mémoires
DD
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Séné A, Zoologie
TOME L
FASCICULE 2 ET DERNIER
Roland BOURDON
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geofîroy-Saint-Hilaire (Ve)
1968
Source : MNHI J, Paris
Soiiri.K : MNHN, Pans
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
mémoires
DU
MUSÉUM NATIONAÉ
D’HISTOIRE NATURELLE
nouvelle série
Série A, Zoologie
TOME L
FASCICULE 2 ET DERNIER
Roland BOURDON
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (Ve)
1968
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Tome L, Fascicule 2 et dernier
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
par
Roland BOURDON
SOMMAIRE
INTRODUCTION. 79
LA FAMILLE DES BOPYRIDAE. 80
A. Groupe CEPON. . 81
I. Genre IONE Latreille. 82
II. Genre ERGYNE Risso. 95
III. Genre SCYRACEPON Tattersall. 99
IV. Genre CANCRICEPON Giard et Bonnier. 103
B. Groupe PSEUDIONE . 150
V. Genre GYGE Comalia et Panceri. 151
VI. Genre PROGEBIOPHILUS R. & M. Codreanu. 159
VII. Genre PLEUROCRYPTELLA Bonnier. 170
VIII. Genre PSEUDIONE KossmaDn. 172
IX. Genre PLEUROCRYPTA Hesse. 218
X. Genre MEGACHELIONE, nov. gen. 301
XI. Genre ASYMMETRIONE R. & M. Codreanu et Pike. 308
XII. Genre UROCRYPTELLA R. & M. Codreanu. 314
C. Groupe ORBIONE . 327
XIII. Genre EPIPENAEON Nobili. 327
D. Groupe BOPYRUS . 333
XIV. Genre UROBOPYRUS Richardson. 334
XV. Genre BOPYROIDES Stimpson. 349
XVI. Genre BOPYRUS Latreille. 372
XVII. Genre BOPYRINA Kossmann. 387
Bopyridae susceptibles d’être trouvés ULTÉRIEUREMENT DANS LES MERS EUROPÉENNES. 406
Nomina rtuda .
Liste des Crustacés Décapodes européens parasités par les Bopyridae. 409
Bibliographie. 111
7 564030 6. 1 A
Source : MNHN, Paris
78
ROLAND BOURDON
Avant de commencer l’exposé de ce travail, nous tenons, tout d’abord, à expri¬
mer notre sincère et profonde gratitude à tous ceux qui nous ont permis de le réaliser.
M. le professeur A. Véillet (Faculté des sciences de Nancy), qui est à l’origine
de nos recherches, a bien voulu en assurer la direction tout en nous témoignant un
intérêt constant.
M. le professeur G. Teissier (Directeur de la station biologique de Roscoff)
a accepté de nous parrainer auprès du C.N.R.S. et fait bénéficier des moyens excep¬
tionnels de récolte et de travail offerts par son laboratoire.
MM. les professeurs Th. Monod (Muséum national d’histoire naturelle
Paris), Ch. Bocquet (Faculté des sciences de Paris) et le Dr. A. Cantacuzène (Station
biologique de Roscoff) nous ont beaucoup aidé par leurs critiques et suggestions
M. Jacques Forest (Sous-directeur au Muséum national d’histoire naturelle
Paris) n’a cessé de nous prodiguer ses précieux conseils et encouragements et procuré
de nombreux parasites intéressants.
Notre ami Yves Turquier a fort obligeamment assumé la tâche ingrate de
revoir le manuscrit.
Nous sommes redevable aussi à la Direction et aux membres du personnel
des Laboratoires de Roscoff, Wimereux, Arcachon et Sète pour les récoltes opérées à
notre intention et à Cl. Faidy et L. Bertolini qui, avec le Dr. A. Cantacuzène
nous ont effectué des traductions.
L’aide apportée par ma femme a été d’autant plus importante qu’elle a con¬
sisté à me seconder dans les tâches les plus longues et les plus fastidieuses.
Notre reconnaissance va également à tous ceux, très nombreux, qui ont bien
voulu nous confier du matériel. Au Dr. R.B. Pike (Victoria University, Wellington)
en particulier, pour avoir, à nos débuts, mis spontanément à notre disposition sa
riche collection de Pleurocrypta; à MM. M. Amanieu (Station biologique, Arcachon )
P. Berche (Fatuité des sciences, Nancy), Dr. Th. Bowman (U.S.N. Muséum, Washing¬
ton), L. Cabioch (Station biologique, Roscoff), Pr. L. Euzet (Faculté des Sciences
Montpellier), Dr. I. Gordon (Bristish Muséum), Dr. J.R. Grindley (South African
Muséum, Cape-Town), Dr. L.B. Holthuis (Rijskmuseum van Natuurlijke Historié
Leiden), R. Hamond (Norston, Norfolk), Dr. R.W. Ingle (British Muséum), Dr. P.
Juchault (Fatuité des sciences, Poitiers), Dr. N. Knaben (Zoologisk Muséum, Oslo),
Dr. J P. Quignard (Station biologique, Sète), Dr. S. A. Meli (Zoologisk Muséum,
Trondheim), J.M. Reidenbath (Faculté des sciences, Nancy), Pr. F.S. Russel (Marine
biological station, Plymouth), Dr. J.H. Stock (Zoologisk Muséum, Amsterdam), Pr.
E. Sollaud (Fatuité des Scientes, Lyon), M Ile A. Toulemont (Institut océanographique,
Pans), Dr. T. Wolff (Zoologisk Muséum, Kobenhavn).
Que M. le professeur Chabaud accepte aussi nos sincères remerciements pour
avoir bien voulu atcepter de publier ce travail dans les Mémoires du Muséum
a Histoire naturelle qu’il dirige.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
79
INTRODUCTION
Si la thèse magistrale de Bonnier (1900) reste toujours l’ouvrage de base indis¬
pensable pour l’étude morphologique des Bopyridae, elle s’avère à présent dépassée
en ce qui concerne la systématique et la biologie de ces parasites. Depuis le début du
siècle, en effet, le nombre des espèces s’est considérablement accru, entraînant par
suite un profond remaniement de leur taxonomie; d’autre part, certaines opinions
soutenues par Giard et Bonnier sur la biologie de ces Isopodes ont été notablement
modifiées par des travaux plus récents.
Malgré une littérature aujourd’hui profuse, nos connaissances sur la famille
(et sur les Épicarides en général) sont cependant loin d’être complètes, beaucoup
de formes n’étant encore que très imparfaitement connues : par exemple, les stades
larvaires et juvéniles restent à décrire dans la majorité des cas, quant à la variation
morphologique à l’intérieur de l’espèce même, elle n’a pratiquement pas été abordée.
La plupart des travaux sont d’ailleurs consacrés à la systématique; toutefois,
quelques auteurs se sont attachés à des points bien précis de leur biologie, soulignant la
singularité des Épicarides sous ce rapport et l’intérêt du groupe pour l’étude de pro¬
blèmes d’ordre général, tels le déterminisme et l’inversion du sexe, la spécificité et la
« castration » parasitaires, etc., mais, pour la grande majorité des espèces, même les
plus communes, on ignore complètement leur cycle biologique qui constitue pourtant
un aspect primordial de leur éthologie.
La méconnaissance de ce groupe est due en grande partie à la rareté avec laquelle
s’obtiennent généralement ces parasites. Fort heureusement, en quelques endroits,
l’infestation de certaines espèces sévit avec une intensité suffisante pour en permettre
l’étude. De ce point de vue, la Baie de Quiberon et Roscoff sont des régions des plus
intéressantes et la plus grande partie de notre matériel provient d’ailleurs de ces
localités; mais il n’est peut-être pas inutile d’indiquer qu’il nous a, toutefois, été néces¬
saire de récolter plus de 200.000 Décapodes pour mener à bien ce travail.
C’est en vue de combler dans la mesure du possible ces lacunes et en nous res¬
treignant aux seuls Bopyridae des mers européennes que nous avons entrepris nos
recherches. Initialement, notre intention était de suivre le cycle de quelques espèces
choisies parmi les plus communes et fixées sur des hôtes différents afin de comparer
leur biologie. Mais, dès le début de nos investigations, nous avons éprouvé de sérieuses
difficultés pour la détermination de certains parasites à cause de l’extrême variabilité
des caractères morphologiques sur lesquels était précisément basée la systématique
du groupe. Aussi avons-nous été amené à nous étendre davantage sur la variation intra-
spécifique et sur ses conséquences taxonomiques au détriment de la biologie propre¬
ment dite.
Le présent travail est donc avant tout une tentative de révision des Bopyridae
des Crustacés Décapodes européens. Présenté sous forme de faune, nous avons essayé
d’y inclure tous les éléments permettant l’identification des espèces actuellement con¬
nues sur nos côtes ou susceptibles de s’y trouver, avec leur répartition géographique
et, éventuellement, leur fréquence relative ; d’autre part, afin de préciser nos con¬
naissances actuelles sur chaque espèce, nous nous sommes efforcé de fournir le maxi¬
mum de données biologiques obtenues soit de nos propres observations, soit des tra¬
vaux des autres auteurs.
Source : MNHN, Paris
80
ROLAND BOURDON
LA FAMILLE DES BOPYRIDAE
Les Épicarides, Isopodes parasites de Crustacés, ont fait l’objet de plusieurs tenta¬
tives de classification, mais aucune n’est complètement satisfaisante. Il est toutefois généra¬
lement admis de les séparer en 2 sections 1 : les Cryptoniscina, à hermaphrodisme protandrique,
dont le d ne dépasse pas le dernier stade larvaire, parasites des Ostracodes, Cirripèdes, Amphi-
podes, Isopodes et Cumacés et les Bopyrina, gonochoriques, à sexes morphologiquement dis-
tincts, qui infestent les Schizopodes et les Décapodes.
Se basant essentiellement sur la nature de l’hôte et la position du parasite, Bonnier
(1900) divise la section des Bopyrina en quatre familles. Sur les Schizopodes vivent les Dajidae
et sur les Décapodes : les Entoniscidae 2 3 4 (cavité viscérale), les Bopyridae (cavité branchiale)
et les Phryxidae (sur l’abdomen).
Il faut avouer que ces critères présentent une valeur contestable. On connaît mainte¬
nant des Dajidae fixés sur des Isopodes et des Décapodes ( Natantia ou Macrura reptantia
et même dans la cavité branchiale d’un Brachyoure), des Bopyridae internes ou abdominaux
et des Phryxidae sur la face dorsale de l’abdomen d’une Crevette. Toutefois, les deux premières
familles sont bien caractérisées par leur morphologie. Quant aux dernières, la plupart des
auteurs n’admettent pas leur distinction et les réunissent dans une seule et même famille
celle des Bopyridae.
Nombre d’arguments semblent corroborer ce point de vue. Éthologiquement, si les
Phryxidae sont généralement placés sous l’abdomen de l’hôte à l’état adulte, la plupart d’entre
eux se fixent d’abord dans la cavité branchiale où ils se métamorphosent avant d’émigrer dans
la région pléale; d’autre part, certains Bopyridae sont internes ( Entophilus et parfois aussi les
formes juvéniles de Pleurocrypta) ou abdominaux ( Phyllodurus, Rhopalione) et l’on a même
décrit récemment un Épicaride (Bopyrophryxus) qui, comme son nom l’indique, possède à la
fois une position branchiale et abdominale. Morphologiquement, les deux familles ne se dis¬
tinguent pas par leurs larves épicaridiennes et cryptonisciennes tandis qu’au contraire celles
des Dajidae et des Entoniscidae sont facilement reconnaissables.
Toutefois, il nous paraît difficile de considérer les Phryxidae comme des Bopyridae
et de classer ensemble des parasites dont le faciès à l’état adulte est aussi différent. En effet
tous les Phryxidae s’opposent aux Bopyridae (y compris les formes abdominales) par la
position résupinée du céphalon de la 9 et parfois des péréiopodes, le grand développement
de certains oostégites ou leur fusion partielle et, dans quelques cas, la régression des péréio¬
podes sur le côté déformé. Que ces caractères soient en rapport avec le mode de fixation des
parasites, c’est certain; mais, pratiquement, ce qui nous intéresse le plus est que ces derniers
peuvent être immédiatement séparés en deux groupes distincts sur la base de critères étho-
logique (3) et morphologique. Aussi nous semble-t-il préférable de conserver encore les
deux familles (4).
CLASSIFICATION DES BOPYRIDAE
La morphologie des stades larvaires et juvéniles n’étant connue que chez très peu
d’espèces, la détermination des Bopyridae (tout comme celle des Phryxidae) reste basée sur
les caractères externes des 99 et des dé adultes, formes sous lesquelles ces Épicarides
(1) Le terme de« section» est ici provisoirement employé pour remplacer celui de « tribu» auquel uns
décision du 14 e Congrès international de Zoologie (1953) donne seulement valeur de taxon inférieur à la
sous-famille.
(2) Danforth (1963) vient de proposer d’élever les Entoniscidae au rang de « tribu ».
(3) Aucun Bopyridae sensu stricto n’a encore été trouvé sur l’abdomen de Crevettes ou de Pagure!.
(4) On pourrait évidemment, tenant compte des affinités de ces Épicarides, diviser la famille des Bopy¬
ridae en deux sous-familles (Bopyrinae et Phryxinae), ce qui aurait l’avantage de concilier les argument!
valables des différents auteurs.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
81
sont d’aiileurs le plus souvent récoltés. Des différentes parties du corps, le pléon s’avère le
plus variable et, par suite, fournit aux anciens auteurs le principal critère taxonomique. Selon
le degré de développement et de complication des plaques latérales de l’abdomen de la 9,
Bonnier (1900) divisait la famille en trois groupes distincts, système adopté par Nierstrasz
et Brender-à-Brandis (1929, 1931, 1932) et qui se définissait comme suit : lames pleurales
allongées et digitées (lone et Céponiens); plus courtes, lamelleuses et séparées (genres appa
rentés à Pseudione et Orbione); rudimentaires ou nulles ( Gyge, Argeia, Probopyrus,
Bopyrus, etc.)
Cette ancienne classification, basée exclusivement sur l’abdomen, présentait un incon¬
vénient majeur : celui de réunir dans le deuxième groupe certaines espèces (comme celles
du genre Orbione) nettement à part des autres par le développement excessif des plaques
coxales et surtout de ne pas tenir compte, dans le troisième, de l’état de développement du
marsupium (complet ou rudimentaire) des parasites, caractères indiquant pourtant un degré
d’évolution très différent. Aussi est-ce avec raison qu’exposant une très intéressante théorie
sur la phylogénie de la famille, Shiino (1965) sépare les formes dont les oostégites constituent
ou non une cavité incubatrice close et celles à plaques coxales très développées.
Selon cet auteur, les Bopyridae peuvent se répartir en six groupes : Pseudione (le plus
ancien dont dériveraient tous les autres), Orbione, Cepon, Bopyrus, Athelges et Phryxus.
Pour Shiino, les deux derniers sont équivalents aux précédents; nous avons déjà indiqué
pourquoi nous pensions devoir les considérer, au contraire, comme représentant une famille
à part, celle des Phryxidae. Nous n’insisterons pas ici sur la nouvelle systématique proposée
dans cette note dont les idées directrices seront vraisemblablement développées ultérieurement.
Provisoirement, nous adopterons les quatre groupes auxquels peut s’ajouter (Danforth,
1963) celui constitué par le genre Entophilus Richardson, d’ailleurs non représenté dans
nos régions.
En ce qui concerne les Bopyridae européens, ils peuvent se classer comme suit (1) :
1. Marsupium fermé (oostégites se recouvrant pour former une cavité incubatrice
complètement close) ou très légèrement ouvert au milieu.
A. Plaques latérales du pléon toujours très allongées, digitées ou forte¬
ment tuberculées sur les bords (aspect festonné); avec au moins les
premières redressées vers l’avant du corps. Groupe CEPON
B. Plaques latérales du pléon plus ou moins allongées, mais pratiquement
lisses sur les bords (aspect non festonné); dirigées latéralement ou
vers l’arrière du corps.
+ Plaques coxales thoraciques toutes peu développées et de forme
semblable; lame frontale relativement réduite, ne s’étendant pas
latéralement. Groupe PSEUDIONE
+ Plaques coxales thoraciques excessivement développées; lame
frontale s’étendant largement sur les bords. Groupe ORBIONE
2. Marsupium ouvert (oostégites laissant visible la totalité de la face ventrale du
thorax). Groupe BOPYRUS
A. Groupe CEPON
Caractérisé par les longues lames pleurales plus ou moins fortement découpées sur les
bords, il renferme des formes pouvant être séparées en deux ensembles de faciès différent. Le
premier, représenté par le seul genre lone, parasite les Callianasses : Q avec la lame frontale
étendue latéralement et six paires de plaques latérales ; le d, très particulier, possède le même
nombre de lames pleurales au pléon. Dans le second (Céponiens proprement dits) sont réunis
les autres parasites qui montrent tous un habitus très semblable : corps de la 9 globuleux,
bosses ovariennes généralement importantes, bosses médio-dorsales souvent présentes, plaques
(1) Cette clé, ainsi que les autres, s'applique exclusivement aux VV adultes, sauf indication contraire-
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
82
latérales plus ou moins redressées vers le thorax; l’abdomen du cf, segmenté dans la plupart
des cas, porte des pléopodes tuberculiformes ; ces Bopyridae infestent les Brachyoures (1).
Ce groupe renferme 26 genres dont quatre dans nos régions pouvant être ainsi iden¬
tifiés :
1. Pléon avec six paires de plaques latérales très ramifiées; exopodite des
pléopodes tubuliforme et lisse; uropodes en lyre.
2. Pléon avec cinq paires de plaques latérales simples, seulement digitées
ou tuberculées ; exopodite des pléopodes de même forme que les lames
pleurales; uropodes droits.
A. Appendices du pléon finement digités; endopodite des pléopodes
bien développé.
B. Appendices du pléon grossièrement tuberculés; endopodite des
pléopodes rudimentaire.
-f Pléon du cf plus ou moins fusionné dans sa partie médiane;
pas de pléopodes.
+ Pléon du (? complètement segmenté ; avec des pléopodes .
IONE Latreille
ERGYNE Risso
SC Y RA CEPON TattersalL
CANCRICEPON G. et B.
I. Genre IONE Latreille, 1818
Le genre Ione est très caractéristique par suite de la présence de six paires de plaques
latérales au pléon dans les deux sexes. Sous ce rapport, le <5 se rapproche de Procepon Shiino
(1937) qui, il est vrai, d’après la diagnose, possède seulement cinq paires de plaques latérales
et des uropodes biramés, mais il s’agit là d’une simple question de terminologie et l’exopodite
des uropodes peut tout aussi bien être interprété comme une lame pleurale. De toutes façons,
chez Procepon, les pléopodes sont biramés et également filiformes; quant à la 9. tous les
appendices pléaux présentent la même forme et les plaques latérales n’ont pas de digitations
arborescentes.
Le genre Ione comprend actuellement six espèces décrites (2), dont deux sont propres
à nos mers : I. thoracica (Montagu) et I. vicina Bonnier; les autres sont réparties dans le
Pacifique. Toutes parasitent des hôtes du genre Callianassa (2).
D’ailleurs excessivement voisines, les espèces européennes se distinguent des autres
formes par la grande taille de la lame céphalique et des plaques coxales des deux premiers
segments thoraciques et par les exopodites des pléopodes effilés.
CARACTÈRES DISTINCTIFS DES DEUX ESPÈCES EUROPÉENNES D’IONE
Comme le reconnaît lui-même Bonnier (1900), les différences entre I. thoracica et
I. vicina sont peu importantes, mais, d’après cet auteur, elles seraient constantes. Les carac¬
tères distinctifs entre les deux formes sont indiqués au tableau 1.
1. IONE THORACICA ( Montagu , 1808)
Références :
1808, Oniscus thoracicus Montagu, p. 103-104, pl. 111, fig. 3-4.
1817, Oniscus thoracicus Latreille, p. 54.
1818, Oniscus thoracicus Lamarck, p. 170.
1818, Oniscus (Jone) thoracicus Latreille, pl. 336, fig. 46.
1825, Jone thoracicus Desmarest, p. 286, pl. 46, fig. 10.
(1) Il n’est pas sans intérêt de noter que les deux seules espèces qui ne parasitent pas des Crabes ( Hypo-
cepon ovale Nz. et Br. à Br. (1931) et Procepon insolitum Shiino (1937) présentent un aspect très différent:
à notre avis, ce ne sont pas de vrais Céponieng. Il en est de même pour Alypocepon intermedium Nz. et Br.
à Br. (1931) dont l’hôte est inconnu.
(2) Fraisse (1878) a bien signalé la présence d’f. thoracica sur les Upogebia stellata (Leach) du Golfe de
Naples, mais aucun parasite de ce genre n’a été retrouvé par la suite sur cet hôte, malgré les récoltes inten¬
sives de Gébies dans la localité. Erreur de détermination ou lapsus calami ? Quoi qu’il en soit, le nom
d’J. gebiae attribué par Giard et Bonnier (1890) pour l’/one d 'Upogebia reste toujours nomen nudum.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
83
1826, Jone tkoracicus Audouin et Milne Edwards, p. 359-361, pl. XL1X, fig. 10-11.
1829, Jone tkoracicus Guébin-Méneville, pl. 62, fig. 1-2.
1838, Jone tkoracicus Lamarck, p. 292-293.
1840, Ione tkoracicus H. Milne Edwards, p. 279-280, pl. 33, fig. 14-15.
1840, Ione tkoracicus Lucas, p. 246, pl. 19, fig. 2-3.
1849, Ione tkoracicus Cuvier, pl. XLIX, fig. 1-3.
1857, Ione tkoracicus White, p. 254, pl. XIV, fig. 8 a-b.
1868, Ione thoracica Bâte et Westwood, p. 255-256, 6 fig.
18816, Jone thoracica Kossmann, p. 170-181, pl. X, fig. 1-9.
1887, Ione thoracica Giard et Bonnier, p. 1-77.
1900, Ione thoracica Bonnier, p. 238-245, pl. I, fig. 1-7; pl. II, fig. 1-10; pl. III, fig. 1-6.
1901, Ione thoracica Gerstaecker, p. 237-238, pl. XI, fig. 1-3.
1942, Ione thoracica Reverberi et Pitotti, p. 111-184, fig. 1-27.
1945, Ione thoracica Reverberi, p. 236-238, fig. 7 a-d.
Matériel examiné :
— sur Callianassa subterranea (Montagu). — France : 1 spécimen. Bassin d’Arcachon
(P. Juchault coil.).
— sur Callianassa tyrrhena (Petagna). — France : 2 spécimens, Le Pirou, côte ouest
du Cotentin (Y. Turquier col!.). Italie : 9 spécimens, Naples (Pr. Veillet leg.).
Sexe
Caractères
I. thoracica
I. vicina
Exopodites / lames pieu-
Nettement plus longs
Un peu plus courts
Exopodites.
Tous foliiformes
Triangulaires dans la l rc
paire, progressivement fili-
1 er endopodite.
Foliiforme, distalement acuminé
Subquadrangulaire, arrondi
à l’extrémité.
d
Pléopodes .
Non visibles
Plus apparents
Uropodes / lames pieu-
De même taille
Un peu plus longs
Tableau 1
Caractères distinctifs entre Ione thoracica et I. vicina (d’après Bonnier, 1900)
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 -(- cf sur C. tyrrhena 9 de 45,1 mm de longueur totale,
cavité branchiale droite, Naples.
Femelle (fig. 1).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 8,0 mm; largeur au niveau du troi¬
sième segment thoracique : 4,6 mm; longueur du pléon : 2,4 mm. Indice d’asymétrie : 9° (1).
(1) Nous appelons indice d’asymétrie l’angle formé par les axes sagittaux du céphalon et du pléon.
Wtte mesure précise l’appréciation subjective de la déformation du parasite en donnant le degré de courbure
« pennet d éviter l'emploi de qualificatifs trop vagues comme « peu, assez ou très asymétrique ».
Source : MNHN, Paris
84
ROLAND BOURDON
Céphalon ovalaire, sans fissure médiane marquée sur la face dorsale. Lame frontale
large, formant de chaque côté de la tête un grand lobe charnu et libre dépassant un peu l c
bord latéral du premier segment thoracique. Yeux non visibles. Antennules triarticulées,
antennes à six articles. Maxillipèdes (fig. 2, a) arrondis, pourvus d’un palpe minuscule.
Bord postérieur (fig. 2, b) avec deux paires de lamelles lisses dont l’externe est plus longue et
plus effilée que l’interne; une troisième paire est également présente, mais, insérée sous les
deux autres, elle ne peut être décelée qu’en soulevant ces dernières; la partie médiane est
proéminente et sans tubercules.
Fig. 1
Ione thoracica (Montagu). - ÿ adulte, face dorsale X 14.
Pereion. — Bosses latérales sur les quatre premiers somites, peu saillantes; les deus
premières a peine définies. Plaques coxales formant, dans les deux segments antérieurs, un
lobe pendant semblable à ceux du céphalon, mais plus développé; elles sont plus longues
d un coté que de 1 autre : la première plaque gauche dépasse légèrement le deuxième somite,
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
85
la seconde s’étend jusqu’à la moitié du quatrième segment; les cinq paires suivantes sont beau¬
coup plus petites et lancéolées. Oostégites. Première paire (fig. 2, c) avec la partie antérieure
arrondie, profondément excavée intérieurement; la partie postérieure, régulière et ciliée, ne
présente pas de lobe distal; la crête interne porte quelques digitations acuminées dans sa
moitié proximale. Les autres oostégites sont beaucoup plus grands, surtout les troisièmes et
quatrièmes, et de forme à peu près semblable, sauf les deuxièmes, de contour plus incurvé;
sur leur bord postérieur sont insérés des poils de plus en plus longs de la seconde à la qua¬
trième paire et, dans la dernière, ils constituent une véritable frange; toutes les plaques mar-
supiales sont ornées sur leur moitié supérieure externe de poils très particuliers. Péréiopodes
(fig. 2, d) de structure semblable, avec une petite bosse sur le bord supérieur du basipodite ;
le bord inférieur du propode forme également une forte gibbosité contre laquelle vient
s’appliquer l’extrémité du dactyle très robuste; leur taille augmente légèrement jusqu’à P4,
diminue un peu ensuite vers l’arrière.
Pléon à six segments, mais la séparation n’est pas indiquée dorsalement dans les trois
derniers somites. Plaques latérales au nombre de six paires portant sur leur bord postérieur
de nombreuses digitations ramifiées. Pléopodes : cinq paires biramées. Expodites très effilés,
dépassant un peu les lames pleurales et les uropodes. Endopodites tous plus courts que l’exo-
podite correspondant; la première paire est large, lamelleuse et en croissant; dans les seg¬
ments suivants, l’endopodite s’aminçit progressivement et, dans les deux dernières paires,
il a la même forme que la rame externe. Ces trois sortes d’appendices augmentent légèrement
de taille vers l’arrière. Uropodes simples, constitués de deux tubes relativement gros et allon¬
gés, un peu plus longs que les dernières plaques latérales; leur extrémité distale se recourbe
extérieurement en forme de « lyre ».
Mâle (fig. 3, a).
Mensurations. — Longueur : 3,8 mm; largeur au quatrième segment thoracique :
1>3 mm; longueur du pléon : 0,9 mm.
Source : MNHN, Paris
86
ROLAND BOURDON
Céphalon arrondi en avant et séparé du péréion. Yeux présents. Antennules (fig. 3, J)
triarticulées, antennes à sept articles, le deuxième segment étant le plus important. Maxilli,
pèdes (fig. 3, c) triangulaires, paraissant formés de deux articles, et terminés par trois soies
apicales.
Ione thoracica (Montagu). — J adulte : a, face dorsale X 21; 6, antenne et antennule X 96;
c, maxille et maxillipède X186 ; d, premier péréiopode X46 ; e, 7' péréiopode X 46.
Péréion. — Les segments sont tous sensiblement de même largeur et arrondis sur les
côtés. Péréiopodes (fig. 3, d-e). PI et P2 avec le dactyle long et effilé; ce dernier est plus court,
plus gros et très squameux à son extrémité distale dans les péréiopodes suivants. Leur taille
ne cesse d’augmenter vers l’arrière, surtout dans P6 et P7.
Pléon sans trace de segmentation dorsale ou ventrale. Plaques latérales : six paires
effilées et de longueur légèrement croissante. Ni pléopodes ni uropodes.
Forme larvaire.
Cryptoniscien.
Malgré la fréquence d’/. thoracica et les travaux dont ce parasite a fait l’objet, aucune
description n a été donnée des stades larvaires. La seule indication morphologique se rapporte
au cryptoniscien dont Caroli (1929a) dit que l’article basal des antennules a le bord posté¬
rieur denticulé, caractère spécialement notable, souligne-t-il, car c’est un cas très rare chez les
Epicarides de la section des Bopyrina. Ce serait même le seul, mais nous avons vu deux de
ces larves (spécimens provenant du Pirou) et il s’agit seulement d’épines, le bord inférieur de
ces appendices n’étant pas divisé en plusieurs dents comme chez les Cryptoniscina.
Longueur : 0,68 mm.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
87
Céphalon arrondi en avant. Yeux présents. Antennules (fig. 4, a). Article basal avec le
bord postérieur spinuleux, l’angle antéro-exteme acuminé se termine par une longue soie;
deuxième segment présentant les mêmes ornementations ; le troisième porte distalement deux
lobes inégaux à l’extrémité desquels s’insèrent quelques longues soies, l’inférieur (le plus
long) présentant, en outre, une soie proximale sur chaque bord ; la frange sensorielle ordinaire
n’a pû être distinguée. Antennes (fig. 4, b). Les deux premiers segments sont courts, le second
montre une soie sur son bord externe, le troisième est terminé par trois soies, le quatrième
par deux; les articles du flagellum sont d’égale longueur, de plus en plus minces et pourvus
de deux soies latéro-inférieures, sauf le dernier qui en a quatre.
Zone ihoracica (Montagu). — Larve cryptoniscienne : a, antennule X 562; b, antenne X 472;
c, péréiopode X 520; d, uropode X 520; e, pygidium X 616.
Péréion. — Épaulettes coxales non dentées. Péréiopodes (fig. 4, c) de même structure,
avec le propode globuleux orné de plusieurs dents sur le bord inférieur; le dactyle est bifide.
Pléon. — Saillies médio-ventrales spiniformes. Pléopodes : cinq paires biramées.
Plaque basale montrant deux soies postéro-internes; expodite avec cinq soies plumeuses,
l’externe plus courte que les autres; l’endopodite de la dernière paire se termine par deux soies
(mais le nombre ne peut être précisé dans les appendices précédents, les soies s’étant déta¬
chées au cours du traitement des larves). Uropodes (fig. 4, d). Plaque basale relativement grande
avec une soie postéro-exteme. Endopodite présentant un petit groupe de poils courts sur la
moitié proximale externe et une soie sur le bord interne; il se termine par deux dents aiguës
et trois soies inégales dont la médiane beaucoup plus longue que les autres. Exopodite plus
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
développé que la rame interne, pourvu à son extrémité postérieure de quatre dents, l’une
d’entre elles forte et obtuse, plus trois soies de différentes longueurs, la médiane étant
particulièrement allongée. Pygidium (fig. 4, e) légèrement cordiforme.
Toute la surface du corps et les appendices du pléon sont recouverts de poils relati¬
vement longs, ce qui est la règle pour les cryptonisciens de Bopyridae.
Formes juvéniles.
Le plus jeune spécimen d’/. thoracica que nous ayons examiné est un cryptoniscien
en mue, placé sous le premier oostégite d’une 9 adulte. L’exuviation s’est produite au niveau
des segments thoraciques V et VI, la partie postérieure étant bopyrienne. Les péréiopodes 6
et 7 sont semblables à ceux de la dernière larve, mais les dents du carpe et du propode ont
disparu et le dactyle est maintenant simple. Sur l’abdomen (fig. 6, a), les pléopodes sont de
taille décroissante, légèrement bilobés postérieurement avec une petite soie sur le bord postéro-
externe; les uropodes sont très gros.
Reverberi et Pitotti (1942) ont représenté un certain nombre de stades post-larvaires
encore fixés sur l’abdomen de l’hôte. Leur longueur est comprise entre 1 et 5 mm. La forme
de ces individus est variable, allongée ou ovalaire, avec des uropodes toujours développés-
les bords latéraux du pléon sont plus ou moins étendus.
Fig. 5
Ione thoracica (Montagu). - 9V juvéniles : a-c, stades évolutifs, face dorsale
(d’après Reverberi et Pitotti, 1942).
Femelle.
Les mêmes auteurs et Kossmann (18816) ont également figuré des 99 juvéniles bran¬
chiales à différents stades évolutifs :
. T" ®j iez k P^ us î eune (fig- 5» ®)i ni la lame frontale ni les plaques coxales ne sont cons¬
tituées, les bords latéraux des segments thoraciques, seulement rétrécis et acuminés, s’inclinent
vers 1 arrière; les uropodes, relativement importants, ont déjà la forme caractéristique en
" lyre ». Les deux auteurs italiens indiquent l’absence de plaques latérales digitées au pléon
et celle des oostégites;
^ ans UD 9ta( l e plus avancé (fig. 5, 6), la lame frontale s’allonge latéralement, mais
le bord antérieur est encore arqué; les deux premières paires de plaques coxales sont bien
formées et les lames pleurales commencent à se digiter;
, ^ 9 juvénile la plus évoluée (fig. 5, c) se rapproche beaucoup par son apparence
générale de la forme adulte : la lame frontale est aplatie antérieurement et les digitations
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
postérieures des plaques latérales sont plus nombreuses et plus importantes, mais elles restent
encore simples. Il est probable que les oostégites sont développés à ce stade et qu’il s’agit
d’une 9 préadulte.
Mâle.
Reverberi et Pitotti (1942) ont aussi décrit comment se faisait la croissance pléale
du â et se réalisait la forme adulte (fig. 6, b-f) : les bords latéraux s’allongent progressivement
à partir du dernier segment tandis que les uropodes s’amincissent.
Fie. 6
Ione thoracica (Montagu). — JS juvéniles : a, abdomen d’un cryptoniscien en mue ;
b-f, croissance pléale (d’après Reverberi et Pitotti, 1942).
2. Variation intra-spécifiquc
Femelle.
Taille de l’adulte : entre 3,9 et 10,0 mm.
Rapport L/l du corps (calculé du bord antérieur de la lame frontale à l’extrémité dis¬
tale du pléon, uropodes non compris) : varie entre 1,40 et 2,00, donnant au parasite un aspect
trapu ou allongé, avec tous les intermédiaires.
Indice d'asymétrie : toujours très faible.
Antennes : quelquefois avec cinq ou quatre articles dans l’un des deux appendices,
mais le plus généralement avec six.
Maxillipèdes : le petit lobe antéro-externe peut manquer.
Lame frontale et plaques coxales antérieures : leur longueur relative est très variable,
surtout dans la plaque du péréionite II. Ainsi, l’extrémité distale de la lame frontale atteint
entre la fin du premier segment et le début du troisième, la première plaque coxale entre la
moitié du deuxième et le début du quatrième; la seconde plaque s’étend ordinairement entre
la moitié du quatrième somite et le début du sixième, mais chez un spécimen de 8,0 mm
(Naples), cette lame parvient jusqu’à l’extrémité du premier pléonite et dans un autre de 6,7 mm
(même localité), elle dépasse les uropodes (fig. 7, a).
564030 6.
Source : MNHN, Paris
90
ROLAND BOURDON
Les autres plaques coxales, de forme très différente et beaucoup plus réduites, sont
souvent effilées distalement. En ce qui les concerne, deux anomalies à relever :
(1°) troisième plaque lamelleuse comme les précédentes et atteignant le début du
cinquième segment (2°) chez les deux individus du Pirou, la quatrième paire, pourtant bien
délimitée des bosses latérales, ne possède pas de prolongement lancéolé.
Crête interne du premier oostégite : habituellement pourvue de digitations, mais ces
dernières peuvent se réduire à de simples tubercules, voire manquer complètement (un indi¬
vidu).
Exopcdita des pléopodes : augmentent sensiblement de taille dans les segments pesté
Z Jr deu Y peclme “ < 7 ’ 5 « 1( W mm), la cinquième paire était presque demi.»
deùtes P * ?', e ™ ète - 1» quatrième paire est plus petite que les p*é
aénémiem T * H ‘“Ç 16 ” Je l'endopodite, le premier exopodite est assez v.rUble
généralement un peu plus développé, parfois de même taille, rarement un peu plus t»«i.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
91
Les deux dernières paires sont assez souvent recourbées distalement comme les uropodes
dont elles ont alors l’aspect. Le bord latéral de ces appendices est le plus fréquemment
tuberculé.
Endopodites des pléopodes : augmentent ordinairement de longueur aussi, mais ils
restent quelquefois de même taille; parfois la cinquième paire est beaucoup plus développée
que les autres.
Plaques latérales : ces appendices et, en certains cas, les exopodites des pléopodes,
peuvent avoir une apparence articulée. Il ne semble pas toutefois s’agir d’une segmentation
réelle, mais sans doute plus probablement d’un artefact dû au fixateur. Cette observation
amène à supposer que la segmentation décrite et figurée chez I. thomsoni Richardson (1904)
est peut-être aussi occasionnée artificiellement par la même cause.
Segmentation du pléon : les six segments toujours bien séparés, sauf dans le spécimen
de référence où les trois derniers sont soudés dorsalement.
Uropodes : sont aussi fréquemment tuberculés latéralement. Chez un spécimen,
l’uropode gauche montre dans sa moitié proximale deux digitations ramifiées identiques à
celles des plaques latérales (fig. 7, b), dans un autre, cet appendice est nettement biramé,
chaque uropode présentant l’aspect ordinaire en lyre (fig. 7, c).
Mâle.
Taille de l’adulte (sur 9 ovigère) : 2,0 à 4,8 mm.
Antennes : le nombre des articles varie peu, entre six et huit.
Maxillipèdes : celui des soies apicales est souvent de un, quelquefois trois et rare¬
ment deux; dans un cas, un des maxillipèdes était réduit à un simple tubercule beaucoup
plus petit que la maxille correspondante.
Péréiopodes : la différence de forme et de taille relative du dactyle entre les deux
premières paires et les suivantes est constante, sauf chez le plus jeune c? examiné (2,0 mm)
où cet article reste acuminé dans tous les péréiopodes. Ces derniers conservent d’ailleurs la
même longueur, tandis que chez tous les autres individus, on observe un accroissement de
dimension dans les pattes postérieures. Il est possible que l’augmentation de la grosseur
du propode représente un caractère d’apparition relativement tardive.
Plaques latérales : Bonnier (1900) a noté l’absence occasionnelle de la sixième
paire. La longueur de ces appendices augmente peu vers l’arrière et souvent toutes les lames
pleurales sont de même taille; parfois la première paire est nettement plus courte.
Segmentation de l’abdomen et pléopodes : Reverberi et Pitotti (1942) ont figuré
un très jeune 6 avec un abdomen de sept segments. Si la réduction du nombre des pléonites
dans ce sexe est parfois relativement fréquente dans certaines espèces, nous n’avons jamais
observé l’inverse; il est possible qu’il s’agisse tout simplement d’une erreur du dessinateur.
Les segments sont le plus souvent invisibles, quelquefois légèrement indiqués. Il en est
de même pour les pléopodes.
Hôtes et distribution géographique
Par suite de la confusion qui a longtemps régné dans la systématique des Callianassa
de nos régions, il est souvent difficile de préciser la nature exacte de l’hôte et la répartition
dV. thoracica sur ce dernier. Le parasite a été signalé sur les deux espèces suivantes :
— sur Callianassa subterranea (Montagu). — Belgique : au large d’Ostende (Hol-
thdis, 1950). Grande-Bretagne : estuaire de Kingsbridge (Montagu, 1808), Great West
Bay (Holmes, 1966). France : Boulogne (Bétencourt [1]), Wimereux (Giard et Bonnier,
1887), Port-en-Bessin (Lucas [1]), localité non mentionnée de la Manche (Audouin et Milne
Edwards, 1826), Concarneau (Bonnier, 1887), Arcachon (Carayon, 1943; Bourdon,
1964), station non précisée des côtes méditerranéennes (Lucas, 1883). Yougoslavie : Lésina
(Heller, 1866; Stalio, 1877; Stossich, 1880). U.R.S.S. : Mer Noire, Sébastopol (Popov,
(1) Fide Giard et Bonnier (1890) qui ne donnent pa9 la référence bibliographique.
Aburce : MNHN, Paris
92
ROLAND BOURDON
_ sur Callianassa tyrrhena (Petagna). — Iles anglo-normandes : Jersey (Norman,
1907 [1]; Pike, 1953; Le Sueur, 1954). France : Le Pirou, côte ouest du Cotentin (Y. Tur.
quier coll.). Italie : Naples (2) (Fraisse, 1877; Kossmann, 18816; Lo Bianco, 1888;
Giard et Bonnier, 1890; Caroli, 1928,1929a, 1931; Tucker, 1931; Reverberi et Pitotti,
1942- Reverberi, 1941, 1943, 19476; Baffoni, 1950, 1953).
BIOLOGIE
La biologie d ’I. thoracica a été étudiée à Naples par Caroli (1928, 1929a) qui, ]„
premier, suivit le développement larvaire complet d’un Epicaride sur Copépode et p ar
Reverberi (3) et Pitotti (1942) pour la vie parasitaire sur Callianassa. Ces derniers auteurs
ont principalement porté leurs recherches sur le déterminisme et l’inversion du sexe cher
les Bopyrina en utilisant Ione comme matériel; nous ne rappellerons pas ici leurs imp or .
tants travaux maintenant classiques sur lesquels nous aurons d ailleurs l’occasion de revenir
plus tard et résumerons seulement le cycle biologique de l’espèce, unique pour la famille
des Bopyridae.
Reproduction.
La maturité sexuelle est atteinte dans la première année de la vie d’7. thoracica-, il y
a plusieurs pontes dans la saison (au moins trois) se succédant à un mois d’intervalle environ.
La période de reproduction s’étend de mars à décembre; il n’y a pas d’émissions en hiver.
Vie larvaire.
Les embryons contenus dans le marsupium maternel de la 9 donnent des épica-
ridiens, larves douées d’un phototropisme positif qui se fixent sur le Copépode Acartia
clausi Giesbrecht dont la présence sur les fonds à Callianasses paraît précisément coïncider
avec la période de ponte du parasite. Sur cet hôte provisoire s’accomplit une série de mues
transformant rapidement l’épicaridien (en 10 jours à peu près) d’abord en microniscien,
puis en cryptoniscien. Parvenu à ce stade, la larve abandonne le Copépode et redevient
pélagique. C’est sous cette forme que se fait l’infestation de l’hôte définitif.
Vie parasitaire.
Le cryptoniscien peut évoluer très différemment :
1 er cas. — La larve se fixe sur les touffes de poils de l’abdomen d’une Callianasse;
là, elle se métamorphose en bopyridium, premier stade post-larvaire, et, tout en évoluant,
accomplit une lente migration jusqu’à la cavité branchiale de l’hôte; arrivée à cet endroit,
elle se transforme en une 9.
2 e cas. — Cette 9 parvenue à un certain âge (5-6 mois) émet une substance qui attire
un autre cryptoniscien planctonique directement dans la cavité branchiale; celui-ci se place
sur elle et devient rapidement un 'J. Si plusieurs larves se fixent simultanément sur la jeune 9,
elles peuvent commencer à se transformer dans le sens <$, mais une seule restera.
3 e cas. — Sur la plupart des Callianasses adultes déjà infestées par une grosse Ione,
notamment sur les touffes de poils et entre les pléopodes, s’agrippent des cryptonisciens
qui évoluent en bopyridium et autres stades plus avancés comme dans le premier cas, mais
ils ne rejoignent les branchies de l’hôte que si le c? en place vient à disparaître. La plupart
du temps, ces formes post-larvaires finissent par se détacher de l’abdomen des C. tyrrhena
et meurent.
Ce cycle compliqué est schématisé dans la figure 8.
En été et en automne, les très jeunes parasites post-larvaires sont relativement nom¬
breux sur l’abdomen des Callianasses déjà infestées, beaucoup moins communes sur celui
des hôtes indemnes; en janvier-février, elles sont bien plus rares et atteignent une longueur
(1) L’identification erronée de Norman a été rectifiée par Le Sueur (1934).
(2) Les anciennes observations faites à Naples mentionnent C. subterranea comme hôte, mais Casou
a indiqué par la suite qu’il s’agissait de C. laticauda (Otto) maintenant C. tyrrhena.
(3) Outre ce travail fondamental, Reverberi a publié de nombreuses et particulièrement intéressantes
observations sur la biologie d 'Ione que nous ne pouvons toutes rapporter ici (voir Bibliographie).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
93
Je 34 mm; elles disparaissent en mars soit qu’elles meurent (cas des hôtes parasités), soit
qu'elles aient rejoint la cavité branchiale (cas des individus indemnes). L’âge de la plus
jeune 9 branchiale est estimé à cinq mois environ.
lone ihoracica (Montagu). — Cycle biologique
(d’après Reverberi et Pitotti, 1942)
Statistiques d’infestation
Reverberi et Pitotti (1942) et Reverberi (1942a, 19476) ont donné les chiffres
globaux d’une année entière pour 1941, 1943 et 1946. Les pourcentages d’individus bopy-
risés ont doublé durant cette période. D’autre part, chacune des statistiques fait ressortir
que les 99 sont plus souvent infestées (6,9, 8,3 et 12,3 %) que les c?cf (3,7, 5,4 et 9,4 %).
*f ux de parasitisme augmente avec la taille de l’hôte dans les deux sexes, les très jeunes
Callianasses étant relativement peu infestées.
T 561030 6. 2 a
Source : MNHN, Paris
94
ROLAND BOURDON
Influence du parasitisme sur l’hôte
L’action modificatrice de VIone sur les caractères sexuels des Callianasses est p eu
importante En général, elle paraît surtout se traduire par une simple réduction de la grande
pince dans les deux sexes et porte quelquefois sur les deux premiers pléopodes du c? (Caroli,
1931; Reverberi, 1943; Baffoni, 1950).
Baffoni (1950) s’est attaché à l’étude de 1 influence du parasite sur les gonades. Une
réduction des testicules est ordinairement constatée chez les cJcf quoique la spermatogenèse
demeure toujours plus ou moins active. Chez les 99, les ovaires montrent une forte régres-
sion • ils sont vides et sans trace de vitellogenèse; le parasitisme cause une hypertrophie
des tissus connectifs entre les deux glandes sexuelles et souvent aussi des cellules de la
lignée germinale. , , , „ . ,
Le même auteur (1953) a également recherché 1 action du parasite sur l’hépato-
pancréas des Callianasses. Ses analyses mettent en évidence une augmentation du poids
et de la teneur en graisse et une diminution de la proportion d’eau et d’azote. C’est exactement
l’inverse qui se produit chez les individus infestés par un Rhizocéphale.
Infestations bilatérales et simultanées
Les cas de parasitisme double sont rares (Reverberi et Pitotti, 1942). Quelques
infestations simultanées avec le Rhizocéphale Parthenopea subterranea (Kossmann) ont été
notées sur des exemplaires déjà bopyrisés (Reverberi, 1943; Baffoni, 1950).
2. IONE V ICI N A Bonnier, 1900
Références :
1890, Zone vicina Giard et Bonnier, p. 387 (nomen nudum).
1900, loile vicina Bonnier, p. 247-248, pl. III, fig. 7-15.
Remarques systématiques
Les critères différentiels mentionnés par Bonnier (1900) ou ressortant de ses figures
paraissent peu importants (tableau 1 et fig. 9, a-b). Les principaux résident dans la forme
subquadrangulaire de l’endopodite des premiers pléopodes et dans la longueur relative des
exopodites qui sont toujours plus courts que les plaques latérales correspondantes.
Chez le petit spécimen d7. thoracica (Montagu) d’Arcachon (3,9 mm), les exopodites
ne dépassent pas les lames pleurales. On pourrait supposer qu’il s’agit de modifications
morphologiques en relation avec la croissance du parasite; mais, d’un autre côté, nous
avons observé une grande 9 (10,0 mm) de Naples présentant également une réduction du
meme appendice. Le seul point de différence entre les deux Bopyridae resterait donc la
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
95
forme du premier endopodite, ce qui paraît un critère spécifique bien mince. Il serait donc
souhaitable d’examiner à nouveau cette espèce que nous conservons provisoirement surtout
parce que des auteurs plus récents que Bonnier l’ont retrouvée et semblent admettre sa
validité.
Hôte et distribution géographique
Sur Callianassa truncata Giard et Bonnier. — Italie : Naples (Giard et Bonnier,
1890; Caroli, 1929a, 1931; Reverberi, 1943).
Influence du parasitisme sur l’hôte
Moins fréquente que I. thoracica (Montagu), mais non très rare (Caroli, 1929a),
on ne possède guère de données sur sa biologie. L’influence sur l’hôte a toutefois été étudiée
par Reverberi (1943) : elle se borne, chez les dd à une légère réduction des grandes pinces
et de leur chétotaxie, mais les testicules restent d’apparence normale; chez les 99, l’action
de l 'loue varie selon les individus, allant jusqu’à la complète atrophie des ovaires, quoique
la chélipèdes, les pléopodes et les orifices génitaux ne soient pas modifiés.
Infestations simultanées
L’infe9tation simultanée avec le Rhizocéphale Thompsonia mediterranea Caroli a
été observée par Caroli (1931).
II. Genre ERGYNE Risso, 1816
Présence de bosses médio-dorsales, endopodites des pléopodes bien développés chez
la Q, abdomen du c? complètement segmenté, constituent, dans le groupe des Céponiens,
da caractères génériques partagés par Ergyne Risso et Portunicepon Giard et Bonnier. Ce
genre a été longtemps confondu avec le dernier et désigné sous l’un ou l’autre nom. En fait,
nous ne savons pas avec certitude s’ils sont vraiment distincts. Le c? d'E. cervicornis Risso
ayant été décrit sans pléopodes tandis que ces appendices sont présents chez celui de toutes
la autres formes de Portunicepon, Shiino (1936) a proposé de séparer les deux genres sur
cette base.
Dans la description de l’espèce-type, Kossmann (18816) indique que les « épimé-
roïda » (c’est-à-dire les plaques latérales) manquent au pléon. Giard et Bonnier (1887) se
sont longuement étendus sur les erreurs d’interprétation des appendices pléaux faites par
cet auteur, mais ils admettent comme très possible l’absence d’endopodite aux pléopodes
dans cette espèce. Aussi est-on étonné de voir Bonnier (1900) placer E. cervicornis dans
Portunicepon précisément caractérisé d’après lui par le grand développement de l’endo-
podite. Bien que n’ayant pas examiné de spécimen adulte, l’absence de cet appendice nous
parât toutefois très peu probable, car il existe — et bien apparent — chez la 9 préadulte.
Outre l’absence de pléopodes chez le d 1 , Ergyne (monospécifique) se distingue des
six espèces de Portunicepon par les digitations nombreuses, fines et profondes des lames
pleurales de la 9 , caractère qui se retrouve aussi chez P. goetici Shiino (1934), mais, dans
la forme japonaise, les uropodes sont presque deux fois plus longs que les cinquièmes plaques
latérales.
3. ERGYNE CERVICORNIS Risso, 1816
Références :
1816, Ergyne cervicornis Risso, p. 150, pl. III, fig. 12.
1825, Ergyne cervicornis Desmarest, p. 327 (note infrapaginale 1).
1826, Ergyne comu-cervis Risso, t. V, p. 140, n° 194.
18816, Ceponportuni Kossmann, p. 181-182, pl. XI, fig. 1-7.
1885, Cepon portuni Carus, p. 453.
1887, Portunicepon portuni Giard et Bonnier, p. 379, fig. 14.
1890, Portunicepon cervicornis Giard et Bonnier, p. 379-380.
1900, Portunicepon cervicornis Bonnier, p. 272-274, fig. 47.
Matériel examiné :
— Sur Macropipus arcuatus (Leach). — France : Golfe-Juan, 1 spécimen (R. B. coll.).
Source : MNHN, Paris
96
ROLAND BOURDON
MORPHOLOGIE
Forme adulte.
Nous décrirons l’espèce d’après Kossmann (1881).
Femelle (fig. 10).
Céphalon ovalaire, avec les bords latéraux échancrés. Lame frontale non figurée. Yeux
absents. Antennules triarticulées, antennes à cinq articles. Maxillipèdes et bord postérieur
non décrits.
Ergyne cervicornis Risso. — V adulte, face dorsale
(d’après Kossmann, 1881)
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
97
Péréion. — Premier segment étroit, entouré par les bosses latérales du second; ces
dernières bien développées dans tous les somites. Bord latéral des segments très gonflé dans
les thoracomères II à IV. Bosses médio-dorsales de taille médiocre présentes sur les trois
derniers somites. Oostégites : le seul qui soit figuré est acuminé distalernent et sans soies posté¬
rieures. Péréiopodes relativement petits, avec un fort basipodite et un propode minuscule.
Pléon. — Plaques latérales : cinq paires uniramées, de taille croissante. Pléopodes :
cinq paires (très sûrement biramées). Exopodite sensiblement de même longueur que les lames
pleurales. Endopodite non mentionné par Kossmann. Uropodes à peine plus longs que les
cinquièmes plaques latérales. Les appendices du pléon portent des digitations latérales dicho¬
tomisées.
Mâle (fig. 11, a).
Céphalon arrondi en avant, distinct du thorax en arrière. Yeux non représentés.
Antennules triarticulées, antennes à cinq articles. Maxillipèdes rudimentaires.
Péréion. — Péréiopodes très robustes; le propode très développé montre une bosse
saillante au bord inférieur; dactyle fort et aigu. Sept tubercules médio-ventraux.
Pléon avec un tubercule médio-ventral sur les deux premiers pléomères. Ni pléopodes
m uropodes, ces derniers seulement représentés par trois petites soies postérieures.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Formes juvéniles.
Kossmann (18816) a également figuré trois 99 juvéniles à différents stades de dévelop.
peinent :
— chez la plus jeune (fig. 11, b), où les oostégites sont à peine indiqués, la première
paire de plaques latérales est déjà très allongée; leur taille régresse sensiblement vers l’arrière,
celle de l’exopodite des pléopodes diminue peu et dans le dermer segment abdominal, ces
appendices sont de même longueur que les lames pleurales; les uropodes sont très longs;
_ à un stade plus avancé (fig. 11, c), le premier oostégite est bilobé et les autres plaques
marsupiales quadrangulaires; les appendices pléaux sont égaux et lobulés sur les bords; l’endo-
podite des pléopodes n’est pas encore paru; les uropodes font à peine le double de la longueur
des cinquièmes plaques latérales;
_ dans un spécimen encore plus évolué, les lames pleurales et les pléopodes sont
digités, les bosses médio-dorsales non encore formées.
Le seul exemplaire de cette espèce que nous ayons récolté est une 9 préadulte (oosté-
gites se rejoignant sur la ligne médiane) de 5,3 mm de long. Ses caractéristiques sont les sui¬
vantes :
— Céphalon arrondi, sans fissure médiane, entouré d’une lame frontale large. Maxilli-
pèdes (fig. 12, a) formant un lobe antéro-externe conique allongé. Bord postérieur (fig. 12, J)
pourvu de deux paires de lamelles lisses, l’interne courte; la partie médiane est échancrée.
Premier oostégite (fig. 12, c) avec le lobe postérieur obtus; la cinquième paire avec une frange
ktéSt ffiT?2 médio - do , rsales sont développées, surtout la dernière. Plaques
j -,a 12 ’.? d .^ e décroissante - les postérieures faisant environ le tiers des premières,
bxopodite des pléopodes presque aussi long que les lames pleurales dans le premier segment,
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
99
deux fois plus long dans le dernier. Endopodite triangulaire et de taille décroissante. Uropodes
faisant presque le double des cinquièmes exopodites. Tous les appendices du pléon (y compris
les endopodites des pléopodes) avec des digitations simples, fines et nombreuses.
Hôte et distribution géographique
_ Sur Macropipus arcuatus (Leach). — Espagne : Cadaquès (R. Zariquiey Alvarez,
communication écrite). France : Nice (Risso, 1816), Golfe-Juan (R. B.). Italie : Naples
(Kossmann, 1881; Lo Bianco, 1888).
Statistiques d’infestation
L’espèce ne doit pas être rare en certains endroits. Si Lo Bianco (1888) rapporte qu’il
dut ouvrir quelques 10.000 Crabes avant de trouver le premier spécimen, il obtint ensuite 12 %
d’individus infestés dans d’autres localités. A Cadaquès, le regretté D r R. Zariquiey Alvarez
nous informait que durant l’hiver 1958-1959, les M. arcuatus portaient fréquemment un ou
deux Épicarides dans leur cavité branchiale. L’absence de déformation de la carapace de l’hôte
est peut-être cause qu 'E. cervicornis soit si rarement signalé. Sur les côtes de Bretagne, nous
n’avons cependant obtenu aucun parasite sur plus de 2.000 Macropipus ouverts.
HI. Genre SCYRACEPON Tattersall, 1905
Ce genre infeste les Brachyoures appartenant aux familles des Xanthidae et des Maji-
dae de l’Indo-Pacifique et d’Afrique du Sud. Il est représenté sur nos côtes par l’espèce-type,
5. tuberculosa Tattersall (1905).
La description de cette dernière présente une grave lacune en ce qui concerne le degré
de développement de l’endopodite des pléopodes, non mentionné dans la diagnose. Faute de
connaître ce caractère particulièrement important puisqu’il est considéré comme critère géné¬
rique, Nierstrasz et Brender-à-Brandis (1929) ont dû placer Scyracepon dans l’une et l’autre
alternative de leur clé : endopodite bien développé ou rudimentaire. Toutefois, dans les autres
espèces du genre, ces appendices sont toujours réduits, en particulier chez S. levis Barnard
(1940), très proche de la présente forme et parasite également d’une Rochinia, R. hetwigi
Doflcin, qui est peut-être une simple sous-espèce de R. carpenteri (Norman), hôte de S. tuber-
cubsa. Aussi, par suite des très grandes affinités entre les deux Bopyridae et leurs hôtes res¬
pectifs, y-a-t-il de fortes probabilités pour que l’espèce-type soit pourvue d’endopodites rudi¬
mentaires. Nous admettrons donc la nouvelle diagnose générique de Scyracepon telle qu’établie
par Shiino (1936).
La longueur relative de ces derniers appendices et la présence de bosses médio-dorsales
chez la 9 placent le présent genre près de cinq autres Céponiens. Le nombre de ces bosses a
longtemps été considéré comme le principal critère différentiel permettant de les séparer, mais
ce caractère est dépourvu de valeur taxonomique comme le reconnaît Shiino (1936) et ainsi
qu’il sera démontré plus loin à propos de Cancricepon Giard et Bonnier.
Certains des genres apparentés sont toutefois faciles à distinguer : Tylocepon Stebbing
(1904) par la bosse trifide du sixième segment thoracique, Paracepon Nz. et Br. Br. (1931) par
les plaques latérales pratiquement lisses à la fois sur les bords et en surface (1). Ces appen¬
dices sont régulièrement festonnés dans trois des espèces de Scyracepon, mais seulement tuber-
cidés dans les deux autres, tout comme chez Merocepon Richardson (1910) et Cancricepon
Giard et Bonnier (1887). La segmentation incomplète de l’abdomen du c?, qui est de règle
dans toutes les formes de Scyracepon, permet alors de les reconnaître des autres genres voisins.
(1) Ce caractère n'est toutefois valable que s’il s’agit d’une i adulte, mais la figure de l’holotype, P. steb-
bngi Nt. et Br. Br. (1931, fig. 80) laisse plutôt présumer que le spécimen n’était pas encore complètement
Source : MNHN, Paris
100
ROLAND BOURDON
4 SCYRACEPON TUBERCULOSA Tattersall, 1905
Référence.
1905, Scyracepon
tuberculosa Tattersall, p. 36-37, pl. XI, fig. 9-12.
MORPHOLOGIE
1, Description
Forme adulte.
Nous reprendrons U description de Tattersai. 1. en la complétant des renseignement,
fournis par ses figures.
Femelle (fig. 13, a).
Mensurations. - Longueur sans le. uropode. : 10 mm; largeur ; 7 mm. lndreed'»,.
métrie : 13°. • n c. n . n
Céphalon de forme eUiptique, simple, non divisé en deux parties (la hg. 9 de Tattersall
montre pourtant que la face dorsale de la tête est bilobée). Lame frontale bien développée,
plus ou moins rabattue vers la tête. Antennules, antennes, maxillipedes et bord postérieur
non décrits.
Péréion. — Tel que figuré, le thorax montre quatre paires de bosses latérales , les
troisième et quatrième plus importantes que les autres et ovalaires. Bord latéral des segment»
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
101
surtout développé dans les soraites II et III du côté déformé, ceux du premier péréionite en
retrait par rapport aux bosses latérales. Tattersall note que les six segments postérieurs du
péréion forment une carène médiane aiguë, mais seuls les trois derniers tergites portent une
bosse médio-dorsale bien développée, notamment la dernière. Oostégites de la première paire
non indiqués; l’auteur dit seulement que la cinquième a la moitié postérieure fortement tuber-
culée et montre une frange de soies sur le bord inférieur. Péréiopodes sans particularités
notables, présentant deux sinuosités sur le bord inférieur du basipodite et une seule sur le
bord supérieur; dans la figure II de Tattersall, le bord distal du carpe et du propode est plus
accentué que d’ordinaire.
Pléon représenté avec cinq paires de plaques latérales de taille décroissante. Pléopodes.
Gnq paires biramées diminuant également de longueur. Uropodes simples, un peu plus longs
que les cinquièmes lames pleurales et les derniers pléopodes. Tous les appendices du pléon
sont grossièrement digités sur un bord, l’autre montrant seulement de légères sinuosités.
Mâle (fig-13, b).
Mensurations. — Longueur : 4 mm.
Céphalon semi-circulaire, beaucoup moins large que le premier segment thoracique
dont il est distinct. Yeux présents, mais petits. Antennules et antennes triarticulées. Maxilli-
pèdes non mentionnés.
Péréion avec les quatre segments postérieurs bien séparés. Péréiopodes de type ordi¬
naire. Tous les segments pourvus d’un tubercule médio-ventral.
Pléon avec les trois premiers somites indiqués latéralement par des encoches profondes,
les derniers fusionnés (dans la diagnose, il est dit cependant qu’ils sont distinctement segmentés).
Pléopodes et uropodes absents, mais présence d’un tubercule médio-ventral sur les deux pre¬
miers pléonites.
2. Remarques systématiques
Les cinq espèces du genre Scyracepon sont très proches Tune de l’autre et par conséquent
assez difficiles à séparer, d’autant plus que les anciennes descriptions, trop sommaires, ne
permettent pas une comparaison bien approfondie.
Les diagnoses spécifiques mentionnent bien un degré de coalescence de l’abdomen du
3* différent pour chaque forme; ainsi, S. tuberculosa Tattersall (1905) aurait trois segments
libres; deux chez S. levis Barnard (1940); un sur S. oceanicum Shiino (1942, a); aucun dans
S. hawaiensis Richardson (1910), le premier pléonite étant seulement indiqué sur les bords;
aucun également pour S. quadrihamatum Shiino (1936), mais les trois premiers bien indiqués
latéralement. Ce caractère serait donc bien pratique pour l’identification des espèces s’il ne
variait pas; malheureusement, chez S. levis, sur les deux d’d 1 examinés, l’un avait un seul
segment de libre, l’autre aucun, et... Barnard (1940) en figure deux !
Pour les 99 adultes, on ne peut guère se baser sur d’autres particularités morpholo¬
giques que les bosses médio-dorsales (5. quadrihamatum est typique par la longueur de la
septième) et sur les digitations des lames pleurales, mais la taille relative des appendices pléaux
parait aussi fournir des critères systématiques intéressants. S. tuberculosa semblerait, en effet,
se distinguer de S. oceanicum et de S. quadrihamatum par ses plaques latérales régulièrement
festonnées. Ces dernières sont à peu près identiques dans les deux autres Scyracepon, mais chez
S. hawaiensis, les uropodes font le double de la longueur des cinquièmes plaques latérales. En
ce qui concerne S. levis, espèce se rapprochant le plus de la forme européenne, la dernière
plaque latérale mesure le quart de la première et le dernier oostégite est lisse ; chez S. tuberculosa,
au contraire, cette lame pleurale atteint la moitié de la première et la cinquième paire de plaques
marsupiales est tuberculée à la base; en outre, les digitations des appendices pléaux sont plus
nombreuses dans la forme sud-africaine.
Hôte et distribution géographique
Suijlochinia carpenteri (Norman). — Irlande : cette espèce n’est encore connue que
par les 4 99 adultes et le stade « phryxoïde » (non décrit) trouvés par Tattersall (1905)
au i«ge de Tearaght. France ? : l’espèce semble avoir également été recueillie sur nos côtes
par Perez (1935) qui ne précise pas la localité.
Source : MNHN, Paris
102
ROLAND BOURDON
Fig. 14
Scyracepon Uvis Barnard. - 9 adulte : a, bord supérieur du maxillipède ; 6, bord postérieur
Ai céphaion; c, 1" oostégite, face ventrale. J adulte: d-e, face dorsale;/, 2' péréiopode.
Stade épiaiHdien. — Longueur : 0,28 à 0,30 ram. Antennules comme toujours très difficile! i
distinguer, paraissant constituées d’un article basilaire élargi sur lequel s’insèrent côte à côte deux petits
articles allongés terminés par une soie et un troisième pourvu de plusieurs poils courts. Les deux premiers
segments de l'antenne (fig. 15, o) peu distincts; le troisième et le quatrième sont forts; le flagellum com¬
prend deux articles courts, le second muni de trois grosses dents obtuses et de deux très longues saies
sétacées inégales : Li surface des antennes (et des autres appendices) est recouverte d’un réseau compliqué
d épicuticuie. Péreiopodes de type ordinaire, les deux derniers (1) plus minces avec le dactyle en • cmlktou 1 -
(1) Cest-à-dire P5 et P6, 1 épicaridien des Épicarides ne possédant que six paires de péréiopodts.
APPENDICE
Étant donné l’étroite ressemblance de 5. tuberculosa avec S. levis, il nous paraît utile d’indique,
brièvement pour l’espèce sud-africaine quelques caractères morphologiques ordinairement utilisés dans les
diagnoses et non décrits par Barnard (1940).
SEYRACEPON LEVIS Barnard, 1940. — Sur Rochinia hetioigi Doflein, Afrique du Sud (Coll,
South African Muséum).
Chez la 9 adulte, les maxillipèdes (fig. 14, a) forment un lobe antéro-exteme assez mince et sans
soies; la portion supéro-inteme est bombée. Le bord postérieur du céphaion (fig. 14, b) est divisé en deux
éminences arrondies et deux paires de lamelles lisses sont présentes, l’externe plus longue et plus grosse
que l’interne. Le premier oostégite (fig. 14, c) a la partie antérieure arrondie, l’inférieure grossièrement trian.
gulaire; la crête interne montre deux digitations proximales.
Chez les d* cf. nous avons déjà noté la variation observée dans la coalescence des somites pléaus,
mais tous les segments sont indiqués par des incisures latérales; les figures 14 (d-e) montrent également
différences individuelles dans la largeur du corps et les proportions relatives de l’abdomen. Les deux
premiers péréiopodes ( fig. 4, f) et les deux derniers sont plus petits que P3-P5; le bord inférieur du pro .
pode, du carpe et du mérus présentent chacun des groupes de squames assez particuliers.
Nous insisterons davantage sur la larve épicaridienne de S. levis, car ce stade larvaire n’a pas encore
été décrit chez aucun Scyracepon.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
Pléopodes (fig. 15, b) au nombre de cinq paires uniramées ; ie basipodite formant un lobe postérieurement
acuminé porte deux soies courtes à son extrémité; dans la cinquième paire, la plaque basale est presque
deux fois aussi grosse que dans le quatrième pléopode; tous les exopodites, allongés et rétrécis à la base,
montrent trois longues soies plumeuses égales. Uropodes (fig. 15, c) biramés; plaque basale quadrangulaire;
exopodite aussi long que l’endopodite, terminé par deux dents distales, plus une autre située plus haut sur
le bord interne, près de laquelle prend naissance une longue soie sétacée; l’extrémité de l’exopodite est
divisée en cinq dents et pourvue de deux longues soies semblables très inégales. Le dernier somite du pléon
(fig. 15» d) est en “ mosaït l ue ” : cinq plaques médianes (les postérieures parfois scindées en deux) et sur
chaque côté de la ligne médiane trois internes et quatre latérales; le bord antérieur du segment avec six
plaques plus étroites et mal délimitées. Le tube anal dépasse légèrement la moitié de la longueur de l’endo-
podite des uropodes.
Scyracepon levis Barnard. — Larve épicaridienne : a, antenne y 437; 6, pléopode X 630;
c, uropode X 652 ; d, dernier segment abdominal, face dorsale X 545.
IV. Genre CANCRICEPON Giard et Bonnier, 1887
Ce genre, parasite des Xanthidae (Pilumnus et Xantho ), est essentiellement européen(l).
Etant de loin le Céponien le plus commun sur nos côtes, il a fait l’objet de récoltes intensives
et nous l’étudierons en détail, tant du point de vue morphologique que biologique.
cÜÏ! ^ U! **** t * eux ^ ormes étudiées plus loin, un petit Céponien appartenant à ce genre a été trouvé
par bTEBBixc (1910) sur Pilumnus longicornis Hilgendorf? aux îles Amirante. Le mauvais état des spéci
mens ne lui a pas permis de dire s’il s’agit d’une troisième espèce.
Source : MNHN, Paris
HOLAND BOURDON
101
C.anrricepon G. et B. appartient à un petit groupe de six genres étroitement apparentés
dont U 9 présente aux pléopodes un endopodite rudimentaire et des bosses médio-dorsales
| ,e nombre de ces dernières et la tuberculisation des appendices pléaux ont été considérés
notamment par Bonnier (1900), Nierstrasz et Brander-à-Brandis (1931) et Shiino (1950)
comme les principaux caractères génériques permettant de les séparer. Le précédent auteur
a d’ailleurs établi une clé dans laquelle Cancricepon est seul à posséder quatre bosses dorsales
et partage avec Mcrocepon Richardson le fait d’avoir des plaques latérales uniquement tuber-
culées sur les bords.
Ces deux caractères morphologiques, existant exclusivement dans la forme adulte
présentent toutefois une grande variabilité dans le genre Cancricepon.
a. Bosses médio-dorsales.
Ces bosses sont décrites par Giard et Bonnier (1887) comme des saillies en croch
recourbées en arrière, de taille progressivement croissante et situées sur la partie médiane do*
sale des quatre derniers somites du péréion de la 9 adulte. La courbure distale, la directi
des pointes et leurs dimensions relatives peuvent, cependant, ne pas suivre cette définiti °
mais, c’est surtout dans le nombre même des prolongements médio-dorsaux que la vari ti* 1 ’
s’avère la plus grande.
Le plus souvent, les bosses sont facilement reconnaissables. Vues de profil, elles f
saillie par rapport aux segments antérieurs arrondis; dorsalement, leur pointe ' recou U.
chevauche un peu le somite suivant. Mais, dans de nombreux cas, la convexité des t •
augmente de façon progressive de l’avant vers l’arrière et les bosses n’émergent plus co**
précédemment; seules les dernières sont distinguées par leur crochet et il devient alors”™ 6
difficile de dénombrer les autres et de dire s’il existe en tout quatre ou cinq bosses ou * **
L’étude statistique de ce caractère a porté sur les 99 ovigères de 50 C pilula
C. elegans; les résultats sont exprimés en pourcentage d’individus au tableau 2 et la fi ** *
représente quelques exemples de la variation du nombre et de la forme des hn«« i i- ® U . re *“
du genre. 31 lnleneur
Nombre de bosses
—
2
3
4
,
%
%
%
%
C. pilula ..
4
66
30
.
C. elegans .
-
34
38
28
Tableau 2
Variation du nombre des bosses médio-dorsales de la 7 adulte
dans le genre Cancricepon
Ces prolongements sont assez souvent mal définis chez C eleeans • i
nombre n’a pû être précisé ont été classés dans la colonne ”, f ^ JVT
individus et le tiers des parasites n’a que trois bosses ° deS
et le uotubre générique es, prf*«t dL30° ° “S T
que deux prolongement, tnédiJLtn, " ** “■ 5 ” P'*"'*» 1
b. Tuberculisation des appendices pléaux.
-on, faZâ; ™ dout b bout
. .*" *■
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
105
plus ou moins saillantes, arrondies, irrégulièrement disposées et parfois plusieurs sont fusion¬
nées ensemble. Leur nombre et leur importance décroissent vers les somites postérieurs,
et, sur les appendices des derniers segments ainsi que sur les uropodes, ils ne sont plus guères
tubercules sont bien visibles chez C. pilula, mais ils existent aussi chez C. elegans
où, à défaut d’indiquer explicitement leur présence, Bonnier (1900) les a nettement figurés
à la figure 8 de sa planche VII. Toutefois, ils y sont généralement moins en relief que dans
l’espèce précédente et peuvent facilement passer inaperçus, surtout chez les individus de petite
taille où, dans bien des cas, seul l’examen à fort grossissement ou le traitement à la potasse
permet de les distinguer.
-vMV-'llI,"
Ces
On peut donc conclure que les deux critères choisis pour séparer les divers Bopyridae
du groupe des Cancricepon sont dépourvus de la valeur taxonomique qui leur a été accordée
parce que trop variables ou peu évidents. D’ailleurs, parlant de Scyracepon, Shiino (1936)
notait : « The présent genus can not be distinguished from other généra of /oree-iike Bopy-
rids by the number of the medio-dorsal process in the female ».
Il reste, cependant, toujours possible d’isoler ce genre de Grapsicepon Giard et Bonnier
dont la 9 présente des digitations caractéristiques sur le bord des appendices de l’abdomen,
de Tylocepon Stebbing par la forme différente de la lame postérieure du céphalon et de Scyra¬
cepon Tattersall dont le d possède un pléon incomplètement segmenté. Par contre, Paracepon
Nierstraz et Brender-à-Brandis et Merocepon Richardson, bien moins connus, ne s’en dis¬
tinguent pratiquement pas, la description sommaire des générotypes pouvant tout aussi bien
s’appliquer au genre Cancricepon (1).
(1) Grapsicepon choprae Nz. et Br. Br. (1925) ressemble aussi beaucoup à ce genre, le seul caractère qui
en fcarte paraissant constitué par l’absence de tubercules médio-ventraux chez le ' . Cette espèce se montre
. . n,e < * es antres formes de Grapsicepon par le développement de la lame frontale, les bosses ovariennes
rcsimportantes et les appendices pléaux seulement ondulés sur les bords. Il est donc douteux que le para-
''MSK^médiê'd a ^ eni ' er ge,lrc auquel '• a sûrement été inclus uniquement parce que la i possède deux
7 564030 6. 3
Source : MNHN, Paris
106
ROLAND BOURDON
H est donc souhaitable qu’une étude comparative de ces derniers parasites soit effectuée
sur un matériel plus important, afin de vérifier s’il n’existe pas dans ces genres une variation
identique à celle observée dans le précédent cas et de rechercher un caractère morphologique
constant permettant leur séparation sur des bases plus solides.
LES ESPÈCES DU GENRE CANCRICEPON
Sous le nom de Cepon elegans et de Cepon pilula, Giard et Bonnier (1886) ont signalé
brièvement deux Épicarides branchiaux qu’ils avaient trouvés respectivement sur Pilumnus
hirtellus Linné et Xantho incisas Leach (= X.flondus Montagu). Aucune description n’était
donnée dans cette note préliminaire. L’année suivante, les mêmes auteurs publiaient leur
importante monographie sur les Bopyriens dans laquelle ils créaient un genre
nouveau pour
leurs deux parasites, le genre Cancricepon, et s’étendaient longuement sur C. elegans qui ] eur
servait constamment de base de comparaison avec les autres espèces du même groupe dans la
partie morphologique. Ils en décrivaient et figuraient minutieusement le d, la 9 adulte m
stade juvénile sous le nom de » femelle phryxoïde » ainsi que les stades larvaires épicaridien
et cryptoniscien. En ce qui concerne C. pilula, aucune diagnose n’était donnée, aucun caractèr
spécifique indiqué; seul était figuré le d adulte, représenté en vue dorsale (fig. l j pj jj,
avec agrandissement ventral du pléon (fig. 2, même planche). Ultérieurement, la thèse d
Bonnier (1900) n’apportait aucun supplément d’information sur la dernière espèce *
A la suite de cette lacune, nous sommes obligés de rechercher dans l’unique rep '
sentation du c? de C. pilula les caractères sur lesquels se sont basés Giard et Bonnier P *"
séparer cette espèce de C. elegans. Les seuls différences qui apparaissent entre les dd'à*
deux Cancricepon sont les suivantes :
C. elegans
C. pilula
1. Cæcums hépatiques s'étendant jusque dans
le deuxième somite pléal.
2. Un tubercule ventral médian sur chacun des
deux premiers somites du pléon.
3. Pygidium garni sur les bords postéro-externes
de deux bouquets de poils courts.
1. Cæcums hépatiques ne s’étendant pas au-
delà du premier somite pléal.
2. Pas de tubercule sur les somites du pléon.
3. Pygidium garni sur les bords postéro-externes
de deux bouquets d’écaüles saillantes.
Des trois particularités relevées, les deux premières ne peuvent être retenues :
1° On ne peut considérer comme caractère systématique valable la „
médiane ventrale... des deux premiers segments du pléon se trouve , k
médian •. De toute façon, ce caractère ne peut en aucun ca- être consid & 1 8108
« encore moins générique puisque, ainsi que le note par ailleur»
bosses ventrales varie avec la taille du parasite- Smivn MQ^ni - , MER ’ 'f nombre dfo
ronce, numériques cher Pompon ‘ ’ * 'S" 1 ™™ rd ' Vé d » *
Pygidium du 8 ^P arat,on d “ d '“ « donc fondée sur U seule ornemenution do
ment u^Sm^îS'o 7^ e*P^ d'après l'exsmeu fan,péri
la même .. La création d’une nouvelle Lpèce surd^hT qUC C °“ pe genen( i ue 681 b,en
risquée et l’on pouvait se dentande, si Gt^el ^ !“‘P our . le
en vertu de leur théorie de la spécificité , 1 avaient P* 5 établie uniquement
-pecihcite parasitaire qu ils voulaient absolue chez les Épicarids.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
107
C’est la question posée par Mouchet (1931) pensant, qu’en fait, C. elegans et C. pilula pour¬
raient bien ne constituer qu’une seule et même espèce. Néanmoins, il était impossible de
régler le problème sans entreprendre une étude comparative des deux parasites.
Ornementation du pygidium.
Le telson du c? de C. elegans (fig. 17), montre deux légers renflements situés postéro-
latéralement et qui constitueraient, d’après Bonnier, les vestiges des uropodes. Ces petites
éminences sont recouvertes d’écailles ornées de fins denticules très serrés au milieu desquels
émergent trois épines relativement fortes; une quatrième, placée plus haut, marque la limite
antérieure de la région squameuse.
Les variations individuelles sont minimes chez les grands spécimens mais chez les indi¬
vidus très jeunes, ces écailles sont beaucoup plus nettes, plus denses et les épines plus nom¬
breuses; elles paraissent d’ailleurs varier avec la taille du d 1 , diminuant à mesure que l’animal
grandit (1).
Cancricepon elegans G. et B. — Telson du rf X 692.
Le pygidium des d'd 1 de C. pilula correspond entièrement à cette description et pré¬
sente les mêmes variations liées à la taille. Il est donc probable que Giard et Bonnier n’ont
pas examiné leurs spécimens à un grossissement convenable, ce qui expliquerait qu’ils aient
noté la présence d’écailles rugueuses uniquement sur C. pilula dont le c? est plus grand.
Ce résultat négatif ne prouve cependant pas l’identité des parasites, d’autres caractères,
non remarqués par les deux auteurs, pouvant se révéler différentiels. La comparaison devait
s’étendre à la morphologie et à la biométrie des deux formes supposées.
a. Morphologie.
Disons tout de suite qu’aucune différence importante n’a pu être décelée ni dans les
diverses parties du corps ni dans les appendices des deux sexes, si ce n’est le nombre des bosses
raédio-dorsales et la tuberculisation des plaques latérales et des pléopodes des 99 relatés
plus haut. On peut toutefois noter que l’échancrure médiane du bord postérieur du céphalon
est généralement un peu plus profonde chez C. pilula et des tubercules présents sur la lame
(1) Cette ornementation n'est d'ailleurs pas propre au telson; elle se retrouve aussi sur les épaulettes
coxales thoraciques et sur le bord des autres somites pléaux, mais sur ces derniers, les écailles sont moins
visibles et seulement un denticule ou deux font saillie latéralement.
3 .
Source : MNHN, Paris
jQg ROLAND BOURDON
frontale et sur le quatrième oostégite de cette espèce. U y a également un écart sensible entre
la taille des deux parasites, mais il est dû aux dimensions respectives de leur hôte. Iajs formes
épicaridiennes et cryptonisciennes n’ont pas montré non plus de points de distinction appré-
ciables.
b. Biométrie.
Mâles. — Les individus représentés à la planche II, figures 1 et 3 du travail de Giard
et Bonnier (1887) se distinguent entre eux par la largeur relative du corps, l’exemplaire de
C.pilula étant allongé, avec un rapport L/l de 3,93 tandis que celui de C. elegans, beaucoup
plus massif, n’a qu’un rapport de 2,97.
Supposant qu’un tel écart pourrait éventuellement constituer un critère spécifique
nous avons effectué des mesures sur les (3 <3 des deux espèces pour s’assurer s’il était constant
Il n’en est rien et les points figuratifs de l’une et l’autre forme se confondent en un nuage dont
les limites se situent entre 2,67 et 3,80 sans être significativement séparés.
D’autres caractères biométriques ont également été recherchés, mais sans résultat
positif.
Graphique 1
Rapport I. /I thoracique chez les 2 spp. de Cancricepon
(points blancs : C. elegans ; points noirs : C. pilula )
Femelles. — En examinant les 99 de C. pilula, nous avions souvent remarqué qu’elle
paraissaient relativement plus larges que celles de C. elegans et nous nous étions demandés
leur forme plus arrondie n’était pas un caractère qui ait frappé les inventeurs de l’espèce, d’où
le nom imagé de pilula qu’ils lui aimaient attribué. Quoi qu’il en soit, afin d’analyser cette
caractéristique, des mensurations ont été faites sur la longueur du thorax comprise entre le
bord supérieur du céphalon et le septième somite et sur la largeur au niveau des bosses ova¬
riennes du troisième segment.
Les résultats obtenus à partir des rapports L/l du péréion figurés au graphique 1,
mettent en évidence, chez C. pilula, un rapport nettement inférieur à celui des C. elegans
de même taille, les 99 adultes de la première espèce étant proportionnellement plus élargies.
Toutefois, la séparation biométrique des deux parasites n’apparaît que par l’étude d’un
ensemble d’individus et la superposition des points observée chez quelques spécimens rend
leur distinction impossible à partir d’un seul exemplaire.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
109
Conclusions.
Il ressort de ce qui précède que les différences entre les deux formes sont somme
toute minimes et portent uniquement sur des caractères dont il est plausible d’attribuer la
variation à la nature différente des hôtes qui en seraient la cause indirecte. La cavité branchiale
qui abrite le parasite peut fort bien constituer, nous semble-t-il, le facteur dynamique des
légères modifications morphologiques et biométriques observées.
Les Pilumnus offrent un espace relativement restreint aux Bopyridae qui les infestent :
aussi, les Cancricepon n’atteignent-ils jamais une grande taille; le volume des œufs dans le
marsupium au moment de la ponte réduit encore l’emplacement disponible, d’où l’origine
du nombre élevé de bosses médianes qui résultent du repli latéral et longitudinal des somites
thoraciques ainsi que la diminution de la largeur, l’animal étant obligé de se replier sur lui-
même. Les Xantho, au contraire, font bénéficier leur parasite d’un espace plus vaste; le
reploiement du Cancricepon est moins accusé, donc moins de bosses et une largeur dorsale
plus grande. La tuberculisation plus apparente des appendices pléaux pourrait provenir
simplement du fait que ces derniers sont plus développés, en proportion avec les dimensions
du corps qui est plus grand.
Il nous faut cependant reconnaître qu’il ne s’agit là que d’une hypothèse. Malgré les
présomptions apportées par le résultat négatif de cette étude comparative en ce qui concerne
la morphologie des parties du corps peu susceptibles d’être modifiées sous l’influence indi¬
recte de l’hôte, il ne peut être conclu en toute certitude que les deux formes sont identiques.
Seule l’expérimentation, en infestant indifféremment leurs hôtes à partir de larves cryptonis-
ciennes obtenues en élevage, pourrait apporter la preuve absolue de leur conspécificité. N’étant
pas en mesure d’apporter cet argument décisif et compte tenu des différences biométriques
qui apparaissent généralement chez les 99 adultes, nous pensons préférable de conserver
provisoirement le statu quo et de continuer à considérer les Cancricepon des Pilumnus et des
Xantho comme des espèces distinctes.
5. CANCRICEPON ELEGANS Giard et Bonnier, 1887
Références :
1886, Cepon elegans Giard et Bonnier, p. 44 ( nomen nudum).
1887, Cancricepon elegans Giard et Bonnier, p. 17-56, pl. I, fig. 1-8; pl. II, fig. 3-9; pl. III, fig.
1-13.
1900, Cancricepon elegans Bonnier, p. 257-262, pl. V, fig. 1-14; pl. VI, fig. 1-8; pl. VII, fig. 1-9.
1926, Cancricepon elegans Niersthasz et Brendfr-à-Brandis, p. 28, fig. 73-75.
1927, Cancricepon elegans Kukenthal, fig. 796,1-4; 797, 1-3.
1933, Cancricepon elegans Lameere, fig. 414, 416-419.
Matériel examiné.
Sur Pilumnus hirtellus (Linné). — Grande-Bretagne : 1 spécimen, The Wash, Norfolk
(R. Hamond col!.). France : 240 spécimens, Roscoff; 133 spécimens. Rade de Brest; 11 spé¬
cimens, les Glénans; 819 spécimens, Baie de Quiberon; 31 spécimens, Bassin d’Arcachon;
11 spécimens, Guéthary (R. B. coll.).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : Q + d sur P. hirtellus 9 de 9,4 mm de largeur céphalothora¬
cique, cavité branchiale droite, Roscoff.
Femelle (fig. 18).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 4,2 mm; largeur au troisième segment
uoracique : 3,4 mm; longueur du pléon : 0,9 mm. Indice d’asymétrie : 14°.
^ 564030 6.
Source : MNHN, Paris
110
ROLAND BOURDON
Céphalon divisé sur la face dorsale en deux gros lobes hémisphériques par une incisure
médiane. Lame frontale entourant la partie antérieure de la tète, lamelleuse et relativement
large. Yeux non distincts. Antennules triarticulées, antennes à cinq articles. Maxillipèdes
avec palpe pourvu de soies courtes. Bord postérieur présentant deux paires de lamelles lisses
et effilées, atteignant presque la ligne médiane, l’externe plus longue que l’interne; la partie
centrale est légèrement échancrée.
Fig. 18
Concricepon elegans G. et B. — S adulte, face dorsale 27.
Péréion. — Premier segment profondément encastré dans le second; les deux suivants
sont de plus en plus larges, les derniers s’amincissent progressivement. Bosses latérales rela¬
tivement peu importantes et seulement visibles sur les quatre premiers somites. Bord latéral
des segments II à IV très gonflé, formant d’énormes bosses; il est arrondi dans les derniers
tergites. Bosses médio-dorsales présentes sur les quatre segments postérieurs, augmentant
d’importance vers l’arrière, la dernière aiguë et dirigée vers le bas. Oostégites (fig. 19, a-e).
Première paire avec la partie antérieure arrondie, l’inférieure triangulaire et sans lobe distal
défini ; la crête interne montre quelques tubercules sur son bord proximal. Les autres plaques
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
111
œarsupiales augmentent d’importance jusqu’à la quatrième paire; leur bord postérieur,
régulièrement arrondi (deuxième) ou triangulaire (troisième et quatrième) est cilié; la cinquième
paire, plus petite et subquadrangulaire, porte des tubercules sur la moitié postérieure de la
face dorsale ; les soies sont plus allongées vers la base de l’appendice. Péréiopodes (fig. 20, a-g)
augmentant de grosseur jusqu’à P4, diminuant ensuite; les trois derniers montrent une ou
deux bosses sur le bord inférieur du basipodite.
Fig. 19
Cancricepon elegans G. et B. — ÿ adulte : a-e, oostégites 1 à S X 9; f-j, plaques latérales
et pléopodes de la l re à la 5 e paire X 28; k, uropodes X 28.
Pléon. — Plaques latérales (fig. 19, f-j). Cinq paires uniramées, de taille décroissante,
foliacées et fortement tuberculées sur les bords. Pléopodes. Cinq paires biramées ; exopodite
de forme identique, diminuant légèrement de taille quoique graduellement plus long que
les lames pleurales; endopodite triangulaire, très court et peu tuberculé. Uropodes (fig. 19, k)
simples, semblables aux cinquièmes exopodites qu’ils dépassent légèrement. Les segments
abdominaux sont lisses sur les deux faces.
Mâle (fig. 21, a).
Mensurations .— Longueur : 1,6 mm; largeur au quatrième segment thoracique ;
0,5 mm; longueur du pléon : 0,5 mm.
Céphalon légèrement échancré sur le bord antérieur, distinct du péréion. Yeux pré¬
sents. Antennules (fig. 21, b) triarticulées, antennes quadriarticulées. Maxillipèdes absents.
Source : MNHN, Paris
112
ROLAND BOURDON
Cancricepon elegans G. et B. - 9 adulte : a-g, péréiopodes 1 à 7 X 65.
Fig. 21
Cancricepon elegans G. et B. - ‘ adulte : a, face dorsale X 54:
k, antenne et antenuule \ 233; c. péréiopode • 221; d, pléon. face ventrale X 109.
Source : MNHN
:c^
LES BOPYRIDAE
MERS EUROPÉENNES
113
Péréion. — Tous les somites bien séparés les uns des autres. Péréiopodes (fig. 21, c)
semblables en taille et en structure; le mérus forme une éminence sur le bord inférieur; le
carpe présente un denticule distal; le propode, très robuste, est orné de tubercules squameux
et d’une petite épine sur son bord inférieur: le dactyle est fort avec deux petites soies proxi¬
males. Tubercules médio-ventraux squameux présents sur chacun des péréionites, le premier
petit et peu distinct, les autres de plus en plus gros jusqu’au cinquième, diminuent ensuite
d’importance.
Pléon (fig. 21, d). Cinq paires de pléopodes tuberculiformes de grosseur décroissante.
Uropodes manquants; le bord postérieur du pléon forme deux lobes séparés par l’échancrure
anale qui sont munis de quelques petites épines et écailles squameuses.
Formes larvaires.
C. elegans est le seul Céponien dont on connaisse la morphologie des deux stades lar¬
vaires. Nos larves s’accordent dans leurs caractères principaux, avec les descriptions et les
figures de Giard et Bonnier (1887) et Bonnier (1900), elles s’en écartent, toutefois, par
certains détails. Les légères différences relevées intéressent surtout les soies; elles sont proba¬
blement dues à ce que ces auteurs n’ont pas poussé assez loin leur examen, ce que rien d’ailleurs
ne justifiait à leur époque.
Êpicaridien.
Longueur : 0,23 à 0,25 mm.
Céphalon. — Antennules paraissant composées d’un article basilaire élargi sur lequel
sont insérés trois petits articles terminés par des poils. Antennes (fig. 22, a). Les deux premiers
segments pédonculaires très courts, les suivants plus allongés, le quatrième portant deux
courtes soies sur le bord interne; les articles du flagellum sont très réduits, surtout le deuxième
qui se termine par deux denticules aigus et deux longues soies sétacées.
Péréion. — Péréiopodes (fig. 22, b) semblables avec ime épine au bord supérieur du
mérus et une dent bifide (?) à l’extrémité distale du carpe; le propode massif présente trois
dents trifides (?) dans l’échancrure inférieure; le dactyle est long, simple et aigu.
Pléon. — Pléopodes (fig. 22, c). Cinq paires uniramées. Plaque basale formant une
avancée postéro-inteme triangulaire terminée par une petite soie plumeuse; ce lobe est plus
important dans la cinquième paire. Exopodite, allongé et rétréci à la base, porte trois longues
soies plumeuses. Uropodes (fig. 22, d). Plaque basale avec le bord postéro-interne arrondi,
l'externe acuminé. Exopodite terminé par deux dents latérales inégales et une longue soie;
l’endopodite est de même taille que la rame interne et présente distalement deux dents et deux
grandes soies de longueur différente. Pygidium sans ornementation en « mosaïque » apparente.
Tube anal s’étendant jusqu’à l’extrémité de l’expodite des uropodes.
Cryptoniscien.
Longueur : entre 0,63 et 0,82 mm (avec un rapport moyen L/l corps de 3,3).
Céphalon régulièrement arrondi en avant. Yeux présents. Antennules non contiguës
(fig. 23, a). L’article basal spinulé sur le bord postérieur porte deux poils dans sa partie supé¬
rieure et trois plus petits dans sa partie inférieure; le deuxième article présente trois à quatre
poils à son bord supéro-externe et un seul sur le bord externe, la région inférieure montre
quelques tubercules émoussés; le troisième segment, en partie caché par le précédent, a son
bord inférieur frangé de longues soies serrées, aplaties et ne s’effilant pas à leur extrémité;
il se termine antérieurement par deux petits articles dont l’inférieur est environ trois fois plus
long que l’autre et montre deux soies s’insérant à son tiers proximal et trois soies distales; le
petit lobe n’en a que deux à son extrémité. Antennes (fig. 23, a). La partie basale, plus large que
le fouet, comprend quatre segments dont les deux derniers, de taille identique, sont aussi
longs que les premiers réunis et portent chacun trois petites soies côte-à-côte à leur extrémité
distale. Le flagellum se compose de quatre articles, le deuxième est un peu plus court que les
autres et le quatrième plus mince ; tous se terminent par deux soies recourbées ; le dernier ayant,
en outre, deux autres soies médianes dont la longueur est à peu près équivalente à celle des
deux derniers segments réunis.
Source : MNHN, Paris
114
ROLAND BOURDON
Cancricepon elegans G. et B. — Larve épicaridienne : a, antenne X 490;
b, péréiopode X 654; c, pléopode X 889; d, uropode X 765.
Péréion. — Épaulettes coxales non dentées. Péréiopodes (fig. 23, b). Les sept paires
sont de structure similaire; mérus avec une sorte de denticule sur son bord antérieur et une
soie postérieure; carpe terminé par une dent bifide et une petite soie en arrière; propodefort
de forme plutôt allongée avec deux dents bi ou trifide (?) présentant une grande analogie avec
celles décrites par Caullery et Mesnil (1901) chez la larve cryptoniscienne d'Hemioniscu
balani (Buchholz) et qui se retrouvent d’ailleurs dans toutes les larves des Épicarides à ce
stade; le dactyle se termine par un ongle aigu précédé d’un poil court.
Pléon. — Saillies médio-ventrales en épines acérées. Pléopodes (fig. 23, c) : cinq
paires. L’article basilaire, de forme quadrangulaire, porte deux soies inermes sur le bord interne
et cinq soies plumeuses à l’angle postéro-interne. L’exopodite est terminé par six soies égale¬
ment plumeuses, sauf l’externe par ailleurs beaucoup plus petite que les autres; dans la cin¬
quième paire, l’endopodite possède seulement deux soies et l’exopodite en a une en moins.
Uropodes (fig. 23, d). La seule ornementation de la plaque basale consiste en un denticule
allongé placé sur le bord postéro-exteme. L’exopodite, deux fois plus grand que l’endopodite,
se termine par deux fortes dents et une très longue soie médiane; il en est de même pour la
rame interne, mais la soie médiane est beaucoup moins développée et l’on remarque de plus
un petit groupe de quatre à cinq poils courts prenant naissance dans la région antéro-interne.
Pygidium (fig. 23, e) cordiforme.
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
115
Formes juvéniles.
Plutôt que de donner une description détaillée de chacun des stades évolutifs, il paraît
préférable de définir brièvement les principaux caractères morphologiques permettant de
repérer une série d’étapes dans la croissance de C. elegans.
Cancricepon elegans G. et B. — Larve cryptoniscieune : a, antenne et antennule X 371 ;
b, péréiopode X 371 ; c, pléopodc X 112; d, uropode X 454; e, pygidium X 426.
Si toutes les parties du corps de la 9 subissent une évolution simultanée, leur croissance
est très allométrique : le développement du pléon précède celui du péréion et du céphalon.
On peut donc considérer deux phases distinctes et successives dans le processus évolutif du
parasite.
1. Phase de croissance abdominale.
Elle se manifeste par l’élargissement progressif de l’ensemble du pléon en même temps
que les pléopodes se constituent à partir d’un bourgeon unique; l’exopodite s’allonge plus vite
que l’endopodite et arrive à dépasser la longueur des plaques latérales dans les derniers seg¬
ments. Les uropodes sont individualisés dès le début.
2. Phase de croissance céphalothoracique.
Il y a peu de développement dans la partie antérieure du corps au cours de la croissance
pléale. Toutefois, les maxilüpèdes et les oostégites existent déjà à l’état rudimentaire dès la
mue bopyrienne. Cette phase est caractérisée par l’apparition de la lame frontale, la formation
des deux paires de lamelles au bord postérieur du céphalon, celle du céphalogaster dorsal et
par la constitution d’un vaste marsupium qui sera complètement fermé chez l’adulte. Simul¬
tanément apparaissent et se développent les bosses médio-dorsales et ovariennes ainsi que les
plaques coxales.
Source : MNHN, Paris
116
ROLAND BOURDON
C’est durant cette phase que s’effectue la tuberculisation des appendices pléaux et qu e
se modifie la position des premiers somites abdominaux : jusqu’ici perpendiculaires par rap.
port à l’axe du corps, ils se redressent alors vers le péréion.
Tant pour la compréhension de l’évolution de C. elegans que pour 1 interprétation des
données sur son éthologie, il était indispensable d’établir une série d’étapes morphologiques,
Le plus ou moins grand degré de développement du pléon et du marsupium peut servir de
base pour définir 6 stades évolutifs. Le tableau 3 en détermine les caractères les plus visibles.
Stade
Pléon
Oostégites
1
Pléopodes représentés par un bourgeon
unique.
2
Exopodite et endopodite distincts et sub¬
égaux.
Peu visibles à l’état de protubérances
longitudinales.
3
Exopodite nettement plus long que l’endo-
podite.
4
Sous forme de plaques triangulaires n’at¬
teignant pas la ligne médiane.
5
Plaques latérales relevées vers le péréion;
tuberculisation des appendices pléaux.
Oostégites opposés se touchant plus ou
moins.
6
Se recouvrent pour constituer un marsu¬
pium complètement fermé.
Tableau 3
Cancricepon elegans. Définition des stades évolutifs de la 9
Céphalon. — La lame frontale commence à dévenir évidente à partir du stade 5, dès
le stade précédent dans quelques cas; à l’état adulte, elle forme une large bordure foliacée
autour du céphalon, ayant conservé la dépression médiane déjà présente avant sa formation
chez les individus les moins évolués. Par suite du développement de cette lame, les antennes
et les antennules dont l’extrémité distale était jusqu’ici visible sont alors complètement cachées
en vue dorsale; la fissure médiane dorsale qui divise la tête en deux lobes symétriques (cépha-
logaster) apparaît aussi au stade 5. C’est à ce moment que s’ébauchent les lamelles du bord
postérieur, les externes faisant saillie les premières; chez certains individus, toutefois, leur
forme définitive peut être déjà acquise. Peu distincts au premier stade dans lequel ils ont la
grosseur des maxilles (et seulement rendus apparents après traitement approprié des spéci¬
mens), les maxillipèdes se présentent comme deux petites lames hémisphériques dans le
stade 2 ; ils s’allongent ensuite au stade suivant où leur partie supérieure subit une sorte d’étran¬
glement, origine de la lame antéro-exteme (palpe) qui s’accentue encore dans le stade 4, époque
à laquelle leur extrémité distale peut parfois atteindre les antennes; on distingue alors la partie
postéro-exteme (épipodite) nettement individualisée. Au stade suivant, le palpe se rétrécit et
a l’aspect d’une lamelle pourvue de soies courtes; chez l’adulte, le bord antéro-inteme ciliées!
concave.
Péréion. — Les bosses médio-dorsales se forment au stade 5, mais souvent la dernière
est nettement caractérisée dès le stade précédent; c’est elle qui apparaît en premier. Il est déjà
parfois difficile de les compter, mais ordinairement le nombre générique de quatre est présent.
Les bosses ovariennes et latérales sont définies au stade 4. Les premières augmentent peu à
peu d’importance pour devenir énormes sur les segments II à IV chez les 99 adultes.
Difficilement distingués sur les individus au stade 1, si ce n’est après préparation spé¬
ciale, les oostégites apparaissent sous forme de minuscules bourrelets longitudinaux peu pro-
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES
EUROPÉENNES
117
éminents placés près des péréiopodes. Au stade 2, ils sont mieux visibles, mais leur dimension
n’atteint encore que le quart de la largeur des segments thoraciques. De plus en plus apparents
au stade 3 où leur taille s’est accrue et occupe la moitié de la largeur des somites. Us sont
nettement différenciés au stade 4, sous forme de plaques grossièrement triangulaires dont les
troisième et quatrième paires sont déjà comparativement plus grandes que les autres. Ils
s'allongent et se recouvrent quelque peu dans le stade 5 où les indentations marginales posté¬
rieures sont alors visibles, mais leur développement complet ne sera atteint que dans le dernier
stade où la superposition des plaques marsupiales formera une cavité incubatrice parfaitement
close.
Les péréiopodes sont tous constitués sur le même type pendant les quatre premiers
stades et leur croissance régulière ne présente rien de bien particulier si ce n’est que leur taille
relative augmente progressivement jusqu’aux P4 ou P5 pour diminuer ensuite dès le premier
stade. A partir du stade 5, ces appendices présentent le début de deux modifications impor¬
tantes : d’une part, les proportions du propode comparativement à celles du carpopodite
diminuent assez sensiblement; d’autre part, on assiste à la formation, encore ébauchée, d’une
gibbosité sur le bord du carpopodite de la dernière, quelquefois aussi de la sixième, qui seront
particulièrement caractéristiques quand la 9 sera adulte. Chez les individus mûrs, les
péréiopodes comprennent, en effet, outre la coxa, non différenciée qui se confond avec le
tégument, un fort basis de forme variable selon la position des pattes; subquadrangulaire,
surtout élargi dans P3 et P4, leur bord interne, jusque là rectiligne, montre une légère sinuosité
qui aboutit à une forte bosse postéro-antérieure dans P5 ; une seconde gibbosité, située distale-
ment apparaît dans les deux dernières paires. L’ischion, toujours le plus long, ne présente rien
de spécial. Les deux articles suivants sont soudés ensemble, mais une faible dépression délimite
le mérus et le carpe, ce dernier formant une protubérance sur son bord inférieur. Le propode
a maintenant des dimensions relativement réduites et possède une excroissance identique à
celle du carpe, sur laquelle se distinguent souvent une ou deux épines. Il se termine par un
dactyle en forme de griffe, relativement court. La squamosité qui recouvrait la majeure partie
de la cuticule dans ces appendices aux stades antérieurs, ne subsiste plus guère à présent
que sur les saillies.
L’écart observé dans les proportions relatives des péréiopodes dès le premier stade se
trouve accentué dans la forme adulte, où les P4 font environ le double des premiers. Une
certaine relation apparaît entre les dimensions de ces appendices et l’asymétrie du Cancri-
cepon, les paires moyennes étant comparativement un peu plus grosses du côté déformé. A
titre d’indication, nous donnons l’ordre de grandeur des péréiopodes d’une 9 de 4,3 mm,
les PI étant pris comme référence (tableau 4), tout en soulignant quelques variations dans les
tailles relatives selon les individus.
Péréiopodes
PI
P2
P3
P4
P5
P6
P7
Côté non déformé.
1,0
1,1
1,6
1,7
2,1
1,7
1,3
1 Côté déformé.
1,0
1,2
1,7
2,0
2,0
1,9
1,2
Tableau 4
Cancricepon elegans. Taille relative des péréiopodes chez une 9
Pléon (fig. 24, a-e). — Chez le premier stade post-larvaire ou bopyridium résultant de
mue du cryptoniscien, l’abdomen de la jeune 9 possède encore un aspect très proche de
« ui de la larve. Mais, dès le stade 2, le pléon contraste déjà avec la partie céphalothoracique
Par sa largeur plus grande.
Source : MNHN, Paris
118
ROLAND BOURDON
La première paire de plaques latérales, perpendiculaire à l’axe du corps ou légèrement
inclinée vers la partie postérieure dans les trois premiers stades, se redresse vers le péréion dans
le stade 4 (quelquefois dès le précédent). En même temps leur extrémité atteint le niveau du
cinquième somite thoracique; leur allongement se poursuit dans le stade ultérieur et de nom-
breux spécimens adultes ont leur première paire qui se prolonge distalement jusqu’au troisième
segment.
D’abord représentés par un tubercule unique au stade 1, les pléopodes se différencient
rapidement et l’exopodite grandit beaucoup plus vite que l’endopodite qui restera toujours
relativement très court. Dès le stade 3, l’écart de taille entre les deux rames est sensible; il ne
fait que s’accentuer par la suite. Chez un cryptoniscien en mue dont la partie pléale était bopy-
rienne, les pléopodes tuberculiformes étaient relativement plus gros que dans les autres indi¬
vidus plus évolués du premier stade que nous avons pu examiner.
Au stade 6, les plaques latérales, de forme triangulaire dans le premier segment abdo¬
minal, diminuent progressivement de largeur et de longueur à partir de la première paire. D
en est de même pour les exopodites, d’aspect plus allongé, à l’exception des derniers qui sont
un peu plus longs que ceux du quatrième somite pléal; ceux-ci ressemblent d’ailleurs plus ara
uropodes qu’aux exopodites précédents et, comme eux, ils sont généralement dirigés en arrière
au lieu de se relever vers le péréion comme c’est le cas pour les autres qui ressemblent, sous ce
rapport également, aux plaques latérales. Les endopodites, toujours plus petits, offrent une
diminution progressive de taille identique ; ceux du dernier segment sont, toutefois, plus longs,
pouvant atteindre le double des précédents. Les uropodes ont à peu près les mêmes dimensions
que les lames pleurales antérieures.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
119
La taille des exopodites comparativement aux plaques latérales varie selon les segments :
plus courts que celles-ci dans les trois premières paires, ils deviennent plus longs dans les
somites IV et V. Le tableau 5 donne un élément de comparaison pour ces derniers.
S
egmen
s
1
2
3
4
5
I Plaques latérales.
1,0
0,9
0,8
0,5
0,45
Exopodites.
0,9
0,8
0,7
0,6
0,7
Tableau 5
Cancricepon elegans. Taille relative des plaques latérales du pléon
comparativement aux exopodites des pléopodes correspondants chez une 9 adulte
La tuberculisation des appendices pléaux commence à se manifester au stade 4 et se
poursuit jusqu’au stade 6. Les plaques latérales et les exopodites des pléopodes des quatre pre¬
miers segments sont tuberculés, principalement sur les bords qui ont l’apparence d’un bourrelet
charnu. Les faces externe et surtout interne de ces appendices en sont également pourvues.
Le nombre et la grosseur de ces tubercules décroissent à partir des premières paires.
Le stade 6 ne constitue pas, cependant, le terme ultime de la croissance de la 9. Une
[ois parvenue à l’état adulte, son évolution se poursuit encore. Certaines parties du corps et
tout particulièrement le marsupium subissent quelques transformations. Celles-ci sont en
rapport direct avec les nécessités de la fonction de reproduction. Afin de pouvoir contenir la
masse toujours plus volumineuse des œufs au fur et à mesure que se succèdent les pontes, la
cavité incubatrice présente un développement considérable qui modifie notablement l’appa¬
rence du Bopyridae. Il existe une grande différence entre l’aspect d’une 9 à sa première ponte
et celui d’une 9 qui a effectué plusieurs incubations (voir fig. 27). Le marsupium de la première,
peu proéminent, est latéralement délimité par les péréiopodes, chez la seconde, ces appendices,
rejetés sur les côtés du corps, sont presque invisibles dorsalement. Ces modifications qui n’inté¬
ressent qu’un seul organe et résultent de son développement ne nécessitent pas de subdiviser
la phase adulte en plusieurs stades.
2. Variation intra-spécifique
Femelle.
En plus du nombre des bosses médio-dorsales, certains caractères morphologiques
peuvent également subir des variations chez les 99 adultes. Elles sont toutefois peu impor¬
tantes dans cette espèce.
Indice d'asymétrie : 6 à 27°.
Maxillipèdes : ils ont la forme dessinée par Bonnier (1900, pl. VII, fig. 3) quoique
l’angle postéro-externe de l’épipodite soit toujours plus émoussé. Le nombre et la disposition
des indentations en forme de soies sont très variables; elles ne sont constantes qu’à l’extré¬
mité distale du palpe. Ce lobe peut d’ailleurs n’être qu’ébauché ou manquer totalement (5 %
des cas); l’anomalie n’affecte ordinairement qu’un seul maxillipède.
Bord postérieur du céphalon (fig. 25, a-f) : ne présente jamais la profonde incision
triangulaire figurée par Bonnier (pl. VII, fig. 3) lui donnant « l’apparence d’être tout entière
divisée en six lamelles parallèles ». Il n’y a pas d’échancrure proprement dite, mais le bord
postérieur de la partie médiane, le plus souvent rectiligne ou peu concave, se relève toujours
en son milieu, ce qui simule une échancrure arrondie, d’ailleurs généralement fort réduite.
Source : MNHN, Paris
120
ROLAND BOURDON
La forme et la longueur relative des lamelles latérales varient d’un individu à l’autre, pouvant
même ne pas être symétrique. Les internes, qui sont les plus courtes dans la majorité des cas,
se montrent parfois plus longues que les externes. Elles ont un aspect plus massif qu e Ce !
dernières, ordinairement plus effilées, surtout chez les grands spécimens.
Fie. 25
Cancricepon elegans G. et B.
Variation du bord postérieur du céphalon chez la 9 adulte (a-/)
Oostégites : il n’y a rien d’important à noter au sujet des oostégites, si ce n’est que le
bord supérieur des plaques de la deuxième paire est convexe et non concave et l’extrémité
distale des cinquièmes plus arrondie que représentés à la planche I, figure 3, par Giard el
Bonnier (1887). Le nombre des tubercules et des soies de ces derniers est fonction de la
taille de la 9 et augmente avec elle, leur nombre variant entre 8 et 19.
Pléon : les appendices de l’abdomen sont toujours présents en nombre normal sauf
dans de rares cas où l’une des deux rames manquait sur un côté; à noter cependant quels
cinquième paire d’endopodites est assez souvent plus longue que la quatrième. Des différences
dans la longueur respective des deux uropodes sont aussi fréquemment observées.
Mâle.
> Tubercules médio-ventraux : Bonnier (1900) a déjà noté la diminution de leur nombre
avec l’augmentation de la taille. Il y a cependant de très nombreuses exceptions; toutefois,en
règle générale, ces tubercules sont effectivement plus visibles chez les individus les plus petits.
Pléon : deux anomalies sont à relever dans le pléon des cfc? adultes (fig. 26, a-b). Dans
la première, il s’agit probablement d’un régénérât anormal : le segment antérieur et le telson
sont bien constitués, mais les quatre somites médians asymétriques et fusionnés. Le second cas
est plus intéressant : dans cet exemplaire (1,3 mm), seul le premier pléonite est distinct, te
autres étant soudés en une seule pièce avec une faible indication latérale du deuxième; aucun
pléopode n’est visible, même dans le segment normal.
Hôte et distribution géographique
Sur Pilumnus hirtellus (Linné). — Grande-Bretagne : The Wash, Norfolk (R. Hamond
coll.). France : Wimereux (Giard et Bonnier, 1890; Giard, 1899), Saint-Michei-en-Grère
(Perez, fi.de Mouchet, 1931), Roscoff, Rade de Brest, Baie de Quiberon, Arcachon (Bourdoï,
1960,1963,1964).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
121
BIOLOGIE
La plus grande partie des observations biologiques suivantes a été obtenue à partir du
matériel récolté en Baie de Quiberon et principalement des récoltes mensuelles opérées à
l’Halvoret entre janvier 1958 et septembre 1960.
1. Fixation du parasite
Après avoir mené une vie pélagique en partie attachée à un Copépode sur lequel se
sont effectuées deux mues caractéristiques, la larve des Bopyridae abandonne son hôte provi¬
soire, sous forme de cryptoniscien, pour aller à la recherche d’un hôte définitif. La fixation
du parasite, phase des plus importantes de sa biologie, reste encore mal connue. C’est qu’il est
souvent difficile de rencontrer les stades larvaires dans la cavité branchiale des Crustacés
Décapodes (1). Hiraiwa (1936) n’a pu obtenir aucun cryptoniscien d’Apopenaeon japonicum
(Thielemann) dont il avait pourtant recueilli près de 700 individus et Bonnier (1900) en a
trouvé un seul sur 60 spécimens de C. elegans. Plus favorisé que ces auteurs, il nous a été donné
de réunir 39 exemplaires, ce qui représente toutefois un pourcentage relativement bas, attei¬
gnant à peine 3 % des quelques 1.246 Cancricepon collectés à ce jour.
b
a
Fig. 26
Cancricepon elegans G. et B. — Anomalie du pléon chez le g ( a-b)
La rareté des récoltes de la larve ne peut cependant être imputée à sa petitesse; bien
que ne mesurant guère plus de 0,8 mm, sa pigmentation vive tranche fortement sur la couleur
blanchâtre des branchies de l’hôte et elle ne peut échapper à un examen attentif. Il est possible,
comme le pensent plusieurs auteurs, que la métamorphose en stade bopyrien s’effectue rapi¬
dement après la fixation, ce qui expliquerait qu’il n’en soit pas trouvé davantage,
a. Périole de fixation.
Les seules données certaines que l’on puisse avoir concernant les dates de fixation
sont, évidemment, celles fournies par les dates de récoltes des larves ; malheureusement, la
faible représentation de ces dernières dans les prélèvements limite beaucoup leur portée. Con¬
sidérant le nombre total des cryptonisciens recueillis chaque mois, tant en Baie de Quiberon
qui Roscoff (tableau 6), on constate qu’ils se rencontrent pratiquement toute l’année, mais
le fait d avoir obtenu 20 larves sur 39 au mois d’août ne signifie pas obligatoirement que cette
époque soit la plus favorable à l’infestation.
Dntagu), les cryptonisciens ne se rencontrent jamais directement fixés sur les
les poils de l’abdomen ou sur les jeunes V l. Ione présente d’ailleurs une bio¬
cycle est unique dans la famille des Bopyridae.
7 564030 6.
4 Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Mois
Janv.
Fév.
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Sept.
Oct.
Nov.
Déc.
Nombre....
1
1
-
-
2
2
3
20
4
2
2
I
Tableau 6
Cancricepon elegans. Nombre de larves cryptonisciennes récoltées par mois
L’insuffisance de matériel nécessite donc de rapprocher ces renseignements avec d’autres
observations, plus nombreuses à défaut d’être aussi précises : en l’occurence, les dates de
récolte des premiers stades post-larvaires encore peu éloignés de la fixation. Les pourcentages
mensuels de chacun des stades évolutifs apportent quelques éléments (tableau 7 -f gjg.
phique 2).
1 0 Z
crypto
10 Z
^ 8U
1 0 Z .
[
_
st.2
3 0 Z .
20 Z .
"‘■J
H£
ZdTLTl
st.3
s Z .
st.4
s Z .
C
st. 5
-r~i—ri—m — m i — i — i
80 Z .
70 Z .
60 Z . ~
so Z .
adultes
lL
JASONDJFMAM,
Graphique 2
C. elegans. — Proportion mensuelle des stades évolutifs
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
123
La présence de très jeune 99 dans tous les prélèvements confirme bien que l’infesta¬
tion peut se produire à toutes les saisons de l’année et que l’évolution ultérieure s’effectue
normalement; mais, la plus grande proportion des stades 1 observée en août et l’augmenta¬
tion relativement importante des stades 2 se manifestant entre cette date et octobre, consti¬
tuent des données concordantes permettant de situer une fixation intensive en juillet-août.
On remarquera, toutefois, que les stades 3 présentent deux pointes d’intensité sensible¬
ment égales en novembre et en juin. Si la première est évidemment consécutive à la fixation
de l’été, la deuxième suggère l’existence d’une seconde période d’infestation. Nous en repar¬
lerons plus loin.
Stade
Mois
Janv.
Fév.
Mars
Avr.
Mai
Juin
Juil.
Août
Sept.
Oct.
Nov.
Déc.
Nbre
_
1
_
_
_
.
2
2
1
Cryptoniscien.
%
-
2,3
-
-
-
-
5,3
2,0
1,4
-
-
-
Nbre
3
1
2
2
2
-
-
9
1
3
2
_
Stade 1.
%
4,6
2,3
3,9
2,5
3,9
"
9,2
1,4
3,1
3,1
-
Nbre
3
4
1
4
-
2
3
15
12
16
7
2
Stade 2.
%
4,6
9,3
2,0
5,1
-
4,4
7,9
15,3
16,9
16,5
10,9
3,6
Nbre
7
4
1
12
7
12
6
14
8
17
19
7
j Stade 3.
%
10,8
9,3
2,0
15,2
13,7
26,7
15,8
14,4
11,3
17,5
29,6
12,7
Stade 4.
Nbre
3
-
-
-
1
-
1
3
1
4
1
2
%
4,6
-
-
-
2,0
-
2,6
3,0
1,4
4,1
1,6
3,6
Nbre
1
-
3
-
2
2
1
5
3
4
1
3
%
1,5
-
5,9
-
3,9
4,4
2,6
5,1
4,2
4,1
1,6
5,6
Nbre
48
33
44
61
39
29
25
50
45
53
34
41
9 9 adultes ..
%
73,9
76,8
86,2
77,2
76,5
64,5
65,8
51,0
63,4
54,7
53,2
74,5
Tableau 7
Cancncepon elegans récoltés mensuellement à l’Halvoret en fonction de leur stade évolutif
(nombre d’individus et pourcentage)
b. Conditions de fixation.
Alors que les 99 ovigères ont toujours constitué la majeure partie des Cancricepon
recueillis dans chaque prélèvement, on pourrait s’étonner que la courbe formée par les pour¬
centages de formes juvéniles ne se maintienne pas régulière et intensive. La raison en est
simple : il ne suffit pas, en effet, qu’une larve émise par un Bopyridae parvienne au stade
Source : MNHN, Paris
124
ROLAND BOURDON
cryptoniscien (1) pour qu'elle puisse se fixer, quand bien même son hôte serait abondant. Des
conditions variées, encore mal définies, règlent l’infestation. La taille de l’hôte, son sexe et
son état physiologique ont été depuis longtemps considérés comme les facteurs principau,
conditionnant la fixation des Épicarides. Nous les envisagerons successivement.
Taille de l'hôte.
La taille de l’hôte présente une importance prépondérante bien connue dans le p ara .
sitisme par les Bopyridae. D’une façon générale, seuls les individus de petite taille sont infesté
et C. elegans n’échappe pas à cette règle (tableau 8 + graphique 3).
Graphique 3
Cancncepon elegans. - Nombre de Pilumnus et de parasites récoltés en Baie de Quiberon
(par classe)
(1) Il ne faut pu oubber que le. larve, épie.ridienne. doivent effectuer une pr.mlîte phu. de pnulii-
SnZSTÏ"" d 7°" a '“ md ” ">*«a»t, la etyptonl.eien. On ignore quel e.t 'hit. la
toîT™ O, ,b r'"’ T°" '“S' W ' ,oit p '"' nt d ““ le plancton au moment d. K.»»
<«»“*«">. 1« Copépode ne ,e trouve p.. dan, le. .n, de. ,««»
durant une certaine partie de 1 année (Reverberi et Pitotti, 1942).
Source : MNHN, Paris
4
5
6
7
8
»
10
il
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
J
Nbre d’individus.
2.560
17
37
80
124
152
186
217
192
177
202
169
178
151
141
131
115
89
81
54
36
22
6
2
1
Nbre.
370
2
9
21
38
64
76
86
42
19
4
2
2
-
1
%
11,8
24,3
26,2
30,6
42,1
41,3
39,6
21,8
10,7
2,0
1,2
1,1
-
0,7
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
9
Nbre d’individus.
2.792
27
33
72
118
142
208
297
276
299
298
280
244
185
126
93
52
22
11
5
3
1
-
-
-
Nbre.
348
3
7
19
27
45
97
89
44
15
2
4
%
11,1
21,2
26,4
22,8
31,7
46,6
30,0
15,9
5,0
0,7
1,4
Total..
Nbre d’individus.
5.352
44
70
152
242
294
394
514
468
476
500
449
422
336
267
224
167
111
92
59
39
23
6
2
1
Nbre.
718
5
16
40
65
109
173
175
86
34
6
6
2
-
1
%
11,4
22,8
26,3
26,9
37,1
44,0
34,0
18,4
7,1
1,2
1,3
0,5
-
0,4
Tableau 8
Cancricepon elegans. — Taux de parasitisme des P. hirtellus en fonction du sexe et de la taille (Baie de Quiberon, total des récoltes 1957-1960)
I
o
3
5
S
c
1 '
i
B
Source : MNHN, Paris
126
ROLAND BOURDON
Si les Pilumnus peuvent atteindre une largeur céphalothoracique de 27,4 mm, aucun
Bopyridae n’a été rencontré sur des Crabes de plus de 17,4 mm; encore ceux-là étaient-ils
très rares sur des hôtes excédant 12,0 mm. Le plus grand nombre des parasités appartient à
la classe 9 mm (44,0 %)■ . , . ,
Chez plusieurs espèces, la fixation s effectue des les premiers stades post-iarvaires,
voire sur les derniers stades pélagiques, comme c’est le cas, par exemple, pour Pseudioù
galacanthae Hansen sur les Grimotheae de Munida gregaria (Fabricius) [Rayner, 1935] et
pour Urocryptella fraissei (Carayon) sur les Glaucothoés de Clibanarius erythropus (Latreille)
[Carayon, 1943]. Chez Cancricepon, les fréquences de Crabes infestés forment une courbe
et non une pente régressive par rapport à l’augmentation de la taille des hôtes : c’est préci¬
sément l’inverse qui devrait se produire si la fixation avait réellement bien lieu au tout début
de leur vie post-larvaire. Les chiffres indiqués au tableau 8 précisent l’écart sensible montré
entre les taux de parasitisme des jeunes individus inférieurs à 7 mm et ceux de 8 à 10 mm.
II est évidemment regrettable que les très petits Pilumnus aient été récoltés en aussi
faibles quantités, mais nous ne connaissions pas au moment des prélèvements leur biotope
spécial, différent des endroits où se capturent les spécimens plus âgés. Alors que ceux-ci se
cantonnent sous les pierres, c’est dans le revêtement algal qui entoure les blocs et à la base
des vieilles Cystoseires que s’obtiennent les jeunes. Nous pouvons cependant indiquer qu’à
Saint-Michel-en-Grève où, au contraire, toute la population est retenue prisonnière dans les
anfractuosités des Hermelles, sur une centaine d’individus de moins de 6 mm, le taux d’infes-
tation était nettement inférieur comparativement à celui des Crabes de plus grandes dimen¬
sions, ce qui paraît par conséquent confirmer les données obtenues en Baie de Quiberon.
Malgré le nombre réduit des observations, la taille des crustacés porteurs de très jeunes
Cancricepon permet de définir approximativement à quel moment se produit la pénétration
du parasite (tableau 9).
O.,.,
4 | 5
6
7
8
9 | 10
11
12 13 | 14
15 16 17 j
Cryptonisciens...
1 2
-
1
2
- -
1
-
- | 1
i ~
1
Stades 1.
4 | 9
4
4
1
" 1 "
-1-
-1-
-
Stades 2.
1 9
21
19
4
2 1
-
"
-I-
- -
-
Tableau 9
Cancricepon elegans. Nombre de jeunes parasites récoltés en fonction de la taille de l’hôte
(largeur céphalothoracique en mm)
S’il est possible de rencontrer des larves cryptonisciennes sur des hôtes atteignant
jusqu’à 17,4 mm et de constater la présence d’un stade 1 sur un individu de 8 mm et d’un
stade 2 sur un autre de 10 mm, ces cas sont toutefois relativement peu fréquents. D’après
la proportion des stades 1 (confirmée par celle des stades 2), c’est, semble-t-il, sur des hôtes
mesurant environ 5 mm que s’effectue généralement l’infestation.
Les larves cryptonisciennes pénétrant de préférence dans les petits individus de cette
classe, la période de fixation est par conséquent limitée à l’époque où ces Pilumnus sont
représentés dans la population. Comme l’indique le graphique 4, ceux-ci sont relativement
plus nombreux au mois d’août. Cette époque correspond parfaitement à celle des récoltes
des stades 1 et 2.
L’estimation de l’âge correspondant se montre assez délicate. On peut cependant se
baser sur l’époque d’apparition de ces jeunes Crabes à la côte. Ces derniers sont toujours rares
dans les échantillons, mais malgré le petit nombre des récoltes, il est net (tableau 10 + gra¬
phique 4) qu’ils accusent une pointe très sensible au mois d’août, date de la fixation des larves.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 127
Classe (mm.)
Mois
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
Nbre
-
4
8
18
22
32
29
23
21
23
23
25
%
-
1,7
3,5
7,9
10,0
14,0
12,7
10,0
9,2
10,0
10,0
11,0
Nbre
1
2
12
14
16
20
37
25
19
23
29
26
%
0,4
0,9
5,4
6,2
7,1
8,9
16,6
11,2
8,5
10,3
12,9
11,6
Nbre
5
4
10
14
30
38
46
53
46
54
47
52
%
1,3
1,0
2,5
3,5
7,5
9,5
11,5
13,3
11,5
13,6
11,8
13,0
Nbre
2
8
12
16
29
46
47
44
59
56
60
50
%
0,5
1,9
2,8
3,7
6,8
10,7
10,9
10,3
13,8
13,0
14,0
11,6
Nbre
1
-
3
10
15
26
39
32
19
37
29
31
%
0,4
-
1,2
4,1
6,2
10,7
16,2
13,2
7,9
15,3
12,0
12,8
Nbre
1
1
5
12
20
23
25
29
30
34
29
20
%
0,4
0,4
2,2
5,2
8,7
10,0
10,9
12,7
13,2
14,9
12,7
8,7
Nbre
3
8
6
26
20
31
45
54
63
49
56
51
%
0,7
1,9
1,5
6,3
4,9
7,5
10,9
13,1
15,3
11,9
13,6
12,4
Août.
Nbre
27
25
30
39
40
56
80
79
91
89
64
53
%
4,0
3,7
4,5
5,8
5,9
8,3
11,9
11,7
13,6
13,2
9,5
7,9
il Septembre...
Nbre
%
1
0,2
6
1,4
18
4,1
22
5,1
30
7,0
48
11,2
50
11,7
54
12,6
58
13,5
64
14,8
39
9,1
40
9,3
Octobre.
Nbre
3
10
25
32
34
31
55
38
27
34
36
41
%
0,8
2,7
6,8
8,7
9,2
8,5
15,1
10,4
7,4
9,3
9,8
11,3
j Novembre...
Nbre
-
1
17
29
22
24
32
25
26
25
28
19
%
-
0,4
6,8
11,7
8,9
9,7
12,8
10,1
10,5
10,1
11,3
7,7
Décembre...
Nbre
%
“
1
0,8
6
4,1
10
6,9
16
11,0
19
13,1
29
20,0
12
8,3
17
11,7
12
8,3
9
6,2
14
9,6
Tableau 10
Nombre et pourcentage de jeunes Pilumnus de moins de 15 mm récoltés par mois
(par classe)
4 a.
Source : MNHN, Paris
|28 ROLAND BOURDON
Cette date, rapprochée de celle de la première ponte de l’espèce en mars (Bourdon, 1962 a )
permet donc d’évaluer approximativement à trois mois l’âge maximum des Pilumnus de
5 mm (assignant deux mois pour l’incubation et le développement larvaire).
En conclusion, et en conformité avec ce qui a été depuis longtemps signalé chez de
nombreux Bopyridae, C.elegans parasite uniquement des Crabes de dimensions réduites
mais la fixation ne paraît pas cependant se produire dès que les Pilumnus sont devenus ben!
thiques comme cela se passe dans d autres espèces.
Graphique 4
Proportion mensuelle des Pilumnus de 4-6 mm (en % de la population de — 15 mm)
Sexe de l’hôte.
Giard et Bonnier ont affirmé que les Épicarides infestent également les deux sexes
de l’hôte. Pour eux, les préférences apparentes signalées étaient uniquement dues à une
prédominance d’un sexe sur l’autre. La seule façon de s’assurer si le parasite est compara¬
tivement plus fréquent sur les d’d 1 ou sur les 99 est de tenir compte, pour écarter toute erreur
consécutive au sex-ratio dans les statistiques, à la fois des hôtes parasités et des individus
indemnes. En procédant ainsi, on a pu parfois faire ressortir un taux de parasitisme différent
selon le sexe de l’hôte. Tel est le cas, par exemple, de Ione thoracica (Montagu) [Reverbdu
et Pitotti, 1942], Athelges lorifera Hesse (Pérez, 1934), Pinnotherion vermiforme Giard
et Bonnier (Atkins, 1933) et Tiarinion fulvus Shiino (Shiino, 19426), plus souvent trouvés
sur les 99; à l’inverse, c’est surtout sur les d'd 1 que se rencontrent Athelges paguri (Rathke)
[Pérez, 1934] et Urocrytpella fraissei (Carayon) [Altès. 1962]. Chez C. elegans, il existe
également un écart assez sensible entre les pourcentages d’individus porteurs du Bopyridae
en rapport avec leur sexe, les d’d 1 étant nettement plus souvent infestés.
Mâles : 370 cas sur 1.731 Pilumnus, soit 21,4 %
Femelles : 348 — 2.294 — 15,1 %
(xJ = 25,07 hautement significatif)
On ne peut en déduire, toutefois, que les cryptonisciens choisissent effectivement leur
hôte, car on ignore si la larve se fixe de préférence sur le sexe c? ou si l’évolution ultérieure
favorisée parce que le parasite se trouve sur celui-ci. Ce n’est qu’en comparant les taux
d infestation des stades jeunes récemment fixés à celui des 99 complètement développées
qu on pourra le savoir. Le tableau 11 comprend donc, d’une part, les quelques cryptonisciens
obtenus et les formes aux stades 1, 2 et 3, d’autre part, les 99 ovigères de l’ensemble du
matériel recueilli depuis 1958.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
129
f=-
Stade
Sexe
Pilumnus
Cancricepon
%
Jeunes femelles
Mâles.
1.508
108
7,1
( ^ c ’ r r )
^hautement significatif/
Femelles...
2.082
88
4,2
Femelles adultes
Mâles.
1.623
223
13,7
/ >9 ' j
^hautement significatif/
Femelles...
2.206
212
9.6
Tableau 11
Cancricepon elegans. Taux de parasitisme selon le sexe de l’hôte
et le stade des parasites
Si la fixation s’effectuait indistinctement sur des hôtes de n’importe quel sexe, le pour¬
centage des individus parasités serait sensiblement égal pour les dd et les 99 au début du
parasitisme et l’on devrait noter ensuite un décalage entre les taux d’infestations au profit
des premiers avec le développement des Cancricepon. Or, on voit qu’il n’en est rien. Dès les
jeunes stades, ils se produit un écart important entre les deux sexes, le pourcentage de para¬
sités chez les 99 par rapport aux dd étant de 7,1 %/4,2 % = 1,7. Cette différence, qui se
maintient sensiblement égale dans le cas des formes adultes (13,7 %/9,6 % = 1,4) semble
donc indiquer qu’il s’agirait plutôt d’un choix de la part des larves cryptonisciennes. D’autre
part, la proportion des 99 adultes par rapport aux 99 juvéniles du Bopyridae est à peu près
identique dans les deux sexes, ce qui exclut une mortalité consécutive au parasitisme plus
forte chez les 99 hôtes.
Mue de l’hôte.
Pour que la fixation ait lieu, Bonnier (1900) croyait nécessaire que les Crabes soient
mous ou du moins que l’infestation était alors facilitée. Parmi les Pilumnus porteurs de stades
larvaires, deux seulement venaient juste de muer, les autres avaient leur carapace dure, un
de ces derniers étant même en stade D4 (Drach, 1939). Il ne semble donc pas que l’étape
d’intermue constitue un facteur influant sur l’infestation qui paraît se produire à n’importe
quel moment du cycle.
Position du parasite.
Le côté de la carapace sous lequel était fixé l’Épicaride a toujours été noté. Il semble
bien d’ailleurs, en ce qui concerne C. elegans, que la position sur l’hôte soit complètement
indifférente au parasite qui se fixe au hasard dans l’une des deux cavités branchiales (51,6 %
à droite, 48,4 % à gauche). On sait que tel n’est cependant pas toujours le cas : chez Pseudione
galacanthae Hansen, par exemple, Rayner (1935) trouve une fréquence de 94 % du côté
droit sur 539 individus; par contre, Pseudione hyndmanni (B. et W.) se place de préférence
à gauche (Carayon, 1943), etc. On ignore d’ailleurs parfaitement la raison de cette prédi¬
lection.
2. ÉVOLUTION DU PARASITE
Femelle.
a. Fixation d’été.
L’évolution du parasite peut être suivie dans le temps grâce au graphique 2. La progres¬
sion des pointes formées par les courbes de fréquence des stades successifs des 99 peut être
ainsi interprétée :
Comme il a déjà été vu, les formes bopyriennes au stade 1 s’observent en quantités
souvent plus nombreuses au mois d’août. La proportion des stades 2 est plus importante et
1 e de cette date à octobre, avec un maximum en septembre (16,9 %). En novembre, 29,6 %
Source : MNHN, Paris
130
ROLAND BOURDON
des parasites sont arrivés au stade 3. La faible représentation des 99 prépubères ne permet
pas de savoir à quel moment les stades 4 et 5 sont atteints, mais la pointe manifestée en mars
de l’année suivante où 86,2 % de la population est constituée d’adultes et d’ovigères, paraît
indiquer qu’à cette époque les parasites sont mûrs et entrés en reproduction.
Graphique 5
Cancricepon elegans
Proportion de parasites en fonction de leur stade évolutif et de la taille de l’hôte
Le développement des C. elegans fixés en été est donc achevé au mois de mars, un®
durée d’environ sept mois s’étant écoulée entre la fixation et la première ponte. C’est à une
estimation très voisine que Pike (1960) est arrivé dans son étude sur Pseudione affinis (G.O.
Sacs) auquel il assigne neuf mois pour atteindre la maturité, incluant un mois pour la vie
larvaire.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
131
Parvenus à l’état adulte, les Cancricepon paraissent vivre encore longtemps. Nous avons
conservé des exemplaires incubant pendant sept mois en élevage (1). La présence de nom¬
breuses 99 ovigères dans les récoltes de juin à octobre implique que les parasites peuvent
vivre au moins dix-huit mois; mais il n’est pas possible de chiffrer plus exactement leur longé¬
vité qui est très sûrement supérieure. Celle de l’hôte peut atteindre trente-trois mois en capti¬
vité. On peut aussi supposer qu’arrivé à une certaine taille, ce dernier se débarrasse du Bopy-
ridae; ce qui expliquerait 1’ « immunité » apparente des Crabes de + 15 mm. Nous avons observé
à plusieurs reprises, en élevage, des individus dont le parasite cessait brusquement ses pontes;
en ouvrant l’hôte, on pouvait constater la perte du Cancricepon.
La croissance de C. elegans s’effectue en même temps que celle de son hôte et, par
suite, la taille du Bopyridae demeure, en général, proportionnée aux dimensions du Pilumnus.
Si nous établissons les pourcentages d’individus infestés par des parasites d’un stade
donné en fonction de leur classe [tableau 12 + graphique 5] (2), on constate que la modale
se déplace parallèlement au développement du Cancricepon comme suit :
Stade 1 sur Pilumnus de 5 mm;
Stade 2 sur Pilumnus de 6-7 mm;
Stade 3 sur Pilumnus de 8 mm;
Stade 4-5 sur Pilumnus de 9 mm;
Adultes sur Pilumnus de 9-10 mm.
b. Fixation d’hiver.
Il a été indiqué précédemment qu’en plus de la fixation la plus importante de l’année,
en août, devrait exister une seconde période d’infestation. Cette dernière est présumée par
Cia
s s e
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
4
9
5
4
1
17,4
39,2
21,7
17,4
"
-
4,3
-
-
-
-
1
9
21
19
4
1
2
-
-
-
-
-
1,8
15,8
36,8
33,3
7,0
1,8
3,5
-
-
-
-
_
_
13
28
32
15
7
4
_
-
_
_
Stade 3.
-
-
13,2
28,3
32,3
15,2
7,0
4,0
-
-
"
_
_
_
1
9
12
7
2
2
_
_
_
Stades 4 + 5.
--
—
—
—
-
-
-
3,0
27,3
36,3
21,2
6,1
6,1
-
"
-
Stade 6.
_
_
1
13
52
128
139
73
26
5
5
1
0,2
2,9
11,7
28,9
31,5
16,5
5,9
1,1
1,1
0,2
Tableau 12
Cancricepon elegans. Proportion des stades évolutifs en fonction de la taille de l’hôte
(!) -Mais, invariablement, l’hôte mourait accidentellement par arrêt d’eau, les Pilumnus parasités étant
“-«Wm au manque d’oxygène.
(2) On remarquera des différences numériques entre ce tableau et le précédent; de semblables existent
ans les suivants. Elles sont simplement dues à ce que tous les individus ne sont pas toujours utilisables
P 1 » chacune des données (hôtes ou parasites abîmés non mesurables, etc.).
Source : MNHN, Paris
132
ROLAND BOURDON
suite de la deuxième recrudescence des stades 3 en juin (26,7 %) [graphique 2]. Les courbes
des stades précédents ne fournissent aucun élément permettant de connaître leur évolution
antérieure, ni de situer le moment de leur fixation, mais, si nous nous reportons au tableau 10
dans lequel les hôtes de — 15 mm sont groupés par taille et par mois, on voit que les Pilumruu
de 8 mm, c’est-à-dire ceux portant généralement des 99 au stade 3, montrent également un e
seconde pointe à cette date. Leur origine remonte vraisemblablement à la réapparition inat.
tendue des jeunes Crabes des classes 4, 5 et 6 mm entre janvier et avril (graphique 4). Ces
individus ne peuvent provenir que des larves écloses au plus tard en septembre de l’année
précédente, puisque la période de reproduction prend fin à cette époque en Baie de Quiberon
Une anomalie de ce genre a déjà été signalée chez une autre espèce, Pachygrapsus marmoratus
(Fabricius) par Vernet-Cornubert (1958) qui capturait au printemps des spécimens très
jeunes ayant passé ogligatoirement huit mois sans se développer. Il est possible que les méea.
lopes provenant des pontes tardives restent tout l’hiver sans muer ainsi que le suggère cet
auteur. On peut donc admettre que les stades 3 de juin proviennent d’une fixation en hiver
Croissance linéaire.
En ce qui concerne la croissance linéaire du parasite, elle se montre très variable d’
individu à l’autre. Les longueurs (1) relevées en fonction du degré de développement morpho-
logique sont les suivantes :
Stade 1 = 0,9 à 1,6 mm;
Stade 2 = 1,0 à 1,9 mm;
Stade 3 = 1,2 à 2,5 mm;
Stade 4 = 2,0 à 2,6 mm;
Stade 5 = 2,4 à 2,9 mm
Stade 6 = 2,7 à 5,9 mm.
Mâle.
En règle générale, une seule larve pénètre d’abord dans la cavité branchiale de l’hôte
et se transforme en une jeune 9, après quoi elle est rejointe par un autre cryptoniscien nui
deviendra le d. Le tableau 13 où est indiquée, selon leur stade, la fréquence des d'd 1 larvaires
ou juvéniles accompagnant les 99, montre que l’évolution du premier parasite doit être
assez avancée pour permettre l’établissement du second.
Stade
1
2
3
4
16
■
25
69
114
25
-
-
2
1,8 %
6
37,5 %
9
36.0 %
-
-
17
14,9 %
7
43,7 %
13
52,0 %
-
-
-
2
8,0 %
Tableau 13
Cancricepon elegans. Présence et nature du d en fonction du stade de la 9
natérH° NNIER ^ 19 °°’ P ' 61 ^ indi< I ue 9 > 2 m "i pour l’adulte, taille très importante jamais observée dans notre
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
133
C’est donc à partir du stade 3 que les dd cryptonisciens ou juvéniles ont été observés
sui des 99; encore ceux-ci étaient-ils relativement peu nombreux. Au stade suivant, la pro¬
portion des couples formés augmente sensiblement et le stade 4 peut être considéré comme
celui au cours duquel la 9 attire d’autres larves. Chez les préadultes, chacune, en principe,
est associée avec un compagnon. La récolte d’une 9 adulte de 3,7 mm portant un d juvénile
de 0,9 mm venant juste de se métamorphoser indique que les 99 peuvent parfois être rejointes
par un d, leur développement complet achevé.
D’après Giard et Bonnier (1887), la taille du c? resterait proportionnelle à celle de la
ç chez cette espèce. La centaine de mensurations effectuées donne, toutefois, des rapports
L 9/L d 1 très divers, les variations d’un individu à l’autre passant de 2,1 à 3,5 chez les adultes
fonctionnels. Pour donner une idée, une 9 de 4,2 mm peut porter un d dont la taille est
comprise entre 1,2 et 2,0 mm. Il n’y a donc pas de relation bien évidente entre les dimen¬
sions respectives des deux sexes; c’est ce qui a été également noté chez Urobopyrusprocessae
Richardson par Rouch et Taberly (1961). La taille relative du d doit dépendre, très vrai¬
semblablement, de la longueur à laquelle est parvenue la 9 quand il la rejoint, l’écart s’estom¬
pant évidemment chez les individus les plus âgés.
Mâles surnuméraires.
Il arrive exceptionnellement que deux larves ou plus se fixent simultanément dans la
même cavité branchiale de l’hôte : trois cas seulement ont été observés. Il est alors probable
que seulement deux d’entre elles évolueront normalement pour former le couple et que les
autres cryptonisciens surnuméraires seront plus ou moins rapidement évincés par le plus
fort ou le plus développé comme il a été démontré par Reverberi et Pitotti (1942) chez
lone thoracica (Montagu) et par Reinhard (1949) chez Stegophryxus hyptius Thompson.
C’est également ce qui doit se produire lorsque deux larves rejoignent ensemble une 9
seule ou déjà pourvue d’un d. Cependant, nous avons observé chez C. elegans une 9 ovigère
avec deux dd adultes de 1,3 mm chacun et une autre avec un spécimen juvénile de 1,1 mm
- un adulte de 1,4. Pérez (1924) avait déjà trouvé un jeune individu de ce sexe en plus du
d normal sur des 99 immatures de Pleurocrypta sp. sur Galathea squamifera Leach et
A'Athelges lorifera Hesse. Bien qu’exceptionnelle, la polyandrie peut donc se réaliser chez les
Bopyridae, mais cette possibilité ne saurait, toutefois, servir d’argument contre la théorie
épigamique communément admise dans cette famille et chez les Phryxidae, la présence de
deux dd pouvant être tout simplement imputée à une anomalie de leur comportement étho-
logique.
Absence du mâle.
Parmi notre matériel, nous devons noter l’absence assez fréquente du d sur des 99
parvenues à maturité et présentant parfois les indices d’une ponte antérieure. R est évidem¬
ment possible qu’un certain nombre d’entre eux se soient trouvés perdus lors des manipula¬
tions, mais cette éventualité ne peut, à elle seule, expliquer la fréquence des cas, d’autant
plus que nous avons constaté parfois un égal défaut de d chez plusieurs autres espèces. Par
suite de circonstances peut-être toutes accidentelles, le cf a pu être expulsé de la cavité
branchiale ou encore il n’avait pas rejoint la 9.
3. Reproduction
a. Période de reproduction.
La présence de 99 ovigères de C. elegans dans tous les échantillons mensuels confirme
bien que l’espèce pond toute l’année comme le pensait Bonnier (1900). C’est d’ailleurs la
règle pour la plupart des Bopyridae de nos côtes, mais, chez certains, la période de reproduc¬
tion est limitée. Ainsi, chez lone thoracica (Montagu) les pontes ne se produisent pas-en hiver
(Reverberi et Pitotti, 1942) et chez Apopenaeon japonicum (Thielemann), l’émission des
hrves est réduite aux trois mois de l’été (Hiraiwa, 1936).
b. Relation mue de l’hôte-ponte du parasite.
Dans la seule espèce de Bopyridae étudiée de ce point de vue, Bopyrus squillarum
Latreille, la ponte du parasite suit de très près la mue de son hôte, Palaemon elegans Rathke
lURoii, 1927). L’interférence des deux phénomènes biologiques ne se retrouve toutefois
pas toujours de même chez les autres Crevettes présentant un Épicaride branchial : par exemple.
Source : MNHN, Paris
134
ROLAND BOURDON
chez Processa edulis (Risso) dont le Bopyridae peut émettre ses œufs à un moment quelconque
de l’intermue de l’hôte. Il en est de même pour les parasites des Anomoures comme Paguriu
bernhardus (Linné), Galathea squamifera Leach, G. intermedia Lilljeborg, Pisidia longi
cornis (Linné) ou des Brachyoures : Pilumnus hirtellus (Linné) et Xantho incisus LeacL
animaux que nous avons suivis en élevage. Ainsi deux individus porteurs de C. elegans et
C. pilula ont respectivement effectué 5 et 9 pontes successives sans que les Crabes aient mué,
II convient donc de souligner ce fait afin de ne pas généraliser une relation qui, à vrai dire,
est rarement observée dans la famille des Bopyridae.
Dans les cas d’infestation double, l’état de développement des embryons des QQ
n’est pas synchronisé, ce qui montrerait qu’il n’existe pas d’action hormonale de la
de l’hôte influençant le mécanisme de la ponte du parasite.
c. Durée d'incubation.
On possède très peu de données sur la durée d’incubation des Bopyridae. Son esti
mation est basée sur l’intervalle entre deux éclosions successives. Elle serait de deux à tr '
mois chez Apopenaeon japonicum (Thielemann) [Hiraiwa, 1936] et Pseudione affinis (G°0
Sars) [Pire, 1960], d’un mois chez lotie thoracica (Montagu) [Reverberi et Pitotti 19491'
Des durées nettement plus courtes sont observées avec Bopyrus squillarum Latreille dont U
jonte coïncidant avec la mue de l’hôte, l’intermue de la Crevette correspond donc à deux émis-
ions; la moyenne des chiffres de Nouvel (1936) est de quinze jours. Si nous avons obten
des temps plus longs (vingt et un jours) avec cette espèce, c’est probablement par suite de il
température plus basse de nos élevages; d’autre part, la durée des intermues est fonction de
la taille des Palaemon. Nous pouvons indiquer que l’incubation demande environ vinet '
jours chez Pleurocrypta galatheae Hesse et vingt-huit chez Pseudione hyndmanni
et Westwood) à 16-18°. Dans les mêmes conditions, nous avons pu suivre les pontes d’un s l
cimen de C.elegans et d’un autre de C.pilula. Les intervalles entre deux éclosions ont été 1
suivants :
C. elegans : 26, 26, 27, 26 joins;
C. pilula : 29, 30, 30, 27, 28, 26, 30 et 39 jours.
Les durées sont donc ordinairement assez constantes, à température égale d’un
émission à l’autre et sensiblement identiques pour les deux Cancricepon. Ces chiffres repré¬
sentent, toutefois, le temps maximal de l’incubation et sont même vraisemblablement un
peu supérieurs à la réalité, car on ne peut vérifier à quel moment précis se produit la ponte
chez les parasites des Brachyoures et des Anomoures à cause de l’opacité des téguments de
l’hôte. Chez le C. elegans cité plus haut, le marsupium était encore vide six jours après la libé¬
ration des larves épicaridiennes ; mais nous ne pouvons dire s’il s’agit là d’un cas particulier
ou de la règle générale.
d. Nombre de pontes.
La pluralité des pontes constitue un caractère biologique fondamental du groupe des
Bopynna qui l’oppose aux Cryptoniscina n’en produisant qu’une seule dans leur vie Même
en dehors des élevages, U est faeüe de s’en rendre compte en examinant les gonades des 99
dont le marsupium est rempü d’épicaridiens : les ovaires sont alors invariablement gonflés
d oocytes murs II est par contre difficile de connaître le nombre de pontes pouvant être
émises par im Cancncepon, car nous n’avons pas suivi de Pilumnus parasités assez longtemps.
La seule mchcation pouvant être mentionnée a été fournie par un spécimen porteur d’une forte
bosse au moment de la récolte, ce qui laisse supposer que l’Épicaride était sans doute déjà
adulte et ayant produit 5 pontes étalées sur cent six jours avant de mourir accidentel¬
lement; il est donc probable que le nombre total doit être plus élevé. Chez un C. pilula,
9 pontes consécutives ont été observées.
e. Fécondité.
La quantité d œufs pondus par les 99 de C. elegans a fait l’objet d’un certain nombre
Z£*rX: ^o“ éth e° d ? T pl ° yée a été celle des Mutions (1), qui donne des résultats
satisfaisants (± 10 / 0 ). Seuls les œufs nouvellement émis étaient comptés.
)£Jtés a un°à t ^n. ClleZ ICS e9PèCeS 4 féc0ndité m °yenne de l’ordre du millier d’œufs, cea derniers étaient
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
135
Comme pour la plupart des Crustacés parasites, la fécondité des Cancricepon est
souvent très forte. Les chiffres obtenus varient entre 210 et 5.910, pouvant même atteindre
(dans un seul cas toutefois) jusqu’à 8.280 œufs. Il est certain qu’un complexe de facteurs influe
sur la fécondité.
Taille du parasite.
En règle générale, le nombre des œufs pondus chez les Crustacés est fonction de la
taille de la 9 ovigère, augmentant proportionnellement avec elle. Les écarts considérables
relevés d’un individu à l’autre ne permettent pas de mettre cette relation en évidence. Pour
ne ôter qu’un exemple : deux 99 de 3,7 mm de longueur contenaient respectivement 210
et 4.950 œufs.
Taille de l’hôte.
On ne trouve pas non plus de rapport bien net entre la fécondité du parasite et la taille
de l’hôte (graphique 6). Des Crabes de même longueur peuvent être parasités par des Cancri¬
cepon de mêmes dimensions et le nombre des œufs varier également dans d’importantes limites.
\insi, deux 99 faisant chacune 3,8 mm sur les Pilumnus de 7,0 mm contenaient respecti¬
vement 360 et 4.530 œufs.
Nb-« f
7.0 8.0 9.0 10.0 11.0 12.0 "> m
Graphique 6
Cancricepon elegans. — Fécondité en fonction de la taille de l'hôte
Degré de déformation de l’hôte.
Cette grande disproportion s’explique cependant facilement et l’observation courante
indique le principal facteur limitant ou favorisant la fécondité. Les Crabes ayant un parasite
s ulte présentent une déformation en forme de bosse sur le côté de la carapace qui augmente
notablement l’espace disponible dans la cavité branchiale ; or, la bosse n’est pas obligatoire¬
ment proportionnée à la taille de l’hôte. Pour des Pilumnus d’une longueur donnée, son impor-
œ peut varier fortement, d’où les chiffres disparates obtenus en ne tenant compte que de
mension de son parasite ou de celle de son hôte. La fécondité paraît avant tout fonction
Source : MNHN, Paris
136
ROLAND BOURDON
du volume de la cavité branchiale plus ou moins déformée qui dépend elle-même de l’action
des deux premiers facteurs combinés.
La carapace des derniers Crabes mentionnés, représentée avec le profil de leurs parasites
correspondants (fig. 27) dessinés avant la numération des œufs, met ce fait en évidence. Chez
la 9 A, dont la déformation est à peine visible, la cavité incubatrice est légèrement bombée,
tandis que chez B, la bosse très prononcée contient un Cancricepon dont les oostégites forte’
ment distendus par la masse des œufs forment un marsupium plus élevé en hauteur que
la longueur du péréion.
Fig. 27
Cancricepon elegans G. et B. — Développement du marsupium de la 2
en fonction de la déformation de la carapace du Pilumnus (A-B).
Statistiques d’infestation
Sur l’ensemble du matériel examiné en Baie de Quiberon, soit 5.352 Pilumnus 718 cas
de parasitisme par C. elegans ont été dénombrés, donnant un taux d’infestation moyen de
13,4 %. Si nous tenons compte des cas où deux Cancricepon étaient trouvés ensemble sur
le même hôte, ce qui s’est présenté 101 fois, nous obtenons alors 15,3 %.
Ce chiffre paraît assez élevé quand on le rapproche de celui indiqué par Bonnier (1900)
pour Wimereux qui trouvait 1 % « dans les meilleures conditions » et « une fois en moyenne
sur 200 Crabes environ ». Quelques sondages opérés par ailleurs ont cependant permis de
constater qu’une intensité de l’ordre de celle de la Baie de Quiberon sévissait actuellement à
Concarneau, Roscoff et Saint-Michel-en-Grève ( X l = 1,30 et 1,33 non significatif) et que ce
pourcentage pouvait s’élever bien davantage en certains endroits abrités comme la rade
de Brest (1) (y c = 65,22 hautement significatif) :
Saint-Michel-en-Grève.
Roscoff.
Rade de Brest.
Concarneau (Glénans).
70 cas sur 493 Pilumnus, soit 14,2 %
149 cas sur 892 Pilumnus , soit 16,7 %
114 cas sur 285 Pilumnus, soit 40,0 %
9 cas sur 98 Pilumnus, soit 9,2 %
Mais ’ en ce 9 ui concerne les parasites et en particulier les Épicarides, ü est aléatoire de
prétendre comparer entre elles des localités dont la prospection a eu lieu à des époques diffé-
(1) Nous ne citerons pas Arcachon (27 cas sur 70 Pilumni
est pourtant identique, pour la raison que les hôtes collectés sc
toute valeur comparative à la donnée statistique.
38,6 %), où le pourcentage de parasites
ms de petite taille, ce qui ôte évidemment
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES
EUROPÉENNES
137
rentes, car le taux de parasitisme varie, pour une même région, selon i’endroit, le niveau bathy-
métrique, l’année et surtout la saison. Cette statistique montre tout simplement que C. elegans
peut être considéré comme assez commun actuellement sur l’ensemble des côtes de Bretagne,
a. Variation locale.
Une dizaine de stations ont été prospectées à différentes reprises dans la baie. Le tableau
14 montre que la proportion des parasites varie d’un endroit à l’autre, les taux extrêmes obte¬
nus étant 2,8 et 18,6 %.
La condition préalable de simultanéité des prélèvements n’ayant été que rarement
remplie, il est difficile de savoir si les zones apparemment les plus infestées sont effectivement
plus favorables que les autres au parasitisme. Dans les quelques cas où un rapprochement est
possible, les écarts entre les taux d’infestation ne s’étant pas maintenus constants au travers
des récoltes successives, ils ne sont donc pas significatifs.
De plus, pour un endroit donné, à niveau et faciès identiques, le pourcentage des indi¬
vidus parasités peut varier considérablement, les Crabes infestés paraissant rassemblés dans
des aires très restreintes et très localisées.
Nous nous contenterons donc de dire que les Cancricepon ont été trouvés partout où il
y a des Pilumnus et d’une manière générale, ils semblent d’autant plus nombreux que la
densité de leur hôte est élevée. Ainsi, la partie est de la Baie de Quiberon où ceux-ci sont très
communs, est plus riche en parasites que la partie ouest dont l’absence de champs de blocs
importants ne favorise pas l’établissement de populations denses du Crabe.
b. Variation bathymétrique.
Les Bopyridae se répartissent sur l’ensemble de l’habitat des Pilumnus et se rencontrent
aussi bien dans la zone intertidale que dans les eaux plus profondes : nous en avons récolté
jusqu’à 92 m au large de Roscoff.
Stations
Pilumnus
Cancricepon
%
Erdeven .
171
18
10,5
Saint-Pierre.
13
2
15,4
Beaumer.
193
22
11,4
Ker-Bihan.
369
11
3,0
Tréhennarvour.
183
34
18,6
| Men-er-Bellec.
162
9
5,5
Halvoret.
3.739
563
15,0
| Pierres Plates.
375
48
12,8
Ker-Penhir.
64
9
14,1
i Rivière d’Auray.
35
1
2,8
1 .
48
1
2,1
Total.
5.352
718
13,4
Tableau 14
Cancricepon elegans. Taux d’infestation en Baie de Quiberon
En Baie de Morlaix, la différence entre les taux d’infestation des populations côtières
et de profondeur est frappante. Sur 106 Pilumnus recueillis en dragages, 33 étaient parasités,
soit 31,1 %, tandis que 41 individus provenant de marées sur 338 présentaient un Cancri-
cepon, soit 12,1 % seulement = 18,52 hautement significatif).
Nous avons essayé de voir si le niveau bathymétrique avait une influence aussi marquée
sur la répartition des Crabes bopyrisés à l’intérieur même de la zone intertidale. A cet effet,
un échantillon était prélevé au-dessus des Laminaires, un autre, le même jour, au bas des Fucus.
7 564030 6. 5
Source : MNHN, Paris
138
ROLAND BOURDON
Le tableau 15 indique que les hôtes infestés se rencontrent plus fréquemment à la
limite inférieure du niveau des marées que dans la zone supérieure de leur habitat; ce qui
semble confirmer les données obtenues en dragages.
Date
N i v
eau
--
Laminaires
Bas des Fucus
Pilumnus
Cancr.
%
Pilumnus
Cancr.
%
Janvier 1960.
186
40
21,5
52
12
23,1
Avril 1958.
99
7
7,1
127
10
Avril 1959.
43
1
2,3
52
3
| Mai 1958 .
46
2
2,2
30
1
Mai 1959 .
56
5
8,9
47
7
Juin 1958.
70
7
10,0
18
0
Juin 1960.
76
20
26,3
18
2
Octobre 1959.
89
16
18,1
50
5
Novembre 1958 .
143
35
24,4
50
5
Novembre 1959 .
80
14
17,5
38
1
Décembre 1959.
55
19
34,6
58
10
îw]
Total.
943
166
17,6
540
56
—
10,4
Tableau 15
Cancriceport elegans. Influence du niveau sur la répartition des Pilumnus parasités (Halvoret)
Mais la différence entre les taux de parasitisme ne se trouve pas réalisée dans toutes
les récoltes. A une certaine époque, c’est-à-dire entre janvier et mai, les proportions d’individus
porteurs du Bopyridae deviennent sensiblement les mêmes quel que soit le niveau. Cette
dispersion saisonnière uniforme, qui contraste avec la concentration remarquée à partir du
mois de juin, résulte peut-être d’une migration des jeunes Crabes au début de la période de
reproduction de l’espèce.
c. Variation annuelle.
S’il n’est pas possible de comparer entre elles les statistiques fournies par des localités
différentes, il n’en est pas de même des renseignements obtenus par la recherche des parasite
dans une même station, étant donné le mode de prélèvement toujours effectué en des endroits
déterminés et dans des conditions de récolte identiques. De telles observations présentent
alors une valeur comparative certaine.
A l’Halvoret, le taux d’infestation annuel moyen a été le suivant pour les trois années
envisagées :
1958 : 121 Cancricepon sur 1.124 Pilumnus = 10,8 % \ yl= 13,36 hautement
1959 : 229 — 1.444 — = 15,8 % } significatif
1960:196 — 1.000 — = 19,6 % j = 5,50 significatif
Le parasitisme n a donc fait qu’augmenter régulièrement au cours de ces dernières
années, doublant presque d’intensité en deux ans; encore le pourcentage moyen pour 1960
est-il sans aucun doute nettement inférieur à la réalité, puisque les récoltes n’ont pas porté
sur les trois derniers mois, lesquels représentent précisément la période la plus favorable à
1 infestation.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
139
A Wimereux, Bonnier (1900) avait déjà noté que certaines années étaient pius propices
que d’autres pour la prolifération de C. elegans. Un autre exemple des fluctuations du parasite
est fourni à Roscoff où l’espèce, qui n’existait pratiquement pas dans cette localité il y a une
trentaine d’années (Pérez, fi.de Mouchet, 1931) est maintenant commune.
Des variations analogues paraissent exister chez beaucoup d’autres Épicarides et l’on
peut parler de véritables épidémies; mais, il est difficile de préciser à quels facteurs écolo¬
giques elles sont dues.
Quelle qu’en soit la cause, on comprend qu’il soit illusoire de comparer le degré de para¬
sitisme entre deux localités si leur prospection n’a pas lieu en même temps. Il suffit de citer
deux récoltes opérées exactement au même endroit de l’Halvoret et à la même époque (sep¬
tembre) : en 1957, le taux d’infestation était de 10,3 % (6 cas sur 87 individus), en 1960, il
s’élevait à 30,4 % (31/102).
d. Variation mensuelle.
La proportion des individus parasités dépend encore dans une très large mesure de la
date à laquelle est effectué le prélèvement. Les Cancricepon n’infestant que les Pilumnus de
petite taille, il est évident que leur taux de parasitisme suivra les fluctuations mensuelles de
ces derniers, d’où des pourcentages variables selon la saison envisagée.
Les proportions de Crabes bopyrisés sur l’ensemble des récoltes mensuelles en Baie de
Quiberon depuis 1957 (tableau 16 + graphique 7) présentent une première courbe régulière
commençant en juillet avec 9,2 % pour atteindre progressivement son point culminant en
décembre avec 21,8 %. Cette date correspond au maximum annuel des Pilumnus de 10 mm,
qui constituent la classe modale des sujets porteurs du Bopyridae. Les parasites deviennent
ensuite de moins en moins nombreux et en mars, leur taux n’est plus que de 8,3 %.
Mois
Nombre
d'individus
Parasites
%
17.6
12,1
8,3
12.4
14.5
13.7
9,2
13,2
13.8
15.7
17.9
21.8
201
44
Tableau 16
Cancricepon elegans. Taux d’infestation mensuel
Une seconde pointe, moins importante que la première (13,7 %) se produit en juin.
Apparemment anormale par sa situation, elle est simultanée avec une augmentation des jeunes
Arabes à b même époque et doit être due, du moins on peut le supposer, à l’apparition en
»>ne mtertidale des individus provenant des pontes tardives de septembre. La méconnais-
8ance de la biologie de l’hôte nous contraint à n’émettre que des hypothèses.
Source : MNHN, Paris
140
ROLAND BOURDON
O N D J F M A M J
Graphique 7
Cancricepon elegans. — Taux de parasitisme mensuel
Influence du parasitisme sur l’hôte
a. Action sur la mue.
Au sujet de la mue, Bonnier (1900) écrivait que : « l’un des effets les plus constants
produits par l’infestation de l’Épicaride est de faire cesser les mues de son hôte », sauf tou¬
tefois, lorsque les Crustacés sont infestés par de jeune parasites. Des observations plus récentes
ont démontré l’inexactitude de cette affirmation dans nombre de cas. Par exemple, chez
Palaemon elegans Rathke et P. serratus (Pennant), le cycle d’intermue n’est pas perturbé
par la présence d’un Bopyre et sa durée est identique (1) chez les individus indemnes et
parasités (Caroli, 1927 ; Nouvel, 1933).
Nous avons pu observer, en élevage, que l’exuviation pouvait se produire chez la plu-
part des Décapodes porteurs de Bopyridae, y compris Pilumnus hirtellus, ce qui avait déjà
été signalé par Pérez (1923a) ; mais nous n’avons pas contrôlé si les mues étaient alors retar¬
dées. En tout cas, si le développement des jeunes ne paraît guère modifié, la taille maximale
des hôtes infestés indique soit un arrêt de la croissance des Pilumnus, soit la perte du parasite
à ce moment; cette taille correspond à la mue de puberté que les 99 semblent assez rare
ment atteindre puisque seulement 25 adultes ont été récoltées.
Le mécanisme d’inhibition n’a pas été étudié et l’on ignore si à partir d’un certain
stade le Bopyridae agit directement sur l’hormone de la mue de l’hôte ou indirectement en
épuisant ses réserves. Le fait de trouver des Cancricepon adultes et ovigères sur des individus
encore mous paraît devoir écarter la première hypothèse. Il en est de même chez les spécimens
ayant acquis les caractères morphologiques externes de la maturité dont cinq seulement con¬
tenaient une jeune 9, tous les autres étant pourvus d’un parasite adulte, voire de deux ou
même, une fois, associé avec un Cancrion rempli d’œufs. Ces cas amènent à considérer que
l’influence sur l’hôte doit varier considérablement d’un individu à l’autre, peut-être par suite
des conditions de nourriture offertes aux Pilumnus.
b. Déformation de la carapace.
Tous les Pilumnus parasités par un Cancricepon adulte (souvent même ceux qui pré¬
sentent une jeune 9) ont, sur le côté infesté, une déformation en forme de bosse, révélant U
présence du Bopyridae. Cette bosse apparaît comme une convexité plus ou moins saillante
(1) Callan (1940) dit même que les mues sont alors plus fréquentes chez le premier hôte et chu
P. xiphias (Risso).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
141
SUT le bord de la carapace et s’accompagne d’un élargissement du branchiostégite corres¬
pondant, ainsi que d’un léger déplacement des dents latérales, le tout ayant pour conséquence
une augmentation notable du volume interne de la cavité branchiale.
L’explication donnée par Giard et Bonnier (1887) sur la formation de la bosse ne
peut être retenue. Pour ces auteurs, la larve cryptoniscienne pénètre dans la cavité branchiale
d’un Crabe mou et se transforme en adulte avant le durcissement de la carapace de l’hôte,
celle-ci épousant, en se durcissant, le contour du parasite. Ce serait admettre une vitesse de
croissance de la part du Cancricepon extraordinairement rapide puisque, ainsi que l’a établi
DracH (1939), il ne s’écoule que quelques heures entre le moment où l’exuviation se produit
et l’étape C2, stade où la carapace est dure. D’autre part, Pérez (1923a) a remarqué que cer¬
tains Xantho incisus présentaient une bosse apparemment trop grande pour le parasite qu’elle
abritait, ce qui exclut alors l’idée de « moulage » des précédents auteurs.
Les observations de Caroli (1927) et Tchernigovtzeff (1960) paraissent très bien
expliquer le processus de sa formation chez Bopyrus squillarum Latreille. Chez cette espèce,
la mue du parasite s’effectue presque immédiatement après celle de son hôte, Palaemon
serratus. Or, au moment de son exuviation, le Bopyre se livre à d’amples mouvements dorso-
ventraux pour se débarrasser de son ancienne cuticule. Tchernigovtzeff émet alors l’hypo¬
thèse que ces mouvements peuvent également avoir pour effet indirect de dilater la paroi molle
delà cavité branchiale qui, en se durcissant, forme une logette plus ou moins spacieuse.
On peut supposer que cette action purement mécanique est à l’origine de la défor¬
mation de la carapace de tous les Décapodes infestés par des Bopyridae. Dans ce cas, il faut
admettre ou que l’exuviation des parasites est toujours immédiatement consécutive à celle
de l’hôte (mais alors le processus mue-ponte serait décalé, la première pouvant se produire
au milieu de l’incubation, ce qui présenterait des inconvénients pour les embryons) ou bien
que les mouvements caractéristiques sont également provoqués par la mue du Décapode, mais
peuvent se manifester aussi pour un autre objet que la mue du parasite à la différence de
Bopyrus squillarum. Cette seconde possibilité nous semble plus probable.
c. Action sur les gonades.
Chez les 99 de P. hirtellus, les ovaires commencent à se développer et à entrer en
vitellogenèse seulement à partir de la mue de puberté. En ne tenant compte que des individus
adultes recueillis pendant la période où la gamétogenèse est ordinairement achevée chez cette
espèce, c’est-à-dire entre janvier et le mois d’août, nous n’avons trouvé que 3 individus sur 12
dont les organes génitaux étaient plus ou moins développés, tous les autres présentaient des
gonades vides. Une 9 seulement avait des ovaires normaux avec des oocytes au stade 5 (Bour¬
don, 1962a); chez la seconde, les ovules parvenus au stade 3 étaient nettement en cytolyse;
chacune était infestée par une 9 de Cancricepon ovigère. La dernière, au contraire, contenait
un jeune Bopyridae du stade 3, ses gonades étaient réduites, mais elle portait des œufs venant
d’être pondus et d’ailleurs relativement peu nombreux; chez les c?c?, on observe parfois une
réduction des testicules (R. Hamond, communication écrite).
On peut donc conclure que, dans les cas assez rares où les P. hirtellus parasités parvien¬
nent à l’état adulte, C. elegans se comporte différemment selon le stade acquis et l’on peut
envisager les trois éventualités suivantes :
1. Si l’hôte et le parasite arrivent en même temps à maturité (ce qui est la règle géné¬
rale), le Cancricepon empêche le développement ovarien;
2. Mais s’il parvient à l’état adulte quand l’hôte est déjà en gamétogenèse, l’évolution
des gonades est arrêtée et les ovaires sont alors résorbés;
3. Par contre, si la fixation a eu lieu tardivement, c’est-à-dire peu avant la mue de
p oiwté, la présence d’un jeune parasite n’empêche ni la gamétogenèse ni la ponte bien qu’elle
entraîne, semble-t-il, une restriction de la fécondité.
. pourraient s’expliquer tout naturellement par le détournement des impor-
homo^r* nUlritiveS nécessaires aux Pontes de l’hôte ou encore causés par des facteurs
I 564030 6.
Source : MNHN, Paris
142 ROLAND BOURDON
d. Action sur les caractères sexuels externes.
Elle se montre nulle dans la plupart des cas. A peine avons-nous observé un très léger
élargissement de l’abdomen chez quelques rares Pilumnus d'd 1 . Toutefois, chez l’unique
spécimen de ce sexe récolté en Grande-Bretagne, les pléopodes sont modifiés et l’abdomen
moins étroit, approchant celui de la 9 (R. Hamond, communication écrite).
Perte du parasite
Il arrive parfois de rencontrer un Pilumnus montrant une bosse bien développée, mais
dépourvu de parasite. Ces cas sont, toutefois, très rares : nous n’en avons observé que dix e
tout. Les dimensions de ces individus, comprises entre 9,2 et 13,7 mm (huit d’entre eux ne
dépassant pas la classe de 12,0 mm) sont donc encore éloignés de la taille maximale des
Crabes infestés. Sans doute ne s’agit-il pas de Bopyridae parvenus au terme de leur existence
et dont l’hôte se serait débarrassé après leur mort naturelle, mais plus probablement d’une
perte accidentelle, celle-ci s’étant peut-être produite à l’occasion d’une mue des Pilumnus
Infestations bilatérales et simultanées
a. Infestations bilatérales.
La présence de deux Cancricepon sur un même hôte a été notée 101 fois sur 718
de parasitisme, soit 14,1 %; autrement dit, un Pilumnus sur sept parasités en moyenne
bibopyrisé.
Cette proportion importante est pourtant normale. En effet, si l’on suppose que 1
second Bopyridae se fixe indifféremment aussi bien sur les individus indemnes que
parasités, le pourcentage des infestations bilatérales sur ces derniers doit être identique à ceT
des cas de parasitisme simple sur les Crabes. C’est précisément ce qui se produit puisqu i"
chiffre obtenu sur les Pilumnus est de 13,4 % (x* = 0,16 non significatif). ** 6 e
Le nombre d’infestations doubles ne diffère pas selon le sexe (d'd' = igo <V
99 = 11,8 % — x J = 2,95 non significatif), mais se montre variable d’une année sur l’auto
augmentant parallèlement à celui des cas simples (tableau 17).
Année
Nombre
de parasites
Cas doubles
Nombre
de Pilumnus
r
122
12
786
229
31
1.094
13,5
196
37
793
18,9
Tableau 17
Cancricepon elegans. Nombre d’infestations bilatérales par année à l’Halvoret
. , Cecl ét “‘ J intéressant de savoir si la double infestation se produit.
meme temps ou, au contraire, à des époques différentes. L’esamen du tableau 18, en indimiant
q3”n 6VemeM ” 5t * de évoluÜf Je ch * cun des parasites, permet de répondre à «IB
cienn.. D “, S T ^ *“ “‘“k' Mnt d®"” 19 . d "t évident que les larves crypte»
ïïme anr? , d “ s *“ branchiales du Pilumnus l’une après l'autre”»!.»
nïdê fi ^ °” 6 C ° mme le P résum " >" présence de 99 ovigi»
d a “ C ,°° tre ’ “ “ q,li *“ •**<>“ de développement identique (1),
il semble bien que dan. les vmgt.sept cas se rapportant an* autres 99 juvéniles, celle»
(1) On peut considérer ainsi deux stades successifs.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
143
Stade
Stade 1
Stade 2
Stade 3
Stade 4
Stade 5
S î A
Cryptonisciens.
_
.
.
1
Stade 1.
-
-
-
-
- 2.
-
6
3
1
-
2
_ ..
-
-
10
1
-
3
_ 4..
-
-
-
2
3
-
- 5.
-
-
-
-
-
2
j ÿ adultes.
59
Tableau 18
Stades respectifs des Cancricepon dans les cas d’infestation double
soient arrivées ensemble sur l’hôte. Quant aux 99 adultes, il est impossible de dire comment
s’est produite l’infestation, le second parasite pouvant très bien s’être fixé longtemps après
l’autre et avoir atteint la maturité depuis. Faisant abstraction des stades 6, on peut donc
conclure que dans 80 % environ des cas la fixation des deux cryptonisciens s’effectue simul¬
tanément.
b. Infestations simultanées.
Avec Cancrion miser Giard et Bonnier.
Il est bien connu que certains Crustacés décapodes porteurs d’un Rhizocéphale peuvent
être, en même temps, infestés par un Épicaride. Souvent, la présence des deux parasites sur
le même hôte est due au hasard et peut s’expliquer par l’existence simultanée de deux épidé¬
mies dans une localité donnée; mais, parfois, l’association se réalise avec une fréquence net¬
tement supérieure à l’attente théorique, ce qui permet de conclure qu’elle résulte d’une néces¬
sité biologique pour l’une des espèces. Cette association constitue ce que l’on appelle un cas
de parasitisme simultané et pose un problème éthologique des plus intéressants et des plus
étudiés.
L’Épicaride rencontré avec le Rhizocéphale est soit un Entoniscien, soit un Phyxidae
ou encore un Bopyridae. Les espèces jusqu’ici intéressées sont les suivantes :
Lemaeodiscus porcellanae + Entoniscus porcellanae (Müller, 1862);
Peltogaster purpureus + Anathelges resupinatus (Müller, 1862);
S acculina carcini + Portunion maenadis (Giard, 1866; Veillet, 1945);
Sacculina carcini + Portunion salvatoris (Giard et Bonnier, 1887) ;
Gemmosaccus sulcatus + Athelges lorifera (Pérez, 1934);
Septosaccus rodriguezi + Urocryptella diogeni (Codreanu, 1941);
Septosaccus rodriguezi + Parathelges racovitzai (Altès, 1962).
A cette liste, la présente étude permet d’ajouter un nouvel exemple de ce genre d’infes¬
tation, lequel a pour originalité de se produire sans la participation d’un Rhizocéphale et met
en cause, pour la première fois semble-t-il, deux Épicarides : un Bopyridae 4- un Entoniscien.
En effet, en ne tenant compte que des Pilumnus de taille inférieure à 15,0 mm, seuls
susceptibles d’être infestés par des C. elegans, nous avons obtenu 70 cas de parasitisme par
l’Entoniscien Cancrion miser Giard et Bonnier se répartissant ainsi :
15 Cancrion sur 3.308 individus sans Cancricepon = 0,4 % ) = 174,81 ;
55 Cancrion sur 717 individus avec Cancricepon = 7,6 % ) (hautement significatif).
On voit donc que l’Entoniscien parasite les Pilumnus bopyrisés 19 fois plus souvent que
les indemnes. L’association Cancricepon + Cancrion n’est par conséquent pas due à une
rencontre fortuite des deux parasites sur le même hôte, mais s’identifie aux cas d’infestation
simultanée déjà signalée avec les Rhizocéphaies.
Source : MNHN, Paris
144
ROLAND BOURDON
La question se pose naturellement de savoir quel est le premier parasite à s’établir sur
l’hôte qui favorise ensuite la fixation du second. Le tableau 19 où se trouve précisé le degré de
développement des Cancrion miser (jeunes 99 et adultes) permet de constater que l’Entoniscien
peut infester les Crabes à n’importe quel moment de leur existence : des « asticots » ont été
trouvés sur des individus indemnes de Bopyridae de 18,2 à 22,6 mm, tandis qu’un spécimen
de 12,1 mm contenait une 9 déjà ovigère.
Stades des Cancrion en fonction de la taille de l’hôte et de la présence (+) d’un Cancricepon
Il semblerait donc que, dans les cas de parasitisme simultané, les Cancricepon se fixent
les premiers, créant ainsi des conditions favorables à l’établissement du Cancrion, et tiennent
ici le rôle joué par les Rhizocéphales dans leur association avec un Épicaride.
Quant à savoir quelles sont ces conditions favorables, on en est encore don» J e domain
des hypothèses. On a parlé, dans ces cas-là, de diminution de l’immunité ou d’attirance chimie
tactique de la part de l’hôte, mais aucun argument valable n’a été avancé. Étudiant le complexe
Sacculina carcini + Portunion maenadis, Veillet (1945) donne une explication beaucoup
plus simple et très plausible. Pour cet auteur, la Sacculine affaiblit le Carcinus parasité oui
devient plus ou moins amorphe. Cet état se répercute notamment dans le soin apporté au
nettoyage des branchies et de la carapace. Ainsi s’expliquerait la présence plus fréquente
d’épizoaires (1) nombreux sur les Crabes sacculinés que sur les indemnes et une pénétration
plus facile des larves de Portunion par suite du ralentissement de l’activité des pièces buccales
et des épipodites branchiaux, voies d’accès ordinaires des cryptonisciens ainsi que l’a observé
Sur les 55 cas de parasitisme simultané, 47 Cancrion (85 %) étaient trouvés sur des
Pilumnus porteurs de Cancricepon adultes; les autres, associés à des 99, dont la plus jeune avait
atteint le stade 3, étaient des « asticots », sauf un, un peu plus évolué. On peut donc supposer
que 1 action exercée sur l’hôte par le Bopyridae s’accroît évidemment avec le développement
du parasite, affaiblissant d autant plus le Pilumnus que le Cancricepon est âgé. Ce premier
parasitisme rendrait par suite l’hôte plus vulnérable à une infestation ultérieure par l’Entonis-
cien dont la fréquence serait proportionnelle à l’état d’affaiblissement des Crabes.
Admettant cette hypothèse, on devrait alors trouver une proportion de cas de parasitisme
simultané beaucoup plus importante chez les individus porteurs de deux C. elesans. Or, la
présence du Cancrion a été notée 11 fois sur les 101 individus bibopyrisés, soit 10,9 % tandis
qu eüe s observmt 44 fms pour l’ensemble des 616 Crabes à un seul Bopyridae, soit 7,1 %
OC = 0»99 non significatif).
(1) Parasités ou non, les Pilumnus
Xantho.
sont toujours pratiquement dépourvus; c’est l’inverse pour le
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
145
Avec Sacculina gerbei Bonnier.
Le Rhizocéphaie de P. hirtellus, Sacculina gerbei Bonnier peut aussi être rencontré
avec C. elegans, mais c’est tout à fait par hasard ainsi que le prouve la rareté de cette associa-
jj on . un seul cas sur 43 Pilumnus de — 15.0 mm sacculinés.
Le Turbeilarié Fecampia erythrocephala Giard (1), parasite banal des Pagures, a été
quelquefois obtenu dans les Pilumnus (une dizaine de cas); un de ces hôtes était en même
temps bopyrisé.
6. CANCRICEPON PILULA Giard et Bonnier, 1887
RÉFÉRENCES :
1886, Cepon pilula Giard et Bonnier, p. 44 (nomen nudum).
1887, Cancricepon pilula Giard et Bonnier, p. 73, pl. II, fig. 1-2.
1900, Cancricepon pilula Bonnier, p. 262.
Matériel examiné :
Sur Xantho incisus Leach. — France : 51 spécimens, Roscoff; 60 spécimens. Baie
de Quiberon; 12 spécimens, Guéthary (R. B. coll.).
Morphologie
La morphologie de cette espèce dont la validité reste à démontrer a déjà été vue au
chapitre « Les espèces du genre Cancricepon »; il n’est donc pas nécessaire d’y revenir ici.
Rappelons seulement qu’en relation avec la taille plus grande de l’hôte, les 99 adultes de
C. pilula sont également de dimensions plus élevées : entre 3,1 et 8,6 mm et leurs d’d 1 2 de
même évidemment : entre 1,2 et 3,2 mm.
Hôte et distribution géographique
Seulement connu sur les Xantho incisus Leach des côtes françaises de la Manche
et de l'Atlantique : Roscoff (Pérez, fi.de Mouchet, 1931 ; Bourdon, 1963), Concarneau
(Bonnier, 1887); Baie de Quiberon (Bourdon, 1960); Guéthary (R. B. coll.).
Biologie
Les données relatives à la biologie de l’espèce se rapportent presque exclusivement à
la Baie de Quiberon. Étant donné la petite quantité de C. pilula recueillis (2), nous ne pouvons
donner que des indications brèves et fragmentaires. Certains points (nombre de pontes, durée
d’incubation) ont d’ailleurs déjà été vus précédemment à propos de C. elegans.
1. Fixation du parasite
a. Période de fixation.
La seule larve cryptoniscienne trouvée directement sur les branchies d’un Xantho
fut récoltée au mois d’août. Les stades juvéniles sont surtout trouvés à cette date et en juillet,
et même (tableau 20), avec un seul cas, en octobre. Cette période correspond à celle où les
jeunes Crabes rejoignent la population intertidale.
b. Conditions de fixation.
Taille de l’hôte.
Le nombre des parasites varie aussi dans d’importantes limites, selon la classe consi¬
dérée, étant maximum entre 15 et 20 mm dans les deux sexes (tableau 21). Cette classe est
bien inférieure à la taille modale des X. incisus, située entre 40 et 45 mm pour les cfd 1 et les
(1) Bien qu'il s’agisse invariablement de Fecampia grégaires, J.-P. L’Hardy les détermine comme
sppartenant à cette espèce.
(2) Surtout due au fait que les Xantho sont beaucoup moins communs que les Pilumnus, du moins en
Bretagne, car c’est l'inverse à Guéthary.
Source : MNHN, Paris
146
ROLAND BOURDON
Sud,
Fév.
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Sept.
Oct.
Nov.
Déc.
1.
+
2.
+
3.
+
+
+
5.
+
6.
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
Tableau 20
Cancricepon pilula. Dates de récolte selon le stade du parasite
99, différence écologique avec les Pilumnus chez lesquels la modale des individus parasités
coïncide pratiquement avec celle de l’hôte.
On remarquera à nouveau que les plus jeunes Crabes sont beaucoup moins attaqués
par le Bopyridae, indication supplémentaire laissant présumer que la fixation des Cancricepon
ne se produit pas au moment où l’hôte devient benthique, mais probablement après un
certain nombre de mues post-larvaires.
Classe
5/10
10/15
15/20
20/25
25/30
30/35
35/40
40/45
45/50
50/55
55/60
60/65
Nombre
d’individus
5
41
83
107
96
135
146
172
128
157
111
24
Parasités ....
-
1
11
4
2
-
%.
-
2,4
13,3
3,7
2,1
$
Nombre
d’individus.
3
26
108
162
207
211
241
284
228
49
2
Parasités ....
1
2
16
7
%.
-
7,7
14,8
4,9
Total
Nombre
d’individus.
8
67
191
269
303
346
387
456
356
206
113
24
Parasités....
1
3
27
11
2
%.
-
4,5
14,1
4,1
0,7
-
-
-
-
-
-
Tableau 21
Cancricepon pilula. Taux de parasitisme des X. incisus selon le sexe et la taille de l’hôte
(Baie de Quiberon)
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDÀE DES MERS EUROPÉENNES
147
Sexe de l’hôte.
A l’inverse de Pilumnus, le sexe de l’hôte ne parait pas avoir d’influence sur
festation :
(Jcf = 18 Cancricepon sur 1.205 Xantho = 1,5 %
99 = 26 Cancricepon sur 1.521 Xantho = 1,7 %
= 0,82 non significatif
l’in-
Position du parasite.
Sur les 26 cas où la position a été notée, on trouve 15 fois i’Épicaride fixé dans la cavité
branchiale droite et 11 fois dans la gauche, soit 58 % dans la première, différence non signi¬
ficative.
2. Evolution du parasite
Les formes juvéniles sont mal représentées dans nos récoltes; néanmoins, d’après les
Quelques exemplaires obtenus, l’évolution de C. pilula paraît, à la fois morphologiquement
et biologiquement, très semblable à celle de C. elegans. Cinq stades successifs ont pû être
déterminés d’après les critères retenus pour l’espèce précédente (le stade 4 n’ayant pas été
trouvé) : ils correspondent à des hôtes de grandeur progressive, le degré de développement du
pjjasite étant, comme chez celui des Pilumnus, fonction de la taille des Xantho, c’est-à-
dire indiquant une croissance parallèle :
Stade 1 : sur Xantho de 6,8 mm
Stade 2 : sur Xantho de 13,3 à 15,8 mm
Stade 3 : sur Xantho de 13,7 à 16,3 mm
Stade 5 : sur Xantho de 19,5 à 21,6 mm
Stade 6 : sur Xantho de 16,5 à 27,9 mm
Nous avons conservé pendant longtemps un X. incisus parasité de 28,5 mm capturé
le 27 mars 1963 à Roscoff. Le 30 mai 1964, n’ayant pas encore obtenu de pontes, nous avons
ouvert le crabe (lequel n’avait jamais mué). Or, sous le branchiostégite se trouvait une 9
bien vivante, au stade 5 (préadulte) de 4,6 mm de long. Étant donné que l’hôte présentait
une légère bosse au moment de sa récolte, le Bopyridae était sûrement parvenu alors au stade 2
_ sinon 3. Cette observation indique donc une croissance anormalement lente comparée
à celle de C. elegans : quatorze mois pour évoluer d’un ou deux stades ! Mais les conditions
toujours défectueuses d’élevage se répercutent peut-être défavorablement sur le développement
de l’Épicaride.
Le même jour, au même endroit, nous avions également recueilli un second spécimen :
ils’agit du C. pilula ayant fourni neuf pontes consécutives Ce dernier avait pondu pour la
dernière fois le 14 janvier 1964 et durant trois mois et demi aucune émission ne s’était produite
ultérieurement. Le 30 avril 1964, en ouvrant le Xantho, nous eûmes la surprise de trouver sous
le côté parasité nettement déformé, non une 9 adulte, mais une juvénile seule de 5,5 mm au
stade 4 ! A moins de supposer que cette dernière accompagnait le couple, il faut donc admettre
que l’ancienne 9 ovigère a disparu et que le cf s’est alors transformé en 9. Une telle inversion
sesuelle ne présenterait rien d’extraordinaire puisque Reverberi (1947) a pu en réaliser expé¬
rimentalement avec lotie thoracica (Montagu) et Gyge branchialis Comalia et Panceri.
Des d'd surnuméraires ont été notés à deux reprises sur 99 ovigères; il s’agit dans
le premier cas d’un adulte + un juvénile, dans le second de deux adultes.
3. Reproduction
La ponte se déroule probablement toute l’année (février et septembre étant les seuls
mois durant lesquels aucune ovigère ne fut capturée).
La fécondité est fonction des mêmes facteurs mentionnés chez C. elegans. Sur une
vingtaine de numérations, le nombre des œufs émis variait entre 3.430 et 9.570 pour des
99 de longueur comprise entre 5,8 et 8,2 mm.
Statistiques d’infestation
Ias taux de parasitisme par C. pilula relevés dans les trois localités prospectées sont
les suivants :
Roscoff : 34 Cancricepon sur 321 Xantho = 10,6 %;
Baie de Quiberon : 44 Cancricepon sur 2.726 Xantho = 1,6 %;
Guéthary : 11 Cancricepon sur 462 Xantho = 2,4 %.
Source : MNHN, Paris
148
ROLAND BOURDON
Si l’espèce paraît assez commune sur la côte nord de Bretagne, elle présente un denté
d’infestation très faible comparativement à celui de C. elegans en Baie de Quiberon. Les
chiffres ci-dessus indiqués possèdent d’ailleurs une valeur restreinte puisqu’ils portent $ u
l’ensemble du matériel récolté; or, comme chez les Pilumnus, la taille des Xantho parasité,
est toujours réduite, le plus grand spécimen avec un Bopyridae ne dépassant pas 27,5 m
de largeur. Cependant, même en considérant uniquement les X. incisus susceptibles' d’êtr
infestés, c’est-à-dire inférieurs à 30 mm, soit 838 individus, le taux d’infestation n’atte' *
guère plus de 5,2 %; ce pourcentage reste encore très bas par rapport à celui des C. elee^
calculé dans les mêmes conditions : 17,8 %. A Guéthary où l’hôte est beaucoup plus frémie 8 )
que les Pilumnus et où sa taille n’excède pas 35 mm, la proportion de Crabes bopyrisés
montre également peu importante.
Variation locale.
Quatre stations seulement sur la vingtaine prospectées ont fourni le parasite en B
de Quiberon : Halvoret, Ker-Bihan, Trehennarvour et Erveden. A part Beau mer, les autr *
n’avaient pas donné un matériel suffisant pour espérer y rencontrer C. pilula. La positi
géographique de ces localités permet donc de dire que l’espèce est répandue partout da° D
la région.
Le tableau 22 souligne à nouveau combien il est nécessaire de tenir compte de la ta ll
des hôtes pour évaluer le taux de parasitisme et interpréter les statistiques. Ainsi d’ •
l'échantillon global, les pourcentages d’infestation à l’Halvoret et à Erdeven diffèrent 811165
siblement, ce dernier endroit ayant donné proportionnellement trois fois plus de para. -8611
En fait, cette localité se montre apparemment plus parasitée parce que la populatio d
Xantho est formée de près de 70 % d’individus de moins de 30 mm; à l’Halvoret au c tra" *
ceux-ci représentent seulement 28 % des spécimens récoltés. Cette disproportion est d ^
tout simplement au biotope propre à chaque endroit : massifs d’Hermelles dans lésa T
les Crabes, retenus prisonniers, n’atteignent jamais de grandes dimensions, à Erd* 1 ™
blocs laissant les Crustacés libres d’évoluer à l’Halvoret (1). ’ even ’
Halvoret
S t a t
Ker-Bihan
Tréhennarvour
Erdeven
Échantillon global.
1.582
313
38
336
Parasites.
27
1
1
15
Pourcentage.
1,7
0,3
-
4,5
Individus de moins de 30 mm .
442
62
2
218
Pourcentage.
6,1
1,6
-
6,9
Tableau 22
Cancricepon pilula. Taux de parasitisme en fonction de la station
et des échantillons globaux ou des individus inférieurs à 30 mm
.k M* • de 1 1“ 6 >° degré je parasitisme est identique que le fkciés
f b , ’f."» p “ , ; être Ie! “motion, particulières de biotope réalisée, à Erde.es
contrebalancent-elles 1 effet défavorable a l'infestation (dispersion des larve.) que l'on pe.l
théoriquement supposer sur la Côte Sauvage. ; 4
(éÔ'^M^SatoTeM» ‘“ Ü °" d ” bl ” “ b "““ P él ' ïé ch “ * '“d” *
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
149
D’autre part, on remarquera le faible pourcentage d’individus infestés à Ker-Bihan
(déjà observé chez les Pilumnus de cet endroit) et l’absence de parasites à Beaumer, situé
à proximité (mais où C. elegans est au contraire commun).
b. Variation annuelle.
Aucune variation sensible du taux annuel de parasitisme n’a été notée :
1958 = 7 cas sur 487 individus = 1,4 % ) . s
1959 = 14 cas sur 505 individus = 2,8 % j ^
1960 = 5 cas sur 481 individus = 1,0 % j X*
1,53 non significatif.
3,05 non significatif.
H n’y a donc pas, dans le cas présent, d’augmentation progressive comme nous l’avons
constaté plus haut chez C. elegans, ce qui est assez curieux si l’on considère les deux espèces
synonymes; mais les réactions spécifiques des hôtes peuvent évidemment être différentes.
Influence du parasitisme sur l’hôte
D’après Pérez (1923 a-b, 1924 b), tant que le Cancricepon est jeune, il n’empêche
pas le Xantho de muer, mais parvenu à l’état adulte, le détournement des réserves de l’hôte
nécessaires à l’élaboration des pontes répétées du parasite épuise suffisamment le Crabe
pour supprimer ses mues. Chez les 99, la présence de deux Bopyridae ou d’un C. pilula
st d’un Cancrion n’arrive pas à faire disparaître l’ovaire; toutefois, si les oocytes peuvent se
développer jusqu’à un certain stade, il semblerait qu’ils soient ensuite résorbés.
Dans la collection de la station biologique de Roscofï se trouve un X. incisus c? de
34,3 mm (1) dont l’abdomen est frangé de poils serrés tandis qu’il se montre lisse chez les
individus normaux; c’est le seul spécimen infesté présentant une modification des caractères
sexuels secondaires.
Infestations bilatérales et simultanées
a. Infestation bilatérale.
Les cas sont particulièrement fréquents : sur les 44 C. incisus porteurs de C. pilula,
16 présentaient deux Cancricepon, soit 36,4 % ou un individu bibopyrisé sur trois Xantho
parasités (yj = 218,78 hautement significatif).
Contrairement à ce qui se passe avec les Pilumnus chez lesquels le taux d’infestation
double est normal, c’est-à-dire reste équivalent à celui des cas simples, chez les Xantho,
les Cancricepon se fixent donc beaucoup plus souvent sur des hôtes déjà bopyrisés que sur
les indemnes (avec une fréquence 22 fois plus grande).
Malheureusement, la faible représentation des 99 juvéniles dans notre matériel ne
permet pas de savoir si la fixation des larves s’effectue simultanément ou se produit avec un
décalage, auquel cas on pourrait alors attribuer au premier Bopyridae une influence directe
ou indirecte (en affaiblissant l’hôte) sur le second.
b. Infestation simultanée.
— Avec Cancrion floridus Giard et Bonnier.
L’Entoniscien Cancrion floridus Giard et Bonnier, peu fréquent en Baie de Quiberon
(0,5 %), peut parfois être trouvé sur des Xantho déjà pourvus d’un Cancricepon. Cette asso¬
ciation a été rencontrée trois fois. Ce sont d’ailleurs les seuls Entonisciens observés sur des
hôtes mesurant moins de 30 mm. Étant donné que la taille importe peu pour la fixation de
cette espèce, on peut supposer que les C. pilula déjà installés ont favorisé leur infestation.
— Avec Sacculina gerbei Bonnier.
Un seul cas à noter, à Guéthary, où le Rhizocéphale est relativement fréquent (8,0 %).
(t) Cm d'ailleurs le plus grand exemplaire parasité que nous ayons vu.
Source : MNHN, Paris
150
ROLAND BOURDON
B. Groupe PSEUDIONE
Les parasites de ce groupe, composé d’environ 25 genres, infestent surtout les Natantia
(notamment les Peneidae) et les Anomura (Galathées et Pagures), mais certains ont également
été trouvés sur des Brachyoures. Il renferme des formes ayant un marsupium complètement
clos (différence avec le group e-Bopyrus), cinq paires de plaques latérales généralement courtes
et en tous cas non festonnées ou digitées sur les bords (distinction avec le groupe-Cepon)
un développement modéré de la lame frontale et des premières plaques coxales (séparati
avec le group e-Orbione).
Leur classification (Nierstrasz et Brender-à-Brandis, 1931) repose essentiellement
sur le nombre d’appendices pléaux et celui des rames aux pléopodes et aux uropodes de la Q
sur la segmentation ou la fusion de l’abdomen du (S. Or, comme il sera développé plus loin
ces caractères se montrent éminemment variables chez certaines espèces. Ainsi, des QÇ j ’
Pseudione Kossmann et de Pleurocrypta Hesse peuvent posséder des uropodes simples on
doubles, présenter une réduction du nombre des pléopodes ou avoir ces appendices uniramés
dans les dernières paires; d’autre part, on connaît déjà la tendance à la métamérisation d
pléon du C? chez quelques Pleurocrypta et, à l’inverse, celle à la fusion chez Pseudione En
ce qui concerne ces deux derniers genres, si étroitement apparentés, leur séparation est nar
fois malaisée, la seule différence importante résidant dans l’abdomen du <J, généraleme
segmenté dans Pseudione et généralement soudé dans Pleurocrypta.
Parmi tous les Épicarides, Pseudione est, sans conteste, le mieux représenté avec 1
quelques 54 espèces qu’il renferme; c’est également celui dans lequel il est Je plus diffidT
de s’y reconnaître. Nombre de formes, en effet, ne correspondent pas entièrement à la diaen *
générique formulée par G. 0. Sars (1899), la meilleure selon Nierstrasz et BrenderT
Brandis (1923) et Chopra (1923). Sans tenir compte des antennes ou du premier oostéate
s’écartant souvent des genres mentionnés par Sars, on constate, par exemple, que le bord
des segments thoraciques ne présente pas toujours de fissure latérale (Ps. euxinica Popov)
les derniers pléonites sont plus ou moins coaiescents {Ps. compressa Shiino), les plaques laté
raies peuvent être absentes (Ps. euxinica Popov) ou très développées (Ps. borealis Caspers)
certains pléopodes sont uniramés, voire manquants [Ps. hyndmanni (Bâte et Westwood) 1
les uropodes parfois doubles (Ps. longicauda Shiino, Ps. dorhni Bonnier) ; chez le c? la fusion
du céphalon avec le premier segment thoracique a été considérée comme un caractère géné¬
rique (Pseudionella Shiino), mais elle est parfois réalisée chez certaines espèces (Ps. euxinica
Popov, etc.); d’autre part, on observe encore une réduction du nombre des segments abdo¬
minaux [Ps. hyndmanni (Bâte et Westwood)].
Depuis Giard et Bonnier (1887) tous les auteurs sont d’accord pour le scinder Nier
strasz et Brender-À-Brandis (1923) ont déjà tenté de le séparer en trois groupes selon le
degré de développement des plaques coxales et latérales et plusieurs genres récents de Shiino
traduisent le désir de ne pas surcharger un genre si encombré de formes hétéroclites R et M
Codreanu (1963), les premiers, viennent d’établir deux genres nouveaux pour recevoir d«
anciennes espèces de Pseudione. Nous sommes encore loin de la nouvelle classification qui
s impose de plus en plus; c’est du moins un premier pas vers une révision générique du
group e-Pseudwne qui nécessitera, toutefois, au préalable le ré-examen de tous les holotypes
et la connaissance de l’ampleur des variations morphologiques.
Les huit genres européens peuvent se reconnaître comme suit :
A. Corps ovalaire.
1. Pléopodes uniramés. Gy* e Comalia et Panceri
2. Pléopodes biramés. Progebiophilus R. et M. Codreuiu
B. Corps plus ou moins allongé.
1. Ligne médiane du corps formant une courbe simple; six seg¬
ments abdominaux ordinairement distincte dorsalement.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
151
a. Péréiopodes 6 et 7 avec oostégite rudimentaire. Pleurocryptella Bonnier
b. Péréiopodes 6 et 7 sans oostégite rudimentaire.
H-Pince des péréiopodes relativement peu déve¬
loppée; chez le <?, PI et P2 pas beaucoup
plus forts que les autres.
§ — Jamais de saillies tergales ni de crêtes oosté-
gales; abdomen du A généralement seg¬
menté. Pseudione Kossmann
§ — Souvent avec saillies tergales ou crêtes oosté-
gales ; abdomen du rf généralement soudé. Pleurocrypta Hesse
— Pince des péréiopodes très développée; chez le
t?. PI et P2 beaucoup plus forts que les
§ — Corps peu asymétrique.
§ — Corps très asymétrique.
Megachelione, nov. gen.
Asymmetrione R. et M. Codreanu
2. Ligne médiane du corps en S; au plus seulement cinq seg¬
ments abdominaux distincts dorsalement.
Urocryptella R. et M. Codreanu
V. Genre GYGE Cornalia et Panceri, 1858
Ce genre ressemble beaucoup, en vue dorsale, à Metabopyrus Shiino (1939), égale¬
ment parasite d’ Upogebia, mais, dans le Bopyridae japonais, la 9 possède des pléopodes bira-
méset des uropodes élargis et tuberculés; d’autre part, le d n’a pas d’uropodes.
7. GYGE BRANCHIALIS Cornalia et Panceri, 1858
ÎÜ7ÉEENCES :
1858, Gyge branchialis Cornalia et Panceri, p. 1-36, pi. I, fig. 1-23,26-32 et 34-39; pl. II, fig. 1-16.
1868, Gyge galaiheae Bâte et Westwood, p. 225-229 (fig.).
1881a, Gyge branchialis Kossmann, p. 652, 664, pl. XXIII, fig. 12-13, 20, 22, 26.
1885, Gyge branchialis Carus, p. 452.
1900, Gyge branchialis Bonnier, p. 353-356, pl. XXXIV, fig. 1-11.
1900, Gyge galatheae Bonnier, p. 356-357, fig. 58.
1901, Gyge branchialis Gerstaecker, p. 184, pl. 10, fig. 1-2, 5,11.
1908, Gyge branchialis Lo Giudice, p. 50-80, pi. III, fig. 1-8.
1944, Gyge branchialis Carayon, p. 238-244, fig. 2a.
1947a, Gyge branchialis Caroli, p. 148-151, fig. 1.
1948, Gyge branchialis Stephensen, p. 116-117, fig. 34,1-3.
Mitérœl examiné :
— sur Upogebia pusilla (Petagna). — France : 1 spécimen, Arcachon (M. Amanieu
edi.); 3 spécimens, même localité (R. B. coll.). Italie : 22 spécimens, Naples (Pr. Veillet
leg.);6spécimens, même station (Bristish Muséum); 9 spécimens, même localité (Rijksmuseum
Leiden).
— sur Upogebia deltaura Leach. — France : 2 spécimens, Roscoff (A. Cantacuzène
toH); 40 spécimens, même station (R. B. coll.). Grande-Bretagne : 1 spécimen, Plymouth
(British Muséum).
— sur Upogebia stellata (Leach). — France : 1 spécimen, Roscoff (R. B. coll).
— sans hôte. — Iles anglo-normandes : 1 spécimen. Jersey (Coll. Norman, Bristish
Muséum).
MORPHOLOGIE
1. Description
Loue adulte.
Spécimen de référence : 9 + d sur U. deltaura 9 de 19,0 mm de longueur céphalo-
taadque, cavité branchiale gauche, Roscoff.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
152
Femelle (fig. 28).
Mensurations. — Longueur : 12,3 mm; largeur au troisième segment thoracique ■
9,2 mm; longueur du pléon : 3,4 mm. Indice d’asymétrie : 16°.
Céphalon mal délimité antérieurement et latéralement. Lame frontale large, mais pe n
distincte; elle existe cependant et est très nettement figurée sur la face ventrale. Yeux absents
Antennules et antennes triarticulées. Maxillipède (fig. 29, a-b) droit montrant une légère
protubérance inerme à l’emplacement du palpe; le bord antérieur est presque rectiligne dans
l’autre. Bord postérieur (fig. 29, c) fortement digité avec une éminence triangulaire médiane
lisse; les deux paires de lamelles le sont également, l’externe est un peu plus longue et p] us
mince que l’interne.
Fig. 28
Gyge branehialis C. et P. — ÿ adulte, face dorsale X 9.
Pereion. — Bosses latérales minces et allongées, bien distinctes sur les quatre premiers
somites du cote déformé sauf dans leur partie postérieure qui est en continuité avec le bord
latéral ; sur le côte non déformé, seule la première est présente, les autres sont à peine ébau-
bées par un court sillon situé antérieurement. Plaques coxales nettement délimitées, longues
et étroites, dans les quatre somites antérieurs du côté déformé; elles se confondent avec le
ord latéral meme du segment dans les autres tergites thoraciques. Bord latéral des segments
seulement représenté dans les somites possédant des bosses latérales auxquelles Ü est soudé :
il n y a donc pas de fissure latérale. Oostégites. Première paire (fig. 29, d-e) avec la partie
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
153
antérieure régulièrement arrondie, l’inférieure avec un lobe distal allongé très important;
] a crête interne est digitée; la crête externe forme une membrane libre séparée en deux por¬
tions, l’interne relativement étroite se divise en plusieurs lobes par des encoches, l’externe,
lu S large, déborde latéralement. Les autres oostégites sont bordés postérieurement d’une
frange de poils courts, beaucoup plus longs dans la cinquième paire; celle-ci est étroite et seule
à montrer des tubercules. Péréiopodes (fi. 29, f) augmentant légèrement de taille vers l’arrière
usau’à P5, les deux suivants plus petits; le basipodite porte une forte protubérance aplatie
sur son bord supérieur; une seconde bosse plus réduite est également visible sur le bord
antérieur du mérus. Les péréionites VI et VI présentent des tubercules ventraux.
Fig. 29
G,je branchialis C. et P. — V adulte : a , bord antérieur du maxillipède gauche X 14;
6, maxillipède droit X 14; c, bord postérieur du céphalon X 18; d , 1 er oostégite, face
dorsale X 12; e , le même face ventrale X 12;/, péréiopode X 24.
Pléon (fig. 20) composé de cinq segments seulement. Plaques latérales très réduites,
imbriquées l’une dans l’autre. Pléopodes. Cinq paires uniramées, aplaties, de forme ovoïde
et parsemées sur leur face externe de tubercules en « mosaïque », leur taille décroît réguliè¬
rement jusqu’à la quatrième paire; la cinquième est très petite et décalée postérieurement par
rapport aux pléopodes précédents. Uropodes uniramés. minuscules, mais bien visibles en vue
dorsale dans l’échancrure formée par le cinquième pléonite; ils s’insèrent immédiatement
au-dessous des derniers pléopodes. La face ventrale du pléon montre des tubercules sur le
premier segment.
Mâfe (fig. 31, a ).
Mensurations. — Longueur : 4,2 mm ; largeur au premier segment abdominal : 1,9 mm ;
longueur du pléon : 1,5 mm.
1 564030 6. 6
Source : MNHN, Paris
154
ROLAND BOURDON
Céphalon arrondi en avant et séparé du thorax. Yeux présents. Antennules (fig. 31 ( jj
triarticulées, antennes à cinq articles, dépassant largement le bord de la tête. Maxillipèdes
(fig. 31, c) minuscules, coniques.
Fig. 30
Gyge branchialis C. et P. — 9 adulte, face ventrale du pléon X 13.
Péréion. — Segments augmentant régulièrement de largeur. Péréiopodes (fig. 31 J. e \
P1-P2 avec le dactyle très développé; P3 et P4 diminuant tous deux de longueur; P5.P7
encore plus courts et sensiblement égaux; le carpe et le basipodite sont plus allongés dans les
paires postérieures. Tubercules médio-venlraux présents sur les segments II à VII augmentant
progressivement d’importance vers l’arrière.
Pléon (fig. 31,/) composé de six segments; le premier est le plus large du corps, les
autres se réduisent peu à peu et le dernier est minuscule. Pléopodes pratiquement invisibles
Fig. 31
Gyge branchialis C. et P. - adulte : a
c, maxibipède x 68 ; d, 1" péréiopode x 60;
face dorsale X 19; 6, antenne et antennule X 68;
e, 7 e péréiopode X 60;/, pléon, face ventrale X 26.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
155
sur l’animal non vidé, car ils ne sont pas en relief; après traitement, ils apparaissent comme
cinq paire® de Iobes ovoïdes bien délimités, de grandeur décroissante, prenant fortement les
colorants. Uropodes absents, mais les bords postéro-extemes du telson forment deux petites
pointes émoussées.
Forme larvaire.
tpicaridien.
Longueur : 0,30 à 0,32 mm.
Céphalon. — Antennules (fig. 32, a) paraissant constituées de deux segments; sur la
base très élargie s’insèrent trois petits articles terminés par quelques soies; le deuxième segment
porte deux articles un peu plus développés qui semblent soudés dans leur portion proximale,
pourvus de soies et deux lobes inermes allongés, aplatis, distalement segmentés (?); à l’autre
bord se trouve une grande soie unique. Antennes (fig. 33, b). Les deux premiers articles du
pédoncule courts et arrondis, les suivants allongés, le troisième montrant une sorte d’écaille
frangée de poils, le quatrième en présentant deux et portant deux soies sur son bord postéro-
interae. Les deux articles du flagellum sont minces et de taille réduite, surtout le premier; le
dernier se termine en une pointe médiane obtuse, avec deux denticules latéraux, trois soies
courtes et deux longues inégales et sétacées.
Pe > é T' 7 Pérêio P odes d e forme ordinaire, les derniers avec le propode un peu moins
« et le dactyle redressé au bout.
plaaue bf? ~ Pléo f odes 32 > c )- £“<1 paires uniramées; le bord postéro-inteme de la
e est en forme de cône terminé par deux soies plumeuses, l’externe beaucoup
Source : MNHN, Paris
156
ROLAND BOURDON
plus longue que l’interne, sauf dans la cinquième paire où cette dernière manque. L’exopodite
avec trois soies distales également plumeuses. Uropodes (fig. 32, d-e). Plaque basale sans orne¬
mentation spéciale. Les deux rames relativement développées. Sur la face ventrale, l’endopo-
dite présente deux écailles frangées, l’une située sur la partie proximale, l’autre dans la partie
distale qui porte deux dents obtuses accolées sur un côté et deux longues soies sétacées inégales;
sur la face ventrale, le bord postérieur présente deux dents latérales. L’exopodite se termine
par deux dents, l’externe plus longue et bordée de poils, plus une soie relativement courte et
une autre médiane sétacée très longue. Le tube anal est assez court.
Forme juvénile.
Caroli (1947a) indique avoir réuni la série complète du développement de G. bran-
chialis, malheureusement, il ne l’a pas décrit. Toutefois, il donne quelques indications sur le
stade bopyridium résultant de la mue de la larve cryptoniscienne et figure son pléon (fig. 32,/).
Longueur : environ 1 mm. L’abdomen est allongé; le sixième segment est bien visible
et non encore recouvert par le cinquième; les pléopodes apparaissent comme cinq paires de
lamelles irrégulièrement arrondies.
Dès la taille de 2 mm, la 9 a presque l’aspect de l’adulte et montre les premiers signes
d’oostégites.
2. Variation intra-spécifique
Femelle.
Taille de l’adulte : 6,2 à 13,2 mm.
Indice d’asymétrie : toujours faible (8 à 16°).
Rapport L/l du corps : 1,30 à 1,08; d’après Lo Giüdice (1908), la forme peut être
beaucoup plus étroite (1,55 seulement).
Lame frontale : avec le bord antérieur jamais bombé, mais toujours droit; parfois même
légèrement concave. A deux reprises, une fissure médiane le séparait antérieurement en deui
parties égales. Il est souvent difficile, en vue dorsale, de savoir s’il existe une véritable lame
frontale; parfois une rainure peu profonde et discontinue située à quelque distance du bord
externe semble délimiter cette dernière qui est, en tous cas, mal définie. En vue ventrale, la
lame céphalique est bien caractérisée (voir Cornalia et Panceri, 1858, pi. I, fig. 30).
Maxillipèdes : le palpe est toujours absent, mais le bord antéro-exteme, inerme, peut
former quelquefois une saillie très obtuse.
Bord postérieur du céphalon : chez les 99 préadultes, les lamelles et le bord médian
sont lisses; chez les plus jeunes individus mûrs, ce dernier est garni de simples tubercules
devenant des digitations de plus en plus nombreuses et compliquées à mesure que croît le
parasite. Il faut prendre garde que le rebord postérieur de la tête (qui constitue une véritable
lame libre) est parfois replié ventralement et cache alors plus ou moins complètement les
digitations.
Bosses latérales : il est très rare de trouver des spécimens avec quatre paires de bosses
latérales distinctes; en règle générale, il y en a quatre sur le côté déformé et une seule sur
l’autre, celles de la première paire étant toujours plus grosses et plus courtes que les suivantes.
Premier oostégite : la crête externe est toujours flottante et la moitié se trouvant vers
la ligne médiane du corps de l’animal est plus importante que l’interne, mais la séparation
en deux parties et les lobes postérieurs sont assez souvent moins accusés — voire non figurés-
que dans le spécimen de référence. Les digitations de la crête interne peuvent se réduire à de
simples tubercules; mais la forme du lobe distal est constante : dans un seul individu il était
légèrement renflé sur son bord postéro-inteme.
Péréiopodes : rien à ajouter à la description de Bonnier (1900) si ce n’est que la bosse
du basipodite — ou plutôt la sorte de lame aplatie — lisse dans tous les péréiopodes du côté
normal et les quatre premiers du côté déformé, devient plus ou moins lobulé dans P5-P7.
Le bord inférieur du carpe montre une bosse plus réduite; l’extrémité distale du propode
se termine par un bouquet de soies courtes.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE
MERS EUROPÉENNES
157
D’autre part, les dimensions des pattes (1) augmentent graduellement vers l’arrière
sur le côté déformé où PI est plus développé. Les proportions relatives sont les suivantes
chez une 9 de 10,7 mm.
PI
P2
P3
P4
P5
P6
P7
1,0
0,95
0,94
1,05
1,09
1,14
1,09
Cité u
i r jff i h*
1,0
1,02
1,08
1,08
1,27
1,31
1 38
Tableau 23
Gyge branchialis. Taille relative des péréiopodes chez une 9
Pléon : composé invariablement de cinq segments chez tous les exemplaires examinés,
le sixième se soudant très tôt avec le précédent.
Pléopodes : montrant parfois une fissure médiane faisant hésiter si cet appendice doit
être considéré comme étant uni ou biramé; mais la cuticule ne montre aucune séparation
chitineuse, il s’agit donc bien par conséquent de pléopodes simples. La cinquième paire est
toujours beaucoup plus petite que la quatrième et nous n’avons jamais constaté de diminution
de taille régulière comme figuré par Bonnier (1900). Les tubercules sont seulement visibles
chez les plus grands spécimens et souvent après coloration au pyrogallol.
Uropodes : plus ou moins effilés, jamais bien longs et toujours uniramés.
Mâle.
Taille de l’adulte : 2,2 à 4,9 mm.
3. Remarques systématiques
G. branchialis reste la seule espèce du genre. Bâte et Westwood (1868) ont bien décrit
une G. galatheae sur Galathea squamifera Leach, mais l’indication de l’hôte était erronée
comme le rectifie Norman (1905a) : en fait, il s’agit du présent parasite.
Hôtes et distribution géographique
De même que pour Ione thoracica (Montagu), la nature de l’hôte de G. branchialis
est souvent incertaine par suite des confusions anciennes entre les différentes espèces de
Gébies. Le parasite est connu sur les Crustacés suivants :
— sur Upogebia stellata (Leach). — Danemark : Frederikshavn, Kattegat (Stephen-
ses, 1948). Iles anglo-normandes : Jersey (Norman, 1907). France : Saint-Vaast-la-Hougue
(Giahd, 1905), Roscoff(R. B.), Concarneau (Bonnier, 1887), Marseille (fide Giard et Bonnier,
1887), Tamaris (Bohn, 1901).
— sur Upogebia deltaura (Leach). —lies anglo-normandes : Jersey. Grande-Bretagne :
Salcombe, Devon (Pire, 1953), Plymouth (Plymouth Marine Fauna, 1931). France : Roscoff
(Boühdon, 1963).
— sur Upogebiapusilla (Petagna). — France : Arcachon (Bourdon, 1964). Espagne :
Barcelone (R. et M. Codreanu, 1963). Italie : Naples (Fraisse, 1878; Kossmann, 1881a;
LoBunco, 1888; Tucker, 1929 et 1931; Hugues, 1940; Caroli, 1946, 1947a; Reverberi
et Catalano, 1963; Catalano et Restivo, 1965), Messine (Lo Giudice, 1908), Gênes et
Venise (Cornalu et Panceri, 1858). Algérie : Alger (Dieuzeide et Goeau-Brissonniére,
1951). Yougoslavie : Trieste (Walz, 1882), Pirano (Grube, 1864), Neresine (Stossich, 1880).
Roumanie : mer Noire (R. et M. Codreanu, 1963). U.R.S.S. : Sébastopol (Popov, 1929).
(1) 'oir Lo Giudice (1908) qui donne de nombreuses et très précises mesures biométriques sur les diffé¬
rais articles des péréiopodes.
I 564030 6.
Source : MNHN, Paris
158
ROLAND BOURDON
Hôte non indiqué. — Portugal : Vila Nova de Milfentes (Carvalho, 1944).
— sur Callianassa tyrrhena (Petagna). — Maroc : Fedhala, côte atlantique (Dollfus
fide Carayon, 1944). L’auteur fait remarquer que cette capture confirmerait l’ancienne obser.’
vation de Fraisse (1878) indiquant la présence de Gyge sur les Callianasses de Naples.
D’après Miranda y Rivera (1921), G. branchialis aurait été pris également sur Munida
rugosa Fabricius à Malaga (côte méditerranéenne d’Espagne). Il s’agit vraisemblablement
d’une erreur de détermination pour Pseudione crenulata G. O. Sars.
Biologie
Les Upogebia deltaura, qui vivent dans des galeries profondément enfoncées dans les
herbiers à Zostères, sont relativement peu communes à Roscoff ou du moins il est assez diflj.
cile de s’en procurer un grand nombre; d’autre part, tous les individus capturés dans cett e
localité sont de grande taille, le plus petit ayant les dimensions d’une U. stellata moyenne.
Aussi n’avons-nous eu à notre disposition que des exemplaires adultes, matériel évidemment
inadéquat pour fournir des renseignements suffisants sur la biologie de l’espèce. Quelques
indications intéressantes sont cependant données par Tucker (1931).
a. Conditions de fixation.
D’après cet auteur, les U. pusilla de tous âges peuvent être parasitées à Naples (c’est
également le cas pour les U. deltaura de Roscoff susceptibles d’être infestées à leur taill
maximale). Les cfcf sont plus souvent bopyrisés (55,6 %) que les 99 (44,4 %). Les individus
que nous avons examinés paraissent présenter une légère prédilection pour la cavité branchial
gauche de l’hôte (respectivement 56,3 et 60,0 % chez les deux Gébies ci-dessus mentionnée l
mais chez les U. deltaura, les deux sexes sont à peu près également infestés. ’
b. Évolution du parasite.
La fixation s’effectue sur les U. pusilla très jeunes, de 16 à 17 mm de longueur totale
Les Gyge napolitains croissent en même temps que leur hôte et vivent aussi longtemps ue
lui, la longévité des Upogebia (et par conséquent celle du Bopyridae) étant estimée au mob
à 3 ans.
c. Reproduction.
Dans la Manche, les pontes semblent se dérouler tout au cours de l’année La fécon
dité de G. branchialis est parmi les plus fortes relevées dans la famille, variant entre 21680
et 40.940 œufs, mais la taille des parasites l’est également (entre 8,3 et 13,2 mm)
Statistiques d’infestation
Sur la côte nord de Bretagne, les chiffres suivants ont été notés :
Xj = 0,004 non significatif
Roscoff : 24 Gyge sur 288 individus = 7,4 % i
Terenez : 8 Gyge sur 130 individus = 6,2 %
Prime! : 8 Gyge sur 49 individus = 16,3 % | ^ = 3,359 non significatif.
Très peu d 'U. stellata ont été capturées : 15 exemplaires seulement, dont un parasité'
d’autres spécimens ont toutefois été pris sur cet hôte à Roscoff (M. Prenant et J. Mayhat
communications personnelles).
A Naples, où les Gébies sont très abondantes, le Bopyridae se montre particulièrement
commun sur U. pusilla. Tucker (1931) donne un taux global de 21,5 % pour 1924 (entre
mare et août), mais il observe d’importantes fluctuations d’un mois sur l’autre (25,5 % en
mai à 15,5 % en juillet); en août-septembre 1925, le pourcentage atteignait 31,4 %. L’auteur
attribue d ailleurs ces différences à l’irrégularité des échantillonnages. Cette fréquence élevée
; S ^T V r° nfirmee par Ies nombreux individus de Gyge réunis dans cette localité par Caroli
(1946), Reverberi et Catalano (1963), Catalano et Restivo (1965).
Influence du parasitisme sur l’hôte
Tucker (1941) s’est principalement attaché à étudier l’action du Bopyridae sur l’hôte.
Le résultat de ses recherches peut se résumer brièvement ainsi : le parasitisme n’empêche
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
159
di la mue ni la croissance des U. pusilla (voir aussi Caroli, 19296), mais tous les individus
infestés par G. branchialis sont modifiés :
Mâles. — Les parasités ont des pinces semblables en taille et apparence à celle des
çç> indemnes et montrent des appendices sur le premier segment abdominal (caractéristique
de l’autre sexe qui s’observe de même chez les U. deltaura). Les testicules des c?cf normaux
renferment quelques oocytes; chez les individus bopyrisés, ils sont très variables, allant
d'une légère réduction avec spermatogenèse active à l’atrophie complète; la tendance au
développement des oocytes est très accentuée et, dans quelques cas, les gonades sont com¬
plètement transformées en ovaires.
Femelles. — Elles ne présentent guère de modifications externes, sauf que les pinces
tendent à devenir un peu plus petites. Dans la majorité des cas, les organes génitaux sont
absents et leur activité toujours diminuée.
D’autre part, Hugues (1940) comparant la teneur en lipides des Gébies indemnes et
infestées constate une augmentation sensible du taux de graisse chez les cJcf bopyrisés.
Parasite
G. branchialis peut être parfois parasité par un autre Épicaride, Cabirops marsupialis
(Caroli 1953)- Occupant la place des œufs dans le marsupium, il entraîne la stérilité de son
hôte. Les cas d’hyper-parasitisme sont rares chez les Bopyridae, on n’en connaît guère qu’une
douzaine d’exemples. Le Cabiropsidae est d’ailleurs lui-même exceptionnel puisque Rever-
beri et Catalano (1963) ont seulement obtenu quatre spécimens sur des milliers de Gyge
eiaminés.
Nous verrons plus loin que F’rogebiophilus euxinicus (Popov) serait, au début de son
développement, également parasite des G. branchialis.
VL Genre PROGEBIOPH1LUS R. et M. Codreanu, 1963
Ce genre a récemment été érigé par R. et M. Codreanu (1963) pour recevoir Pseudione
rninica Popov (1929). Il était, en effet, difficile de conserver l’espèce dans ce genre. La forme
régulièrement ovalaire de la 9, la lame frontale mal délimitée et surtout l’absence de scissure
m^iani» sur le bord latéral de la plupart des segments thoraciques constituent des caractères
qui l'écartent de Pseudione, caractères d’ailleurs partagés, comme le souligne Caroli (1947),
par Ps. chapini Van Name (1921) et Ps. filicauda Shiino (1958), également parasites des
Gébies.
Son apparence rappelle beaucoup Gyge Comalia et Panceri, mais les pléopodes sont
biramés; elle se rapproche bien davantage d ' Upogebiophilus Nobili (1906) dont les pléopodes,
toutefois, débordent largement de chaque côté de l’abdomen et plus encore de Meta-
bopyrus Shiino (1939) qui en diffère par la scissure latérale du premier segment thoracique,
l’endopodite des pléopodes postérieurement bilobé, les uropodes plus développés et par
l’absence d’appendices pléaux chez le (S.
8. PROGEBIOPHILVS EUXINICUS (Popov, 1929)
1858, Gyge branchialis (pro parte ) Cornalia et Panceri, p. 1-36, pl. I, fig. 24-25 et 33.
1901, Gyge branchialis Gerstaecker, p. 184, pl. 10, fig. 3-4.
1929, Pseudione euxinica Popov, p. 11-14, pi. 1, fig. 3-10.
1943, Gyge branchialis var. arcassonensis Carayon, p. 46-47, fig. 6-8.
1944, Gyge arcassonensis Carayon, p. 238-244, fig. 1, 2b.
1946, Pseudione euxinica Caroli, p. 61-65, fig. 2 et 1.
1947a, Pseudione euxinica Caroli, p. 148-152, fig. 2.
1963, Progebiophilus euxinicus R. et M. Codreanu, p. 283-284.
1965, Pseudione euxinica Catalano et Restivo, p. 203-210, fig. 1-5.
6 a.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Matériel examiné . > _ France . i COU ple + 9 larves cryptonisciennes,
_ sur Upogeb>apusU!» ( Petogoa). ^ Q ^ Naples (Bristish Muséum).
BaS9iD Leach. - France : 2 couples + 1 9 sans tf. Port de Primel
(R. B. coü.).
morphologie
1. Description
a de longueur totale,
Forme adulte. , , ,
Spécimen de référence : 9 + <5 ™ ». délira 9 de 45,1
cavité branchiale droite, Port de Pnme .
Femelle (fig. 33). . ,
i- nffU eur : 10,6 mm; largeur au troisième segment thoracique :
8,0 — '» di “ : 8 "'
Fie. 33
I •rcrbUpkUu. .vdnicu, - S «MU. &«■ J»»* X
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
161
Céphalon. — Lame frontale élargie sur les bords et régulièrement lisse, mais assez
difficile à délimiter postérieurement. Yeux peu visibles. Anlennules et antennes respective-
mjnt composées de trois et six articles. Maxillipèdes (fig. 34, a) avec le palpe peu allongé,
-nù de soies ainsi que le bord antérieur de l’appendice. Bord postérieur (fig. 34, b) portant
,08 dizaine de digitations très arborescentes, les deux externes plus longues que les autres.
Progebiophilus euxinicus (Popov). — V adulte : o, maxillipède X 21 ;
6, bord postérieur du céphalon X 30; c, 1 er oostégite, face ventrale X 15; d, péréiopode X 25.
Péréion. — Bosses latérales allongées et saillantes, au nombre de quatre paires sur
les segments antérieurs. Plaques coxales minces sur les mêmes somites, bien développées
sur les autres. Bord latéral des segments soudé avec les bosses latérales dans les péréionites
làIV qui ne sont donc pas fissurés; représenté sur les deux suivants où il est minuscule.
Ooslégites. Première paire (fig. 34, c) avec la moitié antérieure parfaitement arrondie et ciliée,
le centre ventral de la lame étant profondément excavé ; le lobe inféro-externe est oblique
avec une petite saillie triangulaire interne; la crête interne présente de fines digitations mul¬
tiples. Les autres plaques marsupiales sont rectangulaires et bordées tout autour par une frange
de poils; leur face externe porte plusieurs rangées de tubercules saillants disposés sur une
ligne médio-longitudinale (fig. 35). Péréiopodes (fig. 34, d) augmentant de taille vers l’arrière,
sans bosse au basipodite; ils sont ornés de gros tubercules dont la surface est en « mosaïque ».
Pléon (fig. 35) comprenant cinq segments seulement, de largeur décroissante, le dernier
faiblement échancré au milieu. Pléopodes. Cinq paires biramées, foliacées et très charnues,
avec un rebord renflé présentant quelques tubercules; ils ne sont pas visibles en vue dorsale,
sur le côté gauche, tous les endopodites sont un peu plus grands que l’exopodite correspon-
sur le côté droit, la rame externe est, au contraire, plus importante dans les deux pre-
Source : MNHN, Paris
162
ROLAND BOURDON
miers pléopodes. Uropodes (fig. 40, i) biramés ; celui de gauche est formé de deux petites lamelles
minces et effilées, à droite, l’endopodite se réduit à un bourgeon tandis que la rame externe
est relativement longue et charnue.
Fig. 35
Progebiophilus euxinicus (Popov). — 9 adulte, face ventrale du pléon x 14.
Mâle (fig 36, a).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 4,5 mm; largeur au septième segment
thoracique : 1,8 mm; longueur du pléon : 1,25 mm.
Céphalon arrondi en avant, soudé avec le premier segment du péréion à l'arrière.
Yeux non distincts. Antennüles (fig. 36, b) et antennes avec respectivement trois et cinq
articles, ces dernières beaucoup plus longues. Maxillipèdes représentés par de simples tuber¬
cules hémisphériques.
Péréion. — Segments augmentant faiblement de largeur. Péréiopodes (fig. 36, e)
tous semblables. Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon (fig. 36, d) rétréci vers l’arrière. Les cinq paires de pléopodes simples, tuberculi-
formes, s’allongeant progressivement. Uropodes uniramés, grêles, l’un des appendices étant
bisegmenté; ces derniers et les cinquièmes pléopodes sont très visibles en vue dorsale.
Formes larvaires.
Épicaridien.
Seulement deux larves épicaridiennes étaient obtenues. Nous ne pouvons donc en
donner une description bien détaillée :
Longueur : 0,28 et 0,30 mm.
Antennes : le quatrième segment basilaire présente deux soies postéro-interoes; le
second article du fouet fait à peine la moitié de la longueur du précédent et se termine par
deux longues soies inégales.
Pléopodes : pointe postero-inteme munie de deux soies, l’une courte, l’autre très allon¬
gée, cette dernière manquant dans la cinquième paire. Tous les exopodites pourvus de trois
grandes soies plumeuses.
Uropodes (fig. 37, g) : exopodite avec deux épines acérées, l’externe beaucoup plus
longue que 1 interne et une grande soie; endopodite terminé en pointe portant deux soies
inégales.
Tube anal pas très développé.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
163
fyptoniscien.
Un seul des quatre exemplaires était accompagné de larves cryptonisciennes placées
50r la 9 comme le note Carayon (1944), notamment sous le premier oostégite et les maxil-
lipèdes, mais aussi sur le corps de l’hôte, entre les pléopodes.
Longueur : 0,8 à 1,0 mm.
Fig. 36
Progebiophilus euxinicus (Popov). — g adulte :
o. face dorsale X 21 ; b, antenne et antennule ; c, péréiopode X 66; d, pléon, face ventrale X 33.
Céphalon arrondi en avant. Yeux présents. Antennules (fig. 37, a) non accolées, tri-
articulées. Premier segment en demi-lune avec un groupe de trois soies aux bords antérieur
et postérieur externes; précédant ces dernières, se remarquent trois fortes dents spiniformes.
Les mêmes sortes de dents, au nombre de quatre, sont également présentes sur le bord posté¬
rieur du second segment. Le dernier article porte l’éventail de soies plates habituel et, au-dessus,
deux petits articles dont le supérieur est deux fois plus court que l’inférieur ; chacun se termine
par des longues soies. Antennes (fig. 37, b) composées de huit articles; le premier est réduit
arec un lobe distal interne aigu ; le second, plus allongé, montre un lobe identique ; le troisième
et le quatrième sont respectivement aussi longs que les deux articles proximaux réunis et
portent deux soies distales. Les segments du flagellum, plus minces et plus courts que ceux
du pédoncule, sont à peu près de même longueur, sauf le premier un peu plus court; tous
sont munis d’une paire de soies à leur extrémité, le dernier étant, en outre, pourvu de plusieurs
soies médianes très longues.
Péréion. — Péréiopodes (fig. 37, c) tous semblables. Le coxopodite légèrement plus
pos que le basipodite; le mérus porte une soie rigide sur les deux bords; le carpe se
termine par deux dents bi ou trifides accolées qui se retrouvent isolées sur le bord interne
du propode, lequel est très développé; le dactyle est fort et sa longueur reste constante
dans toutes les paires de péréiopodes.
Source : MNHN, Paris
164
ROLAND BOURDON
Pléon. — Saillies médio-ventrales spiniformes. Pléopodes (fig. 37, d). La plaque basale
porte deux soies inermes postéro-intemes. L’exopodite se termine par six soies plumeuses
dont une, l’externe, est plus courte que les autres; l’endopodite, par quatre seulement. Dam
la cinquième paire, l’exopodite n’a que cinq soies (dont la plus courte) et deux à
l’endopodite. Uropodes (fig. 37, e). Plaque basale avec une pointe aiguë sur le bord postéro-
interne ventral. Endopodite présentant un petit groupe de poils antéro-extemes, se termine
par deux dents, deux épines et une longue soie; l’exopodite porte distalement deux dents,
trois épines et une longue soie médiane. Pygidium (fig. 37,/) divisé en neuf dents, celle du
milieu paraissant résulter de la fusion des deux médianes.
Progebiophilus euxinicm (Popov). - Larve cryptoniscienne : a, antennnle X 373 b antenne
Formes juvéniles.
No “ * C " iiY0 " 'î 9 ? 3 '■ < 1946 .1947 a) et Catalano et Brnn
(1965) qui ont étudié 1 évolution motphologique de P. euxinicm, la description de. font
juvéniles (1).
Femelle.
Stade i (fig. 38, a). — Longueur : un peu plus d’un millimètre. Céphalon fusionné
avec le premier segment du péréion. Bord des segments thoraciques et abdominaux arrondi.
Pas d oostegites. Exopodite des pléopodes allongé, de taille croissante, dépassant de plus
en plus les plaques latérales vers l’arrière. Endopodite gemmiforme. Uropodes plus gros
et plus longs que les derniers pléopodes.
P ( 2S:;Z,Æ qUe "r^ aphi 1 de Gyge Cornalia et Pancehi (1858) ont confondu
1 ,uxinuut donl >'B figurent également la } préadulte (voir Carou, 1947, a).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 165
Stade 2 (fig. 38, b). — Longueur : 2 mm. Céphalon et bord latéral des segments du
uorps comme dans le stade précédent. Oostégites à peine formés. Exopodites des pléopodes
encore plus longs et dépassant toutes les plaques latérales. Uropodes guère plus gros que les
eàiquièmes exopodites.
Fig. 38
Proftbiophilus euxinicus (Popov). — ÿÿ juvéniles : a, stade 1; b, stade 2; c, stade 3; d, stade 4;
t, î pré-adulte, g juvénile : a ( a-b , d’après Caroli, 1946; c-d et f, d’après Catalano
et Restivo, 1965; e, d'après Carayon, 1944).
Stade 3 (fig. 38, c). — Longueur : 5 mm. Céphalon séparé du péréion. Bord latéral
segments du thorax et de l’abdomen acuminés postéro-latéralement. Pas d’oostégites.
Exopodites des pléopodes diminuant de taille, dépassant largement les plaques latérales.
Endopodites lancéolés, plus petits que les rames externes. Uropodes inégaux, l’un très allongé
ptr rapport à l’autre.
Source : MNHN, Paris
166
ROLAND BOURDON
Stade 4 (fig. 38, d). — Longueur : 5 mm, largeur : 2 mm. Céphaion distinct du thorax.
Bord latéral des segments thoraciques moins acuminés que dans le stade précédent, mais
toujours aussi aigu dans l’abdomen. Maxillipèdes minuscules et triangulaires. Oostégites
petits, foliacés. Pléopodes sans changement. Uropodes plus courts que les derniers exopodites.
Fie. 39
Progebiophitus euxinicus (Popov). —
Larve cryptom9cienne en mue X 109.
Stade 5 ou préadulte (fig. 38, e). — Forme géné¬
rale du corps non décrite. Marsupium complètement
fermé; cinquième oostégite avec une frange de soies
La face ventrale de l’abdomen ne montre encore aucun
tubercule sur le bord postérieur des segments. Pléopo-
des lancéolés, les deux rames s’effilant vers l’arrière'
les derniers exopodites sont beaucoup plus allongés que
les endopodites. Uropodes également effilés et nette¬
ment plus longs que les cinquièmes endopodites.
II existe encore quelques lacunes dans la connais¬
sance de l’évolution de la 9, notamment en ce qui
concerne le passage du stade 3 à 4 et du stade 5 à la
forme préadulte. Il serait, par exemple, intéressant de
savoir comment la longueur des pléopodes qui augmente
vers l’arrière chez les plus jeunes 99, diminue chez
des individus très proches par le degré de développe¬
ment des oostégites, mais dont la taille et la forme du
corps sont par ailleurs très dissemblables.
Mâle.
Bopyridium (fig. 39). — Parmi les larves crypto-
nisciennes que nous avons recueillies, une était en mue.
L’exuviation doit probablement s’effectuer en deux
temps : d’abord la partie postérieure est rejetée au niveau
du cinquième segment thoracique, ensuite la partie anté¬
rieure. Chez cet individu, l’accroissement en largeur est
insignifiant. Les péréiopodes sont semblables à ceux du
dernier stade larvaire, à part le dactyle un peu réduit en
longueur. L’abdomen porte cinq paires de pléopodes
uniramés, légèrement échancrés sur leur bord posté¬
rieur. Les uropodes sont longs et forts avec quelques
soies distales et une externe un peu plus haut; près de
l’extrémité, deux petites évaginations sont présentes
(rudiment d’endopodite?).
Mâle juvénile (fig. 38, /). — Longueur : 1 à
2 mm; largeur : 0,2 à 0,8 mm. Les cinq premiers
segments du péréion sont à peu près égaux, les deux
autres et ceux de l’abdomen deviennent de plus en
plus étroits. Pléopodes en « battant de cloche » de taille
décroissante. Uropodes très élargis et inégaux. L’individu
représenté est donc très ressemblant au bopyrien ci-dessus
décrit et s’en écarte seulement par ses pléopodes min¬
ces, typiquement <3.
2. Variation intra-spécifique
Les trois autres individus examinés, tous adultes, diffèrent du spécimen de référence
dans les détails suivants :
Femelle.
Taille de l’adulte : 10 à 12 mm (Popov, 1929).
Lame frontale : toujours difficile à distinguer sur la face dorsale.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE
MERS EUROPÉENNES
167
Antennes : manquant du côté gauche dans un exemplaire (simple anomalie).
Bord postérieur du céphalon : dépourvu de digitations sur la moitié médiane daor
„n autre spécimen.
Premier oostégite (fig. 40, a) : digitations de la crête interne, simples et non ramifiée,
chez deux individus; d’autre part, le lobe distal, parfaitement arrondi, ne présente pas de
petite saillie triangulaire interne (fig. 40, 6).
Oostégites 2 et 3 : les rangées longitudinales de tubercules sont très peu visibles dans
m spécimen de Primel; chez celui de Naples, les tubercules sont uniformément répartis sur
la surface des plaques marsupiales.
Fie. 40
Progebitphilus euxcinicus (Popov). — Variation chez la ÿ : a, 1 er oostégite, face ventrale X 13;
b, bord postérieur du 1 er oostégite Xl3; c-e, 7 e péréionite et pléon, face dorsale X 12;
/, 1" pléopode droit X 18; g-i, uropodes X 24.
Source : MNHN, Paris
168
ROLAND BOURDON
Nombre de segments au pléon : chez le parasite d’Arcachon (fig. 40, c), l’abdomen
est constitué de six segments, les deux derniers étant profondément échancrés, le pléotelson
presque complètement caché sous l’avant-dernier pléonite n’est d’ailleurs visible qu’en soûle!
vant l’animal. Une des 99 de Primel (fig. 40, d) possède également tous ses somites et l e
dernier est bien apparent en vue dorsale. Par contre, le troisième individu de cette localité
n’a que deux segments au pléon (fig. 40, e). S’il s’agit d’une amputation accidentelle, elle
n’était sûrement pas récente, car aucune trace de traumatisme n’était remarquée et le Bopyridae
était bien vivant au moment de sa récolte.
Pléopodes : cette 9 ne possède évidemment que deux paires de pléopodes, le premier
exopodite droit étant d’ailleurs très développé (fig. 40,/). Chez une autre, le pléopode antérieur
gauche est particulièrement allongé par rapport a celui de droite.
Uropodes : bien entendu, pas d’uropodes dans l’exemplaire à pléon anormal. Ceur-lj
sont simples dans un spécimen de Primel (fig. 40, g) et dans celui d’Arcachon (fig. 40 n
mais chez ce dernier, l’appendice droit montre une protubérance dorsale qui correspond
peut-être au début de formation de l’endopodite.
Popov (1929), Carayon (1944), Caroli (1947a) et nous-même avons observé des
uropodes biramés chez P. euxinicus : c’est le cas pour 4 des 8 individus d’Arcachon et de
Roscoff. La fréquence relative semble donc trop élevée pour considérer l’acquisition d’endo-
podites comme un caractère purement accidentel comme le suppose Caroli.
Mâle.
Taille de l’adulte : 2,75 mm (Carayon, 1944) à 4,5 mm.
La séparation du céphalon avec le premier segment thoracique est plus ou moins
distincte dans les autres individus; elle est particulièrement nette chez un c? de Primel. De
même, certains spécimens montrent une légère éminence médiane sur les sternites du péréion
et sur le premier somite abdominal. L’absence à.’uropodes a été notée par Carayon (1944)
3. Remarques systématiques
Rectifiant l’interprétation erronée de Carayon (1943,1944), Caroli (1947a) a rapporté
avec raison Gyge arcassonensis à Pseudione euxinica Popov (1929), maintenant devenu
Progebiophilus R. et M. Codreanu (1963).
Nos quatre spécimens correspondent bien à l’espèce de Popov pour la majorité des
caractères, cependant, ils ne concordent pas tout à fait quant à la tuberculisation de certains
appendices. Chez nos exemplaires, il n’y a pas de lamelles externes proprement dites sur
le bord postérieur du céphalon, mais des prolongements pédiculés, de taille décroissante vers
la ligne médiane du corps, répartis sur la presque totalité du bord postérieur (sauf dans un
cas où le centre en est dépourvu) et se terminant par des digitations arborescentes. A la
figure 4 de la planche de Popov, les deux lamelles externes sont bien caractérisées et recou¬
vertes, ainsi que le bord médian, de simples tubercules. II en est de même pour la crête interne
du premier oostégite (fig. 6, du même auteur). D’autre part, les tubercules sont dispersés
sur toute la face externe des autres plaques marsupiales (fig. 3), tandis qu’ils sont condensé
en une ligne longitudinale chez les spécimens d’Arcachon et de Roscoff, mais la disposition
se retrouve comme décrite par l’auteur russe sur le parasite de Naples.
Ces différences ne sont certes pas assez importantes pour douter de l’identité des Pro¬
gebiophilus de la Manche et de l’Atlantique avec les P. euxinicus de la mer Noire et de b
Méditerranée; toutefois, il y aurait peut-être lieu de s’assurer si elles sont constantes ou si
des formes intermédiaires existent, car on ne peut exclure l’éventualité de deux variétés géo¬
graphiques.
Nous avons vu plus haut que deux Pseudione parasites des Upogebia ressemblaient
beaucoup à P. euxinicus. Ils s’en distinguent cependant facilement. Chez Ps. chapini Van
Name (1921), les uropodes de la 9 ont la même forme que les exopodites des cinquièmes
pléopodes et sont presque aussi développés, le d 1 a cinq segments à l’abdomen et des pléopodes
ovalaires; chez Ps. filicaudata Shiino (1958), le cinquième pléonite forme deux pointes
recourbées vers la ligne médiane et les uropodes sont longs et minces ; les pléopodes du :
sont arrondis.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
169
L’espèce étant trouvée avec Gyge branchialis C. et P. sur les mêmes Gébies, il n’est
peut-être pas inutile de rappeler brièvement les principaux caractères distinctifs de ces Bopy-
rfdae d’apparence presque identique (tableau 24) :
Caractères
Gyge branchialis
Progebiophilus euxinicus
9
3
Crête externe du 1 er
oostégite.
Forme une membrane libre
Sans membrane
.
Uniramés et arrondis
Biramés et lancéolés
P |A
Ovalaires et peu distincts
En « battant de cloche »
très visibles
Tableau 24
Caractères distinctifs entre Progebiophilus euxinicus et Gyge branchialis
Hôtes et distribution géographique
— sur Upogebia pusilla Petagna. — France : Arcachon [Carayon (1), 1943, 1944;
Bourdon, 1964]. Espagne : Barcelone (R. et M. Codreanu, 1963). Italie : Venise (Cornalia
et Panceri, 1858), Naples (Caroli, 1931, 1946, 1947a; Catalano et Restivo, 1965). Rou¬
manie : mer Noire (R. et M. Codreanu, 1963). U.R.S.S. : Sébastopol (Popov, 1929).
— sur Upogebia deltaura Leach. — France : Roscoff (Bourdon, 1965 b).
Biologie
D’après Caroli (1946) et Catalano et Restivo (1965), la biologie de P. euxinicus
est des plus singulières. En effet, l’espèce passerait d’abord par une phase d’hyperparasitisme
sur une autre Bopyridae (cas unique pour la famille). Les deux derniers auteurs résument d’ail¬
leurs ainsi son cycle biologique :
Une larve cryptoniscienne de P. euxinicus se fixe sur une 9 adulte de Gyge branchialis
C. et P. parasite d’ Upogebia, chasse le <3 en place et se métamorphose en bopyridium. Ce
dernier, en grandissant, devient une 9 juvénile qui parvient à éliminer, à son tour, la 9 de
Cyge, restant seule dans la cavité branchiale de l’hôte. Une seconde larve cryptoniscienne
rejoint alors le jeune Progebiophilus, se transforme en (3 et féconde la 9 dont les épicaridiens
donneront ultérieurement des cryptonisciens permettant ainsi de recommencer le cycle.
Statistiques d’infestation
En mer Noire, Popov (1929) considère le parasite comme assez rare. A Naples, où
les Gébies et les Gyge sont particulièrement abondantes, la proportion de P. euxinicus par
rapport aux Upogebia parasitées varie entre 0,4 et 4,9 % (Caroli, 1946; Catalano et Restivo,
1965). Mais la fréquence relative du Bopyridae paraît liée à la saison. Ainsi, d’après les sta¬
tistiques établies par le premier auteur, le chiffre maximum ci-dessus indiqué est obtenu à
partir d'individus récoltés entre mai et août, mais le pourcentage entre octobre et mars tombe
* W % (xî = 4,58 significatif).
D’après le matériel restreint recueilli, Progebiophilus semblerait comparativement
plus commun sur les côtes françaises de la Manche et de l’Atlantique : 4 spécimens sur 44
Gébies parasitées, soit 9,1 % ()£ = 6,58 significatif) ; mais le taux d’infestation sur les Upogebia
est de 1,0 % à Roscoff (3 cas/288 U. deltaura) et 2,0 % à Arcachon (1 cas/50 U. pusilla).
(1) Carayon indique U. stellata (Montagu) comme hôte, mais cette dernière espèce ne parait pas exister
“* * B *“' n d'Arcachon (voir Amanieu et Cazaux, 1965).
I 504030 6. 7
Source : MNHN, Paris
170
ROLAND BOURDON
VIL Genre PLEUROCRYPTELLA Bonnier, 1900
Il présente ce caractère très particulier d’avoir des oostégites rudimentaires à la base
des deux derniers péréiopodes chez la 9. Le seul autre Bopyridae qui en possède est Bopy.
rinella albida Shiino (1958), mais il s’agit d’un représentant du group e-Bopyrus à marsupiu m
9. PLEUROCRYPTELLA FORMOSA Bonnier, 1900
Références :
1888, Pleurocrypta formosa Giard et Bonnier, p. 4 (nomen nudum).
1900, Pleurocryptella formosa Bonnier, p. 319-321, pl. XVII, fig. 1-13.
MORPHOLOGIE
Forme adulte.
N’ayant pu nous procurer cette espèce, nous en donnerons la description d’après
Bonnier.
Femelle (fig. 41).
Mensurations. — Longueur : 8 mm; largeur : 6 mm. Indice d’asymétrie : 8°
Cêphalon ovalaire. Lame frontale assez large. Antennules et antennes comprenant
respectivement trois et cinq articles. Maxillipèdes pourvus de soies sur les bords interne
Fie. 41
Pleurocryptella formosa Bonnier. - $ adulte, face dorsale
(d’après Bonnier, 1900)
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
171
jupérieur, se terminent par un petit palpe Inarticulé. Bord postérieur (fig. 42, a) avec deux paires
Je lamelles, l’externe beaucoup plus forte que l’interne; bord médian sans tubercules.
Péréion. — Le bord postérieur de tous les péréionites présente des gros tubercules
du côté déformé. Bosses latérales sur les quatre premiers segments. Plaques coxales toutes
bien développées. Bord latéral des segments seulement visibles dans les quatre somites
antérieurs, le troisième gauche, le plus développé, faisant plus de la demi-longueur du segment.
Oostégites. Première paire (fig. 42, b) avec le lobe inférieur régulièrement arrondi; crête
interne complètement lisse. Les paires suivantes ornées d’une frange de soies de longueur
croissante. Péréiopodes avec une bosse au basipodite, diminuant de plus en plus d’importance
vers l’arrière; les deux dernières paires portent à leur base une petite lamelle sétifère (oostégites
rudimentaires).
Fig. 42
PUurocnpleüa formosa Bonnier. — 9 adulte : o, bord postérieur du céphalon; b, 1 er oostégite,
face ventrale; c, segments thoraciques 5-7 et pléon, face ventrale. J 1 adulte : d, face
dorsale (toutes les figures d’après Bonnier, 1900).
Pléon (fig. 42, c). Plaques latérales rudimentaires, arrondies sur les bords; la première
lame pleurale montre un tubercule postérieur faisant suite à ceux du thorax sur le côté déformé.
Pléopodes. Cinq paires biramées, de taille décroissante; l’endopodite est un peu plus court
que 1 exopodite. Uropodes simples, sous forme de petites lamelles acuminées. Pas de tubér¬
isation pléale.
Source : MNHN, Paris
172
ROLAND BOURDON
Mâle (fig. 42, d).
Mensurations. — Longueur : 4 mm; largeur : 1 mm.
Céphalon arrondi antérieurement et distinct du thorax. Antennules et antennes com
prenant respectivement trois et six articles. Maxillipèdes relativement très développés et biarti-
culés pourvus de soies.
Péréion. — Péréiopodes avec le dactyle très développé dans les deux premières paire,
beaucoup plus réduit dans les autres. Pas de bosse au basipodite.
Pléon court et trapu avec cinq paires de pléopodes tuberculiformes. Uropodes repré.
sentés par deux petites éminences terminées par un bouquet de soies courtes.
Remarques systématiques
PL formosa se distingue facilement de la seule autre espèce du genre, PI, infecta
Nz. et Br. Br. (1923), parasite de Munida du Japon et de la mer de Java, par sa forme plus t^.
pue, la présence des tubercules latéro-postérieurs du péréion, les uropodes courts chez la ç.
par la forme élargie du pléon et l’absence de tubercules médio-ventraux chez le <3. '
Hôte et distribution géographique
Le spécimen décrit par Bonnier provenait d’un Chirostylus formosus A. Milne Edwards
récolté près des Canaries par 946 m de profondeur; deux autres exemplaires étaient pris sur
le même hôte en Mande, W. du banc de Porcupine, à 500 brasses. C’est donc le Bopyridae
le plus « profond » pour les mers européennes.
VIII. Genre PSEUDIONE Kossmann, 1881
Nous avons déjà dit (p. 150) combien le group e-Pseudione et le présent genre en parti¬
culier avaient besoin d’être révisés. Si la variation morphologique constatée dans ce travail
doit logiquement amener à faire entrer dans ce genre Parapseudione Nierstrasz et Brender-à-
Brandis et Pseudionella Shiino, il nous paraît, à l’inverse, qu’il serait utile d’en retirer cer¬
taines autres formes. Déjà R. et M. Codreanu (1963) ont séparé celles à corps régulièrement
ovalaire (type-Ps. euxinica Popov = Progebiophilus) ou dont l’axe du corps est en S (type-
Ps. diogeni Popov = Urocryptella). Si cette dernière, pourtant très proche du générotype,
Ps. hyndmanni (Bâte et Westwood), est considérée comme un genre à part, à plus forte raison
doit-on, nous semble-t-il, en faire autant pour les Pseudione à pléon tronqué et pléopodes
digités comme Ps. compressa Shiino ou à plaques latérales très allongées (type-Ps. longicauda
Shiino). Cette espèce paraît d’ailleurs l’aboutissement d’une lignée qui commence à Ps. dorhni
Bonnier et dans laquelle les parasites montrent une tendance à avoir des uropodes biramés,
cas tout à fait exceptionnel dans le genre.
A notre avis, il faudra sans doute au moins revenir aux limites génériques établies par
G. O. Sars (1899) et peut-être même considérer comme vrais Pseudione les espèces à corps
piriforme possédant des plaques latérales peu développées et des pléopodes courts ne dépas¬
sant pas les lames pleurales, c’est-à-dire correspondant au type-Ps. hyndmanni.
Bien entendu, n’ayant examiné qu’un matériel spécifiquement très réduit, il ne nous
appartient pas de prendre position à ce sujet, tout au plus, nous permettons-nous de faire
quelques remarques. Aussi, avons-nous conservé provisoirement dans ce genre Ps. dorhni
Bonnier et Ps. borealis Caspers.
La clé suivante permet d’identifier les six espèces européennes :
A Partie postérieure du corps moins large que l’antérieure.
1. Corps plus ou moins allongé (mais non brusquement rétréci
en arrière); bord postérieur du céphalon avec deux paires
de lamelles; plaques coxales présentes.
a. Lame frontale, plaques coxales et bord latéral des seg¬
ments thoraciques crénelés ou digités.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
173
— Lamelles et bord postérieur du céphalon très tuber-
culés ; crête interne du premier oostégite finement
digitée.
— Lamelles et bord postérieur du céphalon lisses ou
très peu tuberculés; crête interne du premier
oostégite seulement tuberculée.
b. Lame frontale, plaques coxales et bord latéral des seg¬
ments thoraciques non crénelés ni digités.
2. Corps nettement piriforme (brusquement rétréci en arrière) ;
bord postérieur du céphalon avec une seule paire de
lamelles.
Ps. crenulata G. O. Sara
Ps. confina, (Norman)
Ps. affinis (G. 0. Sars)
Ps. hyndmanni (Bâte et Westwood)
B Partie postérieure du corps élargie; une seule paire de lamelles
au bord postérieur du céphalon.
1. Plaques latérales relativement courtes et élargies.
2. Plaques latérales très longues et effilées.
Ps. dohrni (Bonnier)
Ps. borealis Caspers
Ps. tuberculata Caspers
10. PSEUDIONE CRENULATA G.O. Sars, 1899
RÉFÉRENCES :
1886, Pleurocrypta galatheae Sars, p. 35.
1890, Palaegyge insignis Giard et Bonnier, p. 385 ( nomen nudum).
1899, Pseudione crenulata Sars, p. 203-205, pl. 86, fig. 1.
1900, Pseudione insignis Bonnier, p. 301-303, pl. XXII, fig. 1-10.
1900, Pseudione crenulata Bonnier, p. 303.
1926, Pseudione crenulata Nierstrasz et Brender-à-Brandis, p. 21-22, fig. 45-47.
1948, Pseudione crenulata Stephensen, p. 121-122, fig. 36, 4-6.
1953, Pseudione crenulata Pire, p. 227-228.
1953, Pseudione insignis Pire, p. 228.
Matériel examiné :
— sur Munida rugosa (Fabricius). — Norvège : 2 spécimens, côte de Romsdal, holo-
type et paratype de Ps. crenulata (Muséum d’Oslo). France : 26 spécimens, Grande Vasière,
au large de Lesconil (P. Berche coü.).
— sur Munida tenuimana M. Sars. — Norvège : 10 spécimens, Bergen (Rijksmuseum
Leiden).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Femelle (fig. 43).
Spécimen de référence : 9 + C? sur M. rugosa 9 de 33,5 mm de longueur céphalo-
thoracique (rostre compris), cavité branchiale gauche, Grande Vasière.
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 10,4 mm; largeur au troisième seg¬
ment thoracique : 8,5 mm; longueur du pléon : 3,0 mm. Indice d’asymétrie : 32°.
Céphalon arrondi en avant, triangulaire en arrière. Lame frontale un peu plus large
sur le côté non déformé, crénelée sur tout le bord antérieur. Yeux absents. A ntennules (fig. 44, o)
triarticulées, antennes quadriarticulées, toutes deux avec l’article basilaire élargi. Maxillipèdes
(6g. 44, b) avec un petit palpe conique inerme. Bord postérieur (fig. 44, c) présentant deux
paires de lamelles fortement digitées, l’externe un peu plus longue que l’interne; le bord
médian montre seulement quelques tubercules latéraux.
Péréion. — Bosses latérales. Quatre paires sur les somites antérieurs, de plus en plus
fortes, celles du côté non déformé pourvues de quelques petits tubercules. Plaques coxales
relativement peu développées dans ces segments, celles des trois derniers péréionites sont
PIm larges sur le côté déformé; toutes sont crénelées ou digitées. Bord latéral des segments
11V plus important sur le côté déformé que sur l’autre; sur les somites V-VII, il forme une
Pande pointe acuminée à gauche, il est à peine visible à droite. Oostégites. Première paire
7 56A030 6. 7 A
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
„ j\ P.,,;, antérieure avec le bord externe légèrement tronqué, l'inférieure forma,
(fig. 14, f>- P ““ „,e triangulaire: la crête interne est digrtée sur plus de sa moitié
proÏÏlê ta raS» Plaque» marsupWes sont finement ciliée, postérieurement, la lo»g,,„
Fig. 43
Pseudione crenulata G. O. Sars. — ÿ adulte, face dorsale X 41.
des poils augmentant vers l’arrière. La tuberculisation externe est assez faible. Péréiopoiu
(fig. 44, e) avec une forte bosse bilobée sur le bord supérieur du basipodite et une éminence
moins prononcée sur le bord inférieur du mérus ; ils augmentent sensiblement de taille vers
l’arrière.
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE
MERS EUROPÉENNES
175
Pléon. — Plaques latérales. Cinq paires uniramées, de taille légèrement décroissante,
triangulaires, tuberculées sur les bords et en surface; la première paire ne dépasse guère le
septième segment thoracique à gauche, elle est nettement plus longue à droite. Pléopodes.
Cinq paires biramées, peu visibles en vue dorsale; les deux rames sont de même forme que
les lames pleurales et de dimensions identiques. Uropodes uniramés, de même longueur que
les exopodites des cinquièmes pléopodes.
Mâle (fig. 45, à).
Mensurations. — Longueur : 4,0 mm; largeur au troisième segment thoracique :
1,8 mm; longueur du pléon : 1,0 mm.
Fig. 44
Puudione crenulaia G. O. Sara. — V adulte : a, antenne et antennule X 31 ; 6, maxilipède X 21;
e, bord postérieur du céphalon X 27; d, 1 er oostégite, face ventrale X 13; e, péréiopode X 56.
Céphalon aplati en avant, presque soudé avec le premier segment thoracique en arrière,
îfu présents, mais très petits. Antennules (fig. 45, b) et antennes composées respectivement
de trois et cinq articles, dépassant le bord antérieur de la tête. Maxillipèdes (fig. 45, c) réduits
à une petite lamelle allongée.
Péréion avec tous les somites resserrés. Péréiopodes (fig. 51, d) augmentant de taille
de Pl à P 3 , régressant dans P6-P7 ; la longueur du dactyle diminue régulièrement de la pre-
tuère à la dernière paire.
Pléon (fig. 45, e) nettement moins large que le septième somite thoracique. Pléopodes :
paires, de forme ovalaire, relativement gros. Pas d’uropodes, mais deux petits bouquets
de poils courts sur les bords postéro-extemes du telson.
176
ROLAND BOURDON
Pseudione crenulata G. O. Sars. — adulte : a, face dorsale X 17 ;
b, antenne et antennule X 88 ; c, maxillipèdex88; d, péréiopode X 88 ; e, pléon, face ventrale X 40.
Formes larvaires.
Épicaridien.
Longueur : 0,29 à 0,34 mm.
Céphalon. — Antennules (fig. 46, a) paraissant constituées de deux articles. Segment
basal avec une soie postéro-exteme; le second avec deux au même endroit et une autre antéro-
externe insérée sur une petite saillie; le troisième article terminé par deux flagelles aplatis et
plusieurs soies. Antennes (fig. 46, b). Les deux premiers segments du pédoncule presque sou¬
dés et peu distincts; les suivants plus allongés, le quatrième présentant deux soies postéro-
internes. Les articles du flagellum courts, le second terminé par quatre dents dont les médianes
plus grosses et obtuses, trois petites soies courbes et deux longues soies inégales, ciliées sur
les bords et présentant des épines sur le dessus.
Péréion. — Péréiopodes de type ordinaire; le bord interne du propode est pourvu
de deux épines et deux dents en éventail (fig. 46, c).
Pléon. — Pléopodes (fig. 46, d). Plaque basilaire formant une pointe conique postéro-
interne terminée de deux soies, l’une courte, l’autre allongée et plumeuse. Exopodite muni
de trois soies plumeuses. Uropodes (fig. 46, e). Plaque basale normale. Exopodite cilié sur le
bord externe; son extrémité forme deux dents inégales et possède une petite soie courbe et
une autre sétacée beaucoup plus longue. Endopodite terminé par deux petites dents latérales
aiguës, deux médianes fortes et inégales, plus une soie sétacée. Tube anal relativement court.
Cryptoniscien.
Longueur : 1,08 mm.
Céphalon arrondi en avant. Yeux présents. Antennules (fig. 47, a). Premier article
formant antérieurement une sorte de lame interne libre et effilée; deux soies antéro-exterue
et trois autres au bord postérieur. Deuxième article avec cinq soies sur le bord externe. I/s
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
177
Jeux lobes du dernier segment inégaux, le plus petit terminé par trois soies, le plus grand
(l’inférieur) par cinq soies inégales et deux proximales; frange sensorielle présente. Antennes
(fig. 47, b). Les premiers segments pédonculaires courts, les derniers allongés; une soie dis¬
tale sur les deuxième et troisième, le quatrième terminé par quatre soies. Les trois articles
antérieurs du flagelle égaux, avec deux soies latéro-postérieures, le segment distal un peu plus
long terminé par trois soies courtes et deux longues, inégales.
Péréion. — Péréiopodes de type ordinaire, le propode un peu plus gros dans les der¬
nières paires; le dactyle est simple.
Pléon. — Saillies médio-ventrales spiniformes. Pléopodes (fig. 47, c). Plaque basale avec
le lobe ventral triangulaire assez aigu. Exopodite pourvu de cinq soies plumeuses et une
«terne plus petite; endopodite terminé par quatre soies; dans la cinquième paire, il manque
«ne soie plumeuse à la rame externe et l’interne en présente deux seulement. Uropodes
(fig- 47, d). Bord postérieur de la plaque basale denticulé sur toute sa largeur avec une soie
«terne. Exopodite montrant sur le bord postérieur deux dents, quatre soies dont une petite,
fine et recourbée, et une médiane allongée. Endopodite présentant le petit groupe de poils
antéro-ertenies habituel, se termine en pointe avec trois soies, la médiane longue. Pygidium
'“g- 47, e) divisé en six dents ; les deux médianes sont de forme différente chez le seul spéci-
tttn examiné : la droite acuminée, la gauche arrondie et en retrait. Il s’agit peut-être d’une
oomalie, car ordinairement les dents sont symétriques.
Source : MNHN, Paris
Fie. 47
Pseudione crenulala G. 0. Sars. — Larve cryptoniscienne :
a, antennule X 245; b, antenne X 245; c, pléopode X 327 ; d, uropode ; e,X 333 pygidiumx 631.
Forme juvénile.
Nous n’avons pas vu de jeunes 99 dans cette espèce, mais seulement un <S encore
peu évolué de 2,0 mm. Le pléon (fig. 48, a) est moins rétréci que dans l’adulte et porte cinq
paires de pléopodes, tous pourvus d’une sorte de digitations postéro-intemes. Les uropodes
sont également présents.
2. Variation intra-spécifique
Femelle.
Taille de l’adulte : 10,0 à 15,0 mm.
Indice d’asymétrie : 21 à 27°.
Lame frontale : présente parfois une échancrure médiane; les crénulations sont plus
ou moins nombreuses et importantes, mais elles sont toujours présentes.
Bord postérieur du céphalon : échancré au milieu dans un cas.
Crénulations thoraciques : assez variables sur les plaques coxales et le bord latéral
des segments. Chez la plupart des individus, on observe un ou deux tubercules considéra¬
blement plus grands que les autres et qui, par leur longueur, constituent de véritables digi¬
tations; le bord postérieur des somites est quelquefois dépourvu de crénulations.
Bord latéro-postérieur des segments V-VII du côté déformé : peut ne pas former de
pointe (bord latéral proprement dit) ou avoir cette dernière repliée vers la ligne médiane du
corps (fig. 48, b-c).
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
179
b
Fig. 48
c
Pseudione crenulala G. O. Sars. — juvénile : a, pléon, face ventrale X 130.
Variation chez la V : b-c, bord latéral des segments thoraciques 5-7, côté déformé.
Péréiopodes : leur taille relative varie selon leur position. A titre d’exemple, nous don¬
nons ci-dessous celle du spécimen de référence :
Tableau 25
Pseudione crenulata. Taille relative des péréiopodes chez une 9
Plaques latérales : parfois de même longueur dans tous les segments.
Pléopodes : dépassant souvent les lames pleurales; le dernier endopodite peut être
plus court que l’exopodite; leur forme varie de largement triangulaire à lancéolée.
Uropodes : quelquefois inégaux.
Mile.
Taille de l’adulte : 2,5 à 4,5 mm.
Céphalon : la séparation avec le thorax est toujours difficile à distinguer, même après
«iairassement des spécimens.
3. Remarques systématiques
Les Munida de nos mers sont infestées par deux espèces de Pseudione. La première,
h-crenulata, d’abord identifiée comme PL galatheae Hesse (G. O. Sars, 1886), a été créée
Ptt le même auteur (1899) pour deux spécimens fixés sur M. rugosa (Fabricius) et un autre
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
sur M. tenuimana Sars des côtes de Norvège. La seconde, Ps. insignis, dont deux exemplaires
sur M. rugosa de Naples avaient été signalés sous le nom générique de Palaegyge (Giabd
et Bonnier, 1890) fut décrite l’année suivante par Bonnier (1900). Cet auteur proposait
alors de réserver le nom de Ps. insignis pour le parasite de M. rugosa et celui de Ps. crenulata
pour le Bopyridae de M. tenuimana. Ce faisant, Bonnier avait tort de ne pas tenir compte
du fait que Sars avait obtenu ce dernier sur les deux hôtes. Néanmoins, la description et les
figures des formes respectives montraient assez de différences pour admettre leur validité
On pouvait donc supposer (tout en écartant l’idée d’une spécificité parasitaire qui vraisem¬
blablement était à l’origine de l’opinion de Bonnier) l’existence de deux espèces géographique
l’une parasitant les Munida des mers nordiques, l’autre étant propre à la Méditerranée.
Cependant, le fait que les deux Pseudione furent, par la suite, recueillis sur le même
hôte, M. rugosa, dans la Manche (Plymouth Marine Fauna, 1931) rendait alors cette supp 0 .
sition assez troublante. Aussi, comprend-on parfaitement la réserve émise par Pire (1953) qui
après avoir comparé cinq spécimens de Ps. crenulata avec un exemplaire de Ps. insigne
et constaté que ce dernier « certainly appears to be distinct », ajoute toutefois « but until a
large number can be obtained it is impossible to say whether there are intermediate forma
between Ps. crenulata and Ps. insignis ».
C’est précisément ce qu’il nous a été donné de constater. Si la comparaison des dia¬
gnoses et des dessins des holotypes fait ressortir un certain nombre de différences appréciables
sur lesquelles nous avons porté plus particulièrement notre attention, l’étude de notre maté¬
riel a montré que les parasites possèdent des caractères propres aux deux formes ou intermé¬
diaires entre elles, mais aucun individu ne s’est révélé absolument typique de l’une ou l'autre
espèce.
Les caractères distinctifs relevés sont les suivants :
Caractères
Ps. crenulata
Ps. insignis
Allongé
Relativement mince
Crénelée
Absentes
Trapu
Nettement élargi
Lisse
Présentes
—
1° Or, on rencontre des 99 dont le corps est mince ou massif, le rapport longueur-
largeur variant entre 1,19 et 1,85 (fig. 49, a-b). D’ailleurs, Sars (1899) a figuré un seul spéd-
men, très élancé, mais le second capturé sur M. rugosa sur la côte de Romsdal, que nous
avons pu examiner, est d’aspect bien différent.
2° H en est de même pour la forme du pléon, la largeur relative paraissant en relation
avec la taille, étant plus mince chez les petits exemplaires que chez les plus grands;
3° Si Sars n’a pas représenté les bosses latérales, elles existent cependant chez l’holo-
type.
La seule différence serait donc l’absence de crénulations sur la lame frontale. Elles
sont toujours présentes chez les parasites atlantiques, mais parfois les tubercules sont minus¬
cules et par conséquent peu visibles. Auraient-elles échappé à Bonnier ou faut-ü supposer
que leur absence est la règle chez les parasites de Méditerranée? N’ayant pu nous procure'
de spécimen de cette région, U est donc impossible de le savoir. En tout cas, même si la lame
frontale s avère par la suite toujours fisse chez le Pseudione méditerranéen, ce critère nous
paraît trop peu important pour considérer P. insignis comme une espèce véritable, tout au
plus devra-t-on alors en faire une forme géographique.
Nous verrons dans l’espèce suivante, les affinités avec les autres formes de Pseudione
crénelés ».
Source : MNHNParis
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
181
Fig. 49
Pseudione crenulala G. O. Sors
Variation chez la V : a , forme « large » X 6 ; b , forme « étroite » X 7.
Hôtes et distribution géographique
Sur Munida rugosa (Fabricius). — Norvège : côte de Romsdal (Sars, 1886, 1899),
Bergen (Rijksmuseum Leiden). Écosse : Firth of Clyde (Scott, 1899,1901), Loch Carron (Pike,
1953). Grande-Bretagne : Plymouth (Plymouth Marine Fauna, 1931, 1957; Pike, 1953).
France : Grande Vasière, au large de Lesconil (P. Berche coll.). Espagne : Cadaquès (Pike,
j ide Zariquiey Alvarez, 1958). Italie : Naples (Lo Bianco, 1888; Giard et Bonnier, 1890).
Sur Munida tenuimana M. Sars. — Norvège : Skagerak (Sars, 1886, 1899).
Sur Munida perarmata A. Milne Edwards et Bouvier. — Espagne : Cadaquès (Pike,
fie Zahiqciey Alvarez, 1958).
Biologie
Nous n’avons eu à notre disposition que des individus adultes de grande taille. Les
wfa indications pouvant être données sont les suivantes :
Fréquence. — Le taux de parasitisme est d’environ 1 à 2 % sur les grandes M. rugosa;
la taiilfi des hôtes varie entre 29,1 et 37,8 mm de longueur céphalothoracique. Les deux sexes
«ni également infestés. La cavité branchiale droite recèle à peine plus souvent le Bopyridae
$,9 %) qœ la gauche. Les Munida présentant une bosse vide ne sont pas rares.
Fécondité. — Le nombre des œufs varie entre 21.700 et 40.900 (8 numérations) pour
r? entIe W.0 et 14,3 mm; aucune relation entre la taille du parasite et la fécondité n’a
w mise eu évidence.
Influence du parasitisme sur l’hôte. — Le parasitisme provoque une diminution de
r des trois derniers pléopodes de la 9 chez M. perarmata et de ceux du d chez
Source : MNHN, Paris
jg2 ROLAND BOURDON
M. rugosa (Zariquiey Alvarez, 1958). La présence du Pseudione n’inhibe pas la mue dan.,
cette dernière espèce, même chez les plus grands exemplaires.
Infestation simultanée. — Elle a été observée à deux reprises avec un Rhizocéphale,
11 . PSEUDIONE CONFUSA ( Norman , 1886)
Références :
1868, Phryxus galatheae Bâte et Westwood, p. 249-250 (fig.).
1886, Gyge confusa Norman, p. 13, n° 509.
1953, Pseudione confusa Pire, p. 228-229, pl. 45, fig. 1-6.
Matériel examiné :
— sur Galathea dispersa Bâte. — Écosse : 1 spécimen, Oban. Irlande : 1 spécimen,
Valentia, plus un autre portant la simple mention S W Irlande (Coll. Norman, British Muséum),
Atlantique-Nord : 6 spécimens (1), stations non précisées, si ce n’est « Versant continental ■
pour trois d’entre eux et les profondeurs de 155 et 150 m, « Pourquoi pas? », 1913. Portugal:
1 spécimen, 36° 53’ N, 10° 48’ W, large Cap Saint-Vincent, expédition du Talisman, 1883 (2)
(Muséum, Paris].
— sur Galathea sp. (3). — Afrique du Sud : 1 spécimen, au large de Port Shepstone,
Natal (South African Muséum).
— sur Munida squamosa Henderson. — Indonésie : 1 spécimen, nord des îles
miraity, expédition du Challenger (British Muséum).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + d 1 sur G. dispersa 9 de 19,5 mm de longueur céphalo-
thoracique, cavité branchiale droite, Atlantique-Nord.
Femelle (fig. 50).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 6,2 mm; largeur au troisième segment
thoracique : 4,0 mm; longueur du pléon : 1,6 mm. Indice d’asymétrie : 54°.
Céphalon. — Lame frontale large, légèrement ondulée. Yeux non visibles. Antennula
et antennes respectivement composées de trois et cinq articles. Maxillipèdes (fig. 51, a)
avec le bord antéro-inteme proéminent. Bord postérieur (fig. 51, b) pourvu de deux paires
de lamelles grossièrement tuberculées, l’externe gauche un peu plus longue que l’interne,
les deux lamelles égales sur l’autre côté; bord médian lisse à part un ou deux petits tubercules
latéraux.
Péréion. — Bosses latérales. Quatre paires saillantes sur les segments antérieurs.
Plaques coxales de ces somites peu développées et de même longueur que les bosses latérales,
la troisième et la quatrième du côté déformé formant une digitation médiane externe; les
(1) Ces individus étaient identifiés comme Pleurocrypta marginata Sars sans extraction du parasite!
(2) Déterminé comme Pseudione crenulata Sars par H. Richardson; l'hôte indiqué est Galaconlha dispou
Bâte; il s'agit manifestement de Galathea dispersa Bâte.
(3) Ce spécimen est celui décrit par Barnard (1920) comme Pseudione crenulata Sars sur G. disptru.
Toutefois, dans son travail sur les Décapodes sud-africains, Barnard (1950) note à propos de cette espèce
qu’il serait utile de la comparer avec des individus européens. A notre avis, il s’agit d’une espèce distincte.
Sans entrer dans les détails morphologiques, indiquons seulement que les spécimens d’Afrique du Sud
possèdent plusieurs épines hépatiques (absentes dans la forme typique), les soies précoméennes sont
nettement plus longues et plusieurs autres s’insèrent immédiatement dessous, l’article basilaire des antenne
présente des épines plus développées, enfin, le deuxième segment de ces appendices en a une également.
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
Fig. 50
Pseudione confusa (Norman). - 9 adulte, face dorsale X 22.
184
ROLAND BOURDON
plaques des trois derniers segments sont vaguement lobées ou digitées. Bord, latéral des péréio-
nites surtout important sur le côté déformé des somites II et III où il fait plus de la moitié
de la longueur des tergites; il est très petit sur les trois derniers segments. Oostégites. Première
paire (fig. 51, c). Partie antérieure relativement haute et arrondie, l’inférieure avec un lofo
distal à peine formé; la crête interne est munie de tubercules sur le bord proximal; partie
inférieure garnie de soies minuscules avec lobe peu accusé. Les autres plaques marsupial*
possèdent, comme de coutume, une frange de soies augmentant de longueur vers l’arrière.
La tuberculisation du marsupium est faible. Péréiopodes (fig. 51, d) de taille croissante avec
une bosse sur le bord supérieur du basipodite.
Pléon. — Plaques latérales. Cinq paires triangulaires, diminuant légèrement de
longueur et un peu ondulées sur leur bord postérieur. Pléopodes. Cinq paires biramées dépas¬
sant les lames pleurales dont elles ont la forme; les deux rames à peu près égales. Uropodes
uniramés, nettement plus grands que les dernières plaques latérales.
Mâle (fig. 52, a).
Mensurations. — Longueur : 2,5 mm; largeur au quatrième segment thoracique:
1,2 mm; longueur du pléon : 0,5 mm.
Céphalon aplati en avant, presque complètement fusionné avec le premier segment
thoracique en arrière. Yeux présents. Antennules et antennes comprenant respectivement
trois et cinq articles, les derniers appendices dépassant peu le bord latéral de la tète. MaxiUi-
pèdes (fig. 52, c) petits, en forme de cônes allongés, composés de deux articles, le second étant
minuscule et terminé par une soie.
Péréion. — Péréiopodes (fig. 52, d) relativement forts, tous semblables, avec le dactyle
un peu plus court dans les deux dernières paires; leur taille relative augmente jusqu'àP3
et diminue ensuite.
Pléon (fig. 52, e) de six segments, brusquement moins large que le thorax. Cinq paires
de gros pléopodes ovoïdes. Uropodes absents, mais quelques petits poils postéro-externes.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
185
2. Variation intra-spécifique
femelle-
Taille de l'adulte : 4,0 à 8,5 mm.
Rapport L/l du corps : varie entre 1,56 et 1,73.
Indice d’asymétrie : toujours fort, de 42 à 60° (fig. 53, a-b).
Lame frontale : jamais très tuberculée, les bords latéraux l’étant un peu plus que
le bord antérieur (sauf dans le spécimen du SW d’Irlande relativement crénelé).
Maxillipèdes : souvent sans lobe antéro-exteme.
Fig. 52
Puudione confusa (Norman). — tj adulte : a, face dorsale X 32; 5, antenne et antennulexll2;
c, maxillipède •' 291 ; d, péréiopode X 96 ; e. pléon, face ventrale X 78.
Bord postérieur du céphalon : la tuberculisation des lamelles céphaliques du spécimen
de référence représente un cas extrême ; ordinairement, le nombre des tubercules est plus
réduit et elles peuvent même être pratiquement lisses ; ce caractère parait lié à la taille des
individus (fig. 54, a-b).
Bosses latérales : toujours proéminentes; dans certains cas, on remarque un ou deux
tubercules squameux à leur surface.
Crénulations thoraciques : chez les individus du Pourquoi-pas ? certaines des plaques
totales possèdent seulement une digitation, il y en a deux chez les spécimens de Norman
dont les bords latéraux du corps sont plus déchiquetés. Le bord postéro-latéral des trois
premiers segments thoraciques de l’exemplaire du Talisman montre plusieurs tubercules,
remplacés par un petit lobe redressé dans l’individu du SW d’Irlande.
Premier oostégite : le nombre de tubercules de la crête interne semble également être
en rapport avec la taille du parasite. A noter que la moitié supérieure de cet appendice est
toujours élevée par rapport à la partie inférieure et, dans certains cas, nettement plus longue
Que large (fig. 54 c -d) ; le lobe postéro-distal peut être bien développé.
1 564030 6. 8
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Pléopodes : parfois tubercuiés sur les bords; dans deux cas, le cinquième endopodite
est nettement plus court que l’exopodite; dans le spécimen du S W de l’Irlande, la rame interne
diminue régulièrement de longueur sur le côté déformé, mais non dans l’autre.
Uropodes : toujours plus longs que les dernières plaques latérales, faisant jusqu’à deux
fois leur longueur.
Pseudione confusa (Norman). — Variation chez la 'i : a-b, asymétrie dans 2 spécimens.
Mâle.
Taille de l’adulte : 2,6 à 3,9 mm.
Il n’y a rien de spécial à dire, si ce n’est la réduction occasionnelle du nombre des
segments de l’ antenne à quatre articles, celle du maxillipède sous forme d’une simple lamelle
hémisphérique chez le parasite du Talisman et l’absence d’un pléopode sur le cinquième
pléonite chez un autre du Pourquoi-pas ?
Il faut toutefois indiquer que la forme du c? juvénile est un peu différente de l’adulte.
Sur un exemplaire de 1,4 mm (S W Irlande), le pléon est nettement plus long (3,5 fois la
longueur totale), tous les pléopodes sont formés de bosses arrondies terminées par une digi¬
tation distale et les uropodes constitués de deux lamelles bilobées relativement développées
(fig. 54, e).
3. Remarques systématiques
Trouvée par Norman aux Shetlands sur Galathea dispersa Bâte, l’espèce fut décrite
par Bâte et Westwood (1868), d’ailleurs de façon très imprécise, et de plus d’après une jeune
comme étant Phryxus (= Pleurocrypta) galatheae Hesse. La segmentation de l’abdomen
du cj montrait pourtant qu’il ne s’agissait pas d’un parasite de ce genre. Norman (1886)
lui assigna le nom spécifique de confusa et après être successivement passée dans les genres
Gyge et Palaegyge (Giard et Bonnier, 1890), Stebbing (1893) la fit entrer finalement dans
Pseudione dans lequel elle est restée. Ce n’est que récemment que Pire (1953) en donna une
diagnose correcte accompagnée de figures d’après un spécimen de la collection de Normal
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
187
La distinction de cette espèce avec Ps. crenulata G. O. Sars est plutôt délicate. Pire
(1953) énumère bien plusieurs caractères considérés comme propres à Ps. confusa : plus grande
largeur du céphalon et de la lame frontale, bosses latérales plus prononcées, digitations pré¬
sentes sur le côté court du thorax, plaques coxales considérablement plus crénelées et pléopodes
plustuberculés; or, l’étude de la variation morphologique des deux Pseudione rend ces critères
caduques.
Q
e c d
Fie. 54
Pseudione confusa (Norman). — Variation chez la i : a-b, lamelles céphaliques;
c-d, 1 er oostégite, face dorsale. J juvénile : e, face ventrale du pléon.
Les seules différences que nous avons pu noter se résument à une plus faible tubercu¬
lisation des lamelles du bord postérieur du céphalon, de la crête interne du premier oostégite
et des appendices pléaux. Encore, chez Ps. confusa, celle-ci est-elle comparable à certains
individus de Ps. crenulata (dont le spécimen de référence, qui est de grande taille); mais
chez cette espèce comme dans les autres, le degré de tuberculisation semble souvent fonction
des dimensions du parasite. On notera que les Ps. confusa adultes sont toujours plus petits
que les Ps. crenulata, écart évidemment en relation directe avec les dimensions de leurs hôtes
respectifs.
La validité de Ps. confusa nous paraît donc assez douteuse; néanmoins, tant que les
formes larvaires n’auront pas révélé qu’elles sont identiques à celles de Ps. crenulata, nous
ne pouvons pas conclure, pour l’instant, à la non-spécificité des deux Bopyridae.
Dans le genre Pseudione, cinq espèces présentent une lame frontale, des plaques
coxales et le bord latéral des segments plus ou moins crénelés. Par rapport à Ps. crenulata
et Ps. confusa, les crénulations de Ps. fibriata Richardson (1910) paraissent d’un type parti¬
culier et chez Ps. minimo-crenulata Nierstrasz et Brender-à-Brandis (1931), le lobe postéro-
exteme du premier oostégite est plus accusé. Quant à Ps. subcrenulata Nz. et Br. Br. (1923),
il n’y a pas de tubercules sur la crête interne du premier oostégite, tout comme chez la plupart
des Ps. confusa, mais les lamelles du bord postérieur du céphalon en possèdent; dans la der¬
nière forme, la tuberculisation est présente ou absente en même temps sur les deux appendices.
Us différences entre les cinq espèces reposent donc sur des détails relativement mini¬
mes (1); aussi serait-il souhaitable de revoir ces formes pour essayer de trouver éventuellement
d autres caractères plus importants confirmant leur séparation.
H) Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que Nierstrasz et Brender-à-Brandis (1923, 1931) ne
pouvaient, à l’époque, comparer leurs Ps. subcrenulata et Ps. minimo-crenulata à Ps. confusa. espèce dont
'adulte n’a été décrit que récemment (Puce, 1953).
Source : MNHN, Paris
188
ROLAND BOURDON
Nous avons compris dans cette espèce le Pseudione crenulata G. O. Sars d’Afrique
du Sud signalé par Barnard (1920).
Ce couple présente bien quelques petites différences avec les parasites de la forme
typique, mais ces dernières nous paraissent vraiment trop minces pour en faire une espèce
à part ou même une variété. Les caractères qui le distinguent se bornent en effet, chez la Q
à une largeur relativement plus grande (L/l : 1,40), chez le cf, par un plus fort développement
des péréiopodes par ailleurs conformes par leur morphologie et leur taille relative.
Hôtes et distribution géographique
— sur Galathea dispersa Bâte. — Shetlands : [Bâte et Westwood (1), 18681
Écosse : Oban. Irlande : Valentia (Pike, 1953). Atlantique-Nord : (Pourquoi pas ? 19131 ’
Portugal : au large du Cap Saint-Vincent (Talisman, 1883).
— sur Galathea aff. dispersa Bâte. — Afrique du Sud : au large de Port Shepstone,
Natal (Barnard, 1920).
— sur Munida squamosa Henderson. — Indonésie, Nord des îles Admiralty (Hender.
son, 1888, comme Bopyrus).
En ce qui concerne le dernier hôte, sa nature générique différente et surtout sa loca¬
lisation géographique si éloignée de l’aire où l’espèce était jusqu’ici connue, peuvent paraître,
a priori, des arguments contre la conspécificité du parasite indonésien. Il faut cependant noter
que Ps. minimo-crenulata Nz. et Br. Br. (1931) a été trouvé dans des stations aussi distantes
que la Nouvelle-Guinée et les Antilles. On connaît d’ailleurs d’autres exemples de vaste répar¬
tition chez les Bopyridae : Bopyrus squillarum Latreille, Bopyrina ocellata (Czemiavsky)
Pseudione hyndmanni (Bâte et Westwood)...
Infestation simultanée
Une des G. dispersa de l’Atlantique Nord était parasitée en même temps par un Rhizocéphale,
Galatheascus minutus Boschma.
12. PSEUDIONE AFFINIS (G.O. Sars, 1882)
Références :
1882, Pleurocrypta affinis G. O. Sars, p. 68, pl. II, fig. 7-8.
1890, Palaegyge hoylei Giard et Bonnier, p. 375 (nomen nudum).
1899, Pseudione affinis G. O. Sars, p. 201-202, pl. 85, fig. 1.
1900, Pseudione affinis Bonnier, p. 306-308, pl. XX, fig. 1-15.
1900, Pseudione hoylei Bonnier, p. 308-309, pl. XIX, fig. 1-10.
1931, Pseudione affinis Nierstrasz et Brender-à-Brandis, p. 23, fig. 48-50.
1948, Pseudione affinis Stephensen, p. 123, fig. 36, 7-8.
1960, Pseudione affinis Pire, p. 239-251.
Matériel examiné :
— sur Pandalus montagui Leach. — Écosse : 3 99 sans d, Clyde, paratypes de Pi.
hoylei (Muséum, Paris).
— sur Dichelopandalus bonnieri (Kinahan). — Norvège : 1 spécimen, Tromsa (Pr. A.
Veiüet leg.); 1 spécimen, Trondheim (Rijksmuseum Leiden).
sur Plesionika martia (Milne-Edwards). — France : 1 spécimen, Golfe de Gascogne,
« Caudan » (Muséum, Paris).
— sur Plesionika heterocarpus (Costa). — Baléares : 1 spécimen (J. Forest coll.).
^ ^ — 8ur Plesionika antiguai Zariquiey Alvarez. — Baléares : 1 specimen (J. Foret
(2) Hôte noté comme Galathea
erronée.
inlermedia Lilljeborg,
mais Norman (1869)
rectifié cette indication
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
FlC. 55
Pseudione affinis (G. O. Sars). — ÿ adulte, face dorsale X 11.
7 564030 6.
Source : MNHN, Paris
190
ROLAND BOURDON
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Femelle (fig. 55).
Spécimen de référence : 9 sur P. montagui. Écosse (paratype de Ps. hoylei Bonnier)
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 14,5 mm; largeur au troisième
segment thoracique : 8,1 mm; longueur du pléon : 3,7 mm. Indice d’asymétrie : 27°.
Cépkalon. — Lame frontale large et lisse. Yeux présents. Antennules et antennes
composées respectivement de trois et cinq articles. Maxillipèdes (fig. 56, a) avec le palpe antéro-
externe allongé pourvu de soies qui s’étendent au-delà de la base. Bord postérieur (fig. 5 g i\
présentant deux paires de lamelles lisses, l’externe plus longue que l’interne; pas de tubercules
sur le bord médian.
Fig. 56
! ' “■ -“"il** X 27; », M
du céphaion X 20; c, 1" oostégite, face ventrale X 18; d, anomalie du pléon X 24.
Pereion. — Bosses latérales. Quatre paires allongées bien distinctes dans les somites
antérieurs. Plaques coxales (petites et minces sur les mêmes segments, placées au bord posté¬
rieur des bosses latérales. Bord latéral visible sur les sept péréionites du côté déformé, il est
seulement indiqué par une nervure chitineuse dans les deux derniers segments du côté non
déformé Oostegites. Première paire (fig. 56, c) avec le bord antérieur presque droit, le lobe
mfero-mteme est très prononcé; la crête interne présente quatre tubercules proximaux.
Les autres plaques marsupiales montrent des tubercules externes à la base; la cinquième paire
avec une frange de soies sur le bord postérieur. Péréiopodes augmentant de taille de PI à P4,
les suivants sensiblement de même longueur : pas de bosse au basipodite.
Pléon.
vers l’arrière;
Plaques latérales de forme triangulaire, diminuant régulièrement de taille
la première paire dépasse un peu les dernières lames thoraciques. Pléopoiu :
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
191
jjjiq paires biramées. Exopodites 2-5 lancéolés et légèrement falciformes, diminuant de lon¬
gueur; ceux de la première paire pas plus longs que les derniers. Endopodites 1 et 2 grossiè¬
rement triangulaires, s’amincissant dans les paires suivantes; tous de taille sensiblement égale.
Uropodes simples, dépassant peu les exopodites des cinquièmes pléopodes et plus gros que
ces derniers. Pas de tubercules sur les appendices du pléon.
Mile (fig- 57, a).
Spécimen de référence : d sur 9 parasite de D. bonnieri.
Mensurations. — Longueur : 2,7 mm; largeur au cinquième segment thoracique :
115 mm; longueur du pléon : 0,9 mm.
Cépkalon avec le bord antérieur légèrement aplati, séparé du thorax à l’arrière. Yeux
bien visibles. Antennules (fig. 57, b) triarticulées avec deux soies distales au second article et
cinq au dernier; antennes à sept articles, le dernier segment terminé par plusieurs soies
assez longues.
Péréion. — Péréiopodes (fig. 57, c) tous semblables, le dactyle diminuant toutefois légère¬
ment de longueur dans les paires postérieures tandis que le basipodite et le carpe s’allongent.
Un tubercule médio-ventral présent sur le septième segment thoracique.
Pléon ( fig. 57, d) avec les six segments distincts; une légère éminence médio-ventrale
sur les premiers somites pléaux; les cinq antérieurs pourvus d’une paire de pléopodes
simples et globuleux. Pas d 'uropodes.
2. Variation intra-spécifique
Femelle.
Taille de l’adulte : 7 à 17 mm sur P. bonnieri (Pire, 1960).
Rapport L/l du corps : entre 1,53 et 1,80.
Rapport L. totale/L pléon : de 3,76 à 4,37.
Indice d’asymétrie : 16 à 29°.
(Ces trois mesures comprenant les figures de Sars et de Bonnier.)
Maxillipèdes : le lobe supéro-inteme est plutôt triangulaire et n’affecte pas la forme
arrondie représentée par Bonnier (1900) pour Ps. hoylei; les soies du bord supéro-inteme
peuvent faire défaut; le palpe est plus ou moins aminci, mais porte toujours un grand nombre
de soies développées (fig. 58, o-c).
8 a.
Source : MNHN, Paris
192
ROLAND BOURDON
Plaques coxales : 9 ’étendent parfois sur tout le bord des bosses latérales.
Premier oostégite (fig. 58, d-e) : aucun spécimen n’avait de crête aussi vaguement lobée
que le montre le dessin de Bonnier chez Ps. hoylei, tous étant pourvus de tubercules en
nombre et grosseur variables, mais toujours très distincts; de même le lobe inférieur est pl^
ou moins aigu.
Plaques latérales (fig. 59, a-c) : le bord postéro-exteme forme le plus souvent un angl e
droit dans les deux premières paires (9auf chez l’exemplaire sur PL heterocarpus où il est
aigu) ; dans les paires suivantes, il devient plus ou moins acuminé, surtout dans les dernières
La longueur relative des lames pleurales décroît à peine; dans un des paratypes de Ps. hoylei
les deux plaques postérieures droites s’allongent notablement; chez le parasite de PI. martid
ce sont les deux dernières paires.
Pléopodes (fig. 59, d-f) : les exopodites 2-5 peuvent diminuer de longueur ou au con¬
traire augmenter; le premier est toujours plus court que le second. Chez tous les spécimens,
l’endopodite reste de taille sensiblement égale, bien que la largeur diminue considérablement;
il est plus petit que l’exopodite correspondant, sauf dans la première paire; chez le spécimen
sur PL martia, la rame interne est très effilée dans tous les segments.
Telson : toujours large et légèrement bilobé.
Uropodes : leur grosseur varie beaucoup : très massifs ou très effilés, ils ne dépassent
pas ou peu les exopodites des derniers pléopodes.
Anomalie (fig. 56, d) : chez un exemplaire sur P. montagui, le cinquième segment du
pléon était anormal. La plaque latérale présente trois digitations ; sur le côté droit, l’endopodite
du pléopode est réduit, l’exopodite étant représenté par un tubercule arrondi. Le teison, très
gros, est pourvu d’un seul uropode, d’ailleurs mal fixé.
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
193
Hile-
Taille de l’adulte : 1,8 à 3,4 mm.
De forme très constante; à noter simplement la réduction occasionnelle d’un article aux
antennes et l’absence de tubercules médio-ventraux dans un cas.
Pseudione affinis (G. O. Sara). — Variation chez la i :
a-c, pléon, face dorsale ; </-/, idem, face ventrale, mêmes spécimens.
3. Remarques systématiques
G. 0. Sars (1899), qui avait vu le parasite à la fois sur Dichelopandalus bonnieri
(Kinahan) et sur Pandalus montagui Leach, considère son Ps. affinis comme très certaine¬
ment identique avec Ps. hoylei (Giard et Bonnier). D’ailleurs, Bonnier (1900) reconnaît
Source : MNHN, Paris
194
ROLAND BOURDON
lui-même que la dernière espèce est « excessivement voisine » de la précédente. Pour Niersthasz
et Brender-à-Brandis (1931), ces différences ne comptent guère et ils mettent les deux formes
en synonymie sans, cependant, en donner les raisons. Pire (1960), après avoir examiné un
grand nombre de Ps. affinis sur D. bonnieri, note qu’ils sont « ail extremely uniform in charac-
ters », mais il indique plus loin de très légères variations dans plusieurs appendices de la Ç.
aucune considération d’ordre systématique n’est avancée sur la question qui nous intéresse
Bien que portant sur un matériel très réduit, nous avons vu précédemment que j a
forme du palpe du maxillipède et du premier oostégite des paratypes de Ps. hoylei ressemble
plus à celle de Ps. affinis qu’à la propre description de Bonnier; d’un autre côté, le cf fig^
par cet auteur possède également des tubercules médio-ventraux rudimentaires. Aussi
pensons-nous, qu’il s’agit bien de la même espèce, comme le croyaient Sars et NiERsnuy
et Brender-à- Brandis, cette opinion étant fondée sur des arguments morphologiques.
Barnard (1920) a également décrit sur les Plesionika martia H. Milne Edwards d'Afri¬
que du Sud, un second parasite, Palaegyge plesionikae; il ne peut toutefois appartenir à
ce genre à cause du marsupium fermé de la 9 (Chopra, 1923). La description s’applique fort
bien à Ps. affinis, mais la figure montre quelques petites différences, le pléon en particulier
est long et étroit. Il n’est toutefois pas impossible que le parasite soit à rapporter à la présente
espèce.
Hôtes et distribution géographique
— sur Dichelopandalus bonnieri (Kinahan). — Norvège : côte ouest (Sars 18821
Tromse (Pr. A. Veillet coll.), Trondheim (Rijksmuseum Leiden). Irlande : Lambây Deep
(Massy, 1912). Écosse : Clyde (Henderson, fide Bonnier, 1900; Scott, 1899; Pire, I960)
— sur Pandalus montagui Leach. — Norvège : Drobak (Sars, 1899). Écosse : ClvJe
(Henderson, 1886; Scott, 1899; Hoyle, fide Bonnier, 1900).
— sur Plesionika martia (H. Milne Edwards). — France : Golfe de Gascogne (Expédi¬
tion du Caudan, inédit).
— sur Plesionika heterocarpus (Costa). — Baléares : canal de Majorque (Forest
1966, comme Bopyridae).
— sur Plesionika antiguai Zariquiey Alvarez. — Baléares : canal de Majorque
(Forest, 1966, comme Bopyridae).
Biologie
Nous donnerons un résumé de l’étude de Pire (1960) effectuée sur D. bonnieri dans la
Clyde, l’un des rares travaux opérés, de ce point de vue, chez les Épicarides.
La fixation s’effectue en juillet-septembre sur des Dichelopandalus récemment méta¬
morphosés. Au début de l’année, les 9 ? ont en moyenne 5 mm de longueur et les plus grandes
commencent à pondre à la mi-février. La maturité sexuelle a donc demandé environ neuf mois
(y compris un mois pour la vie larvaire). La croissance du parasite se poursuit en même temps
que les pontes se succèdent; celles-ci sont au nombre de trois ou quatre, la durée d’incubation,
particulièrement longue, demandant à peu près trois mois. Le Bopyridae atteint la taille
maximale de 16-17 mm. La durée normale de vie est estimée à 18 mois.
Le taux d’infestation reste à peu près constant toute l’année. Les hôtes jeunes, dans leur
première année, sont moins parasités (7,8 %) que les crevettes de 2 et 3 ans (14,4 %).
Ps. affinis meurt ordinairement avant son hôte, restant fixé jusqu’à ce que celui-ci atteigne
24-26 mois, c’est-à-dire une longueur de 18 mm environ; 35 % des Crevettes non parasitée
excèdent cette taille.
L action parasitaire se réduit à une inhibition des gonades qui reprennent leur activité
dès la perte du parasite. Certaines 99 peuvent toutefois pondre des œufs, mais leur fécondité
est alors quelque peu inférieure à celle des individus indemnes.
13. PSEUDIONE HYNDMANNI (Bote et Westwood, 1868)
Références :
1868, Phryxus hyndmanni Bâte et Westwood, p. 243-245 (fig.).
1887, Pleurocrypta hyndmanni Giard et Bonnier, p. 175.
1890, Palaegyge hyndmanni Giard et Bonnier, p. 374.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 195
1893, Pseudione hyndmanni Stebbing, p. 411.
1899, Pseudione hyndmanni G. 0. Sars, p. 202-203, pl. 85, fig. 2.
1900, Pseudione hyndmanni Bonnier, p. 295-298, pl. XVIII, fig. 1-14.
1900, Pseudione proxima Bonnier, p. 298-299.
1900, Pseudione dubia Bonnier, p. 299 (nomen nudum).
1916, Pseudione hyndmanni Hansen, p. 205-206, pl. XV, fig. 12 a-c.
1931, Pseudione proxima Nierstrasz et Brender-à-Brandis, p. 20-21, fig. 34-39.
1931, Pseudione hyndmanni Nierstrasz et Brender-à-Brandis, p. 21-22, fig. 40-42.
1936, Pseudione hyndmanni Shiino, p. 1-5, fig. 1.
1942, Pseudione hyndmanni Dollfus et Carayon, p. 445-450, fig. 5-8.
1948, Pseudione hyndmanni Stephensen, p. 121, fig. 36,1-3.
1949, Pseudione hyndmanni Dahl, p. 7-12, fig. 1,14 et 2,1-5.
1950, Pseudione proxima Holthuis, p. 14.
1953, Pseudione hyndmanni Puce, p. 226-227.
Matériel examiné :
_sur Pagurus bernhardus (Linné). — France : 108 spécimens, Roscoff; 2 spécimens,
Rade de Brest; 8 spécimens. Baie de Quiberon; 1 spécimen. Golfe du Morbihan (R. B. coü.).
_sur Pagurus pubescens (Kroyer). — Norvège : 4 spécimens, Tronheimfjord (Rijks-
miiseum Leiden); 1 spécimen, Tromso (Pr. A. Veillet leg.). Écosse : 17 spécimens, Clyde
(Coll, R. B. Pike).
_ sur Anapagurus laevis (Bell). — France : 1 spécimen, Roscoff (R. B. coll.).
_sur Anapagurus chiroacanthus (Lilljeborg). — France : 1 spécimen, fosse d’Oues-
sant (L. Cabioch coll.).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : Q + d sur P. bernhardus d de 12,2 mm de longueur céphalo-
thoracique, cavité branchiale gauche, Roscoff.
Femelle (fig. 60).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 7,0 mm; largeur au troisième segment
thoracique : 4,9 mm; longueur du pléon : 1,5 mm. Indice d’asymétrie : 31°.
Céphalon complètement enfoncé dans le premier segment thoracique. Lame frontale
étroite, mais distincte, recourbée vers la face dorsale de la tête. Yeux absents. Antennules
et antennes comprenant respectivement trois et cinq articles. Maxillipèdes (fig. 61, a) avec
le palpe supérieur bien défini, présentant quelques soies allongées, ainsi que sur le bord antéro-
eiteme de l’appendice. Bord postérieur (fig. 61, b) avec une paire de lamelles externes bien
nettes, relativement longues et lisses, et deux digitations internes courtes; le bord médian est
tuberculé latéralement.
Péréion. — Bosses latérales non définies, leur emplacement étant seulement délimité
par une légère dépression de la chitine. Plaques coxales absentes, le bord externe générale¬
ment aminci et redressé. Bord latéral des segments visible dans tous les somites. Oostégites.
Première paire (fig. 61, c). Bord externe de la partie antérieure légèrement tronqué; le lobe
distal de la partie inférieure est très prononcé et distalement incurvé vers l’extérieur; crête
interne avec trois petites digitations. Les autres plaques marsupiales sont ciliées sur leurs
bords antérieur et inférieur, les soies postérieures étant plus longues, surtout dans la cin¬
quième paire; dans la seconde, le bord antérieur est inerme. La tuberculisation externe des
oostégites est relativement forte. Péréiopodes (fig. 61, d) augmentant de taille jusqu’à P4, les
suivants pratiquement égaux. On remarque une forte gibbosité, bilobée dans les dernières
Poires, sur le bord supérieur du basipodite et deux autres, plus faibles, sur le bord inférieur
de 1 ischiopodite; le mérus et le carpe forment également des bosses postérieures; le propode
® petit et le dactyle court.
Pléon. — Plaques latérales arrondies ou légèrement acuminées, généralement plus
développées sur le côté déformé où la troisième est la plus grande; celles du côté normal
sont plus courtes. Pléopodes (fig. 61, e-i). Cinq paires biramées, de taille décroissante; l’endo-
P°®te est triangulaire dans les paires antérieures et lancéolé dans les postérieures ; nettement
Source : MbJHN, Paris
ROLAND BOURDON
196
plus long que l’exopodite dans les quatre premiers segments, les deux rames sont de même
dimension dans la cinquième; la forme de l’exopodite d’abord arrondie devient progressive-
ment allongée. Les pléopodes antérieurs sont tuberculés. Uropodes (fig. 61, j) uniramés,
ovalaires et un peu plus courts que les exopodites des cinquièmes pléopodes. La face ventrale
des pléonites est striée longitudinalement.
Pseudione hyndmanni (B. et W.). — 9 adulte, face dorsale X 20.
Mâle (fig. 62, à).
Mensurations. — Longueur : 2,0 mm; largeur au quatrième segment thoracique :
0,8 mm; longueur du pléon : 0,5 mm.
Céphalon arrondi en avant et sur les côtés, fusionné avec le premier segment du péréion
arrière. Yeux présents, très visibles. Antennules et antennes (fig. 62, b) respectivement com¬
posées de trois et cinq articles. Maxillipèdes sous forme de petites lamelles très allongées ter¬
minées par quelques soies.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES
EÜHOPÉENNES
197
Fig. 62
JWione hyndmmni (B. et W.). - g adulte :
XM1 i «i P^réiopode X 95; d, pléon, face
a, face dorsale X 37 ; b, antenne et antennule
ventrale X 100.
Source : MNHN, Paris
198
ROLAND BOURDON
Péréion. — Tous les segments rapprochés; bord latéral arrondi. Péréiopodes (fig. 62, e )
de taille variable : PI le plus petit, P2-P4 sensiblement égaux, P5-P7 plus longs; le prop^d,
est massif et le dactyle émoussé, d’ailleurs plus réduit dans les dernières paires.
Pléon (fig. 62, d) de six segments, le premier nettement moins large que le septième
somite thoracique. Pléopodes invisibles sans traitement approprié; sur le spécimen vidé, ib
apparaissent comme cinq paires de lobes plus ou moins ovalaires diminuant postérieurement
de taille, sauf le dernier qui est arrondi. Pas d’uropodes, mais deux bouquets de petites soies
insérées sur la face ventrale près du bord postéro-exteme.
Formes larvaires.
Épicaridien.
Longueur : 0,23 à 0,26 mm.
Céphalon. — Antennules (fig. 62, a) paraissant semblables à celles de la larve de
Pseudione crenulata G. O. Sars. Antennes (fig. 63, b) avec deux soies sur le bord postéro-
inteme du quatrième segment pédonculaire ; les deux articles du fouet sont sensiblement
égaux, le dernier se terminant par trois dents, trois poils courbes et deux longues soies sétacées
inégales, la plus grande faisant environ trois fois la longueur de l’autre.
Péréion avec péréiopodes de type ordinaire.
Pseudione hvndmanni (B. et W.). — Larve épicaridienne : a, antennule y 459; b, antenne > 408;
c, pléopode X 587; d, uropode X 477; e, bord postéro-ventral de l’exopodite du
même X 874; /, dernier segment abdominal, face dorsale X 492.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
199
Pléon. — Pléopodes (fig. 63, c) tous identiques, la saillie postéro-inteme de la plaque
j jasa j e pourvue d’une soie courte et d’une autre plus longue et plumeuse. Exopodite avec
trois soies plumeuses. Uropodes (fig. 63, d). Endopodite présentant deux dents aiguës sur le
bord postérieur et deux autres obtuses sur la face ventrale (fig. 63, e); équipé de deux soies
«étacées inégales. Exopodite trifide à l’extrémité, se termine par une seule soie. Dernier seg-
M nt abdominal (fig. 63, /) divisé en plaques plus ou moins losangiques dont la disposition
tarait différente de celle observée chez l’épicaridien de Scyracepon levis Bamard ; ainsi, il n’y a
^ de rangée médiane; mais cette « mosaïque » semble assez variable. Tube anal court.
Pmidimu hyndmanni (B. X 367 et W.). — Larve cryptoniscienne : a, antennule X 309:
b, antenne X 309; c, 1 er péréiopode x 367 ; d, 7 e péréiopode 367 ; e, 5' pléopode X 264;
/, bord postérieur de l'exopodite des uropodes X 693 ; g, bord postérieur de l’endopodite
des mêmes appendices X 693 ; h, pygidium X 333.
(jjptoniscien.
Longueur : 0,78 à 0,82.
Céphalon triangulaire-arrondi. Yeux présents. Antennules (fig. 64, a). Article basal
atec la partie antérieure difficile à distinguer, paraissant prolongée par une sorte de lame
iateme aplatie; une soie au bord antéro-exteme, trois autres sur le bord postérieur. Deuxième
article pourvu de saillies anguleuses dans sa moitié inférieure ; une soie au bord antéro-exteme.
Troisième article avec deux lobes terminés par trois soies, le supérieur très court, l’inférieur
Toatre fois plus long présentant deux soies proximales; frange sensorielle présente. Antennes
fe 64, b). Les deux premiers segments courts, le second avec une soie distale, les derniers,
pins longs, ornés de trois soies postéro-extemes. Les quatre articles du fouet minces; leur
Gagneur relative = 1>2<3<4, ce dernier, étant le plus long, se termine par deux paires
& soies inégales.
Source : MNHN, Paris
200
ROLAND BOURDON
Péréion. — Péréiopodes. P1-P5 (fig. 64, c) de type normal, avec propode globule®.
Dans P6-P7 (fig. 64, d), ce dernier est plus mince et le dactyle très allongé; d’autre part, 1$
dents distales du carpe sont plus fines et plus longues.
Pléon. — Saillies médio-ventrales spiniformes. Pléopodes. Cinq paires biramées.
Plaque basale avec le bord ventral triangulaire et deux soies postéro-internes. Endopodit,
terminé par quatre soies plumeuses, sauf dans la cinquième paire (fig. 64, e) qui en a de®
seulement; exopodite présentant six soies plumeuses, l’externe plus petite; dans le dernier
pléopode, une des grandes soies manque. Uropodes. Plaque basale allongée, le bord posté-
rieur montrant deux petits lobes anguleux au-dessus de l’endopodite. Exopodite (fig. 64, /)
terminé par quatre dents, deux paires de soies inégales et une grande soie. Endopodite (fig. 64, g)
trifide à son extrémité, montre trois soies inégales et une grande soie médiane. Pygidi m
(fig. 64, h) divisé en six dents, les latérales séparées des autres par une échancrure profonde.
Formes juvéniles (sur P. pubescens).
Femelle.
Stade 1 (fig. 65, a). — Longueur : 0,9 mm. Vu la petite taille de ces individus il s’agit
vraisemblablement de la première forme bopyrienne après la mue de la larve cryptoniscienne.
Corps très allongé, ressemblant beaucoup au c? adulte, sauf que le pléon est déjà un peu pi®
Fie. 65
Pseudione hyndmanni (B. et W.). — i i juvéniles, face dorsale (su.- P. pubescens) :
a, stade 1 X 75; 6, stade 2 x 62; c, stade 3 X 44.
élargi et les uropodes sont présents. Maxillipèdes (fig. 66, d) bisegmentés : article basal plus
ou moins conique surmonté d’un petit lobe arrondi minuscule. Aucune trace d’oostégites.
Pléopodes (fig. 66, a) tuberculiformes, relativement gros, avec une petite digitation dirigée
vers le bas. Uropodes présentant deux bouquets de poils courts.
Stade 2 (fig. 65, b). — Longueur : 1,1 mm. Corps un peu large avec le céphalon plus
important. Maxillipèdes (fig. 66, e) bisegmentés, le second article allongé et terminé par deui
longues soies. Oostégites sous forme de petites plaques triangulaires égales, très courtes. Pléo¬
podes (fig. 66, b) tuberculiformes sans digitation. Uropodes relativement plus courts avec poib
postéro-extemes.
Stade 3 (fig. 65, c). — Longueur : 1,6 mm. Corps trapu, diminuant régulièrement de
longueur à partir du deuxième segment thoracique. Céphalon très volumineux profondément
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
201
encastré dans le premier somite du péréion. Maxillipèdes (fig. 66,/) : formation du lobe postéro-
eiterne, la séparation des deux articles du lobe supérieur est disparue. Oostégites quadrangu-
j^ires, de taille croissante vers l’arrière, la cinquième paire moins large que les autres, encore
loin d’atteindre la ligne médiane. Pléopodes (fig. 66, c) biramés, l’endopodite plus long que
fejopodite, très proche de la forme adulte. Plus de petites soies aux uropodes.
9 préadultes. — Chez les plus jeunes individus dont le marsupium constitue une
cavité incubatrice dose, les seules différences avec les 99 ovigères résident dans la forme du
corps, encore symétrique, celle des maxillipèdes (fig. 66, g), l’absence de lamelles au bord
postérieur du céphalon et de tuberculisation sur les différents appendices.
Mâle.
Chez l’adulte, les pléopodes sont toujours peu apparents; chez les jeunes,
ils sont bien visibles. Dans la première forme post-larvaire, les pléopodes sont digités et les
uropodes bien développés, tout comme chez le bopyridium. La morphologie à ce stade est donc
identique dans les deux sexes et nous considérons d’ailleurs ces spécimens comme des d’d 1
pour l’unique raison qu’ils accompagnaient des 99 plus évoluées.
2. Variation intra-spécifique
Les remarques suivantes concernent uniquement (sauf indication contraire) les para¬
ntes de P. bernhardus.
Ftmelle.
Rapport L/l du corps : 1,35 à 1,73.
Indice d’asymétrie : 21 à 39°.
Taille de l’adulte : 2,5 à 10,5 mm.
Forme du corps : absolument constante, le côté non déformé étant parfaitement droit
à partir du troisième segment thoracique jusqu’à la cinquième plaque latérale du pléon tandis
tpe l'autre côté est plus ou moins concave.
Maxillipèdes : toujours avec palpe très distinct, bien développé et garni de soies
relativement longues.
564030
Source : MNHN, Paris
202
ROLAND BOURDON
Bord, postérieur du céphalon (fig. 67, a-f) : les lamelles ne sont jamais comme le dj,
Bonnier (1900) » très larges et exceptionnellement longues, atteignant presque la partie
médiane »; elles sont au contraire assez courtes et nous avons observé ces lamelles longue,
et effilées une seule fois. Il semblerait d’ailleurs qu’elles grandissent avec le parasite; chez le,
plus petites 97 ovigères, elles sont plutôt courtes. Pour Bonnier et pour Dahl (1949), a
n’y a qu’une seule paire de lamelles chez Ps. hyndmanni; on doit toutefois noter q ue SUr
Fig. 67
Pseudione hyndmanni (B. et W.). — Variation chez la :
a-f, bord postérieur du céphalon
Fig. 68
Pseudione nyndmanni (B. et W.). — Variation chez la i : a, b. 1 er oostégite, face ventrale
la partie latérale du bord postérieur du céphalon, un des tubercules est nettement plus allongé
que les autres dans la majorité des spécimens. Il est évidemment difficile de savoir s’il faut
considérer cette petite digitation comme une lamelle interne rudimentaire puisque dans cer¬
tains car, il s’agit d’un simple tubercule, mais, dans un individu, le doute n’est plus
permis.
Premier oostégite (fig. 68, a-b) : le lobe postérieur est toujours prononcé, se montrant
comme le remarque et le figure Dahl (1949) ordinairement plus allongé chez les grands indi-
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
tidus; son bord inférieur peut être incurvé ou non. Les tubercules de la crête interne sont
m nombre variable, jamais nombreux, mais toujours présents.
Deuxième oostégite : une anomalie à relever (fig. 69) résultant manifestement de lésions
accidentelles. Formation de soies autour de la partie déchirée et, sur la portion postéro-exteme,
présence d’une plaque membraneuse frangée accolée sur la plaque marsupiale.
Tuberculisation du marsupium : toujours forte; une seule exception, sur un spécimen
adulte parasite de P. pubescens où la face externe des oostégites est pratiquement dépourvue
de granules.
Pseudione hyndmanni (B. et W.). — Anomalie dans un ocstégite régénéré.
Bosses latérales et plaques coxales : le bord latéro-antérieur des quatre premiers
segments thoraciques ne constitue jamais de bosses proprement dites; quelquefois, il est très
légèrement soulevé, mais cette zone prend toujours moins bien les colorants que le reste du
somite. De même il n’y a pas chez l’adulte de véritables plaques coxales, mais le bord latéral
te segments est le plus souvent ourlé.
Péréiopodes : à noter que la bosse du bord supérieur du basipodite est souvent plus
forte sur le côté non déformé, mais quelquefois c’est l’inverse ou encore la bosse est de grosseur
sensiblement identique des deux côtés. La longueur relative des pattes varie selon leur posi¬
tion; chez une 9 de 7,1 mm, nous avons noté :
PI
P2
P3
P4
P5
P6
P7
Cété déformé.
1,0
1,03
1,08
1,22
1,18
1,20
1,16
! Côté non déformé.
1,0
1,04
1,06
1,24
1,23
1,25
1,10
Tableau 26
Pseudione hyndmanni (B. et W.). Taille relative des péréiopodes chez une 9
Source : MNHN, Paris
204
ROLAND BOURDON
Pléon (fig. 70) : nous avons relevé huit cas où la segmentation de l’abdomen était an M -
male; ces anomalies ne sont donc pas rares chez les parasites de P. bernhardus (7,4 % d e
99 adultes).
N° 1 (a) : segments 5-6 partiellement soudés, pléopodes et uropodes normaux.
N° 2 (b) : trois segments seulement, trois paires de pléopodes.
N° 3 (c) : cinquième segment sans plaques latérales et sans pléopodes correspo n .
dants, telson et uropodes absents.
N° 4 (d) : premier somite distinct sur la moitié droite, segments 1-2 soudés sur le
côté gauche formant une seule plaque latérale, pléonites 5-6 absents, les derniers pléopodes
et les uropodes manquent.
N° 5 (e) : segments 1-2 partiellement soudés à droite, somites 34 également, seule¬
ment trois plaques latérales à gauche, quatre pléopodes côté droit dont le premier seul biramé,
trois pléopodes à gauche dont le dernier biramé, pas d’uropodes.
N° 6 (/) : segments 4-5 partiellement soudés au milieu, pas de telson, pléopodes
normaux, mais évidemment pas d’uropodes.
N° 7 (g) : premier pléonite se réduisant à la moitié droite, pas de première plaque
latérale ni de pléopodes de l’autre côté.
N° 8 (h) : moitié droite normale, moitié gauche avec trois segments et plaques laté¬
rales, les pléonites 5-6 soudés, quatre pléopodes côté gauche, pas d’uropodes.
Pléopodes : en dehors des cas ci-dessus mentionnés, nous avons toujours observé cher
les individus normaux cinq paires de pléopodes biramés, sauf chez deux petits spécimens où
l’exopodite manquait sur un côté dans le dernier segment.
Uropodes : il en est de même pour les uropodes, le plus fréquemment cachés par les
cinquièmes lames pleurales. Ils sont aussi assez souvent inégaux.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
205
Mâle-
Taille de l’adulte : 1,1 à 3,5 mm.
Rapport L/l du corps : 2,1 à 3,3, sans relation apparente avec la taille des individus.
Longueur relative du pléon : paraît progressivement diminuer avec la croissance du
(J passant de 2,0 chez un petit spécimen de 1,4 mm à 4,4 pour un grand exemplaire de
3 5 mm (ce dernier étant le plus grand d récolté).
Céphalon : apparemment non fusionné avec le premier segment thoracique; la sépa¬
ration est pratiquement invisible sans traitement approprié du parasite, encore est-elle souvent
rnal définie après avoir vidé l’animal.
Antennes : Bonnier (1900) et Dollfus et Carayon (1942) indiquent qu’elles ont
sis articles; ce nombre est d’ailleurs variable et le plus fréquemment les antennes sont consti-
mées de cinq articles. Sur 17 individus, leur dénombrement est le suivant :
4- 5 = 1 individu
5_6 = 2 —
5- 7 = 2 —
5- 5 = 6 individus
6- 6 = 3 —
7- 7 = 3 —
Un autre exemplaire présentait une seule paire d’appendices du côté droit seulement
(antennes quadriarticulées), l’emplacement opposé où auraient normalement dû prendre
naissance l’antennule et l’antenne était remplacé par un trou oblong chitiné sur les bords, sans
doute consécutif à une blessure.
Péréiopodes : tous semblables, sauf en dimensions, leur taille étant variable selon leur
position. PI sont les plus petites, P2-P4 sensiblement semblables, mais les trois dernières
paires augmentent graduellement de taille jusqu’aux P7 qui sont environ une fois et demie
plus grandes que les premières. Leur aspect devient également plus élancé ainsi que le figure
Bonnier (1900), mais si la longueur relative du dactyle est effectivement un peu plus grande
dans les paires antérieures, ce caractère n’est guère frappant.
Pléon : l’abdomen est normalement composé de six segments bien séparés portant
cinq paires de pléopodes ovalaires très peu distincts (le plus souvent visibles après traitement).
Toutefois, comme nous avons déjà eu l’occasion de le signaler (Bourdon, 1965 a), on peut
observer une réduction du nombre des pléonites. Sur 79 C?C? adultes (accompagnant des 99
ovigères), 14 étaient anormaux sous ce rapport, soit 17,7 %, ce qui constitue une proportion
d’. anomalies » relativement très élevée. Les cas constatés sont les suivants (fig. 71) :
Six segments : les trois premiers somites fusionnés à gauche et sans pléopode de ce
côté (o).
Cinq segments : chez deux individus, il manque seulement le telson (b); cinquième
pléopode droit absent (c) ; segments 3-4 fusionnés à gauche, quatre pléopodes de ce côté ( d ).
Quatre segments : avec appendices normaux (e); les deux derniers pléonites soudés
au milieu avec un pléopode droit, les segments normaux en sont dépourvus (/); somites
34 soudés à gauche, le troisième sans pléopode de ce côté (g) ; segments 2-4 fusionnés au
milieu (h et fig. 72, a).
Trois segments : le troisième somite sans pléopode (i).
Deux segments : le second très gros et arrondi, pas de pléopode sur aucun (/); le
deunème en forme de telson normal, mais renflé latéralement sans pléopode droit ( k ) ; le
dernier étendu à droite avec pléopodes accolés (/).
Un seul segment : sans appendices (fig. 72, b-c).
Parmi les cinq spécimens adultes sur Pagurus pubescens de Norvège, un des d<3 pré¬
sente cinq segments, un autre trois seulement.
On peut d’abord supposer que ces « anomalies » proviennent de régénérats anormaux
consécutifs à des lésions ou à l’ablation des derniers segments abdominaux du d par les pattes
nettoyeuses du Pagure cherchant à se débarrasser de son parasite. Le fait que les d d soient
plus souvent anormaux que les 99 semblerait confirmer cette supposition, les premiers;
placés sur les secondes les protégeraient en quelque sorte de leur propre corps plus exposé
aux contacts éventuels avec le péréiopode de l’hôte. On doit cependant se demander si un
7 564030 6. » A
Source : MNHN, Paris
206
ROLAND BOURDON
Fig. 71
hyndmwni (B. « W.>. - V.ri.tion chc. I. J : »!. pi*»». f—
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
207
Fig. 72
Pseudione hyndmanni (B. et W.). — Variation chez le g :
i-b, face dorsale; c, 7' segment thoracique et pléon; d-f, telson.
traumatisme de l’abdomen, région particulièrement riche en vaisseaux sanguins et où se
trouve d’ailleurs situé le cœur, n’entraînerait pas plutôt la mort du parasite par hémorragie.
Une autre hypothèse est que Ps. hyndmanni présente une tendance à la fusion des
pléomères tout comme certaines espèces de Pleurocrypta (voir plus loin) ont, au contraire,
une tendance à la métamérisation du pléon, mais l’abdomen devrait alors être plus développé
et rester symétrique, ce qui n’est pas souvent le cas.
Finalement, on peut penser qu’il s’agit de simples malformations au cours du déve¬
loppement.
Telson (fig. 72, d-f). — Ainsi que l’a indiqué et figuré Dahl (1949) le telson est assez
variable, étant plus ou moins allongé, cordiforme ou losangique. Toutefois, contrairement à
ce que trouvait cet auteur avec son matériel nordique, nous n’avons pu mettre en évidence
aucune relation entre la forme du telson et la taille des individus chez nos spécimens armori¬
cains. La taille du telson n’est d’ailleurs pas toujours en rapport avec celle du cf.
3. Remarques systématiques
Bien qu’obtenus sur le même hôte, P. bernhardus, les différences morphologiques
importantes existant entre le parasite tel que décrit et figuré par Sars (1899) et le type même
de Ps. hyndmanni établi par Bâte et Westwood (1868) quant au nombre de lamelles du
bord postérieur du céphalon de la 9, la forme du lobe inférieur du premier oostégite et sur¬
tout celle des pléopodes, avaient conduit Bonnier (1900) à créer l’espèce Ps. proxima pour le
spécimen norvégien. Cette séparation occasionna une confusion qui a régné durant un demi-
siède.
Parfaitement fondée étant donné l’état des connaissances d’alors, elle a donné lieu à une
longue période d’incertitude durant laquelle se sont opposées les opinions contraires de
Bonnier (1900), Nierstrasz et Brender-à-Brandis (1923, 1926, 1931), Holthuis (1950) et
Spooner (1957) d’une part, partisans de cette distinction et, d’autre part, Sars (1899), Hansen
(1916), Shiino (1936) qui étaient contre. Mais, comme le faisaient remarquer justement
Dollfds et Carayon (1942) et Pike (1953), seul un nouvel examen des sujets mêmes du
litige pouvait résoudre la question et, en attendant, mieux valait considérer provisoirement
les deux espèces comme valides.
B fallut attendre l’étude comparative de Dahl (1949) pour arriver enfin à une conclu-
aon définitive. Ayant réuni un matériel important de Pseudione parasites de P. bernhardus et
* ° Pubesceru dont les propres spécimens utilisés par Sars lui-même, cet auteur s’aperçut
9 a.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
qu’un concours de circonstances fâcheuses était, en grande partie, à l’origine de la controverse.
D’abord, la description et les dessins de Sars ne s’appliquaient pas au même exemplaire (»
dont Bonnier s’était douté); ensuite, les pléopodes du spécimen figuré — caractère distinctif
principal entre les deux espèces présumées — avaient été mal représentés par erreur et ne
possédaient pas, en réalité, ni la taille anormalement longue ni la forme lancéolée dessinées-
enfin, la paire de digitations figurées résultaient très probablement d’une dissection défec!
tueuse, un lambeau de chitine appartenant au céphalon arraché en manipulant ayant été pris
pour une lamelle supplémentaire, détails que bien évidemment ni Bonnier ni personne ne
pouvaient soupçonner. Quant à la longueur des lamelles latérales du bord postérieur du
céphalon, Dahl constatait que, de même que la forme du lobe inférieur du premier oostéeite
et celle du telson du d, elle varie avec les dimensions des individus.
Il ne fait donc maintenant aucun doute que Ps. proxima doive être considéré comme
un simple synonyme de Ps. hyndmanni. Il en est de même pour Ps. dubia, nom que
Bonnier (1900) donna « pour attirer l’attention » au Pseudione de P. pubescens, sans avoir jamais
vu un seul spécimen; mais cette espèce était restée nomen nudurn pour tous les auteurs
suivants.
La forme la plus proche de Ps. hyndmanni est Ps. giardi Caïman, parasite de divers
Pagures de la côte Pacifique des U.S.A. Comparées au présent matériel, la seule différence tes-
sortant des figures de Calman (1898) réside dans la longueur excessive des lamelles posté
rieures du céphalon de la 9 qui dépassent la ligne médiane du corps. Mais, Bonnier ( 1900 ]
figure également un spécimen de Ps. hyndmanni typique, chez lequel ces lamelles, plus
longues que celles des exemplaires récoltés en Bretagne, sont de taille intermédiaire entre les
Pseudione armoricains et Ps. giardi; aussi est-il possible que l’espèce américaine soit ultérieu¬
rement à mettre en synonymie avec Ps. hyndmanni comme le pensent Dollfus et Carayon
(1942). Bien entendu, nous ne pouvons pour l’instant conclure à son invalidité sans avoir
examiné d’exemplaires, car peut-être certains détails morphologiques n’ont-ils pas été indiqués
Hôtes et distribution géographique
Ps. hyndmanni est actuellement connu sur 7 espèces différentes de Pagures :
— sur Pagurus bernardus (Linné). — Norvège : Molde (Sars, 1899). Danemark :
Skagerrak, Kattegat et Sound (Meinert, 1877; Hansen, 1916; Stephensen, 1948). Belgique:
West Hinder Bank (Holthuis, 1950). Écosse : Clyde (Henderson, 1886; Scott, 1897; Pike|
1953, 1961). Grande-Bretagne : Starcross, Salcombe, Plymouth, Devon (Norman et Scorr
1906; Pire, 1953; Spooner, 1957). Irlande : Groomsport, Valentia (Bâte et Westwood|
1868; Pire, 1953). France : Equihen, près de Boulogne-sur-Mer (Giard, 1899), Roscoff
(Giard, 1899; Pérez, 1931; Bourdon, 1963), Rade de Brest (R. B.), Baie de Quiberon (Bour¬
don, 1960), Arcachon (Dollfus et Carayon, 1942; Carayon, 1943).
— sur Pagurus pubescens (Kreyer). — Islande : Nord-Ouest et Sud. Faroë ; Sud
(Hansen, 1916). Mer Blanche (Dahl, 1949). Norvège : Nord-Ouest jusqu’aux Lofoten (Sars,
1899; Dahl, 1949). Écosse : îles Orkney, île de Man, Clyde (Pire, 1953, 1961).
— sur Pagurus cuanensis (Bell). — Écosse : Clyde (Pire, 1961).
— sur Pagurus prideauxi (Leach). — Écosse : Clyde (Patience, 1911; Pire, 1961).
Probablement aussi Italie : Naples (Fraisse, 1878).
— sur Pagurus sp. — Japon : au large de Misaki (Shiino, 1936).
— sur Anapagurus laevis (Bell). — Écosse : île de Man, Clyde (Patience, 1911;
Pire, 1961). France : Roscoff (Bourdon, 19656), Baie du Pouliguen (Jousset deBellesmr,
1882), au large d’Arcachon (Dollfus et Carayon, 1942).
— sur Anapagurus chiroacanthus (Lilljeborg). — Écosse : Clyde (Pire, 1961). France:
fosse d’Ouessant (L. Cabioch coll.).
L’espèce a encore été notée comme parasite d 'Hippolyte varions Leach en Écosse
par Scott (1897), mais cette détermination est vraisemblablement erronée. Le Phryxus
hyndmanni que cite Anthony (1909) sur un Anapagurus hyndmanni (Bell) de Saint-Vaast-
la-Hougue est plutôt un Athelges tenuicaudis Sars. Il ne faut sans doute pas non plus rap¬
porter à la présente forme le Bopyridae mentionné par Bâte (1888) comme « ressemblé
to Phryxus hyndmanni Bâte » et pris aux îles Philippines sur Plesionika senulaevis Baie.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
209
BIOLOGIE
Les données biologiques et éthologiques concernant cette espèce sont fort réduites
suite de l’extrême rareté des formes juvéniles dans notre matériel : une 9 stade 3 accom-
rlgnée d’un cryptoniscien et une préadulte seulement! Cette absence de parasites jeunes est
([ ailleurs des plus curieuses, car les petits Pagures ont été récoltés en grand nombre. A défaut
de pouvoir préciser le cycle de Ps. hyndmanni, nous donnerons les quelques renseignements
fragmentaires qui ont pu être tirés des observations.
1. Conditions de fixation
a. Taille de l’hôte.
Comme l’a noté Pérez (1934), la taille des P. bernhardus diffère selon la profondeur
de leur habitat. Dans la zone des marées, ils dépassent rarement 10 mm de longueur céphalo-
thoracique; à 20-30 m, les Pagures atteignent jusqu’à 30 mm et les individus de petites dimen¬
sions sont peu nombreux. La taille des hôtes infestés varie de même. Dans l’Aber de Roscoff,
ils mesurent 2,4 à 9,0 mm, les spécimens de 5 mm étant proportionnellement les plus fréquents;
dans les algues en épaves roulées du Paradis, le plus fort pourcentage se situe entre 7 et 9 mm,
nais à deux reprises, nous avons obtenu des exemplaires de 15,5 mm parasités.
b. Sexe de l’hôte.
Les récoltes effectuées à Roscoff ne confirment pas la précédente observation faite en
BaiedeQuiberon relative à une influence possible du sexe de l’hôte sur le parasitisme (Bourdon,
I960). Dans cette dernière région, les 99 se montraient infestées à 0,2 % et les cfcf à 0,08 %
mais le nombre d’individus réunis était très peu élevé. Dans la Manche, où au contraire le
matériel est quantitativement très suffisant, les pourcentages se montrent pratiquement
identiques : 1,0 et 0,9 % en dragage, 0,6 et 0,5 % à la côte pour les 99 et les cfc?
respectivement.
c. Position du parasite.
En règle générale, Ps. hyndmanni se fixe dans la cavité branchiale gauche de P. bern-
kardus (c’est également le cas pour les 17 parasites des P. pubescens) ; mais, comme le notent
f,.0. Sars (1899) et Carayon (1943), le Bopyridae se trouve quelquefois du côté droit. La
proportion très importante de Pseudione « gauches » (80,5 %) en Bretagne demanderait à être
expliquée.
2. Évolution du parasite
Chez les spécimens sur P. pubescens, il s’agit exclusivement de formes juvéniles aux
stades 1,2 et 3, mesurant entre 1,0 et 2,5 mm, sur des individus de 2,5 à 6,3 mm ; l’infestation
se produit donc au début de la vie post-larvaire de ce Pagure. Le rapprochement du stade
évolutif et de la taille du parasite avec celle de son hôte, indique qu’il en est de même pour
P. bernhardus.
3 e forme juvénile : 1,4 mm sur hôte de 2,4 mm;
9 préadulte : 1,9 mm sur hôte de 3,0 mm;
99 juste adultes : 2,0 à 2,4 mm sur hôte de 3,3 à 4,2 mm ;
Plus petite 9 ovigère : 2,5 mm sur hôte de 4,6 mm.
Dans l’Aber de Roscoff, les Pagures provenant de la ponte de décembre-mars rejoignent
la population intertidale en mai. En juillet, ils atteignent 2,6 à 5,0 mm et les individus les plus
précoces passent dans la classe 5,1/7,5 mm en septembre. La maturité sexuelle de Ps. hyndman-
ni paraissant s’effectuer quand l’hôte a 4-5 mm de longueur, l’intervalle entre la fixation et le
stade adulte peut donc être approximativement estimé à 3-4 mois, en admettant que l’infesta-
don se produise au tout début de la vie post-larvaire du Pagure. Cette évolution paraît par
conséquent beaucoup plus rapide que celle de Cancricepon elegans G. et B.
La durée de vie du parasite et du Bemard-l’Ermite n’est pas connue avec précision.
Plu et Williamson (1959) attribuent aux Pagures de 7 à 8 mm de longueur l’âge probable
de un an et celle des plus grands individus supérieurs à 30 mm à 3 ans. A Roscoff, une faible
proportion des jeunes de l’année précédente acquièrent 7,6/10,0 mm en janvier, soit après 8 mois
deriebenthique, mais la plupart émigrent dors vers des niveaux plus profonds à cette époque.
Source : MNHN, Paris
210
ROLAND BOURDON
ce qui ne permet pas de connaître leur croissance ultérieure. Cette classe constitue, sauf
exception, la taille maximale des individus infestés, mais on ignore si les Pagures plus grands
se sont débarrasés de leur parasite ou s’ils étaient indemnes. Quant au destin des hôtes bopyri.
sés rien pour l’instant ne permet de savoir s’ils meurent à ce moment ou si les mues ou le taux
de 'croissance diminue. En tous cas, nous avons conservé pendant 9 mois en élevage deux
Pagures parasités de 7,4 et 7,5 mm. La durée de vie adulte peut donc atteindre au moins 17
mois, car dans les deux cas, l’hôte est mort accidentellement.
3. Reproduction
La reproduction s’étale sur toute l’année. Chaque ponte ne coïncide pas obligatoirement
avec la mue de l’hôte, 2 à 3 émissions consécutives pouvant s’effectuer pendant l’intermue
du Pagure. Une 9 suivie en élevage a fourni 10 pontes successives avant de mourir.
Les durées d’incubation relevées chez cet individu étaient les suivantes : 25, 26, 28, 27
28, 30, 26, 22 et 25 jours pour une température moyenne maintenue entre 15 et 17.
Graphique 8
Pseudione hyndmanni. — Fécondité en fonction de la taille des i i
Fécondité. — Elle augmente assez régulièrement avec la taille : de 300 à 9.820 œufs
pour des 99 entre 2,9 et 7,1 mm (graphique 8).
Statistiques d’infestation
Plusieurs statistiques d’infestation ont été faites sur ce parasite, mais celle établie par
Pire (1961) pour la Clyde (Écosse) est particulièrement intéressante, car Ps. hyndmanni est
trouvé dans cette localité sur cinq Pagures différents. La fréquence relative du Bopyridae se
montre remarquablement élevée chez Pagurus pubescens (jusqu’à 35,8 %) qui peut être consi¬
déré comme l’hôte normal, tandis qu’au contraire, il est rare sur les autres espèces. A part
Pagurus bernhardus, sur lequel le parasite a été récolté à plusieurs reprises (0,1 à 0,2 %),
P. cuanensis, Anapagurus laevis et A. chiroacanthus n’ont fourni chacun qu’un seul indi-
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
211
rida. L’infestation de ces derniers Pagures paraît donc accidentelle et résulter de leur
abondance dans une région particulièrement favorable au parasitisme de P. pubescens. On ne
peut toutefois généraliser ce fait : en Bretagne où celui-ci est pratiquement absent, Ps. hynd-
mn ni existe quand même et il est loin d’être rare sur P. bernhardus.
D’après Dollfus et Carayon (1942), le Pseudione serait plus fréquent sur cet hôte
à Arcachon que sur les côtes de la Manche, mais pas plus que celle de Hansen (1916) le consi¬
dérant comme « rather common » dans la partie nord de la Sound, cette estimation ne repose
sur des données numériques. En Bretagne, nous avons obtenu les taux d’infestation suivants :
Baie de Quiberon : 6 Pseudione sur 4.958 P. bernhardus = 0,1 %
Rade de Brest : 1 Pseudione sur 404 P. bernhardus = 0,2 %.
Roscoff : 95 Pseudione sur 18.549 P. bernhardus = 0,5 %.
a. Variation locale.
Le parasitisme se montre donc plus élevé sur la côte nord de Bretagne que sur la côte
sud (x2 = 12,69 hautement significatif), Roscoff paraissant la meilleure station pour l’espèce.
Toutefois, comme pour Cancricepon elegans G. et B., il convient de souligner les différences
importantes d’une localité à l’autre dans une même région. Par exemple, dans le Port de
Primel, en janvier 1965, 2 spécimens étaient recueillis sur 2.335 Pagures, soit 0,09 % tandis
que le jour suivant, à Roscoff, la récolte comprenait 20 Pseudione sur 2.215 individus, soit
090 %, c’est-à-dire proportionnellement 10 fois plus (xl = 14,11 hautement significatif).
Mais ce dernier échantillon se montrait lui-même hétérogène et bien que prélevé dans quatre
endroits groupés dans un rayon de 150 m, donnait des pourcentages variant entre 0,4 et
3,8%.
b. Variation bathymétrique.
D’une façon générale, Ps. hyndmanni est nettement plus fréquent sur les P. bernhardus
de moyennes profondeurs (20-30 m) que sur les Pagures vivant dans la zone des marées :
Zone intertidale : 49 cas sur 13.654 individus = 0,4 %
Dragages : 46 cas sur 4.895 individus — 0,9 %
= 7,64 significatif
c. Variation annuelle.
Considérant seulement les échantillons prélevés en dragages et chalutages, les taux
moyens annuels n’ont guère varié d’une année à l’autre :
1962 : 7 cas sur 872 Pagures : 0,8 % j yj = 0,03 non significatif
1963 : 8 cas sur 1.255 Pagures : 0,6 % !
1964 : 31 cas sur 2.711 Pagures : 1,1 % | X? = 1.76 non significatif
d. Variation mensuelle.
La fréquence moyenne mensuelle varie entre 0,6 et 1,6 % au cours de l’année pour
les récoltes de profondeur, mais le nombre d’individus obtenus par mois est trop peu important
pour être significatif.
Influence du parasitisme sur l’hôte
Le Pseudione ne féminise pas les pléopodes des Pagures c î C? comme le fait leur
Épicaride abdominal, mais il paraît agir sur la gamétogenèse des 99 : aucun individu
île ce sexe n’était ovigère. Les mues de l’hôte s’effectuent normalement.
Infestations simultanées
Le Phryxidae Athelges paguri (Rathke) n’est pas rare sur les côtes de Bretagne. Un
as d’association avec Ps. hyndmanni a été noté en Baie de Quiberon et sept à Roscoff où sa
fréquence est de 1,2 % (xi = 4,19 significatif). Vu la rareté relative du Bopyridae, on peut
supposer que la présence du Phryxidae a favorisé l’installation du Pseudione.
Ce dernier a également été rencontré une fois sur un P. bernhardus porteur du Rhizo-
'éphale Peltogaster paguri (Rathke).
Source : MNHN, Paris
212
ROLAND BOURDON
14. PSEUDIONE DOHRNI Bonnier, 1900
Références :
1890 Palaeer/te dohrni Giard et Bonnier, p. 376 (nomen nudum ).
190o! Pseudione dohrni Bonnier, p. 293-295, pl. XXI, fig. 1-10.
Matériel examiné :
_ sur Callianassa truncata Giard et Bonnier. — Italie : 2 spécimens, Naples, para.
types de Ps. dohrni (Muséum, Paris).
Fie. 73
Pseudione dohrni Bonnier. — adulte, face dorsale X 43.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE
MERS EUROPÉENNES
213
1. Description
Forme adulte.
femelle (fig. 73).
Spécimen de référence : un des paratypes.
Mensurations. — Longueur : 3,5 mm; largeur au sixième segment thoracique : 1,9 mm;
longueur du pléon : 0,8 mm. Indice d’asymétrie : 8°.
Céphalon. — Lame frontale mince. Yeux absents. Antennules et antennes respecti¬
vement tri et quadriarticuiées, l’article basilaire très gros, surtout dans les antennes. Maxil-
lipèdes (fig- 74, a) arrondis dans leur partie antérieure, le palpe représenté par deux lobes
sétifères arrondis. Bord postérieur (fig. 74, b) pourvu d’une paire de lamelles effilées et lisses;
la partie médiane garnie de tubercules sur toute sa longueur, les plus externes étant plus gros
que les autres.
Péréion augmentant notablement de largeur dans la partie postérieure du thorax.
Bosses latérales peu saillantes, presque indistinctes dans le premier segment; celles de trois
somites suivants triangulaires. Plaques coxales devenant de plus en plus grandes vers l’arrière,
en pointes, peu visibles dans les paires antérieures. Bord latéral des segments faisant la moitié
de la longueur des tergites II et III, plus court dans les autres. Oostêgites. Première paire
(fig. 74, c) avec le bord inféro-inteme pointu et orné de quelques poils courts; la crête interne
présente six tubercules allongés. Les autres plaques marsupiales de type ordinaire avec
présence de la frange habituelle dans la cinquième paire. Péréiopodes de taille croissante,
munis d’une forte gibbosité au basipodite.
Pléon (fig. 75, a). — Plaques latérales lamelleuses et en pointe, la plupart ondulées
sur les bords, de taille sensiblement égale; les premières paires forment avec les derniers
segments thoraciques un élargissement du corps caractéristique. Pléopodes biramés,
ne dépassant pas les lames pleurales en vue dorsale; l’endopodite et l’exopodite
d'apparence identique, diminuant de longueur et s’amincissant vers l’arrière; le bord de ces
appendices s’épaissit en une sorte de bourrelet plus ou moins tuberculé. Uropodes biramés,
l’endopodite plus long que l’exopodite, ce dernier présentant le même aspect que les plaques
latérales.
Source : MNHN, Paris
214
ROLAND BOURDON
Mâle (fig. 75, b).
D’après la description de Bonnier (1900).
Longueur : 1,5 ram.
Céphalon aplati en avant, distinct du thorax. Antennules triarticulées, antennes quadri-
articulées. Maxillipèdes rudimentaires.
Péréion. — Péréiopodes de type normal.
Pléon à six segments, mais le dernier somite « presque confondu » avec le précédent
(sur la fig. 9 de Bonnier, la séparation des deux derniers pléonites est indistincte). Pas de
tubercules médio-ventraux. Pléopodes ovoïdes, bien visibles. Pas d 'uropodes, mais deux bou-
quets de petites soies postéro-extemes.
Fig. 75
Pseudione dohrni Bonnier. — i adulte : a, pléon, face ventrale X 46.
g adulte : 6, face dorsale (d’après Bonnier, 1900).
2. Variation intra-spécifique
La seconde 9 examinée présente peu de différences avec le spécimen de référence :
l’axe du corps est légèrement sinueux, la tête plus quadrangulaire, le bord des segments tho¬
raciques VI-VII et la première plaque latérale du côté gauche moins aiguës.
3. Remarques systématiques
Les paratypes examinés correspondent bien dans la majorité de leurs caractères à la
description de Pseudione dohrni Bonnier, quoique les derniers segments thoraciques et les
somites antérieurs de l’abdomen soient plus élargis que sur la figure de Bonnier (1900).
Toutefois, nous avons eu la surprise de constater que le sixième segment pléal portait deux
paires d’appendices, l’une relativement courte et semblable aux plaques latérales, l’autre
plus allongée, ressemblant aux pléopodes postérieurs. D’ailleurs, en dénombrant les appen¬
dices du pléon sur la figure 8 de Bonnier, on en compte également 17 sur le côté droit. Nous
ignorons comment ce caractère important a pu échapper à un auteur aussi averti et scrupuleux.
La présence d’uropodes biramés chez la 9 se montre tout à fait exceptionnelle dans
le genre Pseudione dont l’un des principaux critères est précisément d’avoir ces appendices
umramés. Le seul autre cas que nous connaissions est Ps. longicauda, espèce établie par Shuso
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
215
(1937), dont l’holotype (1) possède un uropode double d’un côté et simple de l’autre; toutefois,
dans deux spécimens adultes retrouvés par la suite (Shiino, 1958), ces appendices sont uni-
rarnés.
La forme japonaise paraît, avec la suivante, être l’aboutissement d’une série de Pseu-
Jione chez lesquels les plaques latérales s’allongent de plus en plus, et qui, d’autre part, mani-
festent une certaine tendance au doublement des uropodes. Par ce caractère, les espèces de
celte lignée montrent des affinités avec Pagurion Shiino (1933), Paragigantione Bamard
(1920), Parapagurion Shiino (1933), Aporobopyroides Nobili (1906) et Aporobopyrina Shiino
(1934), mais l’élargissement progressif du corps est typique pour Ps. dohrni.
Hôte et distribution géographique
Seulement connu à Naples sur Callianassa truncata G. et B. (Giard et Bonnier,
1890; Caroli, 1931).
15. PSEUDIONE BOREALIS Caspers, 1939
Références :
1939, Pseudione borealis Caspers, p. 236-240, fig. 1-6.
1948, Pseudione borealis Stephensen, p. 123, fig. 37,1-2.
1. Description
FOBME ADULTE :
Nous nous baserons sur la diagnose et les dessins de Caspers.
Femelle (fig. 76, a).
Longueur : 3 à 5 mm.
Céphalon très profondément enfoncé dans le premier segment thoracique. Lame
frontale (non notée), mais paraissant toutefois présente et mince. Deux petites taches sont
visibles sur les angles latéraux de la tête, mais il est peu probable que les yeux se trouvent
i cet emplacement. Antennules Inarticulées, antennes composées de cinq articles. Maxilli-
pÜes (fig. 76, b) avec deux petits palpes sétacés, l’un plus grand que l’autre. Bord postérieur
(fig. 76, e) avec une seule paire de lamelles lisses et allongées; bord médian fortement et
inégalement ondulé.
Péréion. — Bosses latérales sur les quatre premiers somites, plus grosses dans la
première paire et sur le côté déformé; les trois postérieures du côté non déformé sont petites;
des sont peu saillantes et certaines mal délimitées sur leur bord interne. Plaques coxales
indiquées comme peu importantes ; celles de la dernière paire et la cinquième plaque droite
bien développées et lancéolées. Oostégites. Première paire (fig. 76, d) parfaitement arrondie
dans sa moitié antérieure, formant un lobe inférieur très accusé; la crête interne est pourvue
de quelques tubercules aigus. Les autres plaques marsupiales sont bordées d’une frange de
soies sur leur bord postérieur et leur face externe est tuberculée; la nervure chitineuse longi¬
tudinale est segmentée, ce qui paraît assez caractéristique. Péréiopodes avec une forte bosse
au basipodite.
Pléon à six segments. Plaques latérales très longues et effilées, semblent s’allonger
jusqu'à l’avant-dernière paire, la cinquième étant plus courte que les autres. Pléopodes biramés,
de même forme que les lames pleurales, mais plus fines et montrant de petits tubercules sur
les bords. Uropodes (uni ou biramés?) ayant le même aspect que les plaques latérales.
•O U i juvénile posséderait également des rudiments d’endopodites aux uropodes (Shiino, 1958). On
toutefois, se demander si l’exemplaire décrit (et provenant pourtant de la même espèce d’hôte) appar-
Urat bien i Ps. longicauda. Le marsupium complètement fermé montre qu’il s'agit d’une V préadulte,
b pléon est très différent de celui de la forme mature, les plaques latérales étant courtes et élargies,
« pleopodes largement foliacées dépassent amplement les lames pleurales. Les modifications que doit
h » préadulte pour atteindre la forme adulte paraissent bien importantes pour être réalisées en peu de
lasp*. En tous cas, nous n'avons pas d’exemple dans les parasites ici étudiés d’une transformation aussi
wbe les deux derniers stades évolutifs.
Source : MNHN, Paris
216
ROLAND BOURDON
Mâle (fig. 76, c).
Longueur : 1,3 mm.
Céphalon aplati, séparé du thorax. Yeux présents. Antennules triarticulées, antennes
comprenant six articles. Péréiopodes avec le dactyle diminuant régulièrement de longueur
vers l’arrière. Pléopodes simples, tuberculiformes. Caspers indique que le telson est en partie
fusionné avec le cinquième segment abdominal et les uropodes représentés par deux petites
saillies inermes.
2. Remarques systématiques
L’espèce présente des affinités singulièrement étroites avec Ps. longicauda Shiino ( 1937 )
qui, fait troublant, parasite une Callianassa, C. japonica (Ortmann) longtemps considérée
comme une simple variété de notre C. subterranea (Montagu) européenne. La Q s’accorde
parfaitement avec la description du Bopyridae japonais, si ce n’est par deux détails minimes
(premières plaques latérales un peu plus élargies à la base, endopodite des pléopodes 1 et 2
t riangulair es et plus courts que les suivants), mais on ne connaît pas la forme du bord postérieur
du céphalon ni celle du premier oostégite du parasite nippon. D’autre part, Shiino note
qu’un des uropodes est simple et l’autre double dans un de ses trois exemplaires adultes'
Caspers (1939) ne précise pas leur nombre. Quant au c?, la forme générale est identique chez
les deux parasites; on dénombre sept articles aux antennes au beu de six dans le Pseudione
nordique, le premier péréiopode possède un dactyle également très allongé, mais le telson
de Ps. longicauda est bien séparé du segment précédent.
Pseudione borealis Caspers. — <* adulte : a, face dorsale; b, bord supérieur du maxillipède;
c , bord postérieur du céphalon; d, l* r oostégite, face ventrale. J adulte : e, face dorsale
(toutes les figures d’après Caspers, 1939).
Ps. borealis se rapproche également de Ps. nephropsi Shiino (1951) [sur Nephrops
japonicus Tapperone-Canefry] et Ps. hanseni Nz. et Br. Br. (1923), [probablement sur Axiopù
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
217
De Man], autres Pseudione à lames pleurales allongées. La première espèce a toutefois
des plaques latérales et des uropodes plus larges ; chez la seconde, ces appendices sont seulement
effilés dans les segments postérieurs.
Hôte et distribution géographique
_sur Callianassa subterranea (Montagu). — Allemagne : Helgoland (Caspers,
1939).
16. PSEUDIONE TUBERCULATA Caspers, 1939
RÉFÉRENCES t
1939, Pseudione tuberculata Caspers, p. 240-243, fig. 7-14.
1948 Pseudione tuberculata Stephensen, p. 124, fig. 37, 34.
Caspers (1939) a décrit en même temps que l’espèce précédente un autre Pseudione
trouvé sur le même hôte et dans la même localité, Ps. tuberculata. La 9 ressemble beaucoup
à celle de son Ps. borealis en ce qui concerne la forme générale du corps, celle du céphalon,
du premier oostégite, des péréiopodes et des plaques latérales ; le c? s’en rapproche également
par la fusion partielle du dernier segment abdominal. Mais, d’après cet auteur, les critères
différentiels résident surtout dans les appendices pléaux de la 9 : les premiers pléopodes
(fig. 77, o) sont triangulaires et non effilés comme dans Ps. borealis; en outre, tous présentent
des digitations ainsi que les uropodes (fig. 77, b) ; d’autre part, le céphalon du c? est rectan¬
gulaire et semble incomplètement séparé du thorax.
Fig. 77
Pseudione tuberculata Caspers. — i adulte : a. pléon, face ventrale; b, uropodes
(les deux figures d’après Caspers, 1939).
Les différences relevées nous paraissent aussi peu importantes que celles qui séparent
Zone vicina Giard et Bonnier de I. thoracica (Montagu). On remarquera d’ailleurs la taille
relativement grande atteinte par les deux spécimens de Ps. tuberculata comparativement à
cdle des individus de Ps. borealis; il est possible (sinon probable) que la plus grande tuber-
edisation de la lame postérieure du céphalon et des oostégites chez la 9 et la quasi-disparition
fa pléopodes chez le cJ résultent de leur âge plus avancé; c’est du moins en ce sens qu’évoluent
généralement ces caractères chez les autres Bopyridae examinés en grands nombres.
Toutefois, n’ayant pu nous procurer d’exemplaire et ne possédant pas de données sur
“ variation intra-spécifique des deux espèces présumées, aucun argument positif ne permet
affirmer que l’apparition des digitations pléales se produise tardivement ; nous admettons
1 564030 6. 10
Source : MNHN, Paris
218
ROLAND BOURDON
donc provisoirement que les C. subterranea de la Mer du Nord sont parasitées par deux P seu .
dione distincts. Si des observations ultérieures confirment cette supposition, il conviendrait
alors de changer la dénomination spécifique de tuberculata, ce nom étant déjà préoccupé
par Ps. tuberculata Richardson (1904), parasite de Lithodes diomedae Benedict.
Hôte et distribution géographique
— sur Callianassa subterranea (Montagu). — Allemagne : Helgoland (Caspers,
1939).
IX. Genre PLEUROCRYPTA Hesse, 1865
1. Les espèces de Pleurocrypta
Parmi tous les Épicarides, les Pleurocrypta constituent l’un des genres dont la systé¬
matique est des plus confuses. Un résumé succinct de son historique montrera combien les
auteurs sont en désaccord sur la validité des espèces qu’il renferme :
1865. Hesse décrit la première espèce du genre, PI. galatheae sur Galathea squamifera Lcach.
1868. Bâte et Westwood rapportent le genre Pleurocrypta Hesse à Phryxus Rathke et font la description
de Ph. longibranchiatus sans indiquer l’hôte, mais en présumant l’espèce identique à un autre
spécimen parasite de G. squamifera ; ils signalent, par ailleurs, que Norman l’a également trouvée
sur Pagurus thompsoni Bell (maintenant P. pubescens Kroyer). D’autre part, ils décrivent encore
un Bopyridae de G. dispersa Bâte (indiquée comme G. intermedia Iilljeborg, erreur rectifiée par
Norman en 1869) qu’ils considèrent comme l’espèce de Hesse et l’appellent Ph. galatheae.
1876. Hesse établit la diagnose de PL porcellanae sur Pisidia longicornis (Linné) et fournit de nouveaux
détails sur les formes juvéniles de sa PI. galatheae. En outre, le Ph. longibranchiatus B. et W. lui
parait être une « larve » de PI. galatheae et le Phryxus galatheae de ces auteurs, mis en synonymie
avec cette dernière, présente trop de différences pour lui être identifié ; par contre, Hesse se range
à l’avis des deux carcinologistes anglais : son genre « Pleurocrypte » est bien « un véritable Phryxus >
et doit donc être supprimé.
1886. Henderson signale avoir trouvé un « Bopyrus » sur G. intermedia.
1887. Giard et Bonnier partagent le point de vue de Hesse : le Phryxus longibranchiatus B. et W. est
la forme jeune de PL galatheae.
1890. Les mêmes auteurs placent le Phryxus galatheae de Bâte et Westwood dans le genre Palaegygt
(maintenant in parte Pseudione) ; ils baptisent sans les décrire trois nouvelles espèces de Pleuro-
crypta : Pl. hendersoni sur G. dispersa, PL intermedia (le « Bopyrus » d’HENDERSON) et PI. strigosa
sur G. strigosa (Linné).
1894. Stebbing (in Herdmann) donne une figure sans description de Pl. nexa sur G. nexa Embleton.
1899. Sars, en désaccord avec Giard et Bonnier (1887), admet la validité de Ph. longibranchiatus B. «
W. qu’il a récolté sur G. nexa et dont il rectifie le nom en PL longibranchiata. Il décrit, de plus,
Pl. marginata sur G. dispersa et Pl. microbranchiata sur G. intermedia.
1900. Bonnier donne une nouvelle description de Pl. galatheae Hesse et Pl. porcellanae Hesse et celle,
attendue depuis dix ans, de Pl. hendersoni et Pl. intermedia, mais non de PL strigosa. Il admet la
validité de Pl. marginata Sars et » pour ne pas augmenter la confusion » de Pl. longibranchiata Sais;
il ne parle pas de la PL nexa Stebbing.
1902. Scott trouve et figure Pl. longibranchiata (B. et W.) sur G. dispersa, décrit Pl. patiencei sur Cari-
dion gordoni Bâte et Pl. clulhae sur Pandalina brevirostris (Rathke). Par la même occasion, il
adopte Pl. microbranchiata Sara au lieu de Pl. intermedia Bonnier et PL marginata Sars à la place
de Pl. hendersoni Bonnier.
1905a. Norman rectifie la nomenclature de Bâte et Westwood (1868) en suivant Bonnier.
1911. Patience signale PL galatheae Hesse à la fois sur G. squamifera et sur G. dispersa.
1912. Tattersall note avoir trouvé deux 9 9 de Pl. porcellanae Hesse accompagnées d’un î avec le
pléon segmenté (au lieu d’être fusionné).
1921. Van Name décrit Pl. langi sur Upogebia furcata (Aurivilius) au Congo.
1922. Flattely crée une variété de Pl. galatheae Hesse sur G. squamifera sous le nom de northm i-
briensis.
1923. Nierstrasz et Brender-à-Brandis décrivent Pl. macrocephala sur Petrolisthes asialicus laà
(Indonésie).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 219
1926. Les n*8 mes Auteurs considèrent Pl. microbranchiata Sars et PI. intermedia Bonnier comme des
espèces distinctes.
1930. Pe* rse décrit Probopyras yatsui sur Pelrolisthes japonicus De Haan (Japon).
1931. Nierstrasz et Brender-à-Brandis donnent la diagnose de trois nouvelles espèces : PL hessei sur
Galathea sp. (Norvège), PL perezi sur Petrolisthes sp. (Maroc) et Pl. keiensis sur Munida sp.
(Indonésie).
1933. Shiino ramène au genre Pleurocrypta le Probopyras yatsui de Pearse (1930).
1919. DaHL sépare Pl. microbranchiata Sars de Pl. intermedia Bonnier après avoir ré-examiné Phototype
de la première forme et indique G. squamifera comme nouvel hôte pour Pl. marginata Sars.
1953. Pie® distingue nettement Pl. intermedia Bonnier (= Pl. microbranchiata Sars), peut-être Pl.
longibranchiata (B. et W.) dont il donne une description et Pl. marginata Sars. Mais il pense
que la PL longibranchiata de Scott (1902) doit être Pl. galatheae Hesse et présume que Pl. hender-
soni Bonnier et Pl. nexa Stebbing pourraient bien tout simplement représenter des formes de la
dernière espèce.
1956. Holthuis met les deux précédentes Pleurocryta de G. intermedia en synonymie, du moins
provisoirement, mais sous le nom de Pl. microbranchiata.
1957. Spooner considère également Pl. microbranchiata Sars synonyme de Pl. intermedia Bonnier et
suppose certains parasites déterminés par Pire (1953) comme Pl. galatheae Hesse être des Pl.
longibranchiata (B. et W.) ; par contre, la Pl. longibranchiata décrite par cet auteur constituerait
peut-être une forme nouvelle, à moins qu’elle n’appartienne à Pl. galatheae Hesse.
1960. Stock signale deux nouveaux cas de 9 9 de Pl. porcellanae Hesse avec un à abdomen segmenté ;
il crée pour eux une espèce du genre Pseudione, Ps. convergeas.
I960. Bourdon préfère ne pas nommer spécifiquement les parasites de G. squamifera.
1963. Le même auteur en précise les raisons et signale la fréquence d’individus présentant des uropodes
doubles (au lieu d’être simples comme le voudrait le critère générique); il met en synonymie Ps.
convergeas Stock avec Pl. porcellanae Hesse et remarque que la Pl. cluthae de Scott (1902) ne peut
appartenir au genre Pleurocrypta, mais présente d’étroites analogies avec Bopyroides (Kroyer).
1965a. Allen met Pl. cluthae Scott en synonymie avec Bopyroides sarsi Bonnier (1900).
1965a. Bourdon interprète la tendance à la métamérisation manifestée par certains & J de PL porcellanae
Hesse comme un début de féminisation et souligne la grande variabilité de ce caractère dans l’espèce.
Comme on peut le constater, si les données sur les Pleurocrypta contenues dans la
littérature épicaridologique sont très nombreuses, elles se montrent souvent contradictoires,
rendant ainsi particulièrement difficile l’identification de ces Bopyridae, surtout ceux des
Galathées. Devant l’imbroglio constitué par les quelque 18 descriptions d’espèces, il ne fai¬
sait aucun doute qu’une révision complète du genre s’imposait. Aussi avons-nous réuni un
matériel important et revu certaines espèces-types. Mais, dès le début de cette étude, nous
nous sommes vite rendu compte que les parasites présentaient une très grande variabilité intra-
spédfique. Certains caractères considérés chez la 9 comme d’importance taxonomique consi¬
dérable (longueur relative du pléon, forme de la lame postérieure du céphalon, celle du pre¬
mier oostégjte, des plaques latérales et des appendices pléaux, largeur du céphalon et de la
lame frontale, tuberculisation des pléopodes, etc.) se sont précisément montrés très incons¬
tants d’un individu à l’autre ou leur degré de développement variable avec la taille du parasite.
D'autre part, la spécificité parasitaire n’étant pas très stricte dans le genre, la nature de l’hôte
ne pouvait fournir d’indication bien précise sur celle des Bopyridae.
Aussi, avons-nous entrepris la révision du genre Pleurocrypta (1) en faisant abstraction
des données antérieures et sans tenir compte de l’hôte, ne nous référant aux auteurs que pour
attribuer un nom aux formes qui se sont finalement révélées spécifiquement distinctes.
Après l’examen détaillé d’un grand nombre de 99 adultes provenant d’hôtes et de
(1| Il convient de retirer du genre Pleurocrypta, Pl. cluthae Scott, maintenant passé dans Bopyroides ;
‘1 en est de même pour PL patiencei Scott. Il est également difficile de considérer PL langi Van Name comme
appartenant ail présent genre; outre que l’hôte est un Thalassinidea et non un Galatheidea, ce dernier
Panant, dont le c reste encore inconnu, diffère trop des autres espèces pour le conserver dans Pleuro-
TJ" ■ absence de lame frontale, crénulations des plaques coxales, forme des oostégites et des appendices
•Koœinaux; par ce dernier caractère, l’espèce congolaise montre plutôt certaines affinités avec Pseudione
""«a Caspere.
10.
Source : MNHN, Paris
220
ROLAND BOURDON
régions diverses, nous avons retenu quelques caractères morphologiques dont la constante
semble justifier leur valeur diagnostique. Ce sont :
1. Saillies ter gales.
Sous ce nom nous désignons les petits tubercules latéro-postérieurs plus ou moins
proéminents situés sur la face dorsale de certains somites du péréion dans plusieurs espèces. Ces
derniers ne paraissent pas avoir beaucoup retenu l’attention des différents épicaridologistes
qui se sont occupés de ces Bopyridae, bien que quelques-uns les aient notés ou figurés; mais
aucun ne leur a attaché l’importance taxonomique que nous pensons devoir leur attribuer. En
effet, si les autres caractères peuvent parfois varier dans une certaine limite, l’absence ou la
présence des saillies tergales et t absolument constante dans une espèce donnée. Pl. porcellanae
et Pl. microbranchiata en sont toujous dépourvues, elles n’ont pas été constatées dans les
holotypes de Pl. piriformis, n. sp., Pl. keiensis, Pl. macrocephala et ne paraissent pas exister
non plus chez Pl. yatsui. Pl. strigosa, Pl. longibranchiata et Pl. galatheae, au contraire, en
possèdent, mais la dernière forme n’en a jamais sur le premier segment.
Fie. 78
Crêtes oostégales : a, présentes chez Pleurocrypla longibranchiata (B. et W.)
b, absentes chez Pl. galatheae Hesse
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
221
2. Crêtes oostégales.
Il s’agit des gros granules fusionnés et allongés disposés en arc-de-cercle à la base des
oostégites 2 à 4. Elles sont représentées chez Pl. longibranchiata (fig. 78, a), PL strigosa
e t PL macrocephala; PI. microbranchiata en possède également, mais elles sont peu distinctes.
Les crêtes oostégales sont absentes dans PL galatheae (fig. 78, b) et chez les autres formes, étant
souvent remplacées par des tubercules isolés et dispersés.
3. Longueur relative des appendices pléaux.
Les pléopodes dépassent largement les plaques latérales du pléon dans la plupart des
espèces. Toutefois, ils ne sont pas ou peu visibles en vue dorsale chez Pl. galatheae; chez
pi heiensis, ces appendices dépassent d’un seul côté. La longueur relative des lames pleurales
est également un bon critère : leur taille peut rester sensiblement égale (PL galatheae et
pi keiensis), augmenter (Pl. strigosa) ou bien diminuer (Pl. longibranchiata et surtout dans
les autres espèces de petites dimensions).
4. Lame frontale.
La lame antérieure du céphalon est toujours présente, mais sa largeur est fonction
de l’âge du parasite. Cependant, les 99 complètement adultes de Pl. porcellanae, Pl. yatsui
et principalement de Pl. macrocephala ont une lame frontale comparativement développée;
c’est également le cas pour Pl. keiensis où elle affecte une forme particulière. Chez Pl. micro-
bmruhiata, au contraire, elle est toujours très mince. Sa variation est plus grande dans les
trois autres espèces.
En combinant les quatre caractères ci-dessus énumérés (1), il est possible d’établir
une dé dichotomique permettant l’identification des espèces européennes du genre Pleuro-
aypta (2) que nous avons d’ailleurs crû devoir réduire à 6 formes distinctes (y compris une
nouvelle), plus ou moins variables, pour les raisons qui seront exposées plus loin dans les
remarques systématiques à propos de chaque espèce.
JL Avec saillies tergales.
1. Crêtes oostégales présentes; saillies tergales (au moins
une) présentes sur le premier segment thoracique; plé¬
opodes dépassant largement les plaques latérales du
a. Au moins une saillie tergale sur le premier péréio-
nite; lames pleurales augmentant de longueur
vers l’arrière; tous les pléopodes effilés. Pl. strigosa, (G. et B. ex. Bourdon)
b. Toujours deux saillies tergales sur le premier péré-
ionite; lames pleurales diminuant de longueur
vers l’arrière ; derniers pléopodes seuls effilés- Pl. longibranchiata (Bâte et Westwood)
2. Pas de crêtes oostégales ; jamais de saillies tergales sur le
premier segment thoracique ; pléopodes dépassant peu
ou pas les plaques latérales du pléon. Pl. galatheae Hesse
B. Pas de saillies tergales.
1. Corps très nettement pyriforme; lamelles céphaliques et
crête interne du premier oostégite tuberculées ou digi-
tées; pléopodes dépassant peu les plaques latérales du
pléon. Pl. piriformis, nov. sp.
2. Corps non brusquement rétréci en arrière; lamelles
céphaliques et crête interne du premier oostégite prati¬
quement lisses; pléopodes dépassant tous très large¬
ment les plaques latérales du pléon.
o. Plaques coxales plus courtes ou aussi longues que le
bord latéral des segments thoraciques; lame fron¬
tale très mince. PL microbranchiata G. O. Sars
(1) D autres caractères viennent s’ajouter qui distinguent les différentes Pleurocrypta, mais, moins cons-
"f peuvent . êtr ® retenus comme des critères spécifiques absolument sûrs et leur intérêt se réduit à
la détermination. Nous les verrons en détail en décrivant chacune des espèces,
tôt i “ 8enre appartient peut-être aussi le Bopyridae des Munida iris rullanti Zariquiey Alvarez des
» upnennes, non encore décrit, dont on.sait seulement que les g g sont de deux types : les uns à pléon
e ' “ “ utre8 avec l’abdomen segmenté (Pire, fide Delye, 1955).
564030 6.
Source : MNHN, Paris
222
ROLAND BOURDON
b. Plaques coxales nettement plus longues que le bord
latéral des segments thoraciques; lame frontale
relativement large. PI• porcellanae Hesse
2. Affinités systématiques du genre Pleurocrypta
La présence d’uropodes biramés chez certaines espèces rend particulièrement dig.
cile — sinon impossible — la séparation des genres Pleurocrypta Hesse et Munidion Hansen,
ce dernier étant jusqu’ici pratiquement distingué par le seul caractère des uropodes doubles.
Il existe également un autre point d’analogie; si l’on excepte M. latérale Richardson (1910)
les autres espèces, M. princeps Hansen (1897), M. parvurn Richardson (1904) et M. irritai
Boone (1928) ont été décrites comme ayant sept paires de bosses ovariennes au péréion. En
se référant à leurs figures respectives, on constate que ce terme ne s’applique pas en réalité
aux bosses pleurales antéro-latérales, mais à ce que nous appelons des saillies tergales, situées,
ainsi que le note d’ailleurs Hansen (1897), sur le bord postéro-latéral des segments. Ce carac¬
tère important est représenté, comme nous l’avons vu, chez PI. longibranckiata et PI. s tri-
gosa auxquelles les diagnoses des deux dernières espèces de Munidion peuvent s’appliquer-
quant à M. latérale, sa description l’identifierait à PL galatheae. On doit aussi ajouter qnè
l’abdomen du c? de M. princeps est parfois segmenté, métamérisation pouvant aussi se réa¬
liser chez certaines Pleurocrypta comme PI. porcellanae et PI. yatsui.
Selon toutes probabilités, il s’agit d’espèces différentes pour lesquelles un nouvel
examen révélerait sûrement d’autres caractères non mentionnés. Bien entendu, il ne peut être
question de mettre en synonymie les deux genres sans avoir vu au préalable des spécimens
de Munidion; toutefois, il était indispensable d’en souligner les étroites affinités avec des
représentants du genre Pleurocrypta auquel ils seront peut-être rattachés par la suite.
Anuropodione senegalensis Bourdon (1967), parasite des Munida speciosa Von Mar-
tens de Dakar (1), dont le d possède un pléon entièrement soudé, se montre également très
proche du présent genre; mais, chez les trois 99 que nous avons examinées, il n’y a aucune
trace d’uropodes, cas très rare chez les Bopyridae du groupe-Pseudione.
17. PLEUROCRYPTA STRIGOSA ( Giard et Bonnier ex. Bourdon, 1968)
Référence :
1890, Pleurocrypta strigosa Giard et Bonnier, p. 368 (nomen nudum).
Matériel examiné :
— sur Galathea strigosa (Linné). — Iles anglo-normandes : deux d’d 1 , Jersey (Coll.
Norman, British Muséum). France : une 9 adulte, Roscoff (Coll. Station biologique, Roscoff):
un couple, même localité (R. B. col!.). Espagne : un spécimen, Cadaquès (L. B. Holthuis
coll., Rijksmuseum Leiden).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + d sur G. strigosa d de 41,5 mm de longueur céphalo¬
thoracique, cavité branchiale droite, Roscoff, mars 1963.
Femelle (fig. 79).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 20,0 mm; largeur au troisième seg¬
ment thoracique : 12,5 mm; longueur du pléon : 5,5 mm. Indice d’asymétrie : 16°.
(1) Dans la description de cette espèce, la nature spécifique de l’hôte n’avait pas été précisée- Le Dr-
. B * '*y ush u University, Japon) a bien voulu déterminer le spécimen et deux autres qui nous ont éu
remis depuis par M. A. Mayrat.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
223
Fie. 79
Pleurocrypta strigosa (G. et B.). - Ç adulte, face dorsale X 7,5.
10 a.
Source : MNHN, Paris
224
ROLAND BODRDON
Céphalon. — Lame frontale mince, recourbée sur l’avant, avec les coins latéraux
acuminés. Antennules et antennes (fig. 80, o) inarticulées, le premier segment des deux
appendices plus volumineux que les autres, surtout dans l’antenne; 1 article terminal est
minuscule dans l’antennule, de même longueur que le second dans l’antenne, ce dernier
étant profondément enfoncé dans l’article basilaire; pas de soies distales visibles. Maxilli.
pèdes (fig. 80, b) avec le lobe antéro-inteme bien prononcé et garni de quelques soies courtes.
Bord postérieur (fig. 80, c) pourvu de deux paires de lamelles; l’externe plus grosse que
l’interne et plus digitée. le bord médian montre une légère éminence au milieu et quelq Ues
digitations latérales.
Péréion. — Saillies tergales présentes sur les segments I à VI. Bosses latérales allon¬
gées sur les quatre somites antérieurs. Plaques coxales augmentant progressivement de lar-
geur, arrondies postérieurement, sauf les dernières qui sont terminées en pointe; elles dépas.
sent peu la longueur des bosses pleurales dans les premiers segments, égalant celle du cinquième
somite et la dépassant dans les suivants. Bord latéral visible dans les cinq (côté non déformé)
et les six (côté déformé) segments antérieurs, notamment développé dans le deuxième péré-
ionite où il fait presque la moitié de la longueur du somite.
Oostégites. Première paire (fig. 80, d) avec la partie antérieure arrondie, l’inférieure
avec le lobe distal peu accusé; la crête interne est ornée de nombreux tubercules, quelques-
uns étant digités. Les oostégites suivants portent une frange de soies sur leur bord postérieur,
surtout importante dans la dernière paire. Les plaques marsupiales 2 à 5 possèdent une crête
oostégale; toutes sont recouvertes de petits tubercules. Péréiopodes de type normal, augmen¬
tant régulièrement de taille; le bord supérieur du basipodite montre une forte saillie hémis¬
phérique.
Pleurocrypta slrigosa (G. et B.). - 9 adulte : a. antenne et antennule X 16 ; 6. j"®" 1 ;
pède X 11; c, bord postérieur du céphalon y 21; d, 1 er oostégite, face ventrale X
e, uropodes X 7 anomalie (fusion partielle de 2 segments thoraciques).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
225
Pléon (fig. 81, a). — Les segments abdominaux sont lisses sur la face dorsale et striés
uansversalement sur la face ventrale. Plaques latérales plus ou moins arrondies dans la pre¬
mière paire, s’amincissant progressivement vers l’arrière en même temps que leur taille aug¬
mente; la dernière paire fait presque le double de la première. Pléopodes au nombre de cinq
paires, biramés, tous de forme effilée, augmentant de longueur ; les deux rames sont de même
mille dans la première paire, mais l’exopodite est un peu plus long que l’endopodite dans la
cinquième; les pléopodes dépassent très largement les plaques latérales en vue dorsale. Uro-
paies (fig- 80, é) biramés, avec un endopodite court mesurant le quart de l’exopodite corres¬
pondant et l’autre faisant les trois quarts, tous deux plus minces que les rames externes. Les
lames pleurales et les pléopodes sont tuberculés seulement sur leur face ventrale; le degré
Je tuberculisation de ces derniers appendices diminue dans les paires postérieures.
Mile (fig. 81, b).
Mensurations. — Longueur : 8,5 mm, largeur au quatrième segment thoracique:
2^ mm; longueur du pléon : 2,8 mm.
Céphalon antérieurement arrondi ; bord postérieur plus ou moins soudé avec le pre¬
mier segment thoracique. Yeux non visibles. Antennules triarticulées, antennes quadriarti-
culées, chaque appendice pourvu de courtes soies distales aux deux derniers articles. Maxil-
lifèdes sous forme de deux petites lamelles effilées.
Péréion. — Les deux premiers segments sont à bord latéral presque arrondi, les autres
pim ou moins triangulaires ; tous de largeur sensiblement égale. La structure des péréiopodes
| ü®reselon leur position; dans PI à P3, le dactyle est long et aigu, il est court dans P4 à P7;
k carpe est minuscule dans les trois pattes antérieures, il est beaucoup plus allongé dans les
Postérieures ; de même, le basipodite est grêle dans les premiers péréiopodes et plus robuste
’fios les derniers.
Source : MNHN, Paris
226
ROLAND BOURDON
Pléon. — L’abdomen est relativement allongé, faisant plus du tiers de la longue®
totale; les six segments abdominaux sont nettement marqués latéralement et faiblement
indiqués sur les faces dorsale et ventrale. Ni pléopodes ni uropodes.
2. Variation intra-spécifique
Les différences avec le second spécimen de Roscoff et celui de Cadaquès sont peu impor-
tantes. Elles portent pour la 9 sur :
Corps : un peu plus large.
Saillies tergales : du premier segment peu distincte à droite, absente à gauche.
Cinquièmes plaques latérales : un peu plus courtes que les quatrièmes.
Pléopodes : première paire triangulaire avec l’extrémité distale obtuse, les autres
effilées.
Uropodes : doubles, mais les deux rames également développées.
En outre, le second individu de Roscoff présente une anomalie très rare, analogue
à celle relevée par Bonnier (1900, PI. XVIII, fig. 1) chez un Pseudione hyndmanni (B. et W.)•
la partie latérale droite du troisième segment thoracique est soudée avec celle du quatrième
péréionite, la saillie tergale se confond avec la bosse latérale réduite et il n’y a pas de
péréiopode (fig. 80, /).
3. Remarques systématiques
Cette espèce (connue depuis longtemps, mais non encore décrite) se montre très proche
de la suivante, PL longibranchiata (B. et W.) parasite de Galathea squamifera Leach. L’écart
de taille est certes considérable, mais en rapport avec celle des hôtes respectifs. Les seules
différences chez le Bopyridae de G. strigosa se réduisent seulement à : l’absence occasionnelle
d’une saillie tergale sur le premier segment thoracique (il y en a toujours deux sur ce somite
dans l’autre espèce), l’allongement des plaques latérales vers l’arrière (encore qu’un des
spécimens ait la dernière paire de lames pleurales plus courte que la précédente, mais les
quatre premières sont de longueur croissante : elles sont au plus égales dans PL longibran¬
chiata) et les pléopodes antérieurs plus effilés. Les d'd 1 présentent un abdomen différent, étant
relativement long et conservant des traces de métamérisation dorsale et ventrale.
Il faut reconnaître que les critères entre les deux formes sont vraiment minimes aussi
souhaitons-nous vivement pouvoir examiner un matériel plus important pour confirmer éven¬
tuellement la spécificité de Pl. strigosa sur laquelle, pour l’instant, nous éprouvons quelque
incertitude. Mais, le présent parasite n’entrant pas dans le rang de variabilité de la forme la
plus voisine, nous sommes bien obligé de le considérer provisoirement comme une espèce
distincte.
Hôte et distribution géographique
— sur Galathea strigosa (Linné). — Iles anglo-normandes : Jersey (Norman, 1907).
France : Roscoff (Bourdon, 1963). Espagne : Cadaquès (L. B. Holthuis coll.). Italie ; Naples
(Lo Bianco, 1888; Giard et Bonnier, 1890).
Biologie
A cause de sa rareté (peut-être tout simplement apparente et due aux difficultés de cap¬
ture de l’hôte cantonné dans des endroits rocheux rendant inefficaces les procédés de récoltes
habituels), nous ne possédons aucune donnée sur sa biologie. La seule remarque qui puisse
être faite est que l’espèce peut parasiter des individus de grande taille et ne féminise pas
obligatoirement les d’d 1 .
Fécondité : le spécimen de référence (20,0 mm) contenait 30.670 œufs, mais ce chiffre
ne représente sans doute pas le nombre maximal pouvant être pondu par Pl. strigosa, car
le parasite avait été retiré de l’hôte avant numération et une certaine quantité d’œufs pro¬
bablement perdue.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
227
18 . PLEVROCRYPTA LONGIBRANCHIATA (Bâte et Westwood, 1868 )
référence :
1868, Phryxus longibranchiatus Bâte et Westwood, p. 246-248 (fig.).
1899, Pleurocrypta longibranchiata G. O. Sars, p. 206-207, pl. 86, fig.2.
1900, Pleurocrypta longibranchiata Bonnier, p. 316-317.
1902, Pleurocrypta longibranchiata Scott, p. 1-3, pl. I, fig. 1-2.
1926, Pleurocrypta longibranchiata Nierstrasz et Brender-à-Brandis, p. 26, fig. 64-67.
1929, Pleurocrypta longibranchiata Wahrberg, p. 59-60, pl. XVI, fig. 74-76.
1948, Pleurocrypta longibranchiata Stephensen, p. 127, fig. 38, 8-9.
1957, Pleurocrypta longibranchiata Spooner, p. 204.
Matériel examiné :
_ sur Galathea squamifera Leach. — Écosse : 1 spécimen, Arran, Firth of Clyde
(Coü. R. B. Pike). Grande-Bretagne : 1 spécimen, Starcross, Devon (Coll. Norman, Bristish
Muséum); 9 spécimens, Plymouth; 1 spécimen, Falmouth; 1 spécimen, sans localité (Coll.
R. B. Pike). France : 82 spécimens, Roscoff (R. B. coll.) ; 16 spécimens. Rade de Brest (A. Tou-
lemont leg.); 51 spécimens, même localité; 65 spécimens, Baie de Quiberon; 2 spécimens,
Golfe du Morbihan (R. B. coll.) ; 2 spécimens, Villefranche-sur-Mer (J. M. Reidenbach leg.).
_sur Galathea nexa Embleton. — Norvège : 1 spécimen, Mangers, spécimen de
Sars (Zoologisk Muséum Oslo). Écosse : 2 spécimens, Firth of Clyde (Coll. R. B. Pike). Grande-
Bretagne : 1 spécimen, Oban (Coll. Norman, Bristish Muséum).
— sur Galathea dispersa Bâte. — Écosse : 1 spécimen, Firth of Clyde (Coll. R. B.
Rke). Grande-Bretagne : 1 spécimen, Plymouth (Pr. F. S. Russell leg.).
— sans hôte. — Iles anglo-normandes : 2 spécimens, Guemesey (Coll. Norman,
Bristish Muséum).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + C? sur G. squamifera 9 de 21,2 mm de longueur céphalo-
thoracique, cavité branchiale gauche, Roscoff.
Femelle (fig. 82).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 8,8 mm; largeur au troisième segment
thoracique : 6,2 mm; longueur du pléon : 2,3 mm. Indice d’asymétrie : 19°.
Céphalon. — Lame frontale mince avec les coins latéraux acuminés. Antennules et
miennes (fig. 83, a) triarticulées, le segment basal très élargi, le dernier minuscule. Maxilli-
piies (fig. 83, fi) formant un palpe antéro-exteme relativement allongé, garni de quelques
soies courtes. Bord postérieur (fig. 83, c) pourvu de deux paires de lamelles sensiblement égales,
toutes deux ornées de tubercules sur leur bord postérieur, certains pédiculés, plus nombreux
sur la lamelle externe; la partie médiane est tuberculée sur toute sa longueur.
Péréion. — Bosses latérales. Quatre paires sur les segments antérieurs, celles de la
première paire un peu moins développées; les cinquième et sixième somites sont renflés à
gauche, mais ne forment pas de bosses distinctes. Plaques coxales bien développées dans tous
les segments, augmentant d’importance vers l’arrière; elles sont étalées sur le côté déformé,
mais redressées à droite; leur longueur est inférieure à celle des somites dans les trois pre¬
mières paires, elle la dépasse de plus en plus dans les suivantes. Bord latéral des segments
risible sur tous les péréionites à gauche, sur les six premiers à droite; surtout important dans
les trois premiers somites. Saillies ter gales au nombre de sept sur le côté déformé et de cinq
s® les segments antérieurs du côté normal; les saillies 3 et 4 gauches sont les plus grosses,
la septième est très petite. Oostégites. Partie antérieure de la première paire (fig. 83, d)
arrondie, l’inférieure formant un lobe distal peu accusé; la crête interne est très fortement
['‘berculée. Les oostégites suivants sont quadrangulaires avec une frange de soies postérieure;
a tuberculisation des plaques marsupiales est relativement faible en surface. A la base des
deuxième, troisième et quatrième paires, au-dessus des péréiopodes, se trouvent les crêtes
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
oostégales très saillantes (fig. 78, b). Péréiopodes (fig. 83, e) semblables avec une très forte
bosse sur le bord supérieur du basipodite; leur taille relative est la suivante (côté déformé) ;
PI = 1,00; P2 = 1,22; P3 = 1,29; P4 = 1,39; P5 = 1,91; P6 = 1,91; P7 = 1,78.
Fig. 82
Pleurocrypta longibranchiata (B. et W.). — 9 adulte, face dorsale X 15.
Pléon (fig. 84). — Plaques latérales. Arrondies dans la première paire, leur forme
s amincit progressivement dans les plaques suivantes et leur longueur relative dimin ue quelque
peu. Pléopodes dépassant largement les lames pleurales en vue dorsale; les deux rames,
triangulaires et de même taille dans le premier segment abdominal, s’allongent de plus en plus
dans les pléopodes postérieurs en même temps que la longueur des endopodites dépasse un
peu celle des exopodites. Uropodes (fig. 83, f) biramés à gauche, uniramés à droite, l'exopo-
dite faisant le double de la longueur des cinquièmes plaques latérales ; l’unique endopodite est
nettement plus petit que la rame externe. Tous les appendices du pléon sont fortement tuber-
culés.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
229
Fie. 84
PWtj*. longibranchiata (B. et W.). - 9 adulte, face ventrale du pléon x 26
Source : MNHN, Paris
230
ROLAND BOURDON
Mâle (fig. 85, a).
Mensurations. — Longueur : 3,0 mm; largeur au troisième segment thoracique : 2,3 mm .
longueur du pléon : 0,9 mm.
Céphalon arrondi en avant, soudé avec le premier segment thoracique en arrière, sauf
latéralement. Yeux présents. Antennules (fig. 85, b) triarticulées, antennes quadriarticulées
Maxillipèdes (fig. 85, c) à base rectangulaire, se terminant par un lobe dentelé effilé distale!
ment.
Fie. 85
Pleurocrypta longibranchiata (B. et W.). - adulte : a. face dorsale X 35;
6. antenne et antennule X 90; c, maxillipède X 482; d, 1" péréiopode X 80; e, 7' péréiopode X 80.
Péréion. — Les somites du thorax sont à peu près subégaux en largeur. Péréiopodes
(fig. 85, d-e) montrant les mêmes différences relevées chez PL strigosa entre les trois pre¬
mières pattes et les suivantes.
Pléon de forme triangulaire, ondulé sur les bords, sans traces de segmentation sur
aucune des deux faces. Ni pléopodes ni uropodes.
Formes larvaires.
Épicaridien.
Longueur : 0,24 à 0,28 mm.
Antennules, antennes, péréiopodes et uropodes de type ordinaire. Pléopodes avec
1 « endopodite » presque aussi long que i’exopodite et terminé dans les cinq paires par une
grande soie plumeuse sensiblement aussi longue que les trois soies distales de la rame externe.
Tube anal extrêmement réduit.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
231
Qyptoniscien.
Longueur : 0,57 à 0,59 mm.
Antennules de type ordinaire. Antennes avec les articles du fouet de longueur relative
suivante : 1 = 3 = 4 < 2. Péréiopodes avec le dactyle bifide, sauf dans la dernière paire
où le denticule supéro-distal est remplacé par un poil (?). Pléopodes. Exopodite des quatre
remières paires terminé par cinq soies comme de coutume, l’externe plus petite, mais l’in-
lfrne , Jeux fois plus longue, est nettement plus courte que les trois médianes. Pygidium
(fig 86) découpé en six dents, assez semblable à celui de Pseudione hyndmanni (B. et W.).
Pleurocrypta longibranchiata (B. et W.).
Larve cryptoniscienne, pygidium x 698.
Formes juvéniles.
Le développement des appendices pléaux de la 9 est plus rapide que la formation du
Büsupium ainsi que l’établit le tableau 27. Le processus évolutif se montre donc identique
i celui de Cancricepon elegans G. et B.
Stade
Oostégites
Pléopodes
Néant
Néant
T uberculiformes
Tuberculiformes
Tubercules doubles, l’interne
plus gros que l’externe.
1.
l re paire plus distincte
Digitiformes; exopodite ne dé¬
passant pas les plaques laté¬
rales; endopodite plus court.
5.
Petites plaques quadrangulaires
Lamelleux; exopodite (au moins
les derniers) dépassant les
plaques latérales.
6.
Se rejoignant presque ou se
recouvrant légèrement sur la
ligne médiane.
Tous les exopodites dépassant
largement les plaques laté-
| r .
Forme définitive
Tableau 27
Pleurocrypta longibranchiata. Définition des stades évolutifs des 99
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Céphalon. — La lame frontale commence seulement à se différencier au stade 5 durant
lequel apparaît parfois une paire de bourgeons simples au bord postérieur qui deviendront
des lamelles au stade suivant. Les maxillipèdes (fig. 87, a-f) sont représentées au premier
stade comme de petites lames triangulaires inermes, écartées l’une de l’autre et n’atteignant
pas la base des antennes. Elles sont plus allongées au stade 2 où l’on observe le début de f or .
mation de la partie postérieure. La différenciation du lobe antéro-exteme se produit au stade3'
dans le suivant, ce dernier est très développé, avec quelques digitations et la partie postérieure’
s’arrondit. Parvenu au stade 5, l’extrémité des maxillipèdes atteint les antennes; la partie
postéro-exteme est quadrangulaire et le palpe comparativement moins important, mais avec
un plus grand nombre de digitations. Chez les 99 préadultes, la taille du même article diminue
encore tandis que les soies augmentent; à ce moment, les deux appendices se touchent, la
forme définitive est acquise au stade 7 ou adulte.
Fie. 87
PUurocrypta longibranchiala (B. et W-). — i i juvéniles, maxillipède :
a, stade 1 ; b, stade 2 ; c, stade 3 ; d, stade 4 ; e, stade 5 ; /, stade 6.
Péréion. — Les saillies tergales sont toujours plus importantes chez les individus
juvéniles que chez l’adulte et elles se distinguent dès la mue du cryptoniscien en forme bopy-
ricane (fig. 88, a) ; souvent, les saillies se présentent comme des petites éminences terminées
par de fines digitations dirigées vers l’avant. Les plaques coxales sont généralement distinctes
avant les bosses pleurales, celles-ci se formant au stade 5. Les oostégites apparaissent assez
tardivement (stade 3).
Pléon (fig. 88, b-j). — Les plaques latérales commencent à se manifester au stade 3.
La croissance des pléopodes est rapide. Sur les huit spécimens du premier stade examinés, les
deux plus petits ont conservé deux paires de soies vestigiales de l’uropode du cryptoniscien,
mais ils ne montrent aucune segmentation de l’abdomen; chez les six autres, au contraire,le
pléon est nettement métamérisé, mais le telson dépourvu de toute protubérance annonciatrice
des uropodes futurs. Ceux-ci sont tuberculiformes dans le troisième stade et digitiformes
dans le suivant; ultérieurement, leur taille relative par rapport aux lames pleurales s'allonge
de plus en plus et l’on note le début de formation de l’endopodite chez les individus qui auront
des uropodes biramés ou à trois appendices à l’état adulte dès le stade 5.
La tuberculisation du marsupium et des appendices pléaux commence à se produire
au stade 6 seulement, de même que les crêtes oostégales.
Source : MNHN, Paris
Plaurxnpta longibranchiata (B.
da pléon, même spécimei
/. id. stade 4; g, id., stad
2. Variation intra-spécifique
fiwüe.
Indice d’asymétrie : 12 à 28°.
P '“ S l«ttnuu
* « «ta. des de« cdté,. ’ de ’ de “ “*» •»< «illunt et, parfoi,,
u eiphalo* : le, tubereule, ,
^ mais leur nombre varie.
it constants sur les lamelles et la partie
Source : MNHN, Paris
234
ROLAND BOURDON
Bosses latérales : toujours bien distinctes sur les quatre premiers somites; on remarque
souvent une légère élévation du tégument à leur emplacement sur un ou plusieurs des seg.
ments postérieurs.
Saillies tergales : absolument constantes sur le premier péréionite. Elles sont plus
nombreuses du côté déformé (ordinairement 7, quelquefois 6) que sur l’autre (3 à 5, très
rarement 6) [graphique 9].
Plaques coxales : bien développées à tous les somites, mais beaucoup sont relevées
dorsalement, surtout du côté déformé, celles du côté normal l’étant moins fréquemment'
leur bord externe est lisse, parfois légèrement ondulé.
Fig. 89
Pleurocrypta longihranchiata (B. et W.). — Variation chez la ? : pléon, face dorsale (a-c).
Bord, latéral des segments thoraciques : bien visible sur les trois à quatre premiers
somites antérieurs sous forme de lobe arrondi, faisant environ le tiers de la longueur du péréio¬
nite et diminuant progressivement de taille vers l’arrière jusqu’à ne devenir qu’un simple
tubercule, souvent même indistinguable dans les derniers segments.
Premier oostégite : la tuberculisation de la crête interne montrée dans le spécimen de
référence est un cas extrême ; ordinairement, les tubercules sont moins nombreux. Le lobe
postéro-interne est rarement plus saillant, quelquefois, il n’est même pas formé.
Crêtes oostégales : nous n’avons observé qu’un seul cas où les crêtes oostégalec man¬
quaient complètement, le parasite présentant par ailleurs tous les autres caractères spécifiques
de Pl. longihranchiata, notamment des saillies tergales au premier segment du thorax. Chez
un autre individu, les crêtes n’étaient pas représentées sur les oostégites 3 et 4.
Plaques latérales du pléon (fig. 89, a-c) : généralement inclinées vers la face ventrale
du côté non déformé et la première un peu plus longue que la septième plaque coxale thora¬
cique; sur le côté déformé, elles sont au contraire étalées horizontalement et en continuité
avec celles du péréion. La première paire est ordinairement arrondie, les suivantes devenant
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
235
plus ou moins triangulaires en même temps que leur taille diminue. De nombreuses exceptions
existent cependant : les premières lames pleurales peuvent être plus ou moins cordiformes et
les dernières aussi longues que les antérieures :
Plaques latérales diminuant nettement de longueur : 58 % des individus;
Plaques latérales diminuant peu de longueur : 14 % des individus;
Plaques latérales de longueur égale : 28 % des individus.
Dans un exemplaire (fig. 89, c), les deux premières paires montraient un accroissement
considérable par rapport aux suivantes paraissant minuscules et plus ou moins cachées sous
les antérieures.
Pléopodes : largement triangulaires dans le premier segment pléal, ils s’amincissent
considérablement dans les somites suivants. La longueur de l’exopodite relativement à celle
de l’endopodite varie : elle peut rester égale dans les cinq paires, augmenter ou diminuer;
fois les cinquièmes endopodites sont beaucoup plus courts que les exopodites correspon
dants Dans tous les cas, la rame interne, même quand elle est la plus longue, est toujours
plus mince que la rame externe. Comparativement aux plaques latérales, les pléopodes les
dépassent constamment en vue dorsale. Tous les individus possédaient invariablement
cinq paires de pléopodes biramés.
Uropodes : bien que la possession d’uropodes uniramés ait longtemps été considérée
comme un des principaux caractères génériques des Pleurocrypta, nous avons déjà eu l’occasion
de signaler que certains Bopyridae de Galathea squamifera pouvaient présenter des uropodes
biramés (Bourdon, 1963). Le nombre de cas observés et le fait que des individus puissent
avoir un uropode double et l’autre simple prouve assez qu’il ne s’agit pas de simples anomalies,
mais d’une labilité certaine et importante de ce caractère. C’est ainsi que chez les PI. longi-
branchiata adultes, parasites de cet hôte sur les côtes de Bretagne, on dénombre :
Uropodes. (1 + 1) (1+2) (2 + 2)
Individus (%). 25,8 23,7 50,5
Le nombre d’appendices au pléon ne paraît pas en rapport avec la taille des 99;
d'ailleurs, nous avons vu plus haut que les endopodites apparaissent relativement tôt. En
règle générale, quand elles sont présentes, les rames internes sont beaucoup plus petites que
les externes; la longueur relative entre les deux paires d’appendices varie parfois, et, dans un
cas, l’endopodite était plus développé que l’exopodite. La longueur de ces derniers n’est
d’ailleurs pas toujours identique, l’un étant souvent plus court que l’autre. Comparativement
à la taille des cinquièmes plaques latérales, les premiers sont toujours beaucoup plus longs
(de 1,5 à 2 fois et même plus), ce qui constitue un bon caractère spécifique. Une anomalie
occasionnelle : la bifurcation distale d’un exopodite.
Mâle.
Taille de l’adulte : jusqu’à 3,0 mm.
Pléon (fig. 100, b, d-e, h) : la variation la plus importante dans ce sexe porte sur la
largeur relative du pléon et le nombre d’encoches latérales, mais nous n’avons jamais constaté
d'abdomen réellement segmenté.
3. Remarques systématiques
Étant donné que deux des caractères sur lesquels nous nous basons principalement
pour séparer les espèces de Pleurocrypta (saillies tergales et crêtes oostégales) ne sont pas
mis en relief dans les descriptions antérieures, l’identification de ces parasites est parfois
malaisée. En se référant aux textes et figures données par les auteurs, il est cependant possible
d’attribuer un nom à chacun ; d’autre part, nous avons eu l’occasion d examiner certains spé¬
cimens-types, ce qui a permis de régler quelques questions litigieuses.
En ce qui concerne la présente forme, elle se rapproche beaucoup de la PI. longibran-
tkiata de G. 0. Sars (1899, pl. 86, fig. 2) : coins latéraux du céphalon acuminés, pléopodes
et uropodes nettement plus longs que les plaques latérales du pléon. Elle s’en écarte, toutefois
(telle que décrite et figurée par Sars), par la première paire de lames pleurales de l’abdomen
plus longues que les dernières plaques coxales et toutes deux lancéolées; de plus, on remarque
lue les segments thoraciques I à V sont divisés latéralement de chaque côté et forment une
Source : MNHN, Paris
236
ROLAND BOURDON
sorte de bourrelet dont le bord externe est en retrait par rapport au bord latéral proprement
dit des somites en question. L’auteur a-t-il voulu représenter les saillies tergales? Quelque
incertitude demeurait là encore, car pourquoi les a-t-il figurées sans aucune ambiguïté chez les
deux 99 juvénile et adulte de sa Pl. marginaux ?
L’examen de l’holotype permet de lever ces doutes. La 9 adulte était partiellement
disséquée et les oostégites restants en trop mauvais état pour savoir s’ils présentaient des crêtes
oostégales; par contre, tous les segments thoraciques du côté déformé et les trois somites
antérieurs du côté non déformé possèdent une saillie tergale, les autres n’ayant pu être décelées
à cause de l’état défectueux du parasite. Quant aux premières plaques latérales du pléon,
elles nous ont paru arrondies (et non lancéolées) et pas plus longues que les dernières portées
par le thorax, leur position oblique ayant dû induire en erreur. Nous avons, par ailleurs eu
la surprise de constater que les uropodes étaient en réalité biramés et non uniramés, les rames
internes faisant le tiers de la longueur des externes. Sans doute Sars les a-t-il confondues avec
les endopodites des cinquièmes pléopodes.
Maintenant, il est plus difficile de dire si la PL longibranchiata de Sars est identique
au Phryxus longibranchiatus de Bâte et Westwood (1868, p. 246). Pour le premier auteur
c’est évidemment le même parasite, mais pour Giard et Bonnier (1887) et Bonnier (1900)'
ce serait une jeune 9 de PI. galatheae Hesse. Un détail semble susceptible de nous renseigner
cependant : en l’occurrence, le nombre d’uropodes. D’après Bâte et Westwood, leur spécimen
possédait quatre appendices (texte) ou trois (figure) au dernier segment pléal. Sars suppose
qu’il s’agit là d’une erreur, les deux auteurs ayant dû, d’après lui, prendre le3 cinquièmes
pléopodes pour les endopodites des uropodes. Nous pensons, au contraire, leur observation
exacte et qu’ils étaient bien en présence d’une PI. longibranchiata, espèce ayant souvent trois
ou quatre appendices au telson, le fait que les pléopodes ne dépassent pas les plaques latérales
s’expliquant fort bien si leur 9 n’était pas encore mûre.
La PI. longibranchiata parasite de Galathea dispersa décrite par Scott (1902, pl. 1)
nous parait correctement identifiée.
Voir l’espèce suivante, Pl. galatheae Hesse, pour Hôtes et distribution géographicnie
et Biologie (p. 251). 4
19. PLEUROCRYPTA GALATHEAE Hesse, 1865
Références :
1865o-6, Pleurocrypta galateoe Hesse, t. III, p. 226-241, pl. 4, fig. 1-28; t. IV, p. 225-229.
1876, Pleurocrypte de la Galatée squameuse Hesse, p. 14-24, pl. 9, fig. 1-21.
1894, Pleurocrypta nexa Stebbing in Herdmann, p. 328, fig. 1.
1899, Pleurocrypta marginaux G. O. Sars, p. 207-208, pl. 87, fig. 1.
1900, Pleurocrypta galatheae Bonnier, p. 310-312, pl. XIII, fig. 1-10.
1926, Pleurocrypta galatheae Nierstrasz et Brender-a-Brandis, p. 24, fig. 54-59.
1926, Pleurocrypta marginaux Nierstrasz et Brender-a-Brandis, p. 25-26, fig. 52-53.
1922, Pleurocrypta galatheae var. northumbriensis Flattely, p. 98-101, fig. 1-2.
1929, Pleurocrypta galatheae Wahrberg, p. 59, pl. XVI, fig. 72-73.
1929, Pleurocrypta marginaux Warhberg, p. 61, pl. XVI, fig. 77-79.
1931, Pleurocrypta hessei Nierstrasz et Brender-a-Brandis, p. 171-172, fig. 46-48.
1948, Pleurocrypta galatheae Stephensen, p. 125, fig. 38,1-2.
1948, Pleurocrypta marginaux Stephensen, p. 125, fig. 38, 3-5.
1953, Pleurocrypta longibranchiata Pire, p. 222-223, pl. 44, fig. 1-2.
Matériel examiné :
— sur Galathea squamifera Leach. — Écosse : 1 spécimen, île de Cumbrae (ColL
R. B. Pike). Grande-Bretagne : 1 spécimen, Wemburry; 1 spécimen, Starcross, Devon; 1 spé¬
cimen, Plymouth (British Muséum); 1 spécimen, même station (Coll. R. B. Pike); 1 spécimen,
sans localité (Coll. Norman, British Muséum). France : 35 spécimens, Roscoff (R. B. coll.);
4 spécimens. Rade de Brest (A. Toulemont leg.); 44 spécimens, même localité; 81 spécimens,
Baie de Quiberon; 1 spécimen. Bassin d’Arcachon (Coll. Station biologique d’Arcachon)
1 spécimen, Golfe-Juan (R. B. coll.); 1 spécimen, Sète (J. P. Quignard leg.).
— sur Galathea nexa Embleton. — Norvège : 1 spécimen, Trondheimfjord (Rijks-
museum Leiden). France : 1 spécimen, Roscoff (L. Cabioch coll.).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
237
— sur Galathea dispersa Bâte. — Norvège : 2 spécimens, sans localité, holotype de
PI. marginata (Zoôlogisk Muséum Oslo) ; 1 spécimen, Bergen, holotype de PI. hessei (Zoôlogisk
Muséum Amsterdam) ; 1 spécimen, Trondheim (Rijksmuseum Leiden). Écosse : 5 spécimens,
Clyde (Coll. R. B. Pike) ; 1 spécimen, même localité. Grande-Bretagne : 1 spécimen. Le Minck
(British Muséum); 3 spécimens, Plymouth (Pr. F. S. Russel leg.). France : 1 spécimen, Sète
(B, B. coll.). Monaco : 1 spécimen (Muséum, Paris).
— sans hôte. — Grande-Bretagne : 1 spécimen, Starcross, Devons. Iles anglo-nor¬
mandes : 1 spécimen. Jersey (Coll. Normann, British Muséum).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : Q + d sur G. squamifera cf de 15,8 mm de longueur céphalo¬
thoracique, cavité branchiale gauche. Pointe du Binde (Rade de Brest).
Femelle (fig- 90).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 8,5 mm; largeur au troisième segment
thoracique : 4,7 mm; longueur du pléon : 2,3 mm. Indice d’asymétrie : 18°.
Céphalon. — Lame frontale assez étroite, avec les coins latéraux arrondis. Antennules et
antennes triarticulées. Maxillipèdes (fig. 91, a-b) gauche présentant un lobe supéro-externe
bien développé, celui de droite sans palpe. Bord postérieur (fig. 91, c ) pourvu de deux paires
de lamelles, l’interne plus forte que l’externe, toutes deux lisses ; la partie médiane est garnie
de quelques tubercules arrondis et d’un plus gros au milieu; quelques-uns également au-dessus
de l’insertion des lamelles externes.
Péréion. — Bosses latérales minces et allongées, présentes sur les quatre premiers
segments; celles de la première paire sont un peu plus courtes que les suivantes. Plaques
anales bien développées sur tous les somites, augmentant de taille et de largeur vers l’arrière;
étalées sur le côté déformé, elles sont plus ou moins rabattues vers la face ventrale sur l’autre.
Bord latéral des segments I à VII visible du côté gauche, I à VI du côté droit; il est plus impor¬
tant sur le côté déformé où le troisième, le plus grand, fait environ le tiers de la longueur du
somite. Saillies tergales au nombre de quatre sur les segments III à VI; la première, très petite,
les deux suivantes bien développées et redressées vers l’avant, la dernière dirigée vers l’arrière.
Oostégites (fig. 92, a-e). Première paire (fig. 91, d) avec la partie antérieure arrondie, l’inférieure
formant un lobe distal peu accusé; la crête interne est fortement tuberculée. Les oostégites
suivants sont quadrangulaires, augmentant de taille jusqu’à la quatrième paire; le bord inférieur
présente une frange de poils courts dans les plaques marsupiales 2 et 3, plus longs dans les
quatrièmes et surtout les dernières. Pas de crêtes oostégales (fig. 78, b), mais des tubercules
irrégulièrement disposés vers la base. Péréiopodes (fig. 91, e) tous de même forme; bord
supérieur du basipodite avec une forte bosse arrondie; ischiopodite de même longueur,
méro-carpopodite plus court, propode renflé, mais petit, avec un dactyle minuscule. Leur
taille relative augmente progressivement, celle de la septième paire faisant presque le double
de la première.
Pléon (fig. 93). — Plaques latérales lancéolées, aiguës à leur extrémité distale, toutes
de longueur sensiblement égale; celles de la première paire dépassant légèrement les dernières
plaques coxales du péréion. Pléopodes peu visibles en vue dorsale, de forme plus élancée
que les lames pleurales, s’amincissant surtout dans les segments postérieurs; les deux rames
sont de même taille, mais l’endopodite toujours moins large. Uropodes umramés, à peine
plus longs que les cinquièmes plaques latérales.
Mile (fig. 94, a).
Mensurations. — Longueur : 2,9 mm; largeur au troisième segment thoracique :
W mm; longueur du pléon : 0,9 mm.
Céphalon de forme hémisphérique, légèrement aplati en avant; la séparation avec le
thorax est peu distincte. Yeux présents. Antennules (fig. 94, b) triarticulées, antennes quadri¬
llées. Maxillipèdes (fig. 94, c) présentant l’aspect de petites lamelles triangulaires très
effilées.
7 564030 6. 11 A
Source : MNHN, Paris
238
ROLAND BOURDON
FlC. 90
Pleurocrypta galatheae Hesse. - $ adulte, face dorsale X 20.
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
239
11 A.
Source : MNHN, Paris
240
ROLAND BOURDON
Péréion de largeur à peu près identique dans tous les segments. Péréiopodes (fig, 94
d-e). Leur structure diffère selon la position; le dactyle, long et aigu dans P1-P3, est court
dans P4-P7; le carpe est minuscule dans les trois pattes antérieures, mais beaucoup pl^
allongé dans les postérieures; de même le basipodite est grêle dans les premiers péréiopodes
et plus robuste dans les derniers.
Pléon complètement soudé, les six segments latéralement indiqués par des encoches
peu profondes. Aucune trace d’appendices.
Formes larvaires.
Épicaridien : ressemble beaucoup à celui de PL longibranchiata [B. et W.] (1).
Cryptoniscien : également, sauf que la taille est nettement plus grande (0,88 à 0,90 mm)
et le pygidium découpé en cinq dents (fig. 95), la médiane légèrement fissurée sur le bord
postérieur.
Formes juvéniles.
Il est assez difficile de préciser les stades évolutifs de la 9 dans cette espèce, car le déve¬
loppement des différents caractères ne se montre pas toujours exactement synchronisé pour
tous les individus : par exemple, des 99 possèdent des oostégites au stade 3 et aucun pléo-
pode. Cette remarque étant faite, on peut quand même suivre l’évolution générale de
PL galatheae et établir des stades dans lesquels la majorité des spécimens prendront place
(1) Des différences morphologiques spécifiques, si minimes soient-elles, doivent probablement exister
entre les stades larvaires des Bopyridae, mais nous n’avons pas été capable de les trouver chez pimieon
tormes. Un examen plus minutieux permettra sans doute de les déceler.
Source : MNHNParis
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
241
Fie. 94
Pleurocrypta galatheae Hesse. — 3 " adulte : a, face dorsale X 33;
b ,antenne et antennule X 81 ; e, maxillipède X 390; d, 1 er péréiopode X 109; e, 7' péréiopode X109.
Pleurocrypta galatheae Hesse. — Larve cryptoniscienne, pygidium X 459.
(tableau 28). Nous avons réduit leur nombre à 7 pour rendre plus facile la comparaison
avec PI. longibranchiata (Bâte et Westwood), mais le stade 2, en particulier, aurait pu être
subdivisé en plusieurs étapes selon le degré d’évolution des oostégites.
Comparativement à Pl. longibranchiata, la formation du marsupium par rapport
au développement des pléopodes est plus accélérée. Cette différence dans la morphogenèse
nérite d’être soulignée et rapprochée du fait que chez PL galatheae où les appendices du
pléon apparaissent tardivement, ceux-ci présentent une bien plus grande variabilité que dans
ü Précédente espèce ou encore chez Cancricepon elegans G. et B. où leur développement est
Précoce.
Source : MNHN, Paris
242
ROLAND BOURDON
Stade
Oostégites
;
Pléopodes
1.
Néant
Néant
Tuberculiformes
Néant
Digitiformes
Petites lamelles quadrangulaires
Tuberculiformes
Digitiformes ; endopodite encore
tuberculiforme.
4.
Exopodite lamelleux; endopo¬
dite encore digitiforme.
5.
Les cinquièmes oostégites se
touchent ou presque, les
autres encore écartés l’un de
Les deux rames lamelleuses;
exopodites presque aussi
longs que les plaques laté¬
rales.
6.
Tous les oostégites se recouvrent
7.
Forme définitive
=■ -
Tableau 28
Pleurocrypta galatheae. Définition des stades évolutifs des 99
Autres caractères :
Céphalon particulièrement développé chez les 99 juvéniles. La lame frontale et les
lamelles du bord postérieur ne sont bien définies que chez l’adulte. La croissance des maxilli-
pèdes (fig. 96, a-b) est rapide, dès le stade 2, le palpe est allongé et cilié, le bord postérieur
en voie de différenciation; au stade 4, ces appendices présentent un aspect proche de l’état
définitif.
Péréion (fig. 96, c-d). — La forme du péréion est nettement différente entre les individus
juvéniles (stades 1-4) et les préadultes. Chez les premiers, la face dorsale est courbe, les plaques
coxales très imbriquées et non définies sur le bord sublatéral des segments thoraciques. A
partir du stade 5, le thorax s’aplatit et l’on distingue des rudiments de bosses pleurales tandis
que les saillies tergales apparaissent.
Pléon (fig. 96, e). — Les plaques latérales sont très allongées dès le stade 2; leur forme
et leur taille varient d’ailleurs d’un individu à l’autre. Les uropodes sont toujours plus longs
que les cinquièmes lames pleurales.
2. Variation intra-spécifique
Femelle.
Indice d’asymétrie : 13 à 21°.
Lame frontale : coins latéraux ordinairement obtus, mais quelquefois l’un, plus rare¬
ment les deux, peuvent être plus ou moins acuminés.
Antennes et antennules : toujours triarticulées; la longueur du dernier segment est
cependant sujet à des variations dans l’antenne, pouvant dépasser la taille du second article
ou être à peine distinct.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES
MERS EUROPÉENNES
243
Source : MNHN, Paris
244
ROLAND BOURDON
Maxillipèdes (fig. 97, a-d) : à part l’anomalie relevée dans le spécimen de référence
(partie antérieure tronquée) et qui se retrouve parfois, rien de spécial à noter si ce n’est nn e
variabilité peu importante portant sur la longueur, la courbure et la chétotaxie du palpe.
Bord postérieur du céphalon (fig. 97, e-g) : les deux paires de lamelles, ordinairement
lisses, sont toujours présentes, l’externe étant d’habitude un peu plus longue, avec rarement
une ou deux petites digitations proximales ; l’interne est souvent plus grosse que l’externe,
mais quelquefois c’est l’inverse; le nombre des tubercules du bord médian augmente en prin-
cipe avec la taille des individus.
Pleurocrypta galalhcae Hesse. — Variation chez la i : a-d, bord antérieur et palpe
du maxillipède; e-g, bord postérieur du céphalon; h, anomalie du pléon.
Plaques coxales : peuvent présenter des légères ondulations sur leur bord externe,
notamment dans les paires postérieures.
Saillies tergales (graphique 9) .• c’est un des caractères les plus variables, leur absence
sur le premier segment étant, toutefois, absolument constante. Ordinairement, elles ne sont
représentées que sur le côté déformé (78 % des cas sur G. squamifera) des segments III à VI,
rarement sur le septième et exceptionnellement sur le deuxième. Mais, il est assez fréquent
que des individus en soient pourvus sur le côté non déformé (22 % des parasites de cet hôte);
leur nombre est alors plus réduit. Les 16 Bopyridae de G. dispersa possédaient des saillies
sur les deux côtés.
Premier oostégite (fig. 98, a-e) : l’un est toujours un peu plus petit que l’autre; la forme
de la partie inférieure varie beaucoup : le plus souvent le lobe distalpostérieur est émoussé,
quelquefois triangulaire ou digitiforme ou encore complètement absent. Les tubercules de
la crête interne sont toujours présents, sauf chez les plus petites 99 ovigères où ils manqueni
ou sont à peine ébauchés; leur nombre se situe entre 7 et 12, étant de 8 à 9 dans la majorité
des cas.
Crêtes oostégales : typiquement absentes, elles ont toutefois été observées chez une
seule 9 sur G. squamifera.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE
MERS EUROPÉENNES
245
Tuberculisation du marsupium : toujours assez forte, surtout à la base des oostégites.
Pléon (fig. 99, a-f) : à noter le redressement fréquent de l’abdomen sur la face dorsale
chez les exemplaires fixés, qui peut alors donner aux PI. galatheae un aspect très différent
je la forme typique; mais après traitement à la potasse, les somites pléaux se déploient et
reprennent une apparence normale. Sur 36 spécimens adultes dont le pléon était bien étalé,
le rapport L. totale/L. pléon (moins les uropodes) variait entre 3,20 et 4,33 quelle que soit
la grandeur des parasites.
Graphique 9
Nombre de saillies tergales chez les 2 spp. de Pleurocrypta parasites de G. squamifera
(sur 100 individus de chaque espèce)
Plaques latérales : la première paire dépasse toujours les septièmes plaques coxales
thoraciques. Elles sont généralement plus lancéolées que cordiformes, mais quelquefois
triangulaires; les suivantes s’amincissent plus ou moins, mais leur longueur reste constante.
Bien que constituées sur le même type, leur disposition peut donner à l’abdomen une appa¬
rence très dissemblable selon qu’elles sont séparées ou au contraire imbriquées.
Pléopodes : leur forme est en général identique à celle des plaques latérales et ils
dépassent au plus sur la moitié de leur longueur, ce qui est d'ailleurs rare. Les endopodites
peuvent être plus minces et un peu plus courts que les exopodites correspondants ; parfois
* dnquième ou les deux derniers sont très réduits.
Uropodes : toujours uniramés. Ces appendices dépassent au plus de 1,5 fois la longueur
« cinquièmes plaques latérales chez les 9? complètement adultes, mais chez certaines venant
{J* d’arriver à maturité, ils peuvent être beaucoup plus longs. Les uropodes sont assez
fréquemment plus gros que les dernières lames pleurales.
Source : MNHN, Paris
246
ROLAND BOURDON
Anomalie de l’abdomen : une 9 (fig. 97, h) montrait une réduction du nombre des
segments du piéon et une régression des appendices postérieurs. Les somites 4-6 étaient fusion¬
nés et portaient, outre une plaque latérale seulement et des uropodes normalement constitués
trois petites lamelles dont l’une bifurquée. Il est probable que cette anomalie est consécutive
à un régénérât.
Fie. 98
Pleurocrypta galatheae Hesse. — Variation chez la i :
a-e, 1 er oostégite, face ventrale X 25.
Mâle.
Taille de l’adulte : jusqu’à 3,3 mm.
La figure 100 (a, c, f-g) montre quelques exemples de la variation de la forme de
Y abdomen. Elle est de même nature et importance que celle du piéon du J de PI. longi-
branchiata.
3. Remarques systématiques
A. Caractères différentiels entre Pleurocrypta galatheae et PI. longibranchiata
Ce sont des parasites fréquents pouvant infester le même hôte, en particulier G. squo-
mifera; aussi est-il indispensable d’énumérer comparativement les critères spécifiques per¬
mettant leur identification (tableau 29).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
247
Source : MNHN, Paris
248
ROLAND BOURDON
Tous ne présentent d’ailleurs pas la même valeur différentielle. Le principal est l’absence
de saillies tergales sur le premier segment thoracique chez PI. galatheae qui s’est montré
absolument constante dans le matériel jusqu’ici examiné. Le second est constitué par le manque
de crêtes oostégales; chez cette espèce, ce caractère est également très bon, car nous n’avons
noté qu’un seul cas où une 9 adulte de PI. longibranchiata en soit dépourvue.
Les autres critères sont valables dans la majorité des spécimens, mais, et il importe de
le souligner, certains individus de l’une ou l’autre forme peuvent parfois ne pas les posséder
tous.
h
Fig. 100
Variation du pléon chez le c? :
“• c ’ f-g< Pleurocrypta galatheae Hesse; b, d-e, h, PI. longibranchiata (B. et W.)
Les exemplaires juvéniles de PI. longibranchiata se reconnaissent à leurs saillies
tergales très distinctes apparaissant dès la mue bopyrienne et aux pléopodes dépassant très
tôt les plaques latérales; chez les jeunes 99 de PI. galatheae, ces tubercules thoraciques
se forment relativement tard et les lames pleurales sont lancéolées à un stade précoce.
B. Variétés présumées de PI. galatheae
Nous avons longtemps hésité avant de réunir en une même espèce les PI. galatheae
à saillies tergales uni et bilatérales (graphiques 9 et 10). Les parasites de G. dispersa présentent
tous des saillies de chaque côté; mais ceux de G. squamifera, se scindent, sous ce rapport,
en deux groupes distincts, quoique la présence de tubercules sur un seul côté soit le cas le pius
fréquent (78 %). Mis à part ce seul caractère, aucun autre détail morphologique ne permet de
les distinguer, tous entrant dans le rang de variabilité. S’agit-il d’une espèce en voie de sépa¬
ration ou de formes hybrides, c’est ce qu’aucune donnée positive ne permet de savoir pour
1 instant. Les larves paraissent d’ailleurs identiques dans les deux cas; malheureusement,
nous n avons eu à notre disposition qu’un nombre très limité de Pleurocrypta sur G. dispersa
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
249
ne comprenant aucun épicaridien ou cryptoniscien ni formes juvéniles. Aussi, sans méconnaître
le problème qui existe et que nous n’avons pu étudier de façon satisfaisante faute de matériel,
nous admettrons donc très provisoirement qu’il s’agit d’une même espèce, PI. galatheae,
pouvant présenter une forme typique (à saillies unilatérales) et une autre, atypique (à saillies
bilatérales), cette dernière parasitant quelquefois G. squami/era, mais paraissant exclusive
sur G. dispersa.
Caractères
PI. galatheae
PL longibranchiata
Coins latéraux du céphalon..
Généralement obtus
Généralement acuminés
Saillies tergales.
Absentes sur le premier segment
thoracique.
Présentes sur le premier segment
thoracique.
Crêtes oostégales.
Absentes sur les oostégites 2 à 4,
sauf exception.
Présentes, sauf exception
Plaques latérales du pléon...
Toutes de même longueur
Diminuant souvent de longueur
vers l’arrière; en tous cas.
d’importance.
1* paire de lames pleurales..
Lancéolée ; généralement plus
longue que la 7 e plaque thora-
Généralement arrondie ; plus
courte que la 7 e thoracique.
Pléopodes.
De même forme que les lames
pleurales.
Beaucoup plus effilés que les
lames pleurales.
Dépassant relativement peu ces
dernières en vue dorsale, même
dans les paires postérieures.
Dépassant largement ces der¬
nières, surtout dans les paires
postérieures.
Uropodes.
De même forme que les 5 0S pla¬
ques latérales.
De même forme que les exopo-
dites des derniers pléopodes.
Sensiblement de même taille que
les dernières plaques latérales,
sauf parfois chez les individus
venant juste de parvenir à
maturité.
Dépassant nettement les 5 es
plaques latérales.
Toujours uniramés
Souvent biramés ou avec un uro¬
pode double et l’autre simple.
Tableau 29
Caractères distinctifs des deux espèces de Pleurocrypta parasites de G. squamifera
C. Espèces synonymes
Par les coins latéraux obtus du céphalon, les premières plaques latérales du pléon
itacéolées plus longues que celles du thorax, les pléopodes et les uropodes ne dépassant guère
longueur des cinquièmes plaques latérales, le spécimen de PL galatheae de Bonnier (1900,
Xm, fig. 1 ) correspond parfaitement à la forme qui vient d’être décrite sous ce nom.
Incertain doute subsiste cependant quant au nombre des saillies tergales qui, d’après la figure,
1 5S4030 6. 12
Source : MNHN, Paris
250
ROLAND BOURDON
paraissent présentes sur les sept somites du côté déformé et sur les quatre segments posté-
tieurs de l’autre; mais, dans son texte, Bonnier précise qu’elles se trouvent situées sur les
deux côtés des trois derniers somites thoraciques seulement. Par ailleurs, il ajoute que » ^
bosses ne sont visibles que chez l’adulte », indication précieuse, car, effectivement, les saillies
tergales n’apparaissent que tardivement chez Pl. galatheae tandis qu’elles sont au contraire
déjà formées et bien distinctes dès les premiers stades chez les 99 de PL longibranchiata.
Nous pouvons donc conclure à la conspécificité de la présente forme avec la Pl. galatheae
de Bonnier.
Quant à dire si le parasite décrit par Bonnier correspond à la « Pleurocrypte de la
Galatée squameuse » de Hesse (1865, PL IV, fig. 2, 12 et 14), Ü n’y a aucune possibilité de
le savoir avec certitude, la description et les dessins très défectueux — on peut même dire
fantaisistes — du dernier auteur pouvant s’appliquer à un certain nombre de Bopyridae. Deux
détails notés par Hesse sont toutefois troublants, car ils ne peuvent avoir été inventés. Le premier
se rapporte aux « niches » destinées à loger les pattes qui semblent correspondre à cette sorte
d alvéoles délimitées par ce que nous appelons des crêtes oostégales, spécifiques des Pl. lon¬
gibranchiata. Le second a trait aux uropodes; ceux-ci sont représentés comme deux petites
lumclles d une taille bien inférieure à celle des cinquièmes plaques latérales (ou des derniers
pléopodcs, on ne sait trop!) : or, jamais nous n’avons observé d’uropodes aussi minuscules
c ez Pl. galatheae, par contre, chez les individus de PL longibranchiata dont ces appendices
sont biramés, les endopodites sont beaucoup plus courts que les rames externes ou même que
es dernières lames pleurales. Il se pourrait donc fort bien que la Pleurocrypta de Hesse cor-
responde en fait au Phryxus longibranchiatus de Bâte et Westwood (1868). Cependant il
s agit là de présomptions, mais non d’arguments absoluments probants et ne sauraient justi¬
fier, par conséquent, d’augmenter encore la confusion qui règne dans le présent genre en
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE
EUROPÉENNES
251
intervertissant l’appellation spécifique des deux formes comme le voudrait la stricte appli¬
cation de la loi de priorité. Nous supposerons donc, ce qui ne présente d’ailleurs aucun incon¬
vénient pratique, que les Pl. galatheae de Hesse et de Bonnier sont identiques.
Stebbing (ira Herdmann, 1894, fig. 1) a nommé PI. nexa une nouvelle espèce trouvée
sur G. nexa (ou G. dispersa, car à l’époque les deux Galathées étaient confondues). Aucune
description du parasite n’était donnée, mais seulement un dessin de la 9 en vue dorsale dont,
d’ailleurs, nul détail morphologique d’intérêt taxonomique n’apparaît dans la partie thoracique.
Par contre, le pléon, plus net, montre des lames pleurales cordiformes et imbriquées; les pléo-
oodes ne dépassent les plaques latérales que d’un côté, les uropodes sont simples et de même
longueur que les cinquièmes lames pleurales. Ces caractères laissent supposer que le spéci¬
men de Stebbing appartient à PL galatheae.
C’est sûrement à cette forme que doit être référée la PI. hendersoni de Giard et Bon¬
nier (1890) dont Bonnier (1900, p. 315) remarque que la forme générale en est très voisine;
les caractères spécifiques énumérés par cet auteur (tuberculisation du bord postérieur du
cénhalon, forme du premier oostégite et longueur relative des pléopodes) entrent tous dans
le rang de variabilité de Pl. galatheae.
Nous paraissent encore identiques à cette espèce, la Pl. marginata de G. O. Sars
(1899, pl- 87, fig- 1) et * a hessei de Nierstrasz et Brender-à-brandis (1931, fig. 46) dont
nous avons examiné les holotypes : le développement de la lame frontale et des plaques coxales
étant la règle chez les 99 à peine adultes qui portent, en outre, des uropodes allongés.
La Pl. galatheae var. northumbriensis de Flattely (1922, pl. 1, fig. 1) et la Pl. longi¬
branchiata de Pike (1953, pl. 44, fig. 1) semblent également identifiables à cette Pleuro-
aypta.
Hôtes et distribution géographique
Ne sachant pas très bien sur quels critères se sont basés la plupart des auteurs pour
distinguer PL longibranchiata et Pl. galatheae, nous renvoyons à la liste du « Matériel exa¬
miné * où sont indiqués hôtes et localités pour chacune des espèces révisées. Nous noterons
seulement les références bibliographiques non mentionnées dans les « Remarques systéma¬
tiques » des deux Bopyridae.
Sur Galathea squamifera Leach. — Irlande : Coastguard Deep (Tattersall, 1905).
Shetlands (Pike, 1953). Écosse : île de Man (Moore, 1937), St Andrews (Mac Intosh, 1927).
Grande-Bretagne : Menai Straits, N. Wales, île Ste Mary, Northumberiand, Wembury,
Devon(PiKE, 1953), Plymouth (Plymouth Marine Fauna, 1957 ; Pike, 1947,1953). Danemark :
Skagerrak, Rubjer Knude (Stephensen, 1948). Iles anglo-normandes : Jersey, Guemesey
(Koelher', 1885; Norman, 1907; Le Sueur, 1954). France : Wimereux (Giard, 1899), Fécamp
(Gurd et Bonnier, 1887), Saint-Vaast-la-Hougue (Bohn, 1901), Roscoff (Delage, 1881 ;
Giard et Bonnier, 1887), Concarneau, Le Pouliguen (Bonnier, 1900), Villefranche-sur-
Mer (Pérez, 1922). Italie : Naples (Giard et Bonnier, 1890).
Sur Galathea nexa Embleton. — Écosse : île de Man (Moore, 1937), Oban (Pike,
1953). Grande-Bretagne : Plymouth (Plymouth Marine Fauna, 1957; Pike 1953).
Sur Galathea dispersa Bâte. — Écosse : Clyde (Henderson, 1886). Grande-Bretagne :
Plymouth (Pike, 1953; Plymouth Marine Fauna, 1957). France : au large de la Gironde
(Milne, Edwards et Bouvier, 1894).
BIOLOGIE
Nous comparerons la biologie des deux espèces de Pleurocrypta parasites de G. squa-
nifera.
1. Fixation du parasite
i Période de fixation.
Un seul cryptonisden de Pl. longibranchiata a été trouvé dans la cavité branchiale
d’un hôte au mois de juillet. Les 99 juvéniles les plus précoces (stades 1-2) étaient surtout
obtenues en juillet et août, confirmant une infestation estivale. Toutefois, la fixation doit pou-
quelquefois s’effectuer plus tardivement puisque des individus très jeunes ont été recueillis
ra décembre et même en février.
12 .
Source : MNHN, Paris
252
ROLAND BOURDON
Chez PL galatheae, les mêmes stades étaient observés à n’importe quel moment de
l’année sans qu’aucune période de plus grande fréquence puisse être décelée.
b. Conditions de fixation.
Taille de l’hôte.
Le tableau 30 et le graphique 11 donnent les pourcentages d’individus parasités en
fonction de la taille de l’hôte pour la Baie de Quiberon. Chez PL longibranchiata, les taux les
plus forts se trouvent dans les plus petites classes dimensionnelles jusqu’à 15,0 mm; les
Galathées plus grandes sont de moins en moins infestées. A Roscoff, la gamme des classes
est un peu plus étendue (entre 2,9 et 25,0 mm).
Graphique 11
Taux d'infestation des G. squamifera par les 2 spp. de Pleurocrypta
en fonction de leur taille
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
253
Chez PL galatheae, le degré de parasitisme augmente régulièrement chez les hôtes
mesurant entre 10,0 et 22,5 mm et reste important chez les individus atteignant jusqu’à
27,5 mm. Dans le présent cas, les spécimens âgés peuvent donc être parasités, différence inté¬
ressante à noter en comparaison de Cancricepon elegans G. et B.
Si nous consultons le graphique 12 où les stades évolutifs de chaque espèce sont portés
en regard de la taille des hôtes, nous constatons que les PL longibranchiata juvéniles infestent
exclusivement les individus de longueur inférieure à 10,0 mm (à deux exceptions près : hôtes
de 12 et 20 mm parasités par des stades 2 et 4)). Au contraire, les mêmes stades de PL gala-
lheae infestent des hôtes de n’importe quel âge, sauf les plus jeunes. La taille des Galathées
n'étant pas ici facteur prépondérant pour la fixation des larves, par suite, l’infestation n’est
1 564030 6.
Source : MNHN, Paris
254
ROLAND BOURDON
pas saisonnière, contrairement à ce qui se passe chez l’espèce précédente. Le fait que les
99 juvéniles représentent 36.5 % des individus récoltés, tandis que Pl. longibranchiata
comprend seulement 21,6 % des 99 immatures, semble le corroborer.
Les deux espèces de Pleurocrypta se distinguent donc très nettement quant à leur mode
de fixation, PL longibranchiata suivant le mode d’infestation classique des Bopyridae tandis
que celui de PL galatheae est aberrant. Cette caractéristique biologique importante paraît
singulière quand on considère qu’il s’agit du même hôte.
Classe
5,1/
7,5
7,6/
10,0
10,1/
12,5
12,6/
15,0
15,1/
17,5
17,6/
20,0
20,1/
22,5
22,6/
25,0
25,1/
27,5
27,6
30,0
30,1
32,5
Nombre d’individus.
16
130
246
312
307
215
186
127
65
17
5
Nbre
1
7
13
21
11
7
5
-
-
-
-
%
6,2
5,4
5,3
6,7
3,5
3,3
2,7
-
-
-
-
Pl. galatheae ....
Nbre
-
-
2
4
18
15
22
14
6
-
-
%
-
-
0,8
1,3
5,9
7,0
11,8
11,0
9,2
-
-
Tableau 30
Taux d’infestation des G. squamifera de la Baie de Quiberon
par Pleurocrypta spp. en fonction de la taille de l’hôte
Sexe de l'hôte.
Le taux de parasitisme entre les G. squamifera des deux sexes (tableau 31) est iden¬
tique dans les deux espèces, les différences observées dans les échantillons n’étant pas signi¬
ficatives (X* = inférieur à 2,13).
Localité
Sexe
Hôtes
Pl. longibranchiata
%
Pl. galatheae
%
Baie de Quiberon..
1.608
30
1,9
48
3,0
9
1.563
35
2,2
33
2,1
Rade de Brest ....
d
1.208
32
2,6
30
2,5
9
982
35
3,6
18
1,8
d
1.809
44
2,4
21
1,2
9
1.554
38
2,4
14
0,9
Tableau 31
Taux de parasitisme de G. squamifera par Pleurocrypta spp.
en fonction du sexe de l’hôte
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
255
Position du parasite.
Les deux cavités branchiales sont parasitées dans les mêmes proportions, le Bopy-
ridae se trouvant placé à droite dans 50,4 et 50,6 % des cas chez PL longibranchiata et PL gala-
lheae respectivement.
2. Évolution du parasite
Se référant au graphique 13, on constate (autant que le faible nombre des observations
le permet) que les stades 1-2 de Pl. longibranchiata sont surtout obtenus en juillet-août sur
les Galathées les plus jeunes. A cette époque, la population des G. squamifera intertidales
se compose d’ailleurs principalement d’individus de petites tailles, provenant manifeste¬
ment des pontes de l’année. La fixation peut, toutefois, s’effectuer plus tard, en décembre et
même en février. Les stades 6 sont comparativement plus nombreux en octobre-novembre
et en mars. On peut donc présumer que les parasites atteignent leur maturité au plus tôt en
trois à quatre mois. Quant à la recrudescence des 99 préadultes au mois de mars, on ne
peut savoir s’il s’agit de Bopyridae fixés en été et donc l’évolution aurait été inhibée durant
l’hiver ou si elles proviennent de fixations plus tardives.
,u
PI. longibronchia
3 □
PI. galatheoe
n n
U.2
r
n
r
-,
u.3
1
ED f
Ti rf
«
m
1
n n
rr
]
>1.3
ul
"h n m
rr
il
n
«•
rr 1 r ti
f
1
i
JASONOJ F M A M J
Graphique 13
Pleurociypto spp. sur G. squamifera. — Nombre mensuel de ÿï immatures récoltées
en fonction de leur stade évolutif (1 carré = 1 individu).
Source : MNHN, Paris
Longueur (mm)
s ,,d '
PI. galatheae
PI. longibranchiata
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
1
1
8
-
4
12
9
1
1
1
3
1
-
-
-
2
4
1
-
1
2
1
-
4.
-
-
4
1
6
4
2
5 .
-
-
-
2
2
1
1
5
6.
-
-
1
2
6
1
2
9
6
1
1
-
-
-
-
-
-
-
-
4
11
28
27
15
12
6
4
2
1
-
-
9
50
31
32
25
16
4
1
-
1
a en fonction do
Taille dos JPleurocryptc
Tableau 32
1 leur stade évolutif (nombre d’individus
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
257
Consécutivement à l’absence d’une période d’infestation limitée, la croissance de Pl. gala-
tleae ne peut être déduite comme précédemment du décalage chronologique présenté par les
modes de fréquence respectifs de chaque stade.
La taille des parasites en fonction du stade évolutif est donnée au tableau 32. Le déve¬
loppement linéaire est nettement plus important chez PI. galatheae que chez PI. longibran-
chiata puisque la modale des 99 adultes est de 7 mm au lieu de 4 mm; la taille maximale se
montre également plus élevée.
3. Reproduction
Période de reproduction : les émissions se déroulent toute l’année pour les deux formes.
Relation mue-hôte/ponte-parasite : aucune relation n’apparaît entre la date de ponte
des Pleurocrypta et celle de la mue des Galathées, excluant ainsi toute coordination entre les
deux phénomènes biologiques. On constate cependant dans la plupart des cas une éclosion
de larves entre deux mues de la G. squamifera, mais certains parasites peuvent pondre jus¬
qu’à trois fois durant l’intermue de l’hôte.
Durée d’incubation : pour une température variant entre 15° et 17,5°, l’intervalle
entre deux éclosions est de 25,6 jours pour PI. longibranchiata (moyenne de 15 pontes)
et de 26 jours pour PI. galatheae (moyenne de 17 pontes), donc identique.
Nombre de pontes : le maximum émis successivement en élevage a été de 8 pontes éche¬
lonnées sur 185 jours (PL longibranchiata) et de 10 sur 245 jours (PL galatheae).
Fécondité : nous avons seulement effectué quatre numérations pour connaître approxi¬
mativement l’ampleur de la fécondité chez des 99 de tailles extrêmes. Les chiffres suivants
ont été obtenus :
Pl. longibranchiata de 4,0 mm = 1.800 œufs
Pl. longibranchiata de 10,1 mm = 20.410 œufs
Pl. galatheae de 5,2 mm = 1.960 œufs
Pl. galatheae de 14,4 mm = 23.960 œufs
Cas de parasitisme interne
Signalée pour la première fois par Mouchet (1931) qui pensait avoir à faire à un Cépo-
nien, la présence de jeunes 99 de Pl. galatheae fourvoyées dans la cavité viscérale des G. squa-
nàfera a été confirmée par Pike (1953) ; par la suite, nous en avons retrouvé 24 cas dans les
trois localités bretonnes prospectées. Ces individus immatures internes ne sont donc pas
tris rares.
Ils étaient placés sur le cœur de Galathées des deux sexes, surtout les d 1 3 (16 cas pour
8 sur 99) et de toutes tailles (tableau 33), à toutes les époques de l’année, mais principalement
entre juillet et novembre (17 pour 7 en janvier et mars).
Longueur de l’hôte (mm)
5-10
10-15
15-20 20-25
25-30
Nombre.
2
6
3 8
2
Tableau 33
Pleurocrypta galatheae. Cas d’infestation interne par des 99 juvéniles
en fonction de la taille de l’hôte
Source : MNHN, Paris
258
ROLAND BOURDON
Leur longueur varie entre 2,0 et 5,2 mm. Les deux plus petits spécimens, encore
dépourvus de plaques latérales, possèdent des maxillipèdes triangulaires, plus courts q ue
les maxilles. Les autres exemplaires correspondent à la description de Pire, mais ils ne pré-
sentent pas d’oostégites ni de premiers pléopodes, rudimentaires chez les parasites britan-
niques (fig. 101, a-b).
Fie. 101
Pleurocrypta galatheae Hesse. — 99 juvéniles internes , face dorsale :
a , stade précoce X 57 ; 6, stade plus évolué X 20.
Pire émet la supposition que ces individus ont pu atteindre la cavité péricardiaque
en passant par le canal efférent des branchies au moment de la mue de l’hôte.
Statistiques d’infestation
Le taux de parasitisme des G. squamifera par les deux Pleurocrypta est peu élevé :
214 PI. longibranchiata et 164 PL galatheae sur 8.909 individus, soit un taux global respectif
de 2,4 et 1,8 %. Ces chiffres semblent peu varier entre les trois localités (tableau 34); toute¬
fois, les écarts relevés chez la première espèce entre Brest et Quiberon et chez la seconde
entre Roscoff et Brest ou Quiberon sont significatives (xJ = 6,71, 48,58 et 17,76 respective¬
ment).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 259
Localité
Hôtes
Pl. longi¬
branchiata
%
Pl. galatheae
%
3.356
65
1,9
81
2,4
, R,» ot
2.190
67
3,1
48
2,2
Ra
3.363
82
2,4
35
1,0
Tableau 34
Pourcentage d’infestation de G. squamifera par Pleurocrypta spp. en Bretagne
La fréquence relative des deux parasites se révèle également différente selon la région
considérée. Les PL longibranchiata sont comparativement plus nombreuses à Roscoff qu’en
Baie de Quiberon, tandis qu’à l’inverse, les PL galatheae diminuent :
Localité
Pl. longibranchiata
Pl. galatheae
%
%
Baie de Quiberon.
45
55
Rade de Brest.
57
43
70
30
Ceci suggère la possibilité d’une aire de distribution géographique distincte, Pl. lon¬
gibranchiata semblant avoir une zone de plus forte densité située plus au nord que celle de
Pl galatheae. Il serait donc intéressant de comparer avec des stations plus extrêmes pour
vérifier cette hypothèse,
i. Variation locale.
Contrairement à ce que nous avons indiqué pour la Baie de Quiberon avec Cancri-
upon elegans G. et B., si la fréquence des Pleurocrypta varie évidemment d’un endroit à l’autre,
elle n’est pas obligatoirement fonction de la densité de l’hôte, ce qui montre la complexité des
facteurs en jeu dans le parasitisme des Épicarides. En comparant cinq récoltes (opérées à une
journée d’intervalle à l’Halvoret et Saint-Pierre-de-Quiberon et échelonnées entre novembre
1958 et avril 1960), cette dernière station étant pourtant beaucoup plus riche en Galathées
que la première, les proportions de parasites étaient les suivantes (tableau 35) :
Halvoret
Saint-Pierre-Quiberon
Date
Parasites
Hôtes
%
Parasites
Hôtes
%
143
1,4
22
185
11,9
113
2,6
7
218
3,2
4
57
7,0
6
116
5,2
114
6,1
7
143
4,9
112
2,6
2
55
3,6
Tableau 35
Pourcentage d’infestation entre l’Halvoret et Saint-Pierre-de-Quiberon
chez Pleurocrypta spp.
Source : MNHN, Paris
260
ROLAND BOURDON
b. Variation bathymétrique.
L’espèce-hôte se cantonnant, du moins sur les côtes de Bretagne, entre le niveau inter-
tidal des Laminaires et — 10 m environ, et d’autre part, étant très vagile, voire migratrice,
le niveau bathymétrique ne peut donc jouer un grand rôle dans la répartition verticale des
individus infestés. A Roscoff, les Galathées prises en dragage sont exceptionnelles. Elles sont
plus commîmes à faible profondeur, en Rade de Brest; mais, dans cette dernière localité, sur
283 individus recueillis dans ces conditions, 14 étaient parasités, soit 4,9 % ; dans la zone des
marées (Pointe du Binde et banc de Saint-Marc) 101 sur 1.907, soit 5,3 %. La différence n’est
pas significative (xJ = 0,20).
c. Variation annuelle.
Comparant les deux années durant lesquelles les Galathées étaient régulièrement pré¬
levées, nous constatons que le pourcentage moyen pour 1959 ne diffère pas de celui de 1958
pour les deux espèces (xJ = 0,19 et 0,02 non significatif).
Date
Hôtes
PI. longi-
branchiata
%
PL galatheae
%
2,9
2,6
1.272
23
1,8
34
d. Variation mensuelle.
Le trop faible nombre de parasites recueillis par mois en Baie de Quiberon ne permet
pas de s’étendre sur les variations saisonnières spécifiques. Nous donnerons seulement les
pourcentages globaux d’individus parasités par les deux Pleurocrypta (tableau 36 + gra¬
phique 14).
Les chiffres obtenus montrent des écarts assez sensibles d’un mois à l’autre. On peut
toutefois constater deux faits :
— une augmentation régulière des Pleurocrypta entre septembre et novembre où le
taux passe de 1,3 à 7,8 % correspondant à l’arrivée massive des Galathées dans la zone inter-
tidale (Bourdon, 19626);
Pourcentage d’infestation mensuel chez les 2 spp. de Pleurocrypta parasites de G. squomifera
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
261
— une seconde recrudescence de l’infestation à partir de février jusqu’en été. Durant
cette période, les hôtes émigrent progressivement en profondeur, ce qui suggérerait peut-
être que les G. squamifera parasitées restent cantonnées à la zone des marées.
Nous ne voyons par contre aucune explication plausible à apporter concernant la chute
brutale du taux d’infestation observée entre décembre et février. Si le mois de janvier a fourni
des récoltes peu abondantes par suite de coefficients de marée trop faibles pour accéder au
niveau des Laminaires où la densité de l’hôte est la plus forte, les échantillons prélevés en
décembre 1958 et 1959 étaient numériquement très valables.
Mois
__
J„nv.
Fév.
Mo,
Avr.
Mai
j.»
Juil.
Aoû,
Sept.
Oct.
Nov.
Déc.
Individus.
146
390
544
541
252
27
39
174
302
272
485
76
Parasites.
3
11
28
19
14
3
2
3
4
12
37
4
%.
2,1
2,8
5,2
3,5
5,6
11,1
5,1
1,7
1,3
4,4
7,4
5,3
Tableau 36
Taux d’infestation mensuel des G. squamifera par Pleurocrypta spp. (Baie de Quiberon)
Influence du parasitisme sur l’hôte
Action sur la mue.
La présence de Pleurocrypta sur G. squamifera n’empêche absolument pas la mue
de l'hôte. Nous avons eu quelques cas où des individus infestés étaient récoltés en stade A;
d'ailleurs les élevages confirment ces observations puisque plusieurs Galathées parasitées par
les deux espèces de Bopyridae ont pu muer jusqu’à six fois consécutives.
L’intervalle entre deux exuviations ne parait pas différente entre les hôtes (de taille
égale) indemnes et bopyrisés.
On notera, par ailleurs, qu’il est relativement fréquent, en élevage, que l’exuviation
entraîne la perte du parasite. Dans la nature, les Galathées présentant une bosse vide ne sont
pas rares.
Action sur les gonades.
Elle semblerait plutôt nulle à en juger par le nombre de 99 ovigères infestées recueillies.
La plupart des individus de ce sexe avaient les ovaires en parfait état de développement.
Infestations bilatérales et simultanées
a. Infestations bilatérales.
Les deux espèces présentent parfois une infestation bilatérale. La proportion des cas
observés est normale (xf. = 0,47 et 0,77) :
PL longibranchiata : 3 cas sur 214 hôtes parasités = 1,4 %
PI. galatheae : 6 cas sur 164 hôtes parasités = 3,6 %
b. Infestations simultanées.
Les G. squamifera peuvent être également infestées par le Rhizocéphale Triangulus
m Veillet. En Baie de Quiberon, 24 cas étaient dénombrés (0,7) % et 22 en Rade de Brest
(1,0%); à Roscoff, l’espèce est beaucoup plus rare, puisque seulement 4 Rhizocéphales ont
été récoltés en plus de cinq ans (0,1 %).
Dans les deux localités de la Bretagne-Sud où le Triangulus se montre relativement
commun, son incidence avec les deux espèces de Pleurocrypta a pu être notée, de même que
® des Galathées contenant une 9 de Bopyridae interne :
PL longibranchiata = 1 cas sur 132 individus = 0,7 %
Pl. galatheae externes = 2 cas sur 129 individus = 1,6 %
Pl. galatheae internes = 3 cas sur 21 individus = 14,3 %
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
La rencontre avec les parasites externes est toute fortuite et ne présente rien d’extra¬
ordinaire (xî = inférieur à 1,39). Par contre, malgré le faible nombre d’observations, l’asso.
dation entre le Rhizocéphale et les jeunes PI. galatheae internes revêt une signification
biologique, car elle ne paraît pas due au hasard (xî = 26,92). L’infestation par T. perezi se
produisant le plus souvent à un âge précoce de l’hôte, il est possible que ce dernier parasite
favorise indirectement la pénétration erratique du Bopyridae.
Il peut être ajouté que nous avons trouvé une fois une G. squamifera bibopyrisée con¬
tenant une PL longibranchiata droite et une PI. galatheae gauche, les deux spédmens étant
des 99 ovigères.
Fie. 102
Pleurocrypta piriformis, n. sp. — ÿ adulte, face dorsale X 9.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
263
20. PLEUROCRYPTA P1RIFORMIS, nov. sp.
1. Description
[orme adulte.
Holotype : Q + c? sur Galathea slrigosa (Linné) c? de 37,5 mm de longueur céphalo-
thoracique, cavité branchiale gauche. Baie de Cadaquès, Espagne (L. B. Holthuis coll., Rijks-
jauseum Leiden).
ftmelle (fig. 102).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 15,1 mm; largeur au troisième segment
thoracique : 11,7 mm; longueur du pléon : 4,4 mm. Indice d’asymétrie : 2°.
Cèphalon profondément enfoncé dans le premier segment thoracique, ovalaire, cordi-
torme en arrière. Yeux non visibles. Lame frontale mince avec les bords latéraux légèrement
ituminés. Antennules et antennes triarticulées, le segment basal des deux appendices très
te,lumineux par rapport aux suivants. Maxillipèdes (fig. 103, a) avec le lobe distal courbe et
■ien prononcé, orné de quelques soies courtes. Bord postérieur (fig. 103, b) pourvu de deux
•aires de lamelles sensiblement égales et tuberculées sur les bords; la partie médiane porte
iplement deux à trois tubercules proximaux et une petite saillie au milieu.
Péréion. — Segments diminuant sensiblement de largeur vers l’arrière, le dernier faisant
sp la moitié du troisième. Pas de saillies tergales. Bosses latérales sur les cinq premiers
sonites, les quatre antérieures allongées et bien distinctes, la dernière beaucoup moins
o définie. Plaques latérales de plus en plus développées, la plupart rabattues sur la face
■ale. Bord latéral des segments surtout important dans les trois premiers somites, garn¬
ît le second, non visible sur les deux derniers. Oostégites. Première paire (fig. 103, c)
tla partie antérieure tronquée et légèrement dentelée; le lobe postéro-exteme est peu
aé; la crête interne est fortement tuberculée et digitée. Les autres plaques marsupiales
Source : MNHN, Paris
264
ROLAND BOURDON
sont normales, toutes montrant une frange de soies postérieure peu développée dans les oosté
gites 2 à 4, plus longue dans la dernière comme de coutume. Pas de crêtes oostégales. Péréio.
podes (fig. 103, d) semblables et de taille croissante vers l’arrière; le bord supérieur du basi.
podite avec une très forte gibbosité.
Pléon. — Segments relativement longs, sauf le dernier
qui est court. Plaques latérales foliacées et lancéolées, nette¬
ment plus allongées et plus acuminées sur le côté droit
Pléopodes (fig. 104, a-e) : cinq paires biramées, de taillé
décroissante; l’endopodite est beaucoup plus grand q ue
l’exopodite dans la première paire, dans les suivantes, les
deux rames tendent à devenir égales. Les appendices pléaux
montrent un léger bourrelet latéral plus ou moins tuberculé-
les pléopodes sont également tuberculés sur les deux faces
dans les somites antérieurs; ils dépassent peu les plaques
latérales lesquelles sont repliées contre l’abdomen, donnant
au corps de la 9 un aspect piriforme. Uropodes (fig. 103,/)
simples, dépassant largement les cinquièmes lames pleurales
et plus longs que les derniers pléopodes.
Mâle (fig. 105, a).
Mensurations. — Longueur : 4,2 mm; largeur au
cinquième segment thoracique: 1,4 mm; longueur du pléon:
1,2 mm.
Céphalon soudé avec le premier segment thoracique,
arrondi en avant. Yeux présents. Antennules et antennes
(fig. 105, b) triarticulées; le dernier article de l’antennule
très petit, celui de l’antenne aussi long que le second,
Maxillipèdes (fig. 105, c) sous forme de lamelles, arrondie à
gauche, lancéolée à droite.
Péréion. — Segments bien séparés, les bords latéraux
étant plutôt droits. Péréiopodes (fig. 105, d-e) avec le dactyle
allongé et aigu dans PI à P3, court et émoussé dans P4 à
P7 ; les pattes postérieurse sont plus massives que les anté¬
rieures.
Pléon relativement long, entièrement soudé, présen¬
tant une seule annulation sur les bords. Aucune trace de
pléopodes ni d 'uropodes.
2. Remarques systématiques
Il est pour le moins singulier qu’à l’instar de Gala-
thea squamifera, G. strigosa soit également infestée par
deux formes de Pleurocrypta et que les deux parasites des
espèces-hôtes montrent d’aussi étroites affinités. Comme il a
été vu plus haut, PI. strigosa ne se distingue guère de
PI. longibranchiata que par l’allongement progressif des
plaques latérales chez la 9 et le pléon chez le c?; la seule différence entre PI. piriformis,
nov. sp. et PI. galatheae Hesse, outre la forme particulière du corps du premier Bopyridae,
réside dans l’absence de saillies tergales.
Cette double analogie dans le mode d’infestation et l’apparentement manifeste des
parasites respectifs de ces Galathées jointe au biotope quasi identique fréquenté par les hôtes,
amènent naturellement à se demander s’il ne s’agirait pas du même Bopyridae pouvant indif¬
féremment infester G. strigosa et G. squamifera. Cette hypothèse n’est pas impossible et 1 on
peut supposer que les caractères distinctifs ci-dessus mentionnés sont acquis chez PI. strigosa
et PL piriformis grâce aux vastes dimensions de la cavité branchiale de l’hôte leur permettant
un développement exceptionnel.
Toutefois, ces différences morphologiques n’entrent pas à l’intérieur de la variation
intra-spécifique jusqu’ici observée dans les formes parasites de G. squamifera : aucune r-
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
longibranchiata ne présente une augmentation de longueur des plaques latérales aussi nette,
de même aucune Pl. galatheae n’est complètement dépourvue de saillies tergales, le minimum
no té étant de trois. D’autre part, la variabilité de ces caractères ne paraît pas fonction de la
taille des individus de PI. longibranchiata et PI. galatheae. Aussi, en attendant de pouvoir
examiner sous ce rapport des Bopyridae de G. strigosa de dimensions plus réduites que celles
des individus à notre disposition, ne voyons-nous pas d’autre solution que de considérer,
pour l'instant, PI. strigosa et PL piriformis comme des espèces distinctes.
Est-il nécessaire de préciser que l’attribution de ces noms a été faite au hasard? En
effet, nous ne pouvons savoir à laquelle des deux formes Ciard et Bonnier (1890) ont donné
!e nom de PL strigosa. Toutefois, les c?d 1 de cette Plewrocrypta correspondent bien à ceux
référés à cette dernière espèce par Norman (1907).
21. PLEUROCRYPTA MICROBRAISCHIATA G.O. Sors, 1899
RimocEs :
1890, Pleurocrypta intermedia Giard et Bonnier, p. 275 (nomen nudum).
1899, Pleurocrypta microbranchiata G. O. Sars, p. 208-209, pl. 87, fig. 2.
1900, Pleurocrypta intermedia Bonnier, p. 313-315, pl. XIV, fig. 1-8, pl. XV, fig. 1-7.
1926, Pleurocrypta intermedia Nierstrasz et Brender-à-Brandis, p. 26-27, fig. 68-72.
I 564030 6.
Source : MNHN, Paris
266
ROLAND BOURDON
1948, Pleurocrypta intermedia Stephensen, p. 126-127, fig. 38, 6-7.
1949, Pleurocrypta microbranchiata Dahl, p. 13-14.
1949, Pleurocrypta intermedia Dahl, p. 13-14.
1956, Pleurocrypta microbranchiata Holthuis, p. 231-233, fig. 79, o-c.
Matériel examiné :
— sur Galathea intermedia Lilljeborg. — Norvège : 2 spécimens, côte sud, types de
PL microbranchiata (Zoologisk Muséum Oslo); 1 spécimen, Bergen (Zoologisk Muséum
Kabenhavn). Écosse : 6 spécimens, Firth of Clyde et Sound of Jura (Coll. R. B. Pike). Grande-
Bretagne : 1 spécimen, Port-Erin (British Muséum); 4 spécimens, même localité (Marine
Biological Station Port-Erin). France : 1 spécimen. Boulonnais (Zoologisk Muséum Kebenhavn);
234 spécimens, Roscoff (R. B. coll.). Espagne : 2 spécimens, Cadaquès (R. Zariquiey Alvarez
leg.). Yougoslavie : 1 spécimen, canal de Split (Rijkmuseum Leiden).
Fig. 106
Pleurocrypta microbranchiata G. O. Sars. — i adulte, face dorsale X 41.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
267
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 -f d sur G. intermedia de 7,6 mm de longueur céphalo¬
thoracique, cavité branchiale droite, Roscoff.
femelle (fig. 106).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 3,2 mm; largeur au troisième segment
thoracique : 2,4 mm; longueur du pléon : 0,7 mm. Indice d’asymétrie : 20°.
Céphalon. — Lame frontale mince, mais distincte. Yeux présents. Antennules et
antennes triarticulées. Maxillipèdes (fig. 107, a) avec le palpe bien développé entouré de
soies. Bord postérieur (fig. 107, b) présentant deux paires de lamelles, les internes tuberculi-
formes, les externes plus lancéolées et plus longues; bord médian avec deux tubercules rudi¬
mentaires sur le côté gauche.
Fig. 107
Pleurocrypla microbranchiata G. O. Sara. — 9 adulte : a
du céphalon X 66; c, 1" oostégite droit X 66; d,
e, péréiopode 85.
i, maxilbpède X 66; 6, bord supérieur
1 er oostégite, côté gauche X 66;
Piriioa. — Pas de saillies 1essaies. Bosses latérales assez grosses, mais peu saillantes
J ml délimitées sur le bord interne des quatre premiers segments. Plaques coxales pas très
iddoppées sur les mêmes .omîtes; les suivante» sont redressée» ver, ta.face dorsale sur le
ilé son déformé. Bord latéral des segments très large sur le coté déformé des tergites I et II,
ï tord gauche des trois segments postérieur, est distinct; à dro.te, les sormtes VI et VII
M.tjS fissurés. Oostégites. Première pairelfig. 107, e-d) avec ifi; partie
t lobe inférieur est peu prononcé; 1. crête interne présente de légères ondulatiomuLes.unes
fc. marsupiales sont orné» d'une frange de soies sur leur bord posténeur mmuse^m»
la premières, mais considérable dans les cinquièmes oostégites. Creles
rab difficile à distinguer. Péréiapades (fig. 107, e) de tadle cro.ss.nte, avec une forte bosse
u basipodite.
Source : MNHN, Paris
268
ROLAND BOURDON
Pléon. — Plaques latérales diminuant progressivement de longueur, la cinquième paire
étant rudimentaire; elles sont triangulaires et arrondies à leur extrémité; celles de gauche sont
recourbées vers la face ventrale. Pléopodes dépassant largement les lames pleurales ; leur taille
décroît également vers l’arrière. Exopodite à peine plus long que l’endopodite. La forme
des deux rames, triangulaire dans le premier segment, s’amincit vers l’arrière où ces appendices
sont d’aspect tubuliforme; la dernière paire de pléopodes est dépourvue d’endopodite. Uro¬
podes faisant la moitié de la longueur des cinquièmes exopodites. Pas de tubercules sur les
appendices du pléon, mais la face ventrale des pléonites est plissée longitudinalement.
Fie. 108
Pleurocrypta microbranchiata G. O. Sars. — rf adulte : a, face dorsale X Tl ;
b, antenne et antennule X 271; c, péréiopode X 216. çf juvénile : d, pléon, face ventrale X 200.
Mâle (fig. 108, a).
Mensurations. — Longueur : 1,3 mm; largeur au troisième segment thoracique ;
0,4 mm; longueur du pléon : 0,3 mm.
Céphalon arrondi en avant; la séparation avec le premier segment du thorax est peu
distincte. Yeux présents. Antennules (fig. 108, b) triarticulées, antennes quadriarticulées.
Maxillipèdes triangulaires, effilés distalement.
Péréion. — Segments I à IV égaux, les suivants diminuant légèrement de largeur.
Péréiopodes (fig. 108, c) tous semblables avec le dactyle bien développé.
Pléon complètement soudé sans traces d’appendices ; les uropodes étant représentés par
deux paires de soies courtes.
Forme larvaire.
Cryptoniscien.
Il paraît identique à celui des deux précédentes espèces, avec le pygidium (fig. 109)
découpé en cinq dents, pareil à celui de PI. longibranchiata (B. et W.), la dent médiane pro¬
fondément échancrée, mais l’appendice est moins élargi.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYR1DAE DES MERS EUROPÉENNES
269
Formes juvéniles (fig. 110, a-c).
Comme pour PI. longibranchiata (B. et W.) et PI. galatheae Hesse, la croissance
des différents caractères morphologiques n’est pas obligatoirement synchronisée chez les 99
de PI. microbranchiata et l’on éprouve assez souvent quelque hésitation pour classer certains
individus dans un stade donné. Dans l’ensemble, ces derniers peuvent, toutefois, être définis
comme le montre le tableau 37.
Fie. 110
Pleurocrypta microbranchiata G. O. Sars. — 2 } juvéniles, face dorsale :
a, stade 1 X 89; b, stade 3 X 71; c, stade 4 X 58.
Maxillipèdes (fig. 111, a-g). — C’est, semble-t-il, le meilleur critère pour déterminer le
stade évolutif des 99 juvéniles. Triangulaires dans le stade 1 et pas plus grands que les maxilles
lu ils recouvrent en partie, les maxillipèdes s’allongent et s’effilent à leur extrémité distale
dans les deux stades suivants. Au stade 4 se forment le lobe extéro-postérieur et le palpe; ce
1 564030 6. 13 A
Source : MNHN, Paris
270
ROLAND BOURDON
dernier et le bord antéro-externe s’ornent chacun d’une, puis de deux soies (stade 5), lesquelles
formeront une rangée continue chez les 99 préadultes et matures.
Bord postérieur du céphalon. — Les lamelles céphaliques sont difficiles à distinguer
chez les jeunes individus; leur formation paraît s’effectuer au stade 5, voire dans le précédent
mais certains 99 à marsupium fermé (stade 6) en sont encore dépourvues.
Fie. 111
Pleurocrypla microbranchiata G. O. Sara. — $9 juvéniles, maxille et maxillipède :
a, stade 1 ; b et c, stade 2 ; d, stade 3 ; e, stade 1 ; /, stade S ; g, stade 6.
Oostégites. — Ils sont représentés sous forme de cinq paires de tubercules simples au
stade 3; dans le quatrième, ils ont l’aspect de plaques lamelleuses inermes s’allongeant de
plus en plus et ils se touchent presque ou se recouvrent même légèrement dans le stade 5,
moment où apparaît la frange de soies à leur bord postérieur, lequel peut être déjà digité dans
le stade précédent. Pratiquement, la seule différence entre les stades 6 et 7 réside en ce que le
marsupium des 9 9 préadultes, non voûté, est délimité par les péréiopodes, tandis que chez les
adultes les pattes sont rejetées plus ou moins latéralement sur les côtés et le marsupium est
toujours plus bombé.
Péréiopodes. — La formation de la bosse du basipodite est précoce : souvent dès le
stade 3.
Pléopodes. — Sous forme de tubercules simples, puis doubles (stade 2), l’évolution
des pléopodes est ensuite rapide. L’exopodite, toujours plus long que l’endopodite, dépasse
d’abord les dernières plaques latérales du pléon (stade 3), puis progressivement les antérieures
(stade 4) ; au stade 5, la rame interne est encore relativement courte et elle n’atteindra presque
celle de l’exopodite que chez les individus matures (voir Variation, tableau 38).
Uropodes. — Après la mue du cryptoniscien, la première forme bopyrienne conserve
des uropodes bien développés terminés par des soies; ces dernières disparaissent aussitôt,
tandis que la taille des appendices du telson régresse. Ils s’allongent ensuite à nouveau, pouvant
dépasser la longueur des cinquièmes exopodites dans les stades 2 à 4.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
271
Stade
Maxillipèdes
Oostégites
Pléopodes
1
Triangulaires, de même
taille que les maxilles.
Absents
Absents
2
De même forme, mais
plus grands que les
maxilles.
Tuberculiformes, uni- puis
biramés.
3
Allongés et distalement
effilés.
T uberculiformes
Expodites postérieurs dépas¬
sant les plaques latérales;
endopolites tuberculi-
4
Palpe et lobe postéro-
externes formés.
Foliacés et inermes, ne recou¬
vrent pas toute la surface
sternale.
Tous les exopodites dépas¬
sent les plaques latérales;
endopodites digitiformes.
5
Une ou deux soies sur le
bord antérieur et sur
le palpe.
Se touchent presque ou se
recouvrent légèrement ;
frange de soie sur le bord
postérieur.
Endopodites nettement moins
longs que les exopodites.
6
Forme définitive
Marsupium complètement for¬
mé entre les péréiopodes
encore ventraux.
Forme définitive
7
Marsupium plus ou moins
bombé rejetant les péréio¬
podes latéralement.
Tableau 37
Pleurocrypta microbranchiata. — Définition des stades évolutifs de la 9
2. Variation intra-spécifique
PI. microbranchiata ne présente pas de variations morphologiques aussi importantes
que dans les autres Pleurocrypta. Cependant, certains caractères sont sujets à une variabilité
intéressante à préciser en raison de la valeur qu’il convient de leur accorder du point de vue
taxonomique.
Femelle.
Rapport LU du corps : varie avec la taille et, pour les 99 adultes, les chiffres extrêmes
obtenus sont de 1,39 et de 1,96. Bien que n’ayant pas vu d’individu relativement aussi large
que celui figuré par Bonnier (1900, pl. IV, fig. 6), la diminution du rapport avec la crois-
ssnce, biométriquement mise en évidence, ôte à ce caractère toute valeur distinctive.
Lame frontale : la présence d’une lame frontale au céphalon s’est révélée absolument
constante, quoique Bonnier la dise nulle; mais, très étroite, elle est assez souvent difficile
> distinguer.
Yeux : presque toujours visibles, même chez les exemplaires les plus âgés, ce qui est
plutôt rare chez les Bopyridae.
Antennes : assez souvent quadriarticulées, le dernier segment alors minuscule.
Bord postérieur du céphalon : les deux paires de lamelles sont la plupart du temps aussi
élites que dans le spécimen de référence. Chez les grandes 99, elles peuvent, toutefois,
13 a.
Source : MNHN, Paris
272
ROLAND BOURDON
se montrer plus longues et plus effilées et leur taille sensiblement égale. Les tubercules du bord
médian sont toujours peu nombreux et rudimentaires; la majorité des individus n’en possèdent
d’ailleurs pas.
Premier oostégite : le bord inférieur de la première paire de plaques marsupiales pré¬
sente très rarement un lobe distal, et, quand il existe, ce dernier est peu prononcé. Aucun
spécimen ne présentait, sous ce rapport, la forme arrondie et large décrite par Bonnier
( 1900, pl. XV, fig. 2). Les tubercules de la crête interne sont à peine visibles et au nombre d’un
ou deux seulement.
Plaques latérales (fig. 112, a-c) : la dernière paire est toujours réduite et il est souvent
nécessaire de vider l’animal pour déceler sa présence; elle apparaît alors comme deux légères
éminences arrondies. Dans un seul individu, les dernières lames pleurales étaient bien déve¬
loppées; il s’agit d’un spécimen de Méditerranée.
Fig. 112
Pleurocrypta microbronchiata G. O. Sars. — Variation chez la Ç :
a-c, pléon, face dorsale; d, pléon, face ventrale.
Pléopodes (fig 112, d + tableau 38) : la cinquième paire apparaît progressivement au
cours de la croissance du parasite, mais très souvent, une des deux rames manque ou reste
plus petite que l’autre. L’endopodite peut également ne pas être représenté dans certains seg¬
ments antérieurs. Finalement, 30 % seulement des 99 adultes possèdent cinq paires de pléo¬
podes biramés normaux.
Uropodes : la longueur des uropodes par rapport aux cinquièmes exopodites diminue
avec l’évolution de la 9 (tableau 39). Chez les juvéniles du stade 3, ils sont, dans la majorité
des cas (60 %) plus grands que ces derniers appendices, mais plus petits chez les adultes
(70 %).
Source : MNHNParis
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 273
Pléo
podes
1-2/1-2
1-3/1-3
14/1-2
14/1-3
14/14
1-5/1-3
1-5/14
1-5/1-5
%
%
%
%
%
%
%
%
3.
3
6
-
13
78
-
-
-
4.
-
4
-
7
41
-
25
23
5.
-
-
1
-
30
3
36
30
-
-
-
-
25
5
40
30
Tableau 38
Pleurocrypta microbranchiata
Nombre d’endopodites des pléopodes chez les 99 en fonction du stade évolutif
Stade
Plus grands
Égaux
Plus petits
%
60
%
40
%
42
50
8
.
-
35
65
I, .
-
39
61
1
-
30
70
L---
Tableau 39
Pleurocrypta microbranchiata. Longueur relative des uropodes
par rapport aux exopodites des cinquièmes pléopodes chez les 99
Mâle.
Taille de l'adulte : jusqu’à 1,5 mm.
Pike (1953) a, le premier, observé chez cette espèce tous les intermédiaires entre les c?cf
présentant un abdomen non divisé et ceux montrant des annulations marquées. Ce terme peut
d’ailleurs être différemment interprété : s’agit-il d’une segmentation réelle ou les somites
sont-ils seulement indiqués latéralement par des encoches? Aucun des d'd 1 adultes de Roscoff
oaminés n’était réellement segmenté, mais la plupart avaient le pléon ondulé sur les bords
et sans trace de pléopodes. Ces derniers, par contre, sont présents et plutôt rudimentaires
chez les jeunes individus. Aussitôt après la première mue post-larvaire, la segmentation est
souvent bien distincte.
3. Remarques systématiques
Pour cette espèce a longtemps subsisté un certain doute : PI. microbranchiata Sars
st-elle identique à PL intermedia Bonnier ou, au contraire, spécifiquement distincte? Pour
Boxmer (1900), la première est une forme encore jeune de PL intermedia. Stephensen
( 1948) adopte aussi la synonymie reproduisant même le dessin de Sars pour représenter l’espèce
de Bonnier ! Cette opinion est également partagée par Pike (1953) bien qu’il note certaines
Source : MNHN, Paris
274
ROLAND BOURDON
différences entre les figures respectives des parasites norvégien et français et (provisoirement)
par Holthuis (1956) qui pense possibles des inexactitudes dans les dessins de Bonnier.
Par contre, pour Nierstrasz et Brender-à-Brandis (1926), les deux espèces sont sans
doute différentes quoique très proches. Dahl (1949) après avoir ré-examiné les spécimens de
Sars fait remarquer que la seconde 9 (mentionnée, mais non dessinée par cet auteur) pré-
sente le même degré de maturité et la même taille que la Pl. intermedia décrite par Bonnier-
pour lui, les deux formes « ought to be kept apart as separate species ». Le fait méritait
d’être souligné, mais en définitive n’était pas concluant : le problème ne pouvant être résolu
tant que l’on ignorait la variabilité morphologique des parasites de Galathea intermedia.
Les caractères différentiels pouvant être relevés entre les deux espèces supposées sont
au nombre de six. Certains d’entre eux sont rendus caduques par l’étude précédente sur la
variation du Bopyridae : (1) la largeur relative du corps varie beaucoup ; (2) la forme si par¬
ticulière du premier oostégite de PL intermedia n’a jamais été observée dans notre matériel’
(3) la lame frontale est toujours présente : mince, mais distincte. Cependant, nous n’avons
pas trouvé d’individus avec des lames pleurales lancéolées (4), des cinquièmes plaques latérales
allongées (5) ni des uropodes plus courts que ces dernières (6). Ces caractères, s’ils étaient
exacts, suffiraient amplement à justifier la séparation, mais ce n’est pas le cas.
En effet, l’examen des types de PL microbranchiata a finalement montré que la contro¬
verse qui durait depuis près de soixante-dix ans n’avait aucune raison d’être : la description
de l’espèce en ce qui concerne les derniers appendices pléaux étant tout simplement erronée.
Sars (1899) et par la suite Dahl (1949) ont été induits en erreur par l’état rudimentaire des
dernières lames pleurales (qui sur les deux spécimens-type sont pratiquement indistinctes) et
ils ont confondu avec elles les exopodites des cinquièmes pléopodes, lesquels sont toujours
plus longs que les uropodes. Cette erreur d’interprétation est bien compréhensible vu la
petitesse du pléon et la difficulté d’en distinguer les appendices sans traitement approprié;
c’est d’ailleurs en travaillant sur des individus préalablement vidés que nous avons pu les
déceler. D’autre part, les lames pleurales apparaissent lancéolées sur le dessin de Sars parce
qu’elles sont représentées inclinées : en réalité, leur bord distal est relativement arrondi.
Le problème se trouvant, à notre avis, résolu quant à l’identité des deux espèces, reste
celui de la dénomination du parasite de G. intermedia. Nommée dès 1890 par Giard et Bon¬
nier, PI. intermedia fut seulement décrite en 1900; elle doit donc être considérée comme
nomen nudum puisque Sars a créé PL microbranchiata en 1899. Le fait que la diagnose de
cette dernière soit défectueuse et que son appellation spécifique indique une particularité mor¬
phologique inexistante constitue un cas prévu par l’article 18 du Code international de nomen¬
clature zoologique (1961) stipulant : « le nom d’une espèce une fois établi ne peut être rejeté
pour cause d’impropriété ». Il ne nous appartient pas de juger le bien-fondé de cette décision,
mais de nous y conformer. En conséquence, estimant que les deux noms se rapportent à ia
même espèce, nous désignerons donc le présent parasite sous celui de Pl. microbranchiata
G. O. Sars.
Le Parapseudione dubia de Nierstrasz et Brender-à-Brandis (1931) infestant une
Galathea sp. du Maroc pourrait bien appartenir à cette espèce. En tout cas, son caractère
« spécifique » (les quatre premières paires de pléopodes biramées, la dernière uniramée) ne
peut plus maintenant être considérée comme lui étant particulier.
Hôte et distribution géographique
— sur Galathea intermedia Lilljeborg. — Norvège : Bergen (Zoologisk Muséum
Kebenhavn), côte sud. Danemark : Kattegat (G. O. Sars, 1899). Irlande : Dublin (Colgan,
1909). Écosse : île de Man, Firth of Clyde, île de Rum (Henderson, 1886; Stebbing in
Herdman, 1894; Moore, 1937; Pire, 1953). Grande-Bretagne : Port-Érin (British Muséum,
Marine Biological Station Port-Erin), Plymouth (Spooner, 1957). France : Wimereux (Giard,
1890, 1899), Saint-Vaast-la-Hougue (Bonnier 1900), Grandville (Gadeau de Kerville,
1898), Roscoff (Bourdon, 1963), Concarneau (Bonnier, 1900). Espagne : Cadaquès (Zabi-
quiey Alvarez, 1963). Yougoslavie : canal de Split (Rijksmuseum Leiden).
BIOLOGIE
Si Pl. microbranchiata a été récoltée en assez grande quantité, c’est surtout grâce à
quatre échantillons exceptionnellement abondants obtenus en août et septembre 1964 qui
nous ont procuré plus des deux tiers des parasites et des Galathées réunies en cinq ans. Pour
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 275
Pleurocrypta microbranchiala
Nombre d’individus récoltés en fonction de leur stade évolutif et de la taille de l'hôte
(1 carré = 1 individu)
Source : MNHN, Paris
276
ROLAND BOURDON
les autres mois, sauf décembre, les Bopyridae sont très peu nombreux. Aussi n’avons-nous
pu suivre la croissance de l’espèce au cours de l’année. Nous donnerons donc seulement
quelques indications fragmentaires sur sa biologie.
1. Fixation du parasite
a. Période de fixation.
Les larves cryptonisciennes ne sont pas rares puisque nous en avons recueilli 27,
c’est-à-dire environ 10 % des parasites. Mais deux seulement étaient directement fixées dans
la cavité branchiale de l’hôte, toutes les autres étant attachées à des 99 déjà en place.
Ces larves furent prises en janvier, août, septembre et décembre. Par ailleurs la majorité
des Pleurocrypta aux stades 1 à 3 étaient récoltées évidemment en août et septembre; toutefois,
leur présence était notée en décembre et janvier, d’où possibilité, du moins en certains cas,
d’une fixation plus étalée.
b. Conditions de fixation.
Taille de l’hôte. — Dans un des deux cas où le cryptoniscien se trouvait seul sur les
branchies, l’hôte mesurait 2,2 mm de longueur céphalo-thoracique; c’était d’ailleurs la plus
petite Galathée parasitée. Dans l’autre, la larve était fixée dans la cavité branchiale droite
tandis que la gauche contenait une 9 juvénile avec un cryptoniscien.
Le graphique 15 montre que les 99 immatures les plus jeunes (stades 1-3) sont obtenues
sur des G. intermedia de tailles comprises entre 2,5 et 4,3 mm, ce qui suggère que l’infestation
se produit seulement sur des individus jeunes, mais pouvant souvent avoir déjà effectué plu¬
sieurs mues depuis la fin de la vie larvaire.
Toutes les Galathées recueillies n’ont pas été mesurées, mais seulement celles des
quatre échantillons prélevés en août et septembre 1964. Ces prises importantes paraissent
d’ailleurs assez représentatives de la population des G. intermedia pour donner des rensei¬
gnements significatifs (tableau 40). Le taux de parasitisme est plus élevé chez les jeunes Gala¬
thées et décroît à mesure de l’augmentation de la taille de ces dernières. On remarquera, cepen¬
dant, que le nombre d’individus parasités accuse une certaine recrudescence dans les classes
terminales. Comme pour PI. galatheae Hesse, PI. microbranchiata peut donc se maintenir
sur l’hôte jusqu’à un âge très avancé, si ce n’est jusqu’à sa mort.
Tableau 40
Pleurocrypta microbranchiata. % d’infestation selon le sexe et la taille de 1 hôte
Sexe de l’hôte. — Le parasite montre une certaine préférence pour les hôtes du sexe 0*
ainsi que l’indiquent les chiffres suivants :
d(S : 114 cas sur 1.192 individus = 5,2 % ) , = 3113 hautement significatif.
99 : 120 cas sur 2.561 individus = 4,7 % j
Position du parasite. — Aucune influence : 51,9 % des Pleurocrypta sont fixés dans
la cavité branchiale droite, 48,1 % dans celle de gauche.
Source : MNHN, Paris
0,9
1,0
1,1
1,2
1,3
1,4
1,5
1,6
1.7
1,8
1,9
2,0
2,1
2,2
2,3
2,4
2,5
2,6
2,7
2,8
2,9
3,0
3,1
3,2
3,3
3,4
3,5
3,6
3,7
1.
"
2.
1
"
1
1
5 .
-
-
-
1
3
5
2
3
2
3
4
-
-
1
-
6 .
-
-
-
-
1
4
2
4
1
1
-
2
1
Adulte.
-
-
-
-
-
5
7
7
8
11
8
17
12
12
11
8
10
3
3
1
1
4
1
-
1
1
-
1
2
Tableau 41
Pleurocrypta microbranchiata. — Taille des 99 en fonction de leur stade évolutif (nombre d’individus par classe)
Source : MNHN, Paris
278
ROLAND BOURDON
2. Évolution du parasite
Femelle.
De la première mue bopyrienne résultent des 99 dont la longueur est généralement
de 0,9 mm, mais certaines grandissent jusqu’à 1,4 mm sans subir de modifications mor¬
phologiques (tableau 41). On constate également pour tous les autres stades une gamme de
tailles assez étendue. La maturité peut être atteinte dès que le parasite mesure 1,4 mm (la plus
petite 9 ovigère avait 1,5 mm) ; on notera que la taille de la plus petite 9 adulte est identique
à celle de la plus grande au stade 1. Les individus de grandes dimensions, entre 2,8 et 3,7 mm
(longueur maximale observée) sont rares à Roscoff.
L’évolution de PI. microbranchiata en fonction de celle de son hôte peut être approa-
mativement déduite du graphique 15. D’après les modes de fréquence des différents stades
la croissance paraît très rapide puisque le parasite étant au stade 1 sur des Galathées de 3,4 mm
arrive à maturité quand l’hôte acquiert 4,5 mm, ce qui ne doit pas nécessiter un bien grand
nombre de mues, en admettant même un taux de croissance très faible dans l’espèce-hôte
Dans certains cas, l’état adulte est déjà atteint dès que la Galathée fait 3,2 mm, d’où une
fixation effectuée vraisemblablement au tout début de la vie post-larvaire de G. intermedia
Nous manquons malheureusement d’informations concernant la croissance de cette
dernière espèce. En août-septembre (tableau 42), les parasites de stade 4 sont relativement
nombreux (14,0 %) et leur fixation remonte vraisemblablement au mois de juillet, sinon juin,
date à laquelle les larves âgées de Galathea spp. (comprenant nexa, dispersa, mais sans doute
surtout intermedia qui est de beaucoup la plus commune des trois) sont en grand nombre
dans le plancton roscovite (Thiriot, 1963). En décembre, les juvéniles sont rares et les stades
5-6 assez fréquents. La maturité des Bopyridae doit donc vraisemblablement être acquise vers
la fin de l’année ou au début de la suivante, soit en 5 à 7 mois environ.
La grande proportion de 99 adultes en été implique pour l’espèce une durée de vie
minimale d’un an.
Stade
Crypto
1
2
3
4
5
6
Aduite
Août
Septembre
Nombre...
1
8
11
17
20
16
6
64
0,7
5,6
7,7
11,9
14,0
11,2
4,2
44,7
Décembre
Nombre...
-
-
-
1
2
4
5
18
-
-
-
3,3
6,7
13,3
16,7
60,0
Tableau 42
Composition des Pleurocrypta microbranchiata en été et en hiver
Mâle.
Le tableau 43 indique que le pourcentage des 99 avec un cryptoniscien augmente
régulièrement jusqu’au stade 4; il diminue ensuite à mesure que se forment les couples avec
C? morphologiquement caractérisé. Ces derniers peuvent déjà accompagner des 99 du stade 3.
Leur nombre s’accroît de plus en plus jusqu’au stade préadulte 6, tous étant pratiquement
pourvus d’un cf.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
279
Tableau 43
Pleurocrypta microbranchiata. Présence du c? en fonction du stade de la 9
3. Reproduction
a. Période de reproduction. — La ponte doit très vraisemblablement se dérouler
toute l’année comme c’est le cas pour la plupart des autres Bopyridae. Nous n’avons toute¬
fois pas eu de 99 ovigères entre janvier et mars, mais très peu de parasites étaient obtenus
durant cette période.
« *
Graphique 16
Pleurocrypta microbranchiata. — Fécondité en
fonction de la taille des 99
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
b-c. Le nombre de pontes et la durée d'incubation restent inconnus, les Galathées
parasitées n’ayant pu être maintenues en élevage assez longtemps. II ne fait cependant aucun
doute que plusieurs émissions de larves sont effectuées par le Bopyridae, car les gonades ren¬
ferment invariablement de gros oocytes, quand les embryons contenus dans le marsupium
sont avancés. Toutefois, près de la moitié des 99 adultes étaient sans œufs, ce qui laisserait
supposer que l’intervalle entre deux pontes serait peut-être plus étendu que chez les autres
espèces.
d. Fécondité. — Le nombre d’œufs pondu en fonction de la taille du parasite est porté
au graphique 16. La fécondité se montre en rapport avec les dimensions du Bopyridae
et varie entre 90 et 1.283 œufs pour des individus de tailles comprises entre 1,6 et 2,8 mm
(majorité des PI. microbranchiata). Elle peut s’élever jusqu’à 3.205 œufs chez les très grands
spécimens de 3,4 à 3,6 mm.
Statistiques d’infestation
Sur 4.753 G. intermedia recueillies entre 1961 et 1964 dans la région de Roscoff, 234
étaient parasitées, soit un taux d’infestation global de 4,9 %.
a. Variation locale et bathymétrique.
PI. microbranchiata a été récoltée dans toutes les stations où existe son hôte. La fré¬
quence du Bopyridae varie peu d’un endroit à l’autre :
— 1-10 m, sur maërl propre (Tisaoson, Guérhéon) : 26 cas sur 499 individus = 5,2 <y.
— 10-20 m, sur maêrl et coquilles envasés (Ricard, Taureau) : 34 cas sur 746 indivi¬
dus = 4,6 %;
— 30 m, algues en épaves roulées (Paradis) : 171 cas sur 3.349 individus = 5,1
— 40-90 m, fonds de cailloutis du large (Astan, Point Carton) : 2 cas sur 53 indivi¬
dus = 3,8 %.
L’espèce est donc largement représentée dans toute la région de Roscoff quel que soit
le biotope et le niveau bathymétrique fréquentés par l’hôte et sans zone de prédilection appa¬
rente (xJ = entre 0,02 et 0,16 non significatif).
b. Variation annuelle.
Des différences assez sensibles ont été notées d’ui
1961 - 4 cas sur 237 individus = 1,7 % }
! année à l’autre :
5 = 0,80 non significatif
;î = 5,19 significatif
J = 4,86 significatif
1962 - 10 — 303 — = 3,3 %
1963 - 40 — 551 — = 7,2 % I
1964 - 180 — 3.662 — = 5,2 % j
Le taux d’infestation parait s’être considérablement élevé entre 1961 et 1963, qua¬
druplant en trois années successives. Toutefois, le pourcentage est en nette régression en 1964;
faisant abstraction des lots d’août-septembre, qui par leur importance perturbent la moyenne
annuelle, le degré de parasitisme n’est plus que de 4,2 % (21 cas sur 499 individus).
c. Variation mensuelle.
Le tableau 44 et le graphique 17 font ressortir deux pointes au cours de l’année : l’une
en hiver (décembre-janvier), l’autre en été (juin et août), la chute observée en juillet devant
sans doute être artificiellement provoquée par la faible représentation numérique des prélè¬
vements de ce mois-là. Il est impossible de rattacher ces observations à la biologie mal connue
de l’hôte.
Mois
Parasites
Individus
%
Mois
Parasites
Individus
%
H , Ut
Mare
1
63
1,6
Septembre ...
86
1.849
4,6
Avril.
3
119
2,5
Octobre.
6
145
4,1
Mai.
2
53
3,8
Novembre ...
8
178
4,5
Imn .
4
64
6,2
Décembre....
28
373
Tableau 44
Pleurocrypta microbranchiata. Taux de parasitisme mensuel
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
S O N D J F
Graphique 17
Pleurocrypta microbranchiata. — Pourcentage «le parasitisme mensuel
Influence du parasitisme sur l’hôte
Pas plus que les parasites de G. squamifera, Pl. microbranchiata ne paraît avoir d’in¬
fluence néfaste sur la gamétogenèse et la ponte des G. intermedia. Quelques 22 Galathées grai-
nées en effet, étaient parasitées par des 99 adultes. Nous ne pouvons dire toutefois si la pré¬
sence du Bopyridae entraîne une diminution de la fécondité de l’hôte.
Bonnier (1900, p. 128-132, fig. 20-22) a longuement développé ses observations sur
la féminisation des pléopodes des c?C? parasités. Cette dernière varie d’ailleurs beaucoup
d’un individu à l’autre, selon l’âge auquel l’hôte est infesté et « sans doute aussi suivant le degré
de résistance individuelle qu’il peut opposer à l’action du parasite ».
Parasite
L’un des exemplaires méditerranéens de PI. microbranchiata portait un cryptoniscien
de Cabiropsidae hyperparasite à la place du cf. Il s’agit d’un Cabirops sp. très proche de
C. ibizae Bourdon (1966).
22. PLEUROCRYPTA PORCELLANAE Hesse, 1876
Références :
1876, Pleurocrypta porcellanae longicornis Hesse, p. 24-27, pl. IX, fig. 22-33.
1900, Pleurocrypta porcellanae Bonnier, p. 317-318, pl. XVI, fig. 1-11.
1926, Pleurocrypta porcellanae Nierstrasz et Brender-À-Brandis, p. 25, fig. 60-61.
1931, Pleurocrypta perezi Nierstrasz et Brender-À-Brandis, p. 174-175, fig. 52-53.
1960, Pseudione convergeas Stock, p. 28-30, fig. 1 a-d, 2 a-d.
1965a, Pleurocrypta porcellanae Bourdon, d. 173-179, fig. 1-3.
Matériel examiné :
— sur Pisidia longicornis (Linné). — Écosse : 2 spécimens, Firth of Clyde (Coll.
R B. Pike). France : 781 spécimens, Roscoff; 10 spécimens, Rade de Brest (R. B. coU.); 9 spé-
àmens, même localité (A. Toulemont leg.); 10 spécimens. Baie de Quiberon (R. B. coll.).
• lot oc : 1 spécimen, El Araish, holotype de Pl. perezi (Zoologisk Muséum Kebenhavn).
^ 564030 6. 14
Source : MNHN, Paris
282
ROLAND BOURDON
FlC. 113
Pleurocrypta porcellonac Hesse. - V adulte, face dorsale X 33.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
283
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + c? sur P. longicornis 9 de 5,9 mm de largeur céphalo-
thoracique, cavité branchiale droite, Roscoff.
femelle (fig. 113).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 4,6 mm; largeur au troisième seg¬
ment thoracique : 2,8 mm; longueur du pléon : 1,1 mm. Indice d’asymétrie ; 16°.
Céphalon entier, non divisé longitudinalement. Lame frontale relativement assez
large. Yeux non visibles. Antennules et antennes triarticulées, le segment basilaire très gros.
Maxillipèdes (fig. 114, a) avec palpe bien développé et garni de soies. Bord postérieur
(fig. 114, b) pourvu de deux paires de lamelles lisses, l’interne un peu plus longue et plus
forte que l’externe; quelques tubercules très émoussés sur la partie médiane.
Fie. 114
Pleurocrypta porcellanae Hesse. — ÿ adulte : a, maxillipède X 44 ;
6, bord postérieur du céphalon X 50; c, 1 er oostégite, face ventrale X 35; d, péréiopode X 75.
Péréion. — Pas de saillies tergales. Bosses latérales : quatre paires bien prononcées
sur les somites antérieurs, de plus en plus importantes vers l’arrière. Plaques coxales lamel-
leuses toutes bien développées; celles du côté non déformé rabattues sur la face dorsale,
fiord latéral des segments distinct dans les six premiers péréionites. Oostégites. Première
Poire (fig. 114, c). Partie antérieure arrondie; crête interne complètement lisse; le bord postéro-
mterae de la partie inférieure est anguleux, mais ne forme pas de lobe proprement dit. Les
autres plaques marsupiales de type ordinaire, sans crêtes oostégales, ornées de petits tuber-
Source : MNHN, Paris
284
ROLAND BOURDON
cules peu nombreux; leur bord postérieur avec soies, formant une frange dans la cinquième
paire. Péréiopodes (fig. 114, d) très squameux, de taille croissante vers l’arrière, avec une forte
bosse au bord supérieur du basipodite.
Pléon (fig. 115). — Plaques latérales lamelleuses, de plus en plus courtes posté-
rieurement. Pléopodes : cinq paires biramées, dépassant très largement les lames pleurales en
vue dorsale. Triangulaires dans les segments 1 et 2, leur forme s’amincit progressivement-
la longueur des exopodites reste constante, celle des endopodites diminue beaucoup, les'
derniers faisant environ le cinquième de la longueur des premiers. Uropodes uniramés, aussi
longs que les exopodites des cinquièmes pléopodes. Aucun tubercule sur les appendices du
Pleurocrypta porcellanae Hesse. — 9 adulte, face ventrale du pléon X 55.
Mâle (fig. 116, a).
Mensurations. — Longueur : 1,1 mm; largeur au cinquième segment thoracique :
0,8 mm; longueur du pléon : 0,5 mm.
Céphalon arrondi en avant, séparé du thorax en arrière. Yeux présents. Antennules
et antennes (fig. 116 b) triarticulées, le segment distal minuscule dans les premiers appendices,
relativement important dans les seconds. Maxillipèdes (fig. 116, c) coniques, terminés par une
soie, à peine plus longs que la maxille.
Péréion. — Péréiopodes (fig. 116, d) avec le propode fort; les quatre premières paires
un peu plus grandes que les autres, leur dactyle étant plus long et plus aigu.
Pléon court, cordiforme sans trace d’appendices.
Formes larvaires.
Épicaridien : ne paraît pas présenter de particularité notables avec celui des précédentes
espèces de Pleurocrypta.
Cryptoniscien.
Longueur : 0,72 à 0,86 mm.
Céphalon arrondi en avant. Yeux présents. Antennules (fig. 117, e). Article basilaire
peu distinct sur son bord interne, avec deux soies antéro-externes et trois autres postéro-
externes; second article avec trois soies aux bords antéro-interne et externe et une autre un
peu au-dessus de ces dernières; les deux lobes distaux très inégaux, le supérieur plus de
deux fois aussi long que l’inférieur, se termine par trois soies dont une courte, le plus grand
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
285
en porte cinq plus longues et égales ; la frange sensorielle relativement peu fournie est composée
de soies plus allongées que celles du lobe inférieur. Antennes (fig. 117, b). Les deux premiers
segments pédonculaires sont courts et presque fusionnés, les suivants plus longs, forts
e t égaux avec une soie postéro-exteme, le quatrième en montrant trois petites accolées sur le
bord postéro-inteme; le second article du flagellum est plus court que les autres, les trois pre¬
miers sont pourvus de deux soies distales, le dernier en possède quatre dont les médianes
nés développées.
Péréion. — Épaulettes coxales (fig. 117, c) légèrement dentelées sur le bord latéro-
interne. Péréiopodes tfig- 117. d-e) arec le dactyle bifurqué; ce dernier article est simple,
plus long et effilé dans ks polies postérieures qui ont également un propode plus mince.
Pléon. — Plêopodes (fig. 117,/) de type ordinaire; l’endopodite est équipé de deux
soies distales plumeuses, Fexopodite en a quatre et une externe plus petite. Uropodes
(6g. 117, g-k). Plaque rosai-î aik-ogée avec une soie postéro-exteme: le bord inféro-interne est
découpé en deux petits lobes aigus. Exopodite terminé par six dent» (trois ventrales et trois
dorsales), deux épie» grêles et uæ longue soie; Fendopodite possède cinq dents distales,
deux épines et scie, cette demiâe plas courte que celle de la rame interne. Pygidium
(6g. 117, l) formant dents, b médiane l ég èr em e n t, mai» nettement échancrée.
Formes juvéniles.
Femelle.
Première ix 11:. — .V.• '->7
sauf latéralement La largeur du eorp» décret régulièrement à
Partir du premier fi i na ri p r P» de trarws «Fooatégite* ni de pléopode*. mai* uro¬
podes bien dévdoççës.
Deuxième fermer *%. iSM, «JL — Leogsewr : M i if» mm. Corps pin» élargi. Maxilli-
Nés (fig. H9, «, ~M év 1.. ipfa» fcaç» q®e V* smffles. Cht* certain* individu»,
7 56403» fc.
Source : MNHN, Paris
286
ROLAND BOURDON
Pleurocrypta porr.eUanae Hesse. — Larve cryptoniscienne : a, antennule X 407; b, antenne X 396;
c, épaulette coxale X 398; d, 1 er péréiopode X 383; e, propode de P7 383; f pléopode
X 298; g, uropode X 480; h, bord postéro-dorsal de l’exopodite des uropodes x 812;
i, bord postéro-ventral du même X' 812 ; j, bord postéro-dorsal de l'endopodite des uropodes
X 857 ; k, bord postéro-ventral du même X 857 ; 1, pygidium X 445.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
287
les plaques coxales sont en formation (délimitées par une dépression longitudinale sur leur
bord interne). Oostégites rudimentaires. Pléopodes (fig. 119, c) uniramés.
Troisième forme (fig. 118, d). — Longueur : 1,5 à 1,7 mm. La séparation entre la tête
et le thorax commence à se manifester. La lame frontale se différencie. Maxillipèdes
(fig. 119, b) avec palpe sétacé et lobe postéro-exteme quadrangulaire. Plaques coxales bien déve¬
loppées. Oostégites occupant les trois quarts du thorax. Pléopodes (fig. 119, d) biramés, l’en-
dopodite encore très réduit dans les deux dernières paires; parfois le cinquième expodite
est plus long que les précédents.
9 préadulte. — Longueur : 1,6 à 2,0 mm. Les oostégites se recouvrent sur la ligne
médiane avant que les pléopodes aient acquis leur complet développement.
Mâle.
A la mue du cryptoniscien, l'abdomen du c? est segmenté et présente cinq paires de
pléopodes tuberculiformes. La métamérisation et les appendices pléaux disparaissent progres¬
sivement à mesure que l’animal grandit (fig. 119, e-g).
2. Variation intra-spécifique
Femelle.
Indice d'asymétrie : 6 à 22°.
Taille de l'adulte : 1,9 à 5,8 mm.
Rapport L/l corps : varie entre 1,5 et 2,0 sans relation apparente avec la taille des
individus.
Source : MNHN, Paris
288
ROLAND BOURDON
Lame frontale : toujours assez large, quoique rarement autant que chez la 9 repré¬
sentée par Bonnier (1900, PI. XVI, fig. 3).
Antennules et antennes : exceptionnellement Inarticulées.
Maxillipèdes : le palpe est ordinairement assez allongé; en de rares occasions, l’ un
des deux appendices était tronqué.
Bord postérieur du céphalon : le degré de développement des deux paires de lamelles
est fonction, comme pour les autres espèces, de la taille du parasite, les plus petits étant pourvus
de digitations réduites. Les lamelles internes sont le plus souvent plus grosses que les externes 1
les tubercules (ou plutôt les ondulations) de la partie médiane manquent quelquefois.
Premier oostégite : jamais de tubercules sur la crête interne ni sur le lobe postéro-
interne proprement dit, mais l’angle peut être plus prononcé que dans le spécimen de réfé¬
rence.
Pléon : très court, représentant au plus le tiers de la longueur totale du corps; chez
certains exemplaires adultes, il ne dépasse pas le septième de leur taille.
Plaques latérales du pléon : toujours également courtes, diminuant progressivement
de longueur; dans le cinquième somite, elles sont souvent réduites à un tubercule peu saillant.
Chez quelques individus, les deux, voire les trois lames pleurales postérieures n’étaient pas
distinguables.
Pléopodes (fig. 120, a-b) : plus ou moins perpendiculaires à l’axe du corps dans la
première paire, ils se dirigent vers l’arrière dans les somites suivants. Les exopodites sont
très longs comparativement aux plaques latérales. Le premier endopodite, foliacé et grossiè¬
rement triangulaire, recouvre en partie le second et le troisième; son extrémité distale peut
même parfois atteindre le cinquième segment. La longueur des endopodites diminue sensi¬
blement à partir du quatrième ou même du troisième; parallèlement, leur forme se modifie,
leur aspect devenant filiforme; chez quelques exemplaires, toutefois, la gradation est progres¬
sive. L’endopodite du cinquième pléopode ressemble le plus souvent à celui du somite pré-
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
289
cèdent, c’est-à-dire à une digitation, mais plus courte; pour des individus de taille comparable,
sa longueur peut cependant varier dans les proportions de 1 à 4. II n’est pas rare que cet article
soit réduit à un simple tubercule ou manque même complètement.
Uropodes (fig. 200, c-e) : d’après Bonnier (1900, p. 318), la longueur des uropodes
dépasse celle de l’exopodite du cinquième segment abdominal. En fait, comme l’a remarqué
Stock (1960, p. 30), la taille relative de ces appendices est très variable. Sur une centaine de
9? ovigères examinées de ce point de vue, les uropodes étaient plus longs dans 27 % des
cas, égaux dans 55 % et plus courts dans 18 %. B semblerait d’ailleurs que le degré de déve¬
loppement des uropodes soit fonction de la taille du parasite. On notera aussi au sujet de ces
derniers appendices que les deux rames peuvent être souvent inégales : dans 35 % des spéci¬
mens, l’une d’entre elles était nettement plus longue que l’autre, elles étaient égales dans 54 %
et 11 % présentaient l’anomalie de n’en posséder qu’une seule.
Mâle-
Taille de l’adulte : 0,7 à 1,2 mm chez les individus typiques, allant jusqu’à 1,7 mm
dans le cas des d’d 1 à pléon segmenté de type Pseudione.
Pléon (fig. 121, e-i) : normalement fusionné en une seule plaque, le pléon des 99 de
PL porcellanae montre une très grande variabilité que nous avons d’ailleurs déjà eu l’occasion
d'étudier récemment (Bourdon, 1965a). Rappelons seulement que si l’abdomen est entière-
“WU Boudé dans 56,5 % des cas (sur 409 spécimens), 43,5 % des individus présentent une
se planeurs ondulations latérales et, parmi ces derniers, 4,4 % ont un pléon à six segments
Source : MNHN, Paris
290
ROLAND BOURDON
de type Pseudione. Il est probable que chez ces CÎC?, qui sont généralement plus grands qu e
les autres et peuvent posséder des pléopodes et des uropodes, la métamérisation pléale traduise
un début de féminisation. La présence d’oogonies chez l’un d’eux parait corroborer cette
hypothèse.
3. Remarques systématiques
Les deux espèces les plus proches de PL porcellanae, d’ailleurs également parasites
de Porcellanes, sont PI. yatsui (Pearse, 1930) redécrite par Shiino (1933) sur Petrolisthes
japonicus De Haan et PL macrocephala Nz. et Br. Br. (1923) sur P. asiaticus Leach. Les carac¬
tères mentionnés par Shiino pour séparer ces trois Bopyridae ne peuvent être retenus étant
donné la variation intra-spécifique de la première forme; toutefois, il existe d’autres diffé¬
rences permettant leur identification.
Chez la 9 de Pl. yatsui, le palpe des maxillipèdes est très réduit, le lobe postéro-
inteme du premier oostégite bien formé, le rapport L/l du corps est de 1,38 (figure de l’holo-
type) dors que l’individu le plus ■> large » de l’espèce européenne fait 1,5 et, d’autre part, la
lame frontale est plus développée; chez le <3, les antennules se composent de six articles.
Pl. macrocephala se reconnaît par le développement considérable du céphalon, la
crête interne du premier oostégite tuberculée, l’abdomen minuscule; de plus, les plaques
marsupiales 2 à 4 sont pourvues de crêtes oostégales bien nettes.
La Pl. perezi de Nierstrasz et Brender-à-Brandis (1931) du Maroc doit être consi¬
dérée comme un synonyme de la présente Pleurocrypta. Ces auteurs ont bien décrit et figuré
les plaques coxales comme étant étroites, mais cette indication est erronée, car elles sont aussi
larges que dans nombre de spécimens de Pl. porcellanae typiques ; leur méprise provient du
fait que ces plaques sont toutes redressées sur la face dorsale. D’autres part, l’hôte n’est pas un
Petrolisthes sp., mais Pisidia longicornis (J. Forest dét.), espèce commune sur les côtes
marocaines. En outre, l’une des Porcellanes contenait une jeune 9 interne identique à celles
que l’on trouve quelquefois dans les individus de Bretagne (voir p. 295).
On peut aussi rappeler les principales différences séparant cette forme de Pl. micro-
branchiata G. O. Sars, parasite de taille comparable pouvant être avec elle occasionnellement
recueilli détaché de son hôte dans les récoltes de chalutage. Chez la Pleurocrypta de Galathea
intermedia, les quatre premières paires de plaques coxales sont nettement plus courtes que la
longueur des segments thoraciques et, consécutivement, le bord latéral de ces péréionites est
relativement élargi; de plus, les yeux sont ordinairement présents chez la 9 adulte (ce qui est
assez rare chez les Bopyridae) et l’abdomen du d 1 , triangulaire, n’est jamais cordiforme ou
partiellement segmenté. Le parasite des Pisidia, au contraire, possède des plaques coxales
presque aussi longues que les somites et le bord postérieur de ces derniers est réduit; en outre,
les yeux sont rarement visibles et le pléon du c? est souvent cordiforme et parfois segmenté.
HÔTE ET DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
— sur Pisidia longicornis (Linné). — Irlande: Blacksed Bay (Tattersall, 1912 ; Moore,
1937). Écosse : De de Man (Moore, 1937). Grande-Bretagne : Northumberland (Pire. 1953),
Plymouth (Spooner, 1957). France : Wimereux (Giard, 1899; Bonnier, 1900), Roscoff
(Pérez, 1923; Stock, 1960, Bourdon, 1963, 1965 a-b). Rade de Brest (Hesse, 1876), Baie
de Quiberon (Bourdon, 1960). Maroc : El Araish (Nierstrasz et Brender-à-brandis, 1931).
BIOLOGIE
Malgré le grand nombre de Porcellanes de toutes tailles récoltées à toutes les époques
de l’année, les stades juvéniles ont rarement été trouvés (seulement 5,2 % de l’ensemble des
parasites). Par suite de leur faible représentation dans notre matériel, la biologie de l’espèce
reste encore peu connue.
1. Fixation du parasite
a. Période de fixation.
Les larves cryptonisciennes de Pl. porcellanae obtenues sont peu nombreuses : 29 spé¬
cimens recueillis, représentant seulement 3 % des parasites réunis. Il s’agissait d’ailleurs de
larves fixées sur des jeunes 99, sauf une fois, où le cryptoniscien était directement placé sur
les branchies. Leurs dates de récolte étaient les suivantes : avril (1 individu), août (12), sep-
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
291
tembre (10), octobre (2), novembre (3), décembre (1), ce qui laisse présumer que l’infestation
se produit toute l’année, mais surtout en été.
Les pourcentages mensuels de 99 juvéniles (tableau 45 + graphique 18) confirment
cette donnée, mais impliquent aussi une fixation importante en hiver. En effet, si les stades
jeunes se montrent relativement aussi fréquents en février qu’en juillet et septembre et sont
présents dans beaucoup des échantillons, le fait d’être proportionnellement moitié plus nom¬
breux entre juin et septembre que durant tout le reste de l’année indique bien l’existence
d’une période estivale plus favorable à l’établissement du parasite sur l’hôte. D’autre part, les
Ç9 venant juste d’atteindre la maturité présentent une pointe particulièrement significative
atteignant 25,6 % en septembre, maximum se détachant nettement des autres sommets.
Ces trois observations se complètent donc et l’on peut conclure que les PL porcellanae
se fixent principalement dès la fin du printemps et en été.
Oct.
Nov.
Déc.
Janv.
Fév.
Mars
Avril
Mai
Juin
JuiL
Août
Sept.
Juvéniles..
Nombre
4
6
-
2
7
-
-
-
2
2
1
5
%
3,7
7,2
-
2,9
11,4
-
-
-
8,3
12,5
8,3
12,8
Adultes....
Nombre
7
12
1
2
4
3
3
1
-
2
2
10
%
6,5
14,5
4,1
2,9
6,6
12,1
6,0
5,5
-
12,5
16,7
25,6
Ovigères.. .
Nombre
96
65
23
65
50
21
37
17
22
14
9
24
%
89,8
78,3
95,9
94,2
82,0
87,9
94,0
94,5
91,7
75,0
75,0
61,6
Tableau 45
Pleurocrypta porcellanae. — Proportion mensuelle des stades évolutifs des 99
b. Conditions de fixation.
Taille de l’hôte.
L’espèce infeste des Porcellanes de n’importe quelle taille, même les plus grandes.
C’est là un des caractères les plus saillants des relations hôte/parasite chez PI. porcellanae.
Le tableau 46 met ce fait en évidence :
Classe (en mm)
1
2
3
4
5
6
7
Nombre.
3
543
1.933
2.056
1.556
819
126
S
Parasites.
-
4
65
95
71
33
3
%.
-
0,7
3,4
4,6
4,6
4,0
2,5
Nombre.
13
332
1.680
2.128
1.639
247
2
S
Parasites.
-
3
51
113
60
19
-
t
%.
-
0,9
3,0
5,3
3,7
7,7
"
Tableau 46
Taux d’infestation par Pleurocrypta porcellanae selon la taille de 1 hôte
(zone intertidale seulement)
Source : MNHN, Paris
292
ROLAND BOURDON
Pleurocrypla porceUanac. — Proportion mensuelle des stades évolutifs
Les cas de parasitisme, très rares chez les petites Porcellanes de 2 mm, augmentent
progressivement jusqu’à la taille modale (4 mm dans les deux sexes). Chez les cfcf, le taux
d’infestation demeure identique dans la classe suivante pour diminuer ensuite, tout en restant
encore très appréciable chez les plus grands individus. Chez les 99, après avoir marqué une
diminution sensible dans la classe 5, l’infestation augmente brusquement chez les individus
de 6 mm parmi lesquels se rencontre le plus fort pourcentage de parasites.
Il est difficile de préciser à quelle taille s’effectue la fixation puisque les larves crypto-
nisciennes et les premiers stades juvéniles sont peu souvent trouvés dans la cavité branchiale
de l’hôte; nous sommes donc obligé de nous contenter des renseignements fournis par les
plus âgées, non encore adultes, pour connaître approximativement sur des individus de quelle
taille a lieu l’infestation (tableau 47+graphique 19).
Les formes relativement jeunes sont trouvées en majorité (55,3 %) sur des hôtes appar¬
tenant à la classe 3 et, dans des proportions moindres, mais encore relativement élevées (20,7 %)
sur des Porcellanes de 2 mm. Il faut donc ramener à cette dernière longueur et vraisemblable¬
ment aussi à la classe 1 mm, la taille moyenne à laquelle s’effectue la fixation. Ces dimensions
correspondent aux premiers stades post-larvaires de l’hôte.
Le tableau 46 ne confirme toutefois pas cette déduction : les plus jeunes individus
(classes 1 et 2 mm) récoltés sont très peu parasités (0,8 %). Bien que représentant à peine 7%
du total des Porcellanes recueillies, le nombre des individus examinés paraît cependant sum-
samment élevé (900 spécimens) pour être considéré comme valable. Aussi, si la fixation se
produit généralement dès le début de la vie benthique de l’hôte, ainsi qu’il semble résulter
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 293
Classe (mm)
2
3
4
5
6
7
Nombre..
6
16
3
1
3
-
%.
20,7
55,3
10,3
3,4
10,3
-
Nombre..
1
20
13
7
6
-
%.
2,1
42,5
27,7
14,9
12,8
-
Nombre..
-
80
192
123
43
3
%.
-
18,0
43,8
27,8
9,7
07
Tableau 47
Pleurocrypta porcellanae. — Pourcentage de parasites récoltés selon le degré
de développement de la 9 et de la taille de l’hôte
Pleurocrypta porcellanae
Pourcentage de parasites en fonction de leur stade évolutif et de la taille de 1 hôte
Source : MNHN, Paris
294
ROLAND BOURDON
des données exprimées par le tableau 47, le taux de parasitisme devrait par conséquent être
plus élevé dans les classes inférieures. Or, ce n’est pas le cas. Comment expliquer cette ano¬
malie? On peut supposer que les individus porteurs de jeunes stades de Bopyridae abandonnent
le biotope choisi par les mégalopes et où se sont accomplies leurs premières mues plus tardi¬
vement que leurs compagnes indemnes. Si le changement d’habitat est manifeste, les mégalopes
et les petits spécimens de 1 mm étant exceptionnellement capturés sous les pierres, nous ne
connaissons pas leur biotope spécial. Sa découverte et l’examen d’un grand nombre de jeunes
individus qui doivent lui être inféodés reste souhaitable. Rappelons cependant que chez les
Pilumnus dont, dans certaines conditions (par exemple dans les Hermelles de Saint-Michel-
en-Grève), les jeunes stades post-larvaires cohabitent avec les formes plus évoluées et les adultes
le pourcentage de parasitisme des premiers est nettement inférieur à celui des seconds. Le
problème demeure donc entier.
Les jeunes Porcellanes des classes 1 à 3 mm sont en plus grandes proportions dans la
population intertidale entre juin et août. Ces dates coïncident sensiblement avec celles assi¬
gnées précédemment à la fixation.
Il mérite d’être souligné que Pl. porcellanae est une espèce pouvant se fixer à n’importe
quel moment de l’existence de son hôte, même vers la fin de sa vie et se développer normalement
tout comme PL galatheae Hesse sur Galathea squamifera.
Sexe de l’hôte.
Aucune différence n’apparaît entre les taux respectifs d’infestation quel que soit l’échan¬
tillon considéré :
d d
9 9
%
%
Wolirî^l j.t.,1 ...1
..
Zone intertidale 1960-61.
3,8
4,0
Zone intertidale 1962-63.
4,0
4,4
4,9
4,7
Position du parasite.
De même, le parasite se fixe indifféremment aussi bien à gauche qu’à droite et les
statistiques ne font ressortir aucune préférence marquée de la larve pour un côté ou l’autre
(51,4 % à droite).
2. Évolution du parasite
La croissance de la 9 de PL porcellanae est difficile à suivre à partir du graphique 18
figurant les pourcentages mensuels de parasites, parce que la rareté relative des formes juvé¬
niles ne permet pas de les classer en plusieurs stades. On doit donc se contenter des larges
séparations établies entre les Pleurocrypta qui ont servi à construire le graphique. L’interpré¬
tation pourrait en être la suivante : les larves fixées vers le mois de juin pour la majorité des
cas parviennent à l’état adulte en septembre. L’évolution morphologique demanderait donc
environ trois mois seulement.
L’âge auquel se produit la première ponte est pratiquement impossible à déduire
des histogrammes formés à partir du nombre des 99 ovigères : octobre ou décembre-janvier?
Nous n’avons pas de données non plus concernant la longévité du Bopyridae. Les renseignements
relatifs à la croissance de la 9 sont donc encore très minces.
3. Reproduction
a. Période de reproduction.
L’espèce pond toute l’année. Les maxima des 99 ovigères indiqués au graphique 18
en décembre-janvier et avril-juin ne correspondent probablement pas à des périodes de ponte
plus intensives, mais paraissent traduire tout simplement une diminution du pourcentage
des 99 juvéniles et préadultes à ces dates.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE
MEHS EUROPÉENNES
295
b. Fécondité.
La fécondité de PI. porcellanae est relativement faible (comparativement aux autres
espèces de Pleurocrypta et même de PL microbranchiata Sars de taille pourtant comparable).
01e ne dépasse qu’exceptionnellement le millier d’œufs. Comme pour Cancricepon elegans
G. et B., trois facteurs interviennent et se combinent qui règlent la fécondité du parasite :
a taille, celle de son hôte et l’importance de la bosse provoquée chez ce dernier. Cependant,
le rapport entre les dimensions de la 9 et celles de la Porcellane sont le plus souvent constants
e t les individus peu déformés relativement assez rares; il existe donc pour l’ensemble des
cas, une certaine relation entre la fécondité et les longueurs des 99 ovigères. Le nombre
des œufs pondus varie entre 55 et 1.090 pour des parasites mesurant entre 1,6 et 4,2 mm
(graphique 20).
3.0 3-5 4.0 mm
Graphique 20
Pleurocrypta porcellanae. — Fécondité en fonction de la taille des 99
Cas DE PARASITISME INTERNE
A l’instar de PI. galatheae Hesse, les jeunes 99 de PI. porcellanae peuvent se rencontrer
feus la cavité viscérale des P. longicornis. Jusqu’en septembre 1962, nous n’avions recueilli
îo'un seul exemplaire placé sur le cœur de l’hôte. Cet unique spécimen pouvait être considéré
'Mme erratique puisque 12.322 Porcellanes avaient été ouvertes sans en découvrir d’autres,
'bis, durant les mois de juillet, août et septembre 1963, le nombre de cas s’est brusquement
fc'éàll pour 1.189 individus disséqués, et le plus souvent, les parasites étaient grégaires
Source : MNHN, Paris
296
ROLAND BOURDON
(jusqu’à 5). Dans ce dernier matériel, la proportion des Bopyridae internes s’est d’ailleurs
montrée très différente selon la provenance : parmi les Crustacés de la zone intertidalc, 0,2 %
seulement des hôtes présentaient des jeunes 99, mais ceux dragués en moyenne profondeur
(Château du Taureau) se sont avérés relativement fréquents (3,5 %). Ces parasites s’observent
généralement dans des Porcellanes de grande taille.
Les PL porcellanae internes ressemblent beaucoup aux cfcf de l’Entoniscien Entoniscus
mülleri Giard et Bonnier qui infeste également cet hôte, à part les uropodes un peu plus déve¬
loppés, les antennules différentes ne dépassant pas latéralement et, bien entendu, elles ont
sept paires de péréiopodes normalement constitués. Morphologiquement elles correspondent
aux 99 branchiales du stade 1.
Pike (1953) a émis l’hypothèse que les individus analogues de PL galatheae pénètrent
dans la cavité péricardiaque en passant par le canal efférent des branchies. Cette voie d’accès
paraît probable, mais le parasite doit plutôt parvenir à l’intérieur de l’hôte sous la forme
larvaire. En effet, les cryptonisciens de Pl. porcellanae sont assez souvent trouvés sur le cœur
des P. longicornis, la plupart morts, mais nous avons vu des exuvies et même des larves
bien vivantes.
Le destin des Bopyridae internes reste inconnu. Étant placés dans un milieu très dif¬
férent, on pourrait penser qu’ils meurent tôt ou tard, pourtant, nous n’avons jamais retrouvé
leur cadavre chitinisé qui serait cependant facilement décelable. On en arrive à se demander
si, au moins dans les cas d’infestation sur des hôtes de grande taille, les Pleurocrypta «four-
voyées » ne retourneraient pas dans la cavité branchiale continuer une évolution plus normale.
Précisons que nous avons récolté une seule 9 branchiale du stade 1 pour 22 cas internes
(comprenant 61 individus).
Quoi qu’il en soit, le nombre de ces observations pose un nouveau problème sur la
biologie des Épicarides.
Statistiques d’infestation
A Wimereux, Giard (1899) notait l’espèce comme « C.C. »; elle est extrêmement rare
en Grande-Bretagne (Pike, 1953). Sur les côtes armoricaines, Pl. porcellanae se répartit comme
suit :
Baie de Quiberon : 5 cas sur 2.240 individus = 0,02 % ) v « _ cm
Rade de Brest : 19 cas eur 2.890 mdiridu. - 0,65 % *■ “ '
Roscoff : 766 cas sur 19.387 individus = 3,95 % j ri = 78,18 significatif.
Les différences entre les trois localités sont nettes et le degré de parasitisme augmente
progressivement en remontant vers le nord. Une constatation analogue a déjà été faite au sujet
de Pl. longibranchiata (Bâte et Westwood).
a. Variation locale et bathymétrique.
Deux séries de prélèvements opérés en octobre et novembre 1960 à Roscoff en quelques
endroits bien précis de la zone intertidale font ressortir une certaine variabilité dans le taux
d’infestation suivant le niveau bathymétrique et l’emplacement des stations. Les résultats
portés au tableau 48 amènent aux conclusions suivantes :
1. Les Porcellanes recueillies dans les niveaux les plus élevés du chenal de l’île Verte
(stations 1 et 2) sont moins parasitées que celles prélevées plus bas (station 3) [yj = 5,42
significatif]. On peut donc supposer qu’une exondation fréquente et prolongée constitue un
facteur défavorable à l’infestation.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES
EUROPÉENNES
297
2. La proportion des individus parasités de la station 3, endroit abrité, est compara¬
tivement moins importante qu’à Bloscon, Bistarz et au Loup (xi = 3,99 significatif), stations
non protégées et où le pourcentage apparaît d’autant plus fort que leur exposition au large
est plus grande. On peut donc avancer l’hypothèse que ces dernières sont balayées par des
courants du large entraînant avec eux les Copépodes pélagiques porteurs des larves d’Épi-
carides, celles-ci se fixant plus facilement sur les individus habitant ces endroits, plus immédia¬
tement accessibles; au contraire, dans les stations abritées où les courants principaux ne par¬
viennent pas, les stades larvaires infestants pénètrent plus difficilement et les Porcellanes sont
alors moins affectées par le parasitisme.
Station
1
2
3
4
5
6
Oct. 1962.
4/197 = 2,0%
5/135=3,7 %
12/208 = 5,8%
17/257=6,6%
24/321 = 7,5%
35/422 = 8,3%
Nov.1962.
3/257=1/2%
2/133 = 1,5%
11/328=3,3%
14/310=4,5%
16/318 = 5,0%
23/382 = 6,0%
Moyenne.
7/454=1,5%
7/268 = 2,6%
23/536=4,3%
31/567=5,5%
40/639 = 6,2 %
58/804=7,2%
Tableau 48
Pleurocrypta porcellanae. — Variation du taux d’infestation selon les stations
(zone intertidale, Roscoff).
1. Haut de l’herbier de chenal de l’Ile Verte (Fucus vesiculosus) ;
2. Entre Rohou et Carec Logoden (Fucus serratus et Himanthalia) ;
3. Chenal de l’He Verte (Himanthalia et Laminaria );
4. Bloscon (id.) ; 5. Bistarz (Laminaria) ; 6. Le Loup (id.).
Il en est de même pour les individus de dragages (10-30 m) pour lesquels la différence
entre les taux d’infestation des deux populations s’est avérée constante dans presque tous les
prélèvements effectués simultanément à marée basse et en profondeur :
Population intertidale : 500 cas/15.779 individus = 3,7 % ) _ g 27 significatif.
Population côtière : 175 cas/ 3.608 individus = 4,8 % j
Période
Population intertidale
Population côtière
Parasites
Individus
%
Parasites
Individus
%
Oct. 1960-sept. 1961.
380
9.781
3,9
88
1.732
5,1
Oct. 1962 sept. 1963.
137
3.290
4,2
28
456
6,1
0,32 non significatif
0,34 non significatif
Tableau 49
Pleurocrypta porcellanae. — Taux d’infestation selon l’année et la population de Porcellanes
564030 6.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
b. Variation annuelle.
Les pourcentages moyens annuels de parasites ont été sensiblement les mêmes durant
les périodes 1960-1961 et 1962-1963 dans les population intertidale et côtière (tableau 49)
Il est toutefois intéressant de constater que les circonstances de milieu exceptionnelles dé
très basses températures auxquelles les Porcellanes de la zone des marées ont été soumises
durant l’hiver 1963 n’a eu aucun effet marqué sur le parasitisme.
c. Variation mensuelle.
Les deux années durant lesquelles des récoltes de P. longicornis ont été effectuées
régulièrement chaque mois donnent des courbes à peu près semblables (tableau 50 + gra-
phique 21). Sans tenir compte de la pente régressive en dents de scie observée entre février
et juin 1961, très sûrement imputable à l’échantillonnage, on constate qu’il se produit réguliè¬
rement au cours de l’année deux périodes où les parasites sont plus nombreux : septembre-
novembre et janvier-mars, un décalage d’un mois pouvant se produire d’une année sur l’autre.
Si la première recrudescence des Bopyridae correspond à une augmentation de jeunes
Porcellanes dans la zone intertidale (et à ce moment les 99 juvéniles de PL porcellanae sont
relativement communes), la brusque chute d’individus infestés qui lui est consécutive est
peut-être due à la mortalité des Porcellanes après la période de reproduction.
Année
Mois
Oct.
Nov.
Déc.
Janv.
Fév.
Mars
Avril
Mai
Juin
Juil.
Août
Sept.
1960-61
Nombre d’in¬
dividus. ...
1.535
1.728
587
1.032
816
328
504
748
584
664
634
621
Parasites ....
97
69
16
66
48
8
18
10
13
8
8
19
%.
6,3
3,9
2,7
6,4
5,9
2,4
3,6
1,3
2,2
1,2
1,3
3,0
1962-63
Nombre d’in¬
dividus ....
217
228
348
276
241
231
224
273
368
308
318
258
Parasites ....
11
17
11
3
12
18
13
8
11
7
5
21
%.
5,1
7,5
3,2
1,1
4,9
7,8
5,8
2,9
3,0
2,3
1,6
8,1
Tableau 50
Pleurocrypla porcellanae. — Taux d’infestation mensuel
Influence du parasitisme sur l’hôte
Pérez (1923 a-b) a déjà noté que le parasite n’inhibe pas la mue de l’hôte, au moins
tant qu’il est encore jeune. On peut préciser que les grandes Porcellanes infestées par des
Pleurocrypta adultes muent également. Le même auteur indique aussi l’influence réduite de
l’Épicaride sur l’activité génitale de l’hôte, se traduisant peut-être par une simple réduction de
la fécondité des 99.
Il n’y a pas non plus de répercussion sur les caractères sexuels externes. Si nombre
de d'ci présentent des pléopodes 99, ainsi que l’avait déjà observé Pérez (1927), le gynan¬
dromorphisme n’est pas dû au Bopyridae : aucun individu parasité ne montrait cette anomahe.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
299
Infestations bilatérales et simultanées
a. Infestations bilatérales.
Seulement sept Pisidia présentaient une double infestation, soit 0,9 %; dans tous les
cas, il s’agissait de 99 à des stades identiques.
b. Infestations simultanées.
P. longicornis possède un second parasite, l’Entoniscien Entoniscus mülleri Giard et
Bonnier. En Baie de Quiberon, où PI. porcellanae se montre exceptionnelle, ce dernier est
relativement fréquent (3,6 %); il se révèle beaucoup plus rare à Roscoff (0,1 %) tandis que
c’est précisément l’inverse qui se produit avec le Bopyridae.
Des cas d’infestations simultanées par ces Épicarides ont été rencontrés dans les trois
localités de Bretagne. L’association n’ayant été observée qu’une seule fois dans les deux régions
de la côte sud, aucune conclusion n’en peut être tirée. Par contre, dans la Manche, bien que le
nombre relativement réduit des observations restreigne leur valeur interprétative, la conco¬
mitance des deux parasites semble bien présenter une signification biologique analogue à
celle déjà mentionnée pour Cancricepon + Cancrion sur les Pilumnus, l’Entoniscien infestant
DJ F M a m J
Graphique 21
Pleurocrypta porcellanae. — Taux de parasitisme mensuel
si fois plus souvent les Porcellanes bopyrisées que les indemnes. En effet, les vingt-cinq
individus roscovites porteurs d 'Entoniscus se répartissent ainsi :
iO Entoniscus sur 18.621 individus sans Pleurocrypta = 0,11 % \ x 2 — 12,78 hautement
5 Entoniscus sur 766 individus avec Pleurocrypta = 0,65 % ) significatif
Étant donné le taux extrêmement bas du parasitisme par l’Entoniscien, il est probable
que le Bopyridae s’est fixé le premier et a rendu l’hôte plus réceptif à l’infestation ultérieure
P«£. mülleri, sans doute en l’affaiblissant. Plusieurs individus présentant des parasites par-
T ®us à l’état adulte et ovigère, le développement du second s’est donc effectué normalement
* Préserves nutritives des Porcellanes ont par conséquent suffi à assurer la croissance succes-
sie et complète des deux Épicarides et leur a permis de survivre ensemble, au moins pendant
m certain temps.
15 .
Source : MNHN, Paris
300
ROLAND BOURDON
APPENDICE AU GENRE PLEUROCRYPTA
Ce genre comprend trois espèces extra-européennes. Nous avons déjà vu les affinités systématiques
de PI. yatsui (Pearse) et de PI. macrocephala Nz. et Br. Br. ; nous indiquerons donc celles de PI. keiensis
Nz. et Br. Br. en complétant la description des holotypes des dernières formes citées (Coll. Zoologisk
Muséum Kobenhavn).
PLEUROCRYPTA KEIENSIS Nierstrasz et Brender-à-Brandis, 1931. — Sur Munida scabra
Henderson (D™ Baba et Wolff det.), îles Keî, Indonésie.
Femelle.
Antennules et antennes respectivement formées de trois et cinq articles. Maxillipèdes (fig. 122, a )
avec un petit lobe antéro-distal orné de quelques soies minuscules. Bord postérieur du céphalon (fig. 122 J)
Fig. 122
Pleurocrypta keiensis Nz. et Br. Br. — 9 adulte : a, maxillipède X 23 ; b, bord postérieur du
céphalon X 33; c, 1 er oostégite, face ventrale X 20. — PI. macrocephala Nz. et Br. Br. :
d, maxillipède X 23 ; e, bord postérieur du céphalon X 68.
pourvu de deux paires de lamelles, l’externe plus grande que l’interne, leurs bords digités ; partie médiane
faiblement tuberculée. Pas de saillies tergales thoraciques. Premier oostégite (fig. 122, c) avec la partie
antérieure arrondie et légèrement tronquée ; le lobe postéro-distal bien prononcé ; la crête interne se montre
fortement digitée. Les plaques marsupiales suivantes sans crêtes oostégales, toutes frangées de soies dont
la longueur augmente comme de coutume de la deuxième à la cinquième paire. Péréiopodes de taille crois¬
sante vers l’arrière, le bord supérieur du basipodite renflé. Endopodite des pléopodes légèrement plus long
que l’exopodite à tous les segments ; il est également plus acuminé que la rame externe. Uropodes uniraraés,
de même forme que les exopodites des pléopodes et presque deux fois plus longs que les cinquièmes
plaques latérales; ils ne dépassent cependant pas l’extrémité des derniers pléopodes. Ceux-ci sont ornés sur
les bords de quelques gros tubercules bien saillants ; il en est de même pour la face ventrale des lames
pleurales.
Mâle.
Céphalon soudé avec le premier segment thoracique. Antennules triarticulées, antennes quadri-
articulées. Pas de maxillipèdes. Péréiopodes : PI et P2 différents des autres paires quant à la grosseur du
carpe et du basipodite, mais ces articles se modifient progressivement vers l’arrière.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
301
Remarques. — Par son g dont l’abdomen est soudé, l’espèce PL keiensis appartient au genre Pieu-
rocrypta ; mais les caractères de la S la rapprochent beaucoup de Pseudione et en particulier de Ps. sub-
crenulala Nz. et Br. Br. (1923) et Ps. minimo-crenulata Nz. et Br. Br. (1931), également parasites de Munida
de la même région (le premier Bopyridae infestant même probablement M. scabra). Seul le degré de tuber¬
culisation des différents appendices distinguerait donc ces trois formes qui appartiennent au groupe
Ps. confusa Pike-ft. crenulata Sars (voir p. 187). II est possible que chez la Pleurocrypta indonésienne, le
pléon du g varie dans des limites aussi extrêmes que celles constatées chez PL porcellanae Hesse ; cepen¬
dant, les Pseudione ci-dessus mentionnés possèdent tous, dans ce sexe, des pléopodes ovalaires bien
distincts.
PLEUROCR YPTA MACROCEPHALA Nierstrasz et Brendcr-à-Brandis (1923). — Sur Petrolisthes
asiaticus Leach, localité inconnue.
femelle.
Maxillipèdes (fig. 122, d) avec le lobe supéro-distal émoussé garni de quelques soies. Bord posté-
rieur du ciphalon (fig. 122, e) présentant deux paires de lamelles lisses à peu près égales. Pas de saillies
lergales thoraciques. Oostégiles 2 à 4 avec crête oostégale. Péréiopodes de grandeur croissante vers l’arrière,
tous munis d’une bosse au basipodite.
X. Genre MEGA CHELIONE, nov. gen.
Ce nouveau parasite est très proche de Pseudione et si nous suivons la diagnose de
G. 0. Sars (1899), on pourrait l’y inclure. Mais, celui-là devant inévitablement être scindé
par la suite, il était préférable de créer dès maintenant un genre à part pour Mcgachelione.
Sa diagnose est la suivante :
Femelle.
Corps piriforme. Lame frontale quadrilobée. Céphalon distinct du thorax, mais les
segments thoraciques II à IV plus ou moins difficilement visibles. Maxillipèdes sans palpe.
Bord postérieur du céphalon pourvu de deux paires de lamelles; quatre paires de bosses
latérales; plaques coxales réduites. Péréiopodes avec propode et dactyle très développés. Pléon
normalement composé de six segments; plaques latérales assez longues, sauf les cinquièmes
qui sont réduites; cinq paires de pléopodes biramés tuberculés; uropodes uniramés.
Mâle.
Corps allongé. Céphalon aplati, plus ou moins soudé au thorax. Péréiopodes avec
propode et dactyle très développés, notamment dans les deux premières paires Pléon de six
segments, brusquement rétréci. Cinq paires de pléopodes ovalaires libres dirigés vers l’arrière.
Telson orné de deux grands lobes postéro-externes.
Ce Bopyridae montre beaucoup d’analogie avec Asymmetrione R. & M. Codreanu
et Pike (1965), mais ce dernier, comme son nom l’indique, présente une très forte asymétrie.
Chez Megachelione, nov. gen., au contraire, l’axe du corps est peu courbé. Il constitue pro¬
bablement la forme dont dérive le précédent genre.
23. MEGACHELIONE FO RE STI, nov. gen., n.sp.
Référence :
1966, Pseudione foresti Bourdon p. 852 (nomen nudum).
Matériel examiné :
— sur Paguristes oculatus Fabricius. — Espagne : 4 spécimens, Baléares (J. Forest
«M, Muséum, Paris). France : 14 spécimens, Sète (R. B. coll.). Tunisie : 7 spécimens, entre
C*P Tebia et île Plane (Cherbonnier coll., Muséum, Paris).
7 564030 6.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Holotype : 9 + d sur P. oculatus 9 de 14,9 mm de longueur céphalothoracique,
cavité branchiale gauche, Sète, juin 1966.
Fie. 123
Megachelione foresti, n. g., n. sp. — $ adulte, face dorsale X 8.
Femelle (fig. 123).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 6,8 mm; largeur au troisième segment
thoracique : 4,9 mm; longueur du pléon : 2,0 mm. Indice d’asymétrie : 17°.
. Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
303
Céphalon relativement petit, cordiforme, sans fissure médiane, entièrement enfoncé
dans le premier péréionite. Lame frontale bien distincte, quadrilobée. Yeux absents. Anten-
nules et antennes respectivement formées de trois et cinq articles, le segment basilaire des
derniers appendices très élargi. Maxillipèdes (fig. 124, a) avec la moitié supérieure quadran-
gulaire, sans palpe et non ciliée. Bord postérieur (fig. 124, b) pourvu de deux paires de lamelles
égales, l’externe plus effilée distalement; partie médiane avec trois à quatre gros tubercules
latéraux et un autre isolé au milieu.
•Julione foresti, n. g., n. sp. — $ adulte : a, maxiüipède X 22; b, bord postérieur du céphalon
X 31; c, 1 er oostégite et péréiopode, face ventrale X 17; d, crête interne du 1" oostégite
X 24; e-i, pléopodes 1 à 5 X 18; j, uropodes X 18.
Péréion. — Premier segment redressé latéralement. Quatre paires de bosses latérales
bien distinctes, ovalaires. Plaques coxales très petites sur les mêmes segments I-IV, celles
des derniers somites lamelleuses, de plus en plus pointues. Bord latéral des segments II-IV
bien développé et égal des deux côtés; il est peu visible dans les péréionites postérieurs. Oosté-
çites. Première paire (fig. 124, c-d -f 125, o) arrondie dans sa moitié antérieure ; la partie
inférieure, assez étroite, forme un grand lobe distalement aminci ; crête interne digitée et tuber-
cdée sur les trois quarts de sa longueur. Autres oostégites (fig. 125, b-e). Deuxième paire
avec les bords antérieur et postérieur incurvés; les trois dernières rectangulaires; la frange
postérieure garnie de soies de plus en plus développées; quatrième avec les soies plus longues
devenant une véritable frange dans la dernière. Toutes les plaques marsupiales sont recouvertes
de tubercules squameux. Péréiopodes (fig. 124, c) avec propode et surtout dactyle très dévelop-
Source : MNHN, Paris
304
ROLAND BOURDON
pés; pas de bosse au basipodite; le propode forme une large lame excavée sur laquelle repose
l’extrémité du doigt; présence de tubercules squameux; PI et P2 sont nettement plus forts
que les pattes suivantes.
Pléon. — Plaques latérales. Cinq paires
charnues, lisses et lancéolées, diminuant de taille
vers l’arrière; les cinquièmes courtes, globuleuses
et redressées. Pléopodes (fig. 124, e-ï). Cinq paires
biramées de longueur décroissante, bordées de gros
tubercules squameux sur les deux faces; les deux
rames divergentes, de même taille, mais l’endopo-
dite replié dans les quatre premières paires paraît
plus petit; il est plus tuberculé que l’exopodite.
Uropodes (fig. 124, j) uniramés, la rame droite
avec deux tubercules sur le bord interne. La face
ventrale des pléonites est plissée transversalement.
Mâle (fig. 126, a).
Mensurations. — Longueur : 3,7 mm; lar¬
geur au troisième segment thoracique : 1,15 mm;
longueur du pléon : 1,1 mm.
Céphalon avec le bord antérieur presque
droit, les côtés anguleux et le bord postérieur peu
distinct du thorax. Yeux présents, mais petits.
Antennules et antennes (fig. 126, b) respectivement
composées de trois et sept articles, l’extrémité
distale des segments de plus en plus sétacée.
Maxillipèdes absents.
Péréion. — Bord latéral des somites angu¬
leux, di min uant régulièrement de largeur à partir
du troisième segment. Péréiopodes (fig. 126, c) très
développés avec le propode et le dactyle particuliè¬
rement robustes; le bord inférieur du carpe et de
l’ischiopodite porte une frange de poils minuscules ;
leur taille relative comme suit :
PI = P2 > P3 > P4 = P5 = P6 > P7 ;
la dernière paire avec le dactyle et surtout le pro¬
pode réduit, presque moitié plus courte que la
première, mais la longueur du basipodite reste
constante dans tous les péréiopodes.
Pléon brusquement rétréci par rapport au
septième segment thoracique. Bord latéral des pléo¬
nites recourbé vers la face ventrale, formant de
véritables plaques latérales. Pléopodes (fig. 126, d-e). Cinq paires uniramées, ovalaires, de
taille décroissante, libres et dirigées vers l’arrière. Uropodes absents, mais les bords postéro-
externe du telson sont prononcés et garnis de soies.
Forme larvaire.
Épicaridien.
Longueur : 0,32 à 0,34 mm.
Céphalon. — Antennules (fig. 127, a) distinctivement triarticulées ; article basal avec
une soie; le deuxième avec un petit groupe de deux grandes soies et deux courtes et, sur le
bord opposé, une petite soie insérée sur une apophyse conique; troisième article portant deux
lobes, l’un terminé par une soie, l’autre par deux, plus deux longues soies plates. Antennes
(fig. 127, b). Les deux premiers segments pédonculaires courts, les suivants plus longs, surtout
le dernier qui présente deux soies postéro-intemes ; l’article proximal du fouet est nettement
plus long que le second lequel se termine par trois dents et deux soies denticulées inégales.
Fig. 125
Megachelione foresti, □. g., n. sp.
V adulte : a-e, oostégites 1 à 5 X 6.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
305
Péréion. — Péréiopodes de type ordinaire.
Pléon. — Pléopodes (fig. 127, c). La saillie postéro-interne de l’article basilaire avec
une petite soie et une grande plumeuse; exopodite terminé par trois soies également plumeuses.
Uropodes (fig. 127, d). Bord postérieur de l’endopodite avec deux dents ventrales, une grosse
dorsale obtuse et deux soies inégales; exopodite terminé par deux dents sur chaque face, l’une
beaucoup plus longue et aiguë que l’autre, une courte soie fine et une longue sétacée. Dernier
segment (fig. 127, e-f) présentant deux petites pointes sur son bord postérieur; il est orné
sur les deux faces de lignes finement ciliées formant une mosaïque : on compte 29 plaques
dorsales et 27 ventrales. Tube anal relativement long.
Fie. 126
Megachelione foresti, n. g., n. sp. — cT adulte : a, face dorsale X 25;
b, antenne et antennule X 54; c, péréiopode X 55; d, pléon, face ventrale X 57;
e, pléon, vue latérale X 56.
Formes juvéniles.
Nous n’avons eu à notre disposition qu’une seule 9 juvénile déjà grande et une 9
préadulte.
Stade juvénile (fig. 128, a). — Longueur : 3,5 mm. Céphalon d’aspect très particulier,
sans doute unique chez les Bopyridae jusqu’ici connus : la lame frontale, très large, forme
quatre pointes, deux latérales et deux antérieures, séparées par de grandes encoches profondes.
Maxillipèdes (fig. 128, b) représentés par deux lames triangulaires avec palpe allongé terminé
par deux petites soies; le lobe postéro-exteme est ébauché. Péréion peu rétréci en arrière;
début de différenciation des plaques coxales. Oostégites triangulaires; les cinq paires égales,
encore petites, atteignant à peine le quart de la largeur du thorax. Péréiopodes ayant déjà
l'apparence et la taille relative des pattes de l’adulte. Pléon (fig. 128, c) avec tous ses appendices,
mais les endopodites des pléopodes sont falciformes et dépassent la ligne médiane; quelques
tubercules; les uropodes relativement longs.
Stade prédulte (fig. 128, d). — Longueur : 3,8 mm. Corps piriforme, plus élancé
loe chez l’adulte, avec le pléon relativement large. Lame frontale quadrilobée, les deux lobes
latéraux rabattus sur la face dorsale. Maxillipèdes sans palpe. Bord postérieur du céphalon
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
(fig. 128, e) avec lamelles et tubercules présents. Séparation des segments thoraciques II à
IV peu distincte sur la ligne médiane. Bosses latérales et plaques coxales formées. Marsupium
complètement clos. Les endopodites des pléopodes cachent encore la face ventrale de l’abdo¬
men comme dans le stade précédent; les tubercules sont plus nombreux sur les appendices
Megachelione foresti, n. g., n. sp. — Larve épicaridienne : a, antennule X 282; b, antenne X 736;
c, pléopode X 1000 ; d, uropode X 507 ; e, dernier segment abdominal et 5 e pléopodes,
face ventrale 525; /, dernier segment abdominal et 5 e pléopodes, face dorsale X 525.
2. Variation intra-spécifiqne
Femelle.
Taille de l’adulte : 5,7 à 7,7 mm.
Indice d’asymétrie : toujours faible (5 à 17°).
Lame frontale : la fissure médiane est constante, mais chaque lobe n’est pas toujours
subdivisé à son tour.
Maxillipèdes : souvent avec les angles latéro-antérieurs plus arrondis que dans l'ho-
lotype.
Segments thoraciques : la séparation des somites II à IV est rarement bien distincte
dans la partie médiane; le bord des péréionites II et III est fréquemment plus développé sur
le côté déformé.
Pléon (fig. 129, a-b) : deux anomalies à relever concernant la fusion des segments
postérieurs. Chez la 9 juvénile des Baléares, le cinquième segment manque, mais le telson
est présent et porte des uropodes; chez une 9 adulte de Sète, les pléonites 4-5 sont soudés
sur le côté gauche et portent une seule paire de pléopodes.
Plaques latérales : le plus souvent dirigées perpendiculairement à l’axe du corps dans
les premières paires qui sont toujours, d’autre part, nettement plus larges que le septième
segment thoracique; la cinquième paire est petite et hémisphérique; parfois la quatrième l’est
également.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
307
Fie. 128
Mtgachelione foresli, n. g., n. sp. - 'U juvéniles : o. stade assez évolué, face dorsale X 21;
b, maxillipede du meme X 130; c, pléon, face ventrale du même X 36; d, stade préadulte,
lace dorsale X 21 ; e, bord postérieur du céphalon du même X 34.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Uropodes : la présence de tubercules sur un des appendices est rarement observée.
Dans un cas (fig. 129, c), les uropodes étaient réduits à deux petites lamelles lancéolées.
Mâle.
Taille de l’adulte : 2,8 à 3,7 mm; la taille est toujours importante par rapport à celle
de la 9 : L 9/Lcf = 1,35 à 2,34.
Rien de spécial à noter si ce n’est, une fois, l’absence d’un des cinquièmes pléopodes
Statistiques d’infestation
Cette espèce paraît plutôt commune (1).
Ainsi, aux Baléares, sur 22 Pagures récoltés par
J. Forest, 4 étaient infestés, soit 19,1 %; à Sète,
nous en avons obtenu 14 sur 209, soit 6,7 %
(xJ = 2,26 non significatif). Les hôtes des deux
sexes sont parasités, les plus grands individus
faisant 16,0 mm de longueur céphalothoracique.
Tous les parasites étaient fixés dans la cavité
branchiale gauche.
Parasite
M. foresti est souvent infesté par un
nouveau Cabiropsidae, Cabirops ibizae Bourdon
(1966), surtout par les larves : deux cas à Sète
et trois aux Baléares (dont un avec 18 crypto-
nisciens).
XI. Genre A S YM ME TRI OISE
R. & M. Codreanu et Pike, 1965
La très forte asymétrie de la 9 est tout
à fait caractéristique du genre. Ce caractère mis
à part, Asymmetrione présente des analogies
singulièrement étroites dans presque tous les
autres détails morphologiques avec Megache-
lione, nov. gen.
Bien que le présent genre n’ait pas encore
été trouvé avec certitude sur nos côtes (2), il
nous paraît indispensable de l’inclure dans la
faune européenne, car il a été obtenu sur un
Dardanus arrosor (Herbst) du Maroc. Vu la
proximité relative de son lieu de récolte et
l’abondance de l’hôte en Méditerranée, il ne
manquera sûrement pas d’être recueilli par la
suite dans cette dernière région.
24. ASYMMETRIONE DARDANI, nov. sp.
1. Description
Forme adulte.
a
Holotype : 9 + cf sur D. arrosor (J. Fo¬
rest det.) 9 de 20,0 mm de longueur céphalo¬
thoracique, cavité branchiale droite, Agadir,
20/XII/1952 (Muséum, Paris).
Fie. 129
Megachelione foresti, n. g., n. sp. - Variation
chez la ÿ, face doraale du pléon : o > 48;
b x 19; c X 38.
(1) Ferez (1935) semble d’ailleurs l’avoir, le premier, trouvée sur nos côtes.
(2) Il est, toutefois, très probable que le nouveau Pseudione mentionné par Pérez (1935) sur cet note
est identique à cette forme.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
femelle (fig. 130).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 12,3 mm; largeur au troisième segment
thoracique : 9,4 mm; longueur du pléon : 3,0 mm. Indice d’asymétrie : 56°.
Céphalon ovalaire. Lame frontale assez large, rabattue sur la face dorsale de la tête,
nettement fissurée au milieu et formant deux lobes internes, plus deux externes plus petits.
Fig. 130
Asymmetrione dardani, n. sp. — ? adulte, face dorsale X 13.
Source : MNHN, Paris
310
ROLAND BOURDON
Yeux absents. Antennules et antennes comprenant respectivement trois et cinq articles, le
segment basal des deux appendices très élargi. Maxillipèdes (fig. 131, a) sans palpe ni soies.
Bord postérieur (fig. 131, b) avec deux paires de lamelles, l’externe plus longue que l’interne,
triangulaire et effilée; leur bord externe ainsi que l’extrémité des lamelles internes et le bord
latéral de la partie médiane sont très digités.
Péréion. — Séparation médiane des cinq premiers segments thoraciques peu distincte.
Bosses latérales : quatre paires plus ou moins quadrangulaires sur les somites antérieurs.
Plaques coxales très peu développées sur les tergites I-IV ; elles sont représentées par des lobes
allongés sur le troisième et sur le côté déformé des deux derniers; les plaques coxales 6 et 7
du côté gauche sont larges, foliacées et fortement tuberculées sur leur bord postérieur. Bord
latéral des segments particulièrement distendu sur le côté droit des somites II et III ; à gauche,
il est plus ou moins caché par les bosses latérales. Oostégites. Première paire (fig. 131, c )
Asymmelrione dardani, n. sp. — 9 adulte : a, maxillipède X 13; 6, bord postérieur du céphalon
X 35; c, 1 er oostégite, face ventrale X 13; d, 7' péréiopode, face dorsale X 18; e, 7' pé-
réiopode, face ventrale X 18;/, uropodes X 30.
Partie antérieure arrondie, l’inférieure rectiligne avec un petit lobe postérieur acuminé; la
crête interne est très digitée. Les paires suivantes sont à peu près semblables avec le bord
postérieur finement cilié, sauf dans la partie proximale de la cinquième paire où les soies sont
allongées. La face externe des plaques incubatrices est fortement tuberculée près de leur
insertion. Péréiopodes (fig. 131, d-e) avec le propode échancré dorsalement, pourvu d’un
lobe inférieur important; le bord postérieur des pattes présente plusieurs gros tubercules
squameux; d’autre part, le basipodite forme une grande bosse, mais mal définie sur son bord
supérieur.
Pléon de six segments. Plaques latérales : les quatre premières paires sont bien déve¬
loppées et foliacées, de taille décroissante, celles du côté droit redressées sur la face dorsale,
tuberculées sur leur bord postérieur. Les deux derniers pléonites portent chacun une paire de
protubérances sphériques; cet aspect est d’ailleurs peut-être anormal (œdème dû au fixateur?)
et il est, en tous cas, impossible d’affirmer si le sixième segment abdominal possède une paire
de plaques latérales, même réduites; il est plus vraisemblable qu’il est bilobé. Pléopodes :
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
311
cinq paires biramées, également foliacées, diminuant de longueur et dépassant les lames pleu¬
rales; exopodite toujours plus développé que l’endopodite. Uropodes (fig. 131, /) biramés, la
rame externe plus longue que l’interne, mais nettement plus courte que les cinquièmes exo-
podites. Ces trois derniers appendices sont fortement tuberculés sur les bords et sur la face
dorsale. La face ventrale du pléon présente de nombreuses stries longitudinales.
Mile (fig. 132 a)
Mensurations. — Longueur : 3,3 mm; largeur au cinquième segment thoracique :
1,1 mm; longueur du pléon : 0,8 mm.
Céphalon aplati en avant, distinct du thorax. Yeux non visibles. Antennules et antennes
(fig. 132, b) respectivement composées de trois et six articles. Maxillipèdes (fig. 132, c)
allongés, terminés par deux petites soies.
Péréion. — Segments augmentant très légèrement de largeur jusqu’au cinquième,
régressant ensuite. Péréiopodes (fig. 132, d-e) de taille sensiblement égale avec le propode
un peu plus court dans P6 et P7 et le dactyle diminuant progressivement de longueur vers
l’arrière. Un tubercule médio-ventral sur le septième segment thoracique.
Pléon de six segments (fig. 132,/). Bords latéraux des somites repliés sur la face ventrale.
Pléopodes : cinq paires simples et ovalaires. Telson sans uropodes, mais bifurqué avec quelques
soies courtes à ses extrémités postérieures.
Asymmeirione dardani, n. sp. — c? adulte : a, face dorsale X 27; 6, antenne et antennule X 73;
c, maxillipède X 152; d, 1" péréiopode X 65; e, 7« péréiopode X 65;/, pléon, face ventrale X 57.
Fouie larvaire.
fyploniscien.
Longueur : 1,15 mm.
Céphalon arrondi en avant. Yeux non visibles. Antennules (fig. 133, a). Premier
aride : bord latéro-inteme indistinct (sans doute à cause du mauvais état de la préparation),
orondi aux deux extrémités qui portent chacune trois soies ; deuxième article grossièrement
Source : MNHN, Paris
312
ROLAND BOURDON
découpé postérieurement avec trois soies au milieu du bord externe et trois autres à l’angle
antéro-exteme; troisième article avec deux lobes, l’inférieur trois fois plus long que le supérieur
et terminés tous deux par trois ou quatre longues soies, le plus grand lobe en montrant une
ou deux autres sur la moitié proximale de son bord inférieur; frange sensorielle relativement
courte. Antennes (fig. 133, a) incomplètes. Les deux premiers segments basilaires très courts
et arrondis, le second avec une soie à l’angle postéro-exteme; les deux suivants plus allongés
et terminés par trois soies. Les trois premiers articles du flagellum (seuls présents) sont pour¬
vus de deux soies distales.
Asymmetrione dardant, n. sp. — Larve cryptoniscienne : a, antenne et antennule X 333;
b, péréiopode X 236 ; c, l* r pléopode X223; d, 5' pléopode x 223 ; e, uropode X 325 ; /, pygidium X 360.
Péréion. — Épaulettes coxales lisses. Péréiopodes (fig. 133, b). Les sept paires de
conformation semblable; basipodite et ischiopodite forts; mérus portant une épine aiguë à
son angle supérieur; carpe terminé par une dent trifide; propode globuleux avec trois dents
trifides dans la rainure inférieure et orné d’un lacis de lignes finement ciliées sur sa face externe;
dactyle simple avec une soie sur son bord interne.
Pléon. — Pléopodes. Dans les quatre premières paires (fig. 133, c) : plaque basale
avec deux soies postéro-intemes trifides à leur extrémité; la lame ventrale est triangulaire;
les soies distales de tous les endopodites et de la plupart des exopodites manquent; dans les
troisième et quatrième exopodites, elles sont au nombre de six (cinq plumeuses allongées et
une externe courte). Dans la cinquième paire de pléopodes (fig. 133, d), l’exopodite n a que
quatre soies plumeuses, plus l’externe courte et l’endopodite se termine par deux soies; la
zone claire ovoïde n’est pas représentée dans cet appendice et la lame ventrale de la plaque
basale est plus arrondie. Uropodes (fig. 133, e). Plaque basilaire quadrangulaire avec un denti-
cule et une soie trifide à son extrémité postéro-inteme. Exopodite également quadrangulaire
avec quatre soies trifides, trois ou quatre denticules et trois soies dont une très longue ciliée
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
313
sur les bords. Endopodite triangulaire, presque deux fois plus petit que la rame externe, pré¬
sentant un groupe de quatre à cinq petits poils à son angle antéro-inteme et terminé par trois
à quatre denticules et deux soies inégales ciliées sur les bords. Pygidium (fig. 133, /) découpé
en sept dents : les deux externes tronquées, la suivante relativement allongée, la médiane
très grosse et trilobée.
2. Remarques systématiques
Jusqu’ici, deux formes, d’ailleurs très voisines, étaient connues : Asymmetrione asym-
metrica asymmetrica (Shiino, 1933) sur Clibanarius bimaculatus (de Haan) au Japon et
A. asymmetrica shiinoi R. & M. Codreanu et Pike (1965) sur Cl. signatus Heller de la Mer
Sexe
Caractères
A. a. asymmetrica
A. a. shiinoi
A. dardani
Partie médiane des seg¬
ments thoraciques..
I fusionnée
Distincte
I -V plus ou moins
fusionnée.
Plaques coxales 5-6
Développées
et lamelleuses
Boudinées
Plaques coxales 6-7
gauches.
Réduites
Développées
et lamelleuses
Oostégjtes 2.
Dissemblables
Semblables
S
Grandes plaques laté¬
rales droites sur
pléonites.
I-II
I-III
I-IV
Grandes plaques laté¬
rales gauches sur
pléonites I-IV.
Absentes
Présentes
Uropodes.
Uniramés
Biramés
Uropodes par rapport
aux exopodites des
pléopodes.
Plus longs
Plus courts
Largeur du thorax ...
Diminue régulièrement
Augmente
jusqu’au 5 e segment
P1-P2.
Nettement plus grands que les autres
Guère plus grands
que les autres
d
Bosse médio-ventrale.
Néant
Sur le 7 e péréionite
Bord latéral des pléo-
Rabattu sur la face ventrale
Dirigé
postéro-extérieurement
Pléopodes.
Arrondis
Allongés
Uropodes .
L”"
Courts
564030 6.
Tableau 51
Caractères distinctifs des trois formes A'Asymmetrione
Source : MNHN, Paris
314
ROLAND BOURDON
Rouge. Le parasite de Dardanus arrosor (Herbst) du Maroc s’écarte des deux sous-espèces
d'A. asymmetrica par de nombreux caractères.
Nous ne retiendrons pas la présence ou l’absence des yeux ni le nombre d’articles aux
antennes, trop variables chez beaucoup de Bopyridae. D’autre part, il est probable que la
plus forte tuberculisation des lamelles et du bord postérieur du céphalon ainsi que sur la crête
interne du premier oostégite observée chez le spécimen d’Agadir soit due à la grande taille
atteinte par la 9. Par contre, le plus grand développement des plaques coxales et latérales
peut difficilement être reliée à ce dernier facteur. Les critères séparant les trois formes d’Asym-
metrione paraissent suffisants pour créer une nouvelle espèce; ils peuvent être ainsi résumés
(tableau 51).
XII. Genre UROCRYPTELLA R. et M. Codreanu, 1963
R. et M. Codreanu (1963) ont déjà discuté des affinités d 'Urocryptella avec les formes
voisines du group e-Pseudione. Par la double torsion de l’axe du corps, Pseudione clibana-
ricola Shiino (1933) et les deux espèces de Pseudionella Shiino (1949 a, 1959) s’en rapprochent
beaucoup, mais dans les parasites japonais, le bord latéral est bilobé dans tous les segments
thoraciques.
Ce genre comprend trois espèces dont une, U. dawydoffi R. et M. Codreanu (1963), non
encore décrite, se distingue, d’après ces auteurs, des deux formes européennes par le grand
développement de l’abdomen et les plaques latérales dépassant nettement la largeur du péréion
dans les deux sexes.
Quant à U. diogeni (Popov) et U. fraissei (Carayon), ils se ressemblent à un tel point
qu’ALTÈs (1965) pense même qu’il s’agit « peut-être de races ou espèces physiologiques dis¬
tinctes bien que morphologiquement identiques ou presque »; mais pour Codreanu (1960),
ils forment néanmoins des espèces différentes. Nous n’avons pas eu à notre disposition un
nombre suffisant d’i/. fraissei adultes pour connaître avec précision l’ampleur de variabilité
présentée par le parasite des Clibanarius, aussi est-il possible que les caractères l’opposant
apparemment au Bopyridae des Diogenes se révèlent par la suite non différentiels. Toutefois,
compte tenu du matériel que nous avons examiné (1), la séparation peut facilement se faire
sur la base des critères suivants :
Caractères
U. fraissei
U. diogeni
Rapport L/l corps de la Ç ..
1,78 à 1,89
2,26 à 2,47
Partie postérieure du premier
oostégite.
Plus large que longue avec palpe
pas très allongé.
Plus longue que large avec palpe
très allongé.
Bosses médio-ventrales du
Présentes
Absentes
25. UROCRYPTELLA FRAISSEI (Carayon, 1943 )
Références :
1886, Pseudione fraissei Kossmann ( nomen nudum).
1887, Pleurocrypta balearica Giard et Bonnier, p. 175 ( nomen nudum).
1890, Palaegyge fraissei Giard et Bonnier, p. 390 (nomen nudnm).
1900, Pseudione fraissei Bonnier, p. 300 ( nomen nudum).
1943, Pseudione fraissei Carayon, p. 43-46, fig. 1-5.
1963, Urocryptella fraissei R. et M. Codreanu, p. 285.
(1) Et au»»i du fait que les Cabiropsidae et les Rbizocéphales respectifs parasitant les deux formes
paraissent spécifiquement distincts.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
315
Matériel examiné :
— sur Clibanarius erythropus (Latreille). — France : 17 spécimens, Bassin d’Arcachon;
8 spécimens, Guéthary (R. B. colL).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + d 1 sur Cl. erythropus c? de 8,5 mm de longueur céphalo¬
thoracique, cavité branchiale droite, Arcachon.
1».
Fie. 134
Uroayptella fraissei (Cuayon). — 9 adulte, face dorsale X 18.
Source : MNHN, Paris
316
ROLAND BOURDON
Femelle (fig. 134).
Mensurations. — Longueur : 4,2 mm; largeur au troisième segment thoracique :
2,4 mm; longueur du pléon : 0,8 mm.
Céphalon profondément enfoncé dans le thorax. Lame frontale bien distincte, légè¬
rement courbe et repliée sur la face dorsale de la tête. Yeux invisibles. Antennules et antennes
triarticulées. Maxillipèdes (fig. 135, a) avec la partie antérieure quadrangulaire, dépourvue
de palpe, son bord externe finement cilié. Bord postérieur (fig. 135, b) présentant une paire
de lamelles tuberculées; la partie médiane également, avec les bords latéraux renflés.
Fig. 135
Urocryplella fraissei (Carayon). — 9 adulte : a, maxillipède X 58 ; b, bord postérieur du céphalon
< 49; c, 1 er oostégite, face ventrale X 45. 9 9 juvéniles : d, maxillipède stade 2 X 330;
e, maxillipède stade 3 x 94. Variation chez la 9 : /, maxillipède avec palpe rudimen¬
taire X 115; g, pléon 3 segmenté, face dorsale X 48.
Péréion. — Bosses latérales non proéminentes, mais bien délimitées sur les quatre
premiers segments. Plaques coxales absentes. Bord latéral des quatre premiers somites déve-
voppé, surtout sur le côté déformé des péréionites II et III; dans les segments postérieurs,
il n’est visible qu’à droite des cinquième et sixième. Oostégites. Première paire (fig. 135, e)
avec le bord antéro-exteme de la partie supérieure anguleuse; crête externe formant une lame
peu développée; crête interne tuberculée; la partie inférieure présente un lobe assez court
et obtus. Les deuxième et troisième paires sont triangulaires, les deux dernières rectangulaires;
toutes sont ciliées postérieurement et montrent une tuberculisation assez forte sur leur face
externe. Péréiopodes avec le basipodite relativement gros; leur taille augmente très légèrement
vers l’arrière.
Pléon avec cinq segments visibles en vue dorsale, le telson étant caché par les dernières
lames pleurales. Pléopodes : cinq paires biramées, l’endopodite plus long que l’exopodite.
Uropodes uniramés, plus courts que les derniers pléopodes. Pas de tubercules sur les appen¬
dices pléaux, mais la face ventrale des pléonites transversalement striée.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
317
Mâle (fig. 136, a).
Mensurations. — Longueur : 0,7 mm; largeur au quatrième segment thoracique :
0,3 mm; longueur du pléon : 0,2 mm.
Cèphalon distinct du thorax, transversalement ovalaire. Yeux présents. Antennules
et antennes triarticulées. Maxillipèdes coniques.
Péréion avec les segments serrés l’un contre l’autre, arrondis latéralement. Péréiopodes
de type ordinaire, augmentant un peu de longueur dans les deux premières paires, diminuant
ensuite régulièrement, P7 étant plus petit que PI.
Pléon (fig. 136, b) de six segments. Un tubercule médio-ventral peu visible sur les
cinq premiers somites. Pléopodes tuberculiformes, présentant un anneau chitineux sur leur
bord postérieur. Pas d’uropodes, mais le telson légèrement bilobé avec deux bouquets de
soies très courtes.
Fie. 136
UroaypleUa fraissti (Canyon). — ' adulte : a, face dorsale X119; 6. pléon, face ventrale y 261.
Formes juvéniles.
Stade 1 (fig. 137, a). — Longueur : 0,8 mm. Corps étroits. Maxillipèdes réduits à
un petit bourgeon. Pas de traces d’oostégites. Pléon (fig. 138, a) : cinq paires de pléopodes
uniramés, situés tout à fait sur le bord latéral des pléonites et dirigés postérieurement; les
quatre premiers légèrement plus longs que les plaques latérales. Telson et uropodes étalés
en arrière du cinquième segment abdominal.
Stade 2 (fig. 137, 6). — Longueur : 1,0 mm. Corps un peu plus large. Maxillipèdes
(fig. 135, d) ovalaires. Oostégites rudimentaires. Pléon (fig. 138, b) : pléopodes biramés dans
les quatre premières paires, unir amés dans la cinquième. Telson commençant à être caché
par le somite précédent.
Stade 3 (fig. 137, e). — Longueur : 1,8 mm. Corps à peine plus élargi. Maxillipèdes
(fig. 135, e) avec le lobe postéro-exteme en formation. Oostégites recouvrant les trois quarts
île la largeur sternale. Pléon (fig. 138, c) : le sixième somite invisible dorsalement. Pléopodes
avec l’endopodite foliacé, replié vers la ligne médiane dans les trois paires antérieures; la
dernière toujours uniramée.
Source : MNHN, Paris
318
ROLAND BOURDON
FlC. 138
Urocrypteüa fraissei (Carayon). — VV juvéniles, face ventrale du pléon :
a, stade 1 x 229; b, stade 2 x 150; c, stade 3 X 74.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE
EUROPÉENNES
319
9 préadulte. — Longueur : 2,3 mm. Le corps est très élargi (rapport L/l = 1,64);
tous les appendices sont presque aussi développés que chez l’adulte, sauf les lamelles posté¬
rieures du céphalon, encore réduites à deux petites digitations.
2. Variation intra-spécifique
Carayon (1943) a déjà noté la variation chez la 9 de cette espèce :
Taille de l’adulte : 1,8 à 5,8 mm.
Antennules et antennes : présentent très fréquemment un article en plus ou en moins,
généralement d’un seul côté.
Maxillipèdes : toujours sans palpe ou avec un léger tubercule, ce dernier constaté
chez la 9 préadulte (fig. 135,/).
Bord postérieur du céphalon : la longueur des digitations est variable, se montrant
souvent plus faible chez les individus de petite taille. Chez une 9 de 4,0 mm, les lamelles et
la partie médiane étaient complètement lisses.
Pléon : sur les trois spécimens adultes examinés, l’un montre un abdomen composé
de trois segments seulement (fig. 135, g) muni chacun de pléopodes normaux; chez un autre
exemplaire, à pléon normal, il manque le premier pléopode droit. Ces réductions doivent
cependant être rares, Carayon (1943) ne paraissant pas en avoir observé sur 50 99 ovigères.
HÔTE ET DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
— sur Clibanarius erylhropus (Latreille). — France : Bassin d’Arcachon (Carayon,
1942 b, 1943 ; Bourdon, 1964), Guéthary (R. B. coll.), Banyuls-sur-Mer (Carayon, 1942 b),
Beaulieu-sur-Mer, Saint-Cyr (Pérez, fi.de Carayon, 1943), Marseille (Codreanu, 1961), Corse
(Altès, 1962,1965). Espagne : Baléares (Fraisse, 1877 ; Kossmann, fide Rodriguez, 1886).
Statistiques d’infestation
Sur les 4.135 Clibanarius erythropus récoltés à Arcachon en mars et septembre 1964,
20 étaient infestés, soit 0,5 %. Carayon (1943) obtenait 2 % dans cette localité en 1940 et
1941 et, en Corse, Altès (1962) environ 1 %.
Taille de l’hôte. — Le pourcentage d’infestation est d’autant plus élevé que les Pagures
sont jeunes; ainsi, chez des individus aux premiers stades post-larvaires, Carayon (1943)
constatait la présence du Bopyridae dans 20 à 30 % des Clibanarius. D’après cet auteur, la
fixation s’effectue sur la Glaucothoé du Pagure, « peut-être même avant l’installation de cette
dernière dans une coquille ».
Sexe de l’hôte. — Les statistiques d’ Altès (1962) sur le littoral corse font ressortir que
le parasite se fixe deux fois plus souvent sur les d’d 1 que sur les 99 dans le sud de l’île, mais
cette proportion semble encore augmenter en remontant vers le nord et, sur les côtes provençales,
U.fraissei paraît exclusivement inféodé aux seuls d’d 1 . A Arcachon, nous avons obtenu des
Urocryptella sur des hôtes des deux sexes.
Position du parasite. — Invariablement logé dans la cavité branchiale droite du
Clibanarius.
Infestations simultanées
En Corse, où le Rhizocéphale Septosaccus rodriguezi (Fraisse) est très commun, les
Pagures sont souvent infestés par les deux parasites en même temps, mais le Bopyridae ne se
fixe pas de préférence sur les individus déjà porteurs du Rhizocéphale (Altès, 1962).
Parasite
U. fraissei est le premier Bopyridae européen connu pour être parasité par un Cabi-
rapsidae, Cabirops perezi Carayon (1942 a). Ce dernier Épicaride n’a encore été trouvé qu’à
Arcachon où il est d’ailleurs rare (1,7 %).
16 A.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Fig. 139
UrocrypteUa diogeni (Popov). - 9 adulte, face dorsale X 44.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 321
26. VROCRYPTELLA DIOGENI (Popov, 1929)
RÉFÉRENCES :
1929, Pseudione diogeni Popov, p. 14-16, pl. I, fig. 12-17.
1941, Pseudione diogeni Codreanu, p. 20-23.
1963, Urocryptella diogeni R. et M. Codreanu, p. 284-285.
Matériel examiné :
— sur Diogenes pugilator (Roux). — France : 26 spécimens, Saint-Efflam (R. B. coU.),
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + d sur D. pugilator c? de 4,3 mm de longueur céphalo-
thoracique. cavité branchiale droite, Saint-Efflam.
femelle (fig. 139).
Mensurations. — Longueur : 3,6 mm; largeur au troisième segment thoracique :
1,7 mm; longueur du pléon : 1,2 mm.
Fie. 140
Urocrypulla diogeni (Popov). — i adulte : a, antenne et antennule X 141 ; 6, maxillipède >' 93 ;
e, bord postérieur du céphalon X 35; d, 1 er oostégite, face dorsale X 72; e. péréiopode y 230.
Source : MNHN, Paris
322
ROLAND BOURDON
Céphalon complètement encastré dans le thorax. Lame frontale bien distincte, droite
et repliée sur la face dorsale de la tête. Yeux non visibles. Antennules (fig. 140, a) triarticu-
lées, accolées l’une à l’autre; antennes réduites à un seul segment, d’ailleurs relative¬
ment développé. Maxillipèdes (fig. 140, b) avec le bord antérieur sans palpe, subquadrangu-
laire et très finement cilié. Bord postérieur (fig. 140, c) présentant une paire de courtes lamelles
fisses; pas de tubercules sur la partie médiane.
Péréion. — Bosses latérales non proéminentes, mais bien délimitées sur les quatre
premiers somites. Plaques coxales absentes. Bord latéral des segments développé dans les
mêmes péréionites, notamment sur le côté déformé des deuxième et troisième; très réduit
Urocryptella diogeni (Popov). — 9 adulte : a-e, oostégites 1 à 5 X 40
<J juvénile pléon, face ventrale X 281.
dans le cinquième, il est invisible sur les autres. Oostégites (fig. 141, a-e). Première paire (fig.
140, d). Partie antérieure tronquée sur le bord externe; sur la face dorsale se trouve une sorte
de lamelle légèrement flottante près du point d’insertion de l’appendice, analogue à celle
de Gyge branchialis C. et P., mais débordant un peu moins; la crête interne est complète¬
ment fisse; la partie postérieure forme un grand lobe acuminé dirigé vers l’extérieur. Les
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
trois plaques marsupiales suivantes sont triangulaires, de plus en plus élargies vers la base
et finement ciliées sur leur bord postérieur; la dernière paire, plus rectangulaire, présente
la frange habituelle. La tuberculisation du marsupium est faible. Péréiopodes (fig. 140, e)
petits, mais robustes, avec un fort basipodite; pas de bosse sur le bord supérieur de cet article;
la taille augmente légèrement dans les paires postérieures.
Pléon composé de six segments, mais cinq seulement visibles en vue dorsale ; le telson,
réduit à un cône allongé, est caché par les dernières lames pleurales. Plaques latérales arron¬
dies. Pléopodes : les quatre premières paires biramées, lancéolées, de taille décroissante, avec
les deux rames divergentes; la cinquième paire uniramée, digitiforme. Uropodes uniramés,
de même forme et longueur que les derniers pléopodes. Pas de tubercules sur les appendices
pléaux, mais la face ventrale des segments abdominaux est striée transversalement.
Mâle (fig. 142, a).
Mensurations. — Longueur : 1,2 mm; largeur au cinquième segment thoracique :
0,4 mm; longueur du pléon : 0,3 mm.
Céphalon arrondi en avant, distinct du thorax. Yeux présents. A ntennules et antennes
(fig. 142, b) triarticulées. Maxillipèdes réduits à une petite plaque conique.
Péréion augmentant légèrement de largeur jusqu’au cinquième segment, diminuant
ensuite. Péréiopodes (fig. 142, c) avec propode relativement développé; PI est légèrement
plus court que les autres pattes qui restent toutes de taille sensiblement constante.
Pléon (fig. 142, d) de six segments. Pléopodes : cinq paires arrondies, peu distinctes.
Pas d 'uropodes proprement dits, mais le bord postéro-exteme du telson forme deux lobes
accusés munis de trois petites soies.
Formes juvéniles.
Femelle.
Première forme. — Codreanu (1941) a décrit une jeune 9 juvénile sans doute encore
peu éloignée de la mue bopyrienne. Longueur : 0,8 mm. Antennes biarticulées. Oostégites
à peine ébauchés. Pléon avec les six segments apparents. Pléopodes digitiformes, biramés
dans les trois premières paires, inégaux; les quatrièmes réduits à un petit mamelon; cinquième
paire déjà présente, également à une seule rame. Uropodes développés.
D’autres stades juvéniles sont représentés dans notre matériel; mais ils sont très voi'
sins du point de vue évolutif. Bien que la taille relative des plaques marsupiales indique un
degré d’évolution plus avancé, on remarquera que le développement des trois dernières paires
de pléopodes est plus tardif chez les spécimens de la Manche.
Deuxième forme (fig. 143, a). — Longueur : 0,9 mm. Antennules (fig. 143, b) séparées
l’une de l’autre, avec des soies distales à chaque article; antennes conservant un second seg¬
ment minuscule. Maxillipèdes (fig. 143, c) ovalaires. Oostégites également, leur taille faisant
le quart de la largeur thoracique entre les péréiopodes. Pléon (fig. 143, d) comprenant six
segments visibles en vue dorsale. Les deux premières paires de pléopodes biramés, l’endo-
podite foliacé et plus développé que l’exopodite; les trois dernières sont uniramées. Uropodes
relativement longs.
Troisième forme. — Longueur : 0,9 mm. Antennes à un seul article. Maxillipèdes (fig.
143, é) avec le lobe postéro-exteme en formation. Oostégites recouvrant les trois quarts du
thorax. Pléopodes biramés dans les trois segments antérieurs. Telson commençant à être
caché par les cinquièmes plaques latérales.
Quatrième forme (fig. 143,/). — Longueur : 1,1 mm. Corp. plu. trapu avec double
asymétrie manifeste. Maxillipèdes comme dans le stade précédent. Pas encore de lamelles au
bord postérieur du céphalon. Oostégites : les quatre premières paires se touchent presque,
b dernière se recouvre légèrement. Pléon n’ayant plus que cinq segments visibles dorsalement.
Pléopodes sans modification.
■Vile.
Les cfc? juvéniles sont beaucoup plus colorés que les adultes et leur corps est plus étroit;
d’autre part, les pléopodes (fig. 141,/) sont biarticulés et les uropodes, massifs, se terminent
® pointe effilée.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Urocryptella diogeni (Popov). - cf adulte :
o, face dorsale > 65; 6, antenne et antennule X 321; c, péréiopode X 321;
d.pléon, face ventrale X 128.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
325
2. Variation intra-spécifique
femelle.
Taille de l’adulte : 1,5 à 3,7 mm. En mer Noire, Popov (1929) indique jusqu’à 4,5 mm.
Pléon : sur les 15 individus examinés, 10 (soit les deux tiers) étaient anormaux.
a. Réduction du nombre des segments (4 cas) :
Quatre segments avec pléopodes biramés normaux; pas de cinquièmes pléopodes
ni d’uropodes.
— Cinq segments à droite, quatre à gauche, le troisième étant un peu réduit et fusionné
avec le second ; pas de cinquième pléopode de ce côté, mais uropodes normaux (fig. 144, a).
— Cinquième plaque latérale en moignon sur le côté gauche, les segments 4 et 5
soudés au milieu; pléopodes réduits, pas d’uropodes (fig. 144, b).
— Trois pléonites seulement avec pléopodes normaux (fig. 144, c).
b. Variation du nombre d’appendices pléaux (6 cas) :
— Quatrième pléopode gauche uniramé (1 spécimen), quatrième paire uniramée (1 spé¬
cimen), cinquième paire biramée (2 spécimens), uropodes absents (2 spécimens).
Mâle.
Popov (1929) décrit les somites du pléon soudés au milieu (quoiqu’ils soient complè¬
tement séparés sur la figure) ; nous n’avons jamais constaté cette fusion partielle chez aucun
spécimen.
#
C
dorsale : a X 56; 6 X 58; e x 54.
Fie. 144
Urocryplella diogeni (Popov). — Variation chez la 9, pléon, face
Hôte et distribution géographique
— Sur Diogenes pugilator (Roux). — Iles anglo-normandes : Jersey (Pire, 1953).
France : Saint-Efflam, près de Roscoff (Bourdon, 1963), Bassin d’Arcachon (Altès, 1965),
Marseille (Codreanu, 1961), Corse (Altès, 1965). Roumanie : Agigea, « 23 août », Cap Calia-
en, Ecréné (Codreanu, 1941 ; R. et M. Codreanu, 1959). U.R.S.S. : Sébastopol (Popov,
1929; Borcea, 1934; Bulgurkov, 1938).
Biologie
Récemment, Pire (1953) a signalé U. diogeni à Jersey où il récolta deux couples. Un
troisième fut pris, par la suite, à Saint-Efflam en octobre 1960 (Bourdon, 1963). La capture
de l'espèce dans cette dernière localité, station où Pérez (1931) avait recueilli et « examiné
ivec soin des milliers de Diogenes sans avoir jamais rencontré un seul Épicaride » amenait à
apposer qu’il s’agissait d’une introduction récente du parasite dans la Manche.
Les observations effectuées depuis lors ne confirment toutefois pas cette hypothèse.
En réalité, U. diogeni est loin d’être rare à cet endroit et sans doute doit-on imputer au mode
de capture de l’hôte, tel qu’il est habituellement pratiqué, le fait que le parasite n’ait pas été
Source : MNHN, Paris
326
ROLAND BOURDON
découvert plus tôt sur nos côtes. En effet, les Diogenes qui pullulent sur le sable dans les
dernières vagues des basses-mers de vives-eaux sont ordinairement ramassés en surface à la
main ou au haveneau. Les Pagures ainsi récoltés sont généralement de grande taille et en
majorité des d'd' (29 % de 99 seulement sur 3.969 individus recueillis dans ces conditions).
Mais si, tenant compte de l’éthologie de ces Pagures (l’espèce étant principalement hypogée),
on tamise le sable sur lequel ils courent, on s’en procure bien davantage encore et les échan¬
tillons obtenus sont alors très différents des précédents. Ainsi, en juin, juillet et août 1964
ce procédé nous a permis de recueillir 5.012 individus, pour la plupart des jeunes (plus d u
tiers étant aux premiers stades post-larvaires) et sur les spécimens de longueur céphalo-
thoracique supérieure à 2,5 mm, 61 % étaient des 99. Cette observation montre que l’étho¬
logie des D. pugilator diffère selon la taille et le sexe, les formes jeunes et les 99 restant de
préférence enfouies dans le sable à marée basse. Il convient donc de tenir compte de cette
particularité écologique si l’on veut obtenir un échantillon vraiment représentatif de la popu-
lation.
Bien que Pérez n’indique pas comment il récoltait ses Pagures, le sex-ratio à forte
prédominance c? et les pourcentages si élevés de Septosaccus de ses statistiques montrent à
l’évidence qu’il pratiquait la première méthode et choisissait surtout les gros Diogenes, plus
susceptibles de lui fournir le Rhizocéphale recherché. Aussi n’est-il pas étonnant que, malgré les
quantités importantes d’individus examinés, il n’ait trouvé aucun Épicaride, groupe qui infeste
surtout des hôtes de petite taille. En recueillant, au contraire, les Pagures par tamisage, nous
avons régulièrement obtenu des spécimens d’if, diogeni.
a. Taille de l’hôte.
De même que sur le littoral roumain (R. et M. Codreanu, 1959) les hôtes infestés sont
également de petite taille, le plus grand mesurant 4,2 mm, alors que les Diogenes de plus
de 10,0 mm ne sont pas rares. Par contre, le pourcentage d ’U. diogeni est pratiquement le
même chez les tout petits Pagures, tandis que les deux auteurs précités obtenaient jusqu’à
22 % de 99 juvéniles sur ceux-ci.
b. Sexe de l’hôte.
Les deux sexes sont également parasités; ainsi sur 3.133 Pagures de + 2,5 mm de
longueur, recueillis par tamisage, on obtient :
cfd 1 = 9 cas/1.231 individus = 0,7 % ) « _ n
99 = 17 cas/1.902 individus = 0,8 % \ **
significatif
c. Position du parasite.
Tous nos spécimens étaient logés dans la cavité branchiale droite de l’hôte, Popov
(1929) et Burgurkov (1938) l’on toutefois trouvé à plusieurs reprises sur le côté gauche.
d. Fécondité.
Elle varie entre 113 et 650 œufs pour des 99 comprises entre 1,5 et 3,7 mm.
Statistiques d’infestation
Vingt-six spécimens en tout ont été recueillis à Saint-Efflam. En ne tenant compte
que des cas de parasitisme trouvés sur les Pagures obtenus par tamisage, les seuls à retenir
pour les statistiques, soit 23 Urocryptella, le taux d’infestation est de 0,5 %. En mer Noire,
Popov (1929) indique 8,5 %, mais les chiffres de Bulgurkov (1938) et de R. et M. Codreanu
(1959) sont à peu près comparables aux nôtres : 0,25 à 1,72 %.
Influence du parasitisme sur l’hôte
Le présence du parasite sur D. pugilator « n’amène pas la castration des Diogenes,
l’hôte 9 pouvant même incuber une ponte, mais la fécondité en apparaît restreinte » (R. et M.
Codreanu, 1959).
Infestations simultanées
B est fréquent qu’un hôte à U. diogeni porte en même temps un Septosaccus rodn-
guezi (Fraisse) sur les côtes roumaines. La fréquence de l’association des deux parasites peut
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
327
être jusqu’à huit fois supérieure à l’attente théorique. Elle peut interpréter l’attirance spé¬
ciale qu’exerceraient les Pagures bopyrisés sur le Rhizocéphale, cas particulièrement inté¬
ressant, car dans les autres infestations simultanées connues, celui-ci est considéré comme
favorisant l’installation ultérieure de l’Épicaride (Codreanu, 1940). Seule une 9 de 3,3 mm
présentait les deux espèces réunies à Saint-Efflam.
Parasite
Les U. diogeni de la Manche sont souvent infestés par un Cabiropsidae, Cabirops codrea-
nui Bourdon (1966) : 10 cas sur 26 Urocryptella, soit 38,5 %. Invariablement le d du Bopy-
ndae est absent.
C. Groupe ORBIONE
Différencié des autres Bopyridae par le développement excessif de la lame frontale et
de certaines plaques coxales, le groupe Orbione réuni sept genres parasites des Crevettes et
principalement des Peneidae. Il est représenté dans notre faune par Epipenaeon Nobili.
XIII. Genre EPIPENAEON Nobili, 1906
Parmi les différents genres du groupe, Epipenaeon est le seul dont le pléon de la 9
présente seulement cinq segments visibles en vue dorsale. Qasi (1959) indique que, chez sa
nouvelle espèce E. quadrii, l’abdomen est en réalité composé de six somites, le dernier étant
caché sous le précédent; d’autre part, pour cet auteur, les uropodes seraient simples et non
biramés comme c’est le cas pour les autres espèces, considérant la paire d’appendices dorsaux
comme les plaques latérales du sixième segment. On peut, toutefois, se demander si E. quadrii
appartient bien à Epipenaeon; d’après la description, il semblerait plutôt s’agir d’un Apope-
rneon Nierstrasz et Brender-à-Brandis.
27. EPIPENAEON INGENS Nobüi, 1906
Références :
1906, Epipenaeon ingens Nobili, p. 1099-1101, fig. 1, a-e.
1933, Epipenaeon ingens Monod, p. 220-224, fig. 44-46.
Matériel examiné :
— sur Penaeus semisulcatus De Haan. — Turquie : 1 couple + 19 adulte, Middel-
lanse Zee, 5 km de Mersin (C. Swennen coll., Rijksmuseum de Leiden).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + d, Turquie.
hmelle (fig. 145).
Mensurations. — Longueur : 27,0 mm; largeur au cinquième segment thoracique :
21,6 mm; longueur du pléon : 9,4 mm. Indice d’asymétrie : 9°.
Cépkalon très légèrement fissuré sur la ligne médiane. Lame frontale très large, fai¬
llis moitié de la longueur de la tête. Yeux non visibles. Antennules (fig. 146, à) triarticu-
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
lées, antennes quadriarticulées, les deux appendices inermes. Maxillipèdes (fig. 146, b) avec
palpe triangulaire bien développé et sans soies. Bord postérieur (fig. 146, c) pourvu de deux
paires de lamelles, l’externe beaucoup plus grande que l’interne, toutes deux ainsi qu e l a
partie latéro-médiane ornées de très nombreuses digitations fines plus ou moins dichotomisées'
le milieu du bord postérieur est renflé en une petite saillie conique lisse.
Fig. 145
Epipenaeon ingens Nobili. — 1 adulte, face dorsale • 4.
Péréion. — Bosses latérales : quatre paires allongées bien proéminentes sur les somites
antérieurs; la partie correspondante du cinquième somite est légèrement renflée. Plaques
coxales lamelleuses, toutes développées ; elles sont plus grandes sur le côté gauche, notamment
les cinq premières dont les bords antérieur et postérieur débordent largement par rapport à
la longueur des segments et s’imbriquent; à droite, elles sont de plus en plus courtes de la
première à la sixième, laissant à découvert le bord latéral des péréionites II à IV; la dernière
est brusquement plus développée. Oostégites (fig. 147, a-h). Première paire. Partie antérieure
obliquement tronquée; la crête interne présente sur presque toute sa longueur de nombreuses
digitations filiformes en partie visibles en vue dorsale; partie postérieure formant un lobe plus
ou moins recourbé; deuxième paire subquadrangulaire, avec le bord interne rétréci; troisième
paire vaguement triangulaire, relativement courte, ne se recouvrant pas et laissant ainsi le
marsupium légèrement découvert au milieu; quatrième paire presque lancéolée, plus longue
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
329
que la précédente; la cinquième est rectangulaire avec le bord postérieur frangé; sur la face
interne de ces oostégites se trouve située une rangée de petites digitations. Péréiopodea (fig.
146, d). Les quatre premiers à peu près de mêmes dimensions, les trois suivants de taille crois¬
sante; le basipodite est très développé et porte sur son bord supérieur une sorte de grande
lame aplatie; le propode est réduit et allongé. La face ventrale des segments thoraciques V
et VI (fig- 148) forme un bourrelet fortement plissé, celle du septième est parsemée de petites
digitations effilées.
Fie. 146
Epipenoton ingms Nobéli. — , adahe : a, antenne et antenmile / 11; b, maxj'llipéde / 12;
c, bord postérieur du céphakm ■ 13; d, péréiopode 9; e, exopodhe de» pWopode» / 24;
/, endopodite des mânes ■ 20.
Pléon (fig. 1491 montrant seulement cinq segments en vue dorsale. Plaques latérales :
les quatre pr emi ères paires fibres, la dernière soudée en une seule grande plaque triangulaire
postérieurement trilobée. Sur le côté droit, les lames pleurales 2 à 4 sont de taille décroissants:
(la première manque accidentellement dans le spécimen) ; sur 1e côté gauche, les deux premières
sont petites, les deux suivan tes aussi développées que leur homologue opposé. PUrrpode.s
(fig. 146, e-f) : cinq paires irirzmées ne dépassant pas les plaques latérales, toutes recouvertes
sur les deux faces, sauf à leur extrémit é distale, par des digitations charnues serrées (rappelant
les papilles de certaines meflusques nudibrznches comme les Eolis); la première paire un peu
plus grande que les autres dont la forme est plus triangulaire. Uropodes biramès, les quatre
appendices égaux et « m a longs que les cinquièmes pléopodes, présentant une ornementation
semblable. Cette daxnâe se retrouve, «»«»« moins dose, sur la face ventrale des demi, r-
lames pleurries.
Môle (fig. 130, ai.
MensuraZïOKî- — Longueur ; 10^ mm: largeur au cinquième segment thoracique !
4,7 mm; longueur ôt piesm : 2A rnic.
Céphalon très petit, istaîrs*anen£ large. Yeux asm apparent». AnlennuUt (fig. 150, //)
Inarticulées, amiexases çMOria rti e iri é i e a. MaxiUipide* absent*.
7 5640» t *1
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Péréion augmentant régulièrement de largeur jusqu’au cinquième segment, les trois
derniers somites étant sensiblement égaux. Péréiopodes (fig. 150, c-d) de taille croissante :
dans la première paire, la plus petite, le basipodite et le carpe sont courts ; ces articles s’allon¬
gent progressivement jusqu’à la septième paire; le dactyle se réduit un peu dans les pattes
postérieures et, dans toutes, le bord supérieur du basipodite est aminci. Pas de tubercules
médio-ventraux.
Pléon plus large que long, complètement soudé, sans traces d’appendices.
Kpipenaeon ingens Nobili. — 9 adulte : a, 1 er oostégite droit, face dorsale X 4; b, crête interne
du même X 7; c, partie postérieure du 1 er oostégite gaucheX 4; d-g, oostégites 2 à S X4;
h, bord postéro-inteme proximal du 5 e oostégite X 13.
2. Variation intra-spécifique
Le second individu, une 9 adulte de 27,5 mm, est en tous points semblable au spéci¬
men de référence, notamment en ce qui concerne la grandeur relative des plaques coxales et
latérales des différents segments (la première lame pleurale droite, absente dans l’exemplaire
décrit, est ici nettement plus importante que la septième plaque thoracique et à peu près égale
à la deuxième abdominale). Il peut y avoir cependant des variations dans la taille de ces appen¬
dices; ainsi, Monod (1933) figure une 9 dont les plaques latérales 34 gauches sont aussi courtes
que les deux premières du même côté; quant à la dernière plaque coxale droite, son dévelop¬
pement dans le spécimen de la mer Rouge est intermédiaire entre celui observé chez les
deux individus de Turquie.
Les maxillipèdes, le bord postérieur du céphalon, les premiers oostégites et les pléo-
podes sont également identiques. La seule autre différence relevée réside dans les uropodes
dont les rames situées dorsalement sont plus longues que les deux rames ventrales; par ailleurs,
la première dépasse légèrement la cinquième plaque latérale.
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
331
3. Remarques systématiques
Mis à part E. qadrii Qasi (1959) et E. oviforme Nz. et Br. Br. (1931), seulement connus
par une 9 juvénile ne permettant pas, par conséquent, la comparaison avec les autres formes
adultes, il a été décrit six autres espèces d 'Epipenaeon, dont cinq parasites sur le même hôte,
Penaeus semisulcatus De Haan, ce qui, comme le fait remarquer Monod (1933) est un peu
troublant! Il est probable que la connaissance de la variabilité de l’une d’entre elles réduira
leur nombre.
Fig. 148
Epipenaeon ingens Nobili
9 adulte, face ventrale des segments thoraciques 4-7 et du 1 er pléonite x 9.
Pour le moment, nous ne pouvons qu’indiquer les caractères présumés spécifiques
distinguant ces espèces d 'E. ingens Nobili :
— E. elegans Chopra (1923, p. 454-458, fig. 5-6, PL XII, fig. 6-11) sur P. semisul¬
catus. Lame frontale étroite, uropodes relativement petits chez la 9 ; corps du c? s’élargissant
peu vers l’arrière;
— E. grande Nz. et Br. Br. (1931, p. 167-158, fig. 18) sur le même hôte. Bord posté¬
rieur du cinquième segment abdominal non échancré, derniers pléopodes et uropodes dépas¬
sant en vue dorsale;
— E. pestai Nz. et Br. Br. (1932, p. 91-93, fig. 24) toujours sur le même hôte. Bord
postérieur du cinquième pléonite également non échancré, plaques latérales paraissant plus
grandes; thorax du d s’élargissant peu vers l’arrière;
— E. ovalis P illai (1954, p. 20-21) sur Parapenaeopsis stylifera (H. Milne Edwards).
Pas de lames pleurales sur le cinquième segment abdominal;
— E. nobilii Nz. et Br. Br. (1929, p. 299-302, fig. 5-9) sur P. semisulcatus. Nous avons
pu examiner un cotype de cette espèce (Rijksmuseum Leiden). La description des deux sexes
17.
Source : MNHN, Paris
332
ROLAND BOURDON
Fig. 150
Epipenaeon ingens Nobili. - <? adulte : a, face dorsale X 9 ;
6, antenne et antennule X 3oTc. 1« péréiopode X 18; J. 7* péré.opode X 18; «. pléon X 13-
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
333
correspond bien, à l’exception de la septième plaque coxale et des lames pleurales du côté
droit qui sont un peu plus développées que dans la figure 5 des deux auteurs hollandais et
ressemblent donc à celle d’E. ingens. Nous n’avons pas trouvé de différences entre cet exem¬
plaire et les deux spécimens de Turquie dans la forme du bord postérieur du céphalon, les
maxillipèdes, le premier oostégite, les pléopodes et les uropodes; la face ventrale du septième
péréionite se montre de même hérissée de petites digitations sétiformes. Chez le d\ antennes,
antennules et péréiopodes sont identiques, la taille relative de ces derniers augmentant vers
l’arrière dans les mêmes proportions que chez E. ingens. Comme le décrivent et représentent
Nierstrasz et Brender-à-brandis (1929), les bords latéraux et postérieur du pléon sont
recourbés sur la face ventrale. S’agit-il réellement d’un caractère spécifique ou plutôt d’un
artefact de fixation? Le spécimen de référence décrit plus haut présente aussi des dépressions
ventrales un peu analogues. Resteraient donc comme seuls critères différentiels, l’absence de
tubercules sur le rebord postéro-ventral des cinquièmes oostégites et celui, déjà relevé par
Monod (1933) de la longueur des pléopodes et des uropodes qui dépassent très nettement
les plaques latérales de l’abdomen. Chez la seconde 9, nous avons déjà noté qu’un des uro¬
podes était un peu visible en vue dorsale. Il nous paraît donc en tous cas difficile de voir dans
E. nobilii plus qu’une variété d’E. ingens.
Hôtes et distribution géographique
— sur Penaeus semisulcatus De Haan. — Turquie : au large de Mersin (Swennen
coll). Égypte : Golfe de Suez, Mer Rouge (Monod, 1933; Nobili, 1906).
— sur Penaeus aff. japonicus Bâte. — Egypte : Ras Metarma (Monod, 1933).
D. Groupe BOPYRUS
Ce sont les vrais Bopyres, caractérisés par l’absence de marsupium proprement dit
et les oostégites ne recouvrant pas la face ventrale du thorax; d’autre part, ce groupe mani¬
feste une tendance marquée à la fusion des pléonites, voire des segments thoraciques anté¬
rieurs. Renfermant 22 genres, il infeste presque exclusivement les Caridea et quelques Ano-
raoures (à l’exclusion des Pagures) ; aucune forme n’a été trouvée non plus sur les Brachyoures.
Les quatre genres européens peuvent se distinguer comme suit :
A. Segments du pléon complètement séparés.
1. Corps plus large que long; deuxièmes oostégites allongés, atteignant la
ligne médiane ; pléopodes et uropodes biramés.
2. Corps pins long que large; deuxièmes oostégites courts, loin d’atteindre
la ligne médiane; pléopodes très rudimentaires ou absents, sans uro¬
podes ou avec le telson plus ou moins bifurqué.
B. Segments du pléon plus ou moins soudés au milieu.
1. Céphalon distinct du thorax, lequel est nettement segmenté; derniers
péréionites normaux, non gonflés ; cinq paires de pléopodes uni ramé*..
2. Céphalon soudé avec le thorax dont les somites antérieurs sont plus ou
moins fusionnés au mflieu; derniers péréionites très gonflés sur la tare
ventrale, débordant largement sur le côté non déformé; ordinairement
quatre paires de pléopodes ..
Urobopyrut Richardson
Bopyroides Stimpson
Bopyrus Latreille
Bopyrina Kossmann
17 A
Source : MNHN, Paris
334
ROLAND BOURDON
XIV. Genre UROBOPYRUS Richardson, 1904
Des quatre genres du group e-Bopyrus dont la segmentation pléale est bien distincte
les cinq paires de pléopodes et les uropodes biramés, Urobopyrus se différencie très facilement
par la grande largeur du corps de la 9.
28. UROBOPYRUS PROCESSAE Richardson, 1904
Références :
1904, Urobopyrus processae Richardson, p. 8687, fig. 92, a-b.
1961, Urobopyrus provisorius Rouch et Taberly, p. 1-23, pl. I-IV, fig. 1-22.
1962, Urobopyrus provisorius Rouch et Taberly, p. 1-15, pl. I-III, fig. 1-13.
Matériel examiné :
— sur Processa edulis (Risso). — France : 267 spécimens, Roscoff; 1 spécimen, Area-
chon; 3 spécimen, Golfe-Juan (R. B. coll.).
— sur Processa acutirostris Nouvel et Holthuis. — France : 1 spécimen, Golfe-Juan
(R. B. coll.); 2 spécimens, Villefranche-sur-Mer (Coll. Pr. Sollaud); 2 spécimens, même
localité. Italie : 1 spécimen, Naples (Pr. Veillct leg.).
— sur Processa, nov. sp. (L. B. Holthuis det.). — Brésil : 1 spécimen, au large de
Cap Saint-Rogue, holotype de U. processae (U.S.N. Muséum, Washington).
— sur Processidae, nov. gen., nov. sp. (Chace det.). — U.S.A. — Atlantique ; 2 spé¬
cimens, Boca Ciega Bay, Floride (U.S.N. Muséum, Washington).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + C? sur P. edulis de 8,0 mm de longueur céphalothora¬
cique, cavité branchiale droite, Roscoff.
Femelle (fig. 151).
Mensurations. — Longueur sans les uropodes : 4,2 mm ; largeur au troisième segment
thoracique : 5,7 mm; longueur du pléon : 1,5 mm. Indice d’asymétrie : 32°.
Céphalon formant deux légères voussures hémisphériques dorsales. Lame frontale
large. Yeux non apparents. Antennules et antennes triarticulées. Maxillipèdes (fig. 152, a)
avec palpe très rudimentaire, seulement reconnaissable à la fissure divisant l’angle antéro-
exteme en deux petits lobes, chacun pourvu de quelques soies. Bord postérieur (fig. 152, b)
présentant deux paires de lamelles lisses, l’externe un peu plus mince et insérée au-dessus
de l’interne qu’elle recouvre en partie; la portion médiane est renflée en son centre en deux
éminences arrondies et divergentes caractéristiques.
Péréion. — Bosses latérales distinctes sur les quatre premiers somites. Sur le bord
externe de ces dernières sont placées les plaques coxales, peu développées sur le côté déformé
des segments I et IL Le bord postérieur des péréionites forme une sorte de lame prélatérale
libre (pouvant être soulevée), assez importante sur le côté droit des troisième et quatrième
somites. Bord latéral des segments particulièrement gonflé sur le côté déformé des périonites II
et III. Oostégites. Première paire (fig. 152, c-d ). Partie antérieure subarrondie; crête interne
complètement lisse; la partie inférieure est triangulaire, mais plus ou moins repliée, ce qui lui
donne l’apparence de former un lobe postéro-inteme accusé (aplati entre lame et lamelle, le
bord postéro-inteme est, en fait, régulièrement droit). Les trois paires suivantes sont colorées:
la seconde est allongée, la troisième plus courte et plus ou moins triangulaire 0a forme de
cette plaque marsupiale varie d’ailleurs légèrement selon le côté); la quatrième est allongée
et porte des soies seulement sur son bord externe; la dernière montre la frange habituelle,
mais peu fournie. Péréiopodes (fig. 152, e) très particuliers avec le propode réduit compa¬
rativement au basipodite.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 335
Istnentcourtes, arrondie, i„ éra .
du côté non déforméïont ° 1*“” •« deux premier,
m. à peine les dn q< Sw™Xü« dï^SntiT *“ ““T U, ° podes b ™ & - ddpa-
plm court que l’exopodite dont ü fait les trois quarts'de'k'i P “ ml “ oe * ; ''“dopodite est
les appendices pléaux; la face ventrale des seements Ho r„u j gUeUr ' PaS de tuberc ules sur
„ présente nu ép.i„i„ e me», I.tér.l tub,rculif„„„e à 1. b.sTto'Xpot?”™ 1 ”"™
Fie. 151
Urobopyrus protestât Richardaon. - Ç adulte, lace dorsale X 25.
i cinquième segment thoracique :
Mâle (fig. 154 , a ).
Mensurations. — Longueur : 1,4 mm; largeur a
^ mm ; longueur du pléon : 0,4 mm.
,-dn^Sr r° ndi " T“ b , d “ ,h0 “- Antenne. (6g. 154, b)
Sfe, “ Pr ™' p “ le> “lotants;
BMcd fas. Marily ide, (fig. Iu4, c) extrêmement réduits, beeucoup plu, petit. que le.
es, représentes par une légère éminence surmontée d’un poil.
Source : MNHN, Paris
Fig. 153
Urobopyrus processae Richardson. - 9 adulte, face ventrale du pléonX 38.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
337
Péréion. — Péréiopodes (fig. 154, d) augmentant de taille jusqu’à P4, diminuant
ensuite; dactyle relativement peu développé.
Pléon composé de six segments. Pléopodes tuberculiformes et petits, d’ailleurs bien
visibles sur le premier pléonite seulement, à peine distincts sur les autres et uniquement
après traitement du spécimen. Uropodes absents, mais un bouquet de quatre ou cinq poils à
chaque angle postéro-exteme du telson.
Fig. 1S4
Urobopyrus processae Richardson. — d" adulte : a, face dorsale X 61; b, antenne et anten-
nule X 175; c, maxille et maxiUipède X 440; d, péréiopode X 171; e, péréiopode du
spécimen de Boca Ciega Bay X 147. g juvénile : /, telson et uropodes X 184.
Formes larvaires.
Longueur : 0,30 à 0,36 mm.
Céphalon. — Antennules comme dans les espèces précédentes. Antennes (fig. 155, a)
avec deux épines près du bord postéro-inteme sur le quatrième segment pédonculaire; fia-
gellum présentant des écailles ciliées, le dernier article terminé par trois dents, une petite
soie courbe et deux grandes soies inégales finement ciliées.
Péréion. — Péréiopodes (fig. 155, b). Les trois premières paires sont nettement plus
trapues que les suivantes; toutes portent deux dents dans l’échancrure du propode (une
bifide et deux en éventail) ; le dactyle n’est pas acuminé dans les pattes postérieures.
Pléon. — Pléopodes : cinq paires uniramées; la saillie triangulaire postéro-inteme
montre une zone ovoïde translucide avec deux écailles ciliées au-dessous; seule la première
paire possède une petite soie distale. Tous les « endopodites » présentent trois longues soies
plumeuses. Uropodes (fig. 155, c) biramés; les deux appendices, ornés de rangées de soies
longitudinales, se terminent par trois dents dont l’une plus courte que les autres ; les deux
rames possèdent une soie distale fortement ciliée, l’exopodite présentant, en outre, une seconde
soie finement denticulée sur les bords, beaucoup moins longue. Le dernier segment abdo-
Source : MNHN, Paris
338
ROLAND BOURDON
minai est en « mosaïque » sur les deux faces; dorsalement (fig. 155, b), on compte : quatre
plaques médianes et, de chaque côté, trois, trois (presque fusionnées) et une; ventralement
(fig. 155, e), il y a 22 plaques. Tube anal relativement long.
Urobopyrus processae Richardson. — Larve épicaridienne : a, antenne X 600; b, propode de
PI X 780; c, uropode X 573; d, dernier segment abdominal, face dorsale X 443; e, dernier
segment abdominal, face ventrale X 443.
Cryptoniscien.
Longueur : 1,2 à 1,6 mm.
Céphalon arrondi en avant. Yeux présents. Antennules (fig. 156, a). Premier article
avec les trois soies antéro et postéro-extemes habituelles; deuxième article pourvu de deux
soies antéro et postéro-extemes et une longue soie sur le bord externe, la moitié inférieure
du segment étant anguleuse; les deux lobes du troisième article très inégaux, terminés par
trois longues soies, le plus grand appendice ayant, de plus, une soie proximale; frange senso¬
rielle présente. Antennes (fig. 156, a). Les deux derniers segments du pédoncule avec res¬
pectivement une et quatre soies postérieures; le quatrième article du fouet est deux fois
plus long que le précédent.
Péréion. — Péréiopodes (fig. 156, b) avec le bord inférieur du méro-carpopodite frangé
et terminé par une dent trifide, un peu plus allongée que les deux autres qui se retrouvent au
propode; dactyle simple.
Pléon. — Saillies médio-ventrales spiniformes. Pléopodes (fig. 156, c) de type ordi¬
naire. Dans les quatre premières paires, l’exopodite se termine par cinq soies plumeuses et
une externe courte et inerme; l’endopodite par quatre soies plumeuses. Dans la cinquième
paire, l’exopodite porte quatre soies distales et l’endopodite deux seulement. Uropodes (fig-
156, d-f) biramés. Plaque basale avec trois dents médianes sur le bord postérieur et une soie
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE
MERS EUROPÉENNES
sur le tiers distal du côté externe. Exopodite terminé par quatre épines grêles et une longue
soie sur la face ventrale, par deux dents dont une bifide sur la face dorsale. Endopodite avec
le groupe de poils antéro-intemes, présente distalement une épine bifide, une dent ventrale
et une seule dent dorsale trifide. Pygidium (fig. 156, g) découpé en six dents.
Formes juvéniles.
Femelle (fig. 157, a-e).
Le tableau 52 résume en quelque sorte la croissance de l’espèce. Le degré d’évolution
de la dernière paire d’oostégite permet seul de définir cinq stades, auxquels on peut ajouter
l’adulte (ou stade 6), morphologiquement semblable au précédent, mais qui en diffère par
la taille généralement plus grande, la plus forte coloration des plaques marsupiales et surtout
par les oocytes bien visibles au travers du thorax.
Stades
1
2
3
4
5
Maxillipèdes...
Triangulaires
grands que
un peu plus
les maxilies
Lobe postéro-
externe formé
adulte
Bord postérieur
du céphalon.
Lb ”
Deux éminences médianes Forme adulte
+ lamelle interne tuberculiforme
+ lamelle externe formée
5 e oostégites ..
Tous absents
Rudimentaires
N’atteignent
pas la ligne
médiane
Se chevauchent Le plus long
légèrement atteint la base
j de l’autre
Pléopodes (en
vue dorsale).
A peine visibles
Dépassent de plus en plus les plaques latérales du pléon
Endopodite des
uropodes.
Rudimentaires
De plus en plus développés
Tableau 52
Urobopyrus processae. — Définition des stades évolutifs de la 9
L’asymétrie du corps commence à se manifester dès le stade 3. Les oostégites appa¬
raissent au deuxième et se chevauchent légèrement dans le quatrième. L’évolution du pléon
est rapide, car, dès la mue bopyrienne, les pléopodes sont biramés et bien développés; ils
dépassent déjà un peu les lames pleurales; par la suite, leur taille relative s’accroît évidem¬
ment de plus en plus.
Mâle.
Chez les individus très jeunes, encore peu éloignés de la première mue, les uropodes
sont présents et semblables à ceux des plus petites 99 du stade 1. Ils disparaissent progressi¬
vement à mesure que l’animal grandit. La fig. 154, f représente le telson d’un d juvénile
prêt à muer montrant sous la chitine de» uropodes déjà plus évolué».
Source : MNHN, Paris
340
ROLAND BOURDON
2. Variation intra-spécifique
Femelle.
Indice d’asymétrie : 28 à 48°.
Lame frontale : toujours bien échancrée chez les 99 préadultes, souvent moins chez
les individus plus âgés.
Plaques coxales : celles de la première paire peuvent ne pas être visibles en vue dor¬
sale.
Plaques latérales : la première lame pleurale du côté déformé est parfois nettement
plus longue que la suivante et la septième plaque coxale thoracique, mais ordinairement la
Urobopyrus processac Richardson. — Larve cryptoniscicnne : a, antenne et antennuie X 287;
b, pcréiopode x 208; c, pléopode 235; d, uropode X' 308; e, bord postéro-dorsal de
l’exopodite des uropodes > 413;/, bord postéro-dorsal de l’endopodite des mêmes appen¬
dices 413;g, pygidium >' 292.
longueur des lames pléales décroît régulièrement vers l’arrière. A noter que sur ce côté, les
trois plaques latérales antérieures (quelquefois même la quatrième) sont toujours dans une
position inclinée et serrées l’une contre l’autre.
Face ventrale des pléonites : peut former une bosse à la base de l’endopodite des
pléopodes chez les plus grandes 99.
Uropodes : l’endopodite manque très rarement (absence d’un appendice constaté
une seule fois dans un stade 5); il est plus court que l’exopodite (environ les trois quarts
de sa longueur); dans un cas seulement, il était presque aussi long que la rame externe. Les
exopodites peuvent être légèrement plus long ou plus courts que les dernières plaques laté¬
rales dr pléon.
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
341
Source : MNHN, Paris
342
ROLAND BOURDON
Mâle.
Taille de l’adulte : 1,5 à 2,5 mm.
Rien d’important à noter, à part ia plus ou moins grande distinction des pléopodes
ces derniers généralement moins visibles chez les spécimens âgés, et le nombre d’articles aux
antennes qui est souvent de quatre, le dernier alors minuscule et portant le bouquet terminal
de soies présent à l’extrémité du troisième quand le quatrième manque.
3. Remarques systématiques
Deux espèces du genre Urobopyrus ont été décrites : U. processae Richardson (1904)
sur Processa canaliculata (Leach) et U. provisorius Rouch et Taberly (1961) sur P. acuti-
rostris Nouvel et Holthuis. Cette dernière forme a été créée (avec réserve comme son nom
l’indique) principalement parce qu’elle parasite un hôte de spécificité et de répartition géo¬
graphique différentes (1), le seul caractère distinguant les deux formes étant l’échancrure
du telson plus forte chez le parasite de Richardson. Mais, comme le font remarquer Rouch
et Taberly, la description trop sommaire d’if, processae ne leur permettait pas une compa¬
raison bien détaillée avec leurs propres exemplaires.
Nous avons pu examiner le générotype et son hôte : la Processa n’est pas une P. cana¬
liculata, d’autre part, le bord postérieur du sixième segment abdominal est droit et non
échancré et nous n’avons pas trouvé de différences appréciables dans aucun des autres détails
morphologiques offerts par l’unique 9 ; toutefois, le d est absent. Dans les spécimens de Boca
Ciega Bay, sur des Processidae d’un nouveau genre, les deux 99 sont également identiques
à U. provisorius et le d s’en écarte seulement par les péréiopodes un peu plus grands et le
dactyle de PI et P2 plus développé (fig. 154, e). Les différences entre les parasites européens
et américains sont trop minimes pour les considérer comme des espèces distinctes.
Cependant, il n’est pas impossible qu’ils représentent des variétés. En effet, Richard¬
son (1904) note : « Color, uniformly white » pour son spécimen (2). Chez les Urobopyrus de
nos côtes, les oostégites 2 à 4 seuls sont marbrés de brun. Dans les deux exemplaires de Flo¬
ride, la première plaque marsupiale est fortement colorée et la cinquième légèrement; en outre,
on remarque une ligne de pigment sur la face dorsale des segments thoraciques II (ou III dans
le second individu), surtout importante sur le côté déformé, et sur la face ventrale des péré-
ionites III (ou IV). Nous ne pensons toutefois pas qu’une coloration différente, même si elle
est constante, constitue, du moins chez les Bopyridae, un critère spécifique. Aussi désignerons-
nous les présents parasites sous le nom de la première forme décrite, U. processae.
Hôtes et distribution géographique
Les espèces du genre Processa ayant fait récemment l’objet d’une révision de la part
de Nouvel et Holthuis (1957), on ne peut donc connaître avec certitude les hôtes signalés
auparavant : à Naples (Kossmann, 1881a; Caroli, 1934,19476) et à Monaco (Monod, 1923).
Un Bopyridae a également été trouvé à Marseille sur Nika edulis (Risso), par Gouret (1881),
mais indiqué sous le nom de Bopyrus squillarum Latreille; à l’époque, cette détermination
pouvait aussi bien se rapporter à V Urobopyrus, toutefois, d’après Brian (1951), le parasite
des Palaemon infesterait également les Processa au Portugal.
L’espèce est, d’autre part, connue sur les hôtes suivants :
— sur Processa acutirostris Nouvel et Holthuis. — Monaco. France : Nice, Villefranche-
sur-Mer (Nouvel, fide Rouch et Taberly, 1961), Golfe-Juan (R. B.).
— sur Processa edulis (Risso). — France : (Nouvel, fide Rouch et Taberly, 1961),
Roscoff, Arcachon (Bourdon, 1963, 1964), Golfe-Juan (R. B.).
— sur Processa robusta Nouvel et Holthuis. — Méditerranée : (Nouvel, fide Rouch
et Taberly, 1961).
(1) Plusieurs espèces de Processa étaient alors confondues sous l'appellation de canaliculata, aussi
Rouch et Taberly ne pouvaient-ils évidemment savoir à laquelle appartenait l’hôte en réalité. En
fait, il s’agit d’une forme nouvelle. (L. B. Holthuis, communication écrite).
(2) Mais peut-être était-il tout simplement décoloré dans l’alcool.
Source : MNHN, Paris
BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
343
Graphique 22
Urobopyrus processae
Proportion de parasites en fonction de
leur stade évolutif et de la taille de
l'hôte.
30 2
20 2
10 2.
ri
crypto
"H—. r—i
40 2
30 2
20 2
102
1
st. 1
Tl
50 2
40 2
30 2
20 2
10 2
rh
st. 2
IL
60 2
50 2
40 2
30 2
20 2
10 2
si. 3
20 2
60 2
50 2
40 2
30 2 -
20 2
10 2
JI
st.4
T
50 2
40 2 ,
30 2
20 2 .
10 2.
st. 5
~ ...
40 2 .
30 2 .
20 2 .
10 2.
- adultes
=n Iü-th .
5 6 7 8 9 10 II 12 mm
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
— sur Processa, n. sp. (Holthuis). — Brésil : au large de Cap Saint-Roque (Richard¬
son, 1904).
— sur Processidae, n. g., n. sp. (Chace). — U.S.A. : Boca Ciega Bay, Floride (U.S.N.
Muséum Washington).
BIOLOGIE
Bien qu’à Roscoff, les Processa et leur parasite soient assez communs, il n’a, toutefois
pas été possible de recueillir des échantillons mensuels numériquement suffisants tout au
long de l’année; en hiver et au début du printemps, très peu d’individus ont été récoltés. On
ne peut cependant parler de migrations de ces Crevettes ; il est plus probable que la rareté
de leur capture est due à des facteurs divers, inhérents à l’éthologie particulière de l’espèce.
Les Processa, qui sont fouisseuses, présentent un rythme nycthéméral et se récoltent en pêche
de nuit; une influence lunaire semblerait d’ailleurs intervenir sur leur vagilité et, de plus
encore faut-il un temps calme pour s’en procurer en quantité, condition peu souvent réalisée
dans la région roscovite durant cette période. En définitive, quatre échantillons seulement
sont utilisables pour l’étude biologique du Bopyridae.
1. Fixation du parasite
a. Période de fixation.
Les cryptonisciens (tableau 55) fixés seuls dans la cavité branchiale de l’hôte sont
relativement nombreux au mois d’août (24,5 %), mais s’obtiennent en proportions encore
élevées en septembre; ils sont également présents dans les récoltes réduites de janvier, mars,
mai-juin et octobre-novembre, soit vraisemblablement toute l’année.
Les parasites au stade 1 présentent aussi leur maximum en août; c’est également ce
mois-là que s’observe le plus grand nombre de stades 3. On peut donc conclure à une fixation
principalement estivale (juillet-août) chez Urobopyrus.
b. Conditions de fixation.
Taille de l’hôte.
D’une manière générale (tableau 53), le taux d’infestation diminue avec la taille des
Processa, étant le plus fort dans la classe 2 mm (longueur céphalothoracique). L’infestation
s’effectue au début de la vie post-larvaire de la Crevette : les stades 1 et 2 sont surtout obtenus
sur des hôtes de 3 mm (tableau 54 + graphique 22). Par contre, légère anomalie, les individus
Longueur hôte (mm.)
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
Nombre individus. ..
52
184
539
373
599
478
386
377
209
145
63
41
7
1
Parasités.
9
26
46
53
31
29
9
10
3
6
1
-
-
-
%.
17,3
14,1
8,5
14,2
5,2
6,1
2,3
2,6
1,4
4,1
1,6
-
-
-
Tableau 53
Urobopyrus processae. Taux d’infestation en fonction de la taille de l’hôte
porteurs d’un cryptoniscien présentent leur modale dans la classe 4. On remarquera que les
larves peuvent se rencontrer sur des Crevettes plus âgées, mesurant jusqu’à 9 mm. ; de même,
les stades 1 ne sont pas rares sur des individus de 6 mm. Mais, comme la gamme des tailles
des Crustacés parasités se montre plus réduite dans les deux stades suivants, on peut se deman-
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES
EUROPÉENNES
345
der ri les cryptonisciens qui s’introduisent dans des hôtes de dimensions relativement grandes
auront autant de chances de survivre et de se développer normalement.
Position du parasite.
Pas de préférence marquée : 51,6 % des parasites étant fixés sur le côté droit, 48,4 %
à gauche.
Long. Hôte (mm.)
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
Nbre
5
11
13
4
2
1
-
1
_
-
-
%
13,5
29,7
35,2
10,8
5,4
2,7
-
2,7
-
-
-
Nbre
-
9
5
3
3
%
-
45,0
25,0
15,0
15,0
Nbre
-
6
5
2
%
-
46,1
38,5
15,4
Nbre
-
1
19
6
1
1
-
-
-
-
-
%
-
3,6
67,8
21,4
3,6
3,6
-
-
-
-
-
Nbre
-
-
6
26
6
2
-
-
-
-
-
%
-
-
15,0
65,0
15,0
5,0
-
-
-
-
-
Nbre
-
-
-
8
16
6
3
1
1
-
-
%
-
-
-
22,9
45,8
17,1
8,6
2,8
2,8
-
-
Nbre
-
-
-
1
4
18
10
7
4
4
2
%
-
-
"
2,0
8,0
36,0
20,0
14,0
8,0
8,0
4.0
Tableau 54
Urobopyrus processae. Proportion de parasites en fonction de leur stade évolutif
et de la taille de l’hôte
2. Évolution du parasite
Contrairement aux autres espèces, le matériel d ’U. processae se compose principale¬
ment de larves et de 99 juvéniles, les formes adultes représentant à peine 30 % des individus.
Bien évidemment, cette prédominance de jeunes parasites résulte uniquement de ce que les
petite Crevettes sont en majorité dans les échantillons prélevés en été et en automne.
Femelle.
Les jeunes Processa de l’année doivent apparaître à la côte en juillet, mois durant
lequel aucune récolte valable n’a été faite, mais cette date se déduit obligatoirement du fait
7 564030 6. 18
Source : MNHN, Paris
346 ROLAND BOURDON
Graphique 23
Urobopyrua procesaae
Proportion mensuelle des stades
évolutifs (mai-novembre)
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 347
Mois
Crypto
Stade 1
Stade 2
Stade 3
Stade 4
Stade 5
Stade 6
Nombre...
1
_
_
_
_
_
7
% .
12,5
-
-
-
-
-
87,5
Nombre...
1
-
-
-
-
-
9
%.
10,0
-
-
-
-
-
90,0
Nombre...
14
9
5
11
9
2
7
%.
24,5
15,8
8,8
19,3
15,8
3,5
12 3
Nombre...
19
11
8
12
23
20
21
%.
16,7
9,6
7,0
10.5
20,3
17,5
18,4
Nombre...
1
-
-
3
4
7
3
% .
5,5
-
-
16,6
22,3
39,0
16,6
Nombre...
1
-
-
2
4
6
3
%.
6,2
12,5
25,0
37,6
18,7
Tableau 55
Urobopyrus processae. — Proportion mensuelle des parasites
en fonction de leur stade évolutif
que la même année (1961) la modale de 6 mm en mai-juin, tombe à 4 mm en août. En octobre-
novembre, les Crevettes entrent dans la classe 6.
L’évolution du parasite est parallèle à la croissance des Processa (tableau 55 + gra¬
phique 23). En août, les parasites constitués en majeure partie de cryptonisciens, stades 1, 2 et
3 (68,4 %) parviennent aux stades 4 et 5 en octobre-novembre (61,8 %). On peut donc pré¬
sumer que les premières pontes se produisent au début de l’hiver; la maturité serait donc
atteinte en 5 mois environ. Le Bopyridae devient adulte quand il acquiert une longueur de
2,4 à 2,5 mm (tableau 56).
Stade
L. parasite
(mm)
Classe modale
hôte
Date
0,9-1,2
3
Août.
2.
0,9 - 1,4
-
Août.
3.
1,1 - 1,6
4
Août.
1,3 - 2,0
5
Octobre-novembre.
5.
1,7 - 2,4
6
Octobre-novembre.
2,3 - 7,7
7
Décembre.
Tableau 56
Urobopyrus processae. — Croissance linéaire comparativement à celle des Processa
18.
Source : MNHN, Paris
348
ROLAND BOURDON
En mai-juin, les récoltes comprennent presque exclusivement des 99 ovigères. Le
parasite paraît vivre aussi longtemps que son hôte, les plus grands spécimens se trouvant
sur des individus de 12 mm; la dernière classe de grande fréquence est toutefois indemne
dans nos prélèvements. L’âge correspondant n’a pu être établi.
Mâle.
En une seule occasion, deux cryptonisciens étaient observés dans la même cavité bran¬
chiale. Ordinairement, la seconde larve rejoint la première quand celle-ci s’est transformée
en stade bopyrien, mais la formation du couple se montre très précoce (tableau 57). Ainsi,
dès le stade 1, 30 % des 99 sont accompagnées d’un cryptoniscien; au stade suivant, 80 %
des individus sont pourvus d’un c? potentiel ou même déjà typique.
<? s
9 9
Néant
Crypto
Nombre..
14
6
-
-
%.
70,0
30,0
-
-
Nombre..
4
11
4
1
%.
20,0
55,0
20,0
5,0
Nombre..
6
2
5
22
%.
17,1
5,7
14,3
62,8
Nombre..
-
1
1
34
%.
-
2,8
2,8
94,4
Nombre..
-
1
-
49
%.
-
2,0
-
98,0
Tableau 57
Urobopyrus processae. — Présence et nature du c? en fonction du stade de la 9
Les cfc? les plus jeunes (jusqu’à 1,3 mm) présentent des uropodes. Ils peuvent se ren¬
contrer sur des Bopyres du stade 3, voire 4 et sans doute aussi sur des parasites encore plus
évolués, car ces derniers peuvent accidentellement rester seuls jusqu’à l’approche de la matu¬
rité (une larve cryptoniscienne sur un stade 5), cas rare toutefois, toutes les autres 99 de ce
stade possédant des cfcf adultes.
Rouch et Taberly (1961) ont déjà noté que la taille du c? n’est pas proportionnelle
à celle de la 9. Effectivement, le rapport L 9/L c? croît régulièrement au fur et à mesure de
l’évolution de Y Urobopyrus. Chez les juvéniles, le c? est nettement plus grand que la 9 : ainsi
pour un stade 1 de 1,0 mm, il peut avoir une longueur de 1,5 mm. Cette disproportion s’atténue
peu à peu; dans le stade 3, la moitié des individus possèdent un c? plus petit et chez les adultes,
le rapport passe graduellement de 1,53 pour une 9 de 2,3 mm à 3,16 pour une autre de 6,0 mm.
Les cfcf surnuméraires sont très rares : seulement une 9 au stade 4 de 1,3 mm avec
un c? de 1,5 mm + un cryptoniscien. Par contre, nous avons trouvé deux grands d<3 de 1,7
et 1,8 mm ensemble sur une juvénile au stade 3 de 1,8 mm.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE
MERS EUROPÉENNES
349
3. Reproduction
Période de reproduction : vraisemblablement toute l’aimée.
Relation mue de l'hôte - ponte du parasite : tandis que chez Bopyrus squillarum
Latreille sur Palaemon serratus, la mue de l’hôte est immédiatement suivie de l’exuviation
(Caroli, 1927, 1929b; Tchernigovtzeff, 1960) et de la ponte du parasite, nous avons
indiqué plus haut un processus différent pour l 'Urobopyrus des Processa. Nous n’avons pas
observé la mue du Bopyre, mais, à une vingtaine de reprises, la ponte, puis l’éclosion des
larves se sont produites à n’importe quel moment du cycle d’intermue de l’hôte. Par exemple,
une éclosion était suivie à 2 jours d’intervalle d’une nouvelle ponte et 6 jours après la Crevette
muait; mais cet écart est variable. Il est donc évident, dans le cas A'Urobopyrus, que l’exu¬
viation du parasite ne peut se produire en même temps que celle de la Processa (les œufs
seraient alors perdus), mais se déroule entre la libération des larves et l’émission suivante
(tout comme chez Bopyrus). L’influence de l’hôte sur le Bopyridae est ici beaucoup moins
importante.
Durée d’incubation : 21 à 28 jours.
Intervalle entre l’éclosion et la pointe suivante : 1 à 6 jours.
Nombre de pontes : maximum observé 3, mais sûrement plus.
Fécondité : entre 1.210 et 5.030 œufs pour des 99 de 2,5 à 6,5 mm (10 numérations).
Statistiques d’infestation
Sur les 3.544 P. edulis de Roscoff notées pour les statistiques, 228 étaient parasitées,
soit 6,3 %. En 1961, la courbe formée par les taux d’infestation mensuels entre mai et novembre
a atteint son maximum (8,9 %) au mois d’août, époque où les jeunes Bopyres et leurs hôtes
sont les plus nombreux en zone intertidale; le pourcentage minimum, comparativement
encore élevé (5,3 %) était trouvé en octobre-novembre.
Influence du parasitisme sur l’hôte
U. processae provoque rapidement la féminisation des c?c? infestés. Le seul individu
de ce sexe (9 mm de longueur totale) possédant encore 1 ’appendix masculina était porteur
d'une larve cryptoniscienne. Aucune 9 ovigère avec Bopyre n’a été récoltée. Par contre, les
mues des Crevettes s’effectuent normalement.
Infestations bilatérales
Les cas de parasitisme double se montrent particulièrement rares : seulement trois
ont été observés, soit 0,9 %, c’est-à-dire sept fois moins fréquents que les infestations simples
(xj = 8,42 hautement significatif). Peut-être les Processa sont-elles trop fragiles pour suppor¬
ter la présence simultanée de deux parasites (voir également à ce sujet p. 405).
A deux reprises, chaque côté de l’hôte était occupé par une larve; dans le dernier
exemplaire bibopyrisé, un branchiostégite abritait un stade 2, l’autre un stade 3, ce dernier
étant précisément celui où deux grands d'd 1 se trouvaient ensemble sur la jeune 9.
XV. Genre BOPYROIDES Stimpson, 1864
1. Le genre Bopyroides
Bopyroides appartient aux parasites du groupe-Bopyrus dont les thoracomères de la
? adulte sont libres et le céphalon distinct du premier segment thoracique, mais les pléo-
mères peuvent être libres ou soudés au milieu; aussi le genre entre-t-il dans chacun des deux
cas retenus par la clé de Nierstrasz et Brender-à-Brandis (1929) : il se reconnaît toutefois
dans cette alternative par les pléopodes rudimentaires ou absents chez la 9, le pléon
complètement fusionné et dépourvu d’appendices abdominaux chez le (S.
7 564030 6. 18 A
Source : MNHN, Paris
350
ROLAND BOURDON
Plusieurs diagnoses génériques en ont été données (G. O. Sars, 1899; Richardson,
1905; Chopra, 1923) ne concordant d’ailleurs pas tout à fait, notamment en ce qui concerne
la présence des bosses latérales. D’autre part. Allen (1965a) a récemment modifié la défi¬
nition du genre en ajoutant que la 9 peut parfois présenter des uropodes.
2. Les espèces du genre Bopyroides
Les espèces décrites sont les suivantes : B. hippolytes (Kreyer), B. acutimarginatus
Stimpson, B. latreuticola (Gissler), B. sarsi Bonnier, B. woodmasoni Chopra, sans parler
des deux Bopyroides spp. de Bonnier (1900) et de B. furcata Norman (19056) restés nomen
nudum.
Après avoir passé successivement dans les genres Bopyrus, Bopyrina, et Probopyrus,
B. latreuticola se classe actuellement dans Probopyrinella Nz. et Br.-à-Br. (1929) à cause de
ses plépodes biramés. Quant à B. acutimarginatus et B. sarsi, tout le monde est d’accord pour
considérer qu’il s’agit de B. hippolytes, tout comme les deux Bopyroides spp. de Bonnier
(notamment G. O. Sars, 1899; Richardson, 1905a; Norman et Scott (1906); Hansen
(1916); Chopra (1923); Nierstrasz et Brender-à-brandis, 1923; Shiino, 1937, pour ne
citer que les plus éminents épicaridologistes). Toutefois, en mettant Pleurocrypta cluthae
Sexe
Caractères
B. hippolytes
(Sars)
(Bonnier)
B. hippolytes
(Richardson)
B. hippolytes
(Shiino)
Nombre d’arti¬
cles A2.
4
5
4
?
Bord latéral des
péréionites.
Entier
Plus ou moins
bilobé
Bilobé ?
Bilobé
Angle postéro -
externe des pé¬
réionites.
Aigu
Aigu
Aigu?
Arrondi
Bosses pleurales.
Absentes
Présentes
Présentes
Présentes
Plaques coxales..
Absentes
Absentes
Présentes
Présentes
Pléopodes.
Rudimentaires
T uberculiformes
sur un côté
Rudimentaires
Un peu plus déve¬
loppés que dans
les autres spp.
Segments du
pléon.
6
6
6
Les deux derniers
fusionnés
Lamelles du bord
postérieur du
céphalon.
Égales
Externe
plus mince
?
?
Nombre d’arti¬
cles A2.
4
5
?
?
Bord latéral de
l’abdomen.
Ondulé
Droit
?
Ondulé
Tableau 58
Bopyroides hippolytes. — Différences relevées entre les diagnoses des auteurs
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
351
(Scott, 1902) en synonymie avec B. sarsi, Allen (1965a) admet implicitement que cette der¬
nière espèce est distincte de B. hippolytes ; malheureusement, l’auteur n’indique pas les
raisons pour lesquelles il ne partage pas l’opinion générale.
Se basant uniquement sur les descriptions successives de cette dernière espèce, il
apparaît effectivement quelques différences entre elles, d’ailleurs en grande partie relevées
par Shiino (1937) [tableau 58].
Il est évident que si ces différences sont constantes, elles ont valeur spécifique. Le#
auteurs ne nous renseignent cependant guère à ce sujet. Pour G. O. Sars (1899), les para¬
sites des Lebbeus polaris (Sabine), Spirontocaris lilljeborgi (Danielssen) et Sp. spinui (Sowerby)
norvégiens appartiennent à la même espèce, car il les a « very carcfilly compared » et n’« pu
trouver aucun écart morphologique entre eux. Pourtant, il note l’absence de bosse» latérale»
et de plaques coxales au péréion observées par Bonnier (1900) sur le dernier hôte; il est vrai
que celui-ci provenant des côtes américaines, on pouvait supposer l’existence de variétés
géographiques. La même remarque s’applique aux Bopyridae de Richabdkon (1905a) qui
observe les caractères mentionnés par Bonnier sur ses propres spécimens... tout en repro¬
duisant la figure de Sars où ils ne sont pas représentés!
Pour régler définitivement le problème remis en question par Allen (1965 a), il fallait
donc examiner des Bopyroides provenant d’hôtes récoltés dans ces régions. C’est ce que nom
avons pu réaliser en nous procurant un matériel réduit, mais assez varié (voir liste p, 352), Il
ressort de cette étude comparative que :
— les quatre paires de bosses latérales et les plaques coxales sont présentes chez U/m
les exemplaires quelles que soient la nature de l’hôte et sa localisation géographique;
— de même les bords latéraux des segments thoraciques sont toujours fit* vré* d,
su moins chez certains individus, terminés en pointe;
— la Lamelle externe du bord postérieur du céphaion eet régulièrement un pou ptu*
mince que l’interne;
— le nombre d'articles des antennes a seulement été noté chez le* pu caritot spti'
mardi et Sp. spinus : il varie de cinq à six chez k 9 et de q«aire à boit chez Je
— les pléopodes sont également variables : parfois indistinet», «ai» le f4m «oarvewt
tuberculiformes et au nombre de trois à cinq paires on risible* sur on sesd «été; k preroirie
paire est quelquefois en forme de très petite lame aplatie;
— dans certains individus, k séparation des deux dernier» piéouitet eut di£w0* à
distinguer.
En conclusion, quoique les diagnoses soient légèrement dtféreste», 1 e*e «azvietft*
que ks Bopyroides des six hôtes examinés constituent une fetde et mèmeeeptwe, A hippol/Ut
(Kroyer). Sans pouvoir évidemment affirmer que c’est le cas pour toute» te» q oMow.
espèces de Crevettes sur ksqueïks le Bopyridae a été signalé, 3 nom parafe cependant nor¬
mal de se fier aux spécialistes les ayant examinés et adici» leur eoawpfeieifasté.
Noos tarons îoatefcûs une réserve pour le* f?. hippolytes ptprjtxm de ismiMO
Ceux-ci possédera, es eôet, des bords latéraux thoracique» ptrti'.-.'daer*, étant arrondi» et
ressortis à î'enériear; de pins, les deux dense» segment» de l'abdomen «ont wu-ié» et
indiques kîœoKMEt det des échancrures. Basses) (1916) doutait dépi ri Se» ftamfee* *rov>é»
au Japor par Bimaxiâ-os (1999; sur des Spiroalotaii* tpp. appartewrief .-.■*»#. a cette
Un examen pins ezçc-nfrod; portas! sur es grand nombre dodrikt de «*>e rbys*. «ose
Qmiwa rlSSS) a rangé, rrec doute, dan* ce genre, «os £, mtod+ tai o mi pm **rie <?«•
Alpbâdae: thaïs agi»- iinw. tons le* segment* de f abdomen de J* «mW
E® o* çi£ cunBtcnt fe Bopyridae de PandaÜwi frrevuotUü IftntU&t < - PUmHfJpt*
clutkae de Ssotrt. Btpynâda tard d’Auxxf, 3 s’agit «fuse «pris* bien pvvM**
A-Cotjsdrfct âf cmniwrjiicfeiwnKtt a^fer, H r hipprAyU* l%40yt* y
B. Corps ûe ri t bouramifié job J» «aitte» fermée* f«r k bord Iwérrf ^ ^
Source : MNHN, Paris
352
ROLAND BOURDON
29. BOPYROIDES H1PPOLYTES ( Kreyer, i85i'
Références :
1838, Bopyrus hippolytes Kroyer, p. 306-310, pL IV, fig. 22 a-d.
1840, Bopyrus hippolytes H. Milne Edwards, p. 283.
1849, Bopyrus hippolytes Kroyer, pi. XXVIII, fig. 2 a-p.
1864, Bopyroides acutimarginatus Stimpson, p. 156.
1868, Gyge hippolytes Bâte et Westwood, fig. p. 230 [in parte] (1).
1877, Gyge hippolytes Miers, p. 64.
1882, Gyge hippolytes Hoek, p. 35-37, pi. II, fig. 20-22.
1899, Bopyroides hippolytes G. O. Sars, p. 199-200, pi. 84, fig. 2.
1900, Bopyroides hippolytes Bonnier, p. 373-374.
1900, Bopyroides acutimarginatus Bonnier, p. 375-376.
1900, Bopyroides sarsi Bonnier, p. 376-377, pi. XLI, fig. 1-12.
1900, Bopyroides spp. Bonnier, p. 378 (nomen nudum).
1904, Bopyroides hippolytes Richardson, p. 64.
1905a, Bopyroides hippolytes Richardson, p. 567-572, fig. 628-637.
19056, Bopyroides hippolytes Richardson, p. 218-220, fig. 6-7.
1916, Bopyroides hippolytes Hansen, p. 203-205, pi. XV, fig. 11 a-d.
1926, Bopyroides hippolytes Nierstrasz et Brender-à-Brandis, p. 32-33, fig. 100-104.
1929, Bopyroides hippolytes Wharberg, p. 56-57, fig. 66-68.
1937, Bopyroides hippolytes Shiino, p. 293-296, fig. 1 a-d.
1948, Bopyroides hippolytes Iachnov, p. 252, pi. LXII, fig. 6-7.
1948, Bopyroides hippolytes Stephensen, p. 119-120, fig. 6-9.
Matériel examiné :
— sur Eualus gaimardi (H. Milne Edwards). — Norvège : 6 spécimens (Pr. Veillet
ieg.).
— sur Lebbeus polaris (Sabine). — Norvège : 3 spécimens Trondheim (Rijksmuseum
Leiden); 1 spécimen, Hambara (Trondheim Muséum).
— sur Heptacarpus brevirostris (Dana). — Alaska : 2 spécimens (U.S.N. Muséum
Washington).
— sur Spirontocaris spinus (Sowerby). — Alaska : 3 spécimens. U.S.A. : 1 spécimen,
Eastport, Maine (U.S.N. Muséum Washington). Norvège : 11 spécimens (Pr. Veillet leg.).
— sur Spirontocaris lilljeborgi (Danielssen). — Norvège : 3 spécimens (Pr. Veillet
leg); 1 spécimen, Trondheim (Rijksmuseum Leiden).
— sur Spirontocaris lamellicornis Dana. — U.S.A. : 3 spécimens, îles Orcas, Washing¬
ton (Pr. Veillet leg).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + c? sur E. gaimardi de 26,6 mm de longueur céphalo¬
thoracique (rostre compris), cavité branchiale droite, Norvège.
Femelle (fig. 158).
Mensurations. — Longueur : 8,3 mm; largeur au troisième segment thoracique :
7,0 mm; longueur du pléon : 2,4 mm. Indice d’asymétrie : 33°.
Céphalon. — Lame frontale assez large, légèrement arquée. Yeux non distincts.
Antennules et antennes (fig. 159, a) respectivement formées de trois et cinq articles. Maxilli-
pèdes (fig. 159, b) avec palpe bordé de petites soies s’étendant sur le bord antérieur de l'appen-
(1) Comme le précisent eux-même les deux auteurs anglais, leurs figures du J et de la 9 en vue rentra e
ont été copiées d’après les dessins de Kroyer. Mais, la description de ia 9, sa représentation en vue dorsale
et celle de l’extrémité ventrale du pléon ne peuvent se rapporter à la présente espèce ainsi que le fait remar¬
quer Bonnier (1900, p. 374-375). Le second parasite de Bâte et Westwood confondu avec B. hippolytes
ressemble plutôt à Gyge branchialis Comalia et Panceri. Malheureusement, l’hôte n’est pas mentionne.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
353
dice. Bord postérieur (fig. 159, o) pourvu de deux paires de lamelles, l’externe un peu plus
longue et nettement plus mince que l’interne ; la partie médiane, entièrement lisse également,
présente une légère échancrure au milieu.
Péréion. — Bosses latérales : quatre paires, celles du côté déformé plus allongées et
un peu moins saillantes. Plaques coxales très minces sur les mêmes segments antérieurs.
Bord latéral des somites moins large que la longueur des bosses correspondantes; fissuré
sur les péréionites V à VII. Oostégites. Première paire (fig. 159, d). Partie antérieure presque
arrondie; crête interne lisse, présentant seulement un petit hiatus ; partie inférieure peu élargie,
l’angle postéro-exteme légèrement saillant, mais sans lobe proprement dit. Deuxième paire
(fig. 160, a) triangulaire. Troisième à cinquième paires (fig. 160, b-e) de plus en plus allongées;
toutes bordées de soies; sur le côté non déformé, la seconde plaque marsupiale est nettement
plus courte que son homologue, la suivante à peine et la quatrième égale; la dernière est un
peu arquée et convexe dans sa largeur. Pas de tubercules externes sur les oostégites. Péréio-
podes : tous de même type avec une très forte bosse sur le bord supérieur du basipodite; pro-
pode et dactyle relativement courts. Leur taille augmente jusqu’à la sixième paire dans les
proportions suivantes : PI = 1,00; P2 = 1,28; P3 = 1,32; P4 = 1,37; P5 = 1,60; P6 =
1,65; P7 = 1,48 (pour le côté déformé).
Source : MNHN, Paris
354
ROLAND BOURDON
Fig. 160
Bopyroides hippolytes (Kreyer). — Ç adulte :
a-d, oostégites 2 à 5, côté gauche; e, 5' oostégite droit (tous
11 ).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
355
Pléon (fig. 161) à six segments, la séparation des somites étant soulignée sur leur bord
postéro-latéral par une petite échancrure arrondie. Plaques latérales absentes. Pléopodes très
rudimentaires, réduits à quatre paires de tubercules émoussés de taille décroissante. Uropodes
absents. La partie médiane des segments abdominaux est fortement boursouflée sur la face
ventrale.
Mâle (fig. 162, a).
Mensurations. — Longueur : 2,0 mm; largeur au cinquième segment thoracique :
0,5 mm; longueur du pléon : 0,55 mm.
Céphalon arrondi en avant, séparé du thorax en arrière. Yeux présents. Antennules
et antennes (fig. 162, b) respectivement composées de trois et sept articles. Maxillipèdes
(fig. 162, c) réduits à un petit cône surmonté d’un poil.
Péréion avec les bords rectilignes, les segments augmentant très peu de largeur vers
l’arrière. Péréiopodes (fig. 162, d). .PI et P7 légèrement plus petits que les autres; basipodite
et propode relativement forts; le dactyle de longueur pratiquement constante dans toutes les
pattes.
Pléon entièrement soudé en une seule pièce régulièrement conique. Ni pléopodes ni
uropodes.
Fie. 161
Bopyroides hippolytes (Kroyer). — 1 adulte, face ventrale du pléon X 38.
Formes larvaires.
Épicaridien.
Longueur : 0,30 à 0,32 mm.
Céphalon. — Antennules paraissant semblables à celle des autres espèces. Antennes
(fig. 163, a). Le dernier segment pédonculaire avec deux soies près du bord postéro-inteme;
le second article du flagelle, distalement tridenté, montre trois soies courtes et deux longues
soies inégales sétacées présentant des spinules latérales.
Péréion. — Péréiopodes (fig. 163, b). Les deux dernières paires un peu plus grêles que
les précédentes; propode pourvu de deux dents aplaties en éventail; dactyle simple.
Source : MNHN, Paris
356
ROLAND BOURDON
Pléon. — Pléopodes (fig. 163, c). Pointe postéro-inteme de la plaque basale avec une
soie plumeuse de taille légèrement décroissante vers l’arrière; exopodite équipé de trois longues
soies plumeuses. Uropodes (fig. 163, d-f). Plaque basale avec une petite soie postéro-externe.
Endopodite terminé ventralement par deux dents internes accolées, une petite externe, deux
dents dorsales, une très longue soie sétacée et une autre deux fois plus courte. Exopodite avec
une dent interne, trois autres situées plus bas et une longue soie médiane. Dernier segment
abdominal (fig. 163, g) en mosaïque sur la face dorsale : trois paires de plaques médianes, une
supérieure isolée et, latéralement, trois, deux et deux plaques. Tube anal moyennement
développé.
Cryptoniscien.
Nous avons eu un seul spécimen à notre disposition dont la préparation n’a d’ailleurs
pas été parfaite. II correspond tout à fait à la brève description d’HANSEN (1916) et ne présente
aucune différence significative avec les larves cryptonisciennes de B. cluthae (Scott) déentes
plus loin (p. 361).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYHIDAE DES MERS EUROPÉENNES
357
2. Variation intra-spécifique
Femelle.
Taille de l'adulte : 4,8 à 12,0 mm.
Indice d’asymétrie : 23 à 37°.
Les principales variations du point de vue systématique ont déjà été mentionnées. Pour
les autres caractères morphologiques, Richardson (1905, a-b) a figuré de nombreux exemples
de variabilité dans le premier oostégite et les péréiopodes ; elle se montre d’ailleurs minime.
Dans la première paire de plaques marsupiales, elle intéresse l’angle postéro-inteme, plus
ou moins aigu, mais qui jamais ne forme de lobe proprement dit. Pour les pattes, les diffé¬
rences portent sur la plus ou moins grande importance de la bosse du basipodite. Ajoutons
que le bord antérieur du maxillipède est souvent inerme.
Bopyroides hippolytes (Kroyer). — Larve épicaridienne : a, antenne (partie distale) X 789; b, pro-
pode de PI x 786; c, pléopode X 875; d, uropode X 706; e, bord postéro-dorsal de l’endo-
podite des uropodes X 935; f, bord postéro-dorsal de l’exopodite des mêmes appendices
X 935; g, dernier segment abdominal, face dorsale X 669.
Plus intéressante, semble-t-il, est la légère tendance à la soudure des premiers pléonites
chez certaines 99 dont la séparation est souvent peu distincte dans la partie médiane; la fig.
159 e illustre le cas le plus extrême rencontré à plusieurs reprises, les deux derniers segments
abdominaux paraissaient fusionnés, mais leur limite plus visible sur l’animal vidé. Le telson
«t parfois fissuré sur son bord postérieur (Krdyer, 1838; Miers, 1877).
Source : MNHN, Paris
358
ROLAND BOURDON
Mâle.
Taille de l’adulte : 1,2 à 2,6 mm.
Les bords latéraux du pléon sont quelquefois légèrement ondulés et Miers (1877)
note même que les deux premiers somites sont distincts au microscope. Aucun début de
métamérisation aussi nette n’a été remarqué dans le matériel examiné, mais dans la plupart
des individus vidés et colorés, l’abdomen montre cinq ligne transversales incolores, vestiges
probables d’une ancienne segmentation à l’état juvénile.
Hôtes et distribution géographique
B. hippolytes (Kroyer) se montre, avec Argeia pugettensis Dana, le Bopyridae le plus
hétéroxène, ayant été récolté sur quelques vingt Crevettes différentes (y compris Spirontocaris
lamellicornis, nouvel hôte) appartenant aux familles des Pandalidae et surtout des Hippoly-
tidae. Sa répartition est principalement circumpolaire et s’étend, vers le sud, jusqu’aux lati¬
tudes du Puget Sound, Massaschusset, Écosse et Japon.
Il serait fastidieux et peu utile d’énumérer toutes les stations où le parasite a été signalé-
il suffit d’indiquer sommairement les régions et les hôtes d’après les données des auteurs
(tableau 59). Ces derniers sont nombreux; mis à part les publications intéressant aussi la sys-
tématique et la morphologie de l’espèce, mentionnées dans les références, et sans prétendre
ne pas en avoir omis, on peut citer : Boone (1920), Buchholz (1874), Dahl (1949), De Riu-
gin (1916). Fee (1926), Greeve (1963), Grieg (1907), Gurjanowa (1933), Hatch (1949),
Hansen (1888, 1897), Harger (1880), Kroyer (1842), Metzger (1873), Nierstrasz et Bren-
der-à-Brandis (1923,1929), Norman (1902), Norman et Scott (1906), Ohlin (1895), Richard¬
son (1901,1910), G. O. Sars (1886), Scott (1899), Smith (1879), Sparre-Schneider (1926),
Stephensen (1912, 1916, 1936, 1940), Stimpson (1863), Weber (1884), White (1857).
Cette espèce a également été signalée sur Hippolyte varians Leach (Thompson, 1848;
Plymouth Marine Fauna, 1957) ; l’individu provenant de cette dernière localité était une
Bopyrina ocellata (Czemiavsky), parasite normal de cet hôte. Quant à YHippolyte sp. infesté
par B. hippolytes à Jersey (Norman, 1907; Le Sueur, 1954), il s’agit peut-être de Pandalus
montagui Leach, seule Crevette susceptible de porter le parasite dans ces parages (quoiqu’elle
y soit fort rare) ; en tous cas, la présence de Bopyroides dans la Manche demande confirmation.
Statistiques d’infestation
La fréquence de B. hippolytes sur ces différents hôtes n’a guère été étudiée statistique¬
ment. Greeve (1963) fournit, toutefois, quelques données intéressantes pour les Crevettes
norvégiennes (portant sur plusieurs centaines d’exemplaires dans chaque cas). Le parasite
est obtenu dans les proportions suivantes : Lebbeus polaris (= 0,3 %), Spirontocaris spinus
(= 0,3 %), Sp. lilljeborgi (= 1,4 %). Eualus pusiolus, E. gaimardi et Sp. phippsi étaient
indemnes. On remarquera que les trois hôtes infestés sont précisément les plus souvent cités
dans la littérature.
Infestations simultanées
Plusieurs cas ont été observés avec des Copépodes Choniostomatidae : Choniostoma
hanseni Giard et Bonnier, Ch. mirabile Hansen chez Lebbeus polaris et Eualus gaimardi (1).
Ordinairement le Copépode est fixé dans une des cavités branchiales et l’Épicaride dans l’autre;
mais Hansen (1897) note un cas où les deux parasites se trouvaient ensemble sous le même
branchiostégite (2).
(1) Nous avons aussi trouvé des Choniostomatidae seuls sur trois Sp. spinus de l’Alaska.
(2) Cette association peut même se montrer beaucoup plus étroite : une V avec ses œufs et trois g d
parmi la ponte d'une forme encore inédite de Bopyridae.
Source : MNHN, Paris
--
<
rn
■ë
j
il
■fj
1°
1
1
I
1
<2
Skagerrsk
*
c
Z
I
il
a
S
s
l
s
I
3
•8
S
CJ
<
Eualus fabricii (Kreyer) .
mi
— gaimardi (H. Miine Edwards) .
$88$
$88$
herdmanni (Walker) .
$88$
— pusiolus (Kreyer) .
$88$
$88$
— suckleyi (Stimpson).
$88$
$88$
Lebbeus polaris (Sabine).
$88$
$88$
$88$
$88$
$88$
$88$
$88$
$88$
$88$
Heptacarpus geniculalus (Stimpson).
$88$
Pandalopsis dispar Ratlibun .
$88$
Panda lus borealis Kreyer .
$88$
— jordani Ratlibun .
$88$
— montagui Leach .
$88$
$88$
Spirontocaris arcuata Rathbun .
$88$
— brevirostris (Dana) .
$88$
$88$
$88$
$88$
— holmesi Holthuis .
$88$
— lamellicornis Dana .
$88$
— lilljeborgi (Danielssen) .
$88$
$88$
$88$
$88$
88»
$88$
$88$
— mororani Rathbun.
$88$
pandaloides (Stimpson) .
$88$
phippsii (Kreyer) .
$88$
— spinus (Sowerby) .
58885
888
58885
$88$
58885
88»
$88$
$88$
$88$
Tableau 59. — Bopyroid.es hippolytes. Distribution géographique en fonction de l’hôte
Source : MNHN, Paris
360
ROLAND BOURDON
30. BOPYROIDES CLUTHAE (Scott, 1902)
Références :
1902, Pleurocrypta cluthae Scott, p. 4-5, pl. I, fig. 5.
1902, Pleurocrypta patiencei Scott, p. 34, pl. I, fig. 34.
? 19055, Bopyroides furcata Norman, p. 17 (nomen nudum).
1963, Pleurocrypta (?) cluthae Bourdon, p. 428.
1965a, Bopyroides sarsi Allen, p. 90-92, fig. 14.
Matériel examiné :
— sur Pandalina brevirostris (Rathke). — Écosse : 2 spécimens, Firth of Ciyde (Coll.
Norman, British Muséum). France : 95 spécimens, Roscoff (R. B. Coll.).
— sur Caridion gordoni Bâte. — Écosse : 1 spécimen, Ciyde Area (Coll. R. B. Pike);
1 spécimen, The Minch (coll. Norman, British Muséum).
Fie. 164
Bopyroides cluthae (Scott). - l adulte, face dorsale 48.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
361
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + c? sur P. brevirostris de 4,5 mm de longueur céphalo¬
thoracique (rostre compris), cavité branchiale gauche, Roscoff.
Femelle (fig. 164).
Mensurations. — Longueur : 2,6 mm; largeur au troisième segment thoracique :
1, 9 mm ; longueur du pléon : 0,8 mm. Indice d’asymétrie : 28°.
Céphalon cordiforme, à peine bilobé sur la face dorsale. Lame frontale mince, mais
bien distincte. Yeux présents. Antennules et antennes (fig. 165, a) respectivement formées
de trois et cinq articles, dépassant le bord latéral de la tête. Maxillipèdes (fig. 165, b) pourvus
d’un palpe sétacé bien développé. Bord postérieur (fig. 165, c) avec deux paires de lamelles
lisses, l’externe, plus courte que l’interne, est insérée plus haut; bord médian légèrement
sinueux.
Péréion. — Bosses latérales : quatre paires sur les segments antérieurs, plus grosses
sur le côté déformé. Plaques coxales petites, sur les mêmes somites. Bord latéral des segments
surtout important sur le côté déformé des deuxième et troisième péréionites; sur l’autre côté,
il fait fortement saillie vers l’extérieur dans les quatre premiers somites; dans les trois suivants,
le bord latéral est à peine fissuré à droite, mais très échancré à gauche, formant ainsi deux
lobes. Oostégites. Première paire (fig. 165, d-e + 166, a). Partie antérieure arrondie, légèrement
tronquée; crête interne lisse; partie inférieure sans lobe, le bord postéro-inteme arrondi,
formant un angle très évasé; ce dernier est plus quadrangulaire dans l’appendice opposé.
Autres oostégites (fig. 166, b-é). Deuxième et troisième paires triangulaires, le bord externe
en pointe; sur le côté non déformé, les plaques marsupiales correspondantes sont moins
acuminées et nettement plus courtes; les deux dernières paires plus allongées que les précé¬
dentes et à peu près égales à gauche et à droite; la quatrième avec le bord externe élargi et
finement sétacé, la cinquième, distalement plus aiguë, porte la frange de soies ordinaire.
Péréiopodes (fig. 165, f) de taille légèrement croissante jusqu’à P5, diminuant un peu de
longueur dans les deux dernières pattes; le basipodite présente une bosse sur le bord supérieur;
le propode et le dactyle sont peu développés.
Pléon (fig. 165, g) de six segments. Pas de plaques latérales. Pléopodes réduits à cinq
paires de tubercules peu saillants, diminuant de grosseur vers l’arrière; ceux du côté non
déformé à peine distincts, sauf le premier. Pas d 'uropodes proprement dits, mais le telson
est profondément bifurqué.
Mâle (fig. 167, a).
Mensurations. — Longueur : 0,8 mm; largeur au quatrième segment thoracique :
0,3 mm; longueur du pléon : 0,2 mm.
Céphalon arrondi en avant, distinct du thorax. Antennules et antennes (fig. 167, b)
respectivement composées de quatre et neuf articles. Maxillipèdes coniques, minuscules.
Péréion avec les bords latéraux presque rectilignes. Péréiopodes (fig. 167, c) pourvus
d’un propode assez massif par rapport au basipodite; PI et P7 à peine plus courts que les
autres.
Pléon triangulaire, complètement soudé, sans trace d appendices.
Forme larvaire.
Cryptoniscien.
Longueur : 0,95 à 1,10 mm.
Céphalon arrondi. Yeux présents. Antennules (fig. 168, a) avec le bord inférieur des
deux premiers articles portant de petites saillies anguleuses : trois soies antéro-extemes et deux
postéro-internes. Les deux lobes du segment distal inégaux, terminés par trois à quatre soies;
frange sensorielle présente. Antennes (fig. 168, b). Les deux premiers segments basilaires
très courts, les suivants allongés; les second, troisième et quatrième portent une soie distale
et le dernier présente, en outre, trois autres insérées plus haut; les articles duflagellum se
7 564030 6. 18
Source : MNHN, Paris
362
ROLAND BOURDON
Fig. 165
Æ£S”ï-tîSS. X ,l^ï «»/■•«■*"* x m, ,. *- a-
ventrale X 57.
Fig. 166
Bopyroidet cluthae (Scott). - 9 adulte : a-e, oostégites 1 à 5 X 44.
Source : MNHN,
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
363
terminent par deux soies, sauf ie dernier, pourvu de trois plus longues ; l’article proximal est
un peu plus allongé que les suivants. Cas unique chez les Bopyridae, le rostre buccal se pro¬
longe par une ventouse (fig. 168, c); le disque paraît composé de quatre parties entourant
un orifice par lequel émerge à peine l’extrémité des deux mandibules.
Péréion. — Péréiopodes (fig. 168, d) de type ordinaire; carpe avec trois dents (deux
aiguës et une en éventail), propode orné de deux dents trifides dans l’échancrure inférieure;
dactyle simple.
Pléon. — Saillies médio-ventrales spiniformes. Pléopodes (fig. 168, e). Endopodite
pourvu de quatre soies plumeuses, l’exopodite de cinq et une petite externe; dans la dernière
paire, la rame interne présente deux soies, l’exopodite quatre. Uropodes (fig. 168, fh). Plaque
basale avec deux soies latéro-postérieures. Endopodite terminé par trois longues épines, deux
dents dorsales et une ventrale bifurquée à son extrémité; l’exopodite par une épine interne,
une longue soie médiane, une dent externe dorsale et une grosse dent ventrale également
échancrée. Pygidium (fig. 168, i) divisé en huit dents.
Fie. 167
Bopyroides cluihae (Scott). — c? adulte :a, face dorsale X 123;
b, antenne et antennule X 371; c, péréiopode X 408. J juvénile : d. pléon, face ventrale X 156.
Formes juvéniles.
Femelle.
Nous les avons classées en 6 stades comme pour Urobopyrus processae Richardson,
sur la base du degré de développement relatif des cinquièmes oostégites; mais la croissance de
B. cluthae présente toutefois certaines différences avec celle de la précédente espèce.
Stade 1 (fig. 169, a). — Longueur : 0,75 à 1,1 mm. Ressemble beaucoup au C?, les
antennes, les maxillipèdes et les péréiopodes, notamment, sont identiques en forme et pro¬
portions; la seule différence réside dans le bord latéral des segments thoraciques déjà échancré.
19.
Source : MNHN, Paris
364
ROLAND BOURDON
Stade 2 (fig. 169, b). — Longueur : 0,9 à 1,1 mm. Corps allongé, à peine plus élargi.
Les échancrures latérales du thorax apparaissent plus profondes. Maxillipèdes (fig. 170, a)
lamelliformes, terminés par un ou deux poils. Oostégites rudimentaires. Telson ressorti,
mais le bord postérieur régulièrement convexe.
Stade 3. — Longueur : 1,0 mm à 1,5 mm. Présente le même aspect que dans le stade
précédent. Les plaques coxales commencent à se différencier. Maxillipèdes (fig. 170, b) terminés
par quatre à six soies; chez les plus grands individus, les lobes antérieur et postérieur sont
formés et le premier pourvu de soies sur son bord externe. Oostégites (fig. 170, c). Cinquième
paire n’atteignant pas la ligne médiane. Bosse du basipodite des péréiopodes parfois ébauchée.
Les pléopodes tuberculiformes peuvent déjà être visibles, mais rarement (fig. 170, d ). Telson
bifurqué.
Bopyroides cluthae (Scott). — Larve cryptoniscienne : a, antennule X 366 ; b, antenne X 264;
c, ventouse orale X 437; d, carpe et propode de PI X 920; e, pléopode X 310; /, uropode
X 312; g, bord postéro-ventral de l’endopodite des uropodes X 420; h, bord postéro-ventral
de l’exopodite des mêmes appendices X 420; i, pygidium X 50.
Stade 4 (fig. 169, c). — Longueur : 1,3 à 1,6 mm. Faciès identique, mais un peu plus
massif. Maxillipèdes (fig. 170, e) plus élargis. Oostégites 2 à 4 avec quelques digitations
(rudiments des soies); cinquième paire se recouvrant légèrement.
Stade 5 (fig. 169, d). — Longueur : 1,3 à 1,6 mm. Forme à peu près semblable à celle
de l’adulte, toutefois, le corps est moins large et moins asymétrique. Lame frontale souvent
distincte. Bord postérieur du céphalon avec une paire de tubercules émoussés. Maxillipèdes
et premiers oostégites en contact sur leur bord externe; les cinquièmes plaques marsupiales
s’étendent au-delà de la ligne médiane et sont pourvues de digitations.
Stade 6 ou adulte. — Longueur : 1,6 à 2,75 mm. Caractérisé par la frange de soies des
derniers oostégites, les deux paires de lamelles du bord postérieur du céphalon (réduites à
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE
MERS EUROPÉENNES
365
Source : MNHN, Paris
366
ROLAND BOURDON
de simples tubercules chez les plus petits spécimens, elles augmentent progressivement de
longueur) et par l’échancrure latérale des péréionites V-VII, beaucoup moins profondes sur
le côté non déformé.
Mâle.
Les d'd 1 juvéniles conservent des traces de métamérisation pléale et portent des petits
uropodes (fig. 167, d), ces derniers pouvant encore être présents chez certains adultes.
2. Variation intra-spécifique
Taille de l’adulte : la plus grande 9 récoltée à Roscoff mesurait 2,75 mm, mais l’espèce
est susceptible d’atteindre des dimensions plus importantes : les figures d’ALLEN (1965 a)
représentent des individus de 3,2 à 3,5 mm.
Indice d’asymétrie : 19 à 34°.
Premier oostégite : le plus souvent à bord postérieur assez convexe.
Segmentation pléale : la séparation entre les deux derniers segments est parfois indis¬
tincte, même après éclaircissement des spécimens (fig. 171, f-g).
Telson (fig. 171, a-e) : Allen (1965 a) note la présence d’un uropode chez un seul
de ses trois exemplaires de Northumberland, les deux autres présentant le sixième segment
abdominal arrondi et légèrement en retrait par rapport aux bords latéraux du cinquième pléo-
nite. Dans la Manche, le telson se bifurque très tôt (ordinairement au stade 3), les pointes
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
367
étant dirigées vers l’extérieur, et, chez les 99 adultes, seulement 12,8 % des individus ont
le dernier segment abdominal entier; en aucun cas, la possession d’un « uropode » unique
n’était notée. Par ailleurs, le telson est toujours relativement proéminent en comparaison du
cinquième segment.
Fig. 171
Bopyroides cluthae (Scott). — Variation chez la S : a-c, telson et 5 e segment abdominal ; f-g,
pléon 5-segmenté, face dorsale; h, spécimen avec telson rudimentaire, face dorsale (d'après
Allen, 1965 a); i, pléon, face dorsale (parasite de Caridion gordonï).
3. Remarques systématiques
Signalé pour la première fois par Henderson (1886) comme Bopyrus sp. et baptisé,
on ne sait trop pourquoi, Pseudione par Bonnier (1900), le parasite de Pandalina brevirostris
(Rathke) fut décrit par Scott (1902) sous le nom de Pleurocrypta cluthae. Comme nous l’avons
fait remarquer précédemment (Bourdon, 1963), il ne peut être question de ce genre étant
donné le marsupium ouvert, l’absence de lames pleurales et de pléopodes développés chez la
? adulte. Ces caractères montrent, au contraire, les affinités étroites de l’espèce avec Bopy¬
roides Sdmpson bien qu’elle s’en distingue par la présence d’uropodes ou plus exactement
d’un telson bifurqué.
19 A.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Dans une note récente. Allen (1965 o) donne de bonnes figures du Bopyridae et,
se basant sur le fait que sur trois spécimens par lui recueillis, deux ne montrent aucune trace
d’uropodes et le dernier en possède un seul, amende la diagnose générique de Bopyroides
en ajoutant : « Uropods sometimes présent », afin de faire entrer le présent parasite dans ce
genre. Ce en quoi Allen a parfaitement raison, d’autant plus que les larves cryptonisciennes,
très semblables à celles de B. hippolytes (Kroyer), sont également pourvues d’une ventouse
orale, cas unique dans la famille des Bopyridae. Par contre, nous ne pouvons accepter de
mettre PL cluthae en synonymie avec B. sarsi Bonnier. Pour formuler une telle conclusion,
il était nécessaire de démontrer, au préalable, que B. sarsi est distinct de B. hippolytes, opinion
repoussée par tous les autres auteurs et que nous partageons après avoir examiné comparati¬
vement des Bopyroides d’hôtes divers. D’ailleurs, B. cluthae est une espèce bien à part
et se distingue de B. hippolytes par la forme générale du corps déjà indiquée dans la dé
précédente et par des caractères assez nombreux et importants pour prouver sa spécificité
(tableau 60).
Caractères
B. hippolytes
B. cluthae
Bosses latérales du côté dé-
Allongées, relativement minces
Ovoïdes, plutôt grosses
Bord latéral
des
péréionites
Angle postéro-
exteme.
Très acuminé
Arrondi
i-rv.
Non ressorti, plus court que les
plaques coxales.
Plus ou moins ressorti, plus long
que les plaques coxales.
Y-VII côté dé-
Simplement fissuré
Formant deux lobes séparés par
une forte échancrure.
Oostégite 3.
Quadrangulaire, plus allongé que
le 2*.
Triangulaire et de même taille
que le 2 e .
Bord latéral des pléonites....
Droit
Arrondi
Telson.
Droit
Le plus souvent bifurqué
Tableau 60
Caractères distinctifs entre les 99 adultes de Bopyroides hippolytes et B. cluthae
Le B. furcata de Norman (1905 b), nomen nudum, dont il est fait mention dans le
Muséum, Normanianum sans précision d’hôte ni de localité, est vraisemblablement un syno¬
nyme du présent Bopyridae; nous ne voyons pas, en tous cas, à quelle espèce autre que B.
cluthae pourrait s’appliquer un nom aussi heureusement choisi.
Dans le même article, Scott (1902) décrit et figure une seconde forme, Pleurocrypta
patiencei, parasite de Caridion gordoni Bâte. Elle s’écarte en certains points du Bopyridae
des Pandalina; par exemple, chez la 9, le bord antérieur de la lame frontale est légèrement
concave, le céphalon très profondément encastré dans le thorax, les uropodes minces et allongés;
chez le cf, par le pléon court. Nous avons examiné deux spécimens sur cet hôte : leur con-
spécificité avec B. cluthae ne saurait, nous semble-t-il, être mise en doute et on peut supposer
une certaine exagération des caractères ci-dessus mentionnés de la part de Scott. Pourtant,
surtout chez l’exemplaire de la Clyde, l’aspect du telson diffère nettement de celui de tous les
autres Bopyroides de P. brevirostris (fig. 171, i) : il est relativement plus développé et les pointes
distales convergent au lieu de diverger. C’est là un détail certes peu important, mais qu’il
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
369
convient de noter. Si plus de matériel révélait ultérieurement sa constance chez les parasites
de C. gordoni, il y aurait alors peut-être lieu de considérer ces derniers comme une variété
de B. cluthae.
Hôtes et distribution géographique
— sur Pandalina brevirostris (Rathke). — Écosse : Clyde (Henderson, 1866; Scott,
1902). Grande-Bretagne : Northumberland (Allen, 1965 a), Plymouth (Plymouth Marine
Fauna, 1931,1957). France : Roscoff (Bourdon, 1963).
— sur Caridion gordoni Bâte. — Écosse : The Minch (British Muséum), Clyde
(Scott, 1902).
BIOLOGIE
Pandalina brevirostris est assez irrégulièrement recueillie à Roscoff et, la plupart
du temps, en petites quantités (3-10 individus par dragage ou chalutage). En août et septembre
1964, cependant, l’espèce fut capturée à deux reprises à 600 exemplaires environ dans un seul
coup de chalut. Si ces récoltes exceptionnelles ont permis de quadrupler le nombre des para¬
sites réunis durant quatre années consécutives et de le porter à un chiffre assez élevé, le matériel
utilisable pour l’étude biologique de B. cluthae intéresse seulement une courte période de
l’année, aussi les données sont-elles réduites.
1. Fixation du parasite
a. Période de fixation.
Quatre larves cryptonisciennes étaient obtenues en août-septembre : l’une d’entre elles
fixée sur une 9 de stade 4, une autre (interne et bien vivante) placée transversalement sur le
cœur d’un hôte déjà porteur d’un jeune Bopyridae au stade 3 pourvu d’un cf; les deux der¬
nières étant seules et branchiales.
La présence des stades 1 et 2 a été notée dans les prélèvements d’août à décembre,
période au cours de laquelle les 99 juvéniles plus évoluées furent trouvées, à l’exception d’un
stade 3 recueilli en mars.
Ces observations impliquent une fixation remontant au moins à juillet et se poursuivant
jusqu’à la fin de l’année.
b. Conditions de fixation.
Taille de l’hôte. — Il est difficile de préciser l’influence de ce facteur, car les très jeunes
Pandalina de moins de 3 mm de longueur céphalothoracique sont peu fréquentes dans les
échantillons. Dans les prélèvements de l’été 1964 (tableau 61) composé d’individus de tailles
comprises entre 2,3 et 5,4 mm, les pourcentages d’hôtes infestés par classe dimensionnelle
sont relativement élevés entre 2,5 et 4,0 mm, mais le parasite se raréfie à partir de 4,5 mm.
Durant les autres saisons, les Crevettes sont généralement de plus grande taille, la longueur
maximale observée à Roscoff étant de 6,5 mm. Mais, sur les côtes de Northumberland, la
majorité des exemplaires récoltés par Allen (1965 b) atteignent de 5 à 9 mm; dans cette
région, le taux d’infestation se montre, toutefois, très faible (seulement 3 parasites sur 860
individus = 0,4 %), ce qui semble confirmer la rareté du Bopyroides sur les hôtes âgés.
Si les deux cryptonisciens branchiaux étaient obtenus sur des Crevettes assez jeunes
de 3,2 et 3,4 mm, les stades 1 se rencontrent sur des hôtes de toutes dimensions, de 2,7 à
6,1 mm (graphique 24); mais la fixation des larves sur de grandes Pandalina rend sans doute
incertaine leur évolution ultérieure : les stades 4 et 5 étant présents sur des individus de
longueur plus réduite (2,9 à 3,6 mm), il est probable que les parasites fourvoyés sur des
Crevettes trop âgées sont rejetés par elles à plus ou moins brève échéance.
A en juger par la taille des hôtes porteurs des deux derniers stades juvéniles et de la majo¬
rité des 99 adultes, on peut en déduire que l’infestation se produit, comme d’ordinaire sur
des spécimens jeunes.
Position du parasite : indifférent (52,2 % à droite, 47,8 % à gauche).
Source : MNHN, Paris
370
ROLAND BOURDON
crypto
n n
□ □□n n
si. 2
□□Q D
st. 3
Ch n n n m_n n n
st. 4
rfl m
st. 5
m fl n
adultes
rït
-
r
Trf1~h m n n n
2.5 3.0 3.5 4.0 44 5.0 5.5 6.0
Graphique 24
Bopyroides cluthae
Nombre de parasites récoltés en fonction de leur stade évolutif et de la taille de l’hôte
Classe
2,0/2,5
2,5/3,0
3,0/3,5
3,5/4,0
4.0/4.5
4,5/5,0
5,0/5,5
31
94
440
424
251
47
Psrtfit-
19
25
14
3,2
6,4
6,7
5,7
3,3
1,2
Tableau 61
Bopyroides cluthae. Taux d’infestation en fonction de la taille de l’hôte
(échantillons août-septembre 1964 à Roscoff)
2. Évolution du parasite
Le cycle annuel ne peut évidemment être suivi; à titre documentaire, nous nous bor¬
nerons à donner la composition des populations de B. cluthae en fin d’été (tableau 62) :
Stade
Crypto
1
2
3
4
5
6
Nombre.
2
3
3
12
5
4
42
%.
2,8
4,2
4,2
16,9
7,0
5,6
59,3
Tableau 62
Bopyroides cluthae. Proportions des stades évolutifs en août-septembre 1964 à Roscoff
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
371
3. Reproduction
Période de ponte : notée en mars, août à décembre.
Fécondité (graphique 25) : très variable d’un individu à l’autre, entre 120 et 672 œufs
pour des 99 comprises entre 1,8 et 2,7 mm de longueur.
Graphique 25
Bopyroidet cluthae. — Fécondité en fonction de la taille des
Statistiques d’infestation
Sur 1.986 P. brevirostris récoltées à Roscoff, 95 étaient parasitées, soit 4,8 %. Le 3opy-
ridae a été trouvé sur toute l’étendue de l’habitat de son hôte, même aux plus grandes pro¬
fondeurs (Point Carton, 90 m), mais l’influence des facteurs écologique et bathymétrique
ne peut être précisée, pas plus que les variations saisonnières et annuelles.
Influence du parasitisme sur l’hôte
La féminisation des d'd 1 n’est pas une règle absolue : une douzaine d’individus possé¬
daient encore Vappendix masculina, observation confirmant celle de Callan (1940) qui ajoute
avoir examiné une 9 parasitée portant des œufs; dans notre matériel, aucun individu de ce
sexe infesté par B. cluthae n’était ovigère.
Source : MNHN, Paris
372
ROLAND BOURDON
XVI. Genre BOPYRUS LatreiUe, 1802
Par la métamérisation complète du thorax, l’absence d’uropodes et la possession de
cinq paires de pléopodes uniramés toujours bien développés chez la 9, les pléomères soudés
au milieu avec des pléopodes ovoïdes saillants chez le d 1 , le genre Bopyrus se distingue aisé¬
ment des autres formes du groupe.
Il comprend trois espèces dont une, B. stebbingi Nz. et Br. Br. (1923), sur hôte inconnu,
ne correspond d’ailleurs pas aux diagnoses génériques établies par G. O. Sars (1899) et
Chopra (1923) par le développement des oostégites 2-5 qui recouvrent la presque totalité
du thorax et par la fusion partielle de la tête et de la plupart des segments thoraciques.
Les deux autres Bopyrus, B. squillarum LatreiUe (1802) et B. bimaculatus Chopra
(1923) sont très proches, sinon morphologiquement identiques et la seconde espèce était
même considérée comme une simple variété de la première au moment de sa description :
die s’en différencie seulement, en effet, par la présence constante de deux taches noires sur
la face dorsale de l’abdomen de la 9.
31. BOPYRUS SQUILLARUM LatreiUe, 1802
Références (1) :
1772, « Insecte qui s’attache à la Chevrette » Fougeroux de Bondaroy (2), p. 1-4 et 29, pl. I
fig. 1-8.
1798, Monoculus crangorum Fabricius, p. 306.
1802, Monoculus crangorum Bosc, p. 216.
1802, Bopyrus squillarum Latreille, p. 51, pl. LIX, fig. 24.
1806, Bopyrus squillarum Latreille, p. 67, fig. 4.
1808, Oniscus squillarum Montagu, p. 105.
1825, Bopyrus squillarum Desmarest, p. 325, pi. XLIX, fig. 8-14.
1826, Bopyrus palaemonis Risso, p. 148 (pro paru).
1829, Bopyrus squillarum Guerin-Méneville, pl. XXIX, fig. 1, a-c.
1837a, Bopyrus squillarum Rathke, p. 3, pl. I.
1840, Bopyrus squillarum H. Milne Edwards, p. 282-283.
1857, Bopyrus squillarum Carus, pl. X, fig. 1.
1868, Bopyrus squillarum Bâte et Westwood, p. 218-222 (fig.).
1881, Bopyrus squillarum Walz, p. 60.
1881a, Bopyrus squillarum Kossmann, p. 663, pl. XXIII, fig. 18 et 25.
1885, « Bopyre du Palémon » De Sède, p. 35-36, fig. 1-6.
1885, Bopyrus squillarum Carus, p. 452.
1886, Bopyrus squillarum Lucas, p. CXLIV.
1890, Bopyrus fougerouxi Giard et Bonnier, p. 369-373.
1890, Bopyrus rathkei Giard et Bonnier, p. 369-373 (nomen nudum).
1890, Bopyrus helleri Giard et Bonnier, p. 369-373, fig. 1-2.
1890, Bopyrus treillianus Giard et Bonnier, p. 369-373 (nomen nudum).
1890, Bopyrus xiphias Giard et Bonnier, p. 369-373, fig. 3-4.
1899, Bopyrus squillarum G.O. Sars, p. 197-198, pl. 84, fig. 1.
1900, Bopyrus fougerouxi Bonnier, p. 358-362, pl. XXXV, fig. 1-9; pl. XXXVI, fig. 1-15;
pl. XXXVII, fig. 14.
1900, Bopyrus helleri Bonnier, p. 362-363, pl. XXXVII, fig. 5-7.
1900, Bopyrus rathkei Bonnier, p. 363 (nomen nudum).
1900, Bopyrus xiphias Bonnier, p. 363-364, pl. XXXVII, fig. 8-10.
1900, Bopyrus treillianus Bonnier, p. 364 (nomen nudum).
1901, Bopyrus squillarum Gerstaecker, p. 234-235.
1923, Bopyrus squillarum Chopra, p. 519-520.
1926, Bopyrus fougerouxi Nierstrasz et Brender-à-Brandis, p. 29-30, fig. 82-86.
(.1) D'après plusieurs auteurs, la première fois qu’il aurait été question de ce parasite, ce fut à l’occasion
d’un rapport de Deslandes (1722) à l’Académie des Sciences accréditant la fable que le Bopyre est-
un embryon de Sole! Il est, toutefois, bien difficile d’affirmer, en lisant son texte, que les petites vessies
trouvées entre les pattes des Crevettes soient des Bopyridae. Lacépède (1803) pense que c’étaient réelle¬
ment des œufs de Plcuronecte.
(2) Dans une note manuscrite, Fougeroux de Bondaroy « précise » qu’il s'agit d’un Acarus : voir
André (1940) qui complète la description du Bopyrus d’après cet auteur en reproduisant deux de ses figures.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
373
1929, Bopyrus squillarum Niersthasz et Brender-A-Brandis, p. 26-27.
1930, Bopyrus squillarum Chopra, p. 142.
1933, Bopyrus squillarum Shiino, p. 283-285, fig. 13, a-k.
1948, Bopyrus squillarum Stephensen, p. 118, fig. 35, 1-5.
1951, Bopyrus squillarum Brun, p. 57-61.
1963, Bopyrus squillarum Riedl, p. 313, pl. 107.
1956, Bopyrus squillarum Holthuis, p. 229-230, fig. 78, o-e.
Matériel examiné :
— sur Palaemon serratus (Pennant). — France : 168 spécimens, Roscoff; 95 spéci¬
mens, Rade de Brest; 26 spécimens. Baie de Quiberon; 1 spécimen, Bassin d’Arcachon (R. B.
coll.)-
— sur Palaemon elegans Rathke. — France : 4 spécimens, Sète (Coll. Pr. Euzet),
25 spécimens, même localité (J. P. Quignard coll.); 21 spécimens, même station; 3 spécimens,
Golfe-Juan (R. B. coll.). Italie : 1 spécimen, Naples (Rijksmuseum Leiden).
— sur Palaemon squilla (Linné). — Italie : 1 spécimen, Gênes. Turquie : 1 spécimen,
Zwarbe Zee (Rijksmuseum Leiden).
— sur Palaemon xiphias (Risso). — France : 23 spécimens, Golfe-Juan (R. B. coll.);
2 spécimens, Banyuls; 10 spécimens, Villefranche-sur-Mer (Coll. Pr. Sollaud); 7 spécimens,
même localité. Italie : 28 spécimens, Naples (Pr. Veillet leg.).
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + d 1 sur P. serratus c? de 18,9 mm de longueur céphalo¬
thoracique (rostre non compris), cavité branchiale gauche, Roscoff.
Femelle (fig. 172).
Mensurations. — Longueur : 11,8 mm; largeur au deuxième segment thoracique :
9,0 mm; longueur du pléon : 4,4 mm. Indice d’asymétrie : 38°.
Céphalon seulement bien délimité sur le bord postérieur de la face dorsale. Lame fron¬
tale droite. Yeux absents. Antennules et antennes (fig. 173, a) biarticulées. Maxillipèdes
(fig. 173, b) avec un petit palpe arrondi garni de quelques soies. Bord postérieur (fig. 173, c)
muni de deux paires de lamelles falciformes aplaties, l’externe plus grande que l’interne; la
partie médiane est arrondie.
Péréion. — Bosses latérales : quatre paires allongées et minces, mais bien distinctes
sur les somites antérieurs. Plaques coxales étroites, sur les mêmes péréionites. Bord latéral
des segments formant un gros tubercule hémisphérique sur les quatre premiers somites; sur
les trois derniers, il est entier et ne présente pas de scissure. Oostégites. Première paire (fig.
173, d). Partie antérieure avec le bord presque rectiligne; crête interne découpée en cinq à
six tubercules émoussés; partie postérieure formant un lobe perpendiculaire important : droit
dans un appendice, il présente une petite saillie externe dans l’autre. Les plaques marsupiales
suivantes (fig. 174, a-j) sont plus développées sur le côté déformé; deuxième et troisième paires
presque triangulaires avec une petite pointe, quatrième et cinquième de plus en plus allon¬
gées; toutes portent des soies sur leur bord postérieur, celles de la dernière paire nombreuses,
longues et serrées. Péréiopodes (fig. 173, e) de taille croissante vers l’arrière; le bord supérieur
du basipodite, qui est volumineux, montre une forte gibbosité.
Pléon (fig. 175) à six segments, mais la séparation des pléonites peu visible; latérale¬
ment, les somites sont bien distincts et séparés les uns des autres par des échancrures. Pléo-
podes : cinq paires uniramées, lamelleuses et allongées, de taille décroissante. Uropodes absents.
Mâle (fig. 176, a).
Mensurations. — Longueur : 2,5 mm; largeur au quatrième segment thoracique :
1,0 ram; longueur du pléon : 0,6 mm.
Céphalon arrondi en avant, séparé du thorax. Antennules et antennes (fig. 176, b)
biarticulées. Maxillipèdes absents.
Source : MNHN, Paris
374
ROLAND BOURDON
Péréion. — Péréiopodes (fig. 176, c) tous semblables. PI à P3 augmentant légèrement
de longueur, P7 un peu plus court que les quatre paires précédentes.
Pléon (fig. 176, d) fusionné, mais les six somites distincts latéralement. Pléopodes :
quatre paires, de taille décroissante; ovalaires dans la première, ils deviennent arrondis dans
la dernière. Pas A'uropodes.
Fig. 172
Bopyrus squillarum Latreille. — ? adulte, face dorsale X 11.
Formes larvaires.
Épicaridien.
Longueur : 0,21 à 0,24 mm.
Céphalon. — Antennules de type ordinaire. Antennes (fig. 177, a). Le deuxième
segment pédonculaire porte une seule soie extéro-distale, l’autre étant remplacée par une sorte
de dent; le second article du fouet se termine par trois dents, un poil et deux longues soies,
l’une environ trois fois plus longue que l’autre.
Péréion. — Péréiopodes normaux, les deux dernières paires plus grêles et un peu plus
allongées que les précédentes.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
375
Pléon. — Pléopodes (fig. 177, b). Lobe postéro-inteme de la plaque basale avec une
soie diminuant de longueur dans les trois premières paires; les deux suivantes n’en ont pas;
l’exopodite possède trois soies plumeuses. Uropodes (fig. 177, c). Les deux rames se divisent
postérieurement en trois dents : deux comtes et une longue dans l’endopodite, une courte
et deux longues dans l’exopodite; ces articles se terminent par une grande soie. Le dernier
segment en mosaïque sur les deux faces. Tube anal très court.
Fig. 173
Bopyrus squillarum Latreille. — 2 adulte : a, antenne et antennule X 48; b, maxillipède X 18
c, bord postérieur du céphalon X 18; d, 1 er ooatégite, face ventrale X 18; e, péréiopode X 46.
Cryptoniscien.
Longueur : 0,7 à 0,8 mm.
Céphalon arrondi en avant. Yeux présents. Antennules et antennes de forme habituelle,
le dernier appendice avec respectivement une et trois soies distales sur les deux derniers seg¬
ments pédonculaires; le quatrième article du flagellum est environ une fois et demie plus long
que le précédent et se termine par trois longues soies.
Péréion. — Péréiopodes normaux, le basipodite plutôt grêle; dactyle de P7 légèrement
plus développé que celui des pattes antérieures.
Pléon. — Saillies médio-ventrales spiniformes. Pléopodes pourvus de cinq soies plu¬
meuses et une petite externe à l’exopodite, de quatre à l’endopodite; dans la dernière paire,
la rame externe compte une grande soie en moins et l’interne, deux. Uropodes (fig. 177, d).
Plaque basale présentant une petite soie postéro-exteme sur la face dorsale; l’exopodite se
termine par trois dents, l’endopodite par deux; sur la face ventrale, le bord postérieur des
deux rames montre deux dents aiguës ; chacun des articles porte, en outre, une grande soie
médiane. Pygidium (fig. 177, e) avec une profonde échancrure au miheu.
Source : MNHN, Paris
376
ROLAND BOURDON
Bopyrus squillarum Latreille. — V adulte :
i-e, oostégites 1 à 5, côté gauche; f-j, oostégites 1 à 5, côté droit (tous X 7).
Bopyrus squillarum Latreille. — $ adulte, face ventrale du pléon X 20.
Source : MNHN, Paris
rfYYYv^
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
377
FlC. 176
Bopyrus squillarum Latreille. — g adulte : a. face dorsale X 36;
b, antenne et antennule X 111; c, péréiopode X 169; d, pléon, face ventrale / 73.
Source : MNHN, Paris
voo
378
ROLAND BOURDON
Formes juvéniles.
Femelle.
Les stades évolutifs peuvent se caractériser comme suit :
Stade 1 (fig. 178, a). — Longueur : 1,3 à 2,4 mm. Corps de forme étroite; tous les
somites arrondis, ceux de l’abdomen séparés dorsalement. Pas de maxillipède ni d’oostégite.
Stade 2 (fig. 178, b). — Longueur : 2,2 à 2,9 mm. Corps plus élargi, encore symétrique;
bord latéral des péréionites incliné vers l’arrière; la métamérisation pléale moins apparente.
Maxillipèdes (fig. 179, a) digitiformes et inermes. Oostégites non formés ou la première paire
seule représentée. Cinq paires de pléopodes ovalaires.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
379
Stade 3 (fig. 178, c). — Longueur : 2,6 à 3,7mm. L’asymétrie commence à se manifes¬
ter ; les segments thoraciques sont plus ou moins imbriqués sur les bords. Pléon sans change¬
ment. Maxillipèdes (fig. 179, b) plus allongés, terminés par une ou deux grande soies. Oosté-
gites lamelleux, encore rudimentaires.
a b c
Fie. 179
Bopyrus squillarum Latreille. — J) juvéniles, maxillipède : a, stade 2 X 181; b, stade' 3 <159;
c, stade 4 66; <1, bord postérieur du céphalon, même stade X 86.
Stade 4 (fig. 178, d). — Longueur : 3,6 à 4,8 mm. Maxillipèdes (fig. 179, c) élargis, le
palpe muni de trois à quatre soies. Formation du lobe postérieur des premiers oostégites qui
ne se touchent pas; les deux dernières paires s’allongent. Parfois les lamelles céphaliques
externes sont déjà digitiformes et l’on distingue un épaississement à l’emplacement des internes
(fig. 179, d).
Stade 5 (fig. 178, e). — Longueur 4,9 à 7,0
ou moins apparentes. Maxillipèdes et premiers
oostégites de forme adulte; les cinquièmes plaques
marsupiales avec soies, dirigées postérieurement
et non en contact.
Stade 6. — Longueur : 5,7 à 12,0 mm. Se
distingue du stade précédent par le bord latéral
des segments thoraciques antérieurs qui atteint
ou dépasse un peu les plaques coxales; ces der¬
nières moins larges que les bosses latérales. Les
derniers oostégites, perpendiculaires à l’axe du
corps, se recouvrent largement.
Mâle.
Le rapport L/l pléon diminue avec la
croissance, passant de 1,52 chez les plus petits
spécimens de 0,78 mm de longueur à 1,02 chez
les plus grands, avec, toutefois, une ample
variation individuelle. Chez les exemplaires juvé¬
niles, la métamérisation dorsale et ventrale est
encore visible et les pléopodes au nombre de
cinq paires sont arrondis; on note également la
présence d’uropodes, biramés dans quelques cas
(fig, 180), qui disparaissent d’ailleurs très tôt.
Chez les adultes, la dernière paire de pléopodes
n’est plus visible et les trois premières prennent
une forme ovalaire.
. Bosses latérales et plaques coxales plus
Fie. 180
Bopyrus squillarum Latreille
■t juvénile, face ventrale du pléon X 50.
20 .
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
2. Variation intra-spécifique
Femelle.
Taille de l’adulte : 3,4 à 16,0 mm ; bien entendu, les individus de longueur maximale
se rencontrent sur P. serratus, hôte susceptible d’atteindre les plus grandes dimensions, mais
sur lequel la maturité du parasite parait atteinte à une taille également plus grande (plus
petite 9 ovigère = 5,7 mm).
Indice d’asymétrie : 31 à 45°.
Lame frontale : toujours presque droite.
Fie. 181
Bopyrus squillarum Latreille. — Variation chez la 9 : a, maxillipède (parasite sur P. elegans,
Sète); b, 1" oostégite droit, face ventrale, même spécimen; c, 1 er oostégite gauche, même
spécimen; d-g, 1 er oostégite, face ventrale (sur P. xipliias , Villefranche-sur-Mer); h,
id. (sur P. serratus, Roscoff); i, id., spécimen non ovigère (sur P. xiphias, Naples).
Maxillipèdes : le palpe manque exceptionnellement et uniquement alors dans un
seul appendice; il s’agit sans doute d’une perte accidentelle. Dans un cas, toute la partie antéro-
exteme manquait (fig. 181, a). Par contre, les soies paraissent diminuer, voire même dispa¬
raître, chez les plus grands individus.
Bord postérieur du céphalon : seuls les exemplaires de grande taille présentent des
lamelles aussi élargies à la base que représentées dans le spécimen de référence; l’interne ne
s’étend jamais jusqu’à la ligne médiane.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
381
Premier oostégite (fig. 181, b-i) : le bord supérieur est invariablement rectiligne ou
légèrement concave et le lobe postérieur toujours présent, sauf traumatisme manifeste (fig.
181, c). Le plus souvent, il présente une saillie externe arrondie, mais sa forme peut être par¬
fois assez variable : conique ou ronde et le bord interne très sinueux; quelques soies courtes
sont présentes chez les individus de petite et moyenne dimensions. Les tubercules se montrent
constants chez les 99 ovigères, mais leur nombre varie; ils sont d’ailleurs quelquefois assez
difficiles à discerner.
Fie. 182
Bopyrus squillarum Latreille. — Variation chez la y : a-c, pléon, face dorsale (parasites sur
P. serralus, Roscoff); d-e, bord postérieur du 6° segment abdominal par rapport aux
bords latéraux du précédent (sur P. xiphias, Villefranche-sur-Mer);/, id. (sur P. serralus,
Roscoff).
Pléon : la séparation des segments peut être légèrement distincte sur la face dorsale.
Latéralement, les pléonites sont toujours bien indiqués, les premiers se chevauchant plus ou
moins sur le côté non déformé. Le premier somite du côté court est toujours plus petit que les
autres et souvent acuminé. A plusieurs reprises, le nombre des segments s’est montré infé¬
rieur à six (fig. 182, a-c). Le dernier (fig. 182, d-f) peut être plus large que les bords latéraux
du cinquième (cas le plus fréquent) ou plus étroit (surtout chez les plus grands spécimens) ;
il est généralement droit, plus rarement arrondi ou triangulaire; chez quelques individus, le
pléotelson est nettement en retrait par rapport au pléonite précédent.
Mâle.
Taille de l’adulte : jusqu’à 3,2 mm.
En règle générale, les six segments de l’abdomen sont indiqués latéralement ; en quelques
rares occasions, un des côtés ou les deux présentent seulement cinq ondulations.
7 564030 6. 20 A
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
3. Remarques systématiques
Toujours fidèles à leur théorie de stricte spécificité parasitaire chez les Bopyridae,
Giard et Bonnier (1890) et Bonnier (1900) ont séparé Bopyrus squillarum en autant d’espèces
que le parasite infeste d’hôtes : B.fougerouxi sur Palaemon serratus, B. rathkei sur P. squilla
B. helleri sur P. elegans, B. treillianus sur P. treillianus et B. xiphias sur P. xiphias.
Les caractères présumés différentiels (d’ailleurs basés sur un très petit nombre d’exem¬
plaires et portant sur trois espèces seulement) sont les suivants : chez la 9 : 1° nombre de
tubercules de la crête interne du premier oostégite; 2° forme du lobe postérieur de cet appen¬
dice; chez le c? : 3° forme du pléon, 4° distinction du cinquième pléopode et 5° longueur rela¬
tive par rapport à la 9.
La plupart des auteurs (notamment G. O. Sars, 1899; Chopra, 1923; Nierstrasz
et Brender-à-Brandis, 1929) jugèrent ces caractères peu importants et reprirent le nom de
B. squillarum pour tous les Bopyrus des Palaemon européens. N’ayant aucune opinion de
principe à ce sujet, nous avons examiné comparativement les Bopyres de chaque hôte pour
nous assurer de la constance éventuelle de ces critères.
Le premier caractère varie d’un individu à l’autre, même à taille égale; mais nous
n’avons jamais vu la crête du premier oostégite complètement dépourvue de tubercules chez
les 99 ovigères; c’est la règle, au contraire, chez les parasites à peine adultes quel que soit
l’hôte. Le lobe postérieur de cet appendice peut affecter des formes diverses (fig. 181), quoi¬
qu’une fissure aussi mince et profonde que celle figurée par Bonnier chez B. helleri n’ait
pas été constatée. Les troisième et quatrième différences présumées sont fonction des dimen¬
sions des Bopyrus. Quant au rapport L9/L<5, les chiffres extrêmes suivants ont été relevés :
4,0 à 6,0 pour les Bopyridae matures de P. elegans (Bonnier dit huit fois), 5,0 à 6,6 sur P. ser¬
ratus, 4,1 à 5,9 sur P. xiphias; mais là encore, il faut tenir compte de la taille, le rapport
tendant généralement à augmenter avec l’âge du parasite. Les résultats paraissent donc bien
confirmer l’avis des précédents épicaridologistes.
Hôtes et distribution géographique
Les B. squillarum européens semblent infester les Palaemon sur toute l’étendue de
leur habitat, ne remontant pas plus haut que le Danemark vers le nord. Parmi les cinq espèces
de ces Crevettes vivant sur nos côtes, seul P. longirostris H. Milne Edwards parait indemne
(peut-être à cause des conditions écologiques spéciales de dessalure dans lesquelles se confine
ce dernier). Les indications faunistiques sont très nombreuses pour le parasite de P. serratus
dont il serait inutile de donner la liste de toutes les localités connues; par contre, nous les
indiquerons pour les autres formes, car la présence des Bopyres n’est pas continue tout au
long du littoral;
— sur Palaemon serratus (Pennant). — Danemark (Meinert, 1877; Stephensen,
1948), Irlande (Tattersall, 1905), Grande-Bretagne (Montagu, 1808; Bâte et Westwood,
1868; Allen et Todd, 1902; Norman et Scott, 1906; De Man, 1915; Pannikar et Sproton,
1941 ; Newel, 1954; Plymouth Marine Fauna, 1904,1931,1957; Cole, 1958), Hollande (Hol-
thuis, 1956), Iles anglo-normandes (Le Sueur, 1954), France (Fougeroux de Bondaroy,
1772; Grube, 1869; Delage, 1881; Lucas, 1886; Bonnier, 1887; Giard, 1899; Gourret.
1891; Gadeau de Kerville, 1894, 1898; De Man, 1915; Nouvel, 1933, 1936; Tcherni-
govtzeff, I960; Turquier, 1962; Bourdon, 1963,1964), N.-O. Espagne (Coll. Rijksmuseum
Leiden), Portugal (Nobre, 1931), Italie (Walz, 1881; Lo Bianco, 1888), Adriatique (Riedl,
1963), Turquie (Heller, 1863).
— sur Palaemon elegans Rathke. — Grande-Bretagne : Conway (Cole, 1958). Iles
anglo-normandes : Jersey, Guemesey (Le Sueur, 1954). France : Wimereux (Bouchard-
Chantereaux, 1829, 1833; Giard, 1899), Luc-sur-Mer (Turquier, 1962), Port-en-Bessin
(Lucas, 1886), Sète (Mathias, 1938; Tuzet, Manier et Ormières, 1960). Algérie : Alger
(Dieuzeide et Goeau-Brissonnière, 1951). Italie : Naples (Giard et Bonnier, 1890; Caroli,
1927; Knowles et Callan, 1940; Callan, 1940), Trieste (Heller, 1863; Walz, 1881).
Adriatique (Pesta, 1918; Riedl, 1963). Bulgarie: Burgas Varna (Chichkoff, 1912). U.R.S.S. :
Mer Noire (Rathke, 1837; Eichwald, 1841; Wagner, 1863; Marcussen, 1867; Czerniav-
sky, 1868; Uljanin, jide Giard et Bonnier, 1890).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
383
— sur Palaemon squilla Linné. — Iles anglo-normandes : Jersey, Guernesey (Nor¬
man, fi.de Bâte et Westwood, 1868). France : Océan et Mer du Nord (Giard et Bonnier,
1890). Turquie : Trazbon (Holthuis, 1961). U.R.S.S. : Mer Noire (Rathke, 1837; Uua-
nin, fide Giard et Bonnier, 1890; Popov, 1929).
— sur Palaemon xiphias (Risso). — France : Banyuls, Villefranche-sur-Mer, Sète,
Golfe-Juan (Pr. Sollaud, Pr. Veillet, R. B. coll.). Espagne : Cadaquès (Zariquiey Alvarez,
1962). Algérie : Alger (Dieuzeide et Goeau-Brissonnière, 1951). Italie : Naples (Koss-
mann, 1880; Giard et Bonnier, 1890; De Man, 1915; Knowles et Callan, 1940; Callan,
1940).
A ces références bibliographiques (sûrement incomplètes, car elles sont tellement
éparpillées dans la littérature carcinologique qu’un certain nombre ont dû obligatoirement
nous échapper), on peut ajouter les suivantes dont l’hôte n’est pas précisé : Ecosse (Mac
Intosh, 1927), Grande-Bretagne (Moore, 1839), Iles anglo-normandes (Koelher, 1886;
Sinel, 1907; Norman, 1907), Hollande (Van der Hoeven, 1828; Maitland, 1897), France
(Risso, 1816, 1826; Brébisson, 1825; Beltrémieux, 1863; Jousset de Bellesme, 1882;
Chevreux, 1883), Portugal (De Carvalho, 1944), Espagne (Pado Garcia, 1921), Grèce
(Guérin, fide Carus, 1885).
La répartition géographique de ce Bopyridae doit être très étendue, car il a également
été trouvé dans le Pacifique :
— sur Palaemon serrifer (Stimpson). — Japon : Mukaijima, Misaki, Seto (Shiino,
1933,1958; Yoshida, 1952).
— sur Palaemon pacificus (Stimpson). — Japon : Seto (Shiino, 1933).
— sur Palaemon tenuipes (Henderson). — Inde : Bombay (SaVANT et Kewalramani,
1964).
L’espèce a aussi été signalée à plusieurs reprises sur un hôte appartenant à une autre
famille que les Palaemonidae :
— sur Processa edulis (Risso). — Portugal : Sétubal, Villa Nova de Mil Fontès, Lis¬
bonne (Osorio, 1894; Brian, 1951). France : Marseille (Gourret, 1891).
La présence de B. squillarum sur cette Crevette est tout à fait inattendue. L’indica¬
tion faite par les deux plus anciens auteurs pouvait laisser penser qu’il s’agissait d’une autre
espèce alors encore inconnue (Bonnier, 1900, note simplement « Bopyride? » pour le para¬
site de Nika edulis) et d’ailleurs trouvée communément depuis : Urobopyrus processae Richard¬
son. Mais Brian, qui connait bien les Épicarides pour en avoir décrit plusieurs nouvelles
formes, a examiné lui-même une douzaine de spécimens qu’il identifie au Bopyrus et, pour
être plus précis, à B. fougerouxi; d’ailleurs la longueur de ses exemplaires, nettement plus
grande que leur largeur, exclut tout de suite Urobopyrus. D’un autre côté, une erreur de
détermination de l’hôte paraît difficile à concevoir.
Le Bopyrus squillarum de Goodsir (1845) sur Latreustes ensiferus (H. Milne Edwards)
est Probopyrinella latreuticola (Gissler).
BIOLOGIE
Pas plus qu’avec les précédents parasites de Crevettes, nous n’avons pu suivre le
cycle biologique durant une année complète. Les P. serratus effectuent, en effet, des migra¬
tions complexes, liées à des modifications de facteurs écologiques, tels la température et la
salinité; d’autre part, leur répartition bathymétrique diffère selon leur taille et peut-être
même leur sexe pour les plus grands individus. Ces conditions rendent donc particulièrement
difficile d’opérer des prélèvements réguliers vraiment représentatifs de la population entière.
Quelques renseignements sur la biologie de l’espèce ont toutefois pû être tirés d’une
année de récolte en Rade de Brest, à la Chapelle Saint-Jean. A cette station, située à l’estuaire
de l’Elom, et par conséquent soumise à une assez forte dessalure saisonnière, les P. serratus
apparaissent en mai et redescendent en octobre, étant progressivement remplacés par P. ele-
gans. Seuls trois échantillons étaient numériquement valables (mai, août-septembre 1963);
ils fournissent néanmoins quelques indications intéressantes.
30 A.
Source : MNHN, Paris
384
ROLAND BOURDON
1. Fixation du parasite
A Naples, Lo Bianco (1888) trouvait les larves en février, mai et juin sur les mysis
du Palaemon. En Bretagne (graphique 23), quelques cryptonisciens étaient obtenus en août-
septembre, mais sur des individus peu évolués, de longueur céphalothoracique comprise
entre 1,9 et 8,3 mm.
crypto
Il n m n
st. 1
n rlTI n
st. 2
r
st. 3
"ITm
st. 4
m
st. 5
r
-T-
1
adultes
Tn n
15 10 15 mm
Graphique 26
Bopyrus squillarum
Nombre de parasites récoltés en fonction de leur stade évolutif et de la taille de l’hôte
(Chapelle Saint-Jeau)
Taille de l’hôte. — La taille des hôtes porteurs de stades 1 (graphique 26) montre que la
fixation peut se faire sur des Crevettes relativement grandes, jusqu’à 12,0 mm ; cependant, le déca¬
lage progressif entre les modales respectives des stades ultérieurs implique que l’infestation se
produit généralement sur les plus jeunes P. serratus de moins de 3,0 mm. La grande pro¬
portion des premiers stades en août indique également que la grosse fixation de l’espèce a
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
385
lieu vers juillet. Cette période correspond d’ailleurs à celle de l’apparition des jeunes Crevettes
de l’année dans la Manche : les larves de Palaemon présentant leur maximum en juin (Thi-
riot, 1963), les premières formes post-larvaires en juillet (Sollaud, 1912, 1916).
Position du parasite : 53,8 % dans la cavité branchiale droite, 46,2 % dans celle
de gauche (sur 171 P. serratus).
2. Évolution du parasite
Femelle.
En août, 65,2 % des Bopyres sont aux stades 1-2 ; en septembre, 68,4 % aux stades 3-4.
La croissance parait donc rapide en fin d’été et comparable à celle suivie chez les autres espèces.
Mais, à la remontée des hôtes en mai, les parasites sont presque tous encore au stade 5 seule¬
ment (95,2 %). Les individus pêchés à cette date proviendraient-ils d’une fixation hivernale?
Il faudrait alors admettre que les jeunes Crevettes abondent à nouveau durant cette période,
ce qui ne correspond pas à ce que l’on connaît de la biologie de P. serratus. Une inhibition
de la croissance du parasite durant tout l’hiver paraît par contre plus vraisemblable; en tous
cas, Forster (1951) ne constate pas de changement marqué dans les fréquences de taille entre
octobre et juin.
La durée entre la fixation et le stade préadulte est d’environ trois mois, mais les pre¬
mières pontes se produiraient seulement à l’âge de 10-11 mois. Le parasite pouvant
se rencontrer sur les plus grands exemplaires de 10 cm de longueur totale (peu fréquemment,
il est vrai, du moins à Roscoff), sa longévité correspondrait donc à celle de son hôte, estimée
selon les auteurs à 3, 4 et même 5 ans.
Mâle.
Le cryptoniscien rejoint la jeune 9 très tôt. La proportion de ces dernières accompagnées
d’une larve ou d’un d sont les suivantes (tableau 63) :
Tableau 63
Bopyrus squillarum. — Présence et nature du d en fonction du stade évolutif de la 9
3. Reproduction
Période de reproduction.
Probablement toute l’année, des 99 ovigères ayant été récoltées en février et d’avril
à novembre.
Source : MNHM, Paris
ROLAND BOURDON
Relation avec l’hôte.
Le B. squillarum mue dans les quelques heures qui succèdent à l’exuviation du Palae-
mon (Caroli, 1937; Tchernigovtzeff, 1960).
Les très belles observations de Tchernigovtzeff (1961) dont Painlevé et Hamon
ont réalisé un film en couleurs admirable permettent de suivre avec précision les prémices de
la ponte, son déroulement et l’incubation des œufs :
Les mues de l’hôte et du parasite ne sont pas simultanées comme le pensait Caroli,
mais légèrement décalées, le Bopyre muant deux à trois heures après la Crevette. L’exuviation
du Bopyridae se fait par fragments en commençant par la partie postérieure (entre les péré-
ionites V-VI) et dure une à deux heures. Pour se dégager de l’ancienne cuticule, la 9 se livre
à d’amples mouvements dorso-ventraux.
Le c? vient ensuite se promener sur la face ventrale du thorax de sa compagne et notam¬
ment près des orifices génitaux (sans doute pour y déposer son sperme), puis regagne sa place
habituelle entre les pléopodes de la 9.
La ponte se produit dans les vingt-quatre heures qui suivent la mue de la Crevette et
dure environ vingt minutes.
Les œufs sont brassés par les mouvements de la première paire d’oostégites. Leur teinte,
d’abord jaune clair, se change progressivement en vert-jaune, jaune d’or, puis s’assombrit
jusqu’à devenir noire. La durée d’incubation égale celle de l’intermue de l’hôte, c’est-à-dire
quinze-vingt jours pour un individu de taille moyenne.
Les larves sont expulsées par le courant d’eau respiratoire du Palaemon, le départ
massif s’effectuant en quelques secondes par l’arrière.
Douze à vingt-quatre heures après la libération des épicaridiens, la Crevette mue de
nouveau et le cycle recommence.
Toutes nos observations (46 élevages, 158 pontes) confirment que l’exuviation de
l’hôte précède de peu la ponte du parasite et suit l’expulsion des larves; l’intervalle peut
cependant être assez long : jusqu’à trois jours.
La durée du cycle d’intermue des P. serratus est fonction de leur taille, aussi, chez les
grands individus, l’incubation atteint vingt-huit jours. Elle est également prolongée ou dimi¬
nuée sous l’influence de la température. Pour des Crevettes parasitées de taille sensiblement
égale, les chiffres suivants étaient obtenus : 16° = 22 jours (moyenne de 8 individus); 12° =
29 jours (10 individus) ; à 8°, les Palaemon (6 individus) ont mué une première fois, mais
pas une seconde bien que certains aient survécu plus de trois mois durant lesquels le Bopyre
n’a pas pondu.
Fécondité.
Elle augmente assez régulièrement avec la taille des parasites. Sur P. elegans, le nombre
des œufs émis varie entre 440 et 8.460 pour des 99 mesurant de 4,1 à 6,6 mm (9 numérations) ;
sur P. serratus, de 620 à 19.230 pour des individus de longueur comprise entre 6,0 et 10,3 mm
(12 numérations).
4. Cas d’infestation unilatérale double
Le même film de Tchernigovtzeff et Painlevé montre également un P. serratus
portant sur le côté droit deux 99 adultes de B. squillarum l’une sur l’autre, celle de dessous
un peu plus grande. Hiraiwa (1936) a déjà signalé la présence de trois 99 d ’Apopenaeon
japonicum (Thielemann) ensemble dont deux accompagnées d’un d dans la cavité branchiale
d’un Penaeopsis akayebi Rathbun, mais il s’agissait de spécimens très jeunes. Nous avons
constaté une association identique avec deux individus adultes chez le Phryxidae Athelges
prideauxi Giard et Bonnier. Ces cas d’infestation unilatérale double ou multiple sont assez
troublants, car ils ne concordent pas avec la théorie épigamique de la différenciation du sexe
chez les Bopyrina.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
387
Statistiques d’infestation
A Roscoff, les P. serratus de la zone intertidale sont infestés à 2,3 % (101 cas notés
sur 4.428 individus) ; le Bopyre paraît souvent plus rare sur les Crevettes capturées au casier
qui sont, il est vrai, de taille généralement plus grande qu’à la côte. Bien que près de 10.000
P. elegans provenant de différents points de Bretagne, dont un nombre important de jeunes
aient été examinés, aucun Bopyrus n’a encore été trouvé sur cette espèce bien qu’elle soit
récoltée dans les mêmes endroits et en même temps que la précédente.
A Sète, les P. elegans sont parasités à 5 % (Tuzet, Manier et Ormières, 1959),
proportion identique à celle relevée à Naples par Callan (1940) pour cet hôte et P. xiphias.
Influence du parasitisme sur l’hôte
Comme il a été vu, le parasite n’inhibe pas les mues de l’hôte dont la fréquence et le
taux de croissance restent normaux chez P. serratus (Nouvel, 1933,1936) ou sont même plus
fréquentes dans le cas de P. elegans et P. xiphias (Callan, 1940).
Le dernier auteur, étudiant l’action du Bopyre sur les deux Crevettes précitées, a
démontré que, contrairement à ce qui avait été longtemps supposé (Giard, 1887, 1888 a),
B. squillarum ne féminise pas les d'd 1 , mais la réduction des gonades est la règle dans les
deux sexes. Les ovaires des 99 infestées sont trois fois moins développés que ceux des indi¬
vidus indemnes, la vitellogenèse ne s’effectuant pas dans les oocytes; aussi n’y a-t-il pas de
ponte. L’effet sur les testicules est moins net (et d’ailleurs mieux marqué chez P. xiphias) ;
il se traduit par un faible nombre de divisions dans les spermatogonies et les spermatocytes,
mais il est toutefois possible que les cfc? parasités soient capables de féconder les 99, car
les canaux déférents renferment un peu de sperme. Si le parasite meurt ou est enlevé, les
organes génitaux des deux sexes fonctionnent alors normalement et les 99 de P. serratus
peuvent même porter des œufs. Les caractères sexuels secondaires périodiques n’apparaissent
pas dans ce sexe chez P. elegans, P. xiphias (Callan, 1940) et P. serrifer (Yoshida, 1952)
et chez les 99 des deux premiers hôtes, Knowles et Callan (1940) observent la suppression du
développement des chromatophores blancs qui apparaissent lors de la maturité sexuelle
sur les Crevettes indemnes.
D’autre part, le Bopyre rend moins résistant à la diminution de salure les P. elegans
infestés (Mathias, 1938).
Infestations bilatérales et simultanées
a. Infestations bilatérales.
Les cas sont rares. D’après les chiffres de Callan (1940), ils seraient seulement de 0,8 %
sur les P. elegans et P. xiphias méditerranéens. En Bretagne, nous n’avons récolté qu’un
spécimen de P. serratus porteur de deux Bopyres.
b. Infestations simultanées.
La présence du Gordiacé Nectonema agile Verriil et du Sporozoaire Thelohania
octospora (Henneguy), parasites assez rares des P. serratus à Roscoff, a été constatée une
fois sur des individus bopyrisés.
XVU. Genre BOPYRUS A Kossmann, 1881
Ce genre, très important et largement répandu, parasite des Crevettes appartenant
surtout aux familles des Hippolytidae et des Palaemonidae (notamment les Pontoniinae) ;
il a aussi été signalé sur les Pandalidae et Crangonidae.
Son statut n’est pas encore bien nettement défini. D’après la diagnose de Chopra
(1923), la tête de la 9 est légèrement fusionnée avec le premier segment thoracique, les péréio-
nites distincts sur toute leur longueur et les somites abdominaux un peu soudés sur leur
ligne médio-dorsale ; chez le d\ le céphalon est aussi légèrement fusionné avec le thorax et
les pléonites seulement indiqués latéralement.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Nombre de formes s’écartent de cette définition dans les deux sexes. Les cfcf, dont la
tête est ou non soudée selon les espèces, présentent tous les degrés de variation de l’abdomen
à peine ondulé latéralement (B. amakusaensis Shiino, 1939) au pléon nettement séparé en
cinq segments (B. choprae Nz. et Br. Br., 1929). Chez les 99, l’abdomen peut être aussi à
cinq segments [B. (?) pleurocephala Monod, 1933], voire montrer une métamérisation complète
(B. brachytelson Nz. et Br. Br., 1923). Quant à la séparation entre le céphalon et le thorax,
Nierstrasz et Brender-À-Brandis (1923) accordent beaucoup d’importance à ce caractère
et ils sont enclins à séparer le genre en deux groupes selon que la tête et les péréionites anté¬
rieurs sont ou non distincts, considérant même les espèces américaines, qui entrent dans le
premier cas, comme un autre genre. Cette opinion n’est toutefois pas partagée par Chopra
(1923), car ces caractères, dit l’auteur, montrent une gradation régulière dans le genre et
la fusion arrive à un tel stade dans certaines espèces qu’il devient difficile de les placer dans
l’un ou l’autre groupe.
Le nombre des pléopodes constitue souvent un critère générique très apprécié et
dans Bopyrina, il y en a normalement quatre paires; toutefois, chez les B. ocellata Czemiavsky,
il se réduit à trois ou même deux et, quelquefois, dans certains spécimens, on distingue une
cinquième paire rudimentaire.
Parmi les cinq genres voisins à pléopodes uniramés, Bopyrus Latreille et Bopyro
Pearse (1932) se distinguent facilement par leur aspect différent : le corps de la 9 est beaucoup
plus élargi et le c? présente des pléopodes. Le faciès des trois autres, au contraire, se rapproche
de celui des Bopyrina. Cependant, le bord latéral des derniers segments thoraciques de la 9
de Bopyrinina Shiino (1933) est bilobé, le c? de Parabopyrus Shiino (1934) a l’abdomen très
distinctement formé de six segments; Bopyrinella Nz. et Br. Br. (1925) se révèle beaucoup
plus étroitement apparentée, mais la cinquième paire de pléopodes se montre bien développée.
32. BOPYRINA OCELLATA (i Czerniavsky , 1868)
Références :
1868, Bopyrus ocellatus Czerniavsky, p. 63 et 118, pl. VI, fig. 1-3.
1881, Bopyrus virbii Walz, p. 62-64, pl. I, fig. 1-7 b.
?1881a, Bopyrina virbii Kossmann, p. 668-679, pl. XXXIV, fig. 1-3, 8 et 15.
1881, Bopyrina ocellata forme pontica Czerniavsky, p. 529.
1881, Bopyrina ocellata forme mediterranea Czerniavsky, p. 529.
1885, Bopyrus ocellatus Carus, p. 452.
1890, Bopyrina virbii Giard et Bonnier, p. 383.
1890, Bopyrina ocellata Giard et Bonnier, p. 383.
1900, Bopyrina giardi Bonnier, p. 365-368, pl. XXXVIII-XL.
1900, Bopyrina virbii Bonnier, p. 368, fig. 59 a-c.
1900, Bopyrina ocellata Bonnier, p. 369, fig. 60.
1901, Bopyrina giardi Gerstaecker, p. 235.
1905, Bopyrina virbii Tattersall, p. 54.
1923, Bopyrina giardi Chopra, p. 532-534, fig. 31 a-d.
1926, Bopyrina giardi Nierstrasz et Brender-À-Brandis, p. 30-31, fig. 87-99.
1934, Bopyrina giardi Shiino, p. 270-272, fig. 6 a-g.
1937, Bopyrina giardi Motas et Baleanu, p. 164-172, fig. 1 et 6, pl. I, fig. 1-5.
Matériel examiné :
— sur Hippolyte varions Leach. — Grande-Bretagne : 1 spécimen, Barn Pool,
Plymouth Sound (British Muséum). France : 4 spécimens, Dinard (Coll. Pr. SoIIaud); 864
spécimens, Roscoff (R. B. coll).
— sur Hippolyte inermis Leach. — France : 7 spécimens, Arcachon (R. B. coll.);
2 spécimens, Banyuls; 4 spécimens, Villefranche-sur-Mer (Coll. Pr. Sollaud); 28 spécimens,
même localité (Pr. Veillet leg.).
— sur Hippolyte longirostris Czerniavsky typique. — France : 1 spécimen, Arcachon
(R. B. coll.).
— sur Hippolyte longirostris ssp. armoricana Sollaud. — France : 5 spécimens,
Dinard (Coll. Pr. Sollaud); 19 spécimens, Roscoff (R. B. coll.).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
MORPHOLOGIE
1. Description
Forme adulte.
Spécimen de référence : 9 + C? sur H. varians 9 de 4,4 mm de longueur céphalo¬
thoracique (rostre non compris), cavité branchiale gauche, Roscoff.
Femelle (fig. 183).
Mensurations. — Longueur : 3,4 mm; largeur au troisième segment thoracique :
2,0 mm; longueur du pléon : 0,9 mm. Indice d’asymétrie : 42°.
Bopyrina ocellata (Czcrniavsky). — i adulte, face dorsale X 37.
Céphalon soudé en arrière avec le premier segment du thorax. Lame frontale peu dis¬
tincte, arrondie latéralement sur un côté, aminci sur l’autre pour former une sorte de corne
frontale. Yeux présents. Antennules (fig. 184, a) triarticulées, le segment basilaire très impor¬
tant; antennes uniarticulées, de forme conique. Maxillipèdes (fig. 184, b) avec le bord antérieur
régulièrement arrondi, sans palpe. Bord postérieur (fig. 184, c) muni d’une paire de lamelles
lisses, assez peu allongées; partie médiane rectiligne, également sans tubercules.
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
Péréion. — Les trois premiers segments sont soudés au milieu sur la face dorsale; la
séparation des deux suivants est peu distincte et les trois derniers somites sont hypertrophiés
ventralement sur le côté court (ces boursouflures débordent largement et sont très visibles
en vue dorsale). Ni bosses latérales ni plaques coxales, mais le bord latéral des trois premiers
péréionites est légèrement biiobé sur le côté le plus long. Oostégites. Première paire (fig. 184,
d-é). Partie antérieure étroite, beaucoup plus large que longue; crête interne lisse; partie
inférieure formant une grande lame presque triangulaire, arrondie à son extrémité distale;
les deux appendices sont inégaux, celui de droite étant plus allongé. Les autres plaques marsu-
piales très courtes, de taille légèrement décroissante, avec quelques soies à leur bord postérieur.
Péréiopodes (fig. 184,/) augmentant un peu de longueur jusqu’à P4, diminuant ensuite; le
bord supérieur du basipodite forme une forte gibbosité.
Bopyrina ocellata (Czerniavsky). — î adulte : o, antenne et antennule X 96; 6, maxiltipède
X 51 ; e, bord postérieur du céphalon X 61 ; d, 1 er oostégite droit, face ventrale X 51 ;
e, 1 er oostégite gauche X 51; /, péréiopode x 262. Variation chez la , : g, pléon, face
dorsale X 37.
Pléon soudé; seuls les trois premier segments se distinguent sur le côté déformé; sur
l’autre, le bord de l’abdomen est à peine ondulé; le pléotelson est légèrement échancré.
Pléopodes : quatre paires uniramées, ceux du côté court plus réduits. Le premier pléopode
droit est lamelleux et dirigé perpendiculairement à l’axe du corps, le second également,
mais moins développé; les deux derniers sont arrondis et peu visibles. Uropodes absents.
Mâle (fig. 185, a).
Mensurations. — Longueur : 0,9 mm; largeur au troisième segment thoracique :
0,2 mm; longueur du pléon : 0,3 mm.
Céphalon présentant une légère dépression médio-frontale, fusionné avec le premier
segment thoracique en arrière. Yeux présents. Antennules (fig. 185, b) triarticulées, antennes
biarticulées. Pas de maxillipèdes.
Péréion. — Péréiopodes (fig. 185, c) sensiblement égaux, sauf le dernier un peu plus
court; propode assez massif avec un dactyle robuste.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
391
Pléon (fig. 185, d). — Les trois premiers segments distincts, quoique leur séparation
ne soit pas très apparente sur l'animal non vidé; les suivants soudés, à peine indiqués latérale¬
ment. La partie postérieure de l’abdomen est ornée d’écailles squameuses. Pléopodes absents.
Uropodes représentés par deux petites lamelles sétacées, dont l’une avec un lobe accolé.
Formes larvaires.
Épicaridien.
Longueur : 0,22 à 0,26 mm.
Céphalon. — Antennules comme dans les autres espèces. Antennes (fig. 186, a).
Pédoncule quadrisegmenté, le dernier article muni de deux courtes soies près du bord postéro-
exteme; le second segment du flagellum, plus réduit que le proximal, se termine par trois
dents, une soie fine et deux grandes soies spinuleuses inégales.
Fig. 18S
Bopyrina ocellala (Czerniavsky). — ' adulte : a, face dorsale • 115;
b, antenne et antennule X 371; c, péréiopode > 98; d, extrémité du pléon, face ventrale x 375.
Péréion. — Péréiopodes de type ordinaire, le propode garni de dents en éventail;
la sixième paire plus grêle.
Pléon. — Pléopodes. La saillie postéro-inteme de la plaque basale des quatre premières
paires est triangulaire et porte une soie distale très longue dans le premier appendice, courte
dans les suivants; elle est plus grande et plus rectangulaire dans le cinquième pléopode et
dépourvue de soie; tous les exopodites équipés de trois longues soies plumeuses. Uropodes
(fig. 186, b). Plaque basale relativement peu développée. Les deux rames montrent postérieure¬
ment trois dents et une longue soie; l’exopodite en présente une seconde plus courte. Dernier
segment abdominal en mosaïque sur les deux faces, mais nous n’avons pu distinguer le nombre
et la disposition des plaques.
Source : MNHN, Paris
392
ROLAND BOURDON
Cryptoniscien.
Longueur : généralement 0,60 à 0,70 mm, mais un spécimen mesurait 0,80 mm.
Cêphalon arrondi en avant. Yeux présents. Antennules (fig. 187, a). Premier article
avec deux soies antéro-extemes, trois postéro-externes et deux forts dendcules dirigés vers le
bas dans la moitié inférieure; deux autres épines identiques sont placées postérieurement côte
à côte sur le segment suivant qui porte trois soies antéro-extemes. Les deux lobes terminaux
très inégaux se terminent par trois (?) longues soies, le plus grand présentant, en outre, deux
soies proximales aplaties semblables à celles de la frange sensorielle. Antennes (fig. 187, b).
Premier segment basilaire réduit, le second volumineux porte une soie postéro-externe, le
troisième en a quatre et le dernier également, mais trois d’entre elles sont fixées un peu plus
haut. Le quatrième article du fouet porte cinq soies distales; il est nettement plus grêle et
deux fois plus long que chacun des articles antérieurs qui sont égaux et terminés par deux
soies latérales.
Péréion. — Péréiopodes avec les articles plutôt grêles, le propode (fig. 187, c) allongé
et muni d’une dent aplatie, le dactyle simple; la septième paire a le basipodite plus élargi
et l’ischiopodite triangulaire; la longueur relative du dactyle est identique à celle des pattes
antérieures, l’extrémité de cet article atteint la base de la dent distale du carpe dans tous les
péréiopodes.
Pléon. — Pléopodes de type ordinaire, la plaque basale avec deux soies postéro-
intemes et un rebord ventral triangulaire; les quatre premiers avec l’exopodite muni de cinq
soies plumeuses et une petite externe, l’endopodite en a quatre (et non trois comme Bonnier
l’indique pour tous les appendices); la rame externe porte cinq soies dans la dernière paire et
l’interne, deux. Uropodes (fig. 187, d-f ). Plaque basilaire très développée, ornée d’une petite
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
393
soie postéro-externe. Exopodite divisé postérieurement en trois dents dorsales inégales et
deux ventrales dont l’une très forte, porte une soie courte et une autre beaucoup plus longue.
Endopodite présentant également deux soies semblables et le petit groupe de poils antéro-
internes habituels, terminé par deux dents dorsales et deux ventrales. Pygidium (fig. 187, g)
cordiformc, mais avec une échancrure médiane et deux légères ondulations latérales; ces
dernières peuvent d’ailleurs disparaître et l’encoche se montrer moins profonde.
Fie. 187
Bopyrina ocellala (Czerniavsky). — Larve cryptonisciennc : a, antennuie • 514; b, antenne x 388;
r, propode de PI X 850; d, uropode ■ 710; e, bord postéro-ventral de l’exopodite des
uropodes • 700;/. bord postero-ventra! de l'endopodite des mêmes appendices x 700;
g, pygidium X 878.
Formes juvéniles.
Femelle.
Stade 1. — Longueur : 0,6 à 0,8 mm. Corps étroit, distinctement segmenté. Antennes
un peu plus longues que les antennules. Ni maxillipèdes ni oostégites. La séparation des
pléonites est visible à la fois dorsalement et ventralement. Cinq paires de pléopodes tuberculi-
formes (fig. 189, a). Présence d’uropodes effilés relativement importants.
Stade 2. (fig. 188, a). — Longueur : 0,7 à 0,9 mm. Corps légèrement plus élargi.
Tête et premiers segments thoraciques soudés au milieu. Les angles latéro-postérieurs du cépha-
lon arrondis. Abdomen conservant souvent des traces de métamérisation. Pléopodes arrondis,
assez volumineux. Uropodes moins développés.
Stade 3 (fig. 188, b). — Longueur : 0,8 à 1,1 mm. Antennes réduites à un seul article
(quelquefois deux). Maxillipèdes lamelleux, presque arrondis, écartés l’un de l’autre. L’un
des bords latéraux de la tête s’amincit. Oostégites présents, mais encore rudimentaires, le
premier plus petit que le maxillipède. Segmentation médio-dorsale indistincte sur les somites
7 564030 6. 21
Source : MNHN, Paris
394
ROLAND BOURDON
antérieurs. Pléopodes (fig. 189, b) ovoïdes, les cinquièmes peu visibles. Les uropodes, très
réduits, délimitent une petite échancrure médio-postérieure au pléotelson.
Stade 4 (fig. 188, c). — Longueur : 0,9 à 1,3 mm. Maxillipèdes de forme définitive
sans avoir présenté de palpe. Premiers oostégites également, mais encore loin de se toucher.
Le bord latéro-ventral des derniers péréionites commence à se boursouffler. Pléopodes de la
cinquième paire ordinairement absents (fig. 189, c). Les uropodes disparaissent et l’échancrure
médiane est plus grande et moins profonde.
Fie. 188
Bopyrina ocellata (Czerniavsky). — 9? juvéniles, face dorsale :
a, stade 2 X 100; b, stade 3 X 86; c, stade 4 X 70.
Stade 5. — Longueur : 1,3 à 1,7 mm. Le bord postérieur du céphalon présente deux
éminences arrondies. Premiers oostégites en contact. Pléon plus trapu; souvent trois somites
seulement délimités sur le côté déformé; sur l’autre, les ondulations deviennent moins pro¬
noncées. Premier pléopode du côté le plus long lancéolé, plus grand que son homologue.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
395
Stade 6 ou adulte. — Longueur : 1,4 à 3,4 mm. La principale différence entre la forme
adulte et le stade 5 réside dans les lamelles céphaliques allongées (ou au moins digitées chez
les plus jeunes 99 mûres) et surtout dans les bourrelets des derniers segments thoraciques
qui débordent latéralement et sont bien visibles en vue dorsale. Cependant, la séparation des
deux stades reste parfois assez difficile à trancher dans certains individus.
Mâle.
Le d 1 jeune ressemble en tous points à la 9 au stade 1. Chez un cryptoniscien en mue
(l’exuvation se produit au niveau des segments thoraciques IV et V), l’abdomen est encore
segmenté et les pléopodes minuscules; les uropodes sont très allongés et portent des soies
(fig. 190, a). Ces derniers appendices persistent presque toute la vie des d'cf, mais leur taille
régresse; seuls les plus grands spécimens en sont complètement dépourvus. Les pléopodes,
au contraire, disparaissent rapidement. Les antennes sont souvent réduites à un seul article
chez les exemplaires adultes.
Fie. 190
Bopyrina ocellala (Czerniavaky). — f juvénile : a, piéon d'un cryptoniscien en mue. face ventrale.
Variation chez le : b-d, piéon.
2. Variation intra-spécifique
Femelle.
Indice d’asymétrie : 39 à 53°.
Lame frontale : forme toujours une sorte de digitation latérale sur le côté le plus court.
Antennes : invariablement réduites à une saillie plus ou moins obtuse.
Maxillipèdes : sans palpe ou parfois une légère éminence antéro-exteme comme
celle représentée par Bonnier (1900, pl. XXXIX, fig. 7).
Bord postérieur du céphalon : les lamelles ne sont jamais très allongées; dans un
spécimen, toutefois, l’une des deux atteignait la ligne médiane.
Fusion des péréionites antérieurs : toujours réalisée; dans certaines 99 vidées, on
distingue cependant leur séparation.
Premier ooslégite : l’extrémité distale de l’appendice du côté le plus court arrive
ordinairement au bord postérieur du deuxième segment thoracique, quelquefois A celui
du troisième; dans un seul cas, le premier oostégite s’étendait jusqu’au quatrième segment.
Piéon (fig. 184, g) : les trois premiers somites (plus rarement le quatrième) sont indiqués
sur le côté déformé; les ondulations sont plus ou moins accusées sur l'autre. Chez les plus
grands individus, ce bord est presque rectiligne; c’est le cas pour beaucoup dos parasites
d’ff. inermis, de taille, fréquemment plus importante que celle des Bopyridao d'H. variant
ou H. longirostris. Cette variation a déjà été notée par Chopra (1923).
Source : MNHN, Paris
396
ROLAND BOURDON
Pléopodes : à part les deux premières paires, bien développées (au moins sur le côté
déformé), les autres ne sont pas toujours bien distinctes (voir Shiino, 1933), même après traite¬
ment des spécimens. Parfois une cinquième paire est décelée, mais alors très petite ; assez souvent
la troisième paire est à peine visible.
Pléotelson : ordinairement arrondi ou présentant une faible dépression médiane.
Chez une grande 9 de Villefranche, il était profondément échancré (ce qui est la règle pour
les exemplaires juvéniles).
Mâle.
Taille de l’adulte : jusqu’à 1,4 mm.
Céphalon : il est exceptionnel que la petite échancrure du bord antérieur ne soit
pas figurée; quant au bord postérieur, il apparaît fusionné avec le thorax sur les individus
non vidés, mais après traitement, on distingue souvent la séparation.
Pléon (fig. 190, b-d) : il en est de même pour l’abdomen, quoique la distinction des
premiers somites soit généralement visible après un simple éclaircissement. Le degré de
coalescence semble d’ailleurs fonction de la taille des d'd'; chez les plus petits, on peut
distinguer jusqu’à quatre segments, chez les grands, le premier seul est décelable.
Uropodes : une relation identique paraît pouvoir être attribuée aussi aux uropodes,
dont nous avons constaté l’absence complète chez les parasites d ’H. inermis, de dimensions
souvent plus grandes.
3. Remarques systématiques
Trois espèces de Bopyrina ont été décrites dans nos mers : B. ocellata (Czemiavsky,
1868) sur Hippolyte longirostris Czemiavsky, B. virbii (Walz, 1881) sur H. inermis Leach
et B. giardi Bonnier (1900) sur H. varions Leach.
La description de la première forme est un peu succincte, mais les figures sont bonnes.
Seule l’absence de gonflement dans la région postérieure du thorax chez la 9 et la séparation
de la tête et des deux premiers segments abdominaux chez le d différencient les holotypes
de B. ocellata et de B. giardi; mais, comme il a été vu précédemment, ces caractères sont
variables. Czerniavsky (1868, 1881) attache une grande importance aux taches ocelliformes
réparties sur la face dorsale (d’où le nom spécifique attribué au parasite) qui lui paraissent
constituer un critère suffisant pour diviser sa B. ocellata en deux sous-espèces : pontica
et mediterranea. Ces taches, également présentes chez B. giardi, disparaissent toutefois plus
ou moins dans l’alcool, aussi ne présentent-elles guère de valeur. La sous-espèce mediterranea
a été mise en synonymie avec B. virbii par Giard et Bonnier (1890) ; les raisons en sont sans
doute d’ordre éthologique, mais elle implique que ces auteurs ne voyaient pas beaucoup de
différences entre cette espèce et B. ocellata. Cette absence de critères bien définis se trouve
confirmée par Motas et Baleanu (1937) : quoique leurs spécimens de la mer Noire « corres¬
pondent assez bien » au parasite de Czerniavsky, ils les nomment B. giardi, croyant que
l’hôte est H. varions; en fait, comme le rectifie Bacesco (1949), il s’agit d ’H. longirostris.
Pour nous, les Bopyrina parasites de cette Crevette en Méditerranée et à Arcachon et de sa
sous-espèce armoricana Sollaud sont identiques au Bopyridae d ’H. varions.
Dans sa grande monographie, après avoir, toutefois, souligné leurs étroites affinités,
Bonnier (1900) résume ainsi les différences entre son espèce B. giardi et B. virbii de Koss-
mann (1881 a) : développement extraordinaire des premiers oostégites, pléopodes plus grands
chez la 9 de la seconde forme, étroitesse de l’extrémité du pléon qui ne porte plus d’uropodes
chez le cf. Si les derniers caractères ne présentent aucune valeur diagnostique à cause de leurs
variations, le premier est bien typique. Chez B. giardi, les plaques incubatrices antérieures
ne dépassent pas le troisième segment thoracique, chez B. virbii, elles sont vraiment « kolossal »
selon le terme de Kossmann, étant aussi longues que la moitié du corps, la plus grande attei¬
gnant le début du pléon. Sur cette base, la spécificité des deux formes serait probable, mais,
si l’on se réfère à la figure de Walz (1881), on constate que la taille des premiers oostégites
est la même que celle relevée chez B. giardi, ce qui remet tout en question. Sur les douze Bopy¬
ridae adultes des H. inermis de Méditerranée et d’Arcachon, pas un seul présente un tel
développement de ces appendices et ni les 99 ni les dd ne se distinguent par aucun autre
détail morphologique des Bopyrina d ’H. varions.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
397
La forme décrite par Kossmann constituerait-elle une variété uniquement localisée
à Naples? Cela parait peu probable. S’agirait-il alors d’un individu anormal (1) ou d’une erreur
de l’auteur? Nous ne pouvons rien dire sans avoir examiné des spécimens de Naples; en
tous cas le développement des premiers oostégites dépasse amplement la variation constatée
chez les Bopyrina des trois Hippolyte d’autres provenance. Quoiqu’il en soit, rien ne nous
permet de séparer B. giardi Bonnier de B. virbii (Walz); aussi nous semble-t-il donc justifié
de mettre ces deux espèces en synonymie, comme l’avait d’ailleurs fait Tattersall (1906)
sans toutefois en indiquer les raisons, mais sous le nom de B. ocellata (Czemiavsky), éga¬
lement identique, qui a priorité.
Chopra (1923) pense possible l’identité de B. abbreviata Richardson (1904) avec
B. giardi, espèce à laquelle il identifie ses parasites d’H. ventricosus. H. Milne Edwards. Shiino
(1934) met les deux formes en synonymie, avec cependant une certaine réserve, car il note
en même temps quelques différences entre les Bopyrina américaine, européenne, indienne
et japonaise, différences portant sur la fusion médiane de certains segments dans les deux
sexes. Nous pensons que les exemplaires de Shiino appartiennent bien à B. ocellata à cause
du débordement des somites thoraciques, quoique le bord postérieur des premiers oostégites
soit un peu plus acuminé et les plaques marsupiales suivantes représentées de longueur
légèrement croissante. Les B. giardi de Chopra (1923) sont sans doute à rapporter également
à cette espèce, car l’auteur a pu les confronter avec des écotypes de Wimereux. Quant à
B. abbreviata, la séparation de la tête avec le thorax et celle des péréionites antérieurs (carac¬
tères qui, fait pour le moins troublant, sont décrits et figurés dans chacune des six Bopyrina
américaines), ne permet pas d’affirmer sans restriction qu’il s’agit de véritables B. ocellata.
B. ocellata se distingue des quelques 19 autres espèces du genre par l’ensemble des
caractères suivants : lame frontale acuminée sur un bord, céphalon et premiers segments
thoraciques fusionnés au milieu, maxillipèdes dépourvus de palpe, bord postérieur de la tête
avec une seule paire de lamelles, pas de bosses latérales ni de plaques coxales distinctes, partie
inférieure du premier oostégite allongé et sans lobe, autres oostégites de taille décroissante
avec la cinquième paire bien loin d’atteindre la ligne médiane, abdomen soudé au milieu et
à peine ondulé sur le bord le plus court, dernier segment non en retrait par rapport au précé¬
dent et enfin, caractère peut-être le plus spécifique, les somites thoraciques postérieurs formant
des boursouflures ventrales visibles en vue dorsale.
Hôtes et distribution géographique
L’espèce est uniquement inféodée à des représentants de la famille des Hippolytidae :
— sur Hippolyte varions Leach. — Irlande : Baffin Harbour (Tattersall, 1906,
1912). Grande-Bretagne : Ilfracombe (Stebbing, 1893), Plymouth (Spooner, 1957). Bel¬
gique : près de Kentsh et de Gravelines (Holthuis, 1950). Iles anglo-normandes : Jersey
(Norman, 1907; Le Sueur, 1954). France : Wimereux (2) (Giard, 1888a, 1899; Bonnier,
1900), Granville, îles Chausey (Gadeau de Kerville, 1894), Luc-sur-Mer, Port-Blanc (Tur-
quier, 1962), Dinard (Pr. Sollaud col!.), Roscoff (Bourdon, 1963), Baie de Quiberon (R. B.),
Arcachon (Carayon, 19426).
— sur Hippolyte inermis Leach. — France : Arcachon (Bourdon, 1964), Banyuls
(Pr. Sollaud coll.), Villefranche-sur-Mer (Veillet, Dax et Vouaux, 1963). Espagne : Gerona
(Zariquiey Alvarez, 1963). Italie : Naples (Kossmann, 1881a; Lo Bianco, 1888; Giard
et Bonnier, 1890; Reverberi, 1952; Caroli, 1953), Palerme (Reverberi, 1952; Attardo,
1955), Trieste (Walz, 1881). Algérie : Alger (Dieuzeide et Goeau-Brissonnière, 1951).
Turquie •• côte Sud, près de Selimiye (Holthuis, 1961).
— ■ sur Hippolyte longirostris Czerniavsky typique. — France : Arcachon (Bourdon,
(1) Cette dernière éventualité est peut-être à retenir, car nous avons vu un spécimen dont le premier
oostégite atteignait le bord postérieur du quatrième péréionite, donc de longueur très sensiblement plus
grande que chez les autres individus.
(1) Les deux indications faunistiques de GlAHD mentionnent 11. viridis (= H. inermis ) comme hôte,
mais il semble bien que ce soit par erreur, car peu après Bonnier nute seulement B. giardi sur II. varions
pour cette localité, indiquant par ailleurs Naples et Trieste comme seules stations alors connues pour le
parasite A'H. inermis.
7 564030 6. 21 A
Source : MNHN, Paris
ROLAND BOURDON
1964). Turquie : côte sud, près d’Antalaya (Holthuis, 1961). Bulgarie : Agigea (Motas et
Baleanu, 1936, 1937; Bacesco, 1949). U.R.S.S. : Yalta et Soukhum (Czersiavsky, 1868);
— sur Hippolyte longirostris ssp. armoricana SoUaud. — France : Dinard (Pr. Sollaud
col!.), Rosco£F (Bourdon, 1963).
— sur Hippolyte leptocerus (Heller) (1). — France : Grandcamp (Turquier, 1962).
— sur Hippolyte ventricosus H. Milne Edwards. — Inde : Port-Blair, Andaman
(Chopra, 1923).
— sur Hippolyte sp. — Japon : Seto (Shiino, 1934).
— sur Heptocarpus geniculatus (Stimpson). — Japon : Miwazaki, Enoshima, Sugashi-
shima (Shiino, 1958).
Thompson (1848) a signalé Bopyrus hippolytes Kroyer (= Bopyroides) sur H. varions
(côte de Galway, Irlande). Il est très possible qu’il s’agisse de B. ocellata. Toutefois, dans cer¬
taines régions où les deux Bopyridae sont présents, ils ont pu être notés sur le même hôte;
c’est le cas pour H. geniculatus au Japon.
BIOLOGIE
H. varions, espèce abondante à Roscoff, a été récoltée régulièrement chaque mois
entre septembre 1960 et octobre 1961, mais les prélèvements entre février et août sont beau¬
coup moins importants que les autres et les parasites obtenus peu nombreux, d’où, là encore,
une lacune fâcheuse pour la connaissance de la biologie de B. giardi.
1. Fixation du parasite
a. Période de fixation.
Les larves cryptonisciennes ne sont pas rares chez cette espèce (c’est même celle dont
nous en avons réuni le plus grand nombre: près de 200 spécimens), toutefois, la majorité
est obtenue sur des jeunes 99 , 44 seulement étant fixées seules sur les branchies de l’hôte.
Ces dernières sont plus communes en septembre où elles représentent alors 27,3 % des Bopy-
rina collectées à cette date (tableau 64 + graphique 27) ; on en trouve également en octobre,
décembre et juillet-août, époque où le taux de parasitisme s’avère le plus faible (avec le mois
d’avril). Les larves sur 99 étaient également trouvées à ces dates.
Il est cependant difficile de conclure à une infestation des Hippolyte limitée à cette
période, car à partir de février et jusqu’en juillet, la quantité de Crevettes prélevées mensuel¬
lement était beaucoup plus réduite que pendant le reste de l’année.
Si les jeunes 99 des stades 1-2, uniquement recueillies entre septembre et décembre
proviennent manifestement de la forte fixation des larves observée en septembre, une infes¬
tation au moins sensiblement aussi importante, sinon plus, doit se produire antérieurement.
Cette déduction découle du fait que les stades 3 accusent leurs plus forts pourcentages en
septembre et octobre et les stades 4 en octobre. La fixation de ces individus doit vraisembla¬
blement remonter à juillet-août, époque où les jeunes Hippolyte sont particulièrement abon¬
dants.
b. Conditions de fixation.
Taille de l’hôte. — Le tableau 65 montre que le taux de parasitisme est plus élevé chez
les hôtes de 2,1 à 3,5 mm de longueur céphalothoracique, mais l’espèce peut se rencontrer
sur des Crevettes mesurant jusqu’à 5,0 mm et probablement aussi sur les plus grands indi¬
vidus.
Toutefois, l’infestation s’effectue généralement sur les jeunes H. varions (tableau 66 +
graphique 28). Mais, là encore, nous avons des exemples de cryptonisciens et même de stades 2
fixés sur des hôtes de 3,1 à 3,5 mm.
Position du parasite. — Une légère prédominance du côté gauche paraît se manifester
avec 55,6 % des cas; elle semble significative (52 à 59 %).
(1) Turquier (1962) appelle H. leptocerus une partie des formes que Sollaud (1954) a d’abord nommées
ainsi, mais H. longirostris ssp. armoricana par la suite (1965). Le statut de ces deux Hippolyte reste encore
incertain.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 399
Mois
CW
Stade 1
Stade 2
Stade 3
Stade 4
Stade 5
Stade 6
Septembre 1960.
Nombre...
29
3
4
14
19
10
27
27,3
2,6
3,9
13,0
18,2
9,1
25,9
Nombre...
8
-
15
24
56
59
19
%.
4,7
-
8,4
13,1
30,8
32,7
10,3
Nombre...
-
6
11
6
17
63
35
%.
-
4,2
8,3
4,2
12,5
45,8
25,0
Nombre. ..
4
4
-
20
43
99
55
% .
1,7
1,7
-
8,8
19,3
43,9
24,6
Nombre. ..
-
-
-
-
6
31
39
%.
-
-
-
-
7,7
41,5
50,8
Nombre...
-
-
-
-
-
4
51
%.
-
-
-
-
-
7,9
92,1
Mars 1961.
Nombre...
-
-
-
1
1
3
5
Avril 1961.
Nombre. ..
-
-
-
-
1
2,
4
Mai 1961.
Nombre...
-
-
-
-
1
1
22
Juin 1961.
Nombre...
-
-
-
-
-
1
11
Juillet 1961.
Nombre. ..
1
-
-
-
-
1
Août 1961.
Nombre...
2
-
-
1
-
-
-
Tableau 64
Bopyrina ocellata. — Proportion mensuelle des parasites en fonction de leur stade évolutif
Source : MNHN, Paris
400
ROLAND BOURDON
Graphique 27 (ci-dessus)
Bopyrina ocellala
Proportion mensuelle des stades évolutifs
Graphique 28 (ci-contre)
Bopyrina ocellala
Proportions de parasites
en fonction de leur stade évolutif
et de la taille de l’hôte
30 % -
20 Z
10 % .
:
60 % .
50 Z .
4 0/ ■
30 Z •
20 Z •
10 Z ■
St. 1
50 Z .
40 Z .
30 Z .
20 Z .
10 Z .
-,
st. 2
80 Z .
70 Z .
60 Z .
50 Z .
40 Z ■
30 Z .
20 % .
10 Z .
st. 3
40 Z -
30 Z .
20 Z .
1 0 Z .
st. 4
50 Z .
40 Z .
30 Z -
20 Z .
10 Z .
r
st. 5
20 Z
10 Z
adultes
% 7 J0 7.5 ”4 % % % X mm
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
401
Classe (mm)
1,0/1,5
1.6/2.0
2,1/2,5
2,6/3,0
3,1/3,5
3,6/4,0
4,1/4,5
4,6/5,0
5,1/5,5
Individus.
658
3.065
3.343
1.950
979
482
168
67
7 1
Parasités.
41
175
313
186
85
26
11
2
-
%.
6,2
5,7
9,4
9,5
8,7
5,4
6,5
3,0
-
Tableau 65
Bopyrina ocellata. — Taux de parasitisme en fonction de ia taille de l’hôte
Classe (mm)
1,0/1,5
1,6/2,0
24/2,5
2,6/3,0
3.1/3.5
3,6/4,0
4,l/4,5
4,6/5,0
Cryptoniscien.. .
15
15
11
2
1
_
_
_
34,1
34,1
25,0
4,5
2,3
-
-
-
9
4
-
-
-
-
-
-
69,3
30,7
-
-
-
-
-
-
17
8
3
1
1
-
-
-
56,7
26,7
10,0
3,3
3,3
-
-
-
-
56
7
2
1
-
-
-
-
84,9
10,6
3,0
1,5
-
-
-
Stade 4.
-
55
61
26
2
-
-
-
-
38,2
42,4
18,0
1,4
-
-
-
-
37
160
70
6
-
-
-
-
13,6
58,6
25,6
2,2
-
-
-
-
-
71
85
74
26
11
2
-
-
26,4
31,6
27,5
9,7
4,1
0,7
tableau 66
Bopyrina ocellata. — Proportion de parasites
en fonction de leur stade évolutif et de la taille de l’hôte
Source : MNHN, Paris
402
ROLAND BOURDON
2. Évolution du parasite
Femelle.
La fixation, nous l’avons vu, se produit principalement entre juillet et septembre. En
novembre-janvier (graphique 27), la plupart des parasites sont parvenus au stade 5 et en février,
la courbe des 99 indique une très nette majorité d’adultes. Le développement de B. ocellata
peut donc être estimé à six mois environ, durée corroborée par l’étude de la croissance
d’H. varions.
Chez cette Crevette, la ponte se déroule toute l’année, mais les jeunes de la classe 1,0/
1,5 mm présentent (du moins pour le cycle 1960-61) trois pointes : juillet-septembre, décembre
et mars, la première étant de loin la plus importante (jusqu’à 20,2 % de la population), ce qui
confirme l’observation de Thiriot (1963) notant une prédominance des derniers stades lar¬
vaires dans le plancton roscovite en août. Par suite de la pluralité des contingents à'Hippo-
lyte post-larvaires dans la même année, les histogrammes sont plutôt confus; toutefois, l’évo¬
lution des jeunes de l’été peut être suivie jusqu’à la classe 2,6/3,0 mm, taille à laquelle ils par¬
viennent au mois de février et qui renferme le plus grand nombre d’individus porteurs de
parasites adultes.
3. Reproduction
Durée d’incubation : très rapide, étant d’environ 9-12 jours entre deux émissions de
larves. La ponte du parasite succède généralement la mue de la Crevette dans les vingt-
quatre heures.
Graphique 29
Bopyrina ocellata. — Fécondité en fonction de la taille des 99
Fécondité : de 330 à 1.410 œufs pour des 99 dont la longueur varie entre 1,5 et 3,1 mm
(graphique 29); la fécondité est en relation avec la taille des parasites.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
403
Mâle.
La formation du couple se réalise souvent assez tôt (tableau 67), la moitié des stades 2
étant déjà rejoints par une larve; mais les plus jeunes d’d 1 accompagnent des parasites plus
évolués (à partir du stade 4). Une certaine proportion de 99 préadultes et mûres ont été
notées comme étant seules, mais, dans leur cas, les statistiques sont très vraisemblablement
faussées, du moins en partie, par suite de la perte de leur conjoint lors des manipulations :
nombre de d’d 1 ayant été retrouvés détachés dans le fond des bocaux. Toutefois, une grande 9
de 1,6 mm portait un cryptoniscien placé sur l’abdomen, position qui exclut la présence lors
de la récolte d’un c? plus avancé. La concommitance de ce dernier et d’une larve a été observée,
cependant, à deux reprises, sur un autre stade 6 et sur un stade 4.
Stade
1
2
3
4
5
6
13
30
66
144
273
269
2
15
40
74
18
1
15,4
50,0
60,4
51,4
6,7
0,4
-
-
-
30
182
231
-
-
-
20,8
66,7
85,9
Tableau 67
Bopyrina ocellata. Présence et nature du d 1 en fonction du stade évolutif de la 9
Veillet, Dax et Vouaux (1963), qui ont suivi le cycle du parasite sur H. inermis à
Villefranche-sur-Mer, résument ainsi leurs intéressantes données sur la biologie de B. ocellata
sur cet hôte. Contrairement, semble-t-il (1), à H. varions, cet Hippolytidae naît comme c f et
se transforme ensuite en 9. Les larves cryptonisciennes se fixent toute l’année, en très grande
majorité sur les plus petits individus, c’est-à-dire sur les cfd" et les très jeunes 99; 10 % envi¬
ron infestent cependant des 99 de grande taille. Le taux de parasitisme augmente avec l’âge
des hôtes : 1,7 % chez les cfc? à 9,8 % chez les 99. Les d’d 1 parasités sont beaucoup plus
grands que les indemnes et leur glande androgène est généralement plus réduite, voire tout à
fait disparue. B. ocellata ne féminise donc pas les H. inermis, mais prolonge le stade cf,
retarde et peut-être même supprime l’inversion sexuelle.
Statistiques d’infestation
La moyenne pour l’année 1960-61, en zone intertidale à Roscoff, est de 7,8 % (839 cas
sur 10.719 individus). En moyenne profondeur, les H. varions sont généralement peu fré¬
quents, quoiqu’en deux occasions, environ 200 et 500 spécimens étaient capturés dans un
seul coup de chalut. Le taux de parasitisme se montre beaucoup plus faible qu’à la côte :
9 Bopyridae pour 1.135 Crevettes, soit 0,9 % (x' = 7,49 significatif); mais ces échantillons
comportent peu de très jeunes Hippolyte.
Variation mensuelle. — De très importantes fluctuations se présentent au cours de
l’année (tableau 68 + graphique 30). Au mois d’août, les parasites sont rares (0,4 %), mais
(1) L’importance du matériel récolté ne nous a pas encore permis d'étudier ces Crevettes de ce point de
vue (pas plus d'ailleurs que les autres espèces), ce que nous nous proposons, bien entendu, de faire prochai-
Source : MNHN, Paris
404
ROLAND BOURDON
à partir de cette date, Us ne cessent d’augmenter jusqu’à décembre (20,8 %) ; leur proportion
diminue ensuite gradueUement avec une certaine recrudescence en mai (7,4 %). Nous ne
pouvons évidemment affirmer que cette courbe se renouvelle tous les ans, car peut-être la
raréfaction des H. varions entre mars et juillet est-elle accidentelle.
Graphique 30
Bopyrina ocellata. — Taux de parasitisme mensuel
Mois
Sept.
Oct.
Nov.
Déc.
Janv.
Fév.
Mars
Avr.
Mai
Juin
Juil.
Août
Nombre.
2.614
2.089
1.557
1.084
706
455
182
373
324
438
194
703
Parasités.
106
181
138
225
76
55
10
7
24
12
2
3
%.
4,1
8,7
8,9
20,8
10,8
12,1
5,5
1,9
7,4
2,7
1,0
0,4
Tableau 68
Bopyrina ocellata. Taux de parasitisme mensuel
Influence du parasitisme sur l’hôte
La présence du parasite n’inhibe pas les mues des H. varions et ne semble pas non plus
féminiser les cfd 1 ; en tous cas, de très nombreux exemplaires de ces derniers sont normaux.
Par contre, le parasitisme exerce probablement une influence défavorable sur la ponte des
99 : une seule ovigère étant bopyrisée. Sur H. inermis, Reverberi (1952) note également que
Bopyrina cause la stérilité des sujets infestés.
Infestations bilatérales et simultanées
a. Infestations bilatérales.
Elles sont exceptionnelles : 6 cas seulement sur 848 parasites, soit 0,7 % (xi = 57,82
hautement significatif). La fréquence des infestations doubles est donc 11 fois plus faible que
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
405
l’on devrait théoriquement s’y attendre si, comme c’est ie cas pour Cancricepon elegans
G. et B., le deuxième Bopyridae se fixe indifféremment sur les hôtes indemnes ou parasités.
On peut donc supposer qu’une double infestation épuise l’hôte et provoque rapidement sa
mort, d’où le peu d 'Hippolyle bibopyrisés recueillis. Ajoutons qu’il s’agissait à chaque fois
de deux larves ou d’un cryptoniscien + une 9 juvénile (stades 1 à 3), mais jamais de 99 adultes,
ce qui viendrait à l’appui de cette supposition,
b. Infestations simultanées.
Nous avons trouvé une seule B. ocellata associée avec le Phryxidae Hemiarthrus
abdominalis (Kreyer), les deux parasites étant d’ailleurs très jeunes; ce dernier Épicaride est
très rare sur les H. varions de Roscoff (0,07 %).
Parasite
Les Bopyrina des H. inermis et H. longirostris méditerranéens sont infestés par un
Cabiropsidae, Cabirops marsupialis Caroli (1953), étudié par cet auteur (1950,1952), Romano
(1953) et Attardo (1955). Trouvé d’abord à Naples, puis à Palerme où il parasite 26,8 %
des Bopyridae du premier hôte, nous l’avons également obtenu sur ce dernier à Villefranche-
sur-Mer.
Source : MNHN, Paris
406
ROLAND BOURDON
BOPYRIDAE SUSCEPTIBLES D’ËTRE TROUVÉS ULTÉRIEUREMENT
DANS LES MERS EUROPÉENNES
En plus des espèces indigènes (1), une faune se doit se signaler, au moins brièvement,
les formes susceptibles d’être rencontrées par la suite dans les contrées envisagées. Sur les
côtes ouest-européennes, peu de Bopyridae semblent devoir être intégrés ultérieurement, si
ce n’est pas l’intermédiaire de Grapsidae et d’une Crevette pélagiques. Par contre, en Médi¬
terranée orientale, plusieurs Décapodes indo-pacifiques, introduits récemment par le canal
de Suez, pourraient bien apporter avec eux leurs parasites; c’est le cas, par exemple, pour
YEpipenaeon ingens Nobili de Penaeus semisulcatus De Haan. L’éloignement souvent consi¬
dérable des stations où sont encore jusqu’ici connues ces espèces ne signifie pas grand chose:
certains Épicarides peuvent avoir la même répartition que celle de leurs hôtes.
Nous énumérerons donc les Bopyridae signalés par ailleurs sur des Crustacés vivant
également dans nos régions, en indiquant les références bibliographiques auxquelles il faut
se rapporter pour leur identification.
Grapsicepon edwardsi Bonnier (1900, p. 263-266, PI. VIII-IX).
Sur Planes minutus Fabricius. La 9 adulte s’apparente à Ergyne cervicornis Risso
par le développement rudimentaire de l’endopodite des pléopodes et les appendices pléaux
finement digités; toutefois, ces digitations sont simples et non dichotomisées comme chez le
parasite de Macropipus arcuatus (Leach). C’est la forme du group e-Cepon qui a le plus de
chances d’être recueillies sur nos côtes, car elle est plutôt commune dans la mer des Sargasses
et a été récoltée jusqu’aux Açores.
Leidya distorta Leidy (Bonnier, 1900, p. 255-257, fig. 45).
Sur Pachygrapsus transversus Gibbes. Se caractérise par l’absence d’endopodite aux
pléopodes de la 9 et par les uropodes très allongés du d 1 . Seulement signalé dans l’Atlantique
occidental (Brésil, Jamaïque, U.S.A., Bermudes, Bahamas).
Lobocepon grapsi Nobili (Shiino, 1936, p. 3-5, fig. 1).
Sur Grapsus grapsus Linné. La 9 est très typique par ses bosses latérales très finement
tuberculées. Connu en Nouvelle-Guinée et à Formose.
Gigantione bouvien Bonnier (1900, p. 278-279; Monod, 1932, fig. 22).
Sur Pilumnus hirtellus (Linné) variétés inermis et spinifer. La forme arrondie du para-
site, les plaques coxales longues et étroites et les uropodes biramés pédiculés ne peuvent le
faire confondre avec Cancricepon elegans G. et B. obtenu dans l’aire septentrionale de répar¬
tition de l’hôte. Ce Bopyridae sera vraisemblablement aussi récolté, car il est commun aux
Açores.
Apopenaeon japonicum (Thielemann) [Shiino, 1934, p. 260-263, fig. 2].
Sur Metapenaeus monoceros Fabricius. Diffère d ’Epipenaeon ingens Nobili en ayant
six segments distincts à l’abdomen, mais le dernier est réduit. Japon et Afrique du Sud.
Orbione bonnieri Nobili (1906, p. 1102-1104, fig. 2).
Sur le même hôte que l’espèce précédente. Les principales différences avec A. japo¬
nicum résident dans le développement des plaques latérales et du sixième pléonite. Singapour.
Parapenoeonella distincta Shiino (1949, p. 59-60, fig. 1).
Sur Trachypenaeus curvirostris Stimpson. Également apparentée à E. ingens et aux
deux espèces précédentes; mais le corps est plus piriforme et les pléopodes dépassent large-
(1) Nous n’avons certes pas la prétention d’avoir inventorié toutes les espèces de Bopyridae qui existent
dans les mers européennes ; en fait, nos prospections se sont limitées à une aire très restreinte. Il est bien
évident que des recherches systématiques de ces parasites opérées dans d'autres régions fourniront très
certainement des formes nouvelles ; la Méditerranée et le Golfe de Gascogne, notamment, devraient en
re céler.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES
EUROPÉENNES
407
ment les plaques latérales qui sont acuminées; d’autre part, certains dd sont tout à fait par¬
ticuliers par leurs appendices pléaux filiformes. Japon.
Probopyrus aberrans (Nierstrasz et Brender-à-Brandis, 1932, p. 96-97, fig. 12-14).
Sur Spironlocaris phippsi Kroyer. Se distingue de Bopyroides hippolytes (Kreyer),
parasite plus commun de cet hôte, par les cinq paires de pléopodes biramés de la 9 et l’abdo¬
men arrondi du d. Japon.
Probopyrinella latreuticola Gissler (Richardson, 1905, p. 560-561, fig. 614-616).
Sur Latreustes fucorum Fabricius. Voisine de l’espèce précédente, s’en écarte par
l’absence de bosses latérales et de plaques coxales et par la fusion partielle des pléonites chez
la 9; le pléon du d est bien développé et ondulé sur les bords. Nord-Atlantique (U.S.A.,
Bahamas, Bermudes, Est des Açores); également aux Indes.
Bopyrella bonnieri Nierstrasz et Brender-à-Brandis (1923, p. 95-96, fig. 20).
Sur Alpheus audouini Coutière. Indonésie.
Bopyrella hodgarti Chopra (1923, p. 473-475, PI XIV, fig. 7-12).
Sur Alpheus crassimanus Heller. Inde et Afrique du Sud.
Ces deux espèces, difficiles à séparer l’une de l’autre, sont proches de Bopyrina ocellata
(Czerniavsky) ; elles s’en distinguent par leurs cinq paires de pléopodes biramés.
Source : MNHN, Paris
408
ROLAND BOURDON
Nomina nuda
Une appellation provisoire a été attribuée à certains parasites non décrits ou fixés sur
des hôtes inhabituels et qui n’ont d’ailleurs pas été retrouvés par la suite. Ce sont :
Ione gebiae Giard et Bonnier (1890) noté par Fraisse (1878) comme Ione thoracica
(Montagu) sur Upogebia pusilla (Petagna) à Naples.
Bopyrina hippolytes Giard et Bonnier (1890) mentionnée par Walz (1881) et Koss-
mann (1881a) comme Bopyrina virbii (Walz) sur des Hippolytidae indéterminés de Naples
et de Trieste.
Bopyrina nitescens Giard et Bonnier (1890), désignée ensuite par Bonnier (1900)
sous le nom générique de Bopyrella (?), étaient également identifiée au Bopyridae d'Hippo-
lyte inermis Leach par Walz (1881) sur les Athanas nitescens (Leach) de Trieste.
Il est possible que les parasites des Hippolytidae et des Athanas se rapportent tout
simplement à des jeunes 99 de Phryxidae encore branchiales dont ces hôtes sont porteurs,
car l’auteur qui les signale confondait ces dernières avec celles des Bopyrina ocellata
(Czemiavsky).
Bopyrella (?) palaemonis Bonnier (1900) est le Bopyrus alphei de Risso (1816, 1826)
infestant les « Palémons et les Alphées » de Nice. Pour le premier hôte, il s’agit vraisemblable¬
ment de Bopyrus squillarum Latreille; quant au parasite des Alpheus, on peut supposer que
c’est effectivement une Bopyrella, peut-être B. hodgarti Chopra ou B. bonnieri Nz. et Br. Br.,
obtenus en d’autres régions, sur des Alphéidés vivant aussi en Méditerranée.
Pseudione callianassae Kossmann (1881a), découvert sur les Callianassa subterranea
.Montagu) [= C. tyrrhena Petagna] de Naples, aurait été retrouvé à Plymouth par Tatter-
sall (1931) et tout récemment par Holmes (1966) en plusieurs points des côtes britanniques
de la Manche; mais nous ne voyons pas trop comment ces auteurs ont pu déterminer cette
espèce non décrite! En effet Kossmann donne seulement une figure de la tête du c? : tout
ce que l’on peut dire est que la morphologie du céphalon ressemble beaucoup à celle des deux
autres Pseudione des Callianasses européennes, Ps. dohrni Bonnier et Ps. borealis Caspers,
tant par sa forme étroite que par le nombre respectif des segments des deux antennes et il
est impossible d’identifier Ps. callianassae à l’une ou l’autre espèce.
Source : MNHN, Paris
LES BOPYR1DAE DES MERS EUROPÉENNES
409
LISTE DES CRUSTACÉS DÉCAPODES EUROPÉENS
PARASITÉS PAR DES BOPYRIDAE
Page
Peneidae :
Penaeus semisulcatus De Haan.
Pandalidae :
Plesionika martia H. Milne Edwards.
Plesionika heterocarpus (Costa).
Plesionika antiguai Zariquiey Alvarez.
Dichelopandalus bonnieri (Kinahan) [ = Panda-
lus leptorhynchus Kinahan].
Pandalina brevirostris Rathke [= Ilippo-
lyte thompsoni, Bell].
Pandalus montagui Leach [= P. annuli-
cornis Bell.
Hippolytidae :
Caridion gordoni (Bâte).
Eualus gaimardi (H. Milne Edwards).
Spirontocaris lilljeborgi Danielsscn [= Sp.
securifrons Norman].
Spirontocaris phippsii (Kroyer) [= Hippolyte
turgida Kioyer].
Spirontocaris spinus (Sowerby) [= Hippolyte
sowerbaei Leach].
Lebbeus polaris (Sabine).
Hippolyte varions Leach.
Hippolyte inermis Leach [ = H. prideauxiana,
Leach, H. viridis Otto].
Hippolyte longirostris (Czerniavsky typique)
[= H. gracilis Czerniavsky].
Hippolyte longirostris ssp. armoricana Sol-
Hippolyte leptocerus (Heller).
Processidae :
Processa edulis (Risso).
Processa acutirostris Nouvel et Holthuis.
Processa robusta Nouvel et Holthuis.
Palaemo.nidae :
Palaemon serratus (Pennant) [= P. treillianus
H. Milne Edwards].
Palaemon squilla (Linné) [= P. adspersus
Rathke, P. rectirostris Zaddach P. leachi,
Bell].
Palaemon xiphias Risso.
Palaemon elegans Rathke [= P. squilla
Czerniavsky].
7 564030 6.
Epipenaeon ingens Nobili. 327
Pseudione affinis (G.O. Sars). 188
Pseudione affinis (G.O. Sars). 188
Pseudione affinis (G.O. Sars). 188
Pseudione affinis (G.O. Sars). 188
Bopyroides cluthae (Scott). 360
Pseudione affinis (G.O. Sars). 188
Bopyroides hippolyte (Kroyer). 352
Bopyroides cluthae (Scott). 360
Bopyroides hippolytes (Kroyer). 352
Bopyroides hippolytes (Kroyer). 352
Bopyroides hippolytes (Kroyer). 352
Bopyroides hippolytes (Kroyer). 352
Bopyroides hippolytes (Kroyer). 352
Bopyrina ocellata (Czerniavsky). 388
Bopyrina ocellata (Czerniavsky). 388
Bopyrina ocellata (Czerniavsky). 388
Bopyrina ocellata (Czerniavsky). 388
Bopyrina ocellata (Czerniavsky). 388
Urobopyrus processae Richardson. 334
Bopyrus squillarum Latreille.
Urobopyrus processae Richardson. 334
Urobopyrus processae Richardson. 334
Bopyrus squillarum Latreille. 372
Bopyrus squillarum Latreille. 372
Bopyrus squillarum Latreille. 372
Bopyrus squillarum Latreille. 372
22
Source : MNHN, Paris
410
ROLAND BOURDON
Callianassidae :
Callianassa subterranea (Montagu). |
Callianassa tyrrhena (Petagna) [= C. lati-
cauda Otto].
Callianassa truncala Giard et Bonnier. J
Upogebia deltaura (Leach). j
Upogebia pusilla (Petagna) [= U. littoralis (
Risso]. |
Upogebia stellata (Leach).
Paguridae :
Paguristes oculatus (Fabricius).
Clibanarius erythropus (Latreiile) [= Cl. misan-
thropus Risso].
Diogenes pugilator (Roux) [= D. varions
Costa].
Dardanus arrosor (Herbst).
Pagurus bernhardus (Linné).
Pagurus cuanensis Bell.
Pagurus prideauxi Leach.
Pagurus puhescens (Kieyer) [ — P. thompsoni
Bell].
Anapagurus laevis (Bell).
Anapagurus chiroacanthus (Lilljeborg).
Uroptychidae :
Chirostylus formosus A. Milne Edwards
[= Ptychogaster] .
Galatheidae :
Galathea strigosa (Linné). j
Galathea squamifera Leach. j
Galathea nexa Embleton. j
Galathea dispersa Bâte. |
Galathea intermedia (Lilljeborg).
Munida rugosa (Fabricius) [= M. bamffia (Pen-
Munida tenuimana M. Sars.
Munida perarmata A. Milne Edwards et Bou-
Munida iris ssp. rullanli Zariquiey Alvarez. ...
PoRCELLANIDAE :
Pisidia longicomis (Linné).
loue thoracica (Montagu). 82
Pseudione borealis Caspers.
lone thoracica (Montagu). 82
lone vicina Bonnier. 94
Pseudione dorhni Bonnier. 212
Gyge branchialis Comalia et Panceri. 151
Progebiophilus euxinicus (Popov). 159
Gyge branchialis Comelia et Panceri. 151
Progebiophilus euxinicus (Popov). 159
Gyge branchialis Comelia et Panceri. 151
Megachelione foresti, nov. gen., nov. sp. 302
Urocryptella fraissei (Carayon). 314
Urocryptella diogeni (Popov). 321
Asymmetrione dardani, nov. sp. 308
Pseudione hyndmanni (B. et W.). 194
Pseudione hyndmanni (B. et W.). 194
Pseudione hyndmanni (B. et Vi.). 194
Pseudione hyndmanni (B. et W.). 194
Pseudione hyndmanni (B. et W.). 194
Pseudione hyndmanni (B. et W.). 194
Pleurocryplella formosa Bonnier. 170
Pleurocrypta strigosa, (Giard et Bonnier) .... 222
Pleurocrypta piriformis nov. sp. 263
Pleurocrypta longibranchiata (B. et W.). 227
Pleurocrypta galatheae Hesse. 236
Pleurocrypta longibranchiata (B. et W.). 227
Pleurocrypta galatheae Hesse. 236
Pleurocrypta longibranchiata (B. et W.). 227
Pleurocrypta galatheae Hesse. 236
Pseudione con/usa (Norman). 182
Pleurocrypta microbranchiata G.O. Sars. 265
Pseudione crenulata G.O. Sars. 173
Pseudione crenulata G.O. Sars. 173
Pseudione crenulata G.O. Sars. 173
Pseudione ou Pleurocrypta (non décrit).
Pleurocrypta porcellanae Hesse.
PORTUNIDAE :
Macropipus arcualus (Leach).
Xanthidae :
Pilumnus hirtellus (Linné).
Xantho incisus Leach [= X. fioridus, Mon¬
tagu] .
Majidae :
Rochinia carpenteri (Norman) [ = Scyramathia\
Ergyne cervicornis Risso.
Cancricepon elegans Giard et Bonnier
Cancricepon pilula Giard et Bonnier..
Scyracepon tuberculosa Tattcrsall.
95
109
145
100
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
411
BIBLIOGRAPHIE
Allen (J. A.), 1965 a. — Bopyroides sarsi Bonnier and Pleurocrypta cluthae Scott (Isopoda Epicaridea).
Crustaceana, 9, 1 (90-92).
Allen (J. A.), 1965 b. — Observations on the bioiogy of Pandalina brevirostris (Decapoda Cruslacca).
J. mar. biol. Ass. U.K., 45 (291-304).
Allen (E. J.) et Todd (R. A.), 1902. — The fauna of the Exe estuary. J. mar. biol. Ass. U.K., 6 (295-335).
Altes (J.), 1962. — Sur quelques parasites et hyperparasites de Clibanarius erythropus (Latreille) en
Corse. Bull. Soc. Zool. France. 87 (88-97).
Altes (J.), 1965. — Etude comparée des variants sexuels abdominaux chez quelques Pagures. Arch.
Zool. exp. gen., i06 (187-376).
Amanieu (M.) et Cazaux (C.), 1965. — Contribution à la faune du bassin d’Arcachon. V. Actes Soc. Linn.
Bordeaux, 102 (1-11).
André (M.), 1940. — Sur un prétendu Acarus de Fougeroux de Bondaroy. Bull. Mus. nat. Hist. nat.
Paris, 12 (408411).
Anthony (R.), 1909. — Le Laboratoire maritime du Muséum d’Histoire naturelle (Saint-Vaast-la-Hougue)
pendant l’année 1908. Ann. Sc. nat., ser. 9, 10 (199-254).
Atkins (D.), 1933. — Pinnotherion vermiforme Giard et Bonnier, an Entoniscid infecting Pinnotheres
pisum. Proc. Zool. Soc. London, 1 (319-363).
Attardo (C.), 1955. — Contribuzione al problema dell’iperparassitism : annotazione suila biologican, la
determinazione del sesso, l’involuzione di Cabirops marsupialis (Caroli) hyperparasita di llippolyle
viridis. Riv. Biol., 47 (109-138).
Audouin (V.) et Milne-Edwards (H.), 1826. — Appendice au mémoire précédent, à l’occasion d’un petit
Crustacé Isopode qui vit sous le test de la Callianasse. Ann. Sc. nat., 9 (359-361).
Bacescu (M.), 1949. — Données sur la faune carcinologique de la Mer Noire le long de la côte bulgare.
Arb. biol. meeresst. Varna, 14 (1-24).
Baffoni (G. M.), 1950. — La castrazione parassitaria da Ione thoracica i da Parthenope subterranea un
Callianassa laticauda. Arch. oceanogr. Linn. Roma, 6 (215-224).
Baffoni (G. M.), 1953. — Modificazione metaboliche dell’epatopancreas di Callianassa laticauda nella
castrazione parassitaria. R. C. Accad. Lincei, 8 (436-442).
Barnard (K. H.), 1920. — Contributions to the Crustacean Fauna of the South Africa. Ann. S. Africa
Mus., 17 (319-438).
Barnard (K. H.), 1940. — Contributions to the Crustacean Fauna of the South Africa. XII. Further addi¬
tions to the Tanaidacea, Isopoda and Amphipoda, etc. Ann. S. Africa Mus., 32 (381-543).
Barnard (K. H.), 1950. — Descriptive catalogue of South African Decapod Crustacea. Ann. S. Africa
Mus., 38 (1-864).
Bâte (Sp.) et Westwood (J. O.), 1868. — A history of the British sessile-eyed Crustacea. II. London
(1-536).
Bâte (Sp.), 1888. — Report of the Crustacea Macrura dredged by H. M. S. Challenger during the years
1873-1876. Rep. Sc. Resuit. Voyage Challenger, Zoology, 24 (1-942).
Beltremieux (E.), 1863. — Faune de la Charente-Inférieure. Ann. Acad. La Rochelle Sc. nat.
Bohn (G.), 1901. — Des mécanismes respiratoires chez les Crustacés Décapodes. Bull. Scient. France-
Belgique, 26 (178-551).
Bonnier (J.), 1887. — Catalogue des Crustacés Malacostracés recueillis dans la baie de Concarneau. Bull.
Sc. du Nord, 10 (199-262, 296-356, 361-422).
Bonnier (J.), 1900. — Contributions à l’étude des Épicarides : les Bopyridae. Trav. Stat. Zool. fVime-
reux, 8 (1475).
Boone (P. L.), 1920. — The Isopoda of the Canadian Arctic and adjoining régions. Rep. Canad. Artic
Exp. 1913-1918, 7, Part D (140).
Boone (P. L.), 1928. — Crustacea from tropical East American seas. In Sdentific results of the first
Océanographie Expédition of the Pawnee. Bull. Bingham Océan. Coll., 1, n° 2 (1-147).
Borcea (I.), 1934. — Liste des animaux marins récoltés jusqu'à présent dans la région de la Station d’Agi-
gea (Mer Noire). Ann. Sci. Univ. Jassy, 19 (402407).
Bosc (L. A. G.), 1802. — Histoire naturelle des Crustacés. Paris, 2 (1-296).
Bouchard-Chantereaux, 1829. — In Histoire de Boulogne-sur-Mer de P. J. B. Bertrand, 2 (489).
Bouchard-Chantereaux, 1833. — Catalogue des Crustacés observés jusqu’à ce jour à l’état vivant dans
le Boulonnais. Mem. Not. Sco. Agric. Boulogne-sur-Mer (116-136).
Bourdon (R.), 1960. — Rhizocéphales et Isopodes parasites des Décapodes marcheurs de la baie de
Quiberon. Bull. Soc. Sc. Nancy, 19 (134-153).
Source : MNHN, Paris
412
ROLAND BOURDON
Bourdon (R.), 1962 a. — Observations préliminaires sur la ponte des Xanthidae. Bull. Soc. Lorraine Sc.,
n° 2 (1-28).
Bourdon (R.), 1962 b. — Ponte et migration chez Galathea squami/era (Leach). Bull. Soc. Lorraine Sc.
n° 2 (Ml).
Bourdon (R.), 1963. — Épicarides et Rkizocéphales de Roscoff. Cah. Biol, mar., 4 (415-134).
Bourdon (R.), 1964. — Épicarides et Rhizocéphales du Bassin d’Arcachon. P. V. Soc. Linn. Bordeaux,
101 (1-7).
Bourdon (R.), 1965 a. — Remarques au sujet de la nouvelle espèce Pseudione convergeas Stock, 1960
(Épicaride de la famille des Bopyridae). Cah. Biol, mar., 6 (173-179).
Bourdon (R.), 1965 b. — Inventaire de la Faune marine de Roscoff. Décapodes-Stomatopodes. Éd.
Stat. biol. Roscoff (1-45).
Bourdon (R.), 1966. — Sur quelques nouvelles espèces de Cabiropsidae. Bull. Mus. nat. Hist. nat.,
38 (846-868).
Bourdon (R.), 1967. — Sur trois nouveaux Bopyridae du Sénégal. Bull I.F.A.N., 29, ser. A, n° 1 (107-
122 ).
Brebisson, 1825. — Catalogue des Crustacés du Calvados. Mém. Soc. Linn. Calvados (30).
Brian (A.), 1951. — Sur un Épicaride parasite des Crevettes Nika edulis (Latr.) des côtes du Portugal
Arq. Mus. Bocage, n° 22 (57-61).
Buchholz (R.), 1874. — Die zweite Deutsche Nordpolarfahrt in den jahren 1869-1870. JFiss. Erg. Zool.
(269-398).
Bulgurkov (K.), 1938. — Study of Rhizocephala and Bopyridae from the Bulgarian Black Sea coast.
Arb. biol. Meereslat- Varna, 7 (69-81).
Callan (H. G.), 1940. — The effects of castration by parasites and x-rays on the secondary sex-characters
of Prawns (Leander spp.). J. Exp. biol. London, 17 (168-179).
Calman (W. T.), 1898. — On a collection of Crustacea from Puget Sound. Ann. New-York Acad. Sc.,
11, n» 13 (274-284).
Carayon (J.), 1942 a. — Sur un Épicaride nouveau, Cabirops perezi, n.sp., hyperparasite sur un Épi¬
caride du Pagure Clibanarius misanthropus. C.R.Ac. Sc. Paris, 214 (182-185).
Carayon (J.), 1942 b. — Sur les Épicarides du Bassin d’Arcachon (l r * Note). Bull. Soc. Zool. France,
67 (174-180).
Carayon (J.), 1943. — Sur les Épicarides du Bassin d’Arcachon (2 e Note). Bull. Soc. Zool. France, 68
(43-48).
Carayon (J.), 1944. — Sur un Épicaride nouveau : Gyge arcassonensis, n.sp. et sur la définition du genre
Gyge. Bull. Mus. nat. Hist. nat., 16 (238-244).
Caroli (E.), 1927. — La muta nei Caridei infestati da Bopiridi. Rend. Unione Zool. ital. (70-72).
Caroli (E.), 1928. — La fase « microniscus » di Ione thoracica (Montagu) ottenuta per allevamento su
Copepodi. Rend. Acc. Lincei, 8 (321-326).
Caroli (E.), 1929a. — Un second ospite temporaneo nello sviluppo postembrionale dei sessuale secon-
dari délia Callianassa. Arch. Zool. Ital., 13 (41-44).
Caroli (E.), 19296. — La muta nella Upogebia ospitidi Gyge. Arch. Zoll. Torino, 13 (489-492).
Caroli (E.), 1931. — Azione modificatrice dei Bopiridi e dei Rizocefali sui caracteri sessuale secondai!
délia Callianassa. Arch. Zool. Torino, 16 (316-322).
Caroli (E.), 1934. — La fissazione dei Bopiridi abdominali, parassiti dei Caridei, sull’ospite definitivo.
Boll. Zool., 5, n° 6 (233-238).
Caroli (E.), 1946. — Un Bopiridi parassita di un alto Bopiridi. Pubb. Staz. Zool. Napoli, 20 (61-65).
Caroli (E.), 1947 a. — Identité di Gyge arcassonensis Carayon con Pseudione euxinica Popov. Pubb.
Staz Zool. Napoli, 21 (148-152).
Caroli (E.), 1947 6. — Sulla presenza di Processa aequimana (Paulson) nel golfo di Napoli. Boll. Soc.
Nat. Napoli, 56 (35-37).
Caroli (E.), 1953. — Rassegna degli Epicaridei parassiti di Epicaridei finora noti, e notizia preliminare
di uno nuova (Paracabirops marsupialis) dei golfo di Napoli. Pubb. Staz. Zool. Napoli, 24 (84-91).
Carus (J. V.), 1857. — Icônes Zootomicae. Leipzig (pi. I-XXIII).
Carus (J. V.), 1885. — Prodromus faunae Mediterraneae. I. Coelenterata, Echinodermata, Vermes, Arthro-
poda. Stuttgard (1-525).
Carvalho (R. N. de), 1944. — Catalogo da Colecçâo de Invertebrados de Portugal existentes no Museu
Zoologico da Universidade de Coimbra. Mem. Est. Mus. Zool. Univ. Coimbra (1-15).
Caspers (H.), 1939. — Zwei neue Epicariden. Arten aus der Nordsee Pseudione borealis, n. sp., und
Pseudione tuberculata, n. sp. Zool. Anz., 125 (236-244).
Catalano (N.) et Restivo (F.), 1965. — Ulteriori notizie sulla Pseudione euxinica parassita di Upogebia
littoralis a Napoli. Pubb. Staz. Zool. Napoli, 34 (203-210).
Caullery (M.) et Mesnil (F.), 1901. — Recherches sur l'Hemioniscus balani Buchholz, Épicaride para¬
site des Balanes. Bull. biol. France-Belgique, 34 (316-363).
Chevreux (E.), 1883. — Crustacés Amphipodes et Isopodes des environs du Croisic. Ass. franç. Avon.
Sc. (517).
Chichkoff (G.), 1912. — Contribution à l’étude de la faune de la Mer Noire. Animaux récoltés sur les
côtes bulgares. Arch. Zool. exp. gen., N. et R., ser. 5,10 (XXIX-XXXIX).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 413
Chopra (B.), 1923. — Bopyrid Isopods parasitic on Indian Decapoda Macrura. Rec. Ind. Mus. Calcutta,
25 (411-550).
Chopra (B.), 1930. — Further notes on Bopyrid Isopods parasitic on Indian Decapoda Macrura. Rec.
Ind. Mus. Calcutta, 32 (113-147).
Code international de Nomenclature Zoologique (1961), adopté par le XV e Congrès international de
Zoologie. Publ. Int. Comm. Zool. Nomen. (1-176).
Codreanu (R.), 1941. — Sur les Pagures du littoral roumain de la Mer Noire et leurs Crustacés parasites.
An. Acad. Rom., ser. 3, 16 (1-36).
Codreanu (R.), 1960 — Sur quelques Pagures littoraux de l’Albanie et la présence du Rhizocéphale
Septosaccus cuenoti Duboscq 1911, dans l’Adriatique. Rapp. Comm. int. Méditerranée, 15 (127-140).
Codreanu (R.), 1961. — Crustacés parasites à affinités indo-pacifiques dans la Mer Noire. HycLrobiologia,
3 (133-146) [en roumain].
Codreanu (R.) et Codreanu (M.), 1959. — Données biologiques et statistiques sur un Pagure Diogenes
pugilator (Roux) de la Mer Noire et ses Crustacés parasites. Essai d’analyse de ses caractères sexuels.
Lucr. Ses. Stiint. Agigea, 21 (315-348).
Codreanu (R. et M.), 1963. — Sur plusieurs Bopyricns parasites branchiaux des Anomoures de la Mer
Noire, de la Méditerranée et du Viêt-Nam. Rapp. Comm. Explor. Int. Mer Méditer., 17 (283-285).
Codreanu (R.), Codreanu (M.) et Pire (R. B.), 1965. — Sur deux Bopyricns parasites de Pagures recueil¬
lis par M. A. Horridge dans la Mer Rouge et sur leur asymétrie. Crustaceana, 9 (225-244).
Cole (H. A.), 1958. — Notes on the biology of the common Prawn, Palaemon serratus (Pennant). Fish.
Invest., ser. 2, 22 (1-22).
Colgan (N.), 1909. — Dublin marine biological Commitee. Report for 1908. With spécial Notes on Mollus-
ca. Irish Nat. Dublin, 18 (166-177).
Cornalia (E.) et Panceri (P.), 1858. — Osservazioni zoologico-anatomiche sopra un nuovo genere di
Crostacci Isopodi sedentarii (Gyge branchialis). Mem. R. Accad. Sc. Torino, ser. 2, 19 (85-118).
Cuvier (G.), 1829. — Le règne animal, distribué d’après son organisation, pour servir de base à l’histoire
naturelle des animaux et d’introduction à l’anatomie comparée. Vol. IV-V. Les Crustacés, les Arach¬
nides et les Insectes (par Latreille). Édition Crochard, Paris.
Cuvier (G.), 1849. — Le règne animal, etc. Vol. IX. Crustacés (par H. Milne Edwards). Édition Masson,
Paris.
Czerniavsky (W.), 1868. — Materials ad zoographiam Ponticam comparatam. Fasc. 1. Crustacea sinum
Ialtensein incolentia. Lab. Congr. I. Nalur. Rossic. Petropoli (79 et 124).
Czerniavsky (W.), 1881. — Wissenschaftliche Mittheilungen. 6. Berichtigung. Zool. Anz., 4, n° 94
(528-529).
Dahl (E.), 1949. — Epicaridea and Rhizocephala from Northern Norway with a discussion of the bathy-
metrical distribution of Rhizocephala. Tromso Mus., 69 (1-44).
Dakin (W. J.), 1931. — On a new Bopyrid parasite from the coast of New South Wales. Proc. Linn. Soc.
Sc. N. S. Wales, 56 (267-272).
Danforth (C. G.), 1963. — Bopyridian (Crustacea Isopoda) parasites found in the Eastem Pacific of
the United States. Thèse. Univ. Microfilms, Inc. Ann. Arbor. Michigan, (1-110).
Delage (Y.), 1881. — Étude de l’appareil circulatoire des Édriophthalmes marins. Arch. Zool. exp.
gen., 9 (1-173).
Delye (G.), 1955. — Action d’un Bopyrien sur les caractères sexuels de Munida iris ssp. rutlanti Zariquicy
(Décapode Anomoure). Bull. Soc. Hist. nat. Afrique Nord, 46 (84-88).
Delye (G.), 1957. — Crustacés décapodes récoltés au cours de la croisière du Comité local d’Océano-
graphie et d’Études d’Algérie aux îles Habibas. Bull. Inst. Océanogr. Monaco, n° 1093 (1-8).
De Man (J. G.), 1915. — Some european species of the genus Leander, also a contribution to the fauna
of Dutch waters. Tijdschr. Ned. Dierk. Vereen. (2), Di. XIV (115-179).
Desmarest (A. G.), 1825. — Considérations générales sur la classe des Crustacés. Paris (1-446)
Dieuzeide (R.) et Goeau-Brissonnière (W.), 1951. — Les Prairies de Zostères naines et de Cymodocécs
(« Mattes ») aux environs d’Alger. Stat. Aquic. Pêche Castiglione, N.S., n° 3 (1-53).
Dollfus (R. Ph.) et Carayon (J.), 1942. — Pseudione hyndmanni (Spence Bâte et Westwood) chez Ana-
pagurus laevis Thompson. Discussion de la spécificité parasitaire de ce Pseudione. Bull. Mus. nat.
Hist. nat., 14 (445-450).
Drach (P.), 1939. — Mue et cycle d’intermue chez les Crustacés Décapodes. Ann. Inst. Océanogr.. 19
(103-391).
Eichwald (C.), 1841. — Fauna Caspio-Causasia nonnullis observationibus novis illustravit. Nouv. Mem.
Soc. Imp. Natur. Moscou, 7 (290 p.).
Fabricius (J. C.), 1798. — Supplementum Entomologiae systematicae. Hafniae (572 + 53 p.).
Fee (A. R.), 1926. — The Isopoda of Departure Bay and vicinity, with description of new species, varia¬
tions and color notes. Contr. Canada Biol. Fish, 3 (1347).
Flattely (F. W.), 1922. — A new variety of Pleurocrypta galatheae from the Northumberland coast.
Dove Mar. Lab. Cullercoast, 11 (98-101).
Forest (J.), 1966. — Campagnes du “ Professeur Lacaze-Duthiers » aux Baléares : juin 1953 et
août 1954. Crustacés Décapodes. Vie et Milieu, B. Océanographie (325413).
7 564030 6. 22 A
Source : MNHN, Paris
414
ROLAND BOURDON
Forster (G. R.), 1951. — The biology of the common Prawn, Leander serratus Pennaat. J. mar. biol.
Ass. U.K., 30 (333-360).
Fougeroux de Bondaroy (A. D.), 1772. — Sur un Insecte qui s’attache à la Chevrette. Mem. Acad,
roy. Sc., 2 (29-34).
Fraisse (P.), 1877. — Die Gattung Cryptoniscus F. Millier (Liriope Rathke). Arbeit. Zool. Zootom. Inst.
Würzburg, 4 (239-296).
Fraisse (P.), 1878. — Entoniscus cavolinii, n. sp., nebst Bemerkungen über die Umwandlung und Syste-
matik der Bopyriden. Arbeit. Zool. Zootom. Inst. Wiirbzurg, 4 (60 p.).
Gadeau de Kerville (H.), 1894. — Recherches sur les faunes marine et maritime de la Normandie.
Premier voyage dans la région de Granville et des îles Chausey. Bull. Soc. Amis Sc. nat. Rouen (55-
175).
Cadeau de Kerville (H.), 1898. — Recherches sur les faunes marine et maritime de la Normandie.
Deuxième voyage. Région de Grandcamp-les-Bains et îles Saint-Marcouf. Bull. Soc. Amis Sc. nat.
Rouen (311-447).
Isopoda in : OnPEflEJIHTEJIb OAYHbl H OJIOPbl CEBEPHblX MOPEM CCCP
rocydapcmeeHHoe uadamejibcmeo « coeemcKan Hayna» — Moscou, en russe — (pp. 241-251)
de H. C. TAEBCKHOll
Gerstaecker (A.), 1901. — Die Klassen und Ordnungen der Arthropoden wisscnschaftlich dargestellt
in Wort imd Bild. II. Crustacea. Leipzig (1-1319).
Giard (A.), 1886. — Sur l 'Entoniscus maenadis. C.R.Ac.Sc., 102 (1034).
Giard (A.), 1887. — La castration parasitaire et son influence sur les caractères extérieurs du sexe mâle
chez les Crustacés décapodes. Bull, scient, départ. Nord, 28 (1-28).
Giard (A.), 1888 a. — Sur la castration parasitaire des Eukyphotes des genres Palaemon et Hippolyte.
C.R.Ac. Sc. Paris, 106 (502).
Giard (A.), 1888 5. — Le laboratoire de Wimereux en 1888 (Recherches faunistiques). Bull, scient.
France-Belgique, 19 (206).
Giard (A.), 1890. — Le Laboratoire de Wimereux en 1889 (Recherches faunistiques). Bull, scient. France-
Belgique, 22 (257).
Giard (A.), 1899. — Coup d’œil sur la faune du Boulonnais. Œuvres diverses d’Alfred Giard, Paris, 2
(90-152).
Giard (A.), 1905. — Sur la limite septentrionale de l’habitat de Gyge branchialis. Feuille jeunes Natura¬
listes, 36, n» 421 (12).
Giard (A.) et Bonnier (J.), 1886. — Sur le genre Cepon. C.R.Ac. Sc. Paris, 103 (889).
Giard (A.) et Bonnier (J.), 1887. — Contributions à l’étude des Bopyriens. Trav. Lab. Wimereux, 5
(1-272).
Giard (A.) et Bonnier (J.), 1888. — Sur quelques nouvelles espèces de Céponiens. C.R.Ac. Sc. Paris,
107 (44).
Giard (A.) et Bonnier (J.), 1890. — Prodrome d’une monographie des Epicarides du golfe de Naples.
Bull, scient. France-Belgique, 22 (367-391).
Goodsir (H. D. S.), 1845. — Description of some animais found amongst the Gulf-weed. Ann. Mag.
Nat. Hist., 15 (73-76).
Gourret (P.), 1891. — Les Lémodipodes et les Isopodes du golfe de Marseille. Ann. Mus. Marseille,
4, fasc. 2 (1-44).
Greeve (L.), 1963. — The généra Spirontocaris, Lebbeus, Eualus and Thoralus in Norwegian waters.
Sarsia, 11 (2942).
Grieg (M. J.), 1907. — Invertébrés du fond. Croisière océanogr. Mer du Groenland en 1905 du Duc
d’Orléans. Imprimerie Scientifique, Bruxelles (503-567).
Grube (E.), 1864. — Die Insel Lussin und ihre Meeresfauna. Breslau (116 p.).
Grube (E.), 1869. — Mittheilungen über St. Vaast-la-Hougue und seine Meeres, besonders seine Anne-
liden Fauna. Verhand. Schles. Gesellsch. vaterland. Kultur.
Guérin-Méneville (F. E.), 1829. — Iconographie du Règne animal de Cuvier. Crustacés. Paris.
Guérin-Méneville (F. E.), 1829. — Iconographie du Règne animal de Cuvier. Crustacés. Paris
(56 planches).
Gurjanowa (E.), 1933. — Die marinen Isopoden der Arctis. Fauna Arctica, 6 (391470).
Hansen (H. J.), 1887. — Malacostraca marina Groenlandiae occidentaiis. Kjoebenhavn (226 p.).
Hansen (H. J.), 1897 a. — The Choniostomatidac, a family of Copepoda parasites on Crustacea Malacos¬
traca. Copenhaguen (1-205).
Hansen (H. J.), 1897 b. — Report on the dredg. operations of the West-coast of Centra America to the
Galapagos, etc. Bull. Mus. compar. Zool. Harvard Coll., 31, n° 5 (95-129).
Hansen (H. J.), 1916. — The Danish Ingolf Expédition. Crustacea Malacostraca. V. The Order Isopoda.
Copenhaguen (1-262).
Harcer (O.), 1880. — Report on the marine Isopoda of New-England and adjacents waters. Unit U. S.
Comm. Fish. and Fisher., Part VI (297462).
Hatch (M. H.), 1949. — The Chelifera and Isopoda of Washington and adjacents régions. Univ. Washing-
ton Publ. Biol. Seattle, 10 (155-274).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
415
Heller (C.), 1863. — Die Crustaceen des Südlichen Europa. IVien (1-336).
Heller (C.), 1866. — Carcinoiogische Beitrâge zur Fauna der Adriatischen Meeres. Ordnung Isopoda.
Verhandl. Zool. Bot. Gesellsch. Wien, 26 (723-750).
Henderson (J. R.), 1886. — The Dccapod and Schizopod Crustacea of the Firth of Clyde. Proc. Trans.
Nat. Hist. Soc. Glascow, N. S., 1, Part 3 (315-353).
Henderson (J. R.), 1888. — Report on the Anomura collected by H. M. S. Challenger during the years
1873-1876. The Voyage of H.M.S. Challenger, Zoology, 27 (1-221).
Herdmann (W. A.), 1894. — The marine Zoology of the Irish Sea. Rep. Brit. Ass. (318-334).
Hesse (M.), 1865 a. — Crustacés rares ou nouveaux des côtes de France. 5 e article. Pleurocrypte de la
Galathée. Ann. Sc. nat., ser. 5, 3 (226-241).
Hesse (M.), 1865 b. — Crustacés rares ou nouveaux des côtes de France. Appendice à notre 5 e article.
Pleurocrypte de la Galathée quameuse. Ann. Sc. nat., ser. 5, 4 (225-229).
Hesse (M.), 1876. — Crustacés rares ou nouveaux des côtes de France. 26* article. Nouvelles observations
sur les Isopodes sédentaires : Athelgue et Pleurocrypte. Ann. Sc. nat., ser. 6, 4 (1-48).
Hiraiwa (Y. K.), 1936. — Studies on a Bopyrid, Epipenaeon japonica Thielemann. III. Development
and life-cycle, with spécial référencé to the sex différentiation in the Bopyridae. J. Sci. Hiroshima
Univ., (Zool.), 4 (101-141).
Hoek (P. P. C.), 1882. — Die Crustaceen gesammelt wâhrend der fahrten des « Willem Barent’s » in
den jarhen 1878-1879. Niederland Arch. Zool., suppl. Bd. 1 (1-75).
Holmes (N. A.), 1966. — The bottom fauna of the English Channel. Part II. J. Mar. Biol. Ass. U.K.,
46 (401-493).
Holthuis (L. B.), 1949. — The Isopoda and Tanaidacea of tlie Netherlands, including the description
of a new species of Limnoria Zool. Meded., 30 (163-190).
Holthuis (L. B.), 1950. — Isopodes et Tanaidacés marins de la Belgique et remarques sur quelques
espèces de la zone méridionale de la mer du Nord. Bull. Mus. Hist. nat. Belgique, 26, n° 53 (1-19).
Holthuis (L. B.), 1956. — Isopoda en Tanaidacea. Fauna Nederland, 16 (1-280).
Holthuis (L. B.), 1961. — Report on a collection of Crustacea Decapoda and Stomatopoda from Turkey
and the Balkans. Zool. Verhand., n° 47 (1-67).
Hugues (T. E.), 1940. — The effects on the fat and starch metabolism of Upogebia by the parasite Gyge
branchialis. J. Exp. Biol., 17 (331-336).
Jousset de Bellesme (M.), 1882. — Carte zoologique et faune de la baie du Pouliguen. Ass. franç.
Avanc. Sc., La Rochelle.
Knowles (F. G. W.) et Callan (H. G.), 1940. — A change in the chromatophores patterns of Crustacea
at sexual maturity. J. Exp. Biol., 17 (262-266).
Koelher (R.), 1885. — Contribution à l’étude de la faune littorale des îles anglo-normandes (Jersey,
Guemesey, Herm et Sark). Ann. Sc. nat., ser. 6, 20, art. n° 4 (1-54).
Kossmann (R.), 1880. — Zoologische Ergebnisse einer Reise in den Küstengebiete der Rothen Meeres.
Leipzig (67-140).
Kossmann (R.), 1881 o. — Studien über Bopyriden : I. Gigantione moebii und allgemeines über die
Mundwerkzeuge der Bopyriden. II. Bopyrina virbii, beitage zur Kenntniss der Anatomie und Méta¬
morphosé der Bopyriden. Zeitsch. Wissensch., Zool., 35 (652-680).
Kossmann (R.), 1881 b. — Studien über Bopyriden. III. Ione thoracica und Cepon portuni. Mitt. Zool.
Stat. Neapel, 3 (149-169).
Kroyer (H.), 1838. — Grônlands Amphipoder. Del. Kongl .danske Vidensk. Selk. natur. math. Afhandl.,
3 (229-326).
Kroyer (H.), 1842. — Monographik fremstilling af slaegten Hippolyles nordiske arter. Det. Kongl.
danske Vidensk. Selk. natur. math. Afhandl., 9 (209-358).
Kroyer (H.), 1849. — Voyage de la Commission scientifique du Nord en Scandinavie, en Laponie, au
Spitzberg et aux Feroë pendant les années 1834-1840 sur la Corvette « La Recherche * publié par
ordre du roi sous la direction de P. Gaimard. Atlas, Crustacés.
Kükenthal (W.), 1927. — Handbuch der Zoologie. III. Tardigrada, Pentostomida, Myzostomida, Arthro-
poda : Allgemeines Crustacea. Berlin und Leipzig (1-1158).
Lacépède (E. de), 1803. — Histoire naturelle des Poissons. Paris, tome X (1-396).
Lamarck (J. B.), 1818. — Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, présentant les caractères géné¬
raux et particuliers de ces animaux, leur distribution, leurs classes, leurs familles, leurs genres et la
citation synonymique des principales espèces qui s’y rapportent. Vol. V. Arachnides, Crustacés,
Annélides, Cirrhipèdes. Vol. V. Paris (1-612).
Lamarck (J. B.), 1838. — Histoire des animaux sans vertèbres, etc. Vol. V. Paris (1-699).
Lameere (A.), 1933. — Précis de Zoologie. Crustacés. Inst. Zool. Torley-Rousseau (1-547).
Latreille (P. A.), 1802. — Histoire naturelle, générale et particulière, des Crustacés et des Insectes.
Paris, An XII (1-401).
Latreille (P. A.), 1806. — Généra Crustaceorum et Insectorum secundum ordincm naturalem in fami-
lias disposita, iconibus exemplisque plurimis explicata. Parisiis et Argentorati.
Latreille (P. A.), 1817. — In Le règne animal de Cuvier. IV. Crustacés.
Latreille (P. A.), 1818. — Entomologie ou histoire naturelle des Crustacés, des Arachnides et des Insectes.
In Encyclopédie méthodique, Paris.
aa a.
Source : MNHN, Paris
416
ROLAND BOURDON
Le Sueur (R. F.), 1954. — The Cumacea, Mysidacea, Amphipoda, Isopoda and Tanaidacea of the Chan-
nels Islands. Bull. Soc. Jerseyaise, 16 (207-216).
Lo BiANCO (S.), 1888. — Notizie biologiche riguardanti specialmente il periodo di maturila sessuale degli
animali del golfo di Napoli. Mitt. Zool. Stat. Neapel, 8 (385-440).
Lo Giudice (P.), 1908. — Modificazioni negli organi di locomozione délia Gyge branchialis indottc dal
passaggio dalla vite libéra alla vite parassitaria e vice-versa. Zeitchr. Wissen. Zool, 91 (52-80).
Lucas (H.), 1840. — Histoire naturelle des Crustacés, des Arachnides et des Myriapodes. Paris (1-600).
Lucas (H.), 1883. — Sur le genre Bopyrus. Ann. Soc. Entomol. France, (6), 3 (CXIV).
Lucas (H.), 1886. — Sur le genre Ione, Ann. Soc. Entomol. France, (6), 6 (LXXVI1I).
Mac Intosh (Pr.), 1927. — Additions to the marine fauna of St. Andrews since 1874. Ann. Mag. Nat.
Hist., ser. 9, 20 (116-117).
Maitland (R. T.), 1897. — Prodrome de la faune des Pays-Bas et de la Belgique flamande ou énuméra¬
tion systématique de tous les animaux y observés depuis 1679-1897 excepté les Araignées et les
Insectes. BIz. I. IX (1-62).
Marcussen (E.), 1867. — Zur fauna der schwarsen Meeres. Arch. Naturgesch., 33 (357-361).
Massy (A. L.), 1912. — Report of a survey of trawling grounds on the coasts of Counties Down, Louth,
Meath and Dublin. Part III. Invertebrate Fauna. Fish. Ireland Invest. (82-170).
Mathias (P.), 1938. — Sur la résistance de Palaemon squilla et de Crangon vulgaris à la diminution de
salure de l’eau. Bull. Soc. Zool. France, 63 (337-343).
Meinert (F.), 1877. — Crustacea Isopoda, Amphipoda et Decapoda Daniae : ... Krebsdyr. Naturhist.
Tidsschrift., 12 (57-512).
Metzger (A.), 1873. — Physikalische und faunistische untersichungen in der Nordsee. In Bericht iiber
die Expédition zur physikalisch-chemischen und biologischen untersuchung der Ostsee im sommer
1871 auf S. M. Aviso-dampfer Pommerenia. Kiel, Crustacea (172-174).
Miers (E. J.), 1877. — Report of the Crustacea collected by the naturalists of the Arctic Expédition in
1875-1876. Ann. Mag. Nat. Hist., ser. 4, 20 (52-66).
Milne Edwards (A.) et Bouvier (E. L.), 1894. — Crustacés décapodes provenant des campagnes du
yacht 1’ « Hirondelle » (1886,1887, 1888). l rc partie. Brachyoures et Anomoures. Res. Camp. Scient.
d’Albert de Monaco (1-112).
Milne Edwards (H.), 1840. — Histoire naturelle des Crustacés. Paris, 3 (1-605).
Monod (Th.), 1923. — Notes carcinologiques (Parasites et Commensaux). Bull. Inst. Océanogr. Monaco,
n° 427 (1-23).
Monod (Th.) 1932. — Sur quelques Crustacés de l’Afrique occidentale. Bull. Comm. Études hist. scient.
A.O.F., 15 (456-548).
Monod (Th.), 1933. — Mission Robert-Ph. Dolfuss en Égypte. Tanaidacea et Isopoda. Mem. Inst. Égypte,
21 (161-264).
Montagu (G.), 1808. — Description of the several marine animais found on the coast of Devonshire.
Trans. Linn. Soc. London, 9 (103-104).
Moore (E.), 1839. — Catalogue of the Malacostracans Crustacea of South Devon. Ann. Mag. Nat. Hist.,
3 (284-294).
Moore (H. B.), 1937. — Marine faune of Isle of Man. Crustacea. Proc. Liverpool Biol. Soc., 50 (87-142).
Motas (C.), 1932. — Un Bopyrian parazit al Caridelor din Marea Neagra. Rev. stiintif., V, Adamachi,
18, (105-106).
Motas (C.) et Baleanu (A.), 1936. — Sur un Bopyrien parasite d’une espèce d’Hippolyte de la Mer Noire.
C.R.Ac. Sc. Roumanie, 1, n° 3 (231-232).
Motas (C.) et Baleanu (A.), 1937. — Notes sur Bop)rina giardi, Épicaride parasite d’Hippolyte varians,
suivies de quelques observations sur son hôte. Ann. Univ. Jassy, 23 (172-174).
Mouchet (S.), 1931. — Présence d’un Céponien dans une Galathée. Bull. Soc. Zool. France, 56 (504-506).
Müller (F.), 1862. — Die Rhizocephalen, eine neue Gruppe schmarotzender Kruster. Arch. Naturgesch.,
28 (1-9).
Newell (G. E.), 1954. — The marine fauna of Whistable. Ann. Mag. Nat. Hist., ser. 12, 7 (322-350).
Nierstrasz (H. F.) et Brender-à-Brandis (G. A.), 1923. — Die Isopoden der Siboga Expédition II.
Isopoda. Genuinal Epicaridae. Siboga-Expedition, 95, Monographie 32 b (57-121).
Nierstrasz (H. F.) et Brender-à-Brandis (G. A.), 1925. — Bijdrage tôt de kennis der Fauna van Curaçao.
Bijdr. Dierk. Amsterdam, 24 (1-8).
Nierstrasz (H. F.) et Brender-à-Brandis (G. A.), 1926. — Epicaridea, in Grimpe und Wagler. Tier-
welt Nord und Ostsee (1-56).
Nierstrasz (H. F.) et Brender-à-Brandis (G. A.), 1929. — Papersjfrom Dr. Th. Mortensen’s Pacific
Expédition 1914-1916. 48. Epicaridea I. Vidensk. Medd. Dansk Naturh., 87 (1-44).
Nierstrasz (H. F.) et Brender-à-Brandis (G. A.), 1931. — Papers from Dr. Th. Mortensen’s Pacific
Expédition 1914-1916. 57. Epicaridae IL Vidensk. Medd. Dansk. Naturh., 91 (147-226).
Nierstrasz (H. F.) et Brender-à-Brandis (G. A.), 1932. — Aite und neue Epicaridea. Zool. Am., iOl
(90-100).
Nobili (G.), 1906. — Nuovi Bopiridi. Atti Acad. Sc. Torino, 41 (1098-1113).
Nobre (A.), 1931. — Crustaceos Décapodes e Stomatopodes marinhos de Portugal. Porto (1-307).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
417
Norman (A. M.), 1869. — Last report on dredging among the Shetlands Islands. Brist. Ass. Avd. Sci. (288).
Norman (A. M.), 1886. — Muséum Normanianum, a catalogue of the Iuvertebrata of Europe, the Arctic
and North Atlantic Océans contained in the collections of the Rev. A. M. l'Jorman. Part III. Crusta-
cea. Houghton-le-Spring (26 p.).
Norman (A. M.), 1902. — Notes on the natural history of East Finmark. Ann. Mag. Nat. Hist., ser. 7,
10 (476-477).
Norman (A. M.), 1905 a. — Revised nomenclature of the species described in Bâte and Westwood’s
« Bristish sessile-eyed Crustacea ». Ann. Mag. Nat. Hist., ser. 7, 16 (78-95).
Norman (A. M.), 1905 b — Muséum Normanianum, a catalogue of the Invertebrata of the Arctic and
North Atlantic temperate Océan and Palaearctic Région which are contained in the collections of the
Rev. A. M. Norman. Part III. Crustacea. 2 e édition, Durham (47 p.).
Norman (A. M.), 1907. — Notes on the Crustacea of the Channel Islands. Ann. Mag. Nat. Hist., ser. 7,
20 (356-371).
Norman (A. M.) et Scott (Th. ), 1906. — The Crustacea of Devon and Cornwall. London (1-232).
Nouvel (L.), 1933. — Sur la mue des Leander serratus parasités par Bopyrus fougerouxi. C.R.Ac. Se.
Paris, 196 (811-812).
Nouvel (L.), 1936. — Contribution à l’étude de la mue, de la croissance et de la régénération chez les
Crustacés Natantia. Thèse Univ. Paris, Bruxelles (1-161).
Nouvel (H.) et Holthuis (L. B.), 1957. — Les Processidae (Crustacea Decapoda Natantia) des eaux euro¬
péennes. Zool. Verhand., n° 32 (1-53).
Ohlin (A.), 1895. — Bidreg till kSnnedommen om Malakostrakafauna i Baffin Bay och Smith Sound.
Afh. Mus. Lund, 22 (1-70).
Osorio ( .), 1894. — Crustaceos do norte de Portugal. J. Sci. Lisboa, 3 (189-197).
Pannikar (N. K.) et Sproton (N. G.), 1941. — Osmotic relations of some metazoan parasites (Lernaeocera
and Bopyrus). Parasitology, Cambridge, 33 (214-223).
Patience (A.), 1911. — Clyde Marine Fauna. Supplementary List. Scott. Mar. Biol. Ass.
Pearse (A. S.), 1930. — Parasites of Fukien Crabs. Proc. Nat. Hist. Soc. Fukien, 3 (10-18).
Pearse (A. S.), 1932. — New Bopyrid isopod Crustaceans from Dry Tortugas, Florida. Proc. U.S. Nat.
Mus., 81, n» 2924 (1-6).
Pérez (Ch.), 1922. — Sur deux Crustacés parasites de la Galathea squamifera. Bull. Soc. Zool. France,
47 (132-133).
Pérez (Ch.), 1923 o. —- Sur la mue des Crustacés décapodes parasités par les Épicarides. C.R.Ac. Sc.
Paris, 176 (1763-0000).
Pérez (Ch.), 1923 b. — Sur la castration des Crustacés décapodes parasités par les Épicarides. C.R.Ac.
Sc. Paris, 176 (1934-1936).
Pérez (Ch.), 1924 a. — Sur la transformation des formes cryptonisciennes en mâles chez les Bopyriens.
Ass. franç. Avanc. Sc., Liège.
Pérez (Ch.), 1924 b. — Castration parasitaire du Xantho. Bull. Soc. Zool. France, 49 (345-346).
Pérez (Ch.), 1927. — Études sur la morphologie des Crustacés décapodes. I. Caractères sexuels de l’abdo¬
men chez les Galathéidés. Bull. biol. France-Belgique, 61 (264-291).
Pérez (Ch.), 1931. — Notes sur les Épicarides et les Rhizocéphales des côtes de France. VI. Épicarides
fourvoyés dans le coelome des Crustacés décapodes. VII. Peltogaster et Liriopsis. Bull. Soc. Zool.
France, 56 (506-512).
Pérez (Ch.), 1934. — Notes sur les Épicarides et les Rhizocéphales des côtes de France. VIII. Infection
simultanée des Pagures par un Athelges et un Rhizocéphale. Arch. Zool. exp. gen., 75 (541-565).
Pérez (Ch.), 1935. — Titres et travaux scientifiques. Paris, 2 (119-260).
Pesta (O.), 1918. — Die Decapodenfauna der Adria. Leipzig und Wien (1-500).
Pire (R. B.), 1947. — L.M.B.C. Mémoires. XXXIV. Galathea. Univ. Press Liverpool (1-179).
Pire (R. B.), 1953. — The Bopyride parasites of the Anomura from British and Irish waters. Joum.
Linn. Soc. London, Zoology, 42, n° 285 (219-236).
Pire (R. B.), 1960. — The biology and post-larval development of the Bopyrid parasites Pseudione affinis
G. O. Sars and Hemiarthrus abdominalis (Kreyer). Journ. Linn. Soc. London. Zoology, 44, n°297
(239-251).
Pire (R. B.), 1961. — Observations on Epicaridea obtained from Hermit-Crab in British waters, with
notes on the longevity of the host-species. Ann. Mag. Nat. Hist., ser. 13, 4 (225-240).
Pire (R. B.) et Williamson (D. I.), 1959. — Observations on the distribution and breeding of Bristish
hermit crabs and the stone crab (Crustacea : Diogenidae, Paguridae and Lithodidae). Proc. Zooi.
Soc. London, 132 (551-567).
Pillai (N. K.), 1954. — A preliminary note on the Tanaidacea and Isopoda of Travancore. Bull. Centr.
Res. Inst. Univ. Travancore, 3 C (1-21).
Plymouth Marine Invertebrate Fauna, 1904. J. mar. biol. Ass. U.K., 6 (155-298).
Plymouth Marine Fauna, 1931. 2 e édition. Published by Mar. biol. Assu U.K., (1-371).
Plymouth Marine Fauna, 1957. 3 e édition. Published by Mar. biol. Assu. U.K. (1-457).
Popov (V. K.), 1929. — Les Rhizocéphales et les Bopyrides de la baie de Sébastopol. Trav. Stat. biol.
Sébastopol, 1 (1-26) [en russe].
Source : MNHN, Paris
418
ROLAND BOURDON
Qasi (M. H.). 1959. — Some bopyrid Isopods of West Pakistan. Scientist, Karachi, 3 (55-62).
Rathke (H.), 1837 a. — De Bopyro et Nereïde, commentations anatomico-physiologicae duae. Rigae
et Dorpati.
Rathke (H.), 1837 b. — Zur entwicklungsgeschichte der Crustaceen (Bopyrus, Idothea, Ligia, Janira),
in Zur Morphologie, Reisebemerk. aus Taurien. Riga und Leipzig (42-71).
Rathke (H.), 1837 c. — Beitrag zur Fauna der Krym. Mem. Acad. imp. Sc. St. Petersbourg, 3 (241).
Rayner (G. M.), 1935. — The Falkland species of the Crustacean genus Munida. Discovery Report, 10
(209-245).
Reinhard (E. G.), 1949. — Experiments on the détermination and différentiation of sex in the Bopyrid
Stegophryxus hyptius Thompson. Biol. Bull. Wood’s Hole, 96 (17-31).
Reverberi (G.), 1941. — Sul determinismo dei caratteri sessuali secondari e sulla femminilizzazzione
da parassitismo nei Crostacei. Boll. Zool., 12 (187-198).
Reverberi (G.), 1942. — Dati sulla transformazione del sesso nei Crostacei per opéra del parassitismo
da Epicaridei. Pubb. Staz. Zool. Napoli, 19 (56-70).
Reverberi (G.), 1943. — Sul significaro délia « castrazione parassitaria ». La trasformazione del sesso nei
Crostacei parassitati da Bopiridi e da Rizocefali. Pubb. Staz. Zool. Napoli, 19 (226-317).
Reverberi (G.), 1945. — La determinazzione del sesso nei Crostacei e i fenomeni délia castrazione parassi¬
taria. Rend. Ist. Lombardo, 78 (217-246).
Reverberi (G.), 1947 a. — Ancora sulla trasformazione sperimentale del sesso nei Bopiridi. La trasfor¬
mazione délia femmine giovanili in maschi. Pubb. Staz. Zool. Napoli, 21 (81-91).
Reverberi (G.), 1947 b. — Ulterior annotazione biologiche sulla Callianassa laticauda parassitata délia
Ione thoracica. Rend. Acad. Lincei, (8), 2 (345-347).
Reverberi (G.), 1950. — Parassitismo, iperparrasitismo e « castrazione parassitaria » nei Crostacei. Boll.
Zool., 17 (89-90).
Reverberi (G.), 1952. — Parassistismo, iperparassitismo e sesso neo Crostacei. Pubb. Staz. Zool. Napoli,
23, (284-295).
Reverberi (G.) et Catalano (N.), 1963. — Paracabirops marsupialis (Caroli) parassita di Gyge branchia-
lis. Pubb. Staz. Zool. Napoli, 33 (128-140).
Reberberi (G.) et Pitotti (M.), 1942. — 11 ciclo biologico e la determinazione fenotipica del sesso di
Ione thoracica Montagu, Bopiride parassita di Callianassa laticauda Otto. Pubb. Staz. Zool. Napoli,
19 (111-184).
Richardson (H.), 1901. — Key to the Isopods of the Atlantic coast of the North America, with descrip¬
tions of new and little knowns species. Proc. U.S. Nat. Mus., 27, n u 1222 (494-579).
Richardson (H.), 1904. — Contributions to the natural history of the Isopoda. Proc. U. S. Nat. Mus.
27, n° 1350 (1-89).
Richardson (H.), 1905 o. — A monograph on the Isopods of North America. Bull. U. S. Nat. Mus.,
n° 54 (1-727).
Richardson (H.), 1905 b. — Isopods from the Alaska Salmon Investigation. Bull. Bur. Fish. for 1904,
24 (209-221).
Richardson (H.), 1909. — Isopods collected in Northwest Pacific by the U.S. Bureau of Fisheries Steamer
« Albatross » in 1906. Proc. U.S. Nat. Mus., 37 (75-129).
Richardson (H.), 1910. — Marine Isopods collected in the Philippines by the U.S. Fisheries Steamer
« Albatross » in 1907-1908. Washingt. D.C. Dept. Comm. Lab. Bur. Fish., doc. n° 736 (44 p.).
Riedl (R.), 1963. — Fauna und Flora der Adria. Hamburg und Berlin (1-640).
Risso (A.), 1816. — Histoire naturelle des Crustacés des environs de Nice. Paris (1-175).
Risso (A.), 1826. — Histoire naturelle des principales productions de l'Europe méridionale et principale¬
ment de celles des environs de Nice et des Alpes maritimes. Paris et Strasbourg, vol. V. Crustacés
(137-142).
Riugin (K. M. de), 1915. — La faune du golfe de Kola et les conditions de son existence. Petrograd Mus.
Ac. Sc., ser. 8, 34, n° 1 (en russe).
Rodriguez, 1886. — Historia natural de las Baléares. Zoologie. Adiciones a la fauna balear. Mahon,
B. Fabregues impr.
Romano (A.), 1953. — Su di Cabiropsidae parasite di Bopyrina virbii. Boll. Zool., 20 (83-87).
Rouch (H.) et Taberly (G.), 1961. — Étude d’un Épicaride Bopyridae, parasite branchial de Processa
acutirostris Nouvel et Holthuis. I. Description de la femelle gravide et du mâle. Bull. Inst. Oceanogr.
Monaco, n° 1203 (1-23).
Rouch (H.) et Taberly (G.), 1962. — Étude d’un Épicaride Bopyridae, parasite branchial de Processa
acutirostris Nouvel et Holthuis. IL Description des larves cryptoniscienne et épicaridienne. Bull.
Inst. Océanogr. Monaco, n° 1257 (1-15).
Sars (G. O.), 1882. — Oversight af Norges Crustaceer med forelebige Bemaerkninger over de nye eller
mindre bekjendte Arter. I. (Podophthalmata-Cumacea-Isopoda-Amphipoda). Christiana Vidensk.
Selk. Forhandl., n° 18 (1-124).
Sars (G. O.), 1886. — Norske Nordhavs-Expedition 1876-78. XV. Crustacea, Part IL Christiana (1-96).
Sars (G. O.), 1899. — An account of the Crustacea of Norway. IL Isopoda. Bergen (1-270).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 419
Savant (K. B.) et Kewalramani (H. G.), 1964. — On a new record of host species ( Palaemon tenuipes )
of Isopod parasite, Bopyrus. Current Sri. India, 33 (7) [217].
SjHLEGEL (C.), 1912. — Recherches faunistiques sur les Crustacés Décapodes Reptantia de la région de
Roscoff. II. Palinura, Astacura, Anomura (Thalassinidea et Galatheidea). Mém. Soc. Zool. France,
25 (233-252).
Scott (Th.), 1897. — Marine Fishes and Invertebrates of Loch Tyne. 15 e Animal Rep. o/Fish Boord
Scotland.
Scott (Th.), 1899. — Report on the marine and fresh-water Crustacea from Franz-Joseph Land. Journ.
Linn. Soc. London, Zoology, 27 (60-126).
Scott (Th.), 1901. — Land, fresh-water and marine Crustacea. In Fauna, Flora and Geology of the Clyde
area. Edited by EUiot, Laurie and Murdoch. British Ass. Handboock, Glascow (328-358).
Scott (Th.), 1902. — Notes on Scottish Crustacea. Ann. Mag. Nat. Hist., ser. 7, 10 (1-5).
Sède (P. de), 1885. — Le Bopyre du Palémon. Revue des Sciences, 13 (35-36).
Shiino (S. M.), 1933. — Bopyrids from Tanabe Bay. Mem. Coll. Sc. Kyoto lmp. Univ., ser. B, 8 (249-300).
Shiino (S. M.), 1934. — Bopyrids from Tanabe Bay IL Mem. Coll. Sc. Kyoto lmp. Univ., ser. B, 9 (257-
287).
Shiino (S. M.), 1936. — Bopyrids from Tanabe Bay III. Mem. Coll. Sc. Kyoto lmp. Univ., ser. B, 11
(157-174).
Shiino (.S M.), 1937. — Bopyrids from Tanabe Bay IV. Mem. Coll. Sc. Kyoto lmp. Univ., ser. B, 12
(479-493).
Shiino (S. M.), 1939. — Bopyrids from Kyûsyû and Ryûkyû. Rec. Oceanogr. Works Japon, 10 (79-99).
Shiino (S. M.), 1942 a. — Bopyrids from the South Sea Islands with description of a hyperparasitic
Cryptoniscid. Palao Trop. Biol. Stat. Stud., 2 (437-458).
Shiino (S. M.), 1942 b. — On the parasitic Isopods on the family Entoniscidae, especially those found
in the vicinity of Seto. Mem. Coll. Sc. Kyoto lmp. Univ., ser. B, 17 (1-76).
Shiino (S. M.), 1949 a. — On two Bopyrid parasites belonging to the genus Orbione. Bull. Biogeogr.
Soc. Japon, 14 (51-55).
Shiino (S. M.), 1949 b. — On the généra of Bopyridae found in Japan. Bull. Biogeogr. Soc. Japon, 14
(57-63).
Shiino (S. M.), 1950. — Note on some new Bopyrids from Japan. Journ. Mie Medical Coll., 1 n° 2 (151-
167).
Shiino (S. M.), 1951. — Some Bopyrid parasites found on the Decapod Crustaceans from the waters
aiong Mie Préfecture. Rep. Fac. Fish. Pref. Mie Univ., 1 (26-40).
Shiino (S. M.), 1958. — Note on the Bopyrid Fauna of Japan. Rep. Fac. Fish. Pref. Mie Univ., 3 (29-74).
Shiino (S. M.), 1965. — Phylogeny of the généra within family Bopyridae. Bull. Mus. nat. Hist. nat.,
37 (462-465).
Sinel (J.), 1907. — A contribution to our knowledge of the Crustacea of the Channels Islands. Guernesey
Trans. Soc. Nat. Sri., 2 (212-225).
Smith (S. I.), 1879. — Notes on New-England Isopoda. Proc. U.S. Nat. Mus., 2 (157).
Sollaud (E.), 1912. — Les métamorphoses du « Bouquet » : Leander serratus Pennant. C.R.Ac. Sc. Paris,
154 (664).
Sollaud (E.), 1916. — Recherches sur la bionomie des « Palémonidés » des côtes de France. Rec. Fonds
Bonaparte, 1 (69-70).
Sollaud (E.), 1954. — Sur deux espèces de crevettes nouvelles pour la faune marine des côtes de Bre¬
tagne : Periclimenes amethysteus (Risso) et Hippolyte leptocerus (Heiier) [Decapoda Natantia].
Bull. Lab. Dinard, 44 (4-6).
Sollaud (E.), 1965. — In Inventaire de la Faune marine de Roscoff. Notes sytématiques : n° 1. Ed. Stat.
biol. Roscoff (39).
Soot-Ryen (T.), 1927. — The Folden Fjord. III. Isopoda, Cumacea, Ostracoda and Pycnogonida. Ttomse
Mus. Skrift, 1, Part V (15-20).
Sparre-Schneider (J.), 1926. — Tromsosundets Amphipoder, Isopoder og Cumaceer. Tromso Mus.
Arshefter, 47 (1-73).
Spooner (G. M.), 1957. — Epicaridea, in Plymouth Marine Fauna, 3° édition (204-207).
Stalio (L.), 1877. — Catalogo metodico e descritt.vo dei Crostacei delI’Adriatico. Atti R. Isti. Venet.,
ser. 5, 3 (355-1420).
Stebbing (T.R.R.), 1893. — A history of Crustacea : Recent Malacostraca. The Intern. Scient. Sériés,
74 (1-466).
Stebbing (T. R.R ), 1904. — Fauna and Geography of the Maldive and Laccadive Archipelagos. Marine
Crustaceans. XII. Isopoda, with description of a new genus. Edited by J. Stanley Gardiner, Cambridge,
2, Part 3 (699-721).
Stebbing (T. R. R.), 1910. — Isopoda from the Indian Océan and Bristish East Africa. Trans. Linn.
Soc. London, Zoology, 14, Part 1 (83-122).
Stephensen (K.), 1912. — Report on the Malacostraca collected by the « Tjalfe » Expédition especially
at W. Greenland. Rep. Nath. Medd., 64 (57-134).
Stephensen (K.), 1916. — Zoogeographical investigations of certain fjords in Southern Greenland, with
spécial reference to Crustacea, etc. Medd. Gmnland, 53 (378).
Source : MNHN, Paris
420
ROLAND BOURDON
Stephensen (K.) ) 1936. — Crustacea varia in the Godthaab Expédition 1928. Medd. Crenland, 80 (1-38).
Stephensen (K.), 1940. — Marine Isopoda and Tanaidacea. The Zoology of Iceland, 3, Part 27 (12-13).
Stephensen (K.), 1948. — Storkrebs. IV. Ringkrebs. Danmark Fauna, 53 (1-187).
Stimpson (W.), 1864. — Description of new species of marine Invertebrata from Puget Sound collected
by the naturalists of the North-West Boundary Commission. Proc. Acad. Nat. Sc. Philadelphie (140-
156).
Stock (J. H.), 1960. — Notes on Epicaridea. I. A remarkable case of parasitic convergence in Pleurocrypta
and Pseudione. Crustaceana, l (28-33).
Stossich (M.), 1880. — Prospetto délia Fauna del Mare Adriatico. Boll. Soc. Adriat. Sc. Nat., 6 (178-271).
Tattersall (W. H.), 1905. — The Marine Fauna of coast of Ireland. Part V. Isopoda. Départ. Agric.
Techn. Instr. for Ireland, Fisheries Branch (1-90).
Tattersall (W. H.), 1912. — Clare Island survey. Marine Isopods and Tanaidacea. Dublin Proc. R.
Irish Acad., 3i (1-6).
Tattersall (W. H.), 1931. — Epicaridea, in Plymouth Marine Fauna, 2° édition.
Tchernigovtzeff (C.), 1960. — Nouvelles observations sur la mue de Bopyrusfougerouxi, Isopode para¬
site de Leander serratus (Pennant). C.R.Ac. Sc. Paris, 250 (188-189).
Fhiriot (A.), 1963. — Variations saisonnières des Crustacés planctoniques de la région de Roscoff (excepté
les Copépodes). Thèse 3 e cycle, Univ. Paris (74 p. ronéotées).
Thompson (W.), 1848. — Additions to the fauna of Ireland Ann. Mag. Nat. Hist., ser. 2, 1 (62-65).
Tucker (B. W.), 1929. — Mode of feeding of the Bopyridae. Nature, London, 124 (985).
Tucker (B. W.), 1931. — Effects of an Epicaridian parasite, Gyge branchialis on Upogebia litloralis.
Quart. Journ. Micr. Sc., 74 (1-118).
Turquier (Y.), 1962. — Les Décapodes Natantia de la région de Luc-sur-Mcr. Diplôme Études supé¬
rieures, Univ. Caen (65 p. ronéotées).
Tuzet (O.), Manier (J. F.) et Ormières (R.), 1959. — Recherches sur l’appareil digestif de quelques
Isopodes (Anatomie, histologie, cytologie). Bull. Soc. Zool. France, 84 (505-531).
Van der Hoeven (P. P. C.), 1828. — Handboek der Dierkunde, of Grondbeginsels der Natuurlijkc Ges-
chiedenis van het Dierenrijk, vol. I, blz. I-III (1-172), V, VI (173-446).
Van Name (W. G.), 1921. — Isopods of the Belgian Congo. Bull. Amer. Mus. Nat. Hist., 43 (67-72).
Veillet (A.), 1945. — Recherches sur le parasitisme des Crabes et des Galathécs par les Rhizocéphales
et les Épicarides. Ann. Inst. Océanogr., 22 (194-341).
Veillet (A.), Dax (J.) et Vouaux (A. M.), 1963. — Inversion sexuelle et parasitisme par Bopyrina virbii
(Walz) chez la Crevette Hippolyte inermis (Leach). C.R.Ac. Sc. Paris, 256 (790-791).
Vernet-Cornubert (G.), 1958. — Recherches sur la sexualité du Crabe Pachygrapsus marmoratus
(Fabricius). Arch. Zool. exp. gen., 96 (101-276).
Wagner (N.), 1863. — Compte rendu des recherches zoologiques faites sur les côtes de Crimée en 1863.
Kazan (en russe).
Wahrberg R.), 1929. — Sveriges marina och lacustra Isopoder. Medd. Gôteborg Mus. Zool., scr. B,
Band 1, n° 9 (1-76).
Walz (R.), 1882. — Ueber die Familie der Bopyriden mit besonderer Beriichsichtigung der Fauna des
Adrias. Arb. Zool. Inst. Univ. Wien, 4 (125-200).
Weber (M.), 1884. — Die Isopoden gesammelt wâhrend der fahrten des « Willem Barents » in das Nôrs-
liche Eismeer in den jahren 1880 und 1881. Bidjr. Dierkunde (39 p.).
White (A.), 1857. — A popular history of British Crustacea comprising a familiar account of their classi¬
fication and habits. London (360 p.).
Zariquiey Alvarez (R.), 1958. — Decapodos espanoles. XII. Accion de un bopirido sobre los carac¬
tères sexuales de dos especies del gen. Munida Leach. Invest. Pesq., 1 i (101-104).
Zariquiey Alvarez (R.), 1962. — Campaiia carcinologica del verano de 1960. Invest. Pesq., 21.
Zariquiey Alvarez (R.). — Campana carcinologica del verano de 1961 en el litoral de la provincia de
Gerona. Invest. Pesq., 22 (145-156).
Yoshida (M.), 1952. — On the breeding character of the shrimp, Leander serrifer, parasitized by Bopy-
rids. Annot. Zool. Japon, 25 (362-365).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES 421
TABLE DES MATIÈRES
Page
Introduction. 79
La FAMILLE DES BOPYRIDAE (p. 80). CLASSIFICATION, CLÉ DES GROUPES (p. 80).
A. Groupe CEPON
Caractéristiques. Clé générique. 81
I. Genre IONE Latreille. Caractères distinctifs des deux espèces européennes. 82
1. Ione thoracica (Montagu). 82
Description : adulte (p. 83), cryptoniscien (p. 86), formes juvéniles (p. 88). Variation
intra-spécifique (p. 89). Hôtes et distribution géographique (p. 91). Biologie (p. 92).
Statistiques d’infestation (p. 93). Influence du parasitisme sur l’hôte (p. 94). Infestations
bilatérales et simultanées (p. 94).
2. Ione vicina Bonnier. 94
Remarques systématiques (p. 94). Hôte et distribution géographique (p. 95). Influence
du parasitisme sur l’hôte (p. 95). Infestations simultanées (p. 95).
II. Genre ERGYNE Risso. 95
3. Ergyne cervicornis Risso. 96
Description : adulte (p. 96), formes juvéniles (p. 98). Hôte et distribution géographique
(p. 99).
III. Genre SCYRACEPON Tattersall. 99
4. Scyracepon tuberculosa Tattersall. 100
Description : adulte (p. 100). Remarques systématiques (p. 101). Hôte et distribution
géographique (p. 101).
Appendix au genre Scyracepon. Données descriptives complémentaires sur Sc. levis
Bamard : adulte (p. 102), épicaridien (p. 102).
IV. Genre CANCRICEPON Giard et Bonnier. 103
Les espèces du genre Cancricepon . 106
5. Cancricepon elegans Giard et Bonnier. 109
Description : adulte (p. 109), épicaridien (p. 113), cryptoniscien (p. 113), formes juvéniles
(p. 115). Variation intra-spécifique (p. 119). Hôte et distribution géographique (p. 120).
Biologie : fixation du parasite (p. 121), évolution (p. 129), reproduction (p. 133). Statis¬
tiques d’infestation (p. 136). Influence du parasitisme sur l’hôte (p. 140). Infestations
bilatérales et simultanées (p. 142).
6. Cancricepon pilula Giard et Bonnier. 145
Biologie (p. 145). Statistiques d’infestation (p. 147). Infestations bilatérales et simultanées
(p. 149).
Source : MNHN, Paris
422
ROLAND BOURDON
B. Groupe PSEUDIONE
Caractéristiques et remarques. Clé générique. 150
V. Genre GYGE Comalia et Panceri. 151
7. Gyge branchialis Comalia et Panceri. 151
Description : adulte (p. 151), épicaridien (p. 155), forme juvénile (p. 156). Variationi ntra-
spécifique (p. 156). Remarques systématiques (p. 157). Hôtes et distribution géographique
(p. 157). Biologie (p. 158). Statistiques d'infestation (p. 158). Influence du parasitisme
sur l’hôte (p. 158). Parasite p. (159).
VI. Genre PROGEBIOPHILUS R. et M. Codreanu. 159
8. Progebiophilus euxinicus (Popov). 159
Description : adulte (p. 160, épicaridien (p. 162), cryptoniscien (p. 163), formes juvéniles
(p. 164). Variation intra-spécifique (p. 166). Remarques systématiques (p. 168). Hôtes et
distribution géographique (p. 169). Biologie (p. 169). Statistiques d'infestation (p. 169).
VII. Genre PLEUROCRYPTELLA Bonnier. 170
9. Pleurocryptella formosa Bonnier. 170
Description : adulte (p. 170). Remarques systématiques (p. 172). Hôte et distribution
géographique (p. 172).
VIII. Genre PSEUDIONE Kossmann. Clé des espèces européennes. 172
10. Pseudione crenulata G. O. Sars. 173
Description : adulte (p. 173), épicaridien (p. 176), cryptoniscien (p. 176), formes juvé¬
niles (p. 178). Variation intra-spécifique (p. 178). Remarques systématiques (p. 179).
Hôtes et distribution géographique (p. 181). Biologie (p. 181).
11. Pseudione confusa (Norman). 182
Description : adulte (p. 182). Variation intra-spécifique (p. 185). Remarques systéma¬
tiques (p. 186). Hôtes et distribution géographique (p. 188). Infestations simultanées
(p. 188).
12. Pseudione affinis (G. O. Sars). 188
Description : adulte (p. 190). Variation intra-spécifique (p. 191). Remarques systéma¬
tiques (p. 193). Hôtes et distribution géographique (p. 194). Biologie (p. 194).
13. Pseudione hyndmanni (Bâte et Westwood). 194
Description : adulte (p. 195), épicaridien (p. 198), cryptoniscien (p. 199), formes juvéniles
(p. 200). Variation intra-spécifique (p. 201). Remarques systématiques (p. 207). Hôtes
et distribution géographique (p. 208). Biologie : fixation du parasite (p. 209), évolution
(p. 209), reproduction (p. 210). Statistiques d’infestation (p. 210). Influence du para¬
sitisme sur l’hôte (p. 211). Infestations simultanées (p. 211).
14. Pseudione dohrni Bonnier. 212
Description : adulte (p. 213). Variation intra-spécifique (p. 214). Remarques systéma¬
tiques (p. 214). Hôte et distribution géographique (p. 215).
15. Pseudione borealis Caspers. 215
Description : adulte (p. 215). Remarques systématiques (p. 216). Hôte et distribution
géographique (p. 217).
16. Pseudione tuberculata Caspers. 217
Remarques systématiques (p. 217).
IX. Genre PLEUROCRYPTA Hesse. 218
Les espèces du genre Pleurocrypta (p. 218). Clé des espèces européennes (p. .221) Affinités
systématiques du genre (p. 222).
Source : MNHN, Paris
LES BOPYRIDAE DES MERS EUROPÉENNES
423
17. Pleurocrypta strigosa (Giard et Bonnier) ex Bourdon . 222
Description : adulte (p. 222). Variation intra-spécifîque (p. 226). Remarques systéma¬
tiques (p. 226). Hôte et distribution géographique (p. 226).
18. Pleurocrypta longibranchiata (Bâte et Westwood). 227
Description : adulte (p. 227), épicaridien (p. 230), cryptoniscien (p. 231), formes juvéniles
(p. 231). Variation intra-spécifique (p. 233). Remarques systématiques (p. 235). Hôtes
et distribution géographique et Biologie (= voir PL galatheae, p. 251).
19. Pleurocrypta galatheae Hesse. 236
Description : adulte (p. 237), épicaridien (p. 240), cryptoniscien (p. 240), formes juvéniles
(p. 240). Variation intra-spécifique (p. 242). Remarques systématiques (p. 246). Hôtes
et distribution géographique (p. 251). Biologie : fixation du parasite (p. 251), évolution
(p. 255), reproduction (p. 257). Cas de parasitisme interne (p. 257). Statistiques d’infes¬
tation (p. 258). Influence du parasitisme sur l’hôte (p. 261). Infestations bilatérales et
simultanées (p. 261).
20. Pleurocrypta piriformis, nov. sp. 263
Description : adulte (p. 263). Remarques systématiques (p. 264).
21. Pleurocrypta microbranchiata G. O. Sars. 265
Description : adulte (p. 267), épicaridien et cryptoniscien (p. 268), formes juvéniles
(p. 269). Variation intra-spécifique (p. 271). Remarques systématiques (p. 273). Hôte et
distribution géographique (p. 274). Biologie : fixation du parasite (p. 276), évolution
(p. 278), reproduction (p. 279). Statistiques d’infestation (p. 280). Influence du parasi¬
tisme sur l’hôte (p. 281). Parasite (p. 281).
22. Pleurocrypta porcellanae Hesse. 281
Description : adulte (p. 283), épicaridien (p. 284), cryptoniscien (p. 284), formes juvéniles
(p. 285). Variation intra-spécifique (p. 287). Remarques systématiques (p. 290). Hôte
et distribution géographique (p. 290). Biologie : fixation du parasite (p. 290), évolution
(p. 294), reproduction (p. 294). Cas de parasitisme interne (p. 295). Statistiques d’infes¬
tation (p. 296). Influence du parasitisme sur l’hôte (p. 298). Infestations bilatérales et
simultanées (p. 299).
Appendix au genre Pleurocrypta : données descriptives complémentaires sur PL macro-
cephala Nz. et Br. Br. et PL kieruis Nz. et Br. Br. (p. 300).
X. Genre MEGACHELIONE, nov. gen. Diagnose et affinités génériques. 301
23. Megachelione foresti, nov. sp. 301
Description : adulte (p. 302), épicaridien (p. 304), formes juvéniles (p. 305). Variation
intra-spécifique (p. 306). Statistiques d’infestation (p. 308). Parasite (p. 308).
XI. Genre ASYMMETRIONE R. et M. Codreanu et Pike. 308
24. Asymmetrione dardani, nov. sp. 308
Description : adulte (p. 308), cryptoniscien (p. 311). Remarques systématiques (p. 313).
XII. Genre UROCRYPTELLA R. et M. Codreanu. Caractères distinctifs des esp.ces
européennes. 314
25. Urocryptella fraissei (Carayon). 314
Description : adulte (p. 315), formes juvéniles (p. 317). Variation intra-spécifique (p. 319).
Hôte et distribution géographique (p. 319). Statistiques d’infestation (p. 319). Infesta¬
tions simultanées (p. 319). Parasite (p. 319).
26. Urocryptella diogeni (Popov). 321
Description : adulte (p. 321), formes juvéniles (p. 323). Variation intra-spécifique (p. 325).
Hôte et distribution géographique (p. 325). Biologie (p. 325). Statistiques d’infestation
(p. 326). Influence du parasitisme sur l’hôte (p. 326). Infestations simultanées (p. 326).
Parasite (p. 327).
Source : MNHN, Paris
424
ROLAND BOURDON
C. Groupe ORBIONE
Caractéristiques. 327
XIII. Genre EPIPENAEON Nobili. 327
27. Epipenaeon ingens Nobili. 327
Description : adulte (p. 327). Variation intra-spécifique (p. 330). Remarques systéma¬
tiques (p. 331). Hôtes et distribution géographique (p. 333).
D. Groupe BOPYRUS
Caractéristiques. Clé générique. 333
XIV. Genre UROBOPYRUS Richardson. 334
28. Urobopyrus processae Richardson. 334
Description : adulte (p. 334), épicaridien (p. 337), cryptoniscien (p. 338), formes juvé¬
niles (p. 339). Variation intra-spécifique (p. 340). Remarques systématiques (p. 342).
Hôtes et distribution géographique (p. 342). Biologie : fixation du parasite (p. 344),
évolution (p. 345), reproduction (p. 349). Statistiques d’infestation (p. 349). Influence du
parasitisme sur l’hôte (p. 349). Infestations bilatérales (p. 349).
XV. Genre BOPYROIDES Stimpson. 349
Le genre Bopyroides (p. 349). Les espèces du genre (p. 350). Clé des deux espèces euro¬
péennes (p. 351).
29. Bopyroides hippolytes (Kroyer). 353
Description : adulte (p. 353), épicaridien (p. 355). Variation intra-spécifique (p. 357).
Hôtes et distribution géographique (p. 358). Statistiques d’infestation (p. 358). Infes¬
tations simultanées (p. 358).
30. Bopyroides cluthae (Scott). 360
Description : adulte (p. 361), cryptoniscien (p. 361), formes juvéniles (p. 363). Varia¬
tion intra-spécifique (p. 366). Remarques systématiques (p. 367). Hôtes et distribution
géographique (p. 369). Biologie : fixation du parasite (p. 369), reproduction (p. 371).
Statistiques d’infestation (p. 371). Influence du parasitisme sur l’hôte (p. 371).
XVI. Genre BOPYRUS Latreilie. 372
31. Bopyrus squillarum Latreilie. 372
Description : adulte (p. 373), épicaridien (p. 374), cryptoniscien (p. 375), formes juvéniles
(p. 378). Variation intra-spécifique (p. 380). Remarques systématiques (p. 382). Hôtes
et distribution géographique (p. 382). Biologie : fixation du parasite (p. 384), évolution
(p. 385), reproduction (p. 385), infestation unilatérale double (p. 386). Statistiques
d’infestation (p. 387). Influence du parasitisme sur l’hôte (p. 387). Infestations bilatérales
et simultanées (p. 387).
XVII. Genre BOPYRINA Kossmann. 387
32. Bopyrina ocellata (Czemiavsky). 388
Description : adulte (p. 389), épicaridien (p. 391), cryptoniscien (p. 392), formes juvéniles
(p. 393). Variation intra-spécifique (p. 395). Remarques systématiques (p. 396). Hôtes et
distribution géographique (p. 397). Biologie : fixation du parasite (p. 398), évolution
(p. 402), reproduction (p. 403). Statistiques d’infestation (p. 403). Influence du parasi¬
tisme sur l’hôte (p. 404). Infestations bilatérales et simultanées (p. 404). Parasite (p. 405).
Bopyridae susceptibles d’être trouvés ultérieurement dans les mers européennes.... 406
Nomina nuda . 408
Liste des Crustacés Décapodes européens parasités par des Bopyridae. 409
Bibliographie. 411
Imprimerie Nationale. — 7 564030 6.
Source : MNHM, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris