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MEMOIRES
DU
muséum national
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME III
FASCICULE 2
A. VANDEL
LE GENRE “ PORGELLIO ”
(Crustacés ; Isopodes : Oniscoidea)
ÉVOLUTION BT SYSTÉMATIQUE
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue GeofTroy-Saint-Hilaire ( V*)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
IV 2 £o L
Mémoires DD MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A Zoologie. — Tome III, fascicule 2. — Pages 81 à 192.
LE GENRE “PORCELLIO”
(Crustacés; Isopodes: Oniscoidea)
ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
par A. Vandel,
Correspondant du Muséum.
INTRODUCTION
La présente étude est consacrée au genre Poreellio, l’un de ceux qui,
bien,,, i U ‘" 0,dr0 des 0rimUba < “t le P 1 "» riche en espèces. Il n’est probe-
«utani , P “f. d ° ge °“ (1) qui ’ da “ ce sous ' or dre, ait oflert au naturaliste
le, .. . difficultés pour retrouver le sens de son évolution et en répartir
especes en lignées naturelles.
lo JJ 3 * 8011 en esfc double : tantôt, les caractères invoqués par les isopodo-
vari»! P ° Ur , mgUer ' eS e8pèces ont été mal choisis i tantôt, la nature des
ations observées est restée incomprise.
tères"‘H d “ ri1 ' danS Un lrav " il a “ térieur 1946 a, p. 226), les carac-
«sto„ r gC ” re Uel "l ,morlhm d °“l ' a séparation d’avec le genre Poreellio
«nsa s PeU arbltra,re ' La séduction du volume de la . Faune de France ,,
des “ UX Is °P° deB tem » tre s m’a "enduit depuis à poursuivre la révision
spcces française, du genre Poreellio. J'ai examiné, d’autre part, de nom-
l'AIri exe , ra P la,res dl! p provenant de la péninsule ibérique et de
que du Nord. Ces recherches sont à l’origine du présent mémoire.
««lies “ SC ,0 ” dl! preSque exclusivement sur des observations person-
hsen,. cn elM ’ impossible, dons ce groupe difficile, de formuler un
'« rai pertl,,c,lt "* un e espèce que l’on n’a pas eue sous les yeux. C’est
Pour I ° n P M Ur '«dnelle je ne mentionne qu'occasionnellement les espèces
«melfo. je ne possède de documentation que bibliographique. L’appli-
Par " , ee'le règle rend compte de l’état incomplet de celte élude ; elle a.
Mendu” 1 ™’ ava “ ta b' li d “ ,ui ,aire gagner en solidité ce qu’elle perd en
-S 1 "Sun pliui, J„ g.,„.„ Ammdillo eau
M *HO!R M uu m(. ut dm, Zoologie, i. III.
, "'^b7hT' r,vTJ
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
82
Ce mémoire se divise en trois parties consacrées :
la première aux caractères du genre Porcellio ;
la seconde, a la distinction et à la classification des espèces appartenant
au genre Porcellio ;
la troisième, à l’étude de quelques espèces du genre Porcellio.
Nous tirerons, au cours de cet exposé, les conclusions relatives â l’évolu¬
tion du genre Porcellio. Leur portée paraît très générale. Elles sont la justi¬
fication de cette longue et minutieuse étude. C’est, en effet, bien à tort que
I on considère la systématique comme une science de pure classification.
II est plus juste d’y voir l’un des aspects sous lequel on peut envisager la
morphologie, la variation et l’évolution des espèces.
Source : MNHN, Paris
GENRE . PORCELLIO .. ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
PREMIÈRE PARTIE
LES CARACTÈRES DU GENRE PORCELLIO
a) DÉLIMITATION DU GENRE PORCELLIO
il ne" ! 19 Ü?;. P -Z*' 1 “ n '™ n ’ ,U 21 sous ~!>enres de Porcellio dont
donne pas la délin,t,on, mais dont il indique l’espèce type. Ce sont :
Sous-genres
h Rvgopus
g' Gjninodcrma
c' Eeptotrichus
e ~
y ~~ Angara
■ U ram lui
Espèces-types
Porcellio hoffmannseggi Br.
— laevis Latr.
tordus B.-L.
Leptotrichus panser i Au cl.
Tara testacea B.-L.
Angara lentu B.-L.
Uramba mus B.-L.
Hemilepistus klugi Br.
Cylisticus convexus de Geer.
Porcellio scaber Latr.
latissimus B.-L.
— obsolelus B.-L.
rathkei Br.
— lamellatus B.-L.
— myrmecophilus Kin.
— cristatus Dollf.
Metoponorthus pruinosus Br.
peregrinus B.-L.
dimorphus Dollf.
madagascariensis B.-L.
aalhytropa coslata B.-L.
~ Urambu
~ Hemilepistus
a,,' ~ Cylisticus
I • Porcellio
j./ ~~ Polyplatus
-. — Pachyderes
U ‘ ~ Trachdipu,
— ourrana
in . I-ucasius
g- - Gagera
. w - Metoponorthus
20
- Agnara
’ Pathytropu
put 'TtTi TsTnTu que les eon-
des , 0 Z 6 ' 7 I V’ 2 ;. 15 ’ 1G ’ l7 ’ lg , >3. 20 et 21 correspondent non à
n'attribue 8 de Pored,W ' mals à des e cnrcs distincts. Par contre, je
nT2 f ~: 2 ' "• 12 et 14 i
, »us-Mnre. P de'p K ’ «*. ™ ««. de ses études, plusieurs
senres de PorcUi », dont voie, la hste par ordre chronologique :
Proporcellio Verhoell 19U7.
Alesoporcellio Verhoell 1907.
Euporcellio VerhoelF 1907.
Paraporcellio Verhoell' 1917.
Halo porcellio VerhoefT 1917.
Eoporcellio Verhoell' 1923.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
81
Eoporcellio (avec les trois espèces exslinclus Verh., pica Dollf. et trifas-
cialus Dollf.) mérite probablement d'être élevé au rang de genre. N’ayant
examiné aucun exemplaire d’Eoporcellio, je réserve mon jugement sur ce
point.
Il convient vraisemblablement d’attribuer aussi une valeur générique
aux groupements Proporcellio et Paraporcellio ; mais le matériel dont je
dispose est trop insuflisant pour qu’il me soit possible de prendre position
h ce sujet. Quoi qu’il en soit, j’exclus de la présente étude les espèces faisant
partie de ces trois unités systématiques.
Par contre, j’ai déjà développé les raisons pour lesquelles la distinction
entre les sous-genres Euporcellio et Mesoporcellio ne saurait être maintenue
(Vandel, 1946 o, p. 287, 323 et 326). J’estime aujourd’hui, contrairement
à l’opinion que j’avais précédemment soutenue (Vandel, 1946 a, p. 336),
que le sous-genre Haloporcellio ne peut pas être conservé en tant que coupure
d’un ordre aussi élevé.
C’est dire que je ne reconnais dans l'ensemble si homogène des Porcellio
aucun ensemble ayant la valeur de sous-genre, mais seulement des « groupes »
supraspécifiques correspondant vraisemblablement à des lignées phyléti-
ques distinctes. C’est la distinction et la délimitation de ces groupes qui
fera l’objet de la seconde partie de ce mémoire.
Définissons maintenant les caractères du genre Porcellio, tel que je viens
de le délimiter.
b) LE CÉPHALON, LE PÉRÉION ET LE PLÉON
Le céphalon.
Les caractères du céphalon ont été décrits et figurés par Jackson (1928,
p. 585 ; fig. 14) et par moi-même (Vandel, 1943, p. 54 ; fig. 24). 1
La ligne frontale est bien marquée et saillante. Elle forme, à l’ordinaire,
un « lobe médian » plus ou moins développé et deux a lobes latéraux » géné¬
ralement saillants. La ligne supra-antennaire, encore présente chez beaucoup
de représentants du genre Metoponorlhus, a disparu chez Porcellio. Peut-être
un vestige de cette ligne a-t-il persisté sous la forme d’un tubercule frontal
médian que l’on observe chez de nombreux Porcellio.
Reconnaissons que la forme de la tête ne saurait à elle seule caractériser
le genre Porcellio. Les formes primitives des différentes lignées de Porcellio
(voir p. 169) sont dépourvues de lobe médian et possèdent des lobes latéraux
très peu développés (Fig. 39 A), tout à fait comparables, par la forme et la
grandeur, aux lobes des Metoponorlhus évolués, tels que M. sex/asciah‘ s
bernardi Vandel, M. mirabilis Vandel, M. ( C'aeroplasles) porphyrivagi
Verh., etc.
Par contre, les lobes frontaux acquièrent chez certaines espèces de Por¬
cellio du sud de l’Europe un développement remarquable.
Source : MNHN, Paris
GENRE . POROELUO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 85
Le péréion.
Dé !? ez .^® 8 f°rmcs primitives de Porcellio, le bord postérieur des premiers
j, r ! onites es t régulièrement arrondi et dépourvu d’angles réfléchis vers
rièro. C est la disposition que l’on observe également dans les genres
Jj e °P onor lhi<s. Agabiformius et Leplolricluis. Chez les formes évoluées, la
°r ure postérieure des premiers péréionites devient sinueuse et les angles
s -ro-latéraux forment des pointes plus ou moins saillantes, dirigées vers
1 arrière.
Les pleurépimères sont peu développés, étroits et tombent obliquement
rs le bas chez les formes primitives. Ils sont larges et étalés horizontalc-
nt dans les espèces évoluées.
ind^ . pro ? essus ,atéraux des protergites (processus angulaires) ne sont pas
p 1V| duahsés chez les formes primitives (P. prooincialis Aubert et Dollfus ;
8 ' P e U er ‘ m boffi Paulian de Félice, etc.). Mais, à l’ordinaire, les processus des
gments II, III et IV font saillie de chaque côté du protergite.
Le pléon.
ce/p 1 DDF IjUND 3 établi * a distinction des genres Metoponorlhus et Por-
D 10 se fondant sur les caractères du pléon (Vandel, 1946 a, p. 226).
les nS | 6 pr ? m J er & enre > ,es néopleurons sont plus courts et plus étroits que
U P eurépimères, en sorte que le pléon apparaît en retrait sur le péréion.
” s . ,. 8econd K enre - les néo-pleurons sont bien développés, de telle façon
d’i fl* niarginale du corps dessine une courbe régulière, dépourvue
que eXI ° n 3,1 P assa " e du péréion au pléon. Il convient cependant de rcmar-
„ r < 'f |ez f es espèces évoluées de Meloponorlhus appartenant aux sous-
r <“s oeroplnsles et Acaeroplasles, les néopleurons acquièrent un dévelop-
_ment, notable. La distinction entre les genres Meloponorlhus et Porcellio
traire C 8implement d ’ordre quantitatif, et, par suite, quelque peu arbi-
Co Chez les p orcellio de grande taille, les néopleurons acquièrent une longueur
enT' les faif P ara,tre étroits, en même temps qu’ils se recourbent
sueille, leur extrémité étant dirigée vers l’arrière du corps.
lc Pléolelson.
les Ch f t V eS formcs Primitives ( dispar Verh., provincialis Aubert et Dollfus),
du t I f,U - pl< ' otelson 80nt régulièrement incurvés, en sorte que la pointe
nid * . n est pas individualisée, comme c’est la règle chez les Porcellio-
sén ae /. Prim ‘ tifS- Ma ‘ S ’ chcz ,a P lu P art des Porcellio, la pointe du telson est
parée de la base par des angles plus ou moins marqués. Chez les formes
nées, elle devient longue et étroite.
lB8n nS |- PlUS ! eiirS e8pèce8 de Porre,lio (espèces 12 à 25 de Budde-Lund,
)< l’extrémité de la pointe du telson est arrondie ou obtuse.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEI.
80
c) LES APPENDICES
Antennes.
La longueur des antennes varie suivant les espèces. Les rapports entre la
longueur de l’antenne et celle du corps peuvent fournir des indications
utiles pour la distinction des espèces.
Les articles de l’antenne sont soit arrondis, soit carénés.
Les dents formées par les articles 2, 3 et 4 sont faibles chez les formes
primitives, plus développées chez les formes évoluées. La dent de l’article 3
atteint des dimensions considérables dans quelques espèces du groupe monli-
cola (nicklesi Dollfus, expansus Dollfus, bolivari Dollfus, hansi Arcangeli,
spinipennis Budde-Lund).
Les articles du flagelle sont sensiblement de même longueur chez les formes
primitives, de longueur très différente chez les formes évoluées ; dans ce
dernier cas, le premier article est plus long que le second.
Pièces buccales.
Les pièces buccales présentent une structure très uniforme dans les diffé¬
rentes espèces du genre Porcellio ; leurs variations sont extrêmement faibles-
Budde-Lund (1908, p. 281) a cru pouvoir fonder une classification des Por-
cellionides sur l’intégrité ou la fission des dents de l’endite externe de la
maxiliule. Cette distinction est loin d’être aussi tranchée que l’avait cru I’iso-
podologue danois, et son emploi en systématique ne paraît pas devoir être
recommandé.
Péréiopodes, pléopodes si uropodes.
Ces appendices n’offrent, à l’exception des caractères sexuels secondaires
que nous examinerons dans le prochain paragraphe, que des variations de
faible amplitude.
d) LES CARACTERES SEXUELS SECONDAIRES
Les caractères sexuels secondaires sont nombreux et variés dans le genre
Porcellio. Ils méritent de retenir toute l’attention des isopodologues.
Anlenries.
Un dimorphisme sexuel antennaire n’a été signalé, à ma connaissance,
que dans deux espèces : dispar Verh. et herminiensis Vandel.
Premières paires de péréiopodes.
Le mcros et le carpos des péréiopodes antérieurs, et spécialement ceux de
la première paire, sont garnis, chez le mâle, de brosses de soies-écailles de
forme particulière. Les détails de la laciniation des soies-écailles ont été
parfois utilisés en systématique ; leur rôle paraît cependant restreint.
Source : MNHN, Paris
GENRE ■ PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE S7
Septième paire de pèrfiopodes.
Le dimorphisme sexuel de la septième paire de péréiopodes est très général
dans le genre Porcellio. Seules, les espèces primitives et de petite taille font
e xoeption à cette règle. Verhoeff (1938 b, p. 98) avait déjà reconnu l’im-
Portance de ce caractère dans la distinction des espèces du genre Porcellio.
L’appendice femelle est normal ; celui du mâle présente des modifications
liées au rôle d’appareil de contention que joue ce péréiopode au moment de
1 accouplement.
I L’appendice mâle est tordu et gauchi.
L’ischion s’élargit en palette à son extrémité distale ; son bord sternal
Fio. I. — P. dispar Verh. Exopoditc du premier pléopode mâle.
est droit ou fortement incurvé suivant les espèces. Il est creusé, sur sa face
r ostrale, d’une fossette généralement garnie d'écailles piliformes.
Le méros peut devenir anguleux à son bord tergal et présenter une plage
d écailles piliformes.
Le carpos de l'appendice mâle subit, à l'ordinaire, un raccourcissement
Notable ; il développe très fréquemment, à son bord tergal, une crête mince,
sadlanle et gauchie. Cette crête est faible et régulièrement arquée chez les
formes primitives ; elle devient très saillante et anguleuse chez les formes
évoluées ; elle est symétrique ou asymétrique, suivant les espèces.
Première paire de pléopodes.
L’exopodite du premier pléopode mâle est sujet à des variations de grande
oniplitude qui fournissent d’excellents caractères systématiques.
Chez les formes primitives du groupe atlantique, l’exopodite est entier
1) ; le sillon trachéen ( Trachealfeldleisle de Verhoeff) atteint l’extré-
outé postérieure de l’appendice. Mais chez la plupart des Porcellio, la partie
e *terne de l’exopodite est séparée de la région interne par un sillon longi¬
tudinal ( Ldngsfurche de Verhoeff). De plus, la région interne se différencie
Source : MNHN, Paris
A. VANUKI.
en un lobe de forme variable. Je propose, afin de traduire ces variations en
termes numénques faciles à confronter, d'établir le rapport de la hauteur
a la largeur de Pexopodite (rapport ~).
Le lobe interne de Pexopodite est de longueur modérée chez les espèces
du groupe monticola. Il s’allonge considérablement chez les espèces du <rroupe
~* w * et ,lé P asse l’extrémité de l’apophyse génitale. Enfin, dans les espères
du groupe hoffmarmseggi, le lobe interne de Pexopodite prend la forme
d un rectangle allongé, souvent excavé à son bord postérieur. C’est, à Ver-
uom i (1938 b, p. 102) que revient le mérite d’avoir reconnu la valeur systé¬
matique de res dispositions. Mais il a certainement fait erreur lorsqu’il
déclare qu elles ne caractérisent point des groupes systématiques naturels.
Nous dirons, en effet, que les groupes laevis et hoffmannseggi sont parmi 1rs
unités les plus homogènes et les mieux délimitées que l’on puisse reconnaître
dans 1 ensemble porcelliomen, à l’ordinaire si confus.
Le champ trachéen de Pexopodite est parfois indenté ( scaber Latr lusi-
tamis Verh., ingenuus B.-L., echinalus Lucas).
L’extrémité de Pendopodite du premier pléopode mâle présente une struc-
ture assez uniforme dans le genre JW/m. Cependant, quelques espèces
{galhms Dollfus, mcanus B.-L., spinipennis et sa sous-espèce monlanus
loin Iir ‘ Sfintent deS ,lls P osi,l,,ns caractéristiques qui seront décrites plus
Seconde paire de pléopodes.
L'exopodito de la seconde paire de pléopodes mâles présente des varia¬
tion» de Inen moindre étendue que celle, du premier pléopode ; de ce tait,
elles offrent au systématicien des données de valeur assez faible.
Uropodes.
Chez les formes primitives et de petite taille, les uropodes sont semblable»
dans les deux sexes. Chez plusieurs Pnrcellio, la longueur de» uropode, mâles
est nettement supérieure A celle des femelles, ainsi qu'il est connu depuis
longtemps. Enfin, rbez quelques grandes espère, espagnoles (ha/fmannsegli
mimil.ru, Dollfus. expansus Dollfus, bolimri Dollfus, haasi Arcangeli),
les uropodes des mâles se transforment en lames spatuliforme» ou gladiolées,
extrêmement allongées, atteignent presque la moitié de la longueur du corps.
e) LES CARACTÈRES TÉGIJMENTAIRES
\ nnironi r (1918, p. 123) et moi-même (Vandel, 1946 a. p. 23b) avons
montré tout le parti que l'on peut tirer de l'examen des caractères téguinco-
üires dans I étude de genres difficiles tels que Msloponorlhus. Le, caractères
tégumentoires des Dorer»/» ont rarement retenu l'attention des isopodo¬
logues, et moins souvent encore été utilisé, A des fins systématiques. Je mon-
Source : MNHN, Paris
GENRE • PORCELLIO .. ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 8»
trerai cependtml que l’emploi de ces caractères permet seul d’apporter quel’
JJ , rté dans la systématique de groupes extrêmement difficiles, tels que
im™ ° U .P e monlicola > chez !esquels l’examen des caractères habituellement
oqués (forme de la tête, des péréionites et des pléonites) ne permet pas
séparer avec sûreté les espèces les unes des autres.
Granulations.
^ PS plions; faibles ou nulles chez les formes primitives, se dévelop-
chez les formes évoluées, et peuvent même devenir nettement spines-
centes [echinalus Lucas). 1
rénari^ disposition ré P ond a ,,n modèle assez constant. Les granulations sont
parues en plusieurs rangées transversales sur le vertex et le premier
P r lomte ; elles sont au nombre de deux rangées sur les péréionites II-VII, et
1 D U " e ran S ée sur les pléonites. Les granulations sont en général plus dé’ve-
ppces dans la région antérieure du corps que dans la région postérieure.
Plus, la bordure marginale postérieure du vertex, des péréionites et des
£ omtes est ornée d’une rangée de fines granulations. Ces granulations.
^ trairement aux précédentes, sont mieux développées à l’arrière du corps
” u « 1 avant.
Ecailles.
La carapace est recouverte d’écailles hyalines, à contour généralement
^■-circulaire, parfois gladiolé.
G°ies-écailles.
e !; eS s « ies -écailles ont une structure assez uniforme dans les différentes
ou a a' PnrreUi0 - L ' écaille a la ferme d’un triangle à sommet pointu
et ni rr ° ndl ' ( ' ependant ’ chez q ue| ques espèces, telles que herminiensis Vandel,
la Ç* US encare chez incarna B.-L. (Fig. 4 A), la soie-écaille s’allonge et prend
orme d’un poil. Une telle conformation rappelle celle que l’on observe
quemment, dans le genre Troglarmadillidium.
Nod “li latérales.
VanrU f ° rmeS primitives du ? enre Porcellio (dispar Yerh., herminiensis
le de bnem Dollfus - provincialis Aubert et Dollfus, gallicus Dollfus),
Un, °! , * laleralis Présente les mêmes caractères que celui de Meloponor-
qu'eli C *; 8t ' a ' dirc <l ue la soie est grande, bien apparente, et cela d’autant plus
des /J S II,Sèr ° aU milieu d une zone circulaire dépigmentée. Chez la plupart
0ml 1,0 ' le nodulu * laleralis est petit, peu apparent et dépourvu d’au-
Lale dépigmentée.
e S pè posilioj1 d,,s '’oduli latérales est intéressante à considérer. Dans une
qui r dét er min é e , les coordonnées du nodulus, c’est-à-dire la distance
le £ Sépare du bord Postérieur du segment (et désignée par b) et celle qui
8e Pare du bord latéral du segment (et désignée par d). varient suivant les
8 e nts. Afin d’obtenir des données aisément comparables, il convient de
Source : MNHN, Paris
A. VAN OKI.
retenir, non point les valeurs absolues de ces Coordonnées, mais leurs valeurs
relatives par rapport à la largeur du métatergite (désignée par c), mesuré
au niveau de la pointe latérale du protergite et ramenée à 100 (Fig. 2).
Les deux rapports — et— figurent dans tous les tableaux qui aocompa'
gnent ce mémoire (Tableaux I-VIII). Ces deux rapports varient a) suivant les
péréionites ; b) suivant les individus ; c) suivant les espèces.
Les variations du rapport sont bien moins étendues chez Porcellio que
chez Metoponorlhus et ne retiendront que rarement notre attention. Bien
plus intéressantes à considérer sont les variations du rapport
La valeur de ce rapport est faible ou
moyenne (de l’ordre de 0,50) dans les
espèces du genre Meloponorlhus. Elle est
moyenne, forte ou très forte (supérieure à
l’unité) chez Porcellio. Sa valeur est, en
général, plus forte chez les grandes espèces
à pleurépimères étalés que chez les petite»
espèces à pleurépimères étroits, mais 1»
liaison entre la position du nodulus et les
dimensions du pleurépimère est trop irré¬
gulière pour que l’on puisse considérer que
cette corrélation est la règle.
Si l’on envisage l’étendue des écarts pré"
sentés par les valeurs du rapports-suivant
les segments, on constate que l’écart est
faible chez les espèces du genre MetopO'
northus et chez les Porcellio primitifs ; l’écart
est, grand chez les espèces évoluées.
La valeur du rapport ^ augmente régulièrement et de façon constante
dans toutes les espèces de Porcellio , lorsque l’on passe du péréionite I aU
péréionite IV, puis décroît brusquement lorsque l’on passe du péréionite I ’
au péréionite V. C’est la raison pour laquelle la position des noduli de ces
deux derniers segments est particulièrement intéressante à considérer.
Champs el pores glandulaires.
Les porcs glandulaires qui déversent sur les côtés du corps le produit
des glandes épimériennes présentent des variations d’une valeur phylétiqu e
et systématique de tout premier ordre.
a) Dans un premier type qui correspond à la disposition primitive, l cS
pores sont alignés tout le long du pleurépimère et logés dans un sill° n
appelé sillon épiméral (Handftirche de VerMobw). Ce type se rencontre
latéral in et du champ glandulaire,
rapportées A la largeur du méta¬
tergite.
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
c ez les Oniscidae primitifs (Chaelophiloscia, Philoscia, etc.) et chez quelques
espèces de Meloponorlhus (molleri Verh., sexfascialus B.-L.). Cette dispo-
Sllion est d’une extrême rareté dans le genre Porcellio. On l’observe cependant
* Ur les trois premiers péréionites de P. dispar (Vandel, 1946 a, pp. 290-1 ;
HO), espèce qui, par ce caractère, occupe l'un des échelons les plus bas
de l’arbre phylétique des Porcellio (1).
Dans un second type, plus évolué que le précédent, l’étendue du champ
8 andulaire diminue considérablement et se limite à une portion très courte
3.—
Le* trois types de champs glandulaires du genre Porecllio. Moitié gauche du premier
pérélonite. — A, P. dit par. — fl. P. dilatatun. — C, P. laevU.
‘ u pleurépimère. Mais, le champ glandulaire reste accolé au bord latéral
u pleurépimère et, de ce fait, prend la forme d'une demi-ellipse.
Lette disposition s’observe chez quelques espèces de Meloponorlhus
Wngendut Kin., pusillus Arc., etc.). Dans le genre Porcellio, elle est caracté-
ls ^que des espèces que je rassemble sous le nom de groupe atlantique.
A partir de ce stade se poursuit une double évolution :
^ c ) La réduction du champ glandulaire peut être poussée à l’extrême
ne plus renfermer que 1-2 pores par champ glandulaire. C’est ce que l’on
Serv e chez Meloponorlhus prninosus Br.
J arfois, seul, le premier segment possède des pores glandulaires ; les
v ants en sont dépourvus. C’est le cas pour les espèces du genre Lucasius
Quelques Porcellio (incanus B.-L., cavernicolus Vandel).
n fin, au dernier stade de la régression, les pores ont complètement
fllV 11 en sorait de même chez P. laeriasimm Dollf., si l'on en juge par la description et la
“ r ° <le Monod (1932, p. 210; pl. XXII, il?. 11).
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
oa
disparu. C'est ce que l’on observe chez quelques Meloponorlhus ( myrme -
cophilus Stein, cilicius Verh., sikinius Strouhal) et quelques Porcellio ( lamel-
laïus Uljanin).
d) Dans un dernier type, le champ glandulaire se détache du bord de l’épi*
mère et s’organise en un champ ovoïde ou circulaire, plus ou moins éloigné
du bord marginal du segment. Encore que ce type se rencontre chez quelques
Meloponorlhus évolués (mirabilis Vandel, porphyrivagus Verh.), on doit
le considérer comme caractéristique du genre Porcellio, où il est largement
répandu ; c’est la raison pour laquelle on peut le désigner sous le nom de
lype Porcellio.
Dans les cas des types b et d, il est intéressant de fixer la position des
champs glandulaires. Le champ du premier segment est toujours très an¬
térieur, et logé à l’intérieur de l’angle antérieur du pleurépimère. Les champs
des segments II-VII occupent des positions qui varient suivant les segments,
et plus encore suivant les espèces. Leur position est fixée par la valeur d u
rapport a désignant la distance entre le champ glandulaire et le bord
postérieur du segment et c la largeur du métatergite, ramenée à 100.
Chez les formes primitives, les champs glandulaires occupent une position
nettement antérieure. C’est le cas pour les espèces du genre Meloponorlhus
(el également pour Porcellio gallicus Dollf.). Le champ glandulaire est alors
situé au cinquième ou au quart antérieurs du segment. Seul, M. pusillus
Arc., forme très aberrante, fait exception, le champ glandulaire occupant
une position à peu près médiane.
Dans le genre Porcellio, les champs glandulaires sont, à l’ordinaire, logés
dans la moitié antérieure du bord marginal ; ils deviennent médians chez
les espèces du groupe laevis et reculent jusque dans la moitié postérieure
du pleurépimère dans les espèces du groupe hofjmannseggi.
/) LES CARACTÈRES A CROISSANCE ALLOMÉTRIQUE
L’énumération des nombreux caractères énumérés dans les paragraphes
précédents pourrait faire croire au non-spécialiste que l’isopodologue n’a
que l’embarras du choix pour sélectionner les caractères les plus propres
è distinguer les espèces de Porcellio. Or, il n’en est rien. En voici les raisons-
1) Il convient de remarquer tout d’abord que la plupart des organes
énumérés dans les paragraphes précédents présentent une dysharmonie
de croissance par rapport au corps, ou pour employer la terminologie actuelle,
une croissance allomélrir/ue (Huxley et Teissier, 1936).
Les conditions de la croissance allométrique ne sauraient être étudiées
dans le présent mémoire. Leur examen fera l'objet d’une autre étude. Qu’il
nous suffise de signaler que la dysharmonie de croissance afTecte aussi bien
les caractères somatiques propres aux deux sexes que les caractères sexuels
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO .. ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 93
"laies. Nous donnons ci-dessous la liste des principaux caractères à croissance
ysnarmonique que l’on observe dans le genre Porcellio :
Caractères somatiques
granulations tégumcntaires
soies-écailles
lobes frontaux médian et latéraux
dents antennaires
pleurépimères
telson.
Caractères sexuels mâles
renflement carpien du septième péréiopode
lobe interne de l’exopodite du premier pléopode
extrémité de l’endopodite du premier pléopode
exopodite de l’uropode.
sem’h'p™' 883 "™ aUom ' itr ‘ t l lle représente la réaction propre d’un organe
rèal ‘ , Vls - 4 -™ d'un (acteur morphogène ou sexuel. Les (acteurs qui
J? la dysharmonie de croissance des organes des Vertébrés son! aujour-
thvr‘~j° n,n ' S aV " précisio " ! <* •«* *• hormones, telles que l’hormone
ou. ," e 0U ho ™ ones sexuelles. La nature des (acteurs morphogènes
sexuels qui interviennent dans la croissance des Invertébrés n’a pas pu
ore etre précisée. On ne saurait cependant douter que leur mode d’action
11 Ie même dans les deux cas.
La dysharmonie de croissance rend compte des aspects très différents
Elle FeV r 1U n,ême . ijldividu aux différents stades de son développement.
colon eX a lt,Ut ’ 011 ,ne,ne tem P s - l’aspect très polymorphe que présente toute
me de Porcellio et qui tient au mélange des différents stades de croissance
' au dimorphisme sexuel).
Les co,onies d’une même espèce peuvent présenter des aspects différents
arn, les régions qu’elles occupent. Les colonies méridionales renferment
dvsh rnaj ° rité d ’ indi vidus de grande taille qui possèdent des caractères
inc arrnon,c l ues très développés, dilatés. Elles révèlent des caractères
«nus dans le type moyen (où ils restent à l'état de potentialités non
P, es). Les col °nies septentrionales composées d’exemplaires de petite
e ne présentent, même adultes, que des caractères juvéniles.
qu C , ty P <! dc variation correspond à une condition très simple, en ce sens
les indices de croissance allométrique ne sont pas modifiés,
cond r 1 difUcile de décider > e « l’absence d’élevages poursuivis dans des
nions rigoureusement constantes, si ces variations ont une base géno-
P'que, ou si elles sont purement phénotypiques et dépendent exclusivement
“ eonditions du milieu.
P 110 préjuger en rien des résultats que fourniront les élevages et
race ™ e , ntaLion ’ n ° US 6viterons de désigner ces colonies par le terme de
Us «T* 6vo( l" e une base génétique. Nous les qualifierons de « formes ».
ormes » ne sont d’ailleurs pas nettement séparées les unes des autres,
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
04
ni morphologiquement, ni géographiquement. L’aire île répartition de. l'es¬
pèce est continue et le passage d'une « forme # à l'autre est insensible.
L'un des meilleurs exemples que l’on puisse donner de ce type de variation
est fourni par Porcellio monlicola Lereboullet. Les types de l’est de la France
et de l'Allemagne occidentale ont été pendant longtemps considérés comme
appartenant à une « espèce » particulière : P. luynbris C. L. Koch. Il s’agit
simplement, en fait, d’une « forme »de monlicola, de taille réduite, présentant
des caractères « juvéniles ». Inversement, on récolte en Bas-Languedoc
des exemplaires de grande taille, présentant un développement exagéré
(par rapport au type moyen) des caractères sujets à la croissance allomé-
trique. Je désigne ces colonies méridionales sous le nom de « forme meri-
dionalis ».
3) Lorsqu’on aborde le plan spécifique ou sub-spécifique, les modalités
de la variation sont plus complexes, encore que leur nature profonde ne
soit pas fondamentalement modifiée.
Les différences spécifiques ou sub-spécifiques que l’on observe dans le
genre Porcellio sont encore la conséquence de phénomènes de croissance
aliométrique. Celle-ci affecte aussi bien l’individu au cours de son dévelop"
pement individuel que les différents termes évolutifs d’une lignée phylétique.
Mais, dans ce cas, le phénomène de la dysharmonie de croissance passe du
cadre ontogénique et individuel au plan phylétique. C’est à ce transfert que
Champy (1924, p. 151 ; 1929, p. 231) donne le nom de « phénomène de
Laineere ».
Les dillérences spécifiques ou sub-spécifiques correspondent à des varia¬
tions de la sensibilité différentielle d’organes sujets à la croissance allo-
métrique. Un bon exemple en est fourni par l’exopodite du premier pléopodc
mâle. Les pléopodes juvéniles sont extrêmement semblables dans toute»
les espèces de Porcellio. Chez l’adulte, la pointe interne subit un accroissement
variable suivant les lignées phylétiqueB. L’accroissement est modéré dan»
le groupe monlicola ; il est considérable dans le groupe laevis ; plus marqué
encore, et accompagné d’un élargissement qui rend la pointe interne rectan¬
gulaire dans le groupe hoffmannsegyi. Ces variations représentent les tra¬
ductions morphologiques de la sensibilité différentielle du pléopode mâle
vis-à-vis du facteur sexuel.
L’exemple que nous avons choisi est relatif à un organe dont la sensi¬
bilité s’accroît au cours de la phylogenèse. Au terme de sa phylogenèse
le caractère correspond à un dispositif surévolui. Ce type de variation est
le plus fréquent.
Il arrive cependant que la sensibilité de l’organe diminue au cours de la
phylogenèse. L’organe conserve, à l’état adulte, des caractères « juvénile» *
ou « néoténiques ». Le phénomène de 1a paedomorphose (Garstang) apparaît
ici, non sous un aspect global, intéressant tout l'individu, mais comme limité
à un organe particulier.
O mode de variation rend compte, fie lu façon la plus satisfaisante, d c
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
05
origine des espèces de Porcellio. La sensibilité d’un organe déterminé
<i un facteur morphogène ou sexuel peut être très grande dans une espèce,
faible ou nulle dans une espèce voisine. Les adultes des deux espèces seront
‘fférents ; mais l’adulte de la seconde espèce ressemblera, quant à l’organe
envisagé, à la forme juvénile de la première. Ce type de variation est extrê¬
mement fréquent dans le genre Porcellio. Il est à l’origine des innombrables
confusions qui se sont produites dans la systématique de ce genre. En voici
quelques exemples:
Le telson juvénile d ’explanalus ressemble à l’organe adulte de monlicola.
Les lobes frontaux juvéniles de spinipennis (Fig. 33 E) ressemblent
a ux lobes frontaux adultes d ’orarum (Fig. 29 A).
L exopodite du premier pléopode mâle juvénile des espèces du groupe
°ltmannseggi (Fig. 9) ressemble à l’organe adulte des espèces du groupe
laeuis (Fig. y),
L endopodite du premier pléopode mâle juvénile de monlanus (Fig. 35 A)
ressemble à l'organe adulLe de spinipennis (Fig. 33 D).
I) Les facteurs sexuels ou morphogènes qui déterminent la croissance
oniétrique des organes sensibilisés agissent toujours dans le même sens.
s déterminent des évolutions orientées ou orlhogenèses. Ces orthogenèses
peuvent aboutir au développement d’organes proprement hypertéliques ;
<:ls . les immenses uropodes des mâles de quelques Porcellio espagnols :
ni ficus Dollfus (Fig. 10 A), expansus Dollfus (Fig. 26 B), boliuari Dollfus,
haasi Arcangeli (Fig. 27 B).
6) Les phénomènes de croissance allométrique sont d’un extrême intérêt
P° u r comprendre l’évolution des espèces du genre Porcellio. Mais systé¬
matique et phyl ogenèse sont des disciplines qui ne se confondent point,
convient, pour distinguer les espèces, de s’adresser à des caractères stables,
ac'ant peu d’un individu à l'autre. C’est la raison pour laquelle il convient,
contrairement à la méthode universellement suivie jusqu’ici, de n’employer
'* u avec quelque réserve les organes à croissance allométrique et de réserver
•ie place importante à des caractères moins spectaculaires, mais plus
ables, en particulier aux caractères tégumentaires. Nous développerons
e programme dans lu seconde purtie de ce travail.
y) FACTEURS CLIMATIQUES ET VARIANTS SEXUELS
. a été établi, dans le paragraphe précédent, que la plupart des carac-
er es sexuels secondaires du genre Porcellio représentent des organes sujets
au phénomène de la croissance dysharmonique ou allométrique. Cependant,
croissance allométrique est impuissante à rendre compte de toutes les
^criantes présentées par ces organes. Les facteurs climatiques paraissent
J°Her un rôle important dans le développement et la différenciation de ces
° r ganeg. Encore que l’expérimentation soit seule susceptible d’établir la
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
réalité de cette action, l’observation apporte sur ce point quelques données
suggestives (Vandel, 1950 b).
Les formes d’altitude se distinguent souvent des individus habitant la
plaine par des caractères singuliers, en particulier par la coloration plus
foncée, parfois entièrement noire. C’est le cas pour les exemplaires de P■
piceus Dollf. recueillis à la Velez planina, près de Mostar (Herzégovine),
à 1.200 m. d’altitude (Vandel, 1946 b, p. 176). J’ai retrouvé des conditions
analogues chez monlicola allicola (voir p. 129) et chez la race de P. violaceus
B.-L. qui peuple la sierra de la Sagra (voir p. 142).
Mais, bien plus intéressantes sont les répercussions que l’altitude exerce
sur les caractères sexuels mâles, en particulier sur le septième péréiopode.
La crête qui se développe sur le bord tergal du carpos constitue un réactif
d’une extrême sensibilité à l’action du facteur sexuel. Or, il ressort de la
comparaison des races de plaine et des formes d'altitude que la crête car-
pienne est, de façon très constante, plus développée chez les secondes que
chez les premières.
Les formes d’altitude de P. monlicola Lereb. (sous-espèces allicola et
pyrenaeus) possèdent une crête carpienne constamment plus saillante que
celle de la forme type ( monlicola monlicola) qui habite la plaine. Le contraste
est particulièrement frappant, lorsque l’on compare les exemplaires de
petite taille d 'allicola (Fig. 19 C) et de pyrenaeus (Fig. 17 C) et les individus
géants du Bas-Languedoc que j’ai désignés sous le nom de i forme meri-
dionalis » (Fig. 16 B). On observe des conditions analogues chez la race de
P■ violaceus B.-L. qui peuple la sierra de la Sagra et chez la race alpicola
(des Alpes-Maritimes) de P. orarum Verh.
Par contre, les espèces ou races du littoral méditerranéen, même si elles
atteignent la taille la plus grande, ne possèdent qu’une crête carpienne
modérément saillante. C’est le cas, par exemple, pour P. expansus Dollf-
(Fig. 26 C), espèce propre à la province de Tarragone, qui est l’un des plus
grands Porcellio connus (le mâle atteint 28 mm. sans les uropodes, et 40 mm-
avec les uropodes).
Ces observations prouvent que le développement de la crête carpienne
ne correspond pas à une simple manifestation de croissance allométriquc.
Elle paraît liée aux facteurs climatiques qui régnent en altitude. S’agit-il
de la luminosité intense qui caractérise le ciel montagnard, ou des variations
thermiques de grande amplitude qui se succèdent au cours de l’année ?
C’est ce que l’expérience seule pourra établir. On est cependant tout naturel¬
lement tenté de rapprocher ces observations des expériences qui établissent
l’action de la lumière sur l’activité génitale des Oiseaux et des Mammifères-
Source : MNHN, Paris
GENRE . PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
II e PARTIE
LA CLASSIFICATION DU GENRE PORCELLIO
DES caractères qui doivent être retenus
“ANS L ETABLISSEMENT D’UNE CLASSIFICATION NATURELLE
DES ESPÈCES DU GENRE PORCELLIO
«o»rr„T tèreS ,r ° nt été ' invol F lés F»” distinguer les espèces de Porcellio
tous Ê b - r6UX (V ' a,HOE '' F ’ «W. PP. 231-240). Mais ils sont loin d'avoir
0 'a meme valeur.
set™. Pre f ierS is °P odol °g"' s (Buddu-Lund, 1885 ; Dollfds, 1892 b 1896)
l’observ , SSe8 a “ X caracli - res les P'“ s apparents et les plus accessibles à
't du t„î tégumentaires, forme de la tête, des péréionites
qu’ils oo””’ Sa . nS " ,er 1 **e ces caractères, il convient de remarquer
dysliarm ' P ° nd '" t pour la P'npart a des organes à croissance hautement
tU, , Vamti ° n8 « traduisent par des aspects
Wsou'a * “ leS ddîêrentes lignées phylétiques. Il en résulte que,
«trluem f pas , cIa ™ t reconnu, ce fait conduit à une représentation
mement confuse du genre Porcellio.
'«it«“nëlT f 1907 !' reprenant un caractère déjà utilisé par Budds-Lukd,
des prend . P * 1 ab! ““ <*• “nusosité au bord postérieur
dtesoporrè/r P ft‘° mte “ P °” d ' V,! “"' le ïenre P ° rcellio m deux sous-genres :
t des stad 1 fTr E " falt - “lté distinction correspond simplement
CecarâctÎe'euH. | “ " ” nc "” l rePt dans la même lignée phylétique.
dans sef “ all,curs “ “*»>»*» <1"“ Vhumwt lui-même a été conduit,
aibrilJ successives, a ranger certaines espèces, telles que gallicm,
I , pyrenaeus, tantôt dans les Euporcellio, tantôt dans les Meooporcellio
i4odoT FF (1938 ,.‘ ) • « ™ inspird lorsqu'il a attiré l’attentjon^des
fr'Ptiên ” r J j ' mp0rtance ayatdmatique des caractères sexuels mâles
n’en ai? P . P ? de ’ *« premières paires de pléopodes), encore qu'il
appel 1, 3 valeur Pbytdtique profonde. Nous leçons constamment
Pour ], caractères, en dépit de leur croissance hautement dysharmonique,
téris U „„ "°” 1| “ c '* mo,J " de leur croissance allomctrique est carac-
^ lue des grands phylums porcellioniens.
aux vâr V ‘, e ” 1 de faire appel à d’autres caractères qui échappent
l “Xu | LT” *° UVe ” 1 déroutantes des dysharmonies de rroissnncc. Budde-
p. 281), qui avait certainement senti la fragilité des caractères
"iHMoiKEg du Muséum, Zoolugi», t. III.
Source : MNHN, Paris
A. VANDUI.
habituellement invoqués pour séparer les espèces de Porcellio, avait cru
trouver un critère de valeur dans la structure des pièces buccales, et en
particulier dans l’intégrité ou la fission des dents du lobe externe de la maxil-
lule. La grande expérience de l’isopodologue danois l’avait conduit à établir,
dans le genre Porcellio sensu lalissimo , des coupures systématiques, certai¬
nement correctes ; mais le critère emprunté à la structure des dents de la
maxillule parait entièrement artificiel.
Les caractères qui ont certainement la plus haute valeur systématique,
car leurs variations sont largement indépendantes des dysharmonies de
croissance, sont représentés par les caractères tégumentaires, et, en tout
premier lieu, par la structure et la position des noduli latérales et des ehninps
glandulaires. Budde-Lund (1908, p. 281) avait compris l’importance systé¬
matique de ces caractères, mais il y a eu rarement recours. Verhoeff (1907,
p. 234 ; 1928, pp. 149-150) a également souligné leur importance, sans
cependant en tirer tout le parti possible.
Quant à nous, notre systématique du genre Porcellio se fondera essentiel¬
lement sur la structure des variants sexuels et des caractères tégumentaires.
b) LES UNITÉS SYSTÉMATIQUES
La systématique moderne ne saurait se satisfaire de la méthode un peu
simpliste qui fut suivie par Budde-Lund dans la rédaction de son classique
Traité. C’est-à-dire répartir tous les Porcellio en unités systématiques équi¬
valentes, ayant rang d’espèce. Il convient d'avoir recours aujourd’hui à
une systématique plus souple et plus nuancée.
Ce que l’isopodologue observe lorsqu'il dispose d’un nombre suffisant
d’échantillons, o’esL l’existence de colonies multiples, dont chacune possède
des caractères morphologiques qui lui sont propres, et une aire de distri¬
bution souvent étroitement localisée. Il est souvent très délicat de réparti'"
ces colonies dans les unités systématiques qui leur conviennent le mieux-
L'expérience m’a conduit à distinguer quatre unités systématiques hiérar¬
chisées ; la forme, la sous-espèce ou race géographique, l’espèce et le groupe-
Nous définirons ces quatre unités de la façon suivante :
1) Nous désignons sous le nom do « formes » les colonies qui différent du
type par une taille soit supérieure, soit inférieure, et dont les caractères sujets
à croissance allométrique sont, de ce fait, exagérés ou diminués. Mais I#
individus de même taille possèdent une morphologie semblable. Tous les passage»
existent d'ailleurs entre les types extrêmes, tant au point de vue morpholo¬
gique que biogéographique. Il n'est pas établi que les différentes colonie*
distinguées sous le nom de « formes » soient génétiquement distinctes ; lo ,,rB
différences sont peut-être simplement d'ordre phénotypique et sous la dépe°'
dance des conditions climatiques. Nous avons déjà dit, et nous y reviendron 8
plus loin (p. 124), que les trois formes de P. monlicola (monlicola, lugubrt*
et meridionulis) correspondent à cette définition.
Source : MNHN, Paris
GENRE , POKUELLIO .. EVOLUTION ET SYSTEMATIQUE 9»
(sep dr/f ,erv0ns l'jT’ * ““ * w géographique pour dési-
tri(| U! , 1 ul dliïèront <hl type P" l’allure de la croissance allomé-
des 8 „„. Certal, “ 8 sc “ ]Mss sexuelles ou somatiques. Les aires de répartition
de, torm^ P ". eS '".j 01 "”" 1 ’ >» sc superposent pas. On observe parfois
(c’est I, mtermediaires à la limite de répartition de deux sous-especes
P- 166) ' aS d * * p,ll! P” >nii ct da moutonna, à Saint-Martin-Vésubic ; voir
'ystémS d °””°” 8 |C "° ra d ’“P fc « à un ensemble qui dilïère des unités
nonsS “ r™\r ^ di “ r '“ es ™ r P h »losi< 1 ues qui affectent
Vautre,™ T “ J 8 à eroissance allométrique, mai. également
'"ment' a P “! ,tab e> ' tel ” ' ,ue le8 caracUres tégumentaires. Contrai-
Peuvent Te r( '"‘ rUh ° t ‘ des sous-espèces, celle, de, espèces voisines
"elle, de 8 "? er P°“ r 8ur “ ne P 1 ™ ou moins grande étendue (c'est le cas pour
81 de l> ! n, <” nm * et d’orarum ; à'œplanalm et de monücola ; de monlicola
c ! ’l , ‘nicornis, etc.).
84) ‘l l “ lc " enre P«rallio est trop homogène pour qu'il
Ssums “T 1 T V ‘ 8er “ -ous-SOU'es- * ne reconnais donc point le, sous-
duite dan, I P B .f DE ' L U'"> et P ar Vebhoeff, et dont la liste a été repro-
en , >" Page * de “ mén,oir *'’ Ntm8 nom bornerons i répartir
répartit- P ''* ’■ “ “ Sp "'“ 'l ul présentent des caractères communs, dont la
"orrespondent '"^“L?, T’”'" 1 "" même mode de distribution et. qui
pondent vraisemblablement à des lignées physiques distincte,.
c) LES CRITÈRES GÉOGRAPHIQUES
lo giqiM é «! y * té,natiqUe Se f ° nHe “° n 8eu,ement sur des structures morpho-
“p mot de““ ST CritèreS é ™ ,0e;iqUC8 et biogéographiques. Disons
'é|mrtf,T P T t d “ * Pt '" m ° (•» d’Isopodes) possèdent une aire de
'" région ''TT'' °” Peut eonaldérer comme rmlre d’origine de l’espèce
«4 éz " ° !' ' !" prtw, “ e par Ie P'u> grand nombre d'individus et
»n "‘'itère onThv “ ’ ^«phiques ou sous-espèces. C’est là
LL re qui trompe rarement.
* rCS C T d T 1 ' Ch T ,S0P “ d '"' *• “ pia ” «P-dmes dont Paire
'’él'ndiie dTi a , P r °'“ e ""T'T va8te * T" dépasse manifestement
Aussi “ de * 1 “"but'on originelle. C'est là le résultat de migrations récentes.
'rite-tJT TT ”” "°""' ai1 don,ai " e . expansive
IV.»Î“Ï T ""T .“ “” d ' b 88 ™ "ous-espéces ou races
lue le, 1 e.’ r °T ““P |US prut'dle présenter des mutations qui n’affectent
caractères les plus superficiels de sa morphologie.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
100
d) ÉTABLISSEMENT DE DIFFÉRENTS GROUPES
(OU LIGNÉES PHYLÉTIQUES)
DANS LE GENRE POIiCELLIO
La révision ébauchée dans le présent mémoire est fragmentaire, en raison
de la règle que je me suis astreint à respecter : ne faire état que des espèces
que j'ai personnellement étudiées, c’est-à-dire celles de l'Europe occidentale
(à l’exclusion de l’Italie) et de l’Afrique du Nord. Les représentants du genre
Porcellio sont nombreux en Italie, dans les régions balkaniques, dans les lie*
de la Mer Egée et en Asie Mineure. Le matériel dont je dispose n’est pas suffi¬
sant pour me permettre d’en aborder la révision et le groupement. Je laisse
aux isopodologues plus favorisés que moi à cet égard le soin de compléter
et de corriger le présent Essai.
Nous reconnaîtrons dans ce mémoire cinq groupes ou lignées phylétiques
de Porcellio :
1) Groupe atlantique (ou groupe scaber) (Porcellio s. str. Budde-Lund 1908)-
2) Groupe nord-africain (ou groupe laevis) (Gymnoderma Budde-Lund
1908 ; Mesoporcellio Verhoeff 1907 pro parle).
3) Groupe bélico-rifain (ou gr. hoffrnannseygi ) (Ho go pus Budde-Lund 1908).
4) Groupe lyrrhénien (ou groupe monlicola).
5) Groupe halophile (ou groupe lamellatus) (.Burrana Budde-Lund 1908 \
Ilaloporcellio Verhoefî 1917).
La première division groupe les représentants les plus primitifs du genre
Porcellio. Les quatre groupes suivants sont constitués par des espèces pl uS
évoluées. Les groupes laevis et hoffmannseggi présentent entre eux d'incontes¬
tables affinités.
Si les formes évoluées sont relativement faciles à classer en raison de leurs
caractères accentués, il n'en va point de même pour les formes primitive®
que leur constitution uniforme, parce que faiblement dilTércnciée, conduirai*
à rapprocher et à rassembler en un groupe commun, si leurs aires de réparti¬
tion, qui sont très différentes, n'obligeaient à les répartir dans des phylum®
distincts. Nous éviterons donc de renouveler l’erreur qui nous avait conduit
à proposer l'établissement d'un groupe dispar (Vandel, 1941» o, p. 288)
qui s’est révélé profondément hétérogène et qui doit être supprimé.
Les espèces du groupe atlantique ont été pour la plupart étudiées dans un
mémoire précédent (Vandei., 1946 a). Je n’y apporte présentement que quel"
ques compléments. Je n’ai rien à ajouter à ce que j'ai dit dans le même trava' 1
sur le groupe halophile, sinon que je lui donne aujourd'hui le rang de « group e ’
et non de sous-genre. Je réserve l’étude détaillée des groupes nord-africain
et bético-rifain à un mémoire consacré aux Isopodes de l’Afrique du Nord-
Ces réserves impliquent que, seul, dans la présente étude, le groupe tyrrhénien
(groupe monlicola) sera examiné avec quelque détail. Comme il constitué
le groupe dans lequel régnait jusqu'ici la plus extrême confusion, la révisi°°
des espèces qui le constituent s’imposait en première urgence.
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
101
TROISIÈME PARTIE
ÉTUDE DE QUELQUES ESPÈCES
DU GENRE PORCELLIO
GROUPE ATLANTIQUE
(Groupe scaber)
(Porcellio sensu slriclo Budde-Lund 1908).
c ç Le nom attribué à ce groupe est pleinement justifié en ce sens que les cspè-
ibi- ’* Ul l e . cons ^ uen t son t originaires des régions atlantiques de la péninsule
ri <]ue ainsi que des archipels atlantiques, et que la plupart d’entre elles
y s °nt encore cantonnées.
Par' |^ r ° U P e corres P ond aux Porcellio les plus primitifs que nous connaissions,
quel ^ Caractères de leur système glandulaire, et par la forme du telson,
I, qU ° S e8 P èces de ce groupe se rattachent étroitement aux représentants
genre Metoponorlhus.
j'oici les caractères propres aux espèces de ce groupe :
for Système glandulaire d’un type primitif, mais se présentant sous trois
(tvn* C Af fllStinCteS : ^ C,lamp glandulaire représenté par un sillon allongt
et » Melo l mi orlbus) sur les trois premiers péréionites de P. dispar (Fig. 3 A)
peut-être sur tous les segments de P. laevissimus (Monod, 1932, p. 249)
‘•-’esu'^P glandulaire en forme d R demi-ellipse, accolée à la marge (Fig. 3 B)
bon 6 ty P P l<! P,U8 répandu ; 3 ) cham P glandulaire cerclé, indépendant du
I f mar g | ’nal quoiqu’accolé à lui ; cette disposition est exceptionnelle dans
|;o« p e atlantique (P. echinatus ) (Fig. 3 C).
att . Exo Podite du premier pléopode mâle : champ et sillon trachéens
lo Ppf n (p l - t le i b ° rd P osfcérieur de l’exopodite ; lobe interne nul ou peu déve-
^') fèréiopode VII mâle : carpos à côtés parallèles.
r eize espèces de Porcellio paraissent pouvoir rentrer dans ce groupe.
- e sont :
2 ~^~lae(’i.isimus Dollfus. — Canaries.
3 ’_ ’ooculipes Budde-Lund. Madère.
4 ~~ ~ u Por Verhoeir. — Portugal.
5 ’ ^ "ecminiensis Vandel. — Portugal,
g' ____ oooernicolus Vandel. — Portugal.
7 ' l ocanus Budde-Lund. -— Péninsule ibérique.
novus Arcangeli. — Péninsule ibérique.
Source : MNHN, Paris
102
A. VANDEL
8. — scaltr La treille. — Cosmopolite, mais d’origine atlantique.
9. — lusitanus Verhoeff. — Portugal.
10. — ingenuus Budde-Lund. — Portugal.
11. — echinatus Lucas. — Péninsule ibérique ; Maroc ; Algérie occidentale.
~ ' li : hueni Dollfus. — Régions atlantiques de la péninsule ibérique.
ld. ililatalus Brandt. — Cosmopolite, mais d’origine atlantique.
Je n’ai rien à ajouter, sauf en ce qui concerne la sixième et la treizième
espèces, à ce que j’ai écrit dans mon mémoire sur les Isopodes du Portugal
(Vandel, 1946 a). Seul, le mode de groupement des espèces a été modifié
et corrigé.
Fio. 4. — p. h
nus B.- L. A, soie-écaillc. — fl, oxopodite du premier pléopode mAlC'
extrémité de l'cndopodito du premier pléopode m&lc.
Porcellio incanus Budde-Lund (1879) 1885.
Cette espèce a été décrite par Budde-Lund (1885, pp. 102-103) et figurée
par Jackson (1926, pl. III, fig. 55-67). Mais ni les caractères tégumentaires,
ni les caractères sexuels n’ont été encore exactement décrits. C’est pourquoi
je fournis quelques indications à leur sujet.
Caractères tégumentaires.
Carapace recouverte d’écailles peu apparentes.
Fergites habillés d’un feutrage serré de soies, bien visible au binoculaire-
Au microscope, la nature de ces soies est aisée à reconnaître ; il s’agit de soie»'
écailles piliformes, à pointe excessivement allongée (Fig. 4 A).
Système glandulaire régressé ; pas de véritables champs glandulaire» I
un ou deux pores de chaque côté du premier péréionite ; les segments suivant*
sont complètement dépourvus de pores glandulaires.
Noduli latérales : leur position est indiquée sur le Tableau I. En dépit
Source : MNHN, Paris
GENRE « POROELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
faible développement des pleurépimères, la valeur du rapport — est
élevée (égale, en moyenne, à 0,85 au segment IV).
£oraclèrea se.mels mâles.
Péréiopode Vil. — Très faiblement différencié ; une fossette pilifère sur
ls chion ; bord sternal de l'ischion droit.
Pléopode 1. - Exopodite (Fig. 4 B) : champ trachéen atteignant l’extrémité
Postérieure de l’appendice ; lobe interne coupé droit, à son bord postérieur,
et garni de quelques tiges.
Fig. 5. — Carte de répartition de P. incanu* B.-L.
Endopodite (Fig. 4 C) : extrémité formée de trois parties : une pointe externe
ortement réfringente ; un lobe interne, hyalin, arrondi ; un lobe intermé-
■aire, oblique, hyalin, prolongeant la ligne d’épines'internes.
Aftinilég.
Cette espèce est certainement voisine de P. dilalalus Br. Elle s’en distingue
Par son corps étroit, ses granulations faibles, la pilosité et l’extrême réduction
f n système glandulaire. Par ce dernier caractère, elle se rapproche de cavcr-
nic olus Vandel, dont elle dilTère d’ailleurs par de multiples caractères.
Ec olof/îe m
Comme P. dilalalus, cette espèce est troglophile. Elle se rencontre fréquem-
^nt dans les grottes ; mais elle a été également récoltée en surface. Les
e * e mplaireg décolorés paraissent fréquents (Racovitza, 1907, pp. 189-190).
Source : MNHN, Paris
A. VANDEI,
104
Répartition géographique (Fig. 5).
Cette espèce est propre au Portugal (Jackson, 1926 ; Ahcangeli, 1935 «)
et a la côte orientale de l’Espagne comprise entre la région d’Alcoy et la
Catalogne (Budde-Lund, 1885 ; Dotipus, 1892 b ; Racovitaa, 1907 • Abcak-
geli, 1924, 1935 b).
L’Abbé Breuil {in Jeannel et Racovitza, 1929, p. 322) signale cette
espèce dans la Sima rica de Alhama (prov. de Grenade). Cette indication,
reproduite par Wolf (1938, p. 84), est inexacte. L’exemplaire récolté par
l’Abbé Breuil, qui est conservé dans les collections de Biospeoloqira appar¬
tient à P. dilalatus. * '
La mention de Dollfus (1899, p. 188) qui signale cette espèce à Martigues
(Bouches-du-Rhône) parait reposer sur une erreur de détermination, ainsi
que l’a déjà fait remarquer Arcangeli (1935, p. 174) ; probablement s’agit-
il de P. dilatalus. Par contre, l’examen des types conservés au Muséum
m’a convaincu que P. marioni Aubert et Dollfus, récolté dans la banlieue
marseillaise, est identique à P. incanus.
Les exemplaires que j'ai examinés font partie des collections de Biospeo-
logica et du Musée de Barcelone. Ils proviennent de Millares et de Tous,
dans la province de Valence ; d’Alcoy, dans la province d’Alicante et de
Malaga.
Porcellio dilatât us Brandt 1833.
Cette espèce présente des variations importantes sur lesquelles j’avais
déjà attiré l’attention dans un mémoire précédent (Vandel, 1946 a, p. 316)-
Je croîs devoir distinguer aujourd’hui deux types de variation qui corres¬
pondent, 1 un à une « forme », l’autre à une sous-espèce, ces termes étant
entendus dans le sens qui a été défini dans les pages précédentes (p. 98).
Forme pelili n.
Cette forme, que je suis heureux de dédier à M. le Professeur G. Petit qui
ni en a procuré les premiers exemplaires, est représentée par des individus
de grande taille qui ne diffèrent du type normal que par le développement
extrême des caractères sujets à la croissance allométrique. Les individus
jeunes ou immatures sont identiques, en tous points, au type normal de l’espèce-
Cette « forme » atteint une longueur de 21 mm. (sans les uropodes). Le»
granulations sont fortes. Les trois lobes frontaux sont grands et saillants
(l'ig. 6 A) ; les lobes latéraux ne sont pas tronqués comme ceux du type-
L’extrémité du telson est pointue (Fig. 6 B). Les exopodites des uropodes
du mâle ont la forme d’une spatule ; ils sont creusés à leur face tergale d’une
aire déprimée séparée en deux moitiés par une carène saillante (Fig. 6 B)■
Les caractères tégumentaires et sexuels de cette « forme » sont semblables
à ceux du type normal. Il convient donc de considérer les individus q u *
présentent ces caractères, non comme les représentants d’une race ou sous-
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO >. ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 105
espèce distincte, mais comme une « forme » de grande taille, ne différant du
P normal que par l’exagération des variants dysharmoniques.
a « forme » petili se rencontre dans les grottes et les caves du midi de la
A
Flo. 0- p . ilUalalus Br. ■ forme petili ». — A, céphalon et premier péréionite.
B, pléon, toison et uropodes.
feroü! Elle CSt P articu,ièrement commune à Marseille et dans sa banlieue
( 1 „ p cs (1(! l’Ermite, de Saint-Michel d’eau douce, de l’Ours, caves du Palais
naro). Elle a été également récoltée à Penne, dans le Tarn (Grotte des
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
10(1
Trois Cloches), à Sauve, dans le Gard (Grand Aven) et à Grasse (dans un
garage). Enfin, j’ai recueilli quelques exemplaires de cette « forme » à l’tl®
Saint-Honorât (Alpes-Maritimes) sous des pierres, au voisinage immédiat de
la mer.
Les collections de Bioapeologica renferment plusieurs exemplaires de
cette « forme » recueillis par l’Abbé Breuil, dans les grottes du sud de l’Es¬
pagne situées dans les provinces de Cadiz (Jerez de la Frontera ; Vejer de
la Frontera ; Ubrique) et de Malaga (Ardales, Benaojàn, Antequera).
Pio. 7. — P. dilatatun subsp. bonadonai n. — Kxopnditc du premier pléopode in/Uc-
Sous-espèce bonadonai n. subsp.
Ce Porcellio atteint une grande taille (18 mm.), un peu moindre cependant
que celle de la « forme » pelili. Par la conformation de la tête et du tclson,
il est presque identique à la « forme » pelili. Mais les uropodes n’acquièrent
pas les aspects si particuliers de ceux de la « forme » pelili.
Le caractère essentiel de ce Porcellio réside dans la conformation très
particulière de l’exopodite du premier pléopode mâle qui est très différent®
de celle du type normal de l’espèce, ainsi que de celle de la « forme » />«$'•
C’est la raison pour laquelle bonadonai doit être considéré comme une sous-
espèce distincte, et non comme une simple « forme » de dilalalns. L’exopodit®
du premier pléopode mâle présente une pointe interne longue, triangulaire
non tronquée ; en même temps, le champ trachéen se réduit, et le sillon tra¬
chéen est loin d’atteindre l’extrémité postérieure de l’exopodite (Fig-
Ainsi, la forme de l’exopodite de cette sous-espèce rappelle très exact®"
ment la conformation caractéristique de l’exopodite des Porcellio du group®
monlicola. Si l'on négligeait l’examen des caractères tégumentaires, et ton
spécialement celle des champs glandulaires dont la disposition correspond
exactement à celle de dilalalus, une confusion avec une espèce du group®
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 107
toonticola serait aisée. Il n’est point interdit de penser que les espèces de Por-
ce H° appartenant au groupe monticola ont pris naissance à partir de repré-
Se ntants du groupe atlantique, en suite d’une évolution semblable (en ce qui
c °ncerne tout au moins l’exopodite du premier pléopode mâle) à celle qui a
donné naissance à P. dilalalus bonadonai.
1’. Bonadona a récolté cette sous-espèce, que je me fais un plaisir de lui
dédier, dans deux grottes des environs de Draguignan (Var) : la grotte de
‘dlecroze et le Trou des Demoiselles, à Salernes. Le regretté Korsakoff
avait recueilli un exemplaire de la même sous-espèce à Roquebillièro (Alpes-
Maritimes).
GROUPE NORD-AFRICAIN
(Groupe laevis)
[Gymnoderma Budde-Lund 1908 ;
Mesoporcellio VerhoelT 1907 pro parle).
Ce groupe est caractérisé de la façon suivante :
1) Champs glandulaires arrondis ou ovoïdes, renfermant de nombreux
P° r es, éloignés du bord marginal, situés au milieu du segment (sauf ceux
du premier péréionitc).
Granulations faibles ou nulles, rarement assez fortes.
3) Lobe frontal médian modérément développé.
4) Sinuosité postérieure des péréionites antérieurs faible ou nulle chez les
or mes primitives, nette chez les formes évoluées.
•>) Péréiopode VII mâle : carpos simple chez les formes primitives, caréné
c aez les formes évoluées.
0) Exopodife du premier pléopode mâle se prolongeant en arrière en un
j, e Plongé, triangulaire, dépassant l'apophyse génitale, et égalant parfois
endopodite ( alhinns ). Chez les formes les plus évoluées ( oliuieri ), la pointe
e I exopodite devient légèrement échancrée (passage au type caractéristique
du groupe hoffmannsegyi).
j, Ca conformation de l’exopodite du premier pléopode mâle, qui constitue
une des meilleures caractéristiques du groupe, résulte de la croissance
ométrique du lobe interne, ainsi que le prouvent les figures ci-jointes
8 ).
Ces espèces suivantes font partie de ce groupe :
1' laevis La treille. Cosmopolite, mais d’origine méditerranéenne,
g- — chevalieri Paulian de Féliee (1). — lies du Cap Vert.
• (Ulanteus VerhoelT. — Maroc.
^ lepirieyi Vcrhoelî. — Maroc.
„• herculis VerhoelT. Maroc.
• ~~~ vandeli VerhoelT. — Maroc.
J'* (, ‘‘tte forme, connue par u
Va riété de P. laevis.
rn plaire
1 représente peut-être qu'u
Source : MNHN, Paris
108
A. VANDEL
7. — villierai Paulian de Félice. — Maroc.
8. — gauthieri Paulian de Félice. — Maroc.
9. — aghousi Paulian de Félice. — Maroc.
10. — albinus Budde-Lund. — Afrique du Nord ; Sahara ; Canaries.
11. — hirtipes Dollfus. -— Sahara.
12. — bovei Lucas. — Algérie.
13. — blattarius Budde-Lund. - - Algérie.
14. — ragusae Dollfus. — Sicile.
15. — letourneuxi Simon (1). — Tunisie.
16. — ohvien Audouin — Hoggar ; Tunisie; Tripolitaine ; Égypte; Syrie.
7.- blattaruu, Omer-Cooper ncc Budde-Lund. - Mésopotamie.
1K. — calmant Omer-Cooper. — Mésopotamie.
(1) Le seul individu récolte représente vraisemblablement une anomalie ou une mutntic'’’
plutôt que le type d’une espèce distincte.
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 109
C e groupe présente une répartition typiquement nord-africaine et sud-
"’editerranéenne. Il est surtout bien représenté au Maroc ; mais il s'étend
a * es t jusqu’en Égypte, en Syrie et même en Mésopotamie. Au nord, il
teint la Sicile. Aucune espèce de ce groupe n’a gagné les rivages septen-
■onaux de la Méditerranée, à l’exception du cosmopolite laeuis.
Je réserve l’étude des espèces de ce groupe pour un travail en préparation
consacré aux Isopodes de l’Afrique du Nord.
l0 ' Méopodœ de la première paire de mâle» immature*
B, P. ornatux (11 mm.).
- A, P. variabilis (6 n
GROUPE BÉTICO-RIFAIN
(Groupe hofjmannseggi)
(Rogopus Budde-Lund 1908).
c e groupe, certainement naturel et homogène, a été déjà reconnu par
lode-Lund (1885, p. 108; 1908, p. 281), par Dollfus (1892, p. 169) et
P a Ç Arcangeli (1936, p. 195).
H est
caractérisé de la façon suivante :
1) Champs glandulaires arrondis, renfermant un assez grand nombre de
res , éloignés de la bordure marginale et situés en arrière du milieu du
8e gment.
Granulations fortes.
I Lobe frontal médian entier ou échancré, jamais très saillant, moins
a ^c que les lobes latéraux.
ttiar S ! nU08ité P os ^ r ' eure des péréionites antérieurs en général nettement
jj) Péréiopode VII mâle : carpos renflé et caréné.
/ Pléopode 1 mâle : exopodite prolongé vers l’arrière en une lame rec-
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
tangulaire allongée, dépassant l’apophyse génitale, tronquée ou échancrée
à son extrémité.
Ce groupe se rattache étroitement au groupe laevis. Il correspond à un
type d’organisation plus évolué, ainsi qu’en témoignent les caractères 1,2, 4
et 6 de la liste précédente. Certaines espèces, telles que bovei et olivieri,
établissent le passage entre les deux groupes.
Par ailleurs, les formes que présente l’exopodite du premier pléopode
mâle, au cours de son développement (Fig. 9), rappellent, en tous points, la
conformation de l’exopodite des mâles adultes du groupe laevis. On peut
en conclure que la conformation de l’exopodite des espèces du groupe hoff'
mannseggi est le résultat d’une sensibilité plus grande de cet organe au
facteur sexuel ; celle-ci a pour effet d’augmenter le taux de croissance allô-
métrique et par suite le degré de dillérenciation de l’exopodite.
Les espèces suivantes font partie de ce groupe :
1. — hoff mannseggi llrandt. — Espagne ; Portugal ; Maroc.
Sous-cspècc magnifiais Dollfus. Alméria (Espagne).
Sous-espèce sordidus Budde-Lund. - Baléares; Valence.
Sous-espèce budde-lundi Simon. — Tunisie.
-• flavocinctus Budde-Lund. — Espagne ; Portugal ; Maroc.
3. ornatus Milne-Edwards. — Espagne orientale ; Uranie.
4. ocellalus Budde-Lund. — Espagne méridionale,
o. — wagneri Brandt. Espagne ; Algérie.
6. varia bilis Lucas (1). — Espagne; Canaries; Afrique du Nord: Sicile-
7. — pelseneeri Arcangeli. - - Maroc.
8. — lapidicicolus Paulian de Félicc. - Maroc.
9. - djebeli Paulian de Félice. — Maroc.
10. — brevipennis Budde-Lund. — Algérie.
11. - prueustus Budde-Lund. — Algérie.
12. - platysvma Brandt. — Algérie.
13. — inlercalarius Budde-Lund. — Algérie.
14. — eximius Dollfus. — Algérie.
15. — imbutus Budde-Lund. — Algérie ; Sicile.
16- — tripolitanus Verhoeff. — Tunisie ; Tripolitainc.
La répartition de ces espèces confirme l’homogénéité du groupe. prcsqu®
toutes les espèces sont localisées dans le sud de la péninsule ibérique et cfl
Afrique du Nord (du Maroc à la Tripolitainc). On peut en conclure, avec
beaucoup de vraisemblance, que ce groupe a pris naissance sur le massif
bético-rifain qui est resté émergé pendant une grande partie du tertiaire-
Après 1 effondrement du massif qui n’en laissa subsister que les bordurcSi
les représentants de ce groupe se répandirent sur les terres avoisinantes,
dans le sud de l'Espagne et du Portugal, et on Berbéric.
L étude des espèces du groupe hoff mannseggi fera l'objeL d’un autre nié"
moire. Je me borne à donner, dans le présent travail, quelques indication 8
sur trois formes espagnoles qu’il m’a été donné d’examiner.
(1) Lu forme signalée de Corse, sous le nom do variabilis, par Doi.i.kcs (1890, 1899) et
par Verhoepc (1038 6) correspond, on fait, h P. orarum viztaronensi » (voir p. 159).
Source : MNHM, Paris
GENRE t POROELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE III
Porcellio hoffmannseggi Brandt.
subsp. magnificus Dollfus.
. C'Ctte forme ne saurait être séparée spécifiquement d’ hoffmannseggi,
^ ln *i que l’a déjà reconnu Arcangeli (1935 a, p. 14). Mais, en raison de
0n énorme taille (29 mm. sans les uropodes ; 44 mm. avec les uropodes)
^ l0 ‘ ^0. — P. hoffmammrggi Br. subsp. magnificus Dollfus. Tclson et u'opodes
du mâle et de la femelle.
Ul e JI fait une des formos géantes du genre, de l’extraordinaire développe-
. n des uropodes mâles qui atteignent 15 mm. de longueur (Fig. 10), de
(. ora tion uniforme et rougeâtre, cette forme peut être maintenue en
jJ" Mue sous-espèce.
„ 8 d’une race locale propre à la ville d’Almeria et à son voisi-
u i Le I)r Joaquin Mateu m’en a fait parvenir plusieurs exemplaires
’-'Hrr 8 8 °'^ ^ aas * a v '**° 80 '*' dans 8CS anvirons (Aguadulce ; La
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
Porcellio hoffmannseggi Brandt.
subsp. sordidus Budde-Lund (1879) 1885.
Le terme de Porcellio sordidus a été créé, par Budde-Lund, en 1879
(Budde-Lund, 1879, p. 3) et défini dans son Traité (Budde-Lund, 1885,
p. 107). L’isopodologue danois signale que cette espèce a été récoltée aux
Baléares et à Valence.
Cette forme ne semble depuis lors avoir été revue par aucun carcinologiste-
Dollfus (1892 b, p. 168) se borne à reproduire les données géographiques
fournies par Budde-Lund.
Fio. 10’. — Porcellio hoffmannseggi subsp. sordidus B.-L. — A, septième péréiopode '
B, exopodite du premier pléopode mâle. — C, extrémité postérieure d’un mêle de 22 11,111 '
— D, extrémité postérieure d’une femelle de 20 mm.
Quant au Porcellio sordidus, signalé d’Italie, de Sicile et de File de Rhodes,
par Tua (1900, p. 10), Arcangeli (1913, p. 187 ; 1914 a, p. 8 ; 1914 b.
p. 474 ; 1926, p. 15 ; 1929 a, p. 260 ; 1929 b, p. 65) et Strouhal (1929, p- 79 >
1937, p. 215), ce que nous savons de la distribution des Porcellio du group e
hoffmannseggi nous permet d’afliriner qu’il correspond è une espèce diA®*
rente de celle qui fut instituée par Budde-Lund.
MM. F. Espaîiol et Balcells Rocamora m’ont fait parvenir de nombreux
exemplaires de ce Porcellio qu’ils ont récoltés aux Pityuses (Ibizaet Formel 1 '
tera). Leur examen m’a montré que cette forme ne saurait être maintenue en
tant qu’espèce distincte ; elle est extrêmement voisine d'hoffmannseggi, a ' n51
Source : MNHN, Paris
GENKE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 113
Railleurs qu’il ressort déjà de la lecture des diagnoses rédigées par Budde-
forme ne doit être considérée que comme une sous-espèce
Ifniannseggi dont elle diffère par les caractères suivants :
• f ^ a co, °ration est très particulière. La femelle est gris clair ; le mâle,
ls foncé. Les granulations qui recouvrent le corps sont dépourvues de
La T’ dC telle S ° rte que |,animaI apparaît à l’œil nu pointillé de blanc,
seule touche qui rompt ce tableau très uniforme est la présence, à la
I. — P. ornatuK M.-E. — Septième péréiopode mâle.
•'mite
‘nd! e r| dU terg ' te et du P leuré P imère - d ’ une tache blanche, petite chez les
^ vidus foncés, plus grande et allongée chez les individus clairs.
, 2) Les i
du b 7a Champs g'andulaircs des pleurépimères sont moins rapprochés
envir, . P ° stérieur du ^gment que ceux de P. hoffmannseggi ; ils occupent
on le milieu du pleurépimère (Tableau VIII).
«ne Le P“ réio I» dc v » "> a| e (Fig. 10’ A) présente, sur la base du carpos,
4 | , , e "rond», beaucoup plus saillante que celle d’hoffmarmseggi.
moin i, '” tern<î de 1 ’ ex0 P" dit « du pléopode t mâle (Fig. 10’B) est
s allongé que celui â'hofjmannseggi.
(pji uropodes du mâle possèdent un exopodite allongé et spatuliforme
niâle lU C ); ^ rès difïérent de celui de ,a femelle (Fig. 10’ D). Le plus grand
ce s • qUU ' l ai examiné mesure 22 mm. sans les uropodes, et 27 mm. avec
UrJ P . PCndices ; la P lus grande femelle observée mesure 20 mm. sons les
"'“"'es, et 22 mm. avec ces appendices.
Source : MNHN, Paris
A. VAN DEL
Porcellio ornatus Milne-Edwards.
Cette espèce, dont ia coloration est caractéristique, est bien connue.
L’exopodite du premier pléopode mâle a été figuré par Dollfus (1896,
p. 541, fig. 4-9) et par Monod (1932, pl. XXVI, fig. 73). Le septième péréio-
pode nulle est remarquable par l'élargissement tic l'ischion et la différencia*
Iion en crêté du bord tergal du carpos (Fig. 11).
Celte espèce est extrêmement commune dans les régions orientales d e
l’Espagne comprises entre Jaen, Grenade et Valence. Elle a été également
recueillie à File de Majorque, à Séville et en Oranie. J’ai examiné de nom¬
breux exemplaires de cette espèce récoltés dans la province d’Almeris
et a Grenade, par le D r J. Mateu, et à Totana (prov. de Murcie) (collection
du Musée de Barcelone).
GROUPE TYRRHÉNIEN
(Groupe monlicola )
Ce groupe de Porcellio était incontestablement celui dans lequel régnait
jusqu’ici la plus grande confusion. Ce sont donc les espèces de ce groupe
que j’ai examinées avec le plus d’attention. La distinction des multiple
formes de ce groupe, leur répartition en unités systématiques hiérarchisée»!
la recherche de critères propres à fixer leurs rapports, constituent la partie
essentielle de ce travail. Cette étude n’a pu être poursuivie que pour les espèce»
françaises et espagnoles, c’est-à-dire celles pour lesquelles je possédais un
matériel abondant. Le groupe monlicola est également représenté, en Ilaliet
par de nombreuses espèces ; mais, ne disposant pas de matériel de cette
région, il ne m’a pas été possible de les intégrer dans le présent mémoire-
(. est dire que cette étude est incomplète. Je pense qu’elle constituera néan*
moins une base de départ utile pour la révision de ce groupe dillicile.
Ce groupe est assez mal caractérisé, en ce sens que tous ses caractère*
sont moyens et qu’aucun d’eux ne lui est strictement propre :
1) Carapace recouverte d’écailles bien apparentes ;
2) Granulations faibles ou moyennes ;
3) Champs glandulaires ovoïdes, cerclés, nettement détachés de la marge-
situés bien en avant du milieu du pleurépiraère (aux environs du qu» r ^
antérieur), et, sur l’animal entier, cachés par le pleurépimère du segme^
antérieur. Pores peu nombreux (10-20).
4) Lobe frontal médian présent, moyennement développé, généraient
arrondi ; lobes latéraux moyennement développés, acquérant exccpli° n '
nellement, chez quelques espèces de grande taille, des dimensions const
râbles. I n tubercule sur le front.
5) Bord postérieur des premiers péréionites modérément sinué,
6) Processus angulaires des prolergilcs individualisés.
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 116
«chintr&s inler ” B à ° maxi " ule m “ ni 116 ''“ Btre denls profondément
plM V J,‘ : renflé, » b»m tergal formant une arête
i u» ou moins saillante.
le •omï2°î te i, du P ï° P ° de 1 mâle - à lobe interne court - ^ dépassant pas
oinniet de 1 apophyse génitale.
d “,P r “' ier P“°P° d ' est beaucoup moins hautement
spécial” q “ e des «""P» e‘ hoHmann,eggi. Mais il est plus
haut „ ,îï? f e "‘ des Mpèces du SfoPPe atlantique. Nous avons dit plus
l’autre ' “ ,aî °” d °° t °” PeUt “ re P résenter passage d’un type à
Ce gr„ upe a été partiellement reconnu, sous le nom de groupe sucdmlus
Dans (lw2 P- 175 1 1896, p. 537) et AnctnaJ(1925 f, p TS '
^ le sens ou je l'ai défini plus haut, il comprend les espèces suivantes :
monticola Lereboullet.
°us-espèce monticola Lereboullet. — France : Rhénanie
pyrmaeus Dollfus. — Pyrénées Centrales.
alUcola Vandel. — Pyrénées Orientales.
'' . sihestni Arcangeli. — Catalogne.
Z!idT'“ “ lm 8«- — Pyrénées Orientales; Corbières.
1.-2/ r tur °P«; Amérique du Nord,
françéîi u“ d N'n“" d ’ “ E W» orientale; littoral
i uçais jusqu a Narbonne.
«moenu, Dollfus. — Province de Cuenca.
"ispanus Dollfus. Carthagène.
^pansus Dollfus. Province de Tarragone.
kaasi Arcangeli. — Catalogne.
—Dollfus. - Catalogne et. Pyrénées orientales espagnoles
iditerranéen
êof.w; Dollfus. - Provinces d'AIiV.„Te”;t'dë'vJen,
or arurn VerhoelF. Provence.
S(| *Pinipennis Budde-Lund.
us-espèce spinipennis Uudde-Lund. - Alpes-Maritimes
■— **”» —-
°e groupe^ 4 ” 68 itali ' nnes !uiv,,,les l™ 1 presque certainement partie de
iiul''- ^ rcar, g e l'- Grand Paradis.
Ln‘" ul " s Budde-Lund. Italie centrale.
y ""ram Verhoeff. Italie centrale.
Verhoe(T - Sorrente.
sZ h °1k Bahl. Italie.
un >li Strouhal. - Italie du sud.
n ymie. r Arcanüeli ( 1942 )< les deux dernières espèces tomberaient en syno-
Pto'lihon géographique des espèces du groupe monticola.
L groupe monticola est d’origine tyrrhénienne, et non atlantique. En
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
110
effet, aucune espèce de ce groupe ne pénètre dans le domaine atlantique.
Le fait est particulièrement net pour P. monlicola (voir p. 122 et fig. 15)-
Les espèces appartenant à ce groupe peuplent l’Espagne orientale, I®
France, la Corse, la Sardaigne et l’Italie. C’est là une répartition typiquement
tyrrhénienuc. On peut admettre, avec beaucoup de vraisemblance, que ce
groupe a pris naissance dans le continent eiTondré qui occupait, au début
du tertiaire, la Méditerranée occidentale (Tyrrhénide) et dont il ne sub-
Fio. 12. — Carte de répartition des espèces de Porcellio appartenant au groupe montiez
et au sous-groupe occidental.
siste aujourd’hui que quelques lambeaux périphériques : chaîne catalan 0 '
Baléares, Maures, Estérel, Corse, Sardaigne, etc.
Les caractères morphologiques aussi bien que la distribution géographiq ue
conduisent à répartir les espèces du groupe monlicola en deux subdivision* ■
I) un sous-groupe occidental (Fig. 12) occupant l’est de l’Espagne et
la moitié orientale des Pyrénées (1). Ce groupe est caractérisé par la sens'"
bilité des uropodes mâles au facteur sexuel qui les fait toujours surpa sscr
la longueur des uropodes femelles et leur fait atteindre, chez les grand e8
espèces, des dimensions gigantesques. La sensibilité du carpos du péréiop°“ e
(I) Une es|>ècc expansive. P. monlicola, a secondairement colonisé une grande partie
la Erance et a atteint lu Jthénanic (llg. 15).
Source : MNHN, Paris
GENRE - PORGELLI
.. ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
d e * > m ^ e au ^ ac ^ eur sexuel atteint sa valeur maxima au niveau de la base
e 1 article, en sorte que la crête tergale dessine une courbe nettement
^métrique. Ce sous-groupe comprend les espèces : monlicola, explanatus,
Vl °laceus, expansus , haasi et nicklesi ;
} 1111 sous-groupe oriental (fig. 13), dont l’aire de répartition occupe les
"S 10 "» du Midi de la France situées à l'est du Rhône, ainsi que la Corse,
j .1 U| s’étend presque certainement au nord-ouest de l’Italie et à la Sar-
ai gne (l). L a sensibilité des uropodes mâles au facteur sexuel est faible,
VlQ . 13.
Carte do répartition dos espèces de Porcellio appartenant nu groupe monlicola
et au sous-groupe oriental.
est S ° r ^ e < l ue différence de longueur entre les uropodes mâles et femelles
Peu marquée. La sensibilité du carpos du péréiopode VII mâle au facteur
el atteint sa valeur maxima au milieu de l’article, en sorte que la crête
les^ 1 G t * ess ' ne une cour ^ e régulière et symétrique. Ce sous-groupe comprend
espèces orarum et spinipennis.
a place de spinicornis, espèce expansive dont le centre d’origine demeure
Cer tain (voir p. 139), ne peut être fixée pour l’instant.
y statique du groupe monlicola.
a 8 ^ s ^ ma ti ( iue de ce groupe est d’une extrême difficulté, car les espèces
^ e composent sont extrêmement voisines les unes des autres et présentent
as pect très uniforme. Elles ne diffèrent la plupart du temps que par des
sous-espèce expansive, P. spinipennis monlanun, a envahi secondairement les
°ccidentale8, le Jura, l’Allemagne occidentale et la Bohême (fig. 3(1).
Source : MNHN, Paris
118
A. VA ND Kl,
caractères sujets à la croissance allométrique, en sorte que les jeunes d'une
espèce ressemblent aux adultes d'une autre. Dans ce groupe, plus que dan»
lotit autre, le recours aux caractères tègumentaires et sexuels est indispen¬
sable pour distinguer les espèces les unes des autres. Afin de faciliter la recon¬
naissance des espèces de ce groupe, nous donnons un tableau de détermi¬
nation comprenant les espèces qu’il nous a été donné d’examiner.
TABLEAU DE DÉTERMINATION DES ESPÈCES DE PORCELLIO
APPARTENANT AU GROUPE MONT1COLA
(Per. VII = septième péréiopode mâle. -
- PI. 1 =
= premier pléopode mâle)
A. Rapport du péréionite IV compris entre 0,35 et 0,65.B.
i péréionite IV compris entre 0,75 et 1,55.
Rapport -
R. I leurepimères étroits, non étalés ; néopleurons courts et larges montieol3'
I leurcpimères larges, étalés ; néopleurons longs et étroits. . . explanatUS-
C. Coloration contrastée : péréion plus ou moins taché de jaune ; tête et pléon
noirs. ...... . spinicornis-
Coloration brune, grise ou noire, sans contraste marqué entre les différentes
parties du corps.P.
D. Per. VU : arête tergale du earpos renflée à sa base seulement. . . . . F-
I er. VII : arête tergale du earpos régulièrement arquée, la plus grande large ur
correspondant au milieu de l’article.H-
E. Endopodite des uropodes dépassant l’extrémité du telson. . . violaceUS-
Endopodite des uropodes de longueur égale ou inférieure à celle du telson-
Lobes frontaux latéraux très grands.F-
F. Lobe frontal médian arrondi.haasi-
Lobe frontal médian rectangulaire.G-
G. Dent de l’article 3 de l'antenne, large.expansus-
Dent de l’article 3 de l’antenne, étroite. nicklesi-
Lobe frontal médian bien développé, réuni aux lobes latéraux par des angle*
aigus. Pleurépimôres larges, étalés. Extrémité de l’endopodite de PI- 1
tronquée transversalement. Dent de l’article 3 de l’antenne longue et forte
(réduite dans la sous-espèce montanus) .spinipenni*-
Lobe frontal médian généralement réduit (assez développé chez f
II
lobes latéri
des
plaires de grande taille) __ __ j _
courbes arrondies (qui peuvent devenir anguleuses chez les exemplaires <* c
grande taille). Pleurépimères plus étroits que ceux d espinipermis, tombant
obliquement. Extrémité de l’endopodite de PI. 1 conique. Dent de l'article"
I antenne allongée, mais beaucoup moins longue que celle de spinipef >ntl
fait normale dan* certaines races (telle que gallnprnvincinlis)- •
. orarutit'
et tout à fait normale dans e
Porcellio monticola Lereboullet 1853.
Synonymie.
La plus grande confusion régnait jusqu'à présent au sujet de cette espê ce
qui n'a pas été généralement distinguée clairement des espèces voisin®»
du même groupe. C’est ainsi que Dolli us (1899, p. 188) donne une longi"’
lisle de stations de P. rnonlicola ; or, seule, lu première fMolsheim) est exact®'
Source : MNHN, Paris
GENRE « RORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 11»
u tes les autres se rapportent à d’autres espèces. D'autre part, ce que nous
*® v ° ns de la répartition géographique de P. monlicola (voir p. 122) permet
0 fllrmer que les formes récoltées en Italie, et désignées sous le nom de
°nlicola, n’appartiennent certainement pas à cette espèce ; elles s’appa-
®Otent probablement aux espèces du sud-est de la France : P. orarum et
s P‘nip en nis.
description donnée par Lekeboullet (1853, p. 57) et les figures de
Source : MNHN, Paris
12n
A. VAN'DKI.
son mémoire sont iisuflisantes pour recoflûaltre l’espèce en toute certitude.
Mais las typas conservés au Musée de Strasbourg ont été examinés par
LUiil qui en a donné une description succincte, mais exacte, accompagnée
de trois bonnes figures (Dahl, 1916, pp. 54 et 61 ; 6g. 89-91),
Il convient néanmoins de donner une description détaillée de cette espèce,
car une telle description fait jusqu'ici défaut. J'ai disposé à cet égard d'un
ma enel considérable, car l’espèce est extrêmement commune en France,
.ette description se rapporte à la forme normale. Nous signalerons plus
loin les variations que présente cette espèce.
Description de P. monlicola monlicola.
Longue,,,-. Comprise généralement entre 12 et 16 mm. Dans le midi
de la France, certains exemplaires atteignent 18 x 8 mm.
Coloration. - Elle varie suivant l’âge et le sexe. Dichrolsme sexuel géné-
râlement très net.
Femelle : tête foncée, noirâtre ou grisâtre ; corps brun ou jaune, parcouru
par une bande médiane et deux bandes latérales foncées ; ces dernières
présentent une tache blanche allongée, au niveau de chaque segment;
es pleurep,mères sont plus clairs ; le pléon est sombre. Les pléopodes sont
légèrement pigmentés.
Mâle : la coloration est nettement plus foncée que celle de la femelle ;
i en résulte que les bandes sombres ressortent moins nettement. Les mâles
de grande taille sont d’une teinte très foncée qui s’étend également à la
face ventrale du corps.
Jeune : coloration claire, semblable dans les deux sexes.
Caractères légumentaires.
a) Carapace recouverte d’écailies Ma apparente en ellipse ou en cercle,
complets ou incomplets (fig. 14 A).
b) Soies-écailles de petite taille ; l’écaille a la forme d’une flèche (Fig 14 B).
c) Granulations faibles et plates, s’étendant jusque sur les pleurépimère*
d Champs glandulaires (Fig. 14 C) ovoïdes, cerclés, nettement détachés
de la marge, comprenant de 13-20 (I) à 8-9 (VII) pores. Champs glandulaires
situés (sauf celui de I) non loin du quart antérieur du segment. Le rapport^
est égal en moyenne à 0,71-0,72 (Tableau II).
e) Noduli latérales peu éloignés de la marge. Le rapport ~ du péréionite H
est égal à 0,35-0,45 (exceptionnellement à 0,50) (Tableau II). La valeur
de ce rapport, la plus basse que l’on connaisse dans ce groupe d’espèces,
constitue l'un des meilleurs critères spécifiques de monlicola. I
Céphalon (Fig. 14 D). Un lobe médian nettement individualisé, en arc
de cercle régulier, raccordé aux lobes latéraux par des angles obtus et arrondis
(rarement droits). Lobes latéraux médiocres, dépassant un peu le lobe
Source : MNHN, Paris
GENRE « PüROKI.f.I
ÉVOLUTION ET .SYSTÉMATIQUE
médian, divergeant vers l’extérieur. Un tubercule assez faible, inséré vers
e bas du front.
— Bord postérieur des premiers péréionites faiblement sinué
•n 14 Processus angulaires de Il-IV non saillants (Fig. 14 C) (faiblement
31 ants chez les exemplaires de grande taille). Pleurépimères peu étalés,
°mbant obliquement vers la face ventrale.
T'elson (Fig. 14 E). — Pointe du telson bien individualisée, courte, large
Sa base, eoneave sur sa face tergale.
Antenne. Articles 2,3 et 4 carénés. Dents des articles 2 et 4 très courtes ;
Pn t de l’article 3 courte. Premier article du flagelle plus long que le second.
Maxillute. — Le lobe externe porte à son extrémité : 4 dents colorées
! Mandes et 1 petite) ; 4 dents hyalines, profondément bifides ; 2 dents
yalines simples ; 1 tige hyaline.
I ro Pocles (Fig. 14 E). — Bord postérieur du basis oblique. Endopodite
dépassant le telson, terminé en un renflement en massue garni de soies.
’ ,es cara ctères avaient été déjà signalés par Lerebout.let et Dahl.
Caractères sexuels mâles.
cle*^ f >rem ‘ ers péréiopodes. — Premiers péréiopodes présentant des brosses
f 0 S0, . eB sur 1° méros et le carpos. La brosse du carpos est particulièrement
ar '." t n "'. .1-1 le est constituée de soies-écaillcs en forme de cuiller, garnies d’une
ont 8 ^' RS brosses des deuxième et troisième paires de péréiopodes
une constitution analogue à celle de la première paire, mais sont moins
fournies.
j Septième pêréiopode (Fig. 14 F). - Basis garni d’une touffe de soies
ga . 0n ail gle sterno-distal. Ischion élargi à son extrémité distale, creusé sur
8a| 9Ce rns *' ra * e d’une dépression garnie d’écailles piliformes dirigées transver-
fuient (cette fossette pilifère fait défaut chez la femelle) ; une brosse de
’ les fl la base de l’arête sternale. Méros présentant à sa base un talon bien
{ |j dr< l u6 - Carpos régulièrement arqué du côté tergal, non élargi à son extrémité
,. La touffe
,s chion
c ) Pri
de poils du basis et la brosse de soies de l’arête sternale de
sont caractéristiques de cette espèce.
egL ' e >nier pléopode. Exopodite (Fig. 14 G) pigmenté ; le lobe interne
bien développé, triangulaire, fortement saillant chez les individus de
r| e taille, chez lesquels il atteint l’extrémité de l’apophyse génitale.
Pa PP°rt de la hauteur à la largeur (rapport -r-) varie entre 0,88 et 0,90 ;
il '
on moyenne de 0,93.
et°P 0f lite (Fig. 14 H) à extrémité conique, garnie d’une rangée d’épines
l () „ üne bouffe de poils très fins. Ces poils, beaucoup plus fins que les sperma-
l des, sont caractéristiques des espèces du groupe monlicola.
Source : MNHN, Paris
122
l. VANDEl,
Affinités.
Cette espèce se rattache étroitement à P. exptaniilus Coll. L’ut.tribution
des exemplaires immatures et de petite taille à l’une ou l’autre espèce es 1
extrêmement délicate.
Répartition géographique.
La carte de répartition de cette espèce (Fig. 15) établit clairement que :
a) Cette espèce n’a certainement pas une origine atlantique. Il est, en
elTet, remarquable de constater qu’elle n’a été récoltée dans aucun des dépar-
tements français qui bordent l’Atlantique et la Manche (1). Sa limite occi¬
dentale est marquée par les villes de Châteauroux, Blois et Alençon.
h) Cette espèce n'a certainement pas non plus une origine alpine, car
elle fait défaut dans tout le sud-est de la France. Ou, plus exactement,
on ne connaît que quelques stations de cette espèce à l’est, du Rhône :
Mont-Ventoux (Vaucluse) et Grimaud (Var). Le sud-est de la France est
la patrie de deux autres espèces du groupe, où, écologiquement, elles
jouent le même rôle que monlirola à l’ouest du Rhône ; ce sont spinipennis
et orarum. C’est la raison pour laquelle on peut affirmer que les Porcelli 0
récoltés en Italie et signalés sous le nom de monticola n’appartiennent, pas, en
fait, à cette espèce.
r.) Cette espèce est certainement originaire de la moitié orientale des P gê¬
nées. C’est dans cette région qu’elle est le plus commune ; elle devient de
plus en plus rare à mesure que l'on s’en éloigne. P. monlirola est représentât
dans la chaîne pyrénéenne, par plusieurs sous-espèces que nous décrirons
plus loin. Ce fait implique que l’espèce est installée de longue date dans ces
montagnes.
Son centre de répartition originel comprend les deux versants de la chaîne-
C’est ce que prouve l’aire de distribution de la sous-espèce pyrenaeus (Fig. !-■
15 et 18), et plus encore la répartition de la sous-espèce silveslrii (Fig- 1*
et 15), qui comprend non seulement le revers méridional des Pyrénées
orientales, mais encore toute la chaîne catalane.
d) P. monlirola représente une espèce expansive. Son aire de répartit* 0 ®
s'est étendue bien au delà des limites de son habitat originel. Elle a colonisé
secondairement, et, probablement de façon récente, une grande partie de
la France (Fig. 15). Seuls, l'ouest, le nord et le sud-est du pays n’ont p aS
été atteints par cette espèce. Elle a tout d’abord envahi le bassin d’Aq oi '
faine et le Languedoc où elle est fort commune. Au nord, elle a att°' n *
le bassin de Paris ; ses limiter septentrionales sont : Lyons-Ia-Forêt (Eur«*)
et Compiègne (Oise). A l’est, elle a gagné le Jura et les régions rhénan® 9-
Sa limite orientale paraît être le Palatinat et la Forêt Noire. En Allomagn e <
P. monlirola représente donc typiquement une espèce « occidentale »•
(1 ) Snuf Ica Basses-Pyrénées et l’Eure, et encore les deux stations signalées dans ces déP ar
tements (Iicscun et Lyons-la-Forét) sont-elles éloignés* de la côte.
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO .. ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
123
Les variations de P. monlicola.
Les variations de P. monlicola sont extrêmement étendues. Nous avons
Source : MNHN, Paris
121
VANDEI
il se doit d’établir un système hiérarchisé pour les y classer. C’est dans ce
but que je me servirai des unités systématiques définies plus haut sous les
noms de « formes » et de « sous-espèces ».
Les « formes » de P. monlicola.
La description de P. monlicola, telle qu’elle a été donnée dans les lignes
précédentes, correspond au type moyen, de beaucoup le plus répandu. H
présente cependant des variations que je désigne sous le nom de « formes»,
en ce sens qu’elles sont réunies au type par une série continue d’intermé¬
diaires.
« Forme lugubris. »
C. L. Koch (1839) a créé une espèce de Porcellio qu’il nomme lugubris
et dont le type provient des « Donaugegenden ». Ce Porcellio a été généra¬
lement maintenu, en tant qu'espèce, par les isopodologues ultérieurs, encore
qu'il ait été souvent mal interprété. C’est ainsi que Verhoeff (1907, 1910,
1938 b) a interverti les deux formes lugubris et monlicola. La meilleure
description que nous possédions de cette forme est due à Budde-LuND
(1885, p. 120).
Si j’en juge par les exemplaires de l’est de la France que j’ai examinés,
en particulier ceux qui proviennent de la forêt de Haye, près de Nancy,
et qui paraissent bien appartenir au même type que les lugubris d’Allemagne
occidentale, 1’ « espèce » de Koch ne serait qu’une « forme » réduite de P-
monlicola, propre aux régions orientales de la France et à l’Allemagne occi¬
dentale.
La « forme » lugubris ne diffère de monlicola que par la taille réduite
(9-11 mm.), le corps moins large, les plcurépimères plus étroits, les granu¬
lations plus faibles, les lobes frontaux plus petits. Toutes ces différences
sont exclusivement d'ordre quantitatif, et intéressent des caractères sujet*
à la croissance allométrique.
Les caractères sexuels sont identiques chez lugubris el chez monlicola, ce q ul
interdit de les séparer spécifiquement et même sub-spécifiquement.
Le tableau des valeurs numériques relatives aux caractères tégumentaires
•Tableau II) fournit des chiffres tout à fait comparables à ceux de monlicnl°-
« Forme meridionalis. »
Je désigne sous le nom de « forme meridionalis » des exemplaires recueil* 19
dans le midi de la France : à Moux (Aude), à Villeneuve-des-Monts (Py r ^*
nées-Orientales) et à Olargues (Hérault).
Ils diffèrent du type par leur grande taille (18 mm. sans les uropodes),
les granulations fortes et bien apparentes, les lobes frontaux médian ,- t
latéraux séparés par des angles bien marqués, les dents des articles 2 et 3
de l’antenne longues et fortes, les exopodites des uropodes mâles netternC***'
plus longs et plus larges (pie ceux des femelles, spatuliformes (Fig. 1<»
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
jf ren flement carpicn du péréiopode VII mâle mieux marqué (Fig. 16 B),
exopodite du premier pléopode mâle pourvu d’un lobe interne long et aigu
(••apport !l.= 0,935) (Fig. 16 C).
Tontes ces différences sont relatives à des caractères sujets à la croissance
ométrique, dont le développement est corrélatif de la grande taille des
•ndividus appartenant à cette « forme ». Par contre, les caractères essentiels
Monlicola restent inchangés : les pleurépimères sont peu développés ;
Fig. 16. — P. monticola « forme meridionalis » n., mâle. — A, telson et uropodes.
B, septième péréiopode. — C, exopodlte du premier pléopode.
a pointe du telson est courte, triangulaire, largement dépassée par les cndo-
Podites des uropodes (Fig. 16 A). Ces caractères permettent de distinguer
ai8 ément P. monlicola meridionalis de P. explanalus.
tableau des valeurs numériques relatives aux caractères tégumentaires
' a oleau II) fournit des chiffres légèrement différents de ceux de monlicola ;
es valeurs du rapport — sont un peu plus élevées,
c
Les sous-espèces de P. monlicola.
D autres variations de P. monlicola ne sauraient être tenues pour de simples
ormes », car elles dilTèrent du type par leur morphologie et leur répartition
, graphique. Nous en faisons des sous-espèces ; nous en reconnaissons
ls qui peuvent être distinguées grâce au tableau suivant :
Source : MNHN, Paris
12»
A. VANDEL
TABLEAU UE DÉTERMINATION UES SOUS-ESPÈCES
UE P. M0NT1C0LA
A. Pointe «lu telson courte et large.
Pointe du telson longue et étroite.
Fi(i. 17. — monticola pyrrnarm Dollfus. — A, céphalon et premier péréionitc.
B, telson et uropodes. — C, septième péréiopode mâle.
B. Lobe frontal médian triangulaire. Pointes postérieures des premiers pieu 1 **
pimères étroites et recourbées vers l’arrière.pyrenae u5
Lobe frontal médian arrondi. Pointes postérieures des premiers pleuré"
pimères larges et étalées. montlCOl® -
C. Caractères sexuels mâles du péréiopode VII très accusés. . . . alticol®'
Caractères sexuels mâlès du péréiopode VII faiblement accusés. . sllvestrfi-
P. monlicola pyrenaeus Dollfus 1892.
Cette forme a été établie par Dollfus, en 1892, sous le nom de Porcell
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
127
VUrenaeus. Verhoeff (1907) en a également donné une description (1).
e donne une courte description de cette sous-espèce :
Longueur : 10-12 mm.
^ Coloration vive et variée ; sur un fond brun, gris ou rougeâtre, se détachent
nombreuses taches fauves et jaunes ; les pleurépimères et les néopleurons
s °nt fréquemment tachés de jaune.
* ; ‘blea a !‘* U . n travaU ultérieur, Verhoeff (1038 6, p. 118) comprend P. pyrenaeut, dans un
c t , 3oc ” | détermination ; mais dis confusions et des erreurs certaines se sont glissées dans
l^lste °" i, raémoire ' k’isopodologuc allemand indique, en effet, pour pyrenaeus que la « Stirn-
dévpio'"''*,' 1 einem Mittellappen erweitort ist », alors que le lobe frontal médian est bien
('"•'d «ÜTi P ' ,u ^ re l lurt ' il classe cette espèce dans le sous-genre Mesoporcellio. en dépit du
j. . . du premier tergite fortement sinué.
Plair Pl "" i6, ° description de Verhoeff, qui date de 1007 et qui se fonde sur des escm-
t,.«'‘•cueillis par le t» r Ribaut dans la haute vallée du Maudan. est, au contraire, parfai-
li ai)( j °*acte. Il caractérise cette espèce de la façon suivante : « Mlttlerer Kopfluppen vor-
te^i a bgorundet-dreicckig, ... 1. Segment am Hinterrande stark avisgehuchtet, die Hin-
<l Ulla dor Epimeren stark nach binten vortretend. » Il classe, d’autre part, cette espèce
<■ sous-genre Kuporcellio.
Source : MNHN, Paris
128
A. VANDEL
Caractères légumenlaires.
a) Granulations plates, peu saillantes, surtout visibles sur la tête et les
premiers péréionites.
b) Pores glandulaires peu nombreux (Tableau II).
c) Valeurs du rapport — voisines de celles de monlicola, mais un peu
plus élevées (Tableau II).
Céphalon (Fig. 17 A). - Lobe médian triangulaire, nettement plus saillant
que celui de monlicola. Lobes latéraux coupés obliquement vers l’extérieur.
Angles séparant les lobes latéraux du lobe médian beaucoup mieux marqués
que chez monlicola. Sur le front, un gros tubercule mousse.
Péréionites (Fig. 17 A). - - Pleurépimères I à pointe postérieure nettement
détachée et dirigée vers l’arrière.
Telson (Fig. 17 B). — Pointe plus courte et plus large que celle de monlicola-
Caractères sexuels mâles.
a) Péréiopode VII (Fig. 17 C). Carpos court, à bord tergal dessinant une
carène nettement plus saillante et bombée que celle de monlicola. Cette
disposition confirme la règle énoncée plus haut (p. 96), à savoir que les
caractères sexuels mâles sont toujours plus développés chez les formes de
montagne que chez celles de plaine.
b) Pléopode 1. Il ne diffère en rien d’essentiel de celui de monlicola.
Répartition géographique (Fig. 12, 15 et 18).
La répartition de cette espèce est connue grâce aux informations de
DoLLFua (1892 b, 1899), d’ARCANGELi (1925 b), de Gadeau de KervillU
(1932) et de Vandel (1940). La carte ci-jointe (Fig. 18) indique toutes les
stations de cette sous-espèce connues jusqu’à ce jour.
La sous-espèce pyrenaeus est propre à une région limitée des Pyrénées
centrales, comprenant les vallées de la Garonne et de la Pique, sur le versant
français, les vallées de l’Esera et de la Noguera Kibagorzana, sur le versant
espagnol.
Écologie.
Cette sous-espèce représente une race montagnarde qui se rencontre
entre 900 et 2.200 m. d’altitude.
Fait remarquable, mais que l’on retrouve pour d'autres espèces monta"
gnardes, telles qu'Armadillidium piclum Br., cette espèce peuple deu*
biotopes très différents :
a) les forêts de sapins, où on la rencontre dans les mousses, les feuill eS
mortes, mais surtout sous les écorces des souches des sapins coupés. C’ eS ^
dans ce biotope qu'elle abonde dans les grandes forêts des environs de LU"
chou : forêts de Superbagnères, de Sajust, de Sésartigues ;
b) les prairies de montagne, au-dessus de la limite des forêts, sous I eS
pierres. C’est ainsi qu’elle est commune au pas de Couret, dans le haU^
Source : MNHN, Paris
GENRE » PORCEJLLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 129
?. U d’Esquierry (commune d’Oô), ou encore dans la haute vallée du
u dan, au pied du pic de Crabère (commune de Melies).
P. monlicola allicola Vandel 1940.
Ea description détaillée de cette sous-espèce, qui avait été signalée dans
, eux Savaux précédents (Vandel, 1940, 1941 a), n’avait pas encore été
Q ée. En voici les caractéristiques :
longueur : semblable à celle de monlicola.
oloration foncée, souvent noire. Pleurépiinères et néopleurons générale-
de couleur fauve, dessinant une bande claire, tout autour du corps ;
remarque cependant fréquemment des taches foncées sur les pleuré-
eres IV, V et VI. Les uropodes peuvent être fauves, de même que la
base des antennes.
Caractères légumenlaires (Tableau II) : très semblables à ceux de monlicola.
^t empilai 0 /} (Fig. 19 A). - Lobe médian arrondi; lobes latéraux larges,
-, , su r les côtés, très peu saillants vers l’ava'nt. Angles séparant le lobe
lan des lobes latéraux mieux marqués que chez monlicola.
****OlM» uu Muaiuii, Zoologie, t. III. a
Source : MNHN, Paris
A. VANUHL
130
Péréioniles : analogues à ceux de nwnlicula ; pleurépimères étroits, non
étalés.
PlÈoniles : néopleurons courts, analogues à ceux de monlicola.
Telson (Fig. 19 B) : pointe longue et étroite, nettement différente de celle
de monlicola et rappelant celle d’ explanatus.
Caractères sexuels mâles.
a) Péréiopode Vil (Fig. 19 C) : hautement différencié, même chez I e8
petits mâles de 9 mm. La haute différenciation du péréiopode VII mâle
est caractéristique des formes de montagne (p. 96).
L’ischion est tordu et gauchi ; son bord sternal est fortement concave!
il est occupé, dans sa portion basilaire, par une forte brosse de soies. L’i 8 '
chion est creusé, sur sa face rostrale, d’une dépression garnie d’écaill® 8
piliformes. Méros à bord tergal légèrement bossue ; à la base de l’article,
et sur la face rostrale, une plage d’écailles piliformes. Carpos court ; crête
tergale dessinant une large saillie au niveau de la moitié basilaire de I article.
b) Pléopode 1 (Fig. 19 D) : lobe interne de l’exopodite formant une pointe
aiguë et saillante, «apport j assez variable : 0,70-0,81-0,85-0,97.
Affinités.
Cette sous-espèce est nettement distincte de monlicola monlicola. I >ar
contre, elle parait très voisine de monlicola pgrenaeus, dont elle représente
une race vicariante. La forme de son telson la rapproche d 'expianains dont
elle diffère par ses pleurépirnères étroits, non étalés, et scs néopleurons courte-
Répartition (Fig. 12 et 15).
Cette espèce est localisée dans la portion la plus orientale de la chaîne
pyrénéenne. Voici les stations connues de cette espèce :
Bords du lac d’En Beys, commune d’Orlu (Ariège) ; à la limite des Py 1 ’^'
nées ariégeoises et des Pyrénées orientales.
Au pied du pic de Carlitte, commune d’Angoustrine (Pyrénées-Orientale®) -
Haute vallée de lu Têt, aux envirous de l’étang de la Llose, commun®
d’Angoustrine (Pyrénées-Orientales).
Massif du Canigou, commune de Taurinya (Pyrénées-Orientales).
Cueva Fora Fosca ; termino municipal de Tabcrtet ; partido de Vick*
provincia de Barcelona (Espagne) (Collection du Musée de Barcelone)-
Écologie.
Cette sous-espèce peut être qualifiée, non seulement de montagnard
mais encore d’alpine. C’est, en ellet, parmi les Isopodes européens, I’ ,,n<!
des formes qui atteint les altitudes les plus élevées. On la récolte flnt 1- ®
1.900 et 2.600 m. d’altitude. Elle vit sous les pierres, dans les prairies d®
montagne, et atteint la région où les névés persistent jusqu’au milieu d®
l’été.
Source : MNHM, Paris
GENRE . PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 131
P. monlicola silveslrii Arcangeli 1924.
J ai trouvé dans les collections du Musée de Barcelone plusieurs exem-
P aires d’un Porcellio dont la morphologie correspond très exactement à
~~ P- monlicola Hlvestrii Arc., mâle. — A, tclson et uropodes. — B, péréiopode VII.
C, exopodite de la première paire de pléopodes.
la h
^ ‘description que donne Arcangeli (1924) de P. silveslrii. Son examen
(lér In0n ^ r ^ 9 ue ce Porcellio est très voisin de monlicola ; on doit le consi-
er comme une sous-espèce de monlicola.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
Pour ce qui est de la morphologie de cette sous-espèce, je renvoie le lec¬
teur à la description (I’Arcanueli. Je me borne à formuler les remarques
suivantes :
a) Les pleurépimères de silueslrii sont étroits comme ceux de moniicola,
et non étalés comme ceux à'explanatus. Les néopleurons sont également
du type moniicola.
b) Le sillon tergal, qu’ARCANGELi considère comme une des meilleures
caractéristiques de cette forme, correspond à la limite du protergite et du
métatergitc ; elle est marquée ici par un sillon très profond ; de plus, 1®
protergite est particulièrement large, et c’est la raison pour laquelle son
bord postérieur devient très apparent.
c) La pointe du telson est longue et étroite (Fig. 20 A) ; par ce caractère,
silueslrii se rapproche de moniicola allicola et s’éloigne de moniicola moniicola-
d) Les valeurs numériques relatives aux caractères tégumentaires sont
comparables è celles de moniicola. Le rapport — du tergite IV est égal à 0,40.
e) La différenciation du péréiopode VII mâle est faible, comme il est de
règle chez les formes de basse altitude (p. 96). Même chez les mâles de grande
taille (16 mm.), le bord sternal de l’ischion est droit et le carpos est à peine
renflé (Fig. 20 B). Par là silueslrii se distingue nettement d 'allicola.
I) Le lobe interne de l’exopodite du pléopode I mâle est long et pointu
(Fig. 20 C).
Répartition (Fig. 12).
Arcangem (1924, 1925 b) a signalé plusieurs stations de cette sous-espèce
qui paraît propre à la Catalogne (provinces de Barcelone et de Tarragone)-
La Collection du Musée de Barcelone renferme six exemplaires de cette
sous-espèce qui ont été récoltés dans les stations suivantes :
1) Cueva del Toll, termine municipal de Moyà, partido de Vich, provin®
de Barcelona.
2) Termine municipal de Rubi, partido et provincia de Barcelona.
3) Sima del Gros, termino municipal de Begas, partido et provincia de
Barcelona.
4) Sima de la Fotx, termino municipal de Tivisa (dans la sierra de Bal»'
guer), partido de Falset, provincia de Tarragona.
Enfin, les collections de Biospeologica renferment deux exemplaires d u®
Porcellio qui semble appartenir à la même sous-espèce, encore que la statiO"
où ils ont été récoltés soit fort éloignée des précédentes :
Forât de la Bou (Jeannel et Racovitza, 1912, p. 574), termino niun 1 '
cipal de Serradell, partido de Tremp, provincia de Lerida. Biosp. No 446-
Porcellio explanatatus Collinge 1915
(Porcellio lugubris subsp. Duboscqui Paulian de Félice 1941). ^
Cette espèce a été décrite sommairement par Collinge (1915) et P® 1
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 133
Julian de Félice (1941) ; mais il convient «l’en reprendre la description,
ln de Pharmoniser avec celles des autres espèces.
Longueur. — Les femelles ovigères atteignènt une grande taille. Le plus
e r and exemplaire examiné mesure 21 X 11 mm.
Source : MNHN, Paris
134
A. VANDEL
b) Valeurs numériques relatives aux caractères tégumentaires (Tableau III)
voisines de celles de monlicola.
Céphalon (Fig. 21 A) : lobe médian grand, trapézoïdal ; lobes latéraux
grands et saillants. Ces caractères n’apparaissent que chez les individus
de grande taille ; le céphalon des individus de petite et moyenne taille est
très semblable à celui de monlicola.
Antennes. — Dents antcnnaires courtes.
Corps : large ; pleurépimères grands, étalés, ceux du premier péréionite
relevés vers le haut. Bord postérieur du premier péréionite faiblement sinué
(Fig. 21 A). Néopleurons longs et étroits (Fig. 21 B).
Le grand développement pris par les pleurépimères et les néopleurons
constitue la meilleure caractéristique de l’espèce, le critère le plus sûr pour
distinguer P. e.rplanalus de P. monlicola.
Telson (Fig. 21 B). — Pointe très allongée, effilée, dépassant nettement
les endopodites des uropodes ; sa face supérieure est concave.
L’allongement de la pointe telsonique est caractéristique de l’espèce ;
il convient cependant de remarquer qu’une forme analogue du telson so
retrouve également dans deux sous-espèces de monlicola : allicola et silveslrii-
Caractères sexuels mâles.
a) Pérèiopode VU (Fig. 21 C) : ischion à bord sternal concave, portant
a sa base une touffe de poils ; une fossette garnie (J’écail)es piliformes sur sa
face rostrale. Méros portant en son milieu une petite plage d'écailles pii'*
formes. Carpos modérément, renflé, h bord tergal sinusoïdal.
b) Pléopode 1 (Fig. 21 D) : lobe interne long, pointu à son extrémité. Rap¬
port y = 0,93.
c) Uropodes : exopodites gladiolés.
Affinités. -Cette espèce est très voisine de monlicola. La distinction des
jeunes des deux espèces est souvent délicate.
Les variations de P. explanalus.
P. explanalus présente des variations étendues, mais dans lesquelles on
ne saurait cependant reconnaître des sous-espèces, mais seulement des
« formes », ce terme étant pris dans le sens qui a été défini plus haut (p. 98)-
Nous distinguerons trois « formes » que l’on peut séparer de la façon suivante :
TABLEAU DE DÉTERMINATION DES « FORMES »
DF. P. EX PLAN AT U S
A. Pointe du toison très longue et très étroite, dépassant, les endopodites de*
uropodes. Couleur gris de fer.explanatUS.
Pointe du telson moins longue et moins étroite: sa longueur est égale 011
inférieure à celle des endopodites des uropodes. r . !*•
B. Coloration normale; taille moyenne (égale ou inférieure à 15 mm.); l<d' eS
frontaux latéraux larges et. courts : uropodes mâles courts. . catalaunic* -
Source : MNHM, Paris
GENRE « POROELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
Décoloration plus ou moins accusée ; généralement une bande claire entou¬
rant le corps ; grande taille (jusqu'à 21 mm.) i lobes frontaux latéraux
longs et étroit* : uropodes du mâle longs ot gladiolés. . . . troglophila.
Forme type.
Elle correspond à la description qui a été donnée plus haut.
Répartition (Fig. 12) : La forme type parait localisée dans le massif des
■bères qui constitue le chaînon le plus oriental des Pyrénées : Banyuls-
Sur -Mer, Collioure, Argelès (la Massane), Sorède.
Pio. 22. — P. explanatux Coll., « forme calalaunica ». — A, céphalon et
premier péréionite. — B, toison et uropodes.
« Forme » calalaunica.
Cette forme a été signalée sous le nom de monlicola, par Budde-Lund
J ^85, p. La Preste »), Dollfus (1899, p. 188) (« La Preste, Amélie »)
e Racovitza (1908, p. 375) (« Arles-sur-Tech »).
Cette forme, réduite par rapport au type, en diffère par les caractères
8u >Vantg :
1) La taille ne dépasse pas 15 mm.
^ ' La coloration est rarement d’un gris uniforme ; les plourépimôres et les
°pleurons sont généralement clairs ; les zones de linéoles sont bien appe¬
ls ! parfois, un trait hlane à la limite du feraito et du pleurépimère.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEI.
13(1
3) Les lobes frontaux sont moins développés que ceux de la forme type
et rappellent beaucoup ceux de monlicolu (Fig. 22 A).
4) Le corps est large et aplati ; les pleurépimères sont étalés comme dans la
forme type ; il s’agit donc bien d’une forme d ’explanalus et non de monlicola.
La sinuosité du bord postérieur du premier péréionite est faible.
5) La pointe du telson est un peu plus courte que celle de la forme typ e ’
elle est plus courte que les endopodites des uropodes (Fig. 22 B).
Répartition (Fig. 12) : Cette « forme » est surtout abondante dans la vaW e
du Tech (Amélie-les-Bains ; Arles-sur-Tech ; La Preste). Je l’ai récoltée éga¬
lement sur les bords de la Carença, affluent de la Têt.
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
« Forme » Iroglophila.
Cette forme de grande taille, et par conséquent à caractères dysharmoniques
r6s développés, diffère du type par les caractères suivants :
*) La taille est grande ; mais son maximum est de l’ordre de celui de la
f °rme type (21 mm.).
La tendance à la décoloration est très générale chez cette forme. Chez
5 exemplaires les plus colorés, la tête, les antennes, le pléon et les uropodes
*°nt noirs ; une large bande ocre ou fauve entoure tout le corps. Chez
p S In dividu8 plus décolorés, tout le corps prend une belle couleur orange, à
e xception de la tête, des antennes et du pléon qui restent gris noirâtre.
les
latéraux
Le lobe frontal médian est peu saillant, faiblement arqué ; les lobes
sont étroits et fortement saillants ; ils dépassent de beaucoup le
lobe médian (Fig. 23 A).
4) La pointe du toison ne dépasse pas les endopodites des uropodes ; c’est
lln caractère commun avec la forme calalaunica (Fig. 23 B).
b ) Les uropodes du mâle sont longs et gladiolés (Fig. 23 B).
b ) Les noduli des premiers segments sont fortement éloignés de la bordure
Marginale (Tableau III).
Répartition (Fig. 12) : Cette « forme » est troglophile. Elle se rencontre dans
«s grottes des Pyrénées orientales et des Corbières : Grotte de Lapradellc,
q . "’laurens (Aude), Grotte des Voleurs, à Caudiès-de-Fenouillet (Pyrénées-
dentales), Cova Bastera, à Villefranche-de-Conllent (Pyrénées-Orientales),
, de Las Balmcs, à Corsavy (Pyrénées-Orientales). Grotte de Can Pey,
Montferrer (Pyrénées-Orientales).
Porcellio spinicornis Say 1818.
S, Jn°nymie. P. pictus Brandt 1833.
P. melanocephalus Koch 1841.
P. mixlus Fitch 1855.
P. germanicus VerhoelT 1896.
De *criplio n .
Cette espèce étant bien connue, il est inutile d’en reprendre une description
ans le détail. Par contre, il convient de mettre en évidence les variations
^l* le Présente cette espèce. Si celles-ci sont faibles dans l’Europe moyenne,
‘ s atteignent, dans le midi de la France, une ampleur notable qui donne
l| x individus méridionaux un aspect parfois déroutant.
"ngueur : en moyenne 12-14 mm.; les femelles du midi de la France
ait( %nent 17 mm.
^nloration : très caractéristique ; tête et pléon noirs ; péréion taché de brun
plu ^ aunc v '^ ’ * es granulations sont souvent colorées. Pleurépimères, néo-
^‘ u rons, pointe du telson et base des uropodes de couleur claire. Pléopodes
couleur grisâtre ou noirâtre.
Certai
ins exemplaires du midi de la France présentent une coloration
Source : MNHN, Paris
A. VAXI1KI.
aberrante, en ce sens que le brun domine et tend à se substituer au jaune;
de plus, les pleurépimères sont pigmentés. Cependant, la tête et le pléon
restent noirs comme chez la forme normale.
Caractères légumenlaires.
a) Les granulations sont fortes, arrondies, très apparentes. Chez, les indi-
Fw- 34. P. ipinmmU .Sa y. — A, oépliulon et premier péréionito d’une femelle de grandi'
teille (17 mm. ; Montpellier). — fl, septième péréiopodo mâle en vue caudale._ C, iseliioP
du mémo appendice en vue rostrale.
vidus de grande taille, les granulations céphaliques de la rangée antérieure
deviennent spinescentes.
b) Les champs glandulaires se placent aux environs du quart antérieur
du segment. Le nombre de pores est moyen ou faible (Tableau IX).
c) La valeur du rapport ~ est élevée, environ le double de celle du rapp°$
— de P. tnonlicola (Tableau IV).
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
180
Céphalon. Le lobe médian est typiquement rectangulaire ; mais il
n< j’ c hez certains individus, à prendre une forme arrondie ; des exemplaires
o 1 un et l'autre type se rencontrent côte à côte dans la môme colonie. Les
"bes latéraux sont grands, étalés et forment un angle hien marqué avec le
. médian. Les lobes frontaux, caractères sujets à la croissance allomé-
r 'quc, acquièrent un développement considérable chez les individus fie grande
taiH" (Fig. 24 A),
Péréitu^ — Le bord postérieur du premier péréionite est fortement sinuoux
24 A).
î'e/son. — Pointe courte, mais bien individualisée.
^(iclères sexuels mâles.
a) Péréiopode VII (Fig. 24 B et G ) : Ischion légèrement incurvé du côté
ep nal ; une fossette d’écailles piliformes à l’extrémité distale de la face
r p s trale. Carpos régulièrement incurvé du côté tergal, en une crête qui apparaît
tueuse et gauchie lorsqu’on la regarde de face.
b) Pléopode 1 ; Exopodite : rapport ~ compris entre 0,81 ot 0,93.
I c ) Uropodes : Les exopodites du mâle sont un peu plus longs que ceux de
? femelle, ainsi que l’ont, déjà remarqué Lereboullet (1853. p. 53) et
Url (1908, p. 188; 1911, p. 53).
Affinités.
-■ette espèce se rapproche, par ses caractères sexuels, de P. manlicola,
Iria >8 elle en diffère par la valeur du rapport — qui est du double plus élevée,
p a
ar ses caractères tégumentaires, elle s’apparente à violaceus.
tyParlili 0n .
La répartition de cette espèce est extrêmement étendue. Son aire do dis-
r <butjon couvre la plus grande partie de l’Europe et do l’Amérique du Nord
'Jlsqu’en Californie, d’après Van Namp, 1940).
Lotte immense répartition est certainement secondaire et récente. Il n’y
guère do doute que dans do nombreux pays (Scandinavie, Pologne, Russie,
' aérique du Nord), sa dissémination soif le fait do l’homme,
l f '■ spinicornis représente donc une espèce expansive ; et, comme pour toutes
f j R os Pèces appartenant à cette catégorie biogéographique, le centre d’origine
. s Pinicornis est difficile à fixer avec précision. Cependant, quelques conclu-
S,ons intéressantes découlent de l’examen de sa répartition :
*) Cette espèce n’esl pas une espère allanlique. Elle fait, en effet, totalement
fa ut dans la péninsule ibérique. Elle est également absente dans le sud-
de la France, dans toutes los régions situées à l’ouest de la Garonne.
) Ce n’esl pas une / orme pyrénéenne ; on ne connaît, en effet, que quelques
a Cons de cette espèce dans les Pvrénées centrales, où elle est d’ailleurs
fort rare.
Source : MNHN, Paris
3) Ce n est pas une espèce méditerranéenne, comme l’a déjà reconnu Verhoeff
(19.38 a, p. 346). Encore qu'elle soit abondante dans certaines parties de la
région méditerranéenne, elle semble toujours faire défaut sur le littoral.
On sait, d'ailleurs, que, dans la péninsule italienne, cette espèce est canton¬
née dans les régions septentrionales du pays et ne semble pas dépasser la
latitude de Florence (Arcangeu, 1914 b, p. 474).
4) S’il est aisé de reconnaître certains éléments négatifs dans la répartition
de cette espèce, les données positives sont plus délicates à dégager. Il apparaît
néanmoins que l’on peut considérer que le centre d’origine de spinicorni*
correspond aux régions de moyennes montagnes calcaires de l’Europe occi¬
dentale. En France, les Causses et les collines calcaires qui encadrent la basse
vallée du Rhône semblent correspondre au milieu le plus favorable au déve¬
loppement de l'espèce ; on peut les considérer comme les régions susceptibles
d’être retenues comme centre d’origine de l’espèce.
Écologie : Cette espèce est essentiellement xérophile, ainsi que l’a déjà
soutenu Verhoekf (1917 a. p. 377 ; 19:38 a, p. 346) et que l’ont prouvé les
expériences de IIeroed (1913, pp. 513-515). C’est également une espèce
calcicole, particulièrement abondante dans les murs de pierre sèche ou les
éboulis calcaires. C’est la raison pour laquelle elle fait défaut ou est très rare
dans les régions à sol granitique, schisteux ou d’origine volcanique (c’est
le cas. en France, pour la Bretagne, le Massir Central et les Vosges). Cependant,
en Languedoc, cette espèce se rencontre fréquemment dans un biotope tout
différent : sous les écorces de Platane.
Porcellio violaceus Budde-Lund (1879) 1885.
Synonymie.
La synonymie de cette espèce est complexe et encore incertaine. Il parait
à peu près établi que P. violaceus Budde-Lund et P. succinctus Budde-Lun'l
sont synonymes, ainsi que l’avait déjà laissé entendre Budde-Lund lui-
même (1885, p. 304), et ainsi que l’a soutenu Arcangei.i (1924, p. 18). L e
terme de violaceus ayant été proposé en 1879 a la priorité sur sucrinclus
qui date de 188:> ; c’est donc le premier terme qui doit être conservé.
P. amoenus et /'. hispanus, décrits par Dollfus (1892), paraissent voisins
de violaceus. Seul, l’examen des types, ou tout au moins d’exemplaires pro¬
venant des localités originelles, permettra de porter un jugement sur In
validité de ces deux espèces.
Description de la forme type.
Encore que les caractères de cette espèce aient été donnés par Buddk-Lu" jP
(1885, pp. 117 et 304) et par Verhoeff (1938 à, p. 116), il convient de revenir
sur certains points de morphologie.
Cette espèce présente, comme monlicola, un polymorphisme étendu. L a
forme que je décris tout d’abord, et que je considère comme correspondant
Source : MNHN, Paris
genre . pokcellio .. évolution et systématique ni
a orme typique, est celle que je dois à l'obligeance de M. J. Mateu, etqui
°vient des environs d’Almeria. Nous décrirons plus loin les variantes obser-
88 ^ ans la structure de celte espèce.
° n gueur : 18 mm. sans les uropodes.
_ "liraiion : La plupart des individus observés présentent une teinte jau-
a re sur laquelle se détachent des plaques d’un brun violacé. De plus, les
ar <ielères tégumenlaires.
Q iteg ^ ranu ^ a ti° n8 fortes et spinescentes sur le vertex et les premiers péréio-
* a lio' ^ US ^ a '^* cs sor * a postérieure du corps. Quatre rangées de granu-
, os sur le péréionile I, deux rangées sur les péréionites II-VII. Une ligne
® ra,, ulations au milieu de chaque pléonite. De plus, une rangée de granu-
Source : MNHN, Paris
A. VANUEL
142
lalions ù 1 extrême bord postérieur de chaque péréionite et de chacun de®
pléonites 3-5. Quatre granulations à la base du pléotelson.
b) Champs glandulaires I et II situés très près de l’angle antérieur ; ceux
du péréionite III au quart antérieur; ceux des péréionites IV-VII au tiers
antérieur (Tableau IV).
c) Valeurs du rapport ^ élevées (Tableau IV).
Céphalon (Fig. 25 A). — Lobe médian largement arrondi, plus bas que I es
lobes latéraux qui sont grands et étalés vers l’extérieur. L’angle formé p ar
le lobe médian et les lobes latéraux est sujet à des variations étendues. I'
est obtus chez les petits individus, plus net et plus aigu dans les grands exem¬
plaires. Un petit tubercule è la base du front.
Péréion. — Bord postérieur du premier péréionite faiblement sinué (Fig-
25 A).
Telson (Fig. 25 B). — Pointe nettement détachée de la base, creusée à
sa face supérieure.
Antennes (Fig. 25 A). — Tous les articles fortement carénés ; dent de
l’article 3 grande et forte.
Uropodes (Fig. 25 B). — Endopodites des uropodes dépassant l’extrénUH
du telson. Bord postérieur du basis transversal.
Caractères sexuels mâles.
a) Péréiopode VU (Fig. 25 C) : Appendice tordu et gauchi. Ischion à bord
sternal concave et excavé ; une fossette garnie d'écailles piliformes sur I®
face rostrale. Méros bosselé et garni d’une brosse d’écailles piliformes sur son
bord tergal. Crête carpienne bien développée, renllée à la base de l’article-
concave ù sa partie distale, en sorte qu’elle affecte la forme d’une sinusoïde-
b) Pléopode 1 (Fig. 25 D) : Exopodite à lobe interne triangulaire, peu sail¬
lant. Les rapports A observés sont compris entre 0,72 et 0,84.
c) Uropodes. - Les exopodites des mâles de grande taille acquièrent une’
longueur notable.
Les variations de P. violaceus.
Les variations de cette espèce sont étendues ; mais elles ne paruissm'k
pas assez profondes pour justifier la création de sous-espèces ; ce sont d e
simples races locales. J’ai observé les suivantes :
Hace de la Sierra de la Sagra.
Elle se distingue du type pur :
1) une taille moindre : 12 mm. ;
2) une coloration très foncée qui envahit la face inférieure du corps <
seuls, les épimères sont peu pigmentés et dessinent une bonde claire autoU r
du corps ;
Source : MNHN, Paris
GENBE « POBCELLIO *. ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
143
à) les granulations faibles et plates ;
"I) la saillie du carpos du péréiopode VII mâle mieux marquée, quoique
toujours basilaire (Fig. 25 F).
Rave de la Sierra Nevada.
Elle se distingue du type par :
1) une taille moindre : 12 mm. ;
2) une coloration grise ou brune uniforme ;
3) des granulations fortes, très apparentes ; 6-12 granulations sur le telson
(au lieu de 4) ;
4) lobe interne de l’exopodite du premier pléopode mâle arrondi (Fig. 25 E).
Race du littoral méditerranéen français.
Cette forme a été décrite par Paulian ue Félice (1941) comme une espèce
uistincte qu’elle appelle banyulensis. On ne saurait, en fait, la considérer que
Co, nma une race locale de violaceus. Elle diffère du type par :
1) une taille moindre : 10-11 mm. ;
2) la coloration d’un gris violacé pâle, rarement plus foncée ;
■1) les granulations plus faibles et plus plates ;
4) le bord postérieur du basis des uropodes légèrement oblique.
Race de la Montagne d'Alaric, près de Moux [Aude).
1) Taille grande : mâle, 14 mm. ; femelle, 16 mm.
Coloration d’un noir fonce ou d’un gris aider. Le corps est ceinturé
u ne bande continue plus claire ; ce n'est que chez quelques mâles à pig¬
mentation très foncée que cetle bande s'efface à son tour. La face ventrale
C8 t pigmentée ; les plcopodcs sont de couleur noire foncée.
Granulations fortes.
j) Angles formés par le lobe médian et les lobes latéraux très nets.
°) Exopodito des uropodes du mâle nettement plus longs que ceux de la
femelle.
^partition (Fig. 12).
Cette espèce possède une répartition extrêmement étendue qui rend compte
u 1 existence de plusieurs races locales.
. *) Cette espèce est tout d’abord caractéristique des sierras qui constituent
0 bordure sud-est de la péninsule ibérique et qui occupent les provinces
e Grenade, d’Almeria et de Valence. M. J. Mateu m’a envoyé des exemplaires
'F» proviennent des localités suivantes : Province de Grenade : puerto de la
togua, dans lu sierra Nevada ; la Dehesa, dans la sierra de lu Sagra. Province
.Alméria : Paterna, dans l’Alpujarra ; Alhama, dans la sierra do Gador ;
Sle 5 r a de Ios Filabres.
2 ) Arcangeli (1924, 1925 b) a montré que cette espèce est largement
J'-Pandue en Catalogne. La description d’ARCANGELi conduit à penser que
a '"''me catalane correspond à une race locale, distincte de celles du sud de
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
144
l’Espagne. Arcangeli la signale des localités suivantes : Province de Lérida :
Pobla de Ségur ; Isil. Province de Gerone : La Fosca de Palamos. Province
de Barcelone : J ibidabo ; Collbato ; Montserrat ; Manrcsa. Province de Tarra-
gone : Flix.
3) L espèce a franchi les Pyrénées et s’est répandue dans certaines régions
du sud de la France (Paulian de Félice, 1941, 1942; Vandel, 1941 b).
Elle est commune dans la région côtière des Pyrénées-Orientales (Cerbère,
Banyuls-sur-Mer, Salces) et dans l’Aude (La Clape, près de Narbonne ; mon¬
tagne d’AIaric, près de Moux).
Écologie.
Le biotope caractéristique de cette espèce est représenté par les chaînes
calcaires dont nous avons donné la liste dans les lignes précédentes. Dans
les régions schisteuses, comme les Albères, l’espèce se présente sous une
forme réduite (1).
Porcellio expansus Dollfus 1892.
La description que donne Dollfus (1892 b, p. 174) de cette espèce repose
sur l’examen d’une unique femelle récoltée aux Baiios de Cardo, au nord
de Tortosa (province de Tarragone). Les collections de Biospeologica ren¬
ferment une douzaine d’exemplaires de cette espèce qui me permettent
de compléter la description de Dollfus.
Description.
Longueur : cette espèce est l’une de celles qui possèdent (avec magnifia 19 )
la plus grande taille atteinte par les représentants du genre Porcellio. L’un
des mâles de la collection de Biospeologica mesure 28 mm. de long sans le®
uropodes, et 40 mm. avec les uropodes ; sa largeur est de 14,5 mm. Un autre
mâle mesure 26 x 15,5 mm.
Coloration : Le céphalon (à l’exception des lobes frontaux), le péréion,
le pléon et le telson sont noirs. On observe une tache jaune médiane sur le®
quatre péréionites impairs (I, III, V et VII) ; les deux dernières tache®
sont échancrées ou subdivisées en deux. Le pléon est dépourvu de taches-
Les pleurépimères, les néopleurons et les uropodes sont d’un blanc jaunâtre-
(cependant, le pigment noir se prolonge sur chaque pleurépimère en une aire
triangulaire étalée au bord postérieur du segment (fig. 26 A). Les antenne®
sont jaunes et noires.
Caractères légumenlaires.
a) Les granulations sont nettes sur le vertex et les premiers péréionite®»
faibles et effacées sur l’arrière du corps.
b) Les valeurs du rapport — sont élevées (Tableau V).
(I) PAUUAN de Fèi.ice (1041, p. 100) aontlont que cetfce espèce est. halophile. Celte »***'
lion est certainement inexacte.
Source : MNHM, Paris
GENRE . PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 145
péphalon (Fig. 26 A). —Lobe médian rectangulaire ; lobes latéraux grands,
'‘angulaires, à sommet aigu, à bord externe droit. Les lobes latéraux dé¬
passent légèrement l’angle antérieur du premier péréionite.
g eré ‘on (Fig.26A). — Péréion large, aplati (1) jpleurépimères grands, étalés,
postérieur du premier péréionite légèrement sinué, sans angles rentrants.
li °n (Fig. 26 B). — Néopleurons très grands, recourbés en faucille.
q u J l V. **°Uvah et Jea.nnei. (in Jea.nnel et Racovitza, 1929, p. 404) ont déjà noté le remar-
'' a l'latius(ment de ce Porcellio.
Wémoihk» dv Muiélm, Zoologie, t. III. 10
Source : MNHN, Paris
A. VANDKi.
148
'feison (Fig; 26 B). •— Pbinte longue, hcttemeht détachée de la base, dé¬
passant légèremeilt le basis des uropodes.
Antennes (Fig;. 26 A). Dents des articles 2 et 4 petites ; dent de l’arti¬
cle 3 grande et large. Premier article du flagelle quatre fois plus long q ue
le second.
Caractères sexuels mâles.
a) Péréiopode VII (Fig. 26 C) : faiblement différencié, comme c’est la
Fiü. 28’. — P. expmisus Dollfus. — C, septième péréiopode mâle.
D, exopoditfc du preAiier pléopode mâle.
règle pour les formes de basse altitude ; dépourvu de caractères parti¬
culiers, à l’exception d’un léger renflehient du carpos.
b) Pléopude 1 (Fig. 26 D) : Exopodite : rapport -j = 0,89.
c) Uropodes : les exopodites sont très longs, aplatis, pointus à leur extré¬
mité (Fig. 26 B).
Répartition (Fig. 12).
Nous avons dit que le type de l’espèce provient des Bafios de Carde. *'*
nord de Tortosa.
Les Collections de Biospeologica renferment douze exemplaires de cett*
espèce qui ont été recueillis dans les stations suivantes :
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE Ht
Benifallct (partido de Tortosa ; provincia de Tarragona) ; Govas de la
^•toidiclla (Jeannel cl Racovitza, 1929, p. 403). — 8.IV.1920. Bolivar et
kg. Bfosp. No 1027 : 4 , ft 9 .
e nifallet (partido de Tortosa ; provincia de Tarragona). Cova de! Calots
Source : MNHN, Paris
A. VANDËL
148
(Jeannel et Racovitza, 1929, p. 404). — 8.IV. 1920. Bolivar et Jeannel
leg. Biosp. No 1028. : 2 cf. H
La Febro (partido de Montblanch ; provincia de Tarragona). Cova petita
Fio. 27'. — P. haatti Arcangi-li. — C, base de l’antenne. — I), septième péréiopode mâle-
E, exopoditc du premier pléopode mâle.
de la Febro (Jeannel et Racovitza, 1912, p. 605). — 15.X.1910. Jeanne
et Racovitza leg. Biosp. No 406 : l Q.
Ainsi, cette espèce, si remarquable par sa grande taille et sa coloration
si particulière, semble étroitement localisée et ne point dépasser les limite®
de la province de Tarragonc.
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
Porcellio haasi Arcangeli 1925.
Cette espèce a été décrite, en détail, par Arcangeli (1925 b. p. 133).
Elle diffère d’expansus dont elle est voisine par les caractères suivants :
1) La taille est un peu moindre. Voici les mesures relatives aux deux
plus grands exemplaires que j’ai observés :
Longueur sans Longueur avec Largeur
les uropodes les uropodes
“j âle . 24 mm. 33 mm. 12 mm.
Femelle .... 22 27 11
2) La coloration est différente. Le corps est brun ; il est orné de huit paires
t * e grandes taches jaunes paramédianes, correspondant au segment maxilli-
P ( ‘dal et aux sept péréionites (Fig. 27 A). Les taches antérieures peuvent être
plus ou moins fusionnées. Le pléon porte quatre ou cinq paires de taches jaunes
plus petites. La région externe des lobes frontaux latéraux, les plcurépimères
e *" l es néoplcurons sont entièrement jaunes ; ils dessinent une bande jaune qui
entoure le corps. Les antennes et les uropodes sont partiellement pigmentés.
3) Les valeurs du rapport sont élevées (Tableau V), mais moindres
cependant que celles d’expansus.
4 ) Le lobe frontal médian est médiocre, arrondi (Fig. 27 A). Les lobes
®téraux sont grands, étalés, assez étroits et d côtés parallèles.
5) Les dents des articles 2 et 4 de l’antenne sont grandes ; celle de l’ar-
‘de 3, longue, èlroile et pointue (Fig. 27 C).
G) Le carpos du péréiopode VII mâle est très fortement renllé et caréné
!| sa base (Fig. 27 D).
7) Le lobe interne de l’exopodite du premier pléopode mâle est long et
Pointu (Fig. 27 g) ; le rapport A est égal à 0,87.
®) Les exopodites des uropodes du mâle sont très longs, spaluliformes et
c arénés sur la ligne médiane, arrondis à l’extrémité (Fig. 27 B).
^Partition.
Le type de l’espèce provient de Flix (province de Tarragone,) dans la
v aHée de l’Èbre.
Ca collection du Musée de Barcelone renferme six exemplaires de cette
es Pèce qui proviennent d’une localité demeurée inconnue.
Porcellio nicklesi Dollfus 1892.
Ea description de Dollfus (1892 b. p. 171) repose sur l’examen de trois
® Xe mplaires recueillis sur les bords du Rio Glariano, dans l’extrême sud
e la province de Valence, non loin de la limite qui sépare cette province
e celle d’Alicante.
Arcangeli (1924, 1925 b) a signalé, sous le nom de P. nicklesi, des exem-
Source : MNHN, Paris
150
A. VANDKL
plaires recueillis en de nombreuses stations de Catalogne et des Pyrénées
espagnoles. J’ai eu entre les mains quelques exemplaires qui appartiennent
sans conteste à l’espèce examinée par Arcangeli. Mais l’on est en droit
de se demander si les formes étudiées par Arcangeli et par moi-même sont
bien identiques à l’espèce décrite par Dollfus. Ce que l’on sait sur l’extrême
localisation des grands Porcellio de l’Espagne orientale conduit à mettre
en doute l’identité de formes qui peuplent d’une part les zones élevées des
Pyrénées espagnoles, et, d’autre part, les régions méridionales de la province
de Valence.
Quoi <f u ’H en soit, l’espèce observée par Arcangeli et par moi-même est
voisine d ’expansus. Elle en diffère par les caractères suivants :
1) Cette espèce est remarquablement large. Voici les dimensions des deux
plus grands exemplaires que j’ai observés :
Source : MNHN, Paris
(1 EN RE « PORCELLIO .. ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
Longueur sans
les uropodes
Femelle .... 21 mm.
Mâle. 17
Longueur avec
les uropodes
25 mm.
21,5
Largeur
14 mm.
6,5
2) La coloration est uniforme, grisâtre, brunâtre ou jaunâtre ; les pleuré-
Punères sont clairs ; la tête est noire. Elle ne présente pas les taches jaunes
81 caractéristiques d ’expunms et de hatisi.
8) Le développement dos granulations est assez variable : tantôt fortes,
même spineaeentes, au moins sur le oéphalon ; tantôt faibles et peu sail¬
lantes.
me nt élevées (Tableau V).
Le lobe frontal médian est pedarujuUiip^ (Fig; 28 A) et rappelle celui de
«PÔMoofTu* (Arcancku signale que le lobe médian est parfois arrondi).
jOS lobes latéraux sont grands, saillants, et dépassent de beaucoup le lohe
médian.
®) La dent de l’article 3 de l’antenne est forte et robuste (Fig. 28 A)
(Arcangeli indique que cette dent est parfois réduite, et, dans quelques
cas i présente une extrémité arrondie).
7) Le carpos du péréiopode VII mâle est régulièrement arqué (Fig. 28 C).
Kxopodite du prerpier pléopode mâle (Fig. 28 D) : rapport-j- compris
e ntre 0,79 et 0,82.
2) Les exopoditcs des uropodes du mâle sont allongés (Fig. 28 B), mais
eur longueur est hien loin d’atteindre celle des uropodes mâles de haasi
et d'eæpansus.
topvrWm (Fig- 12).
Ahcangeu (1924, 1925 b) signale les Btations suivantes de cette espèce :
Province de Huesca : Hôpital de Benasque. Province de Lérida : Puerto
la Bonaigua ; Esterri ; Pobla de Segur ; Portell dels Terradets, dans la
8 'erra de Montsech. Province de Barcelone : Ban Miguel del Fay ; Mont-
8err at. Province de ’I 'arragone : Sierra de la Picosa, près de Mora de Ébro.
'l’ai personnellement examiné quatre individus de cette espèce recueillis
a ns les stations suivantes :
La Rencluse, termino municipal de Benasque (province de Huesca) ;
2 125 m. d’altitude. 16.VII.1932, R. Despax leg. : 1 cf, ! $ ovigère.
Vallirana (prov. de Bareelona). 14.III.1937. Espgftol leg. (Collection
u Musée de Barcelone) : 1 C?-
Montserrat, (prov, do Barrelona)- 5-1X 1984. Ventallo leg. (Collection
' u Musée de Barcelone) : 1 Q ovigère.
fcnfin, les collections de Biqspeologica renferment uni» femelle qui diffère
du type par sa taille moindre, le lobe frontal médian triangulaire, et les
Source : MNHN, Paris
A. VAN»RI,
152
épines antennaires courtes ; les valeurs du rapport permettent néanmoins
de rattacher cet exemplaire à nicklesi. Cet individu a été récolté dans les
lapiaz du Collcrada, près de Villanuà (prov. de Huesca) (Jeannel et RaCO-
vitza, 1918, p. 320).
Porcellio bolivari Dollfus &92.
Cette espèce est encore mal connue et difficilement reconnaissable. Dollfus
(1892 b. p. 172) en donne une description fondée sur l’examen de deux
mâles recueillis à Reco de Cortès, près de Villajoyosa, dans la province d’Ali¬
cante. Ultérieurement (1893, p. 48), il signale une forme récoltée à Valence
qu'il rapporte, avec doute, à la même espèce. Arcangeli (1925 b, p. 133)
écrit qu’il a étudié des exemplaires typiques de cette espèce, mais il n’en
donne aucune description.
Par la seule lecture de la diagnose de Dollfus, il est difficile de se rendre
compte des différences exactes qui distinguent bolivari des espèces voisines,
et, en particulier, de nicklesi qui en semble très proche.
Porcellio orarum Vcrhoeff 1910.
Synonymie.
Cette espèce est une forme extrêmement commune dans toute les régions
qui s'étendent entre la vallée du Rhône et les Alpes-Maritimes, ainsi que
l’avait déjà signalé Verhoeff (1910, p. 140).
Cependant, cette espèce n’a été reconnue que tardivement. Ni Buddë-
Lund (1885, p. 119), ni Dollfus (1899, p. 188), qui ont eu certainement
des exemplaires de cette espèce entre les mains, ne l’ont distinguée de mon-
ticola et de spinipennis. Verhoeff (1907, pp. 268 et 280), qui l’avait tout
d'abord confondue avec spinipennis, l’en a séparée, l’année suivante (Ver¬
hoeff, 1910, pp. 133 et 139), et désignée sous le nom de P. lugubris orarum-
Ce terme est impropre, car ce n’est pas à lugubris ou à monlicola que se
rattache orarum. mais bien à spinipennis. Les deux espèces, orarum e*
spinipennis, sont très voisines et difficiles à distinguer lorsqu’on ne dispose
«lue d'immatures. On ne saurait cependant douter qu’elles correspondcR 1
a deux ensembles distincts que le systématicien doit considérer comn> e
deux espèces linnéennes.
Les variations de P. orarum.
L’identification d’ orarum est souvent délicate par le fait qu’elle se scinde
en races locales ou géographiques, ayant chacune sa morphologie propre-
Ce sont les multiples aspects de la variation de cette espèce que nous allons
nous efforcer de débrouiller.
TABLEAU DE DÉTERMINATION DES RACES LOCALES
DE P. ORARUM
A. Granulations fortes. alassleRS®’
Granulations moyennes. P-
Source : MNHM, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET .SYSTÉMATIQUE
n ent de l’article 3 de l'antenne, longue.C.
C ir e . nt de l’article 3 de l’antenne, courte.D.
• coloration noire ou d’un gris foncé.orarum.
Coloration plus claire, surtout chez la femelle.alpicola.
R° r< * P ost( - r .‘ eur du premier péréionite très faiblement sinué. . cribrifer.
p t k postérieur du premier péréionite nettement sinué.E.
obe interne de l’exopodite du premier pléopode mâle court et arrondi. .
, • •. vizzavonensis.
cohe interne de l’exopodite du premier pléopode mâle long et pointu. . .
•.galloprovlneialis.
*5 20 ' — p - orarum orarum Verhoeff. — A, céphalon et premier péréionite. — B, telson
uropodes. — C, base de l’antenne. — JJ, septième péréiopode mâle. —- E, exopodite
11 P rp niier jdéopode mâle. — F, extrémité de l'endopodite du premier pléopode mâle.
P. orarum orarum Verhoeff 1910.
Avec Verhoeff, nous prendrons comme type la forme que l’on rencontre
Sl c °nimunément dans les Maures et l’Estérel.
Longueur. — Les femelles atteignent une longueur de 26 mm. et une lar-
£ eur de 11 mm.
Coloration. — La coloration varie avec l’âge. Les individus de grande taille
'?° nl > •* l’ordinaire, d’un noir ou d’un gris uniforme. Les mâles sont plus
^ nc és que les femelles. Ces dernières sont fréquemment tachetées de brun,
e fauve ou de jaune. Les pléopodes sont gris ou noirs.
exemplaires jeunes sont beaucoup plus clairs ; leur coloration se rap-
pr °che de celle de monlicola.
Source : MNHN, Paris
151
A. VANDEL
Caractères légumenlairea.
a) Les granulations sont faibles et plates, tout en étant cependant bien
distinctes.
f») Les données numériques relatives aux caractères tégumentaires sont
consignées dans le Tableau Vf, La valeur du rapport — permet de séparer
aisément orarum de rnonlicola. C’est le meilleur critère auquel on puisse
faire appel, en cas d'hésitation, pour distinguer les deux espèces.
Céphalon (Fig. 29 A). — Le lobe médian est faiblement saillant, de forme
semi-circulaire. Les lobes latéraux sont plus larges que longs. Le lobe médian
est dépassé par le» lobes latéraux auquel il est réuni par des angles arrondi»
et largement obtus. Chez les individus de grande taille (par exemple ceux
récoltés à Mouans-Sartoux, entre Cannes et Grasse), l’angle qui réunit lc
lobe médian aux lobes latéraux est mieux marqué et moins obtus. Cependant,
il est toujours plus ouvert que celui des exemplaires adultes de apinipennis-
Par contre, la forme du céphalon des individus jeunes de apinipennis et
d 'orarum est très semblable ; leur distinction, en se fondant sur les seuls
caractères céphaliques, est délicate, voire impossible. Nous reviendrons
plus loin sur ce point (p. 162).
Le front porte un petit tubercule.
Péréion. -- Les pleurépimères sont peu étalés et tombent obliquement
vers la face ventrale, comme ceux de rnonlicola. Le bord postérieur du premier
péréionite (Fig. 29 A) est nettement, mais faiblement sinué.
Telson (Fig. 29 B). -La pointe du telson est étroite, resserrée à sa base,
et par là nettement différente de celle de rnonlicola dont la pointe présente
une base beaucoup plus large. La pointe est excavée à sa partie supérieure-
Elle est dépassée par les endopodites des uropodes.
Antennes (Fig. 29 C). — Les articles de l’antenne, et en particulier
les troisième et quatrième articles, sont nettement carénés. La dent de
l'article 2 est longue, et plus encore celle de l’article 3 ; cette dernière n’at¬
teint point cependant les dimensions qu’elle acquiert chez apinipennis-
Caractères sexuels mâles.
a) Péréiopode VII (Fig. 29 U) : Chez la forme type, cet appendice est fai¬
blement différencié, comme il est de règle chez les formes de basse altitU tle '
Nous dirons plus loin que sa différenciation est plus complète chez les race»
montagnardes. On pote cependant la présence d’une légère élévation, eu
forme de bosse, sur le milieu du bord tergal du méros, mais elle est recou¬
verte d écailles de type banal. Le bord tergal du carpos est caréné, JP 8 ^
cette carène est. faiblement saillante ; sa largeur maxima se place au n\il‘ e "
de l’article.
b) Pléopnde 1 (Fig. 29 E et F) : Le lobe interne de l’exopodit.e est court-
La valeur du rapport y est égale, dons les six exemplaires étudiés, M
0,71-0,74-0,75-0,76-0,83.
Source : MNHM, Paris
GEKRE . PORCELLIO .. ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 155
extrémité de l'endupodite est conique ; ello est ornée d’une rangée de
P grosses épines qui se continue par un alignement d’épines plus petites,
posées au bord interne de l’appendice. Un pinceau de soies très fines
ln sère à l’extrémité de l’appendice.
C J Uropodes : Contrairement aux especes espagnoles appartenant au
e ° Upe monlicola, chez lesquelles le dimorphisme sexuel des uropodes est
r,!Ine > la différence de longueur entre les uropodes mâles et femelles
r( X'Hm est faible ou nulle.
ç — Il est préférable de surseoir à l’examen des affinités de cette
dig CC JUS( l u,au moment où sera donnée la description de spinipennis. Nous
( |. p ° s, -rons alors de tous les éléments nécessaires pour envisager les rapports
^ r um et de spinipennis.
1e Parlili on (Fig. 13). — Cette forme est extrêmement commune dans les
t ^ partemRnl8 du Var et des Alpes-Maritimes. Elle parait indilîé-
Ph n ^ na *- ure du sol, car elle est aussi fréquente dans les schistes et les
y'Iades des Maures, ou les porphyres de I’Estérel, que dans les régions
Source : MNHN, Paris
i. VANDEI.
lfill
calcaires qui ceinturent ces vieux massifs. Cette espèce est abondante sur
le littoral et dans les îles côtières (îles d’Hyères et de Lérins) ; mais elle
a été également récoltée à Séranon et à Coursegoules, entre 1.000 et 1.100
d’altitude.
P. orarum galloprovincialis n.
Dans l’ouest de son habitat, P. orarum présente des caractères légè¬
rement différents de ceux de la forme type qui conduisent à reconnaître
une race locale que nous nommons galloprouincialis. Elle diffère du type par •
1) la coloration ; les pleurépimères et les néopleurons sont fréquemment
décolorés et forment une bande claire autour du corps ;
2) le lobe céphalique médian est un peu plus développé ;
3) la dent de l’article 3 de l’antenne est beaucoup moins longue que celle
de la forme type et rappelle celle de monlicola ;
4) le développement d’une plage d’écailles piliformes sur le méros (F'f? -
30 A) ;
5) le lobe interne de l’exopodite du premier pléopode mâle est long ^
étroit (Fig. 30 B). Le rapport y est égal à 0,88 (chez les petits indivi¬
dus, l’exopodite est semblable à celui A'orarum orarum).
L’aspect de cette race rappelle beaucoup celui de monlicola, espèce avec
laquelle elle avait été jusqu’ici confondue. Mais la valeur du rapport y e51
nettement plus élevée que chez monlicola (Tableau VI) ; ce caractère perm®'
de la distinguer de monlicola et de la rattacher à orarum.
Les exemplaires typiques de cette race peuplent les chaînes calcaires de*
environs de Marseille. Elle est également fort commune dans les coll> ne8
qui s’élèvent au nord et i> l’est de Salon. Son habitat doit s’étendre à tout®
la basse vallée du Rhône. J’ai, en effet, reçu des exemplaires de cette rac
provenant de Sault et de Bédoin (Vaucluse), de Réauville, près (Jrigo an
(I)rôme) et de Saint-Martin d’Ardèche (Ardèche).
P. orarum cribrifer Verhoeff 1928.
Verhoeff (1928, p. 148 ; 1938 b, pp. 109 et 119) a décrit, sous le nom
Porcellio cribrifer, une forme qui ne représente qu’une race locale A'orarU ,n ‘
Elle diffère du type par :
1) sa coloration plus claire, gris brunâtre, laissant apparaître les z° neS
de linéoles ;
2) la réduction de la dent de l'article 3 de l’antenne ;
3) la sinuosité extrêmement faible du bord postérieur du premier pérci°"
nite.
Cette race est très voisine de la race al picola que nous décrirons plus l® 1 * 1 '
Elle en diffère par la réduction de la dent de l’article 3 de l’antenne et P® r
la faible différenciation du péréiopode VII mâle (caractère de forme lill ,l> "
raie).
Source : MNHN, Paris
ÔENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 157
Nous donnons dans le Tableau VI les valeurs numériques relatives aux
ar actères tégumentaires de l’un des exemplaires étudiés.
La valeur du rapport y de l'exopodite du premier pléopode mâle est égale,
dans les deux exemplaires étudiés, à 0,72 et 0,78.
Fio. 81. — P. orarum alpicola n. — Septième péréiopode mâle.
Cette race correspond à une forme littorale, répandue entre Nice et Menton,
jf type décrit par Verhoeff provient du Cap Martin, à l’ouest de Menton.
a ‘ retrouvé cette race à Saint-Jean-Cap-Fcrrat, près de Villefranche-sur-
' er et à Èze. Je rapporte à la même race les nombreux exemplaires recueillis
les environs de Sainte-Agnès, au-dessus de Menton.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
158
P. orarum alpicola n.
Cette race se distingue de la forme type par :
1 ) une taille moindre, ne semblant pas dépasser 13 mm. ;
2 ) une coloration plus claire, brunâtre ( 9 ) ou noirâtre (cf), laissant app 8 '
raîlrc les zones de linéoles (comme chez cnbri/er) ;
3) le développement, sur le méros du péréiopodc VII mâle, d’une petit*
plage d’écailles piliformes (Fig. 31).
Les valeurs relatives aux caractères tégumcntaires sont consignées daf*
le Tableau VI.
Source : MNHN, Paris
GENRE « POBOBLLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
159
Les valeurs du rapport-y de l’exopodite du premier pléopode mâle sont
'emprises entre 0,Ÿ3 et 0,80.
Letle race parait localisée dans quelques vallées des Alpes-Maritimes :
Reliée du Careî (Castillon), de la Bëvera (Sospel) et de la Roya (Breil, Saorge,
* , °ntan).
P. orarum vizzavonensis Verhoêlî (1926) 1928.
(1926, p. 263 ; 1928, p. 123) décrit cette forme sous le nom de
‘ 'UQubris vizzavonensis. La même forme a été signalée sous le nom de
1 ■ °oriabilis par Dollfus (1896, p. 538 ; 1899, p. 188) et par Verhoeff
( |ya 8 b, p. 105).
Lette forme se rattache étroitement à P. orarum alpicola ; elle en diffère
h ar les caractères suivants :
M réduction de la dent de l’article 3 de l’antenne ;
y la sinuosité postérieure du premier tcrgite nettement marquée,
-‘joutons que la coloration est grisâtre ou brunâtre, assez uniforme ;
ts granulations sont faibles, et parfois complètement obsolètes ; le péréio-
poi e Vil mâle présente un cârpos nettement renflé, mais point de brosse
•'ale (Fig. 32 À) ; le lobe interne de l’exopodite du premier pléopode mâle
court et arrondi (Fig, 32 B) ■; le rapport y est compris entre 0,72 et 0,80 ;
v ale\irs numériques relatives aux caractères tégumentaires sont données
d&ns le Tableau VI.
Lette race est propre à la Corse ; elle est très commune dans les forêts
n ohtagneuses du centre de l’île, entre 500 et 1.700 m. d'altitude. Elle semble
a,rfe défaut sur le littoral.
Formes italiennes et sardes
se rattachant à P. orarum.
. ^hhoeki- (1910, 1936) et Arcangeli (1931, 1942) ont signalé sous les
ms de montîcolà, de verhoeffi, de lugùbris orarum et de luÿûbris orarum
a *siensis, des formes du nord de l’Italie dont plusieurs appartiennent
“■semblablement à orarum et représentent des races oü des sous-espèces
Lhetes. Ne disposant pas d’exemplaires italiens, je me borne à les signaler.
e nant seulement de ces mentions qüe l’aire de répartition d 'orarum
fend presque certainement sur une partie de l’Italie du Nord,
j . est également vraisemblable que la forme récoltée à Oristano, en Sar-
a 'ghe, et s jgn a ie c p ar Arcanuei.i, d’abord sott* le nom de lugubt is (1914 b.
J. i 1925 a, p. 9), puis sous celui de verhoeffi (1931, p. 13 ; 1942, p. 2),
'Irritent à ce groupe de formes.
1, Vkruoeff (1942) a signalé, sous le nom de monlirola, un Porcellio
‘"tant t’ffe d’Elbe, qui es! vraiseiUblablemenl une race d'ortwum.
Source : MNHN, Paris
A. VANDJ5L
100
Porcellio spinipennis Budde-Lund 1885.
Cette espèce se subdivise en deux sous-espèces qui ont été tenues jusqu’ici
pour deux espèces distinctes. Nous dirons plus loin les raisons qui nous
interdisent de conserver à ces deux formes le rang d’espèces linnéennes.
Les deux sous-espèces se distinguent de la façon suivante :
Pléopode 1 mâle : extrémité de l’endopodite entière. Lobe interne de l’exopodite
présentant un bord sinueux. Dent de l’article 3 de l’antenne remarquablement
forte et longue. . . ..spinipennis.
Pléopode 1 mâle : extrémité de l’endopodite rétrécie et trifurquée. Lobe interne
de l’exopodite à bord régulier. Dent de l’article 3 de l’antenne de dimensions
normales.montanUS.
P. spinipennis spinipennis Budde-Lund 1885.
Synonymie.
P. pujelanus Verhoell 1910.
Budde-Lund (1885, p. 119) a donné une description parfaitement exacte
de cette espèce. Verhoekf (1910, p. 136; 1928, p. 122; 1938 b, pp. 1° 7
et 116) en a également correctement décrit les caractères.
Par contre, Dollfus (1899, p. 188) n’a pas reconnu cette espèce. Les
formes qu’il signale sous le nom de spinipennis appartiennent, en fait,
à orarum. Les exemplaires provenant des « montagnes au-dessus de Menton ».
et nommées par lui monlanus, correspondent vraisemblablement à des
spinipennis, erreur d’ailleurs excusable, ainsi qu’il sera dit plus loin.
Verhoekf (1910, p. 136 ; 1928, p. 122 ; 1936, p. 139 ; 1938 b, p. 104)
a décrit, sous le nom de pujelanus, une forme récoltée dans les Alpes-Mari'
times (gorges du Cians et environs de Puget-Théniers) et dans les Basses-
Alpes (Annôt). L’examen d’exemplaires provenant des mêmes régions m’a
convaincu que l’établissement de l’espèce pujelanus repose sur l’étude de
jeunes spinipennis chez lesquels les caractères du péréiopode VII mâl®
ne sont pas encore pleinement exprimés.
Description.
Cette espèce présente une morphologie très caractéristique qui permet
de la reconnaître aisément.
Longueur. — Les grands individus atteignent 21 mm.
Coloration. — Coloration brunâtre, mouchetée de taches plus clair® 6 '
souvent jaunes. Les mâles sont plus foncés que les femelles.
Caraclères légumenluires.
a) Granulations faibles et plates.
b) Les valeurs numériques, relatives aux caractères tégumentuires d®
deux mâles, l’un adulte, l’auLre juvénile, sont données dans le Tableau VU 1
Céphalon (Fig. 33 A). — La forme de la tête est très caractéristique. 1 * e
lobe médian est grand, semi-circulaire, séparé des lobes latéraux par d cS
angles aigus. Les lobes latéraux sont grands, saillants, aussi longs que larg® 6 '
Source : MNHN, Paris
GENRE • PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 161
^ bords interne et antérieur arrondis, à côté externe droit. Un tubercule
SUr le front.
33. — p. spinipennia xpinipennis B.-L. — A, cépbalon et premier péréionite. —
B > toison et uropodes. — C, septième péréiopode mâle. — D, premier pléopode mâle :
«*°podite et extrémité de l'endopodlte. — E, cépbalon et premier péréionite d’un mâle
““•nature de 6 mm.
Péréion (Fig. 33 A). — Pleurépimères larges, étalés. Bord postérieur du
Çttmier péréionite dessinant une sinuosité extrêmement faible.
Telson (Fig. 33 B). — Pointe du telson longue et étroite, de longueur à
Msmoihks DU MusâuM, Zoologie, t. III. 11
Source : MNHN, Paris
162
A. VANDEL
peu près égale à celle des endopodites des uropodes ; excavée à sa partie
supérieure.
Antennes (Fig. 33 A). — Articles de l’antenne carénés. Dent de l’article 3
de l’antenne remarquablement forte et longue. Premier article du flagelle
beaucoup plus long que le second.
Caractères sexuels mâles.
a) Péréiopode VII (Fig. 33 G) : Ischion à bord sternal droit. Méros renflé
du côté tergal en une bosse garnie d’écailles piliformes. Carpos prolongé,
du côté tergal, en une crête dont la plus grande largeur se place au mili* 11
de l'article.
Chez le mâle immature de 10 mm., les plages d’écailles piliformes de
l’ischion et du méros ne sont pas encore différenciées. Elles le sont chez le
mâle de 11 mm.
b) Pléopode 1 (Fig. 33 D) : Exopodite : lobe interne à bord sinueux (cette
lobulation est très caractéristique de cette sous-espèce). Exopodite couvert
d'écailles et de pigment, et portant 1-2 très fortes soies. Rapport y : 0,79-
0,82-0,84-0,89. 1
Endopodite : extrémité coupée droit, non conique. La dissociation des trois
éléments de l’endopodite qui s’achèvera chez monlanus est déjà nettement
ébauchée chez spinipennis spinipennis. L’extrémité de l’endopodite est
garnie d’une touffe bien fournie de très fines soies.
Les rapports de P. spinipennis et de P. orarum.
Quoique voisines, ces deux espèces sont certainement distinctes l'une de
l’autre, ainsi qu’il résulte de l’énumération des nombreux caractères diffé¬
rentiels relevés dans les pages précédentes.
Il convient cependant de remarquer que cette conclusion ne s’appli t I uC
qu’aux adultes. Chez les exemplaires jeunes, les différences s’effacent de telle
sorte qu’il est souvent délicat de séparer les individus juvéniles de spin 1 "
permis et A’orarum. La coloration, la forme de la tête et des lobes céphalique®'
les dents antennaires, le développement des pleurépimères, sont très sem¬
blables chez les immatures des deux espèces. A ce stade, la lobulation de
l’exopodite du premier pléopode mâle de spinipennis n’est pas encore
indiquée. Seul, l’examen de l'endopodite du premier pléopode mâle dont la
différenciation est très précoce permet de ranger, sans hésitation, les exem¬
plaires juvéniles dans l’une ou l’autre espèce.
Ces conditions conduisent à attribuer aux deux espèces une origine com'
mune, l’une ayant conservé, à l’état adulte, des caractères de jeunesse, l’autre
ayant poursuivi une évolution dilTérenciatrice par croissance allométriq ue
des sensibles, tant somatiques que sexuelles.
Répartition (Fig. 13).
Cette espèce est certainement originaire des Alpes-Maritimes où elle est
fort commune : vallée du Careï (Menton, Ste-Agnès, Castillon), du ^ ar
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
103
Slo. 3 . , ,
tj . *• ~ P. apinipcnnU nwntanus B.-L. — A, cephnlon et premier péréionitc. — 13, sep-
Péréiopode mâle. — C.exopodite du premier pléopode mâle (exemplaire de la Grande-
Dl^ rtreusp '- — C ’ id - (exemplaire de Gap). — D, extrémité de l’endopodite du premier
,é °Pode mâle. — D\ id., détail.
jf^get-Théniers, Annôt), de la Tinée (SUÉtienne-de-Tinée, St-Dalmas-le-
a Va ge), de la Vésubie (lionson, L'telle, Lantosque, Roquebillière), de la
Source : MNHN, Paris
104
A. VANDEL
Bevera (O)ivetta San Michèle, Sospel, le Moulinet) et de la Roya (Breil,
Saorge, Fontan, Berghe, San Dalmazzo, Tende). Elle avait été déjà signalée
dans cette dernière région par Tua '1900, p. 10) et par Verhoeff (1936,
p. 158).
Le biotope montagnard correspond certainement à l’habitat originel
de cette espèce. Elle atteint 1.500 m. dans la vallée de la Roya ; son aire de
répartition jouxte celle de monlanus dans la vallée de la Vésubie.
Mais l’aire de distribution de cette espèce s’est secondairement étalée,
en franchissant les limites de l’habitat originel. Elle a tout d’abord atteint
le littoral où l’on en récolte, par-ci par-là, quelques exemplaires isolés :
Èze et le Cap Martin, en France ; Vintimille et San Remo, en Italie (Ver*
hoeef, 1910, p. 141 ; 1936, p. 139).
P. spinipennis s’est ensuite répandu à l’ouest du Var ; cette espèce est
commune dans la région de Grasse (Grasse, Opio, Gourdon, le Bouret,
Coursegoules, Séranon, St-Césaire). Elle a, enfin, poussé des pointes jusqu®
dans le département du Var (Draguignan, St-Raphaël). Dans toutes ces
régions, elle coexiste avec orarum.
Son aire de répartition est-elle plus vaste encore ? Verhoeff (1936,
p. 161) la signale de Suse et de Bardonèche, dans la haute vallée de la Dons
Riparia ; mais ne s’agit-il pas là plutôt de monlanus ? (Voir plus loin).
Enfin, la forme des Apennins, signalée du Monte Cimone, par ArcangëD
(1914 b, p. 174), et des Bagni délia Poretla, par Verhoeff (19:33, p. 50), cst-ell®
identique à l’espèce des Alpes-Maritimes ? C’est ce qu’un examen renouvelé
devrait établir avant qu’on puisse l’affirmer en toute certitude.
P. spinipennis montanus Budde-Lund 1885.
Synonymie. — P. cruenlalus L. Koch 1901.
P. lugubris Dahl 1916.
Description.
Cette forme est bien connue et a été décrite à maintes reprises (Budd e '
Lund, 1885, pp. 121-122 ; Verhoeff, 1907, p. 268 ; 1910, p. 135 ; 1928*
p. 122 ; 1936, p. 139 ; 1938 b, pp. 107 et 114 ; Carl, 1908, p. 184 ; 1911»
p. 51 ; Dahl, 1916, p. 53 ; Arcangeli, 1932, p. 2 ; Waechtler, 1937.
p. 280).
Longueur : 14-15 mm.
Coloration : Face tergale marbrée de gris, de brun, de noir, de blanc 6^
de jaune.
i Caractères légumenlaires.
a) Granulations plates.
b) Le Tableau VII donne les valeurs numériques relatives aux car*®'
tères tégumentaires.
Céphalon (Fig. 34 A). — Lobe médian semi-circulaire, séparé par 4 e9
angles bien nets des lobes latéraux. Un tubercule sur le front.
Source : MNHN, Paris
GENRE - POROELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 105
Péréion (Fij. 34 A). — Pleurépimères larges, étalés. Bord postérieur du
Premier péréionite nettement sinué.
Telson. — Pointe du telson nettement individualisée.
Antennes (Fig. 34 A). — Articles de l’antenne carénés. Dents des arti-
c ^ es 2 et, 3 médiocres. Articles du flagelle subégaux.
Caractères sexuels mâles.
a ) Péréiopode VII (Fig. 34 B) : Méros garni d’une plage d’écailles pili-
A B
ï’m. 35,
ttâlo.'
— P. spintpennis montanu» B.-L. — Extrémité do l'ondopodito du premier pléopodo
— A. mâle immature de 0,5 mm. — B, mâle adulte de Saint-Martin-Vésubie.
formes. Carpos légèrement renflé sur son bord tergal, la plus grande largeur
Se plaçant au milieu de l’article.
b) Pléopode 1 (Fig. 34 C et C’, D et D’) : Le lobe interne de l’exopodite
8e termine en une pointe de forme très variable ; l’angle que forme le lobe
mterne avec le corps de l’exopodite est aussi très variable. Le rapport y
® s t égal chez les huit individus examinés A : 0,80-0,86-0,89-0,89-0,90-0,90-
$0-0,93 (moyenne 0,88).
•»’endopodite constitue le caractère le plus remarquable de cette sous-
es P èc e. Carl (1908, p. 185 ; 1911, p. 52), Verhoeff (1936, p. 139) et Waech-
|LF,n (]Q3 7i p 280) ont déjà signalé sa structure. L’endopodite se rétrécit
rüg quemenl avant son extrémité. Il se termine par deux pointes distinctes,
Une courte et externe, l’autre longue et interne ; cette dernière est subdi-
Vlsée à son tour par une profonde encoche en deux lobes inégaux, de telle
80rle que la pointe de l’endopodite est trifurquée. Le bord interne de l’endo-
p0(, 'te est garni d’une rangée d’épines ; les deux lobes internes sont feutrés
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
lflfl
de touffes de soies très fines (beaucoup plus fines que les spermatozoïdes).
c) Uropodes : Carl (1908, p. 184 ; 1911, p. 52) indique que l’uropode mâle
est un peu plus long et plus étroit chez le mâle que chez la femelle. Cette
différence apparaît très faible.
Les rapports de monlanus et de spinipennis.
La sous-espèce monlanus est très voisine de spinipennis et en dérive
très probablement. C’est la raison pour laquelle nous considérons monlanus,
non comme une espèce distincte, mais comme une sous-espèce de spini¬
pennis. Elle en diffère par sa taille moindre, ses lobes frontaux réduit»,
séparés les uns des autres par des angles moins accusés, ses dents antennaire»
courtes.
Les caractères de monlanus apparaissent comme la conséquence de la
diminution de la taille qui entraîne elle-même la réduction des sensible»
somatiques sujettes à la croissance allométrique. C’est la raison pour la¬
quelle il est pratiquement impossible de distinguer les exemplaires imma¬
tures de spinipennis et de monlanus.
L’évolution de l’endopodite du premier pléopode mâle est particulièrement
intéressante à considérer, puisque cet appendice fournit les meilleurs carac¬
tères distinctifs des deux sous-espèces. Il convient tout d’abord de remarquer
que l’endopodite du mâle immature (6,5 mm.) de monlanus est, en tou»
points, identique à relui de spinipennis (Fig. 35 A). La réalisation de l’or¬
gane adulte est due â l’allongement de la pointe interne, à son écartement
de la pointe externe et enfin à sa bifurcation.
Il est du plus haut intérêt de mentionner la persistance d’un stade d’évo¬
lution intermédiaire entre spinipennis et monlanus. J’ai récolté, dans la haute
vallée de la Vésubic, â St-Martin-Vésubio, locatilé qui correspond A la station
la plus méridionale de la sous-espèce , donc la plus voisine de l’aire de répar¬
tition de spinipennis , une forme de monlanus dont l’endopodite est encore
incomplètement différencié (Fig. 35 H). La pointe interne est beaucoup
plus longue que la pointe externe, mais elle n'esl pas encore bifurquée. Ce
remarquable intermédiaire confirme l’exactitude de la filiation que noU»
proposons, en même temps qu’il justifie la valeur systématique que nous
attribuons à monlanus.
De ces faits, nous devons conclure que monlanus dérive de spinipenai s <
en suite d’un double phénomène évolutif :
1 ) par réduction des caractères somatiques, ce qui a pour effet de fa' rP
ressembler les individus adultes de monlanus aux jeunes de spinipenn ,s
(phénomène de paedomorphose de (Jarst.ang) ;
2 ) par croissance et par spécialisation de l’extrémité de l’endopoditc à»
premier pléopode mâle (phénomène de surévolulion).
Répartition (Fig. 36).
Les données morphologiques développées dans le paragraphe précédent
Source : MNHN, Paris
PORCELLIO .. ÉVOLUTION ET .SYSTÉMATIQUE
Pio. 36. — Carte de répartition de P. spinipennie montante B.-L.
Source : MNHN, Paris
A. VANDKI.
1U8
conduisent à reconnaître dans monlanus une forme dérivée de spinipennis,
et d'origine récente, en raison des faibles différences qui la séparent de la
souche originelle.
La répartition de cette sous-espèce confirme ce que nous apprend la mor¬
phologie. La sous-espèce monlanus représente une forme expansive, dont la
migration dans son habitat actuel est certainement récente. Le domaine
propre de cette sous-espèce est, en effet, représenté par les Alpes occiden¬
tales, où elle est fort commune et qu’elle occupe jusqu’à des altitude très
élevées (2.600 m. dans le Grand Paradis, d’après Arcangeli, 1932). Or,
il s agit là d’un domaine qui a été complètement recouvert par les glaciers
quaternaires, et dont le peuplement ne peut dater que d’une époque posté¬
rieure à leur retrait. On sait d’ailleurs que les Alpes, exception faite de leurs
bordures, ne sont peuplées que par des espèces expansives, ayant colonisé
la montagne à une époque récente. P. spinipennis monlanus appartient,
de toute évidence, à ce groupe d’espèces.
Vers le sud, cette espèce se rencontre seulement dans quelques vallées
des Alpes-Maritimes. Au delà, elle est remplacée par la forme originelle,
P. spinipennis spinipennis. La sous-espèce monlanus doit donc être considérée
comme une forme substitutive de spinipennis, qui a peuplé le domaine alpin
laissé libre par le retrait des glaciers quaternaires.
Sa migration vers l’est s’est arrêtée assez vite. Cette sous-espèce fait défaut
dans toutes les Alpes orientales. Sa limite orientale paraît être la haute
vallée de l'fnn (Engadine).
Son extension vers le nord a été beaucoup plus lointaine. Elle a tout d'a¬
bord colonisé le Jura, où elle est fort commune. Elle se rencontre, d’autre
part, en des stations fort dispersées, dans de vastes régions de l’Allemagne
occidentale. Elle atteint, à l’ouest, Oberwesel, sur le Rhin, et, à l’est, le massif
de Thuringe.
Enfin, monlanus a été signalé dans l’Erzgebirge et en Bohême (Schobl,
1861. sous le nom de P. lugubris ; Frankenberger, 1944). Quant à la station
de Zilina, en Slovaquie, mentionnée par Frankenberger (1940), elle est si
excentrique et si éloignée du centre de dispersion primitif de cette sous-
espèce qu une confirmation s'impose avant que l’on puisse accepter défini"
tivement cette mention.
Source : MNHN, Paris
GENRE PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
Klll
ESPÈCES AUXQUELLES IL EST IMPOSSIBLE DE FIXER, POUR
L’INSTANT, UNE PLAGE EXACTE DANS LA CLASSIFICATION
Los espèces spécialisées, à caractères accentués et â structure hautement
ulèrenciée, sont faciles à classer et à grouper. Il n’en va pas de même pour
e s espèces primitives, à morphologie simple, uniforme, dépourvue de traits
^'liants. On aurait tendance, en raison de cette similitude de structure,
j * es réunir en un ensemble commun. Ce serait certainement une erreur.
a banalité uniforme de leurs faciès extérieurs conduit à méconnaître les
a jfinités réelles de ces espèces qui appartiennent certainement à des lignées
I ylétiques distinctes. Mais nous ne possédons encore aucun moyen de
stinguer nettement ces lignées les unes des autres,
k L est ainsi que l’on serait tenté de rassembler en un groupe commun
espèces dépourvues de lobe frontal médian, caractère primitif puisqu’il est
..ment propre aux espèces du genre Meloponorlhus. C’est le cas de provin-
c,Q lis Aubert et Dollfus, gallicus Dollfus, allicus Verhoeff, jaicensis Verhoeff,
dleionensis Verhoeff, peloponnesius Strouhal et krivosijencis Strouhal.
fait, des groupements se fondant sur un seul caractère conduisent à des
assifications arbitraires. Seule, l’existence d’un ensemble de structures
0 ' , nirnunes ou dérivant les unes des autres par voie de filiation permet de
^Unir les espèces en un groupe cohérent. La comparaison de provinciales
de gallicus dont j’ai examiné, en détail, la morphologie, prouve qu’en
P't de la ressemblance de leurs structures céphaliques, ces deux espèces
0I, t profondément différentes et ne sauraient faire partie du même groupe.
Porcellio provincialis Aubert et Dollfus 1890.
f]û La description de cette espèce a été donnée par Aubert et Dollfus
8'JO) e f p AULIAN DE félice (1941, 1942). Il convient cependant de la
°mpléter en plusieurs points.
longueur : 9 mm.; 9, 11 mm.
Coloration : Couleur brun noirâtre, ou brun rougeâtre, parfois franchement
° u 8 e (Le Luc). Pleurépimères et néopleurons tachés de clair de façon très
^ ar 'able. Un trait brun h la limite du pleurépimère. Pléon Iinéolé de blanc ;
u * taches blanches â la base du telson. Le trait le plus caractéristique
a tif à la coloration de cette espèce est la zone dépigmentée qui entoure
- n °d<itus laleralis et qui apparaît sous forme d'un point blanc. Sur les
I o^ents 1-1V, le point blanc est situé au milieu de la bande brune qui limite
Pleurépimère ; â partir du segment V, il émigre brusquement sur le pleuré-
Source : MNHN, Paris
170
A. VAN'DKI,
pimèrc et devient de plus en plus latéral, lorsque l’on passe de V à VII-
Les plépodes sont pigmentés.
Fio. 37. — P. provinoialin Aubert et Dollfus. — A, céphalon et les deux premiers pé r f'°
nites. — B, tclson et uropodes. — C, antenne. — D, exopodite du premier pléopode
— E, extrémité de l'endopoditc du premier pléopode mâle.
Caractères tégumentaires.
a) Des granulations faibles et plates sur le vertex et les tergites péréiau* '
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLÜTION ET SYSTÉMATIQUE
elles
sont plus développées sur les péréionites antérieurs que sur les pos¬
térieurs. Les granulations du pléon sont très faibles.
Écailles de la carapace et soies-écailles de type normal, sans caractères
Particuliers.
r ) Champs glandulaires arrondis ou ovoïdes, éloignés du bord latéral
, u Pleurépimère. Ils occupent une position très antérieure (au quart ou au
C| nquième antérieur) (Tableau I).
d) Rapport — très faible (Tableau I).
P c
•'arme générale du corps. — Corps fortement convexe, non aplati.
C éphalon (Fig. 37 A). — Lobe frontal médian â peine indiqué, arqué en
eitl| -cercle ; lobes latéraux médiocres ; front dépourvu de tubercule. Les
yeu * s °nt constitués par 18 ommatidies disposées en trois rangées.
Pèriion (Fig. 37 A). — Pieu répimôres étroits, non étalés. Angle postérieur
u segment I arrondi, dépourvu de sinuosité ; angles des segments II et III
ro, ts ; angles des segments IV-VII aigus.
Processus angulaires non individualisés.
Pléon. — Néopleurons courts et étroits.
Telson (Fig. 37 B). — Telson court : pointe raccordée à la base par des
an gles très obtus, arrondis.
Antennes (Fig. 37 C). — Antennes courtes, atteignant à peine le deuxième
P‘ r lonile. Dents antennaires obsolètes. Articles du flagelle subégaux;
e second article est garni, sur l’un des côtés, d’une forte brosse de soies.
Maxilluie — L’cndile externe se termine par 10 tiges ainsi constituées :
°) 4 tiges colorées, dont une courte ; b) 4 tiges hyalines, échancrées ;
r ) 2 tiges courtes et hyalines.
Cnraclères sexuels mâles.
a ' Péréiopode VII : Cet appendice ne présente pas de différenciation
Quelle, h l’exception de la fossette garnie d’écailles piliformes de l’ischion
d un rendement b peine sensible du carpos.
k) Pléopode 1 (Fig. 37 D et E) : Exopodite à lobe interne pointu, long,
a R e ignant l’extrémité de l'apophyse génitale. Rapport y: 0,84-0,93. Endo-
P°dite terminé par une pointe conique, ornée d’une rangée d’épines et de
8o,es très fines.
Affinités.
(1
Cette espèce possède de nombreux caractères primitifs :
faille médiocre ;
,1 noduli latérales très apparents, en raison de leur insertion au
Une aire dépigmentée ; c’est lf> un caractère de Meloponorlhus ;
structure simple du céphalon, du péréion et du pléon ;
• 0 bsence de dents antennaires ;
' faible différenciation du péréiopode VII môle.
milieu
Source : MNHN, Paris
A. VANI)Kl.
Par contre, P. provincialis a atteint un stade d’évolution beaucoup plus
avancé en ce qui concerne :
1 ) les champs glandulaires, complètement isolés du rebord marginal!
2 ) le premier pléopode mâle dont la structure rappelle celle dos espèces du
groupe monlicola.
Iléparlilion (Fig. 38).
Le type de cette espèce provient de la Grau ; il y a été retrouvé p ar
H. Soyer. Mais il s'agit certainement là d’un peuplement secondaire. L’habi*
tal primitif et caractéristique de cette espèce est représenté par les coIli ,)CS
calcaires sèches de la Basse Provence et des Préalpes crétacées. Cette cspèc e
a été récoltée jusqu’ici dans les Bouches-du-Rhône (Salon, Mimet. Allauch),
le Var (Sainte-Baume ; le Luc) et les Hautes-Alpes (Agnielles-en-BeauchênCf
près d’Aspres-sur-Buech).
Porcellio gallicus Dollfus 1904.
Synonymie.
Cette espèce qui avait été tout d’abord confondue avec Porcellio politU*
Koch (qui est un Prolracheoniscus) (Budde-Lund, 1885 ; Doi.lfus, 18®®’
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 173
*^ 86 ' 5892 a et />, 1899, 1901 ; Gadeau de Kerville, 1888 ; Letacq, 1908)
**. a ^ reconnue, en tant qu’cspèce distincte, qu’en 1904, par Dollfus
("1 Dyduch, 1904).
,j' ~ P. gallicun Dollfus. — A, céphalon et premier péréionlte. — B, moitié gauche
torgite VII. — C, toison et uropodes. — I), uropode isolé ; en bas, endopodite vu de
q C q ‘ — A', septième péréiopodc môle. — F, exopodite du premier pléopodc mâle. —
• extrémité de l’endopodite du premier pléopode mâle.
y^riplion.
*‘ u description de cette espèce a été donnée par Budde-Lund (1885,
J 44 ), Dollfus (i,i Dyduch, 1904, p. (53), Verhoeff (1907, p. 267 ; 1928,
,| 50 ; 1938 b, p. 117), Dahl (1916, p. 50) et Waechtler (1937, p. 277).
11
8e mbi,
convient cependant de revenir sur la morphologie de cette espèce qui
Vi .• .' av °ir été mal comprise ; ce qui rend compte des innombrables
ClSs itudes qu’a connues cette espèce. Verhoeff (1907, p. 267 ; 1928,
Source : MNHN, Paris
174
A. VAN1JEL
p. 150) en fait d’abord un Euporcellio, jusqu’au jour où il la range parmi le 5
Mesoporcellio (Vebhokff, 1938 b , p. 117). Cari. (1911, p. 46) en fait aussi
un Mesoporcellio. Enfin, Dalh (1916, p. 50) la range parmi les Proporcellio.
Longueur-. 14-15 mm.
Colorulion : brunâtre ; les zones de linéoles blanches se détachent nettement
sur le fond sombre et donnent à cette espèce un aspect très caractéristique-
Pleurépimères clairs, barrés par une bande fauve. Péréiopodes pigmentés.
Caractères légurnenlaires.
a) Corps lisse, luisant, dépourvu de granulations ;
b) Soies-écailles très petites, mais, par ailleurs, de constitution normale;
e) Champs glandulaires ovoïdes ou circulaires, cerclés, éloignés du bord
marginal. Le caractère le plus remarquable offert par les champs glandu-
laires, et unique dans le genre Porcellio, est leur posilion constamment anté¬
rieure. Pour les péréionites II-V1I, la moyenne du rapport — est égale à
0,90 (Tableau I). Même sur le péréionite VII, le champ glandulaire conserve
sa position à l’angle antérieur du segment (Fig. 39 A).
d) Noduli latérales très apparents, constitués par une forte soie, insérée
au milieu d’une petite zone circulaire dépigmentée. Le rapport — est élevé,
même sur les derniers segments (Tableau 1).
Forme générale du corps. — Corps convexe, bombé. L’animal est capable
de se plier en demi-cercle et de conserver longtemps cette position, dans
un état cataleptique.
Ciphalon fFig. 39B).— Pas de lobe médian. La tête est limitée en avant
par la ligne frontale légèrement arquée ; les lobes latéraux sont petits, p el1
saillants.
Péréinn (Fig. 39 B). — Bord postérieur du premier péréionite faiblement
sinuè. Processus angulaires à peine saillants.
Telson (Fig. 39 C). — Telson à côtés incurvés et à extrémité arrondie-
Antennes. — Pas de dents antennaires.
Maxillule. —- Endite externe terminé par dix dent*, toutes entières
Uropodes (Fig. 39 C et D). — Basis h bord postérieur très fortement obl''l l,e
et à pointe interne? formant un angle aigu. Cette disposition est très cai' aC '
téristique de cette espèce. Endopoditc très aplati, caréné sur son bord latéral-
Caractères sexuels mâles.
a) Péréiopode VII (Fig. 39 E) : Hautement différencié.. Basis portant ^
l’angle distal et sternal une forte tige, accompagnée de quelques s°' eS
recourbées. Ischion s’étalant en une palette très élargie, garnie sur sa f ace
rostrale d’une fossette tapissée d’écaillcs piliformes. Méros portant u/>®
plage d’écaillcs piliformes à son bord tergal. Garpos anguleusement reidl e
sur son bord tergal, le sommet de l’angle correspondant exactement b
moitié de l’article. La crête tergale est gauchie.
Source : MNHN, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 175
LM ^^ 0 P°d e 1 (Fig- 39 F et G) : L’exopodite est assez variable de forme.
°be interne est pointu et assez court par rapport à la région trachéenne
*I U| est très allongée transversalement. Le rapport y est très variable ; voici
Fia. 40. — Carte do répartition de P. gallicua.
Oi^urs de ce rapport chez huit individus étudiés: 0,56-0,65-0,67-0,69-
/ '®'^&-0,76-0,80 (moyenne : 0,70).
I>e n e . n ^°podite présente une curieuse ressemblance avec celui de spini-
<le ^ nton l ar *ii8, similitude qui ne saurait reposer que sur un phénomène
c onvergence. Les deux pointes qui terminent l’organe sont dissociées
Source : MNHN, Paris
178
A. VANDEL
et de longueurs très inégales ; la pointe interne dépasse de beaucoup la pointe
externe ; de plus, la première est profondément divisée en deux dents subé-
gales, de telle sorte que l’extrémité de l’organe est Irifurquée, comme chez
monlanus.
Affinités.
Cette espèce possède quelques caractères indubitablement itrimilifs :
1) Noduli latérales très apparents, restant constamment éloignés du bord
marginal (caractère de Metoponorlhus) ;
2) Absence de lobe frontal médian (caractère de Metoponorlhus) ;
3) Telson à pointe mal individualisée.
Par contre, les caractères sexuels mâles (haute différenciation du péréio-
pode VII ; trifurcation de l'endopodite du premier pléopode) possèdent un
degré élevé de spécialisation qui les rend comparables à ceux des espèce 5
les plus évoluées du groupe monlicola. Le contraste entre la faible différen¬
ciation des caractères somatiques et la spécialisation très poussée des caraco
lères sexuels mâles constitue l'un des Irails les plus remarquables de la mor¬
phologie de celle espère.
Par ailleurs, P. gallicus occupe une position très isolée dans le genre P° r
cellio, en raison de la position constamment antérieure des champs glan¬
dulaires.
Il conviendra de rechercher si les espèces que l’on a rapprochées de gallicUÿ
telles que allicus Verhoefï, jaicensis VerhoefT, humberli Paulian de Féli®*»
possèdent les mêmes caractéristiques, ou bien, au contraire, ne présentent
avec cette espèce qu’une ressemblance superficielle.
Répartition (Fig. 40).
Cette espèce mérite parfaitement son nom, en ce sens qu'elle occupe l fl
plus grande partie du territoire français et que, d’autre part, elle n’en dépasse
que bien rarement les limites. On ne l’a signalée, en effet, en dehors de France,
qu’à Guetaria, dans le pays basque espagnol (Dollfus, 1892 b), et à Vernie 1- '
près de Genève (Carl, 1908, 1911) ; ces deux stations sont d’ailleurs très
proches de la frontière française.
Cependant, la répartition de cette espèce en F’rance n’est pas unifo rI1 ) c-
P. gallicus parait originaire du sud-ouest de la France, et plus particule
rement de la chaîne pyrénéenne, où il est extrêmement commun. On récoMfl
cette espèce dans les régions boisées de basse et moyenne altitude. A pa r ^‘ r
de cet habitat originel, elle a gagné la plus grande partie de la France.
note cependant son absence en Bretagne (Legrand, 1949), dans le No r “'
en Alsace-Lorraine, dans le sud-est et dans toute la région méditerranéenne’
I)e ces absences, on peut tirer la conclusion que P. gallicus n’esL ni une espè® 6
atlantique, ni une espèce méditerranéenne ou tyrrhénienne.
Source : MNHN, Paris
GENRE . PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 177
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
con f tU - de dc la variation el - de l’évolution du genre Porcellio conduit à des
c usions dont l’essentiel peut être résumé dans les cinq propositions
Van tes (Vandel, 1950 a) :
cr 0 Un grand nombre d’organes présentent, dans le genre Porcellio, une
d u lssance kilométrique (c’est-à-dire dysharmonique par rapport à l’ensemble
Som C °!^ JS )' La dysharmonie de croissance affecte aussi bien les caractères
cénh l <|UeS ’ propres aux deux sexes (granulations tégumentaires, lobes
têre a,,ques ’ dents antennaires, pleurépimères, telson, etc.), que les carac-
Pode SCXUels ni31es ( se P tième Paire de péréiopodes, première paire de pléo-
proiT’ “ ropodes - etc -)- La croissance allométrique représente la réaction
Les ^ ^ Un organe sensibilisé vis-à-vis d’un facteur morphogène ou sexuel.
4ale C ° ndlli0nS climati< l ues 1 ui régnent aux hautes altitudes sensibilisent
I)érA; ment le8 car actères sexuels secondaires (au moins ceux du septième
’opode mâle) au facteur sexuel.
8 U j v f 8 , Colonies d uns même es P éce Peuvent présenter des aspects différents,
u ne • 68 r ég' üns qu’elles occupent. Les colonies méridionales renferment
^.najonté d’individus de grande taille, possédant des caractères dyshar-
(]’ ' <IUR | S , Lrès développés, dilatés. Les colonies septentrionales, composées
l èr es • a,rC8 de petite taille > ne Présentent, même adultes, que des carac-
,r >ais ,U ,? émles - 11 est Probable que ces différences ont une base génotypique ;
n 0m d 68 S ° nt exa S 6rées P ar les conditions de milieu. Je désigne sous le
les . 6 * f 0rmes * ,es colonies répondant à ce type de variation. On ne saurait
Phi q COn8id '' rer comme des races ’ car ’ ni morphologiquement, ni géogra-
k-s | . ment > elles ne sont nettement séparées les unes des autres. Exemple :
i". , 01 . 8 f °rmes de Porcellio monlicola Lereboullet : monlicola (forme type),
ris (forme septentrionale) et meridionalis (forme méridionale).
l e * Les différences spécifiques ou subspécifiques que l’on observe dans
v idu s nre lJ ° rcellio 8ont de même ordre que celles que l’on relève entre indi-
Pag au colonies. Dans ce cas, le phénomène de la dysharmonie de croissance
all 0m q - Cadre orogénique et individuel au plan phylétique. La croissance
ihdivTi Ue a,recte aussi bien l’individu au cours de son développement
lp ansf . ffie les différents termes évolutifs d’une lignée phylétique. C’est ce
L e rt que Ch. Ciiampy désigne sous le nom de « phénomène de Lameere ».
rj^j 8 différences spécifiques ou subspécifiques correspondent à des va¬
in,;^* dC se,ls ihilité différentielle d’organes affectés de croissance allo-
^“«laus DU Muséum, Zoologie, 1. III.
Source : MNHN, Paris
178
A. VANUKL
peut être très grande dans une espèce, faible ou nulle dans une espèce voi¬
sine. Les adultes des deux espèces seront différents, mais l’adulte de l a
seconde espèce ressemblera, quant à l’organe considéré, à la forme juvénile
de la première espèce ( paedomorplwse de Garstang). Ce type de variation
est extrêmement fréquent dans le genre Porcellio ; il est à l’origine des innom¬
brables confusions qui se sont produites dans la systématique de ce genre'
Paedomorphose et surévolution peuvent coexister dans une même cspè ce
(ou sous-espèce). C’est ainsi que les caractères somatiques de P. spinipennis
monlanus se présentent comme des caractères juvéniles par rapport à ceux
du type spinipennis spinipennis ; mais les caractères sexuels du prenu er
pléopode mâle de monlanus sont surévolués par rapport à ceux du typ e-
4) Les facteurs morphogènes ou sexuels qui déterminent la croissant
allométrique des organes sensibilisés agissent toujours dans le même sens-
Ils déterminent des évolutions orientées ou orlhogenèse. Ces orthogenèses
peuvent aboutir au développement d’organes proprement hypertéliques.
tels, les immenses uropodes des mâles de quelques Porcellio espagnols-
maynificus Dollfus, expansus Dollfus, bolivari Dollfus, haasi Arrangé 1,
f>) L’évolution du genre Porcellio apparaît ainsi, non point comme e
résultat de mutations survenant au hasard, et orientées dans toutes
directions, mais comme le déroulement de manifestations de sensibiM
différentielle et de réactions de croissance allométrique, très semblable 9
à celles que l’on observe dans le développement individuel. Ce sont donc
îles évolutions orientées, comme le sont tous les phénomènes de dévelop*
peinent.
Ces évolutions orientées aboutissent k la réalisation de variantes, l» u
tiples dans leurs aspects, .mais répondant toutes à une même organisât * 0 •
fondamentale qui est celle du type générique. Ces variations ne peuven ^
dans la plupart des cas, être qualifiées d’utiles ou de nuisibles ; elles s°
indifférentes. Il est difficile de concevoir que la sélection ait la mo® 1 ^
prise sur elles. Seuls, les termes extrêmes des séries évolutives, alourdi»
formations hypertéliques, semblent désavantagés par rapport aux typ eS
normaux.
Source : MNHN, Paris
GENRE « UORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
179
Tableau I . P. incarna, provinciales at gallicus
Espèce8
incanus
provincialis
gallicus
0* ;6 Clin.
?•
^«éionltea
b
d
ï°r..
f
b
d
roi-..
f
b
d
-—i
0,16
0,64
8-9
i
0,28
0,35
23-24
1,02
0,23
0,57
0,19
0,76
8
0,74
0,20
0,38
30-33
0,89
0,24
0,63
0,19
0,76
II
0,80
0,20
0,43
28
0,89
0,25
0,68
-_IV
0,19
0,91
10
0,72
0,185
0.44
26-28
0,84
0,18
0,82
0,16
0,39
7
0,77
0,23
0,29
20-23
0,92
0,23
0,56
__VI
0,13
0,29
9-7
0,77
0,19
0,24
19
0,90
0,17
0,41
_ VII
0,11
0,30
5
0,72
0,15
0,23
16-18
0,92
0,11
0,40
-___
9 •14 mm.
9
9 ; 10 mm.
■—L___
0,13
0,57
1,07
0,26
0,29
?
1,07
0,28
0,47
0,16
0,76
0,82
0,22
0,34
18
0,91
0,24
0,58
0,18
0,76
0,80
0,22
0,34
14
0,90
0,22
0,62
0,18
C\785
0,80
0,20
0.42
14
0,90
0,20
0,77
'— ~ _
0,15
0,35
0,82
0,24
0,295
13
0,87
0,13
0,38
"ja _
0,12
0,23
0,81
0,11
0,245
15
0,89
0,10
0,31
L_VII
0,12
0,23
0,79
0,12
0,32 I 15
0,94
0,10
0,34
Tableau 111. £. ezplanatué
explanatua
cataleunlcus
d> l 14 mm.
o» ; 12 mm.
d» 4 15 mm.
tes
Pores
f
b
d
Por.
f
b
|
Poraa
5
b
Tl
27
1,07
0,12
0,73
31
1,06
0,16
0,38
20
1,05
23
0,82
0,15
0,55
22
0,83
0,19
0,40
19
0,83
0,12
0,59
20
0,78
0,16
0,59
19
>,795
0,20
0,35
16
0,80
0,13
0,53
20
0,68
0,13
0.50
20
0,74
0,16
0.37
18
0,72
0,13
?
0,70
0,15
0,15
16
0,71
0,16
0,14
12
0,71
0,11
12
0,72
0,11
0,13
15
0,79
0,15
0,09
12
0,73
0,10
8
0,75
0,11
0,09
12
0,78
0,14
0,06
9
0,72
0,16
0,10 II
Source : MNHN, Paris
Tableau IX p. monticola
aouB-espèces
monticola
lugubris
merldlonalia
pyrenaeua
àlticola
; 12
5 mm.
d 1 i
II ÜJB
<? i 14
am.
0" ; 14 am.
Péréionitas
|
b
d
Poree
f
b
d
Pores
f
b
d
Pores
b
d
Porea
f
b
d
I
13
1,30
0,21
0,46
9
1,02
0,15
0,29
28
1,15
0,15
0,54
8
1.08
0,12
0,51
18
1,03
0,17
0,30
11-15
0,76
0,16
0,46
10
0,77
0,16
0,36
22
0,84
0,16
0,50
6
0.75
0,125
0,62
21
0,72
0,15
0,36
12-14
0,71
0,17
0,45
8
0,72
0,17
0,34
13
0,77
0,16
0,52
5
0,67
0,15
0,59
17
0,71
0,16
0,41
12
0,69
0,11
Ojdl
8
0,71
0,15
0,35
13
0,74
0,16
0.50
4
0,62
0,17
0,63!
16
0,73
0,17
0.45
0,71
0,10
0,18
10
0,72
?
?
8
0,80
0,15
0,11
3
0,71
0,18
0,27
13
0,75
0,16
0,17
VI
12
0,70
0,08
0,11
9
0,73
0,09
0,12
12
0,80
0,14
0,13
4
0,71
0,13
0,108
13
0,76
0,14
0,11
^,72
0,10
0,16
3
0,72
0,09
0,12
9
0,88
0,10
0,12
2
0,76
0,12
0,20
10
0,71
0,08
0,12
«r ;
,5 ma
I
20
1,03
0,19
0,185
8
0,90
0,15
0,38
II
12
0,75
0,21
0,40
?
?
0.20
0,51
13
0,72
0,18
0,16
8
0,72
0,20
0,55
13
0,68
0,16
oui
II
0,67
0,19
0.48
II
0,70
0,155
0,10
6
0,68
0,21
0,25
VI
9-11
0,77
0,11
0,08
3,72
0,16
0,20
VII
9
0,71
0,07
0,11
2
0,73
0,10
0.195
Source : MNHN, Paris
GENRE . PORCELLIO ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE 181
Tableau IV. P. aplnlcornla at vlolaceua
aplnlcornla-
vlolaceua
vlolaceua
f4 Klonitaa
î
o* i 12 mm.
Sierra Nevada
o" î 10 mm,
Bûnyula
P<r <lonito a
Pores
f
b
d
Pores
i
b
d
,.r.
|
|
12-12
0,63
0,22
0,74
20
0,86
0,22
0,92
3
û,735
0,19
0,65
16-14
0,72
0,20
0,83
14
0,72
0,25
0,91
6
0,68
0,21
0,72
13-14
0,74
0,20
0.92
12
0,66
0,21
0.96
4
0,67
?
7
--
II-I3
0,77
0,15
0,29
II
0,66
0,16
0,34
5
0,74
0,17
0,32
12-12
0,80
0,05
0,15
9
0,675
0,11
0,26
4
0,74
0,14
0,23
8-8
0,83
0,10
0,19
8
0,64
0,13
0,33
4
0,69
0,08
0,21
^___
i 9 mm.
o» ; 12 mm.
Sierra da la Segra
tf i
La C
II mm
apa
3
?
1,05
0,17
0,65
10
1,00
0,19
0,53
13
1,14
0,21
0,64
7
0,22
0,76
6
0,61
0,21
0,66
12
0,80
0,19
0,68
5-7
0,83
0,20
0,75
9
0,69
0,20
0,65
?
î
?
7
6-7
0,80
0,20
0,8?
10
0,61
0,18
0,74
12
0,71
0,15
0,76
" •—_____
4
0,61
0,18
0,22
4
0,69
0,18
0,17
0,72
0,11
'—-i—
2-3
0,875
0,13
0,16
4
0,68
0,11
0,15
6
0,72
0,10
0,10
-i 1
0
0,875
0,12
0,11
2
0,68
0,11
0,18
2
0,72
0,11
0,09f
-_
0" i
No
14 mm.
ux
^-
III.
1. .1. 1
II | 0,67 | 0.23 1 0.85
Tableau V . - F. expansus,haasi et aickle3i.
expansua
d 1 ; 28 mm.
naasi
<? i 24 mm.
nicklesi
c f ; 15 mm.
bonites
b
c
d
c
a
b
d
c
Pores
a
b
d
0,14
0,86
0,92
0,16
0,64
30
1,27
0,20
0,96
0,20
1,38
0,74
0,23
1,00
?
0,76
?
?
0,21
1,41
0,75
),225
1,07
16
0,74
0,20
1,14
0,20
I,?2
0,66
0,21
1,16
.15
0,70
0,17
1,17
0,20
0,22
0,70
0,15
0,31
10
0,69
0,13
0,37
0,14
0,15
0,69
0,12
0,14
?
0,69
0,12
0,27
0,11
0,29
0,65
0,09
0,20
0
0,72
0,12
0,28
Source : MNHN, Paris
Tableau VI. p. orarum
Races
orarum
ga1loprovineial1a
oribrifer
alpicola
vizzavonenais
ci» ; 16 ma.
<?
9 ; 15 mm.
d>
d» 5 12 mm.
Péréionitea
|
b
d
Fores
|
b
d
Foras
|
b
~c
d
Pores
|
b
d
Pores
|
b
d
I
26
1,07
0,16
0,75
14
1,00
0,14
0,64
18
1,00
0,17
0,55
1,03
0,20
0,66
8
1,00
0,13
0,60
II
30
0,78
0,18
0,86
12-13
0,83
0,18
0,75
?
0,75
0,17
0,64
0,83
0,22
0,68
8
0,76
0,16
0,66
III
?
0,72
0,19
0,93
»
0,85
0,18
0,72
14
0,78
0,18
0,73
0,87
0,21
0,76
7
0,74
0,16
0,72
IV
24
0,70
0,19
P,97
5
0,77
0,175
0*83
16
0,79
0,17
0.79
0,81
0,21
0,81
7
0,70
0,18
0,75
22
0,72
0,17
0,31
?
0,75
0,13
0,13
14
0,75
0,15
0,37
0,79
0,17
0,31
6
0,76
0,17
0,34
V!
24
0,62
0,08
0,20
9
0,83
0,12
0,15
14
0,78
0,14
0,20
0,84
0,11
0,20
6
0,77
0,13
0,21
VII
"
0,68
0,07
0,23
6-7
0,72
0,08
0,12
6
0,76
0,10
0,28
0,76
0,12
0,27
4
0,73
0,08
0,27
d* ; 16 mm.
rf. ; II ma.
t? ; 13 mm.
I
51
0,89
0,15
0,63
18-21
0,94
0,14
0,58
21-23
1,17
0,21
0,63
II
22-26
0,75
0,18
0,86,
16
0,78
0,18
0,81
16-24
0,85
0,21
0,72
III
16-17
0,70
0,22
0,91
9
0,68
0,19
0,78
16-17
0,88
?
?
_
IV
22-25
0,71
0,20
0,96
8-9
0,66
0,20
0,82
19-15
0,83
0,16
0.79
V
16
0,72
0,13
0,27
7
0,72
0,15
0,29
14-15
0,76
0,15
0,31
VI
13-22
0,68
0,13
0,27
8
0,75
0,14
0,14
14
0,80
0,14
0,21
VII
15-18
0,68
0,06
0,16
8
0,69
0,11
0,18
8-9
0,73
0,11
0,24
Ç ; 16 mm.
\ IV
9 \o.70 l 0.n\Q t3 I.
i
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
183
Tableau VII . P. spinipennis.
spinlpenniB
montanus
■ 0 * adulte
9
fôrélonites
Pores
a
c
b
C
d
e
Pores
a
"c
"c
d
_I
?
0,91
0,13
0,63
36
0,91
0,16
0,72.
■_II
14
0,82
?
?
30
0,77
0,20
1,04
III
14
0,68
0,255
1,06
30
0,70
0,19
1,05
-_IV
II
0,66
0,18
I.I?
24
0,67
0,21
1,10
_V
9
0,67
0,13
0,25
18
0,66
0,125
0,30
VI
?
?
?
?
21
0,75
0,10
0,24
VII
8
0,65
0,11
0,14
13
0,75
0,09
0,22
_
<P
juvénile } 10mm.
I
20
0,92
0,13
0,65
-_II
15
0,83
0,18
1,01
-_III
16
0,70
0,17
0,93
^_IV
14
0,72
0,18
0,97
V
14
0,75
0,14
0,26
^_VI
15
0,78
0,11
0,19
L^jrii
10
0,70
0,09
0,23
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
184
Tableau VIII
I. hoffmamnseggi subap. aordicLaa
( <?, 18 mm . )
Péréionites
Nombre de
pores
a
c
b
c
j
c
I
40
1,09
0,20
0,67
II
28
0,56
0,18
0,70
III
30
0,47
0,20
0,70
IV
31
0,45
0,19
0,72_
V
28
0,50
0,18
0,53
VI
26
0,51
0,11
0,42
VII
31
0,56
0,115
0,40
Source : MNHN, Paris
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leo
A. VANDEL
INDEX DES ESPÈCES, SOUS-ESPÈCES, RACES ET FORMES
CITEES DANS LE PRÉSENT MÉMOIRE
achilleionensis, 16!».
aghousi, 108.
alassiense, 152, 159.
albinus, 107, 108.
alpicoia, 96,153,156,157,158,159,182.
alticola, 96,115,126,129,132,134,180.
amoenus, 115, 140.
atlanteus, 107.
atticus, 169, 176.
Iianyulensis, 143.
bernardi, 84.
blattarius, 108.
bolivari, 86, 88, 95, 115, 152, 178.
bonadonai, 106, 107.
bovei, 108, 110.
brevipenuis, 110.
budde-Iundi, 110.
calmani, 108.
eatalaunica, 134, 135, 137, 179.
cavernicolus, 91, 101.
chevalieri, 107.
cilicius, 92.
cingendus, 91.
convexus, 83.
costata, 83.
eribrifer, 97, 153, 156, 158, 182.
cristalus, 83.
crucntatus, 164.
de bueni, 89, 102.
dilata lu», 102, 103, 104, 106.
dimorphus, 83.
dispar, 85, 86, 87, 89, 91, 101.
djebeli, 110.
duboscqui, 132.
echinatus, 88, 89, loi, 102.
cxiniiu», 110.
expansu», 86, 88, 95, 96, 115, 117, 118,
144, 145, 146, 149, 150, 151, 178, 181.
explanatus, 95, 99, 115, 117, 118, 122,
125, 130, 132, 133, 134, 136, 179.
exstinctus, 84.
lestai, 115.
Ilavocinctu8, 110.
gallicus, 88, 89, 92, 97, 169, 172, 173,
175, 176, 179.
galloprovinciali», 153, 155, 156, 182.
gauthieri, 108.
geruianicus, 137.
baasi, 86, 88, 95, 116, 117, 118, 147,
148, 149, 151, 178, 181.
lierculis, 107.
herminiensis, 86, 89, 101.
hirlipe8, 108.
hispanus, 115, 140.
liolTinannseggi, 83, 110. 111, 112, 113.
humberti, 176.
imbutus, 110.
incanus, 88, 89, 91, loi, 102, 179,
ingenuus, 88, 102.
iutercalarius, 110.
jaicensis, 169, 176.
klugi, 83.
krivosijcncis, 169.
lacvis, 83, 107, 108, 109.
laevissimus, 91, 101.
lamcllatus, 83, 92.
lapidicicolu», 110.
latissimu», 83.
lenta, 83.
lepineyi, 107.
letoumeuxi, 108.
lugubris, 94, 98, 124, 132, 152, 159,
164, 168, 177, 180.
lusilanus, 88, 102.
maculipes, 101.
madagascaricnsis, 83.
magnifiera, 88, 95, 110, 111, 144, 178.
marioni, 104.
melanocepbalus, 137.
meridionalis, 94. 96, 98, 124, 125, 177
180.
mirabilis, 84, 92.
mixtus, 137.
molleri, 91.
raontanus, 88, 95, 99, 115, 117, 160,
162, 163, 164, 165, 166, 167, 168.
175, 176, 178, 183.
monticola, 94, 95, 96, 98, 99, 115, 116.
117, 118, 119, 120, 122, 123, 124.
125, 126, 128, 129, 130, 131, 132,
134, 135, 136, 138, 139, 140, 152,
153, 154, 156, 159, 177, 180.
mus, 83.
myrmccophilus, 83, 92.
uicklesi, 86, 115, 117, 118, 149, 130,
152, 181.
iiovus, 101.
ub8olctu8, 83.
ocellalus, 110.
olivieri, 107, 108, 110.
orarum, 95, 96, 99, 115, 117, 118, H 9 >
122, 152, 153, 154, 156, 159, 160,
162, 164, 182.
oruatus, 109, 110, 114.
panzeri, 83.
pelopounesius, 169.
pelseneeri, 110.
peniusulae, 115.
peregrinus, 83.
petiti, 104, 105, 106.
peyerimhofG, 85.
pica, 84.
piceus, 96.
|>ictu», 137.
plalysoma, 110.
pulitus, 172.
Source : MNHM, Paris
GENRE « PORCELLIO ». ÉVOLUTION ET SYSTÉMATIQUE
191
P°rpliyrivagus, 84, 92.
Praeustus, 110.
Pfovincialis. 85, 89, 169, 170, 172, 179.
Pruinosus, 83, 91.
Pujetanus, 160.
P u micatus, 115.
pusil| ug> 9i f 92.
Pycnaeus, 96, 97, 115, 122, 126, 127,
«8, 130, 180.
''ag’usae, 108.
r aihkci, 83.
r °nianorii m, 115.
acabep, 83, 88, 102.
8 **.faaciatus, 84, 91.
‘î*>nius, 92.
S'iveslrii, 115, 122, 126, 131, 132, 134.
sordidus, 110, 122, 184.
“Pnucornis, 99, 115. 117, 118, 137,
13 8. 139, 140, 151, 181.
spinipennis, 86, 88, 95, 99, 115, 117,
118, 119, 122, 152, 154, 155, 160,
161, 162, 164, 166, 168, 178, 183.
succinctus, 140.
slrandi, 115.
tardus, 83.
testacea, 83.
trifasciatus, 84.
tripolitanus, 110.
troglophila, 135, 136, 137, 179.
vandeli, 107.
variabilis, 109, 110, 159.
verlioeffi, 115, 159.
villiersi, 108.
violaceus, 96, 115, 117, 118, 139, 140,
141, 142, 143, 181.
vizzavonensis, 110, 153, 158, 159, 182.
wagucri, 110.
TABLE DES MATIÈRES
Introduction.
81
PREMIÈRE PARTIE
LES CARACTÈRES DU GENRE PORCELLIO
pcliinitation du genre Purcellio .
) Le céphalon, le péréion et le pléon.
y Les appendices..
.J Les caractères sexuels secondaires.
Les caractères tégumentaires.
Les caractères à croissance allornétrique.
') Facteurs climatiques et Variants sexuels.
83
84
86
86
88
92
95
DEUXIÈME PARTIE
LA CLASSIFICATION DU GENRE PORCELLIO
*) Choix des caractères qui doivent être retenus dans l’établissement d’une
classification naturelle des espèces du genre Porcellio . 97
) Les unités systématiques. 98
h k es critères géographiques. 99
Etablissement de différentes groupes (ou lignées phylétiques) dans le
genre Porcellio . 100
TROISIÈME PARTIE
ÉTUDE DE QUELQUES ESPÈCES DU GENRE PORCELLIO
(j nou,. E atlantique (Groupe scaber) .
Forcellio incanus B.-L.
“orcellio dilatatus Brandt.
Forme petiti n..
Sous-espèce boiuulonai n. subsp.
101
102
104
104
106
Source : MNHN, Paris
192
A. VANDEL
Groupe nord-africain (Groupe laevis) .
Groupe bf.tico-bifain (Groupe hoffmannseggi) .
Porcellio hoffmannseggi subsp. magnificus Dollfus. .
Porcellio hoffmannseggi subsp. sordidus Budde-Lund
Porcellio ornatus Milne-Edwards
Groupe tyrrhénien (Groupe monticola) .
Porcellio monticola Lereboullct.
Les variations de P. monticola .
Les « formes » de P. monticola .
« Forme lugubris ».
« Forme meridionalis » .
P. monticola pi/renaeus Dollfus.
P. monticola allicola Vandel.
P. monticola silvestrii Arcangeli.
Porcellio explanatus Collinge.
Forme type.
« Forme catalaunica » .
« Forme troglophila » .
Porcellio spinicornis Say.
Porcellio violaceus B.-L..
Porcellio expansus Dollfus.’ ’ ' ‘ '
Porcellio haasi Arcangeli.’
Porcellio nicklesi Dollfus.
Porcellio bolivari Dollfus.’ . ’ ’
Porcellio orarum Verhoeff.’ [ ’ ’ ‘
P. orarum orarum Verhoeir.
P. orarum gaUoprovinciales n.
P. orarum cribrifer Verhoelï.
P. orarum alpicola n.
P. orarum vizzavonensis Verhoeif.
Formes italiennes et sardes se rattachant à P. orarum
Porcellio spinipennis B.-L.
P. spinipennis spinipennis B.-L.
P. spinipennis monlanus B.-L.
lit
112
114
114
118
123
124
124
124
126
129
131
132
135
135
137
137
140
144
J49
149
152
152
153
156
156
158
159
159
160
160
164
Espèces auxquelles il est impossible de fixer, pour l’instant, une
PLACE EXACTE DANS LA CLASSIFICATION. 169
Porcellio provincialis Aubert et Dollfus. .169
Porcellio gallicus Dollfus. .!!..! 172
Résumé et conclusions.
177
Tableaux numériques relatifs aux caractères tégumbntaires . . 179
Bibliographie. 185
<DEX D1:s ESPÈCES, SOUS-ESPÈCES, RACES ET FORMES APPARTENANT AU
GENRE Porcellio ET CITÉES DANS LE PRÉSENT MÉMOIRE.
190
1-ierre André, lmp., 244 boulevard Uuapi.il, paril. — Dépôt légal : 2* trimeitre 1951.
Source : MNHN, Paris