MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SERIE
Série A, Zoologie
TOME XVI
FASCICULE 4
P. GRANDJEAN
% CHARASSOBATES CAVERNOSUS Grandj. 1929
(Acarien, Oribate)
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1958
Source : MNHN. Pans
P t 2fô c <
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. Tome XVI, fascicule 4. — Pages 121 à 140
% CHARASSOBATES CAVERNOSUS Grandj, 1929
(Acarien, Oribate)
par F. Grandjean
Dans un travail ancien sur des Oribates du Vénézuela et de la Martinique
(1, p. 100 à 105, PI. I) j’ai donné de Charassobales cavernosus une description
qui est probablement suffisante pour la détermination spécifique, mais qui
contient des erreurs et qui laisse de côté plusieurs caractères importants et
curieux. Maintenant je corrige et je complète cette description en me servant
des mêmes exemplaires qu’en 1929, ceux d’une récolte faite en septembre 1926
aux environs de la Guaira (Vénézuela). Les adultes étaient accompagnés,
dans cette récolte, par des trito- et des deutonymphes.
J’emploie, naturellement, la nouvelle terminologie. Tectopedium I est
remplacé par tutorium et tectopedium II par pedotectum I. Enduit, ou
matière exsudée, veut dire cérotégument. Poil virtuel signifie poil minuscule,
vestigial. Le poil tactile du tibia I est le grand solénidion ? t . La hanche est
le trochanter. Ce qui est juste dans mon ancienne description n’est pas
répété et ce qui est faux est corrigé sans mention spéciale.
Charassobates cavernosus n’a pas été retrouvé et il n’a été cité par aucun
auteur, sauf par Vitzthum. Je discute plus loin ses affinités. Son caractère
le plus surprenant, les deux cavernes mises à part, est d’avoir à la stase
adulte, fixé au bouclier ventral, un tectum périphérique de coaptation au
notogaster, le tectum désigné par tcn sur les figures 2B et 2C. J’appelle aussi
ce tectum une gouttière. L’évolution progressive n’a doté aucun autre
Oribate, dans l’état de nos connaissances, de ce caractère. J’ai été surpris,
en outre, de constater que l’animal a les 6 poils centrodorsaux à toutes ses
stases bien qu’il soit couvert par des scalps aux stases nymphales.
I. — ADULTE
Les longueurs, d’après une vingtaine d’exemplaires, sont comprises
entre 335 et 410 a. L’animal est sexué. Les mâles sont aussi nombreux que
les femelles. Je n’ai observé aucune différence extérieure précise qui puisse
être attribuée au sexe.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVI.
1
Source : MNHN, Paris
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•• GRANDJEAX
Cuticule, poils. — La cuticule a 3 sortes de microsculpture. Elle est
presque partout granuleuse, à des degrés très divers. Les granules peuvent
être fins et se révéler seulement par une ponctuation serrée à peine discer¬
nable, ou moins fins, et même gros comme au-dessus des pattes (fig. 2A).
Dans la partie du bouclier ventral qui est comprise entre le bord de ce bouclier
et le fond de la gouttière tcn la surface est finement costulée, à costules
courtes et parallèles (fig. 2B). A divers endroits, ceux qu’indique la figure IA
pour le dos (mais avec beaucoup de variation individuelle), on a une ponctua¬
tion large en creux, c’est-à-dire des dépressions punctiformes. Ces dépres¬
sions sont habituellement en verre de montre. Il y en a aussi à la surface
ventrale de l’opisthosoma.
Les dépressions punctiformes et les saillies granuleuses ne s’excluent
pas toujours. Elles peuvent être mélangées. Autour des volets anaux et
génitaux les deux sont présentes, les dépressions lisses ayant des bords plus
raides qu’ailleurs et la sculpture granuleuse, à ces bords, étant très accentuée,
quoique fine. L’effet d’ensemble, dans cette région, est assez spécial, comme
s’il y avait tendance, par le rapprochement local des dépressions, à une
ornementation réticulée.
Les poils du soma sont remarquablement petits. Ceux des pattes, beau¬
coup plus longs, ont cependant en général des tailles réduites. Ce n’est qu’aux
tarses que les poils ont des longueurs normales.
Prodorsum et capuchon rostral. — Les très grandes expansions
lamellaires en tectum (les lamelles) ne sont pas soudées l’une à l’autre
(fig. IA). Elles sont à peine séparées, mais on distingue facilement les deux
bords paraxiaux symétriques, surtout en avant et en arrière. Au milieu, ces
bords se touchent habituellement.
Chaque lamelle est bombée transversalement, un peu gauchie (fig. 2A),
déclive du côté paraxial, à ondulations rayonnantes. Elle porte en dessous
des côtes assez accusées et fines qui sont parallèles aux ondulations et qui
leur correspondent vraisemblablement. Une de ces côtes, plus saillante que
les autres, est dessinée en trait plus fort et en pointillé sur la figure IA.
Les poils lamellaires la sont très minces et très courts, plus longs que les
poils in cependant. Ces derniers sont minuscules, semblables à ceux du
notogaster. Sur la figure IA ils se projettent sur les bases des lamelles, entre
les bothridies, un peu devant ces organes. Sur la figure 2A ils sont cachés par
le sensillus.
De la grande bothridie, de chaque côté (fig. IA, 2A), sort le sensillus, qui
est en palette, bien représenté sur mon ancienne figure E, pourvu que l’animal
n’ait pas été chauffé dans l’acide lactique ou ne l’ait été qu’à peine. Un fort
chauffage le transforme en organe pectiné, à fortes dents ou barbules (fig. 2A).
Les dents préexistent, bien entendu, et en joignant leurs extrémités par une
ligne on retrouve la forme initiale en palette. Je crois que l’acide lactique
a réduit l’organe à sa partie actinochitineuse.
Les poils rostraux ro ne sont pas observables dorsalement car ils sont sur¬
plombés par les grandes lamelles. En outre ils sont très petits, minces, à
peine plus longs que les lamellaires. Pour les voir il faut regarder l’animal de
côté (fig. 2A) ou bien briser les lamelles (fig. IB). Un poil ro est à l’extrémité
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CHARASSOBATES CAVERNOSUS GRANDJ.
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d’une petite carène. Cette carène semble prolonger le tutorium mais elle en
est indépendante. Elle s’efface complètement en arrière avant d’avoir atteint
la base de celui-ci.
Briser les lamelles est indispensable pour voir la forme du bord rostral.
Fia. 1. — Charassobates caoernosus Grandj. 1929, adulte. — A ( x 290), entier, dorsal; ce
qui dépasse en avant les lamelles est l’extrémité de l’infracapilulum. — B ( x 520),
propodosoma dorsal, partiel; on a enlevé le gnathosoma et brisé les lamelles pour voir
le rostre échancré et les tutoriums tu. — C ( x 390), ventral, partiel; les pattes III et IV
sont réduites au trochanter.
La figure IB montre que ce bord est profondément incisé et que du fond de
l’incision part une dent. La dent penche vers le bas. La surface du rostre,
derrière la dent, est peu inclinée, puis remonte brusquement, presque en
verticale, pour rejoindre les lamelles (fig. 2A). A droite et à gauche du plan de
symétrie, jusqu’au tutorium, elle est faiblement déprimée.
Le tutorium est très long, étroit, terminé par un cuspis (fig. 2A, IB). On
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F. GRANDJEAN
le voit par transparence quand l’Acarien est entier et projeté dorsalement
(fig. IA, à droite).
Deux carènes, toutes les deux très fortes, les carènes ko et kl de la
Fig. 2. — Charassobates cavernosus Grandj. 1929, adulte. — A ( x 445), latéral après
enlèvement du notogaster, du gnathosoma, des pattes et des volets génitaux; le sensillus
est denticulé parce que l’Acarien a été chauffé dans l’acide lactique; un figuré de points
a été mis sur le tutorium; b.c., bord du camérostome; ge, trou génital; y, insertions tendi¬
neuses.—B( x 445), latéral, id. ; les volets anaux sont enlevés et il ne reste plus que le
bouclier ventral avec la gouttière de coaptation tcn ; m, départ de la membrane de liaison
au notogaster; an, trou anal. — C(x 390), latéral, extrémité postérieure d’un individu
contracté, pour montrer le notogaster engagé dans la gouttière ten ; cet individu diffère
de celui de la figure B parce qu’il est récemment éclos, de sorte qu’il a une cuticule
beaucoup moins épaisse.
figure 2A, affectent la partie du capuchon rostral qui est partiellement cachée
par les lamelles sur la figure 1 A. La carène ko va rejoindre en haut le tutorium.
La carène kl, arquée, s’efface graduellement et s’annule à faible distance du
bord rostral, près de ro. C’est elle qui constitue par sa ligne de faîte, quand
l’animal est vu dans l’orientation dorsale, le contour apparent latéral du
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CHARASSOBATES CAVERNOSUS GRANDJ.
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propodosoma, de sorte que la surface qui est entre kl et le bord b. c. du
camérostome, dans cette orientation, est cachée, même si l’on a brisé les
lamelles comme sur la figure IB. Elle penche vers le plan de symétrie. Il le
faut pour que le camérostome ait la forme étroite que j’ai représentée sur
mon ancienne figure B, cette forme étant elle-même en corrélation avec
l’allongement des pièces buccales et des mandibules.
Je n’ai pas réussi à voir le poil exobothridique. Il manque probablement.
Notogaster. — Je ne reviens pas sur le creusement de la surface du
notogaster et les étonnantes poches latérales (anciennes figures A, C et D;
nouvelle figure IA). Ces poches, ou cavernes, n’ont pas une surface unie.
Elles sont ravinées fortement jusqu’au fond.
En avant, dans sa partie médiane, le bord du notogaster est une ligne
floue et pâle, variable, un peu convexe. Le notogaster est soudé au prodorsum
suivant cette ligne. Lorsqu’on sépare ces deux parties du squelette la déchi¬
rure se fait habituellement dans le prodorsum. Elle va d’un point qui est en
face du poil in, d’un côté, au symétrique de ce point de l’autre côté. Ailleurs
le notogaster se sépare du prodorsum sans qu’il y ait déchirure dans de la
cuticule scléritisée.
Les dorsophragmas manquent totalement. Le pleurophragma au
contraire, de chaque côté, est grand, d’une forme exceptionnelle. C’est une
sorte de bâton irrégulier, grossièrement rectiligne, d’où partent, près de
l’extrémité distale, des apophyses tendineuses (fig. IA, en ht). Il varie beau¬
coup d’un individu à l’autre.
Au bord huméral du notogaster, dans l’orientation dorsale (fig. IA), le
contour apparent porte 2 saillies de chaque côté. L’antérieure br va presque
toucher la bothridie et elle est claire, tandis que la postérieure est foncée.
Dans l’examen latéral (fig. 5D) on constate que la saillie br est aplatie et
assez mince, qu’elle descend du côté antiaxial jusqu’à cacher le bord du
bouclier ventral, et qu’elle passe au-dessous de l’autre saillie.
Les bords apparents latéraux et postérieur du notogaster, dans l’orien¬
tation dorsale, sont ceux d’une carène arrondie et large, un peu bosselée.
Parallèlement à cette carène périphérique, du côté qui regarde le plan de
symétrie ou le centre, court une faible dépression (la dépression circummar-
ginale). Plus loin on tombe dans la cavité et les deux poches. De l’autre côté
de la carène le notogaster est vertical et ses parois sont hautes (ancienne
figure C, nouvelle figure 2C). Il n’a pas de tectum latéropostérieur de bordure.
Les poils, tous minuscules et pas très faciles à repérer, sont au nombre
de 26. Je leur ai mis la notation d’unidéficience en supposant que 2 des
poils c, les poils c, et c 3 , sont manquants. Le seul poil restant de cette série,
le poil c„ est presque au bord dans la région humérale. Les poils ps„ ps„ ps 3
sont sur la paroi verticale du notogaster. On les voit mieux dans l’orientation
latérale (fig. 2C) que dans la dorsale.
Aucun de ces poils n’est rasé mais ils se manifestent plutôt par leur tuber¬
cule de base et par leur alvéole que par eux-mêmes. Leur partie émergente a
besoin d’être fortement grossie pour être franchement discernable, à moins
qu’elle ne dépasse une ligne de contour apparent. Les poils qu’on remarque
le mieux sont les centrodorsaux da, dm et dp. Les poils dm ont des tubercules
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F. GRANDJEAN
de base beaucoup plus gros que les autres. Ils sont séparés l’un de l’autre, en
coupe transversale, par une bosse. Du côté antiaxial, à partir de chacun
d’eux, la surface dorsale est fortement déclive (ancienne figure D).
La seule lyrifissure qui soit visible dorsalement ne peut être que im, bien
qu’elle soit placée plus en avant qu’une lyrifissure im ne l’est d’habitude
(fig. IA). La lyrifissure ia a échappé à mes recherches. Je ne crois cependant
pas qu’elle manque. La lyrifissure ip est à son emplacement ordinaire, près
du poil ps„ plus bas que ce poil, de chaque côté, sur la paroi verticale du
notogaster. La même paroi porte latéralement les lyriïïssures ips et ih. Sur
la figure 2C la première de ces lyrifissures est marquée. L’autre est devant.
La glande latéro-abdominale est petite (fig. IA, à gauche). Son ouverture
est effacée, derrière le poil Im. Je l’ai accentuée sur la figure pour qu’on la
voie.
Région anogénitale. — J’ai vérifié, dans cette région, les caractères
donnés en 1929. L’ouverture anale a bien la forme un peu losangique repré¬
sentée sur mon ancienne figure B et elle est plus petite, dans les deux sexes,
que l’ouverture génitale. J’ajoute à mon ancienne description qu’il y a une
paire de lyrifissures adanales iad très écartées des volets anaux (fig. IC) et
que la cuticule du bouclier ventral, autour de ces volets, jusqu’assez loin
d’eux, est ridée d’une façon très irrégulière (fig. IC, 2B). Les rides sont surtout
transversales mais il y en a dans divers sens. Elles sont plus ou moins fortes,
très accentuées sur certains individus.
Les volets génitaux et anaux ont 5 et 2 poils, respectivement, de chaque
côté. J’ai vu 4 poils génitaux seulement sur un individu, d’un côté. Sur un
autre, la paire postérieure de poils anaux était à peine discernable.
L’organe préanal est petit, du type en caecum. Il est élargi transversa¬
lement à son extrémité interne, sans être bifide.
Je n’ai pas étudié les organes génitaux. L’ovipositeur, toujours rétracté
dans le corps des femelles, n’est sorti dans aucune de mes préparations. Il est
long et dirigé obliquement en arrière, comme d’habitude chez les Oribates
supérieurs. Les femelles ovigères contenaient 2 œufs mûrs, ou un seul.
Région ventrale du podosoma. — Je n’ai refait que partielle¬
ment (fig. IC) mon ancienne figure B. La région ventrale n’a rien de parti¬
culier, sauf l’absence des poils épimériques les plus antiaxiaux, de sorte que
sa formule est (2-1-2-3). Du moins n’ai-je pas réussi à voir les poils le, 3c et 4d.
Le doute porte principalement sur le, car ce poil existe aux stases nymphaies.
La mentonnière a un bord entier.
Caractères latéraux. — Le tectum ten de la figure 2B, accroché au
bouclier ventral à bonne distance du bord supérieur de ce bouclier, est très
apparent quand l’animal n’est pas contracté et je suis surpris de ne pas
l’avoir remarqué en 1929. Il est courbé en gouttière. D’abord nulle en avant,
la profondeur de la gouttière augmente régulièrement en arrière. Elle est le
plus grande au-dessus de l’ouverture anale, dans le plan de symétrie. Celui-ci
est traversé à angle droit, sans changement de caractère.
La gouttière ten, ou gouttière circumventrale, ou encore gouttière
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CHARASSOBATES CAVERNOSUS GRANDJ.
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d’encorbellement (car elle est en forte saillie) est coaptatrice. Elle reçoit le
bord du notogaster quand celui-ci s’abaisse (fig. 2C). Avec le bord elle reçoit
la peau souple de liaison dorsoventrale, naturellement. Sur la figure 2C on
voit cette peau remonter jusqu’au bord supérieur du bouclier ventral.
Une limite précise est imposée par cette structure à la contraction de
l’hystérosoma. Le bord du notogaster peut aller jusqu’au fond de la gouttière,
mais pas plus loin. Il ne va pas jusqu’au fond sur la figure 2C parce que je n’ai
trouvé dans ma récolte aucun individu totalement contracté.
Les autres caractères latéraux sont donnés par la figure 2A. Le pedotec-
tum I est d’une dimension considérable. Sa surface porte des côtes de diverses
tailles et de plusieurs orientations. Les 2 plus grandes, à la surface antiaxiale,
sont de fortes carènes qui sont prolongées bien au delà du pedotectum en
arrière. Elles vont jusqu’au voisinage du deuxième acetabulum. Le pedo¬
tectum I est granuleux sur ses deux faces. Les plus gros granules sont sur la
face paraxiale. Sous le pedotectum la surface du corps porte également de
gros granules.
Le pedotectum II manque totalement.
Dans l’orientation ventrale (fig. IC) 2 fortes saillies se détachent du
contour apparent entre les pattes III et IV. La saillie antérieure s3 est un
prolongement du bord de l’acetabulum III. On ne la voit presque pas dans
l’orientation latérale (fig. 2A). La postérieure s4 rejoint l’acetabulum IV. Je
crois qu’il vaut mieux ne pas appeler les saillies s3 et s4 des discidiums.
Gnathosoma, mandibule, palpe. — A de légers changements près,
un dessin de la face ventrale de l’infracapitulum reproduirait celui que j’ai
donné récemment pour le type Pelops (3, p. 265, fig. 7C). Les pièces buccales
sont très allongées. Elles ont subi la différenciation suctorielle. Le bord supé¬
rieur des joues, de chaque côté, devant l’insertion du palpe, porte 2 grandes
épines, assez rapprochées et parallèles. Ces épines ne sont pas des poils. Le
labre est grêle, fin au bout.
Je n’ai pas redessiné la mandibule car mon ancienne figure F, quoique
sommaire, est juste, et la mandibule tritonymphale que j’ai représentée
ici sur la figure 5A (elle y est vue par transparence) ne diffère en rien de la
mandibule adulte. Cette mandibule a perdu ses poils.
Le palpe, assez long, a un fémur qui s’élargit en arrière et qui est le plus
large à son insertion au trochanter. La formule de ses poils est (0-2-1-2-8).
Un des poils tibiaux habituels (Fantiaxial) est absent et le poil U", au tarse,
manque aussi. Des 2 poils du fémur celui qui est implanté le plus bas est
minuscule. L’autre, un peu au-dessus du précédent, a une dimension normale.
Le poil du génual est au milieu de la face antiaxiale. Au tarse il n’y a pas de
« corne double ». On a bien les 4 eupathidies mais le solénidion n’est pas
accouplé à l’antéroculminale acmx. Il est libre, plus ou moins couché
contre la surface.
Pattes. — Les pattes sont assez courtes et peu robustes. On peut juger
partiellement de leurs formes par les figures 3A, 3B, 3C et par la figure IC
pour les trochanters III et IV. La patte I est plus longue que les autres.
Le trochanter III est remarquable à cause d’une expansion qu’il porte
Source : MNHN, Paris
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F. GRANDJEAN
en avant (fig. IC), à un endroit où un tel trochanter montre habituellement
un contour arrondi. Cette expansion est un tectum qui protège, dans la
position rétractée, l’ouverture de l’acetabulum II. Elle ne pourrait exister
s’il y avait un pedotectum II de sorte qu’il y a corrélation évolutive entre
l’absence du pedotectum II et la présence de ce tectum trochantéral.
Le trochanter IV n’a aucune expansion antérieure ou dorsale. Il est
finement granuleux à sa surface antiaxiale (le trochanter III également).
Au fémur I une partie de la face antiaxiale est différenciée parce qu’elle
est en saillie et à microsculpture granuleuse (fig. 3A) tandis que le reste du
fémur est lisse. La saillie est forte, bien limitée. A cause de son relief elle joue
un rôle de coaptation. C’est la partie du fémur qui reste à découvert quand
les pattes sont rétractées totalement et bien appliquées l’une sur l’autre.
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CHARASSOBATES CAVERNOSUS GRANDJ.
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Le fémur II n’a pas ce caractère et il n’est pas protégé par un tectum.
II n’est cependant pas complètement découvert car dans une partie de sa
surface dorsale et antiaxiale, en arrière, le fémur et le trochanter III
s’appliquent sur lui dans la position de repos. Sa surface est granuleuse du
côté antilatéroventral.
Les fémurs III et IV ont les formes carrées ou rectangulaires (à angles
arrondis) qu’ils ont fréquemment chez les Oribates supérieurs. Ils portent
tous les deux une lame ventrale assez large. Les génuaux n’ont rien de parti¬
culier.
Les tibias I, II et III sont représentés sur les figures 3A, 3B, 3C.
Le tibia II est laminé dorsalement dans sa moitié antérieure. Le tibia IV,
non figuré, est semblable au tibia III, mais plus allongé. Les tarses ont des
formes banales. Le tarse I est le plus long.
Les apotèles sont monodactyles. L’ongle, à chacune des pattes, a une
petite dent à son bord ventral, tout près de la racine.
Je n’ai vu d’aire poreuse qu’aux fémurs et aux trochanters III et IV.
Ces aires poreuses sont paraxiales, petites, à pores peu accentués. Aux
fémurs III et IV l’aire poreuse est en arrière et en haut. t
Les formules des poils sont les suivantes, des trochanters aux apo¬
tèles : I (0*-5-2-4-18-l); II (0*-5-2-4-15-l); III (1 *-3-1-3-14-1); IV (0*-2-l-
3-12-1).
Pour les solénidions on a, des génuaux aux tarses : I (1-2-2); II (1-1-1);
III (1-1-0); IV (0-1-0).
J’ai mis des astérisques aux trochanters parce que les poils sont si
régressifs à ces articles qu’on doute de leur existence. Il n’y en a sûrement pas
plus de 2 au trochanter III et de 1 aux autres trochanters. Les seuls que j'ai
vus franchement (avec de nombreuses déficiences) sont ceux des trochan¬
ters III et IV.
Les poils d ont disparu à tous les tibias et aux 3 premiers génuaux. Le
poil d du génual IV est minuscule.
Aux tarses il n’y a plus de poils accessoires. Les tarses I et II ont les
deux poils itéraux, tandis que le tarse III n’en a qu’un, le paraxial if", et que
le tarse IV n’en a pas. Le poil le' est un peu différencié aux tarses III et IV
(fig. 3C). Il est plus gros, non effilé, plus épais ou aplati dans sa région moyenne
et distale, qui est isotrope.
Un problème de notation est posé aux tarses III et IV à cause du poil pv'.
Ce poil manque, ou bien, beaucoup plus probablement, est à une place inha¬
bituelle, plus haut sur la face antiaxiale. Sur la figure 3C, derrière te' et ali¬
gnés sur ce poil, on voit 2 poils sans notation, l’antérieur un peu plus grand
que l'autre. Si la seconde hypothèse est juste un de ces poils est pv'
et l'autre //'. Au tarse IV, non figuré, on aurait un seul poil à la place des
deux et ce serait pv', le poil //' n’existant pas.
Les eupathidies, spéciales à I, sont p', p" et s. Elles sont longues, à canal
bien visible.
Les solénidions ont des caractères intéressants. Aux génuaux ils sont
tous petits, baculiformes à I, claviformes à II et III. Aux tibias II, III et IV
ils sont petits et claviformes, identiques à ceux des génuaux II et III, tandis
qu’au tibia I le solénidion ?„ gros et très long, dépasse en avant l’extrémité
Source : MNHN, Paris
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F. GRANDJEAN
de l’ongle quand il est couché. Le solénidion ç s est long aussi. On remarque,
pour les ?, qu’ils sont implantés très en arrière, et même au milieu dorsal de
l’article à II. Au tibia III le solénidion est à peine devant le milieu. C’est au
tibia IV qu’il est le plus en avant. Les 2 solénidions du tarse I sont longs, non
dressés. L’un d’eux, le postlarvaire probablement, atteint presque la base de
l’ongle. L’unique solénidion du tarse II est court au contraire, épais, droit,
baculiforme.
II. — TRITONYMPHE
Parmi les nymphes restant de mon ancienne étude, 2 étaient des trito-
nymphes. Elles avaient le dos découvert.
Cuticule, poils. — La cuticule est incolore, ou presque, qu’elle soit
scléritisée ou non, de sorte qu’il n’est pas facile de reconnaître les sclérites,
les petits sclérites en particulier. La coloration au bleu Unna n’est guère
satisfaisante, car elle a peu de sélectivité. L’autre critère, la fermeté persis¬
tante après le chauffage dans l’acide lactique (tandis que la cuticule non sclé¬
ritisée s’amollit beaucoup) n’est utilisable que pour les grands sclérites.
Le seul grand sclérite est le prodorsal. Il est ponctué, sauf dans la partie
que j’appelle plus loin rostrogénale (RG), les points étant des dépressions
en verre de montre assez fortement accentuées. En arrière, près du sillon
dorsoséjugal, il a une limite imprécise. Les autres sclérites sont, comme d’habi¬
tude, ceux des lèvres anales et génitales (prégénitales), celui du dessous de
l’infracapitulum, ceux des coxas et ceux des articles des appendices.
La peau molle occupe ce qui reste, c’est-à-dire la plus grande partie
de la surface, pas complètement toutefois car les tubercules qui portent les
poils, dans la région gastronotique, se colorent assez bien sélectivement. Les
alvéoles de ces poils, les cupules et le bord de l’ouverture gla se colorent aussi
et même fortement. J’ajoute, pour être complet, qu’une région floue et assez
grande, du côté ventral, derrière l’ouverture anale, se colore à peu près
autant que le sclérite prodorsal. Est-ce accidentel ? Cette région n’est vrai¬
semblablement pas scléritisée.
Les poils du soma, à l’exception des bothridiques et des rostraux, sont
minuscules. Ils sont cependant un peu moins minuscules que chez l’adulte.
Les dorsaux sont plus spiniformes, plus épais.
Prodorsum et capuchon rostral. — Le sclérite prodorsal est très
accidenté. Il porte des carènes, des creux et des bosses (fig. 4A, 5A, 5B, 5C).
On remarque surtout deux carènes longitudinales qu’on pourrait appeler
lamellaires puisqu’elles portent en avant les poils la. Entre ces carènes la
surface est déprimée. Elle se relève entre les bothridies, transversalement, et
s’abaisse de nouveau en arrière pour former une dépression centrale très large
qui est flanquée à droite et à gauche par une dépression plus petite. Une
autre paire de carènes, en kb sur les figures 5C et 5A, forme le contour apparent
latéral du propodosoma devant les bothridies. En avant, le sclérite est pro-
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CHARASSOBATES CAVERNOSUS GRANDJ.
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longé en bec aplati (fig. 5B). Il recouvre entièrement le gnathosoma suctoriel
à longues pièces manducatoires (fig. 5A).
Les carènes kb sont très recouvrantes et elles cachent, sur les figures 4A
et 5C, la partie latérale du capuchon rostral. J’ai fait les figures 5A et 5B
pour montrer cette partie, que j’appelle rostrogénale. C’est sur la figure 5B
Fig. 4. — Charassobates cavernosus Grandj. 1929, tritonymphe ( x 250). — A, dorsale. -
B, ventrale, sans les pattes; on n’a laissé que les trochanters gauches et le trochanter 1
qu’on la voit le mieux. Je la désigne ici par RG. Elle est ornée, mais tout
autrement que la surface dorsale. Son bord inférieur est le bord latéral du
camérostome et on a en w, comme dans les structures habituelles, l’angle
capitulaire. La surface RG est bombée du côté antiaxial. Elle l’est trop peu
pour dépasser franchement la carène kb dans l’orientation dorsale de l’Aca-
rien.
Le bord de RG, si on le suit en avant, ne va pas jusqu’au plan de symétrie.
Source : MNHN, Paris
132
F. GRANDJEAN
Il disparaît par raccordement à la cloison rostrale en un point qui est à peu
près, de chaque côté, sous le poil la. A partir de ce point, en arrière, on peut
Fio. 5. — Charassobates caoernosus Grandj. 1929. — A ( x 580), tritonymphe latérale, pro-
podo- et gnathosoma ; on a supprimé plusieurs contours qui auraient trop chargéle dessin ;
îe palpe et la patte I ne sont qu’esquissés à leur base; on suppose que le sensillus est
coupé à l’endroit où il sort de la bothridie; Iv, tendons ventraux de la mandibule; g t ,
glande coxale ; e, épine supracoxale du palpe, vue par transparence. — B ( x 765), bou¬
clier prodorsal de la tritonymphe, vu en direction latérale oblique, partiel. — C ( x 765),
id., vu dorsalement, partiel, pour montrer la carène ue ; il n’a pas la même inclinaison
que sur la figure 4A. — D ( x 445), adulte latéral, partiel; on a dessiné la région humé¬
rale du notogaster et quelques contours voisins que l’on retrouve sur la figure 2A; br,
expansion latérale de la cuticule du notogaster; bng, bord du notogaster; bpv, bord du
bouclier ventral; entre bng et bpv on voit la peau de liaison dorsoventrale, ici tendue,
l’hystérosoma étant gonflé au maximum; btcn, bord de la gouttière Icn (circumventrale
de coaptation); k, petite carène (elle s’efTace en arrière); le poil gastronotique non désigné
par une notation, au-dessus de la lettre k, est le poil la.
suivre la base de RG, c’est-à-dire sa jonction au reste du capuchon rostral.
J’ai marqué la projection de cette base en ig sur la figure 5C. Elle est vue par
Source : MNHN, Paris
CHARASSOBATES CAVERNOSUS GRANDJ.
133
transparence. Entre elle et le contour apparent kb, sur la figure 5C, la cuticule
dorsale est surplombante comme il a été dit plus haut.
A cette structure, déjà bien compliquée pour une nymphe, s’ajoute un
caractère nouveau, la forte ride en U renversé qui est sur la cloison rostrale.
Je désigne cette ride par ue. On la remarque et on la reconnaît très facilement,
même sur l’animal entier, pourvu que celui-ci soit vu dorsalement.
Sur la figure 5C le bord postérieur de la cloison rostrale est en bt. La
ride ue, dans sa région médiane, est loin de ce bord en avant. Elle le rejoint
en arrière, de chaque côté, et elle va jusqu’à l’angle w. Si on examine la ride
en coupe optique sagittale, on constate qu’elle fait saillie à la face inférieure
de la cloison rostrale. Son profil est anguleux, sa ligne de crête dépassant sa
base en avant.
Dans l’orientation de la figure 5A la ride ue est observable, mais sa
projection se superpose à d’autres lignes. En projection oblique (fig. 5B) on
voit mieux pourvu qu’on ait enlevé le gnathosoma. Je n’ai pourtant pas
réussi à faire une bonne figure. La forte sculpture et la microsculpture à
travers lesquelles on doit regarder gênent beaucoup.
Le sensillus (fig. 4A) n’est pas semblable à celui de l’adulte. Il ft’en
diffère pas seulement par sa forme allongée et non aplatie, ou à peine aplatie,
mais parce que le chauffage dans l’acide lactique ne fait apparaître sur lui
aucune denticulation de la partie actinochitineuse. Celle-ci, d’abord mince
au départ, s’élargit et devient creuse alors qu’elle est encore dans la bothridie,
puis redevient pleine en un point qui est à peu près au quart distal. Une
section transversale à un endroit quelconque est à peu près circulaire. La
partie isotrope a aussi une section à peu près circulaire. Elle n’est épaisse
que dans la moitié distale du sensillus. L’axe actinochitineux va jusqu’au bout.
Les autres poils prodorsaux sont minuscules, sauf les rostraux qu’on
peut seulement qualifier de petits (fig. 5A, 5B, 5C). Il y a un poil exobothri-
dique sous la bothridie (fig. 5A, en ex). Il est à peu près de la même taille
que les poils in et la.
Région gastronotique. — L’hystérosoma à cuticule molle, bien
séparé dorsalement du propodosoma par un fort sillon, est plissé comme
l’indiquent les figures 4A et 4B. Ses poils minuscules sont tous au sommet de
protubérances arrondies qui jalonnent des côtes faiblement saillantes, nodu-
leuses, interrompues. A faible grossissement on distingue une côte centrale,
sagittale, qui porte les 6 poils da, dm, dp, et deux côtes latérales symétriques
qui portent les poils la, Im, Ip, h 3 . Du côté paraxial de chaque côte latérale la
surface est un peu déprimée. En avant une côte transversale analogue aux
précédentes porte les poils c. Le dos du notogaster, au total, a une faible
convexité. Les protubérances ont des tailles très inégales.
La chaetotaxie est d’un type tout à fait classique, unidéficiente. Des
15 paires de poils, 2 seulement sont ventrales, les paires ps, et ps 3 .
La glande latéro-abdominale, de chaque côté, saute aux yeux avant le
traitement à l’acide lactique à cause de la forte coloration d’un rouge bru¬
nâtre qu’ont les tissus autour d’elle. Elle est ovoïde, presque ronde, petite.
Je l’ai représentée seulement sur la figure 4B. Son orifice est latéral, visible
de dessus près du contour apparent (fig. 4A).
Source : MNHN, Paris
134
F. GRANDJEAN
Toutes les cupules sont grandes, bien formées, faciles à voir, à des empla¬
cements normaux.
Face ventrale. — Pour cette région la figure 4B donne suffisamment
les caractères. De chaque côté il y a 3 poils adanaux, 2 poils anaux, 1 poil
aggénital, 4 poils génitaux. La formule des épimères est (3-1-2-3). Le poil 3c
est absent comme chez l’adulte mais le poil le est présent. Tous les poils sont
petits, non spiniformes, moins courts et plus fins que les poils gastronotiques.
Les coxas sont à peine saillants et leurs limites ne se voient guère. Une
forte carène presque rectiligne, transversale, coupe le plan de symétrie à
angle droit sur l’épimère I. L’espace en demi-lune qui est derrière le bord
postérieur de l’infracapitulum, sur la figure 4B, n’est pas une mentonnière.
Il est occupé par la membrane de liaison au gnathosoma.
Gnathosoma, mandibule, palpe. —- La surface ventrale de l’infra¬
capitulum est allongée et anarthre, comme chez l’adulte, avec les mêmes
poils placés de la même façon. Sa forme en diffère notablement parce que les
palpes sont à découvert (fig. 4B). Cette surface n’est pas unie. Elle est faible¬
ment déprimée en arrière, latéralement. Une ligne de changement de pente
part obliquement du bord de chacune des dépressions latérales et passe entre
les poils h et m.
Les pièces buccales sont identiques à celles de l’adulte. On voit sur la
figure 5A (imparfaitement) la longue mandibule à mors inégaux, le bord
antérieur foliacé de l’infracapitulum et le labre mince et pointu qui dépasse
un peu. Au bord supérieur des joues, de chaque côté, les 2 épines que j’ai
signalées chez l’adulte existent aussi, de même taille. Je ne les ai pas dessinées
pour ne pas augmenter la confusion sur une figure déjà trop chargée.
Le palpe ne diffère presque pas de celui de l’adulte par sa forme. Il n’en
diffère pas du tout par ses phanères et sa chaetotaxie.
Pattes. — Les pattes, au contraire, ne ressemblent pas à celles de
l’adulte. On peut en juger par la figure 3D en comparant cette figure à la
figure 3A.
La différence la plus importante, pour les phanères, est que les poils d
existent à tous les génuaux et tibias de la tritonymphe, couplés aux soléni-
dions, tandis qu’ils manquent chez l’adulte. Le petit groupe do de la figure 3D
se retrouve, sans changement, aux génuaux II et III, et un groupe d? tout à
fait pareil, aussi petit, remplace ? aux tibias II, III, et IV. Au tibia I le
groupe d? (c’est-à-dire d?,) a une autre allure et il est porté par une grosse et
grande apophyse (fig. 3D).
Voici les formules des poils, aux 6 articles : I (1-4-3-5-16-1); II (1-4-3-4-
13-1); III (2-3-2-3-13-1); IV (1-2-1-3-12-1).
Il n’y a pas lieu de mettre des astérisques aux trochanters car leurs
poils, de formule (1-1-2-1), sont très visibles quoique très petits (fig. 4B, à
droite) et ils n’avaient, sur mes 2 exemplaires de la tritonymphe, aucune
déficience.
Les autres différences numériques avec l’adulte viennent de la présence
des poils dG et dT, de l’absence du poil v" aux fémurs I et II ainsi qu’aux
tibias I, II et III, et de l’absence, aux tarses, des poils itéraux.
Source : MNHN, Paris
CHARASSOBATES CAVERNOSUS GRANDJ.
135
Pour le problème de notation posé chez l’adulte aux tarses III et IV, les
différences numériques et chaetotaxiques s’accordent à la solution considérée
plus haut comme la plus probable, car le cas de beaucoup le plus commun,
chez les Oribates supérieurs, est que les paires (jl) et ( pv ) existent à toutes les
stases et à tous les tarses, sauf //', qui manque à IV. Une autre règle, celle-ci
sans exception, est que des poils accessoires n’existent jamais aux tarses
postérieurs quand il n’y en a plus au tarse I. Ajoutons, à titre d’argument
supplémentaire, que le poil antilatéral postérieur du tarse IV est implanté
plus bas chez la tritonymphe que chez l’adulte. La seule question qui reste
sans réponse est de savoir si pv' est devant //' à III, ou derrière.
Les différences de forme, pour les poils, se réduisent à peu de chose. La
principale est que la différenciation du poil te', signalée chez l’adulte aux
tarses III et IV seulement, affecte aussi la tritonymphe au tarse II, et que le
poil te" se comporte à ces trois tarses comme le poil te'. Au tarse I de la
tritonymphe il ne m’a pas semblé que les poils te' et te" eussent une différen¬
ciation, mais l’observation est délicate et un doute subsiste.
Aux ongles nymphaux la dent basale de l’adulte est absente ou remplacée
par une petite bosse arrondie.
Les solénidions sont numériquement les mêmes que chez l’adulte. Ils
ont aussi les mêmes tailles et les mêmes formes, sauf à I. Pour la patte I les
figures 3D et 3A font voir les différences au génual et au tibia. Au tarse il n’y
en a guère sauf que <•>, était très courbé et contourné sur mes 2 exemplaires
de tritonymphe, mais ce n’est peut-être pas un caractère constant.
Une microsculpture n’est apparente qu’aux tarses, du côté dorsal et en
arrière (fig. 3D). Elle descend notablement sur la face antiaxiale et peu sur
la face paraxiale.
III. — DEUTONYMPHE
La deutonymphe, représentée par 6 individus, dont plusieurs en mauvais
état, diffère de la tritonymphe à la façon habituelle. Les différences, nulles sur
le dos, au rostre et au gnathosoma (la carène en U renversé existe aussi bien),
se réduisent ventralement, de chaque côté, à l’absence des poils anaux, du
poil 4c et de deux des poils génitaux. Cavernosus a donc l’atrichosie para-
proctale à 2 ou à 3 niveaux, sa formule génitale est presque certainement
(1-2-4-5) et sa formule épimérique à la stase deutonymphale est (3-1-2-2).
Aux pattes on retrouve tous les caractères de la tritonymphe. Les seules
différences possibles sont de chaetotaxie mais elles doivent être insignifiantes.
On a les mêmes groupes d* et d? à toutes les pattes, la même grosse apophyse
au tibia I et celle-ci porte également le petit solénidion ç,. J’ai observé la
même différenciation des poils te’ et te ”. Les poils antilatéraux postérieurs du
tarse III, et le poil antilatéral postérieur du tarse IV, ont les mêmes empla¬
cements.
Tous les exemplaires de la deutonymphe avaient encore sur le dos deux
scalps, un protonymphal et un larvaire. Ces scalps, très peu bombés, étroi¬
tement appliqués sur le dos de la deutonymphe et l’un sur l’autre, n’attirent
Source : MNHN, Paris
136
F. GRANDJEAN
pas l’attention avant qu’ils se détachent. Ils sont minces, diaphanes, mous, et
ils ne portent aucune réticulation. On voit sur eux du cérotégument et des
poils minuscules pareils à ceux de la deutonymphe ou de la tritonymphe,
montés sur des tubercules de même aspect. J’ai constaté qu’ils ne portent pas
les poils c, et qu’ils portent les 6 poils centrodorsaux. Ces derniers poils existent
donc à toutes les stases.
La ligne de déhiscence 0 était indiscernable. Elle l’était aussi sur mes
tritonymphes. Cette ligne doit apparaître au stade pupal seulement.
IV. — REMARQUES
1. Toutes les nymphes de cavernosus portaient-elles des scalps dans ma
récolte de 1926 ? Je le crois car j’ai signalé dans mon ancienne étude que les
tritonymphes portaient les « exuvies antérieures » et j’ai constaté au cours
de la présente étude que les deutonymphes les portaient aussi. Les 2 trito¬
nymphes à dos nu décrites ici au chapitre II sont certainement des trito¬
nymphes couvertes dont j’ai enlevé les scalps en 1929.
2. Cavernosus, d’après cela, est un Euphéréderme, mais il a conservé les
poils centrodorsaux à toutes ses stases, caractère inconnu jusqu’à mainte¬
nant dans cette section d’Oribates supérieurs. Ne serait-ce pas parce qu’il est
un Aphéréderme et qu’il portait des scalps par accident ?
On rencontre en effet de temps en temps, dans les récoltes de certains
Aphérédermes, mélangés aux individus découverts très dominants, des indi¬
vidus couverts. Il suffit probablement, pour que ce soit possible, que la ligne 0
soit fermée. L’accident n’est pas rare chez Tedocepheus velatus. Chez Amero-
nothrus maculatus il peut même affecter toute une population. Je crois utile
de citer ce dernier cas avec des détails, car il est curieux :
En juillet 1929 j’ai récolté à plusieurs reprises en Bretagne, aux environs
de Trégastel (Côtes-du-Nord), Ameronothrus maculatus. C’était toujours
dans les mêmes conditions, en brossant la surface de rochers couverts de
maigres lichens. Un brossage fait assez loin de la mer (à 500 m du rivage)
m’a donné 60 individus (55 adultes et 5 immatures) tous découverts. Un
autre, au bord de la mer, à peine au-dessus du niveau des grandes marées,
contenait 11 adultes découverts et 2 portant le scalp de la tritonymphe. Un
troisième, fait aussi au bord de la mer et au même niveau que le précédent, à
un autre endroit, contenait 46 adultes et 4 nymphes. Les nymphes et un
adulte étaient découverts mais les 45 autres adultes portaient le scalp de la
tritonymphe.
Peut-on se prévaloir de ces exemples, du dernier plus particulièrement, à
propos de cavernosus ? Certainement non, car les scalps dont il s’agit pour
eux ne sont pas superposés. Si un Oribate n’est pas un Euphéréderme, ou un
Apophéréderme, je n’ai rencontré aucun cas où il porte régulièrement les
scalps, même dans une seule récolte. Porter régulièrement les scalps signifie
qu’une protonymphe porte 1 scalp, une deutonymphe 2 scalps et une trito¬
nymphe 3 scalps, à de rares exceptions près, les adultes portant 4 scalps ou
Source : MNHN, Paris
CHARASSOBATES CAVERNOSUS GRANDJ.
137
n’en portant aucun. Les exceptions sont dues à des pertes mécaniques. Un
scalp et même tous peuvent être arrachés sur un individu pendant sa vie, ou
au cours des opérations de capture, ou pendant les triages, etc.
Il faut décider que cavernosus est un véritable Euphéréderme, bien qu’il
ait gardé les poils centrodorsaux. Une section spéciale doit donc être créée
pour lui, celle des Euphérédermes à nymphes intégridorsales. Qu’une telle
section existe n’a rien de surprenant puisqu’il y a aussi deux sections, selon
que les poils centrodorsaux existent ou manquent, chez les Aphérédermes
pycnonotiques.
Remarquons que les Apophérédermes sont des Euphérédermes à
nymphes intégridorsales ayant de grands poils centrodorsaux et des aires
poreuses octotaxiques.
3. La corrosion du sensillus par le traitement à l’acide lactique est un
caractère très exceptionnel. Je ne l’ai observé jusqu’ici que chez un seul
autre Oribate, Licneremaeus licnophora. Le sensillus flabelliforme de licno-
phora est profondément et irrégulièrement découpé par ce traitement dans
toute sa partie distale, celle qui est opposée à la tige. Les découpures sont
aiguës.
4. Les volets anaux, chez cavernosus, sont plus petits que les génitaux.
Il en est rarement ainsi. Je me suis demandé si ce caractère ne serait pas en
relation, chez les Oribates supérieurs, avec le régime alimentaire, c’est-à-dire
avec la conformation suctorielle du capitulum.
On le retrouve en effet dans le genre Pelops (P. acromios) et aussi, à un
moindre degré, chez Galumnopsis holoscripta. Pour Gustavia, il y a doute.
Mais dans les genres Suctobelba, Rhynchoribates et Metrioppia les volets anaux
sont au contraire plus grands que les génitaux.
5. Un des adultes avait ses pattes repliées dans leurs positions de repos,
d’un côté, pas assez parfaitement toutefois pour qu’une bonne figure de ces
positions fût possible. La patte I était étendue en avant, avec le tibia et le
tarse au-dessus du tutorium, sous la lamelle, et son ongle était un peu der¬
rière le poil ro. Son fémur était partiellement sous le pedotectum I. Le
contour dorsal du fémur I est évidemment coapté au fond de l’espace pédo-
tectal. La patte III était complètement pliée sur elle-même, au génual, le
tibia et le tarse en arrière. La lame ventrale du fémur III était recouverte
par le tibia III et l’ongle était logé près de la saillie s3. La patte IV était pliée
comme la patte III, avec les mêmes caractères, et son ongle était près de s4,
derrière cette saillie. On voyait bien que la carène cir formait cadre en arrière
c’est-à-dire limitait la zone pleurale où les pattes se rangent contre le corps.
La patte II était dans une position remarquable car elle enjambait le
pedotectum I de telle manière que son tarse et son tibia étaient partiellement
sous le pedotectum, entre ce dernier et le fémur I. L’ongle II se voyait très
bien sous le pedotectum, au point le plus bas.
Il serait logique, dans ces conditions, que le bord du pedotectum fût
échancré, chez cavernosus, à l’endroit où la patte II le traverse, mais il ne
l’est pas. Rappelons-nous qu’il l’est chez les Cepheidae et quelques autres
Oribates. Dans sa position de repos la patte II doit alors passer par l’échan-
Source : MNHN, Paris
138
F. GRANDJEAN
crure et le pedotectum I, qui protège la patte I dans sa région proximale, doit
protéger aussi la patte II dans sa région distale, l’ongle compris.
6. La ride ou carène en U renversé n’est vraisemblablement pas de nature
ornementale. On est conduit à supposer que quelque chose en part. Ce quelque
chose ne pourrait être, si l’hypothèse est juste, que la membrane de liaison
aux mandibules, mais nous savons que cette membrane s’attache normale¬
ment au bord postérieur de la cloison rostrale, lequel est ici en bt, loin derrière
ne (fig. 5C). Je n’ai pas réussi à voir où s’attache la dite membrane. La ride en
U renversé a donc pour le moment une signification mystérieuse.
Que l’on sache ou non ce qu’elle signifie, cette ride est importante. Elle
pourrait servir à reconnaître des affinités.
V. — AFFINITÉS
Le genre Charassobates ne peut évidemment pas entrer, même en forçant
beaucoup, dans une des familles actuellement définies. Créons donc une
nouvelle famille avec la diagnose suivante :
Charassobatidae, n. fam. — Euphérédermes à nymphes plissées uni-
déficientes. CaE.Ng (13). Pas d’aires poreuses au notogaster. Pas de ptéro-
morphes. NgNBP. Pas de pedotectum II. G (1-2-4-5). Atrichosie paraproctale.
Organe préanal en caecum. AcmL.DDCn3. Pas d’organes trachéens aux
pattes. Présence, à la surface du bouclier ventral, d’une gouttière de coapta¬
tion au notogaster. Capitulum suctoriel.
Cette diagnose, dans laquelle j’emploie les mêmes abréviations que dans
l’Essai (2, p. 426), a le défaut d’être établie pour un seul genre et même une
seule espèce. On devra la modifier quand on connaîtra d’autres espèces ou des
genres étroitement apparentés au genre Charassobates. Ch. cavernosus, pour le
moment, est une espèce isolée.
Caser la nouvelle famille dans le tableau des Oribates supérieurs est
facile, si l’on opère comme dans l’Essai. Il faut ajouter aux sections précé¬
dentes une nouvelle section, celle des Euphérédermes à nymphes intégri-
dorsales. Nous avons vu cela plus haut (remarque 2). Pour ne pas avoir à
mettre les Apophérédermes dans cette section, c’est-à-dire les Oribatellidés, on
l’appellera celle des Euphérédermes pycnonotiques à nymphes intégridor-
sales. Alors les Charassobatidae seront seuls dans la nouvelle section.
S’en tenir là suffirait pour un tableau dichotomique mais laisserait de côté
les affinités naturelles. Attachons la principale importance à un caractère
des nymphes, celui d’avoir, qu’elles soient couvertes ou non, un hystérosoma
du type « à gros plis » (2, p. 435). Précisons, pour que la définition du type
soit meilleure, que les plis doivent affecter toute la surface dorsale. Ce type
s’oppose à celui « à grands sclérites » et à celui « à microsclérites excentrés »
(2, p. 437).
On rencontre des nymphes à gros plis (les « nymphes plissées » des dia-
Source : MNHN, Paris
C.HAHASSOBATES CAVERNOSUS GRANDJ.
139
gnoses) chez des Aphérédermes pycnonotiques normaux et chez des Porono¬
tiques. Cavernosus est un Pycnonotique mais il y a des Poronotiques à très
petites aires poreuses ( Licneremaeidae) et même à aires poreuses réduites à des
pores et par conséquent contestables ( Scutovertexidae). Certains Oribates,
d’autre part, bien qu’ils soient pycnonotiques, se rattachent évidemment aux
Poronotiques. Le genre Globozetes, par exemple, si l’on fait abstraction des
aires poreuses, est un Chamobatidé. Strictement définis par l’absence ou la
présence d’aires poreuses au notogaster, les Pycno- et les Poronotiques ne
sont pas des groupes phylétiques.
Un groupe de 9 familles, à cheval sur la limite entre les Poro- et les
Pycnonotiques aphérédermes normaux, constitué par des Oribates dont les
nymphes ont un hystérosoma à gros plis, paraît être au contraire un groupe
phylétique. Je renvoie pour ce sujet à ce que j’en ai dit dans l’Essai (2, p. 444
et 445). Aux 9 familles nous devons ajouter maintenant les Podacaridae et
les Charassobatidae.
Les affinités que nous cherchons sont certainement moins lointaines avec
6 des familles du groupe et nous pouvons éliminer les 4 autres sans discussipn.
Les 6 familles sont les Ameronothridae, les Scutovertexidae, les Passalozelidae,
les Cymbaeremaeidae, les Tedocepheidae et les Licneremaeidae.
Introduisons dans les diagnoses des 6 familles un caractère de grande
valeur que j’ai négligé dans l’Essai, celui de l’absence ou de la présence des
pedotecta. Les Scutovertexidae, les Passalozetidae, les Cymbaeremaeidae et les
Tedocepheidae ont les pedotecta I et II. Les Licneremaeidae ont un pedo-
tectum I et pas de pedotectum II, comme les Charassobatidae. Les Amerono¬
thridae n’ont aucun pedotectum.
Faisons intervenir un autre caractère de grande valeur, encore plus
négligé que celui des pedotecta, celui de l’organe préanal. L’organe préanal
de Licneremaeus licnophora est en caecum. Celui de Ch. cavernosus aussi.
Dans les 5 autres familles j’ai trouvé des organes préanaux divers dont aucun
n’est en caecum.
A ces deux motifs principaux de rapprochement entre Licneremaeus et
Charassobales ajoutons le comportement du sensillus dans l’acide lactique
(remarque 3), l’identité des formules génitales, la formule (1-2-4-5) étant
exceptionnelle et ne se retrouvant pas dans les 5 autres familles, la petitesse
et la forme de l’ouverture anale, la présence des poils centrodorsaux à
toutes les stases (ils manquent à la stase adulte chez les Scutovertexidae, les
Passalozetidae et les Tedocepheidae), l’absence d’incision au bord latéral du
camérostome (il y en a une chez les Tedocepheidae), l’absence de corne double
au palpe (il y en a une chez les Passalozetidae), l’absence d’organes trachéens
aux pattes (de tels organes existent chez les Scutovertexidae, les Cymbaere¬
maeidae et les Ameronothridae), enfin la disparition, à la stase adulte, sur les
génuaux et les tibias, des poils dorsaux compagnons (ces poils persistent jus¬
qu’à la fin chez les Ameronothridae).
Avons-nous des motifs d’éloignement ? Sans doute, et pour commencer
ceux dont dépend le faciès, les caractères des lamelles, des tutoriums, le
creusement du notogaster, la forme de celui-ci dans la région humérale, etc...
Ces caractères différenciels sont trop évidents pour qu’il soit nécessaire
d’insister sur eux. Je mentionne seulement que licnophora n’a pas de gouttière
Source : MNHN, Paris
140 F. GRAN’DJEAN
tcn, ni d'incision rostrale, ni d’arête circumpédieuse et qu’il a des aires
poreuses au notogaster. Chez licnophora le capitulum n’est pas suctoriel, les
nymphes ont un capuchon rostral du type habituel et elles ne sont pas cou¬
vertes.
Remarquons que le notogaster de licnophora n’est pas caverneux, mais
qu’il n’est pas convexe et qu’il a des dépressions accentuées à bords abrupts.
•Je mettrai volontiers ce caractère parmi ceux de rapprochement à cavernosus.
Les dépressions du notogaster, lorsqu’il y en a dans les 5 autres familles, sont
à bords flous ( Cymbaeremaeus, Tedocepheus).
Remarquons, inversement, que les 26 poils du notogaster ne sont pas
tous les mêmes chez licnophora et cavernosus. Licnophora porte un poil c, qui
manque à cavernosus et il n’a pas le poil ps 3 qui existe chez cavernosus. Le
poil ps 3 manque à toutes les stases chez licnophora et les nymphes sont bidé-
licientes, caractère exceptionnel. Elles sont unidéficientes chez cavernosus,
caractère normal.
Tout bien considéré, puisqu’il faut conclure, je crois que les motifs de
rapprochement l’emportent sur les motifs opposés. Disons que les Licnere-
maeidae se détachent, dans le critérium des affinités, des 5 autres familles,
et qu’ils viennent en tête. Ce sont les Oribates les moins éloignés des Charasso-
hatidae.
Ils en sont très éloignés. Si l’on en jugeait seulement par les gros carac¬
tères de la morphologie des adultes, l’idée ne viendrait pas qu’une parenté
fût possible entre les deux familles. La comparaison de tous les caractères,
encore confuse dans plusieurs de ses résultats, car on ignore de quel poids est
chacun d’eux, et aussi parce que nous n’avons pu comparer qu’une espèce
de Charassobates à une espèce de Licneremaeus (je ne parle de Licneremaeus
que d’après licnophora parce que c’est seulement de licnophora que j’ai
des nymphes et des larves) permet d’affirmer, ou du moins de supposer sérieu¬
sement, dans l’état de nos connaissances, que cette parenté existe.
Laboratoire de Zoologie du Muséum d’Histoire naturelle, Paris.
TRAVAUX CITÉS
1. Grandjean (F.). — Quelques nouveaux genres d ’Oribatei du Venezuela
et de la Martinique (Bull. Soc. Zool. France, t. 54, p. 400 à 423, 1929).
2. Id. — Essai de classification des Oribates (Bull. Soc. Zool. France, t. 78,
p. 421 à 446, 1953).
3. Id. — L’infracapitulum et la manducation chez les Oribates et d’autres
Acariens (Ann. Sc. nalur. Zoologie, 11 e série, t. 19, p. 233 à 281, 1957).
Achevé d'imprimer le 31 juillet 1958.
Printed In France Le Directeur-Gérant: Prof. E. Skouy.
Imp. Laiiuiik, 9, rue <lc Fleurus, Paris-VI*. — 48990-1958.
Dépôt légal 3* trimestre 1958.
Source : MNHN, Paris