant, à reflets satinés plus
clairs sur la moitié distale, portant des dessins linéaires jaunes peu nom¬
breux.
Antérieures avec trois traits transversaux près de la base, les deux extrê¬
mes reliés sur la côte et au bord dorsal ; la nervure sous costale et les pre-
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RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
185
mières radiales longées de jaune, avec des anastomoses qui, avant l’apex,
s’interrompent, en formant deux petites taches ovalaires ; bord externe pré¬
cédé, sur toute sa longueur, d’une bande jaune étroite, égale, divisée par une
ligne de points internervuraux allongés, noirs, recouverts d’écailles métal¬
liques. Postérieures avec deux traits basilaires jaunes, suivis de deux autres,
minuscules, dans et à l’extrémité de la cellule ; sur le disque une mince ligne
jaune fait trois festons inégaux entre les nervures 3-7 ; bord externe pré¬
cédé, comme aux antérieures, par une étroite bande jaune divisée par une
ligne noire continue, légèrement élargie antérieurement.
Dessous des ailes à fond jaune clair, plus pâle vers la base, disparaissant
en majeure partie sous des dessins noirs compliqués où l’on distingue prin¬
cipalement : aux antérieures, de la base vers le bord externe, deux larges
traits transcellulaires dont le second est coudé, un troisième, plus mince et
plus court, sur la discocellulaire partiellement uni à une très large bande
discale, finement coupée par les nervures, et dont le bord externe forme deux
saillies proéminentes dans les intervalles lb-2 et 5-6, une bande antétermi-
nale, extrêmement irrégulière, dont le bord externe est parallèle à la marge
et le bord interne parallèle au bord externe de la bande discale ; bande jaune
terminale un peu plus large qu'en dessus, avec les points noirs mats. Posté¬
rieures avec un dessin analogue au précédent et composé des mêmes éléments;
la bande jaune terminale remonte le long du bord abdominal et la ligne noire
qui la divise est formée de points plus ou moins séparés. Franges des deux
paires noires iP. Lathy).
Envergure : 16 mm ; longueur de l’aile antérieure : 9 mm.
Holotype : 1 9* Brésil, Rio Umary, Amazone (ex coll. Fournier. Le type
n’a pas été retrouvé).
Seitz n’a pas admis le genre Comphotis établi par Stichel (Généra Insect.)
pour Cricosoma hippea H.-S., en prenant pour base l’anastomose, en un point,
des nervures sc et RI aux ailes antérieures. Ce caractère est évidemment
faible, mais dans une famille où tant de genres ne se différencient que par des
détails minimes nous pensons que Stichel a eu raison.
Compholis delicia est très différent d’aspect <ïhippea, seule espèce du genre,
par son dessus vert foncé luisant et sa pauvreté en dessins. Cependant son
dessous, quoique plus chargé de noir, est bien du même type et composé des
mêmes éléments que celui d 'hippea.
39. Comphotis Phaedra Bâtes (PI. IV, fig. 18)
Nous rapportons la femelle de grande taille figurée ici à Comphotis Phae¬
dra.
1 9, Conceicao, Rio Tapajoz (coll. Fournier).
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J 86
P. REBILLARD
Genre PACHYTONE Bâtes
40. Pachytone lateritia radiata f. ind. nova, Rebillard (PI. I, fig. 4)
Diffère de la forme typique par les caractères suivants :
Ailes antérieures à côte entièrement noirâtre jusqu’à l’apex ; points basi¬
laires et cellulaires normaux ; trois points discaux minuscules ; points sub¬
terminaux dilatés en chevrons qui se touchent et forment une ligne continue,
festonnée, reliée à la côte par un fort élargissement commençant à la nervure
5. Ailes postérieures avec les quatre points basilaires et le point discocellu¬
laire normaux ; toute la moitié distale de l’aile d’un ton noirâtre sur lequel
les nervures se détachent en fines lignes rouge orangé ainsi que la ligne sub¬
marginale.
En-dessous les ailes antérieures sont d’un noir fuligineux sur lequel les
points basilaires et discaux s’aperçoivent confusément ; une aire médiane
jaune pâle descend de la cubitale au bord dorsal le long duquel elle se pro¬
longe jusqu’à l’angle dorsal, et forme en outre trois prolongements linéaires
sur les nervures 2, 3, 4. Aux postérieures le dessin est à peu près le même
qu’en-dessus, mais le champ proximal est jaune rougeâtre clair avec les ner¬
vures plus pâles, le noir remonte plus loin sur la côte et l’ensemble forme un
angle net ; le point discocellulaire manque et la ligne submarginale, aussi
claire que les nervures, est découpée en arcs.
Envergure : 20 mm ; longueur de l’aile antérieure : 12 mm.
Holotype : 1 $, Brésil, Uypiranga, Haut Amazone (coll. Fournier de
Horrack).
C’est une forme individuelle du type « radié », fréquent chez beaucoup
de lépidoptères, et particulièrement chez les Lycaenidae, mais qui paraît
rare dans la famille des Riodinidae.
Genre SYMMACH1A Huebner
41. Symmachia Nemesis n.sp.. Le Cerf (PI. IV, fig. 16)
cf. — Fond des ailes brun rougeâtre uniforme. Antérieures à côte à peine
renflée avant le milieu et portant, jusqu’auprès de l’apex, de très fines strio-
les noires. Dessin composé de petits points noirs, la plupart ayant plus ou
moins la forme de traits transversaux : on en compte cinq dans la cellule,
dont deux près de la base et deux avant l’extrémité, qui sont précédés d’un
court trait en croissant, deux sur la discocellulaire, une douzaine sur le dis¬
que disposés en deux rangées parallèles et en zigzags, correspondant à une
postmédiane et une subterminale ; cinq autres points, un peu plus gros, se
trouvent près de la base, sous la cellule ; pas de points submarginaux. Ailes
postérieures triangulaires, à bord externe rectiligne et angle anal aigu ; leur
ornementation est formée des mêmes éléments qu’aux antérieures, mais les
points basilaires sont réunis en une courte ligne transversale, ceux du milieu
et du dessous de la cellule également ; une ébauche de troisième ligne inter¬
rompue est constituée par un trait sur la discocellulaire suivi d’un point entre
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
187
les nervuers 2-3 et d’un autre trait entre la-lb ; les deux rangées discales
sont plus rapprochées et en lignes plus brisées qu’aux antérieures, elles comp¬
tent une quinzaine de points et forment un angle fortement rentrant entre
les nervures 2-3 ; le bord de l’aile est précédé d’une rangée rectiligne de huit
petits points noirs égaux.
Dessous des ailes gris ardoisé, plutôt violacé aux antérieures et bleuâtre aux
postérieures. Dessins comme en-dessus mais tous les points et traits plus gros
et plus nets ; en outre, les antérieures portent une rangée de huit points
submarginaux comme les postérieures et ont le champ dorsal blanchâtre.
Franges des deux paires gris noirâtre (F. Le Cerf).
Envergure : 26 mm ; longueur de l’aile antérieure : 15 mm.
Holotype : 1 d 1 , Santa-Catharina, Brésil (ex coll. Carvalho Monteiro,
puis coll. Fournier : le type n’a pas été retrouvé).
42. Symmachia tricolor pulchra f. ind. nov., Rebillard (PI. I, fig. 17)
Décrit de Colombie, l’exemplaire figuré ici provient d’Iquitos et diffère de
la forme typique par l’extension de la coloration jaune aux quatre ailes,
particulièrement aux ailes postérieures où elle forme une grande tache baso-
discale.
Holotype : 1 c f, Iquitos (coll. Fournier).
43. Symmachia tigrina virgatula Stichel (PI. IV, fig. 17)
Nous pensons que cet exemplaire appartient à la forme virgatula Stichel,
caractérisée par la confluence des traits transversaux de la partie apicale de
l’aile supérieure.
1 cf, Guyane française (coll. Fournier).
Genre ARGYROGRAMMANA Strand
44. Argyrogrammana Caesarion n.sp., Lathy (PI. III, fig. 16)
cf. — Dessus des ailes rouge cinabre. Antérieures avec une étroite bor¬
dure noire à la côte ; sous celle-ci six à sept points noirs, en forme de traits
courts, irrégulièrement espacés, deux points noirs minuscules dans la base des
intervalles 4-6, deux dans l’intervalle lb-2, un trait transversal noir, près de
l’angle dorsal, un plus petit entre 4-5. Ligne submarginale composée de six
taches allongées vert bleuâtre métallique finement entourées de noir, les deux
antérieures plus grosses que les autres et disposées en angle rentrant. Ailes
postérieures avec deux traits noirs dans le champ sous-costal (entre 7-8),
quatre alignées sur la radiale et la nervure 7, deux près de la base, dans l’in¬
tervalle lc-2, sur le disque une rangée de sept points subterminaux entre
lb-7, ceux des intervalles lb-lc et 2-3 décalés vers l’intérieur ; ligne sub¬
marginale métallique comme aux antérieures.
Dessous des deux paires gris ardoisé foncé. Antérieures avec quatre points
noirâtres dans la cellule, un trait discocellulaire et deux rangées discales cour-
Source : MNHN, Paris
P. REBILLARD
bes de points de même couleur, un peu diffus, et deux autres sous la cellule
et la nervure 2 près de la base, tous ces points entourés d’un léger éclaircis¬
sement du fond ; ligne submarginale comme en-dessus. Postérieures ayant la
même disposition générale du dessin que les antérieures, mais les points des
deux rangées discales moins alignés et plus fortement décalés, surtout sur
le champ abdominal ; une série de cinq arcs bleuâtres, ombrés de noirâtre
du côté interne et appuyés extérieurement sur des points diffus de même
couleur, précède la ligne métallique submarginale réduite à des traits minces.
Tête et corps rouge cinabre en-dessus. Franges des deux paires noires, un
peu coupées de clair, aux antérieures, entre la nervure 4 et l’apex (P. Lathy).
Envergure : 26 mm ; longueur de l'aile antérieure : 14 mm.
Holotype : 1 cf, et Paratypc : 1 cf, Brésil, Gavea (E. May, coll. Four¬
nier).
Genre ANTHEROS Huebner
45. Antheros bipunctus Zikan (PI. II, fig. 18)
Cette grande et belle espèce a été seulement nommée, mais non décrite par
M. Zikan in : Entomol. Rundschau, 45, p. 19, 1928. Nous figurons ici un
mâle provenant de Minas-Geraes, Brésil (coll. Fournier).
46. Antheros gentilis n.sp.. Rebillard (PI. II, fig. 6)
cf. — Dessus des ailes noir brunâtre. Antérieures arrondies, à bord exter¬
ne convexe et un peu proéminent entre 3-4. Elles portent une grande tache
médiane blanche, un peu lavée de bleuâtre inférieurement, commençant au-
dessus de lb, s’élevant jusqu’à la nervure 4 et pénétrant en rectangle dans
le quart inférieur de la cellule. Large de 6 mm et haute de 4, elle serait régu¬
lièrement arrondie si son bord supérieur n'était échancré deux fois : au-
dessus de 4, et dans l'angle entre 3 et 4 ; elle est finement coupée de noir par
les nervures. Les postérieures sont acaudes, un peu festonnées entre les ner¬
vures et ont tout le champ costal blanc jusqu'à la nervure 6. Dessous des deux
paires jaune confusément teinté de brunâtre clair dans la cellule et sur le
disque. Les antérieures ont la même tache qu’en-dessus mais blanc pur et
prolongée vers la base et le bord dorsal. L’ornementation des deux paires
comprend des dessins punctiformes noirs et nacrés verdâtres. Aux antérieu¬
res leur disposition est la suivante : un point noir dans la base de la cellule,
un trait noir vertical au-dessous de la cubitale, un peu avant la naissance de
2, deux grosses taches noires allongées, géminées, avant l’angle dorsal entre
lb et 2, un petit trait noir en crochet à la côte sur l’extrémité de 12, quatre
petits points noirs antéterminaux dans les intervalles 2 à 6. Les points nacrés
verdâtres sont au nombre de 15, tous finement bordés de noir : un gros et
long en travers du milieu de la cellule, un autre sur les discocellulaires et
quatre au delà, dans la base des intervalles 4-6, un au milieu de l’intervalle
3-4, un au même endroit entre 6-7, deux entre la base des nervures 9-11 ;
les cinq derniers forment une rangée subterminale entre 2-7. Les postérieu-
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
189
res ont une décoration analogue : deux points noirs basilaires, dont un dans
la base de la cellule et l’autre entre la et le bord abdominal, une rangée de
sept points antéterminaux entre la et 7 — les deux entre lb-2 étant géminés
en chevron ; il y a vingt points nacrés verdâtres dont la disposition géné¬
rale correspond à ceux des antérieures, quatorze sont finement entourés de
noir et répartis à peu près en quatre rangées transversales de la base à l’ex¬
trémité du disque, la dernière étant composée de cinq éléments alignés en
arc ouvert en dehors ; les six autres sont dépourvus d’entourage noir et cons¬
tituent une rangée subterminale parallèle au bord externe. Les franges des
deux paires sont noir brunâtre en-dessus, en-dessous grisâtres aux antérieu¬
res, jaunes aux postérieures où elles forment de petites pointes à l’extrémité
des nervures 2 à 5 et sont plus abondantes et plus longues à l’angle anal.
Tête noire, à front et palpes oranges, corps noirâtre, pattes jaunes (P.
Rf.billard).
Envergure : 24 mm ; longueur de l’aile antérieure : 14 mm.
Holotype : 1 cf, Pérou, Pichis, 4.800, XII-1919 (ex coll. Fournier le type
n'a pas été retrouvé).
Par la taille, la forme des ailes, la disposition des tons et des dessins cette
nouvelle espèce se rapproche d'A. Otho Westwood près de laquelle elle doit
se placer.
Genre CHARIS Huebner
47. Charis Theodora calligramma f. ind. nova, Lathy (PI. IV, fig. 19)
Caractérisée par les modifications suivantes du dessin sur les deux faces
des ailes :
Aux antérieures la ligne transversale interne est courbée vers l’extérieur à
sa partie supérieure et elle n’atteint pas tout à fait la côte ; la ligne externe,
écartée de la précédente et incurvée vers le dedans, rejoindrait la ligne interne
si elle n’était interrompue sous la nervure 6. Au bord dorsal ces deux lignes
sont confluentes. Aux postérieures les deux lignes habituelles sont confon¬
dues en une seule, large et rectiligne.
En-dessous il ne reste, aux deux paires, que les points du champ basal, le
fond est gris brunâtre foncé avec, aux antérieures, une bande postmédiane
transversale, noirâtre, mal limitée. Aux postérieures, de lb à 1 6, l’espace ter¬
minal est occupé par une large bande grise, égale, un peu festonnée entre
les nervures (P. Lathy).
Envergure : 20 mm.
Holotype : 1 cf, Rio Grande do Sul, Brésil, (coll. Fournier).
On peut ajouter à ce qui précède que les lignes transversales de la face
supérieure sont d’un bleu gris particulier, bien différent de la teinte vert
doré normale de la forme typique.
48. Charis pyritos Stichel (PI. IV, fig. 3)
Un seul exemplaire mâle dans la collection Fournier de Horrack, pro¬
venant de Cuyaba, Matto-Grosso (Brésil).
Source : MNHN, Paris
190
P. REBILLARD
49. Charis Chelonis Hewitson (PL IV, cf, fig. 1, $, fig. 2)
Cette espèce, à laquelle P. Lathy n’a pas donné de nom, se situe morpholo¬
giquement entre chaonitis Hew. et epijessa Prittw.
1 cf, 1 9, Petropolis (Brésil) (coll. Fournier).
50. Charis Chelonis virido s.sp. nov., Lathy (PI. III, fig. 11)
cf. — Voisin du Chaonitis Hew., mais en diffère par la coloration géné¬
rale du fond de la face supérieure d’un vert jaunâtre. Les deux paires parse¬
mées par des rangées de traits noirs légèrement bleutés, de forme sinueuse.
En-desssous le fond des deux paires est mauve clair.
Envergure : 22 mm ; longueur de l’aile antérieure : 15 mm.
Holotype : 1 cf, Rio Songo, Bolivie, 750 m, V-1924 (coll. Fournier).
Genre CALYDNA Doubleday
51. Calydna lusca Huebner (PI. IV, cf, fig- 4 ; PI. I, 9* fig- 6)
Les exemplaires figurés ne semblent pas différer de la forme typique.
2 cf, Itaituba, Rio Tapajoz, Mundurucus, Brésil ; 1 9, Pérou (coll. Four¬
nier).
Genre EMESIS Fabricius
52. Emesis Adelpha n.sp. Le Cerf (PI. IV, fig. 9)
cf. — Brun noirâtre. Ailes antérieures avec une large bande fauve des¬
cendant de la côte à l’angle dorsal, très nette du côté interne jusqu’au-dessous
de la nervure 3 où elle se diffuse un peu et se rétrécit fortement avant de
finir en pointe sur l’extrémité de lb ; entre la côte et la nervure 3 son
bord interne est assez fortement sinué, présentant notamment une excurva-
tion très nette entre 4-5. Son bord externe, un peu diffus, est légèrement con¬
vexe, et il est relié, dans les intervalles 2-4, à deux points noirâtres subter¬
minaux noyés dans le brun du fond. Entre la base de l’aile et cette bande
on distingue trois bandes inégales et irrégulières un peu plus obscures que
le fond, et que limitent des lignes légèrement plus foncées ; la dernière forme,
entre le milieu de l’intervalle 2-3 et la nervure lb, un angle rentrant dirigé
obliquement de l’extérieur vers la base. Ailes postérieures ayant, entre la
base et le milieu, trois bandes transversales presque rectilignes, analogues à
celles des ailes antérieures ; le bord externe de la troisième descend sur la
nervure 2, où il forme un angle au delà duquel il se relève et se dirige pres¬
que horizontalement vers le bord abdominal, qu’il n’atteint pas, s’arrêtant
sur le pli de le. Le milieu du disque est divisé par une quatrième bande, plus
étroite, non définie sur ses bords, légèrement convexe, précédant une rangée
subterminale de six points internervuraux un peu diffus, bien isolés.
En-dessous les antérieures ont le fond brun roux, éclairci de fauve dans
et sous la cellule ; les bandes du dessus sont maculaires, éclaircies au milieu,
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
191
divisées par les nervures et fortement bordées de brun, en particulier le bord
externe de la troisième atteint la nervure 2 sur laquelle il forme un angle
assez aigu ; bande fauve légèrement élargie extérieurement et à sa partie
inférieure ; les deux points des intervalles 2-4 plus petits qu’en-dessus, l’in¬
férieur bien détaché. Postérieures brun fauve de la base jusqu’au delà du
milieu, puis brun sombre jusqu’à la marge qui est très finement bordée de
brun roux ; la limite interne de ce champ sombre, sur lequel ne se distingue
aucun dessin, correspond à la quatrième bande, dont la naissance, à la côte,
est seule nette. Les trois premières bandes ne sont indiquées que par les
traits noirâtres qui les encadrent, le parcours caractéristique du bord externe
de la troisième étant particulièrement net. Franges des deux paires conco-
lores (F. Le Cerf',
Envergure : 37 mm ; longueur de l’aile antérieure : 23 mm.
Holotype : 1 cf, Bolivie, Rio Songo, Pebas, 750 m ait. (A. H. Fassl, ex
coll. C. S. Larsen ruine coll. Fournier).
Cet exemplaire était nommé « Emesis keterochroa Hopff. », espèce à
propos de laquelle règne une certaine confusion. Ce que A. Seitz décrit et
figure sous ce nom (GrossSchm. Erde, V, p. 697, pl. 136, i, 1917), en indi¬
quant, comme origine, « Pérou, Bolivie », n’est pas l’espèce de Hopffer,
H. Stichel s’en était déjà aperçu, et il a décrit sous le nom d , E. heteroclita
n.sp. un Emesis à laquelle il rapporte dubitativement la femelle de la pseudo
keterochroa Seitz, nec Hopffer. La véritable keterochroa Hpffr. a été cor¬
rectement figurée par O. Staudinger (Exot. Schmett., I, p. 90, 1888), en même
temps que cet auteur indiquait que la femelle ressemble au mâle.
E. heterochroa Hopffer se distingue d’£. Adelpka n.sp. par le fond des
ailes plus uniforme et dépourvu des trois premières bandes sombres dont
cependant l’emplacement est indiqué par les traits noirs qui les limiteraient
si elles existaient. Celui qui borde le côté interne de la bande fauve est rec¬
tiligne de la côte à la nervure 3, où il se décroche vers l’intérieur et repart
directement jusqu’à la nervure lb. La bande fauve, en outre de cette coupe
droite, est plus étroite, son bord externe est parallèle au précédent, et sa
partie inférieure, au-dessous de la nervure 3, diffuse et divisée, comme le dit
Hopffer, par un trait noir remontant obliquement de la nervure lb jusqu’à
la nervure 3 (2* médiane d’HoPFFER). Aux postérieures la ligne noire cor¬
respondant à la limite externe de la quatrième bande ne forme qu’un bref
décrochement anguleux sur la nervure 3, au delà de laquelle elle se poursuit
avec la même direction générale, c’est-à-dire qu’elle descend à peu près vers
l’angle anal, s’arrêtant, comme chez Adelpka, sur le pli de le, mais nota¬
blement plus bas. Cette disposition caractéristique se retrouve très nettement
à la face inférieure, et l’on note aussi aux mêmes ailes que l’ombre, ou bande
discale diffuse, qui lui fait suite, est plus régulièrement courbée et plus rap¬
prochée du bord que chez Adelpka, et que les points subterminaux sont allon¬
gés verticalement et se touchent de façon à former une ligne continue. Aux
deux paires tout le fond est, en-dessous et jusqu’au bord, d’un roux bru¬
nâtre clair sur lequel tous les dessins se détachent nettement, y compris la
rangée subterminale de points internervuraux diffus commune aux deux pai
res (F. Le Cerf).
Source : MNHN, Paris
192
P. REBILLARD
Nous possédons un autre Emesis, de l’Amazone, se rattachant spécifique¬
ment à Adelpha et que nous nommons :
53. Emesis Adelpha vicaria ssp. nova, Le Cerf.
Se distingue de la forme typique, décrite et figurée ici, par la bande fauve
des ailes antérieures raccourcie inférieurement, arrêtée sur la nervure 2 ou
la dépassant à peine, et divisée sur toute sa longueur par une série d’arc noi¬
râtres internervuraux précédant son bord externe. Dessous des ailes plus
obscur, notamment aux ailes postérieures où le roussâtre n’existe plus que
vers la base, le reste de l’aile étant presque uniformément brun.
Holotype : 1 d 1 et 1 paratype, Amazone supérieur (O. Staudinger et A.
Banc-Haas, coll. E. Boullet, 1907, Muséum de Paris, mine coll. Fournier).
En décrivant E. heteroclita Stichel lui attribue, en-dessus : « ...trois ban¬
des en forme de taches brun noir... » et en-dessous : « ...une éclaircie rou¬
geâtre entre les bandes de taches dans les champs proximal et médian, le
champ distal d'un brun noir diffus » aux postérieures. Ces caractères cor¬
respondant à ceux A'adelpha et vicaria aux mêmes endroits et on pourrait y
voir l’indication d’une parenté des trois formes si d’autres détails importants
ne s’opposaient à ce rapprochement. Convexe extérieurement et arrêtée sur
la nervure 2, la bande fauve des ailes antérieures est suivie, en dehors, « par
une série de petites taches isolées de même couleur », disposition qui pour¬
rait résulter d’un excès de développement des arcs qui divisent la bande
de vicaria. Mais en dehors de ces taches il y en a une troisième rangée d’in¬
distinctes, brunâtres, dont on ne voit nulle trace chez nos deux formes. En
outre il est spécifié que cette même bande fauve est « droite » du côté pro¬
ximal. Heteroclita est comparée à lieterochroa dont elle aurait le « faciès et
la taille » : Adelpha et vicaria n’ont pas ce faciès et sont plus grands, l'apex
de leurs ailes antérieures est plus aigu et légèrement falqué, l’angle anal de
leurs ailes antérieures postérieures nettement anguleux et non arrondi. D’au¬
tre part, en supposant que la femelle figurée dans le « Seitz », (V, pl. 136, i)
sous le nom A'lieterochroa pourrait appartenir à heteroclita, Stichel ajoute
un élément de trouble car, si elle a effectivement trois rangées de fauve aux
ailes antérieures, ses dessins et lignes noirâtres correspondent plutôt à ceux
$heterochroa, notamment la quatrième bande des ailes postérieures qui a
le même parcours.
La localité d’origine A'heteroclita : « Pebas » laisse néanmoins planer un
doute qui ne pourrait être résolu que par l’examen du « type » unique de
Stichel.
L’étude de l’armure génitale montre qu’ lieterochroa et Adelpha ne sont pas
aussi voisines que leur similitude de coloration et la proximité de leurs habi¬
tats porteraient à le croire. A mon avis elles appartiennent à des sections
différentes du genre Emesis, comme on le verra par les descriptions ci-dessous.
Armure génitale mâle de Y Emesis lieterochroa Hpff., de Chanchamayo,
Pérou central (fig. 10). — Tegumen en triangle large, à bord proximal
concave, sommet soudé à l’uncus ; dans l’angle compris entre ces deux pièces,
et réunissant leurs angles latéraux, se trouve une aire membraneuse, partiel-
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SlID-AMÉRICAINS
193
lement et légèrement chitinisée, contre laquelle s’articule les subunci en forme
de grands crochets, fortement chitinisés, courbés en U, décroissant régu¬
lièrement de largeur et à sommet mousse ; leurs branches sont inégales, la
branche basale est la plus grosse et la plus courte, et son talon, en partie
Fig. 10. — Appareil copulaleur de VEmesis heterochroa HOplïer
de Chanchamayo. (dessin de F. Le Cerf).
libre, est arrondi. Uncus en trapèze excavé antérieurement avec les angles
largement arrondis, les côtés un peu renflés et un peu repliés en-dessous. Con¬
nectifs latéraux deux fois sinués, en lame de largeur très inégale ; leur partie
supérieure s’amincit et remonte le long du bord proximal du tegumen pres¬
que jusque sur la ligne médiane, leur partie inférieure, étroite se soude au
Source : MNHM, Paris
194
P. REBILLARD
saccus ; entre les deux précédentes la partie médiane s’élargit fortement en
fuseau et porte, au bord distal, une large expansion quadrangulaire, libre,
en forme de hache qui cache en partie la région basale supérieure de la valve.
Saccus large, en demi-losange arrondi. Valve petite, courte, à peine concave,
irrégulière, d’une forme générale triangulaire à sommet profondément échan-
cré et inégalement bifide ; bord basal légèrement convexe, sans angle arti¬
culaire supérieur distinct, portant vers le milieu de sa longueur un sillon ver¬
tical et horizontal membraneux isolant la partie supérieure distale de la
valve qui se prolonge en une longue pointe aiguë, creusée en gouttière en-
dessus ; la partie inférieure de la valve se termine par un processus digiti-
forme à sommet arrondi, plus court que la pointe précédente et, comme elle,
porte des poils ; dans le creux de l’échancrure qui les réunit la chitine est
fortement épaissie. A la face interne les valves sont reliées et immobilisées par
une fultura supérieure très chitinisée, formant un arc, irrégulier en-dessous, et
dont le bord se replie en-dessus vers la base ; le vallum pénis que cette pièce
surmonte est encadré inférieurement par la fultura inférieure, en longue lame
chitineuse, plate et fortement incurvée à sa partie distale qui s’attache tout
près du saccus, rectiligne, amincie et rétrécie du côté qui se soude complète¬
ment au pénis, avant la moitié de la longueur de celui-ci. Pénis cylindro-
conique, décroissant régulièrement de la base au sommet, un peu tordu en
S, fortement courbé avant le milieu de sa longueur et se terminant en pointe
légèrement relevée ; méat asymétrique, antéterminal, s’ouvrant en fente
allongée sur le côté droit de l’organe ; vesica garnie d’un semis assez dense
de sensili en forme de petites épines courtes. Caecum pénis membraneux,
assez long, en sac arrondi, ouvert en-dessus dans une légère dilatation en
retrait sur le fond (F. Le Cerf) (fig. 10).
Armure génitale mâle de VEmesis Adelplia Le Cerf « Holotype » du Rio
Songo, Bolivie (fig. 11). — Tégumen plus large, moins triangulaire, convexe en-
dessus avec une légère dépression au milieu du bord proximal, ses angles
latéraux excurvés avec un cordon chitineux épaissi et un peu relevé ; aire
membraneuse plus étroite, plus faiblement chitinisée, sauf un renflement
globuleux à l’angle distal, portant une lame chitineuse linéaire, amincie aux
extrémités, s’articulant tout près de la base de l’uncus. Subunci en U plus
ouvert, à branches inégales, la proximale large, plate, soudée par sa partie
médiane de sorte que la base arrondie du crochet est assez longuement libre ;
branche libre réunie à la précédente par une courbure régulière, moins large,
plate, presque droite, décroissant régulièrement de largeur et se terminant
en pointe légèrement recourbée. Uncus en forme de bande, étroite au centre,
élargie latéralement, soudé au tegumen par le milieu du bord proximal qui
est fortement concave et dont les angles latéraux viennent s’articuler dans
le renflement correspondant de l’aire membraneuse latérale du tegumen ;
côtés sinués, non repliés en-dessous, bord distal incurvé, à angles très arrondis.
Connectifs latéraux faiblement bisinués vers le milieu, fortement incurvés
inférieurement, amincis à leur partie antérieure qui s’articule au tegumen, re¬
montant sur la face dorsale, tout près de la ligne médiane ; inférieurement
ils se soudent au saccus qui a la forme d’un écusson court, triangulaire, ar¬
rondi. Vers le milieu de leur longueur les connectifs latéraux portent une
Source : MNHN, Paris
RI0D1NIDAE SUD-AMÉRICAINS
195
expansion lamellaire en triangle irrégulier. Valve haute et courte, en trian¬
gle tronqué et irrégulier, sans angles articulaires différenciés ; elle est divi¬
sée longitudinalement par un sillon irrégulier, convexe proximalement, con¬
cave distalement ; sa partie supérieure est elle-même coupée verticalement
par un autre sillon médian, en S, isolant une portion proximale en forme de
casque et une distale en trapèze arrondi dont l’angle distal supérieur est en
forme de dent large, plate, retroussée transversalement ; la partie inférieure,
irrégulière, est étroite et arrondie du côté proximal, son bord supérieur est
incurvé à l’extrémité qui est étroite et tronquée obliquement ; le bord infé¬
rieur, fortement concave près de son origine, se prolonge en une lame mince,
tronquée au sommet ; le bord externe forme, entre les précédents, une large
incurvation (F. Le Cerf) (fig. 11).
Fig. 11. — Emesis Adelpha Le Cerf. Appareil génital. Pénis. — Rio Songo
(dessin de F. Le Cerf). — Comparer avec les figures de la pl. IX ci-après.
On y voit le schéma de l'appareil génital d’un Emesis alrius Sldgr., in
lill., également dessiné par F. Le Cerf.
Genre XENANDRA Felder
54. Xenandra pulcherrima Herrich-Schaeffer (Pl. III, fig. 6)
Figuré par H. Schaeffer et décrit et figuré à nouveau par Seitz (Macrolé-
pidopt. du Globe, t. V, p. 663, pl. 128 a), qui donne comme provenance
Surinam, mais déclare n’avoir jamais vu d’exemplaire en nature.
1 cT, Barreiras, Rio Tapajoz, IX-X-1924, Brésil (coll. Fournier).
Genre EMATURGINA Roeber
55. Ematurgina albovata candida ff. nova. Le Cerf (Pl. II, fig. 19)
9- — Ailes antérieures brun noirâtre avec un trait longitudinal blanc
lilacé, mince et diffus, dans la cellule, partant de la base et s’effaçant avant
d’atteindre les discocellulaires ; un second trait blanc lilacé très large et à
bords peu nets s’étend au-dessous de la cellule, dans l’intervalle lb-2, de la
base jusqu’aux deux tiers de l’aile où il finit en pointe sur le pli de le ; entre
Source : MNHN, Paris
196
P. REBILLARD
son extrémité et la marge se trouve une petite tache arrondie de même
couleur, mal définie, à cheval sur le pli ; une grande tache ovale, blanche,
à contours bien nets, longue de 6 mm et large de 3 mm, traverse le milieu
du disque entre les nervures 2-6, son bord interne longe les discocellulaires
et coupe la base de l’intervalle 3-4.
Ailes postérieures blanches, avec une bande marginale brun noirâtre large
de 2 mm environ, continue, parallèle à la marge de la base à l’apex. De
l’angle anal à la nervure 7 elle porte des taches internervurales violet pâle,
inégales, dont les plus grandes sont entre les nervures 4-6 et la plus petite
entre 3-4, de sorte que le brun noirâtre paraît former une pointe sur la ner¬
vure 4. L’espace internervural 6-7 est rempli de brun noirâtre jusqu’à la base.
Dessous des deux paires avec les mêmes dessins. Antérieures à fond plus
clair, gris brunâtre largement lavé de gris lilacé pâle à la côte, et dans la
cellule où le trait du dessus ne se distingue plus ; le large trait sous-cellulaire
n’est indiqué que par un vague éclaircissement, plus court qu’en dessus, ne
dépassant pas la moitié de l’aile et largement séparé de la tache blanc violacé
subterminale qui est, elle aussi, moins nette qu’en dessus mais plus grande.
Espace terminal divisé par un léger éclaircissement diffus, à peu près paral¬
lèle au contour externe de la grande tache discale blanche qui ressort ainsi
sur un entourage foncé. Postérieures avec la bordure brun noirâtre un peu
plus large qu’en dessus et ne portant que des traces légères de taches violet
pâle le long du bord abdominal, à l'angle anal, et dans les intervalles 4-7 ;
quelques écailles blanches pénètrent, au-dessus de la nervure 6, dans la base
de l’intervalle 6-7.
Tête noire, avec le front et les palpes jaune clair. Corps noirâtre en-dessus,
blanc en-dessous (F. Le Cerf).
Envergure : 32 mm ; longueur de l’aile antérieure : 18 mm.
Holotype : 1 Ç, Umbria, Colombie mér. or., 350 m.
Outre sa provenance : Colombie, E. candida se distingue d 'albovata Sti-
CHEL telle qu’elle est décrite in : Mi U. zoolog. Mus. Berlin, XV, 1, p. 22,
1929, — d’après le « type $ », seul connu jusqu’ici du Rio Suapi, en Bolivie,
— par sa taille notablement plus grande, l’absence complète sur le dessus
des ailes antérieures de taches submarginales blanches, la coloration violet
pâle de celles des ailes postérieures, le dessous plus foncé à dessins distincts.
Genre HAMEARIS Huebner
56. Hamearis cinericia Stichel (PI. IV, fig. 20 ç}, fig. 21 $ )
H. cinericia Stichel, décrit sur une seule femelle provenant de l’Argentine,
n’a été ni figuré, ni comparé à une forme connue. Les exemplaires repré¬
sentés ici ont été isolés par P. Lathy avec la mention dubitative cinericia ?
sub. sp. nova.
1 cf, 1 9> Paraguay (coll. Fournier).
57. Hamearis Aurinia gauchoana Stichel (PI. IV, fig. 22 cf, fig- 23 9 )
Décrits par Stichel de l’Uruguay, ces deux exemplaires semblent se rap¬
porter à gauchoana, forme claire avec rangée de taches submarginales aux
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
197
postérieures.
Seitz ajoute à la description qu’il donne (l.c., t. V, p. 702) : « Des formes
de transition se trouvent dans le Rio Grande do Sul ». Les exemplaires figu¬
rés viennent de Belgrano, Argentine.
1 cf, 1 9 Ml. Fournier).
Genre METACHAR1S Butler
58. Metacharis Melusina Staudinger (PI. IV, fig. 5)
Cet exemplaire provenant de la collection Larsen porte de sa main sur
l’étiquette : Metacharis melusina.
1 d, Manicore, Amazone, VIII-23 (H. C. Boy).
Cette identification devra être précisée, notamment en ce qui concerne le
dessous des deux paires qui ne coïncide pas avec la figure donnée par Seitz
( t. V, pl. 137 d).
59. Metacharis Melusina Elinas Rebillard (Pl. IV, fig. 6)
Forme voisine de la précédente, mais avec extension de l'aire baso-discale
jaune ocré des postérieures en-dessus. Le fond des postérieures en-dessous,
jaunâtre au lieu de gris bleuté, montre peu de différence dans le dessin, mais
les ailes antérieures portent deux bandes blanches incurvées en dedans, des¬
cendant de la côte au bord dorsal.
1 d, Uypiranga, Amazone.
60. Metacharis erotylus Stichel (Pl. IV, fig. 7 9’ %• 8 cf)
L’exemplaire femelle étiqueté par Larsen provient de Buenavista, Bolivie,
450 m, le mâle vient de Chanchamayo, Pérou.
Genre ECHENAIS Huebner
61. Echenais pulcherrima felicis f. an. ssp. nova, Lathy (Pl. I, fig. 5)
Diffère de la femelle typique par les caractères suivants :
Ailes antérieures à champ basal noirâtre plus large, ses petites stries trans¬
versales, dans et sous la cellule, fauve orangé ; bande transversale claire
divisée en deux parties inégales et de couleur différente, l’une, petite, trian¬
gulaire, blanche, montant du bord dorsal à la nervure 3, l’autre, très large,
égale, et un peu sinuée extérieurement, fauve orangé, va de la nervure 3 à
la côte ; ligne antéterminale et tache submarginale carrée de l’intervalle
lb-2 fauve orangé. Ailes postérieures avant également le champ basal noi¬
râtre un peu élargi ; bande transversale blanche rétrécie à sa partie anté¬
rieure, entre la côte et la nervure 6 ; champ terminal noirâtre, élargi anté¬
rieurement ; points submarginaux noirs fusionnés en une ligne continue, de
sorte que leur entourage clair se réduit à une série interne d’arcs fauve
orangé et à une série externe de très minces arcs blanc bleuâtre.
Source : MNHN, Paris
PLANCHE IV
Les chiffres entre parenthèses correspondent aux numéros des espèces dans
le texte.
1. Charis Chelonis Hewitson, tf. Brésil : Petropolis (49).
2. Charis Chelonis Hewitson, Ç. Brésil : Petropolis (49).
3. Charis pyritos Stichel, tf. Brésil : Cuyaba, Matto-Grosso (48).
4. Calydna lusca Huebneb, Brésil : Mundurucus, Itaituba, Tapajoz (51).
5. Metacharis Melusina Stgb., $. Amazone : Manicore (58).
6. Metacharis Melusina Elinas Rebili.abd, rf. Amazone : Uypiranga (59).
7. Metacharis erotylus Stichel, $ . Bolivie : Buenavista (60).
8. Metacharis erotylus Stichel, rf. Pérou : Chanchamayo (60).
9. Emesis Adelpha Le Cebf, ç f Holotype. Bolivie : Pebas, Rio Songo (52).
10. Aricoris cruentata Butleb, Amazone : Rio Umary (68).
11. Aricoris cruentata succina Rebillabd, . Amazone : Manicore (69).
12. Aricoris cruentata Heliodora Stgb., Ç. Amazone : Rio Umary (70).
13. Aricoris Heliodora amanita Rebillabd. Ç. Amazone : Maues (71).
14. Alésa Telephae Boisduval, 9 Allotype. Amazone : Uypiranga (22).
15. Pheles Heliconides H. S., Amazone : Manaos (25).
16. Symmachia Nemesis Le Cebf, Holotype. Brésil : Santa-Catharina (41).
17. Symmachia tigrina virgatula Stichel, . Guyane (43).
18. Comphotis Phaedra Bâtes, Ç. Brésil : Rio Tapajoz (39).
19. Charis Theodora calligramma I.athy, Holotype. Brésil : Rio Grande
do Sul (47).
20. Hamearis cinericia Stichel, Paraguay (56).
21. Hamearis cinericia Stichel, Ç. Paraguay (56).
22. Hamearis Aurinia gauchoana Stichel, (f. Argentine : Belgrano (57).
23. Hamearis Aurinia gauchoana Stichel, Ç . Argentine : Buenos-Ayres
(57).
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
199
En-dessous, aux ailes antérieures, les stries du" champ basal sont blan¬
châtres, la partie antérieure de la bande claire transversale est jaunâtre, cette
couleur se diffusant en s’atténuant jusqu’à l’angle anal. Aux postérieures
les dessins sont partiellement morcelés, comme dans le type, ceux de la
rangée interne plus fortement dilatés vers la côte, les arcs internes élargis,
jaunâtres, presque confluents.
Envergure : 24 mm ; longueur de l’aile antérieure : 15 mm.
Holotype : 1 Ç, U. Putumayo, (Colombie, sud-est).
L’espèce n’était connue que de l’Amazone et des Guyanes, sous sa forme
typique puleherrima, et du Pérou par la sous-espèce comparata STICH. qui, à
l’inverse de felicis, est notablement plus claire que le type. Etant donnée sa
provenance il se pourrait que notre nouvelle forme soit une sous-espèce vala¬
ble.
Genre CALLIONA Bâtes
62. Calliona siaka-Latona separata SSp. nov., Lathy (PI. I, fig. 18)
Décrit par P. Lathy dans les Ann. and Magaz. Nat. Hist. ( (10) XI, p. 71,
1932).
Holotype : 1 cf, Cuyaba, Matto-Grosso, Brésil (coll. Joicey). L’exemplaire
figuré ici correspond exactement à la description originale.
1 d 1 , Colombie (coll. Fournier).
Genre NYMPHIDIUM Fabricius
63. Nymphidium Clearista Butler (PI. I, fig. 7)
Doubleday a fait connaître cette espèce dans les termes suivants, in : List
specim. Lepidopt. Ins. in coll. B. M., part II, p. 456, (1847) :
Emesis ? Clearista - a. Honduras. From Mr Dyson’s collection.
C’est tout. Aucune description n’accompagne cette simple mention, tout
au plus suffisante à révéler l’existence de cette espèce, mais faisant de Clea¬
rista un « nomen nudum ». Son entrée dans la systématique est due à G. A.
Butler qui publie, dans les Ann. Mag. Nat. Hist., (4), VIII, p. 283 (1871),
la description du même et unique spécimen de la collection du British Muséum,
en lui conservant le nom donné par Doubleday. Il précise que c’est une fe¬
melle, maintient le point de doute, déjà placé par Doubleday après le nom
de genre « Emesis » et termine par cette remarque : « Allied to no other
species, and somewhat ressembling the species of Nymphidium in the cha-
racters of its markings ».
Dans la « Biol. cent. Americ., Lepid. Rhopal. » (I, p. 472, (1886) I, God-
MAN et Salvin placent Clearista parmi les Nymphidium. O. Staudinger a
ignoré cette espèce qui n’est pas citée dans ses « Exot. Schmet. » (I, 1886),
et Lewis Mengel se borne à l’inclure parmi les Emesis dans son « Catalog
of Erycinidae » (1905).
Mémoires du Muséum.
Source : MNHN, Paris
200
P. REBILLARD
H. Stichel, qui fut incontestablement le meilleur spécialiste des Riodinidae
et dont le magistral travail du « Généra Insectorum » (fasc. 112, 1912) reste
la base des études sur cette famille, ne connaissait pas Clearista en nature.
Il la laisse dans le genre Nymphidium, mais seulement au titre d’ « incertae
sedis » (p. 385) et, bien que donnant, la bibliographie ci-dessus, ajoute :
« heimat unbekannt », ce qui est surprenant puisque la patrie de Clearista est
connue depuis 1847.
A. Seitz a traité lui-même les Riodinidae dans le tome V de son grand
ouvrage, « Les Macrolépidoptères du Globe ». Il ne fait nulle part mention
de Clearista. La dernière citation de cette espèce se rencontre dans le « Cata-
logus Ixpidopterorum ».
En résumé peu d’auteurs ont écrit sur Clearista, rares sont ceux qui l’ont
vue en nature et aucun n’a cru devoir lui assigner une place bien définie dans
la systématique. Elle n’a non plus jamais été figurée, on ne connaît que la
femelle.
La collection Fournier contient un individu provenant de la coll. Larsen
et capturé par A. H. Fassl à Lino (Panama), à 800 m d’altitude. Son éti¬
quette porte la détermination suivante : « Nymphidium nur calyce Ç Feld. ».
Cette identification est certainement inexacte. Nymphidium calyce est un des
nombreux noms créés par Doubleday (Z. c.) pour des espèces qu’il a simple¬
ment cataloguées et baptisées sans les décrire, et parmi lesquelles se trouvait
précisément Clearista. Comme Butler l’avait fait pour celle-ci, Felder a
conservé le nom de Doubleday et publié la description du « Nymphidium
calyce Dbd., i. 1. » in : Wien. eut. Monats., V, p. 72, 1862, qu’à son tour
Bâtes a de nouveau décrit sous le nom de Nymphidium mesoleucum in :
Journ. Lin. Soc., Zool., 9, p. 401, 451 (1868).
Stichel, suivi par Seitz, a fait du Nymphidium Mycone Hew. une sous
espèce de Nymula (= Nymphidium ) calyce Feld. Il y aurait sans doute
lieu de vérifier jusqu’à quel point ce rapprochement est fondé. Nous avons
l’impression que Mycone se placerait mieux au voisinage de N. Orestes Cr.
qui a aussi des points en-dessous des ailes, et bien que la femelle marque
une tendance à se rapprocher des Emesis. Il serait peut-être encore plus pro¬
che de N. Titia Cr. qui possède, comme elle, un point subapical blanc en-
dessus des ailes antérieures, et dont la femelle montre déjà des éléments du
dessin caractéristique des vrais Nymphidium.
N. calyce Felder est une espèce largement répandue dans les collections.
On lui attribue un habitat très vaste, allant du sud du Brésil au Mexique.
Elle n’a sûrement rien de commun avec Clearista dont l’aire géographique,
dans l’état actuel de nos connaissances, se limite à l’isthme de l’Amérique
centrale. Il est évident qu’elle n’est pas proche parente des Emesis et que c’est
dans la série des genres gravitant autour des Nymphidium que se trouvent
ses affinités réelles. Malheureusement c’est un des groupes où les distinctions
génériques sont les moins nettes : Echenais, Peplia, Nymula, Nymphidium,
Polystichtis (= Lemonias) ont une structure analogue et ne différeraient que
par des détails de l’armure sexuelle des mâles du moins d’après les espèces
que Stichel a étudiées. Un examen de ces organes, étendu à toutes les espè¬
ces du groupe, conduirait probablement à des remaniements. Si par sa taille,
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
201
son aspect général et sa coloration, Clearista rappelle les Nymphidium du
type le plus banal, la présence à la face inférieure des ailes de points noirs
dans et autour de la cellule rend ce rapprochement suspect. Cette ponctuation
manque en effet chez les Nymphidium et les Nymula — que Stichel en a
séparés génériquement — mais se retrouve aux mêmes emplacements et avec
la même disposition chez beaucoup de Polystichtis (= Lemonias ) ou d’Eche-
nais tels que Penthea Cr.
Parmi les caractères structuraux les palpes, à troisième article long, grêle,
terminé en massue, et les tarses antérieurs, à cinq articles bien développés,
sont analogues à ceux des femelles des genres précités et n’offrent, par con¬
séquent, aucune ressource. Par contre, en examinant la nervulation nous nous
sommes aperçus qu’aux ailes antérieures les nervures 6, 7 et 8 (= M1+R5
+ R4) sont tigées. Or, ce caractère, habituellement important, n’est indiqué
pour aucun des genres en question où la nervure 6 reste toujours indépen¬
dante de 7, dont elle est seulement très rapprochée à la base. En vérifiant ce
fait sur la plupart de leurs espèces nous avons cependant rencontré une ex¬
ception : la femelle de Nymphidium Ethelinde Cr. a aussi la nervure 6 tigée
avec 7 et 8, aussi longuement que la femelle de Clearista, mais pas le mâle
qui a la nervulation normale des Nymphidium.
Cette particularité rend encore plus désirable la connaissance du mâle
Clearista, qui permettrait certainement de savoir dans quel genre placer cette
espèce que nous devons, en attendant, laisser provisoirement parmi les
Nymphidium.
Genre THISBE Huebner
64. Thisbe fenestrella Lathy (PI. III, fig. 18)
Lathy a décrit cette espèce dans les Ann. and Mag. of N'ai. Hist., (10), XI,
p. 71, 1932.
La figure représente l’holotype mâle provenant de l’Equateur (coll. Four¬
nier).
Genre DYSMATHIA Bâtes
65. Dysmathia Juno n.sp., Le Cerf (PI. II, fig. 20)
9 ■ — En-dessus le fond des ailes est beige grisâtre, avec un peu de roux
noirâtre à l’angle anal, des lignes transversales et des ocelles antéterminaux.
Aux antérieures la cellule est traversée par deux bandes noirâtres, la pre¬
mière près de la base, la seconde au milieu, toutes deux se prolongeant jusqu’à
la nervure lb ; une troisième ligne de même couleur couvre les discoscellulai-
res. Le disque est traversé par deux rangées de festons ouverts vers l’extérieur,
la première, faiblement indiquée, commence sur la nervure 7, descend en s’in¬
curvant dans l’intervalle 5-4, au-dessous duquel elle se dessine plus nettement,
et aboutit sur le pli de le ; la seconde, plus claire, commence sur la nervure
8, court parallèlement à la précédente et se termine sur lb. Cinq ocelles brun
Source : MNHN, Paris
202
P. KEBILLAKD
foncé, inégaux et de forme trapézoïdale oblongue, sont alignés près du bord
externe dans les intervalles lb-6, les deux plus gros se trouvant entre lb-3.
Postérieures un peu teintées de rosâtre sur le disque et portant également
trois bandes transversales noirâtres, dont deux partent de la côte et traversent
la cellule, la première près de la base, la seconde au milieu, celle-ci déviée sur
la cubitale, toutes deux aboutissant sur la nervure 1b ; la troisième, plus courte,
est placée sur les discocellulaires. Une bande, de la même couleur que les
précédentes, traverse le disque, elle commence à la côte, descend directement
sur la nervure 3, où elle fait un angle, puis se prolonge jusqu’à la nervure lb
en festons ouverts en dehors. Une seconde rangée de festons ouverts extérieu¬
rement part de la côte, avant l’apex, et se termine également sur lb ; les cinq
premiers festons, entre 7-3, sont brun clair, ceux entre 3-lb brun roux et plus
grands. La marge est précédée, entre les nervures 7-lb, de six ocelles de même
forme et de même couleur qu’aux antérieures, mais un peu plus grands et les
deux compris entre 2-lb sont noirs. Marge brun foncé.
La face inférieure des ailes a la même coloration générale et le même décor
que la face supérieure. Le fond est plus clair, plus mat, les ocelles sont plus
foncés, plus arrondis et bordés de blanchâtre du côté interne. Franges des
deux paires gris beige.
Tête et thorax beige grisâtre, abdomen un peu plus foncé en-dessus et plus
clair en-dessous ; pattes de la couleur du corps (F. Le Cerf).
Envergure : 41 mm ; longueur de l’aile antérieure : 23 mm.
Holotype : 1 $, Colombie, Rio Putumayo, 10-III-1931 (ex coll. Fournier.
Le type n’a pas été retrouvé).
66. Dysmathia Grosnyi n.sp.. Le Cerf (PI. II, fig. 7)
$. — Ailes à fond brun en-dessus, avec des dessins transversaux plus
foncés.
Antérieures arrondies, avec l’apex proéminent, aigu et falqué. De la base
au bord externe elles portent : un trait marron traversant la cellule dans son
milieu et descendant jusqu’à la nervure lb, deux taches peu marquées, dif¬
fuses, de même couleur, entre 3-2 et deux autres entre 2-lb ; cinq traits mar¬
rons, alignés en rangée droite, parallèle au bord externe, sont placés dans
les intervalles lb-6. Le bord externe est noirâtre.
Ailes postérieures à fond brunâtre du côté distal et grisâtre du centre à
la base. Cellule divisée par un trait transversal médian qui descend dans l’in¬
tervalle lb-2 et par un autre trait plus court, tout près des discocellulaires,
précédé d’une tâche de même couleur dans l’angle inférieur de la cellule ;
disque parcouru par trois bandes marron ; la première, plus foncée, descend
en arc plat de la nervure 7 au milieu du bord abdominal ; la seconde,
un peu plus claire, parallèle à la précédente, aboutit sur la nervure lb près
de l’angle anal ; la troisième, plus étroite et plus foncée que la seconde qu’elle
suit dans son parcours, commence à l’apex et se termine dans l’angle anal.
Espace terminal éclairci mais devenant plus foncé vers la côte. Bord externe
noirâtre.
En-dessous des deux paires le fond est mauve grisâtre, à l’exception du
bord externe, des bandes et des traits qui sont marron foncé. Les antérieures
Source : MNHM, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
203
portent, dans la cellule, deux taches marrons : une médiane, triangulaire,
et une autre, arrondie, dans l’angle inférieur. De la nervure 9 paît une
rangée de traits bruns, excurvée dans les intervalles 8-6 et descendant jus¬
qu’au milieu de l’intervalle lb-2. En arrière, dans le même intervalle il y a
deux chevrons marrons, le supérieur ouvert du côté interne, l’inférieur ouvert
du côté externe. Une ligne de festons marrons précède le bord externe, de
9 à lb.
Les postérieures sont traversées par trois rangées de traits presque paral¬
lèles ; la première commence à la côte, coupe la cellule dans son milieu et
aboutit sur la nervure la ; la seconde part également de la côte, passe un
jieu au delà des disco-cellulaires et s’arrête sur la nervure 3 ; la dernière naît
au milieu de l’intervalle 7-6 et arrive à la nervure lb. Une rangée de festons
ouverts du côté externe de la nervure 7 à le ; elle précède sept ocelles sub¬
terminaux presque triangulaires, marrons, placés dans les mêmes intervalles
et dont les deux derniers sont géminés et seulement séparés par le pli de le.
Franges des deux paires gris clair.
Tête et corps marron grisâtre en-dessus, un peu plus clairs en-dessous :
pattes grisâtres (F. Le Cerf).
Envergure : 39 mm ; longueur de l’aile antérieure : 23 mm.
Holotype, 1 9; Barreiros, Rio Tapajoz, Brésil (ex coll. Fournier : le type
n’a pas été retrouvé).
Genre STALACHTIS Huebner
67. Stalachtis funereus albulus s.sp. nov., Lathy (PI. III. fig. 12)
Spécimen unique étiqueté par Lathy, sans description.
1 9- Sao-Paulo, Brésil, VII-1913 (coll. Fournier).
Genre ARICORIS Boisduval
68. Aricoris cruentata Butler (PI. IV', fig. 10)
Forme typique mâle provenant du Rio Umary, Amazone (coll. Fournier).
69. Aricoris cruentata succina f. nova, Rebillard (PI. IV, fig. 11)
Forme voisine de la précédente, dont elle diffère surtout par la disparition
de la bande apicale noire à l’aile antérieure en-dessus, et un éclaircissement
du fond de coloration aux deux paires.
Holotype : 1 cf, Manicore, Amazone, X-1923 (H. C. Boy, ex coll. Larsen
mine coll. Fournier).
70. Aricoris cruentata Heliodora Staudinger (PI. IV, fig. 12)
Cette femelle correspond à la description publiée par Staudinger et à la
figure donnée par Seitz (t. V, pl. 142 k).
Rio Umaiv, Amazone (coll. Fournier I.
Source : MNHM, Paris
201
P. REBILLARD
71. Aricoris Heliodora amanita f. nova. Rebillard (PI. IV, fig. 13)
Cette femelle est la mutation rouge d 'Heliodora.
Maues, Amazone (coll. Larsen mine col!. Fournier).
Genre ORIMBA Boisduvàl
72. Orimba tapaja Saunders (PI. 1, fig. 8 à 12)
Lorsque Saunders décrivit cette espèce il ne connaissait que des mâles
capturés par H. W. Bâtes sui le Rio Tapajoz (Tr. ent. Soc. L., p. 108, pl.
XI, fig. 17, 18, 1858).
Les figures accompagnant sa description, bien qu’exécutées par Hewitson,
laissent à désirer. C’est ainsi que les six points blancs subterminaux des ailes
antérieures sont à peu près indistincts, les dessins rouges sont asymétriques
et le dessous n’est pas représenté. Par le texte cependant on sait que l’indi¬
vidu pourvu d’une tache rouge aux ailes postérieures (fig. 17) est dépourvu
de rouge en-dessous aux deux paires d’ailes, et que celui chez qui la tache
rouge manque en-dessus des ailes postérieures (fig. 18) a, au contraire du
précédent, une grande tache rouge en-dessous des ailes antérieures. C’est à
celui-ci que Kirby (Handb. Lep., II, p. 42, 1896) a attribué le nom de « var ».
Hewitsoni, le premier restant la forme typique de l'espèce. La femelle ne fut
connue que dix ans plus tard, quand H. W. Bâtes créa, pour l’espèce qu’il
avait découverte, le genre Catagrammina (Journ. linn. Soc., Zool., p. 411.
453, 1868). Il énumère ainsi ses caractères :
« ...basal half of fore wing carmine-red or orange-yellow, with a black
patch near the middle of hind border, separated into two by the post-median
nervure and sometimes extending to the base of wing. In the black apical
half of the wing there is a short belt of red or orange-yellow, ist lower end
connected with a submarginal row of white spots. Hind wing black brown,
with a submarginal row of white spots. Wing lappets orange-yellow. Beneath
the same, but paler, and the hind wing having a patch of orange-yellow at
the base. Tapajoz and Ega ».
Si ce schéma du dessin et de la coloration reste fondamentalement le même,
on note cependant, sur une série suffisante d’exemplaires, des différences de
détail assez nombreuses. Nous les étudierons plus loin. Notons dès maintenant
que Bâtes n’a représenté aucune des deux formes qu’il a décrites, et qu’on
n’a donné jusqu’ici qu’une seule figure originale de la femelle A'Orimba tapa¬
ja. Elle est due à O. Staudinger qui, dans ses « Exot. Schmett », pl. 92,
1886, reproduit l’unique individu, en mauvais état, capturé à Téffé par le
Dr Hahnel et appartenant à la forme jaune. La figure du « Seitz (Macrolépid.
du Globe, V, pl. 143) n’est qu’une copie de la précédente.
A l’inverse du mâle, qui n’offre pas de ressemblance marquée avec d’autres
groupes de Lépidoptères, et dont le dessin reste toujours rouge, la femelle
copie, en taille, forme, dessin général et couleurs, des femelles de Catagram-
ma du groupe Cynosura Hew. C’est ce qu’évoquait le nom générique de
« Catagrammina créé par Bâtes pour l’espèce qu’il avait découverte et qui
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
205
n’a pas été conservée. Sans être aussi parfait que d'autres ce mimétisme est
cependant évident, et assez effectif pour que l’imitateur suive ses modèles
dans un de leurs caractères principaux, c’est-à-dire dans la mutation du
rouge en jaune.
Les « types » mâles de Saunders différant entre eux, Kirby avait distin¬
gué l’une des deux formes figurées par un nom, adopté par tous les auteurs
depuis lors. 11 est singulier de constater que ces mêmes auteurs, Kirby com¬
pris, bien que connaissant parfaitement le dichroïsme de la femelle, signalé
dès l’origine, n’aient point nommé aussi ces deux formes, ne fût-ce que pour
préciser laquelle des deux doit être considérée comme forme femelle « typi¬
que « : tapaja-tapaja. La raison en est sans doute que peu d’entre eux ont
eu l’occasion de voir des femelles de cette Riodinidae, qu’on ne reçoit d’or¬
dinaire que par individus isolés, mais c’est une lacune qu’il importe de
combler.
Puisque Bâtes a mêlé, sans distinction aucune, dans sa description, les
femelles « carminé red or orange yellow », et que ni l’une ni l’autre n’a été
désignée comme « Allotype » par aucun auteur, le choix de celui-ci reste
libre. Toutefois, avant d’y procéder, il est nécessaire d’examiner avec quel¬
que détail la variabilité individuelle de la femelle d’Orimba lapaja, qui ne
porte pas seulement sur la coloration foncière mais aussi sur des détails de
dessins, où l’on ])eut distinguer des éléments constants et des éléments spo¬
radiques. En faisant abstraction de la coloration rouge ou jaune le dessin
fondamental est constant peut être résumé ainsi : Aux ailes antérieures :
une grande plage claire, coupée obliquement, étendue de la base jusque sur
le disque, une bande subapicale claire, une macule noire longitudinale sur
lb, les points submarginaux blancs entre l’angle dorsal et l’extrémité de la
bande subapicale. Aux ailes postérieures : des points submarginaux blancs.
Aux deux paires le dessous reproduit le dessus, mais les postérieures ont une
tache baso-costale claire, le fond étant noir brun sur les deux faces.
Sur la série d’individus conservés dans la collection Fournier on note les
fluctuations suivantes :
L’aire claire des ailes antérieures est plus ou moins grande suivant que
sa limite externe est coupée presque droit (pl. I, fig. 11) ou convexe (pl. I,
fig. 12), son point de départ, à la côte, et son arrivée, près de l’angle anal
restant à peu près stables ; elle peut s’appuyer sur la discocellulaire (fig. 9),
ou s’en trouver fort écartée (fig. 12). La séparation de la teinte claire et du
fond noir peut être nette, ou bien érodée ou striolée (fig. 10). La macule
noire, à cheval sur la nervure lb, s’étend de la base au voisinage du champ
terminal noir (fig. 10), est homogène (fig. 8) ou divisée longitudinalement
(fig. 11, 12), ou se réduit en petites taches diffuses (fig. 12). La bande suba¬
picale, claire, commence toujours à la nervure 11 (RI) et descend sur la ner¬
vure 4 ou la nervure 3 ; rétrécie d’avant en arrière elle varie dans sa cour¬
bure et ses contours. Les points subterminaux blancs sont au nombre de
quatre ou de trois suivant la longueur de la bande subapicale. Aux ailes
postérieures il y a de quatre (fig. 12) à huit points subterminaux (fig. 11),
la diminution de nombre s’effectuant par les extrémités de la rangée, les
quatre compris entre les nervures 2 et 6 étant les plus constants. En-dessous
Source : MNHN, Paris
206
-P. REBILLARD
la côte des ailes antérieures peut être longée, jusqu’à la base, par un filet
de la couleur du fond (PI. I, fig. 8, 10), ou entièrement claire, et la tache
baso-costale des postérieures courte (fig. 10) ou longuement prolongée en
pointe jusqu’au voisinage de l’apex (fig. 8).
Sous le nom de dessins sporadiques nous grouperons maintenant tous ceux
qui apparaissent en dehors des précédents. C’est surtout aux ailes postérieu¬
res qu’ils apparaissent, et le plus fréquent consiste en une ébauche, plus ou
moins nette, de bande discale claire, que Bâtes ne semble pas avoir vue sur
ses spécimens, mais qui existait déjà sur la figure donnée par Staudinger
(l.c.) où elle descend de la nervure 6 à la nervure 3, ce qui est aussi le cas
de la femelle figurée ici (PI. I, fig. 10). Chez celle-ci le développement de ce
dessin supplémentaire est particulièrement accusé par une tache géminée à
cheval sur la nervure 3, et il se réduit à deux petites taches, sur 2 et 3, chez
la femelle figurée (PI. I, fig. 8). Ce dessin a une certaine importance car il
constitue assurément un vestige de la grande tache rouge qui orne, au
même endroit, le disque dans le mâle de la forme typique. C’est aussi au
même type de dessin sporadique qu’il faut rattacher les trois traits clairs que
porte sur les nervures 2, 3 et 4 la femelle figurée (PI. I, fig. 12). Une parti¬
cularité de ces ornements c’est qu'à l’inverse des dessins fondamentaux, qui
se reproduisent semblables sur les deux faces, leur présence en-dessus des
ailes n’entraîne nullement leur existence à la face inférieure où ils peuvent
manquer totalement (PI. I, fig. 8 et 12) ou bien n’exister qu’en partie et sous
une autre forme (fig. 10), ou encore être présents sur cette face et faire
défaut en-dessus (fig. 11), tous cas venant confirmer une fois de plus l’indé¬
pendance individuelle du dessus et du dessous des ailes. A cette même face
inférieure on trouve souvent une tache claire de dimension variable entre
les nervures 8 et 7 (PI. I, fig. 8, 9, 10 et 11), dans laquelle il faut peut-être
voir l’amorce, plus persistante qu’en-dessus, de la bande discale maculaire
dont nous venons de parler. Il est plus rare de rencontrer des traces claires
le long du bord abdominal (fig. 12) et surtout de les voir s’amplifier par une
extension extraordinaire des deux derniers points subterminaux blancs, com¬
me on l’observe sur la femelle (fig. 10). Un dessin exceptionnel, et qui jus¬
qu’ici paraît propre à la face supérieure, consiste en un trait clair placé sur
la nervure lb, partant de la base de l’aile, de longueur variable, pouvant être
simple (fig. 8) ou constituer l’axe d’une tache diffuse (fig. 11) susceptible
de s’étendre dans la cellule (fig. 12). Le mâle ne montre jamais rien de pareil
et ce commencement d’éclaircie basale n’est sans doute pas autre chose qu’un
degré de plus dans la convergence qui fait ressembler les femelles de tapaja
à celles de certains Catagramma, chez lesquelles précisément la base des ailes
postérieures est claire en-dessus. C’est peut-être à quelque chose d’analogue
qu’il faut rattacher l’oblitération partielle des points subterminaux blancs
des ailes antérieures de la femelle (PI. I, fig. 9), les Catagramma n’ayant
pas de ces points blancs.
On observera qu’à l’exception de ce dernier cas, et malgré leur diversité
apparente, compliquée par l’indépendance des faces supérieure et inférieure,
les dessins sporadiques n’affectent que les ailes postérieures. Les plus signi¬
ficatifs se localisent en deux régions bien définies : le milieu du disque et la
Source : MNHN, Paris
RIODIN1DAE SUD-AMÉRICAINS
207
base du champ abdominal. Leur apparition n'est donc pas désordonnée et
nous avons dit plus haut comment il nous paraît logique de les interpréter.
Pour la commodité de l’exposition nous avons désigné jusqu’ici par le mot
« claire » la couleur autre que celle du fond et des points subterminaux,
mais nous savons que le terme en question s’appliquait, en réalité, à deux
tons bien distincts : le rouge et le jaune orange, chacun caractérisant une
des formes chromatiques principales de la femelle. A lire ce qu’en a dit Bâtes
dans sa description originale, que les auteurs subséquents n’ont pas modifiée,
on devrait croire que chez l’une comme chez l’autre les dessins en question
sont de la même couleur à la face inférieure des ailes qu’à la face supérieure :
« beneath the same but paler ». Il est loin d’en être ainsi sur les échantillons
que nous avons en main et qui présentent, à cet égard, les particularités sui¬
vantes :
Aire claire des ailes antérieures rouge carmin dessus et dessous, bande
subapicale jaune sur les deux faces (PI. I. fig. 8 et 9).
Aire claire et bande subapicale des ailes antérieures jaunes sur les deux
faces (PI. I, fig. 10 et 11).
Aire claire et bande subapicale des ailes antérieures rouge carmin en-
dessus, jaunes en-dessous (fig. 12).
La bande baso-costalc du dessous des ailes postérieures, ordinairement de
la même couleur que l’aire claire des antérieures sur la même face (PI. I,
fig. 8. 10 et 11), peut aussi être rouge quand l’aile antérieure est jaune (fig.
12 ).
Chez un exemplaire l’aire rouge du dessous de l’aile antérieure est réduite
par un champ costal jaune, et la bande costale des postérieures est jaune, à
peine lavée de rougeâtre tout à la hase (fig. 9).
La femelle (figurée pi. I, fig. 10), chez laquelle la bande discale spora¬
dique des ailes postérieures est la plus développée, a cette bande rougeâtre
en-dessus et jaune en-dessous, alors que l’aire et la bande subapicale des
ailes antérieures et la tache baso-costale du dessous des postérieures sont
jaunes sur les deux faces.
On remarquera qu’aucun de nos spécimens n’a tous les dessins rouges sur
les deux faces. L’existence d’une telle forme paraît probable, mais Bâtes ne
semble pas l’avoir connue. Parlant de la bande baso-costale des ailes posté¬
rieures il la qualifie uniquement de : « orange yellow », tandis que pour les
dessins des ailes antérieures il spécifie toujours : « carminé red or orange
yellow ».
Un autre détail troublant dans la description est celui par lequel il attribue
aux franges une coloration « orange yellow ». Chez tous nos spécimens les
franges sont uniformément noires.
Ces constatations établissent que la prédominance du rouge ou du jaune
ne vaut que pour l’ensemble et reste soumise, au moins pour les détails
secondaires, à une instabilité individuelle étendue. Comme aucune forme réel¬
lement intermédiaire aux deux couleurs — rose saumoné par exemple —
n’est connue, elles laissent subsister la division en deux séries parallèles des
formes d 'Orimba tapaja femelle, qu’il y a lieu de différencier pour les intro¬
duire dans la systématique. Nous en donnons ci-dessous le tableau dicho-
Source : MNHN, Paris
208
P. REBILLARD
fornique, basé sur la dominante chromatique, après élimination des détails
auxquels l’instabilité individuelle ôte toute valeur réelle, mais en y introdui¬
sant le seul caractère secondaire représentant un degré évolutif suffisamment
accusé.
Formes femelles d’Orimba tapaja Sound.
A. Ailes antérieures à aire basale jaune orange et bande subapicale jaune
sur les deux faces (pl. I, fig. 10 et 11).
a. Pas de bande discale sur le dessus des ailes postérieures (fig. 11) . .
. f. tapaja tapaja Saund.
b. Une bande discale sur le dessus des ailes postérieures (fig. 10)
. f. atavus nova
B. Ailes antérieures à aire basale rouge carminé (pl. I, fig. 8, 9, 12).
a. Aire basale rouge carminé sur les deux faces, bande subapicale jaune
sur les deux faces . f. Batesi nova (fig. 8, 9)
b. Aire basale et bande subapicale rouge carminé en-dessus, jaunes en-
dessous (fig. 12) . f. heteropyga nova
Types et origine des formes ci-dessus :
tapaja Saunders. En l’absence de désignation par Bâtes, et Staudinger
(l.c.) ayant le premier figuré, sous le nom spécifique la forme jaune, c’est à
celle-ci que nous conserverons le nom de f. tapaja (pl. I, fig. 11). Cette déci¬
sion trouve une justification complémentaire dans le fait que la forme en
question est bien une de celles qu’a décrites Bâtes. L’ « allotype » doit donc
être choisi parmi les spécimens de « Tapajoz et Ega » qui ont servi à cet
auteur et font partie des collections du British Muséum.
Neallotype. — 1 : Florencio, Rio Purrus (fig. 11), (coll. Fournier). 2 :
Potaro, Guyane anglaise, 1908 (coll. E. Boullet Muséum de Paris).
atavus nova Le Cerf, holotype (Pl. I, fig. 10). Santarem, 12-III-1925 (ex
coll. Larsen).
Batesi nova Le Cerf, holotype (Pl. I, 8 et 9). Santarem, 12-III-1925 (ex
coll. Larsen). Paratype : Santarem.
heteropyga nova Le Cerf, holotype (Pl. I, fig. 12). Téffé, Rio Solimôes,
1-1925.
Ces trois derniers types dans la coll. Fournier de Horrack.
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
209
De cette étude, limitée à un trop petit nombre d’individus, on peut cepen¬
dant tirer quelques conclusions. Elle apporte la preuve que la femelle d 'Orimba
tapaja Saunders n’est pas seulement affectée de dimorphisme sexuel et de
mimétisme, mais aussi d’un polymorphisme individuel bien plus étendu qu’on
le croyait jusqu’ici, au moins à en juger par ce qu’en ont dit les auteurs qui
ont traité de l’espèce. C’est un point sur lequel nous voudrions attirer l’at¬
tention, car nous considérons l’instabilité individuelle de cette femelle comme
une conséquence de l’imperfection de son mimétisme. L’observation de cas
nombreux nous a en effet montré que, chez les formes dans lesquelles l’imi¬
tation du modèle n’atteint pas un degré de ressemblance suffisamment appro¬
ché, les caractères qui n’ont pas d’homologues chez l’espèce mimée devien¬
nent flottants, multipliant ainsi les variations individuelles. Au contraire, la
stabilité devient la règle chez les formes dans lesquelles l’évolution miméti¬
que, arrivée à son terme, se traduit par une ressemblance exacte.
Chez tapaja l’évolution des deux processus habituels : graphique et chroma¬
tique, est inégale. La ressemblance chromatique est acquise pour les carac¬
tères principaux, assurant la convergence effective du modèle et du mime.
Elle suit, avec une approximation suffisante, les deux mutations de ses mo¬
dèles, qui sont des femelles de Catagramma jaunes ou rouges.
La ressemblance graphique, bien que réelle déjà, est en retard sur la pré¬
cédente, ce qui s’accorde avec les faits connus, l’homochromie précédant la
modification du dessin. Ce retard se traduit, dans notre cas, par la persis¬
tance sans altération de dessins qu’on pourrait dire « résistants », tels que
les points blancs subterminaux, qui manquent toujours aux modèles, et de
dessins évanescents. C’est le cas de la tache noire allongée sur la nervure lb,
aux ailes antérieures, et surtout de la bande discale des ailes postérieures.
Complètement absente chez certains individus, vestigiale chez d’autres, rare¬
ment assez nette, mais alors fragmentée, elle accuse dans tous les cas une
régression évidente.
L’apparition d’une aire claire basale en-dessus des ailes postérieures amé¬
liorant la ressemblance avec les modèles qui en sont toujours pourvus, ne
se rencontre qu’exceptionnellement et simplement à l’état d’ébauche, indica¬
tion probable d’une acquisition récente.
En résumé la femelle d’Orimba tapaja constitue un exemple intéressant de
mimétisme en cours d’évolution, la disparité avec le mâle étant réalisée alors
que l’imitation du modèle laisse encore à désirer.
Source : MNHN, Paris
210
P. REBILLARD
INDEX DES NOMS DE GENRES ET D’ESPECES
L'astérisque' désigne les espèces ou les formes nouvelles.
Acis (Helicopis), p. 163, pl. III. fig. 8 el 9.
"adelpha (Emesis), p. 190, pl. IV, fig. 9 ; p. 195, fig. 11.
"adelpha vicaria (Emesis), p. 192.
aethiops (Euselesia leucorrhoa*, p. 147, pl. I, fig. 13.
alhata (Barbicornis Mona), p. 172, pl. III, fig. 4.
*albovata candida (Ematurgina), p. 195, pl. II, fig. 19.
albulus (Stalachtis funereus), p. 203, pl. III, fig. 12.
alburna (Euselasia), p. 149, pl. III, fig. 2.
Alésa, p. 167.
amanita (Aricoris Heliodora), p. 204, pl. IV, fig. 13.
aniblypodia (Euselasia), p. 151, pl. III, fig. 15.
Ancyluris, p. 173 et 178.
Antheros, p. 188.
apheliotes (Euselasia Euryone), p. 147, pl. I, fig. 14.
Argyrogranimana, p. 187.
Aricoris, p. 203.
"atavus lOrimba tapaja), p. 208.
atrius lEmesis), p. 195.
aurinia gauchoana (Hamearis), p. 196, pl. IV, fig. 22 et 23.
Barbicornis, p. 172.
"batesi lOrimba tapajai, p. 208.
liellis (Euselasia Zena), p. 156, fig. 3.
belphegor (Nirodia), p. 176, pl. III, fig. 13 ; p. 178. fig. 9.
bipunctus (Antheros), p. 188, pl. II, fig. 18.
"caesarion (Argyrogrammana), p. 187, pl. III, fig. 16.
calligramma (Charis Theodora), p. 189, pl. IV, fig. 19.
Calliona, p. 199.
calliops (Mesosemia phelina), p. 164, pl. III, fig. 5.
Calydna, p. 190.
candida (Ematurgina albovata), p. 195, pl. II, fig. 19.
Charis, p. 189.
"chelonis (Charis), p. 190, pl. IV, fig. 1 et 2.
chelonis virido (Charis), p. 190, pl. III, fig. 11.
cinericia (Hamearis), p. 196, pl. IV, fig. 20 et 21.
clearista (Nymphidium), p. 199, pl. I, fig. 7.
coccinea (Euselasia Zena), p. 156, fig. 6, p. 161, fig. 7.
coccinella (Euselasia Zena), p. 156 et 160.
Comphotis, p. 184.
conspicua (Euselasia Zena), p. 162.
coria sulphurea (Helicopis), p. 163, pl. II, fig. 8.
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS
211
cruentata (Aricoris), p. 203, pl. IV, fig. 10.
cruentata Heliodora (Aricoris), p. 203, pl. IV, fig. 12.
'cruentata succina (Aricoris), p. 203, pl. IV, fig. 11.
Cyrenia, p. 175.
'delicia (Comphotis), p. 184, pl. I, fig. 16.
'dione (Euselasia), p. 147, pl. II, fig. 1.
Dysmathia, p. 201.
Echenais, p. 197.
elinas (metacharis melusina), p. 197, pl. IV, fig. 6.
Ematurgina, p. 195.
Emesis, p. 190.
erotylus (Metacharis), p. 197, pl. IV, fig. 7 et 8.
Esthemopsis, p. 183.
euoras (Euselasia), p. 144', pl. I, fig. 1.
Eurybia, p. 163.
'euryone apheliotes (Euselasia), p. 147, pl. 1, fig. 14.
Euselasia, p. 144.
felicis (Echenais pulcherrima), p. 197, pl. I, fig. 5.
fenestrella (Thisbe), p. 201.
'fournierae (Alésa), p. 169, pl. II, fig. 15.
fournierae (Euselasia), p. 147, pl. I, fig. 15.
'funereus albulus (Stalachtis), p. 203, pl. III, fig. 12.
gauchoana (Hamearis Aurinia), p. 196, pl. IV, fig. 22 et 23.
'gelisae (Ancyluris), p. 173, pl. III, fig. 7 et 20.
'gelisae (Euselasia), p. 148, pl. II, fig. 14.
'gentilis (Antheros), p. 188, pl. II fig. 6.
'grosnyi (Dymathia), p. 202, pl. II, fig. 7.
Hamearis, p. 196.
heliconides (Pheles), p. 171, pl. IV. fig. 15.
heliconides rufotincta (Pheles), p. 172, pl. I, fig. 19.
Helicopis, p. 163.
'heliodora amanita (Aricoris), p. 204, pl. IV, fig. 13.
heliodora (Aricoris cruenta), p. 203, pl. IV, fig. 12.
heterochroa (Emesis), p. 193, fig. 10.
'heteropyga (Orimba tapaja), p. 208.
hypocala (Euselasia Psammathe), p. 144, pl. I, fig. 2.
ictina (Euselasia Zena), p. 157.
'inornata (Themone), p. 170, pl. II, fig. 3 et 16.
‘juno (Dysmathia), p. 201, pl. II, fig. 20.
lais (Ancyluris), p. 173, pl. II, fig. 11.
'lateritia radiata (Pachytone), p. 186, pl. I, fig. 4.
Source : MNHN, Paris
212
P. REBILLARD
latifasciata silaceana (Eurybia), p. 163, pl. III, fig. 10.
lesoudierae Poleti (Helicopis), p. 163.
*leucorrhoa aethiops (Euselasia), p. 147, pl. I, fig. 13.
lihanocra (Euselasia Zena), p. 158.
lilacina (Xynias), p. 184, pl. III, fig. 3.
lineata (Euselasia pelles), p. 149, pl. III, fig. 1.
lusca (Calydna), p. 190, pl. IV, fig. 4 ; pl. I, fig. 6.
*lya (Zelotaea). p. 183, pl. II, fig. 5.
marginata (Barbicornis Mona), p. 172, pl. III, fig. 17.
*martia Thémis (Cyrenia), p. 175, pl. 11, fig. 12.
*mayi (Mesosemia), p. 165, pl. Il, fig. 2.
meconites (Euselasia Zena), p. 158.
melusina (Metacharis), p. 197, pl. IV, fig. 5.
melusina Elinas (Metacharis), p. 197, pl. IV, fig. 6.
Mesosemia, p. 164.
Metacharis, p. 197.
mira (Euselasia Zena), p. 159.
mona albata (Barbicornis), p. 172, pl. III, fig. 4.
mona marginata (Barbicornis), p. 172, pl. III, fig. 17.
mona Moneta (Barbicornis), p. 172, pl. II, fig. 4 et 17.
mona perfectissima (Barbicornis), p. 172, pl. II, fig. 4 et 17.
moneta (Barbicornis mona), p. 172, pl. II, fig. 4 et 17.
neagra (Alésa), p. 144, fig. 2 ; p. 167, pl. II, fig. 9.
Necyria, p. 181.
*nemesis (Symmachia), p. 186, pl. IV, fig. 16.
Nirodia, p. 176.
Nymphidium, p. 199.
Orimba, p. 204.
*orion (Euselasia), p. 149, pl. III, fig. 14.
Pachytone, p. 186.
*pellos lineata (Euselasia), p. 149, pl. III, fig.l.
perfectissima (Barbicornis mona), p. 172, pl. II, fig. 4 et 17.
phaedra (Comphotis), p. 185, pl. IV, fig. 18.
Pheles, p. 171.
“phelina Calliops (Mesosemia), p. 164, pl. III, fig. 5.
*phelina simulans (Mesosemia), p. 165.
Poleti (Helicopis Acis), p. 163.
poliotactis (Esthemopsis), p. 183, pl. III, fig. 19.
*prema sapphirina (Alésa), p. 167, pl. II, fig. 10.
*psammathe hypocala (Euselasia), p. 144, pl. I, fig. 2 ; p. 145, fig. 1.
pulcherrima (Xenandra), p. 195, pl. III, fig. 6.
"pulcherrima felicis (Echenais), p. 197, pl. I, fig. 5.
Source : MNHN, Paris
RIODIMDAF. SUD-AMÉRICAINS
213
pulchra (Symmachia tricolor), p. 187, pl. I, fig. 17.
pyritos (Charis), p. 189, pl. IV, fig. 3.
radiata (Pachytone lateritia), p. 186, pl. 1, fig. 4.
Riodinidae, p. 135.
sapphirina (Alésa prema), p. 167, pl. II, fig. 10.
*siaka-I.atona separata (Calliona), p. 199, pl. I. fig. 18.
separata Calliona siaka), p. 199, pl. I, fig. 18.
silaceana (Eurybia latifasciata), p. 163.
simulans (Mesosemia phelina), p. 165.
Stalachtis, p. 203.
succina (Aricoris cruentata), p. 203, pl. IV, fig. 11.
sulphurea (Helicopis Coria), p. 163, pl. II, fig. 8.
Symmachia, p. 186.
tapaja (Orimha), p. 204, pl. I, fig. 8 à 12 ; p. 208.
tapaja tapaja (Orimba), p. 208.
telephae (Alésa), p. 167, pl. IV, fig. 14 ; p. 168, fig. 8.
themis (Cyrenia Martial, p. 175, pl. II, fig. 12.
Themone, p. 170.
"theodora calligramma (Charis), p. 189, pl. IV, fig. 19.
Thisbe, p. 201.
tigrina virgatula (Symmachia), p. 187.
*tricolor pulchra (Symmachia), p. 187, pl. I, fig. 17.
vicaria (Emesis Adelpha), p. 192.
violacea (Euselasia), p. 147, pl. I, fig. 3.
virgatula (Symmachia tigrina), p. 187, pl. III, fig. 17.
virido (Charis Chelonis), p. 190, pl. III, fig. 11.
whyteliana (Necyria), p. 181.
Xenandra, p. 185.
Xynias, p. 184.
zelotaea, p. 183.
zena (Euselasia), p. 151.
zena bellis (Euselasia), p. 156, fig. 3.
zena coccinea (Euselasia), p. 156, fig. 6 ; p. 161, fig. 7.
zena coccinella (Euselasia), p. 156, fig. 5 ; p. 160.
*zena conspicua (Euselasia), p. 162.
"zena ictina (Euselasia), p. 157.
"zena libanochra (Euselasia), p. 158.
"zena meconites (Euselasia), p. 158.
zena mira (Euselasia), p. 159.
zena (Euselasia zena), p. 154 ; p. 156, fig. 4.
Source : MNHN, Paris
P. REBILLARD
EXPLICATION DES PLANCHES
Planche V
Alésa T elephae-negra Roeber
Appareil génital, face et profil, du paratype mâle
Uypiranga (Coll. Fournier)
(Dessins de F. Le Cerf)
Planche VI
Cyrenia Martia Westwood
Appareil génital, face et profil, de la forme typique
Haut-Amazone
(Dessins de F. Le Cerf)
Planche VII
Cyrenia Martia Westwood
Appareil génital comme Planche VI
(Dessins de F. Le Cerf)
Planche VIII
Nirodia Belphegor Westwood
Appareil génital, face et profil, de la forme typique
Brésil
Voir explication dans le texte page 179
Planche IX
Nirodia Belphegor Westwood
Au milieu, appareil génital, vu de face
En haut, à droite : extrémité du tarse antérieur mâle (v. p. 1811
En bas, à droite : appareil sensoriel du palpe mâle (v. p. 181, ? I l
Emesis atrius Staudinger
Schéma de l'appareil génital. Comparer avec la fig. 11, p. 195
(Dessins de F. Le Cerf)
Planche X
Emesis heterochroa Hopffer
Schéma de l’appareil génital. Comparer avec la fig. 10, p. 193
(Dessins de F. Le Cerf)
Source : MNHN, Paris
RIODINIDAE SUD-AMÉRICAINS 215
TABLE DES MATIERES
Préface.135
Introduction.137
Notice historique sur la collection Aimée Fournier de Horrack . 139
Description des espèces.144
Genre Euselasia Hbnr.144
Genre Helicopis F.163
Genre Eurybia Hbnr.163
Genre Mesosemia Hbnr.164
Genre Alésa Dbd.167
Genre Themone Wstw.170
Genre Pheles Bsdv.171
Genre Barbicornis Gd.172
Genre Ancyluris Hbnr. 173
Genre Cyrenia Wstw.175
Genre Nirodia Wstw.176
Genre Necyria Wstw.181
Genre Zelotaea Bâtes.183
Genre Esthemopsis Fld.183
Genre Xynias Hwts.184
Genre Comphotis Stch.184
Genre Pachytone Bâtes.186
Genre Symmachia Hbnr.186
Genre Argyrogrammana Strd.187
Genre Antheros Hbnr.188
Genre Charis Hbnr.189
Genre Calydna Dbd.190
Genre Emesis F.190
Genre Xenandra Fld.195
Genre Ematurgina Rbr.195
Genre Hamearis Hbnr. 196
Genre Metacharis Btlr.197
Genre Echenais Hbnr.197
Genre Calliona Bâtes.199
Genre Nymphidium F.199
Genre Thisbe Hbnr.201,
Genre Dysmathia Bâtes.201
Genre Stalachtis Hbnr.203
Genre Aricoris Bsdvl.203
Genre Orimba Bsdvl.204
Index des noms de genres et d’espèces.210
Explication des planches.214
Source : MNHN, Paris
Achevé d'imprimer le 19 Mai 1958
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Prof. Eugène SÉGUY
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Dépôt légal : 2" trimestre 1958
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NIRODIA BELPHEGOR WESTWOOD
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F. Le Ctrl dcl.
NIRODIA BELPHEGOR WESTWOOD
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MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série A. Tome XV
PI. X
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' V A- <^u- • l j *
EMESIS HETEROCHROA HPFF.
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1924. in-8°.
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