Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE ,
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
d’histoire naturelle
Série A, Zoologie
TOME I
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy- Saint-Hilaire (V«)
1951
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
TABLE DES MATIÈRES
Fascicule 1
L. Biîrtin, Les Poissons en herbier et le système ichthyologique
de Michel Adanson. 1-46
Fascicule 2
M. Beier, Die Pseudoscorpione Indochinas. 47-124
Fascicule 3
J. Dorst, Recherches sur lastructure des plumes des Trochilidés. 125-260
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SERIE
Série A. Zoologie
TOME I
FASCICULE 1
Leon BERTIN
LES POISSONS EN HERBIER
ET LE SYSTÈME ICHTHYOLOGIQLE
DE MICHEL ADANSON
PAIUS
ÉDITIONS DO MUSÉUM
36, rue Geofîroy-Saint-Hilaire (V*)
1950
Prix : 200 îr.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. — Tome I, fascicule 1. — Pages 1 à 45
A la mémoire de
Michel de Rocquigny-Adanson
Arrière petit-fils à la sixième génération de
Michel Adanson,
Mort pour la France le 24 octobre 19b 4.
LES POISSONS EN HERBIER
ET LE SYSTEME ICHTHYOLOGUQUE
DE MICHEL ADANSON
(1727-1806)
par Léon Bertin
Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle
Plusieurs savants et historiographes se sont penchés sur la vie et l’œu¬
vre de Michel Adanson.
C’est d’abord, en 1806, Le Joyand, presque son seul ami, qui écrit une
notice sur sa vie, ses travaux, ses découvertes, sa maladie et sa mort.
Un an plus tard, (1807), Georges Cuvier prononce son éloge historique
à l’Académie des Sciences.
Puis un siècle s’écoule dans l’oubli. Adanson n’est plus connu que des
seuls botanistes et malacologistes. Son œuvre encyclopédique et philoso¬
phique reste au contraire ignorée.
En 1934, Auguste Chevalier redécouvre, en quelque sorte, l'éminent natu¬
raliste et écrit sur lui un livre du plus haut intérêt. Alfred Lacroix (1937)
lui consacre un chapitre de ses Figures de Suvants, puis revient (1938) sur
son séjour au Sénégal. Enfin Edouard Fischer-Piettc clôt la série par une
savante étude sur les mollusques d’Adanson (1942).
S’il est possible, par ces divers écrits, de se faire une idée très exacte
du savant génial que fut Adanson, il est un côté, pur contre, de son œuvre
qui reste dans l’ombre parce qu’elle n’a donné lieu de son vivant i» aucune
publication. 11 s’agit de son œuvre ichthyologique. Sans doute n’a-t-elle pns
l’intérêt de ses travaux botaniques et malacologiques. De simples notes
jetées sur le papier et quelques descriptions et dessins n’équivalent pas,
comme valeur scientifique, aux Coquillages publiés en 1757 et aux Familles
Mémoires du Muséum, t. XXXI, Zoologie, t. I, 10 décembre 1950. 1
Source : MNHN, Paris
!.. BERTIK
de plantes éditées en 1762. Toutefois, elle acquiert un intérêt historique
du fait qu’elle s’appuie sur le plus curieux et plus précieux ensemble de
pièces qui se puissent montrer : 1’ « Herbier de poissons » d’Adanson.
L’histoire de cet < herbier » est épique. La première trace que l’on trouve
de son entrée au Muséum national (l'Histoire naturelle est en mai 1765.
Un catalogue manuscrit dont nous reparlerons en fait foi. A cette date,
Adanson donne 5.211 exemplaires de sa collection au Cabinet du Roi.
Parmi eux, se trouvent 119 poissons desséchés el collés sur papier.
Que sont devenus ces milliers d’objets provenant pour la plupart du
Sénégal ? A juger par ce qu’il advint des coquillages presque tous perdus,
il faut s’estimer heureux qu’une dizaine de poissons soient parvenus jus¬
qu’à nous. Les autres ont été détruits ou malencontreusement séparés de
leur étiquette manuscrite qui seule permettrait de les identifier avec certi¬
tude.
Heureusement qu'Adanson avait envoyé aussi une partie de ses collec¬
tions aux frères Antoine el Bernard de Jussieu, alors professeur de botani¬
que et sous-démonstrateur de l’extérieur des plantes au Jardin du Roi.
Une lettre que nous citerons mentionne un tel envoi où figurent côte à
côte, dans la même caisse, des plantes et des poissons en herbier, des grai¬
nes, des coquillages, des minéraux et divers autres objets. Il est probable
que les destinataires conservèrent par devers eux la totalité de ces envois.
On ne s’expliquerait pas d’autre manière que leur neveu, Antoine-Laurent,
ait pu reverser, un demi-siècle plus tard, des poissons d’Adanson à son
collègue ichthyologistc Lacépède. La chemise d'envoi est entre nos mains
et porte l’indication suivante : « Poissons rapportés du Sénégal par
M. Adanson et donnés par M. de Jussieu au mois de février 1818. *
C’est grâce à ce double Ponds : celui datant de 1765 et celui de 1818,
que Cuvier et Valenciennes purent utiliser les poissons d’Adanson dans
leur grande Histoire naturelle des Poissons (1828-1849) et faire même de
certaines pièces les types d’espèces nouvelles.
Malgré tout, l’inventaire des poissons secs ayant une des provenances
ci-dessus était restreint : au total, 85 spécimens se répartissent en poissons
d’Europe (4), poissons des Açores et des Canaries (8), poissons du Sénégal
(22), poisson d’autre provenance (1).
La situation en était là quand notre collègue au Muséum, Edouard Fis-
cher-Piette, nous apporta, le 23 février 1989, enfermé dans une vieille valise,
une richesse inestimable découverte par lui dans un coin du Château de
Balaine appartenant aux descendants d’Adanson. Qu’on en juge par la let¬
tre jointe à l’envoi :
c Sur la proposition de M. de Rocquigny-Adanson, je vous ai rapporté
les poissons mis en herbier par son illustre ancêtre. Ils sont nombreux,
comme vous verrez,, et anotéx de la main d'Adanson ; il n’est pas impossible
qu’il s’en trouve encore d'autres dans quelque coin de l’immense musée de
Balaine. J’ai vu aussi un lot d’une quarantaine de poissons conservés en
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON
forme (à sec), parmi lesquels il peut y avoir quelques unités provenant du
Sénégal, mais ils étaient si près de tomber en poussière que je n’ai pas
voulu les transporter. »
Ainsi P « Herbier de poissons » d’Adanson existait en entier. Les pièces
données au Jardin du Roi en 1705, ou envoyées aux de Jussieu et parvenues
au Muséum en 1818, n’étaient que des doubles. Alerté par cette heureuse
nouvelle, nous fîmes deux visites au Château «le Bnlaine (1941, 1946) et
fûmes assez heureux pour retrouver, non seulement des poissons secs, mais
surtout une liasse de notes el de dessins qui permettent de se faire actuelle¬
ment une idée complète du système iclithyologique d’Adanson.
Avant de présenter l’ensemble de ces documents qui datent tous de la
seconde moitié du xviii" siècle, c'est pour nous un devoir de remercier
M. Hugues de Roequigny-Adanson qui a bien voulu se dessaissir, en faveur
du Muséum, de l’importante partie de ces documents qu’il détenait par voie
d’héritage.
Source : MNHN, Paris
ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE
DE LA VIE DE MICHEL ADANSON
ET PLUS PARTICULIÉREMENT
DES VOSGES AU COURS DESQUELS IL OBSERVA
ET COLLECTIONNA DES POISSONS
1727 (7 avril). — Naissance, à Aix-en-Provence, de Michel Adanson.
1740. — Maitre-ès-arts.
1748 (20 décembre). — Départ de Paris pour Lorient.
1749 (3 mars). — Embarquement sur le « Chevalier-Marin », à destination
du Sénégal.
1749 (7-15 avril). — Relâche à Ténérife (Canaries).
1749 (26 avril). — Débarquement au Sénégal où Adanson va séjourner, un
peu moins de quatre uns et cinq mois, en qualité de commis à la com¬
pagnie des Indes. Habite principalement 1’ « ile du Sénégal » (Saint-
Louis), mais visite également la presqu’île du Cap-Vert (1750), les îles
de Gorée (1749-1750) et de la Madeleine (1749). Remonte les cours
du Sénégal jusqu’à Podor (1749) et de la Gambie jusqu'à Albréda
(1750).
1750 (24 juillet). — Correspondant de l’Académie royale des Sciences de
Paris.
1753 (6 septembre). — Embarquement pour la France.
1753 (20 oclobre-8 novembre). — Relâche à l’ile de Fayal (Açores).
1754 (4 janvier). — Débarquement à Brest où Adanson séjourne un mois.
1754 (18 février). — Retour a Paris.
1754.— Installation au Grand Trianon en qualité de Botaniste royal. Il y
restera jusqu'en 1772.
1757. — Publication du premier volume de VHistoire naturelle du Sénégal.
Ce volume contient le récit du voyage et l’histoire des coquillages.
Les autres, au nombre de sept, restés à l'état de projet, devaient con¬
tenir, en particulier, la description de près de cent espèces de pois¬
sons, « la plupart aussi beaux et aussi rares que les oiseaux ».
1758. — Censeur royal des livres.
1759 (23 juillet). — Adjoint-botaniste â l’Académie royale des Sciences.
1760.— Membre de la Société royale de Londres.
1762.— Publication des Familles de plantes.
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON
1765 (mai). — Arrivée d’une partie des collections d’Adanson (plus de
5000 objets) au Cabinet du Roi. Adanson reçoit en échange une pen¬
sion viagère.
1767.— Voyage en Normandie et Bretagne t en croisant ces provinces
pour les anatomiser, en reconnaître la structure interne par rapport
à la situation, à l’étendue, à l'épaisseur et qualité des couches et
bancs de leurs terres, pierres et minéraux, à leur nature et à celle
de leurs productions, tant végétales qu'animales, à leur culture et
usages dans l’économie champêtre, aux productions murines de leurs
côtes et à leurs pêches ». Adanson visite ainsi les côtes du Calvados
(Langrune, la Délivrande, Port-en-Bessin) et du Cotentin (Petit-Vé,
Granville, Avranches) jusqu’au Mont Saint-Michel.
1770.— Mariage d’Adanson.
1772-73. — Cours public d’histoire naturelle publié ultérieurement (1845)
par Alexandre Adanson, neveu du naturaliste, et annoté par J. Payer.
La leçon inaugurale eut lieu le 30 janvier 1772.
1773 (25 février). — Associé-botaniste à l’Académie royale des Sciences.
1775 (15 février). — Lecture à l’Académie d'un projet d’Encyclopédie phi¬
losophique universelle.
1775 4 mars). — Rapport des Commissaires de l’Académie sur le projet en
question qui est jugé trop vaste et irréalisable.
1775 (27 mai). — Naissance de Catherine Aglaé Adanson, fille du natura¬
liste.
1779.— Voyage dans le Centre et le Midi de lu France, une partie de l’Es¬
pagne, de l'Italie et de la Suisse. Ce voyage a pour but, dit une note
manuscrite, d’ « anatomiser et reconnaître la structure des plus hau¬
tes montagnes du Lyonnais, du Vivarais, des Pyrénées, de la Pro¬
vence, des Alpes, du Forez et de l'Auvergne ». Adanson visite succes¬
sivement les Alpes françaises et suisses (lac du (Îrand-Saint-Bernard,
Léman, Canton d’Uri), l’Auvergne, le Dauphiné, la Provence (Nice,
Toulon, Marseille), le Languedoc (Perpignan), l’Italie (Ligurie, Turin,
Rome, Livourne, Naples, Messine) et l’Espagne (Cap Finistère, Cadix).
1782 (6 décembre). — Pensionnaire-botaniste à l’Académie royale des
Sciences.
1785.— Séparation de Michel Adanson et de sa femme.
1789 (6 octobre). — Pillage de la maison d’Adanson à Montmartre. Une
partie de ses collections est détruite.
1792.— Installation d’Adanson dans une bicoque humide et malsaine de la
rue Chantereine (aujourd’hui rue de la Victoire) à Paris. Ses collec¬
tions y seront entassées dans des conditions déplorables.
1795 (9 décembre). — Membre de l’Institut national.
1801 (27 brumaire an XII). — Chevalier de la Légion d’honneur.
ï806 (3 août). — Mort à Paris de Michel Adanson,
Source : MNHN, Paris
U
PARENTS DE MICHEL ADANSON
AYANT CONTRIBUÉ A ACCROÎTRE
OU A CONSERVER LA COLLECTION
DES POISSONS EN HERBIER
Jean-Baptiste Adanson (1732-1804). — Frère cadet de Michel. Secrétaire
interprète du Roi pour les langues orientales dans le Levant à partir de
1754. Chancelier drogman de Tunis et consul d’Alexandrie en 1794-95. Mort
à Tunis en 1804.
Un manuscrit de Michel a pour titre : « Remarques de physique et d’his¬
toire naturelles faites par mon frère aux Echelles du Levant ». Il est certain,
d’autre part, que J.-B. Adanson a envoyé à son frère un grand nombre de
poissons qui, pour lu plupart, portent comme mention d’origine « Seide »
ou « Seyde ». Il s’agit évidemment de Saïda (ancienne Sidon), sur la côte de
Syrie. D’autres viennent d’Alep, de Tripoli, de Syrie, d’Alexandrie, du Caire
et de Tunis.
Charles-Louis Adanson (1767-1840), — Fils ainé de Jean-Baptiste et
neveu de Michel. Jeune de langue, breveté â Alexandrie en 1784 et à Tunis
en 1786. Chancelier drogman à Saint-Jean d’Acre de 1788 i) 1792. Chance¬
lier d'ambassade à Constantinople de 1795 à 1798 et de 1802 à 1817. Premier
secrétaire à Constantinople en 1822 et 1823. A collaboré peut-être à l'œuvre
de son oncle en lui envoyant d'Alexandrie et de Tunis divers objets d’his¬
toire naturelle et notamment des poissons séchés.
Julien-Victor-Alexandre Adanson (1773-1854). — Fils cadet de Jean-
Baptiste et neveu de Michel. Publie en 1845 le cours d’histoire naturelle
fait en 1772 par son oncle.
Cathcrine-Aglaé Adanson (1775-1852). — Fille unique de Michel. Vit à
Paris sous le Directoire et le Premier Empire. Epouse en 1797 Jean-Bap¬
tiste-Marie Doumct dont elle divorce en 1801. Hérite d’un ami de sa famille
Je château de Balaine, par Villcneuve-sur-Allier (Allier) et y transporte,
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON
en 1815, les collections et manuscrits de son père. Passionnée pour la bota¬
nique et l’arboriculture, elle crée à Balaine le fameux arboretum d’essences
exotiques qui subsiste à l’heure actuelle et a été classé monument historiqué
en 1944. Membre de plusieurs Sociétés d’horticulture et d’agriculture. Autéur
d’un ouvrage intitulé La Maison de campagne (1822).
Emile-Auguste Doumet (1796-1869). — Fils aîné de Catherine-Aglaé. Vit
à Cette (Sète, Hérault), avec son père, après le divorce de scs parents. Mili¬
taire de 1812 à 1848. Epouse en 1838 Félicc Jubé de la Pércllc, tille du géné¬
ral et nièce de Lacépède. Maire de Cette en 1849. Député de l’Hérault en
1853. Membre de plusieurs sociétés savantes. Passionné d’histoire naturelle
comme son grand-père, collectionneur dans l'Ame, il commence, de 1816 à
1819, dans ses périodes de mise en disponibilité militaire, une çollection
dont il fait plus tard, â Cette, un musée public.
Paul-Anachârsis Dôumet (1800-1880). — Fils cadet de Catherine-Aglaé.
Vit au château de Balaine, avec sa mère, après le divorce de ses parents.
Assurç par suite l’entretien des collections et manuscrits de -son aïeul.
Paul-Napoléon Doumet-Adanson (1834-1897). - Fils de Emile-Auguste.
Prend le nom de Doumet-Adanson. A la mort de son oncle Anacharsis, il
vient habiter le château de Balaine et y amène Jes collections du Musée de
Cette qu’il a augmentées d’une importante collection de poissons en herbier
du Golfe du Lion (actuellement achetée par le Muséum). Incorpore à cette
collection celle de son bisaïeul.
Guillaume de Rocquigny-Adanson (1852-1904). — Epouse Louise Dou¬
met-Adanson, tille du précédent. Le château de Balaine reste inhabité de
1897 à 1904, période néfaste pour la conservation des collections. Les pro¬
priétaires viennent seulement de temps à autre pour inspecter l’arbo¬
retum et le musée. Il suffit de comparer les comptes-rendus de deux visites
officielles, faites l’une en 1891, l'autre en 1902, pour se rendre compte des
dégâts survenus.
Hugues-Michel de Rocquigny-Adanson (né en 1888). — Fils aîné du
précédent. Devient propriétaire du château de Balaine et dépositaire des
collections et manuscrits en 1914. Cède au Muséum, en 1928, l’herbier bota¬
nique de Michel Adanson. Cède en 1939 les poissons en herbier. Cède ulté¬
rieurement, en 1941, les manuscrits et dessins d’Adanson felatifs aux pois¬
sons.
En conclusion, il est fort remarquable que tous les membres de la famille
Adanson se soient suffisamment intéressés aux sciences naturelles pour se
transmettre le flambeau de génération en génération et pour faire parvenir
Source : MNHN, Paris
L. BERTIN
jusqu’à nous les collections de leur illustre ancêtre. Comme l’a écrit notre
collègue E. Fischer-Piette : c On est obligé de reconnaître, non sans humi¬
liation, qu’eux seuls ont pu préserver, pendant près de deux siècles, le lot
qui était leur part. »
Michel
(1727-1806)
Catherine Aglaê
(1775-1852)
épouse de Jean-
Baptiste Marie DOUMET
(1767-1848)
Emile-Auguste
(1796-1869)
I
Léger ADANSON
(1690-1749)
I
1
Jean-Baptiste
(1732-1804)
Charles-Louis Julien-Victor
(1767-1810) Alexandre
(1773-1854)
Paul-Anacharsis
(1800-1880)
Paul-N'apoléon
(1834-1897)
Louise
épouse de Guillaume
de ROCQUJGNY
(1852-1904)
Hugues-Michel
(né en 1888)
Arbre généalogique des membres de la
famille Adanson ayant contribué à la
réalisation et à ja conservation dç l’herbier
de poissons,
Source : MNHN, Paris
III
PUBLICATIONS
ET MANUSCRITS ICHTHYOLOGIQUES
DE MICHEL ADANSON
Michel Adanson n’a publié qu’une minime partie de ses observations
ichthyologiques. Par contre, il a laissé, outre les étiquettes de ses poissons
en herbier, une importante liasse de manuscrits et de dossiers incorporés
secondairement, semble-t-il, aux dossiers de son projet d’encyclopédie. Son
neveu, Julien-Victor-Alexandre Adanson, a publié en outre, en 1845, son
cours d’Histoire naturelle où se trouve un important chapitre sur les
poissons.
A) PUBLICATIONS.
a) Histoire naturelle du Sénégal. Coquillages (Un volume in-4" publié i»
Paris en 1757). Ce volume, comme l’indique son sous-titre, ne traite que des
mollusques. Toutefois, il renferme aussi, comme avant-propos, une relation
du voyage et du séjour d’Adanson au Sénégal (1749-1753). A plusieurs
reprises, l’illustre naturaliste y expose des observations sur les poissons
et plus particulièrement les poissons volants (p. 67) et le malaptérure (p. 134).
Si l'ouvrage eût été complet, les reptiles, les batraciens, les poissons et
les crustacés en eussent constitué le tome VI.
b) Cours d’histoire naturelle fait en 1772 par Michel Adanson. (Deux
volumes in-8“ publiés à Paris en 1845). Dans cet ouvrage posthume, annoté
par J. Payer, les poissons forment la cinquième classe et sont traités au
tome second (p. 65 à 182). On y prend connaissance de la classification
ichthyologique d’Adanson. Dans chaque famille, sont indiquées les diverses
espèces connues par l’auteur et toutes les particularités biologiques ou halieu¬
tiques qui s’y rapportent.
B) MANUSCRITS.
a) Catalogue des pièces du Cabinet de Michel Adanson remises au Cabinet
du roi en 1765. Ce catalogue comprend 62 pages de format 32 X 20 cm.
La page de titre comporte trois variantes :
Source : MNHN, Paris
10 I„ BËRTIN
— « Catalogue des pièces du Cabinet de M. Adanson remises avec pareil¬
les étiquettes et notices au Cabinet du roi en mai 1765. » Une ligne a été
ajoutée après le mot catalogue : « des 5211 espèces d’êtres recueillis au
Sénégal ».
— « Cabinet de M. Adanson réuni au Cabinet du Roy ou Notice de
5211 objets d’histoire naturelle recueillis pour la (plus) grande partie au
Sénégal dont ils forment une suite (ou histoire, ou collection historique)
assez complète, tant en animaux qu’en végétaux et en minéraux, par M. Adan¬
son, membre des Académies royales des Sciences de Paris et de Lon¬
dres, etc. »
— « Catalogue d’un Cabinet d’histoire naturelle contenant principale¬
ment une suite assez complète des productions naturelles du Sénégal et
cédé au Roy pour être réuni à son Cabinet d’histoire naturelle, par M. Adan¬
son, de l’Académie Royale des Sciences, de la Société Royale de Lon¬
dres, etc., avec figures dessinées dans le pais par l’auteur. »
On voit ainsi que la collection, limitée primitivement aux espèces du
Sénégal, s’est étendue ensuite à d'autres régions, puis s’est accrue de des¬
sins faits par Adanson.
Les poissons occupent dans ce catalogue les pages 43 A 47 et débutent
par le titre suivant : « Poissons (149 espèces) consistant, selon le relevé de
M. Buffon (article 9), en une centaine de poissons colés sur du papier, envi¬
ron 40 autres bourés, la plupart du Sénégal, et tous assez bien conservés,
rangés suivant une nouvele métode, >
Les 149 espèces sont réparties en 86 genres et 12 familles.
Celles-ci sont numérotées et désignées par les noms suivants : Anguilles,
Cofres, Soles, Goujons ou Boulerots, Scores et Spares, Perches, Makros, Car¬
pes, Muges, Cabots ou Saumons, Silures, Raies.
Les 86 genres sont numérotés île I à 150, ce qui prouve que 64 d’entre
eux manquaient à la collection cédée au roi mais existaient dans la collec¬
tion personnelle d’Adanson. Chaque genre a un nom grec, latin ou sénégalais.
Exemples : Kuklngaslrr, Anguilla, Giabar.
Les 149 espèces ont une double numérotation. Elles constituent d’abord
les numéros 1901 à 2050 du catalogue manuscrit. En outre, dans chaque
genre, elles sont désignées par une lettre. Exemple : l'espèce 1989 est en
même temps l’espèce 84 A (soit A du genre 84).
En plus des genres manquants, beaucoup d’espèces font aussi défaut.
Adanson n’a donc donné au Cabinet du roi que des doubles de sa collection.
Probablement s’est-il abstenu de donner les exemplaires uniques et, inver¬
sement, ceux d'espèces communes.
Chaque espèce citée au catalogue comporte une courte diagnose. Exem¬
ple : « N° 1981, Akaroma, Brésil 75.A, brun noir appelé la Lancette ou le
Chirurgien, aiant une lancette à chnke côté de la queue. Longueur 13 pou¬
ces. De Goré. »
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON
11
b) Manuscrits relatifs au projet d’Encyclopédie de Michel Adanson.
Il s’agit <Ie la fameuse Encyclopédie philosophique universelle dont le plan
fut soumis ù l’Académie des Sciences en 1774 et dont parle Cuvier dans
son Eloge historique (p. 177). L’ouvrage devait contenir :
a — « Orbe universel de la nature ou méthode naturelle comprenant tous
les êtres connus, leurs qualités matérielles et leurs facultés spirituelles, dis¬
tribués suivant leur série naturelle indiquée par l'ensemble de leurs rap¬
ports. Cet ouvrage consiste en 27 volumes in-8" d'un pouce à six pouces
d’épaisseur écrits du caractère le plus fin et le plus serré. » Le volume I
comprend la classification et la description des animaux ; le volume II,
leur anatomie ; le volume Ht, leur synonymie. Les poissons y sont divisés
en 15 familles. 202 genres et 1500 espèces.
p — < Dictionnaire universel d’histoire naturelle » donnant l'histoire
des 40.000 espèces connues, tant animaux que végétaux et minéraux, rangées
par ordre alphabétique dans 150 volumes. Parmi ces espèces, les poissons
s’élèvent à 1500, dont 500 non encore décrits. Il semble que, dans la pensée
d’Adanson, cet immense ouvrage devait être surtout iconographique et se
réduire, pour chaque espèce, à une planche accompagnée de quelques lignes
de texte. Voici d’ailleurs ce qu’explique le projet manuscrit :
« Chacune de ces planches représentera un seul être gravé, non seule-
lement dans sa grandeur naturelle, lorsque la chose sera praticable, mais
encore avec tous ses détails et dans le lointain d’un paysage relatif à son
local et à scs mœurs. Pour ce travail aussi neuf qu’instructif, chaque plan¬
che, qui sera de la plus belle exécution, formera pour chaque être une espèce
de tableau d'autant plus agréable et intéressant que toute son histoire s’y
trouvera figurée de manière à épargner aux amateurs de grandes lectures,
au moyen de six à huit lignes d’explication qui seront gravées au bas de
chaque planche. »
Quelques planches relatives aux reptiles ont été achevées et se trouvent
actuellement au Château de Balaine, chez les descendants d’Adanson. Les
planches de poissons sont seulement à l’étal d'ébauches ou de projets. Nous
reproduisons, comme exemple, celle qui concerne des poissons volants
(Daclylopterus volitans) dans la baie de Corée.
Y « Vocabulaire universel d'histoire naturelle » donnant l’explica¬
tion de 200.000 mots.
Source : MNHN, Paris
IV
MODE DE CONSERVATION
DES POISSONS EN HERBIER
Il parait surprenant que des poissons puissent être conservés « en her¬
bier » comme des plantes. C’est pourtant un procédé qui eut cours à partir
de la seconde moitié du xvm' siècle et conserva des adeptes jusqu'à la fin
du siècle suivant.
Son invention remonte au naturaliste hollandais Jean-Frédéric Gronow
(1690-1760) (1), plus connu sous son nom latinisé de Gronovius, auteur de
plusieurs ouvrages sur les poissons des Pays-Bas. La description de son
procédé se trouve au tome XL1I des Philo.iophical Transactions of tiw Royal
Society of London (1742) et a été traduite en français, par Deinours, dans
les Transactions philosophiques de la Société royale de Londres, t. VII,
1742, publiées en 1760.
Un des neveux de l'inventeur de la méthode, Laurent-Théodore Gronow
(Gronovius) (1730-1777), auteur également de plusieurs ouvrages iehthyolo-
giques, réalisa, semble-t-il, le premier « herbier de poissons ».
Par une chance extraordinaire, cet « herbier », mis en vente avec d’au¬
tres objets près d'un siècle plus lard, fui acheté par l'ichlhyologiste
J. E. Gray, au compte du British Muséum (N'. H.), dont il constitue à l’heure
actuelle une des richesses.
Gray acheta en même temps un manuscrit dcscripliT écrit de ta main de
Laurent-Théodore Gronow. Il fit connaître le tout dans une note parue en
1854 dans les Annals and Magazine of Natural llislory, (2) XIII, p. 41-45.
Sa conclusion est la suivante : t They are (les poissons) in a very good
condition, showing that the plan is one well adapted for the purpose of a
collection of the smaller species of fish. »
Entre temps, un autre ichthyologistc anglais, W. Yarrell, fit aussi un
€ herbier de poissons » qu’il présenta à la Société Zoologique de Londres
le 26 avril 1836. On trouvera dans les Proceedings de celte Société (IV, p. 67)
l’exposé de sa méthode de dessication et de conservation.
L’exposé ci-dessous s’inspire à la fois de sa technique et de celle de
J.-F. Gronow.
(1) Ne pas confondre ce Jean-Frédéric avec son père, prénommé de même,
qui fut critique et humaniste et vécut de 1611 à 1671. La famille Gronow était
originaire de Hambourg et installée à Leyde.
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL AD.ANSON 13
Tenir le poisson dans la main gauche de telle sorte que son ventre
repose dans la cavité de la inain et que son dos regarde vers le haut. Faire
alors une incision avec les ciseaux, en arrière de la tête du poisson, un peu
à droite ou à gauche du plan de symétrie, suivant que l'on veut conserver
le liane gauche ou le flanc droit, et poursuivre cette incision dorsalemcnt
jusqu'à la base de la queue. On est passe chemin faisant à droite ou à gauche
des nageoires dorsales.
Retournons le poisson pour qu'il uit le ventre orienté vers le haut et
effectuons de même une incision ventrale. Rejoindre les deux incisions
transversalement en arrière de la tète et à la base de la caudale. Enlever
le volet de peau ainsi libéré.
Procéder maintenant au vidage du poisson : viscères d'une part, muscles
dilacérés de l’autre et partie du squelette se trouvant du côté sacrifié. Le
corps est réduit à la peau du flanc opposé, aux nageoires paires du même
flanc, aux nageoires impaires et, s'il se trouve, aux côtes correspondantes
et à la colonne vertébrale.
Couper la tête suivant son plan de symétrie ou ,de préférence, comme
l'indique Yarrcll, un peu à droite ou à gauche de ce plan (même remarque
que ci-dessus), afin de conserver un peu plus de la moitié du squelette
céphalique et notamment le vomer en son entier. Enlever l’encéphale, les
branchies et, d'une manière générale, toutes les parties sujettes à putré¬
faction.
Nettoyer soigneusement l'intérieur et l'extérieur du poisson avec un linge
lin. User, au besoin, dirions-nous aujourd’hui, d’un antiseptique comme le
savon arsenical.
Appliquer ce qui reste du poisson sur une planche et l’épingler avec
grand soin de façon à lui conserver sa forme. Etendre les diverses nageoires
avec des épingles.
Procéder enfin à la dessiccation. Gronow dit « au soleil si l’on est en été,
près du feu si l’on est en hiver ». Yarrell recommande au contraire de faire
sécher dans un endroit à l’ombre et aéré. Plus la dessication est rapide,
plus les couleurs se conservent. Vernir la peau aussitôt qu'elle est sèche.
Le poisson peut être conservé, collé sur une feuille de papier ou de carton
ou sur une planchette. On peut lui restituer son épaisseur par un bour¬
rage avec du crin ou toute autre substance itou putrescible.
Il peut y avoir intérêt à conserver les peaux des deux flancs si elles
dillèrent suffisamment l’une de l'autre (cas des poissons plats).
Adnnson fail allusion par deux fois à ses poissons en herbier dans ses
lettres, écrites du Sénégal, à Antoine et Bernard de Jussieu (1).
c J’ai mis en herbier, écrit-il le 15 avril 174!), une assez grande quantité
de poissons et d’oiseaux, dont je ne laisse que la peau, la tète et les pieds :
comme vous sçavéz que dans cet état ces animaux demandent d'ètre à l'air
parce que l'humidité qu'ils prendroient étant enfermés les feroil pourrir,
je les laisse sur une table ; les Cacrelats me les rongent ainsi que les Der-
mestes dont nous n’avons guères moins de Cacrelats.
« Si vous pouviez m’enseigner un moyen de préparer mes Plantes et
mes Oiseaux de façon que desséchés ils pussent être enfermés, ou autrement,
vous me feriéz un grand plaisir. »
(1) Voir A. Lacroix, 1938, Bull. Comité Etudes hist. scient. À.O.F., XXL
Source : MNHN, Paris
14
!.. BERTIN
Parlant d’un envoi, il écrit aux mêmes correspondants, le l” r août 1750 :
« Vous y trouveréz 8 cayers qui contiennent environ 220 espèces de
Plantes nouvelles rangées en herbier et 7 Poissons que j’ai mis aussi en
herbier. Parmi ces poissons vous verréz la carengue dont parle le P. Labat,
qui fait un genre nouveau que j’ai décrit dans le goût de l'illustre sçavant
Artedi (1). La caisse marquée M.D..1. vous est destinée : j’y ai fait 3 sépara¬
tions dont la 1™ renferme l'herbier des Plantes et des poissons avec les
graines, la 2” contient les coquillages et la 3” les pierres et les Plantes en
oignon ou racines plûs susceptibles de pourriture que les autres en sorte
que si malgré mes précautions ces racines venoient à pourrir le reste n’en
souffre aucunement. »
Nous avons dit que le procédé de conservation des poissons en herbier
a été en usage jusqu’à la lin du xix" siècle. Le Muséum national d’Histoire
naturelle possède en effet, outre l’herbier de Michel Adanson (1727-1806),
ceux de Commerson (1727-1773), de Sonnerat (1740-1814), de Castelnau
(1812-1880) et de l’ichthyologiste niçois Maria (1817 1896).
Quelques pièces en herbier proviennent aussi du fameux Cabinet d’His¬
toire naturelle constituée à La Haye, par Guillaume V d’Orange, stathouder
des Pays-Bas, de 1757 à 1795. Ces pièces ont été saisies et rapportées par les
armées de la Convention en 1795.
Une telle persistance d’un procédé de conservation assurément curieux
n’est pas un argument en faveur de son excellence. Il est bien évident que
c’est un moyen désuet qui ne pourrait plus satisfaire les exigences des
icbthyologistes actuels. Une peau desséchée, y compris les nageoires, peut
bien révéler les caractères extérieurs d’un poisson. Elle ne garde à peu
près rien, par contre, de son organisation squelettique ni, à plus forte rai¬
son, de son organisation viscérale.
Actuellement, la conservation « en herbier », aussi bien d'ailleurs que
le montage ou empaillage des poissons, est reléguée au rang des vieilles
méthodes n’ayant plus qu'une valeur historique ou spectaculaire. Seule, la
conservation en alcool permet de garder aux spécimens toute leur valeur
scientifique.
Demandons-nous pour finir quel intérêt particulier offre l’herbier de
poissons d’Adanson parmi tant d’autres réalisés en même temps que lui
ou après lui.
D’abord, il est un des plus anciens. Scs premières pièces remontent
au voyage au Sénégal (1749-1753) et ses dernières au voyage en France,
Suisse, Italie et Espagne (1779). C’est donc un herbier de la seconde moitié
du xvm* siècle et contemporain, par suite, à quelques années près, de ceux
de Laurent-Théodore Gronow, de Philibert Commerson, de Pierre Sonnerat,
du Stathouder des Pays-Bas, etc.
(1) Elève et ami de Linné, auteur d'un traité d'ichtliyologie publié par Linné
après la mort prématurée (1735) de son auteur.
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON 15
Ensuite, il est un des plus complets. Les poissons qu’il comporte repré¬
sentent assez bien la faune ichthyologique des côtes atlantiques, depuis
l’embouchure de la Seine jusqu’il celle de la Gambie, et des côtes médi¬
terranéennes. Les poissons du Sénégal y figurent presque tous.
Enfin l’herbier d'Adunson est un des mieux conservés, tant dans la
partie qui fut donnée au Cabinet du Roi en 1765 que dans celle qui fut don¬
née récemment au Muséum par les descendants d’Adanson. Six de ses spéci¬
mens ont pu servir de types à Cuvier et Valenciennes dans l’établissement
de leur grande Histoire naturelle des poissons : Sudis adansonii Cuvier
(1829), Baprus adansonii Cuv. Val. (1839). Mugit breviceps Cuv. Val. (1836),
Prislipoma jubelini Cuv. Val. (1830), Eleotris guavina Cuv. Val. (1837) et
Clinns pectinifer Cuv. Val. (1836).
Source : MNHN, Paris
V
LISTE DES POISSONS EN HERBIER D'ADANSON
ET INDICATIONS SOMMAIRES
RELATIVES A CHACUN DEUX
Dans cette liste, les poissons d’Adnnson ont été rangés, non dans l’or¬
dre de sa propre classification qui sera discutée ultérieurement, mais en
suivant la classification actuelle des ordres et des familles.
Après le nom actuel de chaque poisson, se trouvent mentionnés :
1° Son nom et son numéro d'ordre dans la classification d’Adanson ;
2° Sa diagnose dans le catalogue manuscrit d’Adanson (CAT.) ;
3° Ses noms vernaculaires (N.V.) dans le catalogue et dans les manus¬
crits d’Adanson ;
4° Les spécimens ayant fait partie des anciennes collections (A.C.) du
Muséum et existant encore à l’heure actuelle ;
5° Les spécimens de l’herbier (IIERB.) d’Adanson entrés récemment au
Muséum ;
6° Les documents et dessins manuscrits d’Adanson (MS), se rapportant
aux spécimens conservés.
Dans toutes les citations, nous avons conservé scrupuleusement la cu¬
rieuse orthographe phonétique imaginée par Adanson. C’est ainsi que l’on
verra écrits des noms de poissons : anjc, i rondelle, nuikro, mu je, peroket,
rekin, ronjel, nie, etc. ; — des noms ou caractères d’organes : najoire ou
najoère, plnule, raion, cilindrike, orizontal, etc. ; — des noms de couleurs :
gri, jone, rouje, ver, etc. ; — des noms de localités : Asores, cap Finistère,
cap Ver ou Verd, Gobi ins, Grarwil, l'Orient (pour Lorient), Mcditeranée,
Normandi, Sierra lione, Tinérif, etc.
En ce qui concerne les noms vernaculaires sénégalais, Adanson les tire,
selon le cas, du langage des Ounlofs ou de celui des Sérères. Or, il est cu¬
rieux de constater que bien peu concordent avec ceux qu’indique Roche-
brune, en 1882, dans sa Faune de Sénégambie. Compte tenu des erreurs
commises par les deux naturalistes, on voit à quelle vitesse évoluent des
langues barbares qu’aucun document écrit n’a encore fixées.
Deux noms seulement concordent absolument : Fanta pour Scyris alexan-
drinus et Plar pour Cynoglossus scnc.galcnsis. Douze autres ne diffèrent
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON 1?
que par lu façon de les orthographier : Kiakeur et kioker pour Rhinobutos
rhinobatos, Sagn et Sayjhne (1) pour Pristis pectinatus, Tobal et Tobajh
pour Protopterus anneclens, Lak et Leak pour Elops senegalensis, Giar et
Guerr pour Hydrocyùn lineûtus, Segel et Segaell pour Sarcoduces odoë,
N’kel et N’kjhell pour Eutropius nilolicus, Es et Yesse pour Clarias senega¬
lensis, Oaniar et Wagnard pour Malopterurus electricus, Koroï et Korôjhne
pour Pomadusys jubelini, Kred et Jhede pour Cybium tritor, Boudé et Bou-
deckh, pour Guavina guavina.
Nous ferons, chemin faisant, quelques remarques sur certains noms
vernaculaires appliqués i» tort à telle ou telle espèce.
Les pays et localités d'où proviennent les poissons en herbier sont les
suivants :
Europe. — France (Gall.), Paris, Seine, Bièvre ou rivière des Goblins,
Bretagne, Lorient (l’Orient), Normandie, La Délivrande, Petit-Vé, Granville,
Mont Saint-Michel, Languedoc, Perpignan, Provence, Toulon, Marseille
(MassilL), Angleterre, Belgique, Espagne (liisp.. Isp.), Cap Finistère, Cadiz,
Italie, Ligurie, Gènes (Gcnov.), Livourne, Rome, Naples (Napol., Neap.),
Messine, Venise (Venet.), Malte (Melit.), Grèce.
Afrique. — Sénégal, île Corée, cap Vert, fleuve Sénégal appelé par er¬
reur Niger, Açores, Fayal, Canaries, Ténérife, Alexandrie, île Maurice.
Asie. — Saïda (Scidc), Chine (Sin.), Indes, Amboinc.
Amérique. — Mississipi, Surinam, Brésil, Chili, Antilles. Les spécimens
de ces régions n’ont pu être apportés à Adanson que par des marins fai¬
sant escale à Dakar. C’est l’opinion émise par Fischer-Piette (1942) : « Les
coquilles des Antilles ont dû être procurées, dit-il, par les négriers qui fai¬
saient le trafic régulier entre le Sénégal et l’Amérique. Adanson, qui était
au service de la Compagnie des Indes, connaissait certainement les états-
majors des navires. De même, ses coquilles des Indes ont dû lui être appor¬
tées par des navires de la Compagnie, dont l’itinéraire passait par le Séné¬
gal ».
SÉLACIENS
Scyliorhinidés.
Scyliorhinus canicula (L.). — Galeos Aristote, 149 A,B. — CAT. : « 2948.
Chat de mer cendré, moucheté de noir, à peau rude corne une lime, lon¬
gueur 1/2 pié ». — N.V. : Chat (en surcharge de chien) de mer, Nissole,
(1) Rochebrunf. emploie le J pour exprimer un son guttural assez analogue au
j espagnol.
Mémoires du Muséum, t. XXXI. Zoologie, t. 1, 10 décembre 1950. 2
Source : MNHN, Paris
L. BERTIN
Emissole, Gàto di mare (1), Pechi cani. — HERB. : 2 sp. sans indication
d’origine. Coll. Mus. B. 462, 463. — MS. : 2 dessins de Garsault et un autre
non signé.
Scyliorhinus stellaris (L.). — Guleos Aristote, 149 C,D. — N.V. : Chien
de mer (1), Roussette, Spina rossa (2), Pechi cani. — HERB. : 1 sp. complet
de Cadiz et 1 sp. fragmenté « pris au port de l’Orient en 1748 ». Coll. Mus.
B. 464, 465. — MS. : 2 dessins de Garsault figurant les sp. ci-dessus.
Pristinrus melastonms (Raf.). — Guleos Aristote, 149 E. — CAT. : « 2049.
Chien de mer roux à dos cendré. Longueur 17 pouces *. — N.V. : Rous¬
sette (2), Diabolo. — A.C. : 1 sp. du Cap Finistère. Coll. Mus. A. 8217. —
MS. : 1 dessin de Garsault ligurant le sp. ci-dessus.
Squatinidés.
Squatina squatina (L.). — Squalina Pline, 141 A. — N.V. : Ange, Nangi,
Moine. — HERB. : 1 sp. avec la mention « se manje ». Coll. Mus. B. 473. —
MS. : 1 dessin de Garsault.
Rhinobatidés.
Rhinobatos rhinobatos (L.). — Squalina Pline, 141 B. — CAT. : « 2044.
Espèce d’Anje apelé Squatinoraja par Gaza. Longueur 14 pouces à 8 piés ».
— N.V. : « Kiakeur par les Nègres Oualofs ». — HERB. : 1 sp. avec la men¬
tion « se manje, très bon, de l’embouchure du Niger ». Coll. Mus. B. 461.
— MS. : 1 dessin de Garsault.
Pristidés.
Prislis pedinatus Lath. Pristes Aristote, 142 A. — CAT. : < 2045.
Longueur 2 à 20 piés ». — N.V : « Sie, apelé Sagn par les Nègres Oualofs ».
— HERB. : 1 sp. € de l'embouchure du Niger ». Coll. Mus. B. 549. — MS. :
1 dessin de Garsault.
Torpédinidés.
Torpédo nwrmorala Risso. — Torpédo Pline, 140 B, C,D. — CAT. :
« 2042. Torpille brun rouje, markée de quelques taches blanches. Longueur
8 pouces et 1 pié ». N.V. : Torpille, Tor, Tropé. — A.C. : 1 sp. double
(1) La plupart de ces noms s'appliquent de préférence aux vrais Chiens de
mer ( Mustelus , Eugaleus).
(2) Ces deux noms correspondent en réalité à S. canicula. 11 y a beaucoup
d'hésitation à ce propos chez Adanhon, car il dit que ce Chien de mer, qu’il ap¬
pelle cependant Roussette, a les nageoires plus larges que la Roussette.
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON 19
face < de l’embouchure du Niger ». Coll. Mus. B. 469. — HERB. : 1 sp.
avec peau dorsale seule. Coll. Mus. B. 466. — MS. : 2 dessins de Garsault
représentant un mâle et une femelle. En outre, une belle sanguine faite sur
les côtes de Normandie, mais non signée.
Le dessin du mâle porte les indications suivantes :
« Deux appendices cartilagineux caractérisant le mâle. »
« Deux trous orbiculaires à inspiration derrière les ieux, bordés de
filets, communiquant dans la bouche et aiant chacun une membrane qui
bat régulièrement en avant et eu arrière de ce trou pendant l’inspiration. »
Torpédo narke Risso. — Torpédo Pline, 140 E. — CAT. : « 2043. Torpille
brun foncé, avec 5 grandes taches noires sur le dos. Longueur 10 pouces ».
— N.V. : « Apelé Trembladera negra par les Espagnols de Ténérif ». -
A.C. : 1 sp. double face de Ténérilfe. Coll. Mus. B. 468. — HERB. : 1 sp.
double face. Coll. Mus. B. 467. — MS. : 1 dessin de femelle par Garsault.
Itaja clavata L. — Raja Belon, 139 A. — N.V. : Raie bouclée. — HERB. :
1 sp. « de l’Orient 1748 ». Une autre étiquette dit « in portu Orienlis
15 januarii 1749 ». Coll. Mus. B. 554. — MS. : 1 dessin de Garsault repré¬
sentant le sp. ci-dessus.
Ruja mi raie tus L. — Raja Belon, 139 D. — N.V. : Murcict. - - HERB. :
1 sp. Coll. Mus. B. 470. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Raja maderensis Lowe. — Raja Belon, 139 C. — CAT. : « 2041. Raie
bouclée moins épineuse que celle des côtes de Normandie et d’un brun
plus foncé. » — HERB. : 2 ailerons provenant des Açores. Coll. Mus. B. 471.
Œuf de Raie. -— HERB. 1 œuf en mauvais état, avec la mention :
« Ovaire de Raie à Mont St-Michel en septembre 1762 » (1). — MS : 1 splen¬
dide dessin d’un œuf de Raie avec détails de sa structure.
Dasyatidés.
Dasyatis pastinaca (L.). — Trayon Aristote, 136 A. — CAT. : « 2040.
Nouveau genre de Raie, à une seule nageoire dorsale épineuse. Longueur
1 pié ». — N.V. : Pastenague, Raye de la Mer Baltique. - A.C. : 1 sp. mu¬
tilé, des Açores. Coll. Mus. B. 474. Une étiquette postérieure à Adanson dit
« Pastenague d’Adanson, Pastinaca adansoni ». — MS. : 1 dessin de mâle
par Garsault.
Pastinachas margaritus (Gthr.). — Tragon Aristote, 137 A. — N.V. : Kop
au Sénégal. — HERB. : 1 sp. du Sénégal. — MS. : 1 dessin de mâle par Gar¬
sault.
(1) Date sûrement erronée. Le voyage en Normandie est de 1767.
Source : MNHN, Paris
20
L. BERTIN
ISOSPONDYLES
Lépidosirénidés.
Protopterus anneclcns (Owen). — Tobal, 134 A. — CAT. : « 2039. Nou¬
veau genre de poisson cilindrike, long, écailleux, non épineux, à nageoires
pectorales et ventrales charnues et à nageoire de l’anus réunie à celle de
la queue et du dos. Longueur 2 piés. Vit de crabes et de cokillajcs dans le
marigot de Tonkod, dans le Niger ». — N.V. : « Apelé Tobal par les Nè¬
gres ». — A.C. : 1 sp. du Sénégal. Coll. Mus. A. 8033. — MS. : 1 dessin de
Garsault.
GHONDROSTÉENS
Polyptéridés.
Polypterus lapradei Steind. — N'Kab des Oualofs, 133 A. — N.V. :
NKab, N’Kab, Kab. — IIERB. : 1 sp. entier et 1 sp. fragmenté. Coll. Mus.
B. 460, 562. Le premier porte les indications suivantes : « Piscis [Uwialis
Nigeris, dictus ab indigents N’Kab » et « eaux douces du Niger en 1749 ».
— MS. : 1 dessin de Garsault.
H0L0STÉENS
Lépisostéidés.
Lepisosleus osseus (L.). — Kab, 133 B. — IIERB. : 2 rangées d’écailles.
Coll. Mus. B. 459. Avec indications suivantes : « Altéra species piscis N’Kab
dicti : Ex America, ubi indigenae ex hnjiis squamis, ferri loco, javelos et
sagittas armant. Poissons du Micissipi. Poids 60 livres ».
DIPNEÜSTES
Elopidés.
Elops senegalensis Regan. - Argentinn, 97 B. — CAT. : « 2002. Dos cen¬
dré, ventre argenté. Longueur 10 ù 12 pouces ». — N.V. : < Apelé Lak par
les Oualofs ». — A.C. : 1 sp. de l'embouchure du Niger. Coll. Mus. B. 548.
C’est le spécimen dont Cuv. Val. (Hist. nat. Poiss., 1846, XIX, p. 375) di¬
sent : € Une peau sèche et conservée en herbier nous donne la preuve que,
plus anciennement, Adanson l’y avait observée (au Sénégal) ». — MS. :
1 dessin de Garsault.
Larve d 'Elops. — Talé du Sénégal, 83 A. — IIERB. : 1 sp. avec la men¬
tion c Aphya du Niger, à l’escalle de Mouilt le 1" May 1752 ». Coll. Mus.
B. 553. — Il s’agit d’une larve pseudoleptocéphalienne du type Esunculus
de Kaup (1856), c’est-à-dire d’une larve d'Elopidé ou d’Albulidé. On peut
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON 21
la rapporter à Elops senegalensis qui est la seule espèce de ces deux familles
fréquentant les côtes du Sénégal.
Ostéoglossidés.
Heterolis niloticus (Cuv.). — Vastrès des Oualofs, 132 A. — CAT. : « 2038.
Nouveau genre de Poisson non épineux, à grandes écailles, queue arrondie,
et nageoire dorsale et de l’anus assez longues. Longueur 1 à 2 piés ». —
N V. « Apelé Vastrès par les Nègres ». — A.C. : 1 sp. « des eaux douces du
Niger ». Coll. Mus. 3608. Ce spécimen est le type de Surfis adansonii Cuvier,
1829, Règne animal, éd. 2, II, p. 328, et de Heterolis adansoni Cuv. Val.,
1846, Hisl. nat. Poiss., XIX, p. 178. Indications à ce propos : « Ce nom (Vas¬
très) à été trouvé par M. Cuvier sur une étiquette écrite de la main d’Adan-
son pour une espèce d 'Heterolis » (XIX, p. 433). c M. Cuvier ajoute une es¬
pèce de Vastrès à museau court rapportée du Sénégal par Adanson » (XIX,
p. 434). — « Il est juste île dire qu'Adanson avait trouvé longtemps aupa¬
ravant et dans son voyage au Sénégal une espèce de ce genre ; mais le
seul exemplaire déposé dans le Cabinet du Roi ne pouvait pas fournir de
renseignements suffisants aux zoologistes, à cause de sa préparation ; car
le célèbre voyageur français n’en avait conservé qu'une peau séchée et con¬
servée en herbier, selon la coutume de ce temps » (XIX, p. 467). — « La
peau conservée par Adanson est longue d'un pied. Elle porte cette note
sous le n" 2038 de ses observations : Vastrès des Oualofs ; poisson d'un
nouveau genre apelé Vastrès par les Nègres du Niger » (XIX, p. 479). —
MS. : 1 dessin par Garsault.
Clupéidés.
Clupea sprattus L. — Alosa Gaza, 98 K. — CAT. : « 2010. Argenté,
19 raions à la nageoire dorsale et 21 à celle de l’anus. Longueur 4 1/2
pouce ». — N.V. : « Epro à Granvil » (1). — HERB. : 1 sp. de Granville.
Coll. Mus. B. 488.
Clupea sprattus L. — Alosa Gaza, 98 A. — CAT. : « 2033. Argenté à dos
cendré noir, 7 raions è la nageoire dorsale. Longueur 2 pouces ». — N.V. :
« Apelée Nedelle ou Melette en Languedoc ». — HERB. : 2 sp. « de Seide ».
Coll. Mus. B. 486, 487. — MS : 1 dessin de Garsault représentant un sp. en¬
voyé « de Seide par mon frère ».
Le nombre des rayons dorsaux est certainement erroné, bien qu’il soit
indiqué dans le catalogue et inscrit sur le dessin et sur les feuilles d’her¬
bier. Aucun Clupéidé n’en a si peu. La Meletle phnlériquc a été reconnue
identique au Sprat (Voir Bertin, Bull. Soc. Zoo/. France, 1941, LXVI, p. 22).
(1) Actuellement Esprot sur le littoral de la Manche.
Source : MNHN, Paris
22
!.. BERTIN
Sardinia pilchardus (Walb.). — Alosa Gaza, 98 I. — CAT. : « 2008. Doré
à dos bleu noir, à très grandes écailles, 19 raions à la nageoire dorsale et
17 à celle de l’anus. Longueur 6 pouces ». — N.V. : c Apelé Sardine dans
la Méditerànée ». — HERB. : 1 sp. « de l’ile Ténérif * et 1 sp. peut-être
de Marseille. Coll. Mus. B. 484, 485. — MS : 1 dessin par Garsault.
Harcngula macrophthalma (Ranz.). — Alosa Gaza, 98 B. — CAT. : c 2004.
Couleur argenté, 10 raions à la nageoire dorsale. Longueur 2 1/2 pouces ».
— N.V. : « Apelé Menize à Granvil » (1). — HERB. : 8 sp. « de Granvil ».
Coll. Mus. B. 489, 490, 491.
Le nombre des rayons, comme po'ur le Sprat, esl certainement erroné.
Sardinella eba C.V. — Alosa Gaza 98 F. — CAT. : « 2007. Doré à dos
cendré noir, 18 raions à la nageoire dorsale et 19 h celle de l'anus. Longueur
Il à 12 pouces ». — N.V. : « Apelé Eba par les Oualofs ». — A.C. : 1 sp.
c de l’embouchure du Niger ». Coll. Mus. B. 493. C'est celui dont parle Va¬
lenciennes en ces termes ; « J’en trouve un exemplaire parfaitement recon¬
naissable, malgré son mauvais état de conservation, dans les peaux dessé¬
chées qu’Adanson a rapportées du Sénégal. Cet académicien avait écrit sur
ses notes, que les OualofTs désignent ce poisson par le nom d 'Eba ; je le lui
ai conservé pour dénomination spécifique * (Cuv. Val., Hisl. nat. Poiss.,
1847, XX, p. 418).
Elhmalosa dorsalis C.V. —. Alosa Gaza, 98 E. — 11ERB. : 1 sp. sans indi¬
cation de provenance, mais sûrement du Sénégal, car il est appelé < Eba
Oualof » par confusion avec le précédent. — MS. : 1 dessin de Garsault où
« Eba Oualof » est barré et remplacé par « Iaboi Screr » (2).
Engraulidés.
Engraulis encrasicbollis (L.l. — Alosa Gaza, 98 C. — CAT. : « 2005. Cou¬
leur doré, 11 raions il la nageoire dorsale. Longueur 3 à 4 pouces ». — N.V. :
c Apelé Anchoie en Provence et Elise sur la cùte de Normandie ». —
HERB. : 1 sp. « de l’Orient ». Coll'. Mus. B. 492.
0STARI0PHYSAIRES
Characinidés.
üistichodus rosi ratas Gthr. — Tumalos Aclian, 111 A. — N.V. : Satt au
Sénégal. — HERB. : 1 sp. « des eaux douces du Niger ». Coll. Mus. B. 405.
— MS. : 1 dessin de Garsault avec les indications suivantes : « Espèce voi¬
sine du Coregonas, Tumos et Tumalos Aelian. timbra fluvial. Auson, Bc-
(1) Actuellement Menuise sur le littoral de la Manche.
(2) Au Cameroun, Ethmalosa dorsalis est appelé Epa, qui ressemble évidemment
à Eba.
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEI. ADANSON 23
Ion ». Ceci prouve une confusion entre le Characinidé du Sénégal et un
Salinonidé qu’Adanson avait pu voir au cours de son voyage dans les Alpes
en 1779. La présence d'une nageoire adipeuse dans les deux familles expli¬
que cette erreur.
Hydrocyon lineulus Blkr. — E perla luis Rondelet, 116 A. — N.V. :
« Apelé Giar par les Oaulofes ». — HERB. : 1 sp. « de l’embouchure du
Niger ». Coll. Mus. B. 404.
L’attribution du nom d 'Eperlanus à ce poisson est une seconde preuve
de la confusion faite par Adanson entre les Characinidés et les Salmonidés.
Sarcodaces odoë (Bloch). — Segel des Oualofs, 109 A. — CAT. : c 2027.
Nouveau genre de Poisson aprochant du Saumon à grandes dents et à na¬
geoire dorsale antérieure placée derrière les ventrales ». — N.V. : « Apelé
Segel par les Oualofs ». — A.C. : 1 sp. du Sénégal. Coll. Mus. A. 8617. C’est
le spécimen décrit par Cuvier et Valenciennes, sous le nom de Xyphorhyn-
chus odoë, 1849, Hist. nal. Poiss., XXII, p. 345. — HERB. : 1 sp. « des eaux
douces du Niger ». Coll. Mus. B. 406. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Cyprinidés.
Carassius carassius aurai us (L.). — Taor en Chine, 89 A, B. — CAT. :
« 1999. Poisson doré de la Chine à queue repliée en toit de la poule et à
2 nageoires collatérales à l’anus. Longueur 3 à 4 pouces ». — N.V. : « Apelé
Taor à la Chine ». — HERB. : 1 sp. répondant à la définition ci-dessus et
1 sp. « à une seule nageoire à l’anus ». Coll. Mus. B. 480, 481. — MS :
2 dessins de Garsault représentant les spécimens ci-dessus.
Tinca tinca (L.). — Tinca Pline, 92. — N.V. : Tanche. — HERB. : 2 sp.
sans indication de provenance et une vessie natatoire collée à côté de l'un
d’eux. Coll. Mus. B. 482, 483.
Barbus barbus (L.). — Barbus Ausone, 91. — N.V. : Barbeau, Barbo. —
HERB. : 2 sp. sans indication de provenance. Coll. Mus. B. 447, 448. — MS. :
1 dessin de Garsault et 2 non signés. Ces deux derniers représentent des
Barbeaux de la Mer Caspienne, avec la mention « remonte en décembre et
janvier le fleuve Kur, au delà de Tiflis, pour pondre ».
Leuciscus leuciscus (L.). — Rossa Adanson. — HERB. : 2 sp. sans indi¬
cation de provenance, Coll. Mus. B. 475, 476.
Alburnus alburnus (L.). — Brama Rondelet, 94 A. — CAT. : « 2000. A
dos cendré et ventre argenté, 20 raions à la nageoire de l’anus. Longueur
4 pouces ». — SYN. : Alburnus Ausone. - N.V. : « Apelé ablet ». — HERB. :
J sp. de la Seine. Coll. Mus. B. 479.
Source : MNHN, Paris
24
L. BERTIN
Siluridés.
Chrysichlhys nigrodigitulus (I.mc.). Kala (1) des Oualofs, 116 B. —
CAT. : « 2029. Nouveau genre de Bagre à nageoire de l’anus courte, 7 raions
à la nageoire dorsale. Longueur 15 à 20 pouces. Sa pikure est dangereuse ».
— N.V. : « Apelé Doum par les Nègres ». — A.C. : 1 sp. < de l’embouchure
du Niger ». Coll. Mus. B. 546. — HERB. : 1 sp. « du Niger ». Coll. Mus. B.
413. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Eutropius niloticns (Ruppell). — N'Kal des Ounlofs, 115 A. — CAT. :
« 2028. Nouveau genre île Bagre à 6 barbillons, à nageoire de l'anus très
longue. Longueur 9 à 11 pouces. Sa pikure est dangereuse ». — N.V. :
« Apelé N’Kel par les Nègres ». — A.C. : 1 sp. du Sénégal. Coll. Mus. A.
867(1. Ce spécimen esl le type de BagrUs adansonii Cuv. Val., 1839. Hisl.
nal. Puiss., XIV, p. 391. Voici ce qu’en dit Rochebrune, 1883, Faune Sénég.,
p. 122 : « L’Eutropius adunsonii a été créé par Valenciennes sur un échan¬
tillon desséché et mal conservé, rapporté par Adanson. L’espèce est très
voisine de VE. nilolicus. Le lype d'Adanson ne nous a révélé aucune diffé¬
rence. Le nom même (Nkel) qu'il lui donne est, à l’orthographe près, le
même que le nôtre (N’Kjhell). Nous réunissons donc les deux espèces dont
rien jusqu’ici ne justifie In distinction ». HERB. : 1 sp. « du Niger ».
Coll. Mus. B. 409. — MS. : 1 dessin de Carsault.
Clarius senegaltnsis C.V. — Florins (2) Bclon, 125 A. - CAT. : € 2035.
Nouveau genre de poisson épineux, sans écailles, à 8 barbillons et 1 seule
nageoire dorsale. Longueur 9 à 15 pouces ». — N.V. : « Apelé Es par les
Oualofs. — A.C. : 1 sp. du Sénégal. Coll. Mus. A. 8667. C’est le spécimen
dont Cuvier et Valenciennes, 1840, Hisl. nal. Potss., XV, p. 377, écrivent :
« Il y en a depuis longtemps au Cabinet du Roi un exemplaire desséché en
herbier et donné par Adanson... ». — MS. : 1 dessin de Garsault.
Synodonlis gambiensis Gthr. — Kala des Oualofs, 11G A. — HERB. : 1 sp.
« du Niger ». Coll. Mus. B. 412. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Malopterurus electricus (Gm.). — Oaniar des Oualofs, 128 A. — CAT. :
« 2036. Poisson trembleur d’un nouveau genre qui fait l’éfet de la Torpille
lorsqu’on le touche. Longueur 2 piés ». — N.V. « Apelé Oaniar par les Nè¬
gres ». — A.C. : 1 sp. du Sénégal. Coll. Mus. B. 545. — HERB. : 2 sp. « du
Niger ». Coll. Mus. B. 410, 411. — MS. : 1 dessin par Garsault.
(1) Ce nom vernaculaire est pris par Adanson dans un sens général, pour ne
pas dire générique, et s'applique à trois espèces du Catalogue manuscrit.
(2) Ce nom est donné en réalité par Bblon à des Lotes (Lota Iota, L. elongata )
qui sont des Gadidés à un seul barbillon mentonnier.
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON
25
APODES
Anguillidés.
Anguilla anguilla (L.). — Anguilla Pline, 2 B, C. — CAT. : « 1903. An¬
guille cendré noir à nageoire dorsale de 250 raions, commençant loin de-
rière les nageoires pectorales. Longueur 1 à 2 piés ». — HERB. : 1 sp. de
Naples. Coll. Mus. B. 560. — MS. : 2 dessins de Garsault. Un autre représen¬
tant le tube digestif et ses rapports avec la vessie gazeuse. Un autre encore
représentant une écaille.
HAPLOMES
Esocidés.
Esox lucius L. — Eso .r et Lucius Pline, 102 A. — CAT. : c 2016. Bro¬
chet commun ». — IIERB. : 1 sp. $ sans indication de provenance. Coll.
Mus. B. 500.
CAT0STÉ0MES
Gastérostéidés.
Gasterosteus aculeatus (L.). — Pungilius Albert le Grand, 123 A. — CAT. :
« 2034. Epinoche sans écailles, à 3 raions à la première nageoire dorsale ».
— N.V. : Epinoche, Epinarde, Savetier. — HERB. : 2 sp. « de la rivière
des Goblins », c’est-à-dire de la Bièvre à Paris. Coll. Mus. B. 557. — M.S. :
1 dessin non signé.
Syngnathidés.
Syngnathus sp. — Sungnatos Artedi, 10 A. — CAT. : « 1905. Equille ou
Trompette cendré noir, à tète et ventre plus court de 13 articles. Longueur
5 pouces. » — HERB. : 1 sp. sans indication de provenance mais sûrement
de la côte du Sénégal. Coll. Mus. B. 438. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Doryichthys aculeatus (Kp.). — Sungnalos Artedi, 10 B. — CAT. : c 1906.
Equille non cendré, à tète et ventre plus longs de 21 articulations. Lon¬
gueur 4 pouces. » — HERB. : 1 sp. sans indication de provenance mais
sûrement de la côte du Sénégal. Coll. Mus. B. 437.
Hippocampus guttulatus Cuv. — Sungnutos Artedi. — HERB. : 3 sp.
sans aucune indication. Coll. Mus. B. 439.
Source : MNHN, Paris
26
!.. BERTIK
PERGÉSOGES
Scombrésocidés.
Belone senegatensis Cuv. Val. — liclonc Aristote, 101 B. — CAT. : « 2014.
Gri argenté à dos cendré, 15 raions ii la nageoire dorsale et 17 à celle de
l’anus. Longueur 7 à 16 pouces ». — 1IERB. : 1 sp. « du Niger ». Coll. Mus.
B. 499.
Ezocoetidés.
Exocoelus volitans L. — Exokoitos Aelian, 99 B. -- CAT. : < 2012. Doré
à dos cendré noir, 20 raions 5 la nageoire de l’anus (par erreur, pour dor¬
sale). Longueur 8 pouces ».
Le nombre des rayons dorsaux est certainement exagéré. Aucun Exocet
de l’Atlantique n’en possède autant. N. V. : Muge volant. — HERB. : 1 sp.
« du Sénégal entre les Tropikes ». — MS. : 1 dessin de Garsault représen¬
tant le spécimen ci-dessus. 1 autre dessin non signé, avec la mention : « vol
de 5 à 6 toises pour fuir la poursuite des Dorades et Bonites ».
Ammodytidés.
Ammodytcs lanceolatus Lesauvage. — Ammodutes Gesner, 11 B. — CAT. :
< 1908. Verd jonâtre à nageoire dorsale de 54 raions. Longueur 6 à 8 pou¬
ces ». — N.V. : Lançon, Verderel. — HERB. : 1 sp. « des sables de la Déli-
vrande en Normandi ». Coll. Mus. B. 429.
Ammodytes sicculus Steind. — Ammodutes Gesner, 11 A. — CAT. : « 1907.
Lanson violet, à nageoire dorsale de 47 raions. Longueur 3 à 4 pouces ». —
HERB. : 2 sp. « des sables du Sénégal ». Coll. Mus. B. 428. — MS. : 1 dessin.
Mugilidés.
Mugit cephalus Risso. — Mugit Ovide, 107 B. — N.V. : Reum des Oualofs.
— A.C. : 1 sp. du Sénégal. Coll. Mus. A. 5467. — HERB. : 1 sp. « de l’embou¬
chure du Niger ». Coll. Mus. B. 496. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Mugit aiiralus Risso. — Mugit Ovide, 107 C, E, F. — CAT. : « 2021, 2023,
2024. A 9-10 raions à la nageoire postérieure dorsale et 12-13 à celle de
l’anus. Longueur 5-9 pouces ». — A.C. : 1 sp. « des sables voisins de Goré »
et 1 sp. « de l’embouchure du Niger ». Coll. Mus. A. 4677 et 5468. Le premier
est l’holotype de Mugit breoieeps Cuv. Val., 1836, llist. nul. Poiss., XI, p. 106.
— MS. : 1 dessin de Garsault.
Mugit futeipinnis Cuv. Val. — Mugit Ovide, 107 J. — N.V..: Masa des
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEI. ADANSON 27
Oualofs. — HERB. : 1 sp. « de l’embouchure du Niger ». Coll. Mus. B. 495.
•— MS. : 1 dessin de Garsault.
Stromatéidé8.
Slromaleiis fialolu L. — Stromateus Athénée, 23 A. — CAT. : < 1917.
A figure d’Amie, verd et doré sans nageoires ventrales. Longueur 1 pié ». —
HERB. : 1 sp. sans tète ni nageoires paires « de la mer de Cadiz ». Coll.
Mus. B. 425.
ANACANTHINIENS
Gadidés.
Gadus minulus (L.). — Monta Bclon, 47 A. - CAT. : « 1940. A nageoire
dorsale antérieure de 12 raions. Longueur 8 pouces ». — N.V. : Capelan,
Mallo. — HERB. : 1 sp. de Seidc. Coll. Mus. B. 538. — MS. : 1 dessin de
Garsault.
Merluccius mcrlticcius (L.). — Gadus Dorion, 49 A, B. — CAT. : « 1942.
A première nageoire dorsale de 10 raions. Longueur 10 à 15 pouces. — 1943.
A première nageoire dorsale de 8 raions. Longueur 10 pouces ». — N.V. :
« Apelé Merlus dans la Méditerranée, Pescadella en Espagne ». — HERB. :
2 sp. de Cadiz et de Seide. Coll. Mus. B. 539, 540. — MS. : 1 dessin de
Garsault.
Onos medilerraneux (L.). — Sorge de Venise, 46 A. — CAT. : « 1939.
Cendré à nageoire anale de 54 raions. Longueur 6 à 7 pouces ». — N.V. :
Moustèrc sur les côtes de Provence. — HERB. : 1 sp. « de la mer à Tou¬
lon ». — Coll. Mus. B. 541. — MS. : 1 dessin de Garsault.
PERC0M0RPHES
Percidés.
Perça fluviatilis L. — Perça Pline, 79 A. — HERB. : 1 sp. « de Paris ».
Coll. Mus. B. 556. — MS. : 1 dessin de Garsault, avec cette note manus¬
crite : « Le mille cantons de Genève n’est pas un poisson particulier, mais
l’alevin ou le fretin ou jeune poisson de la perche fluviatile ».
Morone labrax (L.). — Perçu Pline, 79 B. — CAT. : « 1983. Perche de
mer argentée à 14 raions à la nageoire de l’anus. Longueur 11 pouces ». —
N.V. : « Appelé Robalo en Espagne et Barkelt ou Bark à Granvil ». — HERB. :
1 sp. de Cadiz. Coll. Mus. B. 530.
Morone punclala (Bloch). — Perça Pline, 79 C. — N.V. : Baila en Espa¬
gne. — HERB. : 1 sp. de Cadiz. Coll. Mus. B. 531. — MS. : 1 dessin de Gar¬
sault.
Source : MNHN, Paris
28
L. BERTIN
Serranidés.
Serranus scriba (L.). — Scarus Ovide, 54 B. — CAT. : « 1948. Roujc
mêlé de cendré, 10 raions 5 la nageoire de l’anus el 26 à la dorsale. — N.V. :
Portega à Marseille. — HERB. : 1 sp. « de l’île de Goré ». — Coll. Mus.
B. 527. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Serranus cabrilla (L.). — Kane Aristote, 67 B. — N.V. : Cagno, Canadella.
— HERB. : 1 sp. sans indication de provenance. Coll. Mus. B. 529. — MS. :
1 dessin de Garsault.
Cephalopholis taeniops (C.V.). — Scarus Ovide, 54 I. — A.C. : 1 sp. du
Sénégal. Coll. Mus. A. 5501. — MS. : 1 dessin de Garsault représentant le
spécimen sec.
Epinephetus cuninus (Val.). — Scarus Ovide, 54 F. — CAT. : « 1949.
Cendré ivoir, 11 raions à la nageoire de l'anus et 27 à la dorsale. Longueur
5 à 6 pouces. Aproche du Merula de Rondelet ». — HERB. : 1 sp. de Goré.
Coll. Mus. B. 528. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Epinephelus goreensis (C.V.). — Scarus Ovide. — HERB. : 1 sp. du
Sénégal. Coll. Mus. B 532.
Sciaenidés.
Sciaena at/uila Lac. — Korakinos Aristote, 60 A. — CAT. : « 1961. Gri
argenté. Longueur 1 pié ». — N.V. « Apelé Corvinate en Espagne » (1). —
A.C. : 1 sp. du Cap Finistère. Coll. Mus. B. 565. — MS. : 1 dessin de Gar¬
sault.
Coruina umbra (L.). — A.C. : 1 sp. des Canaries. Coll. Mus. 7609.
Cépolidés.
Cepola rubescens L. — Kourajon des Napolitains, 7. — N.V. Courachore
à Naples. — HERB. : 1 sp. de provenance inconnue. Coll. Mus. B. 424. —
MS. : 1 dessin de Garsault.
Pristipomatidé8.
Pomadasgs jubelini (C.V.). — Gabiar du Sénégal, 66 A, B, D. — CAT. :
« 1965. Poisson d’un nouveau genre roujâtre, tacheté de cendré noir, à
nageoire dorsale plus basse, corne fendue en 2 au milieu et à 11 raions
(1) C’est la Courbine, poisson le plus important de la côte du Sénégal, au point
de vue de la pêche,
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON 29
à la najoère de l’anus. Longueur 7 à 15 pouces ». — « 1966. Roujâtre, à
12 raions à la nageoire de l'anus et 25 ù la dorsale. Longueur 3 pouces et
6 piés ». — N.V. : « Apelé Koroï à l'ile de Goré, Giabar par les Nègres et
Capitaine par les Français ». — A.C. : 1 sp. « de l'ile Goré ». Coll. Mus.
9439. Paratype de Priaiiparna jubelini Cuv. Val., 1830, Hist. nul. Poiss., V,
p. 250. — HERB. : 2 sp. « du fleuve Niger ». Coll. Mus. B. 533, 534. — MS. :
2 dessins de Garsault.
Paraprislipoma mediterraneum (Guich.). — Aspredo Calas, 65 A. —
CAT. : c 1964. Cendré roux k joues écailleuses dentées et queue fourchue.
Longueur 10 à 12 pouces ». — N.V. : « Apelé Borrikete par les Espagnols de
Ténérif ». — A.C. : 1 sp. mutilé de Ténériffe. Coll. Mus. B. 537. — HERB. :
2 sp. dont un réduit à la tête et sans indications de provenance. B. 535,
536. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Paraprislipoma mediterraneum (Guich.). — Katè du Sénégal, 78 A. —
HERB. : 1 sp. du Sénégal. Coll. Mus. B. 563. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Adanson n’a pas vu l’identité de son Katé du Sénégal avec le Borriquete
de Cadiz et TénérifTe. 11 les a placés dans deux genres différents.
Maenidés.
Smaris alcedo (Risso). — Mainis Aristote (en surcharge de S paras), 69 F,
G. — N.V. : Chouclle à Marseille, Jarret à Toulon. — HERB. : 2 sp. de ces
localités. Coll. Mus. B. 430, 431. —- MS. : 2 dessins de Garsault représentant
les spécimens ci-dessus.
Sparidés.
Sargus vnlgaris Geoffroy. — Sparas Pline. 69 P, Q. — N.V. : Variato à
Naples, Zargo à Cadiz. — HERB. : 2 sp. de ces provenances. Coll. Mus.
B. 450, 451. — MS. : 1 dessin de Garsault représentant le sp. napolitain.
Sargus annularis (L.). — Spams Aristote, 69 N, O. — N.V. : Sparaillon
en France, Sarago à Naples, Spariglione k Messine. — HERB. : .2 sp. des
deux dernières provenances. Coll. Mus. B. 448, 449. — MS. : 2 dessins
de Garsault représentant les spécimens secs.
Lethrinus allanlicus C.V. Kitel du Sénégal, 73 A. — HERB. : 2 sp.
du Sénégal. Coll. Mus. B. 440, 441.
Doops boops (L.). — Sparas Pline, 69 T. — CAT. : « 1976. Rouje mêlé
de cendré noir vers le dos, 19 raions à la nageoire anale et 26 à la dorsale.
Longueur 7 1/2581/2 pouces ». — N.V. Bogue à Toulon, Vopa à Malte, etc.
— A.C. : 1 sp. de Gorée, Coll. Mus. A. 5464. — HERB. : 1 sp. sans indication
de provenance. Coll. Mus. B. 442. — MS. : 2 dessins de Garsault.
Source : MNHN, Paris
30
I.. BERT1N
Boops salpa (L.). — Spams Pline, 69 R, S. — CAT. : « 1975. Jone doré
brun vers le dos, 17 raions à la nageoire anale et 26 à la dorsale. Longueur
8 à 11 pouces ». — N.V. : Bogue, Bograve. — HERB. : 1 sp. de Cadiz, avec
la mention < difère un peu de la Orale ou Aurade de Marseille ». Coll. Mus.
B. 443. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Aurata aurala (L.). — Spams Aristote. — N.V. : Dorade, Orale, Aurade.
— A.C. : 1 sp. de Cadiz. Coll. Mus. A. 5460.
Pagrus pagrus (L.). — Spams Aristote. — A.C. : 2 sp. de Gorée et du Cap
Vert. Coll. Mus. A. 693 et 5461.
Pagrus ehrenbergi C. V. — Marina (en surcharge de Spuras), 69 E. —
N.V. : Ourann, Ourayn Oualof. — HERB. : 2 sp. de Goré, avec la mention
« un des meilleurs poissons de la côte ». Coll. Mus. B. 446, 447. — MS. :
1 dessin de Garsault.
Pagcllus centrodoulus (Del.). — Spuras Aristote, 69 M. — N.V. : Busongle
à Marseille. — HERB. : 1 sp. de Marseille. Coll. Mus. B. 453. — MS. : 1 des¬
sin de Garsault.
Pagellus baguraveo (Briinn.). — Sparos Aristote, 69 L. — CAT. : « 1974.
Rouje brun, 13 raions à la nageoire anale et 23 à la dorsale, dont 12 épineux.
Longueur 8 à 9 pouces ». — N.V. : Bcsugo à Cadiz, Louverou à Naples. —
HERB. : 1 sp. « du Cap Ver ». Coll. Mus. B. 452. — MS. : 1 dessin de Gar¬
sault.
Pagellus ergthrinus (L.). — Spams Pline, 69 A, C. — CAT. : « 1972.
Incarna, 11 raions à la nageoire anale et 23 à la dorsate. Resemble entière¬
ment au Pajet de la Méditerranée. Longueur 7 à 9 pouces ». — A.C. : 1 sp.
de Gorée. Coll. Mus. A. 687. — HERB. : 2 sp. de la Méditerranée. Coll. Mus.
B. 454, 455. — MS. : 2 dessins de Garsault dont un appelé par erreur
Bograve ; ce dernier nom étant celui du Boaps salpa (L.).
Pagellus marmgrus (I..). — Spuras Pline, 69 J. - CAT. : « 1973. Jone
brun, avec 12 lignes transversales noirâtres, 13 raions à la nageoire anale
et 23 à la dorsale dont 11 épineux. Longueur 8 à 9 pouces ». N.V. : Marmo
à Marseille, Marmolo à Naples, Errera en Espagne. — HERB. : 1 sp. « de
Faial aux îles Asores ». Coll. Mus. B. 458. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Canlharus cantharus (L.). — Sparus Pline. Pagrus Adanson, 69 D. K. -
N.V. : Canto à Marseille,-Chopas à Cadiz. - HERB. : 2 sp. de Marseille et
de Cadiz. Coll. Mus. B. 444. 445. — MS. : 2 dessins de Garsault.
Denlex dent ex (L.). — Pagrus Adanson, 69. — - N.V. : Appelé à tort par
Adanson Mormuros et Marmo, ces noms étant ceux du Pagellus mormyrus
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON 31
(L.). Voir ci-dessus. — HERB. : 1 sp. de Marseille. Coll. Mus. B. 457. —
MS. : 1 dessin de Garsault.
Denlex macrophthalnuis (Bloch). — Spams Pline, 69 B. — CAT. : « 1971.
Rouje incarna, 11 raisons à la nageoire de l’anus et 22 à la dorsale. Lon¬
gueur 10 pouces ». — N.V. : Dentones et Bocinegra à Cadiz. — HERB. :
1 sp. « de Goré >. Coll. Mus. B. 456. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Mullidés.
Alullus barbai us L. — Tripla Aristote, 80 A. — CAT. : « 1894. Roujet
à 2 barbes au menton. Longueur 7 pouces ». — N.V. : Roujet, Surmulet. —
HERB. : 3 sp. de Seidc et de Malte. Coll. Mus. B. 426, 427, 559. — MS. : 2 des¬
sins de Garsault dont un avec la mention < de Seide par mon frère ».
Scorpididés.
Pseltus arpentais L. — A.C. : 1 sp. du Sénégal. Coll. Mus. A. 5463.
Chaetodontidés.
Chaetodon hoefleri Steind. — ( Xailodon Artedi) Pamapa d’Amboine,
76 A. — CAT. : « 1982. Roujatre avec 4 bandés noires transverses. Lon¬
gueur 6 pouces ». — HERB. : 2 sp. de Goré. Coll. Mus. B. 414, 415. — MS. :
1 dessin de Garsault.
Chaetodon slrialns (L.). — Chaetodon Artedi, 76 B. — A.C. : 1 sp. « ex
Americas ». Coll. Mus. B. 416. — MS. : 1 dessin de Garsault avec les men¬
tions « perche marine » et « des Antilles et du Sénégal ».
Acantburidés.
Acanlltiirns chirurpus Bloch. — Akarauna du Brésil, 75 A. — CAT. :
« 1981. Brun noir apelé la Lancette ou le Chirurgien, aiant une lancette
à cliake côté de la queue. Longueur 13 pouces ». — HERB. : 1 sp. de Goré.
Coll. Mus. B. 402.
Cichlidés.
7 ilapia palUaea (Art.). — Kiartil du Sénégal, 56 A. — CAT. : e 1956.
Nouveau genre de Scare, à joues écailleuses non dentées, rouje brun, à
grandes écailles. Longueur 10 pouces ». D’après de Rochebrune, c’est le
même poisson dont parle Adanson dans son Histoire naturelle du Sénàpal
(p. 125) : « Dans le marigot de Sorres, un poisson très commun, appelé
Larpct, espèce de vieille semblable à la carpe, mais plus courte, saute dans
les pirogues ». HERB. : 1 sp. à tête reconstituée à l’aquarelle, de Goré. Coll.
Mus. B. 564. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Source : MNHN, Paris
32 L. BERTIN
Tilapia melanopleura Dum. — üuas du Sénégal, 77 A, B. — HERB. :
2 sp. du Sénégal. Coll. Mus. B. 407, 408. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Pomacentridés.
Chromis chromis (L.). — Xromis Aristote, 68 A. — CAT. : « 1970. Rouje
brun, 12 raions à la nageoire de l’anus ». — N.V. : Castagnol à Marseille.
— A.C. : 1 sp. de TénérilTe. Coll. Mus. A. 5462. — HERB. : 1 sp. de Mar¬
seille. Coll. Mus. B. 433. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Labridés.
Labrus beryuylla Asc. — AI fl ut a Athénée, 57 E, F. — CAT. : « 1957,
1958. Verd jonc à dos brun ou verd foncé ou cendré noir. 14 raions à la
nageoire de l’anus et 31 à celle du dos. Longueur 6 à 12 pouces ». — N.V. :
Azani à Marseille, Maraviso a Naples (1). — HERB. : 2 sp. de Goré. Coll.
Mus. B. 509, 512. — MS. : 2 dessins de Garsault.
Labrus mixltis Kroy. — Alfestes Athénée, 57 D. — N.V. : Chenet, Che-
nat ou Chinai à Marseille. HERB. : 1 sp. $. Coll. Mus. B. 513. — MS. :
1 dessin de ce spécimen par Garsault.
Labrus merula L. — Al f est es Athénée, 57 A, B. — N.V. : Roucau à Mar¬
seille, Lupo à Naples. — HERB. : 2 sp. de ces localités. Coll. Mus. B. 510,
511. — M.S. : 2 dessins correspondants de Garsault.
Crcnilabrus melops (L.). — Scarus Ovide, 54 N, O. — CAT. : « 1954.
Ver tacheté de noir, avec une tache noire à la queue. 1955. Ver tacheté
de cendré noir, 13 raions à la nageoire de l’anus, et 26 à la dorsale. Lon¬
gueur 3 à 6 pouces ». — N.V. : Vra, Vrass, Vieille, Rossinot. - - HERB. :
2 sp. sans indication de provenance. Coll. Mus. B. 507, 514.
Crenilubrus medilerrancus (L.). — Scarus Ovide, 54 M. CAT. : « 1953.
Ver taché de noir surtout à la nageoire pectorale et à la queue, 13 raions
à la nageoire anale, et 25 à la dorsale dont 16 épineux ». — N.V. : Carbo-
nier. — HERB. : 1 sp. de Toulon. Coll. Mus. B. 508.
Conçus roslralus (Bloch). — Scarus Ovide. Par erreur, Adanson lui donne
les mêmes numéros d’ordre (1955, 540) qu’au Crcnilabrus melops (L.). —
HERB. : 1 sp. Coll. Mus. B. 515.
Coris julis (L.). — lulls Pline, 62 A, B. — CAT. : « 1963. Girelle rouje
tachée de noir, longue de 3 pouces ». N.V. : Girelle. — HERB. : 1 sp.
de TénérilTe. Coll. Mus. B. 506. — MS. : 2 dessins de Garsault.
(1) Ce dernier nom est en réalité celui du Thalassoma julis (L.).
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON 33
Thalassoina pavo (L.). — Penli de Malte, 72 A. — CAT. : « 1979. Nouveau
genre à joues ni écailleuses ni dentées. Brun verd avec 1 à 5 bandes trans¬
verses d'un beau verd foncé. Longueur 5 à 7 pouces ». —N.V. : Roucau à
Marseille. Pentipanto à Malte. — HERB. : 2 sp. de Malte et de Seide. Coll.
Mus. B. 504, 505. — MS. : 2 dessins de Garsault.
Xyrichthys novacula (L.). — Novacula Pline, 59 A. — CAT. : « 1960.
Razon ou poisson peigne, roujc de chair ». — N.V. : Razon à Seide, Rozeta
à Malte, Peigne à Ténérifc. — A.C. : 1 sp. de Ténérife. Coll. Mus. B. 501. —
HERB. : 2 sp. de provenance incertaine. Coll. Mus. B. 502, 503. — MS. :
1 dessin de Garsault.
Scaridés.
Sparisoma cretensis (L.). — Scarus Ovide. — A.C. : 1 sp. de Seide, Coll.
Mus. A. 8218.
Carangidés.
Dccapterus rhonchus (Geoffroy). — Traxuros Aelian, 86 A. — CAT. :
« 1992. A dos bleuâtre et ventre doré, 8 raions ù la première nageoire dor¬
sale et 30 à la deuxième. Longueur 7 à 11 pouces ». — N.V. : Jurel à Cadiz.
— HEFB. : 1 sp. de Cadiz. Coll. Mus. B. 419. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Trachurus trachurus (L.). — Traxuros Aelian, 86 B, C. — CAT. : « 1993.
Dos bleuâtre, ventre argenté, 8 raions à la première dorsale et 32 à la
seconde. Longueur 3 pouces ». — N.V. : Karé à Granville, Suro à Venise,
Manfrono à Malte. — HERB. : 2 sp. de Granville et de Faial. Coll. Mus.
417, 418. — MS. : 1 dessin de Garsault.
Caranx senegulltis Cuvier. — Oarangal Adanson (1), 87 A. — CAT. :
« 1997. Jone doré. Longueur 14 pouces ». — N.V. : « Apelé par les Français
Karange par corruption du nom nègre Oarangal ». — HERB. : 2 sp. de
Goré. Coll. Mus. B. 422, 423. — MS. : 2 dessins de Garsault.
Scyris alexandrinus (Geoffroy). — Fauta du Sénégal, 88 A. — CAT. :
« 1998. Nouveau genre de poisson doré très plat, presque rond et sans
écailles. Longueur 5 pouces ». — N.V. : « Apelé Fanta par les Serères et
préféré pour le goût à tous les autres poissons plats de la côte ». — HERB. :
1 sp. de Seide. Coll. Mus. B. 420.
(1) Il existe une description manuscrite de ce genre (une centaine de lignes
a une écriture microscopique), qui était destinée à l’Encyclopédie universelle
d Adanson.
Mémoires du Muséum, t. XXXI, Zoologie, t. I, 10 décembre 1950. 3
Source : MNHN, Paris
34
.. BËRTIN
Scombridés.
Scombcr colins Gm. — Scomber Ovide, Pline, 84 A. — CAT. : « 1989.
Makro bleuâtre sur le dos, argenté sous le ventre, 5 pinnules dorsales et
5 ventrales vers la queue, et 12 raions il la nageoire de l’anus. Longueur
7 pouces ». — N.V. : Makro, Sansonct. — A.C. : 1 sp. du Sénégal et un « dans
le port de Sainte-Croix à Pile Ténérif ». Coll. Mus. A. 5466 et 5469. — MS. :
1 dessin de Garsautt.
Scomber scombrns L. Scomber Ovide, 84 B. — CAT. : * 199». Marqué
de lignes bleues oblikes ondées sur le dos, 5 pinnules dorsales et 14 raions
à la nageoire de l’anus. Longueur 10 pouces ». — N.V. : « Makro comun,
ou le grand Makro franc ». — A.C. : 1 sp. des Canaries. Coll. Mus. A. 5551. —
MS. : 1 dessin de Garsuult.
Zéidés.
Zens faber L. — Zens Pline, 52 A. — N.V. : Poisson St-Pierre, Coq et
Poule en Bretagne. — II ER B. : 1 sp. Coll. Mus. B. 432. — MS. : 1 dessin de
Garsault.
Gobiidés.
Gobius sp. — Gobio Pline, 36 A. — CAT. : « 1930. Jone à nag. de l’anus
de 11 raions. Longueur 1 1/2 à 3 pouces ». — N.V. : Goujon, Souenono. —
IIERB. : 3 sp. « des sables du petit Vé en Normandi ». Coll. Mus. B. 434.
Perioplilhalmns koelrenleri (Pallas). — Boudé du Sénégal, 40 B. — CAT. :
« 1934. A nageoire anale de 12 raions. Longueur 3 1/2 h 7 pouces. Il marche
et saute avec les nageoires pectorales sur la vase des environs de l’ile du
Sénégal après que la mer s'est retirée ». — N.V. : « Apelé Tibilank par les
Nègres ». — A.C. : I sp. du Sénégal, celui dont parlent Cuv. et Val. : « il y en
a un troisième, petit, en herbier, donné autrefois au Cabinet par Adan-
son... » (Uist. mil. Poiss., XII, p. 190). Coll. Mus. A. 1813. — IIERB. : t grand
sp. du Sénégal. Coll. Mus. B. 551. — MS. . 1 dessin par Garsault.
Eléotridés.
Gunvina guaoina (Cuv. Val.). — Bonde (1) du Sénégal, 40 A. — CAT. :
« 1933. Nouveau genre de poisson à nageoire de l’anus de 10 raions. Lon¬
gueur 9 1/2 pouces. Vit dans la vase autour de l’ile du Sénégal ». — A.C. :
1 sp. du Sénégal. Pnratype de F.leolris gnavina Cuv. Val., 1837, Hist. nal.
Poiss., XII, p. 226. Coll. Mus. A. 2332. — MS. : 1 dessin de Garsault.
(1) «.Le Boudé d’Adanson est bien notre Boudeck des Ounloffs » (Rochebrdnk).
En réalité, Adanson prend Boudé dans un sens générique et l'applique aussi à
d’autres Eléotridés.
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON 35
HÉTÊROSOMES
Bothidés.
Eucilharus lingual nia (L.). — Rambus Ovide, 29 B. — CAT. : c 1922.
Roussatre à nageoire dorsale de 70 raions. Longueur 8 à 9 pouces. — 1923.
Autre très aproché du précédent ». — N.V. : Turbot, Petra à Marseille, Tapa-
cule en Espagne. — A.C. : 1 sp. de Seide, double face. Coll. Mus. A. 8724. —
HERB. : 1 sp. Coll. Mus. B. 521.
Scophlbalmus rhombus (L.). — Rambus Ovide, 29 E. — N.V. : Rombo,
Turbot. — HERB. : 1 sp. de Naples. Coll. Mus. B. 519. — MS. : 1 dessin du
sp. sec par Garsault.
Pleuronectidés.
Limanda limanda (L.). — Limanda Belon, 28 B. — N.V. : Limande, Plie,
Plane — HERB. : 1 sp. pris « à l’Orient en 1748 ». Coll. Mus. B. 517.
Pleuronectes plalessa L. — Limanda Belon, 28 A. — CAT. : « 1921. Cen¬
drée, à nag. dorsale de 73 raions. Longueur 8 à 9 pouces ». — N.V. :
Limande. — HERB. : 1 sp. « pris au port de l’Orient le 20 Xbre 1748 » (1).
Coll. Mus. B. 555.
Soléidés.
Monochirus uariegatus (Donov.). — Solea Ovide, 27 A. — CAT. : « 1918.
Cendré, joue à droite, tachée de noir sur la nageoire du dos et de l’anus,
à nag. dorsale de 64 raions. Longueur 5 pouces ». — N.V. : « On l’apellc
Sole ou Sole blanche à Pile Ténérife, Pura double à Marseille ». — HERB. :
1 sp. avec la mention « nouvelle espèce de Sole ». Coll. Mus. B. 516. —
MS. : 1 dessin de Garsault.
Solea senegalensis Kp. — Solea Ovide. — A.C. : 1 sp. (face oculée). Coll.
Mus. B. 520.
Discoglossa cuneata (Mor.). — Solea Ovide, 27 B, C. — CAT. : « 1919,
Cendré à nag. dorsale de 84 raions. Longueur 7 1/2 pouces. — 1920. Cen¬
dré à nag. pectorale noire au bout et à nageoire dorsale de 86 raions. Lon¬
gueur 8 pouces ». — A.C. : 1 sp. (2 faces aveugles et 1 face oculée) de Tene-
rife. Coll. Mus. A. 8748. — HERB. : 1 sp. double face de Lorient. Coll. Mus.
B. 518.
Cynoglossidés.
Cynoglossus senegalensis (Kp.). — Plar du Sénégal (2), 25 A. — CAT. :
(1) Date erronée. Ce jour Adanson quittait Paris à destination de Lorient.
(2) Description manuscrite en une centaine de lignes d’écriture microscopique.
Source : MNHN, Paris
I.. BKRTIN
« Nouveau genre de Sole sans nageoires pectorales et à nageoire de la queue
réunie à celle du dos et de l’anus ». — HERB. : 1 sp. double face, avec la
mention : « Nouveau genre de Sole du Niger ». Coll. Mus. B. 550. — MS. :
1 dessin de ce spécimen par Garsault.
SCLÉROPARES
Scorpaenidés.
Scorpaena porcus L. — Scorpaena Pline, 53 A. — CAT. : « 1945. Noirâ¬
tre, à 22 raions à la nageoire dorsale. Longueur 7 à 8 pouces ». — N.V. :
« Apelé Rascas à Marseille, Rascasios en Espagne, Skorfani à Messine ». —
HERB. : 2 sp. de Marseille et de Messine. Coll. Mus. B. 400, 401. — MS. :
1 dessin de Garsault.
Scorpaena scrofa L. — Scorpaena Pline, 53 B. — CAT. : « 1946. Roujatre,
à nageoire dorsale de 21 raions. Longueur 3 pouces ». — N.V. : Scorfano à
Naples, Gallinetas en Espagne. — HERB. : 1 sp. de Naples. Coll. Mus. B. 399.
Cottidés.
Colins gobio L. — Colins Aristote. — N.V. : Chabot, Tête d’Ane, Boudé
au Sénégal. — HERB. : 1 sp. Coll. Mus. B. 435.
Platycéphalidés.
Platycephalns scaber (L.). — Iiinka du Sénégal, 122 A. — CAT. : * 2033.
Nouveau genre de poisson épineux à nageoires dorsale et de l’anus assez
longues ». — N.V. : « Apelé Kinka par les Serères ». — A.C. : 1 sp. « de
l’île Goré ». Coll. Mus. A. 209. — MS. : 1 dessin non signé.
Triglidés.
Trigla lineala Gm. — Marama de Marseille, 82 A, B. — N.V. : Briago,
Imbriago à Marseille, Couroucouri à Naples. — HERB. : 2 sp. de ces loca¬
lités. Coll. Mus. B. 522, 558. — MS. : 2 dessins de Garsault.
Trigla lucerna L. — Marama de Marseille, 82 C. — CAT. Il' « 1987. Rou¬
jatre, à nageoire pectorale bleue et très longue, 15 raions à la nageoire de
l’anus. Longueur 8 à 10 pouces ». — N.V. : Bulgo, Belugo à Marseille (1). —
HERB. : 1 sp. de cette localité. Coll. Mus. B. 523.
Trigla cuculus Bloch. — Marama de Marseille, 82 F, G. — CAT. : € 1988.
Rouje pale, 18 raions à la nag. de l’anus. Longueur 6 à 7 pouces ». — N.V. :
(1) Confusion avec Trigla gurnardus L. dont ce sont les noms locaux.
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON 37
Cabot à Marseille, Linotte à Toulon. — A.C. : 1 sp. de Ténérilt'e. Coll. Mus.
A. 123. — HERB. : 2 sp. de la Méditerranée. Coll. Mus. B. 524, 525. — MS. :
2 dessins de Garsault.
Perislcdion cataphractum (L.). — Marama de Marseille, 82 I. — N.V. :
Marama ou Malarma « per antifrasin, male armatus, dictus ». — HERB. :
1 sp. de Marseille. Coll. Mus. B. 526. — MS. : 1 dessin de Garsault.
JUGULAIRES
Trachinidés.
Trachinus araneus C. V. — Trachina Jove, 51 A. — CAT. : « 1944. Vive
roujatre longue de 9 pouces ». — N.V. : Vive, Aragne. — HERB. : 1 sp. de
Marseille. Coll. Mus. B. 436.
Dranoscopidés.
Vranoscopus scaber L. — Uranoskopus Pline, 44 A. — CAT. : « 1938.
Tapeeon assez semblable à celui de la Méditeranée ». — N.V. : Tapecon,
Rat à Marseille, Lucerna à Naples, Rapo à Cadiz. — A.C. : 1 sp. « de l’île
Goré ». Coll. Mus. B. 547. — HERB. : 1 sp. Coll. Mus. B. 403. — MS. :
1 dessin de Garsault.
Callionymidés.
Callionymus maculalus Raf. — Limiter de Marseille, 42 A. — CAT. :
* 1937. Longueur 3 pouces 2/3 ». — N.V. : Limbert. — AjC. : 1 sp. de
Livourne. Coll. Mus. A. 1812. — MS. : 4 dessins dont un signé Garsault.
Blenniidés.
Labrisomus nuchipinnis (Q.G.). — Bulkar Angl., 33 A. — CAT. : « 1927.
Roujatre tigré de cendré noir écailleux. Longueur 6 pouces ». — A.C. :
1 sp. « des rochers de l’ile de Goré en janvier 1750 ». Paratype de Clinus
pectinifer Cuv. Val., 1836, llist. nat. Poiss., XI, p. 377. — Coll. Mus. A. 2529.
— MS. : 1 dessin de Garsault.
PLEGTOGNATHES
Balistidés.
Batistes forcipalus Gm. — Guaperva du Brésil, 21 A, B. — CAT. : « 1914.
A corps très comprimé, chagriné en losanges, à queue fourchue. Longueur
1 pouce ». — HERB. : 1 sp. du Sénégal. Coll. Mus. B. 543. — MS. : 1 dia¬
gnose cQmplète et 1 dessin par Garsault,
Source : MNHN, Paris
L. BERTIN
Monacanthidés.
Mutera scripta (Osbeck). — Akaramaku du Brésil, 22 B. — CAT. : « 1916.
Cendré noir, à nageoire dorsale de 40 raions. Longueur 10 pouces à 1 pié ».
;— A.C. : 2 sp. du Sénégal. Coll. Mus. A. 8546 et B. 544.
Tétrodontidés.
Tetrodon fahaka L. — HERB. : 1 sp. du Sénégal. Coll. Mus. B. 542.
Source : MNHN, Paris
VI
CONNAISSANCES ICHTHYOLOGIQUES
DE MICHEL ADANSON
L'ensemble <le ses poissons en herbier, de ses noies manuscrites et sur¬
tout des treizième et quatorzième leçons du cours libre d’Histoire naturelle
qu’il fit à Paris, en 1772, permet de se faire une opinion sur les connais¬
sances ichthyologiques de Michel Adanson et de les comparer à celles de
ses prédécesseurs et de ses contemporains.
Trois points doivent retenir particulièrement l’attention : le système
ichthyologique d’Adanson, sa nomenclature ichthyologiquc et ses connais¬
sances sur la biologie des poissons.
1” Système ichtliyoloyii/iie, — La première classification morphologi¬
que des poissons est celle de Witlughby, élève et collaborateur de Ray,
dans son Ilistoria piscium (l(S8ü).
Dans cet ouvrage, les Poissons sont d’abord divisés en Cartilagineux
et en Osseux. Ensuite interviennent la forme du corps et la présence ou
l’absence des nageoires pelviennes. Enfin apparaissent, pour la première
fois, les termes de Malacoptèrygiens et d'Acanihoplérggiens, pour désigner
les Poissons, suivant qu’ils ont uniquement des rayons mous ou, à la fois,
des rayons mous et des rayons épineux à leurs nageoires.
Ne retenons que les groupes des Cartilagineux et des Osseux, des Mala-
coptérygiens et des Acanthoptérygiens, qui se sont maintenus jusque dans
les classifications ichthyologiques les plus modernes et constituaient, par
conséquent, des innovations de grande valeur. En cela, comme le dit Cu¬
vier, « l’ouvrage de Willughby forme une époque, et une époque heureuse,
dans l’histoire de l’ichthyologie ».
L’ouvrage qui vient ensuite, chronologiquement parlant, est le Généra
piscium d’Arledi, édité par Linné en 1738. Les Cartilagineux de Willughby
y sont désignés sous le nom de Chondroptèrygiens ; les autres, les Osseux,
y sont répartis en Malacoptèrygiens, Acanthoptérygiens et Branchiostègcs.
Ce dernier terme est nouveau et fait allusion à l’existence d’une membrane
et de rayons branchiostèges complétant la protection operculaire des bran¬
chies. Ce n’est pas une heureuse trouvaille, car membrane et rayons exis¬
tent aussi chez la plupart des Malacoptèrygiens et des Acanthoptérygiens.
Source : MNHN, Paris
40
L. BEHTIN
Dans les éditions successives de son Systema naturae, entre 1735 et 1773,
Linné abaisse, il faut le dire, le niveau de la classification ichthyologique.
D’abord, il distrait des Poissons l’ensemble des Squales, Raies, Esturgeons,
Balistes, Coffres, Syngnathes, Murènes, etc., pour en faire, on ne sait pour¬
quoi, un groupe d'Amphibia liantes, uni aux Reptiles et aux Batraciens.
Il leur attribue sans raison la possession de poumons en sus des branchies.
D’autre part, on voit disparaître de la classification les appellations de
Malacoptérygiens et d’Acanthoptérygiens et apparaître, en revanche, celles
de Poissons abdominaux, thoraciques, jugulaires et apodes. La présence
ou l’absence des nageoires pelviennes, ainsi que la position de ces der¬
nières par rapport aux nageoires pectorales, jouent ainsi le principal rôle
dans une classification qui devient, de ce fait, essentiellement artificielle.
Il est curieux de constater que lu même évolution régressive dans les
systèmes ichthyologiques apparaît chez Laurent-Théodore Gronovius, quand
on compare son Muséum ichthyologicum, imprimé en 1754, à son Zoophy-
lacium, paru en 1763. Dans le premier de ces ouvrages est adopté le sys¬
tème d’Artedi ; dans le second, un système beaucoup moins naturel où
interviennent lu présence ou l’absence des pelviennes, la position de ces
dernières (comme dans le Systema naturae) et le nombre des nageoires
dorsales. Le résultat en est un rapprochement de certains genres qui n’ont
en réalité aucun lien de parenté et, inversement, un éloignement de cer¬
tains autres dont les liens sont indiscutables.
On pourrait encore citer les Cahiers ichthyologiques de Klein, imprimés
vers 1750 et contemporains, par conséquent, des ouvrages de Linné et de
Gronovius. La classification adoptée dans ces cahiers reste encore essen¬
tiellement artificielle.
Voyons maintenant comment Adanson s’est tiré d’affaire dans son cours
de 1772.
Les familles de Poissons y sont au nombre de quinze et réparties en
cinq ordres, comme l’indique le tableau ci-dessous :
Ordres Familles
APODES (pas de pelviennes) . Anguilles
THORACIQUES (pelviennes sous les pectorales)
Yeux du même côté . Soles
Yeux à droite et à gauche
Une dorsale
Queue arrondie . Scares
Queue tronquée . Hémores
Queue fourchue . Spares
Deux dorsales . Perches
Une à douze dorsales. Maquereaux
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON 41
ABDOMINAUX (pelviennes en arrière des pectorales)
Pas de dorsale ou une dorsale
Queue fourchue .. Carpes
Queue arrondie . Silures
Deux dorsales . Muges
Deux dorsales, dont une charnue . Saumons
JUGULAIRES (pelviennes en avant des pectorales)
Une dorsale . Baranéous
Deux ou trois dorsales. Morues
AMPHIBIA
Un trou aux ouïes. Coffres
Cinq à sept trous aux ouïes . Baies
Reconnaissons d'abord à Adanson le mérite d’avoir réintégré dans la
classe des Poissons ceux d’entre ces animaux que Linné réunissait aux
Reptiles et aux Batraciens dans son groupe hétérogène et inadmissible des
Amphibia.
Mais pourquoi leur garde-t-il précisément cette désignation d ’Amphi-
bia, après avoir affirmé qu’ils n’ont pas de poumons et n’ont aucun rap¬
port avec les véritables Amphibiens ou Batraciens de la classification ac¬
tuelle ?
Pourquoi, d'autre part, ne songe-t-il pas à isoler les « Raies », c’est-à-
dire les Sélaciens, des autres groupes dont ils se distinguent par la pos¬
session de 5 à 7 orifices branchiaux ? C'eût été simplement revenir à la
distinction, déjà faite par Willughby et Artcdi, entre Cartilagineux et Os¬
seux, entre Chondroptérygiens et Poisson* à squelette ossifié. Adanson
perd ici une belle occasion de montrer l'excellence de son jugement.
Pour le reste, le système ichthyologique d’Adanson s’avère d’une pau¬
vreté totale. Les caractères mis en jeu, à part quelques-uns, sont des carac¬
tères de second ordre. Pas plus que Linné, que Gronovius et que Klein,
Adanson n’a su réaliser une classification naturelle.
On peut s'en étonner d’autant plus que, dans son discours préliminaire,
Adanson s’élève avec force contre ce qu’il nomme les « systèmes partiels *
e * notamment contre la classification linnéenne des plantes d’après leurs
étamines et leurs fruits. « Lorsqu'on aura reconnu, dit-il, l’abus des sys¬
tèmes partiels, on reviendra à celui qui est universel, c’est-à-dire à celui
qui embrasse la considération de toutes les parties ».
Disons que le système ichthyologique d’Adanson n’a rien d' « univer¬
sel ».
Si quelques familles comme celles des Soles (nos Hétérosomes) et des
Coffres (nos Plectognathes) sont assez homogènes, combien d'autres ne le
sont pas.
Les Apodes groupent à la fois les vrais Apodes (Anguilles, Congres, Mu-
Source : MNHN, Paris
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ERTIN
rênes) et d’autres Poissons qui n’ont en commun avec eux que le fait de
manquer de nageoires pelviennes : Lançons, Syngnathes, Hippocam¬
pes, etc.
Les Morues, Poissons jugulaires à plusieurs dorsales, sont un ramassis
où voisinent les Gadidés, les Lophiidés, les Trachinidés, les Gobiidés, les
Blenniidés, etc. de la classification actuelle.
Sous le nom de Saumons, sont réunis sans discernement tous les Pois¬
sons dont la seconde dorsale est charnue : Salmonidés, Characinidés, Silu-
ridés à dorsale adipeuse.
Inversement, les Loups ( Morone ) sont unis aux Perches, car ils ont deux
nageoires dorsales, tandis que les Serrans, pourtant fort voisins, sont pla¬
cés parmi les Spores à cause de leur dorsale unique.
Notons encore que les trois familles des Scores, des Rémores et des
Spares sont distinguées en lout et pour tout par la forme de la caudale,
alors que cette forme est tellement variable qu'elle peut diirérer entre es¬
pèces d’un même genre.
Inutile de multiplier les exemples du cette sorte. Reconnaissons qu’Adan-
sôn n’a pas consacré ù la classification iehthyologique tout le soin qu’il a
apporté à celles des plantes et des coquillages. Ses grandes idées sur la
classification des êtres — idées si bien mises en évidence par Auguste Che¬
valier dans son livre sur Adanson (1934) — ne lui ont servi de rien dans
la systématique des Poissons.
2" Nomenclature iehthyologique. — Adanson partage le môme dédain
que ses contemporains et notamment que Uutïon pour la nomenclature bi-
nominale imaginée par Linné. Toutefois, comme nous l’avons vu à propos
de ses Poissons en herbier, il supplée à celte nomenclature par des numé¬
ros d’ordre donnés aux genres et par des lettres désignant les espèces de
chaque genre. Où Linné dirait Ctupca sprallus, Adanson dit 98 A : 98 étant
le numéro d’ordre de son genre Alosa et A désignant la première espèce de
ce genre.
3° Biologie des Poissons. — Dans le récit de son voyage au Sénégal et
dans son cours d’Histoirc naturelle, Adanson fait à plusieurs reprises de
judicieuses remarques sur la biologie des Poissons.
Il note l'adaptation de leurs yeux à l'indice de réfraction de l’eau.
« Leur cristallin, dit-il, est presque sphérique alin que les rayons des objets
qui sont dans l’eau, et qui ne souffrent que peu de réfraction en passant
par la cornée, puissent se détourner assez, it la surface du cristallin, pour
se rassembler sur le fond de l’œil. » (Cours, p. 6(5.)
A propos des écailles, il remarque qu’elles sont « formées de couches
appliquées les unes au-dessous des autres, dont les inférieures sont plus
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEL ADANSON 43
grandes et montrent par là autant de cercles concentriques » (Cours, p. 77).
Une remarque aussi pertinente avait déjà été formulée au xvn" siècle par
Leeuwenhoek, mais Adanson en déduit la possibilité de connaître l’âge d’un
Poisson en comptant le nombre des lamelles superposées ou, ce qui revient
au même, des anneaux concentriques de ses écailles. En cela il annonce
les découvertes des ichthyologistes du xix" siècle.
Il faut lui attribuer également la découverte des écailles de l’Anguille,
écailles si petites et si profondément cachées dans la peau qu’elles avaient
passé inaperçues jusqu’alors. Un dessin d’écaille d’Anguille a été retrouvé
dans ses manuscrits.
Dans son Cours (l'Histoire naturelle, Adanson insiste beaucoup sur le
fait que la plupart des Poissons ont une fécondation externe. Il en donne
pour preuve la fécondation artificielle pratiquée en Allemagne et en Suisse
sur les Saumons et les Truites. Il décrit la technique de cette fécondation
Pt cite plusieurs autres expériences prouvant que les œufs pondus par un
Poisson ne deviennent capables de développement qu’après avoir été ar¬
rosés de laitance.
L’hermaphrodisme de certains Poissons, l’hybridation chez d’autres, les
monstruosités chez les Truites d’élevage préoccupent à tour de rôle Adan-
Sa description des rapports de l’embryon avec le vitcllus de l’œuf mé¬
rite d’être citée ; « L'œuf, dit-il, contient dans son intérieur comme un
second œuf, analogue au jaune de l’œuf des Oiseaux, qui est enveloppé île
même dans une membrane, et séparé de la coque ou peau extérieure... Le
petit Poisson est adhérent par un nombril comme le petit Poulet à cette
membrane, qui ne le renferme pas, qui lui sert d'estomac et d’entrailles,
gui contient un mucilage qui le nourrit pendant cinq à six semaines, sui¬
vant la chaleur de l'eau et de la saison, c'est-à-dire jusqu’à ce que toutes
ses parties soient perfectionnées, ainsi que sa ligure extérieure, après quoi
cette membrane disparait, rentrant par le nombril dans son ventre pour
former une partie des intestins ». (Cours, p. 71.)
Dès son voyage au Sénégal, Adanson s’intéresse aux Poissons électriques
plus particulièrement au Malaplérure : « Un Poisson, dit-il, qui a peu
de rapports avec ceux qu’on connaît jusqu’à présent. Son corps est rond,
sans écailles et glissant comme celui de l'Anguille, mais beaucoup plus
épais par rapport à sa longueur. Il a aussi quelques barbillons à la bou¬
che. Les Nègres le nomment Oaniar, et les Français Trembleur, à cause de
'a propriété qii'il a de causer, non un engourdissement comme la Torpille,
mais un tremblement très douloureux dans les membres de ceux qui le tou¬
chent. Son effet qui ne m’a pas paru différer sensiblement de la comotion
Source : MNHN, Paris
44 L. BEHTIN
électrique de l’expérience de Leyde, que j’avais déjà éprouvée plusieurs
fois, se communique de même par le simple attachement avec un bâton ou
une verge de fer de cinq ou six pieds de long, de manière qu’on laisse tom¬
ber dans le moment toul ce qu’on tenait à la main. J’ai fait plusieurs fois
cette expérience, et celle de manger de la chair de ce Poisson, qui quoi¬
que d’un assez bon goût, n'était pas d'un usage également sain pour tout le
monde ». (Hist. Sénégal, p. 134-135.)
Cuvier, dans son Eloge historique, dit que « c’est Adanson qui a ainsi
le premier reconnu que la faculté engourdissante de certains Poissons dé¬
pend de l’électricité ».
Une autre particularité des Poissons à laquelle s’est intéressé Adanson
est le « vol » de certains d’entre eux. Il consacre au Dactvloptère une page
'de son Histoire naturelle du Sénégal (p. 07) et y revient encore dans le
manuscrit de l'Encyclopédie. Un avant-projet de planche représente un
Dactyloplère, et, au-dessus, un plan en relief de la presqu’île de Corée et
de la mer adjacente. On y voit des acacias, des palmiers, des huttes indi¬
gènes. Trois huttes accolées figurent Dakar. Devant « les rochers escarpés
de 100 piés » de la côte sud, on voit line « femelle répandant son frai sur
les plantes marines », un « mâle répandant sa laite sur le frai de la fe¬
melle », d’aulres « poissons volans 20 piés au-dessus de l'eau et tombans
dans les navires ». Un navire est figuré, vers lequel sc dirigent deux Doc-
tyloptères.
Un projet plus avancé (ligure reproduite ici) représente un Dactyloptère
et, au-dessous, en vue perspective, la côte de Corée avec un navire et un
rocher sur lequel se trouve un personnage.
A côté des observations que nous venons de relater et qui montrent
l’étendue et la pénétration des connaissances d’Adanson sur la biologie des
Poissons, d’autres passages de son œuvre le montrent encore imbu d'idées
anciennes.
Abordant le problème séculaire de l’Anguille, il réédite les vieilles lé¬
gendes de l’accouplement et de la viviparité. Il nie, malgré les observations
de Redi, que les Anguilles se reproduisent en mer (Cours, p. 87).
Au sujet de l'origine de la guanine, il suppose que cette substance pro¬
vient « d'un réservoir très long, couché longitudinalement sur les deux
laites et les deux ovaires » (Cours, p. 77) et qu’elle parvient dans la peau
en s'écoulant par les orifices de la ligne latérale (p. 78). D’ailleurs, il émet
l'opinion, que ne renieraient point les biologistes actuels, que la guanine
« semble être une espèce d'excrément analogue à la sueur * (p. 78).
Sans vouloir pousser plus loin l’analyse des connaissances ichthologi-
ques d’Adanson, on voit qu’il lui a seulement manqué de s’occuper des
Poissons avec autant de temps et de persévérance qu’il s'est occupé des
Source : MNHN, Paris
POISSONS EN HERBIER DE MICHEI. ADANSON 45
plantes et des Mollusques. On ne peut douter qu’il aurait amélioré, en s’y
donnant comme au reste, son système de classilication. Par ses connais¬
sances générales, il apparait supérieur à la plupart de ses contemporains
et notamment à Linné. Il n’atteint pas, cela est certain, au génie d’un Réau-
mur, mais il y participe par sa curiosité inlassable et l’originalité de ses
conceptions.
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Pierre André, imp., Paris. - O. P. L. 40.0077. Dépôt légal 4- trimestre 1950.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES du MUSÉUM, nouvelle série, Tome XXXI
Poisson de l'herbier d’Adanson
Batistes forcipatus Gmelin
Coll. Mus. B. 543 et dessin du même poisson retrouvé parmi
Source : MNHN,,
ppi
MÉMOIRES DU MUSÉUM,
nouvelle série, Tome XXXI
planche préparée par Michel Adanson pour sa fameuse Encyclopédie.
Il s’agit d'un poisson volant Dadylopterus volitans Linné
survolant l’ile de Gorée, Sénégal.
Source : MNHN,,
Source : MNHN, Paris