ISSN 0078-9747
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A, Zoologie
TOME LXXXII
A. VANDEL
UNIVERSITÉ PAUL SABATIER
Jtude et Aménagement des Ressources
Laboratoire de Zoologie, TOULOUSE
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
ÉTUDE SYSTÉMATIQUE ET BIOGÉOGRAPHIQUE
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1973
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série A, Zoologie Tome LXXXII
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
ÉTUDE SYSTÉMATIQUE ET BIOGÉOGRAPHIQUE
par
A. VANDEL (Toulouse).
UNIVERSITÉ PAUL SABATIER, Contre d'Étude et Aménagement des Ressources Naturelles,
Laboratoire de Zoologie, 118 route de Narbonne, F - 31400 TOULOUSE.
NOTICE
In 1947, the author of the présent paper began to study the Australian isopod fauna. Professor
G. E. Nicholls, from the University of Western Australie, sent him a few specimens of a new Oniscoïd
which he had named Laureola wilsrnorei. He wanted to know whether this dénomination was well-
grounded, since the genus Laureola was known only from South Africa.
In 1959, the author contacted an Australian botanist, D. H. Ashton, who was attending Cam¬
bridge University for a period of probation. He was studying the Eucalyptus regnans 1 woodland of
Wallaby Creek, north Melbourne. His vocation as a naturalist had induced him to collect some Onis-
coïds which he gave me to study. This small collection gave me some idea of the rich Australian
isopod fauna, as well as our poor knowledge of it.
In 1965, Dr. Barry Gray sent me the myrmecophil Isopods he had collected round Sydney.
Later on, Dr. Gray moved to eastern New Guinea. His collections of Oniscoïds, in this very poorly
known area are referred to in a paper in press.
In 1967-1969, Drs. J. C. Yaldwin and J. G. GrilTin sent me Oniscoïd specimens from Lord Howe
Island, a région of very great interest for biogeographers. However, most of the material of this
présent paper has been gathered by Dr. Aola M. Richards (University of New South Wales) and lier
students, G. S. Hunt and Mrs. J. Lowry (Pcrth).
The author is greatly indebted to these three zoologists. Thanks to the study of their rich
material in a very good condition, the author, with increasing confidence, has been able to conclude
that as the primitive types of isopod are numerous, Australia must be considered as the area from
which the terrestrial Isopods arose and differentiated.
In spite of the collectors’ eagerness and ability, our knowledge of Australian Oniscoïds is still
very poor.
1. Philip J. Darlington (1965, p. 96) in his book on the austral hemisphere biogeography, wrote : “ I know
that Eucalyptus carnes an enormous fauna of spécial insects... The existence of this extraordinary insect fauna implies
that Eucalyptus woodland has been a major habitat in Australia for a long time ".
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i. VANDEL
The isopod fauna are known from the following States : Western Australia, Victoria and New
South Wales ; that is to say from the areas between the 30 th and the 40 th parallels.
Huge expanses of land lying to the north of the 30 th paralle! remain almost unknown from the
isopodic point of view. If the deserted areas in the centre of Australia do not seem suitable for Onis-
coïd settlements, we may expect to find a spécifie, still almost unknown, isopodic fauna in the moun-
tainous régions of Queensland. It would also be worth while to prospect Cape York fauna thoroughly.
CONTENTS OF THIS PAPER
This paper is divided into three parts :
In the first part, I discuss a few ideas about the Australian continent’s geological history. A
thorough knowledge of it is necessary to interpret the structural resemblances of the fauna.
Then, I shall discuss the climatic and écologie conditions within each of the Australian areas,
as having a large part in the isopod distribution within the continent.
In the second part, I give a detailed list of each Oniscoïd species known from Australia, as well
as descriptions of new species, and additions to previous or poor diagnoses.
In the third part, I give my conclusions on the Australian Oniscoïds study, namely that my
research has led me to suggest Australia as the birth place of Oniscoïds. If our thesis is accurate, the
study of isopods may be greatly enhanced through a better knowledge of Australian peopling.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
INTRODUCTION
Pour l’isopodologiste, l’Australie n’est pas simplement un continent austral. Elle présente pour
lui un exceptionnel intérêt.
Tout d’abord en raison de son extraordinaire richesse en Oniscoïdes, dont nous ne connaissons
encore qu’une partie. Ensuite, parce que son territoire 1 représente l’un des derniers refuges qui héberge
les Oniscoïdes les plus primitifs que nous connaissions.
Ainsi, nous sommes conduits tout naturellement à tenir l'Australie pour le lieu d'origine des
Oniscoïdes.
C’est déjà une donnée d’une extrême importance. Cependant, notre recherche nous a conduit
à franchir les frontières de l’isopodologie, pour aborder les domaines de la palcogéographie et de la
géophysique. Il convenait en effet de rechercher les modalités suivant lesquelles les peuplements ori¬
ginaires d’Australie ont ultérieurement occupé la totalité des terres émergées.
Le zoologiste, impressionné par les migrations des Criquets, des Poissons et des Oiseaux, est
porté à attribuer aux Cloportes de semblables instincts voyageurs. C’est une erreur. Les Oniscoïdes
sont des formes casanières, irréductiblement attachées à leur lieu d’origine 2 . C’est la raison pour laquelle
ils représentent d’excellents indicateurs biogéographiques.
On ne saurait donc imaginer que ces Crustacés aient peuplé la totalité des terres émergées, dans
l’état de dispersion qu’elles présentent au temps présent.
C’est ainsi que nous fûmes conduits à formuler une proposition qui, au premier abord, pouvait
paraître surprenante, mais qui, par la suite, devait s’avérer exacte.
Il convenait, pour résoudre ce problème, d’avoir recours à la conception wegenerienne, désignée
sous le nom de « dérive des continents ». Dans cette perspective, aujourd’hui solidement établie sur
les données de la géophysique et du paléomagnétisme, ce ne sont pas les Oniscoïdes qui se déplacent
mais les terres qui les hébergent.
La conception de « dérive des continents », permet seule de rendre compte de certaines distri¬
butions, au premier abord aberrantes, telles que la présence, en Australie, d’une part, dans la chaîne
himalayenne, d’autre part, de deux espèces à peu près identiques, ne différant l'une de l’autre que
par un caractère de minime importance (Vandel, 1972).
Les Oniscoïdes représentent des formes sédentaires et casanières. Ainsi, leur présence sur toutes
les terres du globe ne saurait leur être imputée. Elle correspond à un transport passif, conséquence
de l’éclatement du Gondwana et de la dispersion de ses fragments à la surface du globe.
Nous dirons encore que l’étude des Cloportes australiens permet de jeter quelque lumière sur
les problèmes que pose l’évolution animale. Les généticiens affirment que le problème est aujourd'hui
résolu. Cependant, des sujets aussi complexes ne sauraient recevoir de réponse définitive. Nous serions
heureux que les quelques données nouvelles que nous apportons permettent d’avancer de quelques pas
sur le chemin qui conduit à l’interprétation des transformations animales.
L’étude des Oniscoïdes australiens apporte une confirmation de l’exactitude des données fournies
par la paléontologie. L’évolution n’est pas un phénomène continu, comme l’admettent les généticiens,
ignorants du facteur « temps ».
1. Ainsi que quelques îles avoisinantes, en particulier l.ord Howe Island.
2. A l’exception d’une dizaine d’espèces anthropophiles dispersées par l'homme dans le monde entier.
Source : MNHN, Paris
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l. VANDEL
La paléontologie nous apprend que l’évolution du vivant a procédé par saccades. Les transfor¬
mations d’un type animal sont brèves et rapides — ces termes étant pris dans leur acception géolo¬
gique —. Elles sont suivies par de très longues périodes de stagnation pendant lesquelles le type mor¬
phologique demeure à peu près inchangé.
Les données qui seront exposées dans les pages suivantes nous permettent d'affirmer que, depuis
le Crétacé, les Oniscoïdes australiens n’ont subi que d’infimes modifications. On peut tenir leur évo¬
lution comme terminée. C’est la raison pour laquelle ils fournissent d’incomparables indicateurs dans
le domaine de la paléogéographie.
ORDONNANCEMENT DU MÉMOIRE
Le présent Mémoire est divisé en trois parties.
Dans la première partie, nous rappelons quelques notions relatives à l’histoire du continent
australien. La connaissance de ces données est indispensable pour reconnaître les affinités fauniques
de ce Continent.
Nous évoquerons ensuite les conditions climatiques et écologiques des différentes régions de
l’Australie ; car, elles retentissent sur la répartition des Isopodes à l’intérieur de ce Continent.
La seconde Partie du mémoire est d’ordre systématique. Elle renferme la liste de toutes les espèces
d’Oniscoïdes signalées sur le Continent australien. Elle contient également la description des espèces
nouvelles, et apporte des compléments aux diagnoses anciennes ou déficientes.
Notre troisième partie a pour objet de tirer les conclusions d’ordre évolutif, biogéographique
et paléogéographique qui découlent de l’étude des Oniscoïdes australiens.
CARTOGRAPHIE
Toutes les stations mentionnées dans notre texte sont reportées sur la carte insérée à la fin
de notre mémoire.
Source : MNHN, Paris
LES 1SOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
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PREMIÈRE PARTIE
L’HISTOIRE DES CONTINENTS
Pour reconnaître l’origine et les allinités des faunes terrestres, il convient d’être informé de
l’histoire des continents sur lesquels s’est déroulée leur évolution.
Rappelons tous d’abord que, sous l’impulsion des recherches géophysiques modernes, les concep¬
tions relatives à la constitution et à l’histoire de notre globe se sont profondément modifiées.
L’histoire de la terre constituait autrefois le fief des géologues. Aujourd’hui, elle est devenue
l’apanage des géophysiciens.
La célèbre théorie d’Alfred Wegener, désignée sous le nom de « dérive des continents » impliquait
la stabilité des étendues océaniques et le déplacement des continents. Les géophysiciens modernes
sont parvenus à des conceptions notablement différentes ; elle découle d’une meilleure connaissance
des fonds océaniques.
La constitution du fond des océans est demeurée pendant longtemps inconnue. Il ressort des
sondages profonds exécutés au cours du déroulement du programme « Mohole », que le fond des Océans
ne renferme que des dépôts relativement récents, les plus anciens remontant au Crétacé (IIeezen in
Runcorn, 1962, p. 235 ; Dietz, in Runcorn, 1962, p. 289).
La genèse des Océans — et, en particulier, celle de l’Océan Atlantique — est maintenant assez
bien connue. Les géophysiciens ont porté, en ces dernières années, une attention particulière aux « rifts »,
larges fossés sous-marins qui encerclent les continents. Le mieux connu de ces « rifts » est la fissure
médio-atlantique. On admet aujourd'hui qu’un magma provenant des couches supérieurs de l’écorce
terrestre (manteau) se déverse à l’extérieur par le « rift » pour constituer la « croûte » qui recouvre le
fond des océans.
Ainsi, l’éloignement des continents les uns des autres — et, en particulier, de l’Afrique et de
l’Amérique, qui étaient autrefois réunies — résulte du déversement de matière magmatique de chaque
côté de la fissure médio-atlantique.
Quant aux continents, ils représentent des boucliers rigides qui s'écartent les uns des autres, en
raison de l’extension des fonds océaniques, mais qui conservent — au moins approximativement -—
leur intégrité. Tuzo Wilson est parvenu à estimer la vitesse de l’expansion de l’Océan Atlantique, en
mesurant la rapidité du déplacement des îles océaniques qui, parties de la fissure médio-atlantique,
se déplacent en direction des masses continentales (Tuzo Wilson, 1963).
LE CONTINENT DE GONDWANA
On sait que les terres de l’hémisphère austral, aujourd’hui largement dispersées, furent jadis
réunies en une masse unique, le Gondwana.
L’Australie est au cœur du Gondwana. Elle ne s'est éloignée que modérément du Continent
Antarctique (Fig. 1). Les contours de la ligne de séparation se retrouvent, très semblables, sur les
rivages opposés des deux continents (Brioen, 1967 ; Sproll & Dietz, 1969).
Les autres constituants du Gondwana, c’est-à-dire l’Inde, l’Afrique et l’Amérique du Sud se
sont largement éloignés de leur emplacement primitif.
Source : MNHN, Paris
Fig. 1. — Les continents gondwaniens, au cours de leur histoirre ; au paléozoïque (A),
au mésozoïque (B) et au cénozoique (C). (D'après Briden).
Source : MNHN, Paris
LICS ISOPODES TEI
ESTRES DE L'AUSTRALIE
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LES RÉPARTITIONS GONDWANIENNES
Encore que les terres gondwaniennes soient aujourd’hui fort éloignées les unes des autres, leur
commune origine peut être aisément reconnue au temps présent. Tout d’abord, en raison de leur cons¬
titution géologique et des accidents tectoniques qui les traversent ; mais aussi grâce aux remarquables
similitudes que l’on relève entre leurs faunes et leurs flores.
Les preuves qui démontrent le bien-fondé de cette assertion sont si nombreuses qu’une telle énu¬
mération occuperait, dans notre exposé, une place tout à fait disproportionnée à son étendue. Nous nous
bornerons à signaler au lecteur l’un des ouvrages les plus remarquables publiés à ce sujet ; c’est l'étude
du Dr. Lars Urundin (1966), consacré aux Chironomides de l’hémisphère austral.
Dans le domaine de l’isopodologie, nous ne mentionnerons à titre d’exemples que deux répar¬
titions gondwaniennes particulièrement remarquables. La première est relative à la famille des Stylo-
nisci.dae, à laquelle l’auteur du présent travail a consacré un important mémoire (Vandel, 1952) ;
nous prions le lecteur de bien vouloir s’y rapporter. Quant au second exemple, il sera évoqué plus loin
(p. 28). Il concerne la répartition du genre Delo qui est l’une des plus belles répartitions gondwaniennes
que l’on connaisse (Fig. 8). Elle avait déjà frappé le grand carcinologiste néo-zélandais : Charles Chilton
(Ciiilton, 1915).
Cependant, d’autres répartitions gondwaniennes sont plus limitées, et ne s’étendent point sur
l’ensemble des terres australes. II est intéressant de rechercher quels sont les continents avec lesquels
l’Australie présente les rapports fauniques les plus étroits.
Incontestablement, les affinités entre la faune de l’Australie et celle de l’Afrique du Sud sont
particulièrement évidentes. René Jeannel (1942, p. 260) a relevé, dans la répartition géographique
îles Insectes, de nombreux exemples de répartition répondant à ce type de distribution ; il les désigne
sous le nom de « lignées gondwaniennes orientales ».
Voici un autre exemple, relatif celui-ci aux Poissons, et plus exactement aux Poissons caverni¬
coles c'est-à-dire des rélictes de faunes anciennes. Il s’agit de deux Gobiidae, très voisins l’un de l’autre
sur les plans morphologique et systématique : Milyeringa veritas qui fut découvert dans des puits
du North West Kap, en Australie ; et Typhleotris madagascariensis, qui peuple les cavités souterraines
du plateau de Mahalafy, dans le sud-ouest de Madagascar.
Enfin, nous citerons dans le présent mémoire deux exemples remarquables de distribution de
type australo-africain. Qu’il nous suffise, pour l’instant, de les évoquer rapidement.
Le premier exemple se rapporte au genre Merulana. Ce genre renferme, dans l’état actuel de
nos connaissances, douze espèces : cinq sont propres à l’Australie, six aux îles du Pacifique occidental,
tandis que la dernière, M. petiti, provient de Madagascar.
Le second exemple est relatif au genre Laureola. Tous les représentants de ce genre sont propres
à l’Afrique du Sud, à Madagascar et à Sainte-Hélène, à l’exception d’une espèce qui a été récoltée en
Australie occidentale : L. wilsmorei.
L’Australie primitive
Estimant inutile de retracer l’histoire des terres gondwaniennes, si souvent contée, nous limiterons
notre exposé à l’Australie et aux terres avoisinantes.
L’Australie représente l’une des plus anciennes terres du globe. Ses éléments se sont constitués
dès le précambrien. On les retrouve encore aujourd’hui sous forme de noyaux granito-gneissiques.
L’Australie primitive était plus étendue que le continent actuel. Le Tasman Basin, le Lord
llowe Bise et le Norfolk Rise faisaient autrefois partie du continent austral, pour constituer le « Stable
Australian Crustal Block ». En effet, Lord Howe Island repose sur une structure continentale. Depuis le
milieu du Primaire, Lord Howe Rise et Norfolk Rise étaient émergés et constituaient une région dési¬
gnée sous le nom de Tasmantis. Par la suite, ces « Dises » furent submergés (Taylor et Brennan, 1969).
Source : MNHN, Paris
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L. VANDEL
LE GÉOSYNCLINAL TASMAN
L’histoire de l’Australie orientale est complexe. Elle est dominée par le creusement d’un profond
synclinal le long de la bordure orientale du bloc australien.
Ce synclinal fut tout d’abord désigné sous le nom de « Tasman Geosyncline » ; puis, lorsque l’on
reconnut ses vraies dimensions, par le terme de o Samfrau Geosyncline » (Du Toit). Cet immense acci¬
dent tectonique est apparu au silurien ; il a persisté — au moins partiellement — jusqu’à nos jours,
comme l’établit clairement l’examen des cartes bathymétriques. L’Australie orientale est entourée
de mers très profondes. La fosse appelée « Ulladulla Through », située au niveau de Sydney, s’enfonce
à près de 6.000 mètres (5.944 m exactement).
Par la suite, le géosynclinal tasman est devenu un centre orogénique important qui a donné
naissance à des plissements orientés du nord au sud. Débutant au carbonifère, ces mouvements oro¬
géniques ont atteint leur apogée au Trias ; mais, ils se sont poursuivis jusqu’au Crétacé. Ce sont eux
qui sont à l’origine des « Alpes australiennes » et de leurs prolongements en Tasmanie.
LORD HOWE ISLAND
L’étude des peuplements isopodiques australiens représente un sujet extrêmement vaste. Et,
c’est pourquoi nous ne saurions aborder l’examen des faunes qui peuplent la guirlande insulaire évoquée
dans les lignes précédentes.
Nous ferons cependant une exception pour une île qui a retenu depuis longtemps l’attention des
biogéographes : c’est Lord Howe island. Cette île émerge entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande ;
elle représente l’élément le plus important d’une suite de hauts fonds désignés sous le nom de « Lord
Howe Rise ».
LA FAUNE DE LORD HOWE ISLAND
La faune de Lord Howe Island est extrêmement originale. Nous évoquerons plus loin la présence,
dans cette île, d’Isopodes archaïques, tels que les genres Tasmanoniscus et Australiodillo.
Nous nous permettons — et, à titre tout à fait exceptionnel — de franchir les limites du cadre
isopodologique et de citer un exemple appartenant au domaine de l’entomologie. Car, il met clairement
en évidence la singularité du peuplement de cette petite île. II est relatif à des Insectes Homoptères,
les Peloriidae. Ces Insectes ont conservé des caractères très primitifs. Tous sont aptères, à l’exception
d’une espèce : Peloridium hammoniorum, qui se présente sous deux formes : un type normalement
ailé et une forme brachyptère. Ces Insectes ne sont connus que de l’extrême sud de l’Amérique (Chili
et Argentine), de la Nouvelle-Zélande, de la Tasmanie et du sud-est de l’Australie. De plus, trois espèces
ont été recueillies à Lord Howe Island, à une altitude de 840 mètres (Evans, 1967). On ne saurait
admettre, en dépit des affirmations de Darlington (1965, p. 31), que ces Insectes aptères aient été
transportés par les vents à travers l’Océan Pacifique. Ce sont très certainement d’anciens habitants
du Gondwana, aujourd’hui dispersés en suite de l’éclatement du grand continent austral, et qui n’ont
survécu que dans quelques refuges de la région pacifique.
L’OROGENÈSE AUSTRALIENNE
Dès la fin du secondaire, l’Australie fut préservée des grands bouleversements tectoniques
qui ont marqué de leur empreinte tous les autres continents et qui leur ont donné leur relief actuel.
Ainsi, l’Australie est devenue une vaste pénéplaine.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
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Cependant, ce tableau, exact dans l’ensemble, appelle quelques retouches. L’Australie orientale
possède une chaîne de montagnes importante, les Australian Alps, qui atteignent l’altitude de
2.234 mètres au Mont Kosciusko, partie intégrante de la Dividing Range qui atteint, au sud, la région
située au nord de Melbourne.
Il n’en reste pas moins que, sur la plus grande partie de son territoire, l’Australie est dépourvue
de reliefs importants.
Ajoutons à ce tableau une dernière touche. A partir du Crétacé, l’Australie est devenue h pas¬
sive ». Tous les mouvements tectoniques ont été « encaissés » par sa guirlande d’îles, et les mouvements
orogéniques australiens n’ont été que des accidents locaux, de faible importance. Dès le début du Ter¬
tiaire, l’Australie a été « reduced to one of the most perfect peneplains imaginable » (David, cité par
Du Toit, 1937, p. 193). Cette planification a profondément retenti sur son climat et son hydrographie,
et par voie de conséquence, sur sa faune et sa flore.
LE CLIMAT DE L’AUSTRALIE
Le climat australien est une conséquence des conditions orographiques propres à ce continent.
L’absence de relief entraîne la faiblesse des condensations nuageuses, et, par suite, le médiocre débit
des rivières (à l’exception du Murray).
Fig. 2. — Distribution des pluies en Australie. Darlington).
Source : MNHN, Paris
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k. VANDEL
Le Nord de l’Australie (Fig. 2) possède, comme la Nouvelle-Guinée, qui en est proche, un climat
tropical et pluvieux. Dans le sud de l’Australie, les deux extrémités, orientale et occidentale du conti¬
nent sont relativement pluvieuses. Enfin, dans l’est du continent, un corridor assez pluvieux relie le
Cap York à la Nouvelle Galles du Sud. Par contre, tout le centre, ainsi que l’ouest et le sud du continent
ne reçoivent qu’un taux de pluies extrêmement faible. Ainsi, les quatre cinquièmes de l’Australie sont
constitués d’étendues arides, ou même désertiques.
LES ONISCOÏDES AUSTRALIENS ENVISAGÉS SUR LE PLAN ÉCOLOGIQUE
L’Australie est caractérisée — ainsi que nous l’avons rappelé dans les pages précédentes —■ par
un climat qui, à l’exception de quelques zones privilégiées, est extrêmement aride, voire désertique.
Cependant, les Crustacés représentent un groupe essentiellement aquatique. Ceux qui ont quitté
les eaux sont peu nombreux, et leur adaptation au milieu aérien demeure imparfaite. Leurs besoins
hygrométriques demeurent élevés. Et, c’est pourquoi les climats arides posent aux Oniscoïdes des
problèmes particulièrement difficiles à résoudre.
Les solutions adoptées par les Oniscoïdes pour subsister dans les zones arides sont très variées.
Les unes portent sur la constitution anatomique des Oniscoïdes ; les autres résident dans le choix de
milieux qui, pour des raisons diverses, conservent un degré hygrométrique plus élevé que la moyenne.
Ce sont les solutions écologiques.
LES SOLUTIONS ANATOMIQUES
Une première méthode adoptée par certains Isopodes terrestres australiens est de diminuer la
perte de vapeur d’eau, au niveau de l’appareil respiratoire. Les représentants du genre Buddelundia ,
qui appartiennent à la famille des Armadillidae, possèdent un système respiratoire très singulier qui
avait déjà attiré l’attention de Budde-Lund (1912), puis celle de Wahrbcrg (1922).
Les exopodites des pléopodes 2, 3 et 4 sont très grands ; ils sont fort épais et formés de deux lames
(lame dorsale et lame ventrale). Ils ne se recouvrent pas comme les tuiles d’un toit, ainsi qu'il est de
règle chez tous les autres Oniscoïdes, mais ils sont étroitement accolés les uns aux autres. Leur ajuste¬
ment est encore rendu plus exact du fait qu’une rainure creusée à leur périphérie, entre la lame dorsale
et la lame ventrale, permet leur emboîtement. Ces dispositions ont pour effet de diminuer considéra¬
blement l’évaporation, et par conséquent la perte d’eau.
Warburg (1965) en a apporté la preuve expérimentale. Il a mesuré la perte de l’eau en fonction
de la température, chez trois espèces de Buddelundia, récoltées aux environs d’Adélaïde. Le taux d’éva¬
poration est nettement moindre chez Buddelundia que celui que l’on observe chez les Oniscoïdes pré¬
sentant un système pseudo-trachéen de type normal, tels que Oniscus ou Porcellio.
LES SOLUTIONS ÉCOLOGIQUES
1) Les Régions montagneuses. — 11 n’est pas besoin de rappeler que les reliefs du sol retiennent
les nuages qui, le plus souvent, se résolvent en pluie.
Il est fort regrettable que la faune montagnarde australienne soit encore très imparfaitement
connue. Une seule espèce d’Oniscoïde avait été signalée jusqu’ici dans les Australian Alps, avant la
parution du présent mémoire. C’est Cubaris helmsiana Chilton, récolté dans la région du Mont Kos-
ciusko, et, également, dans une autre région montagneuse, les Barrington Tops, situés au nord de
Newcastle.
Source : MNHN, Paris
LFS ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
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Il m'a été donné de prendre une connaissance personnelle de la faune montagnarde australienne,
grâce aux récoltes rassemblées par un botaniste australien, D. H. Ashton. Au cours des années 1952-
1954, il a poursuivi une étude relative aux peuplements forestiers, et en particulier d'Eucalyptus
regnans *, qui couvrent les régions montagneuses situées au nord de Melbourne. Il a occasionnellement
récolté quelques Isopodes terrestres dont il m’a confié l’étude. Ce petit lot d’Oniscoïdes, numérique¬
ment très faible, est remarquable par le grand nombre d’espèces nouvelles qu’il renferme, et par le
caractère archaïque de cette faune. Il est certain que des prospections poursuivies de façon systéma¬
tique dans ces régions montagneuses conduiraient à de nouvelles découvertes.
2) Les endogés. —- Les endogés sont, pour employer le langage des entomologistes, « les habi¬
tants de la pierre enfoncée ». Pour échapper à la dessiccation, ils se réfugient sous les pierres pendant
le jour, et ne sortent que la nuit.
Il est probable, et même à peu près certain que des Isopodes endogés peuplent l’Australie ;
mais les étiquettes qui accompagnent les envois de mes correspondants comportent rarement des
renseignements écologiques.
3) Les myrmécophiles et les termitophiles. — On connaît dans toutes les régions du globe des
Isopodes commensaux régulièrement associés aux Fourmis ( myrmécophiles ) ou aux Termites (termi¬
tophiles). Si ces Isopodes sont inféodés aux Insectes sociaux, ce n’est point seulement parce qu’ils
trouvent dans les fourmilières ou les termitières, des déchets dont ils se nourrissent, mais qu’ils pro¬
fitent aussi d’une température plus constante et d’une atmosphère plus humide qu’à la surface du sol.
Les premiers Isopodes myrmécophiles et termitophiles d’Australie ont été décrits par VV. H. Baker
(1913). La première espèce, qu’il nomme « Oniscus myrmecophilus » n. sp., appartient vraisemblable¬
ment au genre Phaüoniscus. Elle a été trouvée en compagnie de Camponotus nigriceps et de Myrmecia
forficala.
Les deux autres espèces décrites par Baker ont été classées par lui dans le genre « Cubaris ».
Elles doivent être rangées, ainsi qu’il sera dit dans la Partie systématique du présent mémoire, dans
le genre Acanlhodillo. L’espèce commensalis a été recueillie dans les fourmilières de Camponotus nigri¬
ceps ; et, l’espèce minuta a été trouvée dans une termitière, le nom de l’hôte n’ayant pas été spécifié.
Wahrberg (1922 ; p. 143) a décrit Laevo philoscia myrmecophila n. sp., provenant de Logan
Village (Queensland).
Cependant, la connaissance des Isopodes myrmécophiles d’Australie repose essentiellement sur
les recherches du Dr Barry Gray. Ses récoltes dont l’étude m’a été confiée, se répartissent en cinq espèces.
L’une d'entre elles (Sphaerillo grossus B.-L.) ne correspond certainement pas à un myrmécophile.
Par contre, deux autres espèces peuvent être tenues pour des myrmécophiles ; ce sont Slyloniscus
commensalis Chilton (dont le type provient de Nouvelle-Zélande), et Acanlhodillo formicarum n. sp.
Quant aux deux dernières espèces, Nagurus gracillimus (Wahrberg) et Andixscia myrmecophila n. g.,
n. sp., ce sont probablement des myrmécophiles, mais la seule étude morphologique ne permet pas
de l’affirmer.
4) Les Cavernicoles. — Les Isopodes terrestres ont également colonisé les grottes où ils trouvent
une atmosphère dont le degré hygrométrique est toujours plus élevé que celui de l’extérieur.
La bibliographie renferme quelques indications relatives à la présence d’Isopodes terrestres
recueillis dans les grottes d’Australie.
Budde-Lund (1912, p. 40) a décrit sous le nom de « Philoscia subterranea » une espèce récoltée
dans la Yallingup-Hôhle (Western Australia). Cette espèce appartient très vraisemblablement au
genre Laevophiloscia. Sa teinte partiellement décolorée : « aegre rufopigmentati », ses yeux très petits
et constitués par un petit nombre d’ommatidies, conduisent à lui attribuer le qualificatif de troglobie.
Une seconde espèce peut être également tenue pour un troglobie. C’est Armadillo cavernae
Wahrberg (Wahrberg, 1922, p. 287). Cette forme, de petite taille, est décolorée et son appareil ocu¬
laire est dégénéré. L’unique individu récolté a été découvert dans une grotte à Chillagoe (Queensland).
1. Philip J. Darlington (1965, p. 96) Écrit, dans son Traité sur la Biogéographie de l'hémisphère austral : " I know
tliat Eucalyptus carries an enormous fauna of spécial insects... The existence of this extraordinary insect (auna implies
that Eucalyptus woodland lias been a major habitat in Australia for a long time. "
Source : MNHN, Paris
12
t. VANDEL
Ce sont les recherches récentes des biospéologues australiens, et en particulier, de Miss Aol a
Richards, de Mrs Jacky Lowry et de Mr Michael Gray, qui nous ont permis de connaître de nouvelle»
formes d’Oniscoïdes que l’on peut qualifier de troglobies. Ce sont Styloniscu australiensis cavernicolus,
Plymophiloscia troglodytes et Hybodillo australiensis. Trois espèces peuvent être tenues pour des tro-
glophiles : Laevophiloscia dongarrensis Wahrberg, L. hamiltoni n. sp., et Eurygastor montanus troglo-
philus n. sp.
5) Le Retour à la Vie Aquatique. — La dernière méthode — la plus originale — employée par
les Isopodes terrestres pour échapper au climat aride de l’Australie, est le retour à la vie aquatique.
a) 11 est bien évident que le milieu aquatique constitue pour les Crustacés, leur habitat ori¬
ginel, et que la vie terrestre représente une condition secondaire.
Cependant, des découvertes récentes ont révélé des faits d’un grand intérêt. On avait tenu
jusqu’ici les termes d’Oniscoïdes et d'Isopodes terrestres comme synonymes. Ce n'est plus tout à fait
exact, en suite de ces découvertes. Quelques Oniscoïdes très primitifs ont conservé, au temps
présent, le mode de vie originel des Crustacés, en ce sens que toute leur existence se déroule dans l’eau.
Le Professeur Alejandro Villalobos recueillit, en 1951 et 1952, des Isopodes dans les « gours »
de la Cueva de Ojo de Agua Grande, située dans le district de Cordoba (Province de Veracruz, Mexique).
Leur mode de vie aquatique fut établi par l’observation de copulations ayant lieu sous l’eau, et la
présence de Vorticellides fixés sur les pièces buccales. Ces Isopodes ont été décrits par le regretté
E. Rioja, sous le nom de Typhlotricholigioides aquaticus (Rioja, 1953 ; Vandel, 1966).
Quelques années plus tard, des équipes de spéléologues français et espagnols, explorant la région
cantabrique, et, plus exactement, le remarquable massif du pays d’Ason, au sud de Santander, récol¬
tèrent divers cavernicoles aquatiques. Ils recueillirent en particulier un Trichoniscide, voisin de Thyphlo-
tricholigioides, mais encore plus primitif. L’auteur du présent mémoire le décrivit sous le nom de Canta-
broniscus primitivus. Des observations répétées permettent d’aflirmer que, comme le genre mexicain,
la forme espagnole possède un mode de vie exclusivement aquatique (Vandel, 1965, 1966, 1967).
b) Le continent australien héberge également des Oniscoïdes menant une vie constamment
aquatique. Mais, leur signification est toute différente de celle des genres Typhlotricholigioides et Can-
tabroniscus dont le cas a été évoqué dans les lignes précédentes. Ces Oniscoïdes appartiennent au genre
Haloniscus Chilton que l’on doit ranger dans la famille des Philosciidae. Cependant, ce genre demeure
très isolé, et ne saurait être rapproché d’aucun autre type de cette famille.
Le genre Haloniscus est représenté par deux espèces :
1) La plus remarquable est Haloniscus searli, décrit par Chilton en 1920 (Chilton, 1920, p. 724).
Il fut redécrit sous le nom de Philoscia salina, par Baker (1926). Les deux termes sont synonymes (Hale,
1927, p. 320).
Au temps présent, on connaît quatorze stations de cette espèce (Williams, 1970, p. 318) ; elles
se situent dans les États de Victoria, de South et Western Australia, et aussi en Tasmanie.
Cette espèce est remarquable à plusieurs égards :
a) Par son mode de vie exclusivement aquatique. Il se traduit, sur le plan morphologique,
par l’énorme développement des exopodites des cinq paires de pléopodes, déjà signalé par Chilton
(1920). Cette disposition est très certainement liée à la vie aquatique *. Car, la teneur de l’eau en oxygène
est beaucoup plus faible que celle de l’air. Les besoins respiratoires des animaux aquatiques requièrent
donc, pour être assurés, des surfaces respiratoires plus étendues.
p) Haloniscus searli est remarquable à un autre point de vue. A l’exception de quelques massifs
montagneux situés dans la région orientale du pays, le continent australien se présente comme un
immense plateau, aux reliefs très faibles et aux pentes insignifiantes. Cette conformation, conséquence
de la faible pluviosité, n’a point permis l’installation d’un important réseau fluvial. Les pluies d’hiver
s’accumulent dans les dépressions, en donnant naissance à des lacs, des étangs ou des marécages qui
abondent sur le territoire australien. En suite des chaleurs torrides de l’été, les eaux stagnantes subissent
une évaporation intense, en sorte que les sels dissous y acquièrent une proportion élevée. La concentra-
1. Elle se retrouve dans les deux genres Cantabroniscus et Typhlotricholigioides, précédemment cités.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
13
tion en sels de ces étendues d’eau est parfois supérieure à celle de l’eau de mer. D’après Cole (1968),
Haloniscus searli a été recueilli dans des eaux dont la teneur en sels est comprise entre 8 et 159 pour 1.000.
6) On ne saurait douter que cette espèce aquatique ne représente pas la persistance d’un état
primitif, comme c’est le cas des Trichoniscidae évoqués plus haut, mais correspond à un retour secon¬
daire à la vie aquatique. L’on connaît d’ailleurs, un intermédiaire entre les Haloniscus aquatiques et
les autres Oniscidae qui mènent une vie terrestre.
Nicholls (1926) découvrit dans le Wheat Belt, sur les bords du Kokatea Creek (qui se jette dans
la Greenough River, Western Australia) une nouvelle espèce A'Haloniscus qui fut dénommée Halo¬
niscus stephensi. Cette espèce n’est pas aquatique ; elle vit dans la terre humide, à proximité de l’eau
salée. Son habitat aérien est prouvé par les dimensions des exopodites des pléopodes dont la taille
est bien moindre que celle des appendices correspondants de H. searli. Cette espèce constitue un remar¬
quable intermédiaire entre les Oniscidae terrestres et Haloniscus searli qui est aquatique. L’existence
de cette espèce établit, de façon irréfutable, la réadaptation secondaire A'Haloniscus searli à la vie
aquatique.
Source : MNHN, Paris
14
VANDEL
SECONDE PARTIE
LA SYSTÉMATIQUE DES ISOPODES TERRESTRES (ONISCOIDEA)
DE L’AUSTRALIE
Introduction
La faune des Oniscoïdes d’Australie demeure encore imparfaitement connue. Le Continent
australien n’a pas eu l’avantage de posséder un carcinologiste orienté vers l’étude des formes terrestres,
comme ce fut le cas pour des terres voisines. Ch. Chilton, au cours de sa longue vie studieuse, révéla
la richesse de la Nouvelle-Zélande en Oniscoïdes ; il nous les fit connaître en de nombreuses publications
qui se succédèrent pendant un quart de siècle, de 1893 à 1917.
Plus récemment Miss Alison Green a entrepris une investigation très poussée de la faune iso-
podique de Tasmanie. Sur le plan isopodique, l’Australie demeure très en retard sur ces deux terres
australes.
Historique
Ce fut James D. Dana qui, dans le célèbre ouvrage, publié en 1853, et consacré à l’étude des
Crustacés récoltés au cours des Voyages d’Explorations, entrepris sous la direction du Commandant
Wilkes, décrivit le premier Oniscoïde australien : « Lygia auslraliensis ». Cette espèce fut recueillie
sur les côtes de la Nouvelle Galles du Sud (Dana, 1853, p. 740 ; pl. 49, fig. 3).
Au cours de la seconde moitié du xix° siècle, aucune autre étude ne fut consacrée aux Isopodcs
terrestres de l’Australie, à l’exception de quelques brefs articles de médiocre valeur (Miers, 1876,
1884 ; Haswell, 1882, 1885).
G. Budde-Lund (1885) mentionne, dans son célèbre Traité, tout ce que l’on connaissait à l’époque
sur les Oniscoïdes d’Australie, c’est-à-dire fort peu de chose. En dehors d’une espèce d’origine euro¬
péenne et importée par l’homme (Armadillidium vulgare), l’isopodologue danois ne mentionne que
trois espèces australiennes, appartenant à un seul genre, le genre Armadillo : A. gros» us, A. bifrons
et A. rugosus.
La connaissance des Oniscoïdes australiens ne débute vraiment que lorsque deux naturalistes
allemands, W. Michaelsen et R. Hartmeyer, entreprirent au cours de l’année 1905, une expédition
zoologique en Australie occidentale. La région comprise entre la Shark Bay et Albany fut soigneuse¬
ment prospectée, et un matériel considérable fut récolté.
Les Isopodes terrestres recueillis au cours de cette expédition furent confiés à l’éminent isopo¬
dologue danois, Gustaf Budde-Lund. Malheureusement, sa mort, survenue en 1911, ne lui permit
pas d’achever l’étude des récoltes australiennes, qui lui avaient été confiées. Cette collection, ainsi
que les notes et les dessins de l’isopodologue danois firent retour à l’un des directeurs de l’expédition
allemande en Australie occidentale, le Professeur Michaelsen. Celui-ci publia, en 1912, le manuscrit
de Budde-Lund sous le titre : «Oniscoidea, nachgelassenes Fragment von G. Budde-Lund (Kopenhagen) ».
Cependant, la rédaction de ce travail demeure imparfaite et surtout incomplète. Cette publication
renferme néanmoins l’étude d’un des genres d’Isopodes les plus remarquables de l’Australie. Michaelsen
lui a donné le nom de Buddelundia. L’appareil respiratoire des représentants de ce genre appartient
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE I.'AUSTRAI.IE
15
à un type très particulier qui correspond manifestement à des dispositifs permettant la diminution
de l’évaporation. C’est donc une adaptation à la sécheresse. Nous évoquerons ces dispositions si remar¬
quables dans la suite de notre exposé.
Le matériel dont Budde-Lund n’a pas eu la possibilité de poursuivre l’étude fut confié à un
zoologiste suédois, Ragnar Wahrberg. Celui-ci disposait en outre des collections rassemblées par le
Dr. Eric Mjôberg, au cours des années 1910-1913. Les études de Wahrberg ont été réunies dans un
important mémoire de 298 pages, paru en 1922.
Les deux mémoires de Budde-Lund et de Wahrberg constituent le fondement de nos connais¬
sances sur les Isopodes australiens. Les publications ultérieures ne traitent que de sujets limités, évo¬
quant des espèces ou des genres particuliers.
La provenance du .matériel étudié par l’auteur
Le premier contact pris par l’auteur du présent mémoire avec la faune isopodique australienne
remonte à 1947, lorsque le Professeur Geo E. Nicholls, de l’University of Western Australia, lui adressa,
à titre consultatif, quelques exemplaires d'un nouvel Oniscoïde auquel il avait donné le nom de Laureola
wilsmorei. Il s’interrogeait sur la validité de cette détermination, le genre Laureola n’ayant été récolté
jusqu’ici qu’en Afrique du Sud.
Par la suite, l’auteur entra en relation avec un botaniste australien, D. H. Ashton. Il effectuait,
en 1959, un stage à l’Université de Cambridge, en Angleterre. Dans sa patrie, il se consacrait à l’étude
des forêts d 'Eucalyptus regnans de Wallaby Creek, au nord de Melbourne. Sa vocation de naturaliste
l’avait incité à recueillir quelques Oniscoïdes dont il me confia l’étude. C’est la petite collection ras¬
semblée par ce naturaliste qui m'a révélé la richesse de la faune isopodique australienne, en même
temps que 1 état extraordinairement lacunaire de nos connaissances en ce domaine.
En 1965, le Dr. Barry Gray me faisait parvenir les Isopodes myrmécophiles qu’il avait récoltés
aux environ de Sydney. Le Dr. Barry Gray devait, par la suite, résider en Nouvelle-Guinée orientale.
Les récoltes d’Oniscoïdes qu'il a effectuées dans ce territoire si peu connu sont mentionnées dans un
mémoire en cours d’impression.
En 1967-1969, les Dr. J. C. Yaldwin et J. G. Griffin me faisaient parvenir les spécimens d’Onis¬
coïdes provenant de Lord Howe Island, cette terre qui pose aux biogéographes des problèmes d’un
intérêt si passionnant.
Cependant, la plus grande partie du matériel qui constitue l’objet du présent mémoire a été
rassemblée par Miss Aola M. Richards (University of New South Wales) et son élève G. S. Hunt. Quant
à l’Australie occidentale, elle a été soigneusement prospectée par Mrs J. Lowry (Perth).
L’auteur a contracté vis-à-vis de ces trois zoologistes une immense dette de reconnaissance.
C’est l’examen de ce matériel, abondant et conservé en excellent état, qui a permis à l’auteur de formuler,
avec une assurance croissante, une conclusion qui sera développée au terme de ce mémoire : à savoir
que le peuplement australien renferme tant de types primitifs qu’il convient de tenir l’Australie pour
le lieu d’origine et de différenciation des Isopodes terrestres.
En dépit du zèle et de l’habileté des prospecteurs dont les noms ont été évoqués dans les lignes
précédentes, nos connaissances sur les Oniscoïdes d’Australie demeurent encore très lacunaires.
Nous possédons des indications sur les faunes isopodiques des États suivants : Western Australia,
South Australia, Victoria, et New South Wales ; c’est-à-dire les terres comprises entre les 30 e et 40 e
parallèles.
Les immenses régions qui s’étendent au nord du 30 e parallèle demeurent pratiquement inconnues
au point de vue isopodologique. Si les régions désertiques du Centre de l’Australie paraissent peu
favorables à l’établissement des Oniscoïdes, on doit s’attendre à trouver dans les régions montagneuses
du Queensland, une faune isopodique très originale, mais qui demeure jusqu’ici à peu près inconnue.
La faune du Cap York mériterait également de faire l’objet d’une prospection détaillée.
Source : MNHN, Paris
I. VANDEL
16
L’inventaire des oniscoïdes australiens
La seconde Partie de ce Mémoire représente un inventaire de la Faune isopodique australienne,
à l’exclusion de la Faune de Tasmanie qui a fait l'objet d’une récente révision de la part de Miss Ali-
son Green (1961).
La présentation de cet inventaire aurait pu être divisée en trois parties : a) la première dans
laquelle auraient été signalées les espèces déjà décrites, mais non représentées dans les collections qui
m’ont été adressées par mes correspondants australiens; b) les espèces déjà connues dont il m’a été donné
d’examiner des représentants, et par suite de compléter, ou éventuellement de corriger, la diagnose
et la nomenclature ; c) les espèces nouvelles incluses dans les envois de mes correspondants.
Cette méthode offre néanmoins l’inconvénient d’obliger le lecteur à parcourir trois listes pour
trouver l’espèce qui l’intéresse. C’est pourquoi j’ai préféré rassembler toutes les données acquises jus¬
qu’à ce jour sur la Faune d’Oniscoïdes australiens, dans une liste unique et ordonnée suivant la classi-
ficatiou zoologique. Cependant, nous ferons une légère entorse à cette règle, en réservant une place
à part aux formes cosmopolites d’origine européenne ou méditerranéenne. Ces espèces ont été intro¬
duites par l’homme blanc, à une date postérieure à 1531, date de la découverte par les européens du
continent australien. Ces espèces n’appartiennent évidemment pas à la Faune australienne autochtone.
Formes d’origine européenne mais devenues cosmopolites
Cinq espèces, extrêmement communes en Europe, ont été retrouvées en Australie. Leur présence
sur ce continent est très certainement le résidtat du trafic maritime.
Famille des Porcellionidae
Agabiformius lenlus (Budde-Lund 1885)
Données bibliographiques. — Sous le nom d 'Angara sp. — Budde-Lund, 1912, p. 39.
Metoponorthus pruinosus (Brandt)
Données bibliographiques. — Budde-Lund, 1912, p. 39 ; W*hhbehc, 1922, p. 148 ; Hale,
1927, p. 320.
Observations personnelles. — « Eucla Basin. Grid. Ref. No data » ; un individu femelle transmis
par Miss Aola M. Richards.
Porcellio scaber Latreille (= graniger White)
Données bibliographiques. — Miers, 1876, p. 100; Haswell, 1882, p. 280; 1885, p. 1001 ;
Dollfus, 1897, p. 206 ; Chilton, 1905, p. 429 ; Budde-Lund, 1912, p. 39.
Porcellio laevis Latreille (= obtusifrons Haswell)
Données bibliographiques. — Haswell, 1882, p. 280 ; 1885, p. 1001 ; Dollfus, 1897, p. 208 ;
Chilton, 1905, p. 430 ; Wahrberg, 1922, p. 182 ; Hale, 1927, p. 320.
Famille des Armadillidiidae
Armadillidium vulgare (Latreille) (= subdentalum Haswell)
Données bibliographiques. — Haswell, 1882, p. 279 ; 1885, p. 1001 ; Budde-Lund, 1885 ;
p. 68 ; Dollfus, 1892, p. 176 ; 1896, p. 357 ; 1897, p. 206 ; Borradaile, 1900, p. 796 ; Chilton, 1905,
p. 431 ; Green, 1961, p. 325.
Source : MNHN, Paris
I.ES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
17
Évolution et classification
Tous les zoologistes sont aujourd’hui persuadés qu’une classification doit, pour satisfaire aux
exigences évolutionnistes, refléter aussi exactement que possible l’histoire des lignées animales.
Nous savons depuis longtemps que les embranchements du règne animal correspondant à des
organisations de plus en plus complexes, dont les Vertébrés représentent le terme ultime.
Les zoologistes ont eu recours à une semblable méthode pour établir un classement à l’intérieur
des grands embranchements. Ils ont été ainsi conduits à établir une hiérarchie des ordres, des familles
et des genres. Cependant, cette méthode conduit le plus souvent à formuler des conclusions indubi¬
tablement erronées. Ce sont les paléontologistes qui les ont, les premiers, dénoncées.
Les processus évolutifs se déroulent, dans tous les groupes d’animaux, de façon analogue, encore
que la durée des différentes phases de leur histoire puisse varier dans des proportions considérables.
Les paléontologistes ont reconnu que les différents phylums du règne animal débutent par une
phase de jeunesse qui passe insensiblement à une période de maturité et d’épanouissement. A celle-ci
succède une dernière étape, celle de la sénescence qui aboutit à la disparition totale du groupe, ou au
maintien de quelques rares survivants que l’on désigne sous le nom de « fossiles vivants ».
C’est en s’inspirant de ces principes que l’auteur du présent mémoire s’est efforcé de dresser
une classification rationnelle de l’ordre des Isopodes. Elle a été exposée dans un mémoire déjà ancien
(Vandel, 1943, pp. 107-110). Nous avons eu recours à la même méthode pour dresser la classification
d’un groupe dans la systématique est particulièrement difficile, la famille des Philosciidae (Vandel,
1968, p. 62). Rappelons brièvement le principe de cette méthode.
L’étude morphologique d’un type primitif d’Oniscoïde, tel que Ligia, qui mène encore une
vie semi-aquatique, prouve que les structures céphaliques ainsi que la constitution des antennules,
des antennes, des pièces buccales et des péréiopodes sont nettement plus complexes que les dispositifs
propres aux formes exclusivement terrestres. Cette simplification est encore plus accentuée chez cer¬
taines formes naines, menant un mode de vie « cryptique » (humicoles, endogés, myrmécophiles, caver¬
nicoles, etc.).
Ainsi, au cours de l’évolution, les structures primitives se simplifient, se dégradent, et parfois,
disparaissent complètement.
La claire compréhension de ces principes permet au zoologiste d’éviter cette erreur si commune
qui est de tenir une structure complexe comme révélatrice d’une organisation « évoluée », et une cons¬
titution simple comme propre à une forme « primitive ». Le plus souvent, la réalité correspond à la
situation inverse. L’étude des représentants de la famille des Philosciidae en constitue un excellent
exemple.
Source : MNHN, Paris
18
i. VANDEL
LISTE DES ESPÈCES D’ONISCOÏDES AUSTRALIENS
SIGNALÉES JUSQU’À CE JOUR
FAMILLE DES TYLIDAE
Aucun représentant du genre Tylos n’a été signalé jusqu’ici — du moins, à ma connaissance —
sur les côtes du Continent australien. Cependant, comme la présence de ce genre a été signalée dans
tous les continents, à l’exception de l’Australie ; que ce type est halophile et supporte bien l’eau de
mer ; qu’il peut ainsi être transporté, de façon passive, à de très grandes distances, il apparaît extrê¬
mement probable que des représentants de ce genre seront récoltés, un jour ou l’autre, sur les plages
australiennes.
D’ailleurs, un représentant du genre Tylos, Tylos neozelanicus Chilton, est connu de Nouvelle-
Zélande ; et une autre espèce du même genre, Tylos nudulus Budde-Lund, a été recueillie à l’île Christ-
mas, qui est située entre Java et l’Australie.
FAMILLE DES LIGIIDAE
Le Genre Ligia
Le genre Ligia est représenté en Australie par une espèce qui y est fort commune ; c’est Ligia
australiensis Dana. Elle est voisine de L. novae-zelandiae Dana ; mais, elle en est certainement distincte
(Green, 1961, p. 266).
Ligia exotica Roux n’est connue d’Australie que d’une seule station (Green, 1962, p. 83). Cette
espèce, largement répandue dans les régions tropicales du globe, n’est probablement en Australie qu’un
hôte accidentel.
Ligia australiensis Dana 1853
Synonymie. — Ligia gaudichaudii Milne-Edwards var. australiensis Dana (Miers, 1884, p. 299 ;
Haswell, 1885, p. 1001).
Données bibliographiques. — Dana, 1853, p. 740 ; Haswell, 1882, p. 281 ; Miers, 1884, p. 299 ;
Haswell, 1885, p. 1001 ; Thomson, 1892, p. 55 ; Chilton, 1922 a, p. 86 ; 1922 b, p. 35 ; Jackson,
1922, p. 701 ; Hale, 1927, p. 320 ; 1929, p. 340 ; 1933, p. 561 ; Fischer, 1940, pp. 292, 303, et 307 ;
Mac Neill, 1948, p. 260 ; Green, 1961, p. 262.
Hépartition. — Cette espèce est fort commune sur les côtes d’Australie : Queensland, New South
Wales, Victoria, South Australia et West Australia. Elle est également fréquente en Tasmanie. Enfin,
elle a été récoltée sur les récifs de la Grande Barrière, et, plus au sud, dans Lord Howe Island.
Écologie. — L. australiensis vit, comme les autres espèces de Ligies dans la zone de balancement
des marées. Cependant, à Lord Howe Island, elle colonise l’intérieur de l’île jusqu’à une altitude de
250 mètres, et pénètre dans les eaux douces.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
19
Ligia exotica Roux 1828
Données bibliographiques. — Green, 1962, p. 83.
Répartition. — Bobbin Head (New South Wales).
Remarque. — La présence de Ligia exotica en Australie est probablement occasionnelle ; et,
cette espèce ne saurait être tenue pour un véritable autochtone australien.
Le Genre Ligioides
Ce genre, institué par Wahrberg (1922, p. 68) est intermédiaire entre Ligia et Ligidium. La
forme du corps, celles du telson et des uropodes répondent au type Ligia. Les autres caractères sont
ceux du genre Ligidium. Ce genre ne renferme qu’une seule espèce.
Ligioides inlermedius Wahrberg 1922
Données bibliographiques. — Wahrberg, 1922, p. 68; Vandel, 1946 a, p. 232; Borutzky,
1950, p. 71 ; Arcanceli, 1952, p. 313.
Répartition. — Cette espèce n’est connue que par une seule femelle récoltée à Atherton, dans
le nord du Queensland.
FAMILLE DES STYLONISC1DAE
La distinction entre les Styloniscidae, groupe essentiellement gondwanien, et les Trichoniscidae,
propres à l’hémisphère septentrional, se fonde sur la constitution des pléopodes sexuels mâles qui est
profondément différente dans les deux familles. Cette question ayant été traitée en détail dans un
mémoire antérieur (Vandel, 1952), nous nous permettons d’y renvoyer le lecteur.
La Famille des Styloniscidae se divise en deux sous-familles, celle des Styloniscinae, et celle
des Noloniscinac (Vandel, 1952, p. 94).
SOUS-FAMILLE DES STYLONISCINAE
Le Genre Slyloniscus
Le Genre Slyloniscus, institué par Dana, en 1852, présente une très vaste distribution. Son
aire de répartition couvre toutes les terres australes, c’est-à-dire les fragments de l’ancien Continent
de Gondwana (Vandel, 1952, p. 99).
Dans les régions qui nous intéressent, les représentants du genre Stylooniscus sont abondants
et variés en Nouvelle-Zélande et en Tasmanie. Les premiers nous sont connus grâce aux études de
Chas. Chilton, tandis que les seconds ont été inventoriés par Miss Alison Green.
Les conditions que l’on observe en Australie sont très différentes. Les représentants du genre
Slyloniscus sont rares sur ce continent et encore mal connus. Il ne fait point de doute que les différences
que l’on relève entre les peuplements de l’Australie et ceux des grandes îles australes, sont d’ordre
orographique et climatique. La Nouvelle-Zélande et la Tasmanie sont des îles montagneuses, dotées
Source : MNHN, Paris
20
k. VANDEL
d’un climat tempéré et très humide. L’Australie est un vaste plateau, aux reliefs rarement accusés ;
son climat est beaucoup plus chaud que celui des îles australes, et surtout beaucoup plus sec ; il est
même franchement désertique dans le centre du continent.
Ce que l’on connaissait jusqu’ici sur les Styloniscus d’Australie se réduisait à fort peu de chose.
L’expédition allemande dirigée par W. Michaelsen et R. Hartmeyer recueillit cinq exemplaires de
Styloniscus (appelés Trichoniscus par R. Wahrberg). Le zoologiste suédois répartit ces cinq individus
en trois espèces : verrucosus Budde-Lund, thomsoni (Chilton) et otakensis (Chilton). Comme ces exem¬
plaires appartiennent tous au sexe femelle ; que l’on sait que les structures somatiques sont très sem¬
blables chez toutes les espèces de Styloniscus ; et, que, seuls, les pléopodes sexuels mâles fournissent
de bons caractères spécifiques, il apparaît que les déterminations de R. Wahrberg sont fort sujettes
à caution. La seule conclusion que l’on puisse tirer de cette publication est l’existence de représentants
du genre Styloniscus en Australie occidentale 1 .
Styloniscus australiensis n. sp.
Synonymie. — Il est à peu près certain que l’espèce signalée par Wahrberg (1922, p. 76), sous
le nom de « Trichoniscus otakensis Chilton 1901 » correspond à l’espèce décrite dans les lignes suivantes
sous le nom de Styloniscus australiensis n. sp.
Morphologie générale.
Taille : 3 mm.
Coloration. — Elle rappelle celle du vulgaire Trichoniscus pusillus Brandt, d’Europe. La colo¬
ration générale est violacée. Deux plages de linéoles blanches (insertions musculaires) prennent place
sur chaque péréionite. De plus, chaque pleurépimère est taché de blanc. Le pléon est uniformément
coloré.
Œil. — L’œil, de constitution tout à fait normale, est constitué de trois grosses ommatidies,
de couleur noire et disposées en triangle.
Caractères tégumenlaires.
Les téguments sont parfaitement lisses.
Appendices.
Antenne (Fig. 3, A). — Le cinquième article de l’antenne présente quatre « crans », chacun
d’eux étant orné d’une épine et d’une écaille.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 3, B). — Il appartient au type styloniscien. L’exopodite présente la forme
d’un triangle dont l’angle supérieur est largement arrondi, tandis que l’angle externe est prolongé
en pointe.
Second pléopode mâle (Fig. 3, C et D). — L’extrémité de l’endopodite est légèrement renflée ;
concave du côté interne, convexe du côté externe ; elle se termine par une pointe. L’exopodite est
petit, ovoïde.
Affinités.
Celte espèce est certainement voisine de Styloniscus otakensis (Chilton), de Nouvelle-Zélande.
Elle s’en distingue nettement par la forme de l’endopodite du second pléopode mâle.
1. Nous reproduisons, à titre documentaire, les stations dans lesquelles ont été récoltées les trois espèces de Stylo¬
niscus signalées par Wahrberg : Trichoniscus verrucosus Budde-Lund 1906. — Lion Mill, 2 9 (Wahrberg, 1922, pp. 72-
76). — Trichoniscus otakensis Chilton 1901 = australiensis Vandel, Bridgetown, Ynllingup, 2 9 (Wahiiberg, 1922, pp. 76-
79). — Trichoniscus Thomsoni Chilton 1901. Jarrahdale, 1 9 (Wahrberg, 1922, pp. 79-80).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE 1/AUSTRALIE
21
Fie 3. — Styloniscus australiensis. — A, antenne ; B, premierjpléopode mâle ;
second pléopode mâle ; D, extrémité de l'endopodite du second pléopodc mâle ;
Stations.
Données bibliographiques. — Les stations de « Trichoniscus otakensis » signalées par Wahrberg
(1922, p. 79) sont deux localités situées dans l’extrémité sud-ouest de l’Australie : Bridgetown et Yal-
lingup.
Observations personnelles. — 1) Witchcliff Cave, Margaret River, Augusta Area (Western Aus-
tralia). 1. VII. 1969. Dirk Hos leg.
2) Giants Cave, near Augusta (Western Australia). 1. I. 1971. J. Lowry leg.
Écologie
Encore que cette espèce ait été récoltée dans des grottes, la coloration générale du corps et la
constitution tout à fait normale de l’appareil oculaire, permettent d’afïirmer que cette espèce corres¬
pond à un type épigé, et non à une forme cavernicole.
Styloniscus australiensis cavernicolus n. ssp.
Validité de cette sous-espèce. — Cette sous-espèce est fort voisine du type ; elle en diffère cepen¬
dant par plusieurs caractères qui justifient la création d’une nouvelle sous-espèce. Le Tableau ci-des¬
sous fait ressortir ces différences.
Source : MNHN, Paris
22
VANDEI.
Taille .
auslraliensis
australiensis
4,5 mm
australiensis
cavernicolus
3 mm
Coloration ....
Violet brunâtre
Blanche ; pas de pigment
Œil.
Constitué de trois ommatidies
Absent
Granulations du
vertex.
très saillantes
moyennement développées
Granulations di
nite.
i premier péréio-
4 rangées
3 rangées
Granulations des péréionites II-
VII.
3 rangées
2 rangées
Granulations du
pléon.
1 rangée
absentes
Gndopodite du
second pléopode
Article basilaire très court
Article basilaire rectangulaire
Article distal formé par une pointe
longue et fine
Pointe plus robuste.
Stations.
1) Sausage Cave, Mt Hamilton (Victoria) ; 7.VI.1967. Miss Aola Richards leg. Dans une lettre
datée du 6.vii.1967, Miss Richards donne les détails suivants sur le biotope dans lequel ont été récoltés
ces échantillons : « I am also sending you some material I collected recently from lava caves in Western
Victoria... The small white Isopods where at the furthest end of the third and last chamber in Sausage
Cave. They were quite a number of them in groups of six to eight on the damp floor. They also
were in total darkness ». La description de cette grotte, ainsi qu’un plan, ont été donnés par C. D. Ollier
(1963, p. 69 ; Fig. 2, p. 73).
2) Labyrinth Cave, near « Knife Edge », Augusta (Western Australia). 27.xi. 1965.
3) Calgadup Cave, near Augusta (Western Australia). 2.1.1971.
Fie 4. — Styloniscus aus’raliensis cavernicolus. — A. antenne ;
B, septième périopode mâle ; C, premier pléopode mâle ; D, second pléopode mâle.
Source : MNHN, Paris
ERRESTRES DE L'AUSTRALIE
LES ISOPODE
23
Répartition Géographique.
Les stations dans lesquelles ont été récoltés les exemplaires de Styloniscus australiensis caver-
nicolus sont, situées aux deux extrémités de l’Australie, l’une à l’est, les autres, à l’extrême ouest. Il
s'agit là, de toute évidence, d'un peuplement, rélictuel. Il permet d’aflirmer que Styloniscus australiensis
devait autrefois peupler toute la partie méridionale du eontiuent australien, et menait très certaine¬
ment une vie épigée.
Styloniscus squarrosus Green 1961.
Bibliographie. — Green, 1961, p. 281.
Morphologie. — Cette espèce, qui a été très soigneusement décrite par Miss Alison Green, est
aisément reconnaissable, grâce à ses téguments recouverts de tubercules et. d’écailles.
Station. — « Forests of Eucalyptus régnons at Wallaby Creek, 10 miles NNE of Melbourne, at
an altitude of 2.300 feet. Dividing Range Area ». 1952-1953. David H. Ashton leg.
Répartition géographique. — Le type «le l’espèce provient de Tasmanie, et plus exactement
du Mont Wellington qui s’élève, à l’ouest de Hobart. Les récoltes ont été effectuées à des altitudes
comprises entre 500 et 1.000 mètres. Une autre localité renfermant cette espèce est l’Arve Forest,
à Collinsvale.
La découverte de celle espèce en Australie apporte une nouvelle preuve de l’étroite parenté
qui unit les peuplements australiens et tasmans. Ce qui n’est point pour étonner, car, comme l’écrit
justement Ed. Suess (1921, p. 1002) : « La terre de Van Diernen est un fragment de l’Australie ».
La séparation définitive de l’Australie et de la Tasmanie date du quaternaire. La Tasmanie forme
la partie la plus méridionale de la Cordillière australienne qui se prolonge depuis la Nouvelle-Galles-
du-Sud jusqu’au Cap York, et même plus loin encore, en Nouvelle-Guinée.
Styloniscus sp.
Morphologie. — Une forme voisine de St. phormianus, espèce de Nouvelle-Zélande et de Tas¬
manie, a été récoltée en Australie. Elle en diffère par : 1) la pointe plus longue et plus aiguë de l’exo-
podile du premier pléopode mâle ; 2) Par l’endopodite du second pléopode mâle qui est plus mince
et plus allongé. L’étude d’un matériel plus abondant serait nécessaire pour décider si ces différences
sont d’ordre individuel ou correspondant à l’existence d’une sous-espèce distincte.
Répartition géographique. — « Forest of Eucalyptus régnons, at Wallaby Creek, 40 miles NNE
of Melbourne, at an altitude of 2.300 feet. » David H. Asthon leg., 1952-1954.
Le Sous-Genre Euroniscus n.s.g.
Styloniscus commensalis (Chilton) diffère notablement des autres espèces de Styloniscus. Par
ses pléopodes sexuels, il appartient incontestablement au genre Styloniscus. Mais, par son corps élargi,
et par son pléon à peine en retrait sur le péréion, il diffère nettement des autres espèces du genre Stylo¬
niscus. C’est, pourquoi nous croyons opportun de créer un nouveau sous-genre de Styloniscus pour y
ranger S. commensalis. Nous proposons, pour le désigner, le nom d’ Euroniscus (de eup, large).
Styloniscus ( Euroniscus) commensalis (Chilton 1910)
R i hliogra phie.
Chilton, 1901, p. 117 (sous le nom de Trichoniscus olakensis) ; 1910 a, p. 191 ; 1910 b, p. 287 ;
Jackson, 1941, p. 8 ; Huhley, 1950, p. 121 ; 1958, p. 8 ; 1961, p. 273 ; Green, 1961, p. 271.
Source : MNHN, Paris
24
A. VANDEL
Morphologie Générale.
Nous apportons quelques compléments à la description originale de Chilton que nous assorti¬
rons de figures, car — fait curieux — aucune représentation de cette remarquable espèce ne figure
dans l’iconographie isopodologique.
Taille : 3,5 mm.
Coloration. — Blanc jaunâtre (sur individus conservés en alcool).
Œil (Fig. 5). — Composé de trois ommatidies, disposées en triangle, et largement séparées
les unes des autres.
Caractères légumentaires.
Téguments. — Couverts de granulations arrondies, ainsi disposées : 4 rangées sur le vertex ;
3 rangées sur le péréionite I ; 2 rangées sur les péréionites II à VII.
Morphologie Somatique.
Forme générale du corps (Fig. 5). — Le corps est plus large que celui des autres espèces de Stylo-
niscus. De plus, le décrochement entre le péréion et le pléon est très faible.
Appendices.
Antenne (Fig. 6, A). — Les articles 3, 4 et 5 portent des saillies, garnies de touffes d’écailles. Le
flagelle est constitué de trois segments nettement distincts les uns des autres.
Caractères sexuels mâles.
Septième péréiopode (Fig. 6, B). L’ischion porte, sur son côté externe, un lobe triangulaire,
à sommet arrondi et porteur d’une courte soie.
Fig. 5. — Stylonsicus (Ewoniscm) commensalis. — Vue
d’ensemble.
Source : MNHN, Paris
LES 1SOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
25
Premier pléopode (Fig. 7). De type styloniscien. Le protopodite est énorme et renferme un très
puissant massif musculaire. L’endopodite est bi-articulé ; l’article distal est représenté par une tige
portant à son extrémité un petit bouton. L’exopodite est ovoïde.
Second pléopode (Fig. 7). L’endopodite est bi-articulé ; il se termine par une pointe fine, s’élar¬
gissant en bouton, à son extrémité, en forme de « fleuret moucheté ». L’exopodite est petit et allongé.
Répartition Géographique.
D’après Chilton (1910 a, p. 192), cette espèce est largement répandue dans l’île septentrionale
de la Nouvelle-Zélande, et également dans la partie nord-ouest de l’île méridionale.
Elle a été retrouvée, en 1963, sur le Continent australien, par le Dr. Barry Gray, à Lane Cove,
faubourg de Sydney.
Il apparaît extrêmement probable que cette espèce doit également peupler la Tasmanie.
Fig. 7. — Stylonicus (Euroniscus) commensalis.
—- Mâle. A droite, le premier pléopode ; on
remarque l'énorme protopodite (pr) et son
muscle puissant, caractéristique des Stylo-
niscidae ; tandis que l'exopodite (es) et l'cndo-
podite (en) sont réduits. A gauche, le second
pléopode.
Source : MNHN, Paris
L. VANDEL
26
Éthologie.
Cette espèce doit être tenue pour une forme myrmècophile. Elle a été récoltée, en Nouvelle-
Zélande, en compagnie de Amblypone cephalotes et de Huberia striata (Chilton, 1910 a, pp. 191 et
192). Les exemplaires australiens ont été recueillis par le Dr. Barry Gray, en compagnie de Myrmecia
nigrocincta.
SOUS-FAMILLE DES NOTONISCINAE
Notoniscus lasmanicus (Chilton 1915)
Bibliographie. — Chilton, 1915, p. 424 ; Arcangeli, 1923, p. 314 ; Green, 1961, p. 289.
Stations. — 1) « Wallaby Creek, 40 miles NNE of Melbourne, at an altitude of 2.300 feet, in
forest of Eucalyptus regnans. » David H. Ashton leg.
2) Kanangra Walls ; New South Wales. —- « In nest of Myrmecia similima ». B. Gray leg.
Répartition géographique. — Le type de l’espèce, décrit par Chilton provient de « Fern Tree
Gully », près de Hobart (Tasmanie). Les exemplaires qui ont été l’objet des études de Miss Allison
Green, ont été également recueillis aux environs de Hobart (Collinsvale ; Arve Forest).
Les remarques biogéographiques formulées à l’occasion de la mention de Styloniscus squarrosus
s’appliquent également à la présente espèce.
FAMILLE DES PLATYARTIIRIDAE
La Famille des Platyarthridae est représentée en Australie par une espèce du genre Trichorhina.
Ce genre est répandu dans toutes les régions chaudes du globe ; mais, sa prédominance dans les régions
australes permet de lui attribuer une origine gondwanienne (Vandel, 1946 a, p. 248 ; 1946 b, p. 215 •
1952, p. 95 ; Borutzky, 1959, p. 1017).
Trichorhina australiensis Wahrberg 1922
Données bibliographiques. — Wahrberg, 1922, p. 189; Verhobff, 1926, p. 319; Meinertz,
1934, p. 254 ; Verhoeff, 1937, p. 425.
Distribution géographique. — Cette espèce n’est connue que d’une seule station : Gooseberry
Hill, à l’est de Perth (Western Australia).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
27
LA CLASSIFICATION DES ONISCOÏDES SUPÉRIEURS
Les Oniscoïdes supérieurs ou Crinoclieta (Legrand) se répartissent en deux grands groupes :
les Oniscomorphes ou Atracheata, dépourvus d’appareil pseudo-trachéen ; et les Pseudotracheata, pourvus
d’un appareil pseudotrachéen.
SUPER-FAMILLE DES ONISCOMORPHES
Les Oniscomorphes se répartissent en sept familles. Leur groupement est résumé dans le tableau
ci-dessous :
Superfamille des Oniscomorphes.
1. Scyphacidae
2. Olibrinidae
3. Halophilosciidae
4. Oniscidae
5. Bathijlropidae
6. Philosciidae
7. Berytoniscidae
j Groupe halophile
| Groupe central
j Groupe régressif
Les trois premières familles — Scyphacidae, Olibrinidae et Halophilosciidae, sont essentielle¬
ment composées de types halophiles. Ils présentent de nombreux caractères primitifs. Ce qui conduit
à considérer ce groupement comme le plus voisin de la souche des Oniscomorphes.
Un second groupe comprend les deux familles des Oniscidae et des Bathijlropidae. On peut les
tenir pour les représentants les plus typiques de la super-famille des Oniscomorphes.
Quant à la famille des Berytoniscidae, elle est de très faible importance.
Les Philosciidae ont été souvent tenus pour des formes primitives, moins « évoluées » que les
Oniscidae. C’est une erreur. Loin de correspondre à des types primitifs, les Philosciidae correspondent
à la phase de sénescence de la lignée des Oniscomorphes ; ils sont porteurs de nombreuses manifesta¬
tions dégénératives.
FAMILLE DES SCYPHACIDAE
La famille des Scyphacidae a été instituée par Dana, en 1852 (Dana, 1852, p. 302).
Caractères morphologiques. — Les Scyphacidae représentent le type le plus primitif que l'on
connaisse chez les Oniscomorphes.
Cette affirmation repose tout d’abord sur les caractères morphologiques propres aux représen¬
tants de cette sous-famille. Le flagelle antennaire est constitué de quatre articles. Le processus molaire
de la mandibule persiste sous forme d’un petit tubercule portant le bouquet de soies plumeuses. Le
Source : MNHN, Paris
k. Y'ANDEL
palpe du maxillipède est large, comme celui des Isopodes aquatiques, et constitué par cinq articles
qui, sauf chez quelques espèces, sont parfaitement reconnaissables. L’endite du maxillipède est
toujours pourvue d’un pénicillé. Le dactylos est porteur d’un organe dactylien parfaitement développé.
Les exopodites des pléopodes renferment un réseau vasculaire bien développé, semblable à celui que
l’on observe chez les Ligiidae ; il fait cependant défaut dans le genre Armadilloniscus. Un engrenage
entre l’apophyse génitale et les endopodites de la première paire de pléopodes du mâle n’est pas encore
réalisé dans le genre Deto. Ce n’est que chez Scyphax, et surtout chez Armadilloniscus qu’un système
d’engrenage relie ces trois parties (Legrand, 1946).
Caractères écologiques. — Sur le plan écologique, les Scyphacidae sont des halophiles qui ne
s’éloignent guère des rivages marins. C’est là une condition que l’on doit qualifier de primitive.
Distribution géographique. — Les Scyphacidae sont très probablement originaires des terres
australes, restes de l’ancien continent de Gondwana. C’est en effet dans ces contrées qu’ils sont le plus
abondants et le plus diversifiés. Cependant, un certain nombre de genres de Scyphacidae ont émigré
dans l’hémisphère septentrional.
Le Genre Deto
C’est Chilton (1915, p. 437) qui, le premier, a clairement reconnu que le genre Deto appartient
à la famille des Scyphacidae.
Les espèces de ce genre mènent une vie littorale ; ce sont des halophiles. Ce genre présente une
répartition typiquement gondwanienne (Fig. 8). Des représentants de ce genre ont été signalés en
Nouvelle-Zélande et dans les îles adjacentes, dans le sud de l’Australie, en Tasmanie, dans les îles
Saint-Paul et Amsterdam, en Afrique du Sud, et, enfin, en Amérique du Sud.
Deto marina (Chilton, 1884)
Données bibliographiques. — Chilton, 1884, p. 157 ; 1885, p. 463 ; 1915, p. 444 ; 1917, p. 399 ;
1922 b, p. 35 ; Haswell, 1885, p. 1001 ; Wahrberc, 1922, p. 86 ; Hale, 1927, p. 320.
Distribution géographique. — Cette espèce est répandue sur toutes les côtes méridionales de
l’Australie, depuis Sydney jusqu’à Perth. Elle a été également signalée en Tasmanie (A. Green).
Deto sp. Budde-Lund 1912
Données bibliographiques. — Budde-Lund, 1912, p. 18.
Distribution géographique. — Sud-ouest de l'Australie.
Le Genre Alloniscus
Place du genre Alloniscus dans la classification. — Tous les classiques placent le genre Alloniscus
dans la famille des Oniscidae. Budde-Lund (1885) ne lui attribue même que la valeur d’un sous-genre
à'Oniscus. Seul, Dana (1854), le créateur du genre, a reconnu ses affinités avec les Scyphacidae.
Une étude détaillée de plusieurs espèces du genre Alloniscus a permis à l’auteur de confirmer
entièrement les conclusions formulées par Dana, voici plus d’un siècle. Énumérons les principales
dispositions qui justifient cette décision.
a) Le flagelle antennaire d’ Alloniscus ne possède que trois articles, comme celui des Oniscidae.
Cependant, un examen quelque peu attentif révèle aisément la présence d'un quatrième article, à vrai
dire rudimentaire. Il prend place à la base du faisceau terminal de tiges. D’ailleurs, le quatrième article
flagellaire est déjà très court chez plusieurs Scyphacidae (Scyphax, quelques espèces de Deto).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TEI
ESTRES DE L'AUSTRALIE
29
b) La structure du maxillipède d'Alloniscus est extrêmement intéressante pour notre sujet.
En effet, le palpe du maxillipède d’Alloniscus se rapproche, par sa forme élargie, beaucoup plus de
celui des Scyphacidae que de celui des Oniscidae. Dana (1854, p. 176) avait déjà attiré l’attention des
carcinologistes sur ce point. Par sa forme, le palpe du maxillipède d’Alloniscus rappelle celui des repré¬
sentants du genre Deto, et en particulier celui de Deto marina.
Par ailleurs, l’endite du maxillipède d'Alloniscus, recouvert d’une garniture serrée de soies,
portant un pénicillé terminal, et dépourvu de dents, appartient incontestablement au type scyphacien.
Les caractères primitifs de l’endite du maxillipède d 'Alloniscus ont été d’ailleurs déjà notés par Budde-
Lund (1908, p. 295) et par Wahrberg (1922, p. 87).
Source : MNHN, Paris
30
A. VANDEL
c) Les péréiopodes portent un organe dactylien. Un tel appareil fait défaut chez les Oniscidae,
alors qu’il est régulièrement présent chez les Scyphacidae.
d) Chez Alloniscus, la moitié externe des exopodites est occupée par un système circulatoire
très développé, constitué de vaisseaux artériels et de vaisseaux veineux, anastamosés les uns aux
autres. C’est là une disposition scyphacienne typique.
En conclusion, nous dirons qu’il nous parait parfaitement justifié de classer le genre Alloniscus
parmi les Scyphacidae, et non parmi les Oniscidae.
La Répartition géographique du Genre Alloniscus. — La répartition du genre Alloniscus s’accorde,
de façon remarquable, avec celle des Scyphacidae. Le genre possède des représentants dans toutes les
terres de l’hémisphère austral. On doit donc le considérer comme un type d’origine « goudwaniennc ».
Il a poussé d’ailleurs quelques pointes dans l'hémisphère septentrional, comme beaucoup d'autres
formes gondwaniennes.
Allonicus oahuensis Budde-Lund (1879) 1885
Écologie. — Cette espèce est certainement halophile. C’est pourquoi elle est si commune dans
les îles, alors qu'elle est si rare dans le domaine continental. Pin fait, elle n’est connue que d'une seule
station continentale : Patalung, sur les bords du Talé Sap, dans la presqu’île malaise. Elle mérite donc
le qualificatif d 'insulaire.
Cette espèce peut être également qualifiée de tropicale, car l’aire de répartition de cette espèce
est comprise, à l’exception de quelques bavures, entre les deux tropiques du Cancer et du Capricorne.
Distribution géographique. — Cette espèce présente une très large distribution : mais toutes les
stations connues — à l’exception de celle signalée dans les lignes précédentes — correspondent à des îles.
Océan Indien : Comores ; Pinang ; Krakatau.
Océan Pacifique : Hawaï ; Fanning ; Salomon ; Coral Sea ; Samoa ; Iles de la Société ; Tuamotou ;
Marquises ; Gambier ; Iles Australes.
Stations. — Si l’on admet que la Mer de Corail (Coral Sea) située entre l’Australie et la Nouvelle-
Guinée fait partie du domaine australien, la présente espèce doit être incluse dans notre inventaire.
En effet, MM. D. F. Mac Michael et J. C. Yaldwinn ont récolté, les 22 et 27 octobre 1964, de nom¬
breux exemplaires de A. oahuensis, dans la station suivante : « West Cay— Diamond Islets, Coral Sea.
— Under stones and logs at the top of heach, well above high tide mark ».
Alloniscus pallidulus Budde-Lund 1885
Données bibliographiques. — Budde-Lund, 1912, p. 40.
Distribution géographique. — Cette espèce peuple le pourtour de l’Océan Indien.
Station : Denham, dans la Shark Bay (Western Australia).
Allonicus nicobaricus Budde-Lund (1879) 1885
Données bibliographiques. — Budde-Lund, 1912, p. 40.
Distribution géographique. — Ile Nicobar. Australie occidentale.
Station. — Fremantle (Western Australia).
FAMILLE DES ONISCIDAE
Historique. — Dans le sens restreint qui lui doit être aujourd’hui réservé, la famille des Oniscidae
a été instituée par l’auteur du présent mémoire (Vandel, 1952, p. 111).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
31
Définition. — 1) Céphalon : une ligne frontale très fortement marquée, dessinant trois lobes
frontaux saillants, un médian et deux latéraux. Une ligne supra-antennaire généralement bien déve¬
loppée, parfois réduite ou absente.
2) Champs glandulaires des pleurépimères ovoïdes, généralement de taille réduite, rarement
allongés ( Oroniscus ).
3) Pléon continuant directement le péréion, sans solution de continuité. Néopleurons grands,
étalés, falciformes.
4) Flagelle antennaire constitué de trois articles.
5) Eudite du maxillipède dépourvu de pénicillé.
6) Apophyse génitale simple, non bifurquée.
La Systématique des Oniscidae. — La diversification des représentants de la famille des Onis-
cidae se situe au plan spécifique. Par contre, la différenciation à un niveau plus élevé, c’est-à-dire sur
le plan générique, est faible. En fait, la famille des Oniscidae ne renferme que cinq genres.
On peut les répartir en deux groupes :
а) le groupe européen renferme trois genre : Oniscus, Oroniscus (avec les deux sous-genres Oro¬
niscus et Petroniscus) et Strouhaloniscus ;
б) le groupe austral est constitué par les genres Phalloniscus et Hanoniscus. Le premier genre
est propre à la Nouvelle-Zélande, et le second à l’Australie.
Le Genre Hanoniscus Budde-Lund
Le terme d 'Hanoniscus a été institué, en 1912, par G. Budde-Lund. A l’époque il le considérait
comme un sous-genre de Plialloniscus. Nous proposons d’élever Hanoniscus au rang de genre.
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 41 ; Verhoeff, 1926, p. 323 ; Bowley, 1935, p. 50.
Définition. — Le genre Hanoniscus est proche du genre Phalloniscus, propre à la Nouvelle
Zélande, où il est représenté par de nombreuses espèces.
Le genre Hanoniscus se distingue du genre Phalloniscus par les caractères suivants :
1) Lobes latéraux céphaliques bien développés.
2) Ligne supra-antennaire interrompue.
3) Soies-écailles larges, en forme de palette.
4) Le lobe interne de la maxille est un peu plus étroit que le lobe externe.
5) Les dents de l’endite du maxillipède sont très petites.
Répartition. — Le genre Hanoniscus est propre à l’Australie.
Espèces appartenant au genre Hanoniscus. — Dans le manuscrit laissé par G. Budde-Lund, et
publié après sa mort (Budde-Lund, 1912), figurent deux espèces, désignées sous le nom de Hanoniscus
sp. L'une d’entre elles provient de la Station Moora, l’autre de la Station Bunbury. En l’absence
de description et de figures, ces deux espèces doivent être tenues comme des nomina nuda. Compte
tenu de cette réserve, on connaît, au temps présent, cinq espèces A'Hanoniscus.
Hanoniscus luberculalus Budde-Lund 1912
Synonymie. — Phalloniscus punctalus Wahrberg 1922 (Cf. Bowley, 1935, p. 57).
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 42 ; Wahrberg, 1922, p. 91 ; Bowley, 1935, p. 58.
Répartition géographique. — Cette espèce est commune sur le territoire de Perth, en Australie
occidentale ; ainsi que dans les localités voisines de cette ville (Cannington, York, Dongarra, Tambellup,
Crawley).
Hanoniscus nichollsi Bowley 1935
Bibliographie. — Bowley, 1935, p. 60.
Stations. Cette espèce est propre à l’Australie occidentale. Bowley la signale à Nornalup, dans
Source : MNHN, Paris
32
A. VANDEL
l’angle sud-ouest de l’Australie (Frankland River, Walpole Inlet), et sur la côte ouest, à Bunbury,
au sud de Perth.
L’auteur du présent mémoire a reçu de Mrs J. Springett, une dizaine d’exemplaires de cette
espèce provenant de l’Hamelin Pool, lagune salée, située sur la côte occidentale de l’Australie, au
nord de Geraldton.
Hanoniscus monodi Bowley 1935
Synonymie. — Phalloniscus kenepurensis Wahrberg 1922 nec Chilton 1901.
Données bibliographiques. — Wahrberg, 1922, p. 86 ; Bowley, 1935, pp. 63-64.
Répartition géographique. — (Western Australia) : Wooroloo ; York ; Moora.
Hanoniscus ashtoni n. sp.
Morphologie générale.
Dimensions. — Voici les dimensions des deux exemplaires étudiés par l’auteur. Le mâle, cer¬
tainement adulte, mesure 8x4 mm. La femelle, qui est immature, mesure 5 X 1,5 mm.
Coloration. — La teinte de fond est d’un brun acajou. Le péréion est parcouru par trois traînées
longitudinales, de couleur noirâtre ; l’une est médiane ; les deux autres sont latérales.
Œil. — L’œil est petit ; il est constitué de cinq-six ommatidies.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps (Fig. 9). — La forme du corps du mâle, qui correspond à un exemplaire
adulte, est remarquable en raison de sa grande largeur qui atteint la moitié de la longueur.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
33
La seule femelle disponible, qui est certainement immature, est beaucoup plus étroite. La largeur
est égale au tiers de la longueur.
Cêphalon (Fig. 10). — Le céphalon présente deux petits lobes latéraux de forme triangulaire,
dont l’axe est presque transversal.
Péréion (Fig. 9). Le bord postérieur des péréionites I et II est parfaitement droit. Les pleuré-
pimères III, IV et V portent de petites pointes dirigées vers l’arrière. Sur les pleurépimères VI et VII,
les pointes postérieures acquièrent une taille considérable ; au niveau du septième péréiomte, ces
pointes atteignent le bord postérieur du cinquième pléonite.
Pléon (Fig. 9). — Le pléon est en net retrait sur le péréion. Les pléonites 3 à 5 portent des pointes
dirigées vers l’arrière.
Telson (Fig. 9). — Le telson est triangulaire ; il est plus large que long ; la pointe postérieure
est émoussée.
Caractères tégumentaires.
Les caractères tégumentaires n’ont pas pu être étudiés de façon détaillée, faute d’un matériel
sullisant. Les téguments sont lisses, et couverts de courtes soies.
Appendices.
Maxillipède (Fig. 10). — L’endite du maxillipède porte une grosse tige, du côté interne, et une
petite dent, du côté externe.
Caractères sexuels mâles.
Péréiopode 1. — Le carpos porte une forte brosse de soies.
Péréiopode VII. — Dépourvu de différenciation sexuelle.
Premier pléopode. — L’endopodite (Fig. 11, A et B) se rétrécit à son extrémité, puis se renfle
en un ovoïde, tronqué à son extrémité. Cette dernière partie porte, du côté externe, trois dents ; puis,
plus bas, quelques rudiments de dents, mal conservées sur le seul exemplaire disponible.
L’exopodite (Fig. 9, C) est concave, du côté externe. L’exopodite porte quatre soies insérées
sur la pointe terminale.
Second pléopode (Fig. Il, D). — Il répond à un type très banal qui ne justifie aucun commen¬
taire.
3 564
6
Source : MNHN, Paris
34
A. VANDEL
Fie. 11. — Hanoniscus ashtoni n. gp. — Mâle. A, enpodopodite du premier pléopode ;
extrémité de l'endopodite du premier pléopode ; C, exopodite du premier pléopode ; D, second pléopode.
Station.
« Wallaby Creek ; 40 miles NNE of Melbourne ; 2.300 feet. Forest of Eucalyptus regnans. XI.
1954. David H. Ashton leg. »
Hanoniscus myrmecophilus (Baker, 1913).
D’après la description et les figures données par Baker (1913, p. 116) on peut déduire que l’Onis-
coïde qu’il décrit sous le nom d’Oniscus myrmecophilus appartient au genre Hanoniscus. Cette espèce
a été récoltée dans les fourmilières de Camponotus nigriceps, en diverses stations de l’État de South
Australia.
Hanoniscus orientalis n. sp.
J ustification.
Cette nouvelle espèce est certainement proche de l’espèce signalée dans les lignes précédentes.
Il est cependant incontestable que les formes provenant de New South Wales et de South Australia
sont différentes l’une de l’autre. L’espèce provenant de South Australia possède, en effet, un telson
triangulaire, se terminant en pointe (Baker, 1913, Plate II, fig. 7), alors que le telson de la présente
espèce est largement arrondi (Fig. 12).
Morphologie Générale.
Taille : 10 X 2 mm.
Coloration : sur un fond jaune clair, se détachent des marbrures brunes.
Œil : il est composé de seize ommatidies, disposées en quatre rangées.
Caractères Tégumentaires.
La cuticule qui recouvre les segments du corps est lisse et hérissée de petits poils dressés.
Source : MNHM, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
.15
Morphologie Somatique.
Forme générale du corps (Fig. 12). — Le pléon est en léger retrait par rapport au péréion.
Céphalon (Fig. 13). — La ligne frontale dessine une courbe très aplatie. Les lobes latéraux sont
de taille médiocre.
Pléon. — Le pléon est en léger retrait sur le péréion. Les pléonites 3, 4 et 5 se prolongent, de
chaque côté, par des néopleurons pointus et dirigés vers l’arrière (Fig. 12).
Un caractère tout à fait remarquable, et exceptionnel, est la présence de neopleurons sur le
second pléonite (Fig. 12). Ces néopleurons sont de petite taille, mais nettement individualisés. Cette
disposition est tout à fait exceptionnelle chez les Oniscoïdes. Elle correspond à une modalité très pri¬
mitive.
Fig. 12. — Hanoniscus orienlalis. — Vue d’ensemble.
Fig. 13. — Hanoniscus orienlalis. —- Céphalon.
Appendices.
Antenne (Fig. 12). — Le flagelle est composé de trois segments subégaux.
Pléopodes. — Les exopodites des pléopodes sont dépourvus de pseudo-trachées ; mais, ils ren¬
ferment, dans leur partie externe, un sinus sanguin.
Caractères sexuels mâles.
Premier périopode. — Le meros et le carpos sont garnis de fortes tiges.
Premier pléopode. — L 'endopodite (Fig. 14, A) est court et trapu. Il se termine par une pointe
fine et aiguë. Aux trois-quarts de la longueur et du côté externe, s’insère un lobe, recourbé à son extré¬
mité.
Vexopodite (Fig. 14, B) est de forme triangulaire ; il est légèrement incurvé sur son côté interne.
Second pléopode. — L 'endopodite (Fig. 14, C) se termine par une pointe très fine.
L ’exopodite (Fig. 14, D) est triangulaire. Une seule soie, mais forte, s’insère à une certaine dis¬
tance de la pointe.
Source : MNHN, Paris
36
L V AND EL
Fig. 14. — Hanoniscus orientalis. — Mâle. A, endopodite du premier pléopode ;
B, exopodite du premier pléopode ; C, endopodite du second pléopode ; D, exopodite du second pléopode.
Station.
Cette espèce n’a été récoltée que dans une seule station : Mount Canobolas, New South Wales •
« in nest of Myrmecia forficata » ; B. Gray leg.
Tasmanoniscus evansi n. g., n. sp.
Oniscomorphe de position incertaine.
Nomenclature. — Le nom générique, Tasmanoniscus, évoque l’habitat de cette espèce : Lord
Howe Island, îlot surgissant au milieu de la mer de Tasman.
L’unique espèce de ce genre est dédiée au Dr. J. W. Evans, Directeur honoraire de l’Australian
Muséum, qui a attiré l’attention des zoologistes et des entomologistes sur l’intérêt biogéographique
de Lord Howe Island.
Morphologie.
Taille : <J, $ ovigère : 8,5 mm.
Coloration : la surface du corps est colorée par un pigment brun violacé ; la coloration du pléon
est plus foncée que celle du péréion. La surface du corps est parsemée de taches blanches, correspon¬
dant aux insertions musculaires. Les antennes sont fortement pigmentées ; les péréiopodes le sont
plus faiblement ; les uropodes sont pigmentés ou faiblement décolorés.
Œil : l’œil est grand; il est composé d’une vingtaine d’ommatidies disposées en quatre rangées.
Caractères Tegumenlaires.
a) Les téguments sont parfaitement lisses.
b) Cette espèce est remarquable en raison de la longueur des soies qui recouvrent tout le corps
(Fig. 15 et 16) ; ces soies sont fortes et pourraient être qualifiées de « poils ». Ces soies sont répandues
sur toute la surface du corps : céphalon, péréion et pléon. Les soies sont particulièrement nombreuses
sur les côtés des péréionites et à leur bord postérieur.
La région antérieure du tergite est couverte de petites soies-écailles.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
I. VANDEL
c) Sur chaque côté des pleurépimères, est disposé un champ glandulaire allongé et renfermant
de nombreux pores (Fig. 17). Le champ glandulaire occupe environ les deux-tiers de la longueur du
segment. Le nombre de pores est compris entre 60 et 75.
d) Noduli latérales. — Il est probable que cette espèce est pourvue de noduli latérales. Mais
il est difficile de les distinguer des soies de type banal.
— A gauche, moitié gauche du pleurépimère IV ; à droite, extrémité du septième péréiopodo.
Morphologie Somatique.
Cèphalon (Fig. 16) : une ligne supra-antennaire très nette ; pas de ligne frontale. De chaque
côté du cèphalon, un lobe frontal latéral, arrondi, de taille médiocre.
Péréion. — Les angles latéro-postérieurs sont arrondis sur I et II ; droits sur III et IV; recourbés
vers l’arrière sur V, VI et VII.
Pléon (Fig. 16). — Le pléon est plus étroit que le péréion ; cependant, il n’y a pas de disconti¬
nuité entre ces deux régions du corps. Les néopleurons 1 et 2 sont très courts ; par contre, les néopleu-
rons 3, 4 et 5 sont grands, falciformes ; ils continuent, sans aucun décalage la ligne des pleurépimères.
C’est là un caractère typique d 'Oniscidae.
Telson. (Fig. 16) — Le telson est triangulaire ; son extrémité postérieure est tronquée, mais
légèrement arrondie.
Appendices.
Antennule (Fig. 18, A). — L’antennule est composée de trois articles ; le dernier est allongé ;
il porte cinq aesthetascs.
Antenne. — L’antenne est très allongée et grêle. Le cinquième article de la hampe est très allongé.
Le flagelle est composé de trois articles — caractère proprement oniscien —, de longueur progressi¬
vement décroissante.
Mandibule droite (Fig. 18, C). — Au-dessous de la lacinia mobilis, un lobe cilié portant un péni¬
cillé ; un pénicillé intermédiaire ; et, un processus molaire portant quatre tiges ciliées.
Mandibule gauche (Fig. 18, B). — La lacinia mobilis porte deux pénicillés ; un pénicillé inter¬
médiaire ; et, un processus molaire garni de quatre tiges ciliées.
Maxillule (Fig. 18, D). — Lobe externe portant des dents réparties en deux groupes : le premier
groupe est composé de quatre dents entières et cornées, l’une d’elles étant plus petite que les autres.
Le lobe interne porte, à son extrémité, deux pénicillés de même taille.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE I.'AUSTRALIE
39
Maxillipède (Fig. 18, E). — L’endite porte, du côté interne, un pénicillé bien développé ; et,
du côté externe, deux dents légèrement recourbées.
Péréiopodes (Fig. 17). — Le dactylos porte un organe daclylien ( o. d.) représenté par une longue
soie, insérée sur le côté du dactylos.
Pléopodes : dépourvus de pseudo-trachées et de sinus sanguins.
Uropodes : l’exopodite et l’endopodite sont courts et de type oniscien. L’exopodite est plus
long que l’endopodite.
— Mâle. A et ïi, endopodite du premier pléopode ; C, exopodite ; D, second pléopode.
Source : MNHN, Paris
40
VANDEL
Caractères sexuels mâles.
a) Les péréiopodes sont dépourvus de caractères sexuels différentiels.
b) Les pléopodes sexuels appartiennent à un type très banal.
c) Le premier pléopode est composé d’un endopodite (Fig. 19, A et B) portant, à son extrémité
une demi-douzaine d’épines, et d’un exopodite (Fig. 19, C) triangulaire, à côté externe concave et
dont l’extrémité porte deux tiges.
d) Le second pléopode (Fig. 19, D) est constitué d’une exopodite triangulaire, et d’un endopodite
terminé par une longue pointe flagelliforme qui rappelle celle qui est propre à certaines espèces de
Laevophiloscia.
Station.
Cette espèce a été récoltée par le Dr. D. Linklater, dans les mousses garnissant le sommet du
Mt Gower, point culminant (858 m) de Lord Howe Island, qui émerge au milieu du Tasman Sea.
La Position systématique du genre Tasmanoniscus
Le genre Tasmanoniscus est difficile à classer. On serait tenté de le placer au voisinage des
genres Phalloniscus et Hanoniscus. Cependant, la présence d’un pénicillé sur l’enditc du maxillipède
et celle d’un organe dactylien, inséré à l’extrémité des péréiopodes conduisent à rapprocher le genre
Tasmanoniscus des Scyphacidae.
Sa morphologie, très originale, conduit à considérer Tasmanoniscus comme une ancienne rélicte
datant d’une époque où la distinction entre les différents types d’Oniscomorphes n’était pas aussi
tranchée qu’elle l’est aujourd’hui.
L’habitat de Tasmanoniscus s’accorde avec l’ambiguïté de sa morphologie. Cette espèce n’a
été récoltée que dans la petite île dénommée Lord Howe Island, et connue depuis longtemps des zoolo¬
gistes, en raison de sa vocation de refuge pour fossiles vivants.
FAMILLE DES BATHYTROPIDAE
Ce groupe a été tout d’abord tenu pour une sous-famille A'Oniscidae (Vandel, 1952, p. 111).
La classification des Oniscomorphes, remise à jour récemment, conduit le systématicien à élever cette
division au rang de famille.
Jusqu’à une date toute récente, aucun représentant de la famille des Bathytropidae n’avait
été récolté en Australie. Ce n’est qu’en 1971, qu’une espèce appartenant à cette famille a été décou¬
verte en Australie. Nous dirons, dans les lignes suivantes, l’extrême intérêt que présente la découverte
de cet Oniscoïde sur les plans bio- et paléogéographiques.
Le Genre Australoniscus N. G.
Position systématique. — Le nouveau genre Australoniscus répond à un type de Bathytropidae
qui, sur le plan morphologique, est demeuré à un stade de faible différenciation.
Définition du Genre Australoniscus. — On peut donner de ce genre la définition suivante :
1) L’aspect général rappelle celui d’un Porcellio. On ne relève aucune discontinuité entre le
péréion et le pléon.
2) La région antérieure du céphalon est découpée en trois lobes faiblement individualisés.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
42
k. VANDEL
3) Le telson est triangulaire.
4) Le flagelle antennaire est composé de deux segments.
5) Les exopodites des pléopodes sont dépourvus de pseudo-trachées, mais ils renferment sur
le côté externe, un sinus sanguin.
Composition du genre Auslraloniscus. — Dans l’état actuel de nos connaissances, le genre Austra-
loniscus comprend deux espèces : alticolus, nouvelle espèce dont la description est en cours d’impres¬
sion ; et springetti n. sp.
Distribution géographique du Genre Australoniscus. — La distribution du genre Auslraloniscus
est d’un extrême intérêt pour le biogéographe, mais aussi pour le paléogéographe. En effet, l'une des
espèces de ce genre ( springetti n. sp.) est propre à l’Australie occidentale, tandis que l’autre ( martensi
Vandel) peuple la chaîne himalayenne. Nous reportons l’exposé de ce problème biogéographique et
de sa solution au chapitre qui clôt le présent mémoire.
Australoniscus springetti n. sp.
Morphologie Générale.
Taille. — c? 6 X 2 mm ; $ 7,5 X 3,5 mm.
Coloration. — La coloration est assez variable, allant du jaunâtre au brun plus ou moins foncé.
Les tergites péréiaux présentent des taches ou des linéoles blanches, correspondant aux insertions
musculaires. Le pléon est uniformément coloré.
Œil. — Il est composé de quatorze ommatidies, disposées en trois rangées.
Caractères Tégumentaires.
Téguments. — Ils sont lisses.
Morphologie Somatique.
Forme générale du corps (Fig. 20). — L’aspect général rappelle celui d’un Porcellio. Le corps
est allongé ; ses côtés sont parallèles.
Céphalon (Fig. 21). — Le céphalon est caractérisé par la présence d’un vaste écusson de forme
plus ou moins triangulaire. Il est encadré de deux lobes frontaux, de forme triangulaire, à sommet obtus.
Péréion. — Les pleurépimères I-1V ont une forme rectangulaire. Quant aux pleurépimères V-
VII, ils se prolongent par une pointe orientée vers l’arrière.
Pléon. — Il continue le péréion, sans aucune interruption. Les néopleurons 3-5 se prolongent
par des pointes dirigées vers l’arrière.
Telson. — Le telson présente la forme d’un triangle ; ses côtés sont droits, la pointe est aiguë.
Appendices.
Maxillipède. — L’endite du maxillipède porte, du côté interne, une forte épine ; il est dépourvu
de pénicillé.
Pèrèiopodes. — Les péréiopodes sont robustes et garnis de fortes soies.
Pléopodes (Fig. 22, C). — Les exopodites des pléopodes sont dépourvus de pseudo-trachées ;
mais, ils sont parcourus, sur leur côté externe, par un sinus sanguin, occupant environ la moité du
contour de l’appendice.
Caractères sexuels mâles.
Premier péréiopode. — Le carpos porte une brosse de fortes soies.
Septième péréiopode. — Il est dépourvu de caractères sexuels différentiels.
Premier pléopode (Fig. 22, A). — L’endopodite se termine par une pointe allongée, légèrement
inclinée vers l’extérieur. L’exopodite est fortement convexe du côté interne ; il se termine par une petite
pointe, du côté externe.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
43
Second pléopode (Fig. 22, B). — L’endopodite se prolonge par une pointe filiforme. L’exopodite
se termine par une partie allongée et étroite ; le côté externe est orné de douze tiges.
Station.
Cette espèce n’est connue que d’une seule station. Nous ne saurions mieux faire que de recopier
le texte de l’étiquette qui accompagne l’envoi des échantillons, et écrite de la main de celle qui a décou¬
vert cette espèce, Mrs J. A. Springett (Perth) : « Hamelin Pool, ca 600 miles north of Perth. Specimens
collected from undersurface of algal concrétions near edge of the sea. Water in the habitats was less
salty than the sea water which had a scum of sait on the surface. Rich loam with deep litter over
granité. Dominant tree : Eucalyptus diversicolor. — 7.IV.1971. — J. A. Springett leg. »
Source : MNHN, Paris
A. VANDEI.
44
LA FAMILLE DES « PHILOSCIIDAE »
INTRODUCTION
Tant que les isopodologues se sont cantonnés dans l’étude des Oniscoïdes européens et nord-
américains, les Philoscies ont été tenues pour un groupe de faible importance. Pendant longtemps
on a rassemblé ces Oniscoïdes en un genre unique : le genre Philoscia. Il prenait place au voisinage du
genre Oniscus.
Cependant, les prospections modernes qui portent sur toutes les régions du globe ont complè¬
tement modifié les conceptions anciennes. Les Philoscies nous apparaissent, au temps présent,
comme l’un des groupes d’Oniscoïdes les plus variés et les plus riches en espèces que nous connaissions.
Ce sont les régions équatoriales et australes qui hébergent le plus grand nombre de Philoscies.
Cette répartition permet de leur attribuer une origine gondwanienne.
L’abondance et la variété des Philoscies sont telles qu’il convient d’élever aujourd’hui ce groupe
au rang de famille : celle des Philosciidae.
LA SIGNIFICATION DES STRUCTURES PHILOSCIENNES
Quelques isopodologues ont voulu voir dans les Philoscies un stade précurseur des Oniscidae,
et répondant à un type morphologique plus simple. Cette opinion correspond très exactement à l'in¬
verse de la réalité.
Une étude comparée des structures oniscienne et philoscienne prouve, sans contestation pos¬
sible, que le « type Oniscus » correspond à un type tout à fait normal, donc primitif. Tandis que l’exa¬
men détaillé des représentants du « type Philoscia » révèle une série ininterrompue de caractères régressifs.
L’auteur du présent mémoire a eu l’heureuse fortune de disposer d’une collection suffisamment variée
de Philosciidae pour pouvoir affirmer que les Philoscies correspondent certainement à un type régressé
par rapport au type Oniscus.
De plus, nous avons pu reconstituer, d’une façon très satisfaisante, les étapes successives de
la dégradation de ce groupe d’Oniscoïdes. Ce sujet sera traité dans le prochain paragraphe.
L’ÉVOLUTION RÉGRESSIVE DES PHILOSCIIDAE
Notre exposé ne suivra pas l’ordre de la classification zoologique ; car, l’évolution régressive
est parfaitement anarchique. C’est pourquoi nous dresserons l’inventaire des régressions philosciennes
en les énumérant, organe par organe.
1) Forme générale du corps. — L’une des distinctions les plus nettes qui sépare les Philosciidae
des Oniscidae repose sur les rapports dimensionnels du péréion et du pléon. Chez les Oniscoïdes pri-
Source : MNHM, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE I.'AUSTRA
mitifs, tels que Ligia et Oniscus, le corps est ovoïde ; c’est-dire-que le pléon est un peu moins large
que le péréion. Cependant, la ligne latérale du corps est continue ; aucune discontinuité n’apparaît
entre le péréion et le pléon. Les néopleurons sont grands, étalés, donc bien apparents ; ils continuent
la ligne des pleurépimères.
Les Philosciidae se distinguent des Oniscidae, en ce que le pléon est plus étroit que le péréion ;
une discontinuité apparaît entre les deux parties du corps. C’est là, de toute évidence, une manifes¬
tation d’évolution régressive qui intéresse seulement les structures pléonales.
Cette évolution régressive s’est déroulée à des vitesses différentes, suivant les lignées, en sorte
que nous disposons, au temps présent, d’une série de modèles qui correspondent aux différentes étapes
de la régression pléonale.
a) Chez les Philosciinae primitifs, le pléon est légèrement en retrait sur le péréion, et la discon¬
tinuité entre les deux parties est peu apparente. Les néopleurons, de forme triangulaire, sont bien
visibles en vue dorsale. Ces Philoscies correspondent aux types les plus primitifs de la famille, ou du
moins les moins régressés. Citons, à titre d’exemples les genres Philoscia (Europe), Aphiloscia (sud de
l’Afrique ; Madagascar), Oreades, Ischioscia et Proischioscia (Amérique du Sud).
b) Chez d’autres Philosciidae, tels que Chaetophiloscia et Laevophiloscia, le pléon est beaucoup
plus étroit que le péréion ; ainsi, la discontinuité entre, péréion et pléon est brusque et très importante.
Cette disposition ne découle pas seulement de l’étroitesse des pléonites, mais encore du fait que les
néopleurons sont étroitement appliqués contre les pléonites, et invisibles en vue dorsale.
c) Enfin, le terme ultime de cette évolution est atteint lorsque le péréion est, à son tour, affecté
par l’évolution régressive. La taille des pleurépimères diminue à tel point qu’il est parfois difficile, ou
même impossible, de les reconnaître. En conséquence, la discontinuité entre péréion et pléon disparaît.
C’est le retour — en apparence seulement — à la condition primitive. Le corps de ces formes ultra-
évoluées est extrêmement étroit, et ses deux côtés sont parfaitement parallèles. En suite de quoi,
l’individu présente un aspect filiforme. Cette singulière morphologie est réalisée de façon parfaite dans
le genre Paraphiloscia qui comprend plusieurs espèces propres à la Mélanésie.
2) Les noduli latérales. — Les noduli latérales sont de longues tiges flagelliformes qui s’insèrent
sur les côtés du corps. Ils possèdent certainement une fonction sensorielle, mais, en l’absence de toute
étude physiologique, nous ne pouvons en dire plus.
Leur découverte et leur dénomination : Seitenknolchen ou noduli latérales sont dues à K. W. Ver-
hoeff (1907, p. 239). L’isopodologue allemand avait déjà noté l’excentricité du nodulus du quatrième
péréionite.
L’importance attribuée à la position des noduli latérales, sur le plan systématique s'est accru
d’année en année. Les variations de taille sont notables. Chez quelques espèces, ils acquièrent un déve¬
loppement considérable, et méritent le nom de flagelles. Dans d’autres cas, leur taille est si réduite
qu’il est difficile — et, parfois, impossible — de les distinguer des soies banales.
Si l’excentricité du nodulus IV correspond au cas le plus fréquent, quelques exceptions à cette
règle méritent d’être signalées.
C’est ainsi que, dans le genre Rennelloscia, l’excentricité des noduli latérales intéresse, non seu¬
lement les noduli du péréionite IV, mais aussi ceux du péréionite II. La courbe représentative des
coordonnées des noduli latérales présente alors deux sommets.
Enfin, la réduction des pleurépimères de certains Oniscoïdes, signalée plus haut, a pour effet
de supprimer l’excentricité du nodulus lateralis IV. La courbe représentative des noduli latérales prend
alors l’aspect d’une ligne droite. Le meilleur exemple en est offert par les représentants du genre Para-
philoscia, déjà mentionné dans un paragraphe précédent.
3) Le système glandulaire. — La présence d’un système glandulaire, débouchant à l’extérieur,
par des pores situés dans un sillon latéral, correspond à une disposition primitive. La régression numé¬
rique des glandes et des pores, ou leur disparition complète, correspondent à des manifestations dégé¬
nératives.
4) Le Céphalon. — Le céphalon offre à l’isopodologue d’excellents critères permettant de juger
du stade évolutif auquel est parvenu un Oniscoïde. Les structures céphaliques les plus complexes corres-
Source : MNHN, Paris
46
k. VANDEL
pondent aux types les plus primitifs (Jacskon, 1926, 1928 ; Vandel, 1943). Elles se simplifient chez
les types spécialisés. La disparition de la ligne frontale ou celle de la ligne supra-antennaire — ou encore,
de ces deux lignes — correspondent à des manifestations régressives. Chez certains Philosciidae (Phi-
Loscia, Aphiloscia, Proischioscia), la ligne frontale persiste. Cependant, chez la plupart des Philosciidae,
la ligne frontale a disparu.
5) La Mandibule. — La mandibule des Philosciidae offre des structures variées qui fournissent
à l’évolutionniste et au systématicien des données intéressantes.
La mandibule des Oniscoïdes primitifs ( Tylidae , Ligiidae, M esoniscidae, Trichoniscidae) est
composée de deux parties également développées, le processus inciseur et le processus molaire. Le pro¬
cessus molaire régresse chez les Oniscoïdes supérieurs. Les Scyphacidae en posssèdent encore un rudi¬
ment. Chez les autres Oniscoïdes, le processus molaire est constitué par un groupe de soies plumeuses.
Enfin, le processus molaire peut se réduire à une seule soie plumeuse. Ce dernier cas se rencontre
fréquemment chez les Philosciidae, tels que Selaphora, Pseudophiloscia, Zebrascia, Andixscia,
Australophiloscia, Oreades, Colombophiloscia, Nesophiloscia, Didima et Nahia.
6) Le Maxillipède. — Cet appendice peut également présenter quelques caractères régressifs.
La présence d’un pénicillé sur l’endite du maxillipède est considérée comme une disposition primi¬
tive. Le pénicillé a persisté chez plusieurs Philosciidae classés dans les genres Helenoscia, Dekanoscia,
Heroldia, Pseudophiloscia, Selaphora, Plymophiloscia). Par contre, son absence est tenue pour un pro¬
cessus régressif. La disparition du pénicillé maxillipédal a été signalée dans les genres Chaetophiloscia,
Laevophiloscia, Zebrascia, Andixscia et Australophiloscia. Cette disparition correspond manifestement
à un processus régressif.
Conclusion. — Ainsi, les manifestations régressives abondent chez les représentants de la famille
des Philosciidae. Il convient de signaler que ces régressions ne sont nullement coordonnées. Elles se
manifestent de façon tout à fait anarchique. Les Philosciidae se présentent comme un faisceau de lignées
phylétiques (phyla) chez lesquelles les différents types de structures régressives, énumérées plus haut,
se combinent de toutes les façons possibles.
LA RÉPARTITION DES PHILOSCIIDAE AUSTRALIENS
DANS LA CLASSIFICATION MODERNE DE CETTE FAMILLE
Dans un article en cours d’impression, consacré aux Oniscoïdes de la Mélanésie, l’auteur du
présent mémoire a réparti les Philosciidae de la région pacifique occidentale en cinq groupes distincts.
Les représentants australiens de la famille des Philosciidae appartiennent à trois groupes seule¬
ment : les groupes eurygastorien, chaetophiloscien et plymophiloscien 1 .
LE GROUPE EURYGASTORIEN
Le Groupe eurygastorien est d’un grand intérêt pour l’isopodologue, en ce sens que ses repré¬
sentants établissent le passage entre les Oniscidae et les Philosciidae. Ce sont les Philosciidae les plus
primitifs que nous connaissions ; ce qui n’est point pour surprendre, puisque nous avons reconnu que
l’Australie représente très probablement le berceau des Oniscoïdes.
1. Il convient de rappeler que notre connaissance de la faune isopodique australienne demeure extrêmement
lacunaire ; ainsi, notre exposé ne saurait avoir qu'un caractère tout à fait provisoire.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
47
Le caractère le plus remarquable des représentants de ce groupe réside dans la conformation
des néopleurons qui sont très développés ; en suite de quoi le pléon n’est que très légèrement en retrait
par rapport au péréion.
Cependant, le céphalon n’appartient pas au type oniscien. Il est dépourvu de lobes latéraux,
et répond au type philoscien.
Les pièces buccales sont également du type philoscien, et présentent une structure semblable
à celle des autres Philosciidae.
Ce groupe occupe encore une position très originale, quant à la position des noduli latérales.
L’écartement maximum des noduli latérales, par rapport au bord latéral, se situe au niveau du péréio-
nite V (Eurygastor), ou des péréionites III, IV et V ( Metriogaster ).
Le groupe eurygastorien est constitué par les deux genres Eurygastor et Metriogaster.
Tout les exemplaires constituant ce groupe ont été récoltés par le remarquable prospecteur
australien, G. S. Hunt.
Le Genre Eurygastor n. g.
Étymologie. — Ce nom de genre est tiré du mot grec, Eùpuyaaxwp, large ventre.
Définition. — 1) Néopleurons très développés ; pléon à peine en retrait par rapport au péréion.
2) Pores glandulaires des péréionites nombreux.
3) Courbe des noduli latérales présentant un maximum en V.
c
4) Processus molaire de la mandibule, simple.
5) Endite externe de la maxillule terminé par un groupe supérieur de dents simples, et un
groupe inférieur de dents fendues.
6) Un pénicillé sur l’endite du maxillipède.
Répartition. — Les espèces décrites ci-dessous proviennent toutes de l’Australie orientale.
Cependant, Mrs J. Springett a récolté au sud de Perth, des représentants de ce genre, mais qui
n ont pu être décrits, en l’absence de mâles. Ces exemplaires permettent d’alfirmer que le genre Eury-
gastor est répandu dans toute l’Australie méridionale.
Eurygastor inontanus n. sp.
Morphologie Générale.
Taille. — : 9 X 3 mm ; $ ovigère : 13 X 4 mm.
Coloration. — La coloration du corps est due à un pigment brun violacé assez foncé. Sur le
vertex, les insertions musculaires forment un réseau de taches et de linéoles blanches. Le péréion est
parcouru par une ligne blanche médiane ; de chaque côté de cette ligne, prennent place les zones de
linéoles dépigmentées. Vers l’extérieur, chaque plaque de linéoles est limitée par un trait blanc. Les
pleurépimères sont entièrement pigmentés. Le pléon et le telson sont pigmentés.
Œil. — L’œil est allongé et ovoïde ; il occupe tout le côté de la tête. Il est constitué de vingt-
à vingt-deux ommatidies.
Caractères tégumentaires.
a) Cuticule revêtue uniformément d’écailles pointues, serrées les unes contre les autres.
b) Cuticule portant des soies courtes, mais nombreuses, réparties uniformément à la surface
de la cuticule.
c) Un champ glandulaire latéral s’étendant sur toute la longueur du bord latéral du pleuré-
pimère.
Source : MNHN, Paris
48
L. VANDEL
Sur les péréionistes I et II, on observe la présence d’un champ glandulaire élargi, renfermant
de nombreux pores. Cette disposition fait défaut sur les segments III-VII.
Le nombre de pores glandulaires est élevé ; on en compte de 30 à 40 sur chaque champ glandu¬
laire.
d) Noduli latérales (Tableau I). La courbe représentative des rapports est régulièrement des¬
cendante. Quant à la courbe elle est progressivement ascendante de I à V, puis effectue une chute
c
brusque de V à VII. Un maximum au niveau du péréionite V n’est connu chez aucun représentant
de la famille des Philosciidae ; ce qui souligne l’originalité du genre Eurygastor.
Tableau I. —- Eurygastor mon/anus montanus. Position des noduli latérales.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps. — Par sa forme, cette espèce rappelle étonnamment celle d’un Oniscus.
Cependant, un examen plus attentif révèle quelques différences significatives. Alors que chez Oniscus,
la continuité entre péréion et pléon est parfaite, on constate chez Eurygastor, une légère discontinuité ;
le pléon est en faible retrait par rapport au péréion (Fig. 23, B).
Céphalon (Fig. 23, A). — Le céphalon appartient au type philoscien, et non au type oniscien.
Le céphalon ne possède ni ligne frontale, ni lobes frontaux. La ligne supra-antennaire est très fine ;
la lame frontale est pigmentée.
Péréion. — Le bord postérieur des tergites I et II est à peu près droit ; sur les segments posté¬
rieurs, il est incurvé, et forme, de chaque côté, une pointe dirigée vers l’arrière. Ces pointes sont parti¬
culièrement saillantes sur les derniers segments (V à VII) (Fig. 23, B).
Pléon (Fig. 23, B). — Le pléon est en très léger retrait sur le péréion, disposition qui prouve
— ainsi que la structure céphalique — que cette espèce appartient à la sous-famille des Philosciidae
et non à celle des Oniscidae.
Les néopleurons 3-5 sont bien développés, et forment, sur les côtés, des pointes dirigées vers
l’arrière.
Telson (Fig. 23, B). — Le telson est presque quatre fois plus large que long. Il représente une
forme triangulaire, et se prolonge par une petite pointe, très faiblement individualisée.
Appendices.
Antennule. — Elle est constituée de trois articles, dont le dernier qui est le plus allongé, est
garni d’aesthetascs : quatre d’entre eux sont insérés sur quatre crans du bord interne ; tandis que deux
aesthetascs se fixent sur l’extrémité terminale.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE 49
Antenne. — L’antenne est longue ; le cinquième article est celui qui est le plus allongé. Le flagelle
est constitué de trois segments dont le dernier est le plus long.
Mandibule. — Le processus molaire est simple.
MaxiUule. — L’endite interne porte une soie et deux pénicillés, le pénicillé externe étant un
peu plus petit que le pénicillé interne. L’endite externe porte quatre grosses dents recourbées, simples ;
quatre dents plus petites, fendues ; et une tige simple.
Maxillipède (Fig. 23, C et D). — L’endite est rectangulaire. Il porte, sur la face ventrale, deux
soies : une petite externe, et, une grosse, interne ; deux dents s’insèrent du côté dorsal. Un pénicillé
est logé dans une encoche de la face interne.
Uropode (Fig. 23, B). — Il ne présente aucune disposition remarquable.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 24, A et B). — L’exopodite est triangulaire ; le côté externe est concave.
L’exopodite porte une soie à son extrémité. Il renferme, à sa base, l’amorce de deux sinus sanguins.
L’endopodite s’amincit régulièrement de la base à la pointe. L’extrémité est garnie, du côté
externe, de 4-5 dents aiguës ; et, du côté interne, d’une rangée de formations perliformes.
Fie. 23. — Eurygaslor montanus. — A, céphalon : cl. elypeus, l. labre, l.f. lame frontale,
l.s.a. ligne supra-antennairc ; B, septième péréionite pléon et lelson ; C, endite du maxillipède,
face interne ; D, endite du maxillipède, face externe.
3 564 011 6 4
Source : MNHN, Paris
50
l. VANDEL
Fig. 24. — Eurygastor montanus. — Mâle. A et B, premier pléopode ; C, second pléopode.
Second pléopode (Fig. 24, C). — L’exopodite est grand, triangulaire. A son extrémité, il porte
deux soies, la terminale étant de beaucoup la plus forte.
L’endopodite dépasse légèrement l’exopodite ; il se termine par une pointe fine, modérément
allongée.
Stations.
1) Mount Emperor, Boyd Plateau, near Jenolan (New South Wales). « In very moist rotting
wood ; and in leaf and bark litter ; snow gum wood land ; altitude : 4.300 feet (1.430 m) ».
2) Near Quilty’s Mountains, Budawang Ranges, via Nowra (New South Wales). « Under log
in rain forest ».
3) Between Murrindal and Gelantipy, north of Buchan (Victoria). « Under wood, wet sclero-
phyll forest ».
Eurygastor montanus troglophilus n. ssp.
Remarques liminaires. — Cette forme est très voisine du type. On note cependant quelques
différences morphologiques qui sont consignées dans les lignes suivantes. Elles sont si faibles que l’on
serait tenté de les interpréter comme des variations individuelles. Cependant les courbes représentant
les variations de position des noduli latérales sont très différentes, en particulier les courbes -. L’auteur
c
du présent mémoire a vérifié sur deux exemplaires, la constance de ces positions. Il convient donc
de distinguer ces deux formes, en dépit de leur grande ressemblance. Nous attribuons à la seconde
forme le statut de sous-espèce, et nous la nommons : Eurygastor montanus troglophilus n. ssp.
Morphologie. — Le pléon est un peu moins large que chez le type, en sorte que la différence de
largeur entre le péréion et le pléon est plus apparente.
Les caractères sexuels mâles sont à peu près identiques chez le type et la sous-espèce. Cependant,
l’exopodite du premier pléopode de troglophilus porte quatre soies (Fig. 25 A) alors que celui du type
n’en possède qu’une (Fig. 24 A).
La différence la plus notable que l’on relève entre le type et la sous-espèce est relative à la posi¬
tion des noduli latérales (Tableaux II et III). Chez troglophilus, on note que l’écartement maximum
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
51
Fio. 25. — Eurygastor montanus troglophilus.
— Mâle. A, exopodite du premier pléopode ; B et C, endopodite du premier pléopode ; D, second pléopode.
des noduli latérales (Rapports prend place au niveau du péréionite VI, et non au niveau du péréio-
c
nite V, comme chez le type. De plus, ce maximum est mieux individualisé que chez le type.
Station. — « Beside the entrance to Anticline Cave, Buchan (Victoria) ; under wood and leaf
litter ».
Source : MNHN, Paris
52
A. VANDEL
Eurygastor robustus n. sp.
Morphologie générale.
Taille. — 9,5 X 4 mm.
Coloration. — Brun violacé, couvert de taches et de linéoles blanches.
Œil. — Composé de seize ommatidies disposées en quatre rangées.
Morphologie somatique.
Céphalon. — Une ligne supra-antennaire et une ligne frontale bien individualisées.
Péréionites. — I-IV, pleurépimères rectangulaires.
V-VII, formant une pointe postérieure peu développée.
Pléonites 3-5. — Néopleurons bien développés, formant une pointe dirigée vers l'arrière (Fig. 26).
Telson (Fig. 26). — Triangulaire, beaucoup plus large que long ; pointe postérieure formant
un angle légèrement obtus.
Fie. 26. — Eurygastor robustus. — Parti» postérieure du corps.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode mâle (Fig. 27, A & B). — Endopodite extrêmement robuste (d’où le nom
spécifique), formé de trois parties :
a) Une base, en forme de trapèze ;
b) une partie médiane, séparée de la précédente, par une encoche interne ;
c) une pointe, recourbée vers l’extérieur ; l’extrémité qui est obtuse, est garnie, des deux côtés,
de très petites dents.
Exopodite allongé, plus ou moins rectangulaire ; la pointe, qui est recourbée vers l’extérieur,
porte une forte épine, à son extrémité.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
53
Second, pléopode mâle (Fig. 27, C). — L’endopodite se termine par une pointe relativement
courte qui ne dépasse que de peu l’extrémité de l’exopodite.
Exopodite triangulaire, portant huit tiges sur son côté externe.
Station.
Carrai Plateau, near Kempsey (N.S.W.) — Under log. — C. Carter leg. vu.1971. 1 (J.
Fig. 27. Eurygaslor robuslus.
— Mâle. A, premier pléopode ; B, extrémité de l'endopodite du premier pléopode ; C, second pléopode.
Le Genre Metriogaster n. g.
Étymologie. — De Méxp (.oç, modéré, et de r<XTi7)p ventre.
Position systématique et Affinités. — Le nouveau genre Metriogaster est certainement fort proche
du genre Eurygastor. Cependant, il ne saurait être confondu avec lui car le pléon de Metriogaster est
très nettement en retrait par rapport au péréion. Les néopleurons, encore que demeurant visibles en
vue dorsale, sont très réduits et étroitement appliqués contre les pléonites. Ainsi, chez Metriogaster,
le type pléonal philoscien est pleinement réalisé.
Ainsi, le groupe eurygastorien, dont nous devons la découverte à G. S. Ilunt, a le très grand
intérêt d’avoir conservé les termes de passage entre le type morphologique oniscien et le stade philos¬
cien qui en dérive par régression et simplification des structures morphologiques, en particulier pléonales.
Metriogaster jenolanensis n. sp.
Morphologie Générale.
Taille. — 8x3 mm.
Coloration. — Violacée, et parsemée de lignes ou de taches blanches. Le péréion présente, dans
sa région médiane, une série de taches blanches allongées. A l’extérieur de celles-ci prennent place les
zones de linéoles dépigmentées (insertions musculaires).
Source : MNHN, Paris
54
L. VANDEI.
La coloration des pleurépimères est complexe. La partie interne du pleurépimère est occupée
par une ligne de traits blancs. La partie médiane du pleurépimère est recouverte d’une bande continue,
de couleur brun foncé. La zone externe des pleurépimères est dépigmentée, donc de couleur blanche.
Le pléon est de couleur noire. Chaque pléonite porte trois taches ou traits de couleur blanche.
Le telson est entièrement pigmenté.
Le basis des péréiopodes est taché de brun.
Œil. — De grande taille, occupant tout le côté de la tête ; sa forme est ovoïde, mais il est plus
large en avant qu’en arrière. Il est composé de 16 ommatidies.
Caractères tégumenlaires.
a) Téguments parfaitement lisses.
b) Téguments recouverts d’écailles semi-circulaires, largement séparées les unes des autres.
c) Téguments portant de très fortes soies, particulièrement abondantes sur les régions latérales
et postérieure des péréionites.
d) Pores glandulaires très nombreux, surtout dans la partie antérieure des champs glandu¬
laires. Leur nombre est compris entre 20 et 50.
e) Les noduli latérales sont très grands, flagelliformes. La courbe des rapports ^ est régulière-
d
ment descendante (Tableau III). Quant à la courbe relative aux rapports , elle présente un sommet
c
très aplati correspondant aux péréionites III, IV et V.
b
c
0,75
0,50
0,25
O
I U III IV V VI VII
d
C
I II III IV V VI VII
Tableau III. — Mctriogaster jenolanensis. Position des noduli latérales.
Morphologie somatique.
Le pléon (Fig. 28) est en net retrait par rapport au péréion. Les néopleurons sont petits et appli¬
qués contre les pléonites ; cependant, ils présentent vers l’arrière, une petite pointe, bien individualisée
mais appliquée contre le pléonite.
Le telson (Fig. 28) est triangulaire ; sa pointe postérieure est largement arrondie.
Appendices.
Le processus molaire de la mandibule est simple. L’endite externe de la maxillule se termine
par trois dents cornées, simples ; une petite dent, simple ; quatre dents hyalines, fendues à leur extré¬
mité ; une petite dent hyaline, simple. L’endite du maxillipède porte un petit pénicillé, médian.
L’uropode (Fig. 28) est court ; l’endopodite égale environ la moitié de l’exopodite.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
55
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 29, A et B). L’endopodite est robuste ; il se termine par une pointe à
laquelle est annexée, du côté interne, une petite plaque gaufrée. L’exopodite est triangulaire ; son
côté externe est concave. L’exopodite ne porte aucune soie.
Second pléopode (Fig. 29, C). L’endopodite est court ; il dépasse de très peu l’exopodite. L’exo¬
podite est triangulaire ; son côté externe est concave. La pointe porte, du côté externe, trois soies.
Fig. 28. — Metriogaster jenolanensis. — Pléon, telson, uropodes.
Fig. 29. — Metriogaster jenolanensis.
— Mâle. A, premier pléopode ; B, extrémité de l'endopodite du pléopode I ; C, second pléopode.
Source : MNHN, Paris
56
k. VANDEL
Stations.
1) Mount Emperor, Boyd Plateau, near Jenolan (New South Wales) ; ait. : 1.433 m. « Leaf
and bark litter, Snowgum woodland. »
2) Mount Canobolas, near Orange (New South Wales). « Under logs, beside Boree Creek. »
3) Bungonia Caves Area ; via Groulborn (New South Wales). « In moist doline of Drum Cave,
under wood and stones. »
FORME INTERMÉDIAIRE
ENTRE LES GROUPES EURYGASTORIEN ET PLYMOPHILOSCIEN
Il convient de ne point oublier que les classifications ne constituent que des artifices destinés
à soulager notre mémoire. Nos ordres, nos familles, nos genres sont des catégories qui ne traduisent
qu’imparfaitement la réalité.
C’est ainsi qu’une espèce cavernicole de Philosciinae, recueillie dans une grotte du grand désert
sud-australien, ne trouve place ni dans le groupe eurygastorien, ni dans le groupe plymophiloscien.
Dans l’état actuel de nos connaissances, la solution qui nous paraît la plus raisonnable est de
lui attribuer une place provisoire, entre les groupes eurygastorien et plymophiloscien.
Ce genre apparaît plus primitif qu ’Eurygastor, quant au processus molaire de la mandibule
qui est dichotomisé. Par contre, il est plus spécialisé qu’ Eurygastor, en raison de la diminution des
pores glandulaires, et surtout de la réduction des néopleurons qui provoque une brusque discontinuité
entre le péréion et le pléon.
Par la forme des courbes traduisant la position des noduli latérales, il se rattache très nette¬
ment au type Eurygastor.
Le Genre Abebaioscia 1 n. g.
Caractères du Genre Abebaioscia.
1) Nombre de pores glandulaires latéraux faible.
2) La courbe , relative à la position des noduli latérales, présente un maximum au niveau
c
du péréionite IV.
3) Le pléon est nettement en retrait par rapport au péréion. Néopleurons réduits, mais visibles
en vue dorsale.
4) Processus molaire de la mandibule, dichotomisé.
5) Maxillule : un groupe externe de dents entières, et un groupe interne de dents fendues.
6) Maxillipède : endite portant un pénicillé.
Abebaioscia troglodytes n. sp.
Morphologie Générale.
Dimensions. — 5-6 mm.
Coloration. — La coloration est parfaitement blanche, par suite de l’absence totale de pigment.
La teinte jaunâtre de la plupart des individus est due à l’argile qui remplit le tube digestif. Si le tube
digestif est vidé, la teinte jaunâtre disparaît.
Appareil oculaire. — Complètement absent.
1. Étymologie : apéaioç, peu sûr.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L*AUSTRALIE
Caractères tégumenlaires.
a) Carapace parfaitement lisse.
b) Sur le côté de chaque péréionite, lin sillon latéral renferme des pores glandulaires espacés
les uns des autres. Le mauvais état de conservation des individus examinés n’a pas permis d’établir
exactement le nombre de pores suivant les segments. Tout ce que l’on peut dire, c’est que ce nombre
est compris entre dix et seize, pour chaque champ glandulaire.
Noduli latérales (Tableau IV). — Les noduli latérales sont longs, (lagelliformes et très apparents.
*)La courbe relative aux rapports subit ** une chute brusque entre IV et V.
c
**) La courbe relative aux rapports ^ présente un sommet au niveau de IV, puis retombe
c
brusquement.
Morphologie Somatique.
Forme générale du corps (Fig. 30). — Cette espèce est remarquable par son corps court et rela¬
tivement large. Un individu mesurant 5 mm. présente une largeur de 2,5 mm., soit égale à la moitié
de la longueur du corps.
L’antenne est extraordinnairement longue. Lorsqu’elle est repliée vers l'arrière, elle atteint
la longueur du corps ; elle est extrêmement grêle. Les péréiopodes sont très allongés, et, tout parti¬
culièrement ceux de la septième paire.
Céphalon. — Une ligne supra-antennaire ; pas de ligne frontale.
Péréion. — Le bord postérieur des quatre premiers péréionites est à peu près droit ; celui des
trois derniers segments se recourbe, de chaque côté, vers l’arrière. Les pleurépimères sont larges et
étalés.
Pléon. — Le pléon est fortement en retrait par rapport au péréion. Les néopleurons forment
une petite pointe dirigée vers l’arrière et bien visibles en vue dorsale (Fig. 30).
Telson. — Le telson a la forme d’un triangle dont la base est quatre fois plus longue que la
hauteur. Le sommet du triangle est arrondi.
Appendices.
Antennule (Fig. 31, A). — L’antennule est constituée par trois articles. Le dernier article, qui
est le plus long, porte des aesthetascs disposés en trois étages.
Antenne (Fig. 32, A). — L’antenne est extrêmement longue et grêle. Elle est égale à la longueur
du corps. Les deux premiers articles de l’antenne sont courts. Les trois autres sont de plus en plus
Source : MNHN, Paris
58
L. VANDEL
Fio. 30. — Abebaioscia troglodytes. — Vue d'ensemble.
Fie. 31. — Abebaioscia troglodytes.
— A, antennule ; B, endite du maxillipède ; C, premier pléopode mâle ; D, second pléopode mâle.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
59
allongés. Si l’on ramène à cent la longueur de l’antenne (le flagelle exclu), les cinq articles correspondent
aux chiffres suivants : 5-9-16-32-38.
Le flagelle est composé de trois articles. Le premier est le plus long ; les deux suivants sont
subégaux.
Mandibules. — Le processus molaire est dichotomisé.
Maxillule. — Endite externe : le groupe supérieur est constitué de quatre dents entières, cornées,
qui se répartissent en trois grandes et une petite. Le groupe inférieur porte six dents hyalines, quatre
fendues et deux entières.
Maxillipède. — L’endite (Fig. 31, B) porte, du côté externe, deux dents bien individualisées,
et, du côté interne, un petit bouton dépourvu de cils, qui représente un pénicillé régressé. La soie
dépasse nettement le bord distal de l’endite.
Péréiopodes. — Ces appendices sont longs et grêles, surtout ceux de la septième paire (Fig. 31, C).
Le meros et propodos sont particulièrement allongés.
Uropode. — L’endopodite s’insère au milieu du protopodite. L’exopodite est deux fois plus long
que l’endopodite.
Caractères sexuels mâles.
Péréiopodes. — Dépourvus de différences sexuelles.
Pléopode 1 (Fig. 31, C). — Endopodite dépourvu de caractères particuliers. Exopodite à côté
interne arrondi, et à côté externe présentant en son milieu un angle bien marqué.
Pléopode 2 (Fig. 31, D). — Endopodite plus court que l’exopodite, et se terminant par une pointe
très fine. Exopodite triangulaire, à côté externe concave.
Station.
Pannikin Cave, Nullabor Plain (South Australia) 24.xii. 1967. Michael Gray leg.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
60
Écologie.
La dépigmentation et l’anophthalmie, l’allongement des appendices, ainsi que le lieu de récolte
permettent d’affirmer que cette espèce correspond à un vrai cavernicole, condition extrêmement rare
chez les Isopodes terrestres australiens.
LE GROUPE CHAETOPHILOSC1EN
Le genre Chaelophiloscia a été institué, en 1908, par K. W. Verhoeff, afin d’y classer des espèces
périméditerranéennes. Ce genre est essentiellement caractérisé par l’excentricité du nodulus lateralis IV
caractère qu’il a hérité de ses ancêtre, les Oniscidae.
Cependant, soixante-cinq ans après la publication de l’isopodologue allemand, nos connais¬
sances isopodiques se sont considérablement élargies. D’une part, le genre Chaelophiloscia n’est plus
aujourd’hui un type isolé ; ils est devenu le chef de file d’un « groupe chaetophiloscien » qui comprend
une douzaine de genres largement dispersés dans l’Ancien et le Nouveau Monde.
Nous pouvons affirmer aujourd’hui que le groupe chaetophiloscien, et le genre Chaelophiloscia
en particulier, ont pris naissance dans les régions australes.
Nous recevons, depuis plusieurs années, des envois d’un myrmécologiste australien, le Dr Barry
Gray. Or, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir, parmi l’une de ses récoltes, un représentant
tout à fait typique du genre Chaelophiloscia. 11 sera décrit dans les lignes suivantes. Nous pouvons
donc aujourd’hui apporter la preuve décisive de l’origine australe du genre Chaelophiloscia.
Cette vaste répartition n’est point le résultat de vastes migrations. Elle découle du déplacement
des continents. Cette question sera reprise dans nos conclusions.
Chaelophiloscia grayi n. sp.
Position systématique. — L’espèce australienne que nous décrivons dans les lignes suivantes
appartient incontestablement au genre Chaelophiloscia ; ce qui établit que ce genre — tenu jusqu’ici
pour un type méditerranéen — est en fait un type australien qui, grâce aux déplacements continentaux
est parvenu dans les régions occidentales du globe. Cette espèce est fort proche de Chaelophiloscia
elongata, de la région méditerranéenne.
Morphologie Générale.
Description. — Taille : 4 mm.
Coloration. — La teinte de fond est d’un jaune clair ; en surimpression, apparaît un réseau
pigmentaire d’un brun très clair.
Œil. — Il est de faible dimension ; il est composé de six ommatidies.
Caractères Tégumenlaires.
(Fig. 33, A et B). — Les téguments sont recouverts de très petites écailles, soutenues par un
squelette composé de tiges disposées en éventail.
Les pores glandulaires font défaut.
Noduli latérales. — La courbe des rapports n’est pas significative. Quant à la courbe des
c
rapports -, l’écartement très net du nodulus IV permet de classer sans hésitation la nouvelle espèce
dans le genre groupe chaetophiloscien (Tableau V).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
lil
d
C
Tableau V. — Chaetophiloscia grayi. Position des noduli latérales.
Morphologie Somatique.
Céphalon. — Une ligne supra-antennaire très nette ; pas de ligne frontale.
Pléon. —- Le pléon est en net retrait par rapport au péréion ; les néopleurons sont appliqués
contre le pléon, et invisibles en vue dorsale.
Telson. — Il est de forme triangulaire ; la pointe terminale est très largement arrondie ; les
côtés sont légèrement concaves.
Appendices.
Le flagelle de l’antenne est composé de trois segments subégaux.
Le pénicillé molaire de la mandibule est dichotomisé.
La maxillule porte dix dents : une très grande dent, cornée ; une petite dent, hyaline ; trois
dents de taille moyenne, hyalines ; quatre dents hyalines, fendues à leur extrémité ; une petite dent
hyaline, non fendue.
L’endite du maxillipède est dépourvu de pénicillé.
Caractères sexuels mâles.
Péréiopode I. — Le meros et le carpos sont de forme normale ; mais, ils portent de fortes tiges,
recourbées en crochet à leur extrémité.
Pléopodes sexuels mâles. — Pléopode 1 (Fig. 33, C). — L’exopodite est triangulaire ; son côté
externe est concave ; l’endopodite est dépourvu de caractères particuliers.
Pléopode 2 (Fig. 33, D). — L’exopodite est triangulaire ; son côté externe est concave ; il porte,
à son extrémité, une soie unique. L’endopodite se termine par une pointe fine et allongée, dépassant
de beaucoup l’exopodite.
Station.
Trois exemplaires de cette nouvelle espèce ont été récoltés par M. Barry Gray, à Bugaldie (New
South Wales) dans une fourmilière de Myrmecia nigriceps.
LE GROUPE PLYMOPHILOSCIEN
Le Groupe plymophiloscien rassemble le plus grand nombre de genres de Philosciidae propres
à la région pacifique.
Encore que moins primitifs que les représentants du groupe eurygastorien, les espèces du groupe
plymophiloscien correspondent à des types très généralisés, ne présentant pas de spécialisations compa¬
rables à celles qui caractérisent les groupes rennelloscien, chaetophiloscien et paraphiloscien.
Source : MNHN, Paris
A. VAN DEL
Ce caractère primitif ressort tout particulièrement de l’examen des courbes représentant la
position des noduli latérales. Ces courbes ne présentent pas, dans ce groupe, de maxima bien distincts ;
ou, lorqu’ils sont présents, ils demeurent de faible amplitude. La courbe représentative des variations
du rapport ^ est le plus souvent une courbe descendant régulièrement, ou bien parfaitement horizontale
c
Ce groupe est fort bien représenté en Australie. Les espèces australiennes appartenant au groupe
plymophiloscien se répartissent entre les cinq genres : Plymophiloscia, Auslralophiloscia, Huntonia,
Ashtonia et Laevophiloscia.
Fig. 33. — Chaetophiloscia grayi.
— A et B, soies, écailles ; C, premier pléopode mâle ; D, second pléopode mâle.
LE GENRE PLYMOPHILOSCIA WAHRBERG
Historique. — Le terme de Plymophiloscia a été institué par Wahrberg (1922, p. 101) qui, à
l’époque, le considérait comme un sous-genre de Philoscia. Verhoeff (32. 1926, p. 334) érige, avec rai¬
son, Plymophiloscia, au rang de genre. Il complète la diagnose donnée par Wahrberg. Enfin, plus
récemment, Green (1961, p. 304) a décrit quatre espèces de ce genre, provenant de Tasmanie.
Diagnose. — 1) Pléon en retrait par rapport au péréion. Cependant, les néopleurons sont visibles
en vue dorsale et la pointe postérieure est bien apparente.
2) Le processus molaire de la mandibule est dichotomisé.
3) Maxillule : les dents du groupe interne sont fendues, à l’exception de l’une d’elles.
4) L’endite du maxillipède porte deux dents, insérées du côté externe, et un pénicillé, du côté
interne. En fait, le pénicillé n’est bien développé que dans les deux espèces : maxima Wahrberg et
ashtoni Vandel. Dans les autres espèces du genre (guttata Wahrberg, montana Verhoeff), il est plus
ou moins réduit.
5) Les côtés des péréionites renferment de nombreux pores glandulaires.
Répartition géographique. — Le genre Plymophiloscia renferme, dans l’état actuel de nos con¬
naissances huit espèces, ainsi réparties : Australie (trois espèces), Tasmanie (quatre espèces) et Nouvelle-
Calédonie (une espèce).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE 63
Trois espèces appartenant au genre Plymophiloscia ont été récoltées jusqu’ici en Australie.
Ce sont : maxima, guttata et ashloni.
Plymophiloscia maxima Wahrberg
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 102.
Remarques. — Cette espèce n’est connue que par des femelles ; le mâle demeure inconnu. Cette
espèce atteint une grande taille : 13-16 mm.
Répartition géographique. — Cette espèce a été récolté dans les localités suivantes : « Bellenden
Ker (4000 feet), Mailanda, Herberton, Cedar Creek, Blackall Range (Queensland) ».
Plymophiloscia guttata Wahrberg
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 111.
Remarques. — Cette espèce paraît voisine de la précédente, mais elle est de moindre taille (10 mm).
Répartition. — Cette espèce n’a été récoltée que dans une seule station : « Bellenden Ker », au
Queensland.
Plymophiloscia ashloni n. sp. 1
Morphologie Générale.
Taille. — Le plus grand individu observé, qui est une femelle, mesure : 10 X 4,5 mm.
Coloration. — La teinte générale est généralement foncée ; sur ce fond se détachent des taches
claires, généralement blanches, correspondant aux insertions musculaires. Une bande noire, plus ou
moins foncée, sépare les tergites des pleurépimères. Ces derniers sont de couleur claire. La face ven¬
trale est également pigmentée.
Le basis des péréiopodes est vivement coloré ; il porte une tache blanche, de forme ovoïde ;
les articles suivants sont plus ou moins pigmentés.
L’exopodite des pléopodes est cerclé de noir ou de brun ; mais, la partie centrale demeure claire.
Œil. — Il est constitué par une douzaine d’ommatidies, disposées en trois rangées.
Caractères Tégumenlaires.
a) Les téguments sont lisses.
b) Les téguments sont couverts de soies de petite dimension et peu apparentes ; elles sont simples.
Des soies-écialles, de structure plus complexe, sont parsemées sur les côtés du corps.
c) Les champs glandulaires sont très allongés, et s’étendent sur toute la longueur des pleuré¬
pimères. Le nombre de pores varie entre 30 et 42.
d) Noduli latérales. — (Tableau VI). La courbe
d ,
est pas significative, les noduli latérales
demeurant très proches du bord des segments sur tous les péréionites.
Quant à la courbe b , c’est une courbe descendante, présentant une chute brusque entre I et V,
c
puis qui devient étale.
1. Cette espèce est dédiée au Dr. David H. Ashton, qui au cours de l'année 1952, a prospecté, à mon intention,
les régions montagneuses et couvertes de forêts d'Eucalyptus régnons, situées au nord de Melbourne.
Source : MNHN, Paris
64
i. VANDEL
Morphologie Somatique.
Forme générale du corps (Fig. 34). — Le céphalon et le pléon sont relativement petits par rapport
au péréion.
Morphologie Somatique.
Céphalon : une ligne supra-antennaire très nette ; pas de ligne frontale.
Péréion (Fig. 34). — Le bord postérieur des quatre premiers péréionites est à peu près droit •
celui des trois derniers segments est incurvé sur les côtés.
Pléon (Fig. 34). — Le pléon est nettement plus étroit que le péréion. Les néopleurons sont appli¬
qués contre les tergites, et demeurent à peu près invisibles en vue dorsale ; les néopleurons sont repré¬
sentés par une petite pointe dirigée vers l’arrière.
Telson (Fig. 34). — Le telson est triangulaire, plus large que long ; le sommet est arrondi.
Appendices.
Antennule. — Elle est constitutée de trois segments ; le premier est aussi large que long ; le second
est cylindrique ; le troisième est effilé, conique et terminé par deux aesthetascs.
Antenne. — Le flagelle est composé de trois articles ; le troisième est aussi long que les deux
premiers réunis.
Mandibule droite. — Sous la lacinia mobilis, s’insère un pénicillé ; un pénicillé intermédiaire
entre le lobe inciseur et le lobe molaire ; le processus molaire est dichotomisé.
Mandibule gauche. — Deux pénicillés s’insèrent au-dessous du lobe inciseur ; un pénicillé inter¬
médiaire entre le lobe inciseur et le lobe molaire.
Maxillule. — L’exite est ainsi constitué ; groupe externe : quatre dents cornées, entières, dont
une plus petite ; groupe interne : les dents 1, 2, 3, 4 et 6 sont bifides ; la dent 5 est entière. L’endite
porte deux pénicillés subégaux.
Maxillipède (Fig. 35). — Disposant d’une collection assez importante de représentants de cette
espèce (48 exemplaires), j’ai pu constater que le maxillipède — ou plus exactement, l’endite du maxil¬
lipède — présente des variations morphologiques fort étendues (Fig. 35). Ce polymorphisme pouvait
être interprété comme un polymorphisme racial. En fait, il n’en est rien. La taille des individus de la
collection dont je dispose est suffisamment variée (la taille des individus mis à ma disposition est com¬
prise entre 4,5 et 10 mm), pour que l’on puisse affirmer que la structure de l’endite du maxillipède
varie suivant l’âge et la taille des individus.
Source : MNHN, Paris
Fig. 35. — Plymophiloscia ashtoni. — Endite du maxillipède. A, individu de 4,5 mm ;
B, individu de 7 mm ; C, individu de 10 mm ; D, individu de 9 mm ; E, individu de 9,5 mm.
3 564 011 6 5
Source : MNHN, Paris
66
k. VANDEI,
Signalons tout d’abord que la présence de deux courtes dents insérées à l’angle distal et externe
de l’endite correspond à une disposition constante, ainsi que celle d’une tige insérée du côté interne.
Les variations observées et qui sont fonction de la taille sont les suivantes :
à) La forme de l’endite du maxillipède varie avec l’âge et la taille. Chez le jeune animal, l’extré¬
mité de l’endite est arrondie. Elle est nettement rectangulaire chez les individus adultes.
b) Chez les jeunes individus, la soie interne de l’endite est courte et ne dépasse pas le bord distal
de l’endite. Elle dépasse nettement cette limite chez les individus de grande taille.
c) Chez les jeunes individus, mesurant 4,5 à 7 mm, le pénicillé est situé à l’angle interne de
l’endite (Fig. 35, A et B). Chez l’adulte (10 mm), la disposition des phanères est inversée. En suite
d’une croissance différentielle de l’endite, le pénicillé s’insère, non plus à l’angle interne, mais au tiers
de l’endite.
Ainsi, chez le jeune et chez l’adulte, les positions des trois phanères de l’endite se disposent
de façons différentes :
Jeune.
Bord externe — Dents — Soie — Pénicillé — Bord interne.
Adulte.
Bord externe — Dents — Pénicillé — Soie — Bord interne.
d) Une autre modification se produit plus tardivement encore. Un repli se forme en dessous
du pénicillé (Fig. 35, D) et, en se développant, parvient à l’englober entièrement (Fig. 35, E).
Caractères sexuels mâles.
Péréiopode 1. — Dépourvu de brosse sur le carpos.
Pléopode 1 (Fig. 36, A). — Endopodite terminé par une pointe courte, mais robuste, dépourvue
de différenciation particulière et de soies.
Exopodite ovoïde, à côté interne convexe, à côté externe concave, se terminant par une pointe
faiblement saillante.
L’exopodite renferme deux vaisseaux sanguins, l’un externe, l’autre interne.
Pléopode 2 (Fig. 36, B). — Endopodite présentant une pointe terminale assez courte qui dépasse
légèrement l’exopodite.
Fig. 36. — Plymophiloscia ashtoni. — Mâle. A, premier pléopode ; B, second pléopode.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
67
Exopodite triangulaire, renflé à sa base ; le côté externe est concave.
L’exopodite renferme un vaiseau sanguin du côté externe.
Affinités.
Cette nouvelle espèce est certainement proche de Plymophiloscia gullata Wahrberg, du Queens¬
land. Elle en diffère par :
1) Sa plus grande largeur :
guttata : 10 X 2,6-3 mm
ashtoni : 10 X 4,5 mm.
2) L’extrémité de l’endopodite du premier pléopode mâle est plus obtuse ; elle n’est pas recourbée
vers l’extérieur ; elle est dépourvue de soies.
La nouvelle espèce est également proche de deux espèces tasmaniennes : Plymophiloscia noleyensis
Green et PL ulverslonensis Green. Cependant, les pléopodes mâles des espèces tasmaniennes sont diffé¬
rents de ceux de la forme australienne.
Station.
« Forests of Eucalyptus régnons at Wallaby Creek, near Melbourne » David H. Ashton leg.ix.1952.
Les mâles paraissent beaucoup plus rares que les femelles. Les récoltes de D. II. Ashton com¬
prennent 48 individus qui se répartissent en 9 <J et 39 $ dont 1 ovigère.
Le Genre Australopkiloscia n. g.
L’auteur du présen mémoire a été conduit à instituer un nouveau genre, afin d’y inclure deux
espèces australiennes nouvelles pour la science. Il propose de le dénommer Australopkiloscia.
Ce nouveau genre est certainement proche de Plymophiloscia. En effet :
a) la forme du corps des représentants du genre Australopkiloscia est analogue à celle des espèces
de Plymophiloscia ; en particulier, les dimensions du pléon et l’aspect des néopleurons sont très sem¬
blables dans les deux genres ;
b) la constitution de la maxillule est semblable chez Plymophiloscia et Auslralophiloscia ;
c) la disposition des noduli latérales est analogue dans l’un et l’autre genres.
Cependant, les deux nouvelles espèces décrites ci-dessous diffèrent des représentants du genre
Plymophiloscia par l’état de régression plus poussé des structures morphologiques :
à) le processus molaire de la mandibule n’est plus dichotomisé, mais représenté par une seule
tige pennée.
b) le pénicillé de l’endite du maxillipède a disparu chez Auslralophiloscia, alors que ce phanère
persiste — encore que souvent réduit — chez Plymophiloscia.
c) les pores glandulaires qui s’ouvrent dans les champs latéraux sont peu nombreux et espacés,
alors qu’ils sont abondants chez Plymophiloscia.
Australopkiloscia nichollsi n. sp. 1
Morphologie générale.
Taille. — (J : 6 mm : $ ovigère : 7,5 mm.
Coloration. — Coloration rougeâtre, fauve ou brunâtre.
Le vertex est recouvert de taches blanches correspondant aux insertions musculaires. Le péréion
est parcouru, en son milieu, par une ligne brune ; de chaque côté, prennent place des taches blanches
1. Cette espèce est dédiée à Geo. E. Nicholls, auteur d’une étude consacrée au remarquable genre australien Halo-
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
qui ont tendance à se fusionner. Les pleurépimères, de couleur blanche, sont parcourus par une bande
brune oblique. Le pléon est entièrement coloré, à l’exception d’une ligne blanche médiane. La base
du telson et des uropodes sont décolorés.
Œil. — L’œil est grand ; il occupe toute la longueur du côté du céphalon. Il est constitué, chez
le jeune, d’une douzaine d’ommatidies, disposées en trois rangées ; et, chez l’adulte, d’une vingtaine
d’éléments répartis en quatre rangées. Les ommatidies sont noyées dans un abondant pigment noir.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps. — Corps relativement court et trapu.
Céphalon (Fig. 37, A et B). — Une ligne supra-antennaire ; pas de ligne frontale.
Péréion. — Bord postérieur des segments I-IV droit ; leurs côtés sont arrondis. Le bord posté¬
rieur des péréionites V-VII forme, sur les côtés, une petite pointe émoussée.
Pléon (Fig. 37, C et D). — Le pléon est nettement en retrait sur le péréion, et notablement
plus étroit. Les néopleurons forment une pointe dirigée vers l’arrière et bien visible en vue dorsale.
Telson (Fig. 37, C et D). — Le telson est arrondi et semi-circulaire chez les jeunes individus
(3,5 mm) (Fig. 37, C). Il est triangulaire, à côtés droits et à sommet arrondi, chez l’adulte (Fig. 37, D).
Fio. 37. — Auslralophiloscia nichollsi. — Céphalon ; vu de face (A) et du côté dorsal (B) ;
partie postérieure du corps : individu jeune (C) et exemplaire adulte (D).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
69
Fig. 38. — Aiislralophiloscia nichoUsi. — A, antennule ; B, mandibule droite ; l. m., lacinia mobilis ;
C, mandibule gauche ; D, maxillipède ; E, extrémité du premier péréiopode ; o. d., organe dactylien.
Fig. 39. — Australophiloscia nichollsi. — Jeune individu mâle. A et A', endopodite du premier pléopode ;
B, exopodite du premier pléopode.
Source : MNHN, Paris
70
VANDF.I.
Caractères tégumenlaires.
à) Téguments lisses, portant, chez le jeune, des soies droites, rigides, largement éloignées les
unes des autres. Ces soies ont disparu chez les individus adultes examinés par l’auteur.
b) Champs glandulaires. — Les champs glandulaires sont bien individualisés. Ils renferment
des pores peu nombreux (de 6 à 12), largement espacés les uns des autres.
c) Noduli latérales (Tableau VII). — Le premier nodulus est situé un peu au-dessous de la
ligne médiane transversale. Les noduli des quatre derniers péréionites sont fort proches du bord posté¬
rieur du segment.
Appendices.
Antennule (Fig. 38, A). — L’antennule est composée de trois articles. L’article terminal porte
trois groupes d’aesthetascs : un terminal et deux latéraux.
Antenne. — Longue et fine. Le premier segment du flagelle est un peu plus long que le deuxième
et le troisième qui sont subégaux.
Mandibules (Fig. 38, B et C). — Deux pénicillés sous le lobe inciseur de la mandibule gauche •
un seul pénicillé, sur la mandibule droite.
Un pénicillé intermédiaire sur les deux mandibules.
Le processus molaire est simple, non dichotomisé.
Maxillule. — Le lobe externe porte à son extrémité cinq dents cornées dont une plus petite
que les autres ; et, cinq dents hyalines dont quatre sont fendues à leur extrémité.
Le lobe interne porte deux pénicillés subégaux.
Maxillipède (Fig. 38, D). — L’endite est de forme trapézoïdale. Il porte, du côté externe, deux
courtes dents. L’épine est courte et n’atteint pas le bord distal de l'endite. Pas de pénicillé.
Péréiopode I (Fig. 38, E). — Le carpos porte, à son extrémité, une fossette garnie de tiges hya¬
lines ; une brosse de soies sur la moitié proximale du propodos ; ces deux formations constituent un
« appareil de toilette ».
Caractères sexuels mâles.
Péréiopodes. — Il sont dépourvus de différenciation sexuelle.
Premier pléopode (Fig. 39, A et B ; 40, A et B). — L’endopodite se termine par une pointe très
fine, légèrement incurvée, et garnie de petites dents rappelant celles d’un harpon.
Exopodite triangulaire, à sommet arrondi, et à côté externe concave.
Second pléopode (Fig. 40, C). — L’endopodite se termine par une pointe fine qui dépasse légère¬
ment l’exopodite. L’exopodite est triangulaire ; sa pointe est étroite et son côté externe est concave.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
71
Fig. 40. — Australophiloscia nichollsi.
— Individu mâle bien adulte. A et B, premier pléopode ; C, second pléopode.
Station.
Lord Howe Island. Summit of Mt Gover ; from moss. — 21.ni.1957. — O. Linklater leg.
Australophiloscia myrmecophila n. sp.
Morphologie générale.
Dimensions : 7 mm.
Coloration. — Teinte jaune clair à laquelle se superpose sur le vertex, et les côtés du péréion
et du pléon, un pointillé brunâtre.
Appareil oculaire : normal, bien pigmenté, constitué par 14-15 ommatidies, disposées en trois
rangées.
Morphologie somatique.
Céphalon (Fig. 41). — Semblable à celui à'A. nichollsi ; une ligne supra-antennaire ; pas de
ligne frontale.
Péréion. — Le bord postérieur des péréionites I, II et III est incurvé, mais il ne forme pas de
pointes dirigées vers l’arrière. Le bord postérieur du péréionite IV est rectiligne ; l’angle postérieur
est un angle droit. Le bord postérieur du péréionite V est légèrement incurvé. Le bord postérieur du
péréionite VI est plus fortement incurvé ; l’angle postérieur est aigu. Les caractères du péréionite VI
s’accentuent encore sur le péréionite VIL
Pléon (Fig. 41). — Le pléon est relativement large ; il est légèrement en retrait par rapport
au péréion. Les pointes postérieures des néopleurons sont bien individualisées et de forme triangu¬
laire.
Telson (Fig. 41). — Le telson est triangulaire ; il est beaucoup plus large que long. Ses côtés
sont droits ou très légèrement incurvés, suivant les individus. Le sommet forme un angle obtus.
Caractères tégumenlaires.
a) Téguments. — Lisses, recouverts de soies simples, très courtes et terminées par une extrémité
obtuse et légèrement renflée.
Source : MNHN, Paris
72
A. VANDEL
Fio. 41. — Australophiloseia myrmecophila. — En haut, céphalon ; en bai, pléon, telson et uropodes.
b) Champs latéraux. — Présents, mais dépourvus de pores glandulaires.
c) Noduli latérales (Tableau VIII). — Les noduli latérales se distinguent aisément des soies
tégumentaires, en ce qu’ils sont plus longs, pointus à leur extrémité, et insérés sur une couronne d’écailles.
Rapport ^ : les trois premiers noduli prennent place sur la moitié antérieure du corps, les quatre
c
derniers sur la moitié postérieure. Une chute brusque se produit entre les noduli IV et V.
Rapport - : les variations de ce rapport suivant les péréionites sont insignifiantes.
Appendices.
Antennule. — Absente sur tous les individus examinés.
Antenne. — Antenne longue et fine. Les trois articles du flagelle croissent en longueur depuis
le premier jusqu’au troisième.
Mandibulles. — Mandibule droite : un pénicillé sous le processus inciseur et un autre entre le
processus inciseur et le processus molaire.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
73
Mandibule gauche : deux pénicillés sous le processus inciseur et un pénicillé intermédiaire.
Aux deux mandibules, le processus molaire est représenté par une seule soie pennée.
Maxiüule. — L’exite est terminé par cinq dents cornées, entières dont l’une est plus petite
que les autres ; et par cinq dents hyalines dont quatre sont fendues à leur extrémité, et une
entière.
Maxillipède (Fig. 42, A). — L’endite porte, du côté interne, une très forte soie qui dépasse
notablement le bord distal de l’endite ; et, du côté externe, une dent unique. L’endite est dépourvu
de pénicillé.
Fig. 42. — Australophiloscia myrmecophila. — A,
endite du maxillipède ; B, premier pléopode mâle ; C, second pléopode mâle.
Source : MNHN, Paris
74
k. VANDEL
Caractères sexuels mâles.
Pèréiopodes. — Dépourvus de dimorphisme sexuel.
Premier pléopode (Fig. 42, B). — L’endopodite serait assez normal, si au niveau du tiers terminal
et du côté externe, ne surgissait un appendice, complètement séparé du corps de l’endopodite auquel
il n’est relié que par sa base. Cette protubérance a la forme d’une lame recourbée en son milieu et
terminée par une extrémité arrondie. Une telle formation n’a jamais été signalée, à ma connaissance
chez aucun Isopode terrestre.
L’extrémité de l’endopodite porte 5-6 petites épines, insérées sur le côté interne ; le canal central
de l’endopodite renferme 6-7 perles ovoïdes.
L’exopodite se termine par une pointe obtuse ; le côté externe est légèrement concave.
Second pléopode (Fig. 42, C). — Les dimensions du second pléopode dépassent notablement
celles du premier pléopode ; ainsi que le montrent les figures de ces deux appendices dessinées à la
même échelle.
L’extrémité de l’endopodite est très gracile ; elle dépasse légèrement l’exopodite. Ce dernier
de très grandes dimensions, est de forme triangulaire.
Station.
Orange (New South Wales), à l’ouest de Sydney. — 8.vu. 1963 et 28.iu.1965. Barry Gray leg.
Éthologie.
Cette espèce a été récoltée dans des fourmilières de Myrmecia pyriformis F. Smith et de Myr-
mecia forficata Fabricius. On peut donc lui attribuer le qualificatif de myrmécophile.
Le Genre Huntonia 1 n. g.
Place systématique. — Ce nouveau genre prend place dans le groupe plymophiloscien. Il est
certainement très voisin des genres Laeoophiscia et Australophiloscia. Cependant, certains caractères
de cette Philoscie ne concordent pas avec les critères de ces deux genres.
Définition. — 1) Processus molaire de la mandibule simple.
2) Dents de la maxillule se répartissant en un groupe externe de dents simples et un groupe
interne de dents fendues.
3) Endite du maxillipède portant un pénicillé.
4) Pores glandulaires latéraux nombreux.
5) Courbe ^ à peu près horizontale et très basse, à l’exception des noduli latérales VII qui
c n
s’écartent légèrement du bord latéral (Tableau IX).
6) Les néopleurons sont appliqués contre les pléonites, et invisibles en vue dorsale.
Huntonia montana n. sp.
Morphologie générale.
Taille : 7 X 2,5 mm.
Coloration. — Vertex pointillé de blanc. Tergites péréiaux de couleur brune et parsemés de
linéoles blanches. Un trait blanc prend place à la limite du tergite et du pleurépimère ; un autre trait
blanc, oblique, traverse le pleurépimère. Les pléonites portent deux séries de taches blanches.
Œil. — Il présente une forme arrondie ; il est constitué de seize ommatidies.
1. Dédié au remarquable prospecteur australien, G. S. Hunt.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
75
Morphologie somatique.
Céphalon. — La ligne supra-antennaire est nettement dessinée. La ligne frontale fait défaut.
Pléon. — Le pléon est étroit ; les néopleurons sont invisibles en vue dorsale.
Telson. — Le telson est triangulaire ; ses côtés sont légèrement incurvés ; la pointe terminale
est arrondie.
Caractères tégumentaires.
1) Téguments lisses, portant de grandes soies, fortes, espacées les unes des autres.
2) Champs glandulaires latéraux portant des pores dont le nombre varie entre 6 et 22.
3) Noduli latérales. La ligne représentative des rapports ^ est une courbe descendant régulière-
c
ment (Tableau IX).
Quant à la courbe représentant les rapports , elle est à peu près horizontale ; seul, le nodulus
lateralis VII est légèrement excentrique.
b.
c
I II III IV V VI VII I •• III IV V VI VII
Tableau IX. — HurUonia monlana. Position des noduli latérales.
Appendices.
Mandibule. — Le processus molaire est simple, non dichotomisé.
Maxillule. — Elle porte quatre dents simples, de couleur cornée ; quatre dents hyalines, fendues
à leur extrémité ; et, une dent simple et hyaline.
Maxillipède. — L’endite est pourvu d’un pénicillé.
Caractères sexuels mâles.
Ils demeurent inconnus, le lot qui nous a été remis ne renfermant que trois femelles.
Station.
Cette espèce n’a été récoltée que dans une seule station : « At Crossing of Jacobs River by Buchan-
Jindabyne Road. Under wood. — 7.IH.1970. G. S. Hunt lcg. »
Source : MNHN, Paris
76
A. VANDEL
Le Genre Ashlonia n. g. 1
Définition du genre. — Ce genre s’apparente étroitement au genre Laevophiloscia. Il en diffère
par la présence d’un pénicillé sur l’endite du maxillipède, alors que ce phanère a disparu chez Laevophi-
loscia.
Répartition. — Ce genre est propre à l’Australie.
Composition. — Ce genre ne comprend, dans l’état actuel de nos connaissances, qu’une seule
espèce : Ashtonia eucalyptorum n. sp.
Ashtonia eucalyptorum n. sp.
Morphologie générale.
Taille : 3,5 mm.
Coloration. — Le corps est recouvert d’un pigment brun foncé.
Œil : composé de quatorze ommatidies.
Caractères tégumentaires.
1) Téguments parfaitement lisses.
2) Téguments couverts de petites soies raides, dressées perpendiculairement à la surface du
corps, et très apparentes, même à faible grossissement.
3) Les pores glandulaires latéraux sont peu nombreux. Leur nombre varie entre 8 et 12.
4) Noduli latérales. — Les noduli latérales sont très grands, et fort apparents.
Le péréionite I ne porte, de chaque côté, qu’un seul nodulus, alors que, dans le genre Laevo-
philoscia, ce segment est pourvu, de chaque côté, de deux noduli.
La courbe relative aux positions rapports - (Tableau X) n’est pas significative, tous les noduli
c
demeurant fort proches du bord latéral. Quant à la courbe relative aux rapports -, elle ressemble
fort à la courbe relative au genre Laevophiloscia.
1. Ce genre est dédié à D. Ashton, botaniste spécialisé dans l’étude des Eucalyptus d’Australie, mais qui fut aussi
un remarquable prospecteur d’Oniscoides. La majorité des Oniscoides provenant des environs de Melbourne et signalés
dans le présent mémoire proviennent des récoltes de D. Ashton.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
77
Morphologie somatique.
Forme générale du corps : corps allongé, à côtés parallèles.
Céphalon : une ligne supra-antennaire très nette ; pas de ligne frontale.
Pléon : fortement en retrait sur le péréion. Néopleurons appliqués, invisibles en vue dorsale.
Telson : de forme triangulaire ; le sommet forme un angle obtus.
Appendices.
Antenne : assez longue, atteignant, lorsqu’elle est repliée vers l’arrière, le milieu du corps.
Mandibule : le processus molaire est dichotomisé.
Maxillule : l’endite externe porte : quatre dents cornées, entières ; quatre dents hyalines,
fendues ; une dent hyaline entière.
Maxillipède : L’endite interne du maxillipède (Fig. 43, A) porte, d’un côté, une forte épine ;
et, de l’autre, un pénicillé.
Uropode : l’insertion de l’endopodite est très antérieure par rapport à celle de l’exopodite.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode. — L’endopodite (Fig. 43, C) se termine par une extrémité triangulaire s’ache¬
vant en une pointe aiguë. L’exopodite (Fig. 43, B) est triangulaire ; son côté externe est arrondi ; le
côté interne est droit et dépourvu de concavité.
Second pléopode (Fig. 40, D). — L’endopodite est allongé ; il se termine par une pointe fine
qui dépasse de très peu la pointe de l’exopodite.
L’exopodite est triangulaire ; il porte, un peu en dessous du sommet, une seule épine.
Station.
Cette espèce n’est connue jusqu’ici que d’une seule station : « Wallaby Creek, north of Mel¬
bourne. — ix.1952. D. Ashton leg. »
Fig. 43. — Ashlonia eucalyptorum. — A, endite du maxillipède ; B, exopodite du premier pléopode mâle ;
C, endopodite du premier pléopode mâle ; D, second pléopode mâle.
Source : MNHN, Paris
78
k. V AND El.
Le Genre LAEVOPHILOSCIA Wahrberg
Introduction
Le genre Laevophiloscia a été institué par Wahrberg, en 1922 (Wahrberg, 1922, p. 97). De
longues discussions se sont instituées entre les isopodologues (Wahrberg, 1922, p. 97 ; Verhoeff
1928, p. 218 ; 1931, p. 260 ; 1942, p. 92 ; Arcangeli, 1960, p. 1) quant à la valeur du genre Laevophi-
loscia, et sur ses rapports avec le genre méditerranéen Chaetophiloscia Verhoeff.
Nous n’évoquerons pas ici ces discussions qui apparaissent aujourd’hui complètement péri¬
mées. Non seulement, nous ne reconnaissons aucune affinité particulière entre ces deux genres ; mais
en raison de l’allure des courbes représentatives de la position des noduli latérales — qui est très diffé¬
rente dans les deux genres — nous les classons dans des groupes distincts : Laevophiloscia, dans le
groupe plymophiloscien, et Chaetophiloscia, dans le groupe chaetophiloscien.
Les Caractères du Genre Laevophiloscia
Le genre Laevophiloscia peut être ainsi défini :
Caractères somatiques, a) Corps allongé et étroit.
h) Cephalon : une ligne supra-antennaire ; pas de ligne frontale.
c) Péréionites à bord postérieur droit, ou légèrement convexe (I et II), ou légèrement concave
(VI et VII).
d) Pléon en retrait sur le péréion ; néopleurons réduits, peu apparents, ou parfois, à peu près
invisibles en vue dorsale.
e ) Telson triangulaire, à sommet arrondi, à bords latéraux droits ou très légèrement concaves.
Caractères tégumentaires. — a) Champs glandulaires allongés, renfermant de nombreux pores.
b) Noduli latérales. — L’examen de la position des noduli latérales chez les espèces qu’il nous
a été donné d’étudier prouve l’homogénéité du genre Laevophiloscia. Les différences que l’on observe
entre les espèces sont extrêmement faibles.
Le premier caractère — tout à fait exceptionnel — est la présence de deux noduli latérales sur
le premier péréionite ; le premier nodulus est antérieur, le second, postérieur.
La seconde caractéristique du genre Laevophiloscia est la situation des noduli des péréionites II
à VII qui, tous, sont insérés à l’angle postérieur du segment.
La courbe ^ est très aplatie chez toutes les espèces du genre Laevophiloscia. Cette disposition
est une conséquence de la réduction de la largeur des pleurépimères, qui interdit les déplacements
importants des noduli latérales, dans le sens transversal. C’est également la réduction de la largeur
des pleurépimères qui donne à ces Isopodes leur aspect allongé.
Appendices, a) Antennule portant des aesthetascs disposés en plusieurs étages, dont l’un est
terminal.
b) Mandibule droite portant deux pénicillés ; mandibule gauche portant trois pénicillés. Le
processus molaire est dichotomisé.
c) Maxillule : endite interne terminée par deux pénicillés. Endite externe portant cinq dents
cornées entières, et cinq dents hyalines, dont quatre fendues à leur extrémité et une entière.
d) Maxillipède : endite quadrangulaire, portant deux dents du côté externe, et, du côté interne
une forte épine dépassant le bord distal de l’endite. Pas de pénicillé.
e) Péréiopodes : un appareil de toilette sur le carpos et le propodos du premier péréiopode.
Caractères sexuels mâles. — a) Péréiopodes dépourvus de différenciation sexuelle.
b) Premier pléopode : endopodite terminé par une pointe dirigée vers l’extérieur.
c) Second pléopode : extrémité de l’endopodite présentant une tendance à devenir flagelli-forme.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
79
La Répartition géographique du Genre Laevophiloscia.
Le genre Laevophiloscia est surtout bien représenté en Australie occidentale. On connaît cepen¬
dant une espèce orientale, qui a été récoltée à Sydney. Cette espèce, L. scholastica, se distingue des
formes occidentales, par le fait que les deux noduli latérales du péréionite I sont situés à la même hau¬
teur, et non l’un derrière l’autre, comme chez les formes occidentales. Peut-être, la création d’un sous-
genre dans lequel serait incluse cette espèce pourrait-elle paraître justifiée.
Espèces douteuses, attribuées au genre Laevophiloscia.
Un certain nombre d’espèces ont été attribuées au genre Laevophiloscia, mais cette affirmation
demanderait à être confirmée. Passons les en revue.
1) Laevophiloscia myrmecophila Wahrberg 1922, a été récoltée à Logan Village (Queensland).
Cette espèce n’est connue que par une seule femelle. Comme les espèces du genre Laevophiloscia sont
essentiellement caractérisées par la conformation des deux premiers pléopodes mâles, l’appartenance
de myrmecophila au genre Laevophiloscia est des plus incertaine.
2) laevophiloscia rouxi Verhoeff 1926 (= Philoscia lifuensis Stebbing 1900), des Iles Loyauté
(Loyalty Islands) est une espèce qui ne peut être correctement classée, en l’absence de la connaissance
des pléopodes mâles.
3) Chaetophiloscia (= Laevophiloscia) formosana Verhoeff 1928, de Formose, n’appartient pro¬
bablement ni au genre Chaetophiloscia ni au genre Laevophiloscia.
4) Philoscia societalis Maccagno 1932 provient de l’île de Moorea, près de Tahiti. La descrip¬
tion de cette espèce qui pourrait se rapprocher de Laevophiloscia d’après les dires de sa créatrice est
bien insuffisante, tout autant que les figures, pour attribuer une place exacte à cette forme de Philos-
ciinae.
Les espèces appartement au genre Laevophiloscia.
Nous répartirons les espèces du genre Laevophiloscia en deux groupes : celui des espèces que
nous ne connaissons que par les données bibliographiques, et celui dont il nous a été donné d’examiner
des exemplaires. Cette classification est évidemment arbitraire, mais elle est obligatoire en raison de
l’insuffisance des diagnoses données par les anciens auteurs.
Liste des espèces australiennes de Laevophiloscia
CONNUES SEULEMENT PAR LES DONNÉES BIBLIOGRAPHIQUES.
laevophiloscia subterranea (Budde-Lund, 1912) ( Philoscia)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 40.
Station. — Yallingup-Hôhle (Western Australia).
Remarque. — Cette espèce appartient probablement au genre Laevophiloscia ; mais l’ignorance
dans laquelle nous nous trouvons quant aux caractères sexuels mâles, ne permet pas d’identifier exac¬
tement cette espèce. Il est possible qu’elle se confonde avec hamiltoni qui sera décrite plus loin ; car
les deux formes habitent dans la même région, sont cavernicoles, et présentent un faciès analogue
(dépigmentation des téguments, œil plus ou moins dégénéré). Mais, il se peut que ce ne soient là que
des convergences découlant d’un même mode de vie.
Laevophiloscia flava (Budde-Lund, 1913) (Philoscia)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1913, p. 70.
Station. — Victoria.
Source : MNHN, Paris
80
A. VANDEL
Laevophiloscia perlata Wahrberg 1922
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 121 ; Bowley, 1935, p. 58.
Stations. — Stations citées par Wahrberg; (Western Australia) : Cannington, Bunbury, Guilj-
ford, Collie, Rottnest, Lion Mill, Albany, Mundaring Weir, Boyanup, Bridgetown, Freemantle, Perth
Karrakatta, Denham. Stations citée par Bowley : Environs de Perth, Pélican Point se projetant dans
la Swan River ; Nornalup ; Walpole Inlet.
Laevophiloscia karràkattensis Wahrberg 1922
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 126.
Station. — (Western Australia) : Karrakatta.
Laevophiloscia hirla Wahrberg 1922
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 134.
Stations. — (Western Australia) : Moonyoonooka.
Laevophiloscia longicaudata Wahrberg 1922
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 137.
Stations. — (Western Australia) : Northampton ; Bridgetown.
Laevophiloscia brevicorpore Wahrberg 1922
Bibliographie. — Wahhberg, 1922, p. 140.
Stations. — (Western Australia) : Jarrahdale.
Laevophiloscia myrmecophila Wahrberg 1922
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 142.
Stations. — (Queensland) ; Logan Village, à trente kilomètres au sud de Brisbane.
Les Principes d’une classification rationnelle des représentants du Genre Laevophiloscia.
Les connaissances que nous possédions jusqu’au temps présent sur le Genre Laevophiloscia repo¬
saient essentiellement sur le mémoire du zoologiste suédois Ragnar Wahrberg. Celui-ci a donné une
description, en apparence très complète, des espèces de Laevophiloscia mises à sa disposition, et qui
sont toutes nouvelles.
Il s’agit là d’un travail très consciencieux ; mais l’auteur ne possédait certainement pas une
connaissance suffisante de la systématique des Oniscoïdes pour traiter d’un sujet aussi difficile que la
classification des espèces du genre Laevophiloscia.
Ses descriptions minutieuses et fort longues font souvent état de caractères de faible intérêt
systématique, tandis que les critères les plus utiles sont fréquemment omis.
L’étude que nous avons poursuivie et qui porte sur un matériel relativement abondant nous
a conduit à reconnaître que le meilleur critère dont dispose l’isopodologue pour dresser une classifica¬
tion rationnelle des espèces du genre Laevophiloscia, porte sur la structure des pléopodes mâles.
Les deux premières paires de pléopodes du mâle présentent, dans toutes les espèces, une indé¬
niable similitude qui traduit l’homogéniété du genre.
L’endopodite du premier pléopode mâle porte à son extrémité, et du côté externe, une série
de dents présentant la forme d’un peigne ; le côté interne est garni d’une brosse de soies. Les dents
Source : MNHN, Paris
LES 1SOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE 81
sont fortes chez dongarrensis, hamilloni, richardsi ; elles sont petites chez yalgoonensis et lowryi. On
peut tenir la réduction des dents pour une manifestation régressive.
L’endopodite du second pléopode mâle se termine par une pointe longue et fine, qui prend
parfois un aspect flagelliforme.
Ét DDE MORPHOLOGIQUE DE HUIT ESPECES DE LaeVOphÜOScia PROVENANT d’AuSTRALIE.
Laei’ophiloscia dongarrensis Wahrberg 1922
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 114.
Identification. — Les exemplaires que nous avons observés appartiennent incontestablement
à l’espèce décrite par Wahrberg sous le nom de dongarrensis. Cependant, comme les exemplaires dont
nous disposons ont été récoltés dans des grottes, ils ont perdu leur pigment tégumentaire ; et, l’œil
est plus ou moins régressé.
Les isopodologues ont reconnu depuis longtemps l’instabilité de ces caractères. C’est pourquoi
nous nous abstenons, jusqu’à plus ample information, d’instituer une sous-espèce pour les individus
récoltés dans les cavités souterraines des environs de Perth.
Morphologie générale.
Dimensions. — Wahrberg (1922, p. 115) donne comme dimensions des exemplaires femelles
qu'il a examinés, les chiffres suivants ; longueur : 9-10 mm ; largeur : 3,5-4 mm. Il mentionne que les
mâles sont de taille moindre.
Les exemplaires dont nous disposons qui appartiennent au sexe mâle, mesurent 6 mm.
Coloration. — Wahrberg (1922, p. 116) signale que les représentants de cette espèce sont colorés
en brun et parsemés irrégulièrement de taches jaunes.
Les exemplaires dont nous disposons ont été, comme nous l’avons dit plus haut, récoltés dans
des grottes. Ils sont complètement dépourvus de pigment tégumentaire et de couleur parfaitement
blanche.
Appareil oculaire. — Wahrberg (1922, p. 116) signale que l’œil de cette espèce est de taille
moyenne et constitué de nombreuses ommatidies.
Les exemplaires que nous avons examinés, et qui proviennent de grottes, possèdent un œil
plus ou moins régressé. Il est contitué de 9 à 10 ommatidies, disposées en deux rangées, et englobées
dans un pigment peu abondant, de couleur rouge pâle.
Morphologie somatique.
Céphalon. — Une ligne supra-antennaire. Pas de ligne frontale.
Telson. — De forme triangulaire, à côtés légèrement concaves ; pointe terminale arrondie.
Caractères légumenlaires.
Téguments. — Les téguments sont parfaitement lisses ; ils portent des soies de taille médiocre,
peu nombreuses et largement espacées les unes des autres.
Noduli latérales. — Les noduli latérales sont flagelliformes, et se distinguent ainsi des soies-
écailles ordinaires.
Le premier péréionite porte deux paires de noduli latérales, l’une antérieure, l’autre postérieure
(Tableau XI). Tous les autres noduli sont proches des angles postérieurs.
Appendices.
Anlennule (Fig. 44, A). — Le dernier article de l’antennule porte trois groupes d’aesthetascs,
l’un terminal, les deux autres latéraux.
3 564 011 6 6
Source : MNHN, Paris
82
k. VAN DHL
Tableau XI. — Laevophiloscia dongarrensis. Position des noduli latérales.
Maxillip'ede. — L’endite du maxillipède (Fig. 44, B) porte, du côté externe, deux dents • et
du côté opposé, une forte tige dont l’extrémité dépasse le bord distal de l’endite.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode. — L’endopodite est robuste (Fig. 45, A et B). Il est constitué par une partie
basilaire rectangulaire, une partie médiane ovoïde, et une pointe terminale. Cette dernière porte, du
côté interne, une brosse de fines soies ; et, du côté externe, sept grosses dents fort robustes, terminées
par une pointe aiguë.
L’exopodite est ovoïde (Fig. 45, C) ; il se termine par une pointe obtuse.
Second pléopode (Fig. 45). — L’endopodite (Fig. 45, E) se termine par une pointe fine, flagelli-
forme.
L’exopodite (Fig. 45, D) est triangulaire ; mais il se renfle dans sa partie basilaire. Il porte
du côté externe, huit grosses tiges.
Stations.
Données bibliographiques. — Wahbbebg, 1922, p. 121. (Western Australia) : Dongarra (Brac-
kiges Sumpfland).
Observations personnelles. — 1) Yanchep Cave, in Yanchep Park, near Perth (Western Australia) ;
in main chamber. 3.1.1965 ; J. Hos leg.
2) Minnie’s Grotto, Yanchep Park, near Perth (Western Australia). l.v.1966. B. Muir leg.
3) Gooseberry Cave ; Jurien Bay. 1967 ; S. Muir leg.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
83
Fio. 45. — Laevophiloscia dongarrensis. — Mâle. A, endopodite du premier pléopode ; B, extrémité de l'endopodite
du premier pléopode ; C, exopodite du premier pléopode ; D, exopodite du second pléopode ; E, endopodite du
second pléopode.
Laevophiloscia hamiltoni n. sp. 1
Affinités. — Cette espèce est extrêmement voisine de dongarrensis. Cependant, l’extrémité de
l’endopodite du premier pléopode mâle est plus étroite ; les dents sont plus longues, plus minces et
plus aiguës que celles de dongarrensis.
Morphologie générale.
Dimensions : <J, 6 mm ; $, 7 mm.
Coloration. — A l’œil nu, la coloration apparaît parfaitement blanche. Mais, au binoculaire,
on constate que toute la région médiane est occupée par des grains d’un pigment noir ou brunâtre.
Le bord externe des segments est coloré de la même façon. Seule, la bande qui sépare la région médiane
de la bordure latérale pigmentée est parfaitement blanche.
Appareil oculaire. — L’œil est de dimensions et de constitution normales. Il est de grande taille,
et composé d’une vingtaine d’ommatidies, disposées en quatre rangées. Le pigment oculaire, de couleur
noire, est présent ; cependant, il est, par endroits, plus ou moins délavé.
Morphologie somatique.
Céphalon. — Une ligne supra-antennaire ; pas de ligne frontale.
Pléon. — Le pléon est fortement en retrait sur le péréion. Les néopleurons sont appliqués contre
les côtés du pléon, et ne sont pas visibles en vue dorsale.
Caractères tégumenlaires.
Téguments lisses, portant des soies peu nombreuses et largement dispersées.
Champs glandulaires allongés, renfermant de nombreux pores (Fig. 46, C). Voici les chiffres
1. Cette nouvelle espèce est dédiée au biospéologue australien, Mr. E. Hamilton-Smith.
Source : MNHN, Paris
84
l. VANDEL
observés sur l’individu qui a été étudié à ce point de vue : I, ? — II, 8 — III, 17 — IV, 15 — V, 27
— VI, 24 — VII, 21 —.
Noduli latérales grands et bien apparents (Fig. 46, C, n. I.). — Leur position est indiquée sur le
Tableau XII.
Tableau XII. — Laevophiloscia hamilloni. Position des noduli latérales.
Appendices.
Antennule. — Elle est constituée de trois articles de largeur décroissante. Le dernier article
porte des aesthetascs disposés en deux étages : l’étage subterminal porte cinq aesthetascs, et l’étage
terminal, deux.
Antenne (Fig. 46, A). — L’antenne est longue et constituée d’articles grêles ; le cinquième article
est plus ou moins fusiforme.
Fig. 46. — Laevophiloscia hamilloni. — A, antenne ; B, endite du maxillipède ;
C, pleurépimère du péréionite III : n. I. nodulus lateralis.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
Maxillipède (Fig. 46, B). — L’endite porte deux dents, et une tige qui dépasse à peine le bord
distal de cet appendice.
Uropode. — La longueur de l’endopodite est légèrement supérieure à celle de l’exopodite.
Caractères sexuels mâles.
Péréiopodes dépourvus de caractères sexuels.
Première paire de pléopodes (Fig. 47, A et B). — Endopodite terminé par une pointe fine, portant
du côté interne, huit dents en scie, et du côté externe, six soies.
Exopodite large, prolongé par une pointe à extrémité arrondie.
Seconde paire de pléopodes (Fig. 47, C). — Endopodite à extrémité très allongée, flagelliforme.
Exopodite triangulaire, à côté externe concave.
Cinquième paire de pléopodes. — L’exopodite est terminé par une pointe longue et étroite.
Fig. 47. — Laevophiloscia hamiUoni. — Mâle. A, premier pléopode ;
B, extrémité de l’endopodite du premier pléopode ; C, second pléopode.
Stations.
A) Labyrinth Cave, Augusta Région (Western Australia). 25.1.1969. Mrs J. Lowry leg. Cette
espèce a été récoltée en plusieurs points de cette grotte : a) Lunch Room, from soil cône ; near « Knife
Edge» ; b) Wombat Warren ; c) Candel extension.
B) Weelawadji Cave ; Stockyard Gully Area ; Jurien Bay. In « Batty Library Chamber »
6.vii.l969. J. Lowry leg.
Écologie.
Cette espèce correspond probablement à un troglophile peu spécialisé.
Source : MNHN, Paris
L. VANDEI.
86
Laeoophiloscia michaelseni 1
Affinités. — Cette espèce est proche de L. dongarrensis et de L. hamiltoni.
Morphologie générale.
Dimensions : 9 X 3,5 mm.
Coloration. — La couleur générale du corps est brun clair. Des linéoles de couleur blanche sont
répandues sur le vertex et les péréionites ; un trait blanc prend place à la limite du tergite et du pleuré-
pimère.
Œil : grand, occupant la plus grande partie du côté du céphalon ; il est composé de 20 omma-
tidies, disposées en quatre rangées.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps ; céphalon et péréion : du type laevophiloscien habituel.
Pléon : néopleurons à peu près invisibles, en vue dorsale, à l’exception de la pointe terminale.
Telson : triangulaire, à côtés droits, et à pointe terminale arrondie.
Caractères légumentaires.
a) Téguments parfaitement lisses.
b) Téguments portant des soies fortes et longues, mais peu nombreuses et largement espacées.
c) Pores glandulaires présents, mais peu nombreux, de (5 à 10, de chaque côté).
d) Noduli latérales (Tableau XIII) : grands, bien apparents. Tous, sauf les deux premiers, sont
cantonnés dans l’angle postérieur du pleurépimère.
La courbe ' s’abaisse brusquement de I à III ; elle est étale de IV à VII. Quant à la courbe ^
elle n’est pas significative, tous les noduli étant proches du bord latéral.
Comme chez les autres espèces du genre Laeoophiloscia, le premier péréionite porte deux noduli
latérales, l’un antérieur, l’autre, postérieur.
d
C
I II III IV V VI VII
Tableau XIII. — Laeoophiloscia michaelseni. Position des noduli latérales.
1. Cette espèce est dédiée à W. Michaolsen qui, au cours d'un voyage d'exploration zoologique, effectué en 1905
a apporté les premiers documents relatifs à la faune isopodique du sud-ouest de l'Australie.
Source : MNHN, Paris
LES XSOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
87
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 48, A et B). — L’exopodite a la forme d’un triangle, arrondi à sa base,
et développant à son extrémité, une pointe dirigée vers l’extérieur. Le côté externe est fortement
concave. La base de l’exopodite renferme un sinus sanguin. L’exopodite est complètement mutique.
L’extrémité de l’endopodite est complexe, comme il est de règle dans les espèces du genre Laevo-
philoscia. Du côté externe, la pointe est ornée de trois protubérances qui précèdent une crête garnie
de dents : plus loin, ces dents se transforment progressivement en petites protubérances arrondies.
Du côté interne, l’extrémité de l’endopodite est garnie de crochets recourbés. Ces crochets se trans¬
forment, du côté basal, en protubérances ovoïdes ; et, du côté distal, en petites dents.
Second pléopode (Fig. 48, C). — L’exopodite est grand, triangulaire ; son côté externe est légè¬
rement concave ; il porte sept tiges dont les plus distales sont très fortes. L’exopodite renferme, du
côté externe, un sinus sanguin.
L’endopodite est un peu plus long que l’exopodite ; il se termine par une petite pointe recourbée.
Station.
Cette espèce n’est connue que d’une seule station : « Cocklebidy Cave ; Nullarbor Plain (Wes¬
tern Australia).
Écologie.
En dépit de la nature du lieu de récolte, cette espèce ne saurait être tenue pour un cavernicole ;
c’est certainement une forme épigée.
Fig. 48. — Laevophiloscia miehaelseni. — Mâle. A, premier pléopode;
B, extrémité de l'endopodite du premier pléopode ; C, second pléopode.
Source : MNHN, Paris
k. VANDEI.
Laevophiloscia richardsae n. sp.
Morphologie générale.
Dimensions : $ : 7 X 3 mm ; <J : 5 X 1,5 mm.
Coloration. — La couleur générale est un brun châtain assez foncé. Le vertex et les tergites
péréiaux sont parsemés de taches arrondies et de plages allongées dépigmentées, correspondant aux
insertions musculaires. Chaque pleurépimère porte une grosse tache blanche allongée. Le pléon est
entièrement coloré et parsemé de petits points blancs. Les antennes sont colorées en brun.
Œil. — Grand, occupant toute la longueur du côté du céphalon. Il est composé de 18 omma-
tidies disposées en quatre rangées.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps. — Corps allongé, à côtés légèrement convexes.
Céphalon. — Une ligne supra-antennaire très nette ; pas de ligne frontale.
Péréion. — Les angles postérieurs des péréionites I-IV correspondant à des angles droits dont
le sommet est arrondi. Les angles postérieurs des péréionites V-VII forment une légère pointe dirigée
vers l’arrière, et dont l’importance croît de V à VII.
Pléon. — Les pléonites 3-4 possèdent une légère pointe dirigée vers l’arrière, mais appliquée
contre le pléonite.
Telson. — Le telson est plus large que long ; ses côtés sont incurvés ; la pointe postérieure est
émoussée.
Caractères tégumentaires.
Téguments lisses, recouverts de soies assez fortes, mais largement séparées les unes des autres.
Pores glandulaires : nombreux ; voici les chiffres observés sur l’individu examiné à ce point
de vue :
I : ? V : 16
II : 10 VI : 28
III : 20 VII : 12
IV : 19
Coordonnées des noduli latérales (Tableau XIV). — Elles appartiennent au type laevophiloscien.
1. Cette espèce est dédiée à Miss Aola M. Richards, spécialiste des Orthoptères cavernicoles ; fondatrice et ani¬
matrice de la Revue « Helictite ».
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
89
Appendices.
Antennule. — Le troisième article est allongé. Il porte un faisceau latéral d’aesthetascs, cons¬
titué de quatre éléments, et un faisceau terminal comprenant cinq éléments.
Antenne. — L’antenne, lorsqu’elle est repliée vers l’arrière, atteint le troisième péréionite. Des
trois articles du flagelle, le troisième est le plus long ; et, le second, le plus court.
Pièces buccales. — Elles appartiennent au type laevophiloscien.
Uropodes. — L’insertion de l’endopodite est très antérieure, par rapport à celle de l’exopodite.
Sur l’animal entier, l’extrémité de l’endopodite atteint environ la moitié de l’exopodite.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 49, A et B). — Exopodite ovoïde, terminé par une pointe à sommet
arrondi, et à côté externe concave.
Endopodite légèrement recourbé vers l’extérieur. La pointe terminale est accompagnée d’une
petite languette portant de fines soies recourbées ; le côté externe est armé de six fortes dents.
Second pléopode (Fig. 49, C). — Exopodite triangulaire, portant six fortes soies du côté externe.
Endopodite à pointe allongée et fine, dépassant nettement la pointe de l’exopodite.
Station.
Cette espèce a été récoltée dans une seule station : « Stockyard Cave ; just north of Jurien Bay,
in the région of Stockyard Gully. From damp organic material in river bed. » 17.V.1969. J. Lowry leg.
Fig. 49. — Laevophiloscia richardsae. — Mâle. A, premier pléopode ;
B, extrémité de l'endopodite du premier pléopode ; C, second pléopode.
Source : MNHN, Paris
L. VANDEL
90
Écologie.
En raison de ses caractères morphologiques, cette espèce doit être tenue pour un trogloxène.
Laevophiloscia yalgoonensis Wahrberg
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 130.
Identification. — Encore que cette espèce ait été décrite par Wahrberg, il convient de donner
à nouveau une description de cette espèce afin de l’accorder aux normes suivies dans le présent mémoire.
Morphologie générale.
Taille. — Wahrberg attribue à cette espèce les dimensions suivantes : 8-8,5 X 2-2,5 mm.
Les exemplaires examinés par l’auteur mesurent : (J, 6 mm ; $, 7,5 mm.
Coloration. — Elle est variable suivant la provenance des individus étudiés.
A) Les femelles récoltées dans la Gooseberry Cave présentent une coloration tout à fait nor¬
male. La teinte générale est d’un brun violacé.
a) Le céphalon est parsemé de taches blanches, correspondant aux insertions musculaires.
b) Le péréion présente une coloration complexe dont les différents éléments se disposent de
la façon suivante :
*) Le milieu du péréion est parcouru par une bande brun foncé.
**) De chaque côté de la bande médiane, sont disposées des bandes longitudinales blanches.
***) A l’extérieur des bandes blanches, prend place une zone de taches blanches, correspondant
aux insertions musculaires.
****) A la limite du tergite et du pleurépimère court une bande blanche continue.
*****) Le pleurépimère est pigmenté, mais il porte une tache blanche.
c) Le pléon est recouvert par un pigment foncé, à l’exception d’une bande blanche médiane
d’ailleurs peu distincte.
B) Les formes capturées dans la Weelawadji Cave sont d’un châtain clair.
C) Les individus recueillis dans la Strong’s Cave apparaissent complètement blancs, lorsqu’ils
sont examinés à l’œil nu. Mais lorsque l’on les examine au binoculaire, on constate que toute la région
médiane est occupée par un pointillé de grains d’un pigment noir ou brunâtre. Le bord des pleurépi-
mères est coloré de la même façon. Seule, la bande qui sépare la région médiane de la bordure latérale
pigmentée est parfaitement blanche.
Œil. — L’œil des individus recueillis dans la Goosberry Cave est de grande taille ; il occupe
tout le côté de la tête. Il est composé d’une vingtaine d’ommatidies, disposées en quatre rangées ; et
englobées dans un pigment noir.
L’œil des exemplaires de la Strong’s Cave présente la même constitution, mais le pigment noir
est, par endroits, plus ou moins délavé.
Morphologie somatique.
Elle répond au type laevophiloscien normal. Qu’il suffise de mentionner la présence de néopleu-
rons présentant une pointe postérieure appliquée contre le pléonite.
Le telson présente la forme d’un triangle à sommet obtus et légèrement arrondi (Fig. 50, B).
Caractères tégumentaires.
à) Les téguments sont lisses et dépourvus d’écailles.
b) Les téguments portent des soies simples, peu nombreuses et largement dispersées.
Source : MNHN, Paris
LES JSOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
91
c) Les champs glandulaires sont allongés et renferment de nombreux pores (Fig. 50, A). Voici
les chiffres observés sur l’individu qui a été préparé en vue de la numération des pores :
I : ? V : 27
II : 8 VI : 24
III : 17 VII : 21
IV : 15
d) Noduli latérales : Voir le Tableau XV.
Tableau XV. — Laevophiloscia yalgoonensis. Position des noduli latérales.
Appendices.
Antennule. — L’antennule est constituée de trois articles de longueur décroissante. Le dernier
article porte des aesthetascs disposés en deux étages : sur l’étage subterminal s’insèrent cinq aesthetascs,
tandis que l’extrémité de l’article n’en porte que deux.
Fig. 50. — Laevophiloscia yalgoonensis. — A, pleurépimère V : n.l. nodulus lateralis ;
B, pléon et uropodes (les exopodites manquent) ; C, endite du maxillipèdc.
Source : MNHN, Paris
92
k. VANDEL
Antenne. — Cet appendice est long, et formé d’articles grêles. Le cinquième article est fusiforme.
Les trois segments flagellaires sont subégaux.
Uropode. — L’endopodite dépasse légèrement la moitié de la longueur de l’exopodite.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 51, A). — L’endopodite se termine par une pointe fine, portant du côté
interne, huit petites dents ressemblant à celles d’une scie. Le côté externe, qui est légèrement renflé
porte six soies.
L’exopodite se termine par une pointe longue et étroite.
Second pléopode (Fig. 51, B). — L’endopodite possède un article distal très allongé qui se ter¬
mine par une pointe fine, flagelliforme.
L’exopodite est triangulaire ; le côté externe est concave.
Fig. 51. — Laevophiloscia yalgoonensis. — Mâle. A, premier pléopode ; B, second pléopode.
Affinités.
L. yalgoonensis peut être tenue pour une forme régressée par rapport aux espèces précédemment
décrites. En effet, l’ornementation de l’extrémité de l’endopodite du premier pléopode mâle est repré¬
sentée par des denticulations microscopiques, de taille bien moindre que les fortes dents que l’on observe
chez dongarrensis, hamiltoni et richardsi.
Stations.
Indications bibliographiques : Wahrberg (1922), p. 134 : Yalgoo, Day Dawn (Western Austra-
lia).
Observations personnelles. — Le matériel mis à la disposition de l’auteur provient de quatre
stations, toutes situées en Western Australia.
1) Rifle Cave, Green Head ; au nord de Jurien Bay. « From damp material under a « solution »
pipe ; Quite light ». 17.V.1969. Mrs. J. Lowry leg.
2) Gooseberry Cave ; Jurien Bay. — 1967. S. Muir leg.
3) Weelawadji Cave. Stockyard Gully ; Jurien Bay. « By a dripwell in the cave, warmer than
other parts ». 14.vi.1969. Mrs J. Lowry leg.
Source : MNHN, Paris
ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
93
4) Strong’s Cave, à Boyanup (Augusta Région), a) « in soil pile ; entrance chamber ; b) Final
Chamber, on tree roots ; c) Before the Lakes, one the way to the wig ; in mud and roots ; d) Treeroots ;
second last ones, towards final chamber. » 19.vi.1965. Mrs. J. Lowry leg.
Écologie.
Cette espèce est une forme épigée. Sa présence dans les grottes est probablement récente ; car
les modifications que présentent les formes cavernicoles sont très faibles.
Laevophiloscia unidentata n. sp.
Morphologie générale.
Taille : 7 mm.
Coloration : les téguments sont colorés par un pigment violacé, qui ne fait défaut qu’au niveau
des insertions musculaires.
Œil : normal, grand et bien pigmenté.
Morphologie somatique.
Elle répond au type laevophiloscien habituel.
Caractères tégumentaires.
a) Téguments lisses.
b) Téguments couverts de soies courtes, nombreuses et réparties uniformément.
c) Pores glandulaires au nombre de 15 à 16 sur chaque champ latéral.
d) Noduli latérales ; la position des noduli latérales est indiquée sur le Tableau XVI.
b
c
d
c
I
Il III IV V VI VII I II III IV V VI VII
Tableau XVI. — Laevophiloscia unidentata. Position des noduli latérales.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 52, A et B). — L’exopodite est très grand. Il est triangulaire ; cependant,
son côté externe est fortement concave. L’exopodite renferme, à sa base, un sinus sanguin.
L’endopodite se termine par une fine pointe, recourbée vers l’extérieur. Elle porte, du côté
interne, une unique dent, très petite.
Second pléopode (Fig. 52, C). — L’exopodite est grand, triangulaire ; son côté externe porte
huit tiges dont la terminale est très longue.
L’endopodite se termine par une tige longue et fine.
Source : MNHN, Paris
94
A. VANDEL
Fig. 52. — Laevophüoscia unidentala. — Mâle, A, premier pléopode ;
B, extrémité de l'endopodite du premier pléopode ; C, second pléopode.
Affinités.
C’est de yalgoonensis que cette espèce semble se rapprocher le plus. Cependant, l’extrémité de
l’endopodite du premier pléopode mâle, pourvu d’une dent unique et très petite, constitue un caractère
remarquable, qui n’a pas d’équivalent chez les autres représentants du groupe.
Stations.
Cette espèce a été récoltée dans deux grottes de 1’ « Arrowsmith River Area » (Western Austra-
lia) :
1) Arvamall Cave.
2) Kiver Cave.
Laevophiloscia lowryi n. sp. 1
Morphologie générale.
Taille : 7 mm.
Coloration. — La teinte générale est d’un brun violacé. Le vertex est parsemé de taches blanches
correspondant aux insertions musculaires des pièces buccales.
La coloration des péréionites est la suivante : un trait blanc sur la ligne médiane. De chaque
côté du trait blanc, une zone occupée par des linéoles blanches, qui sont allongées sur les quatre premiers
péréionites, et punctiformes sur les trois derniers péréionites.
1. Cette espèce est dédiée à Mrs J. Lowry, dont les patientes recherches nous ont permis de connaître la faune
cavernicole de l'Australie occidentale.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
95
Le pléon et le telson sont à peu près entièrement colorés, à l’exception d’une ligne médiane
assez effacée.
Œil. — L’œil est grand ; il occupe toute la partie latérale du céphalon. Il est constitué de vingt-
quatre ommatidies disposées en quatre rangées.
Morphologie somatique.
Céphalon. — Une ligne supra-antennaire très fine ; pas de ligne frontale.
Pléon. — Les néopleurons se prolongent par de petites pointes dirigées vers l’arrière et appli¬
quées contre le pléonite.
Telson. — De forme triangulaire, à côtés légèrement incurvés et à sommet arrondi.
Caratères tégumentaires.
a) Téguments lisses, hérissés de soies courtes et dressées.
b) Les pleurépimères sont occupés par des champs glandulaires allongés, renfermant chacun
une vingtaine de pores.
c) Noduli latérales : Voir Tableau XVII.
Tableau XVII. — Laevophiloscia lowryi. Position des noduli latérales.
Appendices.
Antennule (Fig. 53, E). — Le dernier article de l’antennule porte des aesthetascs disposés en
quatre étages : un terminal et trois latéraux. Sur la préparation dont je dispose, leur nombre est égal
à neuf qui se répartissent — en comptant de bas en haut — de la façon suivante : 2-f-2-f-3-f-2 = 9.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode. — L’endopodite (Fig. 53, A) se recourbe, à son extrémité, en une pointe
forte, dirigée vers l’extérieur. Du côté interne, l’extrémité de la pointe est ornée de courtes denticula-
tions. Du côté externe, la pointe porte, à son extrémité, de petites soies (Fig. 53, B).
L’cxopodite (Fig. 53, C) est ovoïde, et présente une pointe à sommet obtus, dirigée vers l’exté¬
rieur, et délimitant, à sa base, une profonde concavité. Un sinus sanguin parcourt les bords interne
et postérieur de l’exopodite.
Second pléopode (Fig. 53, D). — L’endopodite se termine par une pointe assez longue, mais
que l’on ne saurait qualifier de flagelliforme.
L’exopodite présente une forme très particulière. Son extrémité n’est pas pointue, comme il est
de règle chez les autres espèces du genre ; elle est rectangulaire. Le bord externe de l’exopodite porte
six soies, dont la plus distale est forte et longue.
Source : MNHN, Paris
96
L. VANDEL
Fio. 53. — Laevophiloscia lowryi. — Mâle. A, endopodite du premier pléopode ;
extrémité du même appendice ; C, exopodite du premier pléopode ; D, second pléopode ; E, antennule.
Affinités.
Cette espèce se distingue de tous les autres représentants du genre, en raison de la forme de
l’exopodite du second pléopode mâle qui est tronqué à son extrémité.
Station.
Bluff Clifï ; Eucla Basin (Western Australia). 30.x.1966. Wilson leg.
Laevophiloscia scholastica n. sp.
Morphologie générale.
Taille : <J, 5,5 mm ; $ ovigère, 6 mm.
Coloration. — La coloration générale est d’un violet brunâtre. Le péréion est parcouru par
une ligne médiane brune, séparée en deux moitiés par un trait fin de couleur blanche. Un trait blanc
marque la limite entre le tergite et le pleurépimère ; la pointe du pleurépimère est blanche. Le pléon
est taché de blanc sur la ligne médiane.
Appareil oculaire : l’œil est constitué par une vingtaine d’ommatidies.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps. — Corps allongé ; les côtés du péréion sont légèrement convexes.
Pléon. — Fortement en retrait par rapport au péréion ; néopleurons non apparents en vue dorsale.
Telson. — De forme triangulaire, à côtés incurvés, et à pointe arrondie.
Source : MNHN, Paris
ES TERRESTRES DE l.'AUSTRALIE
97
Caractères tégumentaires.
a) Téguments parfaitement lisses.
b) Téguments recouverts de soies fortes, raides et dressées.
c) Noduli latérales, très grands flagelliformes. Cette espèce porte, sur le premier péréionite, et
de chaque côté, deux noduli latérales, comme il est de règle dans le genre Laevophiloscia. Mais alors
que chez toutes les autres espèces du genre, l’un des noduli est antérieur et l’autre postérieur, chez
scholastica, les deux noduli sont implantés au même niveau, mais fort éloignés l’un de l’autre
(Tableau XVIII).
d
C
0,75 .
0,50 .
0,25 .
0
I II III IV V VI VII
Tableau XVIII. — Laevophiloscia scliolastica. Position des noduli latérales.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL
La courbe est une courbe descendante de I à IV ; elle est étale de IV à VII. Quant à la
courbe elle est à peu près horizontale, et très basse, à l’exception du nodulus I.
c
d) Glandes pleurépiraérales assez nombreuses.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 54, A). — L’endopodite est massif. Il se termine par une pointe dirigée
vers l’extérieur. Cette pointe (Fig. 54, B et C) est garnie, du côté interne, d’épines jointées, mais diver¬
gentes, comme les deux lames d’un ciseau. La pointe est garnie, du côté externe, de saillies coniques
L’exopodite est triangulaire ; son sommet est arrondi ; il est orné de cinq fortes soies.
Second pléopode (Fig. 54, D). — L’exopodite est très grand ; il est orné de six épines. La pointe
de l’endopodite dépasse légèrement le sommet de l’exopodite.
Affinités.
L. scholastica est la seule espèce du genre qui, jusqu’ici ait été récoltée en Australie orientale.
Cette espèce se distingue des espèces provenant d’Australie occidentale, par le fait que les deux noduli
latérales du premier péréionite, au lieu d’être l’un derrière l’autre, s’insèrent à peu près au même niveau •
mais, tandis que l’un est tout à fait latéral, l’autre nodulus est inséré très loin du bord.
Si l’on découvrait d’autres espèces orientales de Laevophiloscia, et qu’elles présentent la même
disposition des noduli latérales sur le premier péréionite, il conviendrait d’instituer deux sous-genres
l’un pour les espèces propres à l’Australie occidentale, l’autre, pour les espèces d’Australie orientale.'
Station.
Cette espèce n’a été récoltée que dans une seule station : « Malvina High School Reserve, Sydney
New South Wales. From leaf litter ».
Source : MNHN, Paris
I.ES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
99
LA FAMILLE DES ACTAECIIDAE
La Famille des Actaeciidae a été fondée par l’auteur du présent mémoire (Vandel, 1964). Il
se permet de renvoyer le lecteur à cette publication où il trouvera les raisons qui justifient l’érection
de cette nouvelle famille, ainsi que l’énumération des caractères propres au genre Actaecia.
La Famille des Actaeciidae ne comprend que le seul genre Actaecia Dana 1853 (= Cylloma
Budde-Lund (1879) 1885). Il renferme quatre espèces propres à l’Australie, à la Tasmanie et à la Nou¬
velle-Zélande.
Actaecia pallida Nicholls et Barnes 1926
Données bibliographiques. — Nicholls et Barnes, 1926, p. 155; Nicholls, 1933, p. 128: Green.
1961, p. 301 ; 1966, p. 68.
Stations. — From Yallingup to Cottesloe (Western Australia).
Source : MNHN, Paris
100
i. VANDEL
FAMILLE DES « TRACHELIPIDAE »
Le Genre Nagurus Holthuis 1949
(Nagara Budde-Lund 1908, nornen praeoccupatum)
Cinq espèces de Nagurus ont été récoltées en Australie, et décrites par Wahrberg (1922). L’iso¬
podologue suédois les répartit en deux sous-genres : Nagurus et Nagaroides n. sg. Cette distinction
ne paraît pas justifiée ; et, c’est pourquoi nous classons jusqu’au moment où une révision de ce genre
sera entreprise, les cinq espèces australiennes dans le genre Nagurus.
Nagurus cristalus (Dollfus 1889)
Données bibliographiques. — Wahrberg, 1922, p. 178.
Remarques biologiques. — On savait depuis longtemps que cette espèce était représentée exclu¬
sivement par des individus du sexe femelle. Radu (1962, p. 259) qui désigne cette espèce sous le nom
de Bifrontonia feminina, a prouvé, en suite d’élevages, que cette espèce est parthénogénétique.
Répartition. — La reproduction parthénogénétique de cette espèce a grandement facilité sa
dispersion. N. crislatus a été récolté dans toutes les régions chaudes du globe. En Europe, cette espèce
est commune dans les serres.
Station. — Atherton (Queensland).
Nagurus gracillimus (Wahrberg 1922)
Données bibliographiques. — Wahrberg, 1922, p. 159.
Station. — Yarrabah (Queensland).
Nagurus tumidus (Wahrberg 1922)
Données bibliographiques. — Wahrberg, 1922, p. 167.
Station. — Mt Tambourine (Queensland) ; avec la Fourmi, Rhtjtidoponera convexa.
Nagurus declivus (Wahrberg 1922)
Données bibliographiques. — Wahrberg, 1922, p. 171.
Stations. — Atherton ; Herberton (Queensland).
Nagurus longiflagellatus (Wahrberg 1922)
Données bibliographiques. — Wahrberg, 1922, p. 175.
Station. — Herberton (Queensland).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
101
ONISCOMORPHE DE POSITION SYSTÉMATIQUE INCERTAINE
Au terme de notre exposé sur les Oniscomorphes, nous signalerons la présence, en Australie,
d’un type d’Oniscoïde qui ne peut pas trouver place dans la classification actuelle des Oniscoïdes.
C’est le genre Haloniscus qui est représenté par deux espèces qui mènent une vie aquatique
ou semi-aquatique. On a parfois inséré le genre Haloniscus parmi les Philosciidae ; mais, l’étude détaillée
que nous avons consacrée à cet Oniscoïde nous a conduit à rejeter cette interprétation.
Le Genre Haloniscus Chilton
Ce genre a été déjà évoqué dans les pages précédentes (p. 12), en raison de l’habitat aquatique
de l’un de ses représentants : H. searli Chilton.
En rapport avec cet habitat — tout à fait exceptionnel pour un Oniscoïde — les exopodites
des pléopodes ont acquis des dimensions considérables ; et ceci, afin de compenser la faible teneur
de l’eau en oxygène. Ce n’est cependant là qu’une modification adaptative — et, pourrait-on dire
occasionnelle.
Par contre, d’autres dispositifs révèlent une indéniable originalité. Le corps est allongé et étroit.
11 n’y a presque pas de discontinuité entre le péréion et le pléon. Les néopleurons sont bien déve¬
loppés. Mais, surtout, le telson présente un aspect tout à fait singulier. Il possède, en effet, deux parties
latérales, saillantes, qui rappellent celles que l’on observe dans le genre Ligia. Elles correspondent
aux néopleurons du sixième pléonite.
Les espèces du Genre Haloniscus
Trois espèces d 'Haloniscus ont été décrites ; cependant l’une d’entre elles tombe en synonymie.
Haloniscus slephensi Nicholls et Barnes 1927
Bibliographie. — Nicholls et Barnes, 1926, p. 87.
Station. — Partie nord du Wheat Bell., sur les bords du Creek, affluent de la Greenough River
(Western Australia).
Mode de vie. — Cette espèce n’est pas aquatique ; elle est terrestre, mais elle vit à proximité
des eaux salées. C’est, sur le plan écologique, un précurseur de H. searli.
Haloniscus searli Chilton 1920
Synonymie. — On doit tenir pour synonyme d'Haloniscus searli, Philoscia satina Baker 1926
(Hale, 1927,' p. 320).
Bibliographie. — Chilton, 1920, p. 723 ; Baker, 1926, p. 145 ; Nicholls et Barnes, 1926,
p. 89 ; Hale, 1927, p. 320 ; Bayly (I. A. E.) et Williams (W. D.), 1966, p. 177 ; Cole, 1968 : Bayly
(I. A. E.) et Ellis (P.), 1969, p. 523 ; Ellis (P.) et Williams (W. D.), 1970, p. 51 ; Williams (W. D.),
1970, p. 311.
Stations. — Quatorze stations habitées par cette espèce ont été signalées dans les États de
Victoria, de South et Western Australia, et aussi en Tasmanie (Williams, 1970, p. 318).
A.Iode de vie. — Cette espèce mène un mode de vie aquatique, dans les eaux continentales salées,
et même sursalées par rapport à l’eau de mer (voir p. 12).
Source : MNHN, Paris
102
I. VANDEL.
LA FAMILLE DES ARMADILLIDAE
Introduction
Le plus grand nombre des espèces que l’on récolte dans les régions tropicales appartient à la
famille des Armadillidae ; tandis que leur nombre diminue rapidement dès que l’on pénètre dans les
zones à climat tempéré.
Encore que les faunes isopodiques des régions tropicales soient encore très imparfaitement
connues, le nombre d’ Armadillidae déjà décrits est considérable. Rien que pour l’Australie, une soixan¬
taine d’espèces ont été mentionnées sur son territoire.
L'Origine des « Armadillidae #.
La connaissance du Genre AustraliodiUo nous permet d’afïirmer que les Armadillidae s’appa¬
rentent au genre Phalloniscus, et en dérivent probablement. Ils en diffèrent par la différenciation d’un
système respiratoire pseudo-trachéen et par l’acquisition du type volvationnei.
Les Principes adoptés dans la Classification des Armadillidae.
La classification de l’immense ensemble qui constitue la famille des Armadillidae représente
une tâche difficile.
Un retard considérable est survenu dans la classification des Armadillidae, et dans l’ordonna-
cement des genres, par la faute d’un mauvais point de départ. La responsabilité en revient à G. Budde-
Lund qui a fondé la classification des Armadillidae sur la structure des pièces buccales. L’autorité
acquise dans le domaine de Pisopodologie par le zoologiste danois a conduit les systématiciens à suivre
cette méthode jusqu’au jour où ils se sont aperçu qu’elle était complètement artificielle. C’est à Ver-
hoeff (1926) que l’on doit d’avoir délibérément rejeté le système de Budde-Lund, pour faire appel
à d’autres critères morphologiques.
Les dispositifs les plus propres à séparer clairement, et aussi le plus rationnellement, les diffé¬
rents types d'Armadillidae correspondent aux structures qui permettent à ces Isopodes de se rouler
en boule. Cette faculté a reçu le nom de volvation (Verhoeff, 1930).
11 était admis jusqu’ici que tous les Armadillidae étaient capables de se rouler en boule. L’un
des résultats les plus intéressants apportés par la présente étude est d’avoir montré que les représen¬
tants d’un genre d'Armadillidae (AustraliodiUo Verhoeff) est incapable de se rouler en boule. Ce n’est
pas encore une forme volvationnelle.
Les représentants de ce genre doivent cependant être inclus dans la famille des Armadillidae
tout comme l’Ornithorhynque est classé parmi les Mammifères, encore qu’il soit pourvu d’un bec et
qu’il ponde des œufs.
Le genre AustraliodiUo présente encore un autre intérêt, qui est de nous orienter vers la solu¬
tion d’un problème longtemps débattu : celui de l’origine des Armadillidae. Nous y reviendrons plus
loin.
Tous les autres Armadillidae ont la faculté de se rouler en boule. Cependant, les plus primitifs
d’entre eux, c’est-à-dire ceux qui appartiennent au grand genre Cubaris, et à d’autres types moins
importants ( Merulana , Nesodillo, Scliismadillo, etc.), possèdent un système d’engrenage répondant à
un type d’ajustement encore très primitif : de simples encoches prenant place à la face inférieure des
pleurépimères I et II, destinées à recevoir, lors de la volvation, la partie antérieure du pleurépimère sui¬
vant. Dans ce cas, les segments du corps ne sont que lâchement réunis les uns aux autres, et la situa¬
tion enroulée demeure fragile. L’exopodite de l’uropode est long et atteint l’extrémité du propodos.
Source : MNHN, Paris
ES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
103
Chez les Armadillidae évolués, les pleurépimères des péréionites antérieurs sont profondément
fendus en un schisma, limité par deux lobes, l’un dorsal, l’autre ventral. Cette conformation permet
d’assurer un parfait engrenage entre les différents segments du corps. De plus, le schisma du premier
péréionite se prolonge sur le bord latéral du pleurépimère par une gouttière qui, chez les types les plus
évolués ( Armadillo ), atteint l’angle antérieur du pleurépimère. L’animal prend alors, en position volva-
tionnelle, la forme d’une boule parfaite, dépourvue de toute fissure. Quant à l’exopodite de l’uropode,
il devient court, et même rudimentaire. Chez plusieurs espèces du genre Reductoniscus, il a complète¬
ment disparu.
Enfin, l’évolution du type armadillidien s’achève par l’apparition de manifestations dégéné¬
ratives qui aboutissent a la perte de la faculté de se rouler en boule. Elles se traduisent par un certain
aplatissement du corps, l’étalement des pleurépimères et leur tendance à se relever vers le haut. Ce
phénomène a reçu le nom de dévolvation. Ces formes présentent le plus souvent une ornementation
exubérante, constituée par de longues épines qui peuvent parfois prendre l’aspect de véritables aiguilles
{Calmanesia).
La Classification des Armadillidae.
Les isopodologues ne disposaient pas jusqu’ici d’une classification satisfaisante de la famille
des Armadillidae.
La première tentative de classification des Armadillidae est due à Dana (1853, p. 715). Il divise
les Armadillidae en deux sous-familles : Tylinae et Armadillinae. Les Tylinae doivent naturellement
être retirés des Armadillidae. Mais, le terme d’ Armadillinae doit être conservé.
Nous avons déjà fait allusion au système proposé par Budde-Lund, et reconnu son caractère
artificiel.
Il faut attendre le grand travail de Verhoeff (1926), consacré à la faune isopodique de la Nouvelle-
Calédonie, pour qu’une première ébauche de classification rationnelle des Armadillidae soit proposée
aux isopodologues. Verhoeff a réparti les représentants de la famille des Armadillidae en trois sous-
familles : Buddelundiinae, Emydodiüinae et Armadillinae.
Ultérieurement, Verhoeff (1937) a ajouté une quatrième sous-famille aux trois précédemment
reconnues : celle des Reductoniscinae. Cette sous-famille se réduisait à une seule espèce : Reductoniscus
costulalus Kesselyak, récoltée dans des serres, en Europe. L’auteur du présent mémoire a établi, dans
une publication en cours d’impression, que le genre Reductoniscus est représenté, en Afrique du Sud,
par de nombreuses espèces. Reductoniscus est étroitement apparenté au genre américain Venezillo.
La sous-famille des Reduclionoscinae n’a donc plus de raison d’être.
Le nouveau système que nous proposons au lecteur se fonde essentiellement sur le degré de
différenciation — ou de dédifférenciation — des structures volvationnelles.
Nous divisons la famille des Armadillidae en huit sous-familles.
1) Australiodillinae n. — Ce sont des formes non volvationnelles n’ayant pas encore acquis
la faculté de se rouler en boule. Un seul genre : Auslraliodillo.
2) Cubarinae n. — Armadillidae possédant des caractères volvationnels primitifs, représentés
par une encoche située à la face inférieure des pleurépimères I et II. Genre principal : Cubaris, dont
il convient de rapprocher deux genres moins importants : Orthodillo et Schismadillo.
3) Merulaninae. — Ce sont des formes, encore proches des Cubarinae, mais plus spécialisées.
Le caractère le plus remarquable de cette sous-famille est de posséder un système d engrenage intéres¬
sant les trois premiers pleurépimères. Ils correspondent à une étape de l’évolution des Armadillidae
conduisant au stade des Lobodillinae, chez lesquels tous les pleurépimères sont fendus.
Cette sous-famille comprend les cinq genres : Cubaroides, Papuadillo, Triadillo, Merulana et
Merulanella.
4) Armadillinae Dana. — Nous avons conservé ce terme, car il est prioritaire ; cependant,
nous l’utilisons dans un sens différent que celui que lui attribuait Verhoeff, et beaucoup plus restreint.
Nous réservons le terme d 'Armadillinae aux formes chez lesquelles les dispositifs volvationnels sont
parfaitement développés ; c’est-à-dire qui possèdent un schisma à l’angle postérieur du premier pleu-
Source : MNHN, Paris
104
A. VANDEL
répimère, schisma qui se prolonge par une gouttière latérale plus ou moins développée. Les deux genres
principaux de cette sous-famille sont Sphaerillo (au sens de Verhoeff) et Armadiüo. On doit en rappro¬
cher les représentants des deux genres Acanthodillo et Hyhodillo.
5) Lobodillinae n. — Chez les représentants des sous-familles précédentes, le système d’engre¬
nage qui assure le maintien de la forme sphérique, lors de l’attitude volvationnelle, se limite aux deux
premiers pleurépimères (I et II), ou aux trois premiers (I, II et III).
Cependant, chez certains Armadillidae , le processus de fissuration s’étend aux régions moyenne
et postérieure du corps, et, à la limite, intéresse tous les segments du corps. On peut tenir cette mani¬
festation comme une évolution orthogénétique qui progresse d’avant en arrière.
Nous proposons de réunir ces formes en une nouvelle sous-famille que nous dénommons Lobo¬
dillinae.
Cette famille ne comprend que le genre Lobodillo Herold. Verhoeff a institué un autre genre
le genre Melanesillo, voisin du précédent. Cependant, l’étude des représentants de ce groupe conduit
à rejeter la validité de ce second genre, car il est relié au premier par des types intermédiaires.
6) Buddelundiinae Verhoeff. — Les Buddelundiinae correspondent à une branche latérale voi¬
sine des Armadillinae, mais dont les représentants se sont adaptés aux climats secs, et dont le système
respiratoire présente une constitution très originale, mais certainement secondaire. Un seul genre :
Buddelundia.
Les isopodologues ont été impressionnés par le système respiratoire très original du genre Budde¬
lundia. Cependant, il s’agit d’un caractère adaptatif, lié de toute évidence au climat désertique dans
lequel vivent ces Crustacés.
Néanmoins, ils se rattachent, sur le plan phylogénique, aux Lobodillinae. Le système d’engre¬
nage est à peu près identique dans les deux genres Lobodillo et Buddelundia. Notons qu’un représentant
du genre Lobodillo est connu en Australie (L. hunti n. sp.).
7) VeneziUoninae n. — Ce sont des Armadillidae parfaitement volvationnels, mais présentant
d’évidents caractères de réduction et de simplification régressive qui apparaissent, en particulier, au
niveau des pléopodes et des uropodes. Cette sous-famille est constituée par deux genres, très riches
en espèces : Venezillo et Reductoniscus. Le genre Pohjacanlhus doit être également intégré dans ce
groupe.
8) Akermaninae n. — On peut caractériser cette sous-famille de la façon suivante :
*) Ce sont des formes ultra-évoluées qui présentent une tendance marquée au déroulement
{dévolvation), et à l’aplatissement du corps. Cette tendance s’accentue au niveau des derniers termes
de cette série ( Laureola , Calmanesia).
**) Tous les pleurépimères ont tendance à se fendre, héritage provenant, sans nul doute des
Lobodillinae.
***) Les espèces de ce groupe sont très ornées; la surface du corps est couverte de longues
épines ou de fines aiguilles.
Cette sous-famille est constituée par les sept genres suivants : Praeakermania, Akermania, Diplo.
exochus, Globarmadillo, Praelaureola, Laureola et Calmanesia.
La Répartition géographique des Armadillidae.
L’origine gondwanienne des Armadillidae ne saurait faire de doute. La grande majorité des
Armadillidae sont propres aux terres de l’hémisphère austral ; tandis que les peuplements de l’hémis¬
phère septentrional sont beaucoup moins variés, et tirent manifestement leur origine des contrées
australes.
En tenant compte du fait que les types les plus primitifs se rencontrent dans le domaine austra¬
lien, tandis que les peuplements sud-africains et sud-américains sont constitués par des formes plus
spécialisées, on doit en conclure que le type armadillien s’est différencié sur le continent australien.
C’est pourquoi l’étude des Armadillidae australiens est d’un puissant intérêt pour l’isopodo-
logue.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
105
La Sous-Famille des Australiodillinae et le Genre Australiodillo
Nous traiterons en même temps de la sous-famille des Australiodillinae et du genre Australio¬
dillo, puisque cette sous-famille ne comprend qu’un seul genre.
Il semble que, jusqu’ici, les isopodologues aient méconnu l’extrême originalité d' « Armadillo
bifrons ». Il est vrai que, seul, Budde-Lund avait eu l’occasion d’examiner des représentants de cette
espèce.
Le genre Australiodillo a été créé par Verhoefî (1926, p. 274). L’institution de la sous-famille
des Auslraliollinae est due à l’auteur du présent mémoire.
Caractères du Genre Australiodillo. — Les caractères du genre Australiodillo sont les suivants :
1) Cette espèce n’est pas une forme volvationnelle ; elle est incapable de se rouler en boule.
La région dorsale est convexe, et les pleurépimères tombent obliquement vers le bas ; le bord latéral
du premier et du septième pleurépimères sont même légèrement relevés vers le haut.
Par la forme générale du corps, cette espèce évoque l’aspect d’un Oniscus, d’un PhaUoniscus
ou d’un Porceüio dilatatus.
2) L’écusson est imparfaitement différencié.
3) Chez Australiodillo insularis, la ligne frontale forme deux petits lobes latéraux, triangulaires,
qui rappellent ceux que l’on observe chez les représentants du genre Phalloniscus (Oniscidae). Les
lobes céphaliques latéraux font défaut chez Australiodillo primitivus, ainsi que chez tous les autres
représentants de la famille des Armadillidae.
4) En raison de l’absence de la faculté de se rouler en boule, les représentants de ce genre sont
naturellement dépourvus de tout dispositif d’engrenage.
5) L’antenne est très longue ; elle est égale aux deux tiers de la longueur du corps ; alors qu’elle
est courte chez les formes volvationnelles.
6) Les exopodites des cinq paires de pléopodes renferment un système pseudo-trachéen. Ce
sont donc des types quinque-trachéates. Le système pseudo-trachéen appartient à un type très simple
et manifestement primitif.
7) Par contre, l’uropode appartient déjà au type armadillidien. Ce qui prouve que l’évolution
volvationnelle a débuté par la partie postérieure du corps.
En conclusion, nous dirons qu’ Australiodillo représente un type d'Armadillidae extrêmement
primitif, qui n’a pas encore acquis la faculté de se rouler en boule, et qui ne possède pas la morpho¬
logie volvationnelle, à l’exception de l’uropode.
Australiodillo peut être tenu pour la souche — ou très voisin de la souche des Armadillidae,
comme il a été dit plus haut.
Les espèces du Genre Australiodillo. — Dans l’état actuel de nos connaissances certainement,
très imparfaites — trois espèces doivent être rangées dans le genre Australiodillo : bifrons (Budde-Lund),
insularis n. sp., et primitivus n. sp.
Répartition géographique. — La première espèce décrite (bifrons) a été récoltée au Queensland.
Les deux autres espèces proviennent de Lord Howe Island qui constitue certainement un refuge
pour le genre Australiodillo, de même que l’Hatteria ( Sphenodon ) ne persiste, au temps présent, que
dans les îlots qui ceinturent la Nouvelle-Zélande.
AustraliodiUo bifrons (Budde-Lund 1885)
Synonymie. — Armadillo bifrons Budde-Lund 1855.
Spherillo bifrons Budde-Lund 1904.
Australiodillo bifrons VerhoelT 1926.
Données bibliographiques. — Budde-Lund, 1885, p. 38 ; 1904, p. 53 ; Vehhoeff, 1926, pp. 274-
275.
Source : MNHN, Paris
106
V AND El.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DU L'AUSTRALIE
107
Morphologie. — Tout ce que nous connaissons sur la morphologie de cette espèce repose sur la
diagnose donnée par Budde-Lund (1885, p. 38). L’isopodologue danois avait reconnu l'originalité
morphologique de ce type, en employant un diminutif pour désigner la forme du corps de cet Isopode :
« Breviter ovalis, convexiusculus ... » ; et, l’on sait que l’isopodologue danois pesait soigneusement
tous les mots de ses brèves diagnoses latines. Il n’en a pas cependant tiré les conséquences, c’est-à-dire
qu’il n'a point reconnu l’impossibilité dans laquelle se trouve ce type d'Armadillidae de se rouler en
boule ; et, par suite, que ce type ne pouvait pas être rangé dans le genre Armadillo. C’est à Verhoeff
que revient le mérite d’avoir discerné l’originalité de ce type, et d’instituer pour lui un nouveau genre :
Australiodillo.
Station. — La station dans laquelle a été récolté le type de l’espèce est « Rockhainpton, Novae
Hollandiae » (Budde-Lund, 1885, p. 38). Rockhampton est situé sur la côte orientale de l’Australie,
dans le Queensland.
Australiodillo insularis n. sp.
Morphologie générale.
Dimensions : 12 X 6 mm.
Coloration : la région médiane du corps est bigarrée par des taches de pigment noir et jaune.
Les côtés du corps sont de couleur noire et parsemés de taches blanches.
Appareil oculaire. — L’œil est de grande taille ; il est constitué de dix-huit ommatidies volu¬
mineuses.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps (Fig. 55). — La forme du corps est toute différente de celle des autres
Armadillidae. Elle rappelle bien plutôt celle d’un Oniscus ou d’un Phalloniscus. Ce n'est pas , en effet,
une forme volvationnelle.
Le corps est convexe dans sa région médiane ; mais, les pleurépimères tombent obliquement
vers le bas. L’angle antérieur du premier et du septième pleurépimères sont nettement relevés vers
le haut. Il en est de même pour les néopleurons 3-5.
Céphalon (Fig. 56). — La tête est très courte dans le sens longitudinal. Le vertex est séparé
en deux moitiés par une ligne transversale, courbée à ses deux extrémités.
La région antérieure du céphalon est entièrement occupée par un vaste bouclier fortement
pigmenté. On n’observe aucune différenciation, même à l'état d’ébauche, d’un écusson, si caractéris¬
tique de la morphologie céphalique des Armadillidae.
Au milieu de la région frontale, prend place une forte dépression en forme de V ; elle est ainsi
décrite par Budde-Lund, en ce qui concerne l’espèce type, A. bifrons : « Epistoma margine superiore
... medio profunde emarginato, ut frons bicornis videatur ».
L’un des caractères les plus remarquables de la morphologie céphalique de cette espèce est la
présence, de chaque côté de la tête, d’un petit lobe frontal triangulaire. Les Armadillidae sont dépourvus
de lobes frontaux. Par contre, des lobes frontaux triangulaires, de même forme et de même dimensions
que ceux d 'Australiodillo, se retrouvent dans le genre Phalloniscus, qui appartient à la famille des
Oniscidae. La présence de ce caractère renforce l’idée d’une parenté entre les deux genres.
Péréion cl pléon (Fig. 55). — Le péréion et le pléon se continuent sans interruption. Les pleuré¬
pimères des péréionites I et II sont minces, et ne présentent aucune différenciation particulière.
Telson (Fig. 55). — Le telson est rétréci au niveau du tiers basilaire. L’extrémité postérieure
est arrondie, et profondément fendues en son milieu.
Caractères légumentaires.
Les téguments sont recouverts de tubercules ou de protubérances qui sont ainsi disposés :
Céphalon (Fig. 56). — La région antérieure du vertex porte des boursouflures, au nombre de
trois paires.
Source : MNHN, Paris
108
k. VANDEL
Le tiers postérieu du vertex est occupé par deux rangées de tubercules arrondis de tailles
inégales.
Premier péréionite (Fig. 55). — Sur la région antérieure (protergite) prend place un tubercule
impair, arrondi. Ce tubercule est encadré, de chaque côté, par une protubérance allongée, en forme
de massue et légèrement oblique.
La région médiane est occupée par deux groupes de protubérances allongées, disposés l’un à
droite, l’autre à gauche, et séparés par une bande médiane lisse. Chaque groupe est constitué de quatre
éléments.
Le bord postérieur est orné d’une rangée de petits tubercules.
Péréionites 1I-VIJ. — Les reliefs de la région médiane sont représentés par des tubercules
arrondis ; quant aux tubercules de la région postérieure, ils sont semblables à ceux du premier péréionite.
Ces sculptures sont présentes sur tous les péréionites ; mais, elles s’affaiblissent de plus en plus,
lorsque l’on passe du péréionite II au péréionite VIL
Les pleurépimères portent un ou deux tubercules isolés.
Pléon. — Les cinq pléonites portent une dent médiane et postérieure.
Telson. — Le telson porte, à sa base, deux petits tubercules.
Fie. 56. — Auatraliodillo inaularis. — Céphalon en vue dorsale et vue de face.
Appendices.
Antennule (Fig. 57, A). — L’antennule est constituée de trois segments. L’article terminal est
allongé ; il porte à son extrémité deux groupes d’aesthetascs, l’un terminal comprenant deux éléments •
l’autre subterminal, constitué de trois éléments.
Antenne. — L’antenne est très longue par rapport à la longueur du corps, alors qu’elle est courte
chez les types volvationnels. Chez un individu mesurant 12 mm, l’antenne atteint 8 mm, soit les deux
tiers de la longueur du corps. Ce sont les articles 4 et 5 qui sont de beaucoup les plus longs.
Le flagelle est constitué de deux articles, le basilaire étant plus court que le distal.
Maxillipède. — L’endite est bilobé ; l’une des moitiés porte trois fortes épines, tandis que sur
l’autre moitié s’insère une courte dent, logée dans une dépression.
Pléopodes (Fig. 57, B). — Les pléopodes renferment un système pseudotrachéen de type quin-
quetrachéate. Il répond à un type très primitif. Aucune différenciation particulière n’apparaît au niveau
du champ trachéen.
Uropode (Fig. 57, C). — L’uropode répond à un type armadillidien tout à fait typique. Ce qui
prouve que l’évolution armadillidienne de l’uropode, et, d’une façon plus générale, celle de la partie
postérieure du corps, est en avance sur la différenciation céphalique et péréiale.
Le protopodite de l’uropode se prolonge vers l’arrière par un processus rectangulaire sur lequel
s’insère, à sa base, l’exopodite. Celui-ci est bien développé ; sa taille est égale à la moitié de la longueur
de l’endopodite.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
109
Fig. 57. — Australiodillo insularis.
—• A, antennule ; B, exopodite du troisième pléopodc, vue du côté interne ; C, uropode.
Caractères sexuels mâles.
Péréiopodes. — Dépourvus de différenciation sexuelle.
Premier pléopode. — Exopodite (Fig. 58, B) allongé ; le côté externe qui est arrondi, est garni
de courtes soies.
L’endopodite (Fig. 58, A) est dépourvu de caractères particuliers.
Second pléopode. — L’exopodite (Fig. 58, C) présente une pointe postérieure extrêmement
allongée.
L’endopodite (Fig. 58 ,D) est terminé par une pointe très fine, flagelliforme.
Station.
Lord Howe Island. — Sans autres détails sur la station.
Fig. 58. — Australiodillo insularis. — Mâle. A, endopodite du premier pléopodc ;
B, exopodite du premier pléopode ; C, exopodite du second pléopode ; D, endopodite du second pléopode.
Source : MNHN, Paris
110
L. VANDEL
Auslraliodillo primitivus n. sp
Morphologie générale.
Dimensions : 10 mm.
Coloration. — La coloration est assez variable. Certains individus présentent une coloration
uniforme, jaune ou orangée. D’autres individus sont colorés par un pigment brun noirâtre, soit répandu
uniformément sur toute la surface du corps, soit tâché de jaune.
Appareil optique. — L’œil est hémisphérique, saillant, coloré en noir et composé de quinze à
vingt ommatidies.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps. — Vu de profil, l’animal apparaît légèrement recourbé. La face dorsale
est faiblement convexe. Les pleurépimères et les néopleurons sont étalés horizontalement. On n’observe
aucun dispositif d’engrenage. Cette espèce est incapable de se rouler en boule. Ce n’est pas une forme
volvationnelle.
Céphalon (Fig. 59). — Le céphalon est un peu plus large que long, mais la différence entre les
deux dimensions est faible. La ligne frontale qui sépare le vertex de la face est très fine. Les lobes fron¬
taux font défaut ; à leur place s’insère une forte épine. La face est occupée par une saillie médiane
dont les limites latérales sont assez floues ; cette saillie correspond à l’écusson.
Péréion. — Les pleurépimères sont grands, étalés, disposés horizontalement et légèrement
creusés à leur face supérieure.
Les pleurépimères I-III sont arrondis à leur angle postérieur (Fig. 60). Les pleurépimères IV-
VII dessinent une pointe dirigée vers l’arrière, qui devient de plus en plus aiguë lorsque l’on passe
de IV à VII (Fig. 61).
Pléon (Fig. 61). — Les néopleurons 1 et 2 sont petits et réduits. Les néopleurons 3, 4 et 5 sont
de très grande taille ; ils continuent, sans interruption, la série des pleurépimères. Ils ont la forme
de lames allongées et pointues à leur extrémité.
Telson (Fig. 61). — La base est réunie à la partie distale par des angles très obtus. L’extrémité
du telson est profondément fendue et se termine par deux pointes.
Caractères tégumenlaires.
La face dorsale du corps est recouverte de nombreuses épines qui sont ainsi disposées.
Céphalon (Fig. 59). — Le céphalon porte sur le vertex : a) trois paires de tubercules, une médiane
et deux latérales, qui occupent la région antérieure ; b ) deux gros tubercules paramédians ; c) une rangée
médiane constituée de six éléments ; d) une rangée postérieure, constituée de neuf petites épines :
une médiane, les autres latérales.
Péréion (Fig. 60 et 61). — Les péréionites portent trois rangées de tubercules épineux, de gran¬
deurs variées. Les deux épines paires et médianes de la première rangée sont toujours les plus fortes.
Fin. 59. — Auslraliodillo primilivus. — Céphalon, vue antérieure.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
111
La rangée postérieure comporte une épine impaire.
Le protergite du premier péréionite porte trois épines.
Pléon (Fig. 61). — Le pléonite 1 porte cinq épines. Les pléonites 2, 3 et 4 portent sept épines ;
et le pléonite 5, cinq épines.
Telson (Fig. 61). — Le telson porte deux paires d’épines para-médianes.
Appendices.
Antenne. — L’antenne est longue et grêle. Le second article du flagelle est plus long que le premier.
Maxillipède. — L’endite porte, à son extrémité, une dent interne et trois fortes épines.
Source : MNHN, Paris
112
L. VANDEL
Uropode (Fig. 62, C). — Le protopodite est allongé transversalement ; son prolongement pos¬
térieur est triangulaire et non rectangulaire, comme celui d' Armadillo. L’exopodite est bien développé
et à peine plus court que l’endopodite.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 62, A). — Il ne présente aucun caractère particulier.
Second pléopode (Fig. 62, B). — L’exopodite se prolonge par une pointe longue e t étroite. L’endo¬
podite porte, à son extrémité, une tige longue et fine.
Fig. 62. — Australiodillo primilivus. — Mâle. A, premier pléopode ; B, second pléopodo ; C, uropode.
Station.
Lord Howe Island.
Conclusions relatives aux Australiodillinae.
Les Australiodillinae qui ne sont représentés que par le seul genre Australiodillo, constituent
un groupe d’un extrême intérêt sur les plans phylogénique, morphologique et écologique.
Sur le plan phylogénique, il nous permettent d’envisager une dérivation des Armadillidae à
partir des Oniscidae. Australiodillo présente d’incontestables ressemblances avec Phalloniscus , la prin¬
cipale différence entre les deux genres correspondant à la présence, chez, Australiodillo d’un système
pseudotrachéen qui, d’ailleurs, demeure dans un état très primitif.
Sur le plan morphologique, Australiodillo est le seul représentant des Armadillidae qui n’ait
pas encore acquis le type volvationnel, encore que l’uropode annonce prophétiquement la disposition
propre aux Armadillidae.
Sur le plan écologique, Australiodillo est une forme humicole et hygrophile, alors que la plupart
des Armadillidae sont adaptés à des climats chauds et souvent arides.
Sous-famille des Cubarinae
Les Cubarinae représentent des Armadillidae primitifs, dont le système d’engrenage est cons¬
titué par des endolobes, de petites dimensions, et seulement présents sur le3 pleurépimères I et II.
Cette sous-famille est composée de trois genres : Orthodillo n. g., Cubaris Brand tte Schismadillo
Verhoeff.
Source : MNHM, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
113
Le Genre Orthodillo n. g.
On doit tenir le nouveau genre Orthodillo comme un type de Cubarinae très primitif. En effet,
aussi bien sur le premier pleurépimère que sur le second pleurépimère, l’endolobe est réduit à une
lamelle semi-circulaire, de faible dimension.
Par ailleurs, la création du genre Orthodillo est parfaitement justifiée, en raison de la structure
très particulière du telson, dont on ne connaît pas d’autre exemple chez les Armadillidae.
Une seule espèce appartenant à ce genre est connue.
Orthodillo chiltoni n. g. n. sp.
Morphologie générale.
Dimension : 5 mm.
Coloration. — De couleur jaunâtre, uniforme (il se peut que cette coloration soit le résultat
d’un long séjour en alcool).
Appareil oculaire. — Œil grand, composé de quatorze ommatidies.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps. — Type eusphérique.
Céphalon (Fig. 63, A et B). — La face est occupée par une vaste surface quadrangulaire, légè¬
rement déprimée de chaque côté. On n’observe aucune différenciation, même atténuée, d’un écusson.
La ligne frontale est nettement échancrée en son milieu. L’échancrure est délimitée par deux bosses.
Fie. 63. — Orthodillo chiltoni.
A, céphalon, en vue dorsale ; B, céphalon, vue de face ; C, antenne.
Péréion. _ Péréionite I (Fig. 64) : le bord externe du premier pleurépimère est anguleusement
coudé, au niveau du tiers postérieur. Au bord ventral, la jonction du pleurépimère et du tergite a la
forme d’un angle obtus, mais net. Le bord postérieur du premier pleurépimère est mince et dépourvu
de sillon latéral. On observe à la face inférieure du premier pleurépimère un butoir ( endolobe de Ver-
hoeff en forme de triangle à sommet très obtus.
Péréonite 11 (Fig. 64) : le pleurépimère II présente une forme rectangulaire. Sur la face ventrale,
il porte un butoir (endolobe) disposé obliquement.
3 564 011 6 8
Source : MNHN, Paris
114
A. VANDEL
Fig. 64. — Orthodillo chiUoni. — A gauche, premier pleurépimère en vue dorsale et en vue ventrale ;
à droite, second pleurépimère, en vue dorsale et en vue ventrale.
Fig. 65. — Orthodillo chiltoni. — A gauche, telson ; à droite, uropode.
Telson (Fig. 65). — Le telson est divisé en trois parties, séparées les unes des autres par des
lignes nettes. La partie médiane porte deux protubérances hémisphériques. La constitution telsonique
est fort aberrante pour un Armadillidae.
Caractères tégumentaires.
Céphalon. — Le vertex est occupé, dans sa partie antérieure, par des granulations peu distinctes.
Quant au segment maxillipédal, il est occupé, de chaque côté, par quatre grosses protubérances ; les
deux protubérances externes sont arrondies, tandis que les protubérances internes ont la forme de crêtes
allongées, parallèlement à l’axe du corps (Fig. 63 A).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
115
Premier péréionite. — Le pronotum porte, en son milieu, une grosse bosse saillante. Le méta-
notum est occupé par des granulations faiblement saillantes et peu distinctes ; de chaque côté du
tergite, prennent place cinq crêtes longitudinales.
Péréionites 1I-V11. — Les péréionites II à VII présentent une ornementation analogue à celle
du premier péréionite, mais le relief diminue régulièrement de I à VII. Sur le péréionite VII, le relief
est à peu près complètement effacé.
Pléon et Telson. — Le pléon et le telson sont parfaitement lisses.
Appendices.
Antenne (Fig. 63, C). — L’antenne est courte ; le premier article du flagelle est beaucoup plus
court que le second.
Uropode (Fig. 65). — L’exopodite est logé dans une petite cavité située dans le prolongement
postérieur du protopodite ; il est assez court, mais bien apparent. L’endopodite est allongé et atteint
l’extrémité postérieure du protopodite.
Caractères sexuels mâles.
Ils demeurent inconnus, l’unique exemplaire examiné appartenant au sexe femelle.
Station.
Lord Howe Island.
Le Genre Cubaris
Le Genre Cubaris fut institué par J. F. Brandi, en 1833. C’est l’un des plus importants de la
famille des Armadillidae en raison du grand nombre d’espèces qu’il renferme.
Synonymie. — Jackson, 1933, p. 159 ; 1941, p. 3 ; Arcangeli, 1933, p. 30 ; 1934, p. 85.
Nesodillo Verhoeff 1926 est synonyme de Cubaris Brandt 1833.
Les Caractères du Genre Cubaris. — Le Genre Cubaris correspond à un type primitif A'Arma¬
dillidae ; en particulier, les dispositifs volvationnels sont très faiblement différenciés.
Céphalon : la face se prolonge vers le haut par une lame frontale, basse et faiblement saillante.
L’écusson est reconnaissable, encore qu’il soit mal délimité. La ligne marginale secondaire se continue,
de chaque côté, avec le rebord frontal.
Péréion. — Le pronotum est grand ; sa surface est égale au cinquième, voire au quart, de la
surface totale du segment.
Le bord postérieur des péréionites est incurvé, la courbure prenant un aspect anguleux sur les
deux premiers segments.
Le pleurépimère I est mince ; il n’est ni silloné, ni fendu. La face inférieure des pleurépimèrcs 1
et II porte un petit lobe ( endolobe de Verhoeff )qui sert de butoir au segment suivant, lors de la volva¬
tion.
Telson. — Le telson est rétréci en son milieu, ce qui lui donne la forme d’un sablier.
Uropode. — L’exopodite de l’uropode est bien développé.
La Répartition géographique du Genre Cubaris. — Ce genre est propre aux régions tropicales.
Cependant, son abondance est très inégale suivant les continents.
a) La plupart des espèces de ce genre sont propres à la région pacifique occidentale, comprise
entre les Riou-Kiou et l’Australie. On doit donc tenir pour probable que ce vaste secteur du globe
est celui dans lequel s’est différencié le type Cubaris, qui, par la suite, s’est diversifié en engendrant
de multiples espèces.
Quelques représentants du genre Cubaris ont gagné les îles de la Micronésie, mais aucun d’eux
n’est parvenu en Polynésie.
Source : MNHN, Paris
116
k. VANDEL
b) L’Amérique tropicale renferme un groupe d’espèces étroitement affines ( cinerea Brandt
flavobrunnea Dollfus, cinchonae Van Name, tenuipunctala Dollfus, depressa Dollfus et margaritae Van-
del) qui correspond certainement à un peuplement autochtone.
c) L’Afrique ne renferme qu’une seule espèce du genre Cubaris : egens B.-L., récolté en Tanzanie
(l’ancien Nyassaland). On peut donc affirmer que ce genre n’a pas pris naissance en Afrique.
d) Enfin, une espèce, C. murina Brandt, est devenue cosmopolite, et a été répandue par l’homme
dans toutes les régions chaudes du globe.
Les espèces du genre Cubaris signalées en Australie
Encore que le procédé puisse être critiqué, nous avons été conduits à signaler, dans un pre¬
mier paragraphe, les sept espèces australiennes de Cubaris, mentionnées dans la bibliograpie.
Dans un second paragraphe, nous ferons état de nos observations personnelles qui ne portent
que sur deux espèces. Cette disproportion numérique est due au fait que le genre Cubaris correspond
à un type tropical, qui s’est diversifié au Queensland, mais qui n’est représenté que par deux espèces
en New South Wales, seule région de l’Australie orientale dont nous avons reçu du matériel.
Espèce cosmopolite
Cubaris murina Brandt 1833
Bipartition générale. — Dollfus, 1897, p. 205 ; Richardson, 1905, p. 645.
Cette espèce est probablement originaire de l’Insulinde ; mais, elle a été dispersée par l’homme
dans toutes les régions chaudes du globe.
Répartition en Australie. — Cette espèce n’est connue, en Australie, que d’une seule station :
Peak Downs (Budde-Lund, 1904, p. 120).
Espèces australiennes de Cubaris signalées dans la bibliographie
Cubaris miser (Budde-Lund 1904)
Synonymie. — Armadillo miser Budde-Lund 1904.
Bibliographie. — Budde-Lund, 1094, p. 121 ; Green. 1961, pp. 333 et 335.
Station. — Victoria.
Remarque. — Cette espèce, fondée sur l’examen d’un seul exemplaire, n’a jamais été revue
depuis la description originale de Budde-Lund.
Cubaris ambitiosa (Budde-Lund 1885)
Synonymie. — Armadillo ambitiosus Budde-Lund 1885.
» » Chilton 1901.
Spherillo ambitiosus Budde-Lund 1904.
» » Jackson 1941.
>. » Hurley 1961.
Cubaris ambitiosa Chilton 1910.
» » Haie 1927.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
117
Bibliographie. — Budde-Lund, 1879, p. 7 ; 1885, p. 34 ; 1904, p. 63 ; Thompson, 1887, p. 266 ;
Chilton, 1901, p. 144 ; 1910, p. 289 ; 1917 a, p. 97 ; Hutton, 1904, p. 266 ; Jackson, 1941, p. 20 ;
Hurley, 1950, p. 122 ; 1961, p. 275.
Répartition géographique. — Espèce propre à la Nouvelle-Zélande, mais retrouvée dans la Kan-
garoo Island (South Australia) (Hale, 1927, p. 320).
Cubaris claytonensis Chilton
Position systématique. — Le schisma du premier pleurépimère établit de façon certaine que cette
espèce n’appartient pas au genre Cubaris, mais à la sous-famille des Armadillinae (voir p. 103).
Bibliographie. — Chilton, 1917, p. 479.
Répartition géographique. — Clayton Creek, Higgins Dam.
Cubaris merulanoides (Wahrberg 1922)
Synonymie. — Spheriüo merulanoides Wahrberg 1922.
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 263.
Répartition géographique. — Blackall Range (Queensland).
Cubaris nigroflava (Wahrberg 1922)
Synonymie. — Spherillo nigroflaous Wahrberg 1922.
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 267.
Répartition géographique. — Atherton, Herberton, Cedar Creek, Bellenden Ker, Yarrabah
(Queensland).
Cubaris marmorata (Wahrberg) 1922)
Synonymie. — Spherillo marmoratus Wahrberg 1922.
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 253; Verhoeff, 1926, p. 276 ; Green, 1961, p. 334.
Stations. — Mt Tambourine, Bellenden Ker, Atherton, Cedar Creek (Queensland).
Cubaris rufonigra (Wahrberg 1922)
Synonymie. — Spherillo rufoniger Wahrberg 1922.
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 258; Verhoeff, 1926, p. 276; Green, 1961, p. 334.
Station. — Blackall Range (South Queensland).
Espèces de Cubaris étudiées par l’auteur
Cubaris helmsiana Chilton 1917
Synonymie. — Cubaris helmsianus Chilton 1917.
Bibliographie. — Chilton, 1917 a, p. 95.
Affinités. — Cubaris helmsiana correspond, à la fois, à un type de Cubariné très primitif, et à
un type évolué.
Source : MNHN, Paris
118
L. VANDEL
La première condition apparaît au niveau des structures suivantes :
1) Le céphalon appartient à un type faiblement différencié ; l’écusson est à peine indiqué.
2) L’uropode possède un exopodite bien développé.
3) Le système d’engrenage correspond à un type très primitif. Le lobule interne du premier
pleurépimère est très petit. Le lobe du second pleurépimère n’a pas encore acquis les dimensions nor¬
males propres au genre Cubaris, ni la forme rectangulaire propre aux espèces de ce genre.
Par contre, C. helrnsiana répond à un type évolué, quant aux caractères suivants :
1) La présence d’une ornementation fortement tuberculeuse.
2) La dépression de la plaque frontale, et l’encoche correspondante de la ligne frontale.
Répartition géographique. — Données bibliographiques : Barrington Tops (4.600 feet), Mount
Kosciusko, (New South Wales) (ChiLTON, 1917 a, p. 97).
Observations personnelles. — a) (New South Wales) Armidale, Blue Mountains, Orange, Bathurst
Jenolan, Sydney ; b) (Victoria) Buchan.
Cubaris chiltoni n. sp. 1
Affinités. —Cette espèce est certainement voisine de Cubaris helrnsiana. Cependant, la nouvelle
espèce diffère à'helmsiana par : a) l’absence d’une encoche ( notch ) sur le bord supérieur de la ligne
frontale ; b) par le telson pourvu d’une seule crête médiane, alors qu’ helrnsiana en possède deux.
Morphologie générale.
Dimensions : 6 mm.
Coloration : teinte jaune, parsemée de taches brunes ou noirâtres.
Appareil oculaire : de grande taille, composé de seize ommatidies.
Morphologie somatique.
Céphalon (Fig. 66, A). — La lame frontale fait très nettement saillie au-dessus du vertex en
particulier sur les côtés et au milieu. Cette lame est rectangulaire.
Si l’on regarde le céphalon de face, on constate que l’écusson est nettement individualisé ; cepen¬
dant, il n’est délimité par aucune ligne. Il se présente comme un relief triangulaire, faisant saillie à
la partie supérieure de la face.
Pleurépimères. — Les deux premiers pleurépimères sont pourvus de dispositifs d’engrenage
Le lobe du pleurépimère I occupe une position postérieure ; il forme saillie à la face inférieure du pleu¬
répimère. Le lobe du pleurépimère II est accolé au bord antérieur ; il est creusé en cuvette, à sa partie
supérieure.
Telson (Fig. 66, B et E). — Le telson est élargi, à sa base ; une constriction prend place au pre¬
mier tiers de sa longueur; les deux-tiers postérieurs présentent la forme d’un rectangle, dont les angles
distaux sont arrondis.
Caractères tégumentaires.
Cette espèce est couverte de bosses et de tubercules ainsi disposés :
Céphalon (Fig. 66, A). — Le vertex porte des tubercules disposés en deux rangées : la rangée
antérieure est constituée de quatre tubercules ; quant à la région postérieure, elle comprend six tuber¬
cules : deux paramédians, et deux paires de tubercules latéraux.
Pêrèion. — La disposition des tubercules est fondamentalement la même sur tous les péréionites.
Les tubercules sont disposés en une seule rangée qui occupe la moitié postérieure du tergite. Voici
l’ordonnancement de ces tubercules : a) au milieu, une paire de tubercules paramédians ; b) sur chaque
1. Cette nouvelle espèce est dédiée au grand isopodologuo néo-zélandais, Chas. Chilton.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TEURESTRES DE L'AUSTRALIE
119
côté, un groupe de quatre côtes, latérales et longitudinales, étroitement groupées, les deux médianes
étant plus minces que les deux externes ; c) de chaque côté du péréionite, prend place une grosse pro¬
tubérance conique, située à la limite du tergite et du pleurépimère, que l’on peut désigner sous le nom
de pointe épimérale (Fig. 66, A et B).
A cet ordonnancement, il convient d’ajouter que : le protergite du premier segment porte deux
bosses (Fig. 66, A) ; sur le tergite VII, le groupe latéral ne comprend que trois éléments, deux fortes
côtes encadrant une côte fine (Fig. 66 B).
Pléon (Fig. 66, B). — Les cinq tergites pléonaux sont lisses.
Telson (Fig. 66, E). — La base du telson porte deux petites bosses de forme conique ; de plus,
le milieu du telson est parcouru par une crête se terminant en une pointe conique.
Fig. 66. — Cubaris chiltoni. — A, céphalon, premier et second péréionites ; B, septième péréionite, pléon et telson ;
C. premier pleurépimère, en vue ventrale ; D, second pleurépimère, en vue ventrale ; E, cinquième pléonitc, telson
et uropode.
Appendices.
Uropode (Fig. 66, E). — L’exopodite est relativement long, et atteint l’extrémité du protopo¬
dite. L’endopodite n’atteint pas tout à fait l’extrémité du telson.
Station.
On ne connaît qu’une seule station de cette espèce qui n'est d’ailleurs représentée que par un
seul individu : « Under and in wood in rain forest, beside Rapsberry Road, about 10 miles South of
Jeogla ; East of Armidale, (New South Wales). — G. S. Hunt leg. ».
Source : MNHN, Paris
120
A. VANDEL
Le Genre SchismadiUo
Définition et affinités. — Le Genre SchismadiUo a été institué par VerhoefT (1926) pour y inclure
une espèce de Nouvelle-Calédonie : S. rouxi Verhoeff.
Le genre SchismadiUo est certainement très proche de Cubaris. Les dispositifs volvationnels
et la forme de l’uropode sont très semblables dans les deux genres. La découverte d’une nouvelle espèce
de ce genre (ashtoni) qui est dépourvue des particularités ornementales propres à rouxi, renforce encore
la parenté qui relie ces deux genres. Seul, le telson, profondément fendu, à son extrémité postérieure
sépare le genre SchismadiUo de Cubaris.
SchismadiUo spenceri (Barnes 1934)
Synonymie. — Cubaris spenceri Barnes 1934.
Bibliographie. — Barnes, 1934, p. 63.
Station. — Little Red Lily Swamp, Roper R., (Northern Territory).
C’est l’une des très rares espèces d’Oniscoïdes récoltées dans les régions septentrionales de l’Aus¬
tralie.
SchismadiUo ashtoni n. sp.
Morphologie générale.
Dimensions. — 4-5 mm.
Coloration. — Brune, parsemée de linéoles blanches très apparentes.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps. — Forme volvationelle, de type eusphérique, se roulant en une boule
parfaite.
Céphalon (Fig. 67). — La ligne frontale est légèrement échancrée en son milieu. L’écusson est
triangulaire ; ses limites deviennent indistinctes vers le bas. Vers le haut, l’écusson présente une légère
dépression dont l’échancrure de la ligne frontale n’est que le prolongement.
Péréion. — Pleurépimère I (Fig. 68, A). — Le pleurépimère I est relevé sur les côtés ; il est mince
non fendu.
Sur la face interne, et au quart postérieur, il porte un petit repli ( endolobe de VerhoefT, butoir
de Vandel) sur lequel vient buter le bord antérieur du péréionite II, lors de la volvation.
Pleurépimère II (Fig. 68, B). — Il porte à sa face interne, et au bord antérieur, un repli très
court, qui ne se prolonge pas du côté interne.
Les butoirs ou endolobes de S. ashtoni sont donc extrêmement peu développés.
Fig. 67. — SchismadiUo ashtoni. — A gauche, céphalon en vue dorsale ;
à droite, céphalon et premier péréionite vus de face.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
121
Telson (Fig. 68, C). — Le pléotelson est divisé par une ligne très nette en deux parties qui corres¬
pondent respectivement au sixième pléonite et au telson proprement dit.
La partie médiane du sixième pléonite est fortement convexe ; elle porte deux gros tubercules
ovoïdes.
Le telson proprement dit est constitué par une base courte et très élargie ; et, par une partie
distale, à côtés arrondis ; cette dernière présente, à sa partie postérieure, une très profonde échancrure.
Fig. 68. — Schisniadillo ashtoni. — A, premier pleurépimcre, en vue ventrale ;
B, second pleurépimère, en vue ventrale ; C, telson.
Caractères tégumentaires.
Les côtés des tergites portent des ondulations amples, faiblement saillantes ; la région médiane
est lisse. Le protergite du péréionite I porte une protubérance semi-circulaire, délimitée par un sillon
déprimé.
Appendices.
Uropode. — (Fig. 69). — Le protopodite se prolonge par un processus rectangulaire. L’endopo-
dite est plus court que le telson. L’exopodite est logé dans une encoche de la face externe, limitée par
un bourrelet saillant.
Fig. 69. — Schismadillu ashtoni. — A gauches, uropode vu par sa face interne ;
et à droite, le même appendice, vu par sa face externe.
Source : MNHN, Paris
i. VANDEL
122
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 70). — L’exopodite est petit. Il est constitué du côté interne, par un
lobe arrondi. L’endopodite présente une extrémité recourbée.
Second pléopode (Fig. 70). — L’endopodite se termine par une pointe fine qui atteint l’extré¬
mité de l’exopodite, mais ne la dépasse pas.
Affinités.
Cette nouvelle espèce est voisine de spenceri ; mais, elle en diffère nettement par les caractères
suivants :
1) la sculpture tégumentaire de spenceri est nettement plus forte que celle d'ashtoni.
2) l’encoche de la ligne frontale est faible, et beaucoup moins profonde que celle de spenceri.
3) La forme du telson d'ashtoni est nettement différente de celle de spenceri.
4) Le protopodite de l’uropode d’ashtoni est beaucoup moins allongé que celui de spenceri.
Station.
« Forest of Wallaby Creek, 40 miles NEE of Melbourne (Victoria), at an altitude of 2.300 feet.
Forest of Eucalyptus régnons, xi. 1954. David H. Ashton leg. ».
Sous-Famille des Merulaninae
Justification. — Nous proposons de réunir sous le nom de Merulaninae, des formes voisines
des Cubarinae, mais qui en diffèrent par le fait que le système d’engrenage n’est pas limité aux deux
premiers pleurépimères, mais se prolonge sur les pleurépimères du troisième péréionite. Ainsi, les Meru¬
laninae annoncent les Lobodillinae chez lesquels tous les pleurépimères sont fendus.
Par ailleurs, notre décision est encore justifiée par la présence, chez les Merulaninae, de dispo¬
sitifs spécialisés qui les éloignent des Cubarinae.
Composition de la Sous-Famille des Merulaninae. — Dans l’état actuel de nos connaissances,
la sous-famille des Merulaninae comprend cinq genres : Triadillo Vandel, Cubaroides Vandel, Papua-
dillo Vandel, Merulanetta Verhoeff et Merulana Budde-Lund.
L'Évolution du Système d’engrenage chez les Merulaninae. — L’évolution morphologique des
Merulaninae peut être reconstituée d’une façon très satisfaisante, en ayant recours au système d’engre¬
nage (Fig. 71).
Source : MNHN. Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
123
Chez Triadillo (Fig. 71, A), la forme la plus primitive de cette sous-famille, les trois endolobes
sont semblables, semi-circulaires, et de petite taille.
Chez Cubaroides (Fig. 71, B) les endolobes I et III sont semblables à ceux de Triadillo ; mais,
sur le pleurépimère II, le lobe interne s’allonge, prend une forme rectangulaire, et occupe toute la partie
antérieure du pleurépimère.
Enfin, chez Papuadillo (Fig. 71, C), les trois lobes sont allongés, celui du pleurépimère I occu¬
pant une position postérieure, tandis que les lobes II et III sont situés du côté antérieur.
La disposition que l’on observe chez Merulanella (Fig. 71, D) se rattache au type Papuadillo ;
mais, les trois lobes sont manifestement régressés par rapport à ceux du genre précédent.
Enfin, chez Merulana (Fig. 71, E), les endolobes se sont transformés en dents pointues, dirigées
vers l’arrière.
La Répartition géographique des Merulaninae. — Les Merulaninae sont propres aux régions
pacifiques occidentales : Mélanésie, Australie, Nouvelle-Calédonie.
Deux espèces de Merulana sont propres à Madagascar, ce qui constitue un argument en faveur
de l’homogénéité de la faune qui peuple le pourtour de l’Océan Indien.
Fie. 71. — Les trois premiers pleurépimères (I, II et III)
des Merulaninae. A, Triadillo ; B, Cubaroides ; C, Papuadillo ; D, Merulanella ; E, Merulana.
Source : MNHN, Paris
124
i. VAN DEL
Enfin, si « Spherillo bicoloralus » Budde-Lund 1895, appartient au genre Merulanella, comme
semble le prouver la forme du telson, les Merulaninae posséderaient un représentant en Asie sud-orien¬
tale.
Le Genre Cubaroides n. g.
Définition du genre Cubaroides. — 1) Type eusphérique.
2) Lame frontale étroitement appliquée, en son milieu, contre le vertex.
3) Système d’engrenage du type « Merulaninae ». Le premier et le troisième pleurépimères
portent, à leur face ventrale, un très petit lobe semi-circulaire. Par contre, le pleurépimère II porte,
à sa face ventrale, et dans sa région antérieure, une lame rectangulaire qui occupe toute la largeur
du pleurépimère.
4) Le telson a la forme d’un sablier.
5) L’exopodite de l’uropode est présent.
Composition du genre Cubaroides. — Le genre Cubaroides ne comprend jusqu’ici qu’une seule
espèce.
Cubaroides pilosus n. sp.
Morphologie générale.
Taille. — 6-7 mm.
Coloration. — Le corps est teinté de jaune clair, et parsemé de taches ou de bandes brunes.
De chaque côté du corps s’étend une bande brune qui porte, sur chaque segment, une tache jaune.
Le pléon est jaune en son centre, brun sur les côtés.
Œil. — L’œil est de grande taille ; il est constitué de neuf ommatidies, de dimensions volumi¬
neuses.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps. — Cette espèce appartient au type eusphérique. Les pleurépimères
tombent verticalement vers le bas. Le premier pleurépimère est à peu près plan ; son bord latéral
n’est pas concave, comme il est de règle chez les Armadillidae évolués. Cependant, les néopleurons
sont légèrement relevés vers le haut.
Cêphalon. — L’écusson est bien individualisé, mais il n’est pas limité par une ligne distincte •
sa forme est triangulaire ; les côtés sont incurvés. En son milieu, l’écusson s’applique contre le vertex
sans le surpasser en aucun point. De chaque côté, en avant de l’œil, le bord supérieur de l’écusson
s’éloigne légèrement du vertex.
Pleurépimères. — Leur constitution a été évoquée dans un paragraphe précédent (p. 123). Elle
est caractéristique du genre Cubaroides.
Telson (Fig. 72, B). — Le telson présente la forme d’un sablier ; la constriction se place à peu
près au milieu du telson.
Caractères tégumentaires.
a) Sculpture. — Le vertex et le pléon sont lisses.
Chaque péréionite porte des reliefs qui sont ainsi constitués. Entre la zone médiane et les zones
pleurépimérales qui sont lisses, prend place, de chaque côté, une région parcourue par 5-6 crêtes lon¬
gitudinales, et parfaitement parallèles les unes aux autres.
b) Pilosité. — L’un des caractères les plus remarquables de cette espèce réside dans la pilosité
très dense qui recouvre toute la partie dorsale du corps (vertex, péréion, pléon et telson). Ces poils
sont courts ; mais, il sont très nombreux, et forment un revêtement pileux très serré.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
125
A ppendices.
Antenne (Fig. 72, A) .— L’antenne est courte ; le premier article du flagelle est égal au tiers
du second.
Uropode (Fig. 72, C). — L’endopodite n’atteint pas l’extrémité du telson. L’exopodite est petit,
et ne dépasse pas le bord du protopodite. Il porte à son extrémité, de longues soies dont l’une surpasse
la taille de l’exopodite.
Fig. 72. — Cubaroides pilosus. — A, antenne ; B, telson ; C, uropode.
Fig. 73. — Cubaroides pilosus. — Mâle. A, premier pléopode ; B, second pléopode.
Source : MNHN, Paris
k. VANDEL
126
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 73, A). — L’endopodite est dépourvu de différenciation particulière.
L’exopodite est triangulaire ; le champ trachéen est indenté.
Second pléopode (Fig. 73, B). — L’endopodite présente une indentation, en son milieu ; il se
termine par une pointe très fine. L’exopodite se termine par une pointe extrêmement allongée.
Station.
« Under and in wood in rainforest, beside Raspberry Road, about 10 miles south of Jeogla
(east of Armidale) ; New South Wales ; xi.1969 ; G. S. Hunt leg. »
Le Genre Merulana Budde-Lund
Caractères du Genre Merulana. — 1) Comme l’ont justement fait remarquer T. R. R. Stebbing
(1900, p. 652) et Th. Monod (1935, p. 459), les représentants de ce genre ne se roulent pas en boule
comme la plupart des Armadillidae, mais se reploient en leur milieu, la moitié antérieure s’appliquant
contre la partie postérieure. Dans cette position, l’individu prend la forme d'un ovoïde, et non d’une
sphère.
2) La lame frontale est le plus souvent extrêmement développée et se dresse, comme une pan¬
carte, en avant de la tête. Ce caractère si remarquable permet de reconnaître aisément les représentants
de ce genre. La plaque frontale est fléchie en son milieu ; elle est parfois fendue.
3) Le système d’engrenage appartient au type des Merulaninae ; mais les endolobes sont rem¬
placés par des dents, dirigées vers l’arrière (Fig. 71, E).
4) Le telson affecte la forme du sablier ; il est rétréci en son milieu.
Distribution géographique. — Le Genre Merulana est réparti en deux aires disjointes : occiden¬
tale et orientale.
Aire orientale. — Les espèces de Merulana de l’aire orientale se répartissent ainsi :
*) Australie : cinq espèces (rugosa, impressifrons, iniqua, bicarinala et hispida).
**) Nouvelle-Calédonie et Iles Loyauté : trois espèces (cinctuta, exilis, noduligera).
***) Iles Chatham (à l’est de la Nouvelle-Zélande) : une espèce ( chalhamensis).
Aire occidentale. — Madagascar : deux espèces ( lutea et petiti).
Les Espèces australiennes du Genre Merulana
Merulana rugosa (Budde-Lund)
Synonymie. — Armadiüo rugosus Budde-Lund 1885.
Spherillo rugosus (Budde-Lund 1904).
Merulana rugosa (Budde-Lund 1913).
Bibliographie. — Budde-Lund, 1885, p. 291 ; 1904, p. 73; 1913, p. 66; Wahrberg, 1922,
pp. 234-235.
Distribution géographique (d’après Budde-Lund, 1904, p. 73) « Australia (Mr. Sonder in Mus.
Berlin). I bave later seen other specimens taken by Mr Dümel at Cape York in New Holland (Mus.
Hamburg) ».
C’est une des rares espèces d’Oniscoïdes signalées en Australie septentrionale.
Merulana impressifrons (Budde-Lund)
Synonymie. — Spherillo impressifrons Budde-Lund 1904.
Merulana impressifrons (Budde-Lund 1913).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES
L’AUSTRALIE
127
Bibliographie. — Budde-Lund, 1904, p. 73 ; 1913, p. 67 ; Wahrberg, 1922, p. 234.
Distribution géographique (d’après Budde-Lund, 1913, p. 67) : « New South Wales : Sydney ».
Merulana iniqua (Budde-Lund)
Synonymie. — Spherillo inuquus Budde-Lund 1904.
Merulana iniqua Budde-Lund 1913.
Bibliographie. — Budde-Lund, 1904, p. 74 ; 1913, p. 66 ; Wahrberg, 1922, p. 234.
Distribution géographique (d’après Budde-Lund, 1913, p. 66) : « (Queensland), Cape York ;
Dâmel leg. (im Mus. Hamburg) ».
Merulana bicarinata Budde-Lund 1913
Synonymie. — Spherillo maclus Wahrberg 1922.
Bibliographie. — Budde-Lund, 1913, p. 65 ; Wahrberg, 1922, p. 239.
Distribution géographique. — a) Distribution générale : Cette espèce est répandue dans toute
la région orientale de l’Australie (Queensland and New South Wales).
Source : MNHN, Paris
128
k. VANDEL
b) Données bibliographiques : *) « (New South Wales), Blue Mountains, zwischen Mount Vic¬
toria und den Jenolan Caves ; Dr. W. Michaelsen leg. » (Budde-Lund, 1913, p. 65).
**) « Colosseum, Blackall Range, Tambourine, (Queensland). » (Wahrberg, 1922, p. 281).
c) Observations personnelles : « Boyd Plateau, near Jenolan, (N. S. W.) ; under logs. G. S. Hunt
leg. ».
Merulana hispida n. sp.
Affinités. — Par son lobe frontal médian qui est fendu, cette nouvelle espèce s’apparente à
M. cinctuta Kinahan, des îles Loyauté ; mais, elle en diffère par son ornementation spectaculaire
tandis que cinctuta est décrite comme étant « smooth » (Kinahan, 1859, p. 134).
Morphologie générale.
Dimensions. — $ : 13 X 5,5 mm. ; : 7 X 4 mm.
Coloration. — Elle varie du brun noirâtre au châtain foncé ; les téguments sont parsemés de
taches blanches.
Œil. — De grande taille, occupant la plus grande partie du côté de la tête. L’œil est composé
de dix-huit ommatidies, disposées en quatre rangées.
Morphologie somatique.
Céphalon (Fig. 74, A et B). — Le céphalon est remarquable par sa plaque frontale qui dépasse
de beaucoup le niveau du vertex. Cette plaque est profondément divisée, par une fente étroite, en deux
moitiés symétriques.
La face est occupée par un écusson triangulaire, formant un bombement médian, mais dépourvu
de limites nettes.
Péréionites. — Le premier péréionite (Fig. 74, A) développe, sur les côtés, de vastes pleurépimères
fortement incurvés, et creusés en cuvette ; le bord latéral est fortement relevé vers le haut.
Pleurépimères (Fig. 74, D). — Les dents des pleurépimères I et II sont normalement développées
encore que de taille moyenne. Par contre, la dent du troisième pleurépimère est remplacée par une
bosse de forme ovoïde.
Telson (Fig. 74, C). — La base, qui occupe le tiers de la longueur du telson, est trapézoïdale.
La région distale qui est rectangulaire correspond aux deux tiers postérieurs du telson. L’extrémité
du telson porte une petite dépression, de dimensions très réduites.
Caractères tégumentaires.
L’ornementation qui est très riche et variée constitue l’un des meilleurs critères de cette nouvelle
espèce.
Céphalon (Fig. 74, A et B). — L’ornementation céphalique est ainsi constituée :
a) Une rangée antérieure de quatre petites protubérances coniques.
b) Une rangée médiane, portant, de chaque côté :
*) une grosse protubérance latérale, brune ;
**) une petite protubérance intermédiaire, en forme d’épine, de couleur rougeâtre ;
***) une petite protubérance paramédiane qui, comme la précédente, affecte la forme d’une épine •
elle est également de couleur rougeâtre.
c) Au bord, exactement postérieur du vertex, s’insèrent deux énormes lames, de forme rectan¬
gulaire ; les angles supérieurs étant arrondis.
Péréion (Fig. 74, A et C). L’ornementation du premier péréionite est complexe. Le pronotum
porte trois épines disposées en triangle : deux antérieures, et une postérieure, médiane, qui empiète
sur le métanotum.
Source : MNHM, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
129
Le métanotum porte trois rangées d’épines :
*) La première rangée — antérieure — est constituée, de chaque côté, par une plaque rectan¬
gulaire, une plaque pourvue d’une encoche au bord antérieur, et une épine latérale.
**) La seconde rangée — médiane — est composée de trois paires de petites épines.
***) La troisième rangée — postérieure — porte cinq paires d’épines; les épines paramédianes
sont soudées à leur base.
Péréonites II-V1I. — Ils portent tous deux rangées d’épines. Le Tableau suivant indique le
nombre et la disposition des épines :
II I e rangée : 4 -(— 4
2 e rangée : 5 -f- 1 -f- 5
III I e rangée : 4 + 4
2 e rangée : 5 -f- 1 + 5
IV I e rangée : 4 + 4
2 e rangée : 5 5
V I e rangée : 4 + 4
2 e rangée : 5 -f- 5
VI I e rangée : 4 -f- 4
2 e rangée : 4 + 4
VII I e rangée : 4 -f- 4
2 e rangée : 4 -(- 1 + 4
Pléon (Fig. 74, C). — Le tableau suivant indique le nombre d’épines suivant les segments :
Pléonite 1 : 0
» 2:1 (médiane)
» 3 : 2 + 1 + 2
>, 4 : 2 -f 1 + 2
» 5 : 2 + 1 + 2
Telson (Fig. 74, C). — Le telson porte, au niveau de sa partie basilaire, deux épines.
Appendices.
Uropode (Fig. 74, C). — L’exopodite est bien développé ; cependant, il n’atteint pas l’extrémité
du protopodite qui est très aiguë.
Station.
Boyd Plateau, near Jenolan, New South Wales ; under logs. — G. S. Hunt leg.
Sous-Famille des Armadillinae
Définition.
La sous-famille des Armadillinae groupe les Armadillidae les plus typiques, c’est-à-dire ceux
dont les dispositifs volvationnels sont bien développés. En particulier, les schismas du premier et du
second péréionites sont profonds ; ils sont limités par deux lobes de taille considérable, l’un dorsal,
l’autre ventral. Ce caractère permet de les distinguer facilement des Cubarinae dont les pleurépimères I
et II présentent de simples encoches ( butoirs ou endolobes).
La Systématique des Armadillinae.
La systématique des Armadillinae est demeurée, jusqu’à une date relativement récente, dans
un état d’extrême confusion. C’est à K. W. Verhoefl que l’on doit d’avoir, le premier, jeté les bases
d’une systématique rationnelle des Armadillinae.
3 564 011 6 9
Source : MNHN, Paris
130
A. VANDEL.
C’est pourquoi nous diviserons le paragraphe consacré aux Armadillinae en deux parties. La
première mentionnera les espèces décrites avant 1926 ,mais dont le statut systématique ne peut être
fixé tant que ces formes n’auront pas été retrouvées et redécrites suivant les normes de Pisopodologie
moderne.
La seconde partie aura pour objet d’exposer les principes sur lesquels se fonde la systématique
modernes des Armadillinae, et de donner la liste des espèces australiennes correctement déterminées.
Cette procédure peut paraître artificielle. Mais, si l’on répugnait à y recourir, on perpétuerait
des erreurs qui ne feraient que retarder les progrès de Pisopodologie.
Liste des espèces australiennes d ’Armadillinae décrites avant 1926
Espèce décrite sous le nom de Cubaris
Cubaris claytonensis Chilton (Chilton, 1917 b, p. 479) ; Clayton Creek ; Higgins Dam.
La figure 7 (p. 478), donnée par Chilton laisse supposer que cette espèce appartient au genre
Sphaerillo.
Espèce décrite sous le nom de SpheriUo
Spherillo sollers Budde-Lund (Budde-Lund, 1904, p. 55) ; « At Rockhampton in New-Holland ».
La mention « Trunci segmentum 1. margine latéral! crasso, per totam longitudinem profunde sulcato
ante in angulum acutum producto, post profunde et subaequaliter fisso : lacinia interior exteriore vix
major » prouve sans conteste que cette espèce n’appartient pas au genre Sphaerillo, dont le sch isma
demeure toujours incomplet.
Espèces décrites sous le nom d 'Armadillo
Armadillo bituberculaius Budde-Lund (Budde-Lund, 1912, p. 36).— Torbay, près d’Albany.
Armadillo cavernae Wahrberg (Wahrberg, 1922, p. 287 ; Arcangeli, 1933, p. 29 ; 1956, p. 4).
— Chillagoe (Queensland).
Armadillo flavus Budde-Lund (Budde-Lund. 1912, p. 37). — Mundaring Weir à l’est de Perth.
D’après la description donnée par l’auteur, on peut déduire que cette espèce appartient peut-être au
genre Cubaris.
Armadillo integer Budde-Lund (Budde-Lund, 1912, p. 35). — Torbay près d’Albany. D’après
la description donnée par l’auteur, on peut affirmer que cette espèce n’appartient pas au genre Arma¬
dillo.
Armadillo pygmaeus Budde-Lund (Budde-Lund, 1912, p. 36). — Guiljford à l’est de Perth. Cette
espèce est figurée, mais non décrite.
Armadillo cavernae Wahrberg. Wahrberg (1922, p. 287) signale sous le nom d’Armadillo (Sphae¬
rillo ?) cavernae n. sp., une forme qu’il hésite à placer dans le genre Armadillo ou dans le genre Sphae¬
rillo, encore que cette nouvelle espèce diffère de tous les Spherillo qu’il a étudiés. Il s’agit d’une forme
de très petite taille (2,5 mm), décolorée et à œil dégénéré. Arcangeli (1933, p. 29 ; 1956, p. 4) propose
de ranger cette espèce dans un nouveau sous-genre d 'Armadillo qu’il nomme Troglarmadillo.
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 287 ; Arcangeli, 1933, p. 29 ; 1956, p. 4.
Répartition géographique. — « Chillagoe, Queensland — (in einer Grotte). » Un seul exemplaire
du sexe femelle.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
La Classification moderne des Armadillinae
La sous-famille des Armadillinae, telle qu’elle a été définie plus haut, renferme cinq genres :
Sphaerillo, VerhoefI, Armadiüo Duméril, Allandillo Vandel, Acanthodillo Verhoefî et HybodiUo Herold.
Le genre Armadillo est propre à la région méditerranéenne, à l’exception d’.4. elevatus Verhoefî
qui provient de l’Inde, et qui apporte la preuve de l’origine orientale du genre Armadiüo. Quant à la
présence d 'Armadillo ofpcinalis en Australie, elle est certainement due à l’intervention humaine, ainsi
qu’il a été dit plus haut (p. 6).
Le genre Atlandillo est représenté par une seule espèce : A. hirsulus (L. Koch), propre à la
péninsule ibérique et au Maroc.
Quant aux genres Sphaerillo, Acanthodillo et Hybodiüo, ils possèdent des représentants en Aus¬
tralie.
Le Genre Spherillo Dana
Le Genre Spherillo a été institué par Dana, en 1852, (Dana, 1852, p. 301). Il fut ultérieurement
signalé dans le Tableau de la Classification des Crustacés (Dana, 1853 a, p. 1436), et enfin décrit d’une
façon plus complète dans le grand ouvrage qu’il a consacré à l’étude des Crustacés recueillis au cours
de l’Expédition dirigée par le Commandant Charles Wilkes (1853 b, p. 715).
Le Genre Spherillo est classé par Dana dans la famille des Armadillidae et la sous-famille des
Armadillinae. Dana distingue les deux genres Armadillo et Spherillo, en se fondant sur les caractères
de l’uropode.
Il caractérise Spherillo de la façon suivante : « Basis appendicum caudalium grandis, ramo
interno parvulo, externo parvulo, laterali, in latere basis interiore versus apicem insito ».
Tandis que le genre Armadillo est ainsi défini : « Basis caudalium appendicum magnus, ramo
interno parvulo, antero obsoleto ».
Les critères invoqués par Dana pour distinguer les deux genres Armadillo et Spherillo sont
sans valeur, et ne sauraient être retenus en tant que critères génériques. De plus, les caractères volva-
tionnels sur lesquels se fonde la systématique moderne des Armadillidae ne sont point mentionnés.
La diagnose générique formulée par Dana est donc complètement insuffisante pour justifier le main¬
tien du genre Spherillo Dana.
En raison de l’insuffisance de la diagnose générique, les systématiciens se sont rabattus sur
les espèces rangées par Dana dans le genre Spherillo. Ce sont, dans l’ordre suivi par le carcinologiste
américain : monolinus, vitiensis, hawaiensis et spinosus.
Malheureusement, cette voie n’aboutit à aucune conclusion certaine. En effet, trois espèces,
monolinus, vitiensis et spinosus n’ont jamais été retrouvées depuis l’époque où Dana rédigeait son
célèbre mémoire.
Ce que nous pouvons suggérer avec une certaine vraisemblance, c’est l'appartenance de spi¬
nosus au genre Acanthodillo, car les caractères très particuliers de cette espèce permettent d établir
une détermination dotée d’un degré de vraisemblance assez élevé.
Quant à hawaiensis, la description qui en a été donnée, en 1885, par Budde-Lund (sous les noms
d 'Armadillo bidens et d 'A. australis) prouve que cette espèce doit être rangée dans le genre Armadillo
et non dans le genre Spherillo.
Ainsi, toutes les voies nous étant fermées, et le problème demeurant insoluble, nous sommes
conduits, en dépit des règles de la nomenclature, à tenir le nom de Spherillo pour un nomen nudum ;
car, son maintien n’aurait pour effet que de prolonger un état de confusion fort préjudiciable à la science
isopodologique. Un carcinologiste, fort respectueux des règles de la nomenclature zoologique, Harold
Gordon Jackson, déclarait dans le dernier mémoire qu’il lui fut donné de publier (Jackson, 1941,
p. 3) : « It is suggested that Sphaerillo Verhoefî be retained as the generic name of the forms included
under Budde-Lund’s section XIII (Wahrberg XVI) and that Spherillo should be allowed to die out.
as its species are absorbed into new or already existing généra ».
Source : MNHN, Paris
132
A. VANDEL
Le Genre Sphaerillo Verhoeff 1
Définition. — Verhoeff (1926, p. 250) remplace le terme de Spherillo Dana par celui de Sphae¬
rillo en lui donnant un sens précis. Voici, selon Verhoeff, les caractéristiques du genre Sphaerillo :
Le bord postérieur des péréionites est droit ou faiblement incurvé.
Le bord latéral du premier pleurépimère est épaissi. Il est parcouru par un sillon qui est incom¬
plet et n’atteint pas l’angle supérieur du pleurépimère.
Le lobe ventral du scbisma est pointu, et dépasse, vers l’arrière, le lobe dorsal.
Le protopodite de l’uropode est rétréci vers l’arrière.
Affinités. — Le genre Sphaerillo Verhoeff est fort proche du genre Armadillo. Il en diffère par
des dispositifs volvationnels moins spécialisés. En particulier, le sillon qui parcourt le bord latéral
du premier pleurépimère est moins profond que celui d 'Armadillo ; de plus, il est plus court, et n'atteint
pas l’angle antérieur du pleurépimère.
On peut tenir le genre Sphaerillo comme un stade précurseur d'Armadillo.
Sphaerillo grossus (Budde-Lund 1885)
Bibliographie. — Sous le nom d’Armadillo grossus : Budde-Lund, 1879, p. 6; 1885, p. 19.
Sous le nom de Sphaerillo grossus : Budde-Lund, 1904, p. 59 ; 1913, p. 67 ; Wahrberg, 1922
p. 240 ; Arcangeli, 1933, p. 32.
Morphologie générale.
Taille. — 10 X 5 mm.
Coloration. — Téguments d’un gris plombé, les péréionites étant couverts de linéoles blanches.
Appareil oculaire. — Œil grand, occupant tout le côté du céphalon ; composé de dix-huit omma-
tidies disposées en quatre rangées.
Morphologie somatique.
Céphalon (Fig. 75, A). — Le céphalon est de type armadillidien ; cependant, la face est moins
large que celle d 'Armadillo officinalis. Le rapport largeur/hauteur est égal à 1,4.
Péréion. — Le bord postérieur des péréionites est droit ou très légèrement incurvé.
Caractères volvationnels (Fig. 76). — Pleurépimère I : Le bord externe du pleurépimère I est
constitué par une plaque allongée qui se recourbe — surtout en avant — pour recouvrir le tergite.
Cette plaque est aplatie dans la région antérieure. Dans la moitié postérieure, elle est creusée d’une
gouttière qui s’approfondit vers l’arrière.
La partie postérieure du pleurépimère I forme un schisma constitué par deux lobes inégaux :
le lobe inférieur est de forme triangulaire ; il dépasse légèrement le lobe supérieur.
Pleurépimère II : de chaque côté, la face supérieure du pleurépimère II est creusé d’une dépres¬
sion, limitée par une rainure oblique ; elle est destinée à recevoir le lobe supérieur du pleurépimère I,
lors de la volvation.
Le pleurépimère II est fendu. Le lobe interne est rectangulaire allongé dans le sens transversal,
et parallèle au bord antérieur du pleurépimère. Son extrémité est arrondie.
Telson (Fig. 75, B) de type armadillien typique.
Caractères tégumenlaires.
Les téguments sont parfaitement lisses.
1. Dryaiiillo Herold 1931 est synonyme de Sphaerillo Vehorefï 1926 (Verhoeff, 1938, p. 8; 1942, p. 165).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
133
Appendices.
Uropode (Fig. 75, C). — Protopodite triangulaire, à extrémité arrondie. Endopodite à peu près
aussi long que le protopodite. Exopodite situé sur la face dorsale du protopodite ; il est représenté
par un court appendice conique, inséré sur une protubérance saillante.
Fig. 76. — Sphaerillo grossus. — A, premier pleurépimère en vue ventrale ;
B, second pleurépimère, en vue ventrale ; C, premier et second péréionites dessinés d'apres l'animal entier.
Source : MNHN, Paris
134
L. VANDEL
Stations (données bibliographiques).
Stations citées par Budde-Lund (1885), p. 20 : Rockhampton ; p. 283 : Sydney.
Stations citées par Budde-Lund (1904), p. 60 : Rockhampton, Cap York, Gayndah, Sydney.
Statiods citées par Budde-Ludd (1913), p. 67 : (New South Wales) ; Richmond River, Sweed
River.
Stations citées par Wahrberg (1922), p. 247 : Mailanda, Colosseum, Mt Tambourine, Glen Leming-
ton, Christmas Creek (Queensland).
Stations (observations personnelles).
1) Banyabba, (New South Wales). 6.IX.1963 ; Barry Gray leg.
2) Jeogla, east of Armidale, (New South Wales) ; under and in wood, in rain forest ; l.xi.1969 ;
G. S. Hunt leg.
3) Malvina High School, Ryde, Sydney, (New South Wales). 3.VI.1970 ; G. S. Hunt leg.
4) Narrabeen, suburb of Sydney, (New South Wales). 13.vi. 1970. G. S. Hunt leg.
Les « SpherUlo » de R. Wahrberg
Dans son mémoire de 1922, R. Wahrberg a signalé neuf espèces de Spherillo. L’une d’entre
elles était déjà connue : Sphaerillo grossus (Budde-Lund). Nous l’avons signalée dans les lignes précé¬
dentes. Les huit autres espèces sont nouvelles pour la science. Mais, il apparaît qu’aucune d’elles n’appar¬
tient au genre Sphaerillo Verhoelf.
Sphaerillo marmoratus, S. rufoniger, S. merulanoides, S. nigroflavus, S. atrogrisescens, appar¬
tiennent au genre Cubaris, comme il a été dit plus haut (p. 117).
Spherillo tuberosus est un Acanthodillo, et Spherillo atrogrisescens, un Lobodillo, comme il sera
dit plus loin.
Quant à Spherillo telsogrossus, il est impossible de le classer actuellement dans un genre connu.
Nous lui laissons donc son nom, jusqu’à plus ample information.
Spherillo telsogrossus Wahrberg
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 247 ; Arcangeli, 1933, p. 29 ; Green, 1961, pp. 358-
359.
Répartition géographique. — Cedar Creek, Evelyn, Mailanda, Atherton, Cooktown (Queensland).
Le Genre Acanthodillo.
Le Genre Acanthodillo a été institué par Verhoeff, en 1926 (Verhoeff, 1926, pp. 253, 257 et
267).
Le Genre Acanthodillo peut être ainsi défini :
Taille. — Petite ou très petite, comprise entre 2 et 10 mm.
Œil. — Petit, composé de dix à vingt ommatidies, mais pouvant se réduire à deux-trois omma-
tidies.
Téguments recouverts de côtes ou de tubercules qui, chez erinaceus et spinosus, sont garnis
d’épines ou de soies.
Céphalon. — Plaque frontale dépassant la surface du vertex, et formant une lame mince et
saillante, réfléchie en son milieu.
Pêrèion. — Le bord postérieur des péréionites forme, à la limite du tergite et du pleurépimère,
un angle plus ou moins marqué.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
135
Premier pleurépimère. — Le bord latéral est mince, et, le plus souvent non sillonné — à l'excep¬
tion de tuberosus, espèce chez laquelle le premier pleurépimère possède un bord épaissi et sillonné. La
surface dorsale du pleurépimère est creusée en cuvette. L’angle postérieur du pleurépimère est fendu
par un schisma ; le lobe interne est plus court que le lobe externe, et invisible en vue dorsale. Le lobe
interne est arrondi à son extrémité.
Second pleurépimère. — Il est fendu à son extrémité, qui est arrondie.
Telson. — Le telson est divisé en deux parties ; la partie distale est beaucoup plus étroite que
la partie proximale.
Antenne. — L’antenne est très courte et trapue. Le flagelle s’insère excentriquement sur le cin¬
quième article de la hampe (il en est de même chez Emydodillo).
Uropode. — Le protopodite est lobé sur sa face interne ; l’exopodite et l’endopodite sont de
petite taille.
Signification du Genre Acanthodillo. — Le genre Acanthodillo correspond à un type armadilli-
dien qui présente de nombreuses manifestations de réduction morphologique.
Espèces appartenant au genre Acanthodillo
Dans l’état actuel de nos connaissances, sept espèces d’Oniscoïdes doivent être rangées dans
le genre Acanthodillo. Ce sont, disposées dans l’ordre chronologique :
Spherillo spinosus Dana 1853. — Nouvelle-Zélande.
Cubaris minuta Baker 1913. — Australie.
Cubaris commensalis Baker 1913. — Australie.
Armadillo brevicornis Budde-Lund 1913. — Australie.
Spherillo tuberosus Wahrberg 1922. — Australie.
Acanthodillo erinaceus Verhoell 1926. — Nouvelle-Calédonie.
Acanthodillo formicarum n. sp. — Australie.
Répartition géographique du Genre Acanthodillo
Sur sept espèces A'Acanthodillo connues à ce jour, cinq sont propres à l’Australie ; une peuple
la Nouvelle-Calédonie, et une autre la Nouvelle-Zélande.
Écologie
Nous ne possédons de données écologiques que pour trois espèces A'Acanthodillo : deux d'entre
elles ( commensalis et formicarum) ont été récoltées dans des fourmilières ; et, une autre (min ut us )
dans une termitière. Il est probable que les autres espèces mènent un mode de vie analogue.
Il convient de remarquer que l’antenne des représentants du genre Acanthodillo présente une
constitution semblable à celle des myrmécophiles européens appartenant au genre Platyarthrus. Cette
convergence mérite d’être soulignée.
Les espèces australiennes du genre Acanthodillo
Cinq espèces A’Acanthodillo ont été récoltées jusqu ici en Australie.
Acanthodillo commensalis (Baker)
Synonymie. — Cubaris commensalis Baker.
Bibliographie. — Baker, 1913, p. 117.
Source : MNHN, Paris
136
A. VANDEL
Répartition géographique. — South Australia.
Écologie. — Cette espèce a été récoltée dans des fourmilières de Camponotus nigriceps.
AcanthodiUo minutus (Baker)
Synonymie. — Cubaris minuta Baker.
Bibliographie. — Baker, 1913, p. 118.
Répartition géographique. —- South Australia.
Écologie. — Cette espèce a été récoltée dans une termitière.
AcanthodiUo brevicornis (Budde-Lund)
Synonymie. — Armadillo brevicornis Budde-Lund 1913.
Bibliographie. — Budde-Lund, 1913, p. 69.
Répartition géographique. — « Inneres von New South Wales ».
AcanthodiUo tuberosus (Wahrberg).
Synonymie. — SpheriUo tuberosus Wahrberg.
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 281 ; Verhoeff, 1926, p. 268 ; Arcangeli, 1933, p. 29 ;
Green, 1961, p. 358.
Place systématique. — En raison de son premier pleurépimère épaissi et sillonné, cette espèce
occupe une place à part dans le genre AcanthodiUo. Peut-être, conviendrait-il d’instituer pour cette
espèce un sous-genre particulier.
Répartition géographique. — Mailanda, Cedar Creek (Queensland).
AcanthodiUo formicarum n. sp.
Morphologie générale.
Taille : 5 mm.
Coloration. — La couleur est d’un brun violacé ; le vertex et les péréionites sont parsemés de
linéoles blanches (insertions musculaires). La coloration du pléon et du telson est uniforme.
Appareil oculaire. — L’œil, de taille médiocre, est composé de dix à douze ommatidies.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps (Fig. 77, A). — Type volvationnel.
Céphalon (Fig. 77, B et C). — Une vaste plaque frontale couvre la partie antérieure de la tète.
Cette plaque est deux fois plus large que longue. La partie supérieure de la plaque frontale est occupée
par un écusson triangulaire qui s’étend, de chaque côté, jusqu’au bord latéral de la plaque frontale.
Au-dessous de l’écusson, prennent place deux vastes dépressions, destinées à recevoir les antennes,
lors de la volvation.
La région inférieure de la plaque frontale est fortement concave, et présente la forme d’une
gouttière transversale.
Vers le haut, la plaque frontale dépasse très nettement la surface du vertex, et se replie, vers
l’arrière, en le surplombant.
La ligne marginale secondaire est fendue au niveau de l’œil, afin de recevoir, lors de la volva¬
tion, la pointe du pleurépimère I.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
137
Péréion (Fig. 77, A). — Le bord postérieur des péréionites I, II, V, VI et VII forme avec le
pleurépimère un angle net. Cet angle est à peu près inexistant au niveau des péréiontites III et IV.
La surface dorsale du pleurépimère I est creusée en cuvette. Le pleurépimère II est légèrement
déprimé.
Dispositifs d'engrenage. a) Le bord latéral du pleurépimère I est mince et tranchant. Vers
le bas, il se fend pour former un schisma peu profond (Fig. 78). Sur préparation microscopique, il appa¬
raît que le lobe interne est nettement plus court que le lobe externe. Le lobe interne est allongé, à côtés
parallèles, et arrondi à son extrémité.
b) Le lobe interne du pleurépimère II (Fig. 78) est petit ; il est invisible du côté dorsal. Ce lobe
est ovoïde et couvert d’écailles. Il est parallèle aux bords du pleurépimère.
Telson (Fig. 80, A). — Le telson est formé de deux parties : une partie basilaire, rectangulaire ;
et, une partie distale, plus étroite, trapézoïdale.
Fig. 77, — Acanthodillo jormicarum. — A, vue de profil ; B, céphalon vu de face ;
C, céphalon et premier péréionite vus de profil.
Caractères tégumentaires.
La partie postérieure du vertex est ornée d’une rangée de tubercules allongés ou de côtes.
Les péréionites portent, en leur milieu, des tubercules allongés. Ces tubercules sont faibles et
peu saillants, sauf sur le septième péréionite, où ils sont beaucoup plus apparents. Le tubercule externe
est oblique, et nettement plus saillant que les autres.
Le protergite du premier péréionite porte trois gros tubercules allongés.
Le pléon est parfaitement lisse.
Appendices.
Antenne (Fig. 79, A). — L’antenne est très courte ; elle est composée d’articles trapus, fortement
écailleux.
Source : MNHN, Paris
138
k. VANDEL
Fig. 78. — Acanlhodillo formicarum. — A gauche, premier pleurépimère ;
à droite, second pleurépimère ; vus par la face ventrale.
Le flagelle s’insère excentriquement sur le dernier article de la hampe. L’article basilaire du
flagelle est plus large que long. Les soies terminales qui occupent à l’ordinaire l’extrémité du flagelle
sont remplacées par une formation très curieuse qui ressemble à une « grenade » symbolique.
Uropode (Fig. 79, B). — Le protopodite est triangulaire et son sommet est largement arrondi.
L’endopodite est court, et n’atteint pas tout à fait la moitié du protopodite. L’exopodite est très réduit.
Caractères sexuels mâles.
Péréiopode VII. — Il est dépourvu de différenciation particulière.
Premier pléopode (Fig. 80, B). — L’extrémité de l’endopodite porte deux lobes arrondis.
Station.
Nyngan (New South Wales). 16.ii.1964. Barry Gray leg.
Écologie.
Cette espèce a été récoltée dans une fourmilière de Myrmecia piliventris (F. Smith).
Source : MNHN, Paris
I.ES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
139
3
Fig. 80. — Acanlhodillo lormicarum. — A, telson ; B, premier pléopode mâle.
Le Genre Hybodillo
Institution du Genre. — Le Genre Hybodillo a été institué par W. Herold (1931, p. 326) pour y
ranger deux espèces : colocasiae et jubatus, provenant de l’Insulinde (Bali et Sabang).
Signification du Genre Hybodillo. — Le Genre Hybodillo doit être tenu — tout comme Acan-
thodillo — pour une forme régressée et simplifiée du type armadillidien. Comme dans toutes les lignées
régressives, le polymorphisme est très accentué.
Caractères du genre Hybodillo. — 1) Taille réduite, comprise entre 3,5 et 1,25 mm.
2) Coloration : les téguments sont pigmentés ou dépigmentés, suivant les espèces.
3) Appareil oculaire : l’œil est de petite taille ; il est formé de cinq-six ommatidies ; ou encore,
complètement absent.
4) Téguments : les téguments sont couverts de protubérances ou de bosses, situées sur le vertex
et les tergites péréiaux (et, aussi, chez jubatus, sur le troisième pléonite).
5) Les téguments sont couverts de soies-écailles affectant la forme d’un champignon.
6) Le corps se roule en une boule parfaite (type eusphérique).
7) Céphalon : un écusson bien individualisé.
8) Le pleurépimère est fendu dans toute sa longueur (sauf chez pygmaeus, où il est incomplet).
Le lobe interne est égal ( colocasiae) ou supérieur ( jubatus) au lobe externe.
9) Le pleurépimère II présente un lobe égal ( colocasiae) ou supérieur (jubatus) au lobe externe.
10) Le telson est plus large que long.
11) L’antenne est très courte, massive.
12) Uropode : le protopodite est triangulaire ; l’exopodite est réduit ( colocasiae ) ou absent
(jubatus).
Les espèces appartenant au Genre Hybodillo. — Dans l’état actuel de nos connaissances, le genre
Hybodillo renferme quatre espèces. Ce sont :
1) colocasiae Herold 1931 ; Java.
2) jubatus Herold 1931 ; Ile de Sabang, près de Sumatra.
3) pygmaeus Vandel 1972 ; New Britain.
4) australiensis n. sp. ; Australie occidentale.
Source : MNHN, Paris
140
i. VANDEL
La Répartition géographique du genre Hybodillo. — La présence d’une espèce du genre Hybodillo
dans une grotte d’Australie prouve que H. australiensis représente une rélicte, réfugiée dans le monde
souterrain.
On peut donc attribuer au genre Hybodillo une origine australienne, et une expansion secondaire
vers la Mélanésie et l’Insulinde.
Hybodillo australiensis n. sp.
Affinités et place dans la classification. — La nouvelle espèce, décrite ci-dessous appartient incon¬
testablement au genre Hybodillo. Cependant, elle présente d’incontestables caractères régressifs, en
particulier : 1) sa très petite taille (2 mm) ; 2) les dimensions très faibles de l’antenne, et l’étroitesse
du flagelle ; 3) et, surtout, la réduction en longueur de l’uropode, et la disparition de l’exopodite.
Morphologie générale.
Taille : 2 mm.
Coloration. — Violacée.
Œil. — Petit, constitué de quatre-cinq ommatidies.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps (Fig. 81). — Cette espèce appartient au type eusphérique.
Céphalon (Fig. 83, A). — La face est occupée par un écusson triangulaire, beaucoup plus large
que long.
Fig. 8t. — Hybodillo australiensis. — Vue d’ensemble.
Pleurépimères I et II (Fig. 82, A). — Les pleurépimères I et II sont fendus. Le lobe interne du
pleurépimère I dépasse très nettement le lobe externe ; les deux lobes sont arrondis.
Quant au pleurépimère II, les deux lobes sont à peu près de même longueur (Fig. 82, B). Le
lobe externe présente la forme d’une lamelle triangulaire ; le lobe interne est rectangulaire.
Telson (Fig. 83, B). — Le telson est beaucoup plus large que long; ses côtés sont nettement
incurvés ; son extrémité est trapézoïdale.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
141
Fig. 82. — HybodiUo auatraliensis. — A, premier pleurépiinèrc ;
B, second pleurépimèrc ; vus du côté dorsal.
Fig. 83. — Hybodillo australiemis.
A, plaque frontale ; B, telson et uropodes ; C, uropode ; D, antenne ; E, soie-écaille.
Source : MNHN, Paris
142
A. VANDEL
Caractères tégumentaires.
Le vertex et les tergites péréiaux portent de très grandes soies-écailles, qui affectent la forme
d’un champignon et qui sont inscrites dans une aire circulaire.
Appendices.
Antenne (Fig. 83, D). L’antenne est courte et trapue ; en position d’enroulement, elle est com¬
plètement rabattue sur la face. Le flagelle est plus étroit que la hampe ; le premier article du flagelle
est cinq fois plus court que le distal. Les articles de la hampe sont couverts d’écailles.
Uropode (Fig. 83, C). — L’uropode présente la forme d’un rectangle, allongé dans le sens trans¬
versal. L’endopodite est normal ; Vexopodite fait défaut.
Appareil copulateur mâle.
L’endopodite est robuste ; il se termine par une forte pointe légèrement recourbée vers l’exté¬
rieur. Dans l’unique mâle disponible, l’exopodite s’était détaché.
Station.
« Giants Cave, near Augusta (Western Australia). » J. Lowry leg.
Sous-Famille des Lobodillinae
Définition de la Sous-Famille des Lobodillinae. — A l’exception du genre très primitif, Austra-
liodillo, tous les Armadillidae, formes typiquement volvationnelles, possèdent un système d’engrenage
sur les deux premiers péréionites, et, éventuellement, sur les trois premiers péréionites (Merulaninae).
Cependant, chez certains Armadillidae, ce processus de fissuration s’étend aux régions moyenne
et postérieure du corps ; et, à la limite, intéresse tous les segments du corps. On pe ut considérer cette
manifestation comme une évolution de type orthogénétique qui progresse d’avant en arrière.
Nous proposons de réunir ces formes sous le nom de Lobodillinae et de donner à ce groupe le
rang de sous-famille.
La Systématique des Lobodillinae. — On a créé deux genres qui correspondent à la définition
des Lobodillinae ; ce sont les genres Lobodillo Herold 1931 et Melanesillo Verhoeff 1938. En fait, les
différences que l’on relève entre les diagnoses des deux genres sont d’ordre spécifique plutôt que géné¬
rique. C’est pourquoi nous retiendrons le terme qui a la priorité, c’est-à-dire Lobodillo.
Par ailleurs, l’auteur du présent mémoire a institué un nouveau genre de Lobodillinae : le genre
Leucodiüo (Vandel, 1972). Il ne renferme qu’une seule espèce, propre à la Nouvelle-Guinée.
La Répartition des Lobodillinae. — Les Lobodillinae sont propres aux régions pacifiques occi¬
dentales : Insulinde, Philippines, Nouvelle-Guinée, Salomon, Australie, Nouvelle-Hébrides, Fidji, Marshall.
Une espèce de Lobodillo a été décrite par Barnard, sous le nom de Diploexochus aerarius n. sp.
(Barnard, 1937, p. 162). Elle provient de l’Afrique du Sud. Ainsi, la répartition du genre Lobodillo
est-elle analogue à celle du genre Merulana. Elle apporte une nouvelle preuve en faveur des affinités
qui relient les faunes de l’Afrique du Sud et celles des régions pacifiques occidentales.
Les espèces du genre Lobodillo. — On a décrit jusqu’à ce jour quatorze espèces de Lobodillo.
Deux d’entre elles appartiennent à la faune australienne.
Lobodillo alrogrisescens (Wahrberg)
Synonymie. — Cette espèce a été décrite par Wahrberg (1922, p. 272) sous le nom de Sphaerillo
alrogrisescens. La duplicature des pleurépimères I-VII, signalée par Wahrberg (p. 273) prouve que
cette espèce appartient au genre Lobodillo et non au genre Sphaerillo.
Station. — « Bellenden Ker, (Queensland) ».
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
143
Lobodillo hunti n. sp.
Morphologie générale.
Taille. — 21 X 9 mm.
Coloration. — Gris plombé uniforme, rappelant la coloration d’Armadillo officinalis.
Œil. — Composé de dix-huit ommatidies, disposées en trois rangées.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps. — Type parfaitement eusphérique, rappelant l’aspect d ’Armadillo
officinalis.
Céphalon. — L’écusson est nettement individualisé, mais il n’est pas rebordé. Vers l’arrière,
l’écusson s’applique étroitement, et sur toute sa largeur, contre le rebord du vertex, même au niveau
des yeux ; on n’observe aucune solution de continuité entre l’écusson et le vertex. La partie supérieure
de l’écusson est légèrement déprimée en son milieu.
Le corps en vue dorsale. — Péréion : tous les pleurépimères tombent droit, sans présenter aucun
relèvement vers l’extérieur, disposition qui est caractéristique du type eusphérique.
PUon. — Les néopleurons 3-5 tombent droit vers le bas, comme les pleurépimères.
Telson (Fig. 85, B). — Le telson est large à la base. Il se rétrécit brusquement en son milieu,
et se termine par une partie rectangulaire, à côtés légèrement divergents, et à angles postérieurs arrondis.
Le corps en vue ventrale. — Ce sont les dispositions que l’on observe à la face ventrale des pleu¬
répimères et des néopleurons qui correspondent aux structures les plus remarquables et les plus carac¬
téristiques de cette espèce.
Pleurépimère I (Fig. 84, I). — Sur sa tranche, le pleurépimère 1 est fendu, sur environ la moitié
de son parcours. Sur la moitié antérieure, la fente se prolonge sous la forme d’un sillon. La partie supé¬
rieure du rebord pleurépiméral est très épaissie.
Vers l’arrière, la fente est limitée par deux lobes ; le lobe dorsal ( l. d.) est approximativement
rectangulaire. Le lobe ventral ( l. v.) est triangulaire, mais son sommet est arrondi ; il dépasse de beaucoup
le lobe dorsal.
Pleurépimère 11 (Fig. 84, II). — Le lobe interne est rectangulaire ; son extrémité est arrondie.
Sa largeur est notablement inférieure à celle du lobe externe. Sa longueur est environ égale à la moitié
de celle du lobe externe.
Pleurépimères III à VII (Fig. 84, III-VII). — Les pleurépimères III à VII, examinés du côté
ventral, présentent une crête transversale, plus ou moins oblique qui sépare une partie antérieure
surélevée, d’une région postérieure déprimée. Ce sillon recule progressivement d’avant en arrière lorsque
l’on passe de III à VII.
Néopleurons 3-5 (Fig. 85, A). — Les trois derniers néopleurons présentent, à leur face ventrale,
un sillon transversal qui sépare une région interne surélevée et une partie externe déprimée.
Caractères tégumentaires.
Les téguments sont parfaitement lisses. Les noduli latérales sont bien apparents.
Appendices.
Uropode (Fig. 85, B et C). — L’exopodite est petit, mais on ne saurait le qualifier de rudimen¬
taire. Il présente une forme cylindrique, et non pas conique. Il porte de longues soies qui dépassent
le bord postérieur du protopodite.
Pléopodes sexuels mâles.
Il appartienent au type Armadillo. Ils ne présentent aucune particularité remarquable.
Source : MNHN, Paris
Fie. 84. — Lobodillo hunli. — Les sept pleurépimères (I à VII). Seul, le pleurépimère I est dessiné en vue dorsale
tous les autres pleurépimères sont représentés en vue ventrale : l.d. lobe dorsal, l.v. lobe ventral.
Pig. 85. — Lobodillo hunli. — A, les trois derniers néopleurons (3, 4 et 5) ;
B, cinquième pléonite, pléon et uropodes ; C, uropode.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
145
Station.
« In rain forest, under logs. Cangai, approx. 40 miles W. of Grafton, (New South Wales). 12.1.1970 ;
Glenn Hunt leg. ».
La Sous-Famille des Buddelundiinae
Dans la classification des Armadillidae proposée par Verhoeff (1926, p. 263), l’isopodologue
allemand institue une nouvelle sous-famille, celle des Buddelundiinae, qui ne renferme que le seul genre
Buddelundia Michaelsen.
La raison qui a conduit l’isopodologue allemand à proposer cette création repose sur la cons¬
titution de l’appareil respiratoire, construit sur un type très spécial, lié sans aucun doute au climat
désertique qui règne sur une grande partie de l’Australie. Cependant, ce caractère qui représente une
simple modification adaptative du système respiratoire, a obnubilé les véritables affinités de Buddelundia.
En fait, les Budelundiinae se rattachent, sur le plan phylogénique, aux Lobodillinae. Le système d’engre¬
nage est à peu près identique dans les deux genres Lobodillo et Buddelundia.
Les Caractères du Genre Buddelundia.
Sur le plan morphologique, le genre Buddelundia apparaît très proche du genre Lobodillo. Le
système d’engrenage est semblable à celui des Lobodillinae, et s’étend à tous les segments du corps.
Seul, le système respiratoire appartient à un type très particulier, qui est aujourd’hui bien connu
(Budde-Lund, 1912, p. 19 ; Wahrberg, 1922, p. 199 ; Verhoeff, 1926, p. 261).
Chez la femelle, les pléopodes 1 sont réduits. Les pléopodes 5 sont petits et dépourvus de sys¬
tème pseudo-trachéen ; sur l’animal entier, ils demeurent invisibles, car ils sont recouverts par les
pléopodes 4. Les pléopodes 2 et 3 sont bien développés ; quant aux pléopodes 4, ils sont très grands,
et égaux aux pléopodes réunis de la seconde et de la troisième paires.
Les exopodites des pléopodes 1 à 4 sont étroitement accolés les uns aux autres.
Les exopodites 2-4 sont très épais. Ils sont constitués par deux laines : une lame dorsale, mince,
dépourvue d’écailles et une lame ventrale, très épaisse et recouverte d’écailles. Verhoeff (1926, p. 261)
suggère, avec beaucoup de vraisemblance, que l’exact ajustement des pléopodes les uns par rapport
aux autres, et l’épaississement des exopodites répondent à une morphologie adaptative, correspondant
à l’extrême sécheresse du climat de la plus grande partie de l’Australie. Ces dispositifs permettent aux
représentants du genre Buddelundia de résister à la sécheresse de ces contrées arides ou semi-déser¬
tiques. Quelques mesures ont permis d’établir que le taux d’évaporation de l’eau est plus faible chez
Buddelundia que chez des Oniscoïdes banals, tels que Porcellio et Oniscus (Warburg, 1965).
Répartition des espèces du genre Buddelundia
Le genre Buddelundia est propre à l’Australie. Les 23 espèces décrites jusqu’à ce jour, se répar¬
tissent de la façon suivante entre les différents États de l’Australie (deux espèces se rencontrent dans
deux États) :
Western Australia 20 espèces
South Australia 3 »
New South Wales 2 »
Ainsi, peut-on affirmer que le genre Buddelundia est répandu dans l'ouest et le sud de l’Australie,
mais que le plus grand nombre des espèces est localisé dans l’ouest du Continent qui possède un climat
sec ou semi-aride.
Source : MNHN, Paris
146
L. VANDEL
La Systématique du Genre Buddelundia
Nous diviserons la matière du présent paragraphe en deux parties. La première renferme les
espèces pour lesquelles nous avons disposé d’échantillons, et dont la détermination est assurée. Un
second paragraphe sera consacré aux espèces signalées dans la bibliographie, mais inconnues de l’auteur.
D n’est pas, en effet, absolument certain que ces dernières appartiennent toutes au genre Buddelundia
ou correspondent à des espèces valables.
Les espèces de Buddelundia examinées par l’auteur
Buddelundia sulcala (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund. 1912, pp. 19 et 22 ; Wahrberg, 1922, p. 204.
Stations. — Données bibliographiques : (Western Australia) Eradu ; Coolgardie.
Observations personnelles. — Wilson Bluff, one mile east of Cairn ; Eucla Basin (Western Austra¬
lia). 1.xi.1966. J. Lowry leg.
Buddelundia nitidissima (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, pp. 19 et 22 ; Wahrberg, 1922, p. 204.
Stations. —Données bibliographiques : Woorolo ; Lion Mill ; Mundaring Weir ; Guiljford ; Subiaco •
Harvey ; Donnybrook ; Boyanup (Western Australia).
Observations personnelles. — Easter Cave ; in soil cône, entrance chamber, Augusta (Western
Australia). 15.V.1966. J. Lowry leg.
Buddelundia albomarginata Wahrberg 1922
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, p. 214.
Stations. — Données bibliographiques : Broome (Western Australia).
Observations personnelles. — Cette espèce paraît commune dans les cavités souterraines de
l’immense karst connu sous le nom de Nullarbor Plain, dans le sud de l’Australie.
Région de Nullarbor (South Australia) : Murrawyinee Cave (N 7) ; 26.1.1968; A. M. Richards leg.
Eucla Basin (Western Australia). — Wilson Bluff ; one mile east of Cairn l.xi.1966. J. Lowry leg.
Skink Hole ; 10.ix.1966 ; J. Lowry leg.
Cave N 140. 6.II.1968. A. M. Richards leg.
Old Home Stead Cave (N 83). 7.IX.1966.
Région de Madura (Western Australia). — Madura Cave (N 62). Entrance ; Rock Pile main
cave. 29.1.1968. A. M. Richards leg.
Cocklebiddy Cave Doline (N 48). 10.1.1966. J. Lowry leg.
Région traversée par la ligne ferrée transcontinentale. — Lynch Cave. N. 60.15.x.1966. J. Lowry
leg. — 3.il.1968. A. M. Richards leg.
Near Lynch Cave. — 3.H.1968. A. M. Richards leg.
Buddelundia labiata (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. Budde-Lund, 1912, p. 20 ; Wahrberg, 1922, p. 203.
Stations (Donnée bibliographique) : Lake Mirando (Western Australia).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE 147
Observations personnelles. — Great Victorian Desert ; Rason (Western Australia). « From under
various narrow and shallow overhangs on cliff » J. Lowry leg.
Buddelundia monticola (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 21 ; Wahrberg, 1922, pp. 203 et 225.
Stations (Données bibliographiques) : Mount Robinson, near Kalgoorlie ; Broome (Western
Australia).
Observations personnelles. — « Lennis, Great Victorian Desert (Western Australia) ; under stones.
— J. Lowry leg. ».
Budde lundia /lava (Budde-Lund 1912)
Synonymie. — Armadillo flavus Budde-Lund 1912.
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 37.
Place dans la classification. —- C’est certainement par erreur que cette espèce a été classée dans
le genre Armadillo (qui, d’ailleurs, est propre à la région méditerranéenne, comme il a été dit plus haut).
En effet les pléopodes appartiennent au type très particulier, propre au genre Buddelundia.
C’est cependant une espèce de Buddelundia qui possède des caractères très originaux. C’est
la seule espèce du genre qui porte des granulations sur la surface tergale, et de véritables tubercules
sur le pléon. Le système d’engrenage, à l’exception des pleurépimères I et II, est vestigial ; cependant,
on retrouve des restes de duplication sur les pleurépimères VIL
Stations. — Données bibliographiques. — Mundaring Weir, à l’est de Perth (Western Australia)
(Budde-Lund, 1912, p. 39).
Observations personnelles. — 1) « Lennis (Western Australia). — J. Lowry leg. ».
2) « Sydney Yeo Chasm, à Lennis (Western Australia), Great Victorian Desert ». J. Lowry
leg.
3) « Cooper (Western Australia), Great Victorian Desert » J. Lowry leg.
Les Espèces de Buddelundia connues seulement par les données bibliographiques
Buddelundia laevigata (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 23 ; Wahrberg, 1922, p. 203.
Station (Donnée bibliographique) : Day Dawn (Western Australia).
Buddelundia binotala (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 24 ; Wahrberg, 1922, p. 203.
Station (Donnée bibliographique) : Boorabbin (Western Australia).
Buddelundia bipartita (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. —- Budde-Lund, 1922, p. 24 ; Wahrberg, 1912, pp. 204 et 227.
Stations (Données bibliographiques) : Denham ; Baba Head in Edel-Land ; Tamala in Edel-
Land ; Geraldton ; Dongarra (Western Australia).
Source : MNHN, Paris
148
A. VANDEL
Buddelundia cinerascens (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 26 ; Wahrberg, 1922, pp. 204 et 229.
Stations (Données bibliographiques) : Rottnest ; Isle Carnac (Western Australia).
Buddelundia ineaqualis (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 27 ; Wahrberg, 1922, p. 204.
Station (Donnée bibliographique) : Fremantle (Western Australia).
Buddelundia callosa (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 27 ; Wahrberg, 1922, p. 204.
Station (Donnée bibliographique) : Northampton (Western Australia).
Buddelundia rugifrons (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 28 ; Wahrberg, 1922, p. 204.
Stations (Données bibliographiques) : Guiljford, Fremantle, Brunswick (Western Australia).
Buddelundia opaca (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 29; Wahrberg, 1922, p. 204.
Station (Donnée bibliographique) : Gooseberry Hill (Western Australia).
Buddelundia frontosa (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 30 ; Wahrberg, 1922, pp. 204 et 222 ; Warburg,
1965, p. 302.
Stations (Données bibliographiques) : Coolgardie ; Broome ; Kimberley District (Western Aus¬
tralia). I.ake Gilles ; Lake Mc Farlane ; Eyre Peninsula (South Australia).
Buddelundia subinermis (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 31 ; Wahrberg, 1922, p. 204.
Station (Donnée bibliographique) : Eradu (Western Australia).
Buddelundia nigripes (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 33 ; Wahrberg, 1922, p. 204.
Station (Donnée bibliographique) : Bunbury (Western Australia).
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
149
Buddelundia albomaculata (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 33 ; Wahrbehg, 1922, p. 204.
Station (Donnée bibliographique) : Broome Hill (Western Australia).
Buddelundia tomentosa (Budde-Lund 1912)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1912, p. 34; Wahhberg, 1922, p. 204.
Station (Donnée bibliographique) : Baba Head in Edel Land (Western Australia).
Buddelundia laleralis (Budde-Lund 1913)
Bibliographie. — Budd e-Lund, 1913, p. 67 ; Wahrberg, 1922, p. 204 ; Warburg, 1965, p. 302.
Stations (Données bibliographiques) : New South Wales, South Australia.
Bud delundia quadritracheata (Budde-Lund 1913)
Bibliographie. — Budde-Lund, 1913, p. 68 ; Wahrberc, 1922, p. 204.
Station (Donnée bibliographique) : Condobolin in New South Wales.
Buddelundia albinogrisescens Wahrberg 1922
Bibliographie. — Wahrberg, 1922, pp. 204 et 205 ; Warburg, 1965, p. 302.
Stations (Données bibliographiques) : Adélaïde, Mannum on the Murray Biver (South Australia).
Buddelundia bulbosa Wahrberg 1922
Bibliographie. — Wahrburg, 1922, pp. 204 et 218.
Station. — (D’après une donnée bibliographique). — Kimberley District (Western Australia).
Sous-Famille des Akermaninae
Nous rassemblons dans une sous-famille des Akermaninae neuf genres qui correspondent au
terme de l’évolution armadillidienne. Ils comprennent plusieurs lignées, dont les unes dérivent proba¬
blement des Merulaninae, et d’autres, des Lobodillinae.
La réunion de ces lignées apparaît néanmoins justifiée, car elles présentent toutes un caractère
commun, que nous nous proposons de désigner par le terme de « dévolvation ».
Au lieu de présenter l’aspect d’une sphère, l’individu prend la forme d’un ovoïde plus ou moins
allongé. La moitié antérieure s’applique contre la moitié postérieure. En même temps, les pleurépi-
mères et les néopleurons s’étalent horizontalement, de chaque côté du corps. Parfois même, ils ont
tendance à se relever vers le haut, et à se creuser en cuvette. Souvent, ils s’amincissent et présentent
l’aspect d’un feuille allongée.
Cette « dévolvation » peut être comparée à celle que l’on observe dans certaines lignées d’Aramo-
nites, en particulier chez les Lytoceratidae, groupe surtout bien représenté au Crétacé, c’est-à-dire
peu avant la disparition complète de ce groupe de Céphalopodes. La coquille des Lytoceratidae est
Source : MNHN, Paris
150
L. VANDEL
partiellement, ou même presque complètement déroulée. La dévolvation de ces Oniscoïdes s’accom¬
pagne d’ailleurs d’autres manifestations régressives, particulièrement fréquentes au niveau du pre¬
mier pléopode mâle et de l’uropode.
Enfin, les Akermaninae sont encore caractérisés par une ornementation luxuriante, composée
de tubercules, d’épines, ou même de véritables aiguilles ( Calmanesia).
Les Genres d' Akermaninae, rangés dans l’odre chronologique de leur création.
1. — Diploexochus Brandt 1833.
2. — GlobarmadiUo Richardson 1910 *.
3. — Akcrmania Collinge 1919.
4. — Calmanesia Collinge 1922.
5. — Echinodillo Jackson 1933.
6. — Tridentillo Jackson 1933.
7. — Laureola Barnard 1960.
8. — Praeakermania n. g.
9. — Praelaureola n. g.
La Répartition géographique des Akermaninae. — Il serait difficile de trouver une distribution
aussi exemplaire de répartition gondwanienne que celle qui nous est offerte par les Akermaninae. Voici
la distribution des genres de cette sous-famille.
Amérique méridionale et centrale )
Afrique du Sud et Madagascar j
Australie j
Région Pacifique ^
Diploexochus
GlobarmadiUo
Akermania
Laureola, I
Calmanesia
Praelaureola
Laureola, II
Praeakermania
Echinodillo )
Tridentillo j
Brésil
Guatémala
Afrique du Sud, Madagascar
Afrique du Sud, Madagascar,
Sainte-Hélène
Madagascar
Australie orientale
Australie occidentale
Archipel Bismarck
Marquises
La Systématique des Akermaninae. — Les Akermaninae ne sont encore qu’imparfaitement
connus. Ils présentent une très grande variabilité, comme il est de règle chez les formes subissant
une évolution régressive. La répartition des espèces en des genres distincts est quelque peu arbi¬
traire. L’auteur du présent mémoire est conscient de l’état imparfait, et probablement provisoire, de
la systématique qu’il propose et qui est condensée dans le Tableau précédent.
Les Akermaninae australiens
Les Akermaninae australiens sont représentés par les deux genres Praelaureola et Laureola.
Le Genre Praelaureola n.g.
Justification. — Le nouveau genre que nous instituons est fort proche de Laureola. Cependant
sa création se justifie en raison de sa constitution plus normale, donc plus primitive, que celle de Lau-
1. L’absence des renseignements relatifs à la structure des pleurépimères chez les représentants de ce genre, ne
permet pas de lui attribuer une place définitive dans la classification.
Source : MNHN, Paris
I.ES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
151
reola. En particulier, l’uropode de Praelaureola est bien développé, alors qu’il est réduit chez Laureola.
Il en est de même pour le premier pléopode mâle.
Le genre Praelaureola est propre à l’Australie orientale. Dans l’état actuel de nos connaissances,
deux espèces doivent être classées dans le genre Praelaureola.
Praelaureola silvatica n.sp.
Morphologie générale.
Taille. — 7 mm.
Coloration. — Brun châtain.
Œil. — Composé d’une dizaine d’ommatidies.
Morphologie somatique.
Céphalon (Fig. 86). — La lame frontale dépasse notablement la surface du vertex, et se dresse
au dessus et en avant du céphalon. En son milieu la lame frontale est déprimée et inclinée vers l’arrière.
Fie. 86. — Praelaureola silvatica. — Vu du côté dorsal. Cette représentation comporte un certain arbitraire, en ce
sens que, sur l’animal entier, les péréionites sont fortement convexes. Ils ont été artificiellement aplatis, afin de
mettre clairement en évidence l'ornementation et la forme des pleurépimères et des néopleurons.
Source : MNHN, Paris
152
A. VAN DEL
Péréion. — Les tergites péréiaux sont fortement convexes.
Pleurépimères (Fig. 86). Le pleurépimère I est grand, et s’étend, en avant et en arrière, au-delà
du tergite. Il est creusé en cuvette.
Les pleurépimères II, III et IV sont extrêmement étroits. Le pleurépimère V est un peu long,
et de forme triangulaire. Les pleurépimères VI et VII sont composés d’une base élargie, et d’une pointe
triangulaire.
Schismas (Fig. 87, C). — Le pleurépimère I porte, à sa surface ventrale, et à son bord postérieur,
un petit lobe séparé de la paroi du tergite par une fossette. La disposition est la même sur le pleuré¬
pimère II mais, le lobe est plus petit et occupe une position médiane. Le lobe du pleurépimère III est
encore plus petit ; il occupe une position antérieure. Les pleurépimères IV-VII, ainsi que les néopleu-
rons ne présentent aucune fission sur leur face ventrale.
Pléon. — Le tergite 1 est invisible sur l’animal entier ; par contre, le pléonite 2 est bien apparent.
Les néopleurons 3, 4 et 5 sont de grande taille, et continuent sans interruption la ligne des pleu¬
répimères. Les néopleurons 3 présentent une forme analogue à celle des pleurépimères VI et VII,
c’est-à-dire qu’ils sont composés d’une base élargie qui se prolonge par une pointe triangulaire. Les
néopleurons 4 et 5 sont très allongés et très étroits.
Telson (Fig. 86). Le telson présente une base légèrement élargie qui supporte la partie principale
qui est de forme triangulaire.
Caractères tégumentaires.
L’ornementation de la surface dorsale est très riche. Elle est constituée de tubercules ainsi
disposés (Fig. 86).
Céphalon : le bord antérieur du vertex porte quatre grosses tubérosités, disposées par paires.
Au milieu du vertex prennent place deux tubercules paramédians. Au bord postérieur, sont insérés
cinq tubercules, dont l’un est médian ; les tubercules les plus latéraux cachent l’œil en partie.
Premier péréionite : le tergite porte deux tubercules antérieurs et deux tubercules postérieurs
paramédians. De chaque côté du tergite, prennent place quatre tubercules.
Fie. 87. — Praelaureola silvalica. — A, uropode, vu du côté dorsal ; B, uropode vu du côté ventral ;
C, les trois premiers pleurépimères (I, II et III) vus du côté ventral.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
153
Les péréionites II et VII présentent la même ornementation : chaque tergite porte trois paires
de tubercules spiniformes. De chaque côté, une épine s’associe au pleurépimère très effilé, pour dessiner
une figure en forme de fourche.
Le pléonite 2 ne porte pas d’épines ; il en est de même pour le pléonite 5. Les pléonites 3 et 4
portent, chacun, deux épines ; le telson porte, lui aussi, deux épines.
Appendices.
Les péréiopodes sont longs et grêles.
L 'uropode (Fig. 87, A et B) possède un exopodite bien développé ; il est un peu plus court que
le prolongement postérieur de l’uropode.
Caractères sexuels mâles.
Premier pléopode (Fig. 88, A). L’exopodite est petit, mais normalement développé, alors qu’il
est absent chez Laureola. Il ne présente aucun caractère de régression. L’appareil pseudo-trachéen
est normal.
Second pléopode (Fig. 88, C). — 11 ne présente aucun caractère particulier.
Stations. — 1) « In rain forest under logs ; Cangai, approx. 40 miles \V. of Grafton (New South
Wales). 12.1.1970 ; G. S. Hunt leg. »
2) « Under logs ; rain forest, Mt. Gibraltar National Park, W. of Grafton, (New South Wales).
H.i.1970 ; G. S. Hunt leg. »
Praelaureola canberrensis n.sp.
Morphologie générale.
Taille. — 11 X 4,5 mm.
Coloration. — Le corps est coloré en jaune très clair, à l’exception de la région antérieure des
tergites péréiaux qui sont franchement noirs ; ainsi, cette espèce présente une livrée rayée.
Œil. — l’œil est petit ; il est constitué par une dizaine d’ommatidies.
Fig. 88. — Praelaureola silvatica. — Mâle. A, premier pléopode ;
B, extrémité de l'endopodite du premier pléopode ; C, second pléopode.
Source : MNHN, Paris
154
k. VANDEL
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
155
Morphologie somatique.
Forme générale du corps. — Lors de la volvation, le corps ne prend pas une forme sphérique ;
il se reploie en deux moitiés qui s’appliquent l’une contre l’autre, en figurant un ellipsoïde. C’est une
image typique de dévolvation.
Cêphalon. — La lame frontale dépasse de beaucoup la surface du vertex, ce qui crée une certaine
ressemblance entre le cêphalon de cette espèce et celui d’un représentant du genre Merulanella.
Péréioniles (Fig. 89). — Tous les pleurépimères présentent des formes différentes les unes des
autres.
Pleurépimère I : il est largement étendu sur les côtés ; il se prolonge, en avant et en arrière,
par une pointe arron die ; sa face supérieure est légèrement concave.
Pleurépimère II : le pleurépimère II, convexe au bord antérieur, rectiligne au bord postérieur,
est étroit (égal au quart du tergite).
Pleurépimère III : ce pleurépimère est très étroit, et recourbé.
Pleurépimère IV : le pleurépimère IV est plus important que le précédent ; il est recourbé à
son extrémité.
Pleurépimère V et VI : ces pleurépimères présentent une forme rectangulaire ; ils se prolongent
par une pointe dirigée vers l’arrière.
Pleurépimère VII : ce pleurépimère présente une forme rectangulaire ; il se termine par une
longue pointe dirigée vers l’arrière.
Le Système d'engrenage (Fig. 90, A et B). — Le système d’engrenage de P. canberrensis est
beaucoup plus différencié que celui de P. silvatica (Fig. 87 C).
Le pleurépimère I présente, à sa face ventrale, et du c ôté postérieur un lobe rectangulaire,
parallèle au bord postérieur, et légèrement plus court que lui.
Le pleurépimère If porte un lobe inséré au bord antérieur ; il est élargi à son extrémité. Il est
nettement plus court que le pleurépimère.
Le pleurépimère III, ainsi que les suivants, ne possèdent pas de système d’engrenage ; mais,
ils sont comme cassés à leur extrémité ; la ligne de cassure correspond à un angle largement ouvert.
Pléonites (Fig. 89). — Les néopleurons des pléonites 3, 4 et 5 présentent une forme de faucille ;
ils sont de plus en plus étroits, lorsque l’on passe de 3 à 5.
Telson (Fig. 89). — Le telson est constitué de deux parties séparées par un rétrécissement. Le
bord postérieur est légèrement excavé.
■Caractères tégumentaires.
Cette espèce, tout comme la précédente, est très ornée.
Cêphalon (Fig. 89). — La région antérieure du vertex porte deux bosses légèrement saillantes.
La moitié postérieure est ornée de protubérances plus élevées ; elles sont au nombre de six.
Premier péréionite (Fig. 89). — Le pronotum est orné de deux grosses protubérances arrondies.
Le metanotum est orné de cinq paires de protubérances, et d’une épine postérieure, impaire.
La protubérance externe est petite. La protubérance insérée à la limite du pleurépimère et du tergite
est de très grande dimension ; elle présente une forme de carène ; son insertion est très large ; sa pointe
dépasse largement le bord postérieur du segment. Une protubérance plus interne présente le même
aspect, mais elle est de moindre dimension, et sa pointe ne dépasse pas le bord postérieur du segment.
Les deux autres protubérances sont spiniformes.
Second péréionite. — La disposition des tubercules ou épines est semblable à celle qui orne le
rnétanotum du premier péréionite.
Troisième péréionite. — La disposition des protubérances est la même qu’au segment précédent ;
cependant, la taille des protubérances latérales est moindre.
Quatrième, cinquième et sixième péréionites. — Les tergites de ces trois segments sont ornés de
cinq paires de tubercules et épines, et d’une épine impaire, médiane et postérieure.
Source : MNHN, Paris
156
A. VANDEL
Septième péréionile. — Le tergite porte cinq paires de tubercules, dont le second — en partant
de l’extérieur — est énorme. L’épine impaire et postérieure fait défaut.
Pléon (Fig. 89). — Le tergite 2 est dépourvu d’épines. Les tergites 3, 4 et 5 portent une paire
d’épines.
Appendices.
Antenne. — L’article proximal du flagelle est cinq fois plus court que le distal.
Péréiopodes. — Ils sont allongés et grêles.
Uropode (Fig. 90, C). — L’uropode est d’un type tout à fait normal, et ne présente aucun carac¬
tère de réduction. L’endopodite est relativement court ; son extrémité n’atteint pas le bord postérieur
du telson. L’exopodite est inséré dans une logette, située à la face externe du prolongement postérieur
du protopodite. Il est remarquablement allongé, encore qu’il n’atteigne pas l’extrémité de l’endopodite.
Fig. 90. — Praelaureola canberrensis. — A, vue ventrale des trois premiers pleurépimères (I, II et III) ; B, vue oblique
des pleurépimères II et III : c.c. cavité coxale, cr.r. crête de reploiement, ep. épine, l.ex.II lobe externe du pleuré-
pimère II, l.ex.JlI lobe externe du pleurépimère III, l.i.Il lobe interne du pleurépimère II ; C, uropode vu du
côté ventral.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
157
Station.
Cette espèce n’a été récoltée jusqu’ici que dans une seule station :
« Brindabella Range, Canberra District, A. C. T. — Under logs in wet sclerophyll forest. —
27.xn.1969. — G. S. Hunt leg. ».
Comparaison des deux espèces appartenant au Genre Praelaureola
Les deux espèces constituant le nouveau genre Praelaureola étant proches l’une de l’autre, il
nous a paru opportun de les confronter dans un Tableau comparatif.
Tabeau Comparatif des deux espèces du Genre Praelaureola
xilvalica
canberremis
Coloration .
Taille .
Ornementation, Céphalon.
Péréion.
Pléon .
Pleurépimères.
Système d’engrenage.
Telson.
Uniforme
7 mm
Une épine postérieure impaire
Pas d’épine postérieure impaire
Quatre paires de tubercules sur
II-VII
Tubercules ou épines de taille
moyenne
Pas de tubercule sur 3
Pleurépimères 2-5 filiformes
Intéressant les trois premiers pleu¬
répimères
Triangulaire
11 mm
Pas d’épine postérieure impaire
Une épine postérieure impaire,
sauf sur VII
Cinq paires de tubercules sur II-
VII
Le second tubercule, en partant
du bord externe, de taille
énorme
Une paire de tubercules sur 3
Pleurépimères 2-3 étroits, mais
non filiformes
Intéressant les deux premiers pleu¬
répimères
En forme de sablier
Le Genre Laureola Barnard
Historique. — La première citation de ce genre apparaît dans une publication de Barnard (1960 a,
p. 507) lorsqu’il écrit : « The genus Akermania includes two groups of species : spinosa Collinge 1919,
coronata Barnard 1949 and syloatica Barnard, Mém. Inst. Sc. Madagascar. — Sér. A ; Tome XII, p. 95
(Madagascar) with truncate telson ; paucispinosa Barnard, 1949, longispina Barnard 1956, and the
présent n. sp. [A. micranlha ], with acutely pointed telson. Eventuallv the second group will probably
be distinguished subgenerically, if not genericallv. »
Ultérieurement, l’auteur (Barnard, 1960 b, p. 52) concrétise cette distinction, en créant un
nouveau genre, distinct d'Akermania Collinge : le genre Laureola n.g. ; le génotype de Laureola
est l’espèce paucispinosa Barnard.
Définition du Genre Laureola. — Barnard (1960 b, p. 52) soutient que le caractère qui permet
le mieux de distinguer Laureola d'Akermania réside dans la forme du telson ; tronquée, dans le pre¬
mier genre, pointue, dans le second.
Source : MNHN, Paris
158
A. VANDEL
En fait, ce caractère paraît mal choisi. Nous lui préférons celui qui est tiré de la forme des pleu-
répimères.
Chez Akermania, seuls le pleurépimères II, III et IV sont allongés en pointe ; les pleurépimères V,
VI et VII sont larges, de forme quadrangulaire ou triangulaire.
Chez Laureola , tous les pleurépimères, à l’exception du premier, sont prolongés en pointe ; et,
parfois aussi, les néopleurons. Cette transformation a pour effet de donner un aspect foliacé, fort étrange,
aux représentants de ce genre. Elle s’accompagne d’une tendance à la « Dévolvation » qui est beau¬
coup plus marquée que chez Akermania, genre encore à peu près eusphérique.
Si l’on adopte ces critères, il convient de ranger hystrix Barnard, propre à Madagascar, et atlan-
tica Vandel, de Sainte-Hélène, dans le genre Laureola, et non dans le genre Akermania.
Quant au système d’engrenage, il varie suivant les espèces. Chez certaines d’entre elles, telles
que silvatica, il est semblable à celui des Merulaninae ; par contre, chez wilsmorei, il appartient au
type caractéristique des Lobodillinae.
Enfin, Laureola se distingue de Praelaureola par la disparition de l’exopodite du premier pléo-
pode mâle, et de l’exopodite de l’uropode.
La Répartition géographique du Genre Laureola
Neuf espèces de Laureola peuplent l’Afrique du Sud (Transvaal, South Rhodesia, Mozambique)
et deux îles adjacentes, Madagascar et Sainte-Hélène ; enfin, une dernière espèce a été récoltée en Aus¬
tralie occidentale.
C’est là un remarquable exemple des affinités fauniques que l’on relève entre l’Afrique du Sud
et l’Australie ; et, d'une façon plus générale, entre les terres australes.
Laureola wilsmorei (Nicholls et Barnes)
Bibliographie. — Nicholls et Barnes, 1926, p. 150 ; Barnard, 1932, p. 318.
Place dans la classification. — Nicholls et Barnes (1926, pp. 149-150) remarquaient que la
nouvelle espèce qu’ils avaient décrite sous le nom de Cubaris wilsmorei apparaissait très voisine des
représentants du genre sud-africain Akermania.
Barnard (1932, p. 318) confirme le diagnostic de Nicholls : « In my opinion wilsmorei should be trans-
ferred to Akermania, provided it has a broad pronotum, which feature is not mentionned by the authors. »
Dans une lettre datée du 21 mars 1947, le Professeur Geo. E. Nicholls m’écrivait : « I should
point out that the specimen recorded as Cubaris wilsmorei is incorrectly named. At the time I wrote,
that part of the paper, I felt convinced that my specimen was an Akermania but Collinge’s original
description of that genus (based on South African material) was so incomplète that I was unable to
record my specimen accordingly. Since our paper was published, Barnard in South Africa has called
attention to details of structure distinguishing Akermania which were not provided by Collinge and
in the light of Barnard’s work I now am satisfied that it is Akermania rather than Cubaris and if are
by any chance 1 having occasion to correct errors in nomenclature I should be pleased if you would
set this matter straight ».
Description. — Grâce à l’obligeance du Prof. Geo Nicholls et de Miss Helena M. Barnes, il m’a
été possible d’examiner des représentants de cette remarquable espèce, et d’apporter quelques complé¬
ments à la description originale.
Morphologie générale.
Dimensions. — Les exemplaires dont je dispose mesurent 3,5 mm. Cependant, Nicholls et Barnes
indiquent dans leur mémoire une taille de 6 mm.
1. Cette • chance > a dû attendre vingt-deux ans pour être satisfaite.
Source : MNHN, Paris
UES 1SOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
159
Coloration. — Les exemplaires conservés en alcool présentent une couleur jaunâtre. Les exem¬
plaires frais ont une teinte blanc crème, d’après Nicholls et Barnes.
Appareil oculaire. — L’œil est constitué de quatre ommatidies disposées en croix.
Morphologie somatique.
Forme générale du corps. — Cette forme — très évoluée — présente une nette tendance au dérou¬
lement. Les pleurépimères et les néopleurons sont relevés vers le haut.
Céphalon. — Un écusson bien délimité, en forme de losange allongé, rebordé dans sa partie
supérieure. Au centre de l’écusson, se creuse une fosette assez profonde. La pointe inférieure de l’écus¬
son se prolonge par une petite carène saillante, mais courte ; elle n’atteint pas le clypeus. La partie
supérieure de l’écusson dépasse de beaucoup la surface du vertex, et constitue une plaque frontale
saillante.
Péréion. — Les pleurépimères présentent une structure très remarquable (Fig. 91, C).
Pleurépimère 1. — La face supérieure du pleurépimère est creusée en forme de cuvette. Le bord
latéral est relevé et retroussé vers le haut. En avant, le premier pleurépimère se termine en pointe.
En arrière, il est fendu par un profond schisma. Le lobe inférieur dépasse nettement le lobe supérieur.
Pleurépimère IL — Le second pleurépimère se termine par une languette étroite et pointue.
Le lobe interne est très apparent en vue dorsale.
Fig. 91. — Laureola wilsmorei. — A, uropode; B, telson ; C, pleurépimères (I à Vil),
néopleurons (3 à 5) et telson t, en vue dorsale ; D, partie postérieure du corps.
Source : MMHN, Paris
160
A. VANDEL
Pleurépimères III et IV. — Us se terminent par une pointe légèrement relevée vers le haut.
Pleurépimères V, VI et VII. — Leurs extrémités sont pointues, relevées vers le haut, et portent
une longue épine à leur extrémité.
De plus, les pleurépimères III à VII portent, à la base de l’épine terminale, un petit lobule
arrondi ou ovoïde, qui représente probablement une tendance à la fissuration.
Pléon. — Tout comme le péréion, le pléon présente des caractères remarquables (Fig. 91, C
et D).
Pléonite 1. — Le premier pléonite est très étroit ; cependant, il atteint le bord latéral du corps,
et porte un petit néopleuron.
Pléonite 2. — Le second pléonite est très étroit ; il n’atteint pas le bord latéral du corps. Il est
dépourvu de néopleurons.
Pléonites 3 et 4. — Ces deux pléonites portent d’énormes néopleurons, étalés, terminés par une
pointe s’insérant sur un petit renflement ; ils continuent la série des pleurépimères.
Pléonite 5. — Les néopleurons du cinquième pléonite sont rectangulaires et dépourvus de pointe.
Telson (Fig. 91, B). Le telson qui est élargi à la base, se rétrécit progressivement pour se ter¬
miner en un lobe rectangulaire, à angles arrondis.
Appendices.
Uropode (Fig. 91, A). — Le protopodite est pentagonal ; l’endopodite est bien développé, tandis
que l’exopodite fait complètement défaut.
Caractères sexuels mâles.
Le caractère le plus remarquable, déjà signalé par Nicholls et Barnes (1926, p. 153), est l’absence
de l’exopodite du premier pléopode mâle. L’absence de l’exopodite est caractéristique du genre Lau-
reola.
Répartition géographique.
Cette espèce n’est connue que d’une seule station : Nornalup (Western Australia), sous un tronc,
sur le bord de la Frankland River.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L'AUSTRALIE
161
TROISIÈME PARTIE
CONCLUSIONS
Les Oniscoïdes australiens
Nous avons mentionné, dans notre Introduction, l’état de nos connaissances sur la faune iso-
podique de l’Australie. Il est bien certain que, grâce à l’amabilité et à l’efficacité de nos correspondants
australiens, nos connaissances sur la faune isopodique australienne se sont notablement accrues. Cepen¬
dant, nous ne saurions oublier que l’Australie est un continent aussi vaste que l’Europe (la Russie
non comprise).
Seule, la partie méridionale du continent australien a été prospectée sur le plan isopodologique.
La faune du Queensland demeuré très imparfaitement connue. Quant au nord du continent australien,
il reste — à une exception près — une « terra incognita » pour l’isopodologie.
Ainsi, lorsque nous parlerons de « faune australienne », il sera sous-entendu que nos propos
ne concernent que la moitié méridionale du territoire australien.
L’Australie en tant que lieu d’origine des Oniscoïdes
Encore qu’il soit difficile de retracer l’histoire des groupes zoologiques qui n’ont point laissé
de restes fossiles, les connaissances que nous avons acquises sur les Oniscoïdes nous permettent d'affir¬
mer que l’Australie est le lieu d’origine des Oniscoïdes. Car, en aucune autre région du globe, on ne
trouve rassemblé un aussi grand nombre de types primitifs d’Oniscoïdes que l’on peut qualifier du
nom de « fossiles vivants ».
Citons, à titres d’exemples, les Oniscoïdes suivants :
1) Le genre Ligioides, terme de passage entre les genres Ligia et Ligidium, et correspondant
au premier représentant d’un Oniscoïde exclusivement terrestre. Car, les représentants du genre Ligia
sont encore étroitement inféodés au milieu marin 1 .
2) Les Oniscidae du genre Hanoniscus correspondent (ainsi que les représentants du genre
Phalloniscus, propres à la Nouvelle-Zélande) aux types les plus primitifs de cette famille.
3) Les représentants du genre Auslraloniscus doivent être tenus pour les formes les plus simples
de la famille des Bathytropidae.
4) Rappelons que les Philosciidae correspondent à une fin de série dont les représentants pos¬
sèdent une organisation régressée par rapport à celle des Oniscidae. Or, les deux genres australiens
Eurygastor et Metriogaster établissent le passage entre les Oniscidae et les Philosciidae.
5) Enfin, l’exemple le plus remarquable et le plus probant en faveur de notre thèse, nous est
apporté par le genre Australiodillo. C’est le seul représentant de la famille des Armadillidae qui n’ait
pas encore acquis la faculté de se rouler en boule ; et, qui chez l’espèce insularis tout au moins, a conservé
les trois lobes frontaux de leurs ancêtres, les Oniscidae.
1. A l'exception de Ligia exolica qui peut pénétrer loin à l'intérieur des terres, en suivant le cours des fleuves.
3 564 ou
11
Source : MNHN, Paris
162
k. VANDEL
L’antiquité de la faune isopodique australienne est encore établie par la présence, dans le conti¬
nent austral, de types qui ne peuvent trouver place dans la classification, car leurs congénères ont
disparu du monde moderne. Tasmanoniscus en est un cas typique.
Certaines îles, en particulier Lord Howe Island, constituent des sanctuaires encore mieux pro¬
tégés que le continent australien. Rappelons que, sur le plan isopodique, cette île renferme deux espèces
à'Australiodillo, et aussi deux genres qui lui sont propres : Tasmanoniscus et Orthodillo.
L’isolement australien
L’intérêt du peuplement isopodique de l’Australie découle de la stabilité et de l’isolement de
ce continent. Il n’a effectué, au cours de sa longue histoire, que des déplacements de faible amplitude.
Il n’a jamais franchi la ligne équatoriale.
Par ailleurs, il est demeuré solitaire. Il a conservé sa pureté originelle, et sa vocation gondwa-
menne. II ne s’est pas accouplé — comme ce fut le cas pour l’Inde et l’Afrique du sud — avec des terres
étrangères.
II résulte de ce long isolement que le continent australien est devenu un asile pour nombre de
formes archaïques, disparues des autres régions du globe. Ainsi, au cours des temps, l’Australie est
devenue un véritable musée de formes archaïques. C’est pourquoi aucune autre région de notre pla¬
nète n’est aussi instructive pour l’isopodologue.
Les relations fauniques entre l’Australie et les autres Continents
Il est bien certain que l’éloignement dans lequel se trouve aujourd’hui l’Australie, par rapport
aux autres continents, est l’une des raisons qui rend compte de l’endémisme très accentué de la faune
australienne. Cependant, l’isolement de l’Australie n’a pas été permanent au cours de l’histoire du
globe. Et, même au temps présent, le monde australien demeure faunistiquement et floristiquement
relié aux terres qui l’entourent.
Les relations actuelles
Il suffit de jeter un coup d’œil sur une carte géographique pour apercevoir que l’isolement du
continent australien n’est point total. Si trois océans (indien, antarctique et pacifique) l’entourent
à l’ouest, au sud et à l’est, il est par contre, encadré et prolongé par une chaîne continue d’îles et d’archi¬
pels : Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie, archipels mélanésiens et indonésiens, Philippines, For-
mose. Cet ensemble qui s’étire sur plus de quatre mille kilomètres, peut être qualifié de « région paci¬
fique occidentale ». Elle appartient au domaine continental, et non point au monde océanique, comme
c’est le cas pour les îles du Pacifique.
Cependant, ces relations, évidentes sur le plan géographique, sont altérées sur le plan faunis¬
tique, par la variété des climats. Alors que la Nouvelle-Zélande possède un climat tempéré, la Nouvelle-
Guinée et la Mélanésie sont soumises à des conditions tropicales. Ainsi, les modulations climatiques
altèrent les relations fauniques, sans néanmoins les obnubiler complètement.
Il ne faut donc point s’étonner qu’en raison des différences climatiques, les affinités fauniques
entre l’Australie et les terres plus septentrionales soient moins nombreuses qu on aurait pu l’augurer L
Nous relèverons cependant la présence, en Australie et en Insulinde, des deux genres HybodiUo et
I^obodillo.
1. Rapoelons cependant que la faune isopodique du nord de l'Australie qui doit présenter un caractère
tropical, demeure complètement inconnue.
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE
163
Les relations anciennes
Les recherches des géophysiciens, poursuivies au cours des dernières années, nous ont permis
de reconstituer la longue histoire des terres émergées. Nous savons aujourd’hui, de façon certaine,
que les terres australes ont été jadis réunies en un bloc unique, le Gondwana.
Nous avons signalé ailleurs (VaNDEL, 1952), la remarquable distribution des représentants du
genre Styloniscus qui correspond à une distribution gondwanienne typique. Comme depuis lors, nos
connaissances en ce domaine ne se sont guère modifiées, nous permettons de renvoyer le lecteur à notre
mémoire de 1952.
Les relations intercontinentales
Au cours des temps, le visage de la terre s’est profondément modifié ; et, par voie de conséquence,
la répartition des peuplements animaux et végétaux en a été profondément affectée.
Nous limiterons notre exposé à l’examen de deux types de répartition biogéographique parti¬
culièrement remarquables. Ce sont les relations qui s’établissent entre peuplements australien, d'une
part, indien et africain, d’autre part.
Les rapports entre faunes australienne et indienne
Nous avons déjà évoqué ces rapports dans une note préliminaire (Vandel, 1972). Nous en repre¬
nons ici l’essentiel.
L’un de nos correspondants australiens, Mrs J. A. Springett, nous adressait récemment, quelques
Oniscoïdes appartenant à la famille des Bathytropidae. Ils ont été récoltés dans l’Hamelin Pool qui se
situe à 600 miles au nord de Perth, en Australie occidentale. L’étude de ces cloportes nous a conduit
à instituer pour eux une espèce et un genre nouveaux : Australoniscus springetti n.g., n.sp. Nous en
avons donné la description dans les pages précédentes (p. 42).
Quelques mois plus tard, le Dr Jochen Martens, leader d’une expédition zoologique allemande
au Népal, nous adressait une petite collection d’Oniscoïdes provenant de la partie de la chaîne hima-
layenne, comprise entre le Dhaulagari et l’Anapurna.
Cette collection renfermait plusieurs exemplaires d’un Australoniscus qui, au premier abord,
semblait être identique à celui Australie occidentale. Un examen plus approfondi de la forme
indoue a prouvé que l’espèce himalayenne n’est pas absolument identique au type australien. Nous
avons donné le nom d 'alticolus à cette seconde espèce.
Les caractères somatiques sont fort semblables dans les deux espèces. Cependant, l’extrémité
de l’endopodite du premier pléopode mâle est différente dans les deux représentants du genre Austra-
loniscus : elle est droite chez springetti, recourbée en crochet chez alticolus.
Une semblable répartition serait demeurée totalement inexplicable avant la découverte de la
« dérive des continents ». Dans le temps où les continents de l’hémisphère austral étaient encore réunis
en un ensemble, désigné sous le nom de Gondwana, l’Inde se trouvait encastrée entre l’Australie, le
Continent antarctique et l’Afrique (Fig. 93). Ce n’est qu'au cours du Crétacé que l’Inde s’est détachée
du bloc gondwanien ; libérée de ses entraves, elle s’est dirigée vers le nord, pour, finalement, s’accoler
au continent asiatique.
Les rapports entre faunes australienne et africaine
Citons trois exemples qui sont particulièrement démonstratifs.
1) Merulana. — Nous avons dit. (p. 126) que la majorité des espèces de ce genre — neuf sur
onze — est propre à l’Australie, à la Nouvelle-Calédonie et à l’île Chatham. Cependant, deux espèces
de ce genre peuplent Madagascar.
Source : MNHN, Paris
164
L. VANDEL
2) Lobodillo. — Ce genre est largement répandu dans la région pacifique occidentale (p. 142).
Cependant, nous avons fait remarquer que le « Diploexochus aearius », décrit par Barnard et provenant
d’Afrique du Sud, appartient incontestablement au genre Lobodillo.
3) Laureola. — Le genre Laureola peuple l’Afrique du Sud, ainsi que Madagascar et Sainte-
Hélène. Cependant, Nicholls et Barnes (1926) ont reconnu les étroites affinités qui s’instituent entre
l’espèce propre à l’Australie, et les formes africaines rangées, à l’époque, dans le genre Akermania,
mais qui, dans la systématique moderne, prennent place dans le genre Laureola.
Ces relations auraient paru autrefois inexplicables. Cependant, elles se situent, au temps pré¬
sent, sur un plan ignoré des anciens biogéographes : celui de « la dérive des continents ».
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DE L’AUSTRALIE 165
C’est à Herzen et Ewing que nous devons d’avoir mis en lumière l’origine et la signification
de l’Océan Indien. L’interprétation de ces deux géophysiciens a été entièrement confirmée par les
recherches modernes.
Une vaste « dorsale », en forme d’Y, traverse la totalité de l’Océan Indien. Elle correspond aux
lignes de rupture d’un ensemble continental qui réunissait autrefois trois fragments du Gondwana :
l’Afrique, l’Inde et l’Australie (Fig. 93). Il est généralement admis que l’éclatement du Gondwana
s’est produit à la fin du Jurassique ou au début du Crétacé.
Ainsi, l’appel aux données de la paléographie fournit une explication très satisfaisante de pro¬
blèmes qui, jadis, auraient paru insolubles.
Remarque finale.
Nous dirons, au terme de ce mémoire, que — aussi curieuse que puisse paraître cette affirmation
— l’étude d’infimes Cloportes apporte une confirmation de la justesse des concepts de la géophysique
moderne.
Source : MNHN, Paris
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Williams (W. D.), 1970. —■ Redescription of Haloniscus searlei Chilton, 1920 (Isopoda, Oniscoidea, Oniscidae)
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Wilson (J. Tuzo), 1963. — Hypothesis of carthes’s behaviour. Nature, Lond., CXCVII1 : 924-929.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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NORTHERN
territor“y
Queensland
western
australia
!«-' SOUTH
AUSTRALIA
SOUTH'
WALES
Fie. 94.
Carte de l'Australie,
portant les stations signalées dans le
VICTORIA
Abréviations :
AUSTRALIAN CAPITAL TERRITORY
QUEENSLAND = «?.).
NKYV SOI Tl I YVAI.ES = (N. S. \\ I.
NORTHERN TKRBITORY = (N. T.).
SOUTH AUSTRAIJA = (S. A.).
VICTORIA = (V.).
WESTERN AUSTRALIA = (W. A.).
Adélaïde (S. A.),
Album (W. A).
Armidaic (N. S. W.).
Antieline Cave (V.). près Ruelinn.
Arrowamith River (W. A.).
Arvunmll Cave (W. A), près Arrowamith Ri’
Auairuliun Alps (N. S. YV.J.
Augusia (YY'. A.).
Banvohha (N. S. W.).
Barrington Tops (N. S. W.).
Bathurst (N. S. W-).
Bellenden Kcr (Q.).
Blaekall Range (Q.).
Bine Mountain» (N. S. W.).
Bluff Cliff (W. A.), prè» Eucla.
Boorabbin (W, A.).
Boyanup (W. A.),
Boyd Plateau (N. S. W.),
Bridgctnwn (W. A.),
Brindahella Range (A. C. T.).
Brisbane (Q.)-
Broome (W. A).
Broome Hill (W. A.),
Brunswick (V.), faubourg de Melbourne.
Buchttn (V.),
Budawang Ranges (N. S. YY.). prè» Nowra.
Bugaldie (N, S. W.).
Bunbury (W .A.),
Bungonia Caves area (N. S. W.), près Cri
Calgadup Cave (W. A.), près Augustu.
Canberra (A. C. T.).
Cangai (N. S. W.). près Grafton.
Cannington (W. A.), quartier de Penh,
Canobolas Mt (N. S. W.), près Orange.
Cornue Isle (W. A.).
Carrai Plateau (N. S. YY'.), près Kcmpsey.
Cedar Creek (Q,),
Chillagoe (Q.).
Christmas Creek (Q.).
Clayton Creek (S. A.), près Lac Evre.
Collie (W. A).
Colosseum (Q.).
Condoholin (N. S. W.),
Cooktown (Q.).
Cooper (YV. A), Créai Victorien Désert,
Coolgardir (W. A.),
Cottealoe (W. A.).
Crawley (W. A.), près Perth,
Dav Dawn (W. A), près Lac Austin.
Denham (W. A.),
Dividing Range (Q., N. S. W.. V.).
Dongarra (W. A.).
Donnvbrook (W. A.),
Eastereavc (W- A.), près d'Augustu,
Edel Land (W. A.),
Emperor Mt (N. S. W.).
Eradu (N. S. W. ou W. A).
Eucla (W. A),
Evclvn (Q ).
Eyre Péninsula (S. A.),
Frecmantlc (W. A),
Cayndah (Q.),
Celant ipv (V.),
Ceraldton (W. A.),
(liants Caves (W. A), prè» d'Augustu.
Gibraltar Mt (N. S. W.). près Crufton,
Cille» Uke (W. A),
Clcn Leinington (Q.),
Cooseberrv Cave (W, A), près Jurien Bay.
Gover Mt (Lord llowe Islatul).
Crafton (N. S. W.).
Créât Barrier Reef (au large de Q., dans Coral sea).
Créât Vietorian Desert (W. A).
Creenough River (W. A ),
Cruulborn (N. S. W.),
Cuiljford (W. A.), environ» de Perth.
Hutnelin Pool (W. A),
Hamilton Mt (V.),
Harvey (W. A), près de Collie.
Hebertun (Q.),
Higgins Dam,
Océan
Great
ndien
Barner
Océan
Pa cifique
Troua h
i » r(i
* How
Tasman
Basin
siana
Jacob» Hiver (V.), près Jindabyue,
Jurraltdulc (YV. A.),
45 Jcnolan Caves (N. S. W.).
Jcogla (N. S. W.). est d'Armidalr,
46 Jindabvne (V.),
47 Jurien bay (W. A),
48 Kalgoorlie (W. A),
49 Kangaroo Island (S. A),
Karrakutta (W. A), quartier de Perth.
50 Kempsey (N. S. YV.),
Kimberlry district (W. A.).
Kivcr Cave (W. A), près Arrowamith River,
Kokatca Creek (W'. A.), se jette dans la Creenough River.
51 Kosciusko Mt (N. S. W.),
Labvrinth Cave (W. A). Région d'Augusta.
I.ane Cove (N. S. W.). faubourg de Sydney.
52 Lenni» (W'. A). Créât Vietorian Desert.
Lion Mill (W. A).
Little Red Lily Swamp (N. T.).
53 Logan Village (Q.).
54 Loril Howe Island (Pueifique Occidental).
Lynch Cave,
55 Mac Kurlune Lake (S. A). Evre Péninsula.
56 Madura (W. A),
Mnilunda (Q.),
Mannuni (S. A.), sur la Murray Hivrr.
Margaret River (W. A), prè» d'Augustu.
Melbourne (V.).
Mirando Lake (W. A.),
Moonyoonooka (W. A.),
Moora (W. A).
Mundaring Weir (W. A), est de Perth.
Murindal (V.),
Murrawyinea Cave (S. A.), daas Nullarbor Plant.
Murray River (S. A).
Narrabeen (N. S. W.). faubourg de Sydney.
Newcastle (N. S. W.).
Nicobar Island (Australie occidentale).
Norfolk Rise (Pacifique Occidental), au large de la Nou¬
velle-Calédonie,
Nornnlup (W. A.).
Northamplon (W. A),
Northwest Kup (W. A),
Novae Hollundiae. ancien nom de l'Australie,
Nowra (N. S. W.).
Nullarbor Plain (S. A).
Nyngun (N.S.W ).
Orange (N. S. W.),
Pannikin Cave (S. A), dans Nullarbor Plain.
Peak Downs (Q.).
Pélican Point (YV. A), sur la Swan River,
70 Perth (W. A).
Quilty's Mountain» (N. S. W.),
71 Rason (YV. A),
72 Richmond River (N. S. W.).
Robinson Mt (W. A), prè» Kalgoorlie,
73 Rnrkhainpton (Q.),
74 Roper River (N. T.),
75 Rottnrst (W. A.),
Rvde (N. S. YV.). près de Sydney.
76 Shark Bay (W. A.).
Stockyird Gully area (W. A), au nord de Jurien Bay .
Sausage Cave (V.).
Subiaco (W. A.), quartier de Perth.
77 Sydney (N. S. W.).
78 Swan River (W. A).
Swred River (N. S. W.).
79 Tambellup (W. A), près de Perth.
Tamltourine Mt (Q.),
Tasman basin (entre la Tasmanie et l'état de Victoria).
Torhav (W. A), près Albunv.
I lladullu Trough (Pacifique Occidental).
YVallby Creek (V.), prè» Melbourne.
\Val|>olc Inlet (Pacifique Occidental).
Weelawadji Cave (W. A.), près Jurien Bav.
Wheat Bell (YV. A), afllurnt de la Creenough Hiver.
80 Wilson Bluff (W’. A), Eucla Basin.
YY’itehcliff Cave (YV. A), environs d'Augusta.
YVoorolo (YV. A).
81 Yalgoo (W. A).
Yallingup (W. A.), près Bunhury.
Yanchep Cave (W. A.), près de Perth.
Yarrabah (Q.),
8,3 York (W. A).
Bl York Cape (Q.). Source : MNHN, Paris
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3 564 011 6
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : AANHN, Paris
. i DEC. 1973
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garnie, 16, rue Buffon, Paris (5 e ) ; sans périodicité. _
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depuis 1924.
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