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MÉMOIRES
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série A. Zoologie
TOME VIII
FASCICULE 7.
A. VANDEL.
LES ISOPODES TERRESTRES DES AÇORES
PARIS
EDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1956
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Ji 2ÇD Ci
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
Série A. Zoologie. Tome VIII, fascicule 7. — Pages 249 à 264.
'LES ISOPODES TERRESTRES DES AÇORES
par A. Vandel,
Associé du Muséum.
INTRODUCTION.
L’origine des faunes qui peuplent les Iles Atlantides, c’est-à-dire
les quatre archipels des Açores, de Madère, des Canaries et du Cap
Vert, pose de nombreux problèmes que l’on ne saurait résoudre par
une solution unique. Chaque cas exige une réponse particulière.
Les Isopocfes terrestres constituent d’excellents indicateurs bio¬
géographiques. L’étude d’un abondant matériel provenant des Iles
Atlantides m’a permis d’aborder l’examen des problèmes biogéogra¬
phiques soulevés par l’origine de la faune de ces archipels. Une note
a été consacrée aux Oniscoïdes du Cap Vert (Vandei.. 1954 a) ; un
autre mémoire à la faune isopodiquc des Canaries (Vandel, 1954 b) ;
une étude sur les Isopodes de Madère est en préparation. Le présent
article est consacré aux Oniscoïdes des Açores.
Les Isopodes terrestres des Açores.
Les Isopodes terrestres des Açores ont déjà fait l’objet d’un nom¬
bre important de publications (Morki.kt, 1890 ; Drouet, 1891 ; Th.
Rarrois. 1887, 1888 ; de Gtn:n\i:. 1887, 1888 ; Dollfis, 1887, 1889 a
et b, 1899 c, 1899 ; Sc.harff, 1908 ; Paulian de Féi.ic.e, 1949; Chapman
et Santler, 1955).
Cependant, ces études sont pour la plupart anciennes, et ce serait
une erreur de croire qu’elles fournissenl une idée exacte de la faune
isopodiquc des Açores. En particulier, elles concluent à l’existence de
nombreuses espèces endémiques propres à l’archipel des Açores (Tri-
choniscus chavcsi, Tr. insnlxiris, Chuoesia coslulata, Armadilloniscns
liiberculatus, Philoscia guernei. Metoponorthus bnrroisi). Or, c’est là
une conclusion entièrement fausse. Nous dirons que tous les Onis¬
coïdes récoltés dans les iles açoréennes sont des espèces européennes
Mémoikes dc Muséum. Zooi.oc.ik, l. VIII. j ( ;
Source : MNHN, Paris
250
A. VANDF.I.
présentant une large dispersion et très certainement importées dans
l’archipel. La faiblesse de beaucoup de travaux biogéographiques et
leur médiocre valeur démonstrative proviennent du fait que trop sou¬
vent ils se fondent sur des déterminations erronées. Une systématique
irréprochable constitue la base indispensable à toute élude biogéogra¬
phique.
Liste révisée des espèces d’Isopodes terrestres
RECI'EII.I.IES DANS l.’ARCHIPEL DES AÇORES.
La liste suivante a été établie en suite de la révision des Collec¬
tions du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, et de l’examen de
récoltes effectuées par M. Joaquim Matep dans les îles de Sào Miguel
et de Santa-Maria, par M. Antonio de Barros Machado, dans l’île de
Sào Miguel, et par M. l’Abbé Hoksti.anpt. dans les îles de Pieo, Ter-
ceira, Sào Miguel et Santa Maria. Celle liste comprend vingt-trois
espèces ou sous-espèces.
FAMILLE DES TYLIDAE.
Tylos latreillei Audouin.
Doi.i.fus, 188!) />. 1890 b, 18!)!» ; Strofhai., 1929 ; Arcwgei.i,
1928 ; Papi.ian de Fémce, 1940 ; Soika. 1954.
Cette espèce a été récoltée dans l’île de Graciosa, mais elle est
vraisemblablement répandue dans tout l’archipel. Celle espèce halo-
phile présente une très large dispersion qui correspond à une réparti-
lion de type mésogéen : elle comprend tous les rivages de la Méditer¬
ranée et de la Mer Noire : les côtes atlantiques de l’Ancien Monde
depuis Lorient jusqu’à Dakar ; les archipels atlantiques (Açores,
Madère, Canaries, Cap Vcrl, Bermudes) ; et, les rivages de la mer des
Antilles (Floride, Honduras, Porto-Bico, Colombie, île Margarita au
Venezuela). La forme récoltée à Graciosa appartient à la sous-espèce
europneus Arcangcli (Soika, 1954).
FAMILLE DES U(',U1).\E.
Liqia italica Fabricius.
Harrois, 1887. 1888 ; Doi.i.it .s. 188!) n et />. 1893 a et b , 1899 :
Scharef, 1903 ; Pait.ian de Fémce. 1940 ; Vandei., 1940 n, 1948 ;
Chapman et Santler, 1955.
Cette espèce a été récoltée à Florès, à Sào Miguel cl à Santa-Maria.
La répartition de cette espèce, d’origine probablement atlantique et
non méditerranéenne (Vandei., 1948) est très vaste. Elle comprend
les archipels atlantiques (Açores, Madère, Canaries et peut-être l’archi-
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DES AÇORES.
251
pel du Cap Vert) ; le Cap Saint-Vincent, au Portugal ; enfin, toutes
les côtes de la Méditerranée et de la Mer Noire, où elle est fort com¬
mune.
FAMILLE DBS TRKHONISC1DAE.
Miktoniscus chavesi (Dollfus).
Bibliographie. — Doi.lfils, 188!) a et />. 1899 ; Cari.. 1908 ; Pau-
i.ian de Féi.ice, 1946.
Synonymie. — ? Trichoniscus insultais Dollfus 1889,
Miktoniscus biset os us Vandel 1946.
Trichnniscus insularis Dollfus, connu par un seul exemplaire
recueilli à Florès, est probablement identique à chavesi Dollfus, mais
comme le « type » tVinsularis n’existe plus dans les collections du
Muséum d’Histoire naturelle de Paris, il est impossible de savoir à
quelle espèce se rapporte le terme d’insularis.
Miktoniscus chavesi appartient très certainement à la même espè¬
ce que .1/. hisetosus Vandel qui peuple le nord du Portugal et la Galice.
On observe quelques différences entre la forme du Portugal et celle
des Açores, différences qui portent essentiellement sur les caractères
sexuels mâles. La raison de ces différences doit être cherchée dans
l’état de développement incomplet des mâles aeoréens qui n’a point
permis aux caractères sexuels de s’exprimer dans toute leur plénitude.
Il convient, semble-t-il, de rechercher dans le climat açoréen, plus uni¬
forme et plus humide que celui du continent, l’origine de cette réduc¬
tion des caractères sexuels mâles.
Ecologie. Cette espèce n’est pas une forme littorale comme
.1/. patiencei Vandel. C’est un huinicole que l’on récolte dans les bois,
loin de la mer.
Répartition. On ne saurait guère douter de l’origine ibérique
de M. chavesi et de son introduction par l'homme, à une époque
récente, dans l’archipel açoréen. A l’heure actuelle, M. chavesi est
largement répandu aux Açores ; il a été récolté dans les îles de Florès,
de Payai, de Pico, de Terceira et de Sâo Miguel.
Trichoniscus pusillus pusillus Brandi.
Doi.lkus, 1889 a et h, 1899 ; Padi.ian de Félic.e, 1946.
Cette sous-espèce a été récoltée à Fayal, Pico, Terceira et à Sâo
Miguel. Cette sous-espèce, caractérisée par sa reproduction parthéno-
génétique. présente une très vaste répartition qui comprend la plus
grande partie de l’Europe, les Açores et Madère, et enfin, l’Amérique
du Nord, depuis la côte atlantique jusqu’aux rivages du Pacifique.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEI.
Trichoniscus pusillus provisorius Racovitza.
Quelques exemplaires de celle sous-espèce, se reproduisant par
la voie bisexuée normale, onl été recueillis à Sâo Miguel (Coll. Muséum
de Paris). Cette sous-espèce est largement répandue en Europe occi¬
dentale ; elle a été, en outre, récollée en Turquie, au Liban, en Algé¬
rie et à Terre-Neuve.
Haplophlhalmus danicus Budde-Lund.
Une forme provenant de Sào Miguel et décrite par Doi.i.i rs sous
le nom de Chavesia costulaln, est restée longtemps énigmatique, encore
qu’elle ait été à maintes reprises mentionnée dans les listes faunis¬
tiques (Doi.i.fi s, 188!) a et />. 1899 ; Bi dde-Li nd, 1900; Racovitza,
1908 ; Arcangei-i, 1928 ; Paclian de Félice, 19461. Or, l’examen des
types de Chavesia coshilala conservés au Muséum d’Histoirc naturelle
de Paris prouve qu’il ne s’agit de rien autre chose que d’une espèce
très banale : Haplophthalmus danicus Budde-Lund. D’ailleurs, les col¬
lections rassemblées par l’Abbé Hoestlandt renferment plusieurs exem¬
plaires d'H. danicus recueillis à Sào Miguel.
H. danicus représente une espèce expansive répandue dans toute
l’Europe, l’Asie Mineure et une grande partie de l’Amérique du Nord.
Cette espèce a été également recueillie à Ténérife, à Madère et au
Japon.
Haplophlhalmus perezi Legrand.
L’Abbé Hoestlandt a recueilli des exemplaires de celte espèce
dans les îles de Terceira et de Sào Miguel. //. perezi est largement
répandu en Europe occidentale, où il atteint la Norvège, au nord, l’Au¬
triche et la Slovaquie, à l'est.
FA Ml LE DES OXISCIDAC.
Armadilloniscus candidus Budde-Lund.
Dolli gs (1889 a et />. 1899) signale la présence, aux Açores, d'un
Armadilloniscus qu’il nomme luherculalus n. sp„ et que Pai i.ian de
Félice (1940) mentionne sous le nom erroné de coshilala. Cette nomen¬
clature se fonde sur l’examen d'un seul exemplaire recueilli à Capelas
(île de Sào Miguel). Cci exemplaire a été heureusement conservé dans
les collections du Muséum d’Hisloire naturelle de Paris. Son examen
prouve qu’il s’agit simplement d’un exemplaire jeune d’A. candidus.
On sait que, chez les jeunes individus d’.t rmadilloniscus, la sculpture
est particulièrement apparente, alors qu’elle est effacée chez les exem¬
plaires de grande taille. L’exemplaire des Açores présente des tuber-
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DES AÇORES.
253
cilles 1res marqués ; si l'élude d'un malériel plus abondant révélait la
constance de ce caractère, on pourrait tenir la forme açoréenne pour
une variété d’d. candidus, de même qu'Oniscus nodulosus doit être
considéré comme une variété d'O. asellus.
Cette espèce halophile peuple les rivages de la Méditerranée occi¬
dentale (France, Corse, Algérie, Tunisie). L’aire de répartition de cette
espèce est probablement plus vaste qu’il n’apparaît, mais la recherche
de ces petits halophiles qui sont difficiles à découvrir n’est fructueuse
que si elle est efl’ectuée par un spécialiste.
Armadilloniscus littoralis Budde-Lund.
L’Abbé Hoksti.andt a recueilli cette espèce sur les côtes des îles
de Pico et de Santa Maria. Cette espèce est largement répandue sur
les côtes méditerranéennes de la France, de l’Italie, de la Dalmatie
et de la Grèce.
Halophiloscia couchi (Kinahan).
Dollfus, 1889 a et b , 1896 b, 1897 a, 1899 : Scharff, 1903 ;
Paui.ian de Félice, 1940.
H. couchi a été recueillie dans les îles de Fayal, de Graciosa et de
Santa-Maria. Cette espèce présente une très large répartition, comme
il est de règle chez les halophiles. Elle peuple tous les rivages de la
Méditerranée et de la Mer Noire, aussi bien au nord qu’à l’est et au
sud. Elle se rencontre d’autre part sur les rivages atlantiques de l’An¬
cien Continent depuis l'Ecosse jusqu'au Cap Vert. Elle a été enfin
récoltée dans les Iles Atlantides (Açores, Canaries, archipel du Cap
Vert).
Chaetophiloscia guernei (Dollfus).
De Gukrnk, 1887, 1888 ; Dollfus, 1887, 1889 b. 1896 c, 1897 a ,
1899 ; Paui.ian de Félice, 1946.
Cette espèce, décrite par Dolleus, a été capturée dans les cratères
de Florès, de Corvo et de Fayal. M. Mateu en a récolté quelques exem¬
plaires à Sao Miguel (Setc Cidades ; Nordeste) dans la Laurisilva, et
l’Abbé Hoestlandt, dans les îles de Pico, de Terceira et de Santa
Maria.
Cette espèce n'étant connue que par les publications anciennes
de Dolli us, il parait utile d’en donner une description renouvelée.
Cette description se fonde sur l’examen des types de la collection
Dollfus et les exemplaires récoltés par M. Mateu.
Description. — Taille : 5-6 mm.
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL.
254
Coloration. Le péréion présente trois bandes pigmentées, une
médiane et deux latérales, séparées par les zones de linéoles qui sont
claires. Les pieu répi mères sont pigmentés à l’exception d’une tache
blanche qui est longitudinale sui lis péréioniles l-IV et oblique sur
les segments V-VII. Le pléon est à peu près entièrement pigmenté,
la région médiane étant plus foncée. Les péréiopodes (en particulier
les basis) et les pléopodes sont pigmentés.
Certains exemplaires sont largement décolorés. La dépigmentation
intéresse le vertex, la région antérieure et médiane du péréion et par¬
fois le teison. Le pléon reste en général complètement pigmenté. Chez
les exemplaires à face dorsale partiellement décolorée, les appendices
le sont également.
Œil : de taille normale, formé de 12-13 ommatidies disposées en
trois rangées.
Charlophilosciii yiiernci mâle. A, pléeon ; IJ, antcnnulc :
end île du innxillipède ; I) cl K, premier plÿopndc.
Caractères lêyinnentaires. a) Téguments lisses, brillants, recou¬
verts de fortes soies, bien visibles au binoculaire.
h) Noilnli latérales grands, bien apparents au binoculaire. Le
nodulus l est silué un peu en avant du milieu du segment ; les noilnli
se rapprochent progressivement du bord postérieur lorsque l’on exa¬
mine les péréioniles de l’avant vers l’arrière. L’écartement des noduli
par rapport au bord latéral du segment atteint son maximum au
niveau du péréionite IV.
Source : MNHN, Paris
LUS ISOI’ODES TERRESTRES DES AÇORES.
255
ci Sillon latéral faible, peu apparent. Le sillon est dépourvu de
pores glandulaires, mais il est garni de fortes soies.
Caractères somatiques. a) Forme générale du corps : corps
étroit, allongé, à côtés presque parallèles.
b) Céphalon de type chaetophiloscien (Vandkl, 1943). Une ligne
supra-antennaire, mais pas de ligne frontale individualisée. Le vertex
se replie vers le front en dessinant une courbe arrondie.
c) Péréion : plcurépimèrcs étroits. Les angles postérieurs du
péréionite I sont arrondis ; ceux de II-II sont droits ; ceux de IY-Y1I
forment des pointes de plus en plus prononcées.
d) Pléon (Fig. I Ai de type chaetophiloscien, étroit, fortement en
retrait sur le péréion. Néopleurons petits, ressérés.
ei Telson (Fig. 1 A) en forme de triangle à sommet arrondi.
Appendices. a) Anlennule (Fig. 1 B) : le troisième article porte
des aesthetascs disposés en quatre étages ; les deux aesthelascs api-
eaux sont fort longs.
b) Antenne grêle, hérissée de soies dressées.
c) Mandibule droite garnie d’un pénicillé et d’un processus séti-
fère lacinié en éventail ; mandibule gauche ornée de deux pénicillés
et d'un processus sétifère.
d) Maxillipède (Fig. 1 C) : enditc armé de deux fortes tiges, mais
dépourvu de pénicillé.
c) Uropode (Fig. 1 A). Le hasis atteint l’extrémité du telson ; il
est fortement caréné sur son bord externe. L’cxopodite est très allongé,
deux fois plus long que le telson, très étroit et fortement caréné. L’en-
dopodite est aplati ; il atteint environ la moitié de la longueur de
l’exopodite.
Caractères sexuels imites. a) Péréiopode 1 : pas de brosse car-
pienne.
b) Péréiopode YII dépourvu de différenciation sexuelle.
c) Premier pléopode (Fig. 1 1) et El : de très fines épines garnis¬
sent la pointe terminale de l’endopodite.
di Second pléopode : l’endopodite dépasse à peine l’exopodite.
Place systématique et affinités. Cette espèce a été considérée
jusqu'ici comme une forme endémique, propre aux Açores. L’étude
renouvelée qui vient d'en être faite conduit à rejeter cette conclusion.
Il est incontestable que celle espèce appartient au genre Chaetophi-
loscia ; or, ce genre présente, comme il est connu depuis longtemps,
une répartition typiquement orientale. Les Chaetophiloscia, très nom¬
breuses en Europe orientale, deviennent rares dans l’ouest de l'Europe.
Une seule espèce, Ch. elongata, qui représente une forme expansive,
atteint le nord de la péninsule ibérique, mais elle fait défaut dans le
sud de l’Espagne et au Portugal. Ch. guernei est très vraisemblable-
Source : MNHN, Paris
A. VANDEL.
250
menl une forme égcidienne, sans qu’il soit possible de la rattacher
pour l’inslanl à une forme connue. Elle se rapproche de Ch. pseudo-
cellaria Arcangeli, dont elle diffère par la constitution de l’antennule.
Par contre l’antcnnule de Ch. hujoi Arcangeli est semblable à celle de
guernei, mais le premier plcopodc mâle est différent. Par la forme du
premier pléopode mâle, ('.h. guernei parait très voisine de hudjissaran-
losi Strouhal et de solerii Arcangeli, mais elle en diffère par l’absence
de pores glandulaires.
Onicus asellus Linné.
Morelet, 1800 ; Drouet. 1801 ; Budde-Lund, 1885, 1900 ; Dol-
lfus, 1880, 1889 a et b, 1890 r. 1899 ; Bar rois, 1887, 1888 ; de Guerne,
1888 ; Sars, 1899 ; Paulian de Félick, 1940.
Cette espèce est largement répandue dans la plus grande partie
de l’Europe et de l’Amérique du Nord ; la présence de cette espèce aux
Açores où elle est commune est donc normale.
FAMILLE DES PORCELUOSIDAE.
Metoponorthus (Polytietus) sexlasciatus Budde-Lund.
Morelet, 1800 (sous le nom de Porcellio imriabilis) ; Drouet.
1801 (sous le nom de Porcellio vurinbilis ) ; Bakhois, 1887, 1888 ; i>e
Guerne, 1887, 1888 (sous les noms de Meloponorlhus sexfuscialns et
de Porcellio variabilis i ; Doli.fi s. 1889 « et b, 1893 a, 1890 b, 1899 ;
Budde-Lund, 1900 ; Pai lian de Félick, 1940.
Cette espèce, commune dans tout l’archipel açoréen, est largement
répandue en Europe occidentale, dans le nord de l’Afrique, dans tous
les archipels atlantiques et également aux Bermudes.
Metoponorthus (Metoponorthus) pruinosus Brandi.
Bakrois. 1887, 1888 ; DOLI.FUS, 1889 a et b . 1890 b , 1897 b . 1899 :
Paulian de Félick, 1940.
Cette espèce, transportée par l'homme sur tout le globe, est deve¬
nue parfaitement cosmopolite ; elle est de ce fait dépourvue de signi¬
fication biogéographique, et sa présence aux Açores ne réclame aucun
commentaire.
Acaeroplastes melanurus (Budde-Lund).
Doi.lfus, 1889 a et b . 1899 ; Paulian de Félick, 1940.
Dollfus a décrit, sous le nom de Meloponorlhus barroisi n. sp.
une forme recueillie à Sào Miguel ; la description qu’il en donne ne
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DES AÇORES.
£■>7
permet pas de reconnaître celle espèce avec certitude. Heureusement,
l’unique exemplaires «le Meloponorllws barroisi esl conservé dans les
collections du Muséum «l'Histoire naturelle de Paris. Son examen ne
laisse aucun doute sur l’identité «le Meloponorllws barroisi et d'Acaero-
plasles mclannriis.
Cette espèce a été également signalée par Paulian de Félice aux
Açores ; et, M. .1. Matec en a récolté deux exemplaires à Nordestc,
dans l’ile de Sâo Miguel.
Cette espèce est largement répandue sur les terres qui bordent la
Méditerranée occidentale (Italie, France, Espagne, Algérie). Elle existe
également dans les îles «lu littoral allanti«|ue français et à Howth, près
de Dublin (Irlande).
Porcellio scaber Latreille.
Dollfus, 1889 />. 1899 ; Paulian de Félice, 1940.
Ce Cloporte, d’origine lusitanienne, a été répandu par l’homme
dans toutes les régions du globe qui possèdent un climat tempéré et
humide.
Porcellio dilatatus Brandt.
Morelet, 1800 ; Drouet, 1801 ; Maurois, 1887, 1888 ; Dollfus,
1889 a et b , 1890 r, 1899 ; Paulian de Félice, 1940.
Cette espèce, commune aux Açores, et probablement d’origine lusi-'
tanienne, a acquis aujourd’hui une vaste dispersion en raison de ses
mœurs anthropophiles. Elle est actuellement répandue dans une grande
partie de l’Europe, dans les archipels atlantiques, ainsi que dans l’Amé-
ri«|ue du Nord et du Sud.
Porcellio laevis Latreille.
Morelet, 1800, Drouet, 1801 ; Maurois, 1887, 1888 ; Dollfus,
1889 a et b , 1897 b. 1899 ; Paulian de Félice, 1940.
Cette espèce, d’origine vraisemblablement nord-africaine, a été
répandue par l’homme sur la totalité du globe. Elle représente, avec
Meloponorllws pniinosns, l’exemple le plus typique de l’espèce cos¬
mopolite.
Porcellio lamellatus (Uljanin) Buddc-Lund.
Dollfus, 1899 a et b . 189!) ; Arcangeli, 1933 ; Paulian de Félice,
1940.
P. lamellatus a été récolté dans les îles de Sâo Miguel et de Santa-
Maria. Cette espèce littorale représente une forme expansive qui peu-
Source : MNHN, Paris
A. VANDE1..
2ÔR
pic les côtes de hi Médi terni née et de la Mer Noire, les rivages atlanti¬
ques de la péninsule ibérique et les îles du littoral atlantique fran¬
çais ; enfin, elle peuple tous les archipels atlantiques (Açores, Madère,
Salvages, Canaries et Cap Vert).
FAMILLE DES AltMADlUJDIIDAi:.
Eluma purpurascens Budde-Lund.
Morki.kt. 1860 (sous le nom d'Armiulillitlium sulcalum) ; Drouet,
1861 (sous le nom d'Arnunlillidium sulaitnm > ; BruDE-LiNo, 188;> ;
Barkois, 1887, 1888 ; dk Gikrxk, 1887. 1888 (sous le nom d'Armadil-
lidium sulcatum) ; Doi.uts, 188!) a cl />. 1806 r . 1800 ; Paim.ian dk
Fémce, 1800.
Cette espèce est très commune dans l’archipel des Açores, de
même qu’à Madère, à Ténérife et à Cornera. Outre les archipels atlan¬
tiques, cette espèce peuple la Berbérie occidentale, le sud de l’Espagne,
la région atlantique de la péninsule ibérique, l’ouest de la France ;
elle a enfin été récoltée à Howth, près de Dublin, en Irlande. La répar¬
tition de cette espèce répond donc à un type atlantique ou lusitanien.
Armadillidium assimile Budde-Lund.
Cette espèce a été récoltée par M. .1. Matir - à Nordesle, dans File
de Sào Miguel. Par ailleurs, la même espèce a été signalée (sous le
nom d'Ar. lit/ris Budde-Lund) à Madère.
. 1 /-. assimile est une forme expansive qui s’est largement répandue
dans le nord de FItalic, le midi de la France, l’Espagne et le Portugal.
Armadillidium granulatum Brandi.
Morki.kt. 1860 ; Droikt. 1861 ; m: Cc krnk. 1888 ; Doua rs. 1880
b , 1800 ; Strouhal, 1020.
Cette espèce littorale s'est répandue sur tout le pourtour de la
Méditerranée ; elle peuple également les rivages atlantiques «lu Maroc
et du Portugal, ainsi que la région de Saint-Malo, en Bretagne. On
l’a enfin récoltée aux Açores et à Madère.
Armadillidium vulgare (Lutrcilld.
Morki.kt, 1860 ; Droi kt, 1861 ; Barkois. 1887, 1888 ; Dk Ci'krnk.
1888 ; Doua rs, 1880 a et b , 1802, 1806 a cl c , 1807 b , 1800 ; Pai'MAI.
|>E Félice, 1946.
Cette espèce, très commune aux Açores, est d’origine méditerra¬
néenne, elle a été dispersée par l’homme dans les cinq parties du
monde. C’est un cosmopolite typique.
Source : MNHM, Paris
I.ES ISOPODES TERRESTRES DES AÇORES. 250
CONCLUSIONS RELATIVES Al'X ISOPODES TERRESTRES.
La faune isop<>di<|iio des Açores ne nous était connue que par les
éludes anciennes de Morei.kt (I8I>()', de Drouet (1801), de Maurois
(1887. 1888), de De Guerne (1887. 1888) et de Doi.u-us (1889 a cl b.
1896 c). La révision de la liste des Isopodcs açoréens qui vient d’être
donnée dans les pages précédentes permet de donner de la faune iso-
podiquc des Açores une image plus exacte et de lui reconnaître des
caractères tout différents de ceux que l’on avait cru tout d’abord
devoir lui attribuer. Les conclusions suivantes se dégagent de l’inven¬
taire faunistique que nous venons de dresser :
1) Aucun Oniscoide endémique ne .se rencontre nu.v Açores. Doi.i.~
eus avait cru reconnaître six espèces d’Oniscoîdcs propres aux Açores :
Triclwniscus chimesi, Tr. insu loris. Chnvesin coslidota, Armadillo-
niscus tuberculnlus. Philoscia ynernei el Metoponorthus barroisi. De
ces six espèces, deux seulement doivent être conservées : Miktoniscus
chuvesi qui est une bonne espèce, mais qui est originaire de la pénin¬
sule ibérique ; el, Chnetophilosein yuernei qui, très vraisemblablement,
provient de la région égéidienne. Les quatre autres noms tombent en
synonymie el s’appliquent à des espèces européennes méconnues.
2) Les Açores ne renferment aucune des formes si caractéris¬
tiques des autres archipels atlantiques : Metoponorthus du sous-genre
Soteriscus (Vandki., 1956), Purcellio du groupe atlantique (Vandei,,
1954 b), Armadillo du sous-genre Atlandillo (Vandei., 1954 b).
3) La faune isopodique des Açores renferme une proportion im¬
portante d’espaces lialophiles, formes qui présentent toujours une très
vaste dispersion el qui sont susceptibles d’être transportées par bois
flottés (Menzies, 1952). Sur les vingt-trois espèces récoltées aux Açores,
sept sont halophiles ou littorales : Tylos Intreillei. Liyiu italien. Armn-
diltoniscus cnndidns et lit tondis, Halo philoscia couchi. Acacroplnstcs
melnnurus, Porcellio Ininellnlus. On peut admettre que la venue de ces
espèces dans l’archipel açoréen est l’œuvre des agents de dispersion
naturels.
4) La faune isopodique des Açores comprend les cosmopolites
que l’on rencontre dans toutes les régions tempérées du globe : Meto¬
ponorthus pruinosus. Porcetlio scuber, P. tamis et Armudillidium
oulynre (soit quatre espèces). Il csl très vraisemblable que le peuple¬
ment des Açores par les espèces de cette catégorie est le résultat des
activités nautiques et commerciales de l'homme.
5) La plupart des autres espèces que l’on récolte aux Açores sont
des espèces expnnsines, à vaste dispersion, largement répandues en
Europe, el parfois aussi en Amérique «lu Nord : Triclwniscus pusittus
pusillus, Tr. pusillus prouisorius, Hnplophthalnws dunicus et perezi,
Oniscus nsellus, Metoponorthus sexfnscintus. Porcetlio dilatntus, Pluma
purpurnscens, Armudillidium assimile. Ar. yranulntum (soit neuf espè¬
ces ou sous-espèces). Il est vraisemblable que la plupart de ces formes
Source : MNHN, Paris
260
A. VANDEL.
ont été, comme les cosmopolites, introduites pur l'homme dans l'archi¬
pel «coréen.
(») La seule espèce dont le type de répartition reste inconnu est
Chaetophiloscia guernei, mais son origine européenne est néanmoins
extrêmement probable, ainsi qu’il a été dit plus haut.
lin conclusion, la faune isopodique des Açores apparait dépourvue
de tout élément autochtone. Sa faune est essentiellement composée
d’éléments halophilcs, d’espèces cosmopolites et de formes expansives.
Dans l’état actuel de nos connaissances, nous devons tenir le peuple¬
ment isopodique açoréen pour une faune importée et d’origine récente.
CONCLUSIONS C ÉN Ê R A LES.
Nous venons de dire que la faune isopodique «coréenne est consti¬
tuée par un ensemble de formes cosmopolites ou expansives, origi¬
naires d’Europe ; elle se révèle, par contre, dépourvue de tout élément
autochtone. Ainsi, un contraste frappant apparait entre la banalité de
la faune «coréenne et le cachet si particulier des peuplements canarien
et madérien dû à leur richesse en endémiques.
Les conclusions titrées de l’élude des Isopodes terrestres peuvent-
elles être étendues à l'ensemble de la faune «coréenne ? Pour le savoir,
résumons en quelques lignes ce que l’on sait des principaux groupes
zoologiques représentés dans l’archipel açoréen.
Aucun Reptile ou Batracien n'est propre aux Açores. L’unique
Grenouille açoréenne [Rnna ridibunda ) vient d’Europe : l’unique
Lézard des Açores [Lacerla dugesi > se retrouve aux Canaries et à
Madère, et provient vraisemblablement de ces îles (Mertens, Bëktin).
Parmi les Orthoptères, aucun endémique ne se rencontre aux
Açores (Chopard).
Pour les Coléoptères, Gooman. en 1870. ne comptait que ;>,(» p. 100
d’endémiques. MÉyrioxoN (104(5) porte ce chiffre à 18 p. 100. Il note
cependant (p. 112) : «c'est d'une pauvreté extraordinaire pour une
faune insulaire». De plus, aucun de ces endémiques n'a subi celle
fragmentation en petites espèces ou races géographiques, propres à
chaque île, connue il est fréquent dans l’archipel canarien. Cette faune
doit donc être récente.
Pour les Araignées, Berland (104(5i mentionne seulement 5 p. 100
d’endémiques aux Açores.
Un travail récent de Loiimanokr (1055) consacré aux Diplopodcs
note l’absence de toute espèce endémique aux Açores.
Tous ces faits sont cohérents et s’accordent avec nos propres con¬
clusions. Ils nous conduiraient à reconnaître l’âge récent de la faune
açoréenne et son caractère allogène, si une exception fort importante
ne nous interdisait de tenir cette conclusion pour définitive.
Les études de Germain, résumées par E. Fischer-Piette (1946),
ont en effet montré que les Açores renferment une population conchy-
Source : MNHN, Paris
LES ISOPODES TERRESTRES DES AÇORES.
261
tienne riche en endémiques et incontestablement apparentée aux
formes des autres archipels atlantiques (1). Citons en trois exemples.
Des Vitrines propres aux trois archipels, açoréen, madérien et
canarien, constituent le genre ou le sous-genre Insnlinilrina : trois
espèces sont propres aux Açores, deux à Madère, trois aux Canaries ;
enfin, une espèce est commune à Madère et aux Canaries.
Un genre d’Escargot, Leptaxis, est propre aux trois archipels : six
espèces vivent aux Açores, dix à Madère et Porto-Santo, et une aux
Canaries. Aux Açores, une seule espèce vit dans deux îles ; les autres
sont localisées, chacune dans une seule île.
Enfin, le Prosobranche Craspednpnma est spécial à la Macaro-
nésie ; il comprend une espèce açoréenne, quatre espèces inadériennes,
et une canarienne.
Les éludes conehyliologiqucs nous conduisent à reconnaître que :
I ) l’endémisme est extrêmement développé dans l’archipel aço¬
réen, encore que la faune endémique açoréenne soit moins riche que
celle des Canaries et de Madère ;
2) la faune conchyliologique des trois archipels macaronésiens
présente d’indiscutables affinités. En particulier, l’existence de genres
communs aux trois archipels (Insnlinilrina. Leptaxis et Craspedopoma)
est remarquable ;
3) le peuplement endémique des Iles Atlnntides s’apparente étroi¬
tement à la faune tertiaire d'Europe aujourd’hui disparue sur le con¬
tinent (Germain, 1913).
Les données qui découlent des études conehyliologiqucs ne s’ac¬
cordent donc point avec les résultats fournis par les autres disciplines
/.oologiques. Nous ne pourrons réduire cette contradiction que lorsque
nous disposerons d’études renouvelées et conduites dans le détail.
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