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Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie
TOME XVIII
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1958-1963
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
TABLE DES MATIÈRES
Fascicule 1
Pages
R. Jeannel, Révision des Psélaphides du Japon. 1-138
Fascicule 2
P. Roth, Les Sphex paléarctiques du sous-genre Palmodes - 139-186
Fascicule 3
E. Séguy, Diptères hypogés recueillis par M. Paul A. Remy en
Yougoslavie . 187-230
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
_ I
DU
MUSÉUM NATIONAL
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D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME XVIII
FASCICULE 1
René JEANNEL
‘ RÉVISION DES PSÉLAPHIDES
DU JAPON
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue GeofTroy-Saint-Hilaire (V°)
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MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. Tome XVIH, fascicule 1
. RÉVISION DES PSELAPHIDES
DU JAPON
par le Docteur René JEANNEL
sommaire
Avant-propos. 3
I. Subfam. Faronitae Jeann.
Trib. Pyxidicerini Raffr. 5
1. Gen. Zelhopsus Reitt. (p. 5).
II. Subfam. Euplectitae Jeann.
Trib. Euplectini Raffr. 6
2. Gen. Pseudozibus Jeann. (p. 6). — 3. Gen. Philiopsis Raffr. (p. 8). —
4. Gen. Eupleclus Leach (p. 9).
III. Subfam. Batrisitae Jeann.
Trib. Batrisini Raffr. 11
Tableau des Divisions des Balrisina . 11
Division II. Tableau des genres du Japon (p. 11). — 5. Gen. Balrisoschema
Reitt. (p. 12). — 6. Gen. Batrisodes Reitt. (p. 14). — 7. Gen. Basilrodes, nov.
(p. 26). — 8. Gen. Petaloscapus, nov. (p. 33). — 9. Gen. Balrisodellus, nov.
(p. 37). — 10. Gen. Kigalrodes, nov. (p. 39). — II. Gen. Speobatrisodes, nov.
(p. 41). — 12. Gen. Batrislilbus Raffr. (p. 43). — 13. Gen. Tribasodes, nov.
(p. 44).
Division IV. 14. Gen. Coryphomus Jeann. (p. 47).
Division V. Tableau des genres du Japon (p. 50). — 15. Gen. Arlhromelodes
Jeann. (p. 51). — 16. Gen. Physomerinus Jeann. (p. 52). — 17. Gen. Balriso-
plisus Raffr. (p. 53). — 18. Gen. Balriscenaulax, nov. (p. 57). — 19. Gen.
Batriscenellus, nov. et subgen. Scaioscenellus, nov. (p. 60). — 20. Gen.
Arlhromelinus Jeann. (p. 64). — 21. Gen. Batrisceniola, nov. (p. 65). —
22. Gen. Pseudobatriscenus, nov. (p. 66).
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVIII.
Source : MNHI J, Paris
2
R. JEANNEL
IV. Subfam. Bythinitae Jeann.
Trib. Tanypleurini Jeann.
Tableau des genres du Japon (p. 69). — 23. Gen. Triomicrus Sharp (p. 69). —
24. Gen. Morara Sharp (p. 72). — 25. Gen. Takaorites, nov. (p. 73). — 26.
Gen. Bythonesiotes, nov. (p. 75). — 27. Gen. Nipponobythus, nov. (p. 77).
Trib. Acetaliini, nov.
28. Gen. Acelalius Sharp (p. 82).
Trib. Bythinini Raffr.
29. Gen. Bythoxeniles, nov. (p. 83). — 30. Gen. Bryaxis Kug. (p. 85).
Trib. Brachyglutini Raffr.
31. Gen. Bybaxis Saulcy (p. 95). — 32. Gen. Beichenbachia Leach (p. ). 98 —
33. Gen. Trissemus Jeann. (p. 99). — 34. Gen. Noduliceps, nov. (p. 104).
Trib. Tychini Jeann.
35. Gen. Tychus Leach (p. 105).
V. Subfam. Pselaphitae Jeann.
Trib. Pselaphini Raffr.
36. Gen. Pselaphaulax Reitt. (p. 107). — 37. Gen. Pselaphus Herbst(p. 108).—
38. Gen. Prelaphopsis Jeann. (p. 108). — 39. Gen. Tyraphus Sharp (p. 109).
Trib. Hybocephalini Raffr.
40. Gen. Slipesa Sharp (p. 109).
Trib. Cyathigerini Raffr.
41. Gen. Paracyathiger Jeann. (p. 111).
Trib. Ctenistini Raffr.
Tableau des genres du Japon (p. 111).—42. Gen. Cenlrotoma Heyd. (p. 112). —
43. Gen. Pilopius Casey (p. 112). — 44. Gen. Clenisles Reich, (p. 114). — 45. Gen.
Poroderus Sharp (p. 114). — 46. Gen. Gonorsus, nov. (p. 116).
Trib. Tmesiphorini Jeann.
Tableau des genres du Japon (p. 117). —47. Gen. Tmesiphorus Lee. (p. 118). —
48. Gen. Baphilreus Sharp et Gen. Raphilreodes, nov. (p. 119). — 49. Gen. Labo-
mimus Sharp (p. 120). —50. Gen. Lasinus Sharp (p. 121). — 51. Gen. Sallisedes
Kub. (p. 123).
Trib. Tyrini Raffr.
52. Gen. Tyrus Aubé (p. 124).
VI. Subfam. Clavigeritae Redt.
Trib. Fustigerini Jeann.
53. Gen Diartiger Sharp (p. 125).
Biogéographie
Les lignées paléarctiques (p. 127). — Les lignées indo-malaises (p. 129). — Les lignées
nord-américaines (p. 132). — Les lignées autochtones (p. 135). — Les Pséla-
phides cavernicoles du Japon (p. 135).
Auteurs cités.
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Source : MNHN, Paris
AVANT-PROPOS
Pendant l’été de 1957, M. H. Coiffait a visité un bon nombre de grottes
au Japon, où il avait été envoyé en mission par le Laboratoire souterrain
du Centre national de la Recherche scientifique. Notre ami a été reçu de la
façon la plus amicale par ses collègues nippons qui l’ont conduit dans plus
de trente cavernes déjà explorées par eux. Bien obligé de se laisser conduire,
Coiffait n’a pas pu voir de grottes encore vierges. Mais celles déjà visitées,
où on l’a mené, lui ont permis de faire de belles récoltes et même de découvrir
de nombreuses formes nouvelles, parmi lesquelles de remarquables Pséla-
phides qui seront décrits plus loin.
D’autre part, Coiffait n’a pas manqué de mettre en œuvre ses méthodes
de recherche de la faune endogée qui lui donnent de si merveilleux résultats
dans les Pyrénées. Les lavages de terre qu’il a effectués, nombreux dans les
régions calcaires des îles Honshu et Shikuku, lui ont permis de recueillir
une multitude d’Arthropodes endogés. Si j’en juge par les Psélaphides, qui
ont été nombreux, ces investigations nouvelles de Coiffait feront connaître
un bon nombre d’espèces appartenant à des groupes qui n’avaient pas encore
été signalés de l’archipel japonais.
Ayant ainsi en mains ce lot de Psélaphides recueillis par Coiffait,
réunissant surtout des formes endogées, j’ai voulu en entreprendre l’étude
en même temps que celle des récoltes faites au Japon par E. Gallois, de 1906
à 1911, et restées non étudiées dans les cartons du Muséum. Les deux collec¬
tions étaient à première vue complémentaires, car celle d’E. Gallois était
formée d’espèces épigées, recueillies sous les pierres ou par des tamisages
de débris végétaux, toutes différentes des espèces souterraines rapportées
par Coiffait.
L’étude de ce matériel japonais s’est montrée pleine de difficultés.
Le seul ouvrage important sur les Psélaphides du Japon est celui de
D. Sharp, en 1883, où se trouvent les descriptions de la presque totalité
des espèces connues. Depuis Sharp, personne n’a guère écrit sur des Pséla¬
phides du Japon ; Raffray ne les connaissait guère et sa collection n’en
renferme que très peu d’espèces.
C’est donc une révision générale des Psélaphides du Japon qu’il a fallu
faire. Il ne s’est pas agi seulement d’identifier les espèces décrites par Sharp,
mais il a fallu surtout refaire leur cadre systématique, répartir ces espèces
dans des genres constituant des lignées naturelles.
Source : MNHN, Paris
R. JEANNEL
Ce travail m’a été beaucoup facilité par l’extrême obligeance de
M. E. B. Britton, du British Muséum, qui a bien voulu me communiquer
des exemplaires typiques de tous les « Batrisus » de D. Sharp. Certes, les
descriptions de Sharp sont fort précises, aussi bonnes que peuvent l’être
des diagnoses non accompagnées de figures. Mais la confrontation
d’exemplaires de la collection Sharp m’a permis à coup sûr de ne pas
commettre d’erreurs et de présenter dans les pages qui vont suivre une
systématique des Psélaphides japonais pouvant servir de base à une étude
biogéographique d’un grand intérêt.
G. Lewis, en 1880 et 1881, avait exploré les quatre Iles de l’archipel et
H. W. Bâtes (1883) a donné le détail de son itinéraire pendant ces deux
années. C. Hiller, J. Harmand, E. Gallois ont fait leurs récoltes dans
Honshu ; H. Coiffait enfin a parcouru les régions calcaires de Shikuku et
celles du sud et du centre de Honshu.
Il n’est donc pas surprenant que ce soient les régions tempérées de
Honshu et même celles plus chaudes de Kiushu qui ont fourni de nombreux
Psélaphides. Mais il est surprenant qu’à part le Tmesiphorus crassicornis
Sharp pris à Nanaye, G. Lewis n’ait rapporté aucun Psélaphide de Hokkaido
où il a fait pourtant un long séjour pendant l’été 1880. Il semblerait que la
faune des Psélaphides japonais soit localisée dans les régions moyennes et
méridionales de l’archipel et que ces Coléoptères fassent presque entièrement
défaut dans le Nord.
Source : MNHN, Paris
I. Subfam. FARONITAE Jeannel
Trib. Pyxidicerini Rafîr.
1. Gen. ZETHOPSUS Reitter
Zethopsus Reitter, 1880, Ent. Monatschr. I, p. 85, nom. nov. pro Zelhus
Schaufuss, 1872, Nunq. Ot., II, p. 246 ; type : opacus Schaufuss
(Bangkok). — Raffray, 1903, Ann. Fr., LXXII, p. 505 (pars). —
Jeannel, 1954, Mém. Mus., Zool., VIII, p. 69.
Ce genre, tel que je l’ai défini en 1954, comprend une dizaine d’espèces
répandues dans la région indo-malaise : Siam, Indochine, Birmanie, Sumatra,
Java et Bornéo. Sa présence au Japon n’avait pas été signalée.
1. Zethopsus delicatulus, n. sp. ; type : Kusaka (Mus. Paris).
Fig. 1 et 2. — Long. 1,2 à 1,3 mm. Ailé. Testacé rougeâtre luisant,
la pubescence courte. Étroit et allongé ; tête et pronotum densement
ponctués, les élytres lisses, sans ponctuation sur les côtés. Tête à front
transverse, le lobe frontal grand, à côtés parallèles, aussi large à la base que
la moitié du front entre les yeux, son extrémité distale un peu trilobée,
vaguement sillonnée sur la ligne médiane. Yeux grands chez le mâle, occupant
presque tout le côté du front, plus petits chez la femelle. Palpes (fig. 1) à
massette ovale, avec un lobe externe très aminci mais terminé par un petit
bouton. Antennes de 10 articles, les articles du funicule transverses. Prono¬
tum à peu près aussi long que large, sa plus grande largeur avant le milieu,
le disque sans fossette médiane. Élytres aussi longs que larges. Abdomen
Source : MNHN, Paris
R. JEANNEL
étroit, parallèle, les trois premiers tergites déprimés sur leur bord antérieur.
Pattes très courtes.
Édéage (fig. 2) déversé au repos. Sa partie basale présente un petit
pavillon où s’ouvre l’orifice basal, puis un brusque élargissement formant
une dent sous laquelle s’insèrent les stylets. Partie distale de l’édéage
brusquement coudée à angle droit et prolongée par une apophyse creuse,
très longue (pavillon) renfermant la terminaison du sac interne. A la base
du pavillon et en dessous de lui, s’insère une longue apophyse inférieure.
Pas de flagelle.
Si l’on compare cet édéage à celui des Zelhopsus indo-malais (Jeannel,
1954, Mêm. Mus., Zool., VIII, p. 69 et 71) on constate qu’il présente la
même structure, sauf que le flagelle fait défaut et que les stylets ont une
position assez particulière.
Malgré ces différences, l’espèce japonaise se place naturellement dans
le genre Zelhopsus Reitt., représentant un petit groupe caractérisé par
l’amincissement du lobe externe de la massette, l’absence de fossette discale
sur le pronotum, l’absence de flagelle édéagien.
Shikuku. Préfecture Kochi : Kusaka, un mâle ; Tasuyama-Mura, un mâle ;
Ino-cho Kawauchi, une femelle ; en lavant la terre (H. Coiffait, VIII-1957).
2. Zethopsus lativentris, n. sp. ; type : Ino-cho, Kawauchi (Mus. Paris).
Long. 1,2 mm. Ailé. Même coloration et pubescence, mais plus large que
le précédent, même ponctuation de la tête et du pronotum, les élytres lisses.
Tête plus grande, le lobe frontal plus grand, à côtés non parallèles, son
extrémité bombée, sans trace de sillon, formant un angle sur l’épistome.
Yeux de la femelle assez grands. Antennes comme chez le précédent, les
palpes semblables. Pronotum un peu transverse, avec une très petite fossette
discale. Élytres aussi longs que larges. Abdomen large, ovale. Pattes courtes.
Mâle inconnu.
Espèce assurément très voisine de la précédente, mais bien distincte,
tant par sa forme large que par la structure du lobe frontal.
Shikuku. Préfecture Kochi : Ino-cho, Kawauchi, une femelle en lavant
la terre (H. Coiffait, VIII-1957).
II. Subfam. EUPLECTITAE Jeannel
Trib. Euplectini Raffray
2. Gen. PSEUDOZIBUS Jeannel
Pseudozibus Jeannel, 1956, Ent. Arb., Tutzing, VII, p. 365 ; type : simpli-
cipennis Jeannel. — Aphiliopsis Besuchet, 1956, Bull. Soc. ent.
Suisse, XXIX, p. 369 ; type : crassipes Raffray.
Ce genre, faisant partie de la sous-tribu des Bibloporellina, a été créé
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
pour une espèce découverte par H. Franz à Yangambi, dans la grande
forêt équatoriale du Congo Belge, et il faut y joindre VAphiliops crassipes
Raffr., du Sud de l’Italie, pour lequel A. Besuchet avait proposé un genre
nouveau Aphiliopsis. Maintenant voici qu’il s’y rattache encore une troisième
espèce, celle-ci du Japon. Comme on le voit la distribution géographique de
ce petit genre est singulièrement discontinue.
1. Pseudozibus longicollis, n. sp. ; type : Ino-cho, Kawauchi (Mus. Paris).
Fig. 3 et 4. — Long. 0,9 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, lisse et luisant,
la pubescence très courte et rare. Grêle et délié. Tête petite, le front bombé,
le lobe frontal saillant, rétréci en avant, avec des sillons frontaux très courts.
Antennes à funicule grêle, et massue formée surtout par le dernier article,
ovalaire et renflé, précédé d’un article 10 un peu transverse et symétrique.
Fig. 3 et 4. Gen. Pseudozibus Jeann. ; P. longicollis, n. sp., d’Ino-Cho Kawauchi. — Fig. 3.
Mâle, x 60. — Fig. 4. Édéage, de profil, x 185.
Palpes très petits. Pronotum bien plus long que large, sa plus grande largeur
avant le milieu ; pas trace de fovéole basale ni de fossette discale. Élytres
très renflés, lisses, sans fossettes basales, la strie suturale seule présente.
Abdomen à premier tergite très grand, élargi en arrière. Pattes grêles, les
fémurs un peu épaissis chez le mâle, les tibias postérieurs renflés.
Édéage (fig. 4) relativement grand. Capsule basale arrondie et un peu
aplatie, asymétrique, l’orifice apical ouvert du côté ventral. Style droit
immobile ; style gauche long et coudé, articulé. Sac interne avec une grosse
dent dans sa partie basale et une grande épine saillante au dehors, dans la
région distale. L’orifice membraneux du sac interne laisse voir un faisceau
de longues épines très fines.
Source : MNHN, Paris
8
R. JEANNEL
Les trois espèces du genre sont très voisines. Le simplicipennis Jeann.
du Congo Belge se distingue par la forme anguleuse de son lobe frontal.
Le longicollis, du Japon, ressemble beaucoup au crassipes de l’Italie méri¬
dionale, mais il est plus grêle, plus étroit en arrière, et son édéage est assez
différent.
Shikuku. Préfecture Kochi ; Ino-cho, Kawauchi, près de la grotte
Ohshi-dô, 2 mâles et une femelle dans un lavage de terre (H. Coiffait,
VIII-57).
3. Gen. PHILIOPSIS Raffray
Philiopsis Raffray, 1892, Ann. Fr., LXI, p. 471 ; type : exigua Raffray. —
1903, Ann. Fr., LXXII, p. 563.
Je montrerai, dans un travail ultérieur que les nombreuses espèces
décrites par moi de l’Afrique intertropicale doivent être séparées dans un
autre genre. Les véritables Philiopsis Raffr. occupent seulement la région
indo-malaise et la Nouvelle-Guinée. Une espèce a atteint le Japon.
1. Philiopsis sulcifrons, n. sp. ; type : Tosayama-Mura (Mus. Paris).
Fig. 5. — Long. 0,8 mm. Aptère. Testacé pâle, la pubescence très courte
mais fournie. Allongé. Tête à lobe frontal saillant, large à la base, atténué
en avant, le front convexe, les tempes bombées. Antennes épaisses, le pédicelle
aussi long que large, les articles du funicule légèrement transverses, la massue
de trois articles, les 9 et 10 transverses, le 11 subglobuleux, plus large que le
10. Pronotum aussi long que large, sans fossette discale ni sillon. Élytres
à trois fossettes basales. Abdomen parallèle, le premier tergite pas plus long
que le deuxième, avec deux carénules assez longues, espacées d’un peu plus
du tiers de la largeur du disque du tergite. Pattes courtes.
Fig. 5. Gen. Philiopsis Raffr., édéage, face dorsale, du Ph. salcifrons, n. sp., de Tosayama-
Mura, x 360.
Mâle. Yeux plus grands, aussi longs que les côtés des tempes. Front avec
un large sillon médian qui déprime le sertex et le milieu du bord occipital.
Élytres un peu plus longs que larges.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
Femelle. Yeux nettement plus courts que les côtés des tempes, le front
sans sillon médian. Élytres aussi longs que larges.
Édéage (fig. 5) petit, ovalaire, hyalin, avec deux styles achètes, un peu
chitinisés. Sac interne avec une pièce copulatrice.
Espèce plus voisine de 1 ’exigua Raffr. de Sumatra que du tuberculiceps
Raffr. de la Nouvelle-Guinée. La tête de ce dernier est plus courte, transverse,
avec un lobe frontal très réduit. L’espèce japonaise est encore plus petite
que Yexigua, son lobe frontal est plus saillant, sans étranglement basal et
la sculpture du front du mâle est bien plus accentuée que chez l’espèce
indo-malaise.
Le Ph. salcifrons provient des deux localités suivantes.
Shikuku. Préfecture Kochi : Tosayama-Mura, un mâle et Ino-cho,
Kawauchi, mâle et femelle, dans des lavages de terre (H. Coiffait, VIII-
1957).
4. Gen. EUPLECTUS Leach
Eupleclus Leach, 1817, Zool. Miscell., III, p. 80 ; type : nantis Reichenbach.
— Jeannel, 1950, Fne Fr., 53, Pselaph., p. 100. — 1956, Mém.
Mus., Zool., XIV, p. 30.
Subgen. Archeupleclus Jeannel, 1952, Ann. Mus. Congo
Belge, sér. in-8 , Zool., 11, p. 130 ; type : annamila Raffray. —
1956, 1. c., p. 31.
Le genre Archeupleclus a tout d’abord été caractérisé par l’état primitif
de l’édéage, dont les pièces distales sont entières, non divisées en apophyses
(fig. 8). Il apparaît aujourd’hui qu’il s’agit là d’un caractère purement spéci¬
fique, appartenant à Yannamila Raffr. En effet l’espèce du Japon dont la
description va suivre, a tous les caractères extérieurs de Yannamila, mais
son édéage a les pièces distales profondément divisées (fig. 7).
En réalité, Archeuplectus ne peut être tenu que pour un simple sous-
genre d’ Eupleclus Leach. Ce grand genre Eupleclus, répandu dans toute la
région holarctique et la région Orientale, a été défini dans ma révision des
Psélaphides de l’Afrique du Nord (1956, p. 31). C’est par les caractères
fournis par la structure du flagelle du sac interne qu’il a été possible de
distinguer un certain nombre de sous-genres.
Le flagelle est bifide chez les Eupleclus s. str. et chez les Dipleclellus,
ces derniers occupant l’Europe et l’Afrique du Nord.
Il n’y a pas de flagelle chez les Eupleclinus Jeann. de l’Afrique du Nord.
Enfin le flagelle est simple dans les trois sous-genres suivants :
Dipleclidius Jeann., à flagelle implanté dans l’intérieur de la capsule
basale (Afrique du Nord).
Archeupleclus Jeann., à flagelle inséré hors de la capsule basale, dans
la partie distale extérieure du sac (Indo-Malaisie et Japon).
Source : MNHN, Paris
10
R. JEANNEL
Euplectoides Jeann., à flagelle inséré hors de la capsule, sur l’extrémité
d’une tubulure (Angleterre).
Quant aux Eupledus nord-américains, leur étude reste à faire pour
préciser la position systématique des espèces. Certaines, comme illepidus
Raffr. de l’île Saint-Vincent, dans les Antilles, ont un édéage tout à fait de
même type que celui des Dipleclidius nord-africains.
Il faut placer dans le sous-genre Archeupleclus trois espèces : annamila
Raffr., sarawakensis Besuchet (1956, The Enlomologisl, vol. 89, p.88,fig. 1-2),
de Bornéo, et la suivante :
1. Euplectus (Archeuplectus) nipponensis, n. sp. ; type : Tosayama-Mura
(Mus. Paris).
Fig. 6 et 7. — Long. 1 mm. Sans doute aptère. Testacé rougeâtre, la
pubescence fine et très courte. Allongé, étroit. Tête très grande, un peu
moins longue que large, plus large que le pronotum, le lobe frontal large,
le front éparsement et légèrement ponctué. Yeux plus courts que les tempes,
un peu plus grands chez le mâle que chez la femelle. Antennes courtes,
les articles du funicule subglobuleux, la massue épaissie, compacte. Pronotum
aussi long que large, arrondi et un peu rétréci à la base, les angles postérieurs
effacés ; disque avec une petite fossette médiane isolée de la fovéole basale.
Élytres un peu plus longs que larges, trois fossettes basales. Abdomen étroit,
parallèle. Pattes courtes.
Fig. 6 à 8. Gen. Eupleclus Leach. — Fig. 6. E. (Archeuplectus) nipponensis, n. sp., de
Tosayama-Mura, mâle x 50.— Fig. 7. Édéage du même, face dorsale, x 360. — Fig. 8.
Édéage de 1 ’E. (Archeupleclus) annamila Raffr., de l’Annam, x 360.
Édéage (fig. 7) à capsule basale globuleuse, prolongée par un collier
dont la partie dorsale s’allonge en une lame quadrangulaire recouvrant
l’orifice apical. A droite se trouve une apophyse rectiligne, effilée en pointe.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
11
A gauche et du côté ventral se détache un long bras fortement incliné du
côté ventral et incurvé en dedans ; ce bras porte quelques tubercules et se
termine par une spatule. Sac interne avec un flagelle assez long mais non
implanté dans la capsule basale. Quelques soies sur la lame dorsale.
Extérieurement très semblable à Yannamila et très difficile à distinguer.
Chez Yannamila le pronotum est un peu plus largement arrondi et sa fossette
discale est plus profonde. Mais l’édéage de Yannamila (fig. 8) est bien différent.
Shikuku. Préfecture Kochi : Ino-cho, Kawauchi, un mâle ; Kusaka,
un mâle, et Tasuyama Mura, une femelle, dans des lavages de terre
(H. Coiffait, VIII-1957).
III. Subfam. BATRISITAE Jeannel
Trib. Batrisini Rafïray
Dans une Révision des Psélaphides de l’Afrique intertropicale qui
paraîtra incessamment, les genres de la sous-tribu des Batrisina seront répar¬
tis dans cinq divisions de la façon suivante :
A. ' Élylres avec trois fosselles basales.
1. Pronotum sans sillons latéraux sur le disque. Division I.
— Pronotum avec les côtés du disque longitudinalement sillonnés....
. Division II.
B. Élylres avec deux fosselles basales.
1. Pronotum sans sillons latéraux sur le disque.. Division III.
— Pronotum avec les côtés du disque longitudinalement sillonnés... 2.
2. Yeux situés sur les côtés du front. Élytres sans strie discale. Édéage
sans fnèce articulée. Division IV.
— Yeux généralement situés à la base de la tête. Élytres avec une strie
discale. Édéage avec une pièce articulée produite par la fusion des
styles (Lignée d’ Arthromelus) . Division V.
Tous les Balrisini du Japon appartiennent à la sous-tribu des Batrisina
et leurs genres se répartissent dans les Divisions II, IV et V.
DIVISION II.
Les élytres ont trois fossettes basales ; le pronotum présente des
sillons latéraux.
Tableau des genres du Japon
1. Forme subparallèle. Les deux premiers tergites abdominaux grands,
de même longueur, tous deux avec des carénules externes écartées
du bord.... 5. Gen. Batrisoschema Reitt.
Source : MNHI\I, Paris
12
R. JEANNEL
— Forme plus large, non parallèle, le premier tergite abdominal plus
grand que le deuxième, les carénules externes obliques. 2
2. Édéage atrophié, réduit à un simple cadre plus ou moins quadrangu-
laire. Tibias postérieurs avec ou sans éperons.. 6. Gen. Batrisodes Reitt
— Édéage normal, formé par une capsule basale et des apophyses
distales. 3
3. Côtés du pronotum avec un denticule sur les bosses latérales. Tibias
postérieurs sans éperon. Édéage très petit, subglobuleux.
. 13. Gen. Tribasodes, nov
— Côtés du pronotum sans denticule. 4
4. Édéage à capsule basale close, avec une paroi dorsale et un orifice
apical. Tibias postérieurs avec un éperon. 5
— Édéage à capsule basale ouverte, en forme de longue gouttière, sans
orifice apical. 6
5. Styles de l’édéage peu développés, courts. Scape des mâles avec une
expansion lamelleuse triangulaire du bord antérieur.
. 8. Gen. Petaloscapus, nov
— Styles de l’édéage longs, bien développés. Scape du mâle parfois
renflé, mais non explané en lame triangulaire. 7. Gen. Basitrodes, nov
6. Téguments absolument glabres. Tibias postérieurs sans éperons.
Caractères sexuels des mâles portant sur les tibias. Édéage allongé,
les styles très dissemblables. 12. Gen. Batristilbus RafTr
— Téguments pubescents. Tibias postérieurs avec un éperon. 7
7. Avant corps densement ponctué. Pas de caractères sexuels. Styles de
l’édéage très inégaux. 11. Gen. Speobatrisodes, nov
— Avant-corps lisse, sauf sur les tubercules antennaires. Styles soudés à
l’édéage dont la partie distale est bilobée, symétrique. 8
8. Espèces courtes, à pronotum transverse. Caractères sexuels du mâle
intéressant la massue antennaire. 9. Gen. Batrisodellus, nov
— Espèces allongées, déliées, à membres très longs, le pronotum sub¬
globuleux. Caractères sexuels du mâle intéressant les tibias posté¬
rieurs, parfois aussi le fémur intermédiaire. 10. Gen. Kigatxodes, nov
5. Gen. BATRISOSCHEMA Reitter
Balrisoschema Reitter, 1883, Verh. z.-b. Ges. Wien, XXXIII, p. 399 ;
type : lateridentatum Reitter.
Genre indo-malais, avec une espèce au Japon. Les espèces sont de
forme étroite et allongée, et ont les cavités coxales postérieures relativement
peu distantes. Avec ses trois fossettes basales aux élytres et les côtés du
disque du pronotum longitudinalement sillonnés, le genre se place dans la
Division II.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
13
Aux trois espèces indo-malaises connues, à savoir lateridenlatum Reitt.
(Bornéo), filiforme RafTr. (Java), denlicolle Raffr. (Singapore), il faut ajouter
Barbiéri Jeannel (Reu. fr. d’Enl., XIX, 1952, p. 91, fig. 30-31), de Saigon,
que j’avais placée à tort dans le genre Nenemeca Raffr. L’édéage du Barbiéri
est de même type que celui de l’espèce du Japon.
1. Batrisoschema cuplectiîorme Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London,
1883, p. 303 ( Balrisus) ; type : Yokohama (Brit. Mus.).
Fig. 9 et 10. — Long. 2,3 mm. Ailé. Brun rougeâtre avec les élytres, les
antennes et les pattes rougeâtres. Étroit et parallèle, convexe, la pubescence
longue et dense. Tête grande, transverse, le lobe frontal large, ponctué sur
les tubercules antennaires, les sillons frontaux profonds, le front lisse ; yeux
saillants, bien plus courts que les tempes. Antennes longues, à articles 2 à
5 un peu plus longs que larges, les 6 à 10 globuleux, mais les 9 et 10 bien plus
gros que les autres ; article 11 court. Pronotum à bosses latérales courtes
et tronquées, en forme de petits ailerons plus courts que la partie basale
Fig. 9 et 10. Gen. Batrisoschema Reitt. — Fig. 9. B. euplecti/orme Sharp, mâle, de Kiushu*
x 28. — Fig. 10. Édéage, face dorsale, x 80.
rétrécie ; disque convexe, lisse mais très pubescent, sans sillon médian.
Élytres très bombés, 3 fossettes basales. Abdomen étroit, allongé, les deux
premiers tergites grands et de même longueur, tous deux avec une carénule
externe, les derniers tergites, à partir du troisième, très courts et contractés.
Pattes robustes, pas d’éperons tibiaux.
Mâle : Trochanters postérieurs épineux, les sternites déprimés sur la
ligne médiane.
Source : MNHN, Paris
14
R. JEANNEL
Édéage (fig. 10) à capsule basale globuleuse, avec l’orifice basal large¬
ment ouvert du côté droit et une vaste fenêtre dorsale laissant voir le sac
interne, sans musculature. Deux apophyses encadrent l’orifice apical, la
droite grêle, la gauche plus robuste.
Espèce différant de celles de l’Indo-Malaisie par l’absence d’un sillon
médian sur le pronotum.
Kiushu : Yino, bassin supérieur de la rivière des Ours, un mâle
( E. Gallois, 1906). — Honshu : environ de Yokohama ( G. Lewis).
6. Gen. BATRISODES Reitter
Batrisodes Reitter, 1881, Verh. nat. Ver. Brünn, XX, p. 205 ; type :
Delaporlei Aubé. — Raffray, 1904, Ann. Soc. ent. Fr., LXXIII,
p. 80 ( sensu lalo).
Subgen. Batrisodinus Jeannel, 1950, Fne Fr., 53, Pselaph.,
p. 351 ; type : oculatus Aubé.
Subgen. Excavodes O. Park, 1951, Geol. Surv. Alabama,
Mus. Paper 31, p. 12 ; type : frontalis Leconte.
Subgen. Pubimodes O. Park, 1951,1. c., p. 12 ; type : nigricans
Leconte. — Syn. : Declivodes O. Park, 1951, 1. c., p. 13 ; type :
bistriatus Leconte.
Subgen. Babnormodes O. Park, 1951, 1. c., p. 12; type :
riparius Say.
Le genre Batrisodes Reitt. (type : Delaporlei Aubé) a été créé, pour
quelques espèces paléarctiques qui ont trois fossettes basales aux élytres,
les côtés du disque du pronotum longitudinalement sillonnés, enfin l’édéage
réduit à un simple cadre à peu près rectangulaire. Mais Raffray a réuni
sous ce nom de Batrisodes une multitude d’espèces de contrées diverses,
qui forment un ensemble extrêmement hétérogène qu’il a été nécessaire de
démembrer.
En 1957 (Bev. fr. d’Enl., XXIV, p. 10), j’ai isolé quelques genres africains
et orientaux. Dans le petit tableau que j’ai donné de ces genres, un caractère
essentiel a été oublié. Seul Batrisodes Reitt. a trois fossettes basales aux
élytres ; les quatre autres n’ont que deux fossettes et doivent passer dans la
Division IV.
O. Park (1951, Geol. Surv. Alabama, Muséum paper 31, p. 11), à propos
des Psélaphides cavernicoles nord-américains, avait lui aussi proposé quelques
genres nouveaux, tirés du grand genre Batrisodes de Raffray. Il importe
d’examiner ici cet essai, car on verra qu’il existe des rapports souvent très
étroits entre espèces du Japon et espèces de l’Est des États-Unis.
Deux de ces genres proposés par O. Park, n’ont aucune parenté directe
avec les véritables Batrisodes.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
15
Elylrodes a pour type une curieuse espèce, lonai Lee., dont la bosse
occipitale est extraordinairement saillante dans les deux sexes. Cette espèce
a trois fossettes basales aux élytres et se place dans la Division II. Les tibias
postérieurs n’ont pas d’éperons et l’édéage, à capsule basale close, présente
des styles bien développés mais immobiles, rappelant ceux du genre japonais
Basitrodes qui sera décrit plus loin.
Un autre genre, Balrisymmodes O. Parle (type : monslrosus Lee.)
renferme plusieurs espèces cavernicoles dans l’Amérique du Nord. Il existe
trois fossettes basales aux élytres ; les tibias postérieurs n’ont pas d’éperons.
Les espèces de ce genre ont des édéages munis de pièces articulées, semblables
à ceux des Balrisocenus et autres genres de la Division V. Mais la présence
de trois fossettes basales aux élytres et aussi la position des yeux sur les
côtés de la tête, loin de la base, montrent qu’il s’agit encore d’un genre de
la Division IL En tous cas le type d’édéage de ce genre présente une
curieuse convergence avec celui des Balrisocenus.
Quant aux autres genres nouveaux établis par O. Park, au nombre
de quatre ; ils ont les caractères essentiels du genre Balrisodes Reitt. et seront
conservés comme sous genres. On va voir que ces sous-genres créés pour des
espèces de l’Amérique du Nord doivent recevoir aussi de nombreuses espèces
du Japon.
Ainsi le genre Balrisodes Reitt. groupera des espèces européennes,
japonaises et nord-américaines, sans être représenté dans la région indo¬
malaise. Ses caractères fondamentaux sont les trois suivants : trois fossettes
basales aux élytres, côtés du pronotum sillonnés, édéage réduit à un simple
cadre à peu près quadrangulaire.
Tableau des espèces du Japon
1. Tibias postérieurs sans éperon distal. Caractères sexuels secondaires
localisés sur le front (Espèces paléarctiques). Subgen. Batrisodes, s. str.
— Tibias postérieurs avec un long éperon distal dirigé dans l’axe. 2.
2. Pas de caractères sexuels sur la massue antennaire. 3.
— Massue antennaire modifiée chez les mâles. 4.
3. Tubercules antennaires très hautement saillants, encadrant une
profonde dépression médiane lisse du front (Paléarctique).
. [Subgen. Batrisodinus Jeann.].
— Tubercules antennaires très peu saillants, le bord antérieur du front
formant un bourrelet transverse (Japon et Est américain).
. Subgen. Excavodes O. Park.
4. Antennes du mâle avec l’article 10 renflé et globuleux (Japon et Est
américain). Subgen. Pubimodes O Park (1)
(1) Un autre genre proposé par O. Park., Declivodes (type : bistrialus), n’est pas
séparable de Pubimodes O. Park.
Source : MNHN, Paris
16
t. JEANNEL
— Antennes du mâle avec les articles de la massue arqués, asymétriques
et denticulés (Est américain) (Type : riparius Say).
. [Subgen. Babnormodes O. Park.].
Subgen. Batrisodes, s. str.
1. Tête grosse, arrondie, à tubercules antennaires lisses, les antennes
épaisses. Pronotum subglobuleux à bosses latérales effacées. Femelle
anophtalme, le mâle inconnu. Long. 2 mm. 1. Coiîfaiti, n. sp.
Subgen. Excavodes O. Park.
1. Front densement ponctué sur toute sa surface.. 2.
— Front lisse en arrière, tout au plus ponctué sur le bourrelet antérieur. 5.
2. Front du mâle largement bombé, sans dépression du vertex ni sillons. 3.
— Front du mâle avec le vertex profondément déprimé en arrière du
bourrelet antérieur ; celui-ci avec une petite apophyse médiane
tronquée noire. 4.
3. Front du mâle plus hautement bombé (fig. 16), le scape du mâle très
petit. Long. 2 mm. 2. stipes Sharp.
— Front du mâle plus large et moins hautement bombé, le scape du
mâle long, avec une expansion lamelleuse triangulaire de son bord
antérieur (fig. 12). Long. 2 mm. 3. dorsalis, n. sp.
4. Tête large (fig. 17) ; pronotum transverse, à bosses latérales très
saillantes. Long. 2,2 mm. 4. rugicollis Sharp.
— Tête étroite et allongée ; pronotum aussi long que large, à bosses
latérales effacées. Long. 2,2 mm. 5. acutiîrons, n. sp.
5. Bourrelet antérieur du front entièrement lisse et très hautement
surélevé en avant d’une profonde dépression du vertex (fig. 15).
Pronotum allongé, étroit. Long. 3 mm. 6. caviceps Sharp.
— Bourrelet antérieur du front ponctué, peu élevé. 6.
6. Bord antérieur du front avec cinq fortes dents, la médiane prolongée
en avant par une apophyse terminée par une petite plaque arrondie
(fig. 14). Long. 2,4 mm. 7. ornatifrons Sharp.
— Bord antérieur du front simple. 7.
7. Bord antérieur du front avec une dépression lisse entre les tubercules
antennaires qui sont un peu saillants. Forme étroite, allongée. Long.
2 mm. 8. angustus Sharp.
— Bord antérieur du front en bourrelet ponctué continu, les tubercules
antennaires non saillants. Long. 1,5 mm. 9. Galloisi, n. sp.
Subgen. Pubimodes O. Park
8. Pronotum absolument lisse. Bandeau antérieur ponctué du front du
mâle avec une saillie pointue entre les antennes. Édéage plus court,
élargi en avant. Long. 2,2 mm. 10. Harmandi Raffr.
— Pronotum ponctué sur la ligne médiane. Bandeau antérieur du front
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
17
des mâles avec une saillie mousse entre les antennes. Plus étroit et
plus foncé. Édéage plus allongé, nullement élargi en avant. Long.
2 mm. 11. globulifer, n. sp.
Subgen. Batrisodes, s. str.
1. Batrisodes (s. str.) Coiffaiti, n. sp. ; type : Ino-cho Kawauchi (Mus. Paris).
Fig. 11. — Long. 2 mm. Femelle aptère et anophtalme. Testacé brunâtre
luisant, la pubescence longue et fournie. Aspect des femelles des Batrisodes
européens. Tête arrondie, lisse, les tubercules antennaires peu élevés, les
carénules latérales du front saillantes, les sillons frontaux peu profonds.
Pas d’yeux, leur place occupée par une petite épine ; tempes très convexes.
Massette palpaire fusiforme et acuminée. Antennes épaisses et courtes, les
articles du funicule subglobuleux, les 9 et 10 un peu plus gros et un peu
transverses, le 11 court. Pronotum moins long que large, bombé, avec un
sillon médian superficiel et des traces de carènes discales, les tubercules
assez saillants. Élytres courts, à épaules effacées mais carénées. Premier
tergite abdominal plus long que le deuxième, convexe, son bord externe
caréné sur toute la longueur, les carénules externes obliques, les carénules
basales espacées du cinquième de la largeur du disque. Pattes courtes et
robustes.
Mâle inconnu.
Il faudra, bien entendu, connaître le mâle de cette espèce pour avoir
la confirmation de sa position systématique ; en tous cas, tout les caractères
de la femelle concordent avec ceux des Batrisodes européens. On conçoit
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVIII. 2
Source : MNHN, Paris
18
R. JEANNEL
qu’il est d’un grand intérêt de trouver ainsi, au Japon, relégué dans le domaine
souterrain, un survivant d’une lignée devenue myrmérophile en Europe.
Shikuku. Préfecture Kochi : Ino-cho Kawauchi, une femelle en lavant
la terre (H. Coiffait, VIII-1957).
Subgen. Excavodes O. Park
2. Batrisodes (Excavodes) stipes Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London,
1874, p. 115 (Balrisus) ; type : Japon (Brit. Mus.). — 1883, 1. c.,
p. 314.
Fig. 16 et 18. — Long. 2 mm. Aptère. Rougeâtre luisant, la pubescence
longue et rare. Étroit, allongé, peu délié. Tête volumineuse, transverse,
plus large que le pronotum, uniformément et densement ponctuée, le front
hautement bombé et relativement étroit entre les antennes, sans dépression
du vertex ni sillons ; yeux bien plus courts que les tempes. Massette palpaire
grêle, fusiforme, non pédonculée. Antennes courtes et robustes, le scape
court, le pédicelle à peine plus gros que l’article 3, les articles 3 à 8 globuleux,
croissant peu à peu d’épaisseur, les 9 et 10 globuleux et un peu plus gros,
le 11 deux fois aussi long que le 10. Pronotum petit, à peine moins long que
large, ses bosses latérales peu saillantes, le disque hautement convexe, super¬
ficiellement ponctué, le sillon médian profond, les tubercules peu saillants.
Élytres aussi longs que larges, lisses, les épaules saillantes, trois fossettes
basales, la strie discale présente. Premier tergite abdominal deux fois aussi
long que le deuxième, son bord latéral caréné sur toute sa longueur, les
carénules externes obliques, les carénules basales distantes du tiers de la
largeur du tergite. Pattes grêles, les tibias postérieurs avec un long éperon.
Mâle : Fémurs antérieurs avec une dent obtuse au tiers distal du bord
inférieur. Femelle inconnue.
Édéage (fig. 18) en forme de cadre oblong, relativement grand, à côtés
parallèles. Sac interne recouvert par une membrane dorsale hyaline et
reposant dans sa partie distale sur une sorte de petit cadre chitineux.
Japon : deux mâles, sans précision de provenance ( G. Lewis).
3. Batrisodes (Excavodes) dorsalis, n. sp. ; type : mont Takao (Mus. Paris).
Fig. 12 et 13. — Long. 2 mm. Aptère. Rougeâtre foncé luisant, les palpes
et les pattes clairs, la pubescence longue et rare. Peu élancé, comme le
précédent. Tête subcarrée, uniformément et densement ponctuée, la carène
latérale du front saillante ; yeux saillants, plus courts que les tempes qui
sont effacées. Massette palpaire fusiforme, grêle. Antennes courtes et robustes
comme chez le précédent. Pronotum presque aussi long que large, à bosses
latérales un peu saillantes et côtés sinués en arrière, le disque bombé, dense¬
ment ponctué entre les sillons latéraux, tout à fait lisse en dehors, le sillon
médian peu marqué, les tubercules peu saillants. Élytres plus longs que
larges, bombés et lisses, les épaules peu saillantes ; trois fossettes basales,
pas de strie discale. Premier tergite abdominal deux fois aussi long que le
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
19
deuxième, ses côtés carénés sur toute leur longueur ; carénules basales très
rapprochées, distantes du cinquième de la largeur du tergite, encadrant
une petite fossette. Pattes peu longues, l’éperon des tibias postérieurs
relativement court.
Fig. 12 et 13. Gen. Batrisodes Reitt. — Fig. 12. B. (Excavodes) dorsalis, n. sp., mâle, du
mont Takao, x 24. — Fig. 13. Édéage, X 120.
Mâle : Scape antennaire grand, renflé avec l’angle distal interne très
saillant. Cette dilatation du scape est différente de celle des Pelaloscapus
dont il sera question plus loin. Tête transverse, le front uni, sans dépression
médiane, sans saillie des tubercules antennaires, le bord antérieur sur¬
plombant hautement l’épistome qui est simple, largement arrondi.
Femelle : Scape antennaire court, simple. Tête non transverse, avec
une dépression en U renversé produite par les sillons frontaux, le bord
antérieur du front saillant, l’épistome avec une dent médiane carrée noirâtre
et ses lobes latéraux saillants mais arrondis.
Édéage (fîg. 13) en forme de cadre rectangulaire, de moitié plus long
que large, à côtés parallèles et bord distal non infléchi, présentant une
petite apophyse médiane tronquée.
Honshu. Préfecture Hachiôji : mont Takao, un mâle et 6 femelles
( E. Gallois, X-1911).
Source : MNHN, Paris
20
R. JEANNEL
4. Batrisodes (Excavodes) rugicollis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London,
1883, p. 313 (Balrisus) ; type : Oyama (Brit. Mus.).
Fig. 17 et 20. — Long. 2,2 mm. Aptère. Rougeâtre luisant, la pubescence
longue et bien fournie. Allongé, peu délié. Tête subcarrée assez densement
ponctuée, sa partie antérieure soulevée en gros bourrelet en avant d’une
dépression du vertex. Yeux saillants, plus courts que les tempes qui sont
anguleuses. Massette palpaire allongée, fusiforme. Antennes courtes et
robustes, comme chez stipes. Pronotum transverse, à bosses latérales très
saillantes et côtés profondément sinués en arrière ; disque ponctué entre les
sillons latéraux, lisse en dehors, le sillon médian peu visible, les tubercules
peu saillants. Élytres allongés, convexes, très vaguement ponctués ; trois
fossettes basales, la strie discale obsolète. Premier tergite abdominal très
long, plus de deux fois aussi long que le deuxième, ses côtés carénés sur toute
la longueur, le disque très convexe, les carénules externes très obliques, les
carénules basales distantes du cinquième de la largeur du tergite. Pattes
grêles, les tibias postérieurs avec un long éperon.
Fig. 14 à 17. Gen. Balrisodes, Reitt., avant-corps de mâles, x 24. — Fig. 14. B. (Excavodes)
ornatifrons Sharp, de Chûzenji. — Fig. 15. B. (Excavodes) caviceps Sharp, de Yuyama.
— Fig. 16. B. (Excavodes) stipes Sharp, du Japon. — Fig. 17. B. (Excavodes) rugicollis
Sharp, de Oyama.
Mâle : Élytres plus longs, à épaules plus saillantes. Bord antérieur du
front avec une apophyse médiane noire, à sommet tronqué, surplombant
l’épistome dont les deux parties latérales font saillie en forme de crochets
recourbés en dedans.
Édéage (fig. 20) en forme de cadre long et étroit, relativement petit,
à bord distal fortement infléchi.
Honshu : Oyama (G. Lewis); Miyanoshita, région de Yokohama,
mâles et femelles ( G. Lewis).
5. Batrisodes (Excavodes) acntifrons, n. sp. ; type : Kumanotaïra (Mus.
Paris).
Fig. 24. — Long. 2,2 mm. Aptère. Rougeâtre luisant, la pubescence
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
21
longue et peu dense. Grêle et élancé. Tête étroite, allongée assez densement
ponctuée, de même structure que chez rutjosifrons mais bien plus étroite ;
même dépression du vertex, la carénule latérale du front bien saillante,
les bourrelets latéraux avec une dent externe. Yeux saillants, plus courts
que les tempes qui sont arrondies. Massette palpaire fusiforme et grêle.
Antennes courtes et robustes semblables à celles du slipes, le scape court
et simple chez le mâle. Pronotum subglobuleux, presque aussi long que
large, sa plus grande largeur au milieu, les bosses latérales peu saillantes,
les côtés à peine sinués en arrière ; disque éparsement ponctué, à sillon médian
peu profond, carénules latérales fines et tubercules peu saillants. Elytres plus
longs que larges, lisses, très convexes, à épaules accusées et dentées, trois
Fig. 18 et 19. Gen. Balrisodes Reitt., édéages, x 160. — Fig. 18. B. (Excavodes) slipes
Sharp, du Japon. — Fig. 19. B. (Excavodes) caviceps Sharp, de Yuyama.
fossettes basales, pas de strie discale. Premier tergite abdominal bien plus
long que le deuxième, ses côtés parallèles, carénés sur presque toute la
longueur ; disque du tergite hautement bombé, les carénules basales distantes
du cinquième de la largeur du tergite. Pattes grêles, les tibias postérieurs
avec un long éperon.
Mâle : Front plus fortement ponctué, son bord antérieur en forme de
bourrelet saillant, avec une apophyse médiane grêle et lancéolée ; épistome
avec deux lobes latéraux anguleux.
Femelle : Front moins fortement ponctué, à bord antérieur déprimé
entre les tubercules antennaires, l’épistome simple.
Édéage (fig. 24) en forme de cadre très allongé, presque deux fois aussi
long que large, son bord distal transverse, un peu infléchi.
Honshu : Préfecture Karuïzawa : Kumanataïra, 2 mâles et une femelle
( E. Gallois, v. 1910).
Source : MNHN, Paris
22
R. JEANNEL
6. Batrisodes (Excavodes) caviceps Sharp. 1883, Trans. ent. Soc. London,
1883, p. 308 (Balrisus) ; type : Yuyama (Brit. Mus.).
Fig. 15 et 19. — Long. 3 mm. Peut-être ailé. Testacé rougeâtre peu
luisant, la pubescence courte et dense, régulière. Très élancé, à membres
robustes mais très longs. Avant-corps lisse. Tête allongée, sa partie antérieure
formant un bourrelet transverse très hautement saillant en avant d’une vaste
dépression du vertex, les tubercules antennaires sans trace de ponctuation.
Yeux peu saillants mais très grands quoique plus courts que les tempes,
longues et peu convexes. Massette palpaire fusiforme, longue. Antennes
robustes mais assez longues, le scape un peu allongé, le pédicelle court, les
articles 3 à 8 un peu plus longs que larges, les 9 et 10 coniques, le 11 de
moitié plus long que le 10. Pronotum aussi long que large, à bosses latérales
effacées et côtés légèrement sinués en arrière, presque parallèles avant la
base ; disque très bombé, le sillon médian fin, les carénules et les tubercules
à peine visibles, la fovéole basale peu profonde. Élytres plus longs que larges,
renflés finement et densement ponctués, les épaules saillantes, trois fossettes
basales. Premier tergite abdominal moins de deux fois aussi long que le
deuxième, son bord latéral caréné sur toute la longueur, les carénules externes
obliques, les carénules basales espacées à peine du cinquième de la largeur
du tergite. Pattes robustes, très longues, les éperons des tibias postérieurs
très petits.
Fig. 20 à 22. Gen. Balrisodes Reitt., édéages, x 160. — Fig. 20. B. (Excavodes) rugicollis
Sharp, de Oyama. — Fig. 21. B. (Excavodes) angustus Sharp, du Japon. — Fig. 22.
B. (Excavodes) ornalifrons Sharp, de Chûzenji.
Femelle inconnue.
Édéage (fig. 19) en forme de cadre grand et arrondi, large, son bord
distal transverse et infléchi.
Cette espèce ressemble étonnamment au B. fronlalis Lee., du
Massachusset, type du sous-genre Excavodes O. Parle).
Kiushu : Yuyama, un mâle ( G. Lewis).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
23
7. Batrisodes (Excavodes) ornatifrons Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London,
1883, p. 313 (Balrisus) ; type. Chûzenji (Brit. Mus.).
Fig. 14 et 22. — Long. 2,5 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubescence
longue et assez dense. Tête du mâle arrondie, lisse, à vertex excavé et
bourrelet antérieur du front peu saillant, avec son bord tranchant et multi-
denté : deux dents latérales de chaque côté, une dent médiane pointue, sa
pointe portant une sorte de petit disque muni de deux cornes recourbées ;
yeux peu saillants plus courts que les tempes, les carénules latérales du front
saillantes. Massette palpaire fusiforme, grêle et acuminée. Antennes courtes et
robustes, semblables à celles du slipes. Pronotum aussi long que large,
à base très rétrécie, les bosses latérales un peu saillantes, les côtés à peine
sinués ; disque bombé, fortement ponctué, le sillon médian fin et lisse, les
carénules fines, les tubercules remplacés par un denticule des carénules ;
un autre denticule sur le bord marginal des côtés du pronotum. Élytres
convexes, vaguement ponctués, les épaules saillantes, trois fossettes basales,
la strie discale présente, premier tergite abdominal moins de deux fois aussi
long que le deuxième, ses côtés carénés sur toute la longueur, les carénules
externes obliques, les carénules basales espacées du cinquième de la largeur
du tergite. Pattes grêles, les tibias postérieurs avec un long éperon.
Femelle inconnue.
Édéage (fig. 22) en forme de cadre peu allongé, à côtés arqués et bord
distal rétréci et infléchi.
Honshu : Préfecture Tokyo : Chûzenji, un mâle (type) ( G. Lewis).
8. Batrisodes (Excavodes) angustus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London,
1874, p. 118 C Balrisus) ; type : Japon (Brit. Mus.). —1883,1. c., p. 305.
Fig. 21. — Long. 2 mm. Peut-être ailé. Rougeâtre luisant, la pubescence
longue et assez dense. Étroit et allongé, l’arrière corps-subparallèle. Tête
Fig. 23 à 25. Gen. Batrisodes Reitt., édéages. — Fig. 23. B. (Excavodes) Galloisi, n. sp.,
de Chûzenji, x 240. — Fig. 24. B. (Excavodes) acuti/rons, n. sp., de Ramanataïra,
X 160. — Fig. 25. B. (Pubimodes) globulifer, n. sp., du mont Takao, x 160.
Source : MNHN, Paris
24
R. JEANNEL
volumineuse, la partie antérieure du front surélevée un peu comme chez
cariceps mais bien moins hautement, avec une dépression médiane lisse entre
les tubercules antennaires un peu saillants et ponctués. Yeux plus courts
que les tempes qui sont convexes. Massette palpaire petite, fusiforme et
acuminée. Antennes relativement grêles, le scape court, le pédicelle petit,
les articles 3 à 7 un peu plus longs que larges, le 8 aussi long que large,
les 9 et 10 globuleux et un peu plus gros, le 11 grand, délié et acuminé, plus
de deux fois aussi long que le 10. Pronotum étroit, un peu plus long que large,
à base peu étroite, les bosses latérales effacées ; disque à ponctuation très
superficielle, le sillon médian peu profond, les tubercules saillants. Élytres
allongés, nettement ponctués, les épaules peu saillantes ; trois fossettes basa¬
les, pas de strie discale. Premier tergite abdominal deux fois aussi long
que le deuxième, son bord caréné sur toute la longueur, les carénules externes
obliques, les carénules basales espacées du cinquième de la largeur du tergite.
Pattes courtes et robustes, les tibias postérieurs avec un long éperon.
Femelle inconnue.
Mâle. Épistome muni d’une petite saillie médiane transverse, à bord
arrondi.
Édéage (fig. 21) en forme de cadre large et court, élargi dans sa partie
distale, les côtés non arqués, le bord distal large et infléchi.
Honshu : Kiga, aux environs de Yokohama, un mâle (G. Lewis, 1880).
9. Batrisodes (Excavodes) Galloisi, n. sp. ; type : Chûzenji (Mus. Paris).
Fig. 23. — Long. 1,5 mm. Sans doute aptère. Testacé rougeâtre, la
pubescence courte mais dense. Tête assez grande, un peu transverse, le front
lisse et convexe en arrière des sillons frontaux unis en large courbe en arrière
d’un bourrelet antérieur plat et ponctué ; carénule latérale du front saillante.
Épistome simple. Yeux assez grands, saillants, plus courts que les tempes qui
sont arrondies. Massette palpaire courte, fusiforme. Antennes courtes et
robustes, le scape court et simple, les articles 3 à 8 pas plus longs que larges,
le 9 plus petit que le 8, le 10 par contre assez gros quoique bien moins épais
que le 11, celui-ci ovoïde et acuminé. Pronotum lisse, aussi long que large,
cordiforme, les bosses latérales arrondies, la base très étroite, les côtés
profondément sinués en arrière ; disque convexe entre les sillons latéraux, le
sillon médian très superficiel, les tubercules peu saillants. Élytres à peine
plus longs que larges, aplanis, à ponctuations très superficielle, les épaules
peu saillantes, trois fossettes basales, pas de strie discale. Premier tergite
abdominal relativement court, ses côtés carénés sur presque toute la longueur,
le bord basal avec deux profondes fossettes entre lesquelles les carénules
basales ne sont distantes l’une de l’autre que du cinquième de la largeur du
tergite. Pattes grêles, les tibias postérieurs avec un long éperon.
Pas de caractères sexuels apparents chez le mâle.
Femelle inconnue.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
25
Édéage (fig. 23) en forme de cadre court, à côtés parallèles dans la
moitié basale, brusquement rétréci dans la partie distale puis un peu évasé
au bord distal qui est très infléchi.
Curieuse espèce, remarquable par sa petite taille et l’absence de carac¬
tères sexuels.
Honshu. Préfecture Tokyo : Chûzenji, à Senjuga, un mâle [E. Gallois,
VIII-1911).
Subgen. Pubimodes O. Park
10. Batrisodes (Pubimodes) Harmandi Raffray, 1904, Ann. Soc. ent. Fr.,
LXXIII, p. 34, fig. 23 ; type : Japon central (Mus. Paris). —
epistomalis Raffray, 1914,1. c., p. 35, fig. 25 ; type : Japon central
(Mus. Paris).
Long. 2,2 mm. Aptère. Testacé rougeâtre luisant, la pubescence assez
longue mais rare. Peu élancé. Tête aussi longue que large, la partie antérieure
du front formant un bandeau en avant d’une dépression en U renversé
entourant le vertex bombé et lisse. Yeux saillants, plus courts que les tempes.
Massette palpaire grêle, fusiforme. Antennes épaisses, le scape court et simple
dans les deux sexes. Pronotum presque aussi long que large, lisse, les bosses
latérales très saillantes, les côtés longuement sinués ; sillon médian, carénules
et tubercules du disque présents. Élytres à peine plus longs que larges,
lisses, les épaules saillantes ; trois fossettes basales, la strie discale obsolète.
Premier tergite long et atténué en arrière, ses côtés carénés sur toute la
longueur, les carénules externes obliques, les carénules basales espacées du
cinquième de la largeur du disque. Pattes assez longues, les tibias postérieurs
avec un éperon peu développé, très fin.
Mâle. Saillie médiane du front pointue entre les antennes. Antennes
plus épaisses, à article 10 très renflé, globuleux et très asymétrique, plus
épais que l’article 11 ; article 9 petit mais denté en dessous.
Femelle (epistomalis-Rafîr.). Bord antérieur du front sans saillie au-dessus
de l’épistome. Antennes simples. Épistome à bord arqué mais denté au
milieu et sur les côtés.
Édéage semblable à celui du globulifer (fig. 25) mais plus court et surtout
élargi en avant, la moitié antérieure plus large que la postérieure.
Cette espèce et la suivante se placent dans le sous-genre Pubimodes
(type : nigricans Lee.) représenté dans l’Est de l’Amérique du Nord par de
nombreuses espèces ayant les mêmes caractères antennaires et le même type
d'édéage.
Honshu : Environs de Tokyo, un mâle et plusieurs femelles
(J. Harmand, 1900).
11. Batrisodes (Pubimodes) globulifer, n. sp. ; type : mont Takao (Mus.
Paris).
Fig. 25. — Long. 2 mm. Très voisin de l 'Harmandi, dont il diffère par
Source : MNHN, Paris
26
R. JEANNEL
sa taille plus petite, sa coloration brunâtre plus foncée, sa forme moins large
de l’arrière-corps. Tête semblable. Pronotum à bosses latérales aussi
saillantes, le disque ponctué sur le milieu, le long du sillon médian. Élytres et
abdomen semblables.
Mâle. Bandeau ponctué du front formant une saillie mousse entre les
antennes. Celles-ci avec l’article 10 renflé, globuleux, moins asymétrique
que chez Harmandi, l’article 9 petit et denté.
Femelle avec la même structure de l’épistome.
Édéage (fig. 25) en cadre allongé, de moitié plus long que large, ses côtés
parallèles ; bord distal très infléchi.
Honshu. Préfecture Hachiôji : mont Takao, mâle et femelle (E. Gallois,
v. 1911). Préfecture Tokyo : Chûzenji, une femelle (E. Gallois, VII-1910). —
Kiushu : bassin supérieur de la Sangaïdawa, un mâle (E. Gallois, 1906).
7. Gen. BASITRODES, nov.
Type : Balrisus vestitus Sharp.
Genre de la Division II, présentant trois fossettes basales aux élytres
et un sillon longitudinal sur les côtés du disque du pronotum. Il diffère de
Balrisodes et des autres genres voisins par la structure de l’édéage qui n’est
pas atrophié et comporte une capsule basale close dorsalement et des styles
bien développés mais asymétriques, très dissemblables et généralement
sétifères.
Les tibias postérieurs sont armés d’un long éperon dirigé dans l’axe du
tibia.
Le genre paraît spécial au Japon.
Tableau des espèces
1. Scape avec ses deux angles distaux spiniformes dans les deux sexes,
renflé plus ou moins chez les mâles (Groupe du vestitus) . 2.
— Scape petit, court, sans épines distales dans les deux sexes. (Groupe
du palpalis) . 4.
Groupe du veslilus
2. Scape antennaire peu renflé mais épineux, sa surface finement
ponctuée. Tibias antérieurs du mâle avec une dent au milieu du bord
inférieur. Grande taille, la pubescence dense. Long. 3 mm.
. 1. vestitus Sharp.
— Scape antennaire à surface lisse. Tibias antérieurs des mâles non
dentés. Plus petits, la pubescence longue mais peu dense. 3.
3. Tubercules antennaires très saillants ; pronotum subglobuleux,
non transverse. Scape du mâle très renflé, en forme d’urne. Long.
2,1 mm. 2. oscillator Sharp.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
27
_Tubercules antennaires peu saillants ; pronotum très transverse
Scape du mâle peu renflé, son angle distal interne un peu lobé.
Long. 2,1 mm. 3. laticollis, n. sp.
Groupe du palpalis
4. Grande taille. Massette palpaire longue et pédonculée à la base.
Carénules basales du premier tergite espacées du quart de la largeur
du tergite. 5.
— Plus petits. Massette palpaire grêle mais non pédonculée. Carénules
basales du premier tergite espacées seulement du cinquième de la
largeur du tergite. 6.
5. Pronotum aussi long que large, sa partie basale rétrécie courte,
formant à peine le sixième de la longueur du pronotum. Long.
3,4 mm. 4. palpalis Sharp.
— Pronotum plus long que large, sa partie basale rétrécie longue, for¬
mant le quart de la longueur du pronotum. Coloration foncée.
Long. 3 mm. 5. longulus, n. sp.
6. Pronotum plus long que large, lisse, sans carénules, les élytres par
contre densement ponctués. Forme grêle. Long. 2 mm.
. 6. punctipennis Sharp.
— Pronotum plus ou moins transverse. 7.
7. Élytres lisses. Pronotum lisse mais avec des carénules bien saillantes.
Mâle inconnu. Long. 2 mm. 7. vulgaris Raffr.
— Élytres densement ponctués. Pronotum vaguement ponctué. 8.
8. Tête aussi longue que large. Pronotum peu transverse, très convexe,
à bosses latérales peu saillantes et côtés non sinués. Mâle inconnu.
Long. 2,6 mm. 8. acuminatus Sharp.
— Tête courte, transverse. Pronotum très transverse, à bosses latérales
très saillantes et côtés sinués en arrière. Mâle sans caractères sexuels.
Long. 2 mm. 9. cristatus, n. sp.
Groupe du veslilus
1. Basitrodes vestitus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883,
p. 307 (Batrisus) ; type : Chûzenji (Brit. Mus.).
Fig. 26 et 27. — Long. 3,2 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubescence
peu longue et dense. Très robuste. Tête arrondie, lisse sauf le haut des tuber¬
cules antennaires qui sont très saillants, séparés par une profonde dépression
lisse. Massette palpaire petite, grêle, non pédonculée. Antennes épaisses,
le scape ponctué, ses angles distaux pointus dans les deux sexes. Pronotum
aussi long que large, très bombé, globuleux et lisse, les côtés sinués en
arrière, la partie basale rétrécie et subparallèle, formant environ le quart de
la longueur du pronotum. Élytres très bombés, lisses, un peu plus longs que
larges, les épaules arrondies ; trois fossettes basales, pas de strie discale
Premier tergite abdominal de moitié plus long que le deuxième, ses côtés
Source : MNHN, Paris
R. JEANNEL
carénés sur toute la longueur, les carénules basales espacées du cinquième
de la largeur du tergite. Pattes longues et robustes, l’éperon des tibias
postérieurs assez court.
Mâle : Tubercules antennaires plus gros, plus hauts, l’épistome avec une
saillie médiane quadrangulaire. Yeux bien développés quoique petits. Tibias
antérieurs avec une dent au milieu du bord ventral.
Femelle : Tubercules antennaires plus petits, l’épistome inerme. Yeux
atrophiés, très petits, recouvrant une épine noirâtre saillante en dehors.
Tibias inermes.
Édéage (fig. 27) à capsule basale quadrangulaire, guère plus longue
que large, l’orifice apical très large. Styles très écartés, parallèles, le gauche
plus large et bifide. Dorsalement le bord de la capsule se prolonge par une pla¬
que bilobée au milieu de laquelle se trouve une soie. Pas de soies sur les styles.
Honshu. Préfecture Tokyo : Chûzenji, un mâle (type) ( G. Lewis),
mâle et femelle ( E. Gallois, VII-1910).
2. Basitrodes oscillator Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 309
(Batrisus) ; type : Mikuni togé (Brit. Mus.).
Long. 2,1 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubescence peu longue
et dense. Aspect du vestitus mais plus petit, avec le scape renflé chez le
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
29
mâle. Tubercules antennaires aussi hauts, à peine ponctués ; massette
palpaire semblable. Pronotum comme chez oeslilus, rétréci à la base sur le
quart de sa longueur, le disque très bombé ; sans carénules, le sillon médian
très superficiel. Élytres et abdomen semblables. Éperon des tibias postérieurs
aussi petits.
Mâle : Bien différent du mâle de veslitus par le renflement du scape
antennaire, en forme d’urne et absolument lisse. Tibias antérieurs sans dent
au milieu de la face inférieure qui est seulement un peu renflée.
Femelle inconnue.
Édéage semblable à celui du veslitus sauf que le style droit est plus effilé
en pointe au sommet.
Honshu. Mikuni togé, deux exemplaires pris avec une grande fourmi
brune (G. Lewis). Préfecture Karuïzawa : Kumanotaïra, un mâle
( E. Gallois, v. 1908).
3. Basitrodes laticollis, n. sp. ; type : Kiushu (Mus. Paris).
Fig. 31. — Long. 2,1 mm. Ailé. Testacé rougeâtre luisant, la pubescence
courte et éparse. Peu convexe, large. Tête médiocre, lisse, à tubercules
antennaires peu saillants, l’épistome court et transverse. Yeux saillants,
plus courts que les tempes. Massette palpaire courte, fusiforme et grêle,
acuminée. Antennes relativement grêles à articles du funicule ovalaires et
9 et 10 globuleux, le 11 bien plus large que le 10. Pronotum très transverse
et peu convexe, lisse, les bosses latérales très saillantes ; disque à carénules
et tubercules assez saillants. Élytres amples et longs, nettement et peu dense-
ment ponctués, les épaules saillantes, trois fossettes basales, pas de strie
discale. Premier tergite abdominal deux fois plus long que le deuxième,
ses côtés carénés sur toute la longueur, les carénules basales distantes du
tiers de la largeur du tergite, le milieu du disque bossu. Pattes peu longues,
l’éperon des tibias postérieurs très grands.
Mâle : Scape antennaire allongé et large, avec l’angle distal interne
lobé. Épistome transversalement tronqué, à angles latéraux vifs. Tibias
antérieurs inermes.
Femelle inconnue.
Édéage (fig. 31) à capsule basale courte, irrégulière, grossièrement cubi¬
que, avec deux grands styles, épais, parallèles, semblant sortir de la capsule
et plus longs qu’elle. Le droit porte une soie et se termine par une palette ;
le gauche, peut-être creux, n’a pas de soie et se termine par plusieurs pointes
encadrant une profonde échancrure.
Kiushu : un mâle dans la collection Raffray.
Groupe du palpalis
4. Basitrodes palpalis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 306
(Balrisus) ; type : Mayebashi (Brit. Mus.).
Long. 3,4 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubescence courte et dense.
Source : MNHN, Paris
30
R. JEANNEL
Allongé et délié, les pattes longues et robustes. Tête médiocre, un peu plus
longue que large, lisse sauf sur les tubercules antennaires qui sont peu
saillants, séparés par une dépression lisse ; carénules frontales très saillantes.
Épistome simple. Yeux petits et saillants, à peine longs comme le tiers des
tempes qui sont longues et effacées. Massette palpaire très longue, grêle,
peu acuminée mais pédonculée à la base. Antennes courtes et épaisses, le
scape court, simple. Pronotum bombé, aussi long que large, à bosses latérales
arrondies, peu saillantes et côtés profondément sinués en arrière, la base
rétrécie du pronotum forme le sixième de sa longueur. Élytres étroits, très
convexes, très finement ponctués, les épaules arrondies ; trois fossettes
basales, pas de strie discale. Premier tergite abdominal près de trois fois
aussi long que le deuxième, ses côtés carénés sur toute la longueur, les
carénules basales espacées du quart de la largeur du tergite. Éperons des
tibias postérieurs très longs.
Mâle sans caractères sexuels. Édéage non examiné.
Femelle inconnue.
Honshu : Mayebashi, env. de Nikko, un mâle (type) (G. Lewis, VIII-
1881).
5. Basitrodes longulus, n. sp. ; type : mont Kinkazan (Mus. Paris).
Fig. 28 et 29. — Long. 3 mm. Aptère. Très voisin du palpalis, mais
Fig. 28 et 29. Gen. Basitrodes, nov. —Fig. 28, B. longulus, n. sp., mâle, du mont Kinkazan,
X 24. — Fig. 29, Édéage, face dorsale, x 100.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
31
plus petit. Coloration foncée, rougeâtre luisant, la pubescence plus longue
et moins régulière. Tête semblable. Pronotum nettement plus long que large,
la partie basale rétrécie plus longue, formant le quart de la longueur du
pronotum. Élytres plus courts, plus étroits aux épaules, plus nettement
ponctués. Premier tergite abdominal relativement plus court, avec le même
écartement des carénules basales.
Édéage (fig. 29) allongé, tubuleux et incurvé, avec l’orifice apical
dépassé par une lame dorsale très longue et tronquée au sommet. Style
droit robuste, incurvé, terminé par une palette, muni de trois soies, l’une
sur le bord interne, les autres à la base de la palette ; style gauche lamelleux
et pointu.
Espèce très isolée par la structure de l’édéage qui doit d’ailleurs être
la même chez le palpalis.
Honshu. Préfecture Gifu : mont Kinkazan, mâle et femelle (E. Gallois,
IV-1910).
6. Basitrodes punctipennis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883,
p. 305 (Batrisus) ; type : Hakone (Brit. Mus.).
Long. 2 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubescence courte et rare,
régulière. Grêle et délié. Tête plus longue que large, lisse sauf sur les tuber¬
cules antennaires qui sont petits, séparés par une large dépression lisse ;
l’épistome simple. Yeux petits et saillants, comme chez palpalis. Carénules
frontales très saillantes. Massette palpaire grêle, allongée, non pédonculée.
Antennes robustes, peu longues, le scape très petit, les articles 2 à 7 un peu
plus longs que larges, le 8 globuleux, les 9 et 10 un peu plus épais que le 8
mais globuleux comme lui, le 11 deux fois aussi long que le 10, guère plus
épais. Pronotum plus long que large, lisse, les bosses latérales effacées, les
côtés sans sinuosité en arrière, se rétrécissant peu à peu jusqu’à la base ;
disque convexe, lisse, sans carénules, le sillon médian superficiel, les tuber¬
cules peu saillants. Élytres longs, peu bombés, assez densement et régulière¬
ment ponctués, les épaules effacées mais dentées ; trois fossettes basales,
pas de strie discale. Premier tergite abdominal deux fois aussi long que le
deuxième, ses côtés carénés sur toute la longueur, les carénules basales
distantes du cinquième de la largeur du tergite. Pattes robustes, les éperons
des tibias postérieurs très longs.
Mâle inconnu.
Honshu. Hakone, env. de Yokohama, une femelle (type) ( G. Lewis) ;
aussi à Miyanoshita, d’après D. Sharp.
7. Basitrodes vulgaris Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr., LXXVIII, p. 24 ;
type : Kyoto (Mus. Paris).
Long. 2 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubescence assez longue et
rare. Robuste, Tête grande, aussi longue que large, ponctuée sur les tubercules
antennaires, larges et peu saillants, lisse sur le reste du front ; carénules
Source : MNHN, Paris
32
R. JEANNEL
frontales saillantes ; yeux assez grands, aussi longs que la moitié des tempes.
Massette palpaire courte, renflée. Antennes courtes et épaisses, le scape
petit, les articles 4 à 8 aussi longs que larges, la massue peu tranchée,
l’article 11 plus épais et plus long que le 10. Pronotum transverse, les bosses
latérales saillantes, les côtés sans sinuosité postérieure, la plus grande
largeur à peu près au milieu. Disque peu convexe, lisse, avec les carénules
très saillantes. Élytres peu convexes, lisses, à épaules saillantes ; trois
fossettes basales, la strie discale présente mais écourtée. Premier tergite
abdominal plus de trois fois aussi long que le deuxième, atténué en arrière,
ses côtés carénés sur toute la longueur, les carénules basales espacées du
cinquième de la largeur du tergite. Pattes peu longues, grêles, les éperons
des tibias postérieurs longs.
Espèce placée dans ce genre avec réserve. Il se pourrait qu’elle soit en
réalité un Balrisod.es.
Mâle inconnu.
Honshu : Kyoto, une femelle (coll. Raffray).
8. Basitrodes acuminatus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883,
p. 307 (Balrisus) ; type : Nagasaki (Brit. Mus.).
Long. 2,6 mm. Aptère. Rougeâtre luisant, la pubescence longue et
régulière. Allongé, robuste. Tête aussi longue que large, ponctuée sauf
dans la dépression séparant les tubercules antennaires et dans les larges
fossettes ocellaires ; carénules frontales très saillantes ; yeux petits, recou¬
vrant une épine noire saillante en dehors, les tempes très effacées. Massette
palpaire très acuminée mais non pédonculée. Antennes courtes et épaisses,
le scape très petit, les articles 2 à 6 un peu plus longs que larges, 7 et 8 aussi
longs que larges, 9 et 10 un peu transverses, 11 deux fois aussi long que le 10
mais guère plus large. Pronotum un peu moins long que large, les bosses
latérales peu saillantes, les côtés à peine sinués en arrière, la base large ;
disque convexe, éparsement ponctué, les carénules obsolètes, mais les
tubercules saillants ; sillon médian superficiel. Élytres bombés, plus dense-
ment ponctués que le pronotum, les épaules saillantes et dentées, trois
fossettes basales, la strie discale à peine visible. Premier tergite abdominal
deux fois aussi long que le deuxième, atténué en arrière, ses côtés fortement
carénés sur toute la longueur, les carénules basales distantes du cinquième
de la largeur du tergite. Pattes longues et robustes, les éperons des tibias
postérieurs très longs.
Mâle inconnu.
Kiushu : Nagasaki, une femelle (type) (G. Lewis, 11-1881).
9. Basitrodes cristatus, n. sp. ; type : Chûzenji (Mus. Paris).
Fig. 30. — Long. 2 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubescence peu
longue et régulière. Allongé, robuste. Tête courte, un peu transverse, les
tubercules antennaires larges, peu saillants, ponctués, le reste du front lisse,
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
33
convexe en arrière des sillons frontaux qui s’unissent en avant sur le milieu
du bord antérieur du front. Épistome simple. Yeux saillants, assez grands.
Massette palpaire fusiforme, assez renflée et acuminée. Antennes épaisses,
le scape très petit, les articles moyens à peine plus longs que larges, le
9 globuleux, le 10 un peu transverse, le 11 pas plus large que le 10. Pronotum
transverse, à bosses latérales saillantes et côtés sinués en arrière ; disque peu
convexe, vaguement ponctué, avec le sillon médian profond et les carénules
très saillantes. Élytres courts et larges, amples et convexes, fortement
ponctués, trois fossettes basales, la strie discale présente mais écourtée.
Premier tergite abdominal deux fois aussi long que le deuxième, non atténué
en arrière, ses côtés carénés sur toute la longueur, les carénules basales
distantes du cinquième de la largeur du tergite. Pattes courtes, robustes,
l’éperon des tibias postérieurs très long.
Fig. 30 et 31. Gen. Basilrodes, nov., édéages, x 100. — Fig. 30. B. crislalus, n. sp., de
Chûzenji. — Fig. 31. B. laticollis, n. sp., de Kiushu.
Mâle : Article 10 des antennes asymétriques, son bord ventral saillant.
Édéage (fig. 30) assez différent de celui des autres espèces, la capsule
basale hyaline ; l’orifice apical large présente une saillie lamelleuse arrondie
à la place du style droit. Style gauche long, atténué puis terminé par une
palette trilobée ; une soie sur le bord interne du style. Sac interne avec une
grosse pièce épaisse et courte dans l’orifice apical et une autre grêle, dans
la partie basale.
Honshu. Préfecture Tokyo : bords du lac de Chûzenji, un mâle
{E. Gallois, VIII-1911).
8. Gen. PETALOSCAPUS, nov.
Type : Balrius ornalus Sharp.
Genre de la Division II, c’est-à-dire à trois fossettes basales aux élytres
et à côtés du pronotum présentant des sillons latéraux.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVIII. 3
Source : MNHN, Paris
34
t. JEANNEL
Espèces de taille moyenne, à antennes épaisses, les tempes hérissées
de soies. Tête à front lisse et tubercules antennaires ponctués, les carénules
latérales du front saillantes. Palpes maxillaires à massette fusiforme, non
pédonculée, atténuée en pointe au sommet. Pronotum sans denticule saillant
sur les bosses latérales, le disque sillonné sur la ligne médiane, avec deux
fines carénules de chaque côté et quatre tubercules encadrant la fovéole
basale. Élytres presque lisses, sans strie discale, avec trois fossettes basales.
Premier tergite abdominal bien plus long que le deuxième, son bord mar¬
ginal finement caréné au moins dans sa moitié antérieure ; deux carénules
basales distantes à peu près du tiers de la largeur du tergite. Pattes robus¬
tes, les tibias postérieurs avec un grand éperon apical dirigé dans l’axe du tibia.
Caractères sexuels du mâle : tubercules antennaires hautement saillants
et ponctués, encadrant une profonde dépression lisse du milieu du front ;
l’épistome très saillant, est soulevé par une crête longitudinale, mousse,
diversement armée. S cape antennaire long, avec le bord antérieurexplané
en lame triangulaire (fig. 32).
Édéage en forme d’urne, à orifice distal large, avec une apophyse
anguleuse sur son bord ventral. Pas de styles. Sac interne avec deux grosses
pièces copulatrices enfermées dans un repli ou soudées à la paroi dorsale de
l’édéage, et ainsi ne paraissant pas être évaginables.
Le genre africain Odonlicoscapus Jeann., myrmicariophile (1956,
Ann. Mus. Congo Belge, in-8°, 2 vol., 43, p. 124) présente la même dilatation
du scape chez les mâles ; mais ce genre appartient à la Division I et n’a pas
de parenté avec le genre du Japon.
Tableau des espèces
1. Épistome des mâles allongé, très saillant en avant, avec un simple
petit nodule foncé sur le milieu près de la base. 2.
— Épistome des mâles plus court, avec un nodule en forme de fleur de
lys sur le milieu. 3.
2. Épistome du mâle longitudinalement caréné. Tubercules antennaires
plus hauts ; palette du scape antennaire plus grande. Pronotum
plus rétréci à la base. Long. 2,1 mm. 1. basicornis Sharp.
— Épistome du mâle non caréné. Tubercules antennaires plus petits ;
palette du scape plus petite. Pronotum moins rétréci à la base. Long.
2 mm. 2. nasutus, n. sp.
3. Rougeâtre luisant. Tubercules antennaires du mâle peu saillants et
plus écartés l’un de l’autre. Long. 2,1 mm. 3. ornatus Sharp.
— Brunâtre foncé luisant. Tubercules antennaires très hauts et très
rapprochés l’un de l’autre sur la ligne médiane. Long. 2,5 mm.
. 4. fissiîrons Sharp.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
35
1. Petaloscapus basicomis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883,
p. 312 (Batrisus) ; type : Miyanoshita (Brit. Mus.).
Fig. 34. — Long. 2,1 mm. Mâle ailé. Rougeâtre luisant, la pubescence
longue et peu dense. Tête grande, transverse, les yeux saillants, les tempes
arrondies. Antennes robustes, à pédicelle oblong et articles 3 à 9 globuleux
le 10 légèrement transverse, le 11 deux fois aussi long que le 10 et guère
plus large que lui. Pronotum aussi long que large, les bosses latérales effacées,
les côtés nettement sinués en arrière ; disque bombé, lisse, le sillon médian
net, les carénules effacées. Elytres aussi longs que larges, lisses, peu convexes,
les épaules accusées. Pattes courtes et robustes, l’éperon des tibias posté¬
rieurs très développé.
Mâle : épistome long, caréné, avec un petit nodule médian à la base.
Tubercules antennaires très hautement saillants et écartés l’un de l’autre,
l’espace intermédiaire égale presque la largeur d’un tubercule antennaire.
Lobes lamelleux du scape antennaire très grands et arrondis.
Édéage (fig. 34) élargi dans sa partie distale, l’apophyse du bord ventral
située à droite, les deux pièces du sac interne très inégales, la droite coudée
dans sa partie distale, la gauche plus longue et aplatie dans sa partie distale
infléchie (vue de champ sur la figure).
Honshu : Miyanoshita, env. de Yokohama, deux mâles (coll. Raffray)
identiques au type (G. Lewis, V-1880).
Fig. 32 et 33. Gen. Petaloscapus, nov. — Fig. 32. P. flssifrons Sharp, subsp. lemporalis,
nov., de Muzoho-cho, x 24. — Fig. 33. Édéage, face dorsale, x 130.
Source : MNHN, Paris
36
R. JEANNEL
2. Petaloscapus nasutus, n. sp. ; type : Chûzenji (Mus. Paris).
Fig. 36. — Long. 2 mm. Rougeâtre luisant, la pubescence longue et
assez dense. Aspect général du basicornis, mais avec les tempes anguleuses
et le pronotum plus globuleux, moins rétréci à la base.
Mâle : Épistome allongé, avec le même petit nodule basal que chez
basicornis, mais convexe, non caréné. Tubercules antennaires plus petits,
l’échancrure intermédiaire plus large qu’un tubercule antennaire. Lobe
lamelleux du scape plus petit et tronqué.
Édéage (fig. 36) plus court que celui du basicornis, avec l’apophyse du
bord ventral située à gauche et non à droite. Pièces du sac interne bien plus
grêles.
Honshu. Préfecture Tokyo : Shûzenji, un mâle et deux femelles
( E. Gallois, VII-1910). A la même espèce appartient un exemplaire de
Nagasaki, dans la collection D. Sharp, étiqueté « Batrisus ornalus, var. ».
3. Petaloscapus omatus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 114
(Batrisus) ; type : Nagasaki (Brit. Mus.). — 1883, 1. c., p. 312.
Fig. 35. — Long. 2,1 mm. Ailé. Rougeâtre luisant, la pubescence fine
et très rare. Tête lisse, à tubercules antennaires ponctués. Antennes comme
chez les précédents. Pronotum aussi long que large, lisse, à côtés plus pro¬
fondément sinués que chez nasulus. Élytres semblables.
Fig. 34 à 36. Gen. Petaloscapus, nov., édéages, x 130. — Fig. 34. P. basicornis Sharp, de
Yokohama. — Fig. 35. P. ornalus Sharp, de Nikko. — Fig. 36. P. nasulus, n. sp.,
de Chûzenji.
Mâle : Épistome relativement court, avec un gros nodule en forme de
fleur de lys sur le milieu de la base. Front large et transverse, les tubercules
antennaires élevés, l’échancrure intermédiaire presque aussi large qu’un
tubercule antennaire. Lobe lamelleux du scape antennaire relativement
étroit, arrondi.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
37
Femelle : Tête petite, le front lisse sauf sur les tubercules antennaires
qui sont petits ; épistome simple.
Édéage (fig. 35) en forme d’urne peu à peu élargie, l’orifice apical très
large, avec une apophyse située tout à fait à droite. Pièce droite du sac interne
très courte et bifide, la gauche par contre très allongée simple et incurvée.
Kiushu : Nagasaki (G. Lewis, IV-1881). — Honshu : Nikko, Yanoshiku,
Bukenji, près de Yokohama (G. Lewis, Brit. Mus.). Espèce paraissant très
répandue.
4. Petaloscapus fissiîrons Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883,
p. 311 (Batrisus) ; type : Higo (Brit. Mus.).
Subsp. slriciicollis, n. sp. ; type : Takahashi-Nakai (Mus.
Paris). — Subsp. temporalis, n. sp. ; type : Nizuho-Cho (Mus.
Paris).
Fig. 32 et 33. — Long. 2,5 mm. Aptère. Brun rougeâtre foncé, la
pubescence longue et bien plus dense que chez ornalus, dont il diffère
surtout par les caractères sexuels.
Mâle : Épistome court, avec le même gros nodule en fleur de lys que
chez ornalus. Tubercules antennaires très hauts, arrondis et très rapprochés
l’un de l’autre, l’espace intermédiaire très profond et étroit. Lobe lamelleux
du scape très grand et arrondi. Trochanters intermédiaires dentés.
Édéage (fig. 33) avec l’apophyse ventrale de la capsule située du côté
gauche. Pièces du sac interne robustes, surtout la gauche.
Variation. Il faut distinguer trois races géographiques :
1. Plus robuste, plus épais, le pronotum aussi long que large, sans
sinuosité postérieure des côtés. Tempes, arrondies., subsp. fissifrons, s. str.
— Plus grêles, le pronotum plus long que large, à côtés nettement
sinués en arrière, avant les angles postérieurs. 2.
2. Tempes arrondies. subsp. slriciicollis, nov.
— Tempes anguleuses (fig. 32). subsp. temporalis, nov.
Subsp. fissifrons, s. str. — Honshu : Higo, un mâle (type) (G. Lewis,
1882).
Subsp. slriciicollis, nov. — Honshu. Préfecture Okayama : Takahashi-
Nakai, 2 mâles en lavant la terre (H. Coiffait, VIII-1957).
Subsp. temporalis, nov. — Honshu. Préfecture Kyoto Mizuhacho,
un mâle en lavant la terre (H. Coiffait, VIII-1957).
9. Gen. BATRISODELLUS, nov.
Type : Balrisodes nipponensis Raffray.
Comme chez les Balrisodes, les élytres ont trois fossettes basales, les
côtés du disque du pronotum sont longitudinalement sillonnés ; mais l’édéage,
Source : MNHN, Paris
38
R. JEANNEL
parfaitement symétrique, a la forme d’une gouttière ouverte du côté dorsal
et présente deux apophyses distales bien développées, et latéralement les
traces de deux styles.
L’unique espèce placée ici a les tibias postérieurs armés d’un long
éperon. Ses caractères sexuels mâles portent sur la massue des antennes et
se présentent un peu comme ceux des Balrisodes nord-américains formant
le sous-genre Babnormodes O. Park .
1. Batrisodellus nipponensis Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr., LXXVIII,
p. 23 (Balrisodes) ; type : Kioto (Mus. Paris).
Fig. 37 et 38. — Long. 2,1 mm. Sans doute ailé. Rougeâtre luisant, la
pubescence fine et longue, éparse. Grêle, élancé. Tête transverse, lisse, les
yeux très saillants, les tempes obliques, le cou très étroit. Massette palpaire
fusiforme et grêle. Antennes épaisses, le scape petit et court dans les deux
sexes. Pronotum un peu transverse, lisse, le disque sillonné mais sans caré-
nules latérales, la base rétrécie. Élytres guère plus longs que larges, bombés
et lisses, les épaules saillantes et dentées ; trois fossettes basales, pas de strie
discale. Premier tergite long, ses côtés carénés dans la moitié antérieure,
les carénules basales distantes de près du quart de la largeur du tergite.
Pattes robustes, assez longues.
Fig. 37 et 38. Gen. Batrisodellus, nov. — Fig. 37. Antenne droite du B. nipponensis Raflr.,
mâle. — Fig. 38. Édéage, face dorsale, du même, x 145.
Mâle : pas de caractères particuliers sur le front. Articles 9 et 10 des
antennes un peu renflés, asymétriques et dentés, le 11 oblong, excavé sur
sa face inférieure avec les bords de l’excavation dentés (fig. 37). Fémurs et
tibias intermédiaires dentés.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
39
Édéage (fig. 38) allongé et parfaitement symétrique, dorsalement
ouvert. Partie basale ovalaire, avec deux crêtes dorsales se prolongeant
sur la partie distale et formant au sommet deux apophyses semblables,
juxtaposées, atténuées et tronquées. Sac interne inerme.
Honshu : environs de Kyoto, 3 mâles et une femelle (coll. Raffray).
10. Gen. KIGATRODES, nov.
Type : Balrisus solilarius Sharp.
Genre de la Division II, ayant trois fossettes basales aux élytres et les
côtés du disque du pronotum longitudinalement sillonnés. Les espèces sont
étroites et allongées, déliées, avec les membres très longs. Téguments lisses,
sauf sur les tubercules antennaires. Tête volumineuse, allongée, à tubercules
antennaires hautement saillants de chaque côté de la dépression médiane
du lobe frontal. Yeux très petits, bien plus courts que les tempes. Palpes
petits, la massette fusiforme et grêle. Antennes peu longues. Pronotum
subglobuleux, le sillon médian à peine indiqué ; pas de carénules sur le disque,
les tubercules très peu visibles. Élytres longs, très rétrécis à la base, les épaules
tout à fait effacées ; trois fossettes basales, pas de strie discale. Abdomen
atténué, le premier tergite long, à bords latéraux carénés sur tout leur
longueur, les carénules externes obliques, les carénules basales distantes
environ du tiers de la largeur du disque. Pattes très longues, le sommet des
fémurs postérieurs atteignant le niveau du sommet de l’abdomen.
Pas de caractères sexuels, sauf des denticules fémoraux et la présence
d’une brosse aux tibias postérieurs des mâles.
Édéage (fig. 40) de même structure que celui du Batrisodellus nipponensis
Raffr., mais plus large. Sa face dorsale est ouverte, l’extrémité distale est
bilobée. Styles entièrement fondus dans les côtés de l’édéage.
Le genre réunira deux espèces que Sharp avait isolées dans un groupe
spécial.
1. Kigatrodes solitarius Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 314
(Balrisus) ; type : Kiga (Brit. Mus.).
Fig. 39 et 40. — Long. 2,5 mm. Aptère. Brun rougeâtre, la pubescence
longue et fournie. Allongé, délié. Yeux petits, pas plus longs que le quart
des tempes qui sont régulièrement convexes. Antennes peu longues, le scape
court, à peine plus long que large, les articles 2 à 6 un peu plus longs que
larges, les 7 et 8 pas plus longs que larges, les 9 et 10 à peine plus épais que
les articles du funicule, le 11 par contre renflé, fusiforme, presque quatre
fois plus long que le 10. Pronotum globuleux, ses côtés sans sinuosité posté¬
rieure, le sillon médian du disque presque nul. Élytres plus longs que larges,
peu bombés. Premier tergite abdominal de moitié plus large que long, à
côtés parallèles, le disque convexe et lisse. Pattes longues et robustes.
Source ■■ MNHN, Paris
R. JEANNEL
Mâle. Fémurs intermédiaires avec une fine épine perpendiculaire à
l’extrémité proximale du bord postérieur. Tibias postérieurs avec la moitié
distale épaissie et aplanie en dedans, hérissée d’une brosse de soies (fig. 39).
Édéage (fig. 40) extrêmement petit, largement ouvert dorsalement, les
bords latéraux avec le même épaississement que chez Balrisodellus nippo-
nensis, semblant correspondre à un reste de styles. Extrémité distale bilobée.
Honshu. Env. de Yokohama : Kiga, près de Miyanoshita un mâle
(G. Lewis, V-1888).
Fig. 39 et 40. Gen. Kigalrodes, nov. — Fig. 39. Tibia postérieur gauche du mâle de K.
solilarius Sharp, de Kiga. — Fig. 40. Édéage, face dorsale, du même, x 120.
2. Kigatrodes gracilis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 315
(Balrisus) ; type: Miyanoshita (Brit. Mus.).
Long. 2,5 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubescence longue et
fournie. Allongé et délié comme le précédent. Tête semblable, les yeux encore
plus petits. Antennes plus grêles, le scape plus grand, deux fois aussi long
que large, tous les articles, du 2 au 8 un peu plus longs que larges, les articles
9 et 10 oblongs et un peu plus épais que le 8, le 11 fusiforme, plus gros et
trois fois plus long que le 10. Pronotum globuleux, comme chez solilarius.
Élytres un peu plus courts. Premier tergite abdominal de même forme, mais
avec les côtés arqués et non rectilignes. Pattes longues et robustes.
Mâle. Fémurs intermédiaires avec une grosse dent, longue et un peu
incurvée, vers le milieu du bord postérieur. Tibias postérieurs avec une brosse
moins développée que celle du solilarius.
Édéage non examiné.
Honshu. Env. de Yokohama : Miyanoshita, un mâle (G. Lewis, V-1880).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
41
11. Gen. SPEOBATRISODES, nov.
Type : punclaliceps, n. sp.
Genre de la Division II, se plaçant près de Batrisodellus et de Kigalrodes
à cause de la structure de l’édéage, largement ouvert en gouttière sur laquelle
repose le sac interne. Mais la tête des Speobalrisodes est densement et forte¬
ment ponctuée et les mâles ne présentent pas de caractères sexuels parti¬
culiers, tout au moins chez le punclaliceps. Les tibias postérieurs sont
pourvus d’un grand éperon.
Les deux espèces rangées dans ce genre sont souterraines et cependant
de coloration brun de poix foncé.
Tableau des espèces
1. Articles 3 à 8 des antennes un peu plus longs que larges. Pronotum
aussi long que large. Long. 2,8 mm. 1. punctaticeps, n. sp.
— Articles 3 à 8 des antennes subglobuleux. Pronotum plus allongé,
plus long que large. Plus petit. Long. 2,2 mm. 2. Coiîfaiti, n. sp.
1. Speobatrisodes punctaticeps, n. sp. ; type : grotte Saruta-dô (Mus. Paris).
Fig. 41 et 42. — Long. 2,8 mm. Aptère. Brun de poix foncé luisant, la
pubescence fine et longue, éparse. Robuste mais allongé. Tête arrondie, le
Fig. 41 à 43. Gen. Speobalrisodes, nov. — Fig. 41. S. punclaliceps, n. sp., femelle, de la
grotte, Saruta-dô, x 24. — Fig. 42. Édéage, face dorsale, du même, x 120 —
Fig. 43. S. Coifjaili, n. sp., femelle, de Mizuho-chô, x 24.
Source : MNHN, Paris
42
R. JEANNEL
front aplani et très fortement ponctué, les tubercules antennaires peu élevés,
la carène latérale du front bien marquée ; yeux saillants mais petits, plus
courts que les tempes et semblables dans les deux sexes. Massette palpaire
fusiforme, courte, non pédonculée. Antennes de la femelle robustes mais
longues, le scape petit dans les deux sexes, le pédicelle allongé, aussi long que
le scape, les articles 3 à 8 un peu plus longs que larges, les 9 et 10 subglobu¬
leux, devenant plus épais, le 11 très grand, plus large et trois fois plus long
que le 10. Pronotum aussi long que large, très bombé en avant, les bosses
latérales saillantes avant le milieu, les côtés non sinués, le disque à peine
sillonné, sans carénules entre les sillons médian et latéraux. Élytres courts,
bombés, à épaules arrondies ; trois fossettes basales, pas de strie discale.
Premier tergite abdominal long, ses côtés carénés sur presque toute la
longueur, les carénules basales rapprochées du cinquième de la largeur du
tergite. Pattes longues et robustes.
Mâle : tubercules antennaires un peu plus saillants que chez la femelle.
Édéage (fig. 42) allongé, en forme de gouttière à bords parallèles, angu-
leusement rétrécie dans son tiers distal et terminée par une pointe. Un
style droit, épais, coudé en dehors, sans soies. Sac interne inerme.
Shikuku. Préfecteure Kochi : grotte Ryuga-dô, à Sakomura-Sakagawa,
une femelle (H. Coiffait, VIII-1957) ; grotte Saruta-dô, à Kusaka, débris
d’un mâle et de quelques femelles (H. Coiffait, VIII-1957).
2. Speobatrisodes Coiffaiti, n. sp. ; type : Mizuho-chô (Mus. Paris).
Fig. 43. — Long. 2,2 mm. Femelle aptère. Brun de poix foncé, la
pubescence fine et longue, éparse. Étroit et allongé. Tête arrondie, le front
très convexe, sans sillons, très fortement ponctué, les yeux très petits, les
tempes arrondies ; pas de saillie des tubercules antennaires, les carènes
latérales du front obsolètes. Massette palpaire fusiforme, courte, non pédon¬
culée. Antennes longues, le scape petit, le pédicelle et les articles 3 à 8 sub¬
globuleux, le 9 globuleux et plus gros que le 8, le 10 un peu transverse, le
11 court mais plus épais que le 10. Pronotum nettement plus long que large,
à bosses latérales nullement saillantes, le disque convexe, le sillon médian
et les carénules obsolètes. Élytres bombés, à épaules effacées ; trois fossettes
basales. Premier tergite abdominal long et convexe, ses côtés carénés sur la
partie antérieure, les carénules basales peu visibles, paraissant aussi
rapprochées que chez l’espèce précédente. Pattes robustes, peu longues.
Mâle inconnu.
Honshu. Préfecture Kyoto : Mizuho-chô, en lavant la terre, une femelle
{H. Coiffait, VII-1957).
Source : MNHM, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
43
12. Gen. BATRISTILBUS Raffray
Balrislilbus Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr., LXXVIII, p. 22; type :
politus Sharp.
Genre de la Division II, avec trois fossettes à la base des élytres et les
côtés du disque du pronotum sillonnés. Remarquable par le faciès des espèces,
entièrement glabres et lisses, à appendices épais. Les tibias postérieurs ne
portent pas d’éperon ; les bords latéraux du premier tergite abdominal ne
portent qu’un pli très court à la base.
Édéage (fig. 45) allongé, en forme de gouttière ouverte dorsalement et
prolongée par deux apophyses distales semblables et symétriques, lamelleuse,
dilatées et tronquées transversalement au sommet. L’apophyse gauche porte
deux soies.
Par son édéage muni d’apophyses distales dont l’une est sétulée, ce
genre se rapproche de Basilrodes Jeann., mais en diffère par ses téguments
glabres et par l’absence d’éperon aux tibias postérieurs.
Deux espèces prennent place dans ce genre.
Tableau des espèces
1. Élytres à strie suturale très près de la suture, les fossettes basales
petites mais présentes. Base du premier tergite avec de profondes
fossettes. Long. 3 mm. 1. politus Sharp.
— Élytres avec une strie suturale normale, mais sans trace de fossettes
basales. Base du premier tergite sans fossettes. Long. 2,6 mm.
. 2. concolor Sharp.
1. Batristilbus politus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 310
( Balrisus) ; type : Chûzenji (Brit. Mus.).
Fig. 44 et 45. — Long. 3 mm. Aptère. Allongé et délié, testacé très
luisant, lisse. Tête à lobe frontal très large, transverse, uni. Antennes épaisses
et moniliformes. Pronotum sans tubercules sur le disque. Élytres courts
et très convexes, la strie suturale très près de la suture, les trois fossettes
basales très petites. Premier tergite abdominal très grand, lisse et bombé,
son bord basal avec deux tubercules saillants à la place des carénules basales
et séparant trois profondes fossettes.
Mâle avec les articles 9 et 10 des antennes dentés en dessous et les tibias
intermédiaires munis de deux dents séparant une échancrure à l’extrémité
distale du bord interne. L’aire pileuse de l’extrémité distale des tibias
postérieurs est par contre commune aux deux sexes.
Édéage, fig. 45.
Honshu : environs de Kyoto, mâle et femelle (coll. Raffray). D’après
Sharp qui a vu plusieurs exemplaires de Chûzenji ou de Hakone, l’espèce
Source : MNHN, Paris
44
R. JEANNEL
se trouve tantôt avec une Fourmi, tantôt dans le bois pourri. Enfin
M. Kubota (1949) le cite de Hiko-san, dans l’île Kiushu (S. Kiza et H. Inoué,
VII-1940).
Fig. 44 et 45. Gen. Batristilbus Raffr. — Fig. 44. B. polilus Sharp, mâle, de Kioto, x 28. —
Fig. 45. Édéage, face dorsale, x 120.
2. Batristilbus concolor Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 310
(Balrisus) ; type : Yokohama (Brit. Mus.).
Long. 2,5 mm. Différent du polilus par ses articles 9 et 10 des antennes
plus épais que les précédents, la strie suturale des élytres approfondie en
avant, l’absence de fossettes basales sur le premier tergite abdominal.
Mâle inconnu.
Honshu : Yokohama, une femelle trouvée avec une Fourmi noire
(G. Lewis, IV-1880).
13. Gen. TREBASODES, nov.
Type : Balrisus longicornis Sharp.
Genre de la Division II, ayant trois fossettes basales aux élytres et les
côtés du disque du pronotum longitudinalement sillonnés. Différent des
autres genres japonais de la Division II par la grande longueur des antennes
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON 45
et par la présence d’une dent sur le bord des bosses latérales du pronotum.
Les tibias postérieurs n’ont pas d’éperon. L’édéage (fig. 47) est particulière¬
ment petit.
Par les bosses latérales dentées, les espèces de ce genre rappellent
certains Balrisini africains de la Division I et surtout les Coryphomus du
sous-genre Ancislromus, faisant partie de la Division IV et représentés au
Japon. Les Coryphomus n’ont que deux fossettes basales aux élytres. D’autre
part chez eux le front est caréné sur la ligne médiane et le premier tergite
abdominal présente des carénules basales.
Chez les Tribasodes il n’existe pas de carénules basales sur le premier
tergite abdominal dont tout le bord basal est profondément déprimé.
Le genre Tribasodes paraît spécial au Japon.
Tableau des espèces
1. Étroit et très allongé, l’abdomen non contracté, avec les tergites
parallèles, fortement rebordés, la dépression basale du premier très
profonde. Antennes grêles, l’article 5 deux fois aussi long que large.
Long. 2,5 mm. I. longipes, n. sp.
— Plus courts, moins étroits, l’abdomen court, avec le premier tergite
plus long que le deuxième, sa dépression basale moins profonde. Anten¬
nes plus épaisses, à article 5 moins de deux fois aussi long que large.. 2.
2. Pronotum plus étroit, à bosses latérales plus courtes et partie basale
rétrécie plus longue, la dent latérale située avant le milieu, la base
plus étroite. Long. 2,2 mm. 2. longicornis Sharp.
— Pronotum plus large et moins bombé, les bosses latérales plus longues,
la partie basale rétrécie plus courte, la dent latérale située au milieu de
la longueur du pronotum ; base assez large. Long. 2mm. 3. dentatus, n. sp.
1. Tribasodes longipes, n. sp. ; type : Kyoto (Mus. Paris).
Fig. 46 et 47. — Long. 2,5 mm. Sans doute ailé. Rougeâtre luisant, les
élytres, les palpes et les pattes clairs ; pubescence longue et éparse. Tête
médiocre, très déliée, vaguement ponctuée, le vertex non caréné ; tubercules
antennaires saillants, encadrant une large dépression médiane ; épistome
long, inerme. Yeux saillants, bien plus courts que les tempes qui sont
convexes. Massette palpaire courte. Antennes très longues et très grêles,
le scape petit, le pédicelle presque aussi long que lui, tous les articles, du
3 au 10 plus longs que larges, le 5 presque deux fois, les 9 et 10 un peu plus
épais que le 8, article 11 deux fois aussi long que le 10. Pronotum pas plus
long que large mais très rétréci à la base, les côtés longuement sinués ; sillon
médian du disque long et profond, canaliculé, les carénules latérales saillantes.
Élytres bombés, assez densement ponctués, les épaules saillantes et carénées ;
trois fossettes basales, pas de strie discale. Abdomen long, étroit et parallèle,
Source : MNHN, Paris
R. JEANNEL
non contracté, le premier tergite pas plus long que le deuxième, son bord
marginal fortement caréné sur toute la longueur, le bord basal profondément
déprimé, le milieu du tergite fortement bossu. Deuxième tergite à côtés
carénés et partie médiane très convexe. Pattes robustes et très longues.
Mâle : dernier article de l’antenne asymétrique, avec une forte dépression
de la face inférieure.
Édéage (fig. 47) petit et court, la capsule basale transverse, arrondie
au-dessus de l’orifice basal largement quadrangulaire. Orifice apical caché
sous deux grandes apophyses du bord dorsal qui s’entrecroisent, la gauche
brièvement coudée au sommet.
Honshu : Kyoto, un mâle dans la coll. Rafïray.
Fig. 46 à 48. Gen. Tribasodes, nov. — Fig. 46. T. longipes, n. sp., mâle, de Kyoto, X 30. —
Fig. 47. Édéage, face dorsale, du même, x 120. — Fig. 48. Édéage, face dorsale, du
T. dentalus, n. sp., de Chûzenji, x 120.
2. Tribasodes longicomis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883,
p. 304 (Batrisus) ; type : Miyanoshita (Brit. Mus.).
Long. 2,2 mm. Femelle paraissant aptère. Brun rougeâtre, la pubescence
longue et dense. Grêle mais moins allongé que le précédent, l’abdomen
normalement contracté. Tête à peu près semblable, les yeux plus petits.
Antennes bien plus épaisses quoique longues, le scape petit, le pédicelle
oblong, les articles 3 à 7 de peu plus longs que larges, les 9 et 10 guère plus
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON 47
épais que le 8, le 11 près de deux fois aussi long que le 10. Pronotum comme
chez longipes. Élytres plus larges, très convexes, éparsement ponctués,
trois fossettes basales, pas de strie discale. Abdomen large, à premier tergite
plus long que le deuxième, ses côtés carénés sur toute la longueur, sa base
modérément déprimée ; côtés du deuxième tergite carénés. Pattes longues
mais bien moins que celles du longipes.
Le mâle m’est inconnu.
Honshu. Préfecture Hachiôji : mont Takao, une femelle ( E. Gallois,
V-1911). Préfecture Tokyo : Ishiushi, sur le Kumagawa, une femelle
[G. Lewis, V-1881).
L’espèce est décrite sur deux mâles de Miyanoshita près de Yokohama
(G. Lewis).
3. Tribasodes dentatus, n. sp. ; type : Chûzenji (Mus. Paris).
Fig. 48. — Long. 2 mm. Ailé. Bien différent des précédents par sa forme
plus large, mais avec les antennes très longues et l’abdomen non contracté.
Testacé rougeâtre, la pubescence longue et irrégulière. Tête comme chez les
précédents, mais avec les tubercules antennaires moins hauts, la dépression
médiane moins profonde ; vertex convexe, non caréné. Massette palpaire
elliptique. Antennes longues mais épaisses, le scape assez long, plus long
que le pédicelle, tous les articles, du 2 au 10 un peu plus longs que larges,
le 11 deux fois aussi long que le 10, sans déformation chez le mâle. Pronotum
peu convexe, à bosses latérales très arrondies et longues, leur denticule
au milieu de la longueur du pronotum, les côtés non sinués en arrière, la
base assez large ; disque avec un sillon médian et deux carénules assez hautes
de chaque côté, les tubercules bien saillants. Élytres larges et longs, très
éparsement ponctués ; trois fossettes basales, les épaules saillantes mais
non carénées. Abdomen non contracté, le premier tergite un peu plus long
que le deuxième qui est plus long et plus large que le troisième. Bord marginal
des deux premiers tergites caréné. Pattes relativement courtes et grêles.
Femelle inconnue.
Édéage (fig. 48) de même structure que celui du longipes, mais avec les
apophyses plus courtes.
Honshu : environs de Tokyo : Chûzenji, à Senjuga, un mâle (E. Gallois,
VII-1910).
DIVISION IV
Deux fossettes basales aux élytres. Édéage sans pièce articulée.
14. Gen. CORYPHOMUS Jeannel
Coryphomus Jeannel, 1949, Mém. Mus., XXIX, p. 133 ; type : gladialor
Raffray. — Subgen. Ancistromus Jeannel, 1957, Rev. fr. d’Ent.,
XXIV, p. 13 ; type : longulus Jeannel.
Source : MNHM, Paris
48
R. JEANNEL
Genre de la Division IV, c’est-à-dire à deux fossettes basales aux élytres
et côtés du disque du pronotum longitudinalement sillonné.
Le sous-genre Ancistromus, créé pour une espèce du Tonkin, doit
renfermer de nombreuses espèces indo-malaises (groupes XXIII à XXXIV
des Balrisodes de Raffray, 1904) et est représenté au Japon.
1. Coryphomus (Ancistromus) spinicollis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc.
London, 1883, p. 304 (Balrisus) ; type : Hitoyoshi (Brit. Mus.).
Long. 2,5 mm. Ailé. Rougeâtre foncé, les élytres clairs, la pubescence
très longue et éparse. Robuste. Tête un peu transverse, lisse, le front large¬
ment déprimé entre les tubercules antennaires qui sont relativement petits,
les yeux très saillants, plus courts que les tempes qui sont très obliques.
Massette palpaire courte. Antennes épaisses, tous les articles un peu plus
longs que larges, la massue peu distincte. Pronotum aussi long que large,
les bosses latérales très saillantes, un peu tronquées, avec un fort denticule,
les côtés profondément sinués en arrière ; disque à large sillon médian
encadré par deux carènes tranchantes prolongeant les tubercules antérieurs,
très saillants et pointus. Élytres amples, peu convexes, les épaules saillantes
et dentées ; deux fossettes basales, la strie discale écourtée. Premier tergite
abdominal de peu plus long que le deuxième, son bord marginal caréné
sur toute la longueur, les carénules externes peu écartées du bord ; deux
fortes carénules basales distantes de moins du cinquième de la largeur du
tergite. Pattes longues et robustes, les tibias inermes.
Mâle inconnu.
Honshu. Préfecture Hachiôji : mont Takao, une femelle (E. Gallois,
V-1908). — Kiushu : Hitoyoshi, une femelle (type) (G. Lewis, V-1881).
2. Coryphomus (Ancistromus) brevispina, n. sp. ; type : Isé Shimajiyama
(Mus. Paris).
Fig. 49. — Long. 3 mm. Rougeâtre luisant, la pubescence aussi longue.
Allongé, plus étroit que le précédent. Tête semblable, mais ponctuée, le
vertex avec une carène médiane plus longue, les yeux plus petits. Massette
palpaire courte. Antennes aussi robustes, avec les articles de la massue un
peu plus épais. Pronotum à peine plus long que large, les bosses latérales
moins saillantes, plus arrondies, avec un denticule plus petit ; côtés faible¬
ment sinués en arrière. Disque vaguement ponctué, le sillon médian lisse,
les carénules latérales peu saillantes. Élytres courts, nettement ponctués,
les épaules saillantes mais non dentées ; deux fossettes basales, la strie
discale assez longue. Tergites abdominaux ponctués comme les élytres, le
premier peu long, ses côtés carénés sur presque toute la longueur, les caré¬
nules externes bien tracées, peu écartées du bord, les carénules basales
distantes du quart de la largeur du tergite. Pattes robustes.
Mâle inconnu.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
Honshu. Préfecture Mié : Isé Shimajiyama, une femelle en lavant
la terre (H. Coiffait, VII-1957).
Fig. 49. Gen. Corgphomus Jeann., C. (Ancislromus) brevispina, n. sp., femelle, de
Shimajiyama, x 21.
DIVISION V
Deux fossettes basales aux élytres. Les yeux généralement situés très
en arrière, près de la base de la tête.
Raffray (1904, Ann. Soc. ent. Fr., LXXIII, p. 40) avait réuni dans
un grand genre Balrisocenus plus d’une centaine d’espèces de l’Indo-Malaisie,
de l’Afrique intertropicale et de l’Australie. Dans mes travaux antérieurs
j’ai déjà extrait de ce genre les espèces africaines qui ont formé les genres
Eleodimerus Jeann., Arthromelus Jeann. et autres. D’autre part (Rev. fr.
d’Ent., XIX, 1952, p. 92), à propos de la faune indochinoise, j’ai réparti
les anciens Balrisocenus indo-malais dans une demie douzaine de genres.
Certains ont la massette palpaire pédonculée et le pronotum sans sillon
médian. Ce sont les genres Balriscenodes Jeann. (type : siamensis Raffr.)
Balriscenites Jeann. (type : morulus Reitt.), Batrisceninus Jeann. (type :
serraticornis Raffr.). Aucun d’entre eux n’est représenté au Japon.
D’autres genres ont la massette palpaire sessile et le pronotum sillonné
sur la ligne médiane. La plupart de ceux-ci ont des représentants dans la
faune japonaise.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVIII. 4
Source : MNHN, Paris
50
R. JEANNEL
Tableau des genres du Japon
1. Édéage avec une ou deux apophyses fortement recourbées à droite,
le sac interne, hors de la capsule, étant abrité sous la concavité de
l’apophyse gauche. Caractères sexuels des mâles portant sur les
antennes ou les troisième et quatrième tergites abdominaux (Indo-
Malaisie et Nouvelle-Guinée). [Gen. Batrisocenus Raffr].
— Édéage avec deux apophyses dont une, le plus souvent articulée, est
formée par la fusion des deux styles et renferme la terminaison du
sac interne. 2.
2. Édéage déversé, à capsule basale en forme de cornet, portant une
apophyse fixe au-dessus de l’orifice, la pièce articulée à l’extrémité
pointue du cornet. 3.
— Édéage non déversé, tubuleux, les deux apophyses, insérées sur la
partie distale de la tubulure. 4.
— Édéage déversé, en forme d’urne renflée, la pièce articulée et l’apo¬
physe fixe toutes deux sur un bord de l’urne. 5.
3. Caractères sexuels des mâles intéressant le premier tergite abdominal,
profondément excavé. 15. Gen. Arthromelodes Jeann.
— Caractères sexuels des mâles intéressant les fémurs postérieurs,
renflés, avec une fosse de la face antérieure. Tergites abdominaux
simples dans les deux sexes. 16. Gen. Physomerinus Jeann.
4. Caractères sexuels des mâles portant sur la massue antennaire, les
articles 8 et 9 modifiés. Tergites abdominaux simples dans les deux
sexes. 17. Gen. Batrisoplisus Raffr.
— Caractères sexuels des mâles portant sur les tibias antérieurs, renflés
au sommet qui porte un pénicillé, et sur le premier tergite abdominal,
excavé. 18. Gen. Batriscenaulax, nov.
5. Caractères sexuels du mâle portant sur les troisième et quatrième
tergites et non sur le premier. 19. Gen. Batriscenellus, nov.
— Caractères sexuels du mâle portant sur le front et la base des antennes
. 21. Gen. Batrisceniola, nov.
— Caractères sexuels du mâle portant sur le premier tergite abdominal,
profondément excav é. 6.
6. Yeux situés près de la base de la tête, comme chez les genres précé¬
dents. 20. Gen. Arthromelinus Jeann.
— Yeux situés sur les côtés de la tête, loin de la base, comme chez les
Balrisodes . 22. Gen. Pseudobatriscenus, nov.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
51
15. Gen. ARTHROMELODES Jeannel
Arlhromelodes Jeannel, 1953, Mém. Inst. sc. Madagascar, série E, IV,
p. 247 ; type : Cariéi Jeannel. — 1957, Rev. fr. d’Ent., XXIV,
p. 16.
Les types de VA. Cariéi, étiquetés par erreur comme provenant de
Madagascar, étaient sans doute originaires du Tonkin, où le Père
A. de Cooman a retrouvé l’espèce, à Hoa-Binh. A côté de cette espèce, en
réalité tonkinoise, se place la suivante.
1. Arthromelodes optatus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874,
p. 112 ^ Batrisus) ; type : Nagasaki (Brit. Mus.). —1883,1. c., p. 321.
Fig. 50 et 51. — Long. 1,6 mm. Aptère. Rougeâtre luisant, la pubescence
longue et rare. Court, trapu, les membres longs. Tête transverse, lisse ;
tubercules antennaires seuls ponctués, peu saillants, séparés par une large
dépression lisse, l’épistome simple, court ; yeux très saillants, les tempes
très réduites. Palpes courts, la massette courte et épaisse. Antennes assez
grêles, le scape court, les articles 3 à 8 pas plus longs que larges, les 9 et 10
ovales, peu épais, le 11 un peu plus long et plus épais que le 10. Pronotum
transverse, lisse, à bosses latérales saillantes et côtés profondément sinués
en arrière, disque fortement sillonné. Élytres épais, un peu moins longs que
larges, convexes, à épaules très saillantes ; deux fossettes basales, strie
discale présente. Pattes longues.
Fig. 50 et 51. Gen. Arlhromelodes Jeann. — Fig. 50. Arrière-corps de VA. oplalus Sharp,
mâle, de Nagasaki. — Fig. 51. Édéage du même, x 100.
Mâle. Premier tergite abdominal (fig. 50) un peu atténué en arrière, avec
une fosse profonde entre deux saillies dans la moitié distale du disque ;
une forte crête sagittale dans la fosse. Angles postérieurs du tergite avec
une aire ponctuée mal limitée.
Source : MNHN, Paris
52
R. JEANNEL
Édéage (fig. 51) en forme de cornet, avec une lame distale en forme
d’épine, près de l’orifice. Pièce articuleé insérée au fond du cornet, largement
élargie en éventail.
Espèce bien différente du Cariéi par sa forme courte et trapue, mais
présentant le même type d’édéage.
Kiushu : Nagasaki, un seul mâle (G. Lewis).
16. Gen. PHYSOMERINUS Jeannel
Physomerinus Jeannel, 1952, Rev. fr. d’Ent., XIX, p. 93 ; type : seplem-
foveolalus Schaufuss.
Espèces de petite taille, à massette palpaire sessile et pronotum sillonné
sur la ligne médiane. Les caractères sexuels mâles portent sur les fémurs
postérieurs qui présentent une fosse à bord à pic comme chez les Eleodimerus
africains. Il s’agit bien là d’un caractère sexuel propre aux mâles et non d’un
caractère existant dans les deux sexes comme je l’avais tout d’abord supposé.
Édéage (fig. 53) en cornet, la pièce articulée insérée au fond du cornet,
la lame distale simple, surmontant l’orifice du cornet.
Le genre comprend plusieurs espèces indo-malaises et la suivante :
1. Physomerinus pedator Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883,
p. 319 (Batrisus) ; type : Niigata (Brit. Mus.).
Fig. 52 et 53. — Long. 1,8 mm. Aptère. Rougeâtre luisant, la pubescence
Fig. 52 et 53. Gen. Physomerinus Jeann. — Fig. 52. Ph. pedalor Sharp, mâle, de Niigata,
X 45. — Fig. 53. Édéage, X 120.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
53
longue sur l’arrière-corps. Court, épais. Tête un peu transverse, le front
lisse, les tubercules antennaires peu saillants, ponctués ; yeux très grands,
les tempes un peu convexes en dehors, bien plus courtes que les
yeux. Antennes grêles, le scape très court, le pédicelle oblong, les articles
3 à 8 nettement plus longs que larges, les 9 à 11 oblongs. Pronotum globuleux,
à bosses latérales effacées et disque lisse, le sillon médian très fin et super¬
ficiel. Élytres épais, à épaules saillantes ; deux fossettes basales, la strie
discale présente. Premier tergite abdominal long, convexe, simple dans les
deux sexes. Pattes longues.
Mâle. Fémurs postérieurs un peu renflés, avec une fosse allongée limitée
par une crête dorsale et avec un lobule saillant dans son milieu.
Édéage (fig. 53) à capsule basale en cornet, courte, l’apophyse distale
et la pièce articulée extrêmement longues.
Cette espèce japonaise diffère du Ph. seplemfoveolalus par la longueur
des apophyses de l’édéage et la petitesse relative de la capsule basale.
Honshu : Niigata, 3 mâles et 12 femelles (G. Lewis, IX-1881) ; une
femelle dans la coll. Raffray.
17. Gen. BATRISOPLISUS Raffray
Balrisoplisus Raffray, 1908, Gen. Ins., Pselaph., p. 180 ; type : anlennalus
Weise.
Genre à deux fossettes basales aux élytres, côtés du pronotum sillonnés
et yeux placés près de la base de la tête. L’édéage est formé par une capsule
tubuleuse, à pièce articulée courte et située au sommet, tandis que l’apo¬
physe fixe est dirigée perpendiculairement à la face ventrale ; l’édéage
n’est pas déversé au repos.
D’autre part les caractères sexuels des mâles portent sur la massue
des antennes : l’article 8 est très asymétrique, le 9 très renflé, également
asymétrique et muni d’une crypte à sa face supéro-interne.
Plusieurs espèces forment ce genre qui est spécial au Japon.
Tableau des espèces
1. Vertex avec une fine carène médiane. Élytres couverts de points
pilifères fins. Long. 1,8 mm. 1. antennatus Weise.
— Vertex non caréné. Élytres sans trace de ponctuation. 2.
2. Article 9 des antennes du mâle subsphérique (fig. 58). Édéage plus
court, apophyse fixe très grêle, en forme d’épine. Petite taille. 3.
— Article 9 des antennes du mâle transverse, lenticulaire (fig. 54).
Édéage plus long, l’apophyse fixe robuste. Taille plus grande. 4.
Source : MNHN, Paris
54
R. JEANNEL
3. Court et trapu, l’avant-corps densement ponctué. Pronotum trans¬
verse, à base large. Tête transverse. Antennes des femelles épaisses,
les articles moyens pas plus longs que larges. Long. 1,5 mm.
. 2. Galloisi, n. sp.
— Plus grêle, la ponctuation du pronotum moins dense. Tête non trans¬
verse ; pronotum aussi long que large, à base étroite. Long. 1,5 mm.
. 3. venustus, n. sp.
4. Tête plus étroite, le front entre les yeux aussi long que large, le lobe
frontal plus étroit. Pronotum aussi long que large, à bosses latérales
plus arrondies en avant. Long. 1,8 mm. 4. Coiffaiti, n. sp.
— Tête plus large, transverse, le front moins long que large entre les
yeux, le lobe frontal très large, à bord antérieur arrondi. Pronotum
aussi long que large, mais avec les bosses latérales moins arrondies
en avant. Long. 1,8 mm. 5. Rafîrayi, n. sp.
1. Batrisoplisus antennatus Weise, 1877, D. ent. Zs., XXI, p. 97 (Balrisus) ;
type : Ochirayama (Mus. Berlin).
Long. 1.8 mm. Allongé, rougeâtre brillant, avec l’avant-corps rugueuse-
ment et densement ponctué. Tête avec une fine carénule médiane sur le
vertex. Élytres finement ponctués (sublililer punclulalis), les points étant
pilifères.
Ces deux derniers caractères me font penser que le véritable anlennalus
Weise doit être une espèce différente de celles qui sont énumérées ci-après,
car celles-ci n’ont pas le vertex carénulé ni la moindre ponctuation sur les
élytres. D’ailleurs la provenance de l 'anlennalus est aussi différente.
Honshu. Extrémité sud-occidentale de l’île : Ochirayama, près de
Hagi (C. Hiller).
2. Batrisoplisus Galloisi, n. sp. ; type : Tokyo (Mus. Paris).
Fig. 58 et 59. — Long. 1,5 mm. Ailé. Brun rougeâtre foncé, la pubescence
peu fournie. Court et ramassé, l’avant corps densement ponctué. Tête courte
et transverse, moins longue que large entre les yeux, le lobe frontal très
large, les tubercules antennaires peu saillants. Palpes petits. Pronotum
nettement transverse, les bosses latérales régulièrement arrondies, les côtés
non sinués en arrière, la base relativement large ; disque assez convexe,
ponctué entre les sillons latéraux, lisse en dehors, le sillon médian profond.
Élytres amples, lisses. Premier tergite abdominal simple dans les deux sexes.
Mâle. Antennes épaisses (fig. 58), les articles 3 à 7 un peu transverses,
le 8 très asymétrique, prolongé en longue lame en dedans ; article 9 sub¬
globuleux, avec deux lames saillantes entre lesquelles se trouve la crypte.
Article 10 petit, un peu transverse, mais pédonculé, le 11 ovale et pédonculé,
grand.
Femelle. Antennes simples mais épaisses, les articles 3 à 7 un peu
transverses.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
55
Édéage (fig. 59) tubuleux mais court, incurvé. Pièce articulée courte et
épaisse. Apophyse fixe très grêle, en forme de longue épine effilée.
Honshu. Environs de Tokyo, plusieurs mâles et femelles (E. Gallois,
VI-1909). Nikko, un mâle (E. Gallois, VI-1909).
3. Batrisoplisus venustus, n. sp. ; type : Kochi (Mus. Paris).
Fig. 56. — Long. 1,5 mm. Ailé. Brun rougeâtre foncé, la pubescence
longue et rare. Plus grêle que le précédent, l’avant-corps aussi densement
ponctué. Tête non transverse, aussi longue que large entre les yeux, le lobe
frontal plus long, moins large, les tubercules antennaires absolument plans.
Pronotum aussi long que large, sa base étroite, les bosses latérales arrondies,
les côtés sinués en arrière. Élytres amples, lisses.
Mâle. Antennes moins épaisses, que celles du Galloisi, les articles du
funicule aussi longs que larges. Articles 8 et 9 comme chez Galloisi (fig. 58),
l’article 10 à peine transverse.
Femelle inconnue.
Édéage (fig. 56) à capsule basale plus renflée dans sa partie basale, sa
partie distale plus allongée. Pièce articulée et apophyse fixe semblables.
Shikuku : Kochi, un mâle en lavant la terre (H. Coiffait, VIII-1957).
4. Batrisoplisus Coiîfaiti, n. sp. ; type : Kusaka (Mus. Paris).
Fig. 54 et 55. — Long. 1,8 mm. Ailé. Rougeâtre luisant, la pubescence
longue et rare. Allongé et délié, l’avant-corps densement ponctué. Tête non
transverse, comme chez le précédent. Pronotum aussi long que large, les
Fig. 55. Édéage, face latérale droite, x 120.
Source : MNHN, Paris
56
R. JEANNEL
bosses latérales arrondies, les côtés à peine sinués en arrière, la base étroite.
Élytres amples, sans ponctuation.
Mâle. Antennes à articles 3 à 7 à peine transverses, le 8 asymétrique,
excavé en-dessus et prolongé en dedans par une apophyse un peu incurvée ;
article 9 transverse, lenticulaire, sa partie interne entière, la crypte située
à sa face dorsale (fig. 54).
Femelle inconnue.
Édéage (fig. 55) à capsule basale relativement peu incurvée, l’apophyse
fixe épaisse, élargie dans sa partie distale qui se termine par un repli.
Shikuku. Préfecture Kochi : Kusaka, un mâle en lavant la terre
(H. Coiffait, VIII-1957). — Honshu : env. de Tokyo, un mâle ( E. Gallois,
IX-1911).
5. Batrisoplisus Raîîrayi, n. sp. ; type : Kyoto (Mus. Paris).
Fig. 57. — Long. 1,8 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubescence
longue et rare. Moins grêle et allongé que le Coiffaili. Tête transverse,
moins longue que large entre les yeux, avec le lobe frontal très large, à bord
arqué, comme chez le Galloisi. Pronotum aussi long que large, à base étroite,
les bosses latérales un peu anguleuses en avant, les côtés sinués en arrière.
Élytres amples et lisses.
Mâle. Antennes semblables à celles du B. Coiffaili, l’article 9 lenticu¬
laire, un peu moins transverse.
Femelle. Antennes simples, les articles 3 à 7 à peine plus longs que
larges.
Fig. 56 à 59. Gen. Batrisoplisus Raffr., édéages, face latérale droite ( x 120) et massue
antennaire du mâle. — Fig. 56. B. uenustus, n. sp., de Kochi. — Fig. 57. B. Raffrayi,
n. sp., de Kyoto. — Fig. 58 et 59. B. Galloisi, n. sp., de Tokyo.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
57
Édéage (fig. 57) bien différent de celui du Coiffaiti; la capsule est plus
incurvée, plus développée dans sa partie distale. Apophyse fixe courte,
mais épaisse, lancéolée.
Honshu : env. de Kyoto, 2 mâles et une femelle (coll. Raffray).
18. Gen. BATRISCENAULAX, nov.
Type : Batrisus modeslus Sharp.
Mêmes caractères généraux que chez Batrisoplisus ; même type tubuleux
d’édéage, mais avec des caractères sexuels tout différents. Avant-corps
toujours densement ponctué.
Chez les mâles, le premier tergite abdominal présente une profonde
excavation sur la moitié postérieure du disque. D’autre part les tibias
antérieurs ont une curieuse conformation (fig. 65) ; épaissis dans leur partie
distale, ils portent un pénicillé articulé au sommet de l’épaississement et
pouvant se rabattre, couché dans une rainure. Les soies de ce pénicillé sont
épanouies en bouquet sur l’insecte conservé en alcool et s’accolent les unes
aux autres pour devenir un bâtonnet sur l’insecte sec (fig. 61).
L’édéage, tubuleux, porte deux apophyses toutes deux fixes, thais
la droite paraît bien représenter la pièce articulée des autres genres voisins.
Genre spécial au Japon, où il est représenté par plusieurs espèces.
Tableau des espèces
1. Antennes à pédicelle allongé, aussi long que les deux articles suivants
ensemble. Mâle inconnu. Long. 2 mm. 4. puncticollis Sharp.
— Antennes à pédicelle pas plus long que l’article 3. 2.
2. Ponctuation du pronotum relativement peu serrée, laissant des
espaces lisses entre les points. Tibias antérieurs du mâle longs et
peu épaissis dans la partie distale, le tibia plus de six fois aussi long
que large dans sa partie renflée (fig. 63). Long. 1,8 mm. 1. longipes, n. sp.
— Ponctuation du pronotum très dense, les points presque confluents.
Tibias antérieurs des mâles plus courts. 3.
3. Tibias antérieurs du mâle environ quatre fois aussi longs que larges
dans la partie distale dilatée ; celle-ci anguleuse et située au sommet
(fig. 61). Long. 1,8 mm. 2. modestus Sharp.
— Tibias antérieurs du mâle environ trois fois aussi longs que larges
dans la partie dilatée, celle-ci fusiforme, occupant toute la moitié
distale du tibia (fig. 65). Long. 1,8 mm. 3. Furuhatai Kub.
1. Batriscenaulax longipes, n. sp. ; type : Kyoto (Mus. Paris).
Fig. 63 et 64. — Long. 1,8 mm. Aptère. Rougeâtre luisant, la pubescence
longue. Assez grêle. Tête transverse, densement ponctuée, le lobe frontal
large, les tubercules antennaires peu saillants, l’épistome petit et court,
Source : MNHN, Paris
58
!. JEANNEL
ponctué. Yeux très grands. Antennes longues, grêles, le scape court, le
pédicelle oblong, plus épais mais pas plus long que l’article 3 ; articles 3 à 8
nettement plus longs que larges, la massue peu renflée, les articles 9, 10 et
11 oblongs. Pronotum un peu moins long que large, peu rétréci à la base,
le disque ponctué entre les sillons latéraux, lisse en dehors, les points laissant
entre eux des espaces lisses ; ligne médiane sillonnée. Élytres lisses, à épaules
peu saillantes. Pattes longues et grêles.
Mâle. Tibias antérieurs (fig. 63) longs, à épaississement distal peu
prononcé, mais avec un pénicillé articulé ; la largeur de l’épaississement est
égale à peine au sixième de la longueur du tibia. Premier tergite abdominal
avec une large fosse occupant le milieu de la moitié distale du disque, le
centre de la fosse soulevé ; côtés du disque avec une plage ponctuée.
Édéage (fig. 64) à capsule basale tubuleuse très courte, l’apophyse
droite un peu infléchie en dedans et bordée par une membrane, l’apophyse
gauche longue, robuste, peu à peu atténuée et terminée en pointe infléchie
en dehors.
Honshu : Kyoto, un mâle égaré dans un lot de Balriscenellus fragilis
(coll. RafTray). Préfecture Karuïzawa : Kumanotaïra, 2 femelles ( E. Gallois,
VII-1908).
2. Batriscenaulax modestus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874,
p. 116 (Balrisus) ; type : Nagasaki (Brit. Mus.).—1883,1. c., p. 320.
Fig. 60, 61 et 62. — Long. 1,8 mm. Aptère. Aspect du précédent, mais
avec la tête moins transverse, les tubercules antennaires plus hauts, les
Fig. 60 à 62. Gen. Batriscenaulax, nov. — Fig. 60. B. modestus Sharp, mâle, de Takahashi-
Nakai, x 28. — Fig. 61. Tibia antérieur du mâle. — Fig. 62. Édéage, face dorsale, x 165.
Source : MI JHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
59
antennes plus courtes, le pronotum plus rétréci à la base, avec la ponctuation
du disque plus serrée, presque confluente.
Mâle. Tibias antérieurs relativement courts et très dilatés au sommet
(fig. 61), la dilatation un peu anguleuse, sa largeur à peu près égale au quart
de la longueur du tibia. Premier tergite abdominal comme chez le précédent.
Édéage (fig. 62) tubuleux, assez long, l’apophyse droite semblable
à celle du longipes mais plus inclinée en dedans, croisant la face supérieure
de l’apophyse gauche ; celle-ci rectiligne, prolongeant le bord gauche,
renflée à la base, coudée en dedans au sommet.
Kiushu : Nagasaki, mâles et femelles (G. Lewis). — Honshu. Env.
de Yokohama : Miyanoshita, mâles et femelles (G. Lewis). Préfecture
Okayama : Takahashi-Nakai, un mâle en lavant la terre (H. Coiffait, VIII-
1957).
3. Batriscenaulax Furuhatai Kubota, 1943, Trans. Kansai ent. Soc., IX,
p. 6, fig. 1 (Balrisocenus) ; type : Meguro.
Fig. 65 et 66. — Long. 1,8 mm. Aptère. Aspect des deux précédents.
Tête, antennes et pronotum comme chez modeslus. Pattes plus courtes.
Mâle. Tibias antérieurs très différents de ceux des deux espèces précé¬
dentes (fig. 66) ; la moitié distale est fortement renflée en fuseau, de sorte
que le bout distal du tibia s’amincit ; largeur du renflement égale au tiers
de la longueur du tibia. Premier tergite abdominal comme chez longipes et
modeslus.
Fig. 63 à 66. Gen. Batriscenaulax, nov., tibias antérieurs de mâles et édéages, face dorsale
( X 165). — Fig. 63 et 64. B. longipes, n. sp. de Kyoto. — Fig. 65 et 66. B. Furuhalai
Kub., de Tokyo.
Source : MNHN, Paris
60
R. JEANNEL
Édéage (fig. 66) très différent, inversé par rapport à celui des deux autres
espèces, la capsule basale tubuleuse est courte ; les deux apophyses rectilignes,
dans l’axe de la capsule. L’apophyse droite est manifestement homologue
de la gauche du longipes; elle est plus épaisse, avec le même bec apical coudé.
Apophyse gauche du Furuhalai épaisse à la base, puis infléchie vers le côté
ventral et terminée par une sorte de gouttière.
Honshc : env. de Tokyo, un mâle (E. Gallois, 1906). Le type de l’espèce
provient de Meguro, env. de Tokyo (H. Furuhata).
4. Batriscenaulax puncticollis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883,
p. 316 (Balrisus) ; ty£e : Kashiwagi (Brit. Mus.).
Long. 2 mm. Aptère. Rougeâtre, la pubescence longue. Avant-corps
délié. Tête non transverse, densement ponctuée, les tubercules antennaires
relativement saillants, la dépression intermédiaire ponctuée et étendue sur
l’épistome. Yeux saillants, un peu plus longs que les tempes qui sont légère¬
ment obliques et convexes. Massette palpaire fusiforme, assez grande.
Antennes à scape court, pédicelle allongé, aussi long que le scape et aussi
long que les articles 3 et 4 ensemble ; articles 3 à 8 tous plus longs que
larges, les 9 et 10 ovoïdes et un peu épaissis, le 11 ovoïde, plus long et plus
large que le 10. Pronotum aussi long que large, subglobuleux, ses côtés
sinués en arrière, la base étroite ; disque convexe, éparsement ponctué entre
les sillons latéraux, lisse en dehors ; sillon médian profond. Élytres courts
et convexes, superficiellement ponctués, les épaules effacées, deux fossettes
basales, la strie discale présente. Premier tergite abdominal très grand,
avec deux carénules basales longues, parallèles, espacées du tiers de la largeur
du tergite. Pattes robustes.
Mâle inconnu.
Espèce de position systématique incertaine. En l’absence de mâles, je
ne peux que la rapprocher des Batriscenaulax à cause de la ponctuation de
l’avant-corps. Mais la tête est plus longue, le pédicelle antennaire anormale¬
ment long, la forme générale plus svelte. L’écartement des carénules du
premier tergite est le même.
Honshu : Kashiwagi, sans doute dans les environs de Kôbé, une femelle
(G. Lewis, VII-1881).
19. Gen. BATRISCENELLUS, nov.
Type : Batrisus fragilis Sharp.
Subgen. Scaioscenellus, nov, ; type : similis Sharp.
Genre de la Division V, l’édéage est en forme d’urne renflée, avec
une lame distale et une pièce articulée disposée absolument comme chez les
Arthromelus africains. Mais les caractères sexuels mâles portent sur les
troisième et quatrième tergites abdominaux, comme chez les Batrisocenus
Raffr., et non sur le premier.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
61
Le genre comprend plusieurs espèces japonaises. Mais il est probable
qu’il doive en exister d’autres dans l’Indo-Malaisie, parmi les espèces classées
par Raffray dans ses groupes XX à XXVIII (1904).
Tableau des espèces du Japon
1. Edéage non inversé, la pièce articulée insérée du côté gauche.
Deuxième tergite abdominal du mâle extrêmement court dans sa
partie moyenne. Subgen. Scaioscenellus, nov.
— Edéage inversé, la pièce articulée insérée du côté droit, au dessus
d’un profond cul-de-sac de la capsule. Deuxième tergite du mâle
normal. Subgen. Batriscenellus, s. str.
Subgen. Scaioscenellus, nov.
1. Troisième tergite avec une vaste fosse transverse à marge postérieure
tuberculée. Forme générale robuste. Long. 2,2 mm.
. 1. similis Sharp.
Subgen. Batriscenellus, s. str.
1. Bord postérieur du deuxième tergite du mâle avec une frange de
poils dorés, recouvrant une fente transverse de la partie médiane du
troisième. Long. 2 mm. 2. japonicus Sharp.
— Bord postérieur du deuxième tergite des mâles sans frange de poils
dorés. 2.
2. Deuxième tergite du mâle plus long au milieu que sur les côtés ;
troisième tergite avec une étroite fosse transverse. Long. 2 mm ...
. 3. fragilis Sharp.
— Deuxième tergite du mâle pas plus long au milieu que sur les côtés;
fosse transverse du troisième tergite bien plus large et plus profonde,
son bord postérieur arqué. Long. 2 mm. 4. îallax Sharp.
Subgen. Scaioscenellus, nov.
1. Batriscenellus (Scaioscenellus) similis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London,
1883, p. 319 (Balrisus) ; type : Yokohama (Brit. Mus.).
Fig. 67. — Long. 2,2 mm. Ailé. Testacé rougeâtre luisant, la pubescence
courte. Assez robuste. Tête petite, à lobe frontal large, avec les tubercules
antennaires saillants et ponctués, le front lisse. Antennes assez longues.
Pronotum plus long que large, sa partie basale rétrécie longue, formant
presque le tiers de la longueur totale du pronotum ; disque très bombé,
lisse, avec un sillon médian. Élytres courts, aussi longs que larges, très
bombés et lisses, les épaules très effacées ; deux fossettes basales, la strie
discale présente. Abdomen à premier tergite très grand, très long, atténué
en arrière. Pattes grêles, les fémurs fusiformes, les tibias droits.
Source : MNHN, Paris
62
R. JEANNEL
Mâle. Premier tergite abdominal simple, uni ; deuxième tergite très
court, invisible au milieu : troisième tergite avec une fosse transverse très
profonde, dont la lèvre postérieure est soulevée par un tubercule médian.
Édéage (fig. 67) à capsule basale renflée, avec l’orifice basal situé à
droite et l’insertion de la pièce articulée à gauche ; l’édéage n’est donc pas
inversé. Apophyse distale atténuée en pointe, simple, inclinée vers la droite;
pièce articulée épaisse, longue, deux fois sinuée.
Comme on le voit, cet édéage est conforme au type non inversé des
Arlhromelus du sous-genre Scaiomelus ; il ressemble même beaucoup à celui
d’un A. (Scaiomelus) mondherae Raffr. (Jeannel, 1949, Mém. Mus.,
XXIX, p. 156, fig. 74). Mais la lame distale est inclinée de l’autre côté et
surtout, les caractères sexuels du mâle sont tout différents.
Honshu. Préfecture Hachiôji : mont Takao, 3 mâles dans des débris
végétaux humides ( E. Gallois, V-1908 et V-1910). Les exemplaires typiques
proviennent de Yokohama et de Oyama (G. Lewis, V-1880).
Fig. 67. Gen. Balriscenellus, nov. ; édéage ( x 120) du B. Scaioscenellus similis Sharp, du
mont Takao.
Subgen. Batriscenellus, s. str.
2. Batriscenellus (s. str.) japonicus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London,
1883, p. 318 (Batrisus) ; type : Hakone (Brit. Mus.).
Fig. 70. — Long. 2 mm. Ailé. Rougeâtre luisant, la pubescence longue.
Aspect du similis, mais plus grêle, avec les élytres moins bombés. Tête et
antennes semblables. Pronotum aussi long que large, à partie basale rétrécie
plus courte. Élytres plus longs, à épaules saillantes, deux fossettes basales
et strie discale présentes. Premier tergite abdominal semblable. Pattes grêles.
Mâle. Premier tergite simple ; deuxième tergite bien visible, son bord
postérieur muni d’une frange de poils dorés qui cache une fosse transverse
de la partie médiane du troisième tergite.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
63
Édéage (fig. 70) de même type que celui du similis mais inversé, l’orifice
basal de la capsule à gauche, l’insertion de la pièce articulée à droite, au-
dessus d’un lobe formé par le fond de la capsule basale. Lame distale en
forme de lame se présentant de champ ; pièce articulée plus ou moins épaissie
dans sa partie moyenne et terminée par une sorte de sabot.
Édéage bien différent de celui du similis, comme d’ailleurs celui des deux
espèces suivantes, du fait qu’il est inversé.
Kiushu : Nagasaki (G. Lewis). — Honshu : env. de Tokyo, nombreux
exemplaires ( E. Gallois, VI-1910) ; mont Takao, préfecture Hachiôji
[E. Gallois, VI-1910).
Kyoto. — Fig. 69. B. fallax Sharp, de Kyoto. — Fig. 70. B. japonicus Sharp, de Tokyo.
3. Batriscenellus (s. str.) fragilis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London,
1883, p. 317 (Balrisus) ; type : Yokohama (Brit. Mus.).
Fig. 68. — Long. 2 mm. Très semblable au japonicus, dont il ne diffère
que par les caractères sexuels des mâles.
Mâle : premier tergite simple ; deuxième tergite bien visible et même
plus long sur la ligne médiane que sur les côtés, son bord postérieur sans
frange de poils dorés ; troisième tergite avec une étroite fente transverse
produite par la dépression de son bord antérieur.
Édéage (fig. 68) semblable à celui du japonicus, mais avec la pièce
articulée longue, arquée, bifide à l’extrémité, sans dilatation en sabot.
Honshu : Yokohama, nombreux exemplaires (G. Lewis); Kyoto,
nombreux exemplaires (coll. Raffray) ; Niigata (G. Leu\is).
4. Batriscenellus (s. str.) fallax Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883,
p. 318 (Balrisus); type : Junsai (Brit. Mus.).
Fig. 69. — Long. 2 mm. Autre espèce très semblable au japonicus et
très étroitement apparentée au fragilis. Elle pourrait même être considérée
comme simple sous-espèce du fragilis.
Source : MNHN, Paris
64
R. JEANNEL
Mâle. Premier tergite simple ; deuxième tergite bien visible mais pas
plus long au milieu que sur les côtés ; fosse du troisième tergite bien plus
large et plus profonde.
Édéage (fig. 69) semblable à celui du fragilis sauf que la capsule est
plus petite, avec son lobe plus grand et que la pièce articulée est plus épaisse.
Honshu : Fukushima (G. Lewis); Kyoto, un mâle (coll. Rafîray).
20. Gen. ARTHROMELINUS Jeannel
Arthromelinus Jeannel, 1952, Rev. fr. d’Ent., XIX, p. 98 (sous-genre) ;
type : angulalus Raffray (Sumatra).
Genre décrit comme sous-genre d’ Arthromelus Jeann. Il me paraît
préférable aujourd’hui de lui conserver le rang de genre. L’édéage est tantôt
inversé, tantôt non inversé, mais jamais la lame distale ne présente un type
fixé comme celui des Arthromelus. Elle reste extrêmement variable.
Quant aux caractères sexuels des mâles, ils intéressent le premier
tergite abdominal, comme chez les Arthromelus et les genres Arlhromelodes
Jeann., Balriscenaulax Jeann., Pseudobalriscenus Jeann., dont il est question
ici.
1. Arthromelinus semipunctulatus Raffray, 1911, Cat. Junk, pars 27,
p. 70 ; nom. nov. pro semipunclatus Raffray, 1909, Ann. Soc.
ent. Fr., LXXVIII, p. 25, fig. 5 (Batrisocenus); type : Japon
(Mus. Paris).
Fig. 71 et 72. — Long. 2 mm. Rougeâtre luisant, la pubescence courte.
Robuste. Tête un peu transverse, ponctuée sur la partie antérieure, le lobe
frontal large, les tubercules antennaires peu saillants ; la surface intermé¬
diaire aplanie et ponctuée, s’abaissant en avant sur l’épistome. Antennes
Fig. 71 et 72. Gen. Arlhromelinus Jeann. — Fig. 71. Arrière-corps de l’A. semipunclatulus
Raflr., mâle, de Kyoto. — Fig. 72. Édéage du même, x 105.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
65
épaisses, assez courtes, le pédicelle court. Les articles 3 à 8 à peine plus
longs que larges, les 9 et 10 oblongs, peu épais, le 11 deux fois aussi grand
que le 10. Pronotum aussi long que large, rétréci à la base, le disque sillonné
avec quelques points épars de chaque côté du sillon médian. Élytres amples,
lisses, à épaules saillantes. Pattes grêles.
Mâle. Tibias antérieurs simples. Premier tergite abdominal avec une
vaste fosse médiane qui atteint presque le bord basal en avant ; la fosse est
encadrée par deux crêtes longitudinales garnies de soies. Une petite plage
ponctuée de chaque côté sur les parties latérales du tergite.
Édéage (fig. 72) à capsule basale renflée, présentant son orifice basal à
la face ventrale. Apophyse distale insérée sur le bord droit, épaisse, incurvée
et terminée par une dilatation tronquée. Pièce articulée située à gauche,
incurvée en dehors et terminée en pointe.
Cet édéage est bien différent de celui des Arlhromelinus indo-malais
par l’épaisseur de ses apophyses.
Honshu : env. de Kyoto, 2 mâles et une femelle (coll. Rafïray).
21. Gen. BATRISCENIOLA, nov.
Type : Balrisus dissimilis Sharp.
Genre de la Division V, qui en présente les caractères essentiels, mais
diffère des précédents par la répartition des caractères sexuels. Chez le mâle,
l’article 3 des antennes est renflé et le front présente deux fosses lisses trans¬
verses et symétriques. Cette structure du front du mâle évoque tout à fait
celle des Trabisus Rafîr. et genres voisins de l’Afrique (fig. 73).
D’autre part, l’espèce pour laquelle ce genre est fondé est remarquable
par sa forme robuste et son avant-corps ponctué.
L’édéage (fig. 74) ressemble assez à celui de Y Arlhromelinus semi-
punclutalus Raffr. décrit ci-dessus.
1. Batrisceniola dissimilis Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874,
p. 116 (Balrisus) ; type : Mayasama (Brit. Mus.). — 1883, 1. c.,
p. 316.
Fig. 73 et 74. — Long. 2,2 mm. Aptère. Brun rougeâtre, la pubescence
longue et assez dense. Tête transverse, densement ponctuée, les tubercules
antennaires saillants, élevés, les yeux grands, les tempes très transverses.
Antennes très épaisses, le scape court et ponctué, les articles 4 à 7 à peine
plus longs que larges. Pronotum un peu plus long que large, rétréci à la base,
le disque bombé, ponctué sur la partie médiane entre les sillons latéraux,
lisse en dehors. Élytres épais, moins longs que larges, lisses, les épaules
saillantes, surtout chez le mâle ; deux fossettes basales, la strie discale
présente. Pattes longues, les fémurs fusiformes.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVIII. 5
Source : MNHN, Paris
R. JEANNEL
Mâle. Front avec deux fosses ovales et lisses, transverses, séparées
par un tubercule médian. Article 3 des antennes renflé (fig. 73). Pas de
caractères sexuels sur les tergites abdominaux.
Édéage (fig. 74) à capsule basale chitinisée, arrondie, l’orifice basal à la
face ventrale. Lame distale prolongeant l’angle droit de la capsule, terminée
par une palette découpée ; pièce mobile grêle et coudée, portée sur une
apophyse de l’angle gauche de la capsule.
Honshu : Miyanoshita, Kobe, Mayasama (G. Lewis). Préfecture
Tokyo : Chûzenji, un mâle ( E. Gallois, VI1-1910) ; préfecture Hachiôji :
mont Takao, mâle et femelle (E. Gallois, V-1910).
Fig. 73 et 74. Gen. Batrisceniola, nov. — Fig. 73. Avant-corps du B. dissimilis Sharp,
mâle, de Chûzenji. — Fig. 74. Édéage du même, x 120.
22. Gen. PSEUDOBATRISCENUS, nov.
Type : Balrisocenus dilalatus RafTray.
Genre de la Division V. Deux fossettes basales aux élytres, les côtés du
disque du pronotum longitudinalement sillonnés. Édéage avec une pièce
articulée produite par la fusion des deux styles, comme chez Arlhromelodes.
Les caractères sexuels du mâle portent sur le premier tergite abdominal.
Mais ce genre nouveau diffère essentiellement de la plupart des autres genres
de la Division V en ce que les yeux sont situés sur les côtés de la tête et non
à la base ; il existe, en arrière des yeux, des tempes convexes, comme chez
les Balrisodes.
1. Pseudobatriscenus dilatatus Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr., LXXVIII,
p. 25, fig. 6 ; type : Japon? (Mus. Paris).
Fig. 75 et 76. — Long. 2,4 mm. Ailé. Rougeâtre luisant, la pubescence
courte. Avant-corps grêle, délié ; arrière-corps renflé, les membres longs.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
67
Tête arrondie, non transverse, le front très bombé et lisse, le lobe frontal
peu saillant, formant un bandeau ponctué en avant d’un sillon transverse,
les tubercules antennaires peu élevés. Yeux grands, aussi longs que les
tempes qui sont convexes. Massette palpaire fusiforme. Antennes assez
longues et peu épaisses. Pronotum à peine plus long que large, très rétréci
à la base, la portion rétrécie formant environ le tiers de la longueur totale ;
disque lisse, peu bombé, sillonné sur la ligne médiane. Élytres larges, très
bombés et lisses, aussi longs que larges, les épaules saillantes, les côtés
renflés ; deux fossettes basales, la strie discale présente. Abdomen relative¬
ment court. Pattes longues, les fémurs fusiformes, les tibias postérieurs
droits, sans éperon.
Mâle. Premier tergite abdominal dilaté latéralement dans sa partie
antérieure, avec une dépression centrale formée par trois fosses arrondies
et profondes, la dilatation latérale avec une vaste aire ponctuée, plane.
Fig. 75 et 76. Gen. Pseudobalriscenus, nov. — Fig. 75. Arrière-corps du B. dilalalus Railr.,
mâle, de Kyoto. — Fig. 76. Édéage du même, x 165.
Édéage (fig. 76) de même type que celui de YArlhromelodes Carièi
Jeann., du Tonkin (1957, Rev. fr. d’Enl., XXIV, p. 16, fig. 11), la capsule
basale en forme de cornet, avec une pièce articulée insérée sur l’extrémité
du cornet et visiblement formée par la coalescence de deux styles.
Espèce remarquable par son faciès tenant à la gracilité de l’avant-corps
en opposition avec l’épaisseur de l’arrière-corps. La position des yeux sur
les côtés de la tête le distingue de tous les genres japonais de la Division V.
Parmi les espèces indo-malaises, le Balrisocenus bifascialus Raffr., de l’Inde,
présente un peu la même forme de la tête et des caractères sexuels analogues
mais avec un édéage si différent qu’il faudra créer pour cette espèce un genre
nouveau.
Cet isolement du Pseudobalriscenus dilalalus par rapport aux espèces
japonaises des genres énumérés ci-dessus corrobore le doute exprimé par
Source : MNHN, Paris
R. JEANNEL
Raffray sur la provenance du type. Raffray l’a reçu comme provenant
du Yunnan, mais avec une quantité d’autres Psélaphides assurément
japonais. Il reste donc possible que ce P. dilatalus doive être éliminé de la
faune du Japon.
IV. Subfam. BYTHINITAE Jeannel
Bryaxitae Jeannel, 1955, Mém. Mus., 2 vol., IX, p. 8.
J’exposerai les raisons de ce changement de nom dans une Révision
des Psélaphides de l’Afrique intertropicale, qui doit paraître incessamment
dans les Annales du Musée du Congo Belge .11 découle de la validité reconnue
du Bryaxis Schneideri Kugelan. Le nom de genre Bryaxis Kugelan 1794
doit être substitué à celui d ’ Arcopagus Leach ; mais le nom de genre Bylhisius
Leach, 1817 reste valable pour les quelques espèces auprès du securiger
Reichb, de sorte que la tr.bu Bylhinini doit garder son nom et que la
sous-famille doit prendre celui de Bylhinitae.
Trib. Tanypleurini Jeannel
J’ai créé cette tribu en 1949 [Mém. Mus., XXIX, p. 79) etl’ai ultérieure¬
ment divisée en deux sous-tribus: les Globina (avec les Globa Raffr. sud-
américains et les Globosulus Jeann., africains) formant une lignée africano-
brésilienne, et d’autre part les Tanypleurina s. str., qui sont une lignée
gondwanienne orientale (1950, Ann. Mus. Congo Belge, sér. in-8°, Zool.,
2, p. 53).
Comme on va le voir, la sous-tribu des Tanypleurina, représentée en
Afrique par le genre Anchenolropis Raffr. et dans la région indo-malaise
principalement par le genre Tanypleurus Raffr., a donné au Japon une série
de genres endémiques dont certains sont cavernicoles.
Les Tanypleurini appartiennent à la section des Bythinomorphes,
c’est-à-dire que leur premier sternite abdominal n’est pas résorbé mais est
soudé au deuxième. Les antennes ont un scape court, les palpes sont de
structure normale, c’est-à-dire avec la massette courte et fusiforme. Le
pronotum présente un sillon pré-basal mais n’a pas de fovéole basale, sauf
parfois une très petite fossette. Les élytres ont deux fossettes basales lors¬
qu’ils n’en sont pas dépourvus.
Édéage toujours hyalin, les styles plus ou moins dissemblables. Sac
interne avec des pièces copulatrices.
Les genres actuellement connus du Japon se distinguent de la façon
suivante.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
Tableau des genres du Japon
1. Palpes maxillaires très allongés, l’intermédiaire fusiforme, presque
aussi long que la massette. Antennes longues, à dernier article muni
d’un tubercule chez le mâle. Carénules basales du premier tergite
abdominal très rapprochées. 23. Gen. Triomicrus Sharp.
— Palpes maxillaires courts, à intermédiaire court. Carénules basales
du premier sternite très écartées, distantes au moins du tiers ou de
la moitié de la largeur du tergite. 2.
2. Petits et courts. Pronotum transverse, peu rétréci à la base. Mâles
avec une dent aiguë saillante sur le bord antérieur des tubercules
antennaires, leur scape antennaire dilaté. 24. Gen. Morana Sharp.
— Plus grands. Pronotum plus étroit et bien rétréci à la base. Mâles
avec les tubercules antennaires non dentés et le scape antennaire
toujours court et simple. 3.
3. Carénules basales espacées du tiers de la largeur du tergite. Mâles à
front simple, mais avec l’article 5 des antennes très renflé et muni
de crêtes tranchantes (Formose). [Gen. Prosthecarttron Raffr.]
— Carénules basales espacées au moins de la moitié de la largeur du
tergite. Mâles avec des caractères sexuels sur le front. 4.
4. Antennes du mâle coudées après l’article 4 qui est un peu renflé.
Front du mâle avec deux excavations séparées par une crête médiane.
Déprimé, le pronotum un peu transverse.... 25. Gen. Takaorites, nov.
— Antennes du mâle avec l’article 3 très renflé. Front du mâle avec une
grande saillie triangulaire ponctuée, saillante en avant des antennes.
Pubescence très longue et dressée. Pronotum plus long que large.
Cavernicole. 26. Gen. Bythonesiotes, nov.
— Antennes des mâles simples. Front des mâles largement transverse,
avec une large plaque ponctuée de chaque côté. Pubescence longue,
Pronotum aussi long que large. Endogés ou cavernicoles.
. 27. Gen. Nipponobythus, nov.
23. Gen. TRIOMICRUS Sharp
Triomicrus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 325 ; type :
simplex Sharp. — Raffray, 1904, Ann. Soc. ent. Fr., LXXIII,
p. 217.
Genre bien tranché, que Sharp rapprochait des Tychus à cause de la
forme des palpes, mais que Raffray avait placé parmi ses Brachyglutini.
L’aspect extérieur des espèces est pourtant tout à fait celui des Tanypleurus.
Mais, comme chez les Rybaxis, les élytres présentent une forte strie sur la
partie latérale.
Source : MNHN, Paris
70
R. JEANNEL
Les mâles ne diffèrent guère des femelles que par l’allongement du
dernier article des antennes qui porte chez eux un petit tubercule arrondi
(fig. 77 et 78).
Édéage vésiculeux, hyalin, avec deux styles inégaux, achètes.
Le genre occupe la Chine et le Japon.
Tableau des espèces du Japon
1. Avant-corps lisse. 2.
— Avant-corps densement et fortement ponctué. Élytres à épaules
effacées. Pattes relativement courtes. 3.
2. Grêle, délié, les antennes et les pattes très longues, les fémurs posté¬
rieurs dépassant le niveau du sommet de l’abdomen. Élytres à épaules
effacées. Long. 2,2 mm. 1. sublaevis Raffr.
— Épais, trapu, les antennes et les pattes courtes, les épaules des
élytres saillantes. Long. 2 mm. 2. simplex Sharp.
3. Plus grêle et allongé. Ponctuation du pronotum moins dense, avec
des espaces lisses entre les points. Élytres plus longs que larges. Caré-
nules basales du premier tergite espacées du quart de la largeur du
disque. Long. 2 mm. 3. protervus Sharp.
— Court et trapu. Ponctuation du pronotum plus serrée. Élytres pas
plus longs que larges. Carénules basales du premier tergite plus
rapprochées l’une de l’autre. Long. 1,8 mm. 4. Galloisi, n. sp.
1. Triomicrus sublaevis Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr., LXXVIII,
p. 31 ; type : Tokyo (Mus. Paris).
Fig. 78 et 79. — Long. 2,2 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubescence
fine et longue, doublée sur les élytres et l’abdomen par de longues soies
dressées. Délié, entièrement lisse, les membres très longs. Antennes longues
et robustes, les articles moyens plus longs que larges. Pronotum aussi long
que large, très convexe, la fovéole basale presque nulle. Élytres plus longs
que larges, à épaules très peu saillantes. Carénules basales du premier tergite
espacées du quart de la largeur du disque du tergite. Pattes très longues,
les fémurs postérieurs dépassant amplement le sommet de l’abdomen.
Édéage (fig. 79) large, ovale, à paroi hyaline et transparente. Sac
interne avec une double chaîne de dents et, de plus, deux dents dans la partie
apicale. Styles très inégaux, le droit bien plus long que le gauche, tous
deux achètes.
Honshu : Tokyo et Kyoto, 3 exemplaires sous le nom in litt. de longipes
(J. Harmand, in coll. Raffray). Préfecture Karuïzawa : Kumanotaïra, un
mâle et plusieurs femelles (E. Gallois, VI-1911).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
71
2. Triomicrus simplex Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 326 ;
type : Niigata (Brit. Mus.).
Fig. 77. — Long. 2 mm. Testacé rougeâtre, la pubescence longue avec
des soies dressées sur l’abdomen. Entièrement lisse. Pronotum un peu moins
long que large. Élytres moins longs que larges, épais, à épaules saillantes mais
arrondies, leur surface à ponctuation aciculée très fine et éparse. Premier
tergite abdominal avec une petite fossette arrondie et profonde sur le milieu
du bord basal, sans carénules. Pattes courtes et épaisses.
Fig. 77 à 79. Gen. Triomicrus Sharp. — Fig. 77. T. simplex Sharp, femelle, de Katsura,
x 28. — Fig. 78. T. sublaevis Ftaffr., mâle, de Tokyo, x 26. — Fig. 79. Édéage du
T. sublaeris Raffr., de Tokyo, x 120.
Mâle. Dernier article des antennes plus allongé que chez la femelle,
plus de deux fois aussi long que large. Trochanters intermédiaires avec une
courte saillie tronquée.
Honshu, Niigata, quelques exemplaires (G. Lewis, IX-1881). —
Shikuku. Préfecture Kochi : plage de Katsura, une femelle en lavant la
terre [H. Coiffait, VIII-1957).
3. Triomicrus protervus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 121
(Bryaxis) ; type : Kobé (Brit. Mus.). — 1883,1. c., p. 326.
Long. 2 mm. Aptère. Rougeâtre foncé, les élytres plus clairs, les palpes
testacés. Avant-corps ponctué. Tête allongée, les antennes épaisses, à articles
moyens à peine plus longs que larges, l’article 10 plus long que large chez
Source : MNHN, Paris
72
R. JEANNEL
la femelle. Pronotum aussi long que large, sa ponctuation forte mais peu
serrée, laissant des espaces lisses entre les points. Élytres plus longs que
larges, à épaules effacées. Carénules basales du premier tergite fines et longues,
parallèles, espacées du quart de la largeur du disque du tergite et encadrant
une houppe de poils. Pattes grêles, courtes, les fémurs postérieurs ne dépas¬
sant pas l’extrémité de l’abdomen.
Mâle inconnu.
Kiushu : Nagasaki, une femelle (G. Lewis, in coll. RafTray). — Honshu :
Kobé, 2 femelles (G. Lewis).
4. Triomicrus Galloisi, n. sp. ; type : Kumanotaïra (Mus. Paris).
Long. 1,8 mm. Aptère. Brun rougeâtre foncé, la pubescence longue.
Court et trapu, l’avant-corps ponctué. Tête comme chez le précédent, les
antennes semblables, mais avec l’article 10 de la femelle plus court, aussi
long que large. Pronotum un peu moins long que large, plus bombé, à ponc¬
tuation plus forte et plus serrée, quoique les points restent encore séparés
par des espaces lisses. Élytres courts, pas plus longs que larges. Carénules
basales du premier tergite plus rapprochées l’une de l’autre, distantes à peine
du cinquième de la largeur du disque du tergite. Pattes un peu plus longues
que chez protervus.
Mâle inconnu.
Honshu. Prélecture Karuïzawa : Kumanotaïra, une femelle ( E. Gallois,
VI-1911).
24. Gen. MORANA Sharp
Morana Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 117 ; type : discedens
Sharp. — 1883, 1. c., p. 321.
Sharp avait placé ce genre près de ses Batrisus. En réalité il appartient
à la tribu des Tanypleurini et paraît très voisin de Bylhinophanax Reitt.
(type : bicornis Reitt.) dont les quelques espèces occupent Sumatra et
Bornéo. Le B. bicornis a l’avant-corps ponctué et est plus petit que le
M. discedens dont l’avant-corps est lisse. Malgré cette différence, les caractères
céphaliques sont à peu près les mêmes.
Je ne connais pas l’édéage des Bylhinophanax. Ses caractères montreront
s’il convient ou non de réunir ce genre à celui du Japon.
1. Morana discedens Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 118;
type : Nagasaki (Brit. Mus.). — 1883, 1. c., p. 321. — Kubota,
1949, Trans. Kansai ent. Soc., IX, p. 6.
Fig. 80 et 81.
Édéage (fig. 81) à capsule basale hyaline et transparente, étroite et
allongée, avec l’orifice apical asymétrique incliné vers la droite. Sac interne
avec une pièce allongée unique, flanquée de deux petits sclérites à la base.
Un seul style à droite, long et très effilé, sans soies.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
73
Kiushu : Nagasaki (G. Lewis). — Honshu : Yokohama (H. Inoué).
Préfecture Kanagawa : Odawara (M. Kubola). Préfecture Okayama :
Niimi et Takahashi-Nakai, plusieurs exemplaires en lavant la terre
(H. Coiffait, VII-1957). — Shikuku. Préfecture Kochi : Tosayama-Mura et
Ino-cho Kawauchi, quelques exemplaires en lavant la terre (H. Coiffait,
VIII-1957).
Fig. 80 et 81. Gen. Morana Sharp. — Fig. 80. M. discedens Sharp, mâle, de Tosayama-
Mura, x 30. — Fig. 81. Édéage, x 240.
25. Gen. TAKAORITES, nov.
Type : torlicornis, n. sp.
Genre voisin de Prosthecarlhron Raffray, de Formose. Takaorites est
plus large, plus déprimé, et présente des caractères sexuels sur le front,
alors qu’il n’en existe pas chez le genre de Formose.
Assez large, trapu. Tête volumineuse, à tubercules antennaires très peu
saillants, les yeux petits, les fossettes ocellaires du front au niveau de l’œil,
le bord occipital fovéolé. Palpes courts, la massette fusiforme et courte.
Antennes relativement grêles et longues. Pronotum un peu transverse,
rétréci à la base, le disque convexe, uni, sans sillons ni fossettes, la base
finement rebordée. Élytres amples, à épaules saillantes ; deux grandes
fossettes basales, la strie suturale présente, la discale écourtée. Premier
tergite abdominal plus long que le deuxième, très convexe, rebordé sur toute
sa longueur, les carénules basales très écartées. Pattes courtes.
Mâle : partie antérieure du front avec deux excavations séparées par
Source : MNHN, Paris
74
R. JEANNEL
une crête médiane. Antennes coudées après l’article 4 qui est un peu plus gros
que ses voisins.
Édéage (fig. 83) très allongé, hyalin ; la partie distale de la capsule
s’atténue en un fin goulot qui porte deux expansions ciliées, symétriques,
probablement exsertiles. Deux grandes pièces dans le sac interne. Styles
accolés au goulot de la capsule, lamelleux, à bord externe crénelé et avec
trois grandes soies dirigées en dehors au sommet.
Chez le Prosthecarthron Sauteri Raffr., de Formose, le front du mâle
ne porte pas de caractères sexuels, les antennes ont leur article 5 (et non
le 4) fortement dilaté et muni de crêtes tranchantes ; d’autre part les caré-
nules du premier tergite sont bien moins écartées (seulement du tiers de la
largeur du tergite). Quant à l’édéage du Prosthecarthron, il est à peu près de
même type (fig. 84). Mais les styles sont soudés sur la ligne médiane et il
n’existe pas de pièces dans le sac interne. Peut-être existe-t-il aussi des
expansions ciliées exsertiles.
Fig. 82 et 83. Gen. Takaorites, nov. — Fig. 82. T. lorticornis, n. sp., mâle, du mont Takao,
X 30. — Fig. 83. Édéage, x 165.
Fig. 84. Gen. Prosthecarthron Raffr. ; édéage du P. Sauteri Raffr., de Formose.
1. Takaorites torticomis, n. sp. ; type : mont Takao (Mus. Paris).
Fig. 82 et 83. — Long. 1,6 mm. Brachyptère. Testacé rougeâtre luisant,
la pubescence assez longue et rare. Large et peu convexe. Tête volumineuse
déprimée, le front du mâle avec deux excavations antérieures, séparées par
une crête médiane ; yeux petits, bien plus courts que les tempes qui sont
convexes. Antennes longues, mais épaisses, un peu moniliformes, avec la
massue peu tranchée, l’article 4 plus gros que ses voisins, l’antenne coudée
après lui, les articles 5 à 10 un peu transverses, le 11 ovoïde court. Pronotum
Source : MNHN, Paris
REVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
75
un peu moins long que large, à bosses latérales arrondies, saillantes avant le
milieu, les côtés à peine sinués ; disque uni, sans sillons ni fossettes sauf une
vague trace de fovéole basale. Élytres amples, déprimés, à épaules arrondies ;
deux fossettes basales. Premier tergite abdominal aplani, ses carénules
basales distantes de plus de la moitié de la largeur du disque. Pattes courtes
et grêles, les tibias postérieurs très arqués, sans éperons.
Femelle inconnue.
Édéage, fig. 83.
Honshu. Préfecture Hachiôji : mont Takao, un mâle ( E. Gallois,
V-1908).
26. Gen. BYTHONESIOTES, nov.
Type : Coiffaiti, n. sp.
La découverte de ce genre et du suivant, Nipponobythus, est une des
plus remarquables faite par H. Coiffait dans les grottes du Japon. Il s’agit
en effet de types tout nouveaux de Coléoptères troglobres d’un groupe
systématique qui n’était jusqu’ici connu que de la faune épigée. Comme on
va le voir les caractères sexuels mâles de ces deux genres sont remarquables.
Les deux genres Bylhonesiotes et Nipponobylhus appartiennent assuré¬
ment à la tribu des Tanypleurini et le genre Takaorites qui vient d’être
décrit est précisément celui qui les relie aux autres représentants de la tribu.
Il reste chez eux un premier sternite abdominal encore individualisé quoique
soudé au deuxieme (Bythinomorphes) et leurs palpes maxillaires sont du
type . ègulier chez tous les Tanypleurini.
Les Bylhonesioles présentent les caractères suivants :
Testacés rougeâtres, sans ponctuation, la pubescence très longue et
fournie, dressée. Tête très volumineuse, plus large que le pronotum, aplanie,
à tempes très développées et carénées, le bord antérieur du front prolongé
en avant des antennes ; pas de tubercules antennaires. Yeux ponctiformes
chez le mâle, absents et remplacés par un denticule chez la femelle. Palpes
maxillaires petits, la massette légèrement sécuriforme, étroite, à sommet
mousse. Antennes grêles, la massue peu développée, de deux articles, le
dernier bien plus grand que le 10. Pronotum relativement petit, nettement
plus long que large, sans bosses latérales, le disque uni, convexe, sans sillons
ni fossette, sauf une trace de la fovéole basale (comme chez le Takaoriles).
Élytres courts, à épaules effacées ; deux fossettes basales, la strie suturale
présente, pas de strie discale. Premier tergite large et peu convexe, plus
long que le deuxième, ses bords parallèles et rebordés ; carénules basales
distantes de près de la moitié de la largeur du disque. Pattes très grêles.
Mâle : prolongement antérieur du front triangulaire, allongé, presque
plan et rugueusement ponctué. Antennes hérissées de longues soies dressées,
le troisième article renflé, le pédicelle par contre court.
Source : MNHN, Paris
76
R. JEANNEL
Femelle : prolongement antérieur du front court et lisse. Antennes à
pédicelle allongé et troisième article aussi long que le pédicelle mais non
renflé ; pubescence de l’antenne normale, peu longue.
Édéage (fîg. 87) à capsule basale vesiculeuse et hyaline, le sac interne
avec plusieurs dents arquées et entrecroisées. Styles très grêles, hyalins,
semblables et à soies nombreuses. Orifice apical de la capsule largement
ouvert, son bord dorsal longuement cilié sur toute sa largeur.
Les espèces, au moins au nombre de deux, sont troglobies.
1. Bythonesiotes Coiîîaiti, n. sp. ; type : grotte Nakao-dô (Mus. Paris).
Fig. 85 et 87. — Long. 2 mm. Aptère. Pubescence très longue et dressée.
Tête grande et déprimée, avec des sillons frontaux peu profonds, parallèles,
aboutissant en arrière à deux fossettes ocellaires lisses. Pronotum à base
aussi large que le bord antérieur. Élytres un peu plus longs chez le mâle
que chez la femelle.
Mâle (fig. 85) : prolongement antérieur ponctué du front aussi long que
large à la base qui porte une petite tubérosité médiane. Antennes à pédicelle
globuleux, petit, article 3 renflé, mais plus long que large, à surface grenue ;
article 4 globuleux, à surface grenue, articles 5 à 9 globuleux mais plus petits
que le 4 et lisses, bien déliés ; article 10 en toupie, aussi long que large, bien
plus gros que le 9, article 11 un peu plus épais que le 10.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
77
Femelle : prolongement antérieur du front court et lisse, sans
tubercule médian à la base. Antennes grêles, le scape un peu plus long que
chez le mâle, le pédicelle deux fois aussi long que large, l’article 3 plus long
que le pédicelle et presque deux fois plus long que l’article 4, les articles 5 à
7 allongés comme le 4, le 8 très petit et globuleux, le 9 et le 10 aussi longs que
larges et croissant de grosseur.
Édéage (fig. 87) épais et hyalin. Sac interne avec trois grandes épines
recourbées et entrecroisées. Styles avec un petit épaulement externe portant
une soie et avec son extrémité armée de 4 soies.
Honshu, extrémité méridionale. Préfecture Yamagushi : grotte Nakao-
dô, à Akiyoshi, un mâle et une femelle (H. Coiffait, VIII-1957).
2. Bythonesiotes longicomis, n. sp. ; type : grotte Saruta-dô (Mus. Paris).
Fig. 86. — Long. 2,5 mm. Femelle de même apparence que celle du
B. Coiffaili, mais plus grande, avec les antennes plus longues ; l’article 4
plus long que la moitié du 3, à peu près une fois et demie aussi long que
large, les articles 5 à 7 comme le 4, le 8 et le 9 un peu plus longs que larges.
Mâle inconnu.
Shikuku. Préfecture Kochi : grotte Saruta-dô, à Kusaka, une femelle
(H. Coiffait, VIIÏ-1957).
Dans la même grotte ont été trouvés aussi d’autres Psélaphides : Speo-
batrisodes punclaliceps, n. sp. et Nipponobythus plagialus, décrit ci-après.
27. Gen. NIPPONOBYTHUS, nov.
Type : syrbatoides, n. sp.
Autre genre des Tanypteurini très remarquable et peuplant le domaine
souterrain au Japon. On retrouve chez lui les caractères généraux des Bytho-
nesioles, mais avec des caractères sexuels très différents.
Pubescence dorée assez longue mais couchée. Tête volumineuse, trans¬
verse, plus large que le pronotum, sans tubercules antennaires, le bord
antérieur du front prolongé en avant des antennes, la partie antérieure du
front rugueusement ponctuée. Yeux très petits, ponctiformes dans les deux
sexes, les tempes convexes, non carénées. Palpes petits, la massette comme
chez les Bythonesiotes. Antennes simples, à scape court. Pronotum petit,
moins long que large, à bosses latérales à peine saillantes et base rétrécie,
le disque uni, sans sillons ni fossettes sauf une trace de la fovéole basale.
Élytres courts, convexes, à épaules effacées ; deux fossettes basales, la strie
suturale présente, pas de strie discale. Premier tergite abdominal grand,
rebordé latéralement, ses carénules basales espacées de plus de la moitié
de la largeur du disque. Pattes grêles, les tibias postérieurs arqués, sans éperons.
Les caractères sexuels des mâles portent sur le front, et non sur les
antennes.
Source : MNHN, Paris
78
R. JEANNEL
Édéage (fig. 92) membraneux et très fragile, bien différent de celui des
Bythonesioles par la réduction des styles, ne portant qu’une soie, et par
l’armature du sac interne réduite à un unique stylet.
Les espèces sont endogées ou cavernicoles.
Tableau des espèces
1. Antennes fines, les articles 4 à 6 près de deux fois aussi longs que
larges. Tête du mâle peu transverse, le front ponctué jusque sur sa
partie postérieure. Plus grêle. Long. 1,9 mm. 1. plagiatus, n. sp.
— Antennes épaisses, les articles 4 à 6 à peine plus longs que larges.
Partie postérieure du front lisse. 2.
2. Antennes à article 10 transverse et article 11 moins de deux fois aussi
long que large. Tête du mâle hypertrophiée, très transverse, avec
deux vastes excavations médianes séparées par une crête médiane et
deux grandes plaques ponctuées sur les côtés. Long. 2,1 mm.
. 2. syrbatoides, n. sp.
— Antennes à article 10 globuleux, aussi long que large, et article 11
deux fois aussi long que large. Mâle inconnu. Long. 2,1 mm.
. 3. latiîrons, n. sp.
1. Nipponobythus plagiatus, n. sp. ; type : grotte Saruta-dô (Mus. Paris).
Fig. 88 et 89. — Long. 1,9 mm. Aptère. Testacé rougeâtre luisant,
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
79
la pubescence relativement courte. Tête volumineuse, mais guère plus large
que le pronotum, le front ponctué sur toute sa surface quoique moins dense-
ment en arrière ; yeux petits, bien plus courts que les tempes. Antennes
longues et grêles, fines, semblables dans les deux sexes : scape court, pédicelle
allongé, presque aussi long que le scape ; article 3 un peu plus court que le
scape, deux fois aussi long que large et plus long que le 4 ; articles 4 à 6 près
de deux fois plus longs que larges, les 7 et 8 petits et courts, le 9 un peu plus
long que large, le 10 globuleux, le 11 allongé, plus épais que le 10 ; massue
très peu renflée, les articles déliés. Pronotum aussi long que large, bien
rétréci à la base. Élytres courts.
Mâle : front avec deux excavations séparées par une crête médiane,
ces excavations n’occupant que la partie antérieure, préoculaire; la partie
postérieure du front ponctuée. Latéralement, se trouve une facette ponc¬
tuée arrond e au dessus des yeux.
Femelle : tête un peu moins large, plus arrondie, le front sans excavations
mais déprimé, concave, densement ponctué.
Édéage (fig. 89) sans doute de même structure que celui du syrbatoides.
Il a malheureusement été détruit pendant l’extraction. On constate cepen¬
dant la présence d’une grande épine dans le sac interne et de deux petites
soies sur le sommet des styles.
Shikuku. Préfecture Kochi : grotte Saruta-dô, à Kusaka, mâle et
femelle (H. Coiffait, VIII-1957).
Dans la même grotte vivent encore Speobatrisodes punclaliceps, n. sp.
et Bythonesiotes longicornis Jeann.
2. Nipponobythus syrbatoides, n. sp. ; type : Mizuho-chô (Mus. Paris).
Fig. 91 et 92. — Long. 2,1 mm. Aptère. Brun rougeâtre foncé, la
pubescence assez longue et couchée. Tête lisse sur la partie postérieure du
front. Antennes robustes, le scape court, le pédicelle oblong mais pas deux
fois aussi long que large, les articles 3 à 6 à peine plus longs que larges, les
7 et 8 globuleux, les 9 et 10 transverses, le 11 moins de deux fois aussi long
que large. Pronotum petit, court mais non transverse. Élytres peu convexes.
Pattes plus robustes que chez plagiatus.
Femelle inconnue.
Mâle : tête avec un développement hypertélique comparable à celui de
certains Syrbalus de l’Afrique intertropicale. Bien plus large que long,
le front déborde latéralement les yeux qui ne sont plus visibles de haut!
il présente deux vastes excavations lisses, séparées par une crête médiane
et intéressant la partie postérieure ; de chaque côté, les protubérances
latérales portent une plaque ponctuée arrondie.
Édéage (fig. 92) en forme d’urne membraneuse et très fragile, laissant
voir par transparence un long stylet. L’orifice apical de l’exemplaire examiné
était rempli par un sac interne évaginé, bourré d’une matière opaque (sperma-
Source : MNHN, Paris
R. JEANNEL
tozoïdes?) masquant les styles dont l’extrémité obtuse porte une petite soie.
Honshu. Préfecture Kyoto : Mizuho-chô, un mâle en lavant la terre
[N. Coiffait, VI1-1957).
Fig. 91 et 92. Gen. Nipponobylhus, nov. — Fig. 91. N. syrbatoides, n. sp., mâle, de Mizuho-
chô, X 28. — Fig. 92. Édéage, x 100.
3. Nipponobythus latiïrons, n. sp. ; type : Tasuyama-Mura (Mus. Paris).
Fig. 90. — Long. 2,1 mm. Même coloration foncée et pubescence que
chez le précédent. Tête de la femelle grande et triangulaire, plus large que
le pronotum, le front densément ponctué, plan, avec un prolongement en
avant de l’insertion des antennes ; yeux petits, visibles de haut. Antennes
robustes, comme celles du syrbatoides, mais différant par la forme des derniers
articles, le 10 globuleux, non transverse, le 11 deux fois aussi long que large.
Pronotum plus large que celui du syrbatoides, un peu transverse. Pattes
plus courtes.
Mâle inconnu.
Shikuku. Préfecture Kochi : Tasuyama-Mura, deux femelles en lavant
la terre (H. Coiffait, VIII-1957).
Je ne crois pas que ces deux femelles puissent être celles du syrbatoides.
Les différences de structure de la massue antennaire ne sont pas des carac¬
tères sexuels et d’autre part, la localité où elles ont été trouvées se trouve
dans une autre île que celle du syrbatoides.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
81
Trib. Acetaliini, nov.
Cette tribu nouvelle est créée pour une espèce du Japon décrite par
D. Sharp sous le nom d ’Acelalius dubius, sans que le célèbre entomologiste
anglais ait pu se prononcer sur ses affinités réelles. L’examen du type me
décide à fonder une tribu spéciale pour ce curieux insecte.
Les trochanters sont courts (brachyscélide) et les cavités coxales posté¬
rieures sont séparées par une apophyse du premier sternite abdominal.
L’édéage est inconnu, de sorte qu’on pourrait hésiter entre les deux sous-
familles Balrisitae et Bylhinitae. Mais le fait que le scape antennaire n’a pas
de dent distale et que le premier sternite abdominal est entier, quoique soudé
au deuxième sternite, montre bien que l’insecte se place dans la sous-famille
des Bylhinilae, section des Bythinomorphi (Jeannel, 1955, Mém. Mus.,
Zool., IX, p. 6 et 8).
Fig. 93 et 94. Gen. Acelalius Sharp. — Fig. 93. A. dubius Sharp, femelle, de Nagasaki,
X 52. — Fig. 94. Face ventrale de l’arrière-corps.
Dans cette section des Bylhinomorphi, la tribu nouvelle se distingue
surtout des autres tribus par la structure abdominale. Il n’existe en effet
que trois stemites (fig. 94) : un grand sternite formé par la soudure du premier
au deuxième, celui-ci très développé, et un troisième sternite, articulé,
court et échancré.
A ce caractère abdominal s’ajoutent des conformations insolites des
antennes, de la tête et du pronotum : le cou est particulièrement épais, le
dernier article des antennes se termine par un lobule entouré d’une couronne
de soies ; la fovéole basale du pronotum est divisée en deux portions séparées
par une carène médiane saillante.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVIII. 6
Source : MNHN, Paris
82 R. JEANNEL
Les tarses, avec un seul ongle et une soie paronguéale, sont du type
habituel chez les Bylhinitae de la section des Bylhinomorphi.
Ajoutons enfin que la brièveté des palpes semble rapprocher davantage
la tribu nouvelle de celle des Tanypleurini.
28. Gen. ACETALIUS Sharp
Acelalius Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 322 ; type : dubius
Sharp.
Petite taille. Tête épaisse, à cou très épais, nullement délié, et lobe
frontal large, presque aussi long que la partie post-oculaire de la tête :
yeux petits, fossettes ocellaires situées en avant des yeux, à la base du lobe
frontal. Palpes très petits, la massette courte, ovalaire. Antennes assez
longues, le scape très petit, le pédicelle oblong, les articles du 3 au 10
croissant peu à peu de largeur, article 11 très grand, avec une couronne suba¬
picale de soies au milieu de laquelle se détache un lobule formé par la pointe de
l’article. Pronotum plus long que large, un peu dolioliforme, le disque lisse,
la fovéole basale dédoublée par une carène médiane, les fossettes latérales
grandes. Élytres avec deux fossettes basales, la strie discale fine et écourtée.
Abdomen de structure très anormale. Sa face dorsale est formée par
un premier tergite très grand, s’élargissant en arrière, avec les côtés surmontés
par une très courte carénule à la base. Les tergites 2 à 5 sont très courts et
tous placés dans un plan frontal. Enfin la face ventrale de l’abdomen est
constituée par les deux premiers sternites soudés et formant une vaste
plaque aussi longue que le grand sternite dorsal, et un troisième sternite
court et échancré, l’échancrure recevant la saillie du cinquième tergite chez
la femelle.
Mélasternum très développé, les cavités coxales intermédiaires
confluentes, les cavités coxales postérieures peu distantes, séparées par une
apophyse du premier sternite surmontée d’une petite saillie losangique.
Pattes courtes.
Mâle inconnu.
1. Acetalius dubius Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 322;
type : Suwa Temple (Brit. Mus.).
Fig. 93 et 94. — Long. 1,5 mm. Aptère. Testacé rougeâtre luisant, la
pubescence longue et rare. Tête nettement plus longue que large le lobe
frontal légèrement déprimé, ponctué sur les bourrelets latéraux ; front
convexe et lisse, les deux fossettes ocellaires très en avant. Yeux aussi
longs que les tempes qui sont convexes. Pronotum bien plus long que large,
sa moitié antérieure convexe et lisse, la moitié postérieure déprimée. Élytres
plus longs que larges, bombés, atténués en avant, les épaules tout à fait
effacées. Premier tergite moins long que large, avec deux carénules basales
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
83
espacées environ du tiers de la largeur du tergite. Pattes courtes, les fémurs
fusiformes, les tibias intermédiaires et postérieurs droits et fortement
épaissis dans la partie distale, les tarses longs, à deuxième article plus long
que le troisième ; un seul ongle bien développé.
Kiushu : Suwa Temple, à Nagasaki, une femelle sous des feuilles mortes
(G. Lewis, IV-1881).
Trib. Bythinini Rafïray
Les insectes de ce groupe paraissent devoir être nombreux au Japon.
Mais la plupart des espèces sont endogées et n’ont pas été récoltées jusqu’à
présent. Cela explique le grand nombre de formes nouvelles découvertes
par Coiffait par des lavages de terre.
Subtr. Machaeritina Jeann.
Jeannel, 1950, Fne Fr., 53, Pselaph., p. 168.
Ce groupe de Psélaphides n’était jusqu’ici connu que par une série de
genres méditerranéens (Europe et Amérique du Nord), tous endogés ou
cavernicoles. Il en existe au Japon un genre, dont les affinités sont incertaines.
Certainement pas allié au Pselaptricus Brendel nord-américain, il paraît
plutôt se rattacher à la lignée des Machaeriles des grottes Slovènes. Mais
alors que ceux-ci sont anophtalmes, le genre japonais est encore oculé.
29. Gen. BYTHOXENITES, nov.
Type : Machaerites (Bylhoxenus) japonica Yoshida et Nomura.
Aspect général du Machaeriles spelaeus L. Miller, mais avec des yeux
encore visibles quoique très petits, le front rugueusement ponctué, les
élytres proportionnellement très longs. Palpes à pédoncule et intermédiaire
tuberculés, la massette très grande, plus longue que la tête, de même forme
que chez le Bylhoxenus sublerraneus Motsch. (Jeannel, 1954, Noies Biospeol.,
IX, p. 8, fig. 1). Pattes plus courtes que chez les deux Machaeriles et
Bylhoxenus Slovènes.
Le dessin ci-joint (fig. 95) a été établi d’après celui donné par Yoshida
et Nomura. Il suffit à faire ressortir les différences entre l’espèce japonaise
et celles de l’Europe et justifie pour la première la création d’un genre
nouveau. Si la forme du corps de ce Bylhaxeniles rappelle surtout celle du
Machaeriles spelaeus (Jeannel, 1954, 1. c., fig. 4), la ponctuation rugueuse
de la tête du premier suffit à l’isoler.
1. Bythoxenites japonicus Yoshira et Nomura, 1952, The Chûho, Tokyo,
VI, p. 7, pl. I (Machaerites subgen. Bylhoxenus) ; type : grotte de
Yôzawa (coll. Yoshira et Nomura).
Fig. 95. — Long. 2,2 mm. Ovale, rétréci en avant, assez convexe.
Testacé, les tarses pâles, la pubescence dorée. Tête très petite, environ
Source : MNHN, Paris
84
R. JEANNEL
d’un tiers plus longue que large, rugueusement ponctuée, le vertex avec un
court sillon, les yeux petits. Antennes longues, atteignant la base des élytres
(reaching the apex of elylra, dit la description ; mais la figure qui l’accompagne
indique bien que le terme apex est erroné) ; le scape long, formant le quart
de la longueur de l’antenne, pédicelle égal au tiers du scape, article 3 plus
étroit et plus court que le pédicelle, les articles 3 à 5 semblables, 6 à 8 un
peu plus grêles que les précédents, 9 et 10 sphériques, le 10 plus gros que le 9,
article apical très grand, ovoïde. Palpes longs, le deuxième article (pédoncule)
long et tuberculé, le troisième (intermédiaire) court, tuberculé, l’apical
(massette) très long, sécuriforme (sickle form), bien plus long que la tête.
Prothorax subcordiforme, convexe aussi long que large, environ d’un tiers
95
Fig. 95. Gen. Bylhoxeniles, nov. ; B. japonicus Yosh. et Nom., de la grotte Yozawa-dô,
X 32 (d’après Yoshida et Nomura).
plus large que la tête, ses côtés arrondis ; une impression transverse au devant
de la base et une dépression longitudinale des côtés du disque. Élytres sub¬
rectangulaires, l’apex environ d’un cinquième plus large que la base, les
épaules accusées, deux fossettes basales, pas de strie discale. Prosternum
avec une impression longitudinale entre les hanches ; pro-épisternes sillonnés.
Abdomen simple. Tarses avec un seul ongle (d’après A. Yoshida et
S. Nomura).
Honshu. Préfecture Okutawa : grotte de Yôzawa, dans la région
montagneuse du Kantô [A. Yoshida et S. Nomura).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
Subtrib. Bythinina Jeannel
30. Gen. BR Y AXIS Kugelan
Bryaxis Kugelan 1794, Neues Schneid. Mag., p. 580 ; type : Schneideri
Kugelan (= bulbifer Reichenbach). — Raffray, 1904, Ann. Soc.
ent. Fr., LXXIII, p. 274. — Arcopagus Leach, 1817, Zool. Mise.,
III, p. 83 ; type : clavicornis Reichenbach. — Jeannel, 1950,
Fne France, 53, Pselaph., p. 231.
Subgen. Arcobythus, nov. ; type : fronlalis, n. sp.
Subgen. Bylhiniama, nov. ; type : japonicus Sharp.
Subgen. Bythobletus Reitter, 1919, Fauna Germ., Kâfer,
III, p. 214 ; type : punclicollis Denny.
Les Bryaxis du Japon, presque tous aptères et endogés, appartiennent
à trois sous-genres dont l’un, Bylhoblelus Reitt., est répandu en Europe.
On ignore si des Bylhoblelus existent aussi en Asie. En tout cas le B. Kollzei
Reitt., de Vladivostok, paraît bien appartenir au même sous-genre, quoique
son scape antennaire soit un peu différent, avec l’organe sécrétoire tout à fait
à l’angle distal interne. Mais l’édéage est de même type que celui des espèces
françaises.
Chez les Bryaxis japonais des trois sous-genres, la ponctuation de l’avant-
corps tend à devenir très serrée, confluente, donnant un aspect particulier
à certaines espèces. Il est remarquable d’autre part que la forme de la massette
palpaire est très variable d’une espèce à l’autre.
Tableau des espèces du Japon
1. Intermédiaire et sommet du pédoncule palpaires couverts de granu¬
lations. Mâle : scape antennaire petit, pédicelle renflé, pourvu d’un
organe secrétoire. Édéage très petit, à sac interne formant une
gouttière chitinisée.. Subgen. Arcobythus, nov.
— Intermédiaire et sommet du pédoncule palpaire lisses. Sac interne
avec une paire de baguettes. 2.
2. Antennes des mâles avec le scape simple, le pédicelle renflé et pourvu
d’un organe secrétoire. Édéage volumineux, l’armature du sac interne
simple. Subgen. Bythiniama, nov.
— Antennes des mâles avec le scape renflé, pourvu d’un organe secré¬
toire, et le pédicelle simple. Édéage volumineux, l’armature du sac
interne compliquée. Subgen. Bythobletus Reitt.
Subgen. Arcobythus, nov.
1. Lobe frontal relativement court, moins long que large, ponctué dans
sa dépression antérieure. Pronotum éparsement ponctué. Massette
palpaire très courte (fig. 102). Pédicelle antennaire du mâle très gros,
globuleux. Long. 1,4 mm. 4. brevipalpis, n. sp.
Source : MNHN, Paris
t. JEANNEL
— Lobe frontal plus long que large, avec une dépression lisse de sa
partie antérieure. Massette palpaire allongée. 2.
2. Pronotum lisse. Massette palpaire à bord interne un peu anguleux
(fig. 98). Pédicelle antennaire du mâle subsphérique, un peu plus
long que large, l’organe secrétoire remplacé par une épine. Long.
1,4 mm. 1. Harmandi Raffr.
— Pronotum à ponctuation éparse. 3.
3. Lobe frontal rétréci avant la base. Pédicelle antennaire du mâle
subglobuleux, son organe secrétoire cylindrique, saillant. Massette
palpaire étroite (fig. 96). Long. 1,5 mm. 2. îrontalis, n. sp.
— Lobe frontal large à la base, rétréci peu à peu de la base au sommet.
Pédicelle antennaire du mâle plus épais à la base qu’au sommet,
l’organe secrétoire sessile. Massette palpaire étroite (fig. 100). Long.
1,4 mm. 3. Coifîaiti, n. sp.
Obs. — Le B. reversus Sharp, et le B. subseriatus Weise, que je ne
connais pas, semblent bien appartenir à ce sous-genre. Tous deux ont le
pronotum éparsement ponctué.
Le premier, connu seulement par deux femelles, se distingue des autres
espèces par la longueur du scape, aussi long que les trois articles suivants
ensemble. La taille est relativement très grande : près de 2 mm.
Le subseriatus, de petite taille, aurait la ligne médiane du pronotum
lisse et bordée de points plus ou moins alignés.
Subgen. Bythiniana, nov.
1. Tête et pronotum densement et rugueusement ponctués. Massette
étroite, elliptique allongée (fig. 106). Pédicelle antennaire du mâle
avec l’organe secrétoire porté au sommet d’une haute saillie conique
(fig. 107). Long. 1,4 mm. 10. Sauteri Raffr.
— Tête et pronotum à ponctuation éparse. 2.
2. Massette palpaire étroite, elliptique, allongée (fig. 104). Pédicelle
du mâle globuleux, l’organe secrétoire petit, sessile. Édéage (fig. 105)
à styles relativement courts, asymétriques. Long. 1,5 mm.
.. 7. gracilipalpis, n. sp.
— Massette palpaire relativement courte et sécuriforme (fig. 109 et 112). 3.
3. Pédicelle antennaire du mâle un peu allongé, avec un organe secré¬
toire sessile bien développé. Édéage (fig. 111) anormalement petit,
à styles longs et larges (exemplaire œdimère), peu asymétriques.
Long. 1,5 mm. 8. japonicus Sharp
— Pédicelle antennaire du mâle globuleux, mais avec une forte dépres¬
sion de la face antérieure, sans organe secrétoire (fig. 113). Édéage
(fig. 114) grand, à capsule basale sphérique et volumineuse, les styles
parallèles, étroits, coudés au sommet. Long. 1,3 mm. 9. humilis Raffr.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
87
Subgen. Bythobletus Reitt.
1. Ponctuation du pronotum éparse, laissant de larges espaces lisses
entre les points. Scape antennaire du mâle renflé, sans organe secré¬
toire. Édéage à bord antérieur de la capsule denticulé. Long. 1,5 mm.
. 11. sparcepunctatus, n. sp.
— Ponctuation du pronotum dense, les points presque confluents. 2.
2. Massette palpaire longue, deux fois aussi longue que large à la base.
Pronotum grand, transverse, mais à bosses latérales peu saillantes,
très arrondies. Mâle inconnu. Long. 1,4 mm. 14. grandicollis, n. sp.
— Massette palpaire courte, sécuriforme (fig. 115), moins longue que
large. 3.
3. Pubescence normale. Pronotum à bosses latérales saillantes et côtés
rétrécis en ligne droite en arrière. Scape du mâle renflé, avec un
organe secrétoire. Long. 1,5 mm. 12. aîfinis Sharp.
— Pubescence très longue et dressée sur les élytres. Pronotum court,
transverse, à bosses latérales très arrondies. Mâle inconnu. Long.
1,4 mm. 13. trichosus, n. sp.
Subgen. Arcobythus, nov.
1. Bryaxis (Arcobythus) Harmandi Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr.,
LXXVIII, p. 38, fig. 17-18 ; type : Tokyo (Mus. Paris).
Fig. 98 et 99. — Long. 1,4 mm. Aptère. Bien reconnaissable à l’absence
de ponctuation sur le pronotum, les élytres par contre superficiellement
ponctués. Massette palpaire (fig. 98) allongée.
Édéage (fig. 99) très petit, symétrique, la capsule basale plus longue que
large, les styles courts, lamelleux, incurvés, à sommets mousses, ne venant
pas en contact sur la ligne médiane. Une soie renflée sur la face dorsale, deux
soies sur le bord externe du sommet du style. Sac interne représenté par une
longue gouttière.
Honshiu. Env. de Tokyo (J. Harmand). Préfecture Hachiôji : mont
Takao, une femelle (E. Gallois, V-1910).
2. Bryaxis (Arcobythus) îrontalis, n. sp. ; type : Mizuho-cho (Mus. Paris).
Fig. 96 et 97. — Long. 1,5 mm. Brachyptère. Testacé rougeâtre, la
pubescence peu longue et couchée, éparse. Tête médiocre, à lobe frontal
plus long que large, rétréci avant la base, les tubercules antennaires lisses,
séparés par une dépression lisse, le front éparsement ponctué ; yeux aussi
longs que les tempes. Massette palpaire longue et grêle. Pronotum à peu
près aussi long que large, peu profondément et éparsement ponctué, les bosses
latérales saillantes en avant, les côtés rectilignes en arrière. Élytres amples,
à épaules peu saillantes, la ponctuation grosse et superficielle. Pattes grêles.
Source : MNHN, Paris
R. JEANNEL
Mâle. Scape antennaire court, petit ; pédicelle renflé, subglobuleux,
avec l’organe secrétoire très petit.
Édéage (fig. 97) très petit, la capsule basale arrondie, les styles grands
et inégaux, lamelleux, le droit un peu infléchi, le gauche coudé, son angle
saillant en dehors ; sommet des styles légèrement tronqués, se touchant sur
la ligne médiane, avec une soie renflée sur la face dorsale et deux soies
marginales. Sac interne en gouttière incurvée.
Honshü. Préfecture Kyoto : Misuho-cho, un mâle ; préfecture Okayama :
Takahashi-Nakai, mâle et femelle (H. Coiffait, VII et VII1-1957), dans des
lavages de terre.
Fig. 96 à 99. Gen. Bryaxis Kug. — Fig. 96. B. (Arcobylhus) frontalis, n. sp., mâle, de
Mizuho-chô, X 45. — Fig. 97. Édéage, face dorsale, x 240. — Fig. 98. Palpe maxillaire
du B. (Arcobylhus) Harmandi Raffr., du mont Takao. — Fig. 99. Édéage du même,
X 240.
3. Bryaxis (Arcobythus) Coiffaiti, n. sp. ; type : Tosayama-Mura (Mus. Paris).
Fig. 100 et 101. — Long. 1,4 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la
pubescence courte et couchée, éparse. Tête à front densement ponctué,
le lobe frontal plus long que large, à base large, peu à peu rétréci de la base
au sommet ; tubercules antennaires peu saillants, encadrant une petite
dépression lisse. Yeux aussi longs que les tempes. Massette palpaire allongée
(fig. 100). Pronotum comme chez frontalis, mais un peu plus large, avec la
ponctuation plus serrée. Élytres avec la même ponctuation, la dépression
discale plus profonde en arrière de la fossette basale externe. Pattes grêles.
Mâle : pédicelle antennaire renflé mais à peine plus épais que le scape,
plus long que large, plus large à la base qu’au bout distal, aussi long que le
scape, l’organe glandulaire non saillant.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
Édéage (fîg. 101) petit, un peu de même forme que celui du frontalis,
les styles plus grands et moins asymétriques. Gouttière du sac interne
tordue, avec son bord droit très épaissi dans sa partie distale.
Shikuku. Préfecture Kochi : Tosayama-Mura, un mâle dans des lavages
de terre (H. Coiffait , VIII-1957).
4. Bryaxis (Arcobythus) brevipalpis, n. sp. ; type : Ino-Cho Kawauchi
(Mus. Paris).
Fig. 102 et 103. — Long. 1,4 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la
pubescence courte et couchée, éparse. Tête à lobe frontal relativement court,
avec les tubercules antennaires très peu accusés, le bord antérieur presque
plan et ponctué. Front ponctué, les yeux peu saillants, aussi longs que les
tempes. Massette palpaire (fig. 102) très courte. Pronotum à bosses latérales
peu saillantes et côtés rectilignes en arrière, le disque éparsement ponctué.
Élytres convexes, à ponctuation aussi forte et presque aussi serrée que celle
du pronotum. Pattes grêles.
Mâle : pédicelle antennaire très renflé, globuleux, bien plus épais que
le scape, l’organe secrétoire remplacé par une épine saillante.
Édéage (fig. 103) petit, la capsule basale arrondie, les styles très grands,
lamelleux, symétriques, arqués et venant en contact par leurs extrémités
rétrécies et tronquées. Une soie renflée et deux soies marginales, comme chez
les précédents. Sac interne en forme de lame allongée, à bords renforcés.
Shikuku. Préfecture Kochi : Ino-cho Kawauchi, 2 mâles et une femelle
en lavant la terre (H. Coiffait, VIII-1957).
Fig. 100 à 103. Gen. Bryaxis Kug., palpes maxillaires et édéages ( x 240). — Fig. 100 et
101. B. (Arcobylhus) Coiffaiii, n. sp., de Tosayama-Mura. — Fig. 102 et 103.
B. (Arcobylhus) brevipalpis, d. sp., de Ino-cho Kawauchi.
Source : MNHN, Paris
90
R. JEANNEL
5. Bryaxis (Arcobythus) reversus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London,
1883, p. 327 ; type : Nagasaki (Brit. Mus.).
Long. 2 mm. Le front et le pronotum sont densement ponctués, les
élytres plus superficiellement. Le mâle est inconnu.
Femelle avec le scape antennaire relativement long, aussi long que les
trois articles suivants ensemble.
Malgré ce dernier caractère, l’espèce paraît bien être voisine du fronlalis
décrit ci-dessus.
Kiushu : Nagasaki, deux femelles (G. Lewis).
6. Bryaxis (Arcobythus) subseriatus Weise, 1877. Deutsche ent. Zs., XXI,
p. 98 ; type : Oshiroyama (Mus. Berlin).
Long. 1,6 mm. Le pronotum a des bosses latérales très saillantes, avec
les côtés se rétrécissant fortement en arrière et devenant parallèles avant les
angles postérieurs. D’autre part le pédicelle antennaire du mâle est renflé,
globuleux.
Il semble que cette espèce doive se placer dans le sous-genre Arcobythus.
Honshu : Oshiroyama, près de Hagi (C. Hitler).
Subgen. Bythiniama, nov.
7. Bryaxis (Bythiniama) gracilipalpis, n. sp. ; type : Kusaka (Mus. Paris).
Fig. 104 et 105. — Long. 1,5 mm. Ailé. Testacé rougeâtre, la pubescence
courte et éparse. Allongé et convexe. Tête médiocre, le lobe frontal plus long
Fig. 104 à 108. Gen. Bryaxis Kug. — Fig. 104. B. (Bythiniama) gracilipalpis, n. sp.,
mâle, de Kusaka, x 45. — Fig. 105. Édéage du même, x 240. — Fig. 106. Palpe
maxillaire du B. (Bythiniama) Sauteri RafTr., de Yamanaka. — Fig. 107. Base de
l'antenne du mâle. — Fig. 108. Édéage du même, x 240.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
91
que large, les tubercules antennaires saillants et lisses, le front éparsement
ponctué, les yeux peu saillants, aussi longs que les tempes. Massette remar¬
quablement étroite, elliptique, assez courte et pédonculée, l’intermédiaire
lisse, allongé. Pronotum un peu transverse, à bosses latérales très arrondies,
peu saillantes, la surface éparsement ponctuée. Élytres longs, à épaules
saillantes, sans trace de strie discale, la ponctuation forte, moins dense que
celle du pronotum. Pattes grêles.
Mâle homéomorphe : pattes grêles, les tibias antérieurs grêles, avec
une très petite dent au tiers distal du bord inférieur. Pédicelle antennaire
globuleux, l’organe secrétoire petit, sessile.
Édéage (fig. 105) volumineux, la capsule basale oblongue, les styles
courts et très inégaux, larges et lamelleux, incurvés, à extrémités amincies
et tronquées, ne venant pas en contact sur la ligne médiane, le style gauche
plus large et plus saillant en dehors que le style droit ; deux soies subapicales.
Sac interne avec deux pièces assez épaisses dans la partie distale
Espèce qui a l’aspect extérieur du japonicus, mais s’en distingue par
la forme des palpes et la structure de l’édéage.
Shikuku. Préfecture Kochi : Kusaka, un mâle dans un lavage de terre
(H. Coiffait, VIII-1957).
8. Bryaxis (Bythiniama) japonicus (1) Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London,
1874, p. 115 ; type : Nagasaki (Brit. Mus.). — 1883, 1. c., p. 327. —
Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr., LXXVIII, p. 37, fig. 14-15.
Fig. 109 à 111. — Long. 1,5 mm. Ailé. Caractères extérieurs du précédent,
sauf que la massette palpaire est plus épaisse et sécuriforme, que la ponctua¬
tion élytrale est un peu moins forte.
Mâle œdimère : fémurs renflés, les tibias antérieurs avec une dent suivie
d’une échancrure au tiers distal de la face inférieure, les tibias postérieurs
avec un fort éperon. Pédicelle antennaire du mâle renflé mais un peu allongé,
l’organe secrétoire bien développé.
Édéage (fig. 111) anormalement petit, bien plus petit que celui du
précédent, ce qui démontre que celui-ci ne saurait être la forme homéo¬
morphe du japonicus. Styles proportionnellement très grands et très larges
(œdimérie), nullement amincis à l’extrémité, peu dissemblables. Deux soies
subapicales. Pièces du sac interne grêles.
Kiushu. Nagasaki (G. Lewis). — Honshu : Shiniiku, près de Tokyo,
mâle et femelle (E. Gallois); Miyanoshita, près de Yokohama (G. Lewis).
9. Bryaxis (Bythiniama) humilis Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr.,
LXXVIII, p. 37, fig. 16 (B. japonicus subsp. humilis); type :
Kyoto (Mus. Paris).
Fig. 112 à 114. — Long. 1,3 mm. Ailé. Testacé pâle, même pubescence
(1) Kugelan, décrivant le genre Bryaxis, a employé ce nom au masculin.
Source : MNHN, Paris
92
R. JEANNEL
courte et rare. Plus épais et moins allongé que le japonicus, plus convexe.
Tête ponctuée, le front plus convexe, le lobe frontal plus large et plus court,
les yeux plus petits. Massette palpaire (fig. 112) semblable. Pronotum un
peu moins transverse, à bosses latérales plus obtuses, même ponctuation.
Élytres longs et convexes, à ponctuation très forte et serrée.
Mâle homéomorphe : pattes grêles ; tibias antérieurs amincis au sommet,
sans denticule. Pédicelle antennaire sphérique, avec une dépression à la
face interne, sans organe secrétoire.
Fig. 109 à 114. Gen. Bnjaxis Kug. — Fig. 109 à 111. Palpe maxillaire, base de l’antenne
des mâles, édéage ( x 165) du B. (Bythiniama) japonicus Sharp, de Nagasaki. —
Fig. 112 à 114. Palpe maxillaire, base de l’antenne du mâle et édéage (X 120) du
B. (Bythiniama) humilis Raffr., de Kyoto.
Édéage (fig. 114) grand et d’un type très particulier. La capsule basale
est volumineuse, sphérique, hautement bombée, avec une fenêtre située
très en arrière et renfermant une nodosité chitineuse sur laquelle s’insèrent
les muscles. Styles étroits et parallèles, coudés en dedans au tiers distal et
terminés en palette arrondie portant deux soies. Pièces du sac interne
allongées, parallèles, brusquement amincies et recourbées en dehors à
l’extrémité distale.
Raffray avait pris ce Bryaxis pour la forme mâle homéomorphe du
japonicus. L’énorme différence de structure de l’édéage prouve bien qu’il
s’agit d’une espèce différente.
Honshu. Env. de Kyoto, mâle et femelle (coll. Raffray).
10. Bryaxis (Bythiniama) Sauteri Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr.,
LXXVIII, p. 39, fig. 19-20 ; type : Yamanaka (Mus. Paris).
Fig. 106 à 108. — Long. 1,4 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la
pubescence rare. Plus épais que le japonicus et surtout bien différent par
la ponctuation extrêmement dense, rugueuse, de la tête et du pronotum.
Source ■■ MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
93
Massette palpaire étroite et allongée comme celle du gracilipalpis, mais plus
grande. Pronotum transverse, à bosses latérales très obtuses, arrondies.
Mâle homéomorphe : pattes grêles, les tibias antérieurs amincis au
sommet, sans denticule. Pédicelle antennaire renflé et surtout formant une
haute saillie conique au sommet de laquelle se trouve l’organe secrétoire
(fig. 107).
Édéage (fig. 108) grand, symétrique. Capsule basale arrondie et styles
aussi longs que la capsule, lamelleux, semblables, un peu atténués aux
sommets qui ne viennent pas en contact sur la ligne médiane ; deux soies
subapicales. Sac interne avec une paire de pièces basales et une pièce distale
impaire.
Honshu : Yamanaka, un mâle (Sauter). — Shikuku. Préfecture
Kochi : Kusaka, une femelle (H. Coiffait, VIII-1957).
Subgen. Bythobletus Reitter
11. Bryaxis (Bythobletus) sparcepunctatus, n. sp. ; type : Kusaka (Mus.
Paris).
Fig. 117 et 118. — Long. 1,5 mm. Aptère. Rougeâtre foncé, la
pubescence assez longue et dressée. Tête assez densement ponctuée, le lobe
frontal plus long que large, rétréci au milieu, à tubercules antennaires peu
saillants et dépression médiane ponctuée. Yeux petits, plus courts que les
tempes qui sont convexes. Massette palpaire assez longue (fig. 117). Pronotum
transverse, à bosses latérales saillantes et côtés rétrécis en ligne droite en
arrière, la ponctuation du disque très éparse. Élytres peu longs, peu convexes,
à ponctuation grosse et superficielle, les épaules peu saillantes. Pattes très
grêles.
Mâle homéomorphe : scape épais, sans organe secrétoire le pédicelle
petit et globuleux.
Édéage (fig. 118) grand, oblong, à styles courts et convergents, cachés
sous le bord antérieur de la capsule fortement denté. Sommet des styles
atténué, une seule soie subapicale. Sac interne avec une paire de pièces
basales prolongées par deux gerbes très régulières de fines épines recourbées
en dehors.
Shikuku. Préfecture Kochi : Kusaka, un mâle dans un lavage de terre
{H. Coiffait, VIII-1957).
12. Bryaxis (Bythobletus) affinia Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London,
1883, p. 326 (Bylhinus) ; type : Nagasaki (Brit. Mus.).
Fig. 115 et 116. — Long. 1,4 mm. Aptère. Aspect du précédent, mais
avec la ponctuation de la tête et du pronotum bien plus dense, les points
presque confluents. Tête à lobe frontal étroit, rétréci au milieu, les tubercules
antennaires saillants et lisses, yeux assez grands, plus longs que les tempes
Source : MNHN, Paris
94
R. JEANNEL
qui sont convexes. Massette palpaire comme chez le précédent. Pronotum
de même forme, les bosses latérales saillantes, les côtés rétrécis en ligne
droite en arrière. Élytres fortement mais superficiellement ponctués.
Mâle œdimère : fémurs renflés, les tibias épais. Scape du mâle renflé,
épais dans sa partie distale, avec un organe secrétoire ; pédicelle petit,
globuleux.
Fig. 115 à 119. Gen. Bryaxis Kug. -— Fig. 115. B. (Bylhobletus) affmis Sharp, mâle, de
Ino-chô Kawauchi, x 45. — Fig. 116. Édéage du même, x 120. — Fig. 117. Palpe
maxillaire du B. (Bylhobletus) sparcepunclalus, n. sp. de Kusaka. — Fig. 118. Édéage
du même, x 120. — Fig. 119. Palpe maxillaire du B. (Bylhobletus) grandicollis,
n. sp., de Ryuga.
Édéage (fig. 116) grand, la capsule basale oblongue, les styles peu longs,
lamelleux et semblables, tronqués au sommet, avec une seule soie subapicale.
Sac interne avec une paire de pièces basales tordues en zigzag et une pièce
distale impaire, à trois branches.
L’exemplaire décrit ici est celui recueilli par Coiffait ; il me paraît
bien correspondre à la description de Yaffinis par Sharp.
Shikuku. Préfecture Kochi : Ino-cho Kawauchi, un mâle en lavant
la terre (H. Coiffait, VIII-1957). — Kiushiu : environs de Nagasaki
(G. Lewis).
13. Bryaxis (Bythobletus) trichosus, n. sp. ; type : Akiyoshi (Mus. Paris).
Long. 1,4 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, la pubescence normale sur
l’avant-corps mais très longue et dressée sur les élytres et l’abdomen. Épais
et convexe. Tête médiocre, ponctuée, le front convexe, le lobe frontal rela¬
tivement court et large, avec les tubercules antennaires peu saillants, les
yeux un peu plus courts que les tempes qui sont très convexes. Massette
palpaire comme chez affinis (fig. 115). Antennes fines, normales. Pronotum
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
95
densement ponctué, court et transverse, à bosses latérales très arrondies,
non saillantes en avant. Élytres fortement mais éparsement ponctués, les
épaules arrondies. Pattes grêles et courtes.
Mâle inconnu.
Honshu. Préfecture Yamagushi : Akiyoshi, une femelle en lavant la
terre (H. Coiffait, VIII-1957).
14. Bryaxis (Bythobletus) grandicollis, n. sp. ; type : Ryuga (Mus. Paris).
Fig. 119. — Long. 1,4 mm. Aptère. Testacé rougeâtre. Épais et convexe,
comme le Irichosus , mais avec la pubescence plus courte sur les élytres et
l’abdomen. Tête semblable mais avec les yeux bien plus petits. Massette
palpaire (fig. 119) allongée, peu sécuriforme, plus de deux fois aussi longue
que large. Pronotum densement ponctué, très transverse, à bosses latérales
arrondies comme chez trichosus mais plus long, plus grand. Ponctuation
des élytres bien plus superficielle.
Mâle inconnu.
Shikuku. Préfecture Kochi : Ryuga, une femelle en lavant la terre
(H. Coiffait, VIII-1957).
Trib. Brachyglutini Rafïray
Groupe assez pauvrement représenté au Japon. Exception faite d’un
genre nouveau Noduliceps, à affinités incertaines, il semble qu’il n’y existe
que quelques espèces des deux genres Rybaxis Saulcy et Trissemus Jeann.
Toutes relèvent de groupes répandus dans l’Indo-Malaisie.
31. Gen. RYBAXIS Saulcy
Rybaxis Saulcy, 1876, Spec. III, p. 136 ; type : sanyuinea Leach. —
Raffray, 1904, Ann. Soc. ent. Fr., LXXVIII, p. 245. — Bryaxis
Leach, 1817. — Jeannel, 1950, Fne Fr., 53, Pselaph., p. 280.
Genre nombreux en espèces réparties sur toute la Gondwanie orientale
et dans l’hémisphère septentrional. Je connais trois espèces du Japon.
Tableau des espèces du Japon
1. Noir luisant, avec les élytres rougeâtres, les antennes et les pattes
testacées. Antennes à massue peu épaisse, l’article 9 pas plus gros
que le 8. Tibias antérieurs du mâle avec une petite dent au milieu
de la longueur du bord inférieur, les intermédiaires inermes. Long.
2 mm.!. 1. infoscata Raffr.
— Testacé rougeâtre foncé, concolore. Antennes à massue épaisse,
l’article 9 tronconique, plus gros que le 8. Tibias antérieurs du mâle
avec une forte dent dans la moitié proximale du bord inférieur, le
sommet des tibias intermédiaires étranglé puis denté. 2.
Source : MNHN, Paris
96
t. JEANNEL
2. Antennes plus longues, les articles 4 et 5 presque deux fois aussi
longs que larges, la dent des tibias antérieurs des mâles plus près de
la base (fig. 123). Long. 3 mm. 2. princeps Sharp
— Antennes plus courtes, les articles 4 et 5 à peine plus longs que
larges, la dent des tibias antérieurs du mâle située un peu plus
loin de la base (fig. 126). Coloration plus foncée. Long. 2,5 mm.
. 3. nigrescens, n. sp.
1. Rybaxis infuscata Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr., LXXVIII, p. 33;
type : Kyoto (Mus. Paris).
Fig. 120 à 122. — Long. 2 mm. Ailé. Étroit, la pubescence très rare.
Tête un peu transverse, à lobe frontal relativement court et yeux un peu plus
longs que les tempes. Antennes peu longues, grêles, le pédicelle oblong, les
articles du funicule étroits et nettement plus longs que larges, le 8 sub¬
globuleux ; massue peu épaisse, déliée, l’article 9 à peine plus gros que le 8,
le 10 un peu transverse, le 11 un peu plus épais que le 10. Pronotum trans¬
verse, court et convexe, lisse et glabre. Élytres bombés, à épaules saillantes.
Premier tergite abdominal bien plus long que le deuxième, très convexe,
ses carénules basales distantes du quart de la largeur du disque. Pattes
grêles.
Fig. 120 à 122. Gen. Rybaxis Saulcy. — Fig. 120. Tibia antérieur droit du mâle
du R. infuscata Raffr., de Kyoto. — Fig. 121. Sommet du tibia intermédiaire du même.
— Fig. 122. Édéage, x 80.
Mâle. Tibias antérieurs grêles, avec une petite dent au milieu de la
longueur du bord interne (fig. 120) ; tibias intermédiaires inermes (fig. 121).
Édéage (fig. 122) à capsule basale oblongue. Styles assez longs, étroits,
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
97
inégaux, le gauche plus long que le droit et coudé en dehors, tous deux
terminés en pointe obtuse et armés de 3 soies. Sac interne avec des dents
peu développées.
Honshu. Kyoto, un mâle et une femelle (coll. Raffray).
2. Rybaxis princeps Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 118
(Bryaxis) ; type : Nagasaki (Brit. Mus.). — 1883, 1. c., p. 323.
Fig. 123 à 125. — Long. 3 mm. Ailé. Robuste et épais, la pubescence
dorée assez fournie. Tête à lobe frontal court, comme chez le précédent,
très atténué en avant, les yeux aussi longs que les tempes. Antennes robustes,
le pédicelle subglobuleux, le funicule épais, mais avec les articles nettement
plus longs que larges, les 4 et 5 presque deux fois ; massue relativement épaisse,
les articles 9 et 10 tronconiques, le 9 plus épais que le 8, le 11 plus épais
que le 10 et deux fois plus long. Pronotum peu transverse, à pubescence
rare. Élytres assez courts, convexes, les épaules saillantes. Premier tergite
abdominal guère plus long que le deuxième, ses carénules basales bien
tracées, obliques, distantes à la base du cinquième de la largeur du disque.
Pattes longues, robustes.
Fig. 123 à 128. Gen. Rybaxis Saulcy, tibias antérieurs droits et intermédiaires gauches des
mâles et édéages ( x 80). — Fig. 123 à 125. R. princeps Sharp, de la grotte Uyama-dô.
— Fig. 126 à 128. R. nigrescens, n. sp., de Nikko.
Mâle : tibias antérieurs (fig. 123) avec une forte dent relativement
près de la base ; tibias intermédiaires avec une constriction subapicale et
une dent à l’extrémité du bord inférieur (fig. 124).
Édéage (fig. 125) à capsule extrêmement fragile, très difficile à isoler
sans la déchirer, courte et large, avec un renforcement de l’orifice apical.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVIII. 7
Source : MNHN, Paris
R. JEANNEL
Styles courts, pointus, fortement sclérifiés et noirs, armés de 3 soies. Sac
interne avec deux rangées de 5 à 6 grosses dents.
Kiushu : Nagasaki, nombreux mâles, les femelles très rares (G. Lewis).
— Honshu. Préfecture Okayama : grotte Uyama-dô, à Niimi, un mâle
(. H. Coiffait, VIII-1957).
3. Rybaxis nigrescens, n. sp. ; type : Nikko (Mus. Paris).
Fig. 126 à 128. — Long. 2,5 mm. Ailé. Aspect du princeps mais plus
petit, comme lui concolore mais bien plus foncé ; même pubescence. Tête
à lobe frontal moins court, moins atténué en avant. Antennes aussi robustes
mais plus courtes, les articles du funicule plus courts ; massue semblable.
Pronotum aussi long que large, nullement transverse, presque glabre.
Élytres et abdomen comme chez princeps. Pattes robustes, moins longues.
Mâle : dent du tibia antérieur plus éloignée de la base, plus près du
milieu (fig. 126) ; tibias intermédiaires avec la même conformation que chez
princeps, mais plus épais (fig. 127).
Édéage (fig. 128) à capsule basale ovale, sans renforcement de son bord
à l’orifice distal. Styles bien moins épais que ceux du princeps, de coloration
normale, terminés en pointes mousses, le gauche nettement plus long que
le droit ; 2 soies à droite, 3 soies à gauche, la soie externe bien plus loin du
sommet que chez princeps. Sac interne avec des dents bien plus grosses que
chez princeps.
Honshu. Nikko, mâle et femelle ( E. Gallois, V-1909).
32. Gen. REICHENBACHIA Leach
Reichenbachia Leach, 1825, Zool. Journ., II, p. 451 ; type : juncorum
Leach. — Jeannel, 1950, Fne Fr., 53, Pselaph., p. 319.
Genre paraissant bien plus pauvrement représenté que Trissemus au
Japon.
1. Reichenbachia pulla Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 123
(Bryaxis) ; type : Mitsuyama (Brit. Mus.).
Long. 1,4 mm. Rougeâtre, la pubescence fine. Antennes assez longues,
fines, les articles 3 à 9 particulièrement grêles, le 10 un peu transverse.
Prothorax très finement ponctué. Élytres avec deux fossettes basales (d’après
Sharp).
Mâle : tibias antérieurs avec une dent obtuse avant le sommet de la face
inférieure. Derniers articles des antennes plus gros. Dernier sternite abdomi¬
nal impressionné.
Je n’ai pas vu cette espèce, qui appartient sans doute au genre Reichen¬
bachia et non au genre Reichenbachella Jeann.
Kiushu. Mitzuyama, ait. 500 m. env., près de Nagasaki, mâle et
femelle (G. Lewis).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
33. Gen. TRISSEMUS Jeannel
Trissemus Jeannel, 1949, Mém. Mus., XXIX, p. 95 ; type : anlennalus
Aubé. — 1950, Fne Fr., 53, Psélaph., p. 324.
Tableau des espèces du Japon
1. Carénules basales du premier tergite abdominal espacées du cinquième
de la largeur du disque du tergite. 2.
— Carénules basales du premier tergite écartées du tiers de la largeur
du disque du tergite. 3.
2. Mâles avec des caractères sexuels portant sur le funicule antennaire
(Groupe de Y anlennalus) . 5.
— Mâles sans caractères sexuels sur les antennes (Groupe du Galloisï). 6.
3. Mâles à caractères sexuels portant sur les pattes, les tibias intermé¬
diaires et postérieurs dentés et difformes (Groupe du crassipes) ... 10.
— Mâles à caractères sexuels portant sur la massue antennaire. 4.
4. Massue antennaire des mâles simplement plus épaisse (Groupe du
curtus) . 7.
— Massue antennaire des mâles énorme, formée d’articles asymétriques
et lamelleux (Groupe de Y antilope) . 9.
Groupe de l'anlennalus
5. Antennes du mâle avec l’article 6 renflé, oblong, bien plus long et
plus large que ses voisins. Long. 2 mm. 1. alienus Sharp.
— Antennes du mâle avec les six derniers articles renflés. Tibias inter¬
médiaires du mâle avec un fort crochet distal. Long. 2 mm.
. 2. cubitus Sharp.
Groupe du Galloisi
6. Pronotum étroit, arrière-corps large. Antennes courtes, pattes du
mâle inermes, simples. Long. 1,6 mm. 3. Galloisi, n. sp.
Groupe du curtus (*)
7. Massue des antennes du mâle avec l’article 10 très renflé, subglobu¬
leux, tronqué à sa partie distale interne. Long. 2,3 mm. 6. difîinis Sharp.
— Massue des antennes des mâles simplement plus épaisse que celle
des femelles. 8.
8. Tête petite et pronotum transverse. Antennes courtes, à articles du
funicule pas plus longs que larges. Long. 1,4 mm. 4. curtus Sharp.
— Tête volumineuse, le pronotum à peine moins long que large.
Antennes plus longues, les articles moyens plus longs que larges.
Long. 1,8 mm. 5. mundus Sharp.
(1) Les espèces de ce groupe et des deux suivants seront placées dans des sous-genres
qui seront décrits ultérieurement.
Source : MNHN, Paris
100
R. JEANNEL
Groupe de l 'antilope
9. Court et large, le pronotum très transverse. Dilatation de l’antenne
du mâle intéressant seulement les articles 9 à 11. Long. 1,5 mm...
. 7. antilope Raffr.
— Plus allongé, le pronotum presque aussi long que large. Dilatation
de l’antenne du mâle intéressant les articles 6 à 11. Long. 2 mm.
(Formose) (1). [implicita Raffr.]
Groupe du crassipes
10. Pattes postérieures très renflées. Mâle : tibias intermédiaires avec
un fort crochet, les postérieurs également armés et comprimés. Long.
1,4 mm. 8. crassipes Sharp.
Groupe de 1 ’antennalus
1. Trissemus (s. str.) alienus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874,
p. 120 (Bryaxis) ; type : Hiogo (Brit. Mus.). — 1883, 1. c., p. 323.
Fig. 129 et 130. — Long. 2 mm. Ailé. Brun de poix luisant, les
élytres, les antennes, les palpes et les pattes rougeâtres, la pubescence
courte et fine. Peu convexe. Tête médiocre, le front avec une fossette au
milieu du lobe frontal, les yeux saillants, plus longs que les tempes qui
sont planes et obliques. Antennes longues. Pronotum un peu transverse,
les côtés sinués après les bosses latérales. Élytres amples, peu convexes,
Fig. 129 à 131. Gen. Trissemus Jeann., antenne droite de mâle et édéages ( x 120). —
Fig. 129 et 130. T. alienus Sharp, de Mizuho-chô. — Fig. 131. T. Galloisi, n. sp., de
Tokyo.
(1) Aussi au Tonkin. Voir Jeannel, 1957, Rev. fr. d’Enl., XXIV, p. 24, üg. 19-20.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
101
les épaules saillantes. Carénules basales du premier tergite écartées du
cinquième du disque du tergite. Pattes longues, robustes.
Mâle. Antennes avec l’article 6 oblong, plus gros et plus long que ses
voisins (fig. 129). Tibias antérieurs avec une dépression de la face inférieure
dans la moitié distale ; tibias intermédiaires avec un fort éperon subapical,
en forme de lame terminée par deux épines divergentes ; tibias postérieurs
fortement incurvés au sommet.
Édéage (fig. 130) allongé, avec les deux styles soudés. Deux épines,
distales dans le sac interne.
Ob. — Cet édéage est de même type que celui de 1 ’anlennalus Aubé,
type du genre Trissemus (Jeannel, 1950, Fne Fr., 53, Psélaph., p. 327,
fig. 136).
Honshu. Préfecture Kyoto : Mizuho-cho, un mâle en lavant la terre
(H. Coiffait, VII-1957). — Kiushu : Nagasaki, nombreux exemplaires
(G. Lewis).
2. Trissemus (s. str.) cubitus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874,
p. 122 (Bryaxis); type : Nagasaki (Brit. Mus.).
Long. 2 mm. Rougeâtre luisant, la pubescence fine et courte. Pronotum
petit, très rétréci à la base, les élytres amples.
Mâle : antennes avec les six derniers articles épaissis. Tibias antérieurs
avec la même dépression distale que chez alienus; tibias intermédiaires
avec l’éperon plus court, les tibias postérieurs moins incurvés au sommet.
La dilatation de l’antenne du mâle doit ressembler tout à fait à celle
de 1 ’anlennatus.
Kiushu : Nagasaki, deux exemplaires (G. Lewis).
Groupe du Galloisi
3. Trissemus (s. str.) Galloisi, n. sp. ; type : Tokyo (Mus. Paris).
Fig. 131. — Long. 1,6 mm. Ailé. Rougeâtre luisant, la pubescence
courte. Avant-corps étroit, arrière-corps large. Tête petite, arrondie, le
front avec une fossette sur le milieu du lobe frontal, les yeux plus longs que
les tempes qui sont convexes. Antennes courtes, les articles 3 à 6 allongés,
le 5 deux fois aussi long que large, les autres plus courts, article 7 plus court
que le 6, le 8 très petit et globuleux, le 9 oblong et peu épais, le 10 renflé,
le 11 ovalaire deux fois plus grand que le 10. Pronotum petit, presque lisse,
aussi long que large, la base large, les côtés non sinués. Élytres amples et
peu convexes, lisses, les épaules accusées. Carénules basales du premier
tergite distantes du cinquième de la largeur du disque du tergite. Pattes
courtes et grêles.
Pas de caractères sexuels apparents.
Édéage (fig. 131) arrondi, à styles courts et obtus. Sac interne tapissé
de fines écailles.
Honshu : environs de Tokyo, un mâle (E. Gallois, VI-1910).
Source : MNHN, Paris
102
R. JEANNEL
Groupe du curlus
4. Trissemus (Trissemites) curtus Sharp, 1874, Trans. eut. Soc. London,
1874, p. 124 (Bryaxis) ; type : Nagasaki (Brit. Mus.).
Long. 1,4 mm. Ailé. Testacé rougeâtre luisant, presque glabre. Court
avec l’arrière-corps très large. Tête petite, le lobe frontal étroit, fovéolé,
les yeux très grands, plus longs que les tempes qui sont planes et obliques.
Antennes courtes, les articles 4 à 9 pas plus longs que larges. Pronotum
court, transverse très bombé et lisse, la base très large. Élytres amples,
lisses, très élargis en arrière, bien plus larges que longs. Carénules du premier
tergite abdominal longues, écartées du tiers de la largeur du disque du
tergite. Pattes courtes.
Mâle : antennes avec les deux derniers articles plus épais que chez la
femelle.
Le mâle m’est inconnu.
Kiushu : Nagasaki, plusieurs exemplaires (G. Lewis). Une femelle
(cotype) dans la collection Rafïray.
5. Trissemus (Trissemites) mundus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London,
1874, p. 122 (Bryaxis); type : Mitzuyama (Brit. Mus.). — 1885,
1. c., p. 323.
Long. 1,8 mm. Ailé. Rougeâtre luisant, presque glabre. Moins court
que le précédent. Tête grande mais semblable à celle du curlus sauf que les
tempes sont convexes. Antennes plus longues, le pédicelle oblong, les
articles 3 et 5 deux fois, les 4 et 6 une fois et demie aussi longs que larges,
le 7 ovale, court, le 8 très petit globuleux, le 9 petit, un peu transverse,
le 10 gros et globuleux, le 11 bien plus grand que le 10. Pronotum un peu
transverse mais rétréci à la base, très bombé et lisse. Élytres amples, élargis
en arrière, lisses, peu bombés. Carénules basales du premier tergite abdominal
comme chez curlus. Pattes plus grêles.
Mâle : antennes à deux derniers articles plus grands que chez la femelle.
Fémurs antérieurs avec un denticule ventral, les tibias intermédiaires avec
une dent crochue à l’extrémité distale.
Kiushu : Mitzuyama, ait. 500 m. env., près de Nagasaki, plusieurs
exemplaires (G. Lèwis). Une femelle (cotype) dans la collection Rafïray.
6. Trissemus (Trissemites) diffinis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London,
1883, p. 324 (Bryaxis); type : Yokohama (Brit. Mus.).
Long. 2,3 mm. Rougeâtre luisant, la pubescence courte. Très voisin du
mundus, mais avec la tête plus allongée et les antennes plus longues.
Mâle. Antennes avec l’article 10 renflé, subglobuleux, avec une tron¬
cature de sa partie distale interne. Fémurs antérieurs avec une petite dent
sur la face ventrale ; tibias intermédiaires armés d’une dent crochue à
l’extrémité distale.
Honshu : Yokohama, deux couples (G. Lewis).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
103
Groupe de l 'antilope
7. Trissemus (Trissemellus) antilope Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr.,
LXXVIII, p. 30 (Reichenbachia) ; type : Kyoto (Mus. Paris).
Fig. 132 et 133. — Long. 1,5 mm. Ailé. Testacé rougeâtre luisant, la
pubescence très courte. Large et ramassé, peu convexe. Tête petite, le lobe
frontal étroit et fossulé, les yeux très grands, bien plus longs que les tempes
qui sont convexes. Antennes très différentes dans les deux sexes, très fines
chez la femelle. Pronotum court, transverse, lisse et bombé, sans sinuosité
des côtés, la base très large. Élytres amples et lisses, bien moins longs que
larges. Carénules basales du premier tergite espacées de plus du tiers de la
largeur du disque du tergite. Pattes courtes.
Fig. 132 et 133. Gen. Trissemus Jeann. — Fig. 132. Antenne droite du mâle de T. antilope
Raffr., de Kyoto. — Fig. 133. Ëdéage du même, X 120.
Mâle : antennes à articles 7 et 8 légèrement transverses et asymétriques,
les articles de la massue extrêmement épais, les 9 et 10, très transverses,
avec leur côté interne lobé et aminci, le 11 très gros, denté à la base (fig. 132).
Tibias antérieurs et intermédiaires armés d’éperons, les postérieurs incurvés.
Édéage (fig. 133) à capsule basale globuleuse, prolongée par un long
manchon distal étroit et acuminé. Styles très longs, rectilignes, inégaux,
le gauche plus long que le droit. Sac interne inerme.
Espèce formant un groupe assez homogène avec Yimplicila Raffr.
(qui est connu du Tonkin et de Formose) et les lamellicornis Reitt. (de
Bornéo), Burmeisleri Schauf. (du Siam), dama Raffr. (de Manille).
Honshu : Kyoto, mâle et femelle (coll. Raffray).
Groupe du crassipes
8. Trissemus crassipes Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 125
(Bryaxis) ; type : Nagasaki (Brit. Mus.).
Long. 1,4 mm. Brun de poix luisant, le pronotum court et fortement
ponctué, les élytres amples, finement ponctués. Pattes très épaisses.
Source : MNHN, Paris
104
R. JEANNEL
Mâle : tibias intermédiaires avec une dent crochue à l’extrémité, les
tibias postérieurs larges et latéralement comprimés.
Espèce de position douteuse.
Kiushu : Nagasaki, un mâle (G. Lewis).
34. Gen. NODULICEPS, nov.
Type : Bryaxis latifrons Sharp.
Aspect général d’un Reichenbachia, mais avec la partie antérieure du
front très large, bombée et convexe, sans trace, de dépression ni de sillons ;
pas de tubercules antennaires. Épistome saillant, à bord arrondi. Palpes
maxillaires à intermédiaire petit, nullement renflé. Antennes grêles. Pro-
notum ponctué, la fovéole basale petite, mais les fossettes latérales très
grandes, reportées sur les parties latérales du disque. Élytres épais, à deux
fossettes basales, la strie discale présente. Abdomen contracté, le premier
tergite plus grand que le second, rebordé latéralement, avec deux carénules
basales particulièrement épaisses quoique courtes. Pattes grêles, les tarses
longs et épais.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON 105
Mâle. Scape allongé, cylindrique, pédicelle renflé, plus long que large
et bossu à la base. Fémurs intermédiaires avec une dent au tiers proximal
du bord postérieur ; tibias intermédiaires avec une longue dent perpendi¬
culaire avant le sommet du bord interne.
Genre très différent de tous ceux qui occupent la région indo-malaise.
La largeur du front fait penser aux Bunoderus Raffr. ou Nodulina Raffr. ;
mais il n’existe certainement aucune parenté entre ces genres sud-américains
et le genre japonais.
1. Noduliceps latifrons Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 325
(Bryaxis) ; type : Miyanoshita (Brit. Mus.).
Fig. 134. — Long. 1,6 mm. Noirâtre, les élytres, et les antennes, les
palpes et les pattes rougeâtres, la pubescence extrêmement courte. Court
et trapu, épais. Tête volumineuse, arrondie, le front superficiellement
ponctué, régulièrement convexe, sans dépressions ni sillons, mais avec deux
grandes fossettes ocellaires entre les yeux ; ceux-ci bien plus courts que les
tempes qui sont longues, peu convexes ; cou très court, large. Antennes
grêles, les articles 3 à 6 nettement plus longs que larges, 7 et 8 courts, la
massue peu renflée. Pronotum un peu moins long que large, à base large,
la plus grande largeur au milieu ; disque finement ponctué, très convexe.
Élytres courts et amples, à épaules saillantes, la pubescence courte mais
régulière, simulant une très fine ponctuation ; strie discale approfondie
dans sa partie moyenne. Premier tergite abdominal très convexe. Pattes
longues et grêles.
L’exemplaire qui m’a très aimablement été communiqué est un mâle,
mais en trop mauvais état de conservation pour être décollé de sa paillette.
L’édéage reste donc inconnu.
Honshu : Miyanoshita, env. de Yokohama, 2 mâles (G. Lewis, IV-
1880).
Trib. Tychini Jeannel
Groupe holarctique, abondamment représenté en Europe par les deux
genres T y chus Leach et Tychomorphus Jeann.
35. Gen. TVCHUS Leach
Tychus Leach, 1817, Zool. Mise., III, p. 84 ; type : niger Reichenbach. —
Jeannel, 1956, Mém. Mus., Zool., XIV, p. 131.
1. Tychus crassicomis Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr., LXXVIII,
p. 40 ; type : ? Japon (Mus. Paris).
Fig. 135 et 136. — Long. 1,5 mm. Sans doute ailé. Testacé rougeâtre
luisant, la pubescence dorée, longue sur les côtés des élytres. Tête petite,
le lobe frontal lisse, avec les tubercules antennaires saillants, contigus.
Source : MNHN, Paris
106
R. JEANNEL
Yeux petits, plus courts que les tempes. Palpes maxillaires à intermédiaire
allongé et massette sécuriforme. Antennes épaisses, ( l ) les articles 3 à 6 un
peu transverses, les 7 et 8 transverses et déliés, la massue épaisse, les articles
9 et 10 bien plus larges que longs, le 11 court. Pronotum transverse, à bosses
latérales très arrondies. Élytres longs, à épaules saillantes, la strie discale
bien développée. Premier tergite abdominal court, sa dépression médiane
du bord basal bien plus étroite que chez les espèces européennes. Pattes
grêles.
136
135
Fig. 135 et 136. Gen. Tychus Leach. — Fig. 134. T. crassicornis Raffr., mâle, de Kyoto,
X 45. — Fig. 135. Édéage, face dorsale, x 165.
Édéage (fig. 136) volumineux, présentant un peu l’aspect de celui de
Yalgericus de l’Algérie. Capsule basale très volumineuse, sphérique, la lame
distale largement étendue et se prolongeant à gauche par une apophyse
pointue inclinée en dehors. Pas de style droit, mais une tubulure distale
se détache du sac interne, aussi compliquée que celle de Yalgericus (Jeannel,
1956, Mém. Mus., Zool., XIV, p. 136, fig. 138).
Espèce très isolée, car aucun Tychus n’est encore connu d’Asie au-delà
du Caucase. Elle se rattache cependant aux lignées occidentales.
L’unique exemplaire connu était étiqueté «Yunnan» et se trouvait
dans un lot de Psélaphides du Japon acquis par Raffray chez Donckier de
Donceel. Il est bien probable qu’il provienne du Japon ; mais une incertitude
subsiste à cet égard.
(1) Par une erreur regrettable la figure 135 montre une antenne avec un article
de trop.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
107
V. Subfam. PSELAPHITAE Jeannel
Trib. Pselaphini Raffray
36. Gen. PSELAPHAULAX Reitter
Pselaphaulax Reitter, 1909, Fna Germ. Kafer, II, p. 217 ; type : dresdensis
Herbst. — Jeannel, 1951, Rev. fr. d’Ent., XVIII, p. 8.
1. Pselaphaulax japonicus Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr., LXXVIII,
p. 42 (Pselaphus) ; type : Kyoto (Mus. Paris).
Fig. 137. — Long. 1,6 mm. Ailé. Testacé rougeâtre luisant, la pubescence
assez longue et rare. Très voisin du dresdensis de l’Europe. Comme chez
celui-ci, les antennes et les palpes sont courts, le pronotum présente une
fovéole basale au milieu du sillon transverse pré-basal. Mais il diffère du
dresdensis par les caractères suivants.
Fig. 137. Gsn. Pselaphaulax Reitt. ; édéage du P. japonicus Raffr., de Kyoto, X 120.
Renflement distal de la massette moins gros, pas plus long que le funicule,
alors qu’il est nettement plus long chez dresdensis. Antennes à article 8
un peu renflé, la massue formée de quatre articles et plus épaisse que chez
dresdensis. Par ce caractère le japonicus ressemble davantage aux espèces
indo-malaises telles que articularis Schauf. (Siam), pubescens Raffr. (Annam),
veslitus Raffr. (Sumatra).
Pas de différences sexuelles apparentes.
Édéage (fig. 137) tout à fait de même type que celui du dresdensis
(Jeannel, Fne Fr., 53, Pselaph., p. 381, fig. 157), avec la même pièce
copulatrice unique.
Honshu : Kyoto, 9 exemplaires (coll. Raffray).
Source : MNHN, Paris
108
R. JEANNEL
37. Gen. PSELAPHUS Herbst
Pselaphus Herbst, 1792, Nat. Ins., Kâfer, IV, p. 106 ; type : Heisei Herbst.
— Jeannel, 1951, Rev. fr. d’Ent., XVIII, p. 10.
1. Pselaphus Lewisi Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 329;
type : Nagasaki (Brit. Mus.).
Long. 1,7 mm. Testacé rougeâtre luisant, la pubescence éparse. Voisin
du P. Heisei Herbst de l’Europe, mais plus étroit, la tête sans trace d’ocelles,
le renflement distal de la massette palpaire épineux et plus long que le
pédoncule (par conséquent plus grand que chez Heisei). Antennes semblables
à celles du Heisei. Élytres et abdomen semblables, les stries élytrales toute¬
fois moins apparentes.
Kiushu : Nagasaki, une femelle (G. Lewis, V-1881).
38. Gen. PSELAPHOPSIS Jeannel
Pselaphopsis Jeannel, 1950, Fne Fr., 53, Psélaph., p. 359 ; type : Kiesen-
wetteri Reitter: — 1951, Rev. fr. d’Ent., XVIII, p. 10.
Genre créé pour une série d’espèces endogées de la région tyrrhénienne.
Il semble bien qu’il faille lui rattacher l’espèce suivante du Japon. Je ne
connais malheureusement pas cette espèce ; mais D. Sharp, dans sa diagnose
fort méticuleuse, la compare au P. Revelieri Reitt. de la Corse et surtout
indique la présence, sur le pronotum de son espèce nouvelle du Japon,
d’une fovéole basale qui existe chez tous les Pselaphopsis et dont il n’existe
jamais trace chez les Pselaphidius indo-malais.
C’est donc au genre Pselaphopsis que je rapporte l’espèce suivante.
1. Pselaphopsis debilis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 328
(Pselaphus) ; type : Suwa Temple (Brit. Mus.).
Long. 1,5 mm. Brun rougeâtre luisant, les antennes, les palpes et les
pattes pâles. Grêle et déprimé. Tête alutacée. Palpes maxillaires extrême¬
ment longs et grêles, le renflement distal de la massette petit (sans doute
lisse, avec une incision longitudinale). Pronotum alutacé comme la tête,
petit, assez large mais à peu près aussi long que large, avec une fovéole
basale bien apparente. Élytres étroits à la base, très élargis en arrière (sans
doute plus longs que chez les Pselaphopsis tyrrhéniens), peu luisants ; la
suture finement carénée, le disque avec trois rangées de petites soies. Premier
tergite abdominal proportionnellement bien plus court que chez Revelieri,
de moitié plus large que long et avec les rebords latéraux plans, non relevés.
Mâle plus petit que la femelle. Son métasternum impressionné sur sa
partie postérieure, le premier sternite abdominal avec deux saillies encadrant
une fossette médiane. Ces caractères abdominaux du mâle sont à peu près
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
109
les mêmes que chez les Pselaphopsis de l’Europe (Jeannel, Fne Fr., 53,
Psélaph., p. 389, fig. 161).
Kiushu : Nagasaki, mâle et femelle aux abords du Suwa Temple
(G. Lewis), IV-1881).
39. Gen. TYRAPHUS Sharp
Tyraphus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 180 ; type : planus
Sharp. — Jeannel, 1951, Rev. fr. d’Ent., XVIII, p. 6.
1. Tyraphus nitidus Raffray, 1909, Ann. Soc. ent. Fr., LXXVIII, p. 43 ;
type : Kyoto (Mus. Paris).
Long. 1,7 mm. Rougeâtre très luisant. Très voisin du Howilli King de
l’Australie, mais avec les antennes et les pattes bien plus épaisses, la base du
pronotum finement alutacée au lieu d’être parfaitement lisse, enfin avec
quelques points pilifères épars sur le pronotum et le long de la strie discale
des élytres.
Dans la faune japonaise, cette espèce constitue un élément gondwanien
qui s’oppose au caractère nettement paléarctique des trois genres de
Pselaphini qui précèdent.
Honshu : Kyoto, une femelle (coll. Raffray).
Trib. Hybocephalini Raffray
40. Gen. STIPESA Sharp
Slipesa Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 108 ; type : rudis
Sharp. — 1883, 1. c., p. 297. — Filiger Schaufuss, 1877, Pselaph.
Siams, p. 17 ; type : carinioenlris Schaufuss. — Raffray, 1908.
Gen. Ins., Psel., p. 321. — Jeannel, 1950, Ann. Mus. Congo
Belge, sér. in-8°, Zool., 2, p. 201.
La position systématique de ce genre était restée pour D. Sharp une
énigme ; mais Raffray, sans l’avoir vu, avait reconnu qu’il devait être
placé dans la tribu des Hybocephalini. L’examen du type unique du Stipesa
rudis que M. E. B. Britton a bien voulu me communiquer, me permet non
seulement d’identifier des exemplaires recueillis par Coiffait, mais surtout
de constater qu’il n’y a aucune différence entre ces Slipesa et les Filiger
Schauf., répandus dans l’Indo-Malaisie et l’Afrique intertropicale. Il n’est
pas douteux que le nom de Filiger Schauf. doit disparaître, par application
de la loi de priorité.
1. Stipesa rudis Sharp, 1874, 1. c., p. 109 ; type : Suwosama (Brit. Mus.). —
1883, 1. c., p. 297.
Fig. 138. — Long. 1,4 mm. Aptère. Testacé rougeâtre, le tégument
recouvert de poils écailleux blanchâtres. Tête un peu plus longue que large,
Source : MNHN, Paris
110
R. JEANNEL
densement et finement ponctuée, le lobe frontal petit, moins long que large,
plus étroit que la moitié du front, celui-ci très convexe, sans fossettes
ocellaires ; yeux très petits, les tempes longues et convexes. Antennes assez
courtes ; scape deux fois aussi long que large, pédicelle pas plus long que la
moitié du scape, article 3 de longueur égale à la moitié du pédicelle, les
4 à 8 encore plus courts, très transverses ; massue de trois articles, le 9 et le
10 un peu transverses, le 11 trois fois aussi long que le 10 et un peu plus épais.
Pronotum presque aussi long que large, finement ponctué comme la tête.
Élytres guère plus longs que le pronotum, la strie discale présente. Abdomen
très convexe, le premier tergite trois fois aussi large que long, rebordé
latéralement, comme le suivant. Pattes grêles, les tibias antérieurs un peu
arqués en dehors.
Mâle. Dernier tergite replié à la face ventrale de l’abdomen et soulevé
en forme de plaque rectangulaire.
Édéage (fig. 138) court, en forme d’urne à base repliée du côté ventral,
le bord ventral du large orifice apical prolongé par deux grandes apophyses,
la droite lamelleuse, la gauche échancrée au sommet, avec un bourrelet
marginal interne qui se termine en crochet. Un seul style, le gauche, grêle
et unisétulé.
Ne différant des Stipesa indo-malais que parce que ceux-ci sont ailés
et macrophtalmes. L’édéage est assez particulier, mais d’un type peu diffé¬
rent de celui des espèces africaines.
Kiushu : Suwosama, près de Nagasaki, un exemplaire (type) (G. Lewis).
— Shikuku. Préfecture Kochi : Ino-cho Kawauchi, trois exemplaires en
lavant la terre (H. Coiffait, VIII-1957).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
111
Trib. Cyathigerini Raffray
41. Gen. PARACYATHIGER Jeannel
Paracyathiger Jeannel, 1951, Diamang, Publ. cuit. n° 9, p. 109 ; type :
helerocerus Raffray.
1. Paracyathiger Fujiyamai Kubota, 1943, Trans. Kansai ent. Soc., IX,
p. 7, fîg. 2 (Cyathiger) ; type : mont Takao.
Espèce appartenant sans aucun doute au genre Paracyalhiger Jeann.,
comme l’indiquent ses antennes de sept articles et son lobe frontal étroit
et longitudinalement sillonné.
Long. 1,4 mm. Brun rougeâtre, la pubescence dorée, le tégument
rugueusement ponctué. Tête arrondie, les yeux petits, les antennes de
sept articles, avec le dernier transverse, ovalaire, à peu près d’un tiers plus large
que long, non excavé. Pronotum aussi long que la tête mais un peu plus
large. Élytres environ deux fois aussi longs que le pronotum, atténués en
avant, sans stries. Sternite abdominal avec une longue dépression médiane.
Pattes courtes (d’après M. Kubota).
Sexe indéterminé, sans doute femelle.
Honshu. Préfecture Kyoto, Jiyama, sur le mont Takao, un exemplaire
[M. Kubota, V-1942).
Trib. Ctenistini Raffray
Tableau des genres du Japon
1. Antennes épaisses, moniliformes, sans massue distincte. Palpes
maxillaires de 5 articles, le pédoncule pénicillé, l’intermédiaire et la
massette globuleux et pénicillés. 42. Gen. Centrotoma Heyd.
— Antennes grêles, non moniliformes. Palpes à intermédiaire et massette
piriformes, transverses, pénicillés. 2.
2. Antennes sans massue tranchée, les articles croissant peu à peu
d’épaisseur, seulement plus longues chez le mâle. Palpes à pédoncule
pénicillé. 43. Gen. Pilopius Cas.
— Antennes longues, à massue distincte, bien tranchée ; de 4 articles
chez les mâles. 3.
3. Dessous de la tête simple. Antennes très longues, la massue bien plus
longue que le reste de l’antenne chez les mâles... 44. Gen. Ctenistes Reich.
— Dessous de la tête avec une carène transverse aboutissant à une
saillie conique de chaque côté, en-dessous des yeux. Antennes plus
courtes, la massue des mâles à peine plus longue que le reste de
l’antenne. 4.
Source : MNHN, Paris
112
R. JEANNEL
4. Grande taille. Tête allongée, le lobe frontal allongé. Pédoncule pal-
paire généralement sans pénicillé (pénicillé chez le mimeticus, de
position incertaine). 45. Gen. Poroderus Sharp.
— Petite taille. Tête transverse, le lobe frontal court. Pédoncule pal-
paire pénicillé. 46. Gen. Gonorsus, nov.
42. Gen. CENTROTOMA Heyden
Ceniroloma Heyden, 1849, Stett. ent. Ztg., X, p. 182 ; type : lucifuga
Heyden.
Ce genre renferme une demie douzaine d’espèces, dont quatre en Europe,
une dans l’Inde, une au Japon. Toutes sont myrmécophiles, inféodées aux
Telramorium.
1. Centrotoma prodiga Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 107;
type : Nagasaki (Brit. Mus.). — 1883, 1. c., p. 297. — Kubota,
1949, Trans. Kansai ent. Soc., IX, p. 8.
Long. 1,8 mm. Voisin du C. lucifuga d’Europe, dont il diffère par sa
pubescence plus grossière et éparse et par ses articles antennaires moins
transverses.
Kiushu : Nagasaki, deux exemplaires dans des nids de Telramorium
(G. Lewis, VII-1881). — Honshu : Yokohama, une femelle dans un nid de
Telramorium caespilum L. ( M. Kubota, III-1942).
43. Gen. PILOPIUS Casey
Pilopius Casey, 1897, Col. Not., VII, p. 617 ; type : lacustris Casey. —
Raffray, 1908, Gen. Ins., Pselaph., p. 336.
Palpes de cinq articles, à intermédiaire et massette transverses, le
pédoncule, l’intermédiaire et la massette pénicillés. Dessous de la tête simple ;
pas de saillie latérale sous-oculaire. Antennes sans massue distincte, les
articles croissant peu à peu d’épaisseur. Chez les mâles, les antennes sont
plus longues et plus épaisses que chez les femelles, de sorte que les derniers
articles (au moins du 8 au 10) sont plus grands.
Édéage très court, un peu quadrangulaire.
Ce genre est représenté dans l’Amérique du Nord par une quinzaine
d’espèces, la plupart des États de l’Est. Des espèces toutefois occupent aussi
le Texas, la Californie et même le Mexique et la Colombie. La présence d’une
espèce au Japon est donc fort remarquable et pose un problème biogéo¬
graphique qui sera été examiné plus loin.
Source ■■ MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
113
1. Pilopius discedens Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 296
(Clenistes) ; type : Hitoyoshi (Brit. Mus.).
Fig. 139. — Long. 2 mm. Ailé. Aspect d’un Clenisles. Tête à lobe frontal
saillant et étranglé à la base, le front surélevé entre les yeux et portant deux
fossettes ocellaires, les yeux très grands, les tempes courtes, recouvertes
d’amas villeux. Pronotum un peu transverse, lisse, le bord basal avec une
bordure villeuse remontant sur la fovéole basale et sur les fossettes latérales.
Élytres deux fois aussi longs que le pronotum, aplanis et lisses, avec une
frange blanchâtre du bord apical. Abdomen comme chez les Clenistes mais
sans frange blanchâtre au bord postérieur du premier tergite. Pattes longues
et grêles.
Fig’ 139 et 140. Gen. Pilopius Casey, édéages, face dorsale, x 165. — Fig. 139. P. discedens
Sharp, de Kyoto. — Fig. 140. P. lacuslris Cas., du Canada.
Mâle : antennes relativement longues, le pédicelle presque aussi long
que le scape, les articles 3 à 7 environ deux fois aussi longs que larges, le 8
plus court que le 7, les 9 et 10 tronconiques mais longs, une fois et demie
aussi longs que larges, le 11 deux fois aussi long que le 10 et plus épais.
Femelle : antennes plus courtes et plus grêles, avec les mêmes propor¬
tions des articles que chez le mâle, mais les articles 9 et 10 sont plus ovalaires,
non tronconiques.
Édéage (fig. 139) court, la capsule basale prolongée par une lame dorsale
subcarrée, un peu asymétrique. Styles lamelleux, hyalins, armés de 3 soies.
Sac interne inerme.
L’édéage d’un Pilopius américain, du P. lacuslris Casey, type du genre
(fig. 140), a la même forme générale et une vaste lame dorsale. Les styles
ne portent pas de soies. Le sac interne présente une paire de longues dents
incurvés, faisant saillie au dehors.
Kiushu : Hitoyoshi, un mâle (type) (G. Lewis). — Honshu : environs
de Kyoto, sept exemplaires (coll. Raffray).
Mémoires do Muséum. — Zoologie, t. XVIII.
Source : MNHN, Paris
114
R. JEANNEL
44. Gen. CTENISTES Reichenbach
Clenistes Reichenbach, 1816, Mon. Psel., p. 75 ; type : palpalis Reichenbach.
1. Ctenistes oculatus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 110;
type : Japon (Brit. Mus.). — 1883, 1. c., p. 295.
Long. 2 mm. Aspect du palpalis Reich., mais avec les antennes du mâle
plus longues. Mêmes caractères généraux mais un peu plus épais.
Mâle : antennes presque aussi longues que le corps. Semblables à celles
du palpalis depuis la base jusqu’à l’article 9, elles diffèrent par l’allongement
des deux derniers articles. Seulement un peu plus longs que le 9 chez palpalis,
les articles 10 et 11 sont nettement plus longs d’un tiers que le 9 chez oculalus.
Ce Clenistes oculatus est certainement dérivé de la souche du palpalis
dont l’aire géographique s’étend depuis l’Europe jusqu’en Asie.
Un mâle étiqueté « Nishigo », dans la collection Raffray.
45. Gen. PORODERUS Sharp.
Poroderus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 294 ; type : armalus
Sharp.
Genre voisin de Clenistes dont il diffère surtout par la brièveté des
antennes, dont la massue comprend quatre articles chez le mâle, comme chez
Ctenistes, mais forme à peine un peu plus de la moitié de la longueur de
l’antenne.
Le genre renferme plusieurs espèces au Japon, mais est aussi connu du
Siam et de Sumatra.
Tableau des espèces du Japon
1. Pédoncule palpaire pénicillé, comme l’intermédiaire et la massette.
Long. 2,2 mm. 4. mimeticus Sharp.
— Pédoncule palpaire non pénicillé. 2.
2. Pédicelle antennaire plus long que large, les articles 3 et 4 un peu
plus longs que larges et subégaux. Long. 2 mm.... 1. armatus Sharp.
— Pédicelle antennaire très court, pas plus long que large. 3.
3. Articles 3 et 4 des antennes très courts, aussi longs que larges et sub¬
égaux. Long. 2 mm. 2. médius Sharp.
— Articles 3 deux fois plus long que le 4, les antennes plus longues.
Long. 2 mm. 3. similis Sharp.
1. Poroderus armatus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 111
(Clenistes); type : Nagasaki (Brit. Mus.). — 1853, 1. c., p. 294
(Poroderus).
Fig. 141. — Long. 2 mm. Ailé. Relativement grêle, le pronotum aussi
long que large mais un peu rétréci à la base.
Source :MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
115
Antennes du mâle : pédicelle oblong, presque aussi long que le scape ;
article 3 un peu plus long que large et plus court que le pédicelle, les 4 à 7
pas plus longs que larges. Article 8 une fois et demie, 9 deux fois aussi long
que large, 10 aussi long que le 9 mais plus épais, 11 plus long que le 10 d’un
tiers.
Fig. 141 et 142. Gen. Poroderus Sharp, édéages, X 120. — Fig. 141. P. armalus Sharp, de
Yokohama. — Fig. 142. P. médius Sharp, de Tokyo.
Édéage (fig. 141) oblong, atténué dans sa partie distale, le bord distal
brièvement infléchi. Paroi dorsale non sclérifiée. Pas de styles. Sac interne
inerme.
Kiushu : Nagasaki, un mâle (G. Lewis). — Honshu : Yokohama,
un mâle (G. Lewis, in coll. Raffray).
2. Poroderus médius Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 111
(Clenisles) ; type : Fukahora (Brit. Mus.). — 1883, 1. c., p. 294
(Poroderus).
Fig. 142. — Long. 2 mm. Ailé. Plus robuste que le précédent, le pronotum
aussi long que large, à base large.
Antenne du mâle : pédicelle pas plus long que large, court ; article 3
à peine plus long que large, aussi long que le pédicelle, les 4 à 7 pas plus longs
que larges. Articles 8 et 9 une fois et demie aussi longs que larges, le 10 aussi
long que le 9 mais beaucoup plus épais, le 11 d’un tiers plus long que le 10,
les articles 9 à 11 bien plus épais que chez armalus.
Antennes de la femelle : pédicelle un peu plus long que large ; articles 3 à
7 un peu plus longs que larges, le 8 très petit, globuleux, 9 et 10 épais, à peine
plus longs que larges, le 11 deux fois aussi long que le 10.
Édéage (fig. 142) à partie distale plus large que chez armalus.
Kiushu : Fukahora, près de Nagasaki (G. Lewis). — Honshu : env.
de Tokyo, cinq exemplaires (E. Gallois).
Source : MNHN, Paris
116
R. JEANNEL
3. Poroderus similis Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 112
(Clenisles); type: Nagasaki (Brit. Mus.). — 1883, 1. c., p. 294
(Poroderus ).
Long. 2 mm. D’après D. Sharp, cette espèce diffère seulement du
P. médius par le plus grand allongement des articles 3 à 7 des antennes chez
le mâle ; l’article 3 est environ deux fois plus long que le 4 et l’article 7 n’est
guère plus court que le 8.
Kiushu : Nagasaki, un mâle (G. Lewis).
4. Poroderus mimeticus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 295
(Clenisles) ; type : Nagasaki (Brit. Mus.). — Kubota, 1943, Trans.
Kansai ent. Soc., IX, p. 8 (Poroderus).
Long. 2,2 mm. La femelle, d’après D. Sharp, ressemble tout à fait à
la femelle de 1 ’armalus, mais le pédoncule palpaire est pénicillé, comme
l’intermédiaire et la massette. D’autre part les trochanters postérieurs sont
bien plus courts. Le dernier caractère fait penser aux Enoploslomus.
Espèce de position incertaine, qui devra sans doute être éliminée du
genre Poroderus.
Kiushu : Nagasaki, une femelle (G. Lewis).
M. Kubota (1. c., p. 8) le cite de Kôsu, préfecture Kanagawa, un mâle
(H. Hasegawa).
46. Gen. GONORSUS, nov.
Type : Clenisles breviceps Sharp.
Mêmes caractères généraux que chez Poroderus Sharp, mais plus petit,
avec la tête courte, transverse, à lobe frontal très court. Sharp pensait que
son Clenistes breviceps pourrait appartenir au genre Sognorus Reitt. Mais
chez celui-ci la massue antennaire des mâles est indistincte, tandis que chez
le C. breviceps, comme chez les Poroderus et les Clenistes, la massue des mâles
est formée de quatre articles allongés. En réalité le genre nouveau créé pour
recevoir le C. breviceps de Sharp est plus voisin de Poroderus Sharp et en
diffère par la présence d’un pénicillé sur le pédoncule palpaire.
1. Gonorsus breviceps Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 296
(Clenistes) ; type : Tokyo (Brit. Mus.).
Fig. 143. — Long. 1,4mm. Ailé.Têtecourte,transverse,le front très large,
les yeux très grands. Palpes à pédoncule pénicillé. Pronotum aussi long que
large. Pattes grêles.
Antennes du mâle : pédicelle aussi long que large, aussi épais que le
scape, articles 3 à 7 courts, aussi longs que larges, le 8 et le 10 d’un tiers plus
longs que larges, le 9 un peu plus court, le 11 de moitié plus long que le 10
et plus renflé.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
117
Antennes de la femelle : pédicelle comme chez le mâle ; articles 3 à 7
un peu plus longs que larges, le 8 globuleux, le 9 un peu plus gros que le 8,
le 10 tronconique, le 11 deux fois aussi long que le 10.
Édéage (fig. 143) très petit, ovoïde, le sac interne chitinisé dans sa partie
distale. Styles épais, sclérifîés, tronqués au sommet, avec deux soies sub¬
apicales.
Honshu : environs de Tokyo, 2 mâles et une femelle (E. Gallois). Cité
par Sharp de Tokyo, de Yokohama et de Nîigata (G. Lewis).
Fig. 143. Gen. Gonorsus, nov. : édéage du G. breviceps Sharp, de Tokyo, X 165.
Trib. Tmesiphorini Jeannel
Tableau des genres du Japon
1. Palpes pénicillés. 2.
— Palpes sans pénicillés. 3.
2. Sommet du pédoncule et intermédiaire pénicillés, la massette angu-
leusement élargis, sans pénicillé. 47. Gen. Tmesiphorus Lee.
— Sommet du pédoncule, intermédiaire et massette pénicillés, la
massette allongée et acuminée.48. Gen. Raphitreus Sharp.
3. Sommet du pédoncule et intermédiaire palpaires anguleusement
élargis en dehors, la massette simple, fusiforme et très acuminée.. .
. 49. Gen. Labomimus Sharp.
— Palpes relativement petits, le sommet du pédoncule et l’intermé¬
diaire simples. 4.
4. Massette palpaire simple, petite, fusiforme et acuminée. Premier
tergite abdominal plus long que le deuxième. 50. Gen. Lasinus Sharp.
— Massette palpaire relativement grande, fusiforme et acuminée,
mais avec une dépression ovalaire de sa face supérieure. Pronotum
à disque surélevé en bosse de polichinelle. Premier tergite abdominal
pas plus long que le deuxième. 51. Gen. Salticedes Kub.
Source : MNHN, Paris
118
R. JEANNEL
Gen. TMESIPHORUS Leconte
Tmesiphorus Leconte, 1850, Boston Journ. Nat. Hist., VI, p. 75 ; type :
carinatus Say. — Jeannel, 1950, Mém. Mus., Zool., II, p. 24.
Genre répandu dans la région gondwanienne, tant dans l’Afrique inter-
tropicale que dans l’Indo-Malaisie et l’Australie. Il est connu à l’état fossile
de l’ambre de la Baltique et est représenté par deux espèces dans l’Est des
É tats-Unis.
Les espèces du Japon paraissent plus étroitement apparentées à celles
de l’Amérique du Nord. Elles sont peut-être myrmécophiles.
Tableau des espèces du Japon
1. Abdomen avec trois carènes sur les trois premiers tergites. Long.
3 mm. 1. costatus Weise.
— Abdomen sans carène médiane sur les tergites, les deux carènes laté¬
rales entières sur le premier tergite, écourtées sur le deuxième. 2.
2. Pénicillés palpaires plus courts. Carènes latérales du deuxième
tergite abdominal occupant presque toute la longueur. Long. 3 mm.
. 2. crassicomis Sharp.
— Pénicillés palpaires bien plus longs. Carènes latérales du deuxième
tergite abdominal réduites à leur partie antérieure. Long. 3,2 mm.
. 3. princeps Sharp.
1. Tmesiphorus costatus Weise, 1877. D. ent. Z ., XXI, p. 98 ; type : Hagi
(Mus. Berlin).
Long. 3 mm. Voisin du carinalus Lee., de l’Est de l’Amérique du Nord.
Il diffère du carinalus par la présence d’une carène médiane qui fait défaut
chez le carinalus, mais ses carènes latérales s’étendent sur les trois premiers
tergites, comme chez l’espèce américaine.
Honshu : Hagi, un mâle dans les feuilles mortes (Hitler).
2. Tmesiphorus crassicomis Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883,
p. 299 ; type : Nagasaki (Brit. Mus.).
Long. 3 mm. Comme chez le T. costalis Lee., de l’Est des États-Unis,
ce Tmesiphorus n’a pas de carène médiane sur les tergites abdominaux.
Mais ses carènes latérales occupent toute la longueur du premier tergite et
seulement les trois-quarts du deuxième, alors qu’elles sont entières sur le
deuxième tergite de l’espèce américaine.
Kiushu : Nagasaki, un mâle avec une Fourmi noire, près du Suwa Temple
(G. Lewis, 1871). — Honshu : Shiba, près de Tokyo, un mâle avec la même
Fourmi noire (G. Lewis, V-1880). — Hokkaido : Nanaye, dans le sud de l’île,
une femelle (G. Lewis).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
119
3 . Tmesiphorus princeps Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 299 ;
type : Futai (Brit. Mus.).
Long. 3,2 mm. Très voisin du crassicornis dont il diffère par le plus
grand développement des pénicillés palpaires et par la réduction des carènes
du deuxième tergite abdominal.
Honshu : Futai, une femelle avec une Fourmi noire (G. Lewis).
48. Gen. RAPHITREUS Sharp
Raphilreus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 298 ; type :
speratus Sharp.
Genre créé pour une espèce du Japon et qui ne doit recevoir que cette
espèce. Raffray a décrit dans ce genre deux espèces, l’une, denlimanus Raffr.
de l’Indochine et de Singapore, l’autre Bakeri Raffr. des Philippines ; mais
ces deux espèces n’ont rien à voir avec le genre Raphilreus du Japon. Il
faudra créer pour elles un genre nouveau : Raphitreodes nov.
Extérieurement les deux genres diffèrent par les caractères suivants :
Pubescence très courte, formée de petits poils très courts chez Raphilreus,
alors que la pubescence est longue et dense chez Raphitreodes.
Ponctuation de l’avant-corps extrêmement dense et rugueuse chez le
genre japonais, au contraire très éparse chez le R. denlimanus Raffr., nulle
chez le R. Bakeri Raffr. des Philippines.
Abdomen avec des carènes latérales bien saillantes sur les deux premiers
tergites abdominaux chez le Raphilreus japonais, très effacées chez les
Raphitreodes.
Enfin c’est surtout la structure de l’édéage qui sépare les deux genres.
Chez le Raphilreus speralus (fig. 145) la capsule est ovoïde, sans lame distale
et renferme un sac interne qui se prolonge au dehors par un tube chitineux
sinué. Chez le Raphitreodes denlimanus Raffr., par contre (Jeannel, 1952,
Rev. fr. d’Ent., XIX, p. 109, fig. 54), l’édéage est tout à fait de même type
que chez les Cenlrophlhalmus. Celui du R. Bakeri ne diffère de celui-ci que
par le raccourcissement de la lame distale.
Malgré son édéage aberrant, le genre Raphitreodes doit être conservé
dans la tribu des Tmesiphorini.
1. Rapkitreus speratus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 109
(Tmesiphorus); type : Maiyasama (Brit. Mus.). — 1883, 1. c.,
p. 298 (Raphilreus).
Fig. 144 et 145. — Long. 2,2 mm. Aptère. Brunâtre luisant, l’avant-
corps rugueusement ponctué et mat, la pubescence extrêmement courte.
Assez grêle. Tête petite, le front surélevé et large, le lobe frontal court, avec
une fossette arrondie, à fond squameux, sur le milieu ; yeux volumineux.
Palpes à pédoncule, intermédiaire et massette pénicillés, la massette allongée.
Source : MNHN, Paris
120
R. JEANNEL
Antennes épaisses, les trois articles de la massue plus longs que larges
déliés. Pronotum rugueusement ponctué, très bombé. Élytres courts, à
épaules effacées ; deux côtes discales. Abdomen à premier tergite pas plus
long que le deuxième, les deux premiers tergites très bombés, sans carène
médiane, mais avec des carènes latérales. Pattes robustes, les tibias anté¬
rieurs épaissis dans la partie moyenne et un peu incurvés.
Femelle inconnue.
Édéage (fig. 145) à capsule basale hyaline, la musculature interne bien
développée.
Honshu : Maiyasama, près de Hiogo, Kobé et Oyama, trois mâles
(G. Lewis); un mâle dans la collection Raffray.
Fig. 144 et 145. Gen. Raphilreus Sharp. — Fig. 144. R. speralus Sharp, mâle, de Honshu,
x 26. — Fig. 145. Édéage du même, x 120.
49. Gen. LABOMIMUS Sharp
Labominus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 300 ; type :
Reilleri Sharp.
Palpes maxillaires non pénicillés, le sommet du pédoncule, l’intermédiaire
et la massette sont anguleusement élargis en dehors, ce qui les distingue des
palpes du Lasinus qui sera cité ci-après.
Forme générale allongée, grêle, l’abdomen très long, avec le premier
tergite bien plus long que le deuxième. Antennes et pattes longues.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
121
Deux espèces actuellement connues : L. Iiarmandi Rafïr., du Sikkim,
et la suivante :
1. Labomimus Reitteri Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 300 ;
type : Hakone (Brit. Mus.).
Long. 3,5 mm. Brun rougeâtre luisant, la pubescence longue. Allongé
et délié. Tête densement ponctuée, mate, les tempes anguleuses en arrière
des yeux. Antennes longues, le scape allongé, aussi long que les quatre articles
suivants ensemble, la massue de trois articles, allongée. Pronotum plus long
que large, très convexe, rugueusement ponctué latéralement, sans sculpture
sur le milieu du disque ; fovéole basale distincte. Élytres plus longs que le
pronotum, très étroits aux épaules, la surface éparsement ponctuée. Abdomen
presque noir, le premier tergite très long avec deux rudiments de carènes
latérales à la base. Pattes très longues (d’après Sharp).
Le L. Harmandi Raffr., du Sikkim, diffère du Reilleri par la présence
d’une carène longitudinale sur le pronotum, carène faisant défaut chez le
Reilleri.
Honshu : Hakone, env. de Yokohama, un exemplaire (G. Lewis,
v. 1880).
50. Gen. LASINUS Sharp
Lasinus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 106 ; type : spinosus
Sharp.
Espèces de grande taille, robustes, de coloration sombre, à membres
longs et épais. Palpes maxillaires très petits, simples. Avant-corps dense¬
ment ponctué. Abdomen très grand, avec le premier tergite bien plus long
que le deuxième, sans carènes discales. Trochanters et fémurs antérieurs
et intermédiaires pourvus d’épines dans les deux sexes.
A côté de l’espèce japonaise, se place une autre espèce, mandarinus
Rafïr., du Tonkin, qui diffère du spinosus par sa taille encore plus grande
(4 mm.) et par son pronotum ponctué latéralement mais lisse sur le milieu
du disque qui est surélevé et sillonné sur la ligne médiane.
1. Lasinus spinosus Sharp, 1874, Trans. ent. Soc. London, 1874, p. 106 ;
type : Nagasaki (Brit. Mus.). — 1883, 1. c., p. 301.
Fig. 146 à 148. — Long. 3 mm. Aptère. Rougeâtre plus ou moins foncé.
Tête à front large et convexe, à ponctuation assez fine et très dense, lobe
frontal long, saillant, sillonné, les yeux globuleux. Antennes longues, le
scape très long, aussi long que les quatre articles suivants ensemble,
le pédicelle semblable à l’article 3, les articles de la massue allongés. Pronotum
environ aussi long que large, plus ou moins convexe. Élytres courts, la strie
discale assez longue.
Mâle : massue antennaire de quatre articles, l’article 9 allongé, avec
Source : MNHN, Paris
122
R. JEANNEL
une dépression lisse subapicale de sa face externe. Épines trochanté-
riennes et fémorales plus longues.
Femelle : massue antennaire de trois articles, le 9 simple. Épines
des trochanters et des fémurs plus courtes ; le trochanter intermédiaire
porte deux épines, alors qu’il n’y en a qu’une chez le mâle.
Fig. 146 à 148. Gen. Lasinus Sharp. — Fig. 146. L. spinosus Sharp, mâle, du mont Takao
X 24. — Fig. 147. Tête de la femelle. — Fig. 148. Édéage, x 120.
Édéage (fig. 148) à capsule basale ovoïde, prolongée par une longue
lame dorsale. Styles en Y, coalescents dans leur partie basale, séparés et
très déhiscents dans la partie distale qui est fortement sclérifiée, large et
mousse, sans soies.
Variation. Espèce très variable. Certains exemplaires ont la tête plus
allongée (fig. 147), à tempes plus longues et antennes plus longues ; le
pronotum est peu convexe et les élytres sont plus courts. Sans doute existe-
t-il des races locales.
L’espèce est très largement répartie et généralement abondante dans les
amas de feuilles mortes.
Kiushu. Env. de Nagasaki (G. Lewis). — Honshu : Kyoto, Kobe,
Osaka, Oyama, Miyanoshita, près de Yokohama (G. Lewis). Préfecture
Tokyo : Sakano, Tatsikawa, mont Takao, une dizaine d’exemplaires
(E. Gallois, 1910).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON 123
Gen. SALTISEDES Kubota
Sallisedes Kubota, 1943, Trans. Kansai ent. Soc., IX, p. 8 ; type : brunneus
Kubota.
Oblong, assez convexe. Tête petite, allongée, à lobe frontal saillant
comme chez Lasinus. Palpes simples, mais avec la massette plus grande que
celle des Lasinus et surtout profondément excavée sur sa face supérieure.
Antennes longues, à scape peu allongé et massue de trois articles. Pronotum
avec le disque surélevé en bosse de polichinelle, sans doute comme chez les
Pselaphodes Westw. de la région indo-malaise. Élytres longs, à épaules
saillantes, la strie discale présente. Abdomen pas plus large que les élytres,
à premier tergite pas plus long que le deuxième et muni de deux carènes ;
pas de carène médiane. Pattes robustes, mais longues (d’après M. Kubota).
M. Kubota rapproche ce genre de Cercocerus Lee. (type : batrisoides
Lee.) de l’Amérique du Nord. Cela parce que chez Cercocerus la massette
palpaire présente la même excavation de sa face supérieure. Mais la massette
obtuse du genre américain est bien différente de celle, très acuminée du
Sallisedes. Et d’autre part les antennes à massue uniarticulée du Cercocerus,
la forme de son pronotum, l’absence de carènes tergales montrent qu’il n’a
aucun rapport avec le genre japonais et que l’excavation de la massette
palpaire dans les deux cas n’est qu’une simple convergence.
Cercocerus Lee. est bien à sa place près de Hamolus Aubé, dans la tribu
des Tyrini. Sallisedes par contre semble bien appartenir à celle des Tmesi-
phorini.
1. Saltisedes brunneus Kubota, 1943, Trans. Kansai ent. Soc., IX, p. 9,
fig. 3-4 ; type : mont Takao.
Long. 2 mm. Brunâtre, avec les palpes et les tarses rougeâtres, la
pubescence longue. Tête petite, oblongue, les yeux saillants, le lobe frontal
grand, avec une fossette médiane. Antennes longues, le scape à peu près
aussi long que les deux articles suivants ensemble, le pédicelle semblable
à l’article 3, les 4 et 5 un peu plus longs que le 3, le 6 plus court que le 5,
le 7 encore plus court, article 8 tronconique, plus grand que le 7, les 9 et 10
globuleux, devenant plus grands, le 11 aussi long que les 9 et 10 ensemble,
acuminé. Pronotum aussi long que large, le disque hautement saillant en
arrière. Élytres longs, à épaules arrondies, la strie discale présente. Abdomen
atténué, non élargi, les tergites largement rebordés, le premier court, avec
deux carènes sur le disque. Pattes longues, les tibias grêles.
Mâle : antennes plus robustes. Fémurs antérieurs à bord postérieur
échancré vers le tiers proximal ; tibias plus longs que chez la femelle ; premier
article du tarse antérieur avec une saillie sous-tarsale de son extrémité
distale (d’après M. Kubota).
Honshu : préfecture Hachiôji, mont Takao, mâle et femelle (L. Fuji-
yama, V-1942).
Source : MNHN, Paris
124
R. JEANNEL
Trib. Tyrini Rafîray
52. Gen. TYRUS Aubé
Tyrus Aubé, 1833, Psel. Mon., p. 15 ; type : mucronatus Panzer. — Jeannel
1950, Fne Fr., 53, Pselaph., p. 409.
Subgen. Pseudolyrus Raffray, 1890, Rev. d’Ent., IX, p. 146 ;
type : corticalis Raffray.
Genre répandu dans toute la région holarctique. Raffray a séparé un
genre Pseudolyrus qu’il a ultérieurement considéré comme un simple sous-
genre et qui diffère par la forme de la massette palpaire plus étroite, plus
allongée que chez les Tyrus s. str.
Cette gracilité de la massette palpaire se retrouve non seulement chez
les espèces indo-malaises mais aussi chez celles de l’Amérique du Nord.
Toutefois, sans révision préalable, il n’est pas possible d’affirmer que ces
dernières puissent être réunies aux indo-malaises dans le même sous-genre
Pseudolyrus. Quant à l’espèce du Japon, sa massette palpaire est courte
et renflée, comme chez le mucronatus et elle doit prendre place parmi les
Tyrus s. str.
Elle représente donc au Japon, une lignée paléarctique.
1. Tyrus (s. str.) japonicus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883,
p. 302 ; type : Hitoyoshi (Brit. Mus.).
Long. 2 mm. Ailé. Rougeâtre foncé luisant, la pubescence longue et
rare. Aspect du mucronatus Panz. ; tête semblable. Palpes de même structure,
la massette aussi renflée mais un peu plus allongée, presque deux fois aussi
longue que large au lieu d’une fois et demie. Antennes plus grêles et plus
courtes, les articles 4 à 8 pas plus longs que larges, la massue plus renflée,
avec l’article 10 presque transverse. Pronotum semblable, très convexe.
Élytres et abdomen semblables. Comme chez le T. mucronatus, il n’existe
pas d’épines sur la face ventrale des fémurs antérieurs, alors qu’une longue
épine existe dans les deux sexes chez le T. (Pseudolyrus) corticalis Raffr.,
de Singapore.
Mâle inconnu.
Kiushu : Nagasaki (G. Lewis); Hitoyoshi (G. Lewis). — Honshu :
Kobé (G. Lewis).
La collection Raffray en possède une femelle de localité non précisée.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
125
VI. Fam. CL A VIGE RIT AE Redtenbacher
Trib. Fustigerini Jeannel
53. Gen. DIARTIGER Sharp
Diarliger Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 329 ; type : fossu-
lalus Sharp.
Genre de la Division III. Les antennes ont quatre articles et il n’existe
pas de trichomes cloisonnant la cuvette tergale en trois loges.
Antennes à pédicelle globuleux, le flagelle de deux articles, tous deux
trois fois plus longs que larges au sommet, l’article 3 grêle à la base et régu¬
lièrement épaissi ; le 4 bien plus gros que le 3, de même forme et d’un tiers
plus long. Tête presque deux fois aussi longue que large. Pronotum sans sillon
médian, rugueusement mais superficiellement ponctué, comme la tête.
Élytres longs, convexes, unis, densement pubescents. Plaque tergale arrondie,
parsemée de longues et fines soies ; la cuvette tergale étroite mais profonde,
à parois abruptes et fond vaguement triangulaire, avec deux stries comme
chez les Claviger. Pattes courtes et robustes, les trochanters intermédiaires
prolongés en longue épine dans les deux sexes.
Bord apical de l’élytre avec un grand trichome et de longues soies.
Pleures épaisses, avec un grand trichome.
Mâle : fémurs intermédiaires avec une épine grêle et rectiligne sur le
milieu du bord ventral. .
Édéage (fig. 150) très aberrant. Capsule de forme habituelle, atténuée
au sommet, sans trace de pièce distale ; le sommet est large, un peu crochu.
A la base de la capsule, le pédoncule basal est particulièrement long. Enfin,
chose tout à fait exceptionnelle chez un Clavigérite, il existe deux styles
lamelleux, semblables, insérés sur le pédoncule et terminés par un lobe
arrondi, sans soies.
Affinités. — Ce genre, très isolé, a bien une cuvette tergale avec des
stries, ce qui évoque les Claviger; mais tous les caractères sont ceux des
Fustigerini. Il semble bien qu’il dérive de la souche des Arlicerodes Raffr.
(type : syriacus Saulcy) genre de la Méditerranée orientale qui s’est répandu
jusqu’à Sumatra. Si la cuvette tergale n’est pas cloisonnée chez Diarliger,
il n’en existe pas moins des tubercules latéraux portant trichomes.
En tout cas, même apparenté aux Arlicerodes, le genre Diarliger reste
fort isolé tant par la structure des antennes que par celle de l’édéage.
Il n’a certainement pas non plus de parenté directe avec le Triartiger
urceus Kubota (1943, Trans. Kansai ent. Soc., IX, p. 11, fig. 5), de Formose,
dont les antennes ressemblent tout à fait à celles des Commalocerus Raffr.
Source : MNHN, Paris
126
R. JEANNEL
1. Diartiger îossulatus Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 330;
type : Hakone (Brit. Mus.).
Fig. 149 et 150. — Long. 2 mm. Allongé et étroit, testacé rougeâtre,
la pubescence assez dense sur les élytres. Avant-corps rugueusement mais
finement et superficiellement ponctué. Tête environ deux fois aussi longue
que large, la partie pré-oculaire aussi longue que la partie post-oculaire,
l’épistome peu saillant latéralement. Pronotum aussi long que large, très
convexe, la base large, sans sillon médian. Élytres allongés, convexes et
unis, sans stries ni strioles, ni fossettes basales. Région juxtasuturale très
déclive en arrière entre les trichomes. Cuvette tergale très profonde, à fond
plan entre deux stries qui s’unissent en arrière. Disque du tergite avec des soies
éparses, longues et fines. Trochanters intermédiaires prolongés en longue épine.
Fig. 149 et 150. Gen. Diarliger Sharp. — Fig. 149. D. fossulalus Sharp, mâle du mont
Kinkazan, x 26. — Fig. 150. Édéage, de profil, X 105.
Mâle. Métasternum avec un faisceau médian de soies dorées. Fémurs
intermédiaires avec une dent au milieu de la face inférieure.
Édéage : fig. 150.
Kiushu : environs de Nagasaki, dans les nids d’une Fourmi noire,
diverses localités (G. Lewis) (sans doute un Lasius, d’après Wasmann). —
Honshu : mont Kinkazan, à Gifu (E. Gallois) ; Hakone (G. Lewis).
2. Diartiger spinipes Sharp, 1883, Trans. ent. Soc. London, 1883, p. 331 ;
type : Yuyama (Brit. Mus.).
Voisin du fossulalus mais un peu plus grand, les antennes plus longues,
les élytres visiblement ponctués. Épine fémorale du mâle bien plus allongée ;
pas de houppe de soies sur le métasternum du mâle qui est largement
impressionné en arrière.
Kiushu : Yuyama, un mâle (G. Lewis).
Source : MNHN, Paris
BIOGEOGRAPHIE
L’étude des Psélaphides du Japon fait ressortir que la faune entomo-
logique de cet archipel est constituée par des éléments d’origine diverse.
On doit en considérer trois bien caractérisés.
Il y a tout d’abord un élément paléarctique, formé de lignées représentées
dans l’Europe et dans l’Asie, ce qui est naturel puisque l’archipel japonais
fait partie de l’Asie angarienne, dont il s’est détaché à une époque récente.
Un deuxième élément est constitué par des lignées indo-malaises. Dans
la famille des Psélaphides ces lignées sont particulièrement nombreuses au
Japon. Ce sont dans l’ensemble des lignées gondwaniennes orientales qui
ont émigré vers le Nord, sur la Chine orientale et le Japon. L’importance de
cette propagation qui n’a été gênée par aucune barrière, se traduit par la
présence d’un grand nombre de lignées indo-malaises dans la faune de la
Chine orientale et des archipels voisins : Formose, Japon.
Enfin il existe un troisième élément dans la faune entomologique du
Japon, celui-ci bien moins connu et qu’on peut appeler « élément nord-
américain ». J’en avais déjà plusieurs fois signalé l’existence. Les Pséla¬
phides vont en apporter de nouveaux exemples particulièrement démonstra¬
tifs. On verra d’ailleurs que ces lignées actuellement réparties dans l’Est
de l’Amérique du Nord d’une part, et au Japon et dans la Chine orientale
d’autre part, posent un problème paléogéographique qui n’est pas résolu.
Deux tribus des Pselaphidae sont strictement localisées dans la région
holarctique. Ce sont les Bythinini et les Tychini. Toutes deux sont repré¬
sentées au Japon. Les Tychini sont connus par un Tychus crassicornis
Rafïr. dont l’édéage rappelle celui du T. algiricus Guill. Les Bythinini par
contre sont nombreux dans l’archipel japonais.
Bythinini. — Récemment, en 1952, Yoshira et Nomura ont décrit
un remarquable cavernicole de la région centrale de Honshu, pour lequel
j’ai créé le genre Bythoxeniies. Je ne connais pas cette espèce ; toutefois la
description et la figure qui en sont données prouvent sans équivoque qu’il
s’agit bien d’un troglobie de la lignée des Machaerilina, probablement
voisin du Bylhoxenus subterraneus Motsch., de la Carniole. Mais contraire¬
ment à tous les Machaerilina occidentaux connus, ce Bythoxeniies japonicus
a conservé de très petits yeux.
D’autres Bythinini japonais, assez nombreux, appartiennent au genre
Bryaxis Kugelan. Ils se répartissent dans trois sous-genres, dont l’un est
Source : MNHN, Paris
128
!. JEANNEL
Bylhoblelus Reitt., répandu dans toute l’Europe, les deux autres, Arcobylhus
nov. et Bylhiniama nov. sont spéciaux au Japon. Ces Bythinini japonais
suggèrent deux observations.
D’abord, du point de vue morphologique, les espèces japonaises sont
remarquables par le développement d’une forte ponctuation de l’avant-corps
et aussi par la grande variabilité de la massette palpaire d’une espèce à une
autre. Ensuite, du point de vue écologique, il est frappant qu’on ne connais¬
sait que trois ou quatre Bryaxis du Japon avant que Coiffait ait découvert
sept espèces nouvelles. Cela tient à ce que ces Psélaphides, presque toujours
aptères, sont surtout confinés sous terre, peuplant les biotopes souterrains
de la partie méridionale de l’archipel, où Coiffait les a mis au jour par ses
lavages de terre.
A côté de ces Psélaphides des deux tribus des Bylhinini et Tychini, il
existe au Japon un certain nombre d’espèces appartenant à des lignées
paléarctiques, dans des tribus à plus vaste répartition.
Batrisini. — Le Balrisodes (s. str.) Coiffaiti n. sp. est connu par une
femelle anophtalme de l’île Shikuku. Il apparaît que cette espèce, devenue
endogée au Japon, y représente la lignée des Balrisodes s. str., tous à tendances
myrmécophiles en Europe.
Brachyglutini. — Deux Trissemus, T. alienus Sharp et T. cubitus
Sharp, ont les caractères essentiels des T. antennatus Aubé et T. helerocerus
Aubé, espèces typiques du genre, qui occupent le sud de la France et
l’Algérie.
Pselaphini. — Trois espèces japonaises appartiennent sans aucun
doute aux trois genres Pselaphaulax Reitt., Pselaphus Herbst et Pselaphopsis
Jeann. Le Pselaphaulax japonicus Raffr. est très voisin du P. dresdensis
Herbst de l’Europe ; de même le Pselaphus Lewisi Sharp est étroitement
apparenté au P. Heisei Herbst de l’Europe. Enfin le P. debilis Sharp, de
l’île Kiushu, doit être placé dans le genre Pselaphopsis Jeann., jusqu’ici
connu comme localisé dans la faune endogée de la région tyrrhénienne, en
Europe.
Ctenistini. — Le Clenistes oculatus Sharp du Japon est une forme de
la lignée du C. pulpalis Reich. D’autre part les fourmilières de Telramorium
du Japon hébergent un Cenlroloma prodiga Sharp, allié aux espèces du même
genre vivant dans les mêmes conditions en Europe.
Tyrini. — Le genre Tyrus Aubé est très largement répandu dans
l’Ancien-Monde. Les espèces de la région orientale forment un sous-genre
Pseudotyrus Raffr. ; le sous-genre Tyrus s. str. est constitué par le Tyrus
mucronalus Panz. d’Europe et le T. japonicus Sharp.
Clavigeritae. — L’unique genre de Clavigérites existant au Japon
pose un petit problème de systématique. En réalité, ce genre Diarliger
Sharp doit être placé dans la tribu des Fusligerini auprès du genre Articerodes
Raffr., répandu dans la région méditerranéenne orientale. Mais le Diarliger
Source : MNHI\I, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
129
fossulalus présente une cuvette tergale avec des sillons qui évoquent les
Claviger. Ce caractère n’exprime certainement pas une parenté. Sa répétition
dans les deux genres tient sans doute à ce que l’un et l’autre sont inféodés
aux Lasius , sans qu’on puisse, bien entendu, expliquer le mécanisme de cette
convergence. D’autre part ce Diarliger fossulatus est très remarquable par
l’état archaïque de son édéage qui a conservé une paire de styles parfaitement
développés. On sait que toute trace des styles a généralement disparu chez
les Clavigérites.
Conclusion. — Ainsi, parmi les Psélaphides du Japon, il existe un
assez grand nombre d’espèces étroitement apparentées à d’autres bien
connues en Europe. Il s’agit manifestement de lignées angariennes qui se
sont répandues sur l’Eurasie pendant le Tertiaire.
On pourrait être surpris de ce que ces lignées occupant d’une part
toute l’Europe et l’Asie occidentale, d’autre part le Japon, sont coupées en
deux tronçons par un immense hiatus formé par toute l’Asie centrale et
orientale. A la vérité cette disjonction n’est bien probablement qu’apparente.
Elle doit tenir à notre ignorance presque totale sur la faune des Psélaphides
sibériens et chinois. Sans doute des recherches futures y feront-elles découvrir
un jour de nombreux jalons.
Les lignées indo-malaises
Ce sont de beaucoup les plus nombreuses dans la faune du Japon. Un très
grand nombre de groupes d’insectes occupent le pourtour de l’océan Indien,
depuis l’Afrique orientale et Madagascar jusque dans l’Australie, y compris
l’Indo-Malaisie, les archipels des Séchelles et des Mascareignes. Ce sont les
lignées dites gondwaniennes orientales (Jeannel, La genèse des faunes
terrestres, p. 260).
Un caractère essentiel de ces lignées gondwaniennes orientales est
qu’elles ont émigré vers le Nord, d’une part vers la région méditerranéenne
en Europe, d’autre part dans l’Est asiatique jusqu’au Japon. Et il faut
remarquer que si la migration transméditerranéenne, au Montien, s’est
trouvée canalisée vers le Nord de l’Atlantique et l’Est de l’Amérique du Nord,
la migration des lignées indo-malaises vers l’Est asiatique n’a été arrêtée
par aucun obstacle et a même été favorisée par le climat chaud et égal des
rivages du Pacifique pendant tout le Tertiaire. Aussi les lignées indo-malaises
sont-elles nombreuses dans l’archipel japonais.
Pyxidicerini. — Le genre Zethopsus Reitt. est formé par une dizaine
d’espèces réparties dans l’Indo-Malaisie depuis la Birmanie et le Siam
jusqu’à Bornéo. Deux espèces ont été découvertes au Japon par H. Coiffait
en lavant la terre dans l’île Shikuku. L’édéage de l’une d’elles est un peu
différent de celui des espèces déjà connues de l’Indo-Malaisie, mais il n’est
pas douteux qu’il s’agisse d’espèces de même lignée.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVIII. 9
Source : MNHN, Paris
130
R. JEANNEL
Euplectini. — Ce sont encore les lavages de terre effectués par Coiffait
dans les régions calcaires de l’Ile Shikuku qui font connaître des représentants
de cette tribu, jusqu’alors inconnue au Japon.
Parmi ceux-ci, il s’est trouvé une espèce de la sous-tribu des Biblo-
porellina, appartenant au genre Pseudozibus Jeann. Ce genre a été fondé
pour une espèce, simplicipennis Jeann. , découverte aux environs de
Stanleyville et il faut lui rattacher une deuxième espèce du Sud de l’Italie,
crassipes Raffr., pour laquelle Cl. Besuchet avait fondé un genre spécial,
Aphiliopsis. La découverte d’une troisième espèce au Japon confirme que
ces Pseudozibus sont les restes sporadiques d’une lignée gondwanienne
orientale dont une espèce, crassipes Raffr., a franchi la Méditerranée au
Montien et une autre, longicollis n. sp. a atteint le Japon pendant le Tertiaire.
La découverte d’un Philiopsis (Ph. sulcicollis n. sp.) au Japon étend
l’aire géographique d’une lignée indo-malaise, absolument comparable à
celle des Zethopsus. Et il en est encore de même pour la découverte d’un
Eupleclus (Archeupleclus) nipponensis n. sp., dans les mêmes lavages de
terre de l’île Shikuku. On a vu en effet que le sous-genre Archeupleclus
Jeann. est formé par quelques espèces occupant l’Annam et Bornéo.
Batrisini. — Cette tribu est abondamment représentée au Japon, mais
les lignées indo-malaises y sont relativement peu nombreuses. Il faut citer
tout d’abord les genres Balrisoschema Reitt. et Coryphomus Jeann., le
premier répandu dans l’Indo-Malaisie, avec une espèce au Japon, Cory¬
phomus formant une grande lignée gondwanienne orientale dont le sous-
genre Ancislromus Jeann. groupe un très grand nombre d’espèces indo¬
malaises et deux au Japon.
Enfin ce sont toute une série de genres apparentés à Batrisocenus
Raffr., qui se présentent comme des lignées indo-malaises.
Comme on le voit, exception faite pour le Balrisoschema euplecliforme
Sharp, les Batrisini japonais relevant de lignées indo-malaises sont tous des
formes à deux fossettes basales aux élytres, appartenant aux grandes
Divisions IV et V qui constituent deux des catégories principales de la
systématique des Batrisini. Il existe bien au Japon de nombreux genres
à trois fossettes basales aux élytres (Division II), mais ceux-ci se groupent
autour de Balrisodes Reitt. qui n’est pas représenté dans l’Indo-Malaisie.
Au Japon, on a vu qu’il existe une espèce du sous-genre Balrisodes s. str.,
qui est paléarctique ; mais les sous-genres Excavotes O. Park et Pubimodes
O. Park sont des lignées nord-américaines ; les autres genres à trois fossettes
basales, apparentés à ces Balrisodes , ont sans doute la même origine.
Tanypleurini. — Tribu des Bylhinitae, subdivisée en deux sous-tribus,
celle des Globina africano-brésilienne, et celle des Tanypleurina, gond¬
wanienne orientale. Une des découvertes les plus remarquables de H. Coiffait
au cours de sa mission au Japon est certainement celle des nouveaux types
de troglobies appartenant à ce groupe des Tanypleurina.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON 131
Parmi les Tanypleurina japonais, il se trouve d’abord un genre Trio-
micrus Sharp, qui y remplace les Tanypleurus Raffr. de la région indo¬
malaise, eux-même apparentés aux Auchenolropis Raffr. de l’Afrique inter¬
tropicale. Avec les Triomicrus, les amas de débris végétaux des régions
humides nourrissent deux petits genres, Morana Sharp et Takaorites Jeann.
ce dernier se montrant le plus voisin des deux genres cavernicoles découverts
par H. Coiffait.
Ces deux genres cavernicoles présentent des caractères morphologiques
très particuliers. L’un, Bylhonesioles nov. est formé d’espèces encore micro-
phtalmes chez les mâles mais anophtalmes chez les femelles. Les mâles
présentent de curieux caractères sexuels ; allongement de l’épistome, très
longue pubescence hérissée des antennes, édéage membraneux, à bordure
de l’orifice apical armée d’une longue frange de soies. Deux espèces sont
connues, l’une d’une grotte de la préfecture Yamagushi, dans Honshu,
l’autre d’une grotte de la préfecture Kochi, dans Shikuku (fig. 85-87).
L’autre genre, Nipponobythus nov., présente des caractères sexuels
encore plus extraordinaires. La tête des mâles, dilatée à l’extrême, montre
des déformations sculpturales du front tout à fait comparables à celles bien
connues chez les Syrbatus des hautes montagnes d’Afrique. L’élargissement
du front du N. syrbaloides n. sp. déborde et cache les yeux comme chez le
Syrbatus monstruosus Jeann. du mont Elgon. C’est encore dans les cavernes
de Shikuku et aussi dans les argiles des environs de Kyoto que H. Coiffait
a recueilli trois espèces de ce curieux genre (fig. 88-92).
Brachyglutini. — C’est aux lignées indo-malaises que se rattachent
les Rybaxis Saulcy du Japon et aussi les Trissemus Jeann. du groupe de
l 'antilope Raffr.
Pselaphini. — On a vu que les lignées paléarctiques de cette tribu,
avec les genres Pselaphaulax Reitt., Pselaphus Herbst, Pselaphopsis Jeann.
ont atteint le Japon. Mais il existe aussi dans l’archipel une espèce du genre
Tyraphus Sharp qui est une grande lignée australienne et indo-malaise.
Hybocephalini et Cyathigerini. — Ce sont là deux tribus répandues
à la fois dans l’Afrique inter-tropicale et dans l’Indo-Malaisie. Toutes deux
sont représentées dans la faune japonaise par des espèces appartenant aux
lignées indo-malaises.
On a vu que le Stipesa rudis Sharp, espèce restée jusqu’ici énigmatique,
est en réalité un Filiger et que le nom de Stipesa devra remplacer désormais
celui de Filiger Schauf. D’autre part M. Kubota a fait connaître un
« Cyalhiger » Fusiyamaï, n. sp., vivant sur le mont Takao, près de Kyoto,
espèce qui appartient sans aucun doute au genre Paracyathiger Jeann.,
répandu en Indo-Malaisie.
Ctenistini. — Deux genres indo-malais sont représentés au Japon :
Poroderus Sharp et Gonorsus nov. le premier avec quatre espèces, le second
avec une seule espèce.
Mémoires du Muséum. — Zoologie, t. XVIII. 9—1
Source : MNHN, Paris
132
R. JEANNEL
Tmesiphorini. — Enfin, pour terminer cet examen des espèces japo¬
naises de souche indo-malaise, il faut citer le genre Labomimus Sharp (une
espèce au Japon, une autre dans le Sikkim) et le genre Lasinus Sharp (une
espèce au Japon, une au Tonkin).
A la vérité le genre Tmesiphorus Lee., au sujet duquel je me suis plusieurs
fois expliqué, est une lignée gondwanienne orientale dont les représentants
actuels occupent l’Australie, l’Indo-Malaisie, l’Afrique intertropicale. Leur
lignée a franchi la Méditerranée au Montien ; elle a laissé des traces fossiles
dans l’ambre de la Baltique et a atteint l’Est de l’Amérique du Nord où
deux espèces subsistent. Il m’a semblé que les Tmesiphorus japonais sont
plus voisins de ces espèces nord-américaines que des indo-malaises ; aussi
en sera-t-il question dans le chapitre suivant. Mais que penser des autres
genres de Tmesiphorini occupant le Japon? Ont-ils la même origine nord-
américaine que les Tmesiphorus ? Il est probable que, plus simplement, il
faille les tenir pour des descendants de lignées venues directement de l’Indo-
Malaisie.
Les lignées nord-américaines
L’existence au Japon, et d’ailleurs aussi en Chine et en Sibérie, de
groupes qui se retrouvent dans l’Est de l’Amérique du Nord et font défaut
sur le versant pacifique américain, pose un curieux problème auquel les
biogéographes n’ont certainement pas porté suffisamment leur attention.
De nombreux faits de distribution d’êtres vivants montrent que l’Asie
(Angarie) et l’Amérique du Nord (Laurentie) ont dû communiquer à diverses
époques et on est naturellement porté à placer cette jonction sur l’emplace¬
ment du détroit de Behring. Or on n’a jamais assez remarqué qu’aucune
migration n’a été possible par cette voie pendant tout le Secondaire et le
Tertiaire ancien, lorsque la position du pôle Nord évoluait au sud du détroit
sur la région des îles Aléoutiennes.
Je ne crois pas qu’on puisse mettre en doute ces déplacements de grande
amplitude des pôles au cours des périodes géologiques. Leur réalité est
démontrée par l’évolution continue des climats anciens mis en lumière par
les paléoclimatologistes (1).
Que ces déplacements des pôles soient réels, c’est-à-dire déterminés
par des changements de position de l’axe de rotation du globe, ou bien qu’ils
soient seulement apparents, dans l’hypothèse wegenerienne de la dérive des
socles continentaux, peu importe. Il est certain que pendant le Secondaire
et le Tertiaire ancien, lorsque l’Europe jouissait d’un climat chaud, une
calotte glaciaire recouvrait l’Alaska et les îles Aléoutiennes, empêchant tout
échange de faune et de flore entre l’Amérique du Nord et l’Asie orientale
par cette voie qui n’a pu être ouverte qu’au Pliocène.
(1) W. Koppen et A. Wegener, Die Klimate der geologischen Vorzeit (Berlin,
Borntraeger, 1924, 256 p.).
Source : MNHI\I, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
133
Faut-il croire que tous ces échanges de lignées entre l’Amérique du Nord
et l’Asie ne datent que du Pliocène ou du Quaternaire? Certainement non.
Le fait qu’aucun des groupes d’êtres vivants dont il est question ici ne se
trouve représenté dans l’Alaska ni sur la côte américaine du Pacifique
montre qu’ils ont suivi une autre voie. La seule qu’on puisse imaginer aurait
consisté en communications directes entre le Nord du Canada et la Sibérie,
par exemple entre les îles Parry et l’archipel de la Nouvelle-Sibérie, c’est-à-
dire par une région de l’Océan Arctique actuellement polaire, mais qui s’est
trouvée autrefois sous un climat tempéré (La genèse des faunes terrestres,
p. 145).
J’avais tout d’abord été conduit à cette hypothèse d’un pont
transarctique du Tertiaire ancien par la distribution actuelle, en apparence
inexplicable, du Trechus apicalis Motich.
Ce Trechus occupe tout l’Est de l’Amérique du Nord (subsp. micans
Lee.) et d’autre part le Kamtchatka ; par contre il n’existe pas dans l’Alaska
ni sur le versant pacifique des montagnes Rocheuses où vivent de tout autres
espèces. Ce n’est donc pas en franchissant le détroit de Behring que l’espèce,
assurément originaire de l’Est de l’Amérique du Nord, a passé dans le
Kamtchatka. La seule voie possible est la voie transarctique qui devait
être encore praticable à l’Oligocène (La genèse des faunes terrestres, p. 436).
Ultérieurement la géonémie des Calopidae m’a fourni d’autres faits
appuyant cette hypothèse (Z. c., p. 439) et le plus marquant est certainement
la répartition actuelle du genre Prionochaeta, de la tribu des Cholevini.
Ce genre comprend en effet une espèce, P. opaca Say, répandue dans tout
l’Est des États-Unis, une espèce dans la Sibérie orientale (P. sibirica Reitt.)
et une espèce au Japon (P. Harmandi Port.). De ces trois espèces, la japonaise
est la plus tranchée, les P. sibirica et P. opaca sont au contraire très voisines.
Et on ne peut guère avoir de doute sur l’absence de toute espèce du genre
Prionochaeta sur le versant pacifique des Montagnes Rocheuses où la faune
des Catopides a été depuis longtemps soigneusement explorée.
Depuis que j’ai pu présenter les observations qui précèdent, bien d’autres
faits sont venus à ma connaissance, établissant la présence de lignées à la
fois au Japon et dans l’Est de l’Amérique du Nord. En voici trois qui méritent
d’être exposés avant d’envisager ceux offerts par les Psélaphides de l’archipel
japonais.
Les belles découvertes des biospéologues nippons ont fait connaître
d’extraordinaires Trechini cavernicoles qu'ils ont dispersés dans une dizaine
de genres. Grâce à l’obligeance de M. S. Ueno, de l’Université de Tokyo,
qui a bien voulu me remettre des cotypes de plusieurs espèces, et aussi
grâce à la précision des excellentes figures accompagnant les descriptions,
j’ai pu jeter les bases d’une révision taxinomique de tous ces genres (1953,
p. 127). Et ce travail m’a conduit à constater que le genre cavernicole
Kurasawalrechus Yosh. et Nom. était tellement voisin de Pseudanophlhalmus
Jeann., dont les nombreuses espèces occupent les grottes des Appalaches et
Source : MNHN, Paris
134
R. JEANNEL
du Kentucky, que la validité du premier me paraissait douteuse. Tous les
caractères externes ou édéagiens sont les mêmes.
Un autre fait est tiré de la répartition de certains Isopodes du genre
Asellus, auxquels mon ami P.-A. Chappuis fait allusion dans une note sur
le genre Asellus (1955, Noies Biospéol., X, p. 167). M Ile J. Bresson (1955)
a décrit des Asellus récoltés par H. Henrot dans les grottes des Appalaches,
et ces Asellus ressemblent tellement aux espèces du lac Baïkal qu’elle s’est
trouvée forcée de les intégrer dans le sous-genre Baikalasellus. Mais l’auteur
n’arrive pas à s’expliquer sur la véritable nature de ce rapprochement. Nul
doute à mon avis qu’il s’agisse d’un fait biogéographique comparable à ceux
qui viennent d’être énumérés.
Enfin, tout récemment, P. A. Chappuis apporte un nouvel exemple
de rêpartitioii géographique du même ordre. Etudiant les Copépodes Har-
pacticides recueillis par H. Coiffait dans les grottes du Japon, au cours de
sa mission, (1958, Notes Biosp., XIII, p. 76), il décrit un Alteydla Coiffaili,
n, sp., de la grotte Akiyoshi-dô, qui se montre très étroitement apparenté
à l’ Atlheyetla idahoensis Marsh, répandu dans les eaux souterraines de
l’Amérique du Nord.
Les Psélaphides du Japon vont ajouter à tous ceux qui précèdent une
série d’autres faits, certains particulièrement probants en ce qui concerne
l’existence de lignées communes à l’Est de l’Amérique du Nord et au Japon
et dont la propagation ne s’expliquerait que par une voie transarctique
pendant le Tertiaire.
Batrisini. — J’ai signalé plus haut l’existence au Japon d’un Balrisodes
(s. str.) Coiffaili, n. sp., espèce endogée, sans éperons tibiaux, qui appartient
à une lignée paléarctique. D’autres Balrisodes assez nombreux existent au
Japon, ceux-ci avec de grands éperons aux tibias postérieurs. Et j’ai été
surpris de constater qu’ils s’intégrent admirablement dans deux sous-genres
proposés par O. Park pour des espèces nord-américaines. Tous les caractères
morphologiques externes et édéagiens des Excavodes Park et Pubimodes
Park se retrouvent exactement les mêmes chez des espèces du Japon.
D’autre part, comme il n’existe pas de véritables Balrisodes dans la
région indo-malaise, où l’immense majorité des Batrisini sont des formes
à deux fossettes basales aux élytres, il ne semble pas qu’il faille supposer
une origine indo-malaise aux nombreux genres japonais à trois fossettes
basales aux élytres, assurément apparentés à Balrisodes, quoique leur
édéage ne soit pas atrophié. Ces genres, Basitrodes nov., Pelaloscapus nov.,
Balrisodellus, nov., Kigalrodes, nov., Balrislilbus Raffr., Speobatrisodes nov.,
tous localisés au Japon, doivent avoir quelque parenté avec les Balrisodes
nord-américains.
Ctenistini. — Un exemple particulièrement frappant de lignée nord-
américaine ayant passé au Japon est celui du genre Pilopius Casey. Ce genre
de Ctenistini, très caractérisé, a 15 espèces connues dans tout l’Est des
États-Unis et du Canada, la Californie, le Mexique et même la Colombie.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON 135
Une espèce, P. discedens Sharp, se trouve au Japon ; son édéage est tout à fait
de même type que celui d’un P. lacusiris Casey de la région des Grands Lacs.
Ces Pilopius sont des espèces de faune chaude. Leur lignée n’a certaine¬
ment pas franchi le détroit de Behring pendant le Tertiaire. On ne voit pas
quelle autre voie que la transarctique elle a pu suivre pour gagner le Japon.
Tmesiphorini. — Les Tmesiphorus du Japon, comme j’ai eu l’occasion
de le dire ci-dessus, paraissent bien plus étroitement apparentés au T. cari-
nalus Lee. de l’Amérique du Nord qu’aux espèces indo-malaises ou
australiennes. Il semble donc que la lignée des Tmesiphorus ait bouclé le
tour du globe depuis le Jurassique.
Les souches primitives se sont individualisées sur le massif malais du
Jurassique et ont occupé toute la Gondwanie orientale. Au Montien, une
lignée franchit la Méditerranée et passe en Europe. A l’Oligocène, elle a laissé
un fossile dans l’ambre de la Baltique et atteint le Nord-Est de l’Amérique
du Nord. De là, elle s’est répandue vers le Nord, franchissant les terres
transarctiques pour gagner le Japon.
Les lignées autochtones
Il s’agit sans doute ici de très anciennes reliques conservées dans les
îles, et dont les origines sont inconnues.
La plus remarquable de ces reliques est assurément 1 ’Acelalius dubius
Sharp (fig. 93), découvert par G. Lewis à Nagasaki. Les caractères de ce
Psélaphide sont si extraordinaires que j’ai dû en faire le seul représentant
d’une tribu nouvelle, Acelaliini, qui se place dans la sous-famille des Bylhi-
nitae, près des Tanypleurini.
Il faut encore signaler le Noduliceps latifrons Sharp (fig. 134), genre
nouveau de la tribu des Brachyylulini, dont les affinités restent mystérieuses.
Les Psélaphides cavernicoles du Japon
Après avoir fait l’étude systématique des Psélaphides japonais,
il n’est pas inutile de jeter un regard sur la part que cespetits Coléoptères
prennent dans le peuplement des cavernes.
Les grottes où ont été jusqu’ici trouvés des Psélaphides sont les
suivantes :
Honshu
Vozawa-dô, région montagneuse de Kantô, préfecture Okutawa (A. Yoshida
et S. Nomura).
Bylhoxeniles japonicus Yosh. et Nom.
Nakao-dô, à Akiyoshi, préfecture Yamagushi (H. Coiffait).
Bylhonesioles Coiffaiti n. sp.
Uyama-dô, à Niimi, préfecture Okayama (H. Coiffait).
Bybaxis princeps Sharp .
Source : MNHN, Paris
136
R. JEANNEL
Shikuku
Saruta-dô, à Kusaka, préfecture Kochi (H. Coiffait).
Speobalrisodes punctaliceps, n. sp.
Bylhonesioles longicornis, n. sp.
Nipponobylhus plagialus, n. sp.
Ryuga-dô, à Sakamura Sakagawa, préfecture Kochi (H. Coiffait).
Speobalrisodes punctaliceps, n. sp.
Parmi les espèces citées ici, il en est qui peuvent être considérées comme
de véritables troglobies. Ce sont celles du genre Bylhonesioles (Tanypleurini)
et Bylhoxeniles (Bylhinini).
D’autre part les Speobalrisodes (Balrisini) et Nipponobylhus (Tany¬
pleurini ) sont vraisemblablement des espèces endogées qui pénètrent souvent
dans les cavernes. Ces deux genres en effet sont formés d’espèces apparem¬
ment troglobies et d’autres espèces découvertes par Coiffait dans ses
lavages de terre.
Enfin le Bybaxis princeps, trouvé par Coiffait dans une grotte est
assurément un trogloxène.
Du point de vue des caractères évolutifs, on remarquera qu’il n’existe
au Japon aucune espèce troglobie ou endogée qui soit anophtalme dans les
deux sexes. Chez toutes les espèces citées ci-dessus, sauf le Bybaxis, qui est
macrophtalme, les yeux sont très petits mais présents ; seules les deux
espèces du genre Bylhonesioles, Coiffaiti et longicornis, ont des femelles
anophtalmes. Il en est de même d’ailleurs pour le Balrisodes (s. str.) Coiffaiti,
n. sp., qui est endogé.
Une autre remarque qui s’impose est que les espèces troglobies ont non
seulement conservé des variants sexuels, mais ont subi de véritables hyper-
telies.
A propos des Psélaphides orophiles de l’Afrique intertropicale (voir
L’Edèage, p. 115), je crois avoir établi que l’évolution souterraine ancienne,
remontant au Tertiaire ancien, entraînait une absence de caractères sexuels,
alors que l’évolution souterraine récente, plio-pléistocène, des espèces
peuplant les volcans de la Rift Valley s’était accompagnée d’hypertélies
parfois surprenantes des caractères sexuels des mâles. Les Nipponobylhus
des grottes du Japon sont frappés des mêmes hypertélies que les Syrbalus
de l’Elgon ou du Kilimandjaro.
Enfin il faut encore observer, à un tout autre point de vue, que les grottes
de l’archipel japonais ont été peuplées par des Psélaphides de lignées diverses.
Les Balrisini du genre Speobalrisodes sont peut-être une lignée d’origine
nord-américaine.
Les Tanypleurini des deux genres Bylhonesioles et Nipponobylhus sont
des lignées indo-malaises.
Le Bythoxenus japonicus, enfin, de la tribu des Bylhinini, relève d’une
lignée paléarctique.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES PSELAPHIDES DU JAPON
137
Toutes ces remarques qui viennent d’être formulées, concordent pour
établir que le peuplement des grottes du Japon est certainement un phéno¬
mène récent. L’absence d’espèces anophtalmes, les hypertélies des variants
sexuels, la diversité d’origine des lignées, sont autant d’indications que le
peuplement des cavernes japonaises, développé à une époque récente, est
un événement bien différent du peuplement des cavernes de la région médi¬
terranéenne d’Europe.
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Achevé d’imprimer le 20 Octobre 1958.
Printed in France _ Le Directeur-Gérant: Prot. E. Séouy
Imprimerie A. Bontemps, Limoges. — 20.605 - 1958.
Dépôt légal — 4° trimestre 1958.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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